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1ere édition
RAPPORT DE SYNTHESE
- JANVIER 2003 -
ISBN : 9973-856-03-1
Occupant une superficie de plus d’un million de km2, le Système Aquifère du Sahara
Septentrional, partagé par l’Algérie, la Tunisie et la Libye, est formé de dépôts continentaux
renfermant deux grandes nappes souterraines : le Continental Intercalaire [CI] et le
Complexe Terminal [CT]. La configuration structurale et le climat de la région font que les
réserves de ces deux nappes se renouvellent très peu : ce sont des réserves géologiques
dont les exutoires naturels (sources et foggaras) ont permis le développement d’oasis où les
modes de vie séculaires sont restés longtemps en parfaite symbiose avec l’écosystème
saharien.
Depuis plus d’un siècle, et plus particulièrement au cours des trente dernières années,
l’exploitation par forages a sévèrement entamé cette réserve d’eau souterraine. De 1970 à
2000, les prélèvements, utilisés autant pour des fins agricoles (irrigation) que pour
l’alimentation en eau potable et pour l’industrie, sont passés de 0,6 à 2,5 milliards de m3/an à
travers des points d’eau dont le nombre atteint aujourd’hui plus de 8800 points où les
sources, qui tarissent, sont remplacées par des forages de plus en plus profonds.
Cette intensification de l’exploitation engendre un certain nombre de problèmes dont
principalement la baisse régulière du niveau d’eau, l’augmentation du coût du pompage,
l’affaiblissement de l’artésianisme, le tarissement des exutoires naturels et un risque de plus
en plus grand de détérioration de la qualité des eaux par salinisation…
Les trois pays concernés ont très tôt pris conscience de la problématique de l’utilisation de
ces ressources aquifères dans une optique de durabilité et ont œuvré pour améliorer l’état
des connaissances et la gestion de ces ressources. Ainsi et dès 1970, un important
programme algéro-tunisien, l’ERESS, mis en œuvre par l’Unesco, a permis d’établir, sur la
base d’une première modélisation, limitée aux frontières des deux pays, une évaluation des
ressources exploitables de ce système aquifère et des prévisions de l’évolution de leur
utilisation. Ce programme a été poursuivi dans le cadre du PNUD en 1984.
Une vingtaine d’années plus tard, en 1992, l’Observatoire du Sahara et du Sahel organisait,
au Caire, le premier atelier sur les aquifères des grands bassins marquant ainsi le lancement
de son programme « Aquifères des Grands Bassins » qui conduira à la naissance du « projet
SASS », en septembre 1997, après une série de séminaires et d’ateliers régionaux. Ce
projet SASS est le premier à prendre en considération le bassin dans son intégralité, jusqu’à
ses limites naturelles.
A la demande des trois pays, l’OSS a obtenu l’appui financier de la Coopération suisse, du
FIDA et de la FAO pour une première phase de trois ans lancée officiellement en Mai 1999 à
Rome avec pour principal objectif l’actualisation de l’évaluation des ressources exploitables
et la mise en place d’un mécanisme de concertation entre les trois pays.
Par rapport à son prédécesseur, ERESS, le projet SASS va bénéficier d’un atout de taille :
l’intégration de la Libye et l’exploitation des données accumulées durant les trente dernières
années. Ces données vont permettre :
• la mise en place d’une base de données commune aux trois pays destinée à valoriser
l’information et à servir d’outil d’échange,
• la réalisation d’un modèle simulant le comportement hydrodynamique du système
aquifère et permettant de prévoir l’impact du développement de l’exploitation.
Ces deux activités ont été réalisées en associant, en permanence, les compétences
nationales des trois pays. Les résultats ont été présentés aux trois pays et ont permis
d’éclairer les décideurs sur les perspectives de développement et les risques qui leurs sont
associés. Ils ont aussi permis de mettre en évidence l’intérêt des trois pays à asseoir la
durabilité des programmes d’actualisation, de suivi et d’échange d’informations et à
concrétiser la « conscience de bassin » qui s’est progressivement développée.
3
Comment se présente l’avenir du SASS, au terme de cette première phase
d’investigation ?
Autant en Algérie qu’en Tunisie et en Libye, le Complexe Terminal aujourd’hui, le Continental
Intercalaire demain, se trouvent dans un état d’exploitation tel qu’il faudra que les trois pays,
ensemble, contrôlent les prélèvements dans une volonté mutuelle de garantir l’avenir de la
région à travers notamment une politique concertée de préservation des ressources en eau.
La pratique d’un tel partenariat, au cours du projet SASS, a permis de forger,
progressivement, la confiance mutuelle entre les équipes techniques, la conscience que les
problèmes rencontrés par les uns dépendent en partie des actions menées par les autres et
la conviction que l’échange d’informations, qui fonde toute solidarité, est une activité non
seulement possible mais nécessaire.
Constatant la nécessité d’une concertation soutenue et de l’institutionnalisation de la
coopération initiée dans le cadre de ce projet, les trois pays du SASS ont exprimé leur
accord pour la création d'un mécanisme tripartite permanent de concertation pour la gestion
commune du SASS. La nécessité d'un mécanisme institutionnel élaboré et durable étant
acquise, sa mise en œuvre a été conçue dans une démarche progressive ; au départ, ses
attributions seront principalement axées sur le développement de bases de données et de
modèles, la promotion d’études, de recherches et de formations, la production d’indicateurs
de suivi et sur la réflexion vers l’évolution future du mécanisme. L’OSS accueille l’Unité de
Coordination, en charge de ce mécanisme, conformément à la volonté des trois pays.
Par ses activités et ses résultats aux plans scientifique et technique, le projet SASS constitue
une approche exemplaire d’étude et de gestion de ressources en eau non renouvelables
dans un objectif de durabilité. A travers l’échange d’informations et la volonté de
concertation, il peut servir de modèle pour la coopération régionale. Ce projet constitue un
exemple réussi de coopération Sud-Sud et Nord-Sud qui cadre parfaitement avec les
objectifs et la mission de l’OSS.
Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation et à la réussite de cette
première phase. En premier lieu, mes remerciements s’adressent aux Ministres en charge
des ressources en eau et aux administrations nationales : l’Agence Nationale des
Ressources Hydrauliques (ANRH) en Algérie, la Direction Générale des Ressources en Eau
(DGRE) en Tunisie et la General Water Authority (GWA) en Libye, dont les dispositions à
échanger l’information, participer aux activités scientifiques et prendre les décisions
adéquates dans le cadre du Comité du pilotage ne se sont jamais démenties et ont été le
garant de l’atteinte des objectifs du projet. Je remercie également les partenaires de
coopération de l’OSS qui ont apporté, outre leur appui financier à ce projet, une attention
toute particulière à sa réalisation et leurs avis éclairés lors des différentes réunions du
Comité de pilotage. Enfin, je ne saurai omettre de citer l’équipe du projet au sein du
Secrétariat exécutif de l’OSS : équipe permanente, consultants et équipes nationales, ainsi
que les éminents spécialistes qui nous ont aidé à valider les résultats scientifiques du projet.
Chedli FEZZANI
Secrétaire exécutif
4
REMERCIEMENTS
5
SOMMAIRE
PREFACE 3
RESUME 12
INTRODUCTION 17
PREMIERE PARTIE :
CONNAISSANCE DU SYSTEME AQUIFERE DU SAHARA SEPTENTRIONAL
20
I. 2- Corrélations lithostratigraphiques 26
6
DEUXIEME PARTIE :
I. 5- Le logiciel de simulation 56
7
TROISIEME PARTIE :
CONCLUSIONS 122
8
LISTE DES FIGURES
9
Hypothèse forte au CI ; Rabattements nets et Niveaux piézométriques
Fig. 2-9. a 72
2050
Hypothèse forte au CI ; Rabattements nets et Niveaux piézométriques
Fig. 2-9. b 72
2050
Fig. 2-10 Ghadamès Field; Rabattements nets 2050 au CI 73
Fig. 2-11 Dj. Hassaouna ; Rabattements nets 2050 au CI 73
Simulation Zéro ; Niveaux piézométriques calculés en 2050 dans la
Fig. 2-12 75
zone de Khoms-Zliten
Fig. 2-13. a Sites de Pompages potentiels au CI 81
Fig. 2-13. b Sites de Pompages potentiels au CT 82
Fig. 2-14 exemple de convertisseur « Débits-Rabattements » 83
Fig. 2-15 Simulation CI-1 ; Rabattements nets en 2050 86
Fig. 2-16 Simulation CI-2 ; Rabattements nets en 2050 87
Fig. 2-17 Simulation CI-3 ; Rabattements nets en 2050 87
Fig. 2-18 Simulation CI6 ; Rabattements nets en 2050 89
Fig. 2-19 Simulation CI-8 ; Rabattements nets en 2050 90
Fig. 2-20 Simulation CT-3 ; Niveaux piézométriques 2050 sur le golfe de Syrte 91
Simulation CT-5 ; Niveaux piézométriques par rapport
Fig. 2-21 92
aux chotts en 2050
Fig. 2-22 Simulation CT-5 ; Rabattements nets en 2050 93
Fig. 3-1 Distribution des salinités, en g/L, des eaux pompées dans le CT et le CI 98
Fig. 3-2 Evolution du niveau piézométrique du CT par rapport aux chotts 99
Fig. 3-3 Extensions des zones à eaux salées du Turonien (salinités en g/l) 100
Charge hydraulique du CT le long du littoral libyen en 2050 ;
Fig. 3-4 102
Simulations CT3 et CT5
Exploitation du Bassin Occidental ; Rabattements nets calculés en
Fig. 3-5 104
2050 et en 2200
Coupe N-S dans l’Oued Rhir, ERESS, (1972) ; Structure d’ensemble du
Fig. 3-6 105
CT et Domaine [en bleu] représenté sur le Modèle SASS
Fig. 3-7 Répartition des prélèvements 2000 dans le SASS 107
Fig. 3-8 le Bassin des Chotts 108
Bassin d’Artésianisme et de l’Exutoire Tunisien,
Fig. 3-9 108
et Bassin de Ghadamès
Fig. 3-10 Evolution des salinités dans des puits de la Nefzaoua 109
Fig.3-11 Groupes de points d’eau et séries historiques de référence 112
Fig. 3-12 Polygones d’influence du réseau piézométrique du CI 113
La Carte des Risques du SASS et le Réseau Piézométrique de
Fig. 3-13 115
Référence
Fig. 3-14 Schéma du Mécanisme de concertation dans sa première phase 120
10
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 2-2 : Débit des Sources Observé sur la période 1950-2000 (l/s) 64
11
RESUME
• Problématique du SASS
Le Système Aquifère Saharien est reconnu et exploité par près de 8800 points d’eau,
forages et sources : 3500 au Continental Intercalaire et 5300 au Complexe Terminal. Par
pays, ces points se répartissent ainsi : 6500 en Algérie, 1200 en Tunisie et 1100 en
Libye. L’évolution du nombre de forages et de leur régime d’exploitation indique des
croissances vertigineuses au cours des vingt dernières années : cette exploitation atteint
aujourd’hui 2,2 milliards m3/an [soit 1.33 Milliard en Algérie, 0.55 en Tunisie et 0.33 en
Libye]. Si cette évolution, partagée par les trois pays, devait se prolonger, il y aurait sans
doute de sérieuses raisons de s’inquiéter pour l’avenir des régions sahariennes, où l’on a
12
pu d’ores et déjà enregistrer les premiers signes d’une détérioration de l’état de la
ressource en eau.
L’intense évolution de l’exploitation des aquifères du SASS a profondément modifié la
vision que l’on peut désormais se faire de cette exploitation, laquelle se trouve
confrontée à un certain nombre de risques majeurs du simple fait de son
développement : fortes interférences entre pays, salinisation des eaux, disparition de
l’artésianisme, tarissement des exutoires, hauteurs de pompage excessives … Les trois
pays concernés par le devenir du système sont donc condamnés, à court terme, à
rechercher ensemble une certaine forme de gestion concertée du Bassin Saharien.
13
e) d’importantes interférences de rabattements entre pays ;
f) la réalimentation potentielle par les Chotts.
Les résultats de ces premières simulations ont par ailleurs démontré les limites de
l’approche « simulation pure » dans la définition d’une stratégie de développement du
SASS. Aussi bien l’Hypothèse Forte que l’Hypothèse Faible, qui paraissaient de prime
abord devoir « encadrer » les choix des décideurs et les solutions envisageables,
auraient au vu de ces résultats des conséquences graves sur le devenir du SASS. C’est
la raison pour laquelle il a été décidé de rechercher une autre façon de procéder à la
définition, en commun, de solutions acceptables, au moyen d’un modèle miniature.
Le principe adopté au vu des résultats des simulations exploratoires était de s’affranchir
de la recherche de scénarios de développement à priori sans relation directe avec les
propriétés de l’aquifère, fondés uniquement sur les prédictions de la demande en eau, et
de rechercher au contraire à bâtir des scénarios à base « hydraulique », fondés sur les
capacités de production du SASS et minimisant les risques de nuisances identifiés, en
des sites aussi proches que possible des lieux où une demande actuelle ou future aurait
le plus de chances de s’exprimer fortement, sans toutefois s’interdire de prospecter des
secteurs favorables qui seraient éloignés des sites de demande potentiels mais
pourraient s’avérer propices à l’exportation. La première étape d’un tel processus a
consisté à inventorier, pays par pays, tous les sites de pompages potentiels.
Comment assurer un maximum de prélèvements d’eau pour le meilleur développement
de la région sans risquer pour autant de dégrader l’état de la ressource ? Et comment
parvenir à formuler le « meilleur » schéma d’exploitation dans ce sens ? Le Micro-Modèle
du SASS a été conçu pour ce faire. Encore a-t-il fallu d’abord inventorier les risques
encourus, et préciser les contraintes que l’on devra respecter pour minimiser ces risques.
Cela nécessite de pouvoir quantifier ces risques, ce qui revient à savoir les modéliser. Le
Modèle Numérique du SASS est précisément investi d’une telle fonction.
14
(iii) le tarissement d’exutoires naturels.
Ces risques ne sont évidemment pas de la même gravité, le premier étant le risque
majeur. Un décideur peut accepter des augmentations de coûts de pompage, mais doit
refuser tout risque de salinisation, en raison de son caractère irréversible. Comment
exploiter les nappes sahariennes dans l’optique d’un développement durable ? Les trois
pays concernés par le devenir du système sont condamnés à rechercher ensemble une
forme de gestion commune pour minimiser les risques liés à l’exploitation du bassin. Il
est primordial qu’un Réseau de Référence permanent soit mis en place pour assurer la
production et la diffusion d’Indicateurs fiables et permettre le suivi permanent et
l’évaluation de la ressource : niveaux de prélèvements, réseau piézométrique, réseau
qualité, réseau hydro-pluviométrique…
Un autre facteur de risque concerne l’ignorance des effets et les dangers qui résultent
d’une mauvaise connaissance de la nappe. La levée des incertitudes sur les
caractéristiques physiques du SASS contribuera à améliorer davantage la
représentativité du modèle et augmenter encore la fiabilité des résultats des simulations
effectuées. Il en va de même pour la prise en compte des paramètres socio-
économiques dans le but d’une évaluation plus précise de la structure de la demande et
de son évolution à venir.
15
- nécessité d’une mise en place progressive, partant d’une structure efficace et légère,
vers un mécanisme autonome plus élaboré et doté d'attributions plus importantes à
terme.
Les principales caractéristiques, convenues lors de l’Atelier Régional, confèrent au
mécanisme l’objectif de coordonner, promouvoir et favoriser la gestion rationnelle et
concertée du SASS.
Sa structure comporte, dans la phase de démarrage :
a) un Comité de Pilotage composé des structures nationales chargées des
ressources en eau agissant en tant que points focaux nationaux ;
b) une Unité de Coordination gérée et abritée par l’OSS ;
c) un Comité scientifique ad-hoc.
Ses attributions sont multiples et centrées autour de la production d’indicateurs de suivi,
du développement des bases de données et des modèles, de la promotion d’études, de
recherches et de formations, de la réflexion sur l’évolution future du mécanisme.
16
INTRODUCTION
1970-2000, trente ans après la mise en œuvre, en Algérie et Tunisie, du projet ERESS, et
depuis l’impulsion donnée à l’investigation des eaux souterraines en Libye au cours des
années 70, deux indicateurs permettent de mesurer le chemin parcouru par l’hydrogéologie
saharienne : le nombre de points d’eau inventoriés sur les principaux aquifères est passé de
2000 à près de 9000 et les prélèvements par forages de 600 Millions m3/an à 2,2 Milliards
de m3/an.
En termes d’éléments de connaissance du système aquifère, l’explosion d’informations et de
spéculations accumulées au cours des trente dernières années, qui a accompagné le
développement socio-économique et hydraulique des régions sahariennes, apparaît au
moins aussi intense et importante que celle réalisée au cours des trente années qui
précédèrent, et qui avait trouvé sa justification dans la profusion des reconnaissances ayant
accompagné la découverte du pétrole saharien. L’exigence du projet SASS, en termes de
recherche et d’analyse de l’information acquise, de mise en forme de cette information, de
synthèses géologiques et hydrogéologiques complémentaires, d’imagination et de mise en
place d’une modélisation conceptuelle des systèmes aquifères fidèle et moderne, permet de
mesurer l’ampleur du challenge que représente ce nouveau projet. L’effort d’analyse de
données et de documents, la capacité de synthèse hydrogéologique subséquente, et la force
de proposition nécessaire à l’élaboration d’un modèle représentatif, rénové et durable,
devaient se situer à la mesure de ce défi.
Deux principaux sous-systèmes composent le Système Aquifère du Sahara Septentrional : la
nappe du Continental Intercalaire (CI) et la nappe du Complexe Terminal (CT). Sur chacune
de ces deux nappes s’exercent des contraintes qui limitent la faculté d’exploiter leur
potentiel. Ces contraintes sont certes d’ordre économique d’abord, mais les risques
environnementaux liés à l’exploitation et à la vulnérabilité des nappes sahariennes du fait de
leur niveau de développement constituent aujourd’hui les contraintes les plus déterminantes.
Le problème se complique par l’existence de trois pays partageant la même ressource, mais
pas forcément la même vision à priori quant à l’avenir des nappes sahariennes. Ceci n’est
pas moins vrai lorsque plusieurs utilisateurs partagent une nappe très sollicitée : dans la
mesure où l’ignorance des effets libère les comportements et que l’information mutuelle
renforce la solidarité, on peut concevoir le Modèle comme un puissant outil éducatif et un
instrument de dialogue et de médiation objectif, autour duquel peut s’organiser la
concertation.
Le présent rapport rend compte de l’ensemble des travaux réalisés, de Juillet 1999 à
Décembre 2002, pour la mise en oeuvre des différentes composantes du projet SASS :
Ø Acquisition, Analyse et Synthèse des données hydrogéologiques ;
Ø Elaboration de la Base de Données commune et du Système d’Informations ;
Ø Développement et Exploitation du Modèle Mathématique du SASS ;
Ø Mise en Place d’un Mécanisme de Concertation pour la gestion commune du bassin.
Le présent document est organisé en trois parties :
Ø Une première partie intitulée : Connaissance du Système Aquifère du Sahara
Septentrional, qui fait la synthèse des connaissances géologiques et
hydrogéologiques, et présente la Base de Données et le Système d’Informations ;
Ø Une deuxième partie intitulée : Elaboration du Modèle Mathématique, qui décrit
les étapes de la construction et du calage du modèle, puis la conception et les
résultats des simulations réalisées ;
17
Ø Une troisième partie intitulée : Maîtrise des Risques et Gestion Commune du
Système Aquifère, qui traite des risques et des incertitudes, de la mise en place
d’une démarche d’observation permanente, et du Mécanisme de Concertation.
18
Fig. 1-2 : carte du Sahara Septentrional
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15°
14°
35°
13°
12°
11°
10°
9°
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PREMIERE PARTIE :
C O N N A IS S A N C E D U S Y S T E M E
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S E P T E N T R IO N A L
I- DEFINITION DU SYSTEME AQUIFERE DU SAHARA SEPTENTRIONAL
Le terme Continental intercalaire désigne l’épisode continental localisé entre deux cycles
sédimentaires marins : à la base, le cycle Paléozoïque qui achève l’orogenèse hercynienne,
au sommet, le cycle du Crétacé supérieur. Le Complexe Terminal est un ensemble peu
homogène comprenant des formations carbonatées du Crétacé supérieur et des épisodes
détritiques du Tertiaire, notamment du Miocène. La carte géologique de la plate-forme nord
saharienne (fig.1-3) indique d’importants affleurements du Crétacé supérieur, qui débute
avec la transgression cénomanienne.
