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Precise Color Communication

Transféré par

Serge Patrice TOGBEDJI
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© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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ANALYSE DES

COULEURS,
PARLONS CLAIR
DE L’APPRÉCIATION VISUELLE DE LA COULEUR À SA
MESURE PRÉCISE
Connaître la couleur.
Identifier par la couleur.
Nous vivons dans un
monde de couleurs.
Notre vie quotidienne est entourée d’une multitude de
couleurs. Cela nous semble si naturel que nous n’y attachons
plus aucune importance. Cependant, la couleur joue de très
nombreux rôles dans la vie de tous les jours. D’une part, elle
influence nos goûts en matière de nourriture ou lors d’un
achat ; d’autre part, elle nous informe de la bonne santé d’une
personne en observant simplement le teint de son visage.
Même si les couleurs nous affectent beaucoup et que leur
importance ne cesse de grandir, notre connaissance de la
couleur et de son contrôle est bien souvent insuffisante.
Comment alors régler des problèmes impliquant la couleur
lors de transactions commerciales ? Puisque l’appréciation est
très souvent fonction de l’impression ou de l’expérience d’une
personne, il est impossible de croire que tout le monde peut
apprécier la couleur selon des critères identiques. Existe-t-il
un moyen d’exprimer avec précision une couleur donnée*, de
la décrire à une autre personne qui a la tache de la reproduire
correctement ? Comment peut-on communiquer les données
de couleur entre les différents intervenants de l’industrie et de
la recherche ? Il est clair que nous devons réunir davantage
d’informations et acquérir plus de connaissances dans le
domaine de la couleur.

*Dans cette brochure, le terme couleur sera utilisé comme référence à la


couleur d’un objet, le terme colorimètre sera utilisé au sens large comme
appareil de mesure de la couleur.

1
Sommaire

PARTIE I
Pourquoi une pomme apparait-t-elle rouge ?·················································································4
L’être humain perçoit certaines longueurs d’onde comme des couleurs········································6
Quelle est la couleur de cette pomme ?·························································································8
Voici deux boules rouges. Comment décrire les différences de couleur perçues ?·····················10
Teinte. Clarté. Saturation. Le monde de la couleur est une combinaison de ces trois critères····12
Teinte. Clarté. Saturation. Construisons le solide des couleurs····················································14
En créant des échelles de valeurs pour la teinte, la clarté et la saturation, nous pouvons
déterminer des données numériques de la couleur······································································16
Un colorimètre simplifie la quantification des couleurs·································································17
Examinons quelques espaces colorimétriques·············································································18
Un colorimètre détecte des écarts de couleur même minimes·····················································22
Même si deux couleurs semblent identiques à l’œil humain, les mesures effectuées avec
un colorimètre permettent de mettre en évidence de subtiles différences···································24

PARTIE II
Différences dans le processus de reconnaissance des couleurs entre l’œil et les appareils
de mesure·····································································································································28
Que dire de la composition de la lumière (et de la couleur) ?······················································30
Mesurons plusieurs couleurs à l’aide d’un spectrophotomètre·····················································32
C’est pourtant la même couleur ! Alors pourquoi semble-t-elle changer ?···································34
Les couleurs changent lorsque la source lumineuse est modifiée···············································36
Les couleurs sont perçues différemment selon l’état de surface et l’environnement des objets··40
Géométries recommandées pour mesurer en réflexion·······························································42
Les spectrophotomètres apportent des solutions à tous ces problèmes······································43

PARTIE III
Formule de différence de couleur CIE 2000 (ΔE00)······································································55

PARTIE IV
Vocabulaire de la couleur·············································································································59

2
PARTIE I

Étudions la couleur.
En regardant simplement autour de nous, nos
yeux s’imprègnent d’une multitude de couleurs.
Nous sommes au quotidien envahis par une
infinité de couleurs. Cependant, contrairement
à la longueur et au poids, il n’existe pas de
grandeur physique pour mesurer la couleur,
ce qui fait qu’il est peu probable que tout le
monde l’exprime de la même manière lorsqu’on
demande de qualifier une certaine couleur. Par
exemple, si nous parlons de « bleu océan » ou
de « bleu ciel », chacun de nous imagine un
bleu différent car l’appréciation des couleurs est
très personnelle, et l’expérience de chacun est
différente. Tout le problème est là.

Aussi, penchons-nous sur la question et


cherchons à savoir quels sont les critères à
prendre en compte pour définir une couleur et
comprendre pourquoi les pommes sont rouges.

Cette brochure décrit les informations


importantes et utiles pour comprendre la couleur.

3
Pourquoi une pomme apparaît-elle rouge ?

4
Sans lumière, pas de couleur ! Les trois éléments que
sont la lumière, la vision et l’objet sont nécessaires à la
perception de la couleur.
Dans l’obscurité la plus complète, nous ne pouvons pas reconnaître les couleurs. Si nous fermons les
yeux, nous ne pouvons pas voir la couleur d’un objet. Et s’il n’y a pas d’objet, il n’y a pas de couleur.
Lumière, vision et objet sont indispensables pour percevoir la couleur. Si l’un des trois est manquant, nous
ne pouvons percevoir de couleur.
Mais quels sont les mécanismes qui permettent de distinguer le rouge de la pomme du jaune du citron ?

5
L’être humain perçoit certaines longueurs
d’onde comme des couleurs.

Longueur d’onde
Radiodiffusion
(m)
2
Ondes courtes
10

FM
1
Télévision
Radar
–2
10

–4
10
Infrarouges

–6
10
Lumière visible

Ultraviolets
–8
10

–10
10 Rayons X

–12
Longueur d’onde (nm)
10 780
Rayons γ
Rouge 700
–14
10
Rayons cosmiques
Orange
Lumière visible

600
Jaune

Vert

500
Bleu

•Spectre électromagnétique Indigo

Violet 400
380

6
Si nous séparons la lumière blanche avec un prisme, nous
obtenons un spectre avec différentes longueurs d’onde. En
mélangeant les longueurs d’onde séparées de la lumière selon
diverses intensités, nous obtenons de nouvelles couleurs.
La plupart des personnes savent que si lumière du soleil traverse un prisme, une distribution des couleurs
se crée ressemblant à un arc-en-ciel. Ce phénomène a été découvert par Isaac Newton, qui a également
découvert la gravité universelle. Cette distribution des couleurs est appelée spectre ; la séparation de la
lumière en spectre est appelée dispersion spectrale. Si l’œil humain peut voir ce spectre, c’est parce que
ses longueurs d’onde spécifiques stimulent la rétine de l’œil. Le spectre est organisé selon les différentes
longueurs d’onde*1 de la lumière dans l’ordre suivant : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet.
Dans la région où les longueurs d’onde sont les plus grandes, la lumière est rouge ; à l’inverse, dans la
région où les longueurs d’onde sont les plus petites, la lumière est violette. La région que l’œil humain
peut percevoir est appelée lumière visible. Si nous nous déplaçons au-delà de la région de la lumière
visible vers des longueurs d’onde plus longues, nous entrons dans la zone des infrarouges ; si nous nous
déplaçons en deçà des longueurs d’onde les plus faibles, nous entrons dans la zone des ultraviolets. L’œil
humain ne peut percevoir ni les infrarouges, ni les ultraviolets.
La lumière visible n’est qu’une infime partie du rayonnement électromagnétique qui circule dans l’espace.
Le spectre des radiations électromagnétiques couvre une gamme extrêmement large, qui s’étend des
ondes radios dont les longueurs d’onde peuvent atteindre plusieurs milliers de kilomètres, jusqu’aux rayons
gamma (γ) pour lesquels la longueur d’onde est de 10-3 nm et moins.
La région des radiations électromagnétiques de la lumière visible représente une très faible fraction de ce
rayonnement, comprise approximativement entre 380 nm et 780 nm*2. La lumière réfléchie par un objet
et qui est perçue comme couleur est une lumière composée de différentes radiations électromagnétiques
situées dans la région visible (à l’exception de la lumière monochromatique artificielle).

*1 Longueur d’onde : La lumière a des


caractéristiques ondulatoires ; la longueur
d’onde est la distance crête à crête de deux Longueur
ondes adjacentes. d’onde

*2 Nanomètre (nm) : Unité de mesure souvent


utilisée pour exprimer les longueurs d’onde
de la lumière ; le micromètre (µm) est
parfois utilisé.

1 nm =10 -9 m =10 -6 mm =10 -3 µm


1 µm =10 -6 m =10 -3 mm =103 nm

• Un arc-en-ciel est créé par le passage de la lumière


du soleil à travers de fines gouttelettes d’eau qui
agissent comme des prismes.

7
Quelle est la couleur de cette pomme ?

Rouge !

Hmmm.
Rouge chaud

Je dirais
écarlate

Rouge vif

8
Pour une couleur donnée, il y a souvent autant d’adjectifs
que de personnes qui tentent de la décrire.
Donner un nom à une couleur n’est pas une chose facile.
Montrez une même pomme à quatre personnes et demandez-leur quelle est
sa couleur : vous obtiendrez quatre réponses différentes.

La notion de couleur est liée à la perception et à l’interprétation subjective. Un même objet (dans notre
exemple, une pomme) sera vu selon les repères et l’expérience de chacun, sa couleur sera exprimée
avec des mots personnels. Puisqu’il existe plusieurs termes pour définir une couleur, la décrire à
quelqu‘un est une tâche difficile et totalement imprécise. Si vous dites à quelqu’un que la couleur de la
pomme est « rouge vif », pensez-vous que cette personne soit capable de reproduire exactement cette
couleur ? L’expression verbale de la couleur est beaucoup trop complexe. S’il existait une méthode
standard permettant d’exprimer et de comprendre la couleur avec précision, sa communication serait
beaucoup plus fluide, simple et exacte. Il deviendrait possible d’éliminer les problèmes liés à l‘expression
de la couleur.

Dans quelle mesure les mots peuvent-ils exprimer la couleur ?


Des noms de couleur universels et des noms de couleur systématiques.

Les mots qui expriment la couleur changent avec la mode et les époques. Considérons, par exemple,
la couleur rouge. Nous pouvons parler de « vermillon », « brique », « écarlate », « rose », « fraise »,
« carmin », pour n’en citer que quelques-uns. Ces termes pour exprimer la couleur sont appelés noms de
couleurs universels. Par analyse et ajout d’adjectifs tels que « vif », « terne », « profond », nous apportons
un peu plus de précision quant à la description d’un rouge. Des termes tels que « rouge vif » sont appelés
noms de couleurs systématiques. Bien qu’il existe plusieurs façons de décrire une couleur, les personnes
qui entendent les expressions « carmin » ou « rouge vif » les interpréteront encore de différentes
manières. Il est clair que l’expression orale des couleurs est imprécise.
Alors comment décrire les couleurs et éviter tout malentendu ?

Nous utilisons une règle


pour mesurer la longueur et
une balance pour mesurer
le poids. N’existe-t-il pas
quelque chose de similaire
pour mesurer la couleur ?

9
Voici deux boules rouges.
Comment décrire les différences de
couleur perçues ?

Clair Vif

Comment est sa clarté ? Quelle est sa teinte ? Comment est sa vivacité ?

Foncé Terne

10
Pour mieux comprendre la notion de couleur, jetons
un coup d’œil au monde de la couleur.
Il existe de nombreux « rouges » différents. Les rouges des deux boules sont
très similaires. Mais en quoi sont-ils différents ?

Nous présentons deux boules rouges.


À première vue, elles se ressemblent, mais en y regardant de plus près, on se rend compte qu’elles sont
différentes à plusieurs égards. Ces deux boules sont rouges, mais le rouge de la boule supérieure est un
peu plus clair ; le rouge de la boule inférieure est donc un peu plus foncé. De plus, la couleur de la boule
supérieure semble plus frais, plus intense, plus vif. Nous pouvons donc voir que même si les deux boules
sont rouges, leurs rouges sont légèrement différents. La classification des couleurs se fait en fonction de
trois critères : la teinte (couleur, nuance), la clarté (luminosité) et la saturation (vivacité, intensité).

11
Teinte. Clarté. Saturation. Le monde de la couleur
est une combinaison de ces trois critères.
Figure 1 : La roue des couleurs

Jaun

nge
Ora
e

Ve
rt-
jau u ge
ne Ro

(A) Vert Rouge-violet (B)

rt Vi
ve
u- ole
Viole

Ble t
t-ble
Bleu

Figure 2 : Évolution de la clarté et de la saturation pour un


rouge-violet et un vert

Élevée
Clarté

A B Figure 3 :
Adjectifs liés à la couleur
Blanc
Pâle Pâle
Clair Clair

Lumineux Lumineux

Vif Grisâtre/terne Grisâtre/terne Vif


A Terne Terne B
Faible
Profond Profond

Élevée Faible Élevée Sombre Sombre


Saturation Saturation Noir

12
Teinte. Clarté. Saturation. C’est le monde de la couleur.

Teinte Rouge, jaune, vert, bleu...


Les teintes forment la roue des couleurs.

Les cerises sont rouges, les citrons sont jaunes, le ciel est bleu ; c’est ainsi que nous exprimons la
couleur au quotidien. Teinte est le terme utilisé dans le domaine de la couleur pour classer les nuances de
rouge, de jaune, de bleu, etc... De plus, bien que le jaune et le rouge soient deux teintes complètement
différentes, le mélange des deux donne de l’orange (parfois appelé jaune-rouge) ; de même, le mélange
du jaune et du vert donne du jaune-vert, le mélange du bleu et du vert donnant du bleu-vert (turquoise ou
cyan). La roue des couleurs illustrée par la figure 1 représente le continuum de ces teintes.

Clarté Des couleurs claires, des couleurs sombres.


La clarté des couleurs change selon un axe vertical.

On peut distinguer des couleurs claires et des couleurs sombres : clarté est le terme utilisé pour classer
selon ce critère psychosensoriel. Prenons par exemple le jaune du citron et le jaune du pamplemousse.
Sans aucun doute, le jaune du citron est beaucoup plus clair. Et que pouvons-nous dire du jaune du
citron et du rouge de la cerise ? Là encore, le jaune du citron est beaucoup plus clair. La clarté peut être
mesurée indépendamment de la teinte. Observons maintenant la figure 2. Cette illustration représente la
coupe longitudinale passant par A (vert) et B (rouge-violet) de la figure 1. Comme elle le montre, la clarté
augmente lorsqu’on se déplace vers le haut et diminue lorsqu’on se déplace vers le bas.

Saturation

Des couleurs vives, des couleurs ternes.
La saturation change par rapport à un
point central.

Si nous revenons au jaune, comment comparer le jaune du citron et le jaune d’une poire ? Bien sûr, nous
pouvons dire que le jaune du citron est plus clair, mais comparé à celui de la poire, il est surtout plus
criard : la poire semble bien plus terne. Saturation est le terme utilisé pour classer selon ce critère. La
saturation est complètement indépendante de la teinte et de la clarté. Si nous regardons encore une fois
la figure 2, nous pouvons constater que les saturations du rouge-violet et du vert varient en fonction de la
distance horizontale avec l’axe central de clarté. Les couleurs se ternissent en s’approchant de cet axe
central et s’intensifient en s’en éloignant.
La figure 3 donne les adjectifs couramment utilisés pour décrire la clarté et la saturation des couleurs.
Observez la figure 2 pour comprendre ce qu’expriment ces adjectifs.

13
Teinte. Clarté. Saturation.
Construisons le solide des couleurs.
Utilisons l’axe de la roue des couleurs pour exprimer la variation de clarté
et les rayons de cette roue pour exprimer la variation de saturation...
Teinte, clarté et saturation. Prenons les trois critères de couleur, teinte, clarté et saturation, pour construire
le solide tridimensionnel de la figure 4. La teinte varie par rotation autour de l’axe central, la clarté varie
selon la hauteur sur l’axe vertical et la saturation varie selon la distance au centre le long d’un rayon. Si
les couleurs réelles étaient placées sur l’illustration de la figure 4, le solide des couleurs illustré par la
figure 5 serait créé. La forme de ce solide est quelque peu complexe car la taille du pas correspondant à
la saturation est fonction de chaque teinte et de chaque clarté. Mais, malgré tout, le solide des couleurs
nous aide à mieux comprendre les relations qui existent entre teinte, clarté et saturation.

