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Principes Comptables

Les principes comptables aident aux praticiens de la comptabilité d'élaborer des états financiers qui suivent les normes du système comptable adopté. OHADA et IFRS partagent certains principes comptables mais diffèrent dans l'évaluation de l'information comptable, comme pour le principe du coût historique.

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Principes Comptables

Les principes comptables aident aux praticiens de la comptabilité d'élaborer des états financiers qui suivent les normes du système comptable adopté. OHADA et IFRS partagent certains principes comptables mais diffèrent dans l'évaluation de l'information comptable, comme pour le principe du coût historique.

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Les principes comptables OHADA et IFRS :

Discussion à l’aide des exemples concrets

Cito Mongane Espoir


Faculté de sciences économiques et de gestion
Université Catholique de Bukavu (UCB)
[Link]@[Link]

Conference paper, Systèmes comptables comparés, UCB, 2017

Résumé

Les principes comptables aident aux praticiens de la comptabilité d’élaborer des états financiers qui
suivent les normes du système comptable adopté. Ils existent plusieurs principes comptables parmi
lesquels la majorité d’entre eux sont repris dans différents plans comptables qui existent. La différence
entre ces principes comptables réside dans l’évaluation de l’information comptable.

Cependant, IFRS, comme système comptable internationale, a adopté dix principes comptables parmi
lesquels sont repris les neuf principes qu’on trouve dans OHADA. Ces principes sont presque les mêmes
mais ils s’observent quelques différentes en termes d’évaluation. Nous avons par exemple le principe du
coût historique qui est tel que le bien est évalué à son coût d’acquisition. Cela étant, IFRS ne soutient
pas cette évaluation en ce sens que pendant une période donnée, un bien peut subir une diminution ou
augmentation de la valeur. Ce qui convient de l’évaluer sur base de sa valeur actuelle, de sa juste
valeur en tenant compte de l’amortissement, du prix sur le marché et des estimations davantage future.
Il s’observe également des divergences sur le principe de la prééminence de la réalité économique sur le
fait juridique étant donné qu’en IFRS, le fait économique l’emporte sur le fait juridique alors qu’en
OHADA, cela est possible pour certaines situations déterminées.
INTRODUCTION

Les principes comptables aident aux praticiens de la comptabilité d’élaborer des états
financiers qui suivent les normes du système comptable adopté. Ils existent plusieurs
principes comptables parmi lesquels la majorité d’entre eux sont repris dans différents plans
comptables qui existent. La différence entre ces principes comptables réside dans l’évaluation
de l’information comptable.

Cependant, IFRS, comme système comptable internationale, a adopté dix principes


comptables parmi lesquels sont repris les neuf principes qu’on trouve dans OHADA. Ces
principes sont presque les mêmes mais ils s’observent quelques différentes en termes
d’évaluation. Nous avons par exemple le principe du coût historique qui est tel que le bien est
évalué à son coût d’acquisition. Cela étant, IFRS ne soutient pas en ce sens que pendant une
période donnée, un bien peut subir une diminution ou augmentation de la valeur. Ce qui
convient de l’évaluer sur base de sa valeur actuelle, de sa juste valeur en tenant compte de
l’amortissement, du prix sur le marché et des estimations davantage future.

De ce fait, ce travail se veut discuter à travers quelques exemples les quelques divergences et
convergences qui existeraient dans l’application des principes comptables en OHADA et en
IFRS. Les pages suivantes concernent la discussion de l’application de ces principes grâce
aux exemples concrets.
PRINCIPES COMPTABLES OHADA ET IFRS

Les principes comptables de base qui régissent l’élaboration des états annuels sont spécifiés
dans le cadre conceptuel de SYSCOHADA et des normes IFRS. Le SYSCOHADA en définit
neuf tandis que le cadre conceptuel des IFRS en distingue dix. Cependant, le tableau suivant,
met en évidence les principes comptables communs aux deux référentiels et ceux qui ne le
sont pas.

Tableau 1 : Tableau synthétique des principes comptables en OHADA et en IFRS

PRINCIPES COMPTABLES SYSCOHADA IFRS


Prudence OUI OUI
Permanence des méthodes OUI OUI
Intangibilité du bilan OUI NON
Spécialisation des exercices OUI OUI
Continuité d’exploitation OUI OUI
Coût historique OUI NON
Transparence OUI OUI
Importance significative OUI OUI
Prééminence de la réalité économique sur l’apparence Partiellement OUI
Image fidèle OUI (résultante) OUI
Source : Tableau de GOVOEI (2006) adapté par Amani (2012).

