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i Al-Moukhtasar
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i du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
i Garantissant la Connaissance
i Personnelle Indispensable de la Religion
i 33333
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Édition Octobre 2010
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 3
!
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Introduction
Al-hamdou lil-Lahi rabbi l-^alamin, اﳊﻲ
ّ (Al-Hayy) Celui Qui a pour attribut
la vie, ( اﻟﻘﻴّﻮمAl-Qayyoum) Celui Qui ne s'anéantit pas, Celui Qui prédestine toute
la création.
Ceci est un résumé qui rassemble la plupart des connaissances
indispensables qu'il n'est permis à aucune personne responsable d'ignorer,
concernant la croyance et certains sujets du fiqh de la purification jusqu'au hajj,
quelques-unes des lois des transactions selon l'école de jurisprudence de l'Imam
Ach-Chafi^iyy et l'exposé des péchés du cœur et des organes tels que la langue et
autres.
L'œuvre d'origine revient à l'un des spécialistes du fiqh de l'Hadramaout,
^Abdou l-Lah Ibnou Houçayn Ibni Tahir. Ont été insérés par la suite beaucoup
d'ajouts sur des questions précieuses tout en supprimant ce qu'il avait cité au
sujet du soufisme et en modifiant certaines expressions, sans que cela change le
sujet. Il nous est arrivé de citer ce que certains spécialistes du fiqh chafi^iyy tels
que Al-Boulqiniyy ont jugé plus argumenté afin de montrer ce qui l’est moins
dans le livre d'origine.
Il convient donc de lui consacrer une attention particulière pour que les
actes soient agréés.
I
4 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Les connaissances indispensables
de la croyance
Il est du devoir de la totalité des personnes responsables d'entrer dans la
religion de l’Islam, d'y demeurer à jamais et d'observer ce qui leur est
obligatoire selon ses lois. Parmi les choses qu'il est un devoir de connaître et de
croire dans tous les cas, et qu’il est un devoir de prononcer immédiatement si
quelqu’un est mécréant ou sinon dans la prière, il y a les deux témoignages :
ُ َﺷﻬ ُﺪ أَ ْن ﻻَ إِﻟـٰﻪَ إِﻻﱠ ﷲ َوأَ ْﺷ َﻬ ُﺪ أَ ﱠن ُﳏَ ﱠﻤﺪاً َر ُﺳ
ﻮل ﷲ َ أ
['ach-hadou 'an la 'ilaha 'il-la l-Lah, wa 'ach-hadou 'anna Mouhammadan
raçoulou l-Lah c'est-à-dire : je témoigne qu'il n'est de dieu que Allah et je
témoigne que Mouhammad est le messager de Allah ].
La signification de 'ach-hadou 'an la 'ilaha 'il-la l-Lah est : Je sais, je crois
et je reconnais que nul ne mérite d'être adoré sinon ( ﷲAllah) Dieu, ( اﻟﻮاﺣﺪAl-
Wahid) Celui Qui n’a pas d’associé, ( اﻷﺣﺪAl-'Ahad), ( اﻷولAl-'Awwal) Celui
dont l’existence n’a pas de début, ( اﻟﻘﺪﱘAl-Qadim) celui Qui est exempt de début,
( اﳊﻲAl-Hayy) Celui Qui a pour attribut la vie, ( اﻟﻘﻴﻮمAl-Qayyoum) Celui Qui est
exempt de fin et Qui ne s'anéantit pas, ( اﻟﺪاﺋﻢAd-Da'im) Celui à Qui n’adviendra
aucun anéantissement et pour Qui l’anéantissement est impossible, ( اﳋﺎﻟﻖAl-
Khaliq) Celui Qui crée toute chose, ( اﻟﺮازقAr-Raziq) Celui Qui fait parvenir la
subsistance à Ses esclaves, ( اﻟﻌﺎﱂAl-^Alim) Celui Qui a pour attribut la science de
toute chose, ( اﻟﻘﺪﻳﺮAl-Qadir) Celui Qui a pour attribut la toute-puissance, Celui
Qui réalise tout ce qu'Il veut, ce que Allah veut est, et ce qu'Il ne veut pas n'est
pas, Celui sans la protection duQuel personne n'est préservé contre les péchés et
sans l'aide duQuel personne n'a de force pour Lui obéir, Celui Qui a pour attribut
toute perfection qui est digne de Lui, Celui Qui est exempt de toute imperfection.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 5
Rien n'est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. Il est exempt de
début et tout ce qui est hormis Lui est entré en existence. Il est le Créateur et tout
ce qui est hormis Lui est une créature. Donc, tout ce qui est entré en existence,
que cela soit une substance ou un acte, du grain de poussière au trône, tout
mouvement ou toute immobilité des esclaves de Allah, les intentions et les idées
qui traversent l’esprit, tout cela existe par la création de Allah, nul autre que
Allah ne le crée, ni la nature, ni un agent causal. L’entrée en existence de tout
cela a lieu par le vouloir et la toute-puissance de Allah, par Sa prédestination et
selon Sa science exempte de début, conformément à la parole de Allah ta^ala :
﴾À ¿ ¾﴿ (wa khalaqa koulla chay’) qui signifie : « Il crée toute chose »
[Sourat Al-Fourqan/2],
c'est-à-dire qu'Il fait exister toute chose après son
inexistence. Ainsi, la création dans ce sens-là n'est propre qu'à Allah. Allah
ta^ala dit : ﴾Î Í Ì Ë Ê﴿ (hal min khaliqin ghayrou l-Lah) ce qui signifie :
«Il n’y a pas de créateur autre que Allah» [Sourat Fatir / 3].
