2013LIL2E005
2013LIL2E005
THESE
POUR LE DIPLOME D'ETAT
DE DOCTEUR EN PHARMACIE
_____________________________
Membres du jury :
Président :
Dine Thierry, PU-PH, Pharmacie Clinique, Faculté de Pharmacie de Lille 2
Assesseur :
Gressier, Bernard, PU-PH Pharmacologie Faculté de Pharmacie De Lille 2
THESE
POUR LE DIPLOME D'ETAT
DE DOCTEUR EN PHARMACIE
_____________________________
Membres du jury :
Président :
Dine Thierry, PU-PH, Pharmacie Clinique, Faculté de Pharmacie de Lille 2
Assesseur :
Gressier, Bernard, PU-PH Pharmacologie Faculté de Pharmacie De Lille 2
2|Page
Faculté des Sciences Pharmaceutiques
et Biologiques de Lille
3, rue du Professeur Laguesse - B.P. 83 - 59006 LILLE CEDEX
[Link].40 - : [Link].64
[Link]
5|Page
Professeurs Agrégés
Civ. NOM Prénom Laboratoire
Mme MAYES Martine Anglais
M. MORGENROTH Thomas Droit et déontologie pharmaceutique
Professeurs Certifiés
Civ. NOM Prénom Laboratoire
M. HUGES Dominique Anglais
Mlle FAUQUANT Soline Anglais
M. OSTYN Gaël Anglais
AHU
Civ. NOM Prénom Laboratoire
M. LANNOY Damien Pharmacie Galénique
M. SIMON Nicolas Pharmacie Galénique
6|Page
Faculté des Sciences Pharmaceutiques
et Biologiques de Lille
3, rue du Professeur Laguesse - B.P. 83 - 59006 LILLE CEDEX
Tel. : [Link].40 - Télécopie : [Link].64
[Link]
7|Page
REMERCIEMENTS
A Monsieur Philippe Derambure et toute l’équipe du service de
Neurophysiologie Clinique du CHRU de Lille,
Pour m’avoir confié ce travail sur le Lacosamide qui m’a inspiré ce sujet de thèse et
pour votre aide et votre gentillesse tout au long de mes stages dans le service.
Pour avoir accepté d’être mon conseiller de thèse, et pour vos conseils quant à la
réalisation de ce mémoire,
A Kévin,
Pour ta présence à mes cotés tous les jours et pour ton soutien dans mon travail
même dans les moments compliqués, tu m’as bien aidé avec tes dons de
reformulations… Tes talents d’orateurs feront de toi un excellent Ministre de la
Santé…
A Mitch,
Pour ton aide plus que précieuse qui a permis de faire aboutir ce travail, avec toi La
Poste n’a qu’à bien se tenir !
Pour leur soutien sans faille tout au long de mes études et encore aujourd’hui à plus
de 800 kilomètres d’eux… Non les pharmaciens ne sont pas (tous) des épiciers !
A Rudy,
8|Page
SOMMAIRE
I. Introduction ........................................................................................................ 11
Première partie : Généralités sur l’Epilepsie ............................................................. 12
II. L’épilepsie .......................................................................................................... 13
III. Causes de l’épilepsie ...................................................................................... 14
1. Epilepsies symptomatiques ......................................................................... 14
2. Epilepsies constitutionnelles ou idiopathiques ............................................. 14
3. Epilepsies dites cryptogénique .................................................................... 14
IV. Classification générale des crises d’épilepsie ................................................. 15
1. Crises généralisées : ................................................................................... 15
2. Crises partielles : ......................................................................................... 15
V. Epilepsie Partielle Pharmaco-Résistante ........................................................ 17
1. Présentation de l’Epilepsie Partielle ............................................................ 17
2. EEG normal et EEG des crises partielles .................................................... 18
3. Neurotransmetteurs et Epilepsie : ............................................................... 21
VI. Les médicaments Antiépileptiques en général................................................ 22
Schéma résumé des principaux modes d’action des médicaments anti épileptiques
.............................................................................................................................. 24
VII. Règles d’observance d’un traitement antiépileptique ...................................... 26
VIII. Conduite à tenir face à une crise d’épilepsie convulsive ................................. 27
IX. Les médicaments antiépileptiques dans la prise en charge de l’EPPR .......... 29
1. Les antiépileptiques de première génération ..................................................... 29
2. Les antiépileptiques de deuxième génération .................................................... 32
3. Les nouveaux antiépileptiques ........................................................................... 37
4. Les Benzodiazépines ......................................................................................... 50
X. Prise en charge complémentaire de l’EPPR ................................................... 52
1. la stimulation du nerf vague ............................................................................... 52
2. La prise en charge chirurgicale de l’épilepsie .................................................... 54
Deuxième partie : Etudes sur le Lacosamide et le Zonisamide ................................ 55
I. Etudes sur le Lacosamide et la Lacosamide dans la prise en charge de
l’Epilepsie Partielle PharmacoRésistante (EPPR) .................................................... 56
II. Première étude sur le Lacosamide (VIMPAT®) ................................................ 57
1. Population: .................................................................................................. 57
2. Méthodologie: .............................................................................................. 57
3. Concernant le Lacosamide : ........................................................................ 57
9|Page
4. Place du Lacosamide dans la prise en charge de l’EPPR ........................... 59
5. Les doses maximales de lacosamide reçue au cours de l’étude ................. 60
6. Evolution des crises en fonction de la dose maximale de lacosamide reçue
………………………………………………………………………………………61
7. Apparition d’Effets Indésirables sous Lacosamide ...................................... 62
8. Les différents effets indésirables sous Lacosamide .................................... 63
9. La tolérance a la Lacosamide fonction de la dose maximale reçue ............ 64
10. Tolérance à la Lacosamide et Palier d’instauration ......................................... 65
11. Impact de la Lacosamide sur la fréquence des crises en « ressenti-patient » 66
12. Influence de la Lacosamide sur les crises d’épilepsies en fonction de son délai
d’inclusion à la thérapeutique................................................................................ 67
13. Tolérance à la Lacosamide en fonction des molécules associées .................. 68
14. Efficacité de la Lacosamide en fonction du type d’épilepsie ........................... 69
Articles publiés concernant l’efficacité et la tolérance du Lacosamide en pratique
clinique .................................................................................................................. 70
III. Deuxième étude sur le Zonisamide (ZONEGRAN®) ...................................... 72
1. Population : ................................................................................................. 72
2. Méthodologie : ............................................................................................. 72
3. Concernant le Zonisamide :........................................................................ 72
4. Place du Zonisamide dans la prise en charge de l’EPPR............................ 75
5. Répartition du Zonisamide en fonction des doses maximales de Zonisamide
reçues au cours du traitement............................................................................... 76
6. Evolution de la fréquence des crises d’épilepsie en fonction des doses
maximales reçues de Zonisamide ......................................................................... 77
7. Tolérance du Zonisamide chez les patients de l’étude ................................ 78
8. Tolérance au Zonisamide en fonction de la Dose Maximale Reçue ............ 79
9. Distribution des Effets Indésirables du Zonisamide dans l’étude ................. 80
10. Efficacité observée par les patients du Zonisamide sur la survenue des crises
.............................................................................................................................. 81
11. Avenir du Zonisamide dans la prise en charge thérapeutique des patients du
service................................................................................................................... 82
12. Tolerance au Zonisamide en fonction des molécules associées au traitement 83
Articles publiés concernant l’efficacité et la tolérance du Zonisamide en pratique
clinique .................................................................................................................. 84
Avenir du Lacosamide et du Zonisamide dans la prise en charge de l’EPPR .......... 85
Conclusion ................................................................................................................ 86
BIBLIOGRAPHIE ...................................................................................................... 88
10 | P a g e
I. INTRODUCTION
L’épilepsie est la deuxième affection neurologique la plus fréquente après la
migraine et on considère qu’elle touche près de 500 000 personnes en France1.
Cette pathologie reste un défi pour les neurologues notamment d’une part, à cause
de sa complexité de diagnostic précis et d’autre part, à cause de sa difficulté de prise
en charge thérapeutique.
Nous verrons dans une première partie les généralités concernant l’épilepsie. Dans
cette même partie, nous ferons un récapitulatif des traitements médicamenteux
actuellement sur le marché, ainsi que les alternatives existantes.
Dans une seconde partie, nous étudierons l’apport de deux molécules récemment
mises sur le marché que sont le Lacosamide et le Zonisamide. Ces deux études ont
été réalisées dans le service de neurophysiologie clinique du C.H.R.U de Lille du
professeur Derambure. Le travail sur le Lacosamide a fait l’objet d’un poster qui a été
présenté aux journées françaises de l’Epilepsie de 2011. Nous avons cherché à voir
leur intérêt dans l’arsenal thérapeutique déjà existant pour le traitement de
l’épilepsie.
Nous conclurons enfin quant à l’apport de ces deux molécules dans la prise en
charge de l’Epilepsie Partielle Pharmaco-Résistante de l’Adulte.
11 | P a g e
PREMIERE PARTIE :
GENERALITES
SUR L’EPILEPSIE
12 | P a g e
II. L’EPILEPSIE
Le mot Epilepsie vient du verbe grec « epilambanein » qui signifie « prendre par
surprise ».
