0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues15 pages

Sécurité au Travail: Concepts Clés

Le chapitre aborde la santé et la sécurité au travail, soulignant l'importance de promouvoir le bien-être des travailleurs et de prévenir les risques liés à leur environnement de travail. Il définit des concepts clés tels que la sécurité, le danger et le risque, tout en expliquant les obligations légales des employeurs et des travailleurs en matière de déclaration d'accidents et de maladies professionnelles. Enfin, il présente les coûts associés aux accidents de travail et les statistiques pertinentes, notamment en Algérie.

Transféré par

Djamel Otmani
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues15 pages

Sécurité au Travail: Concepts Clés

Le chapitre aborde la santé et la sécurité au travail, soulignant l'importance de promouvoir le bien-être des travailleurs et de prévenir les risques liés à leur environnement de travail. Il définit des concepts clés tels que la sécurité, le danger et le risque, tout en expliquant les obligations légales des employeurs et des travailleurs en matière de déclaration d'accidents et de maladies professionnelles. Enfin, il présente les coûts associés aux accidents de travail et les statistiques pertinentes, notamment en Algérie.

Transféré par

Djamel Otmani
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail

CHAPITRE I : La santé et la sécurité au travail


L'étude de la santé et la sécurité des travailleurs est une discipline très large qui recouvre de
nombreux domaines spécialisés. Dans son sens le plus général, elle doit viser à:
§ promouvoir et maintenir le plus haut degré possible de bien-être physique, mental et
social des travailleurs dans leur lieu de travail;
§ prévenir les effets néfastes sur la santé des travailleurs dus à leurs conditions de
travail;
§ protéger les travailleurs contre les dangers qui menacent leur santé;
§ placer et maintenir les travailleurs dans un environnement de travail adapté à leurs
besoins physiques et mentaux;
§ adapter le travail aux hommes.
En d'autres termes, l’hygiène et la sécurité visent tous les aspects du bien-être social,
psychique et physique des travailleurs.

1 Quelques définitions

Le concept de sécurité n’a pas été découvert pendant l’avènement de l’ère industrielle. Il était
inscrit dans le caractère de l’homme dès l’origine de l’humanité. Ainsi, l’homo sapiens avait
le réflexe de s’éloigner du feu car l’expérience lui avait appris que celui-ci était dangereux
pour lui. Il avait donc un réflexe de sécurité.

1.1 Notion de sécurité

La sécurité est souvent définie par rapport à son contraire : elle serait l’absence de danger,
d’accident ou de sinistre.
Selon le guide ISO/CEI 73 sur la terminologie du management du risque, la sécurité est
l’absence de risque inacceptable, de blessure ou d’atteinte à la santé des personnes,
directement ou indirectement, résultant d’un dommage au matériel ou à l’environnement.

La sécurité peut être définie comme l’aptitude d’un système à fonctionner en maîtrisant, à
un niveau acceptable, les risques pour les personnes, les biens et l’environnement.

Figure 1 – Divers aspects de la sécurité

  1  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

1.2 Notion de danger

Selon la norme IEC 61508, le danger désigne une nuisance potentielle pouvant porter atteinte
aux personnes, aux biens (détérioration ou destruction) ou à l’environnement. Les dangers
peuvent avoir une incidence directe sur les personnes, par des blessures physiques ou des
troubles de la santé, ou indirecte, au travers de dégâts subis par les biens ou l’environnement.
Le référentiel OHSAS 18001, définit le danger comme étant une source ou une situation
pouvant nuire par blessure ou atteinte à la santé, dommage à la propriété et à l’environnement
du lieu de travail ou une combinaison de ces éléments.

1.3 Notion de risque

Et selon OHSAS 18001, un risque est la combinaison de la probabilité et de la (des)


conséquence (s) de la survenue.
Cependant, il existe des définitions légèrement plus complexes dans lesquelles apparaît un
troisième facteur : l’acceptabilité du risque, seuil en dessous duquel on accepte l’existence du
danger bien que sa gravité et sa probabilité d’occurrence ne soient pas nulles.

