Precise Color Communication
Precise Color Communication
COULEURS,
PARLONS CLAIR
DE L’APPRÉCIATION VISUELLE DE LA COULEUR À SA
MESURE PRÉCISE
Connaître la couleur.
Identifier par la couleur.
Nous vivons dans un
monde de couleurs.
Notre vie quotidienne est entourée d’une multitude de
couleurs. Cela nous semble si naturel que nous n’y attachons
plus aucune importance. Cependant, la couleur joue de très
nombreux rôles dans la vie de tous les jours. D’une part, elle
influence nos goûts en matière de nourriture ou lors d’un
achat ; d’autre part, elle nous informe de la bonne santé d’une
personne en observant simplement le teint de son visage.
Même si les couleurs nous affectent beaucoup et que leur
importance ne cesse de grandir, notre connaissance de la
couleur et de son contrôle est bien souvent insuffisante.
Comment alors régler des problèmes impliquant la couleur
lors de transactions commerciales ? Puisque l’appréciation est
très souvent fonction de l’impression ou de l’expérience d’une
personne, il est impossible de croire que tout le monde peut
apprécier la couleur selon des critères identiques. Existe-t-il
un moyen d’exprimer avec précision une couleur donnée*, de
la décrire à une autre personne qui a la tache de la reproduire
correctement ? Comment peut-on communiquer les données
de couleur entre les différents intervenants de l’industrie et de
la recherche ? Il est clair que nous devons réunir davantage
d’informations et acquérir plus de connaissances dans le
domaine de la couleur.
1
Sommaire
PARTIE I
Pourquoi une pomme apparait-t-elle rouge ?·················································································4
L’être humain perçoit certaines longueurs d’onde comme des couleurs········································6
Quelle est la couleur de cette pomme ?·························································································8
Voici deux boules rouges. Comment décrire les différences de couleur perçues ?·····················10
Teinte. Clarté. Saturation. Le monde de la couleur est une combinaison de ces trois critères····12
Teinte. Clarté. Saturation. Construisons le solide des couleurs····················································14
En créant des échelles de valeurs pour la teinte, la clarté et la saturation, nous pouvons
déterminer des données numériques de la couleur······································································16
Un colorimètre simplifie la quantification des couleurs·································································17
Examinons quelques espaces colorimétriques·············································································18
Un colorimètre détecte des écarts de couleur même minimes·····················································22
Même si deux couleurs semblent identiques à l’œil humain, les mesures effectuées avec
un colorimètre permettent de mettre en évidence de subtiles différences···································24
PARTIE II
Différences dans le processus de reconnaissance des couleurs entre l’œil et les appareils
de mesure·····································································································································28
Que dire de la composition de la lumière (et de la couleur) ?······················································30
Mesurons plusieurs couleurs à l’aide d’un spectrophotomètre·····················································32
C’est pourtant la même couleur ! Alors pourquoi semble-t-elle changer ?···································34
Les couleurs changent lorsque la source lumineuse est modifiée···············································36
Les couleurs sont perçues différemment selon l’état de surface et l’environnement des objets··40
Géométries recommandées pour mesurer en réflexion·······························································42
Les spectrophotomètres apportent des solutions à tous ces problèmes······································43
PARTIE III
Formule de différence de couleur CIE 2000 (ΔE00)······································································55
PARTIE IV
Vocabulaire de la couleur·············································································································59
2
PARTIE I
Étudions la couleur.
En regardant simplement autour de nous, nos
yeux s’imprègnent d’une multitude de couleurs.
Nous sommes au quotidien envahis par une
infinité de couleurs. Cependant, contrairement
à la longueur et au poids, il n’existe pas de
grandeur physique pour mesurer la couleur,
ce qui fait qu’il est peu probable que tout le
monde l’exprime de la même manière lorsqu’on
demande de qualifier une certaine couleur. Par
exemple, si nous parlons de « bleu océan » ou
de « bleu ciel », chacun de nous imagine un
bleu différent car l’appréciation des couleurs est
très personnelle, et l’expérience de chacun est
différente. Tout le problème est là.
3
Pourquoi une pomme apparaît-elle rouge ?
4
Sans lumière, pas de couleur ! Les trois éléments que
sont la lumière, la vision et l’objet sont nécessaires à la
perception de la couleur.
Dans l’obscurité la plus complète, nous ne pouvons pas reconnaître les couleurs. Si nous fermons les
yeux, nous ne pouvons pas voir la couleur d’un objet. Et s’il n’y a pas d’objet, il n’y a pas de couleur.
Lumière, vision et objet sont indispensables pour percevoir la couleur. Si l’un des trois est manquant, nous
ne pouvons percevoir de couleur.
Mais quels sont les mécanismes qui permettent de distinguer le rouge de la pomme du jaune du citron ?
5
L’être humain perçoit certaines longueurs
d’onde comme des couleurs.
Longueur d’onde
Radiodiffusion
(m)
2
Ondes courtes
10
FM
1
Télévision
Radar
–2
10
–4
10
Infrarouges
–6
10
Lumière visible
Ultraviolets
–8
10
–10
10 Rayons X
–12
Longueur d’onde (nm)
10 780
Rayons γ
Rouge 700
–14
10
Rayons cosmiques
Orange
Lumière visible
600
Jaune
Vert
500
Bleu
Violet 400
380
6
Si nous séparons la lumière blanche avec un prisme, nous
obtenons un spectre avec différentes longueurs d’onde. En
mélangeant les longueurs d’onde séparées de la lumière selon
diverses intensités, nous obtenons de nouvelles couleurs.
La plupart des personnes savent que si lumière du soleil traverse un prisme, une distribution des couleurs
se crée ressemblant à un arc-en-ciel. Ce phénomène a été découvert par Isaac Newton, qui a également
découvert la gravité universelle. Cette distribution des couleurs est appelée spectre ; la séparation de la
lumière en spectre est appelée dispersion spectrale. Si l’œil humain peut voir ce spectre, c’est parce que
ses longueurs d’onde spécifiques stimulent la rétine de l’œil. Le spectre est organisé selon les différentes
longueurs d’onde*1 de la lumière dans l’ordre suivant : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet.
Dans la région où les longueurs d’onde sont les plus grandes, la lumière est rouge ; à l’inverse, dans la
région où les longueurs d’onde sont les plus petites, la lumière est violette. La région que l’œil humain
peut percevoir est appelée lumière visible. Si nous nous déplaçons au-delà de la région de la lumière
visible vers des longueurs d’onde plus longues, nous entrons dans la zone des infrarouges ; si nous nous
déplaçons en deçà des longueurs d’onde les plus faibles, nous entrons dans la zone des ultraviolets. L’œil
humain ne peut percevoir ni les infrarouges, ni les ultraviolets.
La lumière visible n’est qu’une infime partie du rayonnement électromagnétique qui circule dans l’espace.
Le spectre des radiations électromagnétiques couvre une gamme extrêmement large, qui s’étend des
ondes radios dont les longueurs d’onde peuvent atteindre plusieurs milliers de kilomètres, jusqu’aux rayons
gamma (γ) pour lesquels la longueur d’onde est de 10-3 nm et moins.
La région des radiations électromagnétiques de la lumière visible représente une très faible fraction de ce
rayonnement, comprise approximativement entre 380 nm et 780 nm*2. La lumière réfléchie par un objet
et qui est perçue comme couleur est une lumière composée de différentes radiations électromagnétiques
situées dans la région visible (à l’exception de la lumière monochromatique artificielle).
7
Quelle est la couleur de cette pomme ?
Rouge !
Hmmm.
Rouge chaud
Je dirais
écarlate
Rouge vif
8
Pour une couleur donnée, il y a souvent autant d’adjectifs
que de personnes qui tentent de la décrire.
Donner un nom à une couleur n’est pas une chose facile.
Montrez une même pomme à quatre personnes et demandez-leur quelle est
sa couleur : vous obtiendrez quatre réponses différentes.
La notion de couleur est liée à la perception et à l’interprétation subjective. Un même objet (dans notre
exemple, une pomme) sera vu selon les repères et l’expérience de chacun, sa couleur sera exprimée
avec des mots personnels. Puisqu’il existe plusieurs termes pour définir une couleur, la décrire à
quelqu‘un est une tâche difficile et totalement imprécise. Si vous dites à quelqu’un que la couleur de la
pomme est « rouge vif », pensez-vous que cette personne soit capable de reproduire exactement cette
couleur ? L’expression verbale de la couleur est beaucoup trop complexe. S’il existait une méthode
standard permettant d’exprimer et de comprendre la couleur avec précision, sa communication serait
beaucoup plus fluide, simple et exacte. Il deviendrait possible d’éliminer les problèmes liés à l‘expression
de la couleur.
Les mots qui expriment la couleur changent avec la mode et les époques. Considérons, par exemple,
la couleur rouge. Nous pouvons parler de « vermillon », « brique », « écarlate », « rose », « fraise »,
« carmin », pour n’en citer que quelques-uns. Ces termes pour exprimer la couleur sont appelés noms de
couleurs universels. Par analyse et ajout d’adjectifs tels que « vif », « terne », « profond », nous apportons
un peu plus de précision quant à la description d’un rouge. Des termes tels que « rouge vif » sont appelés
noms de couleurs systématiques. Bien qu’il existe plusieurs façons de décrire une couleur, les personnes
qui entendent les expressions « carmin » ou « rouge vif » les interpréteront encore de différentes
manières. Il est clair que l’expression orale des couleurs est imprécise.
