Leçon 16
Introduction aux Réseaux de PETRI
Objectif :
A l'issue de la leçon l'étudiant doit être capable :
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Leçon 16 : Introduction aux Réseaux de PETRI
SOMMAIRE
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Introduction
En 1964 « Carl Adam Pétri » a définit les réseaux qui portent depuis son nom. Le formalisme
des réseaux de Pétri est un outil permettant l'étude de systèmes dynamiques et à
évènements discrets. Il permet d'obtenir une représentation graphique (mathématique)
modélisant le système. L'analyse de cette représentation (réseau de Pétri) peut révéler des
caractéristiques importantes du système concernant sa structure et son comportement
dynamique.
Les Caractéristiques principales des RdP sont :
Distribution des états et des changements d’états dans le réseau.
Dépendance et indépendance d’ensembles d’événements représentées
explicitement (relations de causalité).
Représentation à différents niveaux d’abstraction (i.e. détaillés comme abstraits).
Vérification des propriétés possibles car basées sur un formalisme mathématique
rigoureux.
Modélisation simulable.
Représentation graphique.
Notions de Base
Définition d'un RdP
Un RdP est un graphe composé de 2 types de nœuds :
- Les places (Pi) qui permettent de décrire les états du système modélisé. L'ensemble de ces
places est noté P = {P1, P2, ...}.
- Les transitions (Ti) qui représentent les changements d'états. L'ensemble de ces transitions
est noté T = {T1, T2, ...}.
Les places et transitions sont reliées par des arcs orientés. On dira qu’un RdP est un graphe
biparti orienté. Places, transitions et arcs.
Eléments Définition Représentation
Il s’agit d’une condition, un P
Place prédicat logique d'un état du
système. Elle est soit vraie,
soit fausse.
Une place est représentée
par un cercle.
Il s’agit des événements qui
Transition sont des actions se déroulant T
dans le système. Le
déclenchement d'un
événement dépend de l'état
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du système.
Un état du système peut
être décrit comme un
ensemble de conditions.
Les conditions nécessaires au
déclenchement d'un
événement sont les pré-
conditions de l'événement.
Une transition est
représentée par un trait.
Un arc reliant une place à
une transition :
_
Arc
Un arc reliant une transition
à une place :
Marquage
Chaque place contient un nombre entier positif ou nul de marques ou jetons. Le nombre de
marque contenu dans une place Pi sera noté soit M(Pi) soit mi. Le marquage du réseau à
l'instant i, Mi est défini par le vecteur de ces marquages mi : Mi = (m1, m2, …, mn). Il s’agit
d’un vecteur colonne de dimension le nombre de places dans le réseau. Le marquage dit
initial décrit l'état initial du système modélisé (M0).
On appelle Réseau de Pétri non marqué le quadruplet Q =< P; T; I;O > où :
– P est un ensemble fini non vide de places ;
– T est un ensemble fini non vide de transitions ;
– P∩T = l’ensemble vide ;
– I(Ti) est l’ensemble des places qui sont en entrée de la transition i ;
– O(Ti) est l’ensemble des places qui sont en sortie de la transition i.
On appelle Réseau de Pétri marqué R =< Q ; M0 > où M0 est le marquage initial.
Q définit la structure du RdP. Le marquage à un instant donné définit la valeur des variables
d’´état du RdP à un instant donné.
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Exemple 1 :
Exemple 2 :
Exemple 3 :
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Remarque : Le marquage à un instant donné définit l'état du RdP, ou plus précisément l'état
du système décrit par le RdP. L'évolution de cet état correspond donc à l'évolution du
marquage (par franchissement de transitions). Par abus de langage, nous appellerons des
RdP marqués (Rdp) et les Rdp non marqués. A tout marquage accessible à partir du
marquage initial par franchissement d'une séquence de transitions correspond un état du
système.
Franchissement d'une transition
Une transition est franchissable (ou validée) lorsque toutes les places qui lui sont en amont
(ou toutes les places d'entrée de la transition) contiennent au moins un jeton ou bien le
nombre de jetons exigé par une condition de franchissement.
