Finance islamique au Maroc : défis et enjeux
Finance islamique au Maroc : défis et enjeux
Faculté Polydisciplinaire
الكليـة المتعـددة التخصصــات
Béni Mellal
بنـي مـالل
Sur le thème :
Réalisé par :
- NASSIMA EL BACHA
- SOUKAYNA EL BORJI
- NOUHAYLE EL GHOUATE
Année universitaire
2020-2021
Dédicaces
Qui nous ont toujours soutenu. Sans vous, nous n’aurions jamais atteint nos objectifs,
Qui sont la joie de la famille et les animateurs de tous les moments de notre vie familiale.
i
Remerciement
Ce travail n’aurait pu réussir sans l’intervention de plusieurs personnes, qui ont suggéré des
améliorations pertinentes, des conseils qui ont permis de réaliser ce projet.
ii
Liste des abréviations
FI : Finance Islamique.
PPP/3P : Le partage des profits et des pertes.
OCI : l’Organisation de la Conférence Islamique.
BID : la Banque Islamique du Développement.
FMI: Fonds Monétaire International.
PLS: Profit & Loss Sharing.
IFSB: Islamic Financial Services Board.
AAOIFI: Acconting and Auditing Orgnisation for Islamic Finance.
OCI : Organisation de la Coopération Islamique.
PIB : Produit intérieur brut.
BAM : Bank Al-Maghrib.
BO : Bulletin Officiel.
BMCI : Banque marocaine pour le commerce et l'industrie.
QIB: Quatar international islamic Bank.
ABG: Al Baraka Banking Group.
BTI:Bank Al Tamwil wal Inmaa.
BCP : Banque Centrale Populaire.
AMMC:Autorité Marocaine du marché des capitaux.
ACAPS : Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale.
BCCI: Bank of Crédit and Commerce International.
BIMB: Bank islamic Malysia Berhad.
CIB Commerce International Merchant Bankers.
RHB: Robin Hoods Bay.
BNM: Bank Negara Malysia.
DBS: Development8 Bank of Singapore.
QCB : Qatar Central Bank.
iii
Listes des tableaux
iv
Liste des graphiques
Graphique 1 : Répartition des actifs du système financier islamique par secteurs au Royaume
d'Arabie saoudite pour l'année 2018 (milliards de riyals saoudiens) ............................... 47
Graphique 2 : Part des financements conventionnels et islamiques en Malaisie (2015-2020). 49
Graphique 3 : PIB nominal au Qatar (2015-2019) en milliards de riyals qatariens. ................ 51
v
Listes des figures
vi
Sommaire
Introduction générale ............................................................................................................... 1
Conclusion : ............................................................................................................................ 19
Conclusion : ............................................................................................................................ 28
Conclusion : ............................................................................................................................ 39
Chapitre 4 : Les défis finance islamique et les solutions pour développer finance
islamique Maroc ..................................................................................................................... 40
vii
Introduction générale
Islam n'est donc pas seulement une religion, c'est aussi un système juridique dont les
valeurs sont considérées comme les plus importantes chez les musulmans. Ils ont un impact
sur tous les domaines et ils constituent un véritable mode de vie. Par conséquent, l’Islam
présente donc une législation parfaite pour régir à la fois les relations individuelles et sociales.
En ce sens, les transactions financières ont aussi leur part dans cette législation.
« Finance islamique » ce titre fait référence à une réalité encore visible matérialisée
par l'existence d'un réseau financier dans de nombreux pays. En réalité, l'expression de la
finance islamique suggère la concomitance de deux termes : finance et islamique. En effet, le
terme finance englobe toutes les institutions bancaires et financières, les assurances et les
marchés financiers. L'adjectif islamique évoque des différences importantes entre la finance
islamique et son équivalent conventionnel car cela est dû aux caractéristiques religieuses des
transactions financières.
Le sujet de la finance islamique ne peut en effet être compris seulement comme une
des techniques juridiques mais doit être autant qu'un système de valeurs religieuses, c'est
pourquoi l'étude insèrera un certain nombre de versets et paroles coraniques du Prophète
Mohammad. Ainsi le sujet sera traité sous trois angles : l'aspect juridique, économique et
religieux. Nous essayons de présenter un panorama de la finance islamique en utilisant tantôt
le style descriptif pour décrire les fondements théoriques de la finance islamique, tantôt le
style analytique pour analyser les textes relatifs à la régulation islamique. Le choix de ce
thème est notamment dû à des convictions personnelles et à l'immense conviction que le
système financier islamique est le meilleur système pour gérer la finance ainsi que cette
nouvelle industrie a fait l'objet d'une attention croissante et a donné lieu à de nombreuses
publications d'ouvrages et d'articles et une panoplie de recherches et de débats. Le premier
objectif cette étude est de révéler l'importance et la place du système financier islamique dans
le monde de la finance ainsi que son rôle dans le financement de l'investissement et que la
finance islamique est aujourd'hui principalement un moyen alternatif d'obtenir des flux
réguliers permettant.
1
La finance islamique se mondialise ; il semble fasciner l'Occident et exciter la
curiosité des financiers qui y voient un creuset d'innovations financières. De par sa capacité à
innover et à s'ouvrir, elle apparaît comme une formidable opportunité pour les banques
classiques, qui constituent un moyen d'investissement alternatif et un moyen supplémentaire
de mobiliser des fonds importants. La finance islamique tire sa spécificité de l'application de
principes religieux qui répondront aux besoins financiers d'une communauté musulmane bien
plus qu'à ceux d'une communauté non musulmane et cela est dû aux différences entre les lois
adoptées. Le problème qui se pose réside dans le respect des règles du droit islamique dans un
contexte de droit national des pays occidentaux voire réussit à faire coexister financement
conventionnel et financement islamique. Par ailleurs, la finance islamique constitue un
instrument essentiel d'équilibre économique qui permet de faire face à la crise financière
actuelle, mais cette industrie financière actuelle a encore des défis à relever avant de s'imposer
dans les circuits contemporains de la finance mondiale.
Notre objectif à travers ce mémoire est étudié de plus près le cadre conceptuel de la
finance islamique et comment développer finance islamique au Maroc. Pour ce faire, nous
allons essayer de répondre au problématique suivant : pourquoi la finance islamique n'a pas
trouvé le succès qu'elle attendait ?
Autour de cette question principale nous allons abordés quelques questions
secondaires à savoir : Qu’est que la finance islamique ? et quels sont les sources et les
principes finances participatives ? Quels sont les fonds et les produits alternatifs qui sont
commercialisés par les institutions marocaines ? Quelle est l’émergence et l’état de lieu de
finance islamique au Maroc ? Et quels sont les défis qu’elle devrait relever et comment
développer finance participative au Maroc ?
Ce sont, parmi tant d'autres, quelques questions auxquelles nous tenterons de répondre.
Pour faire face au problème posé ci-dessus, nous proposons le plan suivant :
2
Sera subdivisé en deux sections. La première section est l'histoire de la finance
islamique et les origines de la finance islamique sont aussi vieilles que la religion elle-même.
En effet, « Fiqh Al Mu'amalats » a participé pendant des siècles à une structure de
transactions financières des musulmans, mais ce n'est que vers la fin du 20eme siècle que le
système financier islamique s'est suffisamment développé pour être considéré comme un
modèle distinct pour les musulmans (et non-musulmans) à mener des activités financières
conformément aux préceptes de l'Islam.
La deuxième section parlera des principes de la finance islamique qui trouve sa source
dans la Charia, il s'agit de : L'interdiction de « Riba » le partage des profits et pertes (3P)
l'interdiction de « ALGHARAR » L'interdiction de « AL MAYSSIR » interdiction des
activités illicites interdiction de Maysir, et Qimâr Asset Backing : traçabilité et adossage à des
actifs corporels.
La première section qui parle des différents types de fonds islamiques et qui
comportent les fonds d’actions, les fonds Ijara et les fonds Mourabha Commodity. Dans cette
partie, nous ne développerons que le fonctionnement de 4 types de fonds. Mais, il est
important de préciser qu'il existe un grand nombre de variantes à ces types de fonds
d'investissement islamiques. Ceux-ci se distinguent soit par la classe d'actif dans laquelle ils
investissent, soit par le type de contrat d'investissement qu'ils sous-tendent (Diop, 2014).
Aujourd'hui, les fonds islamiques présentent, par leur nature profondément éthique et la large
gamme de produits d'investissement qu'ils proposent, une solution d'investissement très
attractive pour les investisseurs intéressés par la finance éthique, qu'ils soient musulmans ou
non (Iqbal & Mirakhor, 2011).
La deuxième section qui parle des produits de la finance islamique ainsi que celle sous
le premier sous-titre qui parle des produits basés sur le principe du partage des profits et
pertes (PPP) et nous avons vu les principales techniques de financement qu'offre la finance
islamique. Nous verrons dans cette partie les différents mécanismes juridico-financiers que les
banques islamiques et filiales islamiques des banques conventionnelles ont développés pour
3
rester dans la légalité islamique. En effet, la mobilisation et l'utilisation du capital dans la
finance islamique reposent sur des concepts juridiques différents de ceux des banques
traditionnelles (Mushin Muhammad, 1981). Au cours de son développement, la finance
islamique a créé plusieurs instruments afin de répondre aux besoins de ses clients. Certains de
ces instruments sont des constructions arabes préislamiques développées à l'origine pour les
besoins des cités-États marchandes déjà mentionnées. Nous avons évoqué les instruments dits
« participatifs » (Murabaha, Mudaraba et Musharaka) et les instruments « de financement »
(Ijara et Istisna’a).
Et à la fin , en vue du quatrième chapitre ; les défis de la finance islamique (FI) qui a
connu une expansion remarquable ces dernières années, cependant ces progrès ne se font pas
sans obstacles et sans aucun risque, ce qui pose des défis face au développement de la finance
islamique, défis qui ont été classés en trois catégories pour simplifier l'analyse :
4
des solutions en s'inspirant d'expériences internationales réussies, et les limites participatives
au Maroc.
