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Cours

Ce document introduit les séries entières, qui sont des séries de fonctions de la forme Σanxn. Il définit notamment le rayon de convergence d'une telle série et son disque de convergence, et présente des méthodes pour calculer le rayon de convergence comme le principe de comparaison ou les critères d'Alembert et de Cauchy.

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Ce document introduit les séries entières, qui sont des séries de fonctions de la forme Σanxn. Il définit notamment le rayon de convergence d'une telle série et son disque de convergence, et présente des méthodes pour calculer le rayon de convergence comme le principe de comparaison ou les critères d'Alembert et de Cauchy.

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Séries entières

Nous allons nous interesser dans ce chapitre à des classes


particulières de séries de fonctions qui joue un rôle impor-
tant en mathématiques est constitué de fonctions puissances
et généralise les fonctions polynômes : ce sont les séries
entières que nous allons étudier dans P ce chapitre consacré
Introduction à des séries de fonctions de la forme an xn . On s’intéresse
dans un premier temps aux propriétés de la somme d’une série
entière (domaine de convergence, continuité, etc.). On verra
ensuite comment exprimer les fonctions usuelles comme des
sommes de séries entières. Nous nous limiterons ici à l’étude
des séries entières à valeurs réelles, même s’il nous arrivera
de faire quelques remarques concernant le cas complexe.

1 Définitions
OnPa défini dans le chapitre précédent différents types de convergence pour les séries de fonc-
tions fn (x) de la variable réelle x, on peutPdonc définir de même la convergence simple, absolue,
uniforme, normale de la série de fonctions an xn .

1.1 Définition d’une série entière


Soit (anP
)n une suite de nombre réels ; on appelle série entière de coefficients (an )n la série de
fonctions fn (x) définies sur R par

∀n ∈ N, ∀x ∈ R, fn (x) = an xn

LemmeP d’Abel
Soit an xn une série entière et soit x0 un réel tel P
que la suite (an xn0 )n∈N est bornée. Alors
pour tout x ∈ R tel que |x| < |x0 |, la série numérique an xn converge absolument.

Preuve
La suite (an xn0 )n∈N étant bornée, il existe M > 0 tel que ∀n ∈ N, |an xn0 | ≤ M
Si x0 = 0, alors il n’existe aucun x ∈ R tel que |x| < |x0 |
Si x0 6= 0, on a alors, pour tout x ∈ R tel que |x| < |x0 | et ∀n ∈ N
n n
x x
|an xn | = |an xn0 | ≤ M
x0 x0
n
x P x
an xn
P
Or < 1 donc la série géométrique converge ; on en déduit que la série
x0 x0
converge absolument.

Corollaire
Soit an xn une série entière et soit x0 un nombre complexePtel que la série numérique an xn0
P P
converge ; alors ∀x ∈ R tel que |x| < |x0 |, la série numérique an xn converge absolument.

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 1


Preuve
En effet, comme la série an xn0 converge, le terme général tend vers 0 donc la suite (an xn0 )n∈N
P
est bornée : on applique alors le lemme d’Abel.

1.2 Rayon de convergence


an xn une série entière ; alors l’ensemble
P
Théorème Soit

I = {r ≥ 0 / la suite (an rn ) est bornée}

an xn est la borne supérieure de I.


P
Le rayon de convergence de la série

On peut remarquer deux choses :


– l’ensemble A n’est pas vide car il contient toujours 0 ;
– le rayon de convergence peut être infini car c’est un élement de R+ ∪ {+∞}.

Théorème
an xn une série entière ; alors le rayon de convergence R de la série entière an xn est
P P
Soit
+
l’unique élément de R ∪ {+∞} vérifiant les deux conditions P suivantes :
– Pour tout x∈ R tel que |x| < R, la série numérique P an xn converge absolument ;
– Pour tout x∈ R tel que |x| > R, la série numérique an xn diverge.

