Art et Science de l'Alchimie révélés
Art et Science de l'Alchimie révélés
Georges Aurach
ORAISON.
Mon Dieu, mon Seigneur, Jésus Christ très haut fils de Dieu : moi indigne
pêcheur je rends grâce à votre pitié par laquelle vous m’avez daigné appeler à
la connaissance de cet art mystérieux, qui semblait être inconnu à tous ceux qui
ignoraient l’origine de la nature et de quoi ce don est constitué, puisque ce n’est
que par votre grâce immense que tout est donné.
Laquelle m’a fait librement ce don est le fait à beaucoup d’autre qui vraiment
vous aiment. Faites mon Dieu très libéral, que toutes arrogances, avarice, toute
cupidité, luxure et tout autre vice soient loin de ceux à qui vous l’avez donné, et
que je puisse, ô mon Dieu, Père très clément, obtenir avec ce don, en votre nom,
votre miséricorde par Jésus Christ notre Seigneur.
Ainsi soit-il.
Au nom de Jésus Christ fils de Dieu vivant et au nom de la très heureuse très
glorieuse vierge Marie sa mère, et du très saint Chevalier et martyr George et de
toute la cour céleste triomphante.
Ainsi soit-il.
CHAPITRE II.
Mon fils, vous allez mettre la main à l’œuvre, dites au nom de Dieu : mon Dieu
aidez moi et faites que je vous en rende grâces. Prenez donc toutes les herbes
que vous connaissez avec leurs racines et fleurs, et tirez d’elles les quatre
Eléments en cette façon. Prenez des herbes susdites, en bonne quantité de
chacune ana, découpez les fort menues, et broyez les, et les mettez dans un
vaisseau philosophique, et de là tirez les quatre Eléments, premièrement l’eau,
deuxièmement l’huile, troisièmement le feu, et la terre demeurera au fond du
vaisseau, laquelle vous broierez subtilement et vous verserez sur icelle son eau
propre que vous en aurez tiré, et distillez la derechef comme devant, faites cette
sublimation sept fois, c’est à dire mortifiez sept fois par ascension, et sept fois
revivifiez par descension.
Le père Hermès, Roi des Grecs, étant interrogé quel était le principe de l’Art, dit
« faites monter sept fois les morts et faites descendre sept fois les vivants ». Et
vous aurez ce que vous cherchez, alors la vigueur d’un chacun est changée
inséparablement en l’un ou l’autre, et est faite un e conjonction ferme de l’époux
et de l’épouse, à savoir de l’eau et de la farine, et en ce degré cette eau de vie
acquiert cette quintessence et absorbe, ès dites sept sublimations toutes les
substances natures et vie des herbes susdites, sublimés par soi-même deux ou
trois fois cette eau honorée qui est appelée la fontaine de Salut sans terre ou
sans fèces, et est mettez en chacune sublimations ses immondices ou ordures
qu’elle a laissé, en après sublimez derechef lentement à feu médiocre jusqu’à ce
que la substance aqueuse en soit extraite, laquelle vous garderez, par soi en un
verre net et bien bouché, parce qu’elle a des vertus excellentes, et lors que la
dite huile commence à monter mettez un nouveau vaisseau pour recevoir cette
huile très précieuse. Et ainsi continuez le feu peu à peu, en le fortifiant jusqu’à
ce que plus rien de ladite huile ne soit sublimé, et gardez cette huile bénite et
liqueur des Philosophes en un verre bien net et bien bouché. C’est là notre
matière et notre Secret auquel les Philosophes ont donné une infinité de noms, à
savoir Azoth qui suivant les Indiens est or, et suivant les Cumans azoth est
autant que dire argent suivant les Alexandrins et Macédoniens, c’est le fer
suivant les Grecs, mercure, suivant les Hébreux étain suivant les Tartares airain
suivant les Arabes et en langue arabique saturne, et suivant les Latins surtout
les Romains : hoganubem. Les Philosophes aussi l’ont appelé en beaucoup
d’autres et divers noms comme pierre, et suivant les différentes couleurs qu’elle
reçoit en sa décoction et ses différents changements. Ils lui ont donné autant de
nom suivant leur fantaisie.
CHAPITRE III.