21
plate-forme saharienne, et l’invasion marine du Crétacé supérieur. Cet ensemble comprend
majoritairement les formations continentales gréso-argileuses du Crétacé inférieur,
auxquelles l’étude des coupes de forages a permis d’associer des sédiments marins ou
lagunaires, post-paléozoiques et anté-cénomaniens intercalés au sein du CI.
Cette définition du Continental Intercalaire, qui constitue la formation aquifère la plus
étendue de la région, détermine les limites attribuées à la zone d’étude du Système Aquifère
du Sahara Septentrional. Ces limites, fondées à la fois sur l’étude des affleurements
géologiques et sur l’étude des sondages, sont :
• Au Nord-Ouest le versant Sud de l’Atlas Saharien, marqué en affleurement par le
contact Albien-Cénomanien.
• A l’Ouest Sud-Ouest, la limite des affleurements paléozoïques de l’Ougarta, marqués
par le cours de la Zousfana et de la Saoura.
• Au Sud, la limite d’affleurement du CI sur le paléozoïque, allant en continuité d’Adrar à
Hun, décrivant les limites septentrionales des Tassilis et du Djebel Hassaouna.
• Au Nord, l’accident sud Atlasique au Nord des Chotts, relayé vers le golfe de Gabès par
la faille d’El Hamma - Médenine.
• Au Nord Est les affleurements du Continental Intercalaire sur le Dahar et le Djebel
Nefussa.
• A l’Est, les formations aquifères du Crétacé inférieur se prolongent bien au delà du
graben de Hun. Mais à l’Est du Méridien 16° et en passant au bassin de Syrte, les eaux
du CI deviennent saumâtres : c’est ce passage qui a été adopté comme limite de la zone
d’étude de la nappe d’eau douce du CI.
Afin de pouvoir établir les coupes lithostratigraphiques formant le premier édifice
architectural de toute modélisation hydrogéologique, il est nécessaire d’établir les échelles
d’équivalences des faciès de cet ensemble à travers le bassin. Pour ce faire, une première
série de simplifications permet de proposer, pour chacun des trois pays, une coupe-type des
formations au sein du CI.
En Algérie
Cette coupe décrit plus particulièrement les faciès du Bas Sahara (région de Hassi
Messaoud, Ouargla et Toggourt), susceptibles d’être corrélés à la Tunisie et la Libye. Au
dessus de la discordance hercynienne, on peut distinguer de bas en haut :
• Le Trias :
Trias inférieur argilo-gréseux contenant de l’eau salée saturée ;
Trias supérieur évaporitique formé de sel massif pouvant dépasser 1000m d’épaisseur,
formant un toit étanche et isolant des nappes d’eau douce du CI s.s.
• Le Lias : marqué par une incursion marine, des dépôts lagunaires mais surtout
carbonatés.
• Le Dogger : le faciès carbonaté est prédominant.
• Le Malm : régime marin, dépôts calcaires et lagunaires alternants.
• Le Néocomien : argileux au Nord, gréseux au Sud-Est et envahi d’eau salée.
• Le Barrémien : argilo-gréseux au Nord, franchement gréseux au Sud, contient de l’eau
douce. Le Barrémien gréseux marque le premier niveau aquifère « utile » et
d’importance de la grande nappe du Continental Intercalaire s.s [ép. # 100m]
22
• L’Aptien : situé entre deux ensembles continentaux du Barrémien et de l’Albien, l’Aptien
correspond à une invasion marine matérialisée par une barre dolomitique de 20 à 30m
d’épaisseur.
• L’Albien : sédimentation gréseuse plus importante qu’au Barrémien, réservoir à eau
douce.[ép.# 600m]
• Le Vraconien : limité au Nord de la plate-forme, argileux, marque le toit du CI et le
retour à la sédimentation marine.
• Le Cénomanien : argiles, marnes et argiles gypseuses. [ep.# 400m]
En Tunisie
D’une manière très simplifiée, On distingue de bas en haut :
• Le Trias :
Trias inférieur gréseux contenant de l’eau salée, passant à de l’eau douce au SE mais à
grande profondeur ;
Trias supérieur salifère, isolant des nappes d’eau douce du CI s.s.
• Le Lias : c’est le salifère supérieur, gypse, anhydrite, dolomies.
• Le Jurassique inférieur :
Bathonien et Callovo-Oxfordien ; le faciès carbonaté est prédominant au Nord, gréseux
au Sud ; renferme de l’eau salée (« nappe du Jurassique »).
• Le Jurassique supérieur :
Kimméridgien, faciès argileux.
• Le Néocomien-Barrémien: c’est la série des sables purbecko-wealdiens, grès et sables
argileux de « Merbah el Asfer » au Sud, principale formation continentale à eau douce
du CI. [ép.#300m], passant au Nord aux formations Kbar el Haj, Grès à bois et Bou
Dinar.
• L’Aptien : barre dolomitique.
• L’Albien : sédimentation marine avec argiles et carbonates au NE. Vers le Sud (faciès
Ain Gurttar) et le NW (faciès Sidi Aich), développement des faciès détritiques
continentaux et passage au faciès Albien du Bas Sahara algérien.
• Le Cénomanien : invasion marine généralisée ; calcaires et dolomies, marnes et
calcaires marneux.
En Libye
• Le Paléozoique : Grès et Quartzites du Cambro-Ordovicien ; renferme d’importantes
réserves d’eau douce affleurant au Dj. Hassaouna, en relation directe avec les
formations aquifères du Crétacé inférieur. Plus au Nord, recouvert en profondeur par les
formations étanches du Carbonifère.
• Le Trias : renferme de bas en haut :
Ø les grès, et sables argileux de Ouled Chebbi et Ras Hamia,
Ø les calcaires, dolomies, gypse et argiles de Azizia et Bou Chiba. Au Sud et au
Sud Ouest,
Ø le Trias passe à un faciès franchement gréseux à eau douce(Zarzaitine)
23
• Le Lias : puissante série évaporitique, gypse, anhydrite (Bir el Ghenem, les Abreghs),
isolant le Trias du Crétacé inférieur. Cette série se poursuit dans le Bathonien (Giosc et
Tokbal).
• Le Malm : Callovo-Oxfordien et Kimméridgien (Chameau Mort et Shakchouk) ; Grès,
sables, argiles, calcaires et dolomies. Les sédiments continentaux prédominent : cette
série est confondue avec le Crétacé inférieur pour former l’aquifère du CI s.l..
• Le Crétacé inférieur : Nèocomien, Barrémien, Aptien et Albien ; Grès continentaux ;
faciès constant sur l’ensemble du bassin libyen (formation Kiklah) renfermant de l’eau
douce ; constitue le CI. s.s. ; la formation Kiklah passe vers le NE(Tawurgha) à un faciès
dolomitique. A l’Est du méridien 16° l’aquifère Kiklah renferme de l’eau salée.
• Le Cénomanien : retour de la sédimentation marine ; argiles, gypse, calcaires,
dolomies, marnes, sel ; (formations Ain Tobi et Yefren) ; constitue le toit du CI.
I. 1. 2- Le Complexe Terminal
Classiquement, et selon la définition de K.Killian, le terme «Continental terminal» désignait
les formations continentales, sableuses et argileuses, du MioPliocène. Mais d’après Bel et
Demargne(1966), « la nappe du Continental Terminal contenue dans les sables du
MioPliocène est plus ou moins en relation avec les nappes de l’Eocène, du Sénonien et du
Turonien, de sorte qu’à l’échelle de l’ensemble du Sahara, on peut considérer que ces
différents niveaux forment une seule et même nappe, la nappe du Continental Terminal, par
opposition au Continental Intercalaire ».
C’est avec le projet ERESS (1972) que l’on verra apparaître la notion de « Complexe
Terminal », appellation publiée pour la première fois par Bel et Cuche (1969) : ce terme de
« nappe du Complexe Terminal » qui groupe sous une même dénomination plusieurs
aquifères situés dans des formations géologiques différentes, a été retenu car ces nappes
font bien partie d’un même ensemble hydraulique. Les intercommunications entre Sénonien,
Eocène et MioPliocène sont évidentes sur l’ensemble du Bassin, à l’exception de la région
des Chotts où l’Eocène moyen et supérieur imperméables viennent s’intercaler. La nappe
turonienne est plus individualisée par suite de la couverture imperméable du Sénonien
lagunaire, cependant, ses niveaux concordent avec ceux du Sénonien ou du MioPliocène
sur la bordure du bassin ».
En procédant pays par pays ainsi qu’il a été réalisé pour le CI, une coupe-type simplifiée du
Complexe Terminal [CT] est proposée ci-après :
En Algérie
La description du CT se limite ici au Bassin Central, limité à l’Ouest par la Dorsale du Mzab.
• Le Turonien : formation calcaire et dolomitique, aquifère et étendue sur tout le bassin
sauf à l’extrême Nord où il devient marneux et peu perméable. La nappe turonienne, de
bonne qualité chimique sur tout le pourtour du bassin, accuse de très fortes salinités
dans le secteur de Hassi Messaoud.
• Le Sénonien inférieur ou Sénonien lagunaire : peu perméable, constitue sans doute
l’écran le plus étendu et le plus efficace entre le CI et le CT.
• Le Sénonien supérieur ou Sénonien carbonaté : formation carbonatée perméable.
• l’Eocène inférieur ou Eocène carbonaté : formation carbonatée perméable, formant un
seul et même ensemble lithostratigraphique avec le Sénonien carbonaté.
• L’Eocène moyen ou Eocène évaporitique : argiles gypseuses dont l’existence est limitée
à la partie Nord du bassin central (région des Chotts).
24
• Le MioPliocène : sédimentation fluvio-continentale présentant une forte hétérogénéité et
une structure lenticulaire, dans laquelle Bel et Demargne distinguent quatre niveaux, soit
de bas en haut :
Ø Niveau 1 : argileux, peu épais, présent seulement au centre du bassin central.
Ø Niveau 2 : gréso-sableux, c’est le niveau le plus épais (400m au Sud de Gassi Touil)
et le plus constant. Il s’étend sur tout le bassin central et le bassin occidental. C’est le
principal niveau aquifère du Moi-Pliocène.
Ø Niveau 3 : argiles sableuses quasi-imperméables, épaisses et constantes dans la
région des Chotts.
Ø Niveau 4 : sableux, très épais dans la zone des Chotts. Affleure sur de grandes
surfaces.
En Tunisie
• Le Turonien : barre dolomitique perméable de 80 à 100m d’épaisseur ; présente un
intérêt aquifère dans la Nefzaoua mais susceptible de renfermer de l’eau salée dans
l’extrême sud.
• Le Sénonien inférieur ou Sénonien lagunaire : forme un écran peu perméable
• Le Sénonien supérieur ou Sénonien carbonaté : formation aquifère, particulièrement
perméable dans la Nefzaoua et le Djerid.
• Le Paléocène : série argilo marneuse, formation El Haria.
• L’Eocène inférieur : série de calcaires peu épais (formation Metlaoui : 20m) non
reconnus comme aquifères.
• L’Eocène moyen : c’est l’Eocène évaporitique.
• Le Mio-Pliocène : présente deux faciès principaux :
Ø Le Pontien ou formation Beglia : sables épais avec passées argileuses.
Ø La formation Segui : argiles sableuses de couverture.
En Libye
• Le Cénomanien inférieur (formation Ain Tobi) : calcaires dolomitiques au Nord, faciès
détritique assimilé à Kiklah au Sud.
• Le Cénomanien moyen (formation Yafrin) : série marneuse (ép.#150m) formant écran
entre Kiklah et les aquifères du Crétacé sup. Dans le graben et à l’Est l’épaisseur des
marnes se réduit considérablement.
• Le Turonien [& Cénomanien sup] (formation Nalut) : calcaires dolomitiques, bon
aquifère sur la moitié Nord du Bassin, plus marneux au Sud.
• Le Sénonien inférieur (formation Tigrinna) : argiles, marnes et gypse. C’est le
Sénonien lagunaire. (ép.#150m)
• Le Sénonien moyen (Mizdah) : série calcaire formant un bon aquifère dans le bassin
oriental.
• Le Sénonien supérieur (Maestrichtien) et le Paléocène (formation Zmam) : marnes
et calcaires marneux, très développés sur le plateau de la Hamada el Hamra et le bassin
de Syrte.
• L’Eocène : série calcaire développée uniquement dans le graben et à l’Est. Aquifère
plutôt médiocre.
25
• L’Oligocène : calcaire ; n’existe que dans le Sud du graben à Hun et Waddan.
• Le Mio-Plio-Quaternaire : développé le long de la côte Nord ; série transgressive sur le
Crétacé sup. ; de bas en haut on rencontre :
Ø les calcaires fissurés de l’Aquitanien aquifère ;
Ø les marnes du Miocène moyen ;
Ø les calcaires, marnes et gypse du Miocène supérieur et du Plio-Quaternaire.
I. 2- Corrélations lithostratigraphiques
26
Fig. 1-4. a : Coupe W-E à travers le SASS, du Bassin Occidental au Graben de Hun
27
I. 3- Le Schéma du multicouche saharien
1
cette « équivalence » se mesure en position stratigraphique ; mais ces aquifères libyens sont limités
au bassin oriental et n’ont aucune relation physique avec les nappes équivalentes d’Algérie et de
Tunisie.
28
Fig. 1-5. a : Schéma du Multicouche Saharien
A q u i fè r e s & Aquita r d s
U n i té stra tigra p h i q u e
ALGERIE TUNISIE LIBYE
Plioquaternaire 2ème nappe des s a b le s aquif è r e loc a l
Moi-Pliocène
Toit Imperméable
Mio c è n e s e miperméable s e miperméable
A lbien
Nappe du C O NT INENT A L
Aptien Nappe du
INT ERC A L A IRE
Barremien C O NTINENTAL INTERCALAIRE J u r a s s ic - L o w er Cretaceous :
Néoc o mien e a u s a lé e KIKL A H A q u i f e r
Lia s imperméable
Toit imperméable Imperméable
Keuper
Mus h e lkalk
Tr ias :
Bundstandstein Nappe salée du Trias Nappe du T R I A S A Z IZIA Aquife r
29
II- CARACTERISATIQUES HYDROLOGIQUES du SAHARA SEPTENTRIONAL
Par interpolation de la carte pluviométrique en courbes isohyètes établie par DUBIEF (1953),
on peut disposer d’une grille représentant la lame d’eau moyenne (moyenne des 25 années
1926-1950) en tout point du domaine du SASS2 (fig.1-6).
Cette carte permet d’estimer la lame d’eau moyenne pondérée sur l’ensemble du bassin du
SASS, laquelle s’établit à P = 57 mm / an. Pour une surface totale de 1.095.000 Km2, le
volume des Ressources Pluviales « moyennes » du SASS s’établit à 62 Milliards de m3/an.
Depuis les travaux de DUBIEF (1953), Il existe peu d’observations du ruissellement dans la
région et l’hydrologie saharienne d’une manière générale paraît avoir suscité bien peu
d’intérêt. La contribution de M. FERSI (1979)3 est à cet égard précieuse. Mettant à profit
l’observation du ruissellement sur plusieurs bassins de Tunisie centrale et méridionale, Fersi
a établi une formule empirique valable en climat aride, qui relie la lame ruisselée à la
pluviométrie (moyenne annuelle) et aux caractéristiques physiographiques résumées par la
pente moyenne. Ajustée sur les points expérimentaux, l’équation de Fersi s’écrit :
Lr = 0.017 * P . IG
où Lr : lame ruisselée moyenne en mm / an ;
P : pluie moyenne en mm / an ;
IG : pente moyenne du bassin en m/Km
2
Le domaine de la fig 1-6 représente l’union des extensions du Continental Intercalaire, du Complexe Terminal
(extension marine exclue) et des Bassins-Versants drainant l’Atlas Saharien vers le Sud.
3
FERSI. M ; 1979: Estimation du ruissellement moyen annuel sur les BV du SE, du SW et Sahel sud ; DGRE
30
Cette formule a permis à Fersi (1979) de proposer des estimations du ruissellement moyen
sur l’ensemble des bassins-versants du Sud Tunisien. Nous l’avons utilisée pour tenter
d’évaluer le ruissellement sur l’ensemble des Bassins-Versants drainés par le SASS. Parmi
ces bassins, les plus actifs sont sans conteste ceux de l’Atlas Saharien, dont on dénombre
huit principaux. Parmi ces derniers, deux sont contrôlés par l’ANRH (fig.1-7) : les Oueds
Namous et Seggeur. Les mesures effectuées ont permis de vérifier la validité de la formule
de Fersi dans les conditions de l’Atlas saharien.
Bassin versant
Oued Seggeur
jusqu’à Brezina
Bassin versant Oued
Namous en amont de
Hassi Mamoura
) Brezina
° Hassi Mamoura
Affleurements du continental
Intercalaire
Valable pour deux grands oueds de l’Atlas saharien, la formule de FERSI peut donc être
appliquée aux autres bassins versants du Système Aquifère du Sahara Septentrional. En
première analyse, on peut en dénombrer une trentaine, à partir desquels on peut estimer
que l’ensemble du ruissellement interannuel moyen sur le SASS serait de l’ordre de 1
Milliard m3/an, dont la moitié provient des bassins de l’Atlas Saharien4.
4
Oued Saoura et affluents non compris
31
Les commentaires du projet ERESS sur cette question sont édifiants : « La recharge de la
nappe du CI s’effectue par infiltration :
a) des ruissellements à la périphérie du domaine …notamment l’Atlas Saharien, le Dahar
…le Tademait, le Tinhert ;
b) des pluies d’années exceptionnelles sur le Grand Erg Occidental. …
Bien que les zones d’alimentation soient connues… il était impensable d’envisager une
campagne de mesures qui aboutisse à une évaluation sérieuse …. Il a été plus sage de
représenter ces zones par un potentiel imposé et de faire calculer par le modèle le débit
d’entrée … » « Il est très probable qu’une alimentation directe se produise sur les zones
d’affleurement du CT et le Grand Erg Oriental à la faveur de pluies exceptionnelles… Etant
donné l’impossibilité pratique d’évaluer l’importance de ce phénomène …il a été supposé
que toute l’alimentation provenait des limites du domaine… limites à potentiel imposé … »5
Il est vrai que trente années après l’ERESS, on en est toujours au même point sur cette
question, et que le modèle du SASS est amené à représenter l’alimentation de la même
manière que les modèles précédents. Cependant, il a été envisagé, en tout état de cause, de
tenter d’approcher les ordres de grandeur du phénomène, de sorte que, avant (ou après) la
construction du modèle, on puisse encadrer les données à introduire, ou critiquer les
résultats obtenus. Pour ce faire, les trois éléments suivants sont disponibles :
• les précipitations moyennes en tout point,
• la cartographie des affleurements perméables,
• une première évaluation des quantités ruisselées sur les bassins-versants.
Ces éléments ont permis une première estimation de l’alimentation avec ses deux volets :
5
UNESCO, 1972
6
situés dans les secteurs à nappe libre
7
DDC-Burgeap (1963), Geopetrole (1964), Unesco(1972), Srivastava (1983), Zammouri (1990), Geomath (1994)
32
II. 3. 2- L’Infiltration des Crues d’Oueds
En s’inspirant de travaux sur l’infiltration des crues des Oueds Zeroud et Merguellil8 et par
analogie, l’ensemble des infiltrations de crues sur le domaine du SASS pourrait se situer
autour de 300 Millions de m3/an. Il serait fort imprudent de vouloir aller au delà de la
recherche de tels ordres de grandeur en l’état actuel des connaissances.
8
Y.Nazoumou (2002)
33
III- BASE DE DONNEES ET SYSTEME D’INFORMATIONS GEOGRAPHIQUES
Le projet SASS s’est fixé comme objectif d’élaborer une base de données commune qui
permette l’intégration et la mise en cohérence de toutes les informations recensées, mais
également le recueil, l’intégration et la mise à jour de données nouvelles. Ceci nécessitait
que les bases de données nationales soient adaptées et homogénéisées, ce qui impliquait :
a) des structures de données et une codification homogènes ;
b) l’Interfaçage avec un système d’information géographique ;
c) l’Elaboration d’un module de liaison avec le modèle numérique.
La base de données rassemble toutes les informations existant sur la zone du SASS dans
une structure relationnelle facile d’accès et autorisant les traitements envisagés par l’étude.