An-Naçafiyy a dit : « ... si un homme frappe un verre avec une pierre et le
casse, alors le coup, le fait de casser et la cassure existent par la création de
Allah ta^ala». Ainsi, l'esclave de Allah n'a que l'acquisition mais la création n'est
propre qu'à Allah. Allah ta^ala dit : ﴾´ ³ ² ± ° ¯﴿ (laha ma kaçabat
wa ^alayha ma ktaçabat) ce qui signifie : « ... La personne a en sa faveur le bien
qu'elle a acquis et contre elle le mal qu'elle a acquis » [Sourat Al-Baqarah / 286].
D’autre part, Sa parole est exempte de début, comme tous Ses attributs, car
Lui Qui est exempt d'imperfection, Il est différent de toutes les créatures par Son
Être, par Ses attributs et par Ses actes, soubhanahou wa ta^ala, Il est absolument
exempt de ce que disent les injustes.
Il se résume donc du sens de ce qui précède la confirmation de treize
attributs de Allah ta^ala mentionnés à plusieurs reprises dans le Qour'an, soit
littéralement soit selon leur signification. Ces treize attributs sont l'existence (al-
woujoud), l'unicité (al-wahdaniyyah), l'exemption de début (al-qidam) c'est-à-
dire l'existence de toute éternité (al-'azaliyyah), l'exemption de fin (al-baqa'), le
non-besoin (al-qiyamou bi n-nafs), la puissance (al-qoudrah), la volonté (al-
6 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
'iradah), la science (al-^ilm), l'ouïe (as-sam^), la vue (al-basar), la vie (al-
hayat), la parole (al-kalam) et la différence avec ce qui entre en existence (al-
moukhalafatou li l-hawadith). Comme ces attributs sont mentionnés de
nombreuses fois dans les textes de la Chari^ah, les savants ont dit qu’il est un
devoir personnel de les connaître.
Puisque l'existence de toute éternité est confirmée pour Allah, il est
obligatoire aussi que Ses attributs soient exempts de début. En effet, le fait que
l'existence de l’attribut ait un début implique que l’existence de celui qui a cet
attribut a un début.
La signification de 'ach-hadou 'anna Mouhammadan raçoulou l-Lah est :
Je sais, je crois fermement et je reconnais que Mouhammad, fils de ^Abdou l-
Lah, fils de ^Abdou l-Mouttalib, fils de Hachim, fils de ^Abdou Manaf, de la
tribu de Qouraych, est l'esclave de Allah et Son messager envoyé à tous les
humains et les jinn. Il s’en suit la croyance qu'il est né à La Mecque, qu'il a reçu
la mission de prophète alors qu’il y résidait et qu'il a émigré à Médine où il a été
enterré. Ce témoignage comprend qu'il est véridique en toutes les choses qu'il a
fait savoir et qu’il a transmises de la part de Allah. Parmi ces choses il y a : le
supplice et la félicité de la tombe, l'interrogatoire par les deux anges Mounkar et
Nakir, la résurrection, le rassemblement, le jour dernier, l'exposition à chacun de
ses propres actes, la récompense, le châtiment, la balance, l'enfer, le pont, le
bassin, l'intercession, le paradis, la vision avec les yeux, dans l'au-delà, de Allah
ta^ala, sans comment ni endroit ni direction, non pas comme sont vues les
créatures ; l’éternité en enfer ou dans le paradis. Il y a aussi la croyance aux
anges de Allah, aux messagers et aux Livres de Allah, la croyance en la
prédestination de Allah et que le bien et le mal sont prédestinés par Allah, que
Mouhammad est le dernier des prophètes et qu’il est le Maître de tous les fils
de 'Adam.
Il est un devoir de croire que chacun des prophètes de Allah est
obligatoirement caractérisé par la véracité, l'honnêteté et l'extrême intelligence.
De ce fait, leur sont impossibles le mensonge, la trahison, la bassesse, la
vulgarité, la stupidité, la lâcheté et tout ce qui serait de nature à repousser les
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 7
gens d'accepter leur appel. Ils sont obligatoirement préservés de la mécréance,
des grands péchés et des petits péchés de bassesse, avant l'avènement de leur
mission de prophète tout comme après. Il est possible qu’ils commettent d'autres
péchés que ceux-là mais ils sont immédiatement avertis afin qu'ils s'en repentent
avant que d'autres ne les suivent en cela.
On sait, dès lors, qu’il n’est pas valable que les frères du Prophète Youçouf,
qui ont commis ces actes ignobles de bassesse, aient le statut de prophète, à
savoir ses frères autres que Binyamin. Par ailleurs, les 'Asbat sur qui est
descendue la révélation sont ceux qui ont été prophètes parmi leur descendance.
I
8 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
L'apostasie
Chapitre : Il est du devoir de tout musulman de conserver son Islam et de
le garder de tout ce qui le corrompt, l'annule et le rompt, c'est-à-dire de
l'apostasie, c'est par Allah ta^ala que l'on recherche la protection. An-Nawawiyy
ainsi que d'autres ont dit : « L'apostasie compte parmi les sortes de mécréance
les plus laides ».
