RAZAFIARIVELO Lalanirina Emilia
FACTEURS ASSOCIES A LA NON COMPLETUDE VACCINALE AU CHU
JRB BEFELATANA
ET AU CHRD MORAMANGA
Mémoire pour l’obtention de Diplôme d’Etudes et de Formations Spécialisées en Pédiatrie
DEDICACES
DEDICACES
« Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine, loin
de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est
avec moi » I Corinthiens 15-10.
Je dédie ce mémoire
A NOTRE SEIGNEUR, source de vie, de grâces et de bienfaits
A mon défunt père,
« Ny hazo no vanon-ko lakana ny tany naniriany no tsara ». Je t’aime papa.
A mon époux,
Qui m’a entouré d’amour, de compréhension, de sacrifice, durant ces longues années d’étude.
Un mot précieux de tout mon cœur : MERCI.
A mes enfants,
Votre innocence illumine toujours mon chemin.
A ma mère et ma sœur Emilie,
Vos prières et bénédictions, vos sacrifices, vos encouragements et vos conseils m’ont soutenu.
Un grand Merci !
A toute l’équipe de Pédiatrie CHU JRB Befelatanana et CHRD Moramanga
A NOTRE MAITRE, PRESIDENT DU MEMOIRE,
Madame le Docteur ROBINSON Annick Lalaina
Professeure Titulaire d’Enseignement Supérieur et de Recherche en Pédiatrie à la Faculté de
Médecine d’Antananarivo
Directeur d’Etablissement du Centre hospitalier Universitaire Mère-Enfant Tsaralalàna
« Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider ce mémoire malgré vos
multiples occupations. Que ce travail soit l’occasion de vous exprimer notre profonde
gratitude, notre respect et nos remerciements pour l’accueil chaleureux que vous nous avez
réservez dans votre service »
A NOS MAITRES ET HONORABLES JUGES DU MEMOIRE,
Monsieur le Docteur RANDRIA Mamy
Professeur Titulaire d’Enseignement Supérieur et de Recherche en Maladies infectieuses à la
Faculté de Médecine d’Antananarivo
Directeur d’Etablissement du Centre hospitalier Universitaire Joseph Raseta
Befelatanana
Monsieur le Docteur RANDRIAMBELOMANANA Joseph Anderson
Professeur Titulaire d’Enseignement Supérieur et de Recherche en Gynécologie Obstétrique à
la Faculté de Médecine d’Antananarivo
Directeur Adjoint Téchnique du Centre Hospitalier Universitaire Andohatapenaka
Antananarivo
« C’est un honneur que vous nous faîtes en acceptant de siéger parmi les membres du jury
malgré vos multiples occupations. Nous vous prions d’accepter notre sincère reconnaissance
et notre profond respect ».
SOMMAIRE
SOMMAIRE
Pages
INTRODUCTION ........................................................................................................... 1
I. METHODES..................................................................................................... 3
I.1. Cadre d’étude ........................................................................................ 3
I.1.1 Présentation du service de pédiatrie du CHUJRB .......................... 3
I.1.2 Présentation du service de pédiatrie du CHRD Moramanga............ 4
I.2. Type d’étude ............................................................................................. 4
I.3. Période d’étude ......................................................................................... 4
I.4.Population d’étude...................................................................................... 4
I.5 Collecte et analyse statistique des données................................................ 5
I.6. Variables étudiées..................................................................................... 5
I.7 Définition des variables.............................................................................. 6
I.8. Limites de l’étude ..................................................................................... 6
I.9 Considérations éthiques.............................................................................. 6
II. RESULTATS ....................................................................................................... 7
II.1.Caractéristiques sociodémographiques et économiques ............................ 7
II.2. Connaissances, attitudes et pratiques des mères sur la vaccination............13
II.3 Explication de la non complétude de la vaccination....................................17
III.DISCUSSION..................................................................................................... ..22
III.1. Caractéristiques sociodémographiques et économiques……….…………22
III.2. Connaissances, attitudes et pratiques des mères vis-à-vis du PEV……….22
III.3. Explication de la non complétude de la vaccination……...…………… 25
CONCLUSION.............................................................................................................. 27
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
LISTE DES FIGURES
Pages
Figure 1 : Nombre d’enfants inclus dans chaque établissement…………………………7
Figure 2 : Répartition selon le statut vaccinal global des enfants……………………...13
Figure 3 : Couverture vaccinal pour chaque antigène spécifique de PEV………..……14
LISTE DES TABLEAUX
Pages
Tableau I : Répartition des enfants selon l’âge ……………………………………………8
Tableau II : Répartition des enfants selon le genre……………………………………...…8
Tableau III : Répartition selon la taille de la fratrie……………………………………..…9
Tableau IV : Répartition des enfants selon l’âge de la mère...……………………………..9
Tableau V : Répartition des enfants selon la situation matrimoniale de la mère…..........…9
Tableau VI : Répartition des enfants selon le niveau d’instruction de la mère…………...10
Tableau VII : Répartition des enfants selon le niveau d’instruction du père…………..…10
Tableau VIII : Répartition des enfants selon la profession de la mère…………….…...…11
Tableau IX : Répartition des enfants selon la profession du père…………………….…...11
Tableau X : Répartition des mères selon leur connaissance du calendrier de PEV…….…12
Tableau XI : Répartition des mères selon leur connaissance sur les maladies
ciblées par le PEV…………………………………………………………………….……12
Tableau XII : Répartition des enfants selon le non-respect du calendrier vaccinal…….….15
Tableau XIII : Motifs du non-respect du calendrier vaccinal ……………………..............15
