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CoursMécaniqueQuantique (HABBOU)

Ce document présente les concepts fondamentaux de la mécanique quantique, notamment la dualité onde-corpuscule, la fonction d'onde, et l'équation de Schrödinger. Le document contient également une introduction aux opérateurs, aux postulats et à l'oscillateur harmonique en mécanique quantique.

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CoursMécaniqueQuantique (HABBOU)

Ce document présente les concepts fondamentaux de la mécanique quantique, notamment la dualité onde-corpuscule, la fonction d'onde, et l'équation de Schrödinger. Le document contient également une introduction aux opérateurs, aux postulats et à l'oscillateur harmonique en mécanique quantique.

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1

Université Hassan II – Mohammedia

F.S.T Mohammedia

Département de Physique

COURS DE MECANIQUE QUANTIQUE


MIP
MODULE P146

Réalisé par Pr. Abderrahim HABBOU

Année universitaire 2014 - 2015

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
F.S.T Mohammedia, BP 146 Mohammedia – Maroc Tél : 023 31 47 05/08 – Fax : 023 31 53 53
2

Table de matières

Chapitre 1: La Mécanique ondulatoire - Fonction d'onde et Equation de Schrödinger


I- Introduction
II- Energie et impulsion du quantum de lumière
III- Dualité onde-corpuscule Ondes de De Broglie
IV- Description physique d'une particule
IV-l Fonction d'onde
IV-2 Mesure de la position de la particule
IV-3 Ondes planes
IV- 4 Paquet d'ondes
V-Equation de mouvement; Equation de Schrödinger
V-l Equation de Schrödinger
V-2 Etats stationnaires, équation de Schrödinger indépendante du temps
Chapitre II : Formalisme mathématique de la mécanique quantique
I- Espace des états. Notation de Dirac
I-1- Espace vectoriel Euclidien
I-2 Espace Hermitien et notation de Dirac pour le produit scalaire
I-3 Espace de Hilbert et espace des états
I-3-1 Caractérisation d'un état quantique
I-3-2 Espace de Hilbert
II- Opérateurs
II-1 Définition d'un opérateur
II-2 Opérateur projecteur sur un sous espace
II-3- Relation de fermeture
II-4 Représentation d'un opérateur dans une base

III- Opérateurs hermitiques


IV-Valeurs propres et vecteurs propres
V-Algèbre des commutateurs
VI- Observable
VI-l Définition
VI-2- Ensemble d'observables qui commutent
VI-3- Ensemble complet d'observables qui commutent
3

Chapitre III : Postulats de la mécanique quantique


I- Enoncé des postulats.
I-1- Description de l'état d'un système
I-2- Description des grandeurs physiques.
I-3- Mesure des grandeurs physiques
I-4- Evolution des systèmes dans le temps
II- Règles de quantification, valeur moyenne et écart quadratique moyen d'une observable
II-1- Règles de quantification
II-2- Valeur moyenne
II-3- Ecart quadratique moyen
III- Contenu physique de l'équation de Schrödinger
III-l- Propriétés générales de l'équation de Schrödinger
III-1-1 Déterminisme dans l'évolution des systèmes physiques
III-1-2 Principe de superposition
III-1-3 Conservation de la norme
III-1-4 Evolution de la valeur moyenne
III-1-4-1 Formule générale
III-1-4-2 Application aux observables R et P (Théorème d'Ehrenfest)
III-2- Cas des systèmes conservatifs
III-2-1- Résolution de l'équation de Schrödinger
III-2-2 Etats stationnaires

Chapitre IV : Oscillateur harmonique à une dimension


I- Introduction
I-1- Définition
I-2- L'oscillateur harmonique en mécanique quantique
I-3- Propriétés générales de l'hamiltonien quantique
II- Valeurs propres de l'hamiltonien
II-1-Les opérateurs X et P
II-2-Les opérateurs a , a+ et N ( annihilation, création et nombre d'occupation)
III- Détermination du spectre
III-1- Lemmes
III-2- Le spectre de N est constitué des entiers non négatifs.
IV-Dégénérescence des valeurs propres
4

IV-1 Le niveau fondamental est non dégénéré


IV-2 Tous les niveaux sont non dégénérés
V-Etats propres de l'hamiltonien
V-1- La représentation {n }
V- 1-1 Expression des vecteurs de base en fonction de 0
V-1-2 Relation d'orthonormalisation et de fermeture
V-1-3 Actions de divers opérateurs
V-2 Fonctions d'ondes associées aux états stationnaires

Chapitre IV: Moments cinétiques


I- Introduction
II- Relation de commutation caractéristiques.
II-1- Moments cinétiques orbitaux

II-2- Généralisation : définition d’un moment cinétique

III- Théorie générale du moment cinétique.


III-1- Définition et notations
III-1-1- Les opérateurs J+ et J-
III-1-2- Notations pour les valeurs propres de J2 et Jz
III-2-3- Equations aux valeurs propres de J2 et Jz
III-2- Valeurs propres J2 et Jz
III-1-1- Lemmes
III-1-1-1 Lemme I (propriétés des valeurs propres de J2 et Jz )
III-1-1-2 Lemme II (propriétés du vecteur J-| k , j , m  )
III-1-1-3 Lemme III (propriétés du vecteur J+| k , j , m  )
III-1-2- Les opérateurs J = Jx  Jy ; action sur | k , j , m 
III-1-3- Détermination du spectre de J2 et Jz (valeurs possibles de j et de m)
IV- Application au moment cinétique orbital
IV-1- Valeurs et fonctions propres de L2 et Lz

IV-1-1- Equations aux valeurs propres en représentation { | r  }

IV-1-2- Valeurs de l et m

IV-1-2-1- l et m ne peuvent être qu’entiers


5

IV-1-2-2- Toutes les valeurs entières  0 de l sont réalisées

IV-1-3- Principales propriétés des harmoniques sphériques

IV-1-3-1- Expression générale de lm ( ,  )

IV-1-3-2- Relation d’orthonormalisation

IV-1-3-3- Relation de fermeture


6

Chapitre 1 : LA MECANIQUE ONDULATOIRE


FONCTION D'ONDE -EQUATION DE SCHRÔDINGER

I- Introduction
La mécanique quantique est une théorie adaptée à l'étude, compréhension et prévisions des
conséquences des lois de l'espace microscopique, Cette théorie a eu historiquement pour
origine une série de difficultés et de contradictions auxquelles s'est heurtée la physique
classique, en cherchant à expliquer les échanges d'énergie entre la matière et le rayonnement.

II- Energie et impulsion du quantum de la lumière


En 1901 Max Planck établit une loi de répartition de l'énergie dans le spectre du corps noir en
équilibre thermique (c à d un corps absorbant toute l'énergie incidente de la lumière), qui était
conforme à l'expérience. C'est cette loi qui constitua le point de départ du développement de
la théorie quantique.
Cette loi se fonde sur l'hypothèse du caractère discret des processus d'émission et d'absorption
de la lumière par la matière et admet donc que la lumière est émise ou absorbée par des
portions finis appelées quanta de la lumière ou photon (du latin quantum : quantité).
L'énergie du quantum de lumière est proportionnelle à la fréquence des oscillations
lumineuses v et s'exprime par l'égalité.
E = h = ħ (I.1)
Ou h est la constante de Planck reconnut comme fondamentale.

h = 6,6262 10-34 Joule seconde


ħ = h/2 = 1.0546 10-34 Joule seconde
Après qu'Einstein eut démontré qu'il est nécessaire d'attribuer au quantum de lumière, en plus
d'une énergie E une certaine impulsion p=E/c dont la direction coïncide avec celle de la
propagation de la lumière, la conception des quanta de lumière reçut sa forme définitive,
L'introduction du vecteur d'onde k dont les composantes sont:
kx = (2 /) cos ky = (2 /) cos kz = (2 /) cos
 : étant la longueur d'onde et les cosinus directeurs de la normale à l'onde lumineuse.
L'expression de l'impulsion du quantum de lumière sous sa forme vectorielle
p=ħk (I.2)
Les formules sont les équations fondamentales de la théorie quantique de la lumière; elles
établissent des corrélations entre, d'une part, l'énergie E et l'impulsion p d'un quantum de
7

lumière et d'autre part, entre la fréquence  et la longueur d'onde  d'une onde


monochromatique plane dont la direction de propagation est déterminée par le vecteur k.

III- Dualité onde-corpuscule - Ondes de De Broglie


L'idée de base de De Broglie réside dans l'extension des lois fondamentales de la théorie
quantique de la lumière (I.l) et (I.2) au mouvement des particules.
De Broglie attribue à chaque particule d'énergie E et d'impulsion p se déplaçant librement,
une onde plane:
(r , t) = C exp [i(k r - t)] (I.3)
Ou r est le rayon vecteur d'un point de l'espace arbitrairement choisi, t le temps.

La fréquence  et le vecteur d'onde k de cette onde sont liés à l'énergie et à l'impulsion de la


particule par les mêmes équations qui ont été établies pour les quanta de la lumière soit:
E = h = ħ (I.4)
p=ħk (I.5)

Ce sont les équations fondamentales de De Broglie.


Pour la lumière on disposait initialement d'une conception ondulatoire à laquelle la mécanique
quantique a adjoint la conception corpusculaire en introduisant les notions d'impulsion et
d'énergie du quantum de lumière.
Par contre pour les particules (électrons, neutrons, atomes, etc …) nous disposons à l'origine
de la représentation classique du mouvement des corpuscules; conformément aux idées de De
Broglie on a adjoint à ces notions classiques les conceptions de la théorie ondulatoire de
fréquence  et de longueur d'onde:
 = 2 /k (I.6)
En portant dans (I.3) les valeurs de  et de k données par (I.4) et (I.5) nous arrivons à une
nouvelle expression de l'onde (I.3).

(r , t) = C exp i [(pr/ ħ) – (Et/ħ)] (I.3)

Cette onde là sera appelée onde de De Broglie.


