Le Manuel d’Eglise, publié par la Conférence générale de l’Eglise Adventiste du Septième Jour,
est un outil indispensable au maintien des pratiques et règlements de notre Eglise. Il est le fruit
d’un travail acharné de plusieurs rédacteurs. Ce manuel est divisé en deux grandes parties: la
première partie est valable pour le monde entier et la seconde, appelée supplément, est suggérée
par la Division pour son champ. Les principes qui y sont insérés se basent sur la bible et sont
conçus pour la bonne marche des églises.
En premier lieu, les rédacteurs se penchent sur le fait que Dieu est un Dieu d’ordre. Par
conséquent, son Eglise doit guider par des principes et des règles afin de mener à bien sa
mission. Ils soutiennent que l’Eglise appartient à Dieu ; les membres constituent le corps du
Christ dont Il est lui-même la tête. L’unité doit faire partie intégrante de ce corps et tous ceux qui
sont appelés comme dirigeants doivent prendre soin de l’Eglise. Les rédacteurs poursuivent avec
l’idée qu’aucune institution ne peut se développer sans organisation. L’Eglise de Dieu n’en est
pas exempt. C’est pourquoi, l’Eglise Adventiste du Septième Jour a adopté un système
représentatif de gouvernement qui reconnait l’autorité des membres. Il existe plusieurs niveaux
dans l’organisation de l’Eglise allant des membres d’église jusqu’au plus haut niveau: L’église
locale, la fédération, l’union d’églises, l’union, la Conférence générale et ses divisions. De plus,
Dieu a choisi des hommes pour veiller jalousement sur son œuvre. Ces dirigeants sont repartis en
plusieurs catégories/types: les pasteurs autorisés, les pasteurs consacrés, les pasteurs retraités, les
instructeurs bibliques, etc. L’autorité de ces employés est représentée par la délivrance des lettres
de créance, dument datés et signés par les responsables de la fédération. Ils [les rédacteurs]
insistent sur les conditions requises pour l’organisation d’une église, d’un groupe ainsi que la
fusion et la dissolution d’églises.
Puis, Ils [les rédacteurs] consacrent une bonne partie du Manuel d’Eglise relativement à la vie de
l’Eglise. Le baptême est la porte d’entrée dans l’Eglise. L’Eglise Adventiste croit dans le
baptême par immersion et n’accepte comme membres que ceux qui ont été baptisés de cette
manière. Les candidats au baptême devraient recevoir des instructions à partir de la Bible
concernant les croyances fondamentales de l’Eglise. Il y a deux possibilités: soit le pasteur
organise un examen public, soit le comité d’église ou une commission désignée par ce comité
organise l’examen et présente son rapport devant l’église avant le baptême. Apres le baptême, le
certificat de baptême et d’engagement dûment rempli doit être remis à toute personne admise
dans l’Eglise par le baptême. Parlant de rebaptême, il est acceptable dans le cas où la
compréhension et l’engagement de certains croyants a évolué et s’est approfondi. En gros, il y a
trois façons de devenir membres d’une église: par le baptême, sur profession de foi et le transfert.
Il faut noter qu’on ne délivre pas de lettre de transfert qu’aux membres en situation régulière et
une église ne devrait jamais voter une lettre de transfert sans l’accord de l’intéressé.
Ils insistent sur la discipline ecclésiale: la responsabilité qui repose sur les membres d’église de
maintenir leur pureté, leur intégrité et leur ferveur spirituelle. Lorsque des membres d’Eglise sont
égarés ou tombés dans quelque faute, il faut avec minutie les consignes se trouvant en Matthieu
18. Quelle que soit la nature du péché, Dieu veut sauver le pécheur. Il faut toujours conserver
l’unité de l’Eglise. Il faut toujours éviter les discordes, les disputes, et les procès entre frères et
sœurs. Cependant, nombreux sont ceux qui résistent à la discipline ecclésiale. Ils barrent la route
à ceux que Dieu a chargés de réprimander et de corriger les principaux péchés de l’Eglise afin
d’épargner au peuple la désapprobation divine. Pour préserver les intérêts spirituels de ses
membres et sauvegarder le nom de l’Eglise du Christ, l’Eglise doit traiter les fautes avec équité,
sans considérations personnelles, mais elle s’efforcer de conserver et sauver ceux qui errent.
