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Plâtre

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Plâtre

par Daniel DALIGAND


Ingénieur chimiste de l’Institut de Chimie et de Physique Industrielle
Secrétaire Général du Syndicat des Industries du Plâtre

1. Gypse et anhydrite .................................................................................. C 910 - 2


1.1 Gypse naturel............................................................................................... — 2
1.2 Anhydrite...................................................................................................... — 2
1.3 Gypse de synthèse ...................................................................................... — 2
2. Produits de déshydratation du gypse ................................................ — 3
3. Hydratation et prise du plâtre .............................................................. — 4
3.1 Prise du plâtre .............................................................................................. — 4
3.2 Variations de volume accompagnant la prise du plâtre........................... — 4
3.3 Séchage du plâtre........................................................................................ — 5
3.4 Temps de prise et durée d’emploi.............................................................. — 5
4. Fabrication du plâtre............................................................................... — 6
4.1 Fabrication à partir de gypse naturel ......................................................... — 6
4.2 Fabrication à partir de gypses de synthèse............................................... — 7
4.3 Conception des plâtres dans l’industrie .................................................... — 8
5. Différentes variétés de plâtres ............................................................ — 8
5.1 Plâtres destinés au bâtiment ...................................................................... — 8
5.2 Plâtres à mouler pour les arts et l’industrie .............................................. — 10
6. Produits préfabriqués en plâtre........................................................... — 10
6.1 Carreaux de plâtre ....................................................................................... — 10
6.2 Éléments de hauteur d’étage tout en plâtre .............................................. — 10
6.3 Plaques de parement en plâtre................................................................... — 11
6.4 Produits préfabriqués pour plafond........................................................... — 11
7. Propriétés du plâtre ................................................................................ — 12
7.1 Isolation thermique et régulation de l’hygrométrie.................................. — 12
7.2 Plâtre et humidité des locaux ..................................................................... — 12
7.3 Isolation acoustique .................................................................................... — 12
7.4 Correction acoustique ................................................................................. — 13
7.5 Résistance au feu......................................................................................... — 13
8. Désordres pouvant affecter les ouvrages de plâtrerie.................. — 14
8.1 Enduits au plâtre.......................................................................................... — 14
8.2 Cloisons ........................................................................................................ — 14
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. C 910

e plâtre est parmi les plus anciens matériaux de construction fabriqués par
L l’homme puisqu’il est connu depuis le début du 6 e millénaire avant
11 - 1993

Jésus-Christ.
Il est encore aujourd’hui employé sous sa forme traditionnelle de poudre
gâchée avec de l’eau pour réaliser des enduits, mais des utilisations nouvelles
sous forme d’éléments préfabriqués se développent sans cesse pour répondre
aux besoins de la construction.
Le plâtre s’obtient par déshydratation du gypse – roche naturelle ou bien
C 910

sous-produit de certaines industries – qui est un sulfate de calcium hydraté de


formule CaSO4 , 2H2O.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
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PLÂTRE ______________________________________________________________________________________________________________________________

1. Gypse et anhydrite D’autres impuretés syncristallisées, présentes en quantités très


faibles, colorent généralement les gypses naturels en rose, beige,
gris, etc.
Le sulfate de calcium se rencontre dans la nature sous deux
formes :
— hydraté avec deux molécules d’eau par molécule de sulfate : 1.1.2 Caractéristiques physico-chimiques
c’est le gypse ;
— anhydre : c’est l’anhydrite. Elles sont les suivantes :
Ces deux formes existent également comme sous-produits de — formule chimique : CaSO4 , 2H2O ;
certaines industries chimiques et peuvent être utilisées au même — masse volumique : 2,31 kg/dm3 ;
titre que les sulfates de calcium naturels. — système cristallin : monoclinique ;
— solubilité (en grammes de sulfate de calcium par kilogramme
d’eau) :
1.1 Gypse naturel à 3 oC : 1,81,
Le gypse appartient à la famille des évaporites qui sont les roches à 20 oC : 2,04,
sédimentaires les plus solubles dans l’eau. à 38 oC : 2,1 (solubilité maximale),
On considère généralement que le gypse résulte de l’évaporation à 100 oC : 1,69.
de l’eau des lagunes marines sursaturées. La solubilité du gypse est sensiblement plus forte dans l’eau
Plusieurs théories s’affrontent cependant à propos des conditions salée (eau de mer par exemple) ;
qui ont permis le dépôt de bancs de gypse très pur d’épaisseur impor- — dureté (échelle de Mohs) 1,5 à 2 suivant l’orientation de la face
tante (pouvant atteindre 18 à 20 m). cristalline.
Le gypse se rencontre à tous les niveaux des ères géologiques
depuis le cambrien (Pakistan, URSS) jusqu’à l’oligocène (Italie,
France, Inde) et même le quaternaire (Éthiopie). 1.2 Anhydrite
Les gisements les plus importants appartiennent à l’ère secondaire
(trias et jurassique) ou tertiaire (éocène et oligocène). Le gypse est L’anhydrite naturelle de formule chimique CaSO4 cristallise dans
présent en quantités relativement importantes dans la nature, mais le système orthorhombique. Elle se rencontre dans les formations
inégalement réparties à la surface du globe. gypseuses et salifères, ou dans certains gîtes métallifères.
Les principaux gisements français sont situés dans : On considère qu’elle s’est formée, comme le gypse, par évapo-
— le Bassin parisien (éocène) ; ration de l’eau de mer, mais elle peut également résulter d’une
— le Vaucluse (oligocène) ; déshydratation lente du gypse sous l’effet de pressions importantes
— les Alpes (trias) ; lors de plissements géologiques.
— le Jura (trias) ; L’anhydrite chimique est un sous-produit de la fabrication soit de
— les Pyrénées et les Landes (trias) ; l’acide phosphorique, soit plus généralement de l’acide fluor-
— les Charentes (jurassique). hydrique.
La production mondiale de gypse est estimée à près de 60 Mt. Les En France, l’anhydrite naturelle, exploitée essentiellement en
États-Unis sont le premier producteur avec près de 10 Mt, suivis du Lorraine, est destinée à la fabrication d’un liant employé pour la
Canada (6 Mt), de la France (5,2 Mt) et de l’URSS (5 Mt). Le continent confection de murs de sécurité dans les anciennes galeries de mines.
européen produit et consomme à lui seul environ 30 Mt par an. Des liants d’anhydrite naturelle ou chimique sont également
En France, 20 % du gypse est utilisé dans la fabrication du clinker fabriqués en Allemagne et au Japon pour la réalisation de chapes
de ciment comme adjuvant régulateur de prise et 78 % pour la fabri- de revêtements de sol.
cation des plâtres. Cependant, dans le monde, les emplois du gypse
se répartissent de la façon suivante :
— fabrication de ciments 45 % 1.3 Gypse de synthèse
— fabrication de plâtres 45 %
— usages agricoles 4%
Le gypse de synthèse est le produit d’une réaction chimique
— industries diverses (chimie, papeterie, etc.) 6%
industrielle. Les principales sources de gypse chimique sont :
— la fabrication de l’acide phosphorique (phosphogypse) ;
1.1.1 Formes cristallines — la fabrication d’autres acides minéraux (acide borique : boro-
gypse, acide fluorhydrique : fluorogypse ) ou organiques : organo-
Le gypse cristallise dans le système monoclinique. À l’échelle gypses (acide citrique, tartrique, etc.) ;
moléculaire, il présente une structure feuilletée dans laquelle — la désulfuration des gaz et fumées : désulfogypse.
alternent une couche d’eau et deux couches de CaSO4 . Des quantités importantes de phosphogypse et de désulfogypse
Les principales variétés que l’on trouve dans la nature sont : sont ainsi produites annuellement dans le monde.
— sous formes macrocristallisées : le gypse lamellaire, le fer de L’utilisation du phosphogypse dans l’industrie du plâtre a été
lance, le gypse lenticulaire, la rose des sables, etc. ; tentée dans de nombreux pays dans les années 60-70, mais a dû
— sous formes microcristallisées : l’albâtre, le gypse fibreux, le être abandonnée progressivement pour des raisons économiques.
gypse saccharoïde, le gypse éolien, etc. En effet, l’élimination nécessaire des impuretés provenant des
Le gypse exploité dans l’industrie plâtrière est une roche micro- phosphates naturels, présentes dans le phosphogypse, exige des
cristallisée à grains généralement fins (gypse saccharoïde). Il est épurations chimiques coûteuses. Par ailleurs, le phosphogypse se
rarement pur et se trouve mélangé à des impuretés en nombre et présente toujours sous forme humide (17,5 à 25 % d’eau par rapport
proportion variables d’une carrière à l’autre : argile, calcaire, silice, au poids sec) et cela implique un traitement thermique plus impor-
dolomie, anhydrite, etc. tant que celui du gypse naturel qui ne contient que quelques
pour-cent d’humidité.

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Le désulfogypse, par contre, semble mieux convenir à la trans- L’anhydrite I ne se réhydrate que très difficilement.
formation en plâtre. Le Japon et la République fédérale d’Allemagne Au-delà de 1 250 oC, on obtient la décomposition de l’anhydrite I :
utilisent déjà des quantités importantes (plusieurs millions de tonnes
chacun) de désulfogypse pour la fabrication de plâtres et de produits 1
dérivés. CaSO 4 I £ Ca O + SO 2 + ------ O 2
2
Le tableau 1 donne les différentes phases de déshydratation du
gypse.
2. Produits de déshydratation Les différents produits de la déshydratation du gypse ayant une
application industrielle dans la fabrication des plâtres sont :
du gypse — le semi-hydrate α ;
— le semi-hydrate β ;
— l’anhydrite II (anhydrite insoluble ou surcuit). En outre, l’anhy-
La fabrication du plâtre repose sur un principe relativement drite III (ou soluble) peut être présente en quantités variables.
simple : l’élimination totale ou partielle de l’eau de constitution du
gypse. Dans la pratique, cependant, cette opération a des implica- ■ Semi-hydrates
tions complexes mettant en jeu des phénomènes de cristallisation Le semi-hydrate  est compact et cristallin. Sa solubilité dans
difficiles à maîtriser. l’eau est inférieure à celle du composé β. Il donne avec l’eau des
Soumis à la chaleur, le gypse conduit à une série de produits par- mélanges fluides.
tiellement hydratés ou anhydres. Aux environs de 100 oC, on obtient Le semi-hydrate  est floconneux et présente des fissures écail-
les semi-hydrates α ou β (selon que l’on opère respectivement sous leuses. Sa solubilité dans l’eau est supérieure à celle du composé  .
pression de vapeur d’eau ou à l’air libre) suivant la réaction :
Il donne avec l’eau des mélanges plus épais.
1 3 Il demande donc une plus forte quantité d’eau de gâchage et il
CaSO 4 , 2 H 2 O £ CaSO 4 , ------ H 2 O + ------ H 2 O
2 2 a un temps de prise plus long.
Le tableau 2 donne les propriétés caractéristiques de deux variétés
(monoclinique) (rhomboédrique) usuelles de semi-hydrates.
Vers 200 o C,
on obtient l’anhydrite III ou anhydrite soluble Toutes les formes intermédiaires existent entre les formes α et β.
(instable) qui se réhydrate très rapidement en semi-hydrate au Les conditions de formation de l’une et l’autre de ces variétés sont
contact de l’eau en phase vapeur : les suivantes.
Semi-hydrate  : déshydratation en atmosphère de vapeur satu-
1 1
CaSO 4 , ------ H 2 O $ CaSO 4 III + ------ H 2 O rée (ou en solutions salines au-dessus de 45 oC), c’est-à-dire une
2 2 atmosphère dans laquelle le semi-hydrate a la possibilité de cris-
(rhomboédrique) (hexagonal) talliser sous forme compacte : c’est le procédé dit de cuisson humide.
Semi-hydrate  : déshydratation du gypse dans les marmites,
Vers 220 pour le semi-hydrate α , et 350 o C pour le β ,
oC fours rotatifs ou installations diverses : c’est le procédé dit de cuisson
l’anhydrite III se transforme en anhydrite II stable (surcuit) : à sec, dans lequel les circonstances particulières de construction de
certains matériels permettent également de produire une certaine
CaSO 4 III → CaSO 4 II proportion de semi-hydrates de formes intermédiaires.
(hexagonal) (orthorhombique) Le semi-hydrate α est le constituant essentiel des plâtres à mouler
de très haute qualité (plâtres dentaires en particulier).
L’anhydrite II se réhydrate lentement au contact de l’eau liquide.
Le semi-hydrate β entre dans la composition des plâtres pour
Vers 1 230 o C, se produit à nouveau une réaction de trans- enduits en proportions variables avec l’anhydrite soluble III et l’anhy-
formation: drite insoluble II. Les plâtres à mouler et les plâtres pour préfabri-
cation sont constitués uniquement de semi-hydrate β. (0)
CaSO 4 II → CaSO 4 I
(orthorhombique) (cubique à faces centrées)

