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Enjeux du fichier des écritures comptables

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Enjeux et défis documentaires du fichier des écritures

comptables : de rendre des comptes à rendre compte de


l’entreprise
Frank Adebiaye

To cite this version:


Frank Adebiaye. Enjeux et défis documentaires du fichier des écritures comptables : de rendre des
comptes à rendre compte de l’entreprise. domain_shs.info.docu. 2014. �mem_01128355�

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CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS

Ecole Management et Société-Département CITS

INTD

MEMOIRE pour obtenir le


Titre professionnel "Chef de projet en ingénierie documentaire" INTD
RNCP niveau I

Présenté et soutenu par


Frank ADEBIAYE

le 5 décembre 2014

Enjeux et défis documentaires du fichier des


écritures comptables
de rendre des comptes à rendre compte de l'entreprise

Jury : Philibert ADEBIAYE, Ghislaine CHARTRON, Michel COTTIN

Promotion 43
À la gra nde fam il le de s co mpta ble s e t d es d ocume ntal iste s

2
Remerciements

Merci à tous ces moments de recherche active et de sérendipité

3
Notice

ADEBIAYE Frank. Enjeux et défis documentaires du fichier des écritures


comptables. De rendre des comptes à rendre compte de l'entreprise.
CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS. Ecole Management et
Société-Département CITS INTD MEMOIRE pour obtenir le Titre professionnel
« Chef de projet en ingénierie documentaire » INTD RNCP niveau I. Décembre
2014

Exigé par l’administration fiscale depuis le 1er janvier 2014, le fichier des écritures
comptables créé une situation nouvelle pour les entreprises : celles-ci ne doivent plus
seulement s’engager sur des documents comptables statiques issus de leur système
d’information, mais doivent également produire un fichier normalisé de l’ensemble de leurs
écritures comptables, dont elles devront répondre. L’hypothèse de ce mémoire est que cette
évolution dépasse le simple changement de format et qu’elle entraîne un changement de
paradigme dans la conception et l’exploitation des documents comptables, qu’ils ne servent
pas seulement à rendre des comptes mais qu’ils vont aussi désormais contribuer à rendre
compte de l’entreprise. Se plaçant sous un angle documentaire, ce mémoire aborde les
documents comptables comme le fruit d’un processus documentaire à part entière. Il
examine ensuite que les documents comptables, sous l’impulsion des outils et dispositifs
informatiques, s’inscrivent dans des bases de données. Enfin, il met en exergue quelques
perspectives et usages qu’offrent les données issues des documents comptables.

Big data ; comptabilité ; classification hiérarchique ; document comptable ; document


financier ; document numérique ; entreprise ; fichier des écritures comptables ; histoire du
document ; plan comptable ; records management ; XML

4
Beginning on 1 January 2014, companies in France are facing a new situation: because of a
new mandatory standard audit file (SAF-T), they are accountable not only for their static
books but also for all their bookkeeping records. The present study states that this evolution
goes beyond a mere change of format and leads to a paradigm shift in the way we make
and use accounting documents. They are no longer about only counts, they will now account
for the companies themselves. From a documentary perspective, the study shows the
accounting documents are full documents in a documentation process. Then the study will
demonstrate, that because of digital tools and systems, accounting documents belong to
databases. Finally, the study reveals some perspectives and usages offered by the data
within accounting documents.

Accounting ; accounting documents ; big data ; chart of accounts ; company ; digital


document ; document history ; file journal entries ; financial document ; hierarchical
classification ; records management ; XML

5
Table des matières

CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS 1

ECOLE MANAGEMENT ET SOCIETE-DEPARTEMENT CITS 1

INTD 1

REMERCIEMENTS 3

NOTICE 4

TABLE DES MATIERES 6

LISTE DES TABLEAUX 9

LISTE DES FIGURES 10

INTRODUCTION 11

PREMIERE PARTIE ENJEUX DU FICHIER DES ECRITURES


COMPTABLES : CONTROLE ET EFFICIENCE 20

1 ENJEUX DU FICHIER DES ECRITURES COMPTABLES : CONTROLE


ET EFFICIENCE 21

1.1 Enregistrement et plan comptable 21


1.1.1 Le Plan Comptable Général... 21
1.1.2 ...une classification née sous l’Occupation... 22
1.1.3 ...héritière de la Classification Décimale Universelle 23

1.2 Au-delà de la partie double, une documentation à valeur probante 25

6
1.2.1 Le défi d’un records management hybride à part entière 25
1.2.2 Le point délicat de l’archivage des écritures comptables 26
1.2.3 L’exigence de traçabilité documentaire 28

1.3 De la comptabilité à l’espace documentaire de l’entreprise 28


1.3.1 De l’écriture à l’événement comptable 28
1.3.2 L’horizon SAF-T 29
1.3.3 Vers une véritable topologie documentaire 31

DEUXIEME PARTIE REPONSES OPERATIONNELLES 33

2 REPONSES OPERATIONNELLES 34

2.1 Automatisation : données comptables structurées et documents


automatiques 34
2.1.1 Du document numérisé au document numérique 34
2.1.2 L’émergence du langage XBRL (eXtensible Business Reporting Language) 35
2.1.3 La voie française : privilégier l’automatisation au détriment de la structuration
des documents ? 40

2.2 Statistique : des jeux de données calculables 44

2.3 Responsabilité : un matériau pour les vérificateurs 49


2.3.1 La vérification des comptabilités informatisées, un datamining « ciblé » 49
2.3.2 La DSN (Déclaration Sociale Normalisée), ou la promesse d’agir sur une quantité
de données beaucoup plus importante 52

TROISIEME PARTIE DE NOUVELLES PRATIQUES POUR LES


PROFESSIONNELS DE L’EXPERTISE-COMPTABLE ET LEURS
CLIENTS ? 55

3 DE NOUVELLES PRATIQUES POUR LES PROFESSIONNELS DE


L’EXPERTISE-COMPTABLE ET LEURS CLIENTS ? 56

3.1 Sortir d’une logique de production 57

3.2 Faire émerger de nouveaux profils 58

3.3 Repenser la formation des professionnels de l’expertise-comptable 61

7
3.3.1 Au-delà d’un problème d’appellation, le cas italien 61
3.3.2 Le défi du management et de l’organisation 62
3.3.3 Le défi du Big Data 64

3.4 Repenser la relation entre le client et son expert-comptable : le cas des


petites entreprises 65
3.4.1 Un préalable : réévaluer l’image des comptables et des experts-comptables 66
3.4.2 Combler le hiatus entre l’externalisation administrative et la comptabilité 69

CONCLUSION 73

ÉPILOGUE PROPOSITIONS POUR UNE COMPTABILITE MOTRICE 79

4 PROPOSITIONS POUR UNE COMPTABILITE MOTRICE 80

4.1 Vers une comptabilité motrice 80


4.1.1 Vers une utilité étendue de la comptabilité : autour de la déclaration de TVA 81
4.1.2 De nouvelles modalités d’interaction du client avec son expert-comptable 84
4.1.3 Vers une organisation motrice 85
4.1.4 La comptabilité du temps 89

4.2 Vers un nouveau livret d’accueil du chef d’entreprise 90


4.2.1 vous épauler 90
4.2.2 vous simplifier la vie 90
4.2.3 travailler ensemble 92
4.2.4 ne pas perdre le fil 92
4.2.5 ne pas perdre son temps 92
4.2.6 rester alerte 93
4.2.7 savoir préserver 94

BIBLIOGRAPHIE 95

ANNEXES 100

8
Liste des tableaux

Tableau 1 Comparaison entre le plan comptable français de 1942 et le Plan Göring de 1937
.............................................................................................................................22
Tableau 2 Extrait de l’index alphabétique des comptes de Paul Otlet .................................25
Tableau 3 Format du fichier des écritures comptables ......................................................27
Tableau 4 Comparaison entre l’EDIFACT et le XML ...........................................................43
Tableau 5 Comparaison des cursus français, italien, britannique et américain d’expertise-
comptable selon une sélection de recommandation de Stanley Harding .....................63
Tableau 6 Classes des comptes de bilan. ....................................................................... 105
Tableau 7 Classes des comptes de gestion. .................................................................... 106
Tableau 8 Rattachement des classes de comptes aux états financiers (bilan et compte de
résultat ................................................................................................................ 106

9
Liste des figures

Figure 1 Exemple de facture ...........................................................................................16


Figure 2 Exemple de Grand Livre manuscrit .....................................................................17
Figure 3 De la facture au journal puis à la déclaration et à l’établissement des comptes :
l’écriture comptable au cœur d’une arithmétique documentaire .................................18
Figure 4 Menu d’import d’un fichier des écritures comptables (QuadraCompta, Quadratus) .28
Figure 5 Le document numérique, un ensemble de couches calculatoires ..........................31
Figure 6 De la norme comptable au fichier XBRL. .............................................................36
Figure 7 Les étapes de la construction du modèle XBRL. ...................................................37
Figure 8 Visualisation dynamique des informations financières de Mastercard, Inc. ...........47
Figure 9 Datavisualisation dynamique des informations financières et visualisation
dynamique des informations comptables XBRL de Mastercard, Inc. ...........................48
Figure 10 Datavisualisation des informations comptables XBRL de Mastercard, Inc. avec
comparaison avec les informations de Visa, Inc. .......................................................49
Figure 11 Les professionnels de l’expertise-comptable et de la finance, des nouveaux
hybrides. ...............................................................................................................65
Figure 12 Service comptable au début du XXe siècle (domaine public) ...............................67
Figure 13 Service comptable mécanisé au début du XX e siècle (domaine public) .................68
Figure 14 Opératrices de machines à cartes perforées dans les années 1960 aux États-Unis
(photo sous licence Creative Commons) ..................................................................69
Figure 15 Un homme et une femme travaillant dans les années 1950 sur IBM 704 pour
effectuer des calculs pour l’aéronautique .................................................................71
Figure 16 Mise en rapport des branches de la comptabilité ...............................................75
Figure 17 Formulaire papier de déclaration de TVA (recto) .............................................. 101
Figure 18 Formulaire papier de déclaration de TVA (verso). ............................................ 102
Figure 19 Modèle fiscal obligatoire de présentation du bilan. ........................................... 103
Figure 20 Modèle fiscal obligatoire de présentation du compte de résultat. ...................... 104

10
Introduction

11
Même si les prémisses en étaient largement installées et les dispositifs en place depuis
quelques années1, l’introduction du format documentaire obligatoire du fichier des écritures
comptables le 29 juillet 20132 créé une situation nouvelle et place les entreprises et les
professionnels de l’expertise comptable face à un défi inédit : celui de leurs responsabilités
non plus uniquement sur des états comptables, mais sur un jeu de données, sur une base
de données de l’entreprise.

Mais avant de poursuivre plus avant l’examen des conséquences de cette perspective neuve,
il convient de revenir sur les pratiques documentaires ayant eu cours jusqu’à présent dans la
comptabilité des entreprises.

La révolution de la comptabilité en partie double et l’émergence de l’écriture


comptable moderne

Précisons d’emblée que la pratique de la comptabilité est très ancienne, sans doute autant
que celle de l’écriture elle-même. Pour les besoins de notre étude, nous n’allons cependant
pas remonter aussi loin. Ce serait du reste trop s’éloigner de la réalité contemporaine, les
grands principes en ayant été fixés plus récemment. De fait, et c’est un événement
fondateur auquel les praticiens se réfèrent eux-mêmes, c’est à 1494 que l’on fait remonter
l’émergence de la comptabilité moderne appelée encore « comptabilité en partie double »
avec la publication par Luca Pacioli de sa Summa de arithmetica, geometria, de proportioni
et de proportionalita. Reprenant en la documentant de façon précise une pratique de la
comptabilité commerciale et bancaire ayant cours en Italie depuis au moins le XIIIe siècle,
Luca Pacioli fixe le corpus documentaire à la base de toute comptabilité commerciale 3
moderne, ce que l’on appelle dans la comptabilité dite à l’italienne à partir de trois sortes de
livres :

- le Mémorial ou Brouillard ;

- le Journal ;

- le Grand Livre.

1
LOI n° 2012-1510 du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012, Article 14.
Legifrance, 29 décembre 2012. En ligne
<http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=DC92E2F0C681CE6FF68ED2
E77F29527D.tpdjo02v_3?idArticle=JORFARTI000026857993&categorieLien=id&cidTexte=JO
RFTEXT000026857857&dateTexte=>
2
(4, DGFIP)
3
Nous n’aborderons pas ici le cas particulier des comptabilités publiques, qui n’obéissent pas
aux mêmes principes, même si un effort de rapprochement a été entamé.
12
L’historienne et anthropologue Clarisse Herrenschmidt revient dans son ouvrage Les trois
écritures : Langue, nombre, code sur la signification de ces livres dans le système qu’expose
Pacioli. Elle distingue ainsi le mémoire ou brouillard, le journal et le grand livre.

 Le mémoire ou brouillard est un registre recensant les opérations dans l’ordre


chronologique. Il se veut le plus exhaustif possible, allant même dans l’esprit de
Luca Pacioli à « indiquer quelques paroles ont été échangées, car, pour le
marchand, les choses ne sont jamais trop claires. »

 Le journal est un document périodique, daté et numéroté où les montants sont


exprimés en une seule devise.

 Le grand livre est une compilation annuelle du journal.

Dans le vocable contemporain, le premier des trois livres est encore désigné sous le nom
brouillard de saisie, le suivant consiste généralement en un journal qui peut se découper un
journal d’achats, un journal de vente et un journal de banque à cause du volume des
opérations et pour répondre aux nécessités de la répartition du travail entre plusieurs
comptables et le dernier s’appelle toujours Grand Livre.

Mais tous ont en commun d’obéir au principe de la partie double, c’est-à-dire que chaque
écriture alimente un compte au débit et un compte au crédit. Dit autrement, l'inscription
d'un montant dans un compte implique toujours la mention de même montant dans un autre
compte, ce qui facilite les recoupements et l’identification des disparitions.

Exemple 1 : supposons que le 5 janvier 2014 l’entreprise A achète à l’entreprise B des


marchandises pour 1200 € TTC. Voici ce que l’on va inscrire dans le journal d’achats de
l’entreprise A :

DATE N° DE COMPTE LIBELLE DU MONTANT DEBIT MONTANT N° DE PIECE


COMPTE CREDIT

05012014 40110000 ENTREPRISE B 1200 2014-33

05012014 60700000 MARCHANDISES B 1000 2014-33

05012014 44566000 TVA DEDUCTIBLE 200 2014-33

13
Le même événement présenté dans une comptabilité en partie simple se présenterait
comme suit :

DATE N° DE COMPTE LIBELLE DU COMPTE MONTANT N° DE PIECE

05012014 60700000 MARCHANDISES B 1000 2014-33

Dans le premier cas, on va pouvoir faire des recoupements :

- si le compte du fournisseur n’est pas soldé à la fin de l’année, c’est que l’on n’a pas payé le
fournisseur ;

- si inversement, on attribue un paiement à ce fournisseur sans avoir enregistré la facture, le


solde du compte va présenter un solde anormal, nous alertant sur l’anomalie.

- on identifie aussi qu’il y a un tiers, l’État, par l’intermédiaire de la TVA que l’entreprise peut
déduire, qu’elle doit déclarer et reverser à l’État4.

Dans le second cas, on ne peut faire aucun de ces recoupements et il faudra encore veiller à
reporter manuellement le solde bancaire à l’issue de chaque opération (dépense ou
encaissement).

Il apparaît que la comptabilité en partie double est une technique documentaire nettement
plus performante que la comptabilité en partie simple, comme le soulignait déjà par exemple
A. Delafontaine en 1848 dans son ouvrage La tenue des livres en partie double, avec tous
les comptes et calculs qui se rattachent à la comptabilité commerciale :

La tenue des livres en partie simple, dont heureusement chaque jour voit
diminuer l'usage, ne repose sur aucun principe mathématique ; c'est une
suite de notes incomplètes, jetées sur différents livres, sans aucune liaison,
sans aucun rapprochement, plutôt qu'une méthode raisonnée et combinée.

À l’inverse :

La tenue des livres en partie double, dont nous sommes redevables aux
Italiens, est établie sur un système d’équations ou de balances entre les
débiteurs et les créanciers, de telle sorte que la plus légère différence entre
ces deux parties égales de la comptabilité indique l’existence d’une ou de
plusieurs erreurs.

4
La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) représente 60 % des recettes de l’État. C’est l’axe
principal du contrôle des comptabilités informatisées par l’Administration fiscale.
14
L’écriture comptable au cœur d’une arithmétique documentaire

Sur la base de cet exemple, on peut observer que l’introduction de la partie double a
fortement structuré la formalisation de l’écriture comptable qui n’est que la retranscription
de chaque événement dans la vie de l’entreprise et ayant un impact sur son patrimoine
économique, en ce sens la comptabilité procède d’une approche historique. Les comptes
annuels sont d’ailleurs désignés dans les normes d’exercice professionnel comme les
comptes historiques.

Mais au-delà, cette pratique induit un cheminement documentaire bien spécifique et bien
ordonnancé que l’on peut modéliser sous la forme du workflow suivant :

Pièces comptables > Enregistrement dans les journaux > Production des livrables
intermédiaires > Vérification des journaux > Écritures d’inventaire > Production des livrables
annuels

De ce point de vue, en dehors de toute considération sur les détails de la technique


comptable elle-même, la comptabilité apparaît bel et bien comme un processus
documentaire secondaire, s’appuyant sur des documents primaires et produisant à son tour
des documents.

Nous allons maintenant reprendre plus en détail la typologie de ces documents.

En amont, des documents primaires : les pièces comptables

 Factures (d’achat et de vente) – fig. 1

15
Figure 1 Exemple de facture5

5
Source : Wikimedia
16
 Relevés bancaires

Pendant les opérations comptables : les documents préparatoires

 Journaux

 Grand livre – fig. 2

Figure 2 Exemple de Grand Livre manuscrit6

 Balance

En aval, des documents secondaires : les déclarations et les comptes

Déclarations de TVA – fig. 17 et 18

Bilan – fig. 19

Compte de résultat – fig. 20

Annexes

6
Source : Wikimedia
17
Alors que représente le fichier des écritures comptables dans ce dispositif ?

Le fichier des écritures est la concaténation la plus pure des opérations comptables. Il est la
concaténation de l’arithmétique documentaire résultant de l’établissement des déclarations
et des comptes.

Figure 3 De la facture au journal puis à la déclaration et à l’établissement des comptes : l’écriture


comptable au cœur d’une arithmétique documentaire

Sur l’exemple présenté (fig. 3), la facture d’achat ou de vente est analysée en tant que
document par le comptable en fonction de 5 zones-clés :

- le nom du client ou de fournisseur : le comptable sait alors s’il va devoir utiliser un journal
de vente ou d’achat

- la date : le comptable sait alors sur quelle période porte l’opération

- le descriptif : le comptable détermine dans quel compte enregistrer l’opération (pour une
vente : une vente de marchandises, une prestation, etc. ; pour un achat : une marchandise,
une prestation de services, du matériel, etc.)

- le montant : le comptable identifie trois montants, le montant HT, le montant de TVA et le


montant TTC (HT + TVA).

- la référence du document : le comptable repère cette référence qu’il va devoir reporter


dans le journal.

18
En fonction des éléments identifiés ci-avant, le comptable alimente le journal ad hoc :

- s’il s’agit d’un achat suivant le schéma indiqué plus haut à l’exemple 1 ;

- s’il s’agit d’une vente suivant le schéma inverse.