Un premier diagnostic a permis de constater que les pays avaient lancé chacun pour sa part
des chantiers d’amélioration ou de refonte de leur système d’information pour regrouper les
données disparates et mettre en place des outils de traitement automatique des données. Il
y avait donc bien un besoin de structuration des données dont le projet SASS devait tenir
compte. Il fallait, à partir de l’ existant, confectionner une architecture qui couvre les besoins
du SASS et qui soit en conformité avec les objectifs de chacun des trois pays dans ce
domaine. La structure de la base envisagée pour le SASS va représenter un noyau commun
issu des trois BD.
Sur le plan des contenus, la situation était plus complexe : les fichiers inventoriés
présentaient de nombreuses hétérogénéités du fait de la diversité des outils et des
procédures de collecte. La raison principale est que les données recueillies pour les
traitements de modélisation étaient généralement considérées comme dissociés de la base
de données : les études de modélisation ne puisaient pas l’information dans des structures
relationnelles. En ce sens, on peut considérer que le SASS a été un projet innovant.
Sur le plan organisationnel, un mécanisme de mise à jour des données aux différents
échelons d’intervention (services régionaux, sièges des administrations, bureau du SASS)
était à mettre en place. Ce dispositif, basé sur des procédures formalisées et une répartition
des tâches entre l’équipe du SASS et celles des pays, constituait une étape importante pour
la mise en œuvre future d’une cellule de gestion concertée à l’échelle du bassin.
Trois niveaux de traitement ont été définis :
a) les services décentralisés, chargés de contrôler les données existantes, de
procéder à la collecte de données complémentaires, de recueillir et saisir des
informations nouvelles ;
b) Les services nationaux : qui administrent la base de données de la zone du
SASS et veillent à la cohérence d’ensemble des informations ;
c) L’équipe du SASS : qui assure la mise en cohésion des données issues des trois
pays et les traitements sur l’ensemble du bassin, et garantit in fine la mise en place
d’une base de données commune au niveau du SASS (qui pourra devenir la future
BD de la structure de gestion concertée),
Sur le plan technique, les outils hardware et software ont été définis en fonction de
plusieurs critères :
a) objectifs et exigences du projet SASS,
b) tendances technologiques du moment,
c) maîtrise des experts nationaux,
d) compatibilité avec les équipements et logiciels existants au sein des pays. Une
solution simple a été adoptée pour permettre une maîtrise parfaite de la part des experts
34
nationaux et par l’équipe permanente du SASS. La seule exigence était que cette
solution fût apte à prendre en charge les besoins du projet et évoluer en cas de
nécessité. Cette solution comporte :
• le SGBD « ACCESS » déjà largement répandu au sein des trois administrations,
• le SIG « ARCVIEW » également très utilisé dans le domaine des ressources
naturelles et bien interfacé avec ACCESS.
Les composants du SI
BD SIG
Maillage
Données numériques par maille
Résultats par maille
Modèle numérique
35
b) un SIG constitué de toutes les couches cartographiques nécessaires au projet
dans un même système de projection ;
c) un ensemble de modules spécifiques permettant de réaliser les traitements prévus
par le projet (préparation des données pour le modèle numérique, outils de
visualisation et d’analyse de données, dispositifs de saisie et de contrôle ).
L’unité de base étant le point d’eau, les informations gérées par la BD se regroupent en cinq
catégories :
Ø Identification – localisation des points d’eau
Ø Unités spatiales (administratives et physiques)
Ø Historiques (exploitation, piézométrie, qualité), paramètres hydrauliques.
Ø Données géologiques et lithologiques
Ø Liaison avec le modèle numérique.
Il est possible d’incorporer d’autres informations. Il suffit pour cela de respecter les règles
élémentaires des bases relationnelles et d’être familiarisé avec ACCESS 2000 pour réaliser
les extensions nécessaires.
Quant aux couches du SIG élaboré dans le cadre du projet, elles sont dans le système de
projection Lambert Sud aux caractéristiques suivantes :
Ø Ellipsoïde : Clarke 1880
Ø méridien central. : 2.7
Ø parallèle de réf. : 33.3
36
Ø latitude sud : 31.733928
Ø Latitude Nord : 36.866072
Ø False easting : 500135
Ø False northing : 300090
Il s’agit des principales couches suivantes :
a) Le fond topographique [courbes de niveau équidistance 100 mètres, réseau
hydrographique principal, agglomérations et localités importantes, voies de
communication, limites administratives, limites de la zone d’étude et extension des
aquifères] ;
b) Les couches thématiques [couvertures géologiques : affleurements des
principales formations, failles, coupes litho-stratigraphiques ; paramètres
hydrauliques : transmissivités, coefficients d’emmagasinement ; maillages du
modèle].
Les points d’eau constituent une couche dynamique qui provient directement de la base de
données. Cette organisation de l’information géographique combinée aux modules de
traitements spatiaux permet de multiplier les possibilités de production de cartes
thématiques : requêtes au sein de la base de données ou valeurs calculées par le modèle
numérique ( prélèvements par entité spatiale, piézométrie, rabattements, qualité de l’eau…)
Les outils développés dans l’environnement ACCESS ont été regroupés au sein d’un
package unique baptisé « SAGESSE » (Système d’Aide à la Gestion des Eaux du Sahara
Septentrional).
SIG
ARCVIEW
Modèle
numérique
SGBD
ACCESS
Données
Données
géographiques
numériques
37
L’idée d’élaborer un tel package répond au souhait de mettre en place un dispositif
permanent de recueil et de gestion des informations relatives au bassin du
SASS : SAGESSE comporte tous les éléments de base pour constituer un véritable tableau
de bord pour le suivi de l’exploitation des eaux du bassin. SAGESSE est conçu comme un
explorateur qui affiche les informations recueillies durant le projet sous forme tabulaire ou
géographique. Le basculement entre ces deux modes ainsi que le contrôle des couches SIG
se fait sur simple click, sans quitter l’environnement ACCESS.
Autour des noyaux constitués par le SGBD, un certain nombre de développements ont été
réalisés qui permettent : d’accéder aux fonctionnalités du SIG pour effectuer la plupart des
opérations de visualisation cartographiques, D’explorer le contenu de la BD avec des clés
d’entrée diverses (par aquifère, entité administrative, …), de préparer les données
nécessaires au modèle PM5, de réaliser les contrôles sur les données introduites et d’aider à
leur analyse par le biais de requêtes statistiques et de synthèse.
Le projet SASS a réuni une masse considérable d’informations issues de diverses sources.
Mais la diversité de ces sources entraîne fatalement des risques d’anomalies qu’il a fallu
repérer. Une bonne partie des données et plus particulièrement les historiques de
prélèvement et de piézométrie ont fait l’objet d’une analyse et d’un contrôle de validité.
Les Traitements préliminaires sur les données brutes ont notamment porté sur :
a) le traitement des coordonnées ;
b) l’identification unique des points d’eau ;
c) les procédures d’analyse statistique….
A l’avenir, il y a lieu de consolider les acquis du projet et la dynamique qu’il a engendrée par
les actions suivantes :
a) poursuivre les adaptations entamées sur les BD nationales et développer les outils
de gestion au niveau local ;
b) mettre en place un dispositif de transmission des données pour réaliser les
actualisations et la mise à jour de la base de données commune ;
c) constituer une cellule de gestion et d’administration de la base de données et du
SIG ;
d) mettre au point des procédures et des guides standardisés pour la collecte, le
contrôle et la validation des données.
38
IV- CARACTERISATION HYDRODYNAMIQUE DU SASS
Le tracé de la carte piézométrique d’un système aussi vaste que le CI comporte toujours un
certain degré de parti-pris : la représentation des écoulements constitue le premier
niveau de la modélisation hydrodynamique, qui implique qu’aient été arrêtées les idées
concernant les origines, les directions et les devenirs de ces écoulements ; or ceci n’est pas
chose aisée même si l’on dispose de mesures. Une telle carte n’avait pas encore été
dressée sur tout le territoire du SASS9. Des représentations portant sur des parties du
territoire existaient bien pourtant, chacune apportant sa part au progrès des connaissances
sur le système.
La première contribution d’envergure à la connaissance des écoulements du CI est sans
doute celle apportée par A. CORNET (1964) qui identifie deux directions principales de
circulation : l’une allant de l’Atlas vers l’axe de drainage du Gourara, du Touat et du Tidikelt,
la seconde zone de drainage principale étant constituée par « les chotts du Bas-Sahara dans
le Sud Constantinois et le Sud Tunisien ». Quelques années plus tard, l’étude commandée
par l’Organisme Technique de Mise en Valeur des Richesses du Sous-sol Saharien, réalisée
par SCG- BURGEAP(1963), concluait ainsi : «... L’hypothèse de la remontée des eaux du
Continental Intercalaire vers les Chotts du Sud Tunisien (Fedjej-Djerid) où elles
s’évaporeraient, doit être rejetée. L’exutoire principal de la nappe du CI paraît constitué pour
l’essentiel par les nappes Crétacées et Miocènes de la région de Gabès qu’elle alimente à
travers la grande faille d’El Hamma ». Cette vision sera adoptée par le projet qui fera de
l’«Exutoire Tunisien» l’unique sortie de la nappe dans le bassin central du SASS.
Les écoulements de la formation Kiklah vers le golfe de Syrte ont été décrits par GEFLI
(1978)10, puis par P. PALLAS (1978)11 qui confirme l’exutoire libyen, ainsi que les apports
en provenance respectivement des affleurements de l’Adrar ben Drich au Sud et du Djebel
Nefussa au Nord. Plus tard, GEOMATH (1994)12 va adopter une vision sensiblement
différente : les nappes de Kiklah et du Trias gréseux sont confondues, l’aquifère est limité
vers l’Est à la première faille du graben. Enfin vers le Nord les écoulements du Trias
l’emportent sur le Kiklah, lequel ne reçoit pas d’apport du Djebel Nefussa, et l’exutoire
principal est attribué à la nappe de la Djeffara, aussi bien en Libye qu’en Tunisie.
Dans le cadre du projet SASS, il a été nécessaire de construire une carte piézométrique
d’ensemble, qui présente un schéma d’écoulements cohérent sur l’ensemble du bassin. Le
résultat, fig.1-12, est une synthèse de toutes les précédentes contributions. Cette carte
définit les écoulements de la nappe du Continental Intercalaire à l’état « naturel », peu ou
pas influencé par les pompages. Cette représentation spatiale de la surface piézométrique
est soutenue par un certain nombre de mesures, non forcément toutes synchrones mais
datées de périodes antérieures aux pompages les plus significatifs.
IV. 2- Carte Piézométrique du CT
Comme pour le CI, la cartographie générale des écoulements à l’échelle de tout le Complexe
Terminal résulte de l’accumulation des contributions successives élaborées depuis quarante
ans, depuis la publication par A. Cornet (1964) de la première carte piézométrique couvrant
tout le « Continental Terminal » du Sahara. Parmi les contributions les plus significatives, on
9
Une représentation à petite échelle a été proposée par M. Besbes et M. Zammouri en 1988 : Extension en Libye
du modèle du CI algéro-tunisien; int. Conf. Comput. methods and water resources, Rabat.
10
GEFLI ; 1978 : Survey for the development of the Central Wadi Zone & Golf of Sirte ; Groudwater resources ;
Final synthesis report ; Text & App 2&3- water analyses, hydrogeol cross sections, maps.- ref : AL-WR-205.
11
P. PALLAS ;1980 :Water resource socialist people’s arab libyan republic. In Salem & Busrewille : the geology of
Libya ; Ac. Press ; vol II
12
GEOMATH ; 1994 : Western Jamahirya System; Hydrogeological Modelling of aquifers & well fields; Final
Report ; Text & pl. ref : AW-MI-579.
39
peut citer notamment Bel et Cuche (1969)13, le Projet ERESS (1972), A. Levassor (1975), A.
Mamou (1976 et 1990), Armines-Enit (1984), Srivastava (1983), Idrotecneco (1981), Gefli
(1978), P. Pallas (1978), Geomath(1994). L’ensemble de ces travaux a permis de dresser
une carte piézométrique « initiale » ou encore peu influencée, à l’échelle de toute la région
du SASS (fig.1-12. b), qui pourra servir de référence pour décrire le système en régime
permanent.
13
Bel et Cuche ; 1969 : Mise au point des connaissances sur la nappe du Complexe Terminal ; ERESS ; Ouargla.
40
IV. 3- Répartition spatiale des Transmissivités
la Zone à
surface libre
du Complexe
Terminal et
Continental Nappe libre
Intercalaire
Nappe captive
Nappe libre
41
V- EVOLUTION des PRELEVEMENTS et des NIVEAUX du SASS
14
En terme de valeur annuelle
42
En Libye, on ne dispose pas d’un historique individuel par puits : toute l’information
concernant les prélèvements est rapportée à des groupes de pompages ; nous disposons
d’une cinquantaine de Groupes pour l’ensemble de la Libye, ce qui est à priori insuffisant et
induit une concentration artificielle des pompages, certainement préjudiciable à la
représentativité des modèles à construire.
Fig. 1-14 : Evolution des Prélèvements sur forages, par aquifère16 et pays
27000
24000
21000
18000 GS
CI-Tun
15000
CI-Lib
12000
CT-Lib
9000 CT-Tun
6000 CT-Alg
CI-Alg
3000
0
1950
1952
1954
1956
1958
1960
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
Les évolutions Piézométriques les plus significatives du CI sont regroupées par secteur
géographique homogène et représentatif (fig.1-15) : Tamerna pour le bassin artésien à
fortes pressions au sol, Kef N°27 pour les zones proches de la surface libre, Chott Fedjej
pour la proximité de l’Exutoire Tunisien, le Djerid pour de très forts rabattements, le bassin
de Ghadamès et le graben de Hun enfin.
15
Great Man Made River Project
16
l’aquifère des Grès Supérieurs [GS] sera introduit plus loin, dans la partie « calage du modèle ».
43
Au CT, la présentation des courbes d’évolution piézométriques se fait également par
regroupements géographiques homogènes. Au CT Tunisie, on est confronté à une situation
peu commune : une multitude de forages observés, un très grand nombre de mesures, mais
peu de séries suffisamment longues pour autoriser une interprétation en connaissance de
cause de l’évolution du système aquifère sur une période aussi longue, 50 ans, que celle
qu’il serait légitime d’investiguer. Etant donnée la profusion des informations disponibles, il a
été tenté, pour faciliter le calage transitoire des modèles, d’établir, pour chaque groupe
géographique, une série-type, ou « courbe de synthèse », par agrégation des mesures
disponibles sur l’ensemble du groupe (fig.1-15).
Fig. 1-15 : exemples d’évolution générale, de 1950 à 2000, des niveaux piézométriques
au CI [Algérie, Libye] et au CT [Tunisie]
370
SIDI SLIMANE
360
TAMERNA
350
340
330 Oued Rhir
320
310
300
290
280
270
260
250
1950
1955
1960
1965
1970
1975
1980
1985
1990
1995
2000
322
321
318 WG 16
317
316
315
1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005
75
EL HSAY 1
05840005
70
65
EL HSAY 2
06800005
60
55
D o u z - El H s a y EL HSAY 3
06801005
50
45 S M ID A
1950
1953
1956
1959
1962
1965
1968
1971
1974
1977
1980
1983
1986
1989
1992
1995
1998
19092005
44
• Problèmes liés aux mesures de niveau et de pression
Les mesures de niveau piézométrique dans les forages sahariens se heurtent à de
nombreuses difficultés : la première tient à l'absence de piézomètres spécifiquement
voués aux mesures en raison de profondeurs importantes notamment pour le cas du
Continental Intercalaire. Les mesures sont donc effectuées sur des forages en
exploitation ce qui nécessite l’arrêt du pompage pendant de longues heures. Cette
opération rencontre une grande réticence de la part des usagers. La seconde est liée
aux forages jaillissants dont la fermeture n’est pas toujours possible, et qui ne sont
souvent pas équipés de prise manométrique dédiée à la mesure. On doit également
signaler la difficulté liée à la forte température des forages profonds qui nécessite
des corrections pas toujours aisées sur le terrain.
45
VI- CARACTERISTIQUES HYDROGEOCHIMIQUES du SASS
Les données sur les salinités et la composition chimique de l’eau sont inégalement
réparties : dans le temps, entre aquifères, entre pays. Celles relatives à la salinité sont de
loin plus nombreuses. Elles résultent d’opérations d’échantillonnage effectuées à la création
de l’ouvrage ou à l’occasion d’inventaires ou de mesures périodiques. Celles relatives à la
composition chimique sont bien moins nombreuses.
46
La salinité de l’eau du Complexe Terminal est largement influencée par les relations entre
cette nappe et ses épontes. Avec l’accroissement de l’exploitation, cette salinité a évolué.
Les deux principales sources potentielles d’augmentation sont les eaux des chotts et le
retour à la nappe des eaux de drainage dans les zones où le toit est peu épais. L’éventuelle
contamination à partir des eaux du Turonien plus salées, doit également être envisagée.
47
Fig. 1-17 : évolution de la salinité au forage Chott-fejej (CI), en mg/l
Les données isotopiques concernant l’activité en carbone 14 ont été rassemblées, ainsi que
les âges correspondants ( Conrad et Fontes, 1972 ; Gonfiantini & al, 1976 ; BRLi,1997) . A
partir des quelques 72 points d’eau du CI possédant des valeurs d’activité en C14, nous
avons pu déterminer les âges radiométriques correspondants. Les âges les plus élevés sont
de 45500 ans ; ils correspondent à des forages proches de l’exutoire Tunisien, ou encore
situés dans la partie méridionale du Graben de Hun. Les eaux datées les plus jeunes ont 25
ans ; elles se situent en première analyse dans les zones de recharge manifeste : le Dahar,
l’Atlas Saharien, le Grand Erg Occidental. Sur l’ensemble de l’échantillon, l’âge moyen est
égal à 18.000 ans.
Fig. 1-18 : Age (en années) des eaux du CI d’après la teneur en carbone 14
48
Il a donc été possible de collecter une série de données bien réparties dans le domaine du
SASS. Par interpolation sur un support cartographique, la fig.1-18 représente la répartition
des activités en C14 mesurées aux forages, traduite en ages-équivalents des eaux de la
nappe du continental intercalaire.
La lecture de la carte des âges rend bien compte à la fois du gisement géologique de
l’aquifère et de son comportement hydrodynamique. En effet, et bien qu’il soit difficile de faire
correspondre l’âge hydrodynamique des eaux avec leur âge radiométrique, on retrouve
clairement, dans la répartition spatiale des âges au C14, l’organisation du SASS selon les
trois Bassins géologiques et hydrodynamiques.
Dans le Bassin Central, les eaux sont toutes anciennes (sup. à 20.000 ans), et les âges
évoluent de la périphérie vers le Golfe de Gabès, indiquant bien une convergence des
écoulements en direction de l’Exutoire Tunisien, en provenance de l’Atlas Saharien, du
plateau du Tinrhert, et du Dahar.
Dans le Bassin Occidental, les eaux sont toutes jeunes (inf. à 10.000 ans). Tout au long de
leur parcours, de la zone de recharge principale qu’est l’Atlas Saharien, vers la zone
d’exutoire principale qu’est la vallée du Gourara, du Touat et du Tidikelt, les eaux du
Continental Intercalaire continuent de se renouveler au cours de leur cheminement. Cette
observation est en parfaite cohérence avec la géologie régionale ; en effet, le CI n’est plus
recouvert ici par le Crétacé supérieur et la nappe du CI est à surface libre.
Dans le Bassin Oriental, les eaux sont anciennes. Mais contrairement à ce que l’on observe
autour de l’exutoire tunisien où il y a concordance entre l’hydrodynamique et l’évolution des
âges, c’est tout à fait l’inverse que l’on observe ici. En effet, la source de Taourgha, qui se
trouve dans la zone d’exutoire, est elle même issue d’un mélange d’eaux anciennes du CI et
d’eaux plus jeunes (moins profondes) du Complexe Terminal ; de ce fait ce n’est pas là que
l’on observe les âges les plus élevés. Paradoxalement, les valeurs les plus fortes se trouvent
à l’amont de l’écoulement, à la limite sud là où Kiklah se trouve directement en contact avec
les eaux du Paléozoïque du Djebel Hassaouna. Si l’on admet que ces dernières
appartiennent bien à la catégorie des « eaux fossiles », l’anomalie des âges s’explique
parfaitement : le CI est ici « rechargé », « renouvelé », non pas par des eaux actuelles mais
par les eaux anciennes du Cambro-Ordovicien.