Tableau 1 – Phases de déshydratation du gypse


CaSO4 , 1/2H20 CaSO4
Phase CaSO4 , 2H2O
Forme  Forme  Forme III Forme II
Anhydrite III Anhydrite II
Appellation .................................... Gypse Semi-hydrate  Semi-hydrate  ou ou
anhydrite soluble anhydrite insoluble

Teneur en eau .......................... (%) 20,92 6,2 6,2 0 0


Masse volumique ............ (kg/dm3) 2,31 2,76 2,63 2,58 2,93 à 2,97
Masse moléculaire ....................(g) 172,2 145,15 145,15 136,1 136,1
Volume moléculaire ............. (cm3) 74,5 52,4 55,2 52,8 45,8 à 46,4
Système cristallin .......................... monoclinique rhomboédrique hexagonal rhomboédrique

(0)

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Celle-ci, du reste, fait l’objet de certaines tentatives d’interprétation


Tableau 2 – Propriétés caractéristiques mathématique embrassant les phénomènes de dissolution et de cris-
de deux variétés usuelles de semi-hydrates tallisation et se traduisant par des formules prenant en compte
différents paramètres caractéristiques du semi-hydrate de départ, du
Semi-hydrate Semi-hydrate dihydrate final, de la concentration initiale du semi-hydrate dans la
Propriétés
  pâte, et reliant la fraction de la masse transformée en double hydrate
au temps nécessaire à cette transformation.
Masse volumique ..........(kg/dm3) 2,76 2,63
L’influence de la température sur le phénomène de la prise est
Temps de prise ...................(min) 15 à 20 25 à 35 encore controversée. Cependant, et tout au moins dans des limites
Expansion ....................... (mm/m) 2,8 1,6 de température n’excédant pas 80 oC, il semble bien que la tempé-
Résistance à la traction rature agisse, plutôt que sur la vitesse de prise proprement dite, sur
(à l’état sec)........................ (MPa) 6,5 1,3
la période initiale dite de nucléation, qui précède la précipitation des
Résistance à la compression premiers cristaux de double hydrate.
(à l’état sec).........................(MPa) 56 5,6
Solubilité dans l’eau à 20oC (en g L’abaissement de la température tend alors à ralentir la dissolution
de CaSO4 pour 100 cm3)............. 0,63 0,74 du semi-hydrate ainsi que la diffusion des ions calcium et sulfate.
Par contre, pour de nombreux plâtres, elle multiplie le nombre de
points favorables à la nucléation et augmente la solubilité du
semi-hydrate. En définitive, l’action de la température dépendra de
3. Hydratation la prédominance de l’un ou de l’autre des facteurs précédents.
Dans la pratique courante, pour les températures comprises
et prise du plâtre entre 0 et 80 oC, on observe que le temps de prise le plus court
s’obtient avec des pâtes dont la température est voisine de 35 oC,
et qu’il devient très long aux basses températures ainsi qu’au
3.1 Prise du plâtre voisinage de 80 oC.

Les produits résultant de la déshydratation thermique du gypse


ont la propriété, lorsqu’ils se trouvent au contact de l’eau, de
retrouver leur degré d’hydratation initiale et de reconstituer du 3.2 Variations de volume
gypse. Ce phénomène s’appelle la prise du plâtre. Plusieurs méca- accompagnant la prise du plâtre
nismes ont été envisagés pour décrire ce processus qui se déroule
en trois étapes successives : Il est intéressant d’étudier les variations de volume qui accom-
— reprise de l’eau pour reformer du double hydrate ; pagnent la prise et d’abord celles qui se rattachent à la phase initiale
— cristallisation (qui constitue la prise proprement dite) ; d’hydratation.
— durcissement. Si l’on considère le cas du semi-hydrate, la réaction d’hydratation
De nombreux travaux ont été effectués en vue d’éclairer ces donne, compte tenu des masses moléculaires (145 et 172 environ)
aspects du problème. Ils ont été l’occasion d’abondantes contro- et des masses volumiques (2,76 et 2,31 kg/dm3) des semi-hydrates
verses : notamment entre les partisans de la théorie de la cristalli- et dihydrates :
sation et ceux de la théorie colloïdale.
Semi-hydrate ( SH ) Eau Double hydrate ( DH )
On admet que la phase du durcissement traduit un phénomène
mécanique lié à la cristallisation du sulfate de calcium formé, et 1 3
CaSO 4 , ------ H 2 O + ------ H 2 O → CaSO 4 , 2H 2 O
qu’il atteint une valeur d’autant plus élevée que la cohésion interne 2 2
des cristaux et leur adhérence mutuelle sont plus fortes.
La phase de début de prise a davantage été discutée. les volumes moléculaires suivants :
Mais, reprenant une constatation selon laquelle le semi-hydrate 145 27 172
----------- = 52,4 cm 3 ------ = 27 cm 3 ----------- = 74,5 cm 3
donne des solutions sursaturées d’où le sulfate dihydraté se dépose, 2,76 1 2,31
Le Chatelier a développé une théorie de la cristallisation à laquelle
solide liquide solide
se sont, en définitive, ralliés la plupart des chercheurs.
Pour l’essentiel, cette théorie distingue trois phases successives : dans le cas de l’anhydrite II, on obtient respectivement : 45,8
une phase chimique d’hydratation, une phase physique de cristal- à 46,4 cm3, 36 cm3 et 74,5 cm3.
lisation et une phase mécanique de durcissement. Le volume absolu du nouveau solide résultant de la réaction des
Elle explique la cristallisation du double hydrate suivant le pro- constituants initiaux est supérieur (de quelque 40 % pour le semi-
cessus de cristallisation commun à tous les sels au contact de l’eau : hydrate et 60 % pour l’anhydrite) au volume du solide initial, mais
par une dissolution préalable du sel assurant aux ions une mobilité il reste inférieur (de 7 ou 10 %) à la somme des volumes absolus
qui leur permet de se déposer selon un ordre géométrique rigou- des constituants.
reusement déterminé. Cela explique que la masse obtenue par l’hydratation du semi-
Dans le cas de la pâte de plâtre, la quantité d’eau est insuffisante hydrate soit notablement poreuse. Cela est vrai, même si la pâte est
pour dissoudre tout le semi-hydrate qu’elle contient, mais comme gâchée avec la quantité d’eau juste nécessaire à l’hydratation (soit
la fraction passée en solution saturée donne du double hydrate qui, 27 g d’eau pour 145 g de semi-hydrate ou 36 g d’eau pour 136 g
moins soluble, se trouve dès sa formation en solution sursaturée, d’anhydrite) puisque le dihydrate résultant de l’hydratation occupe
ce double hydrate se dépose en rendant possible la dissolution d’une la totalité de l’espace qu’occupait au départ la pâte formée par le
nouvelle fraction de semi-hydrate et ainsi de suite. semi-hydrate ou l’anhydrite et l’eau. La différence représente le
De nombreuses recherches et divers travaux faisant appel aux volume global occupé par les pores (environ 7 % du volume apparent
moyens les plus modernes (rayons X, microscopie électronique et du dihydrate dans le premier cas et 10 % dans le second cas).
optique, technique des atomes marqués) semblent bien établir Mais, dans la réalité, le gâchage de la pâte exige, pour être pos-
définitivement cette explication du phénomène de la prise par la sible, une quantité d’eau bien supérieure à celle qui correspond à
théorie de la cristallisation. la réaction chimique (2 à 3 fois dans des cas plutôt exceptionnels
et couramment 4 à 5 fois, voire davantage). La porosité réelle qui
en résulte peut atteindre une valeur très largement supérieure à la
valeur théorique.