Cette écriture en partie double suivant le principe énoncé ci-avant va servir notamment à
deux choses :

- la déclaration de TVA qui récapitule périodiquement (mensuellement, trimestrielle,


annuellement) le montant de TVA collecté (TVA sur les factures de ventes) et de TVA
déductible (TVA sur les factures d’achat) afin de déterminer par différence le montant de
TVA à reverser à l’État ;

- l’établissement des comptes : alimentés pour le bilan par les montants TTC (à l’actif pour
les montants facturés aux clients et au passif pour les montants facturés aux fournisseurs)
et pour le compte de résultat par les montants HT (dans les produits pour les ventes, dans
les charges pour les achats).

Suite à ce déroulé, on comprend mieux la novation de l’exigence du fichier des écritures


comptables. Il est demandé aux entreprises de produire en aval la source même de toute la
comptabilité, au degré de granularité le plus fin : l’écriture comptable.

Dans la suite de notre exposé, nous allons reprendre de façon plus détaillée l’écriture
comptable afin de mieux examiner ce qu’elle représente et de mieux déterminer sa valeur
documentaire. Notons d’ores et déjà que l’écriture a ici valeur pleine et entière, donnant à
lire l’entreprise, comme dans un (grand) livre ouvert :

Le Grand Livre donne accès à la masse des flux, de façon claire et documenté, les « chiffres
représentant des monnaies, les pages [incluant] de[s] référence pour retrouver les items
précis, des numéros d’entrée, des données comptables, des dates. »7

7
(15, HERRENSCHMIDT)
19
Première partie
Enjeux du fichier des écritures
comptables : contrôle et
efficience

20
1 Enjeux du fichier des écritures comptables :
contrôle et efficience

1.1 Enregistrement et plan comptable

1.1.1 Le Plan Comptable Général...

Nous avons présenté ci-avant l’écriture comptable. Nous désignerons ci-après


l’enregistrement comptable comme la trace documentaire, singulièrement informatique, des
écritures comptables.

L’enregistrement comptable comporte certes par nature un aspect historique mais


également un aspect prospectif car il répond à une grammaire précise relevant d’une
classification : le plan comptable.

Sans ce plan comptable, les comptes seraient confondus, inscrits pêle-mêle au Grand Livre.
Du reste, c’était le cas au XVIe siècle où le commerçant anversois Jan Ympyn Christoffels
pouvait écrire en 1543 que « lorsqu’il s’agit de réunir [les comptes] tant bien que mal par
catégories pour former le Bilan, tout le monde est en mouvement comme une armée au
bivouac la veille d’une bataille »8

Au XVIIIe siècle prévalait une classification fruste en cinq classes qualifiée pour cette raison
de « cinquecontiste ».

- 1. Marchandises générales ;

- 2. Caisse ;

- 3. Effets à recevoir ;

- 4. Effets à payer ;

- 5. Profits et pertes.

Le plan comptable tel que nous le connaissons en France est une classification décimale
hiérarchique descendante d’application obligatoire ; il est également désigné sous le nom de
Plan Comptable Général.

8
Cité par : GODEFROID H., Cours de comptabilité pratique industrielle et commerciale,
Charleroi Auguste Piette, Imprimeur-éditeur, 1864
21
Nous avons examiné en introduction la syntaxe des écritures comptables. Le Plan Comptable
Général constitue la syntaxe qui va permettre à partir des écritures comptables de constituer
des états financiers. En effet, c’est l’accumulation des enregistrements comptables issus des
écritures comptables qui va alimenter les comptes du Plan Comptable Général (tableau 1).
Ces comptes, selon leur positionnement dans le Plan Comptable Général, se rattachent soit
au bilan soit au compte de résultat, c’est-à-dire des documents comptables secondaires à la
structure préétablie, qui constituent des attendus incontournables de tout travail comptable
(tableau 2). Il en est de même pour les déclarations intermédiaires, de type déclaration de
TVA, qui sont alimentées par des comptes bien spécifiques, expressément normalisés dans
le Plan Comptable Général.

Aussi le Plan Comptable Général constitue-t-il le dispositif essentiel rendant possible


l’arithmétique documentaire comptable.

Avant d’examiner plus avant les conséquences de ce dispositif, il convient de revenir un peu
sur sa genèse.

1.1.2 ...une classification née sous l’Occupation...

L’introduction en 1942 du plan comptable en France s’inscrit pleinement dans le contexte du


régime de Vichy, et plus précisément dans le cadre de la politique de collaboration avec
l’occupant.

Quelques années plus tôt en 1937, l’Allemagne avait adopté un plan comptable dit plan
Göring afin de contrôler plus étroitement la contribution des entreprises à l’effort de
remilitarisation puis à l’effort de guerre.

Classes Plan comptable français de 1942 Plan Göring (1937)


0 Comptes statiques Comptes immobilisés
1 Comptes financiers Comptes financiers
2 Comptes transitoires, de régularisations, Comptes de délimitation
d’engagements
3 Comptes des stocks et des achats Comptes de matières premières
4 Comptes des dépenses par nature Comptes par nature de dépenses
Compte d’imputation
5 Comptes de répartition Comptes des frais par sections
6 Comptes des frais par sections Comptes des produits terminés et mi-terminés
7 Comptes des prix de revient des produits
Comptes des ventes et autres recettes Comptes de ventes
8 Comptes de résultats Comptes de clôture
9

Tableau 1 Comparaison entre le plan comptable français de 1942 et le Plan Göring de 19379

9
(19, OURIEMMI)
22
En France, l’introduction du plan comptable répond à un double objectif :

- côté allemand, déterminer précisément, par des recoupements statistiques la capacité des
entreprises françaises à contribuer à l’effort de guerre ;

- côté français, satisfaire les élans réformateurs de certains penseurs, hauts fonctionnaires et
praticiens, soucieux de longue date de rationaliser la production des comptes.

Après-guerre, le plan comptable de 1947 reprendra largement celui de 1942. Depuis cette
époque, la comptabilité des entreprises constitue une source documentaire exploitable à des
fins de contrôle et de statistique. Les règles de classification étant précisées, la valeur
documentaire de la comptabilité des entreprises n’en devra être que plus probante.

1.1.3 ...héritière de la Classification Décimale Universelle

Pour novateurs qu’ils soient, ces deux plans comptables s’appuyent largement sur la
classification décimale de Dewey (1876), perfectionnée par Henri La Fontaine et Paul Otlet
(1905) pour devenir la classification décimale universelle (CDU). En 1901, Otlet applique la
CDU encore en cours d’élaboration à la comptabilité :

Il a donc paru possible en principe et en fait d’établir un schéma universel


de comptabilité ou Classification Universelle des Comptes, et par suite,
d’arrêter une notation comptable conventionnelle qui permette de
représenter et de désigner chacun de ces comptes d’une manière simple
concise et mnémonique.10

Le bulletin de l’institut international de bibliographie publie en 1901 sous le nom d’« avant-
projet de schéma universel de comptabilité » (cf. annexe pp. 97-98) une application
élaborée par Paul Otlet lui-même du principe de la future CDU dans les bilans « en vue
d’obtenir la similitude et l’unité nécessaires pour la comparaison des résultats ».11

10
(9, FELIX)
11
Ibid
23
AVANT-PROJET DE SCHÉMA UNIVERSEL DE COMPTABILITÉ12
par Paul Otlet, 1901
1. Comptes de Capital
1.1. Comptes divers du comptable d’origine, apporteur du capital ;
1.2. Comptes d’ordre et de méthode (Capital, actions, réserves, etc.)
2. Comptes de valeurs
2.1 Valeurs immobilisées ;
211 Comptes de valeurs immobilisées ;
211.1 Fonds de commerce ;
211.2 Brevets ;
211.3 Assurance ;
211.4 Immeuble, Matériel et Mobilier ;
211.41 Immeuble ;
211.42 Matériel et outillage ;
211.43 Mobilier ;
211. Fonds de prévoyance et de retraite ;
212 Comptes d’ordre et de méthode ;
212.1 Frais d’organisation ;
212.2 Amortissement des valeurs immobilisées ;
2.2 Valeurs disponibles ;
2.3 Valeurs engagées ;
3. Comptes de tiers :
3.1 Comptes de personnes tierces ;
3.2 Comptes d’ordre et de méthode (intérêts, coupons, obligations, etc.)
. omptes de résultats
4.1 Ventes ou recettes ordinaires ;
4.2 Résultats d’opérations diverses ;
4.3 Profits et pertes accidentels ;
4.4 Commissions, change et intérêts divers ;
4.5 Escomptes et rabais ;
4.6 Frais généraux non imputés ou imputés en trop ;
461 Frais généraux non imputés
462 Frais généraux imputés en trop
4.7 Exercice ou résultats d’exercice 19.. .

Le schéma universel est suivi d’un index alphabétique des comptes dont voici un extrait.

12
(9, FELIX)
24
Comptes Nombre classificateur Fonctionnement des comptes

Mouvement Solde
Crédité Débité Créditeur Débiteur
Actionnaires 112
Actions émises 122.1
Actions souscrites 122.1

Tableau 2 Extrait de l’index alphabétique des comptes de Paul Otlet

Deux remarques quant à cette classification :

1. Otlet n’utilise pas de classe 0 ;

2. Otlet s’arrêté à la classe 4 alors que le principe même d’une classification décimale lui
aurait permis d’aller plus loin.

Otlet publiera quatre ans plus tard avec La Fontaine sa classification décimale universelle.
Nul doute que son travail sur son schéma universel de comptabilité a constitué une étape
décisive dans l’universalisation de sa classification, c’est-à-dire la possibilité de son utilisation
en dehors du monde des bibliothèques. De ce point de vue, le schéma de 1901 a sans doute
constitué ce que l’on appellerait aujourd’hui une preuve de concept.

1.2 Au-delà de la partie double, une documentation à


valeur probante

1.2.1 Le défi d’un records management hybride à part entière

La normalisation très stricte de la comptabilité a pour conséquence que, face à tout


document comptable préparatoire ou final, le lecteur avisé, le praticien ou le vérificateur sait
exactement ce à quoi il doit s’attendre et ce qu’il doit pouvoir trouver.

Pour l’entreprise, la comptabilité constitue un système de preuve retraçant ses engagements


vis-à-vis d’elle-même mais aussi et surtout vis-à-vis des tiers (clients, fournisseurs, État).

À ce titre, l’ensemble de la comptabilité d’une entreprise (documents primaires, documents


préparatoires, documents intermédiaires, documents finaux) constitue un espace
documentaire engageant.

25
De ce point de vue, intégrant à la fois des documents transactionnels et patrimoniaux, la
comptabilité d’une entreprise entre pleinement dans le champ du records management.

Il faut conserver les documents primaires (factures, relevés bancaires), les documents
préparatoires (enregistrements comptables), les documents intermédiaires (déclarations de
TVA, d’impôt sur les sociétés, etc.) et les documents finaux (bilan, compte de résultat).

À cela peuvent s’ajouter des éléments de correspondance papier ou numérique (courriels)


susceptibles de contenir des informations à intégrer aux comptes.

Le corpus à archiver est ainsi volumineux et protéiforme. Il s’agit au surplus d’un archivage
hybride, puisque certains éléments sont au format papier, d’autres au format numérique, ce
qui implique des règles de conservation particulières, notamment pour les factures 13.

Un point toutefois ne fait pas débat : la durée d’archivage des comptabilités est de 10 ans.

1.2.2 Le point délicat de l’archivage des écritures comptables

Une difficulté spécifique subsiste : l’archivage des écritures comptables.

En effet, si le plan comptable est normalisé, les formats informatiques supportant les
enregistrements comptables ne le sont pas. Il existe un grand nombre de logiciels
comptables et autant de formats informatiques. Dans une optique de records management,
cela n’est pas sans incidence car les formats informatiques des enregistrements comptables
ne reposant pas sur des formats ouverts 14, il convient d’archiver également le logiciel
support15.

Toutefois, il convient ici de préciser que le fichier des écritures comptables, de par le format
documentaire qu’il impose, va sans doute constituer un format standard d’échanges de
comptabilités informatisées.

13
« Les entreprises qui reçoivent à la fois des factures papiers et électroniques sont tenues
de conserver ces factures sous leur forme respective » — source : (6, DGFIP)
14
« Un format ouvert est légalement exempté de droits d'utilisation et sa description est
publique. Il est alors compréhensible et interopérable. Compréhensible car sa description ou
spécification est publique, tout le monde peut alors prendre connaissance de la manière
dont les informations sont organisées au niveau de ce format. Il est alors possible avec une
telle connaissance de créer une variété de programmes et d’équipements qui l'exploitent. On
dit d un tel format qu il est interopérable. [ ] Ainsi, un format ouvert est un format non
seulement spécifié mais, de plus, accessible et interopérable . » — Source : (24, TGE
ADONIS)
15
« Il faut effectuer systématiquement des sauvegardes des documents, des index et de tous
les logiciels servant au fonctionnement du système » — source : (17, NF)
26
INFORMATION NOM DU CHAMP TYPE DE CHAMP
1. Le code journal de l'écriture
JournalCode Alphanumérique
comptable (à blanc si non utilisé)
2. Le libellé journal de l'écriture
JournalLib Alphanumérique
comptable (à blanc si non utilisé)
3. Le numéro sur une séquence
EcritureNum Alphanumérique
continue de l'écriture comptable*
4. La date de comptabilisation de
EcritureDate Date (AAAAMMJJ)
l'écriture comptable*
5. Le numéro de compte (à blanc
CompteNum Alphanumérique
si non utilisé)
6. Le libellé de compte* CompteLib Alphanumérique
7. Le numéro de compte auxiliaire
CompAuxNum Alphanumérique
(à blanc si non utilisé)
8. Le libellé de compte auxiliaire (à
CompAuxLib Alphanumérique
blanc si non utilisé)
9. La référence de la pièce
PieceRef Alphanumérique
justificative*
10. La date de la pièce
PieceDate Date (AAAAMMJJ)
justificative*
11. Le libellé de l'écriture
EcritureLib Alphanumérique
comptable*
12. Le montant au débit* Debit Numérique
13. Le montant au crédit* Credit Numérique
14. Le lettrage de l'écriture (à
EcritureLet Alphanumérique
blanc si non utilisé)
15. La date de lettrage (à blanc si
DateLet Date (AAAAMMJJ)
non utilisé)
16. La date de validation de
ValidDate Date (AAAAMMJJ)
l'écriture comptable*
17. Le montant en devise (à blanc
Montantdevise Numérique
si non utilisé)
18. L'identifiant de la devise (à
Idevise Alphanumérique
blanc si non utilisé)

Tableau 3 Format du fichier des écritures comptables16

*champ obligatoire

En effet, il opère au niveau de granularité le plus fin, l’écriture comptable, c’est un format
documenté et ouvert, indépendant du logiciel qu’il l’a constitué, lisible par un humain et,
dans une certaine mesure, évolutif. Du reste, il semble déjà adopté comme standard
d’interopérabilité entre logiciels comptables (cf. fig. 4).

16
(4, DGFIP)

27
Figure 4 Menu d’import d’un fichier des écritures comptables (QuadraCompta, Quadratus)

1.2.3 L’exigence de traçabilité documentaire

La pérennité du système documentaire comptable ne suffit pas à le rendre probant. Il faut


aussi maintenir une certaine traçabilité, ce que l’on désigne dans le cas d’espèce sous le
nom de « piste d’audit fiable ».

D’un point de vue documentaire, il s’agit de pouvoir remonter par le mécanisme de la


référence au document primaire (appelé également « pièce comptable ») justifiant l’écriture.

1.3 De la comptabilité à l’espace documentaire de


l’entreprise

1.3.1 De l’écriture à l’événement comptable

Normalisée et documentée, la comptabilité de l’entreprise devient un espace documentaire


débordant largement le cadre comptable historique de la partie double. Dans les années
1970, la recherche comptable a théorisé ce dépassement sous le nom de « théorie de

28
l’événement comptable » 17. L’idée sous-jacente est que l’écriture comptable n’est qu’une
manifestation de faits ayant des répercutions bien plus larges au sein de l’entreprise. Ainsi, si
l’on prend l’exemple d’une entreprise de négoce de gros en fruits et légumes, la vente d’une
palette de tomates aura certes pour conséquence l’enregistrement d’une vente mais aussi la
diminution du stock de tomates et peut-être aussi l’enregistrement d’un nouveau client.

Ici pour un même événement, trois dimensions au moins sont convoquées :

- la dimension comptable (comptabilisation de la vente) ;

- la dimension logistique (gestion des stocks) ;

- la dimension commerciale (création d’une nouvelle fiche dans la base clients).

L’implémentation informatique de ce modèle dans les années 1980 rendue possible par les
progrès technologiques et par la généralisation de la micro-informatique donnera naissance
aux ERP (Enterprise Ressource Planning) ou PGI (Progiciels de Gestion Intégrée).

Désormais, faits et documents ne sont plus des éléments isolés appartenant à un domaine
unique mais des événements et des ressources partagés irriguant toute la vie de l’entreprise,
dans un espace de travail et d’échanges ouvert et connecté.

1.3.2 L’horizon SAF-T

C’est bien dans cette optique que l’entreprise a été repensée comme un ensemble de
transactions (appliquant ainsi les théories de Coase 18), ce qui se traduit dans l’esprit et dans
les dispositions du régulateur et du législateur par une modélisation documentaire nouvelle
de l’entreprise, s’appuyant sur les technologies documentaires les plus récentes. Aussi le
cadre de vérification fiscale, SAF-T (Standard Audit File for Tax), mis au point en 2005 au
niveau de l’OCDE constitue-t-il une cartographie documentaire dynamique de l’entreprise et

17
(7, DEGOS)
18
Dans son ouvrage The Nature of the Firm (1937), Ronald Coase définit l’entreprise comme
une structure permettant d’éviter les coûts de transaction (recherche et information,
négociation et décision, surveillance et exécution). Cela signifie qu’ a contrario, dès que l’on
sort du périmètre de son entreprise pour examiner son rapport aux tiers (clients,
fournisseurs, État, etc.), le coût de transaction existe et avec lui sa matérialisation
documentaire (ce que Coase désigne sous le nom générique de « contrats »). Cette
matérialisation documentaire permet le contrôle.
29
de ses points névralgiques. L’architecture d’ensemble consiste en des schémas XML19 très
fins, doublés de business rules complexes20 et subtiles.

L’objectif est de pouvoir lire dans l’entreprise comme dans un livre ouvert. De ce point de
vue, le FEC (Fichier des Ecritures Comptables) français ne constitue qu’une implémentation
très prudente de SAF-T, par comparaison d’une part avec la feuille de route de SAF-T et
rapport aux dispositions en vigueur dans d’autres pays européens, à commencer par le
Portugal et le Luxembourg.

La feuille de route de SAF-T prévoit d’automatiser la collecte des données selon les 5 volets
suivants21 :

Comptabilité générale

Comptabilité auxiliaire clients

- fichier clients

- factures de vente

- paiements clients

Comptabilité auxiliaire fournisseurs

- fichier fournisseurs

- factures d’achat

- paiements fournisseurs

Immobilisations corporelles

- fichier des immobilisations corporelles

19
XML Schema publié comme recommandation par le W3C en mai 2001 est un langage de
description de format de document XML permettant de définir la structure et le type de
contenu d'un document XML. Cette définition permet notamment de vérifier la validité de ce
document.Il est possible de décrire une organisation de vocabulaires d'origines différentes,
par l'usage des espaces de noms. Il est possible de combiner les schémas eux-mêmes, et
d'exprimer une combinaison pour le document contenu. — source : Wikipédia
20
Pour un document XML, les business rules sont des règles traduisant des contraintes, des
interdépendances et des propriétés existant entre les éléments et les attributs d’un
document XML.
21
http://www.oecd.org/tax/administration/45045602.pdf
30
- dépréciation et réévaluation

Stocks

- inventaire des stocks

- mouvement de stocks

De même, du point de vue des technologies documentaires employées, la faculté laissée aux
entreprises de ne produire que des fichiers plats 22, ce que la pratique des éditeurs
informatiques conduit à faire, tranche avec une logique par ailleurs fortement orientée vers
les formats informatiques structurés et balisés, XML en tête.

