0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
247 vues108 pages

TH4759

Transféré par

Hicham Cherbal
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
247 vues108 pages

TH4759

Transféré par

Hicham Cherbal
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

N° d’ordre : 05/2007-M/G.M.

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPLAIRE


MINISTERE D’ENSEIGNEMENT SUPERIEURE ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE TECHNOLOGIE
« HOUARI BOUMEDIEN »
FACULTE DE Génie Mécanique et Génie des Procédés

MEMOIRE
Présenté pour l’obtention du diplôme de MAGISTER :
En Génie Mécanique
Spécialité : Processus de Transport dans les Milieux Poreux
Par : TIZI OUGDAL Djamel
Sujet

Amélioration des performances d’un échangeur de


chaleur par insertion des ailettes poreuses

Soutenu le 10/04/2007, devant le jury composé de :

Mr S. CHIKH Professeur, USTHB Président


Melle H. KAHALERRAS Maître de Conférences, USTHB Directeur de thèse
Mr A. BOUMEDIENE Professeur, USTHB Examinateur
Mr R. KIBBOUA Maître de Conférences, USTHB Examinateur
Résumé

Le présent travail est une étude expérimentale de l’amélioration des performances


d’un échangeur de chaleur par utilisation d’ailettes poreuses. Les expériences ont été
effectuées dans un banc d’essai réalisé à cet effet. Il est constitué de deux tubes concentriques
dans lesquels circulent les fluides chaud et froid. Un milieu poreux sous forme d’ailettes est
placé le long du tube interne du côté de l’espace annulaire. L’influence de certains paramètres
pertinents tels que le rapport des débits, l’épaisseur et l’espacement des ailettes poreuses, la
dimension des pores ainsi que la configuration géométrique de ces structures (ailettes
transversales ou longitudinales) a été examinée.
Les mesures des températures (entrée/sortie) de chaque fluide ainsi que les chutes de
pression ont permis de conclure que l’utilisation des ailettes poreuses peut améliorer
l’efficacité de l’échangeur de chaleur par rapport au cas fluide et couche poreuse et que le
taux d’amélioration dépendait fortement des paramètres cités auparavant.

Abstract

This work is an experimental analysis of double pipe heat exchanger performance


by use of porous fins. The experiments were carried out in test bench realized especially for
this study. The cold water, as working fluid, flow through the annular space which is fitted
with porous fins and the hot water flow in the inner tube. The effects of several pertinent
factors such as flow rates ratio, porous fins thickness and spacing, porosity and geometrical
configuration (transversal and longitudinal porous fins) were analyzed.
The experimental measurements such as inlet/outlet temperature of working fluids
and pressure drop show that the use of porous fins can enhance the heat exchanger efficiency
in comparison to the fluid and porous layer cases. Moreover, the enhancement rate depends
deeply on the parameters cited above.
Remerciements

Ce travail a été réalisé au sein du laboratoire de transports polyphasiques et milieu

poreux (USTHB) sous la direction de Mademoiselle H. Kahalerras maître de conférence à

L’USTHB que j’adresse mes profonds remerciements pour l'aide compétente qu'elle m'a

apportée, pour sa patience et son encouragement. Son oeil critique m'a été très précieux pour

structurer le travail et pour améliorer la qualité des différentes sections.

Je remercie M. S. Cheikh, professeur à l’USTHB, pour m’avoir fait l’honneur de

présider le jury, M. A. Boumediene, professeur à l’USTHB et M. R. Kibboua, maître de

conférence à l’USTHB, pour avoir accepter de participer au jury.

Je voudrais remercie également Madame K. Bouhadef directrice du laboratoire de

Processus de transports polyphasiques et milieux poreux pour m'avoir permis de réaliser ce

travail au sein du laboratoire.

Je remercie tous les chercheurs, enseignants et membres du personnel du laboratoire

LTPMP pour leur amitié et leur aide.

D'autres personnes m'ont encouragé à finir ce travail par des gestes d'amitié dont je

suis reconnaissant et qu’ils trouvent ici le témoignage de mon estime. Je citerais en

particulier le nom de M. M. Ali-bey


Dédicaces

Grandir auprès de parents qui respirent la tolérance, le respect et incitent à

l’entraide ne pouvait que me destiner à l’étude de l’entraide par les pairs. En témoignage

d’affection, j’offre ce modeste travail :

A mes très chers parents qui m'ont soutenu et encouragé durant toutes ces années et les

remercie du fond du coeur.

A mes frères

Boulem, Madjid, Salah et leurs petites familles.

A mes sœurs

Taous, Zineb, Fatiha et leurs petites familles.

A tous ceux qui me sont chers.


Sommaire
Résumé
Nomenclature
Introduction générale

Chapitre 1
Généralités sur les échangeurs de chaleur et milieux poreux

Introduction
1.1 Echangeurs de chaleur 3
1.1.1 Définition 3
1.1.2 Types d’échangeurs de chaleur 4
[Link] Echangeurs tubulaires 4
[Link] Echangeurs à plaques 10
1.1.3 Performance d’un échangeur de chaleur 19
[Link] Méthode DTLM 19
[Link] Méthode NUT 20
1.1.4 Techniques d’amélioration du transfert de chaleur dans un échangeur 21
[Link] Techniques passives 21
[Link] Techniques actives 22
1.2 Milieux poreux 23
1.2.1 Définition 23
1.2.2 Caractéristiques des milieux poreux 24
1.2.3 Paramètres géométriques 24
1.2.4 Paramètres thermo-physiques 27
1.2.5 Modèles d’écoulement dans les milieux poreux 28
[Link] Modèle de Darcy 28
[Link] Modèle de Darcy-Forchheimer 29
[Link] Modèle de Darcy-Brinkman 29
[Link] Modèle général 29
1.2.6 Transfert de chaleur dans les milieux poreux 30
Conclusion 31

Chapitre 2
Recherche bibliographique
Introduction 32
2.1 Utilisation d’ailettes solides 32
2.2 Utilisation de couches poreuses 35
2.3 Utilisation d’ailettes et chicanes poreuses 38
Conclusion 41
Chapitre 3
Expérimentation
Introduction 42
3.1 Description du banc d’essai 42
3.1.1 Echangeur de chaleur 44
3.1.2 Bac d’eau chaude 48
3.1.3 Le système de chauffage et de régulation de la température de l’eau chaude 49
3.1.4 Ailettes poreuses 54
3.1.5 Instruments de mesure 56
3.2 Protocole expérimental 59
3.2.1 Configurations étudiées 59
[Link] Cas fluide 60
[Link] Couche poreuse 60
[Link] Configuration en ailettes transversales 60
[Link] Configuration en ailettes longitudinales 60
[Link] Dimension des pores 60
3.2.2 Procédure expérimentale 60
3.3 Traitement des données 62
3.3.1 Efficacité de l’échangeur de chaleur 62
3.3.2 Rapport des débits 62
3.3.3 Chute de pression 63
3.3.4 Taux d’amélioration de l’efficacité 63
3.4 Estimation des erreurs 63
Conclusion 65

Chapitre 4
Résultats et interprétations
Introduction 66
4.1 Effet du rapport des débits 66
4.2 Effet de l’épaisseur 69
4.3 Effet de l’espacement 75
4.4 Effet de la dimension des pores 79
4.5 Effet de la configuration géométrique 84
4.5.1 Comparaison à volume constant 85
4.5.2 Comparaison à volume variable 87
Conclusion 89

Conclusion générale
Annexes
Liste des figures

Figure Titre Page


Figure 1.1 Schéma simplifié d’un échangeur 3
Figure 1.2 Echangeur de chaleur monotube 4
Figure 1.3 Echangeur de chaleur coaxial cintré 4
Figure 1.4 Echangeur de chaleur à tubes séparés 5
Figure 1.5 Echangeur de chaleur à tubes rapprochés 5
Figure 1.6 Echangeur de chaleur à tubes ailettés 5
Figure 1.7 Echangeur de chaleur à tubes et calandre 6
Figure 1.8 Ailettes transversales 7
Figure 1.9 Ailettes indépendantes annulaires ou spirales 7
Figure 1.10 Ailettes longitudinales 8
Figure 1.11 Echangeurs de chaleur à tubes et calandre 9
Figure 1.12 Divers constituants d’un échangeur de chaleur TEMA type AEL 10
Figure 1.13 Différentes géométries de plaques d’échangeurs à surface primaire 11
Figure 1.14 Echangeur à plaques et joints 12
Figure 1.15 Plaques à cannelures droites ou à chevrons 13
Figure 1.16 Echangeur de chaleur Platulaire. (doc. Barriquand) 14
Figure 1.17 Echangeur de chaleur Compabloc. (doc Vicarb) 15
Figure 1.18 Echangeur de chaleur Packinox. (Doc. Packinox) 15
Figure 1.19 Echangeur de chaleur lamellaire. (doc Alfa-Laval) 16
Figure 1.20 Echangeur à spirale. (doc. Spirec) 17
Figure 1.21 Echangeur de chaleur brasé. (doc. Alfa-Laval) 17
Figure 1.22 Echangeur de chaleur à plaques brasées 18
Figure 1.23 Exemples de milieux poreux 23
Figure 1.24 Volume élémentaire représentatif 24
Figure 1.25 Schéma explicatif de la notion de tortuosité 27
Figure 3.1 Dispositif expérimental. 42
Figure 3.2 Schéma du dispositif expérimental 43
Figure 3.3 Echangeur de chaleur 44
Figure 3.4 Configuration de l’écoulement 45
Figure 3.5 Eléments d’isolation 46
Figure 3.6 Bac d’eau chaude 48
Figure 3.7 Résistance électrique 49
Figure 3.8 Contrôleur de température. 49
Figure 3.9 Contacteur 51
Figure 3.10 Schéma électrique de l’installation 51
Figure 3.11 Boîtier de l’installation électrique 52
Figure 3.12 Pompe électrique 53
Figure 3.13 Ailettes poreuses transversales 54
Figure 3.14 Ailettes poreuses longitudinales 55
Figure 3.15 Thermocouple type K. 56
Figure 3.16 Thermomètre 57
Figure 3.17 Débitmètre à flotteur 58
Figure 3.18 Tube en U 59
Figure 3.19 Procédure expérimentale 61
Figure 4.1 Effet du rapport des débits sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur 67
Figure 4.2 Effet du rapport des débits sur le taux d’amélioration de l’efficacité 68
Figure 4.3 Effet du rapport des débits sur la chute de pression 69
Figure 4.4 Effet de l’épaisseur des ailettes poreuses sur l’efficacité de l’échangeur 73
Figure 4.5 Effet de l’épaisseur sur le taux d’amélioration de l’efficacité 74
Figure 4.6 Effet de l’épaisseur des ailettes poreuses sur la chute de pression 75
Figure 4.7 Effet de l’espacement entre ailettes sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur 77
Figure 4.8 Effet de l’espacement entre ailettes sur le taux d’amélioration de l’efficacité 78
Figure 4.9 Effet de l’espacement entre ailettes sur la chute de pression 79
Figure 4.10 Effet de la dimension des pores sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur 81
Figure 4.11 Effet de la dimension des pores sur le taux d’amélioration de l’efficacité 83
Figure 4.12 Effet de la dimension des pores sur la chute de pression 84
Figure 4.13 Effet de la configuration géométrique sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur : 86
comparaison à volume constant
Figure 4.14 Effet de la configuration géométrique sur la chute de pression : comparaison à 87
volume constant.
Figure 4.15 Effet de la configuration géométrique sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur : 88
comparaison à volume variable

Liste des tableaux

Tableau Titre Page


Tableau 1.1 Porosités de quelques matériaux 25
Tableau 1.2 Perméabilités de quelques matériaux 26
Tableau 3.1 Puissance de la pompe en fonction de la vitesse de rotation 53
Tableau 3.2 Nombre d’ailettes utilisées pour chaque espacement 54
Tableau 3.3 Caractéristiques des thermocouples de type K 56
Nomenclature

Symbole Signification Unité


A Surface d’échange m²
AL Ailettes longitudinales -
AT* Ailettes transversales espacées d’une distance * exprimée en cm -
C Coefficient de Kozeny ou d’Ergun -
Cp Capacité calorifique du fluide à pression constant J/kg.k
CP Couche poreuse -
C& C Débit capacité thermique du fluide chaud W/K
C& f Débit capacité thermique du fluide froid W/K

Dh Diamètre hydraulique mm
dp Dimension des pores mm
∆P Chute de pression mmH2O
dp/dx Gradient de pression Pa/m
E Efficacité de l’échangeur -
g Accélération de la pesanteur m/s²
hp Epaisseur des ailettes cm
Hp Epaisseur adimensionnelle des ailettes -
K Perméabilité m²
k Conductivité thermique W/m.°C
kd Conductivité thermique dynamique W/m.°C
ke Conductivité thermique effective W/m.°C
kf Conductivité thermique de la phase fluide W/m.°C
kT Conductivité thermique stagnante W/m.°C
L Longueur m
Lm Longueur moyenne m
m& Débit massique kg/s
Q Flux de chaleur W
Qc Débit volumique du fluide chaud l/min
Qf Débit volumique du fluide froid l/min
Rd Rapport des débits -
re Rayon du tube extérieur mm
ri Rayon du tube intérieur mm
s Espacement entre ailettes cm
T Température de l’eau °C
TAE Taux d’amélioration de l’efficacité -
U Coefficient de transfert global W/m².°C
uD Vitesse Darcienne m/s
Vp Volume des pores m3
Vs Volume de la matrice solide m3
Vt Volume total du milieu poreux m3
wp Largeur des ailettes cm
Symboles grecs

Symbole Signification Unité


ε Porosité -
φ Fraction volumique de solide -
µ Viscosité dynamique du fluide kg/m.s
µe Viscosité dynamique effective du fluide kg/m.s
τ Tortuosité -
ρ Masse volumique kg/m3

Indices

Symbole Signification
c Chaud
e Entrée
f Froid ou fluide
F Pores à faible dimension
G Pores à grande dimension
M Pores à dimension moyenne
P Poreux
s Sortie
Introduction générale

Introduction Générale

Une grande part de l’énergie thermique utilisée dans les procédés industriels transite
au moins une fois par un échangeur de chaleur, ce qu’il lui procure une place importante pour
la maîtrise de l’énergie. Leur domaine d’utilisation est très vaste, c’est ainsi qu’on les retrouve
dans les secteurs de l’industrie (chimie, pétrochimie, sidérurgie, agroalimentaire, production
d’énergie, etc.), du transport (automobile, aéronautique) ainsi que dans le secteur résidentiel et
tertiaire (chauffage, climatisation, etc.).

Un bon échangeur de chaleur, caractérisé par son rendement élevé, permet un gain
appréciable de l’énergie des procédés qui dépend essentiellement de la qualité de transfert de
chaleur menée dans l’échangeur. C’est pour cette raison que plusieurs techniques ont été
développées pour améliorer le transfert thermique. On trouve ainsi les méthodes dites actives
qui exigent une puissance externe telles que des champs électriques ou acoustiques ou des
vibrations de surface, et les méthodes dites passives qui emploient, pour l’amélioration de
l’échange, des surfaces de géométries spéciales ou des additifs pour les fluides. L’insertion
d’un substrat poreux peut être classé parmi les techniques passives, mais entraînent cependant
des pertes de charge qui peuvent être considérables. Il fallait alors trouver une solution qui
constitue un compromis entre l’amélioration du transfert thermique et la réduction des pertes
de charge. Plusieurs travaux de recherche ont été inscrits dans ce cadre. Le développement de
l’outil informatique a contribué d’une manière très appréciable pour la compréhension des
phénomènes de transport dans les milieux poreux. Cependant, vu la complexité de ces
milieux, il y’avait nécessité de faire des simplifications pour pouvoir résoudre les problèmes
étudiés engendrant ainsi des lacunes, d’où l’intérêt d’effectuer des travaux expérimentaux
ramenant d’autres informations pour déterminer les meilleures conditions et les actions les
plus pratiques permettant l’amélioration du transfert thermique et la réduction des pertes de
charge.

Le présent travail est une contribution aux études expérimentales sur l’amélioration
des performances d’un échangeur de chaleur par utilisation d’ailettes poreuses. Il s’agit
d’analyser les effets de la forme géométrique des ailettes poreuses (configuration en ailettes
transversales \longitudinales, épaisseur et espacement), du rapport des débits et de la
Introduction générale

dimension des pores sur l’efficacité de l’échangeur et les chutes de pression engendrées. Une
comparaison a été faite avec le cas fluide et le cas d’une couche poreuse.

Ce manuscrit est structuré comme suit :


Nous présenterons dans le premier chapitre des généralités sur les échangeurs de
chaleurs et les milieux poreux. Le deuxième chapitre sera consacré à une synthèse
bibliographique sur les travaux antérieurs effectués dans ce contexte. La description du
dispositif expérimental et l’instrumentation utilisée pour les mesures des différents paramètres
physiques ainsi que la procédure expérimentale suivie pour la réalisation de ces essais fera
l’objet du troisième chapitre. La présentation et la discussion des différents résultats seront
faites au quatrième chapitre.
Chapitre 1 Généralités

Chapitre 1

Généralités

Introduction

Nous allons présenter dans ce chapitre quelques notions générales concernant les
échangeurs de chaleur ainsi que les milieux poreux et les différents modèles utilisés pour
décrire l’écoulement et les phénomènes de transfert au sein de ces milieux.

1.3 Echangeur de chaleur [1], [2], [3]


1.3.1 Définition
Un échangeur de chaleur est un appareil destiné à transmettre la chaleur d’un fluide
à un autre. Vu de l’extérieur, un échangeur se présente comme une boîte noire pourvue de
deux entrées et de deux sorties (Figure 1.1). Dans les échangeurs les plus courants, les deux
fluides sont séparés par une paroi au travers de laquelle les échanges se font par conduction, la
transmission de chaleur fluide-paroi relevant essentiellement de la convection. Dans certains
appareils, l’échange de chaleur est associé à un changement de phase de l’un des fluides.
C’est le cas des condenseurs, évaporateurs, bouilleurs, tours de refroidissement, etc…
Tout échangeur de chaleur est caractérisé par ses qualités thermiques (aptitude à transférer
la chaleur), hydrauliques (pertes de pression) et mécaniques (résistance aux contraintes
mécaniques et thermiques).

Figure 1.1 : Schéma simplifié d’un échangeur de chaleur.

Avec : e1 et s1 respectivement entrée et sortie du fluide 1.


e2 et s2 respectivement entrée et sortie du fluide 2.

3
Chapitre 1 Généralités

1.1.2 Types d’échangeurs de chaleur


Les échangeurs de chaleur sont classés selon leurs conceptions. On distingue deux
grandes familles d’échangeurs : échangeurs tubulaires et échangeurs à plaques.
[Link] Echangeurs tubulaires
Les échangeurs utilisant les tubes comme constituant principal de la paroi d’échange
sont les plus répandus. On peut distinguer trois catégories suivant le nombre de tubes et leur
arrangement, toujours réalisés pour avoir la meilleure efficacité possible pour une utilisation
donnée :
— Echangeur monotube (Figure 1.2), dans lequel le tube est placé à l’intérieur d’un
réservoir et a généralement la forme d’un serpentin.

