Gouvernance territoriale à Tazmalt
Gouvernance territoriale à Tazmalt
THEME
Devant le jury :
Président :
Encadreur : Pr KHERBACHI. H
Examinateur : Dr BELLACHE. J
Promotion 2014
Remerciement
Au terme de ce travail, je tiens à exprimer mes vifs remerciements à
mon encadreur de recherche, Pr Kherbachi. H. pour ces précieuses
remarques et conseils et son entière confiance en moi dans l’élaboration
du présent mémoire.
Je tiens aussi à remercier tous les acteurs de la daïra de Tazmalt
(APC, Association, Entreprise ……), pour leur accueille et leur
collaboration.
Je remercie aussi toute personne ayant participé de prés ou de loin à
la réalisation de ce mémoire.
A la fin, ce travail n’aurait pas abouti sans l’appui et le soutien
moral et matériel de ma famille, c’est pourquoi je les remercie
Dédicace
Je dédié ce modeste travail à :
A mes parents
A mes frères et leurs épouses
A mes sœurs et leur époux
A mon neveux
A tous mes amis
Table des matières
Remerciements
Dédicaces
Table de matière
Introduction générale…………………………………………………………..1
1. Origine du concept……………………………………………………………………….5
2. Définition du développement local……………………………………………………....6
3. Principes, objectifs et condition du développement local……………………………….8
3.1. Principes et objectifs du développement local…………………………………………..8
3.2. Les conditions du développement local………………………………………………….9
4. Les modes du développement local…………………………………………………….10
1. La notion acteur/agent………………………………………………………………….21
1.1. Les conceptions initiales de la notion d’acteur/agent………………………………….22
1.2. Définition du terme…………………………………………………………………….24
1.3. Les évolutions récentes dans l’utilisation de la notion d’acteur……………………….24
2. Le rôle des acteurs locaux……………………………………………………………...26
2.1. Les implications des acteurs à différents niveau………………………………………26
2.2. Le rôle des acteurs dans la construction de leur localité………………………………27
2.3. La partition des acteurs territoriaux……………………………………………………29
3. Stratégies des acteurs locaux et les réseaux…………………………………………….30
3.1. Les stratégies d’intervention des acteurs locaux………………………………………30
3.2. Les marges de manouvre et les stratégies les « stratégies d’indétermination » des
acteurs…………………………………………………………………………………..31
3.3. Les réseaux…………………………………………………………………………….32
3.3.1. Le rôle des réseaux …………………………………………………………………….33
3.3.2. Les types de réseaux……………………………………………………………………37
Conclusion générale……………………………………………………………………..89
Bibliographie………………………………………………………………………………...91
Liste des abréviations………………………………………………………………………..94
Annexe.
Introduction générale.
En effet, la mondialisation favorise les territoires les plus dynamiques et les plus
créateurs de richesses, et marginalise les territoires les moins productifs aboutissant, de ce
fait, à la concentration des richesses spatialement et socialement.
Par ailleurs, pour luter contre cette marginalisation, les territoires se voient obliger de
mobiliser des acteurs et de valoriser leurs ressources, en d’autre termes devenir plus attractifs.
Pour la plupart des économistes, l’attractivité est un outil qui permet aux territoires de mettre
en avant leurs ressources, et de les valoriser à l’égard des acteurs par l’accueil des
investissements.
Toutefois, pour réussir des projets de développement local, il doit y exister une structure
territoriale qui gouverne l’ensemble des acteurs, qui veille au respect de la mise en œuvre de
tout projet de développement local et qui assure l’existence d’une communication et d’une
concertation entre les acteurs aboutissant à des arrangements favorables pour l’ensemble du
territoire. C’est ainsi qu’apparait la notion de gouvernance territoriale comme « l’ensemble
1
PECQUEUR Bernard (2002), « le développement territorial comme préambule à l’économie sociale », dans les cahiers de
l’économie sociale-N°3 : entreprendre autrement, « Economie sociale et développement local », colloque franco-québécois,
9, 10 et 11 décembre 2002, Grenoble, cahier coordonné par DEMOUSTIER.
1
des processus ou mécanismes institutionnels qui participent à la régulation locale du système
économique territorial » (Gilly et Perrat).
Dans notre travail, nous allons nous intéresser aux notions d’acteurs locaux et de
gouvernance territoriale. Les acteurs locaux sont au centre du développement local, c’est à
dire que ce sont eux qui sont censés mener et orienter les projets de développement local.
Pour ce qui est de la gouvernance territoriale, elle est considérée comme une condition
nécessaire à la réussite et au déroulement des projets.
Afin d’apporter des éléments de réponse, notre travail s’appuiera sur les hypothèses
suivantes que nous tenterons de les vérifier par la suite:
La démarche méthodologique que nous allons aborder pour confirmer ou infirmer nos
hypothèses consiste à faire une recherche théorique sur les concepts liés à notre travail qui
sont le développement local, les acteurs locaux et la gouvernance territoriale. Ensuite, on va
compléter notre investigation théorique par une étude du terrain pour vérifier nos hypothèses.
Notre investigation théorique sera composée de deux chapitres. Le premier sera consacré
au développement local. Il traitera les approches et les théories du développement local qui
vont nous aider à comprendre et à cerner tous les concepts de son évolution. Ce chapitre
traitera, dans sa première section, les concepts de base et mode du développement local. La
deuxième section sera consacrée aux approches du développement local. Le deuxième
chapitre étudiera les deux concepts des acteurs locaux et de la gouvernance territoriale. La
2
première section de ce chapitre traitera la notion d’acteurs locaux. Elle traitera le rôle et les
stratégies de ces derniers. La deuxième section sera consacrée à la gouvernance territoriale en
traitant des généralités sur la gouvernance et la gouvernance territoriale.
3
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Dans le contexte économique mondial, marqué par la concurrence rude, les pays
(notamment les pays en développement) sont confrontés à de nombreux défis. Ce qui a poussé
les gouvernements à chercher des solutions pour se protéger des effets de la
mondialisation. C’est dans ce contexte que le développement local a émergé, afin de
fortifier les économies nationales, en adoptant le principe, « le développement local conduit
au global ».
4
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Dans ce qui suit, nous abordons l’origine du concept de développement local, et donnons
quelques définitions assignées à celui-ci. Enfin nous exposons les différentes composantes du
développement local.
Pour Raffestin (1980), le territoire est généré à partir de l’espace. Il est une action
conduite par des acteurs à quelque niveau que ce soit. Ceux-ci s’appropriant concrètement ou
abstraitement un espace, ici l’acteur (ou les acteurs) territorialise l’espace.
Littré (1971), considère le territoire comme étant une étendue de terre qui dépend d’un
Etat, d’une province, d’une ville ou encore d’une juridiction. Le territoire est alors un objet à
la fois biophysique, sociale et politique.
Pour Bonnemaison (19981), le territoire est lié à l’ethnie et à la culture qui le mettent en
orme. Traduit en termes d’espaces, le terme de culture renvoie à celui de territoire et aux
populations qui y vivent.
1. L’origine du concept
Apparu dans les années 50, le développement local part d’un principe simple :
la mobilisation des potentialités locales (ressources naturelles, sociales, individuelles,…)
peut orienter les dynamiques socio-économiques.
Il est une réponse, d’une part, à la mondialisation naissante à l’époque, dont on
commence à sentir les effets, et d’autre part à l’approche frontale de l’aménagement
du territoire, très centralisé, qui agit par rattrapage massif des retards économiques
dans une dynamique exogène dont on sent poindre les limites.
Il émane essentiellement de territoires qui se considèrent marginalisés par ces politiques
frontales, souvent ruraux et situés dans les zones d’ombre du territoire national. On découvre
alors un slogan qui va devenir la pierre angulaire du développement local : « vivre, travailler
et décider au pays ». Cette expression contient, à elle seule, les principes du développement
5
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
local puisque, outre vivre et travailler qui sont les deux éléments forts du développement, elle
appelle à l’autonomisation locale de la décision, qui implique la matière grise nécessaire et la
mobilisation politique subséquente, et à la notion de « pays » qui devient, dans ces années de
fin de croissance, une entité plus à même de révéler les ressources et de mobiliser les acteurs.
Le pays renaît alors comme un périmètre d’action et de décision potentiel.
Cette idée du pays n’est pas neuve en elle-même puisque les géographes classiques
ont toujours revendiqué la pertinence d’une échelle intermédiaire entre la commune et le
département plus à même que ce dernier, dont la genèse est trop empreinte de la
bureaucratie révolutionnaire, à recouvrir la dimension sociale de l’espace vécu et de
l’appartenance culturelle. C’est ainsi que, dans les années 70, les premiers contrats de pays
accompagnent la généralisation d’une approche en termes de développement local. C’est
au sein de ces entités, notamment en milieu rural, qu’on redécouvre les valeurs
identitaires collectives et les solidarités propres à engendrer une nouvelle approche
démocratique du développement.
Bernard Pecqueur (1991) définit le développement local comme « une dynamique qui
met en évidence l’efficacité des relations non exclusivement marchandes entre les hommes,
pour valoriser les ressources dont ils disposent »1, Pecqueur met l’accent sur l’efficacité et le
rôle des relations non marchandes entre les hommes d’un même territoire à créer une sorte de
mobilisation et de sensibilisation, de ces hommes, pour la valorisation des richesses dont ils
disposent, tandis que Guigou J.L considère «le développement local comme l’expression de la
solidarité locale créatrice de nouvelles relations sociales et manifeste la volonté des habitants
d’une microrégion de valoriser les richesses locale, ce qui est créateur de développement
économique »2.
Le développement local est perçu comme « la mise en œuvre le plus souvent, mais plus
exclusivement dans un cadre de coopération communale, d’un projet global associant les
aspects économiques, sociaux, culturels du développement, généralement initié par les élus
locaux, un processus du développement local s’élabore à partir d’une concertation large entre
1
B. Pecqueur, « Le développement local : un mode ou modèle », Paris, Ed. Syros Alternative, 1992.
2
Guigou J.L « le développement local : espoirs et freins » colloque à Poitiers sur le thème du développement
local, 1983, p3.
6
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
l’ensemble des citoyens et des partenaires concernés et trouve sa traduction dans une maîtrise
d’ouvrage commune »3.
La définition la plus originale du développement locale est celle avancée par Greffe. X
(1984) qui stipule que « le développement local est un processus de diversification et
d’enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire à partir de la
mobilisation et de la coordination de ses ressources et de ses énergies. Il sera donc le produit
des efforts de sa population, il mettra en cause l’existence d’un projet de développement
intégrant ses composantes économiques, sociales, et culturelles, il fera d’un espace de
contiguïté un espace de solidarité active »4.
Pour d’autre, il s’agit plutôt « d’une démarche de développement territorial global, c’est-
à-dire incluant des aspects économiques, sociales, culturelles, politiques, favorisant le
développement endogène, mobilisant des moyens humains et financiers qui y concourent en
assurant leur convergence »5.
3
Définition donnée par le DATAR cité par J.L Guigou dans sa communication lors d’un colloque de Poitiers en
1983, p3.
4
Greffe. X, territoire de franc, les enjeux économique de la décentralisation, paris, Economica, 1984, p146.
5
Développement local et politique d’aménagement du territoire, rapport du conseil économique et social, 1998,
les éditions des journaux officiels, p II-7.
6
PREVOST Paul, «Le développement local : contexte et définition », Cahier de recherche IREC 01-03, Institut
de recherche et d’enseignement pour les coopératives de l’Université de Sherbrooke (IRECUS), p. 21.
7
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Autrement dit, c’est un processus qui vise à la participation des acteurs avec pour finalité
l’amélioration des conditions de vie des habitants d’une zone déterminée. »7.
Nous pouvons retenir que le développement local est une notion vague et globale, mais
surtout porteuse d’avenir pour beaucoup de territoires. Tel que nous l’avons constaté à travers
ces différentes définitions, le concept de développement local recouvre des expériences
diverses, chacune mettant l’accent sur un élément déterminé. Cependant, certains éléments se
dégagent pour éclaircir davantage ce concept. En effet, le développement local préconise un
retour à la petite dimension (donnant un rôle clé aux PME-PMI dans le processus de
développement), et traduit la revendication des spécificités politiques, sociales et culturelles
propre à chaque territoire et la volonté de chercher dans ces spécificités un potentiel de
créativité individuelle et collective et d’intensification de la ressource humaine. Nous
constatons aussi l’accent mis sur les phénomènes de solidarité, de volonté collective et de
mobilisation sociale (nécessaire pour le déclenchement du processus de développement), mais
également le caractère non-reproductible du développement local.
