I- La Prosodie
Définition
On regroupe sous ce terme des phénomènes comme l’accent, le ton, le rythme, la quantité, la durée
et la hauteur du son. On les appelle parfois éléments suprasegmentaux puisqu’ils échappent à
l’analyse en phonèmes ; la phrase serait donc formée de deux lignes, celles des phonèmes et celle de
la ligne mélodique.
1. L’accent
Sur le plan phonétique, les paramètres qui caractérisent l’accent sont la fréquence fondamentale du
son, la durée, l’intensité et le timbre vocalique.
Sur le plan phonologique, on peut distinguer deux types d’accent : l’accent libre et l’accent fixe.
Le français appartient à la deuxième catégorie, puisque l’accent se place toujours sur la dernière
syllabe du mot isolé ou du groupe rythmique auquel il appartient.
Exemple : Tableau. Un tableau noir
Il faut rappeler qu’en anglais l’accent est libre, il est appelé « stress »
En arabe il est aussi libre comme dans l’exemple darassa (étudier) et darassa (enseigner)
Les types d’accent :
a. Accent démarcatif : placé en fin de mot, permettant de délimiter les différentes unités d’un
énoncé
Exemple ; Hier, j’ai vu Paul.
b. Accent d’insistance : assurant la mise en relief d’une unité.
Exemple : C’est fantastique.
c. Accent contrastif : soulignant le choix d’unité particulière par rapport aux autres.
Exemple : C’est ma maison.
2. Le rythme
Le rythme linguistique est lié à l’accent. Il consiste dans la récurrence (répétition) des groupes, de
mesures, comprenant un nombre identique ou approximativement semblable de syllabes à l’image
de la poésie.
II- Phonématique
Définition
C’est la partie de la phonologie qui étudie plus particulièrement le phonème, c’est-à-dire les unités
distinctives minimales. Son but est de répertorier les phonèmes d’une langue, de les classer et
d’étudier leurs combinaisons.
Qu’est-ce qu’un phonème ?
Il s’agit de l’élément minimal non segmentable de la représentation phonologique d’un énoncé dont
la nature est déterminée par un ensemble de traits distinctifs.
L’aspect distinctif des phonèmes permet de composer au sein d’une langue des paires d’unités
significatives qui s’opposent dans les lignes syntagmatiques et paradigmatiques avec deux
opérations :
La commutation : un changement opéré sur l’axe paradigmatique entrainant un changement
de sens
Exemple : /sœr/ /kœr/
La permutation : c’est l’opération consistant à modifier l’ordre des traits distinctifs (les
phonèmes) afin de créer de nouvelles unités significatives.
Exemple : /tRe/ (trait) - /etR/ (être) - /teR/ (terre).
La corrélation :
Il s’agit d’un ensemble de paires de phonèmes dites « paires corrélatives » dont les deux termes
s‘opposent par la présence ou l’absence d’une même particularité phonique appelée « corrélation »,
cette dernière peut déboucher sur :
a. Les paires :
1. La paire minimale : ensemble de deux phonèmes qui ne se distinguent que par un trait
distinctif minimal provocant un changement de sens.
Exemple : /po/ /bo/ ------> le trait minimal est le voisement
2. La paire corrélative : concernent les unités minimales qui ne se distinguent que par un
trait de pertinence, sans provoquer pour autant un changement de sens.
Exemple : /p/ /b/ /m/
b. Les variantes :
1. La variante libre : il s’agit des diverses réalisations d’une seule unité qui ne provoque pas
de changement de sens à l’exemple du /R/ grasseyé et du /r/ roulé.
2. La variante combinatoire : la modification de la réalisation d’un son en contact d’un autre
son.
Exemple : la prononciation du /k/ dans /paRk/ et /kalm/.