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Définition et répression du vol en droit

Ce document traite du vol en tant qu'infraction pénale au droit des affaires. Il définit les éléments constitutifs du vol, notamment la soustraction frauduleuse d'une chose appartenant à autrui. Le document explique également les sanctions encourues en cas de vol.

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Définition et répression du vol en droit

Ce document traite du vol en tant qu'infraction pénale au droit des affaires. Il définit les éléments constitutifs du vol, notamment la soustraction frauduleuse d'une chose appartenant à autrui. Le document explique également les sanctions encourues en cas de vol.

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Droit pénal des affaires

Séance n° 2

Objectif : Définition et modalités de répression du vol, en tant qu’atteinte à la


propriété.

Consignes : Lire et relire, au besoin, la première partie jusqu’à la fin du chapitre 1


consacré au vol, en s’aidant, s’il y a lieu, du Lexique des termes juridiques ou du
vocabulaire juridique, afin de cerner tous les contours de cette infraction de droit
commun et la manière dont elle est réprimée et sanctionnée.

Activités : Répondre aux questions suivantes :

1) Qu’est-ce que le vol ?


2) La femme qui prend l’argent de son mari à son insu est-elle coupable de vol ?
3) Si oui, quelles sanctions encourt-elle ?
4) Peut-on voler l’électricité ?

Cours de Serge EVELAMENOU, Enseignant-chercheur, Faculté de Droit, UL


11
Droit pénal des affaires

PARTIE 1

LES INFRACTIONS DE DROIT


COMMUN COMMISES À
L’OCCASION DES AFFAIRES

D’une certaine manière, toutes les infractions dites de droit commun, en


l’occurrence, celles prévues par le Code pénal, peuvent être en relation avec le
droit des affaires. Il suffit, par exemple, de songer au chef d’entreprise qui ferait
assassiner un concurrent pour en être débarrassé.

Aussi, même en se limitant aux atteintes contre les biens, qui constituent le cœur
du droit pénal des affaires, un choix s’avère indispensable. On retiendra ici les
infractions qui répriment les atteintes portées à la propriété, au devoir de probité
et à la vérité, sans oublier les infractions de conséquence qui peuvent venir
prolonger les précédentes.

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Droit pénal des affaires

TITRE 1

LES ATTEINTES À LA
PROPRIÉTÉ

On peut, de façon schématique, relever trois types principaux de comportement


permettant de s’approprier frauduleusement la chose d’autrui : les soustractions
par lesquelles le délinquant appréhende les biens de la victime à son insu, les
manipulations qui lui permettent d’obtenir de la victime la remise de la chose
convoitée et les détournements par lesquels il s’abstient de restituer une chose
préalablement et valablement remise par la victime. Ces comportements
correspondent aux trois grandes infractions d’atteinte aux biens qu’il convient
de ne pas confondre : le vol, l’escroquerie et l’abus de confiance.

En outre, une place particulière peut également être faite aux infractions
protégeant les systèmes de traitement automatisé de données qui sanctionnent
des atteintes réelles à une forme de propriété virtuelle.

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Droit pénal des affaires

CHAPITRE 1

LE VOL

L’article 411 du nouveau Code pénal togolais définit le vol comme « la soustraction
frauduleuse de la chose d’autrui ». Le vol, en tant que comportement incriminé et
réprimé (section 2), nécessite que soient réunis des éléments constitutifs
(section 1).

SECTION 1- LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DU VOL

Comme toute infraction, le vol nécessite, pour être constitué, un élément


matériel et un élément moral.

§.1- L’élément matériel

De par la définition légale, l’élément matériel suppose, tout d’abord, la présence


de la chose d’autrui (A), puis la réalisation de l’acte matériel de soustraction (B).

A- La chose d’autrui

On ne peut voler une chose appartenant à soi-même. La chose doit


nécessairement appartenir à autrui.

1. Une chose

La chose désigne a priori un bien corporel et mobilier. Le juge répressif ne tient


pas compte des fictions du droit civil relatives aux immeubles par destination ou
aux meubles par anticipation. Il suffit de constater la mobilité de la chose. Tel est
le cas de récoltes sur pied, dont la soustraction frauduleuse est formellement
considérée comme vol par l’article 412, 4° du nouveau code pénal togolais.

La solution paraît logique puisque la soustraction suppose une appréhension et


un déplacement de la chose, incompatible avec la nature immobilière d’un bien.

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Droit pénal des affaires

En revanche, il est parfaitement possible de voler des parties d’un immeuble ou


même le titre de propriété de celui-ci1.

