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Définir l'Entrepreneuriat Social

L'article propose d'analyser la définition de l'entrepreneuriat social, qui est un concept émergent attirant l'attention des chercheurs depuis les années 1990 mais manquant d'une définition consensuelle. L'objectif est de proposer une définition en s'appuyant sur la littérature existante et la comparaison avec l'entrepreneuriat conventionnel.

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Définir l'Entrepreneuriat Social

L'article propose d'analyser la définition de l'entrepreneuriat social, qui est un concept émergent attirant l'attention des chercheurs depuis les années 1990 mais manquant d'une définition consensuelle. L'objectif est de proposer une définition en s'appuyant sur la littérature existante et la comparaison avec l'entrepreneuriat conventionnel.

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Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit

ISSN: 2550-469X
Numéro 6 : Septembre 2018

L’entrepreneuriat social : Vers une définition

Social entrepreneurship :Towards a definition

Marwane El Halaissi
Doctorant à la FSJES Salé Université Mohammed V Rabat
Laboratoire : Economie appliquée,
Equipe de recherche : Entrepreneuriat social et développement humain
[email protected]

Majda Boumkhaled
Doctorante à la FSJES Souissi Université Mohammed V Rabat
Laboratoire : Economie et gestion,
Equipe de recherche : Compétitivité économique et performance managériale
[email protected]

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Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit
ISSN: 2550-469X
Numéro 6 : Septembre 2018

Résumé

L’entrepreneuriat social fit surface dans la sphère académique à la fin des années 90, attirant
l’attention de plusieurs chercheurs, entraînant ainsi la publication de nombreux articles dans
des journaux académiques. Malgré sa pertinence et sa contribution scientifique significative
durant ces quinze dernières années, la recherche dans ce champ accuse un manque d’une
définition consensuelle et de la compréhension conceptuelle. (Short et al.,2009). Janssen et al
(2012) affirment que les chercheurs issus de différentes disciplines et origines géographiques
s’accordent sur la nécessité de comprendre qu’est-ce qu'on entend par l’entrepreneuriat social.
L’objet de l’article est de proposer une définition de ce phénomène naissant.

Mots clés : Entrepreneuriat social ; Entreprise social ; Entrepreneur social ; Défaillance du


marché ; Opportunité

Abstract
The social entrepreneurship made surface in the academic sphere at the end of the 90s,
drawing the attention of several researchers entailing the publication of number articles in
academic newspapers. In spite of its relevance and its significant scientific contribution during
these last fifteen years, the research in this field accuses a lack of a consensual definition and
an abstract understanding. (Short et al.,2009). Janssen et al (2012) assert that the researchers
stemming from various disciplines and geographical origins agree on the necessity of defining
what we mean by the social entrepreneurship.
The object of the article is to propose a definition of this rising phenomenon.

Key words : Social entrepreneurship, Social enterprise, Social entrepreneur, Market Failure,
Opportunity

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ISSN: 2550-469X
Numéro 6 : Septembre 2018