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Après la phase initiale d’hydratation, il se produit bien, liée aux 3.4 Temps de prise et durée d’emploi
phases de cristallisation et de durcissement, une augmentation de
volume de la masse en voie de cristallisation du fait du développe-
ment des cristaux de dihydrate formés qui dilatent le squelette de Les temps de début et de fin de prise font l’objet de définitions
la masse poreuse. normalisées (NF B 12-401) et sont déterminés par différentes
Mais ce gonflement est de quelque 0,2 à 1,5 % du volume apparent méthodes selon la consistance de la pâte de plâtre.
de la pâte, c’est-à-dire négligeable par rapport aux variations du Dans la pratique, on définit également une durée d’emploi
volume absolu et sans influence appréciable sur la porosité finale. correspondant au temps pendant lequel la pâte de plâtre peut être
Cette porosité de constitution est un important facteur parmi employée. Ce temps est variable selon le procédé de mise en œuvre
ceux qui rendent compte des propriétés isolantes du plâtre. (application d’un enduit, coulage, moulage, etc.).
Par ailleurs, l’expérimentation montre la faible et brève contraction L’addition de certains produits minéraux ou organiques, agissant
de la pâte qui accompagne la diminution des volumes apparents, sur la solubilité des phases anhydres ou les vitesses de dissolution,
dans les premières minutes, avant que l’épaississement ne s’y permet d’intervenir sur les temps de prise et les durées d’emploi.
oppose. Cette contraction est vite annulée et dépassée par le gonfle-
ment plus important qui apparaît dès que l’hydratation atteint 5
à 10 %. Disparue avant le temps d’emploi du plâtre, la contraction 3.4.1 Accélérateurs
est sans conséquence pratique.
Le gonflement d’hydratation dû à la croissance des cristaux est Dans le cas notamment de la préfabrication, il peut être nécessaire
une caractéristique générale du plâtre favorable à l’adhérence, à la d’accélérer la prise du plâtre pour procéder à un démoulage plus
bonne tenue au retrait et au moulage. rapide. On fait donc appel à des accélérateurs qui sont des produits
minéraux :
Quand la pâte est baignée d’eau, la contraction ne se produit pas
et le gonflement de la pâte apparaît dès le début de prise. — soit formant des germes de cristallisation : gypse broyé par
exemple ;
Le gonflement est facile à observer. Relativement important et pro- — soit diminuant la solubilité du sulfate de calcium dihydraté :
longé, il est un peu plus fort lorsque l’on opère sur une pâte baignée sulfates (sauf sulfate de fer), acides sulfurique, chlorhydrique ou
d’eau, cette eau freinant le tassement de la masse. Le gonflement nitrique, chlorures, bromures et iodures alcalins, bichromate de
peut d’ailleurs varier sensiblement avec différents paramètres : potassium.
conditions de gâchage, atmosphère de conservation, etc. Il aug-
mente toujours avec la proportion de plâtre dans la pâte.
Le gonflement du semi-hydrate intervient rapidement, comme son 3.4.2 Retardateurs
hydratation, terminée dans les 2 h suivant le gâchage, alors que celui
de l’anhydrite insoluble obtenu à température sensiblement plus Pour de nombreuses utilisations dans le bâtiment, les arts ou
élevée est encore négligeable au bout de 2 h et n’intervient que très l’industrie, il est nécessaire de retarder la prise du plâtre pour
lentement. permettre un travail plus facile.
Plusieurs mécanismes peuvent être mis en jeu :
— diminution de la vitesse de dissolution des phases anhydres ;
3.3 Séchage du plâtre — diminution de la solubilité des phases anhydres ;
— adsorption d’ions à la surface des cristaux de gypse en cours
de croissance et incorporation de ces ions dans leur réseau ;
Comme nous l’avons dit, le gâchage du plâtre exige, en pratique, — formation de complexes limitant la diffusion vers les cristaux
une quantité d’eau très supérieure à celle strictement nécessaire à de gypse.
l’hydratation.
Les principaux retardateurs sont les suivants :
Le séchage s’effectue soit naturellement, si on laisse l’eau excé- — phosphates alcalins et d’ammonium ;
dentaire s’éliminer d’elle-même par mise en équilibre de la masse — acides organiques et leurs sels solubles (exemple : acide
de dihydrate obtenu avec le milieu ambiant naturel, soit artificiel- citrique et citrates) ;
lement si l’on commande et si l’on favorise cette élimination par — protéines dégradées.
exposition de la masse à une ambiance artificielle contrôlée.
En général, l’efficacité des sels d’acides organiques suit la
Dans l’un et l’autre cas, il importe naturellement, pour que la prise séquence :
puisse s’effectuer, que les conditions de séchage maintiennent à tout
moment et en tous les points de la masse une quantité d’eau H + > K+ > Ca 2+
suffisante pour le bon développement de l’hydratation et, par
conséquent, de la cristallisation et du durcissement.
3.4.3 Épaississeurs et rétenteurs d’eau
Le déroulement et la croissance organisée de la cristallisation et,
par suite, le bon durcissement exigent en outre que l’édifice cristallin
Les épaississeurs, en augmentant la consistance de la pâte de
en voie de formation ne soit pas détruit, c’est-à-dire que cette masse
plâtre, permettent d’avancer le début d’emploi du plâtre. Un épaissis-
cristalline naissante soit abandonnée librement à elle-même et ne
seur bien connu est l’amidon.
soit pas soumise à agitation. C’est ce que traduit, dans le langage
pratique courant, la règle selon laquelle une pâte de plâtre en cours Généralement, ces produits ont aussi un effet retardateur de prise
de prise ne doit jamais être rebattue. limité ; associés à des retardateurs plus puissants, ils permettent :
Il convient de signaler que le séchage s’accompagne d’un retrait — d’utiliser la pâte dès la fin du gâchage ;
extrêmement léger qui atteint tout au plus le 1/10e du gonflement — d’augmenter la durée d’emploi.
d’hydratation. Le comportement du plâtre est donc très différent de Ils facilitent en outre la mise en œuvre.
celui des ciments dont le retrait de séchage est du même ordre de Épaississeurs et retardateurs ont permis le développement des
grandeur que le gonflement résultant de leur hydratation (cf. article plâtres modernes à long temps d’emploi et des plâtres projetés.
Caractères du béton [C 2 240] dans ce traité).

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Certains épaississeurs sont également rétenteurs d’eau, 4.1.1 Extraction et préparation du gypse
c’est-à-dire qu’ils retiennent dans la pâte, en empêchant son éva-
poration ou son absorption par le support, une certaine quantité L’extraction se pratique en carrières soit souterraines, soit à ciel
d’eau qui permet au plâtre de s’hydrater normalement lorsqu’il fait ouvert.
sa prise.
L’absence de rétenteur d’eau conduirait au grillage du plâtre [Link] Extraction en galeries souterraines
simplement retardé appliqué sur son support. Lorsque l’épaisseur des terres de recouvrement est importante
Nota : le grillage correspond à un séchage sur le support sans cristallisation. (supérieure à 5 fois l’épaisseur de gypse) ou que la couche de
Parmi les produits épaississeurs, rétenteurs d’eau, citons les gypse se trouve sous un site classé ou protégé, l’extraction se fait
éthers cellulosiques employés depuis une vingtaine d’années : en galeries souterraines par la méthode des chambres et piliers
— méthylcellulose (MC) ; abandonnés.
— carboxyméthylcellulose (CMC) ; Selon les caractéristiques du gypse et des terrains encaissants,
— et les autres dérivés : hydroxyéthyl cellulose (HEC), hydroxy- l’exploitant peut être amené à laisser en place une partie importante
propryl cellulose, etc. de la masse de gypse, c’est pourquoi cette technique est de moins
L’action des éthers cellulosiques dépend de la masse moléculaire en moins pratiquée.
du produit, de la concentration, de la température. Ils sont employés
seuls ou en mélange à des doses très faibles de l’ordre du millième. [Link] Extraction à ciel ouvert
Ce mode d’exploitation permet l’enlèvement total de la masse de
gypse mais présente des inconvénients en période d’intempéries
3.4.4 Fluidifiants (difficultés d’accès, humidification du gypse).

Le plâtre ne fixe qu’environ un quart de l’eau nécessaire à son [Link] Préparation du gypse
gâchage.
Avant d’être introduit dans les fours, le gypse subit un concassage
La plus grande partie de l’eau ne sert qu’à obtenir un état favo- et un criblage (cf. article Séparation. Mélange [A 5 998] dans le traité
rable à la mise en œuvre et s’évapore ensuite au cours du séchage. Génie des procédés) avec recyclage en fonction du procédé de
Les pores ainsi formés diminuent en fonction de leur nombre, de cuisson auquel on veut le soumettre. Le gypse peut éventuellement
la masse volumique et de la dureté du plâtre. être séché dans des cylindres rotatifs avant d’être cuit. Des stocks
On connaît aujourd’hui des produits qui, ajoutés au plâtre, ont pour sont constitués pour éviter de créer des discontinuités dans l’appro-
effet de lui conférer, avec moins d’eau de gâchage, une plasticité visionnement des fours.
répondant à l’emploi souhaité : ce sont des fluidifiants. Ils permettent
ainsi d’obtenir des plâtres gâchés de forte masse volumique et de
haute dureté. 4.1.2 Cuisson
Il existe de nombreux appareillages de cuisson que l’on classe
habituellement suivant :
4. Fabrication du plâtre — le mode de cuisson : atmosphère sèche ou humide ;
— le type de four : fixe, rotatif ou autre.
Le développement de l’urbanisation de certaines régions et [Link] Cuisson en atmosphère sèche
l’importance croissante des préoccupations d’environnement sont
autant de contraintes pesant sur l’exploitation du gypse naturel. Les gaz de combustion viennent en contact avec le gypse à traiter.
Dans les pays d’Europe occidentale, les gisements de gypse seront On distingue les fours suivants.
à terme, soit inexploitables (cas de l’Ile-de-France où une très faible
■ Fours fixes
partie des réserves de gypse existantes pourront être exploitées du
fait de contraintes diverses), soit en voie d’épuisement. Four culée et four droit, analogue au four à chaux, sont aban-
donnés depuis de nombreuses années.
C’est une des raisons pour lesquelles l’utilisation, dans certaines
conditions, de gypses de synthèse comme matière première pour ■ Fours rotatifs
la fabrication du plâtre s’avère une solution intéressante.
Il existe de très nombreux types de fours rotatifs constitués par
Si l’utilisation du phosphogypse s’est révélée techniquement et des cylindres en tôle de 1 à 2,50 m de diamètre et de 10 à 30 m de
économiquement inadaptée, il n’en est pas de même de celle du long. Ils peuvent être ou non revêtus intérieurement, et sur une
gypse de désulfuration des fumées de centrales thermiques, le certaine longueur, de briques réfractaires (c’est le cas pour la fabri-
désulfogypse. cation du plâtre surcuit). Le four comporte à l’intérieur un système
La France dispose de peu de ressources en ce domaine, mais de pales permettant le brassage et le relevage de la matière. Les
l’Allemagne, la Grande-Bretagne et d’autres pays européens sont gaz peuvent suivre la marche du gypse ou au contraire suivre un
en mesure de fournir des quantités importantes de désulfogypse. chemin inverse. Ces fours permettent la fabrication, suivant les
températures, soit du semi-hydrate (entre 110 et 180 oC), soit du
D’ores et déjà, une partie importante de la production de plâtre
plâtre surcuit Ca SO4 II (température supérieure à 500 oC).
se fait en Allemagne à partir de gypse de désulfuration et cette
tendance devrait se confirmer dans les années à venir. Les fours modernes sont automatisés et munis de dépoussiéreurs
très efficaces (cyclones, filtres à manches, électrofiltres). Ils peuvent
traiter de 5 à 30 t de gypse à l’heure suivant leurs caractéristiques
et la variété de sulfate à obtenir.
4.1 Fabrication à partir de gypse naturel
■ Autres types
La fabrication du plâtre à partir du gypse naturel comporte trois Les grilles de cuisson sont utilisées principalement en République
étapes : fédérale d’Allemagne.
— l’extraction et la préparation du gypse ;
— la cuisson ;
— l’obtention des produits finis.

