0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues15 pages

Programme de Lutte Contre Les Méningites

Le document décrit un programme de lutte contre les méningites au Maroc, notamment la surveillance épidémiologique, la détection précoce des épidémies, la prise en charge des cas et les mesures prophylactiques.
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues15 pages

Programme de Lutte Contre Les Méningites

Le document décrit un programme de lutte contre les méningites au Maroc, notamment la surveillance épidémiologique, la détection précoce des épidémies, la prise en charge des cas et les mesures prophylactiques.
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Programme de lutte contre les méningites

1. Généralités
• La méningite est une maladie redoutable.
• Elle apparaît soudainement, frappe tous les âges, particulièrement les nourrissons,
les enfants et les jeunes et peut tuer en quelques heures.
• Formes : bactériennes, virales, fongiques ou parasitaires. Elle est le plus souvent
d’origine virale ou bactérienne, les autres causes (fongiques, parasitaire…) étant
beaucoup moins fréquentes
• Un nombre non négligeable de survivants à cette maladie gardent des séquelles
permanentes importantes comme la surdité, l'épilepsie, la paralysie cérébrale ou le
retard mental. L'apparition de nécroses tissulaires irréversibles peut également
entraîner l'amputation d'un ou de plusieurs membres
2. Définition du problème
Dans le monde
La méningite est une maladie présente dans le monde sous diverses formes : bactériennes,
virales, fongiques ou parasitaires. Elle est le plus souvent d’origine virale ou bactérienne,
les autres causes (fongiques, parasitaire…) étant beaucoup moins fréquentes.
Les méningites d'origine bactérienne

• Elles sont graves car elles évoluent rapidement et sont associées à un important
risque de mortalité.
• Leur étiologie varie avec l’âge et la géographie. Le taux de létalité est fonction de
l’âge et de la bactérie en cause, oscillant classiquement de 3% à 19% dans les pays
développés. Une létalité plus élevée (37%-60%) a été rapportée dans les pays en
développement.
• Des séquelles, incluant surdité, retard mental et autres séquelles neurologiques,
intéressent une proportion assez élevée des survivants.
• 3 bactéries sont responsables de la plupart des méningites bactériennes : le
méningocoque (Neisseria meningitidis), Haemophilus influenzae type b et le
pneumocoque (Streptococcus pneumoniae).
Les méningites virales
Elles sont généralement bénignes, le rétablissement étant le plus souvent spontané. Leur
réputation de bénignité tient à la prévalence des méningites virales simples. Mais des
étiologies plus rares et plus sévères sont possibles, demandant de manœuvrer avec
prudence chaque fois que le tableau clinique, biologique ou évolutif n’est pas absolument
typique.

Au Maroc
• Un des principaux problèmes de santé publique dus aux maladies transmissibles.
• Elles sévissent habituellement sur un mode endémosporadique avec émergence de
foyers épidémiques de méningites à méningocoque et de méningites virales.
• Le pays a connu deux épidémies importantes à méningocoque en 1967-1968 et en
1988-1989.
• N. meningitidis B est le sérogroupe dominant à présent dans l’épidémiologie de la
méningite à méningocoque au Maroc ; mais les autres sérogroupes A, C et W135 sont
également présents.
• L’une des constatations les plus importante dans l’épidémiologie des méningites au
Maroc est que le nombre de cas de méningite à Haemophilus influenzae a connu une
régression remarquable en 2008 et 2009 traduisant les premiers effets positifs de
l’introduction de la vaccination anti Hib dans le calendrier du programme national
d’immunisation, et ce à partir de Janvier 2007
3. Programme de lutte contre les méningites
Les objectifs
• Détecter les menaces d’épidémies
• Prévenir et contrôler les épidémies
• Contrôler l’incidence de la maladie et maintenir son T.I < 1.5/100000 hbts
• Réduire de taux de létalité à moins 10%

