Corrigé CORROY
Corrigé CORROY
Gestion juridique,
fiscale et sociale
UE 1 du DSCG
Édition 2015/2016
CORRIGÉ
BP 8 – 83560 RIANS
Tél : 04 94 80 57 25 – Fax : 04 94 80 59 24
Auteurs :
Léa Got Grégory Lachaise
Agrégée d’économie et gestion DEA de droit
DEA de droit des affaires Certifié d’économie et gestion
Enseignant / Formateur
Agnès Lieutier
Diplômée de l’École HEC
Avocate spécialisée en droit fiscal
« Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en
violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi.
La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. »
(art. L335-2 et L335-3 du code de la propriété intellectuelle).
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À jour en
TABLE DES MATIÈRES
Mai 2015
Les thèmes étudiés ont fait l’objet de questions à l’examen de l’UE1 du DSCG en ……
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Droit pénal
POLLEN : Droit pénal général : Responsabilité pénale, infraction, 2012, 2008 p. 23
Cas 5 :
classification, peine ; Procédure pénale
Cas 6 : MERLIN : Droit pénal spécial des affaires et des sociétés : abus de 2013, 2012 p. 27
confiance, ABS, présentation de comptes annuels inexacts, dividendes 2010, 2009
2008
fictifs, surévaluation des apports en nature, responsabilité pénale du CAC
L’entreprise et la concurrence
Cas 7 : MOIRON : Contrôle des concentrations en droit communautaire et en droit p. 31
interne, entente illicite, revente à perte
Cas 8 : CHEVRETINE : Action en concurrence déloyale, parasitisme, contrefaçon, 2012 p. 35
abus de position dominante, abus de dépendance économique
L’entreprise et l’administration fiscale
Cas 9 : CRISE : Agrément, rescrit, contrôle et contentieux fiscaux 2013, 2012 p. 39
2010, 2009
2008
Les thèmes étudiés ont fait l’objet de questions à l’examen de l’UE1 du DSCG en ……
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Cas 21 : MIMBAIR SAIM CONSO : Régimes fiscaux de groupe : Intégration fiscale, 2013, 2008 p. 87
Consolidation de la TVA
Cas 22 : VERSION JARDIN : Traitement fiscal des opérations internes aux 2009 p. 93
groupes : Régime des sociétés mères et filiales
Cas 23 : PAPILLA : Implications juridiques, sociales liées au groupe de sociétés, 2012, 2008 p. 97
réglementation des participations
Cas 24 : GROUPEMENT TAXIS : Règles juridiques, fiscales et sociales gouvernant 2012 p. 103
certains modes de coopération inter-entreprise : GIE
La restructuration de l’entreprise
Cas 25 : FACOR : Fusion, filialisation, garantie de crédit : lettre d’intention 2010 p. 107
Cas 26 : [Link] : Le régime fiscal des opérations de fusions de sociétés 2010 p. 113
Cas 27 : TIC TAC : Le régime juridique, fiscal et social des opérations de p. 117
transmission universelle de patrimoine – Retraite et licenciement
La transmission de l’entreprise
Cas 31 : BERTO : Aspects juridiques, fiscaux et sociaux de la cession de 2014, 2013, p. 135
2012 2011,
l’entreprise et de la transmission à titre gratuit de l’entreprise
2009 2008
La disparition de l’entreprise
Cas 32 : GARUR : La dissolution de la société : régime juridique et fiscal 2009 p. 143
Cas 33 : DEXCO : Aspects juridiques, fiscaux et sociaux des associations et autres 2012, 2011 p. 147
organismes à but non lucratif
Auteur :
Grégory Lachaise VERBAT
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Principe
Au cours des discussions préparatoires, les futurs contractants ne font que déterminer si les conditions d’une possible
relation contractuelle sont réunies. Négociation du prix, de la quantité, des délais de livraison et des clauses du contrat
constituent l’essentiel des points forts des pourparlers.
L’une des parties peut, à l’issue de cette phase, formaliser son consentement personnel par une lettre d’intention ou tout
autre document précontractuel. Ces derniers peuvent s’analyser en une offre de contracter mais non comme un contrat
liant les parties tant qu’une acceptation n’a pas été formulée par l’autre. Il conviendra néanmoins de porter une attention
particulière à la formulation choisie pour ne pas être unilatéralement engagé. L’exemple classique consiste à apposer la
mention « document non contractuel ».
Les parties peuvent aussi organiser leur négociation dans le cadre d’un avant-contrat. Celui-ci peut prévoir une
obligation de négocier, voire un calendrier ou encore recenser les différents points relatifs au futur contrat. Le contenu du
document précontractuel prend alors une importance toute particulière puisqu’il va permettre de déterminer les effets
que les parties ont souhaité donner à leur accord partiel. Soit ce dernier envisage les effets produits par l’accord
(suffisant ou insuffisant à la formation du contrat définitif), soit il reste muet. En cette dernière hypothèse, si le contenu de
l’avant-contrat est précis et porte sur les éléments essentiels du futur contrat, il faudra conclure à l’existence de la
convention et en appliquer les conséquences juridiques précisément en cas d’échec de la conclusion définitive du
contrat.
Sanctions
En l’absence d’avant-contrat ou lorsque celui-ci est insuffisamment précis, seule peut-être envisagée une action en
responsabilité civile délictuelle supposant la réunion des trois conditions habituelles, à savoir un dommage, une faute et
un lien de causalité. Le dommage peut résulter des frais engagés pour la conclusion du contrat (dépenses de voyages,
frais d’études, frais d’aménagement d’un local). Peut-on en outre estimer le préjudice à raison de la perte d’une chance ?
Perte d’une chance de conclure le contrat et de bénéficier de ses retombées économiques par exemple, ou encore perte
d’une chance de contracter avec un tiers. L’estimation du préjudice réparable s’en trouverait alors considérablement
modifiée puisqu’elle pourrait prendre en compte le montant estimé du bénéfice découlant de l’exécution du contrat. La
cour de cassation, dans un arrêt du 28 juin 2006, a tranché contre la cour d’appel en estimant que : « une faute commise
dans l’exercice du droit de rupture unilatérale des pourparlers pré-contractuels n’est pas la cause du préjudice consistant
dans la perte d’une chance de réaliser les gains que permettait d’espérer la conclusion du contrat ». Cette solution
n’ouvre droit qu’à la réparation des frais engagés en vue de la conclusion définitive du contrat. Elle se comprend d’autant
mieux que l’inverse aurait eu pour conséquence de freiner les négociations entre acteurs économiques ou du moins
d’entraîner une prudence excessive. La faute peut être constituée par une attitude blâmable, même non intentionnelle,
ou encore une légèreté fautive. Enfin, le lien de causalité entre le dommage et la faute doit être démontré.
Si le contrat doit être considéré comme définitivement formé (celui qui s’en prévaut devra en apporter la preuve), il en
emporte toutes les conséquences juridiques. Il rend ainsi possible une exécution forcée ou une action en responsabilité
contractuelle pour inexécution des obligations nées du contrat.
En l’espèce, peut-on considérer qu’il existe un contrat définitif ? A priori non, puisque l’accord est relativement vague, le
nombre d’éoliennes est approximatif et le prix n’est pas déterminé. Il faut donc exclure la responsabilité contractuelle.
Sur le fondement de la responsabilité délictuelle, une action peut être envisagée. Le préjudice existe (frais engagés pour
la conclusion du contrat), mais il faudra exclure la perte d’une chance. La faute est caractérisée par une légèreté
blâmable dans le comportement de M. Thermofloc et le lien de causalité sera aisément établi.
2. Engagement de VERBAT
La société VERBAT envoie une offre détaillée à la société BONETERRE. Celle-ci retourne le document en y insérant
une date maximale de livraison ainsi qu’un chèque d’acompte de 30% encaissé dix jours plus tard par la SARL.
Principe juridique
Les contrats peuvent obéir à différentes classifications. Selon leur condition de formation, les contrats peuvent être
qualifiés de réels, consensuels ou solennels. L’intérêt de cette distinction est d’identifier le moment auquel le contrat sera
considéré comme définitivement formé.
Les contrats consensuels sont parfaits dès la rencontre des consentements. Ainsi, lorsqu’une offre rencontre une
acceptation, la relation contractuelle est établie.
L’offre (expresse ou tacite) doit être ferme (volonté de s’engager) et précise (identifie clairement l’objet de l’offre) et ne
pas consister en une simple offre d’entrer en pourparlers. L’offre peut être faite avec des réserves (disponibilité du
produit) et/ou être assortie d’un délai. Dans ce dernier cas, l’offrant ne peut unilatéralement se rétracter pendant la durée
de son engagement sous peine d’engager sa responsabilité civile. À défaut de délai clairement indiqué, l’offre doit être
maintenue pendant un délai raisonnable souverainement apprécié par les tribunaux.
L’acceptation manifeste la volonté de conclure le contrat aux conditions précisées dans l’offre. Elle peut être expresse ou
tacite. Néanmoins, sauf exception, le silence ne vaut pas acceptation.
En l’espèce, la proposition de la SARL constitue une offre ferme et précise de contracter. La modification apportée à
celle-ci par la société BONETERRE constitue une contre-offre puisque les termes de l’engagement ont changé
(exigence d’un délai de livraison).
Qu’en est-il alors de l’acceptation ? L’encaissement du chèque d’acompte par la SARL après un délai de 10 jours peut
être considéré comme l’acceptation de l’offre émise par la société BONETERRE. En effet, les 10 ont laissé le temps à la
société de prendre en considération la nouvelle exigence et l’encaissement du chèque d’acompte constitue un
comportement positif de la société. VERBAT devra honorer son engagement.
Règle de droit
La question ne porte pas tant sur la question de la réparation du préjudice que sur son fondement. En effet, le préjudice
est certain et il n’y a pas lieu à discussion en la matière. Par contre, l’enjeu du fondement juridique tient essentiellement
à la pertinence de la réussite d’une telle action. Faut-il se placer sur le terrain de la responsabilité civile contractuelle ou
celui de la responsabilité civile délictuelle ?
Pour se situer en matière contractuelle, les conditions sont connues. Il est nécessaire d’apporter la preuve d’un contrat,
d’un préjudice, d’une faute et d’un lien de causalité. Le débat porte donc ici sur la portée du contrat. Toute personne qui
souscrit à un abonnement conclut par-là même un contrat, en l’occurrence de transport. La matérialité de son existence
est établie par le titre (le billet) qui atteste de son existence. Or comme tout contrat, celui-ci définit l’étendue de sa portée
et éventuellement les conditions particulières de son exécution. Le prix y est indiqué, la destination ainsi que les
modalités remboursement. L’exécution du contrat prend effet à compter de la montée à bord jusqu’à la destination
prévue. Durand ce temps, la SNCF est débitrice d’une obligation de résultat au regard de la prestation promise. Il peut
s’agir de l’horaire (Cass. 22 septembre 2010) ou de la sécurité (21 décembre 2006), sauf en cas de force majeure (Cass.
17 février 2011). Dès lors, les accidents survenus sur le quai ou en dehors du parcours prévu ne sauraient entrer dans le
cadre du contrat.
En l’espèce, M. Thermofloc ne pourra agir que sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle. Il devra donc
apporter la preuve d’une faute de la SNCF. La faute eut été rapportée plus facilement s’il y avait eu un contrat, car la
SNCF est débitrice d’une obligation de résultat en matière de sécurité.
En l’espèce, on doit ici considérer qu’une convention d’assistance bénévole est née entre M. Thermofloc et son voisin,
ce dernier sur sollicitation de l’assisté ayant décidé de l’aider à ouvrir la porte de son garage. La responsabilité civile
contractuelle de M. Thermofloc engagera ce dernier à réparer le dommage subi par son voisin. La seule possibilité pour
écarter sa responsabilité consistera à prouver la faute du voisin, précisément en ayant trop poussé le battant en cause,
mais cette option sera délicate car M. Thermofloc aurait dû prendre toute précaution utile et notamment l’informer de ce
risque.
Règle de droit
Le contrat de prêt entre particulier est un contrat réel (not. Cass. Civ. 14 janvier 2010, Cass. Civ. 9 fevrier 2012). Ainsi,
pour être parfait, il doit y avoir non seulement la rencontre des consentements mais en plus la remise de la chose objet
du contrat. En l’absence d’une telle remise, il faut considérer que le contrat n’est pas définitivement formé. Il ne peut
alors donner lieu à exécution forcée. La seule sanction envisageable consiste en une indemnisation résultant de
l’inobservation de la promesse de prêt.
À l’inverse, le contrat de prêt consenti par un professionnel à un particulier est un contrat consensuel (Cass. Com. 22
mai 2012).
En l’espèce, M. Thermofloc ne peut donc exiger la remise de la somme objet du prêt. Il ne pourra obtenir que des
dommages-intérêts sachant qu’il sera possible de lui reprocher d’avoir pris des engagements hâtifs sans disposer du
montant promis.
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!
Auteur :
Grégory Lachaise VERTIGO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
1. Terrain de la responsabilité sur lequel la SA MOISSAC doit se fonder pour sa demande de dommages intérêts
La société VERTIGO entretient depuis plusieurs années des relations commerciales avec la société MOISSAC. La
société VERTIGO met fin à leur relation en supposant que l’augmentation de ses prix désintéresserait la société
MOISSAC. Cette dernière entend solliciter des dommages intérêts pour rupture brutale des relations commerciales.
Lorsqu’il s’agit de solliciter une indemnisation, il est nécessaire avant toute chose, sous peine de voir son action rejetée,
de bien considérer le terrain juridique sur lequel la partie demanderesse entend se placer.
En l’espèce, une clause de réserve de propriété pourra être utilement insérée dans les contrats de la société. En cas de
liquidation judiciaire du cocontractant, la société Vertigo ne sera pas traitée comme un créancier venant dans la
procédure collective. Elle pourra ainsi récupérer les biens qui sont restés sa propriété.
- qui imposent au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un montant
disproportionnellement élevé ;
- qui autorisent le professionnel à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même faculté n’est pas reconnue au
consommateur ;
- qui autorisent les professionnels à modifier unilatéralement sans raison valable des caractéristiques du produit à
livrer ou du service à fournir ;
- qui obligent le consommateur à exécuter ses obligations lors même que le professionnel n’exécuterait pas les
siennes.
Le consommateur, le non-professionnel ou des associations de consommateurs régulièrement déclarées et agréées
peuvent solliciter du juge le retrait de la clause litigieuse. En effet, seul ce dernier a le pouvoir d’en apprécier le contenu
et d’effacer du contrat la clause réputée « non écrite».
En outre, la loi du 17 mars 2014, attache désormais aux clauses présumées abusives de manière irréfragables une
amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 pour une personne physique et 15 000 pour une
personne morale.
La validité de la clause
La possibilité d’insérer dans les contrats une clause visant à l’attribution d’une juridiction déterminée est doublement
limitée :
- d’une part, la compétence des juridictions est souvent d’ordre public et il n’est pas possible d’y déroger
conventionnellement. Ainsi le Conseil de prud’hommes est toujours compétent pour les litiges individuels du travail,
de même il sera impossible de désigner une juridiction commerciale lorsqu’une juridiction civile a une compétence
exclusive sur la matière objet du contrat ;
- d’autre part, la validité d’une clause attributive de compétence n’est valable qu’entre commerçants. Elle est donc
inopposable à un défendeur non-commerçant, qui, lui, conserve toujours la possibilité de choisir soit une juridiction
civile, soit une juridiction commerciale.
En l’espèce
La clause à l’égard des professionnels est litigieuse dans la mesure où elle ne prévoit de responsabilité qu’en cas de
faute lourde. Or si l’inexécution fautive de la société Vertigo est de nature à porter atteinte à l’objet même du contrat, sa
responsabilité ne pourra être écartée.
La clause à l’égard des consommateurs est aussi inefficace. En effet, figure dans la liste noire toute clause qui « restreint
l’obligation pour le professionnel de respecter les engagements pris par ses préposés ou ses mandataires ». Cette
clause sera réputée non écrite. Il en va de même pour la clause d’attribution de compétence puisque le tribunal de
Poitiers ne peut être imposé au consommateur.
Définition du dol
Au terme de l’article 1116 du code civil, « le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les manœuvres
pratiquées par l’une des parties sont telles, qu’il est évident que, sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas
contracté ».
Caractères du dol
Contrairement à l’erreur qui est spontanée, le dol est provoqué ; il y a une volonté de l’une des parties de tromper l’autre.
Le dol doit donc comporter un élément matériel. Il peut être positif comme l’utilisation de manœuvres, de ruses, de
mensonges ou consister en un acte négatif, c’est-à-dire une abstention. Ainsi la réticence à donner une information
essentielle au contrat peut être considérée comme un dol, un mensonge par omission en quelque sorte (ce qui a conduit
à l’obligation de renseignements). Cela oblige le vendeur à agir de bonne foi : « Le vendeur est tenu d’expliquer
clairement ce à quoi il s’oblige. »
Conditions
• Le dol doit présenter une certaine gravité. Le dol doit avoir été un élément déterminant dans l’engagement de l’autre
partie ; sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas contracté.
• Le dol doit être antérieur ou concomitant à la conclusion du contrat.
• Le dol doit provenir de l’un des contractants, non d’un tiers, sauf en cas de complicité. En effet, selon l’article 1116,
le dol n’est une cause de nullité que s’il est le fait du cocontractant de la victime. Le dol peut être le fait d’un tiers
mais dans ce cas il résulte de cet article que le dol ne peut pas entraîner la nullité du contrat. Ce dol se traduira
seulement par la responsabilité délictuelle du tiers. Que le dol émane d’un tiers ou de l’autre partie le résultat est le
même. Le consentement de la victime est vicié. Si le résultat est le même, on devrait admettre dans tous les cas la
nullité. En réalité, pour comprendre la solution de cet article, il faut voir que le dol n’est pas seulement un vice du
consentement. C’est aussi la sanction d’une faute intentionnelle. Or, lorsque le dol émane d’un tiers, le
cocontractant de la victime, par hypothèse, est innocent. Il serait injuste de le sanctionner en lui imposant la nullité
du contrat. Cette justification marque les limites de la solution de principe de l’art 1116. La nullité pour dol peut être
obtenue si le cocontractant de la victime a été complice du tiers.
Le contrat de cautionnement
Le cautionnement est une convention unilatérale par laquelle une personne physique ou morale, dite « caution »,
s’engage à payer la dette d’une autre personne, dite « débiteur principal », à son créancier. Elle est considérée comme
un engagement accessoire du contrat qui relie le débiteur principal à son créancier. De fait, le contrat de cautionnement
suppose une relation triangulaire entre le débiteur principal, le créancier et la caution, mais elle ne lie contractuellement
que la caution et le créancier. Dès lors, le débiteur principal est un tiers au contrat de cautionnement.
me
En l’espèce, M Terbine a manifestement été victime d’un dol de la part de son amie, mais non de la banque. Or le
me
cautionnement ne lie contractuellement que la banque et M Terbine. Dès lors le dol de son amie est inefficace pour
demander la nullité du contrat de cautionnement.
5. Validité de la clause
Le cautionnement étant un engagement risqué, le code de la consommation exige un formalisme impératif sous peine de
nullité. Lorsque le contrat est conclu par une personne physique au profit d’un professionnel, l’article L341-2 impose en
effet une rédaction manuscrite de la formule suivante : « En me portant caution de X..., dans la limite de la somme de ...
couvrant le paiement du principal, des intérêts et, le cas échéant, des pénalités ou intérêts de retard et pour la durée de
..., je m'engage à rembourser au prêteur les sommes dues sur mes revenus et mes biens si X... n'y satisfait pas lui-
même. » Le manquement à cette obligation ayant pour conséquences des erreurs affectant le sens et/ou la portée des
mentions manuscrites légales et obligatoires peut entraîner la nullité de plein droit de l’acte de cautionnement.
Le sens de la disposition vise à protéger le souscripteur d’une telle obligation en l’informant pleinement du montant du
cautionnement, de sa durée et des risques pesant sur son patrimoine.
En l’espèce, la clause semble satisfaire aux conditions de validité. Néanmoins, la référence à des mensualités ne peut
être considérées comme une durée au sens où la loi l’exige (CA Montpellier 22 avr. 2014). La clause est nulle par
conséquent.
L’erreur
L’erreur, en premier lieu, peut-être constitutive d’un vice du consentement de nature à entraîner la nullité du contrat. Elle
peut être admissible lorsqu’elle porte sur la personne dans les contrats intuitu personae (C. Civ. art. 1110 al. 1). Elle peut
aussi porter sur l’objet même du contrat.
En cette hypothèse, ne peuvent être retenus :
- l’erreur sur les motifs, c’est-à-dire une erreur portant sur un accessoire du contrat dans la mesure où il n’y a pas
d’erreur sur la substance même de l’objet de la convention ;
- l’erreur inexcusable, c’est-à-dire celle commise alors qu’elle pouvait être facilement évitée ;
- l’erreur sur la valeur.
Sont par contre admise les erreurs :
- portant sur la teneur, la nature ou l’identité de la chose ;
- l’erreur sur le prix si dernier est dérisoire et que l’erreur est flagrante ;
- l’erreur sur la substance même de la chose objet du contrat. Son appréciation peut être objective lorsque l’erreur
porte sur la matière même de l’objet du contrat ou subjective lorsqu’elle porte sur un des éléments essentiels de
l’objet. La détermination du caractère substantiel par le juge peut se faire in concreto, c’est-à-dire en recherchant
chez le contractant la qualité essentiel qui l’a motivé à s’engager, soit in abstracto, c’est-à-dire en recherchant si
communément telle ou telle qualité peut être jugée comme essentielle.
Le dol
Visé à l’article 1116 du code civil, il peut aussi constituer une cause de nullité du contrat dès lors qu’une manœuvre
dolosive, qui peut consister en une action ou une abstention émanant du cocontractant, a déterminé une partie à
s’engager. La manœuvre peut être caractérisée par la production d’une fausse information ou à l’inverse par un défaut
d’information.
L’absence de cause
Pilier du socle des conditions de validité à la formation des contrats (au même titre que l’objet ou le consentement : art.
1108 C. Civ) son absence entraîne la nullité. On distingue la cause de l’obligation (cause objective) de la cause du
contrat (cause subjective). La première constitue la motivation immédiate pour laquelle une partie s’engage. Ainsi la
motivation d’une partie peut être privée de cause si un des éléments l’ayant déterminée à contracter disparaît. La
sanction est la nullité.
La seconde désigne le but poursuivi, l’objectif recherché par le contractant. Elle doit être licite et conforme aux bonnes
mœurs. Sa détermination permet de déceler les motivations éventuellement illicites qui ont été poursuivies par une
partie.
En l’espèce, l’erreur ne paraît pas pertinente. Le dol peut être envisagé dans la mesure où le vendeur connaissait le
projet justifiant l’acquisition des terrains. Néanmoins, la preuve de la réticence dolosive peut s’avérer difficile car le
vendeur pouvait ignorer l’existence de ces chemins communaux.
L’absence de cause peut par contre sembler pertinente puisque la détermination de l’acquisition des terrains n’était
conduite que par la réalisation d’un projet exigeant que les terrains ne soient pas l’objet d’une servitude quelconque.
On pourrait néanmoins reprocher aux professionnels libéraux un manquement au devoir de renseignement, mais leur
recherche a pu se heurter à une impossibilité de déceler les éléments susceptibles d’affecter leur projet.
En l’espèce, les nullités susceptibles d’être invoquées relèvent de la nullité relative. L’action devra être engagée dans
les 5 ans à compter du vice ayant affecté le consentement.
L’exécution forcée
Le créancier de l’obligation inexécutée ou mal exécutée peut en solliciter l’exécution forcée. Celle-ci est relativement
simple dans le cas d’une obligation de donner (par exemple une somme d’argent) mais plus complexe lorsqu’il s’agit
d’une obligation de faire ou de ne pas faire. À cet égard, l’article 1144 du code civil dispose en la matière que « toute
obligation de faire ou ne pas faire se résout en dommages-intérêts en cas d’inexécution du débiteur ». En pratique
cependant, lorsque l’exécution reste possible et que l’implication personnelle du débiteur est nécessaire, le juge peut
prononcer une astreinte de nature à faire pression sur son patrimoine.
La résolution du contrat
Le créancier de l’obligation peut aussi demander judiciairement la résolution du contrat. Le juge, à défaut de clause
résolutoire, peut prononcer la résolution du contrat lorsque l’inexécution est caractérisée et d’une gravité suffisante pour
la justifier. Elle produit un anéantissement du contrat et oblige les parties à une remise en l’état dans lequel elles se
trouvaient avant la conclusion du contrat. Cela suppose que soient restitués les sommes éventuellement versées et le
bien.
La responsabilité contractuelle
Autre option du créancier de l’obligation inexécutée, elle consiste en une demande d’indemnisation du fait de la carence
fautive du débiteur.
Elle suppose pour sa mise en œuvre :
- un dommage (matériel, physique ou moral) ;
- une faute, qui sera appréciée différemment selon que la nature de l’obligation est de résultat ou de moyen. Si
l’obligation est de moyen, la preuve de l’absence de faute ne permet plus de rechercher la responsabilité du
débiteur ;
- un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Néanmoins, le débiteur peut s’exonérer de sa responsabilité lorsqu’il peut apporter la preuve que l’inexécution résulte :
- d’un cas de force majeure (évènement irrésistible et imprévisible) ;
- de la faute du créancier ou du fait d’un tiers à condition qu’ils revêtent les caractères de la force majeure.
En l’espèce, l’exécution forcée peut être envisageable, mais si l’entreprise refuse de reprendre les travaux, il sera
impossible de l’y contraindre. La condamnation à une astreinte pourrait éventuellement la forcer à s’exécuter.
La résolution, si elle théoriquement envisageable, reste complexe en pratique car il ne pourra y avoir de restitution de la
part de la société Soleil Levant. Néanmoins, une telle menace pourrait s’avérer utile pour la forcer à s’exécuter.
Enfin, une action en responsabilité civile contractuelle peut être engagée. Les conditions sont remplies :
- le dommage est constitué par le retard d’ouverture du centre et la restitution des sommes versées par les
adhérents ;
- la faute est constituée par la mauvaise exécution du contrat, les malfaçons étant aisément constatables ;
- le lien de causalité ne posera aucune difficulté.
La société Soleil levant pourra percevoir des dommages-intérêts réparant le préjudice subi.
Auteur :
Grégory Lachaise DÉLICES DE JOUR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Le contrat de sous-traitance
Un entrepreneur, pour la réalisation d’un ouvrage au profit d’un donneur d’ordre, est lié à ce dernier par un contrat d’entreprise
(ce contrat est régi par l’article 1710 du Code civil qui dispose : « le louage d’ouvrage est la convention par laquelle un
entrepreneur s’engage contre rémunération à réaliser au bénéfice d’un donneur d’ordre, ou maître de l’ouvrage, un travail, de
façon indépendante et sans le représenter »). Il peut alors, soit réaliser lui-même le travail confié, soit faire appel à un sous-
traitant (qui suppose là aussi un contrat d’entreprise). Le contrat liant l’entrepreneur et le sous-traitant est un contrat de sous-
traitance qui peut être définit comme « l’opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa
responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l’exécution de tout ou partie du contrat d’entreprise ou d’une partie
du marché public conclu avec le maître de l’ouvrage ». Régi par la loi du 31 décembre 1975 (réformée à plusieurs reprises ; la
dernière en date est la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005), il nécessite une véritable prestation de service.
Ainsi, la simple mise à disposition de matériel ou de personnel ne peut recevoir cette qualification ([Link]. 01.12.1992 ;
[Link]. 02.05.2000). Deux mesures particulières de protection du sous-traitant méritent d’être relevées :
- d’une part, l’entrepreneur principal doit remettre au sous-traitant la caution personnelle et solidaire d’un
établissement de crédit ou à défaut une délégation de paiement assurant le règlement des sommes dues par le
maître de l’ouvrage. Elle doit être fournie dès la conclusion du contrat de sous-traitance ou au moins avant le
commencement des travaux sous-traités ; à défaut, le sous-traitant peut demander la nullité du contrat ;
- d’autre part, le sous-traitant dispose d’une action directe (sous la condition d’avoir été préalablement agrée) en
paiement des sommes dues à l’égard du maître de l’ouvrage. Lorsque le sous-traitant est occulte (non connu du
maître de l’ouvrage), toute action en paiement contre le maître de l’ouvrage est impossible (Cass. Com. 22 juin 2011).
Enfin, par principe, le sous-traitant agit selon les prescriptions de l’entrepreneur mais reste juridiquement indépendant,
de même qu’il est maître des modalités d’exécution de sa prestation. Les difficultés peuvent survenir lorsqu’en pratique
cette indépendance tend à disparaître, c’est-à-dire que le sous-traitant prend ses ordres et directives de l’entrepreneur
qui s’immisce dans l’autonomie juridique et pratique du sous-traitant.
Auteurs :
Grégory Lachaise
Agnès Lieutier
L’AUTRUCHON GRIS
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
1. Délai de rétractation
La société Relais et Bateaux a passé commande de 500 « oreillers qui soignent » et le même volume de tables de bord
« auto-lavantes ». Une partie de la commande a été passée par internet et l’autre moitié directement au magasin de
Lyon. Trois jours plus tard, la société Relais et Bateaux souhaiterait réviser le volume de sa commande à la baisse.
Le délai de rétractation ou de réflexion est un temps laissé au cocontractant pour revenir sur sa décision ou accepter une
offre qui lui est proposée.
Limitativement prévu par la loi, le délai de rétractation permet au consommateur de renoncer à son engagement sans
avoir à justifier d’un motif quelconque. Il est ainsi admis dans les cas du démarchage à domicile, de la vente à distance
(minitel, internet, télé-achat…), du crédit à la consommation, d’un contrat avec une agence matrimoniale ou encore dans
le cadre d’un contrat pour la construction et l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation. Le délai de renonciation est
en principe de 7 jours dont le point de départ varie selon la nature du contrat. Si sur le fond son contenu et sa finalité le
délai de rétraction ne pose pas ici débat, il en va autrement de son exercice. En effet, une personne morale peut-elle
revendiquer la qualité de consommateur et bénéficier de la protection du code de la consommation en la matière ?
Pendant de nombreuses années, certaines ambiguïtés ont été progressivement levées par la cour de cassation. La loi
Hamon du 17 mars 2014 a définitivement tranché en précisant dans le code de la consommation (article préliminaire)
qu’est considéré comme un consommateur toute personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre
de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale.
Dès lors, l’article L121-20 du code de la consommation qui prévoit que le consommateur dispose d’un délai de
rétractation de sept jours francs dans le cas de vente à distance, n’est pas applicable aux personnes morales.
En l’espèce, la société Relais et Bateaux ne pourra pas bénéficier de ce délai de rétractation pour l’achat effectué par
internet.
L’acompte constitue un paiement partiel du prix, donné en général au moment de la commande du bien ou du service,
c’est-à-dire de la conclusion du contrat. L’acompte ne comporte aucune faculté de rétractation de la part de l’une ou
l’autre des parties. L’inexécution de l’une d’elle autorise l’exécution forcée ainsi qu’une demande en dommages et
intérêts.
À la différence, les arrhes, donnés au moment de la promesse de vendre, autorisent chacune des parties à se dédire en
sanctionnant ce comportement soit par la perte des arrhes pour celui qui les a donné et qui se rétracte, soit au paiement
du double des arrhes lorsque c’est celui qui les a reçu qui se dédit. Il n’y a donc aucune faculté pour l’une des parties
d’exiger l’exécution du contrat, en l’occurrence le paiement total du prix.
À noter enfin que la loi Hamon du 17 mars 2014 prévoit, sans distinguer arrhes et acomptes, que toute somme versée
d’avance sur le prix, quels que soient la nature de ce versement et le nom qui est donné dans l’acte, est productive, au
taux légal en matière civile, d’intérêts qui courront à l’expiration d’un délai de trois mois à compter du versement jusqu’à
réalisation ou restitution des sommes versées d’avance, sans préjudice de l’obligation de livrer qui reste entière (Art.
L131-1 C. com).
En l’espèce, la société R§B ne peut se désengager du contrat conclu dans la boutique, mais pourra se départir de l’autre
engagement en perdant les 60 000 euros !
Il faut distinguer deux types de garanties supportées par le vendeur : les garanties contractuelles d’une part et les
er
garanties légales d’autre part. Dans les deux cas, depuis la loi du 17 mars 2014 et à compter du 1 juin de la même
année, le professionnel doit communiquer de manière lisible et compréhensible toute information sur les garanties
légales et contractuelles.
Pour les premières, autrement appelées garanties commerciales, elles sont facultatives et leur étendue ainsi que leur
durée reste variable selon les professionnels. Ils s’engagent en général à une réparation gratuite ou un échange sans
frais pendant une durée déterminée.
Pour les secondes, elles s’imposent au vendeur professionnel qui s’oblige à :
- garantir le vendeur contre toute éviction ;
- garantir la sécurité du bien ou service ;
- indemniser le consommateur des dommages résultant des produits défectueux ;
- garantir les vices cachés ;
- garantir la délivrance conforme du bien ou du service. Il s’agit de la garantie légale de conformité.