Introduction
L’entrepreneuriat social est un phénomène ayant attisé l’attention des chercheurs depuis la
première moitié des années 1980, mais ce n’est qu’au début des années 1990 qu’il prit une
véritable ascension dans le milieu académique. La recherche a évolué depuis ce temps offrant
une lecture multidisciplinaire de ce phénomène qui à première vue est similaire à concept qui
s’est établi comme étant l’une des bases de la théorie en économie et gestion, il s’agit de
l’entrepreneuriat.
Les académiciens intéressés par l’entrepreneuriat social développèrent plusieurs lectures de ce
phénomène, certains l’associent à une forme entrepreneuriale (Dees,1998 ;Steyaert,2008),
d’autres le perçoivent comme une continuité de l’économie sociale (Defourny et
Nyssens,2004), ou bien un secteur qui crée du changement social
(Bornstein,2006 ;Nicholls,2004).Cette pluralité des conceptions a créé une multitude de
définitions, rendant ce phénomène un « construit cluster » (Steyaert & Hjorth,2008),ou même
un « appraisive concept » qui au sens de Choi et Majumdar(2014) construit une image
positive de l’entrepreneuriat social, il distingue entre des activités « plus louables » et d’autres
« moins louables ». .Suivant Nicholls (2010) l’entrepreneuriat social est un concept
multidimensionnel alors que Bacq and Janssen, (2011) le considère comme un concept à
plusieurs facettes.
Les différents travaux publiés dans les revues spécialisées depuis les années 1990,sont en
grande partie des études de cas qualitatives décrivant les traits de caractère des entrepreneurs
sociaux ou des essais théoriques essayant d’expliciter des théories standardisées qui peuvent
expliquer le phénomène, d’autres recherches soutiennent que l’entrepreneuriat social est un
sous-concept de la théorie de l’entrepreneuriat. Malgré la richesse, des contributions
théoriques ou empiriques de chercheurs de différentes disciplines, mais le phénomène ne fait
pas l’objet d’une définition consensuelle. Nous nous proposons donc de répondre à la
question suivante : Dans quelle mesure peut-on assimiler l’entrepreneuriat social à
l’entrepreneuriat conventionnel ?
Notre objectif est donc de proposer une définition du concept de l’entrepreneuriat social, en
premier lieu nous introduirons par une brève revue de littérature présentant les principaux
articles et ouvrages sur lesquels nous nous sommes basés et qui appuient notre choix
théorique. Ensuite nous enchaînerons par un petit saut dans l’histoire du phénomène pour
présenter son émergence, son développement, les principaux précurseurs. En fin, nous

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Numéro 6 : Septembre 2018

introduirons une définition du concept en s’appuyant sur l’hypothèse que l’entrepreneuriat


social a empruntée sa terminologie depuis la théorie de l’entrepreneuriat conventionnel.

1. Revue de littérature
L’entrepreneuriat social est apparu à la fin des années 80 en Italie, puis s’est répandu après en
Europe au cours de la seconde moitié des années 90, il fit surface aux États-Unis à la fin des
années 90 (Dees,1998).L’entrepreneuriat social fit surface dans la sphère académique à la fin
des années 90, en ce faisant, attirant l’attention de plusieurs chercheurs entraînant ainsi la
publication de nombreux articles dans des journaux académiques (Short el al.,2009 ; (De Hoe
& Janssen,2014). Malgré sa pertinence et sa contribution scientifique significative durant, ces
quinze dernières années, la recherche dans ce champ accuse un manque d’une définition
consensuelle et de la compréhension conceptuelle (Binder, 2017).Cette situation s’explique
par la diversité des approches utilisées dans le champ de l’entrepreneuriat social (Choi &
Majumdar, 2014). Le concept de l’entrepreneuriat gagne en popularité, cela veut dire qu’il est
ouvert à l’interprétation, ce qui rend le spectre de définition de l’entrepreneuriat social large :
il compte plusieurs types d’organisations à savoir les Organisations à Sans But
Lucratif(OSBL), les organisations hybrides, les entreprises à objet social. La
conceptualisation de l’entrepreneuriat social est à son au stade embryonnaire (Dees,
1998).L’entrepreneuriat social est perçu comme une formule particulière de l’entrepreneuriat
(Dees, 1998), au sens de Defourny et Nyssens(2006), il s’agit de trois principales notions
entrecroisées : entreprise sociale, entrepreneuriat social, entrepreneur social.
La recherche sur l’entrepreneuriat social a en une certaine mesure répliquée l’évolution
théorique et empirique de l’évolution de l’entrepreneuriat. Les chercheurs se sont focalisés sur
la personnalité de l’entrepreneur et en particulier sur les comportements ou processus, ou sur
l’opportunité sociale pour mettre l’accent sur la nature entrepreneuriale et la différencier
d’autres phénomènes. Il y’a un courant qui s’est focalisé sur la personnalité de l’entrepreneur
social, suivant cette approche les entrepreneurs sociaux sont caractérisés par des traits
spéciaux (Drayton, 2002), des compétences de leadership spéciales (Thompson et al.,2000),la
passion de réaliser leur vision au sens de Bornstein (2004), ainsi qu’une éthique forte au sens
de Drayton. Plusieurs chercheurs ont mis l’accent sur les processus entrepreneuriaux –sur le
« comment »- autrement sur la manière d’agir des entrepreneurs, afin de différencier entre les
initiatives sociales et les initiatives entrepreneuriales (Dees, 1998).