Qualitativement, le risque se caractérise par :

ü L’ampleur des dommages, suite à un événement redouté, selon un critère de gravité


(critique, marginal, mineur, insignifiant, etc.). Ce critère tient compte de l’appréciation
des conséquences en terme de pertes humaines (blessures, mort) ou en termes de
pertes économiques (coût liés aux dégradations, etc.) ;

ü Le caractère incertain lié à l’apparition d’un événement redouté (fréquent, rare,


improbable, etc.) provoquant le dommage à partir d’une situation dangereuse
déterminée.

Le risque résulte donc, de la probabilité d’occurrence d’un dommage résultant d’une


exposition à un danger. C’est la résultante de deux paramètres : la probabilité et la gravité.
Plus la probabilité et la gravité d’un événement sont élevées plus le risque est élevé.

Les risques dépendent de deux familles de facteurs :


• celle relevant des dangers :
– Les outils
– Les équipements
– Les produits (toxiques…), etc.

•celle relevant de l’activité du salarié :


– L’organisation du travail
– Les moyens en place
– Les exigences (délais, quantité…) et les contraintes (horaires, conditions…),
etc.
Ils peuvent aussi engendrer des atteintes à la santé telles que les troubles musculo-
squelettiques (TMS), le stress…

  2  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

2 Le droit du travail
L’Organisation internationale du Travail (OIT) se consacre à améliorer l’accès des hommes et
des femmes à un travail décent et productif, dans des conditions de liberté, d’équité, de
sécurité et de dignité. Elle a pour principal objectif de promouvoir les droits au travail,
d’encourager la création d’emplois décents, de développer la protection sociale et de renforcer
le dialogue social dans la gestion des problèmes liés au monde du travail. Elle compte
actuellement 178 états membres dont l’Algérie.
La réglementation relative au travail

Principe fondamental : Chacun se doit de respecter les lois et la réglementation du travail.


Dans le code du travail algérien on retrouve tous les textes de lois ayant trait à :

− La relation de travail,
− Les droits et obligations des travailleurs,
− Les relations individuelles de travail (les dispositions de recrutement, le durée du
travail, le travail de nuit, le travail posté, les congés et repos légaux, la cessation de la
relation de travail, le règlement intérieur,..)
− La rémunération du travail,
− Les prestations sociales et familiales,
− Les pensions de retraite,
− L’exercice du droit syndical,
− La formation,
− La médecine du travail,
− L’hygiène générale des locaux et de leurs dépendances (propreté, aération, ambiance,
installations sanitaires),
− Les mesures générales de sécurité sur les lieux de travail (manutention et circulation,
prévention des chutes, machines et mécanismes),
− Les mesures particulières de prévention des risques d’incendie (évacuation du
personnel, lutte contre l’incendie),
− L’inspection du travail,
− Les sanctions.

3 Les accidents de travail

3.1 Définitions
C’est un accident qui se passe sur le lieu de travail ou durant une tâche liée au travail.
L’accident est un évènement aléatoire et fortuit qui entraîne des dommages vis-à-vis des
personnes, des biens ou de l’environnement ou qui entraîne un engagement de responsabilité.

3.2 Réglementation
La Loi n° 83-13 du 2 juillet 1983 relative aux accidents du travail et aux maladies
professionnelles définit l’accident de travail comme suit :