Figure 4 :
Solide tridimensionnel
(teinte, clarté, saturation) Blanc
Clarté

Saturation

Teinte

Noir

14
Figure 5 : Solide des couleurs 3D

Si nous pointons la couleur de la pomme sur le


solide des couleurs, nous pouvons voir que sa
teinte, sa clarté et sa saturation se situent dans
la zone des rouges.

15
En créant des échelles de valeurs pour la
teinte, la clarté et la saturation, nous pouvons
déterminer des données numériques de
la couleur.
Histoire de la mesure des couleurs

De nombreuses méthodes ont été développées pour


quantifier la couleur et permettre de l’exprimer avec plus de
facilité et de précision. Ces méthodes ont fourni un moyen
d’exprimer les couleurs numériquement, de la même manière
que nous exprimons la longueur ou le poids. Par exemple,
en 1905, l’artiste américain A.H. Munsell conçut une méthode
qui consistait à comparer visuellement un échantillon donné
avec un grand nombre de jetons colorés, classés selon leur Quantifier des couleurs
teinte (H, teinte de Munsell), leur clarté (V, clarté de Munsell) est très utile !
et leur saturation (C, saturation de Munsell). De nombreuses
expériences firent évoluer ce système pour aboutir au
Système de Notation de Munsell utilisé de nos jours. Dans ce
système, toute couleur est caractérisée par une combinaison
lettre/chiffre(HV/C ) qui exprime sa teinte (H ), sa clarté (V )
et sa saturation (C ) par comparaison visuelle à l’aide des
tables colorimétriques de Munsell. D’autres méthodes pour
mesurer les couleurs ont été développées par la Commission
Internationale de l’Eclairage (CIE), organisme international
en charge des problématiques d’éclairage et de colorimétrie.
Les deux méthodes les plus connues sont l’espace couleur
Yxy, développé en 1931, qui s’appuie sur les composantes
trichromatiques XYZ définies par la CIE, et l’espace couleur
L*a*b*, conçu en 1976 pour fournir des différences de couleur
plus uniformes par rapport aux différences visuelles. Après
diverses améliorations, ces espaces couleur* ou dérivés sont
aujourd’hui utilisés dans le monde entier pour communiquer la
couleur.

*Espace couleur : Méthode qui permet d’exprimer la couleur d’un objet


ou d’une source lumineuse au moyen d’une notation spécifique, telle
que des chiffres. Autres appellations parfois rencontrées : espace
colorimétrique, référentiel couleur.

16
Un colorimètre simplifie la quantification des couleurs.
En utilisant un appareil de mesure de la couleur, nous pouvons instantanément
obtenir des résultats pour chaque espace couleur.

Si nous mesurons la couleur


de la pomme, nous obtenons
les résultats suivants :

Espace couleur L∗a∗b∗


L∗ = 43.31
a∗ = 47.63
b∗ = 14.12

Espace couleur L∗C∗h


L∗ = 43.31
C∗ = 49.68
h = 16.5

Espace couleur XYZ (Yxy )


Y = 13.37
x = 0.4832
y = 0.3045

17
Examinons quelques espaces
colorimétriques.

Espace couleur L∗a∗b∗

L’espace couleur L*a*b* (appelé aussi CIELAB) est actuellement l’un des espaces couleur les plus
populaires pour mesurer la couleur dans pratiquement tous les domaines. C’est l’un des espaces couleur
uniformes définis par la CIE en 1976 afin de réduire l’un des problèmes majeurs de l’espace couleur
originel Yxy, à savoir que des distances égales sur le plan de chromaticité xy ne sont pas représentatives
de différences de couleurs identiquement perçues. Dans cet espace Figure 6 :
couleur, le repérage s’y fait à l’aide de coordonnées cartésiennes : (Jaune) Diagramme de chromaticité
+ b∗
L* indique la luminance (terme mieux approprié que clarté pour 60 L*a*b* (Teinte et Saturation)
cet espace), tandis que a* et b* sont les coordonnées de
chromaticité. La figure 6 illustre le plan de chromaticité 50
Teinte
a*b*. Dans ce plan, a* et b* indiquent la direction des 40
couleurs : +a* va vers le rouge, -a* vers le vert, +b*
vers le jaune, et -b* vers le bleu. Le centre du 30
diagramme est achromatique. Plus les valeurs 20
de a* et b* augmentent, plus le point s’éloigne
du centre : la saturation augmente. La 10
figure 8 est une représentation 3D -60 -50 -40 -30 -20 -10 10 20 30 40 50 60 + a ∗
artistique du solide des couleurs pour (Vert) (Rouge)
l’espace couleur L*a*b*; la figure 6
représente une coupe horizontale de ce -10

solide à valeur L* constante. -20


Si nous mesurons la pomme et exprimons les -30
résultats en utilisant l’espace couleur L*a*b*,
nous obtenons les valeurs suivantes. -40

-50

-60
(Bleu)
L∗ = 43.31
a∗ = 47.63
b∗ = 14.12 Figure 7 :
Extrait du diagramme de chromaticité
L*a*b* (Luminance vs. Saturation)

Pour savoir à quelle couleur correspondent ces valeurs, 100

pointons d’abord les valeurs a* et b* (a*=+47.63, Luminance (L ∗ )


90 Très pâle

b*=+14.12) sur l’illustration du plan de chromaticité a*b*


Pâle
80
Lumineux

de la figure 8. Nous obtenons le point (A), qui 70

donne la chromaticité de la pomme. Si nous 60


Grisâtre Vif
faisons maintenant une coupe verticale du 50 Terne

solide des couleurs de la figure 8, passant 40

par le point (A) et le centre, nous obtenons


Teinte 30

une représentation de la chromaticité par


Profond
20
Sombre

rapport à la luminance (voir figure 7). La couleur 10


Très sombre

de cette pomme peut être exprimée ainsi : Une couleur vive avec 0
0 10 20 30 40 50 60

une teinte rouge. Chromaticité

18
Figure 8 : Représentation du solide des couleurs dans l’espace couleur L*a*b*

Blanc
+L ∗

Jaune
+b∗

+a∗
Vert
Rouge

Bleu

Noir

19
Espace couleur L∗C∗h
L’espace couleur L*C*h utilise le même
diagramme que l’espace couleur L*a*b*. Le Figure 9 :
repérage s’y fait à l’aide de coordonnées Extrait du plan de chromaticité a*b* de la figure 6
cylindriques L*, C*, h plutôt que cartésiennes.
Dans cet espace couleur, L* indique la luminance (Jaune)
+ b∗
– cette valeur est identique à la valeur L* de 60
l’espace couleur L*a*b*, C* indique la saturation
et h l’angle de teinte. C* (Chroma) est égale à 0 50
au centre du diagramme et augmente lorsque la Teinte
distance au centre augmente. L’angle de teinte h 40
(Hue) est exprimé en degrés et est compté dans
le sens trigonométrique (antihoraire) : un angle de 30
0° correspond à +a* (rouge), 90° à +b* (jaune),

180° à -a*, et 270° à -b* (bleu). 20 uratio
nC
60 Sat
Si nous mesurons la pomme et exprimons les 50
résultats en utilisant l’espace couleur L*C*h, nous 10 30
40
hab
Angle de teinte
obtenons les valeurs suivantes. En reportant ces 10
20
valeurs sur la figure 9, nous obtenons le point A.-10 10 20 30 40 50 60 + a∗
(Rouge)

Saturation et luminance

L∗ = 43.31 100
C∗ = 49.68 90
Luminance
h = 16.5 ( L∗ )
80

70

60

50
h
40

30
Saturation C∗=√(a∗)2+(b∗)2 Teinte
20

Angle de teinte hab =tan-1


( )
b∗
a∗
10

0
0 10 20 30 40 50 60

Saturation (C ∗ )

20
Espace couleur XYZ
Les valeurs X, Y, Z appelées composantes trichromatiques XYZ et l’espace couleur Yxy associé forment
la base des espaces couleur actuels de la CIE. Le concept des composantes trichromatiques XYZ est
basé sur la théorie des trois composants de la vision des couleurs, qui stipule que l’œil possède des
récepteurs sensibles aux trois couleurs primaires (rouge, vert et bleu) et que toutes les couleurs sont
considérées comme des mélanges de ces trois couleurs primaires. En 1931, la CIE a défini les fonctions
colorimétriques de l’Observateur Standard (courbes de sensibilités) x (λ), y (λ) et z (λ) illustrées par la
figure 10b. Les composantes trichromatiques XYZ sont calculées en utilisant ces fonctions colorimétriques
de l’Observateur Standard.
Les composantes trichromatiques XYZ sont utiles pour définir une couleur, mais sont difficilement
visualisables sur un graphique. Pour cette raison, la CIE a également défini l’espace couleur Yxy en 1931
pour représenter la couleur en deux dimensions indépendamment de la clarté. Dans l’espace couleur Yxy,
Y est la valeur de clarté (et est identique à la valeur de la composante Y de l’espace XYZ), x et y étant les
coordonnées de chromaticité (x et y sont calculées à partir de X, Y et Z - pour plus de détails, voir p. 56).
Le diagramme de chromaticité CIE Yxy est illustré par la figure 10a.

Dans le plan de chromaticité xy, les couleurs achromatiques


sont situées vers le centre du diagramme ; la chromaticité
augmente lorsque l’on se rapproche du bord du graphique Y = 13.37
balisé en longueurs d’onde. Si nous mesurons la pomme x = 0.4832
et exprimons les résultats en utilisant l’espace couleur Yxy, y = 0.3045
nous obtenons les valeurs suivantes : Y = 13.37, x = 0.4832,
y = 0.3045. La valeur Y = 13.37 indique que la pomme a
une clarté (ou indice de réflexion) de 13.37% (par rapport à
un diffuseur réfléchissant idéal ayant un indice de réflexion
de 100%) ; les coordonnées de chromaticité x = 0.4832 et
y = 0.3045 permettent de repérer le point A sur le diagramme
de la figure 10a.

Figure 10a : Diagramme de chromaticité Yxy


Figure 10b :
y Fonctions colorimétriques de
520 l’Observateur Standard 1931
530
(Réponse spectrale relative de
510 540 l’œil humain)
550
2.0
z (λ)
560 1.5

1.0 y (λ) x (λ)


570
500
0.5
580 x(λ)

590 400 500 600 700 Longueur


d’onde
(nm)
600

610
620
y
490
700
~780
Teinte

480 Saturation

470
460
380~410 x
x
21
Un colorimètre détecte des écarts de
couleur même minimes.
Les valeurs numériques indiquent les
différences.

Pomme 1 Les différences minimes de couleur sont le principal casse-


tête partout où la couleur joue un rôle important. Mais
un colorimètre peut facilement détecter ces différences
minimes et les exprimer sous forme numérique. Utilisons
les espaces couleur L*a*b* et L*C*h pour examiner l’écart
de couleur entre deux pommes. Prenons la couleur de
la pomme 1 (L* =43.31, a* =+47.63, b* =+14.12) comme
référence. Si nous mesurons l’écart de couleur de la
pomme 2 (L* =47.34, a* =+44.58, b* =+15.16) par rapport
à la couleur de la pomme 1, nous obtenons les résultats
indiqués par l’affichage A ; l’affichage B indique les résultats
dans l’espace L*C*h. Le diagramme de la figure 12 exprime
graphiquement cette différence de couleur. Le diagramme
Pomme 2 de la figure 11 permet de mieux comprendre la différence
de couleur dans l’espace couleur L*a*b*.

A: Différence de couleur L∗a∗b∗ B: Différence de couleur L∗C∗h∗

L∗ = +4.03 L∗ = +4.03
a∗ = -3.05 C∗ = -2.59
b∗ = +1.04 H∗ = +1.92
E∗ = 5.16 E∗ = 5.16

Dans l’espace couleur L*a*b*, la différence de couleur peut


être exprimée par une seule valeur numérique, ΔE*ab, qui
indique de combien est la différence de couleur mais pas
Figure 11 : en quoi les couleurs sont différentes. ΔE*ab est défini par
Différence de couleur dans l’espace l’équation suivante :
couleur L∗a∗b∗
ΔE∗ab= √(ΔL∗)2+(Δa∗)2+(Δb∗)2
Blanc Si nous mesurons les deux pommes et exprimons l’écart
dans l’espace couleur L*C*h, nous obtenons les résultats
indiqués par l’affichage B. La valeur ΔL* est la même valeur
que celle mesurée dans l’espace couleur L*a*b* (+4.03) :
Δ E ∗ab L∗
Δ L∗ la valeur étant positive, la pomme 2 est plus claire que la
Jaune pomme 1. ΔC* =-2.59 indique une différence de saturation ; la
Δ a∗ b∗ valeur étant négative (-2.59), la pomme 2 est moins saturée
Δ b∗
Vert a∗ Rouge que la pomme 1. La différence de teinte ΔH* entre les deux
pommes est +1.92 : avec l’aide de la figure 12, cette valeur
signifie que la pomme 2 est plus orangée-jaune que la
Bleu pomme 1.
ΔH*ab est défini par l’équation suivante :
ΔH∗ab= √(ΔE∗)2-(ΔL∗)2-(ΔC∗)2
Δ (delta) indique la différence
A: Couleur référence
Noir
B: Couleur échantillon
A’: Couleur référence ramenée à la même luminance que l’échantillon

22
Figure 12 : Extrait du diagramme de chromaticité L*a*b*

60

50

Teinte

40

30


ΔH
teinte
e de
20
60 renc
Diffé
50

40
10 30 ΔC∗

20

10

10 20 30 40 50 60 + a ∗ Rouge

Figure 13 :
Bien que les mots ne soient pas Termes pour décrire les différences de saturation et luminance
aussi exacts que les chiffres, nous +Δ L∗
Différence de luminance

pouvons en utiliser pour décrire les


différences de couleur. La figure 13 6.0

montre certains termes rencontrés pour 5.0


Lumineux
décrire les différences de luminance et Pâle 4.0

de saturation ; les termes indiqués sur 3.0


cette figure indiquent la tendance de 2.0
la différence de couleur, mais à moins
1.0
qu’un modificateur supplémentaire ne Terne Vif
soit utilisé (légèrement, très, etc.), ils −ΔC∗ +ΔC∗
-6.0 -5.0 -4.0 -3.0 -2.0 -1.0 1.0 2.0 3.0 4.0 5.0 6.0
n’indiquent pas le degré de différence de Différence de saturation -1.0

couleur. Si nous y examinons le pointage -2.0

des deux pommes, nous pouvons dire -3.0

que la pomme 2 est « plus pâle » que -4.0


la pomme 1 ; puisque la différence Sombre -5.0
Profond
de couleur n’est pas très grande, -6.0
nous pouvons également ajouter un
modificateur, signalant que la pomme −Δ L∗
2 est « légèrement plus pâle » pour
indiquer le degré de différence.

23
Même si deux couleurs semblent identiques
à l’œil humain, les mesures effectuées avec
un colorimètre permettent de mettre en
évidence de subtiles différences.
Même si deux couleurs semblent identiques pour l’œil humain, comme dans notre exemple des deux
pommes rouges, de légères différences peuvent être constatées lorsque les couleurs sont mesurées avec
un colorimètre, celui-ci exprimant parfaitement et numériquement de tels écarts. Si, pour une quelconque
raison, une marchandise est expédiée sans remarquer que sa couleur n’est pas conforme, l’erreur sera
détectée à réception, et un litige probablement établi. L’effet pourrait ne pas se limiter à ce seul service, il
pourrait aussi porter atteinte à la réputation de l’ensemble de l’entreprise.
Le contrôle de la qualité des couleurs joue donc un rôle très important dans la prévention de ce type
de problèmes.

