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La Responsabilité Du Fait Des Choses en Droit Marocain

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LA RESPONSABILITÉ DU

FAIT DES CHOSES EN


DROIT MAROCAIN
Lecture Jurisprudentielle Comparative au niveau de la portée du domaine de
l’article 88 du dahir des obligations et contrats

Projet de recherche Sous l’encadrement du


Réalisé par L’étudiante : Professeur :
Dr.

Année Universitaire : 2021-2022


Introduction :

La responsabilité civile a été depuis longtemps conçue comme une obligation de


réparation du dommage causé à autrui par le biais d’une indemnisation
« compensation »1, Elle est contractuelle lorsque le dommage résulte de
l'inexécution d'un contrat, ou délictuelle, lorsqu'elle n'est régie par aucun contrat.
Pour obtenir réparation du dommage, la victime doit apporter la preuve d'une faute,
d'un dommage et d'un lien de causalité entre les deux précédentes conditions.

Notamment avec l’apparition des hypothèses de responsabilité objective dont la


présence est aussi marquante en droit marocain à savoir ; le développement du
machinisme et de l’industrialisation, de plus en plus de dommages sont apparus
avec des choses qui causaient des préjudices graves et ce n’était pas forcément
des bâtiments en ruine et ce n’était pas aussi des animaux, en conséquence, il n’y
avait pas de système de responsabilité du fait choses.

A défaut de système de responsabilité des choses, il faut se fonder sur la théorie de


la responsabilité fondée sur la faute prouvée par la victime, Cela supposait donc de
rapporter la preuve d’une faute en relation avec le dommage (V. en ce sens Cass.
civ., 19 juill. 1870).2

L’avantage majeur de la responsabilité du fait des choses, c’est que c’est


extrêmement facile de la mettre en œuvre, dans la mesure ou cette responsabilité ne
suppose pas l’existence d’une faute prouvée, en d’autres termes : il suffit que la
chose soit l’instrument du dommage pour qu’il y’ait responsabilité, disons que tout
dommage causé par une chose doit être réparé par celui qui en a la garde.3
1
Daniel MAINGUY et Jean-Louis RESPAUD, Droit des obligations, éd. Ellipses 2008, p.259
2
Voir [Link]
Consulté Le 14/01/2022, 15H35
3
Voir Article 88 du dahir marocain des obligations et contrats
Ce dernier aspect représente certainement une majeure partie du droit de la
responsabilité civile en raison du fait que les grands dommages de nos jours
semblent être souvent le fait d’une chose que d’une personne. Il n’est donc pas sans
intérêt de rechercher le raisonnement et les positions qu’adoptent les tribunaux face
à des cas d’espèces mettant en jeu une chose dommageable.
Le Dahir portant Code des Obligations et Contrats (DOC), envisage deux cas très
particuliers de responsabilité du fait des choses : la responsabilité du fait des
animaux4 et la responsabilité du fait des bâtiments 5. En revanche, le principe même
de la responsabilité du fait des choses qui se dégage incontestablement de son
article 88, lequel est, en partie, une reproduction de l’article 1384 al. 1 du Code
civil français, a été le fruit d’une évolution particulière. Pour certains auteurs6, en
effet, l’alinéa 1er de l’article 1384 du Code civil n’était au départ rien d’autre qu’un
texte introductif aux dispositions qui lui sont consécutives.

C’est ainsi qu’au début de l’adoption du Code civil en 1804, ses rédacteurs
n’avaient pour seule intention, en insérant cet alinéa, que d’annoncer les cas
particuliers de responsabilité du fait des choses prévus aux articles 1243
(responsabilité du fait des animaux) et 1244 (responsabilité du fait des bâtiments en
ruine), ce n’est qu’à travers une longue perception jurisprudentielle que l’édifice de
la responsabilité du fait du chose s’est bâtit et dont il convient de rappeler les
grandes lignes .

Le régime juridique de la responsabilité du fait des choses tel qu’on le connaît


aujourd’hui est le fruit d’une longue construction jurisprudentielle dont il convient

4
Voir (art. 86 et 87) du dahir marocain des obligations et contrats
5
Voir (art. 89) du dahir marocain des obligations et contrats
6
Cf. Daniel MAINGUY et Jean-Louis RESPAUD, Droit des obligations, éd. Ellipses 2008, p. 294
de rappeler les grandes lignes, avant de s’intéresser à ses conditions de mise en
œuvre.

Il sera alors question de savoir en quoi consiste l’évolution jurisprudentielle


marocaine et française de la responsabilité du fait des choses ? ensuite comment les
juridictions marocaines ont apprécié les conditions de mise en œuvre et
d’exonération de la responsabilité du fait des choses ?

Afin de répondre judicieusement à ces problématiques soulevées, il nous était


opportun de procéder par le plan suivant :

En première grande Partie, nous allons aborder l’évolution jurisprudentielle de la


responsabilité du fait des choses, dans le système juridique Français (I) et dans le
système juridique marocain (II). Puis en deuxième grande Partie nous intéresserons
à l’analyse jurisprudentielle, des conditions de mise en œuvre de la responsabilité
du fait des choses (I) ainsi que celles de sa décharge (II),
Partie 1 : Evolution jurisprudentielle de la responsabilité du fait des choses :

Aux termes de l’article 1242, al. 1er du Code civil « on est responsable non
seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui
est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a
sous sa garde ».

