Fours et chaudières
I- INTRODUCTION
Nombreuses industries travaillent à des températures très élevées et, pour chauffer les
produits aux températures requises, il faut réaliser des combustions à température encore plus
élevée. Deux moyens permettent de relever la température des produits d'une combustion:
- un préchauffage de l'aire de combustion.
- une combustion dans un air enrichi en oxygène, ou éventuellement dans l'oxygène pur.
Le préchauffage de l'air est ordinairement obtenu par échanges thermiques avec les fumées
chaudes. il n'est pas techniquement limité que par la température même des fumée et par la
tenue des matériaux constituant l'échangeur. des échangeurs métalliques permettent aisément
de réaliser un préchauffage de l'air à 500°C ou 600°C. des récupérateurs à base d'éléments
réfractaires, permettent de préchauffer l'air à plus haute température de l'ordre de 1200°C.
Energie
(Du grec) signifie force en action et est définie comme la capacité d’une matière, d’un corps ou
d’un système à produire du travail. On distingue différentes formes d’énergie, en fonction du
type d’apparition. De manière schématique, on peut évoquer six catégories :
• Energie mécanique (eau courante, voiture en mouvement, ressort hélicoïdal)
• Energie thermique (eau en ébullition, flamme de gaz)
• Energie chimique (réactions chimiques, combustion, explosion)
• Energie électrique (batterie automobile, courant électrique)
• Energie électromagnétique (lumière, rayonnement thermique)
• Energie nucléaire (fission nucléaire)
Les différentes formes d’énergie peuvent se transformer l’une dans une autre, la somme de
toutes les énergies restant la même dans un système ferme idéal (loi de la conservation de
l’énergie). Ce principe est vrai par référence a l’univers comme système. En pratique cependant,
la transformation d’énergie produit plus ou moins de pertes qui influencent le rendement du
processus de transformation.
Les sources d’énergie qui existent dans la nature (charbon, gaz naturel, pétrole, rayonnement
solaire, force hydraulique etc.) sont désignées comme énergie primaire, les formes produites
par transformation de cette dernière (électricité, chaleur etc.) sont désignées comme énergie
secondaire.
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Les sources d’énergie indiquées ne se distinguent pas seulement selon leur forme mais aussi
quant à leur valeur énergétique. C’est pourquoi, en règle générale, on indique la quantité
d’énergie qui pourrait être libérée en cas de combustion complète d’une quantité déterminée de
la source d’énergie afin de disposer d’une valeur de comparaison. Le tableau 1 contient
quelques exemples a ce sujet. L’unité pour mesurer l’énergie est le joule (J).
Tab. 1 : Energie contenue dans différents combustibles
L’enrichissement du comburant en oxygène diminue la masse du ballast d'azote qui se retrouve
dans les fumées. L’énergie dégagée pendant la combustion se fixe donc sur moindre
masse de produits issus de la combustion et le niveau thermique de ces produits se trouve ainsi
considérablement élevé, l'effet maximal est observé dans les combustions à l'oxygène pur. Les
équipements utilisés dans l'industrie pour assurer la combustion sont les fours et les chaudières.
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Chapitre I:
Combustibles et énergie de combustion
I.1 Combustion et combustibles
I.1.1 Combustion
Une combustion est une réaction chimique au cours de laquelle des espèces
combustibles (corps qui brûlent) se combinent à un comburant (corps qui aide à brûler), en
général l’oxygène de l’air, pour former de nouvelles espèces chimiques appelées produits de
combustion. En d’autres termes, la combustion est une réaction chimique au cours de laquelle
il y a oxydation complète ou partielle d’un corps.
Le terme combustion s’applique aux cas où la réaction est suffisamment rapide pour qu’elle se
matérialise par une augmentation de la température, une flamme ou une étincelle (émission de
lumière) ou par un bruit (explosion). En effet, la corrosion du fer dans l’air humide, à titre
d’exemple, est une réaction d’oxydation pour laquelle le dioxygène et l’eau sont les oxydants.
Cependant, bien que cette réaction soit exothermique, on ne parle pas ici de combustion car
c’est une réaction très lente.
Une combustion nécessite une source de chaleur (flamme, étincelle) pour pouvoir démarrer.
Notons qu’en réalité, plusieurs produits intermédiaires sont formés au cours d’une combustion
réelle dont on ne tiendra pas compte dans ce cours étant donné qu’on s’intéresse aux états
d’équilibre initial et final. Ces produits sont importants en pratique, en particulier pour les
problèmes de pollution.
