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Anneaux commutatifs
L'Moufadal Ben Yakoub
Université Abdelmalek Essaâdi
Faculté des Sciences
Département de Mathématiques
Tétouan, Maroc.
E-mail: [email protected]
L. Ben Yakoub Anneaux et Corps
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Généralités
Dénition.
Soit A un ensemble muni de deux lois de composition interne +
et ×. On dit que (A, +, ×) est un anneau si :
(A, +) est un groupe commutatif, (A, ×) est un monoide et la
loi × est distributive par rapport à +. Si en plus, la loi × est
commutative, on dit que l'anneau A est commutatif.
Notations. Dans un anneau A on utilise les notations :
1) 0A ou 0 l'élément neutre pour + et 1A ou 1 celui de ×. Si
0A = 1A , alors pour tout x ∈ A : x = 1A .x = 0A .x = 0A , d'où
A = {0A }. On convient donc que dans la suite de ce cours, le mot
anneau signie anneau commutatif unitaire tel que 0A 6= 1A .
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2) xy ou x.y désigne le produit x × y et an avec n ∈ N pour le n-ième
itéré multiplicatif (avec a0 = 1, en particulier 00 = 1). On utilise la
notation na ou n.a avec n ∈ Z, pour le n-ième itéré additif.
Dénition. Soit a un élément non nul d'un anneau A. On dit que :
L' élément a est régulier ou simpliable si : ax = ay ⇒ x = y , pour
tout x, y ∈ A. On dit que a est un diviseur de 0, s'il existe x ∈ A\{0}
tel que ax = 0. L' anneau A est dit intègre si A ne possède aucun
diviseur de zéro.
Proposition.
Un élément non nul de A est régulier pour la multiplication si, et
seulement si, ce n'est pas un diviseur de 0.
Preuve. Si a ∈ A est régulier avec ax = 0 ⇒ ax = a0 ⇒ x = 0, donc
a n'est pas un diviseur de 0. Inversement, si a n'est pas un diviseur de 0.
Alors : ax = ay ⇒ ax − ay = 0 ⇒ a(x − y) = 0 ⇒ x − y = 0 ⇒ x = y .
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Exemples.
1) Z, Q, R et C sont des anneaux intègres pour l'addition et la
multiplication usuelles.
2) R2 muni de l'addition et de la multiplication produit n'est pas un
anneau intègre, puisque : (0, 1) × (1, 0) = (0, 0).
3) L'ensemble des matrices carrées d'ordre n ≥ 2 à coecients réels est
un anneau non-commutatif.
4) Pour tout intervalle I de R, l'ensemble F(I, R) des applications de I
dans R est un anneau commutatif (la multiplication étant le produit des
fonctions déni par (f g)(x) = f (x)g(x), pour tout x ∈ R) unitaire (de
neutre multiplicatif la fonction constante égale à 1). Il en est de même
pour l'ensemble RN des suites de réels.
5) Dans Z/nZ = {0, 1, ..., n − 1} (avec n ≥ 2). Muni de l'addition :
x + y = x + y et la multiplication x.y = xy , pour tous x, y ∈ Z/nZ. Il
est immédiat de vérier que Z/nZ est un anneau commutatif unitaire.
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Sous-anneaux
Dénition. Soit (A, +, .) un anneau.
On appelle sous-anneau de A, tout sous-groupe de (A, +)
contenant 1A et stable par la multiplication. Pour montrer qu'un
sous-ensemble B est un sous-anneau de A, il sut de vérier que :
1A ∈ B et pour tous x ∈ B et y ∈ B , on a x − y ∈ B et x.y ∈ B .
Exemples.
Z[i] = {a + ib, a, b ∈ Z}, l'ensemble des entiers de Gauss est un
sous-anneau de (C, +, ×). L'application N : Z[i] −→ N dénie par
N (a + ib) = (a + ib)(a − ib) = a2 + b2 vérie N (zz 0 ) = N (z)N (z 0 )
pour tous z, z 0 ∈ Z[i] (N joue un rôle important dans l'étude Z[i]).
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Eléments inversibles, unités.
Dénition. Soit A un anneau.
On appelle unité de A tout élément inversible pour la multiplication.
L'ensemble noté U (A) des unités de A, est un groupe pour la
multiplication, appelé groupe des unités de A.
Exemples.
1) U (Z) = {−1, 1} et U (Z[i]) = {1, −1, i, −i}. En eet, Soient
x = a + ib et y = c + id avec a, b, c, d ∈ Z tels que xy = 1. On a :
1 = N (xy) = N (x)N (y) avec N (x), N (y) ∈ N∗ ⇒ N (x) = N (y) = 1.
Or : N (x) = 1 ⇔ a2 + b2 = 1 ⇒ (a, b) ∈ {(1, 0), (−1, 0), (0, 1), (0, −1)}.
2) Si n ≥ 2, U (Z/nZ) = {x : 0 ≤ x ≤ n − 1, et x premier avec n}, car
(x ∈ U (Z/nZ)) ⇔ (∃u ∈ Z : xu = 1) ⇔ (∃u, v ∈ Z : xu − 1 = nv) ⇔
(∃u, v ∈ Z : xu + n(−v) = 1).
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Corps de fractions
Dénition. Soit A un anneau, alors :
A est un corps si et seulement si U (A) = A\{0}.
Théorème.
Soit A un anneau intègre, alors il existe un corps K contenant A.
Preuve. Soit E = {(p, q) | p ∈ A, q ∈ A\{0}}, muni de la relation
d'équivalence R dénie par (p, q)R(p0 , q 0 ) ⇔ pq 0 = qp0 .
On dénit sur E l'addition (p, q) + (r, s) = (ps + qr, qs) et la
multiplication (p, q).(r, s) = (pr, qs). On vérie qu' elles sont bien
dénies, associatives, commutatives, admettent pour élément neutre
respectivement (0, 1) et (1, 1), et que la multiplication est distributive par
rapport à l'addition. On vérie aussi qu'elles sont compatibles avec R.
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Dans l'ensemble quotient K = E/R notons π l'application
canonique de E sur K et + et . les lois quotients. Ces lois sont
associatives, commutatives et la multiplication est distributive par
rapport à l'addition. Pour l'addition, π(0, 1) est l'élément neutre et
π(−p, q) est l'opposé de π(p, q), donc (K, +) est un groupe
abélien. Pour la multiplication, π(1, 1) est l'élément neutre. Donc
(K, +, .) est un anneau. En outre, si π(p, q) est diérent de π(0, 1),
alors π(p, q) admet pour inverse π(q, p).