Par ailleurs, la question s’était posée de savoir si l’électricité ou une information


pouvaient faire l’objet d’un vol.

S’agissant de l’électricité, la jurisprudence avait décidé que l’appréhension était


possible puisque la transmission d’électricité pouvait être matériellement
constatée2. Cette solution est formellement consacrée par le législateur. Le
nouveau code pénal togolais admet en son article 412, 2°, sont notamment
considérés comme vol « les branchements, les modifications ou altérations
frauduleuses d’installations de distribution d’eau, de gaz, d’électricité ou de téléphone
ayant pour but de soustraire en tout ou en partie l’utilisateur au paiement des
redevances ».

Il en est de même de « la soustraction ou l’interception d’informations » que l’article


412, 3° considère également comme vol, au sens de l’article 411, alors qu’en
droit français, la jurisprudence paraît la rejeter pour deux raisons principales :
une information n’est pas un bien corporel et elle ne se perd pas par sa
transmission, même involontaire.

Le juge français reconnaît, toutefois, qu’il peut y avoir vol du support matériel
d’une information3. Un arrêt remarqué a ainsi considéré qu’en photocopiant à
l’insu de son employeur et à des fins personnelles, pour préparer une instance
prud’homale, des documents dont il a la légitime possession dans le cadre de ses
fonctions, un salarié appréhende frauduleusement ces documents le temps de
leur production4.

2. Propriété d’autrui

La chose doit nécessairement appartenir à autrui, car on ne saurait se voler soi-


même. La jurisprudence décide que se rend coupable de vol l’entrepreneur qui
pénètre dans une maison en construction vendue en l’état futur d’achèvement et
reprend des menuiseries qu’il avait fournies et qui avaient déjà été mises en
place5. Mais le vol n’est pas constitué, lorsqu’un entrepreneur reprend dans la

1
Crim. 19 juin 1975, Gaz. Pal. 1975, 2, 660
2
Crim. 3 août 1912, DP. 1912, 1, 439
3
Crim. 8 janvier 1979, Bull. crim. n° 13 (vol d’une photocopie) ; 12 janvier 1989, Bull crim. n° 14 (vol de disquettes
et de leur contenu informationnel le temps nécessaire à leur reproduction).
4
Paris, 9 novembre 2000, D. 2001, somm. p. 2345
5
Crim. 12 octobre 1976, Bull. crim., n° 289

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Droit pénal des affaires

maison inachevée qu’il était chargé de construire, un matériel sanitaire payé par
lui et non encore installé, s’il résulte du contrat passé entre les parties que le
matériel en cause était resté la propriété de l’entrepreneur1.

Pour que le vol puisse être retenu, il n’est pas nécessaire d’identifier le
propriétaire de la chose : la preuve de l’appropriation suffit. Il en résulte
classiquement que le vol ne peut pas porter sur des choses communes ou res
communes, comme l’air, la mer ou les eaux courantes, ni sur des choses sans
maître ou res nullius, qui n’appartiennent à personne, comme c’est parfois le cas
du gibier, des poissons ou des produits de la mer.

B- Une soustraction

Entendu strictement, l’acte de soustraction suppose une appréhension et un


déplacement, entraînant une substitution de possession à l’insu du propriétaire.
Il importe peu que cette soustraction soit temporaire, qu’il ne s’agisse que d’un
« emprunt », puisque le vol est une infraction instantanée : une restitution
ultérieure ne constituerait donc qu’un repentir actif inefficace sur la qualification
de l’infraction. Sauf à l’auteur d’une soustraction temporaire de rapporter la
preuve, nécessairement délicate, qu’il n’a jamais voulu se comporter comme le
propriétaire de la chose.

Il convient, toutefois, d’apporter deux précisions à propos de la notion de


soustraction, précisions qui tiennent, d’une part, à l’hypothèse d’une
conservation de la chose, d’autre part, à celle d’une remise préalable de la chose.

1. Conservation indue de la chose

Il ne saurait y avoir vol en cas de conservation, même indue, de la chose d’autrui,


car il n’existe pas alors d’appréhension. D’autres qualifications pénales, comme
l’abus de confiance2 ne sont toutefois pas à exclure : ainsi en est-il du vendeur
refusant de livrer la chose payée par l’acheteur ou de l’acheteur qui refuse de
payer une chose acquise avec réserve de propriété3. Mais la reprise frauduleuse
par le vendeur impayé caractériserait le délit de vol4.