Tableau XIV : Motifs d’abandon de la vaccination…………………………….……..……16
Tableau XV : Motifs de non vaccination………………………………………..…….……16
Tableau XVI : Relation entre connaissance des maladies évitables par la
vaccination et complétude vaccinale……………………………………………..…….……17
Tableau XVII : Relation entre connaissance du calendrier de PEV
et complétude vaccinale ……………………………………………………………………..17
Tableau XVIII : Relation entre lieu de résidence et complétude vaccinale………………….18
Tableau XIX : Relation entre niveau d’instruction des mères
et complétude vaccinale………………………………………………………………...……18
Tableau XX : Relation entre profession des mères et complétude vaccinale...........................19
Tableau XXI : Relation entre situation matrimoniale des mères et complétude
vaccinale…. …………………………………………………………………………………..19
Tableau XXII :Relation entre lieu d’accouchement et complétude vaccinale………………..20
Tableau XXIII : Relation entre niveau d’instruction des pères et staturs vaccinal
complet de l’enfant………………………………………………………………………...….20
Tableau XXIV : Relation entre profession des pères et statut vaccinal complet de
l’enfant………………………………………………………………………………………..21
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 1 : FICHE D’ENQUETE
ANNEXE II : Calendrier vaccinal pour les enfants de moins d’un an selon le PEV à
Madagascar
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
BCG : Bacille de Calmette et Guérin
CHUJRB : Centre Hospitalier Universitaire Joseph Raseta Befelatanana
CHRD : Centre Hospitalier de Référence de District
GIVS : Global Immunisation Vision and Strategy
GVAP : Global Vaccine Action Plan
MEV : Maladies évitables par la vaccination
PEV : Programme Elargi de Vaccination
PCV 10 : Pneumococcal Conjugate Vaccine of the 10 valent
VAR : Vaccin anti-rougeoleux
VPI : Vaccin antipoliomyélitique inactivé
VPO : Vaccin antipoliomyélitique oral
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
INTRODUCTION
1
Le Programme Elargi de Vaccination a été lancé par l’Organisation Mondiale
de la Santé en Mai 1974 comme l´une des interventions de santé publique majeure pour
prévenir la morbidité et la mortalité infantiles. Il vise à lutter contre les maladies
infectieuses potentiellement mortelles de l'enfant évitables par la vaccination [1]. Il est
estimé que plus de 2 à 3 millions de décès par an sont évités grâce à ce programme [2].
Six cibles spécifiques ont été choisies pour mesurer au mieux les progrès de
vaccination: une couverture nationale de 90 % dans tous les pays du monde avec aucun
district ayant une couverture inférieure à 80% pour le DTC3 et l’interruption de la
transmission de la poliomyélite à la fin de l’année 2015, l’élimination mondiale du
tétanos maternel et néonatal après l’année 2014, l’élimination de la rougeole dans au
moins quatre régions de l’OMS et l’élimination de la rubéole dans au moins deux
régions de l’OMS à la fin de l’année 2015 [3-4]. Cependant, ces objectifs n’ont pas
encore été atteints.
A Madagascar, le PEV inclut des vaccins contre dix maladies cibles. Ces vaccins
sont connus sous les noms de BCG contre la tuberculose, de DTCHepb Hib et Polio
contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B, les infections à Haemophilus
influenzae type B et la poliomyélite, de PCV 10 contre les infections à pneumocoque et
du vaccin ATR contre la rougeole [5-7]. Le vaccin Rotarix*, vaccin contre la diarrhée à
Rotavirus a été introduit depuis l’année 2014 [8,9].
Combien de fois arrive- t-il qu’un enfant en retard pour ces vaccins, vient dans
un établissement de santé pour un autre motif sans qu’on lui propose la vaccination
pendant qu’il est là ? Minimiser ces occasions de vaccination manquées est une stratégie
importante pour atteindre une couverture nationale ≥ 90% et une couverture ≥ 80% dans
tous les districts pour tous les vaccins dans le calendrier national de vaccination du pays
d'ici 2020, proposée dans le Plan d'Action Mondial pour les Vaccins 2011-2020
(GVAP) [4,8].
L’objectif principal de notre étude était d’évaluer la couverture vaccinale des
enfants hospitalisés aux services de pédiatrie de CHUJRB et du CHRD de Moramanga
et de déterminer les facteurs influençant le statut vaccinal des enfants et le non-respect
du calendrier vaccinal.
2
La méthodologie adoptée dans cette étude sera d’abord décortiquée avant que les
résultats retrouvés soient détaillés. Une interprétation de ces résultats, leur comparaison
avec les données antérieures ainsi que des suggestions seront émises avant la
conclusion.
I- METHODES
3
I.1. Cadre d’étude
Notre étude a été effectuée au sein des services de pédiatrie du Centre
Hospitalier Universitaire Joseph Raseta de Befelatanana (CHUJRB) et du Centre
Hospitalier de Référence de District (CHRD) de Moramanga.
Nous avons choisi ces deux sites d’études parce qu’ils font partie des services
de pédiatrie des centres hospitaliers de Madagascar très fréquentés concernant toutes
les couches sociales et qui reçoivent des cas de maladies évitables par la vaccination
I.1.1 Présentation du service de pédiatrie du CHUJRB
Le service est situé à Antananarivo, capitale de Madagascar.
Il comprend 5 unités :
Unité Debré (pédiatrie générale)
Unité Marfan (CRENI, pédiatrie générale)
Unité de néonatalogie
Unité d’hospitalisation en salle payante
Unité de médecine préventive
Le personnel technique est composé de :
6 pédiatres
10 médecins assistants
9 internes de l’internat qualifiant en pédiatrie
3 majors de service
12 infirmiers généralistes
3 kinésithérapeutes
4 agents d’appui
Ce service comporte environ 100 lits et reçoit des enfants âgées de 0 à 14 ans souffrant
de pathologies médicales. Les principaux motifs d’hospitalisation rencontrés dans ce
service sont la détresse respiratoire, la déshydratation, les asphyxies périnatales.
4
I.1.2 Présentation du service de pédiatrie du CHRD Moramanga
Le CHRD constitue le seul établissement hospitalier public dans le district de
Moramanga disposant d’un pédiatre.