À notre époque, le relâchement dans la parole est un fait si répandu qu'un
certain nombre de gens prononcent des paroles qui les font sortir de l'Islam sans
considérer cela comme un péché alors que, bien pire, c'est de la mécréance. Ceci
est conforme à la parole du Prophète :
«» إن اﻟﻌﺒﺪ ﻟﻴﺘﻜﻠﻢ ﻟﻜﻠﻤﺔ ﻻ ﻳﺮى ﺎ ﺳﺎ ﻳﻬﻮي ﺎ ﰲ اﻟﻨﺎر ﺳﺒﻌﲔ ﺧﺮﻳﻔﺎ
(‘inna l-^abda layatakallamou bi l-kalimati la yara biha ba’san yahwi biha
fi n-nari sab^ina kharifa) qui signifie : « Certes, il arrive que quelqu’un dise une
parole dans laquelle il ne voit pas de mal, mais à cause de laquelle il chutera en
enfer pendant soixante-dix automnes ». C'est-à-dire une distance parcourue en
soixante-dix ans de chute pour atteindre le fond de l’enfer, le fond de l’enfer
étant réservé aux mécréants. Ce hadith a été rapporté par At-Tirmidhiyy, qui lui a
donné le degré de haçan. Dans le même sens, il existe un autre hadith rapporté
par Al-Boukhariyy et Mouslim. Ce hadith est une preuve que la chute dans la
mécréance ne requiert pas comme condition d'avoir eu connaissance de la loi
correspondante, de s’être satisfait de l'acte ni d’avoir cru en la signification de la
parole prononcée comme le prétend à tort le livre Fiqhou s-Sounnah. De même,
la chute dans la mécréance ne requiert pas comme condition de ne pas être en
colère tout comme An-Nawawiyy l’a signalé : Il a dit : « Si un homme s'emporte
contre son fils ou son esclave et qu'il le frappe violemment et qu'un autre lui dit :
« N'es-tu pas musulman ? », s'il répond délibérément « non », il aura apostasié».
D'autres que lui l'ont dit, parmi les hanafiyy entre autres.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 9
L'apostasie est de trois sortes, comme l'ont classée An-Nawawiyy, d'autres
savants parmi les chafi^iyy et les hanafiyy entre autres : croyances, actes et
paroles. Chaque sorte se ramifie en des branches nombreuses.
De la première sorte, il y a : douter au sujet de Allah, de Son messager, du
Qour'an, du jour dernier, du paradis, de l'enfer, de la récompense, du châtiment
ou de toute autre chose du même genre faisant partie de ce qui fait l'objet de
l'Unanimité et qui est connu d’évidence dans la religion, ou croire que le monde
existe de toute éternité par son genre et sa composition ou bien par son genre
seulement, ou nier l’un des attributs de Allah qui sont obligatoirement Siens par
Unanimité, comme le fait qu'Il sache tout ; ou attribuer à Allah ce dont Il est
obligatoirement exempt par Unanimité, comme le corps ; ou considérer licite ce
qui est illicite selon l'Unanimité, connu d'évidence dans la religion comme étant
illicite et ne pouvant échapper à la personne concernée, comme la fornication, la
sodomie, le meurtre, le vol ou l'usurpation ; ou également considérer illicite ce
qui est licite de façon manifeste comme la vente et le mariage ; ou également
nier l'obligation d'un devoir faisant l'objet de l'Unanimité, tel que les cinq prières
ou une seule prosternation de ces prières, la zakat, le jeûne, le hajj ou le woudou';
ou également considérer obligatoire ce qui ne l'est pas par Unanimité ; ou encore
nier le caractère méritoire selon la Chari^ah de ce qui l’est par Unanimité des
savants. Il y a aussi la décision d'apostasier dans le futur ou de faire dans le futur
une des choses citées ci-dessus ou hésiter entre apostasier ou non, mais pas si
cela traverse l'esprit sans qu'on l'ait voulu ; ou nier le statut de compagnon de
notre maître Abou Bakr, que Allah l'agrée, ou le message de l'un des envoyés de
Allah dont l’envoi fait l'objet de l'Unanimité ; ou renier par entêtement une lettre
faisant partie du Qour'an selon l'Unanimité ou lui rajouter par entêtement une
lettre rejetée par l'Unanimité en croyant qu'elle en fait partie, par entêtement ; ou
démentir un messager ou le dénigrer, ou utiliser à son sujet un diminutif de son
nom par dénigrement ; ou considérer possible le statut de prophète pour
quelqu'un venant après notre prophète Mouhammad .
La deuxième sorte, les actes : comme une prosternation pour une idole ou
pour le soleil que ce soit pour les adorer ou dans un autre but. Dans les deux cas,
c’est de la mécréance. Ainsi, se prosterner pour un humain dans le but de
10 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
l’idolâtrer tout comme se prosternent certains ignorants pour leurs chaykh qui se
prétendent du soufisme -c'est-à-dire s’ils se prosternent pour adorer leurs
chaykh- dans ce cas-là, c’est de la mécréance. Si ce n’est pas pour les adorer, ce
n’est pas de la mécréance mais c’est interdit.
