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Les Radars de L'artillerie Francaise 1935-2015 LK

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Les matériels

DEM et RADAR
de l’Artillerie Française.
1935 - 2015

G. Dessornes et al.
Artillerie
Sol-Air
Artillerie SOL-AIR
Ce terme moderne a été précédé par :
• Défense Contre Aéronefs: D.C.A.
• Défense Contre Avion: D.C.A.
• Artillerie Anti Aérienne: A A A ou AA
• Forces Terrestres Antiaériennes: F.T.A.
• Défense Aérienne du Territoire: D.A.T.
• Enfin on a combiné: FTA-DA.
ALERTE AVION
• Depuis 1794 à Fleurus et surtout depuis 1914,
les belligérants ont cherché à se défaire des
aéronefs ennemis qui renseignaient leurs états
major et dirigeaient l’artillerie; une fois armés,
ils attaquaient les troupes au sol et les avions
amis.
• Il n’existait pas alors de moyens de détection
efficace autre que le son des moteurs pour
alerter les combattants et les civils.
Les méthodes de détections proposées étaient :

• Dépendantes de l’avion lui-même : Son du moteur, son des hélices


et de l’échappement, son de sillage (ou éolien), énergie acoustique de
fréquences inaudibles.

• Des effets de radiation: Perturbations des champs magnétiques;


Infrarouges émis par l’avion (Capitaine Hoffman); Mesure du CO2 derrière
l’avion.

• D’effets optiques : Traînées de condensation; Brillance et réflexion de la


lumière.

• D’effets électriques ou magnétiques : Émission électrique parasite


des magnétos des moteurs (Capitaine Armstrong et Professeur David);
Radiogoniométrie (émission radio); Perturbations électromagnétiques dues au
passage d’avion (Professeur David).
Première salle d’OPÉRATION aérienne.
Lycée Victor Duruy à Paris. 1916
1914
L’instrumentation scientifique moderne est dans son
enfance.
En dehors des systèmes d’écoute, eux mêmes sujets à
interprétation, aucun instrument n’est capable de
mesurer d’une manière fiable et répétitive les effets
physiques décrits précédemment.
Les récepteurs radio, par exemple, sont seulement
susceptibles de détecter des émissions puissantes et
proches et sur des fréquences basses.
Même le tube TRIODE de Lee de Forest (1907) n’est pas
encore assez sensible et de plus il est breveté.
NOTE: DEM et RADAR.
DEM : La Détection Électro Magnétique définit un moyen de mise en évidence d’objets
généralement peu perceptibles réfléchissant une onde électromagnétique. C’était,
avant la deuxième guerre mondiale, le nom officiel de ce moyen nouveau de
repérage des avions, des bateaux et de n’importe quels autres obstacles.
Ainsi en 1935. le célèbre Normandie, était équipé d’un Détecteur
Électromagnétique d’obstacle, sous entendu d’icebergs, inventé par Paul Ponte
(et al.) de CsF.

Le 8 Mars 1940, le Général Gamelin créé les unités de GUET électromagnétique.

RADAR : Radio Detection and Ranging est un mot composé par l’US Navy qui
était surtout intéressée par la mesure de la distance de ses objectifs connaissant
déjà avec une bonne précision leur gisement. Le mot RADAR souligne donc la
DISTANCE manquante à la DEM. Les Anglais avaient proposé « Radio-location ».

Pour les artilleurs antiaériens, canonniers ou missiliers, la connaissance précise de


la distance de l’objectif est primordiale pour calculer l’avion futur, c’est-à-dire le
point dans l’espace où se rencontreront l’aéronef et l’obus ou missile.
L’élément de tir « DISTANCE » qui est mesuré en continue par les radars rendent
les télémètres et leur superbe optique inutiles.
Barrage « David » 1934
Le professeur David avait noté des
interférences de réception radio lors de
passage d’avions au voisinage
d’antennes radio.
En Janvier 1934 avec l’aide du 401e
RADCA, il détecte au Bourget des avions
volant à plus de 5000 m.

Aux manœuvres de DAT de 1937 à


Reims, 75% des avions sont détectés.
L’Armée de Terre (DCA) note que ce
matériel n’est utile que pour l’alerte et
le control aérien. Il est donc insuffisant
pour la conduite de tir de DCA
L’Armée de l’Air et la Marine l’adoptent
et le commandent en série.
« Barrage DAVID » avec
détermination de 1939. La Marine protège
l’altitude. Brest à l’aide d’un barrage
qui forme une ceinture de
Belle-Île à l’Île de Brehat.
Un second « barrage » est
mis en place à Toulon et en
Corse.
Barrage DAVID

Unique photo connue d’une station mobile « David », probablement du « Barrage » de


Bizerte, vers 1941. C’est une station de réception à base des postes radio en dotation
normale: R30, R15 et R62. Ce matériel sera abandonné en 1942.
COOPÉRATION FRANCO-ANGLAISE
Fin 1938, les Anglais dévoilent leur matériel de DEM et offrent de le partager avec la France.
En particulier, ils livrent 3 GL (Gun Laying) à Montpelier, accompagnés des instructeurs.
Il n'existe pas de photo de ce matériel très primitif d’autant qu’il n’est pas livré assemblé et que
chacun monte son radar à sa manière. En particulier l’antenne. C’est un matériel d’alerte
techniquement basé sur la Chain Home qui couvrait la cote Est de la Grande Bretagne.

Antenne fabriquée à Montpelier sur un bâti en


bois. Pour ne pas tomber aux mains des
Allemands, le GL de l’Armée de Terre sera Récepteur: En haut à droite un volant permet
détruit et enfoui. Celui de l’Aviation est alors de manœuvrer l’antenne en gisement.
en Afrique. On n’a pas de trace de celui de la
Marine. GM = Gun Mobile
Elsie. (1939).

Matériel de DEM anglais pour batteries de projecteurs. C’est une aide électromagnétique de
poursuite d’objectif. Ce n’est pas un radar puisque la distance n’est pas mesurable.
Principe: Une antenne émet un signal continu (λ= 150cm) qui est réfléchi par l’avion. Quatre
antennes Yagy de réception déterminent le site et le gisement.
Ce matériel fut livré (deux au moins) avec 5 batteries de 94CA Vickers acquises le 14 mai
1939. Ce sont des batteries autonomes des 401, 405 & 407 RADCA.
Nous pensons que cette DEM n’a pas été utilisée et fut détruite pour échapper à sa capture.
Création du Guet Électromagnétique.
Mars 1940.

