TC 2016 - Economie
TC 2016 - Economie
TROISIEME CONCOURS
ECONOMIE
Une épreuve d’économie consistant en la rédaction d’une note d’analyse et de propositions à partir
d’un dossier.
L’épreuve vise à apprécier, à partir d’une mise en situation au sein d’une administration, l’aptitude
du candidat à formuler un diagnostic économique s’appuyant sur les données statistiques figurant
dans le dossier et, le cas échéant, sur des calculs simples, et à proposer des orientations argumentées
de politique publique. Cette note d’analyse et de propositions suppose, outre des connaissances en
microéconomie et macroéconomie et la capacité de les mobiliser pour analyser des situations
concrètes, une aptitude à décrire les enchaînements économiques, à faire le lien entre les outils de
l’économiste et les problèmes économiques et à construire des propositions de politiques publiques.
La mise en situation comporte un contexte, un commanditaire, une motivation de la commande et
une formulation de la question ou des questions auxquelles la note doit répondre de manière précise,
sans emprunter la forme d’une dissertation. Le candidat doit appréhender la problématique au
regard des concepts et outils économiques, analyser les propositions figurant éventuellement dans le
dossier et les compléter au besoin par des recommandations élaborées à partir de ses connaissances
et réflexions personnelles. Les propositions doivent mettre en évidence les avantages et les
inconvénients des différentes options envisageables. La dimension historique, la dimension
comparative et les enjeux européens doivent apparaître chaque fois que nécessaire.
SUJET
La capacité d’un pays à attirer les capitaux, les investissements et les populations, en offrant un
environnement attractif, est un élément essentiel de son développement.
Au sein de la Direction Générale des Entreprises, vous êtes rapporteur(e) d’un groupe de travail
composé d’experts aux compétences complémentaires qui vous ont apporté plusieurs documents
pour faciliter le travail du groupe.
A partir de ces derniers, et en mobilisant vos propres connaissances théoriques et pratiques sur cette
question, il vous est demandé d’identifier plusieurs pistes - économiques, financières, fiscales,
institutionnelles - permettant de renforcer et d’accroître l’attractivité de la France et de ses
territoires. Ces pistes doivent être replacées dans leur contexte et mises en perspective, en
soulignant notamment leur cohérence, leur étendue et leurs limites.
« Reproductions effectuées par l’ENA avec l’autorisation du CFC (20, rue des Grands Augustins – 75006 PARIS). »
Documents joints Pages
Les investissements directs étrangers / à l’étranger (IDE) se définissent comme des prises de
participation durables dans des entreprises étrangères. Ils comprennent également : i) les prêts intra-
groupe, c’est-à-dire les opérations de prêt internes aux entreprises multinationales et ii) les
investissements immobiliers.
Investissements en capital social : (i) Prises de participation de plus de 10 % dans des sociétés. Il
comprend également les souscriptions aux augmentations de capital et les dotations de succursales.
(ii) Investissements immobiliers.
Bénéfices réinvestis : Partie non distribuée et mise en réserve des résultats opérationnels courants
des filiales et des autres participations à l’étranger. Elle est prise en compte à hauteur de la quote-
part du capital social détenu par l’investisseur.
Autres opérations ou prêts entre affiliés (prêts intragroupe) : (i) Prêts entre les investisseurs directs
et les entreprises dans lesquelles ils ont investi. (ii) Prêts entre entreprises appartenant à un même
groupe situées dans des pays différents, même lorsqu’elles n’ont pas de lien en capital social.
Toutes les opérations de prêts n’y sont toutefois pas retracées : malgré les recommandations du
FMI, les prêts obligataires et les crédits commerciaux restent à ce jour retracés au sein des
investissements de portefeuille et des crédits commerciaux donc dans d’autres rubriques de la
balance des paiements.
- Si la France se situe aux premiers rangs mondiaux en termes de stock d’IDE (4ème pour les IDE
entrants, 5ème pour les IDE sortants en 2013), elle a vu sa place se dégrader depuis la crise s’agissant
des flux annuels (42ème pour les flux entrants en 2013, alors qu’elle était encore 10ème en 2010,
et flux sortants négatifs, reflétant des désinvestissements).
- Par rapport aux autres grandes économies de la zone euro, la situation française n’apparaît
pas pour autant foncièrement défavorable sur les dernières années, Allemagne et Italie
enregistrant en particulier des niveaux assez faibles de nouvelles implantations et prises de
participations. A des degrés divers, plusieurs économies avancées sont en effet touchées par
l’absence de reprise claire des IDE depuis la crise.
- La forte chute des flux entrants dont fait état la CNUCED1 pour 2013 (-80 %) doit être
relativisée : (i) elle porte exclusivement sur les prêts intra-groupe, opérations financières internes
aux groupes multinationaux, alors que les investissements impliquant une nouvelle prise de
participation ou implantation en France progressent (+53 %) ; (ii) après consolidation des flux de
prêts intra-groupe par groupe de sociétés (méthode recommandée par le FMI et l’OCDE), la
baisse des prêts intra-groupe reste réelle mais est plus limitée, de sorte que les IDE totaux
progressent légèrement en 2013 (+3,3 %).
- En termes géographiques, flux comme stocks, entrants et sortants, restent concentrés sur les
économies développées, même si le poids des émergents progresse.
- De manière générale, les données d’IDE doivent être interprétées avec prudence, compte tenu
notamment de leurs révisions fréquentes et fortes.
(b)
(b) investissements directs étrangers en France
50
20
France
10
Italie
Source : Eurostat. Méthodologie BPM5. Données
actualisées au 17 juin 2014. Données 2013 non 0
encore disponibles. Données Espagne non-
disponibles pour les années 2003 à 2005.
