Hydrologie, Hydraulique & Assainissement
Hydrologie, Hydraulique & Assainissement
ASSAINISSEMENT
A - 7. HYDROLOGIE, HYDRAULIQUE & ASSAINISSEMENT _____________ 92
(*) : Une bonne délimitation des limites des bassins versants est primordiale pour la suite
des études hydrologiques.
A - 7.2. HYDROLOGIE
A - 7.2.1 CHOIX DE LA PÉRIODE DE RETOUR
Compte tenu de la nature des routes rurales et de leur objectif de desserte, il n'est
pas possible pour des raisons économiques et financières, de prévoir des ouvrages
devant faire face à tous les évènements climatiques et donc à toutes les crues. Il
convient d'accepter un certain risque qu'une structure soit endommagée; ce risque
variant d'un projet à l'autre.
En toute rigueur, le choix de la période de retour (d’une crue) devrait faire l'objet
d'une analyse mettant en regard le coût d'investissement de l'ouvrage, avec les
conséquences d'un débordement d'eau pour l'usager, les riverains et l'ouvrage.
¾ Pour les ouvrages hydrauliques, une période de retour de 10 ans et vérifier que
le niveau d'eau n'atteint pas le corps de chaussée pour une période de retour de
25 ans.
¾ Pour les ouvrages de drainage, une période de retour de 10 ans et vérifier que le
niveau d'eau n'atteint pas le corps de chaussée pour une période de retour de 25
ans.
La 1ère méthode a pour inconvénient de requérir des mesures s'étendant sur une
période longue, la 2ème n'est pas pratique à utiliser à cause de la difficulté
d’appréciation de certains paramètres s'y rattachant.
¾ De ce fait, le débit de pointe est évalué à partir de formules empiriques ou semi-
empiriques, communément utilisées dans le domaine des ouvrages de
franchissement routier.
Le tableau ci-après rappelle les équations les plus fréquemment utilisées, en tenant
compte de la taille du bassin-versant.
Il convient de rappeler cependant que, quelle que soit la formule utilisée, la valeur
obtenue pour le débit n’a qu’un caractère approximatif et non absolu. Celle-ci devra
être approchée, chaque fois que possible, par une enquête terrain.
QT = (1/3.6) C.I.A
Cette formule est relativement fiable pour les petits bassins-versants (≤10 km²)
a) - Coefficient de ruissellement
Pour le calcul des temps de concentration, aucune formule n'étant a priori meilleure
que les autres, la valeur à prendre est la moyenne des résultats des huit formules
suivantes, après élimination des valeurs extrêmes (aberrantes) :
Formule Espagnole : ( )
Tc =60×0.3× L
I 0.25
0.77
0.64
⎛ L ⎞
Tc = 60 × 0.123 × ⎜ ⎟
Formule de Van Te Chow : ⎝ I⎠
0.77
⎛ L ⎞
Tc = 60 × 0.1452 × ⎜ ⎟
Formule Californienne : ⎝ I⎠
0.77
⎛ L ⎞
Tc = 16 .682 × ⎜ 0.25 ⎟
Formule du « US Corps »: ⎝I ⎠
3
A× L
Tc = 60 × 0.108 ×
Formule de Turazza : I
Avec :
Tc = Temps de concentration en mn ;
L = Longueur du drain en km ;
I = Pente en m/m ;
A = Surface en km2.
0.77
1 ⎛ L ⎞
Tc = ×⎜ ⎟
52 ⎝ I ⎠
Formule de Kirpich :
⎛ 4 × A + (1.5 × L ) ⎞
Tc = 60 × ⎜⎜ ⎟
0 .8 × H ⎟
Formule de Giandotti : ⎝ ⎠
A
Tc = 76.32 ×
Formule de Ventura : 100 × I
Avec :
Tc = Temps de concentration en mn ;
L = Longueur du drain en km ;
I = Pente en m/m ;
A = Surface en km² ;
H = Dénivelée totale en m.
