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Autobiographie

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%20Lejeune&field-author=Philippe%20Lejeune&page=1
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Doubrovsky)
http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_doubro.htm

条约/公约

site proposé par Philippe Lejeune

Ce site a pour objet l'écriture autobiographique sous toutes ses formes


(récits, journaux, lettres, etc.).

Vous y trouverez :

 un hall d'accueil (accueil international, accueil aux lycéens et étudiants,


accueil aux diaristes et autobiographes)

 une salle de bibliographies

 des ressources pratiques


 un calendrier des colloques et rencontres

 une documentation sur le journal personnel

 quelques textes que j'ai publiés en revue, à paraître, ou bien épuisés

 le projet d'un livre sur les origines du journal personnel en France, "work in
progress".

Pourquoi ce site s'appelle-t-il « Autopacte » ?

C'est un mot-valise, qui fait allusion au « pacte autobiographique ».


« Autopacte » est  le nom d'un personnage de La Bruyère, que j’ai
inventé pour me moquer de moi. Cet « Autopacte » est peut-être aussi
un personnage à la Perec : il adore les inventaires, les listes, les index.
Par exemple, depuis 1984, il a publié une Bibliographie dont il pense
parfois être le seul utilisateur !

J'espère qu'à votre tour vous trouverez ici l'information dont vous avez
besoin.

Vous pouvez me communiquer vos réactions ou vos questions à mon adresse


électronique.

Dernière mise à jour : 8 décembre 2009

Dessins d'Alice Lejeune

Courrier électronique : philippe point lejeune arobase  autopacte pointt org

© Philippe Lejeune 2009

Philippe Lejeune, (MCF) Associé


Université Paris XIII
[email protected]

Bibliographie
 Lejeune Philippe, « Georges Perec : autobiographie et fiction » in Genèse et autofiction /
sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Catherine Viollet, avec la collaboration
d'Isabelle Grell.Louvain-La -Neuve : Bruylant-Academia, "Au cœur des textes", 2007, pp.
143-147
 Lejeune Philippe, « Rousseau coupé » in Genèse, censure, autocensure / sous la
direction de Catherine Viollet et Claire Bustarret.Paris : CNRS ÉDITIONS, "Textes et
Manuscrits", 2005, pp. 37-58
 Lejeune Philippe, « Un journal à soi : de l'exposition au livre » in Manuscrits littéraires
du XXè siècle : conservation, valorisation, interprétation, édition. Actes du colloque du 8
avril 2004, Bordeaux / sous la direction de Martine Sagaert.Bordeaux : Presses
universitaires de Bordeaux, "Coll. Lecteurs-Bibliothèque-Usages nouveaux", 2005, pp.
119-138
 Lejeune Philippe, « La rédaction finale de "W ou le souvenir d'enfance" », Poétique ,
no133, 2003, pp. 73-106
 Lejeune Philippe, « Vers une grammaire de l'autobiographie », Genesis, manuscrits,
recherche, invention , no16, 2001, pp. 9-34
 Genèses du “je”. Manuscrits et autobiographie / sous la direction de Philippe Lejeune et
Catherine Viollet.Paris : CNRS Éditions, 2000, 245 p.

 Lejeune Philippe, “Cher écran...” Journal personnel, ordinateur, Internet.Paris : Seuil,


2000, 443 p.

 Lejeune Philippe, « Comment finissent les journaux » in Genèses du “je”. Manuscrits et


autobiographie. Sous la direction de Philippe Lejeune et Catherine Viollet.Paris : CNRS
Éditions, 2000, pp. 209-238
 Lejeune Philippe, « Avant-propos » in Genèses du “je”. Manuscrits et autobiographie.
Sous la direction de Philippe Lejeune et Catherine Viollet.Paris : CNRS Éditions, 2000,
pp. 7-11
 Lejeune Philippe, « Écrire sur soi », Magazine littéraire , no367, 1998, pp. 76-76
 Lejeune Philippe, Pour l'autobiographie, chroniques.Paris : Seuil, 1998, 247 p.

 Lejeune Philippe, Les Brouillons de soi.Paris : Seuil, 1998, 426 p.

 Lejeune Philippe, « Tenir un journal. Histoire d'une enquête (1987-1997) », Poétique ,