Mon fils, tourne et vois toute l’étendue de mon Jardin et considère une fontaine
vive ayant sa Source qui coule du fondement, tirée des très nobles racines
philosophiques, et de leurs merveilleuses fleurs. Car c’est la fontaine de l’eau
vive, c’est la fontaine de la joie, de jeunesse, de beauté et de santé, l’eau qui
coule de cette fontaine, a telle vertu que tous les Philosophes en ont fait sa
louange, et on dit en la genèse chapitre premier, que l’Esprit du Seigneur était
porté sur les eaux en la Création du Ciel et de la Terre, d’où vous savez que
toutes choses sont faites de l’eau. Dieu divinisa cette eau, lorsqu’il dit et
commanda qu’une partie fut aride, et l’appela Terre, et cette Terre non changée
par après, l’a conservé en l’arrosant et humectant, parce que la Terre sèche ne
fait aucun fruit si elle n’est humectée d’en haut par son eau pluvieuse. Ainsi je
vous averti par une naturelle condition en ce propos de l’occulte Pierre de tous
les philosophes, à savoir que vous la divisez en deux partie, chacune partie en
son vaisseau bien bouché, coagulez l’une partie de cette eau et la desséchez et la
changez en terre, et gardez l’autre partie pour l’arrosement, imbibition ou
incération de cette même eau endurcie.
CHAPITRE IV.
Forme du Vaisseau.
CHAPITRE V.
Prenez l’eau philosophique ci devant dite, qui a été mise à part, avec sa très
noble terre, et son sang récent bien mêlé, et mettez dedans un verre propre
duquel la figure se voit ici, puis après fermez, et bouchez le vaisseau en la
manière qui suit.
Mettez un globe de verre devant le col du verre, et ayez aussi du verre bien pillé
que vous répandrez sur le gobe au col de verre ; en après prenez un pot de terre
dans lequel le verre puisse entrer. Et prenez en premier lieu ce verre, et le
mettez dedans le pot, et tout autour de cendre de tillet, et que le col du verre
soit hors la terre de la longueur de deux doigts, ou un peu plus, puis faites bon
feu tant que le col du verre rougisse, et alors jetez du borax sur le globe et
incontinant le verre fondra et sera fermé ; puis après laissez refroidir et prenez
le vaisseau avec la matière.
Mais les verres doivent toujours être propres avant qu’on y mette la chose
dedans afin que l’Artiste se gouverne selon que la chose le requiert.
Vaisseau de terre.
CHAPITRE VI.
Du Fourneau philosophique et du vaisseau dans lequel le vaisseau de verre est mis avec
la matière philosophique.
Faites vous faire un vaisseau duquel la figure vous est ici représentée, de bonne
terre ou très bon argile de potier, dans lequel vous mettrez le vieillard, ou la
pierre, ou bien notre eau renfermée, qu’il puisse bien endurer le feu, et qu’il soit
de telle grandeur que le vaisseau de verre y puisse bien être reçu, et qu’il y
puisse tenir tout autour deux ou trois doigts de cendre : mais qu’il soit fait un
couvercle au vaisseau de terre, que la flamme ne touche n’y frappe point le
vaisseau de verre où est la matière, toutefois qu’ils se joignent ensemble. Faites
un couvercle afin qu’on puisse le lever quand il sera nécessaire de voir la
matière. En cette manière mettons le vaisseau de verre dans le vaisseau de terre,
de manière toutefois que le verre soit bien lutté avec le Lut de Sapience, et
disposé dedans le vaisseau, en sorte qu’une partie du vaisseau soit pleine et
qu’il y en ait trois ou quatre de vide.
