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La Condition Civile Des Français Et Des Etrangers Au Maroc: Master Droit Des Relations D'affaires

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Master droit des relations d’affaires

Droit international privé

La condition civile des


Français et des
Etrangers au Maroc
Réalisés par : Encadré par :
KISSAY Aya Professeur. BELBASBAS

Année universitaire 2021-2022


INTRODUCTION

L'étranger, en général, en dehors de son pays, est soumis à une double


souveraineté : à celle de la loi personnelle de la nation à laquelle il appartient
et à celle du territoire de l'Etat où il se trouve.

Généralement cet étranger cherche dans un pays, à jouir des mêmes droits
publics et privés accordés aux nationaux de ce pays.

Possible ou pas, l’humain a travaillé fort pour aplanir la distance et amollir la


coexistence au delà des frontières

Le DCC constituerait ainsi une expérience inédite de coexistence qui devrait


impérativement échapper à l’inefficience des systèmes à cette époque.

Nous allons donc voir comment la rédaction du dahir s'est effectuée et quels
ont été les principes et l'esprit qui ont présidé à cette élaboration.

L'étranger, en général, en dehors de son pays, est soumis à une double


souveraineté : à celle de la loi personnelle de la nation à laquelle il appartient
et à celle du territoire de l'Etat où il se trouve.

Généralement cet étranger cherche dans un pays, à jouir des mêmes droits
publics et privés accordés aux nationaux de ce pays.

Possible ou pas, l’humain a travaillé fort pour aplanir la distance et amollir la


coexistence au delà des frontières

Le DCC constituerait ainsi une expérience inédite de coexistence qui devrait


impérativement échapper à l’inefficience des systèmes à cette époque.

Nous allons donc voir comment la rédaction du dahir s'est effectuée et quels
ont été les principes et l'esprit qui ont présidé à cette élaboration.

La France, par le traité de protectorat signé à Fez, le 30 mars 1912, s'engageait


à réorganiser au Maroc les services administratifs, les finances, et notamment
la justice. « Le Gouvernement français avait intérêt à doter promptement
l'Empire chérifien d'une organisation judiciaire offrant toutes les garanties
nécessaires à l'administration d'une bonne justice ; organisation capitale non
seulement pour nos rapports. Présents et futurs avec, les indigènes, mais
également et surtout à l'égard des étrangers »

Dès le 19 Mars 1913, le Général Lyautey, Commissaire Résident Général de la


République Française au Maroc soumettait au Président du Conseil un projet
d'organisation de la justice française au Maroc. Les Services de la Résidence
pressés d'avoir une législation interne à appliquer avaient rédigés, à la hâte, cet
avant-projet en puisant largement dans les textes tunisiens, parce que la
Tunisie est un Protectorat français en pays musulman et que ces
caractéristiques faisaient d'elle un précédent à imiter.

«  La tunisification du Maroc »

La Commission chargée d'élaborer les textes relatifs à l'organisation de la


justice au Maroc s'était réunie sous la présidence de l'éminent professeur de
droit de la Faculté de Paris, M. Louis Renault, membre de l'Institut, conseiller
juridique du ministère des Affaires étrangères. Elle commença ses travaux le 7
mai 1913.
Au cours de son étude de l'organisation judiciaire marocaine, la Commission
aborda, dans sa séance du 10 juin 1913, la question de la condition civile des
étrangers au Maroc.
M. Geouffre de Lapradelle, professeur de droit international privé à la Faculté
de Paris, avait été chargé de présenter un projet de codification des matières
essentielles du droit international privé. Il avait pris pour titre « De la condition
des Etrangers dans l'Empire Chérifien » le mot étranger désignant aussi bien les
français.
M Gautier, membre de la Commission, s'éleva contre cette acceptation trop
générale donnée au mot « étranger » et le titre actuel « La condition civile des
Français et des Etrangers au Maroc » fut adopté après une discussion générale.
La discussion des articles du DCC

La discussion de la commission a reprit à propos de l'article 1er du projet ainsi


conçu : « Les Etrangers jouissent dans notre empire de tous les droits qui leur
seront reconnus par leur loi nationale ». M. de Lapradelle expliqua qu'il
s'agissait ici du
principe de l'assimilation des étrangers, mais que l'on ne pouvait cependant les
assimiler aux marocains et qu'il fallait donc commencer par donner aux français
les mêmes droits qu'en France, puis leur assimiler les étrangers.