Chapitre III : Accidents indemnisés

  3  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

Art. 6. - Est considéré comme accident du travail, tout accident ayant entraîné une lésion
corporelle, imputable à une cause soudaine, extérieure, et survenu dans le cadre de la relation
de travail.
Art. 7. - Est également considéré comme accident du travail, l'accident survenu au cours:
- d'une mission a caractère exceptionnel ou permanent, accomplie hors de l'établissement
conformément aux instructions de l'employeur;
- de l'exercice ou a l'occasion de l'exercice d'un mandat politique électoral, ou bien au titre
d'une organisation de masse;
- de cours d'études suivis régulièrement en dehors des heures de travail.
Art. 8. - Est, en outre considéré comme accident du travail, même si l'intéressé n'a pas la
qualité d'assuré social, l'accident survenu au cours;
- d'actions et d'activités commandées, qu'organisent le Parti, les organisations de masse et les
unions professionnelles;
- d'activités sportives organisées dans le cadre d'associations;
- de l'accomplissement d'un acte de dévouement dans un intérêt public ou de sauvetage d'une
personne en danger.
Art. 9. - La lésion se produisant ou le décès survenant, soit au lieu et au temps du travail, soit
en un temps voisin de l'accident, soit au cours du traitement consécutif a l'accident, doivent
être considérés, sauf preuve contraire, comme résultat du travail.
Art. 10. - Toute affection préexistante dont la preuve est administrée qu'elle n'a été ni
aggravée, ni provoquée, ni révélée par l'accident, ne peut être prise en charge au titre de la
présente loi.
Art. 11. - La présomption d'imputabilité du décès au travail ou a l'accident tombe, si les
ayants droit de la victime s'opposent a ce qu'il soit procédé à l'autopsie demandée par
l'organisme de sécurité sociale, à moins qu'ils n'apportent la preuve du lien de causalité entre
l'accident et le décès.
Art. 12. - Est assimilé à un accident du travail, l'accident survenu pendant le trajet effectué
par l'assuré pour se rendre a son travail ou en revenir, quelque soit le mode de transport
utilisée, a condition que le parcours n'ait pas été, sauf urgence ou nécessité, cas fortuit ou
force majeure, interrompu ou détourné.
Le parcours ainsi garanti est compris entre, d'une part, le lieu du travail et, d'autre part, le lieu
de résidence ou un lieu assimilé, tel que celui ou le travailleur se rend habituellement, soit
pour prendre ses repas, soit pour des motifs d'ordre familial.

3.3 Que prévoit la réglementation en cas d’accident de travail ?

3.3.1 En cas d’accident du travail


Déclarez ou faites déclarer l’accident à votre employeur dans les 24 heures qui suivent sauf
cas de force majeure.
Vérifiez ou faites vérifier que votre employeur a déclaré votre accident à l’agence de wilaya
dont vous dépendez dans les 48 heures à compter de la date où il a eu connaissance de
l’accident.
Cette déclaration s’impose même si l’accident n’a pas entraîné d’incapacité de travail.
En cas de négligence de l’employeur, la déclaration peut être faite avant la limite des délais de
prescription, par :

  4  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

− La victime.
− Les ayants droit.
− L’inspecteur du travail

3.3.2 En cas d’accident du trajet


Si l’accident a nécessité un constat effectué par la police ou la gendarmerie, il doit être
envoyé à l’agence de wilaya dans les dix jours qui suivent l’accident. Une copie de ce procès
verbal peut être remise :
− à la victime,
− ou à ses ayants droit

3.3.3 Dans les deux cas


Pour tout accident, si bénin soit-il consultez un médecin et demandez lui de vous délivrer un
certificat médical initial en 2 exemplaires (suivant modèle réglementaire fourni par l’agence) :
− L’un destiné à votre agence de wilaya.
− L’autre sera conservé par la victime.

Ce certificat doit mentionner le plus de renseignements possibles :


− La description détaillée de votre état.
− Le traitement médical prescrit.
− La durée probable de l’incapacité de travail.
La victime doit se présenter au contrôle médical de son Agence de wilaya. L’avis du contrôle
médical est obligatoire lorsque l’accident a entraîné ou est susceptible d’entraîner la mort ou
une incapacité permanente.
A l’issue de l’interruption de travail, la victime doit retourner chez son médecin traitant pour
l’établissement du certificat descriptif final de guérison ou de consolidation (en 2
exemplaires).