Alors comment décrire les couleurs et éviter tout malentendu ?
9
Voici deux boules rouges.
Comment décrire les différences de
couleur perçues ?
Clair Vif
Foncé Terne
10
Pour mieux comprendre la notion de couleur, jetons
un coup d’œil au monde de la couleur.
Il existe de nombreux « rouges » différents. Les rouges des deux boules sont
très similaires. Mais en quoi sont-ils différents ?
11
Teinte. Clarté. Saturation. Le monde de la couleur
est une combinaison de ces trois critères.
Figure 1 : La roue des couleurs
Jaun
nge
Ora
e
Ve
rt-
jau u ge
ne Ro
rt Vi
ve
u- ole
Viole
Ble t
t-ble
Bleu
Élevée
Clarté
A B Figure 3 :
Adjectifs liés à la couleur
Blanc
Pâle Pâle
Clair Clair
Lumineux Lumineux
12
Teinte. Clarté. Saturation. C’est le monde de la couleur.
Les cerises sont rouges, les citrons sont jaunes, le ciel est bleu ; c’est ainsi que nous exprimons la
couleur au quotidien. Teinte est le terme utilisé dans le domaine de la couleur pour classer les nuances de
rouge, de jaune, de bleu, etc... De plus, bien que le jaune et le rouge soient deux teintes complètement
différentes, le mélange des deux donne de l’orange (parfois appelé jaune-rouge) ; de même, le mélange
du jaune et du vert donne du jaune-vert, le mélange du bleu et du vert donnant du bleu-vert (turquoise ou
cyan). La roue des couleurs illustrée par la figure 1 représente le continuum de ces teintes.
On peut distinguer des couleurs claires et des couleurs sombres : clarté est le terme utilisé pour classer
selon ce critère psychosensoriel. Prenons par exemple le jaune du citron et le jaune du pamplemousse.
Sans aucun doute, le jaune du citron est beaucoup plus clair. Et que pouvons-nous dire du jaune du
citron et du rouge de la cerise ? Là encore, le jaune du citron est beaucoup plus clair. La clarté peut être
mesurée indépendamment de la teinte. Observons maintenant la figure 2. Cette illustration représente la
coupe longitudinale passant par A (vert) et B (rouge-violet) de la figure 1. Comme elle le montre, la clarté
augmente lorsqu’on se déplace vers le haut et diminue lorsqu’on se déplace vers le bas.
Saturation
Des couleurs vives, des couleurs ternes.
La saturation change par rapport à un
point central.
Si nous revenons au jaune, comment comparer le jaune du citron et le jaune d’une poire ? Bien sûr, nous
pouvons dire que le jaune du citron est plus clair, mais comparé à celui de la poire, il est surtout plus
criard : la poire semble bien plus terne. Saturation est le terme utilisé pour classer selon ce critère. La
saturation est complètement indépendante de la teinte et de la clarté. Si nous regardons encore une fois
la figure 2, nous pouvons constater que les saturations du rouge-violet et du vert varient en fonction de la
distance horizontale avec l’axe central de clarté. Les couleurs se ternissent en s’approchant de cet axe
central et s’intensifient en s’en éloignant.
La figure 3 donne les adjectifs couramment utilisés pour décrire la clarté et la saturation des couleurs.
Observez la figure 2 pour comprendre ce qu’expriment ces adjectifs.
13
Teinte. Clarté. Saturation.
Construisons le solide des couleurs.
Utilisons l’axe de la roue des couleurs pour exprimer la variation de clarté
et les rayons de cette roue pour exprimer la variation de saturation...
Teinte, clarté et saturation. Prenons les trois critères de couleur, teinte, clarté et saturation, pour construire
le solide tridimensionnel de la figure 4. La teinte varie par rotation autour de l’axe central, la clarté varie
selon la hauteur sur l’axe vertical et la saturation varie selon la distance au centre le long d’un rayon. Si
les couleurs réelles étaient placées sur l’illustration de la figure 4, le solide des couleurs illustré par la
figure 5 serait créé. La forme de ce solide est quelque peu complexe car la taille du pas correspondant à
la saturation est fonction de chaque teinte et de chaque clarté. Mais, malgré tout, le solide des couleurs
nous aide à mieux comprendre les relations qui existent entre teinte, clarté et saturation.
Figure 4 :
Solide tridimensionnel
(teinte, clarté, saturation) Blanc
Clarté
Saturation
Teinte
Noir
14
Figure 5 : Solide des couleurs 3D
15
En créant des échelles de valeurs pour la
teinte, la clarté et la saturation, nous pouvons
déterminer des données numériques de
la couleur.
Histoire de la mesure des couleurs
16
Un colorimètre simplifie la quantification des couleurs.
En utilisant un appareil de mesure de la couleur, nous pouvons instantanément
obtenir des résultats pour chaque espace couleur.
17
Examinons quelques espaces
colorimétriques.
L’espace couleur L*a*b* (appelé aussi CIELAB) est actuellement l’un des espaces couleur les plus
populaires pour mesurer la couleur dans pratiquement tous les domaines. C’est l’un des espaces couleur
uniformes définis par la CIE en 1976 afin de réduire l’un des problèmes majeurs de l’espace couleur
originel Yxy, à savoir que des distances égales sur le plan de chromaticité xy ne sont pas représentatives
de différences de couleurs identiquement perçues. Dans cet espace Figure 6 :
couleur, le repérage s’y fait à l’aide de coordonnées cartésiennes : (Jaune) Diagramme de chromaticité
+ b∗
L* indique la luminance (terme mieux approprié que clarté pour 60 L*a*b* (Teinte et Saturation)
cet espace), tandis que a* et b* sont les coordonnées de
chromaticité. La figure 6 illustre le plan de chromaticité 50
Teinte
a*b*. Dans ce plan, a* et b* indiquent la direction des 40
couleurs : +a* va vers le rouge, -a* vers le vert, +b*
vers le jaune, et -b* vers le bleu. Le centre du 30
diagramme est achromatique. Plus les valeurs 20
de a* et b* augmentent, plus le point s’éloigne
du centre : la saturation augmente. La 10
figure 8 est une représentation 3D -60 -50 -40 -30 -20 -10 10 20 30 40 50 60 + a ∗
artistique du solide des couleurs pour (Vert) (Rouge)
l’espace couleur L*a*b*; la figure 6
représente une coupe horizontale de ce -10
-50
-60
(Bleu)
L∗ = 43.31
a∗ = 47.63
b∗ = 14.12 Figure 7 :
Extrait du diagramme de chromaticité
L*a*b* (Luminance vs. Saturation)
de cette pomme peut être exprimée ainsi : Une couleur vive avec 0
0 10 20 30 40 50 60
18
Figure 8 : Représentation du solide des couleurs dans l’espace couleur L*a*b*
Blanc
+L ∗
Jaune
+b∗
+a∗
Vert
Rouge
Bleu
Noir
19
Espace couleur L∗C∗h
L’espace couleur L*C*h utilise le même
diagramme que l’espace couleur L*a*b*. Le Figure 9 :
repérage s’y fait à l’aide de coordonnées Extrait du plan de chromaticité a*b* de la figure 6
cylindriques L*, C*, h plutôt que cartésiennes.
Dans cet espace couleur, L* indique la luminance (Jaune)
+ b∗
– cette valeur est identique à la valeur L* de 60
l’espace couleur L*a*b*, C* indique la saturation
et h l’angle de teinte. C* (Chroma) est égale à 0 50
au centre du diagramme et augmente lorsque la Teinte
distance au centre augmente. L’angle de teinte h 40
(Hue) est exprimé en degrés et est compté dans
le sens trigonométrique (antihoraire) : un angle de 30
0° correspond à +a* (rouge), 90° à +b* (jaune),
∗
180° à -a*, et 270° à -b* (bleu). 20 uratio
nC
60 Sat
Si nous mesurons la pomme et exprimons les 50
résultats en utilisant l’espace couleur L*C*h, nous 10 30
40
hab
Angle de teinte
obtenons les valeurs suivantes. En reportant ces 10
20
valeurs sur la figure 9, nous obtenons le point A.-10 10 20 30 40 50 60 + a∗
(Rouge)
Saturation et luminance
L∗ = 43.31 100
C∗ = 49.68 90
Luminance
h = 16.5 ( L∗ )
80
70
60
50
h
40
30
Saturation C∗=√(a∗)2+(b∗)2 Teinte
20
0
0 10 20 30 40 50 60
Saturation (C ∗ )
20
Espace couleur XYZ
Les valeurs X, Y, Z appelées composantes trichromatiques XYZ et l’espace couleur Yxy associé forment
la base des espaces couleur actuels de la CIE. Le concept des composantes trichromatiques XYZ est
basé sur la théorie des trois composants de la vision des couleurs, qui stipule que l’œil possède des
récepteurs sensibles aux trois couleurs primaires (rouge, vert et bleu) et que toutes les couleurs sont
considérées comme des mélanges de ces trois couleurs primaires. En 1931, la CIE a défini les fonctions
colorimétriques de l’Observateur Standard (courbes de sensibilités) x (λ), y (λ) et z (λ) illustrées par la
figure 10b. Les composantes trichromatiques XYZ sont calculées en utilisant ces fonctions colorimétriques
de l’Observateur Standard.