Le service de pédiatrie est constitué de 3 secteurs :
Secteur de réanimation néonatale
Secteur d’hospitalisation
Secteur pour les enfants malnutris
L’équipe médicale est composée de :
D’un pédiatre
2 médecins assistants
1 major de service
4 personnels paramédicaux
1 personnel d’appui
Cette équipe est renforcée par des stagiaires : interne de l’internat qualifiant en
pédiatrie, internes de médecine générale, élèves paramédicaux.
Ce service comporte environ 16 lits et reçoit des enfants âgées de 0 à 14 ans souffrant
de pathologies médicales. Les principaux motifs d’hospitalisation rencontrés dans ce
service sont la déshydratation, la prématurité, l’asphyxie périnatale et la détresse
respiratoire aigüe.
I.2. Type d’étude
Nous avons réalisé une étude transversale en enquêtant sur les enfants
hospitalisés dans les deux services cités ci- dessus.
I.3. Durée de l’étude
La durée de notre étude était de 5 mois allant du novembre 2016 au Mars 2017.
5
I.4. Population cible
La population d’étude était constituée par les nourrissons ou hospitalisés dans les
deux services de pédiatrie.
Critères d’inclusion :
Ont été inclus les nourrissons ou enfants âgés de 1 à 59 mois, quel que soit le
type de pathologie qu’il présente, après obtention du consentement des parents.
Critères d’exclusion :
Ont été exclus, les nourrissons dont les mères refusent d’être enquêtées.
I.5 Collecte et analyse statistique de données
Nous avons recueilli les données à l’aide d’une fiche de collecte de données
initialement testée (Annexe N°1).
Les données ont été enregistrées au fur et à mesure sur ordinateur avec le
logiciel Microsoft World et Excel 2010. L’analyse des données collectées par les
questionnaires a été traitée sur logiciel Epi Info 7 version française pour contribuer à
l’obtention des résultats présentés ultérieurement.
Les proportions ont été comparées avec le test du Khi2 (X²) quand les conditions
d’utilisation du test ont été remplies. Le seuil de signification a été fixé à 0,05.
I.6 Variables étudiées
Les variables ayant fait l’objet d’étude ont été :
les paramètres sociodémographiques et économiques : date de naissance, âge de
l’enfant, genre, profession des parents, situation matrimoniale de la mère, niveau
d’instruction des parents, lieu d’habitation (rural/urbain), âge de la mère
les connaissances, attitudes et pratiques des mères sur la vaccination :
connaissance du calendrier vaccinal du PEV, connaissance des maladies
prévenues par le PEV, motif du non-respect du calendrier vaccinal, motif
d’abandon de la vaccination ou motif de non vaccination.
les vaccins reçus par l'enfant, obtenus à partir de la carte de vaccination ou à
travers l'histoire vaccinale de l'enfant relatée par la mère.
6
I.7 Définition des variables
Un enfant était considéré complètement vacciné s'il a reçu toutes les doses de
vaccins prévues dans le calendrier vaccinal du PEV avant l'âge de 12 mois : BCG,
Polio0, DTP-HepB1-Hib1, Polio1, Rota1, PCV10 1, DTP-HepB-Hib2, Polio 2, Rota2,
PCV10 2, DTC-HepB-Hib3, Polio3, PCV10 3 et VAR.
Le statut vaccinal était incomplet pour les enfants de 9 mois ou plus n’ayant pas
reçu dans leur totalité tous les antigènes.
Étaient considérés comme des enfants ayant un statut vaccinal à jour, les enfants
dont l’administration des antigènes vaccinaux a respecté le calendrier selon le PEV en
vigueur à Madagascar
Étaient considérés comme enfants avec un statut vaccinal en retard, les enfants
dont la réalisation de la vaccination contre un antigène donné a été retardée d’au moins
15 jours par rapport au calendrier vaccinal préconisé par le PEV.
I.8 Limites de l’étude
Premièrement, notre étude s’est limitée aux enfants hospitalisés dans les deux
services de pédiatrie du CHUGRB Befelatanana et du CHRD Moramanga, de ce fait la
taille de l’échantillon se trouve réduite et n’est pas représentative de la population
générale.
Deuxièmement, en absence des carnets de accination, l’information sur la vaccination
des enfants était fournie par les mères d’où la possibilité de biais d’information.
I .9 Considérations éthiques
L’anonymat et les règles de la bonne pratique clinique ont été respectés. Un
consentement éclairé était requis pour chaque participant avant le remplissage du
questionnaire. Pour les participants, un certain bénéfice était retiré du fait qu'ils étaient
informés du retard vaccinal éventuel de leur enfant et des informations leur étaient
données quant aux vaccins manquants.
II. RESULTATS
7
II.1. Caractéristiques sociodémographiques et économiques
160
145
140
140
120
100
Effectif
80 76 76
Enfants admis
60 Enfants recrutés
40
20
0
CHU JRB CHRD Moramanga
Etablissement
Figure 1 : Nombre d’enfants inclus dans chaque établissement
Au total, 216 mères ont été enquêtées. Cent quarante enfants provenaient CHUJRB et
76 du CHRD de Moramanga.
8
Tableau I : Répartition des enfants selon l’âge
Age Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
1 à 11 mois 97 44,9
12 à 23 mois 54 25
24 à 35 mois 34 15,7
36 à 47 mois 16 7,5
48 à 59 mois 15 6,9
Au total, 216 enfants ont été inclus dans cette étude dont 44,9% âgés de moins de 12
mois.
Tableau II : Répartition des enfants selon le genre
Genre Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
Masculin 103 47,7
Féminin 113 52,3
Le sex ratio a été de de 0,9.
9
Tableau III : Répartition des enfants selon la taille de la fratrie
Taille de la fratrie Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
≤2 127 58,8
3-4 69 31,9
≥5 20 9,3
La fratrie était composée en moyenne de 3,4 ± 3 avec un minimum de 1 et un
maximum de 12.
