1.
Introduction
Le logiciel Gambit est un mailleur 2D/3D; pré-processeur qui permet de mailler des
domaines de géométrie d’un problème de CFD (Computational Fluid Dynamics).Il
génère des fichiers*.msh pour Fluent. Fluent est un logiciel qui permet de résoudre
et simuler des problèmes de mécanique des fluides et de transferts thermiques par
la méthode des volumes finis. Le Gambit regroupe trois fonctions :
*définition de la géométrie du problème.
*le maillage et sa vérification.
*la définition des frontières(des conditions aux limites) et la définition des domaines
de calculs.
2. Maillage
La génération du maillage (2D ou 3D) est une phase très importante dans une
analyse CFD, vu son influence sur la solution calculée. Un maillage de très bonne
qualité est essentiel pour l’obtention d’un résultat de calcul précis, robuste et
signifiant. La qualité du maillage a un sérieux impact sur la convergence, la précision
de la solution et surtout sur le temps de calcul. Une bonne qualité de maillage
repose sur la minimisation des éléments présentant des « distorsions » (skewness
en anglais), et sur une bonne « résolution » dans les régions présentant un fort
gradient (couches limites, ondes de choc,. . . ). Un bon maillage doit également être
suffisamment « lisse ».
2.1 Composants du maillage
Le domaine de calcul est défini par un maillage qui représente le fluide et les faces
solides qui interviennent.
– “Cell” : volume de contrôle divisant la géométrie ;
– “Face” : frontière d’une “cell”, où sont définies les conditions aux limites ;
– “Edge” : frontière d’une “face” ;
– “Node” : point de maillage ;
– “Zone” : groupe de “nodes”, “faces” et/ou “cells”.
2.2 Choix du type de maillage
On définit les maillages structurés, et non structurés (voir Fig 1).
2.2.1 Maillage structuré (quadra/hexa)
Un maillage structuré est un maillage qui peut être généré en reproduisant plusieurs
fois une maille élémentaire. Dans ce type de maillage, tout nœud peut être repéré
par un doublet ou un triplet (i, j, k). Le maillage structuré tire profit de de la
numérotation et la topologie est implicite (stockage quasi-nul). En 2D, les éléments
sont des quadrilatères, en 3D ce sont des hexaèdres. Il présente les avantages
suivants :
- Économique en nombre d'éléments, présente un nombre inférieur de mailles par
rapport à un maillage non structuré équivalent.
– Lorsque l’écoulement moyen est aligné avec le maillage, un maillage structuré
réduit les risques d’erreurs numériques.
Ses inconvénients :
– Difficile à générer dans le cas d’une géométrie complexe.
– Difficile d’obtenir une bonne qualité de maillage pour certaines géométries
complexes. Il est beaucoup plus facile à générer en utilisant une géométrie à blocs
multiples.
Figure 1 : Maillages structurés et non structurés.
2.2.2 Maillage non structuré (tri/tétra)
Les éléments de ce type de maillage sont générés arbitrairement sans aucune
contrainte quant-à leur disposition. Ses avantages :
– Peut être généré sur une géométrie complexe tout en gardant une bonne qualité
des éléments,
– Les algorithmes de génération de ce type de maillage (tri/tétra) sont très
automatisés.
Ses inconvénients :
– Très gourmand en nombre de mailles comparativement au maillage structuré.
– Impose une structure de données gourmande en capacités de stockage.
– Engendre des erreurs numériques (fausse diffusion) qui peuvent être plus
importantes si on le compare avec le maillage structuré.
2.2.3 Maillage hybride
Maillage généré par un mélange d’éléments de différents types, triangulaires ou
quadrilatéraux en 2D, tétraédriques, prismatiques, ou pyramidaux en 3D. Il combine
les avantages des maillages structurés et non structurés.
2.3 Techniques générales de génération du maillage
En pratique, il n’existe pas de règle précise pour la création d’un maillage valable,
cependant il existe différentes approches qui permettent d’obtenir une grille
acceptable. Nous pouvons résumer ces règles ainsi :
– Maintenir une bonne Qualité des éléments,
– Assurer une bonne Résolution dans les régions à fort gradient,
– Assurer un bon Lissage dans les zones de transition entre les parties maillage à
fin et les parties à maillage grossier,
– Minimiser le nombre total des éléments (temps de calcul raisonnable).