Au final, le développement local peut se voir tel que nous l’avons noté en haut comme un
mode alternatif de développement reposant sur les forces locales (naturelles et humaines). Il
n’est ni un mode, synonyme de tendance conjoncturelle, ni un modèle unique exportable et
labellisé, mais plutôt « un processus de transformation sociale dans lequel interviennent et
s’imbriquent des facteurs économiques, culturels, politique, écologiques, etc. »8, ou encore un
processus où interviennent des facteurs de diverses natures en vue de l’exploitation des
ressources locales.
Le développement local est une stratégie qui repose sur des principes fondamentaux:
7
SEBAHARA Pamphile (2002), « Acteurs et enjeux de décentralisation et du développement local : expériences
d’une commune du Burkina Faso », Document de réflexion ECDPM n° 21, novembre 2000, p. 10.
8
B. PECQUEUR, « le développement local, mode ou modèle », Syros Alternatives, Paris, 1992, p. 18.
8
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Il s’agit d’abord d’un processus social à la base duquel doit se développer une très forte
capacité d’organisation des acteurs locaux leur permettant de valoriser les ressources locales
et/ou importées et de réinvestir sur place le produit de la valorisation. Le
réinvestissement, à partir du pôle émetteur localisé, induit la croissance économique de
l’environnement immédiat par auto corrélation spatiale et le maintien de cette croissance dans
la durée par auto corrélation temporelle.
De la croissance économique découle une croissance démographique par maintien sur place
des populations qui auraient pu alimenter l’exode sans la mise en place de ces nouvelles
formes d’organisation, et par attraction de populations extérieures. Mais il faut ajouter
une réserve : l’augmentation de population n’est pas forcément un signe de croissance
économique, même si cette dernière induit presque toujours la croissance démographique.
9
Voir en particulier, pour approfondir la conceptualisation, le travail d’A. Raynaud, Le concept de classe socio-
spatiale, TIGR, Reims, 1979.
9
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Néanmoins, la dynamique ainsi créée par la capacité des acteurs locaux à investir et à
réinvestir sur place en vue de valoriser les ressources, et l’augmentation des hommes et
des activités qu’elle entraîne, conduisent à une complexification de l’organisation des
activités et des rapports sociaux. Cette complexification comporte en elle-même des
risques de germination de tendances entropiques contradictoires avec le développement local.
En d’autres termes, le développement local ne saurait s’épanouir sans un minimum de
consensus entre les différents partenaires de l’espace socio-économique local, sans une
mobilisation en vue d’objectifs précis et cohérents.
10
Suzanne Savey : France, CIHEAM - Options Méditerranéennes, Espace, Territoire, Développement local,
Cahiers Options Méditerranéennes, vol. 3
11
SAIDI. Meriama, « Gouvernance des territoires et développement local, cas des zones aménagées : Cas de la
zone d’activité TAHARACHT Akbou », université de Bejaia, 2011, p13.
10
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Le processus de spécification se distingue des deux précédents par la capacité qu’il offre
au territoire de se doter d’un mode de coordination entre les acteurs qui démultiplient
les potentiels de combinaison de ressources complémentaires liées à leurs proximité
organisationnelle par le moyen d’une proximité institutionnelle particulièrement forte. Il
s’agit, donc ici, d’une capacité créatrice du tissu qui, en combinant ses ressource et ses
actifs, dispose de moyens de mettre en œuvre des stratégies qui inclinent les trajectoires
hérités du passé.
Ces trois processus peuvent être attribués aux territoires en fonction de leur dynamique.
Une dynamique territoriale est amorcée par le passage d’un mode à un autre selon l’histoire
de chaque territoire. Ce qui rend le rôle du temps important dans la sélection d’un mode
de développement pour le territoire, en une période donnée. Ce qui veut dire qu’il
n’existe pas un mode meilleur que d’autre, mais des passages d’un mode à l’autre, dessinant
11
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Chaque processus possède ses avantages et ses limites. Ce qui fait qu’il n’y a pas un
mode idéal de développement. Le temps joue un rôle important dans la traduction des
dynamiques territoriales de développement.
12
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
acteurs »12. Cette approche rassemble, le district industriel (DI), les systèmes productifs
locaux (SPL), les milieux innovateurs (MI), et les CLUSTERS.
12
MAILLAT (1992), cité par KHERJMIL Boukhalfa, « territoires, mondialisation et redéveloppement », in
Revenue d’Economie Régionale et Urbaine, n° 2 1999, p269.
13
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Cette classification met l’accent sur la multitude des forces qui animent ces
agglomérations (districts). Les relations internes et surtout les relations extra-locales, qui sont
un peu négligées par les chercheurs, sont les forces les plus importantes, et à coté de celles-ci
13
Boukhalfa kHERDJEMIL, « territoires, globalisation et redéveloppement », in Revue Régionale et
Urbaine, n°2, 1999, pp 267-294
14
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
il existe d’autres forces qui ne sont pas de moindre valeur telles que les stratégies des grandes
entreprises et les priorités gouvernementales.
Dans le domaine des hautes technologies, les échanges entre les entreprises et les
laboratoires de recherche ne sont pas locaux uniquement, ils s’étendent pour aboutir plus loin
et satisfaire ainsi tous les besoins (surtout en ce qui concerne le marché de travail), ce qui fait
ressortir les échanges du local. Cela renvoie à la notion du « cœur technologique» qui
est identifié dans la littérature comme une cinquième forme complémente de cette
classification.
15
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Dennis MIALLAT, dans un esprit de synthèse, propose une typologie des milieux en
combinant deux critères qui sont, une logique d’interaction et une logique
d’apprentissage. Ces types se résument en ce qui suit :
Pas de milieu et peu d’interactions. Ici, les processus d’innovation sont rares à cause
de la faiblesse des interactions et des capacités d’apprentissage, ce type de milieu
correspond aux espaces territoriaux où sont implantées les grandes entreprises
représentés par leurs succursales ou unités de production.
Innovation sans milieu. Dans ce cas, le milieu se caractérise par un faible niveau
d’interaction et un degré élevé d’apprentissage qui engendre des innovations
importantes. Les technopoles sont un exemple typique de ce cas.
Une autre notion développée, est les « systèmes territoriaux de production » qui, « …
constituent des espaces de relation entre les technologies, les marchés, les capital
productif, les savoir faire, la culture technique et les représentations» (MAILLAT et
KEBIR, 1999)14. La dimension territoriale des systèmes de production est fonction de la
nature, de l’intensité et de l’organisation des relations d’échanges.
14
D. MAILLAT et L. KEBIR, Learning régions et systèmes territoriaux de production, revue d’économie
régionale et urbaine n°3 1999, p.440.
16
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Dans le cadre de la dynamique spatial, et comme nous l’avons déjà cité, la proximité
géographique ne rend pas compte des relations qui existent entre les agents économiques et
par conséquent elle n’a pas le privilège dans l’explication des structures spatiales. Ce
raisonnement est adopté par plusieurs auteurs (comme : LEBORGNE, LIPIETZ, STORPER
et HARRISSON) et renforcé par la proximité organisationnelle qui considère les interactions
entre les agents le déterminant de la structure spatiale dans le cadre du développement local.
En effet, les adeptes de cette approche s’intéressent aux modes d’organisation et de
spatialisation des entreprises et modes de régulation des rapports intra-entreprises (entre les
travailleurs) et interentreprises (entre celles-ci). Deux concepts clés, très lié, sont issus de
cette approche régulationniste, le réseau et la gouvernance.
C’est les réseaux qui traduisent la régulation des relations entre les entreprises, et c’est
à travers cette démarche que s’instaure la gouvernance.
L’existence d’une telle structure est due aux limites de la rationalité de marché qui
prennent place quand le marché ne peut pas régler les conflits qui peuvent se manifester et
aussi lorsqu’il ne peut pas assurer la coopération entre les agents économiques. Cela fait
l’objet des thèses de R. COASE et O. WILLIAMSON (théorie des coûts de transaction).
17
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
La théorie positive de l’agence, ne doit pas être confondue, comme le souligne JENSEN
(1983), avec la théorie normative de l’agence – le courant principal-agent – qui cherche à
étudier, au moyen de modèles formalisés, le partage optimal du risque en posant des
hypothèses restrictives sur les structures de préférences ou d’information et la nature de
l’incertitude. La démarche s’inscrit dans une autre perspective : il s’agit d’expliquer les
formes des contrats, les caractéristiques réelles des marchés (les marchés financiers, le marché
des dirigeants…), les mécanismes organisationnels, selon le principe d’efficacité, comme
résultant d’un processus de sélection darwinien.
Fondée à l’origine sur la théorie des droits de propriété et sur la notion de relation
d’agence empruntée à l’approche principal-agent, la TPA se veut une « théorie de la
15
Yvon PESQUEUX, « Développement d’un cadre institutionnel adapté à l’intégration du secteur informel au
Benin », mémoire de recherche Olihide, septembre 2009,
18
Chapitre I : approche et théorie du développement local.
Conclusion chapitre I.
En somme, Le développement local n’est pas limité à des contextes économiques, mais
d’autres contextes et dimensions interviennent. Il s’appuie essentiellement sur les ressources
locales, et sur l’idéologie de mobilisation de la population locale autour d’un ou plusieurs
projets communs.
Au final, une démarche de développement local est issue d’une conception systémique et
propose l’association de différentes sphères : politique (institutionnelle), économique, sociale,
et culturelle, avec leur logique, finalités et enjeux.
19
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Le développement local, implique que la qualité des relations qui lient les acteurs dans la
proximité, contribue à produire des marges de manœuvre nouvelle.
Mais, la gouvernance apparait aussi comme un élément et une solution pour assurer un
développement clément.
20
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Tout d’abord, il est intéressant d’apporter quelques éléments sur la façon dont les notions
d’agent et d’acteur sont utilisées, et plus particulièrement sur la différence entre les deux.
Dans la mesure où il s’agit d’une question très large, on se contentera de survoler les
différentes acceptations possibles de ces deux termes.
A cette fin, on reprendra les grands courants théoriques, qui constituent un guide de
présentation des enjeux d’utilisation de ces notions notamment dans les sciences humaines et
sociale.
Premièrement, il y a bien un enjeu dans l’utilisation d’un terme ou de l’autre, mais celui
d’acteur a largement supplanté l’agent qui a été le terme utilisé jusqu’aux années 80. On peut
parler actuellement d’acteur avec assez peu d’a priori théorique alors que celui d’agent signale
une perspective déterministe.
En effet, chaque courant ne reprend pas l’ensemble de ses éléments. Certains sont plutôt
du côté du système et utilisent plus facilement la notion d’agent. D’autres, à l’inverse, écartent
l’analyse systémique et insistent sur l’acteur.
1
BOURDIEU, le sens pratique, Paris, édition de Minuit, 1980
21
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Souvent en décalage avec les travaux de WEBER lui-même, cette conception est souvent
mobilisée pour le travail de terrain dit « qualitatif » (par entretiens, observations), nécessitant
une certaine empathie avec les acteurs interrogés. C’est dans cette tradition que l’attention à
l’autonomie de l’acteur, de ses représentations et de ses comportements, est la plus forte.
C’est dans cette conception qu’on utilise le plus volontiers le terme d’agent, entendu
comme vecteur plus ou moins passif du collectif. D’un point de vue méthodologique, on
l’associe souvent aux méthodes quantitatives et à la production d’indicateurs.
L’agent n’est pas effacé pour autant. L’analyse va porter sur la façon dont le collectif
s’inscrit dans l’individu, dans ses façons de faire et de penser. Il existe toutefois des versions
radicales de cette perspective objectiviste dans lesquelles l’agent disparaît totalement, jusqu’à
ne devenir qu’un signe passif à travers lequel lire la logique du système global.
2
WEBER Max, Economie et Société, Paris, Pocket, 1995
3
DURKHEIM Emile, Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, 1973
22
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Cette approche rend difficile le raisonnement à un niveau global : les collectifs y sont
perçus comme très mouvants, la réalité est faite de situations et de formes plus ou
moins stables. L’interactionnisme symbolique a ainsi contribué à défaire certaines des
grandes catégorisations préexistantes, comme celle de « profession » (au sens anglo-saxon).
Les trois conceptions décrites ci-dessus ne se sont pas succédées mais coexistent, se
croisent et se nourrissent les unes des autres. Il peut être intéressant de voir ce qui peut se
jouer dans le passage d’une approche à une autre. Encore une fois, même si on a en tête un
contexte particulier, on présente la notion de l’acteur ayant une portée générale.