L’expérience d’une bougie allumée :
1. Laissée à l’air libre Elle brûle tant qu’il reste de la cire.
2. Coiffée d’un flacon contenant de l’air Elle s’éteint spontanément au bout de 20 s.
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3. Coiffée d’un flacon contenant du dioxygène La combustion est plus vive (éclaire
et chauffe plus). La bougie s’éteint spontanément au bout de 60 s.
4. Coiffée d’un flacon contenant du diazote Elle s’éteint instantanément.
Pour qu’une combustion se produise, il faut qu’il y ait les trois éléments indispensables suivants,
qui forment le triangle du feu (Figure I.1) :
- Combustible.
- Comburant.
- Energie d’activation (chaleur).
Fig. I.1 : Schéma du triangle du feu.
Une combustion est donc une réaction chimique entre un comburant et un combustible qui
produit de l’énergie (chaleur et lumière) : Réaction exothermique.
Combustible : ou agent réducteur, c’est la substance qui peut brûler en présence d’un
comburant. Il peut être solide, liquide ou gazeux, composé en général de carbone et
d’hydrogène.
Comburant : ou corps contenant l’agent oxydant, c’est la substance qui permet la combustion
d’un combustible (dans l’air, c’est le dioxygène, le diazote est considéré comme inerte) .
I.1.2 Combustibles
Solides : Combustion du carbone
Le fusain est obtenu en chauffant le bois d’un arbuste appelé fusain. Ce chauffage à l’abri de
l’air, détruit la matière vivante du bois et ne conserve qu’un corps pur appelé carbone.
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Le charbon de bois utilisé pour faire cuire les aliments au barbecue (obtenu par le même procédé
à partir d’autre type de bois) est un solide noir essentiellement constitué d’atomes de carbone.
La combustion du carbone est une transformation chimique
complète, dont les réactifs sont le carbone (combustible) et le
dioxygène (comburant) et le produit est le dioxyde de carbone.
Hydrocarbures liquides ou gazeux :
Les hydrocarbures liquides ou gazeux utilisés dans la
combustion sont des mélanges d’une variété d’hydrocarbures. Ainsi, l’essence est un mélange
d’environ quarante hydrocarbures principaux.
Les hydrocarbures se divisent en plusieurs familles : alcanes (CnH2n+2), alcènes (CnH2n),
alcynes (CnH2n-2), cyclanes (CnH2n), aromatiques (benzéniques CnH2n-6, naphtaléniques
CnH2n-12).
Les alcools sont parfois utilisés comme combustibles dans les moteurs à combustion interne.
Ils se caractérisent par le fait qu’un des atomes d’hydrogène est remplacé par un radical OH.
Hydrocarbures liquides : sont, en général, obtenus par distillation et crackage du pétrole brut.
Ces procédés permettent d’avoir plusieurs combustibles dont les plus communs sont : l’essence,
le kérosène, le gasoil et le fuel lourd. Ils se caractérisent par leur courbe de distillation, qui
représente la température de la fraction non vaporisée en fonction de la proportion de vapeur
condensée.
On préfère souvent considérer les combustibles liquides comme composés d’un seul
hydrocarbure. Ainsi, l’essence est habituellement considérée comme de l’octane C8H18, et le
gasoil comme du dodécane C12H26.
Combustibles gazeux : proviennent principalement soit de gisements de gaz naturel, soit de
procédés chimiques de fabrication.
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Le gaz naturel est constitué principalement de méthane, contrairement aux gaz de
transformation.
I.1.3 Caractéristiques de la combustion
Seuils de démarrage : Pour qu’une combustion soit possible, il est nécessaire de se situer dans
la plage d’inflammabilité et également d’avoir atteint certains seuils de température qui se
définissent comme suit :
- Point d’éclair : c’est la température minimale à laquelle un combustible, liquide ou solide,
commence à émettre des vapeurs susceptibles de former avec l’air un mélange dont
l’inflammation se produit au contact d’une petite flamme utilisée comme amorce.
- Point feu : c’est la température minimale à laquelle un liquide ou un solide combustible
commence à émettre des vapeurs susceptibles de former avec l’air un mélange dont
l’inflammation se produit au contact d’une petite flamme utilisée comme amorce et se maintient
malgré le retrait de la flamme amorce.