5
Partie I
Cadre conceptuel de la finance
islamique au Maroc
6
La finance islamique est d'abord une sorte de finance éthique, son fondement est le
développement des enseignements et des piliers de la loi islamique. Il s'agit d’un ensemble de
techniques, des principes qui permettent Instruments financiers conformes à la charia.
L'objectif principal de la finance islamique est d'aligner les pratiques financières
encouragé par la charia pour répondre aux besoins de financement de divers pays rejeter les
investisseurs et agents financiers dits « traditionnels ». La pratique de la finance islamique est
considérée comme un nouveau type de finance, historiquement nous a montré que ce nouveau
système remonte à l'émergence de l'islam ; d'autre part, son la pratique telle que nous la
connaissons aujourd'hui a trouvé sa première trace au XXe siècle.
D'autre part, les enseignements de la charia mettent en œuvre un ensemble de
principes toutes les transactions et activités financières doivent être arrêtées. Riba (Taux
d'intérêt) est la principale différence entre la finance islamique et la finance traditionnel. Mais
ce n'est pas le seul point de divergence, et interdiction de Gharar, Maysir et investissement
illégal, principe de partage la tangibilité des profits et pertes et des actifs sous-jacents. Quant
aux instruments, ils sont dans les instruments dits participatifs (Moudaraba Et Moucharaka)
sont devenus des outils de financement (Murabaha, Ijara, Istisna'a et Salam), mais il est
également utilisé comme outil d'assurance (takaful). Le but de cette section est de fournir une
vue complète de la finance islamique sa définition, ses les sources, principes et
développement historique dans le premier chapitre. Puis dans le deuxième chapitre, l’attention
se portera les différents types de fonds islamiques et produits de la finance islamique.
7
Chapitre 1 : La finance islamique : historique généralité.
La finance islamique est basée sur un modèle d'intermédiation bancaire à taux zéro. Il
s'agit donc d'une finance dite sans intérêt. Elle exige également que toutes les transactions
soient adossées à un actif corporel tout en étant basées sur le partage des profits et des pertes.
Il regroupe toutes les techniques permettant de mettre des fonds à disposition d'un agent
économique pour subvenir à ses besoins à court ou long terme, sans violer l'interdiction
absolue de percevoir une rémunération sous forme d'intérêts, ni les autres principes
fondamentaux édictés par la loi musulmane.
Les racines et les principes de la finance islamique sont aussi vieux que la religion
elle-même. En effet, le Fiqh Al Mouamalat a fourni pendant des siècles un cadre structuré
pour les transactions financières des musulmans, mais ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que le
système financier islamique s'est suffisamment développé pour être considéré comme un
modèle distinct permettant aux musulmans (et aux non- Musulmans) à mener des activités
financières conformément aux préceptes de l'islam. L’objectif de ce chapitre est de
présenter d’une part l’origine, les sources de la finance islamique, et d’autre part ses
principes.
La finance participative (islamique) connait une croissance énorme dans le monde, elle
segmente les produits reposant sir l’achat et la vente et ceux fondés sur le principe de partage
des pertes et des profits.
La finance islamique peut être définie comme l'ensemble des activités financières et
commerciales qui honorent les principes de la loi et de la jurisprudence islamiques, ou ce qui
est généralement indiqué par le terme « CHARI’A ». L’attribut « Islamique » représente
8
naturellement le fait de puiser ses valeurs dans la mouvance de la religion islamique, de
respecter les principes et les interdits édictés par la loi religieuse, la CHARI’A.1
La finance islamique (dite participative) est relativement jeune, mais il s'agit d'un
domaine de la finance qui s’est rapidement développé ces derniers temps. Si le concept est
aussi ancien que la religion elle-même, l'industrie bancaire et d'investissements conformes à la
CHARI’A telle qu'on la connaît aujourd'hui n’a réellement décollé que dans les années
soixante.2
En réalité, et durant des siècles, il n’y pas eu de système financier islamique complet.
Il n’y eu que l’interdiction du RIBA mais sans la moindre proposition d’un mode de
financement alternatif.3
Le développement de la finance islamique a été stimulé essentiellement par un regain
de vitalité de la religion musulmane, et par l’importance des ressources financières de certains
pays musulmans suite aux chocs pétroliers des années soixante-dix. Et aussi à la possibilité
qu’a donnée la finance islamique aux musulmans de se démarquer de l'époque coloniale du
dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième siècle, période durant laquelle le
système bancaire occidental dominait ces pays concernés, et aussi la possibilité pour les
institutions financières islamique de prendre le relais du secteur bancaire conventionnel
En outre, l’introduction des réformes macroéconomiques et structurelles (libéralisation
des mouvements des capitaux, privatisation…) ont favorisé l’expansion de cette industrie.4
Le premier essai pour la création d’une finance islamique date des années 40, cet essai
qui a été un échec c’est déroulé en Malaisie. Une deuxième tentative a été procédée par le
Pakistan en 1950, ce deuxième essai a vu les mêmes résultats que son précédant.5
Les premières expériences modernes dans le domaine de la finance islamique datent
des années 1960 avec l’expérience des caisses rurales Mit Gammar en Egypte crée par Dr
Ahmad Elnagar, et du « Piligrim’s Management Fund » (Tabung Hadjji) en Malaisie. Le
1
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., « Le financement islamique et le capital risque », Revue D’Etudes en
Management et Finance d’Organisation N°4 Décembre 2016, p2
2
André Martens, « La finance islamique : fondements, théorie et réalité », L'Actualité économique, vol. 77, n° 4,
2001, p6.
3
Elyès Jouini, Olivier Pastré, « enjeux et opportunités du développement de la finance islamique pour la place de
paris », Paris, 2008, p42.
4
Sofia BENNAMARA, « Finance islamique et capital-risque », université Laval, p30.
5
Moussa Yabré, « Banques islamiques : Les principes de base et les modes de financement islamiques proposés
aux PME (la BIS en exemple) », Master finance 2007-2008, ISM, p14.
9
principal objectif de ces institutions était de réduire l’exclusion bancaire et de promouvoir le
développement des couches de population défavorisées.6
En 1970, la création de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) regroupant
un grand nombre de pays musulmans remet les préceptes économiques de l’Islam à l’ordre du
jour, et lance l’idée de la banque islamique7
En 1973, l’OCI décide de créer la Banque Islamique du Développement (BID). Basée
à Djeddah, et comprenant 56 pays membres, cette institution a pour vocation d’apporter son
concours aux pays membres sous forme d’aide au développement, et avec des techniques de
financements islamiques, qu’il s’agisse de financer le commerce extérieur, de lutter contre la
pauvreté, de financer certaines infrastructures (routes, Barrages hydro-électrique...) et certains
projets sociaux comme la construction d’écoles ou de centre de santé.8
En 1975, naissances de la Dubaï Islamique Bank, première banque islamique
universelle et non gouvernementale. Durant la même période, le nombre de banques
islamiques similaires a connu une expansion rapide : la Kuwait Finance House et la Banque
Fayçal en Egypte en 1977, la banque islamique de Jordanie en 1978, ainsi que la banque
islamique du Bahreïn en 1980. De plus, un groupe de banques d’investissement spécialisées a
été créé, notamment, la société d’investissement de Nassau en 1977, la société
d’investissement du Golfe basée à Sharjah également créée en 1977 et la Sharia Investiment
Services basée à Genève en 1980.9
En 1979, l’apparition de la première compagnie d’assurances islamique, Islamique
Insurance Company of Soudan.10
Au cours de la décennie suivante, le nombre des institutions financières islamiques et
le volume de leurs actifs ont vécu une croissance continue, et leurs activités s’étendent au-delà
des frontières physiques du Moyen Orient (en Asie de Sud-est, dans un premier temps, vers
l’Afrique de Nord par la suite). Les banques islamiques continuent à consolider leur base de
dépôts et les différents opérateurs profitent des innovations financières afin d’élargir leur offre
de produits11
Dans les années 1990, nombreux sont les pays islamiques du Golfe et de l'Asie qui ont
suivi la vague (Arabie saoudite, l’Emirat, Indonésie, Malaisie...). En effet la Malaisie et
6
Elyès Jouini, Olivier Pastré, op cit, p42.