4
Les travaux de Georg Simmel (1858-1918) regorgent de réflexions sur les interactions entre phénomènes naturels
et sociaux, lesquelles caractérisent la question contemporaine de l’environnement, certains auteurs le considère pionnier de
l’approche sociologique de l’environnement.
5
Toutes les deux reposent sur l’idée de restituer la signification du parcours d’un acteur. Elles ne sont pas pour autant
synonymes : la notion de carrière sera plutôt utilisée pour des processus d’insertion, ou de désaffiliation, à des collectifs
(ajustement aux attentes des pairs, etc.), sans que ce soit nécessairement le cas pour celle de trajectoire.
23
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Si on commence par approcher le terme « acteur » par le langage standard, ce mot définit
l’artiste qui incarne un personnage dans une pièce de théâtre, un film ou un spectacle. Les
origines étymologiques de la notion d’acteur viennent du mot latin actor, « celui qui fait
avancer ». Selon une approche sémantique, l’acteur est la personne qui prend une part active
dans une affaire. Dans l’informatique, l’acteur est l‘entité qui participe à la réalisation des
activités du domaine d’étude en étant émetteur ou récepteur de flux d’informations.
Les acteurs n’agissent pas dans un « vacuum ». Leurs actions sont largement
influencées par les institutions. Les institutions sont des systèmes sociaux qui génèrent
des certitudes de comportement et des expectations par des principes reconnus comme
des normes, règles, traditions, valeurs communes ou procédures. Les institutions sont
donc des conditions qui fixent les comportements appropriés des acteurs.
La notion d’acteur s’est imposée mais recouvre, des significations différentes. Les
prolongements actuels ne sont pas révolutionnaires mais permettent d’éclairer les utilisations
possibles de la notion. On peut les repérer dans 3 dimensions distinctes : les
caractéristiques des acteurs, la question de l’action collective et celle des logiques d’action.
24
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Le maître mot est celui de médiation. Les structures, groupes et institutions sont
porteurs d’effets, mais ces effets sont médiatisés par des intermédiaires. Dans cette
perspective, les « acteurs » sont plutôt des « actants », terme désignant les individus
mais également des objets, signes, et autres supports de l’action. Cette inscription de l’action
dans des réseaux mêlant signes, objets et individus renvoie largement à la sociologie de
CALLON et LATOUR6.
Dans les logiques d’action, il s’agit de voir comment les acteurs justifient leurs actions,
choix et comportements, et comment ils les rendent recevables, valables.
Cette « pragmatique sociologique » qui doit beaucoup aux théories linguistiques8 part du
principe que les opérations de dévoilement des motifs réels ne sont pas l’apanage des
sociologues et qu’elles sont pratiquées quotidiennement dans nos « sociétés critiques » où les
acteurs peuvent mettre en œuvre une certaine réflexivité. La réalisation d’accords, la
6
Bruno LATOUR, "Une sociologie sans objet ? Remarques sur l'inter objectivité" Sociologie du Travail, vol. 36 n°4, 1994,
pp587-607.
7
REYNAUD Jean-Daniel, Les règles du jeu, Paris, Armand Colin, 1989.
8
BOLTANSKI Luc, La justification : les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991
25
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Les acteurs s’associent pour agir ensemble. A partir d’une cause initiale appartenant à un
individu ou à un collectif, des acteurs sont mobilisés par une multitude de moyens qui
font référence au pouvoir. Le pouvoir n’appartient pas à ceux qui le possèdent – en potentiel
– mais à ceux qui arrivent à mener à bien le processus d’association9.
D’après ce que nous avons déjà cité, la réussite d’un tel développement local nécessite la
collaboration de tous les opérateurs et les intervenants au niveau local et la mobilisation de
toutes les énergies. Ainsi des groupes d’acteurs peuvent être distingués :
Au niveau public, à savoir les collectivités locales, l’Etat et les services extérieurs des
départements ministériels.
9
Latour, B. (1986). The powers of association. In J. Law (Ed.), Power, action, and belief : a new sociology of knowledge.
Sociological review monograph; no.32 (p. 264-280). London; Boston: Routledge et Kegan Paul.
10
Arocena « Développement par l’intive locale » P. 214
11
Arocena « L’acteur dans le système d’action locale » P.105
26
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Les collectivités locales, sont, les communes, les provinces et les préfectures et régions12.
Elles agissent par l’intermédiaire des assemblées provinciales, préfectorales, communales et
régionales. Elles sont considérées par tous les analystes comme le levier puissant de
développement local. Pour l’Etat, il s’agit des organes centraux des pouvoirs publics
notamment le gouvernement. A noter que l’Etat, acteur du développement local, dans le
contexte actuel marqué par la mondialisation, est appelé à assumer le rôle de maillon
intermédiaire entre le niveau supranational, par l’intégration dans un bloc solide capable
d’affronter la rude concurrence gênée par ce nouveau contexte, et le niveau infranational à
travers la promotion du développement local et l’adaptation des conditions locales aux
exigences de la globalisation. pour se qui est des services extérieurs des départements
ministériels, ils sont des organes déconcentrés des gouvernements appelés à concerter avec
les collectivités locales et servir de relais du gouvernement au niveau local.
Au niveau privé, cela concernent les entreprises, le secteur bancaire, les organismes
professionnels, les associations culturelles etc.. À ce niveau, les PME (petites et moyennes
Entreprises) représentent la pierre angulaire en égard à leur poids dans le tissu productif, à
leurs atouts et aux potentialités qu’elles offrent pour le développement local.
Les autres acteurs, qui sont notamment, les ONG internationales, les organisations
multilatérales (agences des nations unies, banque mondiale),
L’intérêt croissant pour les initiatives locales et le développement durable s’associe à des
changements fondamentaux et à plusieurs mégatendances13. Leurs effets ont des
conséquences à toutes les échelles. Face à ces changements, les localités ont souvent reçu le
statut de pion. Les individus et les collectivités réagissent en les suivant ou en s’y adaptant,
12
L’art 93 de la constitution révisée de 1996.
13
Naisbitt, J. (1982). Megatrends : ten new directions transforming our lives. New York: Warner Books.
27
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
mais ils peuvent aussi les initier 14. Ces initiatives se greffent potentiellement au
système mondial en contribuant à sa transformation et à l’émergence de nouvelles tendances.
Les phénomènes macros ne sont pas totalement différents de ceux que l’on retrouve à
l’échelle micro; les localités constituant un point de juxtaposition, d’articulation et
d’intersection de réseaux de relations sociales de tous niveaux.
Les liens entre l’échelle locale et les autres échelles varient d’une sphère d’intervention à
l’autre, les acteurs d’une localité ont la possibilité de resserrer ces liens. Ainsi, ils jouent un
rôle important dans la transformation et la construction de leur localité en exportant
leurs réussites, mais avant tout, ils innovent en utilisant des moyens et en employant des
méthodes qui leur sont propres afin de formuler et de chercher à atteindre leurs objectifs15.
Ils ont potentiellement la capacité et l’intérêt de mettre en lumière des objectifs qui sont
propres à leur collectivité, de mobiliser les ressources locales afin d’atteindre ces objectifs et
d’élaborer des stratégies compatibles avec ceux-ci16.
Les acteurs locaux sont les éléments dynamiques d’une démarche ‘ascendante’ en
développement territorial, c'est-à-dire de la mise en valeur des forces particulières et distinctes
à une localité afin d’assurer l’essor du potentiel des acteurs qu’elle regroupe – individus,
entreprises, communautés, organisations – et de ses avoirs culturels et naturels.
15
Allie, L., et Bryant, C. R. (2001). Network as a Tool in the Construction of Sustainability. In K. Kim, I. Bowler et C. R.
Bryant (Eds.), Developing Sustainable Rural Systems (Conference Proceedings of the IGU Commission on the Sustainability
of Rural Systems) (p. 11-19). Pusan, Korée: Pusan National University Press.
16
Bryant, C. R., et Preston, R. E. (1987). Un schéma pour les initiatives locales en développement économique. Bulletin de
développement économique, 1, 16.
28
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
participation des acteurs locaux, dans les différentes sphères du développement, permet
de dépasser une situation de dépendance ou de marginalisation. Les intentions sont
multiples : établir des structures informelles ou des procédures, séparées ou
additionnées à celles du gouvernement local, régional ou national.
L'ensemble des acteurs locaux participe, chacun à sa manière, à la mise en œuvre d’une
politique économique locale. Il se trouve « placé » et intégré au sein d'une partition
d'ensemble qui se compose, autour du ou des porteurs de projet, des acteurs suivants:
1. Le domaine économique avec les entreprises, et les chambres de commerce. Les atouts
des entreprises présentes sont l'alliance dans la concurrence, les services, la demande de
sous-traitance;
2. Les services centraux puis les services déconcentrés de l'Etat avec les Ministères,
l'aménagement du territoire, les wilayas, les secrétaires et directeurs généraux de
leurs services. Ils ont pour mission de prescrire des formations.
3. Les personnels qualifiés: tels que les experts, universitaires et chercheurs. Leurs
atouts sont l'information, la valorisation des connaissances et la communication;
4. Les associations, à savoir les clubs et/ou réseaux professionnels, comme contrepoids
des lourdeurs institutionnelles. Leur atout est de savoir gérer et accompagner
l'insertion;
5. Les structures territoriales, qui sont, les élus, les mairies, et les agences de
développement, comme source de dynamisme, qui se substituent au modèle
centralisateur car plus aptes à répondre aux effets d'une crise économique et
sociale que l'Etat ne peut pas juguler17. Ils ont le plus souvent la maîtrise du
foncier et des finances.
17
P. Coulmin, La décentralisation, la dynamique du développement local, Ed. Syros, Adele Aubenas, 1986.
29
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
L'idée sous-tendue, est qu'il est plus important de mobiliser de manière endogène
les compétences et les volontés d'un territoire plutôt que d'attirer à tout prix des
investisseurs extérieurs18.
18
Article du Monde, 30 avril 1997, La création d'entreprise est-elle de gauche ou de droite? Par Jean-Pierre Worms et Michel
Pinton
19
La traduction signifié: «le déplacement, la dérive, l'intervention, la médiation, création d'un nouveau lien qui n'existait pas
avant et modifie en partie les deux agents», Latour, B, We have never been modern. New York: Harvester Wheatsheaf, 1993.
30
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Toute volonté d’action commune sur un territoire doit être sous-tendue par une vision de
la complexité de ce territoire et par une prise en compte stratégique 20 dans le même espace
temps:
Il s’agit donc, selon Avenier (1997), de la stratégie du « chemin faisant »21, ou encore,
selon l'expression de Christophe MIDLER (1984), d'une ingénierie concourante22, qui met
l’accent sur l’importance des relations récursives entre projets et actions.
20
A. Martinet, Management stratégique, Mac Grow Hill, « Le noyau composite d'acteurs stratégiques », Paris, 1984.
21
M.G. AVENIER, Coordinateur. La stratégie du chemin faisant, Paris, Economica, 1997.
22
C. Midler. L'auto qui n'existait pas. Management des projets de transformations de l'entreprise, interéditions, Paris, 1993.
23
Paul Bachelard, Les acteurs du développement local, L'Harmattan, 1993.
31
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
La notion de réseau a subi un regain d’intérêt suscité par la volonté de mettre en évidence
une certaine évolution des pratiques d’action collective. Il est donc utile de définir la notion
de réseau telle qu’on entend l’utiliser pour éviter les contre-sens ou les approximations. Au
sens traditionnel, un réseau est un regroupement d’acteurs ayant des propriétés en commun.
Progressivement se sont ainsi formés des associations mêlant des acteurs humains, des
ressources naturelles et des experts, cherchant à mettre en évidence les impasses d’un mode
de développement social. A la différence des réseaux au sens traditionnel du terme,
ces collectifs assemblaient des acteurs hétérogènes et des ressources naturelles dans un
processus d’action visant à faire valoir de nouvelles connaissances sur les nuisances de
certains choix de développements social25. Il devenait impossible de décrire cette forme
d’association en recourant à des propriétés communes des acteurs. Au contraire, une
richesse de ce mode d’action semblait être sa capacité à combiner une pluralité d’intérêts et
de points de vue différents26.
