Economie Industrielle 02
L’oligopole
Marc Bourreau Marianne Verdier
Telecom ParisTech & Université Paris Ouest
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 1 / 42
Plan du cours
L’oligopole, définitions et exemples
Le modèle de la concurrence en quantité à la Cournot
Le modèle de la concurrence en prix à la Bertrand
La remise en cause du paradoxe de Bertrand
De Bertrand à Cournot : les contraintes de capacités
La concurrence à la Cournot avec n firmes
Comparaison des pouvoirs de marché : monopole, Cournot, Bertrand
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Introduction
Introduction
Définition de l’oligopole
Une industrie dans laquelle un petit nombre de firmes sont en concurrence.
La plupart des marchés correspondent à cette description : les télécoms,
l’industrie du logiciel, mais aussi des eaux minérales, etc.
Dans un marché oligopolistique, une firme ne doit pas ignorer le com-
portement de ses concurrents...
... et leurs réactions à ses propres décisions
L’étude de ces interactions stratégiques est l’objet de la théorie de l’oligopole
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Introduction
Un exemple
L’oligopole des producteurs d’eaux minérales en France :
3 entreprises (Danone, Nestlé, Castel) détiennent 90% du marché.
Commercialisation sous différentes marques (Danone : Evian, Volvic par
exemple, Nestlé : Perrier, Contrex, Castel : Saint-Yorre, Vichy, Cristalline).
Emergence du groupe Castel liée à une décision de la Commission Eu-
ropéenne qui lui a permis d’acquérir la Société des eaux minérales du
bassin de Vichy.
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Introduction
Un exemple
L’oligopole des producteurs d’eaux minérales en France :
3 entreprises (Danone, Nestlé, Castel) détiennent 90% du marché.
Commercialisation sous différentes marques (Danone : Evian, Volvic par
exemple, Nestlé : Perrier, Contrex, Castel : Saint-Yorre, Vichy, Cristalline).
Emergence du groupe Castel liée à une décision de la Commission Eu-
ropéenne qui lui a permis d’acquérir la Société des eaux minérales du
bassin de Vichy.
Différenciation entre les eaux minérales (santé, bien-être), différents types
de conditionnement, qui rendent plus difficile la comparaison des prix.
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Introduction
Un exemple
L’oligopole des producteurs d’eaux minérales en France :
3 entreprises (Danone, Nestlé, Castel) détiennent 90% du marché.
Commercialisation sous différentes marques (Danone : Evian, Volvic par
exemple, Nestlé : Perrier, Contrex, Castel : Saint-Yorre, Vichy, Cristalline).
Emergence du groupe Castel liée à une décision de la Commission Eu-
ropéenne qui lui a permis d’acquérir la Société des eaux minérales du
bassin de Vichy.
Différenciation entre les eaux minérales (santé, bien-être), différents types
de conditionnement, qui rendent plus difficile la comparaison des prix.
Interdépendance des décisions stratégiques : si un groupe augmente le
prix de l’eau minérale, ses concurrents peuvent choisir de faire de même,
ou de ne pas réagir, en espérant capter une partie de la clientèle.
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Le modèle de Cournot
Le modèle de Cournot
Modèle de Cournot (1838), ingénieur français.
Deux firmes qui produisent des biens identiques (”substituts parfaits”) et
se font concurrence en quantités
Le prix est établi de façon à ce que la production soit écoulée, on a donc
p = P(Q) où Q = q1 + q2 est la quantité totale produite
Le coût marginal de production est constant et identique pour les deux
firmes : c
La fonction de profit de la firme i est alors
Πi = (P(Q) − c)qi .
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Le modèle de Cournot
Le modèle de Cournot
Chacune des deux firmes choisit sa quantité pour maximiser son profit en
prenant la quantité produite par sa rivale comme donnée
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Le modèle de Cournot
Le modèle de Cournot
Chacune des deux firmes choisit sa quantité pour maximiser son profit en
prenant la quantité produite par sa rivale comme donnée
La condition du premier ordre du problème de maximisation s’écrit :
1 − (q1 + q2 ) − c − qi = 0.
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Le modèle de Cournot
Le modèle de Cournot
Chacune des deux firmes choisit sa quantité pour maximiser son profit en
prenant la quantité produite par sa rivale comme donnée
La condition du premier ordre du problème de maximisation s’écrit :
1 − (q1 + q2 ) − c − qi = 0.
On recherche un équilibre symétrique tel que qi = q. On a donc
1−c
q= .
3
et
(1 − c)2
Π= .
9
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Le modèle de Cournot
Le modèle de Cournot
Le profit d’équilibre s’écrit :
(1 − c)2
Π= .
9
En concurrence ”à la Cournot”, les firmes font des profits.
Cependant, le modèle de Cournot paraı̂t peu réaliste :
Peu d’exemples de marchés où les firmes fixent des quantités plutôt que
des prix
On ne sait pas très bien comment le prix de marché s’établit
Un modèle où les firmes fixeraient des prix plutôt que des quantités ? → le
modèle de Bertrand.
