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Gouvernance territoriale à Tazmalt

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Université ABDERRAHMANE MIRA-Bejaia

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion et Commerciale

Département de Science de Gestion

En vue d’obtention du diplôme de

Master en Management Economique des Territoire et Entreprenariat

THEME

Gouvernance territoriale et développement local : rôle des


acteurs locaux dans le cas de la daïra de Tazmalt

Mémoire présenté par : BAHLOUL Lotfi

Devant le jury :

Président :

Encadreur : Pr KHERBACHI. H

Examinateur : Dr BELLACHE. J

Promotion 2014
Remerciement
Au terme de ce travail, je tiens à exprimer mes vifs remerciements à
mon encadreur de recherche, Pr Kherbachi. H. pour ces précieuses
remarques et conseils et son entière confiance en moi dans l’élaboration
du présent mémoire.
Je tiens aussi à remercier tous les acteurs de la daïra de Tazmalt
(APC, Association, Entreprise ……), pour leur accueille et leur
collaboration.
Je remercie aussi toute personne ayant participé de prés ou de loin à
la réalisation de ce mémoire.
A la fin, ce travail n’aurait pas abouti sans l’appui et le soutien
moral et matériel de ma famille, c’est pourquoi je les remercie
Dédicace
Je dédié ce modeste travail à :
A mes parents
A mes frères et leurs épouses
A mes sœurs et leur époux
A mon neveux
A tous mes amis
Table des matières

Remerciements

Dédicaces

Table de matière

Introduction générale…………………………………………………………..1

Chapitre I : Approches et théorie du développement local………………………………...4

Section 1 : concept de base sur le développement local…………………………………….5

1. Origine du concept……………………………………………………………………….5
2. Définition du développement local……………………………………………………....6
3. Principes, objectifs et condition du développement local……………………………….8
3.1. Principes et objectifs du développement local…………………………………………..8
3.2. Les conditions du développement local………………………………………………….9
4. Les modes du développement local…………………………………………………….10

Section 2 : les approches du développement local…………………………………………12

1. Approche territoriale du développement local…………………………………………12


1.1. Les districts industriels…………………………………………………………………13
1.2. Les milieux innovateurs………………………………………………………………...16
2. L’approche résiliaire du développement local………………………………………….17
2.1. La théorie des coûts de transactions……………………………………………………17
2.2. La théorie de l’agence…………………………………………………………………..18

Conclusion du chapitre I……………………………………………………………………19

Chapitre II : Acteurs locaux et gouvernance territoriale…………………………………20

Section 1 : Acteurs locaux : rôles et stratégie……………………………………………...21

1. La notion acteur/agent………………………………………………………………….21
1.1. Les conceptions initiales de la notion d’acteur/agent………………………………….22
1.2. Définition du terme…………………………………………………………………….24
1.3. Les évolutions récentes dans l’utilisation de la notion d’acteur……………………….24
2. Le rôle des acteurs locaux……………………………………………………………...26
2.1. Les implications des acteurs à différents niveau………………………………………26
2.2. Le rôle des acteurs dans la construction de leur localité………………………………27
2.3. La partition des acteurs territoriaux……………………………………………………29
3. Stratégies des acteurs locaux et les réseaux…………………………………………….30
3.1. Les stratégies d’intervention des acteurs locaux………………………………………30
3.2. Les marges de manouvre et les stratégies les « stratégies d’indétermination » des
acteurs…………………………………………………………………………………..31
3.3. Les réseaux…………………………………………………………………………….32
3.3.1. Le rôle des réseaux …………………………………………………………………….33
3.3.2. Les types de réseaux……………………………………………………………………37

Section 2 : La gouvernance territoriale …………………………………………………...38

1. Généralités sur la gouvernance…………………………………………………………38


1.1. Historique………………………………………………………………………………38
1.2. Quelques définitions de la gouvernance………………………………………………..39
1.3. Les indicateurs de la gouvernance selon la Banque Mondiale…………………………41
1.4. Les acteurs de la gouvernance………………………………………………………….42
2. La gouvernance territoriale……………………………………………………………..43
2.1. Définition de la gouvernance territoriale (local)……………………………………….43
2.2. Les caractéristiques de la gouvernance locale………………………………………….45
2.3. Typologie de la gouvernance locale……………………………………………………46
2.4. Les composantes de la gouvernance locale…………………………………………….47
2.5. Les enjeux de la gouvernance locale…………………………………………………...48

Conclusion du chapitre II…………………………………………………………………...51

Chapitre III : Présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats…………….53

Section 1 : Présentation du terrain d’investigation et de l’enquête de terrain…………..54

1. Présentation de la daïra de Tazmalt……………………………………………….........54


1.1. La population de la daïra……………………………………………………………….54
1.2. L’enseignement et l’éducation dans la daïra…………………………………………...56
1.3. L’emploi dans la daïra………………………………………………………………….57
1.4. Santé, culture jeunesse et sport dans la daïra…………………………………………...58
1.5. L’agriculture……………………………………………………………………………59
1.6. Les infrastructures de bases…………………………………………………………….60
1.7. Les projets de développement dans la daïra……………………………………………60
2. Présentation de l’enquête de terrain…………………………………………………….65
2.1. Objectif de l’enquête de terrain………………………………………………………...65
2.2. Présentation du questionnaire de l’enquête………………………………………….....65
2.3. Présentation de l’échantillon ciblé et final…………………………………………......67
2.3.1. La taille et la structure de l’échantillon………………………………………………...67
2.3.2. Liste des acteurs questionnés…………………………………………………………...68
2.3.3. Description des acteurs questionnés……………………………………………………70
2.4. Déroulement du questionnaire et outils méthodologique utilisé pour la collecte
d’information…………………………………………………………………………...71

Section 2 : Analyse et synthèse des résultats de l’enquête………………………………...72

1. Analyse des résultats…………………………………………………………………...72


1.1. La vision du développement local par les acteurs……………………………………...72
1.2. La vision de la gouvernance territoriale par les acteurs………………………………..76
1.3. Participation des acteurs dans le processus décisionnel………………………………..80
2. Synthèse des résultats de l’enquête…………………………………………………….85
2.1. Etat de lieu du développement local dans la daïra de Tazmalt…………………………85
2.2. Etat de lieu de la gouvernance territoriale……………………………………………...86
2.3. Participation des acteurs au processus décisionnel……………………………………..87

Conclusion du chapitre III. ………………………………………………………………...88

Conclusion générale……………………………………………………………………..89

Bibliographie………………………………………………………………………………...91
Liste des abréviations………………………………………………………………………..94

Liste des tableaux et figures…………………………………………………………….......95

Annexe.
Introduction générale.

Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, le monde a connu diverses mutations


économiques et institutionnelles (qui se reflètent en la globalisation, la régionalisation, la
décentralisation…) et qui ont bouleversé l’économie mondiale et ont remis en cause les
stratégies traditionnelles de développement en raison de leur incapacités à ouvrir la voie à une
croissance régulière et durable.

En effet, la mondialisation favorise les territoires les plus dynamiques et les plus
créateurs de richesses, et marginalise les territoires les moins productifs aboutissant, de ce
fait, à la concentration des richesses spatialement et socialement.

Par ailleurs, pour luter contre cette marginalisation, les territoires se voient obliger de
mobiliser des acteurs et de valoriser leurs ressources, en d’autre termes devenir plus attractifs.
Pour la plupart des économistes, l’attractivité est un outil qui permet aux territoires de mettre
en avant leurs ressources, et de les valoriser à l’égard des acteurs par l’accueil des
investissements.

Toutefois, l’accueil des investissements ne constitue pas toujours un atout pour le


développement économique et pour la valorisation d’un territoire parce que les entreprises ne
prennent pas en considération les soucis liés a la territorialité, et voient le territoire comme un
lieu d’implantation d’unités industrielles.

Dans ce contexte, B. Pecqueur propose « une fabrication des différences1 », c’est-à-dire


que les acteurs doivent valoriser les ressources spécifiques du territoire. Autrement dit, cela
reflète l’émergence d’une politique de développement spécifique à leur territoire qui va
permettre de révéler des ressources cachées au sein des territoires.

Toutefois, pour réussir des projets de développement local, il doit y exister une structure
territoriale qui gouverne l’ensemble des acteurs, qui veille au respect de la mise en œuvre de
tout projet de développement local et qui assure l’existence d’une communication et d’une
concertation entre les acteurs aboutissant à des arrangements favorables pour l’ensemble du
territoire. C’est ainsi qu’apparait la notion de gouvernance territoriale comme « l’ensemble

1
PECQUEUR Bernard (2002), « le développement territorial comme préambule à l’économie sociale », dans les cahiers de
l’économie sociale-N°3 : entreprendre autrement, « Economie sociale et développement local », colloque franco-québécois,
9, 10 et 11 décembre 2002, Grenoble, cahier coordonné par DEMOUSTIER.

1
des processus ou mécanismes institutionnels qui participent à la régulation locale du système
économique territorial » (Gilly et Perrat).

Dans notre travail, nous allons nous intéresser aux notions d’acteurs locaux et de
gouvernance territoriale. Les acteurs locaux sont au centre du développement local, c’est à
dire que ce sont eux qui sont censés mener et orienter les projets de développement local.
Pour ce qui est de la gouvernance territoriale, elle est considérée comme une condition
nécessaire à la réussite et au déroulement des projets.

Tout au long de ce travail, nous allons essayer de déterminer la problématique de la


gouvernance territoriale et des acteurs locaux ainsi que leurs rôles dans le développement
local dans la daïra de Tazmalt.

Il est aussi demandé de traiter quelques problématiques secondaires qui sont :

1- Existe-il une gouvernance territoriale dans la daïra de Tazmalt ?


2- Les acteurs locaux participent-t-ils au processus de développement local et au
processus de prise de décision ?

Afin d’apporter des éléments de réponse, notre travail s’appuiera sur les hypothèses
suivantes que nous tenterons de les vérifier par la suite:

Hypothèse 1 : il n’existe pas de gouvernance territoriale dans la daïra de Tazmalt.

Hypothèse 2 : les acteurs locaux ne participent ni au processus de développement local ni


à la prise de décision.

La démarche méthodologique que nous allons aborder pour confirmer ou infirmer nos
hypothèses consiste à faire une recherche théorique sur les concepts liés à notre travail qui
sont le développement local, les acteurs locaux et la gouvernance territoriale. Ensuite, on va
compléter notre investigation théorique par une étude du terrain pour vérifier nos hypothèses.

Notre investigation théorique sera composée de deux chapitres. Le premier sera consacré
au développement local. Il traitera les approches et les théories du développement local qui
vont nous aider à comprendre et à cerner tous les concepts de son évolution. Ce chapitre
traitera, dans sa première section, les concepts de base et mode du développement local. La
deuxième section sera consacrée aux approches du développement local. Le deuxième
chapitre étudiera les deux concepts des acteurs locaux et de la gouvernance territoriale. La

2
première section de ce chapitre traitera la notion d’acteurs locaux. Elle traitera le rôle et les
stratégies de ces derniers. La deuxième section sera consacrée à la gouvernance territoriale en
traitant des généralités sur la gouvernance et la gouvernance territoriale.

Le troisième chapitre va être consacré à l’enquête de terrain et l’analyse des résultats. Ce


chapitre sera divisé en deux sections. La première sera consacrée à la présentation du terrain à
étudier « la daïra de Tazmalt », et à la présentation de l’enquête de terrain et les
caractéristiques de l’échantillon ayant servi à la collecte des informations. La deuxième
section analysera les résultats, confrontera effectivement nos hypothèses sur le terrain en vue
de leur confirmation ou infirmation et présentera la synthèse des résultats de l’enquête.

3
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

Chapitre I : approche et théorie du développement


local.
Introduction

Dans le contexte économique mondial, marqué par la concurrence rude, les pays
(notamment les pays en développement) sont confrontés à de nombreux défis. Ce qui a poussé
les gouvernements à chercher des solutions pour se protéger des effets de la
mondialisation. C’est dans ce contexte que le développement local a émergé, afin de
fortifier les économies nationales, en adoptant le principe, « le développement local conduit
au global ».

Ce chapitre va présenter les théories du développement local, en commençant par un


aperçu sur l’historique et la définition du concept de développement local, puis en présentant
les différentes approches en vue d’expliquer la relation entre les disparités spatiales et les
modes de développement récents, et de mettre l’accent sur les enjeux du développement local.

4
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

Section 1: Concept de base.

Dans ce qui suit, nous abordons l’origine du concept de développement local, et donnons
quelques définitions assignées à celui-ci. Enfin nous exposons les différentes composantes du
développement local.

Avant de présenter le développement local, il faut tout d’abord présenter la notion du


territoire qui est un élément de base du développement local.

Le territoire représente un concept polémique. Il fait l’objet de plusieurs recherches, et


jusqu’à présent, il ne possède pas une définition précise et spécifique.

Pour Raffestin (1980), le territoire est généré à partir de l’espace. Il est une action
conduite par des acteurs à quelque niveau que ce soit. Ceux-ci s’appropriant concrètement ou
abstraitement un espace, ici l’acteur (ou les acteurs) territorialise l’espace.

Littré (1971), considère le territoire comme étant une étendue de terre qui dépend d’un
Etat, d’une province, d’une ville ou encore d’une juridiction. Le territoire est alors un objet à
la fois biophysique, sociale et politique.

Pour Bonnemaison (19981), le territoire est lié à l’ethnie et à la culture qui le mettent en
orme. Traduit en termes d’espaces, le terme de culture renvoie à celui de territoire et aux
populations qui y vivent.

1. L’origine du concept

Apparu dans les années 50, le développement local part d’un principe simple :
la mobilisation des potentialités locales (ressources naturelles, sociales, individuelles,…)
peut orienter les dynamiques socio-économiques.
Il est une réponse, d’une part, à la mondialisation naissante à l’époque, dont on
commence à sentir les effets, et d’autre part à l’approche frontale de l’aménagement
du territoire, très centralisé, qui agit par rattrapage massif des retards économiques
dans une dynamique exogène dont on sent poindre les limites.
Il émane essentiellement de territoires qui se considèrent marginalisés par ces politiques
frontales, souvent ruraux et situés dans les zones d’ombre du territoire national. On découvre
alors un slogan qui va devenir la pierre angulaire du développement local : « vivre, travailler
et décider au pays ». Cette expression contient, à elle seule, les principes du développement

5
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

local puisque, outre vivre et travailler qui sont les deux éléments forts du développement, elle
appelle à l’autonomisation locale de la décision, qui implique la matière grise nécessaire et la
mobilisation politique subséquente, et à la notion de « pays » qui devient, dans ces années de
fin de croissance, une entité plus à même de révéler les ressources et de mobiliser les acteurs.
Le pays renaît alors comme un périmètre d’action et de décision potentiel.
Cette idée du pays n’est pas neuve en elle-même puisque les géographes classiques
ont toujours revendiqué la pertinence d’une échelle intermédiaire entre la commune et le
département plus à même que ce dernier, dont la genèse est trop empreinte de la
bureaucratie révolutionnaire, à recouvrir la dimension sociale de l’espace vécu et de
l’appartenance culturelle. C’est ainsi que, dans les années 70, les premiers contrats de pays
accompagnent la généralisation d’une approche en termes de développement local. C’est
au sein de ces entités, notamment en milieu rural, qu’on redécouvre les valeurs
identitaires collectives et les solidarités propres à engendrer une nouvelle approche
démocratique du développement.

2. Définition du développement local.

Bernard Pecqueur (1991) définit le développement local comme « une dynamique qui
met en évidence l’efficacité des relations non exclusivement marchandes entre les hommes,
pour valoriser les ressources dont ils disposent »1, Pecqueur met l’accent sur l’efficacité et le
rôle des relations non marchandes entre les hommes d’un même territoire à créer une sorte de
mobilisation et de sensibilisation, de ces hommes, pour la valorisation des richesses dont ils
disposent, tandis que Guigou J.L considère «le développement local comme l’expression de la
solidarité locale créatrice de nouvelles relations sociales et manifeste la volonté des habitants
d’une microrégion de valoriser les richesses locale, ce qui est créateur de développement
économique »2.

Le développement local est perçu comme « la mise en œuvre le plus souvent, mais plus
exclusivement dans un cadre de coopération communale, d’un projet global associant les
aspects économiques, sociaux, culturels du développement, généralement initié par les élus
locaux, un processus du développement local s’élabore à partir d’une concertation large entre

1
B. Pecqueur, « Le développement local : un mode ou modèle », Paris, Ed. Syros Alternative, 1992.
2
Guigou J.L « le développement local : espoirs et freins » colloque à Poitiers sur le thème du développement
local, 1983, p3.
6
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

l’ensemble des citoyens et des partenaires concernés et trouve sa traduction dans une maîtrise
d’ouvrage commune »3.

La définition la plus originale du développement locale est celle avancée par Greffe. X
(1984) qui stipule que « le développement local est un processus de diversification et
d’enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire à partir de la
mobilisation et de la coordination de ses ressources et de ses énergies. Il sera donc le produit
des efforts de sa population, il mettra en cause l’existence d’un projet de développement
intégrant ses composantes économiques, sociales, et culturelles, il fera d’un espace de
contiguïté un espace de solidarité active »4.

Pour d’autre, il s’agit plutôt « d’une démarche de développement territorial global, c’est-
à-dire incluant des aspects économiques, sociales, culturelles, politiques, favorisant le
développement endogène, mobilisant des moyens humains et financiers qui y concourent en
assurant leur convergence »5.

Le développement local peut s’interpréter comme « un processus émergent, endogène. Il


est celui qui émerge des initiatives et du dynamisme des communautés locales. Il valorise
aussi parfois des pratiques très imaginatives, les ressources humaines, financières et
matérielles locales et, il suscite des comportements novateurs axés sur la prise en charge, la
créativité et l’esprit d’entreprise, ……, comme phénomène endogène, émergeant, le
développement local valorisera entre autre, l’entrepreneur-ship et les PME locales privées ou
collectives comme source de création d’emplois, l’adoption d’une démarche entrepreneuriale
de la part des principaux intéressés et l’adoption résolue du partenariat pour mobiliser les
énergies et les ressources. En mettant l’accent sur l’autonomie, la créativité et la solidarité, le
développement local implique un changement dans la culture du développement »6.

Toujours dans la vision du développement local comme processus, une autre


appréhension le voit comme « un processus consistant à mobiliser les énergies de tous les
acteurs locaux en vue de la promotion économique, sociale et culturelle d’un territoire.

3
Définition donnée par le DATAR cité par J.L Guigou dans sa communication lors d’un colloque de Poitiers en
1983, p3.
4
Greffe. X, territoire de franc, les enjeux économique de la décentralisation, paris, Economica, 1984, p146.
5
Développement local et politique d’aménagement du territoire, rapport du conseil économique et social, 1998,
les éditions des journaux officiels, p II-7.
6
PREVOST Paul, «Le développement local : contexte et définition », Cahier de recherche IREC 01-03, Institut
de recherche et d’enseignement pour les coopératives de l’Université de Sherbrooke (IRECUS), p. 21.
7
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

Autrement dit, c’est un processus qui vise à la participation des acteurs avec pour finalité
l’amélioration des conditions de vie des habitants d’une zone déterminée. »7.

Nous pouvons retenir que le développement local est une notion vague et globale, mais
surtout porteuse d’avenir pour beaucoup de territoires. Tel que nous l’avons constaté à travers
ces différentes définitions, le concept de développement local recouvre des expériences
diverses, chacune mettant l’accent sur un élément déterminé. Cependant, certains éléments se
dégagent pour éclaircir davantage ce concept. En effet, le développement local préconise un
retour à la petite dimension (donnant un rôle clé aux PME-PMI dans le processus de
développement), et traduit la revendication des spécificités politiques, sociales et culturelles
propre à chaque territoire et la volonté de chercher dans ces spécificités un potentiel de
créativité individuelle et collective et d’intensification de la ressource humaine. Nous
constatons aussi l’accent mis sur les phénomènes de solidarité, de volonté collective et de
mobilisation sociale (nécessaire pour le déclenchement du processus de développement), mais
également le caractère non-reproductible du développement local.

Au final, le développement local peut se voir tel que nous l’avons noté en haut comme un
mode alternatif de développement reposant sur les forces locales (naturelles et humaines). Il
n’est ni un mode, synonyme de tendance conjoncturelle, ni un modèle unique exportable et
labellisé, mais plutôt « un processus de transformation sociale dans lequel interviennent et
s’imbriquent des facteurs économiques, culturels, politique, écologiques, etc. »8, ou encore un
processus où interviennent des facteurs de diverses natures en vue de l’exploitation des
ressources locales.

3. Principes, Objectif et Conditions du développement local

3.1. Principes et objectif du développement local :

Le développement local est une stratégie qui repose sur des principes fondamentaux:

a) Le développement est un processus global: on ne peut donc limiter une action de


développement à sa dimension économique, à un programme de création d'emplois
ou à une intervention sectorielle.

7
SEBAHARA Pamphile (2002), « Acteurs et enjeux de décentralisation et du développement local : expériences
d’une commune du Burkina Faso », Document de réflexion ECDPM n° 21, novembre 2000, p. 10.
8
B. PECQUEUR, « le développement local, mode ou modèle », Syros Alternatives, Paris, 1992, p. 18.
8
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

b) Les micro-initiatives participent au développement global: le progrès et le bien-être


d'une collectivité ne sont pas uniquement attribuables à la grande entreprise et aux macro
projets.
c) La ressource humaine constitue la force motrice du développement: des personnes
motivées et formées sont des facteurs plus déterminants pour le développement que
les infrastructures, les techniques, les équipements.

Les objectifs du développement local sont :

a) Le développement local vise à améliorer le cadre de vie des personnes de la communauté


pour qu'elles puissent profiter d'un environnement sain et agréable;
b) Il vise également à améliorer leur milieu de vie pour qu'elles puissent s'épanouir dans une
communauté qui leur offre plusieurs occasions sociales et culturelles;
c) Il cherche à augmenter le niveau de vie afin que chacun dans la communauté puisse
travailler et donc gagner un revenu pour pouvoir profiter des avantages de la communauté
(création d'emplois et répartition de la richesse).

3.2. Les conditions du développement local9

Il s’agit d’abord d’un processus social à la base duquel doit se développer une très forte
capacité d’organisation des acteurs locaux leur permettant de valoriser les ressources locales
et/ou importées et de réinvestir sur place le produit de la valorisation. Le
réinvestissement, à partir du pôle émetteur localisé, induit la croissance économique de
l’environnement immédiat par auto corrélation spatiale et le maintien de cette croissance dans
la durée par auto corrélation temporelle.

De la croissance économique découle une croissance démographique par maintien sur place
des populations qui auraient pu alimenter l’exode sans la mise en place de ces nouvelles
formes d’organisation, et par attraction de populations extérieures. Mais il faut ajouter
une réserve : l’augmentation de population n’est pas forcément un signe de croissance
économique, même si cette dernière induit presque toujours la croissance démographique.

9
Voir en particulier, pour approfondir la conceptualisation, le travail d’A. Raynaud, Le concept de classe socio-
spatiale, TIGR, Reims, 1979.
9
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

Néanmoins, la dynamique ainsi créée par la capacité des acteurs locaux à investir et à
réinvestir sur place en vue de valoriser les ressources, et l’augmentation des hommes et
des activités qu’elle entraîne, conduisent à une complexification de l’organisation des
activités et des rapports sociaux. Cette complexification comporte en elle-même des
risques de germination de tendances entropiques contradictoires avec le développement local.
En d’autres termes, le développement local ne saurait s’épanouir sans un minimum de
consensus entre les différents partenaires de l’espace socio-économique local, sans une
mobilisation en vue d’objectifs précis et cohérents.

La seconde condition du développement local reposerait sur la conscience que les


acteurs concernés peuvent former un groupe cohérent, les rendant unis pour des objectifs
communs et surtout liés par l’appartenance à la même unité spatiale. Les cohésions des
hommes entre eux et des hommes avec les lieux seraient les supports actifs du
développement local.

