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Collection DSCG

Gestion juridique,
fiscale et sociale
UE 1 du DSCG
Édition 2015/2016

CORRIGÉ

BP 8 – 83560 RIANS
Tél : 04 94 80 57 25 – Fax : 04 94 80 59 24

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Auteurs :
Léa Got Grégory Lachaise
Agrégée d’économie et gestion DEA de droit
DEA de droit des affaires Certifié d’économie et gestion
Enseignant / Formateur
Agnès Lieutier
Diplômée de l’École HEC
Avocate spécialisée en droit fiscal

« Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en
violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi.
La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. »
(art. L335-2 et L335-3 du code de la propriété intellectuelle).
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COLLECTION DSCG UE 1 Corrigé

GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

À jour en
TABLE DES MATIÈRES
Mai 2015

Les thèmes étudiés ont fait l’objet de questions à l’examen de l’UE1 du DSCG en ……
Consultez cette colonne

Thème 1 L’entreprise et son environnement


Éléments généraux sur les contrats
VERBAT : Formation du contrat : offre et acceptation, classifications des 2014 p. 5
Cas 1 :
contrats, avant-contrat
Cas 2 : VERTIGO : Exécution : clauses contractuelles, vices du consentement, 2014, 2010, p. 9
inexécution du contrat 2009, 2008

La diversité des contrats


Cas 3 : DELICES DE JOUR : Le contrat de sous-traitance, le contrat d’entreprise, 2010, 2008 p. 15
le contrat de distribution (franchise)
Cas 4 : L’AUTRUCHON GRIS : Le contrat de vente, vices cachés, responsabilité 2014 p. 17
du fait des produits défectueux, les contrats de consommation, le contrat
de crédit à la consommation, le contrat d’assurance

Droit pénal
POLLEN : Droit pénal général : Responsabilité pénale, infraction, 2012, 2008 p. 23
Cas 5 :
classification, peine ; Procédure pénale
Cas 6 : MERLIN : Droit pénal spécial des affaires et des sociétés : abus de 2013, 2012 p. 27
confiance, ABS, présentation de comptes annuels inexacts, dividendes 2010, 2009
2008
fictifs, surévaluation des apports en nature, responsabilité pénale du CAC

L’entreprise et la concurrence
Cas 7 : MOIRON : Contrôle des concentrations en droit communautaire et en droit p. 31
interne, entente illicite, revente à perte
Cas 8 : CHEVRETINE : Action en concurrence déloyale, parasitisme, contrefaçon, 2012 p. 35
abus de position dominante, abus de dépendance économique
L’entreprise et l’administration fiscale
Cas 9 : CRISE : Agrément, rescrit, contrôle et contentieux fiscaux 2013, 2012 p. 39
2010, 2009
2008

Thème 2 Le développement de l’entreprise

Cas 10 CHABO : Auto-entrepreneur, EIRL, rétablissement professionnel p. 43


Cas 11 : ROULE : Droit et Fiscalité de la constitution de sociétés : choix de la forme 2014, 2009, p. 47
juridique, règles de fonctionnement, conséquences fiscales 2008

Cas 12 : LE DIAMANT NOIR : Droit et Fiscalité de la transformation de la société 2014, 2011, p. 51


2008
Cas 13 : VERNES : Relations dirigeant-associés, CA, CS, transparence, Obligations 2013, 2012 p. 55
de communication des entreprises en matière environnementale 2008

Cas 14 : SERPENTINE : Droit de l’informatique : site Internet, signature p. 61


électronique, transactions
Cas 15 : MOD’BB : Les règles d’imposition des affaires internationales : règles de 2011, 2009 p. 65
territorialité, détermination et imposition du résultat, TVA et échanges
internationaux ou intracommunautaires
Cas 16 : MONDIAL’DECO : Les règles d’imposition des affaires internationales : p. 69
règles de territorialité, principes de traitement de la double imposition,
détermination et imposition du résultat

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Les thèmes étudiés ont fait l’objet de questions à l’examen de l’UE1 du DSCG en ……
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Thème 3 Le financement de l’entreprise


FABRE : Le régime juridique et fiscal des augmentations et réductions de 2011 p. 71
Cas 17 :
capital
Cas 18 : SAGEM-SYLIS : Pacte d’actionnaires, Franchissement de seuils 2009 p. 75
Cas 19 : EURODITONE : Le financement de l’entreprise par recours aux marchés 2013 p. 79
financiers, la société cotée

Thème 4 De l’entreprise au groupe


Implications juridiques, fiscales et sociales de l’existence d’un
groupe
BRAIN : Régimes fiscaux de groupe et traitement fiscal des opérations 2013, 2009 p. 83
Cas 20 : internes aux groupes 2008

Cas 21 : MIMBAIR SAIM CONSO : Régimes fiscaux de groupe : Intégration fiscale, 2013, 2008 p. 87
Consolidation de la TVA
Cas 22 : VERSION JARDIN : Traitement fiscal des opérations internes aux 2009 p. 93
groupes : Régime des sociétés mères et filiales
Cas 23 : PAPILLA : Implications juridiques, sociales liées au groupe de sociétés, 2012, 2008 p. 97
réglementation des participations
Cas 24 : GROUPEMENT TAXIS : Règles juridiques, fiscales et sociales gouvernant 2012 p. 103
certains modes de coopération inter-entreprise : GIE

La restructuration de l’entreprise
Cas 25 : FACOR : Fusion, filialisation, garantie de crédit : lettre d’intention 2010 p. 107
Cas 26 : [Link] : Le régime fiscal des opérations de fusions de sociétés 2010 p. 113
Cas 27 : TIC TAC : Le régime juridique, fiscal et social des opérations de p. 117
transmission universelle de patrimoine – Retraite et licenciement

Thème 5 La pérennité de l’entreprise


L’entreprise en difficulté
Cas 28 : OLYGIRL : L’entreprise en difficulté : la prévention des difficultés 2013, 2012 p. 123
2010, 2009
2008
Cas 29 : GREEN-FARINA-GRENIER : L’entreprise en difficulté : le redressement 2014, 2012 p. 127
judiciaire
Cas 30 : CAMIF-OPTIMAL : Traitement de l’entreprise en difficulté : la liquidation 2014 p. 131
judiciaire

La transmission de l’entreprise
Cas 31 : BERTO : Aspects juridiques, fiscaux et sociaux de la cession de 2014, 2013, p. 135
2012 2011,
l’entreprise et de la transmission à titre gratuit de l’entreprise
2009 2008

La disparition de l’entreprise
Cas 32 : GARUR : La dissolution de la société : régime juridique et fiscal 2009 p. 143

Thème 6 Les associations et autres organismes à but non lucratif

Cas 33 : DEXCO : Aspects juridiques, fiscaux et sociaux des associations et autres 2012, 2011 p. 147
organismes à but non lucratif

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UE 1 Corrigé 5
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Grégory Lachaise VERBAT
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Éléments généraux sur les contrats


Formation du contrat : pourparlers, offre et acceptation, classifications des contrats, avant-contrat

1. Indemnisation de la SA BON VENT suite à la rupture des pourparlers


M. Thermofloc, gérant de la SARL VERBAT, a engagé avec la SA BON VENT des pourparlers relatifs à la livraison
d’éoliennes destinées à pomper l’eau et fournir de l’électricité pour un groupement d’habitats. Malgré la signature d’un
protocole d’accord en date du 15 juin, M. Thermofloc signifie 15 jours plus tard à la SA qu’il n’entend pas poursuivre leur
relation.
La phase précontractuelle de relations commerciales est en réalité constituée de multiples étapes au cours desquelles
les parties négocient les modalités et le contenu de leurs relations commerciales futures. Elle obéit à un régime de
liberté surveillée (Denis Mazeau, La genèse des contrats : un régime de liberté surveillée ; Droit et Patrimoine. 1996,
n°40, p. 44). La difficulté juridique pouvant surgir consiste notamment à penser pour l’une des parties qu’elle est sortie
de la période de négociation et que le contrat est définitivement conclu, c’est-à-dire qu’elle est désormais fondée à en
demander l’exécution.

Principe
Au cours des discussions préparatoires, les futurs contractants ne font que déterminer si les conditions d’une possible
relation contractuelle sont réunies. Négociation du prix, de la quantité, des délais de livraison et des clauses du contrat
constituent l’essentiel des points forts des pourparlers.
L’une des parties peut, à l’issue de cette phase, formaliser son consentement personnel par une lettre d’intention ou tout
autre document précontractuel. Ces derniers peuvent s’analyser en une offre de contracter mais non comme un contrat
liant les parties tant qu’une acceptation n’a pas été formulée par l’autre. Il conviendra néanmoins de porter une attention
particulière à la formulation choisie pour ne pas être unilatéralement engagé. L’exemple classique consiste à apposer la
mention « document non contractuel ».
Les parties peuvent aussi organiser leur négociation dans le cadre d’un avant-contrat. Celui-ci peut prévoir une
obligation de négocier, voire un calendrier ou encore recenser les différents points relatifs au futur contrat. Le contenu du
document précontractuel prend alors une importance toute particulière puisqu’il va permettre de déterminer les effets
que les parties ont souhaité donner à leur accord partiel. Soit ce dernier envisage les effets produits par l’accord
(suffisant ou insuffisant à la formation du contrat définitif), soit il reste muet. En cette dernière hypothèse, si le contenu de
l’avant-contrat est précis et porte sur les éléments essentiels du futur contrat, il faudra conclure à l’existence de la
convention et en appliquer les conséquences juridiques précisément en cas d’échec de la conclusion définitive du
contrat.

Sanctions
En l’absence d’avant-contrat ou lorsque celui-ci est insuffisamment précis, seule peut-être envisagée une action en
responsabilité civile délictuelle supposant la réunion des trois conditions habituelles, à savoir un dommage, une faute et
un lien de causalité. Le dommage peut résulter des frais engagés pour la conclusion du contrat (dépenses de voyages,
frais d’études, frais d’aménagement d’un local). Peut-on en outre estimer le préjudice à raison de la perte d’une chance ?
Perte d’une chance de conclure le contrat et de bénéficier de ses retombées économiques par exemple, ou encore perte
d’une chance de contracter avec un tiers. L’estimation du préjudice réparable s’en trouverait alors considérablement
modifiée puisqu’elle pourrait prendre en compte le montant estimé du bénéfice découlant de l’exécution du contrat. La
cour de cassation, dans un arrêt du 28 juin 2006, a tranché contre la cour d’appel en estimant que : « une faute commise
dans l’exercice du droit de rupture unilatérale des pourparlers pré-contractuels n’est pas la cause du préjudice consistant
dans la perte d’une chance de réaliser les gains que permettait d’espérer la conclusion du contrat ». Cette solution
n’ouvre droit qu’à la réparation des frais engagés en vue de la conclusion définitive du contrat. Elle se comprend d’autant
mieux que l’inverse aurait eu pour conséquence de freiner les négociations entre acteurs économiques ou du moins
d’entraîner une prudence excessive. La faute peut être constituée par une attitude blâmable, même non intentionnelle,
ou encore une légèreté fautive. Enfin, le lien de causalité entre le dommage et la faute doit être démontré.
Si le contrat doit être considéré comme définitivement formé (celui qui s’en prévaut devra en apporter la preuve), il en
emporte toutes les conséquences juridiques. Il rend ainsi possible une exécution forcée ou une action en responsabilité
contractuelle pour inexécution des obligations nées du contrat.

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UE 1 Corrigé 6
COLLECTION DSCG

GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

En l’espèce, peut-on considérer qu’il existe un contrat définitif ? A priori non, puisque l’accord est relativement vague, le
nombre d’éoliennes est approximatif et le prix n’est pas déterminé. Il faut donc exclure la responsabilité contractuelle.
Sur le fondement de la responsabilité délictuelle, une action peut être envisagée. Le préjudice existe (frais engagés pour
la conclusion du contrat), mais il faudra exclure la perte d’une chance. La faute est caractérisée par une légèreté
blâmable dans le comportement de M. Thermofloc et le lien de causalité sera aisément établi.

2. Engagement de VERBAT
La société VERBAT envoie une offre détaillée à la société BONETERRE. Celle-ci retourne le document en y insérant
une date maximale de livraison ainsi qu’un chèque d’acompte de 30% encaissé dix jours plus tard par la SARL.

Principe juridique
Les contrats peuvent obéir à différentes classifications. Selon leur condition de formation, les contrats peuvent être
qualifiés de réels, consensuels ou solennels. L’intérêt de cette distinction est d’identifier le moment auquel le contrat sera
considéré comme définitivement formé.
Les contrats consensuels sont parfaits dès la rencontre des consentements. Ainsi, lorsqu’une offre rencontre une
acceptation, la relation contractuelle est établie.
L’offre (expresse ou tacite) doit être ferme (volonté de s’engager) et précise (identifie clairement l’objet de l’offre) et ne
pas consister en une simple offre d’entrer en pourparlers. L’offre peut être faite avec des réserves (disponibilité du
produit) et/ou être assortie d’un délai. Dans ce dernier cas, l’offrant ne peut unilatéralement se rétracter pendant la durée
de son engagement sous peine d’engager sa responsabilité civile. À défaut de délai clairement indiqué, l’offre doit être
maintenue pendant un délai raisonnable souverainement apprécié par les tribunaux.
L’acceptation manifeste la volonté de conclure le contrat aux conditions précisées dans l’offre. Elle peut être expresse ou
tacite. Néanmoins, sauf exception, le silence ne vaut pas acceptation.
En l’espèce, la proposition de la SARL constitue une offre ferme et précise de contracter. La modification apportée à
celle-ci par la société BONETERRE constitue une contre-offre puisque les termes de l’engagement ont changé
(exigence d’un délai de livraison).
Qu’en est-il alors de l’acceptation ? L’encaissement du chèque d’acompte par la SARL après un délai de 10 jours peut
être considéré comme l’acceptation de l’offre émise par la société BONETERRE. En effet, les 10 ont laissé le temps à la
société de prendre en considération la nouvelle exigence et l’encaissement du chèque d’acompte constitue un
comportement positif de la société. VERBAT devra honorer son engagement.

3. Demande de réparation à la SNCF - Fondement


M. Thermofloc, habite Poitiers. Pour se rendre sur son lieu de travail qui se trouve à Niors, il a souscrit un abonnement
auprès de la SNCF. S’étant endormi dans le train, il ne s’est réveillé qu’à la Rochelle. En descendant du train, la marche
a cédé, occasionnant des blessures à M. Thermofloc.

Règle de droit
La question ne porte pas tant sur la question de la réparation du préjudice que sur son fondement. En effet, le préjudice
est certain et il n’y a pas lieu à discussion en la matière. Par contre, l’enjeu du fondement juridique tient essentiellement
à la pertinence de la réussite d’une telle action. Faut-il se placer sur le terrain de la responsabilité civile contractuelle ou
celui de la responsabilité civile délictuelle ?
Pour se situer en matière contractuelle, les conditions sont connues. Il est nécessaire d’apporter la preuve d’un contrat,
d’un préjudice, d’une faute et d’un lien de causalité. Le débat porte donc ici sur la portée du contrat. Toute personne qui
souscrit à un abonnement conclut par-là même un contrat, en l’occurrence de transport. La matérialité de son existence
est établie par le titre (le billet) qui atteste de son existence. Or comme tout contrat, celui-ci définit l’étendue de sa portée
et éventuellement les conditions particulières de son exécution. Le prix y est indiqué, la destination ainsi que les
modalités remboursement. L’exécution du contrat prend effet à compter de la montée à bord jusqu’à la destination
prévue. Durand ce temps, la SNCF est débitrice d’une obligation de résultat au regard de la prestation promise. Il peut
s’agir de l’horaire (Cass. 22 septembre 2010) ou de la sécurité (21 décembre 2006), sauf en cas de force majeure (Cass.
17 février 2011). Dès lors, les accidents survenus sur le quai ou en dehors du parcours prévu ne sauraient entrer dans le
cadre du contrat.
En l’espèce, M. Thermofloc ne pourra agir que sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle. Il devra donc
apporter la preuve d’une faute de la SNCF. La faute eut été rapportée plus facilement s’il y avait eu un contrat, car la
SNCF est débitrice d’une obligation de résultat en matière de sécurité.

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UE 1 Corrigé 7
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

4. Possibilité d’indemnisation sur le fondement de la responsabilité civile contractuelle


Règle de droit
Comme dans la situation précédente, la question porte sur le fondement de la responsabilité civile et permet d’en
déterminer encore le domaine d’application. Dans le cas des actes de complaisance, la frontière est parfois délicate
entre responsabilité civile délictuelle et contractuelle.
À l’exception du sauvetage en mer, les tribunaux ont considéré longtemps qu’il n’y avait pas de contrat mais acte de
complaisance ou de courtoisie. L’évolution jurisprudentielle a conduit à considérer aujourd’hui l’existence d’un contrat de
services gratuits de manière à favoriser l’indemnisation des victimes. L’effort théorique reste néanmoins critiquable dans
la mesure où dans certaines situations, il ne peut y avoir de rencontre des consentements, notamment lorsque la victime
er
est inanimée. Néanmoins, la cour de cassation a rapidement considéré (Cass. Civ. 1 décembre 1969) qu’il n’y avait pas
à rechercher le consentement exprès de l’assisté, dans la mesure où l’offre était faite dans son intérêt exclusif. Une fois
établie, cette convention dite d’assistance bénévole permet de faire entrer dans son champ d’application des situations
très diverses telles que « le coup de main » « l’entraide familiale » ou encore « l’assistance gratuite ». Dès lors, la
responsabilité de celui qui aide peut être engagée s’il résulte un dommage de son comportement, même non fautif, car il
s’agit d’une obligation de sécurité de résultat. On voit bien ici l’intérêt de ce régime puisque la responsabilité civile
délictuelle exigerait la preuve d’une faute.
Une limite cependant : la faute de celui qui aide ne permet pas de rechercher la responsabilité de celui qui a profité de
l’aide (Cass. Civ. 7 avril 1998).

En l’espèce, on doit ici considérer qu’une convention d’assistance bénévole est née entre M. Thermofloc et son voisin,
ce dernier sur sollicitation de l’assisté ayant décidé de l’aider à ouvrir la porte de son garage. La responsabilité civile
contractuelle de M. Thermofloc engagera ce dernier à réparer le dommage subi par son voisin. La seule possibilité pour
écarter sa responsabilité consistera à prouver la faute du voisin, précisément en ayant trop poussé le battant en cause,
mais cette option sera délicate car M. Thermofloc aurait dû prendre toute précaution utile et notamment l’informer de ce
risque.

5. Possibilité pour M. Thermofloc d’exiger judiciairement le versement des 30 000 euros


Un voisin, [Link], a accepté de prêter à M. Thermofloc la somme de 30 000 euros. Considérant cet engagement, M.
Thermofloc avait lui-même souscrit plusieurs contrats qu’il honorerait avec la somme prêtée. M. Bell ne souhaite plus
honorer sa promesse.

Règle de droit
Le contrat de prêt entre particulier est un contrat réel (not. Cass. Civ. 14 janvier 2010, Cass. Civ. 9 fevrier 2012). Ainsi,
pour être parfait, il doit y avoir non seulement la rencontre des consentements mais en plus la remise de la chose objet
du contrat. En l’absence d’une telle remise, il faut considérer que le contrat n’est pas définitivement formé. Il ne peut
alors donner lieu à exécution forcée. La seule sanction envisageable consiste en une indemnisation résultant de
l’inobservation de la promesse de prêt.
À l’inverse, le contrat de prêt consenti par un professionnel à un particulier est un contrat consensuel (Cass. Com. 22
mai 2012).
En l’espèce, M. Thermofloc ne peut donc exiger la remise de la somme objet du prêt. Il ne pourra obtenir que des
dommages-intérêts sachant qu’il sera possible de lui reprocher d’avoir pris des engagements hâtifs sans disposer du
montant promis.

6. Réalisation forcée de la vente


Règle de droit
La promesse unilatérale de vente est un contrat unilatéral d’une seule partie par lequel elle confère à son bénéficiaire
une faculté de choix : acheter ou ne pas acheter. Le bénéficiaire jouit ainsi d’une option, c’est-à-dire conclure ou non le
contrat par l’exercice discrétionnaire de sa volonté, dans le délai imparti par la promesse ou à défaut pendant un délai
raisonnable. Lorsque le bénéficiaire lève l’option, le contrat définitif est formé par la rencontre de l’offre et de
l’acceptation. Dès lors, si le promettant refuse de s’exécuter, il pourra y être contraint par le bénéficiaire.
Si le promettant s’engage à maintenir son offre pendant un certain délai, il arrive néanmoins que ce dernier se rétracte.
En la matière, les tribunaux considèrent qu’il ne peut être contraint à s’exécuter et que la rupture donnera lieu à
indemnisation.
La levée de l’option après la rétractation empêche ainsi la rencontre des volontés et par conséquent la formation du
e
contrat (Cass. 3 Civ. 11 mai 2011).
En l’espèce, bien que le vendeur se soit engagé à maintenir son offre pendant 3 mois, la levée de l’option par M.
Thermofloc sera sans effet en raison de la rétractation du promettant. Il ne pourra donc le contraindre à la vente du local.
Par contre, une action en indemnisation est envisageable.

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UE 1 Corrigé 8
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

 
   

      
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UE 1 Corrigé 9
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Grégory Lachaise VERTIGO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Éléments généraux sur les contrats


Exécution : clauses contractuelles, vices du consentement, inexécution du contrat

1. Terrain de la responsabilité sur lequel la SA MOISSAC doit se fonder pour sa demande de dommages intérêts
La société VERTIGO entretient depuis plusieurs années des relations commerciales avec la société MOISSAC. La
société VERTIGO met fin à leur relation en supposant que l’augmentation de ses prix désintéresserait la société
MOISSAC. Cette dernière entend solliciter des dommages intérêts pour rupture brutale des relations commerciales.
Lorsqu’il s’agit de solliciter une indemnisation, il est nécessaire avant toute chose, sous peine de voir son action rejetée,
de bien considérer le terrain juridique sur lequel la partie demanderesse entend se placer.

Définition de la relation commerciale


Une relation commerciale est établie dès lors que sont caractérisés les éléments de suivi, de stabilité et de régularité
entre les parties ([Link]. Avignon, 25 juin 1999 ; Rapport de la cour de cassation de l’année 2008). Elle peut ainsi
résulter d’une succession de contrats à durée déterminée (CA Paris, 8 octobre 2008) sans qu’il ne soit nécessaire que
ces contrats résultent d’un contrat cadre (Cass. 6 septembre 2011). Les tribunaux ont donc toute latitude pour apprécier
la nature et la portée des relations entretenues. Aucune exigence formelle n’est requise. Un courant d’affaires peut donc
résulter d’un contrat, ou se placer dans un cadre non contractuel.

Indemnisation de la rupture brutale des relations commerciales


Pour donner lieu à indemnisation, la rupture doit être brutale, c’est-à-dire, « imprévisible, soudaine et violente »
([Link]. 3.12.2002).
Pour faire sanctionner ce type de rupture, deux terrains juridiques peuvent être envisagés.
Soit il existe une relation contractuelle entre les parties et les règles relatives aux obligations contractuelles peuvent
s’appliquer, notamment la possibilité de faire sanctionner la rupture sur le fondement de l’article 1134 du Code civil.
Néanmoins, ce régime juridique est plus restrictif que ce qu’autorise le second fondement juridique.
Soit la relation commerciale est établie dans ou hors du champ contractuel. L’article L442-6 du Code de commerce
prévoit explicitement que le fait, par tout producteur, commerçant, industriel ou personne immatriculée au répertoire, de
rompre brutalement une relation commerciale établie, sans préavis écrit tenant compte de la durée de la relation
commerciale et respectant la durée minimale de préavis déterminée, en référence aux usages du commerce, par des
accords interprofessionnels des métiers, engage la responsabilité de son auteur. En ce sens, la cour de cassation, par
un arrêt en date du 6 février 2007, a cassé l’arrêt de la cour d’appel de Bordeaux qui avait retenu l’incompétence du
tribunal de commerce au motif « que les relations habituelles et stables entre les parties depuis plusieurs années ont
créé une situation contractuelle ». La haute juridiction censure la décision au visa de l’article L442-6 I 5 [Link]. et
rappelle qu’une telle rupture « engage la responsabilité délictuelle de son auteur ». Le champ d’application de cet article
est donc particulièrement large puisqu’il permet de faire sanctionner la rupture brutale d’une relation commerciale, qu’elle
se situe ou non dans un cadre contractuel.
Si le demandeur n’entre pas dans le champ d’application de la loi (art. L442-6), il peut fonder sa requête sur le
fondement de l’article 1382 en justifiant d’un préjudice, d’une faute (constituée par la brutalité de la rupture) et d’un lien
de causalité.
En l’espèce, il ne fait aucun doute que les sociétés MOISSAC et VERTIGO entrent dans le champ d’application de
l’article L442-6 du Code de commerce. L’entreprise MOISSAC peut légitimement solliciter une indemnisation du fait de la
rupture brutale (sans préavis, ni information d’aucune sorte) des relations commerciales, sur le fondement de la
responsabilité délictuelle.

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UE 1 Corrigé 10
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Possibilité pour les sociétés de transiger


Les dispositions du code de commerce sont d’ordre public. Elles interdisent donc par principe aux parties d’aménager
par avance un renoncement à toute responsabilité en cas de rupture brutale des relations commerciales. Néanmoins, la
cour de cassation a admis dans une affaire opposant IKEA à l’un de ses fournisseurs (Cass. Com. 16 dec. 2014), la
possibilité « de convenir des modalités de la rupture de leur relation commerciale, ou de transiger sur l'indemnisation du
préjudice subi par suite de la brutalité de cette rupture ». Cette possibilité reste néanmoins sous le contrôle du juge qui
devra s’assurer du « respect de la réalité du préavis au travers des volumes d'échanges pendant sa durée ». Cette
durée est en général de 1 mois par année d’ancienneté de la relation commerciale.
Les sociétés pourront donc transiger sur le montant de l’indemnisation.

2. Clause à insérer dans les contrats


La société Vertigo fabrique des produits destinés aux sports aquatiques et a étendu son offre à la construction de
piscine. Elle a réussi en quelques années à devenir une entreprise majeure du marché. Le courant d’affaires et donc les
contrats qu’elle conclut se sont fortement développés mais les risques aussi. La société entend minimiser les incidences
de ses engagements en matière de responsabilité et d’impayés. Quelle clause peut-elle insérée dans ses contrats et
avec quelles précautions ?

Validité d’une clause de réserve de propriété


Une clause de réserve de propriété est une disposition du contrat subordonnant le transfert de la propriété du bien
(mobilier ou immobilier) objet du contrat au paiement de la totalité du prix. Visée à l’article 1367 du code civil, elle permet
de retenir en garantie la propriété du bien vendu.
Elle doit être établie par écrit et convenue par les parties au plus tard au moment de la livraison (C. Com. art. L 624-16
al. 2). Par écrit, il faut entendre tout document servant de support aux relations d’affaires (bon de livraison, contrat de
vente, devis…). L’acquéreur doit en être informé par l’intermédiaire des documents servant de tissu contractuel. Ainsi les
conditions générales de vente constituent-elles le socle des relations commerciales et seule une révocation écrite et
bilatérale permet d’en écarter les effets.

Effets de la clause de réserve de propriété


Cette clause permet au vendeur impayé d’exercer une action en revendication des biens vendus, c’est-à-dire qu’il peut
en exiger la restitution à l’acquéreur directement ou au mandataire de justice si la société est l’objet d’une procédure
collective.
Lorsque les biens existent en nature entre les mains de l’acheteur, cela ne pose aucun problème particulier dès lors que
les biens sont identifiables et individualisés, de même lorsqu’ils sont fongibles ou encore bien qu’incorporés à un autre
bien s’ils peuvent être récupérés sans dommage.
L’action est plus délicate si les biens ont été transférés à un sous-acquéreur de bonne foi ou s’ils sont entre les mains
d’un créancier. En cette hypothèse, le vendeur est fondé à demander le paiement du prix restant. C’est la raison pour
laquelle le vendeur exige bien souvent la conclusion d’une assurance garantissant le prix du bien objet du contrat.
Enfin, les biens restitués ne doivent pas dépasser le montant de la somme restant due. Celle-ci s’entend de la fraction
er
du prix convenu entre les parties demeurée impayée (Cass. Com. 1 avril 2008). Il s’agit en l’occurrence de faire
obstacle à ce que l’une des parties ne s’enrichisse injustement au détriment de l’autre. Soit pour le vendeur à recevoir
l’ensemble des biens vendus en sus des paiements déjà effectués, soit pour l’acquéreur à solliciter sans preuve le
paiement de la somme supposée excéder la totalité du prix après remise des marchandises.

En l’espèce, une clause de réserve de propriété pourra être utilement insérée dans les contrats de la société. En cas de
liquidation judiciaire du cocontractant, la société Vertigo ne sera pas traitée comme un créancier venant dans la
procédure collective. Elle pourra ainsi récupérer les biens qui sont restés sa propriété.

3. Validité des clauses


Principe et sanction des clauses abusives et des clauses limitatives de responsabilité
Les clauses abusives, visées à l’article L 132-1 du code de la consommation, sont celles « qui ont pour objet ou pour
effet de créer, au détriment du non-professionnel ou du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et
obligations des parties au contrat ». Elles confèrent, à raison de l’abus de puissance économique d’une partie, des
prérogatives particulières à cette dernière et produit un déséquilibre significatif entre les parties au contrat. En effet,
l’exercice abusif de cette position conduit parfois à l’insertion de clauses contractuelles contraignant la partie la plus
vulnérable à accepter des obligations anormales.
Le code de la consommation établi à l’article R132-1 une liste noire des clauses considérées comme abusives de
manière irréfragable. Pour exemple, ont cette qualité celles :
- qui excluent ou limitent de façon inappropriée les droits légaux du consommateur vis-à-vis du professionnel ;
- qui prévoient un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution des prestations du professionnel est
assujettie à une condition dont la réalisation dépend de sa seule volonté ;

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- qui imposent au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une indemnité d’un montant
disproportionnellement élevé ;
- qui autorisent le professionnel à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même faculté n’est pas reconnue au
consommateur ;
- qui autorisent les professionnels à modifier unilatéralement sans raison valable des caractéristiques du produit à
livrer ou du service à fournir ;
- qui obligent le consommateur à exécuter ses obligations lors même que le professionnel n’exécuterait pas les
siennes.
Le consommateur, le non-professionnel ou des associations de consommateurs régulièrement déclarées et agréées
peuvent solliciter du juge le retrait de la clause litigieuse. En effet, seul ce dernier a le pouvoir d’en apprécier le contenu
et d’effacer du contrat la clause réputée « non écrite».
En outre, la loi du 17 mars 2014, attache désormais aux clauses présumées abusives de manière irréfragables une
amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000  pour une personne physique et 15 000  pour une
personne morale.

Les personnes protégées


Sont expressément visés par la loi les contrats conclus entre un consommateur et un non-professionnel d’une part et un
professionnel d’autre part.
Le consommateur est un profane qui contracte avec un professionnel pour son propre compte. Dénué de toute
connaissance professionnelle dans la matière objet du contrat, il conclut une convention portant sur un bien de
consommation ou une prestation de service.
Le non-professionnel est un professionnel qui conclut pour les besoins de son activité un contrat avec un autre
professionnel mais hors de son champ de compétence.
Qu’en est-il cependant des personnes morales ? La cour de Justice des Communautés européennes a eu l’occasion de
se prononcer par deux arrêts du 22 novembre 2001 en la matière. L’arrêt précise que « la notion de consommateur, telle
que définie à l’article 2, sous b), de la directive (n°93/13/CEE) du Conseil, du 5 avril 1993, concernant les clauses
abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs, doit être interprétée en ce sens qu’elle vise exclusivement
des personnes physiques », la notion distincte de non-professionnel, utilisée par le législateur français, n’exclut pas les
personnes morales de la protection contre les clauses abusives. Cependant, pour que la protection puisse jouer, il est
nécessaire que le contrat soit conclu dans un domaine où la personne morale « professionnelle » est considérée comme
« non professionnelle », c’est-à-dire hors de sa sphère de compétence. A contrario, elle ne peut bénéficier de la
protection contre les clauses abusives (en ce sens Cass. Civ. 15 mars 2005). Cette interprétation, à nouveau confirmée
dans un cas d’espèce (Cass. 23 juin 2011), a été limitée par deux arrêts du 6 septembre 2011 aux personnes morales
non commerçantes : l’article L.136-1 du code de la consommation « ne concerne pas les contrats conclus entre sociétés
commerciales ». Certes, la solution de la cour ne s’intéresse qu’aux dispositions de cet article, mais par extension
vaudrait également pour l’application de la réglementation des clauses abusives.
Entre professionnels, les sociétés commerciales peuvent assez librement inclure dans les contrats organisant leurs
relations des dispositions spécifiques qui seraient ordinairement sanctionnées si l’une des parties était un consommateur
ou un non-professionnel. Les clauses limitatives de responsabilité sont donc en principe licites, mais certaines sont
réglementées comme il en est dans les contrats de transports ou de la responsabilité des aubergistes et hôteliers. Elles
exonèrent la partie bénéficiaire de toute demande en dommages-intérêts en cas de survenance de l’évènement visé par
la clause. Néanmoins, elle ne doit pas porter sur une obligation essentielle du contrat et suppose la bonne foi de celui
qui s’en prévaut. En effet, elle peut être écartée en cas de faute lourde ou de dol de la part du débiteur de l’obligation.
D’autre part, leur validité sera appréciée à raison de l’économie générale du contrat (l’objet même du contrat), c’est-à-
dire si la clause litigieuse « contredit [vide] la portée de l’obligation essentielle souscrite par le débiteur » (Cass. 29 juin
2010).

Les clauses d’attribution de juridiction


L’article 48 du CPC prévoit que « Toute clause qui, directement ou indirectement, déroge aux règles de compétence
territoriale est réputée non écrite à moins qu’elle n’ait été convenue entre des personnes ayant toutes contracté en
qualité de commerçant et qu’elle n’ait été spécifiée de façon très apparente dans l’engagement de la partie à qui elle est
opposée ».

La validité de la clause
La possibilité d’insérer dans les contrats une clause visant à l’attribution d’une juridiction déterminée est doublement
limitée :
- d’une part, la compétence des juridictions est souvent d’ordre public et il n’est pas possible d’y déroger
conventionnellement. Ainsi le Conseil de prud’hommes est toujours compétent pour les litiges individuels du travail,
de même il sera impossible de désigner une juridiction commerciale lorsqu’une juridiction civile a une compétence
exclusive sur la matière objet du contrat ;
- d’autre part, la validité d’une clause attributive de compétence n’est valable qu’entre commerçants. Elle est donc
inopposable à un défendeur non-commerçant, qui, lui, conserve toujours la possibilité de choisir soit une juridiction
civile, soit une juridiction commerciale.

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En l’espèce
La clause à l’égard des professionnels est litigieuse dans la mesure où elle ne prévoit de responsabilité qu’en cas de
faute lourde. Or si l’inexécution fautive de la société Vertigo est de nature à porter atteinte à l’objet même du contrat, sa
responsabilité ne pourra être écartée.
La clause à l’égard des consommateurs est aussi inefficace. En effet, figure dans la liste noire toute clause qui « restreint
l’obligation pour le professionnel de respecter les engagements pris par ses préposés ou ses mandataires ». Cette
clause sera réputée non écrite. Il en va de même pour la clause d’attribution de compétence puisque le tribunal de
Poitiers ne peut être imposé au consommateur.

4. Demande de nullité du contrat de cautionnement


me
M Terbine s’est portée caution auprès de la banque pour un découvert passager de son amie. Plus tard elle reçoit de
me
la banque un commandement de payer en qualité de caution pour une somme exorbitante de 500 000 euros. M
Terbine peut-elle demander la nullité du contrat de cautionnement ?

Définition du dol
Au terme de l’article 1116 du code civil, « le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les manœuvres
pratiquées par l’une des parties sont telles, qu’il est évident que, sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas
contracté ».

Caractères du dol
Contrairement à l’erreur qui est spontanée, le dol est provoqué ; il y a une volonté de l’une des parties de tromper l’autre.
Le dol doit donc comporter un élément matériel. Il peut être positif comme l’utilisation de manœuvres, de ruses, de
mensonges ou consister en un acte négatif, c’est-à-dire une abstention. Ainsi la réticence à donner une information
essentielle au contrat peut être considérée comme un dol, un mensonge par omission en quelque sorte (ce qui a conduit
à l’obligation de renseignements). Cela oblige le vendeur à agir de bonne foi : « Le vendeur est tenu d’expliquer
clairement ce à quoi il s’oblige. »

Conditions
• Le dol doit présenter une certaine gravité. Le dol doit avoir été un élément déterminant dans l’engagement de l’autre
partie ; sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas contracté.
• Le dol doit être antérieur ou concomitant à la conclusion du contrat.
• Le dol doit provenir de l’un des contractants, non d’un tiers, sauf en cas de complicité. En effet, selon l’article 1116,
le dol n’est une cause de nullité que s’il est le fait du cocontractant de la victime. Le dol peut être le fait d’un tiers
mais dans ce cas il résulte de cet article que le dol ne peut pas entraîner la nullité du contrat. Ce dol se traduira
seulement par la responsabilité délictuelle du tiers. Que le dol émane d’un tiers ou de l’autre partie le résultat est le
même. Le consentement de la victime est vicié. Si le résultat est le même, on devrait admettre dans tous les cas la
nullité. En réalité, pour comprendre la solution de cet article, il faut voir que le dol n’est pas seulement un vice du
consentement. C’est aussi la sanction d’une faute intentionnelle. Or, lorsque le dol émane d’un tiers, le
cocontractant de la victime, par hypothèse, est innocent. Il serait injuste de le sanctionner en lui imposant la nullité
du contrat. Cette justification marque les limites de la solution de principe de l’art 1116. La nullité pour dol peut être
obtenue si le cocontractant de la victime a été complice du tiers.

Le contrat de cautionnement
Le cautionnement est une convention unilatérale par laquelle une personne physique ou morale, dite « caution »,
s’engage à payer la dette d’une autre personne, dite « débiteur principal », à son créancier. Elle est considérée comme
un engagement accessoire du contrat qui relie le débiteur principal à son créancier. De fait, le contrat de cautionnement
suppose une relation triangulaire entre le débiteur principal, le créancier et la caution, mais elle ne lie contractuellement
que la caution et le créancier. Dès lors, le débiteur principal est un tiers au contrat de cautionnement.
me
En l’espèce, M Terbine a manifestement été victime d’un dol de la part de son amie, mais non de la banque. Or le
me
cautionnement ne lie contractuellement que la banque et M Terbine. Dès lors le dol de son amie est inefficace pour
demander la nullité du contrat de cautionnement.

5. Validité de la clause
Le cautionnement étant un engagement risqué, le code de la consommation exige un formalisme impératif sous peine de
nullité. Lorsque le contrat est conclu par une personne physique au profit d’un professionnel, l’article L341-2 impose en
effet une rédaction manuscrite de la formule suivante : « En me portant caution de X..., dans la limite de la somme de ...
couvrant le paiement du principal, des intérêts et, le cas échéant, des pénalités ou intérêts de retard et pour la durée de
..., je m'engage à rembourser au prêteur les sommes dues sur mes revenus et mes biens si X... n'y satisfait pas lui-
même. » Le manquement à cette obligation ayant pour conséquences des erreurs affectant le sens et/ou la portée des
mentions manuscrites légales et obligatoires peut entraîner la nullité de plein droit de l’acte de cautionnement.

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Le sens de la disposition vise à protéger le souscripteur d’une telle obligation en l’informant pleinement du montant du
cautionnement, de sa durée et des risques pesant sur son patrimoine.
En l’espèce, la clause semble satisfaire aux conditions de validité. Néanmoins, la référence à des mensualités ne peut
être considérées comme une durée au sens où la loi l’exige (CA Montpellier 22 avr. 2014). La clause est nulle par
conséquent.

6. Demande de nullité de la vente


Plusieurs amis ont décidé de s’associer pour constituer un centre de Balnéothérapie. Ils ont ainsi fait l’acquisition de six
parcelles de terrains sur lesquels des bâtiments seront édifiés. Quelque temps après, les acquéreurs apprennent que les
parcelles sont traversées par des chemins communaux rendant impossibles la réalisation du projet. Les acquéreurs
peuvent-ils demander la nullité de la vente et sur quels fondements juridiques le cas échéant ?
La validité d’un contrat est subordonnée à l’existence des conditions de fond prévues à l’article 1108 du CCiv. Seuls
seront abordés ici l’erreur, le dol et la cause.

L’erreur
L’erreur, en premier lieu, peut-être constitutive d’un vice du consentement de nature à entraîner la nullité du contrat. Elle
peut être admissible lorsqu’elle porte sur la personne dans les contrats intuitu personae (C. Civ. art. 1110 al. 1). Elle peut
aussi porter sur l’objet même du contrat.
En cette hypothèse, ne peuvent être retenus :
- l’erreur sur les motifs, c’est-à-dire une erreur portant sur un accessoire du contrat dans la mesure où il n’y a pas
d’erreur sur la substance même de l’objet de la convention ;
- l’erreur inexcusable, c’est-à-dire celle commise alors qu’elle pouvait être facilement évitée ;
- l’erreur sur la valeur.
Sont par contre admise les erreurs :
- portant sur la teneur, la nature ou l’identité de la chose ;
- l’erreur sur le prix si dernier est dérisoire et que l’erreur est flagrante ;
- l’erreur sur la substance même de la chose objet du contrat. Son appréciation peut être objective lorsque l’erreur
porte sur la matière même de l’objet du contrat ou subjective lorsqu’elle porte sur un des éléments essentiels de
l’objet. La détermination du caractère substantiel par le juge peut se faire in concreto, c’est-à-dire en recherchant
chez le contractant la qualité essentiel qui l’a motivé à s’engager, soit in abstracto, c’est-à-dire en recherchant si
communément telle ou telle qualité peut être jugée comme essentielle.

Le dol
Visé à l’article 1116 du code civil, il peut aussi constituer une cause de nullité du contrat dès lors qu’une manœuvre
dolosive, qui peut consister en une action ou une abstention émanant du cocontractant, a déterminé une partie à
s’engager. La manœuvre peut être caractérisée par la production d’une fausse information ou à l’inverse par un défaut
d’information.

L’absence de cause
Pilier du socle des conditions de validité à la formation des contrats (au même titre que l’objet ou le consentement : art.
1108 C. Civ) son absence entraîne la nullité. On distingue la cause de l’obligation (cause objective) de la cause du
contrat (cause subjective). La première constitue la motivation immédiate pour laquelle une partie s’engage. Ainsi la
motivation d’une partie peut être privée de cause si un des éléments l’ayant déterminée à contracter disparaît. La
sanction est la nullité.
La seconde désigne le but poursuivi, l’objectif recherché par le contractant. Elle doit être licite et conforme aux bonnes
mœurs. Sa détermination permet de déceler les motivations éventuellement illicites qui ont été poursuivies par une
partie.

Obligation d’information et devoir de renseignement


Il est admis dans le contrat de vente que le vendeur est débiteur d’une obligation d’information à l’égard de l’acquéreur.
Cette obligation ne dispense pas l’acquéreur de prendre tout renseignement utile et précautions d’usage, encore faut-il
qu’il ait la faculté de le faire et d’obtenir l’information souhaitée. En matière de vente immobilière, il est à noter que le
cadastre n’a pas de valeur juridique (si ce n’est fiscale), il peut tout au plus constituer un commencement de preuve.

En l’espèce, l’erreur ne paraît pas pertinente. Le dol peut être envisagé dans la mesure où le vendeur connaissait le
projet justifiant l’acquisition des terrains. Néanmoins, la preuve de la réticence dolosive peut s’avérer difficile car le
vendeur pouvait ignorer l’existence de ces chemins communaux.
L’absence de cause peut par contre sembler pertinente puisque la détermination de l’acquisition des terrains n’était
conduite que par la réalisation d’un projet exigeant que les terrains ne soient pas l’objet d’une servitude quelconque.
On pourrait néanmoins reprocher aux professionnels libéraux un manquement au devoir de renseignement, mais leur
recherche a pu se heurter à une impossibilité de déceler les éléments susceptibles d’affecter leur projet.

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7 Nature et effets de la nullité invoquée


Lorsque l’une des conditions de formation d’un contrat n’est pas remplie, le juge peut prononcer la nullité de ce dernier.
Celle-ci emporte par principe l’anéantissement rétroactif du contrat. Il est censé n’avoir jamais existé et oblige les parties
à restituer ce qu’elles ont perçues. Seule exception, les contrats à exécution successive ne voient la nullité agir que pour
l’avenir.
Il convient de distinguer deux nullités :
- la nullité relative d’une part, qui vise à protéger un intérêt particulier. De fait, seule la personne protégée peut agir
en justice. En d’autres termes, celui ou celle, victime d’un vice du consentement, d’une incapacité ou d’une lésion
peut demander la nullité du contrat ;
- la nullité absolue d’autre part, qui protège l’intérêt général. Par conséquent, tout intéressé est fondé à agir en
nullité. Cela se comprend aisément puisqu’il s’agit de protéger l’intérêt collectif. Sont concernés l’objet illicite, la
cause illicite voire l’absence de consentement.
Les deux nullités sont l’objet d’une prescription identique de 5 ans.

En l’espèce, les nullités susceptibles d’être invoquées relèvent de la nullité relative. L’action devra être engagée dans
les 5 ans à compter du vice ayant affecté le consentement.

8. Demande envisageable pour Soleil Levant


La société « Soleil Levant » constate de nombreuses malfaçons au regard du cahier des charges. Que peut-elle
demander judiciairement en pareille circonstance ?
Trois possibilités peuvent être envisagées. Elles ne sont pas nécessairement exclusives l’une de l’autre.

L’exécution forcée
Le créancier de l’obligation inexécutée ou mal exécutée peut en solliciter l’exécution forcée. Celle-ci est relativement
simple dans le cas d’une obligation de donner (par exemple une somme d’argent) mais plus complexe lorsqu’il s’agit
d’une obligation de faire ou de ne pas faire. À cet égard, l’article 1144 du code civil dispose en la matière que « toute
obligation de faire ou ne pas faire se résout en dommages-intérêts en cas d’inexécution du débiteur ». En pratique
cependant, lorsque l’exécution reste possible et que l’implication personnelle du débiteur est nécessaire, le juge peut
prononcer une astreinte de nature à faire pression sur son patrimoine.

La résolution du contrat
Le créancier de l’obligation peut aussi demander judiciairement la résolution du contrat. Le juge, à défaut de clause
résolutoire, peut prononcer la résolution du contrat lorsque l’inexécution est caractérisée et d’une gravité suffisante pour
la justifier. Elle produit un anéantissement du contrat et oblige les parties à une remise en l’état dans lequel elles se
trouvaient avant la conclusion du contrat. Cela suppose que soient restitués les sommes éventuellement versées et le
bien.

La responsabilité contractuelle
Autre option du créancier de l’obligation inexécutée, elle consiste en une demande d’indemnisation du fait de la carence
fautive du débiteur.
Elle suppose pour sa mise en œuvre :
- un dommage (matériel, physique ou moral) ;
- une faute, qui sera appréciée différemment selon que la nature de l’obligation est de résultat ou de moyen. Si
l’obligation est de moyen, la preuve de l’absence de faute ne permet plus de rechercher la responsabilité du
débiteur ;
- un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Néanmoins, le débiteur peut s’exonérer de sa responsabilité lorsqu’il peut apporter la preuve que l’inexécution résulte :
- d’un cas de force majeure (évènement irrésistible et imprévisible) ;
- de la faute du créancier ou du fait d’un tiers à condition qu’ils revêtent les caractères de la force majeure.

En l’espèce, l’exécution forcée peut être envisageable, mais si l’entreprise refuse de reprendre les travaux, il sera
impossible de l’y contraindre. La condamnation à une astreinte pourrait éventuellement la forcer à s’exécuter.
La résolution, si elle théoriquement envisageable, reste complexe en pratique car il ne pourra y avoir de restitution de la
part de la société Soleil Levant. Néanmoins, une telle menace pourrait s’avérer utile pour la forcer à s’exécuter.
Enfin, une action en responsabilité civile contractuelle peut être engagée. Les conditions sont remplies :
- le dommage est constitué par le retard d’ouverture du centre et la restitution des sommes versées par les
adhérents ;
- la faute est constituée par la mauvaise exécution du contrat, les malfaçons étant aisément constatables ;
- le lien de causalité ne posera aucune difficulté.
La société Soleil levant pourra percevoir des dommages-intérêts réparant le préjudice subi.

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Auteur :
Grégory Lachaise DÉLICES DE JOUR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Diversité des contrats


Le contrat de sous-traitance, le contrat d’entreprise, le contrat de distribution (franchise)

1. Indemnisation de M. Vertefeuille pour licenciement sans cause réelle et sérieuse


M. Vertefeuille, artisan menuisier, réalise en tant que sous-traitant les menuiseries des constructions édifiées par la
SARL BOISFIN. Suite à une cessation unilatérale de leur collaboration, il sollicite une indemnisation résultant de la
rupture de ce qu’il estime être un contrat de travail.
À quelles conditions une relation de sous-traitance peut-elle être requalifiée en contrat de travail ?

Le contrat de sous-traitance
Un entrepreneur, pour la réalisation d’un ouvrage au profit d’un donneur d’ordre, est lié à ce dernier par un contrat d’entreprise
(ce contrat est régi par l’article 1710 du Code civil qui dispose : « le louage d’ouvrage est la convention par laquelle un
entrepreneur s’engage contre rémunération à réaliser au bénéfice d’un donneur d’ordre, ou maître de l’ouvrage, un travail, de
façon indépendante et sans le représenter »). Il peut alors, soit réaliser lui-même le travail confié, soit faire appel à un sous-
traitant (qui suppose là aussi un contrat d’entreprise). Le contrat liant l’entrepreneur et le sous-traitant est un contrat de sous-
traitance qui peut être définit comme « l’opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa
responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l’exécution de tout ou partie du contrat d’entreprise ou d’une partie
du marché public conclu avec le maître de l’ouvrage ». Régi par la loi du 31 décembre 1975 (réformée à plusieurs reprises ; la
dernière en date est la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005), il nécessite une véritable prestation de service.
Ainsi, la simple mise à disposition de matériel ou de personnel ne peut recevoir cette qualification ([Link]. 01.12.1992 ;
[Link]. 02.05.2000). Deux mesures particulières de protection du sous-traitant méritent d’être relevées :
- d’une part, l’entrepreneur principal doit remettre au sous-traitant la caution personnelle et solidaire d’un
établissement de crédit ou à défaut une délégation de paiement assurant le règlement des sommes dues par le
maître de l’ouvrage. Elle doit être fournie dès la conclusion du contrat de sous-traitance ou au moins avant le
commencement des travaux sous-traités ; à défaut, le sous-traitant peut demander la nullité du contrat ;
- d’autre part, le sous-traitant dispose d’une action directe (sous la condition d’avoir été préalablement agrée) en
paiement des sommes dues à l’égard du maître de l’ouvrage. Lorsque le sous-traitant est occulte (non connu du
maître de l’ouvrage), toute action en paiement contre le maître de l’ouvrage est impossible (Cass. Com. 22 juin 2011).
Enfin, par principe, le sous-traitant agit selon les prescriptions de l’entrepreneur mais reste juridiquement indépendant,
de même qu’il est maître des modalités d’exécution de sa prestation. Les difficultés peuvent survenir lorsqu’en pratique
cette indépendance tend à disparaître, c’est-à-dire que le sous-traitant prend ses ordres et directives de l’entrepreneur
qui s’immisce dans l’autonomie juridique et pratique du sous-traitant.

La requalification du contrat de sous-traitance en contrat de travail


En effet, le sous-traitant peut être justifié à demander une telle requalification dès lors que les modalités d’exécution de
sa prestation ne présentent plus les caractères d’indépendance juridique et d’autonomie de décision et de réalisation.
Obligatoirement judiciaire, la requalification suppose la preuve de l’élément décisif de la relation de travail, à savoir le
lien de subordination. Celui-ci peut être mis en évidence par une multiplicité d’indices : le sous-traitant reçoit ses ordres
et directives de l’entrepreneur, ce dernier lui fixe ses horaires de travail, le sous-traitant ne dispose pas de clientèle
propre, sa rémunération est calculée selon les mêmes modalités qu’un salarié…
Le tribunal n’étant pas tenu par la qualification que les parties ont donnée au contrat, il peut souverainement procéder à
une requalification du contrat de sous-traitance en contrat de travail et lui appliquer toutes les conséquences juridiques
qui en découlent ([Link]. 23.01.2008), notamment les indemnités légales en cas de licenciement sans cause réelle et
sérieuse. Ce pouvoir de requalification n’est évidemment pas propre au contrat de sous-traitance. Ainsi un contrat de
location de véhicule équipé taxi ([Link]. 19.12.2000), un contrat de franchise ([Link]. 21.02.2007) ou encore un
contrat de gérance-mandat ([Link]. 23.11.2005) ont été requalifiés en contrat de travail.
En l’espèce, M. Vertefeuille semble placé sous la subordination de l’entreprise BOISFIN, qui lui impose ses horaires
d’intervention, les modalités d’exécution de son contrat et qui constitue au surplus son seul client. Sa demande en
requalification aux fins de percevoir les indemnités de licenciement a donc toutes les chances d’aboutir.

2. Violation de la clause d’exclusivité territoriale


M. Lebonfils a conclu, par acte du 20 novembre N-1, un contrat de franchise avec la société DELICES DE JOUR. Il
contient une clause d’exclusivité territoriale sur le département du Gard. Le 22 avril N, le franchiseur ouvre un site
Internet dénommé DELICES DE JOUR.
Il s’agit de s’intéresser à la portée d’une clause d’exclusivité territoriale dans un contrat de franchise, c’est-à-dire en
l’occurrence si un site Internet peut être assimilé à un nouveau point de vente.

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Obligations générales du contrat de franchise


La franchise est un contrat par lequel deux personnes juridiquement distinctes s’engagent à collaborer. L’une, dite le
franchiseur, met à la disposition de l’autre, dite le franchisé, son savoir-faire, sa marque et autres signes distinctifs
moyennant rémunération.
De cette convention découlent des obligations à la charge des deux parties.
Le franchisé doit rémunérer le franchiseur pour les avantages qu’il retire des biens matériels et immatériels mis à sa
disposition. Il peut aussi être contraint à un approvisionnement exclusif auprès du franchiseur et à respecter en tout état
de cause les normes établies par ce dernier (emplacement, présentation, gestion des stocks…).
Le franchiseur doit mettre à disposition du franchisé l’ensemble de ses signes distinctifs permettant de profiter de la
notoriété du franchiseur. Il doit aussi assurer la transmission du savoir-faire ainsi que toute assistance technique. Cette
notion de savoir-faire (Cass. 3 mai 2012) doit être comprise comme un ensemble identifié d’informations non brevetées,
résultant de l’expérience du franchiseur. Il doit être secret et substantiel mais pas nécessairement nouveau. Le critère de
l’originalité n’est donc pas une condition substantielle du contrat de franchise de nature à entraîner sa nullité.
La portée d’une clause territoriale d’exclusivité
Au sein de la liberté contractuelle dont jouissent les parties, il peut être inséré au contrat une clause d’exclusivité
territoriale. Celle-ci oblige le franchiseur à ne pas constituer de nouvelles franchises dans la zone géographique
considérée. Sa validité est subordonnée au regard du droit français à un progrès économique dont bénéficie le
consommateur. Au regard du droit communautaire, elle doit être indispensable à la protection des investissements
réalisés par le franchisé au bénéfice du consommateur. Sa violation permet d’engager la responsabilité contractuelle du
franchiseur, voire la résiliation du contrat dès lors qu’elle en constitue un élément essentiel.
Le franchiseur, pour le développement de son activité et de sa notoriété, peut être justifié à la création d’un site Internet.
Or celui-ci peut être de nature à porter atteinte aux intérêts du franchisé s’il propose des possibilités d’achat par ce
moyen. Bien que la vente soit considérée comme passive (le franchiseur ne démarche pas), la protection de la clause
est largement affaiblie. La prise en compte du franchisé est ainsi nécessaire à la constitution d’un site Internet. La cour
d’appel de Bordeaux a ainsi prononcé la résiliation d’un contrat de franchise aux torts exclusifs du franchiseur en
pareilles circonstances (CA Bordeaux, 26.02.2003). Cependant, dans la même affaire, la cour de cassation, sur pourvoi,
refuse l’assimilation d’un site Internet à un point de vente. Il convient alors au contrat de prévoir toute précision utile. À
défaut, l’effet d’une clause territoriale d’exclusivité ne pourra jouer.
En l’espèce, l’ouverture d’un site Internet par la société DELICES DE JOUR ne peut être assimilée à un point de vente
entrant dans le champ de protection de la clause d’exclusivité à défaut de stipulation dans le contrat de franchise.

3. Indemnisation pour le préjudice résultant de la clause de non-concurrence


me
DELICES DE JOUR vient de mettre un terme au contrat de franchise avec M Lafille. Le contrat contient une clause de
non-concurrence. Le franchisé entend se faire indemniser des conséquences de son observation.
Les faits de l’espèce nous conduisent à étudier la validité d’une clause de non-concurrence dans un contrat de franchise
et l’indemnisation à laquelle elle peut donner lieu.
Validité de la clause de non-concurrence
Très régulière dans la pratique, la clause de non-concurrence a pour objet essentiel de préserver les intérêts du
franchiseur et notamment de lui éviter le parcours d’une action en concurrence déloyale.
Elle est subordonnée aux conditions de validité suivantes, établies par la jurisprudence (Cass. 28 septembre 2010) :
- elle doit être limitée dans le temps et dans l’espace. Le règlement européen d’exemption du 20 avril 2010 fixe une
durée maximale de 1 an. ;
- elle doit être justifiée par la protection des intérêts légitimes de l’entreprise et les limitations doivent lui être proportionnées.
Sa violation ouvre droit à indemnité dès lors que la preuve d’un préjudice est apportée.
Le droit à indemnisation d’une clause de non-concurrence
L’observation d’une clause de non-concurrence peut conduire le franchisé à la liquidation dès lors qu’il se trouve privé de
la possibilité de maintenir de fait son activité. En effet, contraint de ne pas exercer une activité qui est celle précisément
de son exploitation, il doit alors renoncer à la poursuite de son commerce et se trouve dépossédé de sa clientèle.
C’est sur ce dernier point que semble aujourd’hui ouvert un véritable droit à indemnisation, bien qu’aucune disposition légale
ou réglementaire, nationale ou européenne, n’existe. En effet, tel qu’il en ressort d’un arrêt de la cour de cassation ([Link].
9.10.2007 et CA Bordeaux, 3 février 2010), l’indemnisation doit être considéré comme automatique dès lors que :
- la rupture ou le non-renouvellement du contrat est le fait du franchiseur ;
- qu’aucune faute ne peut être mise à la charge du franchisé ;
- que le franchisé se trouve privé de sa clientèle.
Néanmoins, le même droit ne semble pas ouvert si les conditions ne sont pas remplies, par exemple lorsque la rupture
est à l’initiative du franchisé ou si une faute lui est imputable.
À noter que la clause de non-réaffiliation, peut-être plus souple, n’est pas exactement soumise aux mêmes exigences.
me
En l’espèce, la clause de non-concurrence dont M Lafille est débitrice est limitée dans le temps (2 ans) et dans
l’espace (département du Gard) ; elle peut être justifiée par les intérêts que le franchiseur entend préserver et vise les
activités concernées. Néanmoins, sa durée lui fait encourir la nullité.
me
En cas de renoncement à une telle action, M Lafille pourrait à raison solliciter une indemnisation du fait de l’application
de la clause de non-concurrence.
me
En effet, le non-renouvellement est le fait du franchiseur, aucune faute n’est imputable à M Lafille et celle-ci peut
justifier d’une clientèle propre.

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UE 1 Corrigé 17
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Grégory Lachaise
Agnès Lieutier
L’AUTRUCHON GRIS
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Le contrat de vente, vices cachés, les contrats de consommation, le contrat de crédit à la


consommation, le contrat d’assurance

1. Délai de rétractation
La société Relais et Bateaux a passé commande de 500 « oreillers qui soignent » et le même volume de tables de bord
« auto-lavantes ». Une partie de la commande a été passée par internet et l’autre moitié directement au magasin de
Lyon. Trois jours plus tard, la société Relais et Bateaux souhaiterait réviser le volume de sa commande à la baisse.

Le délai de rétractation ou de réflexion est un temps laissé au cocontractant pour revenir sur sa décision ou accepter une
offre qui lui est proposée.
Limitativement prévu par la loi, le délai de rétractation permet au consommateur de renoncer à son engagement sans
avoir à justifier d’un motif quelconque. Il est ainsi admis dans les cas du démarchage à domicile, de la vente à distance
(minitel, internet, télé-achat…), du crédit à la consommation, d’un contrat avec une agence matrimoniale ou encore dans
le cadre d’un contrat pour la construction et l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation. Le délai de renonciation est
en principe de 7 jours dont le point de départ varie selon la nature du contrat. Si sur le fond son contenu et sa finalité le
délai de rétraction ne pose pas ici débat, il en va autrement de son exercice. En effet, une personne morale peut-elle
revendiquer la qualité de consommateur et bénéficier de la protection du code de la consommation en la matière ?
Pendant de nombreuses années, certaines ambiguïtés ont été progressivement levées par la cour de cassation. La loi
Hamon du 17 mars 2014 a définitivement tranché en précisant dans le code de la consommation (article préliminaire)
qu’est considéré comme un consommateur toute personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre
de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale.
Dès lors, l’article L121-20 du code de la consommation qui prévoit que le consommateur dispose d’un délai de
rétractation de sept jours francs dans le cas de vente à distance, n’est pas applicable aux personnes morales.

En l’espèce, la société Relais et Bateaux ne pourra pas bénéficier de ce délai de rétractation pour l’achat effectué par
internet.

2. Incidence du versement d’un acompte ou d’arrhes sur l’engagement de l’acheteur


La commande sur internet indique le versement de la somme de 60 000 euros à titre d’arrhes et celle du magasin la
même somme à titre d’acompte.

L’acompte constitue un paiement partiel du prix, donné en général au moment de la commande du bien ou du service,
c’est-à-dire de la conclusion du contrat. L’acompte ne comporte aucune faculté de rétractation de la part de l’une ou
l’autre des parties. L’inexécution de l’une d’elle autorise l’exécution forcée ainsi qu’une demande en dommages et
intérêts.
À la différence, les arrhes, donnés au moment de la promesse de vendre, autorisent chacune des parties à se dédire en
sanctionnant ce comportement soit par la perte des arrhes pour celui qui les a donné et qui se rétracte, soit au paiement
du double des arrhes lorsque c’est celui qui les a reçu qui se dédit. Il n’y a donc aucune faculté pour l’une des parties
d’exiger l’exécution du contrat, en l’occurrence le paiement total du prix.
À noter enfin que la loi Hamon du 17 mars 2014 prévoit, sans distinguer arrhes et acomptes, que toute somme versée
d’avance sur le prix, quels que soient la nature de ce versement et le nom qui est donné dans l’acte, est productive, au
taux légal en matière civile, d’intérêts qui courront à l’expiration d’un délai de trois mois à compter du versement jusqu’à
réalisation ou restitution des sommes versées d’avance, sans préjudice de l’obligation de livrer qui reste entière (Art.
L131-1 C. com).

En l’espèce, la société R§B ne peut se désengager du contrat conclu dans la boutique, mais pourra se départir de l’autre
engagement en perdant les 60 000 euros !

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UE 1 Corrigé 18
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Les garanties pouvant être mises en œuvre - Conséquences


La société R§B demande la reprise de l’ensemble des produits mais la SARL l’Autruchon Gris, refuse et temporise en
imputant les défauts à l’entreprise chinoise et fait remarquer que le contrat ne la soumet pas à la garantie des vices
cachés.

Il faut distinguer deux types de garanties supportées par le vendeur : les garanties contractuelles d’une part et les
er
garanties légales d’autre part. Dans les deux cas, depuis la loi du 17 mars 2014 et à compter du 1 juin de la même
année, le professionnel doit communiquer de manière lisible et compréhensible toute information sur les garanties
légales et contractuelles.
Pour les premières, autrement appelées garanties commerciales, elles sont facultatives et leur étendue ainsi que leur
durée reste variable selon les professionnels. Ils s’engagent en général à une réparation gratuite ou un échange sans
frais pendant une durée déterminée.
Pour les secondes, elles s’imposent au vendeur professionnel qui s’oblige à :
- garantir le vendeur contre toute éviction ;
- garantir la sécurité du bien ou service ;
- indemniser le consommateur des dommages résultant des produits défectueux ;
- garantir les vices cachés ;
- garantir la délivrance conforme du bien ou du service. Il s’agit de la garantie légale de conformité.

Seule retiendront notre attention les deux dernières garanties.

La garantie des vices cachés dont le vendeur est débiteur est visée à l’article 1641 du code civil. La garantie concerne
tous les biens dans le commerce, meubles ou immeubles mis à part quelques exceptions.
Sa mise en œuvre suppose la réunion de trois conditions :
- le vice doit être caché, c’est-à-dire qu’il ne doit pas être apparent au moment de la vente. Il ne doit en effet pas être
détectable par un examen attentif pour le profane ou par un examen approfondi par le professionnel ;
- le vice doit être antérieur à l’achat. Il doit exister au moment de la vente pour pouvoir être garanti par le vendeur ;
- le vice doit être grave. Le ou les défauts cachés de la chose doivent la rendre impropre à l’usage auquel on la
destine, ou diminuer tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre
prix, s’il les avait connus.

L’acheteur, sur lequel repose la charge de la preuve, dispose alors de deux options :
- l’action rédhibitoire, qui entraine la résolution de la vente avec remise de la chose et du prix entre les parties. Elle
doit être intentée dans les deux ans à compter de la découverte du vice ;
- l’action estimatoire, qui consiste en la possibilité de conserver la chose moyennant une réduction du prix.

Néanmoins, le code civil prévoit expressément à l’article 1643 la faculté pour le vendeur d’exclure la garantie des vices
cachés. Cette exclusion n’est cependant pas valable entre un professionnel et un consommateur où elle prend le
caractère d’une clause abusive. Elle n’est pas non plus valable s’il peut être démontré que le vendeur connaissait le vice
dont était affectée la chose au moment de la vente. Sa bonne foi est donc ici essentielle. Si les tribunaux en acceptent la
validité entre professionnel, il convient d’être prudent dans la mesure où les juges du fond devront apprécier la qualité de
professionnel des parties (activités identiques, complémentaires…).

La garantie de délivrance conforme se distingue clairement des vices cachés. En effet, un produit peut être conforme et
affecté d’un vice. À l’inverse, un produit peut être non conforme et cependant non vicié. En premier lieu, cette garantie
oblige le vendeur à délivrer un bien conforme dans ses caractéristiques à ce qui était prévu. Mais au-delà, il s’agit de
garantir que la chose pourra être utilisée conformément à l’usage auquel elle est destinée ou que les performances
attendues ne sont pas atteintes. Le défaut de conformité, qui fait l’objet d’une disposition du code de la consommation
(donc inapplicable au non consommateur), autorise à demander l’anéantissement du contrat ou le remplacement du
produit.

En l’espèce, et à défaut d’entente entre les parties, L’Autruchon Gris ne peut se retrancher derrière la responsabilité du
fabriquant, même si une action à son égard est envisageable puisqu’il doit sa garantie. Il est conseillé d’engager alors
une action judiciaire sur le double fondement des vices cachés et de la non-conformité, ce qui amènera le juge à statuer
sur la qualité de professionnel des parties et s’il retient la clause d’exclusion d’examiner la demande sur l’absence de
conformité. Sur ce dernier point, il ne fait aucun doute que l’action pourra aboutir car les oreillers ne peuvent être utilisés
pour la destination à laquelle ils étaient promis.

L’obligation de sécurité
Une obligation générale de sécurité pèse sur le professionnel quant au produit ou service vendu. Il doit livrer la chose
sans vice ou défaut de fabrication de nature à entraîner un danger pour les personnes ou les biens dans des conditions
normales d’utilisation. Cette obligation est d’autant plus compréhensible que certains produits sont susceptibles
d’affecter la santé ou la vie du cocontractant. Le professionnel est responsable à l’égard des tiers et de l’acheteur, qu’il
soit fabriquant ou non du produit vendu. Cette obligation figure au code de la consommation (art. L222-1 C. Cons) et

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UE 1 Corrigé 19
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

impose par ailleurs, à l’occasion de la mise sur le marché de nouveaux produits, que soit fournie au consommateur toute
information utile lui permettant d’évaluer les risques inhérents au produit dans des conditions d’utilisation normale (art.
L221-1-2). La responsabilité encourue peut trouver un fondement contractuel (art. 1141, 1147 C. civ.), délictuel (art.
1382 C. civ.) ou pénal (notamment art. 213-1 C. Cons, relatif aux fraudes et falsifications).

4. Action en indemnisation contre la société chinoise


Le dirigeant de R§B, [Link], avait par ailleurs donné à plusieurs membres de sa familles quelques-unes de ces
merveilles technologiques. Or, l’un d’entre eux, Alexandre Rupas, a purement et simplement accusé une perte totale de
mémoire dont la rémission est incertaine.
M. Rupas peut-il agir en indemnisation contre la société Chinoise ?