La troisième sorte, les paroles : elles sont très nombreuses et on ne peut les
énumérer exhaustivement. Parmi elles, il y a traiter un musulman de mécréant,
en visant par là qu’il est véritablement mécréant, c'est-à-dire que ce n’est pas
dans le simple but de le considérer comme ressemblants aux mécréants. Il y a
par exemple la raillerie au sujet d’un des noms de Allah ta^ala, de Sa promesse
ou de Sa menace, pour quelqu’un à qui il n’échappe pas que ceci est relatif à
Allah soubhanah. Comme dire : (si Allah m'ordonnait de faire telle chose, je ne
le ferais pas) ou (si la qiblah était changée vers telle direction, je ne
m'orienterais pas vers elle pour prier) ou (si Allah me donnait le paradis, je n'y
entrerais pas), par dédain ou par entêtement dans tout cela. Comme dire encore :
(Si Allah me punit parce que je ne prie plus avec la maladie que j'ai, Il sera
injuste envers moi). Ou dire au sujet d'un acte : (c'est arrivé sans que Allah l'ait
prédestiné) ; ou dire : (Si tous les prophètes) ou (tous les anges) ou (tous les
musulmans témoignaient devant moi de telle chose, je ne l'accepterais pas
d'eux) ; ou dire : (Je ne ferai pas ceci, même si c'est recommandé) dans
l'intention de se moquer ; ou dire : (Si Untel était prophète, je ne croirais pas en
lui) ; ou dire à un savant qui donne un avis de jurisprudence dans la Loi :
(Qu'est-ce que c'est que cette loi ?) en voulant dédaigner la Loi de l'Islam, ou
dire : (La malédiction de Dieu est sur tous les savants) en visant par-là la
généralisation globale. Mais si quelqu’un ne vise pas par-là la généralisation
globale mais a seulement voulu maudire par cette phrase des savants particuliers
en présence d’un contexte indiquant cette restriction, en raison du mal qu’il
pense d’eux, il ne devient pas mécréant, même si ses propos ne sont pas saufs de
désobéissance ; ou dire : (Je n'ai plus rien à voir avec Allah) ou (avec les anges)
ou (avec le Prophète) ou (avec la Chari^ah) ou (avec l'Islam), ou dire : (Je ne
connais pas ce jugement) en voulant ironiser sur le jugement de la Loi de Allah.
Il y a aussi dire après avoir rempli un verre : ﴾L K﴿ (wa ka'san dihaqa)
[Sourat An-Naba' / 34] ; ou après avoir achevé une boisson dire : ﴾ w v﴿ (fakanat
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 11
saraba) [Sourat An-Naba' / 20]; ou au moment de peser ou de mesurer un volume :
﴾µ ´ ³ ² ±﴿ (wa 'idha kalouhoum 'aw wazanouhoum youkhsiroun)
[Sourat Al-Moutaffifin / 3]; ou à la vue d'un rassemblement: ﴾Z Y X W V﴿
(wa hacharnahoum falam noughadir minhoum 'ahada) [Sourat Al-Kahf / 47] , tout
ceci pour rabaisser la signification de ces 'ayah et de même en toute situation où
le Qour'an est utilisé dans ce but. Si ce n'était pas dans ce but-là, celui qui le dit
ne commet pas de mécréance, mais le Chaykh 'Ahmad Ibnou Hajar Al-
Haytamiyy a indiqué que ce n’est pas loin d’être illicite.
De même, devient mécréant celui qui insulte un prophète ou un ange, ou
dit : (Je serais un vrai proxénète si je priais), ou (Je n'ai rien gagné de bon depuis
que je fais la prière) ou bien (la prière, ce n'est pas pour moi) en voulant se
moquer ; ou celui qui dit à un musulman : (Je suis ton ennemi et l'ennemi de ton
Prophète) ou bien à un descendant du Prophète : (Je suis ton ennemi et l'ennemi
de ton ancêtre) en visant le Prophète ; ou celui encore qui dit des choses du
même genre que ces expressions laides et abominables.
De nombreux spécialistes du fiqh, tels que le spécialiste du fiqh hanafiyy
Badrou r-Rachid et le juge malikiyy Al-Qadi ^Iyad en ont énuméré beaucoup. Il
convient donc d'en prendre connaissance car celui qui ne connaît pas le mal
risque d'autant plus d'y tomber.
La règle est que toute croyance, tout acte ou toute parole qui signifie un
rabaissement à l'égard de Allah, de Ses Livres, de Ses messagers, de Ses anges,
des signes de la religion agréée par Allah, de Ses lois, de Sa promesse ou de Sa
menace est une mécréance. Alors, que l'homme prenne garde à cela, de toutes
ses forces dans n'importe quelle situation.
*****
12 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Chapitre : Il est du devoir de celui qui a commis une apostasie de revenir
immédiatement à l'Islam, en prononçant les deux témoignages et en
abandonnant la cause de son apostasie. Il est de son devoir de regretter ce qu'il a
commis et d'avoir la ferme volonté de ne pas récidiver.
Par l'apostasie, son jeûne est rompu, ainsi que son tayammoum, son
mariage avant la consommation ainsi qu'après s'il ne revient pas à l'Islam
pendant la période d'attente post maritale. Le contrat de mariage d'un apostat
avec une musulmane ou une non musulmane n'est pas valable non plus. Ce qu'il
égorge est illicite. Il n'hérite pas et on n'hérite pas de lui. On ne fait pas la prière
funéraire pour lui. On ne le lave pas, on ne l'enveloppe pas dans un linceul, on
ne l'enterre pas dans un cimetière de musulmans et ses biens sont dépensés dans
l'intérêt des musulmans.