Tableau IV : Répartition des enfants selon l’âge de la mère
Age (ans) Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
<18 20 9,3
18 à 35 152 70,4
> 35 44 20,3
Total 216 100
L’âge moyen des mères était de 26 ans ± 5.
Tableau V : Répartition des enfants selon la situation matrimoniale de la mère
Situation matrimoniale Effectif Pourcentage (%)
n=216 100
Célibataire 31 14,4
Mariée 77 35,6
Concubinage 104 48,2
Divorcée 2 0,9
Veuve 2 0,9
Un peu moins de la moitié des mères vivaient en concubinage contre 35,6% qui
légitimement mariées.
10
Tableau VI : Répartition des enfants selon le niveau d’instruction des mères
Niveau d’instruction Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
Illettrée 24 11,1
Primaire 67 31,1
Collège 88 40,7
Lycée 8 3,7
Universitaire 29 13,4
Seules 29 mères sur 216 avaient un niveau d’étude universitaire, et 24 n’avaient
aucun niveau d’instruction.
Tableau VII : Répartition des enfants selon le niveau d’instruction des pères
Niveau d’instruction Effectif Pourcentage (%)
n=183 100%
Illettré 12 6,6
Primaire 53 28,9
Collège 42 22,9
Lycée 49 26,8
Universitaire 27 14,8
Un père sur six avait un niveau d’étude supérieure.
11
Tableau VIII : Répartition des enfants selon la profession de la mère
Profession de mère Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
Femme au foyer 95 43,9
Secteur informel 85 39,4
Secteur formel 35 16,2
Cadre supérieur 1 0,5
Deux mères sur cinq étaient des mères au foyer et seulement 1 femme est au
grade de cadre supérieur.
Tableau IX : Répartition des enfants selon la profession du père
Profession du père Effectif Pourcentage %
N=183
Sans profession 13 7,1
Secteur informel 133 72,7
Secteur formel 29 15,8
Cadre supérieur 8 4,4
Presque deux tiers des pères travaillaient dans le secteur informel.
12
II.2. Connaissances, attitudes et pratiques des mères sur la vaccination
Tableau X : Répartition des mères selon leur connaissance du calendrier de PEV
Connaissance du Effectif Pourcentage (%)
calendrier du PEV
n=216 100%
Oui 145 67,1
Non 71 32,9
Une mère sur 3 n’a jamais reçu aucune information sur le calendrier du PEV.
Tableau XI : Répartition des mères selon leur connaissance sur les maladies cibles par
le PEV
Connaissance des MEV Effectif Pourcentage (%)
n=216 100%
Non 73 33,8
Oui 143 66,2
Un tiers des mères n’ont jamais eu connaissance des maladies cibles du PEV.
13
16
(7,8%)
COMPLET
112 INCOMPLET
87
(51,9%)
(40,3%) NON VACCINE
Figure 2 : Répartition des enfants selon le statut vaccinal global
Selon les informations reçues par les mères et à travers le carnet de vaccination,
le taux de couverture vaccinale complète était de 51,8%.
14
73,1
81,5
BCG
88,4 POLIO 3
ROTA 2
DTCP3HepHibPCV10
ATR
75,9
90,7
0 20 40 60 80 100
Pourcentage
Figure 3 : Couverture vaccinale pour chaque antigène spécifique du PEV
Pour les 10 vaccins spécifiques, la couverture vaccinale pour chaque antigène
administré depuis la naissance était respectivement de :
• 90,7% pour le vaccin BCG
• 75,9% pour 3 doses d’anti-poliomyélite
• 88,4% pour 2 doses d’anti-rotavirus
• 81,5% pour 3 doses de penta et PCV 10
• 73,1% pour la rougeole.
15
Tableau XII : Répartition des enfants selon le non-respect du rendez-vous prévu par le
calendrier du PEV
Rendez-vous Respect Non-respect
Naissance 200 (92,6%) 16 (7,4%)
6 semaines 180 (83,3%) 36 (16,7%)
10 semaines 172 (79,6%) 44 (20,4%)
14 semaines 146 (67,6%) 70 (32,4%
9 mois 140 (64,8%) 76 (35,2%)
Environ un tiers des enfants n’ont pas reçu les vaccins au moment opportun.
Tableau XIII : Motifs du non-respect du calendrier vaccinal
MOTIF Effectif Pourcentage (%)
n=69 100%
Non maitrise du calendrier 6 8,7
Indisponibilité des parents 32 46,4
Enfant hypotrophique 3 4,3
Enfant malade 15 21,7
Négligence des parents 6 8,7
Non accès au centre de santé 7 10,2
Parmi les 69 répondants, le non-respect du calendrier vaccinal est surtout dû à
l’indisponibilité des mères (32 mères).
16
Tableau XIV : Motifs d’abandon de la vaccination
Motif Effectif Pourcentage %
n=87 100%
Oubli de la date de rendez-vous 30 34,5
Perte du carnet de santé 13 15
Peur d’effet secondaire 14 16
Changement de lieu de résidence 20 23
Personnel de santé irrespectueux 10 11,5
Les deux premières raisons d’abandon étaient l’oubli de la date de rendez-vous
et l’abandon pour des raisons de déplacement.
Tableau XV : Motifs de non vaccination
Motif Effectif Pourcentage (%)
n=16 100%
Doute sur l’efficacité 4 25
Religion/ us et coutume 2 12,5
Peur d’effet secondaire 2 12,5
Non accès au centre de 8 50
santé
Les deux principales raisons de non vaccination évoquées par les 17 mères
répondants étaient le doute sur l’efficacité des vaccins et l’inaccessibilité à un centre de
vaccination.