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[Link] Cuisson en atmosphère humide La finesse des plâtres est un facteur important à considérer.
Après la cuisson, la matière est broyée dans des appareils de types
Il existe également de très nombreux fours à cuisson indirecte
assez différents d’une plâtrière à l’autre.
(le combustible ou les gaz ne sont pas en contact direct avec la
matière). Parmi ceux-ci, mentionnons les suivants. Le plâtre peut ensuite être bluté, c’est-à-dire séparé en classes
granulométriques différentes à l’aide de :
■ Fours fixes : — bluteries rotatives :
— Fours de boulanger (abandonnés) ; • prisme hexagonal creux incliné sur lequel est tendue une tôle
— Fours autoclaves. métallique au travers de laquelle passe le plâtre,
Ce sont des fours chauffés à la vapeur sous pression de 2 à 12 bar. • tube cylindrique rotatif revêtu d’une toile métallique (trommel);
On obtient des plâtres (semi-hydrate α) de très bonne qualité, très — tamis vibrants ;
durs et utilisés comme plâtre de moulage. — séparateurs à air.
— Marmites : le gypse finement broyé est déversé dans une Des ajouts de produits destinés à modifier les caractéristiques de
marmite en tôle fixe ou rotative placée au-dessus d’un foyer. La la pâte de plâtre gâché ou les qualités finales de l’enduit sont alors
vapeur d’eau est évacuée par une cheminée. La marmite contient effectués.
un agitateur vertical brassant continuellement le gypse (marmite Le plâtre ainsi parvenu à l’état de poudre d’une finesse bien
fixe). La marmite peut également tourner et le gypse est alors déterminée est entreposé dans des silos.
homogénéisé par des palettes fixées à l’intérieur de cette marmite. Il peut être expédié directement en vrac dans des camions
La vidange se fait par une trappe, la température peut atteindre conteneurs, ou mis en sac kraft de 40 kg par des machines auto-
180 oC. Le produit obtenu est très homogène, mais ne permet pas matiques rapides (60 t à l’heure) et précises. Le chargement est effec-
une grande production ; le procédé est, de plus, assez onéreux. Les tué directement sur camion ou wagon à l’aide de transporteurs
marmites américaines peuvent contenir jusqu’à 15 ou 20 t de gypse munis d’un tapis télescopique. Le plâtre stocké quelque temps parfait
finement moulu. La cuisson, à 180 oC, dure 2 h environ et le fuel ou son homogénéisation et subit un vieillissement favorable à sa
le gaz naturel sont souvent utilisés comme combustibles. qualité.
Les marmites coniques anglaises à cuisson immergée, qui ont
d’excellents rendements énergétiques, sont employées pour la pro-
duction de semi-hydrate de préfabrication pour plaques de plâtre. 4.1.4 Contrôles de fabrication
■ Fours rotatifs
La marche des appareils de production est contrôlée en per-
Le gypse broyé finement est déversé dans un four rotatif fermé manence et régulée par des cabines de télécommande.
et chauffé extérieurement. Les fours les plus utilisés sont les fours
Beau ou leurs variantes, véritables marmites allongées, tournantes, Au sortir des fours et avant la mise en silo, les caractéristiques
à chargement et vidange pratiquement automatiques (diamètre de chimiques et physiques du produit sont contrôlées 24 h sur 24.
l’ordre de 2 m, longueur de 8 à 10 m). Après cuisson, la moitié de Les contrôles portent notamment sur :
la matière est déversée grâce à une inversion du sens de rotation — la granulométrie ;
du tube muni de releveurs internes et l’on complète la charge avec — les temps de prise ;
du gypse froid à traiter qui peut ainsi se réchauffer rapidement. La — les résistances mécaniques en flexion et en compression.
température à l’intérieur est de 150 à 180 oC et le débit de ces fours
Les contrôles effectués varient selon la nature des plâtres fabri-
de 4 à 8 t/h.
qués. Ils sont destinés à garantir, dans tous les cas, le respect des
■ Autres types de fours caractéristiques souhaitées par l’utilisateur.
Il existe encore différents types de fours en France et à l’étranger ;
citons par exemple :
— les fours broyeurs cuiseurs utilisés pour la production du plâtre 4.2 Fabrication à partir de gypses
à préfabrication ; de synthèse
— les fours à lit fluidisé ;
— les vis Holoflites (sorte de vis creuses sans fin parcourues par
un fluide chauffant) ; L’utilisation des gypses de synthèse pour la fabrication du plâtre
— les cuiseurs Flash. pose des problèmes liés aux impuretés qu’ils contiennent.
Des recherches se poursuivent en vue d’utiliser l’énergie solaire Les phosphogypses, en particulier, obtenus par l’attaque sulfu-
pour la cuisson du gypse. En l’état actuel de ces recherches, les rique d’un minéral naturel conservent les impuretés présentes dans
rendements restent insuffisants pour une production industrielle. celui-ci. Lorsqu’elles se retrouvent dans le plâtre, ces impuretés ont
En règle générale, dans les fours couramment utilisés, les pour effets principaux de modifier les temps de prise, de réduire les
consommations de fuel pour la cuisson sont de l’ordre de 25 à 35 kg/t caractéristiques mécaniques, d’inhiber l’action de certains ajouts. On
pour le semi-hydrate et de 35 à 50 kg/t pour le surcuit. doit donc les éliminer, et pour cela différents procédés industriels
ont été mis au point.
Cependant, comme nous l’avons souligné au paragraphe 1.3, le
4.1.3 Mouture, mélange, distribution coût de ces traitements ajouté à celui de l’élimination de l’eau libre
ont entravé le développement de l’utilisation du phosphogypse.
Autrefois, le gypse était cuit en morceaux assez gros qui Une seule usine utilisant du phosphogypse pour la fabrication du
renfermaient, à la fin du traitement, à la fois du semi-hydrate et de plâtre fonctionnait en France en 1985 contre cinq en 1978.
l’anhydrite. Les morceaux étaient ensuite broyés pour obtenir, en
De nombreux procédés de traitement du désulfogypse font l’objet
une seule opération, le plâtre de construction. Ce dernier s’obtient
de brevets, notamment au Japon et en République fédérale d’Alle-
actuellement par mélange en proportion convenable de
magne, mais connaissent peu d’applications industrielles en France.
semi-hydrate et d’anhydrite.

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PLÂTRE ______________________________________________________________________________________________________________________________

4.3 Conception des plâtres 5. Différentes variétés


dans l’industrie
de plâtres
Chaque qualité de plâtre a été conçue pour répondre à un besoin
particulier ; cela a nécessité, dans un premier temps, la définition 5.1 Plâtres destinés au bâtiment
précise des caractéristiques à rechercher pour satisfaire ce besoin,
puis la recherche des moyens à mettre en œuvre pour que le produit
On a pu constater, dans les années passées, une rapide décrois-
ait les caractéristiques voulues.
sance du marché des plâtres pour enduits intérieurs manuels et
Les moyens à mettre en œuvre sont à choisir dans un arsenal projetés au profit des produits préfabriqués. La production de plâtres
qu’ont su constituer au fil du temps l’exploitant et l’homme de pour enduits manuels classiques (PFM de la norme NF B 12-300) a
laboratoire. C’est-à-dire qu’il faut définir, d’une façon générale : diminué de façon importante et représente aujourd’hui moins
— le gypse le mieux adapté ; de 20 % de la production totale.
— la composition du plâtre de base ; Les « plâtres allégés » qui sont des mortiers prêts à l’emploi de
— les procédés de cuisson et de broyage les plus aptes à obtenir plâtre et perlite se sont, par contre, développés de façon sensible
le plâtre de base ; et devraient continuer à se substituer aux plâtres traditionnels. Ces
— les ajouts, qualitativement et quantitativement ; produits, plus faciles d’application, séchant plus rapidement, de
— le type de mélange, le conditionnement, etc. dureté élevée, peuvent être colorés dans la masse et permettent de
Par exemple, la fabrication d’un plâtre à mouler à hautes per- réaliser des finitions décoratives.
formances mécaniques demandera l’utilisation du gypse le plus
pur. Par contre, certains plâtres à projeter s’accommodent assez
bien d’une pureté de l’ordre de 80 %. 5.1.1 Plâtres pour enduits intérieurs
Les plâtres destinés à réaliser des enduits sont très souvent
constitués, en dehors des ajouts, d’un mélange de semi-hydrate et Les plâtres pour enduits intérieurs représentent encore
de surcuit, qui s’appelle le plâtre de base. Le semi-hydrate, par son aujourd’hui plus de 30 % des tonnages consommés annuellement
hydratation rapide, permet à l’enduit d’acquérir des résistances à en France. On distingue trois familles de plâtres pour enduits :
court terme. Par la suite, la lente hydratation du surcuit entraîne une — les plâtres pour enduits manuels ;
cristallisation complémentaire qui vient renforcer la cohésion du — les plâtres à projeter ;
réseau cristallin, compense le retrait dû au séchage et évite ainsi la — les plâtres pour enduits spéciaux appliqués manuellement ou
formation de fissures. Dans ce plâtre de base, les proportions semi- par projection mécanique.
hydrate surcuit pourront varier de façon sensible selon la pureté du
gypse d’origine, la réactivité des composants, le cahier des charges [Link] Plâtres pour enduits manuels
du produit.
Ces plâtres sont décrits par les normes NF B 12-300 et B 12-301.
Les différents procédés de cuisson et de broyage existant dans
Ils sont destinés aux enduits intérieurs de murs et plafonds en
l’industrie du plâtre conduisent à des produits qui, s’ils ont l’appel-
lation industrielle de semi-hydrates ou de surcuits, ont des réactivités plâtre pur, c’est-à-dire sans addition d’un autre liant ou d’un granulat.
très différentes. Pour un enduit, l’utilisation d’un semi-hydrate de Les normes datant de 1963 sont en cours de révision pour
four Beau, plus stable dans le temps s’il est exempt d’incuit et d’anhy- s’adapter à la réalité des plâtres modernes adjuvantés.
drite III, sera souhaitable alors que la préfabrication s’accommodera La norme actuelle distingue, en fonction de leur granularité, deux
mieux d’un semi-hydrate de four rotatif à feu direct, plus réactif. De types de plâtres : gros et fins. Dans chacune de ces granularités, en
même, le circuit de broyage adéquat (broyeurs, cribles, séparateurs, fonction de leurs temps de prise croissants, il existe deux classes :
etc.) sera défini en tenant compte de la broyabilité du plâtre. no 1 et no 2.
Le comportement d’un plâtre peut être façonné à la demande par Dans le projet de révision, si le classement par granularité est
l’incorporation d’ajouts minéraux et organiques qui ont, chacun, une inchangé, on a, par contre, introduit une troisième classe de temps
action bien spécifique sur un aspect précis de ce comportement de prise correspondant aux plâtres manuels à très long temps
(temps de prise, viscosité, ouvrabilité, etc.). La connaissance des d’emploi et aux plâtres à projeter.
interactions entre ces ajouts et le plâtre, mais également des ajouts
La nouvelle norme s’appliquera également aux mortiers de plâtre
entre eux, est nécessaire. Elle est rendue complexe par la diversité
livrés prêts à l’emploi (plâtres allégés notamment).
des substances proposées par l’industrie chimique.
Enfin, la réunion des ajouts et du plâtre de base peut être réalisée [Link] Plâtres à projeter
directement, ou par l’intermédiaire d’un prémélange, avant ou après
broyage, dans un mélangeur horizontal, vertical, continu ou dis- Il existe sur le marché une gamme importante de plâtres à
continu, le choix étant guidé par la qualité souhaitée du produit, mais projeter : enduits intérieurs de murs et de plafonds, protections
également par l’installation existante dans laquelle le produit sera spéciales contre l’incendie, etc. La projection mécanique fait appel
élaboré. à des machines légères et de faible encombrement, de différents
modèles, qui assurent en continu le gâchage du plâtre, le transport
La conception d’un plâtre industriel nécessite que l’on fasse, à tous de la pâte par tuyau et la projection pneumatique sur le support.
les niveaux, le bon choix. Les qualités du produit fini en dépendent,
la première de ces qualités étant la régularité des critères de compor- Seule la finition de l’enduit se fait généralement de façon
tement auxquels les utilisateurs sont de plus en plus sensibles. manuelle.
L’approvisionnement des chantiers peut se faire en sac, ou bien
en vrac avec l’utilisation d’un silo de chantier et alimentation en
continu des machines. Le taux d’eau de gâchage (variable avec le
type de plâtre et la nature du support) est indiqué par le fabricant
dans ses notices d’emploi. La quantité d’eau de gâchage nécessaire,
réglée une fois pour toutes, est fournie automatiquement par la
machine. On peut colorer les plâtres à projeter dans la masse en
introduisant des colorants dans l’eau de gâchage. Le temps d’utili-
sation du plâtre est supérieur à 1 h 30 min.