7
Idem p42
8
http://www.doctrine-malikite.fr/Definition-et-historique-de-la-finance-islamique
9
Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières, « La finance islamique », Maroc, octobre 2011, p7
10
Elyès Jouini, Olivier Pastré, op cit, p42
11
Idem p42
10
l’Indonésie sont deux pays précurseurs en la matière, en plus de la création d’institutions
bancaires islamiques, ils se sont dotés d’instruments de réguler et d’assurer la pérennité de
leur secteur financier.12
Cette croissance se poursuit au cours des années 2000, et l’intérêt pour la Finance
Islamique dépasse les frontières géographiques du monde musulman pour atteindre l’Europe
et les Etats Unis, devenant ainsi un enjeu mondial.13
Le FMI estime 300 institutions financières islamiques dans plus de 75 pays. Cette
industrie a eu un taux de croissance de 15% par an ces dix dernières années14
Cette évolution a généré un grand intérêt de la part des acteurs mondiaux de la finance
conventionnelle dans les économies développées qui ont essayé d’augmenter leurs
participations dans les marchés financiers islamiques. Avec la libéralisation accrue, le système
financier islamique est devenu plus diversifié et a gagné de plus en plus de profondeur. Par
conséquent, la finance islamique semble être actuellement un des segments les plus
dynamiques de l’industrie internationale des services financiers. D’autres pays
majoritairement musulmans, commencent aussi à s’intéresser à ce secteur, en particulier ceux
de l’Afrique du Nord.15
La finance islamique tire ses mécanismes et ses institutions des sources du droit
islamique, et nous avons par ordre d'importance :
I.2.1. Le Saint coran :
Le texte sacré de l'Islam est la principale source du droit musulman. Il rend compte du
message de Dieu, tel que relevé au prophète Muhammad (SWS). A noter que le Coran
comprend trois groupes principaux : les textes de pure spiritualité (louanges de Dieu,
évocation de la fin du monde) ; des textes narratifs souvent d'inspiration biblique et ayant un
rôle édifiant ; et les textes normatifs, qui énoncent les obligations éthiques et juridiques.16
I.2.2. La Sunna :
La Sunna est l'ensemble des recueils retraçant la vie du prophète, ses paroles ainsi que
ses accords et désaccords sur les principes de la vie quotidienne. Les paroles du prophète,
12
http://www.doctrine-malikite.fr/Definition-et-historique-de-la-finance-islamique
13
Elyès Jouini, Olivier Pastré, op cit, p43
14
Sofia BENNAMARA, op cit, p30
15
Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières, « La finance islamique », Maroc, octobre 2011, p8
16
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S. art, cit, p.2
11
aussi appelées « Sunna qawliya » sont rapportés dans ce qu’on appelle les hadiths. Ces
hadiths nous apportent quantitativement un nombre d’enseignements bien plus important.17
I.2.3. Al-Ijmaâ :
Pour les sunnites, le consensus général, en arabe « Al-Ijmaâ », est considéré comme la
troisième source du droit musulman. Lorsqu'un cas juridique se présente à une époque
donnée, et que tous les « Moujtahid » -Savants musulmans- s'accordent pour prononcer un
même avis le concernant, leur accord est appelé Ijmaa. Le jugement ainsi issu de ce consensus
acquiert le statut de loi religieuse. 18
I.2.4. Al Qiya :
Cette technique consiste à attribuer, sur la base d'une caractéristique commune sous-
jacente, la règle de droit d'un cas existant trouvé dans les textes du Coran, de la Sounna et/ou
de l'Ijmaa à un nouveau cas dont la règle de droit n'a pu être clairement identifiée. Ceci tout
en restant fidèle à l'esprit des sources traditionnelles du droit musulman.19
I.2.5. L’ijtihâd :
El Ijtihad, étymologiquement « l’effort », est l’exercice de la raison et du jugement
personnel par les savants de l’Islam. Il englobe l’opinion (ra’ y), et l’analogie (qiyas) … C’est
un élément important assurant la dynamique de la CHARI’A.20
17
MOATE, M., « La création d’un droit bancaire islamique », Thèse de doctorat, université de la Rochelle,
2011, p.18.
18
Sofia BENNAMARA, op cit, p10.
19
EL MEZOUARI, S., et LOTFI, M., BOUTHIR, Y. « La Finance Islamique au Maroc entre réticence de la
demande et perspectives de développement », Dossiers de Recherches en Economie et Gestion, Dossier Spécial,
Juin 2013, p.143.
20
http://fr.financialislam.com/la-sharia.html
12
Figure 1 : Les principes fondamentaux de la finance islamique.
Interdictio
n intérêt
interdictio
Asset n des
bancking activités
illicites
Interdictio
n du
PPP Maysir&g
harar
L'un des fondements les plus importants de la finance islamique est l'interdiction du
riba. RIBA : étymologiquement signifie surplus, usufruit. Il se traduit au sens de la loi
islamique par usure, intérêt : c'est HARAM (illicite) en Islam où l'investisseur doit se
comporter comme un m entrepreneur et partager les risques et les récompenses.
Ce mot arabe englobe l'intérêt sous toutes ses formes, qu'il soit excessif ou modéré.
Tout un revenu fixe et prédéterminé, indépendant de la rentabilité de l'actif financé n'est pas
autorisé. On distingue : La RIBA dans les échanges (vente/achat) : riba al-buyû'. La Riba au
générique : riba al qurûd.
Le Prophète (sur lui la paix) a dit : « De l'or contre de l'or, de l'argent contre de
l'argent, du blé contre du blé, de l'orge contre de l'orge, des dattes sèches contre des dattes
sèches, du sel contre du sel : quantité égale contre quantité égale, main à main. Celui qui
donne un surplus ou prend un surplus tombe dans l'intérêt… »21
Ainsi, l'interdiction de s'intéresser à l'Islam est catégorique. Elle est confirmée par les
quatre sources juridiques islamiques : le Coran, la Sunnah, l'Ijmâ et l'Ijtihad. Il ne fait l'objet
d'aucun doute.
Huit versets coraniques, dans quatre sourates différentes portent sur l’intérêt. Dans
l’ordre de la révélation, le premier verset est : « Tout ce que vous donnerez à usure pour
augmenter vos biens aux dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès de Dieu, mais ce
21
Rapporté par Muslim
13
que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la face de Dieu (Sa satisfaction) ... Ceux-là
verront [leurs récompenses] multipliées. »22 Elle contient une moralité que le principe de
l’usure ne converge pas avec les valeurs islamiques, sans pour autant contenir une interdiction
catégorique.
Le deuxième verset est : « et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires -qui
leur étaient pourtant interdits -et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux
d'entre eux qui sont mécréants nous avons préparé un châtiment douloureux. »23 et qui
dénonce fermement la pratique usuraire des juifs en rappelant que l’intérêt leur est interdit
entre eux.
Puis deux autres versets interdisent l’intérêt composé : « Ô les croyants ! Ne pratiquez
pas l'usure en multipliant démesurément votre capital. Et craignez Dieu afin que vous
réussissiez ! Et craignez le Feu préparé pour les mécréants. Et obéissez à Dieu et au Messager
afin qu'il vous soit fait miséricorde ! »24
Enfin, quatre autres versets révélés vers la fin de la vie du Prophète, interdisent
catégoriquement l'intérêt sous toutes ses formes et qualifient sa pratique de guerre contre Dieu
« Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement
dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils
disent : "Le commerce est tout à fait comme l'intérêt" Alors que Dieu a rendu licite le
commerce, et illicite l'intérêt. ……………… Dieu anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier
les aumônes. Et Dieu n'aime pas le mécréant pécheur ……… Ô les croyants ! Craignez Dieu ;
et renoncez au reliquat de l'intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas,
alors recevez l'annonce d'une guerre de la part de Dieu et de Son messager. »25
De plus, il a été rapporté de manière fiable de Djâbir que le Messager d'Allah (paix et
bénédictions d'Allah sur lui) a maudit celui qui se nourrit d'usure (RIBA), celui qui le produit,
celui qui l'enregistre. Et celui qui sert de témoin... Il a dit qu'ils sont tous pareils.26
Cependant, l'interdiction de l'intérêt n'est pas spécifique à l'Islam, l'intérêt étant interdit
par toutes les religions célestes, la Bible contient plusieurs textes qui condamnent clairement
le prêt à intérêt. Parmi les textes de l'interdit dans l'Ancien Testament : « Tu ne demanderas
aucun intérêt à ton frère. Le Nouveau Testament dit : « Tout prêt que vous accordez avec
22
Coran, Sourate les Romains, verset 39
23
Coran, Sourate les Femmes, verset 161
24
Coran, Sourate la Famille d’Imran, versets 130-132
25
Coran, Sourate la Vache, versets 275, 276, 279 ,280
26
Rapporté par Muslim
14
l'intention de faire du profit ne vous sera d'aucune utilité. Faites de bonnes actions mais
n'attendez pas de profit. Alors vous aurez une grande récompense… ».
Dans la religion juive, la pratique de l’intérêt est condamnée. La Torah affirme dans le
verset 15 du chapitre 22 de l’Exode : « si tu as prêté de l’argent à l’un de mes serviteurs, ne
te comporte pas avec lui comme un usurier et ne fait pas de profit sur lui ». Le Saint Coran a
rappelé l’interdiction de l’intérêt chez les juifs. Les juifs ne peuvent percevoir d’intérêt sur un
juif mais cela leur est autorisé sur un non juif selon le verset 20 du chapitre 23 du
Deutéronome qui dit : « ne prête pas d’argent à ton frère juif, ni en argent, ni en nourriture ni
d’autre chose ».
Plus de 300 ans avant Jésus-Christ, le philosophe grec Aristote condamnait l'emprunt
avec intérêt, notant que l'argent, n'étant pas un être vivant, ne pouvait donner naissance à
d'autres monnaies : « L'argent ne fait pas de petits », va-t-il déclaré. Platon, Cicéron, Sénèque
pour ne citer qu'eux mais ceux-ci ont également pris parti contre l'intérêt.
La vision économique de l'Islam est fondée sur la soumission au Dieu unique Créateur
de l'univers, qui peut être Exalté, a établi les règles de conduite les mieux adaptées pour
gouverner la vie et assurer prospérité, bien-être, paix…. Il interdisait aux musulmans tout
acte pouvant nuire aux intérêts du peuple, il prônait un système social sans s'opposer à la
propriété privée, au profit, à l'épanouissement personnel. Ainsi, dans un système islamique, il
est charitable et louable d'annuler la dette d'un créancier en situation difficile comme stipulé
dans le Coran : « À celui qui est dans l'embarras, accordez un sursis jusqu'à ce qu'il soit à
l'aise. Est mieux pour vous de faire une remise de dette pour la charité ! Si vous saviez !".
Outre la stricte interdiction religieuse, deux fondements moraux sous-tendent la
proscription de l'intérêt :
• L'adoption d'un taux d'intérêt fixe est considérée comme un système injuste et
discriminatoire. D'une part, elle empêche l'accès au crédit des personnes les plus défavorisées
de la société. En revanche, dans le cas d'un investissement, il instaure une répartition inégale
des risques et des bénéfices : l'investisseur reçoit une rémunération fixe dé corrélée du succès
ou de l'échec de l'activité, tandis que l'entrepreneur en supporte tout le risque ; à l'inverse,
avec des bénéfices importants, l'investisseur reçoit une part insignifiante des bénéfices tandis
que l'entrepreneur prend la plus grosse part du gâteau. Autrement dit, le profit attribué au
capital est fixe, celui attribué au travail est variable et entaché d'incertitude.