La garantie des vices cachés dont le vendeur est débiteur est visée à l’article 1641 du code civil. La garantie concerne
tous les biens dans le commerce, meubles ou immeubles mis à part quelques exceptions.
Sa mise en œuvre suppose la réunion de trois conditions :
- le vice doit être caché, c’est-à-dire qu’il ne doit pas être apparent au moment de la vente. Il ne doit en effet pas être
détectable par un examen attentif pour le profane ou par un examen approfondi par le professionnel ;
- le vice doit être antérieur à l’achat. Il doit exister au moment de la vente pour pouvoir être garanti par le vendeur ;
- le vice doit être grave. Le ou les défauts cachés de la chose doivent la rendre impropre à l’usage auquel on la
destine, ou diminuer tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre
prix, s’il les avait connus.
L’acheteur, sur lequel repose la charge de la preuve, dispose alors de deux options :
- l’action rédhibitoire, qui entraine la résolution de la vente avec remise de la chose et du prix entre les parties. Elle
doit être intentée dans les deux ans à compter de la découverte du vice ;
- l’action estimatoire, qui consiste en la possibilité de conserver la chose moyennant une réduction du prix.
Néanmoins, le code civil prévoit expressément à l’article 1643 la faculté pour le vendeur d’exclure la garantie des vices
cachés. Cette exclusion n’est cependant pas valable entre un professionnel et un consommateur où elle prend le
caractère d’une clause abusive. Elle n’est pas non plus valable s’il peut être démontré que le vendeur connaissait le vice
dont était affectée la chose au moment de la vente. Sa bonne foi est donc ici essentielle. Si les tribunaux en acceptent la
validité entre professionnel, il convient d’être prudent dans la mesure où les juges du fond devront apprécier la qualité de
professionnel des parties (activités identiques, complémentaires…).
La garantie de délivrance conforme se distingue clairement des vices cachés. En effet, un produit peut être conforme et
affecté d’un vice. À l’inverse, un produit peut être non conforme et cependant non vicié. En premier lieu, cette garantie
oblige le vendeur à délivrer un bien conforme dans ses caractéristiques à ce qui était prévu. Mais au-delà, il s’agit de
garantir que la chose pourra être utilisée conformément à l’usage auquel elle est destinée ou que les performances
attendues ne sont pas atteintes. Le défaut de conformité, qui fait l’objet d’une disposition du code de la consommation
(donc inapplicable au non consommateur), autorise à demander l’anéantissement du contrat ou le remplacement du
produit.
En l’espèce, et à défaut d’entente entre les parties, L’Autruchon Gris ne peut se retrancher derrière la responsabilité du
fabriquant, même si une action à son égard est envisageable puisqu’il doit sa garantie. Il est conseillé d’engager alors
une action judiciaire sur le double fondement des vices cachés et de la non-conformité, ce qui amènera le juge à statuer
sur la qualité de professionnel des parties et s’il retient la clause d’exclusion d’examiner la demande sur l’absence de
conformité. Sur ce dernier point, il ne fait aucun doute que l’action pourra aboutir car les oreillers ne peuvent être utilisés
pour la destination à laquelle ils étaient promis.
L’obligation de sécurité
Une obligation générale de sécurité pèse sur le professionnel quant au produit ou service vendu. Il doit livrer la chose
sans vice ou défaut de fabrication de nature à entraîner un danger pour les personnes ou les biens dans des conditions
normales d’utilisation. Cette obligation est d’autant plus compréhensible que certains produits sont susceptibles
d’affecter la santé ou la vie du cocontractant. Le professionnel est responsable à l’égard des tiers et de l’acheteur, qu’il
soit fabriquant ou non du produit vendu. Cette obligation figure au code de la consommation (art. L222-1 C. Cons) et
impose par ailleurs, à l’occasion de la mise sur le marché de nouveaux produits, que soit fournie au consommateur toute
information utile lui permettant d’évaluer les risques inhérents au produit dans des conditions d’utilisation normale (art.
L221-1-2). La responsabilité encourue peut trouver un fondement contractuel (art. 1141, 1147 C. civ.), délictuel (art.
1382 C. civ.) ou pénal (notamment art. 213-1 C. Cons, relatif aux fraudes et falsifications).
La responsabilité du fait des produits défectueux fait l’objet d’une réglementation autonome figurant à l’article 1386-1 du
Code civil. Il assure, par l’étendue de son champ d’application, une meilleure garantie d’indemnisation aux victimes.
L’action doit être engagée dans un délai de dix ans et le législateur limite les cas d’exonération aux cas qu’il énumère
(art. 1386-11 C. Civ.).
En l’espèce, M. RUPAS peut agir en indemnisation contre la société Chinoise et à défaut d’identification contre
l’Autruchon Gris, même en l’absence de rapport contractuel.
Modalités
La loi réserve aux associations de défense des consommateurs représentative au niveau national et agréées, la qualité
pour agir au nom des consommateurs (CNAFAL, CNAFC, CSF, Familles de France, Familles rurales, UNAF, Adeic,
AFOC, Indecosa-CGT, ALLDC, UFC-Que choisir, CLCV, CGL, CNL, Fnaut). Autrement dit, le consommateur lésé doit
s’adresser à l’une des associations visées et lui soumettre l’objet de sa demande. L’adhésion auprès de cette dernière
vaut mandat pour le représenter dans ses demandes. Après examen et s’il existe au moins deux consommateurs,
l’association saisit par voie d’assignation (exposant les cas individuels) le tribunal de grande instance du domicile du
défendeur selon les règles de procédure civile.
Champ d’application
L’action de groupe vise à obtenir réparation des manquements dommageables des professionnels à leurs obligations
légales ou contractuelles, dans le cadre de la vente d’un produit ou service ou encore des préjudices résultant de
pratiques anti-concurrentielles. Seuls sont concernés les préjudices matériels et sont exclus du champ d’application de la
loi les domaines de la santé et de l’environnement.
Indemnisation
Le tribunal saisit établi ou non la responsabilité du professionnel et, le cas échéant, détermine pour chaque
consommateur ou catégorie de consommateur le montant du préjudice réparable. Dans la même décision, il fixe à la
charge du professionnel les mesures de publicités permettant aux consommateurs d’adhérer au groupe dans un délai
qu’il détermine entre deux et six mois.
En l’espèce, les consommateurs lésés pourront exercer une action de groupe aux fins d’être indemnisés. Il s’agit bien
d’un produit (oreillers) pour lequel l’indemnisation devra être évaluée (remboursement par exemple).
6. Vente liée
M. Felbegor a fait l’acquisition d’un ordinateur portable sur lequel étaient déjà préinstallés plusieurs logiciels. Il estime
être l’objet d’une vente liée illégale.
En vertu de l’article L122-1 du code de la consommation, il est interdit de « subordonner la vente d’un produit à l’achat
d’une quantité imposée ou à l’achat concomitant d’un autre produit ou d’un autre service ainsi que de subordonner la
prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un produit dès lors que cette subordination constitue une
pratique commerciale déloyale ». La cour de cassation a déjà eu à faire application de cet article en matière de vente
d’ordinateur. Par un arrêt en date du 6 octobre 2011, la haute cour exige que le vendeur d’ordinateur « offre à sa
clientèle la possibilité de renoncer aux logiciels d’exploitation et d’utilisation, moyennant déduction du prix correspondant
à leur licence d’utilisation. Par une nouvelle décision du 12 juillet 2012, la cour est venue préciser sa position en
subordonnant l’illégalité des ventes liées à une pratique déloyale tel qu’il en ressort du code de la consommation. En
d’autres termes, si le vendeur informe clairement le consommateur du contenu de l’offre et lui permet de choisir entre un
ordinateur comprenant des logiciels préinstallés et un ordinateur nu, la pratique ne présente pas un caractère déloyal.
En l’espèce, si le site Internet du vendeur précisait les conditions de l’offre et que M. Felbegor a, ou aurait pu choisir
librement, son action ne sera pas recevable.
En matière de crédit à la consommation, le Code de la consommation exige le respect d’un formalisme scrupuleux et en
sanctionne les manquements.
er
Des obligations jurisprudentielles, partiellement comblées par la loi du 1 juillet 2010 et du 17 mars 2014, viennent se
surajouter.
Avant la conclusion de tout contrat de crédit, le consommateur doit bénéficier d’une offre préalable (L311-6) lui
permettant d’exercer en toute clarté son adhésion. L’offre mentionne :
- l’identité des parties, et le cas échéant celle des cautions ;
- le montant du crédit et, s’il y a lieu, le taux effectif global, et le cas échéant les primes d’assurance ;
- les dispositions des articles L311-15 à L311-17 et L311-32 du Code de la consommation et, s’il y a lieu, des articles
L311-20 à L311-31 et L313-13 du même code et reproduction de celles de l’article L311-37 (ces dispositions
concernent notamment le délai de rétractation, les sanctions encourues en cas de non-respect du formalisme
gouvernant le contrat, la compétence du tribunal d’Instance pour tout contentieux relatif au contrat, ainsi que les
droits d’accès de l’emprunteur aux informations le concernant) ;
- le cas échéant, le bien ou la prestation de service financé.
Le prêteur est alors tenu de maintenir son offre pendant 15 jours, mais la loi ne fixe pas de délai (comme il en est pour
d’autre crédit) entre l’offre et l’acceptation. Cette dernière peut donc s’effectuer immédiatement.
Les sanctions
En l’absence d’offre préalable, le prêteur est déchu de son droit à percevoir les intérêts. L’emprunteur n’est obligé qu’au
seul remboursement du capital conformément à l’échéancier.
En l’espèce, le banquier semble avoir régulièrement remis et présenté à M. Lem une offre préalable de crédit,
conformément aux exigences de la loi. Il ne pourra donc sur ce fondement obtenir une annulation des intérêts.
Néanmoins, la loi ne dispense pas le banquier de livrer toutes informations sur la portée de l’engagement à raison de la
situation personnelle de l’emprunteur, la sanction étant la déchéance du droit à intérêt, en totalité ou partiellement. Il
conviendra en l’espèce de vérifier si cette obligation a été remplie.
8. Contrat de crédit
M. Felbegor a souscrit un crédit par l’intermédiaire de la société Audi pour faire l’acquisition d’un véhicule de la même
marque. Le prêt lui a été refusé. Le concessionnaire automobile demande néanmoins à M. Felbegor le paiement du
véhicule. Y est-il tenu ?
Le contrat de crédit affecté ou lié, lui aussi réformé par la loi du 17 mars, est une opération de crédit affectée à une
opération déterminée (l’acquisition d’un véhicule par exemple). L’emprunteur bénéficie d’un délai de rétractation qui
expire à la date de la livraison ou de la fourniture, sans pouvoir ni excéder quatorze jours ni être inférieur à trois jours.
Toute livraison ou fourniture anticipée est à la charge du vendeur qui en supporte tous les frais et risques.
Par ailleurs, le contrat de vente pour lequel le crédit est conclu est résolu de plein droit sans indemnité :
- si le prêteur n’a pas, dans un délai de sept jours à compter de l’acceptation du contrat de crédit par l’emprunteur,
informé le vendeur de l’attribution du crédit ;
- ou si l’emprunteur a, dans ce même délai de sept jours, exercé son droit de rétractation.
En l’espèce, M. Felbegor n’est donc aucunement tenu de payer l’Audi, bien au contraire : le contrat de vente a été résolu
de plein droit.
Toute activité suppose un risque. L’entreprise n’y échappant pas, il est nécessaire de disposer d’une politique de gestion
des risques afin de couvrir la survenance d’événements très variés. Les assurances de responsabilité garantissent les
risques résultant d’un préjudice causé par l’assuré, les assurances dommages permettent de supporter les atteintes aux
biens de l’entreprise (en cas d’incendie, catastrophes naturelles, dégât des eaux, casse de machines, effondrement,
perte d’un homme clé…). L’assurance perte d’exploitation (qui entre dans la catégorie des assurances dommages) vise
précisément à garantir les conséquences financières qui en résultent (arrêt complet ou partiel d’activité). La question est
d’importance, puisque l’entreprise, dépourvue de sa capacité de production ou de sa direction, peut être l’objet d’une
cessation des paiements ou voir la clientèle disparaître au profit des concurrents.
Au contrat, il convient donc de déterminer avec précision les événements justifiant indemnisation ainsi que les droits
auxquels elle ouvre, puisque le mécanisme de l’assurance consiste à protéger l’assuré des conséquences de
l’évènement couvert. La perte, l’incapacité ou l’indisponibilité d’un homme clé entre dans le champ d’application de
l’assurance perte d’exploitation pour laquelle les professionnels du secteur ont adapté des solutions appropriées.
L’indemnisation peut garantir le paiement des charges fixes de l’entreprise, le résultat d’exploitation, ou encore les
dépenses engagées pour permettre la reprise de l’activité.
En l’espèce, le recours à une assurance perte d’exploitation en cas de décès ou d’incapacité de M. Felbegor est tout à
fait envisageable. Le risque couvert sera l’indisponibilité temporaire ou définitive (!) de M. Felbegor. Quant à
l’indemnisation, les stipulations contractuelles devront en définir l’étendue et la durée.
Sur le plan fiscal, le contrat d’assurance perte d’exploitation en cas de décès ou incapacité d’un « homme clé » se traduit
ainsi lors de la détermination du résultat fiscal de la société :
- les primes sont déductibles lorsqu’elles sont dues ; la jurisprudence du Conseil d’État a précisé que cette
déductibilité est possible quelle que soit la modalité d’indemnisation en cas de survenance du risque (c’est-à-dire
indemnité forfaitaire ou calculée en fonction de la perte réalisée) ;
- l’indemnité reçue en cas de réalisation du risque représente un profit imposable ; toutefois, l’article 38 quater du
CGI prévoit que cette imposition peut être répartie sur 5 exercices (l’exercice au cours duquel l’indemnité est due
par la compagnie d’assurance, et les 4 exercices suivants).
NB : l’étalement est une simple faculté offerte à l’entreprise, qui peut donc y renoncer si elle y a intérêt (par exemple pour imputer
des déficits qui pourraient être perdus ultérieurement).
Clôture du contrat
Lorsque la clôture intervient après huit ans (décomptés à partir de la souscription du contrat d’assurance-vie), les
revenus du contrat sont soumis à l’IR, sur l’année de clôture du contrat, dans la catégorie des revenus de capitaux
mobiliers, après application d’un abattement (annuel) de 4 600 (personnes seules) ou 9 200 (couples soumis à une
imposition commune). Ils sont inclus dans les revenus mobiliers imposables au taux du barème progressif de l’IR ;
toutefois, sur option de M. Felbegor, ils peuvent bénéficier du prélèvement libératoire au taux de 7,5%. De plus, les
revenus du contrat subissent les prélèvements sociaux (CSG, CRDS et prélèvements complémentaires, soit un taux
global de 15,5%, qui sont prélevés au moment de leur inscription annuelle au contrat (et donc ne sont pas dus lors de la
clôture du contrat).
Auteur :
Grégory Lachaise POLLEN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Droit pénal
Droit pénal général : Responsabilité pénale, infraction, classification, peine
Procédure pénale
Principe
En vertu de l’article L121-2 du code pénal, toutes les personnes morales de droit privé sont pénalement responsables
dès lors qu’elles sont immatriculées et ce jusqu’à leur dissolution. À l’exception de l’État, les personnes morales de droit
public engagent leur responsabilité pénale pour les activités pouvant faire l’objet de conventions de délégation de service
public (c’est-à-dire l’ensemble des activités dont la gestion est susceptible d’être confiée à un délégataire privé ou
public).
Il s’agit d’une responsabilité par ricochet, dans la mesure où il n’est pas nécessaire qu’une faute propre lui soit
imputable.
La loi du 31 décembre 2005, en supprimant le principe de spécialité, autorise à poursuivre les personnes morales pour
toutes les infractions visées au code pénal.
Conditions
• L’infraction doit être commise par un organe ou un représentant de la personne morale. Elle doit être caractérisée
dans l’ensemble de ses éléments constitutifs à l’encontre de son représentant. Il peut s’agir d’une infraction
consommée, d’une tentative ou d’une complicité.
• L’infraction est commise pour le compte de la personne morale, c’est-à-dire dans l’intérêt et pour le compte de celle-
ci. Elle peut découler de ses activités ou de celles ayant trait à son organisation, son fonctionnement ou ses
objectifs. Peu importe cependant que la personne morale en ait tiré profit. Par contre, si le représentant a poursuivi
son propre intérêt, il n’est plus possible d’engager la responsabilité pénale de la personne morale.
• Les blessures involontaires. Les atteintes par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à
une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ayant entraîné une incapacité totale de
travail pendant plus de trois mois, sont punies de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.
La sanction est plus lourde en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou
de prudence imposée par la loi ou le règlement, puisque les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et à
45 000 euros d’amende.
En vertu de l’article L113-2 (C.Pén.), la loi française est applicable aux infractions commises sur le territoire de la
République. Elles sont réputées commises sur son territoire dès lors qu’un de ses faits constitutifs a eu lieu sur ce territoire.
Cette notion de « fait constitutif » est envisagée extensivement par les tribunaux. En effet, elle comprend les actes de
commencement d’exécution de l’infraction, l’un des éléments matériels de commission de l’infraction, mais aussi les
actes de complicité à condition qu’il y ait réciprocité d’incrimination entre les deux pays.
Les juridictions françaises seront aussi compétentes à raison de l’auteur de l’infraction ou de la victime si elles sont
françaises.
En l’espèce, l’infraction d’escroquerie a été commise en Italie. Mais l’un ou plusieurs de ses éléments constitutifs ont été
réalisés en France (le gérant réceptionne les contrats et fait transiter les sommes souscrites sur le compte de la société
POLLEN). Au surplus, si l’on ne devait retenir que les actes de complicité et à condition qu’ils soient établis, l’escroquerie
est une infraction réprimée en France et en Italie.
Par conséquent, les juridictions françaises peuvent légitimement prétendre à connaître de ce contentieux pénal.
L’action civile
Elle vise à réparer le dommage résultant de l’infraction subie par la victime ou par tous ceux qui en ont souffert. Le
préjudice doit être personnel (physique, matériel, moral), direct et certain.
Sa mise en œuvre par voie d’action nécessite le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile ou une citation
devant la juridiction de jugement si l’auteur est connu. La victime peut aussi agir par voie d’intervention lorsque l’action
er
publique est déjà en mouvement. La plainte est alors déposée devant la juridiction de jugement (uniquement 1 degré)
ou devant le juge d’instruction.
En l’espèce, le procureur de la République pourra engager des poursuites à l’encontre de M. Jame et de la SARL
POLLEN. Il fait peu de doute qu’il poursuivra la répression de la complicité d’escroquerie.
L’action civile pourrait être engagée par les associés de la SARL POLLEN si la société a subi un préjudice.
La complicité est visée à l’article L121-7 du Code pénal. Les conditions de son incrimination supposent :
- un fait principal punissable L’infraction doit être constituée dans l’ensemble de ses éléments (légal, matériel, moral) ;
- un acte de complicité. Il est en principe positif, sauf lorsque la loi retient expressément la poursuite d’une complicité
passive. Les trois moyens de la complicité sont : - l’aide ou l’assistance,
- la provocation,
- l’instruction ;
- un élément moral : la complicité est intentionnelle (cela suppose la connaissance de participer à la commission
d’une infraction), peu importe que le fait principal soit intentionnel ou non.
En outre, la complicité en matière internationale implique (cf. question 2) la réciprocité d’incrimination.
La complicité entre personnes morales suppose la réunion d’éléments complexes. Il faut en effet qu’un organe ou un
représentant de la société complice ait agi pour le compte de cette dernière, aux fins de permettre la réalisation d’une
infraction par une autre personne morale, dont le représentant ou un de ses organes aura été la main permettant la
commission de l’infraction au profit de la société.
La responsabilité du complice ou de l’auteur est retenue si l’infraction à été commise dans l’intérêt de la personne
morale. Par contre, peu importe qu’elle en ait tiré un bénéfice ou non.
En conséquence, la responsabilité de la personne morale ne sera pas engagée si son représentant a poursuivi son
intérêt personnel.
En l’espèce, le fait principal punissable est l’escroquerie. Visée à l’article L313-1 du code pénal, l’escroquerie est « le
fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de
manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au
préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte
opérant obligation ou décharge ».
L’escroquerie est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.
Elle est réprimée en droit français et en droit italien.
Les actes de complicité consistent à distribuer les publicités et à recueillir les contrats souscrits. Ils ont été réalisés par
M. Jame, en qualité de représentant de la société.
Par contre, les actes de complicité n’ont pas été commis dans l’intérêt de la société. Il semble au contraire que seul le
gérant en ait tiré un bénéfice sous la forme de commissions.
Dès lors, les seuls actes matériels ne suffisent pas à établir la responsabilité de la SARL POLLEN.
b) Constitution de l’infraction
Auteur :
Grégory Lachaise MERLIN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Sanctions
L’abus de confiance est puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Des peines plus lourdes
peuvent être encourues, notamment à raison de la qualité de l’auteur des faits.
En l’espèce
La condition de l’élément légal est bien sûr remplie.
L’élément matériel : la connexion peut être considérée comme un bien immatériel remis à titre précaire par l’employeur,
pour en faire un usage déterminé (accomplir le travail fournit). Le détournement est caractérisé par un usage non
conforme à celui prévu (consultation de sites pornographiques). Et le préjudice subit par la société pourra être moral ou
financier selon l’usage qui aura été fait de la connexion.
L’élément moral : M. Vers avait pleinement conscience de ne pas respecter les contraintes que la loi lui impose.
Par conséquent, l’infraction pénale d’abus de confiance est constituée à l’égard de M. Vers.
Sanctions
L’auteur encourt une peine d’emprisonnement de 5 ans et 375 000 euros d’amende.
3. Les agissements du DG de la SA
La SA entretient des relations commerciales avec plusieurs sociétés, dont certaines connaissent de graves difficultés.
Confiant dans une reprise de leur activité, le directeur général de la SA s’est abstenu d’augmenter la provision pour
créances douteuses et a fait figurer à l’actif du bilan lesdites créances à leur valeur nominale. Il a d’autre part fait figurer
à l’actif du bilan des plus-values non encore réalisées. Enfin, à l’occasion de l’assemblée générale, les actionnaires ont
voté la distribution d’un dividende de 100 000 euros.
• Le délit de présentation de comptes annuels inexacts est-il constitué ?
• Doit-on considérer, bien qu’il y ait eu vote des actionnaires, que la société a opéré une distribution de dividendes
fictifs ?
En l’espèce :
- l’élément légal est validé : la SA est visée par l’article L242-6 du code de commerce ;
- l’élément matériel est validé : tout d’abord, les comptes sociaux ont été communiqués aux actionnaires. Ensuite, le
fait de faire figurer à l’actif du bilan les créances à leur valeur nominale de même que la comptabilisation à l’actif du
bilan des plus-values non encore réalisées matérialisent l’infraction ;
- l’élément moral est validé : le dol général est constitué. En effet, le directeur général de la SA n’ignore pas
l’irrégularité de cette opération. Le dol spécial est aussi constitué puisque la manœuvre consistait à cacher la
situation de la société pour conforter les actionnaires.
b) L’article L242-6 du code de commerce (élément légal) s’applique. Il sanctionne le fait d’opérer entre les actionnaires la
répartition de dividendes fictifs, en l’absence d’inventaire, ou au moyen d’inventaires frauduleux. L’assentiment des
actionnaires importe peu quant à la responsabilité du dirigeant social puisque leur consentement peut être vicié.
L’élément matériel de l’infraction se caractérise par :
- une distribution de dividende : la simple mise à disposition suffit ;
- des dividendes fictifs, c’est-à-dire qu’ils ne correspondent pas à un bénéfice réalisé par la société ;
- des moyens frauduleux, c’est-à-dire le plus souvent une majoration de l’actif d’où résulte un inventaire frauduleux.
L’absence d’inventaire constitue également un moyen sanctionné.
L’élément moral
Il suppose l’intention de l’auteur, c’est-à-dire la connaissance par lui, d’une distribution de dividendes ne correspondant
pas à la réalité comptable de la société.
En l’espèce, des dividendes ont été distribués pour un montant de 100 000 euros. Ces dividendes correspondent à un
bénéfice non réalisé au titre de l’année en cours. Le moyen est frauduleux puisque ont été portées à l’actif des créances
non recouvrées et peut être non recouvrables. L’intention est manifeste, puisque M. Reglot a voulu conforter les
actionnaires de la société par cette décision.
Le capital social constitue le gage des créanciers. Ainsi, sa surévaluation est de nature à leur porter préjudice, dans la
mesure où leur confiance en la solvabilité de la société a pu être trompée.
La loi sanctionne le fait pour toute personne de faire attribuer frauduleusement à un apport en nature une évaluation
supérieure à sa valeur réelle (pour la SA : art. L242-2 C. Com. = élément légal).
L’infraction suppose un élément matériel caractérisé par la surévaluation de l’apport et un élément moral, qui consiste en
l’intention frauduleuse d’attribuer une valeur supérieure à la valeur réelle.
Si la recherche de la valeur de l’apport peut techniquement poser quelques difficultés, c’est essentiellement l’élément
moral qui permettra de déceler l’infraction. En effet, la surévaluation, si elle attestée, peut être de bonne foi et son auteur
ne pourra en être pénalement responsable. Le juge fera donc essentiellement porter son attention sur le caractère
frauduleux, surtout lorsque la surévaluation n’est pas manifeste.
Les sanctions consistent en une peine d’emprisonnement de 5 ans et une peine d’amende dont le montant est de 9 000
euros pour une SA et 375 000 euros pour une SARL.
En l’espèce, l’apport de M. Reglot est fictif (éléments mobiliers anciens et inutiles, brevet périmé), son évaluation est a
fortiori frauduleuse. M. Reglot ne pouvait ignorer cet état de fait. L’infraction est constituée.
Quant à l’apport de la SA CHALUT, l’acquisition aux enchères d’un bien immobilier ne présume pas de sa valeur réelle.
En effet, il est régulier que de telles procédures permettent aux investisseurs de concrétiser des opportunités sur
lesquelles ils peuvent espérer des plus-values substantielles. Dès lors, il conviendra de procéder à son évaluation par
dire d’experts, sachant au surplus que le différentiel (30 000 euros) est peu important pour un immeuble. Si l’évaluation
est de 70 000 euros, seul l’élément moral permettra de déceler l’intention frauduleuse et donc de qualifier l’infraction.
5. comportement de M. Réglot
L’assemblée générale doit être réunie dans les six mois au plus tard de la clôture de l’exercice en vue de statuer sur les
comptes annuels. Le fait de ne pas soumettre à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire les comptes annuels et
le rapport de gestion est puni d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 9 000 euros. Sont visés le président
ou les administrateurs d’une société anonyme.
D’autre part, la participation d’un actionnaire aux assemblées générales constitue un droit inhérent à cette qualité et ne
peut être subordonné à aucune condition. Le défaut de convocation ou les manœuvres visant à écarter un actionnaire
constitue un délit puni d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 9 000 euros. En cas de cumul d’infraction
la peine encourue est celle la plus sévère des infractions retenues.
En l’espèce, les manœuvres de M. Réglot ainsi que le fait de ne pas soumettre l’approbation des comptes dans les
délais légaux sont passibles d’une peine de 2 ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende.
En cas manquement à l’une de ses obligations, le commissaire aux comptes est susceptible :
• D’engager sa responsabilité civile en cas de faute professionnelle.
• D’engager sa responsabilité pénale en qualité d’auteur de l’infraction. En outre, sa qualité de complice peut être
recherchée dès lors qu’il a, par aide ou assistance, instruction ou provocation, favorisé la commission d’une
infraction imputable aux dirigeants sociaux.
• D’être l’objet d’une procédure disciplinaire devant la chambre régionale de discipline.
En l’espèce :
- en ce qui concerne l’empoisonnement, il n’a aucune obligation d’informer le procureur de la république en vertu de
l’article L820-7. En effet, les faits dont il a connaissance ne relèvent pas de sa mission légale ;
lle
- les informations révélées à M Puce sont des renseignements confidentiels concernant la situation financière et
économique de la société. Il ne peut ignorer la protection dont elle aurait dû faire l’objet. L’infraction est constituée ;
- la certification de M. Bond consiste en une confirmation écrite d’informations mensongères dont il ne pouvait
ignorer le caractère. L’infraction est constituée.
Auteur :
Grégory Lachaise MOIRON
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
L’entreprise et la concurrence
Contrôle des concentrations en droit communautaire et en droit interne, entente illicite, revente à perte
L’entente sur les prix est la plus courante. Elle fausse le jeu de la libre concurrence et trompe le consommateur du
bénéfice qu’il pourrait tirer de cette dernière. L’entente peut consister en une fixation directe ou indirecte, expresse ou
tacite des prix, à la hausse ou à la baisse, entre les opérateurs économiques.
Sanctions
L’Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante compétente pour connaître du contentieux
relatif aux pratiques anticoncurrentielles. Il s’agit d’une compétence d’attribution. Elle peut prononcer des injonctions et
des amendes à l’égard des opérateurs économiques entrant dans son champ de compétence.
En l’espèce, l’accord conclu entre la société MOIRON est les franchisés est une entente verticale qui porte sur les prix.
Le prix imposé sur catalogue ainsi que l’interdiction de surenchère est une pratique qui, par sa nature, porte atteinte à la
concurrence.
2. Revente à perte
Dans le cadre de ses offres promotionnelles, la société MOIRON propose dans son catalogue publicitaire du mois d’avril
l’offre suivante : « le flacon d’essence de vigne vierge de 50 cl au prix de 20 euros. Pour un euro de plus, la crème Vitalis
à la Reine des prés ou la crème de jour au palétuvier ».
Pratique concurrentielle interdite, la revente à perte consiste pour tout commerçant à revendre ou annoncer la revente
d’un produit en l’état à un prix inférieur à son prix d’achat effectif.
Tel qu’en dispose l’article L442-2, modifié par la loi du 3 janvier 2008, « le prix d’achat effectif est le prix unitaire net
figurant sur la facture d’achat, minoré du montant de l’ensemble des autres avantages financiers consentis par le
vendeur exprimé en pourcentage du prix unitaire net du produit et majoré des taxes sur le chiffre d’affaires, des taxes
spécifiques afférentes à cette revente et du prix du transport ». La violation de cette interdiction est punie de 75 000
euros d’amende (montant maximal).
En cas de vente indivisible, le prix d’achat effectif se déduit de l’opération visée dans son ensemble et non produit par
produit. Il convient donc d’avoir une approche globale des opérations de vente avec prime autopayante et s’assurer que
le cumul des prix d’achat effectif des articles proposés n’est pas inférieur au prix de vente global de ces derniers.
En l’espèce, l’action des concurrents sera fondée si le prix d’achat effectif des deux produits est supérieur à 21 euros.
Par contre ils ne pourront argumenter sur le fait que le prix d’achat des crèmes litigieuses est supérieur à un euro.
Notion de concentration
Les opérations de concentration sont régies par les articles L430-1 à L430-10 du Code de commerce. Leur contrôle vise
à éviter la création de situations monopolistiques portant atteinte à la concurrence.
Une opération de concentration, entre deux ou plusieurs entreprises, est réalisée lorsqu’elle procède d’une fusion, de
l’acquisition du contrôle exclusif d’une entreprise sur l’autre, antérieurement indépendante, de l’acquisition d’un contrôle
conjoint par plusieurs entreprises, de la modification des entreprises détenant un contrôle conjoint, ou encore de la
création d’une entreprise commune de plein exercice (joint-venture).
Procédure
La loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 a modifié la procédure jusqu’alors applicable. Elle se décline
comme suit :
• Notification de l’opération par lettre recommandée avec accusé de réception à l’Autorité de la Concurrence ;
• L’Autorité procède à un examen de l’opération. La décision est rendue dans un délai de 25 jours ouvrés à compter
de la date de réception du dossier de notification. Si aucune difficulté sérieuse n’est remarquée, l’Autorité autorise
l’opération ;
• S’il existe un risque sérieux d’atteinte à la concurrence (renforcement d’une position dominante, situation de
dépendance économique), l’Autorité ouvre une phase 2 pour une analyse approfondie de l’opération. Le délai
d’examen est de 65 jours. À son terme, l’Autorité peut soit autoriser purement et simplement l’opération, soit
l’autoriser sous conditions particulières, soit enfin l’interdire ;
• L’évocation de l’affaire par le ministre de l’Économie. Exceptionnellement, le ministre de l’Économie peut évoquer
l’affaire si l’opération comprend un aspect stratégique. Dans ce cas, il n’est pas tenu par la décision de l’Autorité de
la Concurrence, et peut adopter une décision motivée par des raisons d’intérêt général (ces raisons sont multiples :
maintien de l’emploi, de la compétitivité des entreprises, ou encore nécessite de soutenir le développement
industriel).
