Génétique qualitative des diploïdes Université Ibn Khaldoun - Tiaret
Chapitre 1 : Génétique qualitative chez les individus diploïdes
La génétique qualitative ou Mendélienne explique la transmission héréditaire des gènes
par la théorie chromosomienne de l'hérédité.
1. Terminologie
1.1. Chromosome
Support morphologique de l'information génétique, situé dans le noyau des cellules. Ils
sont en nombre constant et pair dans toutes les cellules somatiques d'un même individu et chez
tous les individus de la même espèce. Les deux chromosomes d'une même paire sont dits
homologues. Les chromosomes sexuels "X et Y" sont dits des hétérosomes alors que les autres
chromosomes sont appelés autosomes.
1.2. Gène
Structure d'ordre moléculaire, constitutive de l'ADN et donc des chromosome,
contrôlant un caractère héréditaire particulier. C'est une unité d'hérédité et une unité
fonctionnelle codant pour un polypeptide. Elle est transmise par l'individu à sa descendance.
Dans une cellule diploïde, un gène est contrôlé par 2 allèles tandis que dans une cellule
haploïde, un gène est contrôlé par 1seul allèle.
1.3. Allèle
Nom donné à chacune des variantes d'un même gène. Les allèles dirigent un même
caractère mais ils lui font prendre des formes différentes. Les allèles peuvent être :
• Allèle dominant : quand il masque l'expression de l'autre allèle.
• Allèle récessif : si son expression est masquée par l'autre gène du couple.
• Allèle codominant : quand il s'exprime conjointement avec l'aitre gène du couple.
• Allèle létal : quand il qualifie une anomalie ou tue l'individu porteur. La plupart des
gènes létaux sont à l'état récessif, ils ne peuvent donc agir que chez les individus
homozygotes au locus concerné.
1.4. Locus
C’est l’emplacement ou la position d'une séquence d'ADN, d'un gène ou d'un marqueur
sur un même chromosome (pluriel = loci).
1.5. Gamète
Cellule de reproduction mâle (spermatozoïde ou grain de pollen) ou femelle (ovule).
Son noyau contient n chromosome, c'est donc une cellule haploïde.
1.6. Phénotype
Est une caractéristique mesurable ou distinctive d'un organisme. Ce caractère peut être
visible à l'œil nu comme la couleur ou la texture des cheveux, ou nécessite des tests particuliers
pour son identification, comme un test sérologique pour le type sanguin. Le phénotype est
l'expression visible du génotype dans un environnement donné.
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1.7. Génotype
L'ensemble des allèles d'un individu constitut son génotype. C'est la constitution
génétique, limitée aux gènes étudiés dans un croisement particulier. Autrement dit, c'est leur
état allélique qui est étudié.
1.8. Homozygote
L'union de gamètes portant des allèles identiques à un locus donné conduit à un
génotype homozygote. Un homozygote produit un seul type de gamète.
Exemple :
1.9. Hétérozygote
L'union de deux gamètes portant des allèles différents, à un même locus, conduit à un
génotype hétérozygote. Un hétérozygote produit plusieurs types de gamètes.
Exemple :
1.10. Lignée pure
Un groupe d'individus présentant un patrimoine génétique semblable est souvent
désigné comme une espèce, une descendance, une lignée ou une variété. L'autofécondation et
les croisements entre individus étroitement apparentés pendant de nombreuses générations
produisent généralement une population qui est homozygote à pratiquement tous les loci. Les
croisements entre individus homozygotes d'une lignée pure produisent une descendance
homozygote identique aux parents.
Exemple :
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1.11. Hybride
Le terme hybride est synonyme du terme hétérozygote. C'est l'union entre individus qui
diffèrent par au moins un couple d'allèle à un locus. Le résultat de cette union est une
descendance portant à ce même locus les deux allèles différents de leurs parents.
Exemple :
1.12. Autofécondation
C'est le synonyme d'autogamie et qui est le mode de reproduction sexuée où les deux
gamètes utilisés sont issus du même parent.
2. Monohybridisme
Le croisement mendélien le plus simple concerne des souches variant pour un seul
caractère ; il est de ce fait désigné comme croisement monohybride. Ce croisement est réalisé
entre individus de deux souches parentales pures présentant chacune l'un des deux phénotypes
possibles du caractère.
2.1. Hérédité mendélienne (dominance et récessivité)
Un croisement a été réalisé entre deux lignées pures de petit pois, l'une a des plantes qui
ont une tige géante et l'autre a des plantes qui ont une tige naine (Fig. 1). Tous les individus de
la F1 ont une tige géante. Les individus de la F1 ont été croisés entre eux. Les individus de la F2
ont été constitués de 787 plantes avec une tige géante et 277 plantes avec une tige naine.
