Problèmes économiques et sociaux :
INTRODUCTION :
Quelques éléments sur l’histoire de la « question sociale » :
- Le cas des pays développés :
Tout au long du XIXe siècle, celui de la révolution industrielle, ce qu’on appelle la " question sociale" est liée
aux contradictions de l’ère de la libérale marquée par la croissance démographique, l’urbanisation, la
naissance d’une société individualiste de masse et une division entre les classes sociales.
La question sociale est notamment liée au fait que les anciens modes de traitement de la pauvreté et de
l’indigence n’étaient plus adaptés à la nouvelle situation socio-économique et plus particulièrement à la "
massification" désignant une masse de personnes qui, tout en travaillant, vivaient dans la misère et
l’indigence.
Au XXe siècle, et notamment depuis la crise de 1929, la question du lien social ou sociétal a été prise en
charge par les pouvoirs publics à travers ce qu’on appelle l’État providence et le modèle étatique keynésien.
Aujourd’hui, avec la crise économique et la crise de l’État providence, les pouvoirs publics ne sont plus en
mesure de créer ce lien social.
De plus en plus, il leur est demandé de :
-Répondre aux nouveaux besoins sociaux atomisés et fragmentés,
- Faire baisser les demandes de l’État,
-Ré encastrer la solidarité dans la société,
-Et faciliter l’action administrative.
La crise sanitaire actuelle causée par la pandémie du Covid-19 est venue aggraver la situation sociale et
accentuer les inégalités. Sauver des vies est devenue une priorité pour les pouvoirs publics. Toutes les
économies de par le monde devaient, ainsi, s’adapter à cette situation inédite.
- Le cas des pays en voie de développement :
Premièrement, les mouvements nés au XIXe siècle dans le monde arabe, sont liés aux interrogations des
élites arabes de l’époque, la « question sociale » arabe s’est construite dans un rapport antinomique à la
domination étrangère et non dans un rapport avec les pouvoirs publics.
Deuxièmement, les élites qui ont posé cette question « sociale » recherchaient des solutions pour réformer
le lien social existant qui aurait rendu possible la domination étrangère.
Troisièmement, cette question sociale spécifique a largement été formulée dans des termes religieux, il est
symptomatique de noter l’importance accordée dans les pays arabes à l’Association islamique de
bienfaisance fondée vers 1890 en Egypte et associée à la figure du père fondateur du réformisme musulman,
le cheikh Muhammad ‘Abdhuh.
De l’indépendance à la crise des Etats distributifs :
Les différents nationalismes arabes, quelles que soient les particularités de leurs idéologies (socialisme,
baathisme, nationalisme), ont fait de la conquête de l’État aux mains des occupants ou des « dirigeants
politiques corrompus » et de la construction d’États modernes leurs objectifs principaux. L’État était au cœur
de leur projet de réforme sociale et c’était à lui d’éduquer, de soigner, d’aider les pauvres, de corriger les
inégalités, etc.
Si donc, la société française a mis près d’un siècle pour confier à la bureaucratie étatique le soin de gérer le
social, les États arabes de l’après indépendance ont fait de l’équité et de la prise en charge sociales une de
leurs principales bases de légitimation. En plus de transformer les sociétés, il s’agissait de les développer
pour leur faire rejoindre le « concert des nations développées ».
La particularité des États arabes réside dans le fait que, contrairement à leur homologue français, ils
n’avaient pas pour origine les richesses créées par ressources économiques mais provenaient des ressources
externes liées aux rentes énergétiques. C’est pourquoi, il semble plus juste de parler d’État rentier distributif
que d’État providence.
Mais avec la crise internationale qui a débuté dans les années soixante-dix, les répercussions (conséquences)
étaient immédiates sur les finances des États arabes. L’État ne pouvait remplir la fonction qui le légitimait et
la crise économique devient une crise sociale et politique.
Du social et des Politiques Sociales :
Qu’entend-on par social et par politiques sociales ?
- Une première réponse peut être fournie en s’attachant au sens usuel, celui retenu par les médias et les
pouvoirs publics : l’emploi, la Sécurité sociale, la santé, etc.