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L’entrepreneuriat social est un sous domaine de l’entrepreneuriat dans les premières étapes de
développement, il est aux côtés des autres sous-domaines tels que le concept d’entreprise
(Steyaert & Hjorth, 2008). Actuellement il n’y’a pas de définition unique de l’entrepreneuriat
social et pas de cadre conceptuel permettant d’unifier les différentes approches. Le concept
même après deux décennies de recherche, est aujourd'hui au stade théorique embryonnaire.
Plusieurs chercheurs ont essayé de remédier aux différences conceptions de l’entrepreneuriat
social en élaborant une cartographie de l’ensemble des définitions de ce concept (Choi &
Majumdar, 2014).
La littérature traitant l’entrepreneuriat social est encore peu défini, Spear (2007) affirme
qu’elle a emprunté une terminologie propre au champ de l’entrepreneuriat (Gözü ,et al.,
2009). Les définitions de l’entrepreneuriat social, se réfèrent aux processus et comportements,
les définitions des entrepreneurs sociaux se basent sur le fondateur de l’initiative, les
définitions des entreprises sociales se basent sur les résultats palpables de l’entrepreneuriat
social. Actuellement la recherche sur l’ES n’a pas encore établi une idée claire du phénomène,
la manière d’étudier le phénomène ne s’est pas encore précisée.

2. Méthodologie
À travers une recherche bibliographique et une revue de littérature que nous avions menées
pendant une année dans le cadre de notre thèse, nous avions pu ressortir des éléments
théoriques clés, à savoir : les définitions fondatrices, les courants principaux, concepts…

Nous avions essayé tant bien que mal de lire en profondeur plusieurs articles et certains
ouvrages portant sur l’entrepreneuriat social qui étaient publiés durant la période allant de la
fin des années 1990 et 2016. Nous avions mobilisé des articles issus de différentes
disciplines : sciences économiques, management, sociologie…notre texte se base
essentiellement sur des travaux d’éminents chercheurs (Dees, Defourny, Nicholls…) ayant
largement contribué dans l’essor de l’entrepreneuriat social et dont les articles furent publiés
dans des revues importantes.
Pour la rédaction nous nous servîmes de fiches de lecture préparées, en allouant une attention
particulière aux exigences académiques en termes de rédaction. Nous avions essayé de
réécrire les propos des auteurs en nos propres mots surtout pour les articles écrits en anglais,
notre rédaction prit soin de mobiliser une diversité d’auteurs pour donner du sens à nos écrits
et pour expliciter au mieux les apports théoriques des différents articles et ouvrages
théoriques.

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3. Un retour aux sources


L’entrepreneuriat social n’est pas nouveau en tant que pratique, il a auparavant existé sous
forme d’initiatives d’amélioration des conditions d’hospitalisation des citoyens au cours de la
guerre de Crimée1. On peut aussi citer l’expérience de la Kashf Foundation dans
l’amélioration des conditions économiques des femmes au Pakistan à travers l’octroi de
milliers de microcrédits (Dearlove, 2004).L’exemple le plus parlant de l’ES est celui de la
Grameen Bank ayant pour mission la lutte contre la pauvreté (Seelos et Mair, 2005 ; Yunus,
et al., 2010) via l’octroi de microcrédit aux petits entrepreneurs à majorité femmes selon
Haugh.
Les premières formes de l’entrepreneuriat social remonteraient à plus d’un demi-siècle,
Banks en 1972 lors de son étude sociologique des mouvements sociaux utilisa le terme
d’ « entrepreneur social » (Nicholls, 2008).Les travaux de Young en 1983 basés sur la
conception de Schumpeter ont décrit les entrepreneurs innovateurs à but non lucratif (Janssen,
Bacq, & Brouard, 2012a). L’ES en tant que pratique créée de la valeur économique et sociale,
il a émergé au courant des années 1980 dans l’occident sous différentes formes (mouvements
sociaux,fondations…). On peut aussi citer l’une des expériences les plus connues dans le
champ de l’ES à savoir les activités de Grameen Bank ayant pour objet d’éradiquer la
pauvreté en 1976.
L’entrepreneuriat social notion qui émergea au cours des années 80 dans un contexte marqué
par la crise de l’Etat Social. Au cours des années 90 le phénomène prit de l’ampleur que ce
soit en Europe ou en Outre-Atlantique. En Europe il émergea pour la première fois en Italie en
1991 au cœur de l’économie sociale, avant de développer à travers toute l’Europe. L’ES est
devenu un levier de développement de toute activité socio-économique, apparu pour la
première fois en Italie à la fin des années quatre-vingt du siècle dernier, il fut diffusé au reste
de l’Europe à la seconde moitié des années 1990. Dans le Vieux Continent, elle se développa
au centre de l’économie sociale et solidaire sous impulsion italienne en réponse à la création
des « coopératives sociales » qui ont pour objet de répondre aux besoins sociaux que les
secteurs traditionnels n’ont pu satisfaire. La « Social Enterprise Initiative » lancée en 1993 par
la Harvard Businness School signa le baptême de l'entrepreneuriat social aux Etats-Unis,
s’ajoute à cela l’émergence de fondations (Ashoka) soutenant les entrepreneurs (Mouvement
des entrepreneurs sociaux, 2012).L’entrepreneuriat social fit surface pour la première fois