Il apparaît aussi que la dimension spatiale du développement local n’est pas


prédéterminée par un découpage administratif quelconque. Il peut s’agir aussi bien d’un
regroupement de communes dans le cadre de syndicats, de chartes de districts, etc., que de la
commune elle-même. Tout dépend en fait de la nature du regroupement en hommes,
de la capacité d’organisation dont ils font preuve et de la surface relationnelle des leaders.

On est renvoyé alors à l’identification des personnalités marquantes, capables de focaliser


l’adhésion de ceux qui seront les acteurs principaux et les troupes du développement local,
capables de faire naître de la collectivité un projet cohérent et de se donner avec elle, et grâce
à elle, les moyens de le réaliser.10

4. Les modse de développement local11.

On peut distinguer trois types de processus de développement local qui mettent en


relation l’ensemble des acteurs sur un territoire, chacun combinant de manière particulière les
différentes dimensions de la proximité.

10
Suzanne Savey : France, CIHEAM - Options Méditerranéennes, Espace, Territoire, Développement local,
Cahiers Options Méditerranéennes, vol. 3

11
SAIDI. Meriama, « Gouvernance des territoires et développement local, cas des zones aménagées : Cas de la
zone d’activité TAHARACHT Akbou », université de Bejaia, 2011, p13.
10
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

Le processus d’agglomération se fonde sur la concentration des activités économiques.


Cette concentration des activités économiques résulte d’économies externes aux entreprises
liées à des économies d’échelle dans le partage de certaines ressources. Il s’agit ici
principalement d’externalités pécuniaires provoqué par la concentration des activités et des
personnes. La particularité du processus d’agglomération est qu’il produit des effets externes
qui ne répondent pas à une logique industrielle forte ou qui ne dépendent pas d’un mode de
coordination spécifique entre les différents agents. Les avantages naissent de la proximité
géographique sont liés à la diversité des acteurs et sont généralement analysés comme des
économies d’urbanisation. Le processus d’agglomération peut se développe, se stabiliser ou
même décliner en fonction de l’importance des bénéfices engendrés par la concentration en
regard des inconvénients présents sur le territoire considéré.

Le processus de spécialisation se fonde sur une structure organisationnelle forte du tissu


économique dominée par une activité industrielle ou un produit. Le terme de spécialisation
possède deux significations. D’une part, le processus par lequel le tissu économique se
structure est fondé sur une logique industrielle. D’autre part, la particularité du tissu est
établie en favorisant l’émergence, l’agglomération d’activités qui sont liées soit par leur type
d’activité, soit par le produit qu’elles fabriquent. Dans ce processus, ce sont les externalités
technologiques liées à la proximité qui permettent une agglomération et une cohérence de ces
activités, plus que les externalités pécuniaires.

Le processus de spécification se distingue des deux précédents par la capacité qu’il offre
au territoire de se doter d’un mode de coordination entre les acteurs qui démultiplient
les potentiels de combinaison de ressources complémentaires liées à leurs proximité
organisationnelle par le moyen d’une proximité institutionnelle particulièrement forte. Il
s’agit, donc ici, d’une capacité créatrice du tissu qui, en combinant ses ressource et ses
actifs, dispose de moyens de mettre en œuvre des stratégies qui inclinent les trajectoires
hérités du passé.

Ces trois processus peuvent être attribués aux territoires en fonction de leur dynamique.
Une dynamique territoriale est amorcée par le passage d’un mode à un autre selon l’histoire
de chaque territoire. Ce qui rend le rôle du temps important dans la sélection d’un mode
de développement pour le territoire, en une période donnée. Ce qui veut dire qu’il
n’existe pas un mode meilleur que d’autre, mais des passages d’un mode à l’autre, dessinant
11
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

une trajectoire de développement pour un territoire qui se construit et probablement se détruit.


Selon les ressources utilisées, le type de proximité présent et la diversité des acteurs engagés
par leur coordination, cette construction territoriale peut prendre trois circuits différents,
à savoir :
De l’agglomération à la spécialisation. Ce passage d’une économie
d’agglomération varié à une spécialisation se fait en attirant des activités similaires
ou complémentaires en termes de fonction de marché ou de produit.
De la spécialisation à la spécification. Ce passage de la spécialisation à la
spécification peut se produire par la diversification maîtrisée des activités. Il garantie le
redéploiement des ressources et élimine le risque de dépondre d’une activité dominante.
De l’agglomération à la spécification. Ces deux modes de développement se
caractérisent par la diversification d’activités. Néanmoins, il est important de
signaler une différence majeure entre les deux. La densité institutionnelle qui figure
dans le mode de spécification permet d’exploiter les complémentarités qui existent
entre les différentes activités. C’est cette proximité institutionnelle qui garantit la
valorisation des activités, le redéploiement des ressources spécifiques et la flexibilité
des choix individuels.

Chaque processus possède ses avantages et ses limites. Ce qui fait qu’il n’y a pas un
mode idéal de développement. Le temps joue un rôle important dans la traduction des
dynamiques territoriales de développement.

Section 2 : les approches du développement local.

1. L’approche territoriale du développement local

Cette approche du développement local projette le territoire au centre du


développement local en se basant sur la proximité géographique des différents acteurs
qui représente : « l’ensemble des relations intervenant dans une zone géographique qui
regroupe dans un tout cohérent un système de production, une culture technique et des

12
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

acteurs »12. Cette approche rassemble, le district industriel (DI), les systèmes productifs
locaux (SPL), les milieux innovateurs (MI), et les CLUSTERS.

1.1. les districts industriels

Ann MARKUSSEN a tenté de synthétiser les structures d’agglomération d’entreprises


en les classant en quatre formes spécialisées de districts industriels, cela est fait selon
deux critères: Les relations entretenues entre fournisseurs et clients (degré de
coopération et de hiérarchie entre les firmes) ; et l’arbitrage entre interactions locale et à
distance. Ces formes se résument en ce qui suit :

Le District industriel marshallien. Les entreprises dans ce type de district sont


petites est très spécialisées, elles entretiennent entre elles des relations de coopération de
concurrence et de complémentarité et adopte une division accrue de travail entre
elles, ce type de district tirent leurs dynamisme de cette division de travail et de
la proximité géographique des entreprises, dont l’efficacité dépond des relations
informelles quelle entretiennent. La proximité entre les fournisseurs et les clients
favorise la mise en réseau de ces derniers et les relations extra-locales sont quasi-
inexistantes.
Après les travaux de MARSHALL, des économistes Italiens, à leur tête
Giacomo BECATINI, ont essayé de décortiquer le concept de district et ont appliqué
cette notion sur « la troisième Italie ». En effet, BECATINI définit le district
comme une entité socio territoriale qui se caractérise par l’existence d’une
communauté ouverte d’individus à coté d’une population segmenté d’entreprises.
De cette définition, trois dimensions de l’aspect territorial peuvent être ressorties
à savoir :
1. Une dimension historique. qui suppose une éthique et une morale de travail, qui
distingue les processus de développement et aide les relations interfères
2. Une dimension socioculturelle: qui est spécifique (identité). Elle est la base d’une
confiance et d’une réciprocité dont les rapports interagissent ;
3. Une dimension économique: qui régule la production et les relations
sociales ; le milieu social fournit des informations sur le marché et génère
des règles et des codes de comportement des agents.

12
MAILLAT (1992), cité par KHERJMIL Boukhalfa, « territoires, mondialisation et redéveloppement », in
Revenue d’Economie Régionale et Urbaine, n° 2 1999, p269.
13
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

L’existence de ces trois dimensions dans le climat industrielle favorise le renforcement et


la stabilité des relations de partenariat et de sous-traitances entre les acteurs organisés
en réseaux. L’objet de ces relations n’est pas seulement les produits ordinaires, il
s’élargie pour englober la recherche et la dynamique de commercialisation des
produits. Cet esprit de solidarité peut aller plus loin touchant, sur le plan financier par
exemple, les banquiers locaux qui seront partie prenantes dans cette synergie.13

Le district « moyeu - et – Rayon » ou « Hub - and – Spoke District » : ce type de district


appelé aussi « district rayonnant », contient une ou plusieurs grandes entreprises
spécialisées qui représente le moyeu ou le centre de la roue, entourée par les fournisseurs
représentant les rayons. Ici les relations inter firmes ont un caractère hiérarchique, elles sont
déterminées en fonction de la firme dominante (le donneur d’ordre) plutôt que la
constitution d’un réseau de petites firmes comme dans le cas précédent. Les relations de
coopération entre les grandes firmes assurent les relations à distance.

Les plateformes Satellites : ce type de district regroupe des succursales de grandes


entreprises multinationales ou des filiales d’entreprises nationales qui s’assemblent
généralement à l’écart des grandes agglomérations. Entre les entreprises de ce type de district
ils n’existent que peu de relations et de synergies. Cette forme de configuration spatiale
est expliquée par le faible coût de main d’œuvre et, la proximité de centres de recherches et
d’université qui permettent le regroupement autour des fonctions de recherche er
développement (R & D). les firmes de ce type de district n’entretient entre elles que
des relations de concurrence. Elles partagent uniquement les mêmes structures d’accueil.

Le district à encrage public ou district d’Etat : ce type de district dépond des


institutions publiques, il rassemble des activités étatiques telles que les bases militaires,
les laboratoires d’armement, les universités…ses relations avec son environnement
immédiat sont très restreintes.

Cette classification met l’accent sur la multitude des forces qui animent ces
agglomérations (districts). Les relations internes et surtout les relations extra-locales, qui sont
un peu négligées par les chercheurs, sont les forces les plus importantes, et à coté de celles-ci

13
Boukhalfa kHERDJEMIL, « territoires, globalisation et redéveloppement », in Revue Régionale et
Urbaine, n°2, 1999, pp 267-294
14
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

il existe d’autres forces qui ne sont pas de moindre valeur telles que les stratégies des grandes
entreprises et les priorités gouvernementales.

Dans le domaine des hautes technologies, les échanges entre les entreprises et les
laboratoires de recherche ne sont pas locaux uniquement, ils s’étendent pour aboutir plus loin
et satisfaire ainsi tous les besoins (surtout en ce qui concerne le marché de travail), ce qui fait
ressortir les échanges du local. Cela renvoie à la notion du « cœur technologique» qui
est identifié dans la littérature comme une cinquième forme complémente de cette
classification.

On peut résumer les spécificités des districts dans ce qui suit :

1. C’est un système de valeurs et de pensée homogène véhiculée à travers des structures


sociales (la famille, l’école, l’église…) pour encourager la transmission de ces valeurs de
génération en génération
2. Dans le district, les entreprises se spécialisent dans une production bien définie, et vont
même jusqu’à travailler sur une seule phase d’une production spécifique.
3. La diversification de l’activité professionnelle fait partie des caractéristiques du
district. En effet. chaque individu offre le travail dont il est en mesure d’assurer aux
entreprises avec une productivité supérieure et une compétitivité meilleure.
4. Une concurrence intense et une information partagée sur le marché. En effet dans le
district industriel, la concurrence est rude, mais le coût marketing du produit final est
réduit. Cela revient à la circulation de l’information qu’offre le milieu social du
district.
5. L’introduction de nouvelles technologie et/ou organisation est considérée comme un
pas social en avant. L’innovation technologique consolide l’organisation interne du
district et améliore la position socioéconomique de celui-ci.
6. Dans le district, les institutions financières doivent être prudentes et vigilantes pour
assurer le bon fonctionnement du système de financement car, en cas d’imprudence,
elles peuvent induire à des conséquences économiques néfastes et à des effets négatifs dans
les chaines de tout ce district.

15
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

1.2. Les milieux innovateurs

Dennis MIALLAT, dans un esprit de synthèse, propose une typologie des milieux en
combinant deux critères qui sont, une logique d’interaction et une logique
d’apprentissage. Ces types se résument en ce qui suit :

Pas de milieu et peu d’interactions. Ici, les processus d’innovation sont rares à cause
de la faiblesse des interactions et des capacités d’apprentissage, ce type de milieu
correspond aux espaces territoriaux où sont implantées les grandes entreprises
représentés par leurs succursales ou unités de production.

Innovation sans milieu. Dans ce cas, le milieu se caractérise par un faible niveau
d’interaction et un degré élevé d’apprentissage qui engendre des innovations
importantes. Les technopoles sont un exemple typique de ce cas.

Milieu potentiellement innovant. Il se caractérise par une forte interaction et un faible


degré d’apprentissage. Il correspond aux districts industriels Marshalliens qui
renferment un potentiel élevé d’innovation grâce à l’importance des interactions
entre les petites entreprises du district, et cela en dépit de la faiblesse du degré
d’apprentissage.

Milieu innovateur. Celui-ci réunit à la fois un degré élevé d’interaction et


d’apprentissage, ce qui permet des innovations importantes.

La classification des territoires selon le degré d’interaction et le niveau d’innovation, peut


servir comme outil de progression de la trajectoire des milieux innovateurs, et cela en
impulsant les interactions et les apprentissages entre les firmes implantées sur un
territoire donné.

Une autre notion développée, est les « systèmes territoriaux de production » qui, « …
constituent des espaces de relation entre les technologies, les marchés, les capital
productif, les savoir faire, la culture technique et les représentations» (MAILLAT et
KEBIR, 1999)14. La dimension territoriale des systèmes de production est fonction de la
nature, de l’intensité et de l’organisation des relations d’échanges.

14
D. MAILLAT et L. KEBIR, Learning régions et systèmes territoriaux de production, revue d’économie
régionale et urbaine n°3 1999, p.440.
16
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

2. L’approche résiliaire du développement local.

Dans le cadre de la dynamique spatial, et comme nous l’avons déjà cité, la proximité
géographique ne rend pas compte des relations qui existent entre les agents économiques et
par conséquent elle n’a pas le privilège dans l’explication des structures spatiales. Ce
raisonnement est adopté par plusieurs auteurs (comme : LEBORGNE, LIPIETZ, STORPER
et HARRISSON) et renforcé par la proximité organisationnelle qui considère les interactions
entre les agents le déterminant de la structure spatiale dans le cadre du développement local.
En effet, les adeptes de cette approche s’intéressent aux modes d’organisation et de
spatialisation des entreprises et modes de régulation des rapports intra-entreprises (entre les
travailleurs) et interentreprises (entre celles-ci). Deux concepts clés, très lié, sont issus de
cette approche régulationniste, le réseau et la gouvernance.
C’est les réseaux qui traduisent la régulation des relations entre les entreprises, et c’est
à travers cette démarche que s’instaure la gouvernance.
L’existence d’une telle structure est due aux limites de la rationalité de marché qui
prennent place quand le marché ne peut pas régler les conflits qui peuvent se manifester et
aussi lorsqu’il ne peut pas assurer la coopération entre les agents économiques. Cela fait
l’objet des thèses de R. COASE et O. WILLIAMSON (théorie des coûts de transaction).

2.1. La théorie des coûts de transaction


La théorie des coûts de transaction s'inscrit dans le cadre de la théorie des
organisations. Elle explique l'existence d'organisation économique fondée sur la hiérarchie par
l'existence de coûts de transaction.
Le concept de coût de transaction apparait pour la première fois en 1937 dans l'article
de Ronald COASE, « The Nature of the Firm ». Cependant, Oliver Williamson est considéré
comme le fondateur de ce courant théorique. La théorie des coûts de transaction considère que
les agents ne sont dotés que d'une rationalité limitée (concept crée par Herbert
Simon) et qu’ils se comportent d’une manière opportuniste. La théorie des coûts de
transaction de Williamson part du principe que toute transaction économique engendre des
coûts préalables à leur réalisation : coûts liés à la recherche d'informations, aux « défaillances
du marché », à la prévention de l'opportunisme des autres agents etc. Ce qui dit que certaines
transactions qui se déroulent sur le marché peuvent engendrer des coûts de transaction très
importants. Dès lors, les agents économiques peuvent être amenés à rechercher des
arrangements institutionnels alternatifs permettant de minimiser ces coûts. Contrairement au

17
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

marché, Williamson distingue ainsi à la suite de COASE la « hiérarchie » qui correspond le


plus souvent à l'entreprise. Entre cette dernière et le marché, de nombreuses formes
«hybrides» peuvent être identifiées (sous-traitance, concession, réseau, etc.).

2.2. La théorie de l’agence


S. A. ROSS est le premier à parler de la théorie de l'agence. Ce concept a donné
naissance à deux courants distingués par JENSEN et MECKLING. Leur formalisation des
rapports entre actionnaires et dirigeants a donné naissance à la théorie de l’agence.
A partir de ce constat, la théorie de l'agence s'est développée autour de deux branches:
la théorie normative et la théorie positive.

La théorie normative de l’agence, est une branche de la théorie économique en information


imparfaite. Elle analyse la nature des contrats optimaux entre individus disposant de beaucoup
d’informations et de préférences différentes. Selon EISENHARDT (1989), On est concerné
ici par une théorie plus générale de la relation principal- agent. Ils notent qu'il y a deux
aspects de problèmes de l’agence : le risque moral et la sélection adverse, qui se réfèrent à la
mal représentation de l’habilité par l’agent.
La volonté principale de cette théorie est de construire un modèle de gouvernance
d'entreprise optimal, se fondant sur les comportements et les contrats. Le texte fondateur de
cette théorie est celui de CHARREAUX où il montre ses principales composantes et ses
nombreux apports, principalement dans le domaine de la finance15.

La théorie positive de l’agence, ne doit pas être confondue, comme le souligne JENSEN
(1983), avec la théorie normative de l’agence – le courant principal-agent – qui cherche à
étudier, au moyen de modèles formalisés, le partage optimal du risque en posant des
hypothèses restrictives sur les structures de préférences ou d’information et la nature de
l’incertitude. La démarche s’inscrit dans une autre perspective : il s’agit d’expliquer les
formes des contrats, les caractéristiques réelles des marchés (les marchés financiers, le marché
des dirigeants…), les mécanismes organisationnels, selon le principe d’efficacité, comme
résultant d’un processus de sélection darwinien.
Fondée à l’origine sur la théorie des droits de propriété et sur la notion de relation
d’agence empruntée à l’approche principal-agent, la TPA se veut une « théorie de la

15
Yvon PESQUEUX, « Développement d’un cadre institutionnel adapté à l’intégration du secteur informel au
Benin », mémoire de recherche Olihide, septembre 2009,
18
Chapitre I : approche et théorie du développement local.

coordination et du contrôle » appliquée à la gestion des organisations et centrée sur les


dirigeants. Elle s’applique, en particulier, à l’architecture organisationnelle – c’est-à-dire aux
questions touchant à l’allocation et au contrôle des décisions – et à la gouvernance des
entreprises.
Comme on vient de le voir, la fécondité de l’approche régulationniste de l’espace laisse
pour le moment plus de questions ouvertes que de réponses, d’autant que "l’espace" est par
nature terrain d’interdisciplinarité.
Aujourd’hui, il se trouve que l’évolution amène de plus en plus à associer la croissance
économique au bien être social et au « mieux être environnemental ». Pourtant, à l’heure
actuelle, les questions éthiques se trouvent au cœur de la stratégie aussi bien sur le plan
organisationnel que sur le processus de prise de décision. En outre, quasiment aucun modèle
de cette approche ne se démarque de la littérature de la stratégie.

Conclusion chapitre I.

Dans ce chapitre, nous avons pu cerner le concept de développement local et ses


différentes approches. Nous avons présenté le concept de territoire qui n’est plus considéré
comme un simple réceptacle des activités humaines, mais plutôt comme une ressource
spécifique que les acteurs locaux doivent mobiliser et transformer en ressource active
indispensable pour le développement.

En somme, Le développement local n’est pas limité à des contextes économiques, mais
d’autres contextes et dimensions interviennent. Il s’appuie essentiellement sur les ressources
locales, et sur l’idéologie de mobilisation de la population locale autour d’un ou plusieurs
projets communs.

Au final, une démarche de développement local est issue d’une conception systémique et
propose l’association de différentes sphères : politique (institutionnelle), économique, sociale,
et culturelle, avec leur logique, finalités et enjeux.

19
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance


territoriale.
Introduction :

Le développement local, implique que la qualité des relations qui lient les acteurs dans la
proximité, contribue à produire des marges de manœuvre nouvelle.

Mais, la gouvernance apparait aussi comme un élément et une solution pour assurer un
développement clément.

Nous essaierons alors, à travers ce chapitre, de commencer par présenter un contexte


théorique, lié aux notions d’acteurs et montrer de quelle façon leur rôles et stratégies son
favorables ou non au développement local. Nous présenterons ensuite les concepts clés de la
gouvernance et de la gouvernance territoriale.

20
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

Section 1 : Acteurs locaux : rôles et stratégies

1. La notion Acteur / Agent

Tout d’abord, il est intéressant d’apporter quelques éléments sur la façon dont les notions
d’agent et d’acteur sont utilisées, et plus particulièrement sur la différence entre les deux.
Dans la mesure où il s’agit d’une question très large, on se contentera de survoler les
différentes acceptations possibles de ces deux termes.

A cette fin, on reprendra les grands courants théoriques, qui constituent un guide de
présentation des enjeux d’utilisation de ces notions notamment dans les sciences humaines et
sociale.

Premièrement, il y a bien un enjeu dans l’utilisation d’un terme ou de l’autre, mais celui
d’acteur a largement supplanté l’agent qui a été le terme utilisé jusqu’aux années 80. On peut
parler actuellement d’acteur avec assez peu d’a priori théorique alors que celui d’agent signale
une perspective déterministe.

On le retrouve notamment dans les travaux de BOURDIEU1. Dans le prolongement de


cette remarque, il faut préciser que la notion d’acteur a des sens différents selon les approches.
Plutôt que la différence agent/acteur, la question est de savoir sur quoi on raisonne (individus,
collectifs, etc.) c’est-à-dire, plus largement, comment on conçoit « l’unité de base » du
raisonnement scientifique.

Deuxièmement, très schématiquement, une théorie sociologique se définit par


l’articulation entre une théorie de l’acteur et une théorie du système. La théorie de l’acteur
définit les caractéristiques à retenir (positions, ressources, etc.) et les logiques d’action
(dispositions, rationalités, etc.). La théorie du système interroge les modes de
coordination, à savoir : les conditions de réalisation de l’accord, de l’action collective, le
rôle des structures et des contextes, etc.

En effet, chaque courant ne reprend pas l’ensemble de ses éléments. Certains sont plutôt
du côté du système et utilisent plus facilement la notion d’agent. D’autres, à l’inverse, écartent
l’analyse systémique et insistent sur l’acteur.

1
BOURDIEU, le sens pratique, Paris, édition de Minuit, 1980
21
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

1.1. Les conceptions initiales de la notion d’agent/acteur

Nous allons essayer d’identifier les différentes conceptions considérées comme


traditionnelles, regroupant plusieurs courants qui ne sont pas totalement coupés les uns des
autres. Toutefois, notre exposé ici se limitera au moins à ce qui nous intéresse en sciences
économiques.

La première conception, dont on attribue souvent l’origine à Max WEBER, est la


perspective compréhensive qui cherche à comprendre le sens que les individus donnent
à leurs actions. L’objectif de cette démarche est de rendre les comportements intelligibles
: attribuer une « rationalité » à l’acteur, c’est dire que la signification qu’il attribue à ses actes
fait également sens pour le chercheur2.

Souvent en décalage avec les travaux de WEBER lui-même, cette conception est souvent
mobilisée pour le travail de terrain dit « qualitatif » (par entretiens, observations), nécessitant
une certaine empathie avec les acteurs interrogés. C’est dans cette tradition que l’attention à
l’autonomie de l’acteur, de ses représentations et de ses comportements, est la plus forte.

La seconde conception qu’on peut appeler objectiviste aurait plutôt DURKHEIM3


comme père fondateur. Elle ne s’intéresse aux individus que dans la mesure où leurs
comportements portent la trace des structures collectives. On ne raisonne pas au niveau
de l’individu mais à celui de la société (et de ses sous groupes).