- Point d’auto-inflammation : c’est la température à laquelle un combustible en présence de
comburant s’enflamme spontanément sans apport extérieur de chaleur.
Propagation :
La propagation se fait par plusieurs modes :
- Convection : c’est un transfert de chaleur s’effectuant de bas en haut par l’intermédiaire de
gaz et de liquides, par vagues ou courants. La fumée chaude est un bon exemple de convection.
65% de la chaleur produite par une combustion est transportée en partie haute par convection.
- Rayonnement : c’est un mode de propagation de l’énergie, sans support matériel, à partir du
centre d’émission d’un corps chaud. 35% de la chaleur produite par une combustion est diffusée
par rayonnement.
- Conduction : c’est le transfert de chaleur s’effectuant par l’intermédiaire de matière solide,
le transfert s’effectuant du chaud vers le froid.
- Projection : le feu se propage également par le déplacement de solide, de liquide ou de
gaz.
I.2 Réaction de combustion
I.2.1 Types de combustions
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Les réactions de combustion, comme toutes les réactions chimiques, se font sans variation de
masse de chacun des éléments. Les équations chimiques qui décrivent ces réactions doivent
donc satisfaire cette contrainte . La réaction de combustion peut être complète ou incomplète.
Combustion complète :
Lorsqu’il y a assez de dioxygène (réactif en excès), la combustion d'une matière première est
complète, c’est-à-dire que l’oxydation des éléments chimiques du combustible est menée à son
terme. Ainsi, lorsqu’il s’agit d’un hydrocarbure, à titre d’exemple, le carbone est entièrement
oxydé en dioxyde de carbone (CO2) et l’hydrogène en eau (H2O), qui selon les conditions de
pression et de température, pourra être sous forme liquide ou vapeur. Il s’y produit une flamme
bleue et chauffante.
CxHy + (x + y/4) O2 x CO2 + (y/2) H2O
La combustion totale du carbone est donnée, quant à elle, par la réaction suivante :
C + O2 CO2
Combustion incomplète :
Lorsqu’il n'y a pas assez de dioxygène ou que le brûleur fonctionne mal, la combustion est dite
incomplète. Elle risque de former du monoxyde de carbone (incolore, inodore et toxique) qui
représente un grand danger, du carbone ou les deux à la fois. Il s’y produit, dans ce cas, une
flamme jaune et éclairante.
Dans le cas idéal, le combustible et le comburant sont mélangés et réagissent dans les
proportions stoechiométriques. On parle alors de combustion stoechiométrique.
Il est à noter qu’une combustion complète produit plus d'énergie (transférée sous forme de
chaleur) qu'une combustion incomplète.
Les réactions de combustion les plus connues sont : les réactions (ou combustions) du carbone,
du butane et du méthane.
Combustion du carbone :
Le carbone réagi avec le dioxygène pour donner le dioxyde de carbone.
Combustion du butane et du méthane :
Le butane est le gaz utilisé pour les briquets.
Par contre, le méthane est le composant essentiel du gaz de ville.
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La combustion de ces deux hydrocarbures, donne comme produits, tel que mentionné
précédemment, du dioxyde de carbone et de l’eau.
Cependant, lorsque la quantité de dioxygène apporté par l’air est insuffisante en d’autre terme,
lorsque la combustion est incomplète, il se forme des produits qui peuvent encore brûler
(produits combustibles), comme le carbone et le monoxyde de carbone.
Combustions complète et incomplète du butane.
Combustions du méthane.
I.2.2 Air théorique et coefficient d’excès
Le comburant utilisé lors d’une combustion est généralement de l’air plutôt que l’oxygène pur.
La composition de l’air est approximativement, en fractions molaires, 21% de dioxygène et
79% d’azote. Ce dernier est considéré comme un élément inerte dans la combustion.
Si l’on considère un hydrocarbure, sa réaction de combustion avec l’air s’écrit comme suit :
CxHy + (x + y/4) O2 + (79/21) (x + y/4) N2 x CO2 + (y/2) H2O + (79/21) (x + y/4) N2
Air théorique :
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La quantité minimale d’air nécessaire à la combustion complète d’un combustible est appelée
air strictement nécessaire ou air théorique.
