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RESISTANCE DES MATERIAUX
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Filière : GM 1
Année universitaire 2020-2021
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Pr. Ilham KIRROU
Ecole nationale des sciences Appliquées Agadir
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CHAPITRE 1 : PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE
I. Introduction
En résistance des matériaux, également appelée mécanique des corps déformables, on fait
appel aux notions d’équilibre apprise en mécanique statique, aux notions de déplacement
étudiées en cinématique et aux propriétés des matériaux, auxquelles on a recours pour évaluer
les dimensions de pièces structurales ou d’éléments de machines.
L’étude de la résistance des matériaux a donc pour but d’assurer qu’on utilise, dans une pièce
donnée, une quantité minimale de matériau, tout en satisfaisant aux exigences suivantes :
- Resistance : la pièce doit pouvoir supporter et transmettre les charges externes qui lui sont
imposées ;
- Rigidité : la pièce ne doit pas subir de déformation excessive lorsqu’elle est sollicitée ;
- Stabilité : la pièce doit conserver son intégrité géométrique afin que soient évitées
des conditions d’instabilité (flambement) ;
- Endurance : la pièce, si elle est soumise à un chargement répété, doit pouvoir tolérer sans
rupture un certain nombre de cycles de sollicitation variables (fatigue) ;
- Résilience : enfin, dans le cas où un chargement dynamique est à prévoir (impact), la
pièce doit prévoir absorber une certaine quantité d’énergie sans s’en trouver trop
endommagée.
Un choix judicieux de matériaux et un dimensionnement adéquat assurent généralement le
respect de chacune de ces exigences. Le problème toutefois est de taille, et nous devrons en
limiter l’étendue en posant ici certaines hypothèses simplificatrices.
II. Hypothèses de base
Dans les problèmes traités, nous supposerons que les matériaux satisfont déjà à un certain
nombre d’exigence. Cela nous permettra à la fois de réduire la complexité des
développements mathématiques et de conserver une certaine généralité. Nous nous placerons
dans le cadre de ce cours sous plusieurs hypothèses restrictives, qui correspondent à
l'élasticité classique. Les hypothèses de ce cadre classique portent sur:
- les matériaux solides: ils seront considérés comme homogènes, et mécaniquement isotropes
(ils possèdent les mêmes caractéristiques mécaniques quelle que soit la direction
d'observation ou d'application des forces).
- Les déformations: nous nous placerons dans un contexte de petites déformations, de telle
façon à rester à l'intérieur du domaine élastique du matériau (avec une loi de comportement
linéaire, l'élasticité classique est donc souvent appelée aussi élasticité linéaire. De plus, toute
section plane restera plane pendant et après déformation.
- La superposition des effets des forces: le vecteur déformation (et contrainte) dû à un système
de forces extérieures est égal à la somme géométrique des vecteurs déformations (et
contraintes) de chacune des forces du système extérieur.
2
III. METHODE DE RESOLUTION
On résout un problème de résistance des matériaux selon une démarche systématique qui
comporte les trois étapes fondamentales suivantes :
1. l’étude des forces et des conditions d’équilibre ;
2. l’étude des déplacements et de la compatibilité géométrique ;
3. l’application des relations forces/déplacements.
Dans ce genre d’étude, on utilise en général un modèle idéalisé de la structure ou de la
machine concernées, ou d’un comportement isolé de l’ensemble du système. Il es cependant
important de noter que, en pratique, on se contente souvent d’une solution approximative, car
il en couterait trop pour obtenir une solution exacte. Il importe donc d’agir avec prudence et
d’opter pour une pièce ayant une capacité de charge un peu plus grande qu’il n’est nécessaire.
Nous allons maintenant voir en quoi consiste chacune des trois étapes de résolution
III.1 Etude des forces et des conditions d’équilibre
En mécanique statique, pour qu’un corps soit en équilibre, il faut que les forces et les
moments satisfassent aux conditions suivantes : ∑𝐹⃗ = ⃗0⃗ et ∑ℳ
⃗⃗⃗⃗ = 0
Dans un système de coordonnées cartésiennes (axes des x, des y et des z), ces équations
vectorielles sont équivalentes aux six équations scalaires ci-dessous :
(∑𝐹)𝑥 = 0 , (∑𝐹)𝑦 = 0, (∑𝐹)𝑧 = 0 (1.1)
(∑ℳ)𝑥 = 0, (∑ℳ)𝑦 = 0, (∑ℳ)𝑧 = 0 (1.2)
Ces équations s’appliquent aussi bien aux forces et aux moments externes qu’aux forces et
moments internes.