C’est en référence à ce type d’association que s’est construite une nouvelle notion de
réseau (l’action en réseau). Celle-ci est basée sur la prolifération des connexions entre acteurs
24
Hubert Coudrieux, 1988, La science des systèmes et des exploitations agricoles, Ed. Universitaires, UNMFREO, 1990.
25
Cf. B. LATOUR, Politiques de la nature, La Découverte, Paris, 1999.
26
« (…) ne plus tenir compte des propriétés des éléments entre lesquelles une relation s’établit, c’est-à-dire des personnes,
dont la qualité, par exemple, de femme, de noir, de jeune, d’ouvrier, etc., n’est plus traitée comme pertinente, mais seulement
des propriétés relationnelles c’est-à-dire du nombre, de la fréquence et de la direction des connexions » (L.
BOLTANSKI et E. CHIAPELLO, Le nouvel esprit du capitalisme, Gallimard, Paris, 1999, p. 225).
32
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
et ressources d’action différentes. Il en découle une notion d’action en réseau qui se distingue
de la simple action coordonnée avec une stratégie homogène.
L’action en réseau se caractérise par la multiplication des formes d’action et par leur
concentration sur un enjeu ponctuel. On dira que l’action en réseau joue à la fois sur la
fréquence et sur l’intensité.
Le réseau est donc un mode d’organisation de l’action collective qui permet d’élargir la
bande de fréquence et d’intensifier l’action27.
La mise en réseau des acteurs économiques à une échelle locale est génératrice
d'externalités positives. Plusieurs formes d'organisations peuvent alors naître de cette mise en
réseau, et présentent des avantages en termes de coordination dus simultanément à l'existence
de liens socio-économiques et de la mise en œuvre d'actions concertées favorables à un
développement local.
Nous présentons dans ce qui suit le rôle des réseaux, puis nous identifions les types de
réseaux.
Une autre constatation est que beaucoup de réseaux regroupent à des fins corporatives des
institutions disposant d’une vaste palette d’expérience, créant ainsi un ensemble d’entités très
hétérogènes. Plusieurs des projets analysés montrent un travail sous forme de petits
réseaux constitués de plusieurs institutions organisées en un genre de consortium pour
la prestation de services.
27
Marc MAESSCHALCK (UCL, FUSL), « L’action en réseau », Monceau-sur-Sambre, Maison pour les Associations,
décembre 2001.
33
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Quelquefois les réseaux se limitent à une sorte de groupes corporatifs organisés pour
avoir davantage de possibilités de financement, en plus des opportunités qui existent en
dehors du réseau. Cela conduit à un repositionnement des objectifs actuels de
nombreux réseaux, tendant à renforcer le rôle de services de communication, de
formation et de qualification, non seulement pour leurs propres membres, mais également
pour les agents qui sont à l’extérieur des réseaux.
Le dit rôle se met en place sur la base d’un apprentissage interne au réseau. Les réseaux
peuvent ainsi constituer les mécanismes de globalisation des apprentissages.
Des études en Amérique latine28, mettent en évidence une grande diversité de réseaux en
référence à des critères comme :
28
Réseaux Internationaux de Développement Local en Amérique Latine” (Enrique Gallicchio, Ioanna Grotiuz y Matilde
Suárez) 2002.
29
Conférence sur le développement local et la décentralisation” organisée par le “Centro de Estudiosdel Desarrollo Local y
Régional (CEDER), Lima, Juin 2002.
34
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
mission sur des aspects comme les thèmes généraux suivants et sur des thèmes
plus spécifiques :
La perspective d’une organisation en réseau des acteurs économiques locaux naît d’une
double exigence :
En ce qui concerne l’objet des relations en réseau, nous nous appuyons sur les notions de
logiques de production et de logique d’interaction qu’O. CREVOISIER et D. MAILLAT
développent dans leurs travaux sur les formes d’organisation de la production. Appliqués aux
réseaux économiques locaux, ces deux axes nous facilitent l’identification des dynamiques
animant les relations tissées dans les réseaux locaux.
35
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
La logique d’interaction met en avant les capacités d’animation des acteurs. Celles-ci
représentent un besoin de réduire l’incertitude et le risque que des rapports inter firmes moins
articulées pourraient dans le temps faire courir aux acteurs économiques. Cette mobilisation
des acteurs permet également d’être immergé dans un contexte relationnel permettant
d’opérer des choix économiques alternatifs et de limiter les coûts de transaction grâce aux
habitudes relationnelles.
En somme, si l’on retient les capacités d’apprentissage et d’animation de ces deux acteurs
économiques locaux, trois types de réseaux se dégagent.
36
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Nous nous appuierons essentiellement sur les travaux du troisième congrès sur «New
growth and territories» dans la présentation de la typologie des réseaux31.
Le réseau producteur est celui qui lie les entreprises ayant pour objectif principal de
conforter leur capacité de production. Celui-ci favorise le développement des capacités
d’apprentissages collectifs. Dans ce réseau, on peut alors partager les mêmes expériences, les
mêmes règles et la même culture technique. La poursuite des échanges entre ces entreprises
conduira à terme au renforcement les relations articulées et l’accumulation de savoirs faire
collectifs. Plus ce réseau est organisé en étoile, plus on observera une redéfinition des
savoirs et des savoirs faire de ses composantes. A l’opposé, plus le réseau correspond à une
intégration résiliaire, plus les acteurs profitent du réseau pour vendre ou acheter des
savoirs faire construits dans leur propre sphère productive avec des relations
ponctuelles qui peuvent s’arrêter rapidement quand un des membres du réseau ne trouve plus
une réponse à son objectif de production.
31
Laurence BARNECHE-MIQUEU & Nathalie LAHAYE, in The third Congress on Proximity -"New growth and
Territories", University of Paris South & Institut National de la Recherche Agronomique, 13 and 14 December 2001.
37
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Ainsi, le bilan de l’action sera plus directement valorisé dans les sphères des différentes
composantes du réseau –collectivités territoriales élues, entreprises et structures de formation
et de recherche par exemple – parce que mieux identifié concrètement : nouveaux
produits, nouvelles techniques, nouveaux marchés, nouvelles implantations etc.
La notion de gouvernance ne possède pas une seule définition précise. Elle revoie à
plusieurs significations différentes et parfois antinomiques. Elle est introduite en 1937 par
Ronald Coase à travers la théorie des coûts de transaction. Dans cette dernière, COASE
explique que la firme émerge grâce à ses modes de coordination interne qui lui
permettent de réduire les coûts de transaction généré par le marché ; celle-ci
(l’entreprise) s'avère plus efficace que le marché dans l’organisation de certains
échanges. Ce qui fut l’un des principes de base sur lequel repose le développement
local. Puis, dans les années 1970, Olivier Williamson reprend le terme de «
38
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Par ailleurs, le concept de gouvernance est entré dans le domaine des relations
internationales par l’usage de l’expression de « bonne gouvernance » pour désigner les
particularités de la bonne administration publique dans les pays. Et c’est à travers cette
notion que les organismes de prêt internationaux (FMI et BM) prônent des réformes
institutionnelles nécessaires à la réussite de leurs programmes économiques.
32
en 1979, le gouvernement anglais, a mis en place une série de réformes visant à limiter le pouvoir des autorités
locales (jugées inefficaces et coûteuses), et renforcer la centralisation et la privatisation de certains services publics.
39
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
coordonner une action collective (Paquet, 1999 : 23-24) dans laquelle « l’ordre
organisationnel est davantage négocié entre les acteurs du système » (Thuot, 1998). Ce terme
connote des capacités exercées par les multiples acteurs et traduirait la « multiplicité de lieux
de décision » (Andrew, 2000 : 76)33.
La banque mondiale voit dans la gouvernance « la manière par laquelle le pouvoir est
exercé dans la gestion des ressources économiques et sociales d’un pays au service du
développement » et considère que l’existence d’un Etat de droit et de la démocratie,
l’exigence de la transparence et de la responsabilité dans les divers aspects de la vie publique
et privée, la gestion participative et l’existence d’un système décentralisé de la prise de
décision, la gestion efficace des ressources publiques, la disponibilité d’un cadre
macroéconomique sain, incitateur et favorable à la libre entreprise et à l’économie de marché
et la lutte contre la corruption, sont des conditions nécessaires à la bonne gouvernance.
Cette définition de la banque mondiale est axée principalement sur le fonctionnement des
pouvoirs publics, surtout sur la façon d’exercer le pouvoir qui doit se référer à
certains principes tels que la démocratie, la transparence, et la participation des acteurs
33
www.a21l.qc.ca/web/document/ayeva_gouvernance.pdf
34
Jean-Pierre Gaudin, « Pourquoi la gouvernance ? », Presses de la FNSP, coll. La bibliothèque du citoyen, Paris, 2002,
p43.
40
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
privés à la prise des décisions, à la gestion des ressources et au développement. Entre autres,
la banque mondiale reprend certains aspects figurant auparavant dans le consensus de
Washington qui consiste à la fondation d’un cadre macroéconomique sain, stimulateur et
propice à la libre entreprise et à l’économie de marché.
Une autre définition proche de celle présentée par la banque mondiale est celle
proposée par le comité de développement de l’OCDE (l’Organisation pour la Coopération, et
le développement Economique) qui considère la gouvernance comme « l’utilisation de
l’autorité politique et l’exercice du contrôle en rapport avec la gestion des ressources
d’une société en vue du développement économique et social »35.
35
beira-cfp.org/PAGE-ARTICULATIONgouv.11.html
36
www.institut-gouvernance.org/fr/.../fiche-synthese-15.html
37
http://www.worldbank.org/wbi/governance/pubs/govmatter.html
41
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
État de droit - mesure la qualité de la mise en application des contrats, la police et les
tribunaux, y compris l'indépendance du judiciaire, et l'incidence de la criminalité
Maîtrise de la corruption - mesure l'abus des pouvoirs publics à des fins lucratives, y
compris la grande et la petite corruption (et le détournement des biens de l'Etat par les
élites).
La construction de ces indicateurs, articulée sur une méthodologie de pointe, utilise des
centaines de variables qui mesurent les différents aspects de la gouvernance. Ces variables
proviennent de plusieurs sources de données distinctes appartenant à différentes institutions
dans le monde entier. Un des premiers constats est qu'une amélioration dans un Chapitre II
Gouvernance : du global au local pays comme, par exemple, un écart type dans la qualité de
l'état de droit (ou toute autre composante de la gouvernance, comme " être à l'écoute et rendre
compte ", ou encore " la maîtrise de la corruption ") peut, en moyenne, entraîner à long terme
une augmentation de 300 pour-cent du revenu par habitant
Il s’agit de toutes les parties qui s’engagent dans un partenariat, fixant l’objectif de
construire, administrer et améliorer les conditions de vie des populations et la réalisation d’un
objectif commun. Ces acteurs peuvent se résumé en trois principales catégories telles que :
l’Etat et ses institutions, le secteur privé et enfin la société civile.
La réussite des projets de développement dépond largement du rôle de l’Etat qui permet à
travers ses institutions et l’exercice de ses pouvoirs (législatif, judiciaire et exécutif) de
concevoir un environnement politique légal et un climat favorable au développement humain,
tout en préservant les intérêts individuels et collectifs.
A travers ces différentes institutions et l’exercice de ses trois pouvoirs : législatif,
judiciaire et exécutif ; le rôle de l’Etat se révèle d’une très grande importance pour la réussite
de tout projet de développement. L’Etat est le seul acteur qui est capable et qui permet de
créer un environnement politique légal ainsi qu’un climat favorable au développement
humain, en préservant les intérêts pour le bien public.
Le secteur privé réuni toutes les entreprises, quelles que soient leurs tailles, qui exercent
des activités économiques et qui ne sont pas étatiques. Sa contribution au développement
42
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
La société civile est représentée par l’ensemble des individus occupant un espace
territorial donné. Elle est constituée de personnes agissant individuellement ou en groupe
structuré dans des organisations non gouvernementales (des organisations professionnelles,
des associations religieuses féminines, culturelles, communautaire, etc.). Les citoyens doivent
être mobilisés pour participer aux différentes activités (économiques, sociales et politiques) et
défendre les intérêts de leur territoire.
38
A.L.NAIT CHABANE, «gouvernance territoriale et stratégies des acteurs : cas de la wilaya de Bejaia », université
de Bejaia, 2010
43
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
publique. Elle présume aussi la gestion des effets de la répartition du pouvoir entre les
propriétaires, d’une part et les gestionnaires d’autre part.