49
DEUXIEME PARTIE :
E L A B O R A T IO N E T
E X P L O IT A T IO N D U M O D E L E
M A T H E M A T IQ U E
I- CONSTRUCTION DU MODELE DU SASS
Dans la partie libyenne du SASS, c’est une quinzaine d’années plus tard que paraîtront
trois autres contributions fondamentales, qui fixeront un niveau de connaissances des
systèmes hydrogéologiques toujours en vigueur. Il s’agit de :
• La synthèse publiée par P.PALLAS en 1980 : « Water resources of the Socialist
People’s Arab Libyan Republic »5. Il s’agit de la première contribution à une
compréhension cohérente du fonctionnement de l’ensemble des formations aquifères du
SASS.
• La construction, par IDROTECNECO, du premier modèle régional6 représentant
l’ensemble des couches aquifères qui nous intéressent : Kiklah, Upper Cretaceous,
Cambro Ordovicien.
• L’étude GEFLI7 réalisée en 1978. Cette étude est très riche de corrélations géologiques
profondes, qui permettent de délimiter la fermeture orientale du domaine du SASS non
pas à la faille de Hun mais jusqu’au Golfe de Syrte, intégrant ainsi la source de
Tawargha et la drainance en mer dans le système, ensemble que l’on peut désigner par
« l’Exutoire Libyen de la nappe du Continental Intercalaire ».
1
Rev. de géogr. phys. et de géol. dyn. (2), vol. VI, fasc.1 ; 5-72, 1964.
2
« Etude géologique du Continental Terminal », DEC, Alger, 1966.
3
réalisée sous la direction de M.GOSSELIN par BURGEAP & la Direction des Carburants (IFP) pour le compte de l’Organisme
Technique de Mise en Valeur des Richesses du Sous-Sol Saharien, 1963.
4
GEOPETROLE ; 1963 : Etude analogique de la nappe du Continental Intercalaire saharien, réalisé pour l’org. de mise en
valeur sous-sol saharien.
5
In « The Geology of Libya ; Ac. Press ; vol. II ; Salem & Busrewille(ed)»,1980.
6
« Hydrgeological Study of Wadi Ash Shati, Al Jufrah and Jabal Fezzan area. Annex. 3 : Construction of the Model, Final
Report », 1982.
7
Survey for the development of Central Wadi Zone & Golf of Sirte ; Groundwater resources, 1978.
51
Ces six contributions fondamentales ont par la suite été enrichies et complétées par
d’importantes études et notamment les modèles de simulation construits au cours de ces
trente dernières années. Parmi ces contributions, celle du Projet ERESS8 (1972) demeure
incontestablement parmi les plus essentielles par la disponibilité et la robustesse des outils
de simulation proposés, la pédagogie et la clarté des documents produits.
Après l’ERESS, on peut noter, pour ce qui concerne la partie algéro-tunisienne des
réservoirs, les importantes contributions du projet Rab809, celles d’ARMINES10,d’ARMINES-
ENIT11, de A.MAMOU12 pour la revue critique et l’actualisation des données tunisiennes et
de Brl-Ecole des Mines13. Pour ce qui est de la partie libyenne du réservoir, on peut
considérer que les points de vue actualisés doivent être recherchés respectivement dans
GEFLI (1978) pour la partie orientale et dans GEOMATH14 et BRL15 pour la partie centrale et
la Hamada El Hamra proprement dite, ainsi que dans l’article de Pizzi et Sartori16.
On doit enfin noter qu’une première modélisation intégrale du Continental Intercalaire
Saharien, à l’échelle Algéro-Tuniso-Libyenne, a été présentée par BESBES et ZAMMOURI17
(1988) et ZAMMOURI (1990)18.
8
Etude des Ressources en Eau du Sahara Septentrional, UNESCO, 1972.
9
Actualisation des Modèles ERESS, PNUD, 1987.
10
Modélisation multicouche de l’Oued Rhir, 1975.
11
Sous Modèle Nefzaoua-Djerid, 1984.
12
A.Mamou : caractéristiques, évaluation et gestion des ressources en eau du sud tunisien, th. Doct. Paris Sud, 1990
13
Modèles du CT et du CI, CDARS, 1998.
14
Western Jamahirya system hydrogeological modelling of aquifers and well fields; final report.
15
Ghadames Project water resources ; Mathematical Model, 1997.
16
Journal of Hydrology, 75 ; 1984.
17
M. Besbes, M. Zammouri; 1988 : Extension en Libye du modèle du CI algéro-tunisien ; int. Conf. Comput. methods and water
resources, Rabat
18
M.Zammouri : Thèse de Doctorat, Fac.Sc.Tunis,1990.
19
B. Abidi : La nappe du Continental Intercalaire du Sud-Est tunisien ; Rapp.int. DGRE/OSS ; Déc. 2001
20
B. Ben Baccar : La nappe du Continental Intercalaire au niveau du Sillon des chotts-Nefzaoua, caracteristiques géologiques,
hydrogéologiques et relations avec la plateforme saharienne ; rapp.int.DGRE/OSS ; Mai 2002
21
L. Moumni: La nappe des grès de Sidi Aich ou Continental Intercalaire du Djerid;Rapp.int.DGRE/OSS;Nov.2001
52
Modélisation, Il a été décidé de limiter la représentation du CI en Tunisie à une structure
Bicouche comprenant :
a) le Continental Intercalaire sensu-stricto, constitué au sud par le Wealdien et
l’Albien, et au Nord par le regroupement de la formation Kbar el Haj avec les Grés
du Chott et les Grés à Bois ;
b) les Grés Supérieurs dont la singularité se justifie par un comportement
piézométrique atypique sans relation avec le Continental Intercalaire.
Le nouveau schéma structural du Modèle du SASS (fig. 2-1) va donc comprendre une
couche aquifère supplémentaire : l’aquifère des « Grès Supérieurs ». Par ailleurs, la nouvelle
délimitation du CI dans la région de Gabès comprend une importante lacune correspondant
au Mole du Melaab, d’où l’aquifère est considéré22 absent.
Fig. 2-1 : Schéma structural du Modèle du SASS
CHOTTS MEDITERRANEE
TURONIEN - NALUT
CENOMANIEN
GRES SUPERIEURS
CONTINENTAL INTERCALAIRE - KIKLAH
CARBONIFERE
CAMBRO - ORDOVICIEN
22
l’absence d’aquifère sur le mole du Dj. Melaab a été reconnue dès la construction du premier modèle du CI par
GEOPETROLE (1963). Le premier modèle ERESS (Franlab, 1972)a conservé cette lacune dans une première étape de calage,
puis a opté pour « la mise en eau » du mole afin d’élargir l’exutoire tunisien et pouvoir y faire transiter un débit plus important.
C’est ce dernier schéma qui a été adopté au cours des premières phases d’ajustement du modèle SASS, schéma auquel il a
été renoncé au terme de l’analyse structurale fine du CI élaborée dans le sud tunisien.
53
« château d’eau du Continental Intercalaire ». Une telle extension doit permettre de
simuler sur le modèle l’exploitation de ces réserves, même si, en raison des difficultés
d’accès, ces régions sont encore peu reconnues.
Pour ce qui concerne les limites orientales en Libye adoptées dans le modèle, on peut
noter que :
a) La limite Sud-Est est une limite naturelle d'extension des formations du Crétacé
inférieur, qui sont ici en continuité avec l'aquifère cambro-ordovicien ;
b) Au Nord-Est les formations gréseuses du Continental intercalaire passent à des
carbonates dolomitiques et ce changement de faciès se traduit par une importante
réduction des transmissivités le long de la côte, mais l’aquifère se poursuit en mer ;
c) A l’Est, les formations aquifères du Crétacé inférieur se poursuivent bien au delà
du graben. A l’Est du méridien 16°E, l'aquifère du CI présente de faibles
transmissivités et une forte salinité.
De ce fait il perd de son intérêt, mais en raison de la présence d’importantes exploitations
(Wadi Washkah, Wadi Zamzam, Wadi Bayy al Kabir) situées à proximité, la limite
adoptée du CI utile est positionnée le long du méridien 16°30’ pour que le modèle puisse
éventuellement estimer les effets d'un accroissement de prélèvement dans cette zone
limitrophe.
• Pour ce qui concerne le Complexe Terminal
Le modèle du SASS forme l’union du CT de l’ERESS, de la formation « Upper
Cretaceous» de GEOMATH, et des formations Mizda et Nalut représentées par GEFLI.
Les limites occidentales et septentrionales du CT sont les mêmes que celles adoptées
par l’ERESS et sont des limites naturelles. Au Nord, la limite suit le tracé de la flexure
atlasique et correspond à la limite d’extension du Miopliocène
Dans le Sud du Sahara Algérien, où l’ERESS s’était arrêté arbitrairement au parallèle
30°, les limites du modèle ont été repoussées vers le Sud jusqu’aux limites naturelles
d’affleurements du Sénonien Carbonaté telles qu’elles ont été décrites par Bel et
Demargne (1966) ; ceci permet ainsi de mieux tenir compte des réserves à surface libre
représentées par les volumes importants d’aquifères qui n’avaient pas été pris en
compte.
La partie orientale du CT passe, à la faveur du graben de Hun, au bassin de Syrte où la
sédimentation tertiaire fortement développée prend la place du Crétacé supérieur qui
s'enfonce profondément et devient très peu transmissif et salé.
Les limites du Modèle adoptées pour la couche du CT correspondent aux limites
naturelles des deux aquifères du Cénomano- Turonien (Nalut) et du Sénonien (Mizdah),
correspondant au nord et au sud, à la limite d'extension de ces formations. A l'Est, les
formations existent encore sous la couverture tertiaire mais au delà du méridien 16°30,
les deux aquifères deviennent très peu transmissifs et salés. C’est cette limite qui a été
fixée à l’Est du CT.
• Pour ce qui concerne le Turonien
Cette couche possède les mêmes limites que le CT, sauf sur le Dahar et le Djebel
Neffussa où les aires d’affleurements diffèrent légèrement.
54
Fig. 2-2 : Limites respectives du CI et des Grès Supérieurs
G.su
CI
( )
∂ Tx ∂h + ∂ Ty ∂h + qH +qB = S ∂h + q
∂x ∂x ∂y ∂y ∂t
qH = Kv H H − H C ; qB = Kv H B − H C
eH eB
où :
Tx est la Transmissivité de l’aquifère selon Ox
Ty est la Transmissivité de l’aquifère selon Oy
Ox et Oy sont les axes principaux d’anisotropie
qH est le Flux spécifique de Drainance vers le Haut
qB est le Flux spécifique de Drainance vers le Bas
h est la Charge hydraulique dans l’aquifère
Hc est la charge hydraulique moyenne dans la maille courante
HH est la charge hydraulique moyenne dans la maille supérieure
HB est la charge hydraulique moyenne dans la maille inférieure
Kv est la perméabilité verticale de la couche semi-perméable
eH est l’épaisseur de la couche semiperméable supérieure
eB est l’épaisseur de la couche semiperméable inférieure
55
I. 5- Le logiciel de simulation
L’outil de simulation devait garantir que le modèle du SASS pût être facilement transportable
entre les trois pays, ce qui impliquait une implantation sur PC et un système d’exploitation
accessible. Le meilleur outil aujourd’hui disponible et remplissant ces conditions est le
logiciel Processing Modflow, PMWIN, élaboré par W. H. Chiang et W. Kinzelbach23. En plus
des conditions aux limites usuelles (potentiel imposé, flux imposé et condition mixte de
Cauchy), des conditions particulières peuvent être schématisées : faille, évapotranspiration
et échange nappe souterraine - écoulement superficiel. D’autres aspects de la modélisation
peuvent être traités comme le dénoyage, le déplacement de la limite nappe libre-captive, la
subsidence et les écoulements densitaires dus à la salinité ou à la température.
L’introduction des données s’effectue maille par maille, ce qui présente certains
inconvénients à la saisie des historiques de prélèvements lorsque, précisément comme c’est
le cas du SASS, ces historiques sont très longs et affectés non à des mailles mais à des
milliers de forages. L’équipe du projet a dû développer un programme d’interfaçage entre la
base de données du SASS et PMWIN pour automatiser l’introduction des historiques de
débits. Quant à la présentation graphique des résultats, elle peut être enregistrée sous
format DXF, HPGL ou BMP. Toutefois, il était préférable que les cartes de valeurs
(piézométrie, rabattements, paramètres hydrauliques,...) puissent être enregistrées sous
forme de fichiers ASCII ou de fichiers directement accessibles sous SURFER ou ARCVIEW
pour une présentation personnalisée des résultats. Une telle option a également été
introduite pour la présentation des séries chronologiques.
23
Wen Hsing CHIANG & Wolggang KINZELBACH : 3-D Groundwater Modeling with PMWIN,
Springer-Verlag, 2001
24
Il est vrai que la connaissance des niveaux piezométriques dans cette région précisément est
encore très médiocre, et il en va de même pour les transmissivités. Cet état de fait sera commenté
lors de l’examen des résultats du calage en permanent. C’est la raison pour laquelle on s’est attaché à
respecter les ordres de grandeur des estimations de recharge déjà proposées par les prédécesseurs
du projet SASS, qui ont été confortées et confrontées par la brève analyse hydrologique présentée
dans la première partie.
56
• Limite Sud-Ouest
Dans la vallée du Gourara, du Touat et du Tidikelt, le chapelet des foggaras est
représenté par une ligne de drains, dont le débit devrait être restitué par calage du
modèle. La sebkha de Timimoun est également représentée par des drains.
• Limite Sud
A l’Est de In Salah et jusqu’à la Dorsale d’Amguid où le CI est absent, il s’agit d’une
limite à flux nul. Dans le Tinrhert, les apports par les affleurements de l’Adrar Ben Drich,
sur une longueur d’environ 400 km à cheval sur la frontière, sont déduits de conditions
de potentiels dont les valeurs sont tirées de la carte piézométrique. Plus à l’Est et
jusqu’au graben de Hun, le CI se termine par une limite imperméable, sachant que sur
une grande partie de cette région, le contact avec le Cambro-Ordovicien va déterminer
d’importants échanges verticaux.
• Limite Est
Il n’existe pas de limite hydraulique précise à l’est du réservoir. La limite du modèle est
ici représentée par une condition de potentiels imposés à travers une résistance, qui
autorisera de procéder à une première estimation des échanges de cette nappe du CI
avec son prolongement oriental saumâtre, que ce soit à l’état actuel ou encore lors des
simulations prévisionnelles.
• Golfe de Syrte
Le Continental Intercalaire, relayé ici par des formations carbonatées moins perméables,
se prolonge en mer. Le modèle se termine par une série de potentiels imposés à travers
une résistance, en mesure de simuler les percolations en mer à travers le toit de la
nappe captive du CI.
• Limites Nord Libye et Est Tunisie
Marquée par les affleurements du CI sur les hauteurs du Dj. Nefussa et du Dahar, cette
limite contribue à l’alimentation de la nappe. Elle est figurée par une série de potentiels
imposés qui déterminent, par calage du modèle, les débits d’infiltration.
• Seuil d’El Hamma
Ce seuil est représenté par des conditions de Drains, où sera calculé par le modèle le
débit qui transite à travers l’exutoire tunisien.
• La représentation du Cambro-Ordovicien
Le Cambro-Ordovicien (COD), se présente sous forme d’une couche de mailles à
potentiel imposé. Sa représentation doit aider à déterminer les flux qu’il peut apporter au
Continental Intercalaire en régime d’équilibre ; apports qu’il est susceptible de reprendre
plus tard après la mise en exploitation des champs captants du Dj Hassaouna, ainsi que
le laisse présupposer la faible épaisseur de la couche semi-perméable de séparation (le
Carbonifère) et le contact direct très développé entre les deux aquifères ( CI & COD)
dans ce secteur.
Limites du Complexe Terminal
• Limite Nord des Chotts, de Biskra à Gafsa
Cette limite suit le tracé de la flexure Atlasique et correspond à la limite d’extension du
MioPliocène vers le Nord. La région est marquée par l’occurrence d’importants
ruissellements des Aurès et du bassin de Gafsa, mais la contribution de ces apports à la
nappe est limitée d’une part par la surface réduite des affleurements et par des
Transmissivités relativement faibles à l’amont. En tout état de cause, cette limite est
figurée par des potentiels imposés.
• Limite Nord-Ouest : Atlas Saharien
Elle correspond à l’extension des formations Moi-Pliocènes du Bassin Central, qui
surmontent l’Eocène moyen imperméable. Cette limite est représentée par des potentiels
imposés.
57
• Limite Ouest et Sud-Ouest
Elle correspond au tracé de la dorsale du Mzab, et s’étend sur près de 400 km depuis le
32è jusqu’au 28è parallèle. C’est la limite d’extension à l’Ouest de la nappe du Complexe
Terminal ; elle reçoit les apports des crues des oueds dévalant la dorsale et l’infiltration
aux affleurements du Sénonien carbonaté et du Moi-Pliocène. Elle est représentée par
des conditions de potentiel imposé.
• Limite Sud-Algérie
Entre les parallèles 29° et 28°, et de la dorsale du Mzab à la frontière Libyenne, elle
correspond à la limite d’extension sud du Sénonien carbonaté. Ces formations
s ‘étendent sur les plateaux du Tademait et du Tinrhert, dominés par l’isohyète 20 mm.
c’est dire si l’infiltration directe des précipitations ne devrait pas constituer la source
d’apports dominante. Mais cette limite reçoit les apports de l’Oued Mya, et elle est
traversée par le lit fossile de l’Oued Igharghar, dont le bassin versant s’étend jusqu’au
massif du Hoggar. Cette limite est représentée par des potentiels imposés.
Fig. 2-3 : Conditions aux limites du Modèle adoptées en Régime Permanent
1 : Potentiel imposé
2 : Condition de drain (Chott ,mer, Sebkha)
3 : Condition de drain (Limite orientale)
58
• Limite Sud-Libye
Entre les Méridiens 10° et 14°, elle correspond à la limite d’extension sud du Crétacé
supérieur. Elle est représentée par des conditions de Potentiel imposé.
• Limite orientale du Modèle : Elle est représentée par une condition de flux nul.
• Limites Est Tunisie et Nord Libye ; Dahar et Dj. Nefussa
Faute de disposer d’une estimation préalable des apports le long de ces limites, celles-ci
sont figurées par des conditions de potentiel imposé.
• Représentation des percolations internes ; les conditions de Drains
Les exutoires naturels de la nappe sont représentés par des conditions de drains, qui
simulent la percolation du CT vers les systèmes suivants :
a) les chotts Melrhir, Merouane, Djérid et Rharsa.
b) les sebkhas El Hajira, Ngoussa, Mjazzam et Tawergha.
c) la Méditerranée dans le Golfe de Syrte.
d) les sources du Djérid et de la Nefzaoua
e) la source Ain Tawergha et celle de l’Oued Kaam
59
II- LE CALAGE DU MODELE DU SASS
60
• Nouvelle configuration structurale du CI en Tunisie
La nouvelle structure adoptée pour le CI dans le Sud Tunisien comprend deux aquifères ;
l’aquifère inférieur représente les formations du CI au sens strict, l’aquifère supérieur
représente les « Grès Supérieurs ». Dans la nouvelle configuration, le mole du Melaab a
été exclu de l’aquifère. Quelques calculs préliminaires montrent que le débit calculé en
régime permanent de l’exutoire Tunisien ne peut dépasser 1,8 m3/s (alors que le débit
généralement admis de cet exutoire est de 3,6 m3/s). La recharge du CI par le Dahar
chute à 0.6 m3/s, alors qu’elle était de 2.6m3/s sur le Modèle de Juin 2001.
61
Modèle soit bien celle qui servira à réaliser les simulations d’exploitation future des
ressources en eau du SASS.
