DROIT DE LA SECURITE SOCIALE IVOIRIEN
INTRODUCTION
La protection sociale est l’ensemble des dispositions, et prestations instituées
pour réparer ou couvrir certains risques sociaux encourus par les travailleurs et
fonctionnaires pendant et après leur carrière.
Par risque social, il faut entendre un évènement ou une situation susceptible
d’affecter ou de diminuer la capacité ou l’aptitude d’une personne voire de lui
faire perdre des gains. Autrement dit le risque social à une conséquence sur le
revenu du travailleur.
Le système général ivoirien de sécurité sociale comprend trois institutions :
- La MUGEFCI et la CGRAE pour les fonctionnaires et agents de
l’État
- L’IPS-CNPS (Travailleurs du Privé)
- La CMU et la CNAM (toute personne résidant en côte d’ivoire
Ces organes de sécurité sociale ciblée ou étendue, sont essentiellement financés
par les cotisations faites par les travailleurs, employeurs et autres adhérents.
Il est donc important de se poser plusieurs questions à savoir :
- Quelles sont les risques couverts par chaque institution de sécurité
sociale ?
- Qui en est bénéficiaire ?
- Quelles sont les prestations offertes et les conditions à remplir pour en
bénéficier ?
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Répondre à ces questions nous conduira dans la suite de ce cours à voir
successivement la MUGEFCI et la CGRAE (Titre 1) ; la IPS-CNPS (Titre 2) et
la CMU et la CNAM (titre 3).
NB : Dans le cadre de ce cours nous mettrons plus l’action sur la CNPS.
TITRE 2 : L’IPS-CNPS
Les travailleurs du privé sont aussi couverts contre les risques sociaux dans le
cadre de l’exercice de leurs activités professionnelles. Le système de sécurité
sociale ivoirien du monde des travailleurs du privé est géré par la CNPS qui est
organisé en trois branches d’assurance obligatoire :
La branche des prestations familiales
La branche des accidents du travail et maladies professionnelles
La branche de la caisse de retraite.
Toutes ces branches de sécurité sociale sont essentiellement financées par les
cotisations des employés et de leur employeur. Pour déterminer le montant des
dites cotisations, les salaires des employés servent de base ou d’assiette de
calcul.
Ainsi nous verrons :
Chapitre 1 : la composition et forme de salaire (exposé)
Chapitre 2 : Les conditions de la protection CNPS (exposé)
Chapitre 3 : Les prestations offertes par la CNPS
Nous étudierons successivement les trois branches de prestations sociales :
d’abord les prestations Familiales (I), ensuite l’indemnisation des accidents du
travail et maladies professionnelles (II) et enfin la pension de retraite du
travailleur (III)
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SECTION 1 : LES PRESTATIONS FAMILIALES
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SECTION 2 : LES ACCIDENTS DU TRAVAIL ET LES MALADIES
PROFESSIONNELLES (AT / MP)
§ 1 : Définition des AT et MP
A- Qu’est-ce qu’un accident du travail (AT) ?
La notion de l’AT peut être appréhendée sous trois angles. Ainsi est considéré
comme accident du travail :
- L’accident survenu à un travailleur, quelle qu’en soit la cause, par le fait,
à l’occasion ou en raison de son travail ;
- L’accident de trajet, c’est-à-dire l’accident qui survient pendant le trajet
de la résidence du travailleur au lieu de son travail et vice versa dans la
mesure où le parcours qu’il doit effectuer n’a été ni interrompu, ni
détourné pour un motif personnel ou indépendant de son emploi ;
- L’accident survenu pendant les voyages dont les frais sont à la charge de
l’employeur, en application du code du travail : mission, recrutement,
déplacement.
B- Qu’est-ce qu’une maladie professionnelle (MP) ?
Une maladie professionnelle est une maladie contractée par le travailleur exposé
de façon habituelle à l’action de certains agents nocifs dans l’exécution de son
travail.
À l’instar de l’accident du travail, trois éléments caractérisent la maladie
professionnelle :
- Le travailleur doit avoir été exposé au risque pendant une certaine
période ;
- Le travailleur doit présenter les symptômes de la maladie dans un délai
déterminé après avoir changé ou quitté l’emploi à l’occasion duquel il
pouvait être exposé ;
- La maladie doit figurer sur la liste des maladies professionnelles
reconnues comme telles par la législation nationale.
Pour la maladie professionnelle, la date de la première constatation médicale de
la maladie professionnelle est assimilée à la date de l’accident.
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§ 2 : Objet et bénéficiaires de cette branche d’assurance
A- Objet de l’assurance AT/MP
Cette assurance a pour objet de verser une indemnité compensatrice au salarié
déclaré à la CNPS et dont les cotisations sont à jour. Il s’agit en l’occurrence des
indemnités suivantes :
- Une indemnité journalière pour le travailleur rendu incapable du fait
d’un accident de travail;
- Une rente au salarié victime ou à ses ayants droit d’une maladie
professionnelle ou accident de travail;
- Les prestations autres que les rentes dues en cas d’accidents de
travail suivi de mort (frais funéraires).