1.3.3 Vers une véritable topologie documentaire

Comme le souligne F. Ghitalla, le régime du document numérique est un régime de la


fragmentation, axé sur une organisation logique et plus seulement graphique de l’argument.
Le lecteur est invité à en prendre connaissance non plus de façon linéaire mais par « bons
associatifs ».

Le document numérique, singulièrement le document comptable, est formé d’un ensemble


de couches calculatoires (fig. 5).

Figure 5 Le document numérique, un ensemble de couches calculatoires

En effet, contrairement à un document imprimé, lequel « consist[e] en un codage


directement adressé aux capteurs sensibles de l’être humain, dont le cerveau se chargeait

22
Un fichier est la représentation du contenu d’une base de données sous la forme d’un
fichier texte contenant un enregistrement par ligne. Dénué de tout balisage, il comporte des
délimitateurs (comme la virgule, le point-virgule ou encore la tabulation) pour séparer les
champs de la base.
31
d’effectuer le décodage »23, le document numérique nécessite au préalable une traduction
en « mots binaires »24 (le format technique) pour pouvoir être intégré et accessible dans un
dispositif numérique, le plus souvent un micro-ordinateur.
L’interface-document prend le relais, il s’agit d’un mécanisme de restitution ayant cours à
l’intérieur du dispositif numérique imitant généralement le mode de consultation analogique
du document : le document numérique se présente généralement sous la forme de pages
que l’on peut tourner. C’est notamment le cas des fichiers de traitement de texte ou des
fichiers PDF.
Une fois cet espace de consultation instauré, d’autres fonctionnalités peuvent apparaître,
cette fois tout à fait propres au document numérique, s’appuyant sur des liens hypertexte,
lesquels donnent accès à d’autres documents et plus généralement à d’autres ressources
associés (gestion des liens et des documents).

23
LELEU-MERVIEL Sylvie, « De la navigation à la scénation » Un grand pas vers une
dramaturgie du numérique, Les Cahiers du numérique, 2002/3 Vol. 3, p. 97-120. En ligne
<http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2002-3-page-97.htm>
24
LELEU-MERVIEL Sylvie, Ibid.
32
Deuxième partie
Réponses opérationnelles

33
2 Réponses opérationnelles

2.1 Automatisation : données comptables structurées et


documents automatiques

2.1.1 Du document numérisé au document numérique

Les injonctions du législateur poussent à une transition accélérée vers les formats structurés.

De ce point de vue, ce qui touche les documents comptables et leur préparatoire illustre
sans doute un changement de régime global à l’œuvre dans le document numérique.

Ainsi dans le domaine des documents graphiques, le SVG (Scalable Vector Graphics) est un
format dérivé du format XML permettant la conception et l’affichage de documents
graphiques vectoriels, l’inclusion d’images matricielles, la stylisation de ses éléments
constitutifs par le recours à des feuilles de styles, l’inclusion de texte, l’ajout de
métadonnées RDF.

Dans l’édition numérique, le format EPUB est le format standard des livres électroniques.
Chaque fichier EPUB consiste en une archive de type ZIP contenant un fichier manifeste, les
ressources (images, fontes numériques, feuilles de styles) et le corpus du livre proprement
dits, se présentant sous la forme de fichiers XML ou xHTML.

Une nouvelle ère du document numérique s’ouvre dans laquelle la nature numérique des
documents va prendre tout son sens. Autrement dit, les documents numériques vont devenir
pleinement numériques, c’est-à-dire calculables, reconfigurables, découpables,
transformables à l’infini.

En effet, le support lui-même, c’est-à-dire le fichier informatique, et non plus uniquement les
informations qu’il contient devient calculable 25 et avec cette calculabilité apparaissent des
« potentialités : duplication de l’original de façon infinie, plasticité opératoire des
manipulations de « copier- coller»26.

25
Du reste, les normes internationales d’audit prévoient explicitement qu’il faut rejouer les
calculs effectués par les systèmes comptables.
26
(11, GHITALLA)
34
De ce fait, le document devient un espace de transformation « qu’on le déchiffre comme un
document papier, qu’on le duplique, qu’on le diffuse sur réseau ou qu’on y opère des
modifications »27.

Par contraste, le régime précédent semble avoir été celui du document numérisé, c’est-à-
dire un document dématérialisé, accessible depuis un ordinateur et simulant largement, de
par son apparence graphique, le document papier. Les documents au format PDF relèvent
très largement de cette catégorie.

Ainsi un document comptable au format PDF ne diffère guère de son équivalent papier, si ce
n’est pas sa portabilité (ce qui inclut la possibilité de le copier indéfiniment) et par un
stockage facilité. Mais au niveau de son exploitation, il ne s’apparente pas pleinement à un
document numérique. Comme pour un document papier, toute recherche, lecture ou
extraction se fera nécessairement de façon séquentielle. La prise de connaissance du
document est linéaire, il n’est pas fourni de structure a priori permettant une lecture dirigée
et ciblée du document. Dans le cas de la comptabilité, le paradoxe est criant : les documents
comptables sont normalisés, les états préparatoires également mais le format informatique
contraint le lecteur à une lecture et à une exploitation fastidieuse. Le format documentaire
est structuré, les opérations intellectuelles de comptabilisation le sont également répondant
à des normes et à un ordre précis mais la restitution informatique n’en rend pas compte.

En effet on se contente encore trop souvent « de remplacer les anciens documents papiers
par des fichiers textes »28. Les avantages du numérique sont minorés. Il y a certes
l’économie de papier, la facilitation de l’archivage et « dans une certaine mesure la
recherche de données ». Sur ce dernier point, « il faut toujours lire [les documents] en
intégralité ( ) car les données (...) ne sont pas correctement balisées pour les rendre
manipulables par les outils de traitement de l’information, l’intervention manuelle de
l’utilisateur reste inévitable. Le gain de la numérisation est, de ce point de vue, minime. »29

2.1.2 L’émergence du langage XBRL (eXtensible Business


Reporting Language)

Dès 1999 pourtant a émergé, sur la base du XML, un format adapté à l’élaboration
structurée des comptes, le langage XBRL (eXtensible Business Reporting Language). Ce

27
Ibid.
28
(22, TELLER)
29
Ibid
35
langage implémente la sémantique des comptes, les regroupements par rubrique et par
document de destination (bilan, compte de résultat) en vue de produire des états financiers.

Figure 6 De la norme comptable au fichier XBRL30.

Du point de vue du concepteur, comme l’illustre la figure 6 ci-dessus, l’implémentation du


langage XBRL suppose la traduction de normes comptables en modèle, puis la transposition
de ce modèle en structure de données permettant l’édition de fichiers XBRL à même de
répondre aux besoins d’exploitation et d’analyse d’une part et d’échange de partage d’autre
part.

Du point de vue de l’utilisateur, il faut veiller à ce que les règles, critères et attentes soient
bien intégrés dans le dispositif.

Ce modèle permet au chercheur Pierre Teller de mettre en évidence la formule de


l’arithmétique documentaire à l’œuvre dans le modèle XBRL :

Poste comptable / sémantique = principe + définition + procédure + documents

Où :

- le « principe » désigne l’objectif de la norme associé au poste comptable ;

- la « définition » vise l’explicitation des concepts-clés et des champs d’application ;

- la « procédure » concerne les évaluations initiale et postérieures ;

30
(22, TELLER)
36
- les « documents » sont l’ensemble des informations et justifications à fournir.

Attardons-nous cependant sur la traduction des normes comptables en modèle car celle-ci
est porteuse d’enseignements quant à la pratique de l’informatique documentaire dans le
cadre du langage XBRL. De fait, la traduction est double : elle est à la fois de nature
syntaxique et de nature sémantique (cf. fig. 7 ci-dessous).

Figure 7 Les étapes de la construction du modèle XBRL31.

Le langage XBRL distingue la présentation (la mise en forme), du contenu (les données),
grâce à des balises qui permettent de déterminer la sémantique (le sens) des données.

XBRL s’appuie largement sur des taxonomies, un dictionnaire de données intelligent. La


taxonomie définit les types de données et les relations entre ces données, par référence à
un domaine ou à une réglementation précise (par exemple, normes IFRS ou bien plan
comptable normes comptables françaises, directives européennes ). Des balises (ou tags)
spécifient la donnée.

La « grammaire » précise, quant à elle, le type de cette donnée (date, montant, devise ),
les libellés qui lui sont associés (éventuellement dans différentes langues et pour différentes

31
Ibid
37
utilisations), les types de documents de présentation qui utilisent cette donnée et les règles
de calcul où elle intervient. Pour simplifier, la donnée est toujours accompagnée des
informations qui permettent de la comprendre (à l’inverse de la structure rigide d’un
message informatisé)32.

Ainsi l’adoption obligatoire du langage XBRL aurait permis de prendre conscience bien plus
tôt des transformations à l’œuvre dans le document numérique comptable. Les pays les plus
en avance semblent les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Inde.

Aux États-Unis, la SEC (agence de régulation boursière) lance en 2009 le chantier XBRL
d’application progressive sur 3 ans pour l’ensemble des entreprises cotées.

L’objectif affiché et annoncé par la SEC est de fournir une information financière sous une
forme plus utile et plus pratique pour les investisseurs et pour le régulateur.

Nous adoptons des règles exigeant des entreprises qu’elles fournissent


l’information sous une forme qui a pour but d’améliorer son utilité pour les
investisseurs. Dans ce nouveau format, les états financiers pourront été
téléchargés dans un tableau, analysés dans une multitude de logiciels,
incorporés dans le cadre de modèles d’investissement. (...)

Ces nouvelles règles sont faites pour rendre les informations financières plus
faciles à analyser pour les investisseurs mais aussi pour faciliter le traitement
automatique des états réglementaires33.

Sous le concept de données interactives (« interactive data »), le régulateur américain


promeut un « format à même d’accroître la vitesse, la précision, la facilité d’utilisation, voire
de réduire les coûts. »34

En utilisant des données interactives, un investisseur peut immédiatement


extraire l’information spécifique qu’il cherche et la comparer à la même
information émanant d’autres sociétés, à l’année passée et à des ratios
sectoriels35.

Mais par données interactives, la SEC désigne un processus bien spécifique :

32
Source : http://www.finyear.com/Taxonomie-Comptes-Annuels-V-2-0-conforme-au-
PCG_a10120.html
33
http://www.sec.gov/rules/final/2009/33-9002.pdf – traduction de l’auteur
34
Ibid – traduction de l’auteur
35
http://www.sec.gov/spotlight/xbrl/what-is-idata.shtml – traduction de l’auteur
38
Les données deviennent interactives quand elles sont étiquetées en utilisant
un langage informatique balisé qui peut être exploité par un logiciel à des
fins de restitutions élaborées et d’analyses. Ces langages informatisés
balisés recourent à un jeu standard de définitions ou à des taxinomies, afin
de permette l’extraction et l’échange automatiques de données. Des
taxonomies interactives peuvent être proposées – comme les codes-barres
pour les marchandises – afin de permettre aux ordinateurs de reconnaître
ces données et de s’en servir pour alimenter les outils d’analyse. Le XBRL
(eXtensible Business Reporting Language) est un de ces langages
développés spécifiquement pour le reporting d’activité et le reporting
financier36.

En Grande-Bretagne, le HM Revenue and Customs (service des impôts britannique) impose


dès 2010 le format XBRL à l’ensemble des entreprises pour la présentation et la justification
des calculs.

L’administration britannique justifie sa position comme suit :

XBRL induit l’application d’un marquage lisible par les machines aux
informations des entreprises. Cela permet de traiter automatiquement ces
données par des logiciels, ce qui apporte des gains d’efficacité significatifs et
donne l’opportunité de procéder à une analyse de grande qualité des
informations fournies par les entreprises 37.

Plus loin :

L’introduction du marquage XBRL permet un traitement automatique des


informations des entreprises par des logiciels, évitant un processus coûteux
et laborieux processus de ressaisie et de vérification manuelle. Les machines
peuvent traiter les données XBRL de façon intelligente : elles peuvent
reconnaître l’information d’un document XBRL, la sélectionner, l’analyser, la
stocker, l’échanger avec les autres machines et la restituer automatiquement
dans une variété de formats pour l’utilisateur. XBRL améliore nettement la
vitesse de traitement des données financières, réduit les risques d’erreur et
permet la vérification automatique des informations 38.

Par rapport à la SEC, l’administration fiscale britannique introduit une subtilité quant à la
restitution et à l’exploitation documentaire, en recourant à la variante iXBRL :

Le format Inline XBRL (iXBRL) présente des avantages supplémentaires car il


permet la restitution des données XBRL sous une forme lisible par les
humains plus conviviale, que ce soit sur écran ou à l’impression. Ce format
permet également la conservation de la mise en page original de l’émetteur

36
Ibid – traduction de l’auteur
37
http://www.hmrc.gov.uk/ct/ct-online/file-return/xbrl-guide.pdf – traduction de l’auteur
38
Ibid – traduction de l’auteur
39
afin que le récepteur ait sous les yeux le même document, tandis que la
machine aura pu reconnaître les balises XBRL embarquées 39.

En Inde, le Ministry of Corporate Affairs a introduit l’obligation de produire des comptes


XBRL en 2011 avec la particularité contrairement à la SEC et à l’administration fiscale
britannique que ces comptes XBRL devaient faire également l’objet d’une certification de la
part des commissaires aux comptes.

Bien que plus récent que le cas américain ou britannique, le cas indien semble avoir fait
l’objet d’une attention toute particulière 40 sans doute parce que la responsabilité
documentaire des parties prenantes étaient étendues aux commissaires aux comptes mais
aussi et peut-être surtout parce qu’il s’agit du premier pays non occidental à avoir adopté le
format XBRL.

Il ressort que l’adoption du format XBRL ne s’est pas déroulée sans accrocs. Il est
intéressant de noter que ces difficultés relèvent essentiellement de la technique
documentaire ou de l’évaluation socio-technique de l’adoption de la norme.

Ainsi les critiques se sont concentrées sur la taxonomie imposée par les autorités indiennes.
Celle-ci à l’usage a été jugée peu souple (pas de possibilité d’extension), fautive par rapport
aux états financiers papier, imprécise, entraînant parfois des erreurs de marquage. Les
auteurs reconnaissent toutefois que certains de ses reproches ont pu être adressés en leur
temps à l’endroit des états XBRL de la SEC.

D’un point de vue socio-technique, les autorités indiennes ont semble-t-il sous-estimé la
nécessité pour les parties prenantes de disposer de taxonomies spécifiques à leur secteur et
pour les commissaires aux comptes d’avoir une marche à suivre précise pour vérifier les
états XBRL.

2.1.3 La voie française : privilégier l’automatisation au


détriment de la structuration des documents ?

Dans le contexte qui nous occupe principalement, le contexte français, l’accent semble avoir
davantage été mis sur l’automatisation des documents que sur leur structuration.

39
Ibid – traduction de l’auteur
40
http://eycarat.faculty.ku.edu/myssi/XBRL2013/2-
Farewell,%20Hao,%20Kashyap%20&%20Pinsker.pdf
40
Cette préoccupation s’inscrit dans le cadre de la modernisation accélérée de l’Administration
fiscale à partir de 2003 et à un rythme plus soutenu à partir de 2009 avec la création de
l’agence du patrimoine immatériel de l’État coïncidant avec la capacité de l’État de traiter des
données dématérialisées. Par modernisation, il faut comprendre la capacité de fonctionner à
l’identique voire mieux avec moins d’agents. Le papy-boom et le non-remplacement des
fonctionnaires partant à la retraite représentent à cet égard une occasion unique de réduire
le train de vie de l’État. Ainsi, ce qui était traité à l’aide de moyens humains doit désormais
l’être par des dispositifs informatiques. S’agissant des entreprises, il faut pouvoir collecter les
liasses fiscales, les déclarations d’impôts sur les sociétés, les déclarations de TVA
automatiquement et recevoir le paiement associé, lui aussi sous forme dématérialisée. La
ressaisie des informations est évitée, de même que le traitement fastidieux des chèques.

Pour atteindre cet objectif, l’Administration fiscale s’est largement appuyée sur les
entreprises et les professionnels de l’expertise-comptable. Technologiquement, le choix de
l’Administration fiscale s’est portée sur la norme EDIFACT soutenue en France par
l’association EDIFICAS (Échange de données informatisé fiscales, informationnelles,
comptables, analytiques et d’audit, et sociales) créée en 1992, à l’initiative de l’Ordre des
Experts-Comptables, et ayant pour objet de promouvoir l’EDI et tout particulièrement
EDIFACT. Cette technologie date de 1987 et repose sur une structure hiérarchique dans
laquelle le premier niveau est appelé interchange, et les niveaux inférieurs contiennent de
multiples messages qui sont autant de segments d’information, eux-mêmes constitués de
composites. Une fois traité, l’ensemble forme un élément. De ce fait, il s’agit davantage d’un
format « messager » que d’un format documentaire.

Ce choix marquera pour longtemps la position et les pratiques des acteurs (entreprises,
professionnels de l’expertise-comptable, Administration fiscale) en matière d’informatique
documentaire en ce qui concerne la traitement de la comptabilité des entreprises. Ce régime
favorise nettement une approche télématique du document en environnement numérique
dans laquelle la transmission dématérialisée est privilégiée au détriment d’une restitution
documentaire riche, comme cela a cours dans un environnement XML.

Dès juin 2000, une étude pour la Mission interministérielle de soutien technique pour le
développement des technologies de l'information et de la communication dans

41
l'administration et la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse41 s’interroge sur la pertinence de
l’EDI par rapport au XML.

L’étude rappelle tout d’abord que l’EDIFACT précise « [d]es règles syntaxiques de
structuration de l'information pour réaliser des échanges alors que le XML, qui s'appuie sur
un métalangage formel au sens mathématique. »42 Empiriques, « les règles syntaxiques [de
l’EDIFACT] autoris[e]nt la construction de structures d information pouvant comporter des
ambiguïtés de compréhension »43.

Contrairement au XML et singulièrement au XBRL qui reposent comme nous l’avons vu sur
des taxonomies, l’EDI s’appuie sur des répertoires et des dictionnaires, élaborés au fil du
temps et résultant de groupes de travail sectoriels.

De ce fait, le point fort de l’EDI est de permettre un contrôle direct et très fin des échanges
entre les systèmes mis en relation par ce protocole.

L’EDI est une technologie d’échange plus rudimentaire mais plus robuste tandis que le XML
nécessite le recours à des syntaxes plus élaborées mais ouvrant des possibilités plus
étendus. L’auteur de l’étude prédit ainsi que le « XML sera plus puissant à terme ».

Conscient toutefois du fait que les positions des acteurs en faveur d’EDI sont bien établies
(ce que l’avenir confirmera), l’auteur pose ouvertement la question de l’avenir des
investissements passés dans l’EDI et de leur pérennité.

Selon lui, ce « patrimoine » n’est en danger que les acteurs en place se montrent trop
rigides et refusent d’intégrer le XML. L’intégration de l’ebXML dans les années suivant l’étude
(2003 tout particulièrement) montrera que les craintes de l’auteur à ce niveau n’étaient pas
justifiées.