En conclusion (K, +, .) est un corps et en identiant A et
l'ensemble A0 = {π(x, 1) | x ∈ A}, on considère A comme un
sous-anneau de K . On écrit les éléments de K sous la forme pq . Le
corps ainsi construit s'appelle le corps des fractions de A.
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Anneaux de polynômes.
Dénition.
Soit A un anneau et X une indéterminée. On note A[X] l'ensemble des
suites d'éléments de A avec un nombre niP de termes non nul. les
éléments de PA[X] sont de P la forme P = P ni=0 ai X i . Muni des
opérations : i≥0 ai X i + i≥0 bi X i = i≥0 (ai + bi )X i et
( i≥0 ai X i ) × ( i≥0 bi X i ) = i≥0 ci X i , où cp = k≥ ak bp−k . Alors
P P P P
(A[X], +, ×) est un anneau, appelé l'anneau des polynômes en une
indéterminée à coecients dans A. Pour tout P ∈ A[X]\{0}, il existe un
unique n ∈ N et un unique (n + 1)-uplet (a0 , a1 , ..., an ) d'éléments de A
tels que : P = an X n + ... + a1 X + a0 avec an 6= 0. L'entier n est appelé
le degré de P , noté deg(P ) et an est appelé le coecient dominant de
P , noté cd(P ). Par convention, on pose deg(0) = −∞. On vérie que :
deg(P Q) ≤ deg(P ) + deg(Q) et deg(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)).
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Dénition. Soit A anneau intègre.
Deux polynômes P et Q de A[X ] sont associés si et seulement
s'il existe c ∈ U (A) tel que P = cQ. Un polynôme de A[X] est dit
unitaire lorsque son coecient dominant est égal à 1. Si K est un
corps, tout polynôme non-nul est associé à un polynôme unitaire.
Remarque.
A est un sous-anneau de A[X] et A[X] est intègre si et
seulement si A est intègre. En particulier, si K est un corps, alors
K[X] est intègre. Si A est intègre, on a : U (A[X]) = U (A). En
eet, l'inclusion U (A) ⊆ U (A[X]) est claire. Pour la réciproque,
considérons P ∈ U (A[X]). Il existe donc Q ∈ A[X] tel que :
P Q = 1 ⇒ deg(P ) + deg(Q) = 0 ⇒ deg(P ) = deg(Q) = 0 ⇒ P ∈ A et
Q ∈ A, donc P Q = 1 ⇒ P ∈ U (A) et Q ∈ U (A).
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Division euclidienne
Proposition.
Soit P ∈ A[X]\{0} de coecient dominant α inversible. Pour tout
F ∈ A[X], il existe Q, R ∈ A[X] tels que F = P Q + R avec R = 0 ou
bien deg(R) < deg(P ). De plus, Q et R sont uniques si A est intègre.
Preuve. Par récurrence sur deg(F ). Si deg(F ) < deg(P ), c'est clair et
supposons que le résultat établi pour les degrés < n = deg(F ) avec
n ≥ deg(P ) et soit a le coecient dominant F . Alors : F − aα−1 X n−d P
est de degré < n et par récurrence, il existe Q, R ∈ A[X] tels que
F − aα−1 X n−d P = P Q + R, avec R = 0 ou deg(R) < deg(P ). D'où
F = P (Q + aα−1 X n−d ) + R, ce qui prouve le résultat d'existence. Si de
plus A est intègre, soient Q1 et R1 vériant les mêmes conditions, on a :
P (Q − Q1 ) = R − R1 . Il en résulte que Q = Q1 et R = R1 .
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Idéaux
Dénition.
On appelle idéal de A toute partie I 6= φ telle que : I est un
sous-groupe de (A, +) et pour tous x ∈ I et a ∈ A, on a : xa ∈ I .
Exemples.
a) {0} et A sont des idéaux de A .
b) Pour tout n ∈ Z, l'ensemble nZ des multiples de n est un
idéal de l'anneau Z.
c) Dans l'anneau F(R, R), l'ensemble des fonctions qui
s'annulent en 0 est un idéal.
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Lemme (très utile dans la pratique).
Si I est un idéal de A contenant un élément de U (A), alors I = A.
Preuve. Soit x ∈ I inversible dans A, on a 1 = xx−1 ∈ I et tout
a ∈ A s'écrit a = 1.a ∈ I . On a alors A ⊆ I , donc A = I .
Proposition.
Soit f : A → B un morphisme d'anneaux, I un idéal de A et J un idéal
de B , on a :
i) f −1 (J) est un idéal de A. En particulier, Ker(f ) est un idéal de A.
ii) f (I) est un idéal de l'anneau f (A) = Im(f ) (f (I) n'est pas en
général un idéal de B ).
Preuve. i) f −1 (J) étant un sous-groupe de (A, +). Soit x ∈ f −1 (J) et
a ∈ A. On a f (xa) = f (x)f (a) ⇒ f (xa) ∈ J ⇒ xa ∈ f −1 (J).
ii) f (I) étan un sous-groupe de (B, +). Soit y = f (x) avec x ∈ I et
b = f (a) ∈ Im(f ), on a : by = f (a)f (x) = f (ax) ∈ f (I).
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Idéal principal, somme d'idéaux
Proposition.
L'intersection d'une famille quelconque d'idéaux de A est un idéal de A.
Preuve. Soit (Ij )j∈X une famille d'idéaux de A et I = ∩j∈X Ij . Alors,
I est un sous-groupe de (A, +) et soient x ∈ I et a ∈ A. On a : xa ∈ Ij
pour tout j ∈ X , et donc xa ∈ I .
Proposition et dénition. Pour tout x ∈ A, on a :
i) xA = {xy, y ∈ A} est un idéal de A noté < x > et appelé
l'idéal principal engendré par x.
ii) xA est le plus petit idéal de A contenant x,
iii) xA = A ⇔ x ∈ U (A).
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Preuve. i) Il est clair que x = x.1 ∈ xA. Soient y = xa ∈ xA et
z = xb ∈ xA, alors : y − z = x(a − b) ∈ xA et pour tout c ∈ A, on
a : yc = xac = x(ac) ∈ xA. On conclut que xA est un idéal de A.