C’est pourquoi, il y a une liste de motifs permettant de prendre une mesure disciplinaire qui peut
être appliqué de deux manières: un vote de censure et un vote de radiation. Les motifs sont les
suivantes: le reniement de la foi, une transgression de la loi de Dieu, la violation de septième
commandement de la loi de Dieu, la fornication et ses dérivés, la production et l’usage de
matériel pornographique, le remariage d’une personne divorcée sauf pour cause d’infidélité, la
violence physique et familiale, la fraude dans les affaires, toute conduite désordonnée qui
déshonore l’Eglise, l’adhésion aux activités à caractère dissident, le refus de se soumettre à
l’ordre, l’usage et la fabrication ou vente de boissons alcoolisés, du tabac et de drogues illicites.
Il est à noter que la censure (pour les offenses moins graves) dure une période déterminée allant
d’un mois, au minimum, à douze mois au maximum et a pour but de donner à l’Eglise
d’exprimer sa désapprobation et donner au coupable une période de réflexion pour opérer les
changements nécessaires. Pour la deuxième façon (la radiation), on doit l’appliquer après avoir
effectué tous les efforts possibles pour regagner et ramener le membre égaré dans le droit
chemin. Les mesures disciplinaires sont prononcées lorsqu’elles sont votées par la majorité des
membres présents lors d’une réunion dûment convoquée. Et le retour au statut de membre
d’église d’une personne radiée passe normalement par le rebaptême.
Toujours concernant la vie de l’Eglise, ils montrent l’importance de choisir des dirigeants
compétents à occuper des postes dans l’Eglise. Les textes Ex 18:21; Ac 6:3; 1 Tim 3:7; 2 Tim
2:2; etc. constituent des conseils des qualifications ou encore des aptitudes morales et spirituelles
que ces dirigeants doivent avoir. Ces derniers ont la charge de protéger et de nourrir l’Eglise. Il
faut avoir du respect pour eux. Mais c’est un danger de confier des responsabilités à des gens qui
ne sont pas encore qualifies et à ceux-là qui sont opposés à l’unité que Christ a établie dans
l’Eglise. À l’exception des étudiants qui sont membres en situation régulière mais qui vivent à
distance de leur Eglise en raison de leur formation; d’un employé de la fédération chargé de deux
églises ou plus, etc., seulement les membres de l’église en situation régulière en question sont
éligibles à des postes de responsabilités. Quiconque refuse de rendre fidèlement la dime ne sera
pas élu à aucun poste à l’église. Et si un responsable a été radié, il n’est pas automatiquement
réintégré dans son poste antérieur après avoir rebaptisé. À noter que la durée du mandat des
responsables d’église sera d’une année. Et, deux ans, selon une décision de l’église en réunion
administrative.
Les rédacteurs enchaînent avec la description des différents postes de l’église. Ils parlent de
l’ancien comme étant, en absence du pasteur, le chef spirituel de l’église locale. Il y a l’ancien
élu qui peut remplir sa fonction de dirigeant d’église, mais sans pouvoir administrer ni le
baptême, ni la sainte Cène. Il y a l’ancien consacré dont ses responsabilités sont plus grandes.
Dans certaines églises, personne ne possède l’expérience et les qualifications nécessaires pour
remplir les fonctions d’ancien. Dans ce cas, l’Eglise devrait choisir un directeur qui est
responsable des services de l’église. Il y a également les diacres qui ont pour tâche d’aider
pendant les services et les réunions, visiter des membres à domicile, préparer des services
baptismaux, aider pendant le service de communion, assister les malades, les pauvres et les
défavorisés, entretenir des propriétés. Les tâches des diaconesses sont les suivantes: L’accueil
des visiteurs et des membres et les visites à domicile, l’assistance aux cérémonies de baptême,
l’assistance au service de sainte Cène, le soin des malades et des pauvres ainsi que le soin et
l’entretien des bâtiments. Cependant, ils ont des limites. Les diacres ne sont pas autorisés à
diriger les cérémonies de baptême et de sainte Cène, les réunions administratives, les mariages,
ni présider la réception ou le transfert de membres.