no111, 1997, pp. 359-381
 Lejeune Philippe, « Sartre et quelques autres sur son autobiographie, paratexte,
documents et témoignages présentés par Philippe Lejeune » in Pourquoi et comment
Sartre a écrit ¥Les Mots≈. Genèse d'une autobiographie.Paris : Presses Universitaires de
France, 1996, pp. 445-473
 Lejeune Philippe, « L'ordre d'une vie » in Pourquoi et comment Sartre a écrit ¥Les
Mots≈. Genèse d'une autobiographie.Paris : Presses Universitaires de France, 1996, pp.
51-119
 Lejeune Philippe, « Le point final de l'autobiographie : l'épilogue des Mots » in Genèses
des fins. De Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge / textes réunis par Claude Duchet et
Isabelle Tournier.Saint-Denis : Presses Universitaires de Vincennes, "Coll. Manuscrits
Modernes", 1996, pp. 29-43
 Lejeune Philippe, « “Aussi liquide qu'une soupe” » in Autour de Nathalie Sarraute.
Actes du Colloque international de Cerisy-La-Salle des 9 au 19 juillet 1989 .Besançon :
Université de Besançon, 1996, pp. 63-90
 Lejeune Philippe, « Arrière-propos » in Journal 1788-1793 / texte établi et présenté
par Philippe Lejeune.Paris : Éditions des Cendres, 1995, pp. 109-130
 Lejeune Philippe, « Lucile Desmoulins » in Les Plus beaux manuscrits et journaux
intimes de la langue française.Paris : Robert Laffont ; BNF, 1995, pp. 116-119
 Lejeune Philippe, « Jean-Paul Sartre » in Les Plus beaux manuscrits et journaux intimes
de la langue française.Paris : Robert Laffont ; BNF, 1995, pp. 386-389
 Desmoulins Lucile et Lejeune Philippe, Journal 1788-1793 [Arrière-propos, Journal
1788-1793, adaptation, orthographe et ponctuation modernisées]. Texte établi et présenté
par Philippe Lejeune.Éditions des Cendres, 1995, 164 p.

 Lejeune Philippe, « Genèse du “je” » in I Sentieri della creazione, tracce, traiettorie,


modelli = Les Sentiers de la création, traces, trajectoires, modèles.Reggio Emilia :
Edizioni Diabasis, 1994, pp. 91-106
 Lejeune Philippe, « Le je des jeunes filles », Poétique , no94, 1993, pp. 229-251
 Lejeune Philippe, Hamon Philippe et Leduc-Adine Jean-Pierre, « Autoportrait et
journal intime. Le journal d'une jeune fille, Claire Pic (1862-1869) » in Mimesis et
Semiosis. Littérature et représentation.Paris : Nathan, 1992, pp. 534-554
 Lejeune Philippe, « Vilin souvenirs », Genesis, manuscrits, recherche, invention , no1,
1992, pp. 127-151
 Lejeune Philippe, « Auto-genèse. l'étude génétique des textes autobiographiques »,
Genesis, manuscrits, recherche, invention , no1, 1992, pp. 73-87
 Lejeune Philippe et Contat Michel, « Nouveau Roman et retour à l'autobiographie » in
L'Auteur et le manuscrit / textes rassemblés et présentés par Michel Contat .Paris :
Presses Universitaires de France, 1991, pp. 51-70
 Lejeune Philippe, « Nouveau Roman et retour à l'autobiographie » in L'Auteur et le
manuscrit.Paris : P.U.F., "Perspectives Critiques", 1991, pp. 51-70
 Lejeune Philippe, « The Genetic Study of Autobiographical Texts Perec, Sarraute,
Sartre », Biography , vol. 14, no1, 1991, pp. 1-11
 Lejeune Philippe, La Mémoire et l'Oblique. Georges Perec autobiographe.Paris : P.O.L.,
1991, 251 p.

 Lejeune Philippe, « Autobiographie et récit de vie » in Le Grand Atlas des


littératures.France : Encyclopaedia Universalis, 1990, pp. 48-49
 Lejeune Philippe, « Cent trente-trois lieux de Georges Perec » in Carnets d'écrivains.
1.Paris : Editions du CNRS, "Coll. Textes et Manuscrits", 1990, pp. 201-253
 Lejeune Philippe, Moi aussi.Paris : Seuil, 1986, 346 p.

 Lejeune Xavier-Edouard, Lejeune Michel et Lejeune Philippe, Calicot. Enquête de


Michel et Philippe Lejeune.Paris : Arthaud/Montalba, 1984, 366 p.
 Lejeune Philippe, Le Pacte autobiographique.Paris : Seuil, 1975, 353 p.

 Lejeune Philippe , Le Moi des demoiselles : enquête sur le journal de jeune fille.Paris :


Seuil, 1993, 454 p.

Entretien avec Philippe Lejeune. Propos


recueillis par Nathalie Jungerman
édition du 12 février 2004
 Envoyer par e-mail
 Format texte pour impression

Philippe Lejeune est le spécialiste en France et en Europe de


l’autobiographie et du journal intime. Il enseigne depuis 1972 à
l’Université Paris-Nord, il est membre de l’Institut universitaire
de France depuis 1999. Il a publié de nombreux ouvrages dont : Le
Pacte autobiographique (1975), "Cher cahier..." (1990), Le Moi des
demoiselles (1993), Les brouillons de soi (1998), "Cher écran..."
(2000). Co-fondateur en 1992 de l’Association pour l’autobiographie
et le patrimoine autobiographique (APA), Philippe Lejeune a eu
l’initiative d’organiser en 1997 la première exposition consacrée
au Journal intime.