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L’enduit projeté supprime la plus grande partie des gravats et Les plâtres projetés allégés sont caractérisés, en particulier, par
assure la propreté du chantier. une faible masse volumique. Cela permet d’enduire avec un même
L’application sur le support ne nécessite qu’une seule couche aussi poids de plâtre, à épaisseur égale bien entendu, une surface plus
bien sur mur que sur plafond. Suivant l’épaisseur (qui peut atteindre importante qu’avec les plâtres projetés classiques.
plusieurs centimètres sans difficultés) la couche peut être réalisée Les plâtres manuels allégés possèdent les mêmes avantages de
en une ou plusieurs passes. L’enduit peut être laissé brut de pro- légèreté, de souplesse et de rendement que les projetés. Ils repré-
jection, ayant ainsi un aspect décoratif. Il est généralement dressé sentent également d’autres caractéristiques liées à leur mise en
à la règle et la finition intervient dans un délai (2 à 3 h) permettant œuvre ; l’absence de temps morts (d’où un talochage immédiat) et
l’organisation rationnelle du chantier. une finition irréprochable sont les plus notables.
Les enduits ainsi réalisés sont d’une qualité régulière et d’une ■ Plâtres à projeter pour protections spéciales contre l’incendie
finition parfaite. Leur délai de séchage est réduit (de l’ordre d’une
semaine dans des conditions ambiantes normales). Leur dureté est Ce sont des produits destinés à protéger contre l’incendie certains
variable selon le type de plâtre choisi, certains plâtres THD (très éléments de construction tels que les poteaux et les poutres en acier,
haute dureté) peuvent être projetés mécaniquement. les éléments de structure en béton armé notamment à surface lisse.
Ils s’appliquent exclusivement par projection mécanique.
[Link] Plâtres pour enduits spéciaux
Ce sont des produits mis au point pour répondre à l’évolution 5.1.2 Plâtres pour préfabrication
des techniques de construction, et pour permettre la réalisation
d’ouvrages de caractéristiques particulières.
Les plâtres pour préfabrication représentent aujourd’hui plus
Les principales catégories sont les suivantes : de 50 % du marché. Ils sont destinés à la fabrication d’éléments
— plâtres pour enduits de très haute dureté ; moulés et séchés en usine pour cloisons, plafonds et doublage.
— plâtres de surfaçage ; Ces plâtres sont presque toujours exclusivement constitués de
— plâtres pour ragréage de sol ; semi-hydrates et se caractérisent par :
— plâtres à briqueter ;
— une bonne fluidité facilitant le coulage ;
— plâtres allégés ;
— un durcissement rapide ;
— plâtres pour protection spéciale contre l’incendie.
— des performances mécaniques élevées qui les font apprécier
■ Plâtres pour enduits de très haute dureté (THD) pour leurs applications dans la préfabrication.
Ces plâtres donnent par leur nature des enduits de très haute Ils peuvent avoir une finesse plus ou moins poussée et des carac-
dureté et peuvent s’appliquer partout où une résistance élevée est téristiques de prise plus ou moins rapides selon les applications et
recherchée ou imposée. Leur grande résistance aux chocs les destine les modes opératoires.
plus particulièrement à un emploi dans les lieux soumis à des Ils se gâchent généralement dans un rapport eau/plâtre de l’ordre
conditions de service très sévères : locaux publics (écoles, hôpitaux, de 80 à 90 %.
cliniques, gares, etc.) ou logements (soubassements des pièces,
C’est un caractère commun à tous ces plâtres, et qui est apprécié
halls, cages d’escaliers, etc.). Ils constituent un excellent support
dans leurs diverses applications, de présenter, sous leur état de pâte
pour la pose des revêtements céramiques (admis par le Centre Scien-
plastique, une aptitude exceptionnelle à épouser dans leurs
tifique et Technique du Bâtiment, même dans les pièces humides).
moindres détails les formes des modèles ou des moules au contact
Ces produits seront repris dans la nouvelle norme NF B 12-301. desquels ils ont été coulés, à reproduire tous les reliefs avec une
extrême fidélité et à se prêter, au besoin, à des traitements de surface
■ Plâtres de surfaçage
capables d’en multiplier les propriétés et les aspects.
Ils sont destinés à corriger les défauts des surfaces planes mais
granitées, et à la finition par lissage des parois bullées. Ils possèdent
un très grand pouvoir garnissant. 5.1.3 Plâtres à mouler pour staff
■ Plâtres de ragréage de sol
Classés à part, pour leur destination (éléments de construction ou
Ce sont des produits destinés à former une sous-couche de revê-
de décoration) et pour leur mise en œuvre (préfabriqués ou non),
tements de sol.
les plâtres pour staff sont essentiellement constitués de semi-
■ Plâtres à briqueter hydrates.
Ce sont des plâtres que leurs caractéristiques de prise destinent Ils sont destinés à la réalisation, en usine ou sur chantier, de
spécialement au montage des cloisons en briques. plaques de plafond ou de doublage, et d’éléments entrant dans la
décoration, l’ornementation, ou le moulage de maquettes et de
■ Plâtres allégés statues.
Les plâtres allégés, qu’ils soient projetés ou manuels, permettent Les plâtres pour staff font l’objet d’une norme (NF B 12-302) défi-
d’obtenir des enduits dont les caractéristiques finales sont tout à fait nissant leurs caractéristiques physiques, mécaniques et chimiques,
excellentes. Dans les domaines de la protection incendie, de ainsi que les méthodes permettant de les déterminer.
l’isolation thermique et de l’absorption phonique, les propriétés
spécifiques au plâtre sont sensiblement améliorées du fait de
l’adjonction d’un granulat léger. 5.1.4 Chapes autolissantes
Les enduits en plâtre allégé supportent, sans dommage, la plu-
part des efforts et contraintes auxquels sont parfois soumis les La gamme des produits en poudre s’est enrichie d’une nouvelle
supports (en plafonds notamment). Sur le plan des performances famille de produits destinés à la réalisation de chapes coulées à base
mécaniques, les duretés et résistances donnent toute satisfaction. d’anhydrite naturelle ou synthétique. Cette technique, autrefois
Les plâtres projetés allégés s’emploient avec toutes les machines traditionnelle puisque des « sols en plâtre » ont été retrouvés dans
conçues pour la projection du plâtre classique, sans modification ni des villas romaines et dans certaines églises de l’Est de la France,
réglage particuliers. En ce qui concerne la mise en œuvre, les dif- est aujourd’hui une solution moderne aux problèmes de chapes de
férentes phases de dressage, serrage, réglage, sont très nettement sol.
facilitées ; l’enduit donne une impression réelle de légèreté et de
grande souplesse, rendant ainsi le travail du plâtrier plus aisé.

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Le mélange constitué d’anhydrite, d’adjuvants et de charges est Les caractéristiques physiques, mécaniques et chimiques des
gâché mécaniquement et coulé, soit sur une feuille de désolidarisa- carreaux d’épaisseur supérieure ou égale à 5 cm sont précisées dans
tion (chape non adhérente), soit directement sur béton sain et sec, la norme NF P 72-301. Les colles sont en cours de normalisation.
soit encore sur un primaire d’adhérence si la porosité du support La mise en œuvre de ces éléments est régie par le DTU 25-31.
est irrégulière. La gamme des carreaux de plâtre s’est enrichie de plusieurs
Après séchage, le chape est apte à recevoir différents types de nouveaux produits destinés à des emplois spécifiques :
revêtements de sols collés ou coulés. — carreaux isolants ;
— carreaux de haute dureté ;
— carreaux porteurs ;
5.2 Plâtres à mouler — carreaux hydrofugés et hautement hydrofugés.
pour les arts et l’industrie ■ Les carreaux isolants incorporent une âme en matériau isolant :
polystyrène expansé, extrudé ou laine de roche. Isolants et plus
Ce sont des plâtres constitués, en général, essentiellement de légers que les carreaux traditionnels, ils sont principalement destinés
semi-hydrates préparés à partir de gypse sélectionné, selon des aux doublages de murs ou à la séparation entre pièces habitées et
techniques particulièrement élaborées, et capables de manifester, pièces annexes.
avec toute la régularité industriellement requise, les plus hautes
■ Les carreaux de haute dureté, colorés en rose, présentent une
performances :
grande résistance aux chocs et améliorent, du fait de leur densité
— résistances mécaniques très élevées ; plus élevée ( d  1,2 ) , les performances de la closion en matière
— état et dureté de surface exceptionnels ; d’isolation acoustique.
— porosité et pouvoirs d’absorption contrôlés et strictement
adaptés ; ■ Les carreaux porteurs, de densité élevée ( d  1,3 ) et de forte
— variations dimensionnelles maîtrisées et rigoureusement épaisseur (100 mm), permettent la réalisation de refends porteurs
régularisées. et, dans le cadre d’un procédé constructif sous Avis Technique en
Ces plâtres sont utilisés dans diverses industries comme moules association avec une isolation par l’extérieur, la construction de
de coulage, de calibrage ou matrices (tuileries, porcelainerie, indus- bâtiments à rez-de-chaussée sur terre-plein, vide sanitaire ou cave.
tries des sanitaires, industries des matières plastiques et du jouet, ■ Deux types de carreaux résistant à l’humidité ont été mis sur le
fonderie d’art, etc.), et également en chirurgie et art dentaire. marché depuis quelques années :
— les carreaux hydrofugés, colorés en bleu, sont destinés aux
cloisons des pièces humides à usage individuel (logements,
chambres d’hôtel...) ;
6. Produits préfabriqués — les carreaux hautement hydrofugés, colorés en vert, des-
en plâtre tinés aux locaux à usage collectif ou industriel, tels que laveries,
buanderies, douches ou cuisines collectives, sous réserve du respect
de certaines conditions d’hygrométrie (limitation de la durée des
6.1 Carreaux de plâtre ruissellements d’eau, limites de température des locaux).