1. Continuité de l’exploitation :

Ce principe suppose la présomption de la poursuite de l’activité de l’entreprise dans un


avenir prévisible en ce sens qu’elle n’a ni l’intention, ni la nécessité de procéder à sa
liquidation, ni de réduire de façon importante l’étendue de ses activités. De ce fait, la
continuité de l’exploitation est un principe comptable de base pour l’établissement des états
financiers censés représenter l’entreprise en continuité d’activité, c’est-à-dire dire dans
l’hypothèse de non cessation ou de non réduction sensible de ses activités. En outre, Les
états financiers sont normalement préparés selon l’hypothèse qu’une entité est en situation de
continuité d’exploitation et poursuivra ses activités dans un avenir prévisible. S’il existe une
telle intention ou une telle nécessité, les états financiers peuvent devoir être préparés sur une
base différente, et, le cas échéant, la base utilisée doit être indiquée. Cela étant, lorsque la
continuité de l’exploitation est comprise, en tout ou en partie, la permanence des méthodes
ne peut plus s’appliquer et l’évaluation de ses biens et dettes doit être reconsidérée pour
ceux des actifs et passifs concernés par la non continuité.
OHADA et IFRS tiennent compte de ce principe de continuité dans l’élaboration des états
financiers.
Exemple : l’entreprise achète la maison où elle va exécuter son travail à 20000$ et un
logiciel de gestion à 5000$ par caisse.
OHADA et
IFRS
DEBIT CREDIT LIBELLE DEBIT CREDIT
21.93 LOGICIEL 5000
57 CAISSE 5 000
Le fait que l’entreprise supporte des charges immobilisées montre que l’entreprise n’a pas
l’intention d’arrêter ses activités en ce sens que ces charges constituent un investissement
pour l’entreprise et ont une importance que si l’entreprise continue ses activités. Cela étant,
on s’attend à ce que ces actifs immobilisés soient utilisés dans plusieurs exercices jusqu’à
leur amortissement. Ce qui suppose une continuité des activités pour l’entreprise.
2. Coût historique :

En OHADA, le coût historique est le coût constaté auquel sont enregistrés, en unités
monétaires courantes, les biens à leur date d’entrée dans le patrimoine de l’entreprise. Cette
valeur n’est pas remise en cause (n’est pas modifiée) lorsque du fait de l’inflation (ou de la
déflation), ou de variations de prix spécifiques à la catégorie de biens, la nouvelle valeur
courante s’avère supérieure ou inférieure à ce coût historique. Le coût historique est l’un
des principes comptables fondamentaux retenus par le système comptable OHADA
(principe du nominalisme monétaire). Cependant, il en résulte le problème de sur-évaluation
et de sous-évaluation en ce sens qu’après une période donnée, un bien peut augmenter ou
diminuer sa valeur. D’où, l’IFRS propose l’évaluation des biens n’ont pas à leur coût
historique (coût d’acquisition) mais plutôt à leur juste valeur 1 c’est-à-dire leur valeur réelle à
la clôture de la période. Le coût historique est le principe le plus discuté en économie et
représente la première grande divergence entre l’OHADA et l’IFRS et les autres normes
internationales.

1
La juste valeur constitue la norme IFRS 13 et est le montant pour lequel un actif pourrait être
échangé ou un passif éteint entre parties bien informées, consentantes et agissant dans des
conditions de concurrence normale. On a notamment la valeur du marché et la valeur de l’utilité
(Barbe et Didelot, 2012).
Exemple : En Janvier 2014 : la société BIN achète une machine au prix de 1000$ avec une
durée de vie de 5 ans. En Avril 2015, la société veut vendre la machine. Le prix de vente
sera déterminé en fonction de quel prix ?

OHADA
31/01/2014
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
24 MATERIEL 1000
57 CAISSE 1000
Achat matériel
31/01/2015
68 200
28 200
Amortissement
28 200
24 200
Amortissement
10/04/2015
57 CAISSE 1000
24 MATERIEL 1000
Ventes
Matériels

Au vu de ce journal, nous remarquons qu’en OHADA, le prix de vente de la machine sera


déterminé en fonction de son coût d’acquisition c’est-à-dire de son coût historique, on ne
tient pas compte de l’amortissement (état de la machine) et des changements structurels du
marché qui peuvent surgir au cours d’une période donnée. Ce qui pose problème du prix de
ladite machine étant donné qu’elle a déjà était utilisé et on ne tient pas compte de la
diminution de sa valeur en termes d’amortissement.
IFRS
31/01/2014
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
24 MATERIEL 1000
57 CAISSE 1000
Achat matériel
31/01/2015
68 200
28 200
Amortissement
28 200
24 200
Amortissement
10/04/2015
57 CAISSE 800
24 MATERIEL 800
Ventes
Matériels