Auteur :
Grégory Lachaise CHEVRETINE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
L’entreprise et la concurrence
Action en concurrence déloyale, parasitisme, contrefaçon, abus de position dominante,
abus de dépendance économique
Sanctions
L’Autorité de la concurrence peut, en l’attente de statuer, prendre toute mesure conservatoire de nature à rétablir
l’équilibre du marché. Sur le fond, il peut prononcer des injonctions, éventuellement sous astreinte, visant à mettre fin
aux pratiques anticoncurrentielles, ou enfin prendre des sanctions pécuniaires à l’encontre de l’entreprise concernée
dans la limite de 750 000 euros.
En l’espèce, sur le marché déterminé de la production de cabécou, le CAPRIN DORE exerce une position dominante
(l’interlocuteur incontournable et privilégié des grands groupes de la distribution). Cette situation est-elle abusive ? Les
termes de l’accord du 21 janvier 2008 en comportent tous les caractères (approvisionnement exclusif, rabais tarifaires et
remises globales) et conduit à écarter du marché les petits producteurs. Ces derniers pourront utilement saisir l’Autorité
de la concurrence aux fins de faire sanctionner la convention.
L’article L420-2 al. 2 du Code de commerce prohibe « l’exploitation abusive par une entreprise ou un groupe
d’entreprises de l’état de dépendance économique dans lequel se trouve à son égard une entreprise cliente ou
fournisseur ».
Les sanctions applicables sont identiques à celles prévues pour l’abus de position dominante et n’excluent pas une
action en concurrence déloyale.
En l’espèce, le CAPRIN DORE semble exercer une dépendance économique à l’égard des producteurs :
- elle représente 90% du chiffre d’affaires des fournisseurs ;
- sa notoriété est établie ;
- des solutions alternatives n’apparaissent pas dans les faits, d’autant que plus que la société a conclu avec des
grandes enseignes un accord d’approvisionnement exclusif avec elle (cf. question1).
L’usage abusif se caractérise par une menace de rompre les relations commerciales ayant pour objet d’agir sur les prix.
Enfin, cette pratique semble au moins susceptible d’affecter la structure ou le fonctionnement de la concurrence.
3. Action en contrefaçon
La SA LE CAPRIN DORE est actionnaire de la SAS VERTIGES DES SENS. Cette dernière a, sous sa marque, créé des
produits dérivés. Le catalogue est accessible par Internet à l’adresse « [Link] », que la SAS a réservée.
Son président, Georges Truffe, prend connaissance d’un site portant le même nom, VERTIGE DES SENS, proposant de
la lingerie féminine au Brésil. La société propriétaire est domiciliée à Sao Paulo et l’ensemble du site est en portugais,
mais le risque de confusion lui paraît évident. Un autre site à l’adresse « [Link] » propose du fumier pour
jardins exotiques. Enfin, une société dénommée VERTIGE DES SENSATIONS produit et commercialise des
accessoires de table.
Il s’agit de déterminer si les faits relatés sont susceptibles d’être poursuivis pour contrefaçon de marque.
La contrefaçon de marque
La contrefaçon de marque est visée aux articles L716-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle, qui en réprime
l’acte, civilement et pénalement.
Pour être constituée, la contrefaçon suppose :
- l’absence d’autorisation du propriétaire de la marque, ce qui nécessite pour ce dernier d’en être titulaire. La
protection s’opère par un dépôt auprès de l’INPI, qui la rend efficace pendant une durée déterminée sur un espace
géographique défini. À noter que « le caractère distinctif de la marque demandée doit être apprécié, d’une part, par
rapport aux produits ou aux services pour lesquels l’enregistrement est demandé et, d’autre part, par rapport à la
perception qu’en a le public pertinent »(CJUE 24 mai 2012). Dans cette affaire, la cour a refusé que Lindt dépose
comme marque « un lapin en chocolat avec ruban rouge », le caractère distinctif n’étant pas établi. En effet, en
droit communautaire la forme d’un produit et son conditionnement peuvent constituer une marque communautaire,
à moins qu’il ne soit dépourvu de caractère distinctif (règlement n°207/2009) ;
- un acte de contrefaçon, qui peut prendre la forme :
- d’une reproduction. Elle peut être à l’identique ou consister en une suppression ou adjonction d’un élément de
la marque,
- d’une imitation. C’est ici le risque de confusion dans l’esprit du public qui est sanctionné, dans la mesure où
l’imitation par des traits de ressemblance est susceptible de la créer,
- de l’usage pur et simple, non autorisé, de la marque à des fins commerciales,
- de la suppression, la modification ou l’apposition d’une marque.
En l’espèce, le site brésilien est en portugais et les produits sont disponibles au Brésil. Le juge français ne peut donc
valablement connaître d’une action en contrefaçon. Le site [Link] utilise le même nom de domaine, mais
avec une extension différente. L’activité des sociétés étant radicalement différente ainsi que leurs produits, l’acte de
contrefaçon n’est pas constitué.
Enfin, l’ajout au signe distinctif de la marque (vertige des sens-ation) apparaît comme étant une contrefaçon dans la
mesure où l’activité de la société VERTIGE DES SENS et celle du contrefacteur sont identiques. Le risque de confusion
dans l’esprit du public est manifestement évident.
La cour de cassation ([Link]. 26.01.1999) définit le parasitisme comme « l’ensemble des comportements par
lesquels un agent économique s’immisce dans le sillage d’un autre afin de tirer profit, sans rien dépenser, de ses efforts
et de son savoir-faire ».
La notion est indépendante de la contrefaçon et l’échec de la première ne suppose pas celui de la seconde.
L’acte en cause consiste en général à détourner l’investissement d’une autre entreprise au regard de sa notoriété, de
son nom ou de sa technique, provoquant ainsi un détournement de la clientèle et donc une baisse du chiffre d’affaires.
Il peut y avoir comportement parasitaire lorsque deux entreprises sont en concurrence, mais aussi agissement
parasitaire lorsqu’elles ne le sont pas et qu’il peut y avoir un risque de confusion entre elles. L’action en concurrence
déloyale s’en trouve ainsi particulièrement élargie et permet de sanctionner des agissements que la contrefaçon ne
permet pas de réprimer.
En l’espèce, la SARL SENSITIVE propose des produits proches de ceux de la société dirigée par M. Truffe. Même si la
marque est différente, le fait de reproduire les signes couleurs de la SAS, son format et son emballage, permet d’établir
que la SARL a cherché à s’immiscer dans le sillage de la société VERTIGE DES SENS pour tirer profit de son image, de
sa marque, de sa notoriété. Le seul axe de défense possible peut consister à rapporter la preuve que le code couleur
employé est attaché à la nature du produit et que le format et l’emballage résultent d’une nécessité technique au regard
des biens vendus.
Auteur :
Agnès Lieutier CRISE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
PREMIER DOSSIER
1. Vérification de comptabilité
Mentions obligatoires de l’avis de vérification :
années vérifiées (mais pas les impôts vérifiés)
faculté pour le contribuable de se faire assister par un conseil
Par ailleurs, avant les opérations de contrôle, le vérificateur doit remettre au contribuable la charte des droits et
obligations du contribuable vérifié (à défaut de remise, la vérification est nulle).
Impôts vérifiés :
Une vérification peut porter sur certains impôts seulement.
Réclamation contentieuse :
Délai général de réclamation (art. R190 du LPF –Livre des Procédures Fiscales) :
Pour contester les avis d’imposition supplémentaire reçus, le contribuable doit adresser à l’Administration fiscale une
réclamation contentieuse, et ce avant la fin de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Ici, la
société CRISE doit adresser cette réclamation contentieuse avant le 31/12/N+4 puisque la mise en recouvrement a eu
lieu en février N+2.
Délai spécial de réclamation (art. R196-3 du LPF –Livre des Procédures Fiscales) :
Lorsque le contribuable fait l’objet d’une procédure de rectification de la part de l’Administration, il dispose d’un délai égal
er
à celui de l’Administration pour présenter sa réclamation, soit ici un délai de 3 ans, décompté à partir du 1 janvier de
l’année suivant celle de la proposition de rectification. Ici, le délai spécial expire le 31/12/N+3, puisque la proposition de
rectification est intervenue le 15/10/N.
Choix entre délai général ou délai spécial :
Les deux délais étant applicables, le contribuable peut retenir le plus favorable des deux (au cas présent le 31/12/N+4).
Remarque : Ce point a fait l’objet d’une question au DSCG 2010 (Dossier 4, question 4, SA Nerval). Le corrigé indicatif publié par le
« © Réseau CRCF - Ministère de l’Éducation nationale » ([Link] ne mentionne que le délai spécial
(sans mentionner le délai général) et nous semble de ce point de vue incomplet. De plus, il ne mentionne pas le fait que
pour contester les rectifications, le contribuable doit attendre la mise en recouvrement des impositions complémentaires
par l’Administration fiscale.
Sursis de paiement :
En principe, la société CRISE doit régler les impositions mises à sa charge (principal et pénalités). Toutefois, elle peut
demander, dans sa réclamation contentieuse, à surseoir au paiement de ces sommes ; pour obtenir ce sursis de
paiement, la société CRISE doit fournir des garanties au Trésor (caution bancaire, hypothèque…) lui assurant qu’il sera
payé si la procédure menée par la société CRISE échoue (aucune garantie ne doit être constituée si le litige porte sur
moins de 4 500 ).
NB : lorsque dans sa réponse aux observations du contribuable, l’Administration maintient ses rectifications, le contribuable peut pour
certaines rectifications, saisir la Commission Départementale des Impôts Directs et des Taxes sur le chiffre d’affaires (IR, TVA)
ou la Commission départementale de conciliation (droits d’enregistrement). Ces commissions émettent un avis (elles ne sont
que des organismes consultatifs) sur le litige. Ce recours est appelé « recours pré-contentieux » car il intervient avant la mise en
recouvrement des impositions (qui nécessite alors un recours contentieux pour être contestée).
7. Procédure de rescrit
Pour éviter ce litige, la société CRISE aurait dû solliciter auprès de l’Administration fiscale un « rescrit fiscal ». En effet,
les entreprises françaises et étrangères qui réalisent des opérations transfrontalières avec des entreprises qui leur sont
liées peuvent demander à l’administration la conclusion d’un accord préalable sur la méthode de détermination des prix
qui s’appliquera lors des futures transactions au sein du groupe. Avec un tel rescrit, l’Administration ne peut procéder à
aucune rectification du résultat sur les prix pratiqués conformément à l’accord.
Plus généralement :
La procédure de rescrit (art. L80B du LPF) constitue une prise de position sur l’appréciation de situations de fait. Seule
une réponse expresse de l’Administration engage cette dernière, et aucun délai ne lui est imparti pour se prononcer (cas
du rescrit « prix de transfert »).
Pour des régimes particuliers, le rescrit est plus engageant pour l’Administration car une absence de réponse dans un
délai déterminé vaut approbation implicite : c’est « l’accord tacite ».
Exemples : - éligibilité de dépenses au crédit d’impôt recherche : accord tacite si pas de réponse dans un délai de 3 mois à
compter de la demande du contribuable
- régime des jeunes entreprises innovantes : accord tacite si pas de réponse dans un délai de 3 mois à compter de la
demande du contribuable.
DEUXIÈME DOSSIER
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : puisque « la société Ferrari et Cie se pourvoit en cassation… » (cf.
ème
2 paragraphe), c’est le contribuable qui a porté ce litige devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de
l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris.
Précision : Si dans ces deux affaires, c'est le contribuable qui a soumis le litige devant le juge, il arrive aussi que
ce soit l'Administration fiscale qui porte un litige devant le juge (pour contester une décision d'un
tribunal administratif ou d'une cour administrative d'appel).
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : le litige opposant la société Ferrari et Cie et l’Administration fiscale
concerne une question d'acte normal ou anormal de gestion : la société Ferrari et Cie a consenti des avances à sa
filiale, puis a déduit des provisions pour faire face au caractère irrécouvrable de ces avances. L'administration
fiscale a estimé que le fait de consentir ces avances ne procédait pas d'une gestion commerciale normale, et a
rejeté en conséquence la déduction des provisions relatives à ces avances.
3. Issue du litige
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : le Tribunal donne raison au contribuable, en
jugeant que même si des dividendes sont irréguliers, la société mère les a obtenus à raison de sa qualité d'associé,
et qu'ils ouvrent donc droit au régime des sociétés mère-fille.
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : le Conseil d’État donne raison à l’Administration : les faits ont été
correctement qualifiés par la cour administrative d'appel, qui a retenu la qualification d'acte anormal de gestion
retenue par l'Administration fiscale pour les avances consenties par la société Ferrari et Cie à sa filiale. Les
provisions n'étaient donc pas déductibles.
4. Possibilité de recours
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : si l'Administration fiscale le souhaite, elle peut
contester cette décision devant la Cour Administrative d’Appel (c’est la CAA de Paris qui est compétente pour
contester les jugements du TA de Paris).
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : l’arrêt du Conseil d’État est définitif : le contribuable doit se plier à sa
décision : il n'obtient pas la décharge des impositions supplémentaires mises à sa charge.
Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
Grégory Lachaise
CHABO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
1. Régime d’auto-entrepreneur
La loi du 04.08.2008 applicable au 01.09.2009 autorise une personne physique ayant déjà une activité de créer une
entreprise individuelle indépendante, générant une autre source de revenu en adoptant le régime d’auto-entrepreneur.
Le régime « auto-entrepreneur » est un ensemble de mesures visant à une simplification des formalités administratives
et à un allègement des charges sociales, fiscales. Il se traduit par :
- une déclaration et un paiement simplifié des cotisations sociales (régime microsocial simplifié) ;
- une déclaration et un paiement simplifié de l’impôt sur le revenu ;
- une exonération de la cotisation foncière des entreprises pour les 3 premières années d’activité, basée sur le
chiffre d’affaires pour les années suivantes.
L’auto-entrepreneur peut être un salarié (CDD ou CDI), un retraité, un chômeur, un fonctionnaire (sous réserve que son
administration accepte).
L’auto-entrepreneur peut exercer une activité commerciale, artisanale, de prestation de services ou libérale.
Ses revenus au titre de cette activité ne doivent pas dépasser un plafond de chiffre d’affaires, égal pour 2015 à :
- 82 200 HT pour une activité d’achat / revente ;
- 32 900 HT pour une activité de prestations de services ou pour les activités libérales.
NB : ces montants sont valables pour la période 2014-2016 ; il sont réactualisés tous les 3 ans (prochaine actualisation en
2017).
L’auto-entrepreneur peut utiliser son domicile pour lieu d’activité (sous conditions).
Application : M. Chabo est une personne physique salariée. Il peut adjoindre les deux activités envisagées : assistance
informatique et fourniture de chambres d’hôte, à son activité principale.
2. Formalisme
Selon l’article L123-1 C. com., les personnes physiques ayant la qualité de commerçant, même si elles sont tenues à
immatriculation au répertoire des métiers, ont l’obligation de s’immatriculer au registre du commerce et des sociétés.
Application : Chabo doit s’immatriculer au RSC. Il sera exonéré des frais d’immatriculation. Il aura un n° siren.
3. Responsabilité de l’auto-entrepreneur
L’auto-entrepreneur a le statut d’entrepreneur individuel. S’agissant d’une entreprise individuelle, l’intégralité du
patrimoine personnel de l’auto-entrepreneur devient le gage de ses créanciers.
Cependant, l’article L526-1 C. com. permet à l’entrepreneur individuel immatriculé ou exerçant une activité
professionnelle agricole ou indépendante de rendre insaisissables ses droits sur l’immeuble où est fixée sa résidence
principale, ainsi que sur tout bien foncier bâti ou non bâti qu’il n’affecte pas à un usage professionnel, par une
déclaration auprès d’un notaire qui sera publiée au fichier immobilier.
Application : M. Chabo exercera une activité professionnelle indépendante : il peut soustraire du gage de ses créanciers
professionnels sa résidence principale et ses autres biens immobiliers.
• En second lieu, le calcul des cotisations obéit à une règle spécifique. En effet, les charges et contributions sociales
sont calculées uniquement sur le chiffre d’affaires réalisé. En l’absence de CA, aucune cotisation n’est due. Son
taux, forfaitaire, dépend de l’activité. Il est de :
- 13,3% pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement telle un gîte rural ;
- 22,9% pour les prestations de services aussi bien commerciales, artisanales que libérales ;
- 22,9% pour les activités libérales relevant de la CIPAV.
À noter qu’il est possible d’opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (cf. question 6). Cette option est
ouverte aux entrepreneurs individuels ayant opté pour le micro social simplifié. Dans ce cas, les taux sont
respectivement portés à : 14,3%, 24,6% et 25,1% en fonction de l’activité.
De même, si l’auto entrepreneur est bénéficiaire de l’Accre (aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprises),
des taux spécifiques lui sont applicables. Par exemple, pour une activité commerciale, les taux sans option fiscale sont
de 3,4% jusqu’à terme du troisième trimestre civil suivant l’affiliation, 6,7% les quatre trimestres suivants et 10% les
quatre trimestres suivants.
• Enfin, la déclaration, selon l’option choisie à l’occasion de l’inscription, peut être effectuée mensuellement ou
trimestriellement.
Application au cas
Marc Chabo peut aujourd’hui créer son auto-entreprise tout en restant salarié. Les deux activités – assistance
informatique et gîte rural – sont des activités de service. Dans le cadre du micro social simplifié, le taux applicable est
de :
- 13,3% sur le chiffre d’affaires de l’activité gîte rural ;
- 22,90% sur le chiffre d’affaires pour l’activité assistance informatique ;
ces taux étant portés respectivement à 14,3% et 25,1% en cas d’option pour le prélèvement libératoire de l’IR (cf.
question 6).
En tant que salarié, il continuera à bénéficier des prestations du régime général, mais acquerra des droits au titre de la
retraite dans le cadre du RSI.
- dans un troisième temps, 70% des rémunérations brutes des activités exercées en qualités d’auto-entrepreneur au
cours d’un mois civil sont soustraites du montant total des allocations journalières qui auraient été versées pour le
mois considéré en l’absence de reprise d’emploi.
e
2 hypothèse
Le chômeur demande à être admis au bénéfice de l’ARCE et de l’Accre (aide au chômeur créateur ou repreneur
d’entreprise). Dans ce cas, l’activité d’auto-entrepreneur est considérée comme étant l’activité principale et le chômeur
est envisagé uniquement sous l’angle d’un créateur d’entreprise. Il ne perçoit plus l’ARE (il ne doit plus être demandeur
d’emploi) mais bénéficie du dispositif suivant :
45% des allocations nettes qui restent à percevoir sont divisées par deux et le montant ainsi trouvé est versé en deux
fois sous forme de capital. Le premier versement est effectué au démarrage de l’activité et le second après six mois
d’activité.
De surcroît, l’auto-entrepreneur bénéficie dans ce cadre d’une réduction du taux des cotisations et contributions sociales
pendant 3 ans.
e
2 situation : le salarié auto-entrepreneur devient chômeur
Dans cette hypothèse (l'activité-salariée ou non est considérée comme conservée dès lors qu'elle a donné lieu à un
cumul effectif des revenus avant la perte de l'une ou plusieurs des activités exercées), il bénéficie, quand il devient
chômeur, d’un droit à l’ARE à hauteur de 100%. Il y a donc ici un avantage puisqu’il n’est pas pénalisé dans ses droits à
l’assurance chômage.
Par contre, il ne peut bénéficier de l’Accre dans l’ensemble de ses dispositifs (versement des allocations sous forme de
capital et taux de cotisations et contributions sociales minoré les 3 premières années) puisqu’il est devenu auto-
entrepreneur avant d’être chômeur.
Application au cas
e
Marc Chabo relève de la 2 situation. Il ne pourra donc bénéficier du dispositif de l’Accre puisqu’il compte créer son
entreprise tout en étant salarié. Par contre, s’il devait être licencié, il bénéficierait de ses allocations chômage en
intégralité pendant toute la durée d’indemnisation.
6. Obligations fiscales
En matière de TVA :
L’auto-entrepreneur relève, en matière de TVA, du régime de la franchise (dès lors que son chiffre d’affaires, s’agissant
de prestations de services pour M. Chabo, n’excède pas 32 900 pour l’année 2015). Il ne facture donc aucune TVA, et
en contrepartie ne peut déduire aucune TVA en amont sur les dépenses occasionnées par ses activités.
Il doit donc porter sur ses factures la mention : « TVA non applicable, article 293 B du Code Général des Impôts ».
En matière d’IR :
L’auto-entrepreneur a le choix entre :
• Application d’un versement libératoire de l’IR, égal à un pourcentage du chiffre d’affaires, qui est payé en même
temps que les cotisations sociales, via le site Internet de l’auto-entrepreneur ([Link]) :
- 1% pour les ventes de marchandises et la fourniture de logement telle un gîte rural ;
- 1,7% pour les prestations de services commerciales ou artisanales (ex : électricien) ;
- 2,2% pour les autres prestations de services BNC et les activités libérales.
M. Chabo relèvera donc du versement à 1% du CA pour l’activité de gîte rural et du versement à 2,2% du CA pour
l’activité d’assistance informatique.
Toutefois, pour pouvoir appliquer ce régime au titre d’une année N, l’auto-entrepreneur doit avoir un revenu
imposable au titre de l’avant-dernière année (N-2) inférieur ou égal à 26 631 (pour N-2 = 2013) par part (d’où
53 262 pour un foyer à 2 parts, 66 578 pour un foyer à 2,5 parts…).
• Régime du micro-BIC ou micro-BNC : est incluse dans le revenu imposable une somme égale au CA minoré d’un
abattement forfaitaire pour frais égal à :
- 71% pour les ventes de marchandises et la fourniture de logement telle un gîte rural ;
- 50% pour les autres prestations de services relevant des BIC ;
- 34% pour les prestations de services et activités libérales relevant des BNC.
7. L’EIRL
Bénéficiaires du statut d’EIRL
L’article L526-6 énonce que « tout entrepreneur individuel peut affecter à son activité professionnelle… ». La loi vise
donc toute personne physique exerçant une activité professionnelle (commerciale, artisanale, agricole ou libérale) et
ayant le statut d’entrepreneur individuel. Il peut s’agir d’une création d’entreprise ou d’une activité existante.
Un auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel bénéficiant d’un régime particulier (microsocial et éventuellement
prélèvement libératoire fiscal). Il peut adopter le statut d’entrepreneur à responsabilité limitée.
M. Chabo pourra bénéficier du statut d’EIRL tout en bénéficiant du régime d’auto-entrepreneur.
NB : Il convient de noter que si le régime de l’auto-entrepreneur n’est pas appliqué, l’EIRL est soumise à l’IR (catégorie BIC,
BNC ou BA) selon les règles de droit commun, avec possibilité d’option pour l’IS lorsqu’elle relève du régime simplifié
d’imposition (en cas d’option pour l’IS, l’entrepreneur relève du statut social du gérant majoritaire de SARL).
M. Chabo peut mettre son patrimoine personnel à l’abri de ses créanciers professionnels en adoptant le statut d’EIRL
mais nous avions vu dans la question 3 qu’il pouvait, en restant auto-entrepreneur, par une déclaration d’insaisissabilité,
soustraire du gage des créanciers professionnels ses biens immobiliers.
Conclusion : le volume de chiffre d’affaires espéré, des paramètres patrimoniaux, fiscaux et sociaux permettront de
diriger M. Chabo vers le régime d’auto-entrepreneur ou d’entrepreneur à responsabilité limitée bénéficiant du régime
d’auto-entrepreneur.
Le rétablissement professionnel
La nouvelle procédure de rétablissement professionnel créée par l’ordonnance du 12.03.2014 est destinée aux
entrepreneurs individuels, personnes physiques, qui n’ont pas de salarié et dont l’actif est inférieur à 5 000 . Elle offre
au débiteur une possibilité de rebondir rapidement en le faisant bénéficier d’un effacement des dettes, sans recourir à
une liquidation judiciaire.
Le rétablissement professionnel est applicable à toute personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale,
agricole, ou une activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale (art L645-1 [Link]).
Les entrepreneurs individuels à responsabilité limitée (EIRL) ne peuvent pas en bénéficier.
Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier ROULE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
b) Fonctionnement
• Direction : le(ou les) gérant(s) de la SARL est(sont) obligatoirement une(des) personne(s) physique(s), associée(s)
ou tiers dont les conditions de nomination, révocation, les pouvoirs sont prévus par la loi – art. L223-18. Les organes
de direction de la SAS sont librement déterminés par les statuts – art. L227-5 –, mais il faut désigner obligatoirement
un président, personne physique ou morale, associé ou tiers désigné dans les conditions prévues par les statuts.
Les pouvoirs du président sont déterminés par la loi – art. L227-6. La SAS offre donc plus de souplesse que la
SARL dans le choix des dirigeants et leur statut, mais leurs pouvoirs sont identiques, prévus par la loi.
• Droits des associés : la loi accorde certains droits aux associés minoritaires détenant au moins 10% du capital
(expertise de gestion, demande de nomination d’un commissaire aux comptes en justice, engager l’action sociale du
gérant en se groupant) ou sans détention de capital minimum (droit d’alerte) dans la SARL. La protection des
associés minoritaires dans la SAS est identique à celle des actionnaires d’une SA puisque l’article L227-1 renvoie
aux dispositions de la SA.
• Règles de quorum et de majorité des décisions collectives : elles sont strictement définies pour la SARL (voir
question 5), librement organisées dans les statuts pour la SAS, mis à part pour certaines décisions – art. L227-9. La
SAS offre plus de souplesse.
• Régime des conventions : concerne le(s) gérant(s) et les associés dans la SARL – art. L223-19 –, il ne concerne
que les dirigeants et les actionnaires détenant plus de 10% des droits de vote dans la SAS – art. L227-10. Le
régime des conventions est moins largement applicable dans la SAS.
• Régime fiscal : la SARL et la SAS sont soumises à l’impôt sur les sociétés. Seule la SARL peut éventuellement
relever du régime des sociétés de personnes, lorsque son capital est détenu entre membres de la même famille et
qu’elle exerce une option pour ce régime (elle relève alors des BIC lorsque l’activité est commerciale comme c’est le
cas ici). Ici, une telle option n’est pas possible puisque les trois associés n’appartiennent pas à la même famille.
Quelle que soit sa forme, la société sera soumise à l’IS.
Conclusion : La loi a encore assoupli le régime juridique de la SAS par la loi du 4.8.2008, applicable au 1.1.2009. Il se
rapproche de plus en plus de la SARL (pas de minimum de capital, apports en industrie autorisés, présence du CAC
seulement en cas de dépassement de seuils), tout en gardant sa souplesse initiale.
Dans le cas proposé, il est conseillé aux futurs associés de constituer dès à présent une SAS plutôt que de créer une
SARL, compte tenu des arguments développés ci-dessus. Reste que la rédaction des clauses concernant les majorités
lors des décisions collectives, le fonctionnement des organes dirigeants, les droits des minoritaires, les clauses
d’agrément, d’inaliénabilité, d’exclusion etc., doivent faire l’objet d’une étude attentive afin de respecter l’égalité de
traitement des actionnaires, principe fondamental en droit des sociétés.
3. Libération des apports et évaluation des apports par un commissaire aux apports
a) Libération des apports
e
Apport en numéraire : au moins 1/5 de leur montant, le surplus dans les 5 ans pour la SARL – art. L223-7. Pour la
SAS, les apports en numéraire doivent être libérés de moitié à la souscription, le surplus dans les 5 ans – art. L227-1 qui
renvoie à l’art. L225-3 al. 2 (règle de la SA). Dans le cas, Guillaume, apporteur en numéraire de 72 000 , devra libérer
14 400 à la souscription si une SARL est créée, 36 000 s’il s’agit d’une SAS.
Apport en nature : les apports en nature doivent être intégralement libérés à la souscription dans la SARL et la SAS –
art. L223-7 et L225-3. Thierry, apporteur d’un fonds de commerce, et Yan, apporteur d’un équipement informatique,
devront libérer intégralement leurs apports à la souscription.
L’apport en industrie se libère au fur et à mesure du travail que Yan effectuera au sein de la société.
apport en nature n’excède 30 000 et si la valeur totale de l’ensemble des apports en nature non soumis à l’évaluation
d’un commissaire aux apports n’excède pas la moitié du capital social – art. L223-9 al. 1 et 2.
Dans la SAS, les apports en nature doivent faire l’objet d’une évaluation par un commissaire aux apports sans exception
désigné à l’unanimité des fondateurs ou, à défaut, par décision de justice à la demande d’un ou plusieurs d’entre eux –
art. L225-8 modifié par la loi du 22.3.2012 sur renvoi de l’art. L227-1.
Dans le cas proposé, le recours au commissaire aux apports est obligatoire dans les deux cas puisque qu’il est
obligatoire si les associés adoptent la SAS, et pour la SARL aussi, puisque la valeur d’un apport en nature excède
30 000 (même si le total des apports en nature n’excède pas la moitié du capital : 70 000 au lieu de 71 000 ).
Conclusion : Guillaume n’aura pas la majorité des décisions ordinaires dans la SARL et probablement pas celle de la
SAS (selon les statuts de la SAS). Pour les décisions extraordinaires, aucun des associés ne peut imposer aux autres sa
volonté, aussi bien en SARL qu’en SAS. Notons qu’une clause des statuts de la SAS pourra prévoir une convention de
vote dans le cadre d’un pacte d’actionnaires.
L’unanimité des associés est obligatoire pour transformer la SARL en SAS : un désaccord futur entre les associés
bloquera la transformation en SAS.
Chaque apport est analysé individuellement. Puis les règles de calcul des droits dus en cas d’un seul acte seront
appliquées.
Apport de Guillaume :
- Somme de 72 000 : Apport à titre pur et simple (APS) fait par une personne physique à une société soumise à l’IS.
S’agissant d’un apport de numéraire, aucun droit n’est dû.
Droits = 0
Apport de Yan :
- Savoir-faire évalué à 30 000 : Apport à titre pur et simple (APS) fait par une personne physique à une société
soumise à l’IS. S’agissant d’un apport en industrie, aucun droit n’est dû.
Droits = 0
- Équipement informatique :
* Apport à titre onéreux (ATO) à hauteur de 3 000 : ATO d’un matériel, le droit dû est le droit fixe des actes
innommés de 125 .
* Apport à titre pur et simple (APS) à hauteur de 20 000 : APS d’un matériel, donc aucun droit n’est dû.
Droits = 125
Apport de Thierry :
- Fonds de commerce :
* Apport à titre onéreux (ATO) à hauteur de 10 000 : ATO d’un fonds de commerce, d’où application du barème
des cessions de fonds de commerce (exonération jusqu’à 23 000 , 3% de 23 000 à 200 000 , 5% au-delà de
200 000 )
d’où droits dus = 10 000 x 0% = 0
Droits = 0
* Apport à titre pur et simple (APS) à hauteur de 50 000 : APS d’un fonds de commerce, d’où application du
barème des cessions de fonds de commerce (rappelé ci-avant) :
(1)
d’où droits dus = (23 000 - 10 000 ) x 0% = 0
(50 000 – 13 000) x 3% = 1 110
(1) cf. 10 000 utilisés lors du calcul des droits sur les ATO ci-avant.
Droits = 1 110
Le coût fiscal de cette constitution s’élève donc à 1 110 (le droit fixe de 125 n’est pas dû puisqu’un droit proportionnel
plus élevé est mis en recouvrement).
Il serait possible de diminuer ces droits d’enregistrement si Thierry, en tant qu’apporteur personne physique de
l’ensemble des éléments affectés à son activité professionnelle, prenait l’engagement de conserver ses parts ou actions
de la société créée, reçues en contrepartie de son apport, pendant une période de 3 ans. En effet, dans cette hypothèse,
les ATO et APS de fonds de commerce sont exonérés de droits d’enregistrement, et seul le droit fixe de 125 (au titre
de l’apport de Yan) serait dû pour cette constitution.
Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
LE DIAMANT NOIR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
En l’espèce, la marchandise n’étant pas conforme aux termes du contrat conclu, l’acheteur (la SARL) n’a pas à exécuter
son obligation de payer le prix. Il peut aussi en demander l’exécution par l’échange de la marchandise. La SARL pourra
obtenir, si elle le souhaite, la résolution du contrat pour inexécution par le cocontractant d’une de ses obligations et des
dommages intérêts pour le préjudice subi en engageant la responsabilité civile contractuelle de son fournisseur.
Selon l’article L223-25 al. 1 [Link], la révocation d’un gérant peut intervenir sur décision ordinaire des associés
e
représentant plus de la moitié des parts sociales ou à la majorité des votes émis sur 2 consultation (les statuts peuvent
e
exclure cette 2 consultation ou prévoir une majorité plus forte pour les deux consultations). Ici, elle sera obtenue car
MM. Diams et Tuber ont 300 parts sur 450. Le gérant associé participera au vote, mais il n’a pas un nombre de parts
suffisant pour s’opposer à sa révocation.
Si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à dommages et intérêts. Outre les cas de
responsabilité du gérant constitutifs de « juste motif » (infraction à la législation et aux règlements, violation des statuts
ou faute de gestion), la jurisprudence apprécie s’il y a ou non juste motif.