C’est dans cette conception qu’on utilise le plus volontiers le terme d’agent, entendu
comme vecteur plus ou moins passif du collectif. D’un point de vue méthodologique, on
l’associe souvent aux méthodes quantitatives et à la production d’indicateurs.

L’agent n’est pas effacé pour autant. L’analyse va porter sur la façon dont le collectif
s’inscrit dans l’individu, dans ses façons de faire et de penser. Il existe toutefois des versions
radicales de cette perspective objectiviste dans lesquelles l’agent disparaît totalement, jusqu’à
ne devenir qu’un signe passif à travers lequel lire la logique du système global.

2
WEBER Max, Economie et Société, Paris, Pocket, 1995
3
DURKHEIM Emile, Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, 1973
22
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

On distingue fréquemment deux types d’objectivisme :

1. Le premier peut être dit « intégrationniste » et s’intéresse à ce qui fait la cohésion de


l’ensemble, la stabilité d’un système dont les dysfonctionnements éventuels (délinquance,
anomie durkheimienne, etc.) sont perçus comme des « ratées » plus ou moins inquiétantes.
2. Le second est plus critique et repose sur le dévoilement des « vrais » motifs d’action de
l’agent, au nom de la dénonciation d’un système globalement inégalitaire dont le
maintien suppose la production et la reproduction d’inégalités.

La conception interactionniste renvoie notamment, pour l’Europe, à Georg SIMMEL4, et,


pour les Etats-Unis, au courant de l’interactionnisme symbolique. Ici l’unité de base n’est pas
l’acteur mais la situation d’interaction (fréquemment le face-à-face). L’acteur se construit
progressivement dans l’interaction. Il peut avoir des stratégies ou une conduite active mais on
les réfère à un contexte donné, pas à ses caractéristiques initiales. On est en revanche attentif à
son évolution, au fil des interactions. C’est à partir de la conception interactionniste que les
notions de carrière et de Trajectoire 5 se sont généralisées et que l’ensemble des courants
mobilise.

Cette approche rend difficile le raisonnement à un niveau global : les collectifs y sont
perçus comme très mouvants, la réalité est faite de situations et de formes plus ou
moins stables. L’interactionnisme symbolique a ainsi contribué à défaire certaines des
grandes catégorisations préexistantes, comme celle de « profession » (au sens anglo-saxon).

Les trois conceptions décrites ci-dessus ne se sont pas succédées mais coexistent, se
croisent et se nourrissent les unes des autres. Il peut être intéressant de voir ce qui peut se
jouer dans le passage d’une approche à une autre. Encore une fois, même si on a en tête un
contexte particulier, on présente la notion de l’acteur ayant une portée générale.

4
Les travaux de Georg Simmel (1858-1918) regorgent de réflexions sur les interactions entre phénomènes naturels
et sociaux, lesquelles caractérisent la question contemporaine de l’environnement, certains auteurs le considère pionnier de
l’approche sociologique de l’environnement.

5
Toutes les deux reposent sur l’idée de restituer la signification du parcours d’un acteur. Elles ne sont pas pour autant
synonymes : la notion de carrière sera plutôt utilisée pour des processus d’insertion, ou de désaffiliation, à des collectifs
(ajustement aux attentes des pairs, etc.), sans que ce soit nécessairement le cas pour celle de trajectoire.

23
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

1.2. Définition du terme

Si on commence par approcher le terme « acteur » par le langage standard, ce mot définit
l’artiste qui incarne un personnage dans une pièce de théâtre, un film ou un spectacle. Les
origines étymologiques de la notion d’acteur viennent du mot latin actor, « celui qui fait
avancer ». Selon une approche sémantique, l’acteur est la personne qui prend une part active
dans une affaire. Dans l’informatique, l’acteur est l‘entité qui participe à la réalisation des
activités du domaine d’étude en étant émetteur ou récepteur de flux d’informations.

En sciences sociales et notamment en sociologie, l’acteur définit l’unité d’action,


individuelle ou collective. La notion implique ainsi l’orientation de l’individu ou du collectif,
donc leurs motifs, objectifs, convictions et intérêts. L’élément-clé pour l’avancement de tout
processus politique, économique ou sociétal est donc l’action.

Les acteurs n’agissent pas dans un « vacuum ». Leurs actions sont largement
influencées par les institutions. Les institutions sont des systèmes sociaux qui génèrent
des certitudes de comportement et des expectations par des principes reconnus comme
des normes, règles, traditions, valeurs communes ou procédures. Les institutions sont
donc des conditions qui fixent les comportements appropriés des acteurs.

1.3. Les évolutions récentes dans l’utilisation de la notion d’acteur.

La notion d’acteur s’est imposée mais recouvre, des significations différentes. Les
prolongements actuels ne sont pas révolutionnaires mais permettent d’éclairer les utilisations
possibles de la notion. On peut les repérer dans 3 dimensions distinctes : les
caractéristiques des acteurs, la question de l’action collective et celle des logiques d’action.

Le traitement de caractéristiques des acteurs renvoie aux études de morphologie


(forme) sociale de l’acteur au sens large, c’est-à-dire ne se limitant pas à la stratification
(formation) de celui-ci mais portant aussi sur ses appartenances, ses modes de vie, son
identité, etc. Les thématiques consacrées dans ce sens en sciences sociales restent classiques
et portent sur la famille, l’habitat ou la profession, etc. Toutefois, la nouveauté aujourd’hui est
sans doute la prise en compte de la multiplicité des scènes sur lesquelles interviennent
les acteurs et leurs appartenances. Cela correspond à des objets réels, mais aussi au souci de
raffiner l’analyse des acteurs. Pour mieux apprécier l’analyse de l’acteur et son utilisation

24
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

humble surtout dans le domaine de la gouvernance des territoires. Incessamment, nous


l’appliquerons sur les acteurs locaux.

Dans la problématique de l’action collective, les prolongements naissent probablement de


l’observation de ce qui se passe aux frontières des organisations (interface entre une
entreprise et un marché, entre une administration et un public, diffusion, innovation,
circulation). L’interrogation centrale en arrière plan est celle du lien entre le collectif et
l’individuel. Elle amène à concentrer l’analyse sur les acteurs charnières, qui assurent
l’articulation entre les différents collectifs : porte-parole, traducteur/interprète, prescripteur,
etc.

Le maître mot est celui de médiation. Les structures, groupes et institutions sont
porteurs d’effets, mais ces effets sont médiatisés par des intermédiaires. Dans cette
perspective, les « acteurs » sont plutôt des « actants », terme désignant les individus
mais également des objets, signes, et autres supports de l’action. Cette inscription de l’action
dans des réseaux mêlant signes, objets et individus renvoie largement à la sociologie de
CALLON et LATOUR6.

Il serait intéressant de s’interroger sur les conditions de l’action collective et de la


coopération. Autrement, par la négociation, la production de règles, mais aussi par
l’instauration de la confiance, les acteurs économisent le coût et la durée de l’ajustement de
l’action7.

Dans les logiques d’action, il s’agit de voir comment les acteurs justifient leurs actions,
choix et comportements, et comment ils les rendent recevables, valables.

Cette « pragmatique sociologique » qui doit beaucoup aux théories linguistiques8 part du
principe que les opérations de dévoilement des motifs réels ne sont pas l’apanage des
sociologues et qu’elles sont pratiquées quotidiennement dans nos « sociétés critiques » où les
acteurs peuvent mettre en œuvre une certaine réflexivité. La réalisation d’accords, la

6
Bruno LATOUR, "Une sociologie sans objet ? Remarques sur l'inter objectivité" Sociologie du Travail, vol. 36 n°4, 1994,
pp587-607.

7
REYNAUD Jean-Daniel, Les règles du jeu, Paris, Armand Colin, 1989.

8
BOLTANSKI Luc, La justification : les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991

25
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

coopération, ou simplement l’action individuelle, supposent un épuisement de la critique, ou


au moins une mise entre parenthèses.

2. Le rôle des acteurs locaux :

Les acteurs s’associent pour agir ensemble. A partir d’une cause initiale appartenant à un
individu ou à un collectif, des acteurs sont mobilisés par une multitude de moyens qui
font référence au pouvoir. Le pouvoir n’appartient pas à ceux qui le possèdent – en potentiel
– mais à ceux qui arrivent à mener à bien le processus d’association9.

2.1. Les implications des acteurs à différent niveaux:

Le passage du culturel à l’économique montre une voie de constitution de l’acteur local.


Des individus et des groupes entrent sur la scène locale10. Ils deviennent au présent,
porteurs de l’identité collective et ramènent au présent, la conscience d’appartenir à une
histoire commune. Mais en même temps, ils proposent d’autres voies de développement de la
société locale et agissant sur les représentations courantes et les idées reçues11. Ces
acteurs doivent convaincre de la pertinence du projet et surtout de sa valeur alternative.

A travers l’action, l’acteur transforme durablement la logique du système d’action. D’une


part, de nouveaux enjeux se dégagent au fur et à mesure que l’action atteint ses objectifs, un
système d’alliance et d’opposition se constitue autour du mode de gestion des acquis
économique et sociaux. D’autre part, les acteurs se positionnent différemment dans le
système, ils montrent des compétences qui débordent leurs savoirs professionnels et
constituent de nouveaux réseaux d’action collective.

D’après ce que nous avons déjà cité, la réussite d’un tel développement local nécessite la
collaboration de tous les opérateurs et les intervenants au niveau local et la mobilisation de
toutes les énergies. Ainsi des groupes d’acteurs peuvent être distingués :

Au niveau public, à savoir les collectivités locales, l’Etat et les services extérieurs des
départements ministériels.

9
Latour, B. (1986). The powers of association. In J. Law (Ed.), Power, action, and belief : a new sociology of knowledge.
Sociological review monograph; no.32 (p. 264-280). London; Boston: Routledge et Kegan Paul.

10
Arocena « Développement par l’intive locale » P. 214

11
Arocena « L’acteur dans le système d’action locale » P.105

26
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

Les collectivités locales, sont, les communes, les provinces et les préfectures et régions12.
Elles agissent par l’intermédiaire des assemblées provinciales, préfectorales, communales et
régionales. Elles sont considérées par tous les analystes comme le levier puissant de
développement local. Pour l’Etat, il s’agit des organes centraux des pouvoirs publics
notamment le gouvernement. A noter que l’Etat, acteur du développement local, dans le
contexte actuel marqué par la mondialisation, est appelé à assumer le rôle de maillon
intermédiaire entre le niveau supranational, par l’intégration dans un bloc solide capable
d’affronter la rude concurrence gênée par ce nouveau contexte, et le niveau infranational à
travers la promotion du développement local et l’adaptation des conditions locales aux
exigences de la globalisation. pour se qui est des services extérieurs des départements
ministériels, ils sont des organes déconcentrés des gouvernements appelés à concerter avec
les collectivités locales et servir de relais du gouvernement au niveau local.

Au niveau privé, cela concernent les entreprises, le secteur bancaire, les organismes
professionnels, les associations culturelles etc.. À ce niveau, les PME (petites et moyennes
Entreprises) représentent la pierre angulaire en égard à leur poids dans le tissu productif, à
leurs atouts et aux potentialités qu’elles offrent pour le développement local.

Les autres acteurs, qui sont notamment, les ONG internationales, les organisations
multilatérales (agences des nations unies, banque mondiale),

La coopération décentralisée commence à être un moyen privilégié de transfert de


connaissances, de moyens et de compétences. En fait, le développement local exige la
participation efficace et dynamique de tous les citoyens et la mobilisation d’un ensemble
d’outils.

2.2. Le rôle des acteurs locaux dans la construction de leur localité :

L’intérêt croissant pour les initiatives locales et le développement durable s’associe à des
changements fondamentaux et à plusieurs mégatendances13. Leurs effets ont des
conséquences à toutes les échelles. Face à ces changements, les localités ont souvent reçu le
statut de pion. Les individus et les collectivités réagissent en les suivant ou en s’y adaptant,

12
L’art 93 de la constitution révisée de 1996.

13
Naisbitt, J. (1982). Megatrends : ten new directions transforming our lives. New York: Warner Books.

27
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

mais ils peuvent aussi les initier 14. Ces initiatives se greffent potentiellement au
système mondial en contribuant à sa transformation et à l’émergence de nouvelles tendances.
Les phénomènes macros ne sont pas totalement différents de ceux que l’on retrouve à
l’échelle micro; les localités constituant un point de juxtaposition, d’articulation et
d’intersection de réseaux de relations sociales de tous niveaux.

Les liens entre l’échelle locale et les autres échelles varient d’une sphère d’intervention à
l’autre, les acteurs d’une localité ont la possibilité de resserrer ces liens. Ainsi, ils jouent un
rôle important dans la transformation et la construction de leur localité en exportant
leurs réussites, mais avant tout, ils innovent en utilisant des moyens et en employant des
méthodes qui leur sont propres afin de formuler et de chercher à atteindre leurs objectifs15.

Ils ont potentiellement la capacité et l’intérêt de mettre en lumière des objectifs qui sont
propres à leur collectivité, de mobiliser les ressources locales afin d’atteindre ces objectifs et
d’élaborer des stratégies compatibles avec ceux-ci16.

Les acteurs locaux sont les éléments dynamiques d’une démarche ‘ascendante’ en
développement territorial, c'est-à-dire de la mise en valeur des forces particulières et distinctes
à une localité afin d’assurer l’essor du potentiel des acteurs qu’elle regroupe – individus,
entreprises, communautés, organisations – et de ses avoirs culturels et naturels.

Chaque processus de changement nécessite une réorganisation des schémas d’interaction,


la définition de nouveaux rôles et la gestion des incertitudes qui découlent de ces
modifications. D’une part, la participation en tant que moyen implique de rassembler les
ressources et le support des individus à titre d’intrants d’une stratégie basée sur l’assomption
que son efficacité en sera augmentée. Par exemple, les structures existantes à l’échelle
nationale, régionale, voire locale, le plus souvent indirectes, sont perçues comme
inadéquates à la rencontre des besoins exprimés par certains groupes sociaux ou certains
secteurs. D’autre part, la participation est une fin en soi. Renforcer la capacité de
14
Bryant, C. R. (1991). Le développement communautaire durable, les partenariats et la préparation des propositions de
projets réussis. Hudson: Édition Stratec Communication Inc.

15
Allie, L., et Bryant, C. R. (2001). Network as a Tool in the Construction of Sustainability. In K. Kim, I. Bowler et C. R.
Bryant (Eds.), Developing Sustainable Rural Systems (Conference Proceedings of the IGU Commission on the Sustainability
of Rural Systems) (p. 11-19). Pusan, Korée: Pusan National University Press.

16
Bryant, C. R., et Preston, R. E. (1987). Un schéma pour les initiatives locales en développement économique. Bulletin de
développement économique, 1, 16.

28
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

participation des acteurs locaux, dans les différentes sphères du développement, permet
de dépasser une situation de dépendance ou de marginalisation. Les intentions sont
multiples : établir des structures informelles ou des procédures, séparées ou
additionnées à celles du gouvernement local, régional ou national.

Pour conclure ce point, par une approche de la décentralisation, nous résumons en


trois repères significatifs pour expliquer au mieux le rôle des acteurs locaux ; s’approprier des
rôles et responsabilités qui leur sont assignés, respect des lois en matière de décentralisation
surtout dans la répartition et l’utilisation des ressources, et assurer une communication
permanente avec les populations.

2.3. La partition des acteurs territoriaux :

L'ensemble des acteurs locaux participe, chacun à sa manière, à la mise en œuvre d’une
politique économique locale. Il se trouve « placé » et intégré au sein d'une partition
d'ensemble qui se compose, autour du ou des porteurs de projet, des acteurs suivants:

1. Le domaine économique avec les entreprises, et les chambres de commerce. Les atouts
des entreprises présentes sont l'alliance dans la concurrence, les services, la demande de
sous-traitance;
2. Les services centraux puis les services déconcentrés de l'Etat avec les Ministères,
l'aménagement du territoire, les wilayas, les secrétaires et directeurs généraux de
leurs services. Ils ont pour mission de prescrire des formations.
3. Les personnels qualifiés: tels que les experts, universitaires et chercheurs. Leurs
atouts sont l'information, la valorisation des connaissances et la communication;
4. Les associations, à savoir les clubs et/ou réseaux professionnels, comme contrepoids
des lourdeurs institutionnelles. Leur atout est de savoir gérer et accompagner
l'insertion;
5. Les structures territoriales, qui sont, les élus, les mairies, et les agences de
développement, comme source de dynamisme, qui se substituent au modèle
centralisateur car plus aptes à répondre aux effets d'une crise économique et
sociale que l'Etat ne peut pas juguler17. Ils ont le plus souvent la maîtrise du
foncier et des finances.

17
P. Coulmin, La décentralisation, la dynamique du développement local, Ed. Syros, Adele Aubenas, 1986.

29
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

L'idée sous-tendue, est qu'il est plus important de mobiliser de manière endogène
les compétences et les volontés d'un territoire plutôt que d'attirer à tout prix des
investisseurs extérieurs18.

L'outil conceptuel clef des approches méthodologiques du développement local est le


triptyque: « intégration – stratégie – participation ». L'intégration implique une conception
intégrée et globale harmonisant plusieurs types de mesures. Quant à la stratégie, elle
nécessite une vision cohérente et partagée qui permet d'organiser le choix des activités et
de sensibiliser les populations cibles. Enfin la participation repose sur l'appui des
populations. Il s'agit là d'encourager la constitution de groupes et de réseaux d'habitants.

3. Stratégies des acteurs locaux et les réseaux

Les multiples acteurs du développement local (élus, responsables, entreprises,


salariés, militants d’associations, habitants) proviennent d’univers différents et pratiquent des
cultures professionnelles divergentes. Dans un tel contexte, cela revoie à prêter attention
surtout à spécifier la nature, le rôle et le type d'actions des acteurs locaux, firmes et
acteurs institutionnels locaux. Il s’agit en particulier d'apprécier les stratégies des acteurs, les
démarches de construction de ressources qu'ils mettent en œuvre et qui font naître des
proximités organisées nouvelles

3.1. Les stratégies d’intervention des acteurs locaux :

La première stratégie repose sur « l’interprétation ». C’est l’action d’éclaircir,


d’expliquer. Les acteurs peuvent agir par le biais de l’analyse, de l’éducation, voire de la
persuasion. Ils peuvent aussi adopter des stratégies institutionnelles, c'est-à-dire mettre
en place des structures, souvent politiques ou sociales, reposant sur des lois ou des
coutumes. Finalement, ils peuvent opter pour des stratégies organisationnelles, donc créer des
comités ou des regroupements qui reposent sur certains objectifs établis. Ces stratégies sont
des méthodes que les acteurs peuvent employer au cours du processus de «traduction »19.

18
Article du Monde, 30 avril 1997, La création d'entreprise est-elle de gauche ou de droite? Par Jean-Pierre Worms et Michel
Pinton
19
La traduction signifié: «le déplacement, la dérive, l'intervention, la médiation, création d'un nouveau lien qui n'existait pas
avant et modifie en partie les deux agents», Latour, B, We have never been modern. New York: Harvester Wheatsheaf, 1993.

30
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

3.2. Les marges de manœuvre et les « stratégies d'indétermination » des acteurs

La démarche du développement local correspond à une « politique » du changement.


Plusieurs travaux s'attachent en ce sens aux dynamiques d'acteurs, à leur place et à
leur autonomie, à la cohérence d’action associée au processus de changement.

Toute volonté d’action commune sur un territoire doit être sous-tendue par une vision de
la complexité de ce territoire et par une prise en compte stratégique 20 dans le même espace
temps:

La multiplicité des objectifs et la possibilité d’incohérence, ainsi que l’incomplétude


des informations de chacun;
L’incertitude des résultats des actions et des évolutions possibles;
La diversité des contraintes territoriales.

Il s’agit donc, selon Avenier (1997), de la stratégie du « chemin faisant »21, ou encore,
selon l'expression de Christophe MIDLER (1984), d'une ingénierie concourante22, qui met
l’accent sur l’importance des relations récursives entre projets et actions.

Paul BACHELARD (1993) évoque à ce propos les marges de manœuvre23 de l'acteur du


développement local dont l'évaluation nous renseigne sur l'évolution du système
d'action locale: « La marge de manœuvre est parfois étroite entre la gestion du projet de
l'acteur lui même et celle des sous-systèmes avec lesquels il est en relation, dont la
principale caractéristique est qu'il change d'état en permanence ».

Aucun développement local ne ressemble à un autre. Il n'y a pas de « recette »


du développement local et chaque cas constitue une « signature » spécifique. Miser sur
une reproduction ou un transfert possible semble en ce domaine aléatoire, selon ce que
COUDRIEUX nomme le postulat d'indétermination: « Le développement relève des
interfaces, des entredeux et les connexions inter systémiques ne se font jamais de la
même façon; autrement dit, les mêmes causes ne produisent jamais les mêmes effets, les
situations sont et restent indéterminées. Dans tout système, plusieurs possibilités

20
A. Martinet, Management stratégique, Mac Grow Hill, « Le noyau composite d'acteurs stratégiques », Paris, 1984.
21
M.G. AVENIER, Coordinateur. La stratégie du chemin faisant, Paris, Economica, 1997.

22
C. Midler. L'auto qui n'existait pas. Management des projets de transformations de l'entreprise, interéditions, Paris, 1993.

23
Paul Bachelard, Les acteurs du développement local, L'Harmattan, 1993.
31
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

potentielles existent simultanément. Ce qui rend toute évolution imprévisible. C'est le


postulat d'indétermination »24.

3.3. Les réseaux.

La notion de réseau a subi un regain d’intérêt suscité par la volonté de mettre en évidence
une certaine évolution des pratiques d’action collective. Il est donc utile de définir la notion
de réseau telle qu’on entend l’utiliser pour éviter les contre-sens ou les approximations. Au
sens traditionnel, un réseau est un regroupement d’acteurs ayant des propriétés en commun.

L’origine de la notion de réseau provient de l’apparition de formes inédites d’action


collective dans l’espace social. Il s’agit en particulier de celles engendrées par les
préoccupations environnementalistes. Face à certains risques écologiques encourus par
des populations en situations de voisinage d’une source de pollution, des collectifs se sont
organisés et ont mené des actions revendicatives en créant des coalitions d’intérêts. La
multiplication de ces risques et leur recoupement ont entraîné des formes de
coordination et des échanges de vue.

Progressivement se sont ainsi formés des associations mêlant des acteurs humains, des
ressources naturelles et des experts, cherchant à mettre en évidence les impasses d’un mode
de développement social. A la différence des réseaux au sens traditionnel du terme,
ces collectifs assemblaient des acteurs hétérogènes et des ressources naturelles dans un
processus d’action visant à faire valoir de nouvelles connaissances sur les nuisances de
certains choix de développements social25. Il devenait impossible de décrire cette forme
d’association en recourant à des propriétés communes des acteurs. Au contraire, une
richesse de ce mode d’action semblait être sa capacité à combiner une pluralité d’intérêts et
de points de vue différents26.

C’est en référence à ce type d’association que s’est construite une nouvelle notion de
réseau (l’action en réseau). Celle-ci est basée sur la prolifération des connexions entre acteurs

24
Hubert Coudrieux, 1988, La science des systèmes et des exploitations agricoles, Ed. Universitaires, UNMFREO, 1990.

25
Cf. B. LATOUR, Politiques de la nature, La Découverte, Paris, 1999.

26
« (…) ne plus tenir compte des propriétés des éléments entre lesquelles une relation s’établit, c’est-à-dire des personnes,
dont la qualité, par exemple, de femme, de noir, de jeune, d’ouvrier, etc., n’est plus traitée comme pertinente, mais seulement
des propriétés relationnelles c’est-à-dire du nombre, de la fréquence et de la direction des connexions » (L.
BOLTANSKI et E. CHIAPELLO, Le nouvel esprit du capitalisme, Gallimard, Paris, 1999, p. 225).