Les composantes trichromatiques XYZ sont utiles pour définir une couleur, mais sont difficilement
visualisables sur un graphique. Pour cette raison, la CIE a également défini l’espace couleur Yxy en 1931
pour représenter la couleur en deux dimensions indépendamment de la clarté. Dans l’espace couleur Yxy,
Y est la valeur de clarté (et est identique à la valeur de la composante Y de l’espace XYZ), x et y étant les
coordonnées de chromaticité (x et y sont calculées à partir de X, Y et Z - pour plus de détails, voir p. 56).
Le diagramme de chromaticité CIE Yxy est illustré par la figure 10a.
610
620
y
490
700
~780
Teinte
480 Saturation
470
460
380~410 x
x
21
Un colorimètre détecte des écarts de
couleur même minimes.
Les valeurs numériques indiquent les
différences.
L∗ = +4.03 L∗ = +4.03
a∗ = -3.05 C∗ = -2.59
b∗ = +1.04 H∗ = +1.92
E∗ = 5.16 E∗ = 5.16
22
Figure 12 : Extrait du diagramme de chromaticité L*a*b*
60
50
Teinte
40
30
∗
ΔH
teinte
e de
20
60 renc
Diffé
50
40
10 30 ΔC∗
20
10
10 20 30 40 50 60 + a ∗ Rouge
Figure 13 :
Bien que les mots ne soient pas Termes pour décrire les différences de saturation et luminance
aussi exacts que les chiffres, nous +Δ L∗
Différence de luminance
23
Même si deux couleurs semblent identiques
à l’œil humain, les mesures effectuées avec
un colorimètre permettent de mettre en
évidence de subtiles différences.
Même si deux couleurs semblent identiques pour l’œil humain, comme dans notre exemple des deux
pommes rouges, de légères différences peuvent être constatées lorsque les couleurs sont mesurées avec
un colorimètre, celui-ci exprimant parfaitement et numériquement de tels écarts. Si, pour une quelconque
raison, une marchandise est expédiée sans remarquer que sa couleur n’est pas conforme, l’erreur sera
détectée à réception, et un litige probablement établi. L’effet pourrait ne pas se limiter à ce seul service, il
pourrait aussi porter atteinte à la réputation de l’ensemble de l’entreprise.
Le contrôle de la qualité des couleurs joue donc un rôle très important dans la prévention de ce type
de problèmes.
L∗ = -0.32
a∗ = -0.01 ΔL∗= -0.32
b∗ = +0.70 Δa∗= -0.01
E∗ = 0.77 Δb∗= 0.70
ΔE∗ab= 0.77
L∗ = +0.11
a∗ = -0.06 ΔL∗= 0.11
b∗ = +0.13 Δa∗= -0.06
E∗ = 0.18 Δb∗= 0.13
ΔE∗ab= 0.18
L∗ = -0.08
a∗ = -0.02 ΔL∗= -0.08
b∗ = +0.13 Δa∗= -0.02
E∗ = 0.15 Δb∗= 0.13
indique le point de mesure.
ΔE∗ab= 0.15
24
Un exemple de contrôle de la qualité à l’aide
d’un colorimètre.
Voyons en quoi un colorimètre peut être utile pour le contrôle des couleurs.
L’entreprise K fabrique des pièces d’aspect en matière plastique en tant que fournisseur de l’entreprise B.
Mais l’entreprise B commande aussi des pièces similaires à d’autres entreprises.
L’entreprise K emploie une équipe de contrôleurs spécialisés pour vérifier la couleur des pièces sur la
chaîne de production. La vérification se fait par comparaison visuelle du produit à des échantillons de
référence. Le contrôle visuel dépend de l’œil du contrôleur expérimenté, qui doit évaluer si l’écart de
couleur se trouve dans les tolérances définies pour les références. C’est un travail qui n’est pas à la
portée de tous, car demandant des années d’expérience pour développer une capacité d’inspection
visuelle. Pour cette raison, un nombre restreint de personnes sont habilitées à effectuer ce travail. De plus,
par fatigue visuelle, ce type de contrôle ne peut se faire que quelques heures par jour ou par semaine ;
l’âge, l’humeur, la forme physique du contrôleur impactent aussi la qualité de l’évaluation visuelle. Parfois
l’entreprise B se plaint car la couleur des pièces livrées par l’entreprise K ne correspond pas exactement à
la couleur des pièces des autres fournisseurs. L’entreprise B renvoie alors la marchandise à l’entreprise K.
L’entreprise K a décidé d’utiliser des colorimètres pour contrôler la couleur des pièces en production et
avant livraison. Les colorimètres lui sont devenus des outils de travail indispensables. Maniables, ils lui
offrent la possibilité de les utiliser directement sur la chaîne de production. En outre, la traçabilité des
données est assurée, des rapports de contrôle factuels accompagnent dorénavant les produits livrés
comme preuve de conformité colorimétrique.
25
26
PARTIE II
Connaissances fondamentales
pour la sélection d’un appareil
de mesure de la couleur
Jusqu’à présent, nous comprenons que l’utilisation d’un
appareil de mesure de la couleur permet d’exprimer les
couleurs numériquement pour assurer une communication
fluide et facile des informations ainsi que pour aborder
l’analyse de la couleur sous différents aspects.
Étudions plus en détail les couleurs et les conditions
particulières qui influencent la sélection d’un appareil de
mesure de la couleur.
27
Pour la pomme présentée dans l’exemple, les composantes trichromatiques sont X = 21.21, Y = 13.37, et
Différences dans le processus de Z = 9.32 ; ces composantes trichromatiques peuvent ensuite être utilisées pour calculer les valeurs dans
d’autres espaces de couleur tels que Yxy ou L*a*b* .
reconnaissance des couleurs entre l’œil La figure 16 montre comment sont déterminées les composantes trichromatiques X , Y , et Z . La lumière
réfléchie par l’objet (la pomme) possède une répartition spectrale A ; elle atteint ensuite les capteurs de
humain et les appareils de mesure sensibilité spectrale B ; les filtres séparent la lumière en zones de longueurs d’onde correspondant aux trois
couleurs primaires ; les capteurs se chargent ensuite de fournir les composantes trichromatiques X , Y et Z
C . Ainsi, C = A x B . Les résultantes sont indiquées : C -1 : x(λ) , C -2 : y(λ) , et C -3 : z(λ) . Les composantes
L’œil perçoit la lumière dont les longueurs d’onde d’émission se situent dans la région du visible ; cependant, trichromatiques X , Y et Z sont obtenues par intégrations des 3 zones colorées rouge, verte et bleue.
la lumière n’est pas une couleur en soi. La définition précise « énergie rayonnante qui stimule la rétine de l’œil
produisant le sens de la vision », le concept de « couleur » se forme lorsque la lumière pénètre dans l’œil et Figure 16 : Détermination des composantes trichromatiques
stimule la rétine, et que le cerveau y réagit. Répartition spectrale A de la lumière réfléchie par l’échantillon (pomme)
C -1
Parmi les couleurs du spectre, le rouge, le Éclairage x (λ)
vert et le bleu sont en général considérées Figure 14 : Fonctions colorimétriques de
l’Observateur Standard 1931
comme les trois couleurs primaires de la A
composantes trichromatiques X , Y et Z . Un
que l’œil humain. l’avantage d’être
objet avec un réseau de diffraction, détermine le facteur
de réflexion à chaque plage de longueurs d’onde à
compacts et
Valeurs numériques
spectrophotomètre comme présenté sur la
portables. Ils
Capteur x (λ) X
l’aide de plusieurs capteurs, puis affiche les données
=21.21 Les composantes permettent de
Capteur y (λ) Y =13.37
figure 15c utilise un réseau de diffraction pour
trichromatiques X, Y et Z comparer des
Lo
Capteur z (λ) Z = 9.32 sont calculées et peuvent couleurs plutôt sur un graphique.
séparer la lumière réfléchie par l’objet en un
être converties dans d’autres faiblement
espaces couleur. saturées.
Trois capteurs filtrés correspondant 100
spectre, puis utilise plusieurs capteurs (36 Échantillon (pomme)
Réflectance (%)
aux cônes de l’œil humain.
capteurs dans le CM-700d) pour mesurer 15c : Spectrophotomètre J’apporte plus de justesse Les
Éclairage
les facteurs de réflexion à chaque longueur
spectrophotomètres
Récepteur Microordinateur Valeurs numériques aux valeurs mesurées grâce
fournissent non
à mes multiples capteurs.
28 29
Que dire de la composition de la
lumière (et de la couleur) ?
Un objet absorbe une partie de la lumière émise par la source lumineuse et en réfléchit le reste. Cette
lumière réfléchie pénètre dans l’œil humain, et la stimulation qui en résulte au niveau de la rétine est
reconnue par le cerveau comme la « couleur ». Chaque objet absorbe et réfléchit la lumière provenant de
différentes parties du spectre et dans des proportions différentes ; ce sont ces différences d’absorption et
de réflexion qui font que les couleurs des divers objets sont différentes.
30
Figure 17a :
Courbe spectrale caractéristique d'une pomme
100
Réflectance (%)
L∗ 43.31
a∗ 47.63 50
Pomme b∗ 14.12
100
Réflectance (%)
L∗ 75.34 50
a∗ 4.11
b∗ 68.54
Citron
31
Mesurons différents produits colorés.
Avec un colorimètre à filtres colorés, nous obtenons les données numériques des produits dans différents
espaces de couleur. Si nous utilisons un spectrophotomètre pour les mesures, non seulement nous
obtenons les mêmes types de données numériques qu’avec le colorimètre à filtres colorés, mais nous
pouvons également observer la courbe spectrale des produits ; de plus, grâce à ses capteurs haute
précision et à l’intégration de données pour diverses conditions d’éclairage, un spectrophotomètre peut
fournir des données numériques de couleurs pour diverses sources lumineuses.