Le secrétaire d’église lui-même joue un rôle très important dans le bon fonctionnement de
l’église, car il est le gardien des registres de l’Église et, le trésorier est le gardien de tous les
fonds de l’Eglise.
Toutefois, chaque Église doit avoir des départements et des organisations pour le développement
spirituel de ses membres et pour l’accomplissement de la mission confiée par le Christ. On peut
parler des ministères des enfants qui contribuent au développement de la foi des enfants de la
naissance jusqu’à quatorze ans, les guidant vers l’union avec l’Église. Le département des
communications favorise la mise en œuvre d’un programme sérieux de relations publiques et
l’utilisation de toutes les techniques modernes de communication, de techniques de pointe
durables ainsi que de tous les médias, pour la propagation de l’Évangile. Le département de
l’éducation favorise la recherche d’une connaissance authentique de Dieu, le désir de le prendre
pour modèle dans le développement du caractère de chacun, ainsi que la communion et la
relation établies avec le Seigneur par l’étude et le service. Les ministères de la famille renforcent
les liens du mariage et de la famille et promeuvent les enseignements bibliques relatifs à la
famille et mettent en valeur les idéaux du Seigneur pour la vie familiale. Les ministères de la
santé ont pour but de préserver la dignité humaine par la promotion d’un niveau optimal de santé
physique, mentale et spirituelle. Concernant le département de la musique, l’Église doit choisir
avec soin ses choristes et ses musiciens, qui représenteront correctement les principes de
l’Église. Les musiques profanes ou de nature douteuse ne devraient jamais être introduites dans
nos services. Le département des Affaires publiques et de la Liberté religieuse (ApLR) assure la
promotion de la liberté religieuse et la défense de ce principe, en mettant particulièrement
l’accent sur la liberté de conscience. Les ministères des publications assurent la coordination et
la promotion de l’évangélisation par la littérature évangélique, sous la supervision du comité des
publications et de la maison d’édition officielle du territoire concerné. L’École du sabbat,
structure éducative de base de l’Église en matière d’éducation religieuse, répond à quatre
objectifs: l’étude des Écritures, la communion fraternelle, la prise de contact avec la société
environnante et la mise en lumière de la mission mondiale de l’Église. Les ministères personnels
offrent des ressources et forment les membres d’Église pour qu’ils unissent leurs efforts à ceux
du pasteur et des responsables dans le service missionnaire. La société Dorcas, cette organisation
collecte et prépare des vêtements, de la nourriture et d’autres produits de première nécessité
destinés aux personnes dans le besoin. Cependant, l’organisation de bienfaisance ou société
Dorcas ne se contente pas d’apporter une aide matérielle, elle s’efforce d’identifier les besoins
des personnes dont elle s’occupe et de fournir des services permettant de répondre à ces besoins.
Le ministère des handicapés fonctionne sous l’égide du comité des ministères personnels et
développe des programmes pour les membres et les autres personnes handicapées. La gestion
chrétienne de la vie encourage les membres d’Église à répondre à la grâce divine en consacrant à
Dieu tout ce qu’ils possèdent. La gestion chrétienne de la vie ne concerne pas que l’argent, bien
au contraire, elle englobe le soin et le bon usage du corps, de l’esprit, du temps, des aptitudes,
des dons spirituels, des relations avec autrui, de l’influence que l’on peut exercer, de la parole, de
l’environnement et des possessions matérielles. Les ministères des femmes mettent celles-ci en
valeur, les encouragent et les interpellent dans leur cheminement quotidien de disciples de Jésus-
Christ et de membres de son Église. Les ministères de la jeunesse doivent avoir pour but
d’impliquer tous les jeunes dans des activités les incitant à devenir des membres actifs de
l’Église, et de les préparer au service chrétien.