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Le paradoxe de Bertrand Le modèle
Le modèle de Bertrand
Modèle de Bertrand (1883), ingénieur français.
Deux firmes qui produisent des biens identiques (”substituts parfaits”) et
se font concurrence en prix
La demande est donnée par q = D(p)
Le coût marginal de production est constant et identique pour les deux
firmes : c
On suppose (pas essentiel) que la demande est partagée de façon égale
entre les deux firmes si leurs prix sont égaux. On a donc :
if pi < pj
D pi
Di (pi , pj ) = pi = pj .
1
2 D p i if
if pi > pj
0
Le profit de la firme i s’écrit :
Πi (pi , pj ) = (pi − ci )Di (pi , pj ).
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Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Equilibre de Bertrand
On recherche l’équilibre de Nash de ce jeu à une étape.
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Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Equilibre de Bertrand
On recherche l’équilibre de Nash de ce jeu à une étape.
Paradoxe de Bertrand
Il existe un équilibre de Nash unique tel que les firmes fixent p∗1 = p∗2 = c. A
l’équilibre, on a Π∗1 = Π∗2 = 0 et W = W ∗ .
Résultat fort :
Quand on passe d’une firme (monopole) à deux firmes (duopole), le prix
d’équilibre passe du prix de monopole au prix concurrentiel.
Deux firmes suffisent pour atteindre un équilibre parfaitement concurren-
tiel.
Cela paraı̂t peu réaliste, d’où la référence au ”paradoxe de Bertrand”.
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Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Un exemple
La guerre des prix entre Intel et AMD, fabricants de puces, en 2006.
AMD a finit l’année sur une perte, et Intel a vu son bénéfice chuter de 42%
en 2006.
Interview de Mario Rivas (PDG AMD, Source
l’expansion) :
”Cette guerre des prix avec Intel est ridicule. Je voudrais
être capable de fixer mes prix au tarif du marché (...). Le
problème, c’est que malgré leurs 2 milliards de dollars de
stocks, Intel a 7 usines à faire tourner à plein régime. Ils
cassent les prix et nous n’avons pas d’autre choix que de
les suivre”.
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Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Démonstration
Si p∗1 > p∗2 > c :
Alors la firme 1 augmente son profit en fixant p∗1 = p∗2 − .
Si p∗1 = p∗2 > c :
Alors la firme 1 augmente son profit en fixant p∗1 = p∗2 − , car pour petit,
D(p∗1 )(p∗1 − c)/2 < D(p∗1 − )(p∗1 − c − )
Si p∗1 > p∗2 = c :
Alors la firme 2 augmente son profit en fixant p2 = p∗2 + .
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Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Concurrence à la Bertrand avec coûts marginaux
différents
Supposons que c1 < c2 .
Coûts assez proches : c1 < c2 < pm (c1 )
L’équilibre de Nash unique est tel que p∗1 = c2 − et p∗2 = c2 .
Seule la firme 1 réalise un profit : Π∗1 = (c2 − c1 )D(c2 ) et Π∗2 = 0.
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Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Concurrence à la Bertrand avec coûts marginaux
différents
Supposons que c1 < c2 .
Coûts assez proches : c1 < c2 < pm (c1 )
L’équilibre de Nash unique est tel que p∗1 = c2 − et p∗2 = c2 .
Seule la firme 1 réalise un profit : Π∗1 = (c2 − c1 )D(c2 ) et Π∗2 = 0.
La firme 1 beaucoup plus efficace que la firme 2 : c1 < pm (c1 ) < c2
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 12 / 42
Le paradoxe de Bertrand L’équilibre de Bertrand
Concurrence à la Bertrand avec coûts marginaux
différents
Supposons que c1 < c2 .
Coûts assez proches : c1 < c2 < pm (c1 )
L’équilibre de Nash unique est tel que p∗1 = c2 − et p∗2 = c2 .
Seule la firme 1 réalise un profit : Π∗1 = (c2 − c1 )D(c2 ) et Π∗2 = 0.
La firme 1 beaucoup plus efficace que la firme 2 : c1 < pm (c1 ) < c2
L’équilibre de Nash unique est tel que p∗1 = pm (c1 ) et p∗2 = c2 .
Seule la firme 1 réalise un profit : Π∗1 = Πm
1
et Π∗2 = 0.
