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Cours d'Analyse 4 par Hassan Belhadj

Ce document présente le cours d'Analyse 4 dispensé à la Faculté des Sciences et Techniques de Tanger. Il contient sept chapitres abordant diverses notions d'analyse comme les suites et séries de fonctions, les séries entières, les séries de Fourier, les fonctions holomorphes et le calcul des résidus. Le document fournit également des exercices résolus à la fin de chaque chapitre.

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FST de Tanger
Département de Mathématiques

Licence MAI / MIP II- MIPC II - S4

Analyse 4

Prof. Hassan BELHADJ

Année académique : 2017-2018


Préface

Ce polycopié de cours concerne le programme du module Analyse 4 relatif au parcours de tronc


commun MIP et MIPC des licences sciences et techniques de la FST de Tanger.
Il contient six chapitres englobant les suites de fonctions, les séries de fonctions, les séries entières, les
séries de Fourier, les fonctions holomorphes et le calcul des résidus.
Aussi, un chapitre consacré à des rappels sur les séries numériques a été ajouté au début du document.
Ce cours est le fruit d’une expérience de quelques années d’enseignement de ce module que j’ai assuré
pour ces deux parcours du tronc commun.
A la fin de chaque chapitre est proposée une liste d’exercices qui ont été traités lors de travaux dirigés.
Ce cours à comme pré-requis plusieurs modules de mathématiques générales, en particulier les modules
suivants : Analyse 1, Analyse 2 et Analyse 3 des parcours MIP et MIPC du tronc commun de la FST de
Tanger.
Je tiens enfin à remercier chaleureusement Nabila Nagid, doctorante au sein du laboratoire LMA ainsi
que mes étudiants de master IM (Yassine Oularbi, Bassou Kouya) , qui ont apporté une aide dans la
frappe en Latex de ce document.
Aussi, toutes suggestions ou remarques sur le contenu de ce cours de la part des lecteurs sont les
bienvenues.

Prof. Hassan Belhadj


Le 20 Avril 2018
Table des matières
1 Rappels des Séries Numériques 4
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Définitions et Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Critère de Cauchy pour les séries . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Reste de rang n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Propriété fondamentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Comparaison des séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Comparaison d’une série à une intégrale . . . . . . . . . . 10
1.2.4 Séries de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.5 Règles de d’Alembert et de Cauchy . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Séries réelles ou complexes quelconques . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.1 Séries absolument convergentes . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.2 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.3 Majoration du reste d’une Série Alternée . . . . . . . . . . 15
1.3.4 Règle d’Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

2 Suite de fonctions 20
2.1 Convergence simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Continuité, intégration et dérivation de la limite d’une suite de
fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.3.1 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.3.2 Intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

1
2 TABLE DES MATIÈRES

2.3.3 Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3 Séries de fonctions 35
3.1 Convergence d’une série de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Théorèmes fondamentaux de la convergence uniforme . . . . . . . 40
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

4 Séries entières 47
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.1.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2 Convergence d’une S.E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2.1 Formule de Hadamard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.2.2 Formule de d’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3 Opérations sur les séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.4 Développement en série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.4.1 Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.4.2 Séries de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.4.3 Développement usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.4.4 Procédés Sommation de quelques SE . . . . . . . . . . . . 60
4.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63

5 Séries de Fourier 66
5.1 Série trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.1.1 Définition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.1.2 Écriture complexe d’une série trigonométrique . . . . . . . 68
5.2 Série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
5.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77

6 Fonctions Holomorphes 79
6.1 Dérivée au sens complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
6.2 Fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.3 Fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.3.1 Relations de Cauchy-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . 82
6.3.2 Quelques fonctions exemples élémentaires . . . . . . . . . 86

2
3 TABLE DES MATIÈRES

6.4 Intégrales curvilignes, primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88


6.4.1 Intégrale d’une fonction complexe . . . . . . . . . . . . . . 88
6.4.2 Primitive complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
6.5 Analyticité des fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6.5.1 Formule de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6.5.2 Théorème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
6.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101

7 Fonctions Méromorphes et calcul des résidus 103


7.1 Séries de Laurent et fonctions Méromorphes . . . . . . . . . . . . 103
7.1.1 Série de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
7.1.2 Fonctions Méromorphes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
7.2 Calcul des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
7.3 Formule des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
7.4 Applications du théorème des résidus au calcul d’intégrales . . . 113
7.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120

Bibliography 120

Pr. Hassan BELHADJ 3 FST TANGER


Chapitre 1

Rappels des Séries


Numériques

1.1 Généralités
1.1.1 Définitions et Notations
Définition 1.1.1.
Soit (un )n∈N une suite de nombres réels ou complexes. On appelle série de
terme général un et on note un , la suite (Sn )n∈N définie par
P

n
X
pour tout n ∈ N, Sn = xk .
k=0

Définition 1.1.2.
On dit que la série un est convergente si la suite des sommes partielles (Sn )
P

est convergente.

lim Sn est appelée la somme de la série.


Si la série converge, n→∞

La série un est divergente si la suite (Sn ) est divergente.


P

4
5 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

Notation :

X
Si un converge, on note : S(x) = lim Sn (x) = un = 0.
P
n

Remarque 1.1.1.
∀n0 ∈ N.
X X
Les séries un et un sont de même nature.
n≥0 n≥n0

Il suffit de remarquer que


n
X 0 −1
nX n
X
uk = uk + uk
k=0 k=0 k=n0

Proposition 1.1.1.
Si un converge, alors un → 0.
P

Preuve
Sn = u0 + u1 + ... + un
un = Sn − Sn−1
lim Sn = lim Sn−1 = S
et donc,
lim un = 0


Remarque 1.1.2.
La réciproque de la proposition précédente est fausse.
On verra que la série n1 est divergente pourtant un = n1 → 0 !
P

Pr. Hassan BELHADJ 5 FST TANGER


6 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

1.1.2 Critère de Cauchy pour les séries


Théorème 1.1.1.
Une série réelle ou complexe un converge si et seulement si :
P

∀E > 0, il existe NE tel que


m
X
(m > n ≥ NE ) ⇒ | uk | ≤ E.
k=n+1

Preuve
n
X
La suite Sn = uk est une suite réelle ou complexe. Donc elle converge si et
k=0
seulement si elle est de Cauchy. (Sn )n∈N est de Cauchy si et seulement si :
pour tout E > 0, il existe NE ∈ N tel que (n ≥ NE et m ≥ NE ) =⇒ |Sn − Sm | ≤ E.
Ou encore si et seulement si :
pour tout E > 0 il existe NE ∈ N tel que (n > m ≥ NE ) =⇒ |Sn − Sm | ≤ E. 
Exemple 1.1.1.
ISérie géométrique
Un = q n q ∈ C.
Sn = 1 + q + ... + q n
X Si q=1, Sn = n + 1 =⇒ Sn → ∞
n+1
X Si q 6= 1, Sn = 1−q 1−q
Alors
1
si |q| < 1 |q n+1 | → 0 et alors s = 1−q =⇒ Un converge.
P

si |q| = 1 =⇒ q = exp(iθ) = eiθ


q n+1 = cos(n + 1)θ + i sin(n + 1)θ
=⇒ lim q n+1 n’existe pas =⇒ Un diverge.
P

On peut donc énoncer le résultat suivant :


Proposition 1.1.2.
P n
q ∈ C, la série géométrique q converge si et seulement si
∞ 1
qn =
X
|q| < 1 et s =
n=0 1−q
Pr. Hassan BELHADJ 6 FST TANGER
7 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

ISérie harmonique

Un = n1 . On montre que
P 1
n est divergence (TD Ex. 1.3)

1.1.3 Reste de rang n


Définition 1.1.3.
Soit Un une série convergente, on appelle reste de rang n la quantité :
P


X
Rn = Uk
k=n+1

Proposition 1.1.3.
Si Un converge alors Rn → 0
P

Preuve

X n
X ∞
X
Uk = Uk + Uk
k=0 k=0 k=n+1

X
Si S = Uk
k=0
alors S = Sn + Rn
Rn = S − Sn
=⇒ lim Rn = S − lim Sn = S − S = 0 

1.2 Séries à termes positifs


L’intérêt de l’étude des séries à termes positifs, outre la simplicité du théorème
fondamental lié à la croissance de la suite des sommes partielles, réside dans le
fait qu’elle conduit à des règles de convergence absolue.

1.2.1 Propriété fondamentale


Définition 1.2.1.
Un est à termes positifs si, ∀n Un ≥ 0.
P

Pr. Hassan BELHADJ 7 FST TANGER


8 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

Lemme 1.2.1.
(i) Soit Un une suite de termes positifs ou nuls. La série Un est convergente
P

si et seulement si la suite (Sn ) des sommes partielles est majorée.



X
(ii) La somme de la série S = Un est alors égale à la borne supérieure de
n=0
n
X
l’ensemble des réels Sn , n ∈ N, et on a, pour tout entier n : Uk ≤ S.
k=0

Preuve

(i) Sn + 1 = Sn + Un + 1 et Un + 1 ≥ 0, alors Sn est croissante, donc (Sn ) converge


si et seulement si (Sn ) est majorée.
(ii) Dans ce cas, il est clair que

S = lim Sn = sup{Sn /n ∈ N}

1.2.2 Comparaison des séries


On donne içi Le théorème de comparaison, qui repose sur les propriétés des
suites croissantes, qui jouent un rôle fondamental dans l’étude des séries.

Théorème 1.2.1.
Soient (Un ) et (Vn ) deux suites de nombres positifs vérifiant : ∀n ∈ N , Un ≤ Vn .
- Si la série de terme général Vn est convergente, la série de terme général Un est

X ∞
X
convergente. On a alors : Un ≤ Vn .
n=0 n=0
- Si la série de terme général Un est divergente, la série de terme général Vn est
divergente.

Preuve
n
X n
X
Sn = Uk et Tn = Vk . On a Un ≤ Vn , ∀n ⇒ Sn ≤ Tn .
k=0 k=0
On utilise ensuite le théorème de comparaison des suites. 

Comme conséquence on a le théorème suivant

Pr. Hassan BELHADJ 8 FST TANGER


9 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

Théorème 1.2.2.
Vn
Soient Un et Vn à termes positifs tel que → l 6= 0
P P
Un
alors Un et Vn sont de même nature
P P

Preuve

∀E ≥ 0∃N, ∀n ≥ N

| UVnn − l| < E

pour E ∈]0, l[
Vn
n > N =⇒ l − E < Un <1+E

=⇒ (l − E)Un < Vn < (1 + E)Un =⇒ on utilise alors le théorème 1.2.1

-Si Un converge, alors (1 + EUn ) converge=⇒ Vn converge


P P P

-Si Un diverge, alors (1 + EUn ) diverge=⇒ Vn diverge


P P P


Théorème 1.2.3.
Soient (Un ) et (Vn ) deux suites de nombres positifs (à partir d’un certain rang)
Si Un ∼ V , alors les séries Un et Un sont de même nature.
P P
∞ n
Preuve
La propriété Un ∼ V signifie qu’on a :
∞ n
Un = (1 + ε(n))Vn , avec n→∞
lim ε(n) = 0 et donc, à partir d’un certain rang N ,
|ε(n)| < 2 ⇒ 2 Vn < Un < 32 Vn .
1 1

On applique alors le théorème précédent. 


Exemple 1.2.1.
Un = ln(1 + n1 )
1
on a Un ∼∞ n
P 1
diverge donc Un diverge
P
n

Pr. Hassan BELHADJ 9 FST TANGER


10 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

1.2.3 Comparaison d’une série à une intégrale


Théorème 1.2.4.
Soit n0 ∈ N, f : [n0 , +∞[−→ R+ positive continue (par morceaux) est dé-
croissante, alors
X Z ∞
f (n) converge ssi f (x)dx converge
n≥n0 n0
Z ∞ ∞
X Z ∞
De plus f (x)dx ≤ f (x) ≤ f (x0 ) + f (x)dx
n0 n0 n0

Preuve

Pour ∀k ≥ n0 :

k < x < k + 1 ⇒ f (k + 1) ≤ f (x) ≤ f (k)


Z k+1 Z k+1 Z k+1
f (k + 1)dx ≤ f (x)dx ≤ f (k)dx
k k
Z k+1 k
Soit f (k + 1) ≤ f (x)dx ≤ f (k)
k
n
X n Z k+1
X n
X
⇒ f (k + 1) ≤ f (x)dx ≤ f (k)
k
k=n0 k=n k=n0
Z n+1 0
Sn+1 − f (x0 ) ≤ f (x)dx ≤ Sn
n0
n
X
on a noté Sn = f (k)
k=n0
Ainsi Z ∞
⇐)Si f (x)dx existe, alors comme :
n0 Z n+1 Z ∞
Sn+1 − f (x0 ) ≤ f (x)dx ≤ f (x)dx
Z ∞n0 n0
on a : Sn+1 ≤ f (x)dx + f (x0 ) = M
n0
(Sn +1) est majorée ⇒ convergente (car elle est croissante, d’après le lemme 1.2.1)

X
⇒) Si f (n) converge
n≥n0
Soit x ≥ n0 et posons n = [x]

Pr. Hassan BELHADJ 10 FST TANGER


11 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

Z n+1 Z x Z n+1
alors : f dx ≤ f dx + f dx
Z n+1 n0 n0 x
or f dx ≤ Sn (d’après ce qui précède)
n0 Z
x
donc f dx ≤ Sn ≤ S = lim Sn (car Sn est croissante)
n0
Z ∞ ∀x ≥ n0 il Zsuffit
alors

de passer à la limite u → ∞ :
f dx ≤ S ⇒ f dx converge.
n0 n0


Exemple 1.2.2.
• Soit f : [1, +∞[−→ R+ avec f (x) = x1
Z t 1 Z t 1
dx = ln t =⇒ lim dx = ∞ =⇒ n1 diverge.
P
1 x t→∞ 1 x

1
• Soit f : [1, +∞[−→ R+ avec f (x) = x(x+1)
Z t 1 t 1 Z t
1
dx = ln | | − ln( ) =⇒ lim f (x)dx = ln 2 < ∞ =⇒ n(n+1) converge.
P
1 x 1+t 2 t→∞ 1

Pr. Hassan BELHADJ 11 FST TANGER


12 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

1.2.4 Séries de Riemann


Définition 1.2.2.
P 1
On appelle série de Riemann la série à termes positifs nα , où, α ∈ R(donné)

Théorème 1.2.5.
1
La série de terme général est nα (n ≥ 1, α > 0)
• convergente si α > 1 ,
• divergente si α ≤ 1 .

Preuve
1
un = nα

— Si α ≤ 0, Un 9 0 ⇒ Un diverge.
P

— Si α > 0, f (x) = x1α est positive, et décroissante dans [1, +∞[


Z ∞
d’après le théorème 1.2.4, f (x) converge si et seulement si f converge :
P
1
Z ∞1
— Si α = 1, dx = [lnx]∞1 =∞
1 x
Z ∞ 1 Z u 1 1
— Si α 6= 1, α
dx = lim
u→∞ α
dx = lim (u1−α − 1)
1 x 1 x u→0 1 − α
cette limite existe ssi 1 − α < 0 ssi α > 1


Proposition 1.2.1. Règle de Riemann


Soit la série U n à terme positifs,
P

Si ∃α > 1 tel que lim nα Un = 0 alors, U n converge


P

Preuve

Soit E > 0 ∃N t.q. :


n ≥ N =⇒ |nα Un | < E
0 ≤ nα Un ≤ 1
Un ≤ n1α
α > 1 =⇒ Un converge (Par comparaison avec la série de Riemann).
P

Pr. Hassan BELHADJ 12 FST TANGER


13 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

1.2.5 Règles de d’Alembert et de Cauchy


Proposition 1.2.2. Règle de Cauchy √
Soit (Un ) une suite à termes positifs. On suppose que la suite n Un
a une limite = l quand n tend vers ∞. Alors :
• si l < 1 , la série de terme général Un est convergente ;
• si l > 1 , la série de terme général Un est divergente.
Preuve
On compare la série initiale avec une série géométrique.

1. Supposons
√ l < 1 ; il existe un réel k tel que l < k < 1 . Pour n assez grand, on
a : Un < k , d’où Un < k n . La série de terme général Un est convergente.
n


2. Si l > 1 , on a, pour n assez grand, n Un ≥ 1 , d’où Un ≥ 1 . Le terme
général Un ne tend pas vers 0. La série de terme général Un est donc divergente.

Exemple 1.2.3.
P nn
(2n+1) n
√ 1
n
Un → 2 < 1 =⇒ Un converge
P

Proposition 1.2.3. Règle de d’Alembert


Soit Un une suite à termes positifs. On suppose que la suite ( UUn+1
n
) est définie
Un +1
pour n assez grand et lim Un = l. Alors :
• si l < 1 , la série de terme général Un est convergente ;
• si l > 1 , la série de terme général Un est divergente.
Preuve
1. Supposons l < 1 . Il existe un réel k tel que l < k < 1 et il existe un entier n0
tel que, pour tout entier n ≥ n0 , on ait UUn+1
n
< k.
m
On
X m
en déduit : ∀mX : Un0 +m ≤ k Un0 .
k converge ⇒ Un0 +m converge.
m m
2. Si l > 1 , il existe un entier n1 tel que, pour tout entier n ≥ n1 , on ait Un > 0
et Un+1 > Un d’où Un ≥ Un1 > 0 . Le terme général Un ne tend pas vers 0. La
série de terme général Un est donc divergente. 

Pr. Hassan BELHADJ 13 FST TANGER


14 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

Exemple 1.2.4.
n
Un = nn!

Un+1 (n + 1)n+1 n!
= × n
Un (n + 1) n
1
= (1 + )n −→ e
n
e > 1 =⇒ Un diverge
P

1.3 Séries réelles ou complexes quelconques


1.3.1 Séries absolument convergentes
Définition 1.3.1.
un est absolument convergente si et seulement si |un | est convergente
P P

Théorème 1.3.1.
un est absolument convergente =⇒ un est convergente
P P

Preuve

|un | converge,
P

Critère de Cauchy :
n+p
uk | < E pour n ≥ N p ∈ N∗
X
|
k=n+1
or,
n+p
X n+p
X n+p
X
| uk | ≤ |uk | =⇒ | uk | < E
k=n+1 k=n+1 k=n+1

=⇒ un converge.(critère de Cauchy) 
P

Remarque 1.3.1.
L’intérêt du théorème précédent.
On peut appliquer les critères des séries à termes positifs à |un |
P

Pr. Hassan BELHADJ 14 FST TANGER


15 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

1.3.2 Séries alternées


Définition 1.3.2.
(−1)n un où un > 0
X
On appelle Série alternée toute série de la forme
n≥0

Théorème 1.3.2. Leibniz


On considère une série dont le terme général s’écrit, pour tout entier n , sous
la forme un = (−1)n vn avec vn ≥ 0. On suppose réalisées les conditions suivantes :

(i) la suite (vn ) est décroissante,

(ii) lim vn = 0

Alors la série un est convergente.


P

Preuve
n
X
Posons sn = uk on montre que les suites des sommes partielles (s2p ) et (s2p+1 )
k=0
sont adjacentes.
La décroissance de la suite (vn ) entraîne les inégalités :
s2p+2 − s2p = v2p+2 − v2p+1 ≤ 0 et s2p+1 − s2p−1 = v2p − v2p+1 ≥ 0.
La suite (s2p ) est décroissante et la suite (s2p+1 ) est croissante. On a également,
pour tout entier p :
s2p+1 − s2p = −v2p+11 ≤ 0 .
On en déduit, d’une part s2p+1 ≤ s2p et d’autre part limp→∞ (s2p+1 − s2p ) = 0.
Les suites (s2p ) et (s2p+1 ) sont adjacentes. Elles sont donc convergentes, de même
limite, et la suite (sn ) est convergente. 

1.3.3 Majoration du reste d’une Série Alternée


Soit (−1)n un une série alternée t.q. un est décroissante et un → 0.
P

Alors, on a :

X
Rn = un satisfait |Rn | < un+1 .
n+1
En effet : d’après la démonstration ci-dessus :

Pr. Hassan BELHADJ 15 FST TANGER


16 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

s2p+1 ≤ s ≤ s2p ∀p
⇒ R2p = s − s2p ≤ 0
R2p+1 = s − s2p+1 ≥ 0
⇒ |R2p | = s2p − s ≤ s2p − s2p+1 = u2p+1
et |R2p+1 | = s − s2p+1 ≤ s2p+2 − s2p+1 = u2p+2
Ainsi ∀n : |Rn | < un+1 

1.3.4 Règle d’Abel


Théorème 1.3.3.
On considère une série dont le terme général s’écrit un = an vn . On pose
n
X
σn = ak et on suppose vérifiées les propriétés suivantes :
k=0

(i) la suite (σn ) est bornée,

(ii) la suite (vn ) est une suite décroissante de nombres positifs telle que limn→∞ vn =
0.

Alors la série un est convergente.