En effet, l’épilepsie peut être un événement isolé qui ne se produit qu’une fois au
cours d’une vie contrairement à la maladie épileptique qui est caractérisée par la
répétition de crises spontanées. Plus couramment, on parle de crise d’épilepsie
comme la manifestation clinique de l’hyperactivité neuronale et d’épilepsie comme
une affection neurologique en cas de récurrence des crises.
L’épilepsie touche indifféremment les personnes des deux sexes peu importe le rang
social et les origines. La prévalence en France est de 0,5% soit 5 cas pour 1000
habitants. Chaque année, on recense 50 nouveaux cas pour 100 000 habitants 2;
Une personne sur vingt présentera au cours de sa vie une crise d’épilepsie. Cette
pathologie évolue en moyenne pendant 14 ans mais elle n’est pas systématiquement
une pathologie qui dure toute une vie.
L’épilepsie est une pathologie qui se manifeste le plus souvent par des crises tonico-
cloniques et débutant généralement de manière brutale mais une crise d’épilepsie
peut aussi se déclarer de manière plus discrète avec des symptômes sournois de
type confusion, troubles de l’élocution, troubles de la marche,…
La principale difficulté de prise en charge de cette maladie réside dans le fait que
dans l’état actuel des connaissances, aucune thérapeutique ne peut garantir une
disparition totale des crises.
13 | P a g e
III. CAUSES DE L’EPILEPSIE
Elles sont variées, on les divise en trois catégories :
1. EPILEPSIES SYMPTOMATIQUES
Elles ont une cause identifiable. Cela signifie que le cerveau a été atteint par une
maladie (séquelle d’asphyxie d’accident vasculaire, hypoglycémie,..) ou par un
accident qui a laissé des lésions, responsables de la répétition des crises. Cela peut
être aussi parfois du à des lésions congénitales : malformations cérébrales,
anomalies chromosomiques, séquelles de maladies infectieuses ou autres.
14 | P a g e
IV. CLASSIFICATION GENERALE DES CRISES
D’EPILEPSIE
1. CRISES GENERALISEES :
2. CRISES PARTIELLES :
Une crise d’épilepsie partielle peut démarrer dans une région bien localisée et se
généraliser secondairement à l’ensemble du cerveau par propagation de l’influx
électrique initial.
16 | P a g e
V. EPILEPSIE PARTIELLE PHARMACO-
RESISTANTE
1. PRESENTATION DE L’EPILEPSIE PARTIELLE
L’épilepsie partielle représente 70% des épilepsies, les 30% restant correspondant à
l’épilepsie généralisée.
Attention toutefois, une crise partielle peut se généraliser : l’orage électrique démarre
dans une zone précise du cerveau puis s’étend pour embraser tout le cerveau.
Il existe des crises d’épilepsie partielle idiopathique mais le plus souvent elles
résultent d’une lésion cérébrale avérée ou présumée. Cette lésion peut avoir une des
origines diverses: manque d'oxygène à la naissance, utilisation de forceps, grave
blessure à la tête, hémorragie cérébrale, anévrisme, malformation congénitale ou
cérébrale, thrombophlébites, infection encéphalique ou méningée, tumeur, etc. On
parle d’épilepsie partielle « cryptogénique » quand les lésions au cerveau sont trop
petites pour être décelées malgré des examens minutieux. Ces épilepsies sont en
baisse constante grâce au développement de nouvelles techniques d’exploration.
17 | P a g e
2. EEG NORMAL ET EEG DES CRISES PARTIELLES4
a. L’électroencéphalogramme : généralités
18 | P a g e
b. L’électroencéphalogramme normal de l’adulte éveillé
Un tracé de repos pendant lequel le patient doit ouvrir puis fermer les yeux à
la demande
Une épreuve d’hyperpnée ou hyperventilation qui est une période de
respiration rapide sur commande
Une épreuve de stimulations lumineuses intermittentes à des fréquences
différentes (stroboscope).
1. Le rythme alpha, constitué d’ondes régulières Ce rythme est recueilli avec une
prédominance occipitale bilatérale et s’étend plus ou moins largement vers les
régions antérieures.
2. Les rythmes rapides ou bêta, de plus faible amplitude (5 à 15 mV) sont surtout
visibles sur les régions fronto-rolandiques.
L’ouverture des yeux fait disparaître le rythme alpha en conservant les rythmes
rapides.
L’hyperpnée est normalement peu active, mais, et surtout si elle est
énergiquement exécutée, elle peut ralentir le tracé et faire apparaître des
bouffées d’ondes lentes bilatérales à prédominance antérieure sans signification
pathologique précise, notamment si elles sont symétriques.
La stimulation lumineuse intermittente (S.L.I.) provoque sur les aires visuelles,
occipitales, des réponses de même fréquence, avec parfois des rythmes
harmoniques ou sous-harmoniques.
19 | P a g e
c. L’électroencéphalogramme des crises d’épilepsies partielles
Entre les crises le tracé peut être normal ou mettre en évidence un foyer d’ondes
lentes correspondant à la lésion focale ou encore révéler un foyer épileptogène sous
la forme de pointes, de pointes-ondes ou d’ondes lentes à front raide
En pratique, des électrodes sont collées sur le cuir chevelu pour rester en place
plusieurs jours. Deux caméras sont reliées à l'ordinateur afin d'observer le
déroulement de l'enregistrement.
Un infirmier technicien assure le suivi de l'examen durant la journée, la nuit, l'équipe
infirmière prend le relais.
L'objectif de cet examen est de faire la corrélation entre les manifestations cliniques
et infra-cliniques.
Le début d’une crise se marque au niveau du foyer par la substitution aux pointes
sporadiques d’une décharge hyper synchrone très rapide et soutenue. On notera
ensuite une augmentation de l’amplitude des pointes, une fréquence élevée de la
décharge et extension du territoire initial.
La fin de la crise est marquée par un espacement des pointes et une multiplication
des ondes lentes. C’est l’épuisement des réserves énergétiques des neurones ou de
l’oxygène disponible ainsi que l’accumulation de certains métabolites qui rend
compte de l’interruption de l’activité épileptique.
Figure 3: EEG d’un patient dans un état de mal épileptique non convulsif
frontal droit ayant une épilepsie partielle symptomatique frontale6
On peut voir des décharges récurrentes de longue durée et constituées de pointes
ondes rythmiques frontales droites.
20 | P a g e
3. NEUROTRANSMETTEURS ET EPILEPSIE :
L’activité neuronale normale résulte d’un juste équilibre entre les neurotransmetteurs
inhibiteurs (GABA) et les neurotransmetteurs excitateurs (Glutamate et Aspartate).
Lors d’un stimulus physiologique, il se produit une ouverture des canaux sodiques
voltage dépendants suivie d’une dépolarisation rapide7.
21 | P a g e
VI. LES MEDICAMENTS ANTIEPILEPTIQUES
EN GENERAL
Il existe aujourd’hui un très large choix de médicaments antiépileptiques mais la
prescription de tel ou tel médicament suit des règles très strictes.
Les antiépileptiques « à spectre étroit » sont ceux qui ne peuvent pas être
utilisés dans toutes les épilepsies au risque d’en aggraver certaines. On y
trouve par exemple l’Ethosuximide (ZARONTIN®) qui n’agit que sur
les absences, ou à l’inverse, la Carbamazépine (TEGRETOL®) ou
la Gabapentine (NEURONTIN®) données à un patient souffrant
d’épilepsie-absence entraine un risque d’augmentation des crises.
Les antiépileptiques « à spectre large » ont une efficacité sur un
plus grand nombre de syndromes épileptiques. Ce sont eux que l’on
privilégiera face à une épilepsie mal identifiée. Toutefois ces antiépileptiques
n’ont pas d’AMM pour l’ensemble des épilepsies.
22 | P a g e
Un traitement de fond antiépileptique est instauré après 2 crises spontanées et
rapprochées.
23 | P a g e
SCHEMA RESUME DES PRINCIPAUX MODES D’ACTION DES
MEDICAMENTS ANTI EPILEPTIQUES
24 | P a g e
ARBRE DECISIONNEL DE PRISE EN CHARGE DE L’EPILEPSIE
25 | P a g e
VII. REGLES D’OBSERVANCE D’UN
TRAITEMENT ANTIEPILEPTIQUE
Un patient souffrant d’épilepsie doit tout d’abord suivre des règles de vie strictes
avec un nombre d’heures de sommeil suffisant et une abstention totale d’alcool.
La prise doit se faire à des heures précises et régulières sans oubli qui favoriserait la
survenue d’une crise d’épilepsie.
Dans la perspective où aucune crise n’aurait été notée pendant ces 2 années, le
traitement est diminué très progressivement avant un arrêt complet. Toute nouvelle
crise imposera de remonter la posologie à la dose minimale efficace. Il arrive
fréquemment que le traitement qui avait stabilisé pendant 2 ans le patient ne
fonctionne plus suite à cette ré-augmentation du dosage.
Une diminution de posologie doit toujours être la plus progressive possible que ce
soit pour un arrêt de traitement ou un changement de médicament.
La plupart des épileptiques sont stabilisés par une monothérapie mais dans 30 à
40% des cas, on doit envisager la polythérapie qui consiste le plus souvent en une
bithérapie, rarement une trithérapie. Le facteur limitant étant l’accumulation des
effets indésirables12.