Au vu de ce journal, on remarque qu’en IFRS, le prix de vente est déterminé non pas en
fonction du coût d’acquisition (coût historique) mais plutôt on tient compte de la valeur
actuelle de la machine en considérant le cumul d’amortissement c’est-à-dire de sa juste
valeur. Dans cet exercice, étant donné que nous n’avons pas d’informations suffisantes du
marché, nous tenons compte uniquement du cumul de l’amortissement dans la détermination
du prix qui servira de base à la détermination du prix de vente. Cependant, les IFRS
admettent la réévaluation des immobilisations incorporelles, des immobilisations corporelles
ainsi que les immobilisations financières. Les IFRS requièrent l'évaluation de certaines
catégories d'instruments financiers à la juste valeur. L'OHADA n'est pas explicite sur la
question. D'une part, on trouve dans la nomenclature comptable un compte appelé réserve
pour réévaluation, d'autre part la consécration de certaines évaluations à l'inventaire à la juste
valeur pour quelques instruments financiers qui sont des arguments en faveur de la
réévaluation alors qu'on trouve la convention de coût historique comme une convention de
base pour l'élaboration des états financiers qui est bien sur un argument contre la réévaluation.

3. Importance significative:

Principe selon lequel l'information significative serait celle dont l'omission ou la


déformation pourrait influencer l'opinion des lecteurs des états financiers. L'importance
significative fait appel à la notion de seuil de signification. Elle s'applique, notamment,
dans l'élaboration de l'état annexé où la production de certaines informations n'est requise
que si elles ont une importance significative par rapport aux données des autres états
financiers, sans préjudice des obligations légales. De même, pour l'établissement des
comptes consolidés, l'importance significative s'applique dans la définition du périmètre
de consolidation lorsque l'intérêt ou l'incidence négligeable de certaines filiales sur les
comptes consolidés pourrait amener à les laisser hors du périmètre. En OHADA comme
en IFRS, ce principe est considéré de la même façon. Cette notion d’importance
significative consiste à savoir si dans l’évaluation, l’élément sera porté à l’actif ou au
passif.

Exemple : UCB a acheté 10 téléphones aux membres d’organisation des séminaires à


1000$. Le principe d’importance significative intervient en ce sens qu’il en découle une
question de savoir quelles écritures l’UCB va passer entre 24 à 57 ou 60,4 à 57.

Si l’UCB considère cet achat comme un investissement du fait que les téléphones
pourront servir pour tous les séminaires organisés jusqu’à leur amortissement, elle va
passer les écritures suivantes :

OHADA et IFRS
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
24 MATERIEL 1000
57 CAISSE 1000
Achat matériel
FIN PERIODE N
68 X
28 X
AMORTISSEMENT
28 X
24 X
Si plutôt l’UCB renouvelle les téléphones à chaque séminaire même si les anciens
téléphones fonctionnent encore, cet achat est considéré comme une charge. L’écriture
suivante doit être passée :
OHADA et
IFRS
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
60,4 Achat matériel 1000
57 Caisse 1000
Achats
téléphones
Ainsi, il est nécessaire de savoir l’importance significative d’une information pour
faciliter une bonne lecture des états financiers.

4. Intangibilité du bilan

Il s'agit d'une autre expression du troisième principe du système comptable OHADA selon
lequel le bilan d'ouverture d'un exercice doit correspondre au bilan de clôture de
l'exercice précédent. En application intégrale de ce principe, il ne peut être imputé
directement sur les capitaux propres, ni les incidences de changement de méthodes
comptables, ni les produits et les charges sur exercices antérieurs. Lesdites corrections
doivent transiter par le compte de résultat de l'exercice au cours duquel les omissions ont
été constatées.

Toutefois, il est admis, dans le cadre du système comptable OHADA comme dans
d'autres plans comptables, que l'incidence d'un changement de réglementation
comptable soit imputée directement sur les capitaux propres. Ce principe n'est pas
d'application internationale unanime.

Exemple : le 31/12/N : l’entreprise BAG commence possède un bâtiment d’une valeur


de 20 000$, des marchandises de 7 000$, des espèces de 3 000$.