Pourquoi et comment est venu cet intérêt pour l’écriture


autobiographique qui fait de vous un spécialiste international ?

Philippe Lejeune : Cet intérêt est venu de la pratique personnelle,


avant d’être un objet d’étude universitaire. C’est une chance de
pouvoir pratiquer d’une part une activité de création pour soi et
d’autre part de pouvoir en faire son métier ? Une situation qui a
peut-être des inconvénients sur le plan scientifique, il faut en
effet une certaine distance pour mener une étude ; quand on pratique
une activité qui est ensuite l’objet d’une analyse, on peut avoir
tendance à être naïf, à prendre au pied de la lettre l’idéologie de
la pratique ? Mais écrire un journal et des textes autobiographiques
tout au long d’une vie, parallèlement aux études qu’on mène, donne
beaucoup de motivations pour travailler et une bonne connaissance du
sujet.

Comment est venue l’idée de ce projet éditorial, Un journal à soi ?

Philippe Lejeune : Quand j’ai commencé à travailler sur le journal


"intime", il y a une quinzaine d’années, j’ai été frappé de voir
que les livres portant sur le sujet étaient toujours fondés sur la
lecture de journaux publiés, et que les spécialistes semblaient
n’avoir jamais eu entre leurs mains un vrai journal. Et pour moi, un
vrai journal, ce n’est pas un livre. Un vrai journal, c’est un
cahier, un album, ce sont des feuilles volantes, c’est un objet
unique qu’on a fabriqué soi-même, qu’on a choisi et réalisé avec
son écriture au fil du temps, avec sa marque du temps, sa graphie,
ses collages etc. Comme on ne parlait jamais de cet aspect des
choses, j’ai eu envie de retourner à la source, d’appréhender le
journal à la fois comme objet original et de l’envisager comme une
pratique sur laquelle on peut interroger le producteur. Le journal
est d’abord une manière de vivre, et en second lieu un genre
littéraire. De ce point de vue, ma démarche est très différente de ce
que j’avais fait, bien auparavant, pour l’autobiographie. D’une
part, j’ai dû trouver des journaux originaux et d’autre part,
m’entretenir avec les gens. J’ai donc fait des enquêtes, beaucoup
de recherches en archives, archives historiques, grandes
bibliothèques, et archives privées, à la fois pour les documents de
littérature familiale et pour les textes contemporains. On sait
effectivement qu’il y a 7 ou 8% de gens qui tiennent un journal en
France, mais comment font-ils, à quoi ressemble leur journal ?
Personne n’en a la moindre idée. Il s’agissait donc de consulter
des journaux contemporains, des 20 ou 30 dernières années. Il a fallu
par conséquent, passer par l’intermédiaire d’associations qui
recueillent des journaux, comme l’association "Vivre et l’écrire" à
Orléans ou bien sûr l’Association pour l’autobiographie, que j’ai
fondée en 1992 et qui a construit un réseau de nos relations
humaines : les personnes n’ayant pas déposé de manière solennelle
leur journal dans des archives, acceptent, si on leur demande, de le
prêter et de le montrer. Les archives et le réseau des relations
personnelles ou associatives ont donc permis l’élaboration de ce
projet...
Ce projet est la ligne générale de mon travail, j’en ai tiré
rapidement l’idée qu’il fallait en faire une exposition que j’ai
proposée à l’APA puis à la Bibliothèque municipale de Lyon en 1996.
Dès cette année-là, j’ai travaillé avec Catherine Bogaert,
commissaire de l’exposition qui a eu lieu à l’automne 1997 et où
nous avons montré 250 journaux sous vitrine. Nous avons également
travaillé ensemble pour le livre Un Journal à soi dont elle est co-
auteur, et qui est le développement ou l’épanouissement de
l’exposition. Il est aussi le fruit d’une collaboration de 7 ans.

L’ouvrage Un journal à soi, se nourrit donc d’archives littéraires


aussi bien que de journaux que vous avez reçus en lançant un appel à
contribution... est-ce au fur et à mesure de la récolte que le livre
s’est construit ?