- Une deuxième approche se base sur une définition plus extensive du social. Ainsi, pour certains auteurs
« les questions sociales ne se réduisent pas au problème du travail et de la Sécurité sociale. Elles englobent
la plupart des aspects des conditions d’existence des individus ».
En partant de cette définition, d’autres auteurs précisent le contenu des politiques sociales en distinguant
trois domaines :
1 / Les politiques relatives aux relations professionnelles portent sur les salaires et les conditions de travail
des salariés.
La politique de l’emploi porte sur le volume et la nature des emplois et puise ses moyens dans l’ensemble
des instruments de la politique économique.
2/ Le domaine de la protection sociale porte sur la nature des risques contre lesquels on cherche à protéger
l’individu. Plusieurs textes définissent les droits fondamentaux des individus : droit au travail, à la santé, à la
sécurité matérielle.
3/ Les politiques sectorielles visent les conditions d’existence des individus, indépendamment d’une activité
professionnelle et de la protection à l’égard des risques collectifs : l’éducation, les loisirs, le logement.
Ces politiques consistent à fournir des services collectifs ou à agir sur la production des biens et services
marchands. Les pouvoirs publics ont tendance à développer ces politiques sociales, exigeant une action
concertée entre partenaires appartenant à chacun des trois domaines.
CHAPITRE I : BREF RAPPEL DE QUELQUES NOTIONS DE BASE
Le facteur Travail :
Pour assurer leur fonction de production, les agents économiques ont recours au facteur travail.
§ 1 : Facteur travail et population active :
Dans l’ensemble de l’économie, le facteur travail est constitué par la population active employée. Cette
population active est composée en partie de personnes ayant un emploi et en partie de chômeurs.
§ 2 : Les aspects quantitatifs et qualitatifs du facteur travail :
A/ L’aspect quantitatif du travail :
Quand on essaie de quantifier le facteur travail auquel les entreprises peuvent avoir recours, trois éléments
entrent en concurrence :
- les besoins concrets de l’économie en facteur travail (besoins des agents économiques),
- la quantité de personnes disponibles pour travailler, (insuffisance ou excès selon les cas).
- la durée légale du travail, qui influe sur la durée d’utilisation des unités de travail.
B/ L’aspect qualitatif du travail :
L’activité économique doit prendre en compte la qualité du travail, c’est-à dire le niveau de compétence de
la population
On note, à ce sujet, que le niveau d’études et de qualification de la population ne fait que s’accroître. Ceci
dit, malgré cet accroissement du niveau d’études peut se poser le problème de l’adéquation entre les
formations reçues par les individus et les besoins des entreprises. Il peut exister en effet un phénomène de
décalage générateur de chômage.
§ 3. La productivité du travail :
La productivité du travail est un rapport entre deux données :
Productivité du travail= Quantité de produits obtenus/ Quantité de facteur travail utilisé
On peut aussi utiliser la notion de productivité du travail avec le rapport suivant :
Productivité apparente du travail= valeur ajoutée/ effectifs employés.
La productivité apparente du travail permet de mesurer l’efficacité productive des travailleurs employés.
▪ Ces notions de productivité du travail sont à utiliser avec précaution car elles s’adaptent mal à la nature
même du travail. Il faut tenir compte non seulement de la quantité de produits obtenus, mais aussi de la
qualité de ces produits, et donc de la qualité du travail. Le travail reste donc un facteur très difficilement
quantifiable.
Le secteur de l’économie sociale :
Le concept de l’économie sociale est composé de deux termes qui se rapprochent parfois. Le concept «
économie », notion qui fait référence à la production et à la vente des biens et services, augmentant la
richesse collective en ayant l’entreprise comme forme d’organisation. Le concept « sociale » qui fait
référence à la rentabilité sociale, c’est-à-dire l’amélioration de la qualité de vie et du bien être de la
population et cela par l’offre d’un plus grand nombre de services et la création d’emploi.
Il se dégage que l’économie sociale est l’ensemble des actions, des activités et des politiques visant
principalement à répondre aux besoins sociaux de la collectivité dans son ensemble et plus particulièrement
les besoins des personnes défavorisées ou vulnérables.