Exemple P n
• On retrouve bien dans le cas où an = 1 que la série x converge absolument pour |x| < 1.
n
1 Px
• Soit, pour tout entier n, an = , la série est convergente pour tout x positif, d’où
n! n!
R = +∞

1.3 Disque de convergence


an xn le disque ouvert de centre 0 et
P
On appelle disque de convergence de la série entière
de rayon R,
D(0, R) = {x ∈ R/ |x| < R}
an xn pour x réel, on appelle intervalle de conver-
P
Si on se limite à l’étude de la série entière
gence de la série entière l’intervalle ouvert ] − R, R[.

Exemples

xn est D1 =] − 1, 1[, le disque unité (ouvert).


P
– Le disque de convergence de
P xn
– Le disque de convergence de est C tout entier.
n!
– Attention, on ne peut rien dire a priori du comportement de la série an xn lorsque |x| = R.
P
1
Tout peut se produire. Par exemple, si on prend, pour n ∈ N∗ , an = , qui donne un rayon
n
de convergence égal à 1, on a une série alternée convergente en x = −1 alors qu’en x = 1,
on obtient la série
P harmonique qui est elle divergente.
– La série entière |an | xn a pour rayon de convergence R.

Exemple P n
La série entière x a pour rayon de convergence 1 ; en effet si |x| P <n 1, la série converge
absolument et si |x| > 1, la suite (xn )n∈N tend vers +∞ donc la série x diverge.

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 2


Figure 1: Comportement d’une série entière de rayon R

Théorème
an xn une série entière ; alors le rayon de convergence R de cette série est l’unique
P
Soit
élément de R+ ∪ {+∞} vérifiant les deux conditions suivantes :
– Pour tout réel r tel que 0 ≤ r ≤ R, la suite (an rn )n∈N converge vers 0.
– Pour tout réel r tel que r > R, la suite (an rn )n∈N ne converge pas vers 0.

Preuve
an xn ; montrons que RPvérifie les deux
P
Soit R le rayon de convergence de la série entière
conditions : D’après ce qui précède, pour tout réel r tel que 0 ≤ r < R, la série an xn converge
n
absolument donc la suite (an x )n∈N converge vers 0. Soit r un réel tel que r > R : alors r ∈ / I,
i.e la suite (an rn )n∈N n’est pas bornée donc elle ne tend pas vers 0.

Réciproquement, soit R0 vérifiant les conditions : montrons que R0 = R. Considérons un réel


r vérifiant 0 ≤ r < R0 ; alors la suite (an rn )n∈N tend vers 0 donc est bornée : ainsi r ∈ I, on en
déduit donc que [0; R0 [⊂ I, d’où R0 ≤ R.
P Supposons R0 < R, alors il existe r tel que R0 < r < R : comme r < R, d’après 1.5 la série
an r converge absolument donc la suite (an rn )n∈N tend vers 0 ce qui est en contradiction avec
n

le fait que r > R0 : on en déduit que R0 = R.

2 Calcul du rayon de convergence


Pour déterminer le rayon de convergence d’une série entière, on peut notamment utiliser trois
méthodes :
– soit utiliser directement la définition de R ;
– soit utiliser le principe de comparaison ;
– soit utiliser le critère de d’Alembert ou celui de Cauchy.

2.1 Principe de comparaison


an xn et bn xn deux séries entières de rayons de convergence R1 et R2 . S’il existe une
P P
Soit
constante M > 0 telle que pour tout n ∈ N, |an | ≤ M |bn |, alors R2 ≤ R1

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 3


Corollaire
Soient (an )n∈NP et (bn )n∈N deux suites de nombres complexes. OnP note R1 le rayon de conver-
gence de la série an xn et R2 le rayon de convergence de la série bn x n .
a) S’il existe N ∈ N tel que n ≥ N ⇒ |an | ≤ |bn |, alors R2 ≤ R1 ;
b) Si |an | ∼ |bn | au voisinage de +∞, alors R1 = R2 .