III.2 Etude des déplacements et de la compatibilité géométrique
La compatibilité géométrique d’une structure implique que celle-
ci conserve sa continuité et son intégrité après avoir été déformée
sous l’action de charges externes ou celle de variations de
température. Il est donc nécessaire d’étudier les déplacements
que subit chacun des composants de la structure et d’examiner
les déformations qui en résultent. La figure 1.1 illustre la notion
de compatibilité géométrique. Un barreau flexible est soutenu à
l’une de ces extrémités par un câble, également flexible. Les
déplacements que subissent le barreau et le câble, lorsqu’on leur
applique une force externe, doivent être compatibles pour que
l’intégrité du point d’attache soit assurée.
Figure 1.1 : Notion de
compatibilité géométrique
3
III.3 Application des relations forces / déplacements
Avec l’application des relations forces/déplacements, appelées également relations
constitutives, nous faisons intervenir les propriétés du matériau et nous relions les forces
étudiées à la première étape de résolution aux déplacements analysés à la
seconde.
IV. FORCES EXTERNES ET INTERNES
IV.1 Forces et moments
On représente les charges appliquées (ou sollicitations) sur un système par
des forces ou des moments, ce qui permet de quantifier l’interaction entre
deux système mécanique. Un point de contact, par exemple, est remplacé
sur chacun des deux corps en contact, par une force normale et une force
tangentielle. La résultante de ces forces sur l’un des corps est orientée et
elle agit dans le sens opposé à la résultante des forces sur l’autre corps
(voir figure 1.2). En outre, la gravité exerce une force sur chacun des
points du volume d’un corps. Quoique les deux types de forces (de contact
et de gravité) soient des forces externes (force externe de contact et forces Figure 1.2
externe de volume dues à la gravité).
Forces de surface : les forces de surface qui,
comme leur nom l’indique, agissent à la surface de
la pièce, peuvent être exprimées soit par une force
totale résultante, soit par des forces réparties (par
unité de surface ou de longueur). On détermine les
forces externes de surface à partir des conditions
d’équilibre (équations 1.1 et 1.2) en utilisant la
géométrie du corps non déformé ; cela signifie
qu’on néglige les variations d’angle et de longueur
qui résultent de l’application des forces. Cette
façon de faire offre l’avantage d’éviter
l’introduction de la non linéarité dans le
développement mathématique. La figure 1.3 donne
quelque exemple de représentation de l’interaction
de système mécanique par des forces ou des
moments externes. figure 1.3
Forces de volume : les forces de volume, qui sont reparties en tout point du volume du corps,
sont exprimées en unités de force par unité de volume. De telles forces sont créées par la
gravité, par les effets centrifuges, par des champs
électromagnétiques, etc.
Exemple 1.1 :
La figure 1.4 represente une membrure AB à laquelle
est fixée, au point B, une masse de 100Kg. Il s’agit de
calculer les forces externes qui agissent sur cette
membrure (on néglige la masse de la membrure). 4
IV.2 Forces internes
L’étude des matériaux révèle qu’il existe des forces d’attraction et de répulsion
intermoléculaires, forces qui sont en équilibre et qui maintiennent un certain espacement entre
les molécules. Sous l’action de sollicitations externes, cet équilibre est modifié, ce qui
entraine la déformation du matériau. Les forces engendrées par l’action des sollicitations sont
appelées forces internes. Le matériau doit être suffisamment résistant pour supporter l’action
des forces internes sans se détériorer : c’est là l’essence même de l’étude de la résistance des
matériaux.
Donc, les forces internes prise en compte sont celles due aux sollicitations externes et
capables de déformer le matériau. La R.D.M. consiste à dimensionner le matériau pour qu’il
supporte l’action des forces internes (due aux sollicitations externes) sans se détériorer.
V. CONTRAINTE
On étudie dans un système d’axes (xyz), le point interne I d’un corps
soumis à des forces externes 𝐹⃗1 , 𝐹⃗2 , … . 𝐹⃗𝑛 (voir figure 1.5)
Pour déterminer les forces internes en I, sectionnons le corps selon un
premier plan normal. Nous considérons le plan m comme un plan normal à
l’axe des x et passe par I. Figure 2.5 corps quelconque soumis à
des forces externes.