1
Guerre opposant l’Empire Russe aux Forces Alliées formées par l’Empire Ottoman,l’Empire Anglais,le
Royaume de Sardaigne entre 1853-1856

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dans le champ académique à la fin des années 1990


(Boshee,1995 ;Leadbeter,1997 ;Dees,1998 ;Wallace,1999), il est considéré être encore au
stade embryonnaire(Johnson, 2003).

4. De quoi s’agit-il ?
4.1. Entreprise sociale :
Il s’agit d’une entreprise qui appartient à plusieurs « propriétaires » et qui regroupe les
investisseurs, les travailleurs, les usagers, les fournisseurs. L’organisation prend en compte la
pluralité des parties prenantes, ces dernières sont représentées à des degrés divers, cela dépend
de la structure et de sa gouvernance interne. Selon l'EMEs2, le capital social3 est une des
caractéristiques originales et importantes de l’entreprise sociale, le capital social est un facteur
de démocratisation des organisations sociales, il permet de construire un espace public de
débat sur le fonctionnement de l’organisation par l’intégration d’une multitude d’intervenants.
La reconnaissance de l'entreprise sociale par l’Etat conditionne son fonctionnement socio-
économique, selon l’EMES une seconde caractéristique importante des entreprises sociales
tient aux modalités de distribution des biens et services, c'est-à-dire aux types de relations
économiques propres à ces initiatives. L’entreprise sociale a besoin d’un cadre socio-
économique spécifique ainsi que l’implication de plusieurs parties prenantes dans le rapport
aux pouvoirs publics, l’ES peut mobiliser le marché, la redistribution, ainsi que la réciprocité.
Les entreprises sociales au sens de l’EMES sont créées par des citoyens pour produire de
biens et services pour le profit de la « communauté », l’approche de l’EMES met l’accent plus
sur l’octroi de biens et de service pour la société via les entreprises sociales présentes dans le
troisième secteur. EMES ne s’attarde pas ni sur le processus de l’innovation ni sur la création
de revenus (Choi, Majumdar, 2014).
Hoogendoorn et al. (2010) suggèrent qu’il existe une quatrième école de pensée de l’ES à
savoir l’approche britannique. Cette approche quoique similaire à celle de l’EMES, mais elle
se distingue de cette dernière par deux éléments clés : elle se base sur la stimulation du
partenariat entre le public et le privé et le troisième secteur, les services qui sont assurés par
l’entreprise sociale ne sont pas nécessairement liés à la mission de l’entreprise sociale.
2
Emergence des Entreprises sociales en Europe
3
Les caractéristiques des organisations sociales tels les réseaux, les normes et la confiance qui facilitent
la coordination et la coopération en vue du bénéfice mutuel »
http://www.lesentreprisesdinsertion.org/index.php?option=com_flexicontent&view=item&cid=75&id=201&Ite
mid=89

