La fiche méthode du cas pratique
21 juin 2015
Il faut toujours garder à l’esprit que l’objectif d’un cas pratique est d’apprécier
votre aptitude au raisonnement juridique et à la mobilisation de connaissances. Le
cas pratique est l’application juridique du syllogisme de Platon :
« Tous les hommes sont mortels [majeure], je suis un homme [mineure], je suis
mortel [conclusion] ».
Première étape : la lecture du sujet
Lisez une première fois les faits qui vous sont énoncés pour avoir une vue
d’ensemble des thématiques abordées.
Repérez les éléments inutiles ou superflus pour les écarter.
Repérez les éléments essentiels que vous devez retenir (dates, termes, chiffres…).
Prenez une feuille de brouillon et classez les faits par ordre chronologique (au
besoin faites un schéma).
Deuxième étape : la qualification et le résumé des faits (mineure du syllogisme)
Vous devez d’abord qualifier les faits et les prétentions des parties, c’est-à-dire
leur donner une forme juridique.
Ex : José, âgé de 14 ans… deviendra « un mineur ». Josette, incapable de gérer son
argent et âgée de 83 ans… deviendra une « personne vulnérable ». Arthur qui a
acheté une voiture chez son garagiste et qui souhaite s’en débarrasser… deviendra
« un particulier a conclu une vente avec un professionnel de l’automobile et
souhaite annuler le contrat ».
Vos qualifications établies au brouillon, résumez les faits au propre en adoptant
une démarche chronologique et précise, sans oublier les éléments essentiels et
sans extrapoler.
Troisième étape : la détermination du problème de droit
Une fois le résumé des faits achevé, vous devez déterminer le problème de droit.
Celui-ci peut figurer explicitement dans le cas pratique (ex : comment protéger
Jeanne ? ; Arthur peut-il revenir sur l’achat de sa voiture ?…). Dans ce cas, reprenez
la question posée.
A défaut de problème posé (ex : quid juris? ; conseillez Arthur…), il vous
appartient de problématiser les faits, c’est-à-dire de rechercher ce qui pose
juridiquement problème dans le cas exposé et de le transcrire en une formule
interrogative.
Quatrième étape : l’identification des règles de droit applicables (majeure du
syllogisme)
Votre problème posé, vous devez dégager puis présenter les règles de droit
applicables aux faits de l’espèce.
Une façon pertinente de faire est la suivante :
1°) Définitions succinctes des termes ;
2°) Règles applicables ;
3°) Conditions de mise en œuvre de ces règles (notamment modalités de preuve)
et exceptions ;
4°) Effets juridiques de ces règles ;
5°) Jurisprudence (évolution ? absence de jurisprudence ? position souple ou
restrictive ? etc.…) ;
6°) Doctrine.
Cinquième étape : l’application aux faits et la résolution du cas (conclusion du
syllogisme)
C’est la conclusion de votre devoir, vous devez appliquer les règles de droit
exposées au cas concret.
Vous devez envisager l’ensemble des réponses possibles afin de ne pas être
pénalisé ; la solution n’est pas forcément positive.
Vous devez être clair, précis et motiver suffisamment vos réponses (votre réponse
ne doit pas tenir en une phrase…).
« Conseils de présentation :
Si le cas pratique soulève plusieurs questions, vous pouvez vous en servir comme
d’un plan. Ainsi, une introduction avec le domaine général du cas et les faits
juridiquement qualifiés, puis I. Première question, II. Seconde question… etc.
Si le cas n’est composé que d’une question générale, votre exercice prendra la
forme suivante : Introduction, puis I. Règles applicables, II. Solutions.
Bien sûr, il vous appartient d’habiller les titres en fonction de l’énoncé du cas
pratique.
Méthodologie élaborée par Maité SAULIER et M. Jérémy HOUSSIER, chargés de
travaux dirigés à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
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