Soit I un idéal de A contenant x. Alors : x ∈ I ⇒ xa ∈ I pour
tout a ∈ A ⇒ xA ⊆ I , d'où (ii). Enn, si xA = A, alors 1 ∈ xA,
de sorte qu'il existe y ∈ A tel que xy = 1, ce qui prouve x ∈ U (A).
L'implication réciproque est clair.
Corollaire. A est un corps ⇔ les seuls idéaux de A sont {0} et A
Preuve. Supposons que A est un corps, alors tout idéal I 6= {0}
contient un élément inversible dans A. On conclut que I = A.
Réciproquement si A n'admet que {0} et A comme idéaux. Soit
x ∈ A\{0}, l'idéal xA étant alors distinct de {0}, on a nécessairement
xA = A, d'où x ∈ U (A). Ainsi tout élément non-nul de A est inversible
dans A : on conclut que A est un corps.
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Proposition. Soient I et J deux idéaux de A, alors :
L'ensemble I + J = {x + y, x ∈ I, y ∈ J} est un idéal de A, appelé
somme de I et J . C'est le plus petit idéal de A contenant I ∪ J . Par
exemple, si x, y ∈ A, l'ensemble xA + yA = {xa + yb | a, b ∈ A} est le
plus petit idéal de A contenant x et y .
Preuve. Il est clair que I + J est le sous-groupe de (A, +) engendré
par I ∪ J . Soit z ∈ I + J et a ∈ A, il existe x ∈ I et y ∈ J tels que
z = x + y , d'où za = xa + ya avec xa ∈ I et ya ∈ J . On conclut que
za ∈ I + J . Soit K est un idéal de A contenant I ∪ J . Pour tout
x ∈ I ⊆ K et y ∈ J ⊆ K , on a x + y ∈ K . Donc I + J ⊆ K . En
particulier, si I = xA et J = yA, xA + yA = {xa + yb | a, b ∈ A} est le
plus petit idéal de A contenant x et y .
Dénition. Soit X une partie non vide de A :
L'intersection de tous les idéaux de A contenant X notée < X >, est le
plus petit idéal contenant X et s'appelle l'idéal de A engendré par X .
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Produit d'idéaux, opérations sur les idéaux
Proposition. Soient I et J deux idéaux de A. On note :
IJ = {x = i=1 yi zi avec n ∈ N∗ , y1 , ..., yn ∈ I, z1 , ..., zn ∈ J}.
Pn
Alors IJ est un idéal de A, et c'est le plus petit idéal contenant
l'ensemble {yz | y ∈ I, z ∈ J}. On appelle IJ le produitP de I et J .
Preuve. IJ étant un sous-groupe de (A, +) et si x = ni=1 yi zi ∈ IJ ,
avec y1 , ..., yn ∈ I et z1 , ..., zn ∈ J . P
Alors, pour tout a ∈ A, on a ayi ∈ I
quel que soit 1 ≤ i ≤ n, donc ax = ni=1 (ayi )zi ∈ IJ . Ceci prouve que
IJ est un idéal de A contenant X = {yz | y ∈ I, z ∈ J}. Soit
maintenant K un idéal qui contient X . Il contient aussi les sommes
d'éléments de X , et donc IJ ⊆ K .
Proposition. Si I, J et K sont des idéaux de A, on a :
I +(J +K) = (I +J)+K , I(JK) = (IJ)K , I(J +K) = IJ +IK .
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Lemme (Caractéristique d'un anneau).
Il existe un unique morphisme d'anneaux f : Z → A déni par
f (n) = n1A , pour tout n ∈ Z. (morphisme canonique de Z dans A).
Preuve. On a f (1) = 1A ⇒ f (2) = f (1) + f (1) = 1A + 1A = 21A et par
récurrence f (n) = n1A pour tout entier n ≥ 1. Comme f est un
morphisme de groupes additifs, on a aussi f (0) = 0A , d'où :
f (−n + n) = 0A ⇒ f (−n) = −f (n) = −(n1A ) = (−n)1A . En résumé,
on a f (n) = n1A pour tout n ∈ Z. Réciproquement, il est facile de
vérier que f ainsi déni est bien un morphisme d'anneaux unitaires.
Alors Ker(f ) est un idéal de Z et il est donc de la forme kZ pour un
unique k ∈ N. On appelle caractéristique de A, notée car(A), l'unique
entier k ∈ N tel que Ker(f ) = kZ. Cette dénition se traduit par :
car(A) = 0 ⇔ [(nx = 0A , pour tout x ∈ A) ⇔ (n = 0)].
car(A) = k > 0 ⇔ [(nx = 0A , pour tout x ∈ A) ⇔ n ∈ kZ].
Exemple. Pour tout n ≥ 2, l'anneau Z/nZ est de caractéristique n.
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Quotient d'un anneau par un idéal
Remarques préliminaires. Soit I un idéal d'un anneau A.
Rappelons que si l'on note a la classe de a ∈ A dans le groupe additif
quotient A/I , on a : a = {b ∈ A, a − b ∈ I} = a + I , et que l'addition
dans A/I est dénie par : a + b = a + b pour tous a, b ∈ A. La surjection
canonique p : A −→ A/I est alors un morphisme de groupes pour cette
addition. On dénit dans A/I une multiplication en posant : a.b = ab
pour tous a, b ∈ A :
1) Elle est bien dénie, en eet. Soient x0 ∈ x et y 0 ∈ y . Alors :
x y − xy = (x0 − x)(y 0 − y) + (x0 − x)y + x(y 0 − y) ∈ I , car x0 − x ∈ I et
0 0
y 0 − y ∈ I . On conclut que x0 y 0 − xy ∈ I et donc x0 y 0 = xy ⇒ x̄0 y¯0 = x̄ȳ .
2) Le quotient A/I est un anneau commutatif d'élément neutre 1.
3) La surjection canonique p est un morphisme d'anneaux.
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Théorèmes d'isomorphismes
Théorème (Premier théorème d'isomorphisme).
Soit f : A → A0 un morphisme d'anneaux alors, A/Ker(f ) ' Im(f ).
Preuve. L'application : ϕ : A/Ker(f ) −→ Im(f ) telle que
ϕ(x) = f (x) est bien dénie et réalise un isomorphisme de groupes
additifs. Par ailleurs, en utilisant le fait que f est un morphisme
d'anneaux unitaires, on a ϕ(1A ) = f (1A ) = 10A et
ϕ(x.y) = ϕ(xy) = f (xy) = f (x)f (y) = ϕ(x)ϕ(y) pour tous x, y ∈ A. ce
qui montre que ϕ est un isomorphisme d'anneaux.