Les éléments de petites dimensions ou carreaux de plâtre ont un


module de 3 ou 4 éléments par mètre carré. Ils sont soit pleins, soit 6.2 Éléments de hauteur d’étage
évidés (alvéoles verticales ou horizontales), leur épaisseur varie tout en plâtre
de 4 à 10 cm selon la fabrication, les épaisseurs les plus courantes
sont 5, 6 et 7 cm (tableau 3). Ces produits, largement utilisés dans les années 60, ont disparu
Nota : il existe des éléments d’épaisseur supérieure pour certains emplois spécifiques.
du marché français. Ils sont encore fabriqués en faible quantité dans
Les éléments d’épaisseur 4 et 5 cm sont employés en doublage, certains pays européens.
ceux de 5, 6, 7, 8 et 10 cm sont employés en cloisons de distribution. Il s’agit de panneaux en plâtre, pur ou incorporant un autre
Ces éléments font l’objet de fabrications industrielles comportant le matériau, ayant les dimensions suivantes :
séchage automatique en étuve conditionnée.
— hauteur standard : 2,50 à 3,50 m selon la fabrication ;
Ils comportent des joints à emboîtement qui assurent la bonne — largeur : 30 à 60 cm ;
mise en position des éléments. — épaisseur : 6 ou 7 cm.
La pose se fait à joints collés, au moyen d’une colle spéciale à Selon le type, ils sont fabriqués soit en usines fixes équipées de
base de plâtre agréée par le fabricant. séchoirs, soit sur chantiers.
Ils sont généralement posés à joints collés au moyen d’une colle
spéciale à base de plâtre agréée par le fabricant. (0)

Tableau 3 – Caractéristiques des carreaux de plâtre


7 cm
Épaisseurs 4 cm 5 cm 6 cm 8 cm 10 cm
Pleins Creux

 60 × 50 60 × 40   66 × 50
Dimensions .................. (cm) 66 × 50 66 × 50 66 × 50  66 × 50 66 × 50 
66 × 50  66 × 38
   60 × 40
Masse surfacique ... (kg/m2) 40 45 à 50 55 à 60  65 à 68 45 à 52 75 à 80 90 à 100
Nombre .................. (par m2) 3 3 3  3 3 ou 4 3 3 ou 4

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6.3 Plaques de parement en plâtre 6.3.1 Plaques spéciales

La plaque de plâtre est aujourd’hui la forme principale d’utilisation La souplesse d’utilisation de la plaque de plâtre standard permet
du plâtre. de répondre à la plupart des performances requises. Néanmoins,
des plaques spéciales ont été mises au point qui permettent de
Environ 2 000 millions de m2 de plaques de plâtre aux États-Unis résoudre les cas les plus particuliers.
et plus de 500 millions de m2 en Europe sont posées chaque année. L’utilisation de cartons spécialement traités, la constitution d’un
Dans les dernières années, le marché de la plaque de plâtre a été corps de plaque adapté par action physique ou chimique permettent
marqué par de nombreuses innovations technologiques et le déve- en effet la fabrication de plaques :
loppement de systèmes spécifiques. Citons : — de haute dureté (HD) ;
— les plaques à bords spéciaux pour finition des joints avec — spéciales feu ;
ou sans bande de papier. Traditionnellement, la finition des joints — résistantes à l’humidité.
entre plaques se faisait au moyen d’une bande de papier placée dans
l’aminci du bord de plaque, recouverte ensuite de plusieurs passes
d’enduit. Une première évolution a été l’apparition de plaques à 6.3.2 Produits dérivés de la plaque
bords ronds associées à un enduit spécial permettant la finition sans
bande de papier. Les plaques à bord rond aminci permettent, selon Certains de ces produits ont été conçus pour remplir des fonctions
les conditions, de réaliser au choix le joint avec ou sans bande ; complémentaires à celles naturellement remplies par la plaque de
— les plaques sans carton superficiel, armées de fibres de plâtre (pare-vapeur, prédécoration, isolation thermique ou thermo-
verre, permettant de réaliser des cloisons et plafonds à très haute acoustique) ou à intégrer plus en amont certaines opérations préala-
performance de résistance au feu ; blement réalisées sur chantier : ces deux démarches tendent vers
— les plaques à reliefs décoratifs ; la notion de composants industrialisés.
— les plaques usinées par rainurage pour réalisation
d’angles et de surfaces courbes ; [Link] Plaque pare-vapeur
— les systèmes de cloisons de grande hauteur, de cloisons
à haute performance acoustique et de protection contre Destinée soit à bloquer la migration de la vapeur d’eau de l’inté-
l’incendie. En fonction du type d’ossature métallique, du nombre rieur vers l’extérieur afin d’éviter, par exemple, la condensation dans
et de l’épaisseur des plaques, on peut satisfaire des exigences spé- un isolant thermique, soit à fournir une paroi intérieure sèche dans
cifiques en matière d’isolation acoustique, de résistance au feu et le cas de gros œuvre non étanche ou de remontée d’eau par capil-
réaliser des cloisons de grande hauteur ; larité, la plaque est revêtue d’un parement à très faible perméabilité
— les chapes de sol sèches utilisant des dalles constituées de (aluminium ou complexes aluminium-polyéthylène).
plusieurs épaisseurs de plaques de plâtre posées sur une forme
d’égalisation en granules (en matériaux isolants). [Link] Doublages isolants
À côté de la plaque standard d’épaisseurs courantes (9,5 mm, Utilisés pour l’isolation thermique ou thermo-acoustique des
12,5 mm, 15 mm) sont apparues les plaques de forte épaisseur parois extérieures des constructions, les doublages isolants se pré-
(de 18 à 25 mm) pour certains systèmes de cloisons, et les plaques sentent sous forme de complexes associant une ou deux plaques
de faible épaisseur (6 mm) pour la réalisation de surfaces courbes. de plâtre à un isolant thermique (polystyrène expansé, polyuréthane,
Enfin, la gamme des plaques spéciales (de haute dureté, poly-isocyanurate, etc.) ou thermo-acoustique (laines minérales).
spéciales feu et hydrofugées) s’est enrichie de nouveaux produits : On distingue le panneau de doublage de la cloison de doublage
plaques avec carton MO (réaction au feu), plaques perforées pour selon que l’isolant est revêtu de plaque de plâtre sur une face ou
absorption acoustique, plaques pour protection contre les rayons X. sur les deux.
Les caractéristiques de la plaque de plâtre sont définies par la Les caractéristiques thermiques de ces produits dépendent direc-
norme NF P 72-302. Elle est composée d’un corps en plâtre coulé tement de celles de l’isolant choisi. Les valeurs à retenir sont
en usine entre deux feuilles de carton constituant à la fois son indiquées dans le DTU Règles Th K 77. Par ailleurs, les isolants
parement et son armature. peuvent faire l’objet de certificats ACERMI (Association pour la
Destinée, pour l’essentiel, à la réalisation de plafonds, cloisons et certification des matériaux isolants).
doublages, la plaque de plâtre se présente dans des dimensions
permettant de couvrir en une fois la surface la plus grande possible,
tout en étant néanmoins manipulable à la main. C’est pourquoi les 6.4 Produits préfabriqués pour plafond
dimensions les plus fréquentes sont 1,20 m pour la largeur, 2,50 m
et plus pour la longueur. Indépendamment de l’utilisation qui peut être faite en plafond
En fonction des performances d’ouvrages que l’on cherchera à des plaques de staff et des plaques de plâtre, il existe des éléments
atteindre dans les domaines de la résistance mécanique, de la résis- fabriqués spécialement pour l’exécution de plafonds : à joints
tance au feu, de l’isolation phonique, on choisira des épaisseurs généralement apparents, lisses ou à relief, décoratifs et absorbants
pouvant varier de 9,5 à 25 mm. phoniques.
Nota : les plaques standard haute dureté et spécial feu de 9,5, 12,5 et 15 mm font l’objet
d’une marque NF depuis 1983. La norme NF P 72-302 est actuellement en cours de révision.
Ces différents types d’éléments de plafond peuvent être utilisés
soit en fixation directe sur ossature (clouage, vissage, etc.), soit
Les bords longitudinaux des plaques présentent habituellement sous forme de plafonds suspendus.
un aminci dont la vocation est de faciliter la dissimulation des joints.
Elles peuvent néanmoins présenter d’autres types de bords :
— droit, si l’épaisseur est identique sur toute la largeur des
plaques ;
— biseauté, si le bord comporte un chanfrein incliné à 45o ;
— rond.

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7. Propriétés du plâtre Un certain nombre de données expérimentales et de mesures de


laboratoire permettent de situer le rôle que le plâtre est capable de
jouer en présence des variations d’humidité relative de son environ-
7.1 Isolation thermique nement : rôle qui peut contribuer à amortir lesdites variations au
cours du temps.
et régulation de l’hygrométrie
On sait, par exemple, qu’un ouvrage en plâtre exécuté avec un
Nota : on se reportera aux articles Isolation thermique à température ambiante. Proprié- pourcentage d’eau de gâchage courant, abandonné à lui-même, perd
tés [C 3 371] et Bases physiques [C 3 370] de ce traité. progressivement son eau excédentaire, plus ou moins rapidement,
Du fait de sa faible conductivité thermique λ, le plâtre peut selon les conditions hygrothermiques de l’ambiance, pour parvenir
s’employer seul ou associé à d’autres matériaux pour améliorer à un état d’équilibre qui reste constant si ces conditions sont
l’isolation thermique des parois. elles-mêmes constantes.
La conductivité thermique utile λ du plâtre (Règles Th K 77) est Ainsi, dans une atmosphère maintenue à 20 oC et à 85 % d’humi-
de 0,35 W/mo · C pour un plâtre de masse volumique comprise entre dité relative, ce plâtre perd la totalité de son eau non combinée, soit
750 et 1 000 kg/m 3, c’est-à-dire pour la plupart des utilisations sensiblement 50 % de son poids, en moins de 30 j. Des mesures de
courantes du bâtiment. laboratoire ont prouvé que ce résultat est identique à celui qui peut
être obtenu par un traitement en étuve à 50 oC poursuivi jusqu’à
Un enduit plâtre appliqué sur une paroi de béton ou de terre cuite poids constant.
forme un revêtement continu qui améliore déjà l’isolation thermique.
Ce séchage s’effectue, d’ailleurs, quelle que soit l’humidité relative
Il existe d’ailleurs pour cet usage des plâtres spéciaux qui incorporent
de l’air ambiant et le plâtre continue à perdre son eau non combinée
des charges d’agrégats légers et ont des λ de l’ordre de 0,15
même lorsque l’humidité relative devient très élevée, de l’ordre
à 0,20 W/mo · C. Enfin, en raison de sa forte inertie thermique et de
de 95 %.
sa faible conductivité thermique, le plâtre élimine le phénomène de
paroi froide et se révèle un excellent isolant à un prix de revient Il résulte encore d’essais de laboratoire que le plâtre séché,
intéressant. maintenu en milieu isotherme, mais placé en ambiance saturée,
reprend après un temps comparable à celui du séchage, une humi-
Le plâtre permet de plus, en association avec des matériaux
dité d’environ 1 % en poids.
isolants minéraux ou de synthèse, ayant des λ très faibles (0,02
à 0,04 W/mo · C), qui sont des matériaux spécifiques de l’isolation, Des essais ont été effectués sur des plâtres préalablement séchés,
mais qui ne constituent pas comme lui des matériaux de construc- puis maintenus à une humidité relative constante élevée (95 %) et
tion, de réaliser des systèmes d’isolation efficaces. soumis à des cycles de températures de 12 oC d’amplitude (entre
12 et 24 oC) et de durée variable de 4, 6, 12 et 24 h. Les mesures
Les éléments préfabriqués en plâtre sont couramment employés faites, en pesée continue, établissent que :
pour améliorer l’isolation thermique d’une paroi, seuls ou sous
forme de complexes plâtre-isolant. — le plâtre absorbe l’eau lorsque la quantité d’eau vapeur dans
l’atmosphère augmente, c’est-à-dire quand la température monte ;
Le tableau 4 donne la résistance thermique utile (R = e/λ, avec e — le plâtre perd sensiblement le poids d’eau absorbé dans le cas
épaisseur) d’éléments en plâtre. (0) contraire ; le poids d’eau échangé entre le plâtre et l’atmosphère
(poids qui augmente avec la durée du cycle) représente de 0,1 à 0,2 %
du poids du plâtre.
Tableau 4 – Résistances thermiques Le plâtre est donc capable de jouer un rôle important, même si
utiles d’éléments en plâtre l’on tient compte que la vitesse des échanges dépend évidemment
de la nature du plâtre, de sa compacité, de son taux de gâchage,
R de sa surface de contact avec l’ambiance, comme des conditions
Type d’éléments
(m 2 · oC/W) hygrothermiques de celle-ci.
Carreaux de plâtre pleins Bien entendu, le plâtre, par la contribution qu’il apporte par ailleurs
(masse volumique : 900 à 1 000 kg/m 3 ) : à l’isolation thermique, favorise l’élimination des phénomènes de
— épaisseur 50 mm 0,14 paroi froide. Mais il reste qu’en cas de condensation d’eau à sa
surface, le plâtre est capable de l’absorber – et de s’opposer ainsi
— épaisseur 60 mm 0,17
au ruissellement – pour la rejeter ensuite dès que les conditions
— épaisseur 70 mm 0,20
hygrométriques s’y prêtent.
— épaisseur 100 mm 0,29
Éléments alvéolés En tout cela, le plâtre intervient comme un réel amortisseur des
(20 à 35 % de vides en une rangée d’alvéoles, variations hygrométriques de l’ambiance dans laquelle il est utilisé.
masse volumique : 900 à 1 000 kg/m3) :
— épaisseur 60 mm 0,20
— épaisseur 70 mm 0,22 7.3 Isolation acoustique
Plaques de parement en plâtre
(masse volumique : 800 à 900 kg/m 3 ) : Nota : on se reportera aux articles Acoustique des salles [C 3 360] et Traitement
acoustique et isonorisation des bâtiments [C 3 362] dans ce traité.
— épaisseur 9,5 mm 0,03
— épaisseur 12,5 à 15 mm 0,04 Le domaine de l’acoustique est un domaine délicat. L’appréciation
du rôle que le plâtre peut y jouer l’est donc tout autant. Il est possible,
Nota : les résistances thermiques utiles des complexes d’isolation plâtre-isolants sont
indiquées dans les Avis Techniques qui les concernent.
cependant, de dégager quelques données qui éclairent le sujet, étant
du reste précisé qu’il ne sera nullement question ici de l’isolation
aux bruits de chocs ou d’équipements qui relèvent de techniques
particulières ; les considérations suivantes sont limitées aux bruits
7.2 Plâtre et humidité des locaux aériens. L’acoustique obéit naturellement à des lois théoriques, mais
dans les applications qu’on en fait, au plan pratique, elle relève
Le plâtre est un matériau poreux et, bien qu’il soit rarement laissé davantage de l’art que de la science par les soins qu’elle exige, par
nu et qu’il soit le plus souvent recouvert de peinture, de papier ou les précautions sans lesquelles en particulier la moindre faille, le
de tissu, il doit très généralement être examiné comme tel du point moindre pont phonique risquent d’en anéantir les résultats
de vue des échanges hygrothermiques avec l’atmosphère ambiante, puisqu’un tel pont suffit à permettre la transmission des vibrations
car, mis à part les peintures laquées des salles d’eau ou certains revê- des ambiances qu’il met en communication.
tements plastifiés, les couches minces de peinture ou de papier,
comme les tissus, sont perméables.

