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OBÉ-DUO
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#OBEDUO
4 MARS JOURNÉE MONDIALE
2022 DE L’OBÉSITÉ
OBÉ-DUO
L’OBÉSITÉ
DÉFINITION
L’obésité correspond
à un excès de masse grasse
et à une modification
du tissu adipeux,
entraînant des
inconvénients pour
la santé et pouvant réduire
l’espérance de vie.
Près d’un Français sur deux (47 %) est soit en surpoids, soit en situation d’obésité.
À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’obésité, le 4 mars 2022, la revue
Nutritions et endocrinologie lance Obé-Duo, un dialogue autour de l’obésité.
En mobilisant les expériences et les savoirs de ceux qui la soignent, la vivent ou l’ont
vécue que ce soit au quotidien comme au sein des structures spécialisées.
Obé-Duo c’est un échange mensuel entre professionnels de santé et patients autour
d’un thème en rapport avec l’obésité. Ce mois-ci, nos experts se retrouvent autour de la
stigmatisation.
Le dialogue s’effectue en deux temps. Tout d’abord, un patient et un professionnel de
santé vont échanger pour mettre en avant les mots et représentations qu’ils associent
au thème. Au cours d’une interview, ils vont argumenter leurs choix pour finir par faire
ressortir 4 mots. Puis, ces mots seront décortiqués et soumis à l’analyse d’un(e) psycho-
logue et d’un(e) linguiste. Parce que pour sortir des idées reçues, des formules toutes
faites qui emprisonnent les personnes atteintes d’obésité dans notre société il faut
d’ores et déjà sortir des carcans de la langue et du langage et s’ouvrir à l’autre... ce
qui passe aussi par l’utilisation d’un vocabulaire adapté.
Parler de la maladie obésité pour faire évoluer les modes de pensées,
les approches et changer les choses.
#OBEDUO
LE THÈME DE...
MARS
S T I G M AT I S AT I O N
DÉFINITION
Imprimer sur le corps
de quelqu’un — NOS EXPERT(E)S —
une marque indélébile
à titre de châtiment. OLIVIER TYRBAS
DE CHAMBERET auteur du
Jadis, on stigmatisait Guide pratique pour la chirurgie
au fer rouge les de l’obésité. parcours pré-op &
premières années
condamnés. Historiquement, le mot vient du
latin stigma, stigmatis (“stigmate”),
lui-même emprunté au grec ancien stigma : marquer
au fer rouge quelqu’un. En France, cela a longtemps
été une réponse judicaire en exposant les condamnés
dans un carcan (un collier en fer) avec un écriteau présentant la faute du justiciable. Les plus vieux se souvi-
ennent du bonnet d’âne et d’être placé au piquet. C’est la même idée.
RUDY CAILLET praticien Hospitalier Hôpitaux Civils de Colmar
La stigmatisation responsabilise la personne en situation d’obésité, dans le sens où si elle est
ainsi en surpoids c’est de sa responsabilité, entendez de sa “faute”... Parce que, dans notre socié-
té, on est dans l’idée que l’on PEUT gérer son poids. Du coup, les personnes en situation d’obé-
sité ont souvent honte de ne pas avoir su gérer ce problème (de poids) par elles-mêmes.
CATHERINE GRANGEARD autrice, psychanalyste, psychologue, psychosociologue
spécialiste de l’obésité
Les mots n’ont pas seulement une signification que le dictionnaire fournit. Ils ont aussi un
sens personnel, lié à chacun, chacune. C’est le poids des mots, certains sont chargés, durs et
d’autres sont doux, Christophe les a même chantés bleus. Les mots dits changent encore se-
lon le ton avec lequel ils sont prononcés. Chaque être humain ayant une histoire, une singu-
larité, bien évidemment généraliser le sens serait trompeur. La thérapie par la parole qu’est la
psychanalyse nous mène à considérer l’importance des mots dans la vie de tout un chacun.
CAROLE LAILLER docteur en sciences du langage
Parce qu’elles laissent une trace indélébile, plus souvent piqûres de rappel d’une plaie
à peine cicatrisée que marques d’infamie tatouées au fer rouge, les stigmates, qui ne
se disent qu’au pluriel, n’ont rien de miraculeux quand elles sont le fruit du regard
d’autrui qui condamne. Elles entraînent alors le cercle bien plus vicieux que vertueux
de l’excès, de la honte qui conduit à l’isolement et à l’incompréhension.