Figure 1.2 : Echangeur monotube


— Echangeur coaxial (Figure 1.3), dans lequel les tubes sont le plus souvent cintrés ; en
général, le fluide chaud ou le fluide à haute pression s’écoule dans le tube intérieur

Figure 1.3 : Echangeur coaxial cintré.

— Echangeur multitubulaires, existant sous quatre formes


• Échangeur à tubes séparés (Figure 1.4) : à l’intérieur d’un tube de diamètre suffisant (de
l’ordre de 100 mm) se trouvent placés plusieurs tubes de petit diamètre (8 à 20 mm)
maintenus écartés par des entretoises. L’échangeur peut être soit rectiligne, soit enroulé ;

4
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.4 : Echangeur à tubes séparés.


• Echangeur à tubes rapprochés (Figure 1.5) : pour maintenir les tubes et obtenir un passage
suffisant pour le fluide extérieur au tube, on place un ruban enroulé en spirale autour de
certains d’entre eux. Les tubes s’appuient les uns sur les autres par l’intermédiaire de rubans.

Figure 1.5 : Echangeur à tubes rapprochés.


• Echangeur à tubes ailettés (Figure 1.6) : ces tubes permettent d’améliorer le coefficient
d’échange thermique.

Figure 1.6 : Echangeur à tubes ailettés.

5
Chapitre 1 Généralités

• Echangeur à tubes et calandre (Figure 1.7) : c’est l’échangeur actuellement le plus


répandu actuellement.

Figure 1.7 : Echangeur à tubes et calandre.


a/Echangeurs à tubes ailettés
Le coefficient d’échange local entre une paroi et un gaz en circulation forcée étant
médiocre (il peut être de 10 à 50 fois plus faible que celui d’un liquide en circulation forcée),
il est donc avantageux dans les échangeurs gaz-liquide ou gaz-gaz d’équiper la paroi en
contact avec la phase gazeuse d’ailettes. C’est le cas des échangeurs gaz-liquide et liquide-gaz
utilisés dans la récupération thermique sur les fumées ou les gaz chauds ou dans les différents
systèmes thermodynamiques tels que pompes à chaleur ou groupes de réfrigération ; ce type
d’échangeurs sont souvent appelés batteries à ailettes.
Les batteries à ailettes sont constituées d’un faisceau de tubes, répartis en rangs ou
nappes, dans lesquels circule un fluide ayant un bon coefficient d’échange. Le fluide extérieur
étant un gaz (air généralement), il nécessite un ailettage externe des tubes pour diminuer
l’écart entre les résistances thermiques externes et internes.
Les ailettes peuvent être disposées de différentes façons.
- Ailettes transversales : elles peuvent être continues ou indépendantes (Figure 1.8).

6
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.8 : Ailettes transversales.


Les ailettes indépendantes peuvent être annulaires ou spirales (Figure 1.9).

Ailettes annulaires

Ailettes spirales

Figure 1.9 : Ailettes indépendantes annulaires ou spirales.

7
Chapitre 1 Généralités

- Ailettes longitudinales : les ailettes sont disposées suivant l’axe des tubes
(Figure 1.10) ; elles peuvent être situées à l’intérieur ou à l’extérieur de ces derniers.
Pour améliorer le transfert de chaleur, elles sont quelquefois localement torsadées.

Figure 1.10 : Ailettes longitudinales.

b/ Echangeurs à tubes et calandre


En ce qui concerne les échangeurs à faisceaux de tubes et calandre, on peut citer
parmi les dispositions les plus courantes le faisceau rectiligne (Figure 1.11-a/b) et le
faisceau en U (Figure 1.11-c). Ce dernier est mieux adapté aux forts gradients de
température puisqu’il permet une libre dilatation des tubes. L’implantation de chicanes
transversales permet d’allonger le trajet du fluide en calandre et d’augmenter le flux de
chaleur échangé.

8
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.11 : Echangeurs à tubes et calandre.

Il n’ y a pas de règles générales pour fixer la disposition relative des circuits


chaud et froid. On fera plutôt circuler le fluide chaud dans les tubes si on veut limiter les
déperditions thermiques ; de même la circulation en tubes sera recommandée s’il s’agit d’un
fluide agressif.
La désignation la plus couramment appliquée par ce type d’échangeur est celle du
standard américain TEMA (Tabular Exchanger Manufacture Association), dans laquelle il
existe trois classes : C, B et R, par ordre de sévérité croissante.
La classe C est réservée aux échangeurs ne présentant aucun risque d’utilisation, par
exemple les préparateurs d’eau chaude. La classe B est adoptée pour la majorité des cas. La
classe R est réservée aux échangeurs fonctionnant dans des conditions que l’on juge très dures
du point de vue mécanique ou dans des conditions inhabituelles (gaz toxique par exemple).
Un échangeur TEMA est désigné par trois lettres représentant respectivement le type
de boîte avant, de calandre et de boîte arrière de l’échangeur. À titre d’exemple, la Figure 1.12
donne les différents éléments constitutifs d’un échangeur TEMA type AEL.

9
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.12 : Divers constituants d’un échangeur TEMA type AEL.

[Link] Echangeurs à plaques


On distingue suivant la géométrie du canal utilisé les échangeurs à surface primaire et
les échangeurs à surface secondaire.
- Echangeurs à surface primaire
Les échangeurs à surface primaire sont constitués de plaques corruguées, nervurées ou
picotées. Le dessin du profil de plaques peut être assez varié mais il a toujours un double rôle
d’intensification du transfert de chaleur et de tenue à la pression par multiplication des points
de contact. Les différentes géométries de plaques les plus couramment rencontrées sont
représentées sur la Figure 1.13.

10
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.13 : Différentes géométries de plaques d’échangeurs à surface primaire

- Echangeur à plaque et joints


La surface d’échange est alors composée de plaques métalliques, équipées de joints,
serrées les unes contre les autres à l’aide de tirants entre deux flasques, l’un fixe, l’autre
mobile (Figure 1.14). Un rail fixé sur le flasque fixe et sur un pied supporte l’ensemble des
plaques et permet le déplacement de celles-ci pour les manutentions (montage, nettoyage,
etc.). Les plaques définissent un ensemble de canaux dans lesquels circulent respectivement
chacun des fluides.

11
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.14 : Echangeur à plaques et joints

Les plaques sont obtenues par emboutissage. Les matériaux utilisés sont en général
l’acier inoxydable, le titane ou tout autre matériau suffisamment ductile. Pour des applications
courantes, les plaques ont une épaisseur de l’ordre de 0,6 à 0,8 mm mais, dans certains cas,
des épaisseurs supérieures au millimètre sont mises en oeuvre.
Les cannelures ont pour but essentiel d’augmenter les turbulences pour accroître les
coefficients d’échange thermique, mais également d’assurer la rigidité mécanique par un
grand nombre de contacts métal-métal. Les deux géométries de cannelures les plus
fréquemment utilisées sont les cannelures droites ou à chevrons.

12
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.15 : Plaques à cannelures droites ou à chevrons.

Les cannelures des plaques à cannelures droites sont perpendiculaires à la direction


principale de l’écoulement et parallèle entre elles (Figure 1.15a). Dans ce type d’assemblage,
l’écoulement entre les deux plaques subit un changement continuel de direction. Les vitesses
moyennes couramment admises pour un fluide tel que l’eau sont comprises entre 0,1 et 2 m/s.
Pour les plaques à cannelures en chevrons (Figure 1.18b), les chevrons sont des
ondulations peu profondes et d’une épaisseur égale à l’épaisseur du joint comprimé (de
l’ordre de 3 à 5 mm). Ces ondulations sont inclinées par rapport à la direction principale de
l’écoulement d’un angle α. Au cours du montage, les plaques adjacentes se superposent de
façon que le sommet des ondulations d’une plaque s’appuie sur la base des ondulations des
autres plaques, ce qui donne un grand nombre de contacts métal-métal. Ainsi, après serrage, la
hauteur du joint comprimé correspond à la hauteur des ondulations. Les vitesses moyennes
d’écoulement entre les deux plaques sont de l’ordre de 0,1 à 1 m/s dans le cas de l’eau.

- Echangeur platulaire (Figure 1.16)


Il est constitué d’un assemblage de tôles planes embouties. Il existe différents types
d’appareils : les uns sont composés de chambres planes munies de turbulateurs, les autres
constitués de picots emboutis et soudés.

13
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.16 : Echangeur Platulaire.

Ce type d’échangeur peut être utilisé à des pressions de l’ordre de 30 à 40 Bars et à des
températures pouvant atteindre 600 °C.

- Echangeur Compabloc (Figure 1.17)


Il est constitué d’un assemblage de plaques corruguées identiques à celles utilisées
dans les échangeurs à plaques et joints ; la circulation des fluides est à courants croisés. Cet
échangeur s’inscrit comme un complément des échangeurs à plaques et joints. Il permet
d’éliminer le principal point faible de ces échangeurs : les joints remplacés par une soudure au
pourtour de la plaque ; seuls subsistent les 4 joints de panneaux. Les plaques ondulées
réalisées en tôle mince permettent de conserver des performances thermiques semblables à
celles des échangeurs à plaques et joints.

14
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.17 : Echangeur Compabloc.


Cet échangeur peut être utilisé jusqu’à des températures de 300 °C et des pressions de
service de 40 Bars.
- Echangeur Packinox (figure I.18)
C’est un échangeur à plaques soudées de grandes dimensions (surface d’échange
comprise entre 1 000 et 8 000 m2). Le faisceau est constitué d’un empilement de plaques
insérées dans une calandre pouvant atteindre une longueur de plus de 10 m. Cet échangeur
peut fonctionner jusqu’à des températures de l’ordre de 600 °C et des pressions de 50 Bars.

Figure 1.18 : Echangeur Packinox.

15
Chapitre 1 Généralités

- Échangeur lamellaire (Figure 1.19)


C’est une variante de l’échangeur de type tubes et calandre, dans lequel le faisceau
est constitué de tubes aplatis ou lamelles. Ces lamelles sont réalisées à l’aide de deux plaques
formées et soudées ensembles et constituant un canal dans lequel circule l’un des fluides.
Chaque lamelle peut contenir un élément interne (turbulateur) qui permet d’obtenir une
meilleure tenue à la pression et un meilleur échange thermique. Les limites de fonctionnement
de cet échangeur sont de 350 °C en température et 25 Bars en pression maximale. Cette
technologie d’échangeur est actuellement en pleine mutation.

Figure 1.19 : Echangeur lamellaire.

- Échangeur à spirale (Figure 1.20)


Il est constitué de deux rubans de tôle gaufrée, enroulés et maintenus parallèles. La
distance entre les surfaces d’échange des deux canaux est maintenue constante par des taquets
soudés sur les plaques. La circulation des fluides est du type monocanal à courants parallèles
ou croisés. Cet échangeur peut fonctionner jusqu’à des pressions de l’ordre de 25 Bars et des
températures de l’ordre de 300 °C. Il est plutôt utilisé pour des liquides mais certaines
applications existent en évaporation ou en condensation de fluides homogènes.

16
Chapitre 1 Généralités

Figure 1.20 : Echangeur à spirale.


- Echangeur brasé (Figure 1.21)
C’est une variante de l’échangeur à plaques et joints conventionnels, car sa surface
d’échange est constituée d’une série de plaques métalliques à cannelures inclinées ; mais il ne
possède ni joints d’étanchéité, ni tirants de serrage. Les plaques sont en acier inoxydable et
sont assemblées par brasure dans un four sous vide, ce qui limite la taille de ces échangeurs.
La soudure est effective sur le pourtour de la plaque ainsi qu’aux points de contact entre deux
plaques successives.

Figure 1.21 : Echangeur brasé.

17
Chapitre 1 Généralités

- Echangeur à surface secondaire


Ces échangeurs sont réalisés en aluminium ou en acier inoxydable ; ils sont constitués par un
empilage de tôles ondulées formant des ailettes séparées par des tôles planes. On distingue,
suivant le mode de fabrication et les matériaux utilisés, les échangeurs à plaques serties et les
échangeurs à plaques brasées.
a- Echangeurs à plaques serties : ces échangeurs sont constitués de tôles planes parallèles
entre lesquelles sont disposées des ailettes ; ils sont en général fabriqués en tôlerie légère
(acier galvanisé, acier inoxydable, aluminium, etc.). Les fluides empruntent un canal sur deux
et la circulation est soit à contre-courant, soit à courants croisés. Les ailettes sont de types très
variés. Ces échangeurs sont en général utilisés en récupération sur l’air.
b- Echangeurs à plaques brasées : ces échangeurs sont en aluminium brasé. Les fluides
circulent dans des passages définis par deux tôles planes consécutives et fermés latéralement
par des barres (Figure 1.22).
Ces échangeurs allient une légèreté exceptionnelle (masse volumique de 900 kg/m3 à
1 200 kg/m3) et une excellente tenue mécanique. Ils sont particulièrement utilisés dans le
domaine de la cryogénie où leur efficacité est élevée avec des niveaux de température compris
entre – 269 °C et + 65 °C et des niveaux de pression pouvant atteindre 75 Bars. Pour certaines
applications spécifiques touchant au domaine de l’aéronautique, des échangeurs en acier
inoxydable sont également utilisés.

Figure 1.22 : Echangeur à plaques brasées.

18
Chapitre 1 Généralités

1.1.3 Performance d’un échangeur de chaleur


Il existe deux méthodes pour déterminer les performances d’un échangeur de chaleur :
la différence de température logarithmique moyenne (DTLM) et le nombre d’unité de
transfert (NUT).
[Link] Méthode DTLM
Cette méthode est utilisée lorsque les températures d’entrée et sortie sont connues. La
quantité de chaleur échangée, dans le cas où les chaleurs spécifiques et le coefficient
d’échange globale U sont constants et s’il n’y a pas de pertes thermique ni changement de
phase, peut s’écrit comme suit :
q = U ⋅ A ⋅ ∆ TLM (1.1)
Où :
q : flux de chaleur (W)
U : coefficient d’échange global (W/m².K)
A : surface d’échange (m2)
∆TLM : différence de température (K)
a) Echangeur à contre courant
Dans le cas d’un échangeur à contre courant, l’expression de la différence de température
moyenne (DTLM) est donnée par la relation suivante :

∆Ta − ∆Tb
∆TLM = (1.2)
⎛ ∆T ⎞
Ln⎜⎜ a ⎟⎟
⎝ ∆Tb ⎠
Avec :
∆Ta = Tce − T fs
(1.3)
∆Tb = Tcs − T fe

Où :
Tce : Température d’entrée du fluide chaud (°C)
Tcs : Température de sortie du fluide chaud (°C)
Tfe : Température d’entrée du fluide froid (°C)
Tfs : Température de sortie du fluide froid (°C)

19
Chapitre 1 Généralités

b) Echangeur à co-courant
L’expression de la différence de température logarithmique moyenne (DTLM) dans le cas
d’un échangeur à co-courant est donnée par la relation (1.2), avec les différences de
températures à chaque extrémité de l’échangeur de chaleur s’écrient comme suit :

∆Ta = Tce − T fe
(1.4)
∆Tb = Tcs − T fs

[Link] Méthode NUT


Cette méthode est utilisée lorsque les températures de sortie des deux fluides ne sont
pas connues.
Le nombre d’Unité de transfert s’écrit :

U⋅A (1.5)
NUT = •
C min

Où :
C min = min ⎛⎜ C c , C f ⎞⎟
• • •

⎝ ⎠

• •
Avec C = m⋅ C p

Où :

m : débit massique (kg/s)
C p : chaleur spécifique à pression constante (J/kg.K)
Les indices c et f impliquent les fluides chaud et froid respectivement
L’efficacité d’un échangeur de chaleur est définie comme étant le rapport entre la quantité de
chaleur réellement échangée et la quantité maximale qui aurait pu être échangée avec les
mêmes conditions d’entrée :

q
E=
C min (Tce − T fe )

• •

E=
C f (T f s − T f e )
=
C c (Tc e − Tc s ) (1.6)
• •
C min (Tc e − T f e ) C min (Tc e − T f e )

20
Chapitre 1 Généralités

Pour un échangeur à co-courant, l’efficacité de l’échangeur s’écrit comme suit :

1 − exp[− NUT ⋅ (1 + Z )]
E= (1.7)
1+ Z

Pour un échangeur à contre courant :

1 − exp[NUT ⋅ (1 − Z )] (1.8)
E=
1 − Z ⋅ exp[− NUT ⋅ (1 − Z )]

Avec

C min •
Z= •
et C max = max(C& c ,C& f )
C max

1.1.4 Techniques d’amélioration du transfert de chaleur dans un échangeur


Les techniques pour améliorer le transfert de chaleur dans les échangeurs peuvent
être classées en deux catégories :
• Les techniques passives employant, pour l’amélioration de l’échange, des surfaces de
géométries spéciales ou des additifs pour les fluides.
• Les techniques actives nécessitant une puissance externe, des champs électriques ou
acoustiques ou des vibrations de surface.
[Link] Techniques passives
Parmi ces techniques nous pouvons citer :
• Le revêtement de surface : nécessitant un revêtement métallique ou non métallique de
surface. Un revêtement poreux à petite échelle peut être utilisé pour améliorer l’ébullition.
• Les surfaces rugueuses : peuvent être formées sur la surface de base ou en introduisant des
rugosités adjacentes à celles-ci.
• Extension de surface (utilisation d’ailettes) : c’est la configuration la plus répandue dans
les échangeurs de chaleur. La hauteur de l’ailette varie en fonction de la nature du fluide,
elle est plus importante pour les liquides que pour les gaz car ils ont un coefficient de
transfert plus important.
• Insertion de milieu poreux qui peut jouer le même rôle que les ailettes, il sert à augmenter
la surface d’échange.

21
Chapitre 1 Généralités

• Insertion d’obstacles : des dispositifs de diverses formes sont insérés pour augmenter
indirectement le transfert de chaleur au niveau de la surface d’échange.
• Additifs pour liquides : cette technique consiste à injecter des particules solides ou des
bulles de gaz dans les écoulements monophasiques et des traces de liquides pour les
systèmes d’évaporation.
• Additifs pour gaz : ce sont des gouttelettes de liquide ou de particules solides, soit en
phase diluée (particules solides en suspension dans un gaz), soit en phase dense (lit de
particules solides dans un fluide).