En l’espèce, l’achat du matériel informatique entre dans le cadre de l’objet social, il est conclu dans l’intérêt de la société.
Le gérant a cependant une obligation de diligence dans l’exercice de ses fonctions et on pourrait lui reprocher de ne pas
avoir demandé plusieurs devis avant de prendre la décision d’achat. Le gérant n’a pas à demander l’avis des associés
car la décision d’achat est une opération de gestion courante de sa compétence.
Donc la révocation semble justifiée et le gérant ne pourra pas obtenir des dommages et intérêts. La jurisprudence a
cependant tendance à exiger des fautes plus graves pour qualifier le juste motif de révocation.
3. Transformation de la SARL en SA
a) Conditions de la transformation
La transformation d’une société est l’opération consistant à changer sa forme juridique. La transformation régulière d’une
société n’entraîne pas la création d’une personne morale nouvelle – art. L210-6 al. 1. Elle est une simple modification
statutaire qui doit respecter certaines conditions pour être valable.
• La décision de transformation est une décision extraordinaire prise par les associés représentant 3/4 des parts
sociales (puisque la société a été constituée avant le 3.8.2005 et que les statuts n’ont pas été modifiés) et,
exceptionnellement, par les associés représentant la majorité des parts sociales si le montant des capitaux propres
au dernier bilan excède 750 000 – art. 223-43 al. 2.
En l’espèce, 3/4 du capital sont nécessaires (337 parts) puisque les capitaux propres sont inférieurs à 750 000
(18 000 ). MM. Gignac et Tuber ont 350 parts. La majorité des 3/4 est dépassée. Le projet pourra être adopté
malgré l’opposition de M. Diams.
Conditions relatives à la SA
Sept associés : ils ne sont que trois actuellement. Il faudra donc trouver 4 nouveaux associés. Le capital devra être porté
à 37 000 (minimum dans une SA) car il n’est que de 22 500 actuellement.
L’objet doit être licite en SA (condition remplie).
b) Étapes à suivre :
- désignation du commissaire à la transformation et du commissaire aux comptes (il peut s’agir de la même
personne) qui vont rédiger le rapport ;
- convocation des associés par le gérant, mise à leur disposition du rapport ;
- tenue de l’assemblée extraordinaire : les associés votent sur l’évaluation des biens et l’octroi des avantages
particuliers et sur la transformation de la société. Ils adoptent les nouveaux statuts. Ils nomment les nouveaux
dirigeants (les administrateurs devant composer le conseil d’administration dans le cas) et le(s) commissaire(s) aux
comptes.
Formalités de publicité :
Comme toute modification statutaire, la décision de transformation doit faire l’objet :
- d’une insertion dans un journal d’annonces légales ;
- d’un dépôt au greffe du procès-verbal de l’assemblée ayant décidé de la transformation, du procès-verbal de la
décision ayant désigné les membres des nouveaux organes sociaux, des nouveaux statuts ;
- d’une inscription modificative au registre du commerce et des sociétés ;
- d’une insertion au BODACC.
La transformation prend effet entre associés à compter du jour où elle a été décidée et ne devient opposable aux tiers
qu’après les formalités de publicité.
c) Incidences de la transformation sur le mandat du gérant et sur la présence du commissaire aux comptes
• La décision de transformation met fin aux pouvoirs des organes de direction. Les associés désignent les nouveaux
dirigeants : ici les administrateurs, qui eux-mêmes vont désigner le président du conseil d’administration parmi leurs
membres. Le directeur général sera nommé par le conseil d’administration. Il peut être le président du conseil
d’administration. Dans le cas, M. Gignac perd son mandat de gérant. Il n’est pas assuré de faire partie de l’équipe
dirigeante (du fait des règles de majorité et de l’entrée de nouveaux associés, voir les questions 2 et 4).
• Le contrôle est exercé, dans chaque société anonyme, par un ou plusieurs commissaires aux comptes – art. L225-
218. Sa présence est donc obligatoire dans la future SA : les associés doivent en désigner un (ou plusieurs) par un
vote à la majorité ordinaire.
d) Incidences fiscales
• En matière d’imposition des bénéfices
La SARL DIAMANT NOIR est soumise à l’IS (l’option pour le régime des sociétés de personnes est impossible, les
associés étant des personnes sans lien familial). Sa transformation en SA n’engendre aucun changement de régime
fiscal, les sociétés anonymes étant elles aussi passibles de l’IS. Cette opération juridique est donc neutre
fiscalement : elle n’emporte aucune conséquence.
• En matière de droits d’enregistrement
En l’absence de changement de régime fiscal, et de création d’une personne morale nouvelle, la transformation
d’une SARL en SA donne lieu au paiement du droit fixe des actes innommés, soit 125 .
Les anciens associés vont perdre la majorité du capital (48,75%) au profit des nouveaux actionnaires (51,35 %).
Deux anciens associés (Tuber et Gignac) perdent leur minorité de blocage. Ils ne pourront plus faire obstacle aux
décisions extraordinaires proposées par les nouveaux dirigeants.
En application de l’article L252 du LPF, seul le comptable public compétent par arrêté du ministre chargé du budget a
qualité pour exercer au nom de l’État l’action prévue par l’article L267 du LPF.
La solidarité du dirigeant ne peut être prononcée que si l’administration a été suffisamment diligente dans ses tentatives
de recouvrement de l’impôt. De plus, l’action en responsabilité solidaire contre le dirigeant doit être introduite dans un
délai satisfaisant, qui peut être plus court que le délai de prescription de l’action en recouvrement contre la dette de la
société.
Quand les impositions au nom de la société ont fait l’objet d’une réclamation assortie du sursis de paiement avec
constitution de garanties, l’action en responsabilité contre le dirigeant ne doit pas être engagée. De plus, l’octroi de
délais de paiement à la suite d’une demande présentée par le dirigeant est en principe de nature à écarter la
responsabilité de celui-ci.
Pour que le dirigeant soit poursuivi sur son patrimoine personnel à la suite de la rectification fiscale, il faut que puissent
lui être reprochées :
- soit des manœuvres frauduleuses : mise en œuvre de procédés ayant pour finalité d’éluder la déclaration ou le
paiement de l’impôt, accomplis en toute connaissance de cause et ne pouvant être considérés comme des erreurs
excusables ou des omissions involontaires (nécessité de démontrer l’élément matériel et l’élément intentionnel) ;
- soit l’inobservation grave et répétée des obligations fiscales (omission des déclarations de TVA…).
Si les conditions sont remplies, l’Administration fiscale peut engager les poursuites sur le patrimoine personnel du
dirigeant, mais seulement lorsque la décision des juges du fond est définitive : celle-ci doit comporter la condamnation
du dirigeant au paiement des sommes dues par la personne morale, elle constitue donc le titre exécutoire.
Auteur :
Léa Got VERNES
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
1. Présentation du cas
er
Une société anonyme avec conseil d’administration au capital de 100 000 a été constituée le 1 octobre avec 14
actionnaires (13 personnes physiques et 1 personne morale). La famille Vernes est majoritaire (68%) du fait de son
apport en nature (fonds de commerce). L’objet social de cette société est l’édition de livres d’art. Jean Vernes est
président du conseil d’administration et directeur général (PDG). Le conseil d’administration se compose du minimum
légal : trois administrateurs (tous membres de la famille Vernes).
Les nouveaux actionnaires (famille Pia) contestent la direction en place : ils souhaitent la nomination d’un expert,
engager la responsabilité du dirigeant (et le menacent de révocation), un changement d’organisation et plus de
transparence.
La famille Vernes veut déplacer le siège social, se protéger de l’arrivée d’éventuels concurrents si la famille Pia vend ses
titres et le dirigeant s’inquiète des nouvelles obligations d’information des actionnaires à l’occasion de l’assemblée
générale ordinaire annuelle.
c) Responsabilité du dirigeant
L’article L225-251 al. 1 énonce que « les administrateurs et le directeur général sont responsables, individuellement ou
solidairement selon le cas envers la société ou envers les tiers soit :
- des infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés anonymes ;
- des violations des statuts ;
- des fautes commises dans leur gestion. »
Les fautes de gestion sont des actes contraires à l’intérêt de la société. Des fautes, même non intentionnelles
(imprudence, négligence), légères ou graves constituent des fautes de gestion.
Dans le cas, la clause pénale du contrat consentie par J. Vernes obligeant la société à verser une indemnité de 50 000
en cas d’inexécution du contrat d’édition paraît disproportionnée par rapport aux ressources de la société (son capital est
de 100 000 ). La clause pénale est excessive et a été consentie par le directeur général, J. Vernes. Une faute de
gestion peut, à notre avis, lui être reprochée.
L’article L225-252 permet à un actionnaire seul ou en se groupant (sous réserve de détenir un vingtième du capital, soit
5%) d’engager l’action sociale en responsabilité contre le directeur général. Cette action vise à réparer le préjudice subi
par la société à laquelle des dommages intérêts peuvent être alloués.
Conclusion : La société PIA, qui est actionnaire de 30% des titres de la SA VERNES, peut engager l’action sociale en
responsabilité, individuellement (ut singuli), à l’encontre de Jean Vernes, en sa qualité de directeur général, pour faute
de gestion. Le tribunal fixera alors les dommages intérêts qu’il aura à verser en réparation du dommage occasionné à la
société par sa faute.
3. La clause d’agrément
La société PIA veut céder ses actions à une société concurrente de la SA VERNES. La famille Vernes voudrait donc
apporter une modification statutaire en insérant une clause d’agrément.
En principe, la cession des actions dans une SA est libre, mais par exception une clause d’agrément peut permettre
d’écarter l’entrée dans la société de personnes dont la présence est jugée indésirable. C’est une situation fréquente
dans les SA de famille (cas d’espèce) ou dans les SA dont le capital est réparti entre différents groupes pour les
équilibrer. Par cession, on entend la vente, l’échange, la donation, l’apport isolé.
Selon l’article L228-23 [Link], dans les sociétés non cotées (cas d’espèce), la cession à un tiers ou entre
actionnaires peut être soumise à agrément de la société par une clause des statuts. Elle ne peut être stipulée que si les
titres revêtent exclusivement la forme nominative en vertu de la loi ou des statuts (cas d’espèce : les SA non cotées ne
peuvent émettre que des titres nominatifs).
Il faut préciser que l’art. L228-23 [Link] exclut la mise en jeu de la clause d’agrément en cas de succession, de
liquidation de communauté entre époux ou de cession soit à un conjoint, soit à un ascendant ou à un descendant. La
cession à un autre associé peut désormais être soumise à la clause d’agrément.
Objet de la clause d’agrément : soumettre à autorisation des associés la cession de titres d’une société.
Pourparlers de cession
3 mois
Décision de l’organe compétent constatée par un procès-verbal
Notification à Notification à
l’actionnaire cédant l’actionnaire cédant (1)
5 jours
prolongation
Établissement de
l’ordre de mouvement L’actionnaire
L’actionnaire maintient retire son offre
ou
son offre de vente (1) de vente (2)
de l’ordre de virement
Convocation et décision de
+
l’organe compétent aux fins
Inscription du nouvel du rachat des actions (3) :
mois
actionnaire en compte • soit par un actionnaire
• soit par un tiers
• soit par la société elle-
même (réduction de 3
capital) (4)
(1) En même temps que son refus d’agrément du cessionnaire proposé par le cédant, l’organe compétent peut, dans la notification
même de son refus, informer ce dernier qu’il lui propose un autre cessionnaire (ou actionnaire, ou tiers, ou la société elle-même).
Ce procédé permet de gagner du temps, mais en aucun cas il ne peut retirer au cédant la possibilité de revenir sur son intention
de céder ses actions.
(2) Le délai pour retirer l’offre doit être prévu dans les statuts.
(3) Si la procédure adoptée est conforme à la note (1) ci-dessus, cette décision sera prise en même temps que le refus d’agrément.
(4) L’actionnaire peut retirer son offre si les conditions de rachat ne lui conviennent pas.
Licéité : l’insertion d’une clause d’agrément dans les statuts doit obéir à certaines conditions de fond et de forme :
- la société ne doit pas être cotée (cas d’espèce) ;
- le cessionnaire (acheteur) doit être un tiers ou un autre actionnaire (L228-23 [Link]) ;
- cette clause ne peut être stipulée que si les actions revêtent exclusivement la forme nominative (L228-23 al. 2).
Dans le cas, le groupe concurrent est un tiers ; la cession au groupe concurrent porte sur des titres nominatifs que
détient la société PIA.
Procédure à suivre : il s’agit d’une modification statutaire. La compétence revient donc à l’assemblée générale
extraordinaire qui statuera aux conditions suivantes (art. L 225-96 [Link]) :
- sur première convocation : quorum = le tiers des actions à droit de vote ;
- sur deuxième convocation : quorum = le quart des actions à droit de vote ;
- majorité : deux tiers des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés = 66,66%. La famille Vernes
détenant 68%, elle votera l’insertion de la clause d’agrément.
Les opérations liées à la cession sont présentées dans le schéma de la page précédente.
4. Rapport sur les procédures de contrôle interne, obligations d’information en matière d’environnement,
nomination au poste d’administrateur d’une personne non actionnaire
a) Établissement du rapport sur les procédures de contrôle interne
« Dans les sociétés cotées, le président du conseil d’administration rend compte, dans un rapport joint au rapport (de
gestion), des conditions de préparation et d’organisation des travaux du conseil ainsi que des procédures de contrôle
interne mises en place par la société » – art. L225-37 al. 6.
Dans le cas, la société VERNES n’étant pas cotée, ce rapport n’a pas à être établi.
Dans le cas, l’activité d’édition de la SA VERNES ne comporte pas de risque technologique, elle n’est pas cotée : elle
e e
n’est pas tenue par la 2 obligation (sous réserve de vérifier les seuils) ni par la 3 , mais le CA devra respecter
re
l’obligation d’information de l’article L225-100 (la 1 obligation citée).
Conclusion : pour répondre à J. Vernes, les administrateurs nommés à compter du 1.1.2009 n’ont plus l’obligation
d’être propriétaire d’actions, sauf si les statuts l’imposent.
Auteur :
Grégory Lachaise SERPENTINE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
En l’espèce, M. Felbegor doit faire un choix. Soit créer en interne le site internet, auquel cas, si l’œuvre est collective,
elle pourra être modifiée sans difficulté aucune, soit faire appel à des compétences extérieures, mais il ne pourra pas
apporter de modification sans l’accord du prestataire.
Le contrat est alors définitivement conclu. Le consommateur dispose cependant d’un délai de rétractation de 7 jours dont
l’usage n’a pas à être motivé. Le délai court à compter de la réception s’il s’agit de la vente de biens, et à compter de
l’acceptation de l’offre pour les prestations de services ([Link]. art. L121-20).
En l’espèce, la procédure du « double clic », qui formalise la réitération du consentement, ne semble pas avoir été
me
respectée, puisque M Serpentine a reçu un message de conclusion du contrat dès la première validation. Le contrat
n’est donc pas formé.
- la non-répudiation : elle suppose que les parties ne puissent nier la transaction effectuée et que le signataire puisse
seul produire la signature.
Pour répondre à ces exigences, la réglementation française, s’appuyant largement sur les textes communautaires,
propose un dispositif sécurisé de création de signature dont la vérification repose sur l’utilisation d’un certificat
électronique qualifié, délivré par un tiers.
Le système nécessite la délivrance d’une clé privée et d’une clé publique. Seule la première permet de signer et crypter le
message de l’émetteur, la clé publique autorise le destinataire à l’ouvrir. L’ensemble du procédé est garanti par le certificateur.
Si les exigences de la loi sont remplies, la signature est présumée fiable et renverse la charge de la preuve. En effet,
celui à qui on l’oppose doit démontrer l’absence de fiabilité du procédé.
À défaut, la signature électronique est dite simple (il convient alors d’apporter la preuve de sa fiabilité) et ne vaut que
commencement de preuve par écrit en matière civile.
Pour faire valoir le procédé en justice et les conséquences juridiques qui y sont attachées, il convient de distinguer, selon
le régime général de la preuve, la matière commerciale ou civile.
En matière commerciale, la preuve est libre, le juge appréciera alors la force probante de chaque pièce fournie.
En matière civile, il convient de distinguer les actes des faits juridiques. Pour les premiers, le législateur exige un écrit,
sauf exceptions (montant, impossibilité matérielle ou morale de se procurer un écrit...) ; pour les seconds, on retrouve le
principe de la liberté de preuve.
En l’espèce, le litige oppose deux sociétés commerciales, la SA MELCHIOR et la SNC MAT. La liberté gouvernant la
preuve laissera au juge le soin d’apprécier la force probante des documents produits, mais il ne fait aucun doute que
l’utilisation d’un procédé fiable de signature électronique emportera sa conviction.
Vis-à-vis d’un non-commerçant, la preuve d’un acte juridique ne pourra être faite que par la production d’un écrit. Les
échanges réalisés par le biais de leurs adresses électroniques avec apposition du nom de la société et du particulier ou
encore l’usage d’un stylo interactif ne valent pas signature électronique et les documents produits auront valeur de
commencement de preuve par écrit.
Si les documents sont signés électroniquement sans répondre aux conditions réglementaires, celui qui produit le
document devra apporter la preuve de sa fiabilité. Le logiciel associant la signature de la société au mail qu’elle envoie
entre dans cette catégorie.
Enfin, si les documents ont été signés électroniquement au moyen d’un procédé fiable, ils auront la même valeur qu’un
écrit papier.
Auteur :
Agnès Lieutier MOD’BB
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
PREMIER DOSSIER
L’Administration fiscale estime que les entreprises qui, n’ayant aucune implantation à l’étranger, participent hors de
France aux foires et expositions de courte durée en agissant en simple qualité d’exposant, restent imposables à l’IS en
France sur la totalité de leurs bénéfices, y compris ceux résultant de la vente de leurs modèles à l’occasion de ces
foires.
MOD’BB resterait donc imposable à l’IS en France à raison de sa participation au Salon International de Lisbonne.
La question qui se pose ensuite est celle de savoir comment seront taxées les ventes de produits réalisées à partir du
Salon. Dans ce cas, on revient au régime de l’article 256 III du CGI : le transfert est assimilé à une livraison
intracommunautaire. MOD’BB ne disposant pas de n° d’identification TVA au Portugal, le transfert sera taxable à la TVA
française.
Pour la détermination du bénéfice imposable de MOD’BB passible de l’IS, il conviendra donc d’exclure la fraction de
bénéfice représentative de l’activité monégasque.
Cette fraction de bénéfice sera ici égale à la différence entre les produits du magasin de Monte-Carlo (ventes du
magasin) et les charges propres à cet établissement.
Ces charges pourront être difficiles à déterminer avec précision dans la mesure où le magasin monégasque
s’approvisionnera auprès de l’usine française. En effet, il n’y aura pas à proprement parler de « cession » de
marchandises par l’usine française au magasin monégasque puisqu’il n’y aura pas deux entités juridiquement distinctes ;
donc on ne disposera pas de prix d’achat des produits vendus par le magasin monégasque. Dans ce cas, il faudra
procéder à une estimation en raisonnant comme s’il y avait eu un achat par l’établissement de Monaco auprès de
l’établissement français et reconstituer un prix d’achat « équitable ».
La même démarche doit être effectuée à chaque fois que l’établissement étranger ne peut isoler ses propres frais de
ceux de l’entité française.
DEUXIÈME DOSSIER
En matière d’IS, ce deuxième dossier permet d’étudier la territorialité du point de vue des entreprises étrangères
exerçant en France une activité. C’est toujours la notion « d’entreprise exploitée en France » de l’article 209-I du CGI qui
prévaut : cette notion est explicitée par les exemples suivants.
Analyse TVA
* Achat du lot de téléphones en France par une société étrangère :
Bien qu’il s’agisse d’une vente par un fabricant français de biens à une société d’un État membre de l’UE, il ne s’agit
pas d’une livraison intracommunautaire, justement parce qu’il n’y a pas livraison à l’extérieur du territoire français.
L’opération est soumise normalement à la TVA qui sera facturée par le fabricant français à EURO-INVEST.
* Revente du lot de téléphones par EURO-INVEST à une centrale d’achat française :
L’opération consiste en une livraison de biens en France : elle est donc taxable à la TVA française. EURO-INVEST
étant une société située dans un État de l’UE, ne disposant pas en France d’un établissement (cf. énoncé), elle doit
s’identifier à la TVA en France, déclarer les opérations imposables réalisées et régler la TVA due directement au
Trésor Public ; toutefois, elle peut désigner un mandataire chargé d’effectuer ces formalités (mais ce mandataire agit
sous la responsabilité de EURO-INVEST).
NB : si la société EURO-INVEST avait été située en dehors de l’UE, elle aurait dû faire accréditer par l’Administration fiscale
française un représentant fiscal (assujetti et établi en France) qui se serait engagé à remplir les formalités incombant à
EURO-INVEST et à acquitter la TVA éventuellement due. À la différence du mandataire (cf. ci-avant), le représentant fiscal
est responsable des formalités qu’il effectue, alors que le mandataire agit sous la responsabilité de son mandant.
2. Représentant en France
Analyse IS : Représentant dépendant
Lorsqu’une entreprise étrangère réalise des opérations en France par l’intermédiaire d’un « représentant dépendant »,
elle est réputée exercer directement ces opérations et est imposable à l’IS en France, alors même qu’elle n’a en France
aucun établissement.
Ici, le représentant est bien dépendant de EURO-INVEST et permet à celle-ci de réaliser en France des opérations.
EURO-INVEST serait donc imposable en France à l’IS sur les bénéfices relatifs à ces opérations.
Analyse TVA
Application des règles habituelles de territorialité : si vente de biens depuis les Pays-Bas vers la France, acquisition
intracommunautaire pour le client français, et donc imposition à la TVA (et déduction de cette TVA dans les conditions
de droit commun).
Analyse TVA
L’ouverture d’une usine en France nécessiterait bien sûr l’identification de EURO-INVEST à la TVA française. Les
opérations réalisées par cette usine relèveraient des règles habituelles de la TVA.
Les ventes à destination de clients néerlandais, des produits fabriqués en France, s’analyseraient ainsi comme des
livraisons intracommunautaires exonérées de TVA (à condition que l’expédition aux Pays-Bas soit prouvée et que les
clients aient un n° d’identification à la TVA aux Pays-Bas).
Analyse TVA
Le représentant français étant indépendant, EURO-INVEST n’a pas d’établissement en France. Il faut distinguer :
- les ventes réalisées par EURO-INVEST depuis les Pays-Bas à destination de la France : il s’agit pour les clients
français d’acquisitions intracommunautaires : imposition à la TVA (et déduction de cette TVA dans les conditions de
droit commun) ;
- la prestation de service (intermédiation) rendue par le courtier indépendant (domicilié en France) à EURO-INVEST
(domiciliée en UE) : il s’agit d’une prestation d’un intermédiaire transparent.
Rappelons que les règles de territorialité des services en matière de TVA ont été modifiées depuis 2010 (il s’agit de
la transposition en droit interne français d’une directive européenne de 2008).
Elles distinguent :
les prestations de services « B to B » (Business to Business c’est-à-dire de professionnel à professionnel) :
prestations rendues par un prestataire situé en France à un preneur assujetti non situé en France (un assujetti
agissant en tant que tel, ce qui est présumé lorsque ce preneur fournit son numéro d’identification TVA d’un
autre État de l’UE) : ces services sont taxables à la TVA au lieu d’établissement du preneur (avec quelques
exceptions)
les prestataires de services « B to C » (Business to Consumer, c’est-à-dire de professionnel à
consommateur) : prestations rendues par un prestataire situé en France à un preneur non assujetti non situé
en France : ces services sont taxables en France dès lors que le prestataire y est situé (avec quelques
exceptions).
Au cas présent, il s’agit d’un service B to B : le prestataire (courtier) est un assujetti en France, le preneur
(EURO-INVEST) est un assujetti situé aux Pays-Bas ayant fourni son numéro de TVA hollandais.
Elle est taxable dans le pays du preneur, soit au Pays-Bas : d’où non imposition à la TVA française.
NB : le courtier devra souscrire la DES (Déclaration Européenne de Services) au titre de cette prestation.
Par ailleurs, à noter que les sociétés françaises réalisant un chiffre d’affaires HT supérieur à 400 millions d’euros doivent
élaborer une documentation relative aux prix de transfert (art. L13AA du Livre des Procédures Fiscales) : elle doit
permettre de justifier la politique de prix de transfert dans le groupe, et est tenue à la disposition de l’Administration
fiscale.
Analyse TVA
La SA serait bien sûr identifiée à la TVA française, et le régime applicable serait identique à celui de l’opération 3) ci-
avant.
Auteur :
Agnès Lieutier MONDIAL’DÉCO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
OPÉRATION N°1 :
ÉTABLISSEMENT STABLE AU BRÉSIL D’UNE SOCIÉTÉ FRANÇAISE
Le bureau brésilien ouvert par la société MONDIAL’DÉCO ne constituant pas une entreprise exploitée hors de France,
l’application de l’article 209-I du droit fiscal français (cf Cas MOD’BB) conduirait à l’imposition en France des bénéfices
qu’il générerait, au même titre que les bénéfices de la société MONDIAL’DÉCO.
Ces bénéfices seraient donc imposables à l’IS dans les conditions de droit commun.
1. Imposition en France
Droit fiscal français :
Selon l’article 119 bis.2 du CGI, les dividendes distribués à des personnes qui n’ont pas leur domicile fiscal en France
donnent lieu à l’application d’une retenue à la source dont le taux est de 30% du montant brut des dividendes.
2. Imposition au Brésil
L’article 22-1 de la convention prévoit que l’impôt français payé (la retenue à la source de 15%) ouvre droit à un crédit
sur l’impôt brésilien dû au titre du revenu (ici le dividende). Ainsi, la retenue à la source s’imputera sur l’impôt sur les
bénéfices brésilien.
La convention franco-brésilienne retient pour le cas des dividendes la méthode de l’imputation.
1. Imposition au Brésil
Selon l’énoncé, les redevances versées à des personnes qui n’ont pas leur domicile fiscal au Brésil donnent lieu à
l’application d’une retenue à la source dont le taux est de 35% du montant brut.
2. Imposition en France
Selon le droit fiscal français, les redevances de concession de marques sont comprises dans le bénéfice imposable au
taux normal de l’IS de MONDIAL’DÉCO (elles ne bénéficient pas de l’imposition au taux réduit des plus-values à long
terme qui ne s’applique qu’aux concessions de brevets et éléments assimilés).
L’article 22-2.c) de la convention franco-brésilienne prévoit que la France peut imposer les redevances mais accorde au
résident de France (MONDIAL’DÉCO) qui reçoit ces redevances provenant du Brésil un crédit d’impôt correspondant au
montant de l’impôt perçu au Brésil, qui est imputable sur l’IS.
La convention franco-brésilienne retient pour le cas des redevances la méthode de l’imputation.
Taux d’imposition globale des redevances = (7 500 + 2 500) / 30 000 = 10 000 / 30 000 = 33,1/3%
Une redevance payée entre sociétés françaises aurait subi le même taux d’imposition :
IS à 33,1/3%.
La convention fiscale internationale a donc pour effet de partager l’imposition de 33,1/3% entre le Brésil (25%) et la
France (2 500 / 30 000 = 8,1/3%).
Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
FABRE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
DOSSIER 1 : FABRE
Application
La société Fabre est en difficulté, elle subit des pertes depuis 2 exercices, elle a besoin de capitaux frais, elle veut donc
augmenter son capital. L’investisseur (le fournisseur) veut bien souscrire, mais le prix des actions doit correspondre à
leur valeur réelle. Pour cela, il faudra préalablement que la société Fabre procède à une réduction de capital motivée par
des pertes.
Pour la réduction de capital, l’AGE peut déléguer au conseil d’administration ou au directoire, selon le cas, tous
pouvoirs pour la réaliser – art. L225-204 al. 1 [Link].
Un rapport du commissaire aux comptes doit être communiqué aux actionnaires, qui fait connaître son appréciation sur
les causes et les conditions de la réduction – art. L225-204 al. 2 [Link].
Application
La réduction de capital doit être votée par l’AGE qui peut déléguer au CA ou au directoire les pouvoirs pour la réaliser.
Pour l’augmentation de capital, l’AGE peut décider d’augmenter le capital ou déléguer au CA ou au directoire la décision
d’augmenter le capital.
L’AGE devra voter la suppression du droit préférentiel de souscription pour la totalité de l’augmentation de capital au
profit du fournisseur.
Application
La réduction étant motivée par des pertes de la SA FABRE, les créanciers ne peuvent pas former opposition à la
réduction du capital.
4. Droits d’enregistrement
Lorsqu’elle est motivée par l’existence de pertes subies par la société, la réduction de capital est enregistrée au droit fixe
des actes innomés, soit 125 .
L’augmentation de capital en numéraire est passible du droit fixe :
• de 375 pour les sociétés ayant un capital après augmentation inférieur à 225 000 ;
• de 500 pour les sociétés ayant un capital après augmentation d’au moins 225 000 .
Lorsqu’un acte contient plusieurs dispositions (cf. art. 670, 671, 672 du CGI) :
• si ces dispositions sont dépendantes : il est dû un seul droit (le plus élevé) pour l’ensemble ;
• si ces dispositions sont indépendantes ou ne dérivent pas nécessairement les unes des autres :
- si toutes les dispositions sont soumises à des droits proportionnels ou progressifs : un droit distinct est dû pour
chacune d’elles, selon sa nature,
- si toutes les dispositions sont soumises à des droits fixes, seul le droit le plus élevé est perçu,
- si les dispositions donnent lieu à la fois à des droits proportionnels ou progressifs et des droits fixes, ces derniers
ne sont pas perçus (sauf si les droits proportionnels ou progressifs sont inférieurs au droit fixe le plus élevé dû sur
une disposition : dans ce cas, c’est ce droit fixe le plus élevé qui est dû).
Au cas présent, l’assemblée décide de la réduction de capital puis de l’augmentation de capital : les deux dispositions
sont dépendantes. Chaque disposition est soumise à un droit fixe : donc seul le droit fixe le plus élevé est dû. Ici, il
s’agira de 375 si le capital après opération est inférieur à 225 000 , ou de 500 dans le cas contraire.
DOSSIER 2
Application
L’actionnaire A détenant 20% du capital a le droit de souscrire 20% de l’augmentation de capital, ce qui lui permet de
conserver son niveau de capital dans la société.
A peut souscrire : (200 / 1 000 x 1 000) = 200 actions à titre irréductible.
Application
Les actionnaires minoritaires E, F, G et H ne souhaitant pas souscrire, 200 actions restent disponibles et peuvent être
souscrites par A, B, C et D à titre réductible.
A, B, C et D sont propriétaires de 400 droits de souscription chacun (200 actions anciennes et 200 actions à titre
irréductible), au total 1 600 (400 X 4).
Chacun a droit, à titre réductible, à : 200 x 400 / 1 600 = 50 actions.
D, demandeur de ses actions à titre réductible, pourra en souscrire 50.
B et C n’ont souscrit respectivement que 12 et 8 actions, ils les auront.
Il reste 80 actions (non souscrites par B et C) : A pourra les souscrire. Il aura donc 130 actions (50 à titre réductible + les
80 restantes), mais il n’aura pas les 267 actions qu’il souhaitait.
L’actionnaire A souhaitait obtenir 667 actions sur 2 000 (200 actions anciennes + 200 actions à titre irréductible + 267
actions à titre réductible), soit plus du tiers : il cherchait à détenir la minorité de blocage lui permettant de s’opposer aux
décisions extraordinaires proposées par la direction, si elles ne lui convenaient pas.
a) Conditions d’émission
« Lors de la constitution de la société ou au cours de son existence, il peut être créé des actions de préférence, avec ou
sans droit de vote, assorties de droits particuliers de toute nature, à titre temporaire ou permanent. Ces droits sont
définis par les statuts » – art. L228-11 al. 1 [Link].
Il peut être instauré des actions de préférence à droit de vote double par les statuts ou une AGE ultérieure, à condition
« que les actions soient entièrement libérées justifiant d’une inscription nominative depuis 2 ans au moins, au nom du
même actionnaire » – art. L225-123 al. 1 [Link]
« L’assemblée générale extraordinaire est seule compétente pour décider l’émission […] des actions de préférence au
vu d’un rapport spécial des commissaires aux comptes. Elle peut déléguer ce pouvoir (au CA ou au directoire). » – art.
L228-12 al. 1 [Link].
6. Droits d’enregistrement
L’augmentation de capital en numéraire est passible du droit fixe de 375 car la SA aura un capital égal à 200 000
(100 000 + 100 000) après l’opération, soit un capital inférieur à 225 000 .
Les droits sont dus lors de la présentation de l’acte au service des impôts.
Si l’actionnaire A avait apporté un petit entrepôt, les droits dus auraient été les mêmes que ceux applicables en cas
d’apport en nature. S’agissant d’un apport isolé d’immeuble réalisé par une personne physique au profit d’une société
soumise à l’IS, le droit proportionnel de 5% aurait été dû.