C’est dans ce contexte qu’une vision territoriale de la gouvernance est adoptée par les
auteurs qui projettent le territoire dans le cœur de la recherche. Pour eux la bonne
gouvernance permet de lutter contre les méfaits du marché, plutôt que de faire son jeu.
La gouvernance permet d’assurer la cohésion d’un territoire. Le constat est qu’il existe ce
que les chercheurs appellent « une crise de la gouvernabilité ». La gouvernance permettrait
alors d'assurer la cohésion d'un territoire. Ce qui nous mène à l’appréhension de celle-ci.
39
Bernard Pecqueur, Jean-Benoît Zimmermann, « Economie de proximité », édition Lavoisier, Paris, 2004
44
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Une des caractéristiques de la gouvernance territoriale est donc de faire appel à une
pluralité d’acteurs (les “parties prenantes”), la plus large possible jusqu’aux citoyens de base.
Les clivages entre acteurs privés et acteurs publics ainsi qu’entre société civile et Etat, les
frontières entre les intérêts privés, particuliers ou visant un bien commun et les intérêts
publics ou généraux sont brouillés. Ce changement d’importance suppose que tous les acteurs,
porteurs de logiques spécifiques, délibèrent et décident ensemble des affaires de la cité locale.
La logique de connexion entre acteurs est prépondérante, la figure d’un Etat social de
régulation et de distribution s’estompe (pour une fonction d’arbitre) au profit d’instances
“partenariales” regroupant une multiplicité d’acteurs (Strorker, 1998).
Une autre caractéristique est celle de la continuité de l’action ; la gouvernance n’est pas
un processus temporaire dédié à tel ou tel problème en parallèle de l’exercice normal des
40
Jean François NGOK EVINA, Gouvernance territoriale : enjeux et paradoxes site : http://www.ville-
management.org/forum/files/40_ngok_evina_109.pdf
45
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
41
http://www.u-picardie.fr/TOUS/Documentation/Supports%20de%20cours/EUT/04_11_04/Proximite.pdf
46
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
42
Bernard Pecqueur, Jean-Benoît Zimmermann, « Economie de proximité », édition Lavoisier, Paris, 2004, p.196-197
47
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Les principaux enjeux de la gouvernance des territoires se résument dans les éléments suivant,
que nous allons présenter.
Dans son analyse des villes européennes, Georges Cavallier, affirme que «la capacité et
la coresponsabilité de projet, la possibilité d'établir un cadre collectif d'action solidaire, de
réflexion stratégique reliant les principaux acteurs autour du niveau de décision politique.
A chaque niveau, le partenariat doit pouvoir se concrétiser autour d'une stratégie
commune, d'un cadre collectif d'intervention donnant du sens à l'action urbaine, d'un projet
suffisamment mobilisateur pour motiver toutes les parties concernées »43. En effet, la
réalisation d’un projet génère une identité collective et soutient l’existence du territoire qui ne
sera pas un espace pur de concurrence économique, désormais la gouvernance reposera sur la
construction persistante de projets concertés.
Ainsi, il important de soulever la question de l’échelle pertinente d'élaboration de projets.
Beaucoup d’auteurs soulignent l’importance de renoncer à l’identification d’un territoire
pertinent. Pour eux, il n'existe pas d'échelle territoriale optimale pour favoriser le
développement ou promouvoir l'innovation. Les espaces à considérer sont à structure variable
selon les problèmes à résoudre. Ce qui veut dire que ceux sont plus les liens qui se tissent
entre acteurs qui fondent un territoire.
La gouvernance territoriale implique l'établissement de nouveaux partenariats, sur un
plan horizontal comme sur un plan vertical, et une détermination des règles et des principes de
l'action au sein des territoires.
43
CAVALLIER Georges, Gouvernement des villes et gouvernance urbaine, in Défis pour la gouvernance urbaine dans
l'Union européenne, pp. 39
48
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
citoyenneté de proximité. Elle devrait reposer sur une participation incontestable du citoyen à
toutes les étapes de la réalisation d'un projet ou à certaines d'entre elles21. Il s'agit d'aller au-
delà de la simple information et consultation de la population et de parvenir à établir une
véritable relation de partenariat avec les habitants afin de rapprocher la décision du citoyen.
Les acteurs privés (les banques et les entreprises, par exemple) sont devenus des acteurs
inéluctables des politiques de développement local par leurs affluences sous des formes
diverses. Les succès en la matière ont été de plus en plus palpables notamment dans les
tentatives d’aménagement urbain. Aujourd’hui, l’objectif est de parvenir à rapprocher la
logique des élus d’une part et celle des chefs d’entreprises d’autre part, qui ne partagent les
mêmes intérêts, ni les mêmes horizons temporels, et par conséquent leurs mécanismes
d’action sont différents. A cela se joint la rareté des disponibilités financières. Patrick Le
Galès (1997), considère qu’ « au-delà des entreprises « parasites » et des individus qui
cherchent à tirer profit des biens collectifs produits, il existe des acteurs privés et/ou groupes
d'intérêts professionnels susceptibles de contribuer à la gouvernance urbaine et d'orienter (du
moins partiellement) leurs stratégies de manière à participer à la production de certains biens
collectifs »44. Donc, La gouvernance propose la création de nouvelles formes de partenariat.
Le public et le privé sont obligés de s'entendre sur des projets collectifs déclenchant des
dynamiques locales sans que la logique de marché ne prenne le dessus sur l'intérêt général et
sans confondre les rôles entre eux.
Les relations entre communes se caractérisent à la fois par un élargissement des systèmes
de coopération et d'échanges et par l’accentuation de la concurrence. La diminution globale
des ressources pousse les communes à mobiliser toutes leurs capacités pour attirer des
investissements publics et privés et une population qualifiée, sur leurs territoires.
Cette logique concurrentielle, fait naître un gouvernement «entrepreneurial » et incite la
mise en œuvre de stratégies « entrepreneuriales ». Plusieurs éléments illustrent cette réalité, à
savoir, le lancement de grands projets, le développement d'opération de marketing des
territoires, la recherche de l'amélioration de l'environnement des entreprises et par conséquent
la réalisation de technopole.
Cependant, ces opérations se font généralement au détriment des investissements
rentables sur le long terme (comme les équipements de base, l'éducation ou la formation).
44
LE GALES Patrick, Quels intérêts privés dans les villes européennes, in Villes en Europe, Ed. La découverte, 1997,
pp. 234
49
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Pour faire face à cette tendance et en vu de relancer la coopération entre collectivités locales
et de garantir l’équité entre les communes, de nouvelles mesures devront être engagées.
Aujourd’hui, la question la plus compliquée et importante est celle de constituer une
former institutionnelle spécifique de gouvernement local qui concerne le niveau supra
communal.
Pour Christian Lefèvre (1998)45, deux conditions doivent être réunies pour que des
gouvernements locaux trouvent leur place dans le système institutionnel : d'une part, il faut
passer d'une institution imposée à une institution négociée, c'est-à-dire, explique-t-il, à une
institution considérée non plus comme un cadre figé de gouvernement mais comme un
construit social, produit de l'ensemble des acteurs impliqués sur un territoire donné. Le
gouvernement doit donc être basé sur une identité locale, ce qui le rend apte à être légitime.
D'autre part, il convient de maintenir les autres niveaux territoriaux d'appartenance, en
particulier de maintenir l'institution communale.
Plusieurs problèmes s’opposent à la réalisation de la coopération intercommunale24 au
sein des agglomérations. Ces derniers sont reliés principalement à la question des échelles
pertinentes de gestion. Malgré ces problèmes, la progression dans cette voie est nécessaire
pour évité l’accentuation des fractures et des écarts entre territoires et le gaspillage des
ressources rares (financières, humaines, naturelles, ...).
Généralement, sur un même territoire, des décideurs publics situés à différents niveaux
institutionnels interviennent. Les relations entre toutes ces autorités sont essentiellement
basées sur le partage des responsabilités et la répartition des compétences.
L’objectif visé aujourd'hui, est de parvenir à un rapprochement entre les priorités
nationales et les initiatives locales et à articuler les politiques menées à différents échelons
territoriaux. En fait, En effet, la répartition des compétences entre les différents niveaux a une
portée limitée par rapport aux différentes préoccupations territoriales. Il est donc nécessaire de
concevoir les moyens et les procédures qui vont permettre de garantir cette articulation entre
les différents niveaux.
Les défis à relever encouragent au développement et à la mise en pratique de nouveaux
modes d'intervention même au sein des institutions. Cela ne veut pas dire, forcement, qu’on
doit abandonner les modes classiques du contrôle politique ; il s’agit d'intégrer de nouvelles
procédures, de développer de nouveaux savoir-faire, de mieux organiser les services en vue de
45
LEFEVRE Christian, Gouvernance, institutions et territoires : les gouvernements métropolitains dans les pays
occidentaux, in La ville éclatée, Ed.de l'Aube, 1998, pp. 277
50
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
rendre plus efficace la gestion et d’aider les institutions (à tout les niveaux) à mieux remplir
leurs missions sans confusion.
En fin, cette notion de gouvernance et en particulier ouvre un vaste champ de recherche
qui est loin d'être exploré totalement vue son étendue.
Dans ce chapitre, nous avons pu faire une présentation des deux concepts d’acteurs
locaux et de gouvernance local, ainsi que la relation de chacun deux avec le développement
local.
Dans une première section celle des acteurs locaux, on a procéder tout d’abord à
l’explication du terme d’acteur, qui est définit comme l’unité d’action, individuelle ou
collective. La notion implique ainsi l’orientation de l’individu ou du collectif, donc leurs
motifs, objectifs, convictions et intérêts.
Et aussi à l’explication des différents rôles et modalité que prennes les acteurs pour agir
sur le territoire, en résumé les acteurs du territoire avec leur différence sphères ont plus
d’intérêt à se constituer en réseaux, en étendant les logiques de production et d’interaction et
cela permettra d’amorcer une dynamique économique locale et durable.
51
Chapitre II : acteurs locaux et gouvernance territoriale.
Elle vise, notamment ; l’adaptation des modes et formes des gouvernements locaux à la
gouvernance des territoires ; faire participer tous les acteurs jusqu’au citoyen de base à la
prise de décision; l’amélioration du partenariat public/privé.
52
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Introduction.
Nous avons présenté tous les concepts de bases qui occupent une place primordiale dans
notre sujet de recherche et qui sont le développement local, les acteurs locaux et la
gouvernance territoriale. Nous allons ensuite affronter les différentes prospections à la réalité
du terrain afin d’obtenir les éléments de réponses pour vérifier notre problématique.
Par ailleurs, nous commencerons par présenter le terrain d’étude qui concerne la daïra de
Tazmalt, ainsi que l’enquête de terrain (objectif du questionnaire d’enquête et sa structure,
échantillon visé et final et la mise en valeur des méthodes d’enquête). Nous avons fait appel à
certains acteurs afin de nous fournir les informations nécessaires concernant notre terrain
d’étude. Ces données proviennent essentiellement de la DPSB de la Wilaya de Bejaia, les
services d’urbanisation des trois communes de la daïra de Tazmalt et la daïra de Tazmalt.
Enfin, nous allons traiter, analyser globalement les informations obtenues lors de
l’enquête et faire une synthèse des différentes réponses données par les acteurs de la daïra de
Tazmalt.
53
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Dans cette section on va faire une présentation du terrain d’investigation qui est la daïra
de Tazmalt, ainsi que l’enquête menée auprès des acteurs qui se trouve dans la daïra de
Tazmalt.
La Daïra de Tazmalt est située dans la vallée de la Soummam, sur les flancs de la chaine
de montagne du Djurdjura. Elle est composée de trois (3) communes : Tazmalt (chef lieux de
la Daïra), Beni Melikech et Boudjellil. Elle s’étale sur une superficie de 176,65 km2.
Elle dispose d’un réseau routier constitué principalement de la route national N° 26 qui la
relie avec l’espace wilayal, régional et national (relie le Nord et l’Est de l’Algérie). Elle a
d’autres accès routiers qui la relient avec d’autres daïras et communes et Wilayas. La voie
ferrée (Bejaia-Alger) traverse les deux communes de Tazmalt et Boudjellil.
54
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
9%
55
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
56
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Le taux de scolarisation dans la Daïra de Tazmalt est résumé dans le tableau n°6.
Le manque d’une zone industrielle, et le manque d’entreprises fait que l’offre d’emplois
au niveau de la Daïra Tazmalt est très faible. La demande d’emplois enregistrés en 2012 est
de 5237 demandes réparties comme suit : 1397 pour les femmes et 3840 pour les hommes.