32
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

et ressources d’action différentes. Il en découle une notion d’action en réseau qui se distingue
de la simple action coordonnée avec une stratégie homogène.

L’action en réseau se caractérise par la multiplication des formes d’action et par leur
concentration sur un enjeu ponctuel. On dira que l’action en réseau joue à la fois sur la
fréquence et sur l’intensité.

Le réseau est donc un mode d’organisation de l’action collective qui permet d’élargir la
bande de fréquence et d’intensifier l’action27.

La mise en réseau des acteurs économiques à une échelle locale est génératrice
d'externalités positives. Plusieurs formes d'organisations peuvent alors naître de cette mise en
réseau, et présentent des avantages en termes de coordination dus simultanément à l'existence
de liens socio-économiques et de la mise en œuvre d'actions concertées favorables à un
développement local.

Nous présentons dans ce qui suit le rôle des réseaux, puis nous identifions les types de
réseaux.

3.3.1. Le rôle des réseaux.

Une première constatation met dans un premier temps en évidence la présence de


différentes formes de réseaux dédiés au développement local et dans un second temps montre
que la majorité des projets se passent, dans l’activité quotidienne, de l’appartenance aux dits
réseaux d’apprentissage ou que pour le moins ils n’entretiennent avec eux qu’un lien
sporadique et marginal.

Une autre constatation est que beaucoup de réseaux regroupent à des fins corporatives des
institutions disposant d’une vaste palette d’expérience, créant ainsi un ensemble d’entités très
hétérogènes. Plusieurs des projets analysés montrent un travail sous forme de petits
réseaux constitués de plusieurs institutions organisées en un genre de consortium pour
la prestation de services.

En pratique, cet aspect enlève de la valeur et du sens à ce type de constructions


collectives.

27
Marc MAESSCHALCK (UCL, FUSL), « L’action en réseau », Monceau-sur-Sambre, Maison pour les Associations,
décembre 2001.

33
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

Quelquefois les réseaux se limitent à une sorte de groupes corporatifs organisés pour
avoir davantage de possibilités de financement, en plus des opportunités qui existent en
dehors du réseau. Cela conduit à un repositionnement des objectifs actuels de
nombreux réseaux, tendant à renforcer le rôle de services de communication, de
formation et de qualification, non seulement pour leurs propres membres, mais également
pour les agents qui sont à l’extérieur des réseaux.

Le dit rôle se met en place sur la base d’un apprentissage interne au réseau. Les réseaux
peuvent ainsi constituer les mécanismes de globalisation des apprentissages.

Des études en Amérique latine28, mettent en évidence une grande diversité de réseaux en
référence à des critères comme :

Les conditions multidimensionnelles (champs thématiques, objectifs et lignes d’action),


Les acteurs impliqués (sociaux-territoriaux, patronaux, politico-administratifs ou
appartenant à la coopération internationale),
Les types d’échange entre les acteurs impliqués,
L’articulation entre les nœuds et les autres composantes du réseau,
La couverture territoriale.

Parmi les objectifs et les thématiques rencontrés, il faut souligner :

Le développement économique (alliances et initiatives économiques pour le


développement local) ; le développement rural ; la gestion : gouvernabilité -
communes - décentralisation ; la participation des citoyens et contrôle social29.
Dans ces domaines se trouvent les réseaux créés pour la diffusion d'information
relative au développement local ; l'échange d'information et/ou la recherche et
l'approfondissement dans ces thématiques ; l'action et la promotion du développement;
les thèmes qui combinent tout ou partie des objectifs précédents.
Les réseaux sont conçus comme des outils d'incidence et comme des mécanismes pour
les membres eux-mêmes, c’est pourquoi ils diffèrent quant à leurs objectifs et dans leur

28
Réseaux Internationaux de Développement Local en Amérique Latine” (Enrique Gallicchio, Ioanna Grotiuz y Matilde
Suárez) 2002.

29
Conférence sur le développement local et la décentralisation” organisée par le “Centro de Estudiosdel Desarrollo Local y
Régional (CEDER), Lima, Juin 2002.

34
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

mission sur des aspects comme les thèmes généraux suivants et sur des thèmes
plus spécifiques :

Intérêt porté à la génération d'espaces de diffusion, à la systématisation, à l’échange, à la


discussion d'information ; apports au renforcement des gouvernements locaux et à
l'articulation entre les acteurs du développement local ; formation aux capacités techniques et
organisationnelles ; constitution de cadres de coopération entre acteurs ; construction
collective d'espaces de réflexion et de théorisation.

La perspective d’une organisation en réseau des acteurs économiques locaux naît d’une
double exigence :

Premièrement, celle de maintenir la compétitivité des entreprises locales en


recherchant des réponses à leurs besoins croissants d’innovations techniques, commerciales et
organisationnelles30.

Deuxièmement, celle d’appartenir à une pluralité de réseaux reliant le système local au


monde extérieur. Le local et le global apparaissent dans ces nouvelles organisations
productives comme les deux versants d’une même réalité économique.

En ce qui concerne l’objet des relations en réseau, nous nous appuyons sur les notions de
logiques de production et de logique d’interaction qu’O. CREVOISIER et D. MAILLAT
développent dans leurs travaux sur les formes d’organisation de la production. Appliqués aux
réseaux économiques locaux, ces deux axes nous facilitent l’identification des dynamiques
animant les relations tissées dans les réseaux locaux.

La logique de production concerne surtout les formes d’échanges interentreprises,


dont le but principal concerne l’amélioration de la production de biens et services de toutes
les composantes du réseau. Le réseau affirme alors les capacités d’apprentissages
collectifs. En effet, quand les règles, régissant ces apprentissages collectifs, sont co-écrites
par les diverses composantes du réseau, on observe la mise en place d’un réseau multipolaire.
A l’opposé, quand se dégage une tête de réseau avec une ligne hiérarchique verticale,
le réseau ressemble plus à une organisation résiliaire intégrée. C’est l’exemple du réseau de
30
Tous les travaux de l’économie industrielle, de l’économie spatiale et de la géographie ont montré combien les externalités
développées par les nouveaux schémas productifs des firmes renforcent le jeu des proximités. La consolidation de l’offre
concurrentielle des entreprises et de ce fait du tissu économique local passe par la constitution de ressources spécifiques
locales.

35
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

sous-traitance classique ou le donneur d’ordres externalise, auprès de son réseau de


sous-traitants, des travaux plutôt banalisés. Les interdépendances sont réduites. Le pouvoir
reste concentré essentiellement entre les mains du donneur d’ordres. A l’opposé, le réseau
multipolaire ne laisse pas apparaître d’acteur dominant. Le pouvoir est plus partagé et de
ce fait les interdépendances se multiplient.

La logique d’interaction met en avant les capacités d’animation des acteurs. Celles-ci
représentent un besoin de réduire l’incertitude et le risque que des rapports inter firmes moins
articulées pourraient dans le temps faire courir aux acteurs économiques. Cette mobilisation
des acteurs permet également d’être immergé dans un contexte relationnel permettant
d’opérer des choix économiques alternatifs et de limiter les coûts de transaction grâce aux
habitudes relationnelles.

En effet, au minimum deux grandes familles d’acteurs distinctes peuvent être


identifiées dans la prégnance (la stabilité de perception) de ces logiques de mise en réseau à
savoir les entreprises et les instances publiques. Les entreprises de biens et/ou de services,
sont de grandes ou petites entreprises, intervenant individuellement ou collectivement
dans le cadre de regroupements professionnels, dont les mutations des schémas
productifs conduisent souvent à des organisations résiliaires dont l’espace est souvent
composé de sites disjoints et néanmoins interdépendants. Pour ce qui est Les instances
publiques, qui sont les collectivités territoriales, les administrations, les structures de
formation et de recherche, aux compétences préétablies par la loi qui interviennent sur
un territoire continu de compétence qui porte leur légitimité.

En somme, si l’on retient les capacités d’apprentissage et d’animation de ces deux acteurs
économiques locaux, trois types de réseaux se dégagent.

36
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

3.3.2. Les types de réseaux :

Nous nous appuierons essentiellement sur les travaux du troisième congrès sur «New
growth and territories» dans la présentation de la typologie des réseaux31.

Le réseau producteur est celui qui lie les entreprises ayant pour objectif principal de
conforter leur capacité de production. Celui-ci favorise le développement des capacités
d’apprentissages collectifs. Dans ce réseau, on peut alors partager les mêmes expériences, les
mêmes règles et la même culture technique. La poursuite des échanges entre ces entreprises
conduira à terme au renforcement les relations articulées et l’accumulation de savoirs faire
collectifs. Plus ce réseau est organisé en étoile, plus on observera une redéfinition des
savoirs et des savoirs faire de ses composantes. A l’opposé, plus le réseau correspond à une
intégration résiliaire, plus les acteurs profitent du réseau pour vendre ou acheter des
savoirs faire construits dans leur propre sphère productive avec des relations
ponctuelles qui peuvent s’arrêter rapidement quand un des membres du réseau ne trouve plus
une réponse à son objectif de production.

Le réseau facilitateur répond au besoin de faciliter les connexions entre les


différents acteurs locaux. Ainsi, les composantes du réseau facilitateur sont mixtes.
Autrement dit, il est composé des structures publiques (collectivités locales, structures
de formations et de recherches) et les entreprises. Ce réseau s’organise autour d’un objet qui
devra servir les stratégies des acteurs locaux. Ce type de réseau peut naître soit de la volonté
de collectivités locales de renforcer les ressources spécifiques locales, soit à la
demande d’une entreprise exprimant un besoin particulier lié à sa sphère productive. Les
relations tissées entre les acteurs de ce type de réseau sont souvent formalisées et font l’objet
d’une écriture préalable à la mise en réseau. Le type d’échange est bien identifié, la place
respective dans l’organisation des différents acteurs consignée et la durée des échanges
arrêtée. Elle correspond souvent à la durée de l’engagement financier de la collectivité
publique. Le réseau disparaît à l’arrivée de l’échéance fixée pour l’objet d’échange.

Parce que le développement économique s’inscrit dans une dimension fortement


globalisée, les acteurs locaux recourent à des outils de plus en plus sophistiqués.
Comme dans le type de réseaux facilitateurs, le réseau incubateur regroupe tous les acteurs

31
Laurence BARNECHE-MIQUEU & Nathalie LAHAYE, in The third Congress on Proximity -"New growth and
Territories", University of Paris South & Institut National de la Recherche Agronomique, 13 and 14 December 2001.

37
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

publics et privés. Mais la nature de l’engagement présente des différences significatives. Il


s’agit là d’une organisation en réseau pour se mettre en situation de créer des ressources
locales propres. Le réseau est identifié ici comme producteur autonome de savoirs puis de
savoirs faire spécifique. En conséquence, les composantes articulées se dotent de
moyens humains, techniques et financiers et s’inscrivent dans la logique marchande du
marché. Le partage d’un objectif de production conduit tous les partenaires à une solidarité
plus forte que dans les réseaux que nous avons traité plus haut. Il impose également la mise en
œuvre d’interdépendances accrues et le partage indirect des cultures respectives de chacune
des composantes du réseau.

Ainsi, le bilan de l’action sera plus directement valorisé dans les sphères des différentes
composantes du réseau –collectivités territoriales élues, entreprises et structures de formation
et de recherche par exemple – parce que mieux identifié concrètement : nouveaux
produits, nouvelles techniques, nouveaux marchés, nouvelles implantations etc.

Au total, ce type de relations articulées pousse à une interpénétration des logiques de


chacun des acteurs. Il convient pour tous les membres de l’organisation d’adopter les cultures
de chacune des communautés (industrielle, de recherche et d’élus) afin de ne pas
compromettre la réalisation du but final. Dans cette configuration, les logiques de production
et d’interaction sont exacerbées. Le réseau produit de nouveaux savoirs et de nouvelles
relations plus denses, marchandes et non marchandes, formelles et non formelles.

Section 2 : La gouvernance territoriale (locale).

1. Généralités sur la gouvernance


1.1. Historique.

La notion de gouvernance ne possède pas une seule définition précise. Elle revoie à
plusieurs significations différentes et parfois antinomiques. Elle est introduite en 1937 par
Ronald Coase à travers la théorie des coûts de transaction. Dans cette dernière, COASE
explique que la firme émerge grâce à ses modes de coordination interne qui lui
permettent de réduire les coûts de transaction généré par le marché ; celle-ci
(l’entreprise) s'avère plus efficace que le marché dans l’organisation de certains
échanges. Ce qui fut l’un des principes de base sur lequel repose le développement
local. Puis, dans les années 1970, Olivier Williamson reprend le terme de «
38
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

gouvernance des entreprises et de structure de gouvernance » afin de caractériser les


politiques internes de l’entreprise. Néanmoins, l’utilisation de la notion de gouvernance
n’est pas réduite à la science économique, car elle n’a pas tardée pour entrer à la fin
des années 80 dans la science politique en Angleterre (financement par le
gouvernement d'un programme de recherche sur le thème de la recomposition du pouvoir
local)32.

Par ailleurs, le concept de gouvernance est entré dans le domaine des relations
internationales par l’usage de l’expression de « bonne gouvernance » pour désigner les
particularités de la bonne administration publique dans les pays. Et c’est à travers cette
notion que les organismes de prêt internationaux (FMI et BM) prônent des réformes
institutionnelles nécessaires à la réussite de leurs programmes économiques.

1.2. Quelques définitions de la gouvernance

De nombreuses et différentes définitions ont été attribuées à la notion de gouvernance,


depuis sont apparition. Chaque définition met l’accent sur un aspect particulier, selon
le domaine et le centre d’intérêt des définiteurs. Les premières définitions accordées à
ce concept le qualifient de l’art et la manière de gouverner et elles renvois au partage du
pouvoir entre les différents acteurs de la société. Les autres définitions qui viennent
après se concentrent sur les aspects relatifs à une stratégie de développement
participatif qui vise à amorcer un processus de développement local à travers
l’implication de tous les acteurs (locaux et centraux) et l’exploitation rationnelle des
ressources locales.

Autrement dit, le vocable « gouvernance » suppose l'instauration de nouveaux modes


d'élaboration des politiques publiques, basés sur la négociation, tout comme de
nouvelles manières de les mettre en œuvre, notamment par le biais de partenariat entre
public et privé qui prend de plus en plus d’envergure.

Selon Benko et Lipietz (1995), la gouvernance correspond à un mode de régulation qui ne


repose pas exclusivement sur les mécanismes du marché, ni sur les interventions de l’État,
mais qui s’appuie plutôt sur la société civile. Elle renvoie à l’action de piloter un système, de

32
en 1979, le gouvernement anglais, a mis en place une série de réformes visant à limiter le pouvoir des autorités
locales (jugées inefficaces et coûteuses), et renforcer la centralisation et la privatisation de certains services publics.

39
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

coordonner une action collective (Paquet, 1999 : 23-24) dans laquelle « l’ordre
organisationnel est davantage négocié entre les acteurs du système » (Thuot, 1998). Ce terme
connote des capacités exercées par les multiples acteurs et traduirait la « multiplicité de lieux
de décision » (Andrew, 2000 : 76)33.

Pour Jean-Pierre Gaudin (2002) : «La gouvernance, ce serait tout bonnement de


l'action publique en réseau, une pratique relationnelle de coopérations non prédéfinies
et toujours à réinventer, à distance des armatures hiérarchiques du passé et des
procédures routinières.»34

Milani (1999), distingue deux conceptions de la gouvernance. Une conception libérale


qui repose sur les échanges volontaires entre les acteurs. Ici l’action collective dépend
directement de la volonté d’un groupe d’individus déterminés à promouvoir des
changements. Une deuxième démarre de l’approche institutionnelle. Dans ce cas les
gouvernés ont une influence sur la sphère gouvernementale. Elle se situe au-delà des
coalitions politiques et implique une influence des gouvernés sur la sphère
gouvernementale. Cette approche se fonde sur le caractère re-distributif de la gouvernance
ou les acteurs et les institutions obtiennent leur légitimité politique dans la mesure de
leur contribution au développement humain et au bien être public.

La banque mondiale voit dans la gouvernance « la manière par laquelle le pouvoir est
exercé dans la gestion des ressources économiques et sociales d’un pays au service du
développement » et considère que l’existence d’un Etat de droit et de la démocratie,
l’exigence de la transparence et de la responsabilité dans les divers aspects de la vie publique
et privée, la gestion participative et l’existence d’un système décentralisé de la prise de
décision, la gestion efficace des ressources publiques, la disponibilité d’un cadre
macroéconomique sain, incitateur et favorable à la libre entreprise et à l’économie de marché
et la lutte contre la corruption, sont des conditions nécessaires à la bonne gouvernance.

Cette définition de la banque mondiale est axée principalement sur le fonctionnement des
pouvoirs publics, surtout sur la façon d’exercer le pouvoir qui doit se référer à
certains principes tels que la démocratie, la transparence, et la participation des acteurs

33
www.a21l.qc.ca/web/document/ayeva_gouvernance.pdf
34
Jean-Pierre Gaudin, « Pourquoi la gouvernance ? », Presses de la FNSP, coll. La bibliothèque du citoyen, Paris, 2002,
p43.

40
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

privés à la prise des décisions, à la gestion des ressources et au développement. Entre autres,
la banque mondiale reprend certains aspects figurant auparavant dans le consensus de
Washington qui consiste à la fondation d’un cadre macroéconomique sain, stimulateur et
propice à la libre entreprise et à l’économie de marché.

Une autre définition proche de celle présentée par la banque mondiale est celle
proposée par le comité de développement de l’OCDE (l’Organisation pour la Coopération, et
le développement Economique) qui considère la gouvernance comme « l’utilisation de
l’autorité politique et l’exercice du contrôle en rapport avec la gestion des ressources
d’une société en vue du développement économique et social »35.

La gouvernance est également défini comme « un processus de coordination


d’acteurs, de groupes sociaux, d’institutions pour atteindre des buts discutés et définis
collectivement. La gouvernance renvoie alors à l’ensemble d’institutions, de réseaux, de
directives, de réglementations, de normes, d’usages politiques et sociaux, d’acteurs publics et
privés qui contribuent à la stabilité d’une société et d’un régime politique, à son orientation, à
la capacité de diriger, de fournir des services et à assurer sa légitimité » par Le Gales, 200636.

1.3. Les indicateurs de gouvernance selon la Banque Mondiale37

Dans un rapport de recherche publié en 2005, Daniel Kaufmann, Directeur du programme


gouvernance mondiale à l'Institut de la Banque mondiale, et Aart Kraay, Économiste principal
dans le Groupe de recherche de la Banque, proposent un tableau de bord à l'échelle mondiale,
comprenant des indicateurs de gouvernance. Kaufmann et Kraay ont développé et analysé six
(06) composantes chiffrables de la bonne gouvernance en prenant comme point de départ la
fin des années 90. Ces indicateurs sont résumés comme suit :
Être à l'écoute et rendre compte - mesure les droits politiques, civils et les droits de
l’homme;
Instabilité politique et violence - mesure la probabilité de menace de violence contre
les gouvernements, voir la probabilité de leur renversement, y compris le terrorisme;
Efficacité des pouvoirs publics - mesure la compétence de la bureaucratie et la
qualité de la prestation du service public;
Fardeau réglementaire - mesure l'incidence de politiques non favorables au marché;

35
beira-cfp.org/PAGE-ARTICULATIONgouv.11.html
36
www.institut-gouvernance.org/fr/.../fiche-synthese-15.html
37
http://www.worldbank.org/wbi/governance/pubs/govmatter.html

41
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

État de droit - mesure la qualité de la mise en application des contrats, la police et les
tribunaux, y compris l'indépendance du judiciaire, et l'incidence de la criminalité
Maîtrise de la corruption - mesure l'abus des pouvoirs publics à des fins lucratives, y
compris la grande et la petite corruption (et le détournement des biens de l'Etat par les
élites).
La construction de ces indicateurs, articulée sur une méthodologie de pointe, utilise des
centaines de variables qui mesurent les différents aspects de la gouvernance. Ces variables
proviennent de plusieurs sources de données distinctes appartenant à différentes institutions
dans le monde entier. Un des premiers constats est qu'une amélioration dans un Chapitre II
Gouvernance : du global au local pays comme, par exemple, un écart type dans la qualité de
l'état de droit (ou toute autre composante de la gouvernance, comme " être à l'écoute et rendre
compte ", ou encore " la maîtrise de la corruption ") peut, en moyenne, entraîner à long terme
une augmentation de 300 pour-cent du revenu par habitant

1.4. Les acteurs de la gouvernance

Il s’agit de toutes les parties qui s’engagent dans un partenariat, fixant l’objectif de
construire, administrer et améliorer les conditions de vie des populations et la réalisation d’un
objectif commun. Ces acteurs peuvent se résumé en trois principales catégories telles que :
l’Etat et ses institutions, le secteur privé et enfin la société civile.

La réussite des projets de développement dépond largement du rôle de l’Etat qui permet à
travers ses institutions et l’exercice de ses pouvoirs (législatif, judiciaire et exécutif) de
concevoir un environnement politique légal et un climat favorable au développement humain,
tout en préservant les intérêts individuels et collectifs.
A travers ces différentes institutions et l’exercice de ses trois pouvoirs : législatif,
judiciaire et exécutif ; le rôle de l’Etat se révèle d’une très grande importance pour la réussite
de tout projet de développement. L’Etat est le seul acteur qui est capable et qui permet de
créer un environnement politique légal ainsi qu’un climat favorable au développement
humain, en préservant les intérêts pour le bien public.

Le secteur privé réuni toutes les entreprises, quelles que soient leurs tailles, qui exercent
des activités économiques et qui ne sont pas étatiques. Sa contribution au développement

42
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

territorial figure dans la production et la fourniture des biens et services, la création de


l’emploie et la répartition des revenus aux citoyens. Malgré que son implantation dans une
région donnée contribue plus à son développement, le secteur privé n’est pas propre à un
territoire spécifique, vue la possibilité pour les grandes entreprises et les multinationaux de
s’installer dans plusieurs régions par le moyen de leurs filiales.

La société civile est représentée par l’ensemble des individus occupant un espace
territorial donné. Elle est constituée de personnes agissant individuellement ou en groupe
structuré dans des organisations non gouvernementales (des organisations professionnelles,
des associations religieuses féminines, culturelles, communautaire, etc.). Les citoyens doivent
être mobilisés pour participer aux différentes activités (économiques, sociales et politiques) et
défendre les intérêts de leur territoire.

2. la gouvernance territoriale (locale)


Après avoir exposé les différentes définitions de la gouvernance, en va passer dans ce
qui suit à une approche spécialisée de celle-ci. Les définitions précédentes touchent
aux aspects décisionnels et organisationnels régissant les relations entre acteurs dans la
société, dans le but de réaliser des fonctions productives. Cependant les nouvelles définitions
intègrent la notion du territoire dans la problématique de développement.

2.1. Définition de la gouvernance territoriale (locale).

La gouvernance territoriale est défini comme « le processus d’articulation de


l’ensemble des pratiques et des dispositifs institutionnels entre les acteurs
géographiquement poches en vue de résoudre un problème productif ou de réaliser un projet
de développement » ( Gilly, Wallet, 2005 )38. Dans cette définition la gouvernance est
présentée comme étant un processus d’articulation entre les différents acteurs
territorialement proche visant à réussir un processus de développement, elle évoque la notion
de proximité.

La gouvernance territoriale représente une rationalisation du partage du pouvoir


entre les différents acteurs ayant des intérêts dans l’organisation ou la firme, elle met
l’accent sur l’importance de l’initiative publique et/ou privé dans efficacité de l’action

38
A.L.NAIT CHABANE, «gouvernance territoriale et stratégies des acteurs : cas de la wilaya de Bejaia », université
de Bejaia, 2010

43
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

publique. Elle présume aussi la gestion des effets de la répartition du pouvoir entre les
propriétaires, d’une part et les gestionnaires d’autre part.