IV- Description physique d'une particule
IV-l- Fonction d'onde
8

Il faut d'abord, décrire l'état d'un système, c à d lui associer une représentation mathématique
qui le définisse de façon opératoire.
Exemple: en mécanique Newtonienne, l'état d'un point matériel de masse m est décrit à
l'instant t par sa position x(t) et sa vitesse v(t) ou son impulsion p = mv
Posons le principe suivant:

Principe 1
a- La description d'une particule de masse m à l'instant t se fait au moyen d'une fonction
d'onde complexe (r, t) dont l'interprétation physique est que la probabilité de trouver la
particule à l'instant t dans un volume d3r entourant le point r est:
d(P(r)) = (r , t)2 d3r (I.7)
b- Toute superposition linéaire de fonctions d'ondes est une fonction d'onde possible.
c- Si la particule est dans le vide et ne subit l'action d'aucune force, la fonction d'onde satisfait
l'équation aux dérivées partielles.
i ħ (r, t)/ t = - (ħ2/2m) (r, t) (I.8)
Ou  est le laplacien
 = 2/x2 + 2/y2 + 2/z2 (I.9)
Remarque
La mécanique quantique a ceci de particulier que l'état de la particule y est décrit par la
fonction d'onde complexe (r , t) qui par elle même n'a pas de contenu physique, mais la
carré du module (r , t)(r , t)*= (r , t)2 s'interprète comme la densité de probabilité de
trouver la particule en un point déterminé de l'espace.
La probabilité totale de trouver la particule en n'importe quel point de l'espace est égale à un,
il s'ensuit :
  (I.10)

IV-2- Mesure de la position de la particule


La description probabiliste, par une fonction d'onde, que nous introduisons en mécanique
quantique, a le sens suivant.
Si nous préparons indépendamment un nombre très grand N de particules dans le même état,
c.à.d que ces N particules sont décrites strictement par la même fonction d'onde au moment
ou s'effectue une mesure de position sur chacune d'elles.
9

L'ensemble des N résultats de mesure ri, i = 1,….,N ne sont pas identiques, à la précision de
mesure près, mais au contraire distribués suivant la loi de probabilité (I.7).
La valeur moyenne de ces résultats qu'on appellera valeur moyenne de la position de la
particule est notée  r , on a :
Cette équation peut s'étendre à l'ensemble des trois équations pour les 3 coordonnées (x, y, z).
La dispersion des résultats sera caractérisée par un certain écart type, que l'on appellera l'écart
quadratique moyen sur la position de la particule. On a coutume de considérer séparément les
écarts x, y, z sur les trois coordonnées.
(x) =  x2   x 2 (I.12)
Plus ces écarts seront faibles meilleure sera la localisation des particules.

IV-3- Ondes planes


L'onde plane est une forme particulière (simple) de la forme générale de la fonction d'onde.
(r , t) = A exp [i(k r - t)] (I.13)
Cependant l'intensité de cette onde, qui détermine la probabilité de trouver la particule en r à
l'instant t, est indépendante de r: (r , t)(r , t)*= A2 uniforme quelque soit r.
(r, t) n'est pas adaptée à la description d'une particule localisée dans un domaine restreint de
l'espace.

IV-4- Paquet d'ondes


Une onde plane de type (1.13), dont le module est constant dans tout l'espace, ne peut donc
représenter un état physique pour la particule. Pour remédier à ce problème, on considère une
superposition d'ondes planes appelée "Paquet d'ondes".
(r, t) =  (I.14)
dans lequel la fonction A(k) n'a de valeur appréciable que dans un domaine restreint entourant
la valeur la plus probable de k. Le centre du paquet d'ondes est le point ou la probabilité de
trouver la particule est maximale, et c'est la vitesse de ce centre (vitesse de groupe) qui, à
l'approximation classique, doit être assimilée à la vitesse classique y de la particule. Cette
assimilation conduit à la relation de De Broglie entre la quantité de mouvement p de la
particule libre et le vecteur d'onde : p = ħ k.

2 Vg A(k)2
10

x0 x k0 k

Si l'onde  (r, t) est relativement bien localisée, à l'instant t, 2 n'est important que dans un
petit volume  entourant un point r0(t).
Si, en outre, l'onde est assez monochromatique en ce sens que A(k)2 est très concentré au
voisinage d'une valeur k0, alors la position r0(t) du maximum 2 ne se déplace pas à la
vitesse de phase des ondes monochromatiques v = /k, mais à une autre vitesse, dite vitesse
de groupe.
v = (/k) k=k0 (I.15)

V- Equation du mouvement; Equation de Schrödinger


Dans cette partie, nous posons le problème de la dynamique de la particule placée dans un
champ de force donné.
En mécanique classique, partant d'un potentiel V(r) et de la force F = - V(r) exercée sur la
particule, on calcule son évolution par la loi de Newton F = dp/dt.
Ceci est remplacé en mécanique quantique par une équation donnant au cours du temps
l'évolution de la fonction d'onde  (r, t). Nous avons déjà écrit l'équation d'onde dans le vide
(équation I.8), nous allons expliquer ce que devient cette équation lorsque la particule se
trouve dans un potentiel V(r). Ce fut la première contribution de Schrödinger.

V-1- Equation de Schrödinger


Principe II: Lorsque la particule est placée dans un potentiel V(r), l'évolution dans le temps
de la fonction d'onde est régie par l'équation de Schrödinger.

i ħ (r, t)/ t = - (ħ2/2m) (r, t) + V(r, t) (r, t) (I.16)

Notons que cette équation est linéaire et qu'elle se réduit à (I.8) pour une particule libre.
11

Notons également que c'est une équation aux dérivées partielles du premier ordre dans le
temps. Par conséquent, elle détermine la fonction d'onde (r, t) à tout instant si l'on connaît
celle-ci à un instant initial t0 (t > t0). Etant donné l'état de la particule à t0, l'équation de
Schrödinger détermine complètement l'état de la particule à tout instant ultérieur.
La justification de l'équation de Schrödinger tient dans ses conséquences: on vérifie qu'elle
donne de bons résultats.

V-2- Etats stationnaires, équation de Schrödinger indépendante du temps


Lorsque le potentiel V(r, t) ne dépend du temps V(r), le système est isolé. En théorie classique
son énergie est bien déterminée et constante. En mécanique quantique, nous allons chercher
les solutions particulières dans lesquelles, variables d'espace et de temps se séparent.
Considérons le problème à une dimension
On fait une séparation des variables de position et du temps, en posant :
(x, t) = (x) g(t)

i (x, t) = i (x) g(t) (I.17)

- (x) + V(x) (x) g(t) = [- + V(x)] (x, t) (I.18)

En égalant les deux membres et en divisant par (x) g(t)

- (x)]/(x) = i g(t)]/g(t) E = constante (I.19)

Ils ne peuvent être égaux qu’à une constante E. On a immédiatement :

g(t) = C (I.20)
Par conséquent (x, t)2 ne dépend plus du temps, c’est un état stationnaire. Par ailleurs on a
aussi :

- (x) + V(x) (x) = E (x) (I.21)

VI- Principe d'incertitude de Heisenberg


En physique classique, la notion de trajectoire existe, et on peut mesurer avec précision la
position x et d'impulsion px. Par contre, dans un système quantique, on ne peut pas mesurer
avec autant de précision que l'on veut la position x et l'impulsion px de la particule, du fait
que la trajectoire n'a pas de sens.
Toute mesure sur un système quantique se traduit par une perturbation importante du système.
12

D'ou le principe d'incertitude de Heisenberg:


x x  ħ y y  ħ z z  ħ
En général
x x  ħ/2 y y  ħ/2 z z  ħ/2
13

Chapitre II: Formalisme mathématique de la mécanique quantique

I- Espace des états. Notation de Dirac


I-1- Espace vectoriel Euclidien
 est un espace euclidien si  est un espace vectoriel sur  muni d'un produit scalaire.
Soit (el, e2,… , en) une base orthonormée de  .
v  v = v1e1 + v2e2 + ……….+ vnen =

Le vecteur v est représenté par une matrice colonne :

Un élément quelconque, ou vecteur de l'espace  est appelé vecteur ket, ou plus simplement
ket. Pour des raisons de simplicité, Dirac le note par le symbole  , en mettant à l'intérieur un
signe distinctif permettant de caractériser le ket v par  v :
La base est notée: { e1,  e2,……,  en }
Donc le ket est noté:
 v  = v1  e1 + v2  e2 + ……….+ vn  en =  
La matrice colonne est la représentation d'un vecteur droit. A partir de la matrice colonne, on
peut définir la matrice ligne (v1 v2 ……….vn ) que l'on note   appelé vecteur gauche ou
bra:
 v  = (v1 v2 ……….vn )
v    v   * espace dual de 

Soit, w =

Le produit scalaire des deux vecteurs  v  et  w  est en notation classique:


v. w = v1 w1 + v2w2+ ……..+ vnwn = ( v  ,  w )
Ce qui implique
14

( v  ,  w ) = (v1 v2 ……….vn )

=  v . w  = =  v  w 
Remarque
Les composantes vi et wi sont des réelles donc :
( v  ,  w ) =  v  w  =  w  v 
{ e1,  e2,……,  en } base orthonormée   ei  ej  = ij
vi =  ei  v 

I-2 Espace Hermitien et notation de Dirac pour le produit scalaire


Un espace Hermitien est un espace vectoriel sur C.
Donc, le ket est noté:
 v  = v1  e1 + v2  e2 + ……….+ vn  en =  
a pour composantes vi appartenant à C.
Le vecteur gauche ou bra associé à  v  dans l'espace dual est:
 v  = (v1* v2* ……….vn* )
avec vi* le complexe conjugué de vi .
Le produit scalaire du bra  v  et du ket  w  est:

 v  w  = (v1* v2* ……….vn* ) =

Le bra-ket signifie crochet en anglais.