Contrôle de la couleur en imprimerie

L∗ = -0.32
a∗ = -0.01 ΔL∗= -0.32
b∗ = +0.70 Δa∗= -0.01
E∗ = 0.77 Δb∗= 0.70
ΔE∗ab= 0.77

Contrôle de la couleur des textiles

L∗ = +0.11
a∗ = -0.06 ΔL∗= 0.11
b∗ = +0.13 Δa∗= -0.06
E∗ = 0.18 Δb∗= 0.13
ΔE∗ab= 0.18

Contrôle de la couleur des pièces


en plastique

L∗ = -0.08
a∗ = -0.02 ΔL∗= -0.08
b∗ = +0.13 Δa∗= -0.02
E∗ = 0.15 Δb∗= 0.13
indique le point de mesure.
ΔE∗ab= 0.15

24
Un exemple de contrôle de la qualité à l’aide
d’un colorimètre.
Voyons en quoi un colorimètre peut être utile pour le contrôle des couleurs.

L’entreprise K fabrique des pièces d’aspect en matière plastique en tant que fournisseur de l’entreprise B.
Mais l’entreprise B commande aussi des pièces similaires à d’autres entreprises.
L’entreprise K emploie une équipe de contrôleurs spécialisés pour vérifier la couleur des pièces sur la
chaîne de production. La vérification se fait par comparaison visuelle du produit à des échantillons de
référence. Le contrôle visuel dépend de l’œil du contrôleur expérimenté, qui doit évaluer si l’écart de
couleur se trouve dans les tolérances définies pour les références. C’est un travail qui n’est pas à la
portée de tous, car demandant des années d’expérience pour développer une capacité d’inspection
visuelle. Pour cette raison, un nombre restreint de personnes sont habilitées à effectuer ce travail. De plus,
par fatigue visuelle, ce type de contrôle ne peut se faire que quelques heures par jour ou par semaine ;
l’âge, l’humeur, la forme physique du contrôleur impactent aussi la qualité de l’évaluation visuelle. Parfois
l’entreprise B se plaint car la couleur des pièces livrées par l’entreprise K ne correspond pas exactement à
la couleur des pièces des autres fournisseurs. L’entreprise B renvoie alors la marchandise à l’entreprise K.

L’entreprise K a décidé d’utiliser des colorimètres pour contrôler la couleur des pièces en production et
avant livraison. Les colorimètres lui sont devenus des outils de travail indispensables. Maniables, ils lui
offrent la possibilité de les utiliser directement sur la chaîne de production. En outre, la traçabilité des
données est assurée, des rapports de contrôle factuels accompagnent dorénavant les produits livrés
comme preuve de conformité colorimétrique.

25
26
PARTIE II

Connaissances fondamentales
pour la sélection d’un appareil
de mesure de la couleur
Jusqu’à présent, nous comprenons que l’utilisation d’un
appareil de mesure de la couleur permet d’exprimer les
couleurs numériquement pour assurer une communication
fluide et facile des informations ainsi que pour aborder
l’analyse de la couleur sous différents aspects.
Étudions plus en détail les couleurs et les conditions
particulières qui influencent la sélection d’un appareil de
mesure de la couleur.

27
Pour la pomme présentée dans l’exemple, les composantes trichromatiques sont X = 21.21, Y = 13.37, et
Différences dans le processus de Z  = 9.32 ; ces composantes trichromatiques peuvent ensuite être utilisées pour calculer les valeurs dans
d’autres espaces de couleur tels que Yxy ou L*a*b* .
reconnaissance des couleurs entre l’œil La figure 16 montre comment sont déterminées les composantes trichromatiques X , Y , et Z . La lumière
réfléchie par l’objet (la pomme) possède une répartition spectrale A ; elle atteint ensuite les capteurs de

humain et les appareils de mesure sensibilité spectrale B ; les filtres séparent la lumière en zones de longueurs d’onde correspondant aux trois
couleurs primaires ; les capteurs se chargent ensuite de fournir les composantes trichromatiques X , Y et Z
C . Ainsi, C = A x B . Les résultantes sont indiquées : C -1 : x(λ) , C -2 : y(λ) , et C -3 : z(λ) . Les composantes
L’œil perçoit la lumière dont les longueurs d’onde d’émission se situent dans la région du visible ; cependant, trichromatiques X , Y et Z sont obtenues par intégrations des 3 zones colorées rouge, verte et bleue.
la lumière n’est pas une couleur en soi. La définition précise « énergie rayonnante qui stimule la rétine de l’œil
produisant le sens de la vision », le concept de « couleur » se forme lorsque la lumière pénètre dans l’œil et Figure 16 : Détermination des composantes trichromatiques
stimule la rétine, et que le cerveau y réagit. Répartition spectrale A de la lumière réfléchie par l’échantillon (pomme)
C -1
Parmi les couleurs du spectre, le rouge, le Éclairage x (λ)
vert et le bleu sont en général considérées Figure 14 : Fonctions colorimétriques de
l’Observateur Standard 1931
comme les trois couleurs primaires de la A

lumière. En effet, l’œil humain possède des A X


Composantes
cellules appelées cônes qui sont sensibles trichromatiques
400 500 600 700
à ces trois couleurs primaires et qui nous C= AxB Longueur d’onde (nm)

permettent de percevoir les couleurs. Sur 400 500 600 700


z (λ) C -2
Longueur d’onde (nm)
le graphique de la figure 14 sont tracées y (λ)
les courbes de sensibilité spectrale de l’œil A
Réponse spectrale B correspondant à la y (λ) x (λ)
humain selon la définition de l’Observateur sensibilité au bleu, vert et rouge de l’œil humain Y
Standard 1931 de la CIE. Ces courbes 2.0 A
z (λ)
sont appelées Fonctions colorimétriques x (λ) 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
de l’Observateur Standard 1931. x(λ) a une 1.5
C -3
réponse élevée dans la région des longueurs 400 500 600 700 z (λ)
y (λ) x (λ) Longueur d’onde (nm)
d’onde rouges, y(λ) a une réponse élevée
1.0
J’ai 3 capteurs filtrés
Longueur J’ai un fichier numérique
dans la région des longueurs d’onde vertes
avec les réponses
d’onde spectrales B des réponses spectrales B A
0.5 x (λ)
et z(λ) a une réponse élevée dans la région
(nm)

des longueurs d’onde bleues. Les couleurs Z


400 500 600 700
que nous percevons résultent de la proportion Figure 15 : L’œil humain et les méthodes de mesure des Longueur d’onde (nm))
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
de lumière émise par les objets et reçue par instruments
chacun des stimuli x(λ) , y(λ) , z(λ) .
15a : L’œil humain Éclairage Voilà comment je vois
la couleur de la pomme
L’œil humain a Courbe spectrale
Œil Cerveau une grande
Colorimètre à filtres colorés et Spectro- capacité à En plus d’afficher des données numériques de couleur,
un spectrophotomètre peut également afficher un
discerner les
photomètre couleurs mais il

Comme le montre la figure 15b, un colo­ Rouge


existe des
graphique appelé courbe spectrale représentatif des
facteurs spectraux de réflexion. Les couleurs sont
différences entre
Vert Le « rouge » est perçu
rimètre à filtres colorés mesure la lumière individus et des

créées en mélangeant différentes longueurs d’onde


Bleu problèmes de

réfléchie par l’objet à l’aide de trois capteurs mémorisation


des couleurs. de lumière dans des proportions appropriées. Un
filtrés de telle manière qu’ils ont la réponse Échantillon (pomme) Trois types de cônes dans la rétine
colorimètre à filtres indique uniquement la position de
x(λ) , y(λ) et z(λ) de l’œil humain ; un 15b : Colorimètre à
filtres colorés Éclairage
Voilà comment je mesure la couleur cible dans le diagramme de chromaticité. Un
colorimètre mesure donc directement les Récepteur spectrophotomètre sépare la lumière réfléchie par un
Les colorimètres
Microordinateur la couleur de la pomme.
à filtres ont
C’est le même principe

composantes trichromatiques X , Y et Z . Un
que l’œil humain. l’avantage d’être
objet avec un réseau de diffraction, détermine le facteur
de réflexion à chaque plage de longueurs d’onde à
compacts et
Valeurs numériques
spectrophotomètre comme présenté sur la
portables. Ils
Capteur x (λ) X
l’aide de plusieurs capteurs, puis affiche les données
=21.21 Les composantes permettent de
Capteur y (λ) Y =13.37
figure 15c utilise un réseau de diffraction pour
trichromatiques X, Y et Z comparer des
Lo
Capteur z (λ) Z = 9.32 sont calculées et peuvent couleurs plutôt sur un graphique.
séparer la lumière réfléchie par l’objet en un
être converties dans d’autres faiblement
espaces couleur. saturées.
Trois capteurs filtrés correspondant 100
spectre, puis utilise plusieurs capteurs (36 Échantillon (pomme)

Réflectance (%)
aux cônes de l’œil humain.

capteurs dans le CM-700d) pour mesurer 15c : Spectrophotomètre J’apporte plus de justesse Les
Éclairage
les facteurs de réflexion à chaque longueur
spectrophotomètres
Récepteur Microordinateur Valeurs numériques aux valeurs mesurées grâce
fournissent non
à mes multiples capteurs.

d’onde ou dans chaque plage étroite de


Les composantes seulement les
trichromatiques X, Y et Z 50
facteurs spectraux

longueurs d’onde. Le microordinateur de


sont calculées et peuvent de réflexion mais
être converties dans d’autres aussi les données

l’instrument calcule ensuite par intégration


espaces couleur. colorimétriques sous
différentes

les composantes trichromatiques X , Y et Z à Capteur spectral


Courbe spectrale
conditions. Ils sont
précis pour les 0
partir des facteurs de réflexion. Échantillon (pomme)
(multiples capteurs, chacun
sensible à une longueur d’onde)
couleurs à faible et
haute saturations.
400 500 600
Longueur d’onde (nm)
700

28 29
Que dire de la composition de la
lumière (et de la couleur) ?
Un objet absorbe une partie de la lumière émise par la source lumineuse et en réfléchit le reste. Cette
lumière réfléchie pénètre dans l’œil humain, et la stimulation qui en résulte au niveau de la rétine est
reconnue par le cerveau comme la « couleur ». Chaque objet absorbe et réfléchit la lumière provenant de
différentes parties du spectre et dans des proportions différentes ; ce sont ces différences d’absorption et
de réflexion qui font que les couleurs des divers objets sont différentes.

30
Figure 17a :
Courbe spectrale caractéristique d'une pomme

100

Réflectance (%)
L∗ 43.31
a∗ 47.63 50
Pomme b∗ 14.12

Si nous mesurons une pomme, nous obtenons la


courbe spectrale de la figure 17a. En observant
ce graphique, nous constatons que dans la 0
zone correspondant aux longueurs d’onde des 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
rouges, les réflectances (facteurs de réflexion
- quantité de lumière réfléchie) sont élevées,
Figure 17b :
tandis que dans d’autres zones de longueurs
Violet Indigo Bleu Vert Jaune Orange Rouge
d’onde, les réflectances sont faibles. Cette figure
montre que la pomme réfléchit la lumière dans
les zones de longueurs d’onde du rouge et de
l’orange et absorbe la lumière dans les zones
de longueur d’onde du vert, du bleu, de l’indigo Réflexion
et du violet. Ainsi, en prenant une mesure avec
un spectrophotomètre et en affichant la courbe
spectrale, on peut voir et comprendre la nature Absorption
de la couleur de la pomme. Chacun des multiples
capteurs du spectrophotomètre (36 capteurs
pour le Konica Minolta CM-700d) mesure la
lumière dans une zone de longueurs d’onde
spécifiques de la lumière visible. De ce fait, un
spectrophotomètre peut mesurer des différences
de composition des éléments de la couleur que
Figure 18a :
l’œil humain est incapable de percevoir. Courbe spectrale caractéristique d’un citron

100
Réflectance (%)

L∗ 75.34 50
a∗ 4.11
b∗ 68.54
Citron

Si nous mesurons un citron, nous obtenons la 0


400 500 600 700
courbe spectrale de la figure 18a. En observant Longueur d’onde (nm)
ce graphique, nous constatons que dans la
zone correspondant aux longueurs d’onde des Figure 18b:
rouge et jaune, les réflectances (facteurs de Violet Indigo Bleu Vert Jaune Orange Rouge
réflexion - quantité de lumière réfléchie) sont
élevées, tandis que dans la zone des longueurs
d’onde correspondant à l’indigo et au violet, les
réflectances sont faibles. Cette figure montre que
le citron réfléchit la lumière dans les zones de Réflexion
longueurs d’onde du rouge, de l’orange, du jaune
et du vert et absorbe la lumière dans les zones
Absorption
de longueurs d’onde de l’indigo et du violet.

31
Mesurons différents produits colorés.
Avec un colorimètre à filtres colorés, nous obtenons les données numériques des produits dans différents
espaces de couleur. Si nous utilisons un spectrophotomètre pour les mesures, non seulement nous
obtenons les mêmes types de données numériques qu’avec le colorimètre à filtres colorés, mais nous
pouvons également observer la courbe spectrale des produits ; de plus, grâce à ses capteurs haute
précision et à l’intégration de données pour diverses conditions d’éclairage, un spectrophotomètre peut
fournir des données numériques de couleurs pour diverses sources lumineuses.

A: Céramique
Une céramique rose est mesurée. En observant la courbe spectrale, nous remarquons qu’elle
réfléchit la lumière à toutes les longueurs d’onde, mais que les facteurs de réflexion aux
longueurs d’onde supérieures à 600 nm (zone du rouge et de l’orange) sont un peu plus élevés
que dans les autres zones.

100
Réflectance (%)

indique le point de mesure.

L∗ 74.72
a∗ 15.34 50

b∗ 10.21

0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700

B: Textile
Un tissu vert est mesuré. Les facteurs de réflexion sont relativement faibles sur tout le domaine
du visible avec cependant un pic autour de la longueur d’onde 520 nm. Ces facteurs sont
nettement plus faibles aux longueurs d’onde inférieures à 450 nm et à celles supérieures à 600
nm : cette courbe spectrale indique que la lumière bleue et la lumière rouge sont absorbées.

100
Réflectance (%)

indique le point de mesure.

L∗ 64.51
a∗ -36.87 50

b∗ 54.69

0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700

32
C: Plastique
Une pièce en plastique rouge-violet est mesurée. Les zones de longueurs d’onde extrêmes
du domaine visible – vers 400 nm et vers 700 nm – ont des facteurs de réflexion élevés ; en
revanche, les facteurs de réflexion de la zone de longueurs d’onde comprises entre 500 nm et
600 nm sont faibles : la lumière y est absorbée.

100
Réflectance (%)

indique le point de mesure.

L∗ 34.27
50
a∗ 44.53
b∗ -21.92

0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700

D: Caoutchouc
Une botte bleue est mesurée. Les facteurs de réflexion de la zone de longueurs d’onde
comprise entre 400 nm et 500 nm (zone de l’indigo et du bleu) sont élevés ; en revanche, les
facteurs de réflexion de la zone de longueurs d’onde supérieures à 550 nm sont quasi nuls : la
lumière y est absorbée.

100
Réflectance (%)

indique le point de mesure.

50
L∗ 37.47
a∗ 7.07
b∗ -47.77

0
400 500 Longueur d’onde (nm) 600 700

33
C’est pourtant la même couleur !
Alors pourquoi semble-t-elle changer ?
Nous avons maintenant compris que les colorimètres à filtres colorés expriment les couleurs
numériquement, et que les spectrophotomètres fournissent d’autres avantages, notamment les
données spectrales. Toutes ces données numériques sont particulièrement utiles pour communiquer
des informations relatives à la couleur. Malheureusement il existe des problèmes liés à la couleur, et
les instruments de mesure de la couleur sont les bienvenus pour les résoudre. Par exemple, avez-vous
remarqué qu’une même couleur semble différente lorsque change la source lumineuse qui l’éclaire ?