Philippe Lejeune : Non, ça s’est passé dans l’autre sens, c’est-


à-dire qu’aussi bien pour l’exposition que pour le livre, j’ai
construit un scénario. Par exemple, pour l’exposition je n’avais
aucun document et j’ai d’abord écrit en détail le plan. J’avais
bien évidemment à ce moment là une très bonne connaissance du
terrain, mais je ne pensais pas à des documents précis, et donc, vu
mon expérience j’ai pu développer un scénario d’une dizaine de
pages qui a bien sûr été nuancé. En ce qui concerne le livre, on a
procédé de manière un peu différente puisqu’on a adapté le plan de
l’exposition. On a commencé à travailler sur ce livre en octobre
2002, un an avant sa sortie. Seulement, la moitié du temps a été
consacrée au plan, et pendant 5 mois nous n’avons rien écrit, alors
que contrairement à l’exposition, le livre présente un texte
extrêmement élaboré. Toute la première partie du travail d’octobre à
février s’est établie entre la construction thématique précise du
livre et le choix des documents. Nous avons effectué l’architecture
générale et ensuite nous avons divisé en unités, en petits chapitres.
Chaque unité a été travaillée dans un va-et-vient entre l’idée, le
thème qui allait être développé dans le texte et d’autre part le
document. Il y avait 10, 12 ou 20 documents possibles pour un
développement dont le thème était fixé. Les documents nous amenaient
parfois à rectifier le contenu thématique de l’unité. Toutes sortes
de critères ont guidé notre choix concernant les documents, les
cahiers. Notamment trois critères : la pertinence de l’exemple par
rapport à la démonstration, le caractère visuel des documents et
enfin la disponibilité matérielle (les droits de reproductions et la
photographie). On avait trois sources de documents : d’une part
tous les documents privés exposés à Lyon avaient été photographiés
par la Bibliothèque de Lyon et on les possédait déjà sous forme de
diapositives, d’autre part il y avait des tas de documents privés
pour lesquels il n’y avait pas de problèmes de droits mais il
fallait les photographier, et enfin les documents qui sont dans des
bibliothèques ou archives publiques pour lesquelles il fallait
obtenir les autorisations de reproductions et ensuite les
photographier.
Le livre fonctionne comme une exposition enrichie d’un texte précis,
développé. J’ai été frappé quand j’ai vu des gens l’ouvrir pour la
première fois : très rapidement, ils sont accrochés par un cadre,
une image, c’est l’effet de reconnaissance. C’est précisément ce
que nous avons voulu, c’est-à-dire que ce livre ne soit pas
intimidant. Il ne s’agit pas des manuscrits des grands écrivains,
mais des manuscrits de chacun d’entre nous et c’est à la fois beau
et intéressant.

Quels rapports le journal entretient-il avec d’autres formes


artistiques, d’autres formes de créations comme par exemple, la
peinture et le cinéma ?

Philippe Lejeune : D’abord, le journal de base en lui-même n’est


pas un acte de création dans la mesure où il n’est pas destiné à
être montré. Les personnes qui font un tableau ou un film ont la
démarche contraire. Depuis à peu près un siècle, des activités
créatrices se sont greffées sur le journal. Il peut alors être
illustré, devenir un album ; d’ailleurs, certains journaux sont
intitulés " Le journal de voyage ". Il a une espèce de vocation à
tourner à l’oeuvre d’art, et peut effectivement être une tentation
pour notamment des cinéastes...
Il y a ceux qui tiennent un journal et qui s’engagent vers la
création ou bien ceux qui sont déjà des artistes, des créateurs et
qui décident de tenir un journal. Par exemple, la cinéaste Dominique
Cabrera, documentariste, s’est dit à un certain moment qu’elle
pourrait mettre la réalisation, le montage au service du journal.
Elle a fait un journal sur sa dépression, et c’est devenu le film
Demain et encore demain, qui raconte 9 mois de sa vie avec uniquement
des images prises sur le moment. Ici, on est dans quelque chose qui
est tout de même intermédiaire... En effet, le film dure 1 heure 20
et pour le faire elle a tourné 120 heures. Il y a 120 heures de
rushes, c’est-à-dire environ 100 fois plus de matière que ce qu’il
y a dans le film. Elle a choisi, sélectionné les images
progressivement. Il s’agit là d’une activité artistique, d’une
création extrêmement compliquée, maîtrisée qui n’est pas à la portée
de tout le monde, c’est une aventure de journal très particulière.
Il y a aussi le fait de tenir un autoportrait dans le temps, se
peindre ou se photographier régulièrement, laisser une trace datée,
attraper son évolution dans le temps... A Lyon, on avait exposé une
photographie d’un couple d’artistes de la région de Lyon, qui
s’était photographié toujours dans le même cadre, à intervalle
régulier, une fois par mois, une fois par semaine, une fois par jour.
Au centre culturel suédois à Paris, j’avais vu également une
exposition d’une artiste suédoise qui s’était peinte une fois par
semaine pendant plusieurs années. C’est le portrait dans le temps...

L’intimité n’est venue au journal que tard dans son histoire...

Philippe Lejeune : Le journal a donc un rapport avec le temps.


Pratiquement tous les journaux qu’on trouve en Europe jusqu’à la
fin du XVIIIème siècle étaient des documents privés qui vivaient avec
leur propriétaire ou la collectivité qui les tenait. A l’époque,
personne ne pensait à les cacher ni d’ailleurs à les montrer. Le
principal souci était de les conserver. L’idée d’un journal qu’on
va écrire pour soi est une idée qui arrive seulement à la fin du
XVIIIème siècle. Mais, cas très rare et précurseur, le journal
religieux. La première forme de l’intimité écrite est en effet du
côté de la religion : le premier grand journal est celui d’Ignace
de Loyola, (1491-1556) véritablement écrit pour soi. Il n’a jamais
voulu le montrer à quiconque de son vivant et l’a même écrit dans
une sorte de langage codé, à la fois par souci de rapidité et par
discrétion. Donc le journal religieux est vraiment la première forme
du journal intime. Mais l’idée du journal qu’on ne montre à
personne devient un fait courant à partir de la fin du XVIIIème
siècle, le pré-romantisme.