Le général Gamelin ordonne la création de la première station d’alerte. Elle est


implantée à Cateau-Cambrésis. La batterie de Guet Électromagnétique 920/1 du
capitaine Weerkamp relève l’équipe anglaise en place.
Le Général Julien, Inspecteur des Transmissions décide que le Guet
Électromagnétique et son emploi sont de son ressort. Les photos des GL ci-dessus
sont différentes: On l’a dit, chacun concevait son radar à sa manière !
Première position Radar.

La position de Cateau fut ensuite utilisée


par l’armée Allemande pour un radar de
guet Freya
Les GL Anglais: Principe.
GL : Radar à détection goniométrique.
L’appellation de ce matériel anglais est
« excessive » et peu appropriée. Le Gun Laying
(GL), ou système « de conduite de tir » était
incapable de cette utilisation. C’était un appareil
d’alerte mobile construit sur le principe des
premiers Chain Home, mais à impulsions.
Principe : Un émetteur projette
une « illumination » pulsée directionnelle sur
2200 mil environ. Les signaux réfléchis (avions)
sont détectés par une antenne Bellini-Tosi à
cadre intérieur tournant. Les graduations du
volant du cadre indiquent le gisement de l’avion.
Un oscilloscope mesure la distance de l’écho.
Portée théorique 120 km. Fréquence 40-50Mhz.
Puissance délivrée par des tétrodes refroidies à
eau de 350 à 750 kW.
Il prit le nom de GL1 après le développement du
GLII.
Note: les tubes tétrodes étaient démontables et
réparables sur place .
GL et GL… Pas tous pareils !

Ci-dessus, des GL en usine. Plus de


700 furent construits.

A droite, ce GL n’a pas d’émetteur, il


exploite l’émission d’un autre GL. Il
n’est pas équipé d’antenne de site
qui déterminait les altitudes:
Haute, Moyenne et Basse.
Les matériels français ignorés en 1940?

L’acquisition de matériels anglais n’a pas


été bien accueillie par l’industrie Française.
On se plaint de n’avoir pas été informés.
Les constructeurs CsF et SFR entre autres,
sont atterrés de voir des matériels en
retard sur les leurs, achetés par des
politiques incompétents (mentionnés au
procès de Riom). Ce radar de la Marine en
position à St Mandrier est clairement
moderne et probablement monopulse.
A Paris le Gal. Héring gouverneur de Paris
crée un Centre de Détection où Maurice
Ponte et Émile Girardeau (CsF) mettent en
place deux radars fabriqués à la hâte et
mis en batterie au Fort de
Cormeilles et à Sannois (château d’eau). Ils
détectent des avions à environ 100 km de
distance.
La défaite de 1940 mit un coup d’arrêt aux recherches. La Marine avait aussi beaucoup
investi dans la DEM. Ses radars seront une surprise pour les arsenaux américains lors du
réarmement de grandes unités aux USA après 1943.
Franconville/Fort de Cormeilles.
Tour du radar d’alerte de Paris 1939.
Maurice Ponte, PDG de SFR, mobilisé (capitaine) est
affecté au 6e Groupe Autonome de repérage. À la
demande du Gal. Hering, il procède à une
« installation d'alerte, sur ondes métriques de 3 mètres,
placée sur les hauteurs de Franconville ; le système
décimétrique sur le terrain des réservoirs d'eau de
Sannois, proches de deux batteries de D.C.A., l'une de
terre, l'autre de marine. L'installation, la mise en route
du Centre de Détection de Sannois et ses premiers
essais donnèrent lieu aussi à des péripéties diverses.
L'ensemble comprenait la réception des ondes d'alerte
émises par Franconville, réfléchies sur l'avion à
détecter, et les appareils de détection fine destinés à la
commande de tir. La première se faisait sur une
antenne directive située au sommet d'un pylône de 50
mètres de haut, entièrement en bois » .

La tour en bois de Maurice Ponte a été remplacée par


une construction métallique (la photo date de 1990)
pour y installer un relais PTT aujourd’hui abandonné.
Couverture d’un manuel
d’instruction pour la
Protection Civile et
l’Éducation Nationale.
(1939)
GL II
GL II
Fourniture anglaise 1946. Sans joint-
tournant HF, la cabine et l’antenne
tournaient ensemble. Tous les
opérateurs ne pouvaient pas
supporter, dans le noir, ces tours de
manège qui les indisposaient.
Le GLII est une amélioration du GLI en
ce qui concerne la précision des
données.
Une particularité: Les GL ne
pouvaient pas savoir si l’avion
détecté par sa gonio était devant ou
derrière le radar. Cette « ambiguïté »
était levée mécaniquement . «On
actionnait une poignée qui abaissait
le réflecteur situé derrière le dipôle
émetteur. Si l'écho grossissait, c'est
qu'il était à 180° et à contrario, s'il ne
variait pas en amplitude, c'est qu'il
était devant et donc en direction.
Aussi simple que cela! » (Picard) .
Prise de guerre. C’est le premier
vrai radar de conduite de tir. Il fut
Radar Würzburg
développé à partir de 1937 par
GEMA.
En service dès 1940, pour les
batteries de 88 et 105 Flak.
Radar mobile sur remorque.
• Portée 30 Km
• Puissance 8 kw
• Antenne parabolique E/R de 3 m.
de diamètre.
• Fréquence: 560 Mhz.
• Précision +/-0,75 degrés.
• Poursuite aidée par doublet
tournant.
• Présentations sur oscilloscope
type Braun à base de temps
circulaire. Une version
• IFF. (version C) en position de route

En 1941, la RAF perd des avions


lors d’un raid de nuit sur Cologne
grâce au Würzburg. Il a aussi été
utilisé pour le control d’aéroport. Il
fut en service au 401e et 417e
RAA et aux champs de tir du
Sahara.
Würzburg
La présence du doublet rotatif à fait
dire que la poursuite des avions
était, comme au SCR-584 américain,
automatique ou que le radar
américain s’en était inspiré.
Les deux assertions sont erronées.
Les Allemands ne maîtrisaient pas
les servos indispensables à
l’automation.
Notons la performance de GEMA qui
avait réussi à aiguiller les signaux
émis et reçus dans des guides d’onde
à fréquence métrique, sur une seule
antenne.
Les opérateurs tournaient avec
l’antenne car les joints tournant HF
étaient inconnus en Allemagne.
Würzburg
Le doublet rotatif qui
ressemble tant au SCR-584
sert a dépointer
artificiellement l’antenne
pour obtenir deux signaux
que les opérateurs vont
s’efforcer de maintenir égaux
et ainsi améliorer la précision
du pointage.