17
II-3 Explication de la non complétude de la vaccination
Tableau XVI: Relation entre connaissance des maladies évitables par la vaccination et
complétude vaccinale
Connaissance des MEV Complétude vaccinale
Oui Non Total P
Oui 86 (60,1%) 57 (39,9%) 143(100%)
Non 26 (35,6%) 47 (64,4%) 73(100%) 0,0047
Total 112 104 216
Une relation statistiquement significative existe entre connaissance des MEV par
la mère et complétude vaccinale de son enfant.
Tableau XVII : Relation entre connaissance du calendrier de PEV et complétude
vaccinale
Connaissance du Complétude vaccinale
calendrier PEV
Oui Non Total P
Oui 84 (57,9%) 61 (42,1%) 145(100%)
Non 28 (39,4%) 43 (60,6%) 71(100%) 0,0043
Total 112 104 216
Une relation statistiquement significative existe entre connaissance du calendrier
de PEV et complétude vaccinale.
18
Tableau XVIII : Relation entre lieu de résidence et complétude vaccinale
Complétude vaccinale
Distance par rapport au Oui Non Total P
centre de vaccination
>10km 40 (48,8%) 42 (51,2%) 82(100%)
Entre 5 et 10 km 36 (54,5%) 30 (45,5%) 66(100%)
<5km 36 (52,9%) 32 (47,1%) 68(100%) 0,7709
Total 112 104 216
Le lieu d’habitation n’a pas d’influence sur la complétude vaccinale des enfants.
Tableau XIX : Relation entre niveau d’instruction des mères et complétude vaccinale
Niveau d’instruction Complétude vaccinale
mère
OUI NON Total P
Illettrée 5 (20,8%) 19 (79,1%) 24(100%)
Primaire 34 (50,7%) 33 (49,2%) 67(100%)
Collège 45 (51,1%) 43 (48,9%) 88(100%)
Lycée 5 (62,5%) 3 (35,5%) 8(100%)
Université 23 (79,35%) 6 (20,7%) 29(100%) 0,0059
Total 112 104 216
Plus le niveau d’instruction des mères augmente plus le taux de vaccination
complète s’élève.
19
Tableau XX : Relation entre profession des mères et complétude vaccinale
Complétude vaccinale
Profession des mères Oui Non Total P
Femme au foyer 45 (47,4%) 50 (52,6%) 95 (100%)
Secteur informel 38 (43,7%) 47 (55,3%) 85 (100%)
Secteur formel 28 (80%) 7 (20%) 35 (100%) 0,004
Cadre supérieur 1 (100%) 0 (0%) 1 (100%)
Total 112 104 216
Une relation statistiquement significative existe entre les mères en activités et la
complétude vaccinale.
Tableau XXI : Relation entre situation matrimoniale des mères et complétude vaccinale
Complétude vaccinale
Statut matrimonial Oui Non Total P
Célibataire 2 (6,5%) 29 (93,5%) 31 (100%) 0,008
Mariée 45 (58,4%) 32 (41,6%) 77 (100%)
Concubinage 64 (61,5%) 40 (38,5%) 104 (100%)
Divorcée 0 (100%) 2 (0%) 2 (100%)
Veuve 1(50%) 1 (50%) 2 (100%)
Total 112 104 216
Être mère célibataire influence négativement la vaccination complète des enfants.
20
Tableau XXII : Relation entre lieu d’accouchement et complétude vaccinale
Lieu d’accouchement Complétude vac cinale
Oui Non Total P
A domicile par une
18 (38,3%) 29 (61,7%) 47 (100%)
matrone
A domicile par une sage- 19 (50%) 19 (50%) 38(100%) 0,6505
femme
Centre de santé 75 (57,2%) 56 (42,8%) 131(100%)
Total 112 104
Le pourcentage de la complétude vaccinale augmente avec le niveau de la
qualité de l’accouchement bien que la différence ne soit pas statistiquement
significative.
Tableau XXIII : Relation entre niveau d’instruction des pères et statut vaccinal
complet de l’enfant
Niveau d’instruction Complétude vaccinale
des pères
Oui Non Total P
Illettré 4 (33,4%) 8 (66,6%) 12 (100%)
Primaire 30 (56,6%) 23 (43,4%) 53 (100%)
Collège 21 (50%) 21 (50%) 42 (100%) 0,058
Lycée 29 (59,2%) 20 (40,8%) 49 (100%)
Universitaire 17 (63%) 10 (37%) 27 (100%)
Total 109 82 183
21
Tableau XXIV : Relation entre profession des pères et statut vaccinal complet de
l’enfant
Complétude vaccinale
Profession des pères Oui Non Total P
Sans profession 2 (15,4%) 11 (84,6%) 13 (100%)
Secteur informel 80 (60,2%) 53 (39,8%) 133 (100%)
Secteur formel 19 (65,5%) 10 (34,5%) 29 (100%) 0,007
Cadre supérieur 8 (100%) 0 (0%) 8 (100%)
Total 109 74 183
Plus le statut professionnel des pères est plus favorisé plus le taux de vaccination
complète des enfants s’élève.
III. DISCUSSIONS
22
L’enquête de ces 216 couples mère-enfant dans les deux services de pédiatrie
nous a permis d’avoir plusieurs éléments permettant d’évaluer le taux de couverture
vaccinale de ces enfants hospitalisés et de déterminer les facteurs influençant la
complétude vaccinale.
III.1 Caractéristiques sociodémographiques et économiques
La majorité des mères interrogées avaient un statut économique social faible ou
moyen et n’avaient qu’un niveau d'éducation faible. Cela a été également constaté par
Jani et al. en Mozambique [10] et Negeri et al. en Ethiopie [11].
Mbengue et al. en Sénégal dans leur étude a indiqué que plus de la moitié des femmes
(68,7%) n'avaient aucune éducation formelle [12].