Qu’il soit fait un fourneau comme il est montré par les présentes figures, de
bonne terre qui endure bien le feu, et qu’il soit enduit avec fiente de cheval et
un peu de sable, afin qu’il résiste mieux à la chaleur du feu. Qu’il soit d’une
coudée de hauteur et autant de largueur, épais de deux doigts, et qu’il ait un
trou au milieu du fourneau par lequel le poing ou la main puisse entrer, et
qu’une lamine de fer soi adaptée au-dessus avec une crois concave au milieu, en
sorte qu’une lampe y puisse entrer. La largueur de la dite lamine doit être de
telle grandeur qu’on puisse mettre trois ou quatre doigts entre ladite lamine et
le côtés du fourneau, que le fourneau ait aussi quatre porte au-dessous près de
terre, pour recevoir l’air, afin qu’il soit fait un fourneau second sur ce fourneau,
auquel il y doit avoir un trépied de terre ou de fer, pour soutenir le poids d’une
écuelle en laquelle doit être le verre avec la matière ; or le trépied doit être
autant distant de la lamine que la lampe d’un pied et demi. Et sachez que la
hauteur du fourneau second doit s’allonger jusqu’au couvercle du vaisseau de
terre qui est mis sur le trépied, et cela afin que quand vous voudrez voir la
matière, et les signes qui doivent paraître, la hauteur dudit fourneau ne vous
puisse aucunement de voir. Or la largueur dudit fourneau second doit être si
grande qu’on puisse mettre tout alentour mettre le poing ou la main au plus ou
moins trois ou quatre doigts, entre le dit vaisseau de terre et les côtés du
fourneau, de manière que le feu frappe non seulement le fond du vaisseau de
terre, dans lequel est le verre avec la matière, mais aussi les côtés du vaisseau de
verre et son couvercle. Mais qu’il soit fait un tel couvercle, et tellement conjoint
à son fourneau, que la chaleur du feu réverbérant ne puisse pas sortir ; que le
dit fourneau second ait aussi une porte par dessous proche la lamine de fer, afin
que la lampe y soit reçue. Mais que le couvercle du dit fourneau soit rond et
qu’il y ait seulement un trou au milieu de la largeur de trois doigts. Car la
chaleur du feu, la fumée et la flamme doivent nécessairement sortir par le dit
trou et tirer la chaleur en haut afin que la chaleur du feu environne le vaisseau
de terre où est la matière, et par-dessus il doit aussi avoir deux anses au dit
couvercle, afin qu’il puisse être enlevé quand il est nécessaire de voir les signes
de la matière.
Fourneau.
CHAPITRE VII.
Qu’il y ait une lampe sous le verre, qui brûle continuellement, parce que le feu
philosophique du lumignon est que le lumignon doit être de trois files et non
plus. Et les files ne doivent pas être trop gros. Or le lumignon ne brûle jamais et
ne diminue point, de manière qu’il ne faut faire autre chose sinon seulement
mettre l’huile à la lampe, avec un tel feu se fait notre opération et non
autrement, et prenez garde que la lumière ou le feu ne s’éteigne.
Second Fourneau.
CHAPITRE VIII.
Car un peu d’expérience montre les degrés en la quantité du feu, parce qu’en la
solution le feu sera toujours doux, en la sublimation médiocre, en la coagulation
tempéré, en la déalbation continuel, en la rubification fort. Mais si vous trompez
en iceux, vous regretterez souvent vos peines, et votre travail. Or d’autant que
les couleurs se changent, il faut d’autant plus continuer un feu doux jusqu’à ce
qu’il arrive au terme de la blancheur ; mais au blanc, il demande un feu plus
grand d’autant qu’il est froid crud et demi cuit. Et pour même vies sont mille
fois plus blanches, on fait donc un feu doux en blanchissant tant que la vapeur
soit fixée avec son semblable, ou bien si le feu est allumé avant le terme, il sera
rouge, ce qui ne profite point, d’autant que le rouge est composé de beaucoup
de blanc et de noir très pur avec très grande chaleur.
C’est pourquoi, que la chaleur soit si grande que vous puissiez tenir la main
entre les côtés du fourneau sans danger tant que vous voudrez, et le tiendrez en
telle chaleur tant que vous voyez la matière devenir noire.
CHAPITRE IX.
Comment le Mercure philosophique étant extrait, doit être coagulé, fixé et réduit en
substance de terre.
Mettez donc le vénérable mercure, l’eau des philosophes, le premier hylec des
Sages, qui est dit la première matière du corps parfait, comme nous savons et
connaissons, dans son vaisseau rond et clair, ayant son orifice bien bouché, et le
mettez à suffoquer dans son lit bien apprêté et chaud, durant le mois des
philosophes, c’est à dire quarante jours, le tenant continuellement chaud en le
sublimant de sa sueur, jusqu’à ce qu’il ne sue plus par manière d’ascension et
descension tant qu’il commence intérieurement à se purifier, suffoquer et
coaguler par la force de la continuation du feu, et de se figer, en sorte qu’il ne
monte plus en substance fumeuse aérée, mais qu’il demeure sec au fond sans
humidité, putréfié et coagulé et converti en terre noire, ce qui s’appelle la tête
du corbeau, noir et l’élément sec de la terre.