Son système d’identification Stichling (IFF) ne pouvait pas être monté sur d’autres
radars et n’était donc pas « universel ». Certains avions ne pouvaient pas répondre aux
codes de cet IFF à clef et barillet mécanique.
Ce radar sera encore en service avec Ejército del aire Espagnole jusqu’aux années 1970.
Würzburg
Model 1940, sans doublet tournant.
Noter les deux antennes « IFF » de part et d’autre du doublet .
SCR-268, radar pour projecteur.
Adapté à un APT , le SCR-268 est le premier radar de conduite de tir
antiaérien des Alliés. Après l’arrivée du SCR-584, il sera affecté au guet
aérien et doté d’un IFF.
SCR-268
Détails du SCR-268
En haut: l’antenne IFF

SCR-268T (pour mémoire). On


pensait alors que la DEM seule
était insuffisante. L’artillerie
côtière US demanda qu’un
appareil infrarouge opérât en
conjonction avec le 268: le
Thermolacator-268
L’expérience montra son
inutilité sauf pour les objectifs
marins.
SCR-268
Le mission de ce radar était, à
l’origine, celle de la conduite
de projecteurs. L’objectif ainsi
éclairé pouvait être pris à parti
par toutes les armes
disponibles. Par ailleurs, la
précision des premiers radars
avec des tubes émetteurs type
Barkahausen-Kurtz, ne
permettait pas d’envisager de
les accoupler aux calculateurs
électromécaniques des
batteries de tir (APT).
Sur le dessin, le radar donne
des informations au PC, et une
station de télécommande
manuelle est toujours en
place pour diriger les
équipages de projecteurs.
Dessin extrait du manuel technique (TM) du 268.
Ici en position au Pacifique.
SCR-268 et IFF. Campagne de France. (Chalon s/ Marne)

Dans cette version, les opérateurs sont enfin à l’abri des éléments contre l’avis des
autorités qui ne voulaient pas d’exceptions aux conditions de vie des GI’s.
SCR-268

SCR-268 vue de coté.


On note les câbles de
descente d’antenne de
l’IFF. Les câbles coaxiaux
sont une nouveauté.
Ce dessin était destiné aux
techniciens chargés d’une
mise à jour du radar à fin
d'installer l’IFF.
Caractéristiques et historique: SCR-268
Mise en étude en mai 1937 à Fort Monmouth.
L’ensemble et ses 3 opérateurs tournent en gisement.
Seule l’antenne de site (à droite) était contrôlée en élévation par son
opérateur.
• Mise en service : 1940
• Émetteur : Tubes de puissance monté en boucle (travaux
allemands de Hollmann et Barkhausen. (Le Dr. Hollmann est un
ingénieur de GEMA constructeur du radar Würzburg !)
• Puissance: 75 kW
• Fréquence : 205 MHz (λ=1.462 m)
• Fréquence de Répétition : 4098, Impulsions de 6 μ/s.
• Portée pratique: 35 km,
• Précision distance: +/- 60 mètres.
• Précision angulaire : 150 à 210 μ.
• Présentation sur oscilloscopes.
• IFF (1942).
En septembre 1943, le SCR-268 fut étudié au Camps Murphy
(Floride) par l’équipe interarmées du colonel Léon des Transmissions.
Il fut en dotation aux FTA lourdes. L’Armée de l’Air l’a utilisé pour le
contrôle aérien, civil et militaire des aérodromes.
Le système Canadien GL3C. ZPI /APF
(Zone Panoramique Identification & Accurate Position Finder)

Après 1940, les Anglais réalisèrent qu’une DCA de


champ de bataille efficace devait être composée de
trois matériels différents et liés :
• Radar(s) de guet lointain ;
• Radar d’acquisition (ZPI) pour affiner les données
reçues du précédant et les identifier ;
• Radar de précision (APF) qui exploite les
informations du ZPI pour conduire les tirs de la batterie.
Aux FTA, ce système fut en dotation réduite car, sans
modifications importantes, il n’était pas exploitable par
les APT des canons en dotation (90 M1 et 88 Flak).
Dans la pratique, dans les batteries de 90 avant le SCR
584, il donnait l’élément DISTANCE du tir quand les
télémètres étaient défaillants; il était aussi utilisé pour
l’instruction des techniciens et la sécurité des champs
de tir lors des écoles à feu.
Les Français reçurent le GL3-C, Canadien, semblable et
concurrent du GL3-B, Anglais.
Le système Canadien GL3C ZPI / APF
Caractéristiques

Présentation : PPI (signaux du ZPI) et scopes


type « A »;
Poursuite : Manuelle assistée;
Fréquence : λ = 10 cm;
Tube émetteur : Magnétron;
Fréquence de récurrence : 420 Hz;
Puissance de crête : 140 à 290 kW;
Précision en distance : 23 m à 33 km;
Portée pratique : 25km (sur bombardier);
Précision en élévation : +/- 28,5 μ. ;
Précision en gisement : +/- 28,5 μ. ;
Transmission des données : Par Selsyns.
GL3C

Console de l’APF (Fonds Brian Mendes ) ZPI . Antenne tournante déployée.