62
Fig. 2-4. b : CT – Régime Permanent – Courbes piezometriques calculées
(en mauve) et courbes de référence tracées (en bleu)
CT CI G r è s S up SASS
E n trées m 3 /s
A limentation totale 18,2 9 ,4 2 7 ,6
A p p o rt C a m b ro-O rdovicien 2 2
D rainance H a u t - 0 ,5 [0,5]**
D rainance Bas 5 ,4 - 0 ,4 [5,8]**
T o tal 23,6 11,9 0,41 3 5 ,9
S o r tie s m3/s
Chotts & Sebkhas
Tunisie 5,95 - 0,26 6,2
A lgérie 2 ,7 0 ,2 2,9
L ibye 0 ,2 - 0,2
G o lfe de Syrte 0 ,6 0 ,8 1,4
Exutoire tunisien - 3 ,1 3,1
S o u rces ou Foggaras:
Tunisie 2 - 2
A lgérie - 3 ,6 3,6
L ibye 2 ,3 - 2,3
Pompages 7 ,5 0 ,5 8
D rainance H a u t - 3 ,7 0,15 [3,85]**
D rainance Bas 2 ,4 0 [2,4]**
T o tal 23,6 11,9 0,41 3 5 ,9
** la drainance représente des flux internes au systèm e , flux à s o m m e nulle
63
II. 3- Calage du modèle en régime transitoire
Tableau 2-2 – Débit des Sources Observé sur la période 1950-2000 (l/s)
1950 1960 1970 1980 1990 2000
Sources Tunisie 2.02 1.76 1.52 0.76 0.02 0.01
Ain Tawargha 2.13 2.06 2.00 1.87 1.83 1.77
Foggaras 3.6 2.7
64
Fig. 2-5 : Rabattements observés et calculés aux puits-témoins
1950 1960 1970 1980 1990 2000 1950 1960 1970 1980 1990 2000
0 0
10 5
20 10
30 15
40 20
50 CF1bis 25 Douz El Hsay
CI CT
60 30
1950 1960 1970 1980 1990 2000 1950 1960 1970 1980 1990 2000
0 0
20
0.2
40
60 0.4
80 0.6
100
0.8
120 Tamerna Gassi Touil CT
CI
140 1
1950 1960 1970 1980 1990 2000
1950 1960 1970 1980 1990 2000
0
0
1 CT
CI 5
2
3 10
4
15
5
6 20
7 Ghadames MW-1219 Zemzem P6 2128
8 25
65
Fig. 2-6 : Position des Séries retenues pour le calage du CI, des «Grés sup» et du CT
66
La carte piézométrique 2000 du CT indique que les lignes principales de l’écoulement
sont conservées, en direction des chotts algériens et tunisiens et du golfe de Sirte.
Néanmoins, l’écoulement est très fortement marqué par les pompages du Djérid, de la
Nefzaoua et de la vallée de l’oued Rhir.
Etant donné qu’un rabattement excessif dans ce secteur, peut engendrer une éventuelle
inversion des écoulements, on doit comparer la piézométrie calculée en 2000 à la cote
des chotts.
On constate une évolution très nette entre 1950 et 2000 : en Tunisie, toute la Nefzaoua
et le Djerid, où la nappe était franchement artésienne en 1950, présentent aujourd’hui,
sous l’effet de rabattements généralisés de l’ordre de 25 m, des niveaux piézométriques
tout juste en équilibre avec le niveau du Chott Djerid (cf. fig.3-2). A l’avenir, cette
situation ne peut qu’empirer, sauf à diminuer le rythme des prélèvements. En Algérie, la
situation est encore plus préoccupante au Chott Merouane où la piézométrie du CT se
trouve d’ores et déjà sous la cote du chott, en situation d’ «appel».
Le calcul du Bilan 2000 du SASS permet les observations suivantes :
a) la somme des recharges du système (y compris l’apport du COD) totalise 30. m³/s,
ce qui représente 43% de l’ensemble des prélèvements par forages (70. m³/s) ;
b) La contribution des réserves ( « apport par rabattement ») représente 46. m³/s, soit
66% des pompages ;
c)Le débit de l’Exutoire Tunisien accuse une diminution de près de 55 % ;
d) On note également la très forte diminution des sorties du CT vers les chotts et les
sebkhas : 2. m3/s en 2000 contre 8.6 m3/s en 1950. Cette évolution (certes prévisible
du fait des prélèvements affichés et des rabattements observés) constitue, si elle
devait se poursuivre, le prélude à des bouleversements majeurs et peut-être
irréversibles dans la région des chotts.
A la lecture de ce qui précède, et à l’examen de l’évolution des rabattements en fonction
du temps, on peut d’ores et déjà prévoir que les rabattements continueront de
progresser, même si l’on décidait de bloquer les pompages à leur niveau actuel.
L’amplitude de cette progression, dans le temps et dans l’espace, reste à préciser : ce
calcul constitue l’objet de la Simulation prévisionnelle Zéro, la première à envisager sur
le modèle
BILAN du SASS (CI & CT) en 1950 et 2000 [Grès Sup inclus dans CI]
CONTINENTAL INTERCALAIRE 1950 2000 COMPLEXE TERMINAL 1950 2000
Entrées (m3/s) Entrées (m3/s)
Alimentation 9,4 9,4 Alimentation 18,2 18,2
Drainance Turonien 0,5 0,8 Drainance Turonien 5,4 6,9
Apport Cambro-Ordovicien 2,0 2,7
Contribution des réserves 0,0 21,5 Contribution réserves 0,0 24,9
Total Entrées 11,9 34,4 Total Entrées 23,6 50,0
Sorties (m3/s) Sorties (m3/s)
Pompages 0,5 27,3 Pompages 7,5 42,8
Algérie 0,5 21,3 Algérie 5,9 20,9
Tunisie 2,7 Tunisie 1,2 14,5
Libye 3,3 Libye 0,4 7,4
Drainance Turonien 3,4 1,7 Drainance Turonien 2,4 2,7
Saoura & S.Timimoun 0,2 0,2 Source Ain Tawargha 2,0 1,6
Foggaras 3,6 3,1 Chotts Algérie-Tunisie 8,6 2,0
Exutoire Tunisien [Chott Fejej inclus] 3,4 1,5 Kaam & Syrte 1,1 0,9
Golfe de Syrte 0,8 0,6 Sources Nefzaoua Djrerid 2,0 0,0
Total Sorties 11,9 34,4 Total Sorties 23,6 50,0
67
Fig. 2-7. a et b : Carte des Rabattements 1950-2000 restitués par le modèle
68
III- REALISATION DES SIMULATIONS EXPLORATOIRES
Les simulations exploratoires doivent permettre d’évaluer la capacité du SASS à réaliser, sur
un plan hydraulique, les objectifs définis par les pays. Il s’agit à ce stade de dire jusqu’où on
peut aller en termes de développement des ressources en eau, et étant données les
incertitudes qui existent aussi bien au niveau des paramètres hydrogéologiques,
qu’économiques ou sociaux, et qui pourraient engendrer des précisions illusoires en termes
d’hypothèses de travail et de résultats, il a été décidé de mener les calculs sur le long terme
69
Ø En Libye, on prévoit une demande totale additionnelle égale à 840 Mm3/an en
2030. La contribution du GMRP25 aux besoins du Bassin de Hamada el Hamra est
estimée à 300 Mm3/an. Il subsistera donc un déficit de 540 Mm3/an à l’horizon 2030.
L’un des scénarios envisageables suppose la résorption du déficit par
l’accroissement de l’exploitation des aquifères du bassin et ce au prorata des débits
pompés en 2000. Les conditions de réalisation de ce scénario, dénommé « Scénario
de résorption des déficits 2030 », ainsi que les résultats obtenus seront présentés
dans le chapitre intitulé « Réalisation des simulations prévisionnelles ».
Les Simulations exploratoires réalisées par ailleurs en Libye concernent les deux
programmes suivants :
Le Champ de Pompage prévu dans la région de Ghadamès-Derj, correspondant à la
dernière phase du GMRP, où doit être mis en exploitation un débit additionnel de 90.
Mm3/an [BRLi, 1997].
Le Champ captant du Dj. Hassaouna, où doit être mis en place un prélèvement, en régime
de croisière, équivalent à 2.Mm3/jour, [SPLAJ-GMRP, Brown & Root, final report, simulation
N°6, GEOMATH, Dec.1994], soit un débit de près de 23.m3/s, par pompage sur la nappe des
grès du Cambro-Ordovicien. Cette nappe n’est pas explicitement représentée dans notre
modèle ; elle est figurée par une couche de mailles dont les niveaux sont imposés avec une
possibilité de variation dans le temps, qui sera déduite à partir des résultats du modèle
Geomath.
25
Great Man Made River Project.
70
III. 2- Résultats des simulations exploratoires
71
III. 2. 2- Algérie : Hypothèse Forte
Résultats en termes de Rabattements et Niveaux
Les figures 2-9.a et b présentent respectivement :- La carte des Rabattements 2050 au CI
après déduction des rabattements de la Simulation Zéro et que l’on désigne par
« rabattements nets » ; - La carte des niveaux piézométriques 2050 du CI correspondant à
la même simulation.
72
Rabattements Bruts VS Rabattements Nets
si en un point donné et à un instant donné, s0 désigne le rabattement calculé lors de la
simulation zéro, sb désigne le rabattement brut ou rabattement calculé lors d’une simulation
exploratoire quelconque, alors sn, tel que : sn=sb-s0 désignera le rabattement net
correspondant à cette simulation exploratoire.
III. 2. 3- Libye : Ghadamès Field
Cette simulation représente le pompage continu d’un débit de 2.85m3/s au champ captant de
Ghadamès-Derj (Continental Intercalaire) de 2001 à 2050. Les rabattements nets (impact
spécifique au champ de Ghadamès, déduction faite des effets du maintien de l’actuel) sont
présentés ci-après.
Fig. 2-10 : Ghadamès Field; Rabattements nets 2050 au CI (en m)
Fig. 2-11 :
Dj. Hassaouna ;
Rabattements nets
2050 au CI (en m)
73
III. 2. 5- Bilans à l’horizon 2050
Les Bilans calculés en 2050 pour chacune des simulations effectuées sont présentés ci-
dessous pour chacun des aquifères: CT, CI. Dans un autre tableau, nous présentons
l’évolution, pour chacune des simulations et depuis 1950, du débit des trois principaux
exutoires naturels du Bassin Saharien : source de Tawargha, Exutoire tunisien, Foggaras.
74
En Libye, les rabattements sont d’environ 25m sur une bande de 100 km x 300 Km entourant
les principaux centres d’exploitation : Bani Walid, Wadi Zamzam, Wadi Ninah, Sufajin.
Ailleurs, les rabattements calculés sont de l’ordre de 10m dans l’ensemble de la Hamada El
Hamra.
La détermination des profondeurs des Niveaux Piézométriques montre que les limites
d’artésianisme calculées en 2050 ne sont pas très éloignées des limites actuelles : la perte
d’artésianisme se trouve limitée aux secteurs d’El Borma et de Ghadamès.
au Complexe Terminal
En Algérie, les rabattements 2050 dépassent 30m dans toute la vallée de l’Oued Rhir au
Nord de Toggourt ; ils atteignent 60m au nord des chotts.
En Tunisie, les rabattements se situent entre 20 et 30m dans tout le Djerid et la Nefzaoua.
En Libye, le maximum des rabattements (de l’ordre de 60m) se trouve au Sud-Est, autour
des groupes de Soknah, Hammam et Ferjan.
Par ailleurs, la carte des Niveaux Piézométriques et celle des profondeurs des NP par
rapport au sol, indiquent clairement, par comparaison à la situation actuelle, la disparition
totale de tout artésianisme dans la région des Chotts algéro-tunisiens. On peut même noter
que les Chotts Merouane et Melrhir se trouvent totalement « suspendus » au dessus de la
surface piézométrique du CT et il en est de même en Tunisie aussi bien dans le Djerid que la
Nefzaoua, avec tout ce que cette situation particulière, inconnue jusqu’ici dans la région,
peut impliquer comme risques de « réalimentation » de la nappe du CT par les eaux des
Chotts. Du point de vue du risque de contamination par le sel, ces secteurs sont donc d’ores
et déjà fortement exposés et ce, sans même l’ajout d’aucun prélèvement nouveau :
la simple poursuite des rythmes de prélèvements actuels y constitue un danger
potentiel majeur.
En Libye, l’artésianisme a baissé, et dans la zone côtière de Khoms-Zliten on voit apparaître
deux plages où le niveau piézométrique est plus bas que le niveau de la mer, ce qui
représente un risque inacceptable d’inversion des écoulements.
75
III. 3. 2- Effets de l’Hypothèse Forte
au Continental Intercalaire
Si l’on considère les rabattements « nets »calculés en 2050, on peut noter des valeurs
extrêmement fortes autour des principaux champs captants : Ghardaia, Oued Rhir, El Oued,
Ouargla, où elles sont de l’ordre de 300 à 400m. Dans l’Adrar, les rabattements nets
dépassent 50m, notamment dans le Touat et le Tidikelt, ce qui ne manquera pas de se
répercuter sur le débit des Foggaras. Les profondeurs du NP sous le sol indiquent une
disparition totale de l’artésianisme de la nappe Albienne dans le Bas Sahara algérien : dans
toute la vallée de l’Oued Rhir, les profondeurs de pompage se situent entre 100m et 300m.
Si la Libye n’est pratiquement pas touchée par ce scénario, la Tunisie se trouve quant à elle
très fortement influencée :
Ø Rabattements entre 200 et 300 m dans les secteurs des principaux champs
captants ;
Ø Profondeurs de Pompages de 100 à 300 m dans les zones d’exploitation principales ;
Ø Extinction Générale de tout artésianisme ;
Ø Disparition totale de l’Exutoire Tunisien.
au Complexe Terminal
En Algérie même, ce scénario provoque de très importants rabattements, autour notamment
des champs de prélèvements additionnels les plus intenses situés : dans l’Oued Rhir [4m3/s]
et le Souf au Nord [10m3/s] ; à Ouargla [10m3/s] et Hassi Messaoud-Gassi Touil au Sud
[19,5m3/s]. Les rabattements additionnels calculés là vont de 70 à 150 m.
En Libye, ce scénario n’a aucune incidence.
Mais en Tunisie les impacts sont considérables : Rabattements additionnels de l’ordre de
50m au Djerid et de 20 à 40m dans la Nefzaoua ; Tous les Chotts (Djerid et Rharsa) sont en
position de réalimentation vis à vis de la nappe du CT, et les différences de niveau sont de
l’ordre de 50m en moyenne. Cette différence de niveau, qui constitue le principal indicateur
de risque, est encore bien plus élevée en Algérie où elle dépasse 100 m sous les Chotts
Melrhir et Merouane et atteint 200m à Mghaier et Djamaâ.
76
nappe du CT : la différence de niveau y est de l’ordre de 100m sous les chotts Melrhir et
Merouane et varie entre 20 et 60 m sous les chotts Rharsa et Djerid.
77
IV- LE MICRO-MODELE DU SASS :
MINIATURISATION DU MODELE POUR L’INVESTIGATION DU RESERVOIR
La conduite des simulations exploratoires et l’analyse des résultats obtenus ont explicitement
mis en exergue un certain nombre de nuisances et de risques auxquels est exposée la
ressource en eau du simple fait de son propre développement. Vouloir continuer à
exploiter encore plus les nappes du CI et du CT nécessitera désormais de savoir, en
connaissance de cause, minimiser et gérer ces risques ; risques parmi lesquels on peut
notamment citer :
- la disparition de l’artésianisme ;
- des hauteurs de pompages excessives ;
- le tarissement de l’Exutoire Tunisien ;
- le tarissement des Foggaras ;
- les interférences exagérées de rabattements entre pays :
- la réalimentation potentielle par les Chotts ;
- une intrusion saline dans le golfe de Syrte…
Les résultats de l’« Hypothèse Forte » et de l’« Hypothèse faible » ont par ailleurs démontré
les limites de l’approche « simulation pure» dans la définition d’une stratégie de
développement du SASS. Aussi bien l’Hypothèse Forte que l’Hypothèse faible, qui
paraissaient de prime abord devoir « encadrer » les choix des décideurs et les solutions
envisageables, auraient au vu de ces résultats des conséquences dévastatrices sur le
devenir du SASS. C’est la raison pour laquelle il a été décidé de rechercher une autre façon
de procéder à la définition des solutions acceptables.
Les techniques de simulation permettent au décideur de choisir, parmi les différents
scénarios de développement des eaux souterraines envisageables et simulés par le modèle,
la solution la plus adéquate, qui répond à des critères formulés au préalable. Dans ce type
d’approche, les paramètres du système (transmissivité, coefficient d’emmagasinement et
conditions aux limites) ainsi que les débits de pompage sont connus : les cotes
piézométriques et le débit des exutoires sont calculés par le modèle. Les débits de pompage
définis par leur intensité et leur position sont les « variables de décision ».
L’analyse des résultats de chacune des simulations réalisées permet d’orienter le choix du
décideur. Mais lorsque le nombre de solutions envisageables devient élevé : c’est le cas
lorsque les plans de développement de la ressource ne sont pas établis avec précision, ou
encore lorsque plusieurs sources d’approvisionnement concurrentes se présentent, ou bien
encore lorsque des limites précises en termes de risques encourus (« les contraintes ») ont
pu être fixées et que la multiplicité de ces contraintes a pu être établie, ou enfin lorsque l’on
assigne au modèle de simulation un objectif d’investigation des capacités de production du
réservoir aquifère indépendamment de la définition de besoins en eau ; alors la simulation
devient fastidieuse et il vaut mieux recourir aux techniques d’optimisation
(P.Hubert,1984)26.
Dans ce cas, les variables d’état (cotes piézométriques, débit des exutoires) sont inconnues,
mais les variables de décision (intensité des débits et leurs emplacements) le sont
également. On recherche les variables de décision permettant d’obtenir, parmi les solutions
26
P. Hubert : Eaupuscule, une introduction à la gestion de l’eau, Ellipses, 1984
78
envisageables, la solution optimale qui vérifie les critères de choix. Ces derniers définissent
la fonction «objectif ». Il peut exister plusieurs fonctions objectif.
Si l’on désigne par f la fonction objectif et q la variable de décision, le problème de
l’optimisation peut être formulé par :
n n
Minimiser (ou maximiser) : f =∑ q j ; Sous les contraintes : ∑a q j ≥bi
ij ∗ i=1,2,., n
j =1 j =1
Les coefficients aij et bi sont des données alors que les qj sont les variables de décision
inconnues. Les coefficients aij informent sur la réponse de l’aquifère suite à une modification
apportée aux prélèvements effectués. On les appelle « coefficients d’influence27 ». Le
couplage entre les deux approches : simulation et optimisation, est réalisé par le biais de ces
coefficients. En effet, ces derniers sont déterminés à partir du modèle de simulation.
Les coefficients d’influence renferment la même quantité d’information que les modèles dont
ils sont issus. Il peuvent être utilisés soit pour formuler des problèmes d’optimisation, soit
pour miniaturiser28 un modèle de simulation, soit encore pour réaliser une combinaison de
ces deux possibilités. C’est cette dernière approche : couplage miniaturisation-
optimisation, qui a été privilégiée dans la recherche des solutions envisageables pour la
poursuite de l’exploitation du CI et du CT.
Partant d’un état donné de la nappe [31-12-2000, calculé par le modèle], on applique dans
une maille i un prélèvement égal à l’unité de débit maintenu constant pendant la durée de la
simulation [50 ans] et l’on calcule le rabattement dans chacune des mailles du modèle. Ce
calcul peut être répété pour toutes les mailles. On aboutit à une matrice d’influence à n2 si n
est le nombre total des mailles du modèle. Cette matrice est symétrique, en vertu du principe
de réciprocité des flux dans le milieu souterrain [aij = aji].
Soit aij(t) le rabattement provoqué en j, et au temps t, par l’échelon unitaire de prélèvement
en i, si l’hypothèse de linéarité de l’écoulement peut être appliquée (ce qui est réalisé en
nappe captive loin de conditions aux limites non linéaires), le rabattement (r) provoqué en j
par un pompage quelconque Qi effectué en i est égal à :
rij(t)=aij(t)Qi
La connaissance des coefficients aij est donc suffisante pour déterminer les rabattements
correspondant à une répartition quelconque des pompages à l’intérieur du système aquifère.
La définition de chaque fonction aij nécessite d’effectuer une simulation sur le modèle, dont
la durée est de 50 ans ; ce qui représente une certaine masse de manipulations. Toutes les
mailles du modèle (plusieurs dizaines de milliers) n’étant pas appelées à devenir des mailles
de pompage, ni par ailleurs des endroits où il est nécessaire ni utile de disposer d’une
information précise sur les rabattements, il paraît plus commode et efficace de devoir limiter
les calculs strictement aux mailles devant servir un jour à réaliser des pompages d’une part
et à en observer les effets d’autre part. Nous pouvons aboutir ainsi à des matrices de
coefficients d’influence de dimension « visuelle », que l’on puisse manipuler et dont on
puisse immédiatement mesurer les réactions, dans une simple feuille de tableur sur un écran
d’ordinateur.