57
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
A signaler qu’une seule des 3 polycliniques est dotée d’une maternité, et qu’un hôpital est
en construction au niveau de la commune de Tazmalt.
Concernant le secteur de la jeunesse et des sports, la daïra est dotée d’un nombre
acceptable d’infrastructures comme le montre le tableau n°8.
58
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
1.5. Agriculture :
La répartition des SAU et des superficies agricole est donnée dans le tableau suivant :
9%
SAU
pacages et parcours
27%
59
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Selon les services d’urbanisme des trois (3) communes de la daïra de tazmalt, ces
communes disposent presque toutes des infrastructures de base :
60
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
9. Après une année et après être assuré que toutes remarques et réserves ont été levées, la
déclaration définitive d’achèvement est établis par une fiche de clôture (travaux
achevés).
Les différents PCD des trois communes de la daïra de Tazmalt se répartissent comme le
montre le tableau suivant
61
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Tableau n° 11: exemple de proposition pour les Budgets de Wilaya dans la daïra de
Tazmalt
62
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Pour les constructions scolaires, les nouvelles créations sont basées sur la carte scolaire,
au niveau du ministère de l’éducation. Un suivi démographique est effectué par la direction de
la réglementation et des affaires générales, le comité exécutif de la wilaya et la direction
d’éducation. A chaque fois qu’un flux (évolution de la population) démographique est
constaté à moyen et long terme, une inscription intervient auprès du ministère de l’éducation.
Le choix de terrain est effectué par la commune pour la construction d’une école primaire. La
décision du financement et du transfert des fonds nécessaires est notifiée à la commune
concernée. Cette situation concerne uniquement les écoles primaires.
En ce qui concerne les CEM et les lycées, l’ordonnateur est la Direction d’Urbanisation
et de construction de Bejaia.
63
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Le Font commun des collectivités locales (Le FCCL), est un fond qui est financé par les
collectivités locales, chaque année par un taux déterminé pour chaque collectivité locale qui
doit être soustrait lors de l’établissement du budget annuel de chaque collectivité locale. Le
cheminement suivi est :
64
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Dans ce qui suit, nous allons présenter l’enquête de terrain que nous avons menée auprès
d’un ensemble d’acteurs de la daïra de Tazmalt ;
Notre enquête de terrain constitue le noyau principal de notre travail, et elle nous permet
de vérifier nos hypothèses et d’apporter une réponse à notre problématique.
Les différents points ciblés durant notre enquête nous permettent de dégager un certain
nombre de données qui nous aideront dans la détermination du rôle des acteurs locaux dans le
développement local et leur rôle aussi dans la gestion de leur localité.
Dans le but d’explorer le mieux le terrain d’étude, nous avons mis en place un
questionnaire qui nous permettra de mener à bien notre investigation dans la daïra de Tazmalt.
Notre questionnaire est composé de quatre (4) fiches (voir annexes).
65
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
La structure du questionnaire.
Oui Non
Les questions fermées à choix multiples. Dans ce cas, les réponses sont établies à
l’avance et le répondant n’a qu’a choisir une ou plusieurs. Ce type de question facilite
le recueil et le dépouillement de l’information et évite de suggérer des réponses
possibles aux enquêtés qu’ils n’ont peut être pas envisagées. Par exemple,
Electrification et Gaz………………………………………………………..
Ouverture et revêtement des routes et chemins communaux…………….. …
Le financement d’entreprises artisanales……………………………………
Le financement des projets par le micro crédit……………………………….
Autres (précisé) :
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………….
66
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Des questions ouvertes qui donnent la liberté d’expression à l’enquêté dans des
questions qui nécessitent généralement une réflexion personnelle et à lesquelles on ne
peut envisager une réponse préalable.
L’échantillonnage est un moyen qui permet de cibler une partie plus large de la
population dans le but de tirer des conclusions qui permettent par la suite de vérifier le sujet
ou l’objet de l’investigation. Il s’agit là de faire connaître les résultats relatifs au sujet de
recherche. Il est nécessaire alors de déterminer l’échantillon à étudier.
Pour déterminer notre échantillon final, nous avons visé un ensemble d’acteurs dans la
daïra de Tazmalt, utilisant « un échantillonnage stratifié » vu la méconnaissance de la taille
réelle de la population ciblée. Bien que dans ce cadre, la méthode aléatoire parait plus
appropriée, elle permet de cerner un maximum d’acteurs ciblés possibles.
Après avoir opté pour la méthode aléatoire, nous avons visé un ensemble d’acteurs qui
appartiennent à la daïra de Tazmalt. Nous avons sélectionné un nombre de 36 acteurs. Cet
échantillon couvre 7 catégories d’acteurs cités comme suit : ADE, Elus locaux (APC), les
organisations parapublics, le secteur productif/entrepreneurial, organisations syndicales, partie
politique et les associations. Cependant vu les contraintes et les problèmes rencontrais sur le
terrain, nous avons limités notre enquête à 4 catégories, disposant de 36 acteurs. La taille et la
structure de l’échantillon final sont présentées ci-dessous :
67
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
68
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
69
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Les élus locaux (APC). Cette catégorie désigne l’assemblée populaire communale.
Dans notre cas, nous avons ciblé les différents membres des trois (3) APC se trouvant
dans la daïra de Tazmalt ( Tazmalt, Beni Melikeche, Boudjellil).
Le secteur productif/entrepreneurial. Dans cette catégorie, nous avons regroupé
l’ensemble des entreprises industrielles et les entreprises de services.
La société civile. Cette catégorie regroupe les associations et les partis politiques.
Précisément, il y a un nombre important d’associations qui ont répondu favorablement
à notre questionnaire et qui est de 13 associations. Ces dernières sont régies en Algérie
par la loi 90-31 du 04 décembre 1990 relative aux associations. Elles représentent la
convention où se contractent des personnes physiques ou morales sans but lucratif,
mais, c’est uniquement dans le but de mettre en commun leurs connaissances et
moyens afin de promouvoir diverses activités de toutes natures (professionnelle,
culturelle, touristique, sportive……) qui vont contribuer à favoriser la cohésion sociale
et à valoriser les divers aspects promotionnels. Pour les partis politiques, 2 seulement
ont répondu. Il s’agit du FFS et du RCD qui contribuent à organiser et coordonner les
activités politiques au sein de la localité.
70
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Pour la collecte des informations concernant le travail d’étude, deux méthodes existent
pour le déroulement du questionnaire. La première est nommée « Administration directe du
questionnaire », dans laquelle l’enquêteur n’est pas présent lors du remplissage du
questionnaire. C’est le répondant qui reporte lui-même ses réponses. La seconde est dite
« Administration indirecte du questionnaire ». Elle se caractérise par la présence de
l’enquêteur lors du remplissage du questionnaire. C’est lui-même qui pose les questions et
transcrits les réponses.
Dans notre cas, pour collecter les informations nécessaires afin d’éclaircir notre
problématique, nous nous sommes déplacés sur le terrain, à la rencontre des acteurs, pour
qu’ils répondent au questionnaire. Notre présence permet d’expliquer et d’éclaircir quelques
questions qu’ils jugent floues ou complexes. Mais avec d’autres, vue l’indisponibilité ou
l’absence des répondants, nous sommes contraints, dans la plupart des cas, d’effectuer une
administration directe et de les récupérer à une date ultérieure.
Au début de notre enquête, nous avons fait appel à certain bases de données obtenues de
la part de la DPAT et les services d’urbanisme au niveau des 3 APC de la daïra de Tazmalt,
ainsi que la daïra de Tazmalt. Concernant la distribution des questionnaires, elle s’est faite en
nous déplaçant à la recherche des acteurs vu qu’aucune information ne nous a été donnée
quant à leur localisation. Cette difficulté concerne surtout les associations. La plupart de ces
dernières n’ont pas de siège (localité). On a été contraint à chercher des personnes (les
dirigeants) afin de leur donner le questionnaire.
Au terme de notre enquête de terrain qui a duré environ 2 mois, nous avons distribué 36
questionnaires. Les réponses formulées vis-à-vis de notre demande de participation à
l’enquête de terrain sont différentes d’un acteur à un autre. Nous avons aussi constaté une
certaine méfiance à l’égard du questionnaire. En effet, quelques acteurs ont catégoriquement
refusé de répondre, soit parce qu’ils craignent l’exploitation des informations à une fin autre
que celle de la recherche, soit parce qu’ils ne disposent pas de l’autorisation de leur supérieur.
71
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Cette analyse nous permettra d’avoir un aperçu général du point de vue des acteurs
concernant le développement local et la gouvernance territoriale.
En premier lieu, nous avons voulu connaître l’avis et la perception de chaque acteur, de la
notion de développement local. Pour la majorité des acteurs, soit 62,5 %, le développement
local est la participation de tous les acteurs au processus de développement, 37,5 % le voit
comme une réduction du chômage, 29,17 % et 20,83 % respectivement comme la cohésion
des projets et l’apport des acteurs au développement local. Ces résultats sont regroupés dans
le tableau suivant :
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Sur le plan de l’importance accordée par les acteurs locaux aux projets de développement
local, les résultats montrent que 79,2 % des acteurs estiment que les projets de développement
local sont « très importants ». 16,67 % d’entre eux préconisent qu’ils sont seulement
« important ». Il existe cependant, une très petite partie des acteurs soient 4.17% qui estiment
que les projets de développement local sont peu importants. Par contre, aucun acteur n’a jugé
les projets de développement local comme étant sans aucune importance. La figure ci-dessous
résume les résultats obtenus.
72
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Figure n°3 : Importance accordée aux projets de développement local par les acteurs
80
60
40
Pour-cent
20
0
Peu important Important Trés important
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Concernant le rôle des acteurs dans le processus de développement local, que ce soit en
tant qu’initiateur ou bénéficiaire du projet, les acteurs déclarent à 91,67% avoir un rôle à jouer
dans le processus. Par contre 62,5 % d’entre eux déclarent qu’ils ne bénéficient pas de projet
de développement local. Le détail du rôle que joue chacun des acteurs fait apparaitre que la
moitié (soit 50 %) des acteurs questionnés avance qu’ils sont des superviseurs/
accompagnateurs de projet. 45,83 % entre eux déclarent qu’ils sont initiateurs de projet. Par
contre, seuls 25 %, 16,67 % et 12,5 % respectivement déclarent qu’ils sont fournisseurs
financiers des projets, qu’ils participent en tant qu’acteur et réalisateur technique des projets.
S’agissant des formes les plus récurrentes des projets de développement dont bénéficient
les acteurs concernés, ces derniers estiment que ces formes résident le plus souvent dans
l’aménagement urbain (29,17 % des répondants), la viabilité des voies routières et la création
d’entreprise et d’activité ( 20,83 % pour chacun d’eux). Certain acteurs évoquent d’autres
formes qui sont : construction d’infrastructure publique, projets de sensibilisation
environnemental, adduction en eau potable, assainissement des eaux usées, amélioration du
transport public. Les figures ci-dessous synthétisent les résultats obtenus :
73
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
100,00%
90,00%
80,00%
70,00%
60,00%
Oui
50,00%
Non
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Avoir un rôle dans le processus Avoir bénéficier des projets de
de DL DL
Source : Elaboré par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
74
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Figure n°5 : formes de contribution des acteurs dans les projets de développement local
50,00%
45,00%
40,00%
35,00%
30,00%
25,00%
20,00%
15,00%
10,00%
5,00%
0,00%
Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
En ce qui concerne la perception des actions qui relèvent du développement local, nous
remarquons que ces derniers estiment à 79,16 % qu’elle consiste en l’ouverture et revêtement
des routes et chemins communaux. 62,5 % répondent qu’elle consiste en l’Electrification et
gaz, et 41,67 % déclarent qu’elles consistent en le financement des projets par le micro crédit
et seulement 29.17 % pensent qu’elles consistent en le financement des entreprises
artisanales.
Sur le terrain, 95,83 % des acteurs déclarent qu’il n’y a pas suffisamment de projets de
développement local dans leurs communes. La totalité des acteurs questionnés estiment le peu
de projet qui existe dans leurs communes n’apporte pas des résultats satisfaisants. Les
principales raisons sont qu’il y a un manque de coordination et de suivi (58,33 % des
répondants), un manque d’implication des acteurs et qu’il y a une insuffisance au niveau des
budgets alloués aux projets (41,67 % pour chacun des deux).
75
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Figure n°6 : principales raisons de l’insatisfaction par les acteurs des projets.