A: Céramique
Une céramique rose est mesurée. En observant la courbe spectrale, nous remarquons qu’elle
réfléchit la lumière à toutes les longueurs d’onde, mais que les facteurs de réflexion aux
longueurs d’onde supérieures à 600 nm (zone du rouge et de l’orange) sont un peu plus élevés
que dans les autres zones.
100
Réflectance (%)
L∗ 74.72
a∗ 15.34 50
b∗ 10.21
0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700
B: Textile
Un tissu vert est mesuré. Les facteurs de réflexion sont relativement faibles sur tout le domaine
du visible avec cependant un pic autour de la longueur d’onde 520 nm. Ces facteurs sont
nettement plus faibles aux longueurs d’onde inférieures à 450 nm et à celles supérieures à 600
nm : cette courbe spectrale indique que la lumière bleue et la lumière rouge sont absorbées.
100
Réflectance (%)
L∗ 64.51
a∗ -36.87 50
b∗ 54.69
0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700
32
C: Plastique
Une pièce en plastique rouge-violet est mesurée. Les zones de longueurs d’onde extrêmes
du domaine visible – vers 400 nm et vers 700 nm – ont des facteurs de réflexion élevés ; en
revanche, les facteurs de réflexion de la zone de longueurs d’onde comprises entre 500 nm et
600 nm sont faibles : la lumière y est absorbée.
100
Réflectance (%)
L∗ 34.27
50
a∗ 44.53
b∗ -21.92
0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700
D: Caoutchouc
Une botte bleue est mesurée. Les facteurs de réflexion de la zone de longueurs d’onde
comprise entre 400 nm et 500 nm (zone de l’indigo et du bleu) sont élevés ; en revanche, les
facteurs de réflexion de la zone de longueurs d’onde supérieures à 550 nm sont quasi nuls : la
lumière y est absorbée.
100
Réflectance (%)
50
L∗ 37.47
a∗ 7.07
b∗ -47.77
0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700
33
C’est pourtant la même couleur !
Alors pourquoi semble-t-elle changer ?
Nous avons maintenant compris que les colorimètres à filtres colorés expriment les couleurs
numériquement, et que les spectrophotomètres fournissent d’autres avantages, notamment les
données spectrales. Toutes ces données numériques sont particulièrement utiles pour communiquer
des informations relatives à la couleur. Malheureusement il existe des problèmes liés à la couleur, et
les instruments de mesure de la couleur sont les bienvenus pour les résoudre. Par exemple, avez-vous
remarqué qu’une même couleur semble différente lorsque change la source lumineuse qui l’éclaire ?
34
De nombreuses conditions affectent la perception d’une
couleur
Différences de sources lumineuses Illusion d’optique ; différences
individuelles
Une pomme qui semble si délicieuse sur l’étal
ensoleillé de l’épicier n’apparait pas aussi Différences de dimension
attrayante sous le néon de la cuisine. De Repeindre les murs de son appartement : après
nombreuses personnes ont probablement déjà avoir choisi sur nuancier ou sur le couvercle
vécu une telle expérience. Lumière du soleil, du pot de peinture, quelle surprise une fois
lumière fluorescente, LED, ampoule tungstène, appliquée de constater que l’effet attendu n’est
halogène, etc. : le type d’éclairage altère pas au rendez-vous ! La couleur semble plus
l’apparence des objets. lumineuse et plus criarde que celle sélectionnée.
En effet, les couleurs couvrant de larges surfaces
Différences de conditions de l’objet semblent plus vives et plus claires que lorsqu’elles
et son environnement couvrent de petites surfaces : ce phénomène
est appelé « effet de surface ». La sélection
État de surface d’objets qui auront une grande surface sur la
Par exemple, lorsque du papier abrasif est frotté base d’échantillons de couleurs ayant une petite
sur une surface plastique lisse, la couleur semble surface peut entraîner des erreurs.
devenir plus terne : même les objets de même
couleur paraissent différents si leurs états de Différences d’arrière-plan
surface sont différents. Si la pomme est placée devant un fond clair, elle
apparaîtra plus terne que si elle est placée devant
un fond sombre. Ce phénomène est appelé « effet
Positionnement de l’éclairage et de
de contraste », qui n’est pas souhaitable pour
l’observateur
apprécier précisément une couleur.
En général, le fait de regarder un objet sous
un angle légèrement différent peut le faire Différences d’observateur
paraître plus ou moins clair. Ceci est dû aux
La sensibilité visuelle de chaque individu est
caractéristiques directionnelles de l’objet. Certains
différente; même pour ceux qui ont une vision des
matériaux, les peintures nacrées ou métallisées
couleurs considérée comme « normale », il peut
surtout, ont des caractéristiques directionnelles
y avoir un biais vers le rouge ou le bleu. En outre,
très marquées. L’angle d’observation de l’objet
la vue d’une personne change généralement avec
et l’angle sous lequel il est éclairé doivent être
l’âge. En raison de ces facteurs, les couleurs sont
constants pour permettre une communication
appréciées différemment selon les observateurs.
précise de sa couleur.
Il est important
de maintenir des
conditions constantes
lors de l’observation
des couleurs.
35
Les couleurs changent lorsque la source
lumineuse est modifiée.
Des sources lumineuses différentes feront
paraître les couleurs différentes. Bien Figure 19 :
que les colorimètres à filtres colorés et Répartition énergétique spectrale des illuminants CIE
les spectrophotomètres disposent d’un
éclairage intégré, celui-ci n’est pas suffisant
pour l’obtention d’une mesure précise des 200
couleurs. Par conséquent, la CIE et la JIS
ont défini et normalisé les caractéristiques
spectrales d’émission théoriques de
plusieurs sources appelées alors illuminants. 150
La figure 19 montre la répartition spectrale
du flux énergétique de certains de ces
illuminants. La source lumineuse intégrée à
l’instrument de mesure des couleurs peut ou 100
non correspondre à l’un des illuminants de
la CIE ; ceci est sans importance, puisque
l’instrument effectue la mesure à l’aide de
sa source intégrée puis corrige les valeurs
obtenues selon l’illuminant sélectionné 50
mémorisé.
Figure 19a : Illuminants normalisés
1 Illuminant normalisé D65 : Lumière du jour moyenne 0
(avec rayonnement ultraviolet) ; température de couleur 300 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
proximale : 6504 K ; devrait être utilisé pour mesurer
les objets qui seront éclairés par la lumière du jour avec 19b : Illuminants fluorescents
émission de radiations ultraviolettes. 80 (recommandés par la CIE pour les mesures)
2 Illuminant normalisé C : Lumière du jour moyenne
(sans rayonnement ultraviolet) ; température de 70
20
10
0
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
36
Examinons ce qu’il se passe lorsque nous mesurons une pomme avec un spectrophotomètre et exprimons
les résultats sous l’illuminant normalisé D65 (exemple 1) puis sous l’illuminant normalisé A (exemple 2).
Dans l’exemple 1, A représente la répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant normalisé D65 et
B représente les facteurs de réflexion de la pomme. C représente la répartition spectrale du flux
énergétique de la lumière réfléchie par la pomme, et est égale au produit de A et B . Dans l’exemple
2, A ’ représente la répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant normalisé A et B représente
les facteurs de réflexion de la pomme – facteurs caractéristiques de la pomme donc identiques à ceux de
l’exemple 1.
C ’ représente la répartition spectrale du flux énergétique de la lumière réfléchie par la pomme, et est
égale au produit de A ’ et B . Si nous comparons C et C ’, nous constatons que la lumière dans la zone
des rouges est beaucoup plus forte en C ’ : la pomme paraît beaucoup plus rouge sous l’illuminant A. Ceci
montre que la couleur d’un objet change en fonction de la lumière qui l’éclaire.
Un spectrophotomètre détermine les facteurs de réflexion de l’échantillon (les « réflectances »); il
les combine ensuite avec les données de la répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant
sélectionné et les données des fonctions colorimétriques de l’Observateur Standard pour obtenir les
valeurs colorimétriques dans plusieurs espaces couleur.
z (�)
Composantes
Répartition spectrale du flux Facteurs de réflexion Fonctions colorimétriques trichromatiques Valeurs numériques dans
énergétique de l’illuminant de l’échantillon de l’Observateur Standard ( XYZ ) plusieurs espaces de couleur
Ces valeurs changent
selon l’illuminant choisi
Exemple 1
C Répartition spectrale du flux
A Répartition spectrale du flux B Facteurs de réflexion de énergétique de la lumière réfléchie
énergétique de l’illuminant D65 l’échantillon (pomme) par l’échantillon (pomme) ; égale A x B
200 100
(%)
150
100 50
50
0 0
400 500 600 700 400 500 600 700 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm)
100 50
50
0 0
400 500 600 700 400 500 600 700 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm)
37
Un problème complexe : le métamérisme
Jusqu’à présent, nous avons vu que la couleur d’un objet dépend de la source lumineuse qui l’éclaire.