Auteur :
Léa Got SAGEM-SYLIS
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
DOSSIER SAGEM
Conditions de validité
Le pacte d’actionnaires est un contrat passé en dehors des statuts qui doit répondre aux conditions de validité de tout
contrat en application de l’article 1108 du [Link]. : objet certain, cause licite, capacité et consentement de la partie qui
s’oblige.
Les clauses insérées ne doivent pas être abusives, c’est-à-dire rendre l’actionnaire prisonnier de ses titres ou porter
atteinte au principe de l’égalité entre actionnaires. Les tribunaux se chargent d’apprécier le caractère abusif ou non des
clauses.
De plus, l’article L233-11 prévoit : « toute clause d’une convention prévoyant des conditions préférentielles de cession ou
d’acquisitions d’actions admises aux négociations sur un marché réglementé et portant sur au moins 0,5% du capital ou
des droits de vote de la société qui a émis ces actions doit être transmise dans un délai de cinq jours de bourse à
compter de la signature de la convention à la société et à l’Autorité des Marchés Financiers. À défaut de transmission,
les effets de cette clause sont suspendus, et les parties déliées de leurs engagements, en période d’offre publique.
La société et l’AMF doivent également être informées de la date à laquelle la clause prend fin.
Les informations sont portées à la connaissance du public par l’AMF ».
Dans le cas, le pacte d’actionnaires conclu doit respecter les conditions de l’article 1108 du Code civil. De plus, comme il
porte sur plus de 0,5% du capital et qu’il s’agit d’une société cotée, la clause du pacte d’actionnaires devra être
transmise à la société et à l’AMF (qui le portera à la connaissance du public).
DOSSIER SYLIS
II.- La personne tenue à l’information mentionnée au I informe également l’Autorité des marchés financiers, dans
un délai et selon des modalités fixés par son règlement général, à compter du franchissement du seuil de participation,
lorsque les actions de la société sont admises aux négociations sur un marché réglementé ou sur un marché
d’instruments financiers autre qu’un marché réglementé, à la demande de la personne qui gère ce marché d’instruments
financiers. Cette information est portée à la connaissance du public dans les conditions fixées par le règlement général
de l’Autorité des marchés financiers.
Le règlement général précise également les modalités de calcul des seuils de participation. »
Dans le cas, la SA GROUPE OPEN, personne morale a acquis plus des trois vingtièmes du capital de la société SYLIS,
société située sur le territoire de la République et admise sur un marché réglementé. Elle doit :
- informer la société SYLIS de sa prise de participation – art. L233-7-I ;
- informer l’AMF qui en informera le public – art. L233-7 II.
3. Raisons de l’information
L’information de la Société SYLIS permet aux dirigeants de connaître les acquéreurs de ses titres et, en conséquence,
de définir la stratégie à élaborer.
L’information de l’AMF en direction du public permet de rendre le marché plus transparent. Les investisseurs ont ainsi
une meilleure connaissance des transactions opérées et peuvent, à leur tour, se déterminer et lancer des opérations.
Auteur :
Léa Got
EURODITONE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
• L’équilibre hommes-femmes : la loi du 27.01.2011 impose une représentation équilibrée des femmes et des
hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance – L225-17 al. 2 (SA avec CA) et L225-69 al. 2 (SA
à directoire).
Dans les SA dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé, la proportion des membres
du conseil de surveillance de chaque sexe ne pourra pas être inférieure à 40%. Lorsque le nombre des membres du
conseil ne dépasse pas 8, l’écart entre le nombre de chaque sexe ne pourrait pas être supérieur à 2. Les
nominations intervenues en violation de ces dispositions sont nulles. Cette nullité n’entraînerait pas la nullité des
délibérations du conseil. Ces dispositions entreront en vigueur à l’issue de la première assemblée générale qui suit le
01.01.2017.
La composition de la SA Euroditone est illégale sur le critère de l’équilibre hommes-femmes puisque 5 membres de
sexe masculin sont au conseil de surveillance. Il faudra envisager la nomination de 2 membres de sexe féminin en
2017 pour respecter le quota légal de 40%. Il y aura 3 hommes et 2 femmes. L’écart entre le nombre de chaque sexe
n’est pas supérieur à 2,le conseil de surveillance respectera la loi.
Le président du conseil de surveillance, dans son rapport sur le contrôle interne, doit rendre compte de l’application du
principe de représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein du conseil de surveillance L225-68 al. 7.
Seules les sociétés anonymes, les sociétés en commandite par actions et les sociétés européennes peuvent faire offre
au public.
La SA EURODITONE peut par principe faire offre au public du fait de sa forme juridique.
rapport présenté aux associés sur les opérations de l’exercice et, le cas échéant, dans le rapport des
commissaires aux comptes.
Le conseil d’administration, le directoire ou le gérant d’une société rend compte dans son rapport de l’activité et des
résultats de l’ensemble de la société, des filiales de la société et des sociétés qu’elle contrôle par branche d’activité.
Lorsque cette société établit et publie des comptes consolidés, le rapport ci-dessus mentionné peut être inclus dans le
rapport sur la gestion du groupe.
Information de la société cible (de la SA ALFREDINES)
Selon l’article L233-7, toute personne physique ou morale agissant seule ou de concert qui vient à posséder un nombre
d’actions représentant plus du vingtième, du dixième, des trois vingtièmes, du cinquième, du quart, des trois dixièmes,
du tiers, de la moitié, des 2/3, de 90%, de 95% du capital d’une société ayant son siège sur le territoire de la République
et dont les actions sont cotées informe cette société, dans un délai de quinze jours à compter du franchissement
du seuil de participation, du nombre total d’actions de celle-ci qu’elle possède.
La communication d’informations privilégiées à un tiers en dehors du cadre normal de leurs fonctions est également
punissable : les dirigeants sociaux s’exposent à une peine d’un an d’emprisonnement et de 150 000 . Cette
amende peut être portée au-delà de ce montant, jusqu’au décuple du profit éventuellement réalisé, et ne peut être
inférieure à ce même profit – C. mon. Fin. L465-1 al. 2 modifié par la loi du 22.3.2012.
5. Émission d’OCAP
a) Caractéristiques
Le sigle OCAP signifie Obligation Convertible en Action de Préférence.
La société émet un emprunt (obligations) convertible en titre de capital (des actions ordinaires ou de préférence).
L’OCAP est une valeur mobilière donnant accès au capital : l’ordonnance du 24.6.2004 a unifié et simplifié le régime
juridique de ces titres. L’attrait de la conversion en capital peut favoriser la souscription d’obligations.
Les actions de préférence ont été instituées par la même ordonnance, complétée par le décret du 10.02.2005, dont la
définition est la suivante : actions avec ou sans droit de vote, assortie de droits particuliers de toute nature (droit de vote
double, actions à dividende prioritaire…) à titre temporaire ou permanent.
La création d’actions de préférence nécessite l’existence d’une clause des statuts précisant les droits spécifiques
attachés à ces actions.
L’objectif des actions de préférence est d’organiser le pouvoir dans la société (ex. : attributions de siège des organes de
gestion) ou de favoriser financièrement certains actionnaires (ex. : actions à dividende prioritaire).
b) Décisions à prendre
La décision d’émettre des OCAP est de la compétence de l’assemblée générale extraordinaire puisque, à terme, le
capital sera augmenté (lors de la conversion des obligations en actions). L’AGE se prononce sur le rapport du CA ou du
directoire et sur le rapport spécial du CAC et peut déléguer sa compétence au directoire – L228-92 et L225-129 [Link].
Concernant les actions de préférence, un vote AGE doit intervenir pour les autoriser si les statuts ne les ont pas prévues.
Enfin, la réalisation de l’augmentation de capital (lors de la conversion des obligations) est de la compétence du
directoire qui peut déléguer au président du directoire les formalités liées à la réalisation de cette augmentation de
capital – art. L225-149 al. 4.
Sanction pénale : le Président (de la SASU) qui, sciemment, aura enfreint les dispositions de l’article L233-29, s’expose
à une amende de 18 000 – art. L247-3 [Link].
Ce rapport doit désormais être approuvé par le conseil de surveillance et doit être rendu public.
Si la dissolution est écartée, la société doit, au plus tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel
la constatation des pertes est intervenue, reconstituer ses capitaux propres à concurrence d’une valeur au moins égale à
la moitié du capital ou à défaut, réduire son capital d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pu être
imputées sur les réserves (L225-248 al. 2).
En l’espèce, après l’assemblée générale ordinaire annuelle obligatoire, le directoire devra convoquer dans les 4 mois
une assemblée générale extraordinaire pour décider d’une éventuelle dissolution anticipée de la société et publier la
décision prise (journal d’annonces légales, dépôt au greffe, inscription au registre du commerce et des sociétés).
Sanctions :
- sanction civile : à défaut de délibération régulière comme au cas où la société n’aurait pas régularisé sa situation
dans le délai de deux ans, tout intéressé peut demander au tribunal de commerce de prononcer la dissolution
de la société (L225-248 al. 4). Cependant, le tribunal saisi peut accorder un délai de six mois pour régulariser la
situation. De plus, il ne peut prononcer la dissolution si, au jour où il statue sur le fond, cette régularisation a eu lieu
(L225-248 al. 4) ;
- sanction pénale : le défaut de consultation des associés dans le délai de quatre mois exposait les membres du
directoire à un emprisonnement de 6 mois et à une amende de 4 500 (ancien article L242-29-1° [Link]). Cette
infraction a été supprimée par la loi du 22.3.2012.
Auteur :
Agnès Lieutier BRAIN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Régimes fiscaux de groupe et traitement fiscal des opérations internes aux groupes
DOSSIER 1
1. Redevances intragroupe
Les concessions (et les sous-concessions) de licences d’exploitation portant sur les brevets ou les inventions
brevetables (et sur les perfectionnements apportés aux brevets et inventions brevetables) bénéficient d’un régime
d’imposition favorable.
Définition des liens de dépendance : ils sont caractérisés lorsqu’une entreprise détient directement ou par personne
interposée la majorité du capital social de l’autre, ou y exerce en fait le pouvoir de décision, ou si les deux entreprises
sont placées sous le contrôle d’une même entreprise tierce. Lorsque la détention est indirecte, les pourcentages de
détention doivent être multipliés.
Ici, des liens de dépendance existent entre BRAIN et BARIN : elles sont contrôlées toutes deux par la société MARI (il
s’agit donc de sociétés sœurs). BRAIN ne peut donc appliquer le régime des PV LT à la PV de cession du brevet : cette
PV sera comprise dans le résultat imposable au taux normal de l’IS.
3. Dividendes intragroupe
Le régime des sociétés mères et filiales s’applique lorsque la société mère est soumise à l’IS et que la société filiale est
détenue à 5% au moins par la mère, et que cette dernière détient effectivement les titres de la filiale pendant 2 ans.
Les dividendes en provenance de RINA et RABI ouvrent droit à ce régime. Ils sont donc exonérés d’IS avec réintégration
d’une quote-part de frais et charges égale à 5% de leur montant brut.
BRAIN est donc exonérée d’IS sur la base de : 280 000 + 480 000 = 760 000 ,
d’où une déduction de 760 000 du résultat fiscal,
et elle doit réintégrer la quote-part de frais et charges de 760 000 x 5% = 38 000 dans son résultat fiscal.
NB : Voir le cas VERSION JARDIN pour l’étude approfondie du régime mère-fille.
4. Intérêts intragroupe
• Intérêts versés au Crédit du Sud-Est : intégralement déductibles, soit 850 000 x 6,55% x 6/12 = 27 837,50 .
• Intérêts versés à BRAIN et à RINA :
re e
1 limite : BRAIN est un actionnaire, donc la 1 limite doit être respectée, ce qui est le cas (capital libéré).
Pour RINA, cette condition n’est pas nécessaire puisque RINA n’est pas actionnaire.
e e e
2 limite : BRAIN et RINA sont des entreprises liées à RABI (la 1 est société mère, la 2 est société sœur) : donc
le taux d’intérêt ne doit pas dépasser le TMP à taux variable, voire le taux du marché s’il est supérieur.
TMP = 6% et taux du marché = 6,55% ; on retient donc le taux du marché.
e
Intérêts déductibles en application de cette 2 limite :
(2 800 000 + 1 000 000) x 6,55% = 248 900
et intérêts non déductibles = [(2 800 000 x 7,05%) + (1 000 000 x 7,65%)] – 248 900 = 25 000 .
e
3 limite : la sous-capitalisation est-elle caractérisée ?
1. avances consenties = 2 800 000 + 1 000 000 = 3 800 000
1,5 x capitaux propres = 800 000 x 1,5 = 1 200 000
on a bien : avances consenties > 1,5 x capitaux propres
e
2. intérêts versés calculés au taux déductible (cf. 2 limite) = 248 900
25% x (580 000 + 200 000 + 248 900) = 257 225
les intérêts versés n’excèdent pas 25% du résultat courant corrigé
3. intérêts reçus de toutes les entreprises liées = 0
on a bien : intérêts versés > intérêts reçus.
e
Conclusion : RABI n’est pas sous-capitalisée au sens de cette réglementation fiscale car le 2 critère de sous-
capitalisation n’est pas rempli.
e
Aucun intérêt non déductible n’est donc calculé au titre de cette 3 limite.
Les intérêts versés à BRAIN et RINA sont donc déductibles à hauteur de 248 900 , d’où une réintégration de 25 000 .
NB : bien que partiellement non déductibles chez RABI, les intérêts restent imposables en totalité chez BRAIN et RIMA.
5. Aides intragroupe
Lorsqu’une société réalise une aide au profit d’une autre société (quelle que soit la forme de cette aide, abandon de
créance ou subvention), cette opération est un acte normal de gestion si l’aide intervient en vue d’assainir la situation
financière d’une filiale, ce qui est bien le cas ici. Mais seules sont déductibles les aides à caractère commercial (c’est-à-
dire trouvant leur origine dans des relations commerciales) et les aides consenties à certaines entreprises en difficulté
financière.
- l’abandon est consenti par une société mère (participation > 5%)
- et si la filiale bénéficiaire s’engage à augmenter son capital au profit de la société consentant l’abandon, pour le
e
même montant, avant la clôture du 2 exercice suivant celui de l’abandon.
DOSSIER 2
Remarque : les modalités de report en avant du déficit fiscal des sociétés soumises à l’IS sont les suivantes : si le principe du report
illimité dans le temps est acquis, le montant du déficit reportable en avant au titre de chaque exercice est limité : un déficit
N n’est imputable sur le bénéfice N+1 qu’à hauteur de la somme de 1M majoré de 50% du bénéfice N+1 qui excède
1M (la fraction de déficit N non imputée sur le résultat N+1 reste imputable sur les résultats N+2 et suivants, en
appliquant chaque année cette limite).
Exemple : Déficit N = 1 500 000 Bénéfice N+1 = 1 200 000 Bénéfice N+2 = 1 100 000
Résultat fiscal N+1 = 1 200 000 – [1 000 000 + (200 000 x 50%)] = 100 000 et solde de déficit = 400 000
Résultat fiscal N+2 = 1 100 000 – 400 000 = 700 000 La limite d’imputation N+2 n’est pas dépassée : 1 000 000 +
(100 000 x 50%) = 1 050 000 > 400 000
Ici, compte tenu des montants, ces restrictions au report en avant ne s’appliquent pas.
Intégration fiscale
N N+1 N+2 N+3 N+4 N+5 N+6 N+7 N+8 N+9 N+10
Résultat PHARMARAIN - 80 - 65 - 58 - 20 + 10 + 12 + 18 + 65 + 75 + 100 + 105
Résultat BRAIN + 20 + 25 + 40 + 25 + 15 + 10 + 30 + 35 + 38 + 40 + 40
Résultat d’ensemble
avant imputation déficit - 60 - 40 - 18 +5 + 25 + 22 + 48 + 100 + 113 +140 + 145
d’ensemble antérieur
Imputation du déficit
d’ensemble antérieur -5 - 25 - 22 -8
de l’exercice N de 60
Imputation du déficit
d’ensemble antérieur - 40
de l’exercice N+1 de 40
Imputation du déficit
d’ensemble antérieur - 18
de l’exercice N+2 de 18
Résultat d’ensemble - 60 - 40 - 18 0 0 0 0 + 82 + 113 + 140 + 145
net
Intégration
« sauvage » N N+1 N+2 N+3 N+4 N+5 N+6 N+7 N+8 N+9 N+10
Résultat BRAIN + 20 + 25 + 40 + 25 + 15 + 10 + 30 + 35 + 38 + 40 + 40
Résultat PHARMARAIN - 76,8 - 62,4 - 55,7 - 19,2 + 9,6 + 11,5 + 17,3 + 62,4 + 72 + 96 +100,8
imputé à 96%
Résultat BRAIN avant - 56,8 - 37,4 - 15,7 + 5,8 + 24,6 + 21,5 + 47,3 + 97,4 + 110 + 136 +140,8
imputation du déficit
antérieur
Imputation du déficit - 5,8 - 24,6 - 21,5 - 4,9
antérieur N de 56,8
Imputation du déficit - 37,4
antérieur N+1 de 37,4
Imputation du déficit -5 - 10,7
antérieur N+2 de 15,7
Résultat net BRAIN - 56,8 - 37,4 - 15,7 0 0 0 0 + 86,7 + 110 + 136 +140,8
Dans cette hypothèse, les déficits fiscaux de PHARMARAIN viennent en déduction des bénéfices fiscaux de BRAIN,
mais seulement à hauteur de 96% (taux de participation).
La fraction complémentaire de 4% des résultats fiscaux de PHARMARAIN est transmise à ses autres associés
(personnes physiques ou personnes morales).
L’intégration « sauvage » ne peut être comparée à l’intégration légale que sur le plan de la consolidation fiscale des
résultats fiscaux. En effet, les opérations intragroupe ne sont pas concernées puisque la consolidation fiscale résulte
uniquement des modalités d’imposition ou d’imputation des résultats fiscaux de la filiale constituée sous forme de société
de personnes dont un associé est soumis à l’IS, et non des modalités de détermination de ces résultats.
Elle présente les avantages :
- d’être très simple d’application ;
- de s’appliquer quel que soit le taux de détention du capital de la société de personnes par la société soumise à l’IS.
L’avantage des méthodes d’intégration (qu’elle soit légale ou « sauvage ») par rapport à l’imputation de droit commun
des déficits résulte de l’avantage financier immédiat qu’elles procurent : les déficits d’une société engendrent une
économie d’IS immédiate car la société fiscalement bénéficiaire ne paie pas l’IS qu’elle aurait dû payer sans l’intégration.
En l’absence d’intégration, les déficits d’une société soumise à l’IS sont certes reportables sans limitation de durée (le
report en avant cesse toutefois en cas de changement d’activité de la société) ; mais l’imputation sur des bénéfices peut
être lointaine, d’où une économie d’IS non immédiate.
Auteur :
Agnès Lieutier MIMBAIR SAIM CONSO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Rappel : Le régime fiscal des groupes de sociétés a été institué à l’origine par l’article 68 de la loi du 30/12/1987 codifié
aux articles 223A à 223U du CGI.
Ce régime permet à la société mère de se constituer seule redevable de l’impôt sur les sociétés dû sur
l’ensemble du groupe formé par elle-même et ses filiales.
La société MIMBAIR peut donc être « tête de groupe » car elle n’est pas détenue directement à 95% au moins par une
société soumise à l’IS (la société qui détient 95% de son capital est une société étrangère non soumise à l’IS en France).
Organigramme du groupe
48%
S.A. DIR S.A. VOUS S.A. FER
11% 96%
Les quatre filiales DIR, VOUS, FER, et BOIR sont détenues, directement ou indirectement, à 95% au moins par la société
MIMBAIR. Elles peuvent donc faire partie du groupe. Toutefois, si elle le souhaitait (ce qui n’est pas le cas ici), la société
mère pourrait décider librement de l’étendue du groupe et n’y inclure que certaines filiales. De même, ces dernières
pourraient refuser leur intégration dans le groupe.
La filiale SUZE n’est pas détenue à 95% au moins par MIMBAIR : elle ne peut pas faire partie du groupe intégré.
4. Intégration fiscale
a) Résultat fiscal N et plus ou moins-value à LT N individuels éventuellement corrigés
Chaque société membre du groupe détermine son résultat fiscal dans les conditions de droit commun sauf pour :
- les déficits subis :
• avant l’entrée dans le groupe, les déficits ne sont imputables que sur le bénéfice de la société qui les a subis,
déterminé après déduction des amortissements de l’exercice. De plus, ils ne peuvent être imputés sur la part des
bénéfices réalisés depuis l’entrée dans le groupe qui provient des abandons de créances ou des subventions reçus
d’autres sociétés du groupe, des plus-values à court terme de cessions entre sociétés du groupe et de la plus-value
de réévaluation libre des éléments d’actifs. Ces correctifs ont pour objectif de corriger le résultat individuel des
gonflements artificiels provenant d’opérations intra-groupe.
La SA VOUS a réalisé une plus-value sur la cession d’un matériel à la SA FER :
50 000 - (40 000 - 30 000) = 40 000 PVCT : 40 000
Bénéfice d’imputation après plafonnement : 111 320 - 40 000 = 71 320
Le déficit de 10 200 de la SA VOUS peut donc être imputé en totalité sur son propre résultat N.
• après l’entrée dans le groupe, les déficits pris en compte dans le résultat fiscal du groupe ne peuvent plus être
déduits des bénéfices ultérieurs de la société qui les a subis.
La SA BOIR doit retraiter son résultat fiscal pour tenir compte du fait que le déficit de 10 000 a déjà bénéficié au
groupe intégré : il ne peut être déduit une seconde fois.
Bénéfice fiscal corrigé = 300 000 + 10 000 = 310 000
Provisions intra-groupe : le résultat d’ensemble est majoré des dotations aux provisions sur des
créances détenues entre sociétés du groupe. Le résultat d’ensemble est également majoré du
montant des dotations aux provisions pour risques constituées entre sociétés du groupe.
Corrélativement, toutes les reprises correspondantes sont déduites du résultat d’ensemble, mais à + 4 130
condition que les 2 sociétés concernées soient toujours membres du groupe lors de la reprise.
Dotations : 1 790 + 2 340 Reprises : 1 500 - 1 500
Abandons de créances et subventions directes ou indirectes internes : ils ne sont pas pris en
compte pour la détermination du résultat d’ensemble. D’où :
• réintégration des sommes déduites chez la société qui a consenti l’abandon ou la subvention (ici
MIMBAIR) : 3 000 + 5 000
+ 8 000
• déduction des sommes incluses dans les profits de la société qui a bénéficié de l’abandon ou de la
subvention (ici DIR et FER) : 3 000 + 5 000
- 8 000
Cessions internes d’immobilisations : elles sont neutralisées par le régime de l’intégration. La
plus-value dégagée par ces cessions n’est pas retenue pour le calcul du résultat d’ensemble ou de
la plus ou moins-value nette à long terme d’ensemble de l’exercice. Le supplément d’amortissement
pratiqué par la société cessionnaire doit être réintégré au résultat d’ensemble de chaque exercice
concerné.
Cession de VOUS à FER : PV CT = 50 000 - (40 000 - 30 000) à déduire
Supplément d’amortissement chez FER : (50 000 - 40 000) x 10% x 9/12 - 40 000
De plus, lorsqu’une cession interne est consentie à un prix inférieur à la valeur réelle du bien remis, + 750
la différence est considérée comme une subvention indirecte et doit être retraitée. Ici, l’énoncé
précise que les prix de cession sont égaux à la valeur réelle.
Charges financières : lorsqu’une société du groupe a acheté les titres d’une société qui devient
membre du groupe aux personnes qui la contrôlent, une fraction des charges financières déduites
par les sociétés membres du groupe est réintégrée au résultat d’ensemble (fraction forfaitairement
déterminée et présumée liée à cet achat). Ici, aucune opération de ce type.
Quote-part de frais et charges sur PV LT sur titres de participation : cette quote-part, réintégrée
au niveau de chaque société membre, doit être déduite du résultat d’ensemble, afin que l’intégralité
des PV LT intra-groupe de cession de titres de participation soit exonérée.
Ici, il s’agit de la PV LT sur titres de participation dégagée chez MIMBAIR : 12 000 x 12%
NB : le taux de cette quote-part a été porté de 5% à 10% en 2011 (cf. loi de Finances rectificative pour 2011 - 1 440
du 19/09/2011) puis de 10% à 12% à compter de 2012 (cf. loi de Finances pour 2013). De plus, les
MV LT ne peuvent plus s’imputer, depuis 2012, sur les PV LT pour le calcul de cette quote-part.
Aucun retraitement n’est à effectuer lorsqu’il s’agit de cession interne de titres de participation
(puisque la PV LT est exonérée d’IS).
Moins-value à long terme d’ensemble du groupe intégré sur titres de participation - 300
c) I.S. à payer
IS à 33,1/3% = 2 153 692 x 33,1/3% = 717 897,33 arrondi à 717 897
Crédits d’impôt imputables = 3 900 + 13 725 + 1 275 + 4 260 - 23 160
IS net à 33, 1/3% 694 737
IS à 15% = 12 000 x 15% = 1 800
IS net total 696 537
Contribution additionnelle de 10,7% : elle est due par la société mère si la somme des CA des sociétés membres du
groupe intégré excède 250M (seuil supposé non atteint ici).
e) Comparaison
I.S. et contributions payés sans intégration fiscale : 642 363 + 38 157+ 95 740 776 260
I.S. et contributions payés avec intégration fiscale : 696 537
Avantage fiscal résultant de l’intégration 79 723
L’intégration fiscale apparaît donc avantageuse, d’autant plus que les sociétés déficitaires qui bénéficient de crédits
d’impôt non remboursables peuvent transférer ces derniers à la société tête de groupe qui les impute sur l’IS groupe, alors
qu’en régime de droit commun ces crédits d’impôt seraient définitivement perdus.
Ce régime fiscal des groupes tend d’une part à assurer une neutralité fiscale, et d’autre part à favoriser la concentration
des entreprises.
5. Conséquences comptables
a) Écritures d’IS et de contribution additionnelle dans les comptes sociaux
31/12/N
Chez DIR et FER Aucune écriture
31/12/N
Chez VOUS 6981 Intégration fiscale - charges 38 157
4511 Compte courant société MIMBAIR 38 157
Intégration fiscale
31/12/N
Chez BOIR 6981 Intégration fiscale - charges 95 740
4511 Compte courant société MIMBAIR 95 740
Intégration fiscale
31/12/N
Chez MIMBAIR 6981 Intégration fiscale - charges 562 640
4511 Compte courant société VOUS 38 157
4512 Compte courant société BOIR 95 740
444 État - IS et contributions additionnelles 696 537
Intégration fiscale
b) Informations devant figurer dans l’annexe aux comptes sociaux des sociétés du groupe
Selon le CNC, l’annexe aux comptes sociaux des sociétés intégrées (tête de groupe et filiales) doit donner au moins les
indications suivantes (cf. PCG art.831-3) :
• modalités de répartition de l’impôt sur le résultat d’ensemble du groupe ;
• différence entre l’impôt comptabilisé et l’impôt pour le paiement duquel l’entreprise est solidaire ;
• différence entre l’impôt comptabilisé et l’impôt qui aurait été supporté en l’absence d’intégration fiscale ;
• déficits reportables ;
• nature et contenu spécifiques de la rubrique « Impôts sur les bénéfices ».
Depuis 2012, il existe un régime de consolidation de la TVA pour les sociétés appartenant à un groupe. Il s’agit d’un
régime de consolidation du paiement de la TVA (et non de la déclaration de TVA) qui ne concerne que les très
grandes entreprises.
Une société tête de groupe peut donc consolider le paiement de la TVA pour elle-même et ses filiales détenues
directement ou indirectement à plus de 50%, notamment lorsque les conditions suivantes sont remplies :
- sociétés tête et filiales relevant de la DGE (Direction des Grandes Entreprises) : CA HT ou total bilan 400 M ;
- sociétés tête et filiales clôturant leurs exercices à la même date et soumises au régime du réel normal de TVA.
La société tête de groupe peut donc opter (avec l’accord des filiales consolidées) auprès de la DGE pour la consolidation
er
du paiement de la TVA pour une période initiale de 3 exercices (prenant effet au 1 jour de l’exercice comptable suivant
la date de l’option).
Concrètement, chaque société membre du groupe continue à souscrire mensuellement ses propres déclarations de TVA
(sans effectuer de paiement ni demander un éventuel remboursement de TVA). La société tête de groupe souscrit
chaque mois une déclaration récapitulative faisant état des montants de TVA à payer et des montants d’excédents de
TVA de toutes les sociétés du groupe : en cas de solde positif, la société tête règle le montant de TVA à payer du groupe
et, en cas de solde négatif, elle fait la demande de remboursement du crédit de TVA du groupe. L’avantage de ce
régime résulte donc de la compensation entre les TVA à payer et les crédits de TVA des différentes sociétés du groupe.
Auteur :
Agnès Lieutier
VERSION JARDIN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Traitement fiscal des opérations internes aux groupes : Régime des sociétés mères et filiales
M. VERSION :
M. VERSION étant une personne physique (donc non soumise à l’IS), les distributions qui lui sont versées n’ouvrent pas
droit au régime mère/fille.
VB (SA) :
VB est une SA soumise à l’IS : elle a donc la qualité de société mère.
• VD étant une SNC (n’ayant pas opté pour l’IS) relevant du régime des sociétés de personnes, pas d’application du
régime mère/fille.
• VF est une SA détenue à 24% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit au régime mère/fille.
• VR est une société de capitaux étrangère détenue à 10% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit
au régime mère/fille.
• VM est une SARL (donc soumise à l’IS) détenue à 70% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit
au régime mère/fille.
VD (SNC) :
VD est une SNC non soumise à l’IS : elle ne peut donc avoir la qualité de société mère. Aucune des distributions qui lui
sont versées n’ouvrent droit au régime mère/fille.
VF (SA) :
VF est une SA soumise à l’IS : elle a donc la qualité de société mère.
• VM est une SARL (donc soumise à l’IS) mais n’est détenue qu’à 4% soit < 5% : ses distributions n’ouvrent pas droit
au régime mère/fille.
• VN est une SNC ayant opté pour l’IS détenue à 90% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit au
régime mère/fille.
(1)
• VT est une SA mais VF ne détient pas plus de 5% des droits à dividendes : ses distributions n'ouvrent pas droit au
régime mère/fille.
• VTR est une SA détenue à 50% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit au régime mère/fille.
VR (société étrangère) :
VR est une société étrangère non soumise à l’IS en France : elle n’est donc pas concernée par le régime mère/fille
applicable en France.
VM, VN, VT, VTR :
Toutes ces sociétés sont soumises à l’IS : elles ont donc la qualité de société mère. Mais ici elles ne perçoivent aucune
distribution.
(1)
Pour ouvrir droit au régime mère/fille, seule la détention de 5% des droits à dividendes est nécessaire, il n'est pas nécessaire de
détenir à la fois 5% du capital et 5% des droits de vote (par exemple, la détention de 5% des titres du capital ne donnant accès qu'à
3% des droits de vote, d'autres actionnaires ayant un droit de vote double, ouvre droit à l'application du régime mère/fille. Toutefois,
seuls les titres assortis du droit de vote bénéficient de l'exonération résultant de l'application de ce régime mère/fille (cf. arrêt CE
05/11/2014, n°370650, ayant dissocié le champ d'application du régime M/F et les dividendes bénéficiant effectivement de
l'exonération). Au cas présent, VF ne détenant pas 5% des droits à dividendes, le régime mère/fille ne s'applique pas (la détention
de 5% des droits de vote ne suffit pas).
VF
Bénéfice fiscal (avant traitement des distributions) 200 000
Distribution en provenance de VN : 60 000 x 90% 54 000
(1)
Distribution en provenance de VTR : (40 000 + 40 000) x 50% 40 000
Total des dividendes perçus ouvrant droit au régime M/F 94 000
Dividendes filiale F2
F2 étant absorbée par A le 15 octobre N+1, ces titres n’ont pas été détenus pendant la période de 2 ans. Toutefois,
l’échange qui résulte pour la mère JARDIN de la fusion de F2 avec A (JARDIN reçoit ici des titres A à la place des titres
F2) est assimilé à une opération intercalaire : le délai de 2 ans est décompté jusqu’à la date de cession par JARDIN des
titres A reçus en échange.
NB : Il est à noter que cette règle s’applique, que l’absorption de la filiale soit ou non placée sous le régime fiscal
de faveur des fusions.
• Les dividendes perçus en N+1 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
40 000 – (40 000 x 5%) = 38 000 .
Dividendes filiale F3
Les titres de F3 étant apportés par JARDIN à une société B le 15 novembre N+1, ces titres n’ont pas été détenus
pendant la période de 2 ans. Toutefois, l’apport des titres de la filiale et l’échange qui en résulte pour la mère (qui reçoit
ici des titres B à la place des titres F3) est assimilé à une opération intercalaire, à la condition que l’opération soit placée
sous le régime fiscal de faveur des fusions et opérations assimilées (prévu par l’art. 210 A du CGI) : le délai de 2 ans est
décompté jusqu’à la date de cession par JARDIN des titres B reçus en échange.
