GUIDAGE EN TRANSLATION ET EN
ROTATION
A. Guidage en translation
I. Introduction
Un mouvement relatif de translation rectiligne entre deux ensembles mécaniques se révèle
nécessaire pour de nombreux produits : chariot de machine-outil, baladeur de boite de vitesse,
porte coulissante, etc. On utilise couramment les termes de « coulisseau » et de « glissière » (ou
guide) pour désigner les deux parties en mouvement relatif de translation rectiligne.
La solution constructive qui réalise une liaison glissière entre deux pièces est appelée guidage
en translation. Le seul mouvement relatif possible entre les deux pièces est une translation
rectiligne. La figure 1 précise la schématisation normalisée de la liaison glissière.
II. EXPRESSION FONCTIONNELLE DU BESOIN
L’expression fonctionnelle du besoin à satisfaire pour un guidage en translation repose:
- sur l’énonce des fonctions à assurer ;
- sur la caractérisation de chacune de ces fonctions.
2.1 Fonction à assurer
Pour établir un guidage en translation entre deux pièces d’un mécanisme, une solution
constructive doit assurer, dans la phase « utilisation », les fonctions suivantes :
- positionner les deux pièces entre elles ;
- permettre un mouvement relatif de translation rectiligne ;
- transmettre et supporter les efforts ;
- résister au milieu environnant.
En plus de ces fonctions, les solutions constructives associées doivent parfois, selon le type de
mécanisme dans lequel elles sont implantées, satisfaire les fonctions suivantes :
1
- être d’un encombrement minimal ;
- être esthétiques ;
- assurer un fonctionnement silencieux.
2.2 Indicateurs de qualité
Le choix d’une solution constructive associée à un guidage en translation se fonde sur les
indicateurs principaux suivants :
- précision du guidage ;
- vitesse de déplacement maximale ;
- intensité des actions mécaniques
transmissibles ;
- fiabilité ;
- maintenabilité ;
- encombrement ;
- esthétique ;
- coût.
Figure 2 : Support de perceuse
III. PRECISION D’UN GUIDAGE EN
TRANSLATION
La précision du guidage caractérise les écarts entre
les trajectoires des différents points de la pièce
mobile, appelée « coulisseau », et l’axe théorique
de déplacement lie à la pièce fixe, appelée «
glissière ». Ces écarts peuvent être définis dans des
plans parallèles à l’axe théorique de déplacement
(figure 3).
Figure 3 : Ecarts de position
au cours du déplacement.
2
Le jeu interne de la liaison glissière permet
au coulisseau des déplacements
transversaux et angulaires figure 4.
Figure 4 : Ecart radial et déviation angulaire.
Dans le cas de guidage en translation réalisés par contact direct entre surfaces, un jeu minimal est
nécessaire en fonctionnement. Le déplacement transversal est du même ordre de grandeur que le jeu.
On peut minimiser la déviation angulaire en augmentant le rapport de guidage L/5. En pratique, on
choisit un rapport de guidage tel que : 1,5 ≤ L/5 ≤5. Dans le cas de guidage en translation avec
interposition d’éléments roulants, les jeux sont annulés par réglage ou par précontrainte de ces
éléments. La longueur de guidage peut alors être réduite par rapport à une solution fondée sur le
contact direct entre surfaces.
IV. PROBLÈME DU COINCEMENT DANS LE CAS DE FORMES COMPLÈMENTAIRES
CYLINDRIQUES SIMPLES ET DOUBLES
L’ajustement préconisé entre les solides S1 et S2 doit
permettre une mobilité, en même temps qu’une
lubrification des surfaces frottantes. Il est conseillé
d’adopter, par exemple, une cotation de type H7g6,
H7f8, H8e9. Soit j le jeu radial résultant d’un
ajustement donné, L la largeur du palier, et d le
diamètre du cylindre. L’existence du jeu j permet une
inclinaison relative des solides S1 et S2, figure 6. Par
ailleurs, pour des dimensions données, l’augmentation
du jeu accroît le risque d’arcboutement.
Figure 5 : Phénomène d’arc-boutement
V. GUIDAGE EN TRANSLATION PAR CONTACT DIRECT
5.1 Guidage de type prismatique
Les solutions constructives qui permettent de réaliser une liaison glissière par association de
surfaces de contact planes entre deux pièces sont qualifiées de « guidage prismatique ».
3
4
5.2 Guidage avec rattrapage du Jeu
VI. GUIDAGE EN TRANSLATION PAR ROULEMENT
L’interposition d’éléments roulants entre la glissière et le coulisseau permet d’obtenir des
guidages de grande précision et performants en ternes de vitesses admissibles et de rendement.
Le phénomène exploité est la faible énergie dissipée par le roulement comparativement au
glissement.
VII. GUIDAGES HYDROSTATIQUES
La sustentation hydrostatique permet pour certaines applications d’éviter tout contact solide
entre coulisseau et glissière. Elle consiste à injecter un fluide (huile) ou air sous pression qui
écarte les surfaces.