Et les publications de journaux privés ?

Philippe Lejeune :Les publications de journaux privés en France,


c’est la seconde moitié du XIXème. Un siècle plus tard. Il y a eu en
fait un siècle pendant lequel le journal a pu être réellement intime.
Avant le XVIIIème siècle, personne ne pensait à faire des journaux
intimes et, après la fin du XIXème siècle, on s’est mis à en
publier. Donc il y a eu des modèles publiés de l’intime, ce qui est
une contradiction, et une espèce de moment de "grâce" pendant lequel
le journal a été très souvent intime sans que personne ne le sache,
c’est la première moitié du XIXème siècle.
Le diariste est solitaire... Mais les diaristes se rassemblent quand
même... Parlez-nous de l’Association pour l’Autobiographie...

Philippe Lejeune : Les diaristes se rassemblent mais ne lisent pas


forcément leurs journaux entre eux. Ce sont des gens qui sont
intéressés par le journal, qui réfléchissent. Par exemple, lors des
réunions à l’Association pour l’autobiographie, il y a des
échanges, du dialogue, de la convivialité. Après l’exposition de
Lyon, Catherine Bogaert a créé un groupe de l’APA à Lyon, un groupe
"journal intime" qui a fonctionné pendant 4 ans. Les gens se
réunissaient une fois par mois, à chaque fois des lectures, des
documents étaient présentés ou bien un invité venait parler de son
journal. C’est d’ailleurs très différent de faire un exposé de son
propre journal d’adolescent que de faire un exposé, par exemple, sur
le journal de Virginia Woolf. C’est une matière très délicate qui
peut susciter des réactions, et on préfère bien souvent prendre des
biais indirects.
L’APA a une revue, "La Faute à Rousseau", tirée à 1100 ou 1200
exemplaires suivant les numéros. Elle est thématique et paraît trois
fois par an ; le prochain numéro est précisément consacré au journal
personnel.

Que peut-on dire des journaux virtuels, "on-line", en comparaison


avec les journaux intimes sur papier ? Qu’apporte l’écriture
électronique ?

Philippe Lejeune : L’écriture électronique apporte deux choses :


d’abord un mode de lecture totalement nouveau, c’est la première
fois qu’on peut lire le journal au rythme de l’écriture, ça n’a
jamais existé avant. En général, quand vous lisez le journal de
quelqu’un d’autre, vous lisez en bloc, après coup. Vous ne partagez
pas l’ignorance de l’avenir qui est le propre de quelqu’un qui
écrit un journal. Les journaux sur Internet sont écrits et mis en
ligne, actualisés chaque jour ou tous les deux, trois jours, d’une
manière très proche, et les lecteurs peuvent ainsi participer à la
temporalité de l’écrit. Il y a donc un type d’implication dans la
lecture qui est beaucoup plus fort.
La seconde différence, qu’on peut juger positive ou négative, c’est
que ce journal est écrit pour être immédiatement lu. Et par
conséquent, il y a une mise en scène, une théâtralisation de soi qui
est beaucoup plus importante que dans les journaux écrits
spontanément pour soi seul. On va se créer un rôle, un personnage, un
style parce que le problème est tout de même de retenir des
internautes, des lecteurs ; on entre immédiatement dans un univers
de concurrence. Par exemple sur le site que je fréquente et qui
s’appelle La Communauté des Écrits virtuels, 150 journaux sont en
ligne... Pourquoi lire un journal plutôt qu’un autre ?

Vous en avez retenus quelques-uns ?

Philippe Lejeune : Quand j’y ai consacré une étude, avec l’ouvrage


"Cher écran", il y avait moins de journaux, néanmoins je les ai tous
regardés et effectivement j’avais mes préférés. En même temps, j’ai
fait ça dans un esprit scientifique, j’ai fait un échantillonnage
des différents types de journaux. C’est pratiqué surtout par des
gens jeunes, entre 20 et 35 ans, et de manière éphémère. Beaucoup
essayent puis abandonnent au bout d’un moment car cela demande une
extrême rigueur et régularité.

Dans la conclusion de l’ouvrage, il est écrit que les pratiques du


journal dans la civilisation japonaise sont assez différentes des
nôtres... Pouvez-vous nous dire rapidement quelles en sont les
différences fondamentales ?