41
http://www.univ-paris1.fr/fileadmin/diplome_droit_internet/etude_complete2.doc
42
Ibid
43
Ibid
42
L’auteur résumera son étude comparative comme suit :

Caractéristiques EDIFACT XML


Langage
Structure Syntaxe Métalangage
Grammaire Non formelle Formelle
Dictionnaires associés Oui Non
Lisibilité (par l’homme) Non Oui
Stabilité Oui Non
Maturité Oui Non
Outils et technologies associées
Niveau technologique Bas/Moyen Haut
Offre Complète En développement
Interface Base de Données Peu/Pas Oui
Interactivité Non Oui
Support de l’industrie informatique Faible Fort
Stabilité Fort Faible
Prix Moyen/Élevé Faible

Tableau 4 Comparaison entre l’EDIFACT et le XML

En 2010, la chercheuse Véronique Guilloux ravive la querelle entre l’EDI et le XML 44. Depuis
2000, la recherche a progressé dans l’analyse et dans le décryptage des mutations à l’œuvre
dans les modernisations telles que celles menées par l’État en France. V. Guilloux convoque
la notion de « système interorganisationnel » pour désigner les transformations de
l’information qui ont cours selon elle. Il s’agit de « technologies permettant aux informations
de passer d’une frontière organisationnelle à une autre. La chaine de valeur est ainsi
recomposée dans le cadre de l’entreprise étendue pour gagner en compétitivité ou en
partenariat »45.

L’auteure décrit et dénonce une stratégie d’enracinement du dispositif EDI qui chaque année
doit être mis à jour pour se conformer aux formulaires papier administratifs normalisés : les
formulaires Cerfa (Centre d’Enregistrement et de Révision des Formulaires Administratifs),
« chaque code EDI correspond à une case du Cerfa »46.

Ainsi qu’exposé plus loin, la structure et donc la lisibilité de l’information n’est pas pérenne,
dépendant de la version du formulaire papier (appelée encore version millésimée), auquel il

44
(12, GUILLOUX)
45
Ibid
46
Ibid
43
faut continuer de se référer. Ainsi, « pour tous destinataires n’ayant pas connaissance des
codes Cerfa (et du bon millésime), le message EDI tdfc devient alors incompréhensible 47. »

2.2 Statistique : des jeux de données calculables

Rappelons-nous que la finalité de la normalisation et de la structuration de la comptabilité


est avant tout de permettre la comparabilité des comptes.

Le langage XBRL, en introduisant des éléments sémantiques, permet au lecteur ou


utilisateur des comptes de formuler une requête directement sur l’élément qui l’intéresse afin
de procéder, par exemple, à une analyse comparative, entre plusieurs entreprises du même
secteur, en vue d’une étude sectorielle.

Avant d’examiner certains travaux autour du XBRL, observons ce qu’il est possible de faire
avec un fichier des écritures comptables.

Un fichier des écritures comptables n’est jamais que la liste des écritures comptables ayant
permis d’établir les comptes de l’entreprise.

Le niveau de granularité permet de faire des statistiques très fines, par exemple :

- extraire toutes les écritures passées à telle date ou sur telle compte ;

- déterminer le montant moyen des ventes assorti de l’écart-type ;

- en utilisant des montants cumulés, comparer le niveau des achats avec le niveau des
ventes.

Toutefois pour accéder à un niveau supérieur, plus parlant également pour un public non
strictement comptable, il faut procéder à une reconstitution des comptes suivant les
mécanismes du Plan Comptable Général (cf. en annexes, tableaux 6, 7 et 8) ou repartir des
comptes de l’entreprise.

Un exercice donné récemment par le Centre de Ressources Comptabilité Finance visant


réaliser l'analyse financière de plusieurs entreprises sans calcul, à partir des états financiers
restitués sur Excel48 montre bien les limites de l’approche. Sans comptes au format XBRL, on
est contraint de récupérer les comptes en PDF sur Infogreffe et de les recopier dans un
tableau pour pouvoir procéder à une analyse comparative.

47
Ibid
48
http://crcf.ac-grenoble.fr/index.php?tg=articles&idx=More&topics=113&article=708
44
Avant d’examiner quelques possibilités du format XBRL, précisons que l’implémentation de
telles solutions serait tout à fait possibles en France.

Ainsi dès 200949, Infogreffe, qui fédère tous les greffes des tribunaux de commerce, en
charge de publier les comptes des sociétés, a lancé un vaste chantier XBRL. Via un nouveau
portail, i-greffes, il s’agit de donner la possibilité aux sociétés de déposer leurs comptes par
voie électronique soit en PDF soit directement en XBRL50.

Toutefois cette voie diffère nettement de la voie empruntée par l’Administration fiscale (cf.
dessus), ce qui conduit à un maelstrom documentaire pour les entreprises.

Ainsi si l’on récapitule leurs obligations documentaires numériques, les entreprises doivent
produire :

- une liasse fiscale au format EDI ;

- un fichier des écritures comptables ;

- et idéalement des comptes XBRL.

À ce dernier effet, une taxonomie XBRL conforme au Plan Comptable Général — la


taxonomie Comptes Annuels — a été mise en place dès 2009 après validation par l’Ordre des
Experts-Comptables. Elle fait partie des taxonomies reconnues par l’association XBRL depuis
février 201051. Toutefois, elle ne semble malheureusement plus disponible publiquement. On
peut trouver cependant un exercice pédagogique contenant des fichiers XBRL conformes à
cette taxonomie52.

On ne peut que déplorer que l’effort humain, documentaire et technologique soit si dispersé.
Les comptes XBRL étant facultatifs, ils ne sont pas produits en priorité par les entreprises.
Ce sont pourtant ceux qui seraient les plus utiles, les plus exploitables.

Simplement, les injonctions normatives les plus pressantes répondent prioritairement aux
préoccupations de l’État, singulièrement de l’Administration fiscale. L’architecture
documentaire des éléments comptables numériques répond à d’autres impératifs, en premier
lieu la lutte contre la fraude fiscale.

49
http://archive.xbrl.org/19th/sites/19thconference.xbrl.org/files/infogreffe_xbrl_2009-06-
24.pdf
50
Ce que nous n’avons toutefois pas pu vérifier au moment de la rédaction de la présente
étude
51
http://www.xbrl.org/FRTAcknowledged
52
http://www.reseaucerta.org/sites/default/files/coteLabo_xbrl.zip
45
Nous avons examiné dans quelles conditions le fichier des écritures comptables pouvait être
exploité à des fins statistiques.

Pour les raisons évoquées plus haut, une liasse fiscale au format EDI n’est guère exploitable
par l’entreprise.

Les seuls documents numériques qui pourraient servir à l’entreprise à des fins statistiques,
au sens d’analyse économique et financière de son activité, seraient des comptes au format
XBRL et bien entendu les comptes XBRL de ses concurrents.

Les entreprises du reste ne sont pas les seules concernées par cet état de fait. Les
professionnels de l’expertise-comptable doivent également s’en préoccuper.

Il y a des enjeux politiques entre l’Administration fiscale d’une part et les émetteurs et
producteurs de comptes d’autre part. L’EDI-TDFC ne répond qu’aux impératifs de production
comptable en direction de l’Administration fiscale tandis que le XBRL, tout en restant valide
sur le plan comptable permet des utilisations plus variées (Véronique Guilloux parle de
« différentes manières intertextuelles »53).

La question de l’utilité du travail de production des comptes peut sans doute se reposer dans
des conditions plus favorables. Autrement dit, « le reporting financier peut-il être plus simple
et plus utile ? »54.

De fait, au vu de certains travaux de recherche récents, il est permis de penser que la


généralisation du XBRL et plus largement des technologies du web et du web sémantique à
la production et à l’exploitation des états comptables et financiers est bel et bien en mesure
de susciter des applications nouvelles.

Ainsi en mai dernier, une équipe internationale de chercheurs a présenté un travail


particulièrement innovant autour de l’exploitation du XBRL dans une optique de Linked
Data5556. Il s’agit d’un modèle conceptuel d’observation d’informations financières. Autour de
l’exemple de la société cotée MasterCard, l’équipe a rapatrié des informations comptables en
XBRL de la base EDGAR de la SEC, des informations financières de Yahoo ! et des
informations sémantiques de Dbpedia. Les requêtes sont effectuées en SPARQL, les
ressources sont identifiées à l’aide de leur URI et le résultat est affiché dynamiquement sur

53
(12, GUILLOUX)
54
(12, GUILLOUX)
55
Méthode de publication de données structurées visant à recouper et partager l’information
de sorte qu’elle soit lisible par des machines
56
(14, HARTH)
46
une page Web. Le dispositif mis en place inclut des possibilités de datavisualisation (fig. 8, 9
et 10).

57
Figure 8 Visualisation dynamique des informations financières de Mastercard, Inc.

En haut, sous la rubrique « General Information » se retrouvent rappelées les informations


permettant d’identifier la société étudiée, la société MASTERCARD INC., dont les données
détaillées ci-après ont été rapatriées.

En dessous, sous la rubrique « Stock Information », on trouve les informations boursières


relatives à la société MASTERCARD INC., dont le cours de l’action, le nombre d’actions, la
capitalisation boursière, le dividende par action, etc.

57
Source : http://fios.linked-data-cubes.org/FIOS_2_0/Queries/queries_MasterCard.html
47
Figure 9 Datavisualisation dynamique des informations financières et visualisation dynamique des
informations comptables XBRL de Mastercard, Inc.58

En haut on trouve une datavisualisation dynamique du cours de clôture de l’action


MASTERCARD INC. sur une période courant du 27 janvier 2008 au 29 juillet 2013.

Sous la rubrique « XBRL » ont été reportées des données bilancielles nommées selon la
taxonomie US GAAP (United States Generally Accepted Accounting Principles, ou normes
comptables américaines) dont ici les créances clients et les dettes fournisseurs.

58
Source: http://fios.linked-data-cubes.org/FIOS_2_0/Queries/queries_MasterCard.html
48
Figure 10 Datavisualisation des informations comptables XBRL de Mastercard, Inc. avec comparaison
avec les informations de Visa, Inc.59

En haut figure une datavisualisation dynamique de l’agrégat « Total des actifs ».

En dessous, on peut lire une comparaison graphique sous forme de camembert du PER
(Price Earning Ratio, c’est-à-dire du rapport entre le cours de l’action et le bénéfice de
l’entreprise) de MASTERCARD INC. avec son concurrent VISA INC.

2.3 Responsabilité : un matériau pour les vérificateurs

2.3.1 La vérification des comptabilités informatisées, un


datamining « ciblé »

Que devient le fichier des écritures comptables (FEC) une fois remis à l’Administration
fiscale ?

Le FEC est conçu avant tout pour alimenter le logiciel d’aide à la vérification de
l’Administration fiscale : Alto 2. Là encore, il s’agit de rendre le contrôle fiscal moins coûteux
et plus efficace et, dans le même temps, plus complet et plus pertinent.

Alto 2 est l'outil interne de contrôle fiscal des comptabilités informatisées de l'Administration
fiscale.

49
Il a été mis en production en janvier 2014.

Il est constitué de trois modules :

- un module CONTRÔLE ;

- un module ALIMENTATION ;

- un module RESTITUTION.

Le module CONTRÔLE, chargé de vérifier la conformité de la structure des fichiers en


entrée, vérifie les points suivants :

- présence des informations demandées ;

- identification d'informations complémentaires ;

- respect des noms de champs ;

- conformité de la structure globale des fichiers.

À l'issue de ces contrôles, un rapport est émis.

À noter qu’il existe depuis octobre 2014 une version publique de ce module appelée « Test
compta Démat » disponible pour les plateformes Windows 60 et dont le code source est
publiée sous licence libre CeCILL61.

Le module ALIMENTATION analyse le contenu des fichiers des écritures comptables avant
intégration et tout particulièrement les points suivants :

- présence des données obligatoires ;

- respect des formats de date et de nombres ;

59
Source : http://fios.linked-data-cubes.org/FIOS_2_0/Queries/queries_MasterCard.html
60
http://www.economie.gouv.fr/dgfip/outil-test-des-fichiers-des-ecritures-comptables-fec
61
https://github.com/DGFiP/Test-Compta-Demat
50
- respect des préconisations sur les numéros de compte (conformité au Plan Comptable
Général)

Le module RESTITUTION permet de consulter les balances, grands livres, journaux


reconstitués.

Il donne également la possibilité de filtrer les écritures comptables par classe de compte.

La fonction « panier » sert à stocker les éléments pour interroger l'entreprise. Ces éléments
sont classés selon les axes de contrôle. L’inspecteur est invité à travailler selon ces axes,
généralement la TVA, les frais et les amortissements, susceptibles d’entraîner des
redressements et de permettre à l’Administration fiscale de recouvrer plus d’impôt sur les
sociétés et de TVA.

On peut parler de data mining avec un spectre prédéterminé. La classification comptable, la


structuration du fichier aident à mieux déterminer, à déceler ce qui doit et ce qui ne doit pas
être à tel ou tel endroit, en fonction des règles juridiques, comptables et fiscales en vigueur.

La comparaison à des référentiels est possible pour détecter des valeurs ou des fluctuations
anormales sur certains indicateurs-clés, comme la marge par exemple.

Ciblé, le data mining de l’Administration fiscale sur le fichier des écritures comptables ne vise
pas nécessairement le big data, il ne s’agit pas forcément de brasser de grandes quantités
d’information. En cas de volumétrie importante, il est possible, « en accord avec le service
vérificateur », de scinder le fichier des écritures comptables62.

Cela étant, le data mining est expressément mentionné par l’Administration fiscale comme
faisant partie du dispositif visant à lutter contre la fraude fiscale. Il s’agit tout
particulièrement d’ « améliorer le ciblage des contrôles » et de « détecter plus rapidement
les fraudes »63.

Plus tôt en octobre 2013, l’Administration fiscale justifiant le recours au data mining et plus
généralement à la programmation informatique par le gain d’efficacité et la meilleure
allocation de la charge de travail de ses équipes. L’objectif poursuivi est un double objectif
d’automatisation, s’appuyant sur des bases de données et de connaissances enrichis et

62
BOI-CF-IOR-60-40-20-20131213, http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/9028-
PGP.html?identifiant=BOI-CF-IOR-60-40-20-20131213
63
Comité national de lutte contre la fraude. La lutte contre la fraude aux finances publiques
en 2014. Ministère des Finances et des Comptes Publics, 22 mai 2014. En ligne
<http://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/dp-fraude22052014.pdf>
51
d’allègement des « travaux de sélection incombant aux services de programmation, afin
qu’ils puissent se concentrer sur les dossiers les plus lourds qui nécessitent leur
expertise »64.

En mars dernier, l’Administration fiscale dévoilait un nouvel outil CFVR — Ciblage de la


fraude et valorisation des requêtes. Le dispositif s’appuie sur le regroupement au sein d’un
entrepôt de données unique nommé EDEN de onze traitements de données préexistants,
combinant données personnelles et données professionnelles.

Un article de 01net65 indique que des méthodes exploratoires seront utilisées, reposant des
statistiques, des algorithmes, viseront à détecter « des incohérences ou des défaillances
déclaratives dans les dossiers des contribuables » et s’appuieront sur pas moins de onze
bases de données différentes, parmi lesquelles on peut trouver « [celles] de Sirius-Pro, le
logiciel maison de contrôle fiscal de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), ou
[celle du] Bulletin officielle des annonces civiles et commerciales (Bodacc) ».

La lettre juridique et fiscale de mai dernier de Syntec Numérique précise par ailleurs que le
dispositif français est moins transparent que celui des autres pays européens. La lettre
dénonce notamment une durée de conservation des données plus courte que celle
habituellement retenue pour les contrôles fiscaux (4 ans au lieu de 10 ans), pas de
communication sur les méthodes employées 66. La lettre met également en avant l’absence
« de connexions avec des fichiers autres que fiscaux, notamment sociaux ou bancaires, qui
permettraient des recoupements ».67

2.3.2 La DSN (Déclaration Sociale Normalisée), ou la promesse


d’agir sur une quantité de données beaucoup plus
importante

64
Direction Générale des Finances Publiques. Une stratégie de confiance 2013-2018.
Ministère des Finances et des Comptes Publics, octobre 2013. En ligne
<http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgfip/Doc_strategique_15_10_
web.pdf>
65
http://pro.01net.com/editorial/616104/bercy-se-dote-d-un-outil-de-datamining-pour-lutter-
contre-la-fraude-fiscale/
66
http://www.syntec-numerique.fr/sites/default/files/related_docs/2014_05_-
_ljf_mai_2014.pdf
67
On peut douter de la pérennité d’une telle résolution, une fois la Déclaration Sociale
Normalisée mise en place – cf. ci-après et compte tenu de l’arrêté du 16 avril 2014
autorisant l’Administration fiscale à collecter des données sociales personnelles au titre de la
vérification des informations relatives au CICE (Crédit Impôt Compétitivité Entreprise) –
source :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT00002890549
0&dateTexte=&oldAction=dernierJO&categorieLien=id
52
Toutefois, on peut penser qu’il n’en sera pas forcément de même pour la déclaration sociale
normalisée.

Il s’agit en effet de regrouper l’ensemble des déclarations sociales de l’entreprise par mois
avec une restitution détaillée par salarié. Cela devrait conduire à des fichiers très
volumineux. Cela paraît d’autant plus incontournable que l’objectif visé est de contrôler les
déclarations sociales non plus seulement au niveau des entreprises mais aussi et surtout au
niveau des individus. Il faut pouvoir centraliser pour un même individu et pour une période
donnée l’ensemble de ses déclarations sociales.

Par recoupement, l’Administration fiscale et/ou sociale pourra ainsi cartographier l’activité et
les revenus d’un individu, les mettre en corrélation avec les prestations sociales reçues et
déterminer alors l’existence ou non d’une fraude aux prestations sociales.

De quoi s’agit-il ?

À l’horizon 2016, la déclaration sociale nominative se substituera :

– Aux déclarations sociales existantes périodiques :

DADS-U (déclaration automatisée des données sociales) à destination de la Cnav, de l’Agirc


et l’Arrco, des institutions de prévoyance, etc. ; DUCS (déclaration unifiée de cotisations
sociales) à destination des Urssaf, Assedic, de l’Agirc et l’Arrco, des institutions de
prévoyance, etc.; BRC (bordereau récapitulatif des cotisations) à destination de l’Acoss ;
ADV (avis de versement) à destination des Assedic ; TR (tableau récapitulatif) à destination
de l’Acoss ; ENA (état nominatif annuel) à destination de l’Agirc et l’Arrco ; DRA (déclaration
de régularisation annuelle) à destination des Assedic.

- Aux déclarations sociales existantes événementielles :

AE (attestation employeur Assedic) à destination des Assedic ; DSIJ (Déclaration des


indemnités journalières) à destination de la CNAMTS ; bordereau d’affiliation et de radiation
auprès des organismes de prévoyance ; DCS (déclaration congés-spectacles).

Ce qui est en jeu, c’est la fusion des documents et le recoupement des informations des
parties prenantes. C’est pourquoi, outre la mesure de simplification annoncée, il s’agit de

53
lutter contre la fraude sociale, tout particulièrement la fraude à l’assurance-chômage ainsi
que le rappelle la Cour des Comptes, laquelle prend soin de préciser qu’il y a également
« des indus d’origine non frauduleuse »68 évalués à « 900 M€ par an »69. Ce qui est en jeu
ainsi pour le Pôle Emploi c’est de rapprocher les périodes indemnisées avec les périodes
d’activité et les salaires déclarés par ailleurs.

68
http://www.ccomptes.fr/content/download/64958/1553731/version/1/file/2_6_Pole_emploi
_tome_II.pdf
69
Ibid
54
Troisième partie
De nouvelles pratiques pour les
professionnels de l’expertise-
comptable et leurs clients ?

55
3 De nouvelles pratiques pour les professionnels
de l’expertise-comptable et leurs clients ?

Nous l’avons vu, le FEC cache pour les entreprises et les professionnels de l’expertise-
comptable de profondes mutations documentaires. La comparaison du contexte français aux
contextes européen et international révèle que les pratiques documentaires sur des sujets
aussi sensibles relèvent d’un fait largement politique et culturel.