5
B. GUIDAGE EN ROTATION
I. INTRODUCTION
Un mouvement relatif de rotation entre deux parties mécaniques se révèle nécessaire dans de
nombreux produits : moteurs électriques, broches de machines-outils, boîtes de vitesses, roues
de véhicules, etc. On utilise couramment les termes d’arbre et de logement (on parle également
d’alésage) pour désigner les deux parties en mouvement relatif de rotation, sachant que :
-l’arbre peut être animé d’un mouvement de rotation dans un logement fixe comme dans le cas
d’un moteur électrique ;
- le logement peut être d’un mouvement de rotation autour d’un arbre fixe comme dans le cas
d’une roue de véhicule automobile.
La solution constructive qui réalise une liaison pivot est appelée guidage en rotation (figure 1).
Figure 1 : Guidage en rotation
II. FONCTION À ASSURER
Pour établir un guidage en rotation entre deux pièces d’un mécanisme, une solution constructive
doit assurer, dans la phase utilisation, les fonctions suivantes :
- positionner les deux pièces entre elles ;
- permettre un mouvement relatif de rotation autour d’un axe ;
- transmettre les efforts ;
- résister au milieu environnant.
Pour certains mécanismes, la solution constructive associée doit également satisfaire les
fonctions suivantes :
- être d’un encombrement minimal ;
- être esthétique ;
- assurer un fonctionnement silencieux.
III. INDICATEURS DE QUALITÉ
Le choix d’une solution constructive associée à un guidage en rotation se fonde sur les
indicateurs principaux suivants :
6
-degré de précision du guidage ;
-intensité des actions mécaniques transmissibles ;
-importance des vitesses de rotation ;
-fiabilité ;
-maintenabilité ;
-encombrement ;
-esthétique ;
-coût.
IV. PRINCIPES ET MOYENS MIS EN ŒUVRE
Les solutions constructives qui permettent d’établir un guidage en rotation entre deux pièces
s’appuient sur différents principes et mettent en œuvre des technologies diverses, comme cela
peut être observé sur le dessin partiel de l’étiqueteuse :
- guidage en rotation par contact direct entre surfaces (figure 2) ;
- guidage en rotation par interposition de bagues de frottement (figure 3) ;
- guidage en rotation par interposition d’éléments roulants (figure 4) ;
- guidage en rotation par interposition d’un film d’huile (figure 5).
7
V. GUIDAGE EN ROTATION PAR CONTACT
DIRECT
Il existe deux distributions principales de la géométrie du
contact : - l’une dite en porte à faux (figure 6) ; - l’autre
appelée chape (figure 7). Cette dernière répartit sur l’une des
deux pièces le contact entre deux zones.
Avantages et inconvénients
- Coût global réduit.
- Utilisation à de faibles vitesses de rotation et à des efforts transmissibles modérés.
- Durée de vie faible.
- Fonctionnement sans lubrification à faible vitesse.
- usure rapide fonction de la vitesse de rotation.
8
VI. GUIDAGE EN ROTATION PAR INTERPOSITION DE BAGUES DE FROTTEMENT
L’interposition de bagues de frottement entre les pièces qui font l’objet d’un guidage en rotation
permet d’atteindre des performances bien supérieures à celles obtenues avec un contact direct
entre surfaces :
- réduction du coefficient de frottement ;
- augmentation de la durée de vie, fonctionnement silencieux ;
- report de l’usure sur les bagues.
Les principaux types de bagues de frottement utilisées pour assurer un guidage en rotation
peuvent être classés en deux catégories :
- les coussinets (figure8)
- les bagues en tôle roulée (figure 9).
VII. GUIDAGE EN ROTATION REALISE PAR ROULEMENT
Les égyptiens (pharaons, souverain de l’Égypte ancienne), les premiers, ont eu l’idée de
remplacer le glissement avec frottement par le roulement pour déplacer de lourdes charges, en
interposant des troncs d’arbre entre le sol et l’élément à transporter.
Un roulement est constitué d’éléments (billets, rouleaux ou aiguilles) interposés entre une bague
intérieure ajustée sur l’arbre à guider et une bague extérieure qui positionne le roulement dans
l’alésage (figure 10).
9
Avantages et inconvénients
- précision élevée ;
- frottements internes réduits ;
- durée de vie fonction de la charge ;
- vitesse maximale possible, pouvant parfois être une limite.
VIII. GUIDAGE EN ROTATION OBTENU PAR INTERPOSITION D’UN FILM D’HUILE
8.1 PALIER HYDRODYNAMIQUES
Les paliers hydrodynamiques sont constitués de coussinets comportant une rainure permettant
l’arrivée d’un lubrifiant sous pression (figure 11).
10
Avantages et inconvénients
- très grande précision ;
- frottements internes très réduits ;
- capacité en vitesse élevée ;
- étanchéité difficile ;
- prix très élevé ;
- ils ne permettent que la rotation de l’arbre ;
- ils supportent uniquement des charges radiales.
8.2 PALIER HYDROSTATIQUES
Le principe de fonctionnement est différent de celui des paliers hydrodynamiques, il n’y a pas
de formation de coin d’huile, la pression est fournie par une pompe qui envoie le fluide sous
pression dans quatre chambres munies d’un étranglement constant. Le coefficient de frottement
est inférieur à 0,002.
C. EXERCICE TYPE
(Voir fichier manuel de technologie)
11