Certes la conduite de la Pierre est un, qui est de cuire continuellement dans son
vaisseau sans aucune intermission, tant qu’on ait obtenu la fin désirée.
Il vous suffit de mettre la pierre, ensemble, dans son vaisseau, et la fermer tant
que tout le Magistère soit achevé. Donc tout le reste est mis au secret de l’art.
CHAPITRE X.
Sachez outre ce mon enfant, que dans ce seul vaisseau fermé et en une
décoction, les sept dispositions de ce magistère se parfont. La première c’est la
purification, afin que vous tiriez la très pure et très subtile substance. La
deuxième c’est la solution, afin que toute la matière se dissolve en eau. La
troisième, c’est la putréfaction. La quatrième, c’est l’ablution. La cinquième est
la coagulation en eau, en desséchant doucement en notre Soleil. La sixième, la
calcination. La septième est la fixation.
CHAPITRE XI.
CHAPITRE XII.
Sachez donc mon fils, que la noirceur en la décoction de la pierre, parait dans
quarante ou quarante deux jours, et dure par quarante ou quarante deux jours.
Et quelques fois plus ou moins selon la quantité de matière.
CHAPITRE XIII.
Comment la Pierre blanche se divise en deux parties, et travaillant avec une au blanc et
rougissant l’autre partie par plus longue décoction.
CHAPITRE XIV.
De l’augmentation de la teinture blanche ou rouge, et comment elle est incérée pour être
fluxible.
Versez sur cinq parties de l’élixir blanc ou rouge, la cinquième ou sixième partie
de l’eau philosophique ci-devant gardée, et ces cinq partie se dissolvent avec la
sixième partie de l’eau crue, qui est mise en cinq parties de la pierre pure et
étant dissoute, congelez la dedans le vaisseau philosophique avec le feu de la
lampe. Etant derechef coagulé, ajoutez-y de l’eau de vie réservée, la cinquième
ou sixième partie, faites cela trois, quatre ou cinq fois, et sera si subtil,
qu’aussitôt il se coagulera, et voyant telle subtile coagulation, pour lors
procédez à la fermentation.
CHAPITRE XV.
Alors vous avez le vrai élixir avec lequel vous pouvez teindre quand vous
voulez. Et sachez qu’il n’est pas besoin de faire cette fermentation qu’une fois
parce que toute la matière se change en ferment, c’est pourquoi vous n’avez que
faire de la recommencer, parce que comme le levain du pain convertit toute la
pâte, de manière que cette pâte est réservé un levain pour fermenter derechef
d’autre pâte, et est aussi excellente comme devant de même proprement en la
matière philosophique.
CHAPITRE XVI.
CHAPITRE XVII.
Que la teinture peut être augmentée en deux autres manières, savoir en quantité et
qualité.
Or, en la quantité, elle s’augmente ainsi : Prenez donc une partie de l’eau crue
réservée, et de l’élixir trois parties, qu’ils soient mêlés ensemble par bonne
mixtion comme il convient, en après que le tout soit mis en un vaisseau à cela
propre, afin que le vaisseau soit mis sur un feu lent, jusqu’à ce qu’il se change
en pierre, puis après les broyez et les mettez dedans une cucurbite entière,
versez par-dessus l’eau première rectifiée, et scellez le vaisseau, et en après
agencez le sur son fourneau avec un récipient les jointures étant bien fermées, et
faites un feu tempéré comme on a de coutume, tant que toute l’eau soit séparée,
versez la derechef par-dessus et la tirez comme dessus. Réitérez cela tant de fois
que vous voyez ladite matière au fond du vaisseau, claire comme un glaive nu,
et réduite en son premier état, blanche ou rouge, selon que la matière aura été
séparée.
CHAPITRE XVIII.