L ’APF et son tracteur


(Fonds Brian Mendes )
Un ZPI à Hyères. (Fonds G Riveil)
GL3C

Ci-dessus Instruction (photo Canadienne)


A droite: l’électronique et les réglages sont seulement
accessibles de l’extérieur. (Fonds Brian Mendes, both pictures)

On note la base de la cabine qui tourne en gisement. L’APF était décimétrique car on ne
savait pas encore fabriquer les joints tournants HF mais le ZPI, lui, était métrique. Seule
son antenne type Yagy tournait à l’aide de joints basse fréquence classiques.
Pour accéder à l’APF en opération, on téléphonait au chef de poste qui arrêtait la rotation
de la cabine. Pour sortir du radar, bien des opérateurs, après avoir passé des heures
dans le noir, oubliaient de positionner correctement la cabine, ouvraient la porte et,
éblouis, tombaient lourdement au sol…
Plus tard, ces cabines dont les parois et les rayonnages intérieurs étaient en très beau
contre-plaqué, furent « immobilisées » (soudées au châssis) et longtemps utilisées pour
d’autres applications (PC, bureaux, etc.) et pour les AN/TPS de l’ESAA.
SCR-584
Le SCR-584 fut une révolution scientifique et
technologique à cause du nombre d’innovations
avancées auxquelles il a donné naissance,
immédiatement et après la guerre. Il a donné ses
lettres de noblesse à l’électronique militaire moderne.

Ci-dessous, la cabine d’exploitation à 3 opérateurs


Les concepteurs à MIT.

Rare photo en couleur du


scope « J » de distance.
(Fonds GD)
SCR-584
Les premiers stages 584 eurent lieu en 1943 en Floride. Le
radar était alors TOP SECRET. Mais ce n’est qu’a partir de 1946
que les régiments AA lourds en seront progressivement dotés.
Le 584 s’est inséré dans l’organisation des batteries de 90 mm
prenant la place des télémètres. Ses capacités en fonction de
veille avaient été surestimées donnant au SCR-268 une
nouvelle vie.
On lui doit entre autre d’avoir fait le coup de feu à Alger, cassé
les attaques aériennes allemandes à Anzio, sauvé Londres des
V1 et anéanti les Me109 au pont Ludendorff à Remagen.
Toutefois, si en Normandie il n’avait pas eu l’occasion de
montrer ses capacités il fut utilisé pour guider les bombardiers
américains sur Cherbourg et ainsi limiter les « grosses
erreurs ».
En France il sera aussi utilisé pour l’étude de détection d’obus
de mortier et aux champs de tir au Sahara (Parca).

A gauche, de haut en bas: photo officielle du radar; 584 avec


IFF au CITDEM de Pontoise (Fonds Le Bozec), un 584 camouflé
dans les Garigues de Nîmes.
SCR-584
Caractérisques.

Longueur d’onde 10 cm;


Magnétron 250 kW;
Fréquence de récurrence 1707;
Diamètre de l’antenne 1.83 m;
Détection sur chasseur 48 km;
Portée (recherche) 64 km;
Poursuite automatique (Auto-Track) 30 Km;
Portée de tir (distance artillerie) 25 km; À gauche : Commandes de poursuite automatique.
Précision 23μ; À droite: Scope PPI.
Erreur Azimutale 1 μ;
Erreur en site (Élévation) 1 μ;
1 scope PPI 7 pouces;
2 scopes « J » de distance.
Poids brut : 9 t;
Longueur hors tout (avec tracteur): 10 mètres;
Largeur hors tout : 2,45 m;
Antenne escamotable.
IFF
Cabine : Remorque normalisée Fruehauf.
L’antenne IFF est positionnée (télécommandée)
sur l’écho de l’avion « accroché ».
COTAL (LB)
COnduite de Tir d’Artillerie Antiaérienne Lourde.

1950. Le COTAL est une copie améliorée du SCR-584


construit par General Electric (GE) sur les plans du MIT.
La Compagnie Française Thomson était avant guerre
une émanation de GE et les liens existants permettaient
l’accès à ses bureaux d’étude.
La décision de fabriquer en grande série le COTAL, fut
plus une affaire de politique économique et de remise
sur pied de l’industrie qu’une décision mûrie des
services de l’armement. Plus de 300 Cotal furent
Ci-dessus, les Cotal au CIER de construits (soit pour 75 régiments !).
Hyères (et un PHF en 1er plan).
Sans direction militaire formelle, les ingénieurs ont
Ci-dessous: le MdL Marey prend son
service à R5, AFN. (fonds Marey) construits un espace de travail presque luxueux,
confortable, climatisé, facile d’entretien, facile
d’utilisation et fiable tout en répondant au cahier des
charges et bien au-delà. Toutefois, ses performances
essentielles n’étaient pas très supérieures à celles de
l’original.
Le COTAL au fil du temps devint mythique : Il fut
longtemps l’aune des comparaisons.
COTAL LB: Caractéristiques générales
Portée maximale. Environ 80 km;
Portée pratique 52 km;
Portée en poursuite automatique : 45 km;
Précision (télémétrie) ± 15 m;
Magnétron Types 2J30 à 2J34;
Fréquence Fixe : 2700 à 2900 Mhz;
IFF Non
Transmission des données : Potentiomètres et Selsyns;
Longueur 6,50 m;
Largeur 2,45 m;
Hauteur 3,25 m;
Poids de l’ensemble 12 tonnes;
Remorque CODER (plus tard Fruehauf ).

Relevé de batterie. L’antenne est


descendue électriquement dans la
cabine.
Le tracteur Federal attend pour
accrocher.
402e RAA Commercy. 1956. (Fonds Etancelin) .
COTAL

Aux manettes, le MdL


Cotal en batterie. Dessolier, instructeur,
(CIER).

L’ergonomie de la
console d’exploitation
du COTAL n’a jamais
été égalée.
(Douvres la Délivrande .
Musée des radars. GD 2004)
COTAL

Salle d’instruction COTAL.


(CIER de Hyères)

Camouflage aux Garigues de Nîmes.


(2 clichés Fonds Durancel)
COTAL en AFN: Autres utilisations.