Propriétés du produit scalaire
1-  v  w  =  w  v *
2-  v   X+ Y  =   v  X +   v  Y  linéaire par rapport au kets
3-   X+ Y   =   X  w +   Y  w  anti-linéaire par rapport au kets
4- vv 0 car vv = =   0
15

I-3 Espace de Hilbert et espace des états


I-3-1 Caractérisation d'un état quantique
Tout état quantique d'une particule est caractérisé par un vecteur d'état appartenant à un
espace de Hilbert E dit espace d'états.
1-3-2 Espace de Hilbert
Un espace de Hilbert est un espace hermitien complet, c à d toute suite de Cauchy de vecteurs
converge vers un vecteur de cet espace lorsque N =  .
Il existe l'espace de Hilbert séparable et indénombrable :
- Dans un espace de Hilbert séparable, il existe une base dénombrable ou discrète.
- Dans un espace de Hilbert indénombrable, il n'existe pas de base dénombrable.
Tout espace de Hilbert de dimension finie N possède une base orthonormée discrète, donc
c'est espace de Hilbert séparable.
II- Opérateurs
II-1 Définition d'un opérateur
Un opérateur est un objet mathématique qui fait associer à un vecteur un autre vecteur.
Par exemple, la rotation d'un angle  est un opérateur, ainsi que la translation d'un vecteur x.
Soit  w , le résultat de l'action de l'opérateur A sur le vecteur  v :
Av=w
Un opérateur A est linéaire si et seulement si
A( v+ w)= Av+ Aw
Exemples:
Dans l'espace vectoriel des fonctions continues, l'opérateur A = (d2/dx2) est linéaire, en effet:
A ( f(x) +  g(x)) =  A f(x) +  A g(x)
Par contre, l'opérateur B tel que : B f(x) = l/f(x) n'est pas linéaire.
B ( f(x) +  g(x)) = 1 /( f(x) +  g(x)) 
 B f(x) +  B g(x) =  /f(x)) +  /g(x))
1 /( f(x) +  g(x))   /f(x)) +  /g(x))

II-2 Opérateur projecteur sur un sous espace


Soient  e1,  e2,……,  em, m vecteurs normés, orthogonaux les uns aux autres:
 ei  ej  = ij , i,j = 1 ,2, , m
Désignons m le sous-espace de  sous tendu par ces m vecteurs.
Soit Pm l'opérateur linéaire défini par:
16

Pm =   
Si m < n
v=  
Pm  v  =   v=   =  
Calculons
= =     
Ce qui donne,
=     =     = Pm
Pm est donc un opérateur projecteur.

II-3- Relation de fermeture


Si on prend m = n
L'opérateur projecteur Pn défini par:
Pn =   

L'action de l'opérateur projecteur Pn sur le ket  v  donne:


Pn  v  =    =  =v

Donc, Pn = I implique   =I

Ou I désigne l'opérateur identité dans .


Cette relation s'appelle relation de fermeture.

II-4- Représentation d'un opérateur dans une base


Etant donné un opérateur linéaire A, nous pouvons, dans la base { e1,  e2,……,  en}, lui
associer une série de nombres définis par :
Aij =  ei  A  ej 
Ces nombres dépendent de deux indices et seront rangés en une matrice "carré" ayant une
infinité dénombrable ou continue, de lignes et de colonnes.
L'action de l'opérateur linéaire A sur le vecteur ket  v , donne le ket  w 
Av=w
La composante = w= Av
17

Introduisons la relation de fermeture entre l'opérateur A et le ket  v 


= A(    v

=  A  v
=

w=Av  =

L’opérateur A est représenté par une matrice carré (nn).


III- Opérateurs hermitiques
L’opérateur A a pour éléments de matrice (A)ij = ij

 A=

La matrice adjointe est obtenue par


(A+)ij = Aji
La matrice adjointe est la matrice trans-conjuguée
Exemple:

A=  A+ =

Remarque
i-  v  est la matrice adjointe de A  v 
ii- w=  A+    =  A+
A+ est l'opérateur adjoint de A
  A+ est l’adjoint A  v 

Propriétés
(A+)+ = A
(A)+ = *A+
(A+)+ = *A
(A + B)+ = A+ + B+
(A B) = B+ A+
18

Un opérateur A est dit hermitique (ou auto-adjoint) s'il est égal à son adjoint.
A+ = A

IV- Valeurs propres et vecteurs propres


Soit un opérateur linéaire A, un ket  v   0 est dit vecteur propre de A si il existe   C
appelé vecteur propre de A tel que:
Av = v
C'est l'équation aux valeurs propres
Une valeur propre  est dégénérée, s'il lui correspond plusieurs vecteurs propres différents qui
engendrent un sous espace appelé sous espace propre.
Détermination des valeurs propres et des vecteurs propres
Nous avons, Av = v  (A - I)  v  = 0

Avec, I = la matrice unité

v 0  det (A- I) = 0


Polynôme caractéristique qui permet de déterminer les valeurs propres


 =0

i-  =  : solution simple  valeur propre non dégénérée  un seul vecteur
dans la base du sous espace propre.
ii-  =  : solution m fois multiple,  est dégénérée m fois.

V- Algèbre des commutateurs


i- Définition
Le commutateur [A, B] de deux opérateurs est par définition: [A, B] = A B - B A
On dit que A et B commutent si [A, B] = 0
ii- Propriétés
[A, B] = - [B, A]
[A, (B+C)] = [A, B] + [A, C]
19

[A, BC] = [A, B] C + B [A, C]


[A, [B,C] ] + [B, [C, A] ] + [C, [A,B] ] = 0
[A, B] = [B+, A+]

VI- Observable
VI-1 Définition
Une observable est un opérateur hermitique dont le système orthonormé de vecteurs propres
forme une base dans l'espace des états.
     = I
L'observable A peut s'écrire:
A= 

Où n est la nème valeur propre et le projecteur sur le sous espace En engendré par les gn
vecteurs propres associés à la valeur propre n :
=     

VI-2- Ensemble d'observables qui commutent


VI-2-1- Théorème I
Si deux observables A et B commutent, et si    est un vecteur propre de A, B    est
aussi vecteur propre de A, avec la même valeur propre.
Démonstration
A =a
B A    = a B    comme A et B commutent
A (B    ) = a ( B    )
Donc B    est vecteur propre de A avec la même valeur propre.
VI-2-2- Théorème II
Si deux observables A et B cormmutent, et si  1  et  2  sont deux vecteurs propres de A
de valeurs propres différentes, l'élément de matrice  1  B  2  est nul.
Démonstration
Soient: A  1  = a1  1  et A  2  = a2  2 
[A, B] = 0
On a  1  (AB – BA)  2  = 0
 1  AB  2  -  1  BA  2  = 0
20

a1  1  B  2  = a2  1  B  2 
Comme a1  a2   1  B  2  = 0

VI-2-3- Théorème III


Si deux observables A et B commutent, il existe une base formé de vecteurs propres communs
à A et B, et réciproquement.
Démonstration de la réciproque
Supposons qu'il existe une base formée de vecteurs propres communs aux deux observable A
et B : {  }
A  = an   et B  = bn  
AB   = an bn   et BA   = an bn  
[A, B]  =0
Comme tout vecteur    de EH peut se développer suivant la base {  }
Nous avons quelque soit   , [A, B]    = 0  [A, B] = 0

Démonstration du théorème
Supposons que [A, B] = 0, nous allons construire une base constituée de vecteurs propres
communs à A et B.
Partons d'une base {   } dont tous les vecteurs sont des états propres de l'observable A.
A  = an  
Considérons les sous espaces propres Em, relatifs aux valeurs propres bm de l'observable B et
projetons un état particulier   sur les Em, en définissant:
  = Pm  
 =  
La commutation de A et B entraîne que le vecteur A  est un vecteur propre de
l'observable B avec la même valeur propre bm.
En effet BA   = AB   = bm A  
Donc le vecteur A   appartient à Em, tout comme par définition le vecteur  
 =  
Reprenons le vecteur   que nous allons multiplier par (A - an I), nous obtenons:
(A - an I)  =0=  
21

Comme chaque vecteur (A - an I)   appartient à Em et que les espaces Em sont


orthogonaux, nous en concluons que chaque terme de la somme est nul, alors :
A  = an  
Donc les   forment une base constituée de vecteurs propres communs aux observables
A et B.

VI-3- Ensemble complet d'observables qui commutent


Un ensemble d'observables A, B, C, ... est un ensemble complet d'observables qui commutent
(ECOC) s'il existe une base orthonormée de vecteurs propres communs, et si cette base est
unique (aux facteurs de phase près).
22

Chapitre III : Postulats de la mécanique quantique

I- Enoncé des postulats.


I-1- Description de l'état d'un système
Nous avons introduit au chapitre I la notion d'état quantique d'une particule. Nous avons
d'abord caractérisé cet état à un instant donné par une fonction d'onde de carrée sommable,
Puis au chapitre II, nous avons associé un ket de l'espace des états r à chaque fonction
d'onde. Il est équivalent de se donner     r ou la fonction correspondante :
(r)=r
L'état quantique d'une particule à un instant fixé est caractérisé par un ket de l'espace r .
1er Postulat
A un instant t0 fixé, l'état d'un système physique est défini par la donnée d'un ket  (t0)
appartenant à l'espace des états .
I-2- Description des grandeurs physiques.
2ème Postulat
Toute grandeur physique mesurable A est décrite par un opérateur A agissant dans  ; cet
opérateur est observable.
Remarque: Un état est décrit par un vecteur, une grandeur physique par un opérateur.
I-3- Mesure des grandeurs physiques
a- Résultats possibles
Le lien entre l'opérateur H (hamiltonien) et l'énergie totale est sous la forme suivante: Les
seules énergies possibles sont les valeurs propres de l'opérateur H. Ici cette relation s'étend à
toutes les grandeurs physiques.
3ème Postulat
La mesure d'une grandeur physique A ne peut donner comme résultat qu'une des valeurs
propres de l'observable A correspondante.
Remarques:
1- Une mesure de A donnera toujours une valeur réelle, puisque A est par définition
herrnitique.
11- Si le spectre de A est discret, les résultats que l'on peut obtenir en mesurant A sont
quantifiés,
b- Principe de décomposition spectrale
23

Considérons un système dont l'état est caractérisé, à un instant donné, par le ket   , supposé
normé à 1:      = 1
Nous voulons prédire le résultat de la mesure à cet instant, d'une grandeur physique A du
système, à laquelle est associée l'observable A. Cette prédiction sera de type probabiliste.
Nous allons donnés les règles qui permettent de calculer la probabilité d'obtenir telle ou telle
valeur propre de A.
Cas d'un spectre discret
Supposons d'abord que le spectre de A soit entièrement discret. Si toutes les valeurs propres a,
de A sont non dégénérées; à chacune d'elle est associé un vecteur propre  un  et un seul;
A  un  = an  un 
A étant une observable, l'ensemble des  un , que nous prendrons normés, constitue une base
dans , et le vecteur d'état peut s'écrire:
 =  un 
4ème Postulat (cas d'un spectre discret non dégénéré)
Lorsqu'on mesure la grandeur physique A sur un système dans l'état    normé, la
probabilité Pr (an) d'obtenir comme résultat la valeur propre non-dégénérée an, de l'observable
A correspondante est:
Pr (an) =   un    2

Où an  un  est le vecteur propre normé de A associé à la valeur propre an.