Le 15/01/N+1 : vente des marchandises à crédit pour 8 000$, TVA 16%

BILAN FINAL AU 31/10/N

ACTIF PASSIF
23 Bâtiment 20 000 Capital 30 000
31 Marchandises 7 000
57 Caisse 3 000
30 000 30 000

Ce bilan final va constituer le bilan initial de l’entreprise BAG à l’année N+1


OHADA et IFRS
01/01/N+1
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
23 BATIMENT 20 000
31 MARCHANDISES 7 000
57 CAISSE 3 000
10 CAPITAL 30 000
BIALN D'OUVERTURE
15/10/N
41 CLIENT 9280
VENTE
70.1 MARCHANDISES 8 000
44.3 TVA FACTUREE 1280
FACTURE N°

Ainsi dans le journal des opérations de l’entreprise BAG de l’année N+1, le bilan final de
l’année N constitue le bilan d’ouverture de l’année N+1 comme le dit le principe
d’intangibilité du bilan en IFRS et en OHADA.

5. Spécialisation des exercices

Règle conventionnelle de fonctionnement des comptes en vertu de laquelle tout mouvement ou


variation enregistré dans la comptabilité de l’entreprise est représenté par une écriture qui
établit une équivalence entre ce qui est porté au crédit et ce qui est porté au débit des
différents comptes affectés par cette écriture. Par convention, les comptes de l'actif du bilan
et les comptes de charges sont des emplois augmentant par inscription au débit et diminuant
par inscription à leur crédit. De même, les comptes du passif du bilan et les comptes de
produits sont des ressources augmentant par inscription au crédit et diminuant par inscription
à leur débit.

Exemple : le 01/06 Achat de marchandises pour une valeur de 15 000$. Le 10/06 achat
d’un bâtiment de 30 000$ et des matériels de 5 000$.
OHADA et IFRS
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
01-juin
60.1 Achat marchandises 15 000
44.5 TVA Récupérable 2400
57 Caisse 17 400
Facture N°
31 Marchandises 15 000
Variation de stocks
60.31 marchandises 15 000
Stockage
10-juin
23 Bâtiment 30 000
24 Matériel 5000
57 Caisse 35 000
Bon de sortie caisse
Le principe de spécialisation des exercices intervient dans ce journal ci-haut en ce sens que
lors de l’achat des marchandises, on fait intervenir le compte des charges (classe 6) étant
donné que c’est une charge d’exploitation qu’on supporte et quand il s’agit de l’achat d’un
actif immobilisé, on fait recours aux comptes d’actif de la classe 2 du fait que c’est une charge
d’investissement qu’on supporte.

6. Permanence des méthodes :

Principe comptable selon lequel l'application d'évaluation et de présentation des méthodes


comptables doit être constante d’un exercice à l'autre, sauf changement exceptionnel dans
la situation de l'entreprise ou de son environnement économique, juridique ou financier.

La comptabilité des états financiers annuels susceptibles nécessaires à l'analyse des


utilisateurs repose sur cette permanence. La dérogation à ce principe est soumise à des
conditions exceptionnelles et strictes. Les modifications qui résulteraient d'un changement
de méthode doivent être justifiées, et explicitées dans leur nature et leur incidence sur les
états financiers dans l'Etat annexé comme l’exigent OHADA et IFRS. Ces modifications
doivent en outre être signalées dans le rapport de gestion et, le cas échéant, dans le rapport
du commissaire aux comptes. Ce principe est la norme IAS 8.

Exemple : Le 01/01/N l’entreprise possède des immeubles de 20 000$ amortissable après


10 ans, matériel de 8 000$ dont leur durée de vie est de 5 ans et un emprunt de 1000$ dont
les coûts d’emprunt s’élèvent à 200$. L’entreprise applique la méthode comptable
consistant à l’incorporation des coûts des emprunts dans le coût des actifs.
OHADA
N N+1
Immeuble 20 000 20 000
Matériel 8 000 8 000
Emprunt 1200 1200

IFRS
N N+1
Immeuble 20 000 18 000
Matériel 8 000 6 400
Emprunt 1200 1200
Ce tableau nous montre la permanence des méthodes appliquées par l’entreprise au cours de
l’année N et N+1. Toutefois, il existe une différence en termes d’évaluation des actifs en
OHADA et en IFRS, cette différence réside dans le fait que l’OHADA évalue les actifs à
leur coût historique alors que IFRS tient compte de la valeur actuelle de l’actif c’est-à-dire
de sa juste valeur.