Philippe Lejeune : Il y a une tradition du journal beaucoup plus


ancienne au Japon qu’en Europe. Ces journaux étaient ceux des dames
de la cour au XIème ou au XIIème siècle. C’était une forme de genre
littéraire qui en fait ne ressemble pas du tout à ce que nous
appelons "journal". Actuellement au Japon, il y a une véritable
passion, une culture du journal, qui se dit "Nikki" en japonais. Par
exemple dans le numéro de février de "La Faute à Rousseau", il y a un
article sur la pratique du journal chez les adolescents japonais,
pratique qui est beaucoup plus sociale, collective qu’en France. Il
y a des échanges, des dialogues, c’est quelque chose à mi-chemin
entre le journal et la correspondance. Il est vrai, le livre Un
Journal à soi, porte essentiellement sur la tradition occidentale du
journal.

De façon générale, dans quelles circonstances se met-on à écrire un


journal ?

Philippe Lejeune : Quand on a une pression de l’intérieur ou de


l’extérieur qui vous dit qu’il faut faire ça pour essayer à la fois
de restaurer une communication existante et d’autre part mobiliser
son énergie. J’ai été très frappé par la notion de résistance. Il y
a toutes sortes de stéréotypes sur le journal comme avachissement,
abandon, faiblesse etc. sur le plan moral, ce qui peut exister, mais
c’est aussi la résistance, la construction de soi qui sont des actes
positifs. Cet ouvrage, Un journal à soi, permet de s’apercevoir que
les diaristes sont des gens qui essaient de vivre, tenir un journal
n’a rien de ridicule, de niais, ça reflète la gravité de la vie,
tout simplement. Ce n’est pas une activité permanente. On écrit
pendant des mois, 3 ans, 8 ans, quinze jours, on s’arrête et on
reprend dans d’autres circonstances. C’est une activité
discontinue.

Le journal intime, écriture de la spontanéité, peut-il être considéré


comme un genre littéraire ?

Philippe Lejeune : Il l’est devenu, par la publication et surtout


par l’anticipation de la publication, c’est-à-dire qu’à partir du
moment où on a publié des journaux, votre journal pourra
éventuellement être publié. Vous allez donc y faire attention, ce
n’est pas aussi immédiat que sur Internet, mais de temps en temps
vous allez vous relire, chercher à être le plus intelligent.
Aujourd’hui, il y a des écrivains qui publient régulièrement leur
journal. Ils écrivent en sachant que dans deux ou trois ans ce sera
sur la table d’un libraire. C’est le cas de Renaud Camus par
exemple ou Pascal Sevran qui publie chaque année depuis quatre ans un
volume de journal. Vous avez donc une écriture qui n’était pas à
l’origine destinée à la publication.
Annie Ernaux a publié épisodiquement des journaux mais dans le cadre
d’une stratégie littéraire très compliquée. (Nous avons réalisé
ensemble une émission vidéo d’une heure sur l’autobiographie pour
le Centre National d’Enseignement à Distance, il y a deux ans.)

La relation journal et autobiographie...

Philippe Lejeune : Si on veut être polémique, on pourrait dire que


c’est exactement le contraire. En fait, il s’agit dans les deux cas
de parler de soi, de produire une image ou un récit de sa vie, mais
néanmoins, ce sont les deux pôles opposés du même terrain.
L’autobiographie est une construction rétrospective qui forcément
privilégie l’unification de la personne. L’autobiographie a pour
but de construire une image cohérente et englobante alors que la
visée du journal, c’est l’inverse. C’est de fixer la vie au moment
où elle se passe. Tenir un journal c’est enregistrer la diversité,
les changements, et écrire son autobiographie, c’est effacer le
changement. En fait, les autobiographes montrent les transformations
de la vie telles qu’ils les voient aujourd’hui et peut-être pas,
telles qu’elles se sont réellement passées. Rien de plus cruel pour
une autobiographie que la confrontation avec le journal qui
correspond. D’une certaine manière l’autobiographie arrête la vie
ou plutôt elle la voit depuis le moment présent, et du coup elle en
donne une construction et une image qui peut-être l’empêchera
d’évoluer. Tandis que le journal, lui, accepte le passage, la
métamorphose, la transformation, il n’est pas fait pour donner une
cohérence, il est fait pour enregistrer une trace. C’est très
différent.

Concernant vos projets de publication... Travaillez-vous en ce moment


à un autre ouvrage ?

Philippe Lejeune : Je vais publier d’ici la fin février, aux


éditions des Cendres (8 rue des Cendriers, Paris 20ème) une série de
trois petits livres-documents autour du journal : une étude sur le
"Prix du journal intime", décerné par la revue Ariane de 1957 à 1970
(prix fondé et géré par Marguerite Grépon), une réédition d’extraits
du Journal de Jallez, dans les Hommes de bonne volonté de Jules
Romains, et le Biomètre de Marc-Antoine Jullien (une méthode de
journal pour bien gérer son temps, du début du XIXe siècle). Ce sont
trois petits livres, respectivement de 64, 32 et 32 pages, dans une
collection qui s’appelle "De trois en trois".