1
Crim. 13 janvier 1971, Bull. crim., n° 11.
2
Cf. infra
3
Crim. 11 octobre 1990, Bull. crim., n° 341
4
Crim. 12 octobre 1976, Bull. crim., n° 289

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Droit pénal des affaires

2. Remise préalable de la chose

Cette remise semble exclure la qualification de vol, puisque son bénéficiaire ne


peut plus soustraire la chose. Elle est plutôt caractéristique d’une escroquerie ou
d’un abus de confiance1. Pourtant, la jurisprudence considère qu’une remise
préalable n’est pas nécessairement exclusive de vol, si elle ne confère à son
bénéficiaire qu’une simple détention précaire. Il y aurait alors soustraction, non
pas de la chose elle-même, mais de sa possession, autrement dit une soustraction
intellectuelle. Ainsi par exemple, constitue un vol le fait d’avoir enlevé des
marchandises, dans les magasins d’une société, sans signer le bon de livraison qui
devait en constater la remise et le prix2. La jurisprudence applique cette solution
aux ventes en « libre-service », en décidant que l’acheteur éventuel ne reçoit que
la détention précaire de la marchandise et qu’il commet un vol lorsqu’il a franchi
la caisse sans déclarer les objets qu’il a choisi en rayon3. La même solution est
appliquée s’agissant des remises à l’essai4 ou encore des remises en
communication5.

La jurisprudence décide également que le retrait d’un distributeur automatique


de billets de banque par le titulaire d’une carte magnétique, d’une somme
excédant la provision disponible sur son compte bancaire, ne correspond à
aucune infraction, mais s’analyse seulement en l’inobservation d’une obligation
contractuelle6, la remise ayant été voulue par le banquier dans les conditions de
programmation de l’appareil7. De même, le fait de prendre connaissance, par un
décodeur frauduleusement fabriqué, des émissions d’une chaîne codée n’est pas
constitutif de vol, dans la mesure où le branchement opéré n’a pour effet ni de
déposséder le propriétaire du programme qu’il continue à diffuser, ni le
téléspectateur abonné qui ne subit aucun trouble dans sa réception normale8.
Mais, dans ce dernier cas, des incriminations spécifiques existent, aussi bien en
droit français (articles 79-1 à 79-5 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986,
relative à la liberté de communication), qu’en droit togolais.

1
Cf. infra
2
Crim. 4 novembre 1977, Bull. crim., n° 330
3
Crim. 14 mai 1958, Bull crim., n° 391 ; 10 février 1977, Bull. crim., n° 57.
4
Crim. 10 avril 1959, Bull. crim., n° 209 : scooter remis pour un essai de quelques minutes.
5
Crim. 9 juillet 1959, Bull. crim., n° 350 : une personne qui a obtenu en communication pour signature des traites
ainsi qu’un reçu pour solde de tout compte et qui restitue les traites sans les avoir signées, mais en conserve le
reçu.
6
Crim. 24 novembre 1983, Bull. crim., n° 315
7
Bordeaux, 25 mars 1987, D. 1987, p. 424
8
Paris, 24 juin 1987, Gaz. Pal. 1987, 2, p. 512

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Droit pénal des affaires

Ainsi, l’article 413 du nouveau code pénal togolais, sans les qualifier de vol, punit
d'une peine d'emprisonnement d'un an à 3 ans et d'une amende de deux millions
(2.000.000) à vingt millions (20.000.000) de francs CFA, ou de l'une de ces deux
peines seulement, sans préjudice des dommages et intérêts, « toute personne qui,
frauduleusement se sert d'installations ou obtient un service de télécommunications ou
communications électroniques ; utilise à des fins personnelles ou non, un réseau public
de télécommunications ou communications électroniques ou se raccorde par tout moyen
sur une ligne privée ».
Le Code pénal incrimine également certaines soustractions violentes telles que
l’extorsion (art. 464 s.), le chantage (art. 466 s.), et la mendicité (art. 543 s.).

§.2- L’élément intellectuel du vol

Le vol est une infraction intentionnelle, puisque l’article 411 du Code pénal
précise que la soustraction doit être frauduleuse. Cet élément intentionnel
comprend un dol général (soustraire la chose d’autrui), et un dol spécial
(l’intention de se comporter comme le propriétaire de la chose soustraite). Les
mobiles, mêmes légitimes, sont indifférents quant à la qualification de l’infraction :
la Cour de cassation a décidé que celui qui se prétend créancier ne puise pas
dans son droit de créance celui de commettre une infraction à la loi pénale1.