-10
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
80
70
20
Allemagne
Italie
10
France
0
Source : CNUCED. Méthodologie BPM5.
Les données 2013 -10
-20
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Ventilation sectorielle des stocks d'IDE en France à la fin 2012 Ventilation géographique des stocks d'IDE en France à la fin 2012, selon le
(en Md€) pays de résidence de l'investisseur ultime (en Md€)
(source : Banque de France) (source : Banque de France)
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Document n° 2
Attractivité de la France : analyse, perception et mesure, Article Economie et Statistique,
Benoît Coeuré, Isabelle Rabaud, Thierry Madiès, 2003 (résumé & extraits).
L’attractivité d’un pays renvoie à une gamme très large de déterminants: taille des marchés, coût du
capital et du travail (au sein desquels la fiscalité joue un rôle important), présence ou non
d’entreprises concurrentes ou complémentaires dans le processus de production. Dans une
perspective de plus long terme, ce sont aussi les stratégies d’insertion dans les échanges, la qualité
des infrastructures et des institutions, l’éducation et la formation. Les développements récents de la
nouvelle économie géographique ont permis d’analyser plus finement l’interaction complexe entre
coût des facteurs, taille des marchés et décisions de localisation des activités, mettant en évidence
des effets d’agglomération cumulatifs qui justifient de considérer avec prudence les comparaisons
statiques entre pays, en particulier en matière de fiscalité.
Dès lors, comment mesurer l’attractivité ? La diversité des indicateurs disponibles désoriente
souvent l’économiste et le décideur politique. Dans ce domaine comme dans d’autres, la France
produit une variété précieuse de données – encore faut-il qu’elles soient mieux connues et utilisées.
Il revient d’abord à l’utilisateur de clarifier le concept qu’il cherche à appréhender : mesure de la
performance économique, observation des décisions d’implantation ou, plus en amont du processus
de décision, de leurs déterminants. Dès que ces distinctions sont reconnues et prises en compte, la
variété des indicateurs se révèle en fait un atout.
Ni les indices synthétiques de compétitivité comme ceux construits par l’IMD1 de Lausanne ou par
le Forum économique mondial de Davos, ni les données quantitatives comme les investissements
directs étrangers enregistrés en balance des paiements, ne suffisent à mesurer l’attractivité. Les
premiers, qui donnent de la France une image peu favorable, manquent d’homogénéité, ne reposent
pas sur une vision théorique claire des déterminants de la croissance, et produisent des classements
contradictoires et volatils. La piste la plus prometteuse d’amélioration consisterait à fonder de
manière plus systématique la construction de ces indices sur les travaux économiques récents sur le
rôle des institutions dans la croissance de long terme. Les secondes, qui soulignent au contraire la
place de premier plan de la France comme pays d’accueil des investissements étrangers,
n’appréhendent cependant que la dimension financière des décisions de localisation, sont fortement
influencées par les opérations de fusions et acquisitions et par le développement des prêts à court
terme entre entreprises affiliées. Il est donc utile de les croiser avec des indicateurs d’activité
comme le chiffre d’affaires et l’emploi, ce que permettent progressivement les statistiques de
l’Insee sur l’activité des groupes et les données sur les entreprises étrangères élaborées par la
Banque de France.
Introduction
La question de l’attractivité est fréquemment ramenée à celle des investissements directs étrangers
(IDE) : à l’exception peut-être du Japon, où l’enjeu commercial demeure prédominant, le couple
« flux d’investissements / attractivité » semble avoir pris la place du couple « commerce extérieur /
compétitivité » dans le débat public des pays développés. Il est vrai que l’environnement
international de la France a profondément changé. Le marché unique et l’euro accroissent la
transparence sur le coût des facteurs de production ; les capitaux sont mobiles et le solde des
paiements courants ne détermine plus la capacité à mobiliser des financements extérieurs. L’objectif
de moyen terme de la politique commerciale n’est donc plus le solde du commerce extérieur, mais
plutôt la recherche d’une structure commerciale créatrice de valeur ajoutée et apte à satisfaire les
goûts de plus en plus variés des consommateurs, dans un environnement caractérisé par la montée
en gamme et l’insertion dans le commerce intrabranches (Fontagné et Freudenberg, 1999).
Parallèlement, la liberté de circulation des capitaux et la baisse des coûts de transport donnent une
importance nouvelle à la question de la localisation des activités. S’il y a concurrence entre les
nations membres de l’Union économique et monétaire, ce n’est plus pour accroître leur
« compétitivité » et améliorer leur solde extérieur, mais bien pour attirer les activités.
1
IMD Business school : Institut de management
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En réaction peut-être à cette évolution, la notion même de compétitivité a évolué. Dès 1994,
Krugman estimait que la notion de « compétitivité » d’une nation n’avait pas de sens pour des
économies peu ouvertes comme les États-Unis, car à la différence d’une entreprise, chaque pays
vend majoritairement ses produits à ses propres citoyens, n’est pas soumis à une contrainte de
profit, et bénéficie de l’échange international, qui n’est pas un jeu à somme nulle. Finalement, selon
Krugman, la seule mesure pertinente de la performance d’un pays est la progression de sa
productivité. Cette analyse est séduisante, même si sa portée peut être relativisée : d’une part, elle
s’inscrivait dans un contexte de polémique sur la politique commerciale américaine ; d’autre part,
elle ne s’applique pas entièrement à un pays de taille moyenne et ouvert aux échanges comme la
France. Les choix de spécialisation et les termes de l’échange continuent donc à importer. Il n’en
reste pas moins que la définition de la compétitivité a évolué d’une conception strictement centrée
sur les échanges extérieurs à la notion plus vaste d’un niveau élevé de revenu et d’emploi, voire de
cohésion sociale. Cette évolution trouve un écho dans les progrès récents de l’analyse économique.