*****
Chapitre : Il est du devoir de chaque personne responsable d'accomplir
tous les actes que Allah lui a rendus obligatoires. Il est de son devoir de les
accomplir conformément à ce que Allah lui a ordonné de faire, en effectuant
leurs piliers, en remplissant leurs conditions de validité et en se gardant des
choses qui les annulent. Il est un devoir d'ordonner à celui qu'on a vu en
délaisser quelque chose ou qu’on a vu les pratiquer d'une manière incorrecte, de
les pratiquer de façon correcte. Il est de son devoir de l'y contraindre si on en a
la capacité. Sinon, il est un devoir de le réprouver par le cœur dans le cas où on
est dans l'incapacité de contraindre ou d'ordonner, ceci étant le minimum que la
foi exige, c'est-à-dire le minimum que l’on doit faire en cas d'incapacité à agir.
Il est un devoir de se garder de toutes les choses illicites, de les interdire à
celui qui les commet et de l'en empêcher par la contrainte si on en est capable.
Sinon, il est un devoir de les réprouver par le cœur.
L'illicite, c’est ce dont Allah a menacé du châtiment celui qui le commet et
a promis la récompense à celui qui le délaisse. Son opposé, c’est l’obligation.
I
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 13
La purification et la prière
Parmi les devoirs, il y a cinq prières pendant le jour et la nuit.
Le dhouhr : son temps commence lorsque le soleil s'écarte du milieu du
ciel et dure jusqu'à ce que l'ombre d'un objet atteigne une
longueur égale à celle de l’objet plus celle de l'ombre qu'il
avait lorsque le soleil était au milieu du ciel.
Le ^asr : son temps commence après la fin du temps du dhouhr et
dure jusqu'à la disparition du disque solaire.
Le maghrib : son temps commence après la disparition du disque solaire
et dure jusqu'à la disparition du crépuscule rouge.
Le ^icha' : son temps commence après la fin du temps du maghrib et
dure jusqu'à l'apparition de l'aube véritable.
Le soubh : son temps commence à la fin du temps du ^ icha' et dure
jusqu'à l'apparition du disque solaire.
Il est un devoir d'accomplir ces obligations dans leur temps, pour tout
musulman, pubère, saint d'esprit et la pureté en plus pour la femme. Il est donc
interdit de les anticiper ou de les reculer sans excuse valable.
Si un empêchement comme les menstrues survient alors qu'il s'est écoulé
du temps de la prière un temps suffisant pour l'accomplir, plus un temps
suffisant pour la purification en cas d'incontinence ou ce qui est du même ordre,
cette prière devra être rattrapée.
Si l'empêchement s'achève alors qu'il reste encore du temps de la prière la
durée d’une takbirah, la prière devra être accomplie, ainsi que la précédente si
14 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
elles se rassemblent. Ainsi, on devra accomplir la prière du ^ asr avec la prière
du dhouhr si l'empêchement s'achève alors qu'il reste la durée d’une takbirah
avant le coucher du soleil, et la prière du ^ icha' avec la prière du maghrib si la
fin de l'empêchement précède l'aube véritable de la durée d’une takbirah.
*****
Chapitre : Il est du devoir du tuteur du garçon et de la fille qui ont la
distinction de leur ordonner d'accomplir la prière et de leur enseigner les règles
de la prière à l'âge de sept ans lunaires. Il en est de même pour le jeûne qu'ils
peuvent supporter.
Il est de son devoir aussi de leur enseigner dans la croyance, ainsi que dans
les jugements, qu'il est un devoir de faire ceci et qu'il est interdit de faire cela
ainsi que le caractère méritoire du siwak et de la prière en assemblée.
Il est du devoir de tout musulman d'ordonner à sa famille d'accomplir la
prière, ainsi qu'à toute autre personne si on en est capable.
*****
Les obligations du woudou’
Chapitre : Parmi les conditions de validité de la prière, il y a le woudou'
dont les obligations sont au nombre de six :
La première : Avoir l'intention de la purification pour la prière, ou une
autre intention parmi celles qui sont valables, lors du lavage du visage,
c'est-à-dire simultanément avec le début du lavage du visage selon Ach-
Chafi^iyy. L'intention est suffisante si elle a lieu peu de temps avant le
lavage du visage selon Malik.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 15
La deuxième : Laver le visage en entier, c'est-à-dire de la limite
habituelle du cuir chevelu jusqu'au menton et d'une oreille à l'autre, poils
et peau, à l'exception de l'intérieur de la barbe de l'homme et des pattes si
elles sont épaisses.
La troisième : Laver les mains et les avant-bras coudes compris ainsi que
ce qu'il y a dessus.
La quatrième : Passer les mains mouillées sur la tête ou une partie de la
tête, ne serait-ce que sur un cheveu dans la limite du crâne.
La cinquième : Laver les pieds chevilles comprises ou bien passer la
main mouillée sur les khouff si les conditions en ont été remplies.
La sixième : Observer cet ordre-là.
*****
Ce qui annule le woudou’
Chapitre : Annulent le woudou’ :
Tout ce qui sort des orifices inférieurs, sauf le maniyy.
Le toucher par contact direct du sexe ou de l’anus humain
avec le plat de la main.
Le contact peau contre peau avec une 'ajnabiyyah ayant
atteint un âge auquel elle peut être désirée.
La perte du discernement, mais pas le sommeil de celui qui
est assis bien calé sur son postérieur.