Ainsi, l’économie sociale dépasse le cadre de la gestion sociale de la pauvreté en répondant à :
-Des besoins sociaux (nécessité),
-Des aspirations de développement d’appartenance collective (identité),
-De la vision d’un monde démocratique et équitable (projet de société).
- Liberté d’adhésion,
- Indépendance à l’égard des Pouvoirs publics,
-Gestion démocratique selon le principe : « une personne une voix »
-Participation, prise en charge et responsabilité individuelle et collective.
Les acteurs de l’économie sociale :
Partant de ces principes, on peut classer les acteurs de l’économie sociale en trois acteurs, à savoir :
Les coopératives : ce sont des groupements de personnes poursuivant des buts économiques, sociaux ou
éducatifs communs. Elles sont gérées par leurs propres membres, à leurs risques et sur la base de l’égalité
des droits et obligations entre chaque sociétaire
Les mutuelles : elles regroupent des personnes qui choisissent de répartir collectivement les coûts de la
prévention et de la réparation des risques auxquels elles sont soumises. Leur principe fondateur est donc la
solidarité. Les mutuelles ont pour ressources principales les cotisations des adhérents. Elles affectent ces
ressources à des actions de prévoyance et à l’indemnisation de leurs adhérents victimes de dommages ou de
sinistres ;
Les associations (Organisations Non Gouvernementales dites ONG). « une convention par laquelle deux ou
plusieurs personnes mettent en commun de façon permanente leurs connaissances ou leurs activités dans
un but autre que de partager des bénéfices ». Les associations représentent la majorité des établissements
du domaine de l’économie sociale.
A ces trois grandes familles d’entreprises sociales, on peut ajouter, dans certaines actions, les acteurs
suivants :
- Les syndicats, - Les partis politiques, - Les chambres professionnelles : Agriculture, pêche, artisanat,
industrie et commerce.
Chapitre 4 : Les mutations du marché de travail :
Le marché du travail marocain ne pouvait rester à l’abri des conséquences de la transition démographique et
des mutations du système productif, notamment depuis le début des années 1980, sans parler des
mutations technologiques et de l’évolution des structures de la société marocaine dans son ensemble.
La caractéristique centrale de ce marché reste avant tout son exceptionnelle segmentation qui expose à de
fortes déconvenues toutes les tentatives visant à prévoir de manière homogène les conséquences sur
l’emploi et le chômage des chocs d’origine interne et externe, et même l’effet des politiques
macroéconomiques mises en œuvre.
L’examen de la structure du marché du travail peut être analysé selon deux optiques :
- soit en termes d’articulation de deux secteurs : le secteur formel et le secteur informel,
-soit par le biais d’une approche plus fine qui lie la stratification du marché du travail aux conditions
d’existence des individus.
Section I : La dichotomie secteur formel – secteur informel :
§ 1 : Le secteur formel
A/ Le marché du travail urbain :
- Le taux d’emploi de la population âgée de 15 ans et plus, défini comme le rapport entre la population
active occupée et la population totale, n’a cessé de décliner pour atteindre 37% en 2002.
- L’emploi devient plus qualifié, donc plus difficile à trouver : le taux d’emploi des diplômés du supérieur, des
travailleurs indépendants et des employeurs augmente, alors que celui des sans- diplôme diminue.
- L’emploi non rémunéré connaît un léger progrès ce qui manifeste une tendance à l’élargissement de la
précarité (fragilité) même chez les actifs occupés.
- La féminisation de l’emploi connaît un recul, sous l’effet probable d’un découragement plus rapide des
femmes devant les difficultés et la faiblesse de la demande sur le marché du travail. Les raisons de cette
évolution tiennent, d’abord à la croissance de la population active dû à l’exode rural, ensuite au tarissement
des emplois publics, insuffisamment relayé (remplacé) par le développement de l’embauche dans le secteur
privé et l’auto –emploi.