[Link] Techniques actives


Parmi les techniques actives utilisées, nous pouvons citer :
• Assistance mécanique : assurant le brassage (mélange) du fluide par des moyens
mécaniques ou des surfaces rotatives.
• Vibration de surface : elles sont produites soit à basse où à haute fréquence. Elles sont
utilisées pour améliorer le transfert de chaleur dans les écoulements de fluide
monophasique.
• Vibration de fluide : c’est la technique la plus utilisée dans l’amélioration par vibration vu
la masse de la plupart des échangeurs de chaleur. L’amplitude varie d’une pulsation de 1
Hz jusqu'à l’ultrason. Cette technique est employée surtout pour les fluides
monophasiques.
• Champ électrostatique : dans cette technique, l’écoulement est soumis à un champ
électrostatique qui crée une grande turbulence du fluide au voisinage de la surface
d’échange.
• Injection : cette technique consiste à injecter un gaz à travers une surface d’échange
poreuse, ou en injectant le même liquide en amont de la section de transfert thermique. Le
gaz injecté augmente l’écoulement monophasique.
• Aspiration : cette technique nécessite l’enlèvement de la vapeur dans l’évaporation en film
ou dans l’évaporation nucléé, ou bien un soutirage du fluide dans l’écoulement
monophasique à travers une surface poreuse chauffée.

22
Chapitre 1 Généralités

1.4 Milieux poreux


1.2.1 Définition
Un milieu poreux est un corps englobant des cavités appelées pores, interconnectées
ou non, et susceptible de contenir une ou plusieurs phases fluides, capables ou non de
s’écouler, et éventuellement d’échanger entre elles et/ ou avec le solide de la matière et/ou de
l’énergie. On trouve de nombreux matériaux naturels dans cette catégorie : les sols, les
couches sédimentaires, la plupart des roches, ainsi que certains matériaux vivants. Certains
matériaux artificiels requièrent d'être poreux soit dans le processus de fabrication soit dans
leur finalité pour jouer un rôle de filtre ou apporter des propriétés macroscopiques
particulières (conductivité thermique par exemple) (Figure 1.23).

D'une manière générale, les milieux poreux sont définis par deux critères :
(1) le matériau doit contenir de petits espaces vides, appelées pores, délimités par une matrice
solide.
(2) le matériau doit être perméable à un écoulement de fluide (gaz ou liquide).

Ces deux critères renvoient à deux caractéristiques essentielles d'un milieu poreux :
la porosité - la fraction de vide - et la perméabilité - qui indique l'aptitude d'un milieu poreux
a être traverser par un écoulement. Ces deux quantités sont des variables macroscopiques,
c'est-à-dire estimées sur un volume contenant de nombreuses entités microscopiques
composant le matériau : les pores.

Figure 1.23: Exemples de milieux poreux [4]

23
Chapitre 1 Généralités

1.2.2 Caractéristiques des milieux poreux


Les milieux poreux sont caractérisés par différentes grandeurs géométriques
(porosité, perméabilité) et thermo-physiques (viscosité effective, conductivité effective).
Avant de citer ces paramètres, il est indispensable de définir la notion du volume élémentaire
représentatif (VER). La disposition et les dimensions des pores sont irrégulières, de ce fait,
les variables dépendantes (vitesse, pression, température, etc.) lorsqu’elles sont mesurées à
l’échelle du pore (échelle microscopique) sont aussi irrégulières. Cependant, les quantités
souvent considérées sont des valeurs moyennes mesurées sur un Volume Elémentaire
Représentatif qui renferme un certain nombre de pores (Figure 1.24).

Solide
Volume délimitant le V.E.R

Fluide

Figure 1.24 : Volume élémentaire représentatif

1.2.3 Paramètres géométriques


a- Porosité (ε)
Le paramètre principal décrivant un milieu poreux est la porosité définie par

Vp (1.9)
ε=
VT

Où :
ε : porosité
Vp :volume des pores (m3)
Vf : volume total (m3)

24
Chapitre 1 Généralités

Elle varie donc entre 0 (solide plein) et 1 (volume complètement vide). Ce paramètre de
porosité est complémentaire de la fraction volumique du solide φ telle que :

ε + φ =1 (1.10)
Le tableau 1.1 représente les résultats des mesures expérimentales faites par Scheidegger
(1974) et rapportées par Neild et Bejan (1992)

Matériau Porosité
Sable 0.37-0.50

Brique 0.12-0.34

Poudre d’ardoise noire 0.57-0.66

Poudre de silice 0.37-0.49

Grains de silice 0.65

Charbon 0.02-0.12

Cuir 0.56-0.59

Empilement de sphères 0.36-0.43


Fibre de verre 0.88-0.93

Fibre à tisser 0.68-0.76

Matériaux mousseux 0.98

Béton 0.02-0.07

Poudre de cuivre 0.09-0.34

Calcaire (dolomite) 0.04-0.1

Tableau 1.1: Porosités de quelques matériaux [5]

b- Perméabilité (K)
La perméabilité est définie comme étant l’aptitude de circulation qu’offre un milieu
poreux à un fluide lors de son écoulement à travers les pores de ce milieu. Elle est exprimée
par la relation suivante dite ‘loi de Darcy’ :

25
Chapitre 1 Généralités

− µ ⋅ uD
K= (1.11)
(dp / dx)


K : perméabilité (m²)
µ : viscosité dynamique du fluide (kg/m.s)
u D : vitesse Darcienne (m/s)
dp / dx : gradient de pression (Pa/m)
La perméabilité est une caractéristique des milieux poreux, elle dépend de la forme
et de la dimension des grains, de la connectivité des pores et de la porosité.
Dans le tableau 1-2 sont représentées les perméabilités de certains matériaux.

Matériau Perméabilité [ m 2 ]
Grès 5 × 10 −16 − 3 × 10 −12
Brique 4.8 × 10 −14 − 2.2 × 10 −13
Ardoise noire en 4.9 × 10−14 − 1.2 × 10−13
poudre
Poudre de silice 1.3 × 10 −14 − 5.1 × 10 −14
Terre 2.9 × 10 −13 − 1.4 × 10 −11
Fibre de verre 2.4 × 10 −11 − 5.1 × 10 −11
Sable 2 × 10 −11 − 1.8 × 10 −10
Béton bitumineux 10 −13 − 2.3 × 10 −11
Poudre de cuivre 3.3 × 10 −10 − 1.5 × 10 −9
Fils à tisser 3.8 × 10 −9 − 1 × 10 −8

Tableau 1.2 : Perméabilités de quelques matériaux [6]

Plusieurs expressions existent pour le calcul de la perméabilité tels que le modèle


capillaire et le modèle du rayon hydraulique. (Annexe A)

26
Chapitre 1 Généralités

c- Tortuosité (τ)
C’est le rapport de la longueur moyenne ( Lm ) du chemin parcouru par une particule

fluide traversant un échantillon poreux à la longueur de cet échantillon (L) . Cette


caractéristique est exprimée par :
Lm
τ= (1.12)
L
Elle est utilisée comme facteur de correction du gradient de pression.
∆P
∆Pmod ifié = (1.13)
τ

Figure 1.25 : Schéma explicatif de la notion de tortuosité

1.2.4 Paramètres thermo-physiques


a- Viscosité effective (µe)
La notion de la viscosité effective a été introduite dans le terme de Brinkman
r
( µ e ∇ V ). Elle dépend de la porosité et de la viscosité du fluide.
2

Plusieurs modèles existent pour le calcul de la viscosité effective (Annexe B).

b- Conductivité thermique effective ( k e )


Elle est obtenue en combinant la conduction thermique stagnante due à la
conduction moléculaire et qui dépend de la conductivité thermique du fluide et celle du solide
ainsi que de la porosité de la matrice solide, et de la conductivité thermique de dispersion
(dynamique) :
k e = k d + kT (1.14)
ke : conductivité thermique effective (W/m.K)
kd : conductivité thermique dynamique (W/m.K)
kT : conductivité thermique stagnante (W/m.K)

27
Chapitre 1 Généralités

Ils existent plusieurs formules pour le calcul de la conductivité thermique effective


(Annexe C)

1.2.5 Modèles d’écoulement dans les milieux poreux


Les principes de conservation de la quantité de mouvement, de l’énergie ainsi que de
la masse ne peuvent être mis en application directe dans l’étude des écoulements et des
phénomènes de transfert dans les milieux poreux, à cause de la complexité géométrique des
pores, qu’après passage à l’échelle macroscopique qui permet de faire une équivalence entre
un milieu réel désordonné et un milieu continu. Le premier modèle a été établi par H. Darcy
(1856) et depuis, plusieurs autres modèles été proposés pour tenir compte de certains effets
négligés par ce dernier.

[Link] Modèle de Darcy (1856)


La loi de Darcy donnant le comportement hydrodynamique lors d’un
écoulement de fluide dans un milieu poreux, lie le gradient de pression à la vitesse par la
relation suivante :
r K r
V = − (∇p + ρg )
r (1.15)
µ
Où :
K : représente la perméabilité (m 2 )
µ : représente la viscosité dynamique du fluide (kg / m ⋅ s )
r
ρg : représente les forces de volume
La pression p et les composantes de vitesse sont des valeurs moyennes prises dans un volume
élémentaire représentatif. Pour un écoulement unidirectionnel où les forces de volume sont
négligées, la projection de la relation précédente donne :

K dp (1.16)
u=− ⋅
µ dx
Le modèle de Darcy est inadéquat pour certaines situations d’écoulement. Les insuffisances
de ce modèle peuvent être énumérées comme suit :

28
Chapitre 1 Généralités

1. Il n’est pas approprié pour les écoulements ‘rapides’, c’est-à-dire écoulements pour
lesquels le nombre de Reynolds, basé sur la vitesse locale et le diamètre des pores, est
supérieur à l’unité.
2. Il ne tient pas compte de la variation de la porosité. Les régions d’écoulement à porosité
élevée dans les milieux poreux sont très pénétrables par le fluide, il en résulte alors des
‘canaux’ à écoulement rapide affectant ainsi les caractéristiques du transfert de chaleur du
système.

[Link] Modèle de Darcy-Forchheimer (1901)


Lorsque le nombre de Reynolds basé sur le diamètre des particules devient grand
devant l’unité, la loi de Darcy s’éloigne du comportement linéaire pour la vitesse ; elle doit
être donc corrigée par un terme non linéaire du second degré qui tient comte des effets
inertiels microscopiques. Selon Joseph, Nield et Papanicolaou (1982), la modification à
apporter à la loi de Darcy est la suivante :

r µ r C r r
∇p = − V − ρf V V (1.17)
K K
Avec :
C : constante adimensionnelle (souvent appelée coefficient d’Ergun)
ρ f : densité du fluide

[Link] Modèle de Darcy-Brinkman (1947)


r
Dans son modèle, Brinkman introduit le terme µe∇ 2V qui représente les forces
visqueuses causées par les forces de cisaillement macroscopiques le long des frontières
solides ; d’où l’équation de Brinkman :

r µ r r
∇p = − V + µ e ∇ 2V (1.18)
K
Où :
µ e : la viscosité dynamique effective

29
Chapitre 1 Généralités

[Link] Modèle général


Pour tenir compte de tous les effets cités auparavant, on associe à l’équation de
Darcy, les termes de Brinkman et de Forchheimer. Le modèle ainsi formé est connu sous le
nom du modèle de Darcy-Brinkman-Forchheimer.
L’équation vectorielle de conservation de quantité de mouvement à travers un milieu poreux
s’écrit alors sous la forme :

r
ρ ∂V r r r r r µ r Fε r r r
( + V ∇V ) = −∇p + µe∇ 2V − V − ρ V V + ρFv (1.19)
ε ∂t K K

r
V : est une quantité moyennée à travers un volume élémentaire
r
ρ ∂V r r r
( + V ∇V ) : forces inertielles macroscopiques
ε ∂t
r
− ∇p : gradient de pression
r
µ e ∇ 2V : terme visqueux de Brinkman
µ r
− V : terme de Darcy
K
Fε r r : forces inertielles microscopiques
ρ V V
K
r
ρFv : forces de volume

1.2.6 Transfert de chaleur dans les milieux poreux


La description du transfert de chaleur dans les milieux poreux par l’approche
macroscopique peut présenter une différence par rapport au transfert réel. De ce fait, la notion
d’équilibre local est introduite. Cette dernière a été largement étudiée.

ƒ Carbonell et Whitaker (1984) ont posé des conditions d’équilibre thermique sur la mesure
du temps et de la longueur.
ƒ Bennacerallah (1994) et Kaviany (1995) ont étudié la condition d’équilibre et ont trouvé
qu’elle est satisfaite en régime instationnaire.
ƒ Chang et al. (1990) ont trouvé que l’équation d’énergie macroscopique peut être obtenue
par prise de moyenne de l’équation d’énergie dans chaque phase et dans un volume
élémentaire représentatif. Elle se présente sous la forme suivante :

30
Chapitre 1 Généralités

∂T r r
(ρ C ) + ( ρ C P ) f V ∇T = k e ∇ 2 T (1.20)
∂t
P e

Avec
(ρ CP )e = ε (ρ CP ) f + (1 − ε ) (ρ C p )s (1.21)

Où :
ρ : masse volumique du fluide considéré (kg /m3)
(Cp) e : capacité calorifique effective (kCal/kg °C)
(Cp) f : capacité calorifique du fluide (kCal/kg °C)
ε : Porosité du milieu poreux
ke : conductivité thermique effective (kCal/h m °C).
N.B : Cette équation décrivant le transfert de chaleur dans un milieu poreux a été obtenue en
faisant les hypothèses suivantes :
• Les termes de dissipation visqueuse sont négligeables (hypothèse justifiée si la vitesse de
filtration reste relativement faible et si les fluides saturants ne sont pas trop visqueux).
• Les caractéristiques thermiques des phases solide et fluide sont supposées constantes et
donc indépendantes de la température.
• Pas de sources internes de chaleur.

Conclusion
Nous avons présenté dans ce chapitre certaines notions et généralités concernant les
échangeurs de chaleur ainsi que les milieux poreux et les différentes lois d’écoulement et de
transfert de chaleur qui les régissent. Le prochain chapitre, est consacré à une étude
bibliographique qui présente les différents travaux entrepris dans le même axe que ce travail.

31
Chapitre 2 Recherche bibliographique

Chapitre 2

Recherche bibliographique

Introduction

La maîtrise de l’énergie est un sujet lié constamment à l’amélioration du transfert de


chaleur dans les systèmes thermiques tels que les échangeurs de chaleurs qui occupent une
grande place dans les procédés industriels. Plusieurs méthodes ont été développées dans le but
d’augmenter leurs performances. Parmi ces techniques, il y a l’utilisation d’ailettes de
différentes formes géométriques de façon à augmenter le transfert thermique avec les plus
faibles chutes de pression possibles.
Le développement du domaine de la métallurgie avec l’élaboration de nouveaux
matériaux tels que les matériaux poreux a contribué au développement de nouvelles
techniques pour améliorer le transfert thermique. Plusieurs études numériques et
expérimentales ont été menées afin d’obtenir des informations concernant les effets
d’insertion de milieux poreux sur les champs thermique et dynamique.
Dans ce chapitre, nous avons essayé de présenter certains travaux effectués dans ce
domaine. On commencera par ceux qui ont utilisé les ailettes solides, ensuite on présentera
ceux qui ont utilisé les milieux poreux.

2.1 Utilisation des ailettes solides


Les travaux qui ont été menés pour améliorer les performances d’un échangeur de
chaleur par utilisation des ailettes solides sont nombreux, nous présenterons ici quelques uns :

- Sheu et al. (1997, [7]) ont mené une étude numérique en tridimensionnelle sur les
performances thermiques de deux types d’ailettes d’un échangeur de chaleur constitué
de deux lignes de tubes cylindriques dont la disposition est de type triangulaire : il
s’agit d’ailettes planes et d’ailettes perforées. La méthode des volumes finis et
l’algorithme SIMPLE ont été utilisés respectivement pour la discrétisation et la
résolution du système d’équations. Les résultats ont été présentés en terme de nombre
de Nusselt et de chute de pression le long de l’échangeur. Les résultats obtenus ont

32
Chapitre 2 Recherche bibliographique

montré que les valeurs maximales de flux de chaleur apparaissent dans les régions
adjacentes des bords des ailettes et que l’utilisation des ailettes perforées améliore
d’avantage le transfert thermique par rapport aux ailettes planes non perforées et ceci à
cause de la formation de tourbillons longitudinaux autour des fentes.

- Alam et al. (1999, [8]), ont analysé l’efficacité d’un tube circulaire dont la surface
intérieure est munie de quatre ailettes longitudinales à profile latérale en forme d’arc
circulaire avec un angle de 36°. Le diamètre intérieur du tube est de 2cm avec une
épaisseur de 1mm et la surface extérieure est exposée à un flux de chaleur constant,
alors que la conductivité thermique et la viscosité sont fonction de la température . Le
nombre de Reynolds est de l’ordre de 1500 et la température d’entrée du fluide est de
25°C. Les fluides réfrigérants utilisés sont l’eau et l’huile moteur, et le matériau des
ailettes, qui sont les mêmes que ceux du tube, sont l’aluminium, le cuivre, et l’acier
au carbone. L’écoulement est supposé complètement établi mais l’hypothèse d’un
régime thermiquement établi est exclue. Les résultats, obtenus par le calcul numérique
basé sur la méthode des différences finies, montrent une amélioration significative du
transfert de chaleur par rapport au cas d’un tube sans ailettes. Cette amélioration est
d’autant plus importante dans le cas d’utilisation du couple eau-cuivre en raison de
leurs bonnes conductivités thermiques, alors que l’utilisation de l’huile moteur est
justifié en raison de la stabilité de ses propriétés physico-chimiques (viscosité et
conductivité thermique). De même, le facteur de frottement a augmenté notamment
dans le cas d’utilisation de l’huile moteur à cause de sa viscosité élevée.

- Zeitoun et Hegazy (2003, [9]) ont analysé numériquement l’écoulement et le transfert


de chaleur, en régime laminaire, dans un tube muni de deux groupes d’ailettes internes
longitudinales à différentes hauteurs. Les calculs ont été conduit pour des hauteurs
d’ailette adimensionnelles allant de 0.1 à 0.8 et leur nombre a été varié de 4 à 16
ailettes. La paroi externe du cylindre est soumise à une température uniforme. La
résolution du système d’équations est basée sur la méthode des volumes finis. Les
résultats ont montré que l’augmentation de la hauteur et/ou du nombre d’ailettes
améliore le transfert de chaleur. Ils ont conclu que l’utilisation des ailettes
longitudinales de différentes épaisseurs permet l’amélioration du transfert de chaleur
au prix d’un coefficient de frottement raisonnable.