A ce problème vient se rattacher le fait que les couleurs de deux objets peuvent sembler identiques à la
lumière du jour, mais différentes à la lumière artificielle. Un tel phénomène où deux couleurs paraissent
identiques sous une source lumineuse mais différentes sous une autre est appelé métamérisme. Quand
deux objets présentant du métamérisme sont comparés, leurs courbes spectrales (représentatives des
facteurs de réflexion) sont différentes, mais leurs composantes trichromatiques sont identiques sous une
première source lumineuse et différentes sous une seconde source lumineuse. Ce problème est souvent
lié à l’utilisation de pigments ou de matériaux différents. Observons la figure 20 : les courbes spectrales des
deux échantillons (cartables) sont différentes. Cependant, leurs valeurs L*a*b* sous l’illuminant normalisé
D65 sont identiques alors qu’elles sont franchement différentes sous l’illuminant normalisé A. Ceci conduit à
dire que les deux échantillons ont la même couleur sous lumière du jour (illuminant normalisé D65) malgré
des courbes spectrales totalement différentes.
Alors comment déterminer s’il y a métamérisme ou non ?
Pour évaluer le métamérisme entre deux échantillons, il est nécessaire d’obtenir leurs valeurs
trichromatiques respectives sous deux illuminants lesquels auront des répartitions spectrales de leurs flux
énergétiques très différentes, comme par exemple l’illuminant D65 et l’illuminant A.
Bien que les colorimètres à filtres et les spectrophotomètres intègrent une seule source lumineuse, ils
peuvent calculer les résultats des mesures en
fonction des données des illuminants stockés dans Je peux apprécier le métamérisme
leur mémoire. Cependant, les colorimètres à filtres et montrer les raisons de ce
métamérisme par affichage des
ne délivrant les résultats de mesure que sous les courbes spectrales
illuminants C et D65 (ces deux illuminants lumière Je ne peux pas apprécier
le métamérisme
du jour ayant des répartitions spectrales de leurs
flux énergétiques très proches), ils ne peuvent
pas déterminer le métamérisme. En revanche,
les spectrophotomètres intégrant les données de
nombreux illuminants (certains avec des répartitions
spectrales de flux énergétique très différentes), ils
permettent de calculer l’indice de métamérisme. De
plus, affichant les courbes spectrales, ils permettent
par observation de celles-ci de suspecter
immédiatement la présence de métamérisme.
Oh ? Les couleurs
Nos cartables sont maintenant
sont de la même différentes !
couleur !
38
Figure 20 : Métamérisme
Illuminant D65
200 Échantillon A Échantillon B
150
100
L ∗ =50.93 L ∗ =50.93
50
a ∗ =4.54 a ∗ =4.54
b ∗ =-5.12 b ∗ =-5.12
0 ∗
Δ E ab =0
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
Illuminant A
200 Échantillon A Échantillon B
150
100
L ∗ =50.94 L ∗ =53.95
a ∗ =3.42 a ∗ =10.80
50
b ∗ =-5.60 b ∗ =-2.00
0
400 500 600 700 Δ E ∗ab =8.71
Longueur d’onde (nm)
50 Échantillon B
Échantillon A
0
400 500 600 700 Longueur
d’onde (nm)
•Les couleurs imprimées dans cette brochure peuvent ne pas être reproduites exactement en raison des limites du procédé d’impression.
39
Les couleurs sont perçues différemment
selon l’état de surface et l’environnement
des objets.
Différences d’état de surface
Réflexion spéculaire,
réflexion diffuse,
réflexion totale
40
Mode Réflexion Spéculaire Incluse (SCI) et mode Réflexion Spéculaire Exclue (SCE)
Nous avons admis que la couleur d’un objet peut être perçue
différemment si son état de surface change, parce que nous
n’observons que la lumière diffusée par la surface. Cependant, la a’
abcde e’ c’
couleur ne devrait pas changer puisque le matériau dont est fait
l’objet n’a pas changé, seul son état de surface ayant été modifié. d’
Comment pouvons-nous reconnaître la couleur du matériau ? b’
Le mode SCE permet de contrôler les Le mode SCI est utile lorsque des éléments
productions en accord avec l‘observation colorés requièrent la rectification de la
visuelle. coloration, avec ou sans système de formulation.
41
Géométries recommandées pour mesurer en réflexion.
En général, le positionnement sous lequel nous regardons un objet peut le rendre plus ou moins clair. Ceci est dû
aux caractéristiques directionnelles du matériau dont est fait l’objet ; cet effet est particulièrement marqué pour les
objets translucides ou métallisés/nacrés. Pour une communication précise des couleurs et obtenir des mesures
reproductibles, il est impératif de fixer les conditions d’éclairage et d’analyse du rayonnement réfléchi par l’objet.
Géométries de mesure
La couleur d’un objet varie en fonction des conditions d’angle sous lequel il est éclairé et d’angle sous lequel
il est observé. Lorsqu’un appareil mesure la couleur d’un objet, les conditions, notamment l’angle d’incidence
d’un faisceau de lumière provenant d’une source sur l’objet et l’angle de réception de la lumière par un
détecteur, sont appelées Géométrie de Mesure et sont définies par la CIE et le JIS.
Condition I (45º:n) [45º:0º] Condition II (n:45º) [0º:45º] Condition III (d:n) [de:8º] Condition IV (n:d) [8º:de]
Détecteur Source
Source lumineuse
Détecteur lumineuse Piège à
r=0˚ r=0˚ Piège à
lumière r=8˚ r=8˚ lumière
Source
Sphère d’intégration
Sphère d’intégration
Détecteur
Divers types de 45°:0° (position de la source) Condition V (D:n) [di:8º] Condition VI (n:D) [8º:di]
Source
Éclairage annulaire Éclairage unidirectionnel Détecteur lumineuse
(45ºa:0º) (45ºx:0º) Source
r=8˚ r=8˚
Sphère d’intégration
Sphère d’intégration
lumineuse
Détecteur
Objet Objet
42
Les spectrophotomètres apportent des
solutions à tous ces problèmes.
Les spectrophotomètres offrent un large éventail de fonctionnalités et une précision supérieure, de sorte
qu’ils peuvent exprimer les couleurs numériquement et afficher des graphiques de type courbe spectrale.
En utilisant les données mémorisées pour de nombreuses conditions d’éclairage, les spectrophotomètres
permettent de résoudre divers problèmes qui ne pourraient être résolus avec des colorimètres à filtres,
notamment les propriétés de rendu des couleurs (différences de couleur apparente causées par la source
lumineuse), le métamérisme et les différences d’état de surface.
La sensibilité du capteur
spectral est constante,
Élimination de quelle que soit l’opérateur.
l’effet de surface Pour le calcul des
données colorimétriques,
et de contraste l’instrument possède
en mémoire les
Contrairement à caractéristiques de
l’œil humain, le réponse spectrale des
spectrophotomètre Observateurs Standards
ne mesure que l’objet CIE.
sans tenir compte ni
de sa taille ni de son
environnement. Mesure de l’écart
de couleur
43
Comprendre les caractéristiques importantes
Comment choisir l’instrument de mesure des couleurs le mieux adapté à l’application parmi la liste des
appareils disponibles ?
Les caractéristiques clés dépendent de l’application et de l’utilisation que chacun fera de l’instrument. Par
exemple, si l’instrument doit souvent être transporté pour prendre des mesures sur le terrain ou s’il sert à
mesurer de grandes pièces, les rubriques « Dimensions » et « Poids » du tableau des caractéristiques du
catalogue deviennent importantes, et il peut être préférable de choisir un instrument portable, petit et léger.
Autre exemple, si plusieurs appareils sont implantés dans différentes usines, il est important de prêter attention
à la caractéristique « accord inter-instrument » et de choisir un modèle avec un accord inter-instrument faible
pour obtenir une meilleure cohérence des résultats entre les usines.
Lorsque vous choisissez un instrument de mesure des couleurs, comment devez-vous lire et interpréter le
tableau des caractéristiques du catalogue ? Que veulent dire « Mi-largeur de bande » ou « Répétabilité » ?
Ce chapitre présente certains des éléments importants qui peuvent être trouvés dans le tableau des
caractéristiques techniques.
Pour plus de détails sur les rubriques avec une bulle de légende, veuillez consulter les pages qui suivent.
44
Système d’éclairage/ observation
Afin de mesurer la couleur, l’objet doit être éclairé par de la lumière puis la lumière réfléchie par l’objet
doit être mesurée. C’est pourquoi les instruments de mesure des couleurs intègrent une source lumineuse
et un capteur qui convertit la lumière réfléchie en un signal électrique.
Il existe différentes géométries normalisées pour éclairer l’objet puis enregistrer avec des capteurs la
lumière réfléchie, les valeurs mesurées variant selon la disposition spatiale de la source lumineuse et des
détecteurs. Quelques exemples de géométries impactant les résultats : l’éclairage de l’objet depuis une ou
plusieurs directions, l’inclusion ou l’exclusion de la réflexion spéculaire, etc.
Les valeurs mesurées étant très différentes selon la géométrie, il est nécessaire de soigneusement
choisir la géométrie en fonction du type et de la forme de l’objet à mesurer, ainsi que de l’application et de
l’objectif à atteindre. Pour plus de détails, veuillez consulter la page 42 < Géométries de mesure > et la
page 41 < Mode Réflexion Spéculaire Incluse (SCI) et mode Réflexion Spéculaire Exclue (SCE) >.
Dimensions et poids
Pour un instrument de mesure des couleurs portable, être compact et léger est évidemment pratique.
Non seulement l’instrument est plus facile à transporter, mais il réduit aussi considérablement le degré de
fatigue lors de mesures répétitives.