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Entreprise sociale chez Defourny et Nyssens, 2010, sur le plan économique : doit prendre le
risque de manière significative tout en produisant des biens et services ,les salaires rémunérés
au minimum. L’aspect social est lié à la limitation de la distribution des profits ainsi qu’à la
centralité de la mission sociale. La gouvernance est caractérisée par un degré élevé
d’autonomie, un pouvoir de décision indépendant de la détention du capital, une dynamique
participative impliquant plusieurs parties prenantes.
L’entreprise sociale repose sur l’idée de créer des richesses afin de répondre efficacement à
des besoins sociaux. En pratique elle adopte plusieurs finalités, formes juridiques, modèles
économiques, tailles et secteurs d’activités, d’où la difficulté de l’évaluation qualitative de son
appropriation par l’écosystème économique et politique et par les citoyens. Les entreprises
sociales luttent contre l’exclusion sociale, créent de l’emploi, développent des activités
soucieuses de l’environnement, proposent des produits novateurs pour répondre aux besoins
sociaux des citoyens. Elles pourvoient des emplois durables centrés sur l’intérêt général, sur
les marchés éthiques (bio, commerce équitable, écoproduits…).Le développement des
entreprises sociales requière l’implication de l’État en tant que partenaire, régulateur et
stratège. Les entreprises sociales sont des entreprises à finalité sociale ou sociétale, mais à
lucrativité limitée vu que les profits générés sont réinvestis dans de nouveaux projets, le
capital rémunéré de façon limitée en respectant l’échelle des salaires. Leur mode de
gouvernance est basé sur l’implication de plusieurs parties prenantes (Mouvement des
entrepreneurs sociaux, 2012). Hubyrechts et al (2012) affirment que les entreprises sociales se
distinguent des ONG et associations par leurs capacités de production continue de biens et
services tout en prenant des risques économiques. Le personnel embauché n’est pas
essentiellement composé de bénévoles, mais aussi de salariés payés au minimum.
Suivant l’école de l’entreprise sociale, l’entreprise sociale désigne l’ensemble des activités
marchandes menées par des organisations au service de la mission sociale. Elle se focalise sur
les méthodes de gestion du secteur privé à but lucratif. L’entreprise sociale vaguement traitée
dans le pays de l’Oncle Sam, désigne principalement des activités marchandes au service
d’un but social, elle est perçue comme une réponse novatrice aux problèmes de financement
des « non-profit organisations » (Defourny, 2004).
On parle plus de Non For Profit à l’Outre-Atlantique, l’objet de ces organisations est d’offrir
une forme de changement tout en créant de la valeur sociale. Les NFP sont souvent
confrontées à plusieurs objectifs, pour répondre aux attentes de leurs « sponsors ».Elles
développent une multitude d’activités. Les NFP répondent aux différentes parties-prenantes ce

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qui se traduit par le dérèglement de la balance financière affectant la capacité de ces


organisations à mener à bien leurs missions sociales. L’entreprise sociale, désigne l’ensemble
des activités marchandes menées par des organisations au service de la mission sociale. Elle
se focalise sur les méthodes de gestion du secteur privé à but lucratif. Suivant M.Yunus il
s’agit d’une entreprise ayant une finalité sociale, qui couvre l’ensemble de ses coûts de
fonctionnement par le marché (autonomie financière) et qui réinvestit intégralement ses
profits dans l’entreprise. L’objectif est générer un bénéfice collectif (Grove & Berg, 2014).
Cette dissociation de la recherche personnelle du profit de la dynamique de l’entreprise
permettrait de développer des objectifs spécifiques, ceux de la résolution des problèmes
sociaux et de la lutte contre la pauvreté.
4.2. Entrepreneur social
Dees (1998) affirme que pour définir un concept il faut prendre en compte un ensemble de
caractéristiques particulières à l’objet de définition. En ce sens il identifie les éléments
suivants comme caractéristiques de l’entrepreneur social :
-Porter une mission sociale,
-créer de la valeur sociale,
-Identifier et poursuivre les différentes opportunités qui se présentent,
-S'engager dans un processus continu d’innovation et d’apprentissage.
Suivant l’approche adoptée par Dees(1998),on peut avancer que l’innovation est le principal
attribut de l’entrepreneur social .Selon la conception de l’innovation de Schumpeter, c’est un
agent de changement ayant une mission sociale dont l’objet est d’innover et de créer de la
« valeur sociale » via des « projets responsables ».L’entrepreneur social innove pour assurer
la durabilité des projets qu’il entretient, l’innovation est encastrée dans le mode opératoire de
l’entrepreneur social, l’innovation n’est donc pas momentanée, mais elle découle d’un long
processus de recherche et d’apprentissage dans l’amélioration des conditions de vie de la
population cible tout en assurant la durabilité de leurs projets. L’entrepreneuriat social ne se
limite pas aux activités non lucratives à utilité sociale, en réalité c’est une forme alternative
d’entreprendre hybride ayant pour finalité la production de biens et services adaptés aux
besoins de la société.(Dees,1998).Les entrepreneurs sociaux sont des innovateurs de la sphère
sociale qui véhiculent un important changement social et aussi des transformations sociales
durables qui rompent avec les modèles actuels. L’entrepreneur social est intimement lié à
l’innovation sociale, généralement prévoit le changement, il élabore des stratégies à travers
l’innovation sociale (Choi & Majumdar, 2014). Thompson, Alvy et Lees, considèrent les