33
Chapitre 2 Recherche bibliographique

- Une étude expérimentale sur le transfert de chaleur et la chute de pression d’un


écoulement turbulent dans des tubes annulaires munis d’ailettes longitudinales
onduleuses a été réalisée par Yu et Tao (2004, [10]). L’espace annulaire formé par
deux tubes, dont celui de l’intérieur est plein, est divisé par des ailettes onduleuses
(l’étude est menée pour différents nombres d’ailettes soit : 4, 8, 12, 16 et 20 ailettes).
Cette configuration permet à l’air (fluide de travail) aspiré par un ventilateur, de passer
à travers deux espaces : le premier est formé par la surface interne du tube extérieur, et
le deuxième est formé par la surface externe du tube intérieur et les ailettes. Un flux de
chaleur uniforme est appliqué sur la surface externe du tube extérieur sur lequel des
thermocouples et des prises de pression ont été placées pour la mesure de température
et chute de pression respectivement. Afin de minimiser les pertes thermiques, une
couche d’un matériau isolant (mousse plastique) a été déposée. Les résultats obtenus
ont montré que les meilleurs taux de transfert de chaleur correspondent aux nombres
de Reynolds les plus élevée, et le plus grand transfert de chaleur local est obtenu à
l’entrée du tube, puis diminue graduellement jusqu’à atteindre une valeur constante.
Pour des puissances de pompage, chutes de pression et débits massiques identiques, le
cas du tube muni de 20 ailettes a permis d’obtenir le plus grand accroissement du
transfert thermique par rapport au cas sans ailettes : le taux d’amélioration varie entre
1081% et 107%. Les causes d’une telle amélioration sont attribuées aux trois
paramètres suivant : l’augmentation de la surface d’échange par insertion d’ailettes
longitudinales, la réduction du diamètre hydraulique et l’insertion du tube intérieur
plein qui augmente le gradient de vitesse à proximité de la paroi.

- Haldar (2004, [11]) a réalisé une étude numérique en convection naturelle autour d’un
cylindre muni d’ailettes longitudinales extérieures. Les résultas ont été obtenus pour
les paramètres suivants : le nombre d’ailettes a été varié de 0 à 18 avec une
distribution uniforme sur la surface externe du tube, leur hauteur adimensionnelle a été
variée de 0 à 0.6 et le nombre de Grashof entre 102 et 106. Il a été montré que
l’utilisation d’ailettes longitudinales contribue jusqu’à environ 75% dans le flux de
chaleur total transféré (les 25% restants sont assurés par la surface du tube) pour une
hauteur d’ailettes de 0.4. Les résultats ont montré aussi que l’augmentation du nombre
d’ailettes et/ou de leurs hauteurs améliore le transfert de chaleur. Pour des nombres de
Grashof supérieurs à 103, un plus grand nombre d’ailettes avec des hauteurs plus
faibles sont recommandés, alors que pour des nombres de Grashof inférieur à 103, un

34
Chapitre 2 Recherche bibliographique

plus faible nombre d’ailettes avec des hauteurs plus grandes sont souhaitables pour
assurer le plus grand taux de transfert de chaleur. Pour un nombre de Grashof de 106
avec quatre ailettes d’une hauteur de 0.6, il y a augmentation du nombre de Nusselt de
91% par rapport au cas de tube sans ailettes, alors que pour un nombre de seize ailettes
avec une hauteur de 0.15 l’augmentation du nombre de Nusselt est de 172%.

2.2 Utilisation de couches poreuses


Plusieurs travaux de recherche ont été réalisés dans le but d’étudier les techniques
d’amélioration de l’efficacité d’un échangeur de chaleur par insertion de couches poreuses.
Nous allons présenter certaines de ces études :
- Chikh et al. (1997, [12]) ont étudié numériquement la convection forcée dans l’espace
annulaire de deux cylindres concentriques partiellement rempli avec un milieu poreux.
La couche poreuse est déposée sur le cylindre intérieur, alors que le cylindre extérieur
est isolé. L’écoulement a été modélisé par le modèle général de Darcy-Brinkman-
Forcheimer. Les effets de l’épaisseur, de la conductivité thermique ainsi que de la
perméabilité de la couche poreuse ont été étudiés. Les résultats obtenus montrent qu’il
existe une épaisseur critique de la couche poreuse pour laquelle le nombre de Nusselt
est minimum et que l’augmentation de la perméabilité ou du rapport des conductivités
conduit à une amélioration du transfert de chaleur. Ils ont montré aussi que pour le cas
d’une grande conductivité effective ou une grande perméabilité, un maximum de
transfert de chaleur est obtenu sans toutefois remplir complètement l’espace annulaire.

- Ces mêmes auteurs [13] ont étudié le transfert thermique en convection forcée dans
un espace annulaire partiellement ou totalement rempli par un milieu poreux avec
deux conditions aux limites thermiques imposées sur le cylindre intérieur (flux
constant ou température constante), le cylindre extérieur étant isolé et la couche
poreuse est déposée sur le cylindre intérieur. Le modèle de Darcy-Brinkman-
Forcheimer a été utilisé pour la modélisation de l’écoulement dans les régions
poreuses. Les résultats trouvés montrent que la matrice poreuse réduit la longueur
d’établissement thermique et le nombre de Nusselt dans la zone d’entrée. Ils ont
montré aussi qu’un bon choix des propriétés thermo-physiques de la couche poreuse
(perméabilité, conductivité thermique effective, épaisseur etc.) permet d’augmenter le
transfert de chaleur.

35
Chapitre 2 Recherche bibliographique

- Bouhadef et al. (1999, [14]) ont analysé numériquement les performances d’un
échangeur de chaleur annulaire à contre courant. La matrice poreuse est déposée sur la
surface externe du tube intérieur et le cylindre extérieur est isolé. Le modèle de Darcy-
Brinkman-Forcheimer a été choisi pour cette étude. La résolution numérique du
système d’équations est basée sur la méthode des volumes finis. Les effets de la
perméabilité, de la conductivité thermique, de l’épaisseur, de la couche poreuse ainsi
que la longueur de l’échangeur sur son efficacité ont été abordés. Les résultats obtenus
montrent que l’efficacité de l’échangeur de chaleur est affectée par les propriétés
thermo-physiques de la matrice poreuse et que lorsque le rapport des conductivités
thermiques est de l’ordre de l’unité, il existe une épaisseur critique, dépendant de la
perméabilité, à partir de laquelle les performances de l’échangeur commence à
s’améliorer. Ils ont montré aussi que la meilleure performance thermique est obtenue
pour le cas d’un remplissage total de l’espace annulaire.

- une étude numérique basée sur la méthode des différences finies a été réalisée par
Alkam et al. (1999, [15]). Une couche poreuse est insérée sur les surfaces interne et
externe de tube intérieur de l’échangeur de chaleur. Ils ont montré que le dépôt d’un
substrat poreux améliore d’une part, l’efficacité de l’échangeur de chaleur notamment
aux grands rapports des capacités calorifiques pour les deux configurations
d’écoulement : co-courant et contre courant, mais augmente d’autre part, les chutes de
pression. Les résultas ont montré aussi qu’il existe une épaisseur optimale de la
couche poreuse pour laquelle l’efficacité est maximale avec une chute de pression
modérée.

- Boomsma et al. (2003, [16]) ont étudié expérimentalement l’intérêt d’utilisation de


mousses métalliques comme échangeur de chaleur. Un banc d’essai réalisé à cet effet,
simule le refroidissement d’un composant électronique par utilisation d’un échangeur
de chaleur placé sur sa partie inférieure qui est constitué d’un canal rectangulaire dans
lequel une mousse métallique est placé (comme échangeur de chaleur) et occupe toute
la section transversale du canal. La mousse a été chauffée à l’aide d’une plaque
attachée sur sa partie supérieure et a été reliée à son tour à un système de chauffage
formé d’un bloc générant de la chaleur dont une partie est évacuée dans un premier
temps, par conduction à travers la plaque et ensuite par convection par le fluide de
refroidissement (eau). Les résultats obtenus ont montré que l’utilisation des mousses

36
Chapitre 2 Recherche bibliographique

métalliques améliore d’avantage le transfert de chaleur et réduit jusqu’à 50% la


résistance thermique en comparant avec les échangeurs de chaleur conventionnels
conçus pour les mêmes conditions opératoires.

- L’objectif de l’étude expérimentale et numérique de Pavel et al. (2004, [17]) est


d’analyser l’amélioration du transfert de thermique dans les échangeurs de chaleur par
insertion d’un milieu poreux. Un banc d’essai est réalisé pour l’étude expérimentale.
Il est constitué principalement d’un tube (échangeur de chaleur) à l’intérieur duquel
est placée une tige en acier muni de grilles circulaires de diamètre D et espacés d’une
distance L. Les essais consistent à chauffer la surface extérieure du tube à flux
constant et mesurer les chutes de pression ainsi que les températures le long du tube en
cinq positions par des thermocouples liés à un système d’acquisition de données pour
différents nombre de Reynolds allant de 1000 à 4500 et pour différents diamètres D
(25.4, 38.1, 50.8, 63.5 mm), espacements L (2.5, 5, 10 mm), et porosité ε (96.4 à
99.3%). Pour la simulation numérique, l’écoulement de l’air a été supposé laminaire et
à vitesse et température uniformes à l’entrée du tube. La méthode des volumes finis et
l’algorithme SIMPLER ont été utilisés pour la discrétisation et la résolution des
équations. Ils ont montré qu’une amélioration du transfert de chaleur peut être obtenue
lorsque le diamètre des grilles approche celui du tube et que l’effet de la porosité sur le
nombre de Nusselt n’est significatif que pour D supérieur à 80% du diamètre de tube.
Dans ce cas, la diminution de la porosité entraîne une augmentation du nombre de
Nusselt, notamment pour D égale à l’unité où il y a addition du transfert de chaleur par
conduction dû au contact du milieu poreux avec la surface du tube. Par contre, pour D
égal à 80%, l’augmentation du nombre de Nusselt lors de la diminution de la porosité
est dû aux effets conjugués du phénomène de channeling et du transfert thermique par
rayonnement entre la surface du tube et le milieu poreux. Les résultats obtenus ont
montré aussi qu’une amélioration du transfert de chaleur est obtenue lorsque la
conductivité thermique effective est élevée. Cependant, cette amélioration est associée
à une plus grandes chute de pression et ils ont conclu alors qu’une certaine prudence
devrait être prise lors du choix du milieu poreux pour pouvoir atteindre les taux
d’amélioration en transfert de chaleur les plus élevés aux dépens de chutes de pression
acceptables.

37
Chapitre 2 Recherche bibliographique

- Une autre étude expérimentale a été menée par Tadrist et al. (2004, [18]) dans le but
d’analyser l’effet sur le transfert de chaleur d’utilisation des milieux poreux fibreux
dans un échangeur de chaleur. Les essais ont été réalisés avec deux types de milieux
poreux : le premier type présente des variations de porosité et perméabilité
dépendantes du diamètre des fibres et du rapport d’aspect, et le second type possède
des porosités et perméabilités élevées. Ils ont montré que l’utilisation des matériaux
fibreux améliore considérablement le transfert de chaleur avec des chutes de pression
modérées.

- Une analyse thermodynamique des performances d’un échangeur de chaleur à double


tubes partiellement ou totalement rempli par un milieu poreux a été réalisée par
Allouache et Chikh (2004, [19]). La couche poreuse a été placée sur la surface externe
du tube intérieur alors que le tube extérieur est supposé isolé. Le but de ce travail est de
trouver les meilleures conditions pour minimiser la génération d’entropie due aux
frottements et au transfert de chaleur. Les effets de certains paramètres liés à la couche
poreuse (épaisseur, perméabilité et conductivité thermique) et aux conditions de
fonctionnement (débits et longueur de l’échangeur) ont été analysés. Les résultats
obtenus ont montré que la génération d’entropie dépend de l’épaisseur de la couche
poreuse, de sa perméabilité ainsi que de l’écart de température d’entrée entre les deux
fluides. De plus, l’augmentation de la conductivité thermique effective du milieu poreux
parait être thermodynamiquement plus avantageuse et l’augmentation du rapport des
débits des deux fluides et le nombre de Reynolds diminue la génération d’entropie
totale.

2.3 Utilisation d’ailettes et chicanes poreuses


La technique d’utilisation de chicanes et d’ailettes dans les échangeurs de chaleur a
fait le sujet de plusieurs études antérieures. Mais, à notre connaissance, peu sont les travaux
qui se sont intéressés à l’utilisation de structures poreuses. Parmi ces études :

- Kiwan et al. (2001, [20]) ont étudié l’amélioration du transfert de chaleur par
utilisation d’ailettes poreuses dans un canal plan. Le modèle de Darcy-Brinkman-
Forchheimer et la méthode des éléments finis ont été respectivement utilisés pour
simuler le problème physique et la résolution du système d’équations obtenu. Les
effets du nombre de Rayleigh Ra, le nombre de Darcy Da et le rapport des

38
Chapitre 2 Recherche bibliographique

conductivités thermiques sur les performances thermiques ont été analysés Ils ont
montré que l’utilisation des ailettes poreuses mène à une amélioration du transfert de
chaleur par rapport aux ailettes solides. Les résultats ont montré aussi qu’une
augmentation du taux de chaleur transféré peut être obtenue par l’augmentation du
nombre de Rayleigh et/ou du nombre de Darcy alors que l’augmentation du rapport
des conductivités thermiques au-delà d’une valeur optimale ne mène à aucune
amélioration significative du transfert de chaleur.

- Yang et al. (2003, [21]) ont étudié numériquement l’écoulement et le transfert de


chaleur, en régime turbulent, dans un canal rectangulaire muni de chicanes poreuses
disposées périodiquement et en quinconce sur les parois supérieure et inférieure du
canal. Les équations gouvernantes ont été résolues par la méthode des volumes finis
avec le modèle k- ε pour décrire la structure turbulente. Les termes de vitesse et de
pression dans les équations du mouvement ont été résolus par l’utilisation de
l’algorithme SIMPLE. Trois types de milieux de différentes porosités ont été étudiés,
et le nombre de Reynolds à l’entrée a été varié entre 104 et 5 × 104. Les résultats ont
montré que l’amélioration du transfert de haleur par rapport au canal sans chicanes est
obtenu pour les deux types de chicanes poreuses et solides, et que le taux
d’amélioration est sensiblement le même pour les chicanes à grandes épaisseurs. Le
rapport du nombre de Nusselt moyen avec chicanes par rapport au nombre de Nusselt
moyen sans chicanes croit avec l’augmentation de l’épaisseur des chicanes à cause de
l’accélération de l’écoulement. Le coefficient de frottement en présence de chicanes
poreuses est relativement faible par rapport aux cas des chicanes solides à cause du
faible colmatage du canal.

- une étude expérimentale pour mesurer le coefficient d’échange moyen dans un canal
chauffé uniformément et muni de chicanes poreuses en aluminium a été menée par
Ko et al. (2003, [22]). Ces structures ont été placées alternativement sur les parois
supérieure et inférieure du canal (en quinconce). Le nombre de Nusselt moyen ainsi
que le coefficient de frottement ont été obtenus pour différentes structures poreuses
(différentes densités de pores avec une porosité constante ε = 0.92 : 10, 20 et 40 PPI
(pores per linear inch)). Le nombre de Reynolds a été varié entre 2 × 104 et 5 × 104. Les
résultats obtenus ont montré que le rapport d’amélioration du transfert thermique

39
Chapitre 2 Recherche bibliographique

(nombre de Nusselt moyen en présence de chicanes / nombre de Nusselt moyen sans


chicanes) est toujours supérieur à l’unité. Il diminue avec l’augmentation du nombre
de Reynolds et augmente avec l’accroissement de la densité des pores, il atteint, pour
la gamme des paramètres considérés dans cette étude, une valeur maximale de l’ordre
de 300 %. D’autre part, il a été trouvé que le coefficient de frottement diminue
légèrement avec le nombre de Reynolds et croit lorsque l’épaisseur des chicanes et la
densité des pores augmentent

- Miranda et al. (2004, [23]) ont étudié numériquement, en régime laminaire et en


bidimensionnel, le transfert de chaleur se produisant dans un canal plan chauffé
uniformément et muni de 16 chicanes poreuses disposées en quinconce sur ses parois
supérieure et inférieure. Le modèle de Darcy-Forchheimer a été utilisé pour décrire
l’écoulement dans les chicanes poreuses et le système d’équations obtenu avec les
conditions aux limites associées a été résolu par l’utilisation de l’algorithme
SIMPLEC. Les effets du nombre de Reynolds, du nombre de Darcy, de l’espacement
entre chicanes sur le rapport des nombres de Nusselt (nombre de Nusselt moyen avec
chicanes/nombre de Nusselt moyen du canal lisse) et le développement des profils de
vitesse et des lignes de courant ont été considérés. L’épaisseur des chicanes a été
fixée a 1/3 et le fluide de travail est l’air. Les résultats ont montré que le transfert de
chaleur est plus amélioré avec les chicanes solides qu’avec les chicanes poreuses et
que le rapport des nombres de Nusselt croit avec le nombre de Reynolds, la
perméabilité et l’espacement entre chicanes et décroît avec l’augmentation du nombre
de Darcy et le rapport d’aspect des chicanes.

- Targui (2006, [24]) a mené une étude numérique dont le but est d’analyser
l’amélioration des performances d’un échangeur de chaleur tubulaire par insertion
d’un milieu poreux sous forme d’ailettes ou de chicanes dans l’espace annulaire où
circule le fluide froid. L’écoulement dans les régions poreuses a été décrit par le
modèle de Darcy-Brinkman-Forchheimer et le système d’équations obtenu avec les
conditions aux limites associées a été résolu par la méthode des volumes finis. Le tracé
des profils de vitesse et des lignes de courant a mis en évidence la présence de zones
de recirculation en aval de ces structures poreuses qui apparaissent aux faibles
perméabilités et aux grandes épaisseurs. Sur le plan thermique, il a été trouvé d’une
part, que l’utilisation d’ailettes ou de chicanes était plus efficace qu’une couche

40
Chapitre 2 Recherche bibliographique

poreuse et d’autre part, l’existence de valeurs optimales du nombre de Darcy, de


l’épaisseur du milieu poreux et de l’espacement entre les structures poreuses donnant
un maximum de transfert de chaleur.

Conclusion
A travers ce chapitre, nous avons vu que les nombreux travaux réalisés sur
l’amélioration des performances des échangeurs de chaleurs par utilisation de milieux poreux
lorsque leurs propriétés thermo-physiques sont bien choisies confirment les avantages qu’on
peut tirer profit de ces derniers sur l’augmentation du transfert de chaleur. Cependant, peu de
travaux expérimentaux ont été réalisés dans ce sens et surtout en utilisant des ailettes
poreuses, d’où l’intérêt du présent travail. Dans les chapitres suivants nous verrons l’effet
d’utilisation de structures poreuses et leur disposition sur l’efficacité d’un échangeur de
chaleur à tubes concentriques

41
Chapitre 3 Expérimentation

Chapitre 3

Expérimentation
Introduction
Dans ce chapitre, nous allons décrire le dispositif expérimental, l’instrumentation
ainsi que la procédure suivie pour réaliser les différentes expériences.

3.1 Description du banc d’essai


Le dispositif expérimental est représenté sur la figure 3.1. Un schéma illustrant les
différents éléments constitutifs du banc d’essai que nous allons décrire ci-dessous, est
représenté sur la figure 3.2.

13 88

11
10

12

7 1

6
2

3
4

Figure 3.1 : Dispositif expérimental.

42
Chapitre 3 Expérimentation

Mesure de la chute de pression

Thermocouples
hp
Thermocouples
s wp

Entrée eau chaude


Sortie eau chaude

Ailettes poreuses
Sortie eau
Entrée eau froide froide
Débitmètres

2
Bac d’eau
chaude
Pompe de circulation de
l’eau chaude
Résistance de chauffage

Figure 3.2 : Schéma du dispositif expérimental.