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
Les solutions au paradoxe de Bertrand
Quatre grands solutions au ”paradoxe de Bertrand”, correspondant à quatre
grandes hypothèses du modèle :
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
Les solutions au paradoxe de Bertrand
Quatre grands solutions au ”paradoxe de Bertrand”, correspondant à quatre
grandes hypothèses du modèle :
1 Les produits sont homogènes
2 La concurrence a lieu sur une seule période
3 Les firmes n’ont pas de contraintes de capacité
4 Les consommateurs sont parfaitement informés
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
Les solutions au paradoxe de Bertrand
Quatre grands solutions au ”paradoxe de Bertrand”, correspondant à quatre
grandes hypothèses du modèle :
1 Les produits sont homogènes
2 La concurrence a lieu sur une seule période
3 Les firmes n’ont pas de contraintes de capacité
4 Les consommateurs sont parfaitement informés
Retirer une de ces hypothèses permet de résoudre le paradoxe, en supposant
au contraire :
1 La différenciation des produits
2 La concurrence en dynamique (interactions répétées)
3 L’existence de contraintes de capacité
4 Une information imparfaite
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
La différenciation des produits
Supposons, par exemple, une différenciation géographique.
Deux vendeurs de glace, 1 et 2, situés aux deux extrémités d’une plage
Si p1 = c, est-ce que p2 = c + > c est possible ?
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
La différenciation des produits
Supposons, par exemple, une différenciation géographique.
Deux vendeurs de glace, 1 et 2, situés aux deux extrémités d’une plage
Si p1 = c, est-ce que p2 = c + > c est possible ?
Des consommateurs proches du vendeur 2 peuvent préférer acheter un
peu plus cher auprès de 2 plutôt que de se déplacer jusqu’au vendeur 1 !
Théorie de la différenciation horizontale ou verticale : modèle d’Hotelling...
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
La différenciation des produits
Supposons, par exemple, une différenciation géographique.
Deux vendeurs de glace, 1 et 2, situés aux deux extrémités d’une plage
Si p1 = c, est-ce que p2 = c + > c est possible ?
Des consommateurs proches du vendeur 2 peuvent préférer acheter un
peu plus cher auprès de 2 plutôt que de se déplacer jusqu’au vendeur 1 !
Théorie de la différenciation horizontale ou verticale : modèle d’Hotelling...
En présence de différenciation des produits...
Une situation telle que pi > c peut être un équilibre.
→ Voir cours sur la différenciation.
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
La concurrence en dynamique
Le modèle de Bertrand suppose que les firmes ne se font concurrence que
pendant une période.
Par conséquent : en partant d’une situation où p1 = p2 > c, une firme a de
fortes incitations à baisser son prix (”undercutter”).
Dans un cadre plus dynamique, que peut-il se passer ?
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
La concurrence en dynamique
Le modèle de Bertrand suppose que les firmes ne se font concurrence que
pendant une période.
Par conséquent : en partant d’une situation où p1 = p2 > c, une firme a de
fortes incitations à baisser son prix (”undercutter”).
Dans un cadre plus dynamique, que peut-il se passer ?
En dynamique, une firme devrait prendre en compte les conséquences
de sa baisse tarifaire sur le comportement de sa rivale dans les périodes
futures.
Si ”punition” (guerre des prix...), comparer gains de court terme et gains
de long terme.
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
La concurrence en dynamique
Le modèle de Bertrand suppose que les firmes ne se font concurrence que
pendant une période.
Par conséquent : en partant d’une situation où p1 = p2 > c, une firme a de
fortes incitations à baisser son prix (”undercutter”).
Dans un cadre plus dynamique, que peut-il se passer ?
En dynamique, une firme devrait prendre en compte les conséquences
de sa baisse tarifaire sur le comportement de sa rivale dans les périodes
futures.
Si ”punition” (guerre des prix...), comparer gains de court terme et gains
de long terme.
Dans un cadre d’interactions répétées...
Une situation telle que pi > c peut être un équilibre.
→ Voir cours sur la collusion.
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
Contraintes de capacité
Le modèle de Bertrand suppose que les firmes n’ont pas de contraintes de
capacité
Si p1 = p2 = c, les deux firmes se partagent la demande, D(c)/2
Si la firme 2 augmente légèrement son prix, p2 = c + , on suppose que la
firme 1 sert toute la demande, soit D(c)
Mais la firme 1 peut être incapable de servir toute la demande : contraintes
de capacité
Si c’est le cas, même si elle élève légèrement son prix, la firme 2 garde une
partie du marché
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
Contraintes de capacité
Le modèle de Bertrand suppose que les firmes n’ont pas de contraintes de
capacité
Si p1 = p2 = c, les deux firmes se partagent la demande, D(c)/2
Si la firme 2 augmente légèrement son prix, p2 = c + , on suppose que la
firme 1 sert toute la demande, soit D(c)
Mais la firme 1 peut être incapable de servir toute la demande : contraintes
de capacité
Si c’est le cas, même si elle élève légèrement son prix, la firme 2 garde une
partie du marché
Lorsque les firmes font face à des contraintes...
Une situation telle que pi > c peut être un équilibre.
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Le paradoxe de Bertrand Les solutions au paradoxe de Bertrand
Information imparfaite
En information imparfaite...
Une situation telle que pi > c peut être un équilibre.