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Par la continuité des murs et cloisons qu’ils apportent, les enduits Selon la masse des parements et leur écartement, les perfor-
manuels ou projetés assurent une isolation aux transmissions de mances possibles couvrent toute la gamme des exigences allant
bruits aériens et une garantie contre les ponts phoniques résultant jusqu’à un indice d’affaiblissement acoustique pondéré de 69 dB(A)
de fissures, de la porosité des matériaux, etc. pour une cloison d’une épaisseur totale de 225 mm et d’une masse
Cette continuité des murs et des cloisons est également réalisée surfacique de 70 kg/m2.
dans l’emploi des divers éléments préfabriqués de cloisons à base
de plâtre correctement mis en œuvre, avec lesquels l’intégralité des
joints d’assemblage fait nécessairement l’objet d’un collage ou d’un 7.4 Correction acoustique
mastiquage ininterrompu qui reconstitue la continuité de l’écran
acoustique isolant les locaux adjacents. La transmission de l’énergie sonore se fait aussi, à l’intérieur d’un
Le plâtre, cependant, obéit aux lois générales de l’acoustique. Du même local, par réflexion sur les différentes parois qui en limitent
point de vue théorique, la transmission directe de l’énergie sonore le volume. C’est le phénomène de la réverbération qui, selon les
par les parois est essentiellement régie par la loi de masse et par conditions qui lui sont imposées par la géométrie et les matériaux
la loi de fréquence. du local, peut communiquer à ce dernier une acoustique plus ou
Nota : la transmission indirecte par les éléments adjacents est plus difficile encore à saisir
moins satisfaisante.
et à évaluer et il n’en est pas tenu compte dans les mesures de laboratoire. Dans la pratique, Le plâtre, grâce à son aptitude au moulage, à la préfabrication
on admet qu’elle introduit une chute d’isolation de 5 à 7 dB (A).
comme à la constitution d’éléments décoratifs à reliefs, se prête à
Selon les lois de masse et de fréquence, l’isolation d’une paroi la réalisation de panneaux, de structures architecturales ou orne-
est fonction de son poids propre et de la fréquence des sons. mentales capables de supprimer ou d’atténuer les réverbérations
Pour une fréquence donnée, l’indice d’affaiblissement acoustique gênantes des bruits ou des sons émis dans une pièce.
croît proportionnellement au logarithme de la masse par mètre carré Le tableau 5, qui donne le coefficient d’absorption phonique
de la paroi, de même pour une masse donnée, l’indice d’affaiblis- d’une plaque de parement en plâtre de 12 mm, perforée et posée
sement acoustique est proportionnel au logarithme de la fréquence sur une couche de 18 mm de laine minérale et, comparativement,
sonore. celui d’une couche de 50 mm de laine minérale, montre qu’il est
La loi de masse, cependant, ne tient pas compte de la fréquence facile de constituer des parois absorbant une fraction importante
critique de la paroi. Cette fréquence, fonction mathématique de la des sons et n’en renvoyant qu’une faible partie. (0)
masse et de la rigidité de la paroi correspond, par un phénomène
analogue à une résonance, à une perte d’isolement. Cette fréquence
critique est d’autant plus gênante qu’elle se situe vers les fréquences Tableau 5 – Coefficient de Sabine d’absorption phonique
plus élevées. à 1 000 Hz
À l’égard de ces lois, le plâtre n’occupe pas une situation privi-
Coefficient
légiée puisque son poids relativement léger le défavorise plutôt, Épaisseur Nature de l’écran
de Sabine
notamment vis-à-vis de la loi de masse.
50 mm Laine minérale appliquée contre la paroi 0,93
Mais il s’agit là de lois théoriques visant des éléments homogènes
et l’on sait depuis longtemps réaliser des cloisons légères généra- 30 mm Plaque de parement en plâtre de 12 mm, 0,74
perforée (à 13 %), posée sur laine
lement constituées par un assemblage de matériaux différents minérale (18 mm) appliquée contre
auxquelles les lois de masse et de fréquence ne s’appliquent plus la paroi
et qui sont tout à fait capables d’assurer une bonne isolation.
Les possibilités du plâtre trouvent aussi bien leur application dans
la recherche de l’amélioration de l’isolation d’une paroi existante que 7.5 Résistance au feu
dans la constitution de cloisons à hautes performances acoustiques.
Ainsi, dans le cas de mur ayant une certaine masse, le doublage Nota : on se reportera aux articles Sécurité contre l’incendie dans les établissements
au moyen d’un élément léger en plâtre peut apporter une amélio- recevant du public (ERP) [C 3 280], dans les immeubles de grande hauteur (IGH) [C 3 282]
et dans les bâtiments d’habitation [C 3 283] dans ce traité.
ration considérable. D’une manière générale, on peut du reste noter
que l’isolement obtenu par doublage est d’autant meilleur que les L’une des propriétés les plus caractéristiques du plâtre est son
deux parois ont des épaisseurs et des masses différentes et que la comportement remarquable au feu, qui a été reconnu et éprouvé
lame d’air qui les sépare assure une meilleure liaison élastique. de tous temps.
Cette protection a pu, autrefois, être obtenue grâce à de larges
■ Cas des plaques de plâtre garnissages de plâtre remplissant complètement les intervalles
Les éléments légers du type plaques de parement en plâtre séparant les éléments de construction.
permettent, par assemblage sur des ossatures métalliques, de Elle peut aussi consister en enduits projetés de plâtres spéciaux
constituer des cloisons à double paroi ayant des caractéristiques ou en enduits traditionnels comportant, de préférence, une armature
acoustiques élevées et s’adaptant même, dans certains cas, à la légère de solidarisation ancrée sur l’ouvrage.
réalisation des cloisons séparatives de logements.
Elle peut être réalisée par un enrobage fait au moyen d’éléments
L’isolation acoustique des cloisons, des doublages et des plafonds préfabriqués du type plaques de parement, en plâtre et carton ou
repose sur la désolidarisation des deux parements de l’ouvrage. du type moulé, comme les carreaux de plâtre.
Ainsi est formé un système masse-ressort-masse : Mais si cette protection par le plâtre, ancienne d’emploi, peut se
— le parement situé côté émission, par sa flexibilité, limite la présenter sous différentes formes, en s’adaptant aux modes de
transmission par rayonnement de l’énergie sonore ; construction, elle repose toujours sur le même principe.
— le matelas d’air et/ou le matelas fibreux présente un effet
L’excellent comportement du plâtre au feu résulte des données
amortisseur absorbant une partie de l’énergie sonore qui lui est
suivantes.
transmise ;
— le second parement, côté réception, ne retransmet, du fait de ■ Le plâtre est incombustible (classé MO).
sa flexibilité, qu’une partie de l’énergie sonore qui lui est transmise.
■ Il est mauvais conducteur de la chaleur.
Ce système constructif permet d’obtenir des performances supé-
rieures à celles d’une paroi unique de masse équivalente. Il a une conductivité thermique relativement faible pour un maté-
riau de construction qui, de plus, prend ses valeurs minimales dans
la zone des températures allant de 400 à 500 oC, qui est la plus
critique pour les éléments porteurs.