34
De nombreuses conditions affectent la perception d’une
couleur
Différences de sources lumineuses Illusion d’optique ; différences
individuelles
Une pomme qui semble si délicieuse sur l’étal
ensoleillé de l’épicier n’apparait pas aussi Différences de dimension
attrayante sous le néon de la cuisine. De Repeindre les murs de son appartement : après
nombreuses personnes ont probablement déjà avoir choisi sur nuancier ou sur le couvercle
vécu une telle expérience. Lumière du soleil, du pot de peinture, quelle surprise une fois
lumière fluorescente, LED, ampoule tungstène, appliquée de constater que l’effet attendu n’est
halogène, etc. : le type d’éclairage altère pas au rendez-vous ! La couleur semble plus
l’apparence des objets. lumineuse et plus criarde que celle sélectionnée.
En effet, les couleurs couvrant de larges surfaces
Différences de conditions de l’objet semblent plus vives et plus claires que lorsqu’elles
et son environnement couvrent de petites surfaces : ce phénomène
est appelé « effet de surface ». La sélection
État de surface d’objets qui auront une grande surface sur la
Par exemple, lorsque du papier abrasif est frotté base d’échantillons de couleurs ayant une petite
sur une surface plastique lisse, la couleur semble surface peut entraîner des erreurs.
devenir plus terne : même les objets de même
couleur paraissent différents si leurs états de Différences d’arrière-plan
surface sont différents. Si la pomme est placée devant un fond clair, elle
apparaîtra plus terne que si elle est placée devant
un fond sombre. Ce phénomène est appelé « effet
Positionnement de l’éclairage et de
de contraste », qui n’est pas souhaitable pour
l’observateur
apprécier précisément une couleur.
En général, le fait de regarder un objet sous
un angle légèrement différent peut le faire Différences d’observateur
paraître plus ou moins clair. Ceci est dû aux
La sensibilité visuelle de chaque individu est
caractéristiques directionnelles de l’objet. Certains
différente; même pour ceux qui ont une vision des
matériaux, les peintures nacrées ou métallisées
couleurs considérée comme « normale », il peut
surtout, ont des caractéristiques directionnelles
y avoir un biais vers le rouge ou le bleu. En outre,
très marquées. L’angle d’observation de l’objet
la vue d’une personne change généralement avec
et l’angle sous lequel il est éclairé doivent être
l’âge. En raison de ces facteurs, les couleurs sont
constants pour permettre une communication
appréciées différemment selon les observateurs.
précise de sa couleur.

Il est important
de maintenir des
conditions constantes
lors de l’observation
des couleurs.

35
Les couleurs changent lorsque la source
lumineuse est modifiée.
Des sources lumineuses différentes feront
paraître les couleurs différentes. Bien Figure 19 :
que les colorimètres à filtres colorés et Répartition énergétique spectrale des illuminants CIE
les spectrophotomètres disposent d’un
éclairage intégré, celui-ci n’est pas suffisant
pour l’obtention d’une mesure précise des 200
couleurs. Par conséquent, la CIE et la JIS
ont défini et normalisé les caractéristiques
spectrales d’émission théoriques de
plusieurs sources appelées alors illuminants. 150
La figure 19 montre la répartition spectrale
du flux énergétique de certains de ces
illuminants. La source lumineuse intégrée à
l’instrument de mesure des couleurs peut ou 100
non correspondre à l’un des illuminants de
la CIE ; ceci est sans importance, puisque
l’instrument effectue la mesure à l’aide de
sa source intégrée puis corrige les valeurs
obtenues selon l’illuminant sélectionné 50

mémorisé.
Figure 19a : Illuminants normalisés
1 Illuminant normalisé D65 : Lumière du jour moyenne 0
(avec rayonnement ultraviolet) ; température de couleur 300 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)
proximale : 6504 K ; devrait être utilisé pour mesurer
les objets qui seront éclairés par la lumière du jour avec 19b : Illuminants fluorescents
émission de radiations ultraviolettes. 80 (recommandés par la CIE pour les mesures)
2 Illuminant normalisé C : Lumière du jour moyenne
(sans rayonnement ultraviolet) ; température de 70

couleur proximale : 6774 K ; devrait être utilisé pour 60


mesurer les objets qui seront éclairés par la lumière
du jour sans émission de radiations ultraviolettes. 50

3 Illuminant normalisé A : Lumière incandescente 40


(ampoule à filament) ; température de couleur
proximale : 2856 K ; devrait être utilisé pour mesurer 30
les objets qui seront éclairés par une lampe à
incandescence. 20

Figure 19b : Illuminants fluorescents 10


(recommandés par la CIE pour les mesures)
0
4 F2 : Blanc froid 400 500 600 700
5 F7 : Lumière du jour Longueur d’onde (nm)
6 F11 : Blanc froid lumière du jour à trois bandes étroites 19c : Illuminants fluorescents
80
(recommandés par le JIS pour les mesures)
Figure 19c: Illuminants fluorescents
(recommandés par le JIS pour les mesures) 70
7 F6 : Blanc froid
8 F8 : Blanc lumière du jour 60

9 F10: Blanc lumière du jour à trois bandes étroites 50

Je dispose de toutes les


40
Je ne dispose que des
données de 1 et 2 données de 1 à 9 30

20

10

0
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)

36
Examinons ce qu’il se passe lorsque nous mesurons une pomme avec un spectrophotomètre et exprimons
les résultats sous l’illuminant normalisé D65 (exemple 1) puis sous l’illuminant normalisé A (exemple 2).
Dans l’exemple 1, A représente la répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant normalisé D65 et
B représente les facteurs de réflexion de la pomme. C représente la répartition spectrale du flux
énergétique de la lumière réfléchie par la pomme, et est égale au produit de A et B . Dans l’exemple
2, A ’ représente la répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant normalisé A et B représente
les facteurs de réflexion de la pomme – facteurs caractéristiques de la pomme donc identiques à ceux de
l’exemple 1.
C ’ représente la répartition spectrale du flux énergétique de la lumière réfléchie par la pomme, et est
égale au produit de A ’ et B . Si nous comparons C et C ’, nous constatons que la lumière dans la zone
des rouges est beaucoup plus forte en C ’ : la pomme paraît beaucoup plus rouge sous l’illuminant A. Ceci
montre que la couleur d’un objet change en fonction de la lumière qui l’éclaire.
Un spectrophotomètre détermine les facteurs de réflexion de l’échantillon (les « réflectances »); il
les combine ensuite avec les données de la répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant
sélectionné et les données des fonctions colorimétriques de l’Observateur Standard pour obtenir les
valeurs colorimétriques dans plusieurs espaces couleur.

z (�)

Illuminant normalisé D65 y (�) x (�)


Illuminant normalisé A

Composantes
Répartition spectrale du flux Facteurs de réflexion Fonctions colorimétriques trichromatiques Valeurs numériques dans
énergétique de l’illuminant de l’échantillon de l’Observateur Standard ( XYZ ) plusieurs espaces de couleur
Ces valeurs changent
selon l’illuminant choisi

Exemple 1
C Répartition spectrale du flux
A Répartition spectrale du flux B Facteurs de réflexion de énergétique de la lumière réfléchie
énergétique de l’illuminant D65 l’échantillon (pomme) par l’échantillon (pomme) ; égale A x B
200 100
(%)
150

100 50

50

0 0
400 500 600 700 400 500 600 700 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm)

Exemple 2 C ’ Répartition spectrale du flux


A ’ Répartition spectrale du flux B Facteurs de réflexion énergétique de la lumière réfléchie
énergétique de l’illuminant A de l’échantillon (pomme) par l’échantillon (pomme) ; égale A ’x B
200 100
(%)
150

100 50

50

0 0
400 500 600 700 400 500 600 700 400 500 600 700
Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm) Longueur d’onde (nm)

37
Un problème complexe : le métamérisme
Jusqu’à présent, nous avons vu que la couleur d’un objet dépend de la source lumineuse qui l’éclaire.
A ce problème vient se rattacher le fait que les couleurs de deux objets peuvent sembler identiques à la
lumière du jour, mais différentes à la lumière artificielle. Un tel phénomène où deux couleurs paraissent
identiques sous une source lumineuse mais différentes sous une autre est appelé métamérisme. Quand
deux objets présentant du métamérisme sont comparés, leurs courbes spectrales (représentatives des
facteurs de réflexion) sont différentes, mais leurs composantes trichromatiques sont identiques sous une
première source lumineuse et différentes sous une seconde source lumineuse. Ce problème est souvent
lié à l’utilisation de pigments ou de matériaux différents. Observons la figure 20 : les courbes spectrales des
deux échantillons (cartables) sont différentes. Cependant, leurs valeurs L*a*b* sous l’illuminant normalisé
D65 sont identiques alors qu’elles sont franchement différentes sous l’illuminant normalisé A. Ceci conduit à
dire que les deux échantillons ont la même couleur sous lumière du jour (illuminant normalisé D65) malgré
des courbes spectrales totalement différentes.
Alors comment déterminer s’il y a métamérisme ou non ?
Pour évaluer le métamérisme entre deux échantillons, il est nécessaire d’obtenir leurs valeurs
trichromatiques respectives sous deux illuminants lesquels auront des répartitions spectrales de leurs flux
énergétiques très différentes, comme par exemple l’illuminant D65 et l’illuminant A.
Bien que les colorimètres à filtres et les spectrophotomètres intègrent une seule source lumineuse, ils
peuvent calculer les résultats des mesures en
fonction des données des illuminants stockés dans Je peux apprécier le métamérisme
leur mémoire. Cependant, les colorimètres à filtres et montrer les raisons de ce
métamérisme par affichage des
ne délivrant les résultats de mesure que sous les courbes spectrales
illuminants C et D65 (ces deux illuminants lumière Je ne peux pas apprécier
le métamérisme
du jour ayant des répartitions spectrales de leurs
flux énergétiques très proches), ils ne peuvent
pas déterminer le métamérisme. En revanche,
les spectrophotomètres intégrant les données de
nombreux illuminants (certains avec des répartitions
spectrales de flux énergétique très différentes), ils
permettent de calculer l’indice de métamérisme. De
plus, affichant les courbes spectrales, ils permettent
par observation de celles-ci de suspecter
immédiatement la présence de métamérisme.

Oh ? Les couleurs
Nos cartables sont maintenant
sont de la même différentes !
couleur !

38
Figure 20 : Métamérisme

Illuminant D65
200 Échantillon A Échantillon B

150

100

L ∗ =50.93 L ∗ =50.93
50
a ∗ =4.54 a ∗ =4.54
b ∗ =-5.12 b ∗ =-5.12
0 ∗
Δ E ab =0
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)

Illuminant A
200 Échantillon A Échantillon B

150

100

L ∗ =50.94 L ∗ =53.95
a ∗ =3.42 a ∗ =10.80
50

b ∗ =-5.60 b ∗ =-2.00
0
400 500 600 700 Δ E ∗ab =8.71
Longueur d’onde (nm)

100 Courbe spectrale


Réflectance (%)

50 Échantillon B

Échantillon A

0
400 500 600 700 Longueur
d’onde (nm)

•Les couleurs imprimées dans cette brochure peuvent ne pas être reproduites exactement en raison des limites du procédé d’impression.

39
Les couleurs sont perçues différemment
selon l’état de surface et l’environnement
des objets.
Différences d’état de surface

Même pour des objets composés de matériaux


identiques, nous pouvons observer des variations
de couleurs lorsque les brillances des surfaces Les couleurs
sont différentes. Par exemple, lorsque du papier semblent différentes !
abrasif est frotté sur la surface d’une pièce en
plastique bleu brillant, sa couleur semble se ternir :
le frottement de l’abrasif sur la surface modifie la
structure de celle-ci, entraînant une diffusion de la
lumière.

Réflexion spéculaire,
réflexion diffuse,
réflexion totale

Lorsqu’une balle rebondit sur une paroi, l’angle de


rebond est parfaitement symétrique. De la même
manière, l’angle sous lequel la lumière se réfléchit
directement est appelée Réflexion Spéculaire.
Cette réflexion spéculaire se réfléchit comme Balle
dans un miroir. La lumière qui n’est pas réfléchie
de manière spéculaire mais qui est diffusée dans
toutes les directions est appelée Réflexion Diffuse.
La somme de la réflexion spéculaire et de la Lumière
Paroi

réflexion diffuse est appelée Réflexion Totale. Réflexion spéculaire

Sur les surfaces lisses brillantes, la réflexion Réflexion diffuse


spéculaire est relativement forte et la lumière
Objet mesuré
diffuse est faible. Sur les surfaces rugueuses peu
brillantes, la réflexion spéculaire est faible et la
lumière diffuse forte. Lorsqu’une personne observe
une pièce en plastique bleu brillant sous l’angle
de la réflexion spéculaire, l’objet ne semble pas
aussi bleu : c’est parce que l’effet de miroir venant
de la source lumineuse s’ajoute à la couleur de la
pièce en plastique. Habituellement, les personnes
observent la couleur d’un objet en s’affranchissant
de la réflexion spéculaire de la source lumineuse.
Pour mesurer la couleur d’un échantillon dans les
mêmes conditions que son observation, la réflexion
spéculaire doit être exclue, seule la réflexion
diffuse doit être mesurée. La couleur d’un objet
peut sembler différente en raison d’une variation
du niveau de la réflexion spéculaire.

40
Mode Réflexion Spéculaire Incluse (SCI) et mode Réflexion Spéculaire Exclue (SCE)
Nous avons admis que la couleur d’un objet peut être perçue
différemment si son état de surface change, parce que nous
n’observons que la lumière diffusée par la surface. Cependant, la a’
abcde e’ c’
couleur ne devrait pas changer puisque le matériau dont est fait
l’objet n’a pas changé, seul son état de surface ayant été modifié. d’
Comment pouvons-nous reconnaître la couleur du matériau ? b’

Il existe deux types de réflexion diffuse : la réflexion interne à


l’objet et la réflexion par sa surface. Lorsque l’état de surface
Ces figures indiquent que
a+b+c+d+e=a’+b’+c’+d’+e’.
d’un objet est modifié, le matériau restant identique sa réflexion
interne ne change pas alors que sa réflexion diffuse par sa
surface est modifiée : ceci entraîne une évolution de la quantité
de réflexion spéculaire et de réflexion diffuse. Malgré tout, la réflexion totale (qui est la somme de la réflexion
spéculaire et de la réflexion diffuse) reste invariante. Par conséquent, si une pièce en plastique bleu brillant
est poncée, sa réflexion spéculaire diminue et sa réflexion diffuse augmente. Pour mesurer la couleur du
matériau indépendamment de l’état de sa surface, la mesure de la réflexion totale est nécessaire.
La position du piège à lumière dans les conditions III (SCE) et IV (SCE) figure 21 de la page suivante, montre
comment la réflexion spéculaire est exclue de la mesure. Si ce piège est remplacé par une surface blanche,
comme dans les conditions V (SCI) et VI (SCI), la réflexion spéculaire est incluse dans la mesure. La méthode
de mesure de la couleur qui exclut la réflexion spéculaire est appelée Réflexion Spéculaire Exclue (SCE
- Specular Component Excluded). Si la réflexion spéculaire est incluse dans la mesure de la couleur, en
remplaçant le piège à lumière par une surface blanche, la méthode est appelée Réflexion Spéculaire Incluse
(SCI - Specular Component Included).
Dans le mode SCE, la réflexion spéculaire est Dans le mode SCI, la réflexion spéculaire est
exclue de la mesure et seule la réflexion diffuse incluse dans la mesure en plus de la réflexion
est mesurée. Ceci donne une évaluation de la diffuse. Cette configuration évalue la couleur
couleur de l’objet telle que la voit un observateur ; globale de l’objet et est indépendante de son état
cette mesure est dépendante de l’état de surface. de surface.
Les systèmes de type 45°:0° et 0°:45° produisent
un résultat similaire au mode SCE car par
construction, l’instrument ne peut pas recevoir la
réflexion spéculaire.