Cependant, si l’affichage et les boutons de commande sont trop petits, l’instrument sera difficile à utiliser :
il convient donc de trouver le juste équilibre entre l’encombrement et le caractère opérationnel de la
solution. En plus de la taille, il faut également tenir compte de l’ergonomie : la facilité de prise en main, le
confort de la zone de préhension, l’endroit où les doigts tombent, etc. Et le centre de gravité est également
important, car si l’équilibre est mauvais, le positionnement de l’instrument sera difficile, variera, ce qui
réduira la stabilité de la mesure, et augmentera le degré de fatigue.
Même pour les instruments de table, l’encombrement et le poids sont des éléments majeurs. Ces
instruments de table sont souvent installés dans le laboratoire près d’autres dispositifs qui déterminent
d’autres propriétés ; lorsque de nombreux appareils prennent place côte-à-côte sur une même paillasse,
le fait d’avoir un encombrement réduit facilite l’installation. En outre, il est plus avantageux d’être léger si
l’instrument doit être déplacé.
45
Gamme spectrale
La gamme spectrale représente la plage de longueurs d’onde que l’appareil mesure. Généralement les
spectrophotomètres mesurent sur la plage de longueurs d’onde de 400 nm à 700 nm ou la plage de 360
nm à 740 nm (parfois 780 nm). La différence entre ces deux plages n’affecte généralement pas beaucoup
les valeurs de couleur mesurées.
Mais parfois, pour la mesure de couleur de certains sujets, l’utilisation de la plage 360 nm - 740 nm
fournit de précieuses informations supplémentaires. Cela est particulièrement vrai pour les produits qui
contiennent des azurants optiques (FWA) qui absorbent l’énergie lumineuse UV (énergie lumineuse
ultraviolette émise en dessous de 400 nm), et la restitue sous forme de fluorescence en la réémettant
à des longueurs d’onde comprises entre 420 nm et 470 nm (région des bleus). Les papiers blancs
contiennent souvent des azurants optiques afin de les rendre « plus blancs », d’où l’importance de tenir
compte de la fluorescence générée par ces FWA lors de la mesure des papiers, des pâtes à papier ou
des matériaux imprimés. La plupart de nos instruments ayant une plage de mesure de 360 nm à 740
nm ont également une fonction de calibrage des UV, fonction qui ajuste l’émission UV de la source
lumineuse à une condition standard (généralement, l’illuminant standard D65), ou qui exclut entièrement la
fluorescence par suppression de l’émission UV.
1.2
1
0.8
380 nm 780 nm
0.6
0.4
0.2
300 320 340 360 380 400 420 440 460 480 500
Longueur d’onde (nm)
Avec ajout
d’azurant optique
Réflectance (%)
(les courbes UV 100% et UV ajustés incluent les effets de la fluorescence)
100
80
Figure 22 -(1) : Fluorescence due aux azurants
60 UV 100%
UV calibré
40 UV 0% (sans UV)
20
0
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
46
Résolution spectrale et mi-largeur de bande
L’intervalle ou le pas de longueur d’onde de mesure encore appelé résolution spectrale est une valeur indiquant
avec quelle finesse en longueur d’onde un spectrophotomètre détermine les facteurs de réflection : tous les
10 nm, tous les 20 nm par exemple. Plus l’intervalle est réduit, plus les données spectrophotométriques sont
nombreuses. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement que diminuer l’intervalle de longueur d’onde est
mieux. En colorimétrie de surface (domaine des objets qui n’émettent pas de lumière), les caractéristiques
spectrales des objets ne sont pas discontinues et sont sans réel pic de réémission : un pas de longueur d’onde
de mesure de 10 nm est suffisant ; un pas plus réduit n’apporte aucune information complémentaire.
Un spectrophotomètre possède des capteurs qui détectent la Figure 23 : Qu’est-ce que la demi-bande
lumière à des longueurs d’onde spécifiques ; chaque capteur passante ?
n’est pas sensible à une seule et unique longueur d’onde,
Crête
mais à une mini plage de longueurs d’onde comme le montre
Sensibilité du détecteur
la figure 23. La bande passante à mi-hauteur encore appelée
mi-largeur de bande est la largeur de la courbe de sensibilité
*
du capteur à une longueur d’onde spécifique où la sensibilité
Demi
du capteur est égale à la moitié de sa valeur crête : c’est bande
une valeur qui montre de combien la sensibilité du capteur
passante *
s’étend en longueur d’onde. La mini plage en longueur d’onde
entre les deux points de la bande passante à mi-hauteur est 535 540 545
Pas de longueur d’onde (nm)
considérée comme la zone couverte par le capteur.
Si la bande passante à mi-hauteur du capteur est importante, la mini plage en longueurs d’onde est large,
de sorte que le résultat de la mesure obtenu sera une courbe spectrale émoussée. Afin de mesurer avec
précision les caractéristiques spectrales, il est nécessaire de réduire la bande passante à mi-hauteur. En
d’autres termes, la mi-largeur de bande d’un spectrophotomètre caractérise sa « capacité à mesurer la lumière
monochromatique ».
La figure 24 est une représentation schématique de cette
caractéristique. Les valeurs mesurées à 540 nm et 550 nm Figure 24 : Relation entre demi-bande passante
avec un instrument dont le pas de longueur d’onde est 10 et pas de longueur d’onde
nm et sa mi-largeur de bande est 10 nm ont été obtenues en
relevant les informations sur les plages de longueurs d’onde
respectivement de 535 nm à 545 nm et de 545 nm à 555 nm.
Demi bande passante = Pas de longueur d’onde
Pas de longueur
Les valeurs mesurées à 540 nm et 550 nm avec un d’onde
10 nm
instrument dont le pas de longueur d’onde est 10 nm et
sa mi-largeur de bande est 20 nm ont été obtenues en
relevant les informations sur les plages de longueurs d’onde
Demi bande
passante
10 nm
respectivement de 530 nm à 550 nm et de 540 nm à 560 nm.
Les plages se chevauchant, cela signifie que les mesures 540 550 560
Pas de longueur d’onde (nm)
incluent également les zones couvertes par le capteur
adjacent, conduisant à des résultats de mesure ayant une Demi bande passante > Pas de longueur d’onde
diminue. Il ne suffit donc pas de réduire simplement la bande 540 550 560
passante à mi-hauteur pour obtenir la meilleure qualité Pas de longueur d’onde (nm)
d’information.
Il est reconnu que le pas de longueur d’onde et la bande
passante à mi-hauteur soient presque identiques.
47
Répétabilité
La répétabilité est une expression de la dispersion des résultats lors de mesures répétées d’un objet dans
les mêmes conditions. Plus la valeur de répétabilité est petite, plus la fiabilité du résultat des mesures est
élevée. Lorsque la valeur de répétabilité est grande, il est nécessaire de répéter la mesure plusieurs fois
afin d’obtenir une valeur de mesure moyenne fiable.
Des quantités physiques simples comme la « longueur », le « poids » peuvent être mesurées par un
mécanisme simple, de sorte que les erreurs de mesure sont faibles. Cependant, comme la mesure de la
« couleur » implique un mécanisme plus compliqué, de nombreux facteurs peuvent générer des erreurs.
Ainsi, les erreurs de mesure inhérentes à l’instrument (après exclusion de divers facteurs d’erreur) sont
répertoriées dans les caractéristiques des catalogues. Premièrement, après avoir effectué le calibrage
du blanc de l’instrument, sa plaque de calibrage est mesurée de manière répétée et sans mouvement
à des intervalles spécifiques (par exemple, 30 fois à des intervalles de 10 secondes) ; l’écart type des
valeurs mesurées est ensuite calculé. Afin d’éliminer les différents facteurs d’erreur qui peuvent être
générés au moment de la mesure, la mesure est répétée automatiquement sans toucher l’instrument. Les
erreurs résiduelles sont donc des erreurs de mesure inhérentes à l’instrument ; la supériorité et l’infériorité
entre les modèles se produiront en raison de la méthode de conception des circuits, du dégagement
de chaleur de la lampe, etc. En particulier, la chaleur dégagée par la source lumineuse est un facteur
impactant beaucoup la répétabilité. Les instruments possédant par exemple des lampes halogènes ont
généralement une valeur de répétabilité importante.
D’autre part, la répétabilité lors de la mesure d’objets réels comprend divers facteurs d’erreur et devient
plus élevée. C’est cette répétabilité appelée alors reproductibilité car caractéristique de l’objet qui devient
un problème dans l’utilisation pratique. En particulier, elle s’élève pour des échantillons dont la couleur
n’est pas uniforme ou pour les échantillons tridimensionnels ; il est possible de réduire les erreurs et
d’améliorer la reproductibilité en concevant un instrument tenant compte de ces éléments.
Voyons quels types de facteurs d’erreur existent et comment ils sont minimisés au moment de la
conception.
Pour un échantillon dont la couleur n’est pas uniforme sur toute la surface, si la zone à mesurer varie
même légèrement, la valeur mesurée changera et la répétabilité sera mauvaise.
Par conséquent, en concevant l’instrument de manière à ce que le pointage de la zone à mesurer soit
facile à vérifier, son positionnement sera répétable.
Pour un échantillon présentant une grande hétérogénéité de surface, le nombre total de mesures à
réaliser pour obtenir une moyenne convenable peut être réduit en utilisant un instrument possédant une
grande ouverture de mesure.