• Les dividendes perçus en N+1 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
30 000 – (30 000 x 5%) = 28 500 .
Dividendes filiale F4
• Les dividendes perçus en N+1 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
20 000 – (20 000 x 5%) = 19 000 .
Dividendes filiale B
Les titres de B sont cédés par JARDIN le 15 février N+2 : le délai de 2 ans, décompté à partir de la date d’acquisition (de
er
F3) du 1 mars N, n’est pas atteint.
• Les dividendes perçus en N+2 n’ouvrent pas droit au régime mère/fille : ils sont compris dans le résultat fiscal au taux
de droit commun de l’IS.
NB : en réalité, JARDIN ne perçoit pas de dividende en provenance de B en N+2. Ceci peut s’expliquer soit par
l’absence de distribution mise en paiement par B, soit par le fait que la cession intervient le 15 février et que le
dividende est versé par B à son nouvel actionnaire postérieurement au 15 février.
• Pour les dividendes perçus en N et N+1 en provenance de F3, un versement doit être effectué au Trésor : il s’agit de
l’IS dont la société JARDIN a été indûment exonérée, majoré de l’intérêt de retard. Ce versement est exigible dans les
3 mois suivant la cession des titres de B, soit au plus tard le 15 mai N+2.
Versement à opérer = [(50 000 + 30 000) – (80 000 x 5%)] x 33,1/3% = 25 333 + intérêt de retard.
NB : Les titres B sont cédés le 15 février N+2, soit avant l’expiration du délai de déclaration des résultats de
l’exercice N+1. En pratique, les dividendes en provenance de F3 versés en N+1 ne se verront pas appliquer le
régime mère/fille au titre de l’exercice N+1, et le versement de régularisation ne concernera que les
dividendes versés en N (50 000 ).
Dividendes filiale F4
Les sociétés JARDIN et F4 fusionnent le 30 septembre N+2 (avec application du régime fiscal de faveur des fusions) :
cette restructuration n’interrompt pas le délai de détention (cf CGI, art. 145 1 c. al. 4). Le régime mère/fille n’est pas
remis en cause.
• Les dividendes perçus en N+2 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
30 000 – (30 000 x 5%) = 28 500 .
Auteurs :
Léa Got
Grégory Lachaise
PAPILLA
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
2. Cumul de mandats
Dans la SAS, la SARL, la SCI : il n’existe pas de règle interdisant le cumul de mandats. M. Ferrero pourrait exercer
autant de mandats qu’il le souhaite dans ces types de sociétés.
Dans la SA : une personne physique ne peut exercer simultanément plus d’un mandat de directeur général de sociétés
anonymes ayant leur siège social sur le territoire français – art. L225- 54-1 al. 1.
Dans le cas, M. Ferrero assume la direction générale des 3 sociétés anonymes : les deux SA d’exploitation et la SA de
plats cuisinés. Il occupe donc 3 mandats de directeur général.
La détention de 10% de la SA de plats cuisinés n’est donc pas interdite, mais elle tombe sous le coup de l’interdiction de
vote des actions d’autocontrôle.
En effet, selon l’article L233-31 [Link], lorsque des actions ou des droits de vote d’une société (la SAS PAPILLA) sont
possédés par une ou plusieurs sociétés (la SA plats cuisinés) dont elle détient directement ou indirectement le contrôle
(ici la SAS PAPILLA détient indirectement le contrôle de la SA plats cuisinés), les droits de vote attachés à ces actions
ne peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société (AG de la SAS PAPILLA) ; il n’en est pas tenu compte
pour le calcul du quorum.
Conclusion : la SA PLATS CUISINÉS peut détenir 10% de la SAS PAPILLA, mais elle sera privée de son droit de vote
dans les assemblées générales de la SAS PAPILLA.
L’existence d’un groupe doit être prise en compte pour qualifier si une convention, normalement réglementée, peut être
qualifiée de convention libre lorsqu’elle est conclue entre deux sociétés du groupe.
La loi bancaire autorise une entreprise à procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle,
directement ou indirectement, des liens de capital conférant à l’une des entreprises liées un pouvoir de contrôle effectif
sur les autres.
Le caractère courant de l’opération de prêt est présumé, le caractère normal doit être recherché dans les conditions du
prêt.
Un prêt sans intérêt est une condition anormale. Cette opération est donc une convention réglementée : elle devra être
soumise à l’autorisation préalable et motivée (depuis l’ordonnance du 31.07.2014) du conseil d’administration de la SA
d’exploitation de Vitrolles, à l’approbation de l’assemblée de la SA d’exploitation de Vitrolles et au contrôle des associés
de la SAS PAPILLA.
5. Le bail et les prestations de services entre une société mère et ses filiales
Il s’agit de conventions conclues entre sociétés d’un même groupe. L’opération de location est considérée comme une
opération courante au sein d’un groupe : le prix du loyer peut être considéré comme normal puisque son augmentation
est basée sur un critère objectif (l’indice du coût de la construction). Il n’y aura pas à soumettre ce contrat à la procédure
des conventions réglementées.
L’obligation de communiquer les conventions courantes aux organes de la société, au CAC et aux actionnaires est
supprimée par la loi du 15.05.2011.
Toute SE ayant son siège statutaire en France doit être immatriculée au RCS.
Dans le cas d’espèce, M. Ferrero peut envisager la création d’une SE filiale puisqu’il s’agit de deux sociétés de deux États
membres de l’Union européenne qui vont créer cette filiale. Il faudra respecter les conditions de constitution ci-dessus.
8. Conditions pour qu’une société mère soit déclarée co-employeur des salariés de sa filiale
Les salariés d’une filiale peuvent demander à la société mère de réparer les conséquences de la rupture de leur contrat
de travail pour motif économique avec la filiale si l’on peut établir l’existence d’une confusion d’intérêts, d’activités et
de direction entre les deux sociétés alors qu’ils n’avaient pas conclu de contrat de travail avec la société mère.
Application : les salariés de la société Wirth (la filiale) sont considérés comme des salariés de la société mère Autania
déclarée co-employeur par l’arrêt. La société mère devra réparer les conséquences de leur licenciement par la filiale.
9. L’accord de groupe
Visé aux articles L2232-30 à L2232-35 du code du travail, un accord collectif peut être conclu au niveau d’un groupe.
Il est négocié entre :
- d’une part, l’employeur de l’entreprise dominante, ou un ou plusieurs représentants des employeurs des
entreprises concernées,
- et d’autre part, les organisations syndicales de salariés représentatives dans le groupe ou dans l’ensemble des
entreprises concernées.
L’accord doit délimiter son champ d’application et peut ne concerner que certaines sociétés du groupe.
Quant au contenu de l’accord, les dispositions de celui-ci ne peuvent déroger aux conventions de branche ou accords
professionnels dont relèvent les entreprises du groupe, sauf disposition expresse de ces conventions de branche ou
accords professionnels.
Sa validité est subordonnée :
- à sa signature par une ou plusieurs organisations syndicales de salariés représentatives ayant recueilli dans les
entreprises entrant dans le champ d’application de l’accord au moins 30% des suffrages exprimés au premier tour
des dernières élections des titulaires des comités d’entreprise ou de la délégation unique du personnel ou, à
défaut, des délégués du personnel ;
- à l’absence d’opposition d’une ou plusieurs organisations syndicales de salariés représentatives ayant recueilli
dans le même périmètre la majorité des suffrages exprimés à ces mêmes élections.
Une fois adopté, il emporte les mêmes effets qu’un accord d’entreprise.
En l’espèce, M. Ferrero peut légitimement projeter de conclure un accord au niveau du groupe pour organiser la mobilité
professionnelle des salariés au sein du groupe.
M. Ferrero peut opter pour l’une ou l’autre solution, puisque les deux dispositifs lui semblent ouverts, sous conditions
pour la première qu’il existe un accord d’intéressement dans l’une des sociétés. Son choix devra porter sur les modalités
de calcul de l’une et l’autre formule.
Cette solution s’applique-t-elle dans le cas d’un groupe dans la mesure où la clause de mobilité suppose un changement
d’employeur puisque chaque filiale reste une entité juridique autonome ?
La cour de cassation, par un arrêt en date du 23 septembre 2009, a répondu à la question en sanctionnant par la nullité
l’existence d’une telle clause. En effet, un salarié ne peut par avance accepter un changement d’employeur alors même
que le nouvel employeur appartiendrait au même groupe ou à la même unité économique et sociale.
- d’autre part de représentants du personnel des entreprises constituant le groupe dont le mandat est de 4 ans
(néanmoins, un accord de groupe peut fixer une durée comprise entre 2 et 4 ans).
Il reçoit des informations sur l’activité, la situation financière, l’évolution et les prévisions d’emploi annuelles ou
pluriannuelles et les actions éventuelles de prévention envisagées, dans le groupe et dans chacune des entreprises qui
le composent. De surcroît, il reçoit communication des comptes et du bilan consolidés ainsi que du rapport du
commissaire aux comptes correspondant.
Il est informé, dans ces domaines, des perspectives économiques du groupe pour l’année à venir (art. 3332-1 [Link].).
Dans le cas d’espèce, la structure décrite correspond à un groupe à l’intérieur duquel la SA PAPILLA a la qualité de
société mère en tant qu’entreprise dominante (cf. question 1). La constitution d’un comité de groupe est donc impérative,
soit à son initiative, soit par accord collectif, et à défaut par la voie judiciaire.
Auteur :
Léa Got
Agnès Lieutier
Grégory Lachaise
GROUPEMENT TAXIS
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Règles juridiques, fiscales et sociales gouvernant certains modes de coopération inter-entreprises : GIE
Le groupement d’intérêt économique a été institué en 1967 afin de permettre aux entreprises d’unir leurs efforts tout en
conservant leur indépendance
« Le GIE peut être constitué sans capital » – art. L251-3. Ses membres peuvent effectuer des apports en numéraire, en
nature et en industrie.
« Le contrat de GIE détermine l’organisation du groupement […] Il est établi par écrit et […] contient les indications
suivantes : dénomination, identité de chaque membre, la durée, l’objet, le siège » – art. L251-8.
« Le GIE jouit de la personnalité morale à dater de son immatriculation au RCS, sans que cette immatriculation emporte
présomption de commercialité du groupement » – art. L251-4.
Dans le cas, nous sommes en présence de 5 personnes physiques, des artisans taxis, et d’une personne morale (la
SARL) qui veulent constituer un GIE sans capital et dont l’objet est de développer leur activité, puisqu’il s’agit d’une part
de mettre en œuvre des moyens communs (communication), et d’autre part d’adjoindre une activité touristique. Le
groupement se rattache bien à l’activité initiale des membres : le transport. En groupant leurs moyens, ils pourront mieux
répondre à la demande (24H/24H - 7j/7). Ce GIE est bien le prolongement de l’activité économique de ses membres,
lesquels poursuivront leur activité propre de transport.
Le GIE a une dénomination sociale : GIE Groupement-Taxis-Lourdes.
La durée du GIE est fixée à 3 ans.
Le GIE doit être immatriculé au RCS, que son objet soit civil ou commercial, pour bénéficier de la personnalité morale.
Conclusion : le GIE constitué est légal.
Dans le cas, les membres ont dû désigner au moins un administrateur parmi ses membres ou en dehors d’eux (un tiers)
selon des modalités qu’ils ont déterminées (majorité, durée des fonctions, attributions, conditions de révocation).
Le ou les administrateurs ont engagé le GIE par le contrat avec le prestataire de services qui a mis en place le site
Internet, car il s’agit d’un contrat qui entre dans le cadre de l’objet du GIE (il permet le fonctionnement du GIE).
c) Contrôle du GIE
Par sa participation aux assemblées et son droit de vote, le membre du GIE exerce un contrôle de la gestion.
De plus, la loi impose un contrôle de gestion dont les modalités sont librement déterminées par le contrat. L’article L251-
12 al. 1 impose seulement que le(s) contrôleur(s) de gestion soi(en)t des personnes physiques. La mission, les pouvoirs,
les conditions de nomination, de révocation, la durée des fonctions des contrôleurs sont fixés dans le contrat.
Le contrôle des comptes impose l’intervention d’un commissaire aux comptes qui devra être nommé par l’assemblée des
membres dans 2 cas :
- si le GIE émet des obligations ;
- si le GIE compte 100 salariés ou plus à la clôture d’un exercice.
Dans les autres cas, le contrôle des comptes est organisé librement par le contrat.
En conclusion, pour répondre au chauffeur de taxi : il a raison de s’inquiéter de sa responsabilité puisque si le GIE a des
dettes, il devra les assumer indéfiniment et solidairement sur son patrimoine personnel. C’est pourquoi il est important
qu’il assiste aux assemblées pour suivre les dépenses de fonctionnement du GIE et participer aux décisions. Par
l’intermédiaire du contrôleur de gestion, il aura une vision de la gestion. Il est fort peu probable que la présence du
commissaire aux comptes soit obligatoire dans le cas, mais il pourra la suggérer. Enfin, il peut se porter candidat au
poste d’administrateur pour assumer la gestion du GIE.
• Puis ce résultat fiscal est réparti entre les membres, conformément aux dispositions du contrat de groupement, ou, à
défaut, par fractions égales. Au cas présent, la fraction de résultat du GIE, déterminée selon les règles BIC, sera
répartie entre les 5 associés personnes physiques, et la fraction de résultat déterminée selon les règles IS sera
affectée à la SARL membre du GIE.
Exemple : Résultat calculé selon méthode BIC = 660
Résultat calculé selon méthode IS = 600
Hypothèse de répartition égalitaire pour chaque membre.
- Fraction répartie aux 5 membres personnes physiques :
660 / 6 membres = 110 par membre, soit 550 répartis
- Fraction répartie à la SARL membre
600 / 6 membres = 100 par membre, soit 100 répartis
NB : Dans l’imprimé de déclaration du résultat fiscal n°2058-A (régime du réel normal), deux lignes sont réservées pour la prise en
compte (en régime BIC ou IS) de la quote-part de résultat provenant d’un GIE : il s’agit de la ligne WL lorsque le GIE transfère
un bénéfice et de la ligne WT lorsque le GIE transfère une perte.
L’employeur est contraint d’appliquer les dispositions d’une convention collective dès lors qu’il en est le signataire ou
qu’il fait partie d’une organisation patronale signataire. La convention est alors applicable aux entreprises qui entrent
dans son champ d’application territorial et professionnel.
Dans deux hypothèses, la convention collective a vocation à s’appliquer en l’absence même d’adhésion de l’employeur
au groupement patronal signataire ou de participation personnelle à la conclusion de la convention. En effet, le ministre
du travail peut, par voie d’arrêté, étendre ou élargir le champ d’application d’un texte existant.
L’extension consiste, par voie ministérielle, à étendre l’application d’une convention collective à toutes les entreprises qui
entrent dans son champ professionnel (art. L2261-15 ; L2261-16 [Link].)
L’élargissement consiste à élargir le champ d’application d’une convention collective existante à une branche d’activité
ou à un nouveau secteur territorial qui en est dépourvu (art. L2261-17 [Link].).
En l’absence d’obligation, l’employeur peut décider d’appliquer volontairement les dispositions d’un texte collectif auquel
il n’est par définition pas soumis.
Dans les relations individuelles de travail, l’employeur peut librement décider d’appliquer les dispositions d’une
convention collective (par exemple en matière de rémunération, congés, primes…). Cette application a la valeur d’un
usage et en produit les effets juridiques. L’intention de l’employeur peut être déterminée par l’indication sur le bulletin de
paye de la convention collective. Elle vaut alors présomption d’applicabilité du texte, mais l’employeur est fondé à en
apporter la preuve contraire ([Link]. 15.11.2007).
L’employeur peut aussi librement décider d’adhérer à une convention ou un accord collectif (art. L2261-3 [Link].). Cet
acte de volonté unilatéral n’a pas à recevoir l’assentiment des signataires. Les seules obligations de forme consistent en
une notification de l’adhésion aux signataires et d’un dépôt conformément aux dispositions des articles D2231-1 et
suivants du code du travail.
Par contre, si l’adhésion a pour effet de rendre applicable une convention de branche ou un accord professionnel
n’entrant pas dans son champ d’application, elle nécessite la conclusion d’un accord collectif entre les parties. Il peut
s’agir d’un agrément des organisations syndicales représentatives lorsque l’entreprise n’entre pas dans le champ
d’application de la convention ou de l’accord professionnel.
En l’espèce, l’activité de transport de voyageurs par taxi est référencée sous le code NAF 4932Z (cf. nomenclature
applicable depuis janvier 2008), mais aucune convention collective ne lui est applicable car l’activité se situe en province
(la convention collective applicable au transport de voyageurs par taxi n’est applicable qu’en région parisienne). Ce sont
donc les dispositions du code du travail qui s’appliqueront.
Auteur :
Léa Got FACOR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
1. Parité d’échange
400 000 200 000
Valeur de l’action FACOR = = 400 euros Valeur de l’action LE MARON = = 40 euros.
1 000 5 000
400
Le rapport d’échange est = 10. Il faudra 10 actions de la société LE MARON pour 1 action de la société FACOR.
40
2. Prime de fusion
Elle est égale à la valeur réelle de FACOR (400 ) moins sa valeur nominale (200 ), soit 200 .
La prime de fusion aura un montant total de 200 x 500 actions nouvelles = 100 000 .
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Source : Dictionnaire permanent de droit des affaires, Éd. législatives et administratives, 1989
La loi du 19.06.2008 autorise désormais les actionnaires des sociétés participant à l’opération de fusion à écarter la
désignation d’un commissaire à la fusion. Cette décision doit être prise à l’unanimité par les actionnaires des sociétés
participant à l’opération – art. L236-10-I et II.
L’obligation par le CA ou le directoire (le gérant dans les SCA, le président dans la SAS) d’établir et de mettre à
disposition des actionnaires un rapport écrit sur l’opération envisagée (fusion ou scission) pourra être écartée par
décision prise à l’unanimité des actionnaires de toutes les sociétés participant à l’opération – art. L236-9 al. 4 modifié par
la loi du 17.05.2011.
5. Qualification de la fusion et ses conséquences juridiques pour les actionnaires, les créanciers non
obligataires et les salariés de la société absorbée Le Maron
La fusion est une opération par laquelle 2 sociétés se réunissent pour n’en former qu’une seule.
Elle peut résulter :
- soit de la création d’une société par une autre ;
- soit de l’absorption d’une société par une autre.
e
C’est le 2 procédé de fusion absorption qu’a utilisé FACOR puis qu’elle absorbe LE MARON.
La fusion entraîne la transmission universelle du patrimoine (TUP) de la société absorbée au profit de la société
absorbante. Cette dernière se substitue à la société absorbée dans tous ses biens, droits ou obligations.
Les actionnaires de la société absorbée deviennent des associés de la société absorbante dans les conditions
déterminées par le contrat de fusion (L236-3 [Link]). Les titres sont échangés selon la parité d’échange (ici 1 action
FACOR contre 10 actions LE MARON).
Les créanciers non obligataires de la société absorbée deviennent des créanciers de la société absorbante – art.
L236-14 al. 1.
Les créanciers non obligataires des sociétés participant à l’opération de fusion et dont la créance est antérieure à la
publicité donnée au projet de fusion, peuvent former opposition dans un délai (30 jours). Une décision de justice rejette
l’opposition ou ordonne, soit le remboursement des créances, soit la constitution de garanties si la société absorbante en
offre et si elles sont jugées suffisantes – art. L236-14 al. 2. À défaut de remboursement des créances ou de constitution
de garanties ordonnées, la fusion est inopposable à ce créancier – art. L236-14 al. 3.
Pour les salariés de la société absorbée, le code du travail prévoit la transmission des contrats de travail de plein
droit à la société absorbante. Le comité d’entreprise des sociétés intéressées doit être consulté obligatoirement et
préalablement à l’opération de fusion.
Cependant, la fusion n’est pas considérée par la jurisprudence comme une opération de gestion puisque la décision
relève d’un vote des actionnaires en AGE. En effet, l’expertise de gestion ne peut concerner que les actes de gestion
accomplis par les dirigeants et non les décisions prises par l’assemblée générale des actionnaires (Arrêts de C.A Paris
8.11.1991 – Cass. Com. 30.05.1989).
Une personne physique peut être associée unique de plusieurs sociétés à responsabilité limitée.
Une société à responsabilité limitée peut avoir pour associé unique une autre société à responsabilité limitée composée
d’une seule personne depuis l’ordonnance du 31.07.2014.
Cas d’espèce : la SA FACOR peut être associé unique de plusieurs EURL. Au niveau de la gérance, l’article L223-18
al. 1 [Link] énonçant que la SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques, la SA FACOR ne peut être
gérant de la future SARL. Il lui suffira de trouver un tiers (par exemple le dirigeant de la SA) qui assurera les fonctions de
gérant.
b) La SASU : elle peut être instituée par une seule personne dénommée « associé unique » – art. L227-1. La loi du
4.8.2008 a supprimé l’exigence d’un capital minimum et l’obligation de désigner un commissaire aux comptes pour la
SAS ne dépassant pas certains seuils. La société est représentée à l’égard des tiers par un président qui peut être une
personne physique ou une personne morale. Les conditions de nomination et de révocation du président sont librement
fixées par les statuts – art. L227-6 al 1.
De plus, une personne physique ou une personne morale peut créer plusieurs SASU et la SASU peut avoir une autre
SASU en qualité d’associé.
Cas d’espèce : la SA FACOR peut créer une SASU (ou plusieurs) dont le président pourrait être le dirigeant actuel de la
SA.
Conclusion : compte tenu de la souplesse de la SASU, on peut conseiller à M. Corsiglia de créer une filiale sous la
forme d’une SASU.
En l’espèce, le régime dépendra de l’associé unique : s’il est une personne morale (la SA FACOR), c’est le régime de
l’IS qui s’appliquera à l’EURL.
Cas d’espèce : la société FACOR peut être associé unique d’une ou de plusieurs SASU. La société FACOR peut en
être le président.
SA FACOR
+50% 100%
100%
EURL ou EURL ou
SCI
SASU SASU
TROISIÈME PARTIE
9. La lettre d’intention
a) Description
Technique anglo-saxonne, la pratique l’a développée en France en dehors de toute intervention législative, mais la
réforme des sûretés de 2006 l’a introduite dans notre droit. L’article 2322 du Code civil en donne la définition suivante :
« La lettre d’intention est l’engagement de faire ou de ne pas faire ayant pour objet le soutien apporté à un débiteur dans
l’exécution de son obligation envers son créancier. »
L’article 2287-1 qualifie expressément la lettre d’intention de sûreté personnelle.
La lettre d’intention est utilisable par toute personne physique ou morale qui veut aider un débiteur à remplir ses engagements
vis-à-vis du créancier. Elle oblige celui qui signe la lettre d’intention à faire (ex. : payer au lieu et place du débiteur) ou ne pas
faire (la société mère s’engage à ne pas céder sa participation dans sa filiale pendant la durée de l’emprunt).
Le document en Annexe est une lettre adressée par une société mère à la banque qui consent un crédit à l’une de ses
filiales pour rassurer la banque quant aux engagements contractés par la filiale. Ce moyen peut être moins contraignant
que la caution, puisque la lettre d’intention permet d’échapper à l’autorisation préalable du conseil d’administration ou du
conseil de surveillance dans les SA (L225-35 et L225-68 [Link]) et quel que soit le type de société commerciale, à la
mention de la garantie parmi les engagements hors bilan (L232-1-I [Link]).
En dehors de l’appellation « lettre d’intention », on en trouve d’autres : lettre de confort, de patronage, de parrainage, de
soutien, d’apaisement ou encore de bonne fin.
Première catégorie : Lettre ne contenant aucune obligation juridique pour la société mère
Dans cette lettre, la société mère présente sa filiale à la banque ou reconnaît être informée du crédit accordé à sa filiale
ou indique qu’elle connaît la situation financière de cette dernière et que celle-ci est en mesure de faire face à ses
obligations. La banque, en général, ne se contente pas de ce type de lettre.
Cette lettre n’est pas une lettre d’intention au sens de l’article 2322 et n’a pas à être soumise à autorisation du CA.
Cas d’espèce : La banque propose à la SA FACOR la lettre contenant une obligation de résultat. Il s’agit d’une lettre
d’intention qui sera soumise à autorisation du CA et devra figurer en annexe de son bilan dans l’état des sûretés
consenties par la SA FACOR.
Conclusion
Si la lettre d’intention ne comporte pas d’engagement au sens de l’art. 2322, elle ne constitue pas une sûreté et n’est pas
soumise à autorisation du CA ou du CS. Mais si elle contient une obligation (de moyen ou de résultat), elle doit être
soumise à autorisation car il s’agit d’une sûreté personnelle. La prudence devrait inciter les créanciers (les banques) à
demander dans tous les cas aux sociétés signataires de lettres d’intention de fournir la délibération du conseil.
La sanction du défaut d’autorisation est l’inopposabilité de la lettre d’intention à la société (en clair, le créancier ne peut
pas demander à la société mère de payer à la place de sa filiale).
Application : La SA FACOR détenant 100% de sa future filiale, le prêt échappe au régime des conventions
réglementées. C’est une convention libre.
Auteur :
Agnès Lieutier [Link]
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Les sociétés [Link] et FIN sont sous contrôle distinct : la fusion doit se faire en valeurs réelles.
La SA [Link] a dégagé au titre de la période 01/01/N - 06/05/N un déficit fiscal de 1 240 800 .
La SA [Link] doit aussi être imposée en N sur les provisions ou dépréciations devenues sans objet. Mais ici elles
conservent leur objet.
Enfin, la SA [Link] est exonérée d’IS sur les plus-values nettes afférentes à l’ensemble des éléments de son actif
(immobilisé ou circulant).
Ce déficit est définitivement perdu puisqu’il n’y a pas de possibilité de report en arrière.
Il en est de même pour la MV à LT (10 200 ).
Face à cette situation, il serait opportun de donner un effet rétroactif à cette fusion au 1/01/N. Ainsi, le déficit de la
période intercalaire serait compensé avec les résultats fiscaux N de la société absorbante FIN. Ceci serait d’autant plus
intéressant que les déficits des sociétés soumises à l’IS sont reportables en avant sans limitation de durée. De même, la
MV à LT de 10 200 serait agrégée avec les éventuelles PV à LT à 15% de la société FIN et, si elle n’ était pas
compensée en N, serait reportable sur les PV à LT des 10 exercices suivants.
NON AMORTISSABLE
Droit au bail (1) 0 500 000 500 000
Titres de participation 1 (2) 3 050 000 1 200 000 1 850 000
Titres de participation 2 (2) 300 000 200 000 100 000
Titres de participation 3 (2) 200 000 300 000 100 000
Terrains (1) 700 000 400 000 300 000
Valeurs mob. de plac. (3) 170 100 170 100 0
------------- ------------- ----------- ----------- ---------- -------------
4 420 100 2 770 100 500 000 400 000 100 000 1 850 000
- 100 000 + 1 750 000
AMORTISSABLE
Constructions (1) 4 300 000 2 000 000 2 300 000
Matériel et outillage (1) 5 500 000 3 000 000 2 500 000
Mobilier (1) 500 000 600 000 100 000
-------------- ------------ ---------- -------------
10 300 000 5 600000 100 000 4 800 000
+ 4 700 000
(1) Il s’agit de biens autres que titres de participation et titres assimilés : toutes les PV et MV sont à CT.
(2) Les titres de participation bénéficient du régime du LT lorsqu’ils ont été acquis il y a plus de 2 ans (cas des titres 1 et 3). Les
PV/MV sont à CT lorsqu’ils ont été acquis il y a moins de 2 ans (cas des titres 2).
(3) Les titres du portefeuille exclus du régime du LT (car ne constituant pas des titres de participation au sens fiscal) sont
assimilés, pour le régime de faveur des fusions, à des éléments de l’actif immobilisé non amortissables (mais n’ouvrant pas
droit au régime du LT).
S’agissant des titres de participation, [Link] ne doit pas réintégrer de quote-part de frais et charges dans son résultat
fiscal : en effet, la plus-value sur titres n’est pas exonérée au titre du régime de droit commun d’imposition à taux 0%
des PV avec réintégration d’une quote-part de 12%, mais au titre du régime des fusions, qui neutralise complètement
l’opération.
FIN s’engage à calculer les PV/MV ultérieures par rapport à la valeur fiscale des titres chez [Link] : ce n’est que lors
des cessions futures des titres que la quote-part de 12% sera calculée, sur la plus-value calculée en retenant comme
prix de revient la valeur fiscale chez [Link].
La société absorbante FIN doit doter une provision pour impôt (non déductible fiscalement).
Cette provision sera de :
- constructions : 2 300 000 x 14/15 x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 739 169
- autres éléments : 2 400 000 x 4/5 x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 661 120
6. Conséquences fiscales pour SYNSTAL de l’échange des actions [Link] contre les actions FIN
La plus-value résultant de cet échange de titres est neutralisée fiscalement lors de la fusion, quelle que soit la valeur
pour laquelle sont inscrits les titres reçus de l’absorbante FIN. Cette plus-value est comprise dans le résultat au cours
duquel les titres de l’absorbante FIN sont cédés par SYNSTAL. Ce régime est applicable quel que soit le régime de la
fusion (régime de droit commun ou de faveur). La fusion a donc pour SYNSTAL un caractère intercalaire.
Auteurs :
Agnès Lieutier
Léa Got
TIC TAC
Grégory Lachaise
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Dans le contexte étudié ici, c’est la troisième solution qui est la plus adaptée. En effet, l’associé unique de TAC étant une
personne morale, la décision (unilatérale de l’actionnaire unique TIC) de dissolution de TAC entraîne l’absence de
liquidation et la transmission universelle de son patrimoine au profit de TIC. (art. 1844-5 al. 3 [Link].)
NB : lorsque l’associé unique est une personne physique, la décision de dissoudre la société à associé unique doit obligatoirement
être suivie de la liquidation de ses biens (art. 1844-5 al 4 [Link].)
Cette dissolution sans liquidation permet d’aboutir à la situation juridique souhaitée par Monsieur Christian par une
simple décision de TIC : le formalisme des fusions (même s’il s’agit d’une fusion simplifiée), ou des cessions de fonds de
commerce, est ainsi évité.
La dissolution décidée par un actionnaire unique personne morale entraîne obligatoirement absence de liquidation (art
1844-5 al 3 [Link].) ; l’actionnaire ne peut déroger à cette règle (en ce sens CA Douai 14/11/1996).
Formalités de publicité :
- déclaration par M. Christian (ou toute personne à qui il aura donné un pouvoir) au greffe du tribunal de commerce par
la production de la décision de dissolution prise par TIC, en vue de l’apposition de la mention de dissolution au RCS ;
- insertion dans un journal d’annonces légales de la déclaration de dissolution (point de départ du délai d’opposition
des créanciers, cf. question 5) ;
- inscription au Bodacc.
prescriptions comptables. Peu importe donc que les valeurs réelles de certains éléments de l’actif soient supérieures aux
valeurs comptables.
NB : conformément à l’article 710-1 du PCG (règlement ANC n°2014-03 du 05/06/2014) les règles comptables prévues pour les
fusions sont applicables aux opérations de confusion de patrimoine visées par l’article 1844-5 du code civil.
Toutefois, l’administration fiscale admet qu’une rétroactivité (seulement fiscale, mais limitée à l’IS, non applicable pour la
TVA, la contribution économique territoriale…) puisse être attribuée aux dissolutions sans liquidation, à la condition que
la décision de dissolution mentionne expressément une date d’effet fiscal antérieure à sa date d’effet juridique, et que
er
cette date ne soit pas antérieure au 1 jour de l’exercice en cours chez la filiale à la date de la décision.
Exemple : décision de dissolution le 10 décembre N pour un exercice social calqué sur l’année civile : la rétroactivité
er
fiscale peut être fixée au 1 janvier N, et ce alors même que juridiquement la dissolution prendra effet le 10
janvier N+1 (en l’absence d’opposition).
Conclusion : une clause de rétroactivité figurant dans la décision de dissolution a un effet fiscal et non juridique. Elle
permet d’agréger les résultats fiscaux N de TIC et de TAC.
Représentation du personnel
Les dispositions légales relatives aux délégués du personnel s’appliquent sans distinction à toutes les entreprises et tous
les établissements indifféremment de leur forme ou de leur objet (association, sociétés civiles ou commerciales,
professions libérales … ayant une activité agricole, industrielle ou commerciale). Leur mise en place est obligatoire dès
lors que l’entreprise comprend un effectif d’au moins 11 salariés, atteint pendant 12 mois consécutifs ou non, au cours
des trois années précédentes.
TIC emploie 42 salariés : elle dispose donc de délégués du personnel. Néanmoins, ils n’exercent les fonctions
économiques du comité d’entreprise que dans les entreprises de 50 salariés et plus en cas de carence de ce dernier.
Par conséquent TIC n’a pas l’obligation légale de les consulter sur le projet de dissolution.