Exemple 1 :
Cas1 Cas2 Cas2 après franchissement
T2 ne peut pas être franchie Le franchissement consiste à Le franchissement de T1
car P2 ne contient aucun retirer un jeton de chacune consiste à enlever un jeton
jeton. des places d'entrée et à de P1 et un jeton de P2 et à
rajouter un jeton à chacune rajouter un jeton dans P3 et
des places de sortie de la un jeton dans P4.
même transition.
Exemple 2 :
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Cas3 Cas3 après franchissement
Le franchissement de T1 consiste à enlever
un jeton de P1 et à ajouter un jeton à
chacune des places P2, P3 et P4.
Remarque : Une transition franchissable n'est pas forcément immédiatement franchie.
Exemple 3 : Transition source
Une transition sans place d'entrée est toujours franchissable : c'est une transition source.
Le franchissement d'une transition source consiste à rajouter un jeton à chacune de ces
places de sortie.
Exemple 4 : Transition puits
Une transition sans place de sortie est une transition puits.
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Le franchissement d'une transition puits consiste à retirer un jeton de chacune de ses places
d'entrée.
Séquence de franchissement
Une séquence de franchissement S est une suite de transitions Ti, Tj…Tk qui peuvent être
franchies successivement à partir d'un marquage donné. Une seule transition peut être
franchie à la fois.
On note alors : Mi[S-> Mj ou Mi[S > Mj ou Mi S Mj : à partir du marquage Mi, le
franchissement de la séquence S aboutit au marquage Mj.
Exemple : Séquence de franchissement
On a deux séquences de franchissement T1T2 et T1T3, donc deux marquage se présentent :
M1 pour la séquence T1T2 et M2 pour la séquence T1T3.
M0[T1T2->M1 et M0[T1T3->M2 avec M1= [0010]T et M2= [0001]T
Couverture
Un marquage Mk couvre un marquage Ml si, pour chaque place, le nombre de marques de
Mk est supérieur ou égal au nombre de marques de Ml :
Pour tout i Mk(Pi) ≥ Ml(Pi)
La couverture est stricte si de plus : il existe m tel que Mk(Pm) > Ml(Pm).
Propriété : Pour un Réseau de Pétri non marqué Q, soit L(Q;M0) l’ensemble des séquences
de franchissement à partir du marquage initial M0. Si M0’ ≥ M0 alors L(Q,M0) est inclus dans
L(Q,M0’).
Marquages accessibles
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L'ensemble des marquages accessibles *M0 est l'ensemble Mi des marquages qui peuvent
être atteint par le franchissement d'une séquence S à partir du marquage initial M0, ce
dernier est bien inclue dans cet ensemble : *M0 = {Mi tel que Mi[S-> Mj}
Pour un RdP donné, à partir d'un marquage initial M0, un marquage Mq est dit
accessible si et seulement s’il existe S tel que : M0[S -> Mq.
On dit qu'un marquage M1 couvre M2 (on note M1 ≥ M2) si et seulement si M1(Pi) ≥
M2(Pi) pour toute place Pi.
On dit qu'un marquage M1 couvre strictement M2 (on note M1 > M2) si et
seulement si M1≥ M2 et il existe au moins une place Pi telle que M1(Pi) > M2(Pi).
Ou bien, si et seulement si M1 couvre M2 et M1 différent de M2.
Exemple :
*M0 = {M0, M1, M2, M3} avec M0 = [1000]T ; M1 = [0100]T ; M2 = [0010]T et M3 = [0001]T
Remarque : une séquence peut comporter une seule transition franchissable.
Graphe de marquages
On utilise le graphe de marquages quand le nombre de marquages accessibles est fini. Pour
l’exemple précèdent on a :
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RdP autonome et non autonome
Un RdP autonome décrit le fonctionnement d'un système dont les instants de
franchissement ne sont pas connus ou indiqués.