Trois quart des mères se trouvent dans une tranche d’âge de 18 à 35 ans avec
une moyenne d’âge de 26±3 ans. Elles sont ainsi pour la plupart dans une tranche d’âge
de procréation. L’étude menée en Sénégal a montré que l’âge moyen des mères dans
son étude était de 27,5 ±2,23 ans [12].
Un peu moins de la moitié des mères vivaient en concubinage (48,1%),
contrairement à ce qui a été retrouvé par l’étude de Chiabi et al. en Cameroun, qui a
montré que 79% des mères étaient mariées légitimement [13].
III.2. Connaissances, attitudes et pratiques des mères vis-à-vis du PEV
Le taux de couverture vaccinale par le PEV et les facteurs associés à la non
complétude vaccinale des enfants âgés de 1 mois à 59 mois hospitalisés dans les deux
services de pédiatrie ont été évalués dans cette étude.
Seuls un peu plus de la moitié des enfants ont reçu en totalité les 10 vaccins
recommandés dans le PEV. Cette couverture vaccinale de 51,8% est ressentie comme
étant très en deçà de l'objectif global de vaccination (GIVS) établi par l'OMS et
23
l'UNICEF [1-3]. Le risque d'épidémie par les maladies ciblées est donc important dans
cette zone d’étude [4].
Cependant, la couverture vaccinale reste en dessus de ce qui est observé dans
d'autres pays tels que l’Uganda et le Nigéria [14-15] mais bien en dessous de la
couverture vaccinale du Cameroun, de l’Afrique du Sud ou de l’Éthiopie qui ont
retrouvé respectivement un taux élevé de 96,3%, 94% et 76,8% [16-18].
Ceci peut s’expliquer par le fait que ces études ont été réalisées dans des communautés,
et sur des tranches d'âges différents de celles de cette étude.
Les variations de la couverture vaccinale entre les différents pays peuvent
s'expliquer par des facteurs tels que l’aspect socioculturel, la couverture en services de
santé [16,19].
Pour les 10 vaccins spécifiques, la couverture vaccinale pour chaque antigène
administré depuis la naissance était respectivement de 90,7% pour le vaccin BCG,
75,9% pour les 3 doses d’anti-poliomyélite orale, 88,4% pour les 2 doses d’anti-
rotavirus , 81,5% pour les 3 doses de Penta et enfin, de 73,1% pour la rougeole.
Le taux de déperdition est la proportion d’enfants qui ayant reçu une dose de
vaccin, ne reçoit pas la suivante. Dans notre étude, le taux de déperdition entre Penta 1
et Penta 3 est de 8,3%. Généralement, ce taux de déperdition varie en fonction de la
qualité de service et des messages véhiculés sur l’intérêt de réaliser toutes les doses de
vaccins. Plus la qualité de service est mauvaise plus ce taux augmente. La confiance des
parents sur les services de vaccination peut être remise en cause [20].
Dans l'ensemble, le taux de décrochage entre le vaccin BCG et le vaccin anti
rougeoleux était d'environ 19,4%. Nos résultats corroborent ceux du Sénégal, du
Nigéria, de la Guinée et de l'Uganda [16, 21,22]. Ceci peut s’expliquer par le fait que
certaines mères ne comprennent pas l’importance du respect du calendrier de
vaccination ou ne veulent plus revenir après des événements indésirables suivant le
premier contact avec l’unité de vaccination [5,20].
24
Le carnet de santé n’a été retrouvé que chez 44,9% des enfants. Cependant, ce
document est le meilleur outil pour savoir si les vaccins ont été reçus au moment
opportun ou pas. Ce résultat est plus bas par rapport à celui retrouvé au Cameroun
(66,7%) et au Kinshasa [13,23].
La sensibilisation et le renforcement de l'obligation de présentation de la carte de
vaccination avant toute inscription de l'enfant à la maternelle pourrait améliorer le taux
de détention des cartes de vaccination par les parents [5].
Le calendrier vaccinal selon le PEV n’est pas respecté par un tiers des enfants.
Cette proportion demeure non négligeable. Ce non-respect peut rendre invalide une
partie importante des doses vaccinales administrées et expose à l’apparition des
maladies cibles durant les périodes de retard [24].
Le non-respect du calendrier vaccinal a été principalement la conséquence de
l’indisponibilité de la mère. La rupture de stock de vaccins n’a jamais été abordée.
Quatre-vingt-sept mères ont abandonné la vaccination de leurs enfants. Les deux
premières raisons d’abandon étaient l’oubli de la date de rendez-vous et le déplacement.
Le problème logistique n’a jamais été également évoqué par les répondants. Un
renforcement de la sensibilisation des parents sur l’intérêt de vacciner les enfants
semble nécessaire suite à ce constat. Une proportion non négligeable des mères ont été
évoqué des personnels de santé irrespectueux lors de leur passage dans le centre de
vaccination. L’existence de ces évènements indésirables accentue le refus des parents de
vacciner les enfants. Les personnels de santé devraient adopter l’humanisation de soins
dans les centres de vaccination pour attirer les mères à se faire vacciner leur enfant dans
leur centre.
Les deux principales raisons de non vaccination évoquées par les 16 mères
enquêtées étaient le doute sur l’efficacité des vaccins et l’inaccessibilité des centres de
vaccination dont plus de deux tiers d’entre elles viennent de la zone rurale. Les
25
programmes de vaccination se heurtent à des problèmes d’inaccessibité des populations
vulnérables [6-7].
Atteindre les populations non desservies sera particulièrement difficile, mais ces
iniquités doivent être combattues car ces populations supportent souvent une charge de
morbidité plus importante et ont parfois peu accès aux services de base et aux soins
médicaux, les fragiles économies individuelles ou familiales étant alors soumises à un
impact sévère du fait de la maladie [8]. Une multiplication des centres de vaccination,
ainsi que l’utilisation effective de la stratégie avancée dans la vaccination de routine
pourraient améliorer l’accessibilité à la vaccination.