3.4 Les coûts liés aux accidents de travail et maladie professionnelle


On estime que le coût des accidents et maladies professionnelles est énorme pour les
employeurs. Pour une petite entreprise, le coût d'un seul accident peut être une catastrophe
financière.

3.4.1 Les coûts directs pour les employeurs sont notamment:


• paiement du travail non effectué;
• frais médicaux et indemnités;
• remplacement ou réparation des machines et équipements endommagés;
• réduction ou arrêt temporaire de la production;
• éventuelle réduction de la qualité du travail;
• effet négatif sur le moral des autres travailleurs.

3.4.2 Les coûts indirects sont les suivants:


• le travailleur blessé ou malade doit être remplacé;
• un nouveau travailleur doit être formé et il faut lui laisser le temps de s'adapter;
• il faut un certain temps que le nouveau travailleur soit aussi productif que l'ancien;

  5  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

• les accidents préoccupent souvent les autres travailleurs et ont une influence négative
sur les relations entre travailleurs et employeurs;
• l'existence de mauvaises conditions d'hygiène et de sécurité sur le lieu de travail peut
aussi donner une image négative de l'entreprise.

3.5 Caractéristiques et causes de l’accident

3.5.1 Statistiques
− Dans le monde : 2,3 millions de décès dus aux AT sont enregistrés chaque année.
− En Algérie : les dernières statistiques du ministère du Travail et de la Sécurité sociale :
• 50 000 AT/ an
• 520 MP
• Perte de 15 000 jours /an
• Le coût annuel de ces accidents = 19 milliards de dinars
• Les secteurs les plus touchés : les travaux publics et la métallurgie

3.5.2 Causes des accidents


a- Le facteur humain :
− manque de connaissance ou de compétence
− motivation incorrecte
− conditions physiques ou mentales
− degré d’alphabétisation ou aptitude
b- L'environnement
− l'environnement organisationnel : les attitudes de la direction, la rémunération, la
formation, le contrôle du travail.
− l'environnement immédiat : Agents chimiques, agents biologiques, agents physiques,
agents mécaniques, agents psychosociaux…

4 Les maladies professionnelles

4.1 Définition
Une maladie est dite professionnelle si elle résulte :
• de l'exposition d'un travailleur à un risque physique, chimique ou biologique,
• des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle.

Qu'est-ce qu'une maladie professionnelle ?

Une maladie professionnelle est la conséquence directe de l'exposition d'un travailleur à un


risque physique, chimique, biologique ou résulte des conditions dans lesquelles il exerce son
activité professionnelle. Par exemple, l'inhalation fréquente de poussières ou de vapeurs
toxiques, le contact cutané avec des produits chimiques, l'exposition répétée au bruit ou à des
vibrations, la manutention de charges lourdes...

  6  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

4.2 Statistiques

30 % des maladies professionnelles reconnues dans l’Algérois de 1976à1988 sont des


dermatoses professionnelles, elles viennent au 3éme rang après les pneumoconioses et les
surdités. Le secteur le plus touché est celui des B.T.P (ciment) soit 27%des cas, machiniste
23%, mécanicien 15% et peintre 15%.

4.3 Déclaration des maladies professionnelles :


En application de la loi n° 83-13 suscitée, sont considérées comme maladies professionnelles,
les intoxications, infections et affections présumées d'origine professionnelle particulière.
ü Tout employeur qui utilise des procédés de travail susceptibles de provoquer des
maladies professionnelles est tenu d'en faire la déclaration à :
ü L’organisme de sécurité sociale ;
ü à l'inspection du travail ou au fonctionnaire qui en exerce les fonctions en vertu
d'une législation spéciale;
ü à la direction de la santé de la wilaya ;
ü et aux organismes charges de l'hygiène et de la sécurité.
ü la date de la première constatation de la maladie professionnelle est assimilée à la
date de l’accident.
Toute maladie professionnelle, doit être déclarée à l'organisme de sécurité sociale par :
ü La victime dans un délai de 15 jours au minimum et de trois (03) mois au
maximum qui suivent la première constatation médicale de la maladie.
ü La liste des maladies professionnelles présumées d'origine professionnelle probable
ainsi que les travaux susceptibles de les engendrer et la durée d'exposition aux risques
correspondants à ces travaux, seront fixées par voie réglementaire.