Preuve
– S’il existe N ∈ N tel que n ≥ N ⇒ |an | ≤ |bn |, alors on a

∀x ∈ R, ∀n ≥ N, |an xn | ≤ |bn xn |
n
P
or si |x| < R2 , la Psérien bn x converge absolument, donc par comparaison des séries
positives, la série an x converge absolument : on en déduite que R1 ≥ R2 .
– |an | ∼ |bn | au voisinage de +∞, alors pour
P tout x∈PR∗ , on a |an xn | ∼ |bn xn | au voisinage
n
de +∞, donc les deux séries positives |an x | et |bn xn | sont de même nature : on en
déduit alors que R1 = R2 .

Exemples
sin nxn a pour rayon de convergence R = 1, en effet : ∀n ∈ N, |sin n| ≤ 1
P
– La série entière P
or la série entière xn a pour rayon de convergenceP 1, donc R ≥ 1. D’autre part, la suite
(sin n)n∈N ne tend par vers 0, donc la série entière sin nxn diverge en x = 1, d’où R = 1.
P n
– La série entière xn a pour rayon de convergence R = 1, en effet :
n+1
n
∼ 1 au voisinage de + ∞
n+1
n
xn et
P P n
donc les séries x ont même rayon de convergence à savoir 1.
n+1

2.2 Régle de d’Alembert


a n xn une
P
Soit S = série entière de rayon de convergence R.
an+1
Si l = lim existe, alors R = 1 , avec la convention 1 = +∞ et 1 = 0.
n→+∞ an l 0 +∞
Preuve
a n xn :
P
On applique la règle de d’Alembert à la série
an+1 xn+1 an+1

∀x ∈ R∗ , ∀n ≥ N, = |x| −→ l |x|
an xn an

1
an xn converge absolument si l |x| < 1 i.e si |x| < et diverge si l |x| > 1 i.e si
P
ainsi la série
l
1 1
|x| > : on en déduit que R = .
l l
Exemple
P n! n
• Soit S = x , on applique le critère de d’Alembert Alors
nn
n
nn

un+1 (n + 1)! n
= × =
un (n + 1)n+1 n! n+1

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 4


Posons
un+1
l = lim
n→+∞ un
 n
n+1 1
alors Comme lim =e= on conclut que le rayon de convergence de la série entière
n→+∞ n l
1
est R = = e.
l
P 1 n 1
• La série entière x a pour rayon de convergence R = +∞ ; en effet si on note an =
n! n!
on a

an+1 n! 1
an = (n + 1)! = n + 1 → 0

1
donc R = = +∞
l

2.3 Régle de Cauchy


an xn une série entière de rayon de convergence R.
P
Soit S =
1\n 1 1 1
Si l = lim |an | existe, alors R = , avec la convention = +∞ et = 0.
n→+∞ l 0 +∞

Preuve
La formule utilisant le critére de Cauchy se démontre de la même manière.

Proposition
an xn une série entière de rayon de convergence R.
P
Soit
R
a) ∀λ ∈ R∗ , la série
P n
λ an xn a pour rayon de convergence .
|λ| √
an xnp a pour rayon de convergence p R
P
b) Pour tout entier p ≥ 1, la série entière

Preuve
n
a) pour tout λ ∈ R∗ , et tout x∈ R, on a ∀n ∈ N, λn an xn = an (λx)
P n R
ainsi la série λ an xn converge si |λx| < R i.e si |x| < et diverge si |λx| > R i.e si
|λ|
R P n R
|x| > , donc le rayon de convergence de la série λ an xn est .
|λ| √ |λ|
p p
an xnp converge si |x| < R P p
P
b) la
√ série entière i.e si |x| < √ R et diverge si |x| > R i.e si
p
|x| > R, donc le rayon de convergence de la série an xnp est R.
p

3 Opérations sur les séries entières


an xn , la somme
P
Lorsqu’on se place à l’intérieur du disque de convergence d’une série entière
est une fonction de x. On s’intéresse donc aux propriétés de cette somme.