Le banc d’essai est constitué des éléments suivants :

1- Echangeur de chaleur à tubes concentriques


2- Bac d’eau chaude
3- Résistance de chauffage électrique d’une puissance de 3.5 kW
4- Pompe de circulation de l’eau chaude de type centrifuge dont le débit maximum est
de 8l/min
5- Régulateur de température
6- Thermocouple entrée du fluide froid
7- Thermocouple sortie du fluide chaud
8- Débitmètre du fluide froid
9- Débitmètre du fluide chaud
10- Thermomètres digitaux

43
Chapitre 3 Expérimentation

11- Thermocouple entrée du fluide froid


12- Thermocouple sortie du fluide chaud
13- Tube en U

3.1.1 Echangeur de chaleur

L’échangeur de chaleur est constitué de deux tubes concentriques. Le tube extérieur


(1) de diamètres 42/49 mm et de longueur 1m est en acier galvanisé alors que le tube intérieur
(2) de diamètres 14/16 mm et de longueur 1m est en cuivre. (Figure 3.3)

Figure 3.3 : Echangeur de chaleur

44
Chapitre 3 Expérimentation

Deux Tés (3) de diamètres 42/49 mm sont attachés sur les extrémités du tube
extérieur pour permettre le passage de la conduite du fluide chaud ainsi que les conduites
d’entrée et sortie du fluide froid. La liaison entre ces conduites et les deux Tés est assurée par
des réducteurs (4) qui facilitent le démontage de l’échangeur pour les besoins
d’expérimentation.
Un système de conduit et de robinetteries assure l’alimentation de l’échangeur en
fluide froid et permet d’avoir deux configurations d’écoulements : écoulement co-courant
dans le cas où les deux fluides chaud et froid circulent dans le même sens, et écoulement
contre courant dans le cas où les deux fluides circulent en sens contraire. (Figure 3.4)

6
10

9
8

5 1

3 2

3 2 3 2

4 1 4 1

Contre courant Co-courant

Figure 3.4 : Configuration de l’écoulement.

45
Chapitre 3 Expérimentation

La figure 3.4 montre que dans le cas d’une configuration à co-courant, la vanne
d’alimentation en fluide froid (4) (raccordée à la canalisation de l’eau potable) et la vanne (2)
sont ouvertes alors que les vannes (1) et (3) sont fermées tandis que dans le cas d’une
configuration à contre courant ce système est inversé, c'est-à-dire que les vannes (1) et (3)
sont ouvertes alors que les vannes (4) et (2) sont fermées.
Les vannes (1) et (4) (selon la configuration considérée) ainsi que le débitmètre (8) assurent le
contrôle du débit du fluide froid qui sort à travers le point (7). Celui-ci est raccordé au
système d’évacuation. Le fluide chaud rentre dans l’échangeur à travers une vanne raccordée
au point (5) qui, avec un débitmètre placé à la sortie de l’échangeur, contrôle le débit, et sort
vers un bac de retour.
Deux Tés de diamètre 16mm placés aux points (5) et (6) (à l’entrée et à la sortie du
tube intérieur) ainsi que deux autres, de même diamètre, placés aux points (9) et (10) (à
l’entrée et à la sortie du tube extérieur) permettent l’insertion des thermocouples pour la
mesure des températures entrée et sortie du fluide chaud et froid.
Afin de minimiser les pertes thermiques, les parois extérieures de l’échangeur de chaleur sont
recouvertes d’une couche de laine de verre (3) d’une épaisseur de 20mm et d’une couche de
plâtre (4) d’une épaisseur de 5mm. (Figure 3.5)

Figure 3.5 : Eléments d’isolation.

• Tube intérieur (1)

o Dimensions

¾ Diamètre extérieur : ∅ext =16mm


¾ Diamètre intérieur : ∅int =14mm
¾ Longueur : L=1m

46
Chapitre 3 Expérimentation

o Matériau : Cuivre

¾ Masse volumique : ρ=8933 kg/m3


¾ Conductivité thermique : k=386 W.m-1. K-1 (à T=300K)
• Tube extérieur (2)

o Dimensions

¾ Diamètre extérieur : ∅ext =49mm


¾ Diamètre intérieur : ∅int =42mm
¾ Longueur : L=1m

o Matériau : Acier galvanisé

¾ Masse volumique : ρ=7850 kg/m3


¾ Conductivité thermique : k=57 W.m-1. K-1 (à T=300K)

• Couche de laine de verre (3)

o Dimensions
¾ Epaisseur : Ep=20mm
¾ Longueur : L=1m

o Matériau : Laine de verre

¾ Masse volumique : ρ=16 kg/m3


¾ Conductivité thermique : k=0.04 W.m-1. K-1 (à T=300K)

• Couche de plâtre (4)

o Dimensions
¾ Epaisseur : Ep=5mm
¾ Longueur : L=1m

o Matériau : Plâtre

¾ Masse volumique : ρ=1300 kg/m3


¾ Conductivité thermique : k=0.4W.m-1. K-1 (à T=300K)

47
Chapitre 3 Expérimentation

3.1.2 Bac d’eau chaude


Le bac d’eau chaude est réalisé à partir d’une tôle en acier galvanisé d’une épaisseur
de 2mm, découpée en dimensions appropriées et soudées pour former un réservoir de volume
total de 0.0585m3. Une résistance électrique (1) d’une puissance de 3.5 kW est placée à
l’intérieur du réservoir par le biais d’un écrou soudé sur l’une de ses faces. Deux tubes en
acier galvanisé de 21mm de diamètre sont soudés sur les deux autres surfaces, l’un (2) servant
comme conduite d’aspiration de la pompe électrique et l’autre (3) comme conduite de retour
(Figure 3.6).
Le bac de l’eau chaude a pour but d’assurer l’alimentation et le retour en permanence
du fluide chaud de l’échangeur de chaleur.

Figure 3.6 : Bac d’eau chaude

o Dimensions
¾ Longueur : L=500mm
¾ Largeur : l=300mm
¾ Hauteur : H=390mm
¾ Epaisseur des tôles : Ep=2mm

o Matériau : Acier galvanisé

48
Chapitre 3 Expérimentation

Afin de réduire les pertes thermiques, les surfaces extérieures du réservoir sont
calorifugées avec une couche de laine de verre d’une épaisseur de 20mm.

3.1.3 Les systèmes de chauffage et de régulation de la température d’eau chaude


L’eau est chauffée dans le réservoir par une résistance électrique d’une puissance de
3.5 kW équipée d’un thermostat en cas de surchauffe comme système de sécurité (Figure 3.7)

Figure 3.7 : Résistance électrique.


o Caractéristiques électriques
• Intensité : I=15 A
• Voltage : V= 220 Volts
• Puissance : P=3.5 kW
Les besoins d’expérimentation nécessitent une température d’entrée constante du
fluide chaud dans l’échangeur de chaleur. Ceci est assuré par un contrôleur de température
digital (1) (Figure 3.8).

1
2

Figure 3.8 : Contrôleur de température.

49
Chapitre 3 Expérimentation

• Principe de fonctionnement du régulateur de température


Le rôle du régulateur de température (1) est de maintenir constante une température
d’ambiance donnée. Conçu pour les applications de chauffage, le régulateur utilisé dans
le présent travail est du type digital, muni d’une sonde (thermocouple) pour mesurer la
température de l’ambiance à contrôler. La valeur détectée est comparée à la consigne
(température désirée) et selon la différence, un commutateur intégré dans le contrôleur est
actionné pour fermer ou ouvrir le circuit électrique. Ce dernier est lié à une résistance
électrique pour le chauffage. Il Possède une sortie pour alarme et une autre pour ajuster la
température.
o Caractéristiques du contrôleur
• Modèle : HTX031J00
• Intensité : I=8A
• Voltage : V=220 Volts
• Plage de température : 0-450°C

Vu que l’intensité du contrôleur de température (8 A) est nettement inférieure à celle


de la résistance électrique utilisée pour le chauffage de l’eau (15 A), un contacteur (2) qui sert
comme organe de commande intermédiaire, a été utilisé pour résoudre le problème
(figure 3.9).
o Le contacteur

Un contacteur est un organe électrique avec la même fonction qu’un relais


électromécanique, mais dont les contacts sont prévus pour supporter un courant beaucoup plus
important. Ainsi, ils sont utilisés afin d’alimenter des moteurs industriels de grande puissance
(plus de 0.5 kW) et en général des consommateurs de fortes puissances. Ils sont aussi utilisés
en milieu domestique pour alimenter des appareils électriques comme le chauffage ou le
chauffe-eau, car les organes de commande (thermostat, interrupteur horaire et autres contacts
de commande) risqueraient d’être rapidement détériorés par un courant trop important.

o Caractéristiques du contacteur
• Modèle : LC1-D093-A65
• Intensité : I=25A
• Voltage : V=220 Volts
• Puissance maximale : P=5.5 kW

50
Chapitre 3 Expérimentation

Figure 3.9 : Contacteur

Le contrôleur de température (1) et le contacteur ainsi que le commutateur (2) sont


contenus dans le boîtier (3) (Figure 3.8 et 3.11).
o Schéma électrique de l’installation

1
3
12 11 10 9 8 7 6 5 2 1 4 3 2 1
o o o o o o o o o o o o o o
o o o o
2 4 3 2 1
O O

7 4
o

5
9

o o o o o
8
O

O O

Figure 3.10 : Schéma électrique de l’installation.

51
Chapitre 3 Expérimentation

Figure 3.11 : Boîtier de l’installation électrique.

ƒ Contrôleur de température (1)


ƒ Sonde thermique (thermocouple) (2)
ƒ Contacteur (3)
ƒ Résistance électrique (4)
ƒ Pompe électrique (5)
ƒ Fusibles 10A (6)
ƒ Commutateur (7)
ƒ Prise de courant (8)
ƒ Commutateur (9)
o Principe de fonctionnement de l’installation électrique
Lorsque le commutateur (7) est fermé, le contrôleur de température (1) est mis en
marche. La sonde thermique (2) immergée dans le bac de l’eau chaude détecte la
température et envoie le signal au contrôleur (1). Ce dernier compare cette valeur avec
la consigne. Si l’écart est négatif (température mesurée inférieure à la consigne), alors
le relais du contrôleur (1) formé des bornes (5), (6) et (7) se ferme et excite de coup, la
bobine du contacteur (3), et ferme son interrupteur formée par les bornes (1-1). Par
conséquent, la résistance chauffante (4) est alimentée. Lorsque la température de l’eau
dans le bac augmente et tend vers la température de consigne, ce processus est inversé.
Le relais du contrôleur (1) s’ouvre et désexcite la bobine du contacteur (3), et ouvre
son interrupteur et la résistance (4) est déclanchée.
Les fusibles (6) ont le rôle de sécuriser les composants de l’installation en cas de
surtension. La mise en marche de la pompe électrique (5) est contrôlée par le
commutateur (9).

52
Chapitre 3 Expérimentation

o Pompe électrique
Le rôle de la pompe électrique est d’assurer en continu la circulation du fluide chaud
depuis le bac vers l’échangeur de chaleur et le retour vers le bac, les principales
caractéristiques sont citées ci-dessous.

Figure 3.12 : Pompe électrique.

o Caractéristiques de la pompe
• Model : GRUNDFOS UPS-25-40
• Intensité : I=10 A
• Voltage : V=230 volts
• Pression maximale : 10 Bars
• Puissance : selon la vitesse de rotation

I II III
P(W) 30 45 60
I (A) 0.13 0.20 0.26

Tableau 3.1 : Puissance de la pompe en fonction de la vitesse de rotation.

53
Chapitre 3 Expérimentation

3.1.4 Ailettes poreuses


Deux configurations géométriques d’ailettes ont été traitées dans cette étude.

a. Configuration en ailettes transversales


Les ailettes transversales ont été réalisées à partir d’une grille de Fer commercial (tamis)
de dimension de pores de 1mm. La réalisation consiste à découper des segments de forme
rectangulaire, de largeur wp=2cm et les enrouler ensuite d’une manière compacte sur la
surface extérieure du tube intérieur de l’échangeur de chaleur. Plusieurs espacements entre
ailettes (s=1, 2, 6, 12 et 25cm) et épaisseurs (Hp=20, 40, 60 et 80% de l’espace annulaire
avec Dh=26 mm) ont été considérés.

s
hp

wp

Figure 3.13 : Ailettes poreuses transversales

o Récapitulatif du nombre d’ailettes utilisées pour chaque espacement

Espacement (cm) 1 2 6 12 25
Nombre d’ailettes 33 25 13 8 4

Tableau 3.2 : Nombre d’ailettes utilisées pour chaque espacement

54
Chapitre 3 Expérimentation

b. Configuration en ailettes longitudinales


Les ailettes longitudinales ont été réalisées de la même grille que celui des ailettes
transversales. La réalisation consiste à découper des segments rectangulaires, de largeur
wp=1cm, et de les empiler sur la surface externe du tube intérieur de l’échangeur de
chaleur. Pour des raisons d’encombrement, l’espacement (s) est fixé à 1cm et seule
l’épaisseur (hp) est variée.

Figure 3.15 : Ailettes poreuses longitudinales.

o Matériau des ailettes : Fer


ƒ Masse volumique : ρ = 7870kg/m3
ƒ Conductivité thermique : k = 73.3 W.m-1. K-1 (à T=300 K)

c. Différents milieux poreux utilisés


Pour étudier l’effet de la structure du milieux poreux sur l’efficacité de l’échangeur de
chaleur, nous avons utilisé trois types du même matériau mais qui diffèrent par la
dimension des pores (dp ). Les milieux ayant dp=0.67, 1 et 2mm ont été utilisés sous forme
d’ailettes transversales espacées de 6cm.

55
Chapitre 3 Expérimentation

3.1.5 Instruments de mesure


Le choix du type d’instrument de mesure est fonction des grandeurs physiques à
mesurer qui sont, pour la présente étude, les suivantes :
ƒ Température
ƒ Pression
ƒ Débit
• Mesure de la température
La mesure des températures entrée et sortie des fluides chaud et froid dans l’échangeur de
chaleur avec une précision suffisante a nécessité l’utilisation de thermomètres digitaux munis
de thermocouples.
a) Thermocouples
Les thermocouples ou couples thermoélectriques transforment une température en une
tension électrique mesurable. Le couple est constitué par deux conducteurs de natures
différentes, soudés bout à bout en circuit fermé. Les deux soudures sont à des températures
différentes et un courant circule dans le circuit. Les écarts de potentiel et de température entre
les deux soudures sont liés par une relation qui est caractéristique du couple de métaux utilisé.
Dans cette étude, nous avons utilisé des thermocouples à gaine métallique en acier
réfractaire semi-rigide de type K (Figure 3.15).

Figure 3.15 : Thermocouple type K.

Type Gamme Résolution Précision


-200 à 650 °C 0.1 °C
K (0.1% de lecture +0.7°C)
651 à 1370 °C 1°C

Tableau 3.3: Caractéristiques des thermocouples de type K [25]

56
Chapitre 3 Expérimentation

b) Thermomètres
Les thermomètres utilisés sont du type digital à deux entrées de haute précision.
Ils permettent des mesures de température allant de -50 à 1300°C et ils sont utilisés avec des
thermocouples de type K (Figure 3.16).

Figure 3.16 : Thermomètre.

o Caractéristiques techniques du thermomètre [25]


• Modèle : CA 863
• Deux entrées pour thermocouples de type K
• Mesure de différence de température ∆T
• Précision : ±0.3%, lecture +1°C
• Etendu de mesure : -50 à 1300°C
• Résolution : 0.1°C ou 1 °C
• Dimensions : 173 x 60.5x 38mm
• Poids : 185 g

• Mesure du débit
Pour la mesure des débits des fluides chaud et froid dans l’échangeur de chaleur, deux
débitmètres à flotteur ont été utilisés dans la présente étude, dont les caractéristiques
techniques sont citées ci-dessous.

57
Chapitre 3 Expérimentation

Figure 3.17: Débitmètre à flotteur.

o Caractéristiques techniques [26]


• Modèle : PGB4
• Température de service : 80°C
• Pression de service : 10 Bars
• Tube : Plastique TPX
• Echelle : Gravée en noir sur le tube en plastique
• Flotteur: Acier inoxydable
• Logement: Polyester couvert en acier
• Joint torique d’étanchéité : Viton avec acier inoxydable
• Précision : ±5% FSD (calibrations air et eau)
• Dimensions : 219 x 48 x 48mm
• Installation : verticale, le sens d’écoulement du bas vers le haut
• Connections : ∅ 12.7mm femelle.
• Etendu de mesure : 1-10 l/min

58
Chapitre 3 Expérimentation

• Mesure des chutes de pression


Deux prises de pression ont été placées à l’entrée et à la sortie de tube extérieur de
l’échangeur de chaleur, et ont été reliées à un tube en U pour mesurer la chute de pression à
travers l’échangeur.
Le manomètre [27] comprend un tube en U en verre borosilicate, protégé par une monture à
rebord et fixé dans un bloc en MANOLENE par deux presse-étoupe à joint toriques. La règle
métallique graduée de 200-0-200 millimètres, d’où un domaine de mesure de 400 millimètres
du liquide manométrique, est telle qu’elle peut être déplacée en haut pour régler le zéro
(Figure 3.18).

Figure 3.18 : Tube en U.

3.2 Protocole expérimental


Dans ce paragraphe, nous allons décrire la procédure suivie pour l’élaboration des
expériences.

3.2.1 Configurations étudiées


Nous avons effectué une série d’expériences sur un échangeur de chaleur à contre
courant justifiées par les objectifs fixés par cette étude. Ces expériences peuvent être classées
en quatre grandes familles : couche poreuse, configuration à ailettes transversales,
configuration à ailettes longitudinales, et effet de la dimension des pores.

59
Chapitre 3 Expérimentation

[Link] Cas fluide


Ce cas consiste à déterminer les efficacités de l’échangeur de chaleur pour différents
rapports des débits des fluides chaud et froid. Il constitue une référence pour les autres
configurations.

[Link] Couche poreuse


Le type du milieu poreux utilisé est celui dont la dimension des pores est de 1mm.
Deux paramètres ont été étudiés à savoir : effet du rapport des débits des fluides chaud et froid
et effet de l’épaisseur de la couche poreuse.

[Link] Configuration en ailettes transversales


Les paramètres étudiés dans cette configuration sont :
ƒ Le rapport des débits des fluides chaud et froid
ƒ L’ épaisseur des ailettes transversales
ƒ L’espacement entre ailette.
Le milieu poreux utilisé est celui dont la dimension des pores est de 1mm.

[Link] Configuration en ailettes longitudinales


Vu l’encombrement de l’échangeur de chaleur, le paramètre « espacement entre
ailettes » a été fixé, et seuls les effets du rapport des débits et l’épaisseur des ailettes ont été
étudiés.
Le milieu poreux utilisé est celui dont la dimension des pores est de 1mm.