Stratégie
• Renforcement de la surveillance épidémiologique, avec vigilance du système
d’alerte précoce
• Prise en charge rapide et correcte de tous les cas de méningite (dg, hospitalisation,
ttt)
• Investigation dans l’entourage des cas immédiatement après la déclaration
• Entreprendre des mesures d’intervention rapide : mesures prophylactiques
(vaccination, chimioprophylaxie …)
• Renforcement du réseau de laboratoires sentinelles pour la surveillance des
méningites bactériennes
• Formation/recyclage du personnel (médecins, infirmiers et techniciens) chargé de la
surveillance et de la lutte contre les méningites
• Supervision sur le terrain
4. La surveillance épidémiologique
1-La déclaration obligatoire
Elle doit se faire conformément aux textes réglementaires et législatifs en vigueur
(textes de loi et circulaires ministérielles). Elle intéresse toutes les formes de
méningite (cas suspects, probables ou confirmés) et a pour principe la collecte et la
transmission rapide des données à tous les niveaux en vue d’une action
thérapeutique et prophylactique optimale.
La déclaration obligatoire comprend :
• Détection et notification immédiate de tout cas de méningite : La
surveillance de la méningite est d'abord basée sur l'usage d'une définition
de cas aussi simple que possible, susceptible d'être mise en place dans
toutes les structures de soins.
• Notification par relevés périodiques : Notification systématique du nombre
de cas de la périphérie (CS, hôpital) vers la province et de la province vers la
région et le service central

Cas Définition

Cas suspect Toute personne (de tout âge) répondant à la description clinique suivante :
Fièvre d’installation brutale (T° rectale > 38,5° C) + un ou plusieurs des signes
suivants :
• Céphalées, vomissements, photophobie
• Raideur de la nuque
• Éruption évoquant un purpura
• Altération de la conscience.
Chez le nourrisson :
Fièvre associée à l’un des signes suivants :
• Bombement de la fontanelle avec ou sans raideur de la nuque
• Hypotonie de la nuque
• Convulsion
• Refus de téter.

Cas probable de C’est un cas suspect avec exam du LCR montrant au moins 1 des éléments
méningite bactérienne suivants :
• Aspect trouble ou purulent
• Leucocytes dans le LCR > 100 cellules / mm3
• Leucocytes dans le LCR entre 10 et 100 cellules/mm3, avec une
protéinorachie élevée (> 1g/l) où une baisse de la glycorachie < 0,4 g/l ;
• Une coloration de Gram +
Cas probable de = Cas probable de méningite bactérienne avec au moins un des critères suivants
méningite à :
méningocoque • Purpura fulminans en l’absence d’une autre cause apparente
• Exam direct du LCR positif (présence de diplocoques Gram-négatif)
• Notion de cas groupés ou d’épidémie en cours

Cas de méningite Tout cas de méningite suspect ou probable avec :


confirmé • Identification du germe dans le LCR ou le sang par culture
• Ou détection positive des antigènes solubles dans LCR ou PCR.
NB : En situation d’épidémie, tout cas de maux de tête violents, associés à une fièvre
élevée et à une raideur de la nuque, doit être considéré comme une méningite et pris en
charge comme telle.

2- Registre des cas


Un registre doit être établi au niveau de toutes les structures de prise en charge et
au niveau de chaque délégation du Ministère de la santé.
3- Enquête épidémiologique :
Elle est immédiate autour de tout cas de méningite
4-La recherche active :
La recherche d’éventuels autres cas lors de l’enquête épidémiologique et au niveau
des services hospitaliers surtout en cas de menace d’épidémie
5-La confirmation des cas
La PL est systématique pour tout cas de méningite pour préciser l’aspect du liquide
et identifier le germe, avec groupage et test de sensibilité de la souche isolée aux
antibiotiques
6-La surveillance par réseau de laboratoire
7-Analyse des données : l’exploitation et l’analyse des données se font
régulièrement aussi bien au niveau central qu’au niveau provincial pour détecter
précocement une menace d’épidémie et pouvoir orienter les mesures
d’intervention appropriée
8-La retro-information
9-La surveillance des pèlerins
1O-La détection du seuil d’alerte épidémique
Définition proposée par l’OMS