Paradoxe de Diamond
Les consommateurs ne sont pas informés des prix
Coût à passer d’un magasin à l’autre (coût de recherche)
Si p1 = p2 < pm alors déviation possible à p1 + /2
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Un modèle
Concurrence en prix avec contraintes de capacité
On va étudier un modèle de concurrence en prix, lorsque les firmes ont des
contraintes de capacité.
On considère le modèle suivant :
Deux firmes se font concurrence en prix, mais ces firmes ont des contraintes
de capacité
La demande est linéaire, D(p) = 1 − p
La demande inverse s’écrit donc : p = P(q1 + q2 ) = 1 − (q1 + q2 )
La firme i ne peut pas produire plus que sa capacité de production qi , on
doit donc avoir qi ≤ qi
Nous supposons que le coût d’une unité de capacité est c0 ∈ [3/4, 1].
Il n’y a pas de coût de production (c = 0)
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Un modèle
Concurrence en prix avec contraintes de capacité
Nous devons choisir une règle de rationnement.
La règle de rationnement indique ”quels consommateurs” sont servis,
lorsque l’entreprise ne peut pas servir toute la demande.
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Un modèle
Concurrence en prix avec contraintes de capacité
Nous devons choisir une règle de rationnement.
La règle de rationnement indique ”quels consommateurs” sont servis,
lorsque l’entreprise ne peut pas servir toute la demande.
Nous considérons que c’est la règle ”efficace” qui s’applique : ce sont les
consommateurs avec la plus forte disposition à payer qui sont servis d’abord
(
e 2 p2 = D p2 − q1 if D p2 ≥ q1 .
D
0 if D p2 < q1
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Un modèle
Concurrence en prix avec contraintes de capacité
Nous devons choisir une règle de rationnement.
La règle de rationnement indique ”quels consommateurs” sont servis,
lorsque l’entreprise ne peut pas servir toute la demande.
Nous considérons que c’est la règle ”efficace” qui s’applique : ce sont les
consommateurs avec la plus forte disposition à payer qui sont servis d’abord
(
e 2 p2 = D p2 − q1 if D p2 ≥ q1 .
D
0 if D p2 < q1
Autre règle possible : la règle ”proportionnelle”
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Résultat du modèle
La résolution de ce modèle conduit au résultat suivant :
Concurrence en prix avec contraintes de capacité
Il existe un équilibre de Nash unique est tel que les firmes fixent le même prix
p∗ = 1 − q1 + q2 .
Conséquence : à l’étape de choix des capacités, les firmes ont un profit brut
égal à :
g
h i
Πi = 1 − qi + qj qi ,
c’est-à-dire ?
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Résultat du modèle
La résolution de ce modèle conduit au résultat suivant :
Concurrence en prix avec contraintes de capacité
Il existe un équilibre de Nash unique est tel que les firmes fixent le même prix
p∗ = 1 − q1 + q2 .
Conséquence : à l’étape de choix des capacités, les firmes ont un profit brut
égal à :
g
h i
Πi = 1 − qi + qj qi ,
c’est-à-dire ? la fonction de profit dans le modèle de Cournot.
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve : préliminaire
Tout d’abord, étant donné que c0 ∈ [3/4, 1], quelle borne supérieure à qi
pouvons-nous trouver ?
Quel est le profit maximum de la firme i ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 21 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve : préliminaire
Tout d’abord, étant donné que c0 ∈ [3/4, 1], quelle borne supérieure à qi
pouvons-nous trouver ?
Quel est le profit maximum de la firme i ?
→ C’est le profit de monopole !
Comme D(p) = 1 − p et c = 0, le prix de monopole est égal à... ?
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve : préliminaire
Tout d’abord, étant donné que c0 ∈ [3/4, 1], quelle borne supérieure à qi
pouvons-nous trouver ?
Quel est le profit maximum de la firme i ?
→ C’est le profit de monopole !
Comme D(p) = 1 − p et c = 0, le prix de monopole est égal à... ? 1/2
et le profit de monopole est donc ... ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 21 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve : préliminaire
Tout d’abord, étant donné que c0 ∈ [3/4, 1], quelle borne supérieure à qi
pouvons-nous trouver ?
Quel est le profit maximum de la firme i ?
→ C’est le profit de monopole !
Comme D(p) = 1 − p et c = 0, le prix de monopole est égal à... ? 1/2
et le profit de monopole est donc ... ? 1/4 − c0 qi
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 21 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve : préliminaire
Tout d’abord, étant donné que c0 ∈ [3/4, 1], quelle borne supérieure à qi
pouvons-nous trouver ?
Quel est le profit maximum de la firme i ?
→ C’est le profit de monopole !
Comme D(p) = 1 − p et c = 0, le prix de monopole est égal à... ? 1/2
et le profit de monopole est donc ... ? 1/4 − c0 qi
donc qi ≤ 1/3 car on doit avoir 1/4 − c0 qi ≥ 0.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 21 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Maintenant, nous montrons que p∗ = 1 − q1 + q2 est un équilibre de Nash.