Pour réaliser la combustion complète avec l’air théorique, il faudrait un mélange parfait. En
pratique, pour assurer la combustion complète, il faut un certain excès d’air. Celui-ci est
caractérisé par le coefficient d’air théorique λ ou bien par le coefficient d’excès d’air E, donnés
par les expressions respectives suivantes :
L’équation de combustion complète d’un hydrocarbure avec excès d’air devient alors :
CxHy + (x + y/4) O2 + (79/21) (x + y/4) N2 x CO2 + (y/2) H2O + (x + y/4) O2
+ (79/21) (x + y/4) N2
Lorsque l’air fourni est inférieur à l’air théorique, la combustion est incomplète.
Si le manque d’air est faible, on observe la formation de monoxyde de carbone.
Lorsqu’il y a un manque d’air très important, il peut subsister des hydrocarbures imbrûlés, ou
du carbone sous forme de graphite (noir de fumée).
I.2.3 Thermodynamique de la combustion
Une réaction chimique peut se faire soit à volume constant ou à pression constante.
Combustion à volume constant (isochore) :
Dans ce cas, il n’y a pas d’échange de travail entre le système et le milieu extérieur. Ainsi, la
quantité de chaleur sera égale à la variation de l’énergie interne entre l’état initial et l’état
final :
Qv = ΔU = U2 – U1
Combustion à pression constante (isobare) :
La quantité de chaleur sera dans ce cas, égale à la variation de l’enthalpie entre l’état initial et
l’état final :
Qp = ΔH = H2 – H1
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Etant donné que pour les réactions de combustion, la différence entre Qv et Qp est négligeable,
on préfère travailler à pression constante.
I.2.4 Enthalpie standard de formation
L’énergie interne, comme l’enthalpie, n’est définie qu’à une constante additive près ; aussi
choisit-on des conditions arbitraires de température et de pression pour lesquelles on attribue,
par convention, une enthalpie nulle à certains corps (plus souvent, il s’agit de corps formés
d’une seule sorte d’atomes). On choisit, le plus souvent, pour cet état de référence, les
conditions standards (pression atmosphérique normale) et une température de 25 °C. Dans ces
conditions, l’enthalpie standard de formation ΔHf° d’un corps est définie comme la différence
entre l’enthalpie standard du corps et l’enthalpie standard des substances élémentaires à partir
desquelles il est formé. Cette enthalpie peut être déterminée par des mesures ou par des calculs
faisant appel à la thermodynamique statique.
Tableau I.1 : Enthalpie standard de quelques espèces chimiques. T = 298 K.
I.2.4 Chaleur de la réaction dans les conditions standards
Dans une réaction chimique, si les réactifs sont pris dans l’état standard, la chaleur de réaction
Qp est appelée enthalpie standard de la réaction et notée ΔHr°.
a1 A1 + a2 A2 + … b1 B1 + b2 B2 + …
L’enthalpie standard de la réaction est donnée par la loi de Hess :
I.2.5 Chaleur de la réaction à une température quelconque
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L’enthalpie est une fonction d’état de sorte que sa variation ne dépend pas du cycle de
transformations choisi entre l’état initial et l’état final. Dans la pratique, il faudra donc trouver
une suite de transformations qui s’adapte bien aux données.
Pour une réaction chimique s’effectuant à une température différente de la température standard
T0, l’enthalpie de la réaction ΔHr(T) est donnée par l’expression suivante :
I.3. Qualité de la combustion:
Pour caractériser facilement la qualité de la combustion d’une installation, on mesure les taux
γ CO2 et γ O2 dans les fumées, à l’aide d’un analyseur de fumées. Ensuite, le diagramme
permet d’obtenir en fonction du γ CO2 mesuré et du γ O2 mesuré :
1. Le type de combustion réelle
2. Le % d’excès d’air ou de défaut d’air
3. Le γ CO (s’il y a lieu)
Il est défini pour un combustible donné, l’axe des abscisses représente le γ O2 et celui
des ordonnées représente le γ CO2. Il comporte en général :
La droite des combustions oxydantes (γ CO = 0%) graduée en excès d’air,
Une graduation en défaut d’air sur l’axe vertical (γ O2 0%),
Le point représentatif de la combustion neutre (γ O2=0% et γ CO = 0%) pour γ CO2max,
Les droites d’égale teneur en CO (γ CO = cte) parallèle à la droite des combustions
oxydantes,
Les droites d’égal excès ou défaut d’air
Les diagrammes d’OSTWALD
Les diagrammes d’OSTWALD sont applicables à tous les combustibles, ils sont
insensibles aux teneurs en eau et en cendres des combustibles solides, mais ne sont plus
utilisables si la teneur en imbrûlés solides dépasse 3%. Les diagrammes pratiques sont limités
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à leur partie utile (γ O2 <21%).