Le mode SCE permet de contrôler les Le mode SCI est utile lorsque des éléments
productions en accord avec l‘observation colorés requièrent la rectification de la
visuelle. coloration, avec ou sans système de formulation.

Cette méthode n’utilise pas de piège


Cette méthode utilise un piège à lumière : la réflexion spéculaire est
à lumière : la réflexion incluse dans la mesure.
spéculaire n’est pas mesurée.

41
Géométries recommandées pour mesurer en réflexion.
En général, le positionnement sous lequel nous regardons un objet peut le rendre plus ou moins clair. Ceci est dû
aux caractéristiques directionnelles du matériau dont est fait l’objet ; cet effet est particulièrement marqué pour les
objets translucides ou métallisés/nacrés. Pour une communication précise des couleurs et obtenir des mesures
reproductibles, il est impératif de fixer les conditions d’éclairage et d’analyse du rayonnement réfléchi par l’objet.

Géométries de mesure
La couleur d’un objet varie en fonction des conditions d’angle sous lequel il est éclairé et d’angle sous lequel
il est observé. Lorsqu’un appareil mesure la couleur d’un objet, les conditions, notamment l’angle d’incidence
d’un faisceau de lumière provenant d’une source sur l’objet et l’angle de réception de la lumière par un
détecteur, sont appelées Géométrie de Mesure et sont définies par la CIE et le JIS.

Géométrie à éclairage dirigé Géométrie à sphère d’intégration


Cette géométrie éclaire dans une direction. Avec une Cette géométrie utilise une sphère d’intégration pour
géométrie 45°:n (45°:0°), la surface de l’échantillon éclairer ou observer l’objet de manière uniforme dans
est éclairée sous un angle de 45° par rapport à la toutes les directions. (Une sphère d’intégration est
normale et la lumière réfléchie est reçue dans la un dispositif sphérique dont les surfaces internes
direction normale (à 0° de la surface). Avec une sont revêtues d’un matériau blanc diffusant tel que
géométrie inversée n:45° (0°:45°), la surface de le sulfate de baryum ; la lumière est réfléchie par
l’échantillon est éclairée à partir de la direction les parois uniformément dans toutes les directions).
de la normale (à 0° de la surface) et la lumière Un instrument avec une géométrie optique d:n
est reçue sous un angle de 45° par rapport à la (de:8°), D:n (di:8°) éclaire l’objet de manière diffuse
normale. Trois types d’éclairage sont disponibles et détecte la lumière à 8° par rapport à la normale.
pour la géométrie à éclairage dirigée 45°:n : 45°a:0°, Un instrument avec une géométrie optique inversée
l’éclairage est annulaire (en forme d’anneau continu) n:d (8°:de), n:D (8°:di) illumine l’échantillon à 8° par
avec des sources lumineuses positionnées en rapport à la normale et collecte la lumière réfléchie
cercle de manière continue ; 45°c:0°, l’éclairage et diffusée par les parois de la sphère. (La lumière
est circonférentiel avec des sources lumineuses réfléchie à +/- 5 degrés de l’angle spéculaire peut
positionnées en cercle de manière discontinue ; être incluse ou exclue du détecteur à l’aide de la
45°x:0°, l’éclairage est unidirectionnel. fonction SCI/SCE).
Figure 21 : Géométries de mesure

Condition I (45º:n) [45º:0º] Condition II (n:45º) [0º:45º] Condition III (d:n) [de:8º] Condition IV (n:d) [8º:de]
Détecteur Source
Source lumineuse
Détecteur lumineuse Piège à
r=0˚ r=0˚ Piège à
lumière r=8˚ r=8˚ lumière
Source
Sphère d’intégration

Sphère d’intégration

lumineuse 5˚ i=4 Source


i=4 5˚ lumineuse
Détecteur

Détecteur

Objet Objet Objet Objet

Divers types de 45°:0° (position de la source) Condition V (D:n) [di:8º] Condition VI (n:D) [8º:di]
Source
Éclairage annulaire Éclairage unidirectionnel Détecteur lumineuse
(45ºa:0º) (45ºx:0º) Source
r=8˚ r=8˚
Sphère d’intégration
Sphère d’intégration

lumineuse

Détecteur

Éclairage circulaire (45ºc:0º)

Objet Objet

42
Les spectrophotomètres apportent des
solutions à tous ces problèmes.
Les spectrophotomètres offrent un large éventail de fonctionnalités et une précision supérieure, de sorte
qu’ils peuvent exprimer les couleurs numériquement et afficher des graphiques de type courbe spectrale.
En utilisant les données mémorisées pour de nombreuses conditions d’éclairage, les spectrophotomètres
permettent de résoudre divers problèmes qui ne pourraient être résolus avec des colorimètres à filtres,
notamment les propriétés de rendu des couleurs (différences de couleur apparente causées par la source
lumineuse), le métamérisme et les différences d’état de surface.

Principales caractéristiques et fonctions des spectrophotomètres

Communication des Illustration du spectrophotomètre


Konica Minolta CM-700d
Mémorisation des données
données
La communication des
données s’effectue
Les données sont
par USB ou Bluetooth
automatiquement
pour transférer les Graphique de type
enregistrées après
données ou contrôler le
chaque mesure. courbe spectrale
spectrophotomètre.
Illuminants
Les courbes spectrales des
Les données de nombreux mesures sont affichables.
illuminants CIE sont
enregistrées en mémoire
pour permettre de calculer
les résultats des mesures
pour diverses conditions Observateur
d’éclairage. constant

La sensibilité du capteur
spectral est constante,
Élimination de quelle que soit l’opérateur.
l’effet de surface Pour le calcul des
données colorimétriques,
et de contraste l’instrument possède
en mémoire les
Contrairement à caractéristiques de
l’œil humain, le réponse spectrale des
spectrophotomètre Observateurs Standards
ne mesure que l’objet CIE.
sans tenir compte ni
de sa taille ni de son
environnement. Mesure de l’écart
de couleur

La différence de couleur par


rapport à une couleur cible
Angles d’éclairage/ peut être mesurée et affichée
de mesure constants instantanément sous forme
numérique ou graphique.
La géométrie source
Expression multiple
/ détecteur est fixe et
conforme à la CIE afin Capteur spectral des résultats
d’effectuer les mesures
dans des conditions Les résultats des mesures
Le capteur spectral se
constantes. peuvent être affichés
compose de nombreux
numériquement dans de
segments pour analyser
nombreux espaces de
avec précision la lumière à
couleur, notamment Yxy,
chaque longueur d’onde.
L*a*b*, Hunter Lab, etc.

43
Comprendre les caractéristiques importantes
Comment choisir l’instrument de mesure des couleurs le mieux adapté à l’application parmi la liste des
appareils disponibles ?
Les caractéristiques clés dépendent de l’application et de l’utilisation que chacun fera de l’instrument. Par
exemple, si l’instrument doit souvent être transporté pour prendre des mesures sur le terrain ou s’il sert à
mesurer de grandes pièces, les rubriques « Dimensions » et « Poids » du tableau des caractéristiques du
catalogue deviennent importantes, et il peut être préférable de choisir un instrument portable, petit et léger.
Autre exemple, si plusieurs appareils sont implantés dans différentes usines, il est important de prêter attention
à la caractéristique « accord inter-instrument » et de choisir un modèle avec un accord inter-instrument faible
pour obtenir une meilleure cohérence des résultats entre les usines.
Lorsque vous choisissez un instrument de mesure des couleurs, comment devez-vous lire et interpréter le
tableau des caractéristiques du catalogue ? Que veulent dire « Mi-largeur de bande » ou « Répétabilité » ?
Ce chapitre présente certains des éléments importants qui peuvent être trouvés dans le tableau des
caractéristiques techniques.
Pour plus de détails sur les rubriques avec une bulle de légende, veuillez consulter les pages qui suivent.

Modèle CM-700d CM-600d


À propos de la Éclairage diffus, angle de visée à 8°, réflexion spéculaire incluse SCI (di:8°), réflexion
« Géométrie de Système d’éclairage/ spéculaire exclue SCE (de:8°) ou simultanée automatique SCI/SCE (conforme aux
mesure ». observation recommandations et normes CIE No. 15, ISO 7724/1, DIN5033 Partie 7, ASTM E 1164, et
JIS Z 8722)
Sphère d’intégration ø40 mm
Détecteur Double barrette de photodiodes au silicium (2x 36 éléments)
À propos de Séparation spectrale Réseau de diffraction
la « Gamme Gamme spectrale 400 nm to 700 nm
spectrale » Résolution spectrale 10 nm
Mi-largeur de bande Environ 10 nm
Gamme photométrique 0 à 175%, Résolution d’affichage : 0.01%
Qu’est-ce que Source lumineuse Lampe au xénon pulsée (avec filtre UV)
Temps de mesure Environ 1 seconde
la « Résolution
Intervalle mini entre
spectrale » et la Environ 2 secondes (en mode SCI ou SCE)
deux mesures
« Mi-largeur de Autonomie de la Avec piles alcalines sèches : Environ 2 000 mesures
bande » ? batterie * Mesures effectuées à intervalles de 10 secondes en SCI ou SCE à 23°C.
MAV : ø8 mm/ ø11 mm SAV : ø3 mm/ ø6 mm MAV : ø8 mm/ ø11 mm
Zone de mesure/ * Interchangeable par remplacement du
éclairage masque et sélection du positionnement de
Qu’est-ce que la la lentille.
« Répétabilité » ? Répétabilité
Réflectance spectrale : Écart-type inférieur à 0.1%. Chromaticité : Écart-type inférieur à ∆E*ab 0,04
(Après avoir calibré l’appareil, 30 mesures de la céramique blanche à intervalles de 10 secondes)
∆E*ab inférieur à 0.2 (MAV/SCI)
Accord inter-instrument * Détermination à l’aide de 12 céramiques de couleur BCRA Série II et comparaison avec les
Qu’est-ce que valeurs mesurées avec l’instrument étalon, à 23°C
Nombre d’analyses
l’« accord inter-
lors de mesures 1 à 10 (moyennage automatique), 1 à 30 (moyennage manuel)
instrument » ? moyennées
Afficheur Écran TFT couleur LCD, 6 cm (2.36 pouces)
Interface USB1.1 ; norme Bluetooth® version 2.1+EDR*
Observateur 2° (CIE 1931) ou 10° (CIE 1964)
A, C, D50, D65, F2, F6, F7, F8, F10, F11, F12 (évaluation possible sous 2 illuminants
Illuminant
simultanément)
Valeurs spectrales, courbe spectrale ; valeurs colorimétriques ; écarts colorimétriques ;
Données affichées graphique d’écarts ; message d’acceptation/rejet ; vignette pseudo-couleur ; message de
tendance colorée
Données
L*a*b*, L*C*h, Hunter Lab, Yxy, XYZ, et expression des écarts dans ces espaces, Munsell
colorimétriques
MI, WI(ASTM E313-73/E313-96), YI(ASTM E313-73/ASTM D1925), ISO Brightness
Indices
(blancheur ISO), brillance à 8
Espaces
ΔE*ab (CIE 1976), ΔE*94 (CIE 1994), ΔE00 (CIE DE2000), CMC (l: c), Hunter ΔE
colorimétriques
Capacité de
4 000 échantillons, 1000 références
mémorisation
Tolérances pour
Les tolérances sont applicables aux données d’écarts colorimétriques, écarts globaux, et aux indices
évaluation
Adaptateur secteur ; 4 piles alcalines sèches AA ; 4 batteries à hydrure métallique de nickel
Alimentation
rechargeables
À propos des Dimensions (L x H x P) 73 x 211.5 x 107 mm
« Dimensions » et Poids Environ 550 g (sans étalon blanc ni les piles)
du « Poids ». Conditions d’utilisation 5 à 40°C ; moins de 80% d’humidité relative sans condensation
Conditions de stockage 0 à 45°C ; moins de 80% d’humidité relative sans condensation

44
Système d’éclairage/ observation
Afin de mesurer la couleur, l’objet doit être éclairé par de la lumière puis la lumière réfléchie par l’objet
doit être mesurée. C’est pourquoi les instruments de mesure des couleurs intègrent une source lumineuse
et un capteur qui convertit la lumière réfléchie en un signal électrique.
Il existe différentes géométries normalisées pour éclairer l’objet puis enregistrer avec des capteurs la
lumière réfléchie, les valeurs mesurées variant selon la disposition spatiale de la source lumineuse et des
détecteurs. Quelques exemples de géométries impactant les résultats : l’éclairage de l’objet depuis une ou
plusieurs directions, l’inclusion ou l’exclusion de la réflexion spéculaire, etc.
Les valeurs mesurées étant très différentes selon la géométrie, il est nécessaire de soigneusement
choisir la géométrie en fonction du type et de la forme de l’objet à mesurer, ainsi que de l’application et de
l’objectif à atteindre. Pour plus de détails, veuillez consulter la page 42 < Géométries de mesure > et la
page 41 < Mode Réflexion Spéculaire Incluse (SCI) et mode Réflexion Spéculaire Exclue (SCE) >.

Dimensions et poids
Pour un instrument de mesure des couleurs portable, être compact et léger est évidemment pratique.
Non seulement l’instrument est plus facile à transporter, mais il réduit aussi considérablement le degré de
fatigue lors de mesures répétitives.
Cependant, si l’affichage et les boutons de commande sont trop petits, l’instrument sera difficile à utiliser :
il convient donc de trouver le juste équilibre entre l’encombrement et le caractère opérationnel de la
solution. En plus de la taille, il faut également tenir compte de l’ergonomie : la facilité de prise en main, le
confort de la zone de préhension, l’endroit où les doigts tombent, etc. Et le centre de gravité est également
important, car si l’équilibre est mauvais, le positionnement de l’instrument sera difficile, variera, ce qui
réduira la stabilité de la mesure, et augmentera le degré de fatigue.

Même pour les instruments de table, l’encombrement et le poids sont des éléments majeurs. Ces
instruments de table sont souvent installés dans le laboratoire près d’autres dispositifs qui déterminent
d’autres propriétés ; lorsque de nombreux appareils prennent place côte-à-côte sur une même paillasse,
le fait d’avoir un encombrement réduit facilite l’installation. En outre, il est plus avantageux d’être léger si
l’instrument doit être déplacé.

45
Gamme spectrale

La gamme spectrale représente la plage de longueurs d’onde que l’appareil mesure. Généralement les
spectrophotomètres mesurent sur la plage de longueurs d’onde de 400 nm à 700 nm ou la plage de 360
nm à 740 nm (parfois 780 nm). La différence entre ces deux plages n’affecte généralement pas beaucoup
les valeurs de couleur mesurées.

Mais parfois, pour la mesure de couleur de certains sujets, l’utilisation de la plage 360 nm - 740 nm
fournit de précieuses informations supplémentaires. Cela est particulièrement vrai pour les produits qui
contiennent des azurants optiques (FWA) qui absorbent l’énergie lumineuse UV (énergie lumineuse
ultraviolette émise en dessous de 400 nm), et la restitue sous forme de fluorescence en la réémettant
à des longueurs d’onde comprises entre 420 nm et 470 nm (région des bleus). Les papiers blancs
contiennent souvent des azurants optiques afin de les rendre « plus blancs », d’où l’importance de tenir
compte de la fluorescence générée par ces FWA lors de la mesure des papiers, des pâtes à papier ou
des matériaux imprimés. La plupart de nos instruments ayant une plage de mesure de 360 nm à 740
nm ont également une fonction de calibrage des UV, fonction qui ajuste l’émission UV de la source
lumineuse à une condition standard (généralement, l’illuminant standard D65), ou qui exclut entièrement la
fluorescence par suppression de l’émission UV.