• 1 : Augmentation de 2 fois du nombre de cas hebdomadaire comparé avec la


moyenne des nombres de cas hebdomadaires observés durant la même
semaine lors des 5 années précédentes
• 2- Doublement du nombre de cas hebdomadaires d’une semaine à une autre
pendant une période de 3 semaines
• 3- Augmentation de la proportion des patients âgés de 5 ans et plus
En pratique
Seuil d’alerte :
• Population de moins de 30000 habitants : 2 cas en une semaine, ou
l’augmentation du nombre de cas par rapport aux années non épidémiques
précédentes
• Population de plus de 30000 habitants : 5 cas pour 100 000 habitants et par
semaine.
Seuil épidémique :

• Population de moins de 30000 habitants : 5 cas en une semaine, ou le


doublement des cas sur une période de 3 semaines.
• Population de plus de 30 000 habitants : 10 cas pour 100000 habitants et par
semaines.

Mesures de lutte et de prévention


Intervention rapide suite à l’apparition d’un cas
Hospitalisation et prise en charge urgente et gratuite de tout cas de
méningite :
• La prise en charge des cas vise à diminuer la létalité et les séquelles par la
réduction du délai entre le début de la maladie et le début du ttt
• La mise en route de l’antibiothérapie au cours des méningites bactériennes
est une urgence absolue
• Le ttt doit être débuté le plus vite possible et au plus tard dans les 2 heures
suivant l’admission et/ou la suspicion clinique de méningite.
• Si la PL n’a pu être réalisée dans ce délai, elle doit l’être juste après
l’administration du ttt et correction des anomalies
• Toute situation conduisant à retarder la ponction lombaire impose la mise
en place d’une antibiothérapie probabiliste en raison du lien étroit entre le
pronostic et la précocité de mise en route du traitement.
• L’antibiothérapie doit être débutée avant la ponction lombaire dans 3
situations :
o Purpuras fulminants
o Prise en charge hospitalière ne pouvant pas être réalisée dans les 90
minutes
o Contre-indication à la réalisation de la ponction lombaire

L’antibiothérapie probabiliste de première intention


• Cette antibiothérapie doit prendre en compte les données épidémiologiques
et cliniques.
• Elle doit être démarrée devant un LCR louche et après avoir effectué une ou
plusieurs hémocultures si possibles
• Les arguments épidémiologiques marocains sont les suivants :
- Pneumocoque, méningocoque et Haemophilus constituent plus de 90% des
étiologies des méningites purulentes communautaires. Hib n’est plus
l’apanage du nourrisson grâce à la vaccination ;
- Plus de 40% des pneumocoques sont de sensibilité diminuée à la pénicilline
chez l’enfant.
Choix de l’antibiotique

• 2 céphalosporines de 3ème génération (C3G) : Ceftriaxone et Céfotaxime restent


le ttt de référence, et ce dès l’âge d’un mois.
• En effet, le pourcentage de souches résistantes est bien plus faible que pour la
pénicilline,
• Le quotient inhibiteur de ces molécules est au moins le double de celui de
l’amoxicilline,
• La toxicité même à forte dose est modérée.
En pratique

• La dose de Ceftriaxone à administrer est de :


- 100 mg/kg/j en 2 perfusions de 60 minutes dans les 2 premiers jours,
ou tout au long du ttt si la souche isolée est un pneumocoque de
sensibilité diminuée à la Pénicilline (PSDP)
- Elle est de 75 mg/kg/j en 1 ou 2 perfusions si l’orientation va vers un
méningocoque, un Hib, ou un streptocoque B. La dose maximale est
de 4 g/j chez l’enfant.
• Le Céfotaxime doit être administré à la dose de :
- 300mg/kg/j en 4 fois (avec un max de 12 g/j) si la possibilité d’un
pneumocoque de sensibilité diminuée à la pénicilline (PSDP) n’est
pas écartée
- À la dose de 200 mg/kg/jour dans les autres cas.
• L’association de C3G et de gentamicine est justifiée chez le nourrisson entre
1 et 3 mois devant la présence de bacilles Gram négatif à l’examen direct, du
fait de la relative fréquence des entérobactéries avec un risque d’effet
inoculum gênant l’activité de la céphalosporine, et de l’intérêt de la synergie
et de l’effet post-antibiotique malgré un passage méningé médiocre.