403 RAA

Cotal météo à
Reggane
(Fonds Létandart)

Barrage radar : R5

Le Cotal, comme le 584, peut détecter des


mouettes ! La composante Doppler des signaux
est ici utilisée pour détecter hommes et animaux
en mouvement. Un signal audio (dit Donald) Barrage radar :R2
alerte l’opérateur qui conduit le tir.
COTAL

Force H: 1956. Un tracteur M4 tire un


Federal et son Cotal vers sa position aux
alentours de Marseille. (Fonds Etancelin)

Deux Cotal du 7e RAMA, hors service après des tirs


de mortiers du FLN sur le poste du Piton Monument
Leclerc (Fonds Jean Fremont)

« Radar canon ». Photo mise


en place pour la presse.
Radar AA3Mk7
(pour mémoire)

L’AA3Mk7 anglais est le cousin germain et concurrent du COTAL, fabriqué par British
Thomson-Houston (BTH). Ses caractéristiques étaient pratiquement les mêmes mais, comme
tous les radars anglais, il était équipe d’un IFF. Son antenne était partiellement escamotable.
Il servait les canons du 3’7 Vickers (94 mm) et pouvait également servir de PC de batterie ou
de poste d’officier de tir. Bien qu’Il ne fut pas en dotation en France on verra ce matériel en
support des essais PARCA (à la Renardière en particulier). Il est probable que l’un d’eux fut
prêté/donné à Thomson (CFTH). (Photo association des anciens de BTH)
AN/TPS-1
L’AN/TPS avait mission de remplacer le SCR-268
largement dépassé et de satisfaire aux besoins de
guet aérien de tous les services. C’est un radar de
guet lointain, à l’origine de chez Bendix,
aéroportable, parachutable, débarquable sur des
plages non aménagées, transportable en fardeaux
par des hommes et enfin insubmersible. Ce dernier
est un défi de taille qui ne sera pas relevé : tous les
7 fardeaux ne seront pas "flottables » tels que la
génératrice, les éléments d’antenne, etc.
On verra ce radar sur des navires de guerre ou
civils, aux sommets de montagnes, sur camion,
sous tente, dans des bunkers, aux aeroports, etc.
De 1951 à 2012 ce radar et ses variantes sera le
radar de guet de l’Armée française. On ne compte
plus le nombre de TPS construits aux USA et à
travers le monde. Ce radar est également bon
marché. Il y eu plusieurs générations de TPS. Les
FTA seront dotées successivement des AN/TPS-
1C, D, E, F et G. Une version « 10 » (détection
site) fut en dotation au 721e GAG.
Parfois, des modifications en kit, même importantes
mais peu visibles, appliquées à une version de TPS
changeait la numération du radar, par ex., de « D »
à « E ».
AN/TPS-1

TPS dans une cabine


GL3 (1956). Photos de
l’auteur.

1964. TPS-1G en shelter normalisé


sur Berliet (unité Hawk).
AN/TPS-1

Fardeau des oscilloscopes et des commandes.

A droite, les fardeaux sont


installés en étagères.
En local éclairé, on visionne les
scopes avec une « bonnette ».

Sous tente, un TPS est monté en


tour. Situation typique des
géographies de plaine.
AN/TPS-1

Installation sur la tour radar


du CIER de Hyères

TPS en tour, panneaux fermés.


(Musée Armée Portugaise, 2005)

On a ici, réduit l’antenne à 3 éléments à cause


du Mistral. 1956 . (Fonds Etancelin)
AN/TPS-1
Caractéristiques générales

Fréquence fixe 1220 à 1350 Mhz. (selon magnétron)


Puissance moyenne. 400 W
Fréquence de répétition. 360 à 400 Hz.
Portée. De 1000 m à 300 km.
Constructeurs principaux Sperry Corp., Raytheon Co., Selenia,
Telefunken.
Émetteur Magnétron 5J26 fréquence fixe.
MTI (Effaceur d’échos fixes) Bac à mercure, puis ligne à retard électronique.
Antenne Cosécante carrée (haute et moyenne altitude)
IFF Tous types.
Précision
Distance 3% de la distance de l’objectif plus1mile.
Gisement 70μ
Visualisation PPI de 7” et Scope « A ».

Poids 820 Kg.


Transport 6 fardeaux plus cage d’antenne.
Génératrice essence 7.5 KVa.
AN/TPS-1 : NOTES
A l’instruction, la mise en station des TPS en TOUR était une affaire particulièrement délicate.
Un utilisait une « chèvre » en dotation et tous les bras disponibles de la section. Mais on ne
recommençait pas! A Nîmes, le Mistral était une bonne raison pour remettre au lendemain !
Les Américains avaient, naturellement, surnommé ce radar « TIPSY » (branlant, titubant )!

En service de guet (CRDT) un poste de grande puissance SCR-399 était détaché à la station
AN/TPS pour diffuser « en l’air » les alertes avions. Sa fréquence pouvait chevaucher celle de
France-Inter ou Radio-Nimes, au choix…

Les TPS ont reçu sans modification tous les IFF construits depuis 1943, preuve de leur solide
conception. Au Groupement, seuls les opérateurs des TPS (le plus souvent des hommes du
rang !) pouvaient identifier les avions et les déclarer « ennemis ».

La fameuse interception du DC-4 de Ben Bella, chef du FLN en Algérie fut possible grâce au TPS
du 411 RAA en position là où on le l’attendait pas. (Octobre 1958).

Le Hawk au Tchad. Des vieux TPS ont été utilisés comme leurres de missile antiradar. Mais
l’attaquant, un bombardier Tupolev, n’en n’était pas équipé (Sept 1987).

Le grand nombre et la disponibilité de ces excellents radars et leur petit prix a longtemps
fermé le marché des radars modernes de veille en Europe, au grand regret des FTA et des
constructeurs.
AN/TPL-1
Dans la panoplie des matériels Radar, l’AN/TPL pourrait facilement passer inaperçu. Aux
USA, en 1945, il arrive trop tard quand l’aire des projecteurs est révolue. Il fut malgré tout
en dotation aux FTA et promptement garé au fond des travées régimentaires.
Techniquement , c’était une petite merveille. Pour une raison inconnue, sa maintenance ne
fut pas traditionnellement attribuée au Service des Transmissions mais au Matériel. Ce ne
fut pas, à l’époque, la meilleure des décisions.