Proposition.
Tout idéal de A/I est de la forme J/I = p(J) pour J un unique
idéal de A contenant I .
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Preuve. Soit K un idéal de A/I . Alors J = p−1 (K) est un idéal de
A. Si x ∈ I , on a p(x) = 0 ∈ K ⇒ x ∈ p−1 (K) = J ⇒ I ⊆ J . Par
dénition de J , on a p(J) ⊆ K . Réciproquement, soit x ∈ K , avec
x ∈ A, comme p(x) = x ∈ K , on a x ∈ p−1 (K) = J , et donc
x = p(x) ∈ p(J). En résumé, K = p(J) qu'on note K = J/I .
Exemple.
Soit n ≥ 2. Alors nZ est un idéal de Z, et l'anneau quotient n'est autre
que l'anneau commutatif unitaire Z/nZ. Pour tout diviseur q de n, il
existe un et un seul idéal de Z/nZ d'ordre q , qui est dZ/nZ où n = dq .
Inversement, tout idéal de Z/nZ est de ce type. Par exemple, les idéaux
de Z/12Z sont : {0} = 12Z/12Z, {0, 6} = 6Z/12Z, {0, 4, 8} = 4Z/12Z,
{0, 3, 6, 9} = 3Z/12Z, {0, 2, 4, 6, 8, 10} = 2Z/12Z et Z/12Z.
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Propriété universelle de l'anneau quotient
Théorème.
Soient I un idéal de A et p : A → A/I la surjection canonique. Pour
tout morphisme d'anneaux f : A → A0 tel que I ⊆ Ker(f ), il existe un
unique morphisme d'anneaux ϕ : A/I → A0 tel que f = ϕ ◦ p. De plus :
f surjectif ⇒ ϕ surjectif et I = Ker(f ) ⇒ ϕ injectif.
Lemme (fondamental de factorisation).
Soient I un idéal de A et p : A → A/I la surjection canonique.
Soient I 0 un idéal d'un anneau commutatif A0 et p0 la surjection
canonique A0 → A0 /I 0 . Alors, pour tout morphisme d'anneaux
commutatifs unitaires f : A → A0 vériant la condition f (I) ⊆ I 0 , il
existe un unique morphisme ϕ : A/I → A0 /I 0 tel que ϕ ◦ p = p0 ◦ f .
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Idéaux premiers, idéaux maximaux
Dénitions et Proposition.
Un idéal P de A est dit premier lorsque P 6= A et vérie. Pour tout
x, y ∈ A : xy ∈ P ⇒ x ∈ P ou y ∈ P . Un idéal M de A est dit maximal
lorsque M 6= A et pour tout idéal I de A, on a : M I ⇒ I = A. D'où :
I est maximal ⇔ A/I est un corps
⇓ ⇓
I est premier ⇔ A/I est intègre
Preuve. Si I est un idéal maximal de A alors, l'anneau A/I est
non-nul. Soit K un idéal quelconque de A/I , il existe un idéal J de A tel
que I ⊆ J et K = J/I . Mais, par maximalité de I , on a J = I ou
J = A, c'est-à-dire J/I = {0} ou J/I = A/I . On conclut que A/I est
un corps. L'implication réciproque découle des mêmes calculs.
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Supposons que P est un idéal premier de A. Comme P 6= A,
l'anneau A/P est non-nul. Considérons x, y ∈ A/P tels que
x.y = 0. On a xy = 0, c'est-à-dire xy ∈ P . Comme P est premier,
on a x ∈ P ou y ∈ P , c'est-à-dire x = 0 ou y = 0. Donc A/P est
intègre. L'implication réciproque découle des mêmes calculs. Pour
le reste, il sut de rappeler que tout corps est un anneau intègre.
Remarques.
a) L'idéal {0} est premier ⇔ A est intègre.
b) Si A est un corps, {0} est l'unique idéal maximal de A, et si A
n'est pas un corps, {0} n'est pas maximal.
c) Soit I idéal de Z, Il existe k ∈ N unique tel que I = kZ.
Si k = 0, I = {0} est premier mais non maximal.
Si k = 1, I = Z n'est ni premier, ni maximal.
Si k ≥ 2, I est premier ⇔ k est un nombre premier ⇔ kZ est maximal.
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d) Dans Z, les notions d'idéal premier non-nul et maximal coïncident. Il
existe des anneaux A possédant des idéaux premiers non-nuls qui ne sont
pas maximaux. Par exemple. Prenons A = Z[X] et I = XA. Soit
f : A → Z telle que f (P ) = a0 , pour tout P = am X m + ... + a1 X + a0 ,
avec les ai ∈ Z. Il est facile de vérier que f est un morphisme d'anneaux
unitaires, qu'il est surjectif, et que son noyau est I = XA. On a alors
A/I ' Z. Comme Z est intègre sans être un corps, l'idéal I est premier
sans être maximal.
Lemme. Soit f : A → B est un morphisme d'anneaux :
i) Si Q est un idéal premier de B , alors f −1 (Q) est un idéal
premier de A contenant Ker(f ).
ii) Si f est surjectif et P est un idéal premier de A contenant
Ker(f ), alors f (P ) est un idéal premier de B .
iii) Soit I un idéal de A, distinct de A. Les idéaux premiers de A/I
sont de la forme P/I où P est un idéal premier de A contenant I .
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Preuve. La preuve de (i) est claire et pour (ii), f (P ) est un idéal de
B = f (A), puisque f est supposée surjective. Montrons d'abord que
f (P ) 6= B . Par l'absurde, supposons B = f (P ). Quel que soit a ∈ A, il
existe x ∈ P tel que f (a) = f (x), d'où a − x ∈ Ker(f ) ⊆ P ⇒ a ∈ P ,
on obtiendrait A = P , ce qui contredit la primalité de P dans A. On
conclut donc f (P ) 6= B .
Soient maintenant a, b ∈ B tels que ab ∈ f (P ). Par surjectivité de f , il
existe x, y ∈ A tels que a = f (x) et b = f (y). On a
f (xy) = f (x)f (y) = ab ∈ f (P ), donc il existe c ∈ P tel que
f (xy) = f (c), d'où xy − c ∈ Ker(f ) ⊆ P ⇒ xy ∈ P . La primalité de P
implique x ∈ P ou y ∈ P , d'où a ∈ f (P ) ou b ∈ f (P ). Ceci prouve (ii).