Répartition énergétique de l’illuminant


2
1.8
Courbe spectrale 1.6 D50
D65
du support naturel 1.4
Intensité

1.2
1
0.8
380 nm 780 nm
0.6
0.4
0.2

300 320 340 360 380 400 420 440 460 480 500
Longueur d’onde (nm)

Avec ajout
d’azurant optique
Réflectance (%)
(les courbes UV 100% et UV ajustés incluent les effets de la fluorescence)

380 nm 780 nm 110

100

80
Figure 22 -(1) : Fluorescence due aux azurants
60 UV 100%
UV calibré
40 UV 0% (sans UV)
20

0
400 500 600 700
Longueur d’onde (nm)

Figure 22 -(2) : Courbes spectrales - Variation


de l’émission UV et impact sur la fluorescence

46
Résolution spectrale et mi-largeur de bande

L’intervalle ou le pas de longueur d’onde de mesure encore appelé résolution spectrale est une valeur indiquant
avec quelle finesse en longueur d’onde un spectrophotomètre détermine les facteurs de réflection : tous les
10 nm, tous les 20 nm par exemple. Plus l’intervalle est réduit, plus les données spectrophotométriques sont
nombreuses. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement que diminuer l’intervalle de longueur d’onde est
mieux. En colorimétrie de surface (domaine des objets qui n’émettent pas de lumière), les caractéristiques
spectrales des objets ne sont pas discontinues et sont sans réel pic de réémission : un pas de longueur d’onde
de mesure de 10 nm est suffisant ; un pas plus réduit n’apporte aucune information complémentaire.
Un spectrophotomètre possède des capteurs qui détectent la Figure 23 : Qu’est-ce que la demi-bande
lumière à des longueurs d’onde spécifiques ; chaque capteur passante ?
n’est pas sensible à une seule et unique longueur d’onde,
Crête
mais à une mini plage de longueurs d’onde comme le montre

Sensibilité du détecteur
la figure 23. La bande passante à mi-hauteur encore appelée
mi-largeur de bande est la largeur de la courbe de sensibilité
*
du capteur à une longueur d’onde spécifique où la sensibilité
Demi
du capteur est égale à la moitié de sa valeur crête : c’est bande
une valeur qui montre de combien la sensibilité du capteur
passante *
s’étend en longueur d’onde. La mini plage en longueur d’onde
entre les deux points de la bande passante à mi-hauteur est 535 540 545
Pas de longueur d’onde (nm)
considérée comme la zone couverte par le capteur.
Si la bande passante à mi-hauteur du capteur est importante, la mini plage en longueurs d’onde est large,
de sorte que le résultat de la mesure obtenu sera une courbe spectrale émoussée. Afin de mesurer avec
précision les caractéristiques spectrales, il est nécessaire de réduire la bande passante à mi-hauteur. En
d’autres termes, la mi-largeur de bande d’un spectrophotomètre caractérise sa « capacité à mesurer la lumière
monochromatique ».
La figure 24 est une représentation schématique de cette
caractéristique. Les valeurs mesurées à 540 nm et 550 nm Figure 24 : Relation entre demi-bande passante
avec un instrument dont le pas de longueur d’onde est 10 et pas de longueur d’onde
nm et sa mi-largeur de bande est 10 nm ont été obtenues en
relevant les informations sur les plages de longueurs d’onde
respectivement de 535 nm à 545 nm et de 545 nm à 555 nm.
Demi bande passante = Pas de longueur d’onde
Pas de longueur
Les valeurs mesurées à 540 nm et 550 nm avec un d’onde
10 nm
instrument dont le pas de longueur d’onde est 10 nm et
sa mi-largeur de bande est 20 nm ont été obtenues en
relevant les informations sur les plages de longueurs d’onde
Demi bande
passante
10 nm
respectivement de 530 nm à 550 nm et de 540 nm à 560 nm.
Les plages se chevauchant, cela signifie que les mesures 540 550 560
Pas de longueur d’onde (nm)
incluent également les zones couvertes par le capteur
adjacent, conduisant à des résultats de mesure ayant une Demi bande passante > Pas de longueur d’onde

courbe spectrale émoussée. Pas de longueur


d’onde
En général, réduire la largeur de la bande passante à mi-
10 nm

hauteur améliore la précision de la mesure, mais entraîne


alors une détérioration du rapport signal sur bruit (S / N) Demi bande
car la quantité de lumière atteignant la surface du capteur
passante
20 nm

diminue. Il ne suffit donc pas de réduire simplement la bande 540 550 560
passante à mi-hauteur pour obtenir la meilleure qualité Pas de longueur d’onde (nm)

d’information.
Il est reconnu que le pas de longueur d’onde et la bande
passante à mi-hauteur soient presque identiques.

47
Répétabilité

La répétabilité est une expression de la dispersion des résultats lors de mesures répétées d’un objet dans
les mêmes conditions. Plus la valeur de répétabilité est petite, plus la fiabilité du résultat des mesures est
élevée. Lorsque la valeur de répétabilité est grande, il est nécessaire de répéter la mesure plusieurs fois
afin d’obtenir une valeur de mesure moyenne fiable.

Des quantités physiques simples comme la « longueur », le « poids » peuvent être mesurées par un
mécanisme simple, de sorte que les erreurs de mesure sont faibles. Cependant, comme la mesure de la
« couleur » implique un mécanisme plus compliqué, de nombreux facteurs peuvent générer des erreurs.

Ainsi, les erreurs de mesure inhérentes à l’instrument (après exclusion de divers facteurs d’erreur) sont
répertoriées dans les caractéristiques des catalogues. Premièrement, après avoir effectué le calibrage
du blanc de l’instrument, sa plaque de calibrage est mesurée de manière répétée et sans mouvement
à des intervalles spécifiques (par exemple, 30 fois à des intervalles de 10 secondes) ; l’écart type des
valeurs mesurées est ensuite calculé. Afin d’éliminer les différents facteurs d’erreur qui peuvent être
générés au moment de la mesure, la mesure est répétée automatiquement sans toucher l’instrument. Les
erreurs résiduelles sont donc des erreurs de mesure inhérentes à l’instrument ; la supériorité et l’infériorité
entre les modèles se produiront en raison de la méthode de conception des circuits, du dégagement
de chaleur de la lampe, etc. En particulier, la chaleur dégagée par la source lumineuse est un facteur
impactant beaucoup la répétabilité. Les instruments possédant par exemple des lampes halogènes ont
généralement une valeur de répétabilité importante.

D’autre part, la répétabilité lors de la mesure d’objets réels comprend divers facteurs d’erreur et devient
plus élevée. C’est cette répétabilité appelée alors reproductibilité car caractéristique de l’objet qui devient
un problème dans l’utilisation pratique. En particulier, elle s’élève pour des échantillons dont la couleur
n’est pas uniforme ou pour les échantillons tridimensionnels ; il est possible de réduire les erreurs et
d’améliorer la reproductibilité en concevant un instrument tenant compte de ces éléments.

Voyons quels types de facteurs d’erreur existent et comment ils sont minimisés au moment de la
conception.

① Erreur engendrée par le positionnement

Pour un échantillon dont la couleur n’est pas uniforme sur toute la surface, si la zone à mesurer varie
même légèrement, la valeur mesurée changera et la répétabilité sera mauvaise.
Par conséquent, en concevant l’instrument de manière à ce que le pointage de la zone à mesurer soit
facile à vérifier, son positionnement sera répétable.
Pour un échantillon présentant une grande hétérogénéité de surface, le nombre total de mesures à
réaliser pour obtenir une moyenne convenable peut être réduit en utilisant un instrument possédant une
grande ouverture de mesure.

48
② Variation de la hauteur

Pour un échantillon tridimensionnel, une surface courbe par


exemple, si l’instrument n’est pas parfaitement perpendiculaire à
sa surface, la distance entre l’ouverture de mesure et l’échantillon
varie (variation de hauteur). Si la distance change, l’orientation
relative du système d’éclairage/observation sera modifiée et
entraînera des erreurs dans les valeurs mesurées.
En concevant l’instrument de manière à ce qu’il soit facile à tenir
Shift
et à positionner même lors de la mesure d’objets tridimensionnels,
l’inclinaison de l’instrument peut être minimisée.
De plus, si l’instrument est trop lourd, le tenir est fatiguant et le
positionner correctement devient difficile.
Il est également important de réduire l’influence de la fluctuation en
optimisant le système optique d’illumination/observation.

③ Erreur engendrée par la rotation

Selon l’instrument, la valeur mesurée peut varier en


L* 60 L* 62
fonction de l’orientation de l’instrument, comme le a* -44 a* -43
montre la figure (erreur de rotation). Cela se produit b* 7 b* 7
lors de la mesure d’un échantillon présentant une
irrégularité de surface et en utilisant un instrument
dont la distribution de l’éclairage de sa source
lumineuse n’est pas uniforme. Cela peut également
être dû au chemin optique qui conduit la lumière
réfléchie par l’échantillon vers les capteurs. Un tel
instrument est difficile à utiliser car il est nécessaire
de parfaitement contrôler son orientation afin de
mesurer avec une bonne stabilité.

Lorsque vous comparez la répétabilité de plusieurs appareils, ne comparez pas simplement les caractéristiques
figurant dans les brochures : la définition de la caractéristique « répétabilité » diffère selon les fabricants, et bien
que dans certains cas elle soit à peu près la même que la capacité de l’instrument pour les mesures réelles, il y
a des cas où la valeur inscrite est beaucoup plus grande que les capacités réelles. Il est donc recommandé de
tester les appareils avec vos propres mains sur vos produits.

49
Accord inter-instrument

L’accord inter-instrument est l’expression de la légère erreur de mesure qui se produit entre les
instruments lorsqu’on mesure un même échantillon dans les mêmes conditions avec plusieurs unités du
même modèle d’instrument. Il s’agit d’une erreur causée par de légères variations dans les dimensions,
les performances des composants du système optique et des pièces électroniques qui sont utilisés lors de
la fabrication en série des instruments.

Dans la liste des caractéristiques inscrites sur la brochure, l’erreur inhérente de l’instrument (excluant
l’influence de la température et divers autres facteurs d’erreur de mesure) est indiquée dans la section
relative à la répétabilité. Dans le cas des instruments Konica Minolta, elle est déterminée selon des
critères bien précis : pièce à température contrôlée, calibrage du blanc, puis mesure des céramiques
colorées BCRA à l’aide d’un dispositif qui maintient la position constante. Il s’agit de l’accord inter-
instrument inhérent à l’instrument. Il peut être grand ou petit selon les fabricants et les modèles, mais il
peut être réduit en faisant preuve d’ingéniosité dans les méthodes de conception et de fabrication.

① L’ingéniosité du design
Bien qu’il soit concevable de spécifier des tolérances dimensionnelles hyper réduites des pièces optiques,
l’impact économique sur le coût de fabrication n’est pas négligeable. Au lieu de cela, nous concevons des
systèmes optiques de manière à ce que les erreurs dimensionnelles des pièces n’engendrent pas d’erreurs
telles que la déviation de la longueur d’onde. En outre, les circuits électroniques comprennent également
des facteurs qui peuvent impacter les mesures : c’est pourquoi nous concevons des circuits pour alimenter
de manière stable la source lumineuse, des circuits qui convertissent la lumière reçue par le capteur en
signaux électriques sans distorsion, etc.

② L’ingéniosité manufacturière
Comme nous fabriquons les pièces optiques en grandes quantités pour produire des instruments en
série, nous les vérifions toutes et pouvons choisir des combinaisons de pièces qui mutuellement annulent
les erreurs respectives. De plus, en corrigeant l’instrument une fois celui-ci assemblé, nous pouvons
améliorer l’accord inter-instrument.

Même si l’accord inter-instrument est amélioré par une telle ingéniosité, les valeurs mesurées peuvent
toujours s’écarter en raison de divers facteurs externes à l’appareil. Veuillez prendre les mesures de
manière aussi constante que possible afin que les résultats ne soient pas perturbés par les inégalités de
surface, etc. et dans un environnement le plus stable possible.

50
Les valeurs mesurées avec un modèle ayant une faible valeur d’accord inter-instrument seront plus
fiables, vous pouvez donc utiliser les valeurs mesurées pour communiquer des informations sur les
couleurs à des parties distantes via Internet, etc. et qui utilisent le même modèle. En d’autres termes,
l’information sur les couleurs peut être transmise en envoyant des valeurs de mesure sans envoyer les
échantillons réels.
En revanche, lorsqu’une gestion stricte des couleurs sera effectuée pour le contrôle avant expédition,
etc., l’accord inter-instrument ne doit pas être ignoré, sauf s’il est très faible. Plus précisément, n’utilisez
pas les valeurs de référence obtenues par un autre instrument lors du calcul de la différence de couleur.
En cas d’utilisation, l’erreur due à l’accord inter-instrument n’impactera que les données mesurées de
l’échantillon, et la différence de couleur correcte ne sera pas exacte. En outre, les résultats peuvent être
en désaccord avec l’évaluation visuelle. Dans ce cas, afin d’effectuer une gestion précise des couleurs, la
couleur référence et l’échantillon à comparer doivent être mesurés avec le même instrument.

Beep

Pi

51
Mesurons des couleurs spéciales

Teintes métallisées et nacrées Figure 25 :


Beaucoup de revêtements, notamment dans le Angle d’incidence Lumière spéculaire
secteur automobile, utilisent une combinaison de réfléchie par la
particules métalliques et de colorants pour obtenir Lumière surface peinte
un effet particulier. Dans une couche contenant des diffuse
Lumière spéculaire
particules métalliques, la lumière est réfléchie par réfléchie par la
ces particules sous plusieurs angles car l’orientation surface des particules
des paillettes de métal dans cette couche n’est
pas parfaitement identique pour toutes. La figure
25 illustre comment la réflexion spéculaire et la
réflexion diffuse interagissent avec la lumière
réfléchie par les particules métalliques. Puisque
l’angle de réflexion de la lumière par les particules
métalliques est différent de l’angle de la réflexion Lumière spéculaire réfléchie
par la surface des particules
diffuse, la sensation visuelle varie avec l’angle
d’observation. À un angle proche de la réflexion
spéculaire, la « brillance » (face) de la couleur
(l’effet étincelant) - très sensible aux particules
métalliques - est observée. À un angle pour lequel
les particules métalliques n’agissent pas, la nuance
(flop) est observée. Il est recommandé de mesurer
et contrôler ces teintes avec un spectrophotomètre
qui mesure la couleur sous plusieurs angles
(appareil multi-angle). L’indice de flop qualifie le
changement de luminance d’une teinte métallisée Particules métalliques
lorsqu’elle est vue sous plusieurs angles.

Teintes fluorescentes
Lorsque vous regardez une teinte fluorescente,
elle est éclatante et semble émettre de la lumière
bien que ce ne soit pas une source de lumière.
Lorsqu’une source lumineuse éclaire un matériau
fluorescent, le rayonnement incident est absorbé 360 nm 460 nm
à certaines longueurs d’onde, puis est réémis
à d’autres longueurs d’onde, habituellement
supérieures. Comme il a déjà été expliqué Lumière
Lumière
réfléchie
auparavant, la lumière visible correspond aux incidente
radiations électromagnétiques comprises entre
380 nm et 780 nm. Si, par exemple, la radiation
incidente à 360 nm est réémise à 460 nm, le facteur Objet fluorescent
de réflexion mesuré à 460 nm peut excéder 100% :
la quantité de lumière visible étant supérieure à la
quantité attendue, l’œil humain a la sensation que la
teinte émet de la lumière.

52
Pour la mesure d’un objet non-fluorescent, l’élément dispersif de la lumière – le monochromateur - peut être
placé soit entre la source et l’objet (l’objet est alors éclairé en lumière monochromatique), soit être placé
entre l’objet et le détecteur (l’objet est alors éclairé en lumière blanche). En revanche, pour la mesure d’un
objet fluorescent (objet contenant des azurants optiques), il est impératif que l’élément dispersif soit placé
entre l’objet et le détecteur, afin que l’objet soit éclairé en lumière blanche (il est alors éclairé simultanément
par toutes les radiations de la source lumineuse). Lors de la mesure de matériaux fluorescents, la répartition
spectrale de l’énergie émise par la source, y compris dans le domaine ultraviolet, doit être contrôlée.