P

Preuve

Elle repose sur le critère de Cauchy, et utilise la “transformation d’Abel”, méthode


qui se révèle efficace pour établir certaines majorations.
p
p
X
On pose pour p > m, Rm = ak vk . On fait intervenir la suite (σn ) et on écrit :
k=m+1
p p p
p
X X X
Rm = (σk − σk−1 )vk = σk vk − σk−1 vk
k=m+1 k=m+1 k=m+1
soit encore,
p p−1 p−1
p
X X X
Rm = σk vk − σk vk+1 = −vm+1 σm + (vk − vk+1 )σk + vp σp .
k=m+1 k=m k=m+1
On note M un majorant de la suite (σ).
On a donc : ∀n ∈ N, |σn | ≤ M .
On a donc, en utilisant l’inégalité triangulaire et, compte tenu que tous les termes
vm+i − vm+i+1 sont positifs :

Pr. Hassan BELHADJ 16 FST TANGER


17 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES


p−1
 
p−1

p
X X
|Rm | ≤ M |vm+1 | + |vk − vk+1 | + |vp | = M vm+1 + (vk − vk+1 ) + vp  =
k=m+1 k=m+1
2M vm+1 .
p
On a donc pour |Rm | une majoration indépendante de p , par une suite qui tend
vers 0.
La série an vn satisfait donc au critère de Cauchy.
P

Elle est convergente. 

Pr. Hassan BELHADJ 17 FST TANGER


18 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

1.4 Exercices
Exercice 1.1.
Étudier la nature des séries numériques suivantes et calculer la somme
dans le cas d’une série convergente :
X 1 X 1
a) b) 2
n≥1 n(n + 1) n≥2 n + 1
X 1
c)
n≥1 n(n + 1)(n + 2)
1
− √2n + √n+1
1
X
d) un où un = √n−1
n≥2

Exercice 1.2.
X 1
Montrer la convergence et calculer la somme de la série : ln(1 − )
n≥2 n2
Exercice 1.3.
X 1
Montrer de deux façons différentes que la série harmonique est divergente
n≥1 n

Exercice 1.4.
Étudier la nature des séries numériques suivantes :
X 2 1
√ (1 − )n
X
a) b)
n≥1 n n≥2 n
1
ln(1 + e−n )
X X
c) (ne n − n) d)
n≥1 n≥0

Exercice 1.5.
Étudier la nature des séries numériques suivantes :
1 1 1
√ √
X X
a) − b) 2
n≥2 n2 − 1 n2 + 1 n≥1 n cos n
X n + ln(n) X n + ln(n)
c) d)
n≥1 n3 n≥1 n2
Ind : Comparaison / Équivalence
Exercice 1.6.
A l’aide des critères de d’Alembert ou de Cauchy, vérifier si les séries suivantes
sont convergentes ou divergentes

Pr. Hassan BELHADJ 18 FST TANGER


19 CHAPITRE 1. RAPPELS DES SÉRIES NUMÉRIQUES

X (2n)! X n!
a) 2
b)
n≥0 (n!) n≥1 1.2.3....(2n − 1)
X 2n + 1 n X 2n + 4 n
c) ( ) d) ( )
n≥1 3n + 4 n≥1 3n + 1

Exercice 1.7.
A l’aide d’une comparaison avec une intégrale donner la nature des séries nu-
mériques
1 X √n
a ; ai n]0, 1[
X
a) b)
n≥2 (n ln(n)) n≥0

Exercice 1.8.
Montrer que les séries numériques suivantes sont semi-convergentes :
(−1)n n2 + 1

X X
a) b) sin( π)
n≥1 ln( n + 1) n≥1 n
Exercice 1.9.
(Série définie par une suite récurrente)
Soit une suite numérique définie par
u0 > 0 et ∀n un+1 = ln(1 + un )
1) Déterminer la limite de la suite (un )
1 1
lim
2) Déterminer la limite n−→∞ −
un+1 un
3) En déduire un équivalent de (un ) et conclure que la série un est divergente
P

Pr. Hassan BELHADJ 19 FST TANGER


Chapitre 2

Suite de fonctions

2.1 Convergence simple


Définition 2.1.1.
On appelle suite de fonctions sur un domaine D ⊂ R toute famille de fonctions
fn : D −→ R, n ∈ N
Notation : (fn ).

Exemple 2.1.1.
nx
fn (x) = 1+nx D = [0, +∞[

Définition 2.1.2.
Soit (fn ) une suite de fonctions et fn : D ⊂ R −→ R et I ⊂ D.
On dit que fn converge vers f simplement sur I si :
∀x ∈ I : lim fn (x) = f (x)
c.s
Notation : fn → f sur I

Définition 2.1.3.
Soit (fn ) une suite de fonctions fn : D ⊂ R −→ R
le plus grand sous-ensemble I ⊂ D t.q. lim fn (x) existe ∀x ∈ I, s’appelle le do-
maine de convergence simple de la suite (fn ).

20
21 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

Proposition 2.1.1.
La limite simple d’une suite de fonctions fn : D −→ R (si elle existe) est
unique.
Preuve
Conséquence de l’unicité de la limite d’une suite de nombres réels . 
Exemple 2.1.2.
nx
1) fn (x) = 1+nx , D = [0, +∞[
0 00
fn dérivable dans D et fn (x) ≥ 0 . fn (x) ≤ 0 . lim fn = 1

si x ∈ D\{0} −→ lim fn = 1

si x = 0 −→ lim fn = 0.
c.s
Alors fn → f sur I = D

 1 si x ∈ D − {0}
avec f (x) = 
0 si x = 0

Figure 2.1 –
Remarque :
Les fonctions fn sont continus en 0, pourtant la limite simple f n’est pas continue
en 0.
2) gn : [0, 1] → R définie par gn (x) = xn + (1 − x)n .
il est clair que gn (0) = gn (1) = 1
et pour 0 < x < 1, xn → 0et (1 − x)n → 0
 1 si x = 0 ou x = 1
c.s
donc : gn → g, où g(x) = 
0 si 0 < x < 1

Pr. Hassan BELHADJ 21 FST TANGER


22 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

Remarque :
ici aussi on remarque que les fonctions gn sont continues dans [0, 1] et la limite
simple g est discontinue en 0 et 1.

Figure 2.2 –

Problème :
On se pose les questions suivantes :
Soit (fn ) une suite de fonctions [a, b] −→ R avec a < b, tq fn −→ f simplement
f = lim fn
1. La continué de fn =⇒ la continuité de f ?
0 0
2. fn dérivable ∀n =⇒ f dérivable ? et f = lim fn ?
Z b Z b
3. fn intégrable ∀n =⇒ f intégrable ? et lim fn = f?
a a

On va voir que la convergence simple ne suffit pas. Il faut ce notion plus forte :
la convergence uniforme.

2.2 Convergence uniforme


Définition 2.2.1.
Soit D ⊆ R, fn : D −→ R (ou C) et f : R → R une fonction réelle,
et fn converge uniformément vers f sur I ⊂ D si on a :

∀E > 0 ∃N : n > N =⇒ |fn (x) − f (x)| < E∀x ∈ I

c-à-d
∀E > 0 ∃N : n > N =⇒ sup |fn (x) − f (x)| < E
I

Pr. Hassan BELHADJ 22 FST TANGER


23 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

c-à-d
||fn − f ||∞,I < E
c.u
Notation : fn → f sur I
Remarque 2.2.1.
• Contrairement à la convergence simple
N ne dépend pas de x, il dépend seulement de E
c.u
• sup |fn (x) − f (x)| = kfn − f k∞ alors fn → f sur I ssi ||fn − f ||∞,I −→ 0.
I
• Pour montrer la convergence uniforme de (fn ) il faut avoir trouvé la limite f de
fn et essayer de majorer |fn (x) − f (x)| indépendamment de x.
Proposition 2.2.1.
Soit fn : D −→ R une suite de fonction
Si fn −→ f uniformément sur I ⊂ D =⇒ fn −→ f simplement sur I ⊂ D.
Preuve
Pour x0 ∈ I
|fn (x0 ) − f (x0 )| ≤ ||fn − f ||∞,I −→ 0
c.s
donc fn (x0 ) −→ f (x0 ), càd fn → f sur I

Exemple 2.2.1.
nx
fn (x) = 1+nx , D = [0, +∞[
On sait que 
 1 si x ∈ D − {0}
c.s
fn → f , f (x) = 
0 si x = 0
On montre que :
1) fn 9 f uniformément sur [0, +∞[
c.u
2) fn → f sur [0, +∞[ ∀a > 0

En effet :
1) sur [0, +∞[
nx 1
|fn (x) − f (x)| = | 1+nx − 1| = 1+nx pour x > 0
1
n fixe ⇒ sup 1+nx = 1 ⇒ fn 9 f uniformément dans D
]0,+∞[

Pr. Hassan BELHADJ 23 FST TANGER


24 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

2) Sur I = [a, +∞[, a > 0


1 c.u
sup|fn (x) − f (x)| = 1+na → 0 donc fn → f sur I
I

Théorème 2.2.1. Critère de Cauchy uniforme


fn : D −→ R (ou C) fn −→ f uniformément sur I ⊂ D si et seulement si :
∀E > 0 ∃NE :
p, q > NE =⇒ |fp (x) − fq (x)| < E, ∀x ∈ I
(ie) sup |fp (x) − fq (x)| < E
I

Preuve
⇒) ∀E > 0 ∃NE :
n > NE =⇒ |fn (x) − f (x)| < E2
on a : si n, m > NE
|fn (x) − fm (x)| ≤ |fn (x) − f (x)| + |fm (x) − f (x)| < E

⇐) x ∈ I ⊂ D (fn (x)) est une suite de Cauchy


⇒ converge, soit f(x) sa limite.
Montrons que fn −→ f uniformément sur I.
E > 0 ∃NE pour p fixé , ∀q ≥ NE
|fp (x) − fq (x)| < E
p fixé et q −→ ∞ =⇒ |fp (x) − f (x)| ≤ E 
Théorème 2.2.2. Interversion
Soit fn D −→ R une suite de fonctions telles que fn → f uniformément sur
I ⊂ D, et soit x0 ∈ I
Supposons ln = x→x lim fn (x) existe dans R ou C.
0
Alors :
La suite (ln ) est convergente et on a :

lim l = x→x
n n
lim f (x)
0

Autrement dit :

lim ( lim f (x))


x→x0 n→∞ n
= n→∞
lim (x→x
lim fn (x))
0

Pr. Hassan BELHADJ 24 FST TANGER


25 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

Preuve

• Montrons que (ln ) est convergente :


c.u
On a fn → f =⇒ (fn ) vérifie le critère de Cauchy uniforme (C) :
∀E > 0, ∃NE : p, q > NE =⇒ |fp (x) − fq (x)| < E3 ∀x ∈ I
=⇒ passage à la limite x → x0 on a :
|lp − lq | < E3 pour p, q > NE donc (ln ) est de Cauchy alors elle est convergente.

Notons l = lim ln
• Montrons que l = x→x lim f.
0
D’abord le critère (C) :
p > NE =⇒ |fp (x) − f (x)| < E3
Soit p = p0 fixé t.q. p0 > NE on a :
|fp0 (x) − f (x)| < E3 ∀x ∈ I
d’autre part x→x
lim fp0 (x) = lp0 donc,
0
∃ηp0 ,E > 0 :
(x ∈ I et |x − x0 | < ηp0 ,E ) =⇒ |fp0 (x) − lp0 | < E3
on a alors,
pour |x − x0 | < ηp0 ,E et x ∈ I
E E E
|f (x) − l| ≤ |f (x) − fp0 (x)| + |fp0 (x) − lp0 | + |lp0 − l| < 3 + 3 + 3 =E 

2.3 Continuité, intégration et dérivation de la


limite d’une suite de fonctions
2.3.1 Continuité
Théorème 2.3.1.
c.u
Soit fn : D → R t.q. fn → f dans I ⊂ D et soit x0 _inI.
Si fn sont continue en x0 alors, f est continue en x0

Preuve

La continuité de fn en x0 nous permet d’écrire x→x


lim fn (x) = fn (x0 ) = ln
0
lim
n→∞ n
l = lim f
n→∞ n 0
(x ) = f (x0 )

Pr. Hassan BELHADJ 25 FST TANGER


26 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

Par l’interversion des limites (thm précédent).


lim l = x→x
n→∞ n
lim f (x) c-àd : x→x
lim f (x) = f (x0 ) 
0 0

2.3.2 Intégration
Théorème 2.3.2.
c.u
Soit (fn ) :ZI = [a, b] → Rà une suite de fonctions continue t.q. fn → f sur I
x Z x
Soit Fn (x) = fn (t)dt et F (x) = f (t)dt.
a a
c.u
Alors Fn → F sur I.

Preuve

Remarquons d’abord que fn continue =⇒ f continue (voir thm. précédent)=⇒ f


intégrable dans I
c.u
fn → f dans I, donc :
∀E > 0, ∃NE : n > NE =⇒ |fn (t) − f (t)| < E, ∀t ∈ [a, b].
Pour n > NE on a Z:
x Z x
|Fn (x) − F (x)| = | (fn (t) − f (t))dt| ≤ |fn (t) − f (t)|dt ≤ E(a − b)
a a
=⇒ Fn converge uniformément vers F dans [a, b] 

Théorème 2.3.3. Intégration au sens de Riemann


c.u
Si fn → f dans I = [a, b] et (fn ) Riemann intégrable dans I.
Alors f est Riemann intégrable dans I.

Preuve

En exercice.

Remarque 2.3.1.
On peut remplacer dans le théorème (2.3.2) la condition fn continues par fn
intégrables

Remarque 2.3.2.
Dans le théorème (2.3.2) pour x = b on a :
Z b Z b
lim
n→∞
fn (t)dt = lim fn (t)dt
a a n→∞

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27 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

Exemple 2.3.1.
nx

1 fn (x) = 1+nx converge unif. vers f (x) = 1 dans [a, 1].
∀a ∈]0, 1[.
1 1
|fn (x) − f (x)| = 1+nx =⇒ sup|fn − f | = 1+na −→ 0
[a,1]
∀x ∈ [a, 1].
Z x 1 ln(1 + nx) ln(1 + na)
Fn (x) = (1 − )dt = (x − a) − +
a
Z x 1 + nt n n
F (x) = 1dt = x − a.
a
On a :
− ln(1 + nx) ln(1 + na)
|Fn (x) − F (x)| = | + |
n n
ln(1 + nx) ln(1 + na)
≤| |+| |
 n n 
ln(1 + n) ln(1 + na)
≤ + .
n n
 
ln(1 + nx) ln(1 + na) 
=⇒ sup |Fn (x) − F (x)| ≤  + −→ 0
x∈[a,1] x x
On a bien la convergence uniforme de Fn −→ F dans [a, 1] 
2
2 Soit la suite de fonctions hn (x) = nxe−nx
hn −→ h simplement vers h t.q. h(x) = 0, ∀x ∈ R
En effet : pour n fixé :
−nx2 nx x
lim
n−→∞
nxe = lim
n−→∞ enx 2 = lim
n−→∞ n2 enx2
(Règle Hospital)
Montrons que ∀a > 0 hn 9 h uniformément dans [0, a].
En effet :
1 −nx2 a 1
Z a Z a " #
−nx2 2
hn (x)dx = nxe dx = − e = (1 − e−na )
0 0 2 0 2
Z a 1
=⇒ n→∞lim hn (x)dx −→ .
Z a 0 2
Or (n→∞ lim hn (x)dx) = 0
0 Z a Z a
lim
On a donc n→∞ hn (x)dx 6= (n→∞
lim hn (x)dx)
0 0
D’ou ∀a > 0 hn 9 h uniformément dans [0, a]. 

Pr. Hassan BELHADJ 27 FST TANGER


28 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

2.3.3 Dérivation
Théorème 2.3.4.
fn : [a, b] −→ R de classe C 1
On suppose :
0
1 (fn ) −→ g uniformément dans [a, b]
2 ∃x0 ∈ [a, b] t.q. (fn (x0 )) converge.
Alors :
0
(fn ) converge uniformément vers une fonction f dérivable dans [a, b] et on a f = g
Preuve
Z x
0
On pose gn (x) = fn (t)dt. ∀x ∈ [a, b].
x0
0
Puisque
Z x
1 f −→ g uniformément alors d’après le théorème (2.3.2)
(hyp. )
Z x n
0
fn (t)dt −→ g(t)dt uniformément
x0 Z x x0
On pose ge = g(t)dt
x0
Aussi : gn −→ Z x g uniformément
e
0 0
Or gn (x) = fn (t)dt = fn (x) − fn (x0 ). (car fn continue ⇒ intégrable)
x0
D’aprés hyp. 2
fn (x0 )) converge. Soit l = lim fn (x0 )
alors par passage à la limite
gn −→ ge uniformément
or gn (x) = fn (x) − fn (x0 )
(fn (x) − fn (x0 )) −→ ge uniformément
On pose f (x) = g(x) e +l
Montrons que fn −→ f uniformément

|fn (x) − f (x)| = |fn (x) − g(x)


e − l|
= |fn (x) − fn (x0 ) − g(x)
e + fn (x0 ) − l|
≤ |fn (x) − fn (x0 ) − g(x)|
e + |fn (x0 ) − l|
c.u c.u ∼
gn → ge donc fn − fn (x0 ) → g Donc, pour E > 0 donné : ∃N1 : ∀n > N1
|fn (x) − fn (x0 ) − g(x)|
e < E2

Pr. Hassan BELHADJ 28 FST TANGER


29 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

et pour le même E > 0 : ∃N2 : ∀n > N2


|fn (x0 ) − l| < E2
Pour n > N = max(N1 , N2 );
|fn (x) − f (x)| < E2 + E2 = E ∀x ∈ [a, b]
Alors fn −→ f = ge + l uniformément.
0
fn −→ g Z=⇒ g continue .
x 0
=⇒ ge = g(t)dt est dérivable et ge = g.
x0
0
=⇒ f est dérivable et f (x) = g(x) 

Remarque 2.3.3.
Le théorème (2.3.4)est valable aussi si on suppose seulement (fn ) dérivables
(au lieu de C 1 ).
Mais la démonstration utilise le principe de Cauchy uniforme et le théorème des
accroissements finis .

Théorème 2.3.5.
Soit fn : [a, b] −→ R une suite de fonction dérivables.
On suppose :
0
1 (fn ) −→ g uniformément dans [a, b]
2 ∃x0 ∈ [a, b] t.q. (fn (x0 )) converge.
Alors :
0
(fn ) converge uniformément vers une fonction f dérivable dans [a, b] et on a f = g

Preuve
0
Remarquons que fn existe mais non forcement continue, donc on ne peut pas uti-
liser le théorème 2.3.2 comme précédemment.
La démonstration utilise la condition de Cauchy uniforme et le TAF.
On montre d’abord que (fn ) est une suite de Cauchy uniforme sur [a, b] :
|fp (x) − fq (x)| ≤ |fp (x) − fq (x) − fp (x0 ) + fq (x0 )| + |fp (x0 ) − fq (x0 )|
∀E > 0 ∃n1 ∀p, q > n1 |fp (x0 ) − fq (x0 )| < E2 .
De plus, d’après le théorème des accroissements finis appliqués à la fonction
(fp − fq ) sur [x0 , x], il existe y dans ]x0 , x[ tel que :

Pr. Hassan BELHADJ 29 FST TANGER


30 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

0 0
|fp (x) − fq (x) − fp (x0 ) + fq (x0 )| = |x − x0 ||fp (y) − fq (y)|
0 0
≤ |b − a| sup {|fp (y) − fq (y)|}
y∈[a,b]

0 0 E
∀E > 0 ∃n2 ∀p, q > N sup {|fp (y) − fq (y)|} <
y∈[a,b] 2(b − a)
Posons N = max[n1 , n2 ] :
∀E > 0 ∃N ∀p, q > N |fp (x) − fq (x)| < E2 + (b − a) 2(b−a) E
=E
fn vérifie ainsi le critère de Cauchy uniforme sur [a, b], donc (fn ) a une limite
uniforme f sur [a, b].
Ensuite, on fixe x1 dans [a, b] et on pose :
Pour x ∈ [a, b] − {x} : ρn (x) = fn (x)−f
x−x1
n (x1 )
et ρ(x) = f (x)−f
x−x1
(x1 )
0 0
Pour x = x1 : ρn (x) = fn (x1 ) et ρ(x) = lim(fn (x1 ))
Il est clair que les fonctions fn ainsi définies sur [a, b] sont continues en x1 et
convergent simplement vers ρ sur [a, b].
0 0
Pour montrer que f est dérivable en x1 et que f (x1 ) = lim(fn (x1 )).
Il suffit de montrer que ρ est continue en x1 , car ainsi :

0 f (x) − f (x1 )
f (x1 ) = x→x
lim par déf inition
1 x − x1
= x→x
lim (ρ(x))
1

= ρ(x1 ) si ρ est continue en x1


0
= x→∞
lim (fn (x1 ))

Pour montrer que ρ est continue en x1 , il suffit de montrer que la suite de


fonctions continues (ρn ) converge uniformément sur [a, b].
0 0
Pour cela, comme (fn ) converge uniformément sur [a, b], (fn ) est uniformément de
Cauchy, c’est à dire que, si l’on fixe E > 0,
on peut trouver N dans N tel que n ≥ N p ≥ N , pour tout t de [a, b],
0 0
|fn (t) − fp (t)| < E (?)
En appliquant à (fn − fp ) la formule des accroissements finis entre x1 et x, il existe
t dans ]x1 , x[ tel que :

Pr. Hassan BELHADJ 30 FST TANGER


31 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

 0 0 
(fn (x) − fp (x)) − (fn (x1 ) − fp (x1 )) = (x − x1 ) fn (x) − fp (x)
0 0
soit, en divisant par (x − x1 ) 0 : fn (x)−f p (x)
x−x1 − fn (x1 )−fp (x1 )
x−x1 = f n (x) − f p (x)

fn (x)−fp (x) fn (x1 )−fp (x1 )
d’où, en appliquant (?) :

x−x1 < E.
x−x1
C’est-à-dire : |ρn (x) − ρp (x)| < E pour tout x de [a, b] − {x1 } (??)
L’inégalité (large) reste vraie en x1 par passage à la limite (x → x1 ) car les
fonctions ρn et ρp sont continues.
Faisons tendre ρ vers ∞ dans (??) ; on obtient : pour tout n ≥ N , pour tout
x ∈ [a, b],
|ρn (x) − ρ(x)| ≤ E
c’est-à-dire ρn : converge uniformément vers ρ sur [a, b].
0
Aussi f est dérivable et sa dérivée f = g 

Remarque 2.3.4.
1.) La convergence uniforme d’une suite de fonctions dérivables fn
0
n’implique pas que fn converge simplement ou uniformément
Exemple 1

fn (x) = cosnnx
0
fn −→ 0 uniformément, par contre fn = sin nx n’est pas une suite convergente.
2.) Si f une limite uniforme d’une suite de fonctions dérivables fn
n’implique pas que f dérivable.
Exemple 2
q
fn (x) = x2 + n12
fn converge uniformément vers f (x) = |x| dans [−1, 1], en effet :
pour x ∈ [−1, 1] v
1 1
u
u
|x| ≤ tx2 + 2 ≤ |x| +
n n
v
1 1
u
u
t 2
⇔0≤ x +− |x| ≤
n2 n
1
⇔ sup |fn − f | ≤ −→ 0
[−1,1] n

Pr. Hassan BELHADJ 31 FST TANGER


32 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

donc fn −→ |x| uniformément dans [−1, 1].


or fn dérivable dans [−1, 1] et f n’est pas dérivable en 0.