15
• La rémunération à base d'intérêts est par définition dé corrélée de l'activité elle-
même. Cependant, cela contrevient au principe selon lequel la création de richesse repose sur
un actif réel et que l'argent lui-même ne peut pas être une source de valeur ajoutée.
II.2. Le principe de Partage des Pertes et Profits (PPP/3P) ou Profit & Loss
Sharing (PLS) :
« Le concept de partage des profits et pertes est l'un des éléments clés du concept de la
finance islamique car elle reflète les valeurs que l'islam transmet à ses adeptes, à savoir la
justice, l'égalité sociale et la fraternité. Ce système est défini par KHAN (1984) comme « un
mécanisme financier qui lie le capital financier à l'industrie et commerce sans utiliser d'intérêt
». Il s'agit donc d'un processus qui permet techniques de financement islamiques pour établir
le commerce empêchant l'intérêt et ce dans les règles de la charia. Cette technique permet en
plus du partage des risques entre l'entrepreneur et l'investisseur. En effet, ce dernier est
directement lié à la bonne marche des affaires lors de la transaction basée sur le principe des
3P alors que lors d'un prêt rémunéré le risque est en partie transféré au demandeur substantiel.
Le principe du partage des profits et pertes est utilisé dans plusieurs techniques de
financement islamique tel que Mudharaba où la banque financera entièrement le projet et
l'entrepreneur feront son travail afin de faire fructifier le montant investi. Les bénéfices sont
partagés tandis que les pertes sont entièrement supportées par les banques. Ou la Musharaka,
une opération qui permet à la banque et à l'entrepreneur d'unir leurs forces pour un projet et de
partager les profits et les pertes. Ces méthodes des financements sont similaires au capital-
risque où l'investisseur financera la phase post-amorçage de l'entreprise. Ils favorisent le
développement des affaires et donc croissance économique.
On comprend vite que ce système comporte des risques plus élevés car, contrairement
aux banques classiques, la rémunération d'un type du financement dépend directement de la
performance de l'opération et donc de la gestion des projets par l'entrepreneur. Le
financement islamique ne peut donc être viable qu'avec clauses contractuelles strictes
permettant à la banque d'assurer le bon fonctionnement de l'entreprise. Dans le cas contraire,
la direction de l'entreprise partenaire pourrait déguiser ses résultats financiers afin de réduire
la rémunération de la banque.
De plus, dans un tel système, les critères de sélection d'un projet par la banque ne
reposent davantage sur des questions de solvabilité mais davantage sur la rentabilité attendue,
ce qui est très difficile à estimer.
16
Dans le prochain sous-chapitre, nous traiterons d’une autre contrainte imposée par la
CHARI’A, la thésaurisation. »27
27
Traduction anglaise de : partage des pertes et profits.
28
Coran, Al Maîda , versets 90 et 91
17
L’interdiction est tirée notamment du hadith suivant :
Le prophète a interdit l’achat d’un animal non né dans la matrice de sa mère, la vente
du lait dans la mamelle sans mesure, l’achat d’un butin de guerre avant sa distribution, l’achat
des dons de charité avant leur réception, et l’achat de ce qu’a péché un pécheur avant sa
pêche.29
Le financement islamique ne peut avoir pour objet un investissement dans une activité
interdite par la charia. Aucun investissement ne peut donc être réalisé par un financier
islamique lorsqu'il s'agit de produits interdits par la charia ou d'activités illicites comme
l'alcool, le porc ou le jeu. Examen de la compatibilité d’investissements et financements avec
la charia est une diligence supplémentaire qui doit être réalisée dans tout projet de
financement islamique.30
29
Rapporté par Muslim
30
Taieb Hafsi,Lahachemi Siagh, Environnement intense et choix stratégiques : le cas des banques islamiques
, revue française de gestion, N°171/2007, p124
31
Anouar Hassoune 2009, Principes de structuration des sukuk, Les Cahiers de la Finance Islamique, No.1, p20
18
Conclusion :
19
Chapitre 2 : Les différents types de fonds islamiques et produits de la
finance islamique
Nous nous attarderons dans un premier temps sur les « Equity Funds » puisque ceux-ci
représentaient en 2017 environ 43% de l’industrie des fonds Sharia Compliant (IFSB, 2017)
et qu’ils seront l’objet de notre analyse. Nous passerons ensuite brièvement en revue les autres
types de fonds les plus récurrents au sein de l’industrie des fonds islamiques.
20
• La banque et l’assurance traditionnelles : leurs opérations étant associées à
l’intérêt, il n’est pas permis d’investir dans de telles actions.
• L’alcool.
• Les produits associés au porc et les autres aliments dont la production n’est pas
Sharia Complaint.
• L’industrie du jeu, le tabac, la pornographie, etc.
Malgré cette interdiction, Jouaber-Snoussi (2012) nous apprend qu’un maximum de
5% des revenus de l’entreprise peut provenir d’une de ces activités sans que celle-ci soit
exclue du portefeuille du fonds. A noter que l’activité des secteurs de l’entreprise concernée
sera également appréciée afin d’éviter toute forme d’ambiguïté quant à la source de revenus
de l’entreprise dans laquelle les fonds sont investis (Nedal Alchaar & Sandra, 2009).
Une fois les titres sélectionnés après avoir subi le premier filtrage, ils sont soumis à un
deuxième filtrage qui s'appuie davantage sur des critères quantitatifs. Ces critères quantitatifs
sont prélevés sont pris sur la base du bilan des entreprises concernées par ce second filtrage et
grâce auquel seront calculés différents ratios. En effet, certaines devront être maintenues à des
niveaux précis pour permettre au fonds d'investir dans cette société. Ces ratios et leurs valeurs
limites sont au nombre de trois et sont énoncés par Charfeddine, Najah & Teulon (2016)
32
comme suit :
• Le ratio de dettes de l’entreprise ne peut pas dépasser 33%.
• Le ratio Créances/Total de l’actif ne peut pas excéder 45%.
• Les revenus provenant d’intérêts quelconques ne peuvent excéder 5% du
revenu total.
Une fois ces filtrages effectués, le fonds est géré par son gestionnaire qui répartit les
bénéfices au prorata de l’investissement de base de chacun.
32
Charfeddine, L., Najah, A., & Teulon, F. (2016). Socially responsible investing and islamic funds: New
perspectives for portfolio allocation. Research in International Business and Finance, 36, 351-361. Doi :
10.1016/j.ribaf.2015.09.031.
21
répercutés sur les investisseurs. Les actifs restent ici la propriété du fonds (Bose & MacGee,
2008)33.
La majorité des experts en finance islamique s'accordent à dire qu'il Il existe deux types de
produits financiers islamiques : basé sur le principe des 3P à savoir ‘‘Moudaraba’’ et
33
Bose, S., & McGee, R. W. (2008), Islamic Investment Funds : An Analysis of Risks and Returns. Florida
International University Chapman Graduate School of Business Working Paper. doi: 10.2139/ssrn.1310449
34
Usmani, M.T. (2002). An introduction to Islamic Finance. La Haye : Kluwer Law International.
35
Iqbal, Z., & Mirakhor, A. (2011). An introduction to Islamic Finance : Theory and practice (2e éd.). Singapore
:John Wiley & Sons.
22
‘‘Moucharaka’’. etc. Il y a ceux basés sur le principe du coût plus marge tels que :
"Murabaha", "L'Istisna'a", "L'Ijara wa Iqtina".
II.1. Les produits basés sur le principe de partage de profits et pertes (PPP) :
36
TIJANI. O, op. cit, p. 13
37
JOUINI, E., et PASTRE, O., « Enjeux et opportunités du développement de La finance islamique pour la place
de paris», Paris Europlace, 2008, p. 33.
23
II.1.2. La Moudaraba (commandite) :
40
JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit. p. 31.
24
fournitures et équipements) afin de le lui revendre à une marge bénéficiaire convenu à
l'avance, avec échelonnement.
41
JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit. p. 35
42
HANY, N., REGRAGUI, Y., and AL MERIOUH, Y., « Etude comparative du coût de crédit entre la finance
islamique et la finance conventionnelle dans le contexte marocain », International Journal of Innovation and
Scientific Research, Vol. 20 No. 1, Jan. 2016, p. 95.
25
Figure 5 : Principe de fonctionnement de l’IJARA43
Bai'salam, est une transaction dans laquelle l'acheteur paie le prix à l'avance contre
promesse de livraison à une date future d'un bien dont les spécifications sont clairement
déterminées au moment de la vente. Cette opération de vente à livraison différée constitue un
mode de financement des opérations agricoles ou d'import/export. Afin de limiter son
exposition au risque, la banque n'achète finalement que des biens et a une promesse préalable
d'achat auprès de son client.
A la différence de la technique précédente, le « Bai’muajjal » البيع المؤجلest une
transaction commerciale spot dont le paiement est échelonné dans le temps sans que cela
engendre des frais supplémentaires pour l‘acheteur.44
43
JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit. p. 36.
44
HANY, N., REGRAGUI, Y., and AL MERIOUH, Y., art, cit. pp. 95 et 96.
26
transaction porte sur la livraison, et non sur des marchandises achetées en l'état, mais des
produits finis ayant subi un processus de transformation.45
L’AAOIFI définit les Sukuk comme étant des titres de copropriété représentatifs d'un
actif tangible. Plus simplement, les « Sukuk » (Saak au singulier) sont des titres dont le
rendement est lié à la performance d'un actif sous-jacent. Les Sukuk d’investissement sont des
titres financiers hybrides négociables dont la rémunération et, le cas échéant, le principal, sont
indexés sur la performance d’un ou plusieurs actifs sous-jacents détenus directement ou
indirectement par l’émetteur. Leur porteur bénéficie d’un droit assimilé à un droit de
copropriété sur ce ou ces actifs. Le ou les actifs concernés peuvent être des services, biens ou
droits ou l’usufruit de ces biens ou droits. Au contraire des détenteurs d’obligations
traditionnelles qui possèdent des titres de créances, les « Sukuk » représentent une
participation dans des actifs corporels.46
➢ Types de sukuk :
Selon l’AAOIFI, il existe à ce jour un peu moins d’une quinzaine de types de sukuk.