Lumière noire
et matériaux fluorescents
Vous est-il déjà arrivé d’être dans une pièce où les
couleurs sont très lumineuses ? Où les chemises
blanches, les chaussettes ou encore les affiches sur les
murs semblent flamboyer et briller intensément alors que
la pièce est dans la pénombre, uniquement éclairée par
une lumière bleue-violette ?
En fait, cette pièce est éclairée par une source appelée
« lumière noire » ou lampe de Wood. La lumière noire
est un éclairage utilisant des longueurs d’ondes situées
pour la plupart en dehors de la région visible du spectre. Courbe spectrale de l’écru

Elle a été utilisée pour éclairer des puzzles ou des


du vêtement blanc

minéraux fluorescents. Cette lumière noire n’émet qu’un 380 nm 780 nm

rayonnement ultraviolet. Un élément fluorescent, qui a


la particularité d’absorber l’énergie ultraviolette et de
la réémettre dans le domaine du visible, a été ajouté Écru avec ajout d’un

à l’objet : uniquement éclairés par la lumière noire, azurant optique

les matériaux qui contiennent un élément fluorescent 380 nm 780 nm

semblent flamboyer dans la pénombre.


Retour à l’écru d’origine après
Un objet apparait blanc lorsque ses facteurs de réflexion lavage avec un détergent sans
sont proches de 100% pour toutes les longueurs d’ondes azurant optique
380 nm 780 nm
du domaine visible. Cependant, si ses facteurs sont un
peu plus faibles pour les longueurs d’ondes des bleus,
il apparait jaunâtre. Dans ce cas, un additif fluorescent
Blanchi après lavage avec
appelé azurant optique est ajouté pour contrecarrer un détergent contenant un
cet effet. Cette matière fluorescente absorbe l’énergie azurant optique

ultraviolette de la lampe et la réémet aux longueurs d'onde


380 nm 780 nm

des bleus : les facteurs de réflexion dans ce domaine sont


augmentés par cette réémission, donnant l’impression que
l’objet est blanc, ou plus blanc. C’est ainsi qu’une chemise
blanche semble lumineuse lorsqu’elle est éclairée par
une lumière noire et très blanche à la lumière du jour.
Lorsqu’un vêtement blanc est lavé à plusieurs reprises,
il semble devenir jaunâtre : ce n’est pas parce qu’il est
tâché de jaune, mais simplement qu’il ne contient plus de
matière fluorescente partie lors des multiples lavages, la
couleur d’origine du vêtement réapparaît. Pour retrouver
la blancheur d’origine, il est fréquent de laver ce type
de vêtement avec une lessive contenant des azurants
optiques, lessive appelée « spécial blanc ».

53
Notes concernant les
objets mesurés et leur environnement
Mesure des poudres et des agrégats Influence de la température

Lors de la mesure de la couleur d’une poudre, le Parfois, lorsque la température d’un objet change,
résultat de la mesure dépend de la densité de la sa couleur change également. Ce phénomène est
poudre et de l’état de surface. Afin de minimiser appelé thermochromisme.
les erreurs, un protocole est à établir, tel que le Pour déterminer la couleur d’un objet avec
placement d’une quantité fixe de poudre dans un précision qu’il soit sujet au thermochromisme ou
récipient de forme définie, tout en conservant la non, la mesure doit être effectuée dans une pièce
même qualité de surface par pressage contrôlé. Si à température fixe ; l’objet doit lui aussi être à la
la taille des grains est importante (agrégat), il est température de la pièce.
recommandé d’utiliser un appareil dont l’ouverture
de mesure est grande, de sorte que la surface
mesurée soit moyennée et qu’une valeur la plus Influence de la température sur la couleur des
répétable possible soit obtenue. céramiques BCRA en termes d’écarts ΔE∗ab.
(Augmentation de 10° de la température de la
pièce - Selon les conditions de test de Konica
Mesure d’objets à surface texturée Minolta).
ou avec des motifs

Lorsqu’un objet à surface structurée ou avec des


ΔE∗ab
Blanc 0.01
motifs est mesuré, les valeurs varient en fonction
Gris pâle 0.02
de l’emplacement de la zone mesurée. Il est
Gris moyen 0.05
recommandé d’effectuer les mesures avec la plus
Gris dif 0.05
grande ouverture possible de sorte que la surface
Gris foncé 0.05
mesurée soit moyennée, ou à l’opposé de mesurer
Rose foncé 0.60
à des endroits prédéterminés avec une petite
Orange 1.52
ouverture de mesure, puis de moyenner
Rouge 1.32
les valeurs.
Jaune 0.92
Vert 0.92
Vert dif 0.91
Mesure d’objets semi-opaques Cyan 0.46
Bleu foncé 0.17
Un objet semi-opaque tel qu’une feuille de papier
Noir 0.02
n’est pas suffisamment transparent pour être
mesuré en mode transmission. Pour par exemple
mesurer la couleur d’une feuille de papier en mode
réflexion, un protocole est à établir : augmenter
l’épaisseur en multipliant le nombre de feuilles
empilées ou placer un fond constant en contact
avec la feuille ; dans ce cas, les résultats sont liés
à la couleur du fond. Pour minimiser l’influence de
la couleur du fond, il est préférable qu’elle soit noire
avec une faible réflexion.

54
PARTIE III

Formule de différence
de couleur CIE 2000 (ΔE00)
Les colorimètres nous permettent de communiquer avec
précision les couleurs et les différences de couleur à l’aide
de données numériques. Mais parfois, il arrive que les
résultats de l’inspection visuelle ne correspondent pas aux
résultats obtenus avec les appareils. Pourquoi ? Existe‑t‑il
un moyen de résoudre ce problème ? Oui, il y en a un.
C’est la formule de différence de couleur « CIE DE2000 »
qui est expliquée dans cette section.

55
Les problèmes rencontrés avec l’espace couleur L∗a∗b∗ (CIELAB)
L’espace couleur L*a*b* (CIELAB) représente les couleurs en utilisant des coordonnées dans un espace
uniforme composé de la variable de Luminance (clarté) L* et des indices de chromaticité a* et b*. Bien
que la formule de calcul soit basée sur les critères de la perception visuelle de l’œil humain, il y a parfois
divergence entre la différence de couleur ΔE*ab et l’évaluation visuelle. La raison en est que le seuil de
discrimination des couleurs de l’œil humain diffère considérablement de la gamme des différences de
couleurs ΔE*ab et Δa*b* définies par CIELAB.

Seuil de discrimination de la couleur de l’œil humain


L’œil humain ne peut pas différencier certaines couleurs. La zone représentative de ces couleurs est
appelée seuil de discrimination des couleurs de l’œil humain.

La figure de droite est un extrait du plan de


chromaticité a*b* représentatif de l’espace couleur
L*a*b*. Sur ce diagramme, les ellipses blanches
représentent les seuils de discrimination des couleurs
de l’œil humain. En d’autres termes, l’œil humain ne
peut pas différencier des couleurs situées à l’intérieur
d’une même ellipse. Évaluation selon Δa∗b∗ Évaluation selon ΔE∗ab
Un examen attentif de ces ellipses blanches montre
les quatre caractéristiques suivantes de la capacité
de différenciation des couleurs de l’œil humain sur le
diagramme L*a*b* : Jaune
1) Pour les couleurs à forte saturation, la sensibilité Seuil de discrimination +b∗
de l’œil humain
aux différences de couleur est faible. Par conséquent,
ces couleurs sont difficiles à différencier (la
dépendance à la saturation est élevée).
Pour les couleurs à faible saturation, la forme des
+b∗
ellipses devient proche d’un cercle ; pour les couleurs
à forte saturation, la forme des ellipses s’allonge dans
le sens de la saturation et se rétrécit dans le sens de
la teinte ; cela signifie que l’œil humain ne peut pas
distinguer les couleurs à forte saturation, bien que leur
différence de couleur soit relativement grande.
Vert

- a∗
L’œil humain ne peut pas
différencier les couleurs à l’intérieur
de cette ellipse.

Allongée dans le sens de la Rétrécissement dans le sens


saturation (l’œil devient plus de la teinte (l’œil devient
tolérant à la saturation) sévère vis-à-vis de la teinte)
- b∗
Bleu
Note : Les figures pages 56 et 57 montrant les ellipses blanches représentatives des seuils de discrimination des couleurs


- a∗
de l’œil humain sont issues de la figure 1 extraite du document intitulé « The Development of the CIE DE2000 Colour-
Difference Formula : CIE DE2000 » écrit par M.R. Luo, G. Cui, et B. Rigg, qui est paru dans COLOR Research and
Application, No. 5 (Volume 26), page 341 publié en octobre 2001, avec la coopération et l’approbation de la revue et
des auteurs. La figure 1 de la page 341 de la revue est protégée par les droits d’auteur de John Wiley & Sons, Inc.

56
+b∗

2) La sensibilité aux différences de teintes varie


en fonction de la teinte. Regardez les ellipses
blanches A et B dans le diagramme. A est situé
autour de l’angle de teinte de 120 degrés (vert A
jaunâtre), et B est situé autour de l’angle de teinte
de 180 degrés (vert). Bien que leurs saturations Vert
soient similaires, A est plus large dans la direction B
de la teinte, et B est plus étroite. Cela signifie que - a∗
la sensibilité aux différences de teintes est plus
forte dans B que dans A.

A A

B est plus étroit


que A dans le

B
sens de la teinte
- a∗
B - b∗

- a∗
Bleu

3) La sensibilité à la différence de luminance varie


en fonction de la luminance. Malheureusement,
la luminance ne peut pas être tracée sur la
figure car elle est représentée par une ligne
normale perpendiculaire au diagramme. On dit
que la sensibilité devient maximum autour de la
luminance de 50, et qu’elle diminue ensuite pour
des luminances supérieures ou inférieures à 50.

4) Pour les couleurs bleues, la direction du seuil


de discrimination des couleurs change. La figure
montre que les grands axes des ellipses blanches Le grand axe de l’ellipse
blanche représentant le
pour les couleurs bleues ne correspondent pas
Direction de la saturation seuil de discrimination des
à la direction de la saturation. C’est cette non- couleurs de l’œil humain
concordance qui provoque des divergences -b ∗ de
n’est pas dans le sens
la saturation.
d’appréciation des écarts de couleur entre un
colorimètre et l’œil humain.
ΔE∗ab généralement utilisé pour évaluer l’écart
de couleur est représenté par un cercle parfait Évaluation selon Δa∗b∗ : Évaluation selon ΔE∗ab :
comme le montre la figure de droite. Δa∗b∗, carré
- b∗ cercle parfait
autre méthode d’évaluation couramment utilisée,
est représenté par un carré comme le montre
Jaune
cette même figure. Les deux formes diffèrent Seuil de +b∗
considérablement de la forme du seuil de discrimination de
discrimination des couleurs de l’œil humain (ellipse l’œil humain
blanche).
Les différences dans ces formes se manifestent
par des désaccords entre les résultats déterminés
par un colorimètre et l’évaluation par l’œil humain.

Vert
57

Caractéristiques de la formule de différence de couleur CIE DE2000 (ΔE00)

La formule de différence de couleur CIE DE2000 Lorsque la saturation augmente, l’ellipse


a été développée pour résoudre le problème de s’allonge dans le sens de la saturation.
divergence d’évaluation entre un colorimètre et 100=Blanc
l’œil humain, causé notamment par la différence
L∗
de forme et de taille du seuil de discrimination
des couleurs de l’œil humain.
C∗: Saturation
La formule de différence de couleur CIE DE2000
n’est pas une tentative de construire un espace
couleur dans lequel les largeurs des seuils de
discrimination de couleur de l’œil humain sont B∗
uniformes. Au contraire, elle définit un calcul
+: Jaune
de sorte que la différence de couleur calculée Origine des
par un colorimètre devienne proche de la axes a* et b* H∗: Teinte
discrimination des couleurs.
-: Vert +: Rouge
Plus précisément, des coefficients sont -: Bleu
attribués à l’écart de luminance ΔL*, à l’écart 0=Noir a∗
de saturation ΔC*, et à l’écart de teinte ΔH* et Lorsque la saturation est faible, l’ellipse
en en utilisant les coefficients de pondération ressemble à un cercle parfait
SL, SC et Sh respectivement. Ces coefficients de
pondération SL, SC et Sh incluent les effets de la
luminance L*, de la saturation C* et de l’angle
de teinte h. Par conséquent, le calcul intègre les
caractéristiques du seuil de discrimination des
couleurs de l’œil humain dans l’espace couleur
L*a*b* : 1) Dépendance de la saturation, 2)
Dépendance de la teinte, et 3) Dépendance de
la luminance.

* Pour un aperçu de la formule CIE DE2000, voir le


chapitre suivant « Vocabulaire de la couleur ».

Avec la formule d’écart du CIELAB, la différence de couleur est représentée par un cercle (ΔE*ab) ou par
un carré (Δa*b*). Avec la formule d’écart CIE DE2000, la différence de couleur ΔE00 est représentée par
une ellipse dont le grand axe est dans la direction de la saturation, ce qui est similaire à
la forme du seuil de discrimination de l’œil humain.
Lorsque la saturation est faible, les coefficients de pondération SL, SC et Sh s’approchent respectivement
de 1, ce qui rend l’ellipse plus circulaire. Lorsque la saturation est plus élevée, le coefficient de
pondération SC devient plus important par rapport aux autres coefficients SL et Sh, de sorte que l’ellipse
s’allonge dans le sens de la saturation (sensibilité plus faible aux différences de saturation).
Avec la formule de différence de couleur CIE DE2000, l’influence de l’angle de teinte est également prise
en compte. Par conséquent, la formule fait face à la dernière caractéristique du seuil de discrimination
des couleurs de l’œil humain dans l’espace couleur CIELAB : 4) Changement de direction du seuil de
discrimination des couleurs autour de l’angle de teinte de 270 degrés (bleu) (rotation vis-à-vis de l’axe de
la saturation).

La formule de calcul CIE DE2000 comprend également des constantes kL, kC et kh, appelées coefficients
paramétriques. Les utilisateurs peuvent spécifier leurs valeurs comme ils le souhaitent afin d’obtenir la
flexibilité nécessaire pour effectuer la gestion des couleurs en fonction de divers objets.

58
PARTIE IV

VOCABULAIRE
DE LA COULEUR
Dans cette section, vous trouverez des
informations détaillées concernant la terminologie,
les normes et les espaces de couleur. Comme
l’explication est basée sur la CIE (Commission
Internationale de I’Eclairage), certains termes peu
familiers et des calculs compliqués sont inclus.
Cette section est destinée à servir de guide.

59
Observateur standard 2° et Observateur Composantes trichromatiques XYZ
standard supplémentaire 10° (CIE 1931)
La sensibilité de l’œil change en fonction du champ de Les composantes trichromatiques XYZ sont
vision (c’est-à-dire en fonction de la taille de l’objet). La déterminées d’après les fonctions colorimétriques
CIE a défini en 1931 l’observateur standard basé sur x(λ), y(λ), z(λ) : définies en 1931 par la CIE. Appelées
un champ de vision de 2°, d’où le nom « Observateur également composantes trichromatiques XYZ 2°, elles
Standard 2° » parfois appelé « Observateur 1931 ». conviennent pour un champ de vision de 4° ou moins
En 1964, la CIE a défini un observateur standard et sont calculées par les formules suivantes :
supplémentaire, basé cette fois-ci sur un champ de
vision de 10° et nommé « Observateur Standard
Supplémentaire 10° » ou « Observateur Standard 10° »,
ou parfois « Observateur 1964 ». Pour donner une idée
de ce qu’est un champ de vision de 2° par rapport à un
champ de vision de 10°, à une distance d’observation
de 50 cm, à un champ de vision de 2° correspond un
cercle de ø1,7 cm tandis qu’à un champ de vision de
10° correspond à la même distance un cercle de ø8.8
cm. Il est recommandé d’utiliser l’Observateur Standard
2° pour des champs de vision de 1° à 4° ; autrement,
utiliser l’Observateur Standard 10°.