26 | P a g e
VIII. CONDUITE A TENIR FACE A UNE CRISE
D’EPILEPSIE CONVULSIVE
La durée d'une crise est variable : de quelques dizaines de secondes à plusieurs
minutes.
Cette représentation permet de relier l’EEG à l’état clinique à chaque étape d’une
crise d’épilepsie tonico-clonique. L'opisthotonos est une contracture généralisée
prédominant sur les muscles extenseurs, de sorte que le corps est incurvé en arrière
et les membres sont en extension14.
27 | P a g e
Aux trois stades de la crise il existe une conduite à tenir spécifique :
Dans tous les cas il faut appeler le SAMU, en décrivant précisément la chronologie
de la crise, et en donnant l’adresse pour localiser la personne.
28 | P a g e
IX. LES MEDICAMENTS ANTIEPILEPTIQUES
DANS LA PRISE EN CHARGE DE L’EPPR
PHENOBARBITAL : GARDENAL®
MODE D’ACTION :
Le phénobarbital est un barbiturique. Il agit en renforçant
l'action du GABAa par liaison à un site du récepteur GABA-
A/canal chlorure, une propriété partagée avec les
benzodiazépines; cependant, les sites de liaison des deux
types de médicaments diffèrent, de sorte que l'action des
barbituriques est moins spécifique. Il présente des
propriétés anti-convulsivantes, sédatives et hypnotiques
INDICATION :
Traitement des épilepsies généralisées : crises
cloniques, toniques, tonico-cloniques
Traitement des épilepsies partielles : crises partielles
avec ou sans généralisation secondaire.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : Ostéomalacie, rachitisme carentiel
Effets neurotoxiques : somnolence chez l’adulte, hyperactivité et insomnie chez
l’enfant
Effets indésirables rares mais graves : syndrome de Stevens-Johnsonb
Adjonction systématique de vitamine D chez l’enfant
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
C’est un inducteur enzymatique : surveiller les interactions médicamenteuses.
CI avec le Saquinavir, AD avec le Lopinavir et le Ritonavir
AD avec les contraceptifs oraux Diminution de leur
CI avec le Voriconazole efficacité
a
GABA = Acide Gamma Amino Butyrique
b
Syndrome de Stevens-Johnson = maladie touchant la peau, les membranes et les muqueuses avec
une expression grave d'un érythème multiforme ; Les symptômes sont la fièvre, l'atteinte simultanée
de plusieurs muqueuses, la destruction par nécrose de la couche superficielle de la peau, l'atteinte de
certains organes internes, des myalgies et un méléna.
29 | P a g e
PHENYTOÏNE : DIHYDAN®
MODE D’ACTION :
INDICATION :
EFFETS INDESIRABLES :
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
30 | P a g e
CAS PARTICULIER: PRIMIDONE : MYSOLINE®
31 | P a g e
2. LES ANTIEPILEPTIQUES DE DEUXIEME
GENERATION
CARBAMAZEPINE : TEGRETOL®
MODE D’ACTION :
La Carbamazépine agit en prolongeant l’état
d’inactivation des canaux sodiques, augmentant
ainsi la période réfractaire, sans altérer le potentiel
d’action initial. Elle bloque préférentiellement les
canaux sodiques activés : plus le neurone se
dépolarise de manière répétitive et à haute
fréquence, plus la Carbamazépine est donc
efficace. Cette caractéristique est très intéressante
dans le cas de l’épilepsie.
INDICATIONS :
Epilepsies :
Traitement des épilepsies partielles, avec ou sans généralisation secondaire.
Traitement des épilepsies généralisées : crises tonicocloniques.
Psychiatrie :
Prévention des rechutes dans le cadre des troubles bipolaires, notamment
chez les patients présentant une résistance relative, des contre-indications ou
une intolérance au lithium.
Traitement des états d'excitation maniaque ou hypomaniaque.
Douleurs :
Traitement des névralgies du trijumeau et du glossopharyngien.
Traitement des douleurs neuropathiques de l'adulte.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : Nausées, vomissements, diarrhées, hyponatrémie, rash, prurit,
rétention hydrique
Effets neurotoxiques : Vertiges, diplopie, céphalées, somnolence
Effets indésirables rares mais graves : Agranulocytose, anémie, thrombopénie,
insuffisance hépatique, pancréatite, syndrome de Stevens-Johnson
32 | P a g e
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
C’est également un inducteur enzymatique.
33 | P a g e
OXCARBAZEPINE : TRILEPTAL®
MODE D’ACTION :
De par sa structure chimique, l’oxcarbazépine
ressemble beaucoup à la Carbamazépine mais elle
semble avoir moins d’interactions médicamenteuses,
moins d’allergies et moins d’hyponatrémies.
Elle agit en bloquant préférentiellement les canaux
sodiques voltage-dépendants des cellules excitées de
façon répétitives et permet ainsi de prolonger l’état
inactif des canaux et donc de stabiliser les
membranes neuronales.
Par ailleurs, elle module également les canaux calciques voltage-dépendants et
augmente la conductance au potassium
INDICATION :
Traitement des crises épileptiques partielles avec ou sans généralisation secondaire.
En monothérapie ou en association à un autre traitement antiépileptique chez l'adulte
et l'enfant à partir de 6 ans.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : Nausées, vomissements, hyponatrémie, asthénie, rash cutané
Effets neurotoxiques : Céphalées, vertiges, diplopie, somnolence
Effets indésirables rares mais graves : Leucopénie, thrombopénie, hépatite,
syndrome de Stevens-Johnson
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
C’est un inducteur enzymatique.
CI avec les IMAO non sélectifs
AD avec les contraceptifs oraux Diminution de leur efficacité
Alcool Majoration de la sédation
34 | P a g e
VALPROATE DE SODIUM : DEPAKINE®,
MICROPAKINE®
MODE D’ACTION :
L'acide valproïque a un mécanisme d'action complexe. Il
agit de 3 façons :
effet gabamimétique par augmentation de la
synthèse de GABA par la GABA décarboxylase et
diminution de son catabolisme par inhibition de la GABA
transaminase
effet antagoniste du glutamate
inhibition des canaux sodiques voltage-dépendants
INDICATIONS :
Traitement des épilepsies généralisées : crises cloniques, toniques,
tonicocloniques, absences, crises myocloniques, atoniques, et syndrome de
Lennox-Gastautc 17.
Traitement des épilepsies partielles : crises partielles avec ou sans
généralisation secondaire.
EFFETS INDESIRABLES :
Risque tératogène
Effets systémiques : Prise de poids, nausées, vomissements, alopécie dose-
dépendante
Effets neurotoxiques : Tremblements
Effets indésirables rares mais graves : Agranulocytose, anémie aplasique,
insuffisance hépatique, syndrome de Stevens-Johnson, pancréatite
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
C’est un inhibiteur enzymatique.
CI avec la Méfloquine risque de
survenue de crises d’épilepsie par augmentation du
métabolisme de l’Acide Valproïque et augmentation de
l’effet convulsivant de la Méfloquine
AD avec la Lamotrigine augmentation de la
concentration de la Lamotrigine donc augmentation des
effets indésirables notamment des réactions cutanées
c
Syndrome de Lennox-Gastaut : C’est une épilepsie généralisée cryptogénique ou symptomatique,
caractérisée par la triade des symptômes suivants: différentes crises épileptiques (absences
atypiques, crises toniques axiales et chutes subites atoniques ou myocloniques); un tracé particulier
de l'électroencéphalogramme (EEG); un ralentissement du développement mental avec troubles de la
personnalité. Le SLG apparaît entre 2 et 7 ans.
35 | P a g e
CAS PARTICULIER : VALPROMIDE : DEPAMIDE®,
DIVALPROATE DE SODIUM : DEPAKOTE®
Leur indication principale est le traitement des épisodes maniaques chez les patients
souffrant de troubles bipolaires en cas de contre-indication ou d’intolérance au
lithium. Hors AMM, on les utilise en traitement de fond des migraines rebelles.
36 | P a g e
3. LES NOUVEAUX ANTIEPILEPTIQUES
GABAPENTINE : NEURONTIN®
MODE D’ACTION :
Sa structure est proche du GABA. Elle va agir en
augmentant la synthèse de GABA par augmentation de
l’activité de la glutamate décarboxylase et en stimulant sa
libération dans la fente synaptique.
INDICATIONS :
Epilepsie :
Traitement des épilepsies partielles avec ou sans généralisation secondaire
chez l’adulte et en association chez l’enfant à partir de 6 ans voire en
monothérapie chez l’enfant de plus de 12 ans
Douleurs :
Traitement des douleurs neuropathiques périphériques de l’adulte
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : Asthénie, céphalées, nausées, vomissements
Effets neurotoxiques : Somnolence, vertiges, convulsions
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
La Gabapentine ne présente aucune interaction médicamenteuse significative.
37 | P a g e
LAMOTRIGINE : LAMICTAL®
MODE D’ACTION :
Elle va agir en bloquant spécifiquement les canaux
sodiques voltage-dépendants. C’est ainsi qu’elle va
réguler la libération excessive de glutamate dans la
fente synaptique.