Q = K . P . A0,58 x I0,42
QT = 0,0039*C*H1h*A0,75*P0,25
Avec :
A
QT = 2k log(1+ aH) 1+ 4 log T − log A
L
Avec :
a = 20
T = période de retour (en ans)
H = pluviométrie annuelle moyenne (en m)
A = surface du bassin versant (en km²)
K = 2 (valeur variant de 0,5 à 6. Il a été décrété de la prendre égale à 2 au
Maroc depuis les inondations de 1996).
8 0, 5 4 N
Q T = (1 + a log T)(A 0,8 + A )
3 3 100
Avec :
Provinces du nord
Rif central Q = 15,55*S0,776 1000-1300
0,793
Rif occidental Q = 9,78*S 800-1000
0,808
Rif oriental Q = 7,58*S 600-800
Moyen Atlas
Moyen Atlas Q = 19,94*S0,.636 700-900
0,587
Moyen Atlas Karst Q = 13,47*S 400-700
Haut Atlas saharien
Q = 9,38*S0,742 200-400
Formules régionales de Hazan-Lazarevic
Q10 = a*S0,75
REGIONS FORMULES
Ces formules sont d'une utilisation limitée puisqu'elles ne reflètent pas réellement la
valeur caractéristique du débit de pointe, mais donnent un ordre de grandeur qui
servira pour choisir une valeur parmi celles calculées par les autres formules.
A-[Link] Formule de FULLER I
Q = q*(1+a*logT)
QP = Q*(1+2,66/S0,3)
QT (1 + a. log T )
=
Qt (1 + a. log t )
A - 7.3. HYDRAULIQUE
La traversée d'un cours d'eau, quand elle n’est pas réalisée à l'aide d'un pont,
nécessite un ouvrage hydraulique (buse, dalot ou radier) qui rétablit les écoulements
coupés par la route.
La mise en œuvre d'un tel ouvrage exige de modifier le moins possible les conditions
locales, de contrôler les niveaux d'eau et ce, au moindre coût (cf. Annexe B-7-2 :
Implantation des petits ouvrages hydrauliques).
La fonction principale d'un tel ouvrage étant de permettre le passage d'un cours
d'eau sous un remblai et de supporter les charges mortes et vives qui le sollicitent,
sa conception implique donc des considérations hydrauliques et structurales. Parmi
les considérations relevant de l’hydraulique, le passage de l'eau doit être réalisé sans
occasionner de submersion ou des conditions d'écoulement inadmissibles.
Il s’agit d’une méthode simple et elle est la plus utilisée pour le pré-dimensionnent
des ouvrages hydrauliques. Les débits capables des ouvrages sont donnés par des
débits qui correspondent aux débits critiques déterminés par la formule de Delorme
(Annales des ponts et chaussées - Novembre 1959).
C’est pourquoi le recours à la méthode du contrôle amont et aval est nécessaire pour
le dimensionnement des ouvrages d’assainissement.
a) - Contrôle à l’entrée
Pour ce type de contrôle, la capacité hydraulique de l’ouvrage dépend,
essentiellement, de la section libre et du type d’entonnement. La rugosité, la
longueur de l’ouvrage et les conditions à l’aval n’ont aucune influence sur la capacité
hydraulique de l’ouvrage.
Les équations correspondantes sont présentées ci-après. La transition entre les deux
régimes (à surface libre et en charge) est définie par une interpolation linéaire entre
les deux zones.
Les coefficients constants qui figurent dans les équations qui régissent les deux
régimes sont définis en fonction du type de l’ouvrage (buse ou dalot) et des
caractéristiques de l’entrée.