Remarque : p∗ > c car q1 + q2 < 2/3.
La firme i peut-elle fixer un prix inférieur ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 22 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Maintenant, nous montrons que p∗ = 1 − q1 + q2 est un équilibre de Nash.
Remarque : p∗ > c car q1 + q2 < 2/3.
La firme i peut-elle fixer un prix inférieur ?
Non, elle n’augmenterait pas son profit car elle est au maximum de sa capacité
de production.
→ le mécanisme de concurrence ”à la Bertrand” ne fonctionne pas car les firmes
butent sur leur contrainte de capacité.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 22 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Si la firme i fixe un prix supérieur, p > p∗ ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 23 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Si la firme i fixe un prix supérieur, p > p∗ ?
la firme j est désormais moins chère : elle capture tout marché... dans la
limite de sa capacité
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 23 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Si la firme i fixe un prix supérieur, p > p∗ ?
la firme j est désormais moins chère : elle capture tout marché... dans la
limite de sa capacité
une partie de la demande n’est pas satisfaite : elle est récupérée par la
firme i : on parle de demande résiduelle
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 23 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Si la firme i fixe un prix supérieur, p > p∗ ?
la firme j est désormais moins chère : elle capture tout marché... dans la
limite de sa capacité
une partie de la demande n’est pas satisfaite : elle est récupérée par la
firme i : on parle de demande résiduelle
cette demande résiduelle est égale à 1 − p − qj
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 23 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Si la firme i fixe un prix supérieur, p > p∗ ?
la firme j est désormais moins chère : elle capture tout marché... dans la
limite de sa capacité
une partie de la demande n’est pas satisfaite : elle est récupérée par la
firme i : on parle de demande résiduelle
cette demande résiduelle est égale à 1 − p − qj
la firme i fait donc comme profit :
p 1 − p − qj = 1 − q − qj q.
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’existence
Si la firme i fixe un prix supérieur, p > p∗ ?
la firme j est désormais moins chère : elle capture tout marché... dans la
limite de sa capacité
une partie de la demande n’est pas satisfaite : elle est récupérée par la
firme i : on parle de demande résiduelle
cette demande résiduelle est égale à 1 − p − qj
la firme i fait donc comme profit :
p 1 − p − qj = 1 − q − qj q.
C’est le profit de Cournot ! Il est concave en q et la dérivée en q = qi vaut
1 − 2qi − qj ≥ 0 car qi ≤ 1/3,
donc la valeur optimale de q est q = qi .
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Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat
Preuve de l’unicité
p∗ = 1 − q1 + q2 est l’unique équilibre de Nash.
p1 = p2 = p > P q1 + q2 n’est pas un équilibre car au moins une des firmes
ne produit pas au maximum de sa capacité, elle peut donc baisser son prix.
p1 = p2 = p < P q1 + q2 n’est pas un équilibre. Avec pi = pi + , la firme
vendrait la même quantité (sa capacité) à un prix plus élevé.
p1 < p2 n’est pas faisable, car la firme 1 est incitée à augmenter son prix.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 24 / 42
Concurrence en prix avec contraintes de capacité Résultat plus général
Résultat plus général
On considère un jeu à deux étapes où les firmes choisissent
Dans un premier temps, une capacité de production.
Dans un deuxième temps, un prix (concurrence en prix).
Kreps et Scheinkman (1983) : capacité + prix = quantités
Si la demande est concave et si on utilise comme règle de rationnement la règle
”efficace”, alors l’équilibre de ce jeu à deux étapes est équivalent à l’équilibre
d’un jeu de concurrence en quantité à une étape (concurrence à la Cournot).
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 25 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
Bertrand ou Cournot ?
Quel est le bon modèle ? Bertrand ou Cournot ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 26 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
Bertrand ou Cournot ?
Quel est le bon modèle ? Bertrand ou Cournot ?
Règle informelle (rule of thumb)
Si la capacité de production peut être ajustée facilement, la concurrence à la
Bertrand est une meilleure représentation de la concurrence en duopole. Sinon,
si la capacité s’ajuste difficilement, c’est le modèle de concurrence de Cournot
qui est le plus approprié.
Exemples de marchés où la capacité est difficile à ajuster ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 26 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
Bertrand ou Cournot ?
Quel est le bon modèle ? Bertrand ou Cournot ?
Règle informelle (rule of thumb)
Si la capacité de production peut être ajustée facilement, la concurrence à la
Bertrand est une meilleure représentation de la concurrence en duopole. Sinon,
si la capacité s’ajuste difficilement, c’est le modèle de concurrence de Cournot
qui est le plus approprié.
Exemples de marchés où la capacité est difficile à ajuster ? → marchés de biens
physiques (automobiles, avions, ciment...).
Exemples de marchés où la capacité est facile à ajuster :
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 26 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
Bertrand ou Cournot ?
Quel est le bon modèle ? Bertrand ou Cournot ?