TAC emploie 10 salariés. En l’absence d’institutions représentatives du personnel, aucune obligation ne lui incombe en
la matière.
L’article L 1224-1 du code du travail dispose : « Lorsque survient une modification dans la situation juridique de
l’employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société de l’entreprise, tous les
contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de
l’entreprise ». Cette position de principe rend impérative le maintien des contrats en cours vers la nouvelle entité, et ce,
quelle que soit la nature des contrats de travail (CDI, CDD, contrats d’apprentissage, contrats de professionnalisation…).
Le transfert s’effectue de plein droit et automatiquement, autrement dit, aucune procédure ou démarche n’est
nécessaire, et l’employeur ne peut s’y opposer. Le transfert intègre tous les éléments du contrat tels que la
rémunération, la qualification, l’ancienneté ou encore les clauses contractuelles pouvant y figurer. Tous les droits sont
transférés et doivent être considérés d’après la totalité des services accomplis auprès du premier employeur. TIC
intégrera l’ensemble des salariés de TAC à ses effectifs sans pouvoir modifier unilatéralement leurs contrats de travail
dans l’ensemble de leurs dispositions.
À noter une décision importante de la cour de cassation en date du 17 juin 2009 (bien que non applicable ici). Par cet
arrêt, la haute juridiction précise que l’article L1224-1 du code du travail, interprété à la lumière de la directive
n° 2001/23/CE du 12 mars 2001, ne s’applique qu’en cas de transfert d’une entité économique autonome. Le transfert
d’une telle entité ne s’opère que si des moyens corporels ou incorporels significatifs et nécessaires à l’exploitation de
l’entité sont repris, directement ou indirectement, par un autre exploitant. Si tel n’est pas le cas, le transfert suppose
l’accord du salarié, lequel ne peut résulter de la seule poursuite du travail.
À défaut, les licenciements doivent être considérés sans cause réelle et sérieuse (art. 1233-2 [Link].) (le transfert est
d’ordre public) et ouvrent droit à contestation par le(s) salarié(s) concerné(s). Le juge peut proposer la réintégration dans
l’entreprise, avec maintien des avantages acquis. En cas de refus, l’indemnité, à la charge de l’employeur, ne peut être
inférieure aux salaires des six derniers mois (art. L1235-3 C. trav.). Si l’entreprise compte moins de 11 salariés ou si leur
ancienneté est inférieure à 2 ans, l’indemnité, seule possible, est fonction du préjudice.
Par conséquent la transmission universelle de patrimoine de TAC ne peut en aucun cas justifier une procédure de
licenciement économique.
Sur ces deux points, sans y être astreinte immédiatement, la société TIC devra envisager leur mise en place.
Sur les conventions et accords collectifs applicables, trois situations peuvent se présenter :
- soit la convention collective est identique et les mêmes dispositions s’appliquent ;
- soit le nouvel employeur est dépourvu de convention collective ;
- soit la convention collective de la nouvelle entité est différente de celle applicable aux salariés transférés.
Dans les deux dernières hypothèses la remise en cause des accords existants s’opère de fait. Dans les 3 mois du
transfert une négociation doit s’ouvrir sur les dispositions applicables ou sur l’élaboration d’un nouveau statut. À défaut
d’accord, les anciennes dispositions sont maintenues pendant un an à compter des 3 mois susvisés au terme duquel ils
cessent de s’appliquer (art. L 2261-14 [Link].).
D’autre part, les usages et engagements de l’ancien employeur subsistent, mais peuvent être remis en cause dans la
nouvelle structure à condition d’en respecter le formalisme (dénonciation).
En l’espèce, au regard des éléments fournis, les salariés de TAC seront soit soumis à la convention collective de TIC,
soit, à défaut de nouvel accord, leur statut collectif sera maintenu pendant 15 mois.
Quant aux mandats des représentants du personnel chez TIC, ils ne subissent aucune modification. Par contre, si une
telle institution existait dans l’entité transférée, les mandats subsisteraient jusqu’à leur terme sous la condition que
l’entreprise transférée conserve son autonomie juridique. Cette notion est souvent appréciée extensivement et conduit
régulièrement au maintien des mandats en cours. À défaut, les fonctions des représentants du personnel cessent.
La mise à la retraite
Conditions
• Principe
La mise à la retraite par l’employeur ne peut intervenir unilatéralement avant l’âge de 69 ans révolus compris. Entre
l’âge minimum permettant de recevoir une pension à taux plein et 69 ans, l’employeur peut la proposer au salarié,
mais elle ne peut intervenir sans l’accord de ce dernier selon la procédure suivante.
• Procédure
Trois mois avant la date de l’anniversaire du salarié, l’employeur doit l’interroger sur son intention de quitter
l’entreprise. En cas de réponse négative, il ne peut procéder à sa mise à la retraite mais peut renouveler sa demande
l’année suivante dans les mêmes conditions.
À partir de 70 ans, l’employeur peut librement mettre à la retraite le salarié sans qu’il ne puisse s’y opposer.
Effets
Le salarié bénéficie d’une indemnité de départ en retraite équivalente au minimum à l’indemnité légale de licenciement.
L’indemnité de mise à la retraite (donc, à l’initiative de l’employeur) est exonérée d’IR à hauteur du plus élevé des 3
montants suivants :
1. montant de l’indemnité de mise à la retraite prévu par la convention collective (quel que soit ce montant) ;
2. moitié de l’indemnité de mise à la retraite perçue, cette moitié étant plafonnée à 190 200 en 2015 (5 x plafond
annuel de la Sécurité Sociale) ;
3. 2 fois la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l’année civile précédant sa mise à la retraite,
ce montant de 2 fois la rémunération étant plafonné au même montant (190 200 pour 2015).
L’éventuelle fraction d’indemnité dépassant le plafond applicable est soumise à l’IR dans la catégorie des traitements et
salaires.
Le départ à la retraite
Conditions
Le départ à la retraite intervient à l’initiative du salarié et l’âge minimal pour en bénéficier dépend de l’année de
er er
naissance du salarié. S’il est né avant le 1 juillet 1951, l’âge légal de départ est de 60 ans. Après le 1 juillet 1951, l’âge
minimum augmente progressivement pour atteindre 62 ans en 2017. Le taux de la pension versée dépendra du nombre
de trimestres cotisés.
Effets
Il doit respecter un préavis dont la durée est de 1 mois pour les salariés ayant une ancienneté d’au moins 6 mois et
moins de 2 ans dans l’entreprise et de 2 mois pour les salariés ayant une ancienneté d’au moins 2 ans.
En outre, sous condition de justifier d’une ancienneté de 10 ans, le salarié bénéficie d’une indemnité légale (ou
conventionnelle si elle est plus favorable) spécifique qui correspond à :
- 1/2 mois du salaire de référence après 10 ans d’ancienneté ;
- 1 mois après 15 ans ;
- 1 mois 1/2 après 20 ans ;
- 2 mois après 30 ans d’ancienneté.
L’indemnité de départ à la retraite (donc, à l’initiative du salarié) est imposable à l’IR dans la catégorie des traitements et
salaires. Aucune exonération n’est possible.
Auteur :
Léa Got OLYGIRL
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
La loi offre un éventail de solutions pour éviter le dépôt de bilan, préserver la survie de l’entreprise et le maintien de
l’emploi
Dans le cas, la SA OLYGIRL emploie 350 salariés. Le conseil d’administration devra établir les documents de gestion
prévisionnelle, le rapport sur l’évolution de la société et les communiquer au commissaire aux comptes et au comité
d’entreprise.
2. Le droit d’alerte
La loi prévoit un dispositif d’alerte réservé aux sociétés commerciales, aux GIE et aux entreprises commerciales ou
artisanales, visant à attirer l’attention des dirigeants sociaux sur la nécessité de prendre des mesures en vue de
redresser la situation. Ont le droit d’alerte :
- les commissaires aux comptes sur « des faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » – L234-1 al.
1 [Link] ;
- les associés sur « tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » s’ils détiennent au moins 5%
du capital social dans la société anonyme – L225-232 [Link], l’associé non gérant, quelle que soit sa détention de
capital dans la SARL – L223-36 [Link]. Ce droit est aussi reconnu aux associations d’actionnaires existant dans
les SA cotées ;
- le comité d’entreprise sur des « faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de
l’entreprise » – art. L2323-78 Code du Travail ;
- le président du tribunal de commerce lorsqu’il résulte de tout acte, document ou procédure qu’une société
commerciale connaît des « difficultés de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » – art. L611-2 al. 1
[Link].
Le président du tribunal de grande instance a le droit d’alerte à l’égard des personnes morales ou physiques exerçant
une activité professionnelle agricole ou indépendante ou une profession libérale soumise à un statut législatif ou
réglementaire depuis 2014.
Dans le cas, la situation de la SA OLYGIRL (baisse régulière du chiffre d’affaires, pertes depuis deux ans, menaces de
suppression de crédits de la part des banquiers) est de nature à compromettre la continuité de l’exploitation. M. Astic doit
en informer le président du conseil d’administration – art. L234-1 al. 1 [Link].
Démarches de l’actionnaire
Dans la SA, un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5% du capital social ou, s’il s’agit d’une société cotée
sur un marché réglementé, une association d’actionnaires de la société, peuvent, deux fois par exercice, poser par écrit
des questions au président du conseil d’administration ou du directoire sur tout fait de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation. La réponse est communiquée au commissaire aux comptes – art. L225-232 [Link].
4. La conciliation
a) Procédure de conciliation
Il est institué, devant le tribunal de commerce, une procédure de conciliation dont peuvent bénéficier les personnes
exerçant une activité commerciale ou artisanale qui éprouvent une difficulté juridique, économique ou financière, avérée
ou prévisible, et ne se trouvent pas en cessation des paiements depuis plus de quarante-cinq jours – art. L611-4 C. Com
La procédure de conciliation est applicable, dans les mêmes conditions, aux personnes morales de droit privé y compris
les professions libérales. Art. L611-5 C. Com
Cette procédure tend à favoriser le redressement de l’entreprise grâce à l’intervention d’un conciliateur désigné par le
président du tribunal de commerce (ou le président du TGI), qui aura pour mission d’obtenir la conclusion d’un accord
entre le débiteur et les créanciers de celui-ci sur des délais de paiement ou des remises de dettes.
La SA OLYGIRL est une personne morale exerçant une activité commerciale et elle n’est pas en état de cessation des
paiements. Elle connaît des difficultés financière et économique et son dirigeant voudrait obtenir des délais de paiement
ou des remises de dettes de la part de ses créanciers sociaux. La SA OLYGIRL entre dans le champ d’application de la
procédure de conciliation.
Conclusion
La procédure de conciliation est confidentielle et moins lourde que celle de la sauvegarde ; le dirigeant conserve son
pouvoir de gestion. Elle correspond à un niveau de difficulté moins grand que celui de la sauvegarde. En l’état de la
situation de la société OLYGIRL qui rencontre une difficulté de trésorerie, il semble que la procédure de conciliation
suffise à lui permettre de surmonter ses difficultés. Si elle obtient de ses créanciers des délais de paiement, elle pourra
faire face à ses échéances.
NB : la loi du 22.10.2010 de régulation bancaire et financière met en place une nouvelle forme de sauvegarde limitée au cercle
des créanciers financiers d’une entreprise : la sauvegarde financière accélérée (SFA). Cette procédure est réservée aux
entreprise d’une certaine taille – art. L628-1 svts [Link] modifié par la loi du 22.03.2012.
Auteusr :
Léa Got
Grégory Lachaise
GREEN-FARINA-GRENIER
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
DOSSIER GREEN
1. Modalités de mise en place et contenu du plan de sauvegarde de l’emploi.
La procédure d’établissement du PSE a été profondément remaniée par la loi du 14 juin 2013 (art.1233-21 à 1233-24-4
Ctrav.) avec pour objectif de favoriser la négociation du contenu du PSE. Préalablement aux deux modalités prévues par
le législateur il reste toujours possible de conclure des accords de méthodes avec le comité d’entreprise qui peut
formuler toute proposition quant au contenu du PSE. La nouvelle procédure n’est pas non plus exclusive de la
consultation obligatoire des institutions représentatives du personnel.
Pour les entreprises assujetties au PSE (entreprise d’au moins 50 salariés, licenciement d’au moins 10 salariés sur
une période de 30 jours), la loi prévoit désormais deux procédures d’établissement du PSE:
- L’établissement du PSE par voie négociée. Le plan ainsi que les modalités de consultation du comité
d’entreprise peuvent être établis conjointement par l’employeur et les organisations syndicales représentatives dans le
cadre d’un accord qui doit être adopté par une ou plusieurs organisations syndicales représentatives ayant recueilli au
moins 50% des suffrages exprimés en faveur d'organisations reconnues représentatives au premier tour des dernières
élections des titulaires au comité d'entreprise ou de la délégation unique du personnel ou, à défaut, des délégués du
personnel, quel que soit le nombre de votants. Le plan entre alors en vigueur après validation par la DIRECCTE qui peut
à tout moment de la procédure formuler des propositions et observations. La notification des licenciements aux salariés
concernés peut ensuite intervenir.
- L’établissement du PSE par voie unilatérale. L’employeur qui n’est pas tenu d’engager des négociations en
vue d’un accord sur le PSE ou en cas d’échec de ces dernières, peut, après la dernière consultation du CE, établir un
document unilatéral fixant le contenu du PSE dans le respect des dispositions impératives. Le document doit ensuite être
homologué par la DIRECCTE.
Quelle que soit la modalité, le PSE doit prévoir des actions de reclassement interne et externe, des actions de
formations et de VAE, des mesures d’aménagement du temps de travail, des dispositifs favorisant la création d'activités
nouvelles par l'entreprise.
Les licenciements prononcés malgré le refus d’homologation ou de la validation de la DIRECCTE sont nuls sauf cas
particuliers.
En l’espèce, la SA GREEN emploie 200 salariés et compte procéder au licenciement de 15 salariés, elle est donc
assujettie à l’obligation d’établir un PSE selon l’une des modalités prévue.
La lecture du cas nous indique que le tribunal a choisi de faire bénéficier la SA GREEN de la procédure de redressement
judiciaire. Son activité va se poursuivre, un plan de redressement va être recherché.
3. Obligation de M. Raq
L’ouverture de la procédure doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les 45 jours qui suivent la cessation
des paiements s’il n’a pas, dans ce délai, demandé l’ouverture d’une procédure de conciliation – art. L631-4 [Link].
Lorsqu’il s’agit d’une personne morale (cas d’espèce), cette obligation incombe à son représentant légal (M. Raq,
directeur général). Outre la déclaration, il déposera un certain nombre de pièces (d’où l’expression selon laquelle le
débiteur « dépose son bilan ») :
- les comptes annuels du dernier exercice ;
- un extrait d’immatriculation au RCS ;
- la situation de trésorerie datant de moins de trois mois ;
- le nombre de salariés et le montant du chiffre d’affaires ;
- un état chiffré des créances et dettes (avec identification des créanciers) ;
- un état actif et passif des sûretés ainsi que des engagements hors bilan ;
- un inventaire sommaire des biens du débiteur ;
- les noms et adresses des représentants du comité d’entreprise.
Le non-respect de cette obligation de déclaration expose le représentant légal à l’interdiction de diriger prévue par
l’article L653-8 [Link].
4. Désignation d’un administrateur judiciaire – Durée et finalité de la période d’observation – Comités de créanciers
Désignation d’un administrateur judiciaire
Le tribunal n’est pas obligé de désigner un administrateur judiciaire dans les entreprises de moins de 20 salariés et dont le
chiffre d’affaires hors taxes est inférieur à 3,1 millions d’euros. Il peut néanmoins en désigner un s’il l’estime nécessaire.
La SA GREEN a 200 salariés et réalise 50 millions d’euros de CA. La désignation d’un administrateur est obligatoire.
Période d’observation : durée et finalité
La période d’observation est d’une durée maximale de 6 mois qui peut être renouvelée une fois par décision motivée à la
demande de l’administrateur, du débiteur ou du ministère public. Elle peut être exceptionnellement prolongée à la
demande du procureur de la république par décision motivée du tribunal pour une durée fixée par décret en Conseil
d’état – art. L621-3 sur renvoi de l’article L631-7 [Link].
En principe, la période d’observation prend fin lorsque le tribunal prononce le plan de redressement, mais il peut y mettre
un terme avant s’il apparaît, au cours de cette période, que le débiteur dispose des sommes suffisantes pour
désintéresser les créanciers et acquitter les frais et les dettes afférents à la procédure.
Cette période d’observation va permettre à l’administrateur, avec le concours du débiteur et l’assistance éventuelle d’un
ou plusieurs experts, de dresser dans un rapport le bilan économique et social de l’entreprise et, au vu de ce bilan, de
proposer un plan de redressement – art. L623-1 C. Com.
Comités de créanciers
Les établissements de crédit et les principaux fournisseurs de biens ou de services sont réunis en deux comités de
créanciers par l’administrateur judiciaire, dans un délai de 30 jours à compter du jugement d’ouverture de la procédure. Le
débiteur présente à ces comités des propositions en vue d’élaborer le projet de plan de redressement – art. L626-30-2.
La constitution de ces comités de créanciers est obligatoire si le débiteur remplit les critères suivants :
- les comptes du débiteur ont été certifiés par un commissaire aux comptes ou établis par un expert-comptable ;
- le nombre de salariés est supérieur à 150 ou le chiffre d’affaires excède 20 millions d’euros.
La SA GREEN remplit les critères ci-dessus (un CAC certifie les comptes, 200 salariés, 50 millions d’euros de CA) : les
deux comités de créanciers devront être constitués.
DOSSIER FARINA
1. Chronologie des événements
Dates Événements
30.06 Réception de marchandises par la SARL Farina, non-paiement du fournisseur : la société EPU.
après le 30.06 Mise en demeure adressée par la société EPU.
après le 30.06 Assignation en ouverture de redressement judiciaire de la SARL Farina.
er
1 avril Date de cessation des paiements fixée par le tribunal.
30.07 Don d’un ordinateur de la SARL Farina à un de ses salariés.
30.08 Paiement d’une facture non échue par la SARL Farina.
er
1 septembre Date d’ouverture du jugement de redressement judiciaire.
10.09 Échéance de la facture déjà payée.
3. Période suspecte
Selon l’article L631-8, le tribunal fixe la date de cessation des paiements. À défaut de détermination de cette date, la
cessation des paiements est réputée intervenue à la date du jugement qui la constate. Elle peut être reportée une ou
plusieurs fois, sans pouvoir être antérieure de plus de 18 mois à la date du jugement constatant la cessation des paiements.
La période dite « suspecte » s’étend de la date de cessation des paiements à la date du jugement d’ouverture.
er
Application : la période suspecte se situe entre le 1 avril (date de cessation des paiements fixée par le tribunal) et le
er
1 septembre (date du jugement d’ouverture du redressement judiciaire) : elle est reportée de 5 mois en arrière. Sa
durée est légale puisqu’elle est inférieure à 18 mois.
Sont déclarés nuls, de façon obligatoire par le tribunal lorsqu’ils auront été passés par le débiteur depuis la date de
cessation des paiements :
- tout paiement pour dette échue fait autrement qu’en espèces : c’est le cas du don de l’ordinateur au salarié effectué
le 30 juillet, pendant la période suspecte ;
- tout paiement pour dette non échue au jour du paiement quel qu’en ait été le mode : c’est le cas de la facture
payée par le débiteur le 30 août alors que la date d’échéance était au 10 septembre – art. L632-1 [Link].
L’action en nullité peut être exercée par l’administrateur judiciaire, mais aussi par le représentant des créanciers ou par
le commissaire à l’exécution du plan.
La loi n’a pas prévu de délai pour agir, mais l’action en nullité ne peut être engagée après le dépôt de l’état des créances
admises par le juge-commissaire.
L’intérêt de cette action est de reconstituer l’actif du débiteur. Le bien donné devra être restitué (si possible) ou sa
contre-valeur (cas de l’ordinateur) ; une somme devra être remboursée (cas du montant de la facture payée).
DOSSIER GRENIER
Note de synthèse
1. Présentation des faits
me
M Grenier, exerce la profession de masseur-kinésithérapeute, profession libérale. Elle a demandé à une
commission de surendettement de faire application de la législation prévue dans ce domaine par le code de la
me
consommation en janvier 2006. Sa caisse de retraite, la CARPIMKO, est créancière de M Grenier et conteste
l’application des mesures de surendettement décidées qui lui impose un rééchelonnement de sa créance.
2. La procédure
La CARPIMKO saisit le juge de l’exécution qui connaît de la procédure du traitement des situations de
surendettement. Le jugement rendu le 6.04.2006 confirme la décision de la commission de surendettement. La
CARPIMKO interjette appel de ce jugement.
La cour d’appel de Toulouse confirme le jugement dans son arrêt du 27.3.2007.
La CARPIMKO forme un pourvoi devant la cour de cassation.
La cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel sans renvoi.
3. Le problème juridique
Lorsqu’un membre d’une profession libérale soumis à un statut législatif ou réglementaire est en difficulté, qu’il a
des dettes non professionnelles et professionnelles, peut-il bénéficier de la législation sur le surendettement des
particuliers prévue par le code de la consommation ou sera-t-il soumis aux procédures collectives prévues dans
le code de commerce : art. L631-2 pour le redressement judiciaire et L640-2 pour la liquidation judiciaire ?
6. Conclusion
er
Depuis le 1 janvier 2006, les personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante, y
compris une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé,
relèvent de la loi du 26.07.2005 de sauvegarde des entreprises. Il en résulte qu’elles ne peuvent plus
bénéficier des mesures de surendettement et notamment du rééchelonnement des dettes prévu par l’article L331-
7 du Code de la consommation lorsqu’elles se trouvent dans l’impossibilité de faire face à leurs dettes, quelles
soient professionnelles ou non.
Auteur :
Léa Got CAMIF-OPTIMAL
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
DOSSIER CAMIF
Créé en 1947 par des enseignants sous forme coopérative, la Camif s’est développée et constitue un groupe composé :
- d’une société holding : la SA Camif, société anonyme coopérative avec conseil d’administration ;
- de 4 filiales : Camif collectivités, CAMIF Habitat, Leon Fargues, Romactis- le Club ;
- d’une participation au capital (34%) dans la CAMIF Particuliers ;
- d’une participation dans la société C2C.
L’activité initiale de distribution de biens à distance à destination exclusive des enseignants s’est diversifiée vers la
distribution de services à tous : aménagement et rénovation de l’habitat (CAMIF Habitat), voyage-tourisme, loisirs
(Romactis), société de crédit à la consommation (C2C).
Le groupe emploie 1 400 salariés, principalement dans la région de Niort. Située au 3e rang national des entreprises de
vente à distance et malgré des restructurations, elle connaît des difficultés croissantes.
La cessation des paiements est, selon l’article L631-1 [Link]., l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son
actif disponible.
Camif Particuliers et SA CAMIF se trouvent dans cette situation.
• CAMIF SA : la procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le
maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Elle donne lieu à un plan arrêté par jugement à l’issue d’une période
d’observation (6 mois dans le cas) – art. L631-1 al. 2.
Les organes de la procédure seront désignés par le jugement d’ouverture (administrateur judiciaire, mandataire
judiciaire, juge-commissaire, contrôleurs et experts éventuels). Un bilan économique et social va être établi et un
plan de redressement recherché. Le dirigeant est maintenu à son poste et exerce tous ses pouvoirs, sauf ceux que
le tribunal a confiés à l’administrateur judiciaire. À l’issue de la période d’observation, un plan de redressement doit
être arrêté par un jugement qui en fixe la durée à l’issue de laquelle la situation de l’entreprise doit avoir été assainie.
Les salariés de CAMIF Particuliers (780) vont être licenciés par le liquidateur – art. L641-4 al. 4.
Les salariés de CAMIF SA sont en principe maintenus dans leur poste, mais le dirigeant prévoit, dans le cadre du plan
de redressement, de licencier 140 salariés.
Compte tenu du volume des licenciements pour la région de Niort, le gouvernement envisage une aide de reclassement
des salariés de Camif Particuliers. Solution qui n’est pas partagée par un représentant syndical : il considère qu’il
vaudrait mieux que le gouvernement se porte garant si des investisseurs voulaient reprendre Camif Particuliers.
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Rouen, 6 janvier 2000), qu’après la mise en redressement judiciaire de la société Le
Moulage technique (la société LMT), le tribunal a étendu cette procédure collective à la SCI de La Source (la SCI) par
jugement du 19 mars 1998, en retenant la confusion des patrimoines des deux sociétés et la fictivité de la SCI ; que, par
jugement du 15 octobre 1998, le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire de la société LMT et l’extension de cette
procédure à la SCI…
Attendu que la SCI fait grief à l’arrêt d’avoir confirmé le jugement du 19 mars 1998 lui ayant étendu le redressement
judiciaire de la société LMT, alors que seule l’existence prolongée de flux financiers anormaux, caractérisés par des
transferts de fonds sans aucune contrepartie d’une société vers une autre, est de nature à révéler la confusion des
patrimoines de ces deux sociétés ; qu’en retenant, pour admettre l’existence d’une confusion du patrimoine de la société
LMT avec son patrimoine, d’une part, que les loyers qui lui étaient dus par la société LMT représentaient le double de la
valeur locative de l’immeuble et, d’autre part, que le preneur avait effectué d’importants travaux qui devaient rester la
propriété de la bailleresse à l’expiration du bail, sans rechercher si ces avantages financiers n’étaient pas compensés
par le fait, expressément constaté par l’arrêt, qu’elle ait provisoirement accepté de ne pas poursuivre le paiement des
loyers dus et ne trouvaient pas une contrepartie dans cette faveur de la bailleresse, la cour d’appel a privé sa décision
de base légale ;
Mais attendu, qu’après avoir relevé le caractère excessif des loyers perçus par la SCI et le fait que celle-ci restait
propriétaire, en fin de bail, des travaux d’embellissement effectués par le preneur, l’arrêt retient que depuis décembre
1995, date à laquelle la société LMT a cessé de régler les loyers, la SCI n’en a pas réclamé le paiement, se mettant
ainsi dans l’impossibilité de faire face au remboursement de ses emprunts et s’est abstenue de délivrer à la société LMT
le moindre commandement de payer visant la clause résolutoire, la faisant ainsi bénéficier, sans contrepartie, de la mise
à disposition de son seul actif ; qu’en l’état de ces constatations caractérisant des relations financières anormales
constitutives de la confusion des patrimoines, la cour d’appel, qui n’avait pas à rechercher si la SCI était
personnellement en état de cessation des paiements, a légalement justifié sa décision ;
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi.
DOSSIER OPTIMAL
Sanctions : la loi prévoit diverses sanctions et responsabilités à l’encontre des dirigeants d’une personne morale de
droit privé soumise à une procédure collective – art. L651-1 et suivants C. Com. :
- responsabilité pour insuffisance d’actif mettant à la charge du dirigeant les dettes de la personne morale si le
tribunal constate une faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif – art. L651-2 ;
- la faillite personnelle qui entraîne interdiction de diriger toute personne morale (L653-2) si certains faits ont été
commis : détournement d’actif, poursuite abusive d’une exploitation déficitaire – art. L653-3, abus de biens sociaux,
abus de crédit – art. L653-4 ;
- banqueroute : le dirigeant coupable de certains faits (détournement, dissimulation d’actif, augmentation frauduleuse
de passif, tenue de comptabilité fictive, tenue de comptabilité incomplète ou irrégulière… (L654-2) est passible de 5
ans d’emprisonnement et 75 000 d’amende – art. L654-3 et de peines complémentaires (interdiction de droits
civiques, civils et de famille) – art. L654-5.
D’autres sanctions pénales sont prévues pour des infractions énoncées aux articles L654-8 à L654-15.
Il appartient au tribunal en charge de la procédure de faire application de ces textes lorsqu’au cours d’une procédure
collective, il relève les faits énoncés.
Dans le cas, si le président de l’association a commis certaines fautes ou infractions, il pourra subir l’une des sanctions
patrimoniales ou pénales, selon le cas.
Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
Grégory Lachaise
BERTO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Statut du conjoint
L’article L121-4 [Link] prévoit : « I. - Le conjoint du chef d’une entreprise artisanale, commerciale ou libérale qui y
exerce de manière régulière une activité professionnelle opte pour l’un des statuts suivants :
1° Conjoint collaborateur ;
2° Conjoint salarié ;
3° Conjoint associé.
II. - En ce qui concerne les sociétés, le statut de conjoint collaborateur n’est autorisé qu’au conjoint du gérant associé
unique ou du gérant associé majoritaire d’une société à responsabilité limitée ou d’une société d’exercice libéral à
responsabilité limitée répondant à des conditions de seuils fixées par décret en Conseil d’État.
Le choix effectué par le conjoint du gérant associé majoritaire de bénéficier du statut de conjoint collaborateur est porté à
la connaissance des associés lors de la première assemblée générale suivant la mention de ce statut auprès des
organismes mentionnés au IV.
III. - Les droits et obligations professionnels et sociaux du conjoint résultent du statut pour lequel il a opté.
IV. - Le chef d’entreprise déclare le statut choisi par son conjoint auprès des organismes habilités à enregistrer
l’immatriculation de l’entreprise. Seul le conjoint collaborateur fait l’objet d’une mention dans les registres de publicité
légale à caractère professionnel.
V. - La définition du conjoint collaborateur, les modalités selon lesquelles le choix de son statut est mentionné auprès
des organismes visés au IV et les autres conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil
d’État. »
me
Ici, M Berto est le conjoint du chef d’une entreprise commerciale, elle travaille de manière régulière puisqu’elle occupe
un emploi de comptable dans l’entreprise, elle est salariée de l’entreprise BERTO, elle a donc le statut de conjoint
salarié.
NB : La loi du 4 août 2008 a étendu le bénéfice de ces 3 statuts à la personne liée au chef d’entreprise par un pacte civil de solidarité
PACS – art. L121-8 [Link].
Publicité de l’acte :
• Enregistrement de l’acte au service des impôts du lieu de situation du fonds, dans le délai d’un mois décompté à
partir de la date de l’acte de cession (les droits doivent être réglés à cette occasion – cf. question 4 ci-après).
• Insertion dans un journal d’annonces légales du lieu de situation du fonds dans les 15 jours de la signature de l’acte.
• Insertion au BODACC dans les 15 jours de la signature de l’acte, art. L141-12 [Link].
• Dépôt au CFE (centre de formalités des entreprises).
Ici, M. Berto, s’il veut bénéficier de ce privilège, doit avoir fait enregistrer son acte de vente et inscrit son privilège sur le
registre tenu au greffe du tribunal de commerce du lieu d’exploitation du fonds dans le délai de 15 jours qui suivent l’acte
de vente.
En dehors de cette garantie particulière, M. Berto bénéficie, comme tout vendeur, de l’action résolutoire prévue par l’art
1654 du Code civil : il pourra demander la résolution de la vente s’il n’est pas payé par M. Randerb.
e) Renouvellement du bail
Le titulaire d’un bail commercial (appelé locataire ou preneur) court un grand risque en cas de non-renouvellement de
son bail : perdre le résultat de ses efforts commerciaux en perdant l’emplacement de son fonds de commerce. Aussi le
législateur protège-t-il le preneur contre ce risque en instaurant la « propriété commerciale », c’est-à-dire le droit au
renouvellement du bail commercial.
Les articles L145-8 et suivants du [Link] énoncent les conditions du droit au renouvellement du bail commercial :
- être propriétaire du fonds ;
- exploiter réellement le fonds, conformément aux clauses du bail ;
- exploiter le fonds pendant les 3 années consécutives précédant la date d’expiration du bail ou de sa tacite
reconduction ;
- être de nationalité française ou ressortissant de l’Union européenne.
Le bailleur peut cependant refuser le renouvellement, mais alors, selon l’article L145-14 : « le bailleur doit, sauf
exceptions (insalubrité ou ruine de l’immeuble, reprise pour habitation, reprise pour travaux, motif grave et légitime),
payer au locataire évincé une indemnité dite d’éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement.
Cette indemnité comprend notamment la valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la
profession, augmentée éventuellement des frais normaux de déménagement et de réinstallation, ainsi que des frais et
droits de mutation à payer pour un fonds de même valeur, sauf dans le cas où le propriétaire fait la preuve que le
préjudice est moindre ».
Ici, M. Randerb est titulaire d’un bail commercial. Propriétaire du fonds, il l’aura exploité pendant plus de 3 ans. Sous
réserve de vérifier les autres conditions, il aura droit au renouvellement du bail. Mais le bailleur (la SCI) peut le lui
refuser : elle s’expose à lui verser une indemnité d’éviction égale à la valeur marchande du fonds, qui sera dissuasive.
3. Régime d’imposition
M. Berto exploite une entreprise individuelle exerçant une activité relevant des BIC et générant un chiffre d’affaires de
1,2 millions d’euros : il est donc imposé sur les résultats de cette entreprise à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des
BIC, selon le régime du réel normal.