Cet article qui a constitué le plongeoir de toutes possibilités de réflexions sur


l’avènement de la responsabilité du fait des choses et a fait pour autant un sujet de
départ controversé sur l’interprétation de son champ d’application et l’ampleur de
sa portée et c’est ce que nous allons examiner minutieusement par étapes, en
d’autres termes nous allons voir toutes les phases historiques qui ont concouru à la
mise en place de cette responsabilité dans ses larges dimensions.

I : l’évolution jurisprudentielle de la responsabilité du fait des choses, dans le


système juridique Français

Lors de l’adoption du Code civil en 1804, ses rédacteurs n’avaient pour seule
intention en insérant l’article 1242, al. 1er du Code civil français susvisé, que
d’annoncer les cas particuliers de responsabilité du fait des choses prévus aux
articles 1243 (responsabilité du fait des animaux) et 1244 (responsabilité du fait des
bâtiments en ruine).7

Il s’agissait, en d’autres termes, d’un texte de transition entre la responsabilité du


fait personnel8 et les cas spéciaux de responsabilité énumérés aux dispositions
suivantes.9

 Ce texte était dépourvu de toute valeur normative.


7
Pour en savoir plus, consultez le site : [Link]
%2F000843
Consulté le 16/01/2022 à 23h00
8
Articles 1240 et 1241 du code civil français
9
L’article 1242 du code civil français, al. 1er
Pendant près d’un siècle, nul n’a envisagé l’existence d’un principe général de
responsabilité du fait des choses.

Dans l’hypothèse où la chose à l’origine d’un dommage n’était, ni un animal, ni un


bâtiment en ruine, on estimait, dès lors, qu’elle devait être jugée comme un simple
instrument de l’action humaine, de sorte qu’il appartenait à la victime de rechercher
la responsabilité du gardien sur le fondement de la responsabilité du fait personnel.

En France ce système s’étant montré particulièrement inadapté au développement


du machinisme lié à la révolution industrielle, en revanche les juges ont réfléchi à
des moyens d’interpréter le code civil dans un sens permettant d’adopter les
solutions aux circonstances de l’époque dans la mesure où cet avènement de la
révolution industrielle a été en effet source d’un nombre croissant de dommages
causés par des choses inanimées sans que la faute de leur propriétaire ne puisse le
plus souvent être établie.10

Cette révolution a, en effet, été accompagnée par un accroissement considérable


des accidents de personnes provoqués par l’explosion des techniques encore mal
maîtrisées, liées notamment à l’exploitation des machines à vapeur. La victime se
retrouvait le plus souvent dans l’impossibilité de déterminer la cause exacte du
dommage et, surtout, d’établir une faute à l’encontre du gardien.

En conséquence, en l’absence de faute, la responsabilité du propriétaire de machine


ne pouvait pas être engagée, quand bien même l’accident survenait dans le cadre de
l’exécution d’un contrat de travail.

10
Pour se renseignez d’avantage, fréquentez le site : [Link]
pantheon-sorbonne/droit-de-la-responsabilite-civile/responsabilite-civile-arret-teffaine-et-jandheur/13424613
Consulté le 16/01/2022 à 23h19
Aussi, faut-il attendre la fin du XIXe siècle pour que naisse une prise de
conscience de la nécessité d’améliorer le sort des victimes du machinisme en
jurisprudence.

- Dans un arrêt du 16 juin 1896, la Cour de cassation reconnaît pour la


première fois le caractère non limitatif de l’ancien article 1384, alinéa 1er du
Code civil.

À partir de cette décision11, ce fut la genèse du principe de responsabilité du fait des


choses, l’article 1384 al. 1er,12 va connaître un essor particulièrement
important, en dépit d’une période de flottement jurisprudentiel, les tribunaux étant
pour le moins hésitant quant à l’application du principe général de responsabilité du
fait des choses qui venait d’être découvert.

- Dans un arrêt Jand’heur du 13 février 1930, non seulement la Cour de


cassation va réitérer la solution qu’elle avait adoptée dans l’arrêt Teffaine,
mais encore elle va mettre fin aux incertitudes qui entouraient la
découverte, en 1896, d’un principe général de responsabilité du fait des
choses.13

L’arrêt Teffaine, a affirmé l’existence d’un principe général de responsabilité du


fait des choses obligeant le gardien de la chose à indemniser le préjudice causé par
la chose dont il a la garde, indépendamment de l’existence de toute preuve de
faute, à travers le fondement et le domaine de cet arrêt la chose peut être de toute
nature.
11
[Link]
responsabilite-civile-arret-teffaine-et-jandheur/13424613
Consulté le Consulté le 16/01/2022 à 23h28
12
Aux termes de l’alinéa susvisé ‘’ On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre
fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a
sous sa garde.’’
13
Pour cerner d’avantage les détails de l’arrêt JAND'HEUR , Voir le lien :
[Link]
Consulté le 16/01/2022 à 23h45
Toutefois cet arrêt, a exclu toute chose réglementée par une loi spéciale, ainsi que
les choses insusceptibles d’appropriations ou abandonnées, à tire d’exemple : (la
pluie, la neige).

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