M. Gautier eut une grave objection à formuler contre la rédaction de M. de


Lapradelle qui posa la question des musulmans, c'est alors que M. Dupeyrat
proposa de faire une distinction entre musulman de colonisation, de
protectorat et les ressortissants des puissances indépendantes musulmanes.
Ces divers systèmes paraissaient tous présenter les mêmes inconvénients, dont
le moindre était la complication.

M. Dupeyrat, fit alors observer que l'on avait notifié le Protectorat à toutes les
puissances et, celles-ci ayant donné leur adhésion, rien n'empêchait donc de
chercher dans ce fait la définition dont on avait besoin, et pour mieux faire
ressortir la distinction à établir d'une part et l'assimilation accordée de l'autre,
on adopta la rédaction suivante des deux premiers articles :

Art. 1. — Les Français jouissent dans le protectorat français du Maroc de tous


les droits privés qui leur sont reconnus en France par la loi française.

Art. 2. — Les étrangers jouissent dans le protectorat français du Maroc, des


mêmes droits privés que les français, sans conditions ou restrictions autres que
celles résultant de leur loi nationale.

L'article 3 : « L'état et la capacité des Français et des étrangers sont régis par
leur loi nationale » fut adoptés sans aucune discussion.

Par contre, la rédaction de l'article 4 souleva toute une controverse, il s'agissait


de savoir quelles seraient les règles à poser pour trancher la question de la
nationalité.

M. de Lapradelle, avait proposé un texte se lisant comme il suit : « Au cas où la


même personne aurait simultanément au regard de plusieurs Etats la
nationalité de chacun d'eux, le juge déterminera, quant au statut personnel, la
nationalité de la partie en cause en tenant compte du sentiment », c'est-à-dire
d'un attachement réel ou affectif à une nation.

M. de Beaulnarchais, déclara que, chez certains, les indices du sentiment font


totalement défaut ou sont singulièrement altérés par des manœuvres ou des
pressions extérieures, et souvent par l'intérêt. M. de Lapradelle reconnut alors
la faiblesse et l'insuffisance de son élément d'appréciation relatif au sentiment
et proposa de retirer ces termes.

Certains membres de la Commission proposèrent l'expression « suivant les


circonstances de la cause », mais sans la pouvoir maintenir parce qu'elle
paraissait laisser trop de place au bon plaisir ou aux contingences. L'expression
« suivant les circonstances du fait » fut aussi écartée quoique meilleure mais
trop vague.

M. Gautier qui avait repoussé ces deux expressions proposa de procéder par
énumération des éléments d'appréciation, mais la majorité des membres de la
Commission fut d'avis qu'une énumération, outre qu'elle est par trop limitative,
risque toujours d'être incomplète.

En conséquence ils décidèrent d'un commun accord de laisser volontairement


la formule plus vague afin de permettre au juge de jouir d'une certaine liberté
d'appréciation.

Et l'article 4 a été ainsi conçu : « Au cas où une personne aurait simultanément


au regard de plusieurs Etats étrangers la nationalité de chacun d'eux, le juge
saisi d'un litige détermine le statut personnel applicable ».

L'article 5 fut adopté sans observation « A défaut de nationalité, l'étranger est


soumis, en tout ce qui concerne son état et sa capacité, à la loi française ».

La rédaction primitive de l'article 6 disait : « les sociétés étrangères sont


assimilées aux étrangers » M. de Lapradelle expliqua que ce qu'il avait
poursuivi c'était l'assimilation des sociétés aux personnes physiques, et que s'il
n'avait rien prévu pour les personnes morales publiques, Etat, Communes, il
avait cru nécessaire de prévoir une disposition spéciale pour les sociétés civiles
et commerciales.

M. Gautier s'était demandé si ce texte n'était pas inutile et s'il ne valait pas
mieux laisser le champ libre à la jurisprudence ; il fut soutenu dans cette
opinion par M. Berge qui trouvait le texte surabondant et pour qui, en
l'absence de texte, on aurait appliqué l’article 1 et 2 du dahir.