La section est soumise à des forces internes variant en intensités et en
direction d’un point à un autre.
Divisons la section en un grand nombre
de petites surfaces et examinons en
particulier, la zone qui entoure le point I
(figure 1.6 (b)). Une force interne
∆𝐹⃗ = ∆𝐹⃗⃗⃗⃗𝑥 + ∆𝐹
⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗
𝑦 + ∆𝐹𝑧 agit sur un
élément de surface ∆𝐴𝑥 = ∆𝑦∆𝑧 .
L’intensité moyenne de chacune de ces
composantes, par unité de surface est :
Figure 3.6
∆𝐹𝑥 ∆𝐹𝑦 ∆𝐹𝑧
, , (a) Le plan m est normal à l’axe des x et passe par I, la section est soumise à des
∆𝐴𝑥 ∆𝐴𝑥 ∆𝐴𝑥 forces internes variant en intensité et en direction d’un point à l’autre
(b) : Au point I, une force d’intensité moyenne ∆𝑭 agit sur l’élément de surface ∆𝑨𝒙
∆𝐹𝑥
- est la force interne agit dans la
∆𝐴𝑥
direction normale à la face considérée.
∆𝐹𝑦 ∆𝐹𝑧
- 𝑒𝑡 est la force interne agit parallèlement à la face considérée.
∆𝐴𝑥 ∆𝐴𝑥
Si ∆𝐴𝑥 tend vers zéro, ces trois rapports tendent vers des limites qu’on définit comme étant
les composantes des contraintes qui agissent sur la face normale à l’axe des x, au point I.
5
V.2.2. Etat de contrainte
Les sollicitations sont quantifiées par la notion de contrainte, qui est l'effort surfacique exercé
sur une partie de la pièce en un point par le reste de la pièce. La contrainte est homogène à
une pression et est exprimé en Mégapascal (MPa) ou en Newton par millimètre carré
(N/mm²).
a) Contrainte normale
Les contraintes normales notée σ, sont définie par les relations :
∆𝐹𝑥
𝜎𝑥𝑥 = 𝜎𝑥 = lim ( )
Δ𝐴𝑥→0 ∆𝐴𝑥
b) Contrainte de cisaillement
La contrainte de cisaillement ou tangentielle notée 𝜏, est définie par la relation :
∆𝐹𝑦 ∆𝐹
𝜏𝑥𝑦 = limΔ𝐴𝑥→0 (∆𝐴 ) ; 𝜏𝑥𝑧 = limΔ𝐴𝑥→0 (∆𝐴𝑧 )
𝑥 𝑥
Note : On a besoin de deux indices pour identifier la contrainte de cisaillement : le premier
indice est relatif à la normale à la face, le second indice donne la direction de la force interne.
c) Convention de signe :
Une face est positive lorsque sa normale externe est dirigée dans le sens positif d’un
axe.
Une contrainte est positive lorsqu’elle agit dans le sens positif d’un axe, sur une face
positive ou dans le sens négatif d’un axe sur une face négative
d) Etat de contrainte en un point :
Nous reprenons le même processus mais en sectionnant le corps au
point I selon un plan normal à l’axe des y ou à l’axe des z, nous
obtenons les composantes de contrainte suivantes :
- Sur la face normale à l’axe des y :
∆𝐹𝑦
𝜎𝑦𝑦 = 𝜎𝑦 = limΔ𝐴𝑦→0 ∆𝐴 ,
𝑦
∆𝐹𝑧 ∆𝐹
𝜏𝑦𝑧 = limΔ𝐴𝑦→0 ∆𝐴 et 𝜏𝑦𝑥 = limΔ𝐴𝑦→0 ∆𝐴𝑥
𝑦 𝑦
- Sur la face normale à l’axe des z :
∆𝐹
𝜎𝑧𝑧 = 𝜎𝑧 = limΔ𝐴𝑧→0 ∆𝐴𝑧 ,
𝑧
∆𝐹𝑥 ∆𝐹𝑦
𝜏𝑧𝑥 = limΔ𝐴𝑧→0 ∆𝐴 et 𝜏𝑧𝑦 = limΔ𝐴𝑧→0 ∆𝐴
𝑧 𝑧 Figure 1.7
Enfin, nous pouvons isoler complètement le point I et identifier son
état de contrainte en définissant six plans, de façons à isoler un parallélépipède infinitésimal
de dimension ∆x, ∆y et ∆z (voir figure 1.7). Lorsque ces dimensions tendent vers zéro, la
valeur des composantes primés tend vers celle de leur contre parties non primées.