1 THÈME : 4 MOTS
EXCÈS HONTE ISOLEMENT INCOMPRÉHENSION
#OBEDUO
S T I G M AT I S AT I O N
— L’INTERVIEW —
“LA STIGAMTISATION INDUIT
& DU DÉPLAISIR ALIMENTAIRE
ET DU MAL-ÊTRE”
GOURMANDISE/EXCÈS = CULPABILITÉ
R.C. : Le fait de se nourrir est une réponse à des besoins, autant physiologiques qu’émotionnels. L’interdit
et le déplaisir alimentaire sont des conséquences de la stigmatisation du surpoids. Ils peuvent induire
des troubles des conduites alimentaires et aggraver le surpoids quel qu’en soit le stade. Il est nécessaire
de travailler dessus.
O.T. : S’arrêter de manger est naturel, sauf pour les patients en situation d’obésité. Ils se sentent donc
d’autant plus coupables, que pour les autres c’est une évidence. Alors, ils se construisent une barrière
d’interdits. On doit faire évoluer ce sentiment de culpabilité en combattant la stigmatisation.
HONTE
R.C. : Le regard que porte la société ainsi parfois que les proches qui n’ont pas toute la compréhension
des mécanismes de l’obésité, ou des situations qui peuvent avoir été très mal vécues peuvent induire ce
sentiment très fort et douloureux, pour longtemps. Une aide ou un soutien psychologique font partie
parfois du chemin pour en sortir.
O.T. : Comme appréhender qu’un instinct pour les uns est une construction complexe fondée sur des
interdits inhumains pour d’autres. Un fort sentiment de honte et d’échec apparaît. Seul, il est difficile de
sortir de cette spirale toxique.
ISOLEMENT
R.C. : Ce carcan de la vision du surpoids discrimine l’individu, et son intégration par la personne elle-même
renforce cet isolement comme une auto-éviction, parfois pour éviter le sentiment de honte justement.
Pour autant, des structures et des spécialistes du soin et du traitement de l’obésité sont accessibles et
peuvent améliorer le vécu et aider à retrouver une vie sociale.
O.T. : Oui, bien sûr. Encore faut-il que les patients sachent que cela existe. Ce que je constate c’est
que pour de nombreux malades, ils n’ont pas conscience d’être malade d’une part, et ils sont bloqués
(souvent à cause de cette stigmatisation) sur cet accès au soin. Je ne veux pas me faire humilier. C’est
particulièrement vrai pour les nutritionnistes, que l’on est tenté de fuir, parce que leurs recommandations
ne sont pas audibles.
INCOMPRÉHENSION
R.C. : Souvent l’évolution du poids est mystérieuse pour l’individu, et aussi incomprise par les proches ou
le monde médical du fait d’une méconnaissance de la complexité de l’obésité qui fait le lit des préjugés
et de la stigmatisation. L’information de la personne en situation d’obésité, mais aussi à grande échelle
du public et la formation des professionnels de santé à la mécanique du surpoids doit mener à le
considérer comme une maladie chronique. C’est de la responsabilité des spécialistes de l’obésité et des
pouvoirs publics.
O.T. : Oui. J’ai trouvé une grande méconnaissance des mécaniques de notre maladie avec des réflexes
toxiques. Et je ne parle même pas de la compréhension basique du fonctionnement de l’estomac
indispensable pour les opérés en chirurgie bariatrique. Tout cela n’est pas simple, et il reste encore trop
de choses à découvrir. La ghréline (l’hormone de la faim) n’a été découverte que en 1999, hier donc !
Donc oui, l’incompréhension est à l’origine de la stigmatisation.
“ L’information de la personne en situation d’obésité, mais
aussi à grande échelle du public et la formation
des professionnels de santé à la mécanique du surpoids
doit mener à le considérer comme une maladie chronique.
C’est de la responsabilité des spécialistes de l’obésité et
des pouvoirs publics. ”
RETROUVEZ LE PODCAST DE L’INTERVIEW
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— NOS EXPERT(E)S —
telles blessures ; c’est-à-dire, de les penser.