La problématique de l’attractivité peut, en effet, désormais être explorée de manière autonome à
l’aide d’un nouvel outil d’analyse : la « nouvelle économie géographique ». Cette discipline
apparue au cours des années 1990 s’est penchée sur les déterminants de la localisation des activités
en fonction de la structure des échanges commerciaux (et notamment des effets de taille des
marchés) et de données spatiales comme les coûts de transport. Depuis peu, elle permet également
d’analyser la dynamique conjointe de la concurrence fiscale et de la concentration/dispersion des
activités.
Une autre approche s’est développée au cours des années 1990 : celle de la « nouvelle économie
géographique ». Cette discipline connaît aujourd’hui un certain degré de maturité théorique.
L’hypothèse centrale de concurrence monopolistique entre firmes et de préférence des
consommateurs pour la diversité permet de faire apparaître des effets d’agglomération liés à des
interdépendances qui se renforcent mutuellement. Certains de ces effets sont positifs, comme l’effet
d’accès au marché, qui décrit la tendance des firmes monopolistes à s’implanter sur les grands
marchés et exporter vers les petits, ou l’effet de coût de la vie, effet de bouclage macroéconomique
par lequel l’implantation de nombreuses firmes dans une même localité favorise l’augmentation du
nombre de variétés produites et la baisse des prix. D’autres sont négatifs, comme l’effet
d’engorgement, qui encourage les firmes à s’installer dans des régions où le nombre de concurrents
est plus faible.
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L’évolution dynamique d’une telle économie dépend de manière cruciale du degré d’ouverture
commerciale. En effet, des coûts d’échange élevés incitent les firmes à s’installer près des
consommateurs, créant une force de dispersion qui peut être supérieure aux forces d’agglomération.
On montre cependant que cette force de dispersion diminue plus rapidement que les forces
d’agglomération quand les barrières à l’échange se réduisent, ce qui permet de définir un « point
mort » de coûts d’échange, au-delà duquel les forces d’agglomération sont dominantes. On imagine,
par exemple, une baisse des coûts d’échange dans une situation où les activités industrielles sont
réparties de manière équilibrée entre régions. Cette baisse n’a d’abord aucun effet... mais passé le
« point mort », toutes les activités s’agglomèrent dans une seule région. Il s’agit d’un processus
discontinu, catastrophique au sens mathématique du terme. Ce résultat contraste profondément avec
celui des modèles de type Heckscher-Ohlin, où en présence de coûts d’échange, les mouvements
des facteurs visent à réduire les écarts de dotations factorielles relatives entre les pays, c’est-à-dire
finalement à rendre ces derniers plus symétriques.
Or, la rente d’agglomération dépend du degré d’ouverture commerciale : quand les coûts d’échange
sont très élevés, l’agglomération n’est pas possible car il est trop coûteux de desservir les marchés
éloignés ; mais quand ils sont très bas, l’agglomération n’est pas nécessaire. Au total, la relation
entre l’ouverture commerciale et l’écart d’imposition soutenable avec les concurrents suit donc une
forme « en cloche » : quand l’ouverture commerciale est très grande ou très faible, il n’y a pas de
rente d’agglomération et la fiscalité ne peut s’écarter durablement des pays concurrents, sous peine
de voir les activités délocalisées. On voit bien ici que l’impact sur la localisation des activités
industrielles d’une baisse ou d’une hausse de la fiscalité du capital est plus complexe qu’il n’y
paraît. Cet impact dépend en effet du degré plus ou moins grand de concentration des activités et du
degré d’ouverture aux échanges commerciaux.
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On peut introduire un degré de réalisme supplémentaire en prenant en compte le fait que les impôts
levés dans chaque pays servent à financer les infrastructures de transport ou de communication, la
sécurité publique, l’éducation et la formation, bref un ensemble de biens publics qui bénéficient à
toutes les entreprises installées dans le pays, qu’elles soient d’origine nationale ou étrangère. Cette
analyse a été menée par Andersson et Forslid (2003), qui montrent que la présence de biens publics
crée une force d’agglomération supplémentaire. Cette force est, elle aussi, auto-entretenue : les
travailleurs tendent à s’installer dans le pays le plus accueillant, augmentant du même coup sa base
fiscale et les sommes qu’il peut consacrer aux équipements publics : « dans la grande ville, les
lumières brillent plus fort ». Et il existe une relation « en cloche », du même type que celle décrite
[précédemment] entre le degré d’intégration commerciale et la quantité de biens publics fournie
dans chaque pays. Pour un degré intermédiaire d’ouverture commerciale, les grands pays peuvent se
permettre de produire un peu moins de biens publics en jouant sur leur rente d’agglomération.
Que se passe-t-il quand on introduit dans ces modèles la possibilité d’une véritable concurrence
fiscale, c’est-à-dire d’un jeu portant sur le niveau du taux d’imposition du capital? Cette question
est traitée par Baldwin et Krugman (2000). Ici encore, la réponse dépend du degré de concentration
des activités. Quand le capital est mobile mais très concentré dans un « grand » pays, ce pays peut
se permettre de maintenir un taux d’imposition plus élevé que les « petits » pays plus pauvres. Mais
l’équilibre est discontinu : c’est au-delà seulement d’un certain écart d’imposition que les activités
se déplaceront du grand pays vers les petits. Ces derniers n’ont donc pas de raison d’abaisser leur
taux d’imposition pour attirer les activités, et la concurrence fiscale ne pèse finalement que sur le
grand pays. Ceci conduit Baldwin et Krugman, dans le contexte du débat sur l’harmonisation fiscale
en Europe, à préconiser une harmonisation de la fiscalité au niveau de celle des petits pays, et non à
un niveau intermédiaire.