III3. Explication de la non complétude de la vaccination
La capacité à atteindre l'équité est un élément clé des programmes nationaux de
vaccination [8]. Dans cette étude, les analyses univariées réalisées nous ont permis de
mettre en évidence que plus les mères ont de la connaissance sur les MEV et sur le
calendrier de PEV, que leur niveau d’instruction augmente, qu’elles sont en couple et en
activités plus le taux de complétude vaccinale des enfants s’élève.
Ces résultats rejoignent ceux retrouvés au Nigéria en 2008, au Sénégal en 2009
et en Éthiopie en 2011 [15, 18,20].
La littérature mentionne que le faible niveau d’instruction limite la
compréhension des messages liés à la pratique de la vaccination [5-6].
Cette association a également été retrouvée par Randriatsarafara et al. à
Moramanga, Gidado et al. au Nigeria, Mohamud et a.l en Éthiopie et Hu et al. en Chine
[26,28, 29, 30]. Les mères éduquées comprennent mieux et facilement les informations
émises sur l’importance de la vaccination lors des sensibilisations sur le PEV. Des
améliorations importantes de la couverture vaccinale sont possibles si les individus et
les collectivités comprennent les bénéfices et les risques de la vaccination et réclament
la vaccination en tant que droit et responsabilité. Des leçons sur les vaccins et la
vaccination doivent figurer dans les programmes d’enseignement de l’école primaire.
26
Le statut vaccinal est corrélé avec le statut matrimonial de la mère. Lorsque la
mère est célibataire ou plus précisément lorsque le père est moins présent et ne se soucie
pas de la santé de l’enfant, le vaccin de l’enfant ne sera pas complet. La double
responsabilité de la mère célibataire comme mère et chef de famille pourrait expliquer
cette situation. Cela a été également constaté dans l’étude faite à Moramanga [26].
Il n’y avait pas de lien entre la complétude de la vaccination et lieu de résidence,
le lieu d’accouchement, le niveau d’instruction des pères.
Ces résultats n'ont pas été confirmés par les résultats observés dans d'autres pays
africains comme le Congo ni par l’étude faite à Moramanga [26, 31]. Même si dans
cette étude, le lieu d’accouchement n’est pas corrélé avec le statut vaccinal de l’enfant,
les matrones tiennent encore une place importante dans le suivi de la grossesse et de
l’accouchement (21%). Pourtant, le lieu d’accouchement constitue une source pour
acquérir l’information sur la vaccination. Il est probable que lorsqu'un enfant naît dans
un centre de santé, la mère reçoit des conseils sur la maternité et sur les soins de son
bébé, en particulier sur le calendrier de vaccination. Les agents de santé ont été
considérés comme une source potentielle de diffusion d'informations relatives au
programme de vaccination dans la communauté. Le renforcement des capacités de
communication, d'éducation et d'information des prestataires de santé est une étape
importante pour l'amélioration des services de santé en général.
Par conséquent, l'augmentation de la proportion des accouchements dans les
établissements de santé conduira également à une meilleure couverture vaccinale
[10,31].
Cette étude nous a également permis de constater que les pères avec un statut
professionnel favorisé sont plus favorables à la vaccination complète des enfants. Bien
que les vaccins du PEV soient gratuits, il existe des coûts indirects tels que les frais de
transport vers les sites de vaccination. Plus le centre est loin plus ce coût est élevé.
Comme dans le contexte africain, le père est directement responsable des besoins et de
la santé de toute la famille.
CONCLUSION
27
La couverture vaccinale des enfants étudiés était inférieure aux objectifs
nationaux et internationaux (> 95%). La couverture vaccinale pour chaque antigène
administré depuis la naissance était respectivement de 90,7% pour le vaccin BCG,
75,9% pour 3 doses d’anti-poliomyélite , 88,4% pour 2 doses d’anti-rotavirus, 81,5%
pour 3 doses de penta et PCV 10, 73,1% pour la rougeole.
Nous avons pu mettre en évidence que plus les mères n’ont de la connaissance
sur les MEV et sur le calendrier de PEV, que leur niveau d’instruction augmente,
qu’elles sont en couple et en activités plus le taux de complétude vaccinale des enfants
s’élève.
Bien que certaines améliorations aient été réalisées au cours de la dernière
décennie, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les groupes à
risque. Des campagnes de sensibilisation doivent être menées afin d'éclairer les parents
sur l'importance de la vaccination et sur l'importance de vacciner les enfants aux âges
recommandés. Des améliorations importantes de la couverture vaccinale sont possibles
si les individus et les collectivités comprennent les bénéfices et les risques de la
vaccination afin qu’ils réclament la vaccination en tant que droit et responsabilité.
La qualité de service doit être améliorée afin d’éviter le décrochage entre les
différents vaccins et d’améliorer la couverture vaccinale.
Les engagements politiques et financiers accrus du gouvernement malagasy sont
des facteurs clés à la fois pour maintenir les acquis actuels et faire des progrès
supplémentaires pour le PEV à Madagascar.