M. Gautier, estima cependant qu'il était grave de décider ainsi par une simple
disposition de toute la question des sociétés et rappela à ce sujet, que les
Anglais avaient jugé bon de faire une loi spéciale pour les sociétés qui
s'installaient en Egypte.

M. Berge fit observer que le Code de commerce applicable au Maroc, ne


viserait que les Sociétés fondées au Maroc, et non pas les autres ; M. de
Beaumarchais le soutint en disant qu'il n'y aurait pas au Maroc des sociétés
marocaines, mais surtout des sociétés françaises, les étrangers nous
demanderaient toujours à fusionner par intérêt.

Il résulta de cette discussion générale, que les articles 6 et 7 relatifs à la


nationalité des sociétés furent rédigés comme il suit :

Art. 6. — Les sociétés civiles ou commerciales sont assimilées aux personnes


physiques.

Art. 7. — La nationalité d'une société est déterminée par la loi du pays dans
lequel a été établi, sans fraude, son siège social et légal. 

Dans l'article 8 on aborda la question du mariage « Le droit de contracter


mariage est réglé par la loi nationale de chacun des futurs époux »— Rédaction
de la Haye adoptée sans discussion.

L'article 9 fut ainsi rédigé : « Les Français et Etrangers ont le droit de demander
le divorce ou la séparation de corps aux conditions fixées par leur loi
nationale. »

La rédaction première de l'article 10 était la suivante :

« les actes judiciaires passés par les étrangers sont, quant à la forme, valables
s'ils sont faits suivant les prescriptions, soit de la loi nationale des parties, soit
de la loi française ».

Il a paru nécessaire de préciser et de compléter cette rédaction. on a reconnu


la nécessité de viser les lois qui seront appliquées au Maroc. Or, si l'on adoptait
l'expression « loi locale » proposée par un des membres de la Commission, on
s'exposerait à une faute d'interprétation de la part des personnes qui ont
toujours vu dans les pays de Capitulations l'expression « loi locale » désigner
exclusivement la loi indigène.

On lira donc l'article 10 : « Les actes juridiques passés dans le protectorat


français du Maroc par des français ou des étrangers sont, quant à la forme,
valables, s'ils sont faits suivant les prescriptions soit de la loi nationale des
parties soit de la loi française, soit de la législation éditée pour le protectorat
français, soit enfin des lois et usages locaux. »

La -question des formes admises pour la célébration du mariage donna lieu à


un échange de vue d'où il ressortit qu'à l'unanimité la commission fut d'avis
d'imposer comme condition d'ordre public, le mariage civil aux nationaux par
dérogation aux formes admises en pays de juridiction : mariage religieux et
mariage suivant la coutume du pays.

L'article 11 fut en conséquence arrêté dans les termes suivants : « Les français
et étrangers ne peuvent se marier que suivant les formes admises par leur loi
nationale ou suivant celles qui seront déterminées ultérieurement pour l'état
civil dans le protectorat français ».

L'article 12 s'applique au contrat du mariage il dispose que : « Le contrat de


mariage est valable quant à la forme, s'il a été conclu suivant la loi nationale-
de chacun des futurs époux, au moment de la célébration du mariage, ou à
défaut suivant les prescriptions imposées aux français en France par la loi
française. »
L'expression « au moment de la célébration du mariage » après examen de
certaines législations étrangères, comme la législation allemande qui admet
des conventions ultérieures au mariage ou des modifications du contrat de
mariage, a été supprimée.

Art. 13. « Les conditions de fond et les effets de contrat sont déterminés par la
loi à laquelle les parties ont eu l'intention expresse ou tacite de se référer. Si la
détermination de la loi applicable, dans le silence des parties, ne ressort ni de la
nature de leur contrat ni de leurs conditions relatives, ni de la situation des
biens, le juge aura égard à la loi de leur domicile commun, et si elles n'ont ni
domicile dans le même pays ni nationalité comme, à la loi du lieu
du contrat »

La rédaction du second paragraphe présente l'inconvénient de lier un peu trop


le juge par la hiérarchie limitative qu'elle implique, mais toute modification
aurait détruit l'harmonie du système et enlevée à la disposition tout son
caractère.