Ceux qui ont rédigé le Manuel d’Eglise continuent en énonçant les procédures à suivre pour les
élections d’église. Il faut avoir une commission de nomination pour qu’il y ait élection d’église.
Le nombre de personnes formant la commission de nomination variera selon la taille de l’Église,
allant de cinq pour une petite Église à un nombre élevé quand la communauté est très
nombreuse. L’assemblée doit nommer une commission préparatoire qui aura à proposer les noms
des membres de la commission de nomination. Cela peut se faire de deux manières: soit par des
nominations, orales ou écrites, venant de l’assemblée; soit par un vote autorisant l’ajout de cinq à
sept membres au comité d’église. Après son élection, la commission doit se réunir pour nommer
les dirigeants pour l’année ecclésiale. Après avoir fait son travail, la commission doit contacter
les élus pour obtenir leur consentement et ensuite présenter son rapport devant l’église. À noter
que toutes les délibérations de la commission de nomination sont confidentielles. Il faut
également laisser un temps pour que les membres puissent soulever leur objection (Les
objections ne devraient jamais être insignifiantes ni dénuées de fondement) devant la
commission pour qu’elle l’examine. Ou bien, au moment de la seconde lecture, un membre
d’Église peut demander que l’ensemble du rapport soit renvoyé sans discussion à la commission
pour qu’elle y réfléchisse à nouveau.
Après avoir énoncé les procédures à suivre pour les élections d’église, ils poursuivent avec les
services religieux et les réunions de l’église. L’objectif des réunions de l’église est l’adoration de
Dieu pour son œuvre créatrice et pour tous Ses bienfaits manifestés envers nous. Par conséquent,
il faut avoir de la révérence envers le lieu du culte. Le service le plus important est le service
d’adoration du sabbat. Il y a d’autres services tels que le service de communion habituellement
célébré une fois par semestre, les réunions de prières, les réunions administratives, les réunions
des jeunes, etc. Il ne faut pas oublier chaque église doit avoir un comité fonctionnel qui a pour
objectif principal l’évangélisation dans toutes ses phases.
Alors qu’ils s’approchent vers la fin du Manuel, les rédacteurs orientent les lecteurs vers les
finances de l’église. Ils évoquent l’idée que tout chrétien est un économe de Dieu. Dieu veut que
chaque économe donne 10% de leur revenu. C’est la dime. Elle appartient à Dieu. En
complément de la dime, la Bible insiste sur notre obligation d’apporter des offrandes au
Seigneur. Puis, ils donnent des conseils sur comment les chrétiens doivent se comporter,
particulièrement sur l’étude de la Bible et la prière, les rapports avec la société, l’observation du
sabbat, etc.
Les rédacteurs concluent avec quatre éléments. Premièrement, la position de l’église au sujet du
mariage, du divorce et du remariage. Le mariage est une union pour la vie. Le divorce est
contraire au dessein originel de Dieu; il est apparu comme faisant partie de la chute de
l’humanité. Il n’existe aucun enseignement direct dans les Écritures concernant le remariage
après un divorce. Cependant, les paroles de Jésus dans Mt 19.9 impliquent fortement que le
remariage de celui qui est resté fidèle, mais dont le conjoint a été infidèle, est permis.
Deuxièmement, l’énonciation des croyances fondamentales des adventistes du septième jour. Au
nombre de 28, elles constituent la manière dont l’Eglise conçoit et exprime l’enseignement
biblique. Troisièmement, les notes qui renferment des explications complémentaires concernant
les procédures à suivre pour une église locale dans domaines particuliers, et qu’une église peut
cependant décider de gérer différemment. Quatrièmement, le supplément pour la Division
interaméricaine.
Université adventiste d’Haïti
Faculté de Théologie
Résumé du Manuel d’Eglise
Devoir
Présenté en accomplissement partiel des exigences
Requises pour le cours: Administration pastorale et Leadership
Préparé par
Pierre Edouard Delille
Février 2022