4.4 Les tableaux de maladies professionnelles


Les tableaux de maladies professionnelles, introduits par la législation de sécurité sociale, aux
termes de l’ordonnance de 1966 sus - citée, ont fait l’objet de maintes révisions , comme il
avait été prévu dans l’article 129 de ce texte .Cette disposition à été reconduite par la loi 83-
13. Et la dernière révision à été faite le 5 mai 1996 révision qui porta le nombre de tableaux
de 62 à 84, enrichissant la liste de 22 nouveaux tableaux.

Les tableaux sont classes en trois groupes :


Groupe I :
Ceux qui énumèrent les manifestations morbides d’intoxication aiguës ou chroniques
présentées par les travailleurs exposés d’une façon habituelle à l’action des agents nocifs
mentionnés par ces tableaux. Exemple : intoxication par le tétrachloréthane.
Sur ces tableaux figure à titre indicatif, la liste des principaux travaux comportant la
manipulation ou l’emploi des agents nocifs.

Groupe II :
Ceux qui énumèrent les infections microbiennes visées qui sont présumées avoir une origine
professionnelle lorsque les victimes ont été occupées d’une façon habituelle aux travaux
limitativement énumérés par ces tableaux. Exemple : tétanos professionnel.

  7  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

Groupe III :
Ceux qui énumèrent, les affections présumées résulter d’une ambiance, ou d’attitudes
particulières, nécessitées par l’exécution des travaux, qui sont limitativement énumérés par
ces tableaux.
Tableaux des maladies professionnelles prévus à l’Article R 461-3 du Code de la Sécurité
Sociale

 
Tableau 1 : Tableau n° 11(intoxication professionnelle par le tétrachlorure de carbone)

5 Les principes de prévention et la réglementation


La Loi 88-07 du 26/01/88 relative à l ’Hygiène, à la Sécurité et à la Médecine du Travail dans son
Article 3 :
"L’organisme employeur est tenu d’assurer l’hygiène et la sécurité aux travailleurs.

« Le chef d’établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger les
travailleurs de l’établissement, y compris les travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des
actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en
place d’une organisation et de moyens adaptés »"

Le chef d’établissement par le biais des services de sécurité de l’entreprise met en œuvre les mesures
prévues sur la base des principes généraux suivants :

• Éviter les risques.


• Évaluer les risques qui ne peuvent être évités.
• Combattre les risques à la source.
• Adapter le travail à l’homme (conception du poste de travail).
• Tenir compte de l’état d’évolution de la technique.
• Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou moins dangereux.
• Planifier la prévention.
• Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les
protections individuelles.
• Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

  8  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

6 Typologie des risques

− Risque de chute de plain-pied et de chute de hauteur


− Risque d’effondrement et de chute d’objets
− Risque lié à la circulation et aux déplacements dans l’entreprise
− Manutention manuelle et posture (risque ergonomique)
− Risque électrique
− Manutention mécanique
− Risques majeurs
− Radioactif
− Risque de nuisances physiques
− Intervention d’une entreprise extérieure
− Risque chimique
− Risque biologique
− Etc…

7 La gestion du risque

7.1 Définition
La gestion du risque peut être définie comme l’ensemble des activités coordonnées en vue de
réduire le risque à un niveau jugé tolérable ou acceptable.
La gestion du risque est un processus itératif qui inclut notamment les phases suivantes :
− Appréciation du risque (analyse et évaluation du risque) ;
− Acceptation du risque ;
− Maîtrise ou réduction du risque