7. Prééminence de la réalité économique sur l’apparence

Il est le deuxième principe le plus critiqué. Pour satisfaire à la finalité d'image fidèle du
patrimoine, de la situation financière, priorité doit être donnée à la réalité économique sur
la forme ou l'apparence juridique dans l'établissement des états financiers. L'application
de ce principe conduit par exemple à inscrire, à l'actif du bilan des utilisateurs, des biens
en crédit- bail et assimilés comme s'ils en étaient propriétaires, malgré l'apparence
juridique. En raison des difficultés d'application de ce principe liées à l'analyse juridique
et économique des contrats, le système comptable OHADA prévoit les cas d'application,
limitatifs, du principe. Par contre, l’IFRS oblige que les transactions et autres évènements
soient comptabilisés et présentés conformément à leur réalité économique et non pas
selon l’apparence juridique. De ce fait, l’application de ce principe est partielle en
OHADA et n’est permise pour les cas suivants : les biens détenus avec clause de réserve
de propriété ; les biens mis à la disposition du concessionnaire par le concédant ; les
contrats de crédit-bail ; les effets escomptés non échus ; les charges de personnel
extérieurs.

Exemple : le 1 Janvier 2014, la société BRUN souscrit un contrat de crédit-bail mobilier


portant sur l’acquisition d’un camion d’une valeur de 300 000$. La société de leasing met
immédiatement le matériel roulant à la disposition de la société BRUN qui devra verser
chaque 10 avril une redevance de 120 000$ (comprenant un remboursement de 100 000$
et les intérêts de 20 000$). La durée du contrat est de 3 ans alors que la durée de vie du
camion est de 5 ans. Al afin de la troisième année, la BRUN versera 7 000$ à l’entreprise
de leasing pour lever l’option d’achat.

OHADA et IFRS
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
01/01/N
24.5 Matériel de transport 300 000
17.3 Emprunt équivalent crédit-bail mobilier 300 000
Contrat crédit-bail immobilier
10/04/N
62.33 Redevance crédit-bail mobilier 120 000
57 Caisse 120 000
Bon de sortie caisse
31/12/N
17.3 Emprunt équivalent crédit-bail mobilier 100 000
67.22 Intérêts dans le loyer de crédit-bail mobilier 20 000
62.33 Redevance crédit-bail mobilier 120 000
Retraitement de la redevance de crédit-bail
68.1 Dotation aux amortissements d'exploitation 60 000
28.45 Amortissement sur matériel de transport 60 000
Fiche d'amortissement
10/04/N+1
62.33 Redevance crédit-bail mobilier 120 000
57 Caisse 120 000
Bon de sortie caisse
31/12/N+1
17.3 Emprunt équivalent crédit-bail mobilier 100 000
67.22 Intérêts dans le loyer de crédit-bail mobilier 20 000
62.33 Redevance crédit-bail mobilier 120 000
Retraitement de la redevance de crédit-bail
68.1 Dotation aux amortissements d'exploitation 60 000
28.45 Amortissement sur matériel de transport 60 000
Fiche d'amortissement
10/04/N+2
62.33 Redevance crédit-bail mobilier 127 000
57 Caisse 127 000
Payement de la 3è redevance et levée de l'option
d'achat
31/12/N+2
17.3 Emprunt équivalent crédit-bail mobilier 100 000
67.22 Intérêts dans le loyer de crédit-bail mobilier 20 000
62.33 Redevance crédit-bail mobilier 120 000
Retraitement de la redevance de crédit-bail
68.1 Dotation aux amortissements d'exploitation 60 000
28.45 Amortissement sur matériel de transport 60 000
Fiche d'amortissement
31/12/N+3
68.1 Dotation aux amortissements d'exploitation 60 000
28.45 Amortissement sur matériel de transport 60 000
Fiche d'amortissement
31/12/N+4
68.1 Dotation aux amortissements d'exploitation 60 000
28.45 Amortissement sur matériel de transport 60 000
Fiche d'amortissement

Les différentes opérations passées indiquent que lorsque la société BRUN souscrit un
crédit-bail mobilier, il considère directement ce mobilier comme faisant partie de son actif
bien que juridiquement c’est une propriété d’une autre société. D’où la passation de
l’écriture comptable suivante 24.5 à 17.3 et les écritures d’amortissements à chaque fin
d’année. De ce fait, à la fin de la troisième année la dette faisant objet du crédit-bail sera
complètement remboursée, la valeur comptable nette du bien figurant au bilan de la société
BRUN sera de 120 000$, soit 300 000$-180 000$ (cumul amortissement sur les trois ans).
C’est ainsi que l’IFRS et l’OHADA ne tiennent pas compte de l’aspect juridique lors de la
comptabilisation de différentes transactions mais plutôt de leur réalité économique.
Toutefois, ceci est possible en OHADA uniquement dans certains cas cités ci-haut et
lorsque la valeur du bien pris en crédit-bail est d’au moins 5% du total des immobilisations
brutes, raison pour laquelle ce principe est partiel dans ce système comptable.