Pour l’essentiel, la mutation documentaire comptable est une transformation centralisée et


invisible. Globalement, l’injonction du législateur privilégie nettement des silos de données
muettes au détriment de pratiques sémantiques. Toutefois, il n’est pas sûr qu’il faille
vraiment y voir un dessein délibéré de l’État. Les parties prenantes informatiques et
technologiques partenaires s’inscrivent également pleinement dans la poursuite de la
tradition télématique française, certes glorieuse, mais en l’état, dépassée et dans la pratique
de données tabulées.

Cela ne doit pas nous empêcher de voir qu’ailleurs les choses bougent. La comptabilité n’est
plus cette agrégation de comptes mais bien une construction sémantique partagée.

Cette photographie faite à l’instant t du contexte français est déjà en train de se craqueler.
L’Europe via la directive transparence va progressivement imposer le XBRL pour la
publication des états financiers.

En jeu, la standardisation des états financiers avec une sémantique univoque « permettant
ainsi à un ordinateur de lire et interpréter ces données de façon fiable »70.

Au même titre que ce qui a pu se passer en Inde, certains acteurs anticipent la certification
des comptes XBRL afin de permettre une utilisation pleine et entière des informations
structurées par le public.

Au-delà « des problématiques particulières [qui se posent] à l’auditeur (notamment du fait


de la dématérialisation du document) », il s’agit de proposer le même niveau de confort et
de confiance « sur les données (...) qu’elles soient papier˝ ou dématérialisées »71.

En ligne de mire se profile le big data et du data mining des données financières par les
entreprises et les professionnels du chiffre, dans une France largement à la traîne.

70
http://www.etxetera.com/Pages/La%20directive%20transparence%20et%20le%20calendr
ier%20de%20l%27ESMA.pdf
71
(23, TESNIERE)
56
S’ouvrirait ainsi la possibilité d’utiliser de nouvelles sources de données pour les travaux de
contrôle et d’analyse, revues analytiques. Le vieux rêve des comparaisons sectorielles
deviendrait ainsi réalité « preuves à l’appui ».72

On peut voir se dessiner au moins trois conséquences opérationnelles pour les


professionnels de l’expertise-comptable : tout d’abord la nécessité de sortir d’une logique de
production, ensuite l’urgence de faire émerger de nouveaux profils au sein de la profession
et enfin par voie de conséquence l’opportunité de revoir le cursus de formation des
professionnels.

3.1 Sortir d’une logique de production

Tout d’abord la nécessité de sortir d’une logique de production naît de la double injonction
d’un environnement technologique en pleine mutation d’une part et de besoins
informationnels bouleversés d’autre part.

L’intégration de technologies avancées de traitements documentaires numériques - LAD


(Lecture Automatique de Documents) / RAD (Reconnaissance Automatique de Documents)
en tête - laisse entrevoir un nouveau stade dans la numérisation de la production comptable.

Ainsi de la solution Numéricompta73, présenté au 69e congrès des Experts-Comptables à


Lyon en octobre 2014, qui présente un flux de production entièrement dématérialisé :

1. numérisation des pièces comptables par le client

2. traitement par OCR (Optical Character Recognition – Reconnaissance Optique de


Caractères) et transmission des données au cabinet

3. intégration automatique dans les logiciels comptables

4. publication et restitution sur un portail Web au client

Il ne s’agit là que d’une des multiples offres d’un marché de la dématérialisation comptables,
dans lequel s’engouffrent aussi bien des spécialistes de la dématérialisation (Spigraph) que
des éditeurs de logiciels comptables (EBP avec EBP Demat’, Quadratus avec QuadraBOX)
mais aussi des structures ad hoc comme Numéricompta évoqué ci-avant, mais aussi

72
Exercice, en usage par les professionnels de l’expertise-comptable et du commissariat aux
comptes, constituant à comparer les états financiers d’une entreprise poste par poste d’une
année sur l’autre afin de détecter d’éventuelles anomalies ou incohérences dans l’évolution
de ces postes.
57
Selfmed74, qui a la double particularité de se présenter sous la forme d’une application
mobile et de cibler une clientèle bien spécifique : les professions libérales médicales.

Ce qui s’amorce ici c’est le passage d’une logique de production à une logique de médiation.
Dans cette nouvelle configuration, le professionnel de l’expertise-comptable largement
dégagé des contraintes de production serait davantage éditeur de données comptables. En
tant que tel éditeur, il serait davantage en prise avec les besoins informationnels de ses
clients : tableaux de bord, suivi de gestion, prévisionnels pour la banque. Du reste, certaines
dispositions vont en ce sens. Ainsi du partenariat signé lors du 69e congrès des experts-
comptables entre l’Ordre des Experts-Comptables et KissKissBankBank, permettant aux
professionnels de l’expertise-comptable, d’intervenir bien plus en amont dans la préparation
d’une campagne de financement participatif75.

Une hybridation professionnelle serait à l’œuvre, replaçant les professionnels de l’expertise-


comptable au croisement de la finance d’entreprise, de la technologie et de l’information. Un
rôle plus stratégique et moins strictement opérationnel se dessinerait pour les professionnels
de l’expertise-comptable, ce qui passera sans doute par un accroissement des compétences
analytiques et l’acquisition d’un langage visuel. Il ne s’agirait plus de « simplement »
produire des états financiers pour de devenir médiateurs de contenus informatifs et
décisionnels.

3.2 Faire émerger de nouveaux profils

Pour accompagner ces mutations, il faut être en mesure de les incarner, ce qui passe par le
recours à des profils sans doute très différents, plus en phase avec ces bouleversements.
Ces bouleversements à l’échelle de l’expertise-comptable, qui nous l’avons vu ont largement
partie liée aux bouleversements concomitants ayant cours dans le champ de la
documentation, incarnent à leur niveau la notion de complexité d’Edgar Morin, appelant de
ses vœux bien davantage de transdisciplinarité. Autrement dit, il s’agit d’apprendre à relier
ce que nous avons trop appris à séparer. Les profils en T, en π, en ψ si prisés dans le
marketing et dans le recrutement en sont une traduction.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de sortir progressivement de logique de la division du travail, des


aptitudes et des compétences. La division du travail a quatre siècles : elle a été formulée par
Bernard de Mandeville dans la Fable des Abeilles : « En divisant et en subdivisant les

73
http://www.numericompta.fr/
74
https://www.self-med.fr/
75
http://financement-participatif.experts-comptables.com/
58
occupations d'un grand service, en de nombreuses parties, on peut rendre le travail de
chacun si clair et si certain qu'une fois qu'il en aura un peu pris l'habitude, il lui sera presque
impossible de commettre des erreurs ». Dans un monde stable, planifié, cette organisation
industrielle a pu prévaloir, y compris dans les cabinets comptables. Ainsi de l’essor des
« compto-dactylos » dans les années 1920, où sur fond de machisme tayloriste, s’opérait un
double transfert technologique et humain à l’issue duquel « lorsque l’on se sert de la
machine à écrire comptable, en dehors de la dactylographie proprement dite, l’opérateur n’a
aucun travail cérébral particulier »76. Dans cette optique, « le travail cérébral de l’opératrice
n’est pas fatiguant en soi. Il suffit de faire attention aux chiffres, de les reporter sur la
machine et manipuler sûrement son clavier, [...] le travail qui se faisait autrefois était
incomparablement plus difficile et nécessitait une habileté calculatrice qui n’est nullement
requise du personnel actuel »77.

Repartant de l’analyse des opérations cérébrales, le profil en T désigne celles et ceux qui ont
une connaissance approfondie d’un sujet mais qui ont également la capacité d’interagir avec
plusieurs autres disciplines. Le profil en π qualifie les individus capables de faire fonctionner
leur cerveau gauche (analytique) et leur cerveau droit (artistique). Forgée en 2012 par le
consultant Ashley Friedlein et destinée initialement aux professionnels du marketing, la
notion de profil en π désigne les individus « ayant des aptitudes dans les disciplines du
cerveau droit et du cerveau gauche. Analytiques et orientés vers la donnée, ils comprennent
également les marques, leur dimension narrative et expérientielle »78. Le profil en ψ79 ajoute
à l’intersection de ces deux dimensions la dimension stratégique.

Le profil en π en particulier apparaît comme une curiosité élégante pour les professionnels
du marketing ; il était pour autant présenté 6 ans auparavant comme un axe majeur de
l’alphabétisation de demain, dans un congrès sur la lecture organisé par l’OCDE en août
2006. L’allocution éponyme d’Andreas Schleicher donne une portée beaucoup plus
dramatique et plus générale à ce qu’ils désignent comme les « versatilistes » qui font partie
selon lui de ceux qui à l’abri de ceux qui seront à l’abri de la délocalisation, de la
numérisation et de l’automatisation. Les versatilistes constituent en quelque sorte une
version évoluée des spécialistes. Ils partagent avec ces derniers la connaissance approfondie
d’un sujet mais ils sont capables de « l’étendre à une périmètre de plus en plus large de
situations et d’expériences, acquérant ainsi de nouvelles compétences, construisant des

76
(10, GARDEY)
77
Ibid
78
http://www.marketingweek.co.uk/opinion/why-modern-marketers-need-to-be-pi-
people/4004503.article
79
https://econsultancy.com/blog/62675-the-rise-of-the-psi-shaped-content-marketer
59
relations et assumant de nouvelles responsabilités. Ils sont capables non seulement de
s’adapter constamment mais aussi d’apprendre et de croître en permanence. »80

Ces problématiques cognitives ne sont pas sans concerner à la fois les professionnels du
chiffre et de la documentation qui ont en commun d’être menacés par la délocalisation, la
numérisation et l’automatisation et devront vraisemblablement évoluer pour devenir
« versatilistes ».

Ces profils contrastent nettement avec l’image d’élites spécialisées que peuvent avoir encore
aujourd’hui les professionnels de l’expertise-comptable.

Leur esprit de corps, la fierté de leurs hautes qualifications n’est pas sans rappeler ceux qui
ont pu prévaloir au sein des ouvriers du livre. Il n’est pas forcément inutile de se replonger
un peu dans leur histoire riche en enseignements notamment en ce qui concerne les effets
de l’informatisation.

Ainsi voici ce que l’on peut en lire dans le rapport « Hommes de plomb, hommes de
lumière » rédigé par Françoise Saulnier-Thiercelin et Danièle Masson et publié en 1984 par
l’écomusée Nord-Dauphine81 :

[ Les effets de l’informatisation] Ils sont multiples et concernent à la fois le


rapport au travail, le passage du concret à l’abstraction mais aussi la
difficulté même de ce nouvel apprentissage comme l’adaptation à une
nouvelle organisation du travail et ses contraintes, l’impression d’une
« soumission » à une technologie où l’homme est remplacé par la machine.

La profession de l’expertise-comptable, élite des professionnels du chiffre, tend à se réfugier


derrière la forteresse du diplôme d’expertise-comptable, derrière son utilité publique ; la
haute qualification et le grand prestige des ouvriers du Livre ne faisaient pas débat, ils ont
pourtant été balayés par la révolution de la PAO dans les années 80.

Pour ne pas connaître le même sort, les professionnels de l’expertise-comptable ne


devraient-ils pas revoir certaines de leurs certitudes ?

80
http://www.reading.org/Libraries/reports-and-standards/pisa_pirls0608_a_schleicher.ppt
81
http://www.culturecommunication.gouv.fr/content/download/44666/354898/file/Ethno_Ma
sson_1984_337.pdf
60
3.3 Repenser la formation des professionnels de
l’expertise-comptable

Tout d’abord que les comptes eux-mêmes, les objectifs, les options professionnelles que
peuvent prendre les experts-comptables sont très divers. Il convient sans doute de redire
que la profession de l’expertise-comptable en France est multiple. Il n’y a rien de commun
entre les grands et les petits cabinets d’expertise-comptable. Au cours de la formation, il y a
peu de rapprochements entre ceux qui se destinent à être DAF (Directeur Administratif et
Financier) et les futurs experts-comptables indépendants. On constate également peu
d’atomes crochus entre les juristes - largement répandus dans les experts-comptables en
poste - et les économistes - plus en vogue depuis l’ouverture du cursus d’expertise-
comptable aux diplômés d’école de commerce. De même jusqu’au FEC, il n’y avait pas ou
peu de dialogue entre les profils plutôt orientés vers la fiscalité et ceux plutôt orientés vers
les systèmes d’information.

3.3.1 Au-delà d’un problème d’appellation, le cas italien

Le terme même d’expert-comptable ou de professionnel de l’expertise-comptable peut être


sujet à caution tant la référence au terme même de comptable peut renvoyer à une réalité
surannée (cf. ci-après, III.4) mais peut aussi et surtout paraître un peu réductrice par
rapport à l’ensemble des missions qu’un expert-comptable peut être en mesure d’assurer.
Mais plus préoccupant, il est frappant de voir que les terminologies chez nos voisins peuvent
être très différentes. Si outre-Manche, on parle bien de chartered accountants et
d’accounting voire d’accountancy en anglais britannique, outre-Rhin, il n’est guère question
de Rechnungswesen (comptabilité) ou de Buchhalter (teneur de livres) mais de
Wirtschaftprüfer (commissaire aux comptes), Steuerberater (conseiller fiscal) ou
Unternehmenberatung (conseil aux entreprises). L’évolution la plus frappante est celle qui
a eu lieu en Italie. Jusqu’en 2008, la profession était divisée en docteurs ( dottori) et en
comptables (ragioneri). Pour face à la pénurie de jeunes et au déficit d’attractivité, il y a
désormais un titre à deux niveaux : dottore commercialista (Bac + 5) et esperto contabile
(Bac +3).

61
Les dottore commercialista font davantage de conseil juridique et économique – ce que
justifie leur deux années d’études supplémentaires – tandis que les interventions des esperto
contabile sont davantage centrées sur la comptabilité.

Le champ des matières est le suivant :

 matières techniques : comptabilité, audit, administration d’entreprise du domaine


industriel, commercial et financier, analyse financière et techniques professionnelles,
connaissance IT ;

 matières juridiques : droit civil et droit des affaires, procédures d’insolvabilité, droit
fiscal et du travail, droit de procédure civile.

Parmi les matières techniques, l’administration d’entreprise du domaine industriel (ou de tout
autre domaine du reste) n’est pas au programme en France. Parmi les matières juridiques, le
droit civil et le droit du travail n’est pas aussi poussé en France.

3.3.2 Le défi du management et de l’organisation

Mais dans la pratique, ce n’est pas forcément le plus préoccupant. Ce qui est frappant dans
le cursus français comme dans le cursus italien au demeurant, c’est le déficit d’enseignement
et de pratique du management. Les voix sont rares et précieuses qui s’en inquiètent. Ainsi
de celle, singulièrement pionnière, de S. R. Harding expert-comptable britannique au sein de
la Royal Dutch Shell dans les années 1960. Dans un cours d’été qu’il a prononcé en 1963,
Stanley Harding soulignait déjà que ce ne devait pas être simplement l’argent qui pourrait
attirer les jeunes dans la finance (finance au sens de finance d’entreprise, ce qui dans un
contexte anglo-saxon inclut les activités comptables) mais bien aussi et surtout l’opportunité
de pouvoir devenir manager. Cette qualité de manager, c’est-à-dire cette capacité de traiter
avec les gens avec patience et fermeté, Harding l’estime indispensable, au même titre que
des connaissances techniques avérées. Rappelons-le, nous sommes en 1963 et Harding
prédit qu’il sera indispensable aux jeunes professionnels de la finance d’avoir une
connaissance suffisante des machines, sans quoi ils seront relégués au placard, il n’y aura
plus de comptables, faute de compte à tenir. Les comptables seraient menacés d’être
remplacés par des experts en efficacité, des spécialistes informatiques et des économistes 82.

82
(13, HARDING)
62
Il y a la responsabilité, toujours pour ces professionnels de la finance, d’accroître l’efficacité
et la productivité des activités avec lesquelles ils sont en contact. Il en va également de leur
responsabilité de se projeter davantage dans le futur que dans le passé.

Harding va plus loin encore en préconisant notamment les enseignements suivants qui selon
lui devraient être intégrés au cours des professionnels de la finance :

- comptabilité mécanique (on dirait aujourd’hui comptabilité informatisée) ;

- prévision et ciblage stratégique ;

- organisation.

Il est frappant de constater qu’aujourd’hui, 1 ans après, tous ces enseignements n’ont
toujours pas été intégrés dans les cursus français, italien, britannique ou même américain.

Cursus français Cursus italien83 Cursus britannique84 Cursus américain85


Comptabilité Oui86 Oui (oral) Non Non
informatisée /
informatique
Prévision et ciblage Oui87 Non identifié Oui Oui
stratégique
Organisation Oui Non identifié Non Non

Tableau 5 Comparaison des cursus français, italien, britannique et américain d’expertise-comptable


selon une sélection de recommandation de Stanley Harding

Il faut toutefois noter que les cursus britannique et américain ont la particularité de
s’organiser autour d’un tronc commun et de proposer ensuite des modules complémentaires
aux professionnels en fonction de leurs objectifs.

En dépit de sa présence ou non dans les cursus, l’organisation est le parent le plus pauvre
de l’enseignement du métier et subséquemment de sa pratique au quotidien. Or organiser le
client, organiser le travail des collaborations, organiser et respecter la charge et les horaires
de travail sont des aspects cruciaux du métier. En France tout particulièrement, le point
critique des horaires critique dans les cabinets est le point noir de la profession, conduit à
beaucoup de défection ou des stratégies de « refuge » en entreprises.

83
http://www.unitn.it/servizi/260/abilitazione-alla-professione-di-dottore-commercialista
84
http://www.accaglobal.com/us/en/qualifications/glance/acca/details.html
85
http://www.imanet.org/PDFs/Public/CMA/CMA_Exam_Content_Overview_2015.pdf
86
http://intec.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1295
877015785
87
http://intec.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1295
877015753
63
3.3.3 Le défi du Big Data

De l’autre côté de la Manche, les professionnels du chiffre veulent s’afficher plus


conquérants, voyant dans la nouvelle pratique du big data un véritable défi 88.

Ils concèdent que « le big data peut offrir aux professionnels de l’expertise-comptable et de
la finance l’opportunité de se réinventer, d’avoir un rôle plus stratégique, plus prospectif au
sein ou auprès des organisations »89.

« Entrainés à rassembler, analyser, comparer l’information et à utiliser les données à des


fins de modélisation et de prévision, les professionnels de l’expertise-comptable et de la
finance peuvent apporter un service inédit et décisif : rendre les données massives moins
massives, distillant des quantités gigantesques d’informations en perspectives
exploitables. »90

Mais cela suppose de :

« - développer des méthodes et des offres de services dédiés à la valorisation des données
et à accroître leur rôle dans la conformité, le contrôle interne en vue d’une gestion éthique
et efficace des actifs informationnels ;

- utiliser le big data afin de proposer une aide à la décision plus spécialisée — souvent en
temps réel — et décider de quand les données peuvent être utilement partagées avec les
parties prenantes internes et externes et quand elles doivent être monétisées sous la
forme de nouveaux produits ;

- utiliser le big data et les outils associés non seulement pour identifier les risques en temps
réel et pouvoir améliorer la détection de la fraude mais aussi pour évaluer les risques et
opportunités d’un investissement à long terme dans des nouveaux produits et des nouveaux
marchés. »91

Tout cela conduit à un « nouvel agenda professionnel »92. « Les opportunités et défis
[évoqués plus haut] induisent trois impératifs à combler dans les 10 prochaines années, à
savoir :

- développer des nouveaux outils de mesure ;

88
(1, ACCA) — traduction de l’auteur
89
Ibid
90
Ibid
91
Ibid
92
Ibid
64
- acquérir de nouvelles compétences analytiques ;

- créer un langage visuel propre à l’ art de la donnée. »93

Le schéma que présente l’étude de l’ACCA pour illustrer ce dernier point (cf. fig. 11) n’est
pas sans évoquer la théorie des profils en π évoqué plus haut, surtout si on la met en
relation avec la dernière injonction : « créer un langage visuel propre à l’ art de la
donnée ».