Leur caractère sharia compatible a été admis par le Sharia-Board de l'AAOIFI, qui est
constitué d’experts de différentes régions du monde et dans les diverses écoles de droit
musulman. Les avis émis par ce Sharia-Board sont souvent fondés sur les résolutions prises
par l'Académie internationale de Fiqh (organe de l’OCI34), qui réunit également des experts
contemporains des différentes écoles de droit musulman. Il est à noter que ces normes de
l'AAOIFI constituent une référence pour les institutions de finance islamique qui opèrent en
Afrique dans des pays où l’application du rite Malékite prédomine. Aujourd’hui, la tendance
internationale semble s’orienter vers la conformité aux standards de l’AAOIFI.47
Les trois types de Sukuk les plus courants en termes de volume d’émission sont cités
dans la figure 8 ci-dessous :
45
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., « Le financement islamique et le capital risque : quelles convergences ? Et
quelles perspectives de conciliation ? », Revue D’Etudes en Management et Finance d’Organisation N°4
Décembre 2016, p.5
46
Al-Khawarizmi Group, « Les Sukuk, une nouvelle alternative de financement pour le Maroc », 2012.
47
Kamal chérit, « le Banking islamique », Editions Grand-Alger-Livres, Alger, 2007, P.25
27
Figure 6 : Types de sukuk les plus courants48
Conclusion :
Bien que la finance islamique n'ait été pratiquée que dans la seconde moitié du 20ème
siècle, elle a évolué très rapidement et a progressivement commencé à développer ses parts de
marché dans le monde avec ses produits de financement différents de ceux de la finance
conventionnelle. Ces instruments se compose de deux types, les instruments basés sur le
principe de partage des profits et pertes dites aussi instruments participatifs la Moudaraba et la
Moucharaka et les instruments basés sur le principe du coût plus une marge bénéficiaire
(instruments de financement) tels que Mourabaha, Ijara, Salam et Istisnaa. Ensuite,
l’assurance Takaful émergé dans le monde de la finance comme une solution éthique et
alternative au système d’assurance traditionnel pour éviter ainsi de se soumettre au modèle
conventionnel basé sur les procédés de Maysir, Gharar et Riba qui sont interdits par la loi
islamique (Charia)
Adapté à partir de Mohieddine Kron fol, « Les Sukuk : une classe d’actifs qui se démocratise », Franklin
48
28
Conclusion partie I :
Nous avons démontré que la finance islamique représente une bonne alternative à la
finance conventionnelle.
Pour cela, nous avons commencé, dans un premier temps, par expliquer les causes de
la dernière crise financière. Celle -ci a indirectement mis en avant la finance islamique.
Dans un second temps, nous avons débuté par définir les principes sur lesquels repose
la finance islamique. Celle-ci est basée sur un ensemble de prohibitions telles que les intérêts
(Riba), la spéculation (Maysir, Gharar), l'investissement dans des secteurs jugés illicite
(Haram) par la loi islamique (Sharia). Nous avons par ailleurs expliqué les principes des « 3P
» (Partage de Profits et de Pertes) et de l'adossement des actifs tangibles. Suivant, conduite
identique à tout fonds d’investissement, chaque fonds adoptera un mode de financement bien
précis en fonction du type auquel il appartient. Après avoir vu les bases sur lesquels repose la
finance islamique, nous avons vu les principales techniques de financement qu'offre la finance
islamique. Nous avons évoqué les instruments dits : « participatifs » (Murabaha, Mudaraba et
Musharaka) et les instruments de « financement » (Ijara et Istisna).
29
Partie II
Le développement de la finance
islamique au Maroc
30
La finance islamique connaît aujourd’hui un fort développement dans de nombreux
pays à travers le monde. Malgré cela, le Maroc est à la traîne au contexte international. En
effet, bien que les pouvoirs publics préparent le terrain à l’accueil de la finance islamique au
Maroc depuis plus d’une dizaine d’années, et malgré le fait que la Banque Centrale ait
accordé son agrément dès Janvier 2017 aux institutions de finance participative, il reste des
mesures à prendre mis en place pour compléter l’offre de cette nouvelle industrie financière.
Notamment en ce qui concerne le cadre réglementaire et opérationnel. L’introduction et le
développement de l’industrie financière participative au Maroc revêt une grande importance
pour plusieurs facteurs, notamment la position géographique du pays situé au Nord-Ouest de
l'Afrique juste en face de l'Europe, ce qui fait du Maroc un cas particulier dans l’adoption et le
lancement de la finance participative pouvant apporter des avantages considérables. Ce
constat a été affirmé par le rapport de l'agence d'informations financières Thomson Reuters
qui avance que la finance islamique se caractérise par un fort potentiel de croissance
notamment en Afrique, ceci est dû au lancement croissant des institutions financières
islamiques en particulier au Maroc. Aujourd’hui, de nombreuses questions se sont posées sur
l’état d’avancement des chantiers de l’industrie financière participative après lancement trois
ans, et sur l’efficacité des efforts déployés sur tous les niveaux pour faire émerger ce nouveau
système financier.
31
Chapitre 3 : L’arrivée et L’émergence de la finance islamique au Maroc
Le Maroc met en place un système bancaire dual, cette formule financière a débuté en
2007. Malgré cette implication dans l'industrie islamique en 2007, il y a plus d'une décennie,
le Maroc fait partie des pays qui sont loin derrière les pays arabes et islamiques. Cette
première expérience a connu un très long rythme de progression (Aziz et al. 2015) et les
résultats finaux ont été un échec flagrant. Dix ans seulement après la première expérience
ratée, le Maroc a décidé de s'investir davantage dans la finance islamique.
Depuis l'émergence de la finance islamique, les banques du Golfe n'ont pas désespéré
de solliciter la banque centrale marocaine pour une présence dans le
royaume .Traditionnellement, le lobby des banques marocaines a pris des mesures pour
empêcher toute tentative d'effraction mais, l'arrivée sur la scène politique d'un parti islamiste,
en 1997, et sa prise du pouvoir, en 2012, ont été deux facteurs décisifs dans la perméabilité
des autorités à l'idée de profiter de la finance islamique au Maroc. Une première expérience a
été créée en 2007 avec la mise en place de trois contrats islamiques :
Mourabaha, Ij ara et Moucharaka mais, telle qu'elle est conçue, cette expérience ne
rencontrera pas le succès espéré par les défenseurs de la finance islamique. A la tête du
gouvernement depuis novembre 2011, les islamistes poussent à l'institutionnalisation de la
finance islamique au Maroc. Début septembre 2012, un projet d'amendement à la loi bancaire,
32
chargé du statut de la banque islamique, est soumis par la banque centrale aux professionnels
pour consultation. A fortiori, ce retournement de situation de la banque centrale est dû à une
situation de sous-liquidité caractérisant l'économie marocaine depuis 2008 et qui s'est
accentuée, gagnant, depuis 2012, la finance islamique pouvant, à juste titre, constituer une
valve financement. Le lancement effectif des banques participatives peut se résumer en un
certain nombre d'actions qui ont marqué la période 2007-2017, à savoir :
Figure 7: Chronologie de l’avant lancement effectif des banques participatives au Maroc 49
49
PAS plan d’ajustement structurel dictat de la banque mondiale imposer aux pays en cession de paiement, il
vise la réduction de la dette et les dépenses publiques et assurer l’équilibre macroéconomique.
50
ZAROUALI, M.J.E., « Le Maroc…un château-fort devant le développement de la finance islamique »,
Finance & Finance Internationale, N° 6, Janvier 2017, p. 1.
33
l'arrivée des grandes banques islamiques. Ayant été récemment agréée par Bank Al-Maghrib
et possédant une vaste expérience dans ce domaine.51
L'adoption de la loi n° 103-12 (parue au Bulletin Officiel du 22 janvier 2015 - édition
en arabe - et au BO du 5 mars 2015 - édition en français) a favorisé le lancement de banques
participatives avec de nouveaux produits susceptibles de répondre aux besoins d'une clientèle
si sensible au changement et aux questions éthiques, surtout après une mauvaise expérience
avec le système bancaire traditionnel sur le plan financier.52
Pour ce faire, les banques marocaines bénéficient de trois possibilités :
• Une transformation totale de l’activité : Celui-ci est très responsable, très
encombrant et moins pratique étant donné qu'il suppose une refonte totale de
l'activité conventionnelle afin de la remplacer par une conforme à la charia.
• La deuxième possibilité : Consistera à créer des guichets islamique les
« fenêtres islamiques » qui seront de simples services internes au sein d'une
même banque conventionnelle, seront chargées de gérer un pôle de produits
conformes à la charia avec une séparation claire de l'activité conventionnelle.
Cette configuration est moins chargée, moins lourde et donc pratique que la
première.
• La troisième configuration : Possible pour les banques marocaines réside
dans la création de filiales spécialisées dans la commercialisation de produits
conformes à la Charia comme l'expérience d'ATTIJARIWAFA BANK qui a
créé, à l'initiative de Bank Al-Maghrib en 2007, une filiale Dar assafa dédiée
aux trois produits autorisés.53
Les banques participatives se sont développées rapidement depuis leur introduction
malgré les retards de lancement. Lors de la réunion trimestrielle de Bank Al-Maghrib en
décembre 2018, le gouverneur de la banque Abdellatif Jouahri s'est déclaré satisfait du
développement du secteur de la « banque participative ». Le compte compte désormais plus
de 70 banques et établissements financiers financés par des services financiers conformes à la
51
RHANOUI, S., & BELKHOUTOUT, K., « Islamiques Banking in Morocco: The Factors of a Promising
Future », Journal of Islamique Banking and Finance, June 2017, Vol. 5, No. 1, p. 8.