48
② Variation de la hauteur
Lorsque vous comparez la répétabilité de plusieurs appareils, ne comparez pas simplement les caractéristiques
figurant dans les brochures : la définition de la caractéristique « répétabilité » diffère selon les fabricants, et bien
que dans certains cas elle soit à peu près la même que la capacité de l’instrument pour les mesures réelles, il y
a des cas où la valeur inscrite est beaucoup plus grande que les capacités réelles. Il est donc recommandé de
tester les appareils avec vos propres mains sur vos produits.
49
Accord inter-instrument
L’accord inter-instrument est l’expression de la légère erreur de mesure qui se produit entre les
instruments lorsqu’on mesure un même échantillon dans les mêmes conditions avec plusieurs unités du
même modèle d’instrument. Il s’agit d’une erreur causée par de légères variations dans les dimensions,
les performances des composants du système optique et des pièces électroniques qui sont utilisés lors de
la fabrication en série des instruments.
Dans la liste des caractéristiques inscrites sur la brochure, l’erreur inhérente de l’instrument (excluant
l’influence de la température et divers autres facteurs d’erreur de mesure) est indiquée dans la section
relative à la répétabilité. Dans le cas des instruments Konica Minolta, elle est déterminée selon des
critères bien précis : pièce à température contrôlée, calibrage du blanc, puis mesure des céramiques
colorées BCRA à l’aide d’un dispositif qui maintient la position constante. Il s’agit de l’accord inter-
instrument inhérent à l’instrument. Il peut être grand ou petit selon les fabricants et les modèles, mais il
peut être réduit en faisant preuve d’ingéniosité dans les méthodes de conception et de fabrication.
① L’ingéniosité du design
Bien qu’il soit concevable de spécifier des tolérances dimensionnelles hyper réduites des pièces optiques,
l’impact économique sur le coût de fabrication n’est pas négligeable. Au lieu de cela, nous concevons des
systèmes optiques de manière à ce que les erreurs dimensionnelles des pièces n’engendrent pas d’erreurs
telles que la déviation de la longueur d’onde. En outre, les circuits électroniques comprennent également
des facteurs qui peuvent impacter les mesures : c’est pourquoi nous concevons des circuits pour alimenter
de manière stable la source lumineuse, des circuits qui convertissent la lumière reçue par le capteur en
signaux électriques sans distorsion, etc.
② L’ingéniosité manufacturière
Comme nous fabriquons les pièces optiques en grandes quantités pour produire des instruments en
série, nous les vérifions toutes et pouvons choisir des combinaisons de pièces qui mutuellement annulent
les erreurs respectives. De plus, en corrigeant l’instrument une fois celui-ci assemblé, nous pouvons
améliorer l’accord inter-instrument.
Même si l’accord inter-instrument est amélioré par une telle ingéniosité, les valeurs mesurées peuvent
toujours s’écarter en raison de divers facteurs externes à l’appareil. Veuillez prendre les mesures de
manière aussi constante que possible afin que les résultats ne soient pas perturbés par les inégalités de
surface, etc. et dans un environnement le plus stable possible.
50
Les valeurs mesurées avec un modèle ayant une faible valeur d’accord inter-instrument seront plus
fiables, vous pouvez donc utiliser les valeurs mesurées pour communiquer des informations sur les
couleurs à des parties distantes via Internet, etc. et qui utilisent le même modèle. En d’autres termes,
l’information sur les couleurs peut être transmise en envoyant des valeurs de mesure sans envoyer les
échantillons réels.
En revanche, lorsqu’une gestion stricte des couleurs sera effectuée pour le contrôle avant expédition,
etc., l’accord inter-instrument ne doit pas être ignoré, sauf s’il est très faible. Plus précisément, n’utilisez
pas les valeurs de référence obtenues par un autre instrument lors du calcul de la différence de couleur.
En cas d’utilisation, l’erreur due à l’accord inter-instrument n’impactera que les données mesurées de
l’échantillon, et la différence de couleur correcte ne sera pas exacte. En outre, les résultats peuvent être
en désaccord avec l’évaluation visuelle. Dans ce cas, afin d’effectuer une gestion précise des couleurs, la
couleur référence et l’échantillon à comparer doivent être mesurés avec le même instrument.
Beep
Pi
51
Mesurons des couleurs spéciales
Teintes fluorescentes
Lorsque vous regardez une teinte fluorescente,
elle est éclatante et semble émettre de la lumière
bien que ce ne soit pas une source de lumière.
Lorsqu’une source lumineuse éclaire un matériau
fluorescent, le rayonnement incident est absorbé 360 nm 460 nm
à certaines longueurs d’onde, puis est réémis
à d’autres longueurs d’onde, habituellement
supérieures. Comme il a déjà été expliqué Lumière
Lumière
réfléchie
auparavant, la lumière visible correspond aux incidente
radiations électromagnétiques comprises entre
380 nm et 780 nm. Si, par exemple, la radiation
incidente à 360 nm est réémise à 460 nm, le facteur Objet fluorescent
de réflexion mesuré à 460 nm peut excéder 100% :
la quantité de lumière visible étant supérieure à la
quantité attendue, l’œil humain a la sensation que la
teinte émet de la lumière.
52
Pour la mesure d’un objet non-fluorescent, l’élément dispersif de la lumière – le monochromateur - peut être
placé soit entre la source et l’objet (l’objet est alors éclairé en lumière monochromatique), soit être placé
entre l’objet et le détecteur (l’objet est alors éclairé en lumière blanche). En revanche, pour la mesure d’un
objet fluorescent (objet contenant des azurants optiques), il est impératif que l’élément dispersif soit placé
entre l’objet et le détecteur, afin que l’objet soit éclairé en lumière blanche (il est alors éclairé simultanément
par toutes les radiations de la source lumineuse). Lors de la mesure de matériaux fluorescents, la répartition
spectrale de l’énergie émise par la source, y compris dans le domaine ultraviolet, doit être contrôlée.
Lumière noire
et matériaux fluorescents
Vous est-il déjà arrivé d’être dans une pièce où les
couleurs sont très lumineuses ? Où les chemises
blanches, les chaussettes ou encore les affiches sur les
murs semblent flamboyer et briller intensément alors que
la pièce est dans la pénombre, uniquement éclairée par
une lumière bleue-violette ?
En fait, cette pièce est éclairée par une source appelée
« lumière noire » ou lampe de Wood. La lumière noire
est un éclairage utilisant des longueurs d’ondes situées
pour la plupart en dehors de la région visible du spectre. Courbe spectrale de l’écru
53
Notes concernant les
objets mesurés et leur environnement
Mesure des poudres et des agrégats Influence de la température
Lors de la mesure de la couleur d’une poudre, le Parfois, lorsque la température d’un objet change,
résultat de la mesure dépend de la densité de la sa couleur change également. Ce phénomène est
poudre et de l’état de surface. Afin de minimiser appelé thermochromisme.
les erreurs, un protocole est à établir, tel que le Pour déterminer la couleur d’un objet avec
placement d’une quantité fixe de poudre dans un précision qu’il soit sujet au thermochromisme ou
récipient de forme définie, tout en conservant la non, la mesure doit être effectuée dans une pièce
même qualité de surface par pressage contrôlé. Si à température fixe ; l’objet doit lui aussi être à la
la taille des grains est importante (agrégat), il est température de la pièce.
recommandé d’utiliser un appareil dont l’ouverture
de mesure est grande, de sorte que la surface
mesurée soit moyennée et qu’une valeur la plus Influence de la température sur la couleur des
répétable possible soit obtenue. céramiques BCRA en termes d’écarts ΔE∗ab.
(Augmentation de 10° de la température de la
pièce - Selon les conditions de test de Konica
Mesure d’objets à surface texturée Minolta).
ou avec des motifs
54
PARTIE III
Formule de différence
de couleur CIE 2000 (ΔE00)
Les colorimètres nous permettent de communiquer avec
précision les couleurs et les différences de couleur à l’aide
de données numériques. Mais parfois, il arrive que les
résultats de l’inspection visuelle ne correspondent pas aux
résultats obtenus avec les appareils. Pourquoi ? Existe‑t‑il
un moyen de résoudre ce problème ? Oui, il y en a un.
C’est la formule de différence de couleur « CIE DE2000 »
qui est expliquée dans cette section.
55
Les problèmes rencontrés avec l’espace couleur L∗a∗b∗ (CIELAB)
L’espace couleur L*a*b* (CIELAB) représente les couleurs en utilisant des coordonnées dans un espace
uniforme composé de la variable de Luminance (clarté) L* et des indices de chromaticité a* et b*. Bien
que la formule de calcul soit basée sur les critères de la perception visuelle de l’œil humain, il y a parfois
divergence entre la différence de couleur ΔE*ab et l’évaluation visuelle. La raison en est que le seuil de
discrimination des couleurs de l’œil humain diffère considérablement de la gamme des différences de
couleurs ΔE*ab et Δa*b* définies par CIELAB.
- a∗
L’œil humain ne peut pas
différencier les couleurs à l’intérieur
de cette ellipse.
56
+b∗
A A
B
sens de la teinte
- a∗
B - b∗
- a∗
Bleu
Vert
57
∗
Caractéristiques de la formule de différence de couleur CIE DE2000 (ΔE00)
Avec la formule d’écart du CIELAB, la différence de couleur est représentée par un cercle (ΔE*ab) ou par
un carré (Δa*b*). Avec la formule d’écart CIE DE2000, la différence de couleur ΔE00 est représentée par
une ellipse dont le grand axe est dans la direction de la saturation, ce qui est similaire à
la forme du seuil de discrimination de l’œil humain.