Pr. Hassan BELHADJ 32 FST TANGER


33 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

2.4 Exercices
Exercice 2.1.
On considère la suite de fonctions
nex
fn : [0, 1] −→ R définie par fn (x) = n+x
1) Étudier la limite simple de la suite de fonctions (fn )
2) Étudier la limite Zuniforme de la suite (fn )
1
lim
3) Déterminer n→∞ fn (x)dx
0

Exercice 2.2.
Soit α un réel. On considère la suite de fonctions
fn : [0, 1] −→ R définie par fn (x) = nα xe−nx
1) Déterminer la limite simple de la suite (fn )
2) Pour quel α, (fn ) converge uniformément ?
3) Pour quel α a-t-on
Z 1 Z 1
lim
n→∞
fn (x)dx = lim fn (x)dx
0 0 n→∞

Exercice 2.3.
On considère la suite de fonctions
fn : R −→ R définie par


 1 si x = 0
fn (x) =  1
1 + x2 sin( nx ) si non
1) Déterminer la limite simple f de la suite (fn )
2) Pour n fixé, calculer lim |fn (x) − f (x)|
3) Y’a-t-il convergence uniforme de fn −→ f sur R ?
4) Soit M > 0, Montrer que fn −→ f uniformément sur [−M, M ].

Exercice 2.4.
Soit f : [a, b] −→ R, de classe C 1
On considère la suiteZ xde fonctions
x ∈ [a, b], fn (x) = f (t) cos ntdt
a
Montrer que fn → 0 uniformément dans [a, b]

Pr. Hassan BELHADJ 33 FST TANGER


34 CHAPITRE 2. SUITE DE FONCTIONS

Exercice 2.5.
On considère la suite de fonctions
fn : R+ −→ R définie par


 sin( nx ) si 0 ≤ x ≤ nπ
fn (x) = 
0 si x > nπ
1) Montrer que (fn ) converge simplement sur R+ vers une fonction f à déterminer
0
2) Déterminer la suite de fonctions dérivées (fn ) et étudier sa convergence uni-
forme dans R+
3) La convergence de fn → f est-elle uniforme dans R+ ?

Exercice 2.6.
Soit la suite de fonctions
fn (x) = sin(nx)

n
définies dans I = [0, π/2]
1) Montrer que fn uniformément dans I et préciser la fonction limite uniforme f
2) Déterminer le domaine de convergence simple de la suite des fonctions dérivées
0
(fn ) , puis donner votre conclusion

Pr. Hassan BELHADJ 34 FST TANGER


Chapitre 3

Séries de fonctions

3.1 Convergence d’une série de fonctions


Définition 3.1.1.
Soit D ⊂ R et un : D −→ R une suite de fonctions.
On appelle série de fonctions un la suite (sn ) des sommes ponctuelles :
n
X
sn (x) = uk (x)
k=0

Définition 3.1.2. (convergence simple)


un (x) converge simplement vers une fonction s(x) dans I ⊂ D si :
P
n
X c.s
sn = uk (x) → s dans I.
k=0

Définition 3.1.3. (convergence uniforme)


un (x) converge uniformément vers une fonction s(x) dans I ⊂ D si :
P
n
X c.u
sn = uk (x) → s dans I.
k=0

35
36 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

Définition 3.1.4. (convergence absolue)


un (x) converge absolument vers la fonction s(x) si :
P

|un (x)| converge simplement vers la fonction s(x) ;


P
n
X c.u
(ie) sn = |uk (x)| → s.
k=0

Définition 3.1.5. (convergence normale)


On note kuk∞ = sup |u(x)|,
D
on
X
dit qu’une suite de fonctions un : D −→ R converge normalement sur D si
kuk k∞ converge
k≥0

Exercice 1 :

Soit un : D ⊂ R → R une suite de fonctions :


1) un (x) converge simplement sur I ⊂ D.
P

⇒ un (x) converge simplement vers la fonction nulle sur I.


2) un (x) converge uniformément sur I ⊂ D.
P

⇒ un (x) converge uniformément vers 0 sur I.

Exercice 2 :

Soit un : D ⊂ R → R une suite de fonctions :


Alors :
1) un (x) converge simplement sur I ⊂ D.
P
X
⇔ Rn (x) = un (x) converge simplement vers la fonction nulle sur I.
k≥n+1
2) un (x) converge uniformément sur I ⊂ D.
P
X
⇔ Rn (x) = un (x) converge uniformément vers la fonction nulle sur I.
k≥n+1

Théorème 3.1.1.
Soit un : D −→ R une suite de fonctions
La convergence normale de un (x) sur I ⊂ D =⇒ la convergence uniforme de
P

un (x) sur I.
P

Pr. Hassan BELHADJ 36 FST TANGER


37 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

Preuve
n
X
On applique le critère de Cauchy à la suite sn = kuk k∞,I :
k=0
∀E > 0 ∃NE q ≥ p ≥ NE =⇒ |sq − sp | < E
q
X
c-à-d kuk k∞ < E
k=p+1
Xq q
X
or k uk k∞ < kuk k∞ < E
k=p+1 k=p+1
Xq
sup | uk | < E
I k=p+1
c-à-d, sup |sq − sp | < E
I
Donc (sn ) converge uniformément dans I. 

Théorème 3.1.2. (théorème de Weierstrass)


Soit une suite an ≥ 0 et (un ) une suite de fonctions un : D −→ R telles que :
∀x ∈ I ⊂ D |un | ≤ an .
Si an converge alors un converge normalement sur I.
P P

Preuve

On a : |un | ≤ an ∀x ∈ I =⇒ sup |un | ≤ an


I
(ie) kan k∞ ≤ an
an converge =⇒ kun k∞,I converge 
P P

Remarque 3.1.1.
En pratique pour étudier une série de fonctions un (x) on suit les étapes sui-
P

vantes :
∗ Étape 1 :

On cherche le domaine de convergence simple.


Pour x0 ∈ D fixe, en étudie la série un (x0 )
P

=⇒ identifier le domaine de convergence simple


DS = {x ∈ D/ un (x) converge}.
P

Si DS = ∅ pas de convergence, sinon on passe à l’étape 2 :

Pr. Hassan BELHADJ 37 FST TANGER


38 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

∗ Étape 2 :

On recherche le domaine de convergence uniforme DU


n
X
• On étudie la convergence uniforme de la suite de fonctions sn (x) = uk (x),
X k=0
• Pour tout n ≥ 0, on cherche à calculer ou à majorer kun k∞ = |un (x)|
DU ⊂D
si kun k∞,I converge, alors d’après le théorème de Weierstrass uk (x) converge
P P

normalement donc uniformément sur I.

Exemple 3.1.1.
1) D = R
un (x) = 21n sin(2n x),

• On a : pour x0 ∈ D fixé

un (x0 ) = 21n sin(2n x0 ),


=⇒ |un (x0 )| ≤ 21n =⇒ un (x0 ) converge
P

=⇒ le domaine de convergence simple = R


1
• ∀x ∈ D = R, |un (x)| ≤ 2n

et puisque 21n converge =⇒ un (x) converge normalement sur D donc uni-


P P

formément sur D

2) D = {|x| ≤ 1} ⊂ R
n
un (x) = (−1)n+1 xn
• Convergence normale sur [−a, a] ⊂ D ∀a ∈]0, 1[
n n
en effet si x ∈ [−a, a] |un (x)| = |x|n ≤ |a|n
P n
=⇒ |a|n converge d’après la règle de d’Alembert
n
un = |a|n
on a : uun+1
n
n
= |a| n+1 <1
=⇒ d’après le théorème de Weierstrass : un converge normalement sur [−a, a]
P

(donc uniformément).

Pr. Hassan BELHADJ 38 FST TANGER


39 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

• un (x) ne converge pas normalement sur [0, 1] ni sur [0, 1[, en effet :
P

|x|n 1
sup |un (x)| = sup = et n1 diverge
P

[0,1[ |x|<1 n n
Remarque 3.1.2.
La convergence normale =⇒ la convergence uniforme.
Mais on peut avoir la convergence uniforme sans que la série converge normale-
ment.

Exemples
−nx

1) un (x) = xe
ln(x) , x ∈ R
On montre que :
un (x) converge uniformément dans R∗
P

mais ne converge pas normalement dans R∗

n
x
2) un (x) = (−1)
n2 +x2 , x ∈ R
+

On Xmontre que :
(i) un (x) converge uniformément dans R+ .
n≥1
un (x) ne converge pas normalement dans R+ .
X
(ii)
n≥1

(i) On utilise le critère des séries alternées


x
(−1)n vn (x), vn (x) = n2 +x
P
2

vn (x) ≥ 0, décroissante et −→ 0
donc (−1)n vn (x) converge
P

(−1)n un (x) vérifie |Rn | ≤ un (x) = x
X
on a : Rn = n2 +x2
√k=n
x x2 +n2 √ 1 1
et n2 +x2 ≤ n2 +x2 ≤ x2 +n2
≤ n −→ 0.

(ii)Si (−1)n vn (x) converge normalement, alors vn (x) converge uniformément.


P

Or ceci n’est pas vrai car par exemple pour n + 1 ≤ k ≤ 2n


n2 + k 2 ≤ 5n2
n 1
⇒ n2 +k 2 ≥ 5n

Pr. Hassan BELHADJ 39 FST TANGER


40 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

2n
X 1 1
⇒ ≥n =
k=n+1 5n 5
donc le reste ne tend pas vers 0 ! !

3.2 Théorèmes fondamentaux de la convergence


uniforme
La nature de un (x) s’obtient à partir de la nature de la suite de fonctions de
P
n
X
somme partielles sn (x) = uk (x).
k=0
Ainsi par application de théorèmes vus dans le chapitre 2 (suites de fonctions) à
(sn ), on obtient les théorèmes fondamentaux dans le cas des séries de fonctions.

Théorème 3.2.1. Continuité


Soit (un ) une suite de fonctions définies sur D ∈ R et soit x0 ∈ D. Si la série
un (x) est uniformément convergente sur D et si chacune des fonctions un est
P
X
continue en x0 de D, alors la fonction s(x) = un (x) est continue en x0 .
n>0

Théorème 3.2.2. Critère de Cauchy uniforme pour les séries de fonctions


Soit un : D ⊂ R −→ Rou C une suite de fonctions.
Alors : un (x) converge uniformément sur D ssi :
P

∀E > 0 ∃NE t.q. :


q
X
q > p ≥ NE ⇒ | uk (x)| < E ∀x ∈ D
k=p+1

i.e q
X
|| uk ||∞,D < E
k=p+1

Preuve
n
X
On applique le théorème 3.1.4 à Sn (x) = uk (x)
k=0

Pr. Hassan BELHADJ 40 FST TANGER


41 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

Théorème 3.2.3. Intégration


Soit (un ) une suite d’applications continues d’un intervalle I dans R et soient
a et b deux éléments de I vérifiant a < b .
Si la série ( un ) est uniformément convergente sur [a, b] et a pour somme S ,
P

alors S est continue donc intégrable sur [a, b], et !on a :


Z b ∞
X
! Z b ∞
X Z b
S(x)dx = un (x)dx = un (x)dx .
a n=0 a n=0 a

Théorème 3.2.4. Dérivation


Soit (un ) une suite d’applications un : I = [a, b] → R ou C . On suppose :
1. Il existe x0 dans I tel que la série numérique un (x0 ) soit convergente ;
P
X 0
2. Pour tout n ∈ N , un est dérivable sur ]a, b[ et la série un (x) converge
n≥0
uniformément sur I.
Alors, la série ( un (x)) est uniformément convergente sur I
P

X
et sa somme S(x) = un (x) est dérivable sur ]a, b[ ;
n=0
0

X 0
et on a : S (x) = un (x)
n=0
∞ ∞ d
d X X
C’est à dire : dx un (x) = un (x)
n=0 n=0 dx
∞ ∞ 0
un (x)]0 =
X X
i.e [ [un (x)]
n=0 n=0

Exemple :
2
e−nx X
Soit la série 2
n≥1 n
−nx2
On pose un (x) = e n2 , on a |un (x)| ≤ n12 , ∀x ∈ R
⇒ ||un ||∞ ≤ n12 ⇒ un (x) converge normalement dans R, donc uniformément,
P

donc simplement Xsur R.


On note S(x) = un (x)
n≥1
un est dérivable ∀n √et on a :
0 √ 2
un = n−2
√ (x n)e(−x n )
n
2
ainsi : 2te−t → 0 si t → ∞

Pr. Hassan BELHADJ 41 FST TANGER


42 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

2
donc ∃A > 0 t.q. |2te−t | ≤ A, ∀t
d’où :
0 A
|un (x)| ≤ n√ n
, ∀x
0 A
⇒ ||un ||∞ ≤ n√ n
X 0
d’où la convergence normale donc uniforme de la série : un (x) dans tout inter-
n≥1
valle R
−2x −nx2
Conclusion : S est dérivable dans R, et on a : S 0 (x) =
X
e , ∀x ∈ R.
n≥1 n

Théorème 3.2.5. Abel uniforme


Soient an , un : [a, b] → R deux suites de fonctions.
Si :
n
P
1. ∃M > 0 t.q. ak ≤ M
k=0 ∞
2. La série |un+1 (x) − un (x)| converge uniformément sur [a, b]
P
n≥0
C.U
3. La suite de fonction (un ), un → 0 dans [a, b]

Alors : an (x)un (x) converge uniformément sur [a, b]


P
n≥0

Preuve

On montre que la série de fonction an (x)un (x) vérifie le critère de Cauchy


P
n≥0
Uniforme. n n
On pose : Sn (x) = ak (x)uk (x) et An (x) = ak (x)
P P
k=0 k=0
on a pour n > m ≥ 0 :
n
Sn (x) − Sm (x) = ak (x)uk (x)
P
k=m+1
n
= [Ak (x) − Ak−1 (x)]uk (x)
P
k=m+1
n n
= Ak (x)uk (x) − Ak−1 (x)uk (x)
P P
k=m+1 k=m+1
n n−1
= Ak (x)uk (x) − Ak (x)uk+1 (x)
P P
k=m+1 k=m
n−1
= An (x)un (x) + Ak (x)[uk (x) − uk+1 (x)] − Am (x)um+1 (x)
P
k=m+1

Pr. Hassan BELHADJ 42 FST TANGER


43 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

C.U
Les hypothéses (1) et (3) ⇒ les deux suites de fonctions An (x)un (x) → 0 et
C.U
Am (x)um+1 (x) → 0 sur [a, b]
d’autre part d’après (1) :
n n
Ak (x)[uk (x) − uk+1 (x)] ≤ M |uk (x) − uk+1 (x)| (*)
P P
k=m+1 k=m+1
n
or : l’hypothèse (2) ⇒ |uk (x) − uk+1 (x)| vérifie le critère de Cauchy uniforme
P
k=0
sur [a, b] .
n
L’inégalité (*) montre alors que Sn (x) = ak (x)uk (x) vérifie le critère de Cauchy
P
k=0
Uniforme.


Théorème 3.2.6. Abel version 2


Soient αn , un : [a, b] −→ R t.q.
1. ∃M > 0 : k αn k∞ < M
P

2. un est décroissante et un −→ 0 uniformément sur [a, b]


Alors α(x)un (x) converge uniformément sur [a, b]
P

Preuve (1 ère conséquence du théorème Abel uniforme) :

Il suffit de remarquer que un décroissante


n
X
⇒ |uk (x) − uk+1 (x)| = u0 (x) − un+1 (x)
k=0
donc la condition(2)du théorème Abel uniforme est vérifiée, d’autre part les hy-
pothèses (1) et (2) du théorème Abel uniforme sont vraies par hypothèse. 

Théorème 3.2.7. Abelr Leibniz


Soit un : [a, b] −→ R ; t.q. un est décroissante et un −→ 0 uniformément sur
[a, b]
alors, (−1)n un (x) converge uniformément sur [a, b].
P

Preuve (2 ème conséquence du théorème Abel uniforme) :

un est décroissante ⇒ |uk (x) − uk+1 (x)| = u0 (x) − un+1 (x)


P
n
(−1)k | = 1 ou 0 ∀n, donc bornée.
X
et | 
k=0
Exemple :

Pr. Hassan BELHADJ 43 FST TANGER


44 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

1) Soit an une suite est décroissante et → 0


Les séries an cos nx, et an sin nx avec an = √1n , n1 , ...
P P

convergent uniformément sur tout intervalle I fermé [a, b].


En effet ∀p ≤ q et x ∈ I
q q
eikx |
X X
| cos kx| ≤ |
k=p k=p
q q
X X ikx
| sin kx| ≤ | e |
k=p k=p
q
ikx 1 − eix(q−p+1) 2
| = |eipx
X
et | e ≤
p 1 − eix |1 − eix |
q q
2 X X
soit A = sup |1−e ix | , alors | cos kx| ≤ A, ∀x ∈ I et | sin kx| ≤ A, ∀x ∈ I
I k=p k=p
Il suffit ensuite d’appliquer le théorème Abel-uniforme.
X(−1)n
2) x
converge uniformément dans I = [1, +∞[
n≥1 n
En effet : un (x) = (−1)n vn (x), vn (x) = n1x = exlnx
1

vn (x) est décroissante et |vn (x)| ≤ n1 , ∀x


⇒ sup|vn | ≤ n1 donc (vn (x)) converge uniformément vers 0
I
Il suffit alors d’appliquer le théorème Abel-Leibniz.

Pr. Hassan BELHADJ 44 FST TANGER


45 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

3.3 Exercices
Exercice 3.1.
Déterminer le domaine de la convergence simple des séries de fonctions
x4n X sin nx x X sin nx

X X
a) 2n
b) 2
c) sin n
d)
n≥0 1 + x n≥1 n n≥1 3 n≥1 n
Exercice 3.2. X 1
On veut étudier la série de fonctions un (x), x ∈ R où un (x) = 1+n2 x2 .
≥0
1) Montrer que un (x) converge simplement dans R∗
P

2) Montrer que la convergence de la série un (x) n’est pas normale dans R∗


P

3) Soit a > 0. Calculer sup |un (x)| . En déduire que la série un (x) converge
P

|x|≥a
normalement sur les ensembles Ea = {|x| ≥ a}, ∀a > 0.