Figure 11 Les professionnels de l’expertise-comptable et de la finance, des nouveaux hybrides. 94

Ici les professionnels de l’expertise-comptable sont présentés comme des profils enrichis, au
croisement de trois dimensions, de trois familles de compétences : la finance, la technologie
et l’information.

3.4 Repenser la relation entre le client et son expert-


comptable : le cas des petites entreprises

En mars 2013, l’ACCA a publié un autre guide non moins significatif et important pour la
profession : « Construire vos compétences financières : un guide pour les entreprises en
croissance »95. Ce guide s’adresse aux dirigeants des petites entreprises et vise à leur
donner des conseils quant à la gestion de leur fonction financière, y compris les relations
avec leur expert-comptable.

93
Ibid
94
(1, ACCA)
95
(2, ACCA)
65
Nous nous concentrerons plus particulièrement sur ce dernier aspect.

3.4.1 Un préalable : réévaluer l’image des comptables et des


experts-comptables

Mais avant, il convient de rappeler que la profession d’expert-comptable souffre encore


aujourd’hui bien souvent d’une image courtelinesque, faite de ronds-de-cuir et de manches
de lustrine, à l’instar de cette scène figurant dans Bourses de voyage de Jules Verne
(1903) :

Et, rabaissant ses lunettes, M. Patterson reprit sa plume pour achever la


queue d’un 9, qu’il était en train de mouler au bas de la colonne des
dépenses sur son grand-livre. Puis, de sa règle d’ébène, il tira une barre
sous la colonne des chiffres, dont il venait d’achever l’addition. Ensuite,
après avoir secoué légèrement sa plume au-dessus de l’encrier, il la plongea
à plusieurs reprises dans le godet de grenaille qui en assurait la propreté,
l’essuya avec un soin extrême, la posa près de la règle le long de son
pupitre, tourna la pompe de l’encrier afin d’y faire rentrer l’encre, plaça la
feuille de papier brouillard sur la page des dépenses, en ayant bien soin de
ne point altérer la queue du 9, ferma le registre, l’introduisit dans sa case
spéciale à l’intérieur du bureau, remit dans leur boîte le grattoir, le crayon et
la gomme élastique, souffla sur son buvard pour en chasser quelques grains
de poussière, se leva en repoussant son fauteuil à rond de cuir, retira ses
manches de lustrine et les pendit à une patère près de la cheminée ( ).

Dans une étude consacrée à l’histoire des bureaux comptables, Labardin fait figurer
quelques photographies de bureaux de comptables du début du XXe siècle, certaines
illustrant assez l’image que peut encore hélas avoir le comptable ou l’expert-comptable – les
deux étant généralement confondus – dans l’esprit du public (cf. fig. 12).

66
Figure 12 Service comptable au début du XXe siècle (domaine public)

On remarque ici la présence d’un effectif exclusivement masculin et le recours à des formats
de livre de comptes papier significativement plus grands que les formats bureautiques (tout
particulièrement le format A4) qui seront en usage par la suite.

Pourtant dès les années 1920 avec la mécanisation des outils, le travail au quotidien des
comptables est beaucoup plus moderne et systématique que l’image bucolique dépeinte plus
haut (cf. fig. 13).

67
Figure 13 Service comptable mécanisé au début du XXe siècle (domaine public)

Cette mécanisation illustre bien l’avènement des compto-dactylos dans les années 1920 tel
que dépeint par Delphine Gardey96.

Le comptable moderne n’est plus un teneur de livres. Son métier s’est considérablement
complexifié, mais dans le même temps la multiplication des machines l’a considérablement
banalisé. Dans les années 1960, à l’âge des machines à cartes perforées, la comptabilité est
une fastidieuse mais ordinaire arithmétique dactylographiée. Dans cette configuration, il
fallait « procéder à la perforation des cartes, opérer le tri de ces cartes, traduire les résultats
à l’aide d’une tabulatrice »97. Plus nombreux, plus nombreuses, les comptables voient
pourtant leur statut social se dégrader (fig. 14).

96
(10, GARDEY)
97
(18, OEC)
68
Figure 14 Opératrices de machines à cartes perforées dans les années 1960 aux États-Unis (photo sous
licence Creative Commons)

Dans le domaine de la comptabilité, cela correspond à l’apparition des machines à


statistiques. Les cartes perforées dont elles sont dotées servent à enregistrer les
informations, lesquelles peuvent être alors réutilisées.

L’arrivée de la micro-informatique dans les années 1980 entraîne une réduction drastique
des effectifs comptables dans les cabinets d’expertise-comptable. Il n’est pas rare que les
cabinets d’expertise-comptable auxquels ont affaire les petites entreprises ne dépassent les
dix voire les cinq collaborateurs.

3.4.2 ombler le hiatus entre l’externalisation administrative


et la comptabilité

En dépit du fait que la révolution de la micro-informatique dans les cabinets d’expertise-


comptable, le grand public et par suite les petites entreprises n’ont pas encore tous intégré
le fait que le métier n’est plus du tout structuré pour absorber une externalisation qui ne dit
pas son nom. L’étude de l’ACCA pose quelques principes de base que tout chef d’entreprise
doit respecter :

69
- s’occuper du paiement de ses fournisseurs et de ses clients

- veiller à tenir ou faire tenir une comptabilité simple

- faire des prévisionnels de trésorerie

- surveiller ses prêts

- suivre de près ses relations avec sa banque

- s’assurer de bien respecter ses obligations déclaratives

- gérer les salaires et le personnel

Dans une certaine mesure, ces tâches peuvent être externalisées tout ou partie, en les
confiant à un cabinet d’expertise. L’étude suggère de le faire assez tôt pour la comptabilité
et les travaux à la réglementation fluctuante et complexe, comme la fiscalité.

Encore faut-il suivre quelques bonnes pratiques :

- tenir son expert-comptable informé de tout nouveau projet ou changement

- évaluer les services de l’expert-comptable et l’opportunité d’y faire appel, ce qui implique
de mesurer le risque de ne pas faire appel pour prendre ses décisions

- bien comprendre que le taux horaire des collaborateurs du cabinet d’expertise-comptable


varie en fonction du niveau de compétence ; ainsi il ne faut pas demander quelqu’un de
surqualifié pour une tâche, sinon cela entraînera des surcoûts

- en particulier, il est tout à fait contre-productif de faire appel à un cabinet d’expertise-


comptable pour classer ses factures et documents administratifs.

Cette dernière pratique est hélas extrêmement courante. Dans le métier, on l’appelle « boîte
à chaussures » : le client dépose en vrac ses « papiers » - amas de factures, de documents
administratifs divers, de tickets de caisse et d’essence sur papier thermique...

C’est pourtant une réalité autrement plus complexe que le professionnel de l’expertise-
comptable doit débrouiller : l’écheveau de la réglementation sociale, les lacis de la doctrine
fiscale, les circonlocutions et les méandres de la documentation professionnelle nécessaire à
sa pratique sans oublier les tracasseries labyrinthiques des normes et logiciels informatiques.
Loin d’être un employé administratif surqualifié, le professionnel de l’expertise-comptable est
à part entière l’ingénieur du quotidien de l’entreprise, contribuant à rendre lisible la

70
complexité d’un environnement mouvant afin que le chef d’entreprise puisse se concentrer
sur son activité (fig. 15).

Figure 15 Un homme et une femme travaillant dans les années 1950 sur IBM 704 pour effectuer des
calculs pour l’aéronautique98

Cette photo illustre le quotidien et la complexité du métier des professionnels de l’expertise-


comptable. Même si comme nous le verrons ils ne la suscitent pas, ils doivent débrouiller
une complexité administrative et règlementaire grandissante, traiter les informations
entrantes et après traitement, les enregistrer, les transmettre et les archiver.

Gageons toutefois que cette phase ne sera que temporaire ouvrant à terme la voie à un
nouveau rôle des professionnels de l’expertise-comptable, davantage porteur de valeur
ajoutée.
Déjà en 1945, Paul Caujolle99 présentait la comptabilité comme la conscience de l’économie :

La comptabilité est mieux qu’un instrument commode pour surveiller la


gestion d’un caissier ou dérouter la curiosité du fisc. C’est un outil

98
Source : Wikimedia (image dans le domaine public)
99
Paul Caujolle (1891-1955), expert-comptable judiciaire, est le premier président du Conseil
supérieur de l’Ordre des experts comptables et des comptables agréés entre sa création en
1942 et 1946.
71
d’observation qui doit inspirer l’action sans se substituer à elle. La situation
présente de la France commande à tous ceux qui ont le pouvoir d’engager
son avenir économique de savoir avant de décider [...] les comptables ont
un rôle immense à jouer [...] la comptabilité est l’outil qui scrute, qui pèse et
qui décèle les grains de poussière cachés entre les dents des engrenages.
Elle n’est pas évidemment toute l’économie mais elle en est à la lettre la
conscience100.

C’est bien dans cette optique qu’en octobre 2014, le président de l’Ordre des Experts-
Comptables, Joseph Zorgniotti, répondant à un journaliste des Échos, réfutait l’argument de
la complexité comme raison d’être des experts-comptables.

Nous ne vivons pas de la complexité ! Nous simplifions la vie de l’entreprise


pour l’accompagner dans sa croissance. Moins le monde dans lequel nous
évoluons sera complexe plus nous pourrons accompagner nos clients dans
des missions à forte valeur ajoutée101.

100
(25, TOUCHELAY)
101
http://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/0203841265003-joseph-
zorgniotti-les-experts-comptables-ne-se-sentent-pas-menaces-en-tant-que-profession-
reglementee-1051668.php
72
Conclusion

73
Le FEC engage à la fois le rôle de la comptabilité, son contexte règlementaire, ses exigences
documentaires.
L'État, en tant que partie prenante prépondérante, a su imposer ses contraintes, réduisant
peut-être à court terme les options technologiques et par sémantiques s'ouvrant aux
professionnels de l'expertise-comptable autour de la production des comptes.
Mais au-delà de ces limitations temporaires bientôt dépassées par de nouveaux impératifs
(directive transparence102, facturation électronique), c'est le rôle de l'activité comptable qui
est en jeu. En effet, la triple pression règlementaire, technologique et informationnelle
pesant sur le travail comptable et ses satellites immédiats (l'élaboration des fiches de paie et
des déclarations sociales) va peut-être remettre ceux-ci au cœur de la vie de l entreprise.
Singulier dans le regard qu'il porte sur un métier qu'il a un temps exercé, Pierre-Joseph
Proudhon voit en 1846 le comptable comme « un organe de la pensée économique, chargé
de tenir note de tout ce qui se passe dans l'établissement, au point de vue des procédés
généraux de la production, de la circulation et de la consommation (...) [de] dire quelle
économie apporte une machine, si l'entreprise couvre ou non ses déboursés » 103, en somme
comme « le véritable économiste ».
En 2014, on a pu lire au détour d'une conférence sur les petites entreprises que « les
comptables et les teneurs de livres sont le système d'exploitation permettant aux petites
entreprises de fonctionner »104.
À mi-chemin entre ces deux jalons, dans les années 1930, Maurice Ponthière définit le
bureau comme le centre névralgique de l'entreprise. Sous l'expression de « bureau moteur
», il désigne un bureau entièrement pensé pour l'action, organisé :
- en vue de sa fonction administrative : prévoir, organiser, commander, coordonner,
contrôler (fayolisme)
- en vue de sa fonction spéciale : acheter, vendre, fabriquer
- en vue de la vitesse et de l'économie de ses opérations (taylorisme)
Dans cette configuration, tous les documents produits par le bureau ont pour conséquence
de déclencher une activité au sein de l'entreprise. De ce fait, le bureau est bel et bien
moteur105.
Au même moment, le RKW (Reichskuratorium für Wirtschaftlichkeit) jette pour le meilleur et

102
http://www.eurofiling.info/201312/presentations/20131211-
12thXEUDayPresXEUGillesMaguet.pptx
103
PROUDHON Pierre-Joseph. Système des contradictions économiques ou philosophie de la
misère, 1846
104
Accountants & bookkeepers are the operating system behind small business —
https://twitter.com/ixianmachine/status/524581642476994561
105
Revue Technica, année 1943, numéro 47. École centrale lyonnaise. En ligne
<http://histoire.ec-lyon.fr/docannexe/file/1750/te1943_047.pdf>
74
pour le pire106 les bases de la rationalisation économique et comptable des entreprises au
service d'un effort totalisant et de plus en plus totalitaire de planification. Nous avons déjà
évoqué le plan comptable de 1937 qui y figure et qui servira de base au plan Göring. Mais
un document de 1942 du même RKW va plus loin. Ce document intitulé « Mise en rapport
des branches de la comptabilité » (fig. 16) est criant de modernité et de volonté efficace, au
premier chef par son synoptisme, c'est-à-dire par la vue d'ensemble qu'il donne du système
qu'il propose.

Figure 16 Mise en rapport des branches de la comptabilité107

Ce système est une mécanique à la fois très générale et très précise, allant de la tenue des
livres comptables à la planification, en passant par des étapes de calcul analytique
extrêmement fines et détaillées puis par une phase statistique. Installations,
approvisionnements, gestion des ressources humaines, production, ventes, tout y
cartographié et interconnecté minutieusement. Il s'agit bel et bien à partir d'une
classification (le plan comptable) de mettre sur pied une véritable architecture d'entreprise.
Face à ce grand dessein, on ne peut être que fort troublé : précurseur, ce modèle annonce
nettement les ERP, singulièrement SAP (Systeme Anwendung und Process) ; contemporain

106
Le recensement et l’organisation systématiques puis la spoliation des biens juifs à la suite
de la nuit de cristal du 9 novembre 1938
75
exact de la période d’élaboration de la Solution Finale, ce schéma a aussi été utilisé pour
cartographier, évaluer et aryaniser les biens juifs en Autriche puis en Allemagne et partant a
joué un rôle déterminant dans l'anéantissement économique des Juifs sous le III e Reich.
Günther Anders a expliqué en quoi l'organisation de la Solution Finale lui a permis de servir
ses fins. Le dispositif clé est une séparation stricte des tâches, une division du travail
parfaitement orchestrée, mais aussi une bureaucratie extrêmement développée de
l'administration du mal ; ce qui fera dire à Günther Anders que la Solution Finale aura été le
crime d'employés consciencieux108. Cette thèse fait largement écho à celle d’Hannah Arendt
sur la « banalité du mal », thèse qu'elle formulera lors de son compte-rendu du procès
d'Adolf Eichmann en 1961109.
Cette douloureuse mais nécessaire mise en perspective historique doit nous alerter sur le fait
qu'une organisation, qu'une organisation documentaire, qu'un système comptable ou
documentaire ne sont jamais neutres. Comme le disait Ésope de la langue, ces dispositifs
peuvent être la meilleure comme la pire des choses selon l’usage que l’on en fait. Ils
s'intègrent toujours dans une architecture, au service d'un but. Il existe certes des
documents engageants et les documents comptables en sont un parfait exemple, mais il y a
aussi et surtout une organisation engageante, des objectifs, une stratégique, une façon de
définir les tâches, une manière de repartir le travail, des habitudes, des pratiques et des
appropriations.
À cet égard, il convient sans doute de dire un mot sur l’engouement qui s’empare de la
planète autour du cloud computing, cet engouement s’emparant un peu aussi de la planète
comptable par le biais d’un marketing technologique tonitruant et de propositions
particulièrement zélées. Tout d’abord il faut préciser que le terme de cloud computing ou
d’informatique en nuage est particulièrement trompeur car dans ce dispositif les données ne
sont pas dans les nuages mais bien sous terre dans des serveurs tout à fait réels. De plus,
l’opacité entretenue du dispositif sert un marketing de l’émerveillement, de la facilité au
service d’une pensée magique. Il en résulte une déresponsabilisation des utilisateurs, lors
même que les périls sont bien réels. Dans le sillage du dispositif Prism révélé par E.
Snowden, des avocats américains se sont inquiétés à juste titre de la violation du secret
professionnel lorsqu’eux ou leurs clients recouraient à des services comme Gmail ou
Dropbox110. Ces questions de respect du secret professionnel se posent dans les mêmes
termes aux professionnels de l’expertise-comptable. Dans une optique strictement
documentaire, des obligations élémentaires comme le classement des pièces ou leur
archivage peuvent sembler s’atténuer. Il n’en est rien. Les données doivent être accessibles

107
(21, RKW)
108
ANDERS Günther. Nous, fils d’Eichmann. Payot et Rivages, 1999.
109
ARENDT Hannah. Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal. Gallimard, 1966.
110
http://www.theverge.com/2013/9/6/4699358/after-prism-lawyers-struggle-to-keep-
attorney-client-privilege-safe
76
sur le territoire français et les pièces et documents comptables conservés pendant 10 ans.
Le cloud computing vaut également une injonction répétée de connexion permanente. Les
appareils connectés se multiplient, le réflexe pour la moindre question est désormais de
chercher d’abord sur Internet avant de faire appel à un professionnel. Que se passe-t-il si
l’internaute ne sait ni chercher ni ne connaît quoi que ce soit à son domaine d’investigation ?
La documentation papier, le classement matériel des pièces passent volontiers aux yeux de
beaucoup comme démodé, pourtant il faut une ossature à la réalité matérielle de
l’administration de l’entreprise. Si certains documents viennent à manquer – comme le
registre d’assemblées111 par exemple, l’Administration ou un juge peut même en arriver à
remettre en cause l’existence réelle de la société (on parle alors de société fictive).
Le chef d’entreprise et le professionnel de l’expertise-comptable, s’il n’y prend pas garde,
courent le risque d’être sans tête et sans mémoire devant leurs machines, à l’instar de Saint-
Denis, tenant sa tête dans ses mains, selon une analogie formulée par Michel Serres.

Encore une fois prenons du recul, qui a intérêt à vendre et promouvoir le cloud computing ?
Les firmes technologiques. En dehors de ces acteurs, a-t-on vu des entreprises en tirer des
bénéfices réels par la seule magie de ce dispositif ? Plus précisément, est-ce qu’une
organisation en cloud servira mieux les objectifs de ses parties prenantes qu’une autre ? Les
bénéfices induits supposés sont-ils tels qu’ils puissent dispenser l’organisation d’une gestion
saine, d’une stratégie claire, d’hommes et de moyens correctement mis en rapport ?

Or il est paradoxal d’avoir dépassé le stade de la boîte noire pour la conception que l’on se
fait de l’entreprise et dans le même de recourir à des outils qui par leur opacité et leur
logique d’extrême concentration en relèvent totalement.

En effet, le fichier des écritures comptables renvoie dans le registre comptable et fiscal à ce
que l’entreprise n’a jamais cessé d’être de façon générale, bien avant le Web, bien avant le
cloud computing : un réseau de buts, d’hommes et de moyens. Cette proposition a été
formulée dans les années 1980112 pour rendre compte de la nécessité croissante de la part
des entreprises d’alléger leur structure et de se concentrer sur leur cœur de métier. Ce
nouveau paradigme a pour corollaire de voir l’entreprise non plus comme une boîte noire,
mais comme une structure de base maîtrisant une compétence, un métier, une mission forts
et engageant des rapports d’échange dynamiques avec des fournisseurs, des distributeurs,
des producteurs et des concepteurs.

111
Les assemblées, documentées sous forme de procès-verbaux, rendent compte des
délibérations des réunions d'associés ou d'actionnaires et des organes de direction des
sociétés.
77
Il appartient au professionnel de l’expertise-comptable en appui à son client de
l’accompagner face aux implications de ce réseau-là : maintien et développement de ses
compétences de base, de sa capacité à investir, respect des engagements pris vis-à-vis des
tiers, etc.