INDICATIONS :
Épilepsie :
Traitement en monothérapie ou en association (systématique avant 12 ans)
des épilepsies partielles et généralisées, incluant les crises tonicocloniques.
Crises associées au syndrome de Lennox-Gastaut seul ou en association.
Traitement en monothérapie des absences typiques.
Troubles bipolaires :
Prévention (uniquement) des épisodes dépressifs chez les patients présentant
des troubles bipolaires et qui ont une prédominance d'épisodes dépressifs.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : nausées et rashs cutanées fréquents dans les 8 premières
semaines de traitement surtout
Effets neurotoxiques : vertiges, somnolence, diplopie, agressivité
Effets indésirables rares mais graves : syndrome de Stevens-Johnsond 18,
hypersensibilité
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
AD avec l’Acide Valproïque risque majoré de réactions cutanées graves et
augmentation des concentrations plasmatiques de Lamotrigine
d
C'est une maladie provoquée par les médicaments, touchant la peau et les membranes muqueuses,
une expression grave d'un érythème multiforme nécessitant une hospitalisation.
Il est caractérisé par une pluralité de symptômes, pouvant ou non être associés : de la fièvre, l'atteinte
simultanée de plusieurs muqueuses (une conjonctivite purulente, des efflorescences dans la bouche,
le nez, le pénis ou la vulve, l'anus, ...), la destruction par nécrose de la couche superficielle de la
peau, l'atteinte de certains organes internes, des myalgies et un méléna.
38 | P a g e
LEVETIRACETAM : KEPPRA®
MODE D’ACTION :
A l’heure actuelle, on ne connait toujours pas le
mode d’action du Lévétiracétam
INDICATIONS :
Le Keppra® est indiqué en monothérapie dans le traitement des crises partielles
avec ou sans généralisation secondaire chez les patients à partir de 16 ans
présentant une épilepsie nouvellement diagnostiquée.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : asthénie
Effets neurotoxiques : vertiges, somnolence
Effets indésirables rares mais graves : troubles hématologiques, éruptions cutanées
Surveiller la NFS.
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
Le Lévétiracétam ne présente pas d’interactions notables avec les autres
médicaments, ni même avec la prise concomitante d’alcool (que l’on évitera tout de
même).
39 | P a g e
ETHOSUXIMIDE : ZARONTIN®
MODE D’ACTION :
Il va inhiber les canaux calciques de type T et réduire
ainsi l’excitabilité neuronale.
INDICATION:
Traitement des épilepsies généralisées : absences, crises myocloniques et
atoniques.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : nausées, vomissements
Effets neurotoxiques : ébriété, perturbation du sommeil, hyperactivité
Effets indésirables rares mais graves : agranulocytose, syndrome de Stevens-
Johnson, anémie aplasique
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
PE avec la Carbamazépine et les autres médicaments métabolisés par les CYP 3A4
ainsi qu’avec le millepertuis compétition au niveau de la métabolisation
40 | P a g e
FELBAMATE : TALOXA®
MODE D’ACTION :
INDICATIONS :
Traitement de l’épilepsie dans le cas d’un syndrome de Lennox-Gastaut
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : nausées, vomissements, perte de poids, anorexie
Effets neurotoxiques : étourdissements, insomnies, céphalées, vertiges, ataxie
Effets indésirables rares mais graves : troubles sanguins nécessitant une
surveillance étroite : aplasie médullaire, leucopénie, thrombopénie, insuffisance
hépatique, hypersensibilité
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
41 | P a g e
PREGABALINE : LYRICA®
MODE D’ACTION :
Sa structure est dérivée de celle du
GABA mais, contrairement à ce qu’on
pourrait croire, son mode d’action n’a
aucun impact sur la
neurotransmission gabaergique : il va
agir en se fixant sur les canaux
calciques voltages-dépendants et en
les inhibant19.
INDICATIONS :
Épilepsie :
Traitement des crises épileptiques partielles avec ou sans généralisation
secondaire chez l’adulte, en association.
Douleurs :
Traitement des douleurs neuropathiques périphériques et centrales chez
l'adulte.
Trouble anxieux généralisé :
Traitement du trouble anxieux généralisé (TAG) chez l'adulte.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : Prise de poids, dyspnée, constipation, diplopie, bouche sèche,
œdèmes périphériques, troubles de la marche, troubles de l’érection, diminution de
la libido
Effets neurotoxiques : étourdissements, somnolence, troubles de la mémoire,
tremblements, dysarthriee, sensation d’ébriété
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
Les seules interactions rapportées l’ont été
suite à la commercialisation de la
Prégabaline. En effet, des cas d’insuffisance
respiratoire et de coma ont été décrits dans
des associations avec des médicaments
dépresseurs du SNC. L'effet de la
prégabaline semble s'additionner à celui de
l'Oxycodone sur l'altération de la fonction
cognitive et motrice globale. La prégabaline
peut potentialiser les effets de l'Ethanol et
du Lorazépam.
e
Une dysarthrie est une difficulté à parler et à émettre des sons (au sens large), d'origine centrale
(due à des lésions de l'encéphale de façon générale, les noyaux gris centraux et le cervelet étant
compris dans l'encéphale) donc liée à une lésion anatomique du système nerveux sans qu'il existe
une paralysie ou des lésions des organes de la phonation
42 | P a g e
STIRIPENTOL: DIACOMIT®
MODE D’ACTION :
INDICATIONS :
Ceci est un médicament « orphelin » car utilisé pour traiter une maladie rare.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets indésirables fréquents : augmentation de la Gamma-GT, anorexie, diminution
de l’appétit, perte de poids, insomnie, irritabilité, troubles du comportement,
hyperexcitabilité, troubles du sommeil, somnolence, ataxie, nausées et
vomissements
Effets indésirables rares : photosensibilité, éruption, allergie cutanée, fatigue,
neutropénie disparaissant à l’arrêt du traitement, diplopie
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
Il aurait une inhibition potentielle de l’iso-enzyme CYP 1A2 mais non-prouvée ;
par principe on évitera les associations à la théophylline et à la caféine.
f
Le syndrome de Dravet est une encéphalopathie épileptique réfractaire survenant chez des enfants
en bonne santé. La maladie débute pendant la première année de vie avec des crises
cloniques/tonico-cloniques, généralisées et unilatérales. Les crises surviennent tous les mois ou tous
les deux mois et initialement, elles sont souvent associées à de la fièvre. Un état de mal hémiclonique
ou généralisé est fréquent. Les autres types de crises épileptiques (généralement myoclonie,
absences atypiques ou crises partielles complexes) commencent dans la 2nde ou 3ème année de vie
où la durée des crises cloniques/tonico-cloniques diminue mais où leur fréquence augmente.
L'évolution de la maladie est marquée par un ralentissement du développement psychomoteur et la
survenue de troubles du comportement et d'une ataxie avec une photosensibilité fréquente.
43 | P a g e
TOPIRAMATE : EPITOMAX®
MODE D’ACTION :
INDICATIONS :
Epilepsie :
Traitement des épilepsies partielles et des crises généralisées tonico-cloniques
Inefficace dans les absences
Migraine :
Traitement des migraines rebelles aux autres traitements
EFFETS INDESIRABLES :
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
AD avec les contraceptifs oraux Diminution de l’efficacité contraceptive
44 | P a g e
TIAGABINE : GABITRIL®
MODE D’ACTION :
INDICATIONS :
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : diarrhées
Effets neurotoxiques (plus fréquents) : vertiges, fatigue, sédation, tremblements
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
Il n’est ni inducteur, ni inhibiteur enzymatique mais comme il est systématiquement
utilisé en association il faudra surveiller les associations à des molécules qui elles
agissent au niveau des systèmes enzymatiques :
45 | P a g e
VIGABATRIN : SABRIL®
MODE D’ACTION :
Il va agir au niveau de la dégradation du
GABA en inhibant de façon irréversible
l’enzyme responsable de son catabolisme
la GABA-transaminase. On va donc avoir
une concentration intracérébrale de GABA
plus importante dans l’espace synaptique27.
INDICATIONS :
On l’utilise en dernière intention car il a une toxicité oculaire le plus souvent
irréversible.
Traitement des spasmes infantilesg 28 29 en monothérapie, résistants à la
corticothérapie (notamment dans le cas des scléroses de Bournevilleh)30
Traitement des épilepsies rebelles notamment les épilepsies partielles en
association uniquement.
EFFETS INDESIRABLES :
Effets systémiques : troubles gastro-intestinaux, prise de poids
Effets neurotoxiques : rétrécissement concentrique du camp visuel le plus souvent
définitif, somnolence, fatigue, vertige, hallucinations, agressivité.