Lorsque la saturation est faible, les coefficients de pondération SL, SC et Sh s’approchent respectivement
de 1, ce qui rend l’ellipse plus circulaire. Lorsque la saturation est plus élevée, le coefficient de
pondération SC devient plus important par rapport aux autres coefficients SL et Sh, de sorte que l’ellipse
s’allonge dans le sens de la saturation (sensibilité plus faible aux différences de saturation).
Avec la formule de différence de couleur CIE DE2000, l’influence de l’angle de teinte est également prise
en compte. Par conséquent, la formule fait face à la dernière caractéristique du seuil de discrimination
des couleurs de l’œil humain dans l’espace couleur CIELAB : 4) Changement de direction du seuil de
discrimination des couleurs autour de l’angle de teinte de 270 degrés (bleu) (rotation vis-à-vis de l’axe de
la saturation).
La formule de calcul CIE DE2000 comprend également des constantes kL, kC et kh, appelées coefficients
paramétriques. Les utilisateurs peuvent spécifier leurs valeurs comme ils le souhaitent afin d’obtenir la
flexibilité nécessaire pour effectuer la gestion des couleurs en fonction de divers objets.
58
PARTIE IV
VOCABULAIRE
DE LA COULEUR
Dans cette section, vous trouverez des
informations détaillées concernant la terminologie,
les normes et les espaces de couleur. Comme
l’explication est basée sur la CIE (Commission
Internationale de I’Eclairage), certains termes peu
familiers et des calculs compliqués sont inclus.
Cette section est destinée à servir de guide.
59
Observateur standard 2° et Observateur Composantes trichromatiques XYZ
standard supplémentaire 10° (CIE 1931)
La sensibilité de l’œil change en fonction du champ de Les composantes trichromatiques XYZ sont
vision (c’est-à-dire en fonction de la taille de l’objet). La déterminées d’après les fonctions colorimétriques
CIE a défini en 1931 l’observateur standard basé sur x(λ), y(λ), z(λ) : définies en 1931 par la CIE. Appelées
un champ de vision de 2°, d’où le nom « Observateur également composantes trichromatiques XYZ 2°, elles
Standard 2° » parfois appelé « Observateur 1931 ». conviennent pour un champ de vision de 4° ou moins
En 1964, la CIE a défini un observateur standard et sont calculées par les formules suivantes :
supplémentaire, basé cette fois-ci sur un champ de
vision de 10° et nommé « Observateur Standard
Supplémentaire 10° » ou « Observateur Standard 10° »,
ou parfois « Observateur 1964 ». Pour donner une idée
de ce qu’est un champ de vision de 2° par rapport à un
champ de vision de 10°, à une distance d’observation
de 50 cm, à un champ de vision de 2° correspond un
cercle de ø1,7 cm tandis qu’à un champ de vision de
10° correspond à la même distance un cercle de ø8.8
cm. Il est recommandé d’utiliser l’Observateur Standard
2° pour des champs de vision de 1° à 4° ; autrement,
utiliser l’Observateur Standard 10°.
2° φ 1.7 cm
Champ 50 cm
où
de vision
S(λ) : Répartition spectrale du flux énergétique de
l’illuminant
10° x(λ), y(λ), z(λ) : Fonctions colorimétriques de
φ 8.8 cm
Champ l’Observateur Standard 2° (CIE 1931)
de vision 50 cm
R(λ) : Facteurs de réflexion de l’échantillon
2.0
1.5
1.0
0.5
0
400 500 600 700
où
Longueur d’onde (nm) S(λ): Répartition spectrale du flux énergétique de
Observateur Standard 2° l’illuminant
Observateur Standard 10° x10(λ), y10(λ),z10(λ) : Fonctions colorimétriques de
l’Observateur Standard 10° (CIE 1964)
R(λ): Facteurs de réflexion de l’échantillon
60
Coordonnées de chromaticité xyz Espace couleur L∗a∗b∗
Les coordonnées de chromaticité xyz sont calculées L’espace colorimétrique L∗a∗b∗ (également appelé
à partir des composantes trichromatiques XYZ par CIELAB) est un espace couleur uniforme défini
les formules suivantes : par la CIE en 1976. Le repérage s’y fait à l’aide de
coordonnées cartésiennes L*, a*, b*. Les valeurs de
L*, a*, et b* sont calculées par les formules suivantes :
Variable de luminance L∗ :
Coordonnées de chromaticité a∗ et b∗ :
480 4
est remplacé par
450 29
450 380
380 La différence totale de couleur ΔE∗ab dans l’espace
0 0.2 0.4 0.6 0.8 couleur L∗a∗b∗, qui indique le degré de différence
x ou x 10 de couleur mais pas la direction, est calculée par la
Pour l’Observateur Standard 2° (CIE 1931)
formule suivante :
Pour l’Observateur Standard 10° (CIE 1964)
où
ΔL∗,Δa∗, Δb∗: écart de valeurs L*, de valeurs a*, et
de valeurs b* entre l’échantillon et la couleur
référence.
61
Espace couleur L∗C∗h où
Saturation
où
a∗, b∗ : coordonnées de chromaticité dans l’espace
couleur L∗a∗b∗
YR 2.5Y
-Re
P
5R
low
7.5 10P
2.
d-
Yel
Pu
le
w
luminance ∆L*, la différence de saturation ∆C*, et Pur llo
7.5Y
ple Ye
5P
10Y
2.5P
le
lo
Purp
White
utilisant des coefficients de pondération (SL, SC,
2.5GY 7
w
Purple-Blue gray
10PB
G
black Green-Yel
et SH) et des constantes appelées coefficients
ue
re low
en
Bl
7.5PB
5GY
dessous.
5PB
ue
Y
Bl
B 5PB
1
G
Blue-Green
re
2.
en
2 .
5G
0
5B
1
7. G
7.5 5G
B
5B 2.5 2.5BG
10G
7.5BG
5BG 10BG
・ ・
62
Planche de Munsell La différence totale de couleur ∆E*uv dans l’espace
(clarté V et saturation C de la page 2.5R) couleur L*u*v*, qui indique le degré de différence
de couleur mais pas la direction, est calculée par la
formule suivante :
Saturation (C )
/16 /14 /12 /10 /8 /6 /4 /2
9/
où
ΔL∗, Δu∗, Δv∗: écart de valeurs L*, de valeurs u*,
8/
et de valeurs v* entre l’échantillon et la couleur
référence.
7/
6/
Espace couleur UCS CIE 1976
Clarté (V )
1/
où
Y : composante Y (pour l’Observateur Standard
2°) ou Y10 (pour l’Observateur Standard 10°) de
l’échantillon
u’, v’ : coordonnées de chromaticité issues du
diagramme UCS CIE 1976
Y0, u’0, v’0 : composante Y (ou Y10) et coordonnées
de chromaticité u’, v’ du diffuseur parfait.
u’
63
ANNEXE
64
Température de couleur
Lorsque la température d’un objet augmente, le rayonnement thermique qu’il émet augmente aussi. Dans le même
temps, sa couleur passe du rouge au blanc en passant par l’orange.
Un corps noir est un objet idéal qui absorbe la totalité de l’énergie incidente ; cette absorption d’énergie se traduit par
une agitation thermique qui provoque l’émission d’un rayonnement (la réémission est totale). Échauffé par l’énergie
incidente, la température du corps noir s’élève : sa température est ainsi directement liée à la couleur correspondant
au rayonnement réémis. La température absolue du corps noir est appelée température de couleur. La figure 26
indique la courbe du lieu du corps noir dans le diagramme xy lorsque sa température varie.
La température de couleur d’une source lumineuse est définie pour les couleurs proches du lieu du corps noir ;
étant proche mais pas exactement sur la courbe du lieu du corps noir, la température de couleur est alors appelée
température de couleur proximale ou corrélée. Pour déterminer cette température de couleur proximale, il est
nécessaire de déterminer la ligne d’iso-température qui contient le point de couleur de la source. Toutes les sources
dont les points de couleur appartiennent à une même droite d’iso-température apparaissent visuellement de même
couleur ; leurs températures de couleur proximales sont égales à la température de couleur du point de couleur
correspondant à l’intersection de la droite d’iso-température et de la courbe du lieu du corps noir.
La figure 27 illustre le lieu du corps noir idéal (courbe rouge), les droites d’iso-température et les écarts ∆uv par rapport
au lieu du corps noir. Par exemple, une source lumineuse de température de couleur 7000K et dont la différence ∆uv
est de 0,01 dans la direction du vert est notée 7000K+0,01 (unité ∆uv ).
Notes
« K » est une abréviation de Kelvin. Kelvin est l’unité de température absolue.
1.00 y 0.50
00
25
0
300
0.90
0
350
520
y 0.80 530
0.45 0
400
540
510
4500
0.70 550 uv
5000
560
0.40
0.60
6000
570
500
0.50 580
7000
3500 *
0.40 4000 A 600
0
4500 1500
900
00
D55 * * B
610
100
D65 *
D75 * * C 620
0.30
0 0
490 650
130
10000
0.30
0
00
680 780
15
0.20
0
00
20
0
00
480
0
00 30
50
0.10
470 0.25
uv
.02
460
uv
.01
uv
.02 v
+0
u
uv
.01
x
±0
-0
-0
0.20
0.25 0.30 0.35 0.40 0.45 0.50 0.55
x
65
Mémo
Mémo
Pour obtenir nos coordonnées ou nous contacter, veuillez
consulter la page Web KONICA MINOLTA [Link]