La responsabilité du fait des produits défectueux fait l’objet d’une réglementation autonome figurant à l’article 1386-1 du
Code civil. Il assure, par l’étendue de son champ d’application, une meilleure garantie d’indemnisation aux victimes.

Les produits concernés


Est un produit tout bien meuble, même s’il est incorporé dans un immeuble, y compris les produits du sol, de l’élevage,
de la chasse et de la pêche. L’électricité est considérée comme un produit. A contrario, ne sont pas concernés les
immeubles.

Les responsables visés


C’est ici que la réglementation est particulièrement efficace. En effet, sont civilement responsables de plein droit les
producteurs, c’est-à-dire ceux qui, à titre professionnel, ont fabriqué un produit fini ou l’un de ses composants ou produit
une matière première entrant dans sa composition. À défaut d’identification du producteur, sont indifféremment
responsables le fournisseur, le vendeur, ou le loueur.

Mise en œuvre de la responsabilité


La mise en œuvre de l’action en réparation ne nécessite aucunement l’existence d’un lien contractuel unissant le
producteur ou le vendeur et la victime.
Trois conditions doivent être réunies :
- la mise en circulation du produit. Le produit doit avoir été volontairement mis en circulation par le producteur (un
produit volé ne pourrait être considéré comme tel) ;
- la défectuosité du produit. Il y a défectuosité lorsqu’un produit n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement
s’attendre ;
- un dommage. Sont couvert les dommages qui résultent d’une atteinte à la personne et ceux qui résultent d’une
atteinte à un bien autre que le produit défectueux lui-même.

L’action doit être engagée dans un délai de dix ans et le législateur limite les cas d’exonération aux cas qu’il énumère
(art. 1386-11 C. Civ.).

En l’espèce, M. RUPAS peut agir en indemnisation contre la société Chinoise et à défaut d’identification contre
l’Autruchon Gris, même en l’absence de rapport contractuel.

5. Possibilité et fondement d’une action de groupe


La loi dite Hamon, parue au JO du 18 mars 2014, et son décret d’application en date du 24 septembre 2014, outre de
nombreuses nouveautés, institue une action de groupe au profit des consommateurs. Sa finalité est de permettre une
indemnisation des consommateurs dont le montant du contentieux ne les engage pas à exercer une action individuelle.

Modalités
La loi réserve aux associations de défense des consommateurs représentative au niveau national et agréées, la qualité
pour agir au nom des consommateurs (CNAFAL, CNAFC, CSF, Familles de France, Familles rurales, UNAF, Adeic,
AFOC, Indecosa-CGT, ALLDC, UFC-Que choisir, CLCV, CGL, CNL, Fnaut). Autrement dit, le consommateur lésé doit
s’adresser à l’une des associations visées et lui soumettre l’objet de sa demande. L’adhésion auprès de cette dernière
vaut mandat pour le représenter dans ses demandes. Après examen et s’il existe au moins deux consommateurs,
l’association saisit par voie d’assignation (exposant les cas individuels) le tribunal de grande instance du domicile du
défendeur selon les règles de procédure civile.

Champ d’application
L’action de groupe vise à obtenir réparation des manquements dommageables des professionnels à leurs obligations
légales ou contractuelles, dans le cadre de la vente d’un produit ou service ou encore des préjudices résultant de
pratiques anti-concurrentielles. Seuls sont concernés les préjudices matériels et sont exclus du champ d’application de la
loi les domaines de la santé et de l’environnement.

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UE 1 Corrigé 20
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Indemnisation
Le tribunal saisit établi ou non la responsabilité du professionnel et, le cas échéant, détermine pour chaque
consommateur ou catégorie de consommateur le montant du préjudice réparable. Dans la même décision, il fixe à la
charge du professionnel les mesures de publicités permettant aux consommateurs d’adhérer au groupe dans un délai
qu’il détermine entre deux et six mois.

En l’espèce, les consommateurs lésés pourront exercer une action de groupe aux fins d’être indemnisés. Il s’agit bien
d’un produit (oreillers) pour lequel l’indemnisation devra être évaluée (remboursement par exemple).

6. Vente liée
M. Felbegor a fait l’acquisition d’un ordinateur portable sur lequel étaient déjà préinstallés plusieurs logiciels. Il estime
être l’objet d’une vente liée illégale.
En vertu de l’article L122-1 du code de la consommation, il est interdit de « subordonner la vente d’un produit à l’achat
d’une quantité imposée ou à l’achat concomitant d’un autre produit ou d’un autre service ainsi que de subordonner la
prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un produit dès lors que cette subordination constitue une
pratique commerciale déloyale ». La cour de cassation a déjà eu à faire application de cet article en matière de vente
d’ordinateur. Par un arrêt en date du 6 octobre 2011, la haute cour exige que le vendeur d’ordinateur « offre à sa
clientèle la possibilité de renoncer aux logiciels d’exploitation et d’utilisation, moyennant déduction du prix correspondant
à leur licence d’utilisation. Par une nouvelle décision du 12 juillet 2012, la cour est venue préciser sa position en
subordonnant l’illégalité des ventes liées à une pratique déloyale tel qu’il en ressort du code de la consommation. En
d’autres termes, si le vendeur informe clairement le consommateur du contenu de l’offre et lui permet de choisir entre un
ordinateur comprenant des logiciels préinstallés et un ordinateur nu, la pratique ne présente pas un caractère déloyal.

En l’espèce, si le site Internet du vendeur précisait les conditions de l’offre et que M. Felbegor a, ou aurait pu choisir
librement, son action ne sera pas recevable.

7. Sanctions encourues par la banque


Venu solliciter l’obtention d’un crédit à la consommation auprès de sa banque, M. Lem a conclu le contrat le jour même.
Deux mois plus, tard il en constate le poids financier et estime avoir été mal informé.

En matière de crédit à la consommation, le Code de la consommation exige le respect d’un formalisme scrupuleux et en
sanctionne les manquements.
er
Des obligations jurisprudentielles, partiellement comblées par la loi du 1 juillet 2010 et du 17 mars 2014, viennent se
surajouter.

Le formalisme du crédit à la consommation


Visé aux articles L311-1 à L311-37 du Code de la consommation, le crédit à la consommation se définit comme toute
opération de crédit bénéficiant à un particulier en vue de financer une dépense non professionnelle, avec affectation ou
non, autre que l’acquisition d’un bien immobilier. D’ordre public, les règles exigent le respect d’un formalisme spécifique
er
visant à protéger le consommateur. Réformé par les lois du 1 juillet 2010 et du 17 mars 2014, les nouvelles dispositions
ont étendu la protection dont bénéficie le consommateur :
- les modalités de publicité des offres de crédit comportent des obligations supplémentaires (obligation de certaines
mentions : « un crédit vous engage et doit être remboursé », « un crédit responsable est celui qui se rembourse ») ;
- le montant des crédits concernés par la législation sont ceux allant de 200 euros (pour les crédits affectés) à
75 000 euros ;
- le délai de rétractation est de 14 jours à compter de l’acceptation de l’offre ;
- le prêteur doit vérifier la solvabilité de l’emprunteur (notamment consultation du Fichier des incidents de paiement).
Sont cependant exclues de la loi les opérations d’un montant supérieur à 75 000 euros, celles d’une durée inférieure à
trois mois, celles portant sur des immeubles et enfin les opérations finançant une activité professionnelle.

Avant la conclusion de tout contrat de crédit, le consommateur doit bénéficier d’une offre préalable (L311-6) lui
permettant d’exercer en toute clarté son adhésion. L’offre mentionne :
- l’identité des parties, et le cas échéant celle des cautions ;
- le montant du crédit et, s’il y a lieu, le taux effectif global, et le cas échéant les primes d’assurance ;
- les dispositions des articles L311-15 à L311-17 et L311-32 du Code de la consommation et, s’il y a lieu, des articles
L311-20 à L311-31 et L313-13 du même code et reproduction de celles de l’article L311-37 (ces dispositions
concernent notamment le délai de rétractation, les sanctions encourues en cas de non-respect du formalisme
gouvernant le contrat, la compétence du tribunal d’Instance pour tout contentieux relatif au contrat, ainsi que les
droits d’accès de l’emprunteur aux informations le concernant) ;
- le cas échéant, le bien ou la prestation de service financé.
Le prêteur est alors tenu de maintenir son offre pendant 15 jours, mais la loi ne fixe pas de délai (comme il en est pour
d’autre crédit) entre l’offre et l’acceptation. Cette dernière peut donc s’effectuer immédiatement.

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UE 1 Corrigé 21
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Les sanctions
En l’absence d’offre préalable, le prêteur est déchu de son droit à percevoir les intérêts. L’emprunteur n’est obligé qu’au
seul remboursement du capital conformément à l’échéancier.

Les obligations jurisprudentielles partiellement comblées par la loi


Différents arrêts de la cour de cassation ([Link]. 29 juin 2007 ; Cass. civ. 22 mai 2008 et 18 septembre 2008), et plus
er
récemment du TGI de Nancy (1 mars 2010), établissent une obligation d’information et de conseil à l’égard de
l’emprunteur. Plus précisément, la cour de cassation opère une distinction entre l’emprunteur averti et l’emprunteur non
averti. Envers dernier, le prêteur a un devoir de mise en garde, c’est-à-dire qu’il doit informer l’emprunteur des risques
liés à l’opération de crédit envisagée au regard de son importance, de sa durée, de son coût… L’article L 311-8 du code
de la consommation oblige désormais le prêteur à attirer l’attention de l’emprunteur sur les caractéristiques essentielles
du contrat et sur ses conséquences, y compris en cas de défaut de paiement. Néanmoins, si la loi nouvelle comble en
partie ce que la cour de cassation a érigé en obligation, elle ne permet cependant pas de maîtriser totalement pour le
prêteur l’assurance de la solvabilité de l’emprunteur.

En l’espèce, le banquier semble avoir régulièrement remis et présenté à M. Lem une offre préalable de crédit,
conformément aux exigences de la loi. Il ne pourra donc sur ce fondement obtenir une annulation des intérêts.
Néanmoins, la loi ne dispense pas le banquier de livrer toutes informations sur la portée de l’engagement à raison de la
situation personnelle de l’emprunteur, la sanction étant la déchéance du droit à intérêt, en totalité ou partiellement. Il
conviendra en l’espèce de vérifier si cette obligation a été remplie.

8. Contrat de crédit
M. Felbegor a souscrit un crédit par l’intermédiaire de la société Audi pour faire l’acquisition d’un véhicule de la même
marque. Le prêt lui a été refusé. Le concessionnaire automobile demande néanmoins à M. Felbegor le paiement du
véhicule. Y est-il tenu ?

Le contrat de crédit affecté ou lié, lui aussi réformé par la loi du 17 mars, est une opération de crédit affectée à une
opération déterminée (l’acquisition d’un véhicule par exemple). L’emprunteur bénéficie d’un délai de rétractation qui
expire à la date de la livraison ou de la fourniture, sans pouvoir ni excéder quatorze jours ni être inférieur à trois jours.
Toute livraison ou fourniture anticipée est à la charge du vendeur qui en supporte tous les frais et risques.
Par ailleurs, le contrat de vente pour lequel le crédit est conclu est résolu de plein droit sans indemnité :
- si le prêteur n’a pas, dans un délai de sept jours à compter de l’acceptation du contrat de crédit par l’emprunteur,
informé le vendeur de l’attribution du crédit ;
- ou si l’emprunteur a, dans ce même délai de sept jours, exercé son droit de rétractation.
En l’espèce, M. Felbegor n’est donc aucunement tenu de payer l’Audi, bien au contraire : le contrat de vente a été résolu
de plein droit.

9. Contrat perte d’exploitation


La SARL « L’AUTRUCHON GRIS » souhaite se transformer en SA. Les futurs actionnaires souhaitent conclure un
contrat d’assurance « perte d’exploitation » en cas d’incapacité ou de décès de son futur Directeur général, M. Felbegor.
Un contrat d’assurance perte d’exploitation est-il approprié pour couvrir un risque décès ou d’incapacité d’un dirigeant
social ?

Toute activité suppose un risque. L’entreprise n’y échappant pas, il est nécessaire de disposer d’une politique de gestion
des risques afin de couvrir la survenance d’événements très variés. Les assurances de responsabilité garantissent les
risques résultant d’un préjudice causé par l’assuré, les assurances dommages permettent de supporter les atteintes aux
biens de l’entreprise (en cas d’incendie, catastrophes naturelles, dégât des eaux, casse de machines, effondrement,
perte d’un homme clé…). L’assurance perte d’exploitation (qui entre dans la catégorie des assurances dommages) vise
précisément à garantir les conséquences financières qui en résultent (arrêt complet ou partiel d’activité). La question est
d’importance, puisque l’entreprise, dépourvue de sa capacité de production ou de sa direction, peut être l’objet d’une
cessation des paiements ou voir la clientèle disparaître au profit des concurrents.
Au contrat, il convient donc de déterminer avec précision les événements justifiant indemnisation ainsi que les droits
auxquels elle ouvre, puisque le mécanisme de l’assurance consiste à protéger l’assuré des conséquences de
l’évènement couvert. La perte, l’incapacité ou l’indisponibilité d’un homme clé entre dans le champ d’application de
l’assurance perte d’exploitation pour laquelle les professionnels du secteur ont adapté des solutions appropriées.
L’indemnisation peut garantir le paiement des charges fixes de l’entreprise, le résultat d’exploitation, ou encore les
dépenses engagées pour permettre la reprise de l’activité.

En l’espèce, le recours à une assurance perte d’exploitation en cas de décès ou d’incapacité de M. Felbegor est tout à
fait envisageable. Le risque couvert sera l’indisponibilité temporaire ou définitive (!) de M. Felbegor. Quant à
l’indemnisation, les stipulations contractuelles devront en définir l’étendue et la durée.

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UE 1 Corrigé 22
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Sur le plan fiscal, le contrat d’assurance perte d’exploitation en cas de décès ou incapacité d’un « homme clé » se traduit
ainsi lors de la détermination du résultat fiscal de la société :
- les primes sont déductibles lorsqu’elles sont dues ; la jurisprudence du Conseil d’État a précisé que cette
déductibilité est possible quelle que soit la modalité d’indemnisation en cas de survenance du risque (c’est-à-dire
indemnité forfaitaire ou calculée en fonction de la perte réalisée) ;
- l’indemnité reçue en cas de réalisation du risque représente un profit imposable ; toutefois, l’article 38 quater du
CGI prévoit que cette imposition peut être répartie sur 5 exercices (l’exercice au cours duquel l’indemnité est due
par la compagnie d’assurance, et les 4 exercices suivants).
NB : l’étalement est une simple faculté offerte à l’entreprise, qui peut donc y renoncer si elle y a intérêt (par exemple pour imputer
des déficits qui pourraient être perdus ultérieurement).

10. Contrat d’assurance-vie sur la tête de M. Felbegor contracté par la société


Les contrats d’assurance-vie qui n’ont pas pour objet la couverture d’un risque et prévoient le versement d’un capital à
une date certaine ont le caractère de placements financiers. Les primes correspondantes ne sont déductibles que
globalement lors du versement du capital par la compagnie d’assurance.
Les primes doivent donc être réintégrées au fur et à mesure de leur versement, dans le résultat fiscal de la société, en
tant que charges non déductibles.
Le versement du capital par l’assureur est un profit imposable : c’est sur l’exercice de son imposition que sont déduites,
de façon extra-comptable, toutes les primes préalablement réintégrées.
Les dispositions de l’article 38 quater ci-avant rappelées sont applicables, mais l’imposition échelonnée doit tenir compte
des primes non déduites : c’est donc la différence entre l’indemnité perçue et la totalité des primes payées (qui n’ont pas
été déduites préalablement) qui peut être répartie sur 5 exercices.

11. Contrat d’assurance-vie contracté par M. Felbegor


Versements
Les versements sur le contrat d’assurance-vie n’ouvrent droit à aucune déduction du revenu ou réduction de l’IR (impôt
sur le revenu) du souscripteur.

Clôture du contrat
Lorsque la clôture intervient après huit ans (décomptés à partir de la souscription du contrat d’assurance-vie), les
revenus du contrat sont soumis à l’IR, sur l’année de clôture du contrat, dans la catégorie des revenus de capitaux
mobiliers, après application d’un abattement (annuel) de 4 600  (personnes seules) ou 9 200  (couples soumis à une
imposition commune). Ils sont inclus dans les revenus mobiliers imposables au taux du barème progressif de l’IR ;
toutefois, sur option de M. Felbegor, ils peuvent bénéficier du prélèvement libératoire au taux de 7,5%. De plus, les
revenus du contrat subissent les prélèvements sociaux (CSG, CRDS et prélèvements complémentaires, soit un taux
global de 15,5%, qui sont prélevés au moment de leur inscription annuelle au contrat (et donc ne sont pas dus lors de la
clôture du contrat).

Rachat partiel du contrat


Le rachat partiel permet au souscripteur de retrouver la disponibilité d’une partie des fonds du contrat d’assurance-vie.
Lorsque ce rachat partiel intervient avant huit ans, les revenus sont intégralement soumis à l’IR au taux progressif (sans
abattement) ; le taux du prélèvement libératoire applicable sur option passe à 35% (si la durée du contrat est inférieure à
4 ans) ou 15% (si la durée du contrat est comprise entre 4 et 8 ans). La fraction de revenus imposables correspondant
au rachat partiel est égale à :
Total des primes Valeur totale du
Montant du
Montant du rachat partiel – ( x versées à la date du / contrat à la date du )
rachat partiel
rachat partiel rachat partiel

Pour M. Felbegor, l’imposition porterait sur la fraction d’intérêts ainsi calculée :


10 000 – ( 10 000 x 30 000 / 34 200 ) = 1 228 .
Cette somme serait soumise à l’IR au taux progressif ou, selon la tranche marginale de l’IR dont relèverait M. Felbegor,
sur option au taux de 35% (l’option ne serait donc intéressante que si M. Felbegor atteignait la tranche au taux marginal
de 41%).

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UE 1 Corrigé 23
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Grégory Lachaise POLLEN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Droit pénal
Droit pénal général : Responsabilité pénale, infraction, classification, peine
Procédure pénale

1. Responsabilité pénale : fondement et peines encourues


La SARL POLLEN a pour activité l’assemblage de pièces aéronautiques. Le 12 août N, Jean-Claude Fermier chute en
s’appuyant sur une rambarde métallique qui cède brutalement. Il décède des suites de ses blessures. Quant à
lle
M Adele, sa main est littéralement tranchée par un massicot à métaux sans que le système de sécurité ne réagisse.
Une modification du système électrique de l’entreprise sollicitée par le gérant de la société en est la cause.
Les personnes morales sont-elles susceptibles d’encourir une responsabilité pénale et quelles sont les peines encourues
à leur égard ?

Principe
En vertu de l’article L121-2 du code pénal, toutes les personnes morales de droit privé sont pénalement responsables
dès lors qu’elles sont immatriculées et ce jusqu’à leur dissolution. À l’exception de l’État, les personnes morales de droit
public engagent leur responsabilité pénale pour les activités pouvant faire l’objet de conventions de délégation de service
public (c’est-à-dire l’ensemble des activités dont la gestion est susceptible d’être confiée à un délégataire privé ou
public).
Il s’agit d’une responsabilité par ricochet, dans la mesure où il n’est pas nécessaire qu’une faute propre lui soit
imputable.
La loi du 31 décembre 2005, en supprimant le principe de spécialité, autorise à poursuivre les personnes morales pour
toutes les infractions visées au code pénal.

Conditions
• L’infraction doit être commise par un organe ou un représentant de la personne morale. Elle doit être caractérisée
dans l’ensemble de ses éléments constitutifs à l’encontre de son représentant. Il peut s’agir d’une infraction
consommée, d’une tentative ou d’une complicité.
• L’infraction est commise pour le compte de la personne morale, c’est-à-dire dans l’intérêt et pour le compte de celle-
ci. Elle peut découler de ses activités ou de celles ayant trait à son organisation, son fonctionnement ou ses
objectifs. Peu importe cependant que la personne morale en ait tiré profit. Par contre, si le représentant a poursuivi
son propre intérêt, il n’est plus possible d’engager la responsabilité pénale de la personne morale.

Les infractions relatives à la sécurité des salariés


L’employeur personne morale et le chef d’entreprise (mais la mise en cause de ce dernier, c’est-à-dire son identification,
n’est pas une condition nécessaire à la poursuite de la personne morale) encourent des sanctions pénales en cas de
violation de leurs obligations en matière d’hygiène et de sécurité.
Sur le fondement du code du travail (L263-2 à 4 [Link].) :
L’inobservation des règles d’hygiène et de sécurité est sanctionnée pénalement par une peine d’amende de 3 750 euros
qui est alourdie en cas de récidive (1 an d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende).
Sur le fondement du code pénal, plusieurs infractions peuvent être poursuivies :
• La mise en danger de la vie d’autrui. Prévu à l’article 223-1 du code pénal, le délit consiste à : exposer directement
autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité
permanente, du fait de la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de
prudence imposée par la loi ou le règlement.
Le délit, constitué en l’absence même de résultat (c’en est la spécificité), est puni d’une peine d’emprisonnement de
1 an et de 15 000 euros d’amende.
• Les atteintes involontaires à la vie. L’infraction est constituée dès lors que : la maladresse, l’imprudence,
l’inattention, la négligence ou le manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le
règlement, a causé la mort d’autrui.
Le délit d’homicide involontaire est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. La peine est
alourdie en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence
imposée par la loi ou le règlement (cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende).

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• Les blessures involontaires. Les atteintes par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à
une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ayant entraîné une incapacité totale de
travail pendant plus de trois mois, sont punies de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.
La sanction est plus lourde en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou
de prudence imposée par la loi ou le règlement, puisque les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et à
45 000 euros d’amende.

Les peines relatives aux personnes morales


En matière correctionnelle et criminelle, les peines sont les amendes (art. 131-37 et 131-38 C.Pén.), dont le montant est du
quintuple de celles prévues pour les personnes physiques. D’autres peines peuvent être prononcées lorsque la loi le prévoit
(dissolution, exclusion de marchés publics, fermeture temporaire ou définitive… visées à l’article 131-39 du Code pénal).

En l’espèce, la SARL POLLEN pourra être poursuivie au titre :


- d’homicide involontaire pour le décès de M. Fermier ;
lle
- de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail de plus de trois mois pour M Adele.
Dans ces deux cas, les infractions sont constituées à l’égard du gérant de la société. Il en est le représentant et les délits
ont été commis dans l’exercice d’activités relatives à l’organisation et au fonctionnement de la SARL POLLEN.
La personne morale est donc pénalement responsable de ces infractions et encourt notamment une peine d’amende.

2. Compétence des juridictions françaises pour le délit d’escroquerie


La SPA NUOVA, de nationalité italienne, sollicite confidentiellement M. Jame, gérant de la SARL POLLEN, pour l’aider à
la diffusion de publicités relatives à des placements financiers. Le gérant recueille les contrats souscrits et fait transiter
les fonds à la SPA par l’intermédiaire du compte bancaire de la société POLLEN. Un an plus tard, le gérant apprend
l’arrestation de M. Malfonzione pour escroquerie.
Les juridictions pénales françaises sont-elle compétentes pour poursuivre l’infraction d’escroquerie ?

En vertu de l’article L113-2 (C.Pén.), la loi française est applicable aux infractions commises sur le territoire de la
République. Elles sont réputées commises sur son territoire dès lors qu’un de ses faits constitutifs a eu lieu sur ce territoire.
Cette notion de « fait constitutif » est envisagée extensivement par les tribunaux. En effet, elle comprend les actes de
commencement d’exécution de l’infraction, l’un des éléments matériels de commission de l’infraction, mais aussi les
actes de complicité à condition qu’il y ait réciprocité d’incrimination entre les deux pays.
Les juridictions françaises seront aussi compétentes à raison de l’auteur de l’infraction ou de la victime si elles sont
françaises.

En l’espèce, l’infraction d’escroquerie a été commise en Italie. Mais l’un ou plusieurs de ses éléments constitutifs ont été
réalisés en France (le gérant réceptionne les contrats et fait transiter les sommes souscrites sur le compte de la société
POLLEN). Au surplus, si l’on ne devait retenir que les actes de complicité et à condition qu’ils soient établis, l’escroquerie
est une infraction réprimée en France et en Italie.
Par conséquent, les juridictions françaises peuvent légitimement prétendre à connaître de ce contentieux pénal.

3. Mise en œuvre l’action publique et de l’action civile


L’action publique
Elle vise à poursuivre la répression pénale de l’infraction et à en réparer le préjudice qui en résulte pour la société (pas la
personne morale).
Elle est en mise en mouvement et exercée par le ministère public (représenté par les magistrats du parquet), mais
certaines administrations peuvent être habilitées à l’engager (par exemple les douanes, les eaux et forêts…). Cette
action peut aussi être mise en mouvement par la partie lésée, dans les conditions déterminées par le code de procédure
pénale (voie de la citation directe ou dépôt de plainte avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction).
Néanmoins l’exercice même de l’action reste une prérogative du ministère public.

En vertu du principe d’opportunité, le procureur de la République (ministère public) peut :


- décider de ne pas poursuivre (l’infraction est prescrite ou ne lui paraît pas constituée par exemple) ;
- proposer une alternative à la mise en œuvre de l’action publique pour les infractions mineures ;
- décider de poursuivre. Il saisira obligatoirement un juge d’instruction en cas de crime ou directement le tribunal
correctionnel en matière de délit (si l’affaire est en état d’être jugée immédiatement, il peut procéder par citation
directe du prévenu). En matière délictuelle, l’instruction est possible pour les infractions complexes.

L’action civile
Elle vise à réparer le dommage résultant de l’infraction subie par la victime ou par tous ceux qui en ont souffert. Le
préjudice doit être personnel (physique, matériel, moral), direct et certain.

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Sa mise en œuvre par voie d’action nécessite le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile ou une citation
devant la juridiction de jugement si l’auteur est connu. La victime peut aussi agir par voie d’intervention lorsque l’action
er
publique est déjà en mouvement. La plainte est alors déposée devant la juridiction de jugement (uniquement 1 degré)
ou devant le juge d’instruction.

En l’espèce, le procureur de la République pourra engager des poursuites à l’encontre de M. Jame et de la SARL
POLLEN. Il fait peu de doute qu’il poursuivra la répression de la complicité d’escroquerie.
L’action civile pourrait être engagée par les associés de la SARL POLLEN si la société a subi un préjudice.

4. Possibilité de poursuite de la SARL pour complicité d’escroquerie


Une personne morale de droit français peut-elle avoir la qualité de complice d’une infraction commise à l’étranger ?

La complicité est visée à l’article L121-7 du Code pénal. Les conditions de son incrimination supposent :
- un fait principal punissable L’infraction doit être constituée dans l’ensemble de ses éléments (légal, matériel, moral) ;
- un acte de complicité. Il est en principe positif, sauf lorsque la loi retient expressément la poursuite d’une complicité
passive. Les trois moyens de la complicité sont : - l’aide ou l’assistance,
- la provocation,
- l’instruction ;
- un élément moral : la complicité est intentionnelle (cela suppose la connaissance de participer à la commission
d’une infraction), peu importe que le fait principal soit intentionnel ou non.
En outre, la complicité en matière internationale implique (cf. question 2) la réciprocité d’incrimination.

La complicité entre personnes morales suppose la réunion d’éléments complexes. Il faut en effet qu’un organe ou un
représentant de la société complice ait agi pour le compte de cette dernière, aux fins de permettre la réalisation d’une
infraction par une autre personne morale, dont le représentant ou un de ses organes aura été la main permettant la
commission de l’infraction au profit de la société.
La responsabilité du complice ou de l’auteur est retenue si l’infraction à été commise dans l’intérêt de la personne
morale. Par contre, peu importe qu’elle en ait tiré un bénéfice ou non.
En conséquence, la responsabilité de la personne morale ne sera pas engagée si son représentant a poursuivi son
intérêt personnel.

En l’espèce, le fait principal punissable est l’escroquerie. Visée à l’article L313-1 du code pénal, l’escroquerie est « le
fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de
manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au
préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte
opérant obligation ou décharge ».
L’escroquerie est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.
Elle est réprimée en droit français et en droit italien.
Les actes de complicité consistent à distribuer les publicités et à recueillir les contrats souscrits. Ils ont été réalisés par
M. Jame, en qualité de représentant de la société.
Par contre, les actes de complicité n’ont pas été commis dans l’intérêt de la société. Il semble au contraire que seul le
gérant en ait tiré un bénéfice sous la forme de commissions.
Dès lors, les seuls actes matériels ne suffisent pas à établir la responsabilité de la SARL POLLEN.

5. Juridictions compétentes, éléments constitutifs de l’infraction et peines encourues


a) Juridiction compétente
Le code pénal opère une classification tripartite des infractions :
• Les contraventions : infractions les moins graves pour lesquelles une peine d’amende est en général encourue. Il
ne peut y avoir de peine visant à l’incarcération du délinquant et leur création relève du pouvoir réglementaire.
• Les délits : ils sont sanctionnés par une peine d’emprisonnement maximum de 10 ans et une peine d’amende. Leur
création relève du pouvoir législatif.
• Les crimes : ce sont les infractions les plus graves sanctionnés par une peine de réclusion criminelle de plus de 10
ans. Leur création relève du pouvoir législatif.
L’originalité du système judiciaire pénal français tient à attribuer la compétence d’une juridiction au premier degré pour
chacune des infractions visées. Soit :
- contraventions = compétence du tribunal de police et du juge de proximité ;
- délits = compétence du tribunal correctionnel ;
- crimes = compétence de la cour d’assises.
L’infraction d’escroquerie est punie d’une peine d’emprisonnement de 5 ans et d’une peine d’amende de 370 000 euros.
Il s’agit par conséquent d’un délit qui relève de la compétence du tribunal correctionnel.

b) Constitution de l’infraction

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

La constitution d’une infraction suppose la réunion de 3 éléments :


• Un élément légal, c’est-à-dire qu’une loi ou un règlement doit prévoir la sanction du comportement visé.
• Un élément matériel : ce sont les éléments matériellement objectifs de commission de l’infraction. Ils doivent
correspondre à ceux visés par la loi.
• Un élément moral, c’est-à-dire la conscience infractionnelle chez le délinquant.
L’infraction ne peut être constituée s’il manque l’un de ces éléments, mis à part quelques exceptions (les contraventions
ne requièrent pas la preuve de l’élément moral ainsi que quelques rares délits).
L’élément moral (on parle aussi de dol général et de dol spécial) est souvent déterminant, puisque le ministère public
doit apporter la preuve que l’auteur des faits avait conscience de participer à la commission de l’infraction poursuivie.
Une telle ignorance est ainsi souvent un moyen de défense de la part de la personne poursuivie. Dès lors, la découverte
d’éléments matériels ne laissant aucun doute sur la connaissance de l’infraction permet d’apporter la preuve de la
conscience infractionnelle du délinquant et donc de constituer l’infraction dans l’ensemble de ses éléments.
Dans notre cas, la découverte d’écrits à l’occasion de la perquisition permet de démontrer l’existence de l’élément moral.
À défaut, M. Jame aurait toujours pu faire valoir son ignorance quant à sa participation à l’infraction d’escroquerie.

c) Types de peine pouvant être envisagée à l’encontre de M. Jame


On opère en général une classification tripartite des peines :
• Les peines principales. Ce sont les peines prévues par la loi pour chacune des infractions poursuivies (peines
contraventionnelles : en principe l’amende ; peines délictuelles : emprisonnement et amende ; peines criminelles :
réclusion et amende).
• Les peines accessoires. Elles s’ajoutent à la peine principale. Par exemple, la confiscation d’un bien, l’interdiction de gérer...
• Les peines alternatives. Elles sont prononcées à la place de la peine principale et ne concernent que les délits et
les contraventions (travail d’intérêt général, jour amende...).
En cas de pluralité d’infraction de même nature dans la commission du même fait (un dirigeant social commet un faux
pour présenter des comptes annuels inexacts), il n’y a pas de cumul des peines de chaque infraction. Par contre sont
encoures les peines les plus élevées pour chacune des infractions.
En outre, le juge peut suspendre l’exécution de la peine et l’assortir d’un sursis simple ou d’un sursis avec mise à l’épreuve.
Enfin, l’auteur principal encourt les peines que la loi prévoit pour l’infraction poursuivie.
Le complice quant à lui encourt les mêmes peines que l’auteur principal.
M. Jame, en qualité de complice, encourt les peines prévues pour l’escroquerie, à savoir une peine d’emprisonnement
de 5 ans et une peine d’amende de 375 000 euros. Il s’agit des peines maximales encourues. Cela ne veut pas dire
qu’elles seront prononcées à cette hauteur. S’il s’agit de la première infraction de M. Jame, le tribunal prononcera
vraisemblablement une peine d’emprisonnement assortie d’un sursis.
À titre accessoire et en considération de la nature de l’infraction et de la qualité de dirigeant social, une peine accessoire
d’interdiction de gérer peut être prononcée.

6. Possibilité pour M. Jame de bénéficier de la reconnaissance préalable de culpabilité


M. Jame, poursuivi pour complicité d’escroquerie, souhaite bénéficier de la procédure sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Quelles sont les conditions permettant le recours à cette procédure ?
En vertu de l’article L495-7 du Code de procédure pénale, le procureur de la République peut, à la demande de l’intéressé,
recourir à la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Cette faculté est ouverte pour les délits
punis à titre principal d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure ou égale à cinq ans
(sont exclues de cette procédure les infractions pour lesquelles une procédure spécifique est prévue par le législateur).
Lorsque la procédure est engagée, le procureur peut proposer d’exécuter une ou plusieurs des peines principales ou
complémentaires encourues. S’il s’agit d’une peine d’emprisonnement, sa durée ne peut être supérieure à un an ni
excéder la moitié de la peine d’emprisonnement encourue.
L’accord est ensuite homologué devant le juge qui vérifie la qualification des faits et l’assentiment des parties.
En l’espèce, le complice encourt la même peine que l’auteur principal, à savoir une peine de 5 ans d’emprisonnement et
375 000 euros d’amende. L’infraction entre donc dans le champ d’application de la loi et M. Jame, à condition qu’il soit
poursuivi, pourra valablement y avoir recours.

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UE 1 Corrigé 27
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Grégory Lachaise MERLIN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Droit pénal spécial des affaires et des sociétés :


Droit pénal spécial des affaires et des sociétés : abus de confiance, ABS, présentation de comptes
annuels inexacts, dividendes fictifs, surévaluation des apports en nature, responsabilité pénale du CAC

1. Qualification pénale envisageable


M. Vers, salarié de la SA MERLIN, utilise son ordinateur professionnel pour consulter des sites pornographiques, et y
télécharger des films de la même teneur.
De quelle qualification pénale peut relever le détournement, par un salarié, de la connexion Internet mis à sa disposition
par un employeur ?

Qualification de l’abus de confiance


Toute infraction pénale suppose la réunion de trois éléments :
- un élément légal ;
- un élément matériel ;
- un élément moral (exception faite des contraventions et de certains délits).
L’abus de confiance, pour être punissable, doit réunir les trois conditions :
- un élément légal. L’infraction est visée à l’article L314- 1 du code pénal ;
- un élément matériel. Il suppose :
- la remise d’une chose à titre précaire aux fins de les représenter ou d’en faire un usage déterminé. Il peut
s’agir de fonds, de valeurs ou un bien quelconque,
- le détournement de la chose remise, c’est-à-dire un usage non conforme à celui prévu,
- un préjudice ;
- un élément moral, c’est-à-dire la conscience de commettre un acte interdit par la loi.

Sanctions
L’abus de confiance est puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Des peines plus lourdes
peuvent être encourues, notamment à raison de la qualité de l’auteur des faits.

En l’espèce
La condition de l’élément légal est bien sûr remplie.
L’élément matériel : la connexion peut être considérée comme un bien immatériel remis à titre précaire par l’employeur,
pour en faire un usage déterminé (accomplir le travail fournit). Le détournement est caractérisé par un usage non
conforme à celui prévu (consultation de sites pornographiques). Et le préjudice subit par la société pourra être moral ou
financier selon l’usage qui aura été fait de la connexion.
L’élément moral : M. Vers avait pleinement conscience de ne pas respecter les contraintes que la loi lui impose.
Par conséquent, l’infraction pénale d’abus de confiance est constituée à l’égard de M. Vers.

2. Abus de biens sociaux : qualification et peines encourues


Champ d’application de l’abus de biens sociaux
L’abus de biens sociaux est applicable aux sociétés anonymes et aux sociétés à responsabilité limitée. Il s’étend aux
sociétés en commandite par actions ainsi qu’aux sociétés par actions simplifiées. Dans les autres sociétés, les faits
pourront être poursuivis sur le fondement de l’abus de confiance.

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UE 1 Corrigé 28
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Condition préalable relative aux auteurs


Les auteurs de l’infraction sont déterminés par les textes applicables à chaque société. Il s’agit des membres de la
direction et de l’administration pour les SA, des gérants de droit ou de fait pour les SARL, ou encore des présidents pour
la SAS.

Les éléments constitutifs de l’infraction


L’élément matériel
L’abus consiste en un usage des biens ou du crédit de la personne morale contraire à l’intérêt social. L’usage peut
consister en l’appropriation ou la dissipation des biens ou du crédit de la société. Il peut aussi s’entendre d’un acte
d’administration, voire d’une abstention, c’est-à-dire d’une omission d’agir. L’acte contraire à l’intérêt social est entendu
extensivement par la jurisprudence. En effet, sont visés non seulement les actes portant atteinte au patrimoine de la
société, mais aussi ceux faisant courir un risque anormal à la société.
L’élément moral
Il consiste en un dol général, c’est-à-dire la conscience d’agir en violation de l’intérêt social et en un dol spécial, c’est-à-
dire le fait d’avoir agit dans son intérêt personnel ou dans celui d’une autre personne morale dans laquelle le dirigeant à
des intérêts.

Sanctions
L’auteur encourt une peine d’emprisonnement de 5 ans et 375 000 euros d’amende.

En l’espèce, validons en premier lieu les points communs aux faits :


La SA MERLIN entre dans le champ d’application de la loi.
L’auteur, M. Reglot, a la qualité de dirigeant.
Concernant les éléments constitutifs :
- l’invitation du gérant de la SARL à la charge de la SA constitue un usage du crédit de la société. Par contre, il ne
semble pas contraire à l’intérêt social (signature du contrat) ni réalisé dans un but d’intérêt personnel. L’infraction
n’est donc pas constituée ;
- l’usage du véhicule : il s’agit d’un bien de la société. Son usage est contraire à l’intérêt social (indisponibilité du
véhicule à plusieurs reprises). Quant à l’intérêt personnel, M. Reglot ou sa femme en font un usage privé tout en
sachant que la société pourrait en avoir besoin. L’infraction est constituée dans l’ensemble de ses éléments
constitutifs, légal, matériel et moral ;
- l’absence de réclamation de la créance de 50 000 euros : l’usage peut consister en une abstention d’agir. Tel est le
cas. Cette abstention est contraire à l’intérêt social. Enfin, elle est motivée pour favoriser la SA DSITRIBLINE, dans
laquelle M. Reglot est administrateur. Les éléments constitutifs de l’infraction sont établis.

3. Les agissements du DG de la SA
La SA entretient des relations commerciales avec plusieurs sociétés, dont certaines connaissent de graves difficultés.
Confiant dans une reprise de leur activité, le directeur général de la SA s’est abstenu d’augmenter la provision pour
créances douteuses et a fait figurer à l’actif du bilan lesdites créances à leur valeur nominale. Il a d’autre part fait figurer
à l’actif du bilan des plus-values non encore réalisées. Enfin, à l’occasion de l’assemblée générale, les actionnaires ont
voté la distribution d’un dividende de 100 000 euros.
• Le délit de présentation de comptes annuels inexacts est-il constitué ?
• Doit-on considérer, bien qu’il y ait eu vote des actionnaires, que la société a opéré une distribution de dividendes
fictifs ?

a) Le délit exige la réunion des éléments constitutifs de l’infraction :


• Élément légal. La répression de l’infraction est disséminée dans le code de commerce pour chacune des sociétés
concernées (art. L246-6, 2° pour la SA, L244-1 pour la SAS par exemple).
• Élément matériel. Deux éléments sont visés pour la constitution de la matérialité de l’infraction :
- la présentation ou la publication des comptes. La présentation est matérialisée par la communication des
comptes aux actionnaires. Néanmoins, la simple mise à disposition suffit. La publication, quant à elle,
comprend tout moyen de nature à porter les comptes sociaux à la connaissance des tiers ;
- des comptes sociaux inexacts. L’inexactitude doit procéder d’une intention frauduleuse et non d’une simple
erreur. L’inexactitude prend souvent appui sur la constitution d’une autre infraction : le faux.
• Élément moral. On retrouve ici la notion de dol général (cf. cas POLLEN, question 6 b), c’est-à-dire la conscience
infractionnelle de l’auteur, et le dol spécial, c’est-à-dire une intention particulière, en l’occurrence la dissimulation de
la situation véritable de la société.
Le délit est sanctionné par une peine d’emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 370 000 euros.

En l’espèce :
- l’élément légal est validé : la SA est visée par l’article L242-6 du code de commerce ;
- l’élément matériel est validé : tout d’abord, les comptes sociaux ont été communiqués aux actionnaires. Ensuite, le
fait de faire figurer à l’actif du bilan les créances à leur valeur nominale de même que la comptabilisation à l’actif du
bilan des plus-values non encore réalisées matérialisent l’infraction ;

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UE 1 Corrigé 29
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- l’élément moral est validé : le dol général est constitué. En effet, le directeur général de la SA n’ignore pas
l’irrégularité de cette opération. Le dol spécial est aussi constitué puisque la manœuvre consistait à cacher la
situation de la société pour conforter les actionnaires.

b) L’article L242-6 du code de commerce (élément légal) s’applique. Il sanctionne le fait d’opérer entre les actionnaires la
répartition de dividendes fictifs, en l’absence d’inventaire, ou au moyen d’inventaires frauduleux. L’assentiment des
actionnaires importe peu quant à la responsabilité du dirigeant social puisque leur consentement peut être vicié.
L’élément matériel de l’infraction se caractérise par :
- une distribution de dividende : la simple mise à disposition suffit ;
- des dividendes fictifs, c’est-à-dire qu’ils ne correspondent pas à un bénéfice réalisé par la société ;
- des moyens frauduleux, c’est-à-dire le plus souvent une majoration de l’actif d’où résulte un inventaire frauduleux.
L’absence d’inventaire constitue également un moyen sanctionné.
L’élément moral
Il suppose l’intention de l’auteur, c’est-à-dire la connaissance par lui, d’une distribution de dividendes ne correspondant
pas à la réalité comptable de la société.

La peine encourue est de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende.

En l’espèce, des dividendes ont été distribués pour un montant de 100 000 euros. Ces dividendes correspondent à un
bénéfice non réalisé au titre de l’année en cours. Le moyen est frauduleux puisque ont été portées à l’actif des créances
non recouvrées et peut être non recouvrables. L’intention est manifeste, puisque M. Reglot a voulu conforter les
actionnaires de la société par cette décision.

4. Fondements sur lesquels engager la responsabilité de M. Reglot


À la constitution de la SA MARINA, M. Reglot a apporté du matériel de bureau, ancien et inutile, ainsi qu’un brevet non
protégé, le tout estimé pour un montant de 15 000 euros. La SA CHALUT a réalisé un apport en nature constitué d’un
fonds de commerce acquis dans le cadre d’une procédure collective pour un montant de 70 000 euros et valorisé dans
l’apport à 100 000 euros.
Quels sont les éléments caractérisant le délit de surévaluation des apports en nature ?

Le capital social constitue le gage des créanciers. Ainsi, sa surévaluation est de nature à leur porter préjudice, dans la
mesure où leur confiance en la solvabilité de la société a pu être trompée.
La loi sanctionne le fait pour toute personne de faire attribuer frauduleusement à un apport en nature une évaluation
supérieure à sa valeur réelle (pour la SA : art. L242-2 C. Com. = élément légal).
L’infraction suppose un élément matériel caractérisé par la surévaluation de l’apport et un élément moral, qui consiste en
l’intention frauduleuse d’attribuer une valeur supérieure à la valeur réelle.
Si la recherche de la valeur de l’apport peut techniquement poser quelques difficultés, c’est essentiellement l’élément
moral qui permettra de déceler l’infraction. En effet, la surévaluation, si elle attestée, peut être de bonne foi et son auteur
ne pourra en être pénalement responsable. Le juge fera donc essentiellement porter son attention sur le caractère
frauduleux, surtout lorsque la surévaluation n’est pas manifeste.
Les sanctions consistent en une peine d’emprisonnement de 5 ans et une peine d’amende dont le montant est de 9 000
euros pour une SA et 375 000 euros pour une SARL.

En l’espèce, l’apport de M. Reglot est fictif (éléments mobiliers anciens et inutiles, brevet périmé), son évaluation est a
fortiori frauduleuse. M. Reglot ne pouvait ignorer cet état de fait. L’infraction est constituée.
Quant à l’apport de la SA CHALUT, l’acquisition aux enchères d’un bien immobilier ne présume pas de sa valeur réelle.
En effet, il est régulier que de telles procédures permettent aux investisseurs de concrétiser des opportunités sur
lesquelles ils peuvent espérer des plus-values substantielles. Dès lors, il conviendra de procéder à son évaluation par
dire d’experts, sachant au surplus que le différentiel (30 000 euros) est peu important pour un immeuble. Si l’évaluation
est de 70 000 euros, seul l’élément moral permettra de déceler l’intention frauduleuse et donc de qualifier l’infraction.

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UE 1 Corrigé 30
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

5. comportement de M. Réglot
L’assemblée générale doit être réunie dans les six mois au plus tard de la clôture de l’exercice en vue de statuer sur les
comptes annuels. Le fait de ne pas soumettre à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire les comptes annuels et
le rapport de gestion est puni d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 9 000 euros. Sont visés le président
ou les administrateurs d’une société anonyme.
D’autre part, la participation d’un actionnaire aux assemblées générales constitue un droit inhérent à cette qualité et ne
peut être subordonné à aucune condition. Le défaut de convocation ou les manœuvres visant à écarter un actionnaire
constitue un délit puni d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 9 000 euros. En cas de cumul d’infraction
la peine encourue est celle la plus sévère des infractions retenues.
En l’espèce, les manœuvres de M. Réglot ainsi que le fait de ne pas soumettre l’approbation des comptes dans les
délais légaux sont passibles d’une peine de 2 ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende.

6. Responsabilité pénale du commissaire aux comptes


Plusieurs faits sont à relever :
- M. Bond a été témoin d’une conversation faisant état d’un empoisonnement du dirigeant social par sa femme ;
lle
- il a révélé à M Puce des informations confidentielles sur la SA MARINA ;
- il a certifié des comptes inexacts.

Plusieurs missions sont confiées au commissaire aux comptes :


• La vérification de la régularité des comptes sociaux.
• La certification des comptes de l’exercice.
• Mission de surveillance du fonctionnement interne des organes de la société.
• Missions d’information à l’égard des dirigeants sociaux, des actionnaires, des institutions représentatives du
personnel, du comité d’entreprise, de l’Autorité des Marchés Financiers, et du procureur de la République en cas de
faits délictueux qu’il aurait eu à connaître dans l’exercice de ses missions.

En cas manquement à l’une de ses obligations, le commissaire aux comptes est susceptible :
• D’engager sa responsabilité civile en cas de faute professionnelle.
• D’engager sa responsabilité pénale en qualité d’auteur de l’infraction. En outre, sa qualité de complice peut être
recherchée dès lors qu’il a, par aide ou assistance, instruction ou provocation, favorisé la commission d’une
infraction imputable aux dirigeants sociaux.
• D’être l’objet d’une procédure disciplinaire devant la chambre régionale de discipline.

Les infractions spécifiques au commissaire aux comptes visées dans le cas :


• La non-révélation de faits délictueux au Procureur de la République
Le délit est visé à l’article L820-7 du code de commerce (élément légal). Il s’agit d’une infraction d’omission, c’est-à-
dire que la matérialité des faits délictueux consiste en une abstention. Cependant, le commissaire n’est obligé à
révélation que pour les infractions dont il a connaissance dans l’exercice de sa mission légale. Enfin, il est nécessaire
d’apporter la preuve du caractère intentionnel du manquement à son obligation (élément moral). L’infraction est
réprimée par une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
• La violation du secret professionnel
Certaines professions, dont le commissariat aux comptes, sont astreintes au secret professionnel. Les articles
L820-5 et L822-15 en répriment la violation pour cette dernière (élément légal). Le secret couvre l’ensemble des
informations dont le commissaire aux comptes a connaissance au cours de sa mission légale. Il doit donc faire
preuve d’une totale discrétion à l’égard des actes, faits et renseignements qu’il détient à raison de sa fonction. La
matérialité des faits réprimés consiste en une révélation d’informations couvertes par le secret professionnel
(élément matériel). Enfin, le délit est n’est définitivement constitué que si le commissaire aux comptes a agi
sciemment. L’infraction est réprimée par une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
• La confirmation d’informations mensongères
L’article L820-7 du code commerce réprime « d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 75 000 euros le
fait, pour toute personne, de donner ou confirmer soit en son nom personnel, soit au titre d’associé dans une société
de commissaires aux comptes des informations mensongères sur la situation de la personne morale… ». La
matérialité de l’infraction consiste en une confirmation écrite ou orale d’informations mensongères de nature
financière, comptable, juridique, économique sur la société dont il contrôle les comptes. Enfin, le délit suppose pour
le commissaire aux comptes la connaissance mensongère des informations qu’il confirme pourtant (élément moral).

En l’espèce :
- en ce qui concerne l’empoisonnement, il n’a aucune obligation d’informer le procureur de la république en vertu de
l’article L820-7. En effet, les faits dont il a connaissance ne relèvent pas de sa mission légale ;
lle
- les informations révélées à M Puce sont des renseignements confidentiels concernant la situation financière et
économique de la société. Il ne peut ignorer la protection dont elle aurait dû faire l’objet. L’infraction est constituée ;
- la certification de M. Bond consiste en une confirmation écrite d’informations mensongères dont il ne pouvait
ignorer le caractère. L’infraction est constituée.

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UE 1 Corrigé 31
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Grégory Lachaise MOIRON
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

L’entreprise et la concurrence
Contrôle des concentrations en droit communautaire et en droit interne, entente illicite, revente à perte

1. Éléments constitutifs d’une entente illicite


La société MOIRON, spécialisée dans la fabrication et la distribution de produits cosmétiques, a créé un réseau de
franchisés. Pour s’assurer d’une homogénéité de l’offre, le franchiseur a dernièrement réuni l’ensemble des franchisés.
Un accord a été signé entre les partenaires. Les franchisés s’engagent à démarcher les comités d’entreprise et les
collectivités aux conditions qui leurs seront fournies dans un catalogue à venir. Un mois plus tard, le catalogue en
question leur parvient : il détaille l’ensemble des produits à la vente et leur prix TTC minimum sur pré-imprimés.
Quelles sont les conditions et les sanctions relatives à une entente illicite ?

Les ententes illicites : conditions


L’article L420-1 du code de commerce dispose : « Sont prohibées même par l’intermédiaire direct ou indirect d’une
société du groupe implantée hors de France, lorsqu’elles ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher, de
restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, les actions concertées, conventions, ententes
expresses ou tacites ou coalitions ». Le droit européen sanctionne tout autant ces pratiques à l’article 81 du traité
instituant la Communauté européenne.
Les ententes entre entreprises sont dites horizontales lorsqu’elles concernent des entreprises situées au même niveau
de la chaîne économique (ententes entre opérateurs téléphoniques, ententes entre boulanger). Elles sont dites verticales
lorsqu’elles regardent des acteurs économiques situés à différents échelons du circuit économique (contrat de franchise,
contrat de concession…).
L’entente est caractérisée par une concertation exprimant une volonté autonome et commune d’au moins deux
entreprises ayant pour objet de :
- limiter l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d’autres entreprises ;
- faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur
baisse ;
- limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique ;
- répartir les marchés ou les sources d’approvisionnement.

L’entente sur les prix est la plus courante. Elle fausse le jeu de la libre concurrence et trompe le consommateur du
bénéfice qu’il pourrait tirer de cette dernière. L’entente peut consister en une fixation directe ou indirecte, expresse ou
tacite des prix, à la hausse ou à la baisse, entre les opérateurs économiques.

Sanctions
L’Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante compétente pour connaître du contentieux
relatif aux pratiques anticoncurrentielles. Il s’agit d’une compétence d’attribution. Elle peut prononcer des injonctions et
des amendes à l’égard des opérateurs économiques entrant dans son champ de compétence.

En l’espèce, l’accord conclu entre la société MOIRON est les franchisés est une entente verticale qui porte sur les prix.
Le prix imposé sur catalogue ainsi que l’interdiction de surenchère est une pratique qui, par sa nature, porte atteinte à la
concurrence.

2. Revente à perte
Dans le cadre de ses offres promotionnelles, la société MOIRON propose dans son catalogue publicitaire du mois d’avril
l’offre suivante : « le flacon d’essence de vigne vierge de 50 cl au prix de 20 euros. Pour un euro de plus, la crème Vitalis
à la Reine des prés ou la crème de jour au palétuvier ».

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UE 1 Corrigé 32
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Cette offre est-elle constitutive d’une revente à perte ?

Pratique concurrentielle interdite, la revente à perte consiste pour tout commerçant à revendre ou annoncer la revente
d’un produit en l’état à un prix inférieur à son prix d’achat effectif.
Tel qu’en dispose l’article L442-2, modifié par la loi du 3 janvier 2008, « le prix d’achat effectif est le prix unitaire net
figurant sur la facture d’achat, minoré du montant de l’ensemble des autres avantages financiers consentis par le
vendeur exprimé en pourcentage du prix unitaire net du produit et majoré des taxes sur le chiffre d’affaires, des taxes
spécifiques afférentes à cette revente et du prix du transport ». La violation de cette interdiction est punie de 75 000
euros d’amende (montant maximal).
En cas de vente indivisible, le prix d’achat effectif se déduit de l’opération visée dans son ensemble et non produit par
produit. Il convient donc d’avoir une approche globale des opérations de vente avec prime autopayante et s’assurer que
le cumul des prix d’achat effectif des articles proposés n’est pas inférieur au prix de vente global de ces derniers.

En l’espèce, l’action des concurrents sera fondée si le prix d’achat effectif des deux produits est supérieur à 21 euros.
Par contre ils ne pourront argumenter sur le fait que le prix d’achat des crèmes litigieuses est supérieur à un euro.

3. Opération de fusion-absorption – Rôle éventuel du Conseil de la concurrence


La société MOIRON a acquis une importance nationale sur le marché de la cosmétique. Sachant saisir les opportunités,
elle a proposé une fusion absorption à la SA MERLIN et la SAS CORPUS.
Les opérations de concentration doivent-elles faire l’objet d’une procédure spécifique en droit interne ?

Notion de concentration
Les opérations de concentration sont régies par les articles L430-1 à L430-10 du Code de commerce. Leur contrôle vise
à éviter la création de situations monopolistiques portant atteinte à la concurrence.
Une opération de concentration, entre deux ou plusieurs entreprises, est réalisée lorsqu’elle procède d’une fusion, de
l’acquisition du contrôle exclusif d’une entreprise sur l’autre, antérieurement indépendante, de l’acquisition d’un contrôle
conjoint par plusieurs entreprises, de la modification des entreprises détenant un contrôle conjoint, ou encore de la
création d’une entreprise commune de plein exercice (joint-venture).

Seuils d’application du contrôle


Seules les opérations de concentration dépassant cumulativement les trois seuils suivants font l’objet d’un contrôle :
- le chiffre d’affaires total mondial hors taxes de l’ensemble des entreprises ou groupes des personnes physiques ou
morales concernées est supérieur à 150 millions d’euros ;
- le chiffre d’affaires total hors taxes réalisé individuellement en France par deux au moins des entreprises ou
groupes des personnes physiques ou morales concernées est supérieur à 50 millions d’euros ;
- l’opération n’entre pas dans le champ d’application du contrôle communautaire des concentrations.

Procédure
La loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 a modifié la procédure jusqu’alors applicable. Elle se décline
comme suit :
• Notification de l’opération par lettre recommandée avec accusé de réception à l’Autorité de la Concurrence ;
• L’Autorité procède à un examen de l’opération. La décision est rendue dans un délai de 25 jours ouvrés à compter
de la date de réception du dossier de notification. Si aucune difficulté sérieuse n’est remarquée, l’Autorité autorise
l’opération ;
• S’il existe un risque sérieux d’atteinte à la concurrence (renforcement d’une position dominante, situation de
dépendance économique), l’Autorité ouvre une phase 2 pour une analyse approfondie de l’opération. Le délai
d’examen est de 65 jours. À son terme, l’Autorité peut soit autoriser purement et simplement l’opération, soit
l’autoriser sous conditions particulières, soit enfin l’interdire ;
• L’évocation de l’affaire par le ministre de l’Économie. Exceptionnellement, le ministre de l’Économie peut évoquer
l’affaire si l’opération comprend un aspect stratégique. Dans ce cas, il n’est pas tenu par la décision de l’Autorité de
la Concurrence, et peut adopter une décision motivée par des raisons d’intérêt général (ces raisons sont multiples :
maintien de l’emploi, de la compétitivité des entreprises, ou encore nécessite de soutenir le développement
industriel).

En l’espèce, la fusion envisagée est une opération de concentration.


Le chiffre d’affaires total mondial hors taxes des trois sociétés est de 152 millions d’euros.
Le chiffre d’affaires total hors taxes réalisé individuellement par au moins 2 sociétés est supérieur à 50 millions d’euros
pour la SA MERLIN (52 millions) et la SA MOIRON (75 millions).
Enfin, la fusion ne concerne pas le droit communautaire.
Les conditions étant réunies, l’opération de fusion-absorption devra être notifiée à l’Autorité de la concurrence.

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UE 1 Corrigé 33
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

4. Obligation de consultation du comité d’entreprise


Les attributions du comité d’entreprise
Elles sont définies à l’article 2323-1 du code du travail qui dispose : « Le comité d'entreprise a pour objet d'assurer une
expression collective des salariés, permettant la prise en compte permanente de leurs intérêts dans les décisions
relatives à la gestion et à l'évolution économique et financière de l'entreprise, à l'organisation du travail, à la formation
professionnelle et aux techniques de production.
Il formule, à son initiative, et examine, à la demande du chef d'entreprise, toute proposition de nature à améliorer les
conditions de travail, d'emploi et de formation professionnelle des salariés, leurs conditions de vie dans l'entreprise ainsi
que les conditions dans lesquelles ils bénéficient de garanties collectives…».
Il est à ce titre informé et consulté sur la situation générale de l’entreprise :
• L’obligation d’information : le CE doit être informé périodiquement (la périodicité dépend de la nature de
l’information et de l’effectif de l’entreprise) de l’état économique, financier, social de l’entreprise.
• Les attributions consultatives : le CE est consulté sur tout projet, question ou évènement de nature à intéresser la
bonne marche de l’entreprise ainsi que sur ses orientations stratégiques. Sont à considérer comme tels notamment,
la transformation de la forme juridique de la société, les opérations de concentration, les questions relatives aux
conditions et perspectives d’emploi, les licenciements collectifs, la formation professionnelle. Depuis la loi du 5
mars 2014, le CE doit disposer d’un délai d’examen suffisant qui ne peut être inférieur à 15 jours. Ce délai est fixé
par voie d’accord et à défaut par décret. À l’issue du délai, le CE est réputé avoir été consulté et rendu un avis
négatif.
• Le droit d’alerte : dès lors que le CE a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la
situation économique de l’entreprise, il peut mettre en œuvre la procédure d’alerte et demander toute explication
utile aux dirigeants.
• Le CE gère directement ou participe à la gestion des activités culturelles développées au sein de l’entreprise.
• Base de données économiques et sociales : innovation de la loi du 14 juin 2013, une base de données
économiques et sociales, mise régulièrement à jour et accessible en permanence aux membres du comité
d'entreprise, rassemble un ensemble d'informations que l'employeur met à disposition du comité d'entreprise. Les
informations devant y être portées figurent à l’article L 2323-7-2 du code du travail. Sa mise en place est obligatoire
à compter du 14 juin 2014 dans les entreprises de plus de 300 salariés et à compter du 14 juin 2015 pour les
entreprises de moins de 300 salariés.
En l’espèce, l’opération de fusion relève évidemment de la marche de l’entreprise qui a l’obligation d’informer et de
consulter le comité d’entreprise. Un manquement à cette obligation pourrait être qualifié de délit d’entrave.

5. Contrôle de la commission européenne concernant le rapprochement des sociétés


Une fois l’opération réalisée, la société LABORATORI ISA, de nationalité italienne, et la société COSMETICO, de
nationalité espagnole, ont proposé au directeur général de la SA MOIRON un rapprochement entre leurs entités dans le
cadre d’une entreprise commune. Pour ces dernières, le chiffre d’affaires communautaire est réalisé pour 70% en Italie
(LABORATORI ISA) et 75 % en Espagne (COSMETICO).
La procédure communautaire de contrôle des concentrations a-t-elle vocation à s’appliquer ?
Visées à l’article 3 du règlement communautaire n° 139/2004, les opérations de concentration sont définies en termes
quasi identiques à la législation française.
Par contre, en vertu de l’article 1 du même règlement, les seuils déclencheurs du contrôle sont différents.
Ainsi, l’opération envisagée doit donner lieu au contrôle si les deux conditions suivantes sont cumulativement remplies:
- les entreprises concernées réalisent ensemble un chiffre d’affaires mondial supérieur à 5 milliards d’euros ;
- deux d’entre elles réalisent chacune un chiffre d’affaires supérieur à 250 millions d’euros dans la Communauté, à
condition toutefois qu’elles ne réalisent pas chacune plus des deux tiers de leur chiffre d’affaires communautaire
dans un seul et même État membre.
À défaut de répondre aux précédentes conditions, une opération peut également être qualifiée de communautaire :
- si les entreprises concernées réalisent ensemble un chiffre d’affaires supérieur à 2,5 milliards d’euros dans le
monde et supérieur à 100 millions d’euros dans au moins trois États membres ;
- si dans au moins trois des mêmes États membres, deux d’entre elles réalisent individuellement un chiffre d’affaires
supérieur à 25 millions d’euros ;
- et si deux d’entre elles réalisent individuellement un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros dans la
Communauté.
Ces seuils ne s’appliquent pas si chacune des entreprises concernées réalise plus des deux tiers de son chiffre
d’affaires communautaire dans un seul et même État membre.
Lorsqu’une concentration est de dimension communautaire, l’instruction incombe aux services de la Commission
européenne, et plus précisément à la Direction générale de la concurrence.
En l’espèce, les sociétés LABORATORI ISA, de nationalité italienne, COSMETICO, de nationalité espagnole, et la SA
MOIRON, de nationalité française, souhaitent réaliser un rapprochement entre leurs entités dans le cadre d’une
entreprise commune qui entre dans le champ d’application du règlement communautaire relatif aux concentrations.

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UE 1 Corrigé 35
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Auteur :
Grégory Lachaise CHEVRETINE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

L’entreprise et la concurrence
Action en concurrence déloyale, parasitisme, contrefaçon, abus de position dominante,
abus de dépendance économique

1. Recours contre la convention passée


La SA CHEVRETINE produit et distribue depuis 1970 les fameux « cabécous » du Lot. Rebaptisée LE CAPRIN DORE,
elle a conclu le 21 janvier 2008 différents accords avec des grandes enseignes de la distribution. Ces dernières
s’engagent à un approvisionnement exclusif auprès de la société, et la SA, en contrepartie, leur a accordé des rabais
tarifaires et des remises globales sur le chiffre d’affaires.
Quels sont les éléments constitutifs de l’abus de position dominante et les sanctions encourues en ce domaine ?

L’existence d’une position dominante


Définie par le Conseil de la concurrence (aujourd’hui Autorité de la concurrence) et les tribunaux, la position dominante
est caractérisée lorsqu’une entreprise est « susceptible de s’abstraire des conditions du marché, et d’agir à peu près
librement, sans tenir compte du comportement et de la réaction de ses concurrents ». Quand une entreprise exerce un
monopole de droit ou de fait, la question ne fait pas débat. Dans les autres situations, plusieurs indices peuvent
concourir à sa détermination, tels que la détention importante de parts de marchés, ou encore l’appartenance à un
groupe puissant. L’analyse doit aussi porter sur le marché dans lequel l’entreprise opère. Il doit être pertinent, c’est-à-
dire défini comme « le lieu sur lequel se rencontrent l’offre et la demande pour un produit ou un service spécifique »
(DGCCRF).
C’est donc au regard d’un marché déterminé que la domination d’une entreprise sera envisagée.

L’abus de position dominante


La position dominante n’est sanctionnée que si son usage est abusif. Non défini par la loi, le caractère abusif résulte
d’appréciations formulées par la DGCCRF et de décisions jurisprudentielles.
Ont ainsi ce caractère :
- les refus de vente ou de contracter visant à restreindre ou interdire de fait à un concurrent d’accéder au marché ;
- les pratiques commerciales, contractuelles et tarifaires ayant pour effet et objectif d’empêcher l’accès au marché,
telles que les remises tarifaires ou les clauses d’exclusivité ;
- les pratiques de prix imposés ou abusivement élevés.

Sanctions
L’Autorité de la concurrence peut, en l’attente de statuer, prendre toute mesure conservatoire de nature à rétablir
l’équilibre du marché. Sur le fond, il peut prononcer des injonctions, éventuellement sous astreinte, visant à mettre fin
aux pratiques anticoncurrentielles, ou enfin prendre des sanctions pécuniaires à l’encontre de l’entreprise concernée
dans la limite de 750 000 euros.

En l’espèce, sur le marché déterminé de la production de cabécou, le CAPRIN DORE exerce une position dominante
(l’interlocuteur incontournable et privilégié des grands groupes de la distribution). Cette situation est-elle abusive ? Les
termes de l’accord du 21 janvier 2008 en comportent tous les caractères (approvisionnement exclusif, rabais tarifaires et
remises globales) et conduit à écarter du marché les petits producteurs. Ces derniers pourront utilement saisir l’Autorité
de la concurrence aux fins de faire sanctionner la convention.

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UE 1 Corrigé 36
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2. L’usage abusif de dépendance économique


Le « CAPRIN DORE » a renégocié l’ensemble des contrats la liant à des producteurs locaux. Elle a exigé de la part de
plusieurs producteurs, auxquels elle achète 90% de la production, une baisse significative de leur prix de vente sous
peine de ne pas reconduire les contrats. Les producteurs ont finalement signé les conventions pour assurer la survie de
leurs exploitations.
L’usage abusif de dépendance économique est-il caractérisé ?

L’article L420-2 al. 2 du Code de commerce prohibe « l’exploitation abusive par une entreprise ou un groupe
d’entreprises de l’état de dépendance économique dans lequel se trouve à son égard une entreprise cliente ou
fournisseur ».

L’existence d’une dépendance économique


À la lueur de la jurisprudence (par exemple [Link] 9.04.2002) et de l’Autorité de la concurrence (notamment décision
du 2.05.2007), les critères suivants, cumulativement réunis, doivent être déterminants pour apprécier l’état de dépendance :
- la part de l’entreprise dans le chiffre d’affaires de son ou ses partenaires ;
- la notoriété de la marque (ou de l’enseigne) et l’importance de la part de marché de son ou ses partenaires ;
- l’existence ou non de solutions alternatives, les facteurs ayant conduit à la situation de dépendance.

L’abus de dépendance économique


L’abus se caractérise par le fait de tirer parti abusivement de cette dépendance à l’égard d’un client ou d’un fournisseur,
souvent pour lui imposer les termes d’un contrat ou d’une relation auxquels il n’aurait normalement pas souscrit. Son
exploitation sera sanctionnée si elle est susceptible d’affecter le fonctionnement ou la structure de la concurrence (la
potentialité suffit).
Les décisions en la matière sont peu nombreuses dans la mesure où, bien souvent, la juridiction saisie ou l’autorité de la
concurrence constatent l’existence de solutions alternatives.
L’abus peut notamment consister en une menace de rupture des relations commerciales, en un refus de vente, des
ventes liées, ou des pratiques discriminatoires (prix, modalités de vente, conditions de paiement).
À noter par ailleurs qu’au titre des pratiques restrictives de la concurrence, l’article L442-6 (qui n’exige pas une
dépendance économique) sanctionne les pratiques qui visent à créer un déséquilibre significatif dans les droits et
obligations des parties.

Les sanctions applicables sont identiques à celles prévues pour l’abus de position dominante et n’excluent pas une
action en concurrence déloyale.

En l’espèce, le CAPRIN DORE semble exercer une dépendance économique à l’égard des producteurs :
- elle représente 90% du chiffre d’affaires des fournisseurs ;
- sa notoriété est établie ;
- des solutions alternatives n’apparaissent pas dans les faits, d’autant que plus que la société a conclu avec des
grandes enseignes un accord d’approvisionnement exclusif avec elle (cf. question1).
L’usage abusif se caractérise par une menace de rompre les relations commerciales ayant pour objet d’agir sur les prix.
Enfin, cette pratique semble au moins susceptible d’affecter la structure ou le fonctionnement de la concurrence.