Si certaines des valeurs propres an sont dégénérées, il leur correspond plusieurs vecteurs
propres normés  .
A  = an   ; i = 1, 2,......, gn
   peut être développé sur la base orthonormée { }
=  

4ème Postulat (cas d'un spectre discret)


Lorsqu'on mesure la grandeur physique A sur un système dans l'état    normé, la
probabilité Pr (an) d'obtenir comme résultat la valeur propre an de l'observable A
correspondante vaut:
Pr (an) =  
Où gn est le degré de dégénérescence de an.
24

Remarque:
On peut vérifier que la probabilité totale est égale à 1.

c- L'état du système immédiatement après la mesure


Supposons que l'on veuille mesurer, à un instant donné, la grandeur physique A. Si l'on
connaît le ket    qui représente l'état du système immédiatement après la mesure, le 4ème
postulat permet de prédire les probabilités d'obtenir les divers résultats possibles. Mais
lorsqu'on effectue réellement la mesure, on obtient évidemment un seul de ces résultats
possibles.
Immédiatement après la mesure, il n'est plus question de "probabilité d'avoir obtenu" telle ou
telle valeur. On sait quelle est celle qui a été effectivement obtenue.
Donc l'état du système est différent de   .
Considérons d'abord le cas où la mesure de A donne une valeur propre simple de l'observable
A.
On postule alors que l'état du système immédiatement après la mesure est le vecteur
propre  un  associé à la valeur propre an.
Lorsque la valeur propre an, donnée par la mesure est dégénérée, avec le développement de
l'état    immédiatement avant la mesure s'écrit:
=  

La modification du vecteur d'état lors de la mesure s'écrit:


 
 

  est le vecteur  n , c à d la projection de    sur le sous espace propre associé


à an.
5ème Postulat
Si la mesure de la grandeur physique A sur un système dans l'état    donne le résultat an,
l'état du système immédiatement après la mesure est la projection normée :
   , de    sur le sous espace propre associé à an,
   

Avec : Pn =  n   n 
L'état du système aussitôt après la mesure est donc toujours un vecteur propre de l'observable
A de valeur propre an.
25

I-4- Evolution des systèmes dans le temps


L'équation de Schrödinger dans le cas général.
6ème Postulat
L'évolution dans le temps du vecteur d'état  (t) , est régie par l'équation de Schrödinger :

iħ  (t) = H (t)  (t) 

Où H (t) est l'observable associée à l'énergie totale du système.


H est appelé l'opérateur harniltonien du système.

II- Règles de quantification, valeur moyenne et écart quadratique moyen d'une


observable
II-1- Règles de quantification
Soit un système constitué d'une seule particule, sans spin, soumise à un potentiel scalaire,
alors :
A la position r (x, y, z) de la particule est associée l'observable R (X, Y , Z)
A l'impulsion p (px, py, pz) de la particule est associée l'observable P (Px, Py, Pz)
Les composantes R et P vérifient les relations de commutation canoniques:
[ Ri , Rj ] = [ Pi , Pj ] = 0
[ Ri , Pj ] = i ħ ij
Une grandeur physique quelconque A relative à cette particule qui s'exprime en fonction des
variables dynamiques fondamentales r et p : A (r , p , t ).
Pour obtenir l'observable A correspondante, on pourrait simplement remplacer, dans
l'expression convenablement symétrisée R et P respectivement.
Exemple:

En classique ( r.p + p.r ) = r.p

En quantique ( RP + PR )  RP  PR

II-2- Valeur moyenne


La valeur moyenne de l'observable A dans l'état   , que nous noterons  A , est définie
comme la moyenne des résultats obtenus en effectuant un grand nombre N de mesure de cette
observable sur des systèmes tous dans l'état   .
La valeur moyenne est donnée par la formule:
A =A
26

II-3- Ecart quadratique moyen


La valeur moyenne d'une observable  A , ne donne aucune idée sur la dispersion des
résultats. Comment définir un nombre qui rende compte de la dispersion des résultats de
mesure autour de  A  .
Par définition, nous introduisons l'écart quadratique moyen A de telle sorte que (A)2 , soit
la moyenne des carrés des écarts :

A =    

Ou    =     
= -   +  
=  -  
L'écart quadratique moyen est donc aussi donné par :

A =    

III- Contenu physique de l'équation de Schrödinger


L'équation de Schrödinger joue un rôle fondamental en mécanique quantique. Nous étudions
les propriétés les plus importantes de cette équation.
III-l- Propriétés générales de l'équation de Schr1idinger
III-l-l Déterminisme dans l'évolution des systèmes physiques
L'équation de Schrödinger :

iħ  (t)  = H (t)  (t) 

est du premier ordre par rapport au temps. Il s'en suit que la donnée de l'état initial  (t0) 
suffit à déterminer  (t)  à un instant ultérieur t quelconque.
III-1-2 Principe de superposition
L'équation de Schrödinger est linéaire et homogène, il s'ensuit que ses solutions sont
linéairement superposables.
Soient  1  et  2  deux solutions de l'équation de Schrödinger, si l’état initial du système
est :  (t0)  = 1  1  + 2  2 
Il lui correspond à l'instant t, l'état :
 (t)  = 1  1(t)  + 2  2(t) 
La correspondance entre  (t0)  et  (t)  est donc linéaire.
27

III-1-3 Conservation de la norme


L'hermiticité de l'opérateur hamiltonien H(t) entraîne que la norme du vecteur d'état,
 (t)  (t)  ne dépend pas du temps t.

Montrons en effet que  (t)  (t)  = 0

 (t)  (t)  = [ (t)  ]  (t)  +  (t)  [ (t) ]


En prenant les conjuguées hermitiques des deux membres:

 (t)  = -  (t)  H (t)

D’où  (t)  (t)  = 0

III-l-4 Evolution de la valeur moyenne d'une observable


Soit A une observable, si l'état  (t)  du système est normé, la valeur moyenne à l'instant t :
 A (t) =  (t)  A  (t) 
III-1-4-1 Formule générale
En dérivant  A (t) par rapport au temps

A=  (t)  A  (t) 

A= [ (t)  ] A(t)  (t)  +  (t)  A(t) [  (t) ] +  (t) ( A)  (t) 

En utilisant  (t)  et  (t)  de L'équation de Schrödinger, on trouve:

A=  [A, H ]  +  A

Si l'observable A ne dépend pas explicitement du temps (système isolé)

A=  [A, H ] 

Par définition :
On appelle constante de mouvement une observable qui ne dépend pas explicitement du
temps et qui commute avec H.

A = 0 et [A, H ] = 0  A=0

Pour un système conservatif, H lui même est donc une constante de mouvement.
III-1-4-2 Application aux observables R et P (Théorème d'Ehrenfest)

Appliquons la formule de  A  aux observables R et P.

Soit l'hamiltonien : H= + V(R)


28

R=  [R, H ]  =  [R, ] 

P=  [P, H ]  =  [P, V(R)] 

Le commutateur [R, ] = P.

Le commutateur [P, V(R)] = - i ħ V(R)


Donc

R=  P 

 P  = -  V(R) 

Ces deux équations sont l'expression du théorème d'Ehrenfest, elles ont une forme qui
rappelle les équations classiques.
III-2- Cas des systèmes conservatifs
Lorsque l'hamiltonien du système physique ne dépend pas explicitement du temps, on dit que
ce système est conservatif.
III-2-1- Résolution de l'équation de Schrödinger
L'équation aux valeurs propres de H.
H  n,  = En  n, 
Supposons que le spectre de H est discret, les  n,  forment une base (H observable).
Comme H ne dépend pas explicitement du temps, t n'intervient ni dans En ni dans le ket
propre  n, .
On peut toujours pour chaque valeur de t, développer  (t)  dans la base { n, }
 (t)  =    n, 
Avec  (t) =  n,  (t) 
Comme les  n,  ne dépendent pas du temps t, toute la dépendance temporelle de  (t)  est
contenue dans les Cn,(t) .
Pour calculer les Cn,(t), projetons l’équation de Schrödinger sur chacun des états  n, , il
vient:

iħ  n,  (t)  =  n,  H  (t) 

puisque H est hermitique, on peut écrire l'équation aux valeurs propres


 n,  H = En  n, 
29

iħ Cn,(t) = En Cn,(t)

Cette équation s'intègre pour donner:

Cn,(t) = Cn,(t0) exp [ ]

Pour trouver  (t)  connaissant  (t0) , on procède comme suit:


i- On développe  (t0)  sur la base des états propres de H :
 (t0)  =    n, 
Avec  (t0) =  n,  (t0) 

ii-On obtient alors  (t)  pour t quelconque, en multipliant chaque coefficient  (t0) du

développement de  (t0)  précédent par exp[ ] , En étant la valeur propre de H

associée à l'état  n, .

 (t)  =    n, 

III-2-2 Etats stationnaires


Soit le cas particulier important où  (t0)  lui même un état propre de H, le développement
de  (t0)  ne fait intervenir que des états propres de H de même valeur propre par exemple
En
 (t0)  =    n, 
dans cette formule il n'y a pas de sommation sur n et le passage de  (t)  à  (t)  fait

intervenir un seul facteur exp[ ] que l'on peut sortir de la sommation .