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00% Série 1
Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Parmi les insuffisances existant en termes de développement local, nous constatons que la
totalité des acteurs estime que les communes de la daïra de Tazmalt ne disposent pas de zone
industrielle. Sur ce point, 91.67 % des acteurs pensent qu’il est nécessaire d’aménager de
nouvelles zones pour répondre surtout au problème de création d’emploi dans la daïra qui
demeure très faible.
Nous avons voulu connaître la perception de la gouvernance territoriale par les acteurs
locaux. 33,33 % des acteurs voient la gouvernance territoriale comme un mode de régulation
local, 29,17 % la perçoivent comme l’utilisation des autorités politiques de l’exercice du
contrôle, 25 % et 12,5 % respectivement la voient comme une action publique en réseau local
et une conception libérale qui repose sur les échanges volontaires entre les acteurs. Le
tableau suivant récapitule les résultats.
76
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
En ce qui concerne les acteurs les plus concernés par le processus de la gouvernance
territoriale, notre enquête aboutit aux résultats suivants : 75 % des acteurs considèrent les élus
locaux (APC) comme les plus concernés par le processus de gouvernance territoriale. En
seconde place, on trouve les administrations déconcentrés de l’Etat avec 8,3 % puis les
associations et les entreprises avec un taux de 4.2 % chacun. Les partis politiques,
organisations syndicales et le patronat/chambre de commerce, d’industrie ne semblent pas être
très concernés vu que les acteurs de l’échantillon ne les considèrent pas comme partie
prenante et utile dans la gouvernance territoriale. Les résultats sont montrés dans le tableau ci-
dessous.
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Elus locaux (APC) 18 75,0 81,8 81,8
Administrations
2 8,3 9,1 90,9
déconcentrées de l'Etat
Entreprises 1 4,2 4,5 95,5
Associations 1 4,2 4,5 100,0
Total 22 91,7 100,0
Manquante Système manquant 2 8,3
Total 24 100,0
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
77
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
80
60
40
Pour-cent
20
0
Oui Non
Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Parmi les 91,7 % qui pensent qu’il existe une gouvernance 45,8 % d’entre eux la juge
moyenne, 41.7 % médiocre et 4.2 % plutôt bonne comme le montre le tableau suivant.
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide inexistante 2 8,3 8,3 8,3
médiocre 10 41,7 41,7 50,0
moyenne 11 45,8 45,8 95,8
plutôt bonne 1 4,2 4,2 100,0
Total 24 100,0 100,0
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
78
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
D’après le tableau ci-dessus on remarque que 8.3 % des acteurs pensent que la
gouvernance est inexistante, et 41.2 % de ceux qui la trouve existante la juge médiocre et cela
pour les raison suivantes : le manque d’encadrement et de suivi qui engendre l’existence
d’une corruption dans le territoire, le manque de financement vu que la daïra ne dispose pas
de ressource de financement suffisantes, le manque d’une réelle décentralisation et
d’implication des acteurs.
La plupart des acteurs soit 95,83 % jugent que la gouvernance territoriale est une
condition nécessaire pour la réussite et l’aboutissement des projets de développement local,
voir la figure ci-dessous.
Figure n°8 : la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour la réussite des
projets de développement local.
100
80
60
40
Pour-cent
20
0
Oui Non
Source : Elaboré par nos soins a partir des résultats de l’enquête, 2014.
79
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Pour la participation des acteurs locaux dans le processus de prise de décision, et selon
les acteurs interrogés, 58,3 % d’entre eux confirme qu’ils ne participent pas à la prise de
décision, alors que 41,7 % déclarent qu’ils sont présents dans le processus décisionnel
comme ses illustrés dans la figure suivante.
50
40
30
20
Pour-cent
10
0
Oui Non
Source : Etablie par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Pour ce qui concerne le rôle que jouent les acteurs dans la prise de décision on constate
que 14.3% seulement, prennent les décisions. Il s’agit là des élus locaux, 42,9 % participent
en tant que consultants. 9,5 % et 14,3 % jouent respectivement, le rôle d’exécutants et de
partie qui subit l’action. On remarque aussi que 19 % des acteurs déclarent qu’ils n’ont aucun
rôle dans ce processus, comme le montre le tableau suivant.
80
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Tableau n°21 : le rôle que jouent les acteurs dans le processus décisionnel.
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Preneur de décision 3 12,5 14,3 14,3
Consultant 9 37,5 42,9 57,1
Exécutant 2 8,3 9,5 66,7
Partie subissant l'action 3 12,5 14,3 81,0
Aucun rôle 4 16,7 19,0 100,0
Total 21 87,5 100,0
Manquante Système manquant 3 12,5
Total 24 100,0
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Les acteurs déclarent qu’il y a un manque d’écoute entre les différents acteurs de la daïra
de Tazmalt. En effets ils affirment qu’il existe des institutions, organismes et groupes cessé
les écoutés. Leur réponses sont illustré dans le tableau suivant.
81
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
50
40
30
20
Pour-cent
10
0
primordiales trés importantes
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
On à poser une question pour savoir quel rôle à l’implication et la participation des
acteurs au processus de gouvernance, et les résultats obtenus sont synthétisés dans le tableau
ci-dessous.
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Exploration des différents
1 4,2 4,2 4,2
avis des acteurs
Prise en compte des
différentes 3 12,5 12,5 16,7
préoccupations
Amélioration de la qualité
5 20,8 20,8 37,5
de la décision
1&2&3 5 20,8 20,8 58,3
1&2 1 4,2 4,2 62,5
2&3 9 37,5 37,5 100,0
Total 24 100,0 100,0
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
82
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Tableau n°24 : attribution des subventions par l’APC aux différents acteurs
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Oui 6 25,0 26,1 26,1
Non 17 70,8 73,9 100,0
Total 23 95,8 100,0
Manquante Système manquant 1 4,2
Total 24 100,0
Source : Etabli par nos soi à partir des résultats de l’enquête, 2014.
En ce qui concerne la satisfaction des acteurs par les efforts fournis par leur APC, les
résultats de l’enquête montrent que 75 % des acteurs ne sont pas satisfaits des efforts fournis
par leur APC. Comme le montre la figure ci-dessous.
Figure n°11 : la satisfaction des acteurs par les efforts de leur APC.
20
10
Occurrences
0
Non réponse Oui Non
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Les acteurs reprochent à l’APC l’absence totale sur le terrain, le non respect des
engagements pris lors des compagnes électorales, le manque de transparence dans la gestion
83
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
et existence d’une certaine corruption et la mise à l’écart des citoyens lors de la prise de
décision.
Les différents acteurs des la daïra de Tazmalt, soit 56,5 % des acteurs interrogés disent
que les citoyens et les autres acteurs ne sont pas associaient au processus de prise de décision
et a celui de la gouvernance territoriale. Et la totalité de ceux qui affirme la participation des
citoyens disent que leur participation apporte un plus à la prise de décision.
Pour savoir comment les concertations se font entre les citoyens et les autre acteurs on a
posé la question aux acteurs leurs réponses sont comme suit : 50 % des acteurs estiment que
ces consultations se font sous formes d’assemblées et de réunions, 33,3 % d’entre eu
répondent quels se font sous formes de rencontres privées et les 16.7 % qui restent ont
préférés ne pas répondre. Comme le montre le tableau ci-dessous.
Tableau n°25 : forme des consultations entre les acteurs.
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Rencontres privées 8 33,3 40,0 40,0
assemblées, des
12 50,0 60,0 100,0
réunions
Total 20 83,3 100,0
Manquante Système manquant 4 16,7
Total 24 100,0
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
En ce qui concerne la position des acteurs par rapport à l’élaboration des projets inscrits
dans le cadre du développement local, 33,3 % estiment être assez impliqués, 25 % répondent
que les acteurs sont assez intéressés et 8,3 % estiment être assez intéressés et assez impliqués.
Tandis qu’une grande partie des acteurs (soit 33,3 %) n’ont pas répondu à la question. La
figure ci-dessous illustre les résultats obtenus.
84
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Figure n°12 : La position des acteurs par rapport à l’élaboration des projets inscrits
dans le cadre du développement local.
30
20
10
Pour-cent
0
assez intéressés 1&2
assez impliqués Non réponse
Source : Etabli par nos soins à partir des résultats de l’enquête, 2014.
Pour ce qui est de l’attribution des subventions pour les différentes associations, 54,17 %
des acteurs ont confirmé que les associations reçoivent des subventions de la part de leurs
communes, mais 61,54 % de ceux qui ont confirmé l’attribution des subventions ont dit que le
partage de ces subventions ne ce fait pas d’une manière équitable.
D’ailleurs les membres des APC ont dit que la plupart des subventions sont destinées aux
associations sportives.
De l’analyse précédente, nous avons pu avoir une vision globale de l’ensemble des
acteurs sur le développement local, la gouvernance territoriale et sur la participation des ses
acteurs aux processus décisionnel.et de traiter les réponses des différents acteurs de la daïra de
Tazmalt.
85
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
processus de développement local. En effet 91,7 % des acteurs estiment qu’ils ont un rôle à
jouer dans ce processus, qui consiste principalement en la supervision et l’accompagnement
des projets (50 % des acteurs) et l’initiation des projets (45.8 % des acteurs). Ces résultats
s’expliquent par le fait que ces rôles constituent le meilleur moyen pour l’ensemble des
acteurs afin de contrôler la trajectoire et le déroulement des projets. On peut aussi, expliquer
l’importance des projets de développement local pour les acteurs du fait que ces derniers
expriment un besoin en termes de ces projets. En effet, 95,8 % des acteurs déclarent qu’il n’y
a pas assez de projets de développement local dans leurs communes, et que la totalité estime
que ces projets n’apportent pas des résultats satisfaisants. Cette non satisfaction est due
essentiellement au manque du suivie et de coordination, a l’insuffisance des budgets et au
manque d’implication des acteurs dans ces projets.
86
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
institutions devraient faires connaître ce terme de « gouvernance locale » puisque les citoyens
et la plus part des acteurs sont mal informé sur ce terme.
87
Chapitre III : présentation de l’enquête de terrain et analyse des résultats
Conclusion chapitre 3.
A travers se dernier chapitre, nous avons pu présentés notre enquête de terrain ainsi que
notre méthodologie d’approche du terrain, qui nous a permet de recueillir les informations qui
nous permettre de répondre a notre problématique après les avoir analysés.
En outre, nous avons pu déterminer la vision des acteurs en ce qui concerne notre sujet
de recherche. Ces derniers donnent une grande importance aux projets de développement
local et estiment qu’ils ont un rôle dans processus de développement qui se traduit par la
supervision et l’initiation de projets.ils déclarent également un manque en terme de projet
expliqué par le manque de coordination et de suivi, un manque de ressource de financement et
le manque d’implication des acteurs.
Pour ce qui est de la gouvernance territoriale les acteurs n’estiment qu’il existe une
certaine gouvernance territoriale et qu’elle est une condition essentielle pour le
développement local, mais celle-ci est de qualité moyenne ou médiocre. Cette médiocrité est
dû essentiellement aux manques de décentralisation les commune de la daïra de Tazmalt et
aussi à l’existence de procédure bureaucratique.
Concernant la participation des acteurs au processus décisionnel on a constaté que les
acteurs ne participent aux prises de décisions même si leur participation s’avère primordiale
puisque elle contribue à l’exploration des différents avis et l’amélioration de la qualité de
décision.
88
Conclusion générale.
L’intérêt sans cesse grandissant du développement local ces dernières années, nous a
incités à étudier l’impact et l’implication de la gouvernance territoriale, et des acteurs locaux
sur le développement local. A cet effet, on s’est intéressé à un cas pratique de relation
territoriale et nous avons opté pour la daïra de Tazmalt. Notre choix est justifié par la
multiplicité des acteurs locaux (surtout les acteurs sociaux), et par l’incapacité de viser un
territoire plus vaste, vu le manque de financement et du temps alloué à l’enquête. Pour cela,
nous nous sommes interrogés sur la problématique de la gouvernance territoriale dans la daïra
de Tazmalt, et sur le rôle des acteurs locaux dans ce développement.
L’enquête de terrain nous permet de nous projeter dans la réalité et de recueillir les
informations nécessaires afin d’avoir des éléments de réponses à notre problématique. Les
résultats de notre étude montrent que les acteurs locaux accordent une très grande importance
aux projets inscrits dans le processus de développement local et jugent aussi que ses projets
sont très importants. Ceci se voit à travers le fait que ces acteurs ont un rôle à jouer dans le
processus de développement local qui consiste particulièrement en la supervision et
l’accompagnement des projets et aussi l’initiation de ces projets. Les acteurs estiment aussi
qu’il y a un manque de projet de développement local et que la plupart des projets existants
n’apportent pas des résultats satisfaisants. Cette non satisfaction est due au manque de
coordination et de suivi et au manque d’implication des acteurs.