3. Action en contrefaçon
La SA LE CAPRIN DORE est actionnaire de la SAS VERTIGES DES SENS. Cette dernière a, sous sa marque, créé des
produits dérivés. Le catalogue est accessible par Internet à l’adresse « [Link] », que la SAS a réservée.
Son président, Georges Truffe, prend connaissance d’un site portant le même nom, VERTIGE DES SENS, proposant de
la lingerie féminine au Brésil. La société propriétaire est domiciliée à Sao Paulo et l’ensemble du site est en portugais,
mais le risque de confusion lui paraît évident. Un autre site à l’adresse « [Link] » propose du fumier pour
jardins exotiques. Enfin, une société dénommée VERTIGE DES SENSATIONS produit et commercialise des
accessoires de table.
Il s’agit de déterminer si les faits relatés sont susceptibles d’être poursuivis pour contrefaçon de marque.

La contrefaçon de marque
La contrefaçon de marque est visée aux articles L716-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle, qui en réprime
l’acte, civilement et pénalement.
Pour être constituée, la contrefaçon suppose :
- l’absence d’autorisation du propriétaire de la marque, ce qui nécessite pour ce dernier d’en être titulaire. La
protection s’opère par un dépôt auprès de l’INPI, qui la rend efficace pendant une durée déterminée sur un espace
géographique défini. À noter que « le caractère distinctif de la marque demandée doit être apprécié, d’une part, par
rapport aux produits ou aux services pour lesquels l’enregistrement est demandé et, d’autre part, par rapport à la
perception qu’en a le public pertinent »(CJUE 24 mai 2012). Dans cette affaire, la cour a refusé que Lindt dépose
comme marque « un lapin en chocolat avec ruban rouge », le caractère distinctif n’étant pas établi. En effet, en

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UE 1 Corrigé 37
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droit communautaire la forme d’un produit et son conditionnement peuvent constituer une marque communautaire,
à moins qu’il ne soit dépourvu de caractère distinctif (règlement n°207/2009) ;
- un acte de contrefaçon, qui peut prendre la forme :
- d’une reproduction. Elle peut être à l’identique ou consister en une suppression ou adjonction d’un élément de
la marque,
- d’une imitation. C’est ici le risque de confusion dans l’esprit du public qui est sanctionné, dans la mesure où
l’imitation par des traits de ressemblance est susceptible de la créer,
- de l’usage pur et simple, non autorisé, de la marque à des fins commerciales,
- de la suppression, la modification ou l’apposition d’une marque.

La contrefaçon de marque sur Internet


Le titulaire d’une marque peut faire sanctionner l’emploi d’un signe identique ou similaire à une marque déposée en
France qu’il soit visible ou non sur Internet. Cependant, la cour de cassation pose deux conditions particulières dès lors
qu’il s’agit de faire intervenir le droit international des marques lorsque le supposé contrefacteur utilise un site domicilié à
l’étranger.
En premier lieu, la contrefaçon de marque exige l’utilisation de la langue française sur le site poursuivi.
En second lieu, les produits ou services proposés doivent être disponibles sur le territoire protégé.
À cette double condition seulement, le juge français pourra faire sanctionner la contrefaçon de marque sur Internet.

La contrefaçon par usage de nom de domaine


Par principe, un nom de domaine avec des extensions différentes (l’extension identique n’est pas envisageable
puisqu’une fois acquise, elle ne peut être délivrée une seconde fois pendant la période de protection) ne peut contrefaire
par reproduction ou imitation une marque antérieure protégée.
Par exception, une action est envisageable si :
- les produits ou services proposés sur Internet sont identiques ou similaires à ceux de la marque ;
- les sociétés en cause exercent une activité semblable susceptible de créer une confusion dans l’esprit du public.

En l’espèce, le site brésilien est en portugais et les produits sont disponibles au Brésil. Le juge français ne peut donc
valablement connaître d’une action en contrefaçon. Le site [Link] utilise le même nom de domaine, mais
avec une extension différente. L’activité des sociétés étant radicalement différente ainsi que leurs produits, l’acte de
contrefaçon n’est pas constitué.
Enfin, l’ajout au signe distinctif de la marque (vertige des sens-ation) apparaît comme étant une contrefaçon dans la
mesure où l’activité de la société VERTIGE DES SENS et celle du contrefacteur sont identiques. Le risque de confusion
dans l’esprit du public est manifestement évident.

4. La SARL MANGETOUT victime de concurrence déloyale


La SAS VERTIGE DES SENS a embauché sur dix mois 12 salariés successivement démissionnaires d’une entreprise
concurrente (SARL MANGETOUT).
Peut-on considérer qu’il y a concurrence déloyale ?

Fondement de l’action en concurrence déloyale


L’action en concurrence déloyale n’est pas définie par le législateur. C’est donc sur le fondement du droit commun
qu’elle peut être exercée, à savoir l’action en responsabilité délictuelle visée à l’article 1382 du code civil. Sa mise en
œuvre exige :
- un préjudice : visant traditionnellement à protéger la clientèle de l’entreprise, il peut être étendu au simple trouble
commercial ;
- une faute : elle correspond aux actes constitutifs de concurrence déloyale. Elle peut être intentionnelle ou non et sa
preuve pèse sur le demandeur ;
- un lien de causalité.

Les actes de concurrence déloyale


Ils sont d’une grande variété et peuvent consister notamment :
- à tirer injustement profit des caractères d’une entreprise. Entrent dans cette catégorie l’utilisation des signes
distinctifs, l’imitation des emballages et conditionnement, l’imitation des publicités et slogans… ;
- en une désorganisation de l’entreprise concurrente. Elle peut consister en un détournement illicite de clientèle, un
débauchage par manœuvre des salariés, des actes de parasitisme ;
- en des actions de dénigrement, telles que des dénigrements de l’entreprise ou de ses produits. Un arrêt de la cour
de cassation en date du 20 septembre 2012 est venu préciser « que les appréciations, même excessives, touchant
les produits, les services ou les prestations d’une entreprise industrielle et commerciale n’entrent pas dans les
prévisions de l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881, dès lors qu’elles ne portent pas atteinte à l’honneur ou à la
considération de la personne physique ou morale qui l’exploite ». La haute cour repousse donc la possibilité de
sanctionner de tels propos sur le fondement de la diffamation et affirme que ces agissements fautifs relèvent du
dénigrement dont la réparation repose sur l’article 1382 du code civil.

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UE 1 Corrigé 38
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En l’espèce, l’acte de concurrence visé consiste-t-il en un débauchage de salariés ? Conformément au principe de


liberté du travail, la démission de salariés libres de tout engagement, pour rejoindre une autre entreprise, serait-elle
concurrente, ne peut constituer en soi un acte de concurrence déloyale. Il est en effet nécessaire d’apporter la preuve
que des manœuvres ont été employées à cette fin pour désorganiser l’entreprise. Georges Truffe a fait réaliser des
encarts publicitaires dans la presse locale ainsi que des annonces audio sur les ondes de plusieurs radios nationales et
proposé des conditions de travail plus favorables aux salariés concernés. Il n’y a donc pas de manœuvres consistant à
rechercher le départ des salariés. Au surplus, l’échelonnement des départs permet d’exclure toute action concertée entre
les salariés et la société VERTIGE DES SENS.

5. Action contre la SARL SENSITIVE pour parasitisme


Georges Truffe prend connaissance dans la presse d’une jeune société (SARL SENSITIVE) qui propose des
accessoires de tables. Or, l’emballage est à s’y méprendre identique à celui de VERTIGE DES SENS. Même format,
même code couleur, même conditionnement.
Les faits peuvent-ils constituer un acte de parasitisme ?

La cour de cassation ([Link]. 26.01.1999) définit le parasitisme comme « l’ensemble des comportements par
lesquels un agent économique s’immisce dans le sillage d’un autre afin de tirer profit, sans rien dépenser, de ses efforts
et de son savoir-faire ».
La notion est indépendante de la contrefaçon et l’échec de la première ne suppose pas celui de la seconde.
L’acte en cause consiste en général à détourner l’investissement d’une autre entreprise au regard de sa notoriété, de
son nom ou de sa technique, provoquant ainsi un détournement de la clientèle et donc une baisse du chiffre d’affaires.
Il peut y avoir comportement parasitaire lorsque deux entreprises sont en concurrence, mais aussi agissement
parasitaire lorsqu’elles ne le sont pas et qu’il peut y avoir un risque de confusion entre elles. L’action en concurrence
déloyale s’en trouve ainsi particulièrement élargie et permet de sanctionner des agissements que la contrefaçon ne
permet pas de réprimer.

En l’espèce, la SARL SENSITIVE propose des produits proches de ceux de la société dirigée par M. Truffe. Même si la
marque est différente, le fait de reproduire les signes couleurs de la SAS, son format et son emballage, permet d’établir
que la SARL a cherché à s’immiscer dans le sillage de la société VERTIGE DES SENS pour tirer profit de son image, de
sa marque, de sa notoriété. Le seul axe de défense possible peut consister à rapporter la preuve que le code couleur
employé est attaché à la nature du produit et que le format et l’emballage résultent d’une nécessité technique au regard
des biens vendus.

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UE 1 Corrigé 39
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Auteur :
Agnès Lieutier CRISE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

L’entreprise et l’administration fiscale


Agrément, rescrit, contrôle et contentieux fiscaux

PREMIER DOSSIER

1. Vérification de comptabilité
Mentions obligatoires de l’avis de vérification :
 années vérifiées (mais pas les impôts vérifiés)
 faculté pour le contribuable de se faire assister par un conseil

Par ailleurs, avant les opérations de contrôle, le vérificateur doit remettre au contribuable la charte des droits et
obligations du contribuable vérifié (à défaut de remise, la vérification est nulle).

Impôts vérifiés :
Une vérification peut porter sur certains impôts seulement.

Vérification de comptabilité et droit de communication, contrôle fiscal sur demande :


L’Administration fiscale dispose d’un droit de communication relativement étendu, qui lui permet de prendre
connaissance, auprès d’un contribuable « X », de documents (éventuellement comptables) sur place ou par
correspondance, et d’en faire des copies. Ce droit permet à l’Administration de fonder des rectifications sur les impôts
dus par d’autres contribuables que « X », mais aussi des rectifications sur les impôts dus par le contribuable « X ». Dans
ce dernier cas, certains contribuables ont obtenu l’annulation des impositions ainsi réclamées, au motif que la procédure
s’assimilait à une vérification de comptabilité, et que les droits et garanties du contribuable n’avaient pas été respectés
(notamment absence d’envoi d’un avis de vérification avec les années vérifiées et la mention de la faculté de se faire
assister par un conseil).
En conséquence, l’administration et la jurisprudence ont été amenées à définir les contours de chaque procédure. La
vérification de comptabilité implique un examen critique, donc actif, de la comptabilité, suivi d’une confrontation des
mentions comptables avec les déclarations souscrites, alors que le droit de communication doit se limiter au relevé
passif d’écritures comptables ou à la copie de documents, à l’occasion d’interventions ponctuelles (aucun examen
critique des documents comptables ne doit intervenir, et aucune mention ne doit être apposée sur ces documents).
Lorsque le droit de communication est exercé dans ces conditions, il peut permettre à l’Administration de procéder à des
rectifications.
La procédure de contrôle fiscal sur demande ne constitue pas une vérification de comptabilité. Réservée aux PME (CA
inférieur à un plafond), elle permet à l’entreprise de solliciter le contrôle de l’Administration fiscale, mais seulement sur
un ou plusieurs points précis. L’Administration n’est pas tenue d’engager le contrôle à la suite de cette demande.
Lorsque le contrôle a lieu et que l’Administration relève des irrégularités, l’entreprise peut déposer une déclaration
rectificative, et les intérêts de retard sont alors minorés de 30% (si l’entreprise ne dépose pas de déclaration rectificative,
les redressements font l’objet d’une procédure de rectification).

2. Calcul des pénalités


N-3 N-2 N-1
Rectifications Prix d’achat des produits à CRISEST 30 000 33 000 40 500
IS correspondant (rectification x 33,1/3%) 10 000 11 000 13 500
Pénalités pour insuffisance de déclaration de 0,40% par mois
er
Point de départ : 1 jour du mois suivant celui au cours duquel 1/05/N-2 1/05/N-1 1/05/N
l’impôt aurait dû être payé. L’IS doit être payé
pour le 15/04 (exercice comptable = année civile)
Point d’arrêt : dernier jour du mois de la proposition de 31/10/N 31/10/N 31/10/N
rectification
Nombre de mois d’intérêts 30 18 6
Taux des intérêts = 0,40% x nombre de mois 12% 7,2% 2,4%
Intérêts dus (IS x taux des intérêts) 1 200  792  324 

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UE 1 Corrigé 40
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3. Contestation des avis d’imposition


Rappel des différentes étapes qui suivent la proposition de rectification

Réponse du contribuable à la proposition de rectification :


Le contribuable (la société CRISE ici) dispose d’un délai de 30 jours (délai éventuellement prorogeable, à sa demande,
de 30 jours) à compter de la réception de la proposition de rectification pour faire parvenir à l’Administration sa réponse
à proposition.

Réponse aux observations du contribuable :


L’Administration doit à son tour répondre aux observations du contribuable. Lorsque le contribuable est une PME
(CA HT annuel inférieur à 1 526 000  pour les ventes de marchandises ou 460 000  pour les prestations de services),
cette réponse doit être faite dans un délai de 60 jours (l’absence de réponse de l’Administration dans ce délai équivaut,
pour les PME, à une acceptation des observations du contribuable). Pour les autres entreprises, aucun délai n’est
imparti à l’Administration, en dehors du délai de reprise de 3 ans (cf. ci-après) : en effet, il ne peut y avoir de mise en
recouvrement des impositions si l’Administration n’a pas préalablement adressé au contribuable sa réponse aux
observations du contribuable.

Mise en recouvrement des impositions supplémentaires :


Rappelons que le délai de reprise de l’Administration expire, en principe, à la fin de la troisième année suivant celle au
titre de laquelle l’imposition est due. L’impôt relatif à une année N ne peut donc être mis en recouvrement par
l’Administration fiscale qu’au plus tard le 31/12/N+3. Toutefois, certains événements sont dits « interruptifs de
prescription » : s’ils interviennent avant le délai de reprise ci-avant rappelé, alors l’Administration dispose d’un nouveau
délai pour mettre en recouvrement l’impôt. Tel est le cas d’une proposition de rectification.
Exemple : - un impôt dû au titre de N peut faire l’objet d’une proposition de rectification jusqu’au 31/12/N+3 ;
- cette proposition de rectification est interruptive de prescription : l’Administration dispose alors d’un nouveau délai de
er
3 ans (décompté à partir du 1 janvier suivant la date de la proposition) pour mettre en recouvrement les impôts
correspondant aux rectifications, soit jusqu’au 31/12/N+6.

Réclamation contentieuse :
Délai général de réclamation (art. R190 du LPF –Livre des Procédures Fiscales) :
Pour contester les avis d’imposition supplémentaire reçus, le contribuable doit adresser à l’Administration fiscale une
réclamation contentieuse, et ce avant la fin de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Ici, la
société CRISE doit adresser cette réclamation contentieuse avant le 31/12/N+4 puisque la mise en recouvrement a eu
lieu en février N+2.
Délai spécial de réclamation (art. R196-3 du LPF –Livre des Procédures Fiscales) :
Lorsque le contribuable fait l’objet d’une procédure de rectification de la part de l’Administration, il dispose d’un délai égal
er
à celui de l’Administration pour présenter sa réclamation, soit ici un délai de 3 ans, décompté à partir du 1 janvier de
l’année suivant celle de la proposition de rectification. Ici, le délai spécial expire le 31/12/N+3, puisque la proposition de
rectification est intervenue le 15/10/N.
Choix entre délai général ou délai spécial :
Les deux délais étant applicables, le contribuable peut retenir le plus favorable des deux (au cas présent le 31/12/N+4).

Remarque : Ce point a fait l’objet d’une question au DSCG 2010 (Dossier 4, question 4, SA Nerval). Le corrigé indicatif publié par le
« © Réseau CRCF - Ministère de l’Éducation nationale » ([Link] ne mentionne que le délai spécial
(sans mentionner le délai général) et nous semble de ce point de vue incomplet. De plus, il ne mentionne pas le fait que
pour contester les rectifications, le contribuable doit attendre la mise en recouvrement des impositions complémentaires
par l’Administration fiscale.

Sursis de paiement :
En principe, la société CRISE doit régler les impositions mises à sa charge (principal et pénalités). Toutefois, elle peut
demander, dans sa réclamation contentieuse, à surseoir au paiement de ces sommes ; pour obtenir ce sursis de
paiement, la société CRISE doit fournir des garanties au Trésor (caution bancaire, hypothèque…) lui assurant qu’il sera
payé si la procédure menée par la société CRISE échoue (aucune garantie ne doit être constituée si le litige porte sur
moins de 4 500 ).
NB : lorsque dans sa réponse aux observations du contribuable, l’Administration maintient ses rectifications, le contribuable peut pour
certaines rectifications, saisir la Commission Départementale des Impôts Directs et des Taxes sur le chiffre d’affaires (IR, TVA)
ou la Commission départementale de conciliation (droits d’enregistrement). Ces commissions émettent un avis (elles ne sont
que des organismes consultatifs) sur le litige. Ce recours est appelé « recours pré-contentieux » car il intervient avant la mise en
recouvrement des impositions (qui nécessite alors un recours contentieux pour être contestée).

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UE 1 Corrigé 41
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4. Poursuite de la procédure suite au rejet de la réclamation : procédure devant le Tribunal Administratif


Si la société CRISE souhaite contester la décision de rejet de sa réclamation prise par l’Administration fiscale, elle doit
saisir le Tribunal Administratif dans les 2 mois de la notification de la décision de rejet.
Si l’Administration ne s’était toujours pas prononcée sur la réclamation dans un délai de 6 mois, la société CRISE aurait
pu considérer cette absence de réponse comme un rejet implicite et saisir directement le Tribunal Administratif du litige
qui l’oppose à l’Administration.
La saisine du Tribunal Administratif consiste en l’envoi par le contribuable d’un « mémoire introductif d’instance » au
Président du tribunal (aucune obligation de représentation par un avocat). Le greffe du tribunal adresse alors ce
mémoire à l’Administration fiscale qui doit adresser au tribunal un « mémoire en réponse », lui-même transmis par le
tribunal au contribuable. Ce dernier peut à nouveau fournir ses observations dans un « mémoire en réponse ». Cette
procédure écrite d’échange de mémoires est terminée lorsque le tribunal estime qu’il est en état de juger. Celui-ci rend
alors son jugement (le contribuable peut s’il le souhaite présenter le jour de l’audience, en personne ou par un avocat,
ses observations orales devant le tribunal).
L’effet suspensif du sursis de paiement prend fin immédiatement après le jugement du Tribunal Administratif. La société
CRISE peut donc attendre ce jugement du Tribunal Administratif et ne pas payer les impôts et pénalités pour le moment.
NB : si le litige avait concerné les droits d’enregistrement, le tribunal compétent aurait été le Tribunal de Grande Instance.

5. Contestation du jugement devant la Cour Administrative d’Appel


L’Administration peut contester le jugement du Tribunal Administratif en faisant appel de ce jugement devant la Cour
Administrative d’Appel (CAA), dans le délai de 2 mois à compter de la notification du jugement par le greffe du tribunal.
La requête doit obligatoirement être présentée par un avocat en exercice dans le ressort de la Cour.
NB1 : si le litige avait concerné les droits d’enregistrement, le jugement du Tribunal de Grande Instance aurait pu être contesté devant
la Cour d’Appel.
NB2 : si le Tribunal Administratif avait donné raison à l’Administration fiscale, la société CRISE disposerait du même délai pour faire
appel de ce jugement devant la CAA.

6. Contestation de l’arrêt de la Cour Administrative d’Appel devant le Conseil d’État


La société pourrait alors porter le litige devant le Conseil d’État (CE), qui rend un arrêt définitif, c’est-à-dire non
susceptible de recours.
NB : si le litige avait concerné les droits d’enregistrement, l’arrêt de la cour d’appel aurait pu être cassé par la cour de cassation (qui
rend alors un arrêt définitif).

7. Procédure de rescrit
Pour éviter ce litige, la société CRISE aurait dû solliciter auprès de l’Administration fiscale un « rescrit fiscal ». En effet,
les entreprises françaises et étrangères qui réalisent des opérations transfrontalières avec des entreprises qui leur sont
liées peuvent demander à l’administration la conclusion d’un accord préalable sur la méthode de détermination des prix
qui s’appliquera lors des futures transactions au sein du groupe. Avec un tel rescrit, l’Administration ne peut procéder à
aucune rectification du résultat sur les prix pratiqués conformément à l’accord.

Plus généralement :
La procédure de rescrit (art. L80B du LPF) constitue une prise de position sur l’appréciation de situations de fait. Seule
une réponse expresse de l’Administration engage cette dernière, et aucun délai ne lui est imparti pour se prononcer (cas
du rescrit « prix de transfert »).

Pour des régimes particuliers, le rescrit est plus engageant pour l’Administration car une absence de réponse dans un
délai déterminé vaut approbation implicite : c’est « l’accord tacite ».
Exemples : - éligibilité de dépenses au crédit d’impôt recherche : accord tacite si pas de réponse dans un délai de 3 mois à
compter de la demande du contribuable
- régime des jeunes entreprises innovantes : accord tacite si pas de réponse dans un délai de 3 mois à compter de la
demande du contribuable.

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UE 1 Corrigé 42
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DEUXIÈME DOSSIER

1. Partie ayant soumis le litige devant l’instance


• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : puisque « la société Vitalia Santé MCO venant
er
aux droits et obligations … de Gentilly, demande par les requêtes … la décharge des cotisations …" (cf. 1
paragraphe), c’est le contribuable qui a porté ce litige devant le tribunal administratif de Paris pour demander la
décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés émises par l’Administration.

• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : puisque « la société Ferrari et Cie se pourvoit en cassation… » (cf.
ème
2 paragraphe), c’est le contribuable qui a porté ce litige devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de
l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris.

Précision : Si dans ces deux affaires, c'est le contribuable qui a soumis le litige devant le juge, il arrive aussi que
ce soit l'Administration fiscale qui porte un litige devant le juge (pour contester une décision d'un
tribunal administratif ou d'une cour administrative d'appel).

2. Motif de rectification ou litige


• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : l’Administration a rejeté l'application du régime
des sociétés mère-fille à des acomptes sur dividendes, considérés comme fictifs.

• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : le litige opposant la société Ferrari et Cie et l’Administration fiscale
concerne une question d'acte normal ou anormal de gestion : la société Ferrari et Cie a consenti des avances à sa
filiale, puis a déduit des provisions pour faire face au caractère irrécouvrable de ces avances. L'administration
fiscale a estimé que le fait de consentir ces avances ne procédait pas d'une gestion commerciale normale, et a
rejeté en conséquence la déduction des provisions relatives à ces avances.

3. Issue du litige
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : le Tribunal donne raison au contribuable, en
jugeant que même si des dividendes sont irréguliers, la société mère les a obtenus à raison de sa qualité d'associé,
et qu'ils ouvrent donc droit au régime des sociétés mère-fille.

• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : le Conseil d’État donne raison à l’Administration : les faits ont été
correctement qualifiés par la cour administrative d'appel, qui a retenu la qualification d'acte anormal de gestion
retenue par l'Administration fiscale pour les avances consenties par la société Ferrari et Cie à sa filiale. Les
provisions n'étaient donc pas déductibles.

4. Possibilité de recours
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : si l'Administration fiscale le souhaite, elle peut
contester cette décision devant la Cour Administrative d’Appel (c’est la CAA de Paris qui est compétente pour
contester les jugements du TA de Paris).

• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : l’arrêt du Conseil d’État est définitif : le contribuable doit se plier à sa
décision : il n'obtient pas la décharge des impositions supplémentaires mises à sa charge.

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UE 1 Corrigé 43
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
Grégory Lachaise
CHABO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Auto-entrepreneur, EURL, Rétablissement professionnel

1. Régime d’auto-entrepreneur
La loi du 04.08.2008 applicable au 01.09.2009 autorise une personne physique ayant déjà une activité de créer une
entreprise individuelle indépendante, générant une autre source de revenu en adoptant le régime d’auto-entrepreneur.
Le régime « auto-entrepreneur » est un ensemble de mesures visant à une simplification des formalités administratives
et à un allègement des charges sociales, fiscales. Il se traduit par :
- une déclaration et un paiement simplifié des cotisations sociales (régime microsocial simplifié) ;
- une déclaration et un paiement simplifié de l’impôt sur le revenu ;
- une exonération de la cotisation foncière des entreprises pour les 3 premières années d’activité, basée sur le
chiffre d’affaires pour les années suivantes.
L’auto-entrepreneur peut être un salarié (CDD ou CDI), un retraité, un chômeur, un fonctionnaire (sous réserve que son
administration accepte).
L’auto-entrepreneur peut exercer une activité commerciale, artisanale, de prestation de services ou libérale.
Ses revenus au titre de cette activité ne doivent pas dépasser un plafond de chiffre d’affaires, égal pour 2015 à :
- 82 200  HT pour une activité d’achat / revente ;
- 32 900  HT pour une activité de prestations de services ou pour les activités libérales.
NB : ces montants sont valables pour la période 2014-2016 ; il sont réactualisés tous les 3 ans (prochaine actualisation en
2017).
L’auto-entrepreneur peut utiliser son domicile pour lieu d’activité (sous conditions).
Application : M. Chabo est une personne physique salariée. Il peut adjoindre les deux activités envisagées : assistance
informatique et fourniture de chambres d’hôte, à son activité principale.

2. Formalisme
Selon l’article L123-1 C. com., les personnes physiques ayant la qualité de commerçant, même si elles sont tenues à
immatriculation au répertoire des métiers, ont l’obligation de s’immatriculer au registre du commerce et des sociétés.
Application : Chabo doit s’immatriculer au RSC. Il sera exonéré des frais d’immatriculation. Il aura un n° siren.

3. Responsabilité de l’auto-entrepreneur
L’auto-entrepreneur a le statut d’entrepreneur individuel. S’agissant d’une entreprise individuelle, l’intégralité du
patrimoine personnel de l’auto-entrepreneur devient le gage de ses créanciers.
Cependant, l’article L526-1 C. com. permet à l’entrepreneur individuel immatriculé ou exerçant une activité
professionnelle agricole ou indépendante de rendre insaisissables ses droits sur l’immeuble où est fixée sa résidence
principale, ainsi que sur tout bien foncier bâti ou non bâti qu’il n’affecte pas à un usage professionnel, par une
déclaration auprès d’un notaire qui sera publiée au fichier immobilier.
Application : M. Chabo exercera une activité professionnelle indépendante : il peut soustraire du gage de ses créanciers
professionnels sa résidence principale et ses autres biens immobiliers.

4. Régime social de l’auto-entrepreneur


er
1 – Le mécanisme issu de la loi du 4 août 2008 et entré en vigueur au 1 janvier 2009 institue des règles
spécifiques au statut de l’auto entrepreneur
• En premier lieu, le dispositif crée le régime du micro social simplifié pour lequel l’auto-entrepreneur doit
impérativement opter. Il suppose de ne pas dépasser un seuil de chiffre d’affaires (régime fiscal de la micro
entreprise) fixé à :
- 82 200 euros HT pour la vente de marchandises, objets, fourniture et denrées à emporter ou à consommer
sur place ;
- 32 900 euros HT pour les prestations de services ou les activités libérales.

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

• En second lieu, le calcul des cotisations obéit à une règle spécifique. En effet, les charges et contributions sociales
sont calculées uniquement sur le chiffre d’affaires réalisé. En l’absence de CA, aucune cotisation n’est due. Son
taux, forfaitaire, dépend de l’activité. Il est de :
- 13,3% pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement telle un gîte rural ;
- 22,9% pour les prestations de services aussi bien commerciales, artisanales que libérales ;
- 22,9% pour les activités libérales relevant de la CIPAV.

À noter qu’il est possible d’opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (cf. question 6). Cette option est
ouverte aux entrepreneurs individuels ayant opté pour le micro social simplifié. Dans ce cas, les taux sont
respectivement portés à : 14,3%, 24,6% et 25,1% en fonction de l’activité.

De même, si l’auto entrepreneur est bénéficiaire de l’Accre (aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprises),
des taux spécifiques lui sont applicables. Par exemple, pour une activité commerciale, les taux sans option fiscale sont
de 3,4% jusqu’à terme du troisième trimestre civil suivant l’affiliation, 6,7% les quatre trimestres suivants et 10% les
quatre trimestres suivants.

• Enfin, la déclaration, selon l’option choisie à l’occasion de l’inscription, peut être effectuée mensuellement ou
trimestriellement.

2 – La couverture sociale de l’auto-entrepreneur


Les versements forfaitaires effectués comprennent les cotisations d’assurance maladie et maternité, les cotisations
d’allocations familiales, les cotisations d’assurance vieillesse du régime de base, les cotisations au titre du régime
complémentaire obligatoire, les cotisations d’invalidité et décès ainsi que la CSG et la CRDS.
En contrepartie des ces versements, l’auto-entrepreneur bénéficie des prestations d’assurance maladie pour le
remboursement des frais médicaux, des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail sous condition d’affiliation d’une
durée de 1 an et de l’assurance vieillesse. Pour ce dernier point, l’auto-entrepreneur dépend soit de la CIPAV pour les
activités libérales, soit du RSI dans les autres cas.

3 – L’auto entrepreneur est salarié


Dans cette hypothèse, l’activité de l’auto-entrepreneur est secondaire puisqu’il maintient son activité salariée principale.
Les taux de cotisations et contributions sur le chiffre d’affaires restent inchangés (sauf exonération spécifiques). Par
contre l’assuré reste affilié au régime général de la sécurité sociale pour l’assurance maladie et maternité. En revanche,
il acquiert des droits au titre de la retraite de base et de la retraite complémentaire pour son activité d’auto-entrepreneur.
Au RSI si son activité est commerciale ou artisanale, à la CIPAV s’il s’agit de l’exercice d’une profession libérale.

Application au cas
Marc Chabo peut aujourd’hui créer son auto-entreprise tout en restant salarié. Les deux activités – assistance
informatique et gîte rural – sont des activités de service. Dans le cadre du micro social simplifié, le taux applicable est
de :
- 13,3% sur le chiffre d’affaires de l’activité gîte rural ;
- 22,90% sur le chiffre d’affaires pour l’activité assistance informatique ;
ces taux étant portés respectivement à 14,3% et 25,1% en cas d’option pour le prélèvement libératoire de l’IR (cf.
question 6).
En tant que salarié, il continuera à bénéficier des prestations du régime général, mais acquerra des droits au titre de la
retraite dans le cadre du RSI.

5. Licenciement et allocation chômage


Deux situations doivent être distinguées :
re
1 situation : le chômeur crée une entreprise sous la forme de l’auto-entrepreneur (les dispositions de la
nouvelle convention Unedic du 14 mai 2014 s’appliquent)
Deux hypothèses peuvent être envisagées :
re
1 hypothèse
Les rémunérations provenant de l’activité professionnelle sont cumulables, pour un mois civil donné, avec une partie des
allocations journalières. Néanmoins, le cumul des allocations et des revenus d’activité ne doivent pas être supérieurs au
salaire mensuel de référence perçu par l’allocataire.
Le calcul est réalisé comme suit :
- il convient dans un premier temps de déterminer le salaire mensuel de référence (qui constitue le plafond) en
multipliant le salaire journalier par le nombre de jours indemnisables dans un mois civil ;
- dans un second temps, il convient de multiplier l’allocation journalière de référence par le nombre de jours
indemnisables dans le mois ;

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- dans un troisième temps, 70% des rémunérations brutes des activités exercées en qualités d’auto-entrepreneur au
cours d’un mois civil sont soustraites du montant total des allocations journalières qui auraient été versées pour le
mois considéré en l’absence de reprise d’emploi.
e
2 hypothèse
Le chômeur demande à être admis au bénéfice de l’ARCE et de l’Accre (aide au chômeur créateur ou repreneur
d’entreprise). Dans ce cas, l’activité d’auto-entrepreneur est considérée comme étant l’activité principale et le chômeur
est envisagé uniquement sous l’angle d’un créateur d’entreprise. Il ne perçoit plus l’ARE (il ne doit plus être demandeur
d’emploi) mais bénéficie du dispositif suivant :
45% des allocations nettes qui restent à percevoir sont divisées par deux et le montant ainsi trouvé est versé en deux
fois sous forme de capital. Le premier versement est effectué au démarrage de l’activité et le second après six mois
d’activité.
De surcroît, l’auto-entrepreneur bénéficie dans ce cadre d’une réduction du taux des cotisations et contributions sociales
pendant 3 ans.

e
2 situation : le salarié auto-entrepreneur devient chômeur
Dans cette hypothèse (l'activité-salariée ou non est considérée comme conservée dès lors qu'elle a donné lieu à un
cumul effectif des revenus avant la perte de l'une ou plusieurs des activités exercées), il bénéficie, quand il devient
chômeur, d’un droit à l’ARE à hauteur de 100%. Il y a donc ici un avantage puisqu’il n’est pas pénalisé dans ses droits à
l’assurance chômage.
Par contre, il ne peut bénéficier de l’Accre dans l’ensemble de ses dispositifs (versement des allocations sous forme de
capital et taux de cotisations et contributions sociales minoré les 3 premières années) puisqu’il est devenu auto-
entrepreneur avant d’être chômeur.

Application au cas
e
Marc Chabo relève de la 2 situation. Il ne pourra donc bénéficier du dispositif de l’Accre puisqu’il compte créer son
entreprise tout en étant salarié. Par contre, s’il devait être licencié, il bénéficierait de ses allocations chômage en
intégralité pendant toute la durée d’indemnisation.

6. Obligations fiscales
En matière de TVA :
L’auto-entrepreneur relève, en matière de TVA, du régime de la franchise (dès lors que son chiffre d’affaires, s’agissant
de prestations de services pour M. Chabo, n’excède pas 32 900  pour l’année 2015). Il ne facture donc aucune TVA, et
en contrepartie ne peut déduire aucune TVA en amont sur les dépenses occasionnées par ses activités.
Il doit donc porter sur ses factures la mention : « TVA non applicable, article 293 B du Code Général des Impôts ».

En matière d’IR :
L’auto-entrepreneur a le choix entre :
• Application d’un versement libératoire de l’IR, égal à un pourcentage du chiffre d’affaires, qui est payé en même
temps que les cotisations sociales, via le site Internet de l’auto-entrepreneur ([Link]) :
- 1% pour les ventes de marchandises et la fourniture de logement telle un gîte rural ;
- 1,7% pour les prestations de services commerciales ou artisanales (ex : électricien) ;
- 2,2% pour les autres prestations de services BNC et les activités libérales.
M. Chabo relèvera donc du versement à 1% du CA pour l’activité de gîte rural et du versement à 2,2% du CA pour
l’activité d’assistance informatique.
Toutefois, pour pouvoir appliquer ce régime au titre d’une année N, l’auto-entrepreneur doit avoir un revenu
imposable au titre de l’avant-dernière année (N-2) inférieur ou égal à 26 631  (pour N-2 = 2013) par part (d’où
53 262  pour un foyer à 2 parts, 66 578  pour un foyer à 2,5 parts…).
• Régime du micro-BIC ou micro-BNC : est incluse dans le revenu imposable une somme égale au CA minoré d’un
abattement forfaitaire pour frais égal à :
- 71% pour les ventes de marchandises et la fourniture de logement telle un gîte rural ;
- 50% pour les autres prestations de services relevant des BIC ;
- 34% pour les prestations de services et activités libérales relevant des BNC.

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Régime le plus intéressant pour M. Chabo :


• Versement libératoire :
- Sur chambres d’hôte : 6 000 x 1% = 60 
- Sur assistance informatique : 10 000 x 2,2% = 220 
----------
IR total 280 
• Micro-BIC :
- Base imposable sur chambres d’hôte : 6 000 x (1 - 71%) = 1 740 
- Base imposable sur assistance informatique : 10 000 x (1 - 34%) = 6 600 
----------
Base imposable totale 8 340 
IR à 14% = 8 340 x 14% = 1 167 
Conclusion : M. Chabo aura intérêt, si ses revenus l’y autorisent, à opter pour le versement libératoire de l’IR pour ses
deux nouvelles activités.

7. L’EIRL
Bénéficiaires du statut d’EIRL
L’article L526-6 énonce que « tout entrepreneur individuel peut affecter à son activité professionnelle… ». La loi vise
donc toute personne physique exerçant une activité professionnelle (commerciale, artisanale, agricole ou libérale) et
ayant le statut d’entrepreneur individuel. Il peut s’agir d’une création d’entreprise ou d’une activité existante.
Un auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel bénéficiant d’un régime particulier (microsocial et éventuellement
prélèvement libératoire fiscal). Il peut adopter le statut d’entrepreneur à responsabilité limitée.
M. Chabo pourra bénéficier du statut d’EIRL tout en bénéficiant du régime d’auto-entrepreneur.
NB : Il convient de noter que si le régime de l’auto-entrepreneur n’est pas appliqué, l’EIRL est soumise à l’IR (catégorie BIC,
BNC ou BA) selon les règles de droit commun, avec possibilité d’option pour l’IS lorsqu’elle relève du régime simplifié
d’imposition (en cas d’option pour l’IS, l’entrepreneur relève du statut social du gérant majoritaire de SARL).

Avantage principal du statut d’EIRL


L’entrepreneur peut mettre son patrimoine personnel à l’abri de ses créanciers professionnels en affectant une partie
seulement de son patrimoine dit « patrimoine affecté » aux risques de son activité professionnelle. Il bénéficie d’une
responsabilité limitée sans avoir à créer une personne morale (avant cette loi il fallait qu’il crée une EURL pour avoir une
responsabilité limitée ou qu’il utilise la déclaration d’insaisissabilité de l’article L526-1 c. com).
Les créanciers professionnels ont pour seul gage le patrimoine affecté et les autres créanciers le gage sur le patrimoine
non affecté - L526-12 al 6 [Link]. -, mais le gage des créanciers peut être élargi en cas de fraude ou de manquement
grave aux règles et obligations de la part de l’entrepreneur. L 526-12 al 7.

M. Chabo peut mettre son patrimoine personnel à l’abri de ses créanciers professionnels en adoptant le statut d’EIRL
mais nous avions vu dans la question 3 qu’il pouvait, en restant auto-entrepreneur, par une déclaration d’insaisissabilité,
soustraire du gage des créanciers professionnels ses biens immobiliers.

Obligations de l’entrepreneur individuel à responsabilité limitée


- Utiliser une dénomination incorporant son nom, précédé ou suivi des mots EIRL – L526-6 al. 4 ;
- Déposer une déclaration d’affectation au registre dont dépend l’activité de l’entrepreneur : l’entrepreneur individuel
à responsabilité limitée est immatriculé au RSC ou au RM ;
- Tenir une comptabilité, établir des comptes annuels – L526-13 – et les déposer au registre dont il dépend – L526-
14.
- Ouvrir un ou plusieurs comptes bancaires exclusivement dédiés à l’activité à laquelle le patrimoine a été affecté –
L526-13.

Conclusion : le volume de chiffre d’affaires espéré, des paramètres patrimoniaux, fiscaux et sociaux permettront de
diriger M. Chabo vers le régime d’auto-entrepreneur ou d’entrepreneur à responsabilité limitée bénéficiant du régime
d’auto-entrepreneur.

Le rétablissement professionnel
La nouvelle procédure de rétablissement professionnel créée par l’ordonnance du 12.03.2014 est destinée aux
entrepreneurs individuels, personnes physiques, qui n’ont pas de salarié et dont l’actif est inférieur à 5 000 . Elle offre
au débiteur une possibilité de rebondir rapidement en le faisant bénéficier d’un effacement des dettes, sans recourir à
une liquidation judiciaire.

Le rétablissement professionnel est applicable à toute personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale,
agricole, ou une activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale (art L645-1 [Link]).
Les entrepreneurs individuels à responsabilité limitée (EIRL) ne peuvent pas en bénéficier.

Application : le choix du statut d’EIRL empêche M. Chabo de bénéficier de la procédure de rétablissement


professionnel en cas de difficulté. Il sera soumis à la procédure de liquidation judiciaire.

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier ROULE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Droit et Fiscalité de la constitution de sociétés : choix de la forme juridique,


règles de fonctionnement, conséquences fiscales

1. Note de synthèse sur le régime juridique SARL/SAS


a) Les conditions de constitution
• De fond
- la SARL peut être constituée avec un ou plusieurs associés (personnes physiques ou morales), tout comme la
SAS : dans le cas, ils seront trois. Le nombre d’associés est limité dans la SARL à 100 – art. L223-3 –, alors qu’il
est illimité dans la SAS ;
- les apports : tous sont autorisés (en numéraire, en nature, en industrie si les statuts les autorisent) dans la SARL. Il
en est de même pour la SAS, article L227-1 [Link]. En effet, l’alinéa 4 stipule : « La SAS peut émettre des actions
inaliénables résultant d’apports en industrie. […] Les statuts déterminent les modalités de souscription et de
répartition de ces actions. Ils fixent également le délai au terme duquel, après leur émission, ces actions font l’objet
d’une évaluation ». Dans les deux cas, les apports en industrie ne concourent pas à la formation du capital ;
Quelle que soit la forme juridique choisie par les associés, Yan pourra effectuer un apport en industrie (son savoir
faire de négociateur) ;
- capital social : le montant du capital de la SARL est fixé par les statuts. Il est divisé en parts sociales égales – art.
L223-2. Pour la SAS, l’article L227-1 ayant écarté l’application de l’article L224-2 (37 000  de capital minimum) : il
n’y a plus de capital minimum imposé pour créer une SAS, il est libre tout comme pour la SARL. Le capital est
divisé en actions. Dans le cas, les associés ont prévu un niveau de capital (voir question 2). Dans les deux
sociétés, le capital peut être variable ;
- libération des apports et évaluation des apports (voir question 3) ;
- responsabilité des associés : limitée aux apports dans la SARL et la SAS – art. L223-1 et L227-1 ;
- offre au public : il est interdit aux deux sociétés de faire une offre au public – art. L227-2 pour la SAS, art. 1841
[Link]. pour la SARL. Elles ne pourront donc pas accéder au marché financier pour financer leurs investissements.
• De forme
- formalités de constitution : Elles sont identiques pour la SARL et la SAS : rédaction des statuts, insertion de l’avis de
constitution dans un JAL, dépôt au CFE en vue de l’immatriculation au RCS, avis au BODACC. L’enregistrement des
statuts est supprimé par la loi du 20.12.2014 (application le 01.07.2015).
- les statuts : sous seing privé ou notarié dans les deux cas, ils doivent contenir les mentions obligatoires (forme
juridique, durée, dénomination sociale, siège social, montant du capital, apports, modalités de fonctionnement et
les règles particulières selon le type de société). Cependant, la SAS offre plus de souplesse dans la rédaction des
statuts concernant :
* la direction (voir le paragraphe b) ci-dessous),
* l’insertion de clauses :
- d’inaliénabilité des actions (limitée à 10 ans) – art. L227-13,
- d’agrément pour toute cession d’actions – art. L227-14,
- d’exclusion obligeant un associé à céder ses actions – art. L227-16,
- la possibilité pour les associés de conclure un pacte d’actionnaires.

b) Fonctionnement
• Direction : le(ou les) gérant(s) de la SARL est(sont) obligatoirement une(des) personne(s) physique(s), associée(s)
ou tiers dont les conditions de nomination, révocation, les pouvoirs sont prévus par la loi – art. L223-18. Les organes
de direction de la SAS sont librement déterminés par les statuts – art. L227-5 –, mais il faut désigner obligatoirement
un président, personne physique ou morale, associé ou tiers désigné dans les conditions prévues par les statuts.
Les pouvoirs du président sont déterminés par la loi – art. L227-6. La SAS offre donc plus de souplesse que la
SARL dans le choix des dirigeants et leur statut, mais leurs pouvoirs sont identiques, prévus par la loi.
• Droits des associés : la loi accorde certains droits aux associés minoritaires détenant au moins 10% du capital
(expertise de gestion, demande de nomination d’un commissaire aux comptes en justice, engager l’action sociale du
gérant en se groupant) ou sans détention de capital minimum (droit d’alerte) dans la SARL. La protection des

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associés minoritaires dans la SAS est identique à celle des actionnaires d’une SA puisque l’article L227-1 renvoie
aux dispositions de la SA.
• Règles de quorum et de majorité des décisions collectives : elles sont strictement définies pour la SARL (voir
question 5), librement organisées dans les statuts pour la SAS, mis à part pour certaines décisions – art. L227-9. La
SAS offre plus de souplesse.
• Régime des conventions : concerne le(s) gérant(s) et les associés dans la SARL – art. L223-19 –, il ne concerne
que les dirigeants et les actionnaires détenant plus de 10% des droits de vote dans la SAS – art. L227-10. Le
régime des conventions est moins largement applicable dans la SAS.
• Régime fiscal : la SARL et la SAS sont soumises à l’impôt sur les sociétés. Seule la SARL peut éventuellement
relever du régime des sociétés de personnes, lorsque son capital est détenu entre membres de la même famille et
qu’elle exerce une option pour ce régime (elle relève alors des BIC lorsque l’activité est commerciale comme c’est le
cas ici). Ici, une telle option n’est pas possible puisque les trois associés n’appartiennent pas à la même famille.
Quelle que soit sa forme, la société sera soumise à l’IS.

Conclusion : La loi a encore assoupli le régime juridique de la SAS par la loi du 4.8.2008, applicable au 1.1.2009. Il se
rapproche de plus en plus de la SARL (pas de minimum de capital, apports en industrie autorisés, présence du CAC
seulement en cas de dépassement de seuils), tout en gardant sa souplesse initiale.
Dans le cas proposé, il est conseillé aux futurs associés de constituer dès à présent une SAS plutôt que de créer une
SARL, compte tenu des arguments développés ci-dessus. Reste que la rédaction des clauses concernant les majorités
lors des décisions collectives, le fonctionnement des organes dirigeants, les droits des minoritaires, les clauses
d’agrément, d’inaliénabilité, d’exclusion etc., doivent faire l’objet d’une étude attentive afin de respecter l’égalité de
traitement des actionnaires, principe fondamental en droit des sociétés.

2. Répartition du capital de la société


Guillaume effectue : un apport en numéraire de 72 000 , soit 72 titres (parts sociales ou actions) de 1 000  de nominal ;
Yan effectue : un apport en industrie de 30 000 , soit 30 titres, mais cet apport n’entre pas dans la formation du
capital et un apport en nature (équipement informatique) de 20 000 , soit 20 titres. Au total, il aura
50 titres ;
Thierry effectue : un apport en nature (le fonds de commerce) de 50 000 , soit 50 titres.
Le montant du capital sera de : 72 000  + 20 000  + 50 000  = 142 000 . L’apport en industrie de 30 000  n’entre
pas dans le capital, mais les titres donnent droit aux bénéfices, au boni de liquidation, au droit de vote (art. L223-28
al. 1). L’apporteur en industrie a l’obligation de contribuer aux pertes.
Guillaume détient 72 titres sur 172, soit 41,86%, Yan et Thierry 50 titres, soit 29% chacun.
Guillaume ayant le plus investi en sera le dirigeant : gérant ou président si le vote des associés dégage une majorité en
sa faveur.

Rappel : régime de l’apport en industrie


SARL : l’apport en industrie est autorisé par les statuts - art L 223-7 al. 2.
L’apport en industrie n’est pas pris en compte pour la formation du capital (au compte capital du bilan on ne l’intègre pas)
néanmoins il donne droit au partage des bénéfices et de l’actif net- art 1843-2 al. 2.
La part de l’apporteur en industrie est égale à celle de l’associé qui a le moins apporté, sauf clause contraire des statuts
– art. 1844-1 [Link].
Chaque associé dispose d’un nombre de voix égal au nombre de parts sociales qu’il possède - art L 223-28 al. 1. Toute
clause contraire est réputée non écrite - art. L 223-28 al. 4. Cette disposition s’applique à l’apporteur en industrie : il a le
droit de vote.
Ces dispositions sont applicables à l’apport en industrie dans une SAS.
En conclusion : l’apporteur en industrie partage les bénéfices, contribue aux pertes, a le droit de vote, partage le boni de
liquidation (ou le mali), mais il ne peut pas reprendre son apport en cas de dissolution de la société du fait de la nature
de son apport (apport de connaissances, de savoir-faire).

3. Libération des apports et évaluation des apports par un commissaire aux apports
a) Libération des apports
e
Apport en numéraire : au moins 1/5 de leur montant, le surplus dans les 5 ans pour la SARL – art. L223-7. Pour la
SAS, les apports en numéraire doivent être libérés de moitié à la souscription, le surplus dans les 5 ans – art. L227-1 qui
renvoie à l’art. L225-3 al. 2 (règle de la SA). Dans le cas, Guillaume, apporteur en numéraire de 72 000 , devra libérer
14 400  à la souscription si une SARL est créée, 36 000  s’il s’agit d’une SAS.
Apport en nature : les apports en nature doivent être intégralement libérés à la souscription dans la SARL et la SAS –
art. L223-7 et L225-3. Thierry, apporteur d’un fonds de commerce, et Yan, apporteur d’un équipement informatique,
devront libérer intégralement leurs apports à la souscription.
L’apport en industrie se libère au fur et à mesure du travail que Yan effectuera au sein de la société.

b) Évaluation des apports


Les apports en nature doivent être évalués obligatoirement par un commissaire aux apports dans la SARL, mais les
associés peuvent décider à l’unanimité que le recours à un commissaire aux apports ne sera pas obligatoire si aucun

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apport en nature n’excède 30 000  et si la valeur totale de l’ensemble des apports en nature non soumis à l’évaluation
d’un commissaire aux apports n’excède pas la moitié du capital social – art. L223-9 al. 1 et 2.
Dans la SAS, les apports en nature doivent faire l’objet d’une évaluation par un commissaire aux apports sans exception
désigné à l’unanimité des fondateurs ou, à défaut, par décision de justice à la demande d’un ou plusieurs d’entre eux –
art. L225-8 modifié par la loi du 22.3.2012 sur renvoi de l’art. L227-1.
Dans le cas proposé, le recours au commissaire aux apports est obligatoire dans les deux cas puisque qu’il est
obligatoire si les associés adoptent la SAS, et pour la SARL aussi, puisque la valeur d’un apport en nature excède
30 000  (même si le total des apports en nature n’excède pas la moitié du capital : 70 000  au lieu de 71 000 ).

4. L’apport d’un bien commun


Thierry est marié sous le régime de la communauté réduite aux acquêts (régime légal), le fonds de commerce est un
bien commun, que Thierry exploite à titre professionnel.
L’apport d’un bien commun est réglementé en cas d’apport à une SARL : l’apport d’un fonds de commerce, s’il est un
bien professionnel, ne nécessite pas l’accord du conjoint.
L’apport d’un bien commun à une SAS est libre.
Conclusion : dans les deux cas, Thierry est libre d’apporter le fonds de commerce, le consentement de son conjoint
n’est pas nécessaire. Il n’a pas non plus à aviser son conjoint.

5. Règles de majorité des décisions collectives


a) Décisions collectives ordinaires
Dans la SARL :
- chaque associé dispose d’un nombre de voix égal au nombre de parts qu’il possède - art. L223-28 al. 1. Cette
disposition s’applique à l’apporteur en industrie ;
- sur première consultation, les décisions sont adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié
des parts sociales – art. L223-29 al. 1 ;
- sur deuxième consultation, les décisions sont prises à la majorité des votes émis, sauf stipulation contraire des
statuts – art. L223-29 al. 2.
Dans la SAS : les statuts déterminent les décisions qui doivent être prises collectivement par les associés dans les
formes et conditions qu’ils prévoient – art. L227-9 al. 1. Cependant, la loi prévoit que certaines décisions seront
obligatoirement de la compétence des associés : augmentation, amortissement, réduction de capital, fusion, scission,
dissolution, transformation, nomination de commissaire aux comptes, de comptes annuels et de bénéfices. Les
conditions de vote seront celles prévues par les statuts – art. L227-9 al. 2.
Dans le cas, Guillaume n’aura pas la majorité pour les décisions ordinaires (72 parts sur 172) dans la SARL. Pour la
SAS, ce sera celle prévue dans les statuts.

b) Décisions collectives extraordinaires


Dans la SARL constituée après le 3.08.2005 (cas applicable), un quorum du quart des parts sociales doit être atteint sur
re
1 consultation, un cinquième sur deuxième consultation pour pouvoir délibérer valablement. La majorité doit être des
deux tiers des parts sociales détenues par les associés présents ou représentés. Les statuts peuvent prévoir un quorum
et une majorité plus élevés sans pouvoir exiger l’unanimité – art. L223.30 al. 3.
La loi exige cependant une majorité plus faible pour l’augmentation de capital par incorporation de réserve (la moitié) et
la transformation de la SARL en SA si les capitaux propres figurant au dernier bilan excèdent 750 000 , et une majorité
plus forte en cas de cession de parts sociales (majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales)
et de transformation de la SARL en SAS (unanimité des associés) – art. L227-3.
re
Dans le cas, chaque associé atteint le quorum (43 parts sur 72) sur 1 consultation, mais aucun des associés ne détient
deux tiers des parts sociales.
Dans la SAS, les statuts fixent la(les) règle(s) de majorité des décisions extraordinaires.

Conclusion : Guillaume n’aura pas la majorité des décisions ordinaires dans la SARL et probablement pas celle de la
SAS (selon les statuts de la SAS). Pour les décisions extraordinaires, aucun des associés ne peut imposer aux autres sa
volonté, aussi bien en SARL qu’en SAS. Notons qu’une clause des statuts de la SAS pourra prévoir une convention de
vote dans le cadre d’un pacte d’actionnaires.
L’unanimité des associés est obligatoire pour transformer la SARL en SAS : un désaccord futur entre les associés
bloquera la transformation en SAS.

6. Nomination d’un commissaire aux comptes


Pour la SARL, sa présence est obligatoire en cas de dépassement de deux des trois seuils (1 550 000  au total du
bilan, 3 100 000  de CAHT, 50 salariés en moyenne au cours de l’exercice) – art. L223-35 al. 2.
Dans la SAS : sa présence est obligatoire si la société dépasse deux des trois seuils (1 000 000  au total du bilan,
2 000 000  de CAHT, et 20 salariés en moyenne au cours de l’exercice) – art. L227-9-1 al. 1 et 2.
Dans le cas, la nomination d’un commissaire aux comptes n’est pas obligatoire lors de la constitution de la SARL ou de
la SAS, mais les associés peuvent en désigner un s’ils le souhaitent par une décision ordinaire.

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UE 1 Corrigé 50
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

7. Coût fiscal de la création de société


Le coût fiscal est représenté par les droits d’enregistrement dus. Ceux-ci sont identiques, que la société créée soit une
SARL ou une SAS, les apports étant réalisés dans les deux cas à une société soumise à l’IS.

Chaque apport est analysé individuellement. Puis les règles de calcul des droits dus en cas d’un seul acte seront
appliquées.

Apport de Guillaume :
- Somme de 72 000  : Apport à titre pur et simple (APS) fait par une personne physique à une société soumise à l’IS.
S’agissant d’un apport de numéraire, aucun droit n’est dû.
Droits = 0 

Apport de Yan :
- Savoir-faire évalué à 30 000  : Apport à titre pur et simple (APS) fait par une personne physique à une société
soumise à l’IS. S’agissant d’un apport en industrie, aucun droit n’est dû.
Droits = 0 
- Équipement informatique :
* Apport à titre onéreux (ATO) à hauteur de 3 000  : ATO d’un matériel, le droit dû est le droit fixe des actes
innommés de 125 .
* Apport à titre pur et simple (APS) à hauteur de 20 000  : APS d’un matériel, donc aucun droit n’est dû.
Droits = 125 

Apport de Thierry :
- Fonds de commerce :
* Apport à titre onéreux (ATO) à hauteur de 10 000  : ATO d’un fonds de commerce, d’où application du barème
des cessions de fonds de commerce (exonération jusqu’à 23 000 , 3% de 23 000 à 200 000 , 5% au-delà de
200 000 )
d’où droits dus = 10 000 x 0% = 0 
Droits = 0 
* Apport à titre pur et simple (APS) à hauteur de 50 000  : APS d’un fonds de commerce, d’où application du
barème des cessions de fonds de commerce (rappelé ci-avant) :
(1)
d’où droits dus = (23 000 - 10 000 ) x 0% = 0 
(50 000 – 13 000) x 3% = 1 110 
(1) cf. 10 000  utilisés lors du calcul des droits sur les ATO ci-avant.
Droits = 1 110 

Le coût fiscal de cette constitution s’élève donc à 1 110  (le droit fixe de 125  n’est pas dû puisqu’un droit proportionnel
plus élevé est mis en recouvrement).

Il serait possible de diminuer ces droits d’enregistrement si Thierry, en tant qu’apporteur personne physique de
l’ensemble des éléments affectés à son activité professionnelle, prenait l’engagement de conserver ses parts ou actions
de la société créée, reçues en contrepartie de son apport, pendant une période de 3 ans. En effet, dans cette hypothèse,
les ATO et APS de fonds de commerce sont exonérés de droits d’enregistrement, et seul le droit fixe de 125  (au titre
de l’apport de Yan) serait dû pour cette constitution.

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UE 1 Corrigé 51
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
LE DIAMANT NOIR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Droit et Fiscalité de la transformation de la société

1. La responsabilité contractuelle d’une société


La SARL a signé un contrat de vente de 40 kg de truffes avec un fournisseur espagnol. De ce contrat résultent des
obligations :
- pour l’acheteur : prendre livraison, payer le prix ;
- pour le vendeur : fournir la marchandise convenue, la garantie des vices cachés, la garantie d’éviction.

En l’espèce, la marchandise n’étant pas conforme aux termes du contrat conclu, l’acheteur (la SARL) n’a pas à exécuter
son obligation de payer le prix. Il peut aussi en demander l’exécution par l’échange de la marchandise. La SARL pourra
obtenir, si elle le souhaite, la résolution du contrat pour inexécution par le cocontractant d’une de ses obligations et des
dommages intérêts pour le préjudice subi en engageant la responsabilité civile contractuelle de son fournisseur.

2. Révocation du gérant de SARL


Selon l’article L223-18 al. 4 et 5 [Link] :
- dans les rapports entre associés, les pouvoirs des gérants sont déterminés par les statuts et dans le silence de
ceux-ci, ils peuvent faire tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société ;
- dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance
au nom de la société, sous réserve des pouvoirs que la loi attribue expressément aux associés ; la société est
engagée même par les actes du gérant qui ne relèvent pas de l’objet social, à moins qu’elle ne prouve que le tiers
savait ou ne pouvait l’ignorer ;
- les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers.

Selon l’article L223-25 al. 1 [Link], la révocation d’un gérant peut intervenir sur décision ordinaire des associés
e
représentant plus de la moitié des parts sociales ou à la majorité des votes émis sur 2 consultation (les statuts peuvent
e
exclure cette 2 consultation ou prévoir une majorité plus forte pour les deux consultations). Ici, elle sera obtenue car
MM. Diams et Tuber ont 300 parts sur 450. Le gérant associé participera au vote, mais il n’a pas un nombre de parts
suffisant pour s’opposer à sa révocation.

Si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à dommages et intérêts. Outre les cas de
responsabilité du gérant constitutifs de « juste motif » (infraction à la législation et aux règlements, violation des statuts
ou faute de gestion), la jurisprudence apprécie s’il y a ou non juste motif.

En l’espèce, l’achat du matériel informatique entre dans le cadre de l’objet social, il est conclu dans l’intérêt de la société.
Le gérant a cependant une obligation de diligence dans l’exercice de ses fonctions et on pourrait lui reprocher de ne pas
avoir demandé plusieurs devis avant de prendre la décision d’achat. Le gérant n’a pas à demander l’avis des associés
car la décision d’achat est une opération de gestion courante de sa compétence.

Donc la révocation semble justifiée et le gérant ne pourra pas obtenir des dommages et intérêts. La jurisprudence a
cependant tendance à exiger des fautes plus graves pour qualifier le juste motif de révocation.

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UE 1 Corrigé 52
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Transformation de la SARL en SA
a) Conditions de la transformation
La transformation d’une société est l’opération consistant à changer sa forme juridique. La transformation régulière d’une
société n’entraîne pas la création d’une personne morale nouvelle – art. L210-6 al. 1. Elle est une simple modification
statutaire qui doit respecter certaines conditions pour être valable.

Conditions relatives à la SARL (L223-43 et 224-3 [Link])


• La décision de transformation doit être précédée du rapport d’un commissaire aux comptes inscrit sur la situation de
la société – art. L223-43 al. 3. Ce rapport rend compte de la situation comptable, juridique, financière de la société
et atteste que le montant des capitaux propres est au moins égal au capital social.
Lorsqu’une société de quelque forme que ce soit (ici une SARL) qui n’a pas de commissaire aux comptes se
transforme en société par actions (ici une SA), un ou plusieurs commissaires à la transformation, chargé(s)
d’apprécier sous leur responsabilité la valeur des biens composant l’actif social et les avantages particuliers, sont
désignés, sauf accord unanime des associés par décision de justice à la demande des dirigeants sociaux (ici le
gérant) ou de l’un d’eux. Les commissaires à la transformation peuvent être chargés de l’établissement du rapport
sur la situation de la société mentionné à l’alinéa 3 de l’article L223-43. Dans ce cas, il n’est rédigé qu’un seul
rapport. Le rapport est tenu à la disposition des associés. Les associés statuent sur l’évaluation des biens et l’octroi
des avantages particuliers. Ils ne peuvent les réduire qu’à l’unanimité. À défaut d’approbation expresse des associés,
mentionnée au procès-verbal, la transformation est nulle – art. L224-3.
La SARL n’ayant pas de commissaire aux comptes, les associés peuvent désigner le commissaire à la
transformation à l’unanimité. À défaut, le gérant devra présenter au président du tribunal de commerce une requête
tendant à sa désignation.
Ce commissaire peut être chargé du rapport sur la situation de la société et, dans ce cas, il rendra compte de sa
double mission dans un seul rapport. Ce rapport devra être tenu à disposition des associés au siège social 8 jours au
moins avant la date de l’assemblée devant statuer sur la transformation et il sera déposé au greffe du tribunal de
commerce.

• La décision de transformation est une décision extraordinaire prise par les associés représentant 3/4 des parts
sociales (puisque la société a été constituée avant le 3.8.2005 et que les statuts n’ont pas été modifiés) et,
exceptionnellement, par les associés représentant la majorité des parts sociales si le montant des capitaux propres
au dernier bilan excède 750 000  – art. 223-43 al. 2.
En l’espèce, 3/4 du capital sont nécessaires (337 parts) puisque les capitaux propres sont inférieurs à 750 000 
(18 000 ). MM. Gignac et Tuber ont 350 parts. La majorité des 3/4 est dépassée. Le projet pourra être adopté
malgré l’opposition de M. Diams.

Conditions relatives à la SA
Sept associés : ils ne sont que trois actuellement. Il faudra donc trouver 4 nouveaux associés. Le capital devra être porté
à 37 000  (minimum dans une SA) car il n’est que de 22 500  actuellement.
L’objet doit être licite en SA (condition remplie).

b) Étapes à suivre :
- désignation du commissaire à la transformation et du commissaire aux comptes (il peut s’agir de la même
personne) qui vont rédiger le rapport ;
- convocation des associés par le gérant, mise à leur disposition du rapport ;
- tenue de l’assemblée extraordinaire : les associés votent sur l’évaluation des biens et l’octroi des avantages
particuliers et sur la transformation de la société. Ils adoptent les nouveaux statuts. Ils nomment les nouveaux
dirigeants (les administrateurs devant composer le conseil d’administration dans le cas) et le(s) commissaire(s) aux
comptes.

Formalités de publicité :
Comme toute modification statutaire, la décision de transformation doit faire l’objet :
- d’une insertion dans un journal d’annonces légales ;
- d’un dépôt au greffe du procès-verbal de l’assemblée ayant décidé de la transformation, du procès-verbal de la
décision ayant désigné les membres des nouveaux organes sociaux, des nouveaux statuts ;
- d’une inscription modificative au registre du commerce et des sociétés ;
- d’une insertion au BODACC.

La transformation prend effet entre associés à compter du jour où elle a été décidée et ne devient opposable aux tiers
qu’après les formalités de publicité.

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UE 1 Corrigé 53
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Inscription modificative au RCS


L’arrêt de la cour de cassation fait état d’un conflit entre le greffe du RCS et une SA concernant l’inscription modificative
au RCS de la transformation de la SA en SAS :
- le greffier refuse de procéder à cette modification (des statuts) en se basant sur une réponse ministérielle qui exige
le dépôt préalable au greffe du rapport du commissaire à la transformation ;
- la SA prétend que seul le rapport du CAC doit faire l’objet d’un dépôt préalable au greffe avant la prise de décision
de la transformation.
La cour de cassation donne raison à la SA en se référant à la loi (art. R123-105). Une réponse ministérielle n’est pas une
source de droit.

c) Incidences de la transformation sur le mandat du gérant et sur la présence du commissaire aux comptes
• La décision de transformation met fin aux pouvoirs des organes de direction. Les associés désignent les nouveaux
dirigeants : ici les administrateurs, qui eux-mêmes vont désigner le président du conseil d’administration parmi leurs
membres. Le directeur général sera nommé par le conseil d’administration. Il peut être le président du conseil
d’administration. Dans le cas, M. Gignac perd son mandat de gérant. Il n’est pas assuré de faire partie de l’équipe
dirigeante (du fait des règles de majorité et de l’entrée de nouveaux associés, voir les questions 2 et 4).
• Le contrôle est exercé, dans chaque société anonyme, par un ou plusieurs commissaires aux comptes – art. L225-
218. Sa présence est donc obligatoire dans la future SA : les associés doivent en désigner un (ou plusieurs) par un
vote à la majorité ordinaire.

d) Incidences fiscales
• En matière d’imposition des bénéfices
La SARL DIAMANT NOIR est soumise à l’IS (l’option pour le régime des sociétés de personnes est impossible, les
associés étant des personnes sans lien familial). Sa transformation en SA n’engendre aucun changement de régime
fiscal, les sociétés anonymes étant elles aussi passibles de l’IS. Cette opération juridique est donc neutre
fiscalement : elle n’emporte aucune conséquence.
• En matière de droits d’enregistrement
En l’absence de changement de régime fiscal, et de création d’une personne morale nouvelle, la transformation
d’une SARL en SA donne lieu au paiement du droit fixe des actes innommés, soit 125 .

4. L’entrée de nouveaux associés dans la société


Les nouveaux associés souhaitent souscrire au capital de la SA en payant le prix des titres correspondant à leur valeur
réelle. Il faudra procéder au coup d’accordéon :
- réduire le capital par une décision extraordinaire d’un montant de 4 500 . En effet la situation qui ressort du bilan
est de 18 000  (capital 22 500 + réserves 2 000 – résultat de l’exercice 6 500) ;
- augmenter le capital qui sera souscrit par les nouveaux actionnaires.
La réduction de capital est de 22 500 – 18 000 = 4 500  ;
18 000
La valeur réelle unitaire des parts est de = 40 . Les nouveaux actionnaires paieront les actions 40  l’une. Ils
450
devront souscrire à l’augmentation de capital nécessaire pour que le capital de la SA atteigne le minimum légal.

- le minimum légal de capital d’une SA est de 37 000 


- Après réduction, le capital actuel est de - 18 000 
- l’augmentation du capital sera de 19 000 
- le prix des titres est de 40 
- le nombre d’actions nouvelles souscrites par les nouveaux associés sera de 475 actions

Nouvelle répartition du capital : capital social de 37 000 


M. Gignac 150 actions (soit 16,22 %)
me
M Tuber 200 actions (21,62 %)
M. Diams 100 actions (10,81 %)
4 nouveaux actionnaires 475 actions (51,35 %)
TOTAL 925 actions

Les anciens associés vont perdre la majorité du capital (48,75%) au profit des nouveaux actionnaires (51,35 %).
Deux anciens associés (Tuber et Gignac) perdent leur minorité de blocage. Ils ne pourront plus faire obstacle aux
décisions extraordinaires proposées par les nouveaux dirigeants.

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UE 1 Corrigé 54
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

5. La responsabilité fiscale des dirigeants sociaux


Art. L267 du Livre des procédures fiscales :
« Lorsqu’un dirigeant d’une société, d’une personne morale […] est responsable des manœuvres frauduleuses ou de
l’inobservation grave et répétée des obligations fiscales qui ont rendu impossible le recouvrement des impositions et
pénalités dues par la société […], ce dirigeant peut […] être déclaré solidairement responsable du paiement de ces
impositions et pénalités par le président du tribunal de grande instance ».

En application de l’article L252 du LPF, seul le comptable public compétent par arrêté du ministre chargé du budget a
qualité pour exercer au nom de l’État l’action prévue par l’article L267 du LPF.
La solidarité du dirigeant ne peut être prononcée que si l’administration a été suffisamment diligente dans ses tentatives
de recouvrement de l’impôt. De plus, l’action en responsabilité solidaire contre le dirigeant doit être introduite dans un
délai satisfaisant, qui peut être plus court que le délai de prescription de l’action en recouvrement contre la dette de la
société.
Quand les impositions au nom de la société ont fait l’objet d’une réclamation assortie du sursis de paiement avec
constitution de garanties, l’action en responsabilité contre le dirigeant ne doit pas être engagée. De plus, l’octroi de
délais de paiement à la suite d’une demande présentée par le dirigeant est en principe de nature à écarter la
responsabilité de celui-ci.