En étudiant l’équilibre des moments, nous obtenons des relations importantes qui régissent les
contraintes de cisaillement :
𝜏𝑥𝑦 = 𝜏𝑦𝑥 ; 𝜏𝑦𝑧 = 𝜏𝑧𝑦 et 𝜏𝑧𝑥 = 𝜏𝑥𝑧
6
VI. DEFORMATION
VI.1 Définition
Sous l’action d’un chargement externe ou d’une variation de
température, les dimensions d’un corps varient : il en résulte d’une
déformation. Nous pouvons distinguer deux types de déformations. La
première concerne la variation de longueur, c’est la déformation
normale ; la seconde a trait à la variation d’angle : c’est la déformation
de cisaillement
La figure 1.8 : représente un corps avant et après déformation ; il s’agit
d’étudier les déformations qui se produisent en un point I. Identifions, au
point I, trois éléments de longueur infinitésimale, parallèles aux axes de
référence x ; soit 𝐼𝐴 = ∆𝑥 ; 𝐼𝐵 = ∆𝑦 et 𝐼𝐶 = ∆𝑧. Après déformation, ces
trois éléments deviennent 𝐼′𝐴′, 𝐼′𝐵′ et 𝐼′𝐶′ (voir fig 1.9). Figure 1.9
-On définit la déformation normale 𝜀 comme étant le quotient de la
variation de longueur initiale lorsque les éléments de longueur tendent vers 0. Puisque nous
avons identifié trois directions initiales, nous obtenons trois déformations normales, soit
donc :
𝐼′𝐴′ − 𝐼𝐴
𝜀𝑥𝑥 = 𝜀𝑥 = lim ( )
Δx→0 𝐼𝐴
𝐼′𝐵′ − 𝐼𝐵
𝜀𝑦𝑦 = 𝜀𝑦 = lim ( )
Δy→0 𝐼𝐵
𝐼′𝐶′ − 𝐼𝐶
𝜀𝑧𝑧 = 𝜀𝑧 = lim ( )
Δz→0 𝐼𝐶
-On définit la déformation de cisaillement 𝛾 comme étant la tangente de la variation d’un
angle originellement droit lorsque les côtés qui sous-tendent l’angle tendent vers zero. Pour
̂ , 𝐵𝐼𝐶
les trois angles droits initiaux ((𝐴𝐼𝐵 ̂ , 𝐶𝐼𝐴
̂ ) dont les côtés sont respectivement parallèles à
𝑥𝑦 , à yz et à zx, on a effectivement trois déformations de
cisaillement :
Figure 1.10
Il est plus facile de visualiser la déformation de cisaillement lorsqu’elle ne se manifeste que
sur un seul plan (voir fig 1.10).
7
VI.2 Convention de signes
Nous adoptons la convention de signes suivante pour les déformations :
- Une déformation normale 𝜀 est positive lorsqu’il y a allongement
- Une déformation de cisaillement 𝛾 est positive lorsque l’angle droit, sous tendu par les
côtés dirigés selon le sens positif d’axes de référence, diminue (fig 1.10).
VII. RELATIONS CONSTITUTIVES
Ce sont des relations entre les forces et les déformations qui en résultent, ou encore entre les
contraintes et les déformations. Ces relations font intervenir les propriétés mécaniques du
matériau tel que la rigidité par exemple. On distingue les comportements élastique, plastique
et visqueux. Cependant, en RDM on ne considère que le comportement élastique.
a) C’est quoi un comportement élastique ?
Un matériau a un comportement élastique lorsque, après avoir subi une déformation sous
l’action de sollicitations, reprend instantanément sa forme initiale dès que celles-ci cessent. La
plupart des matériaux d’ingénierie possèdent un comportement élastique, du moins jusqu’à
une certaine limite de déformation. Au delà de cette limite, le matériau devient plastique.
VII.1 Loi de Hooke
Elle établit une corrélation entre la déformation suivant une direction et la contrainte dans
cette direction.