Exercice 3.3.
xe−nx
un (x) x ∈ R∗ où un (x) =
X
On considère la série de fonctions ln(n) .
n≥2
1) Montrer que un (x) converge simplement dans R∗
P

2) Montrer que la convergence de la série un (x) n’est pas normale dans R∗


P

xe−x
3) Pour x ∈ R∗ ,on pose Rn (x) =
X
uk (x) Montrer que 0 ≤ Rn (x) ≤ ln(n+1)(1−e −x )
k≥n+1
4) En déduire que la série un (x) converge uniformément dans R∗
P

Exercice 3.4. X 1
On considère la série de fonctions un (x) x ∈ R où un (x) = x2 +n2 .
n≥2
. 1) Montrer que cette série converge uniformément dans R. Notons £S(x)£ sa
somme.
2) Montrer que S est dérivable sur R et écrire sa dérivée comme somme d’une
série de fonctions

Exercice 3.5. X ln(1+nx2 )


On considère la série de fonctions un (x) x ∈ R où un (x) = n2 .
n≥1
. 1) Montrer que cette série converge
X
simplement dans R. Notons S(x) sa somme.
2) Montrer que la convergence un (x) → s(x) est normale sur tout intervalle
n≥2

Pr. Hassan BELHADJ 45 FST TANGER


46 CHAPITRE 3. SÉRIES DE FONCTIONS

[0, A], A > 0, en déduire que S est continue dans R


3) S est-elle dérivable sur R ?

Pr. Hassan BELHADJ 46 FST TANGER


Chapitre 4

Séries entières

4.1 Introduction
4.1.1 Définitions et exemples
Définition 4.1.1.
Soit (an ) ∈ C une suite de nombres réels ou complexes,
an (z−z0 )n ,
X
 On appelle série entière (S.E) toute série de fonctions de la forme
n≥0
z, z0 ∈ C
 On appelle domaine de convergence de la série entière l’ensemble
an (z − z0 )n converge}
X
Dcv = {z ∈ C/
n≥0

Remarque 4.1.1. A l’aide du changement de variable Z = z − z0 , on se ramène


à une S.E centrée à l’origine an Z n .
P

Si D est le domaine de convergence de la S.E an Z n et Dz celui de


P
Z
an (z − z0 )n , alors Dz = DZ + z0 .
X

n≥0
On peut alors étudier dans la suite du chapitre, les séries centrées en 0 sans perdre
la généralité.
Exemple 4.1.1.

47
48 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

a 6= 0, a ∈ C
Étudions la convergence de la S.E : an z n
P
1
 Si |az| = 1 alors |z| = |a| dans ce cas |an z n | 9 0, an z n diverge
P

1
 Si |az| > 1, cad |z| > |a| si Z = az
n+1
Xn
k 1−z 1 |Z|n+1
alors | Z |=| |≥| − |→∞
k=0 1−Z |1 − Z| |1 − Z|
1
 Si |az| < 1, cad |z| < |a| , alors an z n série géométrique convergente
P

X n n ∞ 1 − (az)n+1 1
(az)n = n→∞
X
et a z = lim =
n≥0 n=0 1 − az 1 − az
Exemple 4.1.2.
n!z n on pose un = n!z n
P

 pour z = 0 =⇒ un (z) converge.


P

 pour z 6= 0 on a :
| uun+1 | = | n+1
z | −→ ∞ d’ou d’après théorème de d’Alembert un (z) diverge, donc
P
n
Dcv = {0}

Dans la suite de ce chapitre, on va étudier :


1) Le domaine de convergence des S.E
2) Les opérations sur les S.E
3) Les propriétés de la fonction somme d’une S.E
4) Déterminer les développements en S.E de quelques fonctions usuelles.

4.2 Convergence d’une S.E


Notations :
∗ Disque ouvert : D(0, R) = {z/|z| < R}
∗ Disque ouvert : D(0, R) = {z/|z| ≤ R}

Théorème 4.2.1.
Soit z0 ∈ C fixé t.q. an z0n converge, alors :
P

(a). ∀z ∈ C avec |z| < |z0 |, an z n converge (ie D(0, |z0 |) ⊂ Dcv )
P

(b). ∀r ∈ R+ t.q. 0 < r < |z0 |, la série an z n converge normalement dans D(0, r).
P

Pr. Hassan BELHADJ 48 FST TANGER


49 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Preuve

(a) Soit z ∈ D(0, |z0 |) |z| < |z0 | =⇒ | zz0 | < 1


n
an z n converge =⇒ sn = ak z0k est bornée.
P X

k=0
On a :
ak z k = (ak z0k )( zz0 )k
P P

on pose αn = ( zz0 )n et βn = an z0n


· αn −→ 0
· |( zz0 )n+1 − ( zz0 )n | = | zz0 − 1| × (( zz0 )n ) converge
P P

car | zz0 | < 1


n
ak znk est bornée,
X
· sn =
k=0
d’après le théorème d’Abel (séries numériques première version), αn βn converge.
P

(b) Il s’agit de montrer que : kan z n k∞ converge.


P

kan z n k∞ = sup |an |.|z n | = |an |rn où Dr = {|z| ≤ r}


Dr
Soit ρ > 0 t.q. r < ρ < |z0 |
on a : an ρn converge.
P

en effet an ρn = an z0n ( zρ0 ) = αn βn


P P P

αn = ( zρ0 )n or βn = an z0n comme précédemment.


an ρn −→ 0 donc ∃N0 : ∀n ≥ N0 kan kρn < 1
kan z n k∞ = |an |rn = |an |ρn ( ρr )n < ( ρr )n pour n ≥ N0
P r n
( ρ ) converge =⇒ kan z n k∞ converge. 
P

Théorème 4.2.2.
Soit E = {r ∈ R+ / |an |rn converge}
P

Alors : E 6= ∅
E est un intervalle de R+ c-àd :
soit E = {0}
soit E = [0, r0 [ ou [0, r0 ].
∗+
avec r0 ∈ R = R∗+ ∪ {∞}

Pr. Hassan BELHADJ 49 FST TANGER


50 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Preuve
0 ∈ E =⇒ E 6= ∅.
Montrons que E est un intervalle de R+ . On étudie deux cas :
Cas 1
On suppose E majoré, donc il admet une borne supérieur R = sup E
∀ρ ∈ E, 0 ≤ ρ ≤ R donc E ⊂ [0, R] deux possibilités :
∗ R ⊂ E donc |an |Rn converge, dans ce cas ∀ρ ∈ [0, R]
P

|an |ρn ≤ |an |Rn =⇒ |an |ρn converge =⇒ ρ ∈ E alors E = [0, R]


P

∗R∈ /E
0 0
∀ρ ∈ [0, R[, ∃ρ ∈ E ρ < ρ < R car ρ < R
Donc ρ n’est pas un majorant de E (car R est le plus petit majorant de E)
0 0n
ρ ∈ E =⇒ |an |ρ converge
P
0
=⇒ |an |ρn converge (ρ < ρ ) =⇒ ρ ∈ E
P

aussi [0, R[⊂ E d’où E = [0, R[.


Cas 2 (E n’est pas majoré)
0 0
∀ρ ≥ 0 ∃ρ ∈ E t.q. ρ < ρ
0
|an |ρ n converge =⇒ |an |ρn converge =⇒ ρ ∈ E.
P P

Autrement dit [0, +∞[⊂ E


Or E ⊂ [0, +∞[ par définition, d’où E = [0, +∞[ 
Définition 4.2.1. (Rayon de convergence)
Soit une série entière an (z − z0 )n
P

1. On appelle rayon de convergence de la série entière le nombre


R = sup{r ∈ R+ / an rn converge}.
P

2. On appelle disque de convergence l’ensemble D(z0 , R) = {z/|z − z0 | < R}.

Exercice
Soit E1 = {r ∈ R+ / an rn converge}
P

et E2 = {r ∈ R+ / |an |rn converge}


P

Montrez que sup E1 = sup E2


Proposition 4.2.1.
Si ∃R > 0 : t.q. an Rn soit une série semi-convergente alors, le rayon de
P

convergence de la série entière an z n est =R.


P

Pr. Hassan BELHADJ 50 FST TANGER


51 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Preuve
R ∈ {r ∈ R+ / an rn converge} = E1
P

R∈/ {r ∈ R+ / |an |rn converge} = E2


P

R ∈ E1 , R ∈/ E2
Soient R1 = sup E1 et R2 = sup E2
On a : R ≤ R1 car R ∈ E1
R ≥ R2 car R ∈/ E2
Ainsi R2 ≤ R ≤ R1
Or on sait que R1 = R2 , d’où R = R1 = R2 
Proposition 4.2.2.
Soient an , bn ∈ C
t.q. |an | ≤ |bn |, ∀n
On note Ra le rayon de convergence de an z n
P

et Rb le rayon de convergence de bn z n
P

on a : Ra ≥ Rb .
Preuve
|an | ≤ |bn | =⇒ |an |rn ≤ |bn |rn
Ea = {r ∈ R+ / |an |rn cv.}
P

Eb = {r ∈ R+ / |bn |rn cv.}


P

alors, Eb ⊂ Ea =⇒ sup Eb ≤ sup Ea 


Exemple 4.2.1.X
a) Soit la S.E : cos nz n et R1 son R.C
n≥0
n
et soit la S.E : z avec RX2 son R.C
P

cos nz n et
P n
on compare les deux S.E : z
n≥0
on a : R2 = 1 (d’Alembert par exemple)
comme cos n ≤ 1, ∀n
on a d’après la proposition 4.2.2, R1 ≥ 1
X (−1)n n
b) Soit la S.E : z
n≥1 n
Soit R=1

Pr. Hassan BELHADJ 51 FST TANGER


52 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

P (−1)n n P (−1)n
n R = est semi-convergente (non absolument convergente )
n
X (−1)n n
=⇒ d’après la proposition précédente le rayon de convergence de z est
n≥1 n
R=1
Proposition 4.2.3.
Soient an , bn ∈ C
on note Ra le R.C de an z n et Rb le R.C de bn z n
P P

si ∃α ∈ R, K > 0 et N0 :
∀n ≥ N0 , |an | ≤ K|bn |nα alors Ra ≥ Rb
Preuve
∀z ∈ C, n ≥ n0 =⇒ |an ||z n | ≤ |bn ||z n |Knα
Si |z| < Rb
alors ∃ρ : |z| < ρ < Rb
X = |z|ρ <1
|an |R = |an |ρn X n ≤ |bn |ρn X n Knα pour n ≥ N0 .
n

Or Knα X n −→ 0
car Knα X n = Kρα ln n ρn ln X = Kρα ln n+n ln X −→ 0
=⇒ Knα X n bornée
∃M t.q : |an ||z n | ≤ |bn ||ρn |M
bn ρn est absolument convergente (car ρ < Rb)
P

=⇒ an z n est absolument convergente


P

=⇒ |z| < Ra
ainsi on a montré que |z| < Rb ⇒ |z| < Ra
donc Rb ≤ Ra 
Proposition 4.2.4.
Soient an , bn ∈ C
i) Si ∃α ∈ R : an ∼ bn nα alors Ra = Rb
ii) Si an ∼ bn alors Ra = Rb
Preuve
i) an ∼ bn nα =⇒ |an | = |bn |nα (1 + En ) où lim En = 0
=⇒ ∃N0 , ∀n ≥ N0

Pr. Hassan BELHADJ 52 FST TANGER


53 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

|an | ≤ |bn |nα × 2 d’après la proposition précédente Ra ≥ Rb


d’autre part an ∼ bn nα
⇐⇒ bn ∼ an n−α =⇒ Rb ≥ Ra d’où Ra = Rb
ii) Si an ∼ bn =⇒ Ra = Rb d’après i il suffit de prendre α = 0 

4.2.1 Formule de Hadamard


Rappels :

• Soit (an ) une suite réelle, on note :


mn = inf{ap /p ≥ n}
Mn = sup{ap /p ≥ n}
mn est croissante et Mn est décroissante et lim mn ≤ lim Mn
Par définition :
lim inf an = lim mn
lim sup an = lim Mn
càd lim inf an = n→∞
lim inf ak
k≥n
et lim sup an = n→∞
lim sup ak
k≥n

• Rappels :(caractérisation)
lim inf :
λ = lim inf an si et seulement :
∀E > 0 , ∃N0 : ∀n ≥ N0 an > λ − E
lim sup :
λ = lim sup an si et seulement :
∀E > 0 , ∃N0 : ∀n ≥ N0 an < λ − E

• (an ) converge si et seulement :


lim inf an = lim sup an = lim an

• lim inf | aan+1 | ≤ lim inf n |an | ≤ lim sup n |an | ≤ lim sup | aan+1
q q
n n
|
Théorème 4.2.3. (formule de Hadamard)
Soit R le rayon de convergence de la série entière an z n .
P
1√ +
R est donnée par : R = n
∈R
lim sup |an |

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54 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Preuve

E = {r ∈ R+ / an rn cv.}
P

R = sup E
Soit ρ ∈ E, on a lim an ρn = 0
=⇒ ∃n0 : ∀n ≥ n0 |an |ρn < 1
=⇒ ρ ≤ √ n
1
∀n ≥ n0 , =⇒ ρ ≤ 1√
|an | lim sup n |an |
1√
alors, sup E ≤
lim sup n |an |
1√
d’où R ≤
lim sup n |an |

Inversement :
supposons ∃r0 t.q
1√
R < r0 < n
lim sup |an |
r0 > R donc r0 ∈ / E =⇒ an r0n diverge.
P
q
D’après la règle de Cauchy : lim sup n |an r0n | ≥ 1
1√
=⇒ r0 ≥ n
lim sup |an |
1√
Impossible car r0 < 
lim sup n |an |

4.2.2 Formule de d’Alembert


Théorème 4.2.4. (d’Alembert)
Soit an z n une série entière,
P

si lim | aan+1 | = L, alors le rayon de convergence de la série an z n est donné par


P
n
1
R=L

Preuve

On applique le critère de d’Alembert pour les séries numériques :


lim | aan+1
n
|=L
• Si |z| < L1
z n+1
alors, lim | an+1 | < 1 =⇒ an z n converge
P
an z n

• Si |z| > L1

Pr. Hassan BELHADJ 54 FST TANGER


55 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

n+1
alors, lim | an+1 z
an z n | > 1 =⇒ an z n diverge grossièrement.
P

D’où R = L1 
Exemple 4.2.2.
zn X
? Soit α ∈ R, calculons le R.C de la S.E : α
n≥1 n
an = n1α ,

| aan+1
n
| = (n+1) α −→ 1 =⇒ R = 1

n
? zn!
P

an = n!1 , | aan+1
n
| −→ 0 =⇒ R = +∞.

? n2 z n
P
(n+1)2
an = n2 , | aan+1
n
|= n2 −→ 1 =⇒ R = 1.
zn
?
P
ln(n+1)
ln(n+1)
1
an = ln(n+1) , | aan+1
n
|= ln(n+2) −→ 1 =⇒ R = 1

4.3 Opérations sur les séries entières


Addition :

Soient les S.E : an z n de R.C = Ra


P

bn z n de R.C = Rb
P

et notons Ra+b le R.C de la S.E : (an + bn )z n


P

Proposition 4.3.1.
(i) On a en général :
Ra+b ≥ inf(Ra , Rb )
(ii) Si Ra 6= Rb , Ra+b = inf(Ra , Rb )
Preuve
(i) Supposons que Ra = inf(Ra , Rb ) i.e Ra ≤ Rb

Pr. Hassan BELHADJ 55 FST TANGER


56 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Notons :
Ea = {r ∈ R+ / an rn cv.}
P

Eb = {r ∈ R+ / bn rn cv.}
P

Ea+b = {r ∈ R+ / (an + bn )rn cv.}


P

Soit r0 t.q r0 < Ra et r0 ∈ Ea =⇒ r0 < Rb et donc r0 ∈ Eb


an r0n et bn r0n convergent
P P

=⇒ (an + bn )r0n converge.


P

=⇒ Ea ⊂ Eb ⊂ Ea+b
=⇒ Ra ≤ Ra+b et Rb ≤ Ra+b
(ii) A faire en exercice. 
Produit :

Rappel :
Soient an , et bn deux séries numériques (à valeurs complexes)
P P
n
X
cn = ak bn−k
k=0
si an , et bn sont absolument convergentes
P P

alors cn est absolument convergente


P

X ∞
X X∞
et on a cn = ( an )( bn )
n=0 P n=0 n=0
( |an | < ∞ et |bn | < ∞)⇒ |cn | < ∞
P P

Proposition 4.3.2.
Soient an z n , et bn z n deux S.E de R.C respectivement : Ra et Rb
P P
n
X
alors, si cn = ak bn−k
k=0
(1) cn z n est de R.C Rc ≥ inf(Ra , Rb )
P

(2) ∀z/|z| < inf(Ra , Rb ) on a :


∞ ∞ ∞
cn z n = ( an z n )( bn z n )
X X X

n=0 n=0 n=0

Preuve :
∞ ∞
n
bn z n
X X
On pose : Sa (z) = an z , Sb (z) =
n=0 n=0

Pr. Hassan BELHADJ 56 FST TANGER


57 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES


cn z n
X
et Sc (z) =
n=0
si r < inf(Ra , Rb )
n
n
ak rk bn−k rn−k
X
on a : cn r =
k=0
comme |an |rn < ∞ , et |bn |rn <∞
P P

alors |cn |rn < ∞


P

pour |z| < inf(Ra , Rb ), on a Sa Sb = Sc 

Composition :

Proposition 4.3.3.
soit A(z) = an z n de R.C = Ra
P

B(z) = bn z n de R.C = Rb
P

Supposons B(0) = 0 (= b0 ), alors :


(a) ∀r > 0 ∃ρ > 0
∀z/ |z| < min(ρ, Rb ) =⇒ |B(z)| < r

(b) En particulier
si r < Ra alors B(z) ∈ DC,A(z)
On peut alors définir AoB(z) par :
AoB(z) = an (B(z))n
P

Preuve :

(a) Si z −→ 0, Sb (z) −→ 0
(b) Évident 

Application :

Soit an z n −→ rayon R, quel est le R.C de an z 2n ?


P P

On cherche ç substituer√z 2 dans la série.


• Si |z 2 | < R (ie) |z| < √R alors, an z 2n convergence
P

• Si |z 2 | > R (ie) |z| > √R alors, an z 2n divergence.


P

donc an z 2n −→ rayon R.
P

Pr. Hassan BELHADJ 57 FST TANGER


58 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Dérivation/Intégration :

Théorème 4.3.1.
an z n −→ rayon de cv = R
P

(i) Les séries entières (dérivées) : nan z n−1 , n(n−1)an z n−2 , ...etc, ont le même
P P

rayon de convergence .
P an n+1
(ii) Le série primitive n+1 z possède également le même rayon R.

Preuve :
1
m
Y 1
(i) Comme lim n = 1, (n − i) n → 1, ∀m
n

i=0
on a :
1 1 1
lim sup |nan | n = lim sup |n(n − 1)an | n = ... = R
an n1
(ii) lim sup( n+1 ) = R1 

Théorème 4.3.2.
Soit an xn une série entière,
P

an x n
X
Soit f :] − R, R[−→ R t.q. : f (x) =
n=0
Alors f est dérivable et on a :
0

nan xn−1
X
f (x) =
n=1

Preuve :
n
ak xk
X
Sn :] − R, R[−→ R tq. Sn (x) =
k=0
• lim Sn (x) = f (x), ∀x ∈] − R, R[
0
n
kak xk−1
X
• Sn est dérivable et S (x) =
k=1
0
• le rayon de convergence de la série nan xn−1 est R, donc Sn converge unifor-
P

mément dans [−r, r] ∀r < R.


Alors par application du théorème de dérivation des séries de fonctions, on a
0

nan xn−1
X
f (x) = lim Sn (x) = 
n=1

Pr. Hassan BELHADJ 58 FST TANGER


59 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Corollaire 4.3.1.
f (x) = an xn de rayon R.
P

f (n) (0)
Alors, f ∈ C ∞ (] − R, R[) et on a : ∀x ∈] − R, R[, ∀n, an = n!

Preuve :

Par récurrence d’après le théorème 4.2.2, on a



(k)
n(n − 1)...(n − k + 1)xn−k , ∀k
X
f (x) =
n=k
(k)
=⇒ f (0) = k!ak , ∀k 

4.4 Développement en série entière


4.4.1 Définition et exemples
Définition 4.4.1.
On dit que la fonction f d’une variable complexe ou réelle z (resp x) est
développable en série entière à l’origine s’il existe une série entière telle que
f (x) = an z n , ∀z ∈ Dcv
P

Dcv = Domaine de convergence de la S.E

Définition 4.4.2.
Soit f une fonction de variable réelle x, et soit x0 ∈ R
On dit que f est développable en S.E au voisinage de x0 si ∃une suite (an ) et r > 0
t.q :
f (z) = an (x − x0 )n ∀x ∈]x0 − r, x0 + r[
P

Exemple 4.4.1.
1
• f (z) = 1−z f admet le développement en S.E. car pour |z| < 1
P n
on a : f (z) = z .
P n
• f (z) = ez f admet le développement en S.E. car ∀z ∈ C on a : ez = zn!