C’est dans ce contexte qu’une vision territoriale de la gouvernance est adoptée par les
auteurs qui projettent le territoire dans le cœur de la recherche. Pour eux la bonne
gouvernance permet de lutter contre les méfaits du marché, plutôt que de faire son jeu.

La gouvernance permet d’assurer la cohésion d’un territoire. Le constat est qu’il existe ce
que les chercheurs appellent « une crise de la gouvernabilité ». La gouvernance permettrait
alors d'assurer la cohésion d'un territoire. Ce qui nous mène à l’appréhension de celle-ci.

Le concept de gouvernance traite la notion du territoire d’une façon globale et ignore


l’échelle territoriale locale, alors qu’une grande part importante des enjeux de la gouvernance
se joue justement dans l’articulation entre ces échelles.

Le désengagement progressif de l’Etat de la gestion des projets de développement et


l’émergence du développement local comme mode de développement personnalisé, élaboré et
exécuté au niveau local par les différents acteurs locaux en collaboration avec les
pouvoirs centraux, ont favorisé l’apparition de la gouvernance comme un pilier de
taille pour la coordination et l‘encadrement du processus de développement local.
Bernard Pecqueur et Zimmermann Jean-Benoît définissent la gouvernance locale comme
« le processus de structuration d’une mise en comptabilité de différentes modalités de
coordinations entre les acteurs géographiquement proches, en vue de résoudre un
problème productif ou, plus largement, de réaliser un projet collectif de développement »39.

L’objectif de la gouvernance est la résolution des problèmes productifs et la réalisation


des projets collectifs de développement. Pour mener à bien ces fins la gouvernance locale doit
se tâcher d’abord de déterminer les critères de base de la mise en compatibilité des modalités
de coordination entre les acteurs locaux ; puis d’articuler les dispositifs de résolution
des différents entre ces acteurs, tout en tentant de résoudre les problèmes du territoire.

39
Bernard Pecqueur, Jean-Benoît Zimmermann, « Economie de proximité », édition Lavoisier, Paris, 2004

44
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

2.2. Les caractéristiques de la gouvernance territoriale40

EME (2003) identifie plusieurs caractéristiques de gouvernance territoriale. Dans une


première approche, la gouvernance locale se replace dans le champ plus vaste du changement
profond des modes d’action de la société sur elle-même, en particulier à travers la
décentralisation qui transforme l’architecture politico-administrative de la société, mais aussi
à travers des formes territoriales des politiques publiques. La gouvernance des territoires
locaux est ainsi l’une des marques distinctives d’une seconde modernité qui s’oppose aux
logiques des gouvernements de la première modernité qui, à travers la représentation et
l’exercice d’une certaine souveraineté, sont centralisées, hiérarchisées et cloisonnées par
domaines spécifiques d’activités (Muller, 1990). Les référentiels d’action se territorialisent :
régulations transversales, souples et réactives entre les divers domaines d’action, globalisation
territoriale des stratégies politiques, coopération entre de multiples acteurs, activation d’une
citoyenneté locale en sont les principales modalités (Ion, 1990 ; Jobert, 1995). Il en découle
de nouveaux rapports sociaux locaux. A la seule subordination des gouvernés sous les règles
de la démocratie représentative s’ajoutent leur implication dans les argumentations et
décisions politiques ainsi que leur participation au champ politique local. C’est ainsi que les
acteurs de la société civile, en particulier ceux qui se revendiquent de l’économie sociale et
solidaire, sont conviés à faire œuvre de gouvernance.

Une des caractéristiques de la gouvernance territoriale est donc de faire appel à une
pluralité d’acteurs (les “parties prenantes”), la plus large possible jusqu’aux citoyens de base.
Les clivages entre acteurs privés et acteurs publics ainsi qu’entre société civile et Etat, les
frontières entre les intérêts privés, particuliers ou visant un bien commun et les intérêts
publics ou généraux sont brouillés. Ce changement d’importance suppose que tous les acteurs,
porteurs de logiques spécifiques, délibèrent et décident ensemble des affaires de la cité locale.
La logique de connexion entre acteurs est prépondérante, la figure d’un Etat social de
régulation et de distribution s’estompe (pour une fonction d’arbitre) au profit d’instances
“partenariales” regroupant une multiplicité d’acteurs (Strorker, 1998).

Une autre caractéristique est celle de la continuité de l’action ; la gouvernance n’est pas
un processus temporaire dédié à tel ou tel problème en parallèle de l’exercice normal des

40
Jean François NGOK EVINA, Gouvernance territoriale : enjeux et paradoxes site : http://www.ville-
management.org/forum/files/40_ngok_evina_109.pdf

45
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

gouvernements locaux, mais, en tension avec la démocratie représentative, il se déroule de


manière pérenne. Il n’est pas une logique de projet, celle-ci n’étant que l’une des principales
technologies qui est mise en œuvre par les gouvernances locales ou par les gouvernements.

2.3. Typologie de la gouvernance locale41

La nature de la gouvernance territoriale renvoie à la dynamique propre du territoire, à son


mode d'articulation avec des mécanismes globaux de régulation au sein desquels des acteurs -
clefs jouent un rôle fondamental.
L'observation empirique permet de proposer des caractérisations plus précises et
différenciées suivant les situations productives localisées. Ainsi, on peut distinguer quatre
types de gouvernance territoriale, en fonction de son caractère privé ou non, des objectifs
assignés et des modes d'appropriation par les acteurs des ressources ainsi produites :
1. gouvernance privée : ce sont les acteurs privés dominants qui impulsent et pilotent des
dispositifs de coordination et de création de ressources selon un but d'appropriation
privée. Il en est ainsi de la firme motrice, par exemple l'établissement d'un grand groupe,
qui structure l'espace productif local.
2. gouvernance privée collective : dans ce cas, l'acteur clé est une institution formelle qui
regroupe des opérateurs privés et impulse une coordination de leurs stratégies. On trouve
dans ce cas les Chambres de Commerce, les syndicats professionnels et toute forme de
club regroupant des opérateurs privés.
3. gouvernance publique : les institutions publiques ont des modes de gestion des ressources
qui diffèrent de l'appropriation privée, notamment à travers la production de biens ou
services collectifs, donc par définition utilisables par tous les acteurs, sans rivalité ni
exclusion d'usage. Ce sont au premier chef, l'Etat, les collectivités territoriales et toutes
les formes d'inter-collectivités (SIVOM, districts, syndicats d'aménagement...), mais aussi
les centres de recherche publique, les CRITT,...
4. gouvernance mixte : dans la réalité, rares sont les situations pures ; on trouve le plus
souvent une association de ces différentes formes mais avec une dominante, ce qui
permet de caractériser chaque territoire comme un cas particulier entrant dans une
catégorie générale (plutôt publique ou privée) avec un dosage spécifique et variable.

41
http://www.u-picardie.fr/TOUS/Documentation/Supports%20de%20cours/EUT/04_11_04/Proximite.pdf

46
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

2.4. Les composantes de la gouvernance locale42

Zimmermann et Pecqueur résument ces composantes dans ce qui suit:


1. La relation salariale locale (entre les entreprises et salariés) dont différents types peuvent
être repérés en fonction des logiques productives (notamment sectorielles) qui structurent
les systèmes productifs locaux ;
2. Le mode de coordination entre entreprises, selon qu’il renvoie principalement à la
compétition entre les acteurs, ou au contraire, qu’il relève davantage de relations de
partenariat. Ce dernier intègre les formes de coordination hors marché caractérisant par
exemple les rapports entre les firmes et centres de recherche ;
3. Le mode d’insertion et d’intervention des acteurs publics qui diffère selon les espaces
productifs locaux en fonction de leur dynamique propre et de leur cohérence d’ensemble.
Celles-ci varient selon les particularismes nationaux et le pouvoir de coercition des acteurs
publiques centraux ;
4. Le positionnement de l’espace local au sein de la division spatiale du travail. Dans un
contexte de concurrence/coopération territoriale, celui-ci peut être qualifié à partir d’une
analyse en termes de ressources productives spécifiques et génériques, afin de définir le
degré d’autonomie de l’espace local par rapport aux logiques économiques globales.
5. Le mode d’exercice de la contrainte monétaire et financière sur la trajectoire de
développement du système productif local. Par exemple l’influence différenciée des
variations des taux de change sur les territoires selon que leur compétitivité est d’abord
fondée sur une logique d’attractivité ou bien sr une logique de compétence.
La gouvernance locale, en tant que structure, n'est pas la simple combinaison de ces cinq
proximités institutionnelles locales, mais leur combinaison, qui lorsque elle est suffisamment
cohérente, permet de générer des régularités socioéconomique locales.

42
Bernard Pecqueur, Jean-Benoît Zimmermann, « Economie de proximité », édition Lavoisier, Paris, 2004, p.196-197

47
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

2.5. Les enjeux de la gouvernance locale

Les principaux enjeux de la gouvernance des territoires se résument dans les éléments suivant,
que nous allons présenter.

Dans son analyse des villes européennes, Georges Cavallier, affirme que «la capacité et
la coresponsabilité de projet, la possibilité d'établir un cadre collectif d'action solidaire, de
réflexion stratégique reliant les principaux acteurs autour du niveau de décision politique.
A chaque niveau, le partenariat doit pouvoir se concrétiser autour d'une stratégie
commune, d'un cadre collectif d'intervention donnant du sens à l'action urbaine, d'un projet
suffisamment mobilisateur pour motiver toutes les parties concernées »43. En effet, la
réalisation d’un projet génère une identité collective et soutient l’existence du territoire qui ne
sera pas un espace pur de concurrence économique, désormais la gouvernance reposera sur la
construction persistante de projets concertés.
Ainsi, il important de soulever la question de l’échelle pertinente d'élaboration de projets.
Beaucoup d’auteurs soulignent l’importance de renoncer à l’identification d’un territoire
pertinent. Pour eux, il n'existe pas d'échelle territoriale optimale pour favoriser le
développement ou promouvoir l'innovation. Les espaces à considérer sont à structure variable
selon les problèmes à résoudre. Ce qui veut dire que ceux sont plus les liens qui se tissent
entre acteurs qui fondent un territoire.
La gouvernance territoriale implique l'établissement de nouveaux partenariats, sur un
plan horizontal comme sur un plan vertical, et une détermination des règles et des principes de
l'action au sein des territoires.

Depuis longtemps, les autorités locales se sont rendu compte de l’importance de


considérer les demandes sociales et d’associer les citoyens et les associations locales aux
projets qui les concernent, pour faciliter le processus de gouvernance. Dans ce sens, des
dispositifs de participation des citoyens aux politiques de développement local ont été mis en
place (généralement à l'échelle du quartier sous forme de commissions locales, de
commissions municipales, de comités de quartiers et de villages). Désormais la gouvernance
implique la mobilisation de la population locale de l'agglomération, où un tel ou tel problème
d’aménagement, de transport et/de sécurité se pose, et qui ne se limite pas seulement une

43
CAVALLIER Georges, Gouvernement des villes et gouvernance urbaine, in Défis pour la gouvernance urbaine dans
l'Union européenne, pp. 39

48
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

citoyenneté de proximité. Elle devrait reposer sur une participation incontestable du citoyen à
toutes les étapes de la réalisation d'un projet ou à certaines d'entre elles21. Il s'agit d'aller au-
delà de la simple information et consultation de la population et de parvenir à établir une
véritable relation de partenariat avec les habitants afin de rapprocher la décision du citoyen.

Les acteurs privés (les banques et les entreprises, par exemple) sont devenus des acteurs
inéluctables des politiques de développement local par leurs affluences sous des formes
diverses. Les succès en la matière ont été de plus en plus palpables notamment dans les
tentatives d’aménagement urbain. Aujourd’hui, l’objectif est de parvenir à rapprocher la
logique des élus d’une part et celle des chefs d’entreprises d’autre part, qui ne partagent les
mêmes intérêts, ni les mêmes horizons temporels, et par conséquent leurs mécanismes
d’action sont différents. A cela se joint la rareté des disponibilités financières. Patrick Le
Galès (1997), considère qu’ « au-delà des entreprises « parasites » et des individus qui
cherchent à tirer profit des biens collectifs produits, il existe des acteurs privés et/ou groupes
d'intérêts professionnels susceptibles de contribuer à la gouvernance urbaine et d'orienter (du
moins partiellement) leurs stratégies de manière à participer à la production de certains biens
collectifs »44. Donc, La gouvernance propose la création de nouvelles formes de partenariat.
Le public et le privé sont obligés de s'entendre sur des projets collectifs déclenchant des
dynamiques locales sans que la logique de marché ne prenne le dessus sur l'intérêt général et
sans confondre les rôles entre eux.

Les relations entre communes se caractérisent à la fois par un élargissement des systèmes
de coopération et d'échanges et par l’accentuation de la concurrence. La diminution globale
des ressources pousse les communes à mobiliser toutes leurs capacités pour attirer des
investissements publics et privés et une population qualifiée, sur leurs territoires.
Cette logique concurrentielle, fait naître un gouvernement «entrepreneurial » et incite la
mise en œuvre de stratégies « entrepreneuriales ». Plusieurs éléments illustrent cette réalité, à
savoir, le lancement de grands projets, le développement d'opération de marketing des
territoires, la recherche de l'amélioration de l'environnement des entreprises et par conséquent
la réalisation de technopole.
Cependant, ces opérations se font généralement au détriment des investissements
rentables sur le long terme (comme les équipements de base, l'éducation ou la formation).

44
LE GALES Patrick, Quels intérêts privés dans les villes européennes, in Villes en Europe, Ed. La découverte, 1997,
pp. 234

49
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

Pour faire face à cette tendance et en vu de relancer la coopération entre collectivités locales
et de garantir l’équité entre les communes, de nouvelles mesures devront être engagées.
Aujourd’hui, la question la plus compliquée et importante est celle de constituer une
former institutionnelle spécifique de gouvernement local qui concerne le niveau supra
communal.
Pour Christian Lefèvre (1998)45, deux conditions doivent être réunies pour que des
gouvernements locaux trouvent leur place dans le système institutionnel : d'une part, il faut
passer d'une institution imposée à une institution négociée, c'est-à-dire, explique-t-il, à une
institution considérée non plus comme un cadre figé de gouvernement mais comme un
construit social, produit de l'ensemble des acteurs impliqués sur un territoire donné. Le
gouvernement doit donc être basé sur une identité locale, ce qui le rend apte à être légitime.
D'autre part, il convient de maintenir les autres niveaux territoriaux d'appartenance, en
particulier de maintenir l'institution communale.
Plusieurs problèmes s’opposent à la réalisation de la coopération intercommunale24 au
sein des agglomérations. Ces derniers sont reliés principalement à la question des échelles
pertinentes de gestion. Malgré ces problèmes, la progression dans cette voie est nécessaire
pour évité l’accentuation des fractures et des écarts entre territoires et le gaspillage des
ressources rares (financières, humaines, naturelles, ...).

Généralement, sur un même territoire, des décideurs publics situés à différents niveaux
institutionnels interviennent. Les relations entre toutes ces autorités sont essentiellement
basées sur le partage des responsabilités et la répartition des compétences.
L’objectif visé aujourd'hui, est de parvenir à un rapprochement entre les priorités
nationales et les initiatives locales et à articuler les politiques menées à différents échelons
territoriaux. En fait, En effet, la répartition des compétences entre les différents niveaux a une
portée limitée par rapport aux différentes préoccupations territoriales. Il est donc nécessaire de
concevoir les moyens et les procédures qui vont permettre de garantir cette articulation entre
les différents niveaux.
Les défis à relever encouragent au développement et à la mise en pratique de nouveaux
modes d'intervention même au sein des institutions. Cela ne veut pas dire, forcement, qu’on
doit abandonner les modes classiques du contrôle politique ; il s’agit d'intégrer de nouvelles
procédures, de développer de nouveaux savoir-faire, de mieux organiser les services en vue de

45
LEFEVRE Christian, Gouvernance, institutions et territoires : les gouvernements métropolitains dans les pays
occidentaux, in La ville éclatée, Ed.de l'Aube, 1998, pp. 277

50
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

rendre plus efficace la gestion et d’aider les institutions (à tout les niveaux) à mieux remplir
leurs missions sans confusion.
En fin, cette notion de gouvernance et en particulier ouvre un vaste champ de recherche
qui est loin d'être exploré totalement vue son étendue.

Conclusion chapitre II.

Dans ce chapitre, nous avons pu faire une présentation des deux concepts d’acteurs
locaux et de gouvernance local, ainsi que la relation de chacun deux avec le développement
local.

Dans une première section celle des acteurs locaux, on a procéder tout d’abord à
l’explication du terme d’acteur, qui est définit comme l’unité d’action, individuelle ou
collective. La notion implique ainsi l’orientation de l’individu ou du collectif, donc leurs
motifs, objectifs, convictions et intérêts.

Et aussi à l’explication des différents rôles et modalité que prennes les acteurs pour agir
sur le territoire, en résumé les acteurs du territoire avec leur différence sphères ont plus
d’intérêt à se constituer en réseaux, en étendant les logiques de production et d’interaction et
cela permettra d’amorcer une dynamique économique locale et durable.

Dans la deuxième section on a pu approcher l’optique de la gouvernance locale en


présentant les éléments essentiels qui y sont liés, notamment la gouvernance et la
gouvernance territoriale. La gouvernance, dans son aspect générale, s’appui sur quelques
principes tels que : la légitimité et la cohésion territoriale ; la démocratie et la citoyenneté ; la
pertinence et la compétence de l’action publique ; le partenariat entre acteurs ; la relation local
global et l’articulation entre les différents échelons de gouvernance.
La gouvernance des territoires se caractérise principalement par ; une décentralisation
(plausible à travers la mutation de la construction politico-administrative); des modes d’action
basés sur la régulation transversale, souple, réactive entre les domaines d’actions et la
coopération de plusieurs acteurs ; l’implication et participation de la société civile à la prise de
décision au niveau local ; une pluralité d’acteurs qui dissimule la figure d’un Etat social de
régulation et de distribution au profit des instances partenariales ; Une logique de projet qui
dépasse un simple processus temporaire, et incluse dans la continuité et la durabilité du
développement local.

51
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.

Elle vise, notamment ; l’adaptation des modes et formes des gouvernements locaux à la
gouvernance des territoires ; faire participer tous les acteurs jusqu’au citoyen de base à la
prise de décision; l’amélioration du partenariat public/privé.

52
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et


analyse des résultats.

Introduction.
Nous avons présenté tous les concepts de bases qui occupent une place primordiale dans
notre sujet de recherche et qui sont le développement local, les acteurs locaux et la
gouvernance territoriale. Nous allons ensuite affronter les différentes prospections à la réalité
du terrain afin d’obtenir les éléments de réponses pour vérifier notre problématique.

Par ailleurs, nous commencerons par présenter le terrain d’étude qui concerne la daïra de
Tazmalt, ainsi que l’enquête de terrain (objectif du questionnaire d’enquête et sa structure,
échantillon visé et final et la mise en valeur des méthodes d’enquête). Nous avons fait appel à
certains acteurs afin de nous fournir les informations nécessaires concernant notre terrain
d’étude. Ces données proviennent essentiellement de la DPSB de la Wilaya de Bejaia, les
services d’urbanisation des trois communes de la daïra de Tazmalt et la daïra de Tazmalt.

Enfin, nous allons traiter, analyser globalement les informations obtenues lors de
l’enquête et faire une synthèse des différentes réponses données par les acteurs de la daïra de
Tazmalt.

53
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Section 1 : Présentation du terrain d’investigation et de l’enquête de terrain.

Dans cette section on va faire une présentation du terrain d’investigation qui est la daïra
de Tazmalt, ainsi que l’enquête menée auprès des acteurs qui se trouve dans la daïra de
Tazmalt.

1. Présentation de la Daïra de Tazmalt.

La Daïra de Tazmalt est située dans la vallée de la Soummam, sur les flancs de la chaine
de montagne du Djurdjura. Elle est composée de trois (3) communes : Tazmalt (chef lieux de
la Daïra), Beni Melikech et Boudjellil. Elle s’étale sur une superficie de 176,65 km2.

Elle dispose d’un réseau routier constitué principalement de la route national N° 26 qui la
relie avec l’espace wilayal, régional et national (relie le Nord et l’Est de l’Algérie). Elle a
d’autres accès routiers qui la relient avec d’autres daïras et communes et Wilayas. La voie
ferrée (Bejaia-Alger) traverse les deux communes de Tazmalt et Boudjellil.

1.1. La population de la Daïra.

La répartition de la population de la Daïra de Tazmalt, à la fin de l’année 2013, donne


73,69% résidants dans les agglomérations chefs-lieux, 16,77% dans les agglomérations
secondaires et 9,53% dans les zones éparses.

Tableau n° 1 : Répartition de la population par commune et par dispersion au


31/12/2013.

Communes Total population Agglomération Agglomération Zones Eparses


Chef-lieu secondaires
Tazmalt 29 985 25 490 1 790 2 705
Beni Melikeche 8818 8 372 0 446
Boudjellil 11 921 3 519 6 717 1 685
Totale Daïra 50 724 37 381 8 507 4 836
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

54
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°1 : Répartition de la population de la daïra de Tazmalt.

9%

17% agglomération chef-lieu


agglomération secondaire
zone éparse
74%

Source : Etablie par nos soins, à partir du tableau n°1.

En ce qui concerne la densité de la population dans la Daïra de Tazmalt, on trouve qu’il


n’y a pas une grande densité. Celle-ci atteint au 31/12/2013, 287 habitants par km2, comme le
montre le tableau n° 2.

Si on compare la densité de la population dans les communes de la Daïra de Tazmalt, on


voit qu’il y a une grandes densité dans la commune de Tazmalt (chef-lieu de la Daïra) qui est
aussi la cinquième (5ème) commune dans la wilaya de Bejaia en ce qui concerne la densité de
la population.

Tableau n°2 : Densité de la population par commune

Communes Population au Superficie (km2) Densité (habitants /


31/12/2013 km2 )
Tazmalt 29 985 34 882
Beni Melikeche 8818 42,8 206
Boudjellil 11 921 99,85 119
Totale Daïra 50 724 176,65 287
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

En termes de classification de la population selon le sexe, le nombre d’hommes (qui


représente 50,45%) dépasse légèrement le nombre de femmes (qui représente 49,55%) au
sein de la Daïra. Le tableau n°3 l’illustre

55
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Tableau n°3 : Classification de la population selon le sexe.

Communes Femmes Hommes


Tazmalt 14 870 15 115
Beni Melikeche 4 384 4 434
Boudjellil 5 879 6 042
Totale Daïra 25 133 25 591
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

1.2. L’enseignement et l’éducation dans la Daïra.

La Daïra de Tazmalt dispose de vingt-neuf (29) écoles primaires et neuf (09)


établissements moyens et quatre (04) établissements d’enseignement secondaires (lycées).
Ces lycées comptent 2286 élèves et 157 enseignants dans 86 sont des femmes. Les tableaux
n°4 et n°5 représentent respectivement l’état des lieux de l’enseignement primaire et moyen.

Tableau n°4 : enseignement primaire.

Communes Nombre Nombre de Nombre Nombre Nombre de


d’école classe d’élèves d’enseignants femmes
enseignantes
Tazmalt 13 128 1 333 131 41
Beni Melikeche 7 50 255 43 20
Boudjellil 9 68 456 65 25
Totale Daïra 29 246 2 044 239 86
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

Tableau n°5 : enseignement moyen

Communes Nombre de Nombre d’élèves Nombre Nombre de femmes


collège d’enseignants enseignantes

Tazmalt 5 2501 169 103


Beni Melikeche 2 531 44 27
Boudjellil 2 555 36 23
Totale Daïra 9 3587 249 153
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

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Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Le taux de scolarisation dans la Daïra de Tazmalt est résumé dans le tableau n°6.

Tableau n°6 : taux de scolarisation par commune.