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entrepreneurs sociaux comme étant les individus capables d’identifier les options permettant
de répondre aux besoins auxquels l’État-providence ne pourra satisfaire. Ils mobilisent les
ressources nécessaires qu’ils utilisent différemment.
Les entrepreneurs sociaux sont motivés par leur mission sociale et non pas par le profit, le
résultat leurs activités entrepreneuriales ne dépend pas de leurs enrichissements (Short et al.,
2009) .
4.3. Nouvelle forme d’entreprendre :
L’entrepreneuriat social est la concrétisation de la pensée moderne qui propose des solutions
entrepreneuriales aux défis sociaux, l’entrepreneuriat social est perçu comme réponse aux
nouvelles exigences de l’économie moderne, en autre-autre c’est un substitut aux initiatives
caritatives et de philanthropie. C’est aussi un état d’esprit qui se traduit sous forme de
comportements apparents, la mission sociale est un élément clé dans la logique de
l’entrepreneuriat social, elle affecte la conception de l’opportunité, c’est la finalité qui prévaut
et non pas les moyens mobilisés, la richesse créée pendant le processus n’est qu’un élément
intermédiaire.
L’entrepreneuriat social mobilise plusieurs sources de financement depuis la philanthropie
jusqu’à la finance classique, conscient du risque auquel est confronté tout projet, il propose
des stratégies ayant pour objet de limiter l’impact de l’échec potentiel du projet.
L’entrepreneuriat social transcende les frontières entre les secteurs public et privé, il crée des
organisations hybrides (Johnson, 2000 ; Wallace, 1999), qui mettent en place des stratégies de
création de valeur double : sociale et économique (Alter, 2006).Cette hybridation fait l’objet
de plusieurs interrogations. La nature hybride de l’Es constitue un obstacle à son
développement. Janssen et (2012) affirment que les chercheurs issus de différentes disciplines
et origines géographiques s’accordent sur la nécessité de comprendre qu’est-ce qu'on entend
par l’entrepreneuriat social. (Dees, 1998a, 1998b ; Dey, 2006 ; Weerawardena et Sullivan
Mort, 2006)
Boschee affirme que l’entrepreneuriat social est l’action des dirigeants à but non lucratif qui
s’intéresse aux forces du marché sans se défiler des valeurs qui en découles de la mission
sociale ayant pour objet d’équilibrer entre les impératifs moraux et pécuniaires, dont la
conciliation constitue l’âme du mouvement. Pour Dees(1998), c’est une combinaison de la
mission sociale, discipline de l’entreprise, innovation et détermination. Bornstein(2004)
soutient que l’entrepreneur social d’Ashoka instaure la nouveauté et un mode innovateur de
réponse aux problèmes, il est visionnaire, pragmatique, mais aussi cadré par une éthique

