PROBLEME I : Exemples de matrices semblables à leur inverse
Dans tout le problème, E est un R-espace vectoriel de dimension 3.
Pour u endomorphisme de E et n entier naturel non nul, on note un = u ◦ u ◦ · · · ◦ u (n fois).
On note M3 (R) le R-espace vectoriel des matrices carrées d’ordre 3, GL3 (R) le groupe des matrices inversibles de
M3 (R), et I3 la matrice unité de M3 (R).
On notera par 0 l’endomorphisme nul, la matrice nulle et le vecteur nul.
Pour deux matrices A et B de M3 (R), on dira que la matrice A est semblable à la matrice B s’il existe une
matrice P de GL3 (R) telle que : A = P −1 BP . On rappelle que si B et B 0 sont deux bases de E, si P est la matrice
de passage de la base B à la base B 0 , si u est un endomorphisme de E de matrice A dans la base B 0 et de matrice
B dans la base B alors A = P −1 BP (c’est-à-dire, la matrice A est semblable à la matrice B).
Partie A
1. On notera A ∼ B pour dire que la matrice A est semblable à la matrice B.
Démontrer que , pour tout A, B et C de M3 (R), on a :
A∼A
A∼B⇒B∼A
A ∼ B et B ∼ C ⇒ A ∼ C
On pourra désormais dire que les matrices A et B sont semblables.
2. Démontrer que deux matrices de M3 (R) de déterminants différents ne sont pas semblables.
3. Soit u un endomorphisme de E et soit i et j deux entiers naturels.
On considère l’application w de ker ui+j vers E définie par : w(x) = uj (x).
(a) Montrer que Im w ⊂ ker ui .
(b) En déduire que dim(ker ui+j ) 6 dim(ker ui ) + dim(ker uj ).
4. Soit u un endomorphisme de E vérifiant : u3 = 0 et rg u = 2.
(a) Montrer que dim(ker u2 ) = 2. (On pourra utiliser deux fois la question 3b.).
(b) Montrer que l’on peut trouver un vecteur a non nul de E tel que u2 (a) 6= 0, et en déduire que la famille
(u2 (a), u(a), a) est une base de E.
(c) Ecrire alors la matrice U de u et la matrice V de u2 − u dans cette base.
5. Soit u un endomorphisme de E vérifiant : u2 = 0 et rg u = 1.
(a) Montrer que l’on peut trouver un vecteur b non nul de E tel que u(b) 6= 0.
(b) Justifier l’existence d’un vecteur c de ker u tel que la famille (u(b), c) soit libre, puis montrer que la
famille (b, u(b), c) est une base de E.
(c) Ecrire alors la matrice U 0 de u et la matrice V 0 de u2 − u dans cette base.
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Partie B
1 α β
Soit désormais une matrice A de M3 (R) semblable à une matrice du type T = 0 1 γ de M3 (R).
0 0 1
On se propose de montrer que la matrice A est semblable à son inverse A−1 .
0 α β
On pose alors N = 0 0 γ , et soit une matrice P de GL3 (R) telle que P −1 AP = T = I3 + N .
0 0 0
1. Expliquer pourquoi la matrice A est bien inversible.
2. Calculer N 3 et montrer que P −1 A−1 P = I3 − N + N 2 .
3. On suppose dans cette question que N = 0, montrer alors que les matrices A et A−1 sont semblables.
4. On suppose dans cette question que rg(N ) = 2. On pose M = N 2 − N .
0 1 0
(a) Montrer que la matrice N est semblable à la matrice 0 0 1 et en déduire, en utilisant la question
0 0 0
A.4., une matrice semblable à la matrice M .
(b) Calculer M 3 et déterminer rg(M ).
(c) Montrer que les matrices M et N sont semblables.
(d) Montrer alors que les matrices A et A−1 sont semblables.
5. On suppose dans cette question que rg(N ) = 1. On pose M = N 2 − N .
Montrer que les matrices A et A−1 sont semblables.
1 0 0
6. Exemple : soit la matrice A = 0 0 −1.
0 1 2
On note (a, b, c) une base de E et u l’endomorphisme de E de matrice A dans cette base.
(a) Montrer que ker(u − idE ) est un sous-espace vectoriel de E de dimension 2 dont on donnera une base
(e1 , e2 ).
(b) Justifier que la famille (e1 , e2 , c) est une base de E, et écrire la matrice de u dans cette base.
(c) Montrer que les matrices A et A−1 sont semblables.
7. Réciproquement, toute
matrice
de M3 (R) semblable à son inverse est-elle nécessairement semblable à une
1 α β
matrice du type T = 0 1 γ ?