Importance des institutions – Pour tout projet d’implantation d’une activité nouvelle, le retour sur
investissement à moyen ou à long terme dépend de la productivité de l’économie dans son
ensemble, donc de son bon fonctionnement compris dans un sens plus large, au-delà des effets
externes liés directement aux politiques publiques. Depuis les travaux de North (1990), une
littérature économique est en plein essor sur le rôle des institutions dans la croissance économique.
Les « institutions » y sont comprises au sens large comme l’ensemble des procédures, des règles de
comportement ou des normes juridiques et réglementaires qui réduisent l’incertitude des agents
économiques et rendent l’économie plus efficace. De nombreuses études empiriques cherchent ainsi
à construire des indicateurs de la qualité des institutions, puis à les relier à l’évolution du PIB par
tête, qui mesure le niveau de développement.
Le FMI évalue la qualité des institutions par trois types d’indicateurs : 1) une mesure synthétique de
la qualité de la gouvernance dans ses différentes dimensions (Kaufmann et al., 1999) : degré de
démocratie, stabilité politique, efficacité des services publics, degré d’intervention de l’État dans
l’économie, sécurité juridique et absence de corruption ; 2) la protection de la propriété privée et
3) les limites à l’arbitraire du pouvoir exécutif. Certaines études s’intéressent plus spécifiquement à
l’attractivité des pays, mesurée par les investissements directs entrants. Stein et Daude (2001)
étudient ainsi, dans le cas de l’Amérique latine, le lien entre les flux d’IDE et la mesure synthétique
de la qualité de la gouvernance. En résumé, les pays où l’on investit le plus sont ceux qui sont les
mieux gérés.
Ces études, centrées sur la problématique du développement, sont-elles transposables aux pays
développés ? Leur intérêt principal est méthodologique : elles permettent d’établir une passerelle
entre les études économétriques traditionnelles des déterminants de l’IDE et les notions, souvent
employées sur un mode plus qualitatif, de qualité de la gouvernance et de la réglementation.
L’application aux flux d’IDE entre pays industrialisés est certainement possible, probablement au
prix d’une réorientation des indicateurs vers des critères plus discriminants entre pays développés
comme la qualité de la réglementation (stabilité du cadre juridique, droit de la concurrence, stabilité
financière) plutôt que la description de l’environnement politique.
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Document n° 3
L’internationalisation des activités de R&D est à la fois source d’opportunités et de menaces pour
l’avenir et les interrogations restent nombreuses. Les premières concernent la place de l’économie
française dans ce processus, comparée aux autres pays de l’OCDE.
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les firmes américaines profitent de leur leadership technologique pour exporter leurs produits.
Lorsque la production est suffisamment standardisée, une partie est délocalisée vers ces marchés
pour mieux y affronter les concurrents-imitateurs, mais la source de l’avantage technologique et de
la compétitivité américaine est maintenue tout le long du cycle aux États-Unis. Dans ce contexte, il
existerait des forces d’inertie qui conduiraient à centraliser les activités de R&D auprès de la
maison mère. Toutefois, des forces de dispersion tendent à gagner en intensité ces dernières années
et motivent l’internationalisation croissante des activités de R&D (Markusen, 2002). Trois grandes
catégories de filiales de R&D à l’étranger sont à distinguer, selon qu’elles ont pour finalité première
la nécessité d’adapter les produits aux spécificités des demandes locales, la recherche de nouveaux
actifs technologiques à l’étranger et l’application du principe de division internationale du travail.
Face à ces forces de centralisation, le processus d’internationalisation des activités de R&D est
animé par trois forces distinctes et complémentaires : le renforcement de la mondialisation des
activités productives, la diffusion internationale du leadership technologique, l’apparition
d’économies émergentes à coûts salariaux modérés permettant une relative rationalisation des
départements de R&D. Ces forces ont gagné en importance et suscité une internationalisation
croissante des activités de R&D sous l’effet d’une concurrence internationale accrue, des nouveaux
arrangements organisationnels permis par les nouvelles technologies de l’information et de la
communication et de vagues successives de fusions et acquisitions.