 (t)  =    n, 

 (t)  =    n, 

 (t)  =  (t0) 

 (t)  et  (t0)  ne diffèrent l'un de l'autre que par le facteur de phase global

Ces deux états sont physiquement indiscernables. Nous en concluons que toutes les
propriétés physiques d'un système qui se trouve dans un état propre de H ne varient pas au
cours du temps. Les états propres sont appelés pour cette raison états stationnaires.
30

Chapitre IV : Oscillateur harmonique à une dimension

I- Introduction
I-1- Définition
On désigne sous le nom d'oscillateur harmonique le système constitué par un point matériel de
masse m, élastiquement lié à un centre, c à d soumis à une force de rappel proportionnelle à sa
distance au centre.
I-2- L'oscillateur harmonique en mécanique quantique
L'exemple le plus simple d'un tel système est celui d'une particule de masse m se déplaçant
dans un potentiel ne dépendant que de x et de la forme :

V(x) = k x2 (I-1)

(k constante réelle > 0)


La particule est attirée vers x = 0 (minimum de V(x) , correspondant aux positions d'équilibre
stable) avec une force de rappel:

Fx = - =-kx (I-2)

Proportionnelle à la distance x.
On sait que le mouvement du point matériel est une oscillation sinusoïdale autour de x = 0; de
pulsation:

= (I-3)

Le mouvement de la particule est régi par l'équation de la dynamique

m =- (I-4)

La solution générale de cette équation est de la forme :


x = xm cos ( t -  ) (I-5)
L'énergie cinétique de la particule

T= m( = (I-6)

Ou p est l'impulsion de la particule


L'énergie totale est donc:

E=T+V= + m 2 x2 (I-7)

En reportant dans cette expression la solution (I-5), on trouve:


31

E= = m 2 (I-8)

L'énergie de la particule est donc indépendante du temps (c'est la propriété générale des
systèmes conservatifs), et elle peut prendre n'importe qu'elle valeur positive ou nulle, puisque
xm peut être à priori quelconque.
I-3- Propriétés générales de l'hamiltonien quantique
En mécanique quantique, les grandeurs classiques x et p sont remplacés respectivement par
les observables X et P qui vérifient:
[X, P] = i ħ (I-9)
On obtient aisément à partir de (I-7) l'opérateur hamiltonien du système

H= + m 2 X2 (I-10)

H est indépendant du temps (système conservatif), l'étude quantique de l'oscillateur


harmonique se ramène à la résolution de l'équation aux valeurs propres:
H=E (I-11)
En représentation {  x  } s'écrit:

[- +  ] (x) = E (x) (I-12)

II- Valeurs propres de l'hamiltonien


II-1- Les opérateurs et
Les observables X et P ont évidemment des dimensions, ainsi que  et ħ, définissons les
observables et sans dimensions.

= X et = P (II-l)

Si on utilise ces nouveaux opérateurs, la relation de commutation canonique


[ , ]=i (II-2)
Et l'hamiltonien se met sous la forme :
H=ħ (II-3)

= ( ) (II-4)

Nous allons donc chercher les solutions de l'équation aux valeurs propres:
   =     (II-5)

Où l'opérateur et les valeurs propres  sont sans dimension; l'indice i permet de distinguer
les différents vecteurs propres orthogonaux associés à la même valeur propre .
32

II-2- Les opérateurs a, a+ et N (annihilation, création et nombre d'occupation)


Nous allons montrer que l'introduction d'opérateurs proportionnels à +i et -i permet
de simplifier la recherche des valeurs propres et les vecteurs propres de H.
Nous posons donc

a= ( +i ) (II-6a)

a+ = ( -i ) (II-6b)

Ces formules s'inversent pour donner:

= (a+ + a) (II-7a)

= (a+ - a) (II-7b)

et étant hermitiques, a et a+ ne le sont pas (à cause de i), mais sont adjoints l'un de
l'autre, le commutateur de a et a+ se calcule à partir de (II-6) et (II-2)

[a , a+] = [ + i , -i ]

= [ , ]- [ , ] (II-8)

càd [ a , a+] = 1 (II-9)


Etablissons quelques formules simples qui nous serons utiles dans la suite.

a a+ = ( (II-10)

En comparant avec l'expression (II-4), on trouve que:

= a+ a + (II-11)

= a a+ - (II-12)

Introduisons alors l'opérateur N défini par:


N = a+ a (II-13)
Cet opérateur est hermitique puisque
N+ = a+ (a+)+ = a+ a = N (II-14)
De plus d'après (II-11)

=N+ (II-15)

de sorte que les vecteurs propres de sont des vecteurs propres de N et vice versa.
Calculons les commutateurs de N avec a et a+.
[N, a] = [a+ a , a]= a+ [a , a] + [a+, a] a = - a (Il-16)
33

[N, a+] = [a+ a , a]= a+ [a , a+] + [a+, a+] a = a+ (Il-17)


L'étude de l'oscillateur harmonique que nous allons développer est basée sur l'utilisation des
opérateurs a , a+ et N .
Nous avons remplacé en quelques sortes l'équation aux valeurs propres de H par celle de N.
N    =     (II-18)
Lorsque cette équation sera résolue, nous saurons que le vecteur propre    de N est aussi

vecteur propre de H avec la valeur propre E = ( + ) ħ  formules (II-3) et (II-15)

H    = ( + ) ħ     (II-19)

III- Détermination du spectre


III-1 Lemmes
III-1-1 Lemme 1 (propriétés des valeurs propres de N)
Les valeurs propres de l'opérateur N sont  0
Démonstration
Considérons un vecteur propre    de N, et écrivons que le carré de la norme du vecteur
a    est  0

 a    2 =    a+ a    0 (III-l)
Utilisons la définition de N = a+ a on a :
   N   =      (III-2)

Comme     est positif, la comparaison de (III-1) et (III-2) montre que:


0 (III-3)
III-1-2 Lemme 2 (propriétés des vecteurs a   )
Soit    un vecteur propre non nul de N, de valeur propre ,

i- Si  = 0, le vecteur a   est nul

ii- Si  > 0, le vecteur a   est un vecteur propre non nul de N de valeur propre -1
i- Démonstration
D'après (III-2), le carré de la norme de a    est nul si  = 0 ; or la norme d'un vecteur est
nulle si et seulement si ce vecteur est nul. Par suite, si  = 0 est valeur propre de N, tous les
vecteurs propres    associés à cette valeur propre vérifient l'égalité:
a  =0 (III-4)
34

On peut montrer que l'égalité a    = 0 est caractéristique de ces vecteurs propres. En effet,
considérons un vecteur    satisfaisant à :
a=0 (III-5)
Multiplions à gauche les deux membres de cette équation par a+ :
a+ a    = N    = 0 (III-6)
Tout vecteur satisfaisant à (III-5) est donc vecteur propre de N avec la valeur propre  = 0
ii- Démonstration
Supposons maintenant  > 0
D'après    a+ a   =    N   =     

Le vecteur a   est alors non nul, puisque le carré de sa norme est non nul.

Montrons que a   est vecteur propre de N, appliquons donc l'égalité [N, a] = - a, sur  .

[ N , a ]   = - a  

N a   = a N   - a   = a    - a   (III-7)

N [a  ] = ( - 1) [a  ] (III-8)

Ce qui démontre que a   est un vecteur propre de N avec valeur propre ( - 1) .
III-1-3 Lemme 3 (propriétés des vecteurs a+   )
Soit    un vecteur propre non nul de N, de valeur propre ,
i- le vecteur a+    est toujours non nul
ii- le vecteur a+    est un vecteur propre de N de valeur propre +1
i- Démonstration
Calculons la norme de a+   , en utilisant le commutateur [ a , a+ ] = 1 et N= a+ a
 a+    2 =    a a+   =    (N + 1)  

 a+    2 = ( +1 )     (III-9)

Comme d'après le lemme 1,   0, le vecteur a+    a toujours une norme différente de zéro


et n'est par conséquent jarnais nul.
ii- Démonstration
On sait que [N, a+] = a+ donc [N, a+]   = a+   
N a+   = a+ N    + a+    = ( +1 ) a+    (III-10)
Ce qui démontre que le vecteur a+    est un vecteur propre de N avec la valeur propre
(+1).
35

III-2- Le spectre de N est constitué des entiers non négatifs.


Considérons une valeur propre  quelconque de N, et un vecteur propre non nul    associé
à cette valeur propre.
D'après le lemme 1,  est forcement  0
Supposons que  non entier, en effet on peut toujours trouver un entier n  0 tel que:
n<<n+l (III-11)
Considérons alors la suite de vecteurs :
   , a    ,……………………, an    (III-12)
D'après le lemme 2, chacun des vecteurs ap    (avec 0  p  n) de cette suite est non nul et
vecteur propre de N avec la valeur propre ( - p).
Faisons agir a sur le vecteur an   . Comme ( - n) > 0 d'après (III-1l), l'action de a sur
an   donne un vecteur non nul (lemme 2) ; de plus toujours d'après le lemme 2, an+l   
est un vecteur propre de N avec la valeur propre ( - n -1), strictement négatif d'après (III-11).
Si  est non entier, nous pouvons construire un vecteur propre non nul de N avec une valeur
propre strictement négative; comme ceci est impossible d'après le lemme 1, l'hypothèse  non
entier est à rejeter.
Que se passe t-il si :
 = n avec n entier  0 (III-13)
Dans la suite des vecteurs obtenue par action répétée de l'opérateur a sur    est donc
limitée lorsque n est entier, on ne peut alors jamais obtenir de vecteur propre non nul de N
correspondant à une valeur propre négative.
En conclusion,  ne peut être qu'un entier n non négatif. Si l'on se reporte à la formule (II-19),
on conclue que les valeurs propres de H sont de la forme :

En = ( n + ) ħ (III-14)

Avec n = 0, l ,2, ....


Donc en mécanique quantique, l'énergie de l'oscillateur harmonique est quantifiée, et ne peut
prendre n'importe quelle valeur.
Remarque

La valeur la plus faible possible (niveau fondamental) n'est pas nulle mais vaut

IV-Dégénérescence des valeurs propres


36

IV-I Le niveau fondamental est non dégénéré



Les vecteurs propres de H associés à la valeur propre E0 = c à d les vecteurs propres de

N associés à la valeur propre n = 0 doivent tous d'après le lemme 2, vérifier l'équation:


a =0 (IV-l)
Pour trouver la dégénérescence du niveau E0, il suffit de chercher combien il existe de kets
linéairement indépendants qui satisfont (IV -1)
En utilisant la définition de a en relation avec et , on peut écrire (IV -1) sous la forme :


[ X+ P] =0 (IV-2)

En représentation {   }, cette égalité devient:



( x+ )  =0 (IV-3)

Ou  =x  (IV-4)
On a donc à résoudre une équation différentielle du premier ordre; sa solution:

 = c exp ( - x2 ) (IV-5)

c : constante d'intégration, les divers solutions de (IV -3) sont donc toutes proportionnelles
entre elles. Par contre, il existe à un facteur de phase près, un seul ket    qui vérifie (IV-l)
le niveau fondamental E0 n'est pas dégénéré.
IV-2 Tous les niveaux sont non dégénérés
Le niveau fondamental n'est pas dégénéré, démontrons par récurrence qu'il en est pour les
autres niveaux.