B- Les bénéficiaires de l’assurance AT/MP
Bénéficient de l'assurance accidents du travail toutes les personnes exerçant une
activité salariée, les apprentis et les élèves. Les travailleurs indépendants ne
bénéficiant pas de l'assurance accidents du travail à titre obligatoire mais
peuvent cotiser volontairement à cette assurance. Ils ouvrent droit alors à des
prestations en nature de l'assurance.
L'accident du travail doit être déclaré dans les quarante-huit heures à l'inspection
du travail et des affaires sociales. L'employeur est tenu de fournir au salarié une
déclaration d'accident du travail, d'assurer les soins de première urgence,
d'aviser un médecin et, éventuellement, de diriger la victime sur le centre
médical d'entreprise ou interentreprises et, à défaut, sur la formation sanitaire ou
l'hôpital le plus proche.
§3 : Les cotisations et la couverture de l’assurance AT/MP
A- Cotisation
Pour bénéficier de cette assurance, l’assuré social devrait payer une cotisation
arrimée à son salaire perçu par mois. La base de calcul est de 70 000
FCFA/mois.
Le taux de prime est fixé en quatre paliers en fonction de l’activité principale du
salarié :
Palier 1 : 5%
Palier 2 : 4%
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Palier 3 : 3%
Palier 4 : 2%
B- La couverture CNPS en matière de AT/MP
Les soins gratuits
La CNPS couvre directement les frais nécessités par le traitement de la victime
ainsi que les prothèses et appareillage et les frais de rééducation. En cas de
décès, elle prend également en charge les frais de transport du corps au lieu de la
sépulture, quand l'accident s'est produit au cours d'un déplacement demandé par
l'employeur.
L’incapacité temporaire
Le montant des indemnités journalières est fonction du salaire journalier : celui-
ci est égal à l'ensemble des gains perçus, dans la limite d'un plafond (36.695
F.CFA mensuel en 2007), au cours des trente jours précédant l'accident, divisé
par le nombre de jours ouvrables pendant cette période.
Le montant de l'indemnité journalière est égal au salaire journalier total du
lendemain de l'accident et pendant toute la durée du préavis applicable à
l'intéressé. Ensuite, il est égal à la moitié du salaire journalier jusqu'au 28ème jour
de l'accident, si toutefois ce délai n'a pas été absorbé par le temps de préavis. A
partir du 29ème jour de l'interruption de travail ou dès la fin du préavis, elle est
portée aux deux tiers du salaire.
L’incapacité permanente
Pour le calcul des prestations, le salaire au-dessus d'un certain plafond ne sera
pris en compte que partiellement ou ne sera pas du tout pris en compte. Il s'agit
du "salaire annuel utile". Le salaire maximum annuel est fixé à 13 307 742 F
CFA.
La victime a droit à une rente égale au produit du "salaire annuel utile" par le
"taux d'incapacité corrigé" : ce dernier est le taux réel fixé par le médecin, réduit
de moitié pour la partie de ce taux qui ne dépasse pas 50 % et augmenté de la
moitié pour la partie qui excède 50 %. Une majoration pour tierce personne de
40 % peut être éventuellement attribuée. Le rachat peut être total si le droit à
rente est ouvert depuis au moins cinq ans et si le taux d'incapacité est inférieur
ou égal à 10 %. Le rachat peut être partiel si le taux d'incapacité est supérieur à
10% : il se fait dans la limite du quart au plus du capital correspondant à la
valeur de la rente, si le taux d'incapacité est de 50 % au plus ; s'il est supérieur à
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50 %, le rachat peut se faire dans la limite maximum du quart du capital
correspondant à la fraction de la rente allouée jusqu'à 50 % du taux d'incapacité.
Le rachat est obligatoire (sauf stipulation contraire prévue par une loi nationale
ou une convention) pour les travailleurs étrangers, victimes d'un accident du
travail qui cessent de résider sur le territoire ivoirien. Ils perçoivent alors pour
toute indemnité un capital égal à trois fois le montant de la rente annuelle qui
leur est due.
La rente pour décès
La rente de conjoint survivant est en principe égale à 30 % du salaire annuel qui
aurait servi de base au calcul de la rente de la victime.
En cas de pluralité d'épouses, la rente est partagée entre elles. Si le conjoint se
remarie, une somme représentant trois fois le montant de la rente lui est versée.
La rente aux enfants et descendants est fonction du nombre d'enfants ; 15 % du
salaire annuel pour le premier, 30 % pour deux enfants, 40 % pour trois enfants,
10 % supplémentaires pour chaque enfant en plus (20 % maximum pour chaque
enfant orphelin de père et de mère). Les ascendants ont droit chacun à 10 % du
salaire annuel de la victime. Une pension de veuf a été instituée au profit du
conjoint légitime de la femme décédée affiliée à la CNPS. En tout état de cause,
le total des rentes attribuées aux survivants ne peut excéder 85 % du salaire
annuel de la victime, auquel cas une réduction proportionnelle est appliquée.
Cas pratique
Monsieur Koudou, Daf dans l’université IFSM perçoit mensuellement un salaire
imposable de 1 296 122 FCFA.
Déterminez sa cotisation au titre la branche AT/MP
Résolution
Déterminons sa cotisation mensuelle AT/MP
C = 70 000 x 2% = 16 800 FCFA
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SECTION 3 : L’ASSURANCE VIEILLESSE(AV) / PENSION DE
RETRAITE (PR)
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