Le taux de chômage urbain n’a cessé d’augmenter. Une grande partie de cette progression provient des
nouveaux actifs. Ceux-ci se sont fortement accrus chez les individus appartenant à la classe d’âge 25-35 ans
qui correspond à la sortie des cycles universitaires, sans pour autant épargner les jeunes de 15-25 ans.
B/ Le marché du travail rural :
L’emploi dans le monde rural a régulièrement diminué pour atteindre, en 2002, environ 5 millions de
personnes.
Le taux d’occupation professionnel est relativement élevé et permet que chaque actif occupé n’ait à sa
charge qu’une personne et demie. Il s’agit d’un emploi jeune, où les enfants de moins de 15 ans
représentent encore une part significative (7%).
Cette mobilisation des enfants à des fins productives est un sujet de préoccupation qui pose le problème de
leur scolarisation. Le salariat est très faiblement développé, car dominent les aides familiaux et les apprentis,
suivis par les travailleurs indépendants.
Le chômage rural est faible et en diminution sensible, il concerne essentiellement les jeunes et est d’une
durée élevée. Or, le sous-emploi est important du fait de la saisonnalité des activités.
§2. Le secteur informel
Le secteur informel est caractérisé par l’absence de la stabilité et de la protection. On y dénombre
seulement 2% de travailleurs sous contrat, alors que 66% acceptent de travailler par un simple accord verbal
et 32% opèrent sans accord et sont donc davantage exposés à l’arbitraire de l’employeur.
- Le secteur informel englobe une part importante de l’emploi non agricole essentiellement localisé en
milieu urbain.
Le secteur informel constitue une structure d’accueil pour l’exode rural. Le lien de parenté y joue un rôle
important puisque 81,4% des employés ont un lien de parenté avec le chef de l’unité de production
informelle. Le commerce et la réparation y sont les secteurs d’activité prépondérants, alors que l’industrie et
l’artisanat n’occupent que 25% des travailleurs informels.
Section 2 : Stratification a posteriori du marché du travail
On peut présenter cinq groupes principaux composant le marché du travail :
- les travailleurs familiaux et du secteur non structuré (ou informel) : Ce groupe est prédéterminé par
l’aspect informel et de type familial. Il est constitué des aides familiaux, des apprentis et des personnes
exerçant des petits métiers non structurés.
- les travailleurs du secteur secondaire (protection insuffisante) : Ce deuxième groupe est identifié pour
appartenir au secteur privé non agricole notamment dans les branches industrie, bâtiments et travaux
publics. Il se compose essentiellement des artisans et ouvriers qualifiés.
- les travailleurs du secteur primaire (faible protection) : Ce troisième groupe rassemble le secteur de
l’agriculture, de la forêt et de la pêche. Il est constitué par une grande partie des ouvriers et des paysans
travaillant dans des exploitations agricoles.
- le salariat protégé du secteur public : Ce groupe est formé par les branches d’activité garantissant une
stabilité de l’emploi que sont l’administration et les services sociaux non marchands ainsi que les banques et
les assurances.
- les travailleurs du secteur tertiaire : Ce groupe représente les activités commerciales (dominantes), les
activités touristiques, de transport et des communications, ainsi qu’un tiers du secteur des banques, des
assurances et des services fournis aux entreprises.
Section 3 : Pauvreté et segmentation du marché du travail
La pauvreté est une forme de dénuement où les individus ont un déficit dans les ressources nécessaires pour
assurer leur subsistance.
Un actif pauvre est une personne active (occupée ou en chômage) vivant dans un ménage pauvre, tenant
compte du niveau de vie, des capacités et des libertés.
En se concentrant sur le marché du travail urbain, il apparaît que :
-La pauvreté n’est pas un phénomène qui touche davantage les femmes. Le taux de pauvreté montre que
les hommes sont quantitativement plus pauvres que les femmes, quel que soit le segment d’appartenance.
-La valeur la plus élevée du taux de pauvreté est celle du secteur primaire, où près d’un actif sur cinq est un
pauvre. Cela est dû au fait que la quasi-totalité des travailleurs de ce secteur appartient à un système salarial
précaire (instable).