La stérilisation rapide du LCR dépend de :


• L’inoculum initial (une concentration bactérienne élevée est corrélée à une
stérilisation retardée et un mauvais pronostic)
• La rapidité de la mise en route du ttt qui est, une fois le diagnostic établi, un
élément important du pronostic
• Propriétés pharmacocinétiques et pharmacodynamiques des (ATB) choisis.

Chimioprophylaxie des sujets contacts :


Généralités

• Elle doit être administrée dans les plus brefs délais, autant que possible dans les 24
ou 48 heures suivant le diagnostic.
• Dans le contrôle des épidémies, la chimioprophylaxie n’est pas recommandée ou
même déconseillée : L’utilisation de la rifampicine en prophylaxie de masse pourrait
conduire à l’émergence de mycobactéries résistantes compromettant ainsi le ttt de
la lèpre et de la tuberculose
• Notion de coût et toxicité : (large public et longue période)
Elle concerner les sujets contacts suivants :

• Personnes vivant au domicile du malade


• Personnes ayant dormi dans la même pièce que le malade dans les 10 jours
précédant l'hospitalisation
• Personne exposée aux secrétions oropharyngées du malade dans les 10
jours précédant l'hospitalisation
• Camarades de jeux habituels
• Partenaires sexuels
• Personnel ayant pratiqué des manœuvres de réanimation
• Personnes vivant en institution avec le malade (établissement scolaire,
crèche, internat, prison, etc.)
• D’autres contacts étroits éventuels.
Objectif
Rompre le cycle de transmission par l’éradication du portage rhino-pharyngé
Les médicaments
Rifampicine (en 1ère intention)
Dosage

• Adulte : 600 mg, 2 fois par jour pendant 2 jours ;


• Nourrisson et enfant (1 mois à 15 ans) : 10 mg/kg, 2 fois par jour pendant 2 jours ;
• Nouveau- né (moins de 1 mois) : 5 mg/kg, 2 fois par jour pendant 2 jours.
Contre-indications :

• Hypersensibilité à l’un de ses composants et aux rifamycines,


• Porphyries
• Associations avec certains médicaments (delavirdine) et association avec les
antiprotéases.
• Association avec les contraceptifs oestroprogestatifs et progestatifs, et la
nevirapine :la diminution de l’efficacité des contraceptifs oraux : la nécessité
d’utiliser une contraception de type mécanique.
Effets secondaires :

• Une coloration rouge des sécrétions


• Colorer de façon permanente des lentilles de contacts souples.
Grossesse
L’utilisation de la rifampicine ne doit être envisagée au cours de la grossesse qu’en
l’absence d’alternative thérapeutique.
Spiramycine
Indication
En cas de contre-indication à la rifampicine
Mode d’utilisation et dosage
Par voie orale pendant 5 jours, à la dose suivante :

• Adulte : 3 millions d’U.I., 2 fois par jour


• Nourrisson et enfant : 75 000 U.I./kg, 2 fois par jour.

Vaccination anti-méningococcique :
Intérêt :
La prévention par la vaccination permet de compléter l’antibioprophylaxie
(chimioprophylaxie) instaurée pour la protection des sujets ayant eu des contacts proches
et répétés avec un malade (famille ou collectivité).
Objectif :
Éviter la recirculation de la souche pathogène parmi ces contacts, mais en aucun cas la
vaccination ne se substitue à l’antibioprophylaxie, qui est destinée à une prévention
immédiate des cas secondaires.
Indication

• Uniquement aux personnes âgées de 3 mois à 30 ans


Durabilité
L’immunité vaccinale dure de trois à cinq ans. Elle est acquise en 10 à 14 jours, d’où la
nécessité de vacciner le plus tôt possible.
Types
2 types de vaccins polysaccharidiques