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 5


3.1 Multiplication par un scalaire
n ∗
P
P Soient n an x une série entière de rayon de convergence R et λ ∈ R ; alors la série entière
(λan ) x a pour rayon de convergence R et pour tout x∈ D(0, R), on a
+∞
X +∞
X
(λan ) xn = λ an xn
n=0 n=0

Exemple P n n
Le rayon de convergence de 2n x est nul.
1
(3.4n ) xn est égal à .
P
Le rayon de convergence de
4

3.2 Somme de deux séries entières


an xn une série entière de rayon de convergence R1 et bn xn une série
P P
Soient P entière de
rayon de convergence R2 ; alors le rayon de convergence R de la série entière (an + bn ) xn
vérifie :

Si R1 6= R2 , R = inf(R1 , R2 )
Si R1 = R2 , R ≥ R1 = R2

De plus pour tout x∈ R tel que |x| ≤ inf(R1 , R2 ), on a


+∞
X +∞
X +∞
X
(an + bn ) xn = an xn + bn xn
n=0 n=0 n=0

Preuve
an xn et bn xn convergent donc la série
P P
Si |x|P
< inf(R1 , R2 ) alors les séries numériques
n
somme (an + bn ) x converge : on en déduit que R ≥ inf(R1 , R2 ) et que pour tout x tel que
|x| < inf(R1 , R2 )
+∞
X X+∞ +∞
X
(an + bn ) xn = an xn + bn x n
n=0 n=0 n=0

Si R1 6= P
R2 , par exemple R1 < R2 , considérons x ∈ IR tel que R1 < |x| < R2 ; alors la série
numérique an xn diverge et la série numérique
n
P
bn x converge donc la série somme diverge : on en déduit que R ≤ R1 = inf(R1 , R2 ), d’où
R = inf(R1 , R2 ).

Exemple
Le rayon de convergence de P (2n + 3n) xn est égal à min(1\2; 1\3) = 1\3.
P
Le rayon de convergence de (n2 − en )xn est égal à min(1; 1\e) = 1\e.

Remarque
On ne peut rien dire sur P lenrayon
P de convergence de la série somme quand R1 = R2 : par
n
exemple les séries entières x et (−1) xn ont même rayon de convergence 1 mais leur série
somme est la série nulle de rayon +∞.

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 6


3.3 Produit de deux séries entières
an xn etbn xn deux séries entières de rayons de convergence respectifs R1 et R2 ;
P P
Soient
n
cn xn a un rayon de
P P
considérons pour tout n ∈ N, cn = ak bn−k , alors la série entière
k=0
convergence R ≥ inf(R1 , R2 ) et pour tout x ∈ R tel que |x| < inf(R1 , R2 ), on a
+∞ +∞
! +∞ !
X X X
n n n
cn x = an x bn x
k=0 k=0 k=0

Preuve
Si |x| < inf(R1 , R2 ) alors les séries numériques an xn et bn xn convergent absolument donc
P P
leur série produit également ; or le terme général de cette série produit est donné par
+∞
X +∞
 X
ak xk bn−k xn−k = (ak bn−k ) xn = cn xn


k=0 k=0

cn xn a un rayon de convergence R ≥ inf(R1 , R2 ) et si |x| < inf(R1 , R2 ) on l’égalité


P
Donc
+∞ +∞ X+∞
! +∞
! +∞ !
X X X X
cn xn = ak xk bn−k xn−k an xn bn xn
 
=
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0

Exemple
Prenons, pour tout entier n, an = bn = 1. On a alors
n
X n
X
cn = ak bn−k = 1=n+1
k=0 k=0

(n + 1) xn est au moins 1, et que


P
Ainsi, on en déduit que le rayon de convergence de

+∞ +∞
!2
X
n
X
n 1
∀ |x| < 1, (n + 1) x = x = 2
n=0 n=0 (1 − x)
Remarque
Contrairement à ce qui se passait pour la somme, ici, l’inégalité peut être strict même si
Ra 6= Rb . On le voit en prenant

 1 si n = 0
an = 1 et bn = −1 si n = 1
0 si n ≥ 2

Il est alors facile de voir que cn = 0 dès que n≥ 1, donc Rc = +∞ > 1 = min(Ra , Rb ).