Règle informelle (rule of thumb)
Si la capacité de production peut être ajustée facilement, la concurrence à la
Bertrand est une meilleure représentation de la concurrence en duopole. Sinon,
si la capacité s’ajuste difficilement, c’est le modèle de concurrence de Cournot
qui est le plus approprié.
Exemples de marchés où la capacité est difficile à ajuster ? → marchés de biens
physiques (automobiles, avions, ciment...).
Exemples de marchés où la capacité est facile à ajuster : → marchés de services
(banque, assurance...)...
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 26 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
Bertrand ou Cournot ? L’exemple de l’industrie du
disque
Considérons l’industrie du disque.
On observe une évolution de la distribution de musique enregistrée :
de la vente de CD physiques dans le commerce,
à la vente de fichiers numériques sur des plateformes comme iTunes.
Quel type de concurrence (Cournot, Bertrand) représente le mieux l’ancien
modèle de distribution ? Le nouveau ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 27 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
Bertrand ou Cournot ? L’exemple de l’industrie du
disque
Considérons l’industrie du disque.
On observe une évolution de la distribution de musique enregistrée :
de la vente de CD physiques dans le commerce,
à la vente de fichiers numériques sur des plateformes comme iTunes.
Quel type de concurrence (Cournot, Bertrand) représente le mieux l’ancien
modèle de distribution ? Le nouveau ?
Quelles conséquences peut-on anticiper à ce changement de modèle de con-
currence ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 27 / 42
Concurrence à la Cournot ou à la Bertrand ?
L’impact de la numérisation : Britannica vs Encarta
Britannica : une encyclopédie vieille de 200 ans, 1600 euros pour l’ensemble.
Encarta : produit lancé par Microsoft en 1992 (rachat de Funk et Wagnalls)
à 49,95 dollars/euros
Réponse de Britannica à l’entrée de Microsoft
Encyclopédie en ligne à 2000 euros/an
Chute des ventes de Britannica de 50% entre 1990 et 1996
Encyclopédie en ligne à 120 euros/an
CD pour 200 euros, puis pour moins de 100 euros.
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Cournot avec n firmes
Concurrence à la Cournot avec n firmes
Supposons une demande linéaire, D(p) = 1 − p
n firmes dans le marché se font concurrence par les quantités (à la Cournot)
La fonction de coût de la firme i s’écrit Ci (qi ) = cqi
Quel est le prix d’équilibre ?
Quel est le profit d’équilibre ?
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Cournot avec n firmes
Concurrence à la Cournot avec n firmes
On écrit la fonction de demande inverse, P(Q) = 1 − Q, où
n
X
Q= qi .
i=1
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 30 / 42
Cournot avec n firmes
Concurrence à la Cournot avec n firmes
On écrit la fonction de demande inverse, P(Q) = 1 − Q, où
n
X
Q= qi .
i=1
On écrit la fonction de profit d’une firme i
Πi = (P(Q) − c)qi .
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 30 / 42
Cournot avec n firmes
Concurrence à la Cournot avec n firmes
On écrit la fonction de demande inverse, P(Q) = 1 − Q, où
n
X
Q= qi .
i=1
On écrit la fonction de profit d’une firme i
Πi = (P(Q) − c)qi .
La condition du premier ordre du problème de maximisation s’écrit :
1 − Q − c − qi = 0.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 30 / 42
Cournot avec n firmes
Concurrence à la Cournot avec n firmes
On écrit la fonction de demande inverse, P(Q) = 1 − Q, où
n
X
Q= qi .
i=1
On écrit la fonction de profit d’une firme i
Πi = (P(Q) − c)qi .
La condition du premier ordre du problème de maximisation s’écrit :
1 − Q − c − qi = 0.
On recherche un équilibre symétrique tel que qi = q. On a donc
1−c
q= .
n+1
et
(1 − c)2
Π= .
(n + 1)2
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 30 / 42
Cournot avec n firmes
Concurrence à la Cournot avec n firmes
Le profit d’équilibre s’écrit :
(1 − c)2
Π= .
(n + 1)2
Plus le nombre de firmes est important, plus le profit de Cournot est faible.
Si le nombre de firmes est grand, les firmes ne font quasiment pas de profit.
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Comparaison en termes de pouvoir de marché
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Hypothèses :
Supposons qu’il y ait n firmes.
Même coût marginal de production, c.
On pose Li = (pi − c)/pi l’indice de Lerner pour l’entreprise i.
Comparaison : monopole, Bertrand, Cournot
En monopole, on a ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 32 / 42
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Hypothèses :
Supposons qu’il y ait n firmes.
Même coût marginal de production, c.
On pose Li = (pi − c)/pi l’indice de Lerner pour l’entreprise i.
Comparaison : monopole, Bertrand, Cournot
En monopole, on a ?
1
Li = .
En concurrence à la Bertrand, on a ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 32 / 42
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Hypothèses :
Supposons qu’il y ait n firmes.
Même coût marginal de production, c.