Modalités d’imposition :
• Le bénéfice imposable d’exploitation s’élève à 50 000 . S’agissant d’une cession d’entreprise, « l’imposition
immédiate » est applicable : une déclaration devra être déposée dans les 60 jours décomptés à partir de la date de
er
cession du fonds de commerce, soit ici avant le 1 septembre N ; une imposition provisoire sera alors établie par le
Service des Impôts (l’impôt sur le revenu ainsi perçu sera déduit de l’IR définitivement calculé à la suite du dépôt de
la déclaration de revenus de l’année N, en mai N+1).
• Plus-values à court et long terme :
La plus-value à court terme doit en principe faire l’objet d’une « imposition immédiate » avec même mécanisme
que pour le bénéfice d’exploitation (déclaration dans les 60 jours et imposition provisoire). Toutefois, M. Berto
peut opter pour le mécanisme applicable aux revenus exceptionnels des personnes physiques, le système du
quotient : l’IR dû au titre de cette PV CT est égal au quadruple de l’IR correspondant au quart de son montant
(ce mécanisme est destiné à atténuer la progressivité de l’IR).
NB : les PV à CT (réalisées en BIC) bénéficient en principe d’un étalement de leur imposition sur 3 ans (l’année de leur
réalisation et les 2 suivantes) ; mais cet étalement n’est pas applicable lors de la cession d’entreprise (seul le système
du quotient reste applicable).
La plus-value à long terme est soumise au même régime que les plus-values réalisées au cours de
l’exploitation : taxation au taux forfaitaire de l’IR de 16% augmenté des prélèvements sociaux (taux donnés pour
l’année 2015) : CSG au taux de 8,2%, CRDS au taux de 0,5%, prélèvement social de 6,8%, soit un taux global
d’imposition de 31,5%.
D’où un IR à payer à ce titre de : (764 000 + 6 000) x 31,5% = 242 550 .
Ici : - le CA (1,2M) est trop élevé pour prétendre à l’exonération en fonction du chiffre d’affaires ;
- la valeur des éléments cédés (832K > 500K) – soumise aux droits d’enregistrement – ne permet pas de
prétendre à l’exonération en fonction de la valeur des éléments cédés ;
- M. Berto ne peut pas faire valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans suivant la cession (cession = 01/07/N ;
possibilité de faire valoir les droits à la retraite = 01/02/N+3).
Aucun régime d’exonération n’est donc applicable en l’espèce pour M. Berto.
En pratique, il arrive souvent que l’acquéreur d’une entreprise souhaite la réorganiser et envisage la suppression de
certains postes salariés. Dans ce cas, l’acquéreur reprend dans un premier temps tous les contrats de travail, puis
procède au licenciement des salariés concernés par la réorganisation (en tenant compte de l’ancienneté des salariés
calculée depuis leur entrée chez l’ancien employeur). C’est pourquoi dans cette situation, l’acquéreur peut négocier une
baisse du prix de l’entreprise pour tenir compte de cette dépense qui lui incombe juridiquement (mais le cédant ne doit
jamais procéder lui-même au licenciement avant la cession).
Ici, les associés devront être consultés pour la cession à M. Randerb, étranger à la société : 3 associés (la majorité) sur
4 représentant au moins 50% des parts sociales doivent voter la cession. Aucune opposition n’apparaissant dans le
sujet, on peut conclure que la cession des parts sera votée.
L’acquisition de la totalité des parts sociales de BERTO SARL par M. Randerb est possible. La société deviendra
automatiquement une SARL unipersonnelle (EURL).
(1)
Si la souscription au capital initial ou l’augmentation de capital ont donné lieu à l’application d’une réduction d’IR pour souscription
au capital de PME, alors le prix de revient doit être diminué du montant de la réduction d’IR pratiquée.
Modalités d’imposition de la PV :
• La PV est soumise à l’IR selon le barème progressif, après application d’un abattement pour durée de détention.
Cet abattement peut être :
- l’abattement « droit commun » : 50% lorsque les titres ont été détenus entre 2 et 8 ans
65% lorsque les titres ont été détenus plus de 8 ans
- l’abattement « majoré » : 50% lorsque les titres ont été détenus entre 1 et 4 ans
65% lorsque les titres ont été détenus entre 4 et 8 ans
85% lorsque les titres ont été détenus plus de 8 ans
L’abattement majoré s’applique si la cession concerne :
des titres qui, lors de leur acquisition par le cédant, étaient ceux d’une PME (effectif < 250, CA < 50M ou total
bilan < 43M) de moins de 10 ans
des titres cédés au sein d’un groupe familial en cas de détention d’au moins 25% par ce groupe
des titres de PME (même définition que ci-avant) cédés par un dirigeant à l’occasion de son départ en retraite ;
dans ce cas, un abattement complémentaire s’applique (voir ci-après en question 7.)
• La PV (avant déduction des abattements) est soumise aux prélèvements sociaux (15,5% au total).
- et que M. Berto fasse effectivement valoir ses droits à la retraite (dans les 24 mois de la date de cession au plus
tard).
Toutefois, les prélèvements sociaux (15,5% au total) resteraient dus car abattement fixe ne concerne que l’IR.
Dans cette hypothèse, l'imposition serait donc ramenée à :
- Parts souscrites à l'origine pour 15 000 cédées pour 675 000 (900 000 x 15 000 / 20 000)
plus-value de 660 000
abattement de 500 000 x 15 000 / 20 000 = 375 000 et PV = 660 000 – 375 000 = 285 000
abattement de 85% (285 000 x 85%) soit une PV taxable = 42 750
- Parts souscrites il y a 10 ans pour 20 000 (5 000 + prime de 15 000 ) cédées pour 225 000
plus-value de 205 000
abattement de 500 000 x 5 000 / 20 000 = 125 000 et PV = 205 000 – 125 000 = 80 000
abattement de 65% (80 000 x 65%) soit une PV taxable = 28 000
PV totale soumise au barème (tranche à 45% selon l'énoncé) = 42 750 + 28 000 = 70 750
IR = 70 750 x 45% = 31 838
Prélèvements sociaux = 865 000 x 15,5% = 134 075 .
Cette cession différée engendrerait une économie d'IR de 48 150 (79 988 – 31 838).
NB : M. Berto pourrait aussi envisager de réaliser une opération dite d'"apport-cession" de ses titres (cf. art. 150-0 B ter du CGI),
qui permet de mettre la plus-value en report d'imposition. Cette opération consisterait pour M. Berto à apporter ses titres de la
SARL Berto à une société créée à cette occasion, qu'il contrôlerait ; c'est ensuite cette société nouvelle qui procèderait à la
cession des titres de la SARL Berto. La plus-value d'apport ainsi réalisée par M. Berto resterait en report d'imposition à son
niveau, à la condition notamment que :
- soit les titres de la société créée bénéficiaire de l’apport ne soient pas cédés (ce n'est pas le mécanisme ici) ;
- en cas de cession des titres de la SARL Berto par la société créée bénéficiaire de l’apport, cession réalisée dans les 3
ans suivant l'apport, celle-ci devrait réinvestir 50% du prix de cession dans un délai de 24 mois suivant la cession, dans
une activité économique (développement d'une activité, acquisition du contrôle d'une société, ou souscription au capital
d'une ou plusieurs sociétés, hors certaines activités exclues par nature comme la gestion d'actifs immobiliers).
DOSSIER 3
En cas de décès de M. Berto, les parts de BERTO SARL (par hypothèse détenues à 100% par M. Berto) seront réparties
me
entre M Berto (25%) et ses 2 enfants (37,5% chacun).
me
Cette transmission engendrera des droits de succession. La part revenant à M Berto sera toutefois totalement
exonérée de droits, tandis que celle revenant aux enfants sera soumise aux droits calculés à l’aide du barème en
vigueur, sur la base de la valeur des titres de la société à la date du décès, après application d’un abattement égal à
100 000 (pour 2015) par enfant (si M. Berto n’a pas fait, dans les 15 ans précédant son décès, de donation au profit de
ses enfants).
Le barème (pour 2015) des droits de succession applicables en ligne directe est le suivant, appliqué sur la part nette
taxable de chaque héritier :
Part nette n’excédant pas 8 072 5%
Part nette comprise entre 8 072 et 12 109 10%
Part nette comprise entre 12 109 et 15 932 15%
Part nette comprise entre 15 932 et 552 324 20%
Part nette comprise entre 552 324 et 902 838 30%
Part nette comprise entre 902 838 et 1 805 677 40%
Part nette supérieure à 1 805 677 45%
Toutefois, il existe un mécanisme d’exonération à 75% de la valeur des titres transmis (applicable en pratique aux
enfants, la part revenant à l’épouse étant déjà exonérée par ailleurs), applicable notamment lorsque les parts transmises
à titre gratuit ont fait l’objet d’un « pacte Dutreil » (art. 787 B du CGI), c’est-à-dire d’un engagement collectif de
conservation d’une durée de 2 ans minimum pris par le défunt et ses associés, et d’un engagement individuel de
conservation pendant 6 ans (soit 2 ans au titre de l’engagement collectif + 4 ans au titre de l’engagement individuel) pris
par chaque héritier ; de plus, un des héritiers doit exercer une fonction de dirigeant de la société dans les 5 ans du
décès.
Adresse : ……………………………………………….
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……………………………………………….
PROFESSEUR
ÉTUDIANT
Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
GARUR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
La disparition de l’entreprise
La dissolution de la société : régime juridique et fiscal
Si, du fait des pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société deviennent
inférieurs à la moitié du capital social, les associés décident, dans les quatre mois qui suivent l’approbation des
comptes ayant fait apparaître cette perte, s’il y a lieu à dissolution anticipée de la société.
Si la dissolution n’est pas prononcée à la majorité exigée pour la modification des statuts, la société est tenue, au plus
tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la constatation des pertes est intervenue, de réduire
son capital d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pu être imputées sur les réserves si, dans ce délai,
les capitaux propres n’ont pas été reconstitués à concurrence d’une valeur au moins égale à la moitié du capital social.
Il convient de vérifier s’il y a perte de la moitié du capital social. Selon l’article L223-42 al. 1 du [Link], il faut que les
capitaux propres de la société soient inférieurs à la moitié du capital social. Dans le cas, 47 000 est bien inférieur à la
moitié du capital social de la SARL (100 000 / 2 = 50 000 ).
Le gérant doit donc convoquer, dans les quatre mois de l’assemblée qui a approuvé les comptes, une nouvelle
assemblée qui devra décider si la société doit être dissoute de façon anticipée ; cette assemblée est une assemblée
générale extraordinaire. Si la dissolution est écartée par le vote des associés, les capitaux devront être reconstitués au
moins à hauteur de la moitié du capital social avant la fin du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la
constatation des pertes est intervenue.
Dans le cas d’espèce, le gérant, M. Gallardo, doit convoquer les associés. L’ordre du jour sera la dissolution de la
société. La société ayant été constituée après 2005, les règles de quorum et majorité suivantes s’appliquent :
re e
- quorum : 250 parts sur 1 consultation, 50 parts sur 2 consultation ;
- majorité : 666,66 parts.
me
M Rodier étant la seule à vouloir écarter la dissolution puisqu’elle est la seule à garder espoir, le quorum sera atteint
(M. Gallardo possédant 400 parts) et le vote de dissolution sera acquis avec 800 parts détenues par les 3 associés
favorables à la dissolution.
Liquidation de la société
La décision de dissolution ayant été prise, la liquidation de la société va avoir lieu.
Les opérations de dissolution et de liquidation se dérouleront selon le schéma chronologique présenté à la page
suivante.
L’article L247-8 al. 2 prévoit une peine d’emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 9 000 pour le liquidateur qui,
de mauvaise foi, aura cédé tout ou partie de l’actif de la société en liquidation contrairement à l’article L237-6.
En l’espèce, M. Gallardo, liquidateur de la société, devra obtenir le consentement unanime des associés pour que le
me
bien soit affecté à M Rodier, gérante. S’il transgresse cette règle, il encourt les sanctions de l’article L247-8. Or,
me
puisque M Russery est elle aussi intéressée pour acquérir le terrain, M. Gallardo n’obtiendra pas l’unanimité des
me
associés pour cette cession à M Rodier.
me
Si l’unanimité ne se fait pas sur cette opération, M Rodier peut saisir le tribunal de commerce pour obtenir l’autorisation de
cession. Le liquidateur sera entendu par le tribunal ainsi que l’organe de contrôle (commissaire aux comptes) s’il existe.
me
La cession par M. Gallardo à M Russery est juridiquement possible, cette dernière n’étant pas gérante mais simple
associée (les dispositions de l’article L237-6 précitées ne s’appliquent pas).
NB : À titre complémentaire, précisons que dans le cadre des opérations de partage, l’article 1844-9 al. 3 du Code civil énonce que
les associés peuvent valablement décider soit dans les statuts, soit par une décision ou un acte distinct, que certains biens
seront attribués à certains associés. Dans ce dernier cas (c’est-à-dire hors disposition statutaire), l’accord unanime des
associés est nécessaire ([Link]. 30.05.2007).
À défaut, tout bien apporté qui se retrouve en nature dans la masse à partager est attribué, sur sa demande, et à charge de
soulte s’il y a lieu, à l’associé qui en avait fait l’apport.
Le liquidateur :
- représente la société
- dresse l’inventaire
- recouvre les créances
- réalise l’actif
- prend des mesures conservatoires
consevatoires
- paie les créanciers
- continue les affaires en cours sur autorisation et pour les besoins
de la liquidation
6. Responsabilité du liquidateur
Selon l’article L237-12 [Link], le liquidateur est responsable, tant à l’égard de la société qu’à l’égard des tiers, des
conséquences dommageables des fautes commises par lui dans l’exercice de ses fonctions. L’action en responsabilité
contre le liquidateur se prescrit par 3 ans à compter du fait dommageable ou s’il a été dissimulé, de sa révélation (10
ans, si le fait est qualifié crime) – L225-254 [Link].
Le liquidateur a l’obligation de faire une publicité sur les documents de la société à destination des tiers afin de les
informer de la situation de la société. La mention « société en liquidation » doit être portée sur les documents à en-tête
de la société à côté de la dénomination sociale – L237-2 [Link].
Dans le cas, M. Gallardo est le liquidateur de la société puisque le sujet indique qu’il « s’occupera de tout ». il a commis
une faute dans l’exercice de sa mission de liquidateur. Il sera condamné au paiement de la facture au profit du
fournisseur de la société auquel il a omis d’indiquer, en passant commande au nom de la société, le fait que celle-ci était
en liquidation : le fournisseur (les Établissements Jaunâtre) s’est engagé en raison d’une situation apparente non
préoccupante et s’est retrouvé impayé.
Auteurs :
Agnès Lieutier
Léa Got
DEXCO
Grégory Lachaise
CONNAISSANCES ASSOCIÉES
Aspects juridiques, fiscaux et sociaux des associations et autres organismes à but non lucratif
• L’administration fiscale autorise (cf. Bulletin officiel des impôts BOI-IS-CHAMP-10-50-20) les organismes sans but
lucratif à rémunérer leurs dirigeants dans certaines conditions (sans que soit perdu de ce seul fait le caractère
désintéressé de la gestion) : il faut que la rémunération brute mensuelle versée à chaque dirigeant soit inférieure à
du Smic.
Au cas présent, la rémunération du président et du secrétaire pour 800 et 600 bruts mensuels est donc possible
(car 1 450 x = 1 088 > 600 et 800).
• La loi autorise par ailleurs les associations et les fondations à rémunérer de 1 à 3 dirigeants, chacun à hauteur de
trois fois le plafond de la sécurité sociale, selon le montant de leurs ressources financières annuelles (hors
financements publics) :
* 1 dirigeant si les ressources annuelles sont comprises entre 200 000 et 500 000 ;
* 2 dirigeants si les ressources annuelles sont comprises entre 500 000 et 1 000 000 ;
* 3 dirigeants si les ressources annuelles sont supérieures à 1 000 000 .
D’autres critères doivent être respectés, assurant une transparence financière à l’organisme ainsi qu’un
fonctionnement démocratique.
Au cas présent, la rémunération de 2 dirigeants à hauteur de 5 000 et 3 000 est possible si les ressources de
l’association sont comprises entre 500 000 et 1 000 000 (et si les autres conditions sont respectées).
Il est à noter que ces deux dispositifs sont exclusifs l’un de l’autre (par exemple, si une association rémunère 3 dirigeants
à hauteur de 3 fois le plafond de la sécurité sociale, elle ne peut pas rémunérer d’autres dirigeants à hauteur de du
Smic).
3. Fonds de dotation
Les fonds de dotation ont été créés par la loi de Modernisation de l’Économie du 4.08.2008, sur le modèle des
« endowment funds » anglo-saxons.
Il s’agit d’une personne morale de droit privé à but non lucratif constituée pour collecter et capitaliser les libéralités qui lui
sont consenties de manière irrévocable (somme d’argent, immeuble, titres de sociétés…), dans le but de financer, grâce
aux fruits retirés de la capitalisation (intérêts, loyers, dividendes…), son activité d’intérêt général et/ou l’activité d’intérêt
général d’une personne morale à but non lucratif (hôpital, université, musée, association…).
En principe, les dotations en capital du fonds (i.e. les dons qui lui sont consentis) ne sont pas « consommables », c’est-
à-dire que le fonds ne peut pas les utiliser ; il ne peut utiliser que les revenus tirés de ces dons. Toutefois, les statuts du
fonds peuvent autoriser ce dernier à consommer ses dotations en capital (par exemple utiliser les fonds perçus pour la
réalisation d’un investissement conforme aux souhaits du donateur).
Le fonds de dotation est très simple à constituer (encore plus simple qu’une association, car il peut être créé par une
seule personne, et sa constitution est rapide), et jouit d’une capacité juridique plus importante que les fondations ou les
associations reconnues d’utilité publique.
Le régime fiscal des fonds de dotation est calqué sur celui des organismes sans but lucratif. Les fonds doivent donc
respecter les 3 conditions rappelées ci-avant (cf. 1). De plus, pour que l’activité des fonds de dotation soit non lucrative,
ces derniers doivent distribuer les fruits de leurs dotations en capital pour financer la mission d’intérêt général d’un
organisme public (ex. : hôpital, bibliothèque) ou d’une association, d’une fondation ou d’un syndicat professionnel à but
non lucratif.
NB : cette procédure consiste à soumettre à l’assemblée générale les conventions passées entre l’association et l’un des
administrateurs ou l’une des personnes assurant un rôle de mandataire social (art. L612-5 [Link]).
(1) La notion d’activité économique n’est pas définie par la loi. La jurisprudence retient 3 conditions : l’association doit offrir des biens
ou services, son activité n’a pas un caractère exclusivement social et ne se rattache pas à des prérogatives de puissance
publique. Enfin, la gestion de l’association doit être entrepreneuriale (ex. : emploi de nombreux salariés).
Bar
- Le bar exerce son activité dans les mêmes conditions que les bars de la commune (mêmes produits, mêmes prix) ;
elle concurrence donc le secteur commercial.
Cette activité est lucrative.
Recettes publicitaires
- L’association SPORTING CLUB agit ici comme n’importe quelle entreprise qui loue ses espaces publicitaires. Le
service rendu par SORTING CLUB correspond bien à la valeur de marché de l’avantage publicitaire dont bénéficient
les entreprises « clientes ».
Cette activité est lucrative.
Recettes financières
- Les recettes financières des organismes sans but lucratif ont un régime propre : certaines sont toujours exonérées (à
condition que l’organisme soit bien considéré comme non lucratif), d’autres sont imposables à l’IS à des taux réduits
(voir ci-après).
3. Régime fiscal
Recettes activités Recettes activités
lucratives non lucratives
Cotisations 148 000
Cours et entraînements 20 000
Bar 40 000
Ventes d’articles de sport 12 000
Location espaces publicitaires 6 000
Total des recettes (hors produits financiers) 58 000 168 000
Lorsque les activités lucratives représentent des recettes qui n’excèdent pas 60 540 pour l’année 2015 (les activités
non lucratives étant prépondérantes), les impôts commerciaux (IS, TVA et CET) ne sont pas applicables (mécanisme dit
de la « franchise des activités accessoires lucratives »). Les revenus des activités financières ne sont pas pris en compte
pour l’appréciation du seuil de 60 540 ; ils demeurent soumis à leur régime propre.
IS :
L’association SPORTING CLUB est exonérée d’IS sur l’ensemble des recettes listées dans le tableau ci-avant. Elle est
aussi exonérée sur la subvention de la municipalité puisque les impôts commerciaux ne sont pas applicables.
En ce qui concerne ses recettes financières :
- dividendes de sociétés françaises : ils sont taxés à l’IS au taux spécial de 15%;
- intérêts de comptes à terme : ils sont taxés à l’IS au taux spécial de 24% ;
- intérêts d’obligations (émises après 1987) : ils sont taxés à l’IS au taux spécial de 10%.
D’où IS = (1 000 x 15%) + (5 800 x 24%) + (3 000 x 10%) = 1 842 .
TVA :
Toutes les recettes de l’association SPORTING CLUB sont exonérées de TVA. En conséquence, aucune TVA ne peut
être déduite sur les frais et achats que l’association effectue.
4. Emploi de salariés
La question qui se pose est : l’emploi de salariés modifie-t-il le caractère désintéressé de la gestion ?
L’administration a répondu : « Un organisme peut recourir à une main-d’œuvre salariée sans que cela remette en cause
le caractère désintéressé de sa gestion. Cependant, si le montant des salaires alloués ne correspond pas à un travail
effectif ou est excessif eu égard à l’importance des services rendus, compte tenu des usages professionnels, le
caractère désintéressé de la gestion ne peut pas être admis. »
Au cas présent, les salaires n’étant pas excessifs, l’association peut employer ce personnel sans problème.
Comme tout employeur, l’association SPORTING CLUB est redevable, en sa qualité d’employeur, des cotisations,
impôts et taxes dus sur ces salaires :
- cotisations sociales : elles sont normalement dues (cotisations sécurité sociale, chômage, retraite…) sur l’ensemble
des sommes versées au salarié en cette qualité (salaire de base, heures supplémentaires, primes, gratifications,
avantages en nature...) ;
NB : Par dérogation et à certaines conditions, il est appliqué une assiette forfaitaire dans des cas particuliers (centre de
vacances et loisirs pour enfants ou adultes handicapés, structures agréées au titre de l’aide sociale...).
- taxe sur les salaires : en tant qu’employeur non soumis à la TVA, SPORTING CLUB est redevable de la taxe sur
les salaires ; toutefois, en tant qu’association loi 1901 employant moins de 30 salariés (cf. art. 1679 A du CGI), elle
bénéficie d’un abattement égal à 20 262 pour la taxe due en 2015 (montant réévalué chaque année) ; donc si la
taxe calculée n’excède pas ce montant, aucun versement ne doit être effectué à ce titre ;
- taxe d’apprentissage : en tant qu’organisme sans but lucratif exonéré d’IS, SPORTING CLUB n’est pas assujettie à
la taxe d’apprentissage (le fait que des recettes financières soient taxables à l’IS au taux réduit ne modifie pas cette
règle ; de plus, l’emploi éventuel de salarié affecté à l’activité financière ne modifierait pas cette règle) ;
- participation formation continue (PFC) : tous les employeurs sont assujettis à la PFC, qui est donc due par
SPORTING CLUB ;
- participation construction (PC) : les associations entrent dans le champ d’application de la PC, mais seulement
lorsqu’elles emploient 20 salariés ou plus, comme tout employeur. SPORTING CLUB n’est donc pas assujettie à la
PC.
Dans cette hypothèse, la franchise des activités accessoires lucratives ne trouverait pas à s’appliquer.
Les activités non lucratives restant significativement prépondérantes, l’association SPORTING CLUB resterait
considérée comme organisme non lucratif. Toutefois, les activités lucratives suivraient le régime suivant :
IS :
Un « secteur lucratif » devrait être constitué : il regrouperait les activités de bar, ventes d’articles de sport et location
d’espaces publicitaires. Ce secteur serait assujetti à l’IS dans les conditions de droit commun (les frais et charges
« affectés » à ces activités – notamment les dépenses de personnel – seraient donc déduits des recettes, dans les
conditions de droit commun, pour former le bénéfice imposable). L’IS serait payé dans les conditions de droit commun
(paiement de 4 acomptes et d’un solde de liquidation)
TVA :
Les recettes provenant d’activités lucratives seraient en principe soumises à la TVA et devraient être sectorisées
(création d’un secteur distinct pour chaque activité lucrative).
Toutefois, il existe en matière de TVA certaines exonérations spécifiques. À ce titre sont exonérées les ventes d’objets
divers consenties aux membres de l’association, à condition qu’elles n’excèdent pas 10% des recettes totales et que
l’association n’ait pas recours à des pratiques commerciales (notamment publicité commerciale à destination des non-
membres pour faire connaître ses activités). Mais ne peuvent pas bénéficier d’exonération de TVA à ce titre les
opérations de restauration et l’exploitation des bars et buvettes.
L’association SPORTING CLUB resterait donc exonérée de TVA sur les ventes d’articles de sport (puisque 12 000
< 236 000 =168 000 + 68 000) – donc corrélativement la TVA payée sur les achats de marchandises ne serait pas
déductible –, mais serait soumise à la TVA sur les autres activité lucratives.
Le régime applicable serait de droit le régime du réel normal pour ces activités de bar et location d’espaces publicitaires ;
toutefois, SPORTING CLUB pourrait bénéficier du régime de la franchise en base (en effet, les recettes lucratives totales
n’excèdent pas 82 200 et les recettes lucratives représentatives de services n’excèdent pas 32 900 ; cf. seuils
applicables pour la période 2014-2016 et réévalués tous les 3 ans) ; l’option pour ce régime de la franchise exonèrerait
SPORTING CLUB de TVA à collecter sur ces recettes, mais l’empêcherait corrélativement de déduire la TVA payée en
amont et affectées aux activités taxables.
NB : l’assujettissement à la TVA aurait aussi des conséquences sur l’assujettissement à la taxe sur les salaires.
Par ailleurs, toute personne morale de droit privé non commerçante (ex. : une association) ayant une activité
économique dont le nombre de salariés (50), le montant hors taxes du chiffre d’affaires (3 100 000 ) ou les ressources
et le total du bilan (1 550 000 ) dépassent deux de ces critères, doivent établir chaque année un bilan, un compte de
résultat et une annexe. Ces personnes morales sont tenues de nommer au moins un commissaire aux comptes et un
suppléant (art. L612-1 al. 1 et 2 [Link]).
L’association SPORTING CLUB ne dépassant aucun des critères ci-dessus et n’ayant pas d’activité économique, elle
n’a pas à établir les documents cités ni à désigner obligatoirement un commissaire aux comptes.
Remarque : une association n’est pas dissoute par le seul fait de sa mise en liquidation judiciaire (à la différence d’une société
puisqu’en vertu de l’article 1844-7, 7° du code Civil, le jugement ordonnant la liquidation judiciaire d’une société
entraîne sa dissolution).
Donc après la décision de clôture de la procédure pour extinction de passif, l’association redevient maîtresse de
ses biens et continue d’exister ([Link] 14.10.2004 ; [Link] 19.10.2010).
Types de sociétés
er
Selon l’article L122-2 du Code du Sport modifié par la loi du 1 février 2012, la société sportive peut prendre la forme :
1. Soit d’une société à responsabilité limitée ne comprenant qu’un associé, dénommée entreprise unipersonnelle
sportive à responsabilité limitée ;
2. Soit d’une société anonyme à objet sportif ;
3. Soit d’une société anonyme sportive professionnelle ;
4. Soit d’une société à responsabilité limitée ;
5. Soit d’une société anonyme ;
6. Soit d’une société par actions simplifiée.
La loi du 01.02.2012 a ajouté 3 nouvelles formes que les associations peuvent créer : la SARL, la SA et la SAS de droit
commun.
ISBN : 978-2-35765-576-8
ISSN : 1961-1641
La procédure de redressement judiciaire est déclenchée lorsqu'une entreprise est en état de cessation des paiements, c'est-à-dire incapable de faire face à son passif exigible avec son actif disponible . Le débiteur doit demander l'ouverture de la procédure dans les 45 jours suivant cet état de cessation . Cette demande, si elle concerne une personne morale, doit être effectuée par son représentant légal . Une fois la procédure ouverte, le tribunal met en place une période d'observation, généralement de six mois, pendant laquelle un administrateur judiciaire peut être désigné pour évaluer la situation économique et sociale de l'entreprise et élaborer un plan de redressement . Un plan de redressement est alors arrêté par jugement, visant à permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi, et l'apurement du passif . Si l'entreprise n'exécute pas le plan, une liquidation judiciaire peut être prononcée . Les créanciers constitués en comités sont consultés sur les propositions de redressement .
Les créances nées après le jugement d'ouverture et nécessaires au déroulement de la procédure ou fournies en contrepartie des prestations pour maintenir l'activité du débiteur sont payées par préférence à toutes les autres créances, sauf celles garanties par le superprivilège des salariés .
Un pacte d'actionnaires est valide s'il respecte les principes de liberté contractuelle et ne contrevient pas à la loi. Sa fonction principale est d'organiser le régime des titres de la société ou l'exercice du pouvoir, en apportant des solutions aux problèmes non réglés par la loi. Il peut inclure des clauses de préemption, d'inaliénabilité, et d'exercice des droits de vote pour stabiliser le capital ou l'influence au sein des assemblées .
Le rôle d'un commissaire aux comptes dans une SARL est de vérifier la régularité des comptes. Sa nomination devient obligatoire lorsque deux des trois seuils suivants sont dépassés: 1 550 000 € au total du bilan, 3 100 000 € de chiffre d'affaires hors taxes, ou 50 salariés en moyenne au cours de l'exercice .
Dans une SARL, la transformation en SA nécessite l'accord des associés représentant les trois quarts des parts sociales, sauf si les capitaux propres excèdent 750 000 €, où une majorité des parts suffit , et la nomination d'un commissaire à la transformation en l'absence de commissaire aux comptes . Dans une SAS, les statuts peuvent définir librement les règles de majorité pour les décisions extraordinaires, y compris une transformation, mais doivent être respectés . Néanmoins, la transformation d'une SARL en SAS exige l'unanimité des associés . La SARL est donc soumise à des règles de majorité spécifiques prévues par la loi, tandis que la SAS offre plus de flexibilité conditionnée par ses statuts .
Une clause de non-concurrence peut être justifiée pour protéger les intérêts légitimes de l'entreprise, tels que prévenir la concurrence déloyale et préserver les investissements réalisés . Cependant, elle doit être limitée dans le temps (le règlement européen recommande un maximum d'un an) et dans l'espace pour être considérée comme valide . De plus, les limitations imposées doivent être proportionnées aux intérêts à protéger . Sa violation peut donner lieu à une indemnisation, surtout si cela entraîne un préjudice prouvé pour le franchisé, tel que la perte de clientèle sans faute de sa part .
Les effets fiscaux pour une société absorbante lors d'une fusion impliquant des apports de titres de participation incluent la neutralisation de la plus-value réalisée lors de l'échange de titres. Cette neutralisation demeure effective quel que soit le régime de la fusion (droit commun ou de faveur) et est applicable jusqu'à la cession des titres de l'absorbante. La plus-value n'est alors comptabilisée fiscalement que lors de la cession future des titres, en prenant comme base la valeur fiscale des titres chez la société absorbée . De plus, l’obligation de réintégrer une quote-part pour frais et charges (généralement 12%) sur la plus-value à long terme s'applique lors des futures cessions de ces titres, et ce, même si la plus-value en question est exonérée sous le régime de faveur des fusions . Ces règles assurent que les impacts fiscaux sont différés jusqu'à un événement de liquidité, comme la cession.
La distinction entre un consommateur et un non-professionnel en matière de protection contre les clauses abusives repose principalement sur leur statut lors de la conclusion du contrat. Un consommateur est une personne physique qui contracte avec un professionnel pour un produit ou service à des fins personnelles, sans connaissance professionnelle dans le domaine . En revanche, un non-professionnel peut être une personne morale ou physique qui, bien que professionnelle, contracte hors de son secteur de compétence, avec un autre professionnel . Ainsi, les deux catégories sont protégées contre les clauses abusives car elles peuvent subir un déséquilibre significatif dans les droits et obligations contractuels face à un professionnel , mais cette protection s’applique différemment selon qu’il s’agit de contrat de consommation ou d’un contrat entre professionnels .
Les principaux éléments constitutifs d'un contrat pendant la phase de pourparlers sont la négociation sur le prix, la quantité, les délais de livraison et les clauses du contrat, et la détermination mutuelle des parties sur la possibilité de conclure une relation contractuelle. Durant cette phase, il peut y avoir rédaction de documents précontractuels, tels que des lettres d'intention, qui ne constituent pas un engagement contractuel définitif à moins qu'elles ne soient acceptées formellement par l'autre partie . Ces documents peuvent inclure des offres de contracter, mais tant qu'une acceptation n'est pas donnée, aucun contrat final n'est formé. Les parties peuvent également utiliser des avant-contrats pour organiser leur négociation, éventuellement en prévoyant une obligation de négocier ou un calendrier .