Pr. Hassan BELHADJ 59 FST TANGER


60 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

4.4.2 Séries de Taylor


Proposition 4.4.1.
Si f est développable en série entières, alors f ∈ C ∞ sur un voisinage
ν(x0 ) =]x0 − E, x0 + E[;
X f (n) (x0 )
et on a : f (x) = (x − x0 )n
n≥0 n!
donc d’après le corolaire théorème (3.6)
(n)
f (x) = n≥0 an (x − x0 )n avec an = f n!(x0 )
P

4.4.3 Développement usuels


→ Voir liste en Annexe.

Exemple 4.4.2.
x2n
ch(x)= n≥0 (2n)! R=∞
P

x2n+1
sh(x)= n≥0 (2n+1)! R=∞
P

α(α−1)...(α−n+1) n
(1 + x)α = x R=1
P
n≥0 (2n)!

4.4.4 Procédés Sommation de quelques SE


Problème
Problème inverse des développements en SE d’une fonction. À partir d’une série
trouver la somme f(x) ?

Méthode 1 :
P (n)
On cherche la somme f (x) d’une S.E an xn , où an =
P
n!
et P est un polynôme en n de degré m.
On cherche P sous la forme
m
X
P (n) = α0 + α1 n + α2 n(n − 1) + ... = α0 + αk n(n − 1)...(n − k + 1)
k=1

alors en déduit α1 , α2 , ..., αm

Pr. Hassan BELHADJ 60 FST TANGER


61 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Exemple 4.4.3.
X 3 2 xn
Sommer la SE (n + 9n + 20n + 11)
n≥0 n!
→ le R.C est R = 1
P (n) = n3 + 9n2 + 20n + 11
= α0 + α1 n + α2 n(n − 1) + α3 n(n − 1)(n − 2) pour n = 0, 1, 2, 3

n = 0 ⇒ P (0) = α0 = 11

n = 1 ⇒ P (1) = α0 + α1 = 41 ⇒ α1 = 30
n = 2 ⇒ P (2) = α0 + 2α1 + 2α2 = 95 ⇒ α2 = 12
n = 3 ⇒ P (3) = α0 + 3α1 + 2α2 + 6α3 = 179 ⇒ α3 = 54/6 = 9
Somme :
 
X α α n α n(n − 1) α3 n(n − 1)(n − 2)  n
 0 + 1 + 2
f (x) = 11 + x
n≥0 n! n! n! n!
X xn X xn X xn X xn
= + 30 + 12 +9
n≥0 n! n≥1 (n − 1)! n≥2 (n − 2)! n≥3 (n − 3)!
X xn X x(n−1) 2 X x
(n−2)
3 X xn−3
= + 30x + 12x + 9x
n≥0 n! n≥1 (n − 1)! n≥2 (n − 2)! n≥3 (n − 3)!
x x 2 x 3 x
= 11e + 30xe + 12x e + 9x e

⇒ f (x) = (11 + 30x + 12x2 + 9x3 )ex

Méthode 2 :

On cherche la somme f (x) d’une S.E an xn où an = P (n)


P

et P est un polynôme en n de degré m.


On cherche P sous la forme
m
X
P (n) = α0 + α1 n + α2 n(n + 1) + ... = α0 + αk n(n + 1)...(n + k)
k=1

alors en déduit α0 , α1 , ..., αm

Pr. Hassan BELHADJ 61 FST TANGER


62 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Exemple 4.4.4.
(n3 + 9n2 + 20n + 11)xn
X
f(x) ? tq : f (x) =
n≥0
On écrit

P (n) = n3 +9n2 +20n+11 = α0 +α1 (n+1)+α2 (n+1)(n+2)+α3 (n+1)(n+2)(n+3)

n = −1 ⇒ P (−1) = α0 = −1
n = −2 ⇒ P (−2) = −1 ⇒ α1 = 0
n = −3 ⇒ P (−3) = 5 ⇒ α2 = 3
n = −4 ⇒ P (−4) = 11 ⇒ 1
P (n) = −1 + 3(n + 1) + (n + 1)(n + 2)(n + 3)
xn + 3 (n + 1)(n + 2)xn + (n + 1)(n + 2)(n + 3)xn
X X X
f (x) = −
n≥0 n≥0 n≥0
n 1
= 1−x
n≥0 x pour x ∈] − 1, 1[.
P

Les autres séries se déduisent facilement :


 00 !00
X n X n+2  1
3 (n + 1)(n + 2)x = 3  x =3 −1−x
n≥0 n≥0 1−x
 000
1 00
(n + 1)(n + 2)(n + 3)xn =  xn+3  = [ − 1 − x − x2 ] ...
X X

n≥0 n≥0 1−x

Pr. Hassan BELHADJ 62 FST TANGER


63 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

4.5 Exercices
Exercice 4.1.
Déterminer le rayon de convergence et calculer la somme des séries entières
suivantes :√
(1 + 2)2n z n (1 − i)n z n
X X
a) b)
n≥0 n≥0
zn
n!z n
X X
c) d)
n≥1 n≥0 n!

Exercice 4.2.
On considère la série entière
an z n où an = an2 + bn + c
X

n≥0
où a, b, c ∈ R des constantes données
1) Déterminer le rayon de convergence de cette série
2) Calculer la somme dans son domaine de convergence
Exercice 4.3.
Déterminer le rayon de convergence des séries entières suivantes :
X n n X ln(n) n
a) n z b) z
n≥0 n≥1 ln(n + 1)
X (−2)n 3n+1
(1 + i)n z n
X
c) z d)
n≥1 n + 1 n≥0
Ind. Utiliser la formule de Hadamard et ses corollaires.
Exercice 4.4. √
On note j = − 21 + i 23 √
1) Vérifier la relation 1 + 2j + 3j 2 = ij 3
ce nombre sera noté α
2) Déterminer le rayon de convergence de la série
an z n avec an = n1 αn
P

3) Pour |z| < √13


a- Expliciter la somme partielle
n
ak z k
X
Sn (z) =
k=0
b- Déduire la somme S(x) pour x réel.

Pr. Hassan BELHADJ 63 FST TANGER


64 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Exercice 4.5.
On donne les séries entières suivantes :
X 2 n n
xn
X
(a) nx (b) 2
n≥0 n≥2 n − 1
Pour chacune des deux séries (a) et (b) :
1) Déterminer le rayon de convergence R
2) Étudier la convergence en x = R et en x = −R
En déduire le domaine de convergence de la S.E
3) Calculer la somme

Exercice 4.6. (Série entière inverse)


Soit une série entière an z n de rayon de convergence R 6= 0
P
+∞
an z n
X
et de somme S(z) =
n=0
On suppose a0 6= 0
Montrer qu’il existe une série entière bn z n
P
0
de rayon R de somme σ t.q
0
∀z/ |z| < inf(R, R ), S(z)σ(z) = 1

Exercice 4.7.
Calculer la somme des séries entières
X 1
(a) S1 (x) = cos(2nπ/3)xn
n≥1 n
X xn
(b) S2 (x) =
n≥3 (n − 2)(n + 1)(n + 3)

Exercice 4.8.
Développer en série entière (préciser le rayon de convergence) des fonctions
réelles suivantes
(a) f (x) = ex sin(x)
1
(b) f (x) = (x+1)(x−2)

Exercice 4.9.
On considère l’équation différentielle
00
xy − y = x2 + x − 1 (E1)
0
t.q. y(0) = 1 et y (0) = 1

Pr. Hassan BELHADJ 64 FST TANGER


65 CHAPITRE 4. SÉRIES ENTIÈRES

Déterminer la fonction y(x) solution de l’équation différentielle (E1) développable


en série entière au voisinage de x0 = 0.

Exercice 4.10.
On considère l’équation différentielle
00 0
2
(x − 2x)y + 6(x − 1)y + 6y = 0 (E2)
0
t.q. y(1) = 0 et y (1) = 1
Déterminer la fonction y(x) solution de l’équation différentielle (E2) développable
en série entière au voisinage de x0 = 1.

Pr. Hassan BELHADJ 65 FST TANGER


Chapitre 5

Séries de Fourier
5.1 Série trigonométrique
5.1.1 Définition et propriétés
Définition 5.1.1.
On appelle série trigonométrique (S.T) une série de fonctions de la forme fn (x)
P

où fn (x) = an cos(nx) + bn sin(nx)


Avec an , bn ∈ C, x ∈ R.

Remarque 5.1.1.
(a). Les fonctions fn (x) sont périodiques de période 2π
(b). Si fn (x0 ) converge alors fn (x0 + 2kπ) converge, ∀k ∈ Z
P P

(c). On définit plus généralement, les séries trigonométriques par fn (x)


P

où fn (x) = an cos(nωx) + bn sin(nωx) et ω ∈ R,


dans ce cas fn périodique de période T = 2π ω

Proposition 5.1.1.
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(a). fn (x) converge dans R
P

(b). fn (x) converge dans [0, 2π]


P

(c). fn (x) converge dans [α, α + 2π] ∀α ∈ R


P

66
67 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Preuve
Il suffit d’utiliser le fait que fn (x) est périodique de période 2π (A faire en exercice).
Remarque 5.1.2.
Dans le cas d’une S.T générale fn (x) où fn (x) = an cos(nωx) + bn sin(nωx)
P

La proposition 5.1.1 reste vraie, il suffit de remplacer 2π par T = 2π


ω.

Théorème 5.1.1.
Si an et bn convergent absolument alors fn (x) converge normalement
P P P

dans R
Preuve

|fn (x)| = |an cos(nx) + bn sin(nx)| ≤ |an | + |bn | ∀x ∈ R.


⇒ sup |fn (x)| ≤ |an | + |bn |
R
càd ||fn (x)||∞,R ≤ |an | + |bn |
X X
or |an| , |bn | convergent
X
⇒ ||fn (x)||∞,R converge

Théorème 5.1.2.
Si (an ) et (bn ) sont décroissantes vers 0 alors la série fn (x) converge unifor-
P

mément sur tout intervalle [α, 2π + α] ∀α ∈]0, π[


Preuve
Pour cela il suffit de montrer que les sommes suivantes sont bornées :
n
X n
X
An = cos kx et Bn = sin kx
k=0 k=0
n
X ikx 1 − ei(n+1)x
soit Cn = An + iBn = e =
k=0 1 − eix
1 1 2
⇒ |Cn | ≤ |1−e ix | + |1−eix | = |1−eix |
√ √
on montre facilement que |1 − eix | = 2 1 − cos x = 2| sin x2 |

Pr. Hassan BELHADJ 67 FST TANGER


68 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

ainsi |Cn | ≤ | sin1 x | = Mx


2
d’où |An | ≤ Mx et |Bn | ≤ Mx
(et Mx indépendant de M ). 

5.1.2 Écriture complexe d’une série trigonométrique


Rappel :

Relations d’Euler

einωx + e−inωx
cos(nωx) =
2
einωx − e−inωx
sin(nωx) =
2i
Proposition 5.1.2.
La S.T peut s’écrire :
+∞
inx
cn einx
X X
fn (x) = cn e =
P

n∈Z n=−∞
Avec :
cn = an −ib
2
n

et c−n = an +ib
2
n
∀n ∈ N∗
Preuve
Il suffit d’utiliser les relations d’Euler =⇒ le résultat. 
Remarque 5.1.3.
∀n ∈ N∗
an = cn + c−n
bn = i(cn − c−n )
Proposition 5.1.3. (calcule des coefficients an , bn cas réel )
fn (x) = an cos(nx) + bn sin(nx) an , bn ∈ R
On suppose que fn (x) uniformément convergent dans [0, 2π]
P

X
et soit f (x) = fn (x)
n=0

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69 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Alors : ∀n
Z 2π
∈ N, on a :
1
a0 = 2π f (x) dx
0
Z 2π 1 Z 2π
an = 1
π 0 f (x) cos(nx) dx, bn = f (x) sin(nx) dx ∀n ∈ N∗
π 0

Preuve
f (x) = ∞ n=0 fn (x) ⇒
P
P∞
f (x) cos(nx) = n=0 fn (x) cos(nx)
f (x) sin(nx) = ∞ fn (x) sin(nx)
P
n=0
La convergence de fn (x) −→ fZ(x)
P

⇒ On peut intervertir lim () et () :
0
Z 2π ∞
X Z 2π ∞
X Z 2π
f (x) cos(kx) dx = ak cos(kx) cos(nx) dx + ak sin(kx) cos(nx) dx
0 k=0 0 k=0 0
Z 2π ∞
X Z 2π ∞
X Z 2π
f (x) sin(nx) dx = ak cos(kx) sin(nx) dx + ak sin(kx) sin(nx) dx
0 k=0 0 k=0 0
Il suffit alors d’utiliser les résultats suivants pour finir la démonstration :
Z 2π  0 si k 6= n
cos(kx) cos(nx) dx= 
0

π si k = n
Z 2π  0 si k 6= n
sin(kx) sin(nx) dx= 
0 π si k = n
Z 2π
sin(kx) cos(nx) dx = 0 
0

Remarque 5.1.4.
Si fn (x) converge uniformément dans [−π, π] on peut aussi écrire :
P

1
Z π 1Zπ
an = π f (x) cos(nx) dx, bn = f (x) sin(nx) dx
−π 2 −π
Proposition 5.1.4. (Coefficient complexe d’une série trigonométrique )
inx
n∈Z cn e la série trigonométrique s’écrire sous la forme complexe
P

on suppose que la série converge uniformément dans [0, 2π], Alors on a


Z 2π
cn = 1
2π 0 f (x)e−inx dx,

Preuve
P+∞ ikx
f (x) = k=−∞ ck e converge uniformément =⇒

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70 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Z 2π
−inx 1 Z 2π +∞ −inx 1 +∞
X Z 2π
1
()e−inx dx
X
2π 0 f (x)e dx = ()e dx =
2π 0 −∞ 2π −∞ 0
Or : 
Z 2π
ikn −inx
 1 si k = n
e e dx=  
0 0 si sinon

5.2 Série de Fourier


Question :

Étant donnée une fonction f (x), 2π périodique.


Existe-t-il une série trigonométrique de somme égale à f (x) ?
Définition 5.2.1. (Série de Fourier)
Soit f : R −→ R périodique de période 2π (2π − périodique)
La série de Fourier (S.F) associé à f est la série trigonométrique
a0
2 + n≥1 [an cos(nx) + bn sin(nx)]
P

où : Z
1
2π 1 Z 2π
an = π f (x) cos(nx) dx et bn = f (x) sin(nx) dx ∀n ≥ 0
0 π 0
Problème :

• La série de Fourier associe à f est-elle convergente ?


• Si oui, sa somme égale à f ?
Remarque 5.2.1.
(i) A cause de périodicité −→ on peut changer l’intervalle [α, α + 2π]
(ii) Si f est paire =⇒ bn = 0 ∀n
(ii) Si f est impaire =⇒ an = 0 ∀n
Preuve
(i) évident.
(ii) f paire.
D’après (i) on a
1Z0 1Zπ 1Zπ
bn = f (x) sin(nx) dx = f (x) sin(nx) dx + f (x) sin(nx) dx
π −π π 0 π 0
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71 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Z 0 Z π
Comme f est paire alors () dx = − () dx. d’où bn = 0
−π 0
(iii) Même raisonnement que dans (ii). 
Remarque 5.2.2. (Série de Fourier Complexe)
• f : R −→ R 2π − périodique
La série de Fourier de f peut s’écrit :
[ n∈Z cn einx ]
P

Avec : Z

cn = 2π 1
f (x)e−inx dx. ∀n ≥ 0
0
• an , bn ou cn sont appelés coefficients de Fourier de f .
Remarque 5.2.3.
La somme partielle d’ordre n s’écrit :
n n
a0
ck eikx
X X
Sn = 2 + (ak cos(kx) + bk sin(kx)) =
k=1 k=−n

Convergence ?
Théorème 5.2.1. (Dirichlet)
Soit f : R −→ R T − périodique et intégrable sur [0, T ] tel que :
1) f est continue dans [0, T ] sauf peut être en un nombre fini des points x1 , ..., xj ∈
[0, T ]
2) f dérivable sur ]xi , xi+1 [
3) f admet des dérivés à droite et à gauche en chaque xi
Alors la série converge simplement vers la fonction 12 (f (x+ ) + f (x− ))
Avec f (x+ ) = lim+ f (x) et f (x− ) = lim− f (x)
x→x x→x

Preuve
Admis 
Exemple 5.2.1.
f : R −→ R périodique de période 2π tel que :
Si x ∈] − π, π] =⇒ f (x) = x
On a : lim − f (x) = π et lim + f (x) = −π
x→−π x→−π
1)Graphe :

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72 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Figure 5.1 –

f vérifie les conditions du théorème de Dirichlet


2) Série de Fourier de f ?
Comme f est impaire =⇒ an = 0 ∀n
1
Z 0 2Zπ (−1)n+1
bn = π x sin(nx) dx = x sin(nx) dx = 2
−π π 0 n
∞ (−1n+1 )
X
Ainsi f (x) = 2 sin(nx)
n=1 n
3) Quelle est la somme de cette série de Fourier de S sur R ?
D’aprèsle théorème de Dirichlet la somme de cette S.F est donnée par :
 f (x) si x ∈ / Eπ
S(x)= 
0 si x ∈ Eπ
Avec Eπ = {(2k + 1)π/k ∈ Z}

Exemple 5.2.2.
Soit a ∈ R∗
f : R −→ R périodique de période 2π tel que :
Si x ∈]0, 2π] =⇒ f (x) = eax
−x
1) ex : a = −1
2π =⇒ f (x) = e 2π
1
On représente le graphique pour a = − 2π
Graphe :

2) Série de Fourier de f ?
On calcule les coefficients de Fourier :
on utilise l’écriture complexe de la S.F de f

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73 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Figure 5.2 –

1 Z 2π
cn = f (x)e−inx dx
2π 0
1 Z 2π ax−inx
= e dx
2π 0
1 (e2πa − 1)(a + in)
=
2π a2 + n2
2  − cos(nx) π
=
π n 0
2πa
1 (e − 1)(a + in)
=
2π a2 + n2
an − ibn
=
2
a(e2πa −1) −n(e2πa −1)
=⇒ an = π(a2 +n2 ) , bn = π(a2 +n2 )

a0 1 X
=⇒ S(x) = 2 + π (an cos(nx) + bn sin(nx))
n≥1
e2πa −1 1 X e2πa − 1
= 2πa + π (a cos(nx) − n sin(nx))(a cos(nx) − n sin(nx))
n≥1 a2 + n2
Séries de Fourier d’une fonction non périodique

Dans certains cas, on peut obtenir un développement en S.F d’une fonction non
périodique.
Soit f : [a, b] → R non périodique
soit g : R → R périodique de période T ≥ b − a
t.q. g|[a,b] = f

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74 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

si g satisfait les condition de Dirichlet, on a :


a0 X
g(x) = + (an cos(nx) + bn sin(nx))
2 n≥1

ainsi g coincide avec f sur [a, b], donc :


a0 X
f (x) = + (an cos(nx) + bn sin(nx)) dans[a, b]
2 n≥1

Exercice :
Donner une série de Fourier de période 2π qui coïncide avec la fonction f (x) = ex
sur ]0, π[
Solution :
Comme la période T = 2π > π= longueur de [0, π], il y’a infinité de solutions.

par exemple :Soit f le prolongement pair de f à ] − π, π[
∼  ex si x ∈]0, π[
càd : f (x) =  −x
e si x ∈] − π, 0[

f continue dans ] − π, π[

soit g une fonction 2π-périodique t.q. g ≡ f (x) sur ] − π, π[
alors la S.F de g s’obtient par :
π
a0 = 2(e π−1) ,
n π
e −1
an = 2 (−1)
1+n2 et bn = 0
π
∞ (−1)n eπ − 1
⇒ SF (g) = e π−1 +
X
2 2
cos nx
n=1  1 + n
∼  ex si x ∈ [0, π]
et sa somme = f (x) =  −x
e si x ∈ [−π, 0]
Égalité de Parseval
Théorème 5.2.2.