On pose Li = (pi − c)/pi l’indice de Lerner pour l’entreprise i.
Comparaison : monopole, Bertrand, Cournot
En monopole, on a ?
1
. Li =
En concurrence à la Bertrand, on a ? → Li = 0.
En concurrence à la Cournot, on a ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 32 / 42
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Hypothèses :
Supposons qu’il y ait n firmes.
Même coût marginal de production, c.
On pose Li = (pi − c)/pi l’indice de Lerner pour l’entreprise i.
Comparaison : monopole, Bertrand, Cournot
En monopole, on a ?
1
. Li =
En concurrence à la Bertrand, on a ? → Li = 0.
En concurrence à la Cournot, on a ?
αi
Li = , où αi : part de marché de la firme i
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 32 / 42
Comparaison en termes de pouvoir de marché
Preuve
Soit P(Q) la demande inverse, avec Q = q1 + q2 : quantité totale produite
Le profit de la firme i s’écrit alors
P qi + qj − c qi
La CPO (en supposant que la CSO est vérifiée) est :
P qi + qj − c + qi P0 qi + qj = 0,
Elle peut être réécrite comme
P−c qi P0 qi + qj qi P qi + qj Q
0
= − =−
P P Q P
qi Q
= − ,
Q PD0
soit,
αi
Li = .
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Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
Le marché français du haut débit comptait en 2007 environ 17 millions
d’abonnés (plus de 50% des ménages).
Depuis les débuts de l’Internet (bas débit), le marché s’est fortement con-
centré
On comptait alors trois FAI principaux : Orange (49,3%), Neuf Cegetel
(22,6%) et Free (19,7%) = 91,6% du marché (pdm de mi 2007)
Les petits FAI (Bouygues, Darty) avaient une très faible pdm.
Il y a eu aussi des rumeurs de fusion entre Free et Neuf Cegetel en 2007.
Nous allons construire un modèle de concurrence très simple et étudier
les incitations à la fusion pour Free et Neuf Cegetel.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 34 / 42
Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
Considérons pour simplifier que le marché du haut débit comprend 3
firmes
On ignore donc la frange concurrentielle.
On suppose que ces 3 firmes produisent un bien homogène (identique) et
qu’elles se font concurrence par les quantités.
On note qi la quantité de la firme i et Q = q1 + q2 + q3 la quantité totale.
La fonction de demande est D(p) = 50 − p.
Questions :
1 Déterminez l’équilibre de Nash du jeu de concurrence en quantité. Donnez
la quantité produite et le profit d’équilibre de chaque firme.
2 On suppose que les firmes 2 et 3 fusionnent (Free et Neuf) pour donner
une nouvelle entreprise, NF. Recalculez l’équilibre et donnez la quantité
produite et le profit d’équilibre de l’entreprise NF et de l’entreprise 1.
3 Les firmes 2 et 3 ont-elles intérêt à fusionner ? Comment évolue le profit
de la firme 1 ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 35 / 42
Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
1 Déterminez l’équilibre de Nash du jeu de concurrence en quantité. Donnez
la quantité produite et le profit d’équilibre de chaque firme.
La quantité à l’équilibre de Cournot avec n firmes et cette fonction demande
est :
50
q∗ (n) = .
n+1
Le profit de Cournot avec n firmes et cette fonction demande est :
2500
Π∗i (n) = .
(n + 1)2
Donc pour n = 3, on a : q∗ (n) = 50/4 et Π∗i = 2500/16 = 156.25
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 36 / 42
Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
1 On suppose que les firmes 2 et 3 fusionnent (Free et Neuf) pour donner
une nouvelle entreprise, NF. Recalculez l’équilibre et donnez la quantité
produite et le profit d’équilibre de l’entreprise NF et de l’entreprise 1.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 37 / 42
Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
1 On suppose que les firmes 2 et 3 fusionnent (Free et Neuf) pour donner
une nouvelle entreprise, NF. Recalculez l’équilibre et donnez la quantité
produite et le profit d’équilibre de l’entreprise NF et de l’entreprise 1.
On passe d’un oligopole à 3 firmes à un oligopole à 2 firmes
Donc pour n = 2, on a : q∗ (n) = 50/3 et Π∗i = 2500/9 = 277.78
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 37 / 42
Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
1 Les firmes 2 et 3 ont-elles intérêt à fusionner ? Comment évolue le profit
de la firme 1 ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 38 / 42
Une application : les fusions
Fusion sur le marché du haut débit en France
1 Les firmes 2 et 3 ont-elles intérêt à fusionner ? Comment évolue le profit
de la firme 1 ?
Neuf et Free n’ont pas intérêt à fusionner car 277.78 < 156.25 * 2 : leur
profit global diminue !
Par contre, Orange y gagne : 277.78 > 156.25 !