0 0 1
1 + 41 + 91 + 1 1
PROBLEME II : Calculer et irrationalité de ζ(2) = lim 16 + ··· + n2
n→+∞
Dans ce problème, pour une fonction f et un entier naturel k, f (k) désigne la dérivée k-ème de la fonction f avec
: f (0) = f .
Remarque : sauf s’il est précisé entier naturel, un entier peut être positif ou négatif.
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n
1
P
Partie A : Convergence de la suite kp
k=1 n>1
n
X 1
Dans cette partie, p et n sont deux entiers naturels non nuls et on pose Sn (p) = .
kp
k=1
k+1
Z
1 1 1
1. Montrer que pour tout entier k > 1, 6 dx 6 p .
(k + 1)p x p k
k
Zn
1
2. Montrer que pour n > 2, Sn (p) − 1 6 dx 6 Sn−1 (p).
xp
1
1
3. Démontrer, par un calcul d’intégrales, que la fonction x 7→ p est intégrable sur [1, +∞[ si et seulement si
x
p > 2.
4. Montrer que la suite (Sn (p))n>1 converge si et seulement si p > 2.
On note alors ζ(p) = lim Sn (p).
n→+∞
Partie B : Calcul de ζ(2)
t2
Dans cette partie on pose, pour t réel : h(t) = − t, et on définit la fonction ϕ sur [0, π] par :
2π
h(t)
ϕ(0) = −1 et ϕ(t) = pour t ∈]0, π].
t
2 sin
2
1. Montrer que la fonction ϕ est de classe C 1 sur l’intervalle [0, π].
Zπ
2. Calculer, pour tout k entier naturel non nul, h(t) cos(kt) dt.
0
n
X
3. Calculer, pour t ∈]0, π], cos(kt), puis déterminer une constante λ telle que,
k=1
1
n sin (n + ) t
X 2
∀t ∈]0, π], cos(kt) = − λ.
t
k=1 2 sin
2
4. Montrer à l’aide d’une intégration par parties que, pour toute fonction ψ de classe C 1 sur l’intervalle [0, π],
Zπ
1
lim ψ(t) sin (n + ) t dt = 0.
n→+∞ 2
0
π2
5. Montrer que ζ(2) = .
6
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Partie C : ζ(2) est irrationnel
xn (1 − x)n
Dans cette partie, pour n entier naturel non nul et x réel, on pose fn (x) = .
n!
1. Dans cette question, n est un entier naturel non nul.
2n
1 X
(a) Montrer qu’il existe n + 1 entiers en , en+1 , ..., e2n tels que fn (x) = e i xi .
n!
i=1
(k) (k)
(b) Montrer que pour tout entier naturel k, fn (0) et fn (1) sont des entiers.
(On pourra remarquer que fn (x) = fn (1 − x) ).
On veut montrer que π 2 est un irrationnel, et on va raisonner par l’absurde :
a
on suppose que π 2 = où a et b sont deux entiers naturels non nuls.
b
2. On pose, pour n entier naturel non nul et x réel :
Fn (x) = bn (π 2n fn (x) − π 2n−2 fn(2) (x) + π 2n−4 fn(4) (x) − · · · + (−1)n fn(2n) (x)).
(a) Montrer que Fn (0) et Fn (1) sont des entiers.
(b) On pose, pour n entier naturel non nul et x réel :
Z1
gn (x) = Fn0 (x) sin(πx) − π Fn (x) cos(πx), et An = π an fn (x) sin(πx) dx.
0
Montrer que, pour n entier naturel non nul et x réel : gn0 (x) = π 2 an fn (x) sin(πx), et montrer que An
est un entier.
an
3. On pose, toujours pour le même entier a, un = .
n!
un+1
(a) En considérant le quotient , montrer que lim un = 0.
un n→+∞
an 1
(b) Montrer qu’il existe un entier naturel n0 tel que pour tout entier n > n0 , < .
n! 2
1
(c) Montrer que pour tout réel x ∈ [0, 1], 0 6 fn (x) 6 .
n!
(d) Montrer alors que, pour tout entier n > n0 , An ∈]0, 1[, et conclure que π 2 est irrationnel.
(e) Comment peut-on déduire de ce qui vient d’être fait que π est irrationnel ?
Pour information
Il a été prouvé depuis le 18-ième siècle, que ζ(p) est irrationnel pour tout entier pair p > 2, récemment (1979) il
vient d’être découvert que ζ(3) est irrationnel et le mystère demeure encore quant à l’irrationnalité des ζ(p) pour
les entiers impairs p > 3 ...
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