  9  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

7.2 Démarche de maitrise du risque

Figure 2– Processus de gestion du risque [ISO 99]

Identification  des  unités  de  travail

Identification  des  dangers  et    des  risques              avec  les  


opérateurs  (APR)

Évaluation  et  hiérarchisation  des  risques

Détermination  des  priorités  et  plan  d’action        (programme  de  


prévention)

Mise  en  place  et  suivi  de  la  maîtrise  des  risques

Figure 3 - Les étapes de la gestion des risques

  10  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

7.2.1 Identification des unités de travail


a. Les unités de travail peuvent être définies :
− Géographiquement
- ligne de production, atelier,
- zones de stockage, zones circulations, …
− Fonctionnellement
- service maintenance, service commercial, …
- intervenants extérieurs
b. Analyse du process et des tâches par unité de travail
• Représentation du process par schémas
• identification des postes de travail
• les entrées, les sorties
• Environnement des postes de travail (situation, accès, bruit…)
• Identification des matériels et produits :
• équipements de travail;
• produits
• Identification des personnes :
• personnels affectés;
• postes de travail et tâches des opérateurs; équipements individuels
portés

7.2.2 Identification des dangers et des risques avec les opérateurs


C’est l’inventaire des dangers et des risques identifiés dans chaque unité de travail
• A partir de la connaissance du process
• A partir du retour d’expériences
• Connaissance des opérateurs (perception des risques)
• Accidents, incidents, dysfonctionnements, …
• Maladies, arrêts de travail,
• Turnover, absentéisme, …
• En identifiant les situations dangereuses liées :
• au manque de formation : opérateurs, nouveaux arrivés…
• à l’organisation : directives, planification, procédures …

7.2.3 Évaluation et hiérarchisation des risques


C’est cette étape qui permet de hiérarchiser les risques identifiés et ainsi d’orienter les
priorités d’action. Cette hiérarchisation se fait à partir d’une matrice de cotation. Une matrice
est un tableau croisant plusieurs critères réparti sur des échelles de cotation à attribuer au
risque considéré et permettant ainsi de noter les risques les uns par rapport aux autres.

Les matrices les plus simples croisent deux critères :


- La gravité du dommage ;
- La probabilité de survenance de l’événement dangereux.

  11  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

Le risque résulte donc, de la probabilité d’occurrence d’un dommage résultant d’une


exposition à un danger. C’est la résultante de deux paramètres : la probabilité et la gravité.
Plus la probabilité et la gravité d’un événement sont élevées plus le risque est élevé.
• en abscisse : la sévérité (ou gravité) des effets et des conséquences du risque
considéré,
• en ordonnée : la probabilité d’occurrence du risque.

Criticité (C) = combinaison de gravité et de probabilité d’occurrence du dommage

Figure 4 – Évaluation du risque en fonction de la probabilité et de la gravité

Afin d’attribuer une note par critère, il convient de prendre en compte les éléments suivants :
- La fréquence, la durée, les circonstances et les conséquences de l’exposition à la
situation dangereuse ;
- Les dispositifs de prévention, de protection et de limitation en place ;
- L’historique (s’il existe) des accidents et des incidents de l’unité de travail considérée
: accident du travail, accident de trajet, maladies professionnels, accidents bénins,
incidents, etc. ;
- L’historique des accidents du travail et des maladies professionnels dans des sites
d’activités comparables ;
- régularité de réapparition du risque
- fréquence de répétition du risque
- nombre de salariés concernés (au poste ou dans l'environnement susceptible d'être
concerné)
- gravité des conséquences possibles (atteinte des salariés, atteinte de points
stratégiques de l'entreprise)
- Etc.
-
Méthodes d’évaluation du risque
La matrice de risque
C’est est un outil d’aide à la décision pour :
- la hiérarchisation des scénarios pouvant mener à un accident majeur ;
- la définition de mesures de réduction des risques à la source ;
- l’élaboration des plans de prévention et de protection.