4 Convergence uniforme d’une série entière


Théorème
an xn une série entière de rayon de convergence R non nul.
P
Soit
Alors pour tout réel R0 tel que 0 < R0 < R, la série converge uniformément sur le disque fermé
D(0, R0 ) = {x ∈ C / |x| ≤ R0 }

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 7


Preuve
Soit R0 ∈]0, R[ et considérons un réel r tel que R0 < r < R ; alors on a
 n
|x|
∀x ∈ D(0, R0 ), ∀n ∈ N, |an xn | = |an | rn
r

Or 0 < r < R donc la suite (an rn )n est bornée : ∃ M > 0 tel que ∀n ∈ N, |an | rn ≤ M
d’où
 0 n
0 n R
∀x ∈ D(0, R ), ∀n ∈ N, |an x | = M
r

P R0 n
  0
R
Or la série géométrique converge puisque < 1. On en déduit alors que la série
r r
an xn converge normalement donc uniformément sur D(0, R0 )
P
Théorème
an xn une série entière de rayon de convergence R non nul ; alors la somme de la série
P
Soit
+∞
an xn est une fonction continue sur l’intervalle de convergence ] − R, R[.
P
S(x) =
n=0

Preuve
Pour tout n ∈ N la fonction fn (x) = an xn est continue sur ] − R, R[ et la série converge
uniformément sur ] − R, R[, donc la fonction somme de la série entière est continue sur ] − R, R[.

4.1 Dérivation d’une série entière


Définition
an xn la série nan xn−1 . Remarquons que la
P P
On appelle série dérivée de la série entière
n≥1
an xn est aussi égale à
P
série dérivée de

nan xn−1 = (n + 1) an+1 xn


P P
n≥1 n≥0

Lemme
an xn une série entière, x ∈ R, de rayon R > 0. Le rayon de convergence de la série
P
Soit
P an n+1
nan xn−1 (resp
P
dérivée x ) est R.
n≥1 n≥0 n + 1

Exemple
P xn
Considérons la série entière ; on montre facilement avec la règle de d’Alembert que
n≥1 n
P xn
+∞
R = 1 ; alors la somme S(x) = est dérivable sur ] − 1, 1[ et on peut dériver terme à terme
n=1 n
sur ] − 1, 1[ :
+∞ +∞
X X 1
∀x ∈] − 1, 1[, S 0 (x) = xn−1 = xn =
n=1 n=0
1−x

D’où ∀x ∈] − 1, 1[, S(x) = − ln(1 − x) Puisque S(0) = 0.

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 8


P xn
or d’après le critère de Leibniz, la série entière converge en x = −1 : on déduit alors
n≥1 n
P (−1)n
du théorème d’Abel l’identité suivante : = − ln 2
n≥1 n
Théorème
an xn une série entière, x ∈ R, de rayon de convergence R > 0. La somme S de la série
P
Soit
esr dérivable dans ] − R, R[ (resp intégrable sur tout [a, b] ⊂] − R, R[) et, pour tout x ∈] − R, R[,
X Z x X an
0 n−1
S (x) = nan x , et S(t)dt = xn+1
0 n+1
n≥1 n≥0

Corollaire
an xn une série entière, x ∈ R, de rayon de convergence R > 0 et de somme S(x). Alors
P
Soit
la fonction S(x) est intégrable sur tout segment [a, b] ⊂] − R, R[ et
+∞
bX +∞ b +∞
bn+1 − an+1
Z X Z X
n
an x dx = an xn dx = an
a n=0 n=0 a n=0
n+1

Corollaire
La somme d’une série entière de rayon de convergence R > 0 est de C ∞ dans ] − R, R[. Si
+∞
an xn , alors pour tout n ≥ 0,
P
S(x) =
n=0

S (n) (0)
an =
n!
Preuve
Par le théorème précédent on peut dériver terme à terme dans DR .
Pour tout x ∈] − R, R[, on a (par récurrence sur n)
S(x) = a0 + a1 x + a2 x2 + a3 x3 + ... + an xn + ... ⇒ S(0) = a0
S 0 (x) = a1 + 2a2 x + 3a3 x2 + ... + nan xn−1 + ... ⇒ S 0 (0) = a1
S 00 (x) = 2a2 + 6a3 x + ... + n(n − 1)an xn−2 + ... ⇒ S 00 (0) = 2a2
S (3) (x) = 6a3 + ... + n(n − 1)(n − 2)an xn−3 + ... ⇒ S (3) (0) = 6a3
...
S (n) (x) = n!an + .. .... ⇒ S (n) (0) = n!an
D’où le résultat.