Pour que le dirigeant soit poursuivi sur son patrimoine personnel à la suite de la rectification fiscale, il faut que puissent
lui être reprochées :
- soit des manœuvres frauduleuses : mise en œuvre de procédés ayant pour finalité d’éluder la déclaration ou le
paiement de l’impôt, accomplis en toute connaissance de cause et ne pouvant être considérés comme des erreurs
excusables ou des omissions involontaires (nécessité de démontrer l’élément matériel et l’élément intentionnel) ;
- soit l’inobservation grave et répétée des obligations fiscales (omission des déclarations de TVA…).

Si les conditions sont remplies, l’Administration fiscale peut engager les poursuites sur le patrimoine personnel du
dirigeant, mais seulement lorsque la décision des juges du fond est définitive : celle-ci doit comporter la condamnation
du dirigeant au paiement des sommes dues par la personne morale, elle constitue donc le titre exécutoire.

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UE 1 Corrigé 55
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got VERNES
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Relations dirigeant-associés, CA, CS, transparence


Obligations de communication des entreprises en matière environnementale

1. Présentation du cas
er
Une société anonyme avec conseil d’administration au capital de 100 000  a été constituée le 1 octobre avec 14
actionnaires (13 personnes physiques et 1 personne morale). La famille Vernes est majoritaire (68%) du fait de son
apport en nature (fonds de commerce). L’objet social de cette société est l’édition de livres d’art. Jean Vernes est
président du conseil d’administration et directeur général (PDG). Le conseil d’administration se compose du minimum
légal : trois administrateurs (tous membres de la famille Vernes).
Les nouveaux actionnaires (famille Pia) contestent la direction en place : ils souhaitent la nomination d’un expert,
engager la responsabilité du dirigeant (et le menacent de révocation), un changement d’organisation et plus de
transparence.
La famille Vernes veut déplacer le siège social, se protéger de l’arrivée d’éventuels concurrents si la famille Pia vend ses
titres et le dirigeant s’inquiète des nouvelles obligations d’information des actionnaires à l’occasion de l’assemblée
générale ordinaire annuelle.

a) Expertise de gestion ou expertise préventive (in futurum)


• Expertise de gestion
Selon l’article L225-231 al. 1 [Link], un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5% du capital social peuvent,
soit individuellement, soit en se groupant, poser par écrit au PCA des questions sur une ou plusieurs opérations de
gestion de la société. La réponse doit être communiquée au CAC. À défaut de réponse dans le mois ou à défaut de
réponse satisfaisante, ces actionnaires peuvent demander en référé la désignation d’un ou plusieurs experts chargés de
présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion.

Procédure : il faudra engager une procédure en deux étapes :


- poser par écrit les questions au PCA et attendre sa réponse qui doit intervenir dans le mois ;
- en cas de non-réponse ou de réponse insatisfaisante, demander en justice la nomination d’un expert de gestion.
La demande doit revêtir un caractère sérieux et ne pas porter sur l’ensemble de la gestion (le texte prévoit une ou
plusieurs opérations). Selon l’arrêt de la Cour de cassation du 14.2.2006 (Annexe 2), il ressort que la demande faite au
PCA doit être précise, les actes de gestion clairement identifiés pour qu’elle soit accueillie favorablement par la justice.
Le rapport établi par l’expert de gestion doit être adressé au demandeur, au conseil d’administration et au commissaire
aux comptes.
Conclusion : La société PIA remplit la condition de détention de capital (la société PIA possède plus de 5% (30%) du
capital social. Sa demande en référé doit être précédée de questions par écrit au PCA sur des actes de gestion précis.
Dans le cas, le courrier adressé au PCA vise toute la gestion. De ce fait, la demande en référé qui suivra la non-réponse
ou la réponse insatisfaisante du PCA (J. Vernes) sera rejetée car elle vise à examiner toute la gestion de l’entreprise et
non pas une ou plusieurs opérations bien identifiées.

• Expertise préventive (in futurum)


L’article 145 du Code de Procédure Civile autorise toute personne intéressée, sur requête ou en référé, s’il existe un
motif légitime, à demander que soient ordonnées des mesures d’instruction pour conserver ou établir, avant tout procès,
la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige.
Un actionnaire peut valablement former une demande d’expertise préventive même s’il dispose du droit à l’expertise de
gestion. Il suffit que son motif de demande soit légitime. La cour de cassation, dans un arrêt du 18.10.2011, vient de se
prononcer en ce sens.
La société PIA devra évoquer un motif légitime pour que sa demande éventuelle d’expertise préventive soit accordée par
le tribunal : la mise en jeu de la clause pénale est-elle un motif légitime ? Ce sera à la justice d’apprécier.

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UE 1 Corrigé 56
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

b) Révocation du président directeur général


Jean est président du CA (donc administrateur) et directeur général de la SA VERNES.
Selon l’article L225-55 al. 1, le directeur général est révocable à tout moment par le conseil d’administration.
L’article L225-47 al. 3 [Link] dispose que le président du conseil d’administration est révocable à tout moment par le
conseil d’administration ; toute clause contraire est réputée non écrite. L’article L225-37 prévoit que le conseil
d’administration délibère à la majorité des membres présents ou représentés (al 2) et la voix du président de séance est
prépondérante en cas de partage (al 4).
Conclusion : le conseil d’administration est constitué de 3 membres (la famille Vernes), donc l’actionnaire PIA ne pourra
pas révoquer le PDG à moins qu’il n’arrive à convaincre Pierre et Anne. Il n’y a pas plus d’espoir d’obtenir sa révocation
indirecte de Président du Conseil d’Administration par la révocation de son mandat d’administrateur par AGO (L225-18
al 2), car les Vernes disposent de la majorité des voix (68%) dans cette assemblée – art. L225.98 al. 3.

c) Responsabilité du dirigeant
L’article L225-251 al. 1 énonce que « les administrateurs et le directeur général sont responsables, individuellement ou
solidairement selon le cas envers la société ou envers les tiers soit :
- des infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés anonymes ;
- des violations des statuts ;
- des fautes commises dans leur gestion. »
Les fautes de gestion sont des actes contraires à l’intérêt de la société. Des fautes, même non intentionnelles
(imprudence, négligence), légères ou graves constituent des fautes de gestion.
Dans le cas, la clause pénale du contrat consentie par J. Vernes obligeant la société à verser une indemnité de 50 000 
en cas d’inexécution du contrat d’édition paraît disproportionnée par rapport aux ressources de la société (son capital est
de 100 000 ). La clause pénale est excessive et a été consentie par le directeur général, J. Vernes. Une faute de
gestion peut, à notre avis, lui être reprochée.

L’article L225-252 permet à un actionnaire seul ou en se groupant (sous réserve de détenir un vingtième du capital, soit
5%) d’engager l’action sociale en responsabilité contre le directeur général. Cette action vise à réparer le préjudice subi
par la société à laquelle des dommages intérêts peuvent être alloués.

Conclusion : La société PIA, qui est actionnaire de 30% des titres de la SA VERNES, peut engager l’action sociale en
responsabilité, individuellement (ut singuli), à l’encontre de Jean Vernes, en sa qualité de directeur général, pour faute
de gestion. Le tribunal fixera alors les dommages intérêts qu’il aura à verser en réparation du dommage occasionné à la
société par sa faute.

d) L’adoption de la SA à directoire et conseil de surveillance


Il s’agit d’une des deux modalités d’organisation de la société anonyme prévue par la loi : les statuts de la société
peuvent stipuler que celle-ci adopte l’organisation à directoire et conseil de surveillance. L’adoption ou la suppression de
cette organisation peut se faire au cours de l’existence de la société – art. L225-57.
La SA à directoire sépare bien les fonctions de direction et celle de contrôle, dévolu au conseil de surveillance, qui doit
l’exercer de façon permanente. La société PIA espère un contrôle plus strict des dirigeants, mais elle ne pourra pas
espérer un poste au conseil de surveillance dont les membres sont nommés par l’AGO : la famille Vernes étant
majoritaire, elle s’y opposera.
La question est de savoir si, en l’état actuel, le changement d’organisation est possible.
Le changement d’organisation est une modification statutaire qui relève de la compétence d’une assemblée générale
extraordinaire qui doit être convoquée par le conseil d’administration, à défaut par un mandataire, désigné en justice, à la
demande d’un ou plusieurs actionnaires réunissant au moins 5% du capital social – L225-103.
Dans le cas, la société PIA pourrait demander la désignation en justice d’un mandataire chargé de convoquer l’AGE
puisqu’elle détient 30% du capital.
L’ordre du jour d’une assemblée est arrêté par l’auteur de la convocation – L225-105 al. 1. Toutefois, un ou plusieurs
actionnaires représentant au moins 5% du capital ont la faculté de requérir l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée
L225-105 al. 2.
Dans le cas, la société PIA pourrait aussi demander l’inscription à l’ordre du jour du changement d’organisation
puisqu’elle détient 30% du capital.
Au cours de l’AGE et si l’ordre du jour porte le changement d’organisation, l’AGE doit statuer à la majorité des deux tiers
des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés – L225-96 al. 3.
Dans le cas, la famille Vernes détenant 680 voix sur 1 000, elle votera contre la résolution de changement
d’organisation : la société PIA ne pourra pas obtenir le changement espéré. Seule une action en justice basée sur un
abus de majorité (difficile à démontrer ici) pourrait lui donner satisfaction.
Conclusion : en l’état actuel de la répartition du capital, la société PIA ne peut pas obtenir le changement
d’organisation.

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UE 1 Corrigé 57
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

e) Information sur la rémunération du PDG


Dans un souci de transparence, l’article L225-102-1 impose aux sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un
marché réglementé que le rapport de gestion mentionne la rémunération totale ainsi que les avantages de toute nature
versés par la société, durant l’exercice écoulé, à chacun des mandataires sociaux (administrateur, PCA, directeur général).
Dans le cas, le sujet précise que la SA VERNES n’est pas cotée. Cette obligation ne s’applique pas. Seule l’obligation
résultant de l’article L225-115-4° s’applique : tout actionnaire a droit d’obtenir communication du montant global, certifié
exact par les commissaires aux comptes, des rémunérations versées aux personnes les mieux rémunérées, le nombre
de ces personnes étant de 10 ou de 5 selon que l’effectif du personnel excède ou non 200 salariés.

2. Convention entre la SCI Saint Germain et la SA VERNES


Selon l’article L225-36 [Link], le conseil d’administration peut décider le déplacement du siège social dans un même
département ou dans un département limitrophe, sous réserve de ratification de cette décision par la prochaine
assemblée générale ordinaire suivante. En l’espèce, l’ancien et le nouveau siège social sont situés dans le même
département, donc la décision est de la compétence du conseil d’administration.
La SCI Saint Germain veut louer à la SA VERNES le local d’exploitation. Or les associés de la SCI Saint Germain sont
les membres de la famille VERNES.
Selon l’article L225-38 al. 3 et 4, il faut l’autorisation préalable et motivée (depuis l’ordonnance du 31.07.2014) du
conseil d’administration pour toute convention intervenant entre une société (la SA VERNES) et une entreprise (la
SCI) si le directeur général, l’un des directeurs généraux délégués ou l’un des administrateurs est propriétaire, associé
indéfiniment responsable, gérant, administrateur, ou membre du conseil de surveillance ou, de façon générale,
dirigeant de cette entreprise.
Les VERNES sont associés indéfiniment responsables dans la SCI et administrateurs de la SA. Le contrat doit donc être
soumis à l’autorisation préalable du conseil d’administration de la SA VERNES (il s’agit d’une convention réglementée
pour la SA).
Cependant, l’opération de location peut être considérée comme une convention courante si elle porte sur une
opération courante conclue à des conditions normales (L225-39 [Link]) entre sociétés d’un même groupe : les
conditions de la location sont normales (le loyer est proche de celui du marché dit le sujet) et l’opération est courante (la
location immobilière est une transaction courante entre les sociétés d’un même groupe).
Les conventions courantes ne sont plus soumises à l’obligation de communication depuis la loi de simplification et
d’amélioration de la qualité du droit d’avril 2011
Conclusion : on peut dire que cette convention est libre, elle pourra être conclue sans autorisation du conseil
d’administration (l’Annexe 3 confirme cette interprétation). Cependant, la décision de déplacement du siège prise par le
conseil d’administration devra être ratifiée par l’AGO : les VERNES voteront et la décision sera adoptée.

3. La clause d’agrément
La société PIA veut céder ses actions à une société concurrente de la SA VERNES. La famille Vernes voudrait donc
apporter une modification statutaire en insérant une clause d’agrément.

En principe, la cession des actions dans une SA est libre, mais par exception une clause d’agrément peut permettre
d’écarter l’entrée dans la société de personnes dont la présence est jugée indésirable. C’est une situation fréquente
dans les SA de famille (cas d’espèce) ou dans les SA dont le capital est réparti entre différents groupes pour les
équilibrer. Par cession, on entend la vente, l’échange, la donation, l’apport isolé.

Selon l’article L228-23 [Link], dans les sociétés non cotées (cas d’espèce), la cession à un tiers ou entre
actionnaires peut être soumise à agrément de la société par une clause des statuts. Elle ne peut être stipulée que si les
titres revêtent exclusivement la forme nominative en vertu de la loi ou des statuts (cas d’espèce : les SA non cotées ne
peuvent émettre que des titres nominatifs).
Il faut préciser que l’art. L228-23 [Link] exclut la mise en jeu de la clause d’agrément en cas de succession, de
liquidation de communauté entre époux ou de cession soit à un conjoint, soit à un ascendant ou à un descendant. La
cession à un autre associé peut désormais être soumise à la clause d’agrément.

Objet de la clause d’agrément : soumettre à autorisation des associés la cession de titres d’une société.

Intérêts de la clause d’agrément :


- elle permet d’éviter la participation au capital de tiers indésirables, surtout quand la famille fondatrice (les Vernes)
veut garder le contrôle de sa société ;
- elle permet d’éviter les modifications de répartition de capital quand elle s’applique aux cessions entre
actionnaires ;
- elle maintient l’équilibre voulu à la constitution de la société.

Opérations à effectuer (voir page suivante).

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UE 1 Corrigé 58
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Schéma des opérations d’une cession d’actions nominatives nécessitant un agrément

Pourparlers de cession

Demande d’agrément formulée

Convocation de l’organe compétent pour statuer sur la demande


3 mois

3 mois
Décision de l’organe compétent constatée par un procès-verbal

Décision agréant Décision refusant


la cession d’agréer la cession (1)

Notification à Notification à
l’actionnaire cédant l’actionnaire cédant (1)
5 jours

prolongation
Établissement de
l’ordre de mouvement L’actionnaire
L’actionnaire maintient retire son offre
ou
son offre de vente (1) de vente (2)
de l’ordre de virement

Convocation et décision de

+
l’organe compétent aux fins
Inscription du nouvel du rachat des actions (3) :

mois
actionnaire en compte • soit par un actionnaire
• soit par un tiers
• soit par la société elle-
même (réduction de 3
capital) (4)

Le rachat est effectué Le rachat n’est pas effectué

L’actionnaire cédant peut


effectuer la cession ainsi
qu’il l’avait projeté

(1) En même temps que son refus d’agrément du cessionnaire proposé par le cédant, l’organe compétent peut, dans la notification
même de son refus, informer ce dernier qu’il lui propose un autre cessionnaire (ou actionnaire, ou tiers, ou la société elle-même).
Ce procédé permet de gagner du temps, mais en aucun cas il ne peut retirer au cédant la possibilité de revenir sur son intention
de céder ses actions.
(2) Le délai pour retirer l’offre doit être prévu dans les statuts.
(3) Si la procédure adoptée est conforme à la note (1) ci-dessus, cette décision sera prise en même temps que le refus d’agrément.
(4) L’actionnaire peut retirer son offre si les conditions de rachat ne lui conviennent pas.

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UE 1 Corrigé 59
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Licéité : l’insertion d’une clause d’agrément dans les statuts doit obéir à certaines conditions de fond et de forme :
- la société ne doit pas être cotée (cas d’espèce) ;
- le cessionnaire (acheteur) doit être un tiers ou un autre actionnaire (L228-23 [Link]) ;
- cette clause ne peut être stipulée que si les actions revêtent exclusivement la forme nominative (L228-23 al. 2).
Dans le cas, le groupe concurrent est un tiers ; la cession au groupe concurrent porte sur des titres nominatifs que
détient la société PIA.

Procédure à suivre : il s’agit d’une modification statutaire. La compétence revient donc à l’assemblée générale
extraordinaire qui statuera aux conditions suivantes (art. L 225-96 [Link]) :
- sur première convocation : quorum = le tiers des actions à droit de vote ;
- sur deuxième convocation : quorum = le quart des actions à droit de vote ;
- majorité : deux tiers des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés = 66,66%. La famille Vernes
détenant 68%, elle votera l’insertion de la clause d’agrément.
Les opérations liées à la cession sont présentées dans le schéma de la page précédente.

4. Rapport sur les procédures de contrôle interne, obligations d’information en matière d’environnement,
nomination au poste d’administrateur d’une personne non actionnaire
a) Établissement du rapport sur les procédures de contrôle interne
« Dans les sociétés cotées, le président du conseil d’administration rend compte, dans un rapport joint au rapport (de
gestion), des conditions de préparation et d’organisation des travaux du conseil ainsi que des procédures de contrôle
interne mises en place par la société » – art. L225-37 al. 6.
Dans le cas, la société VERNES n’étant pas cotée, ce rapport n’a pas à être établi.

b) Obligations d’information en matière environnementale


1- L’article L225-100 prévoit dans son alinéa 3 que « le rapport de gestion établi par le conseil d’administration à
destination des actionnaires doit comporter le cas échéant des indicateurs clefs de performance de nature non financière
ayant trait à l’activité spécifique de la société, notamment des informations relatives aux questions d’environnement et de
personnel ».
2- Pour les SA et SCA cotées et non cotées dont le total de bilan ou le chiffre d’affaires et le nombre de salariés
excèdent certains seuils (100 millions d’euros, 500 salariés), le CA, dans son rapport de gestion, doit donner des
informations sur la manière dont la société prend en compte les conséquences sociales et environnementales de son
activité – art. L225-102-1 al. 5 à 9 modifiés par la loi du 22.3.2012.
3- Par ailleurs, seules les sociétés exploitant au moins une installation figurant sur la liste prévue au IV de l’article L515-8
du code de l’environnement (activité polluante ou à risque – Seveso – exemple du groupe Air Liquide fournie dans
l’Annexe 4) sont tenues, dans le rapport de gestion, d’informer de la politique de prévention du risque d’accident
technologique menée par la société art. L225-102-2.

Dans le cas, l’activité d’édition de la SA VERNES ne comporte pas de risque technologique, elle n’est pas cotée : elle
e e
n’est pas tenue par la 2 obligation (sous réserve de vérifier les seuils) ni par la 3 , mais le CA devra respecter
re
l’obligation d’information de l’article L225-100 (la 1 obligation citée).

c) La nomination d’un administrateur non actionnaire – Durée du mandat


Article L225-25 al. 1 : « les statuts peuvent imposer que chaque administrateur soit propriétaire d’un nombre
d’actions de la société, qu’ils déterminent.
Si, au jour de sa nomination, un administrateur n’est pas propriétaire du nombre d’actions requis ou si, en cours de
mandat, il cesse d’en être propriétaire, il est réputé démissionnaire d’office, s’il n’a pas régularisé sa situation dans le
délai de six mois.
Les dispositions du premier alinéa ne s’appliquent pas aux actionnaires salariés nommés administrateurs en application
de l’article L225-23. »
L’article L225-18 modifié par la loi du 22.3.2012 énonce que la durée du mandat des administrateurs est déterminée par
les statuts, sans pouvoir excéder 6 ans.
Ils sont rééligibles.

Conclusion : pour répondre à J. Vernes, les administrateurs nommés à compter du 1.1.2009 n’ont plus l’obligation
d’être propriétaire d’actions, sauf si les statuts l’imposent.

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UE 1 Corrigé 60
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

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UE 1 Corrigé 61
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Grégory Lachaise SERPENTINE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Droit de l’informatique : site Internet, signature électronique, transactions

1. Demande du directeur général de transfert du nom de domaine à son profit


La société MELCHIOR SA a pour activité la vente de matériel d’accastillage et de vêtements marins pour particuliers et
professionnels.
Le directeur général entend créer un site Internet et souhaite réserver un nom de domaine : [Link]
L’attribution et la gestion des noms de domaine de premier niveau du système d’adressage (en .fr) sont centralisées par
un organisme unique dénommé « office d’enregistrement » (l’AFNIC en France) et s’effectue par l’intermédiaire de
bureaux d’enregistrement accrédités.
Le demandeur devra au préalable faire une recherche de disponibilité auprès de l’AFNIC pour éviter tout contentieux.
La demande peut être refusée lorsque le nom de domaine est :
1° Susceptible de porter atteinte à l’ordre public ou aux bonnes mœurs ou à des droits garantis par la Constitution ou
par la loi ;
2° Susceptible de porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle ou de la personnalité, sauf si le demandeur
justifie d’un intérêt légitime et agit de bonne foi ;
3° Identique ou apparenté à celui de la République française, d’une collectivité territoriale ou d’un groupement de
collectivités territoriales ou d’une institution ou service public national ou local, sauf si le demandeur justifie d’un
intérêt légitime et agit de bonne foi.
Le contentieux résultant de l’application de ce texte se fait via le système de résolution des litiges de l’Association Française
pour le Nommage Internet en Coopération (Syreli) depuis le 22 mars 2011, notamment en ce qui concerne la revendication
d’un intérêt légitime. Cette notion a été précisée par décret du 3 août 2011, essentiellement dans son acception négative,
c’est-à-dire l’absence d’intérêt légitime (par exemple déposer un nom de domaine uniquement dans le but de le revendre).
En l’espèce, le directeur général devra faire une recherche de disponibilité de [Link] et procéder à son dépôt auprès
d’un bureau habilité. Si [Link] est indisponible, il pourra toujours engager une action en vue de faire reconnaître son
intérêt légitime à l’exploiter (ancienneté de son exploitation, marque déposée…).

2. Réalisation su site internet de la société


Lorsqu’une entreprise souhaite disposer d’une plateforme commerciale sur internet, elle peut, pour la création de son
site, avoir recours par le bais d’un contrat d’entreprise à un prestataire spécialisé. Cela est souvent nécessaire lorsque
l’entreprise ne dispose pas de ressources internes pour le créer, mais aussi pour se prémunir d’éventuelles actions
judiciaires dans la mesure où l’intégration de musiques, d’images, de paroles… peuvent contrevenir au droit d’auteur.
À cet égard, le site créé par le prestataire peut aussi être couvert par les dispositions du code de la propriété
intellectuelle et plus particulièrement du droit d’auteur à condition de présenter des caractères d’originalité suffisants,
souverainement appréciés par les juges du fond. Lorsque tel est le cas, l’auteur peut céder les droits patrimoniaux (droit
d’exploitation, de diffusion), mais conserve de manière indéfectible le droit moral qui est inaliénable et imprescriptible. Ce
droit impose notamment le respect de l’œuvre (dans forme et sa présentation) ainsi que le droit de paternité (protection
de l’identité de l’auteur). De fait, toute modification de l’œuvre sans l’accord de l’auteur est nulle et pourrait justifier une
demande en indemnisation.

En l’espèce, M. Felbegor doit faire un choix. Soit créer en interne le site internet, auquel cas, si l’œuvre est collective,
elle pourra être modifiée sans difficulté aucune, soit faire appel à des compétences extérieures, mais il ne pourra pas
apporter de modification sans l’accord du prestataire.

3. La collecte d’adresses électroniques


Le directeur technique de MELCHIOR SA a mis en place un logiciel permettant de retenir les adresses mails des
personnes visitant le site pour leur envoyer les offres promotionnelles de la société.
La collecte d’adresse mail est-elle licite ?
Afin de protéger les libertés individuelles, le législateur interdit et sanctionne la collecte frauduleuse, illicite ou déloyale
de données nominatives. A ce caractère le fait d’identifier des adresses électroniques, peu importe qu’elles soient
enregistrées dans le but d’adresser à leurs titulaires des messages électroniques. La collecte est qualifiée de déloyale
lorsqu’elle est réalisée sans le consentement de son titulaire et à son insu. Cette pratique est sanctionnée pénalement
par une peine d’emprisonnement de 5 ans et 300 000 euros d’amende (art. 226-18 C.Pén.).
En l’espèce, le moyen utilisé par le directeur de la SA tombe sous le coup de la loi.

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UE 1 Corrigé 62
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Le traitement de données personnelles


Constitue une donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut
être identifiée, directement ou indirectement (art. 2 Loi 1978). La même loi fait obligation de déclarer à la CNIL la
constitution de fichiers résultant de la collecte et du traitement de données personnelles sous peine de sanctions
pénales (5 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende : en cas de non-accomplissement des formalités auprès
de la CNIL - article 226-16 du Code pénal). Cette obligation de déclaration a été simplifiée par la déclaration de la CNIL
du 21 juin 2012 (norme 48), publiée le 13 juillet de la même année. Elle autorise désormais aux entreprises assujetties à
déclaration (fichiers clients, fichiers prospects, réalisation d’enquêtes de satisfaction, gestion des réclamations…) de
satisfaire à leur obligation en déclarant simplement par internet qu’elles se conforment aux contraintes posées par la
norme 48 (destination des fichiers, durée de conservation droits des personnes…).
En l’espèce, M. Felbegor devra procéder à cette déclaration obligatoire au risque d’encourir des sanctions pénales et
administratives car les fichiers clients constituent des données personnelles.

4. Conclusion d’un contrat électronique


me
M Serpentine a navigué sur le site Internet de la société MELCHIOR, mais après avoir sélectionné les références souhaitées,
elle a par inadvertance cliqué sur le bouton « valider ». Un message immédiat de retour lui a confirmé la conclusion du contrat.
Un contrat électronique est-il formé ?
Les contrats électroniques restent assujettis au droit commun des contrats. Néanmoins, en raison de la rapidité de leur
réalisation et des possibles maladresses de l’internaute, le législateur a subordonné leur conclusion à un formalisme
protecteur (LCEN du 21 juin 2004, complétée par décret du 16 février 2005).
En premier lieu le consommateur doit être informé :
- sur le vendeur : les noms, adresse, numéro de téléphone et adresse email, RCS ou répertoire des métiers, capital
social et l’adresse de son siège social pour l’essentiel du vendeur doivent figurer sur le site ;
- sur le prix, notamment les taxes et frais de livraison ;
- sur les conditions générales de vente, particulièrement les formalités à suivre pour la conclusion du contrat
électronique, les moyens techniques mis en place pour identifier les erreurs dans la saisie des données avant que
la commande soit envoyée, les langues du contrat et ses modes d’archivage ;
- des moyens de consultation par voie électronique des règles professionnelles et commerciales auxquelles le
vendeur entend éventuellement se soumettre.
En second lieu, la loi impose une procédure spécifique de nature à éviter les erreurs de saisies ou celles commises par
inadvertance.
• Le client sélectionne les produits ou services désirés.
er
• Il passe commande par voie numérique en validant son choix (1 clic).
• Le vendeur accuse réception de la commande.
• Le consommateur doit alors disposer de la faculté de modifier sa commande.
• Le client valide une nouvelle fois (double clic).
• Le vendeur accuse réception.

Le contrat est alors définitivement conclu. Le consommateur dispose cependant d’un délai de rétractation de 7 jours dont
l’usage n’a pas à être motivé. Le délai court à compter de la réception s’il s’agit de la vente de biens, et à compter de
l’acceptation de l’offre pour les prestations de services ([Link]. art. L121-20).

En l’espèce, la procédure du « double clic », qui formalise la réitération du consentement, ne semble pas avoir été
me
respectée, puisque M Serpentine a reçu un message de conclusion du contrat dès la première validation. Le contrat
n’est donc pas formé.

5. Valeur juridique de la signature électronique


Un litige oppose la société MELCHIOR à l’un de ses fournisseurs sur le prix d’une commande pour un montant de
15 000 euros. Les échanges entre les sociétés relatifs à la transaction ont été réalisés par courriers électroniques signés
par les sociétés, au moyen de leurs adresses mail respectives.
Quelle est la valeur juridique de la signature électronique ? La solution est-elle identique vis-à-vis d’un particulier ?
Précisions en premier lieu que l’apposition de son nom au bas d’un courriel ne constitue aucunement une signature
électronique ni même la signature réalisée au moyen d’un stylo interactif. La signature électronique se définit comme
« l’usage d’un procédé fiable d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache ».
Elle a pour fonction d’identifier le signataire et de manifester l’accord de celui-ci à l’acte auquel elle est apposée (art.
1316-4 al. 1). Lorsqu’elle est réalisée électroniquement, des doutes peuvent naître quant à l’identité de son auteur ou
encore quant à l’intégrité du document.
C’est la raison pour laquelle, si le code civil l’autorise (art. 1316-4) et l’assimile à la signature papier, il en soumet la
valeur probante à l’observation « d’un procédé fiable » qui se traduit par les conditions suivantes :
- l’authentification : la signature doit permettre d’authentifier son auteur ;
- le procédé utilisé doit garantir l’intégrité du document : il ne doit pas pouvoir être modifié au cours de sa transaction ;
- Il doit assurer la confidentialité des données : seules la ou les personnes concernées doivent pouvoir accéder au
document ;

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UE 1 Corrigé 63
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- la non-répudiation : elle suppose que les parties ne puissent nier la transaction effectuée et que le signataire puisse
seul produire la signature.
Pour répondre à ces exigences, la réglementation française, s’appuyant largement sur les textes communautaires,
propose un dispositif sécurisé de création de signature dont la vérification repose sur l’utilisation d’un certificat
électronique qualifié, délivré par un tiers.
Le système nécessite la délivrance d’une clé privée et d’une clé publique. Seule la première permet de signer et crypter le
message de l’émetteur, la clé publique autorise le destinataire à l’ouvrir. L’ensemble du procédé est garanti par le certificateur.
Si les exigences de la loi sont remplies, la signature est présumée fiable et renverse la charge de la preuve. En effet,
celui à qui on l’oppose doit démontrer l’absence de fiabilité du procédé.
À défaut, la signature électronique est dite simple (il convient alors d’apporter la preuve de sa fiabilité) et ne vaut que
commencement de preuve par écrit en matière civile.
Pour faire valoir le procédé en justice et les conséquences juridiques qui y sont attachées, il convient de distinguer, selon
le régime général de la preuve, la matière commerciale ou civile.
En matière commerciale, la preuve est libre, le juge appréciera alors la force probante de chaque pièce fournie.
En matière civile, il convient de distinguer les actes des faits juridiques. Pour les premiers, le législateur exige un écrit,
sauf exceptions (montant, impossibilité matérielle ou morale de se procurer un écrit...) ; pour les seconds, on retrouve le
principe de la liberté de preuve.

En l’espèce, le litige oppose deux sociétés commerciales, la SA MELCHIOR et la SNC MAT. La liberté gouvernant la
preuve laissera au juge le soin d’apprécier la force probante des documents produits, mais il ne fait aucun doute que
l’utilisation d’un procédé fiable de signature électronique emportera sa conviction.
Vis-à-vis d’un non-commerçant, la preuve d’un acte juridique ne pourra être faite que par la production d’un écrit. Les
échanges réalisés par le biais de leurs adresses électroniques avec apposition du nom de la société et du particulier ou
encore l’usage d’un stylo interactif ne valent pas signature électronique et les documents produits auront valeur de
commencement de preuve par écrit.
Si les documents sont signés électroniquement sans répondre aux conditions réglementaires, celui qui produit le
document devra apporter la preuve de sa fiabilité. Le logiciel associant la signature de la société au mail qu’elle envoie
entre dans cette catégorie.
Enfin, si les documents ont été signés électroniquement au moyen d’un procédé fiable, ils auront la même valeur qu’un
écrit papier.

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UE 1 Corrigé 64
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UE 1 Corrigé 65
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Agnès Lieutier MOD’BB
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Les règles d’imposition des affaires internationales :


règles de territorialité, détermination et imposition du résultat,
TVA et échanges internationaux ou intracommunautaires

PREMIER DOSSIER

1. Participation à un Salon International : Régime IS


C’est l’article 209-I du code général des impôts qui fixe le principe de territorialité de l’IS :
« les bénéfices passibles de l’IS sont déterminés... en tenant compte uniquement des bénéfices réalisés dans les
entreprises exploitées en France ainsi que de ceux dont l’imposition est attribuée à la France par une convention
internationale relative aux doubles impositions. »

L’Administration fiscale estime que les entreprises qui, n’ayant aucune implantation à l’étranger, participent hors de
France aux foires et expositions de courte durée en agissant en simple qualité d’exposant, restent imposables à l’IS en
France sur la totalité de leurs bénéfices, y compris ceux résultant de la vente de leurs modèles à l’occasion de ces
foires.

MOD’BB resterait donc imposable à l’IS en France à raison de sa participation au Salon International de Lisbonne.

2. Participation à un Salon International : Régime TVA


Les transferts par un assujetti en France de biens de son entreprise à destination d’un autre État de l’Union Européenne
pour les besoins de son entreprise (mouvements de stocks par exemple) sont assimilés (cf. article 256 III du CGI) à une
livraison de biens intracommunautaire (d’où exonération de TVA si l’assujetti dispose d’un numéro d’identification TVA
dans l’autre État).
Mais par exception (cf. doc. Administrative), ne constituent pas de tels transferts les transports de biens à partir de
France à destination d’un autre État membre, notamment lorsque ces biens sont destinés à être utilisés temporairement
dans l’autre État, ce qui est le cas des foires et expositions.
En conséquence, le transport par MOD’BB des produits d’exposition à destination du Portugal serait exonéré de TVA.

La question qui se pose ensuite est celle de savoir comment seront taxées les ventes de produits réalisées à partir du
Salon. Dans ce cas, on revient au régime de l’article 256 III du CGI : le transfert est assimilé à une livraison
intracommunautaire. MOD’BB ne disposant pas de n° d’identification TVA au Portugal, le transfert sera taxable à la TVA
française.

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UE 1 Corrigé 66
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Opérations réalisées au Portugal, en Suisse et à Monaco : régime IS


a) Création d’une usine et ouverture d’un magasin au Portugal
Puisque selon l’article 209-I du CGI, les bénéfices passibles de l’IS sont déterminés en tenant compte uniquement des
bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France, dès lors qu’une société française exploite un établissement
hors de France, cette société n’est pas imposable à l’IS en France à raison des bénéfices provenant des opérations de
cet établissement étranger.
Sont considérés comme des établissements, par exemple, une usine ou un magasin.
En conséquence, les bénéfices réalisés par l’usine portugaise et le magasin portugais ne seront pas imposables à l’IS en
France.

b) Ouverture d’un magasin à Genève


Au regard des principes exposés en a) ci-dessus, un magasin constitue un établissement. Dès lors que ce magasin
exploité par la société française est situé hors de France, les bénéfices qu’il génère ne sont pas imposables à l’IS en
France (et ses éventuelles pertes non déductibles en France). Peu importe à cet égard la provenance des produits
vendus (c’est-à-dire que ces produits soient fabriqués en France ou à l’étranger).

c) Ouverture d’un magasin à Monaco


Pour l’application des règles de territorialité de l’IS, la France s’entend :
- du territoire métropolitain
- de la Corse
- et des Départements d’Outre-Mer (La Réunion, Martinique, Guyane).
La Principauté de Monaco ne fait donc pas partie de la France en matière d’IS (alors qu’elle en fait partie pour
l’application de la TVA – cf. ci-après).
En conséquence, et selon les mêmes principes que ceux exposés en a) et b) ci-dessus, les bénéfices générés par le
magasin ouvert à Monte-Carlo ne seront pas imposables en France en vertu de l’article 209-I du CGI.

Pour la détermination du bénéfice imposable de MOD’BB passible de l’IS, il conviendra donc d’exclure la fraction de
bénéfice représentative de l’activité monégasque.
Cette fraction de bénéfice sera ici égale à la différence entre les produits du magasin de Monte-Carlo (ventes du
magasin) et les charges propres à cet établissement.
Ces charges pourront être difficiles à déterminer avec précision dans la mesure où le magasin monégasque
s’approvisionnera auprès de l’usine française. En effet, il n’y aura pas à proprement parler de « cession » de
marchandises par l’usine française au magasin monégasque puisqu’il n’y aura pas deux entités juridiquement distinctes ;
donc on ne disposera pas de prix d’achat des produits vendus par le magasin monégasque. Dans ce cas, il faudra
procéder à une estimation en raisonnant comme s’il y avait eu un achat par l’établissement de Monaco auprès de
l’établissement français et reconstituer un prix d’achat « équitable ».
La même démarche doit être effectuée à chaque fois que l’établissement étranger ne peut isoler ses propres frais de
ceux de l’entité française.

4. Opérations réalisées au Portugal, en Suisse et à Monaco : régime TVA


Expéditions de l’usine française pour approvisionner le magasin de Lisbonne
Application des principes fixés par l’article 256 III du CGI (cf. ci-avant) : ces expéditions seront assimilées à des
livraisons intracommunautaires. MOD’BB disposant d’un n° d’identification à la TVA au Portugal, ces expéditions seront
exonérées de TVA. Elles devront figurer sur les déclarations mensuelles de TVA (CA3) déposées par MOD’BB, sur la
ligne « livraisons intracommunautaires », et seront soumises aux formalités de déclarations d’échanges de biens (DEB)
à souscrire par MOD’BB (le niveau de détail dépendant du montant de ses acquisitions et livraisons
intracommunautaires).
Symétriquement, ces livraisons s’analyseront au niveau de l’établissement portugais comme une acquisition
intracommunautaire.

Expéditions de l’usine française pour approvisionner le magasin de Genève


Il s’agit d’une exportation, c’est-à-dire d’une livraison hors Union Européenne (les exportations sans transfert de
propriété suivent le même régime) : exonération de TVA, à condition que la réalité de l’exportation soit justifiée, par
l’inscription dans un livre spécial et la production de la déclaration d’exportation visée par l’autorité douanière
compétente (exemplaire n°3 du DAU –document administratif unique– visé par le bureau des douanes).

Expéditions de l’usine française pour approvisionner le magasin de Monte-Carlo


En matière de territorialité de la TVA, le terme « France » englobe la principauté de Monaco ; les expéditions vers le magasin
de Monte-Carlo ne constituent donc pas une sortie du territoire pour les biens en cause, mais un simple déplacement de ces
biens ; aucune TVA n’est due à cette occasion. Les règles habituelles de la TVA s’appliqueront aux ventes réalisées par le
magasin de Monte-Carlo : taxation si ventes vers la principauté de Monaco ou la France, exonération si ventes vers des
territoires de l’UE (régime des livraisons intracommunautaires) ou hors UE (régime des exportations).

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UE 1 Corrigé 67
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DEUXIÈME DOSSIER

En matière d’IS, ce deuxième dossier permet d’étudier la territorialité du point de vue des entreprises étrangères
exerçant en France une activité. C’est toujours la notion « d’entreprise exploitée en France » de l’article 209-I du CGI qui
prévaut : cette notion est explicitée par les exemples suivants.

1. Achat / revente de produits en France


Analyse IS : Cycle commercial complet en France
Sans tenir compte des conventions internationales, sont imposables en France les entreprises étrangères lorsqu’elles
réalisent en France un « cycle commercial complet », alors même que ces entreprises étrangères n’ont en France ni
établissement ni représentant.
Une opération d’achat de marchandises suivi de leur revente est l’exemple type du cycle commercial complet. En
conséquence, EURO-INVEST serait imposable en France à l’IS sur les bénéfices relatifs à cette opération
d’achat / revente d’un lot de téléphones.

Analyse TVA
* Achat du lot de téléphones en France par une société étrangère :
Bien qu’il s’agisse d’une vente par un fabricant français de biens à une société d’un État membre de l’UE, il ne s’agit
pas d’une livraison intracommunautaire, justement parce qu’il n’y a pas livraison à l’extérieur du territoire français.
L’opération est soumise normalement à la TVA qui sera facturée par le fabricant français à EURO-INVEST.
* Revente du lot de téléphones par EURO-INVEST à une centrale d’achat française :
L’opération consiste en une livraison de biens en France : elle est donc taxable à la TVA française. EURO-INVEST
étant une société située dans un État de l’UE, ne disposant pas en France d’un établissement (cf. énoncé), elle doit
s’identifier à la TVA en France, déclarer les opérations imposables réalisées et régler la TVA due directement au
Trésor Public ; toutefois, elle peut désigner un mandataire chargé d’effectuer ces formalités (mais ce mandataire agit
sous la responsabilité de EURO-INVEST).
NB : si la société EURO-INVEST avait été située en dehors de l’UE, elle aurait dû faire accréditer par l’Administration fiscale
française un représentant fiscal (assujetti et établi en France) qui se serait engagé à remplir les formalités incombant à
EURO-INVEST et à acquitter la TVA éventuellement due. À la différence du mandataire (cf. ci-avant), le représentant fiscal
est responsable des formalités qu’il effectue, alors que le mandataire agit sous la responsabilité de son mandant.

2. Représentant en France
Analyse IS : Représentant dépendant
Lorsqu’une entreprise étrangère réalise des opérations en France par l’intermédiaire d’un « représentant dépendant »,
elle est réputée exercer directement ces opérations et est imposable à l’IS en France, alors même qu’elle n’a en France
aucun établissement.
Ici, le représentant est bien dépendant de EURO-INVEST et permet à celle-ci de réaliser en France des opérations.
EURO-INVEST serait donc imposable en France à l’IS sur les bénéfices relatifs à ces opérations.

Analyse TVA
Application des règles habituelles de territorialité : si vente de biens depuis les Pays-Bas vers la France, acquisition
intracommunautaire pour le client français, et donc imposition à la TVA (et déduction de cette TVA dans les conditions
de droit commun).

3. Ouverture d’une usine en France


Analyse IS : Établissement en France
Une usine constitue un « établissement », dont les opérations sont imposables à l’IS, et ce quelle que soit la destination
finale des produits fabriqués par cette usine (en effet, on peut comparer cette situation à celle d’une usine appartenant à
une entreprise française qui exporte la totalité des produits qu’elle fabrique).
EURO-INVEST serait donc imposable en France à l’IS sur les bénéfices réalisés par son usine française. Pour
déterminer ces bénéfices, il conviendrait de reconstituer un « prix de cession » des produits fabriqués en France. En
effet, il ne pourrait être tenu compte du prix de vente des produits sur le marché néerlandais puisque seule la partie
fabrication se situerait en France (et non les parties commerciale, administrative, ...) : on pourrait retenir, par exemple,
un prix égal au prix de revient incluant tous les coûts français, majoré d’une marge forfaitaire.

Analyse TVA
L’ouverture d’une usine en France nécessiterait bien sûr l’identification de EURO-INVEST à la TVA française. Les
opérations réalisées par cette usine relèveraient des règles habituelles de la TVA.
Les ventes à destination de clients néerlandais, des produits fabriqués en France, s’analyseraient ainsi comme des
livraisons intracommunautaires exonérées de TVA (à condition que l’expédition aux Pays-Bas soit prouvée et que les
clients aient un n° d’identification à la TVA aux Pays-Bas).

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UE 1 Corrigé 68
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4. Contrat avec un courtier indépendant


Analyse IS : Représentant indépendant en France
Lorsqu’une entreprise étrangère utilise les services d’un « représentant ayant une personnalité professionnelle
indépendante », elle ne peut être considérée comme exerçant elle-même l’activité en France. Deux entreprises doivent
alors être distinguées :
- l’entreprise étrangère qui utilise les services du représentant (ici EURO-INVEST) : elle n’est pas imposable en
France au titre des opérations qu’elle réalise par l’intermédiaire du représentant sur une clientèle française ; ces
opérations restent réalisées à partir de la Hollande ;
- le représentant indépendant (ici le courtier) : c’est lui qui est imposable en France sur les bénéfices qu’il réalise au
titre de son activité professionnelle (ici ses commissions diminuées de ses frais et charges).

Analyse TVA
Le représentant français étant indépendant, EURO-INVEST n’a pas d’établissement en France. Il faut distinguer :
- les ventes réalisées par EURO-INVEST depuis les Pays-Bas à destination de la France : il s’agit pour les clients
français d’acquisitions intracommunautaires : imposition à la TVA (et déduction de cette TVA dans les conditions de
droit commun) ;
- la prestation de service (intermédiation) rendue par le courtier indépendant (domicilié en France) à EURO-INVEST
(domiciliée en UE) : il s’agit d’une prestation d’un intermédiaire transparent.
Rappelons que les règles de territorialité des services en matière de TVA ont été modifiées depuis 2010 (il s’agit de
la transposition en droit interne français d’une directive européenne de 2008).
Elles distinguent :
 les prestations de services « B to B » (Business to Business c’est-à-dire de professionnel à professionnel) :
prestations rendues par un prestataire situé en France à un preneur assujetti non situé en France (un assujetti
agissant en tant que tel, ce qui est présumé lorsque ce preneur fournit son numéro d’identification TVA d’un
autre État de l’UE) : ces services sont taxables à la TVA au lieu d’établissement du preneur (avec quelques
exceptions)
 les prestataires de services « B to C » (Business to Consumer, c’est-à-dire de professionnel à
consommateur) : prestations rendues par un prestataire situé en France à un preneur non assujetti non situé
en France : ces services sont taxables en France dès lors que le prestataire y est situé (avec quelques
exceptions).
Au cas présent, il s’agit d’un service B to B : le prestataire (courtier) est un assujetti en France, le preneur
(EURO-INVEST) est un assujetti situé aux Pays-Bas ayant fourni son numéro de TVA hollandais.
Elle est taxable dans le pays du preneur, soit au Pays-Bas : d’où non imposition à la TVA française.
NB : le courtier devra souscrire la DES (Déclaration Européenne de Services) au titre de cette prestation.

5. Création d’une filiale à 99%


Analyse IS : filiale en France
La société anonyme filiale serait imposée en France à l’IS, dans les conditions de droit commun (cf. article 206 du CGI).
Le fait que les objets fabriqués par la filiale soient cédés à EURO-INVEST pour un prix inférieur au prix du marché
pourrait être critiqué par l’Administration fiscale sur le fondement de l’article 57 du CGI. En effet, les dispositions de cet
article permettent au fisc français de sanctionner les transferts indirects de bénéfices à l’étranger, à condition de montrer
que :
- il existe des liens de dépendance entre l’entreprise française et l’entreprise étrangère : ici, la SA étant filiale de
EURO-INVEST, ces liens sont établis ;
- il existe un transfert de bénéfice au profit de l’entreprise étrangère : ici, les objets étant vendus moins chers que
leur prix de marché, une partie du bénéfice de la SA serait bien transféré à EURO-INVEST.
Remarque : l’article 57 du CGI trouve donc à s’appliquer en cas de vente à prix minoré (comme ici), mais aussi en cas
d’achat à prix majoré, de versement de redevances excessives, de commissions anormales…
L’Administration fiscale pourrait donc rectifier le résultat fiscal de la filiale, en tenant compte des prix de marché pour
déterminer son chiffre d’affaires.
Pour contester cette rectification, la SA française devrait apporter la preuve contraire, c’est-à-dire démontrer que les prix
pratiqués répondent à des nécessités commerciales réelles, et non au souci de transférer des bénéfices au préjudice du
Trésor français.

Par ailleurs, à noter que les sociétés françaises réalisant un chiffre d’affaires HT supérieur à 400 millions d’euros doivent
élaborer une documentation relative aux prix de transfert (art. L13AA du Livre des Procédures Fiscales) : elle doit
permettre de justifier la politique de prix de transfert dans le groupe, et est tenue à la disposition de l’Administration
fiscale.

Analyse TVA
La SA serait bien sûr identifiée à la TVA française, et le régime applicable serait identique à celui de l’opération 3) ci-
avant.

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UE 1 Corrigé 69
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Agnès Lieutier MONDIAL’DÉCO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Les règles d’imposition des affaires internationales :


règles de territorialité, principes de traitement de la double imposition,
détermination et imposition du résultat

OPÉRATION N°1 :
ÉTABLISSEMENT STABLE AU BRÉSIL D’UNE SOCIÉTÉ FRANÇAISE

1. Imposition au regard des droits internes brésilien et français


Les bénéfices du bureau brésilien ouvert par la société française seraient imposés à l’impôt sur les bénéfices brésilien,
puisque l’énoncé précise que cet impôt sur les bénéfices est dû par toute entreprise exploitée au Brésil.

Le bureau brésilien ouvert par la société MONDIAL’DÉCO ne constituant pas une entreprise exploitée hors de France,
l’application de l’article 209-I du droit fiscal français (cf Cas MOD’BB) conduirait à l’imposition en France des bénéfices
qu’il générerait, au même titre que les bénéfices de la société MONDIAL’DÉCO.
Ces bénéfices seraient donc imposables à l’IS dans les conditions de droit commun.

2. Imposition au regard du droit international


L’article 7 de la convention fiscale franco-brésilienne prévoit que les bénéfices d’une entreprise française ne sont
imposables qu’en France, sauf si elle exerce son activité au Brésil par l’intermédiaire d’un établissement stable situé au
Brésil. Si tel est le cas, les bénéfices imputables à l’établissement stable sont imposables au Brésil.
Or, l’article 5 de la convention indique qu’un bureau est un établissement stable.
Enfin, l’article 22-2.a) prévoit que les revenus d’un résident de France (la société MONDIAL’DÉCO), autres que les
dividendes, intérêts, redevances, gains en capital, professions indépendantes, tantièmes, et artistes et sportifs, sont
exonérés de l’impôt français (ici l’IS), lorsque ces revenus sont imposables au Brésil en vertu de la convention.
Selon l’article 7, les revenus du bureau brésilien sont bien imposables au Brésil puisqu’il s’agit d’un établissement stable.
Donc ils seront exonérés de l’IS français en vertu de l’article 22-2.a).
La convention franco-brésilienne retient pour le cas de l’établissement stable la méthode de l’exonération, puisque les
revenus du bureau sont exonérés de l’IS français et soumis à l’impôt sur les bénéfices brésilien.

OPÉRATION N°2 : DIVIDENDES VERSÉS PAR UNE SOCIÉTÉ FRANÇAISE À UN


ACTIONNAIRE BRÉSILIEN

1. Imposition en France
Droit fiscal français :
Selon l’article 119 bis.2 du CGI, les dividendes distribués à des personnes qui n’ont pas leur domicile fiscal en France
donnent lieu à l’application d’une retenue à la source dont le taux est de 30% du montant brut des dividendes.

Dispositions de la convention franco-brésilienne :


Selon l’article 10 de la convention, les dividendes payés par une société domiciliée en France (MONDIAL’DÉCO) à un
résident du Brésil (CARNAVAL) sont imposables au Brésil ; toutefois ces dividendes peuvent être aussi imposés en
France, mais l’impôt ainsi établi ne peut excéder 15% du montant brut des dividendes.
La convention limite donc le taux de la retenue à la source que la France peut pratiquer.

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UE 1 Corrigé 70
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Chiffrage de l’impôt français :


Dividende brut revenant à CARNAVAL = 100 000 x 60% = 60 000 
Retenue à la source prélevée par la France = 60 000 x 15% = 9 000  à régler au Trésor Public français

Montant net du dividende versé par MONDIAL’DÉCO à CARNAVAL :


Dividende net versé à CARNAVAL = 60 000 - 9 000 = 51 000 

2. Imposition au Brésil
L’article 22-1 de la convention prévoit que l’impôt français payé (la retenue à la source de 15%) ouvre droit à un crédit
sur l’impôt brésilien dû au titre du revenu (ici le dividende). Ainsi, la retenue à la source s’imputera sur l’impôt sur les
bénéfices brésilien.
La convention franco-brésilienne retient pour le cas des dividendes la méthode de l’imputation.

Chiffrage de l’impôt brésilien :


Dividende brut revenant à CARNAVAL = 60 000 
Impôt sur les bénéfices brésilien = 60 000 x 30% = 18 000 
Imputation de la retenue à la source française - 9 000 
Impôt sur les bénéfices brésilien net 9 000 

OPÉRATION N°3 : REDEVANCES VERSÉES PAR UNE SOCIÉTÉ BRÉSILIENNE À


UNE SOCIÉTÉ FRANÇAISE

1. Imposition au Brésil
Selon l’énoncé, les redevances versées à des personnes qui n’ont pas leur domicile fiscal au Brésil donnent lieu à
l’application d’une retenue à la source dont le taux est de 35% du montant brut.

Dispositions de la convention franco-brésilienne :


Selon l’article 12 de la convention, les redevances provenant du Brésil payées à un résident de France
(MONDIAL’DÉCO) sont imposables en France ; toutefois elles peuvent aussi être imposables au Brésil, mais l’impôt
ainsi établi ne peut excéder 25% du montant brut des redevances, s’agissant de l’usage de marque.
La convention limite donc le taux de la retenue à la source que le Brésil peut pratiquer.
Retenue à la source prélevée par le Brésil = 30 000 x 25% = 7 500  à régler au Trésor Public brésilien
Redevances nettes versées par CARNAVAL à MONDIAL’DÉCO = 30 000 – 7 500 = 22 500 

2. Imposition en France
Selon le droit fiscal français, les redevances de concession de marques sont comprises dans le bénéfice imposable au
taux normal de l’IS de MONDIAL’DÉCO (elles ne bénéficient pas de l’imposition au taux réduit des plus-values à long
terme qui ne s’applique qu’aux concessions de brevets et éléments assimilés).
L’article 22-2.c) de la convention franco-brésilienne prévoit que la France peut imposer les redevances mais accorde au
résident de France (MONDIAL’DÉCO) qui reçoit ces redevances provenant du Brésil un crédit d’impôt correspondant au
montant de l’impôt perçu au Brésil, qui est imputable sur l’IS.
La convention franco-brésilienne retient pour le cas des redevances la méthode de l’imputation.

Redevances brutes revenant à MONDIAL’DÉCO = 30 000 


IS français = 30 000 x 33,1/3% = 10 000 
Imputation de la retenue à la source brésilienne - 7 500 
IS net 2 500 

Taux d’imposition globale des redevances = (7 500 + 2 500) / 30 000 = 10 000 / 30 000 = 33,1/3%
Une redevance payée entre sociétés françaises aurait subi le même taux d’imposition :
IS à 33,1/3%.
La convention fiscale internationale a donc pour effet de partager l’imposition de 33,1/3% entre le Brésil (25%) et la
France (2 500 / 30 000 = 8,1/3%).

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
FABRE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Le régime juridique et fiscal des augmentations et réductions de capital

DOSSIER 1 : FABRE

1. Le coup d’accordéon : réduction suivie d’une augmentation de capital


Une société qui réalise des pertes peut réduire son capital afin d’assainir sa situation financière. Le capital social est
ainsi aligné sur l’actif net réel. Quand une société rencontre des difficultés financières, la réduction du capital précède
une augmentation de capital réservée aux apporteurs de capitaux : c’est le « coup d’accordéon ».

Application
La société Fabre est en difficulté, elle subit des pertes depuis 2 exercices, elle a besoin de capitaux frais, elle veut donc
augmenter son capital. L’investisseur (le fournisseur) veut bien souscrire, mais le prix des actions doit correspondre à
leur valeur réelle. Pour cela, il faudra préalablement que la société Fabre procède à une réduction de capital motivée par
des pertes.

2. Consultation des actionnaires


Réduire et augmenter le capital sont des modifications statutaires de la compétence de l’assemblée générale
extraordinaire par principe. L’AGE statue à la majorité des deux tiers des voix dont disposent les actionnaires présents
ou représentés – art. L225-96 al. 3 [Link].

Pour la réduction de capital, l’AGE peut déléguer au conseil d’administration ou au directoire, selon le cas, tous
pouvoirs pour la réaliser – art. L225-204 al. 1 [Link].
Un rapport du commissaire aux comptes doit être communiqué aux actionnaires, qui fait connaître son appréciation sur
les causes et les conditions de la réduction – art. L225-204 al. 2 [Link].

Pour l’augmentation de capital, l’AGE peut :


- déléguer au CA ou au directoire sa compétence pour décider de l’augmentation de capital. Elle fixe la durée, qui
ne peut excéder 26 mois, durant laquelle cette délégation peut être utilisée et le plafond global de cette
augmentation – art. L225-129 et L225-129-2 [Link]. ;
- déléguer au CA ou au directoire le pouvoir de fixer les modalités de l’émission des titres – art. L225-129-1 [Link].
Par ailleurs, selon l’article L225-135 : « l’assemblée qui décide ou autorise une augmentation de capital peut supprimer
le droit préférentiel de souscription pour la totalité de l’augmentation de capital ou pour une ou plusieurs tranches de
cette augmentation. Elle statue sur le rapport du CA ou du directoire ». Le commissaire aux comptes a l’obligation
d’établir un rapport soumis à l’AGE quand elle fixe toutes les modalités de l’augmentation ou qu’elle délègue au CA le
pouvoir de réaliser l’augmentation.

Application
La réduction de capital doit être votée par l’AGE qui peut déléguer au CA ou au directoire les pouvoirs pour la réaliser.
Pour l’augmentation de capital, l’AGE peut décider d’augmenter le capital ou déléguer au CA ou au directoire la décision
d’augmenter le capital.
L’AGE devra voter la suppression du droit préférentiel de souscription pour la totalité de l’augmentation de capital au
profit du fournisseur.

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UE 1 Corrigé 72
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Droit d’opposition des créanciers


Le capital est le gage des créanciers, le réduire leur porte préjudice, l’augmenter les rassure. Le législateur leur donne
un droit d’opposition : « Lorsque l’assemblée approuve un projet de réduction du capital non motivée par des pertes […]
les créanciers dont la créance est antérieure à la date du dépôt au greffe du procès-verbal de délibération peuvent
former opposition à la réduction, dans le délai fixé par décret » (20 jours) – art. L225-205 al. 1 et R225-132 [Link].

Application
La réduction étant motivée par des pertes de la SA FABRE, les créanciers ne peuvent pas former opposition à la
réduction du capital.

4. Droits d’enregistrement
Lorsqu’elle est motivée par l’existence de pertes subies par la société, la réduction de capital est enregistrée au droit fixe
des actes innomés, soit 125 .
L’augmentation de capital en numéraire est passible du droit fixe :
• de 375  pour les sociétés ayant un capital après augmentation inférieur à 225 000  ;
• de 500  pour les sociétés ayant un capital après augmentation d’au moins 225 000 .

Lorsqu’un acte contient plusieurs dispositions (cf. art. 670, 671, 672 du CGI) :
• si ces dispositions sont dépendantes : il est dû un seul droit (le plus élevé) pour l’ensemble ;
• si ces dispositions sont indépendantes ou ne dérivent pas nécessairement les unes des autres :
- si toutes les dispositions sont soumises à des droits proportionnels ou progressifs : un droit distinct est dû pour
chacune d’elles, selon sa nature,
- si toutes les dispositions sont soumises à des droits fixes, seul le droit le plus élevé est perçu,
- si les dispositions donnent lieu à la fois à des droits proportionnels ou progressifs et des droits fixes, ces derniers
ne sont pas perçus (sauf si les droits proportionnels ou progressifs sont inférieurs au droit fixe le plus élevé dû sur
une disposition : dans ce cas, c’est ce droit fixe le plus élevé qui est dû).

Au cas présent, l’assemblée décide de la réduction de capital puis de l’augmentation de capital : les deux dispositions
sont dépendantes. Chaque disposition est soumise à un droit fixe : donc seul le droit fixe le plus élevé est dû. Ici, il
s’agira de 375  si le capital après opération est inférieur à 225 000 , ou de 500  dans le cas contraire.

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UE 1 Corrigé 73
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DOSSIER 2

1. Le droit préférentiel de souscription à titre irréductible et réductible


a) Le droit préférentiel de souscription à titre irréductible
Il ressort de l’article L225-132 du Code de commerce que les actions comportent un droit préférentiel de souscription
(DPS) aux augmentations de capital. Les actionnaires ont, proportionnellement au montant de leurs actions, un droit de
préférence à la souscription des actions de numéraire émises pour réaliser une augmentation de capital. Ce droit est
négociable. Les actionnaires peuvent renoncer à titre individuel à leur droit préférentiel
Par ailleurs, il peut être utile de supprimer le DPS pour permettre la venue d’investisseurs extérieurs : dans ce cas, la loi a
prévu que l’AGE qui décide l’augmentation de capital peut voter la suppression du DPS sur rapport du CA (ou CS) – art.
L225-135 al. 1 [Link].
À l’occasion d’une augmentation de capital, chaque actionnaire d’une société non cotée a un droit préférentiel de
souscription « irréductible » (c’est-à-dire qu’on ne peut pas le réduire) proportionnel aux titres qu’il détient. C’est un droit
fondamental de l’actionnaire, mais il peut y renoncer à titre individuel.

Application
L’actionnaire A détenant 20% du capital a le droit de souscrire 20% de l’augmentation de capital, ce qui lui permet de
conserver son niveau de capital dans la société.
A peut souscrire : (200 / 1 000 x 1 000) = 200 actions à titre irréductible.

b) Le droit préférentiel de souscription à titre réductible


Après avoir servi les actionnaires qui souhaitent participer à l’augmentation de capital à titre irréductible, s’il reste des
titres à souscrire et « si l’AGE (ou le CA ou le directoire sur délégation) le décide expressément, les titres de capital non
souscrits à titre irréductible sont attribués aux actionnaires qui auront souscrits un nombre de titres supérieur à celui
auxquels ils pouvaient souscrire à titre préférentiel, proportionnellement aux droits de souscription dont ils disposent et
dans la limite de leurs demandes » – art. L225-133 [Link].
Les actionnaires intéressés peuvent souscrire davantage, à « titre réductible », pour maintenir l’égalité de traitement
entre actionnaires.

Application
Les actionnaires minoritaires E, F, G et H ne souhaitant pas souscrire, 200 actions restent disponibles et peuvent être
souscrites par A, B, C et D à titre réductible.
A, B, C et D sont propriétaires de 400 droits de souscription chacun (200 actions anciennes et 200 actions à titre
irréductible), au total 1 600 (400 X 4).
Chacun a droit, à titre réductible, à : 200 x 400 / 1 600 = 50 actions.
D, demandeur de ses actions à titre réductible, pourra en souscrire 50.
B et C n’ont souscrit respectivement que 12 et 8 actions, ils les auront.
Il reste 80 actions (non souscrites par B et C) : A pourra les souscrire. Il aura donc 130 actions (50 à titre réductible + les
80 restantes), mais il n’aura pas les 267 actions qu’il souhaitait.

2. Tableau de répartition du capital actuel et futur

Nombre d’actions % de Actions détenues % de détention


Actionnaires actuellement détention après augmentation de capital après
détenues de capital de capital augmentation
A 200 20 530 26,5
B 200 20 412 20,6
C 200 20 408 20,4
D 200 20 450 22,5
E 50 5 50 2,5
F 50 5 50 2,5
G 50 5 50 2,5
H 50 5 50 2,5
TOTAL 1 000 100 2 000 100

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UE 1 Corrigé 74
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3. Conséquences juridiques de la nouvelle répartition du capital


a) Libération des apports
Les actionnaires A, B, C et D qui ont souscrit à l’augmentation de capital doivent obligatoirement libérer leurs actions
souscrites en numéraire d’un quart au moins de la valeur nominale à la souscription, le surplus dans les 5 ans qui
suivent à compter du jour où l’augmentation de capital est devenue définitive – art. L225-144 al. 1 [Link].

b) Droits des actionnaires


Les actionnaires E, F, G et H passent chacun sous le seuil des 5% qui leur donnaient divers droits : inscription à l’ordre
du jour de projet de résolution, droit d’alerte, droit d’engager l’action sociale en responsabilité, droit à l’expertise de
gestion… Mais ils pourront toujours se grouper pour les exercer.
Les actionnaires A, B, C et D conservent leur poids dans la société, chacun détient seul le pouvoir d’exercer les droits
nécessitant la détention de 5%. Aucun ne détient la majorité AGO (majorité des voix dont disposent les actionnaires
présents ou représentés – art. L225-98 al. 3). Aucun ne détient la minorité de blocage qui se situe à la détention du tiers
du capital + 1 action, soit 667 actions.

4. Projet de l’actionnaire A : minorité de blocage


Selon l’article L225-96 al. 3 « Elle [l’AGE] statue à la majorité des deux tiers des voix dont disposent les actionnaires
présents ou représentés ».

L’actionnaire A souhaitait obtenir 667 actions sur 2 000 (200 actions anciennes + 200 actions à titre irréductible + 267
actions à titre réductible), soit plus du tiers : il cherchait à détenir la minorité de blocage lui permettant de s’opposer aux
décisions extraordinaires proposées par la direction, si elles ne lui convenaient pas.

5. Les actions de préférence


Les actions de préférence ont été instituées par l’ordonnance du 24.6.2004.

a) Conditions d’émission
« Lors de la constitution de la société ou au cours de son existence, il peut être créé des actions de préférence, avec ou
sans droit de vote, assorties de droits particuliers de toute nature, à titre temporaire ou permanent. Ces droits sont
définis par les statuts » – art. L228-11 al. 1 [Link].

Il peut être instauré des actions de préférence à droit de vote double par les statuts ou une AGE ultérieure, à condition
« que les actions soient entièrement libérées justifiant d’une inscription nominative depuis 2 ans au moins, au nom du
même actionnaire » – art. L225-123 al. 1 [Link]

« L’assemblée générale extraordinaire est seule compétente pour décider l’émission […] des actions de préférence au
vu d’un rapport spécial des commissaires aux comptes. Elle peut déléguer ce pouvoir (au CA ou au directoire). » – art.
L228-12 al. 1 [Link].

b) Objectif des actionnaires minoritaires E, F, G et H


Ces actionnaires, en détenant des actions de préférence à droit de vote double, espéraient maintenir leurs droits de vote
dans les assemblées (5%) et les droits attachés à cette détention malgré un pourcentage de capital inférieur (2,5%) dans
la nouvelle répartition.

6. Droits d’enregistrement
L’augmentation de capital en numéraire est passible du droit fixe de 375  car la SA aura un capital égal à 200 000 
(100 000 + 100 000) après l’opération, soit un capital inférieur à 225 000 .
Les droits sont dus lors de la présentation de l’acte au service des impôts.

Si l’actionnaire A avait apporté un petit entrepôt, les droits dus auraient été les mêmes que ceux applicables en cas
d’apport en nature. S’agissant d’un apport isolé d’immeuble réalisé par une personne physique au profit d’une société
soumise à l’IS, le droit proportionnel de 5% aurait été dû.

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 75
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got SAGEM-SYLIS

CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Pacte d’actionnaires, Franchissement de seuils

DOSSIER SAGEM

1. Identification juridique de la société


Il s’agit de la société anonyme à directoire et conseil de surveillance SAGEM, société cotée, ayant pour objet social la
production électronique dans les domaines des télécommunications et de la défense, de nationalité française. Le
directeur de la société est M. Olivier.

2. Pacte d’actionnaires : définition, conditions de validité


Définition
Un pacte d’actionnaires est une convention conclue par certains ou tous les actionnaires d’une société. Il organise le
régime des titres d’une société ou l’exercice du pouvoir et a pour objet d’apporter des solutions visant à régler leurs
relations face à des problèmes non réglées par la loi et relevant de la liberté contractuelle. Les clauses les plus
fréquentes visent à stabiliser le capital par des clauses de préemption, d’inaliénabilité. Il peut être secret ou ostensible.

Conditions de validité
Le pacte d’actionnaires est un contrat passé en dehors des statuts qui doit répondre aux conditions de validité de tout
contrat en application de l’article 1108 du [Link]. : objet certain, cause licite, capacité et consentement de la partie qui
s’oblige.
Les clauses insérées ne doivent pas être abusives, c’est-à-dire rendre l’actionnaire prisonnier de ses titres ou porter
atteinte au principe de l’égalité entre actionnaires. Les tribunaux se chargent d’apprécier le caractère abusif ou non des
clauses.
De plus, l’article L233-11 prévoit : « toute clause d’une convention prévoyant des conditions préférentielles de cession ou
d’acquisitions d’actions admises aux négociations sur un marché réglementé et portant sur au moins 0,5% du capital ou
des droits de vote de la société qui a émis ces actions doit être transmise dans un délai de cinq jours de bourse à
compter de la signature de la convention à la société et à l’Autorité des Marchés Financiers. À défaut de transmission,
les effets de cette clause sont suspendus, et les parties déliées de leurs engagements, en période d’offre publique.
La société et l’AMF doivent également être informées de la date à laquelle la clause prend fin.
Les informations sont portées à la connaissance du public par l’AMF ».

Dans le cas, le pacte d’actionnaires conclu doit respecter les conditions de l’article 1108 du Code civil. De plus, comme il
porte sur plus de 0,5% du capital et qu’il s’agit d’une société cotée, la clause du pacte d’actionnaires devra être
transmise à la société et à l’AMF (qui le portera à la connaissance du public).