¾ Équations régissant l’écoulement à surface libre :
Q
< 6,34
ApH 0,5
M
Ham Hc ⎛ Q ⎞
Forme (1) : = + K ⎜ 0,552 ⎟ − 0,5Sp
H H ⎝ ApH 0,5 ⎠
M
Ham ⎛ Q ⎞
Forme (2) : = K ⎜ 0,552 ⎟
H ⎝ ApH 0,5 ⎠
Q
> 7,2 5
A p H 0 ,5
2
Ham ⎛ Q ⎞
= c⎜0,552 ⎟ + Y − 0,5Sp
H ⎝ ApH 0,5 ⎠
Avec :
Ham : la charge à l’amont en m ;
H : la hauteur interne de l’ouvrage en m ;
Hc : la charge critique en m ;
Q : le débit en m3/s ;
Ap : la section de l’ouvrage en m² ;
Sp : la pente de l’ouvrage en m / m ;
M, c, Y : constantes qui dépendent du type de l’entrée.
b) - Contrôle à la sortie
Pour un ouvrage hydraulique coulant plein, le calcul se base sur l’équation du bilan
d’énergie. Celle-ci s’écrit sous la forme suivante :
V2
∆He = Ke
2g
Ke est un coefficient qui dépend de la géométrie de l’entrée (Ke = 0.20 pour les
murs de tête et Ke = 0,70 pour les puisards d'admission).
∆Hf est la perte de charge due au frottement ; elle est calculée en appliquant la
formule de Manning :
19,6n2L P V 2
∆Hf =
Rh133
.
2g
V2
∆Hs = Ks
2g
Q
V=
A
La perte de charge totale (en mètre d’eau) s’exprime sous la forme suivante :
19,6n 2L P V2
∆H = (Ke + + Ks)
Rh1.33 2g
La charge dynamique du cours d’eau est généralement faible et peut être négligée.
Cette hypothèse est sécuritaire puisque la hauteur d’eau à l’amont est confondue
avec la charge à l’amont. On écrit dans ce cas :
Ham = ho + ∆H – Lp*Sp
Cas C : Ouvrage coulant plein sur une partie le plus grand de Hav et (Hc+H)/2 e
de sa longueur
Cas D : Ouvrage coulant partiellement plein Si Ham > 0,75H : idem au cas C
Si Ham < 0,75 H : courbe de remous
Les étapes qui doivent être suivies pour le calcul de la hauteur d'eau à l'aval de
l'ouvrage hydraulique (Hav) sont :
1. Choix d’un profil en travers situé à l’aval de l’ouvrage hydraulique à une distance
telle que le régime d’écoulement peut être considéré comme établi (loin de la
perturbation due à l’ouvrage).
2. Définition du coefficient de Manning correspondant.
3. Calcul du régime d’écoulement dans le profil en travers.
4. La hauteur à l’aval sera égale à la hauteur normale si le régime d’écoulement est
fluvial, et égale à la hauteur critique si le régime est torrentiel.
Ces ouvrages de tête intègrent sous leur extrémité un mur para-fouille qui joue un
rôle essentiel dans la protection de l'ouvrage.
Par ailleurs, quand la pente naturelle est abrupte et que le tracé routier est rasant ou
en déblai, l'ouvrage de tête amont est remplacé par un puisard d'admission. Ce type
d'ouvrage est adopté spécialement pour les buses. Il présente un fond dénivelé par
rapport à la côte amont de l'ouvrage hydraulique et ce, pour piéger les
atterrissements (surtout si la zone du projet est réputée par l'importance de l'érosion).
En outre, quand la sortie de l'ouvrage se trouve au dessus du lit naturel, une
descente d'eau en cascades est prévue à l'aval immédiat de l'ouvrage afin de
dissiper l'énergie d'écoulement avant restitution de l'eau dans le lit du cours d'eau.
A l’entrée comme à la sortie des ouvrages hydrauliques, le lit du cours d'eau doit être
protégé contre les affouillements par des enrochements. Un filtre peut être
nécessaire pour prévenir la perte des particules fines (cf. Annexe B-7-3 :
Dimensionnement des enrochements de protection).
ction partielle est requise, du remblai de la route entourant l'ouvrage
hydraulique par perré maçonné.
Les descentes d'eau doivent être utilisées dans les sections de route où la hauteur
du talus de remblai (ou de déblai) dépasse 3 m. Un pas de 30 à 60 m entre ces
descentes d'eau garantit une bonne évacuation des eaux de ruissellement. La
descente d'eau aboutit à un petit ouvrage conçu pour dissiper l'énergie cinétique de
l'eau avant de l'envoyer dans le caniveau qui suit le pied de talus.