Le point (iii) se déduit immédiatement de (ii) en prenant B = A/I et
f : A → A/I la surjection canonique.
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Proposition.
Pour tout idéal I de A, on note I[X] le sous-ensemble de A[X]
formé des polynômes à coecients dans I , c'est-à-dire de la forme :
i=0 ai X , avec n ≥ 0 et a0 , a1 , ..., an ∈ I . Alors on a :
P n i
i) I[X] est un idéal de A[X],
ii) les anneaux (A/I)[X] et A[X]/I[X] sont isomorphes,
iii) I[X] est un idéal premier de A[X] ⇔ I est un idéal premier de A.
Preuve. Le point i) est une simple vérication. Pour ii), considérons la
surjection canonique p : A → A/I et dénissons P son extension
canonique : f : A[X] → (A/I)[X] avec f (P ) = ni=0 p(ai )X i . Il est
clair que f est un morphisme d'anneaux unitaires surjectif, et que
Ker(f ) = I[X]. L'isomorphisme A[X]/Ker(f ) ' Im(f ) devient donc
A[X]/I[X] ' (A/I)[X]. Pour iii), rappelons que I est premier si et
seulement si A/I est intègre, ce qui équivaut à (A/I)[X] intègre,
c'est-à-dire A[X]/I[X] intègre d'après le point ii), ou encore I[X]
premier dans A[X].
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Plan
Anneaux euclidiens.
Dénitions.
Soient x et y deux éléments A. On dit que x est un diviseur de
y dans A, ou encore que x divise y dans A, ou encore que y est un
multiple de x dans A, lorsqu'il existe a ∈ A tel que y = xa. On
note alors : x|y .
Proposition.
Pour tous x, y ∈ A, on a : x|y ⇔ y ∈ xA ⇔ yA ⊆ xA.
Preuve. Supposons que x|y . Il existe a ∈ A tel que y = xa.
Donc y ∈ xA. De plus, tout élément de yA est de la forme yb avec
b ∈ A, donc de la forme xab, et donc appartient à xA, ce qui
montre que yA ⊆ xA. La réciproque est claire.
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Plan
Remarques.
i) Pour tous x, y, z ∈ A, (x|y et y|z) ⇒ (x|z).
ii) Soit u ∈ A, u ∈ U (A) ⇔ uA = A ⇔ u|y , pour tout y ∈ A.
iii) Pour tous u, x ∈ A, u ∈ U (A) et x|u ⇒ x ∈ U (A).
Dénition.
On appelle anneau euclidien un anneau intègre, pour lequel il
existe une application δ : A∗ → N (A∗ = A\{0A }) telle que :
1) a|b ⇒ δ(a) ≤ δ(b), pour tous a, b ∈ A∗ .
2) Pour tout a ∈ A et b ∈ A∗ , il existe q, r ∈ A tels que :
a = bq + r avec r = 0 ou δ(r) < δ(b).
Une application δ vériant ces deux conditions s'appelle un
stathme euclidien. Dans la condition 2, on dit que q est un
quotient et r un reste dans la division euclidienne de a par b.
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Plan
Exemples.
a) L'anneau Z est euclidien, pour le stathme déni par δ(x) = |x|
pour tout x ∈ Z∗ .
b) L'anneau Z[i] est euclidien, pour le stathme déni par
δ(z) = zz pour tout z ∈ Z[i] non-nul.
c) Si K est un corps, l'anneau K[X] est euclidien, pour le
stathme déni par δ(F ) = deg(F ) pour tout F ∈ K[X] non-nul.
Remarque.
La dénition d'un stathme n'impose pas de conditions d'unicité
de q et r dans la seconde condition. Par exemple :
19 = 6 × 3 + 1 = 7 × 3 + (−2) avec r = 1 et r0 = −2 qui vérient
δ(r) = |1| = 1 < δ(3) = 3 et δ(r0 ) = | − 2| = 2 < δ(3) = 3.
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Anneaux principaux
Dénition.
On appelle anneau principal un anneau commutatif unitaire
intègre, et dans lequel tout idéal est principal. Autrement, pour
tout idéal I de A, il existe x ∈ A tel que I = xA.
Théorème. Tout anneau euclidien est principal.
Preuve. Soit A un anneau euclidien de stathme δ . Il est intègre, et
soit I un idéal de A. Si I = {0} alors I =< 0A > ou si I = A alors
I =< 1A >). On suppose donc I 6= {0} et I 6= A. On considère
E = {δ(x), x ∈ I, x 6= 0} =6 φ, elle admet donc un plus petit élément n.
Il existe x ∈ I\{0} tel que n = δ(x). Soit a ∈ I quelconque, par division
euclidienne de a par x, il existe q, r ∈ A tels que a = xq + r avec r = 0
ou δ(r) < δ(x) = n. Or r = a − xq ∈ I , car a ∈ I et x ∈ I . Par
minimalité de n, on a nécessairement r = 0, d'où a = xq et donc I = xA.
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Plan
Remarque.
Les anneaux Z, Z[i] et K[X] où K est un corps, sont principaux,
mais l'anneau A = Z[X] ne l'est pas. Par exemple, l'idéal
I =< 2, X > engendré par 2 et X n'est pas principal. Par
l'absurde, supposons qu'il existe P ∈ A tel que I =< P >. Comme
2 ∈ I , il existerait Q ∈ A tel que 2 = P Q ⇒ P ∈ Z. Comme de
plus X ∈ I , il existerait R ∈ A tel que X = P R ⇒ P = ±1 et
R = ±X . On aurait donc 1 = ±P ∈ I , de sorte qu'il existerait
S, T ∈ A tels que 1 = 2S + T X , ce qui est clairement impossible
dans A = Z[X], puisque le coecient constant de 2S + T X est
pair. On retiendra :
A euclidien, n'implique pas forcément que A[X] euclidien.
A principal, n'implique pas forcément que A[X] principal.
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Plan
Proposition.
Dans un anneau principal, tout idéal premier non-nul est maximal.
Preuve. Soit I un idéal premier non-nul de A. Il existe donc
a ∈ A\{0A }, tel que I = aA. Soit J un idéal de A tel que I ⊂ J .