On peut se souvenir de ces règles en utilisant la formulation mnémotechnique
QRLT.
A. Distorsion
Figure 2 : Définition de la skewness sur un volume triangulaire.
Le facteur de distorsion Fd (skewness) peut être défini de deux façons différentes.
Pour des éléments triangulaires ou tétraédriques, le calcul est basé sur le volume
équilatéral (voir Fig 2) :
L’autre formulation, applicable pour tout élément, est basée sur la déviation
angulaire, avec θ les angles de l’élément :
Le facteur de distorsion est nul pour des éléments « parfaits » (carrés, triangles
équilatéraux). Notons que les grandes valeurs du facteur de distorsion induisent des
erreurs de calcul et ralentissent considérablement le processus de convergence.
Quelques distorsions peuvent être tolérées si elles sont situées dans des régions à
faible gradient. Le tableau 1 illustre la variation de la qualité des éléments de
maillage en fonction de la valeur du coefficient de distorsion Fd :
Tableau 1 : Qualité associée au facteur de distorsion.
B. Résolution
La notion de résolution concerne plus particulièrement les zones qui présentent un
fort gradient, ainsi une bonne résolution —un maillage localement plus fin— permet
de mieux décrire les phénomènes physiques qui existent dans ces zones telles que
les ondes de choc, ou les phénomènes liés à la couche limite. La plupart des
meilleurs proposent des méthodes de maillage particulières pour réaliser en proche
paroi des maillages structurés dont on maîtrise la taille (voir Fig. 3). Enfin, on
considère qu’entre deux parois, il faut au minimum une dizaine de mailles.
Figure 3 : Exemple de maillage en proche paroi de type « maillage de couche limite », réalisé avec le
mailleur intégré dans ANSYS 13.
C. Lissage
Le changement dans la taille des éléments du maillage d’une zone maillée à une
autre doit être graduel, la variation de la taille des éléments de deux zones
adjacentes ne doit idéalement pas dépasser 20% à 30% (voir Fig 4).
Figure 4 : Évolution de la taille des éléments.
D. Nombre total d’éléments
Un nombre important d’éléments de maillage permet sans doute d’améliorer la
précision des calculs, mais pénalise les ressources informatiques en termes de
mémoire et alourdit le système. En conséquence, un compromis entre précision et
temps de calcul s’impose. Des techniques existent pour économiser un certain
nombre d’éléments :
– Utilisation des maillages non uniformes, en concentrant la bonne qualité du
maillage uniquement dans les zones où c’est nécessaire.
– Utilisation de la fonction adaptation de maillage pour raffiner uniquement sur des
zones bien précises (si le code possède cette option).
– Utilisation des éléments de maillage hexaédriques dans les zones adéquates.
3. Principales étapes mailleur gambit / solveur fluent
Simulation
Cette section se veut la plus générale possible, elle explicite les étapes nécessaires
pour réussir une simulation d’un problème en mécanique des fluides. Selon les
codes (Fluent vs. Star CCM+ par exemple), de subtiles différences sont possibles
(par exemple l’appellation des lois de paroi). On pourra consulter Versteeg et
Malalasekera [2007] afin d’obtenir des précisions notamment sur la méthode des
volumes finis, les problèmes de schémas numériques et les algorithmes de
couplages pression-vitesse pour les écoulements incompressibles. Les principales
étapes d’une simulation que l’on décrit en détails ci-après sont, dans l’ordre :
1. Le paramétrage du solveur ;
2. La modélisation (éventuelle) de la turbulence ;
3. La définition des caractéristiques du fluide ;
4. Le réglage des “Operating conditions” ;
5. Le paramétrage des conditions aux limites ;
6. Le choix des critères de convergence ; ⇒ Conservation de la masse. ⇒ Evolution
d’une variable pendant les calculs.
7. L’initialisation des calculs ;
8. Le paramétrage des sauvegardes automatiques en cours de simulation ;
9. Le lancement de la simulation.
Choix des équations résolues par le solveur
Selon le problème, on peut être amené à considérer :
– La dimension du problème, 2D, 3D, ou axisymétrique.
– Le caractère stationnaire ou instationnaire.
– Le caractère incompressible ou compressible de l’écoulement.
3.1 Interface et étapes de Gambit
Lancer Gambit
Après avoir lancé le logiciel, l’interface d’utilisation apparaît, (voir figure A.1).