[Link] Dimension des pores


La configuration étudiée pour ce cas est celle en ailettes transversales. Le paramètre
« espacement » est fixé à 6cm, le même matériau du milieux poreux est utilisé mais avec
différents dimensions des pores : 0.67, 1 et 2mm.
Les effets du rapport des débits et l’épaisseur des ailettes ont été analysés.
3.2.2 Procédure expérimentale
La procédure expérimentale suivie est indiquée sur l’organigramme de la figure 3.17.

60
Chapitre 3 Expérimentation
Choix de la configuration
à traiter :
cas fluide, couche poreuse,
ailettes transversales,
ailettes longitudinales

Ailettes NON Ailettes Choix de la


NON
transversales longitudinales dimension des
dp=1mm dp=1mm pores : 0.5,
2mm
OUI OUI OUI

Choix de l’espacement Espacement Espacement


1, 2, 6, 12, 25cm 1cm 6cm

Choix de l’épaisseur
20,40, 60 et 80%

Choix du débit de l’eau


chaude 2, 4, 6, 7.5 l/min

Choix du débit de l’eau


froide 1, 3, 5, 7, 9 l/min

Prélèvement des
températures et chutes
de pression

NON
Tous les débits de
l’eau froide
traités

OUI

Tous les débits de NON


l’eau chaude
traités

NON OUI

Toutes les Toutes les NON


espacements traités OUI
épaisseurs
traitées

OUI

Toutes les
configurations
traitées

Fin

Figure 3.17: Procédure expérimentale.

61
Chapitre 3 Expérimentation

o La température d’entrée de l’eau chaude est fixée à 80°C.


o La température d’entrée de l’eau froide est celle de la température du circuit de l’eau
potable.

3.3 Traitement des données


L’exploitation des données expérimentales a permis de calculer certains paramètres
caractérisants les performances de l’échangeur de chaleur.

3.3.1 Efficacité de l’échangeur de chaleur


Tout au long de ce présent travail, l’efficacité a été calculée comme suit :

(m& ⋅ C ) (T − T ) (3.1)
E=
p c ce cs

C ⋅ (T − T )
min ce fe

Où :
E: efficacité de l’échangeur de chaleur
Tce : Température d’entrée de l’eau chaude (°C)
Tfe : Température d’entrée de l’eau froide (°C)
Tcs : Température de sortie de l’eau froide (°C)
m& : Débit massique (kg/s)
Cp : Capacité calorifique du fluide (J/kg.K)
Cmin =min [( m& ⋅ C p ) f , ( m& ⋅ C p ) c ]

3.3.2 Rapport des débits


Le rapport des débits est défini comme suit :

Qf
Rd = (3.2)
Qc
Où :
Rd : rapport des débits
Qf : Débit de l’eau froide (l/min)
Qc : Débit de l’eau chaude (l/min)
Ce rapport a été varié entre 0.13 et 4.5.

62
Chapitre 3 Expérimentation

3.3.3 Chute de pression


La chute de pression entre l’entrée et la sortie du tube extérieur de l’échangeur de
chaleur a été calculée selon la formule suivante :

∆P = ρeau g∆H (3.3)


Où :
∆P : chute de pression (Pa)
3
ρ eau : masse volumique de l’eau (kg/m )

g : accélération de la pesanteur (m/s2)


∆H : différence des hauteurs manométriques relevée à partir du tube en U (m)

3.3.4 Taux d’amélioration de l’efficacité


TAE caractérise le taux d’amélioration de l’efficacité de l’échangeur de chaleur par
utilisation d’ailettes poreuses par rapport au cas fluide

Ep − E f (3.4)
TAE =
Ef

Où :
TAE : taux d’amélioration de l’efficacité
Ep : efficacité dans le cas poreux
Ef : efficacité dans le cas fluide.

3.5 Estimation des erreurs


Comme le présent travail est une étude expérimentale, alors les résultas obtenus
reposent sur des valeurs mesurées donc sujettes à des erreurs d’instrumentation et de lecture.
Pour cela, nous avons consacré cette partie à l’estimation des erreurs commises sur les
différents paramètres mesurés et calculés.

o Erreur sur la mesure de température

δT = δTlecture + δTappareil = ±(0.1 + 0.003) °C = ±0.103 °C

63
Chapitre 3 Expérimentation

o Erreur sur la mesure de débit

δQ = δQlecture + δQapparei = ± (0.1 + 0.05) l / min = 0.15 l / min

o Erreur sur la mesure de la différence des hauteurs manométriques

δ (∆H ) = ±1mm

o Erreur sur le calcul de la chute de pression

∆P = ρeau g∆H

δ (∆P) δ (∆H )
= ⇒ δ (∆P ) = ρ eau gδ (∆H ) = 9.81 Pa
∆P ∆H

o Erreur sur le calcul du rapport de débit


Qf
Rd =
Qc
δR d δQ f δQC
= +
Rd Qf QC

δRd
= 0.225 le plus faible rapport (Rd=0.13, Qf=1 l/min, Qc=7.5 l/min)
Rd
δRd
= 0.037 le plus grand rapport (Rd=4.5, Qf=9 l/min, Qc=2 l/min)
Rd
o Erreur sur le calcul de l’efficacité

⎛⎜ m
•.
⋅ cp ⎞⎟ (Tce − Tcs )
E= ⎝ ⎠c
Cmin ⋅ (Tce − Tfe )
δE δ (Tce − T ) δ (Tce − T fe ) δRd 2δT 2δT 2R
= cs
+ + = + + d
E (Tce − T )cs
(Tce − T )
fe
Rd Tce − Tcs Tce − T fe Rd

64
Chapitre 3 Expérimentation

Pour le cas d’une couche complètement poreuse avec Hp=80%


δE
=0.064 pour le plus grand rapport de débit
E
δE
=0.25 pour le plus faible rapport de débit
E

Conclusion
Une description du banc d’essai ainsi que la procédure expérimentale suivie ont été
présenté à travers ce chapitre. La présentation et la discussion des résultats obtenus feront
l’objet du chapitre suivant.

65
Chapitre 4 Résultats et interprétations

Chapitre 4

Résultats et interprétations

Introduction
Dans cette partie nous allons présenter et discuter les différents résultats
obtenus dans le cas d’une configuration d’un échangeur de chaleur à contre courant. Pour
cela, nous allons examiner l’influence de différents paramètres sur l’amélioration de
l’efficacité de l’échangeur de chaleur à savoir effets du rapport des débits, de l’épaisseur
et l’espacement des ailettes poreuses, de la dimension des pores ainsi que la configuration
géométrique (ailettes transversales et longitudinales) en tenant compte des chutes de
pression occasionnées en contre partie.

4.1 Effet du rapport des débits


Sur la figure 4.1 est illustrée l’évolution de l’efficacité de l’échangeur avec le
rapport des débits froid-chaud. La variation de Rd est obtenu de la manière suivante : on
fixe le débit du fluide chaud et on fait augmenter le débit du fluide froid. Cette figure
montre que tant que ce rapport est inférieur à une valeur critique, de l’ordre de 1.5,
l’augmentation de sa valeur réduit l’efficacité de l’échangeur qui devient ensuite
croissante avec ce paramètre. L’augmentation de la valeur du débit du fluide chaud (par
exemple Qc = 7.5 l/min), conduit à des valeurs plus grandes de E à cause de
l’augmentation de la quantité de chaleur cédée au fluide froid.
On note que ce comportement a été observé pour les différents espacements,
épaisseurs, dimensions des pores ainsi que les configurations géométriques considérées.
Ceci nous amène à conclure que l’effet du rapport des débits est indépendant de ces
paramètres.

66
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0.6
CP
0.35 CP
AT2M
AT2M
AT6M 0.5
AT6M
0.30 AT25M
AT25M
AL
0.4 AL
AT6F
0.25 AT6F
AT6G AT6G
0.3
Ε

Ε
0.20

0.2
0.15

0.1
0.10

0.0
0 1 2 3 4 5 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2

Rd Rd

Qc = 2 l/min, Hp = 20 % Qc = 7.5 l/min, Hp = 20 %

0.34 CP 0.55
CP
0.32 AT2M
AT6M 0.50 AT2M
0.30 AT6M
AT25M 0.45
0.28 AL AT25M
AT6F 0.40 AL
0.26
AT6G 0.35 AT6F
0.24
AT6G
0.22 0.30
Ε

0.20 0.25
0.18
0.20
0.16
0.15
0.14
0.12 0.10

0.10 0.05

0 1 2 3 4 5 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2

Rd Rd

Qc = 2 l/min, Hp = 80 % Qc = 7.5 l/min, Hp = 80 %

Figure 4.1 : Effet du rapport des débits sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur.

Les courbes de la figure 4.2 montrent que les meilleurs taux d’amélioration de
l’efficacité sont obtenus dans le cas de débits d’eau chaude élevés (Qc=7.5 l/min) où ils
ont atteint les 50 % pour la cas des ailettes transversales à 6 cm d’espacement et pour
une épaisseur de 80% alors que de très faibles augmentation ont été enregistrées (<16%)
67
Chapitre 4 Résultats et interprétations

dans le cas de faibles débit de l’eau chaude (Qc=2 l/min) et épaisseur du milieu poreux
(20%).

0.2 CP
0.6
0.1 AT2M
AT6M
0.0 0.4
AT25M
AL
-0.1
0.2 AT6F
-0.2 AT3G
Casfluide

TAE
TAE

-0.3 CP 0.0
AT2M
-0.4 AT6M
AT25M -0.2
-0.5 Casfluide
AL
AT6F
-0.6 -0.4
AT3G
-0.7
-0.6
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2
Rd Rd

Qc=7.5 l/min, Hp=20% Qc=7.5 l/min, Hp=80%

0.2
0.2
0.1
0.1
0.0
0.0
-0.1
-0.1
CP
TAE
TAE

-0.2 CP Casfluide
Casfluide -0.2 AT2M
AT2M
-0.3 AT6M
AT6M
-0.3 AT25M
AT25M
-0.4
AL
AL
-0.4 AT6F
AT6F
-0.5 AT3G AT3G
-0.5
-0.6
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Rd Rd

Qc=2 l/min, Hp=20% Qc=2 l/min, Hp=80%

Figure 4.2 : Effet du rapport des débits sur le taux d’amélioration de l’efficacité

68
Chapitre 4 Résultats et interprétations

Par ailleurs, l’augmentation du rapport des débits entraîne une augmentation de


la chute de pression comme il apparaît sur la figure 4.3. En effet, l’accroissement de Rd
est synonyme d’une élévation importante de la vitesse du fluide froid, d’où une plus
grande perturbation de l’écoulement et ainsi des frottements plus importants.

34
180 AT2M
32 AT2M
30 AT6M 160
AT6M
28 AT12M AT12M
AL 140 AL
26
24 AT6F AT6F
120

∆P (mm H2O)
22 AT6G AT6G
∆P(mm H2O)

100
20
18 80
16
14 60
12
40
10
8 20
6
0
0.90 0.95 1.00 1.05 1.10 1.15 1.20 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 1.2

Rd Rd

Hp = 60 % Hp = 80 %

Figure 4.3 : Effet du rapport des débits sur la chute de pression.

4.2 Effet de l’épaisseur


Afin d’estimer l’influence de l’épaisseur des ailettes poreuses nous avons
représenté les résultats obtenus pour le cas des ailettes transversales à dimension des
pores dp =1 mm. Les résultats obtenus avec la couche poreuse, représentant le cas limite
d’un espacement nul, ont été ajoutés pour comparaison.
Nous avons considéré cinq épaisseurs : 0, 20, 40, 60 et 80 % de l’espace
annulaire de l’échangeur qui est de l’ordre 13 mm. Pour chaque épaisseur, on a fait varier
l’espacement et le rapport des débits. Les résultats sont illustrés sur la figure 4.4.

69
Chapitre 4 Résultats et interprétations

On remarque tout d’abord que les plus faibles efficacités de l’échangeur de


chaleur sont obtenues lorsque le milieu poreux est inséré sous forme de couche, où on
observe dans ce cas une diminution de E jusqu’à une valeur critique de l’épaisseur, de
l’ordre de 30 %, au-delà de laquelle la performance de l’échangeur commence à
augmenter sans toutefois dépasser le cas fluide. Dans ce cas, le milieu poreux présente
une grande résistance au transfert de chaleur, l’échange de chaleur entre les deux fluides
est faible et le milieu poreux peut être alors utilisé comme isolant. La disposition de ce
milieu sous forme d’ailettes transversales, placées sur le tube interne, conduit à une nette
amélioration de l’efficacité qui dépend de l’espacement entre ces dernières structures et
du rapport des débits. Dés lors, on peut distinguer les effets suivants :
- A très faible espacement (1 cm), les ailettes se comportent de la même manière que la
couche poreuse avec cependant une nette amélioration de l’efficacité qui atteint une
valeur moyenne de 79 % dans le cas d’un rapport des débits Rd =1.25 par exemple.
Un résultat intéressant apparaît aux faibles débits d’eau froide (3 l/min) où la plus grande
efficacité est obtenue pour un remplissage à 60 % de l’espace annulaire (Emax = 0.16 pour
Rd = 0.4 et Emax =0.15 pour Rd = 0.75) alors que pour les autres cas il faudra remplir plus
pour atteindre ces mêmes niveaux d’efficacité, ce qui est accompagné d’une pénalité qui
est l’augmentation de la chute de pression. Cependant, malgré l’amélioration notée par
rapport à la disposition en couche poreuse, les valeurs de E obtenues dans ce cas restent
toujours inférieures à celles du cas fluide tout en s’y approchant aux grands débits Qf.
- Aux moyens et grands espacements et selon le rapport des débits et la valeur de Qf on
observe différents comportements qui peuvent se résumer comme suit :

• Aux faibles débits du fluide froid (3 l/min), l’augmentation de l’épaisseur réduit


l’efficacité de l’échangeur de chaleur jusqu’à une valeur critique autour de 20 %
au-delà de laquelle elle devient croissante. Aux grands valeurs de Qf (≥ 5 l/min),
cette diminution de l’efficacité avec l’épaisseur devient moins apparente et
disparaît même pour le cas Rd = 1.2 (Qc = 7.5 l/min et Qf = 9 l/min) où
l’augmentation du remplissage accroît l’efficacité jusqu’à une valeur maximale
atteinte pour une épaisseur optimale. Cette épaisseur optimale est obtenue avec un
remplissage à 80 % pour les espacements 2 cm et 6 cm, elle est de l’ordre de 60 %
pour s = 12 cm, alors que les ailettes à grand espacement de 25 cm présente deux

70
Chapitre 4 Résultats et interprétations

valeurs différentes selon le débit du fluide chaud : autour de 60 % pour


Qc= 7.5 l/min et se déplace vers 40 % pour Qc < 4 l/min).
- L’analyse de ces figures montre aussi que le cas fluide n’est dépassé qu’à partir
d’une certaine épaisseur qui augmente avec la diminution de l’espacement. Par
exemple, aux faibles débits d’eau froide et chaude (Qc=4 l/min, Qf=3 l/min) cette
épaisseur est de l’ordre de 30 % pour s = 25 cm, 47 % pour s = 12 cm, 60% pour
s = 6 cm et 70 % pour s = 2 cm. Ces valeurs diminuent avec l’augmentation des
débits des fluides chaud et froid.
- Les meilleures efficacités sont obtenues dans le cas de débits Qf = 3 l/min et
Qc = 7.5 l/min : Emax = 0.27 pour s = 25 cm à Hp = 60% et s = 6 cm à Hp = 80%.
Dans ce cas les ailettes à grand espacement sont plus intéressantes que le cas à s =
6 cm car les mêmes performances sont obtenues avec moins de remplissage et un
nombre d’ailettes plus faible. Ceci à deux conséquences d’une part, moins de
matériau utilisé et d’autre part, des chutes de pression engendrées plus faibles.
Un autre cas intéressant est celui pour lequel Qc = 4 l/min et Qf = 3 l/min : dans ce
cas Emax = 0.21 pour s = 6 cm à Hp = 80 % et pour s = 25 cm à Hp = 40 %. Pour
des débits d’eau froide ≥ 5 l/min, la meilleure performance est obtenue pour les
ailettes à espacement de 6 cm et pour un remplissage de 80 %. Les valeurs
obtenues sont toutefois plus faibles.

71
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0.28
0.22 Casfluide 0.26 Casfluide
0.20 0.24

0.18 0.22

0.20
0.16
0.18
0.14
Ε

Ε
0.16
0.12 CP 0.14
CP
AT1M
0.10 0.12 AT1M
AT2M
AT2M
AT6M 0.10 AT6M
0.08 AT12M
0.08 AT12M
AT25M AT25M
0.06
0.06
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80
Hp(%) Hp (%)

Qc = 4 l/min, Qf = 3 l/min, Rd = 0.75 Qc = 7.5 l/min, Qf = 3 l/min, Rd = 0.4

0.20
0.20 Casfluide CP
AT1M
0.18
0.18 AT2M Casfluide
AT6M
0.16 AT12M
0.16 AT25M

0.14 0.14
Ε

0.12
Ε

0.12

0.10 CP 0.10
AT1M
0.08 AT2M 0.08
AT6M
AT12M
0.06 0.06
AT25M

0 20 40 60 80 0 20 40 60 80

Hp (%) Hp (%)

Qc = 4 l/min, Qf = 5 l/min, Rd = 1.25 Qc = 7.5 l/min, Qf = 5 l/min, Rd = 0.66

72
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0.24 0.17
CP
Casfluide 0.16
0.22 AT1M Casfluide
0.15 AT2M
AT6M
0.20 0.14
AT12M
0.13 AT25M
0.18
0.12

0.16 0.11
Ε

Ε
0.10
0.14
0.09
CP 0.08
0.12
AT1M
AT2M 0.07
0.10 AT6M 0.06
AT12M
0.08 0.05
AT25M
0.04
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80

Hp (%) Hp (%)

Qc = 4 l/min, Qf = 9 l/min, Rd = 2.25 Qc = 7.5 l/min, Qf = 9 l/min, Rd = 1.2

Figure 4.4 : Effet de l’épaisseur des ailettes poreuses sur l’efficacité de l’échangeur.

La figure 4.5 confirme les résultats cités ci-dessus et montre que l’augmentation
de l’épaisseur du milieu poreux a un effet sur le taux d’amélioration de l’efficacité dont
l’importance dépend de l’espacement des ailettes et du rapport des débits. Le taux
d’augmentation le plus élevé (50%) est obtenu pour une épaisseur de 80% dans le cas des
ailettes à espacement modéré (6cm) et pour un débit de l’eau chaude de Qc=7.5 l/min.
Pour les ailettes à grand espacement (s=12 cm), les plus grands taux (30 %) sont obtenus
pour des épaisseurs plus faibles (60%).