Corollaire (unicité du développement en série entière)


an xn = bn xn pour tout x ∈] − r, r[, r > 0, alors an = bn pour tout n ≥ 0.
P P
Si
n≥0 n≥0 P
En particulier : si an xn = 0 pour tout x ∈] − r, r[, r > 0, alors an = 0 ∀n ≥ 0.
n≥0

5 Développement en série entière d’une fonction


Dèfinition
Soit I un voisinage de 0 et soit f une fonction de variable réelle définie et C ∞ dans I. La série
de Mac-Laurin (série de Taylor en zéro) de f est la série entière
X f (n) (0)
xn
n!
n≥0

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 9


Définition
Une fonction f de variable réelle définie et C ∞ dans un voisinage de 0 est développableP
en série
entière en 0, en abrégé on dit DSE(0), s’il existe I :=] − r, +r[, r > 0, tel que f (x) = an xn
n≥0
pour tout x ∈ I
Proposition
Soit f une fonction de variable réelle définie et C ∞ dans un voisinage de 0. Si f est développable
en série entière en 0, alors cette série est la série de Mac-Laurin de f .
Preuve
C’est une conséquence immédiate des corollaires précédents.

Théorème
Pour qu’une fonction f de variable réelle définie dans un voisinage de 0 soit DSE(0) il faut et
il suffit qu’il existe r > 0 tel que
(i) f est C ∞ dans I =] − r, +r[
(ii) la série de Mac-Laurin de f a un rayon de convergence R ≥ r,
(iii) la somme de la série de Mac-Laurin de f est égale à f dans I =] − r, +r[.

Exemple
Regardons par exemple le cas de la fonction exponentielle f (x) = ex .
étape 1. On calcule les coefficients de la série de taylor de f . On a, pour tout entier n et pour
tout réel x,
1
f (n) (x) = ex , d0 où an =
n!
étape 2. On montre que le rayon de convergence R de cette série est strictement positif. En
effet, on a

an+1 n! 1
= = −→ 0
an (n + 1)! n + 1 n→+∞

et donc R = +∞

étape 3. On montre que la série de Taylor de f converge effectivement vers f . La formule de


Taylor-Lagrange permet d’écrire que, pour tout x ∈ R et n ∈ N, il existe ξxn ∈]0, x[, tel que
n
X f (k) (0) f (n+1) (ξxn ) n+1
f (x) = xk + x
k! (n + 1)!
k=0

d’où
n n+1
X f (k) (0) k |x|
f (x) − x ≤ ex −→ 0

k! (n + 1)! n→+∞
k=0

Ce qui conclut la preuve.

Exercice
Faire le même raisonnement avec les fonctions cos (x) et sin (x) .

Remarque
Dans la pratique, on ne peut en général pas calculer toutes les dérivées de f en 0. On utilise
donc un certain nombre de fonction DSE ”de référence”.

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 10


5.1 Développements en série entière des fonctions usuelles
Dans ce qui suit, R = 1 (par exemple) signifie que l’égalité est vraie pour tout x ∈] − 1, 1[.
Somme d’une série géométrique :
1 X
= xn , R = 1 (1)
1−x
n≥0

Plus généralement, si a ∈ R∗ on a
1 1 1 1 X xn X xn
= x = = , R = |a|
a−x a1− a a an an+1
n≥0 n≥0

Par dérivation terme à terme (1) dans ] − 1, 1[


1 X
2 = (n + 1) xn , R = 1
(1 − x) n≥0

Par substitution dans (1) : x→ −x ou en reconniassant la somme d’une série géométrique


