FRACTURES DU ZYGOMATIQUE
Elles font partie des fractures latérales de la face.
Classification :
Fractures ant qui concernent l'os zygomatique (fractures orbito-sinusales)
Fractures post qui concernent l'arcade zygomatique (processus zygomatique du temporal).
FRACTURES ANTERIEURES TOTALES
Fracture SANS déplacement
Examen subjectif : sensation d’hyperesthésie ou anesthésie du territoire du nerf zygomatique ou infra orbitaire.
Examen objectif :
inspection = ecchymose palpébrale (en monocle) et tuméfaction de la région zygomatique.
palpation = douleur le long de la ligne de fracture.
Fracture AVEC déplacement
Clinique :
Douleur accentuée à l’ouverture buccale et aux mouvements oculaires
Epistaxis abondante
Anesthésie du territoire du nerf zygomatique et/ou infra orbitaire
Disparition/enfoncement de la proéminence zygomatique (asymétrie faciale) et parfois des contours de l’orbite
Œdème/hématomes quelques heures après trauma (cachent l’enfoncement de zygomatique)
Discontinuité du bord infra orbitaire et/ou de la crête zygomatico-alvéolaire (endo oral).
Troubles associés aux fractures
Troubles oculaires :
Hématome palpébral inf, hématome infra ou péri orbitaire
Ptose palpébrale (suite à œdème post trauma)
Déformation/étirement du contour (angle) palpébral tiré par ligament attaché au fragment déplacé (aspect anti-
mongoloïde)
Mise en évidence exagérée de la sclère pouvant conduire à ectropion
Changement partiel de position du globe oculaire (enophtalmie)
Perte ou limitation partielle des mouvements oculaires suivies par diplopie et/ou strabisme.
Troubles des sinus maxillaire : hémosinus extériorisé (epistaxis).
Troubles nerveux : Sensitifs (paresthésie ou anesthésie) pour nerf zygomatique, infra-orbitaire ou dentaire antéro-sup
et moteur (hypotonie lèvre sup) pour nerf facial (rameaux temporo-facial).
Troubles fonctionnels : limitation d'ouverture de la bouche (blocage de l'apophyse coronoïde de la mandibule).
FRACTURES ANTERIEURES PARTIELLES
Il s'agit de fissures ou fractures avec détachement d'un petit fragment du bord ou du plancher de l'orbite.
Clinique :
Ecchymose, hématomes, écorchures ou plaies
Dénivellement du contour orbitaire (proéminence ou enfoncement) si fracture avec déplacement
Signes de troubles oculaires ou de lésion du plancher de l'orbite (voir plus haut)
Examens radio : en projection semie-axiale Hirtz ou CBCT.
Evolution :
Variable en fonction de la précocité et de l'exactitude du diagnostique et du traitement
Au mieux, la guérison se fait en 15-20 jours
En cas de consolidation vicieuse = déformation faciale, enophtalmie ou exophtalmie, diplopie, strabisme et
limitation d'ouverture de la bouche.
TRAITEMENT des FRACTURES ANTERIEURES
Par voie d'accès sous-orbitaire
Réduction avec crochet Strohmeyer ou Ginestet
Recommandée en cas de fracture réductible récente.
Technique :
incision cutanée ou entrée par la plaie génio sous orbitaire
insérer le crochet sous le bord inf du fragment
imprimer au fragment un mouvement inverse à celui parcouru lors du déplacement
le repositionnement correct s’évalue par inspection (patient assis vue de face et de dos) et par palpation (en
parcourant le contour osseux avec l'index)
Maintien du fragment en position correcte par engrenage interdigital.
Réduction directe et immobilisation par ostéosynthèse
Recommandée en cas de fracture vieille ou comminutive.
Technique : idem que précédemment (voir cours 2).
Par voie d'accès temporale (procédé Gilles-Theodorescu)
Incision temporale parallèle à l'artère temporale
Insertion d'un décollateur ou élévateur long jusque sous le fragment enfoncé
Repositionnement du fragment et vérification (même critères que plus haut)
En cas d'intervention tardive, le fragment a tendance à rebouger. On fixe alors l'instrument en place sur la tête avec
un bandage céphalique. L'instrument réducteur sera laissé en place 8-10 jours.
Par voie d'accès endo-oral
Réduction manuelle possible immédiatement après le trauma :
insérer index ou pouce dans vestibule sup sous le fragment
repositionnement du fragment maintenu par engrenage interdigital.
Réduction instrumentale par méthode Friedel Ginestet :
incision dans la muqueuse du vestibule sup en post de la crête zygomatique alvéolaire
insertion d'un instrument réducteur sous le bord post du fragment.
Par voie d'accès rhino-sinusale
Recommandée dans les fractures comminutives du corps du zygomatique ou du plancher de l’orbite.
Technique :
sinus maxillaire abordé via une incision dans la muqueuse du vestibule sup (zone fracturée de la paroi antéro-lat)
élimination de l'hématome et de l'éventuelle portion de muqueuse sinusale enflammée
avec instrument (décollateur/élévateur), on relève le fragment ou le plancher orbitaire enfoncé dans le sinus
immobilisation avec mèche iodoformée remplissant le sinus ou avec ballon gonflable (Franchebois).
FRACTURES POSTERIEURES
Elles concernent l'arcade temporo-zygomatique et se produisent par mécanisme directe.
Clinique : idem que les autres types de fracture mais avec en plus un blocage d'ouverture de la bouche par atteinte de
l'apophyse coronoïde et/ou de l'apophyse condylien.
Traitement des fractures postérieures :
Procédé Gilles-Théodorescu
Procédé Dingman (idem que Gilles mais l'instrument passe par incision dans l'aire orbito-temporale)
Procédé Maltas (utilisation d'un fil + crochet introduit dans l'oreille)
Par voie endo-orale (idem que plus haut).