𝝈=𝑬 ×𝜺
Avec E est le module d’élasticité ou module de Young ou module de rigidité.
VII.2. Loi de Coulomb
Elle établit une corrélation entre la déformation de cisaillement et la contrainte de cisaillement
ou scission.
𝝉=𝑮 ×𝜸
G est le module d’élasticité en cisaillement ou module d’élasticité transversale ou module de
Coulomb
VII.3. Relation entre module de Young E et module d’élasticité transversale G
Cas d’un milieu isotrope. C’est le cas de la plupart des matériaux d’ingénierie.
𝑬
𝑮=
𝟐(𝟏 + 𝝂)
Avec 𝝂 est le Coefficient de Poisson : C’est le rapport de la déformation latérale à celle de la
direction axiale avec 0 ≤ 𝝂 ≤ 𝟎, 𝟓.
VIII. NOTION DE POUTRE
Nous désignons sous le nom de poutres des solides de formes souvent très différentes : il
importe de les définir.
Les notions abordées dans ce cours ne sont valables que pour des solides ayant une forme de
poutre ; c’est à dire un solide pour lequel :
8
il existe une ligne moyenne, continue, passant par
les barycentres des sections du solide ;
la longueur L est au moins 4 à 5 fois supérieure au
diamètre D ;
il n’y a pas de brusque variation de section (trous,
épaulements) ;
le solide admet un seul et même plan de symétrie
pour les charges et la géométrie.
VIII.1 Exemples de poutres :
IX. DIFFERENTES SOLLICITATIONS SIMPLES, DEFINITIONS :
IX.1. Sollicitations simples et déformations correspondantes
Pour déterminer les effets des forces extérieurs quelconques sur un corps solide, il est
commode d’étudier tout d’abord la manière dont il se comporte sous l’action de sollicitations
simples : traction ou extension, compression, cisaillement, torsion et flexion.
-TRACTION : une barre est sollicité à l’extension (ou traction) lorsque les forces extérieures
se réduisent à deux forces égales, directement opposées, qui tendent à l’allonger.
-COMPRESSION : un corps est sollicité à la compression si les forces extérieures se
réduisent à deux forces égales, directement opposées, qui tendent à raccourcir ce corps
-CISAILLEMENT : un corps est sollicité au cisaillement lorsque les forces extérieures se
réduisent à deux forces qui tendent à séparer le corps en deux tronçons en les faisant glisser,
l’un par rapport à l’autre, suivant le plan d’une section.
-TORSION : un cylindre est sollicité à la torsion si les forces extérieures se réduisent à deux
couples de sens contraires dont les plans sont perpendiculaires à son axe géométrique. L’un de
ces couples peut être remplacé par un encastrement. Sous l’effet du couple de torsion, les
génératrices du cylindre s’enroulent autour de l’axe géométrique suivant des hélices.
FLEXION : Une poutre est sollicitée à la flexion lorsque les forces extérieures déterminent
un moment fléchissant en certains points de la poutre. Cette définition sera précisée plus loin.
9
LE CHARGEMENT UNIAXIAL :
TRACTION - COMPRESSION
I. INTRODUCTION
Dans ce chapitre, nous étudierons en premier lieu le barreau soumis à une force agissant selon
son axe, en traction ou en compression. Nous abordons ensuite les structures simples
constituées d’un ensemble de barreaux. Nous mettrons ainsi en équations et nous illustrerons
à l’aide d’exemples les étapes de la résolution d’un problème général de résistance des
matériaux.
II. BARREAU EN TRACTION OU EN COMPRESSION
II.1 Dimensions après traction ou compression
La figure 2.1 représente un barreau droit, de section
A (en 𝑚2 ) et de longueur initiale L (en 𝑚), soumis à
une force de traction 𝑃 ( en 𝑁 ) appliquée de telle
sorte que la sollicitation soit purement uniaxiale (
c'est-à-dire sans aucune excentricité). L’expérience
prouve que, sous l’effet de la force P, les extrémités Figure 2.1 Barreau en traction
s’éloignent l’une de l’autre : le barreau subit donc un
allongement ∆𝐿 (en 𝑚).
Pour un barreau de métal, l’allongement est presque invisible à l’œil nu. Il faudrait utiliser un
autre matériau (le caoutchouc, par exemple) pour que
l’allongement soit perceptible.