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UE 1 Corrigé 76
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Analyse du pacte d’actionnaires de la SAGEM


Signataires : le pacte a été conclu entre 3 actionnaires de la SAGEM : Cogema qui détient 17% du capital, Club Sagem-
13% et BNP Paribas 4%.
Durée : le pacte est prévu pour 5 ans pour les 3 actionnaires. BNP et Cogema limitent à 21 mois leur engagement de ne
pas céder leurs titres : il s’agit d’un pacte à durée déterminée.
NB : un pacte sans durée fixée est à durée indéterminée : dans ce cas, chaque partie a le droit de le résilier unilatéralement.
Types de clauses : une clause d’inaliénabilité temporaire, une clause réglant le comportement des membres du pacte
au cas où la société serait la cible d’une offre publique d’achat n’ayant pas reçu l’aval du conseil de surveillance et une
clause de préemption
Origine du pacte : le pacte a été initié par la direction du groupe SAGEM.
Objectifs : la direction cherche à stabiliser le capital (« verrouiller 56% des droits de vote »), le sécuriser et lui permettre
de résister à une offre publique d’achat hostile. Il y a aussi le souci de continuer la simplification de la structure du
groupe SAGEM pour lui assurer une attractivité boursière et le rendre plus transparent pour les investisseurs.

4. Obligations des signataires du pacte d’actionnaires


Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites – art. 1134 [Link]. Elles emportent soit
une obligation de donner, de faire ou de ne pas faire quelque chose.
Les actionnaires sont tenus d’exécuter le contrat conclu à savoir :
- ne pas vendre leurs titres pendant 5 ans (21 mois pour BNP et Cogema) ;
- ne pas apporter leurs titres en cas d’offre publique qui n’aurait pas reçu l’approbation du conseil de surveillance ;
- proposer les titres aux actionnaires du pacte au cas où ils voudraient vendre leurs titres
Dans le cas, les actionnaires ont deux obligations « de ne pas faire » (les 2 premières) et une obligation « de faire » (la
dernière).

5. Effet du pacte d’actionnaires


Étant un contrat, le pacte d’actionnaires, comme tout contrat, a un effet relatif : ils n’engagent que les contractants. Les
dirigeants de la société ne peuvent s’en prévaloir puisqu’il est passé hors statuts (le pacte n’est pas opposable à la
société, ni aux tiers). Les dirigeants ne pourront pas s’opposer à la vente des titres d’une des parties signataires du
pacte.

6. Sanction de l’inexécution du pacte d’actionnaires


On doit appliquer le droit commun des contrats : la violation fautive d’un pacte peut entraîner la condamnation du
responsable à des dommages intérêts (cas de l’arrêt de la cour d’appel du 29.09.2009) et la résolution judiciaire du
pacte (un préjudice doit être démontré du fait de la violation du pacte).
Les parties ont pu prévoir des sanctions dans le pacte : clause pénale et clause de résolution de plein droit.
L’exécution forcée du pacte est à écarter par principe. Cependant la jurisprudence admet l’exécution forcée pour les
clauses de préemption en annulant une vente de titres à un tiers si le tiers avait connaissance du pacte – Cass. ch. mixte
25.5.2006.

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UE 1 Corrigé 77
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

DOSSIER SYLIS

1. Reconstitution des faits


La société anonyme Groupe Open a lancé une offre publique d’achat à la suite de laquelle elle a pris une participation
franchissant le seuil de 15% dans le capital de la société SYLIS.
Le dirigeant du groupe Open a effectué une déclaration de franchissement de seuil auprès de l’AMF. Cette dernière
publie cette déclaration à l’intention du public.

2. Source légale de la publication


Selon l’article L233-7 I et II :
« I.- Lorsque les actions d’une société ayant son siège sur le territoire de la République sont admises aux
négociations sur un marché réglementé d’un État partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou sur un
marché d’instruments financiers admettant aux négociations des actions pouvant être inscrites en compte chez un
intermédiaire habilité dans les conditions prévues par la loi, toute personne physique ou morale agissant seule ou de
concert qui vient à posséder un nombre d’actions représentant plus du vingtième, du dixième, des trois
vingtièmes, du cinquième, du quart, des trois dixièmes, du tiers, de la moitié, des deux tiers, des dix-huit
vingtièmes ou des dix-neuf vingtièmes du capital ou des droits de vote informe la société dans un délai fixé par
décret en Conseil d’État, à compter du franchissement du seuil de participation, du nombre total d’actions ou de
droits de vote qu’elle possède.
L’information mentionnée à l’alinéa précédent est également donnée dans les mêmes délais lorsque la participation en
capital ou en droits de vote devient inférieure aux seuils mentionnés par cet alinéa.
La personne tenue à l’information prévue au premier alinéa précise le nombre de titres qu’elle possède donnant accès à
terme au capital ainsi que les droits de vote qui y sont attachés.

II.- La personne tenue à l’information mentionnée au I informe également l’Autorité des marchés financiers, dans
un délai et selon des modalités fixés par son règlement général, à compter du franchissement du seuil de participation,
lorsque les actions de la société sont admises aux négociations sur un marché réglementé ou sur un marché
d’instruments financiers autre qu’un marché réglementé, à la demande de la personne qui gère ce marché d’instruments
financiers. Cette information est portée à la connaissance du public dans les conditions fixées par le règlement général
de l’Autorité des marchés financiers.
Le règlement général précise également les modalités de calcul des seuils de participation. »

Dans le cas, la SA GROUPE OPEN, personne morale a acquis plus des trois vingtièmes du capital de la société SYLIS,
société située sur le territoire de la République et admise sur un marché réglementé. Elle doit :
- informer la société SYLIS de sa prise de participation – art. L233-7-I ;
- informer l’AMF qui en informera le public – art. L233-7 II.

3. Raisons de l’information
L’information de la Société SYLIS permet aux dirigeants de connaître les acquéreurs de ses titres et, en conséquence,
de définir la stratégie à élaborer.
L’information de l’AMF en direction du public permet de rendre le marché plus transparent. Les investisseurs ont ainsi
une meilleure connaissance des transactions opérées et peuvent, à leur tour, se déterminer et lancer des opérations.

4. Action individuelle ou de concert


L’action de concert est un accord conclu entre personnes (associés ou tiers, personnes physiques ou morales) qui
décident :
- soit d’acquérir ou de céder des droits de vote d’une société ;
- soit d’exercer des droits de vote de cette société.
Cet accord doit être fait dans le but de mettre en œuvre une politique commune vis-à-vis de cette société – art. L233-10.
Il résulte du document que la SA GROUPE OPEN a agi seule puisque le document de l’AMF précise « avoir franchi
individuellement » le seuil.

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UE 1 Corrigé 78
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

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UE 1 Corrigé 79
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got
EURODITONE
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Le financement de l’entreprise par recours aux marchés financiers

1. Légalité de la composition du conseil de surveillance


Deux critères sont proposés par le sujet : le nombre et le sexe des membres du conseil de surveillance.
• Le nombre : le conseil de surveillance est composé de 3 membres au moins. Les statuts fixent le nombre maximum
des membres du conseil, qui est limité à 18 – art. L225-69 al. 1.
La composition du conseil de surveillance de la SA Euroditone est légale, puisque celui-ci comporte 5 membres.

• L’équilibre hommes-femmes : la loi du 27.01.2011 impose une représentation équilibrée des femmes et des
hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance – L225-17 al. 2 (SA avec CA) et L225-69 al. 2 (SA
à directoire).
Dans les SA dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé, la proportion des membres
du conseil de surveillance de chaque sexe ne pourra pas être inférieure à 40%. Lorsque le nombre des membres du
conseil ne dépasse pas 8, l’écart entre le nombre de chaque sexe ne pourrait pas être supérieur à 2. Les
nominations intervenues en violation de ces dispositions sont nulles. Cette nullité n’entraînerait pas la nullité des
délibérations du conseil. Ces dispositions entreront en vigueur à l’issue de la première assemblée générale qui suit le
01.01.2017.
La composition de la SA Euroditone est illégale sur le critère de l’équilibre hommes-femmes puisque 5 membres de
sexe masculin sont au conseil de surveillance. Il faudra envisager la nomination de 2 membres de sexe féminin en
2017 pour respecter le quota légal de 40%. Il y aura 3 hommes et 2 femmes. L’écart entre le nombre de chaque sexe
n’est pas supérieur à 2,le conseil de surveillance respectera la loi.
Le président du conseil de surveillance, dans son rapport sur le contrôle interne, doit rendre compte de l’application du
principe de représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein du conseil de surveillance L225-68 al. 7.

2. Notion d’offre au public


Le Code monétaire et financier, dans son article L411-1, énonce :
« L’offre au public de titres financiers est constituée par l’une des opérations suivantes :
1. Une communication adressée sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit à des personnes et présentant
une information suffisante sur les conditions de l’offre et sur les titres à offrir, de manière à mettre un investisseur en
mesure de décider d’acheter ou de souscrire ces titres financiers ;
2. Un placement de titres financiers par des intermédiaires financiers.
Le code monétaire et financier prévoit des dérogations : par exemple, ne constitue pas une opération d’offre au public
l’émission par une société anonyme lorsque le montant total de l’offre est inférieur à 100 000 .

Seules les sociétés anonymes, les sociétés en commandite par actions et les sociétés européennes peuvent faire offre
au public.

La SA EURODITONE peut par principe faire offre au public du fait de sa forme juridique.

3. Obligations d’information lors de franchissements de seuils et obligation de déposer une OPA


Information des actionnaires (de la SA EURODITONE)
Selon l’article L233-6 [Link], lorsqu’une société a pris, au cours d’un exercice, une participation dans une société ayant
son siège social sur le territoire de la République française représentant plus du vingtième, du dixième, du cinquième, du
tiers, de la moitié du capital de cette société, ou s’est assuré le contrôle d’une telle société, il en est fait mention dans le

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UE 1 Corrigé 80
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

rapport présenté aux associés sur les opérations de l’exercice et, le cas échéant, dans le rapport des
commissaires aux comptes.
Le conseil d’administration, le directoire ou le gérant d’une société rend compte dans son rapport de l’activité et des
résultats de l’ensemble de la société, des filiales de la société et des sociétés qu’elle contrôle par branche d’activité.
Lorsque cette société établit et publie des comptes consolidés, le rapport ci-dessus mentionné peut être inclus dans le
rapport sur la gestion du groupe.
Information de la société cible (de la SA ALFREDINES)
Selon l’article L233-7, toute personne physique ou morale agissant seule ou de concert qui vient à posséder un nombre
d’actions représentant plus du vingtième, du dixième, des trois vingtièmes, du cinquième, du quart, des trois dixièmes,
du tiers, de la moitié, des 2/3, de 90%, de 95% du capital d’une société ayant son siège sur le territoire de la République
et dont les actions sont cotées informe cette société, dans un délai de quinze jours à compter du franchissement
du seuil de participation, du nombre total d’actions de celle-ci qu’elle possède.

Information de l’AMF (par la société EURODITONE)


La société qui franchit ces seuils doit informer l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) dans le délai de cinq jours de
bourse à compter du franchissement du seuil de participation, lorsque les actions de la société sont cotées. L’AMF porte
cette information à la connaissance du public.
La personne tenue à l’information précise le nombre de titres qu’elle possède donnant accès à terme au capital ainsi que
les droits de vote qui y sont attachés et ses intentions pour l’avenir.
Obligation d’information des salariés
L’employeur (SA Euroditone) qui lance une offre publique d’acquisition portant sur le capital d’une entreprise n’est pas
tenu de consulter le comité d’entreprise avant le lancement. En revanche, il réunit le comité d’entreprise afin de lui
transmettre des informations écrites et précises sur le contenu et les conséquences que l’opération est susceptible
d’entraîner en matière d’emploi – L2323-25 [Link].
Obligation de déposer une offre publique
L’article L433-3-I du code Monétaire et financier fixe le seuil de déclenchement à 30% du capital et des droits de vote (au
lieu du tiers auparavant).
Les obligations en cas d’offre publique :
- déposer l’offre publique auprès de l’AMF, contenant l’objectif poursuivi par l’initiateur et ses intentions, le nombre
de titres qu’il s’engage à acquérir, le nombre minimal de titres qui doivent être présentés en réponse à l’offre pour
que celle-ci comporte une suite positive, le prix auquel il offre d’acquérir les titres. Saisi du projet d’offre publique,
l’AMF suspend la cotation des titres de la société visée ;
- informer le public par une note d’information établie par chaque société concernée qui sera visée par l’AMF. Si
l’offre est amicale, une note commune suffit. La note doit être mise à disposition des actionnaires au plus tard le
quatrième jour de bourse suivant celui de la délivrance du visa par l’AMF.
La sanction en cas de défaut d’offre publique d’achat obligatoire : les titres que l’intéressé détient au-delà du tiers
du capital ou des droits de vote sont privés de droit de vote.
En l’espèce, la SA EURODITONE souhaitant acquérir plus du tiers du capital de la SA ALFREDINES, société cotée, elle
doit :
- respecter les obligations d’information : informer ses actionnaires, la société AFREDINES, l’AMF et ses salariés
(comité d’entreprise ou personnel, selon le cas) ;
- lancer une offre publique d’achat.

4. Atteinte à la transparence des marchés


Les dirigeants sociaux ou assimilés qui disposent, à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, d’informations
privilégiées sur les perspectives ou la situation d’un émetteur dont les titres sont négociés sur un marché réglementé ou
sur les perspectives d’évolution d’un instrument financier admis sur un marché réglementé, qui auront réalisé, ou
permis de réaliser, soit directement, soit par personne interposée, une ou plusieurs opérations avant que le public
ait connaissance de ces informations, seront passibles d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de
1 500 000  dont le montant pourra être porté au-delà de ce dernier chiffre jusqu’au décuple du montant du profit
éventuellement réalisé et sans que l’amende puisse être inférieure à ce même profit – C. mon. Fin. art. L465-1 al. 1.

La communication d’informations privilégiées à un tiers en dehors du cadre normal de leurs fonctions est également
punissable : les dirigeants sociaux s’exposent à une peine d’un an d’emprisonnement et de 150 000 . Cette
amende peut être portée au-delà de ce montant, jusqu’au décuple du profit éventuellement réalisé, et ne peut être
inférieure à ce même profit – C. mon. Fin. L465-1 al. 2 modifié par la loi du 22.3.2012.

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UE 1 Corrigé 81
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

5. Émission d’OCAP
a) Caractéristiques
Le sigle OCAP signifie Obligation Convertible en Action de Préférence.
La société émet un emprunt (obligations) convertible en titre de capital (des actions ordinaires ou de préférence).
L’OCAP est une valeur mobilière donnant accès au capital : l’ordonnance du 24.6.2004 a unifié et simplifié le régime
juridique de ces titres. L’attrait de la conversion en capital peut favoriser la souscription d’obligations.
Les actions de préférence ont été instituées par la même ordonnance, complétée par le décret du 10.02.2005, dont la
définition est la suivante : actions avec ou sans droit de vote, assortie de droits particuliers de toute nature (droit de vote
double, actions à dividende prioritaire…) à titre temporaire ou permanent.
La création d’actions de préférence nécessite l’existence d’une clause des statuts précisant les droits spécifiques
attachés à ces actions.
L’objectif des actions de préférence est d’organiser le pouvoir dans la société (ex. : attributions de siège des organes de
gestion) ou de favoriser financièrement certains actionnaires (ex. : actions à dividende prioritaire).

b) Décisions à prendre
La décision d’émettre des OCAP est de la compétence de l’assemblée générale extraordinaire puisque, à terme, le
capital sera augmenté (lors de la conversion des obligations en actions). L’AGE se prononce sur le rapport du CA ou du
directoire et sur le rapport spécial du CAC et peut déléguer sa compétence au directoire – L228-92 et L225-129 [Link].
Concernant les actions de préférence, un vote AGE doit intervenir pour les autoriser si les statuts ne les ont pas prévues.
Enfin, la réalisation de l’augmentation de capital (lors de la conversion des obligations) est de la compétence du
directoire qui peut déléguer au président du directoire les formalités liées à la réalisation de cette augmentation de
capital – art. L225-149 al. 4.

6. Détention par la SASU d’actions de la SA EURODITONE


Selon l’article L233-29 al. 1 : « une société par actions (SASU) ne peut posséder d’actions d’une autre société (SA
EURODITONE), si celle-ci détient une une fraction de son capital supérieur à 10 %. »
« À défaut d’accord entre les sociétés intéressées pour régulariser la situation, celle qui détient la fraction la plus faible
du capital doit aliéner son investissement » – art. L233-29 al. 2.
La SASU possède 500 actions de la SA EURODITONE et la SA EURODITONE détient 100% du capital de la SASU :
- il faut régulariser la situation car la SASU ne doit pas posséder des titres d’EURODITONE ;
- la SASU (qui détient la fraction la plus faible) devra aliéner ses titres EURODITONE dans le délai d’un an à
compter de la date à laquelle ces actions sont entrées dans son patrimoine (articles D250 et L233-30 [Link]) ;
- en attendant la vente, la SASU ne pourra pas exercer son droit de vote dans les assemblées d’actionnaires
d’EURODITONE (L233-30 al. 2 [Link]).

Sanction pénale : le Président (de la SASU) qui, sciemment, aura enfreint les dispositions de l’article L233-29, s’expose
à une amende de 18 000  – art. L247-3 [Link].

7. Modifications dans le rapport sur le gouvernement d’entreprise et le contrôle interne


Dans les sociétés anonymes faisant offre au public, le président du conseil de surveillance doit établir un rapport, joint au
rapport annuel de gestion, qui relate les conditions de préparation et d’organisation des travaux du conseil ainsi que les
procédures de contrôle interne mises en place par la société.
La loi du 2.7.2008, dans un souci de transparence, ajoute des mentions à faire figurer dans ce rapport. Selon l’article
L225-68 modifié figurant dans l’Annexe, ces mentions sont les suivantes :
- la composition du conseil et de l’application du principe de représentation équilibrée des femmes et des hommes
en son sein ;
- les procédures de gestion des risques mises en place par la société, en détaillant celles relatives à l’élaboration et
au traitement de l’information comptable et financière pour les comptes sociaux et, le cas échéant, les comptes
consolidés ;
- si la société se réfère à un code de gouvernement d’entreprise établi par une organisation représentative (type
Medef), il faut indiquer dans le rapport les dispositions qui ont été écartées et les raisons pour lesquelles elles l’ont
été. Il faut indiquer le lieu où ce code peut être consulté. Si la société ne se réfère pas à un code, il faut que le
rapport indique les règles retenues en complément des exigences requises par la loi et expliquer les raisons pour
lesquelles la société a décidé de ne pas appliquer de code de gouvernement d’entreprise ;
- les modalités particulières relatives à la participation des actionnaires à l’assemblée générale ;
- les principes et règles arrêtées par le conseil de surveillance pour déterminer les rémunérations et avantages de
toute nature accordés aux mandataires sociaux ;
- mention de la publication dans le rapport de gestion des informations concernant la structure du capital de la
société et les éléments susceptibles d’avoir une incidence en cas d’offre publique.

Ce rapport doit désormais être approuvé par le conseil de surveillance et doit être rendu public.

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UE 1 Corrigé 82
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

8. Capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social


Selon l’article L225-248 al. 1 [Link], « Si, du fait des pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux
propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le conseil d’administration ou le directoire, selon le cas,
est tenu, dans les quatre mois qui suivent l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer
l’assemblée générale extraordinaire à l’effet de décider s’il y a lieu à dissolution anticipée de la société. »

Si la dissolution est écartée, la société doit, au plus tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel
la constatation des pertes est intervenue, reconstituer ses capitaux propres à concurrence d’une valeur au moins égale à
la moitié du capital ou à défaut, réduire son capital d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pu être
imputées sur les réserves (L225-248 al. 2).

En l’espèce, après l’assemblée générale ordinaire annuelle obligatoire, le directoire devra convoquer dans les 4 mois
une assemblée générale extraordinaire pour décider d’une éventuelle dissolution anticipée de la société et publier la
décision prise (journal d’annonces légales, dépôt au greffe, inscription au registre du commerce et des sociétés).

Sanctions :
- sanction civile : à défaut de délibération régulière comme au cas où la société n’aurait pas régularisé sa situation
dans le délai de deux ans, tout intéressé peut demander au tribunal de commerce de prononcer la dissolution
de la société (L225-248 al. 4). Cependant, le tribunal saisi peut accorder un délai de six mois pour régulariser la
situation. De plus, il ne peut prononcer la dissolution si, au jour où il statue sur le fond, cette régularisation a eu lieu
(L225-248 al. 4) ;
- sanction pénale : le défaut de consultation des associés dans le délai de quatre mois exposait les membres du
directoire à un emprisonnement de 6 mois et à une amende de 4 500  (ancien article L242-29-1° [Link]). Cette
infraction a été supprimée par la loi du 22.3.2012.

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UE 1 Corrigé 83
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Agnès Lieutier BRAIN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Régimes fiscaux de groupe et traitement fiscal des opérations internes aux groupes

DOSSIER 1

1. Redevances intragroupe
Les concessions (et les sous-concessions) de licences d’exploitation portant sur les brevets ou les inventions
brevetables (et sur les perfectionnements apportés aux brevets et inventions brevetables) bénéficient d’un régime
d’imposition favorable.

Régime d’imposition de la société concédante BRAIN


Le résultat net de la concession (redevances – charges de gestion de la concession) est une plus-value à long terme,
imposable au taux d’IS de 15%.
Soit ici : PV LT = (40 000 – 5 000) + (20 000 – 4 000) + (60 000 – 10 000) + (30 000 – 3 000) = 128 000 .
Et IS = 128 000 x 15% = 19 200 .

Régime de déduction pour les sociétés concessionnaires


Les redevances sont normalement déductibles du résultat imposable des sociétés concessionnaires. Toutefois,
s’agissant des redevances facturées aux sociétés RABI, BRA et NIBA, puisqu’il existe des liens de dépendance entre les
sociétés concédante et concessionnaire – cf. définition des liens de dépendance ci-dessous question 2. –, cette
déductibilité est en outre soumise à deux conditions : la concession doit être rentable pour le concessionnaire (c’est bien
le cas ici) et l’élément concédé doit être effectivement exploité par le concessionnaire (condition supposée remplie ici).
NB : lorsque concédant et concessionnaire sont des sociétés liées et que ces deux conditions ne sont pas respectées, alors
les redevances ne sont déductibles chez le concessionnaire qu’à hauteur de 15 / 33,1/3 de leur montant.

2. Cession intra-groupe de brevet


Les cessions de brevets et inventions brevetables (et de perfectionnements apportés aux brevets et inventions
brevetables) bénéficient du régime des plus et moins-values à long terme (IS à 15% sur la PV) lorsque les conditions
suivantes sont remplies :
- ces brevets et éléments assimilés font partie de l’actif immobilisé ;
- s’ils ont été acquis à titre onéreux, ils sont acquis depuis au moins deux ans (pas de délai s’ils sont créés) ;
- il n’existe pas de liens de dépendance entre le cédant et le cessionnaire (dans ce cas, la plus-value de cession est
comprise dans le résultat au taux normal de l’IS).

Définition des liens de dépendance : ils sont caractérisés lorsqu’une entreprise détient directement ou par personne
interposée la majorité du capital social de l’autre, ou y exerce en fait le pouvoir de décision, ou si les deux entreprises
sont placées sous le contrôle d’une même entreprise tierce. Lorsque la détention est indirecte, les pourcentages de
détention doivent être multipliés.

Ici, des liens de dépendance existent entre BRAIN et BARIN : elles sont contrôlées toutes deux par la société MARI (il
s’agit donc de sociétés sœurs). BRAIN ne peut donc appliquer le régime des PV LT à la PV de cession du brevet : cette
PV sera comprise dans le résultat imposable au taux normal de l’IS.

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UE 1 Corrigé 84
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Dividendes intragroupe
Le régime des sociétés mères et filiales s’applique lorsque la société mère est soumise à l’IS et que la société filiale est
détenue à 5% au moins par la mère, et que cette dernière détient effectivement les titres de la filiale pendant 2 ans.
Les dividendes en provenance de RINA et RABI ouvrent droit à ce régime. Ils sont donc exonérés d’IS avec réintégration
d’une quote-part de frais et charges égale à 5% de leur montant brut.
BRAIN est donc exonérée d’IS sur la base de : 280 000 + 480 000 = 760 000 ,
d’où une déduction de 760 000  du résultat fiscal,
et elle doit réintégrer la quote-part de frais et charges de 760 000 x 5% = 38 000  dans son résultat fiscal.
NB : Voir le cas VERSION JARDIN pour l’étude approfondie du régime mère-fille.

4. Intérêts intragroupe
• Intérêts versés au Crédit du Sud-Est : intégralement déductibles, soit 850 000 x 6,55% x 6/12 = 27 837,50 .
• Intérêts versés à BRAIN et à RINA :
re e
1 limite : BRAIN est un actionnaire, donc la 1 limite doit être respectée, ce qui est le cas (capital libéré).
Pour RINA, cette condition n’est pas nécessaire puisque RINA n’est pas actionnaire.
e e e
2 limite : BRAIN et RINA sont des entreprises liées à RABI (la 1 est société mère, la 2 est société sœur) : donc
le taux d’intérêt ne doit pas dépasser le TMP à taux variable, voire le taux du marché s’il est supérieur.
TMP = 6% et taux du marché = 6,55% ; on retient donc le taux du marché.
e
Intérêts déductibles en application de cette 2 limite :
(2 800 000 + 1 000 000) x 6,55% = 248 900 
et intérêts non déductibles = [(2 800 000 x 7,05%) + (1 000 000 x 7,65%)] – 248 900 = 25 000 .
e
3 limite : la sous-capitalisation est-elle caractérisée ?
1. avances consenties = 2 800 000 + 1 000 000 = 3 800 000
1,5 x capitaux propres = 800 000 x 1,5 = 1 200 000
on a bien : avances consenties > 1,5 x capitaux propres
e
2. intérêts versés calculés au taux déductible (cf. 2 limite) = 248 900 
25% x (580 000 + 200 000 + 248 900) = 257 225 
les intérêts versés n’excèdent pas 25% du résultat courant corrigé
3. intérêts reçus de toutes les entreprises liées = 0 
on a bien : intérêts versés > intérêts reçus.
e
Conclusion : RABI n’est pas sous-capitalisée au sens de cette réglementation fiscale car le 2 critère de sous-
capitalisation n’est pas rempli.
e
Aucun intérêt non déductible n’est donc calculé au titre de cette 3 limite.
Les intérêts versés à BRAIN et RINA sont donc déductibles à hauteur de 248 900 , d’où une réintégration de 25 000 .
NB : bien que partiellement non déductibles chez RABI, les intérêts restent imposables en totalité chez BRAIN et RIMA.

5. Aides intragroupe
Lorsqu’une société réalise une aide au profit d’une autre société (quelle que soit la forme de cette aide, abandon de
créance ou subvention), cette opération est un acte normal de gestion si l’aide intervient en vue d’assainir la situation
financière d’une filiale, ce qui est bien le cas ici. Mais seules sont déductibles les aides à caractère commercial (c’est-à-
dire trouvant leur origine dans des relations commerciales) et les aides consenties à certaines entreprises en difficulté
financière.

Abandon de créance de BARIN à BRA pour 1 800 000 


BRA commercialise les produits fabriqués par BARIN : l’abandon de créance permet à BARIN de maintenir une source
de débouchés ; cet abandon de créance est donc à caractère commercial. Il est en conséquence intégralement
déductible chez BARIN. Pas de retraitement fiscal nécessaire.
Chez BRA, il s’agit un produit exceptionnel normalement imposable.

Abandon de créance de MABI à BRA pour 2 500 000 


MABI n’entretient aucune relation commerciale avec BRA ; cette subvention est donc à caractère financier.
Chez MABI, elle ne peut être déductible que si BRA en bénéficie dans le cadre d’une procédure de conciliation (prévue
par l’article L611-8 du Code de Commerce), ou si une procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de
(1)
liquidation judiciaire est ouverte . Ce n’est pas le cas ici ; cette subvention est donc intégralement non déductible : elle
doit être réintégrée pour la détermination du résultat fiscal.
Chez BRA, cette subvention est imposable (alors même qu’elle n’est pas déductible chez MABI). Pas de retraitement
fiscal nécessaire.
L’article 216 du CGI permet d’aboutir à une non-imposition des aides à caractère financier, mais il est réservé aux
abandons de créances (donc non-applicable ici, s’agissant d’une subvention) et ne s’applique que si :
(1)
Dans ces cas très limités de conciliation, sauvegarde, redressement ou liquidation, l’aide est déductible à 100% à hauteur de la situation nette négative
de la société aidée. Si l’aide excède le montant de la situation nette négative, le complément d’aide est assimilé à un complément du prix de revient des
titres, pour la fraction correspondant au pourcentage de détention, et il est déductible à 100% pour le solde.

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UE 1 Corrigé 85
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- l’abandon est consenti par une société mère (participation > 5%)
- et si la filiale bénéficiaire s’engage à augmenter son capital au profit de la société consentant l’abandon, pour le
e
même montant, avant la clôture du 2 exercice suivant celui de l’abandon.

DOSSIER 2
Remarque : les modalités de report en avant du déficit fiscal des sociétés soumises à l’IS sont les suivantes : si le principe du report
illimité dans le temps est acquis, le montant du déficit reportable en avant au titre de chaque exercice est limité : un déficit
N n’est imputable sur le bénéfice N+1 qu’à hauteur de la somme de 1M majoré de 50% du bénéfice N+1 qui excède
1M (la fraction de déficit N non imputée sur le résultat N+1 reste imputable sur les résultats N+2 et suivants, en
appliquant chaque année cette limite).
Exemple : Déficit N = 1 500 000  Bénéfice N+1 = 1 200 000  Bénéfice N+2 = 1 100 000 
Résultat fiscal N+1 = 1 200 000 – [1 000 000 + (200 000 x 50%)] = 100 000  et solde de déficit = 400 000 
Résultat fiscal N+2 = 1 100 000 – 400 000 = 700 000  La limite d’imputation N+2 n’est pas dépassée : 1 000 000 +
(100 000 x 50%) = 1 050 000  > 400 000 
Ici, compte tenu des montants, ces restrictions au report en avant ne s’appliquent pas.

1. Constitution de PHARMARAIN sous forme de SARL soumise à l’IS

Imputation des déficits


PHARMARAIN N N+1 N+2 N+3 N+4 N+5 N+6 N+7 N+8 N+9 N+10
Résultat avant imputation - 80 - 65 - 58 - 20 + 10 + 12 + 18 + 65 + 75 + 100 + 105
des déficits antérieurs
Imputation du déficit - 10 - 12 - 18 - 40
antérieur de l’exercice
N de 80
Imputation du déficit - 25 - 40
antérieur de l’exercice N+1
de 65
Imputation du déficit - 35 - 23
antérieur de l’exercice N+2
de 58
Imputation du déficit - 20
antérieur de l’exercice N+3
de 20
Résultat après - 80 - 65 - 58 - 20 0 0 0 0 0 + 57 + 105
imputation des déficits

2. Intégration fiscale entre BRAIN et PHARMARAIN

Intégration fiscale
N N+1 N+2 N+3 N+4 N+5 N+6 N+7 N+8 N+9 N+10
Résultat PHARMARAIN - 80 - 65 - 58 - 20 + 10 + 12 + 18 + 65 + 75 + 100 + 105
Résultat BRAIN + 20 + 25 + 40 + 25 + 15 + 10 + 30 + 35 + 38 + 40 + 40
Résultat d’ensemble
avant imputation déficit - 60 - 40 - 18 +5 + 25 + 22 + 48 + 100 + 113 +140 + 145
d’ensemble antérieur
Imputation du déficit
d’ensemble antérieur -5 - 25 - 22 -8
de l’exercice N de 60
Imputation du déficit
d’ensemble antérieur - 40
de l’exercice N+1 de 40
Imputation du déficit
d’ensemble antérieur - 18
de l’exercice N+2 de 18
Résultat d’ensemble - 60 - 40 - 18 0 0 0 0 + 82 + 113 + 140 + 145
net

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3. Intégration « sauvage » entre BRAIN et PHARMARAIN


Si PHARMARAIN est constituée sous forme de SNC non soumise à l’IS, ses résultats fiscaux « remontent » au niveau
de ses associés pour être compris dans les résultats fiscaux de ces associés, et ce au prorata de leur participation dans
le capital de la SNC.

Intégration
« sauvage » N N+1 N+2 N+3 N+4 N+5 N+6 N+7 N+8 N+9 N+10

Résultat BRAIN + 20 + 25 + 40 + 25 + 15 + 10 + 30 + 35 + 38 + 40 + 40
Résultat PHARMARAIN - 76,8 - 62,4 - 55,7 - 19,2 + 9,6 + 11,5 + 17,3 + 62,4 + 72 + 96 +100,8
imputé à 96%
Résultat BRAIN avant - 56,8 - 37,4 - 15,7 + 5,8 + 24,6 + 21,5 + 47,3 + 97,4 + 110 + 136 +140,8
imputation du déficit
antérieur
Imputation du déficit - 5,8 - 24,6 - 21,5 - 4,9
antérieur N de 56,8
Imputation du déficit - 37,4
antérieur N+1 de 37,4
Imputation du déficit -5 - 10,7
antérieur N+2 de 15,7
Résultat net BRAIN - 56,8 - 37,4 - 15,7 0 0 0 0 + 86,7 + 110 + 136 +140,8

Dans cette hypothèse, les déficits fiscaux de PHARMARAIN viennent en déduction des bénéfices fiscaux de BRAIN,
mais seulement à hauteur de 96% (taux de participation).
La fraction complémentaire de 4% des résultats fiscaux de PHARMARAIN est transmise à ses autres associés
(personnes physiques ou personnes morales).

Comparaison intégration fiscale légale / intégration « sauvage »

L’intégration fiscale légale présente principalement trois avantages :


- elle permet la compensation à 100% entre bénéfices et déficits des sociétés du groupe ;
- elle neutralise les opérations intragroupe (exemple : abandons de créance intragroupe) ;
- elle autorise la remontée sans taxation des résultats au sein du groupe grâce à un mécanisme de distribution de
dividendes intragroupe spécifique.

Mais elle n’est pas sans inconvénient :


- tout d’abord, elle ne s’applique que si le taux de détention est élevé (supérieur à 95%) ;
- ensuite, certains ajustements peuvent être temporaires (exemple : certaines neutralisations d’abandons de créance
ou subventions peuvent être remis en cause lors de la sortie ultérieure de l’une des sociétés concernées) ;
- l’application pratique et le suivi de gestion en découlant peuvent être difficiles à assumer.

L’intégration « sauvage » ne peut être comparée à l’intégration légale que sur le plan de la consolidation fiscale des
résultats fiscaux. En effet, les opérations intragroupe ne sont pas concernées puisque la consolidation fiscale résulte
uniquement des modalités d’imposition ou d’imputation des résultats fiscaux de la filiale constituée sous forme de société
de personnes dont un associé est soumis à l’IS, et non des modalités de détermination de ces résultats.
Elle présente les avantages :
- d’être très simple d’application ;
- de s’appliquer quel que soit le taux de détention du capital de la société de personnes par la société soumise à l’IS.

L’avantage des méthodes d’intégration (qu’elle soit légale ou « sauvage ») par rapport à l’imputation de droit commun
des déficits résulte de l’avantage financier immédiat qu’elles procurent : les déficits d’une société engendrent une
économie d’IS immédiate car la société fiscalement bénéficiaire ne paie pas l’IS qu’elle aurait dû payer sans l’intégration.
En l’absence d’intégration, les déficits d’une société soumise à l’IS sont certes reportables sans limitation de durée (le
report en avant cesse toutefois en cas de changement d’activité de la société) ; mais l’imputation sur des bénéfices peut
être lointaine, d’où une économie d’IS non immédiate.

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UE 1 Corrigé 87
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Agnès Lieutier MIMBAIR SAIM CONSO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Régimes fiscaux de groupe : Intégration fiscale, Consolidation de la TVA

Pour une étude détaillée du régime de l’intégration fiscale,


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FISCALITÉ DES GROUPES DE SOCIÉTÉS
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Rappel : Le régime fiscal des groupes de sociétés a été institué à l’origine par l’article 68 de la loi du 30/12/1987 codifié
aux articles 223A à 223U du CGI.
Ce régime permet à la société mère de se constituer seule redevable de l’impôt sur les sociétés dû sur
l’ensemble du groupe formé par elle-même et ses filiales.

1. « Société mère » ou « tête de groupe »


Le régime s’applique aux sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun.
Le capital de la société mère ne doit pas être détenu à 95% au moins, directement ou indirectement, par une autre
personne morale passible de l’IS.
En revanche, le capital de la société mère, chef de file, peut être détenu :
- par deux ou plusieurs sociétés soumises à l’IS dès lors qu’aucune d’elle n’en détient directement ou indirectement
95% ;
- à 95% ou plus par une société étrangère (non soumise à l’IS en France) ;
- indirectement à 95% ou plus par une société «X» soumise à l’IS si c’est par l’intermédiaire :
- soit d’une société « Y » non soumise à l’IS,
- soit d’une société « Z » soumise à l’IS, mais dont le capital n’est pas détenu à 95% ou plus par cette société
«X».
De plus, s’agissant du seuil de 95%, il est toléré que celui-ci soit dépassé temporairement : la société mère ne perd pas sa
qualité de tête de groupe dans le cas où son capital a été détenu à 95% ou plus par une société soumise à l’IS, de façon
temporaire au cours d’un exercice (à condition que ce franchissement du seuil de 95% ait cessé à la clôture de l’exercice).

La société MIMBAIR peut donc être « tête de groupe » car elle n’est pas détenue directement à 95% au moins par une
société soumise à l’IS (la société qui détient 95% de son capital est une société étrangère non soumise à l’IS en France).

2. Conditions d’accès des filiales au groupe


Les filiales doivent aussi être soumises à l’IS dans les conditions de droit commun. Elles doivent en outre ouvrir et clore
leurs exercices aux mêmes dates que la mère.
La société mère doit détenir directement ou indirectement (par une ou des sociétés intermédiaires membres du groupe)
95% au moins du capital des sociétés du groupe. Cette détention (contrairement à celle relative à la société tête de
groupe) doit être continue au cours de l’exercice concerné. S’il y a détention indirecte, les filiales détenues à 95% au
moins sont assimilées à des filiales détenues à 100%.
NB : Depuis 2014, l'intégration fiscale dite "horizontale" est possible, lorsque la société mère est détenue par une entité étrangère,
non résidente de France et soumise à un impôt équivalent à l'IS dans un état de l'UE ou de l'EEE (Espace Économique
Européen : Islande, Norvège et Liechtenstein) : cette société mère peut alors constituer un groupe avec ses sociétés sœurs
ou cousines, soumises à l'IS et détenues directement ou indirectement à 95% au moins par l'entité étrangère.

Organigramme du groupe

Société mère MIMBAIR


50% 95%
96,77%

48%
S.A. DIR S.A. VOUS S.A. FER
11% 96%

S.A. SUZE S.A. BOIR

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 88
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Sociétés Détention directe Détention indirecte Pourcentage total


Analyse par MIMBAIR par MIMBAIR de détention
des DIR 50 % 48 % (*) 98 %
pourcentages VOUS 96,77 % 96,77 %
de détention FER 95 % 95 %
BOIR 96 % (*) 96 %
SUZE 11% 11 %
(*) La détention indirecte s’apprécie dans ce cas par « palier » ; le premier palier doit impérativement respecter un
taux de détention par la société mère supérieur ou égal à 95% pour que les autres paliers puissent être pris en
compte. Toute société détenant 95% du capital d’une autre est considérée comme la détenant en totalité. La
société DIR est donc détenue à 50% + (100% x 48%) = 98% (mais il faut que VOUS soit membre du groupe). La
société BOIR est détenue à 100% x 96% = 96% (mais il faut que FER soit membre du groupe).

Les quatre filiales DIR, VOUS, FER, et BOIR sont détenues, directement ou indirectement, à 95% au moins par la société
MIMBAIR. Elles peuvent donc faire partie du groupe. Toutefois, si elle le souhaitait (ce qui n’est pas le cas ici), la société
mère pourrait décider librement de l’étendue du groupe et n’y inclure que certaines filiales. De même, ces dernières
pourraient refuser leur intégration dans le groupe.
La filiale SUZE n’est pas détenue à 95% au moins par MIMBAIR : elle ne peut pas faire partie du groupe intégré.

3. Conditions de formation du périmètre d’intégration fiscale


La société mère doit opter pour le régime fiscal des groupes de sociétés avant l’expiration du délai de dépôt de la
déclaration de résultat de l’exercice précédant celui au titre duquel elle demande son application.
e
Précision : Le délai de dépôt de la déclaration annuelle de résultat expire en principe le dernier jour du 3 mois suivant la
e
clôture de l’exercice. Toutefois, pour les exercices clôturés le 31 décembre, ce délai se situe au 2 jour ouvré
er
suivant le 1 mai (le plus souvent le 03/05/N+1 pour l’exercice clos le 31/12/N).
Ainsi, une société clôturant son exercice le 31/12 souhaitant former un groupe avec ses filiales en N, devra
opter pour ce régime avant le 03/05/N.
L’option doit être notifiée sur papier libre selon le modèle établi par l’administration.
Elle est accompagnée : - de la liste des filiales qui seront membres du groupe (pour chaque société : désignation,
adresse du siège social, répartition du capital social) ;
- des attestations par lesquelles les filiales font connaître leur accord pour que la société mère
retienne leurs propres résultats pour la détermination du résultat d’ensemble du groupe intégré.
L’option engage la société mère pour cinq exercices et les filiales pour la durée d’option de la société mère restant à courir
à partir de leur entrée dans le groupe.
La société mère et les sociétés filiales doivent ouvrir et clore leurs exercices comptables aux mêmes dates. Ces exercices
doivent avoir une durée de 12 mois. Ces deux conditions doivent être satisfaites avant le premier jour de l’exercice au titre
duquel le régime d’intégration s’applique. Toutefois, la durée de l’un des 5 exercices couverts par l’option peut être
inférieure ou supérieure à 12 mois, la durée de 12 mois restant obligatoire pour les quatre autres exercices couverts par
l’option (ce afin de permettre au groupe de changer la date de clôture des exercices sociaux).
Le périmètre d’intégration doit être mis à jour pour chaque exercice par la société tête de groupe : celle-ci doit notifier,
avant la clôture de chaque exercice, la liste des sociétés membres du groupe à compter de l’exercice suivant.

4. Intégration fiscale
a) Résultat fiscal N et plus ou moins-value à LT N individuels éventuellement corrigés
Chaque société membre du groupe détermine son résultat fiscal dans les conditions de droit commun sauf pour :
- les déficits subis :
• avant l’entrée dans le groupe, les déficits ne sont imputables que sur le bénéfice de la société qui les a subis,
déterminé après déduction des amortissements de l’exercice. De plus, ils ne peuvent être imputés sur la part des
bénéfices réalisés depuis l’entrée dans le groupe qui provient des abandons de créances ou des subventions reçus
d’autres sociétés du groupe, des plus-values à court terme de cessions entre sociétés du groupe et de la plus-value
de réévaluation libre des éléments d’actifs. Ces correctifs ont pour objectif de corriger le résultat individuel des
gonflements artificiels provenant d’opérations intra-groupe.
La SA VOUS a réalisé une plus-value sur la cession d’un matériel à la SA FER :
50 000 - (40 000 - 30 000) = 40 000  PVCT : 40 000
Bénéfice d’imputation après plafonnement : 111 320 - 40 000 = 71 320
Le déficit de 10 200 de la SA VOUS peut donc être imputé en totalité sur son propre résultat N.

• après l’entrée dans le groupe, les déficits pris en compte dans le résultat fiscal du groupe ne peuvent plus être
déduits des bénéfices ultérieurs de la société qui les a subis.
La SA BOIR doit retraiter son résultat fiscal pour tenir compte du fait que le déficit de 10 000 a déjà bénéficié au
groupe intégré : il ne peut être déduit une seconde fois.
Bénéfice fiscal corrigé = 300 000 + 10 000 = 310 000

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UE 1 Corrigé 89
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- les moins-values à long terme subies :


• avant l’entrée dans le groupe, les MV LT ne sont imputables que sur les PV LT de la société qui les a subies. De
plus, elles ne peuvent être imputées sur la part des PV LT réalisées depuis l’entrée dans le groupe qui proviennent
des PV LT de cessions entre sociétés du groupe et de la plus-value de réévaluation libre des éléments d’actifs. Ces
correctifs ont pour objectif de corriger la PV LT individuelle des gonflements artificiels provenant d’opérations intra-
groupe.
• après l’entrée dans le groupe, les MV LT prises en compte dans la MV LT du groupe ne peuvent plus être
déduites des PV LT ultérieures de la société qui les a subies, pour tenir compte du fait que ces MV LT ont déjà
bénéficié au groupe intégré : elles ne peuvent être déduites une seconde fois.

Rappel concernant les MV LT : il convient de distinguer :


* les MV LT sur titres de participation (de sociétés n’étant pas à prépondérance immobilière), qui n’engendrent aucune
déduction puisque les PV LT sur ces titres de participation sont exonérées d’IS (hors quote-part de frais et charges) :
aucun retraitement ne doit donc être opéré pour ces MV LT puisqu’elles sont définitivement non imputables ;
* les autres MV LT (celles relevant de l’IS aux taux de 15% ou de 19%, qui ne forment qu’une seule catégorie), pour
lesquelles il convient d’opérer ces retraitements ; toutefois, il faut souligner que les éléments relevant de ces taux de
PV LT sont peu nombreux :
- IS à 15% : cession de brevets et éléments assimilés, redevances de concession sur brevets et éléments assimilés
- IS à 19% : titres de participation de sociétés à prépondérance immobilière cotées.
NB : les titres de participation de sociétés à prépondérance immobilière non cotées relèvent du taux normal de l’IS.

Les résultats fiscaux et PV ou MV LT individuels corrigés sont donc les suivants :


MIMBAIR DIR VOUS FER BOIR
Bénéfice ou déficit fiscal 1 936 540 - 86 000 111 320 - 106 960 300 000
Déficit fiscal antérieur à l’intégration non imputable ----
Déficit fiscal déjà imputé sur résultat d’ensemble + 10 000
Résultat fiscal individuel corrigé 1 936 540 - 86 000 111 320 - 106 960 310 000
(*)
PV ou MV LT individuelle exonérée (aucun retraitement - 10 300 + 10 000
car PV/MV sur titres de participation)
PV ou MV LT individuelle au taux de 15% 5 000 7 000
MV LT antérieure à l’intégration non imputable
MV LT déjà imputée sur la PV LT d’ensemble
PV ou MV LT individuelle au taux de 15% corrigée 5 000 7 000
(*) +10 000 – 22 300

b) Résultat fiscal d’ensemble N


Pour obtenir le résultat d’ensemble et la PV ou MV LT d’ensemble, il faut tout d’abord calculer la somme algébrique des
résultats et PV ou MV LT individuels corrigés des sociétés membres du groupe.
Cette somme algébrique fait ensuite l’objet de retraitements : ceux-ci sont limitativement énumérés par la loi et ont pour
conséquence de neutraliser les effets des opérations intra-groupe.
Détermination du résultat d’ensemble
Somme algébrique des résultats individuels corrigés 2 164 900
1 936 540 - 86 000 + 111 320 - 106 960 + 310 000
Dividendes : les dividendes reçus par une société du groupe à raison de sa participation dans une
autre société du groupe sont retranchés du résultat d’ensemble s’ils n’ouvrent pas droit à l’application
er
du régime mère-fille (sauf s’ils sont reçus au cours du 1 exercice d’appartenance au groupe).
NB : à noter que si un dividende intra-groupe ouvre droit au régime mère-fille, mais que la société le
percevant n’opte pas pour l’application de ce régime, cette correction ne s’applique pas.
Ici, tous les dividendes intra-groupe bénéficient du régime mère-fille.
Quote-part de frais et charges sur dividendes bénéficiant du régime mère-fille : le résultat
d’ensemble est diminué de la quote-part de frais et charges comprise dans les résultats des sociétés
membres du groupe à raison de participations dans d’autres sociétés du groupe. La quote-part de - 3 148
frais et charges est égale à :
[5% x (1 000 + 40 000 + 3 000)] + (5% x 960) + (5% x 18 000)
Jetons de présence : le résultat d’ensemble est majoré des jetons de présence versés par les
sociétés filiales du groupe ; si une fraction de ces jetons a déjà été réintégrée fiscalement, la
majoration ne porte que sur la fraction non réintégrée. On ne tient pas compte des jetons de
présence versés par la société mère.
VOUS : 40 000 (versés) – 20 000 (réintégrés fiscalement) FER : 10 000 (versés)
+ 30 000

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UE 1 Corrigé 90
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Détermination du résultat d’ensemble (suite)

Provisions intra-groupe : le résultat d’ensemble est majoré des dotations aux provisions sur des
créances détenues entre sociétés du groupe. Le résultat d’ensemble est également majoré du
montant des dotations aux provisions pour risques constituées entre sociétés du groupe.
Corrélativement, toutes les reprises correspondantes sont déduites du résultat d’ensemble, mais à + 4 130
condition que les 2 sociétés concernées soient toujours membres du groupe lors de la reprise.
Dotations : 1 790 + 2 340 Reprises : 1 500 - 1 500
Abandons de créances et subventions directes ou indirectes internes : ils ne sont pas pris en
compte pour la détermination du résultat d’ensemble. D’où :
• réintégration des sommes déduites chez la société qui a consenti l’abandon ou la subvention (ici
MIMBAIR) : 3 000 + 5 000
+ 8 000
• déduction des sommes incluses dans les profits de la société qui a bénéficié de l’abandon ou de la
subvention (ici DIR et FER) : 3 000 + 5 000
- 8 000
Cessions internes d’immobilisations : elles sont neutralisées par le régime de l’intégration. La
plus-value dégagée par ces cessions n’est pas retenue pour le calcul du résultat d’ensemble ou de
la plus ou moins-value nette à long terme d’ensemble de l’exercice. Le supplément d’amortissement
pratiqué par la société cessionnaire doit être réintégré au résultat d’ensemble de chaque exercice
concerné.
Cession de VOUS à FER : PV CT = 50 000 - (40 000 - 30 000) à déduire
Supplément d’amortissement chez FER : (50 000 - 40 000) x 10% x 9/12 - 40 000
De plus, lorsqu’une cession interne est consentie à un prix inférieur à la valeur réelle du bien remis, + 750
la différence est considérée comme une subvention indirecte et doit être retraitée. Ici, l’énoncé
précise que les prix de cession sont égaux à la valeur réelle.

Charges financières : lorsqu’une société du groupe a acheté les titres d’une société qui devient
membre du groupe aux personnes qui la contrôlent, une fraction des charges financières déduites
par les sociétés membres du groupe est réintégrée au résultat d’ensemble (fraction forfaitairement
déterminée et présumée liée à cet achat). Ici, aucune opération de ce type.

Quote-part de frais et charges sur PV LT sur titres de participation : cette quote-part, réintégrée
au niveau de chaque société membre, doit être déduite du résultat d’ensemble, afin que l’intégralité
des PV LT intra-groupe de cession de titres de participation soit exonérée.
Ici, il s’agit de la PV LT sur titres de participation dégagée chez MIMBAIR : 12 000 x 12%
NB : le taux de cette quote-part a été porté de 5% à 10% en 2011 (cf. loi de Finances rectificative pour 2011 - 1 440
du 19/09/2011) puis de 10% à 12% à compter de 2012 (cf. loi de Finances pour 2013). De plus, les
MV LT ne peuvent plus s’imputer, depuis 2012, sur les PV LT pour le calcul de cette quote-part.

Résultat fiscal d’ensemble du groupe intégré 2 153 692

Détermination de la plus ou moins-value à long terme d’ensemble au taux de 15%


Somme algébrique des PV ou MV LT individuelles éventuellement corrigées
5 000 + 7 000 12 000

Provisions intra-groupe : la PV ou MV LT d’ensemble est majorée des éventuelles dotations aux


provisions (relevant du taux de 15%) sur des titres détenus entre sociétés du groupe.
Corrélativement, toutes les reprises correspondantes sont déduites de la PV ou MV LT d’ensemble,
mais à condition que les 2 sociétés concernées soient toujours membres du groupe lors de la
reprise. Ici, aucune provision intra-groupe concernée.

Cessions internes d’immobilisations : elles sont neutralisées par le régime de l’intégration. La


plus-value (relevant du taux de 15%) dégagée par ces cessions n’est pas retenue pour le calcul du
résultat d’ensemble ou de la plus ou moins-value nette à long terme d’ensemble de l’exercice.
Ici, aucune cession interne concernée.

Plus-value à long terme d’ensemble du groupe au taux de 15% 12 000

Détermination de la plus ou moins-value à long terme d’ensemble sur titres de participation


Somme algébrique des PV ou MV LT individuelles
- 10 300 + 10 000 - 300

Aucun retraitement n’est à effectuer lorsqu’il s’agit de cession interne de titres de participation
(puisque la PV LT est exonérée d’IS).

Moins-value à long terme d’ensemble du groupe intégré sur titres de participation - 300

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UE 1 Corrigé 91
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

c) I.S. à payer
IS à 33,1/3% = 2 153 692 x 33,1/3% = 717 897,33 arrondi à 717 897
Crédits d’impôt imputables = 3 900 + 13 725 + 1 275 + 4 260 - 23 160
IS net à 33, 1/3% 694 737
IS à 15% = 12 000 x 15% = 1 800
IS net total 696 537

Contribution de 3,3% de l’IS = [(717 897 + 1 800) - 763 000] x 3,3% 0


Cette assiette est négative, d’où pas de contribution à payer.

Contribution additionnelle de 10,7% : elle est due par la société mère si la somme des CA des sociétés membres du
groupe intégré excède 250M (seuil supposé non atteint ici).

d) Sort de la moins-value nette à long terme d’ensemble sur titres de participation


Elle est définitivement non imputable car les PV à LT sur titres de participation sont exonérées d’IS.
NB : Signalons que lorsqu’il s’agit de MVnLT sur éléments au taux de 15%, les MVnLT comprises dans la PV ou MV
nette d’ensemble ne peuvent plus être déduites des PVLT ou bénéfices ultérieurs de la société qui les a subies.

e) Comparaison
I.S. et contributions payés sans intégration fiscale : 642 363 + 38 157+ 95 740 776 260
I.S. et contributions payés avec intégration fiscale : 696 537
Avantage fiscal résultant de l’intégration 79 723

L’intégration fiscale apparaît donc avantageuse, d’autant plus que les sociétés déficitaires qui bénéficient de crédits
d’impôt non remboursables peuvent transférer ces derniers à la société tête de groupe qui les impute sur l’IS groupe, alors
qu’en régime de droit commun ces crédits d’impôt seraient définitivement perdus.
Ce régime fiscal des groupes tend d’une part à assurer une neutralité fiscale, et d’autre part à favoriser la concentration
des entreprises.

5. Conséquences comptables
a) Écritures d’IS et de contribution additionnelle dans les comptes sociaux
31/12/N
Chez DIR et FER Aucune écriture
31/12/N
Chez VOUS 6981 Intégration fiscale - charges 38 157
4511 Compte courant société MIMBAIR 38 157
Intégration fiscale
31/12/N
Chez BOIR 6981 Intégration fiscale - charges 95 740
4511 Compte courant société MIMBAIR 95 740
Intégration fiscale
31/12/N
Chez MIMBAIR 6981 Intégration fiscale - charges 562 640
4511 Compte courant société VOUS 38 157
4512 Compte courant société BOIR 95 740
444 État - IS et contributions additionnelles 696 537
Intégration fiscale

Dans cette conception de convention d’intégration fiscale :


• les filiales déficitaires ne constatent aucune charge d’impôt ;
• les filiales bénéficiaires constatent leur charge d’impôt calculée comme en l’absence d’intégration, qui constitue une
dette à régler aux échéances fiscales habituelles (acomptes d’IS et solde de liquidation) à la tête du groupe (et non
plus au Service des Impôts) ;
• la tête de groupe constate ses créances détenues sur les sociétés bénéficiaires et sa dette réelle vis-à-vis du
Trésor Public (c’est-à-dire l’IS et la contribution dus par le groupe intégré) ; la différence constitue un produit ou une
charge d’impôt, qui peut se décomposer en d’une part l’impôt dû par la tête de groupe sur son résultat individuel (ici
642 363) et d’autre part le gain ou la perte résultant de l’existence du groupe intégré (ici un produit de 79 723 dû à
l’existence -notamment- de déficits fiscaux chez DIR et FER).

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UE 1 Corrigé 92
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

b) Informations devant figurer dans l’annexe aux comptes sociaux des sociétés du groupe
Selon le CNC, l’annexe aux comptes sociaux des sociétés intégrées (tête de groupe et filiales) doit donner au moins les
indications suivantes (cf. PCG art.831-3) :
• modalités de répartition de l’impôt sur le résultat d’ensemble du groupe ;
• différence entre l’impôt comptabilisé et l’impôt pour le paiement duquel l’entreprise est solidaire ;
• différence entre l’impôt comptabilisé et l’impôt qui aurait été supporté en l’absence d’intégration fiscale ;
• déficits reportables ;
• nature et contenu spécifiques de la rubrique « Impôts sur les bénéfices ».

Informations devant figurer dans l’annexe aux comptes consolidés


Selon le CNC, cette annexe doit comporter au moins une indication sur le périmètre de l’intégration fiscale.

c) Informations devant figurer dans le rapport spécial du CAC de la société MIMBAIR


• Conception de convention d’intégration fiscale retenue.
• Charge d’impôt en résultant pour la société.
• Économie d’impôt globale liée aux déficits des filiales.

DEUXIÈME DOSSIER : SOCIÉTÉ CONSO

Depuis 2012, il existe un régime de consolidation de la TVA pour les sociétés appartenant à un groupe. Il s’agit d’un
régime de consolidation du paiement de la TVA (et non de la déclaration de TVA) qui ne concerne que les très
grandes entreprises.
Une société tête de groupe peut donc consolider le paiement de la TVA pour elle-même et ses filiales détenues
directement ou indirectement à plus de 50%, notamment lorsque les conditions suivantes sont remplies :
- sociétés tête et filiales relevant de la DGE (Direction des Grandes Entreprises) : CA HT ou total bilan  400 M ;
- sociétés tête et filiales clôturant leurs exercices à la même date et soumises au régime du réel normal de TVA.

La société tête de groupe peut donc opter (avec l’accord des filiales consolidées) auprès de la DGE pour la consolidation
er
du paiement de la TVA pour une période initiale de 3 exercices (prenant effet au 1 jour de l’exercice comptable suivant
la date de l’option).
Concrètement, chaque société membre du groupe continue à souscrire mensuellement ses propres déclarations de TVA
(sans effectuer de paiement ni demander un éventuel remboursement de TVA). La société tête de groupe souscrit
chaque mois une déclaration récapitulative faisant état des montants de TVA à payer et des montants d’excédents de
TVA de toutes les sociétés du groupe : en cas de solde positif, la société tête règle le montant de TVA à payer du groupe
et, en cas de solde négatif, elle fait la demande de remboursement du crédit de TVA du groupe. L’avantage de ce
régime résulte donc de la compensation entre les TVA à payer et les crédits de TVA des différentes sociétés du groupe.

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UE 1 Corrigé 93
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Agnès Lieutier
VERSION JARDIN
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Traitement fiscal des opérations internes aux groupes : Régime des sociétés mères et filiales

PREMIER DOSSIER : GROUPE « VERSION »

1. Distributions ouvrant droit au régime mère/fille


Le régime mère/fille s’applique :
• lorsque la société mère est soumise à l’IS au taux normal ;
• lorsque la société filiale (qui ne peut être une société relevant du régime des sociétés de personnes) est détenue à
5% au moins par la mère ; il s'agit de la détention des droits à dividendes ;
• lorsque les titres sont effectivement détenus pendant 2 ans.

Analyse pour chaque société du groupe « VERSION » :

 M. VERSION :
M. VERSION étant une personne physique (donc non soumise à l’IS), les distributions qui lui sont versées n’ouvrent pas
droit au régime mère/fille.
 VB (SA) :
VB est une SA soumise à l’IS : elle a donc la qualité de société mère.
• VD étant une SNC (n’ayant pas opté pour l’IS) relevant du régime des sociétés de personnes, pas d’application du
régime mère/fille.
• VF est une SA détenue à 24% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit au régime mère/fille.
• VR est une société de capitaux étrangère détenue à 10% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit
au régime mère/fille.
• VM est une SARL (donc soumise à l’IS) détenue à 70% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit
au régime mère/fille.
 VD (SNC) :
VD est une SNC non soumise à l’IS : elle ne peut donc avoir la qualité de société mère. Aucune des distributions qui lui
sont versées n’ouvrent droit au régime mère/fille.
 VF (SA) :
VF est une SA soumise à l’IS : elle a donc la qualité de société mère.
• VM est une SARL (donc soumise à l’IS) mais n’est détenue qu’à 4% soit < 5% : ses distributions n’ouvrent pas droit
au régime mère/fille.
• VN est une SNC ayant opté pour l’IS détenue à 90% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit au
régime mère/fille.
(1)
• VT est une SA mais VF ne détient pas plus de 5% des droits à dividendes : ses distributions n'ouvrent pas droit au
régime mère/fille.
• VTR est une SA détenue à 50% ( 5%) depuis plus de 2 ans : ses distributions ouvrent droit au régime mère/fille.
 VR (société étrangère) :
VR est une société étrangère non soumise à l’IS en France : elle n’est donc pas concernée par le régime mère/fille
applicable en France.
 VM, VN, VT, VTR :
Toutes ces sociétés sont soumises à l’IS : elles ont donc la qualité de société mère. Mais ici elles ne perçoivent aucune
distribution.

(1)
Pour ouvrir droit au régime mère/fille, seule la détention de 5% des droits à dividendes est nécessaire, il n'est pas nécessaire de
détenir à la fois 5% du capital et 5% des droits de vote (par exemple, la détention de 5% des titres du capital ne donnant accès qu'à
3% des droits de vote, d'autres actionnaires ayant un droit de vote double, ouvre droit à l'application du régime mère/fille. Toutefois,
seuls les titres assortis du droit de vote bénéficient de l'exonération résultant de l'application de ce régime mère/fille (cf. arrêt CE
05/11/2014, n°370650, ayant dissocié le champ d'application du régime M/F et les dividendes bénéficiant effectivement de
l'exonération). Au cas présent, VF ne détenant pas 5% des droits à dividendes, le régime mère/fille ne s'applique pas (la détention
de 5% des droits de vote ne suffit pas).

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UE 1 Corrigé 94
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

2. Obligation ou non d’appliquer le régime mère/fille


Le régime mère/fille est un régime optionnel. L’option est exercée dans les conditions suivantes : une société mère est
libre d’opter pour le régime mère/fille, au titre de chaque exercice, pour chaque participation qu’elle détient dans une
filiale, mais :
• l’option est valable obligatoirement pour tous les titres d’une même filiale ;
• l’option est valable obligatoirement pour toutes les distributions opérées par une même filiale au cours d’un même
exercice.
Si les distributions d’une filiale à une mère ouvrent droit au régime mère/fille, il est avantageux fiscalement d’opter pour
ce régime, car il aboutit à l’exonération quasi-totale de ces distributions qui, dans le régime de droit commun,
supporteraient l’impôt sur les sociétés.

3. Calcul des bénéfices fiscaux après retraitements fiscaux


VB
Bénéfice fiscal (avant traitement des distributions) 26 175
Distribution en provenance de VM : 20 000 x 70% 14 000
Distribution en provenance de VF : 50 000 x 24% 12 000
Distribution en provenance de VR : 1 275
- dividende brut : 15 000 x 10% = 1 500
- retenue à la source prélevée : 1 500 x 15% = 225
D’où net perçu = 1 500 – 225 = 1 275
Total des dividendes perçus ouvrant droit au régime M/F 27 275

Calcul de la quote-part de frais et charges de 5% :


(14 000 + 12 000 + 1 500) x 5% = 1 375 - 1 375

D’où déduction fiscale à opérer : 27 275 – 1 375 - 25 900


Bénéfice fiscal 275

VF
Bénéfice fiscal (avant traitement des distributions) 200 000
Distribution en provenance de VN : 60 000 x 90% 54 000
(1)
Distribution en provenance de VTR : (40 000 + 40 000) x 50% 40 000
Total des dividendes perçus ouvrant droit au régime M/F 94 000

Calcul de la quote-part de frais et charges de 5% :


94 000 x 5% = 4 700 - 4 700

D’où déduction fiscale à opérer : 94 000 – 4 700 - 89 300


Bénéfice fiscal 110 700
(1) Toutes les distributions ouvrent droit au régime mère/fille, qu’il s’agisse des distributions du résultat
annuel ou des réserves. Par ailleurs, le mode de paiement du dividende n’impacte pas l’application du
régime mère/fille.

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UE 1 Corrigé 95
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

DEUXIÈME DOSSIER – GROUPE « JARDIN »

1. Traitement fiscal des dividendes N chez JARDIN


Les 4 dividendes ouvrent droit au régime mère/fille, à titre provisoire tant que la durée de détention des titres des 4
sociétés F1, F2, F3 et F4 n’a pas atteint deux ans.
Retraitement extra-comptable à opérer pour la détermination du résultat fiscal de JARDIN :
Dividendes perçus : 10 000 + 30 000 + 50 000 + 20 000 = 110 000 
Quote-part de frais et charges = 110 000 x 5% = - 5 500 

Déduction extra-comptable 104 500 

2. Conséquences fiscales pour l’exercice N+1


Dividendes filiale F1
Les titres de F1 sont cédés par JARDIN le 30 septembre N+1 : le délai de 2 ans, décompté à partir de la date
er
d’acquisition du 1 mars N, n’est pas atteint.
• Les dividendes perçus en N+1 n’ouvrent pas droit au régime mère/fille : ils sont compris dans le résultat fiscal au taux
de droit commun de l’IS.
• Les dividendes perçus en N et soumis au régime mère/fille doivent faire l’objet d’un versement au Trésor de l’IS dont la
société JARDIN a été indûment exonérée, majoré de l’intérêt de retard. Ce versement est exigible dans les 3 mois
suivant la cession des titres de F1, soit au plus tard le 30 décembre N+1.
Versement à opérer = [10 000 – (10 000 x 5%)] x 33,1/3% = 3 167  + intérêt de retard

Dividendes filiale F2
F2 étant absorbée par A le 15 octobre N+1, ces titres n’ont pas été détenus pendant la période de 2 ans. Toutefois,
l’échange qui résulte pour la mère JARDIN de la fusion de F2 avec A (JARDIN reçoit ici des titres A à la place des titres
F2) est assimilé à une opération intercalaire : le délai de 2 ans est décompté jusqu’à la date de cession par JARDIN des
titres A reçus en échange.
NB : Il est à noter que cette règle s’applique, que l’absorption de la filiale soit ou non placée sous le régime fiscal
de faveur des fusions.
• Les dividendes perçus en N+1 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
40 000 – (40 000 x 5%) = 38 000 .

Dividendes filiale F3
Les titres de F3 étant apportés par JARDIN à une société B le 15 novembre N+1, ces titres n’ont pas été détenus
pendant la période de 2 ans. Toutefois, l’apport des titres de la filiale et l’échange qui en résulte pour la mère (qui reçoit
ici des titres B à la place des titres F3) est assimilé à une opération intercalaire, à la condition que l’opération soit placée
sous le régime fiscal de faveur des fusions et opérations assimilées (prévu par l’art. 210 A du CGI) : le délai de 2 ans est
décompté jusqu’à la date de cession par JARDIN des titres B reçus en échange.
• Les dividendes perçus en N+1 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
30 000 – (30 000 x 5%) = 28 500 .

Dividendes filiale F4
• Les dividendes perçus en N+1 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
20 000 – (20 000 x 5%) = 19 000 .

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UE 1 Corrigé 96
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Conséquences fiscales pour l’exercice N+2


Dividendes filiale A
• Les dividendes perçus en N+2 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
10 000 – (10 000 x 5%) = 9 500 .

Dividendes filiale B
Les titres de B sont cédés par JARDIN le 15 février N+2 : le délai de 2 ans, décompté à partir de la date d’acquisition (de
er
F3) du 1 mars N, n’est pas atteint.
• Les dividendes perçus en N+2 n’ouvrent pas droit au régime mère/fille : ils sont compris dans le résultat fiscal au taux
de droit commun de l’IS.
NB : en réalité, JARDIN ne perçoit pas de dividende en provenance de B en N+2. Ceci peut s’expliquer soit par
l’absence de distribution mise en paiement par B, soit par le fait que la cession intervient le 15 février et que le
dividende est versé par B à son nouvel actionnaire postérieurement au 15 février.
• Pour les dividendes perçus en N et N+1 en provenance de F3, un versement doit être effectué au Trésor : il s’agit de
l’IS dont la société JARDIN a été indûment exonérée, majoré de l’intérêt de retard. Ce versement est exigible dans les
3 mois suivant la cession des titres de B, soit au plus tard le 15 mai N+2.
Versement à opérer = [(50 000 + 30 000) – (80 000 x 5%)] x 33,1/3% = 25 333  + intérêt de retard.

NB : Les titres B sont cédés le 15 février N+2, soit avant l’expiration du délai de déclaration des résultats de
l’exercice N+1. En pratique, les dividendes en provenance de F3 versés en N+1 ne se verront pas appliquer le
régime mère/fille au titre de l’exercice N+1, et le versement de régularisation ne concernera que les
dividendes versés en N (50 000 ).