CATHERINE La honte est un classique dans la problématique de
GRANGEARD l’excès de poids. Les représentations sociales sont dé-
autrice, psychanalyste, psychologue, favorables aux personnes en obésité. Elles les dévalo-
psychosociologue spécialiste de l’obésité risent et malheureusement elles sont rapidement in-
tégrées par les personnes elles-mêmes. Voilà ce dont
il faut commencer par prendre conscience. Comme
EXCÈS. Il existe toutes sortes d’excès, de diverses na- nous le savons, la prise de conscience rime avec la dis-
tures. Tous sont condamnés. Ce qui dépasse doit être tance. Pour que la honte s’estompe c’est une phase
ramené à des proportions acceptables (et variables indispensable.
d’ailleurs faut-il d’ores-et-déjà souligner). Il existe des
exceptions à ces règles, des temps d’orgies tolérés, so- INCOMPRÉHENSION. L’incompréhension naît de
cialement acceptés. Le carnaval en est un exemple. multiples situations où les intentions sont mal inter-
Les banquets, un autre. prétées. C’est-à-dire interprétées en partant du psy-
Quelles causes se cachent derrière cette permanence chisme de la personne qui reçoit et non de celle qui
de la tentation de l’excès ? On avance une carence, la émet. Incompréhension de ce que l’on attend de nous,
peur du manque, le besoin de transgresser, de dépas- des situations, d’autrui. Comprendre, c’est prendre
ser des limites. La conscience de ce qui doit être fait avec soi, en soi. C’est très physique. Ce qui explique
et de ce qui ne doit pas l’être une fois établie, ce sont que l’incompréhension puisse se traduire physique-
des “raisons pas raisonnables” qui parfois s’emparent ment, par exemple accompagnée d’une nécessité
des êtres humains, plus ou moins intensément, plus impérieuse, furieuse de compensation, de protection
ou moins régulièrement. Le cycle “privation, frustra- et autres. L’étrangeté se ressent parfois en soi. “Je ne
tion, transgression” est repéré lors de l’écoute des ra- me comprends pas moi-même” est un ressenti dont
tés des régimes. Vivre sous contrainte n’est pas une nous avons toutes et tous fait l’expérience. Une force
destinée humaine enviable. obscure semble s’être emparée de nous. Je la nom-
Que fait-on du principe de plaisir dans les prescrip- merai “notre inconscient”. Derrière le refoulement
tions ? Si on l’ignore, la déliaison entre les principes de font irruption des manifestations de l’inconscient qui
plaisir et de réalité engendre des excès voire des ac- demandent une interprétation pour être compré-
cès de boulimie. C’est la faim sans fin. Il ne s’agit pas hensibles, moins angoissantes parfois. Il n’y a pas de
d’une faim physique, biologique bien sûr. Nous, psy- fatalité à l’incompréhension, il y a des efforts à fournir
chanalystes, sommes indéniablement là dans notre pour la rendre intelligible. Cela se fait des deux côtés,
élément : cette faim psychique utilise le corps pour à la fois du côté de l’émetteur qui peut reformuler son
se satisfaire ou s’apaiser tout au moins. C’est le but re- message et du côté du récepteur qui peut chercher
cherché. Quand on parle d’excès, toutes les nuances à comprendre et acquérir des éléments de connais-
existent. L’ampleur de l’excès est très personnelle. On sances. En disant simplement que l’on ne comprend
porte un regard différent sur le(s) sien(s) et ceux des pas, des éclaircissements peuvent suffire à dissiper le
autres, parfois plus sévère parfois moins. C’est relatif malentendu voire le malaise.
à une norme elle-même à la fois objective et subjec-
tive. Ce qui complique évidemment l’évaluation ! En ISOLEMENT. Ce qui fait souffrir ce n’est pas l’isolement
conclusion, une excellente ligne de conduite pourrait mais le sentiment d’isolement. C’est surtout le cas
être jamais trop, toujours assez. lorsque qu’il est imposé, contraint. Si une personne
rêve de contacts et que sa vie n’est pas à la hauteur
HONTE. “J’ai envie de me cacher dans un trou de sou- de ces rêves alors la difficulté d’accepter la réalité dé-
ris” est une expression que j’entends régulièrement pendra de sa personnalité, de ses ressources internes.
dans mon cabinet. Elle donne un excellent aperçu de L’isolement, c’est la solitude subie. Il faut bien com-
ce qui est ressenti. L’envie de disparaître submerge le prendre la différence. C’est subir qui pose problème.