Soit f une fonction développable en série de Fourier de période T = ω, alors :
∞ ω Z α+ 2πω
2 2 2
a0
|cn |2
X X
2 + (a n + b n ) = f (x) dx = 2
n=1 π α n∈Z

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75 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

Figure 5.3 –

où :
an −ibn an +ibn
cn = 2 , c−n = 2
Preuve :
Admis. 
Remarque 5.2.4.
• si f est périodique de période T = 2π, alors ω = 1
L’E.P s’écrit :
a02 ∞ 1 Z 2π 1Zπ
2 2 2
f (x)2 dx
X
+ (an + bn ) = f (x) dx =
2 n=1 π 0 π −π

• si de plus f est paire ⇒ f 2 est paire, et bn = 0, on obtient :


a02 ∞ 2Zπ
2
f (x)2 dx
X
+ an =
2 n=1 π 0
• si f est impaire ⇒ f 2 est impaire, et an = 0, on obtient :
∞ 2Zπ
b2n f (x)2 dx
X
=
n=1 π 0
Application :

1 sur ]0, π[

Soit : f (x) = 
−1 sur ] − π, 0[
et f 2π − périodique
La S.F de f (Exercice 1) :
4 X∞ sin(2n + 1)x
S(x) =
π n=0 2n + 1
Pr. Hassan BELHADJ 75 FST TANGER
76 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER


 1 si x ∈]0, π[
S(x) = 
0 si x = 0 ou π
∞ (−1)n
on a par exemple : S( π2 ) =1= 4 X
π
n=0 2n + 1

X (−1)n π
d’où =
n=0 2n + 1 4
et d’après l’E.P on peut écrire :
Z π ∞ 16 1
2 2 X
π 0 f (t) dt = 1 = 2 2
n=0 π (2n + 1)

X 1 π2
⇒ 2
=
n=0 (2n + 1) 8

Pr. Hassan BELHADJ 76 FST TANGER


77 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

5.3 Exercices
Exercice 5.1.
On considère la fonction réelle f : R −→ R 2π-périodique, impaire et telle que
f (x) = 1, ∀x ∈]0, π]
1. Donner la représentation graphique de la fonction f dans [−2π, 2π]
2. Déterminer la série de Fourier associer à la fonction f
3. Quelle est la somme de cette série dans R ?
(−1)k
4. Montrer que +∞ π
k=0 2k+1 = 4
P

Exercice 5.2.
On considère la fonction réelle f : R −→ R 2π-périodique, impaire et telle que
1, ∀x ∈]0, π[
f (x) = { 1. Donner la représentation graphique de la fonction f
0 si x ∈ πZ
dans [−2π, 2π]
2. Développer en série de Fourier la fonction f dans ] − π, π[
3. Montrer que la série de Fourier de f converge simplement vers f R.

Exercice 5.3.
On considère la fonction réelle f : R −→ R 2π-périodique et telle que
f (x) =|x|, ∀x ∈] − π, π[
1. Développer en série de Fourier la fonction f dans ] − π, π[
2. En déduire
P+∞ 1 π2 P+∞ 1 π2
n=0 (2n+1)2 = 8 ; n=1 n2 = 6

Exercice 5.4.
On considère la fonction réelle f : R −→ R 2π-périodique et telle que
f (x) = x, ∀x ∈] − π, π]
1. Donner la représentation graphique de la fonction f dans [−2π, 2π]
2. Déterminer la série de Fourier associer à la fonction f
3. Quelle est la somme de cette série dans R ?

Exercice 5.5.
On considère a ∈ R∗ et la fonction réelle f : R −→ R 2π-périodique et telle
que fa (x) = eax , ∀x ∈]0, 2π[
1. Représenter graphiquement la fonction fa dans [−4π, 4π] dans le cas a = −1/2π

Pr. Hassan BELHADJ 77 FST TANGER


78 CHAPITRE 5. SÉRIES DE FOURIER

2. A l’aide de l’écriture complexe des coefficients de Fourier, déterminer la série


de Fourier associée à la fonction fa dans ]0, 2π[

Exercice 5.6.
Soit la fonction 2π − périodique impaire tel que :
x ∈ [0, π], f (x) = 1.
1) Donner la série de Fourier de f .
2) n≥1 sin((2n+1)x) = π4 ∀x ∈]0, π[
P
2n+1
3) En particulier si x = π2
(−1)n π
n≥1 2n+1 = 4 ∀x ∈]0, π[
P

Pr. Hassan BELHADJ 78 FST TANGER


Chapitre 6

Fonctions Holomorphes
6.1 Dérivée au sens complexe
Définition 6.1.1.
Soit z0 ∈ C et f : U ⊂ C → C définie au voisinage de z0 . On dit que f est
dérivable en z0 si limz→z0 f (z)−f (z0 )
z−z0 existe dans C.
0 d
Notation : f (z0 ) ou dz f (z0 )

Remarque 6.1.1.
f dérivable en z0 ssi f (z) = f (z0 ) + f 0 (z0 )(z − z0 ) + o(|z − z0 |)
f (z)−f (z0 )
z−z0 → f 0 (z0 ) ssi f (z)−f
z−z0
(z0 )
− f 0 (z0 ) → 0 donc
∀ > 0 :∃η > 0 tel que
f (z) − f (z0 )
|z − z0 | < η ⇒ | − f 0 (z0 )| < 
z − z0
c-à-d
|f (z) − f (z0 ) − f 0 (z0 )(z − z0 )| < |z − z0 |
donc
f (z) − f (z0 ) − f 0 (z0 )(z − z0 ) = ◦(z − z0 )
f (z) = f (z0 ) + f 0 (z0 )(z − z0 ) + ◦(z − z0 )
ou encore
f (z0 + h) = f (z0 ) + hf 0 (z0 ) + ◦(h)

79
80 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Rappels :
an z n ⇒ f 0 (z) = nan z n−1 , ∀z ∈ Dcv (les deux séries ont le
X X
• Si f (z) =
n≥0 n≥0
même rayon de convergence)
• La somme d’une série entière est de classe C ∞ en tout point z0 ∈ Dcv = domaine
de convergence de la S.E.
Exemple 6.1.1.
n
— ez = n≥0 zn!
P
1
— 1−z = n≥0 z n
P

— (1 + z)α = n≥0 Cnα z n , |z| < 1


P

Voir développements en SE usuels.

6.2 Fonctions analytiques


Définition 6.2.1.
f : U → C, z0 ∈ U . On dit que f est analytique en z0 si f est développable en
S.E au V (z0 ) c-à-d

an (z − z0 )n , ∀z ∈ D(z0 , r)
X
∃r > 0/D(z0 , r) ⊂ U, ∃(an ) ∈ C; f (z) =
n≥0

f est analytique sur U si f est analytique en chaque point z0 ∈ U .


Notation : l’ensemble des fonctions analytiques dans U est noté A(U ).
Proposition 6.2.1. (Principe de zéros isolés)
Soit f (z) = an z n de R.C=R.
si ∃p t.q ap ∈/ 0 alors :
∃r > 0 t.q f (z) ∈/ 0, ∀z, |z| < r
Preuve
Soit p le plus petit entier t.q ap ∈
/0
X n p
⇒ f (z) = an z = z g(z)
n≥0
où g(z) = ap + ap+1 z + ... et g(0) = ap 6= 0
g est continue dans Dcv = {|z − z0 | < R} ⇒ ∃V (0) = {|z| < r}
t.q. g(z) 6= 0, ∀z ∈ V (0) 

Pr. Hassan BELHADJ 80 FST TANGER


81 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Corollaire :
Toute fonction analytique dans U admet un unique DSE au V (z0 ), ∀z0 ∈ U
En effet
si ∀z ∈XV (z0 ), an (z − z0 )n = bn (z − z0 )n X
P P

alors (an − bn )(z − z0 )n = 0 ⇒ ∀u ∈ V (0) : (an − bn )un = 0


n≥0
d’où, d’après la proposition 6.2.1, on conclut que an = bn , ∀n 

Rappel :
La somme d’une S.E de rayon R est analytique dans D(z0 , R) et on a

f (n) (z0 )
(z − z0 )n
X
f (z) =
n≥0 n!

Remarque 6.2.1.
— Une fonction analytique est indéfiniment dérivable
— Les fonctions usuelles : exp,cos,sin,ch,sh... sont analytiques sur C
— z → z1 est analytique sur C∗ : on a
n
1 1 1 X n (z − z0 )
=   = (−1) , ∀z0 ∈ D(z0 , |z0 |)
z z0 1 + z−z0 z0 z0n
z0

Remarque 6.2.2.
Une fonction analytique sur C est dite fonction entière.(ex : exp(z), cos, sin, ch, sh).

6.3 Fonctions holomorphes


Définition 6.3.1.
On dit que f : U ⊂ C → C est holomorphe sur U si f est dérivable au sens
complexe en tout point z0 ∈ U .
L’ensemble des fonctions holomorphe sur U est noté H(U ).

Exemple 6.3.1.
a- Les fonctions analytiques et leurs dérivées successives sont holomorphes dans
le disque de convergence de leurs S.E.

Pr. Hassan BELHADJ 81 FST TANGER


82 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

b- Les fonctions usuelles sommes de S.E sont holomorphes à l’intérieur du do-


maine de convergence de la S.E.
exemple :
• cos z, sin z, exp z, chz, shz sont holomorphes dans C
1
• 1−z = z n est holomorphe dans D(0, 1)
P

Exercice :
Montrez que les fonctions suivantes ne sont pas holomorphes dans C :

1- f (z) = z
2- f (z) = x si x = Re(z)
3- f (z) = y si y = Im(z)

6.3.1 Relations de Cauchy-Riemann


Soit f : U → C
Écrivons f = u + iv, avec u = Re(f ) et v = Im(f ) on a :

Proposition 6.3.1.
f est dérivable en z0 = x0 + y0 SSI :
1. u et v sont différentiables en (x0 , y0 )
2. On a
 ∂u (x0 , y0 ) = ∂v (x0 , y0 ) = Re(f 0 (z0 ))

∂x ∂y
 ∂u (x , y ) = − ∂v (x , y ) = −Im(f 0 (z ))
∂y 0 0 ∂x 0 0 0

Preuve
0
Soient z = x + iy, z0 = x0 + iy0 , et f = α + iβ telle que z + z0 ∈ U

f (z0 + z) = u(x0 + x, y + y0 ) + v(x0 + x, y0 + y)


= f (z0 ) + f 0 (z0 )z + ◦(z)
= u(x0 , y0 ) + iv(x0 , y0 ) + (α + iβ)(x + iy) + ◦(x, y)
= (u(x0 , y0 ) + αx − βy) + i(v(x0 , y0 ) + βx + αy) + ◦(x, y)

Pr. Hassan BELHADJ 82 FST TANGER


83 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

D’autre part

f (z0 + z) = f (x0 + x + i(y0 + y))


= u(x0 + x, y + y0 ) + v(x0 + x, y0 + y)

D’où
u(x0 + x, y + y0 ) = u(x0 , y0 ) + αx − βy + ◦(x, y)
v(x0 + x, y0 + y) = v(x0 , y0 ) + βx + αy + o(x, y)
donc u dérivable en (x0 , y0 ) et on a
∂u ∂u
= α et = −β
∂x ∂y
de même v est dérivable en (x0 , y0 ) et
∂v ∂v
= β et =α
∂x ∂y
d’où la relation de Cauchy-Riemann
∂u ∂v ∂u ∂v
= et =−
∂x ∂y ∂y ∂x
La réciproque est laissé en exercice.
 Remarque :
si f = u + iv est holomorphe sur U alors u et v vérifient les relations de Cauchy-
Riemann
 ∂u ∂v

∂x = ∂y
 ∂u ∂v , ∀(x, y) ∈ U
∂y = − ∂x

Exemple 6.3.2.
1) f (z) = z z̄ = x2 + y 2 = u + iv,
Écrivons les relations de Cauchy-Riemann.
∂u ∂v
= 2x et =0
∂x ∂x
Pr. Hassan BELHADJ 83 FST TANGER
84 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

∂u ∂v
= 2y et =0
∂y ∂y
la relation de Cauchy-Riemann est satisfaite si et seulement si (x, y) = (0, 0) donc
f est holomorphe uniquement en z = 0
2) f (z) = z̄ = x − iy u = x et v = y
∂u ∂v
= 1 et =0
∂x ∂x
∂u ∂v
= 0 et =1
∂y ∂y
la relation de Cauchy-Riemann ne jamais satisfaite, donc f n’est holomorphe en
aucun points de C.
Remarque :
L’exemple suivant montre que les conditions de C-R ne sont pas suffisantes :
Exemple :  3 3 3 3
 x −y + i x +y si z 6= 0
2
x +y 2 x +y 2
2
f (z) =  0 si z = 0

pour z = x + iy
f est continue dans C et vérifie les conditions de C-R en 0. Pourtant f n’est pas
dérivable en 0, en effet on a par exemple :

f (z)
= 1 + i si z → 0 avec z réel
lim
z→0 z

f (z) 1 + i
lim = si z = x + ix → 0 (x = y et x → 0)
z→0 z 2
Propriétés :
∀f, g ∈ H(U ), λ ∈ C
P1) (λf )0 = λf 0
P2) (f + g)0 = f 0 + g 0
P3) (f g)0 = f 0 g + f g 0

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85 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

0
P4) Si f 6= 0 sur U alors f1 ∈ H(U ) et ( f1 )0 = − ff2
P5) Si g ∈ H(U ) et f ∈ H(V ) t.q f (V ) ⊂ U
alors gof ∈ H(U ) et on a : (gof )0 = (g 0 of )f 0
Proposition 6.3.2.
Soit f : U ⊂ C → C et z0 = x0 + iy0 ∈ U
les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) f est C-dérivable en z0 (holomorphe en z0 )
(ii) f est différentiable en (x0 , y0 ) et on a :
∂f ∂f
(x0 , y0 ) + i (x0 , y0 ) = 0
∂x ∂y
(iii) f est différentiable en (x0 , y0 ) et l’application df (x0 , y0 ) est C-linéaire.
Preuve :
f est dérivable en z0 ssi ∃f 0 (z0 ) ∈ C
et une fonction ε1 définie au V (0) t.q f (z0 + ζ) = f (z0 ) + f 0 (z0 )ζ + ζε1 (ζ)
avec ε0 (ζ) → 0 si h → 0 (1)
f différentiable en (x0 , y0 ) signifie qu’il existe deux nombres complexe
a = ∂f ∂f
∂x (x0 , y0 ), b = ∂y (x0 , y0 ) et ε2 définie au V (0, 0) + ζ

f (x0 + h, y0 + k) = f (x0 , y0 ) + ah + bk + ||(h, k)||ε2 (h, k)

avec ε2 () → 0 si ||(h, k)|| → 0 (2)


• (i)⇒(ii)
Soit ζ = h + ik, h, k ∈ R dans (1), on obtient obtient (2) avec a = f 0 (z0 )
et b = −if 0 (z0 )
• (ii)⇒(iii)
df (x0 , y0 )(h, k) = ah + bk = a(h + ik)
car b = ia, aussi df (x0 , y0 ) = adz
• (iii)⇒(i)
Si ∃a ∈ C t.q df (x0 , y0 ) = adz, on a pour h, k ∈ R

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86 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

et ζ = h + ik : f (z0 , ζ) = f (z0 ) + aζ + ||h, k||ε(h, k)


avec ε() → 0 si ||h, k|| → 0
⇒ f est C-dérivable en z0 et f 0 (z0 ) = x 

Remarque 6.3.1.
Une fonction f holomorphe en z0 = x0 ∈ iy0 ⇒ f est différentiable en (x0 , y0 )
Mais la réciproque est fausse en général.

Exemple : f (z) = z C∞ mais non holomorphe.

6.3.2 Quelques fonctions exemples élémentaires


•Polynôme f (z) = z n
ex : n = 2 f (z) = z 2 = (x2 − y 2 ) + i(2xy)
∂u ∂v
= 2x et = 2y
∂x ∂x
∂u ∂v
= −2y et = 2x
∂y ∂y
la relation de Cauchy-Riemann est satisfaite car d’où la relation de Cauchy-
Riemann
∂u ∂v ∂v ∂u
= et =−
∂x ∂y ∂x ∂y
donc f est pas holomorphe dans C.

• Fraction
1 1
f (z) = holomorphe sur C∗ et f 0 (z) = 2
z z
• Fonction exponentielle
z = x + iy → ez = ex [cos(y) + isin(y)]
u(x, y) = ex cosy
v(x, y) = ex siny
⇒ u, v vérifient les conditions de C-R sur C
⇒ f (z) = ez est holomorphe sur C
et on a : f 0 (z) = ez

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87 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

• Fonction logarithme
Soit z ∈ C on cherche u ∈ C tel que eu = z (E)

Remarquons d’abord que si z = 0 l’équation (E) n’a pas de solution.


Si z ∈ C∗ posons u = x + iy, on a :

(E) ⇔ ex+iy =| z | eiarg(z)


⇒ ex =| z | et y = arg(z)
càd
x = ln(| z |) et y = arg(z)
Par définition on pose
log(z) = ln(| z |) + iarg(z)
Notons que : On a ∀k ∈ Z

log(z) = ln(| z |) + i(arg(z) + 2kπ)

Définition 6.3.2.
On appelle détermination principale de la fonction log(z) la fonction :

Log(z) = ln(| z |) + i(arg(z))

Exemple 6.3.3.
√ π
log(1 + i) = ln( 2) + i( + 2kπ)
4
√ π
Log(1 + i) = ln( 2) + i
4
log(−2) = ln(2) + i(π + 2kπ)
Log(−2) = ln(2) + iπ
π
log(i) = i( + 2kπ)
2
π
Log(i) = i
2
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88 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

• Fonctions trigonométriques
z = x + iy
eiz + e−iz
cos(z) =
2
e − e−iz
iz
sin(z) =
2
• Fonctions hyperboliques

ez + e−z
cosh(z) =
2
e − e−z
z
sinh(z) =
2

6.4 Intégrales curvilignes, primitives


Le but de ce paragraphe, et de définir la primitive d’une fonction holomorphe

6.4.1 Intégrale d’une fonction complexe


Définition 6.4.1.
On appelle chemin une application continue γ : I = [a, b] → U ⊂ C définie sur
un intervalle fermé de R :

∀t ∈ [a, b] γ(t) = x(t) + iy(t)

On appelle lacet tout chemin fermé i.e : γ(a) = γ(b).


Remarque 6.4.1.
L’application γ : [a, b] → U ⊂ C est appelé également paramétrage du chemin.
Le chemin γ orienté négativement est défini par :

γ − (t) = γ(a + b − t) ∀t ∈ [a, b]

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89 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Figure 6.1 – Chemin dans U

Définition 6.4.2.
• Γ = Im(γ) est appelée courbe paramétrée.
• γ est un paramétrage de Γ, γ(a) = origine et γ(b) = extremité
• Γ est fermé lorsque γ(a) = γ(b)

Figure 6.2 – Lacet

Définition 6.4.3.
L’application γ : [a, b] → U est C 1 par morceaux
si ∃ une subdivision a0 = c0 < c1 < ... < b = cm t.q γ ∈ C 1 ]cj , cj+1 [ ∀j
et γ admet des dérivées à droite et à gauche en chaque cj .
Exemple 6.4.1. (1) Le cercle de centre z0 et de rayon r, C(z0 , r), paramétré par
γ : [0, 2π] −→ C
γ(t) = z0 + reit

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90 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Figure 6.3 – Paramétrage du cercle

(2) Si α et β sont deux points fixés dans C, le chemin

[0, 1] −→ C

γ(t) = α + t(β − α)
est un paramétrage du segment [α, β].

Figure 6.4 – Paramétrage du segment

Définition 6.4.4. (Intégrale curviligne)


Soit f : U −→ C une fonction continue et γ : [a, b] −→ U est un chemin C 1
par morceaux, on définit l’intégrale curviligne de f le long de γ par :
Z m−1
X Z cj+1
f (z)dz = f (γ(t))γ 0 (t)dt.
γ j=0 cj

Exemple 6.4.2.
(1) Considérons maintenant la fonction f : z −→ 1/z. Elle est holomorphe,
donc continue sur C − {0}.

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91 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Calculons l’intégrale curviligne f le long du cercle unité γ(t) = eit , ∀t ∈ [0, 2π] :

dt R 2π 1 it
= 0 eit ie dt
R
γ(t) z

R 2π
= 0 idt

= 2iπ.
Z
(2) Calculons (z − z0 )m dz où γ est un paramétrage du cercle C(z0 , 1)
γ
et m ∈ZZ (ie) γ : [0, 2π]Z→ C, t → z0 + eit
2π imt
on a : (z − z0 )m dz = e (ieit )dt
γ 0
Z 2π
= i ei(m+1)t dt
0
 1 si m 6= −1
=
2iπ si m = −1
Z dz
Ainsi : = 2iπ
γ z − z0

Soit γ + : [a, b] → U ⊂ C orienté positivement de γ(a) → γ(b).


Notons γ − : [a, b] → U ⊂ C γ(b) → γ(a).
Alors on a le résultat suivant :

Proposition 6.4.1. Z Z
f (z)dz = − f (z)dz.
γ− γ+

Preuve

Comme pour la proposition précédente, il suffit de faire le changement de variable


indiqué (ici u = a + b − t) dans l’intégrale :

f (z)dz = ab f (γ − (t))(γ − )0 (dt)


R R
γ−
= ab f ((γ + )(a + b − t))(γ + )0 (a + b − t)dt
R

= ab f ((γ + )(u))(γ + )0 (u)du.