L’Elixir est augmenté en qualité. C’est à savoir afin qu’il prenne trois parties de
la pierre volatile qui est un genre féminin, et une partie de l’Elixir, et qu’ils
soient broyés et conjoints ensemble comme il faut, en après qu’ils soient mis
dedans une cucurbite entière, et mettez dessus l’eau première qui surnage, la
scellez comme on a de coutume et l’agencez dedans son fourneau avec un
récipient, les jointures étant bien fermées, et distillez l’eau à feu lent, étant toute
distillée fortifiez le feu tellement que tout ce qui se pourra sublimer monte en
haut sur ce qui est demeuré en bas, et mettez dessus l’eau et la distillez et
sublimez et calcinez à la façon, et réitérez cela tant de fois par grande industrie,
que le volatil soit entièrement fixe avec le fixe, ce qui doit arriver en une fois
sept, ou deux fois sept, ou trois fois sept, qui est le nombre des philosophes, et
la première préparation. Et sachez que de la réitération de cette préparation,
résulte un degré d’une plus grande bonté, altération et diversité. Comme des
Médecines, quelqu’une tombent au double d’elles-mêmes, mais quelques-unes
au centuple, et pour lors selon l’industrie, il faut réitérer trois fois sept, et
s’appelle la seconde préparation mais les unes sur mille et les autre sur deux
mille, les unes sur quatre mille. Et pour lors il faut semblablement réitérer trois
fois sept, et c’est toute l’opération et la troisième manière.......
Or en après par réitération la Médecine choit sur dix mille et puis sur cent mille,
et derechef il est nécessaire de réitérer trois fois sept qui est quatrième manière
et la quatrième préparation de la Médecine.
Or ensuite, par la réitération de la partie non fixe, elle choit sur deux cent mille,
et derechef en cinquième et dernier lieu il est nécessaire de réitérer la Pierre
trois fois sept, ce qu’en après elle choit sur un million et transmue le corps, le
rend en parfaite Lune ou Soleil selon ce à quoi la matière aura été préparée. Et
cela ne dépende que de réitérer plusieurs fois cette Pierre non fixe, en cette
Œuvre s’accomplit le très précieux Secret qui est un secret sur toutes les
sciences de ce monde, et un trésor inestimable et incomparable, et ainsi se
parfait l’ordre des multiplications et de l’élixir en quantité et qualité.
CHAPITRE XIX.
Par quelle Manière la Médecine est enfin fermentée pour teindre parfaitement.
Quand vous voudrez teindre, prenez de tel corps avec lequel vous avez parfait
votre œuvre en la fermentation, c’est à savoir du blanc ou du rouge, mettez-le
en poudre subtile, et le mettez dedans un pot de terre luté, ou dedans un
creuset de terre, sur le feu et versez peu à peu de l’huile de l’élixir sur ces
poudres, de manière qu’elles s’imbibent et s’assemblent, et sera faite poudre
très subtile, et prenez garde que vous n’y mettiez par trop d’huile, ce ferment
est l’élixir avec lequel vous pouvez teindre tous les métaux et l’argent vif en
Lune ou Soleil, que la Médecine est préparée.
CHAPITRE XX.
En troisième lieu parce qu’elle transmue les pierres dures en pierres précieuses.
En quatrième parce qu’elle rend toute sorte de verre ductile et malléable.
Quand au premier tous les Philosophes sont convenus quand la pierre Ematite
rouge est rougie parfaitement elle ne fait pas seulement des merveilles dans les
corps solides mais aussi dedans le corps humain.
Car la prenant intérieurement elle guérit toutes les infirmités, et aussi celles du
dehors s’en oignant, et de la pation cardiaque, l’étique, l’iliaque pation, la
colique, l’ictéritie, etc ....la maladie Egidy avec l’épilepsie. Toutes espèces de
fièvres sont guéries par icelle en la prenant souvente fois : la goutte, la sciatique
sont guéries par elle s’en oignant. Elle ôte tout ce qui se trouve dedans un
estomac malade, et arrête toutes les fluxions d’humeurs pectantes et les
consumes en la buvant ou s’en oignant.
Prise à jeun elle chasse toute mélancolie ou tristesse d’esprit. Elle dessèche tout
flux provenant du rhume, elle corrige aussi parfaitement les mauvaises odeurs.
Elle arrête les fluxions des yeux larmoyant, atténue et dissipe la chassie. Elle
chasse la rougeur, les taches en molifiant la peau, le cuir, le grain, la taye, la
tache blanche, la cornée, l’ongle, la cataracte, ayant les paupières renversées,
l’ardeur et les sustusion, et nue des yeux, toutes ces maladies sont facilement
guéries par la médecine philosophique.
