Module : Management 4.
0 Niveau : Troisième année
Chargée de cours :
Mme MEFTEH Rym Année Univ. : 2021-2022
Semestre 2
Chargés de TD :
Mme TOUMIA Oumeima TD N°2
M. Riadh Bouraoui
Industrie 4.0 : pour une approche pragmatique centrée sur
le besoin client
Directeur technique et membre du Comité Exécutif du groupe Serac, Thierry Deau connaît le
monde de l’emballage sur le bout des doigts et suit depuis plusieurs années, la manière dont
ce secteur aborde la transformation digitale.
Il nous explique comment cette transformation va se mettre en place chez les industriels et ce
qu’elle implique pour un constructeur comme Serac.
« L’industrie 4.0 est incontournable dans l’emballage. Tout simplement parce que le
développement des nouvelles technologies de production et de l’usine connectée permet de
répondre aux attentes du consommateur digital que nous sommes tous devenus : des produits
plus personnalisés, disponibles immédiatement et des produits plus « transparents », qui
rassurent et se comparent facilement. »
« Je pense que dans 10 ans les lignes de production connectées seront devenues un
standard. D’ici là, il y a encore beaucoup de travail à accomplir et de barrières à lever. La
principale est humaine, car le recueil de données et la connectivité sont des sujets qui font
peur. Tant qu’un industriel ne verra pas clairement ce que l’Industrie 4.0 peut lui apporter et
ne sera pas rassuré sur la sécurité, il hésitera à franchir le pas. Mais les choses vont vite. Le
point bloquant de l’interopérabilité par exemple, est maintenant levé avec l’apparition de
standards non-propriétaires comme OPC-UA »
« Les machines intelligentes répondent dans un premier temps à un besoin de performance
maximale, avec le moins d’arrêts possible, et à un besoin d’assistance en temps réel pour
l’opérateur. Le premier objectif est la maintenance prédictive : identifier la moindre dérive
dans le process et anticiper les pannes pour produire bien, sur un maximum d’heures. Le
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second est de fournir à l’opérateur la bonne information au bon moment pour faciliter sa prise
de décision face à un problème.
De fait les deux sujets sont liés car plus il y aura d’automatismes et de motion control dans
nos machines, plus les opérateurs pourront être guidés. C’est une évolution naturelle, qui reste
encore bloquée par la guerre des coûts machine (CAPEX) alors qu’il faut regarder les
avantages de la partie opérationnelle (OPEX), c’est un tout.
Les machines intelligentes vont aussi permettre d’assurer une bien meilleure conformité
(capabilité machine et process) et traçabilité des produits, ainsi que réduire la consommation
énergétique des lignes de production. Tous ces besoins sont des fondamentaux pour notre
industrie. »
Pour être plus intelligentes, nos machines doivent avant tout intégrer plus de composants
mécatroniques dans une architecture automatisme bien pensée.
C’est un changement de culture pour les constructeurs. Les ressources en automatisme /
mécatronique montent en puissance chez Serac. C’est une partie importante de notre stratégie
4.0, tout va partir de la bonne donnée à extraire. Et nous avons choisi de miser sur
l’intelligence décentralisée pour être capables de remonter des données et de contrôler le
mouvement de chaque axe, au plus près de l’actionneur. Cette architecture est celle qui offre
le plus de possibilités, de flexibilité, de performance car elle permet de traiter un maximum de
données en local, ce qui est pour nous essentiel. Avec cette architecture il est aussi possible
d’apporter de l’intelligence sur des machines installées en modernisant les fonctions des
axes.»
« Les données de production ne seront pas stockées à terme dans le Cloud. Cela serait à la
fois aberrant sur le plan écologique et risqué sur le plan de la sécurité, mais cela serait surtout
peu utile. Nous obtiendrons de bien meilleurs résultats, et plus rapidement, en pensant ‹ small
data ›. C’est-à-dire en sélectionnant les données dont nous avons besoin pour résoudre un
problème donné et en les traitant au niveau de la machine. Cela évitera d’engorger les réseaux
et réduira le temps de réponse. Les automates embarqués dans les automatismes sont
aujourd’hui de vrais PC parfaitement capables d’analyser des dérives et de détecter des
comportements anormaux sur des actionneurs, et d’en faire la correction (dans la mesure du
possible). L’intelligence artificielle ou augmentée (au choix), version « expert » ne date pas
d’aujourd’hui.
Bien sûr, pour développer des algorithmes de maintenance prédictive plus poussés, il sera
nécessaire de faire appel à l’IoT, ce qui implique que nos clients acceptent de partager avec
nous certaines données. Et sur ce point nous voulons travailler avec eux, dans une logique
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gagnant-gagnant, pour là encore ne remonter que des données utiles et partageables.
Nous travaillons aussi au stockage des données, à comment les anonymiser, les crypter et les
traiter pour offrir un maximum de sécurité et ne pas être pieds et poings liés avec une
solution SaaS (Software as a Service). Nous voulons garantir toute la chaîne, et garder la
confidentialité de ces données.
Ce mode gagnant-gagnant nous permettra d’apprendre de la vie de nos machines et nos
algorithmes (autrement appelés « Intelligence artificielle ») pourront facilement être implantés
et updatés en local chez nos clients à terme, avec une connexion au juste nécessaire. »
« En étant à l’écoute de leurs besoins. La plupart des grands groupes ont initié leur propre
démarche Industrie 4.0 et structuré des équipes pour la mettre en œuvre. Nous leur proposons
de nous intégrer dans l’architecture de leur usine connectée, en respectant leur cahier des
charges et en servant les objectifs qu’ils ont définis.
Les PME ont plus besoin de conseils et de solutions clés-en-main. Nous leur proposons de
cibler des points d’amélioration précis pour amorcer progressivement leur transformation
digitale et gagner en maturité avant de se lancer à plus grande échelle. »
TAF :
1) Pourquoi L’Industrie 4.0 est incontournable dans l’emballage ?
2) Pourquoi L’OPC UA va révolutionner l’automatisation industrielle ?
3) Quels sont les avantages des machines intelligentes ?
4) Comment la transformation digitale va se mettre en place chez un constructeur comme
Serac ?
5) C’est quoi l’IOT et comment fonctionne-t-il ? Pourquoi Serac pense que ce sera nécessaire
de faire appel à l’IOT ?
6) Comment le groupe Serac compte-t-il accompagner ses clients ?
Question de réflexion :
1) Discutez cette affirmation : « La transition vers une stratégie industrielle 4.0 ne se fait pas
sans l’implication des collaborateurs »