Communes Elèves de 6 ans De 6 ans à 15 ans De 16 ans à 19 ans


Tazmalt 97,05 94,3 95,0
Beni Melikeche 96,91 95,0 95,5
Boudjellil 97,09 93,2 93,2
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

La daïra compte également un centre de formation professionnelle (CFPA de TAzmalt),

1.3. L’emploi dans la daïra de Tazmalt.

Le manque d’une zone industrielle, et le manque d’entreprises fait que l’offre d’emplois
au niveau de la Daïra Tazmalt est très faible. La demande d’emplois enregistrés en 2012 est
de 5237 demandes réparties comme suit : 1397 pour les femmes et 3840 pour les hommes.

La structure de la demande d’emploi enregistrée, selon le niveau d’instruction, est


répartie comme suit :

1782 pour les personnes sans instruction


2117 pour les personnes ayant un niveau primaire, moyen ou secondaire
1338 pour universitaires, les techniciens supérieurs et DUEA ou plus.

Concernant le niveau de qualification, la structure de la demande est la suivante :

1804 pour le personnel sans qualification et le personnel d’aide.


2173 pour le personnel qualifié et hautement qualifié.
1042 pour les techniciens supérieurs.
218 pour les cadres et les cadres supérieurs.

57
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

1.4. Santé, culture, jeunesse et sport dans la daïra.

En termes de soins et de santé, la Daïra de Tazmalt dispose d’infrastructures insuffisantes


pour la demande. Le tableau n°7 les présente.

Tableau n°7 : infrastructures de soins et de santé dans la daïra de Tazmalt.

Communes Nombre de Nombre de salles Nombre de Nombre d’EPH


pharmacie de soins polycliniques
privée et PCA
Tazmalt 8 3 1 0
Beni Melikeche 1 4 1 0
Boudjellil 2 4 1 0
Totale Daïra 11 11 3 0
Source : Etablie par nos soin, à partir des données récoltés dan les 3 communes.

A signaler qu’une seule des 3 polycliniques est dotée d’une maternité, et qu’un hôpital est
en construction au niveau de la commune de Tazmalt.

Au niveau culturel, la daïra de Tazmalt affiche un grand manque dans les


infrastructures. En effet, il existe une seule maison de jeunes dans toute la daïra, au niveau de
la commune de Tazmalt et d’un centre culturel.

Concernant le secteur de la jeunesse et des sports, la daïra est dotée d’un nombre
acceptable d’infrastructures comme le montre le tableau n°8.

Tableau n°8 : infrastructures de jeunesse et des sports.

Communes Maison de Stades Voute Aires de jeux C.S.P


jeunes communaux (TSP)
Tazmalt 01 06 01 01 01
Beni Melikeche 00 02 01 01 00
Boudjellil 00 04 01 01 00
Totale daïra 01 12 03 03 01
Source : Etablie par nos soin, à partir des données récoltés dan les 3 communes.

58
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

1.5. Agriculture :

La répartition des SAU et des superficies agricole est donnée dans le tableau suivant :

Tableau n°9 : répartition des terres dans la daïra.

Communes SAU Pacages et Terres Superficie Terres


parcours improductives forestière improductives
des non affectées à
exploitations l’agriculture
Tazmalt 2736 268 10 0 386
Beni Melikeche 2025 740 10 629 876
Boudjellil 5211 210 10 4154 400
Total daïra 9972 1218 30 4783 1662
Source : annuaire statistique de la wilaya de Bejaia, 2013.

Figure n°2 : Répartition des terres de la daïra de Tazmalt.

9%
SAU

pacages et parcours
27%

57% terres improductives des


exploitations
superficie forestière
7%
0%
terres improductives non
effectées à l'agriculture

Source : Etablie par nos soins, à partir du tableau n°9.

59
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

1.6. Infrastructures de bases.

Selon les services d’urbanisme des trois (3) communes de la daïra de tazmalt, ces
communes disposent presque toutes des infrastructures de base :

La commune de Tazmalt : Eau (à 96%), Assainissement (à 78%) ; Electricité (à


72,88%) et Gaz (à 68%).
La commune de Beni Melikeche : Eau (à 96%), Assainissement (à 83%), Electricité (à
78,5%) et pour le Gaz les travaux de raccordements sont en cour.
La commune de Boudjellil : Eau (à 90%), Assainissement (à 89%), Electricité (à
84,72) et Gaz (à 16%).

1.7. Les projets de développement dans la daïra.

Il existe plusieurs types de projets que nous allons détailler.

Les plans communaux de développement. Pour chaque opération PCD, il est


nécessaire de suivre ces étapes :
1. Montant PCD notifié chaque année pour chaque commune.
2. Proposition établis par l’assemblé populaire communal (APC)
3. Fiche technique établie par les services techniques de l’état 5STP, SRE,…) dûment
classé par priorité et arrêté au montant précisé.
4. Arbitrage du Wali qui établit les propositions acceptées avec signature de décision
d’inscriptions (autorisation du programme).
5. Le suivi financier est assuré par la DPSB (Direction des Programmes et Suivi
Budgétaires).
6. Notification de la décision à la commune qui lance les transactions (les marchés
publics pour le lancement des opérations concernées).
7. A chaque phase de travaux, une facture est présenté par l’entreprise à la commune, et
la commune demande à la direction des programmes et suivi budgétaires (DPSB) de
libérer le crédit nécessaire.
8. A l’achèvement des travaux la dernière situation doit être appuyée par un procès
verbal (PV) d’achèvement provisoire.

60
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

9. Après une année et après être assuré que toutes remarques et réserves ont été levées, la
déclaration définitive d’achèvement est établis par une fiche de clôture (travaux
achevés).

Les différents PCD des trois communes de la daïra de Tazmalt se répartissent comme le
montre le tableau suivant

Tableau n°10 : Exemple de PCD dans la daïra de Tazmalt.

Commune Année Intitulée


2012 Aménagement urbain (réfection de l’éclairage public au marché
hebdomadaire de Tazmalt sur 1360 mètre ligner (MIL)
2013 Aménagement urbain (revêtement en Béton Bitumineux -B.B- divers
Tazmalt voies et ruelles de la commune de Tazmalt.
2014 Réalisation d’un réseau de distribution AEP quartier TARDJMANE
2014 Aménagement d’un espace vert à Merlot
2008 Etude maison de jeunes
2011 Réalisation d’un réseau d’assainissement village IDAMOUTHEN sur
Beni 700 ML
Melikeche 2012 Aménagement du chemin menant du CW O7 vers centre village
AYACHA cote est cne Beni-Mellikech sur 500ML
2014 Revêtement et aménagement en Béton bitumineux piste reliant
TAGHALAT sur 1km
2008 Etude et réalisation d’une maison de jeunes à Boudjellil (1ere tranche)
2010 Raccordement d’un réseau d’AEP réservoir de 500 M3 chef lieu de la
Boudjellil commune (1400 ML)
2013 Etude et réalisation d’un réseau d’assainissement Vouarar sur 1000 ML
2014 Aménagement piste reliant Ain-El Bir à Beni Mansour sur 500 ML
Source : Etablie a partir des donnée fournie par le service D.L de la daïra.

61
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Quand au Budget de Wilaya, l’assemblée populaire de wilaya (APW) saisit les


communes pour émettre des propositions d’opération de développement. Les communes
formulent les propositions pour les présenter à l’APW qui procède dans des séances plénières,
chaque année, à des décisions de financement qui sont signées par la suite, par le Wali en sa
qualité d’organe de l’exécutif de l’APW. Les décisions de financement et les valeurs arrêtées
sont transférées au profit des communes concernées qui lancent des travaux et présentent des
situations qui doivent être visées par les services techniques de l’Etat (suc, STP,
hydraulique….). A l’achèvement des travaux, un rapport est envoyé au Wali et pour l’AP.

Les différentes propositions jusqu’à 2013 sont les suivantes.

Tableau n° 11: exemple de proposition pour les Budgets de Wilaya dans la daïra de
Tazmalt

Commune Année Intitulée


Tazmalt 2012 Aménagement des lotissements Merlot I et Merlot II
2013 Complément bétonnages des ruelles du village Rodha
2013 Aménagement urbain (bétonnage du chemin de l’école)
2013 Réalisation d’une stèle commémorative
Beni 2011 Etude et construction de deux (2) salles de classe et un bureau
Melikeche
administratif à l’EP Mira Amar (TAGHALAT)
2013 Aménagement d’une stèle communale
2013 Divers aménagement école primaire TABOUDA
2013 Bétonnage des accès des villages Ath Ouamar, ….etc.
Boudjellil 2004 Réalisation d’une décharge publique à Boudjellil
2011 Réalisation d’une passerelle Beni-Mansour (1ère tranche)
2011 réalisation d’une passerelle Beni-Mansour (2eme tranche)
2013 Extension d’un réseau d’assainissement TALEFSA
Source : Etablie a partir des données fournies par le service D.L de la daïra.

62
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Pour les constructions scolaires, les nouvelles créations sont basées sur la carte scolaire,
au niveau du ministère de l’éducation. Un suivi démographique est effectué par la direction de
la réglementation et des affaires générales, le comité exécutif de la wilaya et la direction
d’éducation. A chaque fois qu’un flux (évolution de la population) démographique est
constaté à moyen et long terme, une inscription intervient auprès du ministère de l’éducation.
Le choix de terrain est effectué par la commune pour la construction d’une école primaire. La
décision du financement et du transfert des fonds nécessaires est notifiée à la commune
concernée. Cette situation concerne uniquement les écoles primaires.

En ce qui concerne les CEM et les lycées, l’ordonnateur est la Direction d’Urbanisation
et de construction de Bejaia.

Tableau n° 12: Exemple de construction scolaire dans la daïra de Tazmalt.

Commune Année Intitulée


2008 Etude et réalisation d’un groupe scolaire de 09 classes et un logement à
la cité Merlo à Tazmalt
Tazmalt
2010 Etude et réalisation d’un groupe scolaire type + un logement à Tazmalt
2010 Ecole primaire Hamimi salah étanchéité pour sanitaire
Beni 2010 Réparation en menuiserie, F/P portail métalique.
Melikeche
2010 Réparation bloc sanitaire, F/P fenêtre aluminium.
2007 Aménagement et grosses réparations dans les établissements du cycle
primaire
Boudjellil
2009 Peinture, vitrerie, réparation classes à l’EP BOUDJELLIL
2012 Construction d’une salle de classe en extension à l’EP « 1/11/1957 »
Tirgine BOUDJELLIL
Source : Etablie a partir des données fournies par le service D.L de la daïra.

63
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Le Font commun des collectivités locales (Le FCCL), est un fond qui est financé par les
collectivités locales, chaque année par un taux déterminé pour chaque collectivité locale qui
doit être soustrait lors de l’établissement du budget annuel de chaque collectivité locale. Le
cheminement suivi est :

Wali communes proposition retour au wali inscription


lancement des travaux Transfer de l’argent à la commune lancement des
travaux paiement des travaux rapport d’exécution (achevées) fin

Tableau n°13 : Exemple de FCCL dans la daïra de Tazmalt.

Commune Année Intitulée


2006 Réalisation d’une crèche d’enfants à Tazmalt.
2009 Réparation des cantines scolaires
Tazmalt 2010 Equipement et réparation des écoles primaires et cantines scolaires Ziri
M.S, travaux (plomberie, pose vitrerie)
2010 Crosses et réparation de l’école primaire MAHTOUT Mouloud
Beni 2010 Etude et réalisation d’une annexe administrative
Melikeche
2011 Réparation menuiserie et portes en aluminium,
2006 Réalisation d’une bibliothèque communale
2009 Réparation des cantines scolaires
Boudjellil
2009 Travaux de peinture et extérieur des 67classes des 09 Ecole
2010 Etude et réalisation d’une annexe administrative
Source : Etablie a partir des données fournies par le service D.L de la daïra.

64
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

2. Présentation de l’enquête de terrain.

Dans ce qui suit, nous allons présenter l’enquête de terrain que nous avons menée auprès
d’un ensemble d’acteurs de la daïra de Tazmalt ;

2.1. Objectifs de l’enquête de terrain.

Notre enquête de terrain constitue le noyau principal de notre travail, et elle nous permet
de vérifier nos hypothèses et d’apporter une réponse à notre problématique.

Les différents points ciblés durant notre enquête nous permettent de dégager un certain
nombre de données qui nous aideront dans la détermination du rôle des acteurs locaux dans le
développement local et leur rôle aussi dans la gestion de leur localité.

Précisément, c’est à partir de l’enquête que nous pouvons démontrer l’implication ou


non des acteurs, dans le développement de leur localité au sein de la daïra de Tazmalt, et si
réellement ses acteurs participent dans la gouvernance et la gestion de leur localité et s’il y a
une communication entre eux.

2.2. Présentation du questionnaire d’enquête.

Dans le but d’explorer le mieux le terrain d’étude, nous avons mis en place un
questionnaire qui nous permettra de mener à bien notre investigation dans la daïra de Tazmalt.
Notre questionnaire est composé de quatre (4) fiches (voir annexes).

La première fiche, consacrée à l’identification et la présentation des acteurs, vise


l’identification des acteurs. Il a pour objectif de recueillir des informations nécessaires
nous permettant de dresser une fiche signalétique de l’acteur en question. Entre autres,
cette fiche nous permet de construire les catégories d'acteurs dont nous avons besoin dans
notre enquête, de les classer et de les analyser. Elle nous permet aussi de déterminer le
poids de l’acteur dan sa commune grâce à des questions d’ordre technique (activité
principale et statut juridique, chiffre d’affaire et mission).
La deuxième fiche concerne la vision du développement local par les acteurs, leur
définition du développement local, l’importance qu’ils donnent aux projets de ce
développement, leur rôle dans le processus de celui-ci ……..etc.
La troisième fiche concerne la vision de la gouvernance territoriale par les acteurs
La dernière fiche est consacrée à la participation des acteurs au processus décisionnel.

65
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

La structure du questionnaire.

Notre questionnaire d’enquête de terrain comprend plusieurs types de questions à savoir :

Des questions fermées : celles-ci donnent au répondeur la possibilité de choisir parmi


une série de choix formulées à l’avance, celles qu’il estime plus cohérentes. On
distingue deux types de questions fermées :

Les questions fermées dichotomiques : ce type de question donne au répondant le


choix entre deux réponses possibles qui sont mutuellement exclusives, une seul
alternative est proposé au répondant (oui ou non). Dans notre questionnaire, ce type de
question est suivi par d’autres questions exploratrices en vue de mieux cerner la
question, par exemple :

Pensez-vous qu’il y a suffisamment de projets de développement local dans


votre commune ?

Oui Non

Les questions fermées à choix multiples. Dans ce cas, les réponses sont établies à
l’avance et le répondant n’a qu’a choisir une ou plusieurs. Ce type de question facilite
le recueil et le dépouillement de l’information et évite de suggérer des réponses
possibles aux enquêtés qu’ils n’ont peut être pas envisagées. Par exemple,

Selon vous, les actions qui relèvent du développement local sont :

Electrification et Gaz………………………………………………………..
Ouverture et revêtement des routes et chemins communaux…………….. …
Le financement d’entreprises artisanales……………………………………
Le financement des projets par le micro crédit……………………………….
Autres (précisé) :
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………….

66
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Des questions ouvertes qui donnent la liberté d’expression à l’enquêté dans des
questions qui nécessitent généralement une réflexion personnelle et à lesquelles on ne
peut envisager une réponse préalable.

2.3. Présentation de l’échantillon ciblé et final.

L’échantillonnage est un moyen qui permet de cibler une partie plus large de la
population dans le but de tirer des conclusions qui permettent par la suite de vérifier le sujet
ou l’objet de l’investigation. Il s’agit là de faire connaître les résultats relatifs au sujet de
recherche. Il est nécessaire alors de déterminer l’échantillon à étudier.

2.3.1. La taille et la structure de l’Echantillon.

Pour déterminer notre échantillon final, nous avons visé un ensemble d’acteurs dans la
daïra de Tazmalt, utilisant « un échantillonnage stratifié » vu la méconnaissance de la taille
réelle de la population ciblée. Bien que dans ce cadre, la méthode aléatoire parait plus
appropriée, elle permet de cerner un maximum d’acteurs ciblés possibles.

Après avoir opté pour la méthode aléatoire, nous avons visé un ensemble d’acteurs qui
appartiennent à la daïra de Tazmalt. Nous avons sélectionné un nombre de 36 acteurs. Cet
échantillon couvre 7 catégories d’acteurs cités comme suit : ADE, Elus locaux (APC), les
organisations parapublics, le secteur productif/entrepreneurial, organisations syndicales, partie
politique et les associations. Cependant vu les contraintes et les problèmes rencontrais sur le
terrain, nous avons limités notre enquête à 4 catégories, disposant de 36 acteurs. La taille et la
structure de l’échantillon final sont présentées ci-dessous :

Tableau n°14 : Taille et structure de l’échantillon de la daïra de Tazmalt

Type Nombre d’acteurs Nombre de réponses Taux te réponse (%)


visé obtenus
Elus locaux (APC) 7 4 57.14
Entreprises 13 5 38.46
Partis politiques 3 2 66.67
Association 13 13 100
Total 36 24 66.67%
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

67
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

2.3.2. Liste des acteurs questionnés.

Au terme de notre enquête, nous avons pu distribuer 36 questionnaires auprès de la


population ciblée dans la daïra de Tazmalt. Cependant, les réponses apportées par les acteurs
diffèrent les unes des autres. Le tableau n°15 présente les acteurs de notre échantillon ainsi
que leur volonté de répondre à notre questionnaire.

Tableau n°15 : Taille et composition de l’échantillon total.

Réponse des acteurs


Catégorie Désignation des acteurs Favorable Défavorable
SARL EAU DE LA VALLÉE VISA BOISSONS
X
SARL LAITERIE DE LA VALLÉE X
SNC UFMATP X
EURL NET INDUSTRIEL X
Secteur SNC MK VOLAILLE MERABTINE ET CIE X
productif/ EPE SO MA COB SPA UNITÉ MENUISERIE
entrepreneurial X
EPE SO MA COB SPA UNITÉ PLÂTRIÈRE X
SPA BATICOMPOS X
SARL FAB TR SOUD X
DIRECTION SONELGAZ X
ETBTPH ABERBOUR ELDJOUDI X
AGENCE NATIONALE DE L'EMPLOI antenne X
Tazmalt
EURL CONSTART X
Président de l’APC Beni Melikeche X
Secrétaire général de l’APC Beni Melikeche X
Elus locaux Secrétaire général de l’APC de Tazmalt X
(APC) Membre de l’APC de Tazmalt X
Membre de l’APC de Tazmalt X
Président de l’APC de Boudjellil X
Secrétaire général de l’APC de Boudjellil X
Association « ASSIREM » X
Association « X

68
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Croissant rouge algérien B.M X


Association religieuse Tazmalt X
Associations Association «ASSALOU » X
C.S.A B.M X
Association « DEFI » X
Association AAJ CSP X
Association Culturel « LUMIERE » X
Association « Main Tendue » X
Association « AZETTA » X
Association « les amis des cancéreux » X
Association « IMESDURAR » X
FFS X
Partis politiques FLN X
RCD X
24 12
Total 36
Source : établi par nos soins à partir des données de l’enquête, 2014.

Ainsi, notre échantillon final est constitué de 24 acteurs. Il représente 66,67% de


l’échantillon visé. Sa taille et les acteurs qui le composent sont présentés dans le tableau n° ci-
dessous.

Tableau n°16 : Taille et composition de l’échantillon final.

Catégorie Désignation des acteurs


Secteur productif/entrepreneurial SARL EAU DE LA VALLÉE VISA BOISSONS. - SARL
LAITERIE DE LA VALLÉE. - SNC UFMATP. - EPE SO
MA COB SPA UNITÉ MENUISERIE. - SARL FAB TR
SOUD.
Elus locaux (APC) Membre APC Beni Melikeche (2)
Membre APC Tazmalt (1)
Membre APC boudjellil (1)
Associations Association « ASSIREM ». - Association « ». - Croissant
rouge algérien B.M. - Association religieuse Tazmalt. -
C.S.A B.M. - Association « DEFI ». - Association AAJ
CSP. - Association Culturel « LUMIERE ». - Association

69
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

« Main Tendue ». - Association « AZETTA ». -


Association « les amis des cancéreux ». - Association
« IMESDURAR ».
Partis politiques FFS
RCD
TOTAL 24
Source : Etabli par nos soins à partir des données de l’enquête.

2.3.3. Description des acteurs questionnés.

Comme nous l’avons cité précédemment, il existe 7 catégories d’acteurs. Cependant, vu


les conditions de notre enquête et du terrain d’investigation, seulement 4 catégories ont
répondu à notre questionnaire. Ces acteurs se structurent comme suit :

Les élus locaux (APC). Cette catégorie désigne l’assemblée populaire communale.
Dans notre cas, nous avons ciblé les différents membres des trois (3) APC se trouvant
dans la daïra de Tazmalt ( Tazmalt, Beni Melikeche, Boudjellil).
Le secteur productif/entrepreneurial. Dans cette catégorie, nous avons regroupé
l’ensemble des entreprises industrielles et les entreprises de services.
La société civile. Cette catégorie regroupe les associations et les partis politiques.
Précisément, il y a un nombre important d’associations qui ont répondu favorablement
à notre questionnaire et qui est de 13 associations. Ces dernières sont régies en Algérie
par la loi 90-31 du 04 décembre 1990 relative aux associations. Elles représentent la
convention où se contractent des personnes physiques ou morales sans but lucratif,
mais, c’est uniquement dans le but de mettre en commun leurs connaissances et
moyens afin de promouvoir diverses activités de toutes natures (professionnelle,
culturelle, touristique, sportive……) qui vont contribuer à favoriser la cohésion sociale
et à valoriser les divers aspects promotionnels. Pour les partis politiques, 2 seulement
ont répondu. Il s’agit du FFS et du RCD qui contribuent à organiser et coordonner les
activités politiques au sein de la localité.

70
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

2.4. Déroulement du questionnaire et outils méthodologiques utilisés pour la collecte


d’information.

Pour la collecte des informations concernant le travail d’étude, deux méthodes existent
pour le déroulement du questionnaire. La première est nommée « Administration directe du
questionnaire », dans laquelle l’enquêteur n’est pas présent lors du remplissage du
questionnaire. C’est le répondant qui reporte lui-même ses réponses. La seconde est dite
« Administration indirecte du questionnaire ». Elle se caractérise par la présence de
l’enquêteur lors du remplissage du questionnaire. C’est lui-même qui pose les questions et
transcrits les réponses.

Dans notre cas, pour collecter les informations nécessaires afin d’éclaircir notre
problématique, nous nous sommes déplacés sur le terrain, à la rencontre des acteurs, pour
qu’ils répondent au questionnaire. Notre présence permet d’expliquer et d’éclaircir quelques
questions qu’ils jugent floues ou complexes. Mais avec d’autres, vue l’indisponibilité ou
l’absence des répondants, nous sommes contraints, dans la plupart des cas, d’effectuer une
administration directe et de les récupérer à une date ultérieure.

Au début de notre enquête, nous avons fait appel à certain bases de données obtenues de
la part de la DPAT et les services d’urbanisme au niveau des 3 APC de la daïra de Tazmalt,
ainsi que la daïra de Tazmalt. Concernant la distribution des questionnaires, elle s’est faite en
nous déplaçant à la recherche des acteurs vu qu’aucune information ne nous a été donnée
quant à leur localisation. Cette difficulté concerne surtout les associations. La plupart de ces
dernières n’ont pas de siège (localité). On a été contraint à chercher des personnes (les
dirigeants) afin de leur donner le questionnaire.

Au terme de notre enquête de terrain qui a duré environ 2 mois, nous avons distribué 36
questionnaires. Les réponses formulées vis-à-vis de notre demande de participation à
l’enquête de terrain sont différentes d’un acteur à un autre. Nous avons aussi constaté une
certaine méfiance à l’égard du questionnaire. En effet, quelques acteurs ont catégoriquement
refusé de répondre, soit parce qu’ils craignent l’exploitation des informations à une fin autre
que celle de la recherche, soit parce qu’ils ne disposent pas de l’autorisation de leur supérieur.