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Une internationalisation différenciée – Pour évaluer les déterminants de la localisation des activités
de R&D, le Commissariat général du Plan, en partenariat avec l’EIRMA1, a lancé une enquête
auprès de 46 entreprises présentes en Europe, dont 40 firmes multinationales. Les responsables de la
R&D ont été interrogés sur le degré de pertinence actuel et futur de 18 critères susceptibles de
déterminer le choix de localisation de leurs centres de R&D. Ces critères concernent quatre
domaines : les ressources humaines en sciences et technologies, les infrastructures (y compris les
laboratoires publics de recherche) et aides publiques, la structure des marchés de biens finals et du
travail, et les caractéristiques de l’environnement réglementaire et fiscal. L’enquête pointe
l’importance actuelle mais aussi future, de la qualité et de la productivité des chercheurs, de
l’excellence des centres de recherche publics et des infrastructures, y compris en technologie de
l’information et de la communication. Les firmes étrangères semblent moins décider l’implantation
de leurs filiales de R&D pour répondre aux besoins spécifiques du marché local ou accéder à de
nouveaux marchés. Au vu des critères avancés, il semblerait qu’en France, les conditions soient
remplies pour l’existence et la mise en place de centres globaux de R&D plutôt que de centres
d’adaptation. Ces résultats infirment quelque peu l’image d’une France plus encline à accueillir des
centres d’adaptation. Il est vrai que les conclusions obtenues ici sont soumises à un biais. En effet,
l’enquête réalisée par le Commissariat général du Plan et l’EIRMA ne concerne que les grandes
entreprises. Elle ne couvre donc pas l’ensemble des firmes qui investissent dans des centres de
recherche en France et en Europe. Pour l’avenir, il faut souligner l’apparition du coût de la main-
d’œuvre parmi les facteurs pertinents de l’attractivité de la R&D. Le renforcement du pouvoir
explicatif de ce facteur d’internationalisation de la R&D est probablement dû à la concurrence
grandissante des économies émergentes où la main-d’œuvre est à la fois qualifiée et peu coûteuse. Il
indique une montée en puissance des centres de rationalisation dans les stratégies
d’internationalisation de la R&D des firmes multinationales. Ce renforcement, s’il se confirme, rend
d’autant plus importante l’amélioration des facteurs d’attraction de la France par des politiques
publiques adéquates au niveau des infrastructures d’information et de communication, des pôles
technologiques et de la qualité de la recherche universitaire.
Les facteurs de localisation des centres de R&D des entreprises en France et en Europe
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Document n° 4
Partant d’une définition simple – mais incomplète et inexacte – de l’attractivité (capacité d’un
territoire donné à attirer une quantité importante d’activités productives), cinq grandes catégories
d’approches peuvent être distinguées.
L’approche « macro » par les indicateurs globaux – Cette approche vise à identifier les
déterminants globaux expliquant la plus ou moins bonne attractivité « moyenne » du territoire
considéré (en général un pays ou une grande région) pour l’ensemble des investissements
internationaux, c’est-à-dire sa capacité à attirer une part de ces investissements plus importante que
d’autres territoires. Sur le plan théorique, cette approche peut être considérée comme une
descendante de la théorie du commerce international, dans une vision où l’hypothèse de fixité du
capital productif est levée. Il s’agit désormais d’expliquer, non plus seulement les conditions de
spécialisation des territoires dans certaines productions, à dotations données en facteurs fixes, et
donc une certaine configuration de leur commerce international, mais, plus en amont, les
déterminants de la localisation d’un facteur de production mobile : le capital. C’est ce passage d’une
problématique de spécialisation « à facteurs fixes » vers une problématique d’accueil d’un facteur
mobile (le capital productif) qui légitime ici l’apparition de la notion d’attractivité territoriale, en
complément de celle de compétitivité. Il apparaît bien cependant combien les deux notions sont
étroitement liées, l’attractivité ne constituant en fait que l’une des étapes de la dynamique de
construction de la compétitivité territoriale.
L’approche « méso » par les effets d’agglomération ou clusters – Il s’agit ici de comprendre
pourquoi une catégorie spécifique d’activités (secteur, fonction) sera davantage attirée par une zone
particulière (de niveau en général régional ou infrarégional). Le fondement théorique de cette
approche remonte jusqu’aux travaux d’Alfred Marshall sur la notion d’atmosphère industrielle.
Originellement, ce courant d’analyse n’est pas focalisé sur la question des investissements
étrangers, ni même sur celle de la localisation du capital productif considéré comme un facteur
mobile, mais plutôt sur l’analyse des dynamiques locales permettant l’émergence endogène d’un
pôle de production et de compétitivité. Ce cadre d’analyse peut cependant être élargi de manière
relativement aisée à la prise en compte des comportements de localisation du capital productif.
L’approche en termes d’image – Elle vise à analyser la manière dont un territoire donné, en créant
un effet d’image dans l’esprit du décideur, peut accroître son attractivité, un peu comme l’existence
d’une « image de marque » peut stimuler la vente d’un produit. C’est ainsi par exemple que
l’Alsace cultive l’image de la « Bio-valley » rhénane. Bien entendu, cette approche est très
fortement liée à la précédente, dans la mesure où les effets d’image peuvent difficilement prendre
forme en l’absence d’une réalité industrielle et technologique de type « cluster » ou « districts
industriels ». Mais il faut également souligner que la problématique de la communication territoriale
s’est développée au cours des années récentes de manière très autonome par rapport aux études
économiques stricto sensu.
L’approche « micro » par les comparaisons de rentabilité selon les sites – Dans cette approche, il
s’agit de déterminer le meilleur site de localisation possible pour un projet particulier. Ni l’approche
par les indicateurs globaux ni celle par l’offre territoriale différenciée ne permettent en effet de
porter un jugement définitif sur la rentabilité escomptée d’un projet d’investissement individuel sur
un site donné. Pour parvenir à évaluer celle-ci, il convient de reconstituer de la manière la plus fine
les conditions concrètes de fonctionnement du projet. Aux approches issues de la théorie
économique (économie spatiale ou économie internationale) se substituent alors des techniques
inspirées de l’analyse financière, avec l’utilisation de business-plans plus ou moins détaillés,
couplés éventuellement avec des scénarios permettant de prendre en compte les incertitudes liées
aux différents facteurs susceptibles d’influer sur le niveau des coûts et des recettes. Cet exercice
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présente l’avantage de prendre en compte de manière très précise et réaliste les conditions concrètes
d’investissement et d’exploitation d’un projet donné. Par contre, il a l’inconvénient symétrique de
ne pas aboutir directement à un diagnostic général sur l’attractivité territoriale, puisque seuls des cas
particuliers sont étudiés. Cette limite peut cependant être surmontée en évaluant les conditions de
rentabilité d’un panel de projets individuels suffisamment large et représentatif. On utilise pour cela
des bases de données détaillant les principaux coûts en fonction des lieux de localisation potentiels
afin d’évaluer, à travers un business-plan stylisé, la rentabilité escomptée de chaque projet pour
chacun des différents sites en compétition. Les résultats ainsi obtenus peuvent être éventuellement
agrégés pour obtenir un classement des différents territoires et/ou sites d’accueil potentiel en
fonction de la rentabilité escomptée en moyenne pour l’ensemble des projets considérés.