8. Prudence

Appréciation raisonnable des événements et opérations afin d’éviter de transférer, sur des
exercices ultérieurs, des risques nés dans l’exercice et susceptibles d’entrainer des pertes
futures. Son application permet de protéger les utilisateurs externes des états financiers (et
aussi les dirigeants) contre les illusions qui pourraient résulter d'une image non prudente ou
trop flatteuse de l'entreprise. La règle de prudence crée une dissymétrie de traitement des
charges et des produits: toute perte probable est systématiquement enregistrée en charge
alors que les gains potentiels ne le sont jamais. Cela étant, ce principe implique que les
actifs ou les produits ne soient pas surévalués et que les passifs ou les charges ne soient pas
sous-évalués.
Exemple : le 22/02/N la société BU AIR vend à crédit des marchandises à la société
KOTECHA à 150 000 Frc dont le coût d’achat est de 120 000 Frc. Le 28/02/N est
l’échéance de payement. Pour mobiliser sa créance, la société BU AIR tire sur la société
KOTECHA, le 15/02/N, une lettre de change qu’elle accepte le même jour. Le 16/02/N la
société KOTECHA décide de négocier l’effet tiré sur la société BU AIR à la RAWBANK
qui accepte de le faire aux conditions suivantes : escompte de 6% l’an, frais bancaires de 90
et la TVA de 16%.

OHADA et IFRS
22/02/N
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
41.1 Client 174 000
70.1 Vente marchandise 150 000
44.3 TVA facturée 24 000
Facture N°
60.31 variation de stock des marchandises 120 000
31 Marchandises 120 000
Déstockage
15/02/N
Clients, effet à recevoir en
41.2 portefeuille 174 000
41.1 Client 174 000
N/traitre sur la société KOTECHA
16/02/N
41.5 Clients, effets escomptés non échus 174 000
Clients, effet à recevoir en
41.2 portefeuille 174 000
Remise de l'effet à l'escompte
52 Banques 173 391
67.5 Escompte des effets de commerce 525
44.5 TVA Récupérable 84
56.5 Escomptes de crédits ordinaires 174 000
Bordereau d'escompte
28/02/N
56.5 Escomptes de crédits ordinaires 174 000
41.5 Clients, effets escomptés non échus 174 000
Payement

Le journal indique qu’OHADA et IFRS considèrent la lettre de change comme étant un


crédit bancaire. Ce qui n’était pas le cas en Plan Comptable Général Congolais où elle était
considérée comme un chèque. Le principe de prudence intervient dans la comptabilisation
de ces évènements du fait que lorsque la banque (RAWBANK) réceptionne le bordereau
d’escompte c’est-à-dire lorsqu’elle avance exactement les fonds à son client, il y a des
retenues qu’elle opère qui doivent être comptabilisées comme le montre le journal que ces
retenues constituent des charges financières et sont ainsi portées au compte 67.5 ; il y a un
crédit de trésorerie porté au compte 56.5 que la banque a consenti à l’entreprise, ceci
constitue la dette bancaire qui sera payée à l’échéance.

9. Transparence

Principe en vertu duquel les informations importantes doivent être présentées et


communiquées clairement, sans intention de dissimuler la réalité derrière l’apparence. Ce
principe se trouve sous des applications diverses telles que clarté, bonne information,
régularité et sincérité objective.

Exemple : le 01/03 : Achat marchandises à crédit à 1500 $, TVA 16%. Le 10/03 vente de la
totalité des marchandises à 2000$ au comptant, TVA 16%. Le 12/03 payement fournisseur par
caisse. 30/06 Déclaration de la TVA.
OHADA et IFRS
01-mars
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
60.1 Achat marchandise 1500
44.5 TVA Récupérable 240
40 Fournisseurs 1740
Facture N°
31 Marchandises 1500
variation de stock des
60.31 marchandises 1500
Mise en magasin
10-mars
57 Caisse 2320
70.1 Ventes des marchandises 2000
44.3 TVA facturée 320
Bon d'entrée caisse
variation de stock des
60.31 marchandises 2000
31 Marchandises 2000
Déstockage
12-mars
57 Caisse 1500
40 Fournisseurs 1500
Payement dette fournisseur
30-juin
44.3 TVA due 240
44.5 TVA Récupérable 240
Déclaration TVA
44.3 TVA facturée 320
44.4 TVA due 320
Déclaration TVA
44.4 TVA due 80
57 Caisse 80
Payement TVA