Caractéristiques
Fréquence. 3GHz (10 cm)
Émetteur : Magnétron.
Puissance : 175 KW
Portée : 55 km
Doublet: 100 tr/min.
Scope PPI 7 pouces
Scope “A” Distance et IFF.
Scope “A” Site.
Scope “A” Gisement.
IFF: AN/TPX-4 (Mark III)
Poids; 1200 kg
Opérateurs: 3 + chef de poste.
AN/ TPL-1

On a vu quelques fois le TPL aux Écoles à feu du 405e RAA, sans doute pour lui trouver une
éventuelle utilité (Col. M Abrell, alors MdL « dépanneur » radar. )
En dotation mais ignoré en France, ce radar trouva emploi auprès des services
météorologiques des États-Unis à la poursuite des cyclones jusqu’aux années 1970. Tiré par
une camionnette radio, ses équipages de 3 personnes étaient entièrement féminins.
Radars GAL et ACAL
Dans les années 1950-1955, il
était apparu que les AN/TPS,
suffisants pour le
guet « rapproché » ne l’étaient
pas pour le guet éloigné. Un
radar GAL (Guet AA lourde),
sur des spécifications de la
SEFT fut commandé à la CsF.
Le GAL est un double radar à
deux antennes dos-à-dos: une
antenne couverture basse
pour la détection lointaine
une seconde antenne
« surcosécantée », couverture
haute.
La puissance des radars était de 1Mw en bande S. Les vidéos étaient combinées. GAL et
ACAL utilisaient des ensembles électroniques communs (émetteurs, récepteur, MTI, PPI). Le
radar était mobile, sur remorque routière. Abandonné pour causes budgétaires.
Note : les Américains avaient un radar semblable, l’AN/FPS-19, construit avec deux AN/TPS
« améliorés » qui fut longtemps en service, sous dôme, dans l’Arctique.
Radar ACAL (RD-270)
Dans les batteries de 90, les données d’objectif, via le cheminement TPS-PHF-COTAL étaient
souvent inutilisables. Cette carence était essentiellement due à la l’imprécision angulaire
notable des AN/TPS. Un radar d’acquisition s’imposait: le radar d’Acquisition Artillerie
Antiaérienne Lourde
ACAL
Caractéristiques:
Portée : 150 km.
Altitude : 15 000 m.
Fréquence, 10 cm
Puissance crête : 1 MW.
Magnétron à fréquence fixe.
Antenne cosécante carrée
MTI par tube à mémoire.
Sans IFF.
Le radar est monté sur une remorque
spécialisée. Les données ne sont
pas exploitées sur place mais sont
transmises par faisceau Hertzien aux
batteries qu’il dessert. Il n’y a donc
pas d’opérateurs. Seule une équipe
de maintenance réduite est sur le
site.
ACAL
Particularité: le Déport Vidéo :
La vidéo de l’ACAL est transmise par un
faisceau Hertzien mobile de 1 W. Portée : 10 à
15 km,
L’ émetteur utilise une antenne « bougie »
omnidirectionnelle. Les batteries reçoivent les
signaux via un récepteur d’images. Elles sont
exploitées sur un scope IP-8 qui tient compte
des parallaxes.

Ce système ne transmet pas


les signaux IFF. (Cas
d’utilisation des TPS)
Au Parca, l’IP-8 est intégré
dans la console de l’officier
de tir .
Système d’arme PARCA
Le système d’arme PARCA est construit autour de matériels existants modifiés et adaptés.
Le radar de base pour la poursuite des objectifs et de l’engin PARCA est le COTAL. (Cotal LB,
LG, et LJ). Puis il sera décliné de différentes manières donnant naissance à des « Super-
Cotal » qui ne seront pas fabriqués en série après l’abandon du PARCA. Des remorques
COTAL seront aussi reprises et modifiées pour s'adapter aux besoins du système d’arme.

1964. Ci-dessus un « Super-Cotal ».


Finalement Aquitaine et ses nombreux
A droite le radar d’acquisition Aquitaine. Portée 300
dérivés seront des radars de
km, monopulse et de haute précision (.05 mRd).
trajectographie pour les tirs spatiaux.
(Il ne nous apparaît pas entièrement évident de comprendre
comment il allait s’insérer dans la chaîne PARCA pour laquelle il
En second plan: des remorques Cotal
avait été commandé). trouvent un nouvel emploi.
Système d’arme PARCA

Antenne de télécommande du missile


Cotal LJ: version radar de poursuite PARCA.
d’engin et l’émetteur du rayon directeur On note la polarisation circulaire de
du raccordement. l’antenne. L’émetteur et le codeur
sont logés dans une remorque COTAL
(Arrière plan, à gauche)
Système d’arme PARCA

Ci-dessous la console de
l’officier de tir Parca

La console d’exploitation du COTAL LG est pratiquement la


même que celle du COTAL LB, seuls les tiroirs d’électronique
sont visiblement différents.
RADAR COTAM
TÉLÉPOINTEUR pour 40 MM-L70

1953. Le radar COTAM servait 3


pièces Bofors 40 mm L70.
C’était un radar polarimétrique de
guet et de poursuite automatique,
construit pour un concours OTAN
qu’il a remporté. Mais les Alliés ont
finalement préféré leur propre
système. Sa particularité était une
certaine imperméabilité aux
brouillages.
(Photos CFTH et captures d’écran)

Tirs à la Renardière (Var)


Système d’Arme NIKE
1959. Le système d’arme NIKE-Hercules du 721e GAG fut en service opérationnel pendant
deux ans aux FTA avant d’être transféré à l’Armée de l’Air. Le régiment au complet fit le
voyage aux USA pour son instruction. La modernité des radars avait fait grande impression
sur les techniciens les plus éclairés des FTA qui seront ensuite mutés sur le système Hawk.
La batterie comprenait un radar d’acquisition, un radar de poursuite d’objectif et un radar de
poursuite d’engin incluant la télécommande du missile. Les deux radars étaient liés à un
calculateur électronique analogique.

Radar d’acquisition
Portée maximum 230 Km
Puissance de sortie 1 MW
Fréquence de 3100 - 3500 Mhz variable
Rotation d’antenne 5, 10 ou 15 tr/m
MTI ligne à retard à quartz.
IFF; Mark X SIF.