2° φ 1.7 cm
Champ 50 cm

de vision
S(λ) : Répartition spectrale du flux énergétique de
l’illuminant
10° x(λ), y(λ), z(λ) : Fonctions colorimétriques de
φ 8.8 cm
Champ l’Observateur Standard 2° (CIE 1931)
de vision 50 cm
R(λ) : Facteurs de réflexion de l’échantillon

Fonctions colorimétriques de l’observateur


Composantes trichromatiques X10 Y10 Z10
standard
(CIE 1964)
Ces fonctions colorimétriques correspondent aux
Les composantes trichromatiques X10, Y10, Z10 sont
valeurs trichromatiques du spectre équi-énergétique
déterminées d’après les fonctions colorimétriques
en fonction de la longueur d’onde. Elles correspondent
x10(λ), y10(λ) et z10(λ) définies en 1964 par la CIE.
à la sensibilité de l’œil humain. Des fonctions ont
Appelées également composantes trichromatiques
été définies pour l’Observateur Standard 2° et pour
l’Observateur Standard 10°.
XYZ 10°, elles conviennent pour un champ de vision
supérieur à 4° et sont calculées par les formules
Fonctions colorimétriques
suivantes :

2.0

1.5

1.0

0.5

0
400 500 600 700

Longueur d’onde (nm) S(λ): Répartition spectrale du flux énergétique de
Observateur Standard 2° l’illuminant
Observateur Standard 10° x10(λ), y10(λ),z10(λ) : Fonctions colorimétriques de
l’Observateur Standard 10° (CIE 1964)
R(λ): Facteurs de réflexion de l’échantillon

60
Coordonnées de chromaticité xyz Espace couleur L∗a∗b∗
Les coordonnées de chromaticité xyz sont calculées L’espace colorimétrique L∗a∗b∗ (également appelé
à partir des composantes trichromatiques XYZ par CIELAB) est un espace couleur uniforme défini
les formules suivantes : par la CIE en 1976. Le repérage s’y fait à l’aide de
coordonnées cartésiennes L*, a*, b*. Les valeurs de
L*, a*, et b* sont calculées par les formules suivantes :

Variable de luminance L∗ :

Coordonnées de chromaticité a∗ et b∗ :

Si les formules ci-dessus sont appliquées avec


les composantes trichromatiques X10 Y10 Z10, les
coordonnées de chromaticité deviennent x10 y10 z10.

Diagramme de chromaticité xy et x10 y10



Diagramme à deux dimensions sur lequel les X, Y, Z : composantes trichromatiques XYZ (pour
coordonnées de chromaticité xy ou x10 y10 sont l’Observateur Standard 2°) ou X10Y10Z10 (pour
repérées. l’Observateur Standard 10°) de l’échantillon
Xn, Yn, Zn : composantes trichromatiques XYZ (pour
Diagramme de chromaticité xy et x10y10 l’Observateur Standard 2°) ou X10Y10Z10 (pour
520
l’Observateur Standard 10°) d’un diffuseur
0.8 520
parfait
540 Si X/Xn, Y/Yn ou Z/Zn est inférieur à (6/29)3, les
540
formules ci-dessus sont modifiées comme décrit ci-
dessous :
500
560
0.6 560
500
4
y 580 est remplacé par
ou 580 29
y10 0.4 600
600
4
650 est remplacé par
650 29
480
0.2

480 4
est remplacé par
450 29
450 380
380 La différence totale de couleur ΔE∗ab dans l’espace
0 0.2 0.4 0.6 0.8 couleur L∗a∗b∗, qui indique le degré de différence
x ou x 10 de couleur mais pas la direction, est calculée par la
Pour l’Observateur Standard 2° (CIE 1931)
formule suivante :
Pour l’Observateur Standard 10° (CIE 1964)


ΔL∗,Δa∗, Δb∗: écart de valeurs L*, de valeurs a*, et
de valeurs b* entre l’échantillon et la couleur
référence.

Espace couleur uniforme


C’est un espace colorimétrique dans lequel des
distances égales sur le diagramme de chromaticité
correspondent à des écarts de couleur égaux perçus
par l’œil humain.

61
Espace couleur L∗C∗h où

L’espace colorimétrique L∗C∗h utilise le même


diagramme que l’espace couleur L∗a∗b∗. Le
repérage s’y fait cependant à l’aide de coordonnées
cylindriques L*, C*, h. La luminance L* est la même
que la luminance L* de l’espace couleur L∗a∗b∗.
Les valeurs de saturation C* (chroma) et d’angle
de teinte h (hue) sont calculées par les formules
suivantes :

Saturation

Angle de teinte degrés


a∗, b∗ : coordonnées de chromaticité dans l’espace
couleur L∗a∗b∗

Pour les calculs de différence, l’écart d’angle de Système de notation Munsell


teinte ∆h (en degrés) n’est pas calculé ; à la place
est calculée la valeur ∆H* représentant la différence L’atlas de Munsell est composé d’une série de
de teinte (sans dimension) par la formule suivante : pages (planches de Munsell) sur lesquelles des
pastilles colorées sont représentées et ordonnées,
permettant d‘établir une comparaison visuelle avec
un échantillon. Le repérage des couleurs Munsell
est défini en termes de teinte H (Hue), de clarté V
(Value), et de saturation C (Chroma) ; la notation est
La formule ∆H* faisant appel à la fonction « racine H V/C.
carrée », le signe de ∆H* est donné selon le principe Par exemple, pour la couleur avec H=5.0R, V=4.0, et
suivant : ∆H* est positif si l’écart d’angle ∆h est C=14.0, la notation Munsell sera : « 5.0R 4.0/14.0 »
positif ; sinon, ∆H* est négatif.

Le cercle de teintes Munsell


Formule de différence de couleur CIE
DE2000
Comme décrit à la page 56 de cette brochure, il 5R 10R
P
s’agit de la formule de différence de couleur la plus 10R 2.5R 7.5R 2.5
YR
5Y
R
récente, destinée à corriger les différences entre P
5R 7.5
R P 7.
5Y
10

le résultat de la mesure et l’évaluation visuelle, R


Red

YR 2.5Y
-Re
P
5R

qui était le point faible de l’espace couleur L*a*b*.


Re

low
7.5 10P
2.

d-

Yel
Pu

Le calcul de ∆E00 est basé sur la différence de


5Y
rp
P

le

w
luminance ∆L*, la différence de saturation ∆C*, et Pur llo
7.5Y

ple Ye
5P

la différence de teinte ∆H*, avec une correction


Red
Yel

10Y
2.5P

le

lo
Purp

White
utilisant des coefficients de pondération (SL, SC,
2.5GY 7
w

Purple-Blue gray
10PB

G
black Green-Yel
et SH) et des constantes appelées coefficients
ue

re low
en
Bl
7.5PB

5GY

paramétriques (kL, kC, et kH), comme indiqué ci-


.5G 0GY

dessous.
5PB

ue
Y

Bl
B 5PB

1
G
Blue-Green

re

2.
en
2 .

5G
0

5B
1

7. G
7.5 5G
B
5B 2.5 2.5BG
10G
7.5BG
5BG 10BG

・ ・

62
Planche de Munsell La différence totale de couleur ∆E*uv dans l’espace
(clarté V et saturation C de la page 2.5R) couleur L*u*v*, qui indique le degré de différence
de couleur mais pas la direction, est calculée par la
formule suivante :
Saturation (C )
/16 /14 /12 /10 /8 /6 /4 /2

9/

ΔL∗, Δu∗, Δv∗: écart de valeurs L*, de valeurs u*,
8/
et de valeurs v* entre l’échantillon et la couleur
référence.
7/

6/
Espace couleur UCS CIE 1976
Clarté (V )

5/ L’espace colorimétrique UCS (Uniform Color Scale) est


un espace couleur qui a été défini par la CIE en 1976.
Il a été développé pour que la distribution des couleurs
4/
soit très homogène lorsque leurs clartés sont très
proches. Les valeurs u’ et v’ sont calculées à partir des
3/ composantes trichromatiques XYZ (ou X10Y10Z10) ou à
partir des coordonnées de chromaticité xy (ou x10y10)
2/
par les formules suivantes :

1/

Espace couleur L∗u∗v∗



L’espace colorimétrique L∗u∗v∗ également appelé X, Y, Z : composantes trichromatiques XYY (les
CIELUV est un espace couleur uniforme défini résultats seront alors u’ et v’) ou X10Y10Z10 (les
par la CIE en 1976. Le repérage s’y fait à l’aide de résultats seront alors u’10 et v’10) de l’échantillon
coordonnées cartésiennes L*, u*, v*. Les valeurs de x, y : coordonnées de chromaticité xy (les résultats
L*, u*, et v* sont calculées par les formules suivantes : seront alors u’ et v’) ou x10y10 (les résultats
seront alors u’10 et v’10) de l’échantillon
6
lorsque
29 Diagramme UCS CIE 1976 (pour l’Observateur Standard 2°)
v’


Y : composante Y (pour l’Observateur Standard
2°) ou Y10 (pour l’Observateur Standard 10°) de
l’échantillon
u’, v’ : coordonnées de chromaticité issues du
diagramme UCS CIE 1976
Y0, u’0, v’0 : composante Y (ou Y10) et coordonnées
de chromaticité u’, v’ du diffuseur parfait.

u’

63
ANNEXE

Différences entre objet coloré


et source colorée
La détermination de la couleur d’un objet a été décrite
précédemment. Cependant, une différence existe Formules Applicables aux Objets
lorsque la couleur est créée par la source lumineuse
elle-même, par exemple par une ampoule électrique :
c’est une source colorée. Nous décrivons simplement
ci-dessous les différences entre objet coloré et source
colorée.

Où Répartition spectrale de l’ illuminant


Différences de définitions : Fonctions colorimétriques
de l’Observateur Standard
Trois facteurs fondamentaux interviennent lorsqu’une Facteurs de réflexion de l’objet
personne observe la couleur d’un objet : la source
lumineuse qui éclaire l’objet, l’objet éclairé et Formules Applicables aux
l’observation de l’objet par l’œil. Cependant, lorsqu’une Sources Lumineuses
source lumineuse est directement observée, il
n’y a que deux facteurs : la source lumineuse et
l’observation de la source lumineuse par l’œil. Ces
deux concepts sont illustrés ci-dessous par leurs
formules respectives.

Composantes Répartition Facteurs Fonctions Où Répartition spectrale de la


trichromatiques spectrale de de réflexion colorimétriques
de l’objet = l’illuminant × de l’objet × de
source lumineuse
: Fonctions colorimétriques
(X,Y,Z ) mesuré l’Observateur de l’Observateur Standard
K : Facteur de normalisation
Composantes Répartition Fonctions
trichromatiques spectrale de colorimétriques (La composante Y est ajustée pour se conformer
de la source = la source × de à la quantité de lumière mesurée)
(X,Y,Z ) lumineuse l’Observateur
Utilisez la valeur K suivante pour déterminer la valeur
mesurée
absolue de la quantité de lumière mesurée lorsque S(λ)
représente la valeur absolue de la densité de
rayonnement spectrale pour l'espace XYZ.
Pour un objet coloré, il est nécessaire de connaître la K=683 lm/W
répartition spectrale du flux énergétique de l’illuminant
(et non de la source) sous laquelle nous souhaitons les
résultats, car ses composantes trichromatiques varient
lorsque l’illuminant [Link] une source colorée,
Quel espace couleur pour les
il n’y a pas de notion d’illuminant car la couleur de la sources lumineuses
source lumineuse elle-même doit être déterminée.
Il existe plusieurs méthodes pour numériquement
décrire la couleur d’une source lumineuse. Elles
Différences de géométrie comprennent les coordonnées de chromaticité xy,
les coordonnées uv de l’espace UCS CIE 1960, les
Pour un objet coloré, la géométrie optique doit être coordonnées u*v* de l’espace UCS CIE 1976, et la
prise en compte car tout changement peut aboutir à température de couleur*.
des différences de valeurs mesurées. La CIE et la JIS
ont normalisé six géométries optiques pour mesurer la * Reportez-vous à la page de droite pour obtenir des
couleur d’un objet ; elles sont décrites page 42 de cette informations sur la température de couleur d’une
brochure. Ces géométries ne sont pas applicables source lumineuse. L’espace couleur L*u*v* (CIELUV)
pour mesurer une source lumineuse. Toutefois, est également utilisé. Cependant, la source servant
certaines sources lumineuses, comme les diodes de référence doit être déterminée lorsqu’il est utilisé
électroluminescentes des écrans LCD sont sensibles car l’espace couleur L*u*v* est basé sur la couleur
aux caractéristiques angulaires d’observation. Pour ces d’une surface diffusant uniformément comme point
sources, l’angle d’observation doit être défini et fixé. d’origine.

64
Température de couleur
Lorsque la température d’un objet augmente, le rayonnement thermique qu’il émet augmente aussi. Dans le même
temps, sa couleur passe du rouge au blanc en passant par l’orange.

Un corps noir est un objet idéal qui absorbe la totalité de l’énergie incidente ; cette absorption d’énergie se traduit par
une agitation thermique qui provoque l’émission d’un rayonnement (la réémission est totale). Échauffé par l’énergie
incidente, la température du corps noir s’élève : sa température est ainsi directement liée à la couleur correspondant
au rayonnement réémis. La température absolue du corps noir est appelée température de couleur. La figure 26
indique la courbe du lieu du corps noir dans le diagramme xy lorsque sa température varie.

La température de couleur d’une source lumineuse est définie pour les couleurs proches du lieu du corps noir ;
étant proche mais pas exactement sur la courbe du lieu du corps noir, la température de couleur est alors appelée
température de couleur proximale ou corrélée. Pour déterminer cette température de couleur proximale, il est
nécessaire de déterminer la ligne d’iso-température qui contient le point de couleur de la source. Toutes les sources
dont les points de couleur appartiennent à une même droite d’iso-température apparaissent visuellement de même
couleur ; leurs températures de couleur proximales sont égales à la température de couleur du point de couleur
correspondant à l’intersection de la droite d’iso-température et de la courbe du lieu du corps noir.

La figure 27 illustre le lieu du corps noir idéal (courbe rouge), les droites d’iso-température et les écarts ∆uv par rapport
au lieu du corps noir. Par exemple, une source lumineuse de température de couleur 7000K et dont la différence ∆uv
est de 0,01 dans la direction du vert est notée 7000K+0,01 (unité ∆uv ).

Notes
« K » est une abréviation de Kelvin. Kelvin est l’unité de température absolue.

Figure 27 : Agrandissement du lieu du corps noir sur


Figure 26 : Lieu du corps noir sur le le diagramme de chromaticité xy montrant la région de
diagramme de chromaticité xy température de couleur proximale

1.00 y 0.50

00
25
0
300
0.90

0
350
520
y 0.80 530
0.45 0
400
540
510
4500

0.70 550 uv
5000

560
0.40
0.60
6000

570
500
0.50 580
7000

3000 2500 2000 590 0.35


8000

3500 *
0.40 4000 A 600
0

4500 1500
900
00

D55 * * B
610
100

D65 *
D75 * * C 620
0.30
0 0

490 650
130

10000
0.30
0
00

680 780
15

0.20
0
00
20

0
00
480
0
00 30
50
0.10
470 0.25
uv
.02

460
uv

450 380 440


0.00
+0

.01

uv

0.10 0.20 0.30 0.40 0.50 0.60 0.70 0.80


.00

.02 v
+0

u
uv
.01

x
±0
-0
-0

0.20
0.25 0.30 0.35 0.40 0.45 0.50 0.55
x

65
Mémo
Mémo
Pour obtenir nos coordonnées ou nous contacter, veuillez
consulter la page Web KONICA MINOLTA [Link]

2007 9242-4830-92 CACPK 36

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