73
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0.5 CP 0.3
CP
AT1M AT1M
0.4
AT2M 0.2 AT2M
0.3 AT6M AT6M
AT12M 0.1 AT12M
0.2
AT25M AT25M
0.1 0.0

0.0 -0.1 Casfluide


TAE

TAE
-0.1 -0.2
-0.2
-0.3
-0.3 Casfluide
-0.4
-0.4
-0.5 -0.5

-0.6 -0.6
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80
HP(%) HP(%)

Qc=7.5 l/min, Qf=9 l/min, Rd=1.2 Qc=4 l/min, Qf=9 l/min, Rd=2.25

Figure 4.5 : Effet de l’épaisseur sur le taux d’amélioration de l’efficacité

Nous avons vu que l’épaisseur des ailettes est un paramètre qui peut favoriser le
transfert de chaleur et son degré d’influence dépend du rapport des débits et de
l’espacement entre ces structures. Cependant, ce gain en transfert de chaleur est associé à
une perte en puissance de pompage comme il apparaît sur la figure 4.6. En effet,
l’augmentation de l’épaisseur est synonyme d’une augmentation de la résistance à
l’écoulement à cause de la présence du milieu poreux d’où un accroissement de la chute
de pression. Ces pertes se manifestent d’avantage dans le cas des ailettes à faible
espacement. Dans ce cas les structures poreuses à s = 6 cm peuvent devenir intéressantes
car elles conduisaient, presque dans tous les cas, aux meilleures efficacités à Hp = 80 % et
engendrent des chutes de pression modérées par rapport au cas à s = 2 cm.

74
Chapitre 4 Résultats et interprétations

180
120 CP AT2
AT6 160 AT6
100 AT12 140 AT12

80 120

∆P (mm H2O)
∆P (mm H2O)

100
60
80

40 60

40
20
20
0 0

40 50 60 70 80 20 30 40 50 60 70 80

Hp(%) Hp(%)

Qf = 7 l/min Qf = 9 l/min

Figure 4.6 : Effet de l’épaisseur des ailettes poreuses sur la chute de pression.

4.3 Effet de l’espacement


L’un des principaux objectifs de notre étude est de déterminer l’espacement
optimal pour lequel le transfert de chaleur est le plus élevé. Pour cela, nous avons
effectué une série d’essais sur des ailettes transversales placées sur le tube intérieur de
l’échangeur pour différents espacements à savoir : 0 (couche poreuse), 1, 2, 6, 12 et 25
cm. Les résultas sont illustrés sur la figure 4.7. Il apparaît tout d’abord que l’effet de
l’espacement dépend des débits d’eau froide et chaude ainsi que de l’épaisseur. Les
comportements suivants sont observés :
- Pour les rapports de débits supérieurs à 1 résultant du quotient des grands débit
d’eau froide et chaude (Qc = 7.5 l/min et Qf = 9 l/min par exemple), l’augmentation de
l’espacement jusqu’à une valeur optimale (6cm) favorise d’avantage le transfert
thermique et améliore sensiblement l’efficacité de l’échangeur quelle que soit l’épaisseur,
au-delà de cette valeur, l’efficacité diminue. On note que la meilleure performance est
obtenue pour l’épaisseur 80 %. Dans ce cas, le cas fluide est nettement dépassé par
utilisation d’ailettes transversales en comparaison au cas d’une couche poreuse (s = 0 cm)
ou le cas à très faible espacement (s=1 cm) qui engendrent des résistances à l’écoulement

75
Chapitre 4 Résultats et interprétations

plus importantes. L’espacement au-delà duquel le cas sans milieu poreux est dépassé
diminue avec l’augmentation de l’épaisseur. Il est de l’ordre de 1 cm pour un remplissage
de 80 % et de l’ordre de 2 cm pour une épaisseur de 20 %. Dans le cas où le débit d’eau
froide est plus faible (par exemple Qf = 5 l/min, Qc=4 l/min), l’espacement optimal pour
des épaisseurs Hp < 80 % s’est alors déplacé vers des plus grandes valeurs : par exemple
à 40 %, sopt = 25 cm alors qu’à 20 %, sopt = 12 cm, avec ce dernier cas conduisant à des
efficacités plus faibles que celle du cas fluide.
- Pour les rapports de débits inférieurs à 1 notamment ceux résultants d’un grand débit
de l’eau chaude et faible débit de l’eau froide (Qf = 3 l/min), l’augmentation de
l’espacement accroît l’efficacité par rapport au cas d’une couche poreuse, mais cette
amélioration reste, pour certains cas, inférieure au cas fluide. L’espacement optimal
dépend de l’épaisseur, il est de l’ordre de 6 cm pour un remplissage à 80%, alors qu’il
se déplace vers les grands espacements pour les moyens et faibles épaisseurs.

0,18
0,24

0,16 0,22

0,14 0,20

0,18
0,12
0,16
Ε
Ε

0,10 Casfluide Hp80%


Hp80% 0,14
Casfluide Hp60%
0,08 Hp60%
0,12 Hp40%
Hp40%
Hp20%
0,06 Hp20% 0,10

0,04 0,08
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25

s(cm) s(cm)

Qc = 7.5 l/min , Qf = 9 l/min, Rd = 1.2 Qc = 4 l/min , Qf = 9 l/min, Rd = 2.25

76
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0,20 0,20

0,18 0,18

0,16 0,16

0,14 0,14
Casfluide
Ε

Ε
0,12 Hp80% 0,12 Hp80%
Casfluide
Hp60% Hp60%
0,10 0,10
Hp40% Hp40%
0,08 Hp20% 0,08 Hp20%

0,06 0,06
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
s(cm) s(cm)

Qc = 7.5 l/min , Qf = 5 l/min, Rd = 0.66 Qc = 4 l/min , Qf = 5 l/min, Rd = 1.25

0,28 0,22
0,26
0,20
0,24

0,22 0,18

0,20 0,16
Casfluide
0,18
0,14
Ε

0,16 Hp80%
Casfluide
0,14 0,12 Hp80%
Hp60%
Hp60%
0,12 Hp40% 0,10
Hp40%
0,10 Hp20%
0,08 Hp20%
0,08

0,06 0,06
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25

s(cm) s(cm)

Qc = 7.5 l/min , Qf = 3 l/min, Rd = 0.4 Qc = 4 l/min , Qf = 3 l/min, Rd = 0.75

Figure 4.7 : Effet de l’espacement entre ailettes sur l’efficacité de l’échangeur de


chaleur.
La figure 4.8 montre qu’il existe un espacement optimal (6cm) pour lequel le
taux d’amélioration est le plus grand. Ce taux peut atteindre dans le cas des grands débits

77
Chapitre 4 Résultats et interprétations

d’eau chaude et froide les 50% pour une épaisseur de 80% alors que pour ces mêmes
conditions, la couche poreuse (s=0 cm), entraîne une diminution du TAE d’environ 50%.
Toute augmentation au-delà de l’espacement optimal entraîne une diminution sensible de
ce taux (à 25cm d’espacement le taux n’est que de 14% à Hp=80%).
Cependant, dans le cas d’un faible rapport des débits, et pour des épaisseurs
inférieures à 80%, les meilleurs TAE sont obtenues pour les grands espacements : par
exemple pour Rd=0.4, le (TAE) maximal est obtenu pour l’espacement 25cm.

0.2
0,6
0.1
0,4
0.0

0,2 -0.1

-0.2
0,0 Cas fluide
TAE

TAE

-0.3
Hp80% Hp80%
-0,2
-0.4 Hp60%
Casfluide Hp60%
-0,4 Hp40% -0.5 Hp40%
Hp20%
Hp20% -0.6
-0,6
-0.7
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25

s(cm) s(cm)

Qc=7.5 l/min,Qf=9 l/min, Rd=1.2 Qc=4 l/min,Qf=3 l/min, Rd=0.75

0.3
0.2
0.1
0.0
-0.1
-0.2
TAE

-0.3 Casfluide
-0.4 Hp80%
Hp60%
-0.5
Hp40%
-0.6
Hp20%
-0.7
-0.8
0 5 10 15 20 25

s(cm)

78
Chapitre 4 Résultats et interprétations

Qc=7.5 l/min,Qf=3 l/min, Rd=0.4

Figure 4.8 : Effet de l’espacement entre ailettes sur le taux d’amélioration de l’efficacité
La figure 4.9 montre que l’augmentation de l’espacement réduit
considérablement la chute de pression. Le taux de réduction est d’autant plus important
dans le cas d’une grande épaisseur. Ceci permet de tirer double profit des effets positifs
de l’augmentation de l’épaisseur à savoir, améliorer le transfert thermique d’une part et
réduire les pertes d’énergie mécanique d’autre part.

180
120 20% 20%
40% 160 40%
100 60% 60%
140
80% 80%
80 120
∆P (mm H2)

∆P (mm H2O)

100
60
80

40 60

40
20
20

0 0
2 4 6 8 10 12 2 4 6 8 10 12

s(cm) s(cm)

Qf = 7 l/min Qf = 9 l/min

Figure 4.9 : Effet de l’espacement entre ailettes sur la chute de pression.

4.4 Effet de la dimension des pores


Pour mettre en évidence l’influence de la dimension des pores (dp) sur
l’efficacité de l’échangeur de chaleur, nous avons considéré trois types de milieu poreux
de même matériau (quadrillage métallique) ne différant que par la valeur de dp. Les
résultats sont présentés pour le cas d’ailettes transversales espacées de 6 cm. Chaque fois,

79
Chapitre 4 Résultats et interprétations

l’épaisseur et le rapport des débits sont variés. D’après la figure 4.10, nous avons relevé
les comportements suivants :
- Pour des rapports de débits supérieurs à 1 et pour une épaisseur de l’ordre de 80%,
l’augmentation de la dimension des pores favorise le transfert thermique jusqu’à une
valeur optimale (dp = 1 mm) à partir de laquelle l’efficacité diminue, alors que pour les
autres épaisseurs on a enregistré dans l’ensemble une augmentation de E avec dp.
- Pour les rapports de débits inférieurs à l’unité, les ailettes poreuses dont l’épaisseur est
de 80% gardent le même comportement que pour Rd > 1, par contre pour les autres
épaisseurs, l’augmentation de dp réduit l’efficacité jusqu’à une valeur critique au-delà de
laquelle il y a augmentation.
Dans le cas des ailettes à grande dimension des pores (dp =2 mm), si on examine
l’influence de l’augmentation de l’épaisseur sur l’efficacité, on observe un phénomène
oscillatoire aux faibles rapports des débits qui tend à disparaître quand Rd augmente.
C’est le seul cas où a été enregistrée une amélioration des performances thermiques de
l’échangeur aux faibles épaisseurs et faibles rapports des débits, qui diminuent ensuite
jusqu’à une valeur critique de l’ordre de 40% à partir de laquelle elles augmentent de
nouveau pour atteindre leur maximum pour une épaisseur de l’ordre 60%. Une
augmentation plus que cette valeur ne fait que décroître l’efficacité. Par contre, les
ailettes à faible dimension des pores (dp = 0.67 mm) ont un comportement similaire à
celui des ailettes à dp = 1 mm qui a été discuté dans le paragraphe précédent, sauf que
celles-ci ont une épaisseur optimale de l’ordre 60% à partir de laquelle son augmentation
ne fait que diminuer l’efficacité.

80
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0,26 0,22
Hp20% 0,21
0,25
Hp40% 0,20
0,24 Hp60%
0,19
Hp80%
0,23 0,18
0,17
0,22
0,16
Ε

Ε
0,21
0,15 Hp20%
0,20 0,14 Casfluide Hp40%
0,13 Hp60%
0,19
0,12 Hp80%
Casfluide
0,18
0,11
0,17 0,10
0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
dp (mm) dp (mm)

Qc = 4 l/min, Qf = 9 l/min, Rd = 2.25 Qc = 7.5 l/min, Qf = 9 l/min, Rd = 1.2

0,21 0,23

0,20 0,22 Casfluide


0,19
0,21
0,18
0,20
0,17
0,19
Ε

0,16
0,18
0,15
Hp20% Hp20%
0,17 Hp40%
0,14 Hp40%
Casfluide Hp60% Hp60%
0,13 0,16
Hp80% Hp80%
0,12 0,15
0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
dp (mm) dp (mm)

Qc = 4 l/min, Qf = 5 l/min, Rd = 1.25 Qc = 4 l/min, Qf = 3 l/min, Rd = 0.75

81
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0,21 0,29
Hp20% Hp20%
0,28
0,20 Hp40%
0,27
Hp40%
Hp60% Hp60%
0,19
Hp80% 0,26
Hp80%
0,18 0,25

0,24
0,17
Ε

Ε
0,23
0,16 0,22

0,15 0,21

0,20
0,14
0,19
Casfluide Casfluide
0,13 0,18
0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
dp (mm) dp(mm)

Qc = 7.5 l/min, Qf = 5 l/min, Rd = 0.66 Qc = 7.5 l/min, Qf = 3 l/min, Rd = 0.4

Figure 4.10 : Effet de la dimension des pores sur l’efficacité de l’échangeur de chaleur.

Le meilleur taux d’amélioration de l’efficacité par rapport au cas fluide a été


enregistré pour le cas des débits de l’eau chaude et froide élevés (Qc=7.5l/min et
Qf=9l/min) et pour une épaisseur de l’ordre de 80% où il a dépassé les 50%. La
dimension des pores correspondante est la valeur moyenne (1mm). De même pour les
autres épaisseurs, où le TAE affiche les meilleures valeurs (figure 4.11).
L’examen des courbes révèle aussi qu’à cette valeur de (dp=1 mm), le TAE est
fortement influencé par le débit de l’eau chaude. Pour des rapports de débits inférieurs à
1, et pour une épaisseur de 80%, la dimension des pores optimale reste toujours la
dimension moyenne (1mm). Pour des débit d’eau chaude élevés (7.5l/min), le taux
d’amélioration est de l’ordre de 18% (nettement inférieur à celui obtenu à Rd>1) par
contre, pour un faible débit de l’eau chaude (4l/min), il est de l’ordre de 11%. En ce qui
concerne les autres épaisseurs et pour Rd<1, les meilleurs taux ont été enregistrés pour le
cas de la dimension des pores la plus élevée.

82
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0,55
0,25 Hp20% Hp20%
0,50
Hp40% Hp40%
0,45 Hp60%
0,20 Hp60%
Hp80% 0,40 Hp80%
0,15 0,35
0,30
TAE

TAE
0,10 0,25
0,20
0,05 Casfluide 0,15
0,10 Casfluide
0,00 0,05
0,00
-0,05 -0,05
0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
dp (mm) dp (mm)

Qc=4 l/min, Qf=9 l/min Rd=2.25 Qc=7.5 l/min, Qf=9 l/min,Rd=1.2

0,16
0,25 Hp20%
0,14 Hp20%
0,12 Hp40%
Hp40% 0,20
0,10 Hp60%
Hp60%
0,08
Hp80% Casfluide 0,15 Hp80%
0,06
0,04
0,10
0,02
TAE
TAE

0,00
0,05
-0,02
-0,04 0,00
-0,06
-0,08
-0,05
-0,10 Casfluide
-0,12 -0,10
-0,14

0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
dp(mm) (dp(mm))

Qc=4l/min, Qf=3l/min, Rd=0.75 Qc=7.5l/min, Qf=3l/min, Rd=0.4

Figure 4.11 : Effet de la dimension des pores sur le taux d’amélioration de l’efficacité

La figure 4.12 montre que l’augmentation de la dimension des pores réduit la


chute de pression à cause de la diminution de la résistance à l’écoulement suite à une plus
83
Chapitre 4 Résultats et interprétations

grande facilité de circulation du fluide. Elle est plus visible pour le cas de l’épaisseur
80% où le taux de réduction de la chute de pression entre dp=0.67 mm et dp=2 mm atteint
environ 88 % pour un débit du fluide froid de 9 l/min.

100 160
Hp40% Hp40%
Hp60% 140
Hp60%
80 Hp80% Hp80%
120

100

∆P (mm H2O)
∆P (mm H2O)

60

80

40
60

40
20
20

0 0
0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4 1.6 1.8 2.0 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4 1.6 1.8 2.0
dp (mm) dp (mm)

Qf = 7 l/min Qf = 9 l/min

Figure 4.12 : Effet de la dimension des pores sur la chute de pression.

4.5 Effet de la configuration géométrique


Jusqu’ici, nous n’avons traité que le cas des ailettes poreuses transversales. Nous
allons dans ce qui suit, étudier l’influence de la configuration géométrique sur l’efficacité
de l’échangeur de chaleur. Pour cela, nous avons considéré d’autres ailettes poreuses de
forme longitudinale de largeur 1 cm, différente de celle des ailettes transversales à cause
du faible diamètre du tube interne. Pour des raisons de difficultés de réalisation et
d’encombrement, on a fixé l’espacement à 1 cm, et on a étudié l’effet de l’épaisseur et du
rapport des débits. On a ensuite comparé les résultats obtenus avec les résultats du cas des
ailettes transversales.
Comme la largeur des deux types d’ailettes sont différentes et leur volume
différent pour une même épaisseur, la comparaison s’est faite dans un premier temps à
volume constant. Pour cela, nous avons calculé le volume du milieu poreux sous forme

84
Chapitre 4 Résultats et interprétations

d’ailettes longitudinales pour différentes épaisseurs et nous avons essayé de trouver le


même volume lorsque ce milieu est placé sous forme d’ailettes transversales et de couche
poreuse en jouant sur l’épaisseur et l’espacement.
D’autre part, la comparaison s’est faite aussi avec le cas d’une couche poreuse en
faisant varier l’épaisseur

4.5.1 Comparaison à volume constant


La figure 4.13 montre que le comportement des ailettes longitudinales avec le
rapport des débits est semblable à celui des ailettes transversales. Cependant, leurs
efficacités sont nettement inférieures malgré que par exemple à V = 24 000 mm3,
l’épaisseur des ailettes transversales espacées de 2 cm est de 40 % qui est inférieure à
celle des ailettes longitudinales (60 %). Par contre, on remarque que ces ailettes sont
avantageuses en matière de transfère thermique par rapport aux cas de la couche poreuse
De même, les chutes de pression enregistrées en présence de ces ailettes
longitudinales sont très faibles en comparaison avec le cas des ailettes transversales
(surtout espacées de 6 cm qui ont une épaisseur de 80 %), ce qui constitue un point positif
pour ce type d’ailettes (figure 4.14).

0.32
0.50
AT6(80%) AT6(80%)
0.30
0.45 AT2(40%) AT2(40%)
0.28
CP (20%) CP (20%)
0.40
0.26 AL (60%)
AL (60%)
0.35 0.24

0.30 0.22
Ε

0.20
Ε

0.25
0.18
0.20
0.16
0.15
0.14
0.10
0.12
0.05 0.10

0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 0 1 2 3 4 5

Rd Rd

Qc = 7.5 l/min, V = 24000 mm3 Qc = 2 l/min, V = 24000 mm3

85
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0.45 0.29
0.28
0.40 0.27
0.26
0.35
0.25

0.30 0.24
0.23
0.25 0.22

Ε
Ε

0.21
0.20 0.20
0.19
0.15
0.18

0.10 AT12(80%) 0.17 AT12(80%)


AL (40%) 0.16 AL (40%)
0.05 0.15
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 0 1 2 3 4 5
Rd Rd

Qc = 7.5 l/min, V = 15000 mm3 Qc = 2 l/min, V = 15000 mm3

0.55 0.34
AT12(40%) AT12(40%)
0.50 AT25(80%) 0.32 AT25(80%)
0.45 AL (20%) AL (20%)
0.30

0.40 0.28
0.35
0.26
Ε

0.30
0.24
0.25
0.22
0.20
0.20
0.15
0.18
0.10
0.16
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 0 1 2 3 4 5

Rd Rd

Qc = 7.5 l/min, V = 7600 mm3 Qc = 2 l/min, V = 7600 mm3

Figure 4.13 : Effet de la configuration géométrique sur l’efficacité de l’échangeur de


chaleur : comparaison à volume constant.