1 X n
= (−1) xn , R = 1 (2)
1+x
n≥0

1 X n
2 = (−1) (n + 1) xn , R = 1
(1 + x) n≥0

En itégrant terme à terme (1)


X xn
ln(1 − x) = − ,R = 1
n
n≥0

n
n+1 x
X
ln(1 + x) = (−1) ,R = 1
n
n≥0

Par substitution dans (2) x → x2 , car |x| < 1 ⇐⇒ x2 < 1


1 X n
2
= (−1) x2n , R = 1
1+x
n≥0

En intégrant terme à terme


X n x2n+1
arctan(x) = (−1) ,R = 1
2n + 1
n≥0

En utilisant la série de Mac-laurin


X xn
ex = , R = +∞
n!
n≥0

X n x2n+1
sin x = (−1) , R = +∞
(2n + 1)!
n≥0

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 11


X n x2n
cos x = (−1) , R = +∞
(2n)!
n≥0

N (x)
Pour une fonction rationnelle irréductible F (x) = telle que D(0) 6= 0, on décompose en
D(x)
éléments simples et on utilise les DSE(0) précédents. Exemples :

x2 + x − 3 1 1 1
F (x) = 2 = + −
(x − 2) (2x − 1) x − 2 (x − 2)2 2x − 1

On a
1 1 1 1 X xn X xn
=− x =− n
=− , R1 = 2
x−2 21− 2 2 2 2n+1
n≥0 n≥0

Par dérivation
1 X nxn−1 X (n + 1) xn
2 = = , R2 = 2
(x − 2) 2n+1 2n+2
n≥1 n≥0

De même
1 1 X 1
− = = 2n xn , R3 =
2x − 1 1 − 2x 2
n≥0

Comme R3 < R1 = R2 le rayon de convergence de la somme de ces séries entières est R3 et on a


X 1 (n + 1)

1
F (x) = − n+1 + n+2 + 2 xn , R3 =
n
2 2 2
n≥0

6 Résolution d’équations différentielles


On peut utiliser la théorie des séries entières pour résoudre des équations différentielles linéaires
du type
um (x)y (m) + ... + u1 (x)y 0 + u0 (x)y = f (x) (3)
où u0 ; u1 ; ...; um sont des fonctions polynomiales et où f est une fonction développable en série
entière à l’origine.
On cherche une solution y sous la forme d’une somme de série entière
+∞
X
y= an xn
n=0

P où les coefficients an sont à déterminer : on suppose que le rayon de convergence R de la série
an xn est non nul et on calcule les dérivées successives de y en dérivant terme à terme sur
l’intervalle de convergence ] − R; R[, puis on remplace y, y0, ...y (m) par ces sommes de séries dans
l’équation (3) ainsi que f . On obtient alors deux sommes de séries entières égales sur un voisinage
de 0 : alors d’après l’unicité du développement en séries entières les coefficients des deux séries
+∞
an xn .
P
entières sont égaux, ce qui permet de calculer les coefficients an , puis la somme y =
n=0
On va expliciter davantage la méthode sur l’exemple suivant :

Exemple

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 12


Considérons l’équation différentielle

(E) : xy 00 (x) + xy 0 (x) + y(x) = 1 (4)


On cherche une solution y sous la forme
+∞
X
y(x) = an xn
n=0

alors
+∞
X
y 0 (x) = nan xn−1
n=1

puis
+∞
X
y 00 (x) = n (n − 1) an xn−2
n=2

alors, en remplaçant y, y 0 et y 00 par ces sommes dans l’équation (4), on obtient


+∞
X +∞
X +∞
X
n (n − 1) an xn−1 + nan xn + an xn = 1
n=2 n=1 n=0

or n (n − 1) an = 0 pour n = 1, donc
+∞
X +∞
X +∞
X
n (n − 1) an xn−1 = n (n − 1) an xn−1 = n (n + 1) an+1 xn
n=2 n=1 n=0

en effectuant un glissement d’indice. De même


+∞
X +∞
X
nan xn = nan xn
n=1 n=0

on en déduit
+∞
X +∞
X +∞
X
n (n + 1) an+1 xn + nan xn + an xn = 1
n=0 n=0 n=0

an xn (supposé non nul), les deux séries


P
P Or si on note Rnle rayon
P de convergence
n
de la série
n (n + 1) an+1 x et nan x ont également R pour rayon de convergence : alors, on a pour
tout x ∈] − R; R[
+∞
X +∞
X +∞
X +∞
X
n (n + 1) an+1 xn + nan xn + an xn = [n (n + 1) an+1 + nan + an ] xn
n=0 n=0 n=0 n=0