Exemple : RdP autonome
Le moment de passage de l'été à l'automne est inconnu.
Un RdP non autonome décrit le fonctionnement d'un système dont l'évolution est
conditionnée par des événements externes ou par le temps. Un RdP non autonome est
synchronisé et/ou temporisé.
RdP Particuliers
Graphe d'état (Graphe de transitions)
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C'est une représentation graphique des possibilités d'évolution du RdP. Elle est obtenue en
partant du marquage initial et en étudiant à chaque marquage obtenu Mi après le
franchissement d’une transition Tj les différentes possibilités d’évolution du RdP. Ceci
correspond aux différentes transitions validées par le marquage Mi.
Un réseau de Pétri non marqué est un graphe d'état si et seulement si toute transition a
exactement une seule place d'entrée et une seule place de sortie.
Exemple :
Chacune des transitions T1, T2, T3, T4 et T5 possède une seule place d'entrée et une seule
place de sortie.
Graphe d'événement
Un RdP est un graphe d'événement si et seulement si chaque place possède exactement une
seule transition d'entrée et une seule transition de sortie.
Exemple :
Cas1 Cas2 Cas3
Un graphe d'événement Pas un graphe d'événement Pas un graphe d'événement
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RdP sans /avec conflit
Un Rdp sans conflit est un réseau de Petri dans lequel chaque place a au plus une transition
de sortie. Un RdP avec conflit structurel est un réseau qui possède donc une place avec au
moins deux transitions de sorties. Un conflit est noté: [Pi, {T1, T2,…, Tn}] ; avec T1, T2,…, Tn
étant les transitions de sorties de la place Pi.
Exemple :
Cas1 Cas2
RDP sans conflit RDP avec conflit -> le conflit est [P1, {T1, T2}]
RdP à choix libre
Un RdP est à choix libre est un réseau dans lequel pour tout conflit [Pi, {T1, T2,…, Tn}]
aucune des transitions T1, T2,…, Tn ne possède aucune autre place d’entrée que Pi.
RdP à choix libre étendu
Un réseau de Pétri est dit à choix libre étendu si et seulement si pour chaque conflit, toutes
les transitions de sortie de celui-ci admettent les mêmes places d’entrée.
Exemple : soit un réseau de Pétri à choix libre étendu qui admet le conflit <P1, {T2, T3} >.
Si T2 admet aussi pour place d’entrée P2 alors forcement T3 admet P2 comme place
d’entrée.
Exemple :
Cas1 Cas2
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RDP avec conflit et sans choix libre RDP avec conflit et avec choix libre
RdP simple
Un Réseau de Pétri simple est un RdP dans lequel chaque transition ne peut être concernée
que par un conflit au plus.
Exemple :
Cas1 Cas2
RDP avec conflit, sans choix libre et simple RDP avec conflit, avec choix libre et non simple
RdP pur
Un RdP pur est un réseau dans lequel il n’existe pas de transition ayant une place d’entrée
qui soit à la fois place de sortie de cette transition.
Propriété : Tout RdP impur peut être transformé en un RdP pur.
Exemple :
Cas1 Cas2
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RDP pure RDP non pure
RdP généralisés
Un RdP généralisé est un RdP dans lequel des poids (nombres entiers strictement positifs)
sont associés aux arcs.
-Si un arc (Pi,Tj ) a un poids k : la transition Tj n'est franchie que si la place Pi possède au
moins k jetons. Le franchissement consiste à retirer k jetons de la place Pi.
-Si un arc (Tj,Pi ) a un poids k : le franchissement de la transition rajoute k jetons à la place Pi.
Lorsque le poids n’est pas signalé, il est égal à un par défaut.
Remarque : Tout RdP généralisé peut être transformé en un RdP ordinaire.
Exemple :
Etat 0 Etat 1
Avant franchissement Après franchissement
RdP à capacités
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Un RdP à capacités est un RdP dans lequel des capacités (nombres entiers strictement
positifs) sont associées aux places. Le franchissement d’une transition d’entrée d’une place
Pi dont la capacité est cap(Pi) n’est possible que si le franchissement ne conduit pas à un
nombre de jetons dans Pi qui est plus grand que Cap(Pi).