En revanche, il ne saurait en principe y avoir de vol lorsque l’auteur des faits peut
invoquer une erreur de fait, dès lors qu’il a cru appréhender une chose qui lui
appartenait. Mais il faut préciser que la jurisprudence punit le vol « d’usage », en
estimant le vol réalisé lorsque la personne a eu l’intention de se comporter,
même momentanément, comme le propriétaire de la chose soustraite2, car elle
ne fait alors qu’exercer l’une des prérogatives du propriétaire, le droit d’usage
(usus), sauf à pouvoir invoquer une éventuelle erreur sur le droit3. Cette solution
est expressément retenue par le législateur togolais, s’agissant de la soustraction
de véhicules automobiles. L’article 412, 1°, C. pén., énumère, parmi les actes
constitutifs de vol au sens de l’article 411 « la soustraction frauduleuse d’un véhicule
ou d’une embarcation même pour un usage temporaire ».

Le vol est, a fortiori, réalisé lorsque la chose est appréhendée pour être détruite,
puisque c’est alors le droit de disposer de la chose (abusus) qui est exercé.

1
Crim. 20 novembre 1947, Bull. crim., n° 227 ; 26 juin 2002, Bull. crim., n° 148
2
Crim. 19 février 1959, Bull crim., n° 123
3
T. corr. Carcassonne, 16 mars 1994, Rev. Sc. Crim. 1998, p. 110

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18
Droit pénal des affaires

SECTION 2- LA RÉPRESSION DU VOL


La répression du vol, comme de toute infraction, est l’œuvre du ministère public,
au moyen de l’action publique, ce qui ne préjudicie en rien à l’action dont dispose
la victime.

§.1- L’action publique

A- Les immunités familiales

Aux termes de l’article 427 du nouveau Code pénal, « ne peuvent donner lieu qu’à
des réparations civiles les vols commis par le mari au préjudice de sa femme, par la
femme au préjudice de son mari, par un veuf ou une veuve quant aux choses qui avaient
appartenu au conjoint décédé ». Et, selon l’article 428 du même code, « ne peuvent
donner lieu qu’à des réparations civiles et uniquement à la demande de la victime, les
vols commis :
1) par les enfants ou autres descendants au préjudice de leurs père ou mère ou
autres ascendants, par des père ou mère ou autres ascendants au préjudice de
leurs enfants ou autres descendants ;
2) par des alliés au même degré, à condition que les soustractions soient commises
pendant la durée du mariage et en dehors d’une période pendant laquelle les
époux sont autorisés à vivre séparément ».
Concrètement, cela veut dire que les vols commis dans ces conditions ne
peuvent, en aucun cas, donner lieu à des poursuites pénales.

On explique ces immunités par l’idée de « paix des familles » ou de patrimoine


familial. Elles ne suppriment pas le fait délictueux, mais fait seulement obstacle
aux poursuites pénales, tout en laissant subsister, la possibilité d’une action au
plan civil, aux fins notamment d’une restitution des objets volés, et
éventuellement d’une réparation du préjudice subi.

B- Les peines

Le nouveau Code pénal prévoit des peines beaucoup plus sévères que sous
l’égide du droit ancien. L’article 415 du nouveau Code prévoit des peines d’un
an à trois ans d’emprisonnement et/ou de 100 000 à 3 000 000 de Francs
d’amende pour le vol simple, mais les dispositions suivantes énoncent un grand
nombre de circonstances aggravantes.

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19
Droit pénal des affaires

Sans prétendre à l’exhaustivité, on signalera qu’aux termes de l’article 416 C.


pén., le vol est aggravé lorsqu'il a été commis de nuit, de concert par plusieurs
auteurs ou complices, en bande organisée, avec usage de fausses clefs ou par
escalade, effraction intérieure ou extérieure, dans un lieu habité ou servant à
l'habitation, avec port d'arme, prise d’otages, avec violences ou menaces sur les
personnes, ou à raison de l’appartenance ou de la non appartenance, vraie ou
supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race, ou une religion
déterminée ; avec usage d'un véhicule à moteur, en usant d'un insigne ou d'un
uniforme pouvant prêter à confusion avec ceux des agents de l'autorité publique
ou en alléguant un faux ordre de ladite autorité.

Le vol est également aggravé lorsqu’il a été commis par une personne qui prend
indûment la qualité d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée
d’une mission de service public ; par un transporteur, hôtelier ou dépositaire ou
leurs préposés à l’égard des choses déposées sous leur responsabilité ; par une
personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service
public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa
mission.

Les peines sont portées de trois à cinq ans d’emprisonnement par l’article 417,
lorsque le vol a été commis avec une seule des circonstances visées plus haut, et
de cinq à dix ans de réclusion criminelle lorsque le vol a eu lieu avec deux au
moins des circonstances visées.