Fig. 1 Diagramme d'OSTWALD
Exemple : On mesure γ CO2 =11% et γ O2 =6%
Sur le diagramme, on place le point, qui sur la diagonale supérieure : La combustion est
donc complète, avec 38 % d’excès d’air, et 0%de CO
En fonction de la fiche technique du matériel de combustion, on peut ensuite modifier
les réglages pour diminuer l’excès d’air.
Les Pouvoirs Calorifiques :
Le pouvoir calorifique d’un combustible est la quantité de chaleur dégagée par la
combustion complète, sous la pression atmosphérique normale, de l’unité de combustible,
celui-ci ainsi que les produits de combustion étant à 0 °C.
Notation : PC
Unité : [kJ/kg(n) de combustible] ou [kJ/m3(n) de combustible]
Remarque : (n) signifie que toutes les réactions se produisent dans les
conditions normales de température et de pression.
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Le pouvoir calorifique est dit inférieur (PCI) quand l’eau résultant de la combustion de
l’hydrogène et des hydrocarbures est supposée à l’état de vapeur dans les produits de
combustion.
Le pouvoir calorifique est supérieur (PCS) quand cette eau de combustion est ramenée à l’état
liquide dans les fumées.
PCS -PCI= m H2O Lv .
Lv=2500 kJ/kg aux CNTP
Masse d’eau contenue dans les fumées
Elle dépend de la quantité d’hydrogène présente dans le combustible
Exemple : m(H2O) = 1,6 kg dans les fumées pour la combustion de 1 m3(n) de gaz
Naturel
I.4. Température de combustion :
On distingue quatre températures de combustion :
- Température théorique
C’est la température que prendraient les produits d’une combustion si celle-ci était neutre,
complète et athermane. La température théorique est donnée par la formule :
Tt = T + PCI / F.c
T : température ambiante
PCI : exprimé en kcal/kg
F : quantité de fumées en kg
c : chaleur spécifique en kcal/kg, degré Celsius avec en première approximation :
C = 0,24 + 3 x 10-5 (tp + T)
Avec tp : température potentielle
Le tableau ci-dessous donne les températures théoriques de quelques gaz.
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Fours et chaudières
Température potentielle :
C’est la température que prendraient les produits d’une combustion complète et athermane.La
température potentielle est donnée par la même formule que la température
théorique avec la quantité de fumées F1 calculée en fonction de l’excès d’air, d’où :
Tt = T + PCI / F.c
Cette température caractérise l’excès d’air nécessité par les types de l’équipement de chauffe
et de la chambre de combustion combinés pour brûler correctement le combustible considéré.
Elle permet également de situer le niveau thermique des fumées dans les différentes zones
d’échange et contribue pour une large part au dimensionnement de la zone de convection.
Température effective de combustion
C’est la température que prendraient les produits d’une combustion complète et athermane avec
excès d’air compte tenu de la chaleur absorbée par les dissociations qui se produisent dans les
Fumées
Avec Qd = chaleur de dissociation.
Le calcul de te se fait par approximations successives en supposant au départ que te, ce qui
permet de calculer Qd d’après la composition des fumées et les constantes d’équilibre chimique.
Température pratique de combustion :
La température pratique de combustion, appelée aussi température d’équilibre, est celle que
l’on obtiendrait si la flamme était à une température uniforme. Si l’on pose :
(1 – α) = pertes par les imbrûlés
& (1 - β) = pertes par les parois.
q =quantité de chaleur rayonnée sur les murs par kg ou m3 de combustible.
tpr =température pratique de combustion il vient :
αβ PCI = q + F1 c (tpr –T)
Si l’on pose :
p = quantité de combustible en kg ou en m3 brûlée en 1 heure
Q = flux de chaleur rayonnée par la flamme en kcal/h
Il vient : Q = pq
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Fours et chaudières
Or on démontre que : Q = ρμS [(tpr + 273)4 – (t + 273)4]
μ Facteur qui dépend de la forme du foyer, coefficient de rayonnement mutuel qui
dépend de la nature de la flamme et de la surface réceptrice S surface de la flamme tpr
température pratique de la combustion = température moyenne de la flamme t température de
la surface réceptrice
I.5. Les équipements de combustion
Chaudières
Brûleurs
Fours
Échangeurs et récupérateurs de chaleur
I.5. Aspects environnementaux liés à la combustion.