• Le vaccin antiméningococcique polyosidique A + C et


• Le vaccin tétravalent A/C/Y/W-135.
Si des cas de méningite sont déclarés dans une école, la vaccination de l'ensemble de
l'établissement doit être préférée à sa fermeture.
Deux cas particuliers sont à distinguer en milieu scolaire et dans les collectivités fermées :

Intervention en cas de menace d’épidémie


En cas d’épidémie ou menace d’épidémie, la vaccination s’étend à toute la
population de l’agglomération ou de la localité exposée

La vaccination préventive des sujets à haut risque


Dans les orphelinats, prisons, maisons de bienfaisance, internats …etc., la
vaccination doit être organisée chez les personnes non vaccinées ou vaccinées il y a
plus de 3 ans pendant la période de haute transmission de méningite
5. Riposte en cas d’épidémie
• Un épisode épidémique correspond à un nombre inhabituel de cas d'un
événement, concentré dans le temps et à un endroit donné.
• La préparation aux épidémies ainsi que la riposte se concentre sur la surveillance.
• Après identification d’une épidémie, une investigation devra être menée pour
élucider :
- Les circonstances de survenue de l’épidémie ;
- Le nombre de personnes touchées ;
- L’agent en cause dans la région touchée…

Investigation d’un épisode épidémique


Contexte

• L’investigation d’un épisode épidémique est souvent mise en place dans un


contexte difficile, avec une pression administrative, de la population et des
médias….
• Des décisions rapides, adaptées à la situation, devront être prises, souvent dans un
contexte d’urgence.
• L’investigation de l’épisode doit donc être rapide mais planifiée pour contrôler
l’épisode actuel et prévenir des épisodes futurs.

1- Affirmer l’existence de l’épisode épidémique


L’identification d’un épisode épidémique repose sur l’existence d’un système de
surveillance épidémiologique de cette maladie :

• Capable de détecter une épidémie suffisamment tôt pour que les efforts de
prévention aient un impact sur celle-ci
• Capable de détecter aussi bien les épidémies localisées que les épidémies
largement étendues
• Adapté aux conditions locales.

2- Mettre en place d’un comité de crise


• Elle installé aux niveaux nationaux, régional et provincial.
• Le but : Assurer l’adéquation des ressources aux besoins d’intervention rapide en
vue d’assurer une riposte efficace.
• Dès qu'une épidémie est soupçonnée, le comité de crise se réunit immédiatement
pour définir et planifier les activités de lutte.
2-1- Au niveau de l’Administration centrale
Elle est composée de :
▪ Le Directeur de l’Epidémiologie et de la Lutte contre les Maladies,
président du comité
▪ Le chef de la Division des Maladies Transmissibles
▪ Le chef de la Division de la Communication
▪ Le chef de la Division des Hôpitaux
▪ Le chef de Service des Maladies Epidémiques
▪ Le chef de Service de la Surveillance Epidémiologique
▪ Le chef de Département de Bactériologie de l’Institut National d’Hygiène
▪ Le responsable du programme national d’Immunisation.

Ce comité se réunira chaque jour tout au long de la durée de l’épidémie pour en


suivre l’évolution, évaluer les actions entreprises et faire des recommandations si
besoin. Des comptes rendus systématiques seront faits chaque jour au secrétariat
général
2-2- Au niveau régional
Elle est composé de :
o Le Directeur Régional de la Santé ;
o Un Représentant de la Wilaya ;
o Le Directeur de l’Académie Régionale de l’Education Nationale ou son
représentant
o Le Responsable de l’Unité de Santé Publique ;
o Le Responsable de l’Unité Régionale d’Approvisionnement en
médicaments et produits pharmaceutiques non médicamenteux ;
o Le Responsable de l’Unité de communication ;
o Le Directeur du Centre Hospitalier Régional ;
o Le Biologiste responsable du laboratoire régional ;
o Tout autre professionnel intra ou extra santé jugé nécessaire par le
Directeur Régional de la Santé.