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
g
Le syndrome de West ou spasmes infantiles associe, chez un nourrisson, des spasmes axiaux en
salves, une détérioration psychomotrice et un tracé EEG intercritique hypsarythmique. C'est le type le
plus fréquent d'encéphalopathie épileptique. Il peut survenir chez un nourrisson antérieurement sain
ou chez un enfant au développement cognitif altéré. Les spasmes sont des mouvements axiaux brefs,
plus souvent en flexion qu'en extension, qui peuvent être associés une révulsion oculaire. Ces
contractions sont mieux visibles aux membres supérieurs et sont fréquemment suivies d'un pleur. A
minima, il peut s'agir d'une élévation des yeux isolée. Les spasmes se répètent toutes les 5 à 30
secondes en salves qui peuvent durer jusqu'à plusieurs dizaines de minutes. L'étiologie de ce
syndrome est variable : une anomalie ou une anomalie génétique ou enfin une maladie métabolique
h
Dans le cadre d’une sclérose de Bourneville, l’épilepsie est essentiellement liée à la présence dans
le cerveau des personnes atteintes de certaines tumeurs cérébrales bénignes, les tubers corticaux,
qui sont des amas de cellules malformées (neurones et astrocytes) situés au niveau du pourtour du
cerveau dans la matière grise (cortex cérébral).
46 | P a g e
RUFINAMIDE : INOVELON®
MODE D’ACTION :
Le Rufinamide stabiliserait à l’état inactif les canaux
sodiques mais ses effets ne sont pas totalement
élucidés à l’heure actuelle.
INDICATIONS :
Traitement des crises d’épilepsies associées au syndrome de Lennox-Gastaut chez
les patients de plus de 4 ans
EFFETS INDESIRABLES :
Effets indésirables très fréquents : somnolence, asthénie, céphalées, vertiges,
nausées, vomissements
Effets indésirables fréquents :
Infections des voies aériennes : pneumonie, syndrome grippal, rhino-pharyngite,
sinusite, rhinite
Diminution de l’appétit, anorexie
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
47 | P a g e
RETIGABINE :
TROBALT®
MODE D’ACTION 32 :
La Retigabine semble agir
essentiellement par l’ouverture des
canaux potassiques neuronaux. Ceci
stabilise le potentiel de repos de la
membrane et contrôle l’excitabilité électrique infraliminaire dans les neurones,
prévenant ainsi le déclenchement d’éventuels potentiels d’action épileptiformes
INDICATIONS :
On l’utilise en association dans le traitement des crises d’épilepsie partielles avec ou
sans généralisation secondaire chez les patients épileptiques âgés de 18 ans et plus.
EFFETS INDESIRABLES :
Les événements indésirables les plus souvent observés et dose-dépendants sont
ceux de la plupart des médicaments antiépileptiques : somnolence, étourdissements,
fatigue, vertiges, confusion, troubles du langage, tremblements, amnésie. On a aussi
pu noter une augmentation de l’appétit avec prise de poids chez certains patients.
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :
48 | P a g e
ESLICARBAZEPINE : ZEBINIX®,
EXALIEF®
Mode d’action 33:
On ne connait pas encore avec exactitude le mode
d’action de l’Eslicarbazépine et de ses métabolites
actifs mais il semblerait qu’ils agissent en stabilisant
l’état inactif des canaux sodiques voltage-
dépendants, empêchant ainsi le retour à un état
activé avec décharges neuronales.
Indications :
Cette molécule est indiquée en association chez le patient adulte
dans le traitement de l’épilepsie partielle avec ou sans généralisation
secondaire.
Effets indésirables :
Les principaux événements indésirables observés ont été vertiges,
somnolence et maux de tête.
On note également des effets indésirables de type troubles digestifs :
nausées, vomissements,…
Interactions médicamenteuses :
L’Eslicarbazépine a un léger effet inducteur enzymatique sur le CYP3A4
notamment.
Avec d’autres antiépileptiques :
Carbamazépine : diminution de l’exposition au métabolite actif de
l’Eslicarbazépine augmentation des doses mais augmentation des
effets indésirables type diplopie, troubles de la coordination et vertiges.
Phénytoïne : diminution de l’exposition au métabolite actif de l’Eslicarbazépine
et augmentation de l’exposition à la Phénytoïne augmentation de la
dose d’Eslicarbazépine et diminution de la dose de Phénytoïne
Avec d’autres médicaments :
Les contraceptifs oraux : diminution de leur efficacité utilisation d’une
autre méthode de contraception efficace pendant le traitement et jusqu’à la fin
du cycle en cas d’arrêt de l’Eslicarbazépine
La Simvastatine : diminution de l’efficacité de la simvastatine par induction
probable du CYP3A4 augmentation des doses de Simvastatine
La warfarine : A priori par d’interactions ayant un effet significatif sur la
coagulation mais nécessité d’une surveillance renforcée de l’INR les
premières semaines de l’association ou en cas d’arrêt du traitement.
49 | P a g e
4. LES BENZODIAZEPINES
BENZODIAZEPINES LES PLUS COURAMMENT UTILISEES
DANS LA PRISE EN CHARGE DE L’EPILEPSIE34 :
Mode d’action :
Ces benzodiazépines vont se fixer sur la sous-unité α du complexe « canal Chlore-
GABAa » et favoriser l’ouverture du canal chlore et donc l’entrée du chlore dans les
cellules (principalement localisées au niveau du cortex cérébral). Ceci facilitera la
transmission GABAergique.
On utilise principalement ces trois molécules car elles ont un effet antiépileptique
prédominant par rapport aux autres benzodiazépines. Mais le traitement au long
cours est à éviter car il y a un risque de diminution de l’efficacité au bout de plusieurs
mois.
Indications :
Traitement de l'épilepsie, seul ou en association des épilepsies généralisées et des
épilepsies partielles avec ou sans généralisation.
Effets indésirables :
Effets indésirables neuro-psychiatriques: Amnésie antérograde, le risque
augmentant proportionnellement à la dose.
Troubles du comportement, modifications de la conscience, irritabilité,
agressivité, agitation.
Dépendance physique et psychique, même à doses thérapeutiques avec
syndrome de sevrage ou de rebond à l'arrêt du traitement.
50 | P a g e
Sensations ébrieuses, céphalées, ataxie.
Confusion, baisse de vigilance voire somnolence (particulièrement chez le
sujet âgé), insomnie, cauchemars, tension.
Modifications de la libido.
Des crises convulsives peuvent apparaître lors d'un traitement prolongé par
diminution de l'efficacité de la benzodiazépine.
Interactions médicamenteuses :
AD avec l’alcool majoration par l'alcool de l'effet sédatif des benzodiazépines.
A prendre en compte :
Autres dépresseurs du SNC Majoration de la dépression centrale.
51 | P a g e
X. PRISE EN CHARGE COMPLEMENTAIRE
DE L’EPPR
La mise en place du stimulateur consiste en une chirurgie d’une à deux heures sous
anesthésie générale : on place un générateur d’impulsions électriques dans la paroi
thoracique du patient et on rattache des fils électriques au nerf vague dans le cou.
Ce générateur envoie des impulsions électriques à intervalles réguliers au nerf
vague. Par exemple, on envoie une « dose » de 30 secondes de stimulation à 0,25
milliampères toutes les 5 minutes. Le générateur est ajusté par le neurologue au
cours des visites de suivi si nécessaire.
52 | P a g e
Concernant les effets indésirables, on retrouve fréquemment un picotement dans la
gorge ou un enrouement de la voix. Parfois, on a pu rapporter des douleurs à la
gorge, aux oreilles et aux dents, de la toux et un essoufflement surtout aux
fréquences d’intensité élevées et en continu, pas uniquement au moment de
l’impulsion électrique.
Cette technique permet de diminuer la fréquence des crises d’environ 50% mais ne
permet pas de guérir l’épilepsie. La réponse peut être immédiate ou alors tardive
après plusieurs mois.
Approuvée par les services médicaux depuis 1997, cette technique est utilisée chez
les personnes de plus de 12 ans souffrant d’EPPR mais on l’expérimente également
pour d’autres types d’épilepsies notamment les généralisées symptomatiques ainsi
que chez des enfants souffrant du syndrome de Lennox-Gastaut38
53 | P a g e
2. LA PRISE EN CHARGE CHIRURGICALE DE
L’EPILEPSIE
La chirurgie ne s’adresse qu’à un nombre très limité d’épilepsie qui ne sont pas
stabilisée par un traitement médicamenteux donc pharmaco résistantes.
Il est absolument nécessaire de s’assurer que la crise persistante est bien une crise
d’épilepsie et non une crise psychogène (EEG vidéo nécessaire). Il faut aussi
s’assurer que les précédents traitements ont échoués non pas à cause d’un souci
d’observance du patient mais bien d’une pharmaco-résistance à ces médicaments.
54 | P a g e
DEUXIEME PARTIE :
ETUDES SUR
LE LACOSAMIDE
ET LE
ZONISAMIDE
55 | P a g e
I. ETUDES RETROSPECTIVES SUR LE
LACOSAMIDE ET LE ZONISAMIDE
DANS LA PRISE EN CHARGE DE
L’EPILEPSIE PARTIELLE PHARMACO
RESISTANTE (EPPR)
Lors de mes stages de 5e année hospitalo-universitaire au Centre Hospitalier
Universitaire de Lille, les neurologues de l’équipe de Neurophysiologie avaient des
opinions différentes quant à leurs expériences cliniques concernant deux nouvelles
molécules récemment mises sur le marché.
Pour pouvoir être fixer définitivement quant à la façon de les utiliser : dosage, paliers
d’instaurations, place dans l’arsenal thérapeutique à disposition, effets indésirables,
associations médicamenteuses ; Monsieur le Professeur Derambure m’a demandé
de consulter les dossiers de chaque patient ayant été traité par l’une ou l’autre de
ces molécules pour parvenir à établir l’intérêt de ces nouveautés dans la prise en
charge de l’épilepsie.