Au cours des dernières années, les effets négatifs de la combustion sur l'environnement,
notamment les émissions de gaz à effet de serre (GES), qui contribuent au réchauffement de la
planète, ont beaucoup retenu l'attention. Le Protocole de Kyoto (1997) traite de cette question
et le Canada, qui en est signataire, s'est engagé à réduire, entre 2008 et 2012, ces émissions de
6 p. 100 par rapport aux niveaux de 1990. Le changement climatique provoqué par le
réchauffement de la planète représente l'un des plus grands défis que doivent relever non
seulement le Canada mais le monde entier. Une meilleure gestion des procédés de combustion
ainsi qu'une production et une consommation d'énergie plus efficaces sont deux des stratégies
clés pour réduire les émissions atmosphériques. C'est donc pour cette raison que ce guide est
publié en parallèle avec la politique du Canada en matière de changement climatique en tant
qu'outil de mise en oeuvre. Au Canada, la collaboration des propriétaires et des opérateurs
d'équipement de combustion est indispensable pour atteindre l'objectif de réduction des
émissions de GES et des pluies acides. Le présent guide ne décrit que brièvement les émissions;
pour obtenir une liste de quelques émissions engendrées par les systèmes de combustion et de
leurs effets, voir le tableau I.2. Pour de plus amples renseignements à ce sujet, consulter le
document intitulé An Energy Efficiency and Environment Primer for Boilers and Heaters.
Tableau I.2 : émissions engendrées par les systèmes de combustion et leurs effets
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Fours et chaudières
Tableau I.3 : directives du ccme* sur les émissions de Nox pour les systèmes de chauffage
neufs
Pour corriger les ppm de NOx à 3 % O2 : NOx à 3 % O2 = [NOx mesuré x 17,9] ÷ [20,9 -
O2], où O2 est l'oxygène mesuré dans les gaz de carneau, base sèche
Pour convertir les ppm NOx à 3 % O2 à g/GJ : pour le gaz naturel, g/GJ = ppm ÷ 1,907;
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Fours et chaudières
pour le mazout, g/GJ = ppm ÷ 1,808
Tableau I.4 : émissions courantes de Nox sans équipement de contrôle de NOx
Bien que les autres GES, installation pour installation, aient des effets plus puissants
que le CO2, cette dernière demeure le gaz à effet de serre le plus important en raison de son
volume. En 1997, il représentait les trois quarts des émissions totales du Canada. La plus grande
partie des émissions de CO2 sont générées par la consommation de combustibles à des fins
domestiques, industrielles, de transport ou de production d'électricité. C'est pour cette raison
que l'application de mesures d'efficacité énergétique visant la diminution de la consommation
de combustibles est essentielle pour réduire les émissions de CO2.
Les consommateurs de combustibles doivent relever deux défis. L'un est d'ordre économique :
obtenir le meilleur rapport qualité-prix; l'autre concerne l'environnement :
maintenir les émissions faibles, c'est-à-dire du moins dans les limites prescrites par les
règlements. Heureusement, les éléments qui favorisent le premier objectif s'appliquent
également au second.
On autorise des limites moins sévères pour l'équipement dont l'efficacité supérieure à la normale
a été démontrée et qui, par conséquent, consomme moins de combustible. Les provinces et les
territoires sont responsables de la mise en application des limites et peuvent en imposer de plus
strictes. Ils ont également la responsabilité de déterminer dans quelle mesure les directives
s'appliquent aux systèmes de chauffage modifiés ou remis en état.
Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) et d'oxydes d'azote (NOx) contribuent aux pluies
acides et par conséquent, posent également un problème. Le contrôle des émissions de SO2
s'effectue en limitant la concentration en soufre admise dans le combustible, mais la réduction
des émissions de NOx est possible en modifiant le processus de combustion. On peut trouver
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Fours et chaudières
les directives concernant les systèmes de chauffage neufs dans le tableau I.3, et une description
des stratégies permettant de respecter les règlements relatifs aux émissions de NOx
dans le document intitulé An Energy Efficiency and Environmental Primer for Boilers and
Heaters.
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