La viscoélasticité de la matrice, mise en évidence par le fluage du composite dès le premier palier, est
de plus en plus prononcée avec l’augmentation du palier de la contrainte. Cependant et comme
précédemment, il est possible de voir que la rhéologie de la matrice n’est pas seule responsable de
l'évolution de la déformation tout au long du chargement. En effet, une comparaison de l'effet
visqueux au moment de la charge et de la décharge indique qu'un autre phénomène est en jeu. En
outre, la présence d'une déformation résiduelle lors des phases de repos révèle la présence d'un ou
plusieurs mécanismes anélastiques. Deux hypothèses apparaissent alors comme les plus probables.
Ces effets peuvent être dus à de l'endommagement et/ou de la viscoplasticité. Dans le cas présent,
seul l'endommagement est retenu sur la base des résultats des chapitres 1 et 2. L'existence de la
viscoplasticité n'est pas remise en cause mais est probablement trop faible pour expliquer les
observations précédentes. En effet, conformément à la méthode micromécanique de Mori-Tanaka et
dans un cas purement élastique, la contrainte dans la matrice ne devrait pas excéder 20 MPa au
niveau du dernier palier du chargement FS. En considérant le comportement de la matrice sous
sollicitation quasi-statique, tel que décrit par la Figure V.14, la déformation viscoplastique ne devrait
alors pas être marquée pour les niveaux de contrainte en jeu. Le couplage entre viscoélasticité et
endommagement semble donc être le principal responsable de l'allure de la courbe de déformation
macroscopique.
Un dernier chargement, ici référencé DOS (déformations oligocycliques successives), est considéré
dans le cadre de cette étude. La sollicitation consiste à enchaîner une déformation cyclique imposée
pendant 5 cycles avec une phase de relaxation à déformation nulle. Après chaque relaxation, un
nouveau chargement cyclique est appliqué avec une déformation maximale de plus en plus grande.
Cette dernière est maintenue pendant 10 secondes à chaque sommet de cycle. La déformation
minimale et la vitesse de déformation sont constantes d'un bloc à l'autre et respectivement égales à
0,3% et 10-3 s-1. La consigne ainsi que la contrainte macroscopique sont représentées sur la Figure
V.23. Une nouvelle fois, cet essai a été considéré dans le cadre de l'identification du PA66-GF30 de
par le couplage visco-endommagement intéressant qui s'y profile. En outre, l’aspect cyclique de cet
essai permet de valider la prise en compte de ce type de comportement du modèle développé pour
le PA66-GF30.
En effet, bien que la vitesse de déformation soit relativement faible, l’aspect visqueux du
comportement reste notable, notamment au niveau des premiers cycles ou encore lors de la
décharge. La présence d'une déformation anélastique est également révélée par le fait que le
matériau subisse une contrainte de compression (à long terme) lors du retour de la déformation à 0.
En outre, la contrainte sur les trois derniers blocs reste à peu près constante alors que la déformation
maximale augmente de 2% à 3%. Ces phénomènes traduisent la présence de mécanismes
d'endommagement et/ou de plasticité. Les rôles de ces deux derniers sont plus difficiles à séparer
pour ce dernier chargement, puisque leurs conséquences seraient ici similaires. Dans le cadre des
présents travaux de thèse, la loi de comportement de la matrice est seulement viscoélastique. Ainsi,
et conformément aux observations précédentes, seule l'influence de l'endommagement est ici
envisagée.
Ces trois chargements atypiques vont ainsi permettre de tester la validité du modèle développé via
l'identification des lois d'évolutions de l'endommagement. Comme précisé dans cette section, il
serait néanmoins intéressant de pouvoir découpler les différents mécanismes d'endommagement en
tirant profit d’analyses quantitatives à l’échelle microscopique afin de pouvoir