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 38 / 42
Une application : les fusions
Fusion en Cournot
Soit un marché avec n > 1 firmes
Coût marginal constant et identique : c
Demande linéaire : P(Q) = a − bQ
A l’équilibre, on a :
1 (a − c)2
Π∗i (n) = .
b (n + 1)2
En cas de fusion de k firmes, l’industrie ne comprend plus que n − k + 1
firmes
Une fusion est donc rentable si
Π∗i (n − k + 1) ≥ kΠ∗i (n)
Fusion en concurrence à la Cournot
En concurrence à la Cournot, une fusion n’est rentable que si elle concerne au
moins 80% des firmes du marché.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 39 / 42
Une application : les fusions
Fusion en Bertrand
Soit un marché avec n > 1 firmes
Coût marginal constant et identique : c
A l’équilibre, p∗1 = ... = p∗n = c et les profits sont nuls
Si k < n firmes fusionnent, comment l’équilibre est-il modifié ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 40 / 42
Une application : les fusions
Fusion en Bertrand
Soit un marché avec n > 1 firmes
Coût marginal constant et identique : c
A l’équilibre, p∗1 = ... = p∗n = c et les profits sont nuls
Si k < n firmes fusionnent, comment l’équilibre est-il modifié ?
Il est inchangé : le prix reste égal à c et les profits restent nuls
Fusion en concurrence à la Bertrand
En concurrence à la Bertrand, une fusion n’est rentable que si elle concerne
l’ensemble (100%) des firmes du marché.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 40 / 42
Une application : les fusions
Conclusion sur les fusions
Les stratégies de fusion entre entreprises ne peuvent donc pas s’expliquer
uniquement par une motivation de réduction de la concurrence sur le marché.
Autres dimensions pour expliquer des fusions ?
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 41 / 42
Une application : les fusions
Conclusion sur les fusions
Les stratégies de fusion entre entreprises ne peuvent donc pas s’expliquer
uniquement par une motivation de réduction de la concurrence sur le marché.
Autres dimensions pour expliquer des fusions ?
Synergies : réductions de coût...
Obtention d’un rôle de leader (et donc changement de modèle concurren-
tiel : Stackelberg plutôt que Cournot)
Stratégies (effets) de portefeuille : extension de la gamme de produits,
économies d’échelle dans les ventes et dans le marketing, incitations à
faire des ventes liées (par lot).
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 41 / 42
Conclusion
Ce qu’il faut retenir
La concurrence à la Bertrand entre des firmes identiques donne lieu à une
tarification au coût marginal (”Paradoxe de Bertrand”).
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 42 / 42
Conclusion
Ce qu’il faut retenir
La concurrence à la Bertrand entre des firmes identiques donne lieu à une
tarification au coût marginal (”Paradoxe de Bertrand”).
Le paradoxe de Bertrand n’est plus vérifié si l’on prend en compte...
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 42 / 42
Conclusion
Ce qu’il faut retenir
La concurrence à la Bertrand entre des firmes identiques donne lieu à une
tarification au coût marginal (”Paradoxe de Bertrand”).
Le paradoxe de Bertrand n’est plus vérifié si l’on prend en compte...
Si les contraintes de capacité s’ajustent facilement à court terme, il est plus
vraisemblable que les entreprises se fassent concurrence à la Bertrand. Si
les capacités restent fixes à moyen terme, les entreprises se font plutôt
concurrence à la Cournot.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 42 / 42
Conclusion
Ce qu’il faut retenir
La concurrence à la Bertrand entre des firmes identiques donne lieu à une
tarification au coût marginal (”Paradoxe de Bertrand”).
Le paradoxe de Bertrand n’est plus vérifié si l’on prend en compte...
Si les contraintes de capacité s’ajustent facilement à court terme, il est plus
vraisemblable que les entreprises se fassent concurrence à la Bertrand. Si
les capacités restent fixes à moyen terme, les entreprises se font plutôt
concurrence à la Cournot.
Lorsque n firmes se concurrencent à la Cournot, leur profit est inversement
proportionnel au nombre de firmes présentes sur le marché.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 42 / 42
Conclusion
Ce qu’il faut retenir
La concurrence à la Bertrand entre des firmes identiques donne lieu à une
tarification au coût marginal (”Paradoxe de Bertrand”).
Le paradoxe de Bertrand n’est plus vérifié si l’on prend en compte...
Si les contraintes de capacité s’ajustent facilement à court terme, il est plus
vraisemblable que les entreprises se fassent concurrence à la Bertrand. Si
les capacités restent fixes à moyen terme, les entreprises se font plutôt
concurrence à la Cournot.
Lorsque n firmes se concurrencent à la Cournot, leur profit est inversement
proportionnel au nombre de firmes présentes sur le marché.
Une fusion n’est pas toujours rentable en concurrence à la Cournot ; il
faut 80% des firmes du marché. En Bertrand, il faut 100% des firmes du
marché. Les fusions ne s’expliquent pas simplement par une réduction de
la concurrence.
MB-MV (TPT-Univ. ParisOuest) Cours 02 : L’oligopole 42 / 42