Exemple :
Etat 0 Etat 1 Etat 2
Avant franchissement 1 er franchissement de T1 2 eme franchissement de T1
Le troisième franchissement de T1 n’est pas possible, parce que le nombre de jetons dans la
place P2 sera de 3 et dépassera sa capacité.
RdP à priorités
Dans un tel réseau s’il existe un marquage tel que plusieurs transitions sont franchissables,
on doit commencer par franchir la transition qui a la plus grande priorité (selon les numéros
attribués aux transitions).
Exemple :
Etat 0 Etat 1
Avant franchissement Après franchissement
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RdP Borné
Place k bornée, non bornée :
Soit un réseau R et un marquage M0. Une place Pi du réseau marqué (R, M0) est k bornée si
pour tout marquage M accessible depuis M0, M (Pi) ≤ k. Dans le cas contraire, la place p est
dite non bornée.
RdP k bornée, non bornée :
Un RdP est dit borné pour un marquage initial donné M0 si quel que soit le marquage
accessible atteint M à partir de M0 et quelle que soit la place Pi considérée, le nombre de
jetons contenus dans cette place vérifie : M (Pi) ≤ k.
« Borné »: est une propriété dépendant du marquage initial.
Pour un RdP borné, on dira également que le nombre d'états accessibles à partir de
l'état initial est fini, le graphe d'états équivalent peut donc être construit.
Lorsque la borne est égale à 1, le RdP est dit Sauf ou binaire.
Si un RdP est non borné pour M0, il est non borné pour tout marquage initial égal à
M0.
Un RdP est structurellement borné c’est un RdP borné pour tout marquage initial fini.
Propriété : Si un RdP marqué n’est pas borné pour le marquage initial M0 alors il n’est pas
borné pour le marquage initial M0’ ≥ M0.
Vivacité et blocage
Transition vivante :
Une transition Tj est vivante pour un marquage initial M0 si pour tout marquage accessible
Mi (appartenant à *M0), il existe une séquence de franchissement S qui contient la
transition Tj, à partir de Mi. Autrement dit quel que soit l'évolution, il subsistera toujours
une possibilité de franchir Tj à nouveau.
Exemple :
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Les transitions T2 et T3 sont vivantes alors que T1 ne l'est pas. En effet, elle est franchissable
uniquement au démarrage.
RdP vivant :
Un RdP est vivant pour un marquage initial M0 si toutes ses transitions sont vivantes pour
M0. Un RdP sauf et vivant est dit Conforme.
Exemple :
Le RdP présent est vivant, en effet les transitions T1 et T2 sont toujours validées
successivement.
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Remarque : Si une transition Tj est vivante alors, à tout instant, on sait que Tj peut être
franchie dans le futur. Dans le cas d’un RdP modélisant un système fonctionnant en
permanence, si une transition n’est pas vivante et si une fonction du système est associée au
franchissement de cette transition, cela veut dire qu’à partir d’un certain instant, cette
fonction ne sera plus disponible dans le futur, ce qui peut traduire une erreur ou une panne.
Quasi-vivacité :
Une transition Tj est quasi vivante pour un marquage initial M0, s'il existe une séquence de
franchissement contenant Tj à partir de M0. Un RdP est quasi vivant si toutes ses transitions
sont quasi vivantes.
Exemples :
Pour chacun des marquages suivants, déterminer la vivacité de T1 :
Blocage :
Un blocage est un marquage tel qu'aucune transition n'est validée. Un RdP est dit donc sans
blocage (pseudo vivant) pour un marquage initial M0 si aucun marquage accessible Mi n'est
un blocage.
Exemple:
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Le franchissement de T1 suivi de celui de T3 conduit à une situation de blocage. Ce RdP est
donc avec blocage.