La Faute à Rousseau n° 35, février 2004

Dossier : Le Journal personnel

OUVERTURE - Philippe Lejeune - Image de marque Philippe Lejeune -


Aujourd ?hui Michel Braud - Lectures du journal APPRENDRE À VIVRE -
Catherine Viollet - Du côté des demoiselles russes Patricia
Szafranski - Amélie Weiler Marilyn Himmesoëte - Jean-Paul Mauriac
Jean-François Bourgain - Mugnier, ou l’abbé Pluriel Françoise
Alexandre - Édouard Vuillard Béatrice Maréchal - Du côté des jeunes
Japonaises RÉSISTER - Arnaud Genon - Cytomégalovirus d’Hervé Guibert
Pawel Rodak - Le « je » et la guerre Dorica Lucaci - Le Journal de
Paltinis Véronique Leroux-Hugon - En prison. Albertine Sarrazin
Philippe Artières - Un journal de galère L’ÉCRITURE, L’IMAGE -
Éliane Lecarme-Tabone - Journal d’un aquarelliste Véronique
Montémont - Photographier, écrire, respirer : Alix Cléo Roubaud
Marie-Claire Mitout - Les plus belles heures PRATIQUES - Noël Pomin -
Un diariste désemparé Claude Cailleau - Journal intime, journal
extime Simone Aymard - 50 ans d’écriture et après - Laurence Martin
- Lire son journal : une expérience contrastée Anne Roche - « Cher
cahier... » (n° 46 bis) Anne Roche - Mon implicite Catherine
Bogaert - Douze ans de journaux déposés à l’APA (1992-2003)

La Faute à Rousseau... est faite par ses lecteurs. Chaque numéro est
centré autour d’un grand dossier thématique, pour lequel leur
contribution est sollicitée (témoignages et réflexions). Avant le
dossier, la première partie propose un éditorial, une "page blanche"
(ouverte au témoignage sur une pratique), un "événement" en général
littéraire, et une série de rubriques qui couvrent les activités de
l’association (travail des groupes, manifestations, liste des textes
déposés, échantillons des "échos" rédigés...). Après le dossier, une
série de chroniques explore l’actualité et contribue à créer une
culture de l’autobiographie : les pays étrangers, les "classiques"
du genre, l’expression autobiographique dans les arts du spectacle
ou les arts plastiques, le patrimoine autobiographique, la vie
scientifique, livres lus, brèves annonçant parution, rencontres, et
tous les événements grands ou petits touchant l’autobiographie...
Les propositions de textes doivent parvenir à la revue avant le 15
avril pour le n° de juin, avant le 15 août pour le n° d’octobre,
avant le 15 décembre pour le n° de février.

Rédacteur en chef : Denis Dabbadie. Comité de rédaction : Gilles


Alvarez, Philippe Artières, Elisabeth Cépède, Denis Dabbadie,
Philippe Lejeune, Véronique Leroux-Hugon, Corine Pourtau, Françoise
Simonet-Tenant. Publié avec le soutien de la DRAC Rhône-Alpes.
Correspondance à adresser à La Grenette, 10 rue Amédée Bonnet, 01500
Ambérieu-en-Bugey. Trois numéros par an, février, juin, octobre.
Environ 80 p., format 21 x 29,7, illustrations.

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Serge Doubrovsky : L'après-vivre.

Par Yannick Blanc / La République des Lettres, le dimanche 01 mai


1994.

