Département SNV
Université Alger 1 Cours de Zoologie L2 2020/2021
EMBRANCHEMENT DES SPONGIAIRES
1. Caractères généraux :
• Les Spongiaires sont des Métazoaires Diploblastiques archaïques
(primitifs) dont le développement embryonnaire ne dépasse pas le stade
gastrula. Entre l’ectoblaste et l’endoblaste il existe une substance
gélatineuse amorphe (molle) : la mésoglée. Cette mésoglée est envahie
secondairement par différentes catégories cellulaires qui, élaborent des
spicules calcaires, siliceux ou organiques formant le squelette.
• Les Spongiaires sont dépourvus de toute symétrie, n’ont pas d’organes et
d’appareils définis et possèdent un système nerveux rudimentaire, diffus.
La paroi du corps est perforée et parcourue par de nombreux canaux qui
établissent une relation permanente entre le milieu extérieur et la cavité
gastrale et assurent ainsi l’apport de l’oxygène et des particules
alimentaires.
• L’eau pénètre par de petits " pores inhalants" et est rejetée par un large
orifice exhalant ou oscule comparable à un anus (Fig. 1 et 2).
Figure 1 et 2 : Organisation générale des Spongiaires
• Les Spongiaires sont des animaux aquatiques, essentiellement marins,
répandus dans toutes les mers et à toutes les profondeurs. Ce sont des
organismes sessiles dont les seuls mouvements sont la contraction locale
ou générale du corps et l’occlusion des pores. Ils se présentent sous la
forme arbusculaire (en forme d’amphore ou de coupe) ou sous la forme
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plaquée ou encroûtante contre un support quelconque (roches, coquilles,
carapaces de Crustacés Décapodes etc...).
• Ils présentent une grande faculté de bourgeonnement et de régénération,
une aptitude à la multiplication asexuée avec, souvent, apparition de
formes de résistance, sorites et gemmules.
2. Structure des Spongiaires :
Etude d’une éponge calcaire type Olynthus (Fig. 2) :
Il s’agit d’une forme larvaire simple (stade ascon : Fig. 1) que l’on rencontre
dans le développement de presque toutes les éponges calcaires et à partir de
laquelle des complications de structure amènent à la forme adulte.
Ce type est un organisme creux de 1 à 2 mm de hauteur, en forme d’amphore
fixée par sa base et présentant une cavité centrale (atrium ou cavité
gastrique) qui s’ouvre par un orifice supérieur ou oscule.
La paroi percée de nombreux pores inhalants laisse voir, par transparence,
des spicules triradiés régulièrement disposés.
Structure histologique de la paroi d’une éponge (fig. 3)
Une coupe transversale pratiquée en un point quelconque du corps de
Olynthus permet d’observer les trois couches constitutives :
a. Le feuillet externe ou ectoblaste : c’est un épithélium simple formé
de pinacocytes (cellules aplaties jointives) entre lesquelles
s’ouvrent les pores inhalants.
b. Le feuillet interne ou endoblaste (couche gastrale) : il tapisse
entièrement la cavité gastrale et est formé de cellules à collerette
ou choanocytes.
c. La couche moyenne ou mésoglée : elle comporte plusieurs
catégories de cellules :
• Les amœbocytes : dérivent des choanocytes et sont capables
de se déplacer par mouvements amiboïdes; elles peuvent
donner naissance à différentes catégories cellulaires
spécialisées : les gonocytes, les phagocytes ou mégacytes et
les myocytes (cellules contractiles groupées au niveau de
l’oscule).
• Les porocytes : d’origine ectodermique, ce sont des cellules
tubulaires creusées d’un canalicule intracytoplasmique,
traversant la mésoglée et unissant les feuillets interne et
externe. L’orifice périphérique est un pore inhalant.
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• Les collencytes : dérivent des choanocytes et sécrètent une
substance interstitielle gélatineuse.
• Les cellules nerveuses : formant un système nerveux
rudimentaire diffus; elles établissent des relations entre les
pinacocytes et les choanocytes.
• Les scléroblastes : d’origine ectodermique, ils élaborent 2
types au moins de spicules calcaires :
− des spicules monaxones (un seul axe) diactines qui
peuvent faire saillie au travers du corps de l’éponge.
− des spicules triaxones triactines noyés dans la
mésoglée.
− il existe parfois des spicules tétraxones tétractines.
Endoderme
Mésoglée
Ectoderme
Figure 3 : Structure de la paroi des Spongiaires
3. Reproduction
a - Reproduction asexuée : se fait par bourgeonnement ; le bourgeon qui
prend naissance peut s’isoler de l’éponge-mère (cas des éponges
solitaires) ou demeurer en contact avec l’éponge-mère (cas des éponges
coloniales).
Les éponges sont caractérisées par un grand pouvoir de régénération. En
spongiculture, on utilise la technique du bouturage des éponges qui met
en valeur ce pouvoir de régénération.
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Chez certaines espèces d’eau douce telle que le genre Ephydatia, il se
forme des bourgeons internes appelés gemmules renfermant des cellules
embryonnaires à large potentialité.
En hiver, le tégument de l’éponge est abîmé et il y a libération des
gemmules.
Au printemps, les gemmules s’ouvrent et les cellules embryonnaires se
rassemblent pour donner un nouvel individu.
b - Reproduction sexuée : Les Spongiaires sont gonochoriques (éponges
calcaires) ou hermaphrodites (éponges siliceuses). Les gonocytes qui
dérivent des amœbocytes ne forment pas de véritables gonades. Ils se
divisent pour donner des spermatogonies et des ovogonies.
Différentes étapes de la fécondation
4. Systématique :
Il existe 3 classes :
▪ Les éponges calcaires : Elles possèdent un squelette fait exclusivement de
spicules calcaires simples ou composés. Ce sont généralement des espèces
de taille réduite.
▪ Les Hexactinellides ou Triaxonides : possèdent un squelette formé
exclusivement de spicules siliceux à trois axes et six pointes (triaxonides
hexactines). Ils caractérisent souvent des éponges de grande taille;
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généralement d’eau calme et profonde. Les hexactinellides sont trouvées en
profondeur. Elles sont aussi appelées « éponges de verre » car leur squelette est
fait de spicules de silice arrangés en magnifiques dessins à six branches.
▪ Les Désmosponges : 95 % des espèces actuelles d'éponges comprennent
les quelques formes d'eau douce. Leur squelette peut être constitué :
- de spicules siliceux non hexactines;
- de spicules siliceux et de fibres de spongine (scléroprotéine +
tyrosine halogénée);
- de fibres de spongine uniquement.
Ce groupe caractérise de nombreuses espèces d’aspect variable, de couleurs
vives et de grande taille.
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