Dividendes filiale F4
Les sociétés JARDIN et F4 fusionnent le 30 septembre N+2 (avec application du régime fiscal de faveur des fusions) :
cette restructuration n’interrompt pas le délai de détention (cf CGI, art. 145 1 c. al. 4). Le régime mère/fille n’est pas
remis en cause.
• Les dividendes perçus en N+2 ouvrent droit au régime mère/fille : à déduire extra-comptablement :
30 000 – (30 000 x 5%) = 28 500 .

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UE 1 Corrigé 97
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Grégory Lachaise
PAPILLA
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Implications juridiques, sociales liées au groupe de sociétés, réglementation des participations

1. Notion de groupe – Qualification des sociétés du groupe


Un groupe est un ensemble constitué de plusieurs sociétés (cas d’espèce), entités juridiques distinctes (1 SAS, quatre
SA, une SCI, une SARL) mais unies entre elles par des liens divers (juridiques, financiers) en vertu desquels l’une
d’elles, appelée société mère (la SAS PAPILLA), tient les autres sous sa dépendance, exerce un contrôle sur l’ensemble
et fait prévaloir une unité de décision.
La SAS PAPILLA définit la stratégie de l’ensemble des sociétés du groupe et s’occupe des activités fonctionnelles
(comptabilité, finances…). On constate qu’elle contrôle les sociétés du groupe puisqu’elle détient directement ou
indirectement une fraction du capital lui conférant la majorité des droits de vote dans les assemblées générales (95%,
98%, 100%, 55%). On peut conclure à la présence d’un groupe.
La SAS PAPILLA est la société mère du groupe (holding).
Lorsqu’une société possède plus de la moitié du capital d’une autre société, la seconde est considérée comme filiale de
la première – art. L233-1.
La SAS PAPILLA a donc quatre filiales (les deux SA d’exploitation, la SCI et la SARL) puisqu’elle détient plus de la
moitié du capital de chaque société. La SA de plats cuisinés est une filiale de la SA d’exploitation Gennevilliers et une
sous-filiale de la SAS PAPILLA.
Lorsqu’une société possède dans une autre société une fraction du capital comprise entre 10% et 50%, la première est
considérée comme ayant une participation dans la seconde – art. L233-2.
La SAS PAPILLA a une participation dans la société CABANON puisque qu’elle détient 20% de son capital.

2. Cumul de mandats
Dans la SAS, la SARL, la SCI : il n’existe pas de règle interdisant le cumul de mandats. M. Ferrero pourrait exercer
autant de mandats qu’il le souhaite dans ces types de sociétés.
Dans la SA : une personne physique ne peut exercer simultanément plus d’un mandat de directeur général de sociétés
anonymes ayant leur siège social sur le territoire français – art. L225- 54-1 al. 1.
Dans le cas, M. Ferrero assume la direction générale des 3 sociétés anonymes : les deux SA d’exploitation et la SA de
plats cuisinés. Il occupe donc 3 mandats de directeur général.

Depuis la loi du 29.10.2002, 2 dérogations cumulables sont autorisées :


- un deuxième mandat de même nature peut être exercé dans une société contrôlée (cotée ou non) par celle dans
laquelle le dirigeant occupe son premier mandat – art. L225-54-1 al. 2 ;
- un mandat supplémentaire dans une autre société anonyme dès lors qu’aucune des deux sociétés n’est cotée –
art. L225-54-1 al. 3.
M. Ferrero exerce son mandat dans la SA d’exploitation Gennevilliers qui contrôle (au sens énoncé par l’article L223-16
re
pour l’établissement des comptes consolidés) la SA PLATS CUISINÉS. Il est donc fait application de la 1 dérogation.
M. Ferrero peut avoir un second mandat de directeur général dans la SA de plats cuisinés.
e
Il peut exercer un troisième mandat (dans la SA d’exploitation Vitrolles) puisque les sociétés ne sont pas cotées (2
dérogation) et que les dérogations sont cumulables.

Conclusion : M. Ferrero peut valablement cumuler le 3 mandats de directeur général.

3. Participation réciproque et autocontrôle


Aux termes de l’article L233-29 [Link], une société par actions ne peut posséder d’actions d’une autre société si celle-ci
détient une fraction de son capital supérieure à 10%. Par cette règle, le législateur a seulement visé les participations
face à face. Il a laissé de côté les participations circulaires ou triangulaires (cas d’espèce puisque la SA de plats cuisinés
est une sous-filiale de la SAS PAPILLA).

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UE 1 Corrigé 98
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

La détention de 10% de la SA de plats cuisinés n’est donc pas interdite, mais elle tombe sous le coup de l’interdiction de
vote des actions d’autocontrôle.
En effet, selon l’article L233-31 [Link], lorsque des actions ou des droits de vote d’une société (la SAS PAPILLA) sont
possédés par une ou plusieurs sociétés (la SA plats cuisinés) dont elle détient directement ou indirectement le contrôle
(ici la SAS PAPILLA détient indirectement le contrôle de la SA plats cuisinés), les droits de vote attachés à ces actions
ne peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société (AG de la SAS PAPILLA) ; il n’en est pas tenu compte
pour le calcul du quorum.
Conclusion : la SA PLATS CUISINÉS peut détenir 10% de la SAS PAPILLA, mais elle sera privée de son droit de vote
dans les assemblées générales de la SAS PAPILLA.

4. Le prêt de 8 000  de la société mère à sa filiale


Le régime des conventions réglementées s’applique à la SAS (art. L227-10 ) et à la société anonyme (art. L225-38).

L’existence d’un groupe doit être prise en compte pour qualifier si une convention, normalement réglementée, peut être
qualifiée de convention libre lorsqu’elle est conclue entre deux sociétés du groupe.
La loi bancaire autorise une entreprise à procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle,
directement ou indirectement, des liens de capital conférant à l’une des entreprises liées un pouvoir de contrôle effectif
sur les autres.
Le caractère courant de l’opération de prêt est présumé, le caractère normal doit être recherché dans les conditions du
prêt.
Un prêt sans intérêt est une condition anormale. Cette opération est donc une convention réglementée : elle devra être
soumise à l’autorisation préalable et motivée (depuis l’ordonnance du 31.07.2014) du conseil d’administration de la SA
d’exploitation de Vitrolles, à l’approbation de l’assemblée de la SA d’exploitation de Vitrolles et au contrôle des associés
de la SAS PAPILLA.

5. Le bail et les prestations de services entre une société mère et ses filiales
Il s’agit de conventions conclues entre sociétés d’un même groupe. L’opération de location est considérée comme une
opération courante au sein d’un groupe : le prix du loyer peut être considéré comme normal puisque son augmentation
est basée sur un critère objectif (l’indice du coût de la construction). Il n’y aura pas à soumettre ce contrat à la procédure
des conventions réglementées.
L’obligation de communiquer les conventions courantes aux organes de la société, au CAC et aux actionnaires est
supprimée par la loi du 15.05.2011.

La facturation de la tenue de comptabilité de la SAS PAPILLA à toutes les sociétés du groupe


La société mère a pris en charge la tenue de comptabilité des sociétés du groupe. L’opération de facturation à chaque
société est une opération courante. Le prix de facturation est considéré comme normal si la facturation est faite au prix
de revient ou avec une marge bénéficiaire raisonnable destinée à couvrir les frais indirects. Il conviendra de s’enquérir
des clefs de répartition retenues.
En l’espèce, le prix de facturation tient compte du coût de revient et la clef de répartition semble équitable (le temps
passé dans chaque société).
On peut conclure que ces prestations de services sont des conventions libres. La procédure des conventions
réglementées ne s’appliquera pas.

6. Obligation d’information lors d’une prise de participation


Selon l’article L233-6 [Link], lorsqu’une société a pris, au cours d’un exercice, une participation dans une société ayant
son siège social sur le territoire français représentant plus du vingtième, du dixième, du cinquième, du tiers, de la moitié
du capital ou s’est assuré le contrôle d’une telle société, il en est fait mention dans le rapport présenté aux associés sur
les opérations de l’exercice et, le cas échéant, dans le rapport des commissaires aux comptes.
Le président de la SAS PAPILLA devra mentionner la prise de participation de 20% dans la SA CABANON dans son
rapport de gestion.

7. Création d’une société européenne filiale


Plusieurs sociétés, quelle que soit leur forme, peuvent constituer une société européenne en souscrivant ses actions si deux
d’entre elles au moins relèvent du droit d’États membres différents de l’Union européenne…
La forme juridique de la SE est obligatoirement celle de la SA (ses règles de fonctionnement vont s’appliquer).
Le capital social de la SE est divisé en actions. Il doit être d’au moins 120 000 .
Le siège social statutaire et l’administration centrale de la société ne doivent pas être dissociés – art. L229-1 al. 3.

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UE 1 Corrigé 99
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Toute SE ayant son siège statutaire en France doit être immatriculée au RCS.
Dans le cas d’espèce, M. Ferrero peut envisager la création d’une SE filiale puisqu’il s’agit de deux sociétés de deux États
membres de l’Union européenne qui vont créer cette filiale. Il faudra respecter les conditions de constitution ci-dessus.

Établissement de comptes consolidés


Les sociétés commerciales établissent et publient chaque année des comptes consolidés ainsi qu’un rapport de gestion
du groupe, dès lors qu’elles contrôlent de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres entreprises ou qu’elles
exercent une influence notable sur celles-ci – art. L233-16-(I).
Outre l’établissement des comptes annuels à l’échelon de chaque société du groupe, la société mère doit établir et
publier chaque année, à la diligence du dirigeant, des comptes consolidés ainsi qu’un rapport sur la gestion du groupe.
Par exception, l’obligation d’établir des comptes consolidés est écartée – L233-17 [Link] :
- quand les sociétés sont elles-mêmes sous le contrôle d’une entreprise qui les inclut dans ses comptes consolidés
et publiés ;
- quand l’ensemble constitué par une société et les personnes morales qu’elle contrôle ne dépasse pas, pendant
deux exercices consécutifs sur la base des derniers comptes annuels arrêtés, deux des trois seuils suivants :
- total du bilan : 15 millions d’euros,
- chiffre d’affaires hors taxes : 30 millions d’euros,
- nombre moyen de salariés permanents : 250 – art. R233-16.
La SAS PAPILLA ne dépasse pas 2 des trois seuils ci-dessus (CAHT 25 millions d’euros – 240 salariés). Elle n’a pas
l’obligation d’établir des comptes consolidés.

8. Conditions pour qu’une société mère soit déclarée co-employeur des salariés de sa filiale
Les salariés d’une filiale peuvent demander à la société mère de réparer les conséquences de la rupture de leur contrat
de travail pour motif économique avec la filiale si l’on peut établir l’existence d’une confusion d’intérêts, d’activités et
de direction entre les deux sociétés alors qu’ils n’avaient pas conclu de contrat de travail avec la société mère.

L’arrêt rapporte la preuve de la confusion d’intérêts, d’activités et de direction :


- la filiale était détenue à 100% par la société mère ;
- le président de la filiale exerçait des fonctions équivalentes dans la société mère ;
- le domaine d’activité des deux sociétés était identique (fabrication de machines-outils) ;
- les sociétés avaient une clientèle, des fournisseurs et des prestataires communs ;
- la société mère avait conçu, financé et mis en œuvre le plan de relance de la filiale et avait soutenu financièrement
la filiale avant sa mise en liquidation judiciaire.

Application : les salariés de la société Wirth (la filiale) sont considérés comme des salariés de la société mère Autania
déclarée co-employeur par l’arrêt. La société mère devra réparer les conséquences de leur licenciement par la filiale.

9. L’accord de groupe
Visé aux articles L2232-30 à L2232-35 du code du travail, un accord collectif peut être conclu au niveau d’un groupe.
Il est négocié entre :
- d’une part, l’employeur de l’entreprise dominante, ou un ou plusieurs représentants des employeurs des
entreprises concernées,
- et d’autre part, les organisations syndicales de salariés représentatives dans le groupe ou dans l’ensemble des
entreprises concernées.
L’accord doit délimiter son champ d’application et peut ne concerner que certaines sociétés du groupe.
Quant au contenu de l’accord, les dispositions de celui-ci ne peuvent déroger aux conventions de branche ou accords
professionnels dont relèvent les entreprises du groupe, sauf disposition expresse de ces conventions de branche ou
accords professionnels.
Sa validité est subordonnée :
- à sa signature par une ou plusieurs organisations syndicales de salariés représentatives ayant recueilli dans les
entreprises entrant dans le champ d’application de l’accord au moins 30% des suffrages exprimés au premier tour
des dernières élections des titulaires des comités d’entreprise ou de la délégation unique du personnel ou, à
défaut, des délégués du personnel ;
- à l’absence d’opposition d’une ou plusieurs organisations syndicales de salariés représentatives ayant recueilli
dans le même périmètre la majorité des suffrages exprimés à ces mêmes élections.
Une fois adopté, il emporte les mêmes effets qu’un accord d’entreprise.

En l’espèce, M. Ferrero peut légitimement projeter de conclure un accord au niveau du groupe pour organiser la mobilité
professionnelle des salariés au sein du groupe.

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10. L’accord d’intéressement et de participation au niveau du groupe


L’accord d’intéressement
Dans les entreprises et groupes disposant d’un accord d’intéressement et concourant avec d’autres entreprises à une
activité caractérisée et coordonnée, un accord qualifié d’intéressement de projet peut être mis en place, conformément
aux dispositions de l’article L3312-5 du Code du travail.
L’ensemble ou une partie des salariés du groupe peuvent en bénéficier.
L’accord, qualifié d’intéressement de projet, est négocié dans les mêmes conditions qu’un accord d’intéressement, à
savoir : par convention ou accord collectif de travail, par accord entre l’employeur et les représentants d’organisations
syndicales représentatives dans l’entreprise, par accord conclu au sein du comité d’entreprise ou encore à la suite de la
ratification, à la majorité des deux tiers du personnel concerné entrant dans le champ d’application dudit projet.
L’accord, conclu pour une durée de 3 ans, doit définir son champ d’application et les modalités de calcul qui peuvent au
demeurant déroger à celles prévues pour l’accord d’intéressement au niveau de l’entreprise.

L’accord de participation au niveau du groupe


L’article L3322-7 du code du travail prévoit expressément la possibilité de conclure un accord de participation entre les
sociétés d’un même groupe ou seulement certaines d’entre elles.
Il peut être négocié et conclu selon les modalités suivantes :
- entre un mandataire des sociétés concernées et un ou plusieurs salariés (à la double condition qu’il(s) soi(en)t
mandaté(s) à cet effet par une ou plusieurs organisations syndicales représentatives et qu’il(s) appartienne(nt) à
l’une des entreprises du groupe) ;
- entre le mandataire des sociétés intéressées et les représentants mandatés par chacun des comités d’entreprise
concernés ;
- par ratification, à la majorité des deux tiers du personnel, d’un projet d’accord proposé par le mandataire des
sociétés du groupe. S’il existe dans les sociétés intéressées une ou plusieurs organisations syndicales
représentatives ou, lorsque toutes les sociétés du groupe sont intéressées, s’il existe un comité de groupe, la
ratification est demandée conjointement par le mandataire des sociétés du groupe et soit une ou plusieurs de ces
organisations, soit la majorité des comités d’entreprise des sociétés concernées, soit le comité de groupe. La
majorité des deux tiers est appréciée au niveau de l’ensemble des sociétés concernées.

M. Ferrero peut opter pour l’une ou l’autre solution, puisque les deux dispositifs lui semblent ouverts, sous conditions
pour la première qu’il existe un accord d’intéressement dans l’une des sociétés. Son choix devra porter sur les modalités
de calcul de l’une et l’autre formule.

11. Clause de mobilité dans le groupe


Une entreprise comportant différents sites ou qui envisage le développement de son activité en différents lieux peut
légitimement supposer que l’évolution souhaitée aura pour conséquences de modifier le lieu de travail de certains
salariés. La mobilité peut s’effectuer librement dans un même secteur géographique dans la mesure où la mention du
lieu de travail dans le contrat n’a qu’une valeur indicative (Cass. soc. 3 juin 2003), sauf à faire mentionner le caractère
exclusif du lieu d’exécution de la prestation de travail.
Par contre, si la mutation doit s’opérer au-delà du secteur géographique considéré, celle-ci constitue une modification du
contrat pour laquelle l’employeur doit recueillir l’accord du salarié.
Dès lors, l’employeur peut anticiper cette situation en prévoyant une clause de mobilité dans le contrat de travail. Cette
clause prévoit la possibilité pour l’employeur de modifier unilatéralement le lieu de travail du salarié sans que ce dernier
ne puisse bénéficier des règles protectrices liées aux modifications du contrat de travail. Le refus par le salarié
d’accepter la mutation constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement.

Cette solution s’applique-t-elle dans le cas d’un groupe dans la mesure où la clause de mobilité suppose un changement
d’employeur puisque chaque filiale reste une entité juridique autonome ?
La cour de cassation, par un arrêt en date du 23 septembre 2009, a répondu à la question en sanctionnant par la nullité
l’existence d’une telle clause. En effet, un salarié ne peut par avance accepter un changement d’employeur alors même
que le nouvel employeur appartiendrait au même groupe ou à la même unité économique et sociale.

12. Constitution d’un comité de groupe


Un comité de groupe est constitué au sein du groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante, dont le
siège social est situé sur le territoire français, et les entreprises qu’elle contrôle.
Le comité est constitué à l’initiative de l’entreprise dominante dès que la configuration du groupe est effective, soit à la
suite d’un accord des parties intéressées, soit à défaut par une décision de justice.
Le manquement à l’obligation de mise en place de cette institution est sanctionné pénalement par une peine d’un an
d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende (art. 2335-1 [Link].).
Le comité de groupe est composé :
- d’une part, du chef de l’entreprise dominante, assisté de deux personnes de son choix ayant voix consultative ;

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UE 1 Corrigé 101
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- d’autre part de représentants du personnel des entreprises constituant le groupe dont le mandat est de 4 ans
(néanmoins, un accord de groupe peut fixer une durée comprise entre 2 et 4 ans).

Il reçoit des informations sur l’activité, la situation financière, l’évolution et les prévisions d’emploi annuelles ou
pluriannuelles et les actions éventuelles de prévention envisagées, dans le groupe et dans chacune des entreprises qui
le composent. De surcroît, il reçoit communication des comptes et du bilan consolidés ainsi que du rapport du
commissaire aux comptes correspondant.
Il est informé, dans ces domaines, des perspectives économiques du groupe pour l’année à venir (art. 3332-1 [Link].).

Dans le cas d’espèce, la structure décrite correspond à un groupe à l’intérieur duquel la SA PAPILLA a la qualité de
société mère en tant qu’entreprise dominante (cf. question 1). La constitution d’un comité de groupe est donc impérative,
soit à son initiative, soit par accord collectif, et à défaut par la voie judiciaire.

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UE 1 Corrigé 103
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got
Agnès Lieutier
Grégory Lachaise
GROUPEMENT TAXIS
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Règles juridiques, fiscales et sociales gouvernant certains modes de coopération inter-entreprises : GIE

Le groupement d’intérêt économique a été institué en 1967 afin de permettre aux entreprises d’unir leurs efforts tout en
conservant leur indépendance

1. Légalité de constitution du GIE


« Deux ou plusieurs personnes physiques ou morales peuvent constituer entre elles un groupement économique pour
une durée déterminée.
Le but du groupement est de faciliter ou de développer l’activité économique de ses membres, d’améliorer ou d’accroître
les résultats de cette activité. Il n’est pas de réaliser des bénéfices pour lui-même.
Son activité doit se rattacher à l’activité économique de ses membres et ne peut avoir qu’un caractère auxiliaire par
rapport à celle-ci » – art. L251-1 [Link].

« Le GIE peut être constitué sans capital » – art. L251-3. Ses membres peuvent effectuer des apports en numéraire, en
nature et en industrie.
« Le contrat de GIE détermine l’organisation du groupement […] Il est établi par écrit et […] contient les indications
suivantes : dénomination, identité de chaque membre, la durée, l’objet, le siège » – art. L251-8.
« Le GIE jouit de la personnalité morale à dater de son immatriculation au RCS, sans que cette immatriculation emporte
présomption de commercialité du groupement » – art. L251-4.

Dans le cas, nous sommes en présence de 5 personnes physiques, des artisans taxis, et d’une personne morale (la
SARL) qui veulent constituer un GIE sans capital et dont l’objet est de développer leur activité, puisqu’il s’agit d’une part
de mettre en œuvre des moyens communs (communication), et d’autre part d’adjoindre une activité touristique. Le
groupement se rattache bien à l’activité initiale des membres : le transport. En groupant leurs moyens, ils pourront mieux
répondre à la demande (24H/24H - 7j/7). Ce GIE est bien le prolongement de l’activité économique de ses membres,
lesquels poursuivront leur activité propre de transport.
Le GIE a une dénomination sociale : GIE Groupement-Taxis-Lourdes.
La durée du GIE est fixée à 3 ans.
Le GIE doit être immatriculé au RCS, que son objet soit civil ou commercial, pour bénéficier de la personnalité morale.
Conclusion : le GIE constitué est légal.

2. Organes de direction du GIE


« Le groupement est administré par une ou plusieurs personnes. Une personne morale peut être administrateur du
groupement. […] Le contrat ou, à défaut, l’assemblée des membres organise librement l’administration du groupement et
nomme les administrateurs dont il détermine les attributions, les pouvoirs et les conditions de révocation.
Dans les rapports avec les tiers, un administrateur engage le groupement par tout acte entrant dans l’objet de celui-ci.
Toute limitation de pouvoirs est inopposable aux tiers. » – art. L251-11.

Dans le cas, les membres ont dû désigner au moins un administrateur parmi ses membres ou en dehors d’eux (un tiers)
selon des modalités qu’ils ont déterminées (majorité, durée des fonctions, attributions, conditions de révocation).
Le ou les administrateurs ont engagé le GIE par le contrat avec le prestataire de services qui a mis en place le site
Internet, car il s’agit d’un contrat qui entre dans le cadre de l’objet du GIE (il permet le fonctionnement du GIE).

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UE 1 Corrigé 104
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3. Rôle des membres du GIE


Chaque membre peut être administrateur (voir question 2).
Chaque membre participe à la vie du groupement à travers l’assemblée des membres du groupement qui est habilitée à
prendre toute décision, y compris de dissolution anticipée ou de prorogation, dans les conditions déterminées par le
contrat (modalités de convocation, quorum, majorité…). Dans le silence du contrat, les décisions sont prises à
l’unanimité. Le contrat peut attribuer à chaque membre un nombre de voix différent de celui attribué aux autres. À défaut,
chaque membre dispose d’une voix – art. L251-10 al. 1 et 2.
L’article L251-10 al. 3 impose l’obligation de réunir l’assemblée si cette réunion est demandée par un quart au moins des
membres du groupement.

4. Responsabilité des membres du GIE – Partage des bénéfices – Contrôle du GIE


a) Responsabilité des membres du GIE
« Les membres du groupement sont tenus des dettes de celui-ci sur leur patrimoine propre. […] Les créanciers du
groupement ne peuvent poursuivre le paiement des dettes contre un membre qu’après avoir vainement mis en demeure
le groupement par acte extrajudiciaire » – art. L251-6.
La responsabilité des membres est solidaire, ce qui permet à un créancier de s’adresser à n’importe lequel d’entre eux
pour obtenir le paiement de la totalité de sa créance.
La responsabilité des membres du GIE est indéfinie et solidaire, ce qui est un des inconvénients du GIE

b) Partage des bénéfices


Le GIE doit avoir une activité économique, c’est-à-dire une activité se rapportant à la production, à la distribution et à la
consommation de richesses. Dans le cas, l’activité est bien économique puisqu’il s’agit de la production de services
communs en matière de transports.
Qu’un capital ait été constitué ou non, les droits des membres du GIE ne peuvent pas être représentés par des titres
négociables – art. L251-3 al. 2.
Selon l’article L251-1 al. 2, le but du groupement n’est pas de réaliser des bénéfices pour lui-même. Cependant, il peut
se faire que les comptes de fin d’exercice fassent ressortir un solde bénéficiaire. On peut déduire de la loi que, dans
cette hypothèse, les membres doivent se répartir la totalité des bénéfices selon la répartition qu’ils auront déterminée.

c) Contrôle du GIE
Par sa participation aux assemblées et son droit de vote, le membre du GIE exerce un contrôle de la gestion.
De plus, la loi impose un contrôle de gestion dont les modalités sont librement déterminées par le contrat. L’article L251-
12 al. 1 impose seulement que le(s) contrôleur(s) de gestion soi(en)t des personnes physiques. La mission, les pouvoirs,
les conditions de nomination, de révocation, la durée des fonctions des contrôleurs sont fixés dans le contrat.
Le contrôle des comptes impose l’intervention d’un commissaire aux comptes qui devra être nommé par l’assemblée des
membres dans 2 cas :
- si le GIE émet des obligations ;
- si le GIE compte 100 salariés ou plus à la clôture d’un exercice.
Dans les autres cas, le contrôle des comptes est organisé librement par le contrat.

En conclusion, pour répondre au chauffeur de taxi : il a raison de s’inquiéter de sa responsabilité puisque si le GIE a des
dettes, il devra les assumer indéfiniment et solidairement sur son patrimoine personnel. C’est pourquoi il est important
qu’il assiste aux assemblées pour suivre les dépenses de fonctionnement du GIE et participer aux décisions. Par
l’intermédiaire du contrôleur de gestion, il aura une vision de la gestion. Il est fort peu probable que la présence du
commissaire aux comptes soit obligatoire dans le cas, mais il pourra la suggérer. Enfin, il peut se porter candidat au
poste d’administrateur pour assumer la gestion du GIE.

5. Droits d’enregistrement dus lors de la constitution d’un GIE


GIE avec capital de 1 200  (6 apports en numéraire de 200 )
Les apports faits à un GIE constitué avec capital suivent les mêmes règles que ceux faits aux sociétés de personnes.
Les apports en numéraire sont exonérés de droits d’enregistrement (que l’apporteur soit une personne physique ou
morale soumise ou non à l’IS). D’où droits dus = 0 .

GIE sans capital


Lorsque les GIE sont constitués sans capital, la formation de ces organismes est soumise au droit fixe prévu à l’article
680 du CGI s’ils ne comportent pas d’apports.
Art. 680 du CGI : « Tous les actes qui ne se trouvent ni exonérés, ni tarifés par aucun autre article du présent code et qui
ne peuvent donner lieu à une imposition proportionnelle ou progressive sont soumis à une imposition fixe de 125 . »
D’où droits dus = 125 .

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6. Régime d’imposition du résultat du GIE


La loi fiscale exclut le GIE du champ d’application de l’IS.
Article 239 quater 1 du CGI : « Les groupements d’intérêt économique […] n’entrent pas dans le champ d’application »
de l’impôt sur les sociétés, « mais chacun de leurs membres est personnellement passible, pour la part des bénéfices
correspondant à ses droits dans le groupement, soit de l’impôt sur le revenu, soit de l’impôt sur les sociétés s’il s’agit de
personnes morales relevant de cet impôt. Pour l’application de cette disposition, la répartition est effectuée dans les
conditions fixées par le contrat de groupement ou, à défaut, par fractions égales. »
Le GIE suit donc le même régime fiscal que les sociétés de personnes, qui est celui de la « translucidité fiscale ».

• Le GIE détermine dans un premier temps son résultat fiscal :


- selon le régime correspondant à l’activité qu’il exerce : BIC (bénéfices industriels ou commerciaux), BNC (bénéfices
non commerciaux) ou BA (bénéfices agricoles) pour la fraction revenant aux associés relevant de l’impôt sur le
revenu : le GIE Groupement-taxis-Lourdes déterminera donc un résultat BIC pour la part revenant aux cinq artisans
chauffeur exerçant à titre individuel ;
- selon les règles applicables en matière d’IS pour la fraction revenant aux membres passibles de cet impôt : le GIE
Groupement-taxis-Lourdes déterminera donc un résultat IS pour la part revenant au chauffeur exerçant son activité
dans une SARL.
NB : En pratique, les modalités de détermination du résultat BIC et IS diffèrent peu (exemples de différences de traitement :
déductibilité de la taxe sur les véhicules des sociétés, déductibilité de l’amortissement des biens donnés en location,
déductibilité de la rémunération des administrateurs, traitement des déficits). Bien sûr, aucun impôt (IS) n’est calculé lors de la
détermination du résultat selon la méthode IS, car le GIE n’est pas redevable de l’impôt sur ses résultats.

• Puis ce résultat fiscal est réparti entre les membres, conformément aux dispositions du contrat de groupement, ou, à
défaut, par fractions égales. Au cas présent, la fraction de résultat du GIE, déterminée selon les règles BIC, sera
répartie entre les 5 associés personnes physiques, et la fraction de résultat déterminée selon les règles IS sera
affectée à la SARL membre du GIE.
Exemple : Résultat calculé selon méthode BIC = 660
Résultat calculé selon méthode IS = 600
Hypothèse de répartition égalitaire pour chaque membre.
- Fraction répartie aux 5 membres personnes physiques :
660 / 6 membres = 110 par membre, soit 550 répartis
- Fraction répartie à la SARL membre
600 / 6 membres = 100 par membre, soit 100 répartis

• Pour les 5 membres personnes physiques :


- si résultat fiscal exercice N = bénéfice : ce BIC s’ajoutera au résultat BIC du même exercice N de chaque artisan
chauffeur imposable à l’IR ;
- si résultat fiscal exercice N = déficit : ce déficit BIC sera déduit du résultat BIC du même exercice N de chaque
artisan chauffeur imposable à l’IR.

• Pour la SARL membre :


- si résultat fiscal exercice N = bénéfice : ce bénéfice s’ajoutera au résultat du même exercice N de la SARL
imposable à l’IS ;
- si résultat fiscal exercice N = déficit : ce déficit sera déduit du résultat du même exercice N de la SARL imposable à
l’IS.

NB : Dans l’imprimé de déclaration du résultat fiscal n°2058-A (régime du réel normal), deux lignes sont réservées pour la prise en
compte (en régime BIC ou IS) de la quote-part de résultat provenant d’un GIE : il s’agit de la ligne WL lorsque le GIE transfère
un bénéfice et de la ligne WT lorsque le GIE transfère une perte.

7. Régime fiscal de la rémunération du ou des administrateur(s)


• Si l’administrateur personne physique est l’un des membres : le résultat fiscal étant déterminé selon les règles BIC,
la rémunération suit le régime applicable en la matière : elle est assimilée à une modalité de répartition du résultat
du GIE ; en conséquence, elle doit être réintégrée lors de la détermination du résultat fiscal et ajoutée lors de
l’affectation de ce résultat à la part de BIC revenant audit membre-administrateur.
• Si l’administrateur personne physique n’est pas membre du GIE : la rémunération est déductible du résultat du GIE
dans les conditions de droit commun, c’est-à-dire dans la mesure où elle correspond à un travail effectif et n’est pas
excessive eu égard à l’importance du service rendu. Cette rémunération est alors imposable à l’IR de
l’administrateur non membre, dans la catégorie des traitements et salaires.

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8. La convention collective applicable


Par principe, la convention collective applicable est déterminée par l’activité exercée par l’entreprise et non par l’activité
du salarié. Cette recherche est facilitée par le code APE (NAF) de l’entreprise. Attribué par l’INSEE en fonction de
l’activité de rattachement de l’entreprise, ce code n’a cependant qu’une valeur indicative. C’est en effet l’activité
effectivement exercée qui est déterminante (L2261-2 [Link].) et autorise celui qui s’en prévaut d’en rapporter la preuve
([Link]. 22.02.1995). Territorialement, les conventions et accords peuvent avoir un domaine d’application national,
régional, départemental ou local, c’est-à-dire dans le dernier cas, au niveau de l’établissement, de l’entreprise ou du
groupe.
Une fois le texte applicable déterminé, encore convient-il de savoir si l’employeur y est assujetti.

L’employeur est contraint d’appliquer les dispositions d’une convention collective dès lors qu’il en est le signataire ou
qu’il fait partie d’une organisation patronale signataire. La convention est alors applicable aux entreprises qui entrent
dans son champ d’application territorial et professionnel.
Dans deux hypothèses, la convention collective a vocation à s’appliquer en l’absence même d’adhésion de l’employeur
au groupement patronal signataire ou de participation personnelle à la conclusion de la convention. En effet, le ministre
du travail peut, par voie d’arrêté, étendre ou élargir le champ d’application d’un texte existant.
L’extension consiste, par voie ministérielle, à étendre l’application d’une convention collective à toutes les entreprises qui
entrent dans son champ professionnel (art. L2261-15 ; L2261-16 [Link].)
L’élargissement consiste à élargir le champ d’application d’une convention collective existante à une branche d’activité
ou à un nouveau secteur territorial qui en est dépourvu (art. L2261-17 [Link].).

En l’absence d’obligation, l’employeur peut décider d’appliquer volontairement les dispositions d’un texte collectif auquel
il n’est par définition pas soumis.
Dans les relations individuelles de travail, l’employeur peut librement décider d’appliquer les dispositions d’une
convention collective (par exemple en matière de rémunération, congés, primes…). Cette application a la valeur d’un
usage et en produit les effets juridiques. L’intention de l’employeur peut être déterminée par l’indication sur le bulletin de
paye de la convention collective. Elle vaut alors présomption d’applicabilité du texte, mais l’employeur est fondé à en
apporter la preuve contraire ([Link]. 15.11.2007).
L’employeur peut aussi librement décider d’adhérer à une convention ou un accord collectif (art. L2261-3 [Link].). Cet
acte de volonté unilatéral n’a pas à recevoir l’assentiment des signataires. Les seules obligations de forme consistent en
une notification de l’adhésion aux signataires et d’un dépôt conformément aux dispositions des articles D2231-1 et
suivants du code du travail.
Par contre, si l’adhésion a pour effet de rendre applicable une convention de branche ou un accord professionnel
n’entrant pas dans son champ d’application, elle nécessite la conclusion d’un accord collectif entre les parties. Il peut
s’agir d’un agrément des organisations syndicales représentatives lorsque l’entreprise n’entre pas dans le champ
d’application de la convention ou de l’accord professionnel.

En l’espèce, l’activité de transport de voyageurs par taxi est référencée sous le code NAF 4932Z (cf. nomenclature
applicable depuis janvier 2008), mais aucune convention collective ne lui est applicable car l’activité se situe en province
(la convention collective applicable au transport de voyageurs par taxi n’est applicable qu’en région parisienne). Ce sont
donc les dispositions du code du travail qui s’appliqueront.

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UE 1 Corrigé 107
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got FACOR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Fusion, filialisation, lettre d’intention

PREMIÈRE PARTIE : LA FUSION ABSORPTION

1. Parité d’échange
400 000 200 000
Valeur de l’action FACOR = = 400 euros Valeur de l’action LE MARON = = 40 euros.
1 000 5 000
400
Le rapport d’échange est = 10. Il faudra 10 actions de la société LE MARON pour 1 action de la société FACOR.
40

2. Prime de fusion
Elle est égale à la valeur réelle de FACOR (400 ) moins sa valeur nominale (200 ), soit 200 .
La prime de fusion aura un montant total de 200 x 500 actions nouvelles = 100 000 .

3. Chronologie des opérations


Voir schéma page suivante.

4. Organe décisionnel compétent lors d’une fusion-absorption – Quorum et majorité requis


L’article L236-2 al. 2 [Link] précise que l’opération de fusion doit être décidée par chacune des sociétés intéressées
dans les conditions requises pour la modification des statuts. Il faudra appliquer les règles propres à chaque type de
société pour les décisions extraordinaires. S’agissant de 2 sociétés anonymes qui fusionnent, le quorum est selon l’art.
L225-96 al. 2 [Link] :
re
- 1/4 sur 1 convocation ;
e
- 1/5 sur 2 convocation.
L’AGE statue à la majorité des 2/3 des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés – L225-96 al. 3
[Link].

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UE 1 Corrigé 108
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

 
  
 

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Source : Dictionnaire permanent de droit des affaires, Éd. législatives et administratives, 1989

La loi du 19.06.2008 autorise désormais les actionnaires des sociétés participant à l’opération de fusion à écarter la
désignation d’un commissaire à la fusion. Cette décision doit être prise à l’unanimité par les actionnaires des sociétés
participant à l’opération – art. L236-10-I et II.
L’obligation par le CA ou le directoire (le gérant dans les SCA, le président dans la SAS) d’établir et de mettre à
disposition des actionnaires un rapport écrit sur l’opération envisagée (fusion ou scission) pourra être écartée par
décision prise à l’unanimité des actionnaires de toutes les sociétés participant à l’opération – art. L236-9 al. 4 modifié par
la loi du 17.05.2011.

5. Qualification de la fusion et ses conséquences juridiques pour les actionnaires, les créanciers non
obligataires et les salariés de la société absorbée Le Maron
La fusion est une opération par laquelle 2 sociétés se réunissent pour n’en former qu’une seule.
Elle peut résulter :
- soit de la création d’une société par une autre ;
- soit de l’absorption d’une société par une autre.
e
C’est le 2 procédé de fusion absorption qu’a utilisé FACOR puis qu’elle absorbe LE MARON.
La fusion entraîne la transmission universelle du patrimoine (TUP) de la société absorbée au profit de la société
absorbante. Cette dernière se substitue à la société absorbée dans tous ses biens, droits ou obligations.

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UE 1 Corrigé 109
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Les actionnaires de la société absorbée deviennent des associés de la société absorbante dans les conditions
déterminées par le contrat de fusion (L236-3 [Link]). Les titres sont échangés selon la parité d’échange (ici 1 action
FACOR contre 10 actions LE MARON).
Les créanciers non obligataires de la société absorbée deviennent des créanciers de la société absorbante – art.
L236-14 al. 1.
Les créanciers non obligataires des sociétés participant à l’opération de fusion et dont la créance est antérieure à la
publicité donnée au projet de fusion, peuvent former opposition dans un délai (30 jours). Une décision de justice rejette
l’opposition ou ordonne, soit le remboursement des créances, soit la constitution de garanties si la société absorbante en
offre et si elles sont jugées suffisantes – art. L236-14 al. 2. À défaut de remboursement des créances ou de constitution
de garanties ordonnées, la fusion est inopposable à ce créancier – art. L236-14 al. 3.
Pour les salariés de la société absorbée, le code du travail prévoit la transmission des contrats de travail de plein
droit à la société absorbante. Le comité d’entreprise des sociétés intéressées doit être consulté obligatoirement et
préalablement à l’opération de fusion.

6. Expertise de gestion en cas de fusion


Un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5% du capital social peuvent poser par écrit au PCA des questions
sur une ou plusieurs opérations de gestion de la société et des sociétés qu’elle contrôle au sens de l’art. L233-3. La
réponse doit être communiquée au CAC. À défaut de réponse dans le délai d’un mois ou à défaut de réponse
satisfaisante, ces actionnaires peuvent demander en référé la désignation d’un ou plusieurs experts chargés de
présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion – art. L225-231 [Link].

Cependant, la fusion n’est pas considérée par la jurisprudence comme une opération de gestion puisque la décision
relève d’un vote des actionnaires en AGE. En effet, l’expertise de gestion ne peut concerner que les actes de gestion
accomplis par les dirigeants et non les décisions prises par l’assemblée générale des actionnaires (Arrêts de C.A Paris
8.11.1991 – Cass. Com. 30.05.1989).

DEUXIÈME PARTIE : CRÉATION DE FILIALES SOUS FORME DE SOCIÉTÉS À


ASSOCIÉ UNIQUE

7. Création de sociétés à associé unique


Deux sociétés à associé unique existent dans notre droit : la SARL unipersonnelle et la société par actions simplifiée à
associé unique
a) La SARL unipersonnelle (dite EURL) est une solution pour l’entrepreneur individuel afin de limiter sa responsabilité
et de séparer son patrimoine personnel de son patrimoine professionnel. C’est également un instrument de filialisation
qui permet à une société de créer de nouvelles entités juridiques sous forme de SARL unipersonnelles détenues à 100%
par la société mère et qui seront spécialisées. C’est un des instruments juridiques à la disposition des entrepreneurs
pour mener une politique de diversification.

Une personne physique peut être associée unique de plusieurs sociétés à responsabilité limitée.
Une société à responsabilité limitée peut avoir pour associé unique une autre société à responsabilité limitée composée
d’une seule personne depuis l’ordonnance du 31.07.2014.

D’où plusieurs situations juridiques :


- une personne physique peut créer plusieurs EURL ;
- une personne morale peut créer plusieurs EURL dont elle sera l’associée unique ;
- une EURL peut être associée unique d’une autre EURL.

Cas d’espèce : la SA FACOR peut être associé unique de plusieurs EURL. Au niveau de la gérance, l’article L223-18
al. 1 [Link] énonçant que la SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques, la SA FACOR ne peut être
gérant de la future SARL. Il lui suffira de trouver un tiers (par exemple le dirigeant de la SA) qui assurera les fonctions de
gérant.

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UE 1 Corrigé 110
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

b) La SASU : elle peut être instituée par une seule personne dénommée « associé unique » – art. L227-1. La loi du
4.8.2008 a supprimé l’exigence d’un capital minimum et l’obligation de désigner un commissaire aux comptes pour la
SAS ne dépassant pas certains seuils. La société est représentée à l’égard des tiers par un président qui peut être une
personne physique ou une personne morale. Les conditions de nomination et de révocation du président sont librement
fixées par les statuts – art. L227-6 al 1.
De plus, une personne physique ou une personne morale peut créer plusieurs SASU et la SASU peut avoir une autre
SASU en qualité d’associé.
Cas d’espèce : la SA FACOR peut créer une SASU (ou plusieurs) dont le président pourrait être le dirigeant actuel de la
SA.

Conclusion : compte tenu de la souplesse de la SASU, on peut conseiller à M. Corsiglia de créer une filiale sous la
forme d’une SASU.

8. Régime fiscal des sociétés à associé unique


a) L’EURL :
- EURL ayant une personne physique comme associé unique : IR avec option possible pour l’IS ;
- EURL ayant une personne morale comme associé unique : IS.

En l’espèce, le régime dépendra de l’associé unique : s’il est une personne morale (la SA FACOR), c’est le régime de
l’IS qui s’appliquera à l’EURL.

b) La SASU est toujours soumise à l’IS.

Cas d’espèce : la société FACOR peut être associé unique d’une ou de plusieurs SASU. La société FACOR peut en
être le président.

Organisation du groupe FACOR

SA FACOR
+50% 100%

100%
EURL ou EURL ou
SCI
SASU SASU

TROISIÈME PARTIE

9. La lettre d’intention
a) Description
Technique anglo-saxonne, la pratique l’a développée en France en dehors de toute intervention législative, mais la
réforme des sûretés de 2006 l’a introduite dans notre droit. L’article 2322 du Code civil en donne la définition suivante :
« La lettre d’intention est l’engagement de faire ou de ne pas faire ayant pour objet le soutien apporté à un débiteur dans
l’exécution de son obligation envers son créancier. »
L’article 2287-1 qualifie expressément la lettre d’intention de sûreté personnelle.
La lettre d’intention est utilisable par toute personne physique ou morale qui veut aider un débiteur à remplir ses engagements
vis-à-vis du créancier. Elle oblige celui qui signe la lettre d’intention à faire (ex. : payer au lieu et place du débiteur) ou ne pas
faire (la société mère s’engage à ne pas céder sa participation dans sa filiale pendant la durée de l’emprunt).

Le document en Annexe est une lettre adressée par une société mère à la banque qui consent un crédit à l’une de ses
filiales pour rassurer la banque quant aux engagements contractés par la filiale. Ce moyen peut être moins contraignant
que la caution, puisque la lettre d’intention permet d’échapper à l’autorisation préalable du conseil d’administration ou du
conseil de surveillance dans les SA (L225-35 et L225-68 [Link]) et quel que soit le type de société commerciale, à la
mention de la garantie parmi les engagements hors bilan (L232-1-I [Link]).

En dehors de l’appellation « lettre d’intention », on en trouve d’autres : lettre de confort, de patronage, de parrainage, de
soutien, d’apaisement ou encore de bonne fin.

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UE 1 Corrigé 111
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

b) Typologie et effets juridiques


Cette technique peut recouvrir, en fonction des termes utilisés par le rédacteur de la lettre, une multitude de situations
que l’on classe en quatre catégories :
- celles qui ne contiennent aucune obligation juridique ;
- celles qui contiennent une obligation de moyens ;
- celles qui contiennent une obligation de résultat ;
- celles assimilables à un cautionnement.

Première catégorie : Lettre ne contenant aucune obligation juridique pour la société mère
Dans cette lettre, la société mère présente sa filiale à la banque ou reconnaît être informée du crédit accordé à sa filiale
ou indique qu’elle connaît la situation financière de cette dernière et que celle-ci est en mesure de faire face à ses
obligations. La banque, en général, ne se contente pas de ce type de lettre.
Cette lettre n’est pas une lettre d’intention au sens de l’article 2322 et n’a pas à être soumise à autorisation du CA.

Deuxième catégorie : Lettre contenant une obligation de moyens


La société mère s’engage à faire « tous les efforts » pour que sa filiale exécute ses engagements à l’égard de la banque.
C’est un contrat unilatéral de la société mère envers la banque qui a été accepté par cette dernière. La jurisprudence en
conclut que la société mère a une responsabilité civile contractuelle vis-à-vis de la banque, à condition de prouver sa
faute et le lien de causalité entre la faute et le préjudice, preuve difficile à apporter.
Cette lettre est une lettre d’intention soumise à autorisation du CA ou du CS (L225-35, L225-68) et doit figurer dans les
engagements hors bilan (L232-1-I [Link]). Dans ce sens, un arrêt de la CA de Paris du 18.10.2011.

Troisième catégorie : Lettre contenant une obligation de résultat


La société mère s’engage à prouver un résultat déterminé, dépourvu d’aléa (ex. : l’engagement ferme pris par une
société mère de ne pas céder sa participation et de mettre sa filiale en mesure de rembourser la banque à l’échéance du
crédit accordé).
L’inexécution de cette lettre permet à la banque d’engager avec de réelles chances de succès sa responsabilité civile
contractuelle, la faute étant ici présumée.
Cette lettre est une lettre d’intention soumise à l’autorisation préalable du conseil d’administration ou du conseil de
surveillance (articles L225-35 al. 4, L225-68 al. 2) et doit figurer parmi les engagements hors bilan (L232-1-I [Link]).

Quatrième catégorie : Lettre assimilable à un cautionnement


La société mère s’engage à payer au lieu et place de sa filiale. Il s’agit d’une lettre d’intention soumise à l’autorisation
préalable du CA ou du CS qui doit figurer aux engagements hors bilan (L225-35 al. 4, L225-68 al. 2 et L232-1-I [Link]).

Cas d’espèce : La banque propose à la SA FACOR la lettre contenant une obligation de résultat. Il s’agit d’une lettre
d’intention qui sera soumise à autorisation du CA et devra figurer en annexe de son bilan dans l’état des sûretés
consenties par la SA FACOR.

Conclusion
Si la lettre d’intention ne comporte pas d’engagement au sens de l’art. 2322, elle ne constitue pas une sûreté et n’est pas
soumise à autorisation du CA ou du CS. Mais si elle contient une obligation (de moyen ou de résultat), elle doit être
soumise à autorisation car il s’agit d’une sûreté personnelle. La prudence devrait inciter les créanciers (les banques) à
demander dans tous les cas aux sociétés signataires de lettres d’intention de fournir la délibération du conseil.
La sanction du défaut d’autorisation est l’inopposabilité de la lettre d’intention à la société (en clair, le créancier ne peut
pas demander à la société mère de payer à la place de sa filiale).

10. Régime des conventions concernant une filiale à 100%


L’ordonnance du 31.07.2014 apporte une modification à l’art L225-39 concernant les conventions libres puisqu’il dispose
que dorénavant le régime des conventions réglementées n’est plus applicable « aux conventions conclues entre deux
sociétés dont l’une détient directement ou indirectement la totalité du capital de l’autre »…

Application : La SA FACOR détenant 100% de sa future filiale, le prêt échappe au régime des conventions
réglementées. C’est une convention libre.

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UE 1 Corrigé 112
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

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UE 1 Corrigé 113
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Agnès Lieutier [Link]
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Le régime fiscal des opérations de fusions de sociétés

1. Valorisation des apports et questionnaire


Les valeurs à retenir dépendent de la situation de contrôle des sociétés absorbée et absorbante :
• Pour les opérations impliquant des sociétés sous contrôle commun (une des sociétés participant à l’opération
contrôle préalablement l’autre, ou ces deux sociétés sont préalablement contrôlées par une même société) :
 Apports obligatoirement valorisés en valeurs nettes comptables.
• Pour les opérations impliquant des sociétés sous contrôle distinct (aucune des sociétés participant à l’opération ne
contrôle préalablement l’autre, ou ces deux sociétés ne sont préalablement pas contrôlées par une même société) :
 Apports obligatoirement valorisés en valeurs réelles

Les sociétés [Link] et FIN sont sous contrôle distinct : la fusion doit se faire en valeurs réelles.

QUESTIONNAIRE SUR LES FUSIONS


RÉALISÉES ENTRE SOCIÉTÉS SOUS CONTRÔLE DISTINCT

Éléments de la société Régime de droit commun Régime de faveur des fusions


absorbée
1) Comment est imposé le Quel que soit le régime : imposition immédiate chez l’absorbée au taux de droit commun.
bénéfice d’exploitation de Exception : si la fusion est conclue avec effet rétroactif, l’imposition du bénéfice
l’exercice ? d’exploitation (ou la déduction du déficit) de la société absorbée
s’effectue chez l’absorbante : il est compris dans ses propres bénéfices
(ou déficits) de l’exercice de fusion. Voir validité juridique et fiscale de la
rétroactivité au NB de la question 2.
2) Quelle est la nature (court Quel que soit le régime :
terme ou long terme) des Toutes les plus ou moins-values sur éléments amortissables de l’actif immobilisé sont
plus-values nettes de à court terme (à l’exception des PV/MV sur brevets et éléments assimilés
fusion sur les éléments amortissables qui ouvrent droit au régime du long terme).
amortissables ?
3) Comment sont imposées Imposition immédiate chez - Exonération chez l’absorbée.
les plus-values nettes de l’absorbée : elles sont - Imposition chez l’absorbante, en tant que
fusion sur les éléments comprises dans le résultat composante du résultat imposable au taux normal
amortissables ? imposable au taux normal ou de l’IS (la contrepartie de cette imposition pour
réduit de l’IS selon le cas. l’absorbante résulte de l’amortissement sur des
bases majorées).
NB : Cette imposition se fait aussi au taux normal de
l’IS pour les PV sur brevets (qui auraient pourtant
été taxées à l’IS à 15% chez l’absorbante).
Possibilité d’étaler cette imposition :
* sur 15 exercices (par 1/15) pour les
constructions ;
* sur 5 exercices (par 1/5) pour les autres
éléments.
En cas d’étalement, constitution d’une provision
pour impôt (non déductible fiscalement).
4) Comment sont imposées Imposition immédiate chez - Exonération chez l’absorbée.
les plus-values nettes de l’absorbée au taux normal ou - Exonération chez l’absorbante.
fusion sur éléments non réduit de l’IS selon que court Mais l’absorbante doit ensuite calculer les plus ou
amortissables ? terme ou long terme et selon moins-values de cession de ces éléments par
la nature de l’élément. rapport à leur valeur d’origine chez l’absorbée.

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UE 1 Corrigé 114
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

5) Comment sont imposées


les provisions devenues Imposition immédiate chez l’absorbée au taux de droit commun.
sans objet ?
6) Comment sont imposées La fusion étant assimilée à
les provisions qui une dissolution de la société Pas d’imposition chez l’absorbée à condition que
conservent leur objet ? absorbée, toutes les provis° ces provisions soient reprises au bilan de
deviennent sans objet et sont l’absorbante.
imposées chez l’absorbée sur
l’exercice de fusion.
7) Comment sont imposés Imposition immédiate chez - Exonération chez l’absorbée.
les profits sur éléments de l’absorbée. - Chez l’absorbante : 210 A-3-e
l’actif circulant (stocks * si comptabilisation pour la valeur fiscale de ces
notamment) ? éléments (reprise du brut et des dépréciations
éventuelles) : le profit est imposé chez
l’absorbante lors de la cession des éléments en
cause ;
* si comptabilisation pour la valeur d’apport : ce
profit est taxable immédiatement chez
l’absorbante au titre de l’exercice de fusion.
Or les règles comptables applicables aux
fusions entre sociétés sous contrôle distinct
obligent l’absorbante à inscrire les éléments de
l’actif circulant pour leurs valeurs d’apport. En
conséquence, en l’état actuel des textes fiscaux,
l’absorbante ne peut pas échapper à la taxation
des profits d’apport sur éléments de l’actif
circulant.

2. Résultat fiscal au taux de droit commun de l’exercice N chez [Link]


Il est prévu que la fusion [Link] / FIN s’opère sans effet rétroactif. En conséquence, la SA [Link] (société absorbée) est
imposée sur son résultat d’exploitation dégagé du début de l’exercice jusqu’au jour de la fusion.

La SA [Link] a dégagé au titre de la période 01/01/N - 06/05/N un déficit fiscal de 1 240 800 .

La SA [Link] doit aussi être imposée en N sur les provisions ou dépréciations devenues sans objet. Mais ici elles
conservent leur objet.

Enfin, la SA [Link] est exonérée d’IS sur les plus-values nettes afférentes à l’ensemble des éléments de son actif
(immobilisé ou circulant).

- Déficit de l’exercice avant prise en compte de l’impact de la fusion - 1 240 800


- Pas d’imposition de la reprise de dépréciation pour stock et pour client.
- Profit sur stocks (1 500 000 - 1 300 000) Exonéré
- Plus-values sur éléments de l’actif immobilisé Exonéré

Déficit fiscal N après impact de la fusion - 1 240 800

Ce déficit est définitivement perdu puisqu’il n’y a pas de possibilité de report en arrière.
Il en est de même pour la MV à LT (10 200 ).

Face à cette situation, il serait opportun de donner un effet rétroactif à cette fusion au 1/01/N. Ainsi, le déficit de la
période intercalaire serait compensé avec les résultats fiscaux N de la société absorbante FIN. Ceci serait d’autant plus
intéressant que les déficits des sociétés soumises à l’IS sont reportables en avant sans limitation de durée. De même, la
MV à LT de 10 200  serait agrégée avec les éventuelles PV à LT à 15% de la société FIN et, si elle n’ était pas
compensée en N, serait reportable sur les PV à LT des 10 exercices suivants.

NB : Date butoir de la clause de rétroactivité :


- au plan juridique, il est possible de conclure une fusion avec effet rétroactif à la date d’ouverture de l’exercice de la
société absorbée ;
- mais au plan fiscal, la fusion ne peut pas être conclue avec effet rétroactif à une date antérieure à la date d’ouverture
de l’exercice de la société absorbante.
Exemple : Exercice société absorbée : 01/09/N-1 - 30/08/N.
Fusion le 31/07/N
Exercice société absorbante 01/01/N - 31/12/N.
Le traité de fusion peut valablement prévoir une date d’effet rétroactif au 01/09/N-1.
Fiscalement, la clause de rétroactivité ne sera prise en compte qu’au 01/01/N.
Les résultats de la société absorbée de la période 01/09/N-1 - 31/12/N-1 ne pourront pas être fusionnés avec ceux de la société
absorbante : ils devront obligatoirement être déclarés séparément par la société absorbée.

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UE 1 Corrigé 115
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Imputation par FIN des déficits antérieurs de [Link]


Les déficits de la société absorbée ne sont pas transférés à la société absorbante du fait de la fusion.
Toutefois, ce transfert est possible lorsqu’un agrément spécial est délivré par l’administration fiscale.
Pour obtenir cet agrément, il est nécessaire que :
- la fusion soit placée sous le régime de faveur de l’article 210 A du CGI ;
- la fusion soit justifiée du point de vue économique et obéisse à des motivations principales autres que fiscales ;
- l’activité à l’origine des déficits n’ait pas subi de changements significatifs (clientèle, emploi, moyens d’exploitation,
nature et volume d’activité) pendant la période de constatation des déficits (condition applicable depuis juillet 2012)
- l’activité à l’origine des déficits soit poursuivie pendant une période minimale de 3 ans, sans subir de changements
significatifs (mêmes critères que ci-dessus).
L’agrément est délivré par le directeur des services fiscaux du département de la société absorbante (sauf dans certains
cas – par exemple : intégration fiscale, déficits à transférer > 1,5 M – où il est délivré par le ministre du budget).
La demande d’agrément doit être présentée par la société FIN (mais elle doit être contresignée par M. Duche le
représentant légal de [Link]), obligatoirement avant la réalisation de l’opération, selon un modèle fourni par
l’administration.
NB Dans certaines situations, depuis juillet 2012, la société absorbante peut perdre le droit à l’imputation future de ses propres déficits ;
il s’agit des cas dans lesquels la fusion entraîne un changement d’activité (défini par l’article 221,5 du CGI). Un agrément peut alors
être obtenu pour le droit au maintien du report de ces déficits de l’absorbante, lorsque l’opération de fusion est « indispensable » à
la poursuite de l’activité à l’origine des déficits.

4. Calcul des plus ou moins-values de fusion


ÉLÉMENTS DE L’ACTIF IMMOBILISÉ
COURT TERME LONG TERME (à 0%)
Éléments Valeur Valeur au Moins-value Plus-value
Moins-value Plus-value
d’apport bilan
ACTIF IMMOBILISÉ

NON AMORTISSABLE
Droit au bail (1) 0 500 000 500 000
Titres de participation 1 (2) 3 050 000 1 200 000 1 850 000
Titres de participation 2 (2) 300 000 200 000 100 000
Titres de participation 3 (2) 200 000 300 000 100 000
Terrains (1) 700 000 400 000 300 000
Valeurs mob. de plac. (3) 170 100 170 100 0
------------- ------------- ----------- ----------- ---------- -------------
4 420 100 2 770 100 500 000 400 000 100 000 1 850 000
- 100 000 + 1 750 000
AMORTISSABLE
Constructions (1) 4 300 000 2 000 000 2 300 000
Matériel et outillage (1) 5 500 000 3 000 000 2 500 000
Mobilier (1) 500 000 600 000 100 000
-------------- ------------ ---------- -------------
10 300 000 5 600000 100 000 4 800 000
+ 4 700 000
(1) Il s’agit de biens autres que titres de participation et titres assimilés : toutes les PV et MV sont à CT.
(2) Les titres de participation bénéficient du régime du LT lorsqu’ils ont été acquis il y a plus de 2 ans (cas des titres 1 et 3). Les
PV/MV sont à CT lorsqu’ils ont été acquis il y a moins de 2 ans (cas des titres 2).
(3) Les titres du portefeuille exclus du régime du LT (car ne constituant pas des titres de participation au sens fiscal) sont
assimilés, pour le régime de faveur des fusions, à des éléments de l’actif immobilisé non amortissables (mais n’ouvrant pas
droit au régime du LT).

- PV nette à LT sur éléments non amortissables :


* exonérée chez [Link]
* exonérée chez FIN mais FIN doit prendre les engagements nécessaires (calcul des plus et moins-values futures par
rapport aux valeurs fiscales).

S’agissant des titres de participation, [Link] ne doit pas réintégrer de quote-part de frais et charges dans son résultat
fiscal : en effet, la plus-value sur titres n’est pas exonérée au titre du régime de droit commun d’imposition à taux 0%
des PV avec réintégration d’une quote-part de 12%, mais au titre du régime des fusions, qui neutralise complètement
l’opération.
FIN s’engage à calculer les PV/MV ultérieures par rapport à la valeur fiscale des titres chez [Link] : ce n’est que lors
des cessions futures des titres que la quote-part de 12% sera calculée, sur la plus-value calculée en retenant comme
prix de revient la valeur fiscale chez [Link].

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UE 1 Corrigé 116
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- PV nette à CT sur éléments amortissables :


* exonérée chez [Link]
* imposée chez FIN, avec étalement sur 15 ans pour les constructions et 5 ans pour les autres éléments ; l’étalement
débute sur le premier exercice clos après la date de la fusion (soit ici de N à N+14 et N+4 puisque la fusion est
er
opérée le 06/05/N : le 1 exercice clos après est l’exercice N).
Imposition en N :
- constructions : 2 300 000 x 1/15 x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 52 798 
- autres éléments : (2 500 000 - 100 000) x 1/5 x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 165 280 
NB : Les calculs tiennent compte des règles d’arrondissement applicables : bases d’imposition et impôts sont arrondis à l’euro le
plus proche.

La société absorbante FIN doit doter une provision pour impôt (non déductible fiscalement).
Cette provision sera de :
- constructions : 2 300 000 x 14/15 x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 739 169 
- autres éléments : 2 400 000 x 4/5 x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 661 120 

ÉLÉMENTS DE L’ACTIF CIRCULANT

- Exonération des profits sur stocks chez [Link].


- La société FIN doit obligatoirement inscrire à son bilan les valeurs d’apport de ces éléments, conformément aux
règles comptables. Et comme on l’a vu dans le questionnaire (n°7), le CGI prévoit dans ce cas l’imposition du profit
sur actif circulant.
* stocks : (1 500 000 – 1 300 000) x [33,1/3% + (33,1/3% x 3,3%)] = 68 867 

5. Revente par FIN des titres de participation 1


Dans les livres de la société FIN, les titres de participation étant inscrits pour 3 050 000 , le profit comptable est de
3 200 000 - 3 050 000 = 150 000 .
Mais FIN s’est engagée dans le traité d’apport, pour respecter les conditions d’application du régime de faveur, à
calculer les plus-values fiscales sur éléments non amortissables par rapport à la valeur qu’ils avaient dans les écritures
de [Link].
D’où plus-value fiscale = 3 200 000 - 1 200 000 = 2 000 000 .
Cette plus-value est à long terme car le délai de 2 ans est apprécié en tenant compte de la date d’acquisition par
l’absorbée [Link].
D’où PV « soumise » à l’IS au taux de 0%, avec réintégration de la quote-part de frais et charges de 12% (depuis 2012,
cette quote-part est due sur chaque PV LT réalisée ; les MV LT sur cession de titres de participation ne viennent plus en
diminution de cette base de quote-part de 12%).
Quote-Part de Frais et Charges = 12% x 2 000 000 = 240 000 
et l’IS dû serait égal à 33,1/3% x 240 000 = 80 000  (+ l’éventuelle contribution de 3,3% de l’IS).

6. Conséquences fiscales pour SYNSTAL de l’échange des actions [Link] contre les actions FIN
La plus-value résultant de cet échange de titres est neutralisée fiscalement lors de la fusion, quelle que soit la valeur
pour laquelle sont inscrits les titres reçus de l’absorbante FIN. Cette plus-value est comprise dans le résultat au cours
duquel les titres de l’absorbante FIN sont cédés par SYNSTAL. Ce régime est applicable quel que soit le régime de la
fusion (régime de droit commun ou de faveur). La fusion a donc pour SYNSTAL un caractère intercalaire.

S’agissant de l’application du régime mère/fille :


- le délai de 2 ans nécessaire pour que le régime soit applicable aux dividendes perçus (avant la fusion) de la société
absorbée est apprécié jusqu’à la date de cession des titres échangés. Ainsi, le régime mère/fille appliqué aux
dividendes [Link] chez SYNSTAL n’est pas remis en cause si les titres FIN sont cédés plus de 2 ans après
l’acquisition des titres [Link] ;
- les titres FIN ne représentent pour SYNSTAL des titres de participation pour lesquels le régime mère/fille est
applicable que si ces titres représentent au moins 5% du capital de FIN.

7. Montant des droits d’enregistrement


Les actes de fusion sont soumis au droit fixe de 500  (lorsque, comme dans le cas présent, le capital social (après
fusion) s’élève à plus de 225 000  ; si ce seuil de 225 000  n’est pas dépassé, le droit fixe est ramené à 375 ).

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Agnès Lieutier
Léa Got
TIC TAC
Grégory Lachaise

CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Le régime juridique, fiscal et social des opérations de transmission universelle de patrimoine


Retraite et licenciement

1. Détention de la totalité du capital social


Lorsque toutes les actions d’une société anonyme sont réunies entre les mains d’une seule personne, cette société
continue de fonctionner, elle n’est pas dissoute ; mais l’actionnaire unique peut décider de sa dissolution et tout intéressé
peut demander en justice la dissolution si la situation n’a pas été régularisée dans le délai d’un an (c. civil art. 1844-5, al.
1). Toutefois, le tribunal ne peut prononcer la dissolution de cette société si, au jour où il statue sur le fond, la situation
de la société a été régularisée (et ce, même si le délai d’un an est dépassé) ; de plus, le tribunal peut accorder un délai
de 6 mois à la société pour opérer la régularisation.
Il résulte de ces dispositions qu’en pratique, une SA peut fonctionner avec un seul associé tant qu’aucune décision de
dissolution n’est prise ou action en dissolution n’est introduite.

2. Moyens juridiques pour regrouper TIC et TAC


Il pourrait être envisagé de procéder à :
- la cession par TAC à TIC de son fonds de commerce, suivie de la dissolution de TAC ;
- la fusion-absorption de TAC par TIC ;
- la dissolution de TAC avec transmission universelle de son patrimoine à son unique actionnaire TIC.

Dans le contexte étudié ici, c’est la troisième solution qui est la plus adaptée. En effet, l’associé unique de TAC étant une
personne morale, la décision (unilatérale de l’actionnaire unique TIC) de dissolution de TAC entraîne l’absence de
liquidation et la transmission universelle de son patrimoine au profit de TIC. (art. 1844-5 al. 3 [Link].)
NB : lorsque l’associé unique est une personne physique, la décision de dissoudre la société à associé unique doit obligatoirement
être suivie de la liquidation de ses biens (art. 1844-5 al 4 [Link].)
Cette dissolution sans liquidation permet d’aboutir à la situation juridique souhaitée par Monsieur Christian par une
simple décision de TIC : le formalisme des fusions (même s’il s’agit d’une fusion simplifiée), ou des cessions de fonds de
commerce, est ainsi évité.

3. Compétence et formalisme d’une dissolution sans liquidation


La décision de dissolution d’une société est une modification des statuts qui relève de la compétence des actionnaires
en AGE.
Dans le cas, le conseil d’administration de TAC doit convoquer l’actionnaire unique TIC, afin que ce dernier prenne la
décision de dissolution. C’est donc Monsieur Christian, représentant légal de TIC, qui prend cette décision.

La dissolution décidée par un actionnaire unique personne morale entraîne obligatoirement absence de liquidation (art
1844-5 al 3 [Link].) ; l’actionnaire ne peut déroger à cette règle (en ce sens CA Douai 14/11/1996).

Formalités de publicité :
- déclaration par M. Christian (ou toute personne à qui il aura donné un pouvoir) au greffe du tribunal de commerce par
la production de la décision de dissolution prise par TIC, en vue de l’apposition de la mention de dissolution au RCS ;
- insertion dans un journal d’annonces légales de la déclaration de dissolution (point de départ du délai d’opposition
des créanciers, cf. question 5) ;
- inscription au Bodacc.

4. Valorisation des apports


S’agissant d’une opération impliquant deux sociétés sous contrôle commun (puisque l’une –TIC– détient l’autre –TAC–
avant l’opération), les apports doivent obligatoirement être valorisés en valeurs nettes comptables, conformément aux

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UE 1 Corrigé 118
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prescriptions comptables. Peu importe donc que les valeurs réelles de certains éléments de l’actif soient supérieures aux
valeurs comptables.
NB : conformément à l’article 710-1 du PCG (règlement ANC n°2014-03 du 05/06/2014) les règles comptables prévues pour les
fusions sont applicables aux opérations de confusion de patrimoine visées par l’article 1844-5 du code civil.

5. Date d’effet juridique et fiscale de la dissolution


La décision de dissolution prise par l’actionnaire unique est suivie (à partir de la date d’insertion dans le journal
d’annonces légales, cf. question 3.) d’une période de trente jours au cours de laquelle peut s’exercer le droit d’opposition
des créanciers. La personne morale disparaît après expiration de ce délai de trente jours, ou, si des oppositions ont été
formées, au règlement de leur sort (art. 1844-5 al. 3 [Link].).
La dissolution n’a d’effet à l’égard des tiers qu’après sa publication (art 1844-8 al 1 [Link].). La dissolution sans liquidation
n’a pas d’effet rétroactif juridiquement.
NB : Aucun effet rétroactif ne peut être donné juridiquement à une dissolution sans liquidation : en effet, c’est le code civil qui régit
cette opération, et celui-ci ne contient aucune disposition autorisant cette rétroactivité (à l’inverse du code de commerce, qui
régit les opérations de fusions et prévoit les conditions de la rétroactivité en son article L236-4).

Toutefois, l’administration fiscale admet qu’une rétroactivité (seulement fiscale, mais limitée à l’IS, non applicable pour la
TVA, la contribution économique territoriale…) puisse être attribuée aux dissolutions sans liquidation, à la condition que
la décision de dissolution mentionne expressément une date d’effet fiscal antérieure à sa date d’effet juridique, et que
er
cette date ne soit pas antérieure au 1 jour de l’exercice en cours chez la filiale à la date de la décision.
Exemple : décision de dissolution le 10 décembre N pour un exercice social calqué sur l’année civile : la rétroactivité
er
fiscale peut être fixée au 1 janvier N, et ce alors même que juridiquement la dissolution prendra effet le 10
janvier N+1 (en l’absence d’opposition).
Conclusion : une clause de rétroactivité figurant dans la décision de dissolution a un effet fiscal et non juridique. Elle
permet d’agréger les résultats fiscaux N de TIC et de TAC.