Au vu de ce journal, il est remarqué que les écritures comptables renseignent l’achat à crédit,
la vente, le payement de la dette fournisseur, la déclaration et le payement de la TVA. C’est
ainsi que l’information économique doit présenter une image fidèle des transactions
économiques, laquelle information doit donner une image fidèle. L’OHADA comme l’IFRS
préconisent ce principe de transparence.
10. Image fidèle

Pour être fiable, l’information doit présenter une image fidèle des transactions et autres
événements qu’elle vise à présenter ou dont on s’attend raisonnablement à ce qu’elle les
présente. L’information donne une image fidèle quand elle décrit un phénomène économique
de façon complète, neutre (sans biais dans la sélection et la représentation de l’information) et
libéré d’erreurs significatives. De ce fait, il est souvent dit des états financiers qu’ils
présentent une image fidèle ou qu’ils forment une représentation fidèle de la position
financière, des prestations financières ainsi que des changements dans la position financière
d’une entreprise bien que le cadre ne traite pas directement de ces éléments, l’application de
ce dernier donne normalement lieu à des états financiers présentant une image fidèle de telles
informations.
Exemple : Le 01/11/N : vente à crédit 1000€ ; 1€= 1.1$.
Le 31/1/N+1 est la date d’échéance.
Le 31/12/N : 1€= 1.15$
Le 31/1/N+1 : 1€= 1.20$
OHADA
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
1/11/N
41.1 Clients 1100
70.1 Vente marchandise 1100
Facture N°
41.1 Clients 50
Ecart de conversion-
47.9 passif 50
1/1/N+1
Ecart de conversion-
47.9 passif 50
41.1 Clients 50
31/1/N+1
57 Caisse 1200
41.1 Clients 1100
77.6 Gains de change 100

En OHADA, le journal indique qu’on constate les écarts de conversion qui sont portés au
compte 47.9 ou 47.8 et non dans les comptes de résultat. Ensuite on constate les pertes de
change qui sont portées au compte 67.9

IFRS
DEBIT CREDIT LIBELLES DEBIT CREDIT
1/11/N
41.1 Clients 1100
70.1 Vente marchandise 1100
Facture N°
41.1 Clients 50
77.6 Gains de change 50
31/1/N+1
57 Caisse 1200
41.1 Clients 1150
77.6 Gains de change 50

L’IFRS préconise que les écarts de conversions de la période soient portés au comptes de
résultat et ainsi les comptes latents doivent être enregistrés dans les comptes de résultat.
CONCLUSION
A l’aide des exemples concrets, nous avons montré quelques différences qui existent dans
l’application des principes comptables en OHADA et en IFRS. Le constant est que la majorité
de ces principes s’appliquent de la même manière en OHADA qu’en IFRS mais de façon plus
améliorée. La différence réside dans le fait que l’IFRS vient améliorer les limites auxquelles
OHADA faisaient face bien que c’est ne pas de manière exhaustive.
C’est ainsi que nous pouvons proposer à notre pays d’adopter les normes IFRS étant donné
qu’elles sont une réponse aux limites de l’OHADA.
BIBLIOGRAPHIE

1. Amani, I. (2012), Analyse comparative des normes IAS/ IFRS et SYSCOA : Impact sur
la rentabilité financière d’une entreprise : Cas de L’AGEROUTE COTE D’IVOIRE,
Mémoire de Master, Master Professionnel en Comptabilité et Gestion Financière,
Institut Supérieur de Comptabilité, Banque et Finance, Centre Africain d’Etudes
Supérieures en Gestion (CESAG).
2. SNCB (2011), Manuel comptable IFRS, Groupe SNCB.
3. Touron, P., et Tondeur, H. (2004), Comptabilité en IFRS, Editions d’Organisation
4. Mutabazi, A. (2017), Notes de cours de Systèmes Comptables Comparés, Première
année de licence, Université Catholique de Bukavu, DR Congo.
5. Barbe, O., et Didelot, L. (2012), Maitriser IFRS, Les Guides de Gestion RF, 6è
Edition, Groupe Revue Fiduciaire, 100 rue La Fayette, Paris.
6. Mutabazi, A., Lukwebo, B., Loko, B., Cirhuza, M. (2014), Système Comptable
OHADA, Tome-1 Comptabilité générale, 1ière édition, Les Editions de l’Université
Catholique de Bukavu (UCB), République Démocratique du Congo.
7. Mutabazi, A. (2014), Notes de cours de Comptabilité générale, Première année de
graduat, Université Catholique de Bukavu, DR Congo.