L’approche par les processus de décision – On s’intéresse ici au processus à travers lequel
l’investisseur choisit le site sur lequel il localisera son projet. On peut donc considérer qu’il s’agit
d’une variante de l’approche « micro » précédemment décrite, dans la mesure où son objet est
l’analyse d’une décision spécifique par un agent individuel. Mais elle en diffère fondamentalement
dans la mesure où c’est ici la logique de choix de l’investisseur qui est placée au centre de l’analyse,
plutôt que les caractéristiques comparées des territoires en compétition.
Malgré son apparente évidence, la définition de l’attractivité pose à la fois des problèmes délicats de
champ d’analyse et d’outils de mesure.
Les problèmes de champ – La question posée ici est très simple : qui souhaite attirer quoi ? Et les
approches que nous avons présentées ci-dessus recouvrent-elles l’ensemble des cas de figure
ouverts par cette interrogation ? Concernant le « quoi », les développements précédents ne
concernent en fait qu’une catégorie très particulière de décisions, à savoir les projets
d’investissement internationalement mobiles nouveaux. Concernant le « qui », la question de la
pertinence économique de la notion de « territoire » n’a à aucun moment été abordée, alors que
l’utilisation de ce terme suppose vérifiés un certain nombre de postulats très lourds orientant
fortement la représentation que l’on peut avoir de l’action publique.
Les problèmes de mesure – De manière beaucoup plus pratique, mais non totalement indépendante
des problèmes conceptuels qui viennent d’être mentionnés, se pose également un problème d’outil
de mesure. Cette question concerne en fait deux domaines très différents : l’attractivité proprement
dite (ou ensemble des éléments donnant au territoire une capacité à attirer) et la performance
territoriale (ou montant effectif des flux d’implantation réalisés).
Les outils analytiques ci-dessus trouvent leur utilité concrète pour orienter l’action des agences de
promotion. C’est tout particulièrement vrai dans trois domaines : i) la connaissance du territoire,
fondement nécessaire des actions en matière de communication externe et de conseil aux autorités
politiques locales ; ii) la compréhension des processus et des critères de décision, nécessaire à une
action commerciale efficace auprès des investisseurs ; iii) l’aide à l’élaboration de la stratégie de
prospection, depuis la définition des objectifs globaux jusqu’à la détermination des secteurs cibles
prioritaires.
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Document n° 5
L’attractivité économique des territoires, INSEE première, Catherine Sourd, 2012 (extraits).
L'attractivité économique est définie comme la capacité d'un territoire à attirer des ressources
spécifiques provenant de l'extérieur. Les contours de l'attractivité économique proposés ici
englobent deux aspects complémentaires : un aspect « productif » traditionnel et un aspect
« résidentiel ». L'attractivité économique d'un territoire repose sur sa capacité à capter des
ressources extérieures. Les territoires peuvent d'abord chercher à attirer des ressources productives :
activités nouvelles avec les emplois qui y sont attachés, ou compétences professionnelles
particulières, notamment des travailleurs qualifiés. Ces deux modes relèvent de l'attractivité
économique productive. Mais, les territoires peuvent également miser sur le tourisme, l'accueil de
retraités ou l'installation de salariés qui travaillent en dehors du territoire (navetteurs). C'est-à-dire
sur l'attractivité économique résidentielle.
Le littoral attire touristes et retraités – Sur le littoral et dans les massifs montagneux, l'attractivité
économique est de nature résidentielle. Dans les zones d'emploi alpines de Briançon, du Chablais,
de la Tarentaise, de la Maurienne et du Mont-Blanc, on privilégie le tourisme. La France est au
troisième rang mondial pour les dépenses des voyageurs étrangers ; cette activité se développe aussi
pour les vacanciers français. Dans ces cinq zones d'emploi, deux salariés sur dix travaillent en
relation avec les touristes. Souvent axé sur les espaces naturels, le tourisme peut aussi se développer
à partir de décisions plus volontaristes, par exemple en installant un musée comme le Centre
Pompidou à Metz. À Royan (Charente-Maritime), aux Sables d'Olonne et à Challans (Vendée) ou à
Céret (Pyrénées-Orientales), on accueille aussi des retraités apportant de nouveaux revenus. Le
cumul du tourisme et de l'installation des retraités demeure toutefois une spécificité du littoral.
Aux frontières des grandes villes, les travailleurs et leur famille – Les travailleurs et leur famille
s'installent à Étampes ou Coulommiers, tout en travaillant dans la capitale ou ses environs. De
nombreux salariés font ce choix avec l'envolée des prix du logement. Les navetteurs arrivés au
cours des trois dernières années y représentent 2,5 % de la population. Dans une moindre mesure, la
périphérie des grandes métropoles provinciales accueille également des navetteurs. Ils contribuent
par exemple au développement d'Ancenis à proximité de Nantes ou de Salon-de-Provence proche
d'Aix-en-Provence et de Marseille. L'attractivité résidentielle explique la progression d'un emploi
présentiel répondant aux besoins des populations présentes sur les territoires, moins exposé aux
chocs conjoncturels. Mais le développement d'un territoire par l'installation de résidents peut avoir
des effets préjudiciables, notamment en matière de développement durable : étalement urbain,
consommation des espaces naturels, artificialisation des sols, émissions de gaz à effet de serre dus à
l'allongement des déplacements.