Dans un premier temps, nous verrons la molécule Lacosamide que j’ai pu étudier
lors de mon premier stage dans le service de neurophysiologie du professeur
Derambure, puis dans un second temps, le Zonisamide que j’ai souhaité approfondir
lors de mon dernier stage hospitalier.
Pour ces études, les populations étaient insuffisantes pour donner des statistiques
de probabilité cohérentes et le regroupement de population aurait donné des
résultats inexploitables.
56 | P a g e
II. PREMIERE ETUDE RETROSPECTIVE
SUR LE LACOSAMIDE (VIMPAT®)
1. POPULATION:
100 patients (39 hommes, 61femmes) (âge moyen 39 ans +/- 6,5)
69% d’épilepsies temporales, 17% d’épilepsies frontales, 14% autres
localisations ou multifocales
17 avaient reçu moins de 4 traitements avant la Lacosamide (LCM)
La dose maximale moyenne reçue lors de la dernière consultation était de 283
mg/j
2. METHODOLOGIE:
Etude rétrospective sur dossiers personnels
CRITERES D’INCLUSION :
Patient de plus de 18 ans
Instauration et suivi du traitement par LCM dans le service de
neurophysiologie clinique du CHR de Lille.
Au moins 6 mois de suivi sous Vimpat® (qu’il soit arrêté ou poursuivi au cours
du dernier RDV)
Arrêt de l’inclusion au 31/12/2010
3. CONCERNANT LE
LACOSAMIDE :
Uniquement pour les formes orales de type
« comprimés »
POSOLOGIE :
Le Vimpat® doit être administré en deux prises par jour. La dose initiale
recommandée est de 50 mg deux fois par jour, et doit être augmentée jusqu’à la
dose thérapeutique initiale de 100 mg deux fois par jour après une semaine.
En fonction de la réponse et de la tolérance, la dose d’entretien peut être à nouveau
augmentée de 50 mg deux fois par jour chaque semaine, jusqu’à la dose quotidienne
maximale recommandée de 400 mg (200 mg deux fois par jour).
Le Vimpat® peut être administré pendant ou en dehors des repas.
ARRET DU VIMPAT® :
Conformément à la pratique clinique actuelle, si VIMPAT doit être interrompu, il est
recommandé d’arrêter le traitement progressivement (par exemple en diminuant la
dose quotidienne de 200 mg par semaine).
57 | P a g e
PRECAUTIONS D’EMPLOI :
Aucun ajustement posologique n’est nécessaire chez les patients présentant une IR
ou une IH.
Le Vimpat® est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à la substance active, à
l’arachide, au soja ou à l’un des excipients ainsi que chez les patients ayant un bloc
auriculo-ventriculaire (AV) connu du 2ème ou du 3ème degré.
EFFETS INDESIRABLES :
Les effets indésirables, généralement d’intensité légère à modérée, les plus
fréquemment rapportés pendant le traitement par le Lacosamide ont été : des
sensations vertigineuses, des céphalées, des nausées et une diplopie.
Certains d’entre eux ont été dépendants de la dose et ont pu être soulagés en
réduisant la posologie.
L’incidence et la sévérité des réactions indésirables affectant le système nerveux
central et le tractus gastro-intestinal ont généralement diminué avec le temps.
Des effets indésirables associés à un allongement de l’espace P-R (bloc Auriculo-
ventriculaire, syncope, bradycardie) peuvent survenir
Des idées et comportements suicidaires ont été rapportés chez des patients traités
par des antiépileptiques dans plusieurs indications. En conséquence, une prise en
charge appropriée devra être considérée chez les patients traités par Lacosamide et
présentant ce type de symptômes
MODE D’ACTION :
Le principe actif du Vimpat®, la Lacosamide, est un médicament antiépileptique.
L’épilepsie est due à un excès d’activité électrique dans le cerveau. Le mode d’action
exact de la Lacosamide est encore inconnu, mais elle semble réduire l’activité des
canaux à sodium en favorisant l’inactivation lente des canaux sodiques, ce qui va
entrainer la stabilisation des membranes neuronales hyperexcitables. La Lacosamide
est également supposée intervenir dans le développement des cellules nerveuses
qui ont été endommagées. Ensemble, ces actions peuvent empêcher l’extension de
l’activité électrique anormale à tout le cerveau, réduisant ainsi le risque de survenue
d’une crise d’épilepsie.40 41 42
58 | P a g e
4. PLACE DU LACOSAMIDE DANS LA PRISE EN CHARGE DE
L’EPPR
Distribution du Vimpat®
en fonction du nombre de traitements
reçus avant
90
80
70
Pourcentage
60
50 0à4
40 5 et +
30 NC
20
10
0
Nombre de Traitements reçus avant le Vimpat
59 | P a g e
5. LES DOSES MAXIMALES DE LACOSAMIDE REÇUE AU
COURS DE L’ETUDE
60 | P a g e
6. EVOLUTION DES CRISES EN FONCTION DE LA DOSE
MAXIMALE DE LACOSAMIDE REÇUE
On note une diminution de la survenue de crises plus importante aux doses plus
élevées de 300 et 400mg/j ce qui reste logique mais il parait intéressant de noter
qu’à une dose plus faible de 300mg/j (donc à moindre risque de survenue d’EI), il y a
eu une plus forte diminution de la fréquence des crises. On précise cependant que le
critère d’évaluation de la fréquence des crises est subjectif puisque même s’il relève
principalement du « calendrier » des crises, il découle aussi du « ressenti » patient
qui juge lui-même de l’efficacité du nouveau traitement.
61 | P a g e
7. APPARITION D’EFFETS INDESIRABLES SOUS
LACOSAMIDE
45% des patients sous Vimpat ont déclarés avoir eu au moins un effet indésirable
contre 48% qui ont déclarés ne pas en avoir eu. Ces effets indésirables peuvent être
plus ou moins handicapants et c’est au praticien de juger de la bonne balance
bénéfice/risque. Ce critère de tolérance est extrêmement important : dans les
traitements de l’épilepsie on cherche à obtenir un minimum d’effets indésirables pour
une efficacité notable mais il est très rare qu’un épileptique trouve l’accord parfait
avec un médicament lui supprimant complètement les crises et ne lui provoquant
aucun effet indésirable.
62 | P a g e
8. LES DIFFERENTS EFFETS INDESIRABLES SOUS
LACOSAMIDE
Deux patients ont présentés des syndromes dépressifs et un patient des troubles
comportementaux.
63 | P a g e
9. LA TOLERANCE A LA LACOSAMIDE FONCTION DE LA
DOSE MAXIMALE REÇUE
Sur ce graphique, on remarque que c’est le groupe de 300mg/j qui déclare le moins
d’Effets Indésirables, ce qui signifie qu’à cette posologie on obtient le meilleur rapport
efficacité/tolérance.
64 | P a g e
10. TOLERANCE A LA LACOSAMIDE ET PALIER
D’INSTAURATION
Il y avait deux groupes de médecins qui travaillaient différemment quant aux paliers
d’augmentation mais il s’avère au final que la tolérance est presque identique, peu
importe leur décision.
65 | P a g e
11. IMPACT DE LA LACOSAMIDE SUR LA FREQUENCE
DES CRISES EN « RESSENTI-PATIENT »
On note qu’une grosse partie des patients ont constaté une amélioration depuis
l’instauration du Vimpat et que certains patients ont même réussi à obtenir une
absence totale de crise grâce au Vimpat. Comme pour la majorité des
antiépileptiques on a observe une absence d’efficacité dans plus de 30% des cas.
66 | P a g e
12. INFLUENCE DE LA LACOSAMIDE SUR LES CRISES
D’EPILEPSIES EN FONCTION DE SON DELAI D’INCLUSION
A LA THERAPEUTIQUE
Dans les 17% des patients ayant reçu moins de 4 traitements on a 10 personnes
ayant noté une diminution du nombre de crises contre 3 chez lesquelles on a pu
remarquer une absence d’efficacité et enfin, une personne a relevé une
augmentation du nombre de crises.
67 | P a g e
13. TOLERANCE A LA LACOSAMIDE EN FONCTION DES
MOLECULES ASSOCIEES
68 | P a g e
14. EFFICACITE DE LA LACOSAMIDE EN FONCTION DU TYPE
D’EPILEPSIE
Que ce soit dans l’épilepsie temporale ou frontale on note une diminution courante
du nombre de crises d’épilepsie. Il convient de noter que les épilepsies temporales
représentent ici 45 patients car c’est l’épilepsie la plus fréquente dans la population
générale.
Les autres patients classés comme atteints d’épilepsie multifocale, qu’elle soit
idiopathique ou encore symptomatique, n’ont pas été inclus ici car la localisation du
foyer principal du point de départ de la crise d’épilepsie n’est pas clairement
spécifiée dans le dossier des patients, soit parce qu’il est inconnu, soit parce qu’il
n’est pas déterminable.