Lecteur, je te parle en lecteur, rien de plus. Et comme un joueur qui


passe un bon tuyau à l'autre, je voudrais te souffler "Serge
Doubrovsky". Cet homme surprend mes préventions. A priori j'attends
très peu d'un professeur de littérature dans une université new-
yorkaise. Au mieux, quelque savant dépiautage à la mode critique du
moment. Doubrovsky n'a pas failli et son Corneille ou la Dialectique
du Héros (Gallimard,1964) hante toujours les khâgnes. Mais son titre
de gloire,c'est ce qu'il a nommé d'un astucieux néologisme
son"autofiction". Son sujet c'est lui, sa vie, son oeuvre. C'est
celui qu'il connaît le mieux et qui lui tient le plus à coeur.
Fiction parce qu'il ne s'agit ni d'un journal, ni de mémoires
linéaires mais du temps subjectif de la conscience. On ricoche des
années 80 aux années 40, de New York à Paris, d'un voyage, d'une
femme, à l'autre; et ces zigzags, ces allers-et-retours n'ont rien de
fortuit, de désordonné, ils dupliquent nécessairement la répétition
ou la différence des situations, qui se rappellent, se comparent sans
cesse, qui inlassablement se réordonnent et cherchent des liens, pour
faire de nos vies, justement autre chose qu'un peu de bruit et de
fureur. Ceci dit pour les étudiants. Doubrovsky n'est pas Faulkner,
ni Joyce, ni Proust, ni Céline. Mais qui se hisse à ces altitudes en
cette fin de siècle ? Il faut bien lire un peu. Autre chose que les
grands.En vrai pro de la littérature, Doubrovsky a assimilé tous les
procédés le courant de conscience, l'écriture sans ponctuation,
effets d'écho, calembours, allitérations, qui servent à point son
propos, le rendent efficace, expressif. Et ce propos quel est-il ? On
l'a dit,il s'agit de la chronique d'une vie. Tentez cette expérience,
procurez-vous les romans de Doubrovsky, et lisez-les à la file. Côté
documentaire, vous entrerez dans les coulisses de l'université:
ambitions de profs, courses de mandarins, "publish or perish", etc.
Avec son coup d'oeil et son tonsardonique, Doubrovsky aurait fait un
excellent nouveau journaliste. Et l'on jubile en suivant son analyse,
ses tirades freudiennes, ses démêlés épiques avec ses femmes, ses
maîtresses, ses élèves. Et puis dans L'après-vivre, son dernier
livre, le récit d'une petite annonce de sexe publiée dans le Nouvel
Obs, son passage à Apostrophes ou ses visites chez les docteurs pour
soigner une érection défaillante. On jubile comme chaque fois qu'on
ose se dire la vérité, la triste vérité, celle qui n'est pas bonne à
dire, et qu'elle se dit avec gouaille et intrépidité. Mauvaise joie ?
Mais dès que le ton devient sentimental,larmoyant, comme à la fin du
Livre brisé, ou lorsqu'on parle "d'elle" dans L'après-vivre, je me
sens gêné pour Doubrovsky. Dites qu'il vous faut une femme. Qu'elle
vous tient. Qu'elle vous lâche si vous n'en faites pas un portrait
"compréhensif". Ou ne dites rien, on comprendra. Mais ne dites pas:
"D'une voix triste, elle a dit, les jets d'eau retombent toujours.
J'ai dit, oui, mais ils reviennent. Elle a répété, ils retombent
toujours". J'ai connu à Chambéry une prof de français, célibataire et
mûrissante, à qui cela plaira beaucoup. Vous finissez avec
l'autofiction de Doubrovsky (Y aura-t-ilencore un post-scriptum), et
malgré tous les moments d'hilarité vous sentez de la mélancolie.
Alors c'est tout ? C'est toute une vie ? Une enfance ravagée par la
guerre, toute cette terrible monotonie américaine et universitaire -
et comme cela file vite ! Bien sûr il faut du courage pour scruter
son désastre quotidien. Doubrovsky a eu l'héroïsme de le ressasser
depuis trente ans qu'il écrit son autofiction. Son oeuvre est son
salut. Si elle lui était absolument nécessaire, s'il lui fallait
s'écrire ou s'étouffer, elle ne se discute même pas. Mais son
ambition est plus haute: "... longtemps j'ai écrit pour vivre,
maintenant je vis pour écrire, je sais que je vais disparaître, je
veux subsister dans mestraces..." Ce sera difficile. On se souvient
de Christophe Colomb et de Neil Amstrong, mais pas du deuxième pilote
à avoir débarqué en Amérique ou sur la lune. Il n'y aura pas d'avant
et d'après Serge Doubrovsky en littérature. "L'autofiction" n'y
suffira pas. "... et si j'ai forgé le mot je n'ai pas inventé la
chose, Colette, Céline, des myriades moins illustres qui s'y sont
essayés avant moi..."

Copyright © Yannick Blanc / La République des Lettres, dimanche 01


mai 1994
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 Serge Doubrovsky - Serge Doubrovsky vs Marc Weitzmann.
 Serge Doubrovsky - Serge Doubrovsky : L'après-vivre.
 Serge Doubrovsky - Recherche par mots-clés sur le site.
 Serge Doubrovsky - Livres disponibles sur Amazon.
L’autofiction : définition de Serge

Doubrovsky

Le 2003

Découvrez aussi un autre exemple d’autofiction

C’est sur la quatrième de couverture de Fils que Serge Doubrovsky


définit l’autofiction :

À peine sorti de chez lui, voici S. D. déversé en plein grand Central


Parkway, l’autoroute qui mène à New York : au fil des souvenirs qui
assaillent son réveil, des routes qui sillonnent sa vie, se dit un
exil américain, douloureux et énigmatique. Ces fils, où tenter de les
dénouer, sinon chez son analyste, au cours d’une longue séance, où
ils s’obstinent à s’enrouler autour du personnage du fils.
Particulièrement, dans le rêve du monstre marin, surgi du texte de
Racine dans l’esprit du critique endormi. L’interprétation du rêve
se reversera dans l’explication du texte racinien, dont la nouvelle
lecture permettra de relire en retour la vie du narrateur, qu’on
aura suivi entre-temps, après la visite au « psy », à travers le
tintamarre solitaire de New York, les silences calfeutrés de
l’université, jusqu’à la salle de classe où s’accomplit sa
jouissance : le dénouement. Autobiographie ? Non. Fiction,
d’événements et de faits strictement réels. Si l’on veut,
autofiction, d’avoir confié le langage d’une aventure à l’aventure
d’un langage en liberté.

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