Le comité de crise régional aura pour mission d’assister la ou les Délégations


médicales aux provinces ou préfectures sur tous les aspects épidémiologiques,
administratifs et logistiques.
La base de données régionale doit être mise à jour régulièrement et un bilan
épidémiologique sera fait quotidiennement avec une synthèse hebdomadaire. Une
copie de ce bilan sera communiquée à temps à La DELM.
2-3- Au niveau provincial ou préfectoral
Elle est composée de :
- Le Délégué du Ministère de la Santé à la province ou préfecture
- Le représentant du Wali ou gouverneur
- Le Délégué de l’Education Nationale ou son représentant
- Le Médecin chef du SIAAP
- Le Médecin responsable de la CPE
- Le Major du SIAAP
- L’animateur responsable du suivi du programme de lutte contre les
méningites
- L’animateur d’IEC
- Toute autre personne jugée nécessaire.
Le comité de crise du niveau provincial définira et mettra en œuvre, en concertation
avec les comités régional et national, les stratégies concernant :

• Le système de surveillance et le suivi des données


• La prise en charge des cas
• La vaccination de masse
• L’IEC de la population.

3- Confirmer le diagnostic
• Véritablement d'une épidémie.
• Envoi immédiat sur le terrain d'une équipe d'évaluation rapide qui doit disposer des
moyens nécessaires pour accomplir sa mission. Elle doit informer rapidement les
décideurs locaux de ses conclusions.
• Cette étape est très importante : elle permet de vérifier la réalité des cas déclarés et
d’éviter de lancer une investigation plus poussée d’une fausse épidémie, liée à des
rumeurs……

4- Définir les cas


• Cette étape doit permettre de formuler une définition de la maladie ayant une
bonne sensibilité et une bonne spécificité
• Elle s’appuie sur les caractéristiques des premiers cas spontanément déclarés, pour
identifier les critères à appliquer lors de la recherche active des autres cas, et si une
prise en charge spécifique est nécessaire.
• La définition d’un cas doit être simple et précise.
Dans le contexte d'une épidémie de méningite, sera considéra comme cas, toute personne
présentant des maux de tête, associés à une fièvre élevée et à une raideur de la nuque.

5- Décrire l’épidémie
Le recueil de ces premières informations va permettre d’étudier la répartition des cas dans
le temps, dans l’espace, en fonction de leurs caractéristiques individuelles.
4-1- Description dans le temps : Quand ?
C’est la représentation du nombre de cas en fonction du temps (le plus souvent, par date
de début des symptômes), l’unité pouvant être l’heure, le jour, la semaine, le mois. courbe
épidémique.
L’analyse de son allure, du nombre de pics, du nombre de cas, de la date ou de l’heure de
début et de fin de l’épidémie….
4-2- Description dans l’espace : où ?
Cette description va permettre de définir quelles sont les zones à risque. Elle s’appuie le
plus souvent sur une représentation cartographique décrivant, le nombre de cas ou le taux
d’incidence selon le lieu.

4-3- Description en fonction des caractéristiques individuelles des cas


Les cas sont décrits en fonction de leur âge, leur sexe, et selon le cas, leur catégorie
socio-professionnelle….
Cette étape va permettre de distinguer des sous-groupes de population à risque
(écoliers d’une école…)

6- Prise en charge des cas


• Objectif :de limiter au maximum le nombre de cas et d’éviter les décès,
• Le ttt antibiotique est le seul moyen pour réduire la létalité et la survenue de séquelles.
• Ses principes :
Le ttt doit être entrepris d'urgence conformément au protocole
recommandé
La déclaration de tout cas suspect est obligatoire et immédiate
L'admission à une structure hospitalière la plus proche est nécessaire
L'isolement des malades est inutile
La chimioprophylaxie de la communauté est fortement déconseillée

7- Envisager une vaccination de masse

❖ La vaccination doit être décidée par le comité de crise. On envisagera la vaccination


des populations des localités ou quartiers exposés. Toutes les classes d'âge, à partir
de trois mois, doivent être vaccinées.
❖ Toutes les personnes vaccinées doivent être inscrites dans un registre précisant la
date, le nom et prénom, l’âge, le sexe, l’adresse ou localité, la date de vaccination,
le nom du vaccin, le n° de lot et une colonne observation.