Démontrons que le niveau En+1= ( n + 1 + ) ħ n'est pas dégénéré si En n'est pas dégénéré.

Supposons qu'il existe, à un facteur de phase près un seul vecteur  n  tel que:
N  n  = n  n  (IV-6)
Considérons un vecteur  n+1  correspondant à la valeur propre (n + 1)
N  = (n+1)    (IV-7)

On sait que le ket a    n'est pas nul et qu'il est vecteur propre de N avec la valeur propre
n (lemme 2). Comme celle-ci n'est pas dégénéré par hypothèse, il existe un ci tel que:
a  = ci  n  (IV-8)
Il est facile d'inverser cette équation en appliquant a+ aux deux membres:
a+a    = ci a+ n  c à d compte tenu de N= a+ a et (IV-7)
37

  =  n 

Nous savions que a+  n  est un vecteur propre de N avec la valeur propre (n + 1) ; nous
voyons que tous les kets    associés à la valeur propre (n+l) sont proportionnels à
a+ n , ils sont donc proportionnels entre eux, la valeur propre (n+l) n'est pas dégénéré.
Puisque la valeur propre n = 0 n'est pas dégénérée, la valeur propre n = 1 ne l'est pas non plus,
ni n = 2 etc.
Toutes les valeurs propres de N par conséquent celles de H sont non dégénérées.
Ceci nous permet de noter simplement  n , le vecteur propre de H associé à la valeur propre

En = ( n + ) ħ

V- Etats propres de l'hamiltonien


V-1- La représentation {  n  }
N et H sont des observables, c à d le système de leurs vecteurs propres constitue une base
dans l'espace des états x. Comme aucune des valeurs propres de N (ou H) n'est dégénérée,
N(ou H) constitue à lui seul un ECOC dans x.
V-1-1 Expression des vecteurs de base en fonction de  0 
Le vecteur  0  associé à n = 0 est le vecteur de x vérifiant:
a  0  = 0 (V-1)
Nous supposons  0  normé.
D'après le lemme 3, le vecteur  1  correspondant à n = 1 est proportionnel à a+  0 
 1  = c1 a+  0  (V-2)
Nous déterminons c1 en imposant à  1  d'être normé et en choisissant la phase de  1 
(par rapport à  0 ) de façon que c1 soit réel et positif.
Le carré de la norme de  1  vaut d'après (V-2)
 1 1  =  c1 2  0 a a+ 0  (V-3)
Comme 0  est un vecteur propre normé de N = a+ a avec la valeur propre zéro, on trouve:
 1 1  =  c1 2 (V-4)
avec la condition de phase précédente, on a c1 = 1 et par suite
 1  = a+  0  (V-5)
On peut de même construire  2  à partir de  1 :
 2  = c2 a+  1  (V-6)
On impose à  2  d'être normé et on choisit sa phase de façon que c2 soit réel et positif
38

 2 2  =  c2 2  1 a a+ 1 


 2 2  =  c2 2  1 (a+a + 1) 1  = 2  c2 2 = 1 (V-7)
Donc:

 2  = a+  1  = (a+)2  0  (V-8)

Si l'on tient compte de  1  = = a+  0 


Le procédé se généralise facilement, si l'on connaît  n-1  (normé, alors le vecteur normé
 n  s'écrit:
 n  = cn a+ n-1  (V-9)
Comme
 n  n  =  cn 2  n-1 a a+ n-1  = n  cn 2 = 1 (V-10)
On prend les mêmes conventions de phase que plus haut.

cn = (V-11)

Avec ces choix successifs de phases, on peut obtenir tous les  n  à partir de  0 

 n  = a+ n-1  = (a+ )2 n-2  = …………..=

= ………… (a+ )n 0  (V-12)

Soit:

 n  = (a+ )n 0  (V-13).

V-1-2 Relation d'orthonormalisation et de fermeture


H étant hermitique, les kets  n  correspondant à des valeurs n différentes sont orthogonaux,
comme de plus chacun d'eux est normé, ils vérifient la relation d'orthonormalisation.
 n  n’  = nn’ (V-14)
D'autre part, H est une observable, l'ensemble des  n  constitue une base dans x, ce qui
s'exprime par la relation de fermeture.
  =1 (V-15)
V-1-3 Actions de divers opérateurs
Les observables X et P sont des combinaisons linéaires des opérateurs a et a+, par conséquent,
tous les grandeurs physiques peuvent s'exprimer comme des fonctions de a et a+ . L'action des
opérateurs a et a+ sur les vecteurs de la base {  n } est donnée par :
a+  n  =  n+1  (V-16a)
a  n  =  n+1  (V-16b)
39

Nous avons déjà démontré (V-16a) , il suffit de remplacer n par n+ 1 dans les équations (V-9)
et (V-11).
Pour obtenir (V-16b), multiplions à gauche les deux membres de (V-9) par l'opérateur a et
utilisons (V-11)

a  n  = a a+ n-1  = (a+a +1) n-1  =  n-1 

V-2 Fonctions d'ondes associées aux états stationnaires


Nous allons écrire les fonctions (x) =  x  n  qui représentent les vecteurs propres de
l'harniltonien dans la représentation { x }. Nous avons déjà déterminé la fonction 0(x) qui
représente l'état fondamental  0 .
 
0(x) =  x  0  = ( exp[- x2 ] (V-17)

pour obtenir les fonctions n(x) associés aux autres états stationnaires de l'oscillateur
harmonique, il suffit d'utiliser l'expression (V-13) et le fait que, en représentation { x }, X est

représenté par la multiplication par x et P par , on obtient ainsi :

n(x) =  x  n  =  x  (a+)n  0 


= [( x– ]n 0(x) (V-18)

On voit que n(x) est le produit par exp [--t~X2 d'un polynôme de degré n et de parité (-1)n
que l'on appelle un polynôme d'Hermite.
40

Chapitre V : Moments cinétiques

I- Introduction
Le moment cinétique ( ₤ = r  p ) joue un rôle important en mécanique classique,
on sait que le moment cinétique totale d’un système isolé ( ou non : cas d’un potentiel
central) est une constante de mouvement .

d₤ / dt = 0

En mécanique quantique, il existe un équivalent du moment cinétique , au moment


cinétique classique ₤ est associé une observable L .

L’étude quantique du moment cinétique intervient dans plusieurs phénomènes


physiques importants : magnétisme atomique, classification des spectres atomiques, etc ...
de plus l’analyse de tous ces phénomènes nécessite l’introduction d’un moment cinétique
intrinsèque ( Spin ) qui n’a pas d’équivalent classique.
Par la suite nous appellerons moment cinétique orbital tout moment ayant un
équivalent classique, l’observable correspondante sera notée L et moment cinétique de
spin tout moment cinétique intrinsèque d’une particule élémentaire, il sera noté S.

II- Relation de commutation caractéristiques.


II-1- Moments cinétiques orbitaux
Le passage d’un moment cinétique classique à l’observable L se fait en respectent
les règles de quantification.

Considérons, en effet, la composante ₤x du moment cinétique classique.

₤x = y pz – z py (II-1)

Aux variables de position y et z nous associons les observables Y et Z, aux


variables d’impulsion pz et py les observables Py et Pz .

A noter qu’on a pas besoin de symétriser l’expression (II-1) puisque les produits
font intervenir des observables qui commutent : Y et Pz de même que Z et py .

L’observable correspondante :
41

Lx = Y Pz – Z Py (II-2)

De manière analogue on obtient :

Ly = Z Px – X Pz et Lz = X Py – Y Px (II-3)

On voit bien que Lx , Ly et Lz sont hermitiques. Pour calculer les relations de commutation
entre Lx , Ly et Lz , nous allons utiliser les relations de commutations canoniques des
observables de position et d’impulsion.

Cherchons par exemple [Lx , Ly ]

[Lx , Ly ] = [Y Pz – Z Py , Z Px – X Pz ]

= [Y Pz , X Pz ] + [Z Py , X Pz ] (II-4)

car Y Pz commute avec X Pz et Z Py avec Z Px .

Nous avons alors :

[Lx , Ly ] = Y [ Pz , Z Px ] + [Y , Z Px ] Y + Z [ Py , X Pz ] + [Z , X Pz ] Py

= Y [ Pz , Z ] Px + X [ Z , Pz ] Py

= Y ( i ħ ) Px + X ( i ħ ) Py

[Lx , Ly ] = i ħ Lz (II-5)

Des calculs analogues donnent les deux autres commutateurs, et l’in obtient finalement :

[Lx , Ly ] = i ħ Lz

[Ly , Lz ] = i ħ Lx (II-6)

[Lz , Lx ] = i ħ Ly

Nous avons établi les relations de commutation entre les composantes du moment
cinétique d’une particule sans spin.

II-2- Généralisation : définition d’un moment cinétique

On appelle moment cinétique J tout ensemble de trois observables Jx , Jy et Jz vérifiant :


42

[Jx , Jy ] = i ħ Jz

[Jy , Jz ] = i ħ Jx (II-7)

[Jz , Jx ] = i ħ Jy

Introduisons l’opérateur :

J2 = Jx2 + Jy2 + Jz2 (II-8)

Le carré scalaire du moment cinétique J. Cet opérateur est hermitique puisque Jx , Jy et Jz


le sont. Nous admettons que c’est une observable.

J2 Commute avec les trois composantes de J .