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■ Il a surtout une propriété spécifique, intéressante pour la protec- On peut classer les principales perturbations pouvant affecter
tion incendie, par le fait qu’il oppose une action antagoniste au déve- l’enduit de la façon suivante.
loppement du feu. En effet, sous l’action de la chaleur, le plâtre subit
une transformation chimique résultant d’une réaction endother- ■ Hydratation insuffisante
mique, réaction qui, en même temps qu’elle absorbe de la chaleur, L’eau vient à manquer avant que l’hydratation complète du plâtre
et de ce fait en neutralise les effets destructeurs, libère de l’eau. ne soit réalisée : le support a absorbé trop d’eau, ou le séchage a
Car le plâtre, après son application, après avoir fait sa prise, est été trop rapide. Les parties non hydratées, ou insuffisamment
un sulfate de calcium hydraté à deux molécules d’eau de formule hydratées du plâtre, se comportent comme une poudre inerte et il
CaSO4 , 2H2O, c’est-à-dire qu’à l’état sec, il contient 20 % environ peut se produire un retrait, des fissures, du poudrage, voire un
d’eau chimiquement liée. décollement. On appelle parfois grillage le phénomène de poudrage
se produisant par zones ou taches plus ou moins étendues.
Pour libérer cette eau, ce qui se produit en cas d’incendie, il faut
rompre la liaison moléculaire et, pour cela, fournir sous forme de ■ Durcissement contrarié
chaleur une énergie importante qui est d’environ 711 kJ par kilo- L’enchevêtrement des cristaux de gypse, qui constitue la prise, est
gramme de plâtre. contrarié et la pâte devient une juxtaposition de particules de gypse
Il faut ensuite vaporiser cette eau et, pour cela, dépenser encore insuffisamment liées les unes aux autres : elle se comporte comme
une énergie d’environ 544 kJ pour les 200 g d’eau contenus dans une poudre inerte, mélangée à de l’eau, d’où, au séchage, possibilité
le kilogramme de plâtre initial, soit en tout, quelque 1 255 kJ par de retrait, de fissuration, de poudrage. En pratique, l’enchevêtrement
kilogramme de plâtre. des cristaux de gypse peut être contrarié, en particulier, par une
Tant que toute l’eau n’est pas libérée et vaporisée, la température agitation tardive qui détruit cet enchevêtrement au moment où il se
de la masse du plâtre reste bien entendu inférieure aux 140 oC carac- produit (rebattage avec ou sans adjonction d’eau dans l’auge, ou
téristiques du coupe-feu défini par la réglementation française. application énergique d’un plâtre dont la prise est trop avancée).

■ En outre, même après sa déshydratation, le plâtre continue à ■ Humidité excessive


former une couche assurant à l’élément de construction qu’elle Le plâtre reste humide : il n’a pas une résistance suffisante car les
recouvre une isolation thermique notable du fait de sa faible cristaux de gypse enchevêtrés, dont les surfaces sont lubrifiées par
conductivité thermique. l’eau, glissent trop facilement les uns sur les autres. Le plâtre peut,
dans ces conditions, perdre de sa consistance initiale et relâcher.
■ Enfin, sous l’action du feu, faut-il le rappeler, le plâtre ne donne
naissance à aucun gaz ou vapeur de caractère toxique, corrosif ou ■ Efflorescences
asphyxiant, aucune fumée ni aucun produit de décomposition L’eau excédentaire de la pâte est chargée de sels solubles qu’elle
combustible ou susceptible d’activer la combustion. dépose à la surface en s’évaporant. Il peut se produire soit des
efflorescences cristallines, soit, si la surface du plâtre n’est pas
assez poreuse, une surface d’apparence vitrifiée.
Ce phénomène d’efflorescence peut se produire, lorsque l’enduit
8. Désordres pouvant affecter sec est, pour une cause quelconque, réhumidifié (remontée d’eau
les ouvrages de plâtrerie par le sol par exemple).
■ Défaut d’adhérence au support
Les désordres dont un enduit, une cloison ou un plafond peuvent Un décollement de l’enduit peut se produire lorsqu’un des phéno-
être le siège sont parfois l’occasion de conflits complexes en raison mènes suivant intervient au moment de la mise en œuvre :
des difficultés rencontrées pour cerner les causes diverses et souvent — le support n’absorbe pas l’eau (parce qu’il est trop humide, trop
multiples qui peuvent être à l’origine de ces incidents. lisse ou recouvert d’une couche isolante comme l’huile), ou il n’est
Les ouvrages de plâtrerie font le plus souvent partie des travaux pas assez poreux et ne présente pas d’anfractuosités suffisantes :
de finition et de décoration ; de ce fait, les incidents qui peuvent la pâte de plâtre le pénètre mal et ne peut pas constituer un système
survenir ne mettent généralement pas en cause la solidité de la solide de points de fixation ;
construction. Ils n’en constituent pas moins un désagrément pour — le support est recouvert d’une couche plus ou moins ténue d’un
l’habitant. corps qui ne lui adhère pas (poussière, laitance de ciment, bulles
C’est pourquoi, il importe de les prévenir en respectant les règles d’air) : le plâtre sera isolé du support par ce corps et n’adhérera pas
de l’art (prescriptions contenues dans les DTU) et les notices des fermement ;
fabricants ou en adoptant, dans certains cas, des dispositions — le plâtre est trop avancé dans sa prise (plâtre rebattu, par
spécifiques. exemple) : l’enchevêtrement des cristaux de gypse ne pourra pas
se former dans les pores et anfractuosités du support et le plâtre
La constatation d’un désordre devra normalement entraîner : ne tiendra pas.
— l’examen des conditions d’exécution des travaux permettant
de déterminer si les règles de l’art (DTU et documents techniques)
ainsi que les éventuelles prescriptions particulières ont bien été
respectées ;
8.2 Cloisons
— l’étude du devis descriptif, en vue de constater si le maître
d’œuvre a prévu des dispositions particulières adaptées aux risques Les cloisons dites de distribution ou de répartition sont celles dont
propres au chantier considéré. l’épaisseur finie est égale ou inférieure à 10 cm. Elles ne constituent
pas des éléments porteurs et ne doivent donc pas être mises en
charge. Il est bien entendu que les déformations du gros œuvre
peuvent entraîner des désordres dans toutes les cloisons intérieures,
8.1 Enduits au plâtre quels que soient les matériaux constitutifs. C’est pourquoi les règles
de l’art prévoient actuellement des systèmes tendant à atténuer les
Les défectuosités d’un enduit au plâtre s’expliquent le plus souvent effets prévisibles des déformations :
par une perturbation du mécanisme normal de prise et de durcis- — en absorbant les déformations au moyen de matériaux
sement du plâtre, généralement par suite d’un excès d’eau de résilients ;
gâchage, ainsi que celui de sa fixation sur le support. — en limitant les reports de charges et en atténuant les phéno-
mènes d’ordre thermique par des systèmes constructifs adaptés.

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P
O
U
Plâtre R

E
par Daniel DALIGAND N
Ingénieur chimiste de l’Institut de Chimie et de Physique Industrielle
Secrétaire Général du Syndicat des Industries du Plâtre

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(1977).
Der Baustoff Gips. BERLIN. Institut für
Baustoffe der Bauakademie der DDR (1978).
Industrie céramique (m).
Industrie Minérale. Mines et Carrières (m).
Pays-Bas
Mebest (bimestr).
P
Pologne
Cement. Wapno. Gips (m).
L
U
Normalisation S
L’adoption par le Conseil Européen, le 21 décembre 1988, de la Directive NF P 73-301 9.91 Éléments en staff. Plaques, éléments pour décoration.
89-106 relative « au rapprochement des dispositions législatives, régle-
NF P 72-322 8.93 Mortiers adhésifs à base de plâtre pour complexes d’iso-
mentaires et administratives des États membres concernant les produits de
lation thermique, plaque de parement en plâtre isolant.
construction » a conduit les industriels à accélérer le processus de normalisation
de leurs produits dans le cadre européen. Normes de mise en œuvre
Le Comité Européen de Normalisation CEN a créé, en 1990, le Comité tech- Les Cahiers des charges DTU ont maintenant le statut de normes de mise
nique TC 241 «Plâtres et produits à base de plâtre » qui a en charge la préparation en œuvre et portent les numéros suivants :
des normes pour les plâtres, carreaux de plâtre, accessoires de mise en œuvre,
DTU P 68-201 3.83 Plafonds suspendus. Plaques de plâtre à enduire. Pla-
staff, dalles de plafonds et autres éléments. Au total, une vingtaine de normes
ques de plâtre à parement lisse directement suspen-
sont en cours d’élaboration. Dans une deuxième étape, la normalisation des
dues (DTU 25.232).
règles de conception et de mise en œuvre des ouvrages en plâtre sera entreprise
par le même TC. DTU P 68-202 10.80 Plafonds suspendus en éléments de terre cuite
(DTU 25.231).
11 - 1993

Lorsqu’elles auront été adoptées, ces normes se substitueront aux normes


françaises actuellement en vigueur. DTU P 71-201 10.82 Enduits intérieurs en plâtre (DTU 25.1).
Normes Françaises DTU P 71-202 4.78 Plafonds constitués par un enduit armé en plâtre
(DTU 25.221).
Normes de produits
NF B 12-300 12.87 Plâtres. Généralités. Clauses et conditions générales. DTU P 72-201 10.82 Plafonds fixes. Plaques de plâtre à enduire. Plaques de
plâtre à parements lisses (DTU 25.222).
NF B 12-301 12.87 Plâtres. Plâtres pour enduits intérieurs à application
manuelle ou mécanique, de dureté normale ou de très DTU P 72-202 6.85 Ouvrages verticaux de plâtrerie ne nécessitant pas
Doc. C 910

haute dureté. Classification, désignation, spécifications. l’application d’un enduit au plâtre. Cloisons en carreaux
de plâtre à parements lisses (DTU 25.31).
NF B 12-302 6.82 Plâtres à mouler pour staff.
DTU P 72-203 9.81 Ouvrages en plaques de parement en plâtre. Plaques à
NF B 12-401 12.87 Plâtres. Technique des essais. faces cartonnées (DTU 25.41).
NF P 72-301 12.83 Carreaux en plâtre d’origine naturelle à parements lisses DTU P 72-204 12.89 Ouvrages de doublage et habillage en complexes et
pour cloison de distribution ou doublage. sandwiches. Plaques de parement en plâtre isolant
NF P 72-302 10.81 Plaques de parement en plâtre. Définition, spécifications (DTU 25.42).
et essais. DTU P 73-201 9.70 Plafonds en staff (DTU 25.51).
NF P 72-321 10.90 Liants-colles et colles de blocage à base de plâtre.
Définition, spécifications, essais.

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est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Construction Doc. C 910 − 1
P PLÂTRE ______________________________________________________________________________________________________________________________
O
U Fabricants
R (0)

Gypse Poudre Carreaux Plaques Produits divers

Anhydrite Lorraine (L’) X

E Bertolle Frères (Sté)


Knauf Plâtres
X
X
X
X X

N Vieujot (Éts)
Plâtres Lambert X
X
X
X
X
Placoplâtre (Sté) X
Plâtres Lafarge X X X X
S Plâtres Modernes (Les) X X X
PREMACO X
A SEDAP (Sté Européenne de Diffusion et d’Application
du Plâtre)
X

V Grozon (Plâtrières de)


Gypses de Maurienne (Sté des)
X
X
X X

O
I Organismes

R Syndicat National des Industries du Plâtre (SNIP).


Publications :
Union Nationale des Entrepreneurs Plâtriers, Staffeurs et Stucateurs.
Union Nationale Artisanale de la Plâtrerie (UNAP).
Association Européenne de l’Industrie du Plâtre (EUROGYPSUM).
— Cahiers Techniques (biennal)
— Plâtre information (biannuel) Publications : exposés présentés aux congrès.
— Le Plâtre Physico-chimie fabrications emploi (éd. Eyrolles)

P
L
U
S

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