Le débit de projet pour dimensionner ces fossés est estimé par la méthode
rationnelle. La surface drainée est celle de la plateforme routière et/ou du terrain
naturel à proximité.
La hauteur d’eau d’un fossé trapézoïdal est définie par la formule classique de
Manning - Strickler :
Q= K.A.S [Link] 23
Q
Les vitesses d’écoulement sont définies par : V =
A
Où :
K est le coefficient de rugosité de Manning :
K = 33 pour les ouvrages latéraux non revêtus
K = 70 pour les ouvrages bétonnés
A est la surface mouillée en m2.
S est la pente longitudinale en m/m.
Rh est le rayon hydraulique en m (Rh = A/Pm où Pm est le périmètre mouillé).
V est la vitesse d’écoulement en m/s.
Les fossés extérieurs sont destinés à collecter principalement les eaux provenant
des impluviums extérieurs. Ils ont une base de 0,50 m et des berges dont la pente
est égale à 1,5H/1,0V. La hauteur est une caractéristique variable en fonction du
débit véhiculé et de la topographie locale.
Les fossés qui suivent le pied de talus, collectent principalement les eaux de la
plateforme routière et des zones attenantes (talus, chaussée, etc.). Ce sont des
fossés trapézoïdaux non revêtus. Ils ont une base de 0,50 m, des berges ayant une
pente de 1,0H/1,0V et une profondeur de 0,50 m.
Les fossés non revêtus sont considérés comme rectilignes, à section uniforme et
terrain dénudé ce qui correspond à un coefficient de rugosité de Manning égal à
0,020. Les fossés revêtus sont des fossés en béton dont le coefficient de rugosité de
Manning est estimé à 0,014.
Le choix d’un fossé revêtu ou non revêtu dépend de la vitesse de l’écoulement dans
le fossé et de la nature du sol en place. Si la vitesse d’écoulement est inférieure à la
vitesse limite d’entraînement des particules du sol en place, le fossé n'est pas revêtu
(cf. Annexe 4 : Tableau des vitesses de revêtement des fosses en fonction des
sols).
En ce qui concerne les fossés trapézoïdaux de crête, on doit en principe les revêtir
car ils sont situés à environ 1,5 m de la crête du talus et l’effet conjoint d’infiltration et
d’érosion de l’écoulement pourrait mettre en danger leur stabilité.
Lorsque la pente longitudinale d’un fossé revêtu est supérieure à 3%, des brise-
charges devront être prévus pour éviter des vitesses d’écoulement trop importantes.
Les trois volets relatifs à l’assainissement routier ne doivent pas être traités de
manière indépendante. Citons à titre d’exemple l’incidence du débit d’apport de la
plateforme, sur le dimensionnement hydraulique des petits rétablissements, les
positions respectives dans le profil en travers des différents ouvrages, l’évacuation
commune des eaux de ruissellement et de drainage, etc.
Au niveau du projet, c’est l’étude hydraulique qui est réalisée en premier. Les
rétablissements d’écoulement naturels représentent en effet une contrainte pour
l’établissement du profil en long, voir pour le tracé en plan. Ils constituent en outre
dans la majeure partie des cas les exutoires de l’assainissement de la plateforme et
c’est en fonction de leurs emplacements et de leurs capacités que l’on détermine les
dispositions à adopter pour les réseaux d’assainissement de la plateforme.
¾ Eaux superficielles : le choix des ouvrages doit s’appuyer sur les 2 principes de
base suivants :
Rejeter les eaux hors de la plateforme, chaque fois que cela est possible, afin
de diminuer les débits à transiter
¾ Définition des réseaux : se fait par le relevé à partir du tracé en plan et du profil
en long des sections homogènes susceptibles d’être équipées du même type de
réseau :
Les déblais qui reçoivent en crête de talus des apports d’eau importants
provenant du terrain naturel ;
Les points hauts et bas, la pente du projet (ligne rouge) et les changements
de pente du fil d’eau des ouvrages si elle est notablement différente de celle
du projet (changement de dévers) ;
Etc.