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robuste issue d’une vision de changement. Leadbetter(1997)dans une conception large de


l’entrepreneuriat social il présente ce dernier comme un large éventail d’activités relatives à
l’économie, éducation, recherche,sécurité sociale, spiritualité mises en œuvre par plusieurs
organisations(Janssen et al., 2012).
Mair et Marti soulignent la prolifération des définitions de l’entrepreneuriat social, ils
estiment que pour certains auteurs ce dernier est un processus centré sur des combinaisons
innovantes des ressources, il explore et exploite des opportunités ayant pour objet de catalyser
le changement social à travers la satisfaction des besoins humains de base. Roberts et Woods
assimilent l’entrepreneuriat social à un processus de construction, d’évaluation, poursuite
d’opportunités afin de générer des transformations sociales par l’intermédiaire des personnes
visionnaires et passionnées.
Nicholls (2008) suggère que l’entrepreneuriat social est plutôt une activité innovante qui crée
de la valeur sociale que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’organisation. Il est aussi
défini comme un ensemble d’activités novatrices et efficaces qui ont pour activité stratégique
la résolution des défaillances des marchés sociaux, création de nouvelles opportunités qui
contribuent à la création de valeur sociale à travers une myriade de ressources et formes
organisationnelles pour maximiser l’impact social et générer du changement.
L’entrepreneuriat social se présente comme un ensemble de processus, d’actions et d’usages
ayant pour objet d’assurer le changement social ou de répondre à des besoins sociaux à travers
des approches entrepreneuriales innovantes. Il agit par le biais de différents types
d’organisations afin de générer du changement au niveau local en modifiant les réalités
économiques au politique (Mair et Marti, 2006 ; Mair, 2010 ; Brouard & Larivet, 2010). L’ES
a tendance à briser les frontières existantes entre les secteurs : public, privé et la société civile.
L’ES est un concept abritant plusieurs termes connexes à savoir : entreprise sociale, société
coopérative, Organisation à Sans But Lucratif…l’ensemble de ces organisations ont un but en
commun, c'est l’utilité sociale, mais fonctionnent différemment (Mair, 2010).L’ES est aussi
assimilé à une nouvelle forme d’entreprendre aux individus à faible revenu dans les pays
développés et les pays sous-développés (Seelos & Mair ,2007).

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Conclusion :
Nous pouvons conclure que l’entrepreneuriat social reste un concept qui ne cesse d’attirer des
chercheurs de différentes disciplines depuis plus de trois décennies, cet engouement a produit
plusieurs travaux et de nombreuses définitions qui varient suivant les contextes de recherche
et des disciplines.
Nous avions pu démontrer que l’entrepreneuriat social se développa en premier lieu dans le
tiers secteur en Outre-Atlantique et au cœur de l’économie sociale en Europe. Les travaux
centrées sur des études de cas ont pu exposé les traits de caractère des individus et les
motivations des organisations initiant les activités économiques à objectif social, utilisant les
pratiques de marché ces individus ou organisations. Les recherches théoriques ont porté plus
sur la légitimité scientifique du concept et sur l’état des lieux de la recherche.
Nous pouvons retenir que l’entrepreneuriat social est similaire à l’entrepreneuriat dans la
mesure où il emprunte de ce dernier plusieurs éléments clés, les différentes définitions
proposées par les académiciens ont mobilisé un jargon entrepreneurial, les pratiques de
l’entrepreneuriat social sont conçues de façon très semblable à celle de l’entrepreneuriat
conventionnel.
Ce modeste travail, reste limité dans la mesure où il a simplement mit à la lumière une fine
partie de l’évolution théorique d’un champ de recherche naissant, notre contribution a donc
porté sur un aspect unique de ce concept. À notre sens il s’agirait d’une revue de littérature
originale qui ne s’est pas seulement limitée à dresser l’état de l’art, mais qui présenta une
lecture d’un champ en pleine émergence, en se basant sur une hypothèse construite depuis la
revue de littérature et cernée par une question centrale.
Puisqu'une grande partie des travaux académiques portant sur l’entrepreneuriat social se sont
appuyés sur l’approche qualitative (Weerawardena et Mort, 2006 ),il serait plus intéressant de
réaliser des études empiriques quantitatives afin d’évaluer l’impact de l’entrepreneuriat social
au niveau local.

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Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit
ISSN: 2550-469X
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