Les Calculs sont conduits sur 50 ans : 2001-2050. Dans chacune des « mailles-témoins »
sélectionnées, on calcule une Fonction d’Influence en imposant un débit de pompage
27
A. Levassor : Simulation et Gestion des Systèmes Aquifères, application aux nappes du CT du bas-
Sahara algérien, thèse doc. Univ.Paris 6, 1978
28
P. Hubert et J. Leon : Miniaturisation des modèles d’écoulement souterrain; c.r. symp. Coblence;
UNESCO-IAH ; vol.2, pp 829-841; 1983
79
constant, égal au débit nominal, dans respectivement chacune des mailles choisies pour
constituer les « mailles-puits » du SASS. Le débit nominal de pompage a été fixé à 10 m3/s.
L’équation du multicouche étant linéaire, on est autorisé à utiliser le « principe de
superposition », qui énonce notamment que : si à un pompage q correspond un
rabattement s, alors, à un pompage λq correspondra un rabattement λs. Cette
propriété est fondamentale pour valider la miniaturisation du Modèle du SASS. Elle a été
vérifiée sur le Modèle de simulation.
89 sites de pompages potentiels au total ont été identifiés sur l’ensemble du SASS : 55 au
CI (fig.2-13.a) et 34 au CT (fig.2-13.b). Chacun de ces sites aura fait l’objet d’une simulation
« unitaire » sur le modèle numérique, qui consiste à calculer, sur une période de 50 années,
la fonction de rabattement ou fonction d’influence en chacun des puits-témoins.
Pour chacune des deux nappes, la dimension de la matrice des coefficients d’influence est
devenue trop importante et notamment pour le CI où l’on obtient une taille de 55x55, taille
qu’il devient impossible d’afficher dans une fenêtre unique sur un écran d’ordinateur.
80
Or précisément, l’objet de la miniaturisation du modèle consiste à construire, sur la feuille
d’un tableur, un convertisseur débits-rabattements de même format que la matrice des
coefficients d’influence du problème, lié aux coefficients de la matrice et utilisant ces derniers
pour, en vertu du principe de superposition, calculer les rabattements correspondant aux
débits de pompage affichés sur le convertisseur. Ces débits sont modifiables à souhait par
l’opérateur, qui dispose aussitôt des nouvelles valeurs des rabattements correspondants
calculés.
L’un des principaux avantages du convertisseur est son interactivité : l’opérateur doit
disposer sur le même écran à la fois des données et des résultats du problème.
Avec un écran ordinaire, le confort de manipulation commence à baisser notablement
lorsqu’on atteint des tailles de tableaux dépassant 25 colonnes. C’est pour cette raison que
le problème a été décomposé en parties : d’abord un micro-modèle par pays et par nappe,
incluant des puits-témoins frontaliers pour apprécier les interférences transfrontières, ce qui
permet dans une première étape de rechercher un certain nombre de configurations
« acceptables », puis dans une seconde étape de confronter ces dernières sur un
convertisseur groupant l’ensemble des champs « interférents » du SASS, qui regroupe d’une
part ceux du bas Sahara algérien, la Tunisie et le bassin de Ghadamès pour la nappe du CI,
et d’autre part l’ensemble du bassin des chotts pour ce qui concerne le CT.
81
Fig. 2-13. b : Sites de Pompages potentiels au CT
L’évolution passée de cette exploitation indique des croissances vertigineuses au cours des
vingt dernières années. Si cette évolution, également partagée dans les trois pays, devait se
prolonger, il y aurait sans doute de sérieuses raisons de s’inquiéter pour l’avenir des régions
sahariennes, où l’on a pu d’ores et déjà enregistrer les premiers signes d’une dégradation de
l’état de la ressource. Une telle évolution a pu être très fortement confirmée par les résultats
des premières simulations exploratoires réalisées sur le Modèle numérique du SASS et
notamment par la simulation des scénarios « hypothèse forte » et « hypothèse faible ». Les
trois pays concernés par le devenir du système sont donc condamnés, à court terme, à une
certaine forme de gestion concertée du Bassin Saharien.
82
Fig. 2-14 : exemple de convertisseur « Débits-Rabattements »
Zone A B C D E F G H I J K L M Rabattements
Debits 0 5 0 0 0 3 0 2 0 3 5 0 0 18
A 0 8 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 8
B 0 250 0 0 0 0 0 1 0 2 4 0 0 258
C 0 68 0 0 0 0 0 0 0 1 2 0 0 72
D 0 4 0 0 0 0 0 0 0 1 2 0 0 9
E 0 8 0 0 0 2 0 9 0 35 79 0 0 134
F 0 1 0 0 0 43 0 4 0 4 5 0 0 57
G 0 5 0 0 0 15 0 16 0 23 30 0 0 90
H 0 2 0 0 0 6 0 54 0 43 42 0 0 147
I 0 1 0 0 0 6 0 41 0 23 23 0 0 95
J 0 4 0 0 0 4 0 29 0 98 125 0 0 259
K 0 4 0 0 0 3 0 17 0 75 118 0 0 216
L 0 2 0 0 0 1 0 7 0 28 75 0 0 113
M 0 1 0 0 0 2 0 14 0 39 74 0 0 130
29
prédiction « rapide » au niveau du micro-modèle.
83
mètres dans toute la vallée de l’Oued Rhir à condition d’y exiger des rabattements 2050
inférieurs à 100 m.
• Minimiser les Hauteurs de Pompages régionalisées : Cette contrainte ne peut être
généralisée partout au même niveau. En effet, si dans la vallée de l’Oued Rhir il paraît
difficile de se passer de l’artésianisme, dans d’autres régions, le Dj. Nefusa par exemple,
des hauteurs de pompage importantes sont d’ores et déjà appliquées. Il paraît
raisonnable de se limiter à des hauteurs de pompages régionalisées (au niveau des
mailles du modèle numérique) de l’ordre de la centaine de mètres.
• Protection de la nappe du CT vis à vis des Chotts : Vis à vis des aquifères du CT, les
chotts représentent un risque majeur, dans la mesure où d’importants rabattements de
nappe à proximité des chotts peuvent induire des arrivées d’eaux sur-salées et
provoquer une dégradation irréversible de la ressource en eau. Le Modèle numérique
permet de calculer le moment à partir duquel peut survenir une éventuelle réalimentation
la nappe par le chott. Le premier indicateur permettant d’évaluer l’éventualité d’un tel
risque est fourni par la position du niveau piézométrique de la nappe relativement à la
cote du Chott. Rappelons les résultats obtenus par la simulation du scénario zéro, de
poursuite de l’actuel : « Alors qu’en 2000 subsiste encore une zone d’artésianisme non
négligeable notamment sur la rive sud du chott Djérid et le nord du Melrhir, en 2050,
l’artésianisme a totalement disparu de la région des Chotts et l’on peut même observer
que des secteurs comme la Presqu’île de Kebili, la Nefzaoua, le Djerid, les Chotts
Merouane et Melrhir, paraissent sérieusement menacés dans la mesure où les NP de la
nappe du CT s’y trouve systématiquement sous le niveau des chotts. Du point de vue
du risque de contamination par le sel, ces secteurs sont donc d’ores et déjà fortement
exposés et ce, sans même l’ajout d’aucun prélèvement nouveau : la simple poursuite des
rythmes de prélèvements actuels y constitue un danger potentiel majeur ». Dans ces
conditions, très restrictives, il conviendra donc de minimiser sous les chotts tout
rabattement additionnel lors de la conception des simulations prévisionnelles.
• Le Champ des Interférences : Dans la région des Chotts, les interférences Algérie-
Tunisie sont déterminées par la nécessité de se protéger localement contre les chotts.
Au CI, les régions de l’Oued Rhir, El Oued, le Sillon des Chotts et la Nefzaoua forment
une même province hydraulique, fortement solidaires en termes d’influences réciproques.
Entre les trois pays du SASS, Algérie, Tunisie et Libye, le seul champ d’interférences
commun se trouve dans le bassin de Ghadamès au sens large, au CI, qui inclut la région
de Debdeb et l’extrême sud tunisien.
84
V- REALISATION DES SIMULATIONS PREVISIONNELLES
Les manipulations réalisées sur le micro-modèle au cours de l’Atelier de Tunis des 1er et 2
Avril 2002 ont permis de s’orienter vers un certain nombre de scénarios répondant aux
objectifs de développement tout en minimisant les risques de dégradation par le respect des
contraintes imposées.
Une fois définis sur le micro modèle, ces scénarios, résumés dans le tableau ci-après, sont
simulés sur le modèle numérique qui donne des résultats plus complets et permet plus
précisément de mesurer le degré d’atteinte des objectifs et le niveau de respect des
contraintes.
Tableau 2-7 : Simulations prévisionnelles ; Débits imposés
85
En Algérie, il y a disparition de l’artésianisme à Hassi Messaoud ; ailleurs, l’artésianisme
demeure actif un peu partout : 80m à Ouargla, 50m à Toggourt et à El Oued, 180 m à
Mghaier. En Tunisie, nous avons encore 80 m à Tozeur et Sabria. On peut estimer à la
lecture du Bilan que les débits de prélèvements additionnels proviennent à raison de :
a) 93%par contribution des réserves,
b) 4% par récupération sur l’exutoire tunisien,
c) 2,5% sur la drainance.
Les rabattements les plus importants, de l’ordre de 130 m, s’observent dans l’extrème
sud et notamment au champ de Tiaret. Ailleurs ils sont relativement faibles : 20 m dans la
Nefzaoua et 15 m à Chott Fedjej. Au Nord, les influences sur l’Algérie sont faibles : 10m
à Biskra et Mghaier, 8m à Toggourt, 13m à El Oued, 22m à Taleb El Arbi. Au sud, elles
sont de 25m à Debdeb en Algérie et de 30m sur le Champ de Ghadamès en Libye. Le
débit de l’Exutoire Tunisien est ramené à 0.5 m³/s. Sur l’artésianisme, l’incidence est
minime. Par référence au scénario zéro, on peut considérer que le débit additionnel
simulé (2.2m³/s) provient :
a) des réserves de la nappe du CI à 73% ,
b) de l’exutoire tunisien à 20% ,
c) de la drainance à 5%
86
Fig. 2-16 : Simulation CI-2 ; Rabattements nets en 2050 (en m)
87
• Simulation CI-4 ; l’ensemble du Bassin Central : [14.3 m3/s additionnels].
Cette simulation correspond, à peu de chose près, au cumul des débits affichés dans les
trois simulations précédentes ; il est donc naturel, que les rabattements y représentent
approximativement la somme des rabattements des simulations 1, 2 et 3. Par ailleurs, les
trois pays participant au pompage : il ne peut y avoir d’estimation des effets réciproques.
L’Exutoire Tunisien passe à 0.13 m³/s sous l’effet conjugué des prélèvements tunisiens
et algériens . Au niveau de l’artésianisme, Il existe peu de différence avec la simulation
CI1.
Le débit total de pompage simulé est fourni par :
a) les réserves du CI ( 87%) ;
b) l’exutoire tunisien 5.5% ;
c) la drainance du Turonien 4%.
• Simulation CI-5 ; Le Bas Sahara Algérien et l’Adrar : [38.5 m3/s additionnels].
C’est la simulation n°1 à laquelle s’ajoute une forte sollicitation du Bassin Occidental
notamment dans l’Adrar, In Salah et El Goléa. Tous ces nouveaux prélèvements se
situent dans les zones à surface libre de la nappe du CI ; les rabattements résultants se
concentrent en des cônes localisés : très profonds en leur centre mais qui se propagent
très peu. Les influences sur la Tunisie et la Libye, ainsi que Le débit de l’exutoire tunisien
sont les mêmes que lors de la simulation n°1. Le débit des Foggaras passe à 1.32 m³/s ,
alors qu’il était de 1.95m³/s lors du scénario zéro. Les débits additionnels simulés
proviennent de :
a) la contribution des réserves du CI à 97% ;
b) des foggaras à 1.5%
• Simulation CI-6 ; le CI dans l’Erg Occidental : [80. m3/s additionnels].
Cette simulation a pour objet d’explorer les propriétés « capacitives » du Continental
Intercalaire dans sa partie à surface libre, en mettant à profit le phénomène de « non
diffusion » des rabattements mis en évidence lors de la simulation CI5. Il s’agit ici
d’explorer une région encore assez mal connue, mais dont on peut raisonnablement
escompter qu’elle puisse notablement contribuer à puiser une partie des réserves
immenses accumulées dans ce gigantesque réservoir du CI. La région du Grand Erg
Occidental, qui repose sur de grandes étendues où la nappe du CI est à surface libre,
répond précisément à cette définition. Il a été simulé un prélèvement de 80m3/s (2,5
Milliards m3/an) répartis sur huit champs captants à raison de 10 m3/s chacun. Bien sûr,
ces débits ne correspondent pas à des besoins locaux : il s’agit ici d’un scénario de
pur transfert. Cette simulation confirme et consolide les résultats de la simulation CI5
sur les rabattements du CI dans la zone à surface libre : localement importants [100 à
180m] aux centres, mais qui peuvent atteindre des valeurs très fortes : jusqu’à 400 à
500m dans certains sites.
De tels rabattements ne sont évidemment pas admissibles ni envisageables. Les débits
simulés, trop concentrés à raison de 10m3/s par champ captant, ne sont manifestement
pas adaptés dans ces derniers cas et il conviendrait de les éclater en plusieurs champs
de pompage pour en diminuer les rabattements induits] mais se propageant très peu
latéralement : 1m à El Goléa qui se trouve à une centaine de km , et pratiquement rien
à Hassi Messaoud et Ouargla après 50 ans de pompages. Les influences sur la Tunisie
et la Libye sont rigoureusement nulles à l’horizon 2050. Le débit des Foggaras est passé
à 1.78 m³/s , soit une baisse de 0.17 m³/s par référence au scénario zéro. Cette
simulation n’a aucune incidence sur l’artésianisme dans l’Oued Rhir.
Les prélèvements additionnels (80m³/s) sont fournis par :
88
a) la contribution des réserves à 99.75%,
b) la diminution du débit des foggaras à 0.22% .
Fig. 2-18 : Simulation CI-6 ; Rabattements nets en 2050 (en m)
89
Ces débits supplémentaires doivent provenir :
a) de la contribution des réserves du CI ( 122.3 m³/s) soit près de 95% ;
b) de la drainance du Turonien (3.2 m³/s) soit 2% ;
c) du Cambro Ordovicien (1.2 m³/s) soit 1% ;
d) de la diminution du débit des exutoires ( Ain Tawargha 0.4, Exutoire Tunisien 0.8,
Golfe de Syrte 0.3, Foggaras 0.75 ; représentant un total de 2.25 m³/s) soit 1.5%.
V. 2. 2- Au Complexe Terminal :
90
• Simulation CT-2 ; TUNISIE : [3.3 m³/s additionnels].
Le même souci, de minimiser les débits additionnels autour des chotts, a permis de
reconnaître des régions plus éloignées, telles Tembain ou El Ouar. Les rabattements
calculés sont de 25m au Nord du Rharsa, de 10m partout ailleurs sous les chotts
tunisiens, et entre 5 et 10m dans toute la Nefzaoua. La frontière algérienne décrit
globalement la courbe des rabattements à 10m. L’influence des prélèvements tunisiens
est de 3m à El Oued, elle est de 1m à Mghaier. Au niveau de la position du NP de la
nappe par rapport aux chotts : elle se trouve 10m plus bas que celle du scénario zéro.
Au niveau du bilan en eau 2050 : Le débit additionnel est fourni par les réserves du CT à
plus de 99% .
• Simulation CT-3 ; LIBYE : Résorption des Déficits [11.6 m3/s additionnels].
On note des rabattements nets de l’ordre de 100m à Soknah et Waddan, de 10 à 20m
tout le long du Graben, et de 50m dans les champs septentrionaux d’Al Khoms - Zliten
proches du littoral. Aucune influence en Tunisie et Algérie. Le débit de Ain Tawargha
passe de 1.3 (scénario zéro) à 0.4 m³/s ; et la drainance dans le Golfe de Syrte passe de
0.5 à 0.4 m³/s. Les champs captants de la zone côtière [Al Khums, Zliten,
Misurata]accusent des niveaux piézométriques particulièrement bas, atteignant des côtes
inférieures à –50m sur le littoral.
Le débit additionnel est fourni par :
a) les réserves du CT à raison de 6.9 m³/s ( 59%)
b) la drainance du Turonien à raison de 3.8 m³/s ( 32%).
Le reste est récupéré sur le débit des exutoires .
Fig. 2-20 : Simulation CT-3 ; Niveaux piézométriques 2050 sur le golfe de Syrte
91
Le Champ captant de l’Oued Mya a été choisi de façon à satisfaire aux critères suivants :
- S’éloigner au maximum de la région des chotts ;
- Exploiter les réserves du CT dans un secteur très étendu de nappe à surface
libre ;
- Bénéficier de conditions hydrauliques favorables identifiées sur le modèle
numérique : NP proche du sol ou artésien, valeurs de T et S élevées.
Les rabattements nets calculés sont circonscrits autour du champ, de l’ordre de 150m au
centre. Aucune incidence sur la Tunisie et la Libye. Les rabattements induits sur la région
des chotts sont quasiment nuls (10 à 20 cm). Ce scénario n’entraîne, par rapport aux chotts,
aucune modification vis à vis du scénario zéro. Les débits additionnels sont fournis par les
réserves du CT à raison de 17.9 m³/s sur 18.
92
Fig. 2-22 : Simulation CT-5 ; Rabattements nets en 2050
93
Prélèvements Simulés au CT [ m3/s]
2000 CT - 1 CT - 2 CT - 5
Q addit Q total Q addit Q total Q addit Q total
El Oued 10,70 0,70 11,40 0,00 10,70 0,70 11,40
Ouargla 9,35 14,00 23,35 0,00 9,35 32,00 41,35
Biskra-Tebessa 0,92 0,00 0,92 0,00 0,92 0,00 0,92
Total Algérie 21,0 14,7 35,7 0,0 21,0 32,7 53,7
Djerid 3,83 0,00 3,83 0,50 4,33 0,50 4,33
Nefzaoua 10,56 0,00 10,56 1,60 12,16 1,60 12,16
Ext-Sud 0,05 0,00 0,05 1,20 1,25 1,20 1,25
Total Tunisie 14,4 0,0 14,4 3,3 17,7 3,3 17,7
Al Khums 3,10 0,00 3,10 0,00 3,10 3,40 6,50
Sufajin 0,48 0,00 0,48 0,00 0,48 2,00 2,48
Graben 0,38 0,00 0,38 0,00 0,38 0,00 0,38
Jufrah 3,42 0,00 3,42 0,00 3,42 5,70 9,12
Total Libye 7,4 0,0 7,4 0,0 7,4 11,1 18,5
Total Général 42,8 14,7 57,5 3,3 46,1 47,1 89,9
94
Résultats des Simulations CT-1 , CT-2 & CT-5
2000 SIM Zero CT - 1 CT - 2 CT - 5
Rabat / Rabat.net / Rabat.net / Rabat.net /
NP/sol 2000 2000 2000 2000 NP/sol
Algérie
Oued Rhir 20 à 40 30 à 40 5 à 12 0à3 5 à 15 60 à 100
El Oued -10 à 30 25 à 40 9 à 12 4 à 10 15 à 20 40 à 70
Ouargla 40 à 80 10 à 20 15 à 30 0à2 30 à 80 100 à 150
H.Messaoud-G.Touil 30 à 70 5 à 20 20 à 80 0à2 20 à 80 80 à 120
Tunisie
Djerid 0 à 50 20 4à8 10 à 20 15 à 30 40 à 80
Nefzaoua -10 à 20 20 4à7 8 à 10 12 à 20 25 à 50
Ext-Sud 25 à 60 0 à 20 0à7 0à7 0 à 14 30 à 80
Libye
Al Khums -20 à 60 10 à 15 0 0 10 à 50 -10 à 120
Sufajin -20 à 60 10 à 30 0 0 10 à 30 0 à 100
Graben -40 à 40 10 0 0 0 à 10 -40 à 50
Jufrah 70 à 100 50 0 0 50 à 100 150 à 250
Principaux Exutoires m3/s
Ain Tawargha 1,6 1,3 1,3 1,3 0,4
Les profondeurs NP /sol de CT-5 intègrent les rabattements du scénario zéro. Les valeurs négatives de NP /sol correspondent à des niveaux
artésiens
Les données et résultats des principales simulations prévisionnelles sont présentés, pour
chacune des régions hydrauliques du SASS, dans le tableau 2-8. Les résultats y sont
présentés sous forme de rabattements et de profondeurs de pompages .