69 | P a g e
ARTICLES PUBLIES CONCERNANT L’EFFICACITE ET LA
TOLERANCE DU LACOSAMIDE EN PRATIQUE CLINIQUE
45
3. « LACOSAMIDE IN PATIENTS WITH PHARMACORESISTANT EPILEPSY »
Cette étude a permis de mettre en évidence que cet antiépileptique était relativement
moins sédatif que les autres traitements classiques et que le Lacosamide
occasionnait peu d’effets indésirables sur le système nerveux central par rapport à
ces confrères. Ainsi, cette molécule devient un choix préférentiel pour les patients
ayant des atteintes cérébrales prononcées.
70 | P a g e
4. « PROFILE OF LACOSAMIDE AND ITS ROLE IN THE LONG-TERM
TREATMENT OF EPILEPSY: A PERSPECTIVE FROM THE UPDATED NICE
46
GUIDELINE »
La comparaison Lacosamide versus placebo a permis de montrer une bonne
efficacité avec une diminution de plus de 50% du nombre de crises courante sous
Lacosamide mais à l’inverse les effets indésirables sont très fréquents. Le bénéfice
reste donc modeste et incertain pour une tolérance très limitée.
71 | P a g e
III. DEUXIEME ETUDE RETROSPECTIVE
SUR LE ZONISAMIDE (ZONEGRAN®)
1. POPULATION :
78 patients (30 hommes, 48 femmes)
Age Moyen 39 ans +/- 12,5
14 avaient reçu moins de 4 traitements avant le Zonisamide (ZNG)
17% d’Epilepsie Frontale, 44% Epilepsie Temporale, 40% Epilepsie
Multifocale, autres localisations
La dose Maximale moyenne reçue était de 338 mg/j
2. METHODOLOGIE :
Etude rétrospective sur dossiers personnels
CRITERES D’INCLUSION :
Patient de plus de 18 ans
Instauration et suivi du traitement par Zonegran® (ZNG) dans le service de
neurophysiologie clinique du CHR de Lille.
Au moins 6 mois de suivi sous Zonegran® (qu’il soit arrêté ou poursuivi au
cours du dernier RDV)
Arrêt de l’inclusion au 30/09/2011
3. CONCERNANT LE ZONISAMIDE 47 :
C’est un dérivé du benzisoxasole
POSOLOGIE :
PRECAUTIONS D’EMPLOI :
Le Zonisamide et ses métabolites sont excrétés par voie rénale, il convient donc
d’adapter la posologie chez les Insuffisants Rénaux. Il en est de même chez les IH.
Le Zonegran ne doit pas être utilisé chez les personnes hypersensibles (allergiques)
au zonisamide, à l’un des autres composants, ou aux sulfamides (tels que certains
antibiotiques).
72 | P a g e
ARRET DU TRAITEMENT PAR ZONEGRAN :
Quand il est nécessaire d’arrêter le traitement par Zonegran, l’interruption doit être
progressive. Lors des études cliniques, la posologie a été réduite de 100 mg tous les
sept jours avec ajustement concomitant des doses des autres médicaments
antiépileptiques.
EFFETS INDESIRABLES :
Les effets indésirables les plus fréquemment observés sous Zonegran (observés
chez plus d’un patient sur 10) sont les suivants: perte d’appétit, agitation, irritabilité,
confusion, dépression, ataxie (une incapacité à coordonner les mouvements
musculaires), vertiges, troubles de la mémoire, somnolence, diplopie (vision double)
et baisse des taux de bicarbonate sanguin.
Des éruptions cutanées sévères sont survenues chez des patients prenant
Zonegran, y compris des cas de syndrome de Stevens-Johnson (le groupement
sulfamide a été mis en cause dans ces cas particulier).
MODE D’ACTION :
Le zonisamide possède des propriétés pharmacologiques communes à la
Phénytoïne, la Carbamazépine et au Valproate de Sodium.
Il bloquerait les canaux sodiques et calciques (de type T sans affecté ceux de type L)
situés à la surface des cellules nerveuses empêchant ainsi la transmission des
impulsions électriques entre ces cellules et leur synchronisation. Cela réduit le risque
de crise d’épilepsie.
74 | P a g e
4. PLACE DU ZONISAMIDE DANS LA PRISE EN CHARGE DE
L’EPPR
75 | P a g e
5. REPARTITION ZONISAMIDE EN FONCTION DES
DU
DOSES MAXIMALES DE ZONISAMIDE REÇUES AU COURS
DU TRAITEMENT
On note ici qu’un faible pourcentage de patients (20%) n’a pas réussi ou n’a pas
encore atteint ces dosages standards.
Malgré tout, la plupart des autres patients se classent dans les posologies moyennes
de 300, 400 et 500mg/j.
76 | P a g e
6. EVOLUTION DE LA FREQUENCE DES CRISES D’EPILEPSIE
EN FONCTION DES DOSES MAXIMALES REÇUES DE
ZONISAMIDE
Il apparait dans ce diagramme que les patients aux faibles dosages n’ont pas noté
d’amélioration de leurs crises contrairement aux dosages standards. Ce qui est
normal étant donné que la dose minimale d’efficacité n’a pas encore été ou n’a pas
pu être atteinte.
77 | P a g e
7. TOLERANCE DU ZONISAMIDE CHEZ LES PATIENTS DE
L’ETUDE
35%
Le zonisamide est relativement mal toléré avec 65% des patients qui déclarent des
effets indésirables. A peine 35% des patients ne sont pas assujettis à des effets
indésirables. Il convient de relativiser ces données puisque le traitement de
l’épilepsie est difficile : si les effets indésirables sont tolérables et que l’efficacité est
prouvée, on continuera le traitement en attendant de nouvelles perspectives de
traitement.
78 | P a g e
8. TOLERANCE AU ZONISAMIDE EN FONCTION DE LA DOSE
MAXIMALE REÇUE
A l’inverse au plus faible dosage, les effets indésirables sont très importants; en
réalité ces personnes n’ont pas supportés le zonisamide et ont préférés stopper leur
traitement. Cette donnée est donc à relativiser.
79 | P a g e
9. DISTRIBUTION DES EFFETS INDESIRABLES DU
ZONISAMIDE DANS L’ETUDE
Chez plus de 10% des patients on note une certaine irritabilité (probablement
favorisé par les troubles de type somnolence et fatigue).
80 | P a g e
10. EFFICACITE OBSERVEE PAR LES PATIENTS DU
ZONISAMIDE SUR LA SURVENUE DES CRISES
Le zonisamide semble avoir été bénéfique sur les crises des patients avec 47% des
personnes qui considèrent avoir eu une diminution du nombre de crises.
Dans 8% des cas, on déclare même une absence totale de crise depuis la mise en
place du Zonisamide; malgré tout, on note un taux d’échec toujours élevé (31% sans
évolution et 14% ayant une augmentation de la fréquence des crises)
81 | P a g e
11. AVENIR DU ZONISAMIDE DANS LA PRISE EN
CHARGE THERAPEUTIQUE DES PATIENTS DU SERVICE
Malgré des résultats plutôt intéressants dans notre population, on note un arrêt du
Zonisamide dans plus de 34% des cas. La faute à des effets indésirables
relativement fréquents et gênants. Ceci peut-être également dû à une diminution
relativement modérée du nombre de crises comparés à des effets indésirables plus
importants que le traitement antérieur au Zonisamide.
82 | P a g e
12. TOLERANCE AU ZONISAMIDE EN FONCTION DES
MOLECULES ASSOCIEES AU TRAITEMENT
83 | P a g e
ARTICLES PUBLIES CONCERNANT L’EFFICACITE ET LA
TOLERANCE DU ZONISAMIDE EN PRATIQUE CLINIQUE
En conclusion, l’efficacité est une nouvelle fois évidente sur le plan de la survenue de
cirses mais la tolérance est à nouveau critiquée avec beaucoup d’effets indésirables.
84 | P a g e
AVENIR DU LACOSAMIDE ET DU ZONISAMIDE
DANS LA PRISE EN CHARGE DE L’EPPR
Quand je suis arrivée en stage de 5e année dans le service de neurophysiologie
clinique, les neurologues se posaient la question de l’intérêt des deux nouvelles
molécules que sont le zonisamide et le lacosamide dans la prise en charge de
l’épilepsie pharmaco-résistante de certains patients. En effet, les retours des
patients leurs laissaient penser que la balance bénéfice/risque était plutôt
défavorable.
Après avoir étudié ces deux molécules, on a pu établir que leur intérêt était réel et
que, comme pour tous les antiépileptiques, certains patients étaient répondeurs au
traitement quand d’autres ne l’étaient pas. Ces deux molécules permettent ainsi de
compléter l’arsenal thérapeutique de la prise en charge de l’épilepsie. Certes, elles
ne sont pas révolutionnaires puisqu’ils restent encore de nombreux patients avec
une épilepsie non contrôlée mais elles ont permis de traiter un certain nombre de
patient jusqu’alors en échec thérapeutique.
Néanmoins, on peut en conclure que ces deux molécules ont leur place dans
l’arsenal thérapeutique actuel pour la prise en charge de l’épilepsie partielle
pharmaco-résistante. En effet, comme tous les médicaments de cette classe, ces
deux molécules ont leurs limites. Le problème de la tolérance est en effet une
composante primordiale du traitement cependant il est important de noter que pour
un certain nombre de patients ces molécules fonctionnent.