La figure 2.2 montre la relation caractéristique qui
existe entre la force de traction appliquée et
l’allongement du barreau ; on obtiendrait
expérimentalement cette courbe en mesurant
l’allongement ∆𝐿 pour diverses valeurs de la force de
traction P. le comportement du matériau peut être
linéaire ou non linéaire. L’expression de la rigidité
d’un barreau de matériau élastique est :
𝑃
𝑘 = ∆𝐿 𝑒𝑛 (𝑁 ⁄𝑚) Figure 2.2 Relation caractéristique existant entre la
force de traction appliquée et l’allongement d’un
barreau de longueur L et de section A. Le
Il faut signaler que la rigidité varie également selon la comportement du matériau peut être élastique-
linéaire ou non linéaire
longueur et la section du barreau. On peut cependant
normaliser le type de relation mis en évidence à la figure 2.2 ; ainsi, il n’est pas nécessaire
d’obtenir des données expérimentales pour chaque combinaison de longueur et de section du
10
barreau. En fait, il suffit de convertir la force P en
𝑃
contrainte normale (𝜎 = 𝐴) et l’allongement ∆𝐿 en
∆𝐿
déformation normale (𝜀 = ).
𝐿
Nous obtenons alors une courbe (figure 3.2) similaire à
celle de la figure 2.2. Cependant pour un matériau donné, la
courbe est unique, quelles que soient les dimensions du
barreau. Pour un matériau élastique, la pente de la courbe
de la fig 2.3 détermine le module d’élasticité (module de
Young)
𝜎
𝐸=
𝜀
Figure 3.2 On a repris ici la courbe de la figure 2.2 en
normalisant les coordonnées. Une seule courbe est
représentative d’un matériau donné, quelles que soient
Nous pouvons donc calculer l’allongement d’un barreau les dimensions du barreau.
(de section 𝐴, de longueur 𝐿 et de module d’élasticité E),
lorsqu’il est soumis à une charge uniaxiale P :
𝑃𝐿
𝛿 = ∆𝐿 = (é𝑞𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 1)
𝐴𝐸
∆𝐿 > 0 pour une traction et ∆𝐿<0 pour une compression
Nous pouvons également évaluer la rigidité de ce barreau :
𝑃 𝐴𝐸
𝑘= =
∆𝐿 𝐿
II.1 Remarques relatives à l’équation de l’allongement (équation 1)
L’équation 1 est valable pour un barreau droit, de section constante, soumis à une force 𝑃 à
chaque extrémité. Pour toute variation de charge ou de section, il faut faire intervenir une
longueur infinitésimale 𝑑𝐿 et écrire :
𝐿
𝑃
𝛿 = ∆𝐿 = ∫ 𝑑𝐿
0 𝐴𝐸
III. DILATATION THERMIQUE D’UN BARREAU
Une variation de température entraine généralement un allongement ou un raccourcissement
qui s’ajoute alors aux déformations étudiées à la section précédente.
La déformation due à la dilatation thermique est donné par :
𝜀𝑡 = 𝛼 ∆𝑇
où 𝛼= coefficient de dilatation linéique
∆𝑇= écart de température imposé
11
L’allongement correspondant à la variation de température se calcule par:
𝛿𝑡 = (∆𝐿)𝑡 = 𝜀𝑡 𝐿 = 𝛼 𝐿 ∆𝑇
Donc l’allongement total est donné par la relation suivante :
𝑃𝐿
𝛿 = ∆𝐿 = + 𝛼 𝐿 ∆𝑇
𝐴𝐸
IV. CYLINDRE A PAROI MINCE SOUS PRESSION
IV.1 Cylindre ouvert a paroi mince sous pression
L’étude du cylindre droit à paroi mince (qu’on retrouve fréquemment en pratique) contenant
des fluides sous pression est
une des
applications
intéressantes du chargement
uniaxial. La figure 2.6
illustre la géométrie
de tel cylindre.
Figure 2.6
- Le cylindre supposé infiniment long.
- L’épaisseur t est beaucoup plus petite que le rayon moyen R ((t/R) < (1/10)).
- La contrainte est supposée être uniforme dans toute l’épaisseur de la paroi.