L’un des principaux résultats des investigations effectuées lors des simulations
prévisionnelles a permis de vérifier que la possibilité existe de porter l’exploitation par
forages du SASS, estimée à 2.2 Milliards de m³ en 2000, jusqu’au niveau de 7.8 Milliards de
m³/an, et ce en respectant dans une certaine mesure les contraintes relatives aux risques de
dégradation de la ressource. L’atteinte d’un tel niveau de développement de la ressource ne
peut se faire qu’au prix d’une rupture totale avec les secteurs traditionnels d’exploitation
intensive et un redéploiement vers les secteurs où la nappe est à surface libre.
En effet, 80% des prélèvements additionnels devront se faire dans des
régions «nouvelles» et éloignées, donc forcément encore peu reconnues : 3,5 Milliards dans
le Bassin Occidental du CI, 0,6 Milliard aux confins sud du CT… Par pays , cette exploitation
se décompose comme suit : 6.1 Milliards m³/an en Algérie, 0.72 Milliards m³/an en Tunisie,
0.95 Milliards m³/an en Libye. Cette éventualité ferait passer le régime d’exploitation du
SASS à un niveau représentant huit fois ses ressources renouvelables. Une telle opération
n’est évidemment réalisable que par un important puisage sur les réserves du système.
Toutefois, le caractère somme toute optimiste des résultats des simulations prévisionnelles
doit être fortement tempéré. Tout d’abord, Il est utile de souligner la nécessité qu’il y a de
confirmer certains des résultats obtenus : malgré les progrès réalisés par le projet SASS,
des incertitudes subsistent dans la connaissance du système, qui nécessiteront
d’entreprendre de nouvelles investigations. Ensuite et pour conclure, il est nécessaire de
rappeler la vulnérabilité et la fragilité du Complexe Terminal du point de vue du risque de
contamination par le sel, déjà mises en avant par la simulation Zéro : « la région des Chotts
et le Golfe de Syrte sont d’ores et déjà fortement exposés et ce, sans même l’ajout d’aucun
prélèvement nouveau : la simple poursuite des rythmes de prélèvements actuels y
constitue un danger potentiel majeur ».
95
TROISIEME PARTIE :
M A IT R IS E D E S R IS Q U E S
E T G E S T IO N C O M M U N E D U
S Y S T E M E A Q U IF E R E
I- ENJEUX ET RISQUES LIES A l’EXPLOITATION DU SASS
Comment exploiter les nappes sahariennes, au delà de leur taux de réalimentation, par
puisage dans les réserves accumulées, dans l’optique d’un développement durable ?
Comment assurer un maximum de prélèvements d’eau pour le meilleur développement de la
région sans risquer pour autant de dégrader irrémédiablement l’état de la ressource ? C’est
en ces termes que se pose la définition des ressources exploitables du Système Aquifère du
Sahara Septentrional. L’intense évolution de l’exploitation des aquifères du SASS a
profondément modifié la vision que l’on peut désormais se faire de cette exploitation, laquelle
se trouve confrontée à un certain nombre de risques majeurs du simple fait de son
développement.
Les trois pays concernés par le devenir du système sont donc condamnés, à court terme, à
rechercher ensemble une forme de gestion commune du Bassin Saharien afin de minimiser
les nuisances liées à ces risques. Les simulations effectuées sur le modèle SASS ont mis en
exergue tous ces risques et commencé à en quantifier les nuisances. Vouloir continuer à
exploiter encore plus les nappes du CI et du CT nécessitera désormais de savoir, en
connaissance de cause, maîtriser ces risques.
Dans l’exploitation du SASS, il existe trois types de risques majeurs :
(i) la salinisation des nappes par inversion des écoulements entre les nappes et les
chotts (en Algérie et Tunisie) ou entre les nappes et la mer (en Libye) ;
(ii) la chute du niveau des nappes dans les forages, entraînant des coûts de
pompages excessifs ;
(iii) le tarissement d’exutoires naturels, comme le débit des foggaras en Algérie,
l’artésianisme dans la région des chotts ou le débit de l’exutoire Tunisien, qui
alimente des nappes côtières dans la Djeffara, ou le débit de Ain Tawergha en Libye.
Ces risques ne sont évidemment pas de la même importance, le premier étant le risque
majeur, du fait de ses conséquences sur la dégradation de la qualité des nappes. Un
décideur peut accepter des augmentations de coûts de pompage, mais refuser le risque de
salinisation, en raison de son caractère irréversible, ou encore le tarissement d’une
ressource exploitée, s’il n’existe pas de ressource alternative.
Un grand facteur de risque concerne l’ignorance des effets et les dangers qui pourraient
résulter d’une mauvaise connaissance de la nappe : le chapitre suivant sera consacré à
l’inventaire des incertitudes qui subsistent sur la connaissance du SASS et aux imperfections
du Modèle qui en résultent. Le présent chapitre récapitule les facteurs de nuisances les plus
évidents du SASS : le sel avec toutes ses composantes.
97
S a lin ité d e s P r é lè v e m e n t s 2 0 0 0 d u S A S S * *
C la s s e d e S a lin ité g / L Pom pages CI % Pom pages CT %
0 -1 11 0
1 -2 35 14
2 -3 39 20
3 -4 8 29
4 -5 2 11
5 -6 2 11
6 -7 2 7
7 -8 0 7
8 -9 1 2
* * p o r t e s u r 2 3 % d e s p r é lè v e m e n t s 2 0 0 0
Fig. 3-1 : Distribution des salinités, en g/l, des eaux pompées dans le CT et le CI
30 40
F r é q u e n c e s S a linités C I g/L
F r é q u e n c e s S a lin ité s CT g/L
35
25
30
20
25
15 20
15
10
10
5
5
0 0
1-2 2-3 3-4 4-5 5-6 6-7 7-8 8-9 0-1 1-2 2-3 3-4 4-5 5-6 6-7 7-8
• Les Chotts
C’est sans aucun doute la région où la nappe est la plus vulnérable. C’est là où se
trouvent les plus fortes densités de population, et c’est là où la pression sur la ressource
sera la plus forte. Les calculs effectués sur le Modèle ont montré que la simple poursuite
des taux de prélèvements actuels entraînerait, à l’horizon 2050, des rabattements
supplémentaires de l’ordre de 30 à 50 mètres sur chacune des deux nappes, et ce sur
l’ensemble des quatre secteurs solidaires que sont l’Oued Rhir, le Souf, le Djérid et la
Nefzaoua.
Une telle situation serait inacceptable pour le Complexe Terminal : le risque de
percolation du chott vers la nappe serait fatal pour cette dernière en terme de salinité.
La simple poursuite de l’existant, du moins dans le CT, serait donc inacceptable pour la
région des Chotts.
Un intérêt particulier doit être accordé à l’examen de la carte piézométrique calculée du
Complexe Terminal dans le secteur des Chotts. Etant donné qu’un rabattement excessif
dans ce secteur (qui correspondrait à une piézométrie du CT plus basse que la cote
des chotts), peut engendrer une éventuelle inversion des écoulements, la piézométrie
calculée en 2000 est comparée à la cote des chotts (fig.3-2).
On constate une évolution très nette entre 1950 et 2000 : en Tunisie, toute la Nefzaoua
et le Djerid, où la nappe était franchement artésienne en 1950 (fig3-2), présentent
aujourd’hui, sous l’effet de rabattements généralisés de l’ordre de 25 m, des niveaux
piézométriques tout juste en équilibre avec le niveau du Chott Djerid. A l’avenir, cette
situation ne peut qu’empirer, sauf à diminuer le rythme des prélèvements.
98
En Algérie, la situation est encore plus préoccupante au Chott Merouane où la
piézométrie du CT se trouve d’ores et déjà sous la côte du chott, en situation
d’ «appel».
99
• Autres sources de contamination par le sel
L’analyse des quelques historiques de salinité disponibles sembleraient indiquer que les
augmentations de salinité observées à ce jour, notamment dans le CT de Nefzaoua, ne
proviennent pas du Chott. D’autres sources potentielles de contamination par le sel
existent donc, dans la région des Chotts et ailleurs. Parmi ces sources, on peut citer
particulièrement :a)Le Turonien de la Presqu’île de Kebili ; b)Le Turonien du Sahara
Central ; c)La nappe phréatique salée ; d)Le réseau de drainage des palmeraies ;e) ainsi
bien entendu que le risque d’invasion par l’eau de mer dans le Golfe de Syrte.
Concernant le Turonien, la fig.3-3 indique son extension sur le bassin, ainsi que les
salinités des eaux de cette formation, aux valeurs extrêmement élevées dans la zone
centrale du Sahara algérien. L’extension des secteurs sursalés du Turonien est
directement liée à l’existence d’une importante couche de sel reconnue en forage à la
base du Sénonien lagunaire, centrée sur la région de Hassi Messaoud(fig.3-3). Des
valeurs élevées se retrouvent en Tunisie, dans la Nefzaoua, où il a été déjà établi que le
Turonien constituait bien, notamment dans la presqu’île de Kebili, une menace
potentielle pour la salinité à venir des eaux du Complexe Terminal. Avec l’accélération
des pompages et la croissance des rabattements dans le CT, l’appel d’eaux profondes
salées du Turonien paraît inéluctable : certaines augmentations de salinités observées
d’ores et déjà peuvent être expliquées de la sorte.
Fig. 3-3 : Extensions des zones à eaux salées du Turonien (salinités en g/l)
Pour ce qui concerne la nappe phréatique : par suite d’importants rabattements, le niveau
piézométrique de la nappe du Complexe Terminal va baisser (c’est déjà le cas en plusieurs
endroits) au dessous du niveau de la nappe phréatique laquelle est généralement très salée
en raison d’une alimentation continue par des eaux d’irrigation elles-mêmes génératrices
d’une concentration de sel dans le sol que lessive la nappe phréatique.
Tous les périmètres irrigués sont pourvus de réseaux de drainage destinés à abaisser le
niveau de la nappe et à favoriser le drainage des sols.
Ces réseaux de drainage et notamment leurs collecteurs principaux, concentrent les eaux
salées, et pour peu que le cône de rabattement d’un forage se trouve à proximité immédiate
et en position d’«appel» [niveau piézométrique plus], et que l’épaisseur de la couverture soit
réduite, les eaux du drain peuvent en partie contribuer à alimenter les pompages dans le CT.
100
II- CONNAISSANCE DU SYSTEME ET REPRESENTATIVITE DU MODELE
Malgré l’importance des efforts consentis pour la collecte, la critique et la mise en forme des
données nécessaires au modèle et à l’élaboration des simulations, un certain nombre
d’incertitudes, d’insuffisances, ou d’interrogations subsistent, que ce soit au niveau des
hypothèses qui ont présidé à l’élaboration des paramètres déterminants du modèle, que ce
soit au niveau de la connaissance des données introduites, de la nature et des
caractéristiques des conditions aux limites adoptées, ou encore de la structure même du
modèle, ou enfin au niveau de l’évolution à venir de la demande en eau et du comportement
des acteurs socio-économiques.
La levée de ces incertitudes contribuerait sans doute à améliorer davantage la
représentativité du modèle et augmenter encore la fiabilité des résultats des simulations
effectuées. Les points suivants, rappellent les incertitudes les plus marquantes relevées au
cours de l’étude du SASS, et dressent quelques pistes de recherche.
101
II. 1. 5- Limite orientale :
La limite orientale du CI est la seule du modèle qui ne soit pas une limite naturelle. En
réalité, les formations aquifères du Crétacé inférieur se poursuivent bien à l’Est du graben
mais présentent de faibles transmissivités et une forte salinité. Il n’existe donc pas de limite
hydraulique précise à cet endroit. Le modèle est limité par une condition de potentiels
imposés à travers une résistance.
Cette formule n’est pas satisfaisante. Il faudra pousser les investigations dans ce secteur
pour mieux reconnaître la distribution des hauteurs piézométriques, des transmissivités et
des salinités.
102
II. 1. 9- Recharge des Aquifères :
L’un des points faibles de tous les modèles réalisés dans le Sahara a été de passer trop
rapidement sur la question de la Recharge des nappes, lorsque cette dernière n’est pas
complètement niée au profit d’une hypothétique paléorecharge. Après les développements
de la première partie, certes encore préliminaires, concernant l’estimation respectivement du
ruissellement dans les oueds et la capacité d’infiltration des affleurements géologiques
« utiles », il est possible de comparer les débits d’alimentation calculés par le modèle au
terme du calage en régime permanent, avec les estimations des débits d’alimentation aux
mêmes endroits estimés en faisant la somme : des infiltrations directes des précipitations
aux affleurements (coefficient d’infiltration = 2% de la pluie moyenne inter-annuelle ), des
infiltrations de crues d’oueds (30% du ruissellement moyen).
Les résultats d’un tel calcul montrent qu’avec les hypothèses retenues sur les coefficients
d’infiltration, l’estimation de la recharge hydrologique de la nappe du Continental
Intercalaire correspond à peu de chose près à celle calculée par le modèle numérique1. Les
apports des oueds représentent 40% de la recharge et l’infiltration directe 60%. Cette
dernière n’est cependant pas reportée à la limite extérieure de la nappe comme c’est le
schéma adopté par le modèle du SASS et l’on doit faire intervenir la surface infiltrante du
Grand Erg Occidental pour pouvoir « boucler » le bilan.
Pour le Complexe Terminal, les choses sont beaucoup plus compliquées : d’abord le débit
total d‘alimentation toutes sources confondues, ne représente que 75% de la valeur calculée
par le modèle, ensuite, si les parts respectives des oueds et de l’infiltration directe sont les
mêmes que pour le CI, à savoir 40% et 60%, leur répartition régionale est très déséquilibrée.
Par les Aurès par exemple, les oueds « apportent » 3.m3/s à la nappe alors que le modèle
n’en calcule que 300 l/s. Sur les autres limites, et par rapport au calcul hydrologique, le
modèle surestime, parfois d’une manière drastique, les apports : c’est notamment le cas
dans le Tademait (2500 vs 350 l/s), Sud Libye (1000 vs 30 l/s), le Mzab (3400 vs 1700l/s), le
Dahar-Nefussa (6600 vs 1400l/s). Et ce sont les surfaces infiltrantes du Moi-Pliocène (5000
l/s d’apport) qui permettront de se approcher du bilan calculé par le modèle.
1
Ce résultat pourrait être considéré comme un artéfact dans la mesure où le coefficient d’infiltration directe retenu (2%) était
précisément celui qui devait permettre de retrouver les estimations à priori de la recharge des nappes du CI et du CT. Un tel
coefficient n’a toutefois rien d’exagéré et peut être considéré comme raisonnable y compris au Sahara.
103
régions, voire les autres pays sachant que Tunisie et Libye se trouvent à un millier de
km ?
Les bilans calculés et les cartes des rabattements nets aux horizons 2050 et 2200, indiquent
que :
a) les débits pompés sont fournis exclusivement par le déstockage des réserves de la
nappe,
b) les Foggaras qui conservaient un certain débit à l’horizon 2050, sont complètement
taries en 2200,
c) à l’horizon 2050, les rabattements induits par les prélèvements additionnels
(rabattements nets) restent cantonnés dans la région,
d) en 2200, les influences en rabattement sont nettement marquées à l’extérieur de la
région : 25 m à Ouargla, 20 m à Toggourt… et près de 10 m en Tunisie, à près de
1000 km du barycentre des prélèvements.
104
constituer un réservoir homogène ; mais à l’échelle du Sahara, il est raisonnable de
schématiser cet ensemble aquifère par un système hydraulique mono-couche même si cette
schématisation perd toute réalité à une échelle locale.
Toutefois, il existe des zones où les intercalations imperméables prennent suffisamment
d’importance pour mettre un tel schéma en défaut. C’est notamment le cas pour la région
Nord des Chotts où les sables du Miopliocène reposent sur les marnes de l’Eocène moyen
et les calcaires de l’Eocène inférieur, très peu transmissifs et trop profonds, ne sont plus
exploités : ils plongent rapidement vers le Nord sous le fossé MioPliocène qui marque une
zone de subsidence près de l’accident sud-atlasique.
Etant donné le peu d’importance pratique de ces calcaires éocènes, il n’en a été tenu
compte que comme une source possible d’apport, sous forme d’un débit d’injection imposé
au Nord de Djemaa. Cette représentation, initiée par le modèle ERESS, a été reprise telle
que par le modèle SASS.
Au terme de l’analyse des derniers inventaires des puits de la région de Biskra, il semble fort
opportun, autant pour l’amélioration de la représentativité générale du modèle SASS que
pour une représentation locale plus fidèle de la structure géologique et de l’exploitation
réelle, que le versant Nord des Chotts puisse faire l’objet d’une modélisation structuralement
plus fine et actualisée aux prélèvements les plus récents.
Fig. 3-6 : Coupe N-S dans l’Oued Rhir, ERESS, (1972) ; Structure d’ensemble
du CT et Domaine [en bleu] représenté sur le Modèle SASS
Le principe premier qui doit guider le développement des régions du Sahara Septentrional
est de faire perdurer les parties exploitables du SASS le plus longtemps possible,
l’amélioration de la productivité de cette ressource devant être le souci permanent des
planificateurs. C’est dans le cadre de la gestion d’une « ressource commune » à
« responsabilité partagée », satisfaisant la demande de façon juste et rigoureuse, mais sans
aucun excès, que l’avenir de l’eau dans la région doit être envisagé.
A cet égard, on peut noter que par rapport au secteur le plus consommateur d’eau,
l’irrigation, deux stratégies différentes se sont dégagées dès l’élaboration des premiers
scénarios exploratoires préparés par les pays (voir « simulations exploratoires ») :
a) La première, développée pour l’Algérie et la Libye, opte pour une extension maximale
des périmètres irrigués pour répondre à des besoins croissants évidents en produits
agricoles et en emplois, mais sans miser clairement sur l’amélioration de la
105
productivité de l’eau dans ce secteur, ce qui correspond à une stratégie
« d’extensification » ;
b) La seconde, perceptible pour la Tunisie, privilégie la réhabilitation des superficies
irriguées actuelles, sans extension significative, avec des objectifs de maîtrise des
pertes d’eau et d’augmentation de la rentabilité de la ressource, ce qui correspond à
une stratégie de concentration et « d’intensification ».
A l’avenir, il devient évident et urgent de gérer la raréfaction des ressources en eau dans une
approche holistique intégrant les dimensions économiques, sociales et environnementales.
Dans ce sens, l’élaboration de scénarios de demande devra s’accompagner de
l’identification des impacts écologiques et sociaux, en considérant que les ressources
humaines forment avec les ressources naturelles une entité complexe comportant de fortes
interactions.
Dans cette perspective, plusieurs voies d’investigations peuvent être développées dans un
cadre régional pluridisciplinaire :
a) analyse fine des systèmes de production agricoles des zones concernées afin
d’élucider leurs consommation en eau, leurs productions et leurs rentabilités
économiques actuelles. Cela permettra d’identifier les filières et les cultures les plus
performantes susceptibles d’être reproduites et développées ;
b) enquête sur la qualité chimique des eaux dans l’ensemble de la région et mise en
place d’un système de suivi ;
c) étude des opportunités techniques, économiques et sociales du transfert de l’eau
Nord-Sud et Sud-Nord dans deux scénarios :
- un scénario « Catastrophe » de pénurie d’eau « stratégique » ;
- un scénario de redéploiement des cultures irriguées non appropriées aux
zones désertiques (céréales par exemple…)
Dans l’immédiat, il s’agit de compléter la base de données et le modèle avec des données
d’ordre socio-économique.
En effet, l’étude du SASS a accentué ses efforts d’observation et d’analyse sur le potentiel
hydraulique et le modèle mathématique est un modèle essentiellement hydraulique.
Il convient maintenant d’identifier avec beaucoup de précision les agents économiques et
leurs logiques, les pratiques locales de distribution de l’eau, les coûts de production,
largement liés au coût de l’eau et du pompage, la valorisation actuelle et d’autres valorisation
futures de l’eau.
De nouveaux scénarios d’utilisation de l’eau en fonction de ces paramètres socio-
économiques viendront ainsi compléter les simulations effectuées en première phase et
participer à la définition de plans de gestion durable du SASS.
106
III- Le CHAMP DES INTERFERENCES, ESPACE DE CONCERTATION
La même carte fig.3-7 indique par ailleurs, dans la région des chotts algéro-tunisiens, une
concentration de forages exceptionnelle, scellant un destin définitivement commun pour les
régions de l’Oued Rhir, du Souf, du Djérid et de la Nefzaoua.