sujet et lui coupe tous ses moyens. Qui n’a pas connu L’isolement social qui pèse sur certaines catégories
la honte ? C’est une émotion largement répandue et de personnes est la plupart du temps mal vécu. Parce
douloureuse. La honte ne dure pas, mais elle peut qu’il est le plus souvent involontaire, nous l’avons déjà
être destructrice. Mort(e) de honte est une autre ex- souligné et parce qu’il est une résultante de discri-
pression qui donne une idée de l’ampleur des dégâts minations par exemple. Être paria n’est pas un sort
psychiques. C’est une humiliation, une vraie tragédie enviable. L’incompréhension accompagne souvent le
qui rabaisse parfois durablement. Distinguer la honte ressenti d’impuissance. Les discriminations induisent
pathologique de la honte comme signal d’alarme est un sentiment d’isolement mais aussi d’injustice. La
indispensable, même si elle est parfois masquée par grossophobie isole socialement les personnes en
d’autres ressentis, comme la colère, la haine ou la ré- obésité. Il ne s’agit pas forcément d’un isolement phy-
signation. Il est normal d’avoir honte devant certains sique mais d’un isolement à l’égard de la désirabilité.
actes que l’on pose. Cela permet de s’arrêter parfois L’isolement ressenti, c’est on ne veut pas de moi. En
à temps. Lorsque l’estime de soi est menacée, c’est la faisant entrer le mot grossophobie dans le diction-
honte plutôt que la culpabilité qui en résulte. Or, l’es- naire en 2018, l’isolement des Gros en est-il moins
time de soi dépend essentiellement de la qualité du intense ? Cette discrimination est enfin reconnue. Les
narcissisme du sujet. Quand on parle de narcissisme, personnes qui en sont victimes peuvent s’appuyer
on fait référence à une étape dans le développement, sur la reconnaissance de l’injustice et l’illégalité des
un investissement du Moi qui fait que l’on se traite bien. discriminations est reconnue par la loi. Ainsi sortir de
Un bon narcissisme est donc nécessaire. l’isolement devient moins compliqué même si lutter
Les vexations forment le lot commun des obèses qui contre des normes reste difficile.
énoncent les railleries, les regards moqueurs et désap- Pour conclure, nous voyons comment l’isolement est
probateurs tant des enfants que des adultes. Long- à la fois vécu à un niveau individuel, très intime et en
temps ils ont “fait avec”, jusqu’à ce que la douleur soit même temps à un niveau social et collectif. C’est un
trop forte ou que cette image d’eux-mêmes leur de- bel exemple d’une interaction possible pour résoudre
vienne si insupportable qu’ils décident de panser de certaines souffrances.
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— NOS EXPERT(E)S —
CAROLE
LAILLER
Docteur en sciences du langage
Excès puisqu’il n’y a pas de honte à avouer ses faiblesses
••∙> S
i ce nom commun nous invite, dès ses origines - pour paraphraser Sainte-Beuve - honte à nous d’être
(excessus en latin dit tout aussi bien la sortie sans honte !
d’une vie que l’éloignement sans retour) à sortir,
pire à digresser ou à dépasser les limites impo- Isolement
sées, il raconte aussi l’excédent, la surcharge. De ••∙> P
arce qu’il évite toute forme de contagion, l’isole-
l’excès de bonne chair à la surcharge pondérale, ment reste salutaire pour les membres de la com-
il n’y a alors plus qu’un pas, sévèrement jugé par munauté : il est celui qui nous pousse à retrancher
nos semblables. Ainsi, il convient, tel un ascète, de le possible malade, voyageur pas toujours mas-
vivre et consommer avec modération, sans excès qué, sur une île, loin des autres, sans lui offrir de
donc. Tout est histoire d’équilibre et de balance contact (ni en faire de cas d’ailleurs) avec le reste
me direz-vous… du monde. Le reclus, une fois sorti de cette pé-
riode d’isolement, qui doit être complet pour être
L’excès, qu’il soit de vitesse, de colère ou de jalousie pleinement validé, recouvrera la santé en même
semble s’obstiner à n’être qu’une sortie de soi-même temps que tous ses droits et son statut d’apparte-
qui demeure invariablement une sortie de route. La nance. Et si isoler du froid ou du bruit semble être
condamnation reste de mise et il n’y a plus guère la meilleure des entreprises pour tout un chacun,
de place que pour le zèle dans cette affaire. Mais s’isoler du monde ne présage rien de bon. Lorsqu’il
là encore, il en va de quelque chose en trop, d’une devient social, l’isolement ne nous transporte plus
ardeur un peu débordante. L’excès ne semble donc sur une île paradisiaque mais bel et bien dans un
pouvoir n’être qu’exceptionnel et conduit à rentrer désert aussi dangereux que douloureux.