Il existe b ∈ A\{0A }, tel que J = bA. Comme a ∈ I , on a a ∈ J
donc il existe x ∈ A tel que a = bx. Supposons que I 6= J ,
c'est-à-dire b ∈/ I . Ainsi a = bx ∈ I avec b ∈/ I , donc le fait que I
soit premier implique que x ∈ I . Donc il existe y ∈ A tel que
x = ay . On déduit que a = bx = bay , ou encore a(1 − by) = 0.
L'intégrité de A implique que 1 − by = 0, d'où by = 1, ce qui
prouve que b ∈ U (A) ⇒ J = A. Donc I est maximal.
Rappelons que, réciproquement, un idéal maximal est toujours
premier. On a vu que Z[X] possède des idéaux premiers non-nuls
non maximaux, ce qui fournit une nouvelle preuve du fait que Z[X]
n'est pas principal.
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Plan
Théorème. Soit A un anneau. Alors :
A est un corps ⇔ A[X] est euclidien ⇔ A[X] est principal.
Preuve. Supposons A[X] est principal. En particulier, A[X] est
intègre, et donc, A est intègre. Considérons P
l'application
f : A[X] → A telle que f (P ) = a0 où P = ni=0 ai X i . Alors f est
un morphisme d'anneaux surjectif, donc A[X]/Ker(f ) ' A est
intègre, donc, Ker(f ) est un idéal premier non-nul de A[X]. Mais
comme A[X] est supposé principal, Ker(f ) est alors, un idéal
maximal de A[X], et donc, A[X]/Ker(f ) est un corps. On conclut
via l'isomorphisme A[X]/Ker(f ) ' A que A est un corps.
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Plan
Anneaux factoriels
Dénition (Eléments irréductibles).
Soient a, b ∈ A. On dit que a divise b et on écrit a|b s'il existe c ∈ A
tel que b = ac. En termes d'idéaux, c'est équivalent à < a >⊇< b >. En
particulier 0 ne divise que lui-même, et un élément de U (A) divise tous
les éléments de A.
Proposition.
Soient a, b ∈ A. Alors (a|b et b|a) si et seulement s'il existe
u ∈ U (A) tel que a = ub. On dit alors que a et b sont associés.
Preuve. Si a = ub avec u ∈ U (A), alors b|a et b = u−1 a donc
a|b. En sens inverse si a = bc et b = ad avec c, d ∈ A, alors
a = adc donc dc = 1 par intégrité de A, soitc ∈ U (A).
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Plan
Dénition.
On dit qu'un élément p ∈ A est irréductible s'il vérie les deux
propriétés suivantes :
i) p n'est pas inversible dans A.
ii) p = ab avec a, b ∈ A implique que a ou b soit inversible.
Dénition. Soit A un anneau intègre.
Un élément a est dit premier si et seulement si a divise xy
implique a divise x ou a divise y .
Théorème. Soit A un anneau intègre.
Un élément a est premier alors, l'élément a est irréductible.
Preuve. Soit a un élément premier. Si d divise a, alors a = du et
par conséquent du ∈< a >. Comme a et premier, alors a divise d
ou a divise u. Et ainsi, u ou d est inversible.
L. Ben Yakoub Anneaux et Corps
Plan
Remarque. La réciproque est fausse.
√
Dans l'anneau A = Z[i 5] on considère les éléments√ a =√2. Il est
clair que a est irréductible.
√ Or
√ 2 divise 6 = (1 + i 5)(1 − i 5) et 2
ne divise ni 1 + i 5 ni 1 − i 5. Donc, a n'est pas premier.
Théorème. Soit A un anneau commutatif et intègre. Alors :
a ∈ A est premier si et seulement si < a > est un idéal premier.
Preuve. Si a est premier. Dans A/ < a >, on a : x̄ȳ =< a > si,
et seulement si xy ∈< a > si, et seulement si a divise xy et ainsi, a
divise x ou a divise y , et par conséquent : x̄ =< a > ou ȳ =< a >,
d'où A/ < a > est intègre, donc< a > est premier. Inversement,
L'idéal < a > est premier si et seulement si A/ < a > est intègre.
Si a divise xy , alors xy ∈< a >⇒ xy = x̄ȳ =< a >. Comme
A/ < a > est intègre, alors : x̄ =< a > ou ȳ =< a > d'où a divise
x ou a divise y et par conséquent a est premier.
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Plan
Remarque.
i) Soit A un anneau commutatif et intègre. Soit a ∈ A. Alors,
< a > maximal ⇒ a premier ⇒ a irréductible.
ii) Dans l'anneau Z[X], l'idéal < X > est premier (car
Z[X]/ < X >' Z est intègre), donc, X est premier, donc
irréductible. Par contre, l'idéal < X > n'est pas maximal.
Dénition.
On dit que deux éléments a, b ∈ A sont premiers entre eux si
leurs seuls diviseurs communs sont les éléments de U (A).
Proposition.
Soit A un anneau principal. Deux éléments a, b ∈ A sont premiers
entre eux si et seulement s'il existe u, v ∈ A tels que ua + vb = 1,
c'est-à-dire si, A =< a, b > l'idéal engendré par a et b.
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Plan
Preuve. : Si 1 = ua + bv , alors tout diviseur commun de a et b
divise 1, donc est inversible (cette implication est vraie dans tout
anneau commutatif). En sens inverse, si a et b sont premiers entre
eux, alors l'idéal < a, b > s'écrit < d > avec d ∈ A car A est
principal. En particulier d divise a et b, donc est inversible donc
< d >= A.
Dénition.
Un anneau A est dit factoriel s'il vérie les propriétés suivantes :
1) A est intèegre.
2) Tout élément non nul a ∈ A s'écrit comme produit
a = up1 ...pr avec u ∈ U (A) et les pi irréductibles.
3) Si a = vq1 ...qs en est une autre décomposition de a, alors
r = s et il existe une permutation σ de {1, ..., r} telle que pour
tout i de {1, ..., r}, les éléments pi et qσ(i) soient associés.
L. Ben Yakoub Anneaux et Corps
Plan
Proposition.
Si A est intègre et tout élément non nul de A est produit
d'irréductibles. Alors les propriétés suivantes sont équivalentes :
i) Aest factoriel.
ii) Si p ∈ A est irréductible, alors l'idéal < p > est premier.
iii) Soient a, b, c ∈ A\{0}. Si a divise bc et est premier avec b, alors a
divise c (lemme de Gauss).