Donc pour tout x ∈] − R; R[, n a


+∞
X
[n (n + 1) an+1 + nan + an ] xn = 1
n=0

On déduit alors

a0 = 1 et ∀n ≥ 1, n (n + 1) an+1 + (n + 1) an = 0

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 13


Donc
−an
∀n ≥ 1, an+1 = (5)
n
On peut d’ores et déjà calculer le rayon de convergence R, en effet

an+1
∀n ≥ 1, = 1
an n

donc R = +∞ d’après la règle de d’Alembert. D’autre part, une récurrence immédiate permet
de calculer an grâce à (5) :
n−1 a1
∀n ≥ 1, an = (−1)
(n − 1)!
D’où
+∞
X n−1 a1
∀x ∈ R, y(x) = 1 + (−1) xn
n=1
(n − 1)!
mais en mettant a1 x en facteur puis en effectuant un glissement d’indice, on obtient
+∞ +∞ n
X n xn X (−x)
∀x ∈ R, y(x) = 1 + a1 x (−1) = 1 + a1 x
n=0
n! n=0
n!

mais on reconnaı̂t en cette dernière série le développement en série entière de e−x d’où

∀x ∈ R, y(x) = 1 + a1 xe−x

Séries entières Walid Bouarifi • ENSA Safi 14


7 Annexe
7.1 Extrait du DS N˚2 2009-2010
Exercice.1
an z n une série entière de rayon de convergence R > 0. Déterminez les rayons de
P
1. Soit
convergence des séries :
P an n
a2n z n
P
z
n!
2. On suppose que lim an = l. Calculer R.
n→∞

Exercice.2
Déterminer le rayon de convergence des séries entières suivantes
P √n n P ln n n n! P x2n
xn
P
1. a x 2. n x 3. p 4. n
n≥1 2n2
2 2n (2n)!

7.2 Extrait du DS N˚2 2010-2011


Exercice.1
Calculer le rayon de convergence et la somme des séries entières suivantes :

P (n + 2)2 n 1
x2n+2 , n ≥ 1
P
x , n≥1
(n + 2)! n(n + 1)!

Exercice.2
P x2n+1
1. Déterminer le rayon de convergence R de la série entière fn (x) avec fn (x) =
n≥0 (n + 1)(2n + 1)
et préciser sa nature aux points x = −R et x = R.
2. Montrer que la somme f de cette série est continue sur l’intervalle [−R, R].
3. On se propose de calculer explicitement f (x).
1 a b
3a. Déterminer a et b de R tels l’on ait = + pour n ∈ N.
(n + 1)(2n + 1) n + 1 2n + 1
3b. En déduire une expression explicite de f (x) pour x ∈] − R, R[\{0}. Que vaut f (0) ?
4. Utiliser ce qui précède pour calculer

P 1
n=0 (n + 1)(2n + 1)

7.3 Extrait du DS N˚2 2011-2012


Exercice.1
Donner le rayon de convergence de chacune des séries entières suivantes et exprimer leurs
sommes au moyen des fonctions usuelles :
+∞
 n 
P 2  n P n 1
n + n − 3 xn xn xn xn
P P P
n≥0 n≥1 (n − 1)! n + 1 n=1 k=1 k

Exercice.2

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1. Trouver le rayon de convergence R de la série entière de terme général
n
(−1) x2n
(2n + 1) (2n + 2)

2. La série converge-t-elle pour x=R ?


3. En utilisant une décomposition en élément simple, calculer la somme de cette série entière.
4. Calculer
+∞ n
X (−1)
n=0
(2n + 1) (2n + 2)

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