bien vite dans le droit chemin, presque honteux de
ce faux pas. Et s’il est de bon ton d’aimer sans me- Pour autant, il peut être choisi par le penseur pour
sure, apprenons tout de même à raison garder pour mieux se retrouver. Il peut même être clamé par le
mieux faire bonne mesure, évidemment ! poète pour mieux exhaler son romantisme éche-
velé : qui ne s’est jamais rêvé seul sur son île face à
Honte la mer en furie ? Mais qu’en est-il lorsqu’il est subi,
••∙> L
e proverbe anglais du très noble Ordre de la lorsque la solitude devient plus assourdissante que
Jarretière, en français dans le texte s’il vous plaît, la mer elle-même ? Il convient alors de le rompre,
nous invite à jeter l’opprobre sur celui qui prête cet isolement, comme le pain entre compagnons
un caractère répréhensible à un acte dont l’in- de route, pour mieux retrouver des heures char-
tention était pourtant innocente mais dont les mantes !
conséquences restent délicates… Honni soit qui
mal y pense trahit par conséquent tout le mépris, Incompréhension
toute la honte, tout le déshonneur (jugez un peu ••∙> L
orsque, dans un cadre souvent scolaire, elle se
de la richesse de ce vocabulaire pour le moins dé- décline à l’oral comme à l’écrit, la compréhen-
préciatif) qu’on peut accorder à celui qui, une fois sion est le signe d’une communication réussie.
encore, transgresse, c’est-à-dire sort de la norme. Le raisonnement englobe alors dans une bras-
sée, fleurie ou non, tous les pensées et fonction-
Alors même si, de nos jours, cette expression est nements utiles qui prouvent notre clairvoyance,
utilisée à des fins ironiques comme pour mieux notre intelligence. Pourtant, quand on fait preuve
souligner la mauvaise intention de quelqu’un qui de compréhension, on quitte l’enquête cognitive
feint l’innocence pour avoir, sans doute, encore et parsemée d’indices pour mieux entrer dans l’uni-
toujours, les mains pleines, on ne peut que consta- vers de la tolérance, du regard bienveillant posé
ter qu’il y va d’une imperfection condamnable. Le sur l’autre, toujours un peu alter ego.
scandale se doit d’être caché, sous le tapis ou ail-
leurs, sous peine de se voir exclu du groupe. Point Alors lorsqu’elle est niée, empêchée comme le sou-
de porte d’entrée mais bel et bien une porte de sor- ligne ce préfixe ô combien privatif, la bienveillance
tie, si petite soit-elle... La honte demeure singulière, s’efface et l’indifférence voire le mépris (encore lui)
elle n’aime guère le pluriel et se vit dans la solitude. s’insinuent de part et d’autre dans l’échange. Et
Elle se jette autant qu’elle s’essuie, toujours plus avant qu’elle ne soit totale et nous plonge dans des
vite, pour mieux essayer de l’oublier. Mais s’il n’y a abîmes et fossés au climat hostile, voire dresse un
pas de honte à rougir de plaisir, devrait-on la boire mur infranchissable, l’incompréhension doit être
toute entière, cette honte, pour ne plus en éprou- levée à la source. Il en va d’un effort mutuel, l’ego
ver de gêne ? Dans ce cas, trinquons ensemble. Et retrouve son alter !
“La honte demeure singulière,
elle n’aime guère le pluriel et
se vit dans la solitude.”
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AGISSONS CONTRE
L A STIGMATISATION !
#EXCÈS #HONTE
#ISOLEMENT #INCOMPRÉHENSION
4 MARS 2022
JOURNÉE MONDIALE
DE L’OBÉSITÉ
“TOUT LE MONDE DOIT AGIR.”
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