16 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
L’istinja’
Chapitre : Il est un devoir de faire l’istinja' de toute substance humide
sortant de l’un des orifices inférieurs, autre que le maniyy, avec de l'eau jusqu'à
purifier l'endroit, ou bien en essuyant l’endroit trois fois ou davantage jusqu'à le
nettoyer, même s'il reste une trace. L’essuyage a lieu avec un objet capable
d'ôter la substance humide, pur, sec et non respectable, comme de la pierre ou du
papier, même en présence d'eau, mais à condition que la najaçah ne se soit pas
déplacée ou n'ait pas séché. Si la najaçah se déplace de sa zone naturelle ou
sèche, l'usage de l'eau devient obligatoire.
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Chapitre : Parmi les conditions de validité de la prière, il y a la purification
du grand hadath par le ghousl ou bien par le tayammoum si on est dans
l’incapacité de faire le ghousl.
Il y a cinq choses qui le rendent obligatoire : La sortie du maniyy, le rapport
sexuel, la fin des menstrues, la fin des lochies et l'accouchement.
Les piliers du ghousl sont au nombre de deux : L'intention de lever le grand
hadath ou une autre intention équivalente et le fait de répandre de l'eau sur tout
le corps : peau, cheveux et poils même s'ils sont épais.
*****
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 17
Les conditions de validité
de la purification
Chapitre : Les conditions de validité de la purification sont :
1) L'Islam.
2) La distinction c'est-à-dire que l'enfant ait atteint un âge à partir duquel
il comprend la parole qu’on lui adresse et sait y répondre.
3) L'absence de tout ce qui empêche l'eau de parvenir à ce qui doit être
lavé.
4) L'écoulement de l'eau.
5) Que l'eau soit purificatrice, c'est-à-dire qu'elle n'ait pas perdu son nom
d'eau par un mélange avec une substance pure qu’on peut lui éviter.
Qu'elle n'ait pas été altérée par une najaçah même légèrement. Si la
quantité d'eau est inférieure à deux qoullah, il est une condition qu'elle
ne soit pas touchée par une najaçah non tolérable et qu'elle n'ait pas
été utilisée pour lever un hadath ou pour éliminer une najaçah.
Si quelqu’un ne trouve pas d'eau ou pour qui l'eau est nuisible fait le
tayammoum :
Après l’entrée du temps de la prière ;
Après l’élimination de toute najaçah non tolérable
Avec de la terre non mélangée à autre chose, purificatrice et
poussiéreuse, sur le visage puis sur les mains et les avant-bras
coudes compris, dans cet ordre, en prenant la terre deux fois, en
ayant l’intention de se rendre autorisée la prière obligatoire,
18 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
simultanément avec le transfert de la poussière et le début du
passage des mains sur le visage.
*****
Chapitre : Il est interdit à quelqu’un dont le woudou' a été rompu
d'accomplir la prière, les tours rituels autour de la Ka^bah, de porter ou de
toucher le livre du Qour'an, mais on l'autorise à l'enfant qui a la distinction si
c'est pour apprendre.
Il est interdit à quelqu’un qui est jounoub de faire ce qui précède mais aussi
de réciter le Qour'an et de rester dans une mosquée.
Il est interdit à la femme qui a ses menstrues ou ses lochies, en plus de ce
qui précède, de jeûner avant la fin de l'écoulement du sang et de permettre à son
mari de jouir de la zone située entre le nombril et les genoux avant le ghousl. Il y
a un avis selon lequel seul le rapport sexuel est interdit.
*****
Chapitre : Parmi les conditions de la prière, il y a se purifier des najaçah,
sur le corps, les vêtements, l'emplacement de la prière et ce que l'on porte sur soi,
comme par exemple une bouteille que l'on aurait dans la poche. Si on est touché,
soi-même ou ce que l'on porte, par une najaçah, la prière est annulée, à moins
qu'on s'en débarrasse immédiatement ou bien qu'elle soit tolérable, comme le
sang de sa propre blessure.
Il est un devoir d'éliminer toute najaçah non tolérable en éliminant sa
substance et en faisant disparaître ses caractéristiques, à savoir le goût, la
couleur et l'odeur, avec de l'eau purificatrice.
Quant à la najaçah non perceptible : on l’élimine en faisant couler de l'eau
dessus. La najaçah non perceptible est celle dont on ne détecte ni couleur ni
goût ni odeur.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 19
Quant à la najaçah canine et porcine, on l’élimine en lavant sept fois
l'endroit souillé avec de l’eau, dont une fois en mélangeant l’eau avec de la terre
purificatrice. Les lavages qui font disparaître la substance comptent pour un seul
lavage même s'ils sont nombreux. Il est une condition que ce soit l'eau qui arrive
sur l'endroit à purifier si l'eau est en petite quantité.
*****
Chapitre : Parmi les conditions de validité de la prière, il y a aussi :
Faire face à la qiblah ;
Le commencement du temps de la prière ;
L’Islam ;
La distinction, qui est l’état de l’enfant qui a grandi de sorte
qu’il comprend quand on s’adresse à lui et sait répondre ;
Avoir connaissance du caractère obligatoire de cette prière ;
Ne pas croire que l'une de ses obligations est simplement
recommandée ;
Et couvrir la zone de pudeur avec ce qui cache la couleur de la
peau concernant l'ensemble du corps sauf le visage et les mains
pour la femme libre, et la zone comprise entre le nombril et les
genoux pour l'homme, de tous les côtés sauf par en dessous.