VI.1.1 Contrainte circonférentielle
12
La contrainte circonférentielle 𝜎𝜃 est due à 𝐹𝜃 agissant sur la
section de matériau A=bt :
-Calcul de 𝐹𝜃 :
𝜋
−2𝐹𝜃 + ∫ 𝑃𝑏𝑟 sin(𝜃) 𝑑𝜃 = 0
0
d’où 𝐹𝜃 = 𝑃𝑏𝑟
𝐹𝜃 𝐹𝜃 𝑃𝑟
donc, on peut écrire : 𝜎𝜃 = = =
𝐴 𝑏𝑡 𝑡
La figure (2.6 e) montre la répartition de 𝜎𝜃 dans la paroi du cylindre. On voit que le matériau
est soumis à une tension (dite « de membrane ») uniforme dans toute l’épaisseur du cylindre.
Remarque : Les autres forces sont nulles, donc les contraintes correspondantes sont aussi
nulles, d’où : 𝜎𝑟 = 𝜎𝑥 = 𝜏𝑟𝜃 = 𝜏𝑥𝜃 = 𝜏𝑥𝑟 = 0
VI.1.2 Etude des allongements
Pour étudier la déformation du cylindre, il nous faut reprendre le concept de traction
uniaxiale. La figure (2.7a) montre le cylindre coupé longitudinalement sur une seule ligne.
Puisque la paroi est mince, on peut développer complètement le cylindre (figure 2.7b)) et
obtenir ainsi une feuille de longueur 2𝜋𝑟
et de section 𝑏𝑡.
L’allongement circonférentiel du cylindre
est :
𝐹𝜃 × 2𝜋𝑟 𝜎𝜃×2𝜋𝑟 2𝜋𝑟 2 𝑃
𝛿𝜃 = = =
𝐴𝐸 𝐸 𝑡𝐸
S’il y avait en outre une variation de
température ∆𝑇, l’allongement serait :
2𝜋𝑟 2 𝑃
𝛿𝜃 = + 2𝜋𝑟𝛼∆𝑇
𝑡𝐸
𝑃𝑟 2
= 2𝜋 ( 𝑡𝐸 + 𝛼𝑟∆𝑇) Figure 2.7
Du point de vue pratique, ce n’est pas l’allongement circonférentiel qui nous intéresse, mais
plutôt la variation du rayon, 𝛿𝑟 (figure 2.7c). Géométriquement, on a
𝛿
Périmètre final = 𝟐𝝅𝒓 + 𝜹𝜽 = 𝟐𝝅(𝒓 + 𝜹𝒓 ) avec 𝛿𝑟 = 2𝜋𝜃
13
IV.2 Cylindre fermé à paroi mince sous pression
Le cylindre illustré à la figure (2.9 a) est bouché aux deux
extrémités : la pression exercée sur les bouchons crée par
conséquent une tension longitudinale dans la paroi du cylindre,
laquelle se superpose à la contrainte circonférentielle étudiée à la
section précédente.
Une coupe transversale à l’axe du cylindre (figure 2.9b) permet
de calculer la contrainte 𝜎𝑥 agissant sur la section annulaire 𝐴𝑥
(𝐴𝑥 = 2𝜋𝑟𝑡). La résultante est :
Fx = 2πrt σx
Or Fx est engendrée par l’effet qu’exerce la pression sur la
surface du bouchon 𝐴𝜌 (𝐴𝜌 = 𝜋𝑟 2 ) : par conséquent :
Fx = πr 2 P
d’où
Pr
σx =
2t
En général, on peut étudier l’effet de la pression interne en
combinaison avec celui d’une force axiale quelconque (figure
2.9c), puisqu’il s’agit là précisément de l’application directe des
concepts présentés au début de ce chapitre. On obtient ainsi :
Pr F Figure 2.9
σx = +
2t 2πrt
La déformation due à la superposition de contraintes (circonférentielle et longitudinale) sera
abordée dans les chapitres suivants.
V. DIMENSIONNNEMENT
V.1 Condition de résistance:
Afin de tenir compte d’incertitudes portant sur
• Les charges appliquées au solide;
• Les conditions d’utilisation
• Les caractéristiques mécaniques du matériau;
On affecte à la limite élastique des matériaux 𝝈𝒍𝒊𝒎𝒊𝒕𝒆 , un coefficient dit de sécurité 𝛽 compris
entre 1 et 10.
Le dimensionnement des pièces mécanique se fera en limitant la valeur de la contrainte
normale à une valeur notée 𝜎𝑝𝑒 (résistance pratique à l’extension), définie par :
14