Art. 14. — « La validité intrinsèque d'un contrat de mariage et ses effets sont
régis par la loi nationale du mari au moment de la célébration du mariage, ou
s'il a été conclu au cours du mariage, par la loi nationale des époux au mo-
ment du contrat, La même loi décide si, et dans quelle mesure les époux ont la
liberté de se référer à une autre loi ; lorsqu'ils s'y sont référés, c'est cette
dernière qui détermine les effets du contrat de mariage ».

Art. 15. — « En l'absence de contrat, les effets du mariage sur les biens des
époux, tant immeubles que meubles sont régis par la loi nationale du mari au
moment de la célébration du mariage. Le changement de nationalité des époux
ou de l'un d'eux n'aura pas d'influence sur le régime des biens. »

La rédaction primitive de l'article 16 de M. de Lapradelle portait : « Les


obligations nées d'un délit ou d'un quasi délit à l'intérieur du protectorat
français du Maroc, entre personnes soumises à la juridiction des tribunaux, sont
régies par la loi locale ».

La rédaction de cet article souleva des objections : [Link]. Proposa de


préciser « sur le territoire du protectorat français au Maroc », au lieu de « à
l’intérieur du protectorat français du Maroc».

D'autres membres rappelèrent l'inconvénient que présente l'expression « loi


locale » et l'article 16 est devenu :

« Les obligations nées d'un délit ou d'un quasi délit sur le territoire d'un
protectorat français du Maroc sont régies par la législation du protectorat ».

Pour la rédaction de l'article 17, ainsi conçut : «Les biens meubles situés dans le
protectorat français au Maroc sont régis par la loi nationale du propriétaire »,
M. de Lapradelle s'était inspiré des Codes civils italien et espagnol. Il constata
lui-même qu'il y avait lieu de dire « les biens soit immeubles soit meubles », et
la Commission subsistua « à la loi nationale du propriétaire » « la législation du
protectorat ».

L'article 17 est devenu : « les biens soit meubles soit immeubles situés dans le
protectorat français sont régis par la législation du protectorat. »

L'article 18 est relatif aux successions, il reproduit les dispositions de l'article


1er de la convention de la Haye du 17 Juillet 1905 : « La dévolution des meubles
et des immeubles, situés dans le protectorat français du Maroc, est soumise à la
loi nationale du défunt, en ce qui concerne la désignation des successibles,
l'ordre dans lequel ils sont appelés, les parts qui leur sont attribuées, les
rapports, la quotité disponible, et la réserve. »

L'article 19 : « Les jugements étrangers rendus par les tribunaux des puissances,
qui auront renoncé à leur privilège de juridiction dans le protectorat français au
Maroc, seront déclarés exécutoires sans révision au fond, sous la seule
condition de réciprocité », a été admis sans discussion. »

L'article 20 traite de la faillite et s'inspire des décisions des conventions de La


Haye ; « En cas de faillite déclarée hors du protectorat français du Maroc, le
syndic, curateur, ou autre administrateur de la faillite dûment nommé
conformément à la loi du pays où la faillite a été déclarée, peut, sans que
l'exéquatur préalable soit nécessaire, prendre ou requérir toutes mesures
conservatoires ou d'administrations concernant la faillite, mais il ne sera
procédé el des actes d'exécution qu'autant que l'exéquatur aura été obtenu ».

La rédaction finale du dahir est comme suit :

Dahir (9 ramadan 1331) sur la condition civile des Français et des étrangers
dans le Protectorat français du Maroc (B.O. 12 Aout 1913)

Article Premier : Les Français jouissent, dans le protectorat français du Maroc,


de tous les droits privés qui leur sont, en France, reconnus par la loi française.

Article 2 : Les étrangers jouissent, dans le protectorat français du Maroc, des


mêmes droits privés que les Français, sans conditions ou restrictions autres que
celles résultant de leur loi nationale.

Article 3 : L'état et la capacité des Français et des étrangers sont régis par leur
loi nationale.