[J2 , J ] = 0 (II-9)

Effectuons le calcul pour Jx

[J2 , Jx ] = [Jx2 + Jy2 + Jz2 , Jx ]

= [Jy2 , Jx ] + [Jz2 , Jx ]

= Jy [Jy , Jx ] + [Jy , Jx ] Jy + Jz [Jz , Jx ] + [Jz , Jx ] Jz

= - i ħ Jy Jz - i ħ Jz Jy + i ħ Jz Jy + i ħ Jy Jz

=0

[J2 , Jx ] = [J2 , Jy ] = [J2 , Jz ] = 0 (II-10)

La théorie du moment cinétique en mécanique quantique est entièrement fondée sur la


relation de commutations (II-7)

On remarque que ces relations impliquent qu’il est impossible de mesurer simultanément
les trois composantes d’un moment cinétique ; par contre, J2 et une composante
quelconque de J sont compatibles.

Nous verrons au chapitre du potentiel central, dans ce cas , les trois composantes du
moment cinétique L de la particule commutent avec H , il en est de même pour L2. Nous
43

disposons alors quatre constantes de mouvement : L2 , Lx , Ly , Lz , mais ces 4 opérateurs


ne commutent pas entre eux ; pour former un ECOC.

La situation est la même dans le cas général : Les composantes d’un moment
cinétique J quelconque ne commutent pas. Par convention, nous cherchons le système de
vecteurs propres communs à J2, Jz .

III- Théorie générale du moment cinétique.


Nous allons déterminer dans le cas général le spectre de J2 et Jz , puis étudier leurs
vecteurs propres communs.

III-1- Définition et notations


III-1-1- Les opérateurs J+ et J-
Au lieu d’utiliser les composantes Jx et Jy du moment cinétique J, il est plus commode
d’introduire les combinaisons linéaires suivantes.

J+ = Jx + i Jy
J- = Jx - i Jy (III-1)

Les opérateurs J+ et J- ne sont pas hermitiques mais sont adjoints l’un de l’autre. Il est
facile à partir de (II-7) et (II-10) de montrer les relations de commutations suivantes.

[Jz , J+ ] = ħ J+ ( III-2)

[Jz , J- ] = - ħ J- (III-3)

[J+ , J- ] = 2 ħ Jz (III-4)

[J2 , J+ ] = [J2 , J- ] = [J2 , Jz ] = 0 (III-5)

Calculons les produits J+ J- et J- J+

J+ J- = ( Jx + i Jy ) ( Jx - i Jy )
= Jx2 + Jy 2 – i [ Jx , Jy ]

= Jx2 + Jy 2 + ħ Jz (III-6a)

J- J+ = ( Jx - i Jy ) ( Jx + i Jy )
= Jx2 + Jy 2 + i [ Jx , Jy ]

= Jx2 + Jy 2 - ħ Jz (III-6b)
44

D’après la définition de J2 on peut écrire

J+ J- = J2 - Jz 2 + ħ Jz (III-7a)

J- J+ = J2 - Jz 2 - ħ Jz (III-7b)

En introduisant membre à membre, on obtient

J2 = 1 ( J+ J- + J- J+ ) + Jz 2 (III-8)
2

III-1-2- Notations pour les valeurs propres de J2 et Jz

J2 est la somme des carrés de trois opérateurs hermitiques


J2 = Jx2 + Jy2 + Jz2 , par conséquent quelque soit |   l’élément de matrice   | J2 | 
0
  | J2 |   =   | Jx2 |   +   | Jy2 |   +   | Jz2 |  

= || Jx |   ||2 + || Jy |   ||2 + || Jz2 |   ||2  0 (III-9)

On en déduit que toutes les valeurs propres de sont J2  0 .

Nous écrivons les valeurs propres sous la forme :

j ( j +1 ) ħ2 , avec la convention j  0 (III-10)

En effet comme J a les dimensions de ħ , une valeur propre quelconque de Jz est de la


forme  ħ 2 , ou   0 et sans dimension , et que l’équation du second degré en j :

j ( j +1 ) =  (III-11)

a toujours une racine  0 et une seule, d’où la donnée de  détermine j de façon unique.

Une valeur propre quelconque de J2 , peut s’écrire j ( j +1 ) ħ 2 , avec j  0 .

Quant aux valeurs propres de Jz , qui ont les mêmes dimensions que ħ , elles sont notées
mħ , ou m est un nombre sans dimension.
45

III-2-3- Equations aux valeurs propres de J2 et Jz

On repère les vecteurs propres communs à J2 et Jz par les indices j et m , et comme J2 et Jz


ne constituent pas en général un ECOC , il est nécessaire d’introduire un 3ème indice k , qui
permet de distinguer les différents vecteurs propres correspondants aux mêmes valeurs
propres j ( j +1 ) ħ 2 et m ħ de J2 et Jz .
Nous cherchons donc à résoudre les équations aux valeurs propres.

J2 | k , j , m  = j ( j +1 ) ħ 2 | k , j , m 

Jz | k , j , m  = m ħ | k , j , m  (III-12)

III-2- Valeurs propres J2 et Jz


III-1-1- Lemmes
III-1-1-1 Lemme I ( propriétés des valeurs propres de J2 et Jz )
Si j ( j +1 ) ħ 2 et m ħ sont les valeurs propres de J2 et Jz associées au même vecteur
propre | k , j , m  , alors j et m satisfont aux inégalités :

-jmj (III-13)

Démonstration
Considérons les vecteurs J+ | k , j , m  et J- | k , j , m  , et écrivons que le carré de leur
norme est  0 .

|| J+ | k , j , m  ||2 =  k , j , m | J- J+ | k , j , m  0 (III-14a)

|| J- | k , j , m  ||2 =  k , j , m | J+ J- | k , j , m  0 (III-14b)

Pour calculer les premiers membres de ces inégalités, on utilise les formules (III-7),

(on suppose que | k , j , m  est normé )

 k , j , m | J- J+ | k , j , m  =  k , j , m | ( J2 - Jz 2 - ħ Jz ) | k , j , m 

= j ( j + 1 ) ħ2 - m2 ħ2 – m ħ2  0 (III-15a)

 k , j , m | J+ J- | k , j , m  =  k , j , m | ( J2 - Jz 2 + ħ Jz ) | k , j , m 
46

= j ( j + 1 ) ħ2 - m2 ħ2 + m ħ2  0 (III-15b)

j ( j + 1) – m ( m + 1 ) = ( j – m ) ( j + m + 1 ) 0 (III-16a)

j ( j + 1) – m ( m - 1 ) = ( j – m + 1 ) ( j + m ) 0 (III-16b)

Soit -(j+1)  m  j (III-17a)

-j  m  j + 1 (III-17b)

Les deux conditions précédentes ne sont simultanément vérifiées que si m satisfait aux
inégalités (III-13) c à d - j  m  j .

III-1-1-2 Lemme II ( Propriétés du vecteur J-| k , j , m  )


Soit | k , j , m  un vecteur propre de J2 et Jz avec les valeurs propres j ( j +1 ) ħ2 et m ħ .

i- si m = -j alors J- | k , j , m  = 0
ii- si m > -j alors J- | k , j , m  est un vecteur propre non nul de J2 et Jz avec les
valeurs propres j ( j +1 ) ħ2 et m ħ
Démonstration
i- D’après (III-15b), le carré de la norme de J- | k , j , m  est égal à :
ħ2 [ j(j +1 )–m(m– 1)] et s’annule donc pour m = - j .
Comme la norme d’un vecteur s’annule si et seulement si ce vecteur est nul, on en conclut
que tous les vecteurs J- | k , j , -j  sont nuls.
m=j  J- | k , j , -j  = 0 (III-18)

Il est facile de démontrer la réciproque de (III-18)

J- | k , j , -j  = 0  m=j (III-19)

Faisons agir J+ sur ( J- | k , j , m  ) = 0

J+ J- | k , j , m  = 0

ħ2 [ j ( j + 1 ) – m ( m – 1) ] | k , j , m  = ħ2 ( j + m ) ( j - m + 1) | k , j , m  = 0 (III-20)

Compte tenu que - j  m  j alors l’équation (III-20) n’a qu’une solution m = -j .


47

ii- Supposons maintenant que m strictement supérieur à – j ( m > - j ). D’après (III-


15b) J- | k , j , m  est alors un vecteur non nul puisque le carré de sa norme est différent de
zéro.
Montrons que c’est un vecteur propre de J2 et Jz .

Les opérateurs J- et J2 commutent ; par conséquent :

[J2 , J- ] | k , j , m  = 0 (III-21)

Ce qui peut s’écrire:

J2 J- | k , j , m  = J- J2 | k , j , m 

= j ( j + 1 ) ħ2 J- | k , j , m  (III-22)

Cette égalité exprime que J- |k ,j,m est un vecteur propre de J2 avec la valeur propre :
j(j+1) ħ2.

Appliquons d’autre part l’égalité (III-3) c à d ( [Jz , J- ] = - ħ J- ) à | k , j , m  :

[Jz , J- ] | k , j , m  = - ħ J- | k , j , m  (III-23)

Soit Jz J- | k , j , m  = J- Jz | k , j , m  - ħ J- | k , j , m 

= m ħ J- | k , j , m  - ħ J- | k , j , m 

= ( m – 1 ) ħ J- | k , j , m  (III-24)

J- | k , j , m  est donc un vecteur propre de Jz avec la valeur propre ( m – 1 ) ħ .

III-1-1-3 Lemme III ( Propriétés du vecteur J+| k , j , m  )


Soit | k , j , m  un vecteur propre de J2 et Jz avec les valeurs propres j ( j +1 ) ħ2 et m ħ .

i- si m = j alors J+ | k , j , m  = 0
ii- si m < j alors J+ | k , j , m  est un vecteur propre non nul de J2 et Jz avec les
valeurs propres j ( j +1 ) ħ2 et (m +1) ħ
48

Démonstration

i- Le raisonnement est semblable au précédent .Le carré de la norme de J+ | k , j , m 


est nul si m = j d’après (III-15a), donc :
m=j  J+ | k , j , m  = 0 (III-25)

De même la réciproque

J+ | k , j , m  = 0  m=j (III-26)

ii- Si m < j, un raisonnement analogue à celui du lemme II (ii), donne à partir des
formules (III-5) et (III-2)
J2 J+ | k , j , m  = J+ J2 | k , j , m  = j ( j + 1 ) ħ2 J+ | k , j , m  (III-27)

Jz J+ | k , j , m  = J+ Jz | k , j , m  + ħ J+ | k , j , m  = ( m + 1 ) ħ J+ | k , j , m  (III-28)

III-1-2- Les opérateurs J = Jx  Jy ; action sur | k , j , m 


Soit | k , j , m  un vecteur propre de J2 et Jz avec les valeurs propres j ( j +1 ) ħ2 et m ħ.