- La deuxième poche de pauvreté importante est celle du segment où prédominent le travail familial et les
activités non structurées du secteur informel. C’est évidemment l’absence de régularité et de protection
dans l’emploi.
- On remarquera, cependant, l’importance du taux de pauvreté dans le secteur secondaire et la protection
quasi-totale des salariés.
L’effectif de la population pauvre était de 5,3 millions de personnes à la fin des années 90, contre 3,4
millions au début. On estime que 12% de la population urbaine vit en dessous de la ligne de pauvreté alors
que c’est le cas de 27% de la population rurale.
CHAPITRE V : LES POLITIQUES DE L’EMPLOI
Section 1 : Les justifications théoriques des politiques de lutte contre le chômage
§1 : Les représentations du marché du travail
La notion de marché du travail est à la base du raisonnement sur l’emploi et le chômage.
L’analyse néoclassique :
La demande de travail des entreprises est déterminée par la réponse à une question simple : est-il rentable
d’embaucher une personne supplémentaire ? Pour cela, il faut comparer le coût du travail pour l’entreprise
(salaires et charges sociales) et la productivité marginale du travail, c’est-à dire la production supplémentaire
que l’embauche supplémentaire rapporte.
Quand à l’offre de travail par les salariés, elle dépend d’un arbitrage tout aussi simple : ils peuvent choisir de
travailler ou de ne pas travailler, selon le salaire qui leur est proposé. En effet, ils comparent le gain résultant
du travail (le salaire) avec son coût, qui est le renoncement au loisir. Il existe donc une courbe d’offre et une
courbe de demande de travail, dont l’intersection détermine le salaire d’équilibre, pour lequel il y a plein
emploi : tous ceux qui veulent travailler le peuvent et le chômage est un chômage qualifié de « volontaire ».
Le raisonnement des néoclassiques suppose les conditions suivantes :
- L’état d’équilibre nécessite que les cinq conditions de concurrence pure et parfaite (atomicité,
homogénéité, fluidité, mobilité et transparence) soient respectées ;
- L’offre de travail (ou demande d’emploi) dépend du salaire réel ;
- La demande de travail (ou offre d’emploi) est d’autant plus forte de la part des entreprises que le niveau de
salaire bas ; s’il est trop élevé, celles-ci préféreront alors moins recruter et substituer du capital au travail.
Milton Friedman, considérant que le chômage ne peut jamais être complètement nul, admet l’existence d’un
chômage naturel, qui peut être diminué si les offres de travail sont connues plus vite, si la mobilité des
travailleurs est plus grande et les services de recrutement des entreprises plus efficaces.
L’analyse keynésienne
Pour Keynes, le marché du travail n’existe pas au sens strict, dans la mesure où il n’y a pas de véritable
confrontation entre la demande et l’offre de travail. Il n’y a aucune raison valable, sauf par coïncidence, pour
qu’un équilibre entre l’offre et la demande de travail s’établisse à partir de la variation des salaires.
L’offre de travail dépend de facteurs démographiques et institutionnels. Si le salaire de marché baisse, cela
ne réduira pas l’offre de travail car les salariés sont bien obligés de travailler pour vivre.
La demande de travail, quant à elle, ne dépend pas non plus des salaires, mais du programme de production
établi par les entrepreneurs pour satisfaire la demande anticipée. Une baisse de salaire ne pourra pas
déterminer un entrepreneur à embaucher si son plein de main-d’œuvre est déjà fait.
Selon Keynes, , le chômage est avant tout involontaire, c’est-à-dire qu’en l’absence de toute rigidité des
salaires à la baisse, il peut subsister du seul fait que l’emploi offert est déterminé tout à fait
indépendamment de l’état de la population active par le seul niveau de la demande effective.
§ 2 : Le chômage
A/ Le cas de la France
La mesure du chômage
Est chômeur toute personne qui a trouvé un emploi qui commence ultérieurement ou toute personne sans
emploi rémunéré qui remplit les conditions suivantes :
Aucune activité rémunérée, même de très courte durée ;
En âge de travailler ;
A la recherche effective d’un emploi rémunéré ;
Disponible dans un délai de 15 jours.