Remarque : La vivacité indique que le système représenté est sans blocage, mais également
qu'il n'existe pas de branche morte dans le modèle graphique donc pas de spécification
incomplète.
RdP propre (Réinitialisable)
RdP propre :
Un RdP est propre si pour tout marquage M appartenant à *M0 et accessible à partir du
marquage initial M0, il existe une séquence S de franchissement qui ramène au marquage
initial.
Exemples :
Pour chacun des marquages suivants, déterminer si le RdP en question est propre ou non :
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Un RdP marqué a un état d’accueil Ma pour un marquage initial M0 si pour tout marquage
accessible Mk à partir de M0, il existe une s´séquence de franchissements permettant
d’atteindre le marquage Ma.
Exercice :
Déterminer les propriétés du RdP suivant :
Solution :
Ce RdP est borné (Sauf), avec blocage, donc il est non vivant et non propre. Cependant il est
quasi- vivant.
RDP Invariants
A partir d’un marquage initial, le marquage d’un RdP évolue par franchissements de
transitions. En l’absence de blocage, le nombre de franchissements de transitions et le
nombre de marquages effectivement réalisées sont illimitées. Il est donc difficile d’étudier
les séquences de transition et les marquages accessibles simplement par exemple en
entreprenant une énumération. On est donc amener à définir des invariants caractérisant
certaines propriétés des séquences de transitions et des marquages accessibles quel que soit
l´évolution.
Composante conservative
Lorsqu’on considère l’exemple des 4 saisons, on peut noter que la somme du nombre de
marques présentes dans le RdP à un instant donné est toujours égale à 1 (conservation du
nombre de marques) :
M(P1) +M(P2) +M(P3) +M(P4) = 1
Cette égalité exprime qu’on ne peut avoir qu’une saison à la fois. D’autre part, elle implique
que le RdP est sauf.
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Soit R un Réseau de Pétri et P l’ensemble de ses places. On a un invariant de marquage s’il
existe un ensemble de places P’ inclus dans P et un vecteur d’entiers naturels appelé vecteur
de pondérations q tels que :
P0 est appelé composante conservative. Un RdP est conservatif si et seulement si P’ = P.
Le RdP 4 saisons est conservatif.
Remarque : La propriété “composante conservative” est indépendante du marquage initial
M0. Par contre, la valeur de la constante dépend de M0.
Composante répétitive
Il s’agit ici d’étudier le comportement cyclique de l’évolution de certains RdPs, répété
indéfiniment. On appelle composante répétitive l’ensemble T0 des transitions de T
apparaissant dans la séquence S. Le RdP est dit répétitif si T = T0.
On appelle séquence répétitive stationnaire, une séquence de franchissements
S telle que M0 | S > M0. La séquence est dite complète si elle contient toutes les transitions
du RdP.
On appelle séquence répétitive croissante, une séquence de franchissements S telle que
M0 | S > M0’ avec M0’ > M0.
On appelle séquence répétitive décroissante, une séquence de franchissements S telle que
M0 | S > M0’’ avec M0 > M0’’.
Propriété : Si S est une s´séquence répétitive pour la condition initiale M0 alors c’est aussi
une s´séquence répétitive pour le marquage initial M0’ ≥ M0.
Graphe de marquages & Arborescence de couverture
Graphe de marquages
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On utilise le graphe de marquages quand le nombre de marquages accessibles est fini.
Exemple 1:
*M0 = { [2,0]T ;[1,1]T ; [0 ,2]T ; [0,1]T }
Le graphe de marquage correspondant est le suivant :
Les propriétés déterminées à partir de ce graphe des marquages sont :
- Deux blocages M2 et M3.
- 2-borné.
- Non vivant.
- Quasi-vivant.
- Non réinitilisable.
Exemple 2:
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Le graphe de marquages correspondant :
Les propriétés déterminées à partir de ce graphe des marquages sont :
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- Sauf
- Sans blocage
- Réinitialisable : a un état d’accueil M0
- 2 séquences répétitives : T1T2T3T4 et T1T3T2T4.