Les résultats montrent qu’il existe une gouvernance territoriale dans la daïra de Tazmalt,
mais elle est jugée moyenne ou plutôt médiocre même si elle est jugée comme élément
essentiel pour la réussite des projets de développement local. La raison principale de cette
médiocrité est le manque d’encadrement et de suivi qui rendent les taches plus longues et qui
engendrent l’apparition de la corruption. La seconde raison est la bureaucratie dominante sur
89
le terrain qui engendre un manque réel de décentralisation et qui rend les tâches difficiles à
accomplir. Nous avons aussi constaté que la plupart des acteurs locaux ne participent pas au
processus de prise de décision même si cette participation est jugée primordiale par les
acteurs. Elle implique l’implication des différents acteurs et la prise en compte des différentes
préoccupations qui amènent à l’amélioration de la qualité de décision.
On a constaté que, les acteurs locaux ne sont pas satisfaits des efforts fournis par leur
APC au niveau de la daïra de Tazmalt. Ils lui reprochent, d’écarter les citoyens et les acteurs,
dans la mise en œuvre des projets de développement local, et dans la prise de décision les
concernant. Il lui reproche aussi le manque de transparence et son non existence sur le
terrain, pour mieux gérer les vrais problèmes et cerner les vraies préoccupations des citoyens
et des acteurs. Ils reprochent à leur APC le manque de subventionnement pour mener leur
projet de développement.
Les acteurs locaux ont proposé d’améliorer les mécanismes de gouvernance pour le
développement local. Ils jugent nécessaires de donner lieu à une participation de l’ensemble
des acteurs locaux, quant à la prise de décision concernant leurs projets de développement,
conduisant alors à la mise en place d’une démocratie participative. Ils souhaitent aussi
l’application de vraies conditions de décentralisation, en dotant les élus locaux davantage de
prérogatives et de pouvoir.
Nous espérons avoir apporté, dans ce travail, quelques éléments de réponses concernant
la problématique de la gouvernance territoriale et le rôle des acteurs locaux dans la daïra de
Tazmalt.
90
Bibliographie.
Ouvrages.
91
18. LE GALES P. « Quels intérêts privés dans les villes européennes », in Villes en
Europe, Ed. La découverte, 1997
19. LE GALES Patrick, Quels intérêts privés dans les villes européennes, in Villes en
Europe, Ed. La découverte, 1997.
20. LEFEVRE Christian, « Gouvernance, institutions et territoires : les gouvernements
métropolitains dans les pays occidentaux », in La ville éclatée, Ed.de l'Aube, 1998.
21. MAESSCHALCK M, (UCL, FUSL), « L’action en réseau », Monceau-sur-Sambre,
Maison pour les Associations, décembre 2001.
22. Martinet, Management stratégique, Mac Grow Hill, « Le noyau composite d'acteurs
stratégiques », Paris, 1984.
23. MIDLER. « L'auto qui n'existait pas. Management des projets de transformations de
l'entreprise », inter éditions, Paris, 1993.
24. REYNAUD J. D. « Les règles du jeu », Paris, Armand Colin, 1989
25. WEBER M. « Economie et Société », Paris, Pocket, 1995
Articles et colloque.
1. Ali Kazancigil, « la gouvernance : itinéraire d’un concept », dans Javier Santiso (dir), « a
la recherche de la démocratie ». mélange offert à Guy Hermet, Paris, Karthala, 2002.
2. Bernard PECQUEUR (2002), « le développement territorial comme préambule à
l’économie sociale », dans les cahiers de l’économie sociale-N°3 : entreprendre
autrement, « Economie sociale et développement local », colloque franco-québécois, 9,
10 et 11 décembre 2002
3. Bernard PECQUEUR, « vers une géographie économique et culturelle autour de la,
notion du territoire », in « géographie et culture » n°49, juin 2004, pp. 77-86.
4. Bernard PECQUEUR, LELOUP Fabienne et MOYART Laurence, « la gouvernance
territoriale comme nouveau mode de coordination territoriale », 4éme journées de la
proximité, « proximité réseaux et coordination », FUCAM, 17 & 18 juin 2004.
5. Conférence sur le développement local et la décentralisation” organisée par le “Centro de
Estudiosdel Desarrollo Local y Régional (CEDER), Lima, Juin 2002.
6. D. MAILLAT et L. KEBIR, Learning régions et systèmes territoriaux de production,
revue d’économie régionale et urbaine n°3 1999
7. Guigou J.L « le développement local : espoirs et freins » colloque à Poitiers sur le thème
du développement local, 1983.
92
8. KHERDJEMIL. B., « territoires, globalisation et développement », in Revue Régionale et
Urbaine, n°2, 1999
9. Laurence BARNECHE-MIQUEU & Nathalie LAHAYE, in The third Congress on
Proximity -"New growth and Territories", University of Paris South & Institut National
de la Recherche Agronomique, 13 and 14 December 2001.
Mémoire.
Sites internet.
1. beira-cfp.org/PAGE-ARTICULATIONgouv.11.html.
2. http://www.ville-management.org/forum/files/40_ngok_evina_109.pdf
3. http://www.worldbank.org/wbi/governance/pubs/govmatter.html
4. www.a21l.qc.ca/web/document/ayeva_gouvernance.pdf
5. www.adels.org
6. www.institut-gouvernance.org/fr/.../fiche-synthese-15.html
93
Liste des Tableaux et Figures.
Tableau n° 11: exemple de proposition pour les Budgets de Wilaya dans la daïra…………..62
Tableau N°20 : Degré d’existence d’une gouvernance territoriale dan la daïra de Tazmalt…78
Tableau N°21 : le rôle que jouent les acteurs dans le processus décisionnel…………………81
Tableau N°24 : attribution des subventions par l’APC aux différents acteurs……………….83
95
2. Liste des Figures.
Figure N°3 : Importance accordée aux projets de développement local par les acteurs……...73
Figure N°5 : formes de contribution des acteurs dans les projets de développement local…..75
Figure N°6 : principales raisons de l’insatisfaction par les acteurs des projets………………76
Figure N°8 : la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour la réussite des
projets de développement local……………………………………………………………….79
Figure N°11 : la satisfaction des acteurs par les efforts de leur APC………………………...83
Figure N°12 : La position des acteurs par rapport à l’élaboration des projets inscrits……….85
96
Liste des abréviations.
BM : Banque Mondiale.
BW : Budget de Wilaya
DI : District Industriel
DL : Développement Local.
MI : Milieux Innovateurs
94
Annexe n°2 : questionnaire de l’enquête de terrain.
Cette enquête est réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master portant sur « les
rôles des acteurs locaux dans le développement local : cas de la daïra de Tazmalt »
encadré par le Pr KHERBACHI Hamid. En effet, nous visions principalement à structurer des
réponses autour l’existence d’une stratégie de gouvernance local pour la Daïra de Tazmalt et
le rôle des acteurs publics locaux dans le développement local de celle-ci.
Toutes les informations que vous nous fournirez nous seront d’une grande utilité,
et ne seront utilisés qu’à des fins de recherche scientifique.
Nous comptons sur votre collaboration afin de mener à bien notre travail de
recherche.
Le candidat :
BAHLOUL Lotfi
Fiches N°1 : Identification et présentation des acteurs.
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3)
a) Si vous êtes une entreprise, votre chiffre d’affaire (celui du dernier exercice) se
situe :
A moins de 20 millions de DA ………………………………………………..
Entre 20 et 200 millions de DA ……………………………………………….
Entre 200 millions et 2 milliards de DA ……………………………………
Autre(précisez) :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
……………..
8) Avez-vous déjà, ou bénéficiez-vous de projet de développement local ?
Oui Non
9) Si oui, pouvez-vous citer quelque uns ?
Viabilisation de voies routières, de sites d’installation……………………
Aménagement urbain ……………………………………………………..
Création d’entreprise et d’activités ……………………………………….
Autre :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………….
10) Selon vous, les actions qui relèvent du développement local sont :
Electrification et Gaz………………………………………………………..
Ouverture et revêtement des routes et chemins communaux…………….. …
Le financement d’entreprises artisanales……………………………………
Le financement des projets par le micro crédit……………………………….
Autres (précisé) :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………….
11) Pensez-vous qu’il y a suffisamment de projets de développement local dans votre
commune ?
Oui Non
12) Selon vous, apportent-ils vraiment des résultats satisfaisants ?
Oui Non
13) Si non, pourquoi ? Est-ce parce que :
Les projets ne sont pas réalisables dés le début ……………………………
Les budgets alloué sont insuffisants ……………………………………….
Il y a un manque de coordination et de suivi ………………………………
Les acteurs ne s’impliquent pas assez ……………………………………..
Autre (citez) :
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………. ;;
14) Votre commune a-t-elle suffisamment de zones industrielles et d’activités ?
Oui Non
15) Si non, devra-t-elle aménager de nouvelles zones ?
Oui Non
Une conception libérale qui repose sur les échanges volontaires entre les acteurs ...
Autres (précisez) :
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………
17) Selon vous, quels sont les acteurs les plus concernés par le processus de la
gouvernance territoriale? (classez-les selon la priorité de 1 à 7)
Administrations déconcentrées de l’Etat……………………………………
Elus locaux (APC) …………………………………………………………
Partis politiques ……………………………………………………………
Entreprises…………………………………………………………………
Patronat/ Chambres de commerces, d’industries, ……………...................
Organisations syndicales ……………………………………………………
Associations ………………………………………………………………...
Autres (citez).
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
18) Selon vous, existe-t-il une gouvernance territoriale dans votre commune?
a) Oui , comment la jugez-vous ?
Médiocre…………………………………………...
Moyenne……………………………………………
Plutôt bonne………………………………………..
Bonne………………………………………………
b) Non ou médiocre , pourquoi ? Est-ce parce que :
Il y a un manque de décentralisation……………….
Il y a beaucoup de bureaucratie…………………….
Il y a de la corruption………………………………
Il y a un manque d’encadrement et de suivi………..
Il y a un manque de financement. …………………
Il y a un vide juridique en la matière………………
Il y a un manque d’implication des acteurs………...
Autres (citez) :
……………………………………………………………
……………………………………………………………
………………………………..
19) Pensez-vous que la gouvernance territoriale est une condition essentielle pour la
réussite et l’aboutissement des projets du développement local?
Oui Non
31) les citoyens et les autres acteurs locaux sont t-ils associaient au processus de décision
et au processus de gouvernance ?
Oui Non
32) Si oui, est ce que leur participation apporte un plus à la prise de décision ?
Oui Non
33) Comment les consultations des citoyens et autres acteurs locaux se font-elles ?
Des rencontres privées……………………………………..
Des assemblées, des réunions ……………………………..
Autres :
…………………………………………………………………………………..
34) Pensez-vous que les acteurs locaux :
Sont assez intéressés……………………………………………....
Sont assez impliqués dans l’élaboration des projets inscrits dans le cadre du
développement local ?.......................................................................
Si non, qu’elles sont les raisons ?
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
......................................................................................
35) Des subventions aux différentes associations afin de couvrir leurs travaux de
développement, sont elle attribués ?
Oui Non
36) Si oui, selon vous ces subventions allouées aux associations sont-elles partagées d’une
façon équitable ?
Oui Non
Wilaya de Bejaia
Tazmalt
Pour répondre a notre problématique, nous avons réalisé une synthèse bibliographique
afin de cerner tous les fondements théoriques et concepts concernant le sujet, ensuite nous
avons mené une enquêtes de terrain auprès des différents acteurs de la daïra de Tazmalt
(collectivités locales, entreprises, associations, partis politiques…). Suite a l’analyse des
réponses obtenues, nous avons constaté que les acteurs locaux ont un rôle à jouaier dans le
processus de développement local, qui consiste en la supervision et l’accompagnement des
projets de D.L. Par contre, ils n’ont aucun rôle dans le processus de prise de décision, même si
il existe une gouvernance territoriale dans la daïra.
Comme solution, les acteurs estiment qu’il faut mettre en place les éléments
nécessaires à l’aboutissement des projets de développement local, par la participation des
acteurs au processus décisionnel et le renforcement de la coordination et la coopération entre
les acteurs.