Preuve. iii) ⇒ ii) On a : < p >6= A car p n'est pas inversible (puisque
p est irréductible). Si maintenant p divise ab et ne divise pas a, alors p
est premier avec a puisque p est irréductible (donc un diviseur commun
non inversible de a et p serait associé à p, et p diviserait a), d'où p divise
b d'après (iii). Ainsi < p > est premier.
ii) ⇒ i) Soit PQun système de représentants irréductibles. Si
u p∈P pmp = v p∈P pnp sont deux décompositions, alorsQla condition
Q
mq > nq pour un certain q de P impliquerait que q divise p∈P,p6=q pnp ,
donc l'un des facteurs d'après (ii). Mais q ne peut diviser p pour p ∈ P
distinct de q car P est un système de représentants irréductibles. Ainsi
mp = np pour tout p ∈ P , puis u = v par intégrité de A.
L. Ben Yakoub Anneaux et Corps
Plan
i) ⇒ iii) On décompose a, b, c comme ci-dessus. Alors pour tout
p ∈ P, np (a) ≤ np (b) + np (c) (car a divise bc) et np (b) > 0
implique np (a) = 0 (car a est premier avec b) donc np (a) ≤ np (c).
Ainsi a divise c.
Corollaire. Si A est principal, alors A est factoriel.
Preuve. On vient de voir l'existence de la décomposition en
irréductibles. D'autre part si p ∈ A est irréductible, alors l'idéal
< p > est maximal car si I =< a > contient < p > , alors a divise
p, ce qui implique que a est inversible ou associé à p, c'est-à-dire
< a >=< p > ou < a >= A. En particulier < p > est premier et
on conclut par la proposition précédente.
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Plan
L'anneau A[X1 , X2 , ..., Xn ].
Dénitions.
On dénit par récurrence l'anneau des polynômes à n ≥ 1
indéterminées A[X1 , X2 , ..., Xn ] = A[X1 , X2 , ..., Xn−1 ][Xn ]. L'élément
aX1i1 X2i2 ...Xnin , avec a ∈ A, est appelé un monôme. Si a 6= 0, l'entier
i1 + i2 + ... + in est appelé le degré total de ce monôme.
Tout polynôme est somme de monômes, et on appelle degré total
d'un polynôme non-nul le maximum des degrés totaux des monômes
dont il est la somme. Par convention, le degré total du polynôme nul noté
−∞ est strictement inférieur au degré total de tout polynôme non-nul.
Un polynôme non-nul de A[X1 , X2 , ..., Xn ] est dit homogène de degré
d ∈ N, s'il est une somme de monômes tous de même degré total d. Pour
tout polynôme P non-nul de A[X1 , X2 , ..., Xn ] et tout entier naturel d,
on appelle composante homogène de degré d de P la somme des
monômes de P de degré total d.
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Plan
Exemples.
Si n = 1, on note X = X1 et on retrouve l'anneau A[X]. Le
degré total est le degré usuel.
Si n = 2, on note souvent XP = X1 et Y = X2 , un élément de
A[X, Y ] est une somme nie : (i,j)∈N2 ai,j X i Y j , avec ai,j ∈ A.
Dans Z[X, Y ], le degré total de P = 3X 3 Y + 5X 3 − 2XY + 7
est 4 et celui de Q = XY + 5X − 6Y + 1 est 2. Dans Q, la
composante homogène de degré 2 est XY , celle de degré 1 est
5X − 6Y et la composante homogène de degré 0 est 1. On a :
4 2
P Q = |3X{z Y } + 20X 4 Y − 18X 3 Y 2 + 25X 4 − 27X 3 Y − 2X 2 Y 2 +
| {z } | {z }
+ 5X 3 − 10X 2 Y + 12XY 2 + |5XY
| {z }
+
{z } | 35X −
{z
42Y +
} |{z}
7 .
Si n = 3, on note souvent X = X1 , YP= X2 et Z = X3 , un élément de
A[X, Y, Z] est une somme nie : P = (i,j,k)∈N3 ai,j,k X i Y j Z k , avec
ai,j,k ∈ A. Dans Z[X, Y, Z] les polynômes : P = X 3 + XY Z + X 2 Z est
homogène de degré 3 et Q = X + Y − Z est homogène de degré 1. Leur
produit P Q = X 4 + X 3 Y + 2X 2 Y Z − X 2 Z 2 + XY 2 Z − XY Z 2 est
homogène de degré 4.
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Plan
Premières propriétés de l'anneau A[X1 , X2 , ..., Xn ]
Lemme (Propriété universelle des anneaux de polynômes).
Soit ϕ : A → B un morphisme d'anneaux. Alors, pour tout entier
n ≥ 1 et b1 , b2 , ..., bn ∈ B , il existe un unique morphisme d'anneaux
Φ : A[X1 , X2 , ..., Xn ] → B qui prolonge ϕ et tel que Φ(Xi ) = bi
pour tout 1 ≤ i ≤ n.
Preuve. L'application Φ est nécessairement dénie par :
Φ( ai1 ,...,in X1i1 ...Xnin ) = ϕ(ai1 ,...,in )bi11 ...binn . Ce qui dénit
P P
bien un morphisme d'anneaux de A[X1 , X2 , ..., Xn ] dans B .
Proposition.
Soit A un anneau. Pour tout entier n ≥ 2, il existe dans
A[X1 , ..., Xn ] un sous-anneau isomorphe à A[X1 , ..., Xn−1 ], et l'on
a alors : A[X1 , ..., Xn ] ' A[X1 , ..., Xn−1 ][Xn].
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Plan
Preuve. Dans B = A[X1 , ..., Xn ], considérons l'ensemble C des
polynômes : P = ai1 ,i2 ,...,in X1i1 X2i2 ...Xnin , tels que ai1 ,i2 ,...,in = 0
P
pour tout (i1 , i2 , ..., in ) ∈ Nn tel que in 6= 0. Il est clair que C est
un sous-anneau de A isomorphe à A[X1 , ..., Xn−1 ]. D'après le
lemme précédent (appliqué avec n = 1), l'injection canonique
ϕ : C −→ B se prolonge en un unique morphisme d'anneaux
Φ : C[X] −→ B tel que Φ(P ) = ϕ(P ) = P pour tout P ∈ C et
Φ(X) = Xn , qui réalise de façon évidente un isomorphisme
C[X] ' B , d'où le résultat en revenant aux notations de l'énoncé.
Théorème. Soient A un anneau et n un entier naturel non-nul.