6.a Régime fiscal IS


L’application du régime de faveur des fusions est facultative. En l’espèce, les valeurs réelles des éléments de l’actif étant
supérieures aux valeurs comptables (cf. Annexe 1) il est intéressant fiscalement de placer l’opération sous le régime des
fusions (applicable aux dissolutions sans liquidation selon la doctrine administrative). En effet, sans l’application du
régime de faveur, la dissolution entraînant cessation (fiscale) d’activité, toutes les plus-values latentes sur les éléments
de l’actif devraient être soumises à l’IS (et ce malgré la transcription comptable de l’opération en valeurs nettes
comptables). L’application du régime de faveur permet d’éviter cette imposition.
Calcul et traitement des PV/MV de fusion :
Le régime de faveur des fusions étant appliqué, et l’opération devant être comptabilisée aux valeurs nettes comptables,
aucune plus ou moins-value de « fusion » n’est constatée chez TAC.
En contrepartie, TIC doit s’engager dans la décision de dissolution à calculer les plus et moins-values futures sur les
éléments non amortissables par rapport aux valeurs fiscales de ces éléments chez TAC. Par exemple, pour les titres de
participation figurant à l’actif de TAC, les plus et moins-values futures devront être calculées par TIC en tenant compte
d’un prix de revient fiscal de 400 000  (500 000 de valeur au bilan de TAC diminuée de la plus-value d’échange de
100 000 neutralisée chez TAC).
Calcul du résultat fiscal N de TIC :
Résultat fiscal hors conséquences de la dissolution 450 000
PV / MV de fusion 0
Résultat fiscal TAC jusqu’à la dissolution (cf. rétroactivité fiscale) - 150 000
300 000
NB : pour faire apparaître la perte fiscale de TAC dans la détermination du résultat fiscal de TIC, il est nécessaire d’effectuer une
déduction extra-comptable. En effet, les écritures comptables de TIC doivent transcrire la réalité juridique ; or, aucune
rétroactivité juridique n’étant possible, les opérations réalisées par TAC (soit jusqu’au 20 novembre en l’absence d’opposition)
ne peuvent être transcrites dans les comptes de TIC (alors que cela est possible dans le cas des fusions avec rétroactivité).
Seul le résultat des opérations juridiquement réalisées par TIC peut être comptabilisé dans ses écritures (elles comprennent
celles issues de l’activité de TAC et réalisées du 20 novembre au 31 décembre N).

6.b Imputation des déficits antérieurs de TAC


Comme en cas de fusion, les opérations de confusion de patrimoine peuvent donner lieu au transfert des déficits
antérieurs de la société « confondue » à la société « confondante », moyennant un agrément qui est de droit lorsque les
conditions de son obtention sont réunies.
Ces conditions sont les suivantes :
- la confusion doit être placée sous le régime de faveur de l’article 210 A du CGI ;
- la confusion doit être justifiée du point de vue économique et doit obéir à des motivations principales autres que fiscales ;
- l’activité à l’origine des déficits doit être poursuivie pendant une période minimale de 3 ans sans subir de
changements significatifs ;
- l’activité à l’origine des déficits ne doit pas avoir subi de changements significatifs pendant la période de
constatation des déficits.
La demande d’agrément doit être formulée avant la réalisation de l’opération, soit ici avant le 20 octobre N.

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UE 1 Corrigé 119
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

6.c Droits d’enregistrement de la transmission universelle de patrimoine


Contrairement aux règles prévues pour l’impôt sur les sociétés, le régime de faveur des fusions en matière de droits
d’enregistrement (droit fixe prévu par l’article 816 du CGI) n’est pas applicable aux opérations de confusion de
patrimoine (régime de l’article 1844-5 du code civil).
1. La décision de dissolution sans liquidation est obligatoirement enregistrée dans le délai d’un mois : les droits sont de
375  lorsque la société à un capital inférieur à 225 000  et 500  dans les autres cas.
2. L’appropriation de l’actif de la société dissoute par son actionnaire unique n’engendre aucun droit de mutation, ni droit
de partage. Elle n’est soumise à aucune formalité (en dehors des immeubles, cf. ci-après). Toutefois, si un acte relatif à
cette transmission universelle de patrimoine est volontairement soumis à l’enregistrement, il donne lieu au droit fixe des
actes innommés soit 125 .
Lorsque la confusion de patrimoine entraîne la transmission d’immeubles à l’actionnaire unique, l’acte doit être
obligatoirement publié à la conservation des hypothèques, ce qui entraîne la perception de :
- la taxe de publicité foncière calculée sur la valeur réelle des immeubles lors de la transmission au taux de 0,70% ;
- le prélèvement pour frais d’assiette et de recouvrement calculé sur cette taxe, au taux de 2,14% ;
- la contribution de sécurité immobilière de 0,10% de la valeur vénale (ex salaire du conservateur des hypothèques).
TIC sera donc redevable des droits d’enregistrements relatifs à la transmission des immeubles dont TAC était
propriétaire, calculés sur leur valeur réelle en N, soit 6 000 000  pour les constructions et 2 200 000  pour le terrain,
soit 8 200 000  au total :
- TPF : 8 200 000 x 0,70% 57 400 
- prélèvement pour frais : 57 400 x 2,14% 1 228 
- contribution sécurité immobilière : 8 200 000 x 0,10% 8 200 
Total des droits d’enregistrement dus 66 828 

6.d Conséquences fiscales pour la société CHARLIE


CHARLIE est actionnaire de la société TIC. La transmission universelle de patrimoine de TAC à TIC n’engendre donc
pour elle aucune conséquence puisque TIC se contente de recueillir les éléments actifs et passifs de TAC, en
contrepartie de l’annulation des titres TAC dans son bilan. TIC n’émet aucune action, et CHARLIE reste actionnaire de
TIC dans les mêmes proportions.

7.a Obligations sociales de TIC et TAC avant la transmission universelle de patrimoine


Aucune unité économique et sociale n’étant reconnue entre TIC et TAC, les effectifs de chaque société sont appréciés
séparément. En effet certaines obligations et certains droits peuvent être rendus obligatoires lorsqu’il existe une unité
économique et sociale.
L’unité économique est caractérisée lorsqu’il y a unité de direction et identité ou complémentarité d’activité.
Le critère de l’unité sociale relève d’indices variés, tels qu’une gestion commune du personnel, un statut juridique
commun, une convention collective identique…
Plusieurs entreprises juridiquement distinctes peuvent donc constituer une unité économique et sociale, mais pour en
produire les effets elle doit être reconnue par convention collective ou décision de justice.

Représentation du personnel
Les dispositions légales relatives aux délégués du personnel s’appliquent sans distinction à toutes les entreprises et tous
les établissements indifféremment de leur forme ou de leur objet (association, sociétés civiles ou commerciales,
professions libérales … ayant une activité agricole, industrielle ou commerciale). Leur mise en place est obligatoire dès
lors que l’entreprise comprend un effectif d’au moins 11 salariés, atteint pendant 12 mois consécutifs ou non, au cours
des trois années précédentes.
TIC emploie 42 salariés : elle dispose donc de délégués du personnel. Néanmoins, ils n’exercent les fonctions
économiques du comité d’entreprise que dans les entreprises de 50 salariés et plus en cas de carence de ce dernier.
Par conséquent TIC n’a pas l’obligation légale de les consulter sur le projet de dissolution.
TAC emploie 10 salariés. En l’absence d’institutions représentatives du personnel, aucune obligation ne lui incombe en
la matière.

Participation et épargne salariale


Ni TIC ni TAC n’atteignant le seuil de 50 salariés, aucune d’elle n’est soumise à l’obligation de verser une réserve de
participation à ses salariés.
Les autres régimes (intéressement, plans d’épargne) étant purement facultatifs, ni TIC ni TAC n’ont l’obligation de les
mettre en place.

7.b Conséquences sociales de la transmission universelle de patrimoine


Sort des salariés de TAC

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UE 1 Corrigé 120
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

L’article L 1224-1 du code du travail dispose : « Lorsque survient une modification dans la situation juridique de
l’employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société de l’entreprise, tous les
contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de
l’entreprise ». Cette position de principe rend impérative le maintien des contrats en cours vers la nouvelle entité, et ce,
quelle que soit la nature des contrats de travail (CDI, CDD, contrats d’apprentissage, contrats de professionnalisation…).
Le transfert s’effectue de plein droit et automatiquement, autrement dit, aucune procédure ou démarche n’est
nécessaire, et l’employeur ne peut s’y opposer. Le transfert intègre tous les éléments du contrat tels que la
rémunération, la qualification, l’ancienneté ou encore les clauses contractuelles pouvant y figurer. Tous les droits sont
transférés et doivent être considérés d’après la totalité des services accomplis auprès du premier employeur. TIC
intégrera l’ensemble des salariés de TAC à ses effectifs sans pouvoir modifier unilatéralement leurs contrats de travail
dans l’ensemble de leurs dispositions.
À noter une décision importante de la cour de cassation en date du 17 juin 2009 (bien que non applicable ici). Par cet
arrêt, la haute juridiction précise que l’article L1224-1 du code du travail, interprété à la lumière de la directive
n° 2001/23/CE du 12 mars 2001, ne s’applique qu’en cas de transfert d’une entité économique autonome. Le transfert
d’une telle entité ne s’opère que si des moyens corporels ou incorporels significatifs et nécessaires à l’exploitation de
l’entité sont repris, directement ou indirectement, par un autre exploitant. Si tel n’est pas le cas, le transfert suppose
l’accord du salarié, lequel ne peut résulter de la seule poursuite du travail.

Quant aux licenciements économiques, ils ne peuvent être prononcés que :


- pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié ;
- résultant d’une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification, refusée par le salarié, d’un élément
essentiel du contrat de travail ;
- consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques.

À défaut, les licenciements doivent être considérés sans cause réelle et sérieuse (art. 1233-2 [Link].) (le transfert est
d’ordre public) et ouvrent droit à contestation par le(s) salarié(s) concerné(s). Le juge peut proposer la réintégration dans
l’entreprise, avec maintien des avantages acquis. En cas de refus, l’indemnité, à la charge de l’employeur, ne peut être
inférieure aux salaires des six derniers mois (art. L1235-3 C. trav.). Si l’entreprise compte moins de 11 salariés ou si leur
ancienneté est inférieure à 2 ans, l’indemnité, seule possible, est fonction du préjudice.
Par conséquent la transmission universelle de patrimoine de TAC ne peut en aucun cas justifier une procédure de
licenciement économique.

Obligations sociales de TIC après la dissolution de TAC


Après la dissolution, l’effectif de TIC s’élève à 42 + 10 = 52 salariés.
Cette situation entraîne des obligations à la charge de l’employeur et des effets généraux sur le statut collectif des
salariés transférés.
Le dépassement d’un seuil d’effectif à pour effet de créer certaines obligations à la charge de l’employeur.
En premier lieu un comité d’entreprise doit être obligatoirement mis en place dans toute entreprise occupant au moins 50
salariés pendant 12 mois, consécutifs ou non, au cours des trois années précédentes (art. 2322-2 [Link].)
En second lieu, les entreprises de droit privé dont l’effectif est habituellement au moins égal à 50 salariés doivent
impérativement conclure un accord de participation (art. L 3322-2 [Link].).

Sur ces deux points, sans y être astreinte immédiatement, la société TIC devra envisager leur mise en place.

Sur les conventions et accords collectifs applicables, trois situations peuvent se présenter :
- soit la convention collective est identique et les mêmes dispositions s’appliquent ;
- soit le nouvel employeur est dépourvu de convention collective ;
- soit la convention collective de la nouvelle entité est différente de celle applicable aux salariés transférés.
Dans les deux dernières hypothèses la remise en cause des accords existants s’opère de fait. Dans les 3 mois du
transfert une négociation doit s’ouvrir sur les dispositions applicables ou sur l’élaboration d’un nouveau statut. À défaut
d’accord, les anciennes dispositions sont maintenues pendant un an à compter des 3 mois susvisés au terme duquel ils
cessent de s’appliquer (art. L 2261-14 [Link].).
D’autre part, les usages et engagements de l’ancien employeur subsistent, mais peuvent être remis en cause dans la
nouvelle structure à condition d’en respecter le formalisme (dénonciation).

En l’espèce, au regard des éléments fournis, les salariés de TAC seront soit soumis à la convention collective de TIC,
soit, à défaut de nouvel accord, leur statut collectif sera maintenu pendant 15 mois.

Quant aux mandats des représentants du personnel chez TIC, ils ne subissent aucune modification. Par contre, si une
telle institution existait dans l’entité transférée, les mandats subsisteraient jusqu’à leur terme sous la condition que
l’entreprise transférée conserve son autonomie juridique. Cette notion est souvent appréciée extensivement et conduit
régulièrement au maintien des mandats en cours. À défaut, les fonctions des représentants du personnel cessent.

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UE 1 Corrigé 121
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8. Mise à la retraite de M. Bond – Départ à la retraite de M. James


Règle de droit applicable
Tableau d’ouverture des droits à la retraite
Ouverture des droits Taux plein
Date de naissance
Date d’effet Date d’effet
des assurés Âge Âge
possible à partir de possible à partir de
er
Entre le 1 juillet et le 60 ans et 4 mois Novembre 2011 65 ans et 4 mois Novembre 2016
31 décembre 1951
En 1952 60 ans et 9 mois Octobre 2012 65 ans et 9 mois Octobre 2017
er
En 1953 61 ans et 2 mois Mars 2014 66 ans et 2 mois 1 mars 2019
En 1954 61 ans et 7 mois Août 2015 66 ans et 7 mois Août 2020
En 1955 62 ans Janvier 2017 67 ans Janvier 2022

La mise à la retraite
Conditions
• Principe
La mise à la retraite par l’employeur ne peut intervenir unilatéralement avant l’âge de 69 ans révolus compris. Entre
l’âge minimum permettant de recevoir une pension à taux plein et 69 ans, l’employeur peut la proposer au salarié,
mais elle ne peut intervenir sans l’accord de ce dernier selon la procédure suivante.
• Procédure
Trois mois avant la date de l’anniversaire du salarié, l’employeur doit l’interroger sur son intention de quitter
l’entreprise. En cas de réponse négative, il ne peut procéder à sa mise à la retraite mais peut renouveler sa demande
l’année suivante dans les mêmes conditions.
À partir de 70 ans, l’employeur peut librement mettre à la retraite le salarié sans qu’il ne puisse s’y opposer.
Effets
Le salarié bénéficie d’une indemnité de départ en retraite équivalente au minimum à l’indemnité légale de licenciement.
L’indemnité de mise à la retraite (donc, à l’initiative de l’employeur) est exonérée d’IR à hauteur du plus élevé des 3
montants suivants :
1. montant de l’indemnité de mise à la retraite prévu par la convention collective (quel que soit ce montant) ;
2. moitié de l’indemnité de mise à la retraite perçue, cette moitié étant plafonnée à 190 200  en 2015 (5 x plafond
annuel de la Sécurité Sociale) ;
3. 2 fois la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l’année civile précédant sa mise à la retraite,
ce montant de 2 fois la rémunération étant plafonné au même montant (190 200  pour 2015).
L’éventuelle fraction d’indemnité dépassant le plafond applicable est soumise à l’IR dans la catégorie des traitements et
salaires.

Le départ à la retraite
Conditions
Le départ à la retraite intervient à l’initiative du salarié et l’âge minimal pour en bénéficier dépend de l’année de
er er
naissance du salarié. S’il est né avant le 1 juillet 1951, l’âge légal de départ est de 60 ans. Après le 1 juillet 1951, l’âge
minimum augmente progressivement pour atteindre 62 ans en 2017. Le taux de la pension versée dépendra du nombre
de trimestres cotisés.

Effets
Il doit respecter un préavis dont la durée est de 1 mois pour les salariés ayant une ancienneté d’au moins 6 mois et
moins de 2 ans dans l’entreprise et de 2 mois pour les salariés ayant une ancienneté d’au moins 2 ans.
En outre, sous condition de justifier d’une ancienneté de 10 ans, le salarié bénéficie d’une indemnité légale (ou
conventionnelle si elle est plus favorable) spécifique qui correspond à :
- 1/2 mois du salaire de référence après 10 ans d’ancienneté ;
- 1 mois après 15 ans ;
- 1 mois 1/2 après 20 ans ;
- 2 mois après 30 ans d’ancienneté.
L’indemnité de départ à la retraite (donc, à l’initiative du salarié) est imposable à l’IR dans la catégorie des traitements et
salaires. Aucune exonération n’est possible.

Application de la règle aux faits


La société TIC ne peut mettre d’office M. Bond à la retraite celui-ci n’ayant que 67 ans. Son départ doit être consenti. À
défaut, il devra être considéré comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Quant à M. James, étant né en 1950 et donc âgé de 65 ans, il peut prétendre à la liquidation de sa pension retraite et
imposer son départ à l’employeur. Il percevra l’indemnité légale ou conventionnelle s’il justifie de l’ancienneté minimale.

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 122
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

9. Nature de la faute et indemnités perçues par Mme Goldfinger


Règle de droit applicable
Les conditions du licenciement pour motif personnel
La cause réelle et sérieuse
• La cause réelle
Elle suppose la réunion de trois caractères.
En premier lieu elle doit être concrète ; en second lieu elle doit être objective ; enfin, elle doit être exacte.
• La cause sérieuse
La cause du licenciement doit revêtir un caractère suffisamment sérieux pour justifier un licenciement, c’est-à-dire
être d’une gravité suffisante pour justifier la rupture du contrat de travail.
Les motifs disciplinaires du licenciement
Le licenciement repose sur une faute imputable au salarié. La jurisprudence distingue quatre fautes, d’une gravité
différente et emportant des conséquences juridiques propres.
• La faute légère. Bien que réelle, elle ne justifie jamais un licenciement. D’une gravité insuffisante pour mettre un
terme au contrat de travail, elle peut cependant faire l’objet d’une sanction disciplinaire.
• La faute sérieuse. Elle rend impossible la continuation de la relation de travail et constitue une cause réelle et
sérieuse de licenciement. Cependant, elle ne prive pas le salarié de ses droits à préavis et à indemnités. Par
exemple, une indiscipline caractérisée, les violences verbales ou des retards répétés.
• La faute grave. Elle justifie le licenciement et implique le départ immédiat du salarié en privant ce dernier des
indemnités de préavis et de licenciement. Par exemple, les violences physiques ou les actes d’insubordination.
• La faute lourde. D’une gravité exceptionnelle, elle suppose l’intention particulière de nuire à l’entreprise. Parfois
difficile à prouver, le salarié perd l’ensemble de ses droits et indemnités y compris celle de congés payés.
Les indemnités en cas de licenciement régulier
• L’indemnité compensatrice de préavis
Équivalente aux rémunérations que le salarié aurait perçues s’il avait travaillé jusqu’au terme du préavis, l’employeur
doit la verser dans les cas suivants :
- l’employeur a lui-même demandé au salarié de ne pas effectuer le préavis ;
- l’employeur à licencié le salarié pour faute grave ou lourde, mais le Conseil de Prud’hommes n’a pas retenu
cette qualification.
Cette indemnité n’a pas a être versé dans les hypothèses suivantes :
- en cas de licenciement pour faute grave ou lourde ;
- si le salarié sollicite la dispense de son préavis ;
- si le salarié est dans l’incapacité d’exécuter le préavis ;
- en cas d’inaptitude suite à un accident ou une maladie non professionnelle.
L’indemnité compensatrice de préavis est imposable à l’IR, comme un salaire. Elle est normalement déductible du
résultat de la société versante.
• L’indemnité compensatrice de congés payés
Elle correspond à une indemnisation des jours de congés que le salarié n’a pu prendre du fait de la rupture de son
contrat de travail.
Elle n’est pas due en cas de rupture pour faute lourde du salarié.
L’indemnité compensatrice de congés payés est imposable à l’IR, comme un salaire. Elle est normalement
déductible du résultat de la société versante.
• L’indemnité légale de licenciement
Elle est due au salarié qui bénéficie d’une ancienneté de 1 an au moins dans la même entreprise (L1234-9 [Link].).
Les indemnités de licenciement sont identiques que le licenciement soit prononcé pour un motif personnel ou pour un
motif économique. L’indemnité ne peut être inférieure à un cinquième de mois de salaire par année d’ancienneté,
auquel s’ajoutent deux quinzièmes de mois par année au-delà de dix ans d’ancienneté. Les conventions ou accords
collectifs peuvent prévoir des dispositions plus favorables au salarié. Il peut alors en bénéficier mais ne peut la
cumuler avec l’indemnité légale. Elle n’est pas due en cas de faute grave ou lourde.
Les indemnités de licenciement sont exonérées d’IR dans la limite d’un plafond (sauf les indemnités versées en cas
de plan de sauvegarde de l’emploi qui sont exonérées sans limite). Plafond = le plus élevé des 3 montants suivants :
1. Indemnité de licenciement prévue par la loi ou la convention collective ;
2. Moitié de l’indemnité de licenciement perçue, cette moitié étant plafonnée à 228 240  pour 2015 (6 fois le
plafond annuel de la sécurité sociale) ;
3. 2 fois la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l’année civile précédant son licenciement,
ce montant de 2 fois la rémunération étant plafonné aussi à 228 240  pour 2015.
Pour la société versante, l’indemnité de licenciement est normalement déductible de son résultat.
NB : En cas de licenciement pour motif économique, l’éventuelle provision pour indemnité de licenciement est non déductible
(l’indemnité est déductible au titre de l’exercice de son exigibilité).
Application de la règle aux faits
me
Le licenciement de M Goldfinger repose sur une cause réelle et sérieuse et justifie la rupture du contrat de travail. La
faute retenue est susceptible de recevoir la qualification de faute sérieuse mais non de faute grave (en ce sens [Link].
23 décembre 2009).
Elle percevra donc l’ensemble des indemnités.

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UE 1 Corrigé 123
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got OLYGIRL
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

L’entreprise en difficulté : la prévention des difficultés

La loi offre un éventail de solutions pour éviter le dépôt de bilan, préserver la survie de l’entreprise et le maintien de
l’emploi

1. Documents de gestion prévisionnelle


L’article L232-2 [Link] impose aux sociétés commerciales, quelle que soit leur forme juridique, d’établir plusieurs
documents financiers indépendamment des comptes annuels.
En effet, dans les sociétés qui ont employé à la clôture d’un exercice au moins 300 salariés ou ont réalisé un chiffre
d’affaires d’au moins 18 millions d’euros, le conseil d’administration, le directoire ou les gérants doivent établir les
documents suivants :
- une situation de l’actif réalisable et disponible (valeurs d’exploitation exclues) et du passif exigible ;
- un tableau de financement (tableau des emplois et des ressources) ;
- un compte de résultat prévisionnel ;
- un plan de financement prévisionnel.
Ces documents doivent être analysés par le CA (ou le directoire ou les gérants), dans des rapports écrits sur l’évolution
de la société – L232-3 [Link]. Ils doivent être communiqués accompagnés des rapports dans les huit jours de leur
établissement au commissaire aux comptes, au comité d’entreprise et, s’il en existe, au conseil de surveillance. Le non-
respect de l’établissement des documents prévisionnels engage la responsabilité civile des dirigeants.

Dans le cas, la SA OLYGIRL emploie 350 salariés. Le conseil d’administration devra établir les documents de gestion
prévisionnelle, le rapport sur l’évolution de la société et les communiquer au commissaire aux comptes et au comité
d’entreprise.

2. Le droit d’alerte
La loi prévoit un dispositif d’alerte réservé aux sociétés commerciales, aux GIE et aux entreprises commerciales ou
artisanales, visant à attirer l’attention des dirigeants sociaux sur la nécessité de prendre des mesures en vue de
redresser la situation. Ont le droit d’alerte :
- les commissaires aux comptes sur « des faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » – L234-1 al.
1 [Link] ;
- les associés sur « tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » s’ils détiennent au moins 5%
du capital social dans la société anonyme – L225-232 [Link], l’associé non gérant, quelle que soit sa détention de
capital dans la SARL – L223-36 [Link]. Ce droit est aussi reconnu aux associations d’actionnaires existant dans
les SA cotées ;
- le comité d’entreprise sur des « faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de
l’entreprise » – art. L2323-78 Code du Travail ;
- le président du tribunal de commerce lorsqu’il résulte de tout acte, document ou procédure qu’une société
commerciale connaît des « difficultés de nature à compromettre la continuité de l’exploitation » – art. L611-2 al. 1
[Link].
Le président du tribunal de grande instance a le droit d’alerte à l’égard des personnes morales ou physiques exerçant
une activité professionnelle agricole ou indépendante ou une profession libérale soumise à un statut législatif ou
réglementaire depuis 2014.

Dans le cas, la situation de la SA OLYGIRL (baisse régulière du chiffre d’affaires, pertes depuis deux ans, menaces de
suppression de crédits de la part des banquiers) est de nature à compromettre la continuité de l’exploitation. M. Astic doit
en informer le président du conseil d’administration – art. L234-1 al. 1 [Link].

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UE 1 Corrigé 124
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Démarches du commissaire aux comptes et d’un actionnaire dans la procédure d’alerte


Démarches du commissaire aux comptes
• Informer le président du conseil d’administration ou du directoire des faits relevés.
• Le président est tenu de lui répondre par lettre recommandée avec avis de réception dans les 15 jours qui suivent.
• À défaut de réponse ou si la réponse ne permet pas d’assurer la continuité de l’exploitation, il doit inviter le président
à réunir le conseil d’administration (ou le directoire) pour qu’il délibère sur les faits relevés. Le commissaire aux
comptes doit être convoqué à cette réunion. La délibération du CA ou CS est communiquée au président du tribunal
de commerce et au CE.
• En cas de non-respect des obligations précédentes ou si les décisions du CA ou du directoire ne permettent pas de
redresser la situation, le CAC doit établir un rapport spécial qui sera présenté à la prochaine assemblée générale –
L234-1 al. 3 [Link].
• Enfin, à l’issue de l’assemblée générale, si le CAC constate que les décisions prises ne permettent pas d’assurer la
continuité de l’exploitation, il doit, sans délai, informer de ses démarches le président du tribunal de commerce et lui
communiquer les résultats – L234-1 al. 4 [Link].

Démarches de l’actionnaire
Dans la SA, un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5% du capital social ou, s’il s’agit d’une société cotée
sur un marché réglementé, une association d’actionnaires de la société, peuvent, deux fois par exercice, poser par écrit
des questions au président du conseil d’administration ou du directoire sur tout fait de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation. La réponse est communiquée au commissaire aux comptes – art. L225-232 [Link].

4. La conciliation
a) Procédure de conciliation
Il est institué, devant le tribunal de commerce, une procédure de conciliation dont peuvent bénéficier les personnes
exerçant une activité commerciale ou artisanale qui éprouvent une difficulté juridique, économique ou financière, avérée
ou prévisible, et ne se trouvent pas en cessation des paiements depuis plus de quarante-cinq jours – art. L611-4 C. Com
La procédure de conciliation est applicable, dans les mêmes conditions, aux personnes morales de droit privé y compris
les professions libérales. Art. L611-5 C. Com

Cette procédure tend à favoriser le redressement de l’entreprise grâce à l’intervention d’un conciliateur désigné par le
président du tribunal de commerce (ou le président du TGI), qui aura pour mission d’obtenir la conclusion d’un accord
entre le débiteur et les créanciers de celui-ci sur des délais de paiement ou des remises de dettes.

La SA OLYGIRL est une personne morale exerçant une activité commerciale et elle n’est pas en état de cessation des
paiements. Elle connaît des difficultés financière et économique et son dirigeant voudrait obtenir des délais de paiement
ou des remises de dettes de la part de ses créanciers sociaux. La SA OLYGIRL entre dans le champ d’application de la
procédure de conciliation.

b) Mise en œuvre de la procédure de conciliation


Pour obtenir des délais de paiement et ou des remises de dettes des créanciers, les étapes suivantes devront être
respectées :
- dépôt de la requête (demande écrite) de conciliation au président du tribunal de commerce par le représentant légal
(M. Gaine) ;
- une enquête et une demande de renseignements seront diligentées par le président du tribunal pour connaître la
situation économique et financière de la société ;
- la nomination éventuelle d’un conciliateur pour une durée de quatre mois maximum (prorogeable d’un mois) par le
président du tribunal. Art. L611-6 [Link] ;
- la conclusion d’un accord entre le représentant légal et tous les créanciers (ou les principaux) sur les délais de
paiement ou les remises de dettes ;
- I’homologation éventuelle par le président de l’accord qui sera déposé au greffe.

c) Conséquences de la procédure de conciliation pour les créanciers


Selon l’article L611-7 al1 [Link]. : « le conciliateur a pour mission de favoriser la conclusion entre le débiteur et ses
principaux créanciers ainsi que, le cas échéant, ses cocontractants habituels, d’un accord amiable destiné à mettre fin
aux difficultés de l’entreprise ».
La conciliation n’emporte donc pas la suspension des poursuites individuelles des créanciers contre la société (sauf en
cas d’homologation pour les créanciers signataires de l’accord). En cas de poursuite, le dirigeant peut seulement
demander au juge d’accorder à la société des délais de paiement par application des articles 1244-1 et suivants du Code
civil – art. L611-7 al. 5 [Link].
L’accord amiable sera soit :
- constaté par le président du tribunal qui lui donne force exécutoire : il ne fera l’objet d’aucune publicité, restera confidentiel et
ne sera pas communicable aux créanciers n’y ayant pas participé. Il engagera seulement les parties contractantes.
- homologué par le tribunal, à la demande du dirigeant afin de suspendre les poursuites des créanciers faisant partie de
l’accord pendant la durée de son exécution. Le jugement d’homologation sera connu car publié – art. L611-10 al. 2.

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UE 1 Corrigé 125
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

d) Risques encourus du fait de l’inexécution de l’accord


L’inexécution par le débiteur (la société) de l’accord constaté est sanctionnée selon le droit commun.
L’inexécution de l’accord homologué par la société permet au créancier de saisir le tribunal pour obtenir la résolution de
l’accord et la déchéance de tout délai de paiement accordé – art. L611-10-3.
La mise en redressement ou en liquidation judiciaire de l’entreprise ne peut être prononcée sur demande d’un des
créanciers participants que si les conditions d’ouverture de ces procédures sont remplies.

5. Étude comparative des procédures de conciliation et de sauvegarde pour la SA OLYGIRL

Conciliation (L611-4 et svts C. Com) Sauvegarde (L620-1 et svts C. Com)


Champ d’application Personne morale de droit privé. Idem.
Niveau de difficulté Éprouver une difficulté juridique, Justifier de difficultés que le débiteur
économique ou financière, avérée ou n’est pas en mesure de surmonter.
prévisible.
Cessation des paiements Ne pas être en cessation des Ne pas être en cessation des
paiements depuis plus de 45 jours. paiements.
Objectif Obtenir un accord amiable entre le Obtenir un plan de sauvegarde pour
débiteur et ses principaux créanciers faciliter la réorganisation de
destiné à mettre fin aux difficultés de l’entreprise afin de permettre la
l’entreprise. poursuite de l’activité économique, le
maintien de l’emploi et l’apurement du
passif.
Saisine du tribunal Par le représentant légal de la Idem.
personne morale débitrice.
Organes de la procédure Président du tribunal de commerce- Tribunal de commerce – débiteur –
conciliateur – débiteur - créanciers. juge commissaire - représentant des
salariés - mandataire judiciaire
représentant les créanciers - comités
de créanciers - administrateur
judiciaire - le procureur de la
république.
Confidentialité de la procédure Oui si l’accord amiable est constaté, Non, le jugement d’ouverture est
non si l’accord amiable est homologué. publié au BODACC.
Toute personne appelée à la
procédure de conciliation ou qui, par
ses fonctions, en a connaissance est
tenue à la confidentialité - L611-15.
Effet vis-à-vis du dirigeant Le dirigeant conserve son pouvoir de Le dirigeant conserve son pouvoir de
gestion en totalité. gestion, mais il peut être surveillé ou
assisté par l’administrateur judiciaire
selon la mission confiée à celui-ci par
le tribunal.
Effet vis-à-vis des créanciers Ils conservent leur droit de poursuite Suspension des poursuites
individuelle (sauf si l’accord a été individuelles pour les créanciers
homologué). antérieurs au jugement d’ouverture.

Conclusion
La procédure de conciliation est confidentielle et moins lourde que celle de la sauvegarde ; le dirigeant conserve son
pouvoir de gestion. Elle correspond à un niveau de difficulté moins grand que celui de la sauvegarde. En l’état de la
situation de la société OLYGIRL qui rencontre une difficulté de trésorerie, il semble que la procédure de conciliation
suffise à lui permettre de surmonter ses difficultés. Si elle obtient de ses créanciers des délais de paiement, elle pourra
faire face à ses échéances.

NB : la loi du 22.10.2010 de régulation bancaire et financière met en place une nouvelle forme de sauvegarde limitée au cercle
des créanciers financiers d’une entreprise : la sauvegarde financière accélérée (SFA). Cette procédure est réservée aux
entreprise d’une certaine taille – art. L628-1 svts [Link] modifié par la loi du 22.03.2012.

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

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UE 1 Corrigé 127
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteusr :
Léa Got
Grégory Lachaise
GREEN-FARINA-GRENIER
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Traitement des difficultés : le redressement judiciaire, sanctions

DOSSIER GREEN
1. Modalités de mise en place et contenu du plan de sauvegarde de l’emploi.
La procédure d’établissement du PSE a été profondément remaniée par la loi du 14 juin 2013 (art.1233-21 à 1233-24-4
Ctrav.) avec pour objectif de favoriser la négociation du contenu du PSE. Préalablement aux deux modalités prévues par
le législateur il reste toujours possible de conclure des accords de méthodes avec le comité d’entreprise qui peut
formuler toute proposition quant au contenu du PSE. La nouvelle procédure n’est pas non plus exclusive de la
consultation obligatoire des institutions représentatives du personnel.
Pour les entreprises assujetties au PSE (entreprise d’au moins 50 salariés, licenciement d’au moins 10 salariés sur
une période de 30 jours), la loi prévoit désormais deux procédures d’établissement du PSE:
- L’établissement du PSE par voie négociée. Le plan ainsi que les modalités de consultation du comité
d’entreprise peuvent être établis conjointement par l’employeur et les organisations syndicales représentatives dans le
cadre d’un accord qui doit être adopté par une ou plusieurs organisations syndicales représentatives ayant recueilli au
moins 50% des suffrages exprimés en faveur d'organisations reconnues représentatives au premier tour des dernières
élections des titulaires au comité d'entreprise ou de la délégation unique du personnel ou, à défaut, des délégués du
personnel, quel que soit le nombre de votants. Le plan entre alors en vigueur après validation par la DIRECCTE qui peut
à tout moment de la procédure formuler des propositions et observations. La notification des licenciements aux salariés
concernés peut ensuite intervenir.
- L’établissement du PSE par voie unilatérale. L’employeur qui n’est pas tenu d’engager des négociations en
vue d’un accord sur le PSE ou en cas d’échec de ces dernières, peut, après la dernière consultation du CE, établir un
document unilatéral fixant le contenu du PSE dans le respect des dispositions impératives. Le document doit ensuite être
homologué par la DIRECCTE.
Quelle que soit la modalité, le PSE doit prévoir des actions de reclassement interne et externe, des actions de
formations et de VAE, des mesures d’aménagement du temps de travail, des dispositifs favorisant la création d'activités
nouvelles par l'entreprise.
Les licenciements prononcés malgré le refus d’homologation ou de la validation de la DIRECCTE sont nuls sauf cas
particuliers.
En l’espèce, la SA GREEN emploie 200 salariés et compte procéder au licenciement de 15 salariés, elle est donc
assujettie à l’obligation d’établir un PSE selon l’une des modalités prévue.

2. Situation juridique de la société GREEN


Cette société a des difficultés de trésorerie, elle a un découvert bancaire et ne paie plus ses dettes (cotisations URSSAF
et autres). Elle est en état de cessation des paiements qui se définit comme « l’impossibilité de faire face au passif
exigible avec l’actif disponible » – art. L631-1 [Link]. Un arrêt de la Cour de cassation du 28.04.98 considère que le
passif doit être exigé (c’est-à-dire réclamé par les créanciers, ce qui est le cas puisque l’URSSAF a mis en demeure la
société de payer).

Procédures auxquelles s’expose la société


Le redressement et la liquidation judiciaires sont applicables à tout commerçant, à tout agriculteur et à toute
personne morale de droit privé (sociétés civiles et commerciales, associations déclarées et GIE) en état de cessation
des paiements.
La société GREEN rentre dans le champ d’application des procédures collectives étant une société commerciale (SA) en
état de cessation des paiements.
NB : la procédure de sauvegarde n’est pas applicable puisque le débiteur ne doit pas être en cessation des paiements.
Conséquences pour la société
La société peut être déclarée :
- en redressement judiciaire : cette procédure est destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le
maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Elle donne lieu à un plan arrêté par jugement à l’issue d’une période
d’observation – L631-1 al. 2 [Link] ;
- ou en liquidation judiciaire lorsque l’entreprise a cessé ses paiements et quand le redressement est manifestement
impossible. La procédure est destinée à mettre fin à l’activité de l’entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur
par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens – L640-1 [Link].

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UE 1 Corrigé 128
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

La lecture du cas nous indique que le tribunal a choisi de faire bénéficier la SA GREEN de la procédure de redressement
judiciaire. Son activité va se poursuivre, un plan de redressement va être recherché.

3. Obligation de M. Raq
L’ouverture de la procédure doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les 45 jours qui suivent la cessation
des paiements s’il n’a pas, dans ce délai, demandé l’ouverture d’une procédure de conciliation – art. L631-4 [Link].
Lorsqu’il s’agit d’une personne morale (cas d’espèce), cette obligation incombe à son représentant légal (M. Raq,
directeur général). Outre la déclaration, il déposera un certain nombre de pièces (d’où l’expression selon laquelle le
débiteur « dépose son bilan ») :
- les comptes annuels du dernier exercice ;
- un extrait d’immatriculation au RCS ;
- la situation de trésorerie datant de moins de trois mois ;
- le nombre de salariés et le montant du chiffre d’affaires ;
- un état chiffré des créances et dettes (avec identification des créanciers) ;
- un état actif et passif des sûretés ainsi que des engagements hors bilan ;
- un inventaire sommaire des biens du débiteur ;
- les noms et adresses des représentants du comité d’entreprise.

Le non-respect de cette obligation de déclaration expose le représentant légal à l’interdiction de diriger prévue par
l’article L653-8 [Link].

4. Désignation d’un administrateur judiciaire – Durée et finalité de la période d’observation – Comités de créanciers
Désignation d’un administrateur judiciaire
Le tribunal n’est pas obligé de désigner un administrateur judiciaire dans les entreprises de moins de 20 salariés et dont le
chiffre d’affaires hors taxes est inférieur à 3,1 millions d’euros. Il peut néanmoins en désigner un s’il l’estime nécessaire.
La SA GREEN a 200 salariés et réalise 50 millions d’euros de CA. La désignation d’un administrateur est obligatoire.
Période d’observation : durée et finalité
La période d’observation est d’une durée maximale de 6 mois qui peut être renouvelée une fois par décision motivée à la
demande de l’administrateur, du débiteur ou du ministère public. Elle peut être exceptionnellement prolongée à la
demande du procureur de la république par décision motivée du tribunal pour une durée fixée par décret en Conseil
d’état – art. L621-3 sur renvoi de l’article L631-7 [Link].
En principe, la période d’observation prend fin lorsque le tribunal prononce le plan de redressement, mais il peut y mettre
un terme avant s’il apparaît, au cours de cette période, que le débiteur dispose des sommes suffisantes pour
désintéresser les créanciers et acquitter les frais et les dettes afférents à la procédure.
Cette période d’observation va permettre à l’administrateur, avec le concours du débiteur et l’assistance éventuelle d’un
ou plusieurs experts, de dresser dans un rapport le bilan économique et social de l’entreprise et, au vu de ce bilan, de
proposer un plan de redressement – art. L623-1 C. Com.
Comités de créanciers
Les établissements de crédit et les principaux fournisseurs de biens ou de services sont réunis en deux comités de
créanciers par l’administrateur judiciaire, dans un délai de 30 jours à compter du jugement d’ouverture de la procédure. Le
débiteur présente à ces comités des propositions en vue d’élaborer le projet de plan de redressement – art. L626-30-2.
La constitution de ces comités de créanciers est obligatoire si le débiteur remplit les critères suivants :
- les comptes du débiteur ont été certifiés par un commissaire aux comptes ou établis par un expert-comptable ;
- le nombre de salariés est supérieur à 150 ou le chiffre d’affaires excède 20 millions d’euros.
La SA GREEN remplit les critères ci-dessus (un CAC certifie les comptes, 200 salariés, 50 millions d’euros de CA) : les
deux comités de créanciers devront être constitués.

5. Modalités de la déclaration de créance- suspension des poursuites


Déclaration de créance
Selon l’article L622-24 : « À partir de la publication du jugement d’ouverture de la procédure, tous les créanciers dont la
créance est née antérieurement au jugement d’ouverture, à l’exception des salariés, adressent la déclaration de leurs
créances au représentant des créanciers ». À défaut de déclaration dans le délai de 2 mois à dater de la publication du
jugement d’ouverture au BODACC, le créancier est forclos, c’est-à-dire que son droit de créance est prescrit.
L’URSSAF doit donc déclarer sa créance en respectant le délai. En cas de retard, une action en relevé de forclusion
peut être exercée dans le délai de 6 mois – art. L622-26 sur renvoi de l’art. L631-14.
Dans le cas, M. Rol est un créancier qui n’a pas respecté le délai de 2 mois (il expirait le 2 septembre). Il est forclos,
mais il peut intenter l’action en relevé de forclusion.

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Suspension des poursuites


Le jugement d’ouverture interrompt ou interdit toute action en justice de la part de tous les créanciers dont la créance est
antérieure au jugement d’ouverture, il arrête ou interdit toute voie d’exécution de la part de ces créanciers – art. L622-21
sur renvoi de l’article L631-14. Il y aura donc arrêt des poursuites individuelles des créanciers et interdiction de
payer les dettes antérieures au jugement d’ouverture de redressement judiciaire.
Dans le cas, le directeur général ne doit pas payer le créancier, M. Rol. S’il le faisait, tout intéressé pourrait demander l’annulation
du paiement effectué en violation de la règle ci-dessus dans un délai de trois ans à compter du paiement de la créance.

6. Sort des créances nées après le jugement d’ouverture


Les créances nées régulièrement après le jugement d’ouverture pour les besoins du déroulement de la procédure ou de
la période d’observation, ou en contrepartie d’une prestation fournie au débiteur, pour son activité professionnelle,
pendant cette période, sont payées à leur échéance.
Elles sont payées par préférence à toutes les autres créances, assorties ou non de privilèges ou de sûretés, à
l’exception des créances garanties par le superprivilège des salariés – art. L622-17 sur renvoi de L631-14.
En l’espèce, les créances des nouveaux fournisseurs sont nées après le jugement d’ouverture, pendant la période
d’observation. Il s’agit de prestations fournies pour maintenir l’activité du débiteur, elles paraissent régulières. Ces fournisseurs
seront payés par préférence aux autres créanciers à l’exception des salariés, qui bénéficient d’un superprivilège.

7. Conséquences de l’inexécution du plan de redressement


Si le débiteur n’exécute pas ses engagements dans les délais fixés par le plan, le tribunal peut prononcer la résolution
du plan et l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire – art. L626-27 sur renvoi de l’art. L631-20-1.
La SA GREEN sera placée en liquidation judiciaire puisqu’elle n’arrive pas à exécuter le plan de redressement.
Sort des salariés : le liquidateur procédera au licenciement du personnel après avoir informé et consulté le comité
d’entreprise. Avant l’envoi des lettres de licenciements, il doit informer l’autorité administrative. Si une offre de reprise de la société
en liquidation est faite et acceptée par le tribunal, les salariés (ou certains seulement) resteront employés par le repreneur.

DOSSIER FARINA
1. Chronologie des événements
Dates Événements
30.06 Réception de marchandises par la SARL Farina, non-paiement du fournisseur : la société EPU.
après le 30.06 Mise en demeure adressée par la société EPU.
après le 30.06 Assignation en ouverture de redressement judiciaire de la SARL Farina.
er
1 avril Date de cessation des paiements fixée par le tribunal.
30.07 Don d’un ordinateur de la SARL Farina à un de ses salariés.
30.08 Paiement d’une facture non échue par la SARL Farina.
er
1 septembre Date d’ouverture du jugement de redressement judiciaire.
10.09 Échéance de la facture déjà payée.

2. Saisine par un créancier, la société EPU


La procédure de redressement judiciaire peut être ouverte sur l’assignation d’un créancier, quelle que soit la nature de
sa créance – art. L631-5 al. 2 [Link]. L’assignation doit préciser la nature et le montant de la créance et contenir
l’indication des procédures ou voies d’exécution éventuellement engagées pour le recouvrement de la créance.
Application : La société EPU est créancière de la SARL FARINA, elle a mis en demeure cette dernière de payer avant
de lancer l’assignation. Elle est légale.
L’assignation d’un créancier peut être rejetée si elle abusive (ex. : le créancier n’a pas cherché par une voie d’exécution
le paiement de sa créance).

3. Période suspecte
Selon l’article L631-8, le tribunal fixe la date de cessation des paiements. À défaut de détermination de cette date, la
cessation des paiements est réputée intervenue à la date du jugement qui la constate. Elle peut être reportée une ou
plusieurs fois, sans pouvoir être antérieure de plus de 18 mois à la date du jugement constatant la cessation des paiements.
La période dite « suspecte » s’étend de la date de cessation des paiements à la date du jugement d’ouverture.
er
Application : la période suspecte se situe entre le 1 avril (date de cessation des paiements fixée par le tribunal) et le
er
1 septembre (date du jugement d’ouverture du redressement judiciaire) : elle est reportée de 5 mois en arrière. Sa
durée est légale puisqu’elle est inférieure à 18 mois.

4. Nullités des actes de la période suspecte


Le législateur prévoit que certains actes accomplis pendant la période suspecte seront frappés de nullité, obligatoire ou
facultative. On veut éviter que le débiteur ne fasse disparaître certains biens ou certaines sommes du patrimoine de
l’entreprise au détriment des créanciers.

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UE 1 Corrigé 130
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Sont déclarés nuls, de façon obligatoire par le tribunal lorsqu’ils auront été passés par le débiteur depuis la date de
cessation des paiements :
- tout paiement pour dette échue fait autrement qu’en espèces : c’est le cas du don de l’ordinateur au salarié effectué
le 30 juillet, pendant la période suspecte ;
- tout paiement pour dette non échue au jour du paiement quel qu’en ait été le mode : c’est le cas de la facture
payée par le débiteur le 30 août alors que la date d’échéance était au 10 septembre – art. L632-1 [Link].
L’action en nullité peut être exercée par l’administrateur judiciaire, mais aussi par le représentant des créanciers ou par
le commissaire à l’exécution du plan.
La loi n’a pas prévu de délai pour agir, mais l’action en nullité ne peut être engagée après le dépôt de l’état des créances
admises par le juge-commissaire.
L’intérêt de cette action est de reconstituer l’actif du débiteur. Le bien donné devra être restitué (si possible) ou sa
contre-valeur (cas de l’ordinateur) ; une somme devra être remboursée (cas du montant de la facture payée).

DOSSIER GRENIER

Note de synthèse
1. Présentation des faits
me
M Grenier, exerce la profession de masseur-kinésithérapeute, profession libérale. Elle a demandé à une
commission de surendettement de faire application de la législation prévue dans ce domaine par le code de la
me
consommation en janvier 2006. Sa caisse de retraite, la CARPIMKO, est créancière de M Grenier et conteste
l’application des mesures de surendettement décidées qui lui impose un rééchelonnement de sa créance.

2. La procédure
La CARPIMKO saisit le juge de l’exécution qui connaît de la procédure du traitement des situations de
surendettement. Le jugement rendu le 6.04.2006 confirme la décision de la commission de surendettement. La
CARPIMKO interjette appel de ce jugement.
La cour d’appel de Toulouse confirme le jugement dans son arrêt du 27.3.2007.
La CARPIMKO forme un pourvoi devant la cour de cassation.
La cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel sans renvoi.

3. Le problème juridique
Lorsqu’un membre d’une profession libérale soumis à un statut législatif ou réglementaire est en difficulté, qu’il a
des dettes non professionnelles et professionnelles, peut-il bénéficier de la législation sur le surendettement des
particuliers prévue par le code de la consommation ou sera-t-il soumis aux procédures collectives prévues dans
le code de commerce : art. L631-2 pour le redressement judiciaire et L640-2 pour la liquidation judiciaire ?

4. La solution des juridictions


• Le jugement applique le code de la consommation.
• La cour d’appel confirme le jugement car le professionnel a essentiellement des dettes non professionnelles à
l’exception de l’une d’entre elles (sa dette envers un organisme de retraite professionnel).
• La cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel en faisant application de l’article L333-3 du Code de la
consommation qui dispose que la législation en matière de surendettement ne s’applique pas lorsque le
débiteur relève des procédures collectives du livre VI du Code de commerce (sauvegarde, redressement ou
liquidation judiciaire).

5. L’intérêt du créancier de former le pourvoi


La CARPIMKO se voit imposer un rééchelonnement des dettes en application du Code de la consommation,
alors que s’il assigne son débiteur en liquidation judiciaire (une des procédures collectives prévue par le Code du
commerce), la vente des biens du professionnel lui permettra de recouvrer sa créance plus rapidement.

6. Conclusion
er
Depuis le 1 janvier 2006, les personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante, y
compris une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé,
relèvent de la loi du 26.07.2005 de sauvegarde des entreprises. Il en résulte qu’elles ne peuvent plus
bénéficier des mesures de surendettement et notamment du rééchelonnement des dettes prévu par l’article L331-
7 du Code de la consommation lorsqu’elles se trouvent dans l’impossibilité de faire face à leurs dettes, quelles
soient professionnelles ou non.

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteur :
Léa Got CAMIF-OPTIMAL
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Traitement de l’entreprise en difficulté : la liquidation judiciaire

DOSSIER CAMIF

Note de synthèse sur les difficultés du groupe CAMIF

Présentation du groupe CAMIF

Créé en 1947 par des enseignants sous forme coopérative, la Camif s’est développée et constitue un groupe composé :
- d’une société holding : la SA Camif, société anonyme coopérative avec conseil d’administration ;
- de 4 filiales : Camif collectivités, CAMIF Habitat, Leon Fargues, Romactis- le Club ;
- d’une participation au capital (34%) dans la CAMIF Particuliers ;
- d’une participation dans la société C2C.
L’activité initiale de distribution de biens à distance à destination exclusive des enseignants s’est diversifiée vers la
distribution de services à tous : aménagement et rénovation de l’habitat (CAMIF Habitat), voyage-tourisme, loisirs
(Romactis), société de crédit à la consommation (C2C).
Le groupe emploie 1 400 salariés, principalement dans la région de Niort. Située au 3e rang national des entreprises de
vente à distance et malgré des restructurations, elle connaît des difficultés croissantes.

1. Les entreprises du groupe en état de cessation des paiements


• CAMIF Particuliers : société de vente aux particuliers, équipement de la maison par l’intermédiaire d’un catalogue,
d’Internet et de magasins ouverts à travers la France. Elle emploie 780 salariés. La CAMIF SA a une participation de
34% dans cette société.
Le chiffre d’affaires de CAMIF Particuliers du premier semestre 2008 était en baisse de 20% par rapport au premier
semestre 2007. Elle n’a pas payé les factures de CAMIF SA d’un montant de 3 millions d’euros. Elle accuse un
passif de 105 millions d’euros.
• CAMIF SA, la société holding : du fait de la défaillance de Camif Particuliers, CAMIF SA a injecté 50 millions d’euros
dans Camif Particuliers. Elle a, de ce fait, une trésorerie négative en 2008. Cette société emploie 200 salariés.

La cessation des paiements est, selon l’article L631-1 [Link]., l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son
actif disponible.
Camif Particuliers et SA CAMIF se trouvent dans cette situation.

2. Déclaration de cessation des paiements


L’ouverture de la procédure de redressement judiciaire doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les 45 jours
qui suivent la cessation des paiements – L631-4 [Link].
Lorsqu’il s’agit d’une personne morale, c’est le représentant légal qui doit effectuer cette démarche.
Dans le cas, M. Mallet, Directeur général de CAMIF SA, et M. Jullien, Président du directoire de CAMIF Particuliers, ont
déposé une demande d’ouverture de redressement judiciaire.
S’agissant de sociétés commerciales, c’est auprès du tribunal de commerce qu’il convient d’effectuer cette déclaration.
Le tribunal compétent est celui de Niort, ressort du siège social des 2 sociétés.

3. Décisions prises par le tribunal


CAMIF Particuliers a été placée en liquidation judiciaire car le tribunal a estimé que son redressement est
manifestement impossible : son passif est trop élevé, elle n’a pas de repreneur potentiel.
CAMIF SA a été placée en redressement judiciaire puisque sa trésorerie devrait redevenir positive en 2008 et qu’un
plan de licenciement (140 emplois sur 200) devrait lui permettre d’alléger ses charges sociales.

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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

4. Sort des entreprises et des salariés


• CAMIF Particuliers : la procédure de liquidation judiciaire est destinée à mettre fin à l’activité de l’entreprise ou à réaliser le
patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et biens – art. L640-1 al. 2 [Link].
Le liquidateur nommé par le tribunal procède aux opérations de liquidation en même temps que la vérification des
créances – art. L641-4 al 1. Il administre l’entreprise – art. L641-10 al 2 [Link].
Si la cession totale ou partielle de l’entreprise est envisageable ou si l’intérêt public ou celui des créanciers l’exige, le
tribunal peut décider du maintien de l’activité pour une durée maximale de 6 mois au cours duquel les offres de
reprises doivent parvenir – art. L641-10 al 1 [Link].
Sinon, la cession isolée des actifs aura lieu pour les immeubles et les meubles selon les modalités légales (vente
aux enchères publiques ou vente de gré à gré).

• CAMIF SA : la procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le
maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Elle donne lieu à un plan arrêté par jugement à l’issue d’une période
d’observation (6 mois dans le cas) – art. L631-1 al. 2.
Les organes de la procédure seront désignés par le jugement d’ouverture (administrateur judiciaire, mandataire
judiciaire, juge-commissaire, contrôleurs et experts éventuels). Un bilan économique et social va être établi et un
plan de redressement recherché. Le dirigeant est maintenu à son poste et exerce tous ses pouvoirs, sauf ceux que
le tribunal a confiés à l’administrateur judiciaire. À l’issue de la période d’observation, un plan de redressement doit
être arrêté par un jugement qui en fixe la durée à l’issue de laquelle la situation de l’entreprise doit avoir été assainie.

Les salariés de CAMIF Particuliers (780) vont être licenciés par le liquidateur – art. L641-4 al. 4.
Les salariés de CAMIF SA sont en principe maintenus dans leur poste, mais le dirigeant prévoit, dans le cadre du plan
de redressement, de licencier 140 salariés.
Compte tenu du volume des licenciements pour la région de Niort, le gouvernement envisage une aide de reclassement
des salariés de Camif Particuliers. Solution qui n’est pas partagée par un représentant syndical : il considère qu’il
vaudrait mieux que le gouvernement se porte garant si des investisseurs voulaient reprendre Camif Particuliers.

5. Extension de la procédure collective aux autres sociétés du groupe


Toutes les sociétés du groupe sont des entités juridiques autonomes, dotées d’un statut propre. Ce sont des personnes
morales indépendantes qui ne « sont pas concernées par cette procédure et poursuivre leur activité. Chaque filiale a
son propre métier, son financement et sa trésorerie indépendants » peut-on lire dans le communiqué du site [Link].
Cependant, une construction jurisprudentielle a créé des exceptions à l’autonomie de la personnalité morale quand elle
est fictive ou lorsque en application de la théorie de l’apparence, les tiers ont contracté avec une société du groupe en
considération de la solvabilité de l’ensemble du groupe. Dans ces cas, la justice étend la procédure collective à d’autres
sociétés du groupe que celles directement concernées par la procédure collective alors qu’elles ne sont pas en état de
cessation des paiements. La jurisprudence considère qu’il y a confusion des patrimoines. Les créanciers auront ainsi un
gage plus large pour l’apurement du passif. Pour un exemple, voir l’arrêt ci-dessous.

Cour de cassation, chambre commerciale, 7 janvier 2003

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Rouen, 6 janvier 2000), qu’après la mise en redressement judiciaire de la société Le
Moulage technique (la société LMT), le tribunal a étendu cette procédure collective à la SCI de La Source (la SCI) par
jugement du 19 mars 1998, en retenant la confusion des patrimoines des deux sociétés et la fictivité de la SCI ; que, par
jugement du 15 octobre 1998, le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire de la société LMT et l’extension de cette
procédure à la SCI…
Attendu que la SCI fait grief à l’arrêt d’avoir confirmé le jugement du 19 mars 1998 lui ayant étendu le redressement
judiciaire de la société LMT, alors que seule l’existence prolongée de flux financiers anormaux, caractérisés par des
transferts de fonds sans aucune contrepartie d’une société vers une autre, est de nature à révéler la confusion des
patrimoines de ces deux sociétés ; qu’en retenant, pour admettre l’existence d’une confusion du patrimoine de la société
LMT avec son patrimoine, d’une part, que les loyers qui lui étaient dus par la société LMT représentaient le double de la
valeur locative de l’immeuble et, d’autre part, que le preneur avait effectué d’importants travaux qui devaient rester la
propriété de la bailleresse à l’expiration du bail, sans rechercher si ces avantages financiers n’étaient pas compensés
par le fait, expressément constaté par l’arrêt, qu’elle ait provisoirement accepté de ne pas poursuivre le paiement des
loyers dus et ne trouvaient pas une contrepartie dans cette faveur de la bailleresse, la cour d’appel a privé sa décision
de base légale ;
Mais attendu, qu’après avoir relevé le caractère excessif des loyers perçus par la SCI et le fait que celle-ci restait
propriétaire, en fin de bail, des travaux d’embellissement effectués par le preneur, l’arrêt retient que depuis décembre
1995, date à laquelle la société LMT a cessé de régler les loyers, la SCI n’en a pas réclamé le paiement, se mettant
ainsi dans l’impossibilité de faire face au remboursement de ses emprunts et s’est abstenue de délivrer à la société LMT
le moindre commandement de payer visant la clause résolutoire, la faisant ainsi bénéficier, sans contrepartie, de la mise
à disposition de son seul actif ; qu’en l’état de ces constatations caractérisant des relations financières anormales
constitutives de la confusion des patrimoines, la cour d’appel, qui n’avait pas à rechercher si la SCI était
personnellement en état de cessation des paiements, a légalement justifié sa décision ;
PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi.

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UE 1 Corrigé 133
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

DOSSIER OPTIMAL

1. Champ d’application des procédures collectives


Le redressement ou la liquidation judiciaires sont applicables à toute personne morale de droit privé (art. L631-2 al. 1 et
L640-2 al. 1) en état de cessation des paiements – art. L631-1 et L640-1 [Link].
Une association, si elle est déclarée, a la personnalité morale et entre dans le champ d’application des procédures
collectives : l’association OPTIMAL a été déclarée en 1995. Il faut aussi qu’elle soit en état de cessation des paiements,
c’est-à-dire dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible.
L’association OPTIMAL a un passif de 1 million d’euros et n’a pas payé les salariés. Elle ne reçoit plus les subventions,
elle n’a pas l’actif disponible pour faire face à son passif exigible. Elle est en état de cessation des paiements et peut
faire l’objet d’une procédure collective.

2. Procédure applicable – Tribunal compétent


La procédure de liquidation judiciaire est ouverte à l’égard de toute personne morale de droit privé en état de cessation
des paiements et dont le redressement est manifestement impossible – art. L640-1 [Link].
L’association OPTIMAL est en état de cessation des paiements et ne peut redresser sa situation sans subventions. La
procédure de liquidation judiciaire lui sera appliquée.
Le tribunal compétent est le tribunal de grande instance du siège de l’association puisqu’il s’agit d’une personne morale
de droit privé non commerçante.

3. Sort du président de l’association - sanctions éventuelles


Le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire emporte de plein droit, à partir de sa date, dessaisissement
pour le débiteur de l’administration et de la disposition de ses biens. Son mandat ne prend pas fin, mais il ne peut plus
exercer ses pouvoirs.
Les droits et actions du débiteur concernant son patrimoine sont exercés pendant toute la durée de la liquidation
judiciaire par le liquidateur – art. L641-9 [Link].
Dans le jugement qui ouvre la liquidation judiciaire, le tribunal désigne le juge-commissaire et un mandataire de justice
en qualité de liquidateur (L641-1-II [Link]).
Le mandat du président de l’association ne prendra pas fin du fait du jugement d’ouverture de liquidation judiciaire, mais
il est dessaisi de ses pouvoirs. Ses fonctions prendront fin à la clôture des opérations de liquidation, sauf disposition
statutaire contraire.

Sanctions : la loi prévoit diverses sanctions et responsabilités à l’encontre des dirigeants d’une personne morale de
droit privé soumise à une procédure collective – art. L651-1 et suivants C. Com. :
- responsabilité pour insuffisance d’actif mettant à la charge du dirigeant les dettes de la personne morale si le
tribunal constate une faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif – art. L651-2 ;
- la faillite personnelle qui entraîne interdiction de diriger toute personne morale (L653-2) si certains faits ont été
commis : détournement d’actif, poursuite abusive d’une exploitation déficitaire – art. L653-3, abus de biens sociaux,
abus de crédit – art. L653-4 ;
- banqueroute : le dirigeant coupable de certains faits (détournement, dissimulation d’actif, augmentation frauduleuse
de passif, tenue de comptabilité fictive, tenue de comptabilité incomplète ou irrégulière… (L654-2) est passible de 5
ans d’emprisonnement et 75 000  d’amende – art. L654-3 et de peines complémentaires (interdiction de droits
civiques, civils et de famille) – art. L654-5.

D’autres sanctions pénales sont prévues pour des infractions énoncées aux articles L654-8 à L654-15.
Il appartient au tribunal en charge de la procédure de faire application de ces textes lorsqu’au cours d’une procédure
collective, il relève les faits énoncés.
Dans le cas, si le président de l’association a commis certaines fautes ou infractions, il pourra subir l’une des sanctions
patrimoniales ou pénales, selon le cas.

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UE 1 Corrigé 134
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

4. Liquidation judiciaire et période d’observation


La procédure de liquidation judiciaire est ouverte sans période d’observation .La période d’observation prévue dans le
redressement judiciaire sert à effectuer un examen de viabilité. Si on prononce la liquidation judiciaire, c’est qu’il n’y a
aucun redressement possible. Il est donc inutile de prévoir cette période. Le liquidateur va procéder aux opérations de
liquidation.

5. Obligation des organismes sociaux – Sort des créances non échues


Les créances nées avant le jugement d’ouverture doivent être déclarées auprès du liquidateur dans les deux mois de la
publication du jugement d’ouverture au BODACC. Ce délai peut être allongé dans la limite d’un an par décision du
tribunal.
Les organismes sociaux, créanciers de l’association devront déclarer leur créance auprès du liquidateur dans le délai
légal. Les salariés sont dispensés de cette déclaration, comme dans le redressement judiciaire.
À la différence du jugement d’ouverture du redressement judiciaire, le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation
judiciaire rend exigibles les créances non échues (afin de déterminer le passif social) – art. L643-1 [Link].

6. Personnalité morale d’une association


L’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire prononcée à l’encontre d’une association n’entraîne pas sa
dissolution.
La personnalité morale d’une association subsiste pendant toute la durée de la procédure. Après la décision de clôture
de cette procédure pour extinction du passif, elle redevient maîtresse de ses biens – Cass. Com. 19.10.2010.
L’association conserve donc sa dénomination sociale, son siège social et un patrimoine distinct de celui des membres de
l’association. Seule l’assemblée générale de l’association peut prononcer sa dissolution.

7. Sort des salariés


Le principe est la poursuite de plein droit des contrats de travail après l’ouverture de la procédure collective, qu’il
s’agisse d’un redressement ou d’une liquidation judiciaires.
Le licenciement des salariés est de la compétence du liquidateur. Il sera écarté (en tout ou partie) s’il existe une offre de
reprise.
Les salariés ne sont pas astreints à déclarer leurs créances. Le liquidateur, qui est le représentant des créanciers dans
la procédure de liquidation judiciaire, procèdera à l’établissement du passif salarial. Le représentant des salariés vérifiera
les relevés des créances salariales.
Les créances salariales antérieures au jugement d’ouverture pour les 60 derniers jours de travail ou d’apprentissage
bénéficient du superprivilège des salariés. Le règlement de ces créances doit être effectué dans les 10 jours du
jugement d’ouverture. À défaut de règlement par l’employeur, la somme est avancée par l’AGS (association pour la
gestion du régime d’assurance des créances des salariés). Cependant, les salariés bénéficiaires du superprivilège ne
recevront pas forcément l’intégralité des salaires couverts par la garantie de l’AGS car ces créances sont soumises à un
plafond légal.
Les salariés bénéficient aussi d’un privilège pour les 6 derniers mois de travail antérieurs au jugement d’ouverture.

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UE 1 Corrigé 135
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
Grégory Lachaise
BERTO
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Aspects juridiques, fiscaux et sociaux de la cession de l’entreprise


et de la transmission à titre gratuit de l’entreprise

DOSSIER 1 (ENTREPRISE INDIVIDUELLE)

1. Régime juridique de l’opération


a) Définition du fonds de commerce – Éléments cessibles
Le fonds de commerce est un ensemble d’éléments corporels (matériel, marchandises, outillage) et incorporels (nom,
enseigne, droit au bail, brevet) qu’un commerçant ou un industriel groupe et organise en vue de la recherche d’une
clientèle et qui constitue une entité juridique distincte des éléments qui le composent.
La clientèle (et l’achalandage) est un élément incorporel du fonds de commerce, qui est fondamental (il détermine la
valeur du fonds). Il ne peut y avoir vente de fonds de commerce sans vente de la clientèle. Tous les éléments du fonds
de commerce peuvent être vendus.

Sont exclus du fonds de commerce :


- les immeubles ;
- les créances et les dettes (car elles sont attachées à la personne du commerçant) ; toutefois, des créances
peuvent être incluses dans l’acte de cession, mais il est alors nécessaire de respecter le formalisme prévu par
l’article 1690 du Code civil sur la cession de créance (signification au débiteur) ;
- les disponibilités (qui constituent un droit de créance du commerçant sur une somme d’argent).

b) Participants à l’acte de cession – Statut du conjoint


Selon l’article 1424 [Link]. : « les époux ne peuvent, l’un sans l’autre, aliéner […] le fonds de commerce dépendant de la
communauté ».
Dans le même sens, l’article L121-5 [Link] prévoit en matière commerciale : « Une personne immatriculée au répertoire
des métiers ou un commerçant ne peut, sans le consentement exprès de son conjoint, lorsque celui-ci participe à son
activité professionnelle en qualité de conjoint travaillant dans l’entreprise, aliéner ou grever de droits réels les éléments
du fonds de commerce ou de l’entreprise artisanale dépendant de la communauté, qui, par leur importance ou par leur
nature, sont nécessaires à l’exploitation de l’entreprise, ni donner à bail ce fonds de commerce ou cette entreprise
artisanale. Il ne peut, sans ce consentement exprès, percevoir les capitaux provenant de telles opérations.
Le conjoint qui n’a pas donné son consentement exprès à l’acte peut en demander l’annulation. L’action en nullité lui est
ouverte pendant deux années à compter du jour où il a eu connaissance de l’acte, sans pouvoir jamais être intentée plus
de deux ans après la dissolution de la communauté.
Ici, M. Berto est inscrit au Registre du Commerce, son épouse participe à son activité professionnelle en travaillant dans
l’entreprise, les époux Berto sont mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts (régime légal) et le fonds
est un bien commun appartenant aux deux époux. Le conjoint (ici la femme) devra donc donner son consentement à
l’acte de cession du fonds, à peine de nullité de la vente.

Statut du conjoint
L’article L121-4 [Link] prévoit : « I. - Le conjoint du chef d’une entreprise artisanale, commerciale ou libérale qui y
exerce de manière régulière une activité professionnelle opte pour l’un des statuts suivants :
1° Conjoint collaborateur ;
2° Conjoint salarié ;
3° Conjoint associé.