R

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92 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Proposition 6.4.2. soit γ : [a, b] → U un chemin, c ∈]a, b[ et soient γ1 =


γ|[a,c] , γ2 = γ|[c,b] . Alors
Z Z Z
f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz
γ γ1 γ2

Preuve En exercice.

Figure 6.5 – Assemblage des 2 chemins γ1 et γ2

Définition 6.4.5. (Longueur d’un chemin)


Soit γ : [a, b] → U un chemain

γ(t) = x(t) + iy(t)

on définit la longueur de γ par :


Z b Z bq
0
L(γ) = |γ (t)|dt = x0 (t2 ) + y 0 (t2 )dt
a a

Proposition 6.4.3. (Estimation standard)


Pour tout chemin γ et toute fonction continue sur l’image de γ, on a
Z
| f (z)dz |≤ sup | f oγ(t) | L(γ)
γ t∈[a,b]

| γ 0 (t) | dt
Rb
avec : L(γ) = a

On en déduit :

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93 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Proposition 6.4.4.
Si (fn )n∈N est une suite de fonctions continues U → C convergeant uniformé-
ment vers une fonction f sur les compacts de U , alors
Z Z
lim fn (z)dz = f (z)dz
n−→+∞ γ γ

Preuve

On applique l’inégalité précédente à la fonction f − fn .

Proposition 6.4.5.
Si F : U −→ C est une fonction holomorphe et si f = F 0 , alors
Z
fn (z)dz = F (γ(b)) − F (γ(a))
γ

Preuve

La fonction F oγ est une primitive de la fonction à intégrer (f oγ).γ 0

Corollaire 6.4.1.
Si γ est un lacet dans U et si f admet une primitive holomorphe sur U , alors
γ fn (z)dz = 0.
R

Exemple 6.4.3.
(1) Soit le cercle unité. Alors on a
Z
z m dz = 0 pour m ≥ 0
γ

En effet F (z) = z m+1 /(m + 1) est une fonction holomorphe sur C dont z m est la
dérivée et γ est un lacet.
(2) Sur le même lacet, on a
Z dz
= ∓2iπ
γ z
Définition 6.4.6. (Indice d’un chemin)

Pr. Hassan BELHADJ 93 FST TANGER


94 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Figure 6.6 – chemin dans U − Γ

Soit γ : [a, b] → U un chemin C 1 par morceaux, et soit z0 ∈ C − Γ, Γ = Im(γ)


on appelle indice de γ par rapport à z0 le nombre :
1 Z dz
I(γ, z0 ) =
2πi γ z − z0

Théorème 6.4.1.
Soit γ un chemin C 1 par morceaux fermé (Lacet) et soit z0 ∈ C−Γ, Γ = Im(γ)
Alors :
I(γ, z0 ) ∈ Z
Remarque :
Exemple de Lacet → cercle
γ(t) = z0 + reint
⇒ I(γ, z0 ) = n

Preuve
1
Z b γ 0 (t)
I(γ, z0 ) = 2πi a γ(t) − z dt
0
Z b γ 0 (t)
I(γ, z0 ) = k ⇔ dt = 2iπk
γ(t) − z0
a
Z b γ 0 (t)
k ∈ Z ssi exp[ dt] = 1
a γ(t) − z0

Pr. Hassan BELHADJ 94 FST TANGER


95 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Z t γ 0 (s)
soit t ∈ [a, b], on pose ϕ(t) = exp ds
0 γ(s) − z0
1
ϕ est C par morceaux et on a :
γ 0 (t)
ϕ0 (t) = ϕ(t) γ(t)−z 0
(*)
ϕ(t)
d’où t → γ(t)−z0 est constante
ϕ(t) 0
il suffit de vérifier que ( γ(t)−z0
) = 0, d’après (*)
Ainsi ϕ(a) = ϕ(b) = exp(0) = 1


6.4.2 Primitive complexe


Définition 6.4.7.
Soit f : U ⊂ C → C continue
(i) f admet une primitive globale sur U si :
∃F ∈ H(U ) t.q F 0 = f sur U
(ii) f admet une primitive localement sur U
si ∀z ∈ U , ∃D(z, r) ⊂ U
et ∃F ∈ H(D(z, r)) t.q F 0 = f sur D(z, r)
Théorème 6.4.2.
Soit f : U ⊂ C → U une fonction continue,
et soit F une primitive globale ∈ H(U )
∀ le chemin γ : [a, b] → U , on a :
Z
f (z)dz = F (γ(b)) − F (γ(a))
γ

Preuve

Z Z Z b
0
f (z)dz = F (z)dz = F 0 (γ(t))γ 0 (t)dt
γ a
Z b
= (F oγ)0 (t)dt
a

= F oγ(b) − F oγ(a)

Pr. Hassan BELHADJ 95 FST TANGER


96 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

Preuve

Si γ est fermé (Lacet exemple : Cercle), alors :


Z
f (z)dz = 0
γ
pour toute fonction f admettant une primitive globale sur U .

Théorème 6.4.3. :
Soit U ⊂ C connexe et f : U → C continue. Alors les propriétés suivantes sont
équivalentes
1) f admet une primitive globalement sur U
2) ∀γ un chemin fermé C 1 par morceaux, f (z)dz = 0
R
γ

Preuve

1) ⇒ 2)
Supposons f = F 0 et F ∈ H(U ), soit γ : [a, b] → U un chemin C 1 par morceaux
0
γ f (z)dz = γ F (z)dz = F (γ(a)) − F (γ(b)) et γ(a) = γ(b) ⇒ γ f (z)dz = 0
R R R

2) ⇒ 1)
Soient z0 , z1 ∈ U et γ0 , γ1 deux chemins C 1 par morceaux t.q.
γ0 (a) = γ1 (a) = z0 et γ0 (b) = γ1 (b) = z1 Soit γ le chemin fermé, obtenu en collant
γ0+ à γ1− .
On a d’après 2) :
Z Z Z
f (z)dz = 0 = f (z)dz − f (z)dz.
γ γ0 γ1

⇒ γ0 f = γ1 f , ansi γ f (z)dz ne dépand que de z0 et z1 .


R R R

Posons : γ f (z)dz = [z0 ,z1 ] f (z)dz, soit F (z) = [z0 ,z1 ] f (z)dz ∀z ∈ U.
R R R

Soit z ∈ U et r > 0 t.q D(z, r) ⊂ U et soit h ∈ D(0, r), comme U est connexe
alors [z, z + h] ⊂ U et on a :
Z
F (z + h) − F (z) = f (ξ)dξ
[z,z+h]

Pr. Hassan BELHADJ 96 FST TANGER


97 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

f continue en z donc

∀ > 0, ∃η < r sup |f (ξ) − f (z)| < 


ξ∈D(z,η)

Ainsi si |h| < η alors :


Z
|F (z + h) − F (z) − f (z)| 6 |f (ξ) − f (z)|dξ < |h|
[z,z+h]

c-à-d F dérivalbe et F 0 = f sur U. 

Définition 6.4.8.
1. U ⊂ C étoilé par rapport à z0 ∈ C si ∀z ∈ U , [z0 , z] ⊂ U
2. U étoilé si U est étoilée par rapport à l’un de ses points.

Remarque 6.4.2.
Les disques D(z0 , r) ∀r > 0 sont étoilés par rapport à l’origine z0 .
En effet D est étoilé.

Théorème 6.4.4.
Soit U ⊂ C étoilé et f ∈ H(U ), alors f admet une primitive globalement sur
U.

Preuve

Supposons U étoilé par rapport à z0 , on pose F (z) = [z0 ,z] f (ξ)dξ ∀z ∈ U.


R

on m.q F ∈ H(U ) et F 0 = f sur U ... 

Lemme 6.4.1.
Soient z0 ∈ C et R > 0, D = D(z0 , R) on note D∗ = D(z0 , R) − {z0 } (disque
épointé).
Si f ∈ H(D∗ ) alors f admet une primitive globalement dans D.

Preuve

Admis. 

Pr. Hassan BELHADJ 97 FST TANGER


98 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

6.5 Analyticité des fonctions holomorphes


6.5.1 Formule de Cauchy
Théorème 6.5.1. (Formule de Cauchy)
Soient z0 ∈ C, r > 0 et soit f ∈ H(D(z0 , r)). Alors ∀γ chemin C 1 par mor-
ceaux, fermé dans D(z0 , r) t.q. z0 ∈
/ Γ = Im(γ) on a :

1 Z f (z)
f (z0 )I(γ, z0 ) = dz
2iπ γ z − z0
Preuve

Si z ∈ D(z0 , r), on pose :

f (z) − f (z0 )


6 z0
si z =


g(z) =  z − z0
f 0 (z0 ) si z = z0

g est continue et g ∈ H(D∗ (z0 , r)), donc g possède une primitive sur D(z0 , r).
D’où γ g(z)dz = 0
R


Corollaire

f ∈ H(U ), z0 ∈ U et r > 0 t.q D(z0 , r) ⊂ U , γr (t) = z0 + reit , t ∈ [0, 2π]. Alors


∀z ∈ D(z0 , r) ; on a
1 Z f (u)
f (z) = du
2iπ γr u − z
Remarque 6.5.1. En particulier
1 Z 2π
f (z0 ) = f (z0 + reit )dt
2π 0
Preuve

Il suffit de vérifier que I(γr , z) = 1, et d’appliquer la formule de Cauchy. 

Pr. Hassan BELHADJ 98 FST TANGER


99 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

6.5.2 Théorème de Cauchy


Le résultat suivant est fondamental, il montre que toute fonction holomorphe
est analytique.
Autrement dit pour que f soit analytique, il suffit qu’elle soit dérivable au sens
complexe une fois ! !
Théorème 6.5.2.
Soit U ⊂ C ouvert, on a :
f ∈ H(U ) ⇒ f analytique dans U
Plus précisément,
si z0 ∈ U et R > 0 tq D(z0 , R) ⊂ U on a
an (z − z0 )n
X
f (z) = ∀z ∈ D(z0 , R)
n>0

avec ∀r < R :
1 Z f (u) 1 Z 2π
an = n+1
du = n
f (z0 + reit )e−int dt
2iπ γr (u − z0 ) 2πr 0
Preuve
D(z0 , R) ⊂ U
1 R f (u)
Soit r ∈]0, R[ ⇒ D(z0 , R) ⊂ U , si z ∈ D(z0 , r) on a : f (z) = γ du,
2iπ r u − z
d’après le corollaire ..
Soit u ∈ Γr = Im(γr ) = Im(]0, 2π[) = ∂D(z0 , r), donc |z − z0 | < |u − z0 | = r,
alors
1 1 1 X z − z0 n
= z−z0 = ( )
u−z (u − z0 )(1 − u−z0 ) u − z0 n>0 u − z0
d’où
f (u) 1 X z − z0 n
= ( ) f (u)
u−z u − z0 n>0 u − z0
Or pour u ∈ Γr on a :
z − z0 n |z − z0 | n
|( ) f (u)| 6 Mr [ ] où Mr = sup |f |
u − z0 r Γr

Pr. Hassan BELHADJ 99 FST TANGER


100 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

X z − z0 n
comme |z − z0 | < r, la série un = ( ) f (u) cv normalement sur Γr , donc
P

n>0 u − z0
uniformément. Ceci implique que
1 Z f (u)
f (z) = du
2iπ γr u − z
1 1 Z X z − z0 n
= ( ) f (u)du
2iπ u − z0 γr n>0 u − z0
1 XZ f (u)
= n+1
du(z − z0 )n
2iπ n>0 rX
γ (u − z0 )
= an (z − z0 )n
n>0

1 Z f (u) 1 Z 2π
avec an = n+1
du = n
f (z0 + reit )e−int dt 
2iπ γr (u − z0 ) 2πr 0

Pr. Hassan BELHADJ 100 FST TANGER


101 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

6.6 Exercices
Exercice 6.1.
Soit f : Ω ⊂ C → C une fonction holomorphe dans Ω. On écrit f = U + iV où
U, V : Ω → R.
1. Montrer que si U, V ∈ C 2 (Ω) alors M U = 0 et M V = 0. M est l’opérateur
2 2
de Laplace défini par M U = ∂∂xU2 + ∂∂yU2 . (on dit que les fonctions U et V
sont harmoniques)
2. Montrer que si f = U ou f = iV alors f est localement constante dans Ω.
Exercice 6.2.
On considère f : Ω ⊂ C → C et on définit les opérateurs de dérivation dans C

suivants ∂ = ∂z ∂
= 12 ( ∂x ∂
− i ∂y ) et ∂¯ = ∂z
∂ ∂
= 12 ( ∂x ∂
+ i ∂y )
1. Montrer que f ∈ H(Ω) ⇔ ∂f¯ =0
2. Déterminer le domaine de C-différentiabilité des fonctions suivantes :
a- f(z)=|z| b- f(z)=|z|2 c- f(z)=zR(z)= z2 (z + z̄) d- f(z)=sin(x).ch(y)+icos(x).sh(y)
où on a noté z=x+iy, x,y∈ R
Exercice 6.3.

1. Soit la transformation de Cayley h : C → C, h(z)= z−i z+i . Montrer que h est


biholomorphe de P = {z ∈ C/Im(z) > 0} dans le disque unité D=D(0,1).
z−α
2. Soient α ∈ D(0, 1) et ϕα : C → C définie par ϕα = 1−ᾱz . Montrer que
ϕα : D → D est une fonction biholomorphe (D=D(0,1) est le disque unité
dans le plan complexe C)
Rappel : Soient une application f : E ⊂ C → F , F=Im(f). f est dite
biholomorphe si f est une bijection et si f et f −1 sont holomorphe dans E
(resp. dans F).
Exercice 6.4.

Pr. Hassan BELHADJ 101 FST TANGER


102 CHAPITRE 6. FONCTIONS HOLOMORPHES

1. Soit f : C → C définie par f (z) = x2 + iy 2 , pour z = x + iy. On considère


la courbe paramétrée par γ : [0, 1] → C, γ(t) = t2 − it2 . Calculer l’intégrale
curviligne γ f (z)dz.
R

2. Même question avec :


(a) f(z)= z1 , et γ(t) = eit pour t ∈ [0, 2π]
(b) f(z)=z-i, et γ(t) = t − it2 pour t ∈ [−1, 1]

Exercice 6.5.

Soit la fonction complexe définie dans C∗ par f (z) = z1 et soit le segment de droite
S = [−1, 2 + z].
Calculer S f (z)dz (Rappel : un segment de droite [α, β] dans le plan complexe peut
R

être paramétré par l’application γ : [0, 1] → C, γ(t) = (1 − t)α + tβ).

Exercice 6.6.

Soit Γ− le demi-cercle Γ− (θ) = eiθ pour θ ∈ [0, π[ orienté négativement. Calculer


les intégrales curvilignes I1 = Γ− z 2 dz et I2 = Γ− |z|dz
R R

Pr. Hassan BELHADJ 102 FST TANGER


Chapitre 7

Fonctions Méromorphes et
calcul des résidus
7.1 Séries de Laurent et fonctions Méromorphes
7.1.1 Série de Laurent
Définition 7.1.1.
Soit z0 ∈ C et 0 ≤ R1 < R2 ≤ ∞
— Couronne ouverte : C(z0 , R1 , R2 ) = {z/R1 < |z − z0 | < R2 }.

— Couronne fermée : C(z0 , R1 , R2 ) = {z/R1 ≤ |z − z0 | ≤ R2 }
— Disque épointéD∗ (x0 , t) = D(z0 , R)/{z0 }.

Figure 7.1 –

103
104 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Définition 7.1.2.
an z n
X
On appelle série de Laurent (S.L) une série de la forme
n∈Z
où an ∈ C ∀n ∈ Z
an z n = an z n + an z n
X X X

n<0 n≥0
X n
où an z → partie principale
n<0
an z n → partie régulière
X
et
n≥0
Proposition 7.1.1.
a−n z n
X
Soit ρ le rayon de convergence de la S.E :
n≥0
an z n
X
et R le rayon de convergence de la S.E :
n≥0
1
Alors : ∀R1 , R2 t.q ρ < R1 < R2 < R, on a :
an z n converge normalement dans D(0, R2 )
X
1)
n≥0
a−n z n converge normalement dans C(0, R1 , +∞) = {|z| ≥ R1 }
X
2)
n≥0
an z n + an z n ∈ H(C) avec C = C(0, ρ1 , R).
X X
3) f (z) =
n<0 n≥0
Preuve
an z n converge normalement dans D(0, R2 ), et sa somme
X
1) Comme R2 < R,
n≥0
est holomorphe dans D(0, R2 ).
1
an z n converge normalement dans D(0, R11 ) ⇒ le changement
X
2) Comme R1 < ρ,
n≥0
de variable z → 1 X
z, an z −n converge normalement dans C(0, R1 , ∞) = {|z| ≥ R1 }
n≥0
et sa somme est holomorphe dans C = C(0, ρ1 , R).
a−n z n = an z −n
X X
Notons que :
n<0 n>0

an z n = a0 + an z n + an z n
X X
3) Ainsi la fonction f (z) = ∈ H(C)
P

n>0 n<0
où C = C(0, ρ1 , R).


Pr. Hassan BELHADJ 104 FST TANGER


105 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Remarque 7.1.1.
- Le résultat X
de la proposition 7.1.1 peut se généraliser facilement,
si on considère an (z − z0 )n dans C(z0 , ρ1 , R)
n∈Z

- La somme d’une S.L est donc holomorphe dans C(z0 , ρ1 , R)

Définition 7.1.3.
Soit f : Ω → C t.q C = C(0, R1 , R2 ) ⊂ Ω
an z n t.q f soit sa
X
On dit que f est développable en S.L dans C, si ∃ une S.L
n∈Z
somme dans C.

Dans la suite, nous allons voir que :


— La formule de Cauchy peut se généraliser aux fonctions holomorphes sur
une couronne.
— Toute fonction holomorphe dans une couronne C est développable en S.L
dans C (Réciproque de prop.7.1.1)
Lemme 7.1.1.
Soit z0 ∈ C et R1 < R2 on pose C = C(z0 , R1 , R2 ) si g ∈ H(C) alors la
fonction : ϕ(r) = γΓ g(u)du est constante sur ]R1 , R2 [ où
R

γΓ : [0, 2π] → C γΓ (t) = z0 + reit


Preuve

Soit r ∈ ]R1 , R2 [
Z 2π Z 2π h
it izt 0 0 it i2t it
i
ϕ(r) = ig(z0 + re )re dt ⇒ ϕ (r) = ig (z0 + re )re + g(z0 + re ) dt
0 0

(Car la fonction r 7→ ig(Z0 + reit )reizt est dérivable et de dérivée continue) il suffit
de remarquer alors que :
d
[g(z0 + reit )reizt ] = i[g 0 (z0 + reit )re2it + g(z0 + reit )reizt ]
dt
d’o‘u ϕ0 (r) = 0 

Pr. Hassan BELHADJ 105 FST TANGER


106 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Lemme 7.1.2.
Soit z0 ∈ C et R1 < R2 on pose C = C(z0 , R1 , R2 ) Alors :
∀r1 , r2 t.q. R1 < r1 < r2 < R2 et ∀z ∈ C ; on a :
1 Z f (u) 1 Z f (u)
f (z) = du − du
2iπ γΓ2 u − z 2iπ γΓ1 u − z
Rq : Ce lemme est une généralisation de la formule de Cauchy au cas d’une
couronne.
Preuve

Pour z ∈ C = C(Z0 , R, R1 ) on pose :



 f (u)=f (z) si | u |6= z
g(u) =  0
u−z
f (u) si | u |= z.