Si A est intègre, alors A[X1 , X2 , ..., Xn ] est intègre.
Preuve. On raisonne par récurrence grâce à la proposition
précédente.
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Plan
Anneaux noethériens
Dénitions et Propriétés. Soit A un anneau :
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
i) Tout idéal de A est engendré par un nombre ni d'éléments,
ii) Toute suite croissante d'idéaux de A est stationnaire,
iii) Toute famille non vide d'idéaux de A a un élément maximal.
Preuve. i) ⇒ ii). Soit (In )n∈N une telle suite, alors I = ∪n∈N In est
encore un idéal car la famille (In )n∈N est totalement ordonnée pour
l'inclusion. Par (i), il existe des éléments x1 , ..., xr de I qui l'engendrent.
Chaque xi est dans l'un des In , donc il existe n0 (le plus grand des
indices correspondants) tel que In0 les contienne tous. Alors I = In0 et la
suite (In )n∈N stationne à In0 .
ii) ⇒ iii). Si une famille non vide d'idéaux de A n'a pas d'élément
maximal, on construit par récurrence une suite innie strictement
croissante d'idéaux de A, ce qui contredit (ii).
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Plan
iii) ⇒ i). Soit I un idéal de A. La famille E des idéaux J ⊆ I qui
sont engendrés par un nombre ni d'éléments n'est pas vide (elle
contient l'idéal (0)). Elle admet donc par hypothèse un élément
maximal J0 ∈ E . Pour tout x ∈ I , l'idéal J0 + xA est aussi dans E ,
donc J0 + xA = J0 par maximalité. Ceci signie x ∈ J0 .
Finalement I = J0 et I est engendré par un nombre ni d'éléments.
Dénition.
Un anneau A qui vérie l'une des les propriétés de proposition
précédente est dit noethérien.
Remarques.
Tout anneau principal est noethérien (i) est trivialement vérié).
Si A est noethérien, tout quotient de A l'est aussi (c'est immédiat
à partir de la caractérisation (ii), vu que les idéaux de A/I sont les
idéaux de A contenant I ). En revanche, un sous-anneau d'un
anneau noethérien n'est pas nécessairement noethérien.
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Plan
Proposition. Soient A et B deux anneaux. Alors :
A × B est noethérien ⇔ A et B sont noethériens
Preuve. Si A × B est noethérien. Soit I un idéal de A et J un
idéal de B . Donc I × {0} et {0} × J sont deux idéaux de A × B
qui sont de type ni. Alors, I et J sont de type ni. D'où A et B
sont noethériens.
Inversement, supposons que A et B sont noethériens. Soit J un
idéal de Si A × B . Donc, J = IA × IB où IA est un idéal de A et
IB est un idéal de B . Or, par hypothèse A et B sont noethériens,
donc IA et IB sont de type ni. Et par suite, J est de type ni.
D'où A × B est noethérien.
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Plan
Proposition. Soit A un anneau intègre noethérien. Alors :
Tout x ∈ A\{0} s'écrit : x = up1 ...pr avec u ∈ U (A) et pi est
irréductible, pour tout 1 ≤ i ≤ r.
Preuve. Soit F l'ensemble des idéaux de A de la forme xA avec
x non inversible ne s'écrivant pas comme produit d'irréductibles. Si
F n'était pas vide, il admettrait un élément maximal < a >= aA.
En particulier a n'est alors pas irréductible, donc comme il n'est pas
inversible il s'écrit a = bc avec b, c ∈ A non associés à a. Mais alors
les idéaux < b > et < c > contiennent strictement < a > , donc
par maximalité b et c se décomposent en produit d'irréductibles, ce
qui contredit le fait que a ne s'écrit pas comme produit
d'irréductibles.
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Plan
Théorème de Hilbert
Théorème. Soit A un anneau noethérien. Alors :
A[X1 , ..., Xn ] sont noethériens, pour tout n ∈ N.
Peuve. Il sut de montrer que A[X] est noethérien.
Soit I un idéal de A[X]. Pour chaque k ∈ N, on note Dk (I) le
sous-ensemble de A constitué de 0 et des coecients dominants des
polynômes de degré k de I . Il est immédiat que Dk (I) est un idéal de A
et qu'une inclusion I ⊆ J entraîne Dk (I) ⊆ Dk (J). On a d'autre part les
deux propriétés suivantes :
a) Dk (I) ⊆ Dk+1 (I), pour tout k ∈ N (XP ∈ I , pour tout P ∈ I ).
b) Si I ⊆ J tel que Dk (I) = Dk (J) pour tout k ∈ N, alors I = J .
Sinon, I J , soit P ∈ J\I de degré r minimal, comme Dr (I) = Dr (J),
l'idéal I contient un polynôme Q de degré r qui a même coecient
dominant que P , mais alors P − Q est dans J\I et est de degré < r,
contradiction. Ceci étant établi :
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Plan
Soit (In )n∈ N une suite croissante d'idéaux de A[X]. Comme A est
noethérien, la famille des Dk (In ) pour k, n ∈ N admet un élément
maximal Dl (Im ). D'autre part, pour chaque k ≤ l, la suite d'idéaux
(Dk (In ))n∈N est croissante, donc elle est stationnaire, c'est-à-dire qu'il
existe nk tel que pour ∀n ≥ nk Dk (In ) = Dk (Ink ) :
Soit N le plus grand des entiers m, n0 , n1 , ..., nl . Nous allons montrer
que pour tout n ≥ N et tout k, on a Dk (In ) = Dk (IN ), ce qui sura à
conclure In = IN via la propriété b) ci-dessus. On distingue deux cas :
1) Si k ≤ l, on a Dk (IN ) = Dk (Ink ) = Dk (In ) par dénition de nk
puisque n et N sont tous deux ≥ nk ,
2) Si k > l, on a Dk (IN ) ⊇ Dl (IN ) ⊇ Dl (Im ) (d'après la propriété a)
ci-dessus, et puisque N ≥ m) et Dk (In ) ⊇ Dl (In ) ⊇ Dl (Im ) pour les
mêmes raisons, donc par maximalité de Dl (Im ), on a
Dk (IN ) = Dl (Im ) = Dk (In ).
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Plan
Diagramme
A est Noethérien ⇒ A[X] est Noethérien
⇑
A est Euclidien ⇒ A est Principal
⇓
A est Factoriel ⇒ A[X] est Factoriel
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