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 136
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

II. - En ce qui concerne les sociétés, le statut de conjoint collaborateur n’est autorisé qu’au conjoint du gérant associé
unique ou du gérant associé majoritaire d’une société à responsabilité limitée ou d’une société d’exercice libéral à
responsabilité limitée répondant à des conditions de seuils fixées par décret en Conseil d’État.
Le choix effectué par le conjoint du gérant associé majoritaire de bénéficier du statut de conjoint collaborateur est porté à
la connaissance des associés lors de la première assemblée générale suivant la mention de ce statut auprès des
organismes mentionnés au IV.
III. - Les droits et obligations professionnels et sociaux du conjoint résultent du statut pour lequel il a opté.
IV. - Le chef d’entreprise déclare le statut choisi par son conjoint auprès des organismes habilités à enregistrer
l’immatriculation de l’entreprise. Seul le conjoint collaborateur fait l’objet d’une mention dans les registres de publicité
légale à caractère professionnel.
V. - La définition du conjoint collaborateur, les modalités selon lesquelles le choix de son statut est mentionné auprès
des organismes visés au IV et les autres conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil
d’État. »
me
Ici, M Berto est le conjoint du chef d’une entreprise commerciale, elle travaille de manière régulière puisqu’elle occupe
un emploi de comptable dans l’entreprise, elle est salariée de l’entreprise BERTO, elle a donc le statut de conjoint
salarié.

NB : La loi du 4 août 2008 a étendu le bénéfice de ces 3 statuts à la personne liée au chef d’entreprise par un pacte civil de solidarité
PACS – art. L121-8 [Link].

c) Acte de cession : mentions obligatoires et publicité


Afin que l’acquéreur d’un fonds de commerce achète en toute connaissance de cause, le législateur a mis à la charge du
vendeur un certain nombre de mentions obligatoires dans l’acte de vente.
Il ressort de l’art L141-1 modifié par la loi du 22.03.2012, que dans l’acte de vente, le vendeur est tenu d’énoncer :
« 1° Le nom du précédent vendeur, la date et la nature de son acte d’acquisition et le prix de cette acquisition pour les
éléments incorporels, les marchandises et le matériel ;
2° L’état des privilèges et nantissements grevant le fonds ;
3° Le chiffre d’affaires qu’il a réalisé durant les trois exercices comptables précédant celui de la vente, ce nombre étant
réduit à la durée de la possession du fonds si elle a été inférieure à trois ans ;
4° Le résultat d’exploitation réalisé pendant le même temps ;
5° Le bail, sa date, sa durée, le nom et l’adresse du bailleur et du cédant, s’il y a lieu.
II. - L’omission des énonciations ci-dessus prescrites peut, sur la demande de l’acquéreur formée dans l’année, entraîner
la nullité de l’acte de vente ».
Ici, si l’acte de vente du fonds ne porte pas les mentions ci-dessus, M. Randerb pourra demander l’annulation de la
vente dans l’année qui suit la vente.

Publicité de l’acte :
• Enregistrement de l’acte au service des impôts du lieu de situation du fonds, dans le délai d’un mois décompté à
partir de la date de l’acte de cession (les droits doivent être réglés à cette occasion – cf. question 4 ci-après).
• Insertion dans un journal d’annonces légales du lieu de situation du fonds dans les 15 jours de la signature de l’acte.
• Insertion au BODACC dans les 15 jours de la signature de l’acte, art. L141-12 [Link].
• Dépôt au CFE (centre de formalités des entreprises).

d) Privilège du vendeur du fonds de commerce


La loi confère au vendeur du fonds de commerce impayé un privilège (synonyme de garantie ou sûreté) qui lui donne un
droit de préférence, c’est-à-dire le droit d’être payé avant les autres créanciers de l’acheteur, sur le prix de vente du
fonds de commerce (lorsque son acheteur le vend), et un droit de suite au cas où le fonds est revendu.
Le vendeur ne bénéficie de ce privilège que si un certain formalisme a été respecté résultant de l’article L141-5 C. Com :
« Le privilège du vendeur d’un fonds de commerce n’a lieu que si la vente a été constatée par un acte authentique ou
sous seing privé, dûment enregistré, et que s’il a été inscrit sur un registre public tenu au greffe du tribunal de commerce
dans le ressort duquel le fonds est exploité.
Il ne porte que sur les éléments du fonds énumérés dans la vente et dans l’inscription, et à défaut de désignation
précise, que sur l’enseigne et le nom commercial, le droit au bail, la clientèle et l’achalandage.
Des prix distincts sont établis pour les éléments incorporels du fonds, le matériel et les marchandises.
Le privilège du vendeur qui garantit chacun de ces prix, ou ce qui en reste dû, s’exerce distinctement sur les prix
respectifs de la revente afférents aux marchandises, au matériel et aux éléments incorporels du fonds ».

Ici, M. Berto, s’il veut bénéficier de ce privilège, doit avoir fait enregistrer son acte de vente et inscrit son privilège sur le
registre tenu au greffe du tribunal de commerce du lieu d’exploitation du fonds dans le délai de 15 jours qui suivent l’acte
de vente.
En dehors de cette garantie particulière, M. Berto bénéficie, comme tout vendeur, de l’action résolutoire prévue par l’art
1654 du Code civil : il pourra demander la résolution de la vente s’il n’est pas payé par M. Randerb.

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 137
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

e) Renouvellement du bail
Le titulaire d’un bail commercial (appelé locataire ou preneur) court un grand risque en cas de non-renouvellement de
son bail : perdre le résultat de ses efforts commerciaux en perdant l’emplacement de son fonds de commerce. Aussi le
législateur protège-t-il le preneur contre ce risque en instaurant la « propriété commerciale », c’est-à-dire le droit au
renouvellement du bail commercial.
Les articles L145-8 et suivants du [Link] énoncent les conditions du droit au renouvellement du bail commercial :
- être propriétaire du fonds ;
- exploiter réellement le fonds, conformément aux clauses du bail ;
- exploiter le fonds pendant les 3 années consécutives précédant la date d’expiration du bail ou de sa tacite
reconduction ;
- être de nationalité française ou ressortissant de l’Union européenne.

Le bailleur peut cependant refuser le renouvellement, mais alors, selon l’article L145-14 : « le bailleur doit, sauf
exceptions (insalubrité ou ruine de l’immeuble, reprise pour habitation, reprise pour travaux, motif grave et légitime),
payer au locataire évincé une indemnité dite d’éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement.
Cette indemnité comprend notamment la valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la
profession, augmentée éventuellement des frais normaux de déménagement et de réinstallation, ainsi que des frais et
droits de mutation à payer pour un fonds de même valeur, sauf dans le cas où le propriétaire fait la preuve que le
préjudice est moindre ».

Ici, M. Randerb est titulaire d’un bail commercial. Propriétaire du fonds, il l’aura exploité pendant plus de 3 ans. Sous
réserve de vérifier les autres conditions, il aura droit au renouvellement du bail. Mais le bailleur (la SCI) peut le lui
refuser : elle s’expose à lui verser une indemnité d’éviction égale à la valeur marchande du fonds, qui sera dissuasive.

2. Coût fiscal pour l’acquéreur du fonds de commerce


M. Randerb doit régler les droits d’enregistrement lors de l’enregistrement de l’acte de cession (cf. question 1). La base
de calcul de ces droits est égale au prix de cession du fonds de commerce (hors éléments exclus tels que créances,
immeubles, disponibilités), éventuellement diminué de la valeur des marchandises si celles-ci sont soumises à la TVA.
D’où droits dus sur la base de : 850 000 – 18 000 = 832 000 
Il est en effet intéressant de soumettre les cessions de marchandises à la TVA puisque celle-ci, bien qu’avancée par
l’acquéreur, peut être récupérée par lui, alors que les droits d’enregistrement représentent pour lui une dépense réelle.
Application du barème de calcul des droits :
- de 0  à 23 000  : 0% 0
- de 23 000 à 200 000  : 3% (200 000 – 23 000) x 3% = 5 310
- au-delà de 200 000  : 5% (832 000 - 200 000) x 5% = 31 600
36 910

3. Régime d’imposition
M. Berto exploite une entreprise individuelle exerçant une activité relevant des BIC et générant un chiffre d’affaires de
1,2 millions d’euros : il est donc imposé sur les résultats de cette entreprise à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des
BIC, selon le régime du réel normal.

4. Plus-value de cession du fonds de commerce


Fiscalement, la cession d’un fonds de commerce est une cessation d’entreprise.

Élément Prix de cession VNC PV / MV Régime


Éléments incorporels 764 000 0 764 000 PV LT
Droit au bail 12 000 6 000 6 000 PV LT
Matériel, outillage 56 000 50 000 6 000 PV CT
Stocks 18 000 18 000 0 ---
850 000
Dans le régime BIC, les plus-values sont à long terme lorsqu’elles concernent :
- des éléments non amortissables détenus depuis plus de 2 ans ;
- des éléments amortissables détenus depuis plus de 2 ans, pour la fraction excédant les amortissements déduits.

La plus-value globale se décompose donc entre :


- une plus-value à long terme de 770 000  ;
- une plus-value à court terme de 6 000 .

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 138
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Modalités d’imposition :
• Le bénéfice imposable d’exploitation s’élève à 50 000 . S’agissant d’une cession d’entreprise, « l’imposition
immédiate » est applicable : une déclaration devra être déposée dans les 60 jours décomptés à partir de la date de
er
cession du fonds de commerce, soit ici avant le 1 septembre N ; une imposition provisoire sera alors établie par le
Service des Impôts (l’impôt sur le revenu ainsi perçu sera déduit de l’IR définitivement calculé à la suite du dépôt de
la déclaration de revenus de l’année N, en mai N+1).
• Plus-values à court et long terme :
 La plus-value à court terme doit en principe faire l’objet d’une « imposition immédiate » avec même mécanisme
que pour le bénéfice d’exploitation (déclaration dans les 60 jours et imposition provisoire). Toutefois, M. Berto
peut opter pour le mécanisme applicable aux revenus exceptionnels des personnes physiques, le système du
quotient : l’IR dû au titre de cette PV CT est égal au quadruple de l’IR correspondant au quart de son montant
(ce mécanisme est destiné à atténuer la progressivité de l’IR).
NB : les PV à CT (réalisées en BIC) bénéficient en principe d’un étalement de leur imposition sur 3 ans (l’année de leur
réalisation et les 2 suivantes) ; mais cet étalement n’est pas applicable lors de la cession d’entreprise (seul le système
du quotient reste applicable).
 La plus-value à long terme est soumise au même régime que les plus-values réalisées au cours de
l’exploitation : taxation au taux forfaitaire de l’IR de 16% augmenté des prélèvements sociaux (taux donnés pour
l’année 2015) : CSG au taux de 8,2%, CRDS au taux de 0,5%, prélèvement social de 6,8%, soit un taux global
d’imposition de 31,5%.
D’où un IR à payer à ce titre de : (764 000 + 6 000) x 31,5% = 242 550 .

• Régimes d’exonération relatifs aux cessions de fonds de commerce : il existe 3 régimes :


 CGI art.151 septies : exonération en fonction du chiffre d’affaires (ou exonération des petites entreprises),
applicable aux entreprises individuelles et sociétés de personnes dont le CA HT est inférieur à 250 000  (vente
de biens ou fourniture de logement) ou 90 000  (prestations de services), et exploitées depuis au moins 5 ans.
Les plus-values à court et long terme sont intégralement exonérées d’IR. Si le CA est supérieur à ces limites
mais inférieur à 350 000  ou 126 000  selon l’activité, l’exonération est partielle.
NB : l’exonération art. 151 septies porte à la fois sur l’IR et les prélèvements sociaux.
 CGI art. 238 quindecies : exonération en fonction de la valeur des éléments cédés, applicable lors de la
transmission d’une entreprise exploitée depuis au moins 5 ans, si la valeur des éléments transmis servant
d’assiette aux droits d’enregistrement est inférieure à un seuil. L’exonération des plus-values réalisées lors de
la transmission est totale si la valeur des éléments cédés est inférieure à 500 000  ; l’exonération est partielle
si cette valeur est comprise entre 300 000 et 500 000 .
NB : l’exonération art. 238 quindecies porte à la fois sur l’IR et les prélèvements sociaux.
 CGI art.151 septies A : exonération lors du départ en retraite, applicable lors de la cession à titre onéreux d’une
entreprise exploitée depuis au moins 5 ans, si l’entrepreneur cesse toute fonction dans l’entreprise et fait valoir
ses droits à la retraite dans les 2 ans précédant ou suivant la cession, et si l’entreprise est une PME (CA< 50M
ou total bilan < 43M, et effectif < 250 salariés). Les plus-values à court et long terme (à l’exception des PV sur
les biens immobiliers) sont exonérées d’IR.
NB : l’exonération art. 151 septies A ne porte que sur l’IR et non sur les prélèvements sociaux.

Ici : - le CA (1,2M) est trop élevé pour prétendre à l’exonération en fonction du chiffre d’affaires ;
- la valeur des éléments cédés (832K > 500K) – soumise aux droits d’enregistrement – ne permet pas de
prétendre à l’exonération en fonction de la valeur des éléments cédés ;
- M. Berto ne peut pas faire valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans suivant la cession (cession = 01/07/N ;
possibilité de faire valoir les droits à la retraite = 01/02/N+3).
Aucun régime d’exonération n’est donc applicable en l’espèce pour M. Berto.

5. Sort des salariés


L’article L1224-1 du code du travail dispose : « Lorsque survient une modification dans la situation juridique de
l’employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société de l’entreprise, tous les
contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de
l’entreprise ». Cette position de principe rend impératif le maintien des contrats en cours vers la nouvelle entité, et ce
quelle que soit la nature des contrats de travail (CDI, CDD, contrats d’apprentissage, contrats de professionnalisation…).
Le transfert s’effectue de plein droit et automatiquement. Autrement dit, aucune procédure ou démarche n’est
nécessaire, et l’employeur ne peut s’y opposer. Le transfert intègre tous les éléments du contrat tels que la
rémunération, la qualification, l’ancienneté ou encore les clauses contractuelles pouvant y figurer.
Les salariés de M. Berto sont donc « attachés » au fonds de commerce et ils deviennent tous salariés de M. Randerb du
fait de la cession du fonds de commerce, y compris le conducteur de travaux.
M. Berto ne peut procéder au licenciement économique de son conducteur de travaux. En effet, ce licenciement serait
considéré comme sans cause réelle et sérieuse (art. 1233-2 du Code du travail), puisque le transfert des contrats de
travail est d’ordre public.
Le conducteur de travaux pourrait contester la légalité du licenciement et obtiendrait du juge :
- soit la réintégration dans l’entreprise devenue la propriété de M. Randerb, avec maintien des avantages acquis ;
- soit le paiement des indemnités de licenciement dues en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 139
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

En pratique, il arrive souvent que l’acquéreur d’une entreprise souhaite la réorganiser et envisage la suppression de
certains postes salariés. Dans ce cas, l’acquéreur reprend dans un premier temps tous les contrats de travail, puis
procède au licenciement des salariés concernés par la réorganisation (en tenant compte de l’ancienneté des salariés
calculée depuis leur entrée chez l’ancien employeur). C’est pourquoi dans cette situation, l’acquéreur peut négocier une
baisse du prix de l’entreprise pour tenir compte de cette dépense qui lui incombe juridiquement (mais le cédant ne doit
jamais procéder lui-même au licenciement avant la cession).

DOSSIER 2 (SOCIÉTÉ À RESPONSABILITÉ LIMITÉE)

1. La cession des parts sociales de la SARL


La reprise de l’entreprise dans ce cas s’analyse juridiquement en une cession de parts sociales de la SARL.
L’article L223-14 [Link] énonce : « Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu’avec
le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, à moins que les statuts
prévoient une majorité plus forte ».

Ici, les associés devront être consultés pour la cession à M. Randerb, étranger à la société : 3 associés (la majorité) sur
4 représentant au moins 50% des parts sociales doivent voter la cession. Aucune opposition n’apparaissant dans le
sujet, on peut conclure que la cession des parts sera votée.
L’acquisition de la totalité des parts sociales de BERTO SARL par M. Randerb est possible. La société deviendra
automatiquement une SARL unipersonnelle (EURL).

2. La clause de garantie de passif


Comme tout contrat de vente, la cession de parts offre des garanties légales (garantie du fait personnel, garantie des
vices cachés). L’acheteur peut aussi exiger dans le contrat de vente l’insertion de garanties supplémentaires (clauses
dites « conventionnelles ») le protégeant davantage : clause de non-concurrence, clause de garantie d’actif, clause de
garantie de passif, clause de révision de prix.
La clause de garantie de passif est celle par laquelle l’acheteur exige du cédant (le vendeur des parts sociales) qu’il certifie
l’exactitude des renseignements fournis sur les documents comptables et les principaux engagements contractés à l’égard
des tiers, l’exactitude du bilan ou de la situation comptable ayant servi de base à la détermination du prix de cession.
Par cette clause, le cédant s’engage à prendre à sa charge les dettes (ou certaines d’entre elles, ex. : fiscales, sociales)
antérieures à la cession qui ne figurent pas sur le bilan ou la situation comptable et qui viendraient à se révéler
postérieurement à la cession.
Le bénéficiaire de la clause est la société. Si le cédant est tenu de prendre une dette à sa charge, il en versera le
montant à la société ( ou au créancier) et non à l’acquéreur du fonds.
Ici, il est souhaitable que M. Randerb, l’acheteur des parts sociales, obtienne de M. Berto l’insertion d’une telle clause en
précisant bien les types de dettes qui seront prises en charge (fiscales, sociales, juridiques…). Ainsi, après la cession,
l’apparition d’une dette qui ne figure pas dans les documents ayant permis la détermination du prix sera assumée par
M. Berto.

3. Régime d’imposition de BERTO SARL


S’agissant d’une SARL n’ayant exercé aucune option, elle est soumise à l’impôt sur les sociétés, selon le régime du réel
normal, car son chiffre d’affaires est supérieur à la limite d’application du réel simplifié.
NB : s’agissant d’une SARL dite « de famille » (c’est-à-dire dont le capital est détenu par des membres de la même famille, ici
l’époux, l’épouse et leurs enfants), elle aurait pu opter pour l’IR : dans ce cas, l’impôt sur les résultats de la SARL ne serait
pas dû au niveau de la société, mais au niveau de ses associés qui se verraient imposés dans la catégorie des BIC au titre
des bénéfices de la SARL.

4. Plus-value de cession des titres BERTO SARL


La PV est égale au prix de cession diminué du prix de revient des titres. Celui-ci est égal au cas présent à 35 000 , soit
(1)
l’intégralité des apports, y compris la prime d’émission payée .

D’où PV = 900 000 – 35 000 = 865 000 .


Par simplification (cf. énoncé), on suppose que cette PV est entièrement réalisée par M. Berto.

(1)
Si la souscription au capital initial ou l’augmentation de capital ont donné lieu à l’application d’une réduction d’IR pour souscription
au capital de PME, alors le prix de revient doit être diminué du montant de la réduction d’IR pratiquée.

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UE 1 Corrigé 140
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Modalités d’imposition de la PV :
• La PV est soumise à l’IR selon le barème progressif, après application d’un abattement pour durée de détention.
Cet abattement peut être :
- l’abattement « droit commun » : 50% lorsque les titres ont été détenus entre 2 et 8 ans
65% lorsque les titres ont été détenus plus de 8 ans
- l’abattement « majoré » : 50% lorsque les titres ont été détenus entre 1 et 4 ans
65% lorsque les titres ont été détenus entre 4 et 8 ans
85% lorsque les titres ont été détenus plus de 8 ans
L’abattement majoré s’applique si la cession concerne :
 des titres qui, lors de leur acquisition par le cédant, étaient ceux d’une PME (effectif < 250, CA < 50M ou total
bilan < 43M) de moins de 10 ans
 des titres cédés au sein d’un groupe familial en cas de détention d’au moins 25% par ce groupe
 des titres de PME (même définition que ci-avant) cédés par un dirigeant à l’occasion de son départ en retraite ;
dans ce cas, un abattement complémentaire s’applique (voir ci-après en question 7.)

• La PV (avant déduction des abattements) est soumise aux prélèvements sociaux (15,5% au total).

Application : calcul de l’IR


- Parts souscrites à l’origine pour 15 000  cédées pour 675 000  (900 000 x 15 000 / 20 000)
plus-value de 660 000   abattement de 85% (660 000 x 85%) soit une PV taxable = 99 000 
abattement de 85% car à sa création, la SARL Berto était bien une PME de moins de 10 ans.
- Parts souscrites il y a 10 ans pour 20 000  (5 000  + prime de 15 000 ) cédées pour 225 000 
plus-value de 205 000   abattement de 65% (205 000 x 65%) soit une PV taxable = 78 750 
abattement de 65% car il y a 10 ans, la SARL (créée il y a 30 ans) n’était pas une PME de moins de 10 ans.
PV totale soumise au barème (tranche à 45% selon l’énoncé) = 99 000 + 78 750 = 177 750 
IR = 177 750 x 45% = 79 988 
Prélèvements sociaux = 865 000 x 15,5% = 134 075 

5. Coût fiscal pour l’acquéreur des parts sociales


M. Randerb doit régler, lors de l’enregistrement de l’acte de cession (ou lors d’une déclaration spéciale si la cession n’a
pas donné lieu à un acte, ce qui est fort improbable pour une cession de la totalité des parts d’une société dont le
contrôle change), les droits d’enregistrement. La base de calcul de ces droits est égale au prix de cession des parts
diminué d’un abattement égal à : (23 000  x nb de parts cédées / nb total de parts sociales) soit ici, toutes les parts
sociales étant cédées :
900 000 – 23 000 = 877 000 
S’agissant de parts sociales, les droits sont liquidés au taux de 3%.

Droits dus = 877 000 x 3% = 26 310 .

6. Sort des salariés


Dans le cas de la cession des parts sociales, aucune modification juridique n’intervient dans la situation de l’employeur
des salariés, c’est-à-dire la société BERTO SARL.
La société BERTO SARL ne peut procéder au licenciement du conducteur de travaux avant que la nouvelle gérance ne
soit mise en place après la cession, puisque seule l’arrivée du gérant nommé par le nouvel associé peut justifier, du fait
d’une réorganisation interne par exemple, un licenciement.

7. Régimes d’exonération ou de report d’imposition


Exonération au titre du départ en retraite (art. 150-O D ter du CGI)
Lorsque :
- le cédant a exercé, au sein de la société soumise à l’IS, une fonction de direction (gérant par exemple) ;
- le cédant a détenu au moins 25% du capital de la société pendant les 5 dernières années ;
- le cédant cesse toute fonction de direction ou salariée dans la société et fait valoir ses droits à la retraite, soit dans
les 24 mois précédant la cession, soit dans les 24 mois suivant la cession ;
- la société cédée est une PME (CA annuel < 50 M ou total bilan < 43 M et nombre de salariés < 250) ;
alors alors un abattement fixe de 500 000  s'applique à la PV, avant déduction de l'abattement pour durée de détention.
Ici, toutes les conditions sont respectées par M. Berto, sauf celle relative au délai séparant la cession de la prise de la
retraite. Ainsi, pour que l’abattement fixe de 500 000  soit applicable, il faudrait que :
er
- la cession intervienne à partir du 1 février N+1 (soit 24 mois avant la date à laquelle il peut faire valoir ses droits à
la retraite) et qu’elle intervienne au plus tard dans les 24 mois suivant la date à laquelle M. Berto aura fait valoir ses
er
droits à la retraite (sachant qu’il n’est pas obligé de les faire valoir le 1 février N+3, il peut le faire
postérieurement) ;

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 141
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

- et que M. Berto fasse effectivement valoir ses droits à la retraite (dans les 24 mois de la date de cession au plus
tard).
Toutefois, les prélèvements sociaux (15,5% au total) resteraient dus car abattement fixe ne concerne que l’IR.
Dans cette hypothèse, l'imposition serait donc ramenée à :
- Parts souscrites à l'origine pour 15 000  cédées pour 675 000  (900 000 x 15 000 / 20 000)
plus-value de 660 000 
abattement de 500 000 x 15 000 / 20 000 = 375 000  et PV = 660 000 – 375 000 = 285 000 
abattement de 85% (285 000 x 85%) soit une PV taxable = 42 750 
- Parts souscrites il y a 10 ans pour 20 000  (5 000  + prime de 15 000 ) cédées pour 225 000 
plus-value de 205 000 
abattement de 500 000 x 5 000 / 20 000 = 125 000  et PV = 205 000 – 125 000 = 80 000 
abattement de 65% (80 000 x 65%) soit une PV taxable = 28 000 

PV totale soumise au barème (tranche à 45% selon l'énoncé) = 42 750 + 28 000 = 70 750 
IR = 70 750 x 45% = 31 838 
Prélèvements sociaux = 865 000 x 15,5% = 134 075 .
Cette cession différée engendrerait une économie d'IR de 48 150  (79 988 – 31 838).
NB : M. Berto pourrait aussi envisager de réaliser une opération dite d'"apport-cession" de ses titres (cf. art. 150-0 B ter du CGI),
qui permet de mettre la plus-value en report d'imposition. Cette opération consisterait pour M. Berto à apporter ses titres de la
SARL Berto à une société créée à cette occasion, qu'il contrôlerait ; c'est ensuite cette société nouvelle qui procèderait à la
cession des titres de la SARL Berto. La plus-value d'apport ainsi réalisée par M. Berto resterait en report d'imposition à son
niveau, à la condition notamment que :
- soit les titres de la société créée bénéficiaire de l’apport ne soient pas cédés (ce n'est pas le mécanisme ici) ;
- en cas de cession des titres de la SARL Berto par la société créée bénéficiaire de l’apport, cession réalisée dans les 3
ans suivant l'apport, celle-ci devrait réinvestir 50% du prix de cession dans un délai de 24 mois suivant la cession, dans
une activité économique (développement d'une activité, acquisition du contrôle d'une société, ou souscription au capital
d'une ou plusieurs sociétés, hors certaines activités exclues par nature comme la gestion d'actifs immobiliers).

DOSSIER 3
En cas de décès de M. Berto, les parts de BERTO SARL (par hypothèse détenues à 100% par M. Berto) seront réparties
me
entre M Berto (25%) et ses 2 enfants (37,5% chacun).
me
Cette transmission engendrera des droits de succession. La part revenant à M Berto sera toutefois totalement
exonérée de droits, tandis que celle revenant aux enfants sera soumise aux droits calculés à l’aide du barème en
vigueur, sur la base de la valeur des titres de la société à la date du décès, après application d’un abattement égal à
100 000  (pour 2015) par enfant (si M. Berto n’a pas fait, dans les 15 ans précédant son décès, de donation au profit de
ses enfants).
Le barème (pour 2015) des droits de succession applicables en ligne directe est le suivant, appliqué sur la part nette
taxable de chaque héritier :
Part nette n’excédant pas 8 072  5%
Part nette comprise entre 8 072  et 12 109  10%
Part nette comprise entre 12 109  et 15 932  15%
Part nette comprise entre 15 932  et 552 324  20%
Part nette comprise entre 552 324  et 902 838  30%
Part nette comprise entre 902 838  et 1 805 677  40%
Part nette supérieure à 1 805 677  45%

D’où droits de succession dus par enfant :


er
Valeur de BERTO SARL au 1 juillet N = 900 000 .
Part revenant à chaque enfant = 900 000 x 37,5% = 337 500 .
Base taxable = 337 500 – 100 000 = 237 500 .
Droits = 8 072 x 5% + [(12 109 – 8 072) x 10%] + [(15 932 – 12 109) x 15%] + [(237 500 – 15 932) x 20%]
= 45 694 
D’où droits dus au total = 2 x 45 694 = 91 388 .

Toutefois, il existe un mécanisme d’exonération à 75% de la valeur des titres transmis (applicable en pratique aux
enfants, la part revenant à l’épouse étant déjà exonérée par ailleurs), applicable notamment lorsque les parts transmises
à titre gratuit ont fait l’objet d’un « pacte Dutreil » (art. 787 B du CGI), c’est-à-dire d’un engagement collectif de
conservation d’une durée de 2 ans minimum pris par le défunt et ses associés, et d’un engagement individuel de
conservation pendant 6 ans (soit 2 ans au titre de l’engagement collectif + 4 ans au titre de l’engagement individuel) pris
par chaque héritier ; de plus, un des héritiers doit exercer une fonction de dirigeant de la société dans les 5 ans du
décès.

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UE 1 Corrigé 142
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

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UE 1 Corrigé 143
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Léa Got
Agnès Lieutier
GARUR
CONNAISSANCES ASSOCIÉES

La disparition de l’entreprise
La dissolution de la société : régime juridique et fiscal

1. Situation financière et obligations du gérant


Le report à nouveau de la perte fait apparaître un actif net inférieur à la moitié du capital social. La perte de la moitié du
capital fait l’objet d’une réglementation particulière dans les SARL – art. L223-42 [Link].

Si, du fait des pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société deviennent
inférieurs à la moitié du capital social, les associés décident, dans les quatre mois qui suivent l’approbation des
comptes ayant fait apparaître cette perte, s’il y a lieu à dissolution anticipée de la société.
Si la dissolution n’est pas prononcée à la majorité exigée pour la modification des statuts, la société est tenue, au plus
tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la constatation des pertes est intervenue, de réduire
son capital d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pu être imputées sur les réserves si, dans ce délai,
les capitaux propres n’ont pas été reconstitués à concurrence d’une valeur au moins égale à la moitié du capital social.

Cette réglementation prévoit donc :


- la consultation des associés en vue de décider éventuellement la dissolution de la société ;
- diverses mesures de publicité de la décision prise, quelle qu’elle soit (avis dans un journal d’annonces légales,
dépôt au greffe, inscription au registre du commerce et des sociétés) ;
- l’obligation de reconstituer les capitaux propres de la société dans un certain délai.

Il convient de vérifier s’il y a perte de la moitié du capital social. Selon l’article L223-42 al. 1 du [Link], il faut que les
capitaux propres de la société soient inférieurs à la moitié du capital social. Dans le cas, 47 000  est bien inférieur à la
moitié du capital social de la SARL (100 000  / 2 = 50 000 ).

Le gérant doit donc convoquer, dans les quatre mois de l’assemblée qui a approuvé les comptes, une nouvelle
assemblée qui devra décider si la société doit être dissoute de façon anticipée ; cette assemblée est une assemblée
générale extraordinaire. Si la dissolution est écartée par le vote des associés, les capitaux devront être reconstitués au
moins à hauteur de la moitié du capital social avant la fin du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la
constatation des pertes est intervenue.

2. Dissolution et liquidation de la société


Dissolution de la société
La décision modifiant les statuts doit être prise par les associés à la majorité extraordinaire et selon l’article L223-30
al. 3 modifié par la loi du 2.8.2005 : « pour les modifications statutaires des SARL constituées après la publication de la
loi du 2.8.2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, l’assemblée ne délibère valablement que si les associés
présents ou représentés possèdent au moins, sur première convocation, le quart des parts et, sur deuxième
consultation, le cinquième de celles-ci. À défaut de ce quorum, la deuxième assemblée peut être prorogée à une date
postérieure de deux mois au plus à celle à laquelle elle avait été convoquée. Dans l’un ou l’autre de ces deux cas, les
modifications sont décidées à la majorité des deux tiers des parts détenues par les associés présents ou
représentés. Les statuts peuvent prévoir des quorums et une majorité plus élevés, sans pouvoir, pour cette dernière,
exiger l’unanimité des associés. »

Dans le cas d’espèce, le gérant, M. Gallardo, doit convoquer les associés. L’ordre du jour sera la dissolution de la
société. La société ayant été constituée après 2005, les règles de quorum et majorité suivantes s’appliquent :
re e
- quorum : 250 parts sur 1 consultation, 50 parts sur 2 consultation ;
- majorité : 666,66 parts.

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UE 1 Corrigé 144
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

me
M Rodier étant la seule à vouloir écarter la dissolution puisqu’elle est la seule à garder espoir, le quorum sera atteint
(M. Gallardo possédant 400 parts) et le vote de dissolution sera acquis avec 800 parts détenues par les 3 associés
favorables à la dissolution.

Liquidation de la société
La décision de dissolution ayant été prise, la liquidation de la société va avoir lieu.
Les opérations de dissolution et de liquidation se dérouleront selon le schéma chronologique présenté à la page
suivante.

3. La cession d’actif à un associé d’une société en liquidation


Selon l’article L237-6 [Link] : « Sauf consentement unanime des associés, la cession de tout ou partie de l’actif de la
société en liquidation à une personne ayant dans cette société la qualité d’associé en nom, de commandité, de gérant,
d’administrateur, de directeur général, de membre du conseil de surveillance, de membre du directoire, de commissaire
aux comptes ou de contrôleur, ne peut avoir lieu qu’avec l’autorisation du tribunal de commerce, le liquidateur et, s’il en
existe, le commissaire aux comptes ou le contrôleur dûment entendus. »

L’article L247-8 al. 2 prévoit une peine d’emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 9 000  pour le liquidateur qui,
de mauvaise foi, aura cédé tout ou partie de l’actif de la société en liquidation contrairement à l’article L237-6.

En l’espèce, M. Gallardo, liquidateur de la société, devra obtenir le consentement unanime des associés pour que le
me
bien soit affecté à M Rodier, gérante. S’il transgresse cette règle, il encourt les sanctions de l’article L247-8. Or,
me
puisque M Russery est elle aussi intéressée pour acquérir le terrain, M. Gallardo n’obtiendra pas l’unanimité des
me
associés pour cette cession à M Rodier.
me
Si l’unanimité ne se fait pas sur cette opération, M Rodier peut saisir le tribunal de commerce pour obtenir l’autorisation de
cession. Le liquidateur sera entendu par le tribunal ainsi que l’organe de contrôle (commissaire aux comptes) s’il existe.
me
La cession par M. Gallardo à M Russery est juridiquement possible, cette dernière n’étant pas gérante mais simple
associée (les dispositions de l’article L237-6 précitées ne s’appliquent pas).

NB : À titre complémentaire, précisons que dans le cadre des opérations de partage, l’article 1844-9 al. 3 du Code civil énonce que
les associés peuvent valablement décider soit dans les statuts, soit par une décision ou un acte distinct, que certains biens
seront attribués à certains associés. Dans ce dernier cas (c’est-à-dire hors disposition statutaire), l’accord unanime des
associés est nécessaire ([Link]. 30.05.2007).
À défaut, tout bien apporté qui se retrouve en nature dans la masse à partager est attribué, sur sa demande, et à charge de
soulte s’il y a lieu, à l’associé qui en avait fait l’apport.

4. Régime de la liquidation en matière d’IS


La liquidation est traitée fiscalement comme une cessation d’activité.
Les conséquences sont les suivantes :
- imposition immédiate des bénéfices d’exploitation réalisés depuis la clôture du dernier exercice ;
- imposition immédiate des bénéfices et plus-values en sursis d’imposition ;
- imposition immédiate des plus-values relatives à l’actif immobilisé.

D’où calcul des éléments imposables du fait de la liquidation de GARUR :


- résultat d’exploitation des opérations de liquidation - 20 000
me (1)
- PV sur terrain cédé à M Russery (190 000 – 60 000) 130 000
(1)
- PV sur droit au bail (15 000 – 0) 15 000
(2)
- PV sur titres LOUVE (99 000 – 48 000) = 51 000 0
(2)
- Quote-part de 12% sur PV sur titres LOUVE 12% x 51 000 6 120
131 120 
Imputation des déficits antérieurs - 131 120
Résultat de liquidation 0 

Aucun IS n’est donc dû par GARUR au titre de l’exercice de liquidation.


Les déficits fiscaux non utilisés sont définitivement perdus.
(1) Les PV sur éléments de l’actif immobilisés sont comprises dans le résultat au taux de droit commun de l’IS (à l’exception des PV sur
brevets qui relèvent du taux réduit d’IS, et sur titres de participation qui sont exonérées).
(2) La PV comptable est égale à 39 000 (99 000 – 60 000), mais GARUR s’était engagée lors de la fusion BICHE / LOUVE à calculer la
PV ultérieure sur les titres LOUVE par rapport au prix de revient fiscal que les titres avaient dans ses écritures (soit 48 000), cf.
article 38-7 bis du CGI. Mais depuis 2007, les PV sur titres de participation sont exonérées d’IS ; seule une quote-part de frais et
charge est réintégrée dans le résultat imposable au taux de droit commun, égale à 12% de la PV de cession de l’exercice.

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UE 1 Corrigé 145
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

SCHÉMA CHRONOLOGIQUE D’UNE OPÉRATION


DE LIQUIDATION VOLONTAIRE « LÉGALE » (CAS GÉNÉRAL)

Assemblée générale extraordinaire décide la


dissolution, nomme le liquidateur (à la majorité
assemblée générale ordinaire pour 3 ans maximum)

Publicité de la dissolution et de la nomination du


liquidateur :
6 mois - mention “société en liquidation” à côté de la dénomination
(12 mois sur
décision de justice) sociale
- insertion dans un journal d’annonces légales
- dépôt au greffe du PV de dissolution
- inscription au registre du commerce et des sociétés
- insertion au BODACC

Le liquidateur dresse un inventaire (actif-passif social)

Rapport du liquidateur sur la situation de la société et son


projet de liquidation

Convocation des associés en assemblée générale ordinaire


par le liquidateur, présentation de son rapport

Le liquidateur :
- représente la société
- dresse l’inventaire
- recouvre les créances
- réalise l’actif
- prend des mesures conservatoires
consevatoires
- paie les créanciers
- continue les affaires en cours sur autorisation et pour les besoins
de la liquidation

- établit les comptes annuels, l’inventaire et un rapport sur les


dans les 3 mois opérations de liquidation au cours de l’exercice écoulé hypothèse où
de la clôture la liquidation
d’un exercice Convocation AGO pour l’approbation des comptes annuels s’étale sur
dans les 6 mois un ou plusieurs
de la clôture (obligatoire une fois par an) ou dépôt du rapport au greffe du tribunal
exercices
d’un exercice de commerce

Ouverture d’un compte bancaire au nom de la société en


liquidation pour le dépôt des sommes affectées aux associés et
créanciers

Convocation d’une assemblée de clôture

Vote à la majorité assemblée générale ordinaire sur :


- le compte définitif de liquidation
- le quitus au liquidateur
- la décharge de son mandat
- la clôture de la liquidation

Publication de la clôture de la liquidation par le


liquidateur :
- dépôt au greffe des comptes définitifs et du procès-verbal
de l’assemblée générale ordinaire de clôture
- insertion dans un journal d’annonces légales
- demande de radiation au registre du commerce des sociétés
- insertion au BODACC

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UE 1 Corrigé 146
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

5. Coût fiscal de l’opération en droits d’enregistrement


L’acte de dissolution (s’il ne comporte aucun partage de l’actif) est enregistré au droit fixe de 375  ou 500  (selon que
le capital social est inférieur ou supérieur à 225 000 ). Le capital de GARUR étant égal à 100 000 , le droit dû est de
375 .
Pendant la période de liquidation, GARUR conserve la personnalité morale : les cessions sont réputées faites par
GARUR et les droits d’enregistrements sont normalement dus sur les opérations de cessions (ils sont à la charge de
l’acquéreur) :
me
- terrain cédé à M Russery : droits d’enregistrement égaux à 5% (hors prélèvement pour frais d’assiette) de la
me
valeur réelle, dus par M Russery ;
- droit au bail : leur cession est soumise au même tarif que les cessions de fonds de commerce, soit exonération
jusqu’à 23 000 , taxation à 3% pour la fraction de prix comprise entre 23 000 et 200 000 , et taxation à 5% pour
la fraction de prix supérieure à 200 000 . Ici, le prix de cession étant égal à 15 000 , aucun droit n’est dû ;
- actions de la SA LOUVE : droit de 0,1%, soit 99 000 x 0,1% = 99 
Acte de partage : puisque l’actif net après liquidation est négatif, aucun acte de partage ne doit être rédigé (la loi sur les
sociétés commerciales ne comprend qu’un seul article relatif au partage – art. L237-29 –, qui fixe les droits des associés
dans le boni de liquidation). En conséquence, aucun droit d’enregistrement n’est dû au cas présent.
NB1 : dans le cas d’un actif net négatif après liquidation :
- les pertes sont assumées par les associés car ils ont l’obligation de contribuer aux pertes dans toutes les sociétés : ils
auront perdu leurs apports ;
- les dettes restantes vis-à-vis des créanciers (appelées l’obligation au passif) seront supportées par les associés, sur
leur patrimoine personnel s’ils sont dans une société à responsabilité illimitée (type SNC). Les créanciers pourront les
poursuivre. Mais s’il s’agit d’une société à risque limitée (type SARL ou SA), ce qui est le cas de GARUR, les créanciers
ne pourront pas poursuivre les associés, tant pis pour eux, leur confiance était mal placée.
NB2 : dans le cas d’un actif net après liquidation positif : l’acte de partage d’une société soumise à l’IS est enregistré moyennant le
paiement du droit d’enregistrement appelé « droit de partage » de 2,50% calculé sur l’actif net partagé. Toutefois, lorsque les
biens partagés ont bénéficié, lors de leur apport, de l’exonération de droit (exemple : apport d’un fonds de commerce avec
engagement de conservation de trois ans), il faut appliquer la théorie de la mutation conditionnelle des apports : l’attribution
de ces biens à un associé autre que l’apporteur entraîne le paiement des droits d’enregistrement dus en cas de vente
(exemple : 5 % -hors prélèvement pour frais d’assiette- pour un immeuble, barème progressif pour un fonds de commerce :
0%, 3%, 5%), alors que le retour de ces biens chez l’apporteur est exonéré de droit de partage (pour les immeubles toutefois,
le retour chez l’apporteur entraîne le paiement de la taxe de publicité foncière de 0,70% + frais d’assiette).

6. Responsabilité du liquidateur
Selon l’article L237-12 [Link], le liquidateur est responsable, tant à l’égard de la société qu’à l’égard des tiers, des
conséquences dommageables des fautes commises par lui dans l’exercice de ses fonctions. L’action en responsabilité
contre le liquidateur se prescrit par 3 ans à compter du fait dommageable ou s’il a été dissimulé, de sa révélation (10
ans, si le fait est qualifié crime) – L225-254 [Link].

Le liquidateur a l’obligation de faire une publicité sur les documents de la société à destination des tiers afin de les
informer de la situation de la société. La mention « société en liquidation » doit être portée sur les documents à en-tête
de la société à côté de la dénomination sociale – L237-2 [Link].

Dans le cas, M. Gallardo est le liquidateur de la société puisque le sujet indique qu’il « s’occupera de tout ». il a commis
une faute dans l’exercice de sa mission de liquidateur. Il sera condamné au paiement de la facture au profit du
fournisseur de la société auquel il a omis d’indiquer, en passant commande au nom de la société, le fait que celle-ci était
en liquidation : le fournisseur (les Établissements Jaunâtre) s’est engagé en raison d’une situation apparente non
préoccupante et s’est retrouvé impayé.

Cas jurisprudentiels fréquents de fautes du liquidateur :


• Omission de mention de l’état de liquidation de la société (Paris 19.09.1990).
• Absence de constitution de provisions pour faire face aux indemnités de licenciement auxquelles la société se
trouve exposée à être condamnée (Com. 23.03.1993).
• Omission d’une dette de la société (Lyon 27.02.1981).

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UE 1 Corrigé 147
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

Auteurs :
Agnès Lieutier
Léa Got
DEXCO
Grégory Lachaise

CONNAISSANCES ASSOCIÉES

Aspects juridiques, fiscaux et sociaux des associations et autres organismes à but non lucratif

DOSSIER 1 : QUESTIONNAIRE SUR LES ORGANISMES À BUT NON LUCRATIF

1. Définition de l’association et conditions de la non-lucrativité


Définition :
Selon l’article 1 de la loi du 1/07/1901 : « l’association est une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes
mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des
bénéfices ».

Trois conditions de la non-lucrativité :


1/ La gestion doit être désintéressée
- L’organisme doit être géré par des personnes exerçant à titre bénévole n’ayant aucun intérêt direct ou indirect dans
les résultats de l’exploitation.
NB : les dirigeants peuvent dans certaines conditions être rémunérés (cf. 2. ci-après).
- L’organisme ne doit distribuer aucun bénéfice, directement ou indirectement, sous quelque forme que ce soit.
L’existence même de bénéfices n’ôte pas le caractère non lucratif à la condition qu’ils soient affectés aux projets et
missions de l’activité non lucrative.
- Les membres de l’organisme ne doivent pas pouvoir être déclarés attributaires d’une part quelconque de l’actif (sous
réserve du droit de reprise des apports).

2/ L’activité de l’organisme ne doit pas concurrencer le secteur commercial


Si, malgré une gestion désintéressée, un organisme concurrence le secteur commercial, alors il n’est pas à but non
lucratif. Pour déterminer s’il y a concurrence, on applique la règle des « 4 P » :
- le produit proposé et le public visé doivent être représentatifs de l’utilisé sociale de l’activité (satisfaction d’un
besoin non ou mal pris en compte par le secteur marchand) ;
- les prix pratiqués doivent être inférieurs à ceux du secteur commercial ;
- l’organisme ne doit pas avoir recours à la publicité commerciale.

3/ L’organisme ne doit pas entretenir de relations privilégiées avec des entreprises


Est à but lucratif un organisme fournissant des services à des entreprises en retirant un avantage concurrentiel (c’est-à-
dire permettant à des professionnels de réaliser une économie de dépenses ou un surcroît de recettes).
Exemple : association constituée entre plusieurs entreprises pour coordonner leurs moyens d’information, d’études et de recherches
(elle permet à ses membres de réaliser une économie de charges et leur procure divers avantages de nature à accroître
leurs profits).

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UE 1 Corrigé 148
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

2. Rémunération des dirigeants


La rémunération des dirigeants d’un organisme fait en principe perdre à ce dernier son caractère non lucratif (puisque la
gestion doit être exercée par des bénévoles).

Toutefois, il existe deux dispositifs permettant cette rémunération :

• L’administration fiscale autorise (cf. Bulletin officiel des impôts BOI-IS-CHAMP-10-50-20) les organismes sans but
lucratif à rémunérer leurs dirigeants dans certaines conditions (sans que soit perdu de ce seul fait le caractère
désintéressé de la gestion) : il faut que la rémunération brute mensuelle versée à chaque dirigeant soit inférieure à
 du Smic.
Au cas présent, la rémunération du président et du secrétaire pour 800 et 600  bruts mensuels est donc possible
(car 1 450 x  = 1 088 > 600 et 800).

• La loi autorise par ailleurs les associations et les fondations à rémunérer de 1 à 3 dirigeants, chacun à hauteur de
trois fois le plafond de la sécurité sociale, selon le montant de leurs ressources financières annuelles (hors
financements publics) :
* 1 dirigeant si les ressources annuelles sont comprises entre 200 000  et 500 000  ;
* 2 dirigeants si les ressources annuelles sont comprises entre 500 000  et 1 000 000  ;
* 3 dirigeants si les ressources annuelles sont supérieures à 1 000 000 .
D’autres critères doivent être respectés, assurant une transparence financière à l’organisme ainsi qu’un
fonctionnement démocratique.
Au cas présent, la rémunération de 2 dirigeants à hauteur de 5 000 et 3 000  est possible si les ressources de
l’association sont comprises entre 500 000 et 1 000 000  (et si les autres conditions sont respectées).

Il est à noter que ces deux dispositifs sont exclusifs l’un de l’autre (par exemple, si une association rémunère 3 dirigeants
à hauteur de 3 fois le plafond de la sécurité sociale, elle ne peut pas rémunérer d’autres dirigeants à hauteur de  du
Smic).

3. Fonds de dotation
Les fonds de dotation ont été créés par la loi de Modernisation de l’Économie du 4.08.2008, sur le modèle des
« endowment funds » anglo-saxons.
Il s’agit d’une personne morale de droit privé à but non lucratif constituée pour collecter et capitaliser les libéralités qui lui
sont consenties de manière irrévocable (somme d’argent, immeuble, titres de sociétés…), dans le but de financer, grâce
aux fruits retirés de la capitalisation (intérêts, loyers, dividendes…), son activité d’intérêt général et/ou l’activité d’intérêt
général d’une personne morale à but non lucratif (hôpital, université, musée, association…).
En principe, les dotations en capital du fonds (i.e. les dons qui lui sont consentis) ne sont pas « consommables », c’est-
à-dire que le fonds ne peut pas les utiliser ; il ne peut utiliser que les revenus tirés de ces dons. Toutefois, les statuts du
fonds peuvent autoriser ce dernier à consommer ses dotations en capital (par exemple utiliser les fonds perçus pour la
réalisation d’un investissement conforme aux souhaits du donateur).
Le fonds de dotation est très simple à constituer (encore plus simple qu’une association, car il peut être créé par une
seule personne, et sa constitution est rapide), et jouit d’une capacité juridique plus importante que les fondations ou les
associations reconnues d’utilité publique.
Le régime fiscal des fonds de dotation est calqué sur celui des organismes sans but lucratif. Les fonds doivent donc
respecter les 3 conditions rappelées ci-avant (cf. 1). De plus, pour que l’activité des fonds de dotation soit non lucrative,
ces derniers doivent distribuer les fruits de leurs dotations en capital pour financer la mission d’intérêt général d’un
organisme public (ex. : hôpital, bibliothèque) ou d’une association, d’une fondation ou d’un syndicat professionnel à but
non lucratif.

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UE 1 Corrigé 149
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

DOSSIER 2 : ASSOCIATION SPORTING CLUB

1. Rémunération des membres du bureau et procédure des conventions réglementées


Puisqu’il s’agit de dirigeants, la tolérance administrative (cf. Dossier 1, question 2 ci-avant) s’applique. Les
rémunérations étant chacune inférieure aux  du Smic, elles ne dénaturent pas à elles seules le caractère désintéressé
de la gestion.

Soumission des rémunérations à la procédure des conventions réglementées


Les associations concernées sont celles qui :
- reçoivent annuellement de l’État ou de ses établissements publics ou des collectivités locales une ou plusieurs
subventions excédant 153 000 , quelle que soit leur activité (art. L612-4 [Link].) ;
(1)
- ont une activité économique (L612-1 [Link]).
L’association SPORTING CLUB ne recevant qu’une subvention de 10 000  et n’ayant pas d’activité économique, elle
n’a pas à appliquer la procédure des conventions réglementées.

NB : cette procédure consiste à soumettre à l’assemblée générale les conventions passées entre l’association et l’un des
administrateurs ou l’une des personnes assurant un rôle de mandataire social (art. L612-5 [Link]).

(1) La notion d’activité économique n’est pas définie par la loi. La jurisprudence retient 3 conditions : l’association doit offrir des biens
ou services, son activité n’a pas un caractère exclusivement social et ne se rattache pas à des prérogatives de puissance
publique. Enfin, la gestion de l’association doit être entrepreneuriale (ex. : emploi de nombreux salariés).

2. Analyse de chaque activité


• La gestion est désintéressée.
• Aucune relation privilégiée avec des entreprises (puisque l’association ne rend aucun service aux entreprises mais
seulement aux particuliers).
e
Dans ces conditions, seul le 2 critère de concurrence du secteur commercial doit être examiné pour chaque type de
recette et activité.

Cotisations des membres (accès aux installations) et Cours et entraînements


- Puisque aucune entreprise locale n’offre le type de services de SPORTING CLUB, cette dernière ne concurrence pas
le secteur commercial.
 Cette activité est non lucrative.

Bar
- Le bar exerce son activité dans les mêmes conditions que les bars de la commune (mêmes produits, mêmes prix) ;
elle concurrence donc le secteur commercial.
 Cette activité est lucrative.

Ventes aux membres


- Les produits vendus étant de même nature que ceux que l’on trouve dans les magasins de sport, et leurs prix étant
comparables à ceux du commerce, cette activité de vente concurrence le secteur commercial.
 Cette activité est lucrative.

Recettes publicitaires
- L’association SPORTING CLUB agit ici comme n’importe quelle entreprise qui loue ses espaces publicitaires. Le
service rendu par SORTING CLUB correspond bien à la valeur de marché de l’avantage publicitaire dont bénéficient
les entreprises « clientes ».
 Cette activité est lucrative.

Recettes financières
- Les recettes financières des organismes sans but lucratif ont un régime propre : certaines sont toujours exonérées (à
condition que l’organisme soit bien considéré comme non lucratif), d’autres sont imposables à l’IS à des taux réduits
(voir ci-après).

ÉDITIONS CORROY  B.P. 8 - 83560 RIANS - [Link].25 - [Link]


UE 1 Corrigé 150
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

3. Régime fiscal
Recettes activités Recettes activités
lucratives non lucratives
Cotisations 148 000
Cours et entraînements 20 000
Bar 40 000
Ventes d’articles de sport 12 000
Location espaces publicitaires 6 000
Total des recettes (hors produits financiers) 58 000 168 000

Lorsque les activités lucratives représentent des recettes qui n’excèdent pas 60 540  pour l’année 2015 (les activités
non lucratives étant prépondérantes), les impôts commerciaux (IS, TVA et CET) ne sont pas applicables (mécanisme dit
de la « franchise des activités accessoires lucratives »). Les revenus des activités financières ne sont pas pris en compte
pour l’appréciation du seuil de 60 540  ; ils demeurent soumis à leur régime propre.

IS :
L’association SPORTING CLUB est exonérée d’IS sur l’ensemble des recettes listées dans le tableau ci-avant. Elle est
aussi exonérée sur la subvention de la municipalité puisque les impôts commerciaux ne sont pas applicables.
En ce qui concerne ses recettes financières :
- dividendes de sociétés françaises : ils sont taxés à l’IS au taux spécial de 15%;
- intérêts de comptes à terme : ils sont taxés à l’IS au taux spécial de 24% ;
- intérêts d’obligations (émises après 1987) : ils sont taxés à l’IS au taux spécial de 10%.
D’où IS = (1 000 x 15%) + (5 800 x 24%) + (3 000 x 10%) = 1 842 .

TVA :
Toutes les recettes de l’association SPORTING CLUB sont exonérées de TVA. En conséquence, aucune TVA ne peut
être déduite sur les frais et achats que l’association effectue.

4. Emploi de salariés
La question qui se pose est : l’emploi de salariés modifie-t-il le caractère désintéressé de la gestion ?
L’administration a répondu : « Un organisme peut recourir à une main-d’œuvre salariée sans que cela remette en cause
le caractère désintéressé de sa gestion. Cependant, si le montant des salaires alloués ne correspond pas à un travail
effectif ou est excessif eu égard à l’importance des services rendus, compte tenu des usages professionnels, le
caractère désintéressé de la gestion ne peut pas être admis. »
Au cas présent, les salaires n’étant pas excessifs, l’association peut employer ce personnel sans problème.
Comme tout employeur, l’association SPORTING CLUB est redevable, en sa qualité d’employeur, des cotisations,
impôts et taxes dus sur ces salaires :
- cotisations sociales : elles sont normalement dues (cotisations sécurité sociale, chômage, retraite…) sur l’ensemble
des sommes versées au salarié en cette qualité (salaire de base, heures supplémentaires, primes, gratifications,
avantages en nature...) ;
NB : Par dérogation et à certaines conditions, il est appliqué une assiette forfaitaire dans des cas particuliers (centre de
vacances et loisirs pour enfants ou adultes handicapés, structures agréées au titre de l’aide sociale...).
- taxe sur les salaires : en tant qu’employeur non soumis à la TVA, SPORTING CLUB est redevable de la taxe sur
les salaires ; toutefois, en tant qu’association loi 1901 employant moins de 30 salariés (cf. art. 1679 A du CGI), elle
bénéficie d’un abattement égal à 20 262  pour la taxe due en 2015 (montant réévalué chaque année) ; donc si la
taxe calculée n’excède pas ce montant, aucun versement ne doit être effectué à ce titre ;
- taxe d’apprentissage : en tant qu’organisme sans but lucratif exonéré d’IS, SPORTING CLUB n’est pas assujettie à
la taxe d’apprentissage (le fait que des recettes financières soient taxables à l’IS au taux réduit ne modifie pas cette
règle ; de plus, l’emploi éventuel de salarié affecté à l’activité financière ne modifierait pas cette règle) ;
- participation formation continue (PFC) : tous les employeurs sont assujettis à la PFC, qui est donc due par
SPORTING CLUB ;
- participation construction (PC) : les associations entrent dans le champ d’application de la PC, mais seulement
lorsqu’elles emploient 20 salariés ou plus, comme tout employeur. SPORTING CLUB n’est donc pas assujettie à la
PC.

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UE 1 Corrigé 151
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

5. Régime fiscal si les recettes du bar s’élevaient à 50 000 


Recettes activités Recettes activités
lucratives non lucratives
Cotisations 148 000
Cours et entraînements 20 000
Bar 50 000
Ventes d’articles de sport 12 000
Location espaces publicitaires 6 000
Total des recettes (hors produits financiers) 68 000 168 000

Dans cette hypothèse, la franchise des activités accessoires lucratives ne trouverait pas à s’appliquer.
Les activités non lucratives restant significativement prépondérantes, l’association SPORTING CLUB resterait
considérée comme organisme non lucratif. Toutefois, les activités lucratives suivraient le régime suivant :

IS :
Un « secteur lucratif » devrait être constitué : il regrouperait les activités de bar, ventes d’articles de sport et location
d’espaces publicitaires. Ce secteur serait assujetti à l’IS dans les conditions de droit commun (les frais et charges
« affectés » à ces activités – notamment les dépenses de personnel – seraient donc déduits des recettes, dans les
conditions de droit commun, pour former le bénéfice imposable). L’IS serait payé dans les conditions de droit commun
(paiement de 4 acomptes et d’un solde de liquidation)

TVA :
Les recettes provenant d’activités lucratives seraient en principe soumises à la TVA et devraient être sectorisées
(création d’un secteur distinct pour chaque activité lucrative).
Toutefois, il existe en matière de TVA certaines exonérations spécifiques. À ce titre sont exonérées les ventes d’objets
divers consenties aux membres de l’association, à condition qu’elles n’excèdent pas 10% des recettes totales et que
l’association n’ait pas recours à des pratiques commerciales (notamment publicité commerciale à destination des non-
membres pour faire connaître ses activités). Mais ne peuvent pas bénéficier d’exonération de TVA à ce titre les
opérations de restauration et l’exploitation des bars et buvettes.
L’association SPORTING CLUB resterait donc exonérée de TVA sur les ventes d’articles de sport (puisque 12 000 
< 236 000  =168 000 + 68 000) – donc corrélativement la TVA payée sur les achats de marchandises ne serait pas
déductible –, mais serait soumise à la TVA sur les autres activité lucratives.
Le régime applicable serait de droit le régime du réel normal pour ces activités de bar et location d’espaces publicitaires ;
toutefois, SPORTING CLUB pourrait bénéficier du régime de la franchise en base (en effet, les recettes lucratives totales
n’excèdent pas 82 200  et les recettes lucratives représentatives de services n’excèdent pas 32 900  ; cf. seuils
applicables pour la période 2014-2016 et réévalués tous les 3 ans) ; l’option pour ce régime de la franchise exonèrerait
SPORTING CLUB de TVA à collecter sur ces recettes, mais l’empêcherait corrélativement de déduire la TVA payée en
amont et affectées aux activités taxables.

NB : l’assujettissement à la TVA aurait aussi des conséquences sur l’assujettissement à la taxe sur les salaires.

6. Régime des locations d’espaces publicitaires


Traitement fiscal des sommes versées par les entreprises louant les espaces publicitaires
S’agissant d’une prestation de publicité, la dépense correspondante serait normalement déductible des résultats
imposables des entreprises louant ces espaces.

Hypothèse : sommes versées nettement supérieures aux avantages publicitaires obtenus


Dans ce cas, les sommes s’apparenteraient à un don pour les entreprises les versant, et relèveraient du régime du
mécénat. Ces dépenses, en tant que don à une œuvre d’intérêt général à caractère sportif, ne seraient donc pas
déductibles du résultat imposable des entreprises, et ouvriraient droit à une réduction d’impôt (IR ou IS selon la nature
des entreprises) égale à 60% de leur montant (montant limité à 5 p. mille de leur chiffre d’affaires).

Analyse fiscale pour l’association SPORTING CLUB


S’agissant d’une somme qualifiée de don (et non plus de contrepartie d’une prestation publicitaire), l’association
SPORTING CLUB ne pourrait plus être considérée comme rendant une prestation publicitaire aux entreprises. En
conséquence, l’activité devrait être considérée comme non lucrative, avec les conséquences que cela emporterait pour
l’IS et la TVA (recette exonérée).

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UE 1 Corrigé 152
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GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE

7. Établissement de comptes annuels et présence obligatoire d’un commissaire aux comptes


Toute association ayant reçu annuellement des autorités administratives ou des établissements publics à caractère
industriel ou commercial une ou plusieurs subventions dont le montant excède 153 000  doit établir chaque année un
bilan, un compte de résultat et une annexe (art. L612-4 C. Com).
L’association SPORTING CLUB n’est pas tenue par cette obligation puisqu’elle n’a reçu que 10 000  de subvention de
la commune.

Par ailleurs, toute personne morale de droit privé non commerçante (ex. : une association) ayant une activité
économique dont le nombre de salariés (50), le montant hors taxes du chiffre d’affaires (3 100 000 ) ou les ressources
et le total du bilan (1 550 000 ) dépassent deux de ces critères, doivent établir chaque année un bilan, un compte de
résultat et une annexe. Ces personnes morales sont tenues de nommer au moins un commissaire aux comptes et un
suppléant (art. L612-1 al. 1 et 2 [Link]).
L’association SPORTING CLUB ne dépassant aucun des critères ci-dessus et n’ayant pas d’activité économique, elle
n’a pas à établir les documents cités ni à désigner obligatoirement un commissaire aux comptes.

8. Champ d’application des procédures collectives à une association


La loi du 26 juillet 2005 soumet toute personne morale de droit privé aux procédures de sauvegarde (art. L620-2 al. 1
[Link]), de redressement judiciaire (art. L631-2 al. 1) et de liquidation judiciaire (art. L640-2 al. 1).
L’association SPORTING CLUB étant une personne morale de droit privé (association déclarée) peut, si les autres
conditions de soumission à ces procédures sont remplies, en bénéficier.

Remarque : une association n’est pas dissoute par le seul fait de sa mise en liquidation judiciaire (à la différence d’une société
puisqu’en vertu de l’article 1844-7, 7° du code Civil, le jugement ordonnant la liquidation judiciaire d’une société
entraîne sa dissolution).
Donc après la décision de clôture de la procédure pour extinction de passif, l’association redevient maîtresse de
ses biens et continue d’exister ([Link] 14.10.2004 ; [Link] 19.10.2010).

9. Création d’une société commerciale – Types de sociétés possibles


Création d’une société commerciale
Selon l’article L122-1 du Code du Sport, toute association sportive affiliée à une fédération sportive, qui participe
habituellement à l’organisation de manifestations sportives payantes qui lui procurent des recettes d’un montant
supérieur à 1 200 000  ou qui emploie des sportifs dont le montant total des rémunérations excède 800 000 , constitue
pour la gestion de ces activités une société commerciale soumise au code de commerce.
L’association Sporting Club organise des manifestations gratuites et rémunère deux nageurs dont le montant total des
rémunérations (24 000  par an) n’excède pas 800 000 . Elle n’a pas à créer une société commerciale.

Types de sociétés
er
Selon l’article L122-2 du Code du Sport modifié par la loi du 1 février 2012, la société sportive peut prendre la forme :
1. Soit d’une société à responsabilité limitée ne comprenant qu’un associé, dénommée entreprise unipersonnelle
sportive à responsabilité limitée ;
2. Soit d’une société anonyme à objet sportif ;
3. Soit d’une société anonyme sportive professionnelle ;
4. Soit d’une société à responsabilité limitée ;
5. Soit d’une société anonyme ;
6. Soit d’une société par actions simplifiée.

La loi du 01.02.2012 a ajouté 3 nouvelles formes que les associations peuvent créer : la SARL, la SA et la SAS de droit
commun.

10. Responsabilité d’un association sportive envers ses membres


Une association sportive qui met ses locaux et son équipement à la disposition de sportifs exerçant librement leur
activité est tenue envers ces derniers d’une obligation contractuelle de sécurité, de prudence et de diligence. Un arrêt
récent de la cour de cassation civile du 15.12.2011 pose clairement le principe favorable aux victimes de cette obligation
de sécurité quand les sportifs pratiquent librement leur sport, sans encadrement.

ISBN : 978-2-35765-576-8
ISSN : 1961-1641

Imprimé en France en juillet 2015 par Superplan, Marseille


Dépôt légal : juillet 2015

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Common questions

Alimenté par l’IA

La procédure de redressement judiciaire est déclenchée lorsqu'une entreprise est en état de cessation des paiements, c'est-à-dire incapable de faire face à son passif exigible avec son actif disponible . Le débiteur doit demander l'ouverture de la procédure dans les 45 jours suivant cet état de cessation . Cette demande, si elle concerne une personne morale, doit être effectuée par son représentant légal . Une fois la procédure ouverte, le tribunal met en place une période d'observation, généralement de six mois, pendant laquelle un administrateur judiciaire peut être désigné pour évaluer la situation économique et sociale de l'entreprise et élaborer un plan de redressement . Un plan de redressement est alors arrêté par jugement, visant à permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi, et l'apurement du passif . Si l'entreprise n'exécute pas le plan, une liquidation judiciaire peut être prononcée . Les créanciers constitués en comités sont consultés sur les propositions de redressement .

Les créances nées après le jugement d'ouverture et nécessaires au déroulement de la procédure ou fournies en contrepartie des prestations pour maintenir l'activité du débiteur sont payées par préférence à toutes les autres créances, sauf celles garanties par le superprivilège des salariés .

Un pacte d'actionnaires est valide s'il respecte les principes de liberté contractuelle et ne contrevient pas à la loi. Sa fonction principale est d'organiser le régime des titres de la société ou l'exercice du pouvoir, en apportant des solutions aux problèmes non réglés par la loi. Il peut inclure des clauses de préemption, d'inaliénabilité, et d'exercice des droits de vote pour stabiliser le capital ou l'influence au sein des assemblées .

Le rôle d'un commissaire aux comptes dans une SARL est de vérifier la régularité des comptes. Sa nomination devient obligatoire lorsque deux des trois seuils suivants sont dépassés: 1 550 000 € au total du bilan, 3 100 000 € de chiffre d'affaires hors taxes, ou 50 salariés en moyenne au cours de l'exercice .

Dans une SARL, la transformation en SA nécessite l'accord des associés représentant les trois quarts des parts sociales, sauf si les capitaux propres excèdent 750 000 €, où une majorité des parts suffit , et la nomination d'un commissaire à la transformation en l'absence de commissaire aux comptes . Dans une SAS, les statuts peuvent définir librement les règles de majorité pour les décisions extraordinaires, y compris une transformation, mais doivent être respectés . Néanmoins, la transformation d'une SARL en SAS exige l'unanimité des associés . La SARL est donc soumise à des règles de majorité spécifiques prévues par la loi, tandis que la SAS offre plus de flexibilité conditionnée par ses statuts .

Une clause de non-concurrence peut être justifiée pour protéger les intérêts légitimes de l'entreprise, tels que prévenir la concurrence déloyale et préserver les investissements réalisés . Cependant, elle doit être limitée dans le temps (le règlement européen recommande un maximum d'un an) et dans l'espace pour être considérée comme valide . De plus, les limitations imposées doivent être proportionnées aux intérêts à protéger . Sa violation peut donner lieu à une indemnisation, surtout si cela entraîne un préjudice prouvé pour le franchisé, tel que la perte de clientèle sans faute de sa part .

Les effets fiscaux pour une société absorbante lors d'une fusion impliquant des apports de titres de participation incluent la neutralisation de la plus-value réalisée lors de l'échange de titres. Cette neutralisation demeure effective quel que soit le régime de la fusion (droit commun ou de faveur) et est applicable jusqu'à la cession des titres de l'absorbante. La plus-value n'est alors comptabilisée fiscalement que lors de la cession future des titres, en prenant comme base la valeur fiscale des titres chez la société absorbée . De plus, l’obligation de réintégrer une quote-part pour frais et charges (généralement 12%) sur la plus-value à long terme s'applique lors des futures cessions de ces titres, et ce, même si la plus-value en question est exonérée sous le régime de faveur des fusions . Ces règles assurent que les impacts fiscaux sont différés jusqu'à un événement de liquidité, comme la cession.

La distinction entre un consommateur et un non-professionnel en matière de protection contre les clauses abusives repose principalement sur leur statut lors de la conclusion du contrat. Un consommateur est une personne physique qui contracte avec un professionnel pour un produit ou service à des fins personnelles, sans connaissance professionnelle dans le domaine . En revanche, un non-professionnel peut être une personne morale ou physique qui, bien que professionnelle, contracte hors de son secteur de compétence, avec un autre professionnel . Ainsi, les deux catégories sont protégées contre les clauses abusives car elles peuvent subir un déséquilibre significatif dans les droits et obligations contractuels face à un professionnel , mais cette protection s’applique différemment selon qu’il s’agit de contrat de consommation ou d’un contrat entre professionnels .

Les principaux éléments constitutifs d'un contrat pendant la phase de pourparlers sont la négociation sur le prix, la quantité, les délais de livraison et les clauses du contrat, et la détermination mutuelle des parties sur la possibilité de conclure une relation contractuelle. Durant cette phase, il peut y avoir rédaction de documents précontractuels, tels que des lettres d'intention, qui ne constituent pas un engagement contractuel définitif à moins qu'elles ne soient acceptées formellement par l'autre partie . Ces documents peuvent inclure des offres de contracter, mais tant qu'une acceptation n'est pas donnée, aucun contrat final n'est formé. Les parties peuvent également utiliser des avant-contrats pour organiser leur négociation, éventuellement en prévoyant une obligation de négocier ou un calendrier .

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