107
Ici, ce qui se passe chez l’un se répercute quasi-immédiatement chez l’autre ; et l’on peut
considérer que, dorénavant, tout grand projet de développement hydraulique n’intégrant pas
le voisinage est voué à l’échec. Ceci est valable aussi bien pour le CT [Bassin des Chotts]
que pour le CI [Bassin d’Artésianisme et de l’Exutoire Tunisien], ce qui permet d’identifier
d’ores et déjà deux secteurs d’intérêt commun.
Par ailleurs, les simulations réalisées sur le Modèle ont montré le grand intérêt que les trois
pays portent à l’exploitation du CI dans la région de Ghadamès que l’on peut considérer
également comme secteur d’observation et de concertation prioritaire.
108
IV- PRODUCTION D’INDICATEURS POUR LE SUIVI ET l’EVALUATION :
LES RESEAUX D’OBSERVATION DU SASS
Les Principaux Indicateurs de suivi et d’évaluation de la ressource en eau sont : les débits
des prélèvements, l’évolution des niveaux piézométriques, l’évolution de la qualité des
eaux. Pour ce qui concerne les débits de prélèvements, leur suivi passe par le jaugeage de
tous les puits exploités ; le réseau comporte plusieurs milliers de forages et il semble difficile
de les visiter tous annuellement : une actualisation tous les cinq ans doit être envisagée. Les
possibilités de mise en place de Réseaux de suivi de la qualité et de la piézométrie sont
étudiées à la lumière de l’analyse des informations contenues dans la Base de Données
SASS.
Une première analyse des salinités disponibles dans la base de données SASS autorise les
observations suivantes : La table « Qualité » de la BD comporte 4600 enregistrements : 800
au CI et 3800 au CT. Par pays, ces enregistrements se répartissent ainsi : 1600 en Algérie,
200 en Libye, 2800 en Tunisie. Si l’on s’intéresse aux historiques de salinité (Résidu sec),
notamment au Complexe Terminal, l’examen de la BD permet d’identifier au total 269 points
d’eau présentant au minimum deux valeurs de RS mesurés à des dates différentes : 39 en
Algérie, 230 en Tunisie, mais aucun en Libye.
En Algérie, les séries historiques sont peu nombreuses et peu fournies : la fréquence des
mesures dans la série est peu élevée. On ne peut réellement parler d’une armature
préexistante de réseau qualité, bien que les mesures effectuées convergent vers une
tendance générale à l’augmentation des salinités, plus ou moins forte certes. Le réseau
qualité reste à concevoir.
En Tunisie, la densité des mesures aussi bien dans le temps que dans l’espace est assez
confortable et le réseau de mesure de la qualité peut être considéré comme étant d’ores et
déjà installé dans la région des Chotts. Sur les historiques enregistrés, on peut constater que
la tendance à l’augmentation des salinités est générale.
Toutefois, un certain nombre de forages, certes minoritaires, dérogent à la règle. Mais le
résultat le plus inattendu semble être le fait que les points d’eau dont la salinité est la plus
stable se trouvent être ceux qui sont les plus proches du Chott Djérid, ceux précisément qui
paraissaient être les plus exposés au risque de salinisation. Le diagnostic de la genèse du
sel et de l’évolution des salinités dans la nappe du CT reste donc à élucider : la mise en
place, la rationalisation et l’exploitation d’un réseau permanent de suivi de la qualité
contribuera à améliorer nos connaissances qui sont dans ce domaine encore
embryonnaires : c’est bien le moment propice pour investir dans l’acquisition des
informations.
4000
06800005
2000 06821005
13528005
1500
13529005
CT-Tunisie - RS croissant
1000 13995005
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
109
En conclusion, si l’on peut considérer que pour le Complexe Terminal en Tunisie, il existe un
réseau de surveillance de la qualité assez régulier, et que ce réseau permet d’ores et déjà
d’asseoir les bases d’une investigation en profondeur portant sur l’évolution des salinités
autour des chotts, il n’en est rien pour l’Algérie et pour la Libye ; de même que pour
l’ensemble de la nappe du Continental Intercalaire, il n’existe pas de possibilités installées et
régulières de suivi de la qualité. A l’exception du petit noyau qui entoure le Chott Djerid, tout
reste donc à faire en vue de concevoir, réaliser et mettre en œuvre le Réseau Qualité du
SASS.
110
Lorsque le regroupement n’est pas possible ou n’est pas souhaitable, on a affaire à des
points d’eau isolés. Le résultat forme un réseau de 135 points d’eau ou groupes de
points d’eau.
Le résultat final est un réseau de 73 points d’eau ou groupes de points d’eau [le groupe
étant représenté par son tuteur], soit :
n 46 au CI (25 points isolés et 21 groupes) :
12 en Algérie : 6 points isolés et 6 groupes
16 en Tunisie : 9 points isolés et 7 groupes
18 en Libye : 10 points isolés et 8 groupes
n 27 au CT (4 points isolés et 23 groupes) :
8 en Algérie : 8 groupes
15 en Tunisie : 2 point isolé et 13 groupes
4 en Libye : 2 points isolés et 2 groupes
111
Fig.3-11 : Groupes de points d’eau et séries historiques de référence
T/2B/0057/0/77 Wadi Z a mz a m
135 T/2B/53/0/77 Wadi Z a mz a m
WS 10
130
ZZ 1
125
120
115
110
105
100
95 CI-GROUPE ZAMZAM
90
1950 1960 1970 1980 1990 2000
75 05754005 Grad 1
06690005 Nouaiel 1
70 16735005 El Ghoula
18859005 PZ Douz
65
60
55
50
45
C T - G R O U P E N O U AIE L
40
L’analyse du Réseau s’effectue par référence à un certain nombre d’indicateurs par lesquels
il est possible d’affecter un niveau de qualité à chacun des points de référence du réseau.
112
Fig. 3-12: Polygones d’influence du réseau piézométrique du CI
Comment qualifier l’état de la couverture spatiale par les points du réseau actuel ?
On pourrait retenir pour le SASS le critère de un point aux 10.000 Km² comme couverture
minimale. 18 points sur 46 ne remplissent pas ce critère au CI, ce qui ne représente que
40%, mais les polygones correspondants représentent 90% en superficie du CI. Pour le
CT, ces chiffres sont respectivement de 48% des points, correspondant à 96% de territoire
insuffisamment couvert par la surveillance piézométrique.
113
IV- 2. 3. Consolidation du réseau de référence:
• Densification spatiale
La première mesure pour consolider le réseau doit améliorer la couverture spatiale. On
peut raisonnablement admettre qu’une couverture minimale de un point pour 10.000 Km²
constitue un objectif plausible à court terme, d’autant que les zones les moins bien
couvertes sont précisément celles où l’étude du SASS propose d’orienter le plus gros des
prélèvements à venir et des investigations à mettre en œuvre.
114
Ferjan (CT) : Les rabattements supplémentaires attendus dépassent 50m. Il faudra y
renforcer la surveillance, actuellement assurée par un seul groupe de puits.
Khoms –Zliten (CT) : dans cette zone côtière, le niveau de la nappe serait à une cote de
plus de 50m sous le niveau de la mer en 2050. Un monitoring très sévère doit être mis en
place dés aujourd’hui.
Bassin Artesien
Exutoire tunisien
Bassin Occidental
Ghadames
Chotts
Khoms - Zliten
Oued Mya
Ferjan
Comment doit-on procéder pour assurer la poursuite des observations dans les meilleures
conditions ? comment doit-on choisir les points d’eau qui vont constituer le réseau de
surveillance du SASS ? Quels sont les points du réseau actuel que l’on doit conserver, et
115
ceux que l’on doit penser à remplacer ? Où doit-on remplacer les forages par des
piézomètres pour assurer une plus grande « autonomie » des mesures vis à vis des régimes
d’exploitation ? Quels sont les points nouveaux à implanter ?
Au terme de l’analyse qui vient d’être présentée, une réponse adéquate à toutes ces
questions nécessite un traitement au cas par cas. On peut toutefois tenter quelques
éléments de réponses à l’examen de quelques caractéristiques du réseau.
IV- 2. 5. En conclusion
116
V- Un MECANISME DE CONCERTATION PERMANENT POUR LA GESTION
COMMUNE DU SASS
Les simulations réalisées sur le Modèle ont mis en évidence trois zones où les ressources
partagées paraissent les plus vulnérables :
a) le Bassin de Ghadamès dans le CI ;
b) le Bassin d’Artésianisme et de l’Exutoire Tunisien dans le CI ;
c) le Bassin des Chotts pour le CT.
Au CI, le bassin de Ghadamès présente des risques de rabattements excessifs, mais ce
risque se joue sur le moyen terme, et le contrôle en est relativement facile : champs de
pompages exclusivement publics, concentrés dans l’espace et objets d’une gestion
centralisée.
Sur le second bassin : le Bassin d’Artésianisme et de l’Exutoire Tunisien, le risque se joue
certes sur le court terme mais le contrôle y est également facile : les forages, tous profonds,
ne sont pas très nombreux. L’accès à l’information y est donc techniquement aisé. Le
secteur le plus exposé et le plus fragile est celui des chotts algéro-tunisiens au CT.
C’est sans aucun doute la région où la nappe est la plus vulnérable. C’est là où se trouvent
les plus fortes densités de population, et c’est là où la pression sur la ressource sera la plus
forte.
Entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye, le Complexe Terminal aujourd’hui, le Continental
Intercalaire demain, se trouvent dans un état d’exploitation tel qu’il faudra bien un jour ou
l’autre penser à y contrôler ensemble, sinon à y réduire, les débits de pompages. Comment
contrôler ces débits dans le cadre d’une volonté des Etats de contribuer mutuellement à
garantir l’avenir de la région, notamment par une politique concertée de préservation des
ressources en eau ?
Parmi les raisons objectives qui poussent à la concertation, la gestion des crises et
notamment le risque de dégradation de la ressource par suite d’une surexploitation
constitue une raison majeure. Les problèmes techniques rencontrés par les différents pays
du SASS les conduisent naturellement à s’organiser ensemble : la pratique du partenariat
au cours du projet SASS a progressivement forgé la confiance mutuelle entre équipes
techniques, la conscience que les problèmes rencontrés par certains dépendent en partie
des actions menées par d’autres, la conviction que l’action commune augmente l’efficacité
des solutions, et la certitude que l’échange d’informations, qui fonde toute solidarité, est
devenu avec la fin du projet SASS une activité non seulement possible mais nécessaire.
Le procédé qui garantit le contrôle en présentant le minimum de contraintes, c’est bien
l’échange d’informations. A ce titre l’OSS, à travers le projet SASS, a d’ores et déjà permis
des avancées qui sont de l’ordre du miracle : la Base de Données élaborée renfermant
l’ensemble des informations actuelles et passées sur tous les points d’eau, leurs niveaux,
leurs débits, est opérationnelle et accessible aux trois pays. A cet égard, la bonne volonté
des trois autorités de l’eau pour la communication des informations a été exemplaire. Par
ailleurs, le Modèle du SASS est d’ores et déjà disponible et opérationnel dans chacun des
trois pays. Une forme de concertation efficace peut d’abord consister à assurer l’entretien, le
développement et l’actualisation permanente de ces deux outils : Base de Données et
Modèle de Simulation. Cette mission doit être confiée à un organe permanent présentant les
qualités indispensables à la pérennisation de l’opération.
117
V. 2- De l’étude du SASS au projet de mécanisme
Participent aux travaux des commissions et groupes de travail ci-dessus les hauts
fonctionnaires des ministères chargés de l'hydraulique. Les décisions sont consignées dans
des procès verbaux. Bien que les mécanismes institutionnels mentionnés ci-dessus se
soient avérés efficaces, dans la mesure où ils ont favorisé la discussion de thèmes
importants dans le domaine de la gestion des eaux partagées, ils sont, et restent, bipartites.
De plus, il ne sont pas suffisamment autonomes, dès lors qu'ils s'intègrent dans des
mécanismes institutionnels ayant des objectifs plus larges.
La situation actuelle du SASS nécessite une concertation plus étroite entre les trois pays, par
le biais d'un mécanisme tripartite permanent chargé uniquement du SASS. A cet effet, un
certain nombre de propositions portant mécanisme de concertation s'inspirant des formes
institutionnelles existantes, ont été présentées dans le cadre du projet FAO-TCP/RAB/0065,
mené en étroite coordination avec l’OSS et les pays concernés.
Parmi les attributions envisageables du mécanisme tripartite, les propositions suivantes ont
été formulées :
3- contribuer à définir les objectifs, les politiques et les stratégies de gestion des
ressources en eau du SASS ;
118
6- établir des procédures d’alerte et d’alarme ;
10- favoriser la coordination des activités des équipes nationales afin de renforcer la
prévention, la maîtrise et la réduction de l’impact transfrontière de la gestion des
ressources souterraines ;
11- organiser des consultations entre les responsables des trois pays ;
On peut considérer que les trois pays du SASS sont favorables à la création d'un mécanisme
tripartite permanent de concertation au niveau du SASS. Le point de départ est la nécessité
de maintenir et de développer la base de données commune du SASS, ainsi que tout autre
système pour l'échange régulier des données et des informations. L'échange de données
doit par la suite servir de base à la formulation de politiques et de stratégies de l’eau. C'est
ainsi que la mise en place d'un mécanisme institutionnel élaboré et durable s'avère
nécessaire, sa mise en œuvre devant se faire d’une manière progressive.
L’Atelier Régional de synthèse s’est tenu à Rome les 19-20 Décembre 2002. Au terme
des discussions et des débats qui se sont déroulés au cours des deux journées, les
participants ont approuvé la forme présentée ci-après concernant la mise en place du
Mécanisme de Concertation du SASS.
119
Fig. 3-14 : Schéma du Mécanisme de concertation dans sa première phase
Institutions -
centres de
recherche Point focal
Algérie
(ANRH)
Institutions - Institutions -
centres de centres de
recherche recherche.
Comité
de
pilotage
Point focal Point focal
Libye Tunisie
(GWA) (DGRE)
Unité de
coordination
S ASS/OSS
Les principales caractéristiques, convenues lors de l’Atelier de Rome, sont les suivantes :
une unité de coordination animée par un coordinateur désigné par l’OSS en concertation
avec le comité de pilotage ;
Statut juridique :
L'unité de coordination est gérée et abritée par l'OSS.
120
Attributions :
- gestion des outils développés par le projet 'SASS' (base de données et
modèle de gestion) ;
- mise en place et suivi d'un réseau d'observation de référence ;
- traitement, analyse et validation des données sur la connaissance de la
ressource ;
- développement de bases de données sur les activités socio-économiques
dans la région, en rapport avec les usages de l’eau ;
- production et publication des indicateurs sur la ressource et les usages dans
les trois pays ;
- promotion et réalisation d'études et de recherches conduites en partenariat
par des compétences des trois pays ;
- élaboration et mise en œuvre de programmes de formation et de
perfectionnement ;
- actualisation du modèle du SASS, d'une façon régulière ;
- réflexion et formulation de propositions sur l'évolution et le fonctionnement du
mécanisme de concertation, et sur sa mise en œuvre dans la deuxième
phase.
Financement :
Chaque pays finance les frais de fonctionnement de son point focal.
Le fonctionnement de l'unité de coordination est assuré par des subventions et des dons
octroyés à l'OSS par les pays concernés, les partenaires de coopération, etc.
121
CONCLUSIONS
• Modèle du CI vs Modèle du CT
Au démarrage du projet SASS, on était en présence de deux traditions, deux visions,
deux conceptions parallèles de l’hydrogéologie saharienne :
- du coté libyen, les couches de séparation entre formations aquifères sont moins
épaisses et depuis le premier modèle régional en 1981, il a été opté pour une structure
multicouche.
Pour assurer une harmonieuse conjugaison des visions hydrogéologiques dans les trois
pays, la conception générale du modèle SASS a dû abandonner la dualité CI vs CT au
profit d’une représentation Multicouche capable de fédérer les hydrogéologies de
l’Algérie-Tunisie avec celle de la Libye. La représentation du « Multicouche Saharien »
permet de préserver les meilleures conditions de simulation sur le long terme, intégrant
le Turonien le Paléozoïque et prenant en compte les écoulements de drainance entre CI
et CT.
122
présentée avec quelque difficulté étant donné le grand nombre des points d’eau
« actifs », la longueur des historiques et la diversité des méthodes de comptage selon les
pays et selon les équipes qui se sont succédées.
Les résultats de l’« Hypothèse Forte » et de l’« Hypothèse faible » ont par ailleurs
démontré les limites de l’approche « simulation pure » dans la définition d’une stratégie
de développement du SASS. Aussi bien l’Hypothèse Forte que l’Hypothèse faible, qui
paraissaient de prime abord devoir « encadrer » les choix des décideurs et les solutions
envisageables, auraient au vu de ces résultats des conséquences inacceptables sur le
devenir du SASS. C’est la raison pour laquelle il a été décidé de rechercher une autre
façon de procéder à la définition, en commun, de solutions acceptables, au moyen d’un
modèle miniature
123
risques encourus et préciser les contraintes que l’on devra respecter pour minimiser ces
risques. Cela nécessite de pouvoir quantifier ces risques, ce qui revient à savoir les
modéliser. Le Modèle Numérique du SASS était précisément investi d’une telle fonction.
L’un des résultats des investigations effectuées sur ce modèle a permis de vérifier qu’il
existait une possibilité de porter l’exploitation par forages du SASS, estimée à 2.2
Milliards de m3 en 2000 [1.33 en Algérie, 0.55 en Tunisie, 0.34 en Libye], jusqu’à un
niveau de 7.8 Milliards de m3/an à l’horizon 2030, et ce tout en respectant dans une
certaine mesure les contraintes relatives aux risques de dégradation de la ressource.
L’atteinte d’un tel niveau de développement de la ressource ne peut se faire qu’au prix
d’une rupture totale avec les régions traditionnelles d’exploitation intensive.
Une telle éventualité ferait passer l’exploitation du SASS au niveau de huit fois ses
ressources renouvelables. Une telle opération n’est évidemment réalisable que par un
très important puisage sur les réserves du système, dans les zones à surface libre du
bassin occidental, où l’on est assuré d’un minimum de rabattements. On doit toutefois
souligner la nécessité qu’il y a de confirmer certains des résultats obtenus : malgré les
progrès réalisés par le projet SASS, des incertitudes subsistent dans la connaissance du
système, qui nécessiteront d’entreprendre de nouvelles investigations.
Les investigations et les recherches à venir doivent porter sur les questions relatives à :
- l’Exutoire Tunisien et le champ des Transmissivités connexes ;
- l’Emmagasinement en nappe libre ; le poids du Cambro-Ordovicien ;
- la nature de la limite orientale; la représentation du Golfe de Syrte ;
- les Foggaras ;
- les Chotts ;
- la Recharge des Aquifères ;
- l’exploitation des Réserves du Bassin Occidental ;
- la sensibilité du Modèle à ses Paramètres.
Il est par ailleurs primordial qu’un Réseau de Référence permanent soit mis en place
pour assurer la production d’Indicateurs fiables et permettre le suivi et l’évaluation de la
ressource : niveaux de prélèvements, réseau piézométrique, réseau qualité, réseau
hydro-pluviométrique…
124
• De l’étude en Partenariat du SASS à la nécessité d’une gestion commune
Entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye, le Complexe Terminal aujourd’hui, le Continental
Intercalaire demain, se trouvent dans un état d’exploitation tel qu’il faut déjà penser à y
contrôler ensemble, sinon à y réduire, les pompages. Parmi les raisons objectives qui
poussent à la concertation, la gestion des risques mis en évidence par l’étude du SASS
constitue une raison majeure.
Les problèmes techniques rencontrés par les différents pays du SASS les conduisent
naturellement à s’organiser ensemble : la pratique du partenariat au cours du projet
SASS a progressivement forgé la confiance mutuelle entre équipes techniques, la
conscience que les problèmes rencontrés ou pressentis par les uns dépendent en partie
des actions menées par d’autres, et la conviction que l’action commune augmente
l’efficacité des solutions.
Les trois pays du SASS sont favorables à la création d'un mécanisme tripartite
permanent de concertation pour la gestion commune du SASS. Le point de départ est la
nécessité de maintenir et de développer la base de données commune et le modèle.
L'échange de données doit par la suite servir de base à la formulation de politiques et de
stratégies de l’eau.
C'est ainsi que la mise en place d'un mécanisme institutionnel élaboré et durable s'avère
nécessaire, sa mise en œuvre devant se faire d’une manière progressive.
125
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Imprimerie : Finzi
Conception et réalisation de la couverture : Faiez TAARIT