  12  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

Estimer la gravité :

1. faible (accident sans arrêt de travail)


2. moyen (accident avec arrêt de travail)
3. grave (accident avec incapacité permanente)
4. très grave (décès)
Estimer la probabilité :

1. très improbable
2. improbable
3. probable
4. très probable

)'$*+,-.," ='0:&:494($" ='0:&:494($"


,(/0+"1+'$,"" 1 &%%&'450-" 1 &%%&'450-"1+"
1 ,2%03450-" 1 +-"$<$-,>,-(" 10>>&7,"
6+"1&-7,'" 1$.9,-.?,+'"
=>

=>
=>

)&4:9,"
@ABC'D3"4>%'0:&:9,E"
8&',",(/0+"
.0+'(,"1+'$," ;9,<$,"
1 ,2%03450-" FA"BG>%'0:&:9,E"

#$%&'(" )&4:9,"
HA"B='0:&:9,E"
)'$*+,-(",(/0+"
90-7+,"1+'$,"
1 ,2%03450-"
;9,<$," IA"BC'D3"%'0:&:9,E"
!"
7  

Figure 5 : Estimation de la probabilité  

Les expérimentations en entreprise montrent que cette estimation se fait aisément.

Fréquence et/ou durée d'exposition:

Exemple:

Travail journalier sur une machine ou intervention ponctuelle sur une toiture. Pour déterminer
la probabilité d'apparition de l'évènement dangereux qui a été défini, on pourra utilement tenir
compte des statistiques d'accidents par rapport au danger considéré. Plus que les termes (de
très improbable à très probable), il est préférable de ne retenir que les chiffres. Le croisement
de la gravité et de la probabilité permet de définir des priorités de 1à 3.

Remarques : en terme de prévention, les priorités 1 seront traitées en premier lieu. En


entreprise, cette évaluation permet de définir le contenu des programmes annuels de

  13  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

prévention. Cette grille d'évaluation n'a pas de caractère officiel: certaines entreprises
considère toute la gravité 4 en priorité 1.

Niveau de gravité

Très
grave 4 Priorité 1
Grave 3

Moyen 2 Priorité 2
Faible 1 Priorité 3 Niveau
de
1 2 3 4 probabilité

Très Improbable Probable Très


improbable probable

Figure 5 : Gille d’évaluation des risques

  14  
CHAPITRE 1 : La santé et la sécurité au travail  

GRILLE D ANALYSE DES RISQUES


NOP;K)JK);L1Q1P/8) J1;K8) LKJ1M;KNL8)

!"#$%&'()*%(+,-,$.,) /0."'()'$)12,"(#,)) A-'I%I"4"#0) 65%4$%&'() @,.$-,.)*,)>-05,(&'()


+-%5"#0)
3)4%).%(#0) KH".#%(#,.) R)>-'>'.,-)

!"#$%&#$'()*!)+&),-&.$#!) !"#$%&#$'()*!)+&)/-'0&0$+$#!) !.&+1&#$'()*1)-$"21!)


gravité
78)%99"*,(#)*$)#-%5%"4):1;<)'$)=%4%*",) ?-0F$,(9,),#G'$)) A-'I%I"4"#0)* %>>%-"&'()
)))))>-'?,.."'((,44,):@A<).%(.)%--B#) *$-0,)* ,H>'."&'( ) ))))))))*,)4%)40."'() 4
C8)1;)'$)@A)%5,9)%--B#) ?%"I4,) Priorité 1
?%"I4,) 7) 3
D8)1;)'$)@A)%5,9)-,(#,) 04,50,)
C)
2 Priorité 2
E8)1;)'$)@A)='-#,4) *0>%-#)
?%"I4,)
04,50,) D) 1 Priorité 3

 
04,50,) probabilité
E) 1 2 3 4

  15  

Vous aimerez peut-être aussi