Arborescence de couverture
Un graphe de marquage ne peut plus être construit quand le réseau est non borné ; quand le
nombre de marquages accessibles est infini. D'où le recourt au graphe dit de couverture.
C’est un graphe à nombre de marquages fini.
Algorithme de construction d’un graphe de couverture :
Pas1 :
A partir du marquage initial M0 indiquer toutes les transitions validées et les marquages
accessibles successeurs y correspondants.
Si un des marquages est strictement supérieur à M0 (une ou plusieurs des composantes du
dit marquage est/sont plus grande(s) que celle(s) de M0), on met la variable "w" pour
chacune de ces composantes.
Pas 2 :
Pour chaque nouveau marquage Mi, on applique soit le pas 2.1 soit le pas 2.2 suivants :
Pas 2.1 :
S’il existe sur le chemin du graphe partant de M0 jusqu’à Mi (ce dernier exclut) un marquage
Mj = Mi alors Mi n’a pas de successeurs.
Pas 2.2 :
Sinon, on prolonge le graphe avec les successeurs Mk de Mi : Une composante "w" de Mi
reste inchangeable pour Mk. S’il existe un marquage Mj sur le chemin du graphe partant de
M0 à Mk tel que Mk < Mj, alors on met "w" pour chacune des composantes supérieures aux
composantes de Mi.
Remarque :
- Le marquage symbolique "w" désigne un nombre de jetons dans une place Pi qui
peut atteindre un nombre très grand (l'infinie). Il représente en effet une infinité de
marquages possibles.
- Les opérations sur "w" sont :
Exemple :
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T1 est une transition source, franchissable un nombre infini de fois. D'où le recours au
graphe de couverture.
A partir du marquage initial Mo=(0), seule la transition T1 est franchissable :
Mo[T1 >M1 = (1). M1 est supérieur à Mo donc M1=(w).
A partir de M1, les deux transitions T1 et T2 sont franchissables :
· Si on franchit T1 : M2 = (w+1)= (w) = M1 donc M2 n'a plus de successeurs.
· Si on franchit T2 : M3 = (w-1) = (w) = M1 donc M3 n'a plus de successeurs.
Le graphe de marquage correspondant :
Algèbre Linéaire
Notations et définitions
" Pré (Pi, Tj) " est le poids "k" de l'arc reliant une place à une transition.
" Post (Pi, Tj) " est le poids "k" de l'arc reliant une transition à une place.
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On appelle "matrice d'incidence avant" :
C'est une matrice notée (W-) à n lignes et m colonnes avec n le nombre de places et m le
nombre de transitions dans le RdP, sa valeur est :
On appelle "matrice d'incidence arrière" :
C'est une matrice notée (W+) à n lignes et m colonnes avec n le nombre de places et m le
nombre de transitions dans le RdP, sa valeur est :
On appelle "matrice d'incidence " :
C'est une matrice à n lignes et m colonnes avec n le nombre de places et m le nombre de
transitions dans le RdP. Elle peut être calculée comme suit :
Remarque : Dans ces matrices les transitions représentent les colonnes et les places
représentent les lignes.
Equation fondamentale ou équation d'état
Soit S une séquence de franchissement réalisable à partir d'un marquage Mi : Mi [S > Mk.
Soit S le vecteur caractéristique de la séquence S : c'est un vecteur de dimension m égale au
nombre de transitions dans le réseau. Sa composante numéro j correspond au nombre de
fois où la transition Tj est franchie dans la séquence S.
Exemple : Si on a S= T2T4T1T4T2T4 alors S = [1, 2, 0, 3]T
Si alors la séquence de franchissement S est tel que Mi [S > Mk alors l'équation
fondamentale correspondante s'écrit :
MK = Mi + W* S
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Exemple :
Soit la séquence S= T1T2 donc S = [1, 1, 0, 0]T.
La matrice d'incidence avant:
La matrice d'incidence arrière:
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La matrice d'incidence:
L'équation fondamentale correspondante à cette séquence est : M2 = M0 + W*S
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