Des emplois qualifiés pour les grandes agglomérations – Paris, sa banlieue et quelques métropoles
provinciales concentrent l'arrivée des salariés les plus qualifiés. A Paris, Saclay (Essonne),
Toulouse, autour de Cannes et d'Antibes et à Aix-en-Provence, ceux qui sont venus travailler sur les
cinq dernières années représentent de 2 à 3 % du total des emplois. Ces taux sont presque
équivalents à Lyon, Nantes, Grenoble, Rennes, Pau ou même à Lannion. Ces agglomérations sont
déjà celles qui comportent le plus de cadres et de professions intellectuelles supérieures. Elles
abritent des pôles universitaires, des centres de recherche et des entreprises spécialisées dans les
technologies de pointe. L'arrivée de nouveaux salariés qualifiés amplifie cette spécificité. Connu
sous le terme de « métropolisation », ce processus renforce la place des activités tertiaires et le
pouvoir économique des grandes agglomérations. Dans ces zones, l'attractivité productive associe
arrivées de salariés qualifiés et croissance de l'emploi.
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L'arrivée d'emplois moins qualifiés dans le nord de la France – L'attractivité productive concerne
aussi des territoires qui accueillent moins de salariés qualifiés. Elle passe alors plutôt par des
créations ou des extensions d'établissements même si les grandes opérations se font rares depuis
l'emblématique installation de Toyota© à Valenciennes au début des années 2000. Cette forme
d'attractivité productive concerne souvent les zones d'emploi de villes grandes à moyennes du nord
de la France comme Lille, Strasbourg, Nancy, Reims, Le Havre ou Rouen. Hormis dans la première
couronne parisienne, où arrivées d'emplois et de résidents se cumulent, les zones d'emploi
attractives pour la sphère productive ont le plus souvent une faible attractivité résidentielle. Les
exceptions sont Paris et quelques territoires situés près des littoraux atlantique et méditerranéen ;
ces zones attirent touristes et retraités.
Les zones les moins attractives au nord-est – Quatre zones d'emploi sur dix sont peu attractives.
Avec peu d'arrivées d'emplois et de personnel qualifié, les plus mal loties sont en plus délaissées par
la sphère résidentielle. Ces zones sont notamment en Champagne-Ardenne, région dont la
population diminue. On les trouve aussi en Lorraine. C'est-à-dire en partie dans le berceau industriel
de la France. D'autres territoires, globalement peu attractifs, ont toutefois une attractivité
résidentielle proche de la moyenne nationale. Ils sont souvent au sud, dans des villes de quelques
dizaines de milliers d'habitants, voire des villes plus importantes comme Perpignan et Toulon, mais
également en Bretagne, à Saint-Brieuc ou à Quimper. De même dans des massifs montagneux des
Vosges, du Jura ou du Massif central. En revanche les zones d'emploi de Saverne et de Molsheim-
Obernai près de Strasbourg profitent de l'installation de navetteurs.
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Document n° 6
La politique monétaire apporte une contribution globale à l’attractivité d’un territoire, dans la
mesure où la stabilité des prix est une condition nécessaire, quoique non suffisante, du
développement économique. Au-delà de ce constat, il convient de voir en quoi la recherche
d’attractivité d’un pays ou d’une zone économique peut avoir des implications pour l’action des
banques centrales.
14
Document n° 7
Note du jury : 1il s’agit d’une entreprise fictive faisant l’objet du questionnaire adressé aux spécialistes des pays concernés.
15
Exemples de classements Doing Business (DB)
Chaque tableau liste le classement général dans la facilité à faire des affaires (sur 189 économies) et la mesure de
distance de la frontière (DDF)**, en général et dans chacun des indicateurs.
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Document n° 8
L’édition 2015 du Tableau de bord est porteuse de messages positifs sur l’attractivité de la
France.
Notes du jury :
1
Contribution sociale de solidarité des sociétés
2
Europe, Moyen-Orient et Afrique
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Synthèse des principaux déterminants d’attractivité
18
Document n° 9
Stratégie pour renforcer l’attractivité internationale de la French Tech, French Tech, 2015
(extraits).
L’initiative French Tech est pilotée par la Mission French Tech au sein du Ministère en charge de
l’Economie et du Numérique. Ses partenaires publics fondateurs sont la Direction générale des
Entreprises, la Direction Générale du Trésor, la Direction des Entreprises et de l’Economie
Internationale du Ministère des Affaires Etrangères, le Commissariat Général à l’Investissement, la
Caisse des Dépôts et Consignations, Bpifrance, et Business France.
Stratégie mise en œuvre pour renforcer l’attractivité internationale de la French Tech – Dans un
contexte de compétition mondiale, le dynamisme d’un écosystème de start-up, c’est-à-dire sa
capacité à faire émerger des entreprises à la croissance forte et rapide, est fortement corrélée à son
attractivité internationale pour des entrepreneurs, investisseurs, ingénieurs et développeurs, etc. En
dépit de ses atouts importants, l’écosystème de start-up français, c’est-à-dire la French Tech, doit
renforcer son attractivité et attirer financements et talents internationaux. Ceci passe en particulier
par le fait de faire mieux connaitre et reconnaitre à l’international cet écosystème. L’objectif de
l’initiative French Tech est en particulier de définir une stratégie d’attractivité et de la mettre en
œuvre aux cotés des acteurs de la French Tech (entrepreneurs, investisseurs, etc.).