52
Le législateur marocain a préféré utiliser la dénomination « banques participatives » au lieu de « banques
islamiques ».
53
CHERKAOUI, A., « La Finance Islamique au Maroc : l’Alternative Ethique », Finance & Finance
Internationale, N°2 janvier 2016, pp.6-7.
34
Charia, qui disposent jusqu'à fin décembre 2018, d'un total de 4,4 milliards de dirhams de
prêts selon Bank Al Maghrib.54
La crise financière que traverse la plus grande économie montrera une fois de plus que
le modèle financier basé sur la spéculation et l'usure est voué à l'échec. D'autre part, la
situation arabe et les changements politiques dans l'espace maghrébin annoncent de nouvelles
perspectives économiques. Ainsi, sous l'impulsion du nouveau gouvernement et des
investissements du Qatari, le Maroc semble se tourner vers la finance islamique.
54
El HAJJAJI, H., et MOUTAHADDIB, A., « Création d’un indice boursier islamique sur la place de
Casablanca », Recherches et Applications en Finance Islamique, Volume 3, Numéro 1, 2019, p : 89.
55
Radi, B. and Bari, I. (2012), « Les produits financiers alternatifs au Maroc : Pratique et perspectives », La
Revue des Sciences de Gestion, Volume N° 255-25 : Numéro 3, pp. 153- 159.
56
BENSGHIR.A & ADDOU.K I (2021), « Les implications de la crise du Covid-19 sur le secteur bancaire
participatif : Cas du Maroc. », Revue Française d’Economie et de Gestion, Volume 2 : Numéro 1, pp : 93-115.
35
Salam » qui a pour objectif de fixer les caractéristiques de la marchandise en matière de
nature, qualité, et quantité.
La figure qui suit résume l’historique de l’installation des banques participatives au
Maroc :
Figure 8 : L’installation des banques participatives au Maroc entre la période 2007-2020. 57
57
ACHCHAB. A 2021 : « La Finance participative au Maroc », Revue Internationale des Sciences de Gestion «
Volume 4 : Numéro 2 » pp : 256- 275.
36
Tableau 1 : Les banques participatives marocaines et leurs partenaires58
58
L’expérience marocaine en finance participative : Bilan et défis à relever -ISSN : 9052- 0224-Volume 4,
Numéro 2, juillet 2020-197
59
Rapport annuel de BAM, sur la supervision bancaire entre la période de 2017 au 2019
37
Pour bien définir l’écosystème de la finance participative au Maroc, il est nécessaire
de déterminer le comité d’établissements qui assure le fonctionnement solide des banques
participatives, ces organes sont :
• La banque Centrale : Bank Al-Maghreb
• Le ministère de l’Economie et des finances
• La commission des finances participatives au sein du Conseil supérieur des Oulémas
• L’AMMC (l’Autorité Marocaine du marché des capitaux)
• L’ACAPS (L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale)
Selon Bank Al-Maghreb, grave à leur positionnements le réseau bancaire des banques
et fenêtres participatives est centrée dans les grandes villes du Royaume du Maroc (voir figure
9), elles ont pu ouvrir 81 963 comptes (Nahhal B, 2020).60
Figure 9 : Répartition du réseau bancaire participatif par région (en %).61
Ventes
CASA-SETTAT (32%)
RABAT-SALE-KENITRA (19%)
TANGER-TETOUANE-
ELHOUCEIMA (10%)
ORIENTAL (8%)
SOUSS-MASSA (10%)
FES-MEKNES (9%)
En matière de collecte de dépôt, les banques participatives ont enregistré environ 2,6
Mrds de DH sous forme de dépôt d’investissement et dépôt à vue, alors que le financement
Mourabaha a atteint 5,9 milliards de DH, en matière de résultat ces banques réalisent encore
des pertes à cause des problèmes de démarrage, et le retard dans la finalisation du cadre
réglementaire, cette dernière empêche l’amélioration du dynamisme de l’activité et le résultat
60
Nahhal B. 2020 : « Analyse du modèle participatif des banques islamiques : cas du Maroc », Recherches et
Applications en Finance Islamique, Volume 4 : Numéro 1, pp : 58-70.
61
Rapport annuel de BAM, sur la supervision bancaire 2019
38
opérationnel. Le tableau suivant résume les principaux indicateurs de l’activité des banques
participatives jusqu'à fin 2019 :
Tableau 3 : Principaux indicateurs de l’activité des banques participatives jusqu’à fin 2019. 62
Conclusion :
L’arrivée de la finance participative au Maroc est trop tardive par rapport aux autres
pays arabes qui ont été intégrés ce mode depuis 30 ans, le mode est entrain de trouver sa place
au sien d’un marché dominé par un système classique malgré le blocage qu'il a connu
plusieurs entraves. En intégrant ce nouveau système financier, le Maroc pourrait gagner
beaucoup de choses, en fait, il peut gagner de nouvelles ressources qui sont estimées entre 3 et
7 milliards de dollars provenance des pays du Golf et de la Malaisie…, en plus le taux
bancaire peut passer de 34% à 55% avec l’implantation des banques islamique afin que le
développement de ce type de banque puisse attirer et soutenir l’investissement au Maroc et de
participer au développement du marché marocaine. Alors il faut relever les différents défis qui
conditionnent le développement des banques participatives au Maroc pour pouvoir prendre sa
place dans l’économie, tout cela en se dotant d'un cadre juridique, fiscale et réglementaire
approprié et surtout des ressources humaines qualifiés.
62
Rapport annuel de BAM, sur la supervision bancaire entre la période de 2017 au 2019
39
Chapitre 4 : Les défis finance islamique et les solutions pour développer
finance islamique Maroc
Depuis ses premiers pas, à la fin des années 1960, la finance islamique a réussi à
prendre progressivement sa place dans le système financier de nombreux pays musulmans
comme dans celui d'autres pays occidentaux. Loin de rester une simple mode, elle est aussi
devenue une industrie de niche et un rouage important des circuits de financement de ces
économies.
Mais comme toute autre industrie récente, au fur et à mesure de sa croissance, la
finance islamique a dû faire face à des défis et surmonter des difficultés afin de maintenir sa
place et de continuer à se développer.
L’objectif de ce chapitre est de présenter les défis de la finance islamique au
Maroc et proposer recommandation et solution en s'inspirant des expériences
internationales réussies.
Le premier obstacle rencontré par la finance islamique est le problème d'image qui est
dû à plusieurs facteurs :
Les différentes réactions à l'émergence des institutions financières islamiques Pour
certains, les tenants du monde des affaires, les opérations bancaires et financières islamiques
reposent sur une opération de commercialisation destinée à vendre des produits financiers
conventionnels légèrement modifiés afin de les présenter comme conformes à la charia. Pour
d'autres qui ont d'autres religions, le terme finance ne va pas de pair avec religion. Mettre les
40
deux termes ensemble aurait pu signifier qu'il s'agissait d'associations caritatives, d'autant plus
que l'absence de taux d'intérêt est présentée comme leur caractéristique essentielle.63
Dans les pays musulmans, l'héritage colonial a poussé la littérature occidentale à
anathème sur le terme islamique, l'associant tantôt à la barbarie, tantôt à l'archaïsme pour
l'opposer à la modernité, tantôt au sous-développement.64
Plusieurs rumeurs circulent autour des banques islamiques sur le financement du
terrorisme d'une part et le blanchiment d'argent d'autre part. Par exemple, la scandaleuse
affaire BCCI qui a fortement affecté la réputation des banques islamiques. Cette affaire
remonte à 1991, la banque BCCI (Bank of Credit and Commerce International), c'est la
première vraie banque multinationale islamique qui a d'abord chuté à cause de la gestion
catastrophique de son patron Agha Hassan Abedi et elle a fini par devenir un scandale
international. Après de nombreuses enquêtes, il s'est avéré qu'elle était en fait la banque de la
mafia colombienne et des cartels. C'est donc déjà beaucoup pour une institution financière
traditionnelle, mais c'est énorme pour une institution tenue d'agir selon les préceptes
islamiques.65
63
Genevieve causse Broquet, op. cit , p178
64
Omar El Kettani , op. cit, p49
65
Michel Kourtouzis et Jean François, Que sais-je: le blanchiment, édition Puf, Paris 2005, p45
66
Elyès Jouini et Olivier Pastré, op. cit , p56
41
islamique. Il est en effet techniquement très délicat, d'évaluer avec précision d'une part les
résultats correspondant au financement de différents projets pour une même entreprise, et
d'autre part, de mettre en place un système de suivi qui permet à une banque d'affecter aux
chaque montant déposé une utilisation et un retour identifiables.67
Pour clarifier, nous prenons l'exemple des comptes d'investissement (partage des
profits et pertes), dont les déposants sont des investisseurs, mais ils n'ont pas le droit
d'intervenir dans les décisions de la banque, par conséquent, ils doivent pouvoir avoir des
informations sur ce qui est faire avec leur argent et comment leur rémunération est calculée.68
De plus, les banques elles-mêmes, qui sont aussi en position d'investisseurs, souffrent
du manque de transparence des entreprises dans lesquelles elles ont investi leur argent. Ceci
est d'autant plus regrettable que la minimisation ou la dissimulation des résultats qui affecte
non seulement les résultats de la banque mais aussi la rémunération des déposants.69
Un autre problème majeur auquel sont confrontées les banques islamiques dans leur
processus de développement est la faiblesse de leur capital qui compromet leur pouvoir
compétitif dans le financement de grands projets. Bien que les banques islamiques puissent
recourir à la syndication, cela ne peut être qu'une solution à court terme. Ils doivent
augmenter leur capital ou fusionner, il n'y a pas d'autres solutions.70
La gestion de la liquidité est également difficile tant en termes de placement de
liquidités excédentaires que de réapprovisionnement en cas de rupture de liquidité. Lorsqu'il
y a excès de liquidité, la banque n'a pas les moyens de faire fructifier ses fonds en raison de
l'interdiction de la pratique des intérêts. Il en résulte un manque à gagner par rapport aux
banques classiques. En cas de pénurie de liquidités, elle ne peut pas se réapprovisionner en
urgence comme le font les banques traditionnelles, que ce soit auprès de la banque centrale ou
d'autres institutions financières. Cela est également dû à l'interdiction des intérêts. La
situation est d'autant plus pénalisante que les marchés monétaire et interbancaire sont peu
développés.71
67
Gérard Naulleau , op. cit , p7
68
Genevieve Causse Broquet, op. cit , p178
69
Ibid, p179
70
Lachemi Siagh , op. cit, p233
71
Geneviève Causse Broquet, op. cit , p182
42
Pour faire face à ce problème, en plus de ne pas s'engager dans des opérations à long
terme, la banque doit recourir à divers moyens :
• Un excédent important de liquidité doit être conservé, qu'il soit ou non déposé dans
des institutions financières, mais sans intérêt.