Au-delà du seul domaine de l’expertise-comptable, ces dynamiques doivent interpeler les


professionnels de la documentation et du document. Dans ce mouvement qui fait passer de
rendre compte à rendre des comptes, il y a l’émergence du point de vue sur le document,
sur un corpus de données donnant lieu à une multitude de documents. Très normalisé le
processus documentaire comptable annonce peut-être un nouveau paradigme pour d’autres
champs documentaires. Dans ce nouveau paradigme, la frontière entre base de données et
document sera abolie, puisque c’est le document lui-même qui de par son format
documentaire et sa sémantique renferme ses données et porte en lieu les bases de sa
propre exploitation. Ce que Gérald Augustin disait en 1986 d’une base de donnée, on pourra
sans doute désormais le dire d’un nombre croissant de documents : « structurer les données
entre elles, et laisser libre leur emploi en fonction des besoins qui apparaîtront au fur et à
mesure »113.

112
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00009555/document
113
(3, AUGUSTIN)
78
Épilogue
Propositions pour une
comptabilité motrice

79
4 Propositions pour une comptabilité motrice

Pour réels que soient les nouveaux enjeux et les nouveaux défis mis au jour et décrits tout
au long de cette étude, ils ne sont pas appréhendables en tant que tels au quotidien par les
interlocuteurs, les clients, des professionnels de l’expertise-comptable, singulièrement dans
le champ des TPE (Très Petites Entreprises). La rematérialisation documentaire que nous
allons développer ci-après se veut être une réponse concrète aux stratégies de dissonance
cognitive114 largement à l’œuvre face au numérique, le cas de la documentation et de la
comptabilité numériques ne faisant pas exception. En proposant des dispositifs tangibles, il
s’agit de favoriser la prise de conscience et d’aider à reprendre le contrôle sur cet
environnement changeant.

4.1 Vers une comptabilité motrice

Reprenons les acteurs de la comptabilité d’une entreprise. Qui s’intéresse aux comptes
annuels d’une entreprise ?

- au sein de l’entreprise : les dirigeants, les associés, les salariés

- l’Administration fiscale

- les organismes sociaux

- les banques

- les fournisseurs

- les clients

- les tribunaux de Commerce

Dans ce contexte, une comptabilité motrice peut se définir comme une comptabilité qui ne
serait pas passive, mais active voire proactive.

114
En psychologie sociale, la dissonance cognitive désigne une situation d’inconfort
psychologique née de la contradiction entre la connaissance d’une chose et l’action
réellement menée. Dans le cas du numérique, cela peut consister dans le fait de savoir qu’il
faut s’y atteler, c’est-à-dire apprendre ce nouvel environnement, pratiquer ses nouveaux
outils et protocoles car c’est incontournable et dans les faits ne pas sauter le pas. Un moyen
de réduire la dissonance cognitive peut consister par exemple à éviter le problème, ce qui
dans le cas du numérique peut se faire en confiant cet aspect et cette responsabilité à
autrui.
80
L’élément-clé de cette passivité, c’est comme nous l’avons vu, le fait que la comptabilité est
réalisée avant tout pour répondre aux impératifs de l’Administration fiscale. Il faut faire en
sorte qu’elle serve aussi les intérêts des autres parties prenantes à commencer par
l’entreprise elle-même. À l’intérieur de l’entreprise, nous allons cibler prioritairement l’usage
que pourra faire le dirigeant pour piloter son activité.

4.1.1 Vers une utilité étendue de la comptabilité : autour de la


déclaration de TVA

Pour bien mesurer la situation actuelle, nous allons reprendre la transaction la plus courante
de la vie d’une comptabilité d’entreprise – nous prendrons ici le cas d’une TPE -g pour
observer les acteurs en présence : la déclaration, que nous supposerons mensuelle, de TVA.

pièces comptables > traitement comptable > déclaration de TVA > Administration fiscale

À l’issue de ce processus, l’Administration fiscale connaît le niveau des encaissements ou de


la facturation mensuelle de l’entreprise ainsi que le montant des dépenses engagées sur la
même période.

Qu’en est-il du chef d’entreprise ? Le chef d’entreprise sait tout cela et même plus.

Au moment de la préparation des pièces comptables, il aura fourni le relevé bancaire


mensuel de son entreprise.

Il connaît donc chaque mois :

- le niveau de ses encaissements ou de sa facturation mensuelle

- le montant des dépenses engagées sur le mois

- le niveau de sa trésorerie

Pour aller plus loin, il faut mettre en place une comptabilité de gestion. Cela demande un
peu de préparation documentaire.

Prenons l’exemple d’une entreprise de bâtiment qui a plusieurs chantiers dont celui d’une
maison de retraite à Cahors.

81
Il serait intéressant du point de vue du chef d’entreprise d’avoir une idée régulière de la
« rentabilité » par chantier. Voyons cela de plus près, en fonction de ce que nous avons à
notre disposition.

Chaque mois, dans les pièces comptables, nous avons les factures de vente et d’achat.

Si l’on veut étudier la « rentabilité » du chantier de la maison de retraite de Cahors, il faut


pouvoir isoler dans la comptabilité les charges et les produits imputables à ce chantier.

Nous arrivons ici à un premier point d’achoppement de cet exercice : il faut que l’information
soit disponible dans les pièces comptables, ce qui n’est pas le cas par défaut, sauf à la
rigueur dans les factures de vente. Mais pour les factures d’achat, afin que l’on puisse
rattacher telle ou telle facture à tel ou tel chantier, il faut que l’entreprise prenne le temps
de documenter cette affectation, ce qui fait que pour obtenir une utilité supplémentaire à la
comptabilité qu’elle paye, il faut qu’elle fasse un effort de documentation supplémentaire.

Se pose ensuite la question du traitement comptable des informations analytiques ajoutées


dans les pièces comptables.

Nous voyons au moins trois options s’ouvrant au comptable :

- ouvrir un centre analytique par chantier, ce qui est très lourd, peut se heurter à des
limitations logiciels et n’est pas portable dans un format de fichier comptable normalisé
comme le fichier des écritures comptables (ce qui peut être pénalisant aux yeux de
l’Administration fiscale qui est susceptible de s’intéresser à la comptabilité analytique pour
évaluer les variations de marge, les stocks, les prix de transfert 115 ainsi les actes anormaux
de gestion ; ça l’est aussi pour l’entreprise pour les aspects évoqués ci-avant ainsi que pour
la pérennité de sa comptabilité informatisée) ;

- ouvrir un compte par type de charge et par un chantier, ce qui est portable dans un format
de fichier comptable normalisé, mais ce qui est aussi très lourd en terme de présentation et
de temps de traitement ;

- documenter l’information analytique dans le libellé, ce qui est portable dans un format de
fichier comptable normalisé, et reste léger en matière de traitement. Il faut juste codifier le
chantier, par exemple ici RET_CAHORS.

115
Il s’agit des « prix auxquels une entreprise transfère des biens corporels, des actifs
incorporels, ou rend des services à des entreprises associées » (définition de l’OCDE)
82
Il faut veiller toutefois au temps de traitement de l’ensemble. Par exemple, affecter une
facture d’achat dans son ensemble à un chantier n’est pas trop consommateur de temps,
mais qu’en est-il quand il faut détailler ligne par ligne voire article par article ? On ne peut
que conseiller au client en amont de bien séparer les factures par chantier, dans la mesure
du possible.

Si ces obstacles sont levés, qu’obtient-on ? On obtient non pas une « rentabilité » par
chantier mais une valeur ajoutée par chantier.

Pour rappel :

valeur ajoutée : ventes – consommation intermédiaire

Un point de méthode : il s’agit bien des ventes et non des encaissements. Si la déclaration
de TVA ne fait mention que des encaissements, il faut partir de ce qui a été facturé ou du
devis initial pour apprécier l’évolution de la valeur ajoutée.

Exemple fictif sur le mois d’octobre 2014 :

Ventes RET_CAHORS (1ère tranche) : 10 000


Achats RET_CAHORS : 3 000
Valeur ajoutée 7 000

Pour être complet, ce suivi par projet doit être fait mois par mois du début à la fin du projet.
En affectant les heures de main d’œuvre utilisées sur ce projet et à due proportion les
impôts et taxes, on obtient un excédent brut d’exploitation par projet.

Il faut noter encore qu’un temps non négligeable doit être pris en compte pour la restitution
des informations ci-dessous car la consultation directe de la comptabilité ne saurait donner
le même niveau de lisibilité.

À partir du logiciel de comptabilité, il faut faire une extraction dans un tableur, supprimer les
lignes, sommer les rubriques (ventes, achat) et envoyer un tableau synthétique au client.

Lors de nos recherches qui se sont poursuivies jusqu’au 69e congrès des Experts-
Comptables, nous avons évalué l’opportunité de procéder à ce type de traitement par LAD /
RAD116.

En discutant de cette possibilité avec un des prestataires présents, il est apparu que
l’affectation analytique pouvait se matérialiser par l’apposition d’un code-barre, qui reconnu
par le dispositif de LAD / RAD procéderait à l’affectation au bon projet. Reste à savoir selon

83
quelles modalités. Nous savons que ce type de solutions peut générer des écritures selon
des mappings (tables de correspondance) de comptes préétablis. Dans la méthode que nous
préconisons, il faudrait préfixer le libellé des écritures du code du chantier ou projet. Nous
n’avons pas encore pu examiner si cela était faisable.

Dans ces conditions, la question qui se pose au professionnel de l’expertise-comptable est la


suivante : le niveau d’honoraires peut-il rester constant pour assurer cette utilité étendue ?

Dans le sillage de cette utilité étendue, il convient de se pencher sur les modalités
d’interaction du client avec son expert-comptable.

4.1.2 De nouvelles modalités d’interaction du client avec son


expert-comptable

Comment le client interagit-il avec son expert-comptable ? Le client appelle, vient au cabinet
ou envoie un mail.

Au cabinet, il convient d’identifier rapidement :

- si nous savons traiter le problème ;

- si la demande du client entre dans le cadre habituel de la mission ;

- proposer le cas échéant un avenant à la lettre de mission ;

- traiter le problème.

Au fil du temps, l’expert-comptable oublie et le client avec lui tout ce qu’il a fait pour lui. La
compilation de comptes rendus de mission peut être très fastidieuse. Il convient sans doute
de mieux optimiser son temps et de remplir un simple formulaire s’articulant autour d’un
référentiel de missions et d’événements particuliers dans la vie du client. Chaque année, il
peut ressortir de la consultation et de l’alimentation de ce document des points-clés qui
pourront être rediscutés lors de l’entretien annuel de bilan.

C’est aussi un outil de knowledge management au niveau du client, mais aussi au niveau du
cabinet. Globalement, chaque année, qu’a-t-on appris à faire ? Quelles étapes a-t-on su
franchir pour répondre aux besoins de nos clients voire pour devancer leurs attentes ?

116
Lecture Automatique de Documents / Reconnaissance Automatique de Documents
84
4.1.3 Vers une organisation motrice

Nous anticipons par notre documentation, notre veille, nos observations. Il faut savoir aussi
assimiler et restituer ce travail prospectif. Ce dernier nourrira de futurs échanges, de futures
missions. Une comptabilité motrice, c’est une comptabilité à jour et utile pour le futur.

Reprenons, en tentant d’élargir un peu notre propos, ce que nous avons plus haut autour de
la déclaration de TVA.

Il y a des indicateurs incontournables que tout chef d’entreprise doit suivre pour mener à
bien son activité. Tout d’abord le niveau de trésorerie de son entreprise. Ensuite son niveau
de facturation. En fonction de la durée de ses projets, du niveau des salaires et du délai de
règlement des clients, cela doit lui donner une première idée du volant d’affaires nécessaire.
Pour y parvenir, encore faut-il disposer d’un système d’organisation simple et performant. Il
faut pour ce faire des rangements physiques et informatiques adaptés.

Dans les deux cas, nous proposons le classement suivant :

(0) : l’entreprise

(1) : le dirigeant

(2) : les associés

(3) : les salariés

(4) : les clients

(5) : les fournisseurs

(6) : la banque

(7) : l’Administration fiscale

(8) : les organismes sociaux

(9) : l’expert-comptable

85
Nous sommes repartis pour établir ce classement des parties prenantes aux comptes
annuels de l’entreprise évoqués en début de partie.

L’idée qui préside à cette organisation, c’est de rester aux commandes, de bien toujours
avoir une vue d’ensemble.

Dans chaque module doivent figurer les contrats cadres ainsi que les documents
transactionnels classés par mois.

La matérialité de ce classement peut se faire selon les modalités suivantes.

Pour le classement physique, un meuble avec dix tiroirs organisé comme suit :

(9) (0) (1) (2)


(3) (4) (5)
zone d’échange
(8) (7) (6)

Pour le classement informatique, une arborescence comme suit :

0_ENTREPRISE

1_DIRIGEANT

2_ASSOCIES

3_SALARIES

4_CLIENTS

5_FOURNISSEURS

6_BANQUE

7_ADM_FISCALE

8_ORG_SOCIAUX

9_COMPTA

86
N.B. : le papier doit être conservé en original. Idem pour les documents numériques
originaux. Il peut cependant y avoir rematérialisation (numérique > papier) ou
dématérialisation (papier > numérique) pour des raisons de commodité au quotidien.

Pour illustrer le fonctionnement de l’organisation que nous proposons, nous allons nous
mettre dans la peau du chef d’une entreprise qui se créé sous la forme d’une société.

Je créé mon activité. J’alimente le tiroir (0) avec mon idée d’entreprise, mon business plan.
Je mets dans le tiroir (1) les documents relatifs à mon statut : par ex. demandeur d’emploi,
demande d’ACCRE, etc. Dans le tiroir (2), mes idées d’associés. Dans le tiroir (3), les fiches
de postes ou leur ébauche des salariés dont je vais avoir besoin.

Dans le tiroir (9), les coordonnées de l’expert-comptable que j’ai identifié. Je vais voir cet
expert-comptable.

En discutant avec lui, je précise mon projet (tiroir 0), l’identité de mes associés (tiroir 1), le
choix de ma banque (6) pour lequel il va falloir faire éventuellement un prévisionnel sur la
base de mon business plan (0) et après la signature d’une lettre de mission et de nouveaux
échanges avec mon expert-comptable (9).

Ma société est constituée (classement des statuts, Kbis, etc dans le tiroir 0).

Je commence mon activité. Premiers clients (4), premiers fournisseurs (5), correspondance
fiscale (livret d’accueil des impôts, tiroir 7), correspondance avec les organismes sociaux
(tiroir 8) y compris pour moi, dirigeant (1).

Sur une base mensuelle, je prends l’habitude de communiquer à mon expert-comptable,


mes factures de ventes (tiroir 4), d’achats (tiroir ), mon relevé de banque annoté (tiroir 6)
et des éléments des autres tiroirs si des documents ou faits nouveaux venaient à se
présenter.

Ces documents sont regroupés dans un classeur lui-même situé sous le tiroir (9) dans la
zone d’échange.

Concrètement le cabinet d’expertise-comptable doit avoir en main les originaux des pièces
comptables pour procéder à leur comptabilisation.

Après usage, y a-t-il conservation ou restitution ?

87
Si les pièces comptables sont conservées par le cabinet, avec quoi le client suit-il ses
affaires ? La question vaut également en cas de restitution car, sauf à les étudier
individuellement, les pièces comptables ne sont guère parlantes pour un chef d’entreprise.

Proposer la consultation de la comptabilité en ligne ? Encore faut-il pouvoir lire les comptes.

Repartons du travail préparatoire du client avant communication des pièces au cabinet


d’expertise-comptable.

Le client doit annoter son relevé bancaire, c’est une pierre essentielle à l’édifice d’une
comptabilité probante, notamment en ce qui concerne l’affectation comptable des recettes et
des dépenses.

L’annotation est un exercice pratique qui permet au client de connaître mois par mois ses
encaissements, ses décaissements mensuels ainsi que son niveau de trésorerie. C’est aussi
son premier élément de tableau de bord et de contrôle de fraude, lui permet de détecter des
dispersions d’actifs (e.g. virements ou chèques établis à des bénéficiaires indus).

Il doit aussi suivre ses projets ou chantiers.

Il peut aisément remplir au fur et à mesure un document se présentant comme suit :

Projet
Date Libellé Achats Ventes
Début du projet
...
...
..
Fin du projet
TOTAL
Solde (ventes-
achats)

Dans la mesure où comme vu plus haut le traitement analytique au niveau comptable peut-
être complexe, fastidieux et coûteux, il est préférable que ce travail soit effectué en amont
par le client.

88
Pour des activités plus récurrentes, on peut partir du canevas suivant :

Moi
Date Libellé Achats Ventes
...
...
..
Fin du projet
TOTAL
Solde (ventes-achats)
Éléments exceptionnels
...
Solde (ventes-achats)
Solde global

Tout ce travail doit être effectué avant de communiquer les pièces à l’expert-comptable.

4.1.4 La comptabilité du temps

C’est tout particulièrement le temps si l’activité de l’entreprise est irrégulière, le chef


d’entreprise doit toujours s’interroger sur la gestion de son temps car en fait de comptabilité
comme du reste, le temps c’est de l’argent.

Nous avons imaginé la journée-type d’un chef d’entreprise comme suit :

9h
...
12h Pause déjeuner

14h
...
20h

Cela fait des journées de 9h, ce qui constitue un minimum raisonnable.

Ces journées doivent être consacrées prioritairement aux activités suivantes :

- imaginer de nouveaux produits et/ou services

- trouver des clients


89
- servir les clients

- encaisser les clients

Ces quatre activités forment un cycle : le cycle d’exploitation de l’entreprise.

Dans ce contexte, les pièces comptables de l’entreprise arrivent chez le client, sont émises
parfois par lui (factures de vente). Il en a besoin pour suivre son activité et remplir ses
obligations. Dans le dispositif exposé ci-avant, le client semble faire les choses utiles et le
professionnel de l’expertise-comptable les choses obligatoires. C’est oublier que le
professionnel de l’expertise-comptable peut aider le client à mettre en place une telle
organisation et l’appliquer au quotidien. C’est ce que nous nous proposons d’examiner
maintenant avec la formulation d’un nouveau livret du chef d’entreprise. Il s’agit ici de viser
le chef d’entreprise d’une microentreprise (moins de 10 salariés, chiffre d’affaires inférieur à
2 millions d’euros117).

4.2 Vers un nouveau livret d’accueil du chef d’entreprise

4.2.1 vous épauler

Clients, fournisseurs, salariés, banque, impôts... vous avez chaque jour mille interlocuteurs
et contraintes à gérer pour créer, poursuivre, développer votre activité.

Nous sommes là pour vous épauler au jour le jour, pas seulement en vous aidant à
répondre à vos obligations comptables, sociales, règlementaires mais aussi et surtout en
appui à votre organisation au quotidien.

4.2.2 vous simplifier la vie

Pour cela, nous vous proposons un système de classement et de rangement vous


permettant d’administrer votre entreprise de la façon la plus simple et la plus efficace
possible.

117
Décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 relatif aux critères permettant de déterminer
la catégorie d'appartenance d'une entreprise pour les besoins de l'analyse statistique et
économique. En ligne <
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019961059> [dernière
consultation : 16 novembre 2014]
90
Ce système a pour origine vous et votre projet pour prendre en compte tout ce qui gravite
autour.

(0) : votre entreprise

(1) : vous

(2) : vos associés

(3) : vos salariés

(4) : vos clients

(5) : vos fournisseurs

(6) : votre banque

(7) : l’Administration fiscale

(8) : les organismes sociaux

(9) : nous

Vous aurez des documents papier et des documents numériques. Le système que nous
proposons s’adapte aux deux univers.