85 | P a g e
CONCLUSION
L’apparition de résistance aux traitements est de plus en plus fréquente dans
l’épilepsie, c’est pourquoi on voit apparaître constamment sur le marché de nouvelles
molécules destinées à offrir une opportunité à ces patients en échec thérapeutique.
Pour ces patients et pour tous ceux en échec thérapeutique, ces avancées
pharmaceutiques sont une nouvelle alternative et surtout une nouvelle chance de
voir leurs crises atténuées voire supprimées. C’est pour eux, l’occasion d’avoir une
vie plus « normale », ce qui représente leur priorité première.
86 | P a g e
Ce travail a fait l’objet d’un poster présenté aux Journées Françaises
de l’Epilepsie 2011
87 | P a g e
BIBLIOGRAPHIE
1
Epilepsies_long.pdf (Objet application/pdf) [Internet]. [cité 10/12/11,12/12/11,
13/12/11, 08/01/12, 28/03/12, 26/06/12]. Disponible sur: [Link]
[Link]/portail/upload/docs/application/pdf/Epilepsies_long.pdf
2
Épilepsie-France - Épidémiologie [Internet]. [cité 10/12/11,12/12/11, 13/12/11,
08/01/12, 28/03/12, 26/06/12]. Disponible sur: [Link]
[Link]/[Link]/comprendre/epidemiologie/
3
Revue Neurologique, Volume 160, Supplement 1, June 2004, Pages 117-130
P. Ryvlin, F. Mauguière
4
FMPMC-PS - Sémiologie : neurologie - Niveau PCEM2 [Internet]. [cité 13/12/11,
15/12/11]. Disponible sur:
[Link]
5
Image extraite d’Electroencephalogramme PDF [Internet]. [cité 13 mars 2013].
Disponible sur: [Link]
6
EEG tiré de la revue Réanimation Volume 18, Issue 1, January 2009, Pages 83–91,
P. Thomas , P. Gelisse
7
Les moyens technologiques d’exploration fonctionnelle du cerveau. [Internet]. [cité
15/12/11]. Disponible sur: [Link]
technologiques-d-exploration-fonctionnelle-du-cerveau
8
Image extraite de :Neurotransmetteurs Impliquées Dans L’épilepsie Photo stock -
Image: 12522920 [Internet]. [cité 13 mars 2013]. Disponible sur:
[Link]
image12522920
9
Épilepsie-France - Médicaments [Internet]. [cité 15/12/11, 08/01/12, 12/01/12].
Disponible sur: [Link]
10
Schéma tiré de : Principaux mécanismes d’action des médicaments
antiépileptiques [Internet]. Consulté le 12/12/2012.
[Link]
[Link]
11
Schémas tiré du Vidal Recos : Recommandations et Pratique, 3e édition, Caulin C,
Vidal SA. Vidal recos. Issy-les-Moulineaux: Vidal; 2009 page 565
12
Les_medicaments_antiepileptiques.pdf (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité
18/01/12,19/01/12]. Disponible sur:
[Link]
13
Représentation extraite du site internet consulté le 13/12/2012 :
[Link]
88 | P a g e
14
Opisthotonos [Internet]. Cité le 12/12/2012. Disponible sur :
[Link]
15
Ald guide patient épilepsie (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 15/12/11,
16/11/11, 12/01/12]. Disponible sur: [Link]
[Link]/portail/upload/docs/application/pdf/08-092-ald_guide_patient_epilepsie.pdf
16
Pharmaco [Internet]. [Cité 18/01/12, 19/01/12]. Disponible sur:
[Link]
17
Orphanet: Syndrome de Lennox Gastaut [Internet]. [Cité 18/01/12]. Disponible sur:
[Link]
18
Lyell-Stevens-Johnson (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 18/01/12]. Disponible
sur: [Link]
19
Pharmacologie et mécanisme d’action de la prégabaline : Prégabaline : épilepsie et
douleur = Pharmacology and mechanism of action of pregabalin : Pregabalin:
epilepsy, neuropathic pain [Internet]. [Cité 20/02/12]. Disponible sur:
[Link]
20
Qu’est ce que le syndrome de Dravet ? | Alliance Syndrome de Dravet [Internet].
[Cité 21 sept 2012]. Disponible sur: [Link]
ce-que-le-syndrome-de-dravet/02/2012]. Disponible sur
[Link]
21
Orphanet: Syndrome de Dravet [Internet]. [Cité 21/02/12]. Disponible sur:
[Link]
22
Résumé EPAR Diacomit (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 21/02/2012].
Disponible sur: [Link]
_Summary_for_the_public/human/000664/[Link]
23
Pharmaco [Internet]. [Cité 23/02/12]. Disponible sur:
[Link]
24
Tiagabine [Vade-mecum, mécanisme d’action, indications, contre-indications et
autre] - frsante [Internet]. [Cité 20/09/12]. Disponible sur: [Link]
25
Résumé des Caractéristiques du Produit [Internet]. [Cité 20/09/12]. Disponible sur:
[Link]
89 | P a g e
28
Spasmes infantiles - AboutKidsHealth [Internet]. [Cité 08/02/12]. Disponible sur:
[Link]
SystemDisorders/Pages/[Link]
29
Orphanet: Syndrome de West [Internet]. [Cité 08/02/12]. Disponible sur:
[Link]
30
Sclérose Tubéreuse Bourneville (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 08/02/12].
Disponible sur:
[Link]
[Link]
31
RCP Inovelon (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 17/10/12]. Disponible sur:
[Link]
_Product_Information/human/000660/[Link]
32
RCP Trobalt (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 08/12/12]. Disponible sur:
[Link]
_Product_Information/human/001245/[Link]
33
RCP Zebinix (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 02/12]. Disponible sur:
[Link]
_Product_Information/human/000988/[Link]
[Link]
35
Anxiolytiques (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 02/03/12]. Disponible sur:
[Link]
[Link]/medecine/cours_en_ligne/e_cours/pharmaco/pdf/dcm3/DCEM3-
Pharmaco_Chap3-anxiolytiques_2008.pdf
36
[Link] - Home of the Canadian Epilepsy Alliance [Internet]. [Cité 27
janv. 2013]. Disponible sur: [Link]
Image
extrait du site internet
37
[Link]
une-question-de-nerf-vague-_4795_lirelasuite.htm consulté le 20/02/2013
38
B- Traitement par stimulation électrique - TPE -Epilepsie [Internet]. [Cité 27 janv.
2013]. Disponible sur: [Link]
traitement/[Link]
39
Chirurgie de l’épilepsie - Campus de Neurochirurgie [Internet]. [Cité 13 mars 2013].
Disponible sur: [Link]
40
Lacosamide for the treatment of epilepsy [Internet]. [Cité 4 janv. 2013]. Disponible
sur: [Link]
[Link]/doi/pdf/10.3109/07853890.2011.603700
90 | P a g e
Besag FM, Patsalos PN. New developments in the treatment of partial-onset
41
47
Haute Autorité de Santé - ZONEGRAN [Internet]. [Cité 03/11, 04/11, 07/11, 08/11,
10/11, 11/11, 12/11].]. Disponible sur: [Link]
[Link]/portail/jcms/c_400752/zonegran-100-mg-gelule
48
Résumé EPAR Zonegran (Objet application/pdf) [Internet]. [Cité 03/11, 04/11,
07/11, 08/11, 10/11, 11/11, 12/11]. Disponible sur:
[Link]
_Summary_for_the_public/human/000577/[Link]
49
Avis Commission de transparence Zonegran [Internet]. [Cité 03/11, 04/11, 07/11,
08/11, 10/11, 11/11, 12/11]. Disponible sur: [Link]
[Link]/portail/upload/docs/application/pdf/[Link]
50
Dupont S, Stefan H. Zonisamide in clinical practice. Acta Neurol. Scand., Suppl.c.
2012;(194):29‑35.
Holder JL Jr, Wilfong AA. Zonisamide in the treatment of epilepsy. Expert Opin
51
91 | P a g e
53
Helmstaedter C, Stefan H, Witt JA. Quality of life in patients with partial-onset
seizures under adjunctive therapy with zonisamide: results from a prospective non-
interventional surveillance study. Epileptic Disord. 2011 Sep;13(3):263-76. doi:
10.1684/epd.2011.0459.
54
Stephen LJ, Kelly K, Wilson EA, Parker P, Brodie MJ. Epub 2010 Mar 5. A
prospective audit of adjunctive zonisamide in an everyday clinical setting. Epilepsy
Behav. 2010 Apr;17(4):455-60. doi: 10.1016/[Link].2010.01.016.
Autres références :
92 | P a g e
Le Moniteur des pharmacies [Internet]. [Cité 09/10/11]. Disponible sur:
[Link]
93 | P a g e
94 | P a g e
Université de Lille 2
FACULTE DES SCIENCES PHARMACEUTIQUES ET BIOLOGIQUES DE LILLE
DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN PHARMACIE
Année Universitaire 2012/2013
Nom : BALMER
Prénom : Charlotte
Résumé :
Membres du jury :
Président :
Dine, Thierry, PU-PH Pharmacie Clinique Faculté de Pharmacie de Lille 2
Assesseur :
Gressier, Bernard, PU-PH Pharmacologie Faculté de Pharmacie de Lille 2
95 | P a g e