En somme, nous avons pu récupérer 27 questionnaires au total, dont 24 sont exploitables


et 3 autre nous ont été remis vierges après un long délai d’attente.

71
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Section 2 : Analyse et synthèse des résultats de l’enquête.


Dans cette section, nous allons faire une analyse générale de l’ensemble des informations
recueillies lors de notre enquête de terrain effectuée dans la daïra de tazmalt.

Cette analyse nous permettra d’avoir un aperçu général du point de vue des acteurs
concernant le développement local et la gouvernance territoriale.

1. Analyse des résultats.

1.1. La vision du développement local par les acteurs.

En premier lieu, nous avons voulu connaître l’avis et la perception de chaque acteur, de la
notion de développement local. Pour la majorité des acteurs, soit 62,5 %, le développement
local est la participation de tous les acteurs au processus de développement, 37,5 % le voit
comme une réduction du chômage, 29,17 % et 20,83 % respectivement comme la cohésion
des projets et l’apport des acteurs au développement local. Ces résultats sont regroupés dans
le tableau suivant :

Tableau n°17 : perception du développement local par les acteurs.

Classement Définition Taux (%)


1 La participation au processus de développement local 62,5
2 La réduction du chômage 37,5
3 La cohésion des projets 29,17
4 L’apport des acteurs au développement local 20,83

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Sur le plan de l’importance accordée par les acteurs locaux aux projets de développement
local, les résultats montrent que 79,2 % des acteurs estiment que les projets de développement
local sont « très importants ». 16,67 % d’entre eux préconisent qu’ils sont seulement
« important ». Il existe cependant, une très petite partie des acteurs soient 4.17% qui estiment
que les projets de développement local sont peu importants. Par contre, aucun acteur n’a jugé
les projets de développement local comme étant sans aucune importance. La figure ci-dessous
résume les résultats obtenus.

72
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°3 : Importance accordée aux projets de développement local par les acteurs

importance accordée aux projets de développement local par les acteurs


100

80

60

40
Pour-cent

20

0
Peu important Important Trés important

importance accordée aux projets de développement local par les acteurs

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Concernant le rôle des acteurs dans le processus de développement local, que ce soit en
tant qu’initiateur ou bénéficiaire du projet, les acteurs déclarent à 91,67% avoir un rôle à jouer
dans le processus. Par contre 62,5 % d’entre eux déclarent qu’ils ne bénéficient pas de projet
de développement local. Le détail du rôle que joue chacun des acteurs fait apparaitre que la
moitié (soit 50 %) des acteurs questionnés avance qu’ils sont des superviseurs/
accompagnateurs de projet. 45,83 % entre eux déclarent qu’ils sont initiateurs de projet. Par
contre, seuls 25 %, 16,67 % et 12,5 % respectivement déclarent qu’ils sont fournisseurs
financiers des projets, qu’ils participent en tant qu’acteur et réalisateur technique des projets.

S’agissant des formes les plus récurrentes des projets de développement dont bénéficient
les acteurs concernés, ces derniers estiment que ces formes résident le plus souvent dans
l’aménagement urbain (29,17 % des répondants), la viabilité des voies routières et la création
d’entreprise et d’activité ( 20,83 % pour chacun d’eux). Certain acteurs évoquent d’autres
formes qui sont : construction d’infrastructure publique, projets de sensibilisation
environnemental, adduction en eau potable, assainissement des eaux usées, amélioration du
transport public. Les figures ci-dessous synthétisent les résultats obtenus :

73
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°4 : rôle des acteurs dans le processus de développement local

100,00%
90,00%
80,00%
70,00%
60,00%
Oui
50,00%
Non
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Avoir un rôle dans le processus Avoir bénéficier des projets de
de DL DL

Source : Elaboré par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

74
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°5 : formes de contribution des acteurs dans les projets de développement local

50,00%
45,00%
40,00%
35,00%
30,00%
25,00%
20,00%
15,00%
10,00%
5,00%
0,00%

Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

En ce qui concerne la perception des actions qui relèvent du développement local, nous
remarquons que ces derniers estiment à 79,16 % qu’elle consiste en l’ouverture et revêtement
des routes et chemins communaux. 62,5 % répondent qu’elle consiste en l’Electrification et
gaz, et 41,67 % déclarent qu’elles consistent en le financement des projets par le micro crédit
et seulement 29.17 % pensent qu’elles consistent en le financement des entreprises
artisanales.

Sur le terrain, 95,83 % des acteurs déclarent qu’il n’y a pas suffisamment de projets de
développement local dans leurs communes. La totalité des acteurs questionnés estiment le peu
de projet qui existe dans leurs communes n’apporte pas des résultats satisfaisants. Les
principales raisons sont qu’il y a un manque de coordination et de suivi (58,33 % des
répondants), un manque d’implication des acteurs et qu’il y a une insuffisance au niveau des
budgets alloués aux projets (41,67 % pour chacun des deux).

75
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°6 : principales raisons de l’insatisfaction par les acteurs des projets.

60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00% Série 1

Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Parmi les insuffisances existant en termes de développement local, nous constatons que la
totalité des acteurs estime que les communes de la daïra de Tazmalt ne disposent pas de zone
industrielle. Sur ce point, 91.67 % des acteurs pensent qu’il est nécessaire d’aménager de
nouvelles zones pour répondre surtout au problème de création d’emploi dans la daïra qui
demeure très faible.

1.2. La vision de la gouvernance territoriale par les acteurs.

Nous avons voulu connaître la perception de la gouvernance territoriale par les acteurs
locaux. 33,33 % des acteurs voient la gouvernance territoriale comme un mode de régulation
local, 29,17 % la perçoivent comme l’utilisation des autorités politiques de l’exercice du
contrôle, 25 % et 12,5 % respectivement la voient comme une action publique en réseau local
et une conception libérale qui repose sur les échanges volontaires entre les acteurs. Le
tableau suivant récapitule les résultats.

76
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Tableau n°18 : la perception de la gouvernance territoriale par les acteurs

Classement Définition Taux (%)


1 Un mode de régulation local 33,33
2 L’utilisation des autorités politiques et l’exercice 29,17
du contrôle
3 Une action publique en réseau local 25
4 Une conception libérale qui repose sur les
échanges volontaires entres acteurs 12,5
5 Non réponse 16,67
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

En ce qui concerne les acteurs les plus concernés par le processus de la gouvernance
territoriale, notre enquête aboutit aux résultats suivants : 75 % des acteurs considèrent les élus
locaux (APC) comme les plus concernés par le processus de gouvernance territoriale. En
seconde place, on trouve les administrations déconcentrés de l’Etat avec 8,3 % puis les
associations et les entreprises avec un taux de 4.2 % chacun. Les partis politiques,
organisations syndicales et le patronat/chambre de commerce, d’industrie ne semblent pas être
très concernés vu que les acteurs de l’échantillon ne les considèrent pas comme partie
prenante et utile dans la gouvernance territoriale. Les résultats sont montrés dans le tableau ci-
dessous.

Tableau n°19 : répartition des acteurs dans le processus de gouvernance territoriale.

Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Elus locaux (APC) 18 75,0 81,8 81,8
Administrations
2 8,3 9,1 90,9
déconcentrées de l'Etat
Entreprises 1 4,2 4,5 95,5
Associations 1 4,2 4,5 100,0
Total 22 91,7 100,0
Manquante Système manquant 2 8,3
Total 24 100,0

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

77
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Pour ce qui y est de l’existence de la gouvernance territoriale, 91,67 % les acteurs


questionné estime qu’il existe une gouvernance territoriale contre seulement 8,33 %qui disent
qu’elle est inexistante la figure et ci-dessous illustre les avis partagé par les acteurs.

Figure n°7 : existence d’une gouvernance territoriale.

existence d'une gouvernance territoriale dans la daïra de Tazmalt


100

80

60

40
Pour-cent

20

0
Oui Non

existence d'une gouvernance territoriale dans la daïra de Tazmalt

Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Parmi les 91,7 % qui pensent qu’il existe une gouvernance 45,8 % d’entre eux la juge
moyenne, 41.7 % médiocre et 4.2 % plutôt bonne comme le montre le tableau suivant.

Tableau n°20 : Degré d’existence d’une gouvernance territoriale dan la daïra de


Tazmalt.

degré d'existance d'une gouvernance territoriale

Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide inexistante 2 8,3 8,3 8,3
médiocre 10 41,7 41,7 50,0
moyenne 11 45,8 45,8 95,8
plutôt bonne 1 4,2 4,2 100,0
Total 24 100,0 100,0

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

78
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

D’après le tableau ci-dessus on remarque que 8.3 % des acteurs pensent que la
gouvernance est inexistante, et 41.2 % de ceux qui la trouve existante la juge médiocre et cela
pour les raison suivantes : le manque d’encadrement et de suivi qui engendre l’existence
d’une corruption dans le territoire, le manque de financement vu que la daïra ne dispose pas
de ressource de financement suffisantes, le manque d’une réelle décentralisation et
d’implication des acteurs.

La plupart des acteurs soit 95,83 % jugent que la gouvernance territoriale est une
condition nécessaire pour la réussite et l’aboutissement des projets de développement local,
voir la figure ci-dessous.

Figure n°8 : la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour la réussite des
projets de développement local.

la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour D.L


120

100

80

60

40
Pour-cent

20

0
Oui Non

la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour D.L

Source : Elaboré par nos soins a partir des résultats de l’enquête, 2014.

79
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

1.3. Participation des acteurs dans le processus décisionnel.

Pour la participation des acteurs locaux dans le processus de prise de décision, et selon
les acteurs interrogés, 58,3 % d’entre eux confirme qu’ils ne participent pas à la prise de
décision, alors que 41,7 % déclarent qu’ils sont présents dans le processus décisionnel
comme ses illustrés dans la figure suivante.

Figure n°9 : La participation des acteurs à la prise de décision.

participation des acteurs au prise de décision


60

50

40

30

20
Pour-cent

10

0
Oui Non

participation des acteurs au prise de décision

Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Pour ce qui concerne le rôle que jouent les acteurs dans la prise de décision on constate
que 14.3% seulement, prennent les décisions. Il s’agit là des élus locaux, 42,9 % participent
en tant que consultants. 9,5 % et 14,3 % jouent respectivement, le rôle d’exécutants et de
partie qui subit l’action. On remarque aussi que 19 % des acteurs déclarent qu’ils n’ont aucun
rôle dans ce processus, comme le montre le tableau suivant.

80
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Tableau n°21 : le rôle que jouent les acteurs dans le processus décisionnel.

rôle des acteurs dans le processus de prise de décision

Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Preneur de décision 3 12,5 14,3 14,3
Consultant 9 37,5 42,9 57,1
Exécutant 2 8,3 9,5 66,7
Partie subissant l'action 3 12,5 14,3 81,0
Aucun rôle 4 16,7 19,0 100,0
Total 21 87,5 100,0
Manquante Système manquant 3 12,5
Total 24 100,0

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Les acteurs déclarent qu’il y a un manque d’écoute entre les différents acteurs de la daïra
de Tazmalt. En effets ils affirment qu’il existe des institutions, organismes et groupes cessé
les écoutés. Leur réponses sont illustré dans le tableau suivant.

Tableau n°22 : les institutions, organismes et groupes censés s’écouter.

Classement Acteurs Taux (%)


1 Elus locaux 83.33
2 ADE 45.83
3 Associations 45.86
4 Entreprises 20.83
5 Patronat/chambre de commerce 16.67
6 Partis politique 8.83
7 Non réponses 4.17
Source : établi par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

En ce qui concerne l’implication des acteurs locaux dans le processus de prises de


décision, 54,17 % la trouve primordiale, et 45,83 % des acteurs la trouve très importante.
Tandis qu’aucun n’à trouvé l’implication des acteurs peu importante ou bien négligeable. Les
résultats sont illustrés dans la figure ci-dessous.

81
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°10 : L’implication des acteurs locaux dans le processus décisionnel.

L'implication des acteurs locaux dans le processus de prise de décision


60

50

40

30

20
Pour-cent

10

0
primordiales trés importantes

L'implication des acteurs locaux dans le processus de prise de décision

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

On à poser une question pour savoir quel rôle à l’implication et la participation des
acteurs au processus de gouvernance, et les résultats obtenus sont synthétisés dans le tableau
ci-dessous.

Tableau n°23 : rôle de la participation des acteurs locaux au processus décisionnel.

Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Exploration des différents
1 4,2 4,2 4,2
avis des acteurs
Prise en compte des
différentes 3 12,5 12,5 16,7
préoccupations
Amélioration de la qualité
5 20,8 20,8 37,5
de la décision
1&2&3 5 20,8 20,8 58,3
1&2 1 4,2 4,2 62,5
2&3 9 37,5 37,5 100,0
Total 24 100,0 100,0

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

1. Exploration des différents avis des acteurs.


2. Prise en compte des différentes préoccupations.
3. Amélioration de la qualité de la décision.

82
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

On a interrogé les différents acteurs de l’échantillon : Recevez-vous une subvention de la


part de l’APC pour couvrir vos projets de développement ? Seules quelques association on
confirmé qu’ils reçoivent ces subventions avec un taux 26.1 %. Pour ce qui concerne le
partage la plus part affirme qu’il ne se fait pas d’une manière équitable. Les résultats sont
synthétisés dans le tableau suivant.

Tableau n°24 : attribution des subventions par l’APC aux différents acteurs

Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Oui 6 25,0 26,1 26,1
Non 17 70,8 73,9 100,0
Total 23 95,8 100,0
Manquante Système manquant 1 4,2
Total 24 100,0

Source : Etabli par nos soi à partir des résultats de l’enquête, 2014.

En ce qui concerne la satisfaction des acteurs par les efforts fournis par leur APC, les
résultats de l’enquête montrent que 75 % des acteurs ne sont pas satisfaits des efforts fournis
par leur APC. Comme le montre la figure ci-dessous.

Figure n°11 : la satisfaction des acteurs par les efforts de leur APC.
20

10
Occurrences

0
Non réponse Oui Non

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Les acteurs reprochent à l’APC l’absence totale sur le terrain, le non respect des
engagements pris lors des compagnes électorales, le manque de transparence dans la gestion

83
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

et existence d’une certaine corruption et la mise à l’écart des citoyens lors de la prise de
décision.
Les différents acteurs des la daïra de Tazmalt, soit 56,5 % des acteurs interrogés disent
que les citoyens et les autres acteurs ne sont pas associaient au processus de prise de décision
et a celui de la gouvernance territoriale. Et la totalité de ceux qui affirme la participation des
citoyens disent que leur participation apporte un plus à la prise de décision.
Pour savoir comment les concertations se font entre les citoyens et les autre acteurs on a
posé la question aux acteurs leurs réponses sont comme suit : 50 % des acteurs estiment que
ces consultations se font sous formes d’assemblées et de réunions, 33,3 % d’entre eu
répondent quels se font sous formes de rencontres privées et les 16.7 % qui restent ont
préférés ne pas répondre. Comme le montre le tableau ci-dessous.
Tableau n°25 : forme des consultations entre les acteurs.

Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Rencontres privées 8 33,3 40,0 40,0
assemblées, des
12 50,0 60,0 100,0
réunions
Total 20 83,3 100,0
Manquante Système manquant 4 16,7
Total 24 100,0

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
En ce qui concerne la position des acteurs par rapport à l’élaboration des projets inscrits
dans le cadre du développement local, 33,3 % estiment être assez impliqués, 25 % répondent
que les acteurs sont assez intéressés et 8,3 % estiment être assez intéressés et assez impliqués.
Tandis qu’une grande partie des acteurs (soit 33,3 %) n’ont pas répondu à la question. La
figure ci-dessous illustre les résultats obtenus.

84
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Figure n°12 : La position des acteurs par rapport à l’élaboration des projets inscrits
dans le cadre du développement local.

Les acteurs locaux sont:


40

30

20

10
Pour-cent

0
assez intéressés 1&2
assez impliqués Non réponse

Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.

Pour ce qui est de l’attribution des subventions pour les différentes associations, 54,17 %
des acteurs ont confirmé que les associations reçoivent des subventions de la part de leurs
communes, mais 61,54 % de ceux qui ont confirmé l’attribution des subventions ont dit que le
partage de ces subventions ne ce fait pas d’une manière équitable.
D’ailleurs les membres des APC ont dit que la plupart des subventions sont destinées aux
associations sportives.

2. Synthèse des résultats de l’enquête.

De l’analyse précédente, nous avons pu avoir une vision globale de l’ensemble des
acteurs sur le développement local, la gouvernance territoriale et sur la participation des ses
acteurs aux processus décisionnel.et de traiter les réponses des différents acteurs de la daïra de
Tazmalt.

2.1. Etat des lieux du développement local dans la daïra de Tazmalt.


Les résultats de notre analyse ont démontré que la majorité des acteurs accordent une très
grande importance aux projets inscrits dans le processus de développement local. Ceci se
confirme par le fait que 79,2 % des acteurs de la daïra de Tazmalt jugent que ses projets sont
très importants. Cette importance se voit à travers le rôle que jouent les acteurs dans le

85
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

processus de développement local. En effet 91,7 % des acteurs estiment qu’ils ont un rôle à
jouer dans ce processus, qui consiste principalement en la supervision et l’accompagnement
des projets (50 % des acteurs) et l’initiation des projets (45.8 % des acteurs). Ces résultats
s’expliquent par le fait que ces rôles constituent le meilleur moyen pour l’ensemble des
acteurs afin de contrôler la trajectoire et le déroulement des projets. On peut aussi, expliquer
l’importance des projets de développement local pour les acteurs du fait que ces derniers
expriment un besoin en termes de ces projets. En effet, 95,8 % des acteurs déclarent qu’il n’y
a pas assez de projets de développement local dans leurs communes, et que la totalité estime
que ces projets n’apportent pas des résultats satisfaisants. Cette non satisfaction est due
essentiellement au manque du suivie et de coordination, a l’insuffisance des budgets et au
manque d’implication des acteurs dans ces projets.

2.2. Etat des lieux de la gouvernance territoriale dans la daïra Tazmalt.


Pour connaitre l’état des lieux de la gouvernance territoriale au sein des communes de la
daïra de Tazmalt, on a posé la question sur l’existence d’une gouvernance territoriale, et les
acteurs nous on répondue à 91,7 % qu’elle existe. 45,8 % D’entre eux la trouve moyenne,
41,7 % la trouve médiocre et 8,3 % estiment qu’elle est inexistante. Parmi les raisons de
l’inexistence ou la médiocratie de la gouvernance les acteurs ont opté pour : le manque
d’encadrement et de suivi, la bureaucratie, le manque de décentralisation et un manque
d’implication des acteurs.
Pour les acteurs les plus concernés par le processus de gouvernance territoriale, les
résultats de l’enquête désignent les élus locaux (avec un taux de 75 %), ensuite les ADE ‘avec
un taux de 8.3 %). Et ça du fait que ces acteurs disposent d’un pouvoir décisionnel important,
et ce sont eux qui représentent et qui sont proches des acteurs locaux. Après on trouve les
ADE puisque pour les acteurs se sont eux qui prennent la décision final surtout en ce qui
concerne les projets de développement initiés par l’Etats. En réalité les ADE assument la
fonction d’exécution des programmes et n’acceptent aucune modification ou introduction sur
les programmes sans faire référence à l’autorité hiérarchique. Autrement dit, les ADE
monopolisent le processus de gouvernance en excluant toute forme de participation des autres
acteurs à la prise de décision.
La plus part des acteurs estiment que la gouvernance territoriale est un élément essentiel
pour le bon fonctionnement et le développement local. Ils ajoutent que les élus et les

86
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

institutions devraient faires connaître ce terme de « gouvernance locale » puisque les citoyens
et la plus part des acteurs sont mal informé sur ce terme.

2.3. La participation des acteurs locaux dans le processus décisionnel.


Les résultats de l’enquête montrent que, 54,17 % des acteurs trouvent que l’implication
des acteurs au processus décisionnel est primordiale et 45,83 % la trouve très importante, et il
justifie cette implication par l’amélioration de la qualité de décision, la prise en compte des
différentes préoccupations et l’exploration des différents avis des acteurs. Tendis que 58,3 %
des acteurs déclarent qu’ils ne participent pas au processus de prise de décision. Concernant le
rôle que joue chaque acteur dans ce processus, on constate que seulement 12,5 % prennent des
décisions et il s’agit principalement des élus locaux. On constate aussi que 16,7 % ne jouent
aucun rôle.
Nous avons également demandé aux différents acteurs de nous révéler si leurs APC
subventionnent leurs projets de développement, 70,8 % déclarent ne rien recevoir. La plupart
de ceux qui on affirmé qu’ils reçoivent des subventions (25 %) déclarent que le partage ne se
fait pas d’une manière équitable et ces subventions ne sont pas suffisantes pour couvrir toutes
les nécessités. Et puis les acteurs qui ont déclarés qu’ils reçoivent des subventions sont
représentés par les associations.
Pour ce qui est de la satisfaction des acteurs par les efforts fournis par leur APC, les
résultats en monté que seulement 16,7 % sont satisfaits, tandis que 75 % ne sont pas satisfaits
des efforts de leur APC. Cette insatisfaction et dû essentiellement au manque de transparence
dans la gestion des affaires de la localité, la corruption et que les APC n’impliquent pas les
citoyens aux processus décisionnel.
Nous avons voulu savoir comment les consultations des citoyens et autre acteurs se font-
elles. 50 % des acteurs déclarent qu’elles sont sous formes d’assemblé et de réunion. Tandis
que 33,3 % déclarent qu’elles sont sous forme de rencontre privé.

87
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats

Conclusion chapitre 3.

A travers se dernier chapitre, nous avons pu présentés notre enquête de terrain ainsi que
notre méthodologie d’approche du terrain, qui nous a permet de recueillir les informations qui
nous permettre de répondre a notre problématique après les avoir analysés.
En outre, nous avons pu déterminer la vision des acteurs en ce qui concerne notre sujet
de recherche. Ces derniers donnent une grande importance aux projets de développement
local et estiment qu’ils ont un rôle dans processus de développement qui se traduit par la
supervision et l’initiation de projets.ils déclarent également un manque en terme de projet
expliqué par le manque de coordination et de suivi, un manque de ressource de financement et
le manque d’implication des acteurs.
Pour ce qui est de la gouvernance territoriale les acteurs n’estiment qu’il existe une
certaine gouvernance territoriale et qu’elle est une condition essentielle pour le
développement local, mais celle-ci est de qualité moyenne ou médiocre. Cette médiocrité est
dû essentiellement aux manques de décentralisation les commune de la daïra de Tazmalt et
aussi à l’existence de procédure bureaucratique.
Concernant la participation des acteurs au processus décisionnel on a constaté que les
acteurs ne participent aux prises de décisions même si leur participation s’avère primordiale
puisque elle contribue à l’exploration des différents avis et l’amélioration de la qualité de
décision.

88
Conclusion générale.

L’intérêt sans cesse grandissant du développement local ces dernières années, nous a
incités à étudier l’impact et l’implication de la gouvernance territoriale, et des acteurs locaux
sur le développement local. A cet effet, on s’est intéressé à un cas pratique de relation
territoriale et nous avons opté pour la daïra de Tazmalt. Notre choix est justifié par la
multiplicité des acteurs locaux (surtout les acteurs sociaux), et par l’incapacité de viser un
territoire plus vaste, vu le manque de financement et du temps alloué à l’enquête. Pour cela,
nous nous sommes interrogés sur la problématique de la gouvernance territoriale dans la daïra
de Tazmalt, et sur le rôle des acteurs locaux dans ce développement.