Observations
Les parents diffèrent par un seul caractère (taille de la tige) et sont des lignées pures ; ils
sont donc homozygotes ;
Les individus de la F1 ont un seul phénotype (tige géante), ils sont donc semblables et
homogènes à 100% ;
A la F1, il y a l'apparition d'un seul phénotype parental (tige géante) à l'exclusion de l'autre
(tige naine), cela veut dire que le caractère géant est dominant et que le caractère nain est
récessif ;
A la F2, il y a la réapparition du deuxième phénotype parental (tige naine) avec des valeurs
faibles par rapport à celles de l'autre phénotype (tige géante).
Représentation génétique
Codes : G pour géant et g pour naine.
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Figure 1: Croisement jusqu'à F2 de plantes naines et géantes de petit pois.
Génotypes : Phénotypes :
Parents : ♀ GG Parents : ♀ [G]
♂ gg ♂ [g]
F1 : Gg F1 : [G]
On remarque que tous les individus de la première génération F1 sont de même génotype
et de même phénotype et sont donc semblables à 100%.
A partir de ces résultats, Mendel a établi sa première loi qui est la loi d'uniformité de la
F1 qui dit: "Si l'on croise entre elles, deux lignées pures (homozygotes), pour une paire d'allèle,
tous les descendants de la première génération (les hétérozygotes F1) sont d'apparence
extérieure (phénotype) identique".
F2 : ♀ F1 × ♂ F1 ♂
♀
♀ Gg × ♂ Gg GG Gg
Gg gg
Gamètes : ♀ × ♂
Génotypes : Phénotypes :
F2 : ¼ GG : ½ Gg : ¼ gg F2 : ¾ [G] : ¼ [g]
En calculant les rapports observés dans l'exemple on trouve que le rapport des plantes
aux tiges géantes était de 787/277 = 2,84 contre 277/277 = 1 pour les plantes aux tiges naines.
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En comparant les résultats observés dans l'exemple avec les résultats théoriques, on
trouve que les proportions sont presque égales.
Résultats observés Résultats théoriques
Tige géante [G] : 787 / (787 + 277) = 0,739 Tige géante [G] : 3/4 = 0,75
Tige naine [g] : 277 / (787 + 277) = 0,260 Tige naine [g] : 1/4 = 0,25
Les graines produites (par autofécondation) par les plantes de la F2 font semées l'année
suivante et ont donné la troisième génération filiale F3. Mandel a constaté que les 787 plantes à
tige géante de la F2 étaient de deux sortes puisqu'un tiers d'entre elles (262 plantes) ne
produisaient que des plantes à tiges géantes, alors que les deux tiers (525 plantes) produisaient
un rapport d'environ 3 plantes à tige géante pour 1 plante à tige naine. Les 277 plantes à tige
naine de la F2 étaient au contraire d'une seule sorte puisque toutes ne produisent en F3 que des
plantes à tige naine identiques à elles même.
F3 : ♀ F2 × ♂ F2
♀ GG × ♂ GG ♀ Gg × ♂ Gg ♀ Gg × ♂ Gg
♀ × ♂ ♀ × ♂ ♀ × ♂
F3 : Génotypes : GG ¼ GG : ½ Gg : ¼ gg gg
Phénotypes : [G] ¾ [G] : ¼ [g] [g]
Remarques
✓ Les plantes à tige géante obtenues en F2, qui ne donnent en F3 que des plantes à tige géante,
sont homozygotes (les homozygotes produisent un seul type de gamètes) ;
✓ Les plantes à tige géantes de la F2, qui donnent à la F3, à la fois des plantes à tige géante et
des plantes à tige naine, sont hétérozygotes (les hétérozygotes produisent plusieurs types de
gamètes ;
✓ Les plantes de la F2 qui ont le caractère récessif et qui sont à tige naine, ne produisent en F3
que des plantes à tige naine. Elles sont homozygotes. Le caractère récessif est toujours
homozygote.
A partir de ces résultats, Mendel a établi sa deuxième loi qui est la loi de ségrégation
des gamètes (pureté des gamètes) et qui dit : "Les deux unités qui forment une paire de facteurs
à l'état homozygote (GG) ou hétérozygote (Gg) ségrégent (ou se séparent) lors de la formation
des gamètes, de sorte que tout gamètes (mâle ou femelle) ne contient qu'une seule des deux
unités qui forme une paire des facteurs".