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Mise en œuvre de la stratégie French Tech – i) Une « plateforme d’attractivité de la French Tech »
opérée par Business France, dans la cadre de sa mission de service public de développement de
l’attractivité de la France. Dans ce cadre, Business France réalisera des opérations de promotion et
d’influence à l’international pour le rayonnement et de l’attractivité de la French Tech. Ces
opérations associeront les acteurs de l’écosystème, en particulier des entrepreneurs et investisseurs
français (qu’ils soient eux-mêmes en France ou à l’international), qui voudront se faire les
ambassadeurs de l’écosystème français et s’investir personnellement dans des actions en faveur de
son attractivité. C’est pourquoi cette plateforme est une plateforme ouverte : ces acteurs de
l’écosystème sont invités à proposer des actions concrètes dans lesquelles ils proposent de
s’engager, au service de l’ensemble de la French Tech ; Business France assurera la mise en œuvre
opérationnelle, en s’appuyant sur sa plateforme, des actions qui auront été sélectionnées. ii) Un
appel à manifestations d’intérêt pour des projets d’organisation à l’international de manifestations
de promotion de l’écosystème de start-up français. Ces projets pourront bénéficier de subventions
en numéraire. Les projets sont proposés au fil de l’eau en réponse à l’appel à manifestation
d’intérêt, géré par la Caisse des Dépôts, opérateur de l’Action French Tech du Programme
d’investissements d’avenir.
20
Document n° 10
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Document n° 11
La situation de notre pays du point de vue de l’attractivité apparaît contrastée, mais globalement
favorable. La France doit néanmoins tout faire pour renforcer sa position dans la compétition pour
attirer les capitaux étrangers, ce qui suppose naturellement de remédier à ses points faibles, mais
aussi - et peut-être surtout - de veiller au maintien et au développement de ses avantages
comparatifs.
Remédier aux faiblesses attribuées à l’économie française et favoriser une coopération européenne
accrue :
1. Pour une fiscalité euro-compatible : i) impulser une réflexion sur l’harmonisation des
prélèvements obligatoires au niveau européen ; ii) éviter la généralisation d’une course au
moins-disant fiscal et social.
2. Rendre le droit du travail plus lisible pour tous les acteurs concernés : i) consulter de
manière systématique les partenaires sociaux sur tout projet législatif et réglementaire ;
ii) redéfinir les rôles respectifs et l’articulation des acteurs et des niveaux dans la production
de la législation du travail ; iii) limiter les effets rétroactifs de la jurisprudence.
3. Garantir une véritable stabilité juridique et agir dans le sens de la simplification
administrative : i) créer une instance chargée d’assurer la cohérence des différentes branches
du droit ; ii) spécialiser certains magistrats en matière économique ; iii) développer les
procédures se traduisant par l’engagement préalable de l’administration sur la portée d’un
contrat ; iv) mettre en place un véritable interlocuteur unique en diminuant toutes les
lourdeurs administratives pouvant constituer des freins à l’activité.
4. Promouvoir l’image de la France à l’étranger : i) mettre en évidence nos points forts trop
souvent sous-évalués ; ii) sensibiliser davantage nos concitoyens à l’importance de la qualité
de l’accueil, ainsi qu’à l’impact de leurs propos et de leur comportement à l’étranger ;
iii) inciter les Français à une participation plus active à la vie des instances communautaires.
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Document n° 12
Business France, l'agence qui veut internationaliser l'Hexagone, Marie Visot, « Lefigaro.fr »,
05 janvier 2015 (extraits).
Lancée il y a un an, la fusion de l'Agence française pour les investissements internationaux (Afii) et
de l'Agence française pour le développement international des entreprises (Ubifrance) prend corps.
Depuis ce midi, la nouvelle agence possède une marque et une identité visuelle, dévoilées par les
ministres des Affaires étrangères Laurent Fabius, et de l'Économie Emmanuel Macron, qui ont tous
deux la tutelle de l'organisme. Business France - « un nom compréhensible aussi bien en France
qu'à l'étranger »-, est né!
(…) En regroupant l'entité chargée de l'export et celle chargée de l'attractivité, le dispositif devient
« à la fois plus lisible pour les investisseurs étrangers et pour les entreprises françaises. La
rationalisation des moyens et le rapprochement des équipes servent également les objectifs assignés
à l'Agence, un tiers des exportations étant le fait de filiales d'entreprises étrangères », souligne le
compte-rendu du conseil des Ministres qui s'est tenu le 22 décembre dernier. Directement ou
indirectement, près de 6 millions d'emplois sont liés à l'exportation, soit 28 % des emplois en
France, et les filiales d'entreprises étrangères représentent 2 millions d'emplois. « Des connaissances
mutuelles des deux métiers vont aider à être plus efficace », souligne la nouvelle patronne de cette
agence, Muriel Pénicaud. Cette dernière se félicite surtout de l'opportunité « d'améliorer
l'internationalisation de la France, au bénéfice de ses emplois et de sa croissance ».
La stratégie d'influence de la France à l'international va également être renforcée. Parce que la
France souffre d'une image « qui ne correspond pas à la réalité », regrette Muriel Pénicaud.
L'innovation, l'esprit d'entreprendre, l'excellence de certains de nos produits à haute valeur ajoutée
seront au cœur d'une nouvelle campagne.
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