Pour le classement physique, un meuble avec dix tiroirs organisé comme suit :

(9) (0) (1) (2)


(3) (4) (5)
zone d’échange
(8) (7) (6)

Pour le classement informatique, une arborescence comme suit :

0_ENTREPRISE

1_DIRIGEANT

2_ASSOCIES

3_SALARIES

4_CLIENTS

5_FOURNISSEURS
91
6_BANQUE

7_ADM_FISCALE

8_ORG_SOCIAUX

9_COMPTA

Dans chaque case ou dossier doivent figurer les contrats cadres ainsi que les documents
d’activité classés par mois.

4.2.3 travailler ensemble

Les documents qui nous sont transmis doivent respecter l’organisation suivante :

- Ventes (alimentés à partir du tiroir 4)

- Achats (alimenté à partir du tiroir 5)

- Banque (alimentés à partir du tiroir 6)

avec un classement par mois à l’intérieur de chaque rubrique. Les pièces qui nous sont
transmises le sont dans un classeur rangé dans la zone d’échange.

Les relevés bancaires doivent impérativement être annotés.

Les documents sociaux (vous concernant personnellement ou concernant vos salariés ou les
organismes sociaux) et fiscaux doivent classés à part.

Toute autre question doit faire l’objet d’une communication et d’un classement séparé.

4.2.4 ne pas perdre le fil

Pour vous aider à suivre votre activité au quotidien selon que votre activité soit ou non
récurrente, nous vous proposons des modèles papier ou électroniques prêts à l’emploi.

4.2.5 ne pas perdre son temps

92
La gestion de votre temps est une question des plus sérieuses. En tenant compte des
besoins journaliers de sommeil et d’une vie par ailleurs équilibrée, nous avons organisé votre
journée-type comme suit.

9h début du travail
...
12h Pause déjeuner

14h
...
20h fin du travail

La façon dont vous affectez le temps dont vous disposez à telle ou telle tâche doit tenir
compte de deux facteurs.

1. Le temps c’est de l’argent

Vos journées doivent être consacrées prioritairement aux activités suivantes :

- imaginer de nouveaux produits et/ou services

- trouver des clients

- servir les clients

- encaisser les clients

Ces quatre activités forment un cycle – le cycle d’exploitation – qui fait fonctionner votre
entreprise et vous permet de vivre de votre travail.

2. Chacun a son propre rythme biologique

Êtes-vous plutôt du matin ou du soir ? Sachez-le pour en tenir compte afin de réserver les
activités les plus exigeantes au moment où vous êtes le plus en forme. Vous gagnerez ainsi
en efficacité.

4.2.6 rester alerte

Il convient d’être toujours à l’affût des nouveautés dans votre secteur. Ce sont autant de
contraintes et bien souvent davantage encore d’opportunités qui s’offrent à vous.
93
Nous publions régulièrement un bulletin de veille comportant une part d’actualité sectorielle.
En complément, abonnez-vous à la presse professionnelle de votre secteur, adhérez à votre
syndicat professionnel, vous y trouverez des informations essentielles que vous ne trouverez
pas ailleurs.

4.2.7 savoir préserver

Numérisez tous les documents essentiels de votre entreprise, la case 0, la case 1 et la case 3
et tous les documents-cadres des autres cases.

N’ayez qu’une confiance modérée dans l’informatique en nuage (voir notre encadré « la tête
dans les nuages mais pas trop »).

Gravez des CD ou DVD (à vitesse réduite et des CD ou des DVD de marque pour une
meilleure longévité) les documents essentiels et conservez-les à l’abri de l’humidité et de la
lumière.

Utilisez des disques durs de bonne qualité.

Synchronisez, répertoriez régulièrement les éléments nouveaux des différentes cases.

Nous vous restituons après chaque bilan vos pièces comptables (tiroirs 4, 5, 6). Conservez-
les 10 ans.

La tête dans les nuages, un peu mais pas trop…


Pour des raisons de conformité avec la législation française, nous vous conseillons vivement
de faire appel à un fournisseur de cloud hébergé en France. Exigez également de votre
fournisseur sur une base mensuelle une restitution des données sur support physique.

94
Bibliographie

95
(1, ACCA) Big data: its power and perils. The Association of Chartered Certified
Accountants, novembre 2013. En ligne <http://www.accaglobal.com/bigdata> [dernière
consultation : 16 novembre 2014]

Il s’agit d’un rapport prospectif de l’association des experts-comptables britanniques mettant


en avant les mutations et les défis du big data. Ce document nous a été utile pour évaluer
en troisième partie les nouvelles pratiques et les nouveaux profils à envisager dans la
profession comptable.

(2, ACCA) Building your financial capabilities: a guide for growing businesses. The
Association of Chartered Certified Accountants, mars 2013. En ligne <
http://www.accaglobal.com/content/dam/acca/global/PDF-technical/small-business/pol-afb-
bfc.pdf> [dernière consultation : 16 novembre 2014]

Il s’agit d’un rapport de l’association des experts-comptables britanniques mettant en avant


les bonnes pratiques que les petites entreprises doivent suivre pour tirer le meilleur parti de
leur expertise-comptable, afin que ce dernier accompagne au mieux leur croissance.

(3, AUGUSTIN) AUGUSTIN, Gérald. La comptabilité et la révolution informatique. Masson,


1986.

Dans cet ouvrage, l’auteur assimile à l’ère informatique la comptabilité à un processus


documentaire mû particulièrement par le modèle entité-association. Il anticipe l’extension du
processus documentaire à celui de la constitution de bases de données, ouvrant la voie à
des utilisations multiples.

(4, DGFIP) Arrêté du 29 juillet 2013 portant modification des dispositions de l'article A. 47
A-1 du livre des procédures fiscales relatif aux normes de copies des fichiers sur support
informatique. JORF n°0177 du 1 août 2013, page 13141, texte n° 50. En ligne
<http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027788276&dateTex
te=&categorieLien=id> [dernière consultation : 16 novembre 2014]

Il s’agit du texte de loi fondateur qui a instauré le fichier des écritures comptables. Le format
documentaire du fichier des écritures comptables y est défini, décrit et commenté.

(5, DGFIP) CF – Procédures de rectification et d'imposition d'office – Contrôle des


comptabilités informatisées - Format du fichier des écritures comptables. Bulletin Officiel des
Finances Publiques-Impôts. BOI-CF-IOR-60-40-20131213. DGFIP, 13 décembre 2013. En
ligne <http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/9028-PGP.html?identifiant=BOI-CF-IOR-60-40-20-
20131213> [dernière consultation : 16 novembre 2014]

Ce document complète (4, DGFIP) en apportant des précisions sur le format documentaire
du fichier des écritures comptables, indiquant notamment qu’il est possible dans certains cas
de le scinder.

(6, DGFIP) CF - Droit de communication et procédures de recherche et de lutte contre la


fraude - Délai et mode de conservation des documents. Bulletin Officiel des Finances
Publiques-Impôts. BOI-CF-COM-10-10-30-10-20140528. DGFIP, 28 mai 2014. En ligne
<http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/8877-PGP.html?identifiant=BOI-CF-COM-10-10-30-10-
20140528>

Ce document précise dans sa partie II les modalités de conservation des factures.

96
(7, DEGOS) DEGOS, Jean-Guy, LECLERE Didier. Vingt ans de contestation du modèle
comptable. In : Comptabilité, Contrôle, Audit. Association Française de Comptabilité, mai
1999.

Cet article retrace l’évolution des pratiques comptables dans le dernier quart du XXe siècle.
Nous nous sommes particulièrement intéressés à la notion d’événement comptable, au
fondement des ERP.

(8, DELAFONTAINE) DELAFONTAINE, A. La tenue des livres en partie double, avec tous
les comptes et calculs qui se rattachent à la comptabilité commerciale. Librairie du
Commerce, 1848. En ligne
<http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6209105w.r=La+tenue+des+livres+en+partie+doubl
e%2C+avec+tous+les+comptes+et+calculs+qui+se+rattachent+%C3%A0+la+comptabilit
%C3%A9+commerciale.langFR> [dernière consultation : 16 novembre 2014]

Cet ouvrage explique la façon dont étaient tenus les comptes jusqu’au XIX e siècle. Il a servi
à l’introduction du mémoire en vue d’une mise en perspective historique.

(9, FELIX) FELIX Eddy E. Paul Otlet (1868-1944) et la comptabilité : la Classification


Décimale Universelle (CDU), les schémas et diagrammes et leur emploi en comptabilité,
l’Association Internationale de Comptabilité (AIC). FELIX ET FELIX S.P.R.L., 2012. En ligne
< http://www.bureaufelix.be/QS/userfiles/paulotletexposejhcm.pdf> [dernière consultation :
16 novembre 2014]

Ce document fait état des travaux de Paul Otlet sur la classification décimale universelle
appliquée à la comptabilité. Ces travaux permettent de faire le lien entre la classification
documentaire et la notion de plan comptable. De ce fait, la comptabilité est un processus
documentaire à part entière.

(10, GARDEY) GARDEY, Delphine. Penser, calculer, classer. Éditions La Découverte, 2008.
Textes à l’appui.

Cet ouvrage retrace l’évolution du travail de bureau de 1880 à 1940. Il nous a permis de
comprendre les implications de la mécanisation du travail comptable dans les années 1920-
1930.

(11, GHITALLA) GHITALLA, Franck. L'espace du document numérique. In : Communication


et langages. N°126, 4ème trimestre 2000. pp. 74-84.

Cet article présente les particularités du document numérique en assimilant ce dernier à un


espace dynamique. Il nous a permis de détecter les enjeux à l’œuvre dans le passage d’une
comptabilité numérisée à une comptabilité véritablement numérique.

(12, GUILLOUX) GUILLOUX Véronique. Comment le « texte » peut mettre en lumière les
infrastructures SIO en XML et en EDI ? Un exemple dans le secteur financier. Management &
Avenir, 2010/9 n° 39, p. 250-264. DOI : 10.3917/mav.039.0250

Cet article fait état des tensions à l’œuvre entre le XML et le protocole EDI, mettant en avant
les limitations de l’EDI et les jeux d’acteurs se cachant derrière ces antagonismes. Ce texte
nous a permis de mettre en lumière le fait que les comptes tels qu’ils sont transmis
répondent en premier lieu aux exigences de l’Administration fiscale.

(13, HARDING) HARDING Stanley. Increased productivity – the role of finance. Emmanuel
College, Cambridge, septembre 1963. En ligne

97
<http://www.icaew.com/~/media/Files/Technical/Business-and-financial-
management/finance-direction/finance-in-the-broadest-sense-harding-shell-web-locked.pdf>
[dernière consultation : 16 novembre 2014]

Ce texte anticipe dès 1963 les défis technologiques et managériaux qui attendront les
professionnels de l’expertise-comptable dans les décennies qui suivront. Il nous a permis de
mettre en lumière certaines lacunes dans les formations des professionnels de l’expertise-
comptable.

(14, HARTH) HARTH, Andreas, KÄMPGEN, Benedikt, O’RIAIN, Sean, WEBER, Craig,
WELLER, Tobias. Accepting the XBRL Challenge with Linked Data for Financial Data
Integration. European Semantic Web Conference ESWC, mai 2014. En ligne
<http://2014.eswc-conferences.org/sites/default/files/papers/paper_224.pdf> [dernière
consultation : 16 novembre 2014]

Cet article met en avant une approche pluri-disciplinaire du document comptable numérique,
mêlant XBRL, web sémantique et datavisualisation. Cet article nous a permis d’illustrer dans
notre deuxième partie les opportunités offertes par le format XBRL.

(15, HERRENSCHMIDT) HERRENSCHMIDT, Clarisse. Les Trois Écritures : Langue,


nombre, code. Gallimard. 2007. Bibliothèque des sciences humaines.

Cet ouvrage a la particularité d’étudier conjointement le langage, les nombres et le code.


Dans le chapitre VIII tout particulièrement, la comptabilité y est abordée comme un langage
et une écriture à part entière.

(16, NET-ENTREPRISES) Étude d'opportunité de l'utilisation d'XML dans le cadre des EDI.
Etude pour la Mission interministérielle de soutien technique pour le développement des
technologies de l'information et de la communication dans l'administration la Caisse
Nationale d Assurance Vieillesse le Groupement d’Intérêt Public – Modernisation des
Déclarations Sociales. Net-Entreprises, juin 2000. En ligne <http://www.univ-
paris1.fr/fileadmin/diplome_droit_internet/etude_complete2.doc> [dernière consultation : 12
août 2014]

Ce document fait le point sur la technologie EDIFACT afin d’examiner les modalités
d’intégration de fichiers XML dans le dispositif de télétransmission EDI. Ce document
explique de façon très détaillé les logiques documentaires à l’œuvre dans le format EDIFACT
et les compare avec le XML qui est alors une technologie émergente.

(17, NF) Norme NF Z42-013 « Spécifications relatives à la conception et à l’exploitation de


systèmes informatiques en vue d’assurer la conservation et l’intégrité des documents stockés
dans ces systèmes ». Afnor, mars 2009

Il s’agit de la norme française sur l’archivage des données numériques. Dans son paragraphe
5.5.7, cette norme précise que les documents annexes et logiciels supports doivent
également être archivés.

(18, OEC) Histoire de la profession comptable. Compagnie nationale des commissaires aux
comptes, Ordre des Experts Comptables et Comptables agréés, 1993.

Cet ouvrage retrace l’histoire de la profession comptable de ses débuts au XVe siècle jusqu’à
la fin des années 1980. Les qualifications, la règlementation et l’évolution des techniques
comptables y sont abordées.

98
(19, OURIEMMI) OURIEMMI Oussama. Le Plan Comptable de 1942 : un plan « de » ou «
sous » l'occupation ?. Journées d'Histoire de la Comptabilité et du Management, décembre
2009, France. En ligne < https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00465968> [dernière
consultation : 16 novembre 2014]

Cet article retrace la genèse du premier plan comptable français. Ce plan comptable est né
sous l’occupation. L’auteur en explique les influences et les motivations. Ce texte nous a
permis de retracer la parenté du plan comptable de 1942 avec le plan Göring de 1937.

(20, PACIOLI) PACIOLI, Luca, JOUANIQUE, Pierre (trad.). Traité des comptes et des
écritures. Ed. comptables Malesherbes, 1995.

Il s’agit du texte fondateur de la comptabilité en partie double.

(21, RKW) Größere Wirtschaftlichkeit durch geordnetes Rechnungswesen und


Betreibsuntersuchungen, RKW, 1942

Ce document édité initialement en 1937 contient le plan comptable qui servira à la


formulation du plan Göring. Dans son édition de 1942, il contient également une
schématisation de l’organisation à partir du plan comptable qui annonce les ERP avec 30 ans
d’avance.

(22, TELLER) TELLER, Pierre. Formalisation des normes comptables : vers une ontologie
des notions de comptabilité. INFORSID, page 643-655, 2006. En ligne
<https://liris.cnrs.fr/inforsid/sites/default/files/a604c1DzD5jEDglcc.pdf> [dernière
consultation : 16 novembre 2014]

Cet article met en lumière la machinerie sémantique du XBRL en expliquant que ce format
invite à mettre les notions comptables en équations documentaires.

(23, TESNIERE) TESNIERE, Bruno. Introduction d’un format de reporting harmonisé pour
les entreprises européennes. Quels impacts pour la profession comptable ? In Economie &
Comptabilité, N°243, septembre 2013. En ligne
<http://www.ifec.fr/docs/documents/20131001113139_ECOCOMPTAokBD.pdf>

Cet article explore dans un contexte les implications de la directive européenne sur la
transparence financière, exigeant notamment des comptes au format XBRL.

(24, TGE ADONIS) TGE Adonis. Guide Méthodologique pour le choix de formats
numériques pérennes dans un contexte de données orales et visuelles. Service
interministériel des Archives de France, mai 2011. En ligne <
http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/static/4923 > [dernière consultation : 16
novembre 2014]

Il s’agit d’un guide d’interopérabilité édité par les Archives de France visant à lister et à
définir les formats numériques à utiliser pour un archivage pérenne.

(25, TOUCHELAY) TOUCHELAY Béatrice. Du métier à la profession d’expert-comptable et


de comptable agréé in Comptabilités, 2013. En ligne :
<http://comptabilites.revues.org/1341> [dernière consultation : 16 novembre 2014]

Ce texte retrace l’évolution de la profession d’expert-comptable au cours du XXe siècle. Il


donne à voir le rôle que les experts-comptables, via leurs instances représentatives, se
proposaient de jouer dans l’économie.

99
Annexes

100
Figure 17 Formulaire papier de déclaration de TVA (recto)118

118
Source : www.impots.gouv.fr
101
Figure 18 Formulaire papier de déclaration de TVA (verso)119.

119
Source : www.impots.gouv.fr
102
Figure 19 Modèle fiscal obligatoire de présentation du bilan 120.

120
Source : www.impots.gouv.fr
103
Figure 20 Modèle fiscal obligatoire de présentation du compte de résultat 121.

121
Source : www.impots.gouv.fr
104
Comptes de bilan
Classe 1 Classe 2 Classe 3 Classe 4 Classe 5
Comptes de capitaux Comptes Comptes de stocks et en-cours Comptes de tiers Comptes financiers
(capitaux propres, d’immobilisations
autres fonds propres,
emprunts et dettes
assimilées)
10 Capital et réserves 20 Immobilisations incorporelles 30 - 40 Fournisseurs et comptes rattachés 50 Valeurs mobilières de placement
11 Report à nouveau Immobilisations 31 Matières premières (et Clients et comptes rattachés Banques, établissements
12 Résultat de l’exercice 21 corporelles fournitures) 41 Personnel et comptes rattachés 51 financiers et assimilés
13 Subventions d’investissement Immobilisations mises en 32 Autres approvisionnements Sécurité sociale et autres Instruments de trésorerie
14 Provisions réglementées 22 concession 33 En-cours de production de biens 42 organismes sociaux 52 Caisse
15 Provisions Immobilisations en cours En-cours de production de État et autres collectivités 53 Régies d’avances et accréditifs
16 Emprunts et dettes assimilées 23 - 34 services 43 publiques 54 -
17 Dettes rattachées à des 24 - Stocks de produits Groupe et associés -
participations 25 Participations et créances 35 - 44 Débiteurs divers et créditeurs 55 -
18 Comptes de liaison des 26 rattachées à des participations 36 Stocks de marchandises divers 56 Virements internes
établissements et sociétés en Autres immobilisations financières 37 - 45 Comptes transitoires ou d’attente 57 Dépréciations des comptes
participation Amortissements des 38 Dépréciations des stocks et en- 46 Comptes de régularisation 58 financiers
19 - 27 immobilisations 39 cours Dépréciations des comptes de 59
Dépréciations 47 tiers
28
48
29 49

Tableau 6 Classes des comptes de bilan122.

122
Source : Autorité des Normes Comptables

105
Comptes de gestion
Classe 6 Classe 7
Comptes de charges Comptes de produits
60 Achats 70 Ventes de produits fabriqués, prestations de services, marchandises
61 Services extérieurs 71 Production stockée (ou déstockage)
62 Autres services extérieurs 72 Production immobilisée
63 Impôts, taxes et versements assimilés 74 Subventions d’exploitation
64 Charges de personnel 75 Autres produits de gestion courante
65 Autres charges de gestion courante 76 Produits financiers
66 Charges financières 77 Produits exceptionnels
67 Charges exceptionnelles 78 Reprises sur amortissements, dépréciations et provisions
68 Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions 79 Transferts de charges
69 Participation des salariés, impôts sur les bénéfices et assimilés

Tableau 7 Classes des comptes de gestion123.

Comptes de bilan
Classe 1
Classe 2
Bilan
Classe 3
Classe 4
Classe 5
Comptes de gestion
Classe 6 Compte de résultat
Classe 7

Tableau 8 Rattachement des classes de comptes aux états financiers (bilan et compte de résultat

123
Source : Autorité des Normes Comptables

106

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