∀u ∈ C(z0 , R1 , R2 )

g ∈ H(C ∗ (z0 , R1 , R2 ) où C ∗ = C − {z}

Comme g est continue dans C(z0 , R1 , R2 ) alors g ∈ H(C) d’après le lemme 7.1.1,
γΓ g(u)du est indépendant de Γ.
R

Or on a :
1 Z 1 Z f (u)
g(u)du = du − Ind(γΓ , z)f (z)
2iπ γΓ 2iπ u − z
Comme Ind(γΓ2 , z) = 1 et Ind(γΓ1 , z) = 0 on obtient

1 Z f (u) 1 Z f (u)
du − f (z) = du
2iπ γΓ2 u − z 2iπ γΓ1 u − z


Théorème 7.1.1. (Laurent)


Soit C = C(0, R1 , R2 ).
f ∈ H(C) ⇒ f développable en S.L dans C.
Plus précisément :
an z n ,
X
f (z) = z∈C
n∈Z

Pr. Hassan BELHADJ 106 FST TANGER


107 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

an : coefficients de Laurent sont données par :


1 Z f (u)
an = du ∀r ∈]R1 , R2 [ γΓ (r) = reit t ∈ [0, 2π]
2iπ γΓ un+1
Preuve

z ∈ C, soit r1 , r2 t.q : R1 < r1 < |Z| < r2 < R2 on a (lemme 7.1.2) :

1 Z f (u) 1 Z f (u)
f (z) = du − du
2iπ γΓ2 u − z 2iπ γΓ1 u − z
|u| r1
— Pour u ∈ Γr1 = Im(γr1 ) |z| = |z| <1
 n n
⇒ u−z = z u −1 − z n≥0 z = − n≤−1 uzn+1
1 1 1P u P
( )
 n z
u
f (u) z cv normalement sur Γ1
P

1 Z f (u) n
⇒− 1 R
du = − 2iπ (− n≤−1 uzn+1 )f (u)
P
2iπ γΓ1 u − z
1 R zn
 
= f (u)du
P
n≤−1 2iπ un+1
n
= n≤−1 an z
P

où pour n ≤ −1 :
1 Z f (u)
an = du
2iπ γΓ1 un+1
f (u)
Rq : an indépendant de Γ1 d’après lemme 7.1.1 et du fait que un+1 ∈
H(C(0, R1 , R2 )).
|u| r2
— Pour u ∈ Γr2 = Im(γr2 ) |z| = |z| < 1
n
⇒ u−z1
= z u1−1 = − u1 n≥0 ( uz )n = n≥0 uzn+1
P P
( )
 n z
u
f (u) z cv normalement sur ΓΓ2
P

donc :
1 Z f (u) 
1 R zn

du = du
P
n≥0 2iπ γΓ2 un+1
2iπ γΓ2 un+1
n
= n≥0 an z
P

Pr. Hassan BELHADJ 107 FST TANGER


108 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

où pour n ≥ 0
1 Z f (u)
an = du
2iπ γΓ2 un+1
f (u)
Rq : an indépendant de Γ2 d’après lemme 1 et du fait que un+1 ∈ H(C).


7.1.2 Fonctions Méromorphes


Définition 7.1.4.
— Soient z0 ∈ C et f : U ⊂ C → C
z0 est un point singulier isolé (où une singularité isolée (S.I)) de f (z) si
∀r > 0 t.q f ∈ H(D∗ ), D∗ = D(z0 , r) − {z0 } (disque épointé).
— z0 est un pôle d’ordre n ∈ N∗ si z0 est une S.I,
lim (z − z0 )n f (z) ∈ C
et si z→z
0
lim (z − z0 )p f (z) = ∞ ∀0 ≤ p < n
et si z→z
0
— z0 est un point singulier essentiel (singularité essentielle (S.E))
si ∀n ∈ Nz→zlim (z − z0 )p f (z) ∈
/ C n’existe pas.
0
N.B pôle simple = pôle d’ordre 1.

Exemple 7.1.1.
f (z) = (z−1)12 (z+i) → z0 = 1 pôle d’ordre 2 et z0 = −i pôle d’ordre simple.
1 1
f (z) = e z−1 → z0 = 1 point singulier essentiel, car (z − 1)n e z−1 n’a pas de limite
en z = 1

Définition 7.1.5.
Soit f : U → C et D ⊂ U on dit que f est méromorphe dans D si f est
holomorphe dans D\P où P = {pôles de f dans D}.

Exemple 7.1.2.
z−2i
— f (z) = (z+1)(z−i) 2 f ∈ H ⊂ C {−1, i} donc f méromorphe dans C
1
— f (z) = cos z , cos z = 0 ssi z = kπ, → f méromorphe dans C.

Pr. Hassan BELHADJ 108 FST TANGER


109 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

7.2 Calcul des résidus


Soit U un ouvert de C et soit z0 un point de U . Soit f : U → C holomorphe
sur U − z0 , f possède un développement en série de Laurent en z0 :

an (z − z0 )n
X
f (z) =
n∈Z

Définition 7.2.1.
Le coefficient a−1 de (z − z0 )−1 dans le développement en série de Laurent de
f en z0 s’appelle le résidu de f en z0 . On le note Res(f, z0 ).

d’après le théorème de Laurent, pour r petit t.q. f ∈ H(D∗ (z0 , R)) et r < R,
on a : Z
1
Res(f, z0 ) = 2iπ f (z)dz, où γr (t) = z0 + eirt , ∀t ∈ [0, 2π]
γr

Proposition 7.2.1.
Soient f et g deux fonctions méromorphes sur un ouvert U de C et soit z0 un
point de U .
(1) Si f a un pôle simple en z0 , on a :

lim (z − z0 )f (z).
Res(f, z0 ) = z→z
0

Plus généralement, si z0 est un pôle d’ordre k de f , alors

h(k−1) (z0 )
Res(f, z0 ) = oùh(z) = (z − z0 )k f (z).
(k − 1)!

(2) Si f est holomorphe en z0 et si g a un zéro simple en z0 , alors

f f (z0 )
Res( , z0 ) = 0 .
g g (z0 )
Preuve

En exercice

Pr. Hassan BELHADJ 109 FST TANGER


110 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Exemple 7.2.1.
z2
Le point z0 = 1+i
√ est un pôle simple de f (z) =
2 1+z 4 . En appliquant la deuxième
propriété ci-dessus, on trouve

z02 1 1−i
Res(f, z0 ) = 3 = = √ .
4z0 4z0 4 2
Calcul pratique des résidus

Méthode 1 : Cas d’un pôle simple

z0 ∈ C pôle simple de f : Ω → C, f ∈ H(D(z0 , R))


g(z)
∃g ∈ H(D)/g(z) 6= 0 et f (z) = z−z 0
g(z) est dérivable en S.E (Taylor) :
n
An (z − z0 )n , An = g n!
(z0 )
X
g(z) =
n≥0
g(z0 )
An (z − z0 )n−1 = + g 0 (z0 ) + An (z − z0 )n−2
X X
⇒ g(z) =
n≥0 z − z0 n≥2
⇒ Res(f, z0 ) = g(z0 ) = z→z
lim (z − z0 )f (z)
0

Exemple 7.2.2.
2
f (z) = (z−i)(z+2) (i et -2 pôles simples)
2
Res(f, i) = lim(z − i)f (z) = 2+i
z→i
2 −2
Res(f, −2) = lim (z + 2)f (z) = −2−i = 2+i
z→−2

Cas particulier :
P
Si f = Q , z0 : zéro simple de Q
⇒ z0 pôle simple de f
P
lim (z − z0 ) Q
Res(f, z0 ) = z→z
0
P (z0 )
⇒ Res = Q0 (z0 )

Exemple 7.2.3.
z+3
f (z) = (z−1)(z+2) , P (z) = z + 3 et Q(z) = (z − 1)(z + 2)
P (1) 4 4
z0 = 1 ⇒ Res(f, 1) = Q0 (1) = (2z+1)z0 =1 = 3

Pr. Hassan BELHADJ 110 FST TANGER


111 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Méthode 2 : pôle multiple d’ordre k


g(z)
f (z) = (z−z0 )k , g(z) ne s’annule pas en z0 , et g ∈ H(D(z0 , R))
g(z)
supposons f ∈ H(D∗ (z0 , R)) et il existe g tq : f (z) = (z−z0 )k
g k−1 (z0 ) 1 dk−1
⇒ Res(f, z0 ) = (k−1)! = (k−1)! dz k−1 ((z − z0 )k f (z))z=z0

Exemple 7.2.4.
— f (z) = (z−i)31(z+1) , i est un pôle d’ordre 3
1 d2 1 d2 1
Res(f, i) = 2! dz 2 ((z − i)3 f (z))z=i = 2! dz 2 ( z+1 )z=i

— f (z) = z(ez1−1) , z0 = 0 est un pôle d’ordre 2


⇒ Res(f, 0) = 1!1 dz d
(z 2 f (z))z=0 = −1
2
1 −1
Remarque : On déduit de ce résultat que : |z|=1 z(ez −1) dz = × 2πi = −πi.
R
2
z+ z1
— f (z) = e , z0 = 0 (singularité essentielle) n’est ni un pôle ni un zéro.
⇒ Res(f, 0) = a−1 = coefficient dans le D.S.L.
1 R r R 2π riθ+ re1iθ
a−1 = 2πi CΓ f (z)dz = 2π 0 e × eiθ dθ, avec CΓ = ∂D(0, r)

7.3 Formule des résidus


Théorème 7.3.1. (Formule des résidus)
Soit U ⊂ C un ouvert étoilé 6= ∅ f : U → C méromorphe dans U , γ un lacet
1
C par morceaux dans U t.q. Γ = Im(γ) ⊂ U \ P où P = {pôle de f }. Alors on
a: Z X
f (z)dz = 2iπ Res(f, z0 )Ind(γ, z0 )
γ z0 ∈P

Preuve

Pour z0 ∈ P , écrivons le développement en S.L de f en z0 :

an (z − z0 )n + gz0 (z)
X
f (z) =
n≥0

Pr. Hassan BELHADJ 111 FST TANGER


112 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

où gz0 (z) = n≤0 an (z − z0 )n est la partie singulière du DSL de f en z0


P
1
gz0 ∈ H(C \ {z0 }) (polynôme en z−z 0
Soit g(z) = f (z) − z0 ∈P gz0 (z).
P

Z
g ∈ H(U \ P ) ⇒ g(z)dz = 0
γ

(puisque Γ = Im(γ) ⊂ U \ P ) alors


Z Z X X Z
f (z)dz = gz0 (z)dz = gz0 (z)dz
γ γ z ∈P z0 ∈P γ
0

or pour z0 ∈ P Z Z
an (z − z0 )n
X
gz0 (z)dz =
γ γ n≤0

or pour n = 1
1 Z
dz = 2iπInd(γ, z0 )
γ z − z0

et pour n 6= 1 la fonction z → (z−z1 0 )n admet la primitive 1


−n+1 (z − z0 )−n+1 ho-
lomrphe dans C \ {z0 } donc γ (z−z1 0 )n dz = 0 
R

Corollaire 7.3.1.
Soit f une fonction holomorphe sur un ouvert étoilé U de C, soient z un point
de U et γ un lacet dont l’image ne contient pas z. Alors
1 Z f (u)
Ind(γ, f (z)) = du.
2iπ γ u − z
Preuve
C’est le théorème des résidus appliqué à la fonction
f (u)
u −→
u−z
qui est holomorphe sur U − z et dont le résidu en z est f (z) . 
Remarque 7.3.1.
Ce corollaire est une généralisation de la formule de Cauchy, qui s’obtient pour
les cercles centrés en z0 , cas où l’indice est 1.

Pr. Hassan BELHADJ 112 FST TANGER


113 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

7.4 Applications du théorème des résidus au cal-


cul d’intégrales
Le théorème des résidus a de nombreuses applications au calcul d’intégrales
(réelles ou complexes). Le plus simple est de donner quelques familles d’exemples.

1- Fonctions trigonométriques

Il s’agit de calculer des intégrales de la forme


Z 2π
R(cost, sint)dt
0

où R est une fraction rationnelle


P (X, Y )
R(X, Y ) = , P, Q ∈ R[X, Y ]
Q(X, Y )
sans pôle sur le cercle unité (c’est à dire que Q ne s’annule pas sur x2 + y 2 = 1,
l’intégrale est une "intégrale définie").
On pose z = eit , de sorte que cost = 21 (z + z1 ), etc. L’intégrale s’écrit
Z 2π Z 1 1 1  1  dz
R(cost, sint)dt = R z+ , z−
0 C(0,1) 2 z 2i z iz
et le théorème des résidus affirme qu’elle vaut 2iπ fois la somme des résidus des
pôles de la fraction rationnelle
1 1 1 1  1 
r(z) = R z+ , z−
iz 2 z 2i z
contenus à l’intérieur du disque unité.
Exemple 7.4.1.
Calculons par cette méthode
Z 2π dt
I= pour a > 1
0 a + sint
Pr. Hassan BELHADJ 113 FST TANGER
114 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Comme le dénominateur a + sint ne s’annule pas, la méthode s’applique. Il s’agit


de trouver les pôles et les résidus de la fraction rationnelle
1 1 2
r(z) = 1

1
 =
iz a + 2i z − z
z 2 + 2iaz − 1
√ −1
Les deux pôles sont z0 = −ia + i a2 − 1 et . Seul z0 est à l’intérieur du disque
z0
unité. Le résidu de r en z0 est
2z0 −i
= √
z02 + 1 a2 − 1
et on trouve finalement

I=√
a2 − 1
Exemple 7.4.2.
dt
I = 02π 2−cos it
t , pour z = e , t ∈ [0, 2π]
R

cos t = 12 (z + z1 )
iz
I = Γ f (z)dz où f (z) = iz1 2− 1 (z+
1
1 = z 2 −4z+1
R
)
√ 2 z √
⇒ 2 pôles z1 = 2 − 3 et z2 = 2 + 3
seul z1 ∈ D(0, 1) √
⇒ Γ f (z)dz = 2πiRes(f, 2 − 3) = √2π3
R

2- Fractions rationnelles

Il s’agit des intégrales de la forme :


Z +∞
I= R(t)dt
−∞

où R ∈ R(X)est une fraction rationnelle sans pôle réel. Il faut faire une hypothèse
pour que cette intégrale existe. On peut demander que le degré du dénominateur
soit au moins 2 de plus que celui du numérateur. Il est équivalent de dire que

lim tR(t) = 0
|t|−→+∞

Pr. Hassan BELHADJ 114 FST TANGER


115 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Figure 7.2 –

Pour calculer l’intégrale, on va intégrer la fonction R(z) sur le bord d’un demi-
disque de rayon r, centré à l’origine et contenu dans le demi-plan supérieur. Le
rayon est supposé assez grand pour que tous les pôles de R soient strictement à
l’intérieur du disque de rayon r.
Le lacet « demi-cercle » est constitué du segment [−r, r] de l’axe réel et du
demi-cercle proprement
Z r dit.
On a : I = r−→∞
lim R(t)dt.
−r

Rq : Pour pouvoir calculer I à l’aide des résidus de R en ses pôles à partie


imaginaire positive, il suffit donc que l’intégrale de R sur le demi-cercle tende vers
0 quand r tend vers l’infini. C’est ce qu’affirme le lemme suivant.

Lemme 7.4.1. (Jordan)


Soit f une fonction continue définie dans un secteur θ1 ≤ θ ≤ θ2 et r ≥ r0 . Si

lim zf (z) = 0
|z|−→+∞

alors Z θ
2
lim f (reiθ )irdθ = 0
|r|−→+∞ θ1

Preuve

La fonction f est continue, son module est donc borné sur l’arc de cercle de rayon

Pr. Hassan BELHADJ 115 FST TANGER


116 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

r, soit M (r) sa borne supérieure. On a


Z θ
2
| f (reiθ )irdθ |≤ M (r)r(θ2 − θ1 )
θ1

et l’hypothèse implique que lim M (r) = 0, on en déduit que :


r−→+∞

Z +∞ X
R(x)dx = 2iπ Res(R, zj )
−∞ j

a somme étant étendue à tous les pôles zj de R contenus dans le demi-plan supé-
rieur. 

Remarque 7.4.1.
En considérant le demi-disque contenu dans le demi-plan inférieur, on obtient
à l’aide des pôles du demi-plan inférieur
Z +∞
Res(R, zj0 )
X
R(x)dx = −2iπ
−∞ j

Le signe vient de l’indice du lacet par rapport aux pôles : on fait le tour dans
l’autre sens. Notons que : zj0 = z j (R est réelle).

Exemple 7.4.3.
Calculons l’intégrale
dt
Z +∞

0 1 + t6
On remarque d’abord que l’intégrale est convergente, puis que la fonction à intégrer
est paire et donc que l’intégrale considérée est la moitié de l’intégrale sur tout l’axe
réel, enfin que les trois zéros de 1 + z 6 qui sont dans le demi-plan supérieur sont
π π 5π
exp(i ), exp(i ), exp(i )
6 2 6

Pr. Hassan BELHADJ 116 FST TANGER


117 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

1
Z +∞ dt
I = 2 −∞ 1 + t6
iπ  π π 5π 
=− exp(i ) + exp(i ) + exp(i )
6 6 2 6
π π 
= 2sin + 1
6 6
π
=
3
3- Couplage de fractions rationnelles et de fonctions trigonomé-
triques

On considère des intégrales de la forme


Z +∞
f (x)eix dx
−∞

où f est holomorphe au voisinage du demi-plan fermé Im(z) ≥ 0 (sauf peut-être


en un nombre fini de points). Le lemme de Jordan ne s’applique pas, mais on a :

Lemme 7.4.2.
Soit f une fonction définie dans un secteur du demi-plan fermé. On suppose
que lim f (z) = 0. Alors l’intégrale
|z|−→+∞
Z
f (z)eiz dz
γr

(sur l’arc de cercle γ(θ) = reiθ ,θ1 ≤ θ ≤ θ2 de rayon r) tend vers 0 quand r tend
vers +∞.

Preuve

Si z = reiθ et M (r) = supθ |f (reiθ )|, on a :


Z Z θ
iz 2 −rsinθ
| f (z)e dz| ≤ M (r) e rdθ
γr θ1

Pr. Hassan BELHADJ 117 FST TANGER


118 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

En utilisant le fait classique que


π 2 sinθ
0≤θ≤ =⇒ ≤ ≤1
2 π θ
on obtient
Z π/2 Z π/2 Z +∞ Z +∞ π
e−rsinθ dθ ≤ e−2rθ/π rdθ ≤ e−2rθ/π rdθ = e−2x/π dx =
0 0 0 0 2
une majoration uniforme qui donne le résultat.

Proposition 7.4.1.
Si f est une fonction holomorphe au voisinage du demi-plan fermé Imz ≥ 0,
sauf peut-être en un nombre fini de singularités dont aucune n’est sur l’axe réel et
si f satisfait à lim f (z) = 0, alors
|z|−→+∞

Z R
f (x)eix dx = 2iπ Res(f (z)eiz , z0 )
X
lim
R−→+∞ −R Imz0 >0

Preuve
Z +∞
Dans le cas où l’intégrale |f (x)|dx est convergente (l’intégrale étudiée est
−∞
absolument convergente), on aura bien
Z +∞
f (x)eix dx = 2iπ Res(f (z)eiz , z0 )
X
−∞ Imz0 >0

Si elle n’est pas absolument convergente, il y a quand même une limite, qui est
donnée par la relation ci-dessus. Passons donc à la démonstration. L’intérêt de
s’être placés dans le demi-plan supérieur, c’est qu’on y a |eiz | ≤ 1. Le lemme
(7.4.2) permet d’évaluer l’intégrale réelle en intégrant la fonction sur le contour
de la figure (7.2).
Voici un exemple d’un tel calcul. On a
Z +∞ eix  eiz 2iπ/2

dx = 2iπ Res , e
−∞ x2 + x + 1 z2 + z + 1

Pr. Hassan BELHADJ 118 FST TANGER


119 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

Ce résidu vaut

 eiz 2iπ/2
  eiz  e−( 3+i)/2
rés 2 ,e = =
z +z+1 z − e−2iπ/3 |z=e2iπ/3 2isin 2π
3

Donc on a √
Z +∞ eix 2π 3 1 1
dx = √ exp(− )(cos − isin )
−∞ x2 + x + 1 3 2 2 2
D’où l’on déduit
√ √
Z +∞ cosx 2π 3 1 Z +∞ sinx 2π 3 1
dx = √ exp(− )cos et dx = − √ exp(− )sin
−∞ x2 + x + 1 3 2 2 −∞ x2 + x + 1 3 2 2

Pr. Hassan BELHADJ 119 FST TANGER


120 CHAPITRE 7. FONCTIONS MÉROMORPHES ET CALCUL DES RÉSIDUS

7.5 Exercices
Exercice 7.1.

Développer en série de Laurent les fonctions en Z0 = 1 :


ez
1. f (z) = (z−1)2
z2
2. f (z) = (z−1)(z−2)

Exercice 7.2.

Donner la nature des singularités isolées des fonctions suivantes :


1
1. f (z) = ez −1
z
2. f (z) = (2sin(z)−1)
2

z3
3. f (z) = e1/z −1

Exercice 7.3.

1. Déterminer les résidus de la fraction rationnelle en chacun de ses pôles


f (z) = (z−1)z2 (z+1)
2. Calculer l’intégrale curviligne Γ f (z)dz dans les trois cas suivants :
R

(1) Γ = C(0, 2), (2) Γ = C(0, 34 ), (3) Γ = ∂C où C = C(0, 31 , 2)

Exercice 7.4.

A l’aide du théorème des résidus, montrer que


Z 2π sinθ a
dθ = 2π(1 − √ 2 ), ∀a réel > 1
0 a + sinθ a −1

Pr. Hassan BELHADJ 120 FST TANGER


Bibliographie
[1] Patrice Tauvel, Analyse Complexe pour la licence 3, Dunod, Paris, 2006.
[2] Michèle Audin, Analyse Complexe, Notes de cours, IRMA, Université Louis
Pasteur et CNRS, Strasbourg, 2011.
[3] André Giroux, Analyse Complxe, Cours et exercices corrigés, Département
de Mathématiques et de Statistique, Université de Montreal, 2013.
[4] Guillaume Carlier, Analyse Complexe, Notes de cours, Département MIDO,
L3, Univ. de Paris Dauphine, 2012-2013.

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