S'il a été fait usage d'armes ou si les violences ont occasionné à la victime des
blessures ou une incapacité de travail excédant deux semaines, ou encore si le
vol a été commis avec trois au moins des circonstances visées à l’article 416, le
coupable est puni d’une peine de dix à vingt ans de réclusion criminelle.

Si les auteurs du vol ont exercé des violences ayant provoqué une mutilation ou
une grave invalidité de la victime, ils seront punis d’une peine de réclusion de
vingt à trente ans.
Si les violences ont occasionné la mort, même sans intention de la donner, ou si
le vol a été commis avec prise d’otages, le maximum de la réclusion à temps est
appliqué (50 ans).
En outre, le législateur prévoit un certain nombre de peines complémentaires
susceptibles d’être encourues par l’auteur d’un vol simple ou aggravé. C’est ainsi
qu’aux termes de l’article l’art. 79 et s., C. pén., le juge peut à titre de peine

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20
Droit pénal des affaires

complémentaire prononcer contre l'auteur du délit l'interdiction temporaire de


l’exercice de certains de ses droits civils, civiques ou professionnels.

L'interdiction peut notamment porter sur le droit d'exercer une profession, une
fonction élective publique, d'être administrateur ou gérant de société ou
d'association, d'être tuteur, subrogé tuteur, curateur d'un incapable, d'obtenir ou
d'utiliser un permis de chasse ou de pêche, un permis de port d'armes, de voter
dans les scrutins politiques ou syndicaux, d'être entendu sous la foi du serment
en justice ou devant un officier public.

Sauf dispositions particulières, cette interdiction ne peut excéder cinq ans à


compter du jour où la peine est devenue exécutoire.

La responsabilité pénale de la personne est, quant à elle, prévue par l’article 53,
selon lequel toute personne morale, à l’exclusion de l’Etat, peut être déclarée
coupable des infractions commises par ses organes ou représentants, pour son
compte, dans les limites de leurs attributions. ·

Les peines applicables aux personnes morales sont, d’après l’article 54 :

1) l’amende qui peut être portée au quintuple de celle encourue par les
personnes physiques ou à trois cent millions (300.000.000) de francs CFA,
si aucune amende n'est prévue ;
2) l’exclusion temporaire ou définitive des marchés publics ou du bénéfice
des aides publiques octroyées par l'Etat togolais ou des organisations
internationales étatiques ou non étatiques, ou la perte et le
remboursement des avantages accordés en application des lois et
règlements en vigueur, lorsque ces avantages ont été obtenus
frauduleusement par la commission d'infractions réprimées par le Code
pénal ;
3) la fermeture temporaire ou définitive des établissements ou de l'un des
établissements de la personne morale ayant servi à commettre les faits
incriminés, qui se substitue à l’emprisonnement ;
4) la confiscation spéciale (lorsque l’infraction a été commise à l’aide d’armes,
munitions, explosifs ou tout instrument ou objet dangereux ou d’un usage
réglementé) ou la confiscation générale ;
5) la fermeture temporaire ou définitive de la succursale d'une personne
morale étrangère, ayant servi à commettre les faits incriminés ;

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21
Droit pénal des affaires

6) l'interdiction temporaire ou définitive de procéder à une offre au public de


titres et financements ou de faire admettre ses titres financiers aux
négociations d'un marché réglementé ;
7) la dissolution, lorsque la personne morale a été créée ou détournée de
son objet pour commettre les faits incriminés.
En outre les membres des organes d’administration, de direction et de gestion,
de droit ou de fait, qui ont été les instruments de l’infraction commise par la
société peuvent être déchus, pour cinq ans au plus, du droit de diriger,
d’administrer ou de gérer une société.

C- La prescription

Le point de départ du délai de prescription de l’action publique est normalement


fixé au jour de la commission de l’infraction, même dans l’hypothèse de vols
successifs : chaque soustraction fait courir le délai de prescription quinquennale
(art. 7, C. proc. pén.).

§.2- L’action civile

Le propriétaire de la chose soustraite peut demander la réparation du préjudice


découlant directement de l’infraction. Toutefois, la jurisprudence déclare
également recevable l’action civile d’un non-propriétaire qui a souffert
directement et personnellement de l’infraction : ainsi a été admise l’action civile
de la SNCF subissant un préjudice après le vol de marchandises commis par un
de ses employés1.

L’action civile se prescrit selon les règles du Code civil, mais ne peut plus être
engagée devant le juge répressif après l’expiration du délai de l’action publique.

1
Crim. 3 juill. 1979, Bull. crim., n° 236

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