Article 4 : Au cas où une personne aurait simultanément au regard de plusieurs


Etats étrangers, la nationalité de chacun d'eux, le juge saisi d'un litige
détermine le statut personnel applicable.

Article 5 : A défaut de nationalité connue, l'étranger est soumis en tout ce qui


concerne son état et sa capacité, à la loi française.

Article 6 : Les sociétés civiles ou commerciales sont assimilées aux personnes


physiques.

Article 7 : La nationalité d'une société est déterminée par la loi du pays dans
lequel a été établi, sans fraude, son siège social légal.
Article 8 : Le droit de contracter mariage est réglé par la loi nationale de chacun
des futurs époux.

Article 9 : Les Français et les étrangers ont le droit de demander le divorce ou


la séparation de corps, aux conditions fixées par leur loi nationale.

Article 10 : Les actes juridiques passés dans le protectorat français du Maroc


par des Français ou des étrangers sont, quant à leur forme, valables, s'ils sont
faits suivant les prescriptions, soit de la loi nationale des parties, soit de la loi
française, soit de la législation édictée pour le protectorat français, soit enfin
des lois et usages locaux.

Article 11 : Les Français et les étrangers ne peuvent se marier que suivant les
formes admises par leur loi nationale ou suivant celles qui seront déterminées
ultérieurement pour l'état civil dans le protectorat français.

Article 12 : Le contrat de mariage est valable, quant à la forme, s'il a été conclu
suivant la loi nationale de chacun des futurs époux ou à défaut, suivant les
prescriptions imposées aux Français en France par la loi française.

Article 13 : Les conditions de fond et les effets des contrats sont déterminés
par la loi à laquelle les parties ont eu l'intention expresse ou tacite de se
référer.
Si la détermination de la loi applicable, dans le silence des parties, ne ressort ni
de la nature de leur contrat ni de leur condition relative, ni de la situation des
biens, le juge aura égard à la loi de leur domicile commun, à défaut du domicile
commun, à leur loi nationale commune, et, si elles n'ont ni domicile dans le
même pays, ni nationalité commune, à la loi du lieu du contrat.

Article 14 : La validité intrinsèque d'un contrat de mariage et ses effets sont


régis par la loi nationale du mari au moment de la célébration du mariage ou,
s'il a été conclu au cours du mariage, par la loi nationale des époux au moment
du contrat.
La même loi décide si, et dans quelle mesure, les époux ont la liberté de se
référer à une autre loi. Lorsqu'ils s'y sont référés, c'est cette dernière loi qui
détermine les effets du contrat de mariage.

Article 15 : En l'absence de contrat, les effets du mariage sur les biens des
époux, tant immeubles que meubles, sont régis par la loi nationale du mari au
moment de la célébration du mariage. Le changement de nationalité des époux
ou de l'un d'eux n'aura pas d'influence sur le régime des biens.

Article 16 : Les obligations nées d'un délit ou quasi-délit sur le territoire du


protectorat français du Maroc, sont régies par la législation du protectorat.

Article 17 : Les biens, soit meubles, soit immeubles, situés dans le protectorat
français du Maroc, sont régis par la législation du protectorat.

Article 18 : La dévolution héréditaire des meubles ou des immeubles situés


dans le protectorat français du Maroc est soumise à la loi nationale du défunt,
en ce qui concerne la désignation des successibles, l'ordre dans lequel ils sont
appelés, les parts qui leur sont attribuées, les rapports, la quotité disponible et
la réserve.
La même règle s'applique à la validité intrinsèque et aux effets des dispositions
testamentaires.

Article 19 : Les jugements rendus à l'étranger par les tribunaux des puissances
qui auront renoncé à leur privilège de juridiction dans le protectorat français du
Maroc seront déclarés exécutoires sans révision au fond, sous la seule
condition de la réciprocité.

Article 20 : En cas de faillite déclarée hors du protectorat français du Maroc, le


syndic, curateur ou autre administrateur de la faillite, dûment nommé
conformément à la loi du pays où la faillite a été déclarée, peut sans que
l'exequatur préalable soit nécessaire, prendre ou requérir toutes mesures
conservatoires ou d'administration concernant la faillite mais il ne sera procédé
à des actes d'exécution qu'autant que l'exequatur aura été obtenu.

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