86
Chapitre 4 Résultats et interprétations

65
AT12(80%)
100 60
AL (40%)
55
50
45

∆P (mm H2O)
∆P (mm H2O)

40
35
10 30
25
20
AT6(80%) 15
AT2(40%) 10
AL (60%) 5
1
0.90 0.95 1.00 1.05 1.10 1.15 1.20 0.90 0.95 1.00 1.05 1.10 1.15 1.20

Rd Rd

V = 24000 mm3 V = 15000 mm3

Figure 4.14 : Effet de la configuration géométrique sur la chute de pression :


comparaison à volume constant.

4.5.2 Comparaison à volume variable


La comparaison à volume variable permet de sélectionner la meilleure
configuration géométrique sans toutefois tenir compte du volume de matériau utilisé.
La comparaison des résultats obtenus en présence d’ailettes longitudinales et de couche
poreuse pour différentes épaisseurs et rapports des débits est représentée sur la figure
4.15. On remarque que, dans tous les cas, la disposition du milieu poreux en ailettes
longitudinales est plus avantageuse que le cas en en couche comme il a été trouvé pour le
cas des ailettes transversales avec cependant la même évolution avec l’épaisseur et la
présence d’un minimum de performance se produisant à une épaisseur critique de l’ordre
de 50 %. L’amélioration moyenne de l’efficacité par rapport à celle de la couche poreuse
est de l’ordre 100%.

87
Chapitre 4 Résultats et interprétations

0.26 0.14
CP Casfluide
0.24 0.13 CP Casfluide
AL AL
0.22 0.12

0.20 0.11

0.18 0.10

0.16 0.09
Ε

Ε
0.14 0.08

0.12 0.07

0.10 0.06

0.08 0.05

0.06 0.04
0 20 40 60 80 0 20 40 60 80

Hp (%) Hp (%)

Qc = 7.5 l/min, Qf = 3 l/min, Rd = 0.4 Qc = 7.5 l/min, Qf = 9 l/min, Rd = 1.2

0.24
CP Casfluide
0.22 AL
0.20

0.18

0.16
Ε

0.14

0.12

0.10

0.08

0 20 40 60 80

Hp (%)

Qc = 4 l/min, Qf = 9 l/min, Rd = 2.25

Figure 4.15 : Effet de la configuration géométrique sur l’efficacité de l’échangeur de


chaleur : comparaison à volume variable.

88
Chapitre 4 Résultats et interprétations

Conclusion
Le but de ce présent travail est l’étude de l’amélioration de l’efficacité de
l’échangeur de chaleur par insertion des ailettes poreuse. Les résultats obtenus nous ont
permis de conclure que :
-L’utilisation des ailettes poreuses améliore l’efficacité de l’échangeur de
chaleur par rapport au cas d’utilisation d’une couche poreuse.
-Le taux d’augmentation de l’efficacité dépend de plusieurs paramètres, à
savoir : le rapport des débits, l’épaisseur et l’espacements entre ailettes poreuses, la
dimension des pores ainsi que de la configuration géométrique (ailettes transversales et
ailettes longitudinales).

89
Conclusion générale

Nombreuses sont les études numériques et expérimentales qui ont démontré que
l’utilisation des milieux poreux favorise d’avantage le transfert de chaleur. Le présent
travail s’inscrit dans ce cadre et possède comme objectif principal l’étude de l’évolution
des paramètres efficacité-chute de pression d’un échangeur de chaleur bitubes en fonction
de divers facteurs à savoir : épaisseur, espacements entre ailettes, disposition du milieu
poreux (couche poreuse, ailettes transversales et longitudinales) et dimension de ses pores
afin d’essayer de trouver des cas où il y a une optimisation entre l’amélioration de
l’efficacité d’une part, et l’augmentation des chutes de pression d’autre part.
Pour se faire, nous avons réalisé un banc d’essai constitué d’un échangeur de
chaleur à tubes concentriques à l’échelle pilote où le milieu poreux est placé sur la
surface externe du tube intérieur. L’expérimentation consiste à faire varier plusieurs
paramètres liés à l’écoulement (Rd) et au milieu poreux (Hp, s, dp) et mesurer chaque fois
les températures d’entrée et de sortie des fluides chaud et froid à l’aide de thermocouples
ainsi que la chute de pression dans l’espace annulaire.
Les principaux résultats obtenus peuvent se résumer comme suit :
- L’augmentation du rapport des débits jusqu’à une valeur critique de l’ordre 1.5 réduit
l’efficacité de chaleur qui devient croissante avec ce paramètre au-delà de cette valeur.
En contre partie, il y a accroissement des chutes de pression.
- Les plus faibles efficacités sont obtenues pour le cas de la disposition en couche et
l’arrangement du milieu poreux sous forme d’ailettes transversales conduit à une nette
amélioration des performances thermiques et hydrauliques (chute de pression).

- Deux comportements ont été retrouvés pour l’effet de l’épaisseur :


ƒ A faible espacement, l’évolution de l’efficacité avec Hp est proche de celle de la
couche poreuse avec une nette amélioration par rapport à cette dernière. Les
meilleures efficacités sont obtenues pour une épaisseur de 60% à faible débit de l’eau
froide (3l/min), ce qui constitue un avantage en matière de réduction des chutes de
pression.
ƒ A moyens et grands espacements, il existe une épaisseur optimale conduisant à
une efficacité maximale. Cette valeur optimale est obtenue à un remplissage de 80%
pour s=2 et 6 cm, elle est de l’ordre de 60% pour un espacement de 12 cm et varie
entre 40% et 60% selon la valeur du débit du fluide chaud pour un grand
espacement (s=25 cm).
ƒ L’analyse des chutes de pression, a permis de faire ressortir que l’arrangement en
ailettes espacées de 6 cm est intéressant puisque d’une part, il conduit aux meilleurs
efficacités et d’autre part, engendre des chutes de pression modérées.

- Dans le cas des rapports Rd≥1, l’efficacité de l’échangeur de chaleur augmente avec
l’espacement jusqu’à une valeur optimale de s (de l’ordre de 6 cm) au-delà de laquelle on
observe une diminution des performances. Pour des rapports des débits inférieur à l’unité
(Rd<1), les meilleurs valeurs de l’efficacité sont généralement obtenues aux grands
espacements.

- L’analyse de l’effet de la dimensions des pores a montré que pour le cas de Rd>1 et
Hp=80%, l’augmentation de la dimension des pores favorise le transfert thermique
jusqu’à une valeur optimale dp=1mm à partir de laquelle l’efficacité diminue, alors que
pour les autres épaisseurs il a été enregistré l’augmentation de E avec dp. Pour Rd <1, le
même comportement est conservé à Hp=80%, par contre pour les autres épaisseurs,
l’augmentation de la dimension des pores réduit l’efficacité jusqu’à une valeur critique à
partir de laquelle on note une augmentation.

- La disposition du milieu poreux sous formes d’ailettes longitudinales a permis


d’observer un comportement similaire à celui d’une couche avec toutefois des meilleurs
efficacités. La comparaison avec les ailettes transversales n’a été faite qu’à volume
constant où il fallait jouer sur l’épaisseur et l’espacement. Dans ce cas, il a été trouvé que
la disposition sous forme d’ailettes transversales était meilleure du point de vue
amélioration des performances thermiques de l’échangeur de chaleur, cependant,
l’arrangement en ailettes longitudinales était plus intéressant du côté des pertes d’énergie
mécanique.
Bibliographie
[1] Technique de l’Ingénieur, ″ Echangeur de chaleur ″, B2340 a, PP 12-15, (1994)
[2] Technique de l’Ingénieur, ″ Echangeur de chaleur ″, B2341, PP 2-13, (1994)
[3] A. E. Bergles and R. L. Webb, ‘’ A guide to the literature on convective heat transfer
augmentation’’, Advances in Enhanced Heat Transfer, ASME Symposium, HTD
43(1985), 81-90.
[4] Site Internet: [Link] [Link]
[5] E. Scheidegger, ‘’The physics of flow through porous media’’, University of Toronto
Press, 3rd Edition (1974).
[6] Dullien, ‘’Porous Media, fluid transport and pore structure’’, Academic Press, 2nd
Edition (1992).
[7] T. W. Sheu and S. F. Tsai, “ A comparison study on fin surfaces in finned-tube heat
exchangers”, In. J. Numer. Methods Heat Fluid Flow, 9 (1999), 92-106.
[8] I. Alam and P.S. Ghoshdastidar, “A study of heat transfer effectiveness of circular
tubes with internal longitudinal fins having tapered lateral profiles”, In. J. Heat Mass
Transfer, 45 (2002), 1371–1376.
[9] O. Zeitoun and A. S. Hegazy, “ Heat transfert for laminar flow in internally finned
pipes with different fin heights and uniform wall temperature”, Heat Mass Transfer,
(2003).
[10] B. Yu and W. Q. Tao, “Pressure drop and heat transfer characteristics of turbulent
flow in annular tubes with internal wave-like longitudinal fins”, Heat Mass Transfer, 40
(2004), 643-651.
[11] S. C. Haldar, “Laminar free convection around a horizontal cylinder with external
longitudinal fins”, Heat Transfer Engineering, 25 (2004), 45-53.
[12] S. Chikh, A. Boumedien, K. Bouhadef and G. Lauriat, “Non-Darcien forced
convection analysis in an annulus partially filled with porous material’’, Numer. Heat
Transfer Part A, 28 (1995), 707-722.
[13] S. Chikh, A. Boumedienne, K. Bouhadef and G. Lauriat, ‘’Amélioration du transfert
thermique par un dépôt poreux sur la paroi d’un échangeur tubulaire’’, Rev. Gén. Therm.,
36 (1997), 41-50.
[14] K. Bouhadef, S. Chikh and A. Boumedienne and G. Lauriat, ‘’ Effect of porous
substrate addition on heat exchanger efficiency’’, IMechE Transactions C565/021/99,
(1999), 13-18.
[15] M.K. Alkam and M.A. Al-Nimr, ‘’Improving the performance of double-pipe heat
exchangers by using porous substrates’’, Int. J. Heat Mass Transfer, 42 (1999), 3609-
3618.
[16] K. Boomsma, D. Poulikakos and F. Zwick, ‘’Metal foams as compact high
performance heat exchangers’’, Mechanic of Materials, 35 (2003), 1161-1176.
[17] B.I. Pavel and A.A. Mohamad, ‘’An experimental and numerical study on heat
transfer enhancement for gas heat exchangers fitted with porous media’’, Int. J. Heat
Mass Transfer, 47 (2004), 4939-4952.
[18] L. Tadrist, M. Miscevic, O. Rahli and F. Topin, ‘’About the use of fibrous materials
in compact heat exchangers’’, Experimental Thermal and Fluid Sciences, 28 (2004), 193-
199.
[19] N. Allouache and S. Chikh, “second law analysis in partially double pipe heat
exchanger’’, Transaction ASME, J. Applied Mechanics, 73(2006), 60-65
[20] S. Kiwan and M.A. Al-Nimr, ‘’Using porous fins for heat transfer enhancement’’,
ASME J. Heat Transfer, 123 (2001), 790-795.
[21] Y.T. Yang and C.Z. Hwang, ‘’Calculation of turbulent flow and heat transfer in a
porous-baffled channel’’, Int. J. Heat Mass Transfer, 46 (2003), 771-780.
[22] K.H. Ko and N.K. Anand, ‘’Use of porous baffles to enhance heat transfer in a
rectangular channel’’, Int. J. Heat Mass Transfer, 46 (2003), 4191-4199.
[23] B. Monte Da Silva Miranda and N.K. Anand, ‘’ Convective heat transfer in a
channel with porous baffles’’, Numer. Heat Transfer, Part A, 46 (2004), 425-452.
[24] N. Targui, “Etude de l’amélioration des performances d’un échangeur de chaleur à
tubes concentriques par insertion d’un milieu poreux “, Mémoire de Magister (2006),
FGM&GP.
[25] Fiche technique du thermomètre type K, CA 863.
[26] Fiche technique du débitmètre à flotteur modèle PGB4
[27] Fiche technique du manomètre en U « PROLABO »
Annexe A
• Modèles de variation de la perméabilité
Il existe différents modèles pour évaluer la perméabilité tels que le modèle capillaire et le
modèle du rayon hydraulique.

- Carman et Kozeny ont proposé une formulation mathématique développée à partir d’un
modèle capillaire :

ε3 d2
K=
36C (1 − ε )
2

Où :

d : dimension caractéristique des pores [m]


C : coefficient de Kozeny, appelé "paramètre de forme" (3.6<C<5)
- dans le cas de grains sphériques entassés : C = 4.84
- dans le cas de fibres :
2
⎛ 2π ⎞
62 .3⎜⎜ − 2.5 ⎟⎟ (1 − ε ) + 107 .4
C= ⎝ 1− ε ⎠
16 ε (1 − ε )
3 4

Rumpf et Gupte ont proposé pour des particules sphériques entassées :


d2
C = ε5.5
5.6

- D’autres chercheurs ont utilisé une formule analogue à celle de Carman-Kozeny pour
un milieu formé de billes :

d 2 .ε 3
K=
A(1 − ε )
2

Où A est une constante qui varie comme l’indique le tableau A.1

Auteurs Année Coefficient A


P.C. Carman et J. Kozeny 1937 180
S. Ergun 1952 150
W. Robsenow et J.P. Harnett 1973 175
R. Fand et col. 1986 182
R. Fand et col. 1989 215

Tableau A.1 : Quelques valeurs de A utilisées par certains auteurs.


Annexe C

• Modèles de variation de la conductivité effective

Plusieurs modèles existent pour la détermination de la conductivité thermique effective.

- Modèle série
Dans ce modèle, le flux de chaleur traverse successivement les phases solide et fluide et la
⎛1⎞
résistance thermique due au milieu poreux ⎜⎜ ⎟⎟ est égale à la somme des résistances
⎝ ke ⎠
thermiques dans chacune des phases.

1 ε 1− ε
= +
ke k f ks
Où :
ke : conductivité thermique effective (W/m K)
ks : conductivité thermique de la phase solide (W/m K)
kf : conductivité thermique de la phase fluide (W/m K)
ε : porosité

ks kf ks
Flux de chaleur

Figure C.1 : Modèle série de la conductivité thermique effective ke.


- Modèle Parallèle

Dans ce modèle, le flux de chaleur traverse les deux phases (fluide et solide) en même temps.
La conductivité effective (ke) est alors égale à la somme pondérée des taux d’occupation
d’espace des conductivités phasiques.

ke = ε ⋅ k f + (1 − ε ) ⋅ k s

ks

kf
Flux de chaleur
ks

Figure C.2: Modèle parallèle de la conductivité thermique effective ke.

- Modèle de Maxwell

Ce modèle convient pour le cas de sphères solides lâchées aléatoirement dans un milieu
continu et lorsque la porosité est importante.

kS
2ε + (3 − 2ε )
ke kf
=
kf
(3 − ε ) + ε k S
kf

- Modèle de Zehner et Schlunder

⎡ ⎛ kf ⎞ ⎛ ⎞ ⎤
⎢ ⎜⎜1 − ⎟⎟ β ⎜ ⎟ ⎥
ke 2 1− ε ⎢ ⎝ ks ⎠ ⎜ 1 ⎟ β +1 β −1 ⎥
= 1− 1− ε + ln − −
kf ⎛ k f ⎞ ⎢⎢ ⎛ k f ⎞ 2 ⎜ k f ⎟ 2 kf ⎥
⎜⎜1 − β ⎟⎟ ⎜1 − β ⎟ ⎜ β ⎟ ⎜ ⎟ 1− β⎥
⎝ k ⎢
⎠ ⎣⎝⎜ ks ⎠ ⎟ k
⎝ s ⎠ k ⎥
s s

10
⎛1− ε ⎞ 9
Avec : β = A⎜ ⎟
⎝ ε ⎠

A dépend de la forme des particules solides : Particules sphériques A=1.25 ; cylindres


creux ou pleins A= 2.5 ; particules quelconques A=1.4.

- Modèle de Hadley
Ce modèle est valable pour les structures périodiques. Il a été construit à partir du modèle de
Maxwell par introduction d'une fonction de calage.
2
k ⎛k ⎞ k
εf 0 + S (1 − εf 0 ) 2⎜ S ⎟ (1 − ε ) + (1 + 2ε ) S
keff kf ⎜k ⎟ kf
= (1 − α 0 ) + α0 ⎝ ⎠
f

k
kf 1 − ε (1 − f 0 ) + S ε (1 − f 0 ) (2 − ε ) kS + 1 − ε
kf kf

Avec f 0 = 0.8+0.1 ε
α 0 =α 0 ( ε )
Log α 0 = - 4.898 ε : pour 0 ≤ ε ≤ 0.0827
Log α 0 = -0.405 -3.154( ε − 0.0827) : pour 0.0827 ≤ ε ≤ 0.298
Log α 0 = -1.084 -6.778( ε − 0.298) : pour 0.298 ≤ ε ≤ 0.580
Annexe B

• Modèles de variation de la viscosité effective

Plusieurs modèles ont été proposés pour l’évaluation de la viscosité effective. Dans le tableau
B.1 sont regroupés quelques uns.

Modèle corrélation Limites de validité


Einstein µe Cas de sphères : ε → 0
= 1 + 2.5 ε
µ
Fand µe ⎛ 2 .5 ε + 2 .7 ε 2 ⎞ Cas de doublets de
= exp ⎜⎜ ⎟⎟
µ ⎝ 1 − 0 . 609 ε ⎠ sphères en collision

Frankel et Akrivos ⎡ ⎛ 1 − ε ⎞1 / 3 ⎤
−1
µe
= C ⎢1 − ⎜⎜ ⎟⎟ ⎥
µ ⎢ ⎝ (1 − ε ) max ⎠ ⎥
⎣ ⎦
Suspension concentrée
9
C= pour seulement
8
( 1 − ε ) → (1 − ε ) max

Mooney µe ⎡ 2.5 (1 − ε ) ⎤ 0.75 < K <1.5


= exp ⎢ ⎥
µ ⎣1 − K (1 − ε ) ⎦
Modèle théorique pour
Happel µe des particules sphériques
= exp(4.58 ε )
µ ε ≤ 0 .3

Tableau B.1 : Quelques modèles de viscosité effective.

Vous aimerez peut-être aussi