L’emploi convenable est celui auquel peut raisonnablement prétendre un chômeur compte tenu de ses
aptitudes présentes et des mesures d’aide qui lui sont proposées.
Les différents types de chômage
Le chômage frictionnel est le chômage lié au délai qui sépare deux emplois successifs.
Le chômage conjoncturel est lié à une baisse de l’activité économique sur courte ou moyenne période.
Le chômage structurel est lié aux déséquilibres structurels de l’économie (déséquilibre régionaux,
inadaptation des qualifications, déclin d’activités traditionnelles, etc.)
Le chômage saisonnier résulte de l’existence d’emplois non permanents liés à des interruptions périodiques.
Le chômage technique est dû au blocage temporaire du processus de production d’une entreprise pour des
raisons techniques (pannes, problèmes d’approvisionnement…).
Le chômage partiel est lié à une réduction temporaire par une entreprise, du volume d’heures travaillées à
effectifs constants, à la suite d’une baisse conjoncturelle d’activité.
B/ Le cas du Maroc
Les sources statistiques de la l’évaluation du chômage
La source statistique de mesure de chômage au Maroc a connu quelques changements méthodologiques
après le recensement de 1994 :
- la collecte est étalée sur toute l’année pour tenir compte des fluctuations saisonnières,
- la technique d’interview utilisée semble assez poussée pour détecter les personnes qui ne cherchent du
travail que d’une façon occasionnelle (chômeurs marginaux),
- l’emploi du temps de la femme serait mieux décrit pour appréhender l’activité professionnelle et éviter de
la confondre avec les tâches domestiques,
- des cas des personnes découragées par la recherche active sont saisis par des questions spécifiques sur les
raisons de la « non recherche » d’emploi, etc.
Une mesure en deçà de la réalité
a)Disponibilité à travailler et recherche d’emploi :
Les chômeurs se définissent comme des individus n’ayant pas d’emploi et qui manifestent activement leur
disponibilité à offrir leur capacité de travail sur le marché.
b) La notion d’activité :
Pour que cette notion d’activité permette également aux personnes de se situer clairement par rapport au
travail, il faudrait que soit établie une frontière entre les activités domestiques et marchandes.
c)Les travailleurs découragés :
Le sous –emploi se manifeste sous différentes formes. En effet, certains individus sortent de la population
active faute de perspectives d’emplois tandis que d’autres décident de ne pas y entrer. On les désigne
communément sous le nom de « travailleurs découragé » et on les considère, généralement comme des
chômeurs « latents » ou « non déclarés ». Ils sont exclus de la population active parce qu’ils ne répondent
pas aux critères de recherche d’emploi appropriés.
Section 2 : L’évolution des politiques de l’emploi dans quelques pays développés
Le développement du chômage a conduit les États à mettre en œuvre des politiques de l’emploi. On définit
Ces politiques publiques spécifiques de l’emploi comme l’ensemble des interventions publiques portant
directement sur le marché du travail ou sur les comportements d’emploi non salariés.
§ 1 : Les principes des politiques de l’emploi
On appelle politique passive de l’emploi, une politique visant à limiter l’offre de travail ou à mener un
traitement social du chômage. Un politique active entend agir sur la demande de travail afin d’accroître
l’emploi, en rendant le marché du travail plus dynamique.
§ 2 : les politiques de l’emploi mises en place dans les pays développés
Le modèle libéral américain se distingue par l’accent qu’il met sur la flexibilité des salariés en réduisant et en
limitant dans le temps notamment les indemnités d’assurance chômage et les aides sociales pour que les
chômeurs acceptent un emploi, même mal rémunéré, ce qui assure un taux d’emploi élevé ,
Le modèle de flexicurité est pratiqué dans les pays Scandinaves. Certains le décrivent comme un « triangle
d’or » : une flexibilité élevée des contrats de travail, des indemnisations généreuses du chômage et des
politiques d’emploi actives. D’autres observateurs formulent un quatrième facteur explicatif de ces
performances d’emploi : l’investissement social de ces pays nordiques non seulement dans le capital
humain, mais également dans la recherche, le développement et l’innovation.