Elle conforte le cœur et les esprits en la buvant, apaise la douleur de tête s’en
oignant aux tempes.
Elle rend l’ouïe aux sourds, et secoure toute douleur d’oreille, promet guérison
aux hidropiques, rétablit les nerfs retirés s’en oignant, et répare les dents cariées
en les lavant. Elle adoucie la puanteur d’haleine, son onguent guérit tout genre
d’apostème, les emplatrant ou jetant au-dedans sa poudre, sèche les ulcères, les
plaies, les cancers noli-me-tangere, les antraies, dartes galles. La rogne
démangeaison et la teigne sont guéries par icelle, elle efface les cicatrices de
manière qu’une nouvelle chair est engendrée.
Elle rétablit le vin corrompu et aigre si elle y est mêlée. De la vient qu’elle
dissout la pierre si on en boit, elle chasse le venin en la buvant, tue le vers si on
s’en sert en poudre. Les cheveux blancs sont arrachés par elle en s’en oignant,
elle efface les rides et taches du visage s’en oignant et promect un visage jeune.
Etant prise elle aide aux femmes en travail d’enfant, elle tire hors du ventre un
enfant mort en l’emplatrant, provoque l’urine, provoque le coït et l’augmente,
préserve d’ivrognerie, donne bonne mémoire, augmente et fortifie l’humide
radical.
En outre, elle fait plusieurs autres biens au corps humain, comme étant par-
dessus toutes les médecines d’Hypocrate, Galien, Constantin, Pline, Rasis,
Avicenne, et de tous les autres docteurs de cet art, en odeur, saveur, vertu et
effet. Et remarque que cette médecine doit toujours être mêlée aux médecines
qui conviennent à chaque maladie.
Quant au deuxième, il est dit qu’elle transmue à la perfection tous les métaux
imparfaits, cette transmutation est assez manifeste, car tout métal qui n’est pas
argent elle le rend argent, et celui qui n’est pas or le fait or en couleur,
substance, dureté, poids, maniment, fusion, dureté et mollesse.
Touchant le troisième, il est écrit qu’elle transmue les pierres rudes en pierre
précieuses, parce que les jaspes verts, les hyacinthes, le corral rouge et blanc, les
émeraudes, chrysolites, la pierre de victoire et les saphirs peuvent êtres formés
de cette matière. Du cristal, escarboucle, rubis ou la topaze peuvent être fait par
elles qui surpassent les naturelles en vertus et substances et couleurs. Certes
cette médecine par son excellence surpasse la vertu naturelle en ces pierres et
autres auxquelles elle sera mise, en manière toutefois que les couleurs dépurées
y soient mêlées, car elle liquéfie et remplit toute pierre.
Touchant le quatrième il est écrit qu’elle rend tout verre malléable, l’y mêlant
quand il se liquéfie, car il est convertible en toute couleur.
Cela fait vous fondrez le cristal en la manière susdite et jetant la poudre dedans
il se changera en rubis. En après vous ferez fondre du verre, et avec la susdite
poudre il se rendra malléable. Ayant vu et accompli toutes ces choses, vous lui
direz : c’est la puissance et la majesté de mon Seigneur.
Après ces choses vous lui direz de plus mon magistère que vous donnerez en
potion aux plus sales lépreux et qu’ils s’en aillent coucher. Lesquels, étant bien
couvert sueront et aussitôt seront guéris, en sorte qu’il leur semblera qu’ils ne
marchent pas sur la terre, mais sur les plumes du vent.
Allez donc maintenant en paix et accomplissez mon désir. Il s’en alla et avec
joie reconnu la vérité des choses susdites qu’il montra au grand Pontife et
Empereur, et ainsi la médecine de ce Philosophe fût approuvée devant le grand
Pontife et l’Empereur pour lors régnant, avoir la vertu de guérir toutes les
infirmités des hommes et transmuer à perfection les corps imparfaits des
métaux, et les pierres rudes en pierres précieuses et rendre le verre malléable.
Par ainsi la grâce, la vertu et l’opération de toute puissante trinité et indivisible
trinité, veuille préparer cette médecine à tout fidèle qui la recherche.
Ainsi soit-il.
Amen.