L’exploration théorique nous a permis de cerner la question de la gouvernance qui nous


renvoie tout d’abord à celle du développement local et se situe dans le contexte historique de
l’implication croissante des acteurs locaux –privés- publics- associatifs dans les dynamiques
de développement, dans la capacité à se mobiliser et à se prendre en charge. Elle peut être vue
comme un processus en perpétuelle évolution se nourrissant de la volonté des acteurs de
participer activement à la gestion des territoires et administrations locales.

L’enquête de terrain nous permet de nous projeter dans la réalité et de recueillir les
informations nécessaires afin d’avoir des éléments de réponses à notre problématique. Les
résultats de notre étude montrent que les acteurs locaux accordent une très grande importance
aux projets inscrits dans le processus de développement local et jugent aussi que ses projets
sont très importants. Ceci se voit à travers le fait que ces acteurs ont un rôle à jouer dans le
processus de développement local qui consiste particulièrement en la supervision et
l’accompagnement des projets et aussi l’initiation de ces projets. Les acteurs estiment aussi
qu’il y a un manque de projet de développement local et que la plupart des projets existants
n’apportent pas des résultats satisfaisants. Cette non satisfaction est due au manque de
coordination et de suivi et au manque d’implication des acteurs.

Les résultats montrent qu’il existe une gouvernance territoriale dans la daïra de Tazmalt,
mais elle est jugée moyenne ou plutôt médiocre même si elle est jugée comme élément
essentiel pour la réussite des projets de développement local. La raison principale de cette
médiocrité est le manque d’encadrement et de suivi qui rendent les taches plus longues et qui
engendrent l’apparition de la corruption. La seconde raison est la bureaucratie dominante sur

89
le terrain qui engendre un manque réel de décentralisation et qui rend les tâches difficiles à
accomplir. Nous avons aussi constaté que la plupart des acteurs locaux ne participent pas au
processus de prise de décision même si cette participation est jugée primordiale par les
acteurs. Elle implique l’implication des différents acteurs et la prise en compte des différentes
préoccupations qui amènent à l’amélioration de la qualité de décision.

On a constaté que, les acteurs locaux ne sont pas satisfaits des efforts fournis par leur
APC au niveau de la daïra de Tazmalt. Ils lui reprochent, d’écarter les citoyens et les acteurs,
dans la mise en œuvre des projets de développement local, et dans la prise de décision les
concernant. Il lui reproche aussi le manque de transparence et son non existence sur le
terrain, pour mieux gérer les vrais problèmes et cerner les vraies préoccupations des citoyens
et des acteurs. Ils reprochent à leur APC le manque de subventionnement pour mener leur
projet de développement.

Les acteurs locaux ont proposé d’améliorer les mécanismes de gouvernance pour le
développement local. Ils jugent nécessaires de donner lieu à une participation de l’ensemble
des acteurs locaux, quant à la prise de décision concernant leurs projets de développement,
conduisant alors à la mise en place d’une démocratie participative. Ils souhaitent aussi
l’application de vraies conditions de décentralisation, en dotant les élus locaux davantage de
prérogatives et de pouvoir.

Nous espérons avoir apporté, dans ce travail, quelques éléments de réponses concernant
la problématique de la gouvernance territoriale et le rôle des acteurs locaux dans la daïra de
Tazmalt.

90
Bibliographie.

Ouvrages.

1. AVENIER M.G, « Coordinateur. La stratégie du chemin faisant », Paris, Economica,


1997.
2. B. LATOUR, « Une sociologie sans objet ? Remarques sur l'inter objectivité » Sociologie
du Travail, vol. 36 n°4, 1994
3. B. LATOUR, Politiques de la nature, La Découverte, Paris, 1999.
4. BACHELARD P. « Les acteurs du développement local », L'Harmattan, 1993
5. Bernard Pecqueur, « Le développement local : un mode ou modèle », Paris, Ed. Syros
Alternative, 1991.
6. Bernard Pecqueur, Jean-Benoît Zimmermann, « Economie de proximité », édition
Lavoisier, Paris, 2004
7. BOLTANSKI Luc, La justification : les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991
8. BOURDIEU. P, « le sens pratique », Paris, édition de Minuit, 1980
9. Bryant, C. R. (1991). Le développement communautaire durable, les partenariats et la
préparation des propositions de projets réussis. Hudson: Édition Stratec Communication
Inc., 1991.
10. COULMIN P. « La décentralisation, la dynamique du développement local », Ed. Syros,
Adele Aubenas, 1986.
11. CROZIER M. et FRIEDBERG E. « L’acteur et le système », Paris, Seuil, 1997.
12. DURKHEIM Emile, « Les règles de la méthode sociologique », Paris, PUF, 1973
13. GAUDIN Jean-Pierre, « Pourquoi la gouvernance ? », Presse de la FNSP, coll. La
bibliothèque du citoyen, Paris, 2002
14. GREFFE Xavier, « le développement local », Edition de l’Aube – DATAR, La Tour
d’Aigue, 2002
15. GREFFE. Xavier, « territoire de franc, les enjeux économique de la décentralisation »,
paris, Economica, 1984.
16. Hubert Coudrieux, 1988, La science des systèmes et des exploitations agricoles, Ed.
Universitaires, UNMFREO, 1990
17. Jean – Yves GOUTTEBEL, « stratégie de développement territorial », 2ème Ed.
Economica, 2003.

91
18. LE GALES P. « Quels intérêts privés dans les villes européennes », in Villes en
Europe, Ed. La découverte, 1997
19. LE GALES Patrick, Quels intérêts privés dans les villes européennes, in Villes en
Europe, Ed. La découverte, 1997.
20. LEFEVRE Christian, « Gouvernance, institutions et territoires : les gouvernements
métropolitains dans les pays occidentaux », in La ville éclatée, Ed.de l'Aube, 1998.
21. MAESSCHALCK M, (UCL, FUSL), « L’action en réseau », Monceau-sur-Sambre,
Maison pour les Associations, décembre 2001.
22. Martinet, Management stratégique, Mac Grow Hill, « Le noyau composite d'acteurs
stratégiques », Paris, 1984.
23. MIDLER. « L'auto qui n'existait pas. Management des projets de transformations de
l'entreprise », inter éditions, Paris, 1993.
24. REYNAUD J. D. « Les règles du jeu », Paris, Armand Colin, 1989
25. WEBER M. « Economie et Société », Paris, Pocket, 1995

Articles et colloque.

1. Ali Kazancigil, « la gouvernance : itinéraire d’un concept », dans Javier Santiso (dir), « a
la recherche de la démocratie ». mélange offert à Guy Hermet, Paris, Karthala, 2002.
2. Bernard PECQUEUR (2002), « le développement territorial comme préambule à
l’économie sociale », dans les cahiers de l’économie sociale-N°3 : entreprendre
autrement, « Economie sociale et développement local », colloque franco-québécois, 9,
10 et 11 décembre 2002
3. Bernard PECQUEUR, « vers une géographie économique et culturelle autour de la,
notion du territoire », in « géographie et culture » n°49, juin 2004, pp. 77-86.
4. Bernard PECQUEUR, LELOUP Fabienne et MOYART Laurence, « la gouvernance
territoriale comme nouveau mode de coordination territoriale », 4éme journées de la
proximité, « proximité réseaux et coordination », FUCAM, 17 & 18 juin 2004.
5. Conférence sur le développement local et la décentralisation” organisée par le “Centro de
Estudiosdel Desarrollo Local y Régional (CEDER), Lima, Juin 2002.
6. D. MAILLAT et L. KEBIR, Learning régions et systèmes territoriaux de production,
revue d’économie régionale et urbaine n°3 1999
7. Guigou J.L « le développement local : espoirs et freins » colloque à Poitiers sur le thème
du développement local, 1983.
92
8. KHERDJEMIL. B., « territoires, globalisation et développement », in Revue Régionale et
Urbaine, n°2, 1999
9. Laurence BARNECHE-MIQUEU & Nathalie LAHAYE, in The third Congress on
Proximity -"New growth and Territories", University of Paris South & Institut National
de la Recherche Agronomique, 13 and 14 December 2001.

Mémoire.

1. BONNER Frederick (2006), « Le rôle des acteurs locaux dans la construction de


l’économie sociale : le cas de la MRC de la Haute-Yamaska », Mémoire présenté à la
faculté d’études supérieures en vue de l’obtention du grade de Maître ès sciences en
géographie, Département de géographie, Faculté des arts et des Sciences, Université de
Montréal, janvier 2006.
2. GUERBOUB D. « contribution du marketing territoriale au développement local : cas
des communes de Bejaia et d’El-Kseur », Mémoire de Master en Sciences de Gestions,
UMAB, 2011.
3. HAMMOUCHI S. « Gouvernance territoriale et développement local : quels états des
lieux pour la wilaya de Bejaia », Mémoire en Sciences UMAB, 2011
4. NAIT CHABANE A.L. «gouvernance territoriale et stratégies des acteurs : cas de
la wilaya de Bejaia », Mémoire de Magister en Sciences Economiques, UMAB, 2010.
5. SAIDI. Meriama, « Gouvernance des territoires et développement local, cas des zones
aménagées : Cas de la zone d’activité TAHARACHT Akbou »,Mémoire de Master en
sciences de gestion, université de Bejaia, 2011
6. Yvon PESQUEUX, « Développement d’un cadre institutionnel adapté à l’intégration du
secteur informel au Benin », mémoire de recherche Olihide, septembre 2009

Sites internet.

1. beira-cfp.org/PAGE-ARTICULATIONgouv.11.html.
2. http://www.ville-management.org/forum/files/40_ngok_evina_109.pdf
3. http://www.worldbank.org/wbi/governance/pubs/govmatter.html
4. www.a21l.qc.ca/web/document/ayeva_gouvernance.pdf
5. www.adels.org
6. www.institut-gouvernance.org/fr/.../fiche-synthese-15.html

93
Liste des Tableaux et Figures.

1. Liste des tableaux.


Tableau n° 1 : Répartition de la population par commune et par dispersion…………………54

Tableau n°2 : Densité de la population par commune………………………………………..55

Tableau n°3 : Classification de la population selon le sexe…………………………………..56

Tableau n°4 : enseignement primaire…………………………………………………………56

Tableau n°5 : enseignement moyen…………………………………………………………..56

Tableau n°6 : taux de scolarisation par commune……………………………………………57

Tableau n°7 : infrastructures de soins et de santé dans la daïra de Tazmalt………………….58

Tableau n°8 : infrastructures de jeunesse et des sports……………………………………….58

Tableau n°9 : répartition des terres dans la daïra……………………………………………..59

Tableau n°10 : Exemple de PCD dans la daïra de Tazmalt…………………………………..61

Tableau n° 11: exemple de proposition pour les Budgets de Wilaya dans la daïra…………..62

Tableau n° 12: Exemple de construction scolaire dans la daïra de Tazmalt………………….63

Tableau n°13 : Exemple de FCCL dans la daïra de Tazmalt…………………………………64

Tableau n°14 : Taille et structure de l’échantillon de la daïra de Tazmalt…………………...67

Tableau n°15 : Taille et composition de l’échantillon total…………………………………..68

Tableau n°16 : Taille et composition de l’échantillon final…………………………………..69

Tableau N°17 : perception du développement local par les acteurs………………………….72

Tableau N°18 : la perception de la gouvernance territoriale par les acteurs………………….77

Tableau N°19 : répartition des acteurs dans le processus de gouvernance territoriale……….77

Tableau N°20 : Degré d’existence d’une gouvernance territoriale dan la daïra de Tazmalt…78

Tableau N°21 : le rôle que jouent les acteurs dans le processus décisionnel…………………81

Tableau N°22 : les institutions, organismes et groupes censés s’écouter…………………….81

Tableau N°23 : rôle de la participation des acteurs locaux au processus décisionnel………..82

Tableau N°24 : attribution des subventions par l’APC aux différents acteurs……………….83

Tableau N°25 : forme des consultations entre les acteurs……………………………………84

95
2. Liste des Figures.

Figure n°1 : Répartition de la population de la daïra de Tazmalt…………………….............55

Figure n°2 : Répartition des terres de la daïra de Tazmalt……………………………………59

Figure N°3 : Importance accordée aux projets de développement local par les acteurs……...73

Figure N°4 : rôle des acteurs dans le processus de développement local…………………….74

Figure N°5 : formes de contribution des acteurs dans les projets de développement local…..75

Figure N°6 : principales raisons de l’insatisfaction par les acteurs des projets………………76

Figure N°7 : existence d’une gouvernance territoriale……………………………………….78

Figure N°8 : la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour la réussite des
projets de développement local……………………………………………………………….79

Figure N°9 : La participation des acteurs à la prise de décision……………………………...80

Figure N°10 : L’implication des acteurs locaux dans le processus décisionnel……………...82

Figure N°11 : la satisfaction des acteurs par les efforts de leur APC………………………...83

Figure N°12 : La position des acteurs par rapport à l’élaboration des projets inscrits……….85

96
Liste des abréviations.

ADE : Administrations Déconcentrées de l’Etat.

APC : Assemblée Populaire Communale.

APW : Assemblée Populaire de Wilaya

BM : Banque Mondiale.

BW : Budget de Wilaya

CFPA : Centre de Formation professionnel et d’Apprentissage

DI : District Industriel

DL : Développement Local.

DATAR : Délégation de l’Aménagement du territoire et à l’Attractivité Régionale

DPAT : Direction de Planification et d’Aménagement du Territoire.

DPSB : Direction des Programmes et Suivi Budgétaires

DUC : Direction d’Urbanisation et de Construction

FCCL : Fonds Communs des Collectivités Locales

FMI : Fond Monétaire International

MI : Milieux Innovateurs

OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique.

ONG : Organisations Non Gouvernementales

PCD : Plans Communaux de Développement

PME : Petites et Moyennes Entreprises

PMI : Petites et Moyennes Industries

R&D : Recherche et Développement

SARL : Société à Responsabilité Limité

SAU : Surface Agricole Utile

SNC : Société en Nom Collectif

SPL : Systèmes Productifs Locaux

94
Annexe n°2 : questionnaire de l’enquête de terrain.

Université Abderrahmane Mira de Bejaia

Faculté des Sciences Economiques, Sciences de Gestion et Sciences Commerciales

Département des Sciences de Gestion

Master en Management Economique des Territoire et Entrepreneuriat

Gouvernance territoriale et développement


local : rôle des acteurs locaux dans le cas de la
daïra de Tazmalt

Cette enquête est réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master portant sur « les
rôles des acteurs locaux dans le développement local : cas de la daïra de Tazmalt »
encadré par le Pr KHERBACHI Hamid. En effet, nous visions principalement à structurer des
réponses autour l’existence d’une stratégie de gouvernance local pour la Daïra de Tazmalt et
le rôle des acteurs publics locaux dans le développement local de celle-ci.

Toutes les informations que vous nous fournirez nous seront d’une grande utilité,
et ne seront utilisés qu’à des fins de recherche scientifique.

Nous comptons sur votre collaboration afin de mener à bien notre travail de
recherche.

Nous vous serons reconnaissants de votre aide précieuse.

Le candidat :

BAHLOUL Lotfi
Fiches N°1 : Identification et présentation des acteurs.

1) Nom et qualité du répondant

………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………

2) Quel est votre activité principale, statut juridique ?

………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………

3)
a) Si vous êtes une entreprise, votre chiffre d’affaire (celui du dernier exercice) se
situe :
A moins de 20 millions de DA ………………………………………………..
Entre 20 et 200 millions de DA ……………………………………………….
Entre 200 millions et 2 milliards de DA ……………………………………

b) Si vous êtes une association ou un organisme public ou privé :


Votre budget se situe dans quelle fourchette :
Moins de 1millions de DA………………………………………….
Entre 1 millions et 10 millions de DA……………………………...
Plus de 10 millions de DA……………………………………….....
c) Quelles sont vos missions ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
Fiche N°2 : vision du développement local par les acteurs.

4) Pour vous, le développement local est :


La cohésion des projets ………………………………………..
La participation au processus de développement local…………..
L’apport des acteurs au développement local………………….
La réduction du chômage………………………………………..
Autres (citez) :
………………………………………………………………………………………
…………………………………………….
5) Quelle importance donnez-vous au projet inscrit dans le cadre du développement
local ?
Sans aucune importance………………………….
Peu importants……………………………………
Important …………………………………………
Très importants ………………………………….
6) Avez-vous un rôle à jouer dans le processus de développement local ?
Oui Non
7) Si oui, quel est ce rôle (plusieurs réponses possibles) ?
Initiateur du projet …………………………………….
Fournisseur financier du projet ………………………..
Superviseur et accompagnateur du projet …………….
Réalisateur (technique) du projet …………………..
Participation en tant qu’acteur ………………………

Autre(précisez) :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
……………..
8) Avez-vous déjà, ou bénéficiez-vous de projet de développement local ?

Oui Non
9) Si oui, pouvez-vous citer quelque uns ?
Viabilisation de voies routières, de sites d’installation……………………
Aménagement urbain ……………………………………………………..
Création d’entreprise et d’activités ……………………………………….
Autre :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………….
10) Selon vous, les actions qui relèvent du développement local sont :
Electrification et Gaz………………………………………………………..
Ouverture et revêtement des routes et chemins communaux…………….. …
Le financement d’entreprises artisanales……………………………………
Le financement des projets par le micro crédit……………………………….
Autres (précisé) :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………….
11) Pensez-vous qu’il y a suffisamment de projets de développement local dans votre
commune ?
Oui Non
12) Selon vous, apportent-ils vraiment des résultats satisfaisants ?

Oui Non
13) Si non, pourquoi ? Est-ce parce que :
Les projets ne sont pas réalisables dés le début ……………………………
Les budgets alloué sont insuffisants ……………………………………….
Il y a un manque de coordination et de suivi ………………………………
Les acteurs ne s’impliquent pas assez ……………………………………..
Autre (citez) :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………. ;;
14) Votre commune a-t-elle suffisamment de zones industrielles et d’activités ?
Oui Non
15) Si non, devra-t-elle aménager de nouvelles zones ?
Oui Non

Fiche N°3 : vision de la gouvernance territoriale par les acteurs.

16) Selon vous la gouvernance locale est-elle :

Un mode de régulation local…………………………………………………………

Une action publique en réseau local…………………………………………………

Une conception libérale qui repose sur les échanges volontaires entre les acteurs ...

Utilisation des autorités politiques et l’exercice du contrôle………………………...

Autres (précisez) :
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………

17) Selon vous, quels sont les acteurs les plus concernés par le processus de la
gouvernance territoriale? (classez-les selon la priorité de 1 à 7)
Administrations déconcentrées de l’Etat……………………………………
Elus locaux (APC) …………………………………………………………
Partis politiques ……………………………………………………………
Entreprises…………………………………………………………………
Patronat/ Chambres de commerces, d’industries, ……………...................
Organisations syndicales ……………………………………………………
Associations ………………………………………………………………...
Autres (citez).
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
18) Selon vous, existe-t-il une gouvernance territoriale dans votre commune?
a) Oui , comment la jugez-vous ?
Médiocre…………………………………………...
Moyenne……………………………………………
Plutôt bonne………………………………………..
Bonne………………………………………………
b) Non ou médiocre , pourquoi ? Est-ce parce que :
Il y a un manque de décentralisation……………….
Il y a beaucoup de bureaucratie…………………….
Il y a de la corruption………………………………
Il y a un manque d’encadrement et de suivi………..
Il y a un manque de financement. …………………
Il y a un vide juridique en la matière………………
Il y a un manque d’implication des acteurs………...

Autres (citez) :
……………………………………………………………
……………………………………………………………
………………………………..

19) Pensez-vous que la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour la
réussite et l’aboutissement des projets du développement local?
Oui Non

Fiche N°4 : participation des acteurs locaux dans le processus décisionnel.


20) En tant qu’acteur local, participez- vous aux prises de décisions dans le processus de
gouvernance vous concernant ?
Oui Non
21) Si oui, à quelle fréquence ?
Jamais…………………………………………………..
Rarement régulièrement ………………………………..
Toujours ………………………………………………..
22) Quel rôle jouez-vous dans le processus de prise de décision ?
Preneur de décision ……………………………………
Consultant ……………………………………………..
Exécutant ………………………………………………
Partie subissant l’action ……………………………….
Aucun rôle ……………………………………………..
Autres (citez) :
…………………………………………………………………………………………
………………………
23) Selon vous, quel sont les institutions, organismes ou groupes censés vous écouter ?
Administrations déconcentrées de l’Etat……………….
Elus locaux …………………………………………….
Partis politiques ………………………………………..
Entreprises …………………………………………….
Patronat/Chambres de commerces, d’industries……….
Associations……………………………………………
Autres (précisez) :
………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………….
24) Pour vous, l’implication des acteurs locaux dans le processus de prise de décision est-
elle :
Primordiales ?...................................................................
Très importantes ?.............................................................
Peu importante ?................................................................
Négligeable ?....................................................................
25) Y a-t-il des comités de village ou des associations représentatives qui participent aux
projets de développement local ?
Oui Non
26) Si oui, les quelles ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………..
27) Quels intérêts la participation de l’ensemble des acteurs peut-elle apporter au
processus de prise de décision ? (plusieurs réponses possibles)
Exploration des différents avis des acteurs …………........
Prise en compte des différentes préoccupations ………….
Amélioration de la qualité de la décision …………………
Autres (citez) :
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………
28) Recevez-vous une subvention de la part de l’APC pour couvrir vos projets de
développement ?
Oui Non
29) Si oui le partage se fait-il de manière équitable ?
Oui Non
30) Etes-vous satisfait des efforts fournis par votre APC ?
Oui Non

31) les citoyens et les autres acteurs locaux sont t-ils associaient au processus de décision
et au processus de gouvernance ?
Oui Non
32) Si oui, est ce que leur participation apporte un plus à la prise de décision ?
Oui Non
33) Comment les consultations des citoyens et autres acteurs locaux se font-elles ?
Des rencontres privées……………………………………..
Des assemblées, des réunions ……………………………..
Autres :
…………………………………………………………………………………..
34) Pensez-vous que les acteurs locaux :
Sont assez intéressés……………………………………………....
Sont assez impliqués dans l’élaboration des projets inscrits dans le cadre du
développement local ?.......................................................................
Si non, qu’elles sont les raisons ?
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
......................................................................................
35) Des subventions aux différentes associations afin de couvrir leurs travaux de
développement, sont elle attribués ?

Oui Non
36) Si oui, selon vous ces subventions allouées aux associations sont-elles partagées d’une
façon équitable ?
Oui Non

Merci pour votre collaboration.


Annexe 1.

Wilaya de Bejaia

Tazmalt

Carte administratif de la Wilaya de Bejaia.

Carte géographique de la daïra de Tazmalt


Résumé
La réalisation et l’aboutissement des projets de développement local exigent
l’existence d’une gouvernance territoriale et une implication des acteurs locaux. C’est dans ce
cadre, que s’inscrit notre problématique portant sur la déduction d’existence ou non d’une
gouvernance territoriale au sein de la daïra de Tazmalt, et aussi sur l’implication et le rôle que
jouent les acteurs dans le processus de développement local.

Pour répondre a notre problématique, nous avons réalisé une synthèse bibliographique
afin de cerner tous les fondements théoriques et concepts concernant le sujet, ensuite nous
avons mené une enquêtes de terrain auprès des différents acteurs de la daïra de Tazmalt
(collectivités locales, entreprises, associations, partis politiques…). Suite a l’analyse des
réponses obtenues, nous avons constaté que les acteurs locaux ont un rôle à jouaier dans le
processus de développement local, qui consiste en la supervision et l’accompagnement des
projets de D.L. Par contre, ils n’ont aucun rôle dans le processus de prise de décision, même si
il existe une gouvernance territoriale dans la daïra.

Comme solution, les acteurs estiment qu’il faut mettre en place les éléments
nécessaires à l’aboutissement des projets de développement local, par la participation des
acteurs au processus décisionnel et le renforcement de la coordination et la coopération entre
les acteurs.

Mots clés : développement local, acteurs locaux, gouvernance territoriale processus


décisionnel, coopération local.

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