Ce radar était une résurrection


(améliorée) des batteries de 120 mm
M33 américaines, abandonnées. Il
était l’intermédiaire entre l’AN/TPS et
le radar de tir monopulse de la batterie.
Au Nike, sa vidéo était exploitée à la
cabine de commandement.
NIKE

Les antennes des radars de tir (TTR) et d’engin (MTR) étaient sous radome pour diminuer l’effet
du vent et rien alors ne pouvait les distinguer. C’étaient des radars «monopulses » de très
grande précision dont l’erreur de pointage était de moins de 20 m à 200 km. Cette précision
était contraignante: Il fallait vérifier les niveaux quotidiennement ou à chaque variation de
température dépassant 2°C. Ils étaient peints en blanc pour diminuer les effets des variations de
température. Les vérins reposaient sur des colonnes de béton enfoncées à plus de 2 mètres en
terre. Les mécanismes d’antenne tenaient de l’horlogerie, et les réglages étaient minutieux.
Les remorques spéciales de transport restaient en place pour faire mouvement rapidement mais
on pouvait également les garer.
NIKE
Caractéristiques TTR: Caractéristiques MTR
Portée pratique: 230 Km. Portée pratique : 950m à 180 Km
Fréquence : 8500 à 9600 Mhz Fréquence. 8500 à 9600 Mhz
Largeur du lobe à -3 dB: Moins de 1º Largeur du lobe à -3 dB: Moins de 1º
Puissance de sortie: 201 KW Puissance de sortie: 159 kW
Précision théorique: 20 m à 200 km Vélocité antenne G0 : 750 mils/sec.
Vélocité antenne G0: 700 mils/sec Vélocité antenne site: 750 mils/sec.
Vélocité antenne site: 650 mils/sec. Vélocité distance : 1500 m/sec (5400 Km/h)
Vélocité distance: 5.5 Km/sec

Stetten a.k.m., Allemagne, sous la neige. Radar TTR exposé (décoiffé ? )


(721e GAG) 1960. (GD) dans un musée Hollandais.
NIKE

À gauche: console radar acquisition et d’officier de tir. À droite la console en opération.

Cabine radar : à gauche la console MTR. À droite: la console TTR à trois opérateurs.
Système d’arme HAWK
A l’origine, le Hawk avait été essentiellement conçu pour compléter la couverture
moyenne et basse altitude que le système NIKE assurait mal. En matière de contre mesure
électronique, la présence des Hawk pouvait épauler les Nike là où ils étaient déficients
face à des moyens ECM Soviétiques accrus. Partant, le projet HAWK devait aussi contenir
un éminent composant ECM. Pour ce faire, en plus des moyens classiques électroniques
de qualité, HAWK utilisera un complexe de radars de techniques suffisamment différentes
(type de radar, fréquence, poursuite automatique de l’avion brouilleur, missile
autodirecteur, etc.) qui allaient identifier l’assaillant et le détruire.
La batterie HAWK (de base) consistait d’un radar d’acquisition à impulsion (PAR), d’un ou
deux radars Illuminateurs à ondes continues (HPIR), d’un radar Dopler (CWIR), et d’un
radar de distance « seule » (ROR). L’ensemble était lié à un centre de commandement et
de tir qui définissait quels moyens ou combinaison de moyens devaient être employés
pour éliminer un ennemi armé de brouilleur(s).
Ainsi, sur la « barrière » OTAN, du nord de l’Europe au sud de l’Italie, les unités Hawk
seront déployées en avant des unités Nike et parfois même insérées entre elles.
Un réseau de maîtres-radars participait au guet. À tous les niveaux des échanges
électroniques automatiques, montants et descendants renseignaient les uns et les autres
sur les activités aériennes amies et ennemies ainsi que des engagements amis.
De retour en France, pendant 45 ans, constamment mis à jour, les régiments Hawk seront
rattachés à la DAT et aux grandes unités.
Système d’arme HAWK
Les radars ILLUMINATEUR
AN/MPQ-39 (HPIR) sont au
cœur du système Hawk. Ces
radars à onde continue de
grande puissance
« illuminent » virtuellement
l’objectif que l’autodirecteur
du missile prend en compte.
Les radars ont deux antennes,
l’une pour « illuminer » et la
seconde pour capter (effet
Doppler) les signaux de retour
nécessaires à l’accrochage
automatique de l’objectif .
Puissance : 2000 W.
Fréquence : 10 à 10,25 GHz
Portée : > 100 km.
Note: La puissance de l’émetteur des Illuminateurs HPIR (High-Power) était telle qu’il
pouvait brûler de la paille de fer présentée à une dizaine de mètres de son antenne.
Certaines unités avaient monté sur l’antenne une lampe rouge d’avertissement (de temps
de paix!) et on fixait une zone d’interdiction d’accès autour du radar.
Système d’arme HAWK
Radars d’acquisition et de guet.

L’ AN/MPQ-34 (CWAR), est un radar Le Radar AN/MPQ-35 (PAR) est un radar de guet et
de veille Doppler pour la détection d’acquisition à cosécante carrée à impulsion, couvrant
des objectifs à basse et très basse les altitude hautes (18000m) et moyennes.
altitude. Puissance : 200 W , Il est un descendant des AN/TPS.
Fréquence: 10 GHz, Portée : 75 km. Portée : >110 km, surfaces équivalentes de 3 m2
pour un objectif de 3 m2. équivalent. Puissance : 450 kW (Stabilotron)
Vitesse radiale mesurée de 167 à Fréquence variable : 1250 à 1350 Mhz
1635 km/h. Sa rotation est MTI, IFF/SIF et Antenne omnidirectionnelle anti-
synchronisée avec celle du PAR Jamming.
Système d’arme HAWK

Le radar de distance AN/MPQ-37(ROR) à impulsion a une fonction ponctuelle de mesure de la


distance en cas de brouillage du PAR et/ou des radars illuminateurs HPIR.
Ses émissions sont nécessairement très courtes pour ne pas être lui-même pris à partie. Les
radars PAR et/ou HPIR étant brouillés, l’indispensable élément DISTANCE est alors mesuré par
le ROR. Le PAR, même lorsqu'il est affecté continue à donner le gisement du brouilleur. La
distance va alors apparaître sur l’écran de l’officier de tir, entrer dans les calculs des HPIR et
permettre l’engagement en situation Track On Jam (TOJ), ou, en Français, poursuite du
brouilleur.
Système d’arme HAWK

A gauche : PC de tir. Écran PPI de l’officier de tir


et de son adjoint. Au fond, un des deux
opérateurs illuminateur -tireurs.
Derrière l’écran qui le cache est assis l’opérateur
CWAR devant son scope.