• Une solution doit être trouvée avec la banque centrale, qui peut être l'ouverture d'un
compte courant au sein de la banque centrale, dans lequel le crédit les soldes de
certaines périodes compensent les soldes débiteurs d'autres périodes.72
Le manque de capital humain est, à ce jour, l'un des principaux obstacles à la finance
islamique. L'industrie financière dans son ensemble s'appuie sur des ressources humaines qui
doivent être dotées d'un savoir-faire spécifique en plus des connaissances financières. Selon
les experts en finance islamique, il faut environ 15 ans pour former un spécialiste à la fois du
droit coranique et de la finance.73
Les opérations participatives telles que la moucharaka et la moudaraba nécessitent un
haut niveau d'analyse du risque de crédit et un suivi très efficace des opérations à opérer avec
profit. Donc une maîtrise de la gestion de m projet, des compétences juridiques spécifiques le
financement et la couverture des risques apparaissent m essentiels pour le développement de
ces opérations.74
Malgré le succès de la finance islamique dans les années 1970, de nouveaux éléments
menacent leur prospérité dans les circonstances actuelles. Le premier élément qui remet en
cause l'avenir des banques islamiques est qu'elles, après de nombreuses années de monopole
dans leur domaine, doivent désormais faire face à l'intérêt croissant des banques
conventionnelles pour leur marché.75 Cela se reflète dans le nombre croissant de guichets
72
Geneviève Causse Broquet, op. cit , p182
73
Elyès Jouini, Olivier Pastré, op. Cit, p59
74
Gérard Naulleau, op. Cit, p7
75
Imane Karich, op. Cit, p103
43
islamiques au sein des banques traditionnelles, leur rôle principal se limitant à attirer une
catégorie de personnes intéressées par la finance islamique.
D'autre part, ils essaient par tous les moyens de créer des fonds d'investissement
fonctionnant selon les préceptes islamiques. La concurrence des grandes banques
multinationales peut également menacer l'avenir des banques islamiques. Ils doivent donc
réagir rapidement et investir dans une plus grande diversification des produits qu'ils proposent
afin de répondre aux besoins de leurs clients, en tenant compte de leurs exigences en termes
de revenus, de temps et de risques.76
La pénurie de personnel qualifié a des répercussions sur le développement des
activités commerciales de la banque mais aussi en ce qui concerne la mise en œuvre de
gestion appropriée. Systèmes d'information de gestion et logiciels informatiques utilisés par
les banques classiques ne sont pas adaptées aux différentes activités de la banque Islamique.
Car ce dernier gère non seulement des actifs financiers mais aussi actifs de l'entreprise, il doit
surveiller les comptes d'investissement et les opérations mourabaha.77
I .1.6. La formation :
76
Ibid, p104
77
Geneviève Causse Broquet, op. Cit, P 185
44
siègent dans les Shariah boards de la plupart des grandes institutions financières islamiques.
»78
I .1.7. L’innovation :
Pour répondre aux besoins croissants des clients, la banque islamique doit redoubler
de efforts et investir dans l'innovation. La relation particulière entre finance et religion que
présente la finance islamique soulève également des questions sur sa capacité à intégrer
l'innovation et à s'adapter aux évolutions de la demande de produits financiers.79
Cette innovation peut paraître évidente, mais elle n'en est pas moins extrêmement
difficile à appliquer, compte tenu du filtre religieux par lequel doit passer tout nouveau
produit. Condition sine qua non pour qu'elle soit attractive auprès des principaux clients de la
banque, les musulmans, est son adéquation aux règles de la loi islamique. Mais malgré tout
cela, Les juristes musulmans ont plusieurs techniques telles que les quiyas (analogie), maslaha
ou istihsane (intérêt) qui leur permet d'inventer de nouveaux produits bancaires.80
Les institutions financières traditionnelles regorgent de nouveaux produits tels que
cartes de crédit, cartes de paiement, régimes de retraite. Tous ces produits satisfont nouveaux
besoins des clients. Les institutions islamiques ne peuvent donc pas se permettre de rester en
retrait. En conséquence, ils essaient d'améliorer leurs contrats, voire de modifier pour
répondre aux besoins contemporains. Le processus d'innovation est donc en cours mais
nécessite un investissement important dans la recherche. Il reste donc à voir si l'industrie la
finance islamique a les moyens de ses ambitions et si elle peut seule soutenir les efforts
innovation.81
78
Rapport remis à Paris Europlace par Elyès Jouini, Professeur à l’Université de Paris-Dauphine et Olivier
Pastré, Professeur à Paris VIII Saint-Denis (8 décembre 2008) p70.
79
Elyes Jouini et Olivier Pastré, op. Cit, p 59
80
Imane Karich, op. cit , p104
81
Ibid, p105
45
Mourabaha de ses trois types et le retard persistant dans l’adoption des produits
destinés aux entreprises (l’Istisna’a, le Salam…)
• Communication : Malgré l'important effort de communication déjà déployé,
seulement 7% des Marocains déclarent avoir déjà lu, vu ou entendu parler de la
finance participative et 14% des marocains affirment avoir entendu ou vu une
publicité sur une banque participative82
• Réglementation et gouvernance : L’absence de détails techniques complétant
les circulaires et de système comptable adapté aux fenêtres participatives.
• Assurance : Le retard dans la publication du décret exécutif de la Commission
des finances participatives du Conseil Supérieur des Oulémas alors que les
activités des banques participatives sont ne sont toujours pas couvertes par une
assurance.
• Sukuks : Les autres défis concernent l'aspect fiscal (Lagtati, 2018) et
comptable. Il faut que les opérateurs comprennent ce qu'ils traitent pour le faire
convenablement83
• Ressources Humaines et formation : Recrutement interne important et
redéploiement des compétences existantes au lieu de capitaliser sur les
ressources humaines spécialisées et manque de praticité en termes de
formations disponibles en finance participative.
• Fintech : Niveau de connaissance limité des solutions Fintech et un Coût élevé
de la recherche et du développement pour les banques participatives. »84
82
Selon L’étude Kantar TNS – AMFP sur le potentiel de la banque participative au Maroc (Décembre 2017)
83
Lagtati, K. (2018), “La Loi N° 33-06 sur la Titrisation : Vers un Accueil des Sukuk au Maroc”, Researches
and Applications in Islamic Finance, Vol. 2 No. 1, pp. 103–115.
84
Ait Malhou F. et A. Maimoun (2020), L’expérience marocaine en finance participative : Bilan et défis à
relever, Recherches et Applications en Finance Islamique Volume 4, Numéro 2, juillet 2020, pp204-205-206
46
II.1. L’Arabie saoudite :
Graphique 1 : Répartition des actifs du système financier islamique par secteurs au Royaume d'Arabie
saoudite pour l'année 2018 (milliards de riyals saoudiens)
1800
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
Secteur Marché Instruments Actifs gérés Assurance Sociétés de
bancaire d'action existants financement
Source : Rapport annuel 2019 de l'Agence monétaire d'Arabie saoudite, de Tadawul, du Marché financier
islamique international, du Conseil des services financiers islamiques et des comptes rendus des chercheurs
de l'Institut islamique de recherche et de formation.
II.2. Malaisie :
85
Rapport sur la finance sociale islamique 2020
86
Le développement de la finance islamique en Malaisie : l’histoire d’un volontarisme d’État.
87
Islamic Banking Act 1983, Government Investment Act 1983
48
Graphique 2 : Part des financements conventionnels et islamiques en Malaisie (2015-2020).
100%
90%
80%
70%
60%
30%
20%
10%
0%
2015 2016 2017 2018 2019 2020
II.3. Qatar :
88
Rapport annuel arabe 2019
50
Graphique 3 : PIB nominal au Qatar (2015-2019) en milliards de riyals qatariens.
700
600
500
100
0
2015 2016 2017 2018 2019
51
• Des procédures de bonne gouvernance des banques islamiques comprenant les
exigences bancaires actuelles, mais aussi une forte attention doit être donnée à la
gouvernance des entreprises marocaines afin d’augmenter leur solvabilité
• L’encouragement des banques réticentes par la mobilisation des subventions, de
récompenses et de protection contre la concurrence déloyale. »89
L’analyse faite des différents efforts déployés montre l’engagement sérieux des
différentes parties prenantes pour réussir l’expérience financière participative marocaine.
Après avoir repéré un certain défi restant encore à relever, quelques pistes et
recommandations pour améliorer et promouvoir financière participative :
• « Offre : Diversifier l’offre des produits financiers participatifs au niveau de l’actif et
du passif des banques participatives, puis développer des produits et services offerts
aux entreprises afin d’inciter les banques à recourir aux services financiers
participatifs pour répondre à leurs besoins d’investissement (Ijara) et en fond de
roulement (Salam).
• Réglementation et gouvernance : Renforcer le rôle des autorités dans l’encadrement
réglementaire de l’industrie financière participative et son inclusion dans l’économie
marocaine, mise en place d’un système fiscal et comptable adéquat aux fenêtres
participatives et des contrats destinés aux entreprisses, ensuite accélérer des
procédures au niveau des parties prenantes du chantier de l’industrie participative
notamment au niveau de la Banque Centrale et le Conseil Supérieur des Oulémas.