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ANNEXES
ANNEXE I- FICHE D’ENQUETE
Etablissement : Moramanga Befelatanana
1. DONNES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES :
Nom :
Prénoms
Date de naissance : Age en mois :
Sexe: F M
Domicile: Urbaine Rural Péri urbaine
Date d’entrée :
Date de sortie :
Nombre d’individu dans la fratrie :
o ≤2
o 3-4
o >5
Age de la mère :
o <18 ans
o 18-35 ans
o >35ans
Niveau d’instruction de la mère :
o Illettrée
o Primaire
o Collège
o Lycée
o Universitaire
Situation matrimoniale de la mère
o Célibataire
o Mariée
o Concubinage
o Divorcée
o Veuve
Profession de la mère
o Femme au foyer
o Secteur informel
o Employé
o Cadre supérieur
Niveau d’instruction du père
o Illettré
o Primaire
o Collège
o Lycée
o Universitaire
Profession du père
o Sans profession
o Secteur informel
o Employé
o Cadre supérieur
2. CONNAISSANCE DU PEV
Connaissance du calendrier vaccinal : OUI NON
Sources: se référer au carnet de santé Agent de santé Média Autres :
Connaissance de maladie dans PEV : OUI (+ de 3 maladies) NON
Sources: Agent de santé Media Se référer au carnet de santé
3. ATTITUDE ET PRATIQUE DU PEV
Lieu d’accouchement
Domicile par matrone : OUI NON
Domicile par sage-femme : OUI NON
Dans formations sanitaires : OUI NON
Présence de carnet de santé ou document vaccinal (diplôme) : OUI NON
Cicatrice vaccinal pour le BCG : NON OUI
BCG Po : NON OUI si OUI âge de réalisation
DTCP1HepB1Hib1Rota1PCV10 : NON OUI si OUI âge de réalisation
DTCP2HepB2Hib2Rota2PCV10 : NON OUI si OUI âge de réalisation
DTCP3HepB3Hib3Rota3PCV10 : NON OUI si OUI âge de réalisation
ATR : NON OUI si OUI âge de réalisation
Participation au FAV Polio : OUI NON
Nombre de participation :
Statut vaccinal :
1. A jour : OUI NON ou En retard : OUI NON
2. Complet : OUI NON ou Incomplet : OUI NON
3. Non vacciné : OUI NON
Respect du calendrier vaccinal : OUI NON
Motif du non-respect du calendrier vaccinal :
Non maitrise du calendrier
Indisponibilité des parents
Rupture de stock des vaccins
Enfant hypotrophique
Enfant malade
Négligence des parents
Non accès au centre de santé
Motif d’abandon de vaccination :
Oubli de la date de rendez-vous
Perte de carnet de santé
Indisponibilité de vaccin
Abandon pour raison de déplacement
Peur d’effet secondaire
Autres :
Motif de non vaccination :
Doute sur l’efficacité
Religion/ us et coutume
Peur d’effet secondaire
Non accès au centre de santé
Autres :
ANNEXE II : Calendrier vaccinal pour les enfants de moins d’un an selon le PEV
à Madagascar.
Ages Vaccins
Naissance à 14 jours de vie BCG, VPO 0
6 Semaines DTCHep B Hib 1, VPO 1, PCV10-1, Rota 1
10 Semaines DTCHep B Hib 2, VPO 2, PCV10-2, Rota 2
14 Semaines DTCHep B Hib 3, VPO 3, PCV10-3, VPI
9 mois VAR
Name and first names: RAZAFIARIVELO Lalanirina Emilia
Title: FACTORS ASSOCIATED WITH THE NON-VACCINATION
COMPLETENESS IN CHUJRB BEFELATANANA AND CHRD MORAMANGA
Heading: PEDIATRICS
Number of pages : 27 Number of figures : 3 Number of tables : 24
Number of bibliographic references: 31
ABSTRACT
INTRODUCTION
Immunization remains one of the most important public health interventions to reduce
childhood morbidity and mortality. Factors contributing to low immunization coverage
have been poorly understood.
RESULTS
We were able to investigate 216 mother-child couples. The vaccination completeness
rate for children aged 1 month to 59 months in hospital was 51.85%. This rate ranged
from 90.7% for BCG and 75.9% for the three doses of anti-polio and 73.1% for
measles. Mothers who had no knowledge of the importance of EPI and had a low level
of education and lived alone are unfavourable to vaccination completeness.
CONCLUSION
This complete immunization coverage of children was below national and international
targets. Appropriate strategies should be developed to improve the quality of service of
immunization centres and the easy accessibility of information on maternal and child
health to parents.
Keywords : child, expanded refusal vaccination, immunization completeness, vaccines.
Président and director of mémory : Professor ROBINSON Annick Lalaina
Author’s adress : 2RA Tsaramandroso Antsiranana
Nom et prénoms : RAZAFIARIVELO Lalanirina Emilia
Titre du mémoire : FACTEURS ASSOCIES A LA NON COMPLETUDE
VACCINALE AU CHUJRB BEFELATANA ET AU CHRD MORAMANGA
Rubrique : Pédiatrie
Nombre de pages : 27 Nombre de figures : 3 Nombre de tableaux : 24
Nombre de références bibliographiques : 31
RESUME
INTRODUCTION
La vaccination demeure l'une des interventions de santé publique les plus importantes
pour réduire la morbidité et la mortalité infantiles. Les facteurs contribuant à la faible
couverture vaccinale ont été mal compris.
METHODES
Notre étude transversale au sein des deux services de pédiatrie CHUJRB Befelatanana
et du CHRD Moramanga de durée de 5 mois nous a permis d’évaluer la couverture
vaccinale des enfants hospitalisés et les facteurs influençant ce statut vaccinal.
RESULTATS
Nous avons pu enquêter 216 couples mères-enfants. Le taux de complétude vaccinal
des enfants âgés de 1 mois à 59 mois hospitalisés étaient de 51,85%. Ce taux variait de
90,7% pour le BCG et de 75,9% pour les trois doses d’anti-poliomyélite et de 73,1%
pour la rougeole. Les mères qui n’avaient pas de connaissance sur l’importance de PEV
et avaient un niveau d’instruction bas et vivaient seules sont défavorable à la
complétude vaccinale. Plus le statut professionnel des pères est plus favorisé plus le
taux de vaccination complète des enfants s’élève.
CONCLUSION
Des stratégies appropriées devraient être élaborées pour améliorer les qualités de service
des centres de vaccination et l’accessibilité facile des parents à l’information sur la santé
maternelle et infantile.
Mots-clés : enfant, programme élargi de vaccination, complétude vaccinale, vaccins.
Président et directeur du mémoire : Professeure ROBINSON Annick Lalaina
Adresse de l’auteur : 2RA Tsaramandroso Antsiranana