J+ | k , j , m  est un vecteur propre de Jz avec la valeur propre ( m + 1 ) ħ


J+ | k , j , m  est un vecteur propre de J2 avec la valeur propre j ( j + 1 ) ħ2
| k , j , m + 1  est un vecteur propre de Jz avec la valeur propre ( m + 1 ) ħ
| k , j , m + 1  est un vecteur propre de J2 avec la valeur propre j ( j + 1 ) ħ2
J+ | k , j , m  = Cm | k , j , m + 1  (III-29)

  k , j , m | J- J+ | k , j , m  = | Cm |2 .

d’où j ( j + 1 ) ħ2 – m ( m + 1 ) ħ2 = | Cm |2

Par convention on prend Cm = ħ j ( j  1 ) - m ( m  1 ) alors :

J+ | k , j , m  = ħ j( j 1) - m ( m 1) | k , j , m + 1  (III-30)

D’après le lemme III

J- | k , j , m  est un vecteur propre de Jz avec la valeur propre ( m - 1 ) ħ


| k , j , m - 1  est un vecteur propre de Jz avec la valeur propre ( m - 1 ) ħ
Donc :
49

J- | k , j , m  = Cm’ | k , j , m - 1  (III-31)

  k , j , m | J+ J- | k , j , m  = | Cm’ |2 .

d’où j ( j + 1 ) ħ2 – m ( m - 1 ) ħ2 = | Cm’ |2

Par convention on prend Cm’ = ħ j ( j  1 ) - m ( m - 1 ) alors :

J- | k , j , m  = ħ j ( j  1) - m ( m -1) | k , j , m - 1  (III-32)

Une base orthonormée {| k , j , m - 1 } de l’espace des états constituée de vecteurs propres


communs à J2 et Jz est dite standard si l’action des opérateurs J+ et J- sur les vecteurs de
base est donnée par les équations (III-30) et (III-32).

III-1-3- Détermination du spectre de J2 et Jz (valeurs possibles de j et de m )


L’action répétée des opérateurs J+ et J- peut donc engendrer, à partir d’un état | k , j , m ,
toute une série d’états :

| k , j , m + 1  , | k , j , m + 2  , ………………………………… . ., | k , j , m + N  ;

| k , j , m - 1  , | k , j , m - 2  , ……………………………………. , | k , j , m – N’  ;

avec N et N’ sont des nombres entiers (équations III-30 et III-32)

D’après le lemme I -jmj

Ce lemme ne peut être réalisé que si au cours de la montée et de la descente des valeurs de
m l’on passe par les valeurs j et – j ; ou encore s’il existe deux nombres entiers N et N’ tels
que :

m+N=j (III-33a)

m – N’ = - j (III-33b)

Par addition et soustraction

2 m + N – N’ = 0 (III-34a)

N + N’ = 2 j (III-34b)

2 j et 2 m doivent être entiers (III-35)


50

Conclusion
Les seuls valeurs possibles pour j sont les nombres entiers ou demi-entiers positifs ou nuls

c à d : 0, 1 , 1 , 3 , 2 , ........ (ces valeurs sont les seuls possibles, mais elles ne sont pas
2 2
nécessairement toutes réalisés pour tous les moments cinétiques).

Pour une valeur fixé de j, les seules valeurs possibles de m sont les (2 j + 1) nombres – j, -
j + 1, ….. …., j - 1 , j .

m est donc entier si j est entier, demi-entier si j est demi-entier.

IV- Application au moment cinétique orbital


Nous allons appliquer les résultats obtenus dans le cas général au moment cinétique orbital
noté L .

IV-1- Valeurs et fonctions propres de L2 et Lz

IV-1-1- Equations aux valeurs propres en représentation { | r  }


En représentation {|r}, les observables R et P correspondent respectivement à la

multiplication par r et à l’opérateur différentiel :  


i
Les trois composantes du moment cinétique s’écrivent alors :

Lx =  ( y  - z  ) (IV-1a)
i z y

Ly =  ( z  - x  ) (IV-1b)
i x z

Lz =  ( x  - y  ) (IV-1c)
i y x

Il est plus commode de travailler en coordonnées sphériques, nous allons voir que les
divers opérateurs du moment cinétique n’agissent que sur les variables angulaires  et , et
non sur la variable r .
x = r sin cos
y = r sin sin (IV-2)
z = r cos
avec r0 , 0 , 02 et d3r = r2 sin dr d d

y x 2  y2
r2 = x2 + y2 + z2 , tg = , tg =
x z
51

En appliquant des changements de variables, on obtient à partir des relations IV-1 et IV-2,
les expressions suivantes :
cos 
Lx = i  ( sin   ) (IV-3a)
 tg 
sin 
Ly = i  ( -cos   ) (IV-3b)
 tg 

Lz =   (IV-3c)
i 

D’où l’on tire :


2 1   1  )
2
L2 = -2 (  (IV-4a)
 2 tg  sin2  2

L+ =  ei (   i cotg  ) (IV-4b)


 

L- =  ei ( -   i cotg  ) (IV-4c)


 
En représentation {| r } les fonctions propres associées aux valeurs propres l ( l + 1 ) ħ2 de
L2 et mħ de Lz sont solutions des équations aux dérivées partielles
2 1   1  )  ( r ,  ,  ) = l ( l + 1 ) ħ2  ( r ,  ,  )
2
 2 (  (IV-5a)
 2 tg  sin2  2

  (r,,)=mħ (r,,) (IV-5b)


i 
Nous savons déjà d’après la partie III du chapitre que l est entier ou demi-entier, et que l
étant fixé, m ne peut prendre que les valeurs – l , - l + 1 , ……… , l - 1 , l .
Dans les équations IV-5, on remarque que r n’apparaît dans aucun opérateur différentiel,
on peut donc considérer r comme un paramètre et ne tenir compte que de la dépendance en
 et  de  .
Désignons alors par Ylm ( , ) une fonction propre commune de L2 et Lz correspondant
aux valeurs propres l ( l + 1 ) ħ2 et m ħ :
L2 Ylm ( , ) = l ( l + 1 ) ħ2 Ylm ( , ) (IV-6a)
Lz Ylm ( , ) = m ħ Ylm ( , ) (IV-6b)

IV-1-2- Valeurs de l et m
52

IV-1-2-1- l et m ne peuvent être qu’entiers

En utilisant l’équation Lz =   on peut écrire IV-6b :


i 

  Ylm ( , ) = m ħ Ylm ( , ) (IV-7)


i 

ce qui montre que Ylm ( , ) est égal à :

Ylm ( , ) = Flm () eim (IV-8)

Comme la fonction d’onde doit être continue en tout point de l’espace, on doit avoir en
particulier.

Ylm ( ,  = 0) = Ylm ( ,  = 2 ) (IV-9)

Ce qui entraîne que :

e2im = 1 (IV-10)

D’après les résultats de la partie III, m est entier ou demi-entier, l’égalité IV-10 montre
que dans le cas d’un moment cinétique orbital m ne peut être qu’entier (e2im = -1 si m est
demi-entier). Mais nous savons que m et l sont tous deux entiers ou demi-entiers : il s’en
suit que l aussi ne peur être qu’entier.

IV-1-2-2- Toutes les valeurs entières  0 de l sont réalisées


Nous savons d’après la théorie générale que pour m = l

L+ Yll ( , ) = 0 (IV-11)

Ce qui donne compte tenu de (IV-4b) et (IV-8)

{ d - l cotg } Fll () = 0 (IV-12)


d

Cette équation du premier ordre s’intègre immédiatement :

cotg  d = dsin (IV-13)


sin

Fll () = Cl (sin )l (IV-14)

Où Cl est une constante de normalisation.


53

La solution est unique, donc pour chaque valeur de l  0

il existe une seule fonction Yll ( , ) ( à un facteur de phase près )

Yll ( , ) = Cl (sin)l eil (IV-15)

Les fonctions propres Ylm ( , ) sont appelées harmoniques sphériques.

Par action répétée de L- , on construit Yll-1 ,Yll-2 ,…….. ,Yl-l .

IV-1-3- Principales propriétés des harmoniques sphériques


IV-1-3-1- Expression générale de lm ( , )

 d  sin d
0 0
| Yll ( , ) |2 =1 (IV-16)

Puisque les harmoniques sphériques sont normalisées à l’unité d’après l’équation IV-15,
on a :

 d  sin (sin) d = 1
2
| Cl | 2l (IV-17)
0 0

 | Cl |2 = 1
2 Il

avec Il =  sin (sin)


0
2l d

on pose u = cos , donc Il devient

1
1 (2l  1)!
Il =  du (1-u )
1
2 l et | Cl | = l
2 l! 4

Par convention on prend :

(2l1)!
Cl = (-1)l 1l (IV-18)
2 l! 4

Et par application successive de L- on trouve les autres harmoniques sphériques.

(1)l (2l1)(lm)! im dl-m(sin)2l


Ylm ( , ) = e (sin)-m (IV-19)
2l l! 4 (l-m)! d(cos)l-m
54

Avec Y00 = 1 ; Y10 = 3 cos


4 4

IV-1-3-2- Relation d’orthonormalisation


2

 d  sin d Y
0 0
l (,) Yl'm'(,)  ll'mm'
m* (IV-20)

IV-1-3-3- Relation de fermeture


Toute fonction de carré sommable peut se développer d’une façon unique sur les harmoniques
sphériques :

 l
f ( , ) =  C
l 0 m  l
l,m Ylm(,) (IV-21)

avec

2
Cl,m =  d  sin Y
0 0
l f(,) d
m* (IV-22)

Les harmoniques sphériques constituent donc une base orthonormée dans l’espace r des
fonctions de  et  , ce qui se traduit par la relation de fermeture :

 l
 Y
l 0 m-l
l
m (,) Ylm *(,)  (cos -cos') ( -')

= 1  ( -' )  ( -' ) (IV-23)


sin

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