• Sukuks – Assurance : Activer et promouvoir le rôle des banques participatives dans
la promotion des sukuks en se positionnant entre les émetteurs et les investisseurs ainsi
que les petits investisseurs dans le cadre des sukuks retaille, L’adaptation de la
fiscalité des Sukuks pour maitriser leurs coûts par rapport aux produits conventionnels
et développer le marché interbancaire participatif Marocain.
• Ressources Humaines et formation : Rôle de la collaboration entre les opérateurs de
l’industrie financière participative pour créer un échange constructif et faire avancer ce
89
Hicham EL YOUSFI, Aziz EL IDRISSI : La réussite de l'intégration de la finance participative dans le
système de finance classique, (p :84), p :89
52
chantier (avocats, juristes, les responsables du CSO), comme une partie importante du
personnel des banques participatives sont issus d’un processus de recrutement interne,
il y a nécessité de formation et d’accompagnement des cadres et des opérationnels
n’ayant pas de formation de base en finance participative.
• Fintech : Encourager la recherche et du développement dans le domaine de la finance
participative. »90
Conclusion
Un retard vis-à-vis d'aux pays arabes le Maroc utilise le mode de finance participative
sur le marché, une nouvelle stratégie faire face au concurrent également aux les enivrements
instables du marché.
Un accroissement très important au niveau des vents aussi l’augmentation de la part
du marché, cela permettre aux acteurs du système financier islamique d’investir et/ou l’achat
des produits islamiques.
Alors il faut relever les différents défis qui influencent le développement des banques
participatif au Maroc pour pouvoir prendre sa place dans l’économie, tout ça en mettant un
cadre juridique, fiscale et réglementaire approprié et surtout des ressources humaines
qualifiées.
D’après notre étude on conclura d’une part que les résultats nous informent d’avenir
que la majorité des personnes de notre échantillon prêt à ouvrier le lien avec les banques
participatives D'Autre part même si la prospérité cet islamique il reste insuffisant par rapport
au celle de la conventionnelle au niveau de la satisfaction du consommateur à cause de
difficultés du système ainsi aux connaissances limitables du consommateur.
Conclusion de la partie II
90
Ait Malhou F. et A. Maimoun (2020), L’expérience marocaine en finance participative : Bilan et défis à
relever, Recherches et Applications en Finance Islamique, Volume 4, Numéro 2, pages : (197-215),p 207
53
L’ensemble de ces obstacles ont freiné le succès des produits alternatifs, aussi
l’implantation d’une véritable banque islamique au Maroc du moment que, la finance
islamique n’a pas pu remplacer la finance traditionnelle. Le Maroc pourrait devenir un
fédérateur méditerranéen sur ce sujet grâce à sa position géographique privilégiée et à sa
stabilité politique, économique, surtout après le printemps arabe. Le succès de la finance
islamique dans les pays musulmans a attiré l’intention des pays non musulmans comme
Malaisie qui y voient une offre de belles perspectives. Et si ces pays monopolisent le marché ;
le Maroc aura mal à rattraper son retard.
54
Conclusion générale
Nous avons commencé, en établissant l'histoire des finances islamiques définies par
trois étapes : les origines, la finance islamique moderne et la finance islamique au monde.
Ainsi, nous avons essayé d'expliquer les fondements de ce financement par des sources de
charia (Coran, Sounna, Ijmaa, Qiyass). Après avoir expliqué les principes de l'économie
islamique qui constitue le principe de la double propriété, le principe de la liberté économique
dans un cadre limité et le principe de la justice sociale. Et enfin, nous connaissions les
principes sur lesquels est la finance islamique. Ceci est basé sur un ensemble d'interdictions
telles que l'intérêt (RIBA), la spéculation (Mayir, Gharar), les investissements dans des
secteurs considérés comme illicites (haram) par la loi islamique (Sharia). Nous avons
également expliqué les principes de «3P » (partage des bénéfices et des pertes) et le rôle du
conseil de la charia.
Après avoir vu les différents types islamiques. Après, nous avons vu les bases sur
lesquelles repose la finance islamique, nous avons vu les principales techniques de
financement proposées par la finance islamique. Nous avons évoqué les instruments dits de «
financement » (Murabaha, Ijara, Al Salam et Istisna’a). Et les instruments « participatifs » (,
Moudaraba et Mousharaka), et d'autres instruments.
Ensuite, nous avons localisé l'arrivée de la finance islamique au Maroc, par rapport à
d'autres pays, notre pays avec Oman sont les derniers pays arabo-musulmans qui ont autorisé
la commercialisation de produits conformes aux principes de la charia. Alors que tous les
autres pays arabes ont intégré ce régime depuis 30 ans, le régime trouve sa place au sein d'un
marché dominé par un système classique très fort doté d'un cadre juridique et fiscal visant à
protéger les intérêts. Banques conventionnelles et par conséquent l'absence d'un marché libre
55
et concurrentiel. Ceci dit, les nouveaux produits n'ont pas les mêmes chances de succès.
Obliquité et omniscience, cette finance de demain, fera largement appel à des comportements
socio- économiques, résolument modernes privilégiant les qualités de développement et
d'équilibre. Socio-économique.
Comme toute finance récente, la finance islamique rencontre des difficultés qui
entravent son cheminement de développement. Il reste donc à cette nouvelle industrie
financière à faire face aux nombreux problèmes et à relever les défis pour qu'elle puisse se
développer.
A l'époque où les gouvernements ont rencontré des difficultés à imposer des normes
susceptibles de résoudre les perturbations affectant le monde de la finance, la finance
islamique s'est imposée comme le modèle le plus adéquat pour faire face aux maux de la
finance mondiale, d'où la crise mondiale a souligné les aspects positifs du système financier
islamique qui trouve de plus en plus de soutien même au sein de la finance conventionnelle.
Pour favoriser le développement de la finance islamique, elle doit continuer à se réformer et
s'adapter plus harmonieusement au financement de l'économie mondiale. D'autre part, la
finance islamique doit prendre en compte les exigences liées aux normes réglementaires
internationales et mieux appréhender les risques financiers. Elle a donc besoin d'institutions
supranationales pour développer des normes adéquates et chercher des moyens d'intégrer la
finance islamique dans la finance internationale.
Le Maroc fait face à un grand défi pour compléter son écosystème et tenter d'éviter le
retard des intervenants, plusieurs efforts ont été faits mais la route reste longue, donc
l'intervention de l'Etat est obligatoire et indispensable en termes de : accélérer l'application de
TAKAFUL assurances, déterminant le cadre fiscal, juridique et réglementaire. Nous avons
réalisé cette recherche documentaire afin de regrouper et d'analyser tous les facteurs qui
empêchent l'avancée des produits participatifs au Maroc sur la période 2017-2021.
Depuis les années 2000, les crises subies par les institutions financières
conventionnelles ont développé une forme d'attractivité pour la finance islamique. Elle se
positionne comme une forme de finance pouvant se substituer à la finance traditionnelle du
fait de ses fondements éthiques. Néanmoins, on note une forte concentration de l'institution
financière islamique dans les pays du Golfe et en Asie et, dans une moindre mesure, dans les
pays du Maghreb et en Afrique. Depuis leur arrivée en 2007, le développement des produits
alternatifs a été bloqué par plusieurs obstacles, politiques, monétaires, fiscaux, juridiques et
bancaires. Suite à ces insuffisances, le démarrage de la banque islamique a été marqué par le
coût élevé des produits alternatifs, en plus du public cible de cette finance ne disposant pas
d'informations suffisantes sur les nouveaux produits, pour certains, la banque islamique
permet d'obtenir des financements auprès de la banque sans aucun ajout ni aucun partage des
gains avec un long rééchelonnement des remboursements. Nous avons essayé d'encadrer cette
nouvelle finance, en nous concentrant sur les principes de cette finance qui se distingue de la
finance conventionnelle par son apport éthique. Financement, mais aussi en partageant les
profits et les pertes. En outre, l'interdiction de certaines pratiques telles que la spéculation,
56
l'intérêt, les activités illégales. La banque islamique rapproche l'économie réelle de l'activité
financière, ce qui entraîne l'exclusion de tous les risques qui ont bloqué l'économie mondiale.
57
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Dauphine et Olivier Pastré, Professeur à Paris VIII Saint-Denis (8 décembre 2008) p70
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• Rapport annuel 2019 de l'Agence monétaire d'Arabie saoudite, de Tadawul, du
Marché financier islamique international, du Conseil des services financiers
islamiques et des comptes rendus des chercheurs de l'Institut islamique de recherche et
de formation.
61
Dédicaces ................................................................................................................................. i
Remerciement ......................................................................................................................... ii
Liste des abréviations ............................................................................................................ iii
Liste des tableaux ........................................................................ Erreur ! Signet non défini.
Liste des graphiques ............................................................................................................... v
Listes des figures ................................................................................................................... vi
Sommaire .............................................................................................................................. vii
Introduction générale ............................................................................................................... 1
Conclusion : ............................................................................................................................ 19
Conclusion : ............................................................................................................................ 28
62
Le développement de la finance islamique au Maroc ......................................................... 30
Chapitre 4 : Les défis finance islamique et les solutions pour développer finance
islamique Maroc ..................................................................................................................... 40
Résumé ................................................................................................................................. 64
Abstract ................................................................................................................................. 64
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Résumé
Abstract
Islamic finance is today a booming sector within the economic system. Based on this
observation we will therefore try to explain its operating principles but also compare the
performance of Islamic funds and conventional funds. We will therefore first detail the
sources, principles and various instruments of this type of finance. Once done, we will explain
how Islamic funds work and the products. This study will cover the arrival and the state of
play of Islamic finance in Morocco and a solution to develop participatory finance in
Morocco.
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