8- Evaluer l’épidémie
L’évaluation de l’épidémie doit comporter à la fois l’évolution de celle-ci et les mesures de
riposte entreprises.
• Elle vise à mesurer le degré d'atteinte des objectifs en matière de surveillance
épidémiologique, de prise en charge des cas et de vaccination.
• Les informations fournies serviront à réviser éventuellement les politiques et
stratégies utilisées.
• Le niveau régional sera responsable de l'évaluation en termes d'efficacité des
mesures entreprises.
• Le niveau provincial ou préfectoral sera plus particulièrement concerné par
l'évaluation des prestations réalisées.
Les principaux indicateurs d’évaluation utilisés sont :
Pour la surveillance épidémiologique :

• Les données seront organisées selon les caractéristiques de temps, de lieu et


de personnes. Elles seront répertoriées chronologiquement sur un
graphique.
• Le tracé de la courbe épidémique permet d'affirmer l'existence de
l'épidémie, de mesurer son importance et d'en suivre l'évolution.
• L'analyse des données descriptives et de la courbe épidémique doit
permettre de :
- Suivre l'extension géographique de la maladie ;
- Identifier les groupes de la population particulièrement touchés par
l'épidémie (calcul du taux d'attaque par classes d'âge et par sexe) ;
• Prendre des mesures visant à réduire la létalité, diminuer l'incidence de la
maladie et stopper l'épidémie.
Pour la prise en charge des cas :
o Nombre de sujets traités
o Taux de létalité : proportion de décès parmi les sujets pris en charge ;
o Quantités de médicaments utilisés.
Pour la vaccination :
▪ La couverture vaccinale = la proportion des sujets ayant reçu le vaccin parmi
la population cible identifiée.
Une évaluation du processus de gestion de l’épidémie :
o Voir si le plan de riposte a bien fonctionné ;
o Faire ressortir les points forts et surtout les points faibles dans la manière
dont a été gérée l’épidémie
o Corriger éventuellement le plan de riposte
o Évaluer l’apport des autres départements (collaboration intersectorielle)
o Estimer le coût de la riposte à l’épisode épidémique en question.
Il est important d'élaborer un rapport final sur l'épidémie avec éventualité de
publication dans le bulletin épidémiologique régional et national. Ces informations
pourront, par ailleurs, faire l'objet d'une large diffusion à travers les rapports
périodiques, des publications et des communications, afin de partager l'expérience
acquise.

9. Communiquer à propos de l’épidémie


• La méningite, qu’elle soit en phase épidémique ou endémique constitue une
préoccupation pour tous (population, médias et autorités).
• En cas d’épidémie, il est important d'informer le public de la manière la plus exacte
et la plus claire possible. Cette action d'information est pilotée par le Ministère de
la Santé (DELM, Division de la communication).
❖ Le responsable de la communication du Ministère gère les relations
avec la presse et peut avoir recours, aux conférences de presse, aux
communiqués de presse, aux interviews cibles, ou encore aux spots
de sensibilisation.
❖ Un porte-parole du Ministère de la Santé sera désigné pour assurer la
diffusion de l’information et la communication avec les médias.
• La communication sera orientée vers le grand public, particulièrement la population
des zones touchées mais aussi vers les professionnels de santé et les différents
médias.
• Conformément aux dispositions en vigueur, le Ministère peut désigner des
responsables régionaux et/ou provinciaux pour communiquer avec les différents
organes de presse.

La fin de l’épidémie

• Retour de l’incidence au niveau endémique pendant au moins 1 mois.


• Une surveillance post-épidémique renforcée doit être maintenue (au moins 3 mois),
car une épidémie peut émerger à nouveau et atteindre des circonscriptions non
touchées.

Vous aimerez peut-être aussi