Common questions

Alimenté par l’IA

Le système OHADA applique le principe du coût historique en enregistrant les biens à leur coût d'acquisition sans ajustement pour l'inflation ou d'autres changements de valeur dans le temps, ce qui conduit à des risques de sur-évaluation ou de sous-évaluation de ces actifs . En revanche, les IFRS préfèrent l'évaluation à la juste valeur, prenant en compte la valeur actuelle des actifs, y compris l'amortissement et les conditions du marché, ce qui reflète plus fidèlement la situation économique réelle de l'entreprise .

Sous IFRS, la prééminence est donnée à la réalité économique des transactions par rapport à leur forme juridique, ce qui signifie que les transactions sont comptabilisées et présentées en fonction de leur substance économique . En revanche, OHADA permet cette prééminence seulement dans des situations spécifiques telles que les contrats de crédit-bail et certains biens soumis à des clauses de réserve de propriété, ce qui signifie que souvent la forme juridique est maintenue .

L'application de la juste valeur selon les IFRS pose des défis liés à la volatilité des états financiers, car les évaluations sont influencées par les variations des marchés qui peuvent rapidement changer. Contrastant, l'application stricte du coût historique selon OHADA offre une stabilité comptable mais au prix de potentiellement ignorer la valeur actuelle des actifs, rendant les informations financières moins pertinentes pour la prise de décision .

La juste valeur sous IFRS permet une évaluation continue des actifs à leur valeur de marché, ce qui offre une image plus précise et actuelle de la situation financière d'une entreprise par rapport au coût historique. Sous OHADA, bien que certaines réévaluations soient permises, par exemple pour des instruments financiers, le principe général reste le coût historique, ce qui peut conduire à une non-représentation de la valeur réelle d'un bien sur les états financiers .

Le principe de spécialisation des exercices est crucial lorsque les entreprises doivent s'assurer que les transactions sont enregistrées dans les périodes appropriées pour refléter avec exactitude la performance financière. Par exemple, l'achat de marchandises doit être comptabilisé pour la période où l'événement économique s'est produit, assurant ainsi une correspondance précise entre les revenus et les charges de la période .

Sous OHADA, le changement de méthodes comptables est généralement reflété à travers le compte de résultat de l'exercice en cours, ce qui concorde avec le principe d'intangibilité du bilan. Cependant, certains impacts peuvent être directement imputés aux capitaux propres . En revanche, les IFRS prévoient généralement que les changements de méthodes comptables soient appliqués rétrospectivement, ajustant ainsi les périodes comparatives avec les nouvelles méthodes [General Accounting Standards].

Le principe de prudence influence la présentation des états financiers en incitant à enregistrer immédiatement toute perte probable en charge et à ne pas reconnaître les gains potentiels tant qu'ils ne sont pas réalisés. Ce traitement asymétrique, qui est commun à OHADA et IFRS, vise à éviter que les utilisateurs des états financiers ne soient induits en erreur par une représentation optimiste des résultats d'une entreprise .

L'application partielle du principe de prééminence économique dans le système OHADA limite la capacité des états financiers à refléter la véritable substance économique des transactions. Cela peut mener à des évaluations moins précises et à des décisions économiques suboptimales, car les transactions pourraient être comptabilisées sans tenir compte de leur impact économique réel, à moins qu'elles ne découlent d'opérations spécifiques autorisées tels que des contrats de crédit-bail .

Le principe d'importance significative est appliqué de manière similaire entre OHADA et IFRS lorsqu'il s'agit de déterminer quelles informations doivent être incluses dans les états financiers annexés et lors de la définition du périmètre de consolidation des comptes. Les deux systèmes s'accordent sur le fait que seules les informations qui peuvent influencer l'opinion des utilisateurs des états financiers en raison de leur importance doivent être incluses .

Le principe d'intangibilité du bilan est crucial dans le système OHADA car il garantit que le bilan d'ouverture d'un exercice correspond exactement au bilan de clôture de l'exercice précédent. Ce principe, bien que permettant des ajustements pour les changements de méthodes comptables impactant directement les capitaux propres dans certains cas, assure cohérence et continuité dans les états financiers .

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