Ci-dessous: Vue du PAR et d’un Illuminateur en


opération au Tchad. (1986-1989)
Hawk Improved
Après 1976, le Hawk est régulièrement remis à
jour. Les améliorations sont parfois radicales et
reflètent les philosophies et les technologies du
moment. Ainsi, en 2000, le PIP-3, la dernière
version avant l’abandon de l’arme n’a plus de PAR,
plus de ROR, plus de BCC. Tous les équipements
sont montés dans des cabines à un essieu. L’IFF et
son antenne est dans le PC de tir. Le système est
entièrement transistorisé, les vidéos brutes ont
disparues remplacées par des présentations
synthétiques. Un calculateur analyse les menaces
et propose des solutions à l’officier de tir.
Roland
AMX-30

Roland 1
Roland 2
Roland 1 Temps clair: Radar pulse Doppler, 70kW, Fq. Rep.: 5362 Hz.
Portée 18km; altitude entre 50 m et 3000 m.
Vitesse radial détectée entre 50 m/s et 45 m/s (rapprochement) et 300 m/c (éloignement);
Précision distance entre 20 m et 600 m
Indicateur panoramique. Alarme audible, IFF/SIF.
Roland 2 Tout temps
Comprend le radar de veille de roland 1 et un radar de tir :
Radar à onde entretenue, centimétrique, monopulse, polarisation circulaire;
Portée utile de 750 m à 15 km, précision 60 m.
Vitesse radial accrochable de 4 à 450 m/s.
Calculateur analogique .
Roland Carol

CAROL est une des nombreuses versions du Roland 2,


celle-ci est Française. Le lourd AMX-30 a fait place à un
ensemble facilement aérotransportable de 7,8 t., attelé
à un tracteur ACMAT adapté. Le système qui reste le
même a simplement été reconditionné.
Les régiments étaient équipés des deux systèmes
simultanément.

(En haut, photo prise à Hyères. A droite, CAROL déployé ).


Radar Œil Noir
Bi-Tube 30mm. sur AMX-13

Œil Noir est un radar pulse-doppler à traitement numérique du signal. C’est un radar de veille,
d’acquisition et de télémétrie pour objectifs de basse altitude de 0 à 3000 m. Lors du tir, il devient
radar de télémétrie. Ses données sont exploitées par un calculateur analogique qui élabore les
corrections de tir de la tourelle. L’antenne est escamotable. Tir à terre très efficace.
• Émetteur cohérant à triode 120W crête. Pulse Doppler analogique, 8 voies;
• Vitesse de rotation d’antenne 60tr/mn;
• Vitesse de ralliement (tourelle) G0: 1400μ/sec;
• Vitesse de ralliement (canons) S0 : 800μ/sec;
• Fréquence: 1710-1750 Mhz;
• Portée de détection : 15 km;
• Présentation vidéo sur scope type PPI dans des cercles de distances combinées à une symbologie des vitesses
radiales de l’objectif.
Artillerie
de
Campagne
SCR-584
de « Campagne »

Le 584, de nuit en Alsace, détecte des blindés sur Ce prototype 584 (MIT) détecte des mouettes.
la rive allemande du Rhin et fait tirer les 155. 1941-1942.

On avait découvert, lors de ses essais, que le SCR-584 détectait « aussi » les mouettes. Ainsi
donc, pourquoi pas les obus ? Les tables de tir des 90 mm qui tiraient des obus à très grande
vitesse initiale (850m/s) n’étaient pas alors très fiables. On utilisa donc le radar pour vérifier les
tables. De fils en aiguille, on pensa ensuite à déterminer l’emplacement d’un mortier à partir
des trajectoires de ses obus enregistrées avec précision par le 584.
Le 25e RA de Thionville / Hettange-Grande, avait reçu deux SCR-584 pour expérimenter le
procédé. En 1952, les résultats dépassèrent les espérances (Ref. CE. L Picard qui était le sous-
chef de poste). Les industriels furent donc très intéressés et deux projets au moins furent
présentés.
L’adoption de l’AN/MPQ-10 américain, spécialement conçu à cet effet, avec calculateur et une
excellente présentation graphique et enfin, son immédiate disponibilité, mit fin aux recherches
en France.
AN/MPQ-10
Radar anti-mortier

Fréquence: 2700-2800 MHz


Portée pratique: 4 à 7 km.
Secteur de surveillance: 800 μ
Precision G0 : 3μ
Precision distance: 30 m.

Après détection et accrochage


d’une série d’obus ennemis, le
calculateur détermine la position
de la pièce qui peut alors être
l’objet de tirs de contre-batterie.
AN/MPQ-10
Photo de presse non datée
Sirocco
(Système Intégré Radar d’Observation Continue des Courants aéOlogiques)

• Fréquence 9375 Mhz.


• Monopulse,
• Précision en distance : 5m
• Portée 130Km sur SEQ 2m2.
• Portée 200km sur répondeur.
• Pour ballon-sonde météo.
• Vu première version à Hammaguir en trajectographie.

Météorologie
Poursuite d’un ballon-sonde.

Une première version pour les Ci-dessus sur remorque.


mesures de trajectographie du La cabine d’exploitation contient un
Sol-Air PARCA à Hammaguir matériel de communication radio et par
(Capture d’écran) voies hertziennes avec télétype.
RATAC VAB

1962. Surveillance du champ


de bataille et conduite de tir
d’artillerie.

Antenne parabolique
tronquée (65 × 52 cm).
Émetteur λ = 3cm.
Portée : 20 km
Précision: 50 m
Version portable d’infanterie:
portée: 12 km

Ce radar fut exporté à travers le monde et fabriqué aux USA en 1970


sous le nom d’AN/TPS-58.
COBRA
Radar de contre batterie
Détection et localisation de
l’origine des obus par le son et
par radar.
Le radar, pour ne pas dévoiler sa
présence, n’est pas toujours en
veille active. Un système audio
d’écoute du départ des coups
déclenche l’émission du radar.
C’est un retour aux années 1915,
mais avec des technologies
modernes qui marchent !
• Détection d’alerte par le son à
15km.
• Radar antenne dalle à balayage
électronique .
• 2720 modules actifs.
• Ouverture du faisceau 1600μ,
• Antenne fixe ou en rotation.
• Portée 20km sur obus de
155mm.
• Portée 40 km sur roquette de
200mm.
En haut, COBRA en livrée ONU pour une mission au Liban.
En position de route, l’antenne est repliée (hydraulique) et prend place
sur le plateau du camion. La génératrice est incorporée à l’ensemble.
FIN

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