*****
20 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Les causes d’annulation
de la prière
La prière est annulée par les choses suivantes :
La parole, même en prononçant deux lettres, ou une lettre ayant une
signification, sauf si on a oublié et que c'était peu de paroles ;
De nombreux mouvements. Selon certains spécialistes du fiqh, c’est ce
qui dure la durée d'une rak^ah. Il a été dit qu’il s’agit de trois
mouvements successifs, mais le premier avis a une preuve plus forte ;
Le mouvement excessif ;
L'ajout d'un pilier gestuel ;
Le simple mouvement pour jouer ;
Par le fait de manger ou de boire sauf si on a oublié et que c'était peu de
chose ;
L'intention d'interrompre la prière ou de faire dépendre l’interruption de sa
prière de quelque chose ainsi que l'hésitation à l'interrompre ;
Et qu'un pilier s'achève avec le doute au sujet de l'intention de l'entrée en
rituel, ou si la période de doute s'est prolongée.
*****
Chapitre : Pour l'acceptation de la prière par Allah soubhanahou wa ta^ala,
il est une condition, en plus de ce qui précède :
Que l'esclave de Allah vise par sa prière l'agrément de Allah Lui seul ;
Que sa nourriture, ses vêtements et son lieu de prière soient licites ;
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 21
Et qu’il ait dans le cœur le khouchou^ envers Allah ne serait-ce qu'un
instant dans la prière.
Si cela n'est pas réalisé, sa prière est valable sans récompense.
*****
Les piliers de la prière
Chapitre : Les piliers de la prière sont au nombre de dix-sept :
Le premier : L'intention dans le cœur d'accomplir l'acte. On précise la
prière qui a une cause ou un temps particulier. On fait l'intention
d'accomplir une obligation si c’est pour une prière obligatoire.
Le second : Dire de façon à s'entendre soi-même comme pour tout pilier
oral : Allahou 'akbar.
Le troisième : La position debout dans la prière obligatoire, pour celui qui
le peut.
Le quatrième : La récitation de la Fatihah, avec la basmalah c'est-à-dire :
[ ]ﺑِ ْﺴ ِﻢ ﷲ اﻟ ﱠﺮ ْﲪَ ـٰ ِﻦ اﻟ ﱠﺮِﺣ ِﻴﻢet avec les lettres doublées. Il est une condition de réciter
les 'ayah sans faire d’interruption qui excède le temps d’une respiration et
dans l'ordre, de sortir les lettres de leur point de prononciation et d'éviter
toute erreur qui change le sens, comme le fait de prononcer avec le son
« ou » la lettre ta' de 'an^amta. L'erreur de récitation qui ne nuit pas au
sens est interdite mais n'annule pas la prière.
Le cinquième : L'inclination qui consiste à abaisser le tronc vers l’avant
de sorte que les paumes des mains puissent atteindre les genoux.
22 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Le sixième : La quiétude dans l’inclination, d’une durée équivalente à
celle de la parole soubhana l-Lah : c’est d'immobiliser tous les membres à
leur place simultanément.
Le septième : Se redresser en se relevant en position debout après
l'inclination.
Le huitième : La quiétude dans la position debout.
Le neuvième : La prosternation par deux fois. Elle consiste à poser le
front découvert, tout entier ou en partie sur son lieu de prière en
s'appuyant dessus, et en faisant en sorte que la partie inférieure du corps
soit plus élevée que la partie supérieure, en posant aussi une partie des
genoux, une partie du plat des mains et du plat des orteils. Certains
savants en dehors de l'école de jurisprudence de l'Imam Ach-Chafi^iyy ont
dit que le fait que la partie inférieure du corps soit plus élevée que la
partie supérieure n'est pas une condition de validité de la prosternation.
Selon eux, si la tête est plus élevée que le postérieur, la prière reste
valable.
Le dixième : La quiétude dans les prosternations.
Le onzième : La position assise entre les deux prosternations.
Le douzième : La quiétude dans la position assise.
Le treizième : La position assise pour réciter le dernier tachahhoud et ce
qui le suit c'est-à-dire l'invocation en faveur du Prophète (as-salatou ^ala
n-Nabiyy) puis le salam –le salut rituel de clôture–.
Le quatorzième : Le dernier tachahhoud en disant :
At-tahiyyatou l-moubarakatou s-salawatou اﻟﻄﻴﺒﺎت ﻪﻠﻟ
ُ ات
ُ ﺼﻠَ َﻮ
ﺎت اﻟ ﱠ ُ اﻟﺘﱠ ِﺤﻴﱠ
ُ ﺎت اﳌُﺒَ َﺎرَﻛ
t-tayyibatou lil-Lah,
as-salamou ^alayka 'ayyouha n-Nabiyyou wa ﻚ أَﻳﱠـ َﻬﺎ اﻟﻨﱠِ ﱡ
ُﱯ َوَر ْﲪَﺔُ ﷲ َوﺑَـ َﺮَﻛﺎﺗُﻪ َ ﺴﻼَ ُم َﻋﻠَْﻴ
اﻟ ﱠ
rahmatou l-Lahi wa barakatouh,
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 23
ِ ﺴ َﻼم َﻋﻠَﻴـﻨَﺎ و َﻋﻠَﻰ ِﻋﺒ
as-salamou ^alayna wa^ala ^ibadi l-Lahi َ ِِﺼﺎﳊ
ﲔ ﺎد ﷲ اﻟ ﱠَ َ ْ ُ اﻟ ﱠ
s-salihin,
'ach-hadou 'an la 'ilaha 'il-la l-Lah wa 'ach- أَ ْﺷ َﻬ ُﺪ أَ ْن َﻻ إِﻟَـٰﻪَ إﻻّ ﷲ َوأَ ْﺷ َﻬ ُﺪ أَ ﱠن ُﳏَ ﱠﻤ ًﺪا
hadou 'anna Mouhammadan raçoulou l-Lah.
ﻮل ﷲ
ُ َر ُﺳ
Ou bien en disant le minimum du tachahhoud qui est :
At-tahiyyatou lil-Lah, ُ اﻟﺘﱠ ِﺤﻴﱠ
ﺎت ﻪﻠﻟ
salamoun ^alayka 'ayyouha n-Nabiyyou ُﱯ َوَر ْﲪَﺔُ ﷲ َوﺑَـ َﺮَﻛﺎﺗُﻪ ِ ﺳ َﻼ ٌم َﻋﻠَْﻴ
ﻚ أَﻳﱡـ َﻬﺎ اﻟﻨﱠِ ﱡ َ
wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh,
ِ ﺳ َﻼم َﻋﻠَﻴـﻨَﺎ و َﻋﻠَﻰ ِﻋﺒ
salamoun ^alayna wa^ala ^ibadi l-Lahi s- َ ِِﺼﺎﳊ
ﲔ ﺎد ﷲ اﻟ ﱠَ َ ْ ٌ َ
salihin,
'ach-hadou 'an la 'ilaha 'il-la l-Lah wa 'anna ُ أَ ْﺷ َﻬ ُﺪ أَ ْن َﻻ إِﻟَـٰﻪَ إِﱠﻻ ﷲ َوأَ ﱠن ُﳏَ ﱠﻤ ًﺪا َر ُﺳ
ﻮل ﷲ
Mouhammadan raçoulou l-Lah.
Le quinzième : L'invocation en faveur du Prophète (as-salatou ^ala n-
Nabiyy) dont le minimum est : َ اﻟﻠﱠ ُﻬ ﱠﻢAllahoumma salli ^ala
ﺻ ِّﻞ َﻋﻠَﻰ ُﳏَ ﱠﻤﺪ
Mouhammad ce qui signifie : Ô Allah, honore et élève davantage en degré
Mouhammad .
Le seizième : Le salam dont le minimum est de dire : ﺴﻼَ ُم َﻋﻠَْﻴ ُﻜﻢ
( اﻟ ﱠas-
salamou ^alaykoum).
Le dix-septième : L'ordre. De sorte que si on l’abandonne délibérément,
comme par exemple si on se prosterne avant de s’incliner, la prière est
annulée. Mais si c’est par oubli, qu'on revienne au pilier omis pour
l'accomplir, sauf si on se trouve déjà dans le pilier correspondant de la
rak^ah suivante ou plus avancé encore. La rak^ah du pilier omis est dans
ce cas complétée par le pilier correspondant de la rak^ah suivante et ce
qui le suit, et tout ce qui a été fait par inattention n’est pas pris en compte.
Par conséquent, si on ne se rappelle avoir omis l'inclination qu'après s'être
24 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
incliné ou dans la position debout qui vient après l'inclination ou dans la
prosternation qui vient à la suite, ce que l'on a fait entre l'inclination omise
et l'inclination de la rak^ah suivante n’est pas pris en compte.
*****
La prière en assemblée
et la prière du vendredi
Chapitre : La prière en assemblée pour les hommes libres, résidents,
pubères et qui n'ont pas d'excuse valable pour ne pas la faire, est une obligation
d’ordre communautaire.
Pour la prière du vendredi, prier en assemblée est une obligation d’ordre
personnel pour ceux qui remplissent les conditions précitées s'ils sont au
minimum quarante hommes responsables, établis à vie, vivants dans des
constructions et non pas dans des tentes. En effet, la prière du vendredi n'est pas
obligatoire pour ceux qui vivent dans des tentes. Elle est également un devoir
pour celui qui a eu l'intention de résider dans la ville où a lieu la prière du
vendredi au moins quatre jours complets outre les jours d'arrivée et de départ et
pour celui qui réside en-dehors de la ville s'il lui parvient l'appel d'un homme à
la voix forte situé à l'extrémité la plus proche de lui de la ville où a lieu la prière
du vendredi.
Les conditions de validité de la prière du vendredi sont les suivantes :
Qu’elle ait lieu dans le temps du dhouhr ;
Qu’elle soit précédée, dans le temps du dhouhr, par deux discours qui
soient entendus par les quarante hommes établis à vie ;
Qu’elle soit effectuée en assemblée avec eux ;
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 25
Qu’une autre prière du vendredi ne soit pas simultanée avec elle dans la
même ville. Si l'une des deux précède l’autre par la takbirah d'entrée en
rituel, la première est valable et celle qui est devancée ne l'est pas. Ceci
vaut dans le cas où il leur est possible de se rassembler en un lieu unique.
Mais si le rassemblement présente une réelle difficulté, les deux
assemblées sont valables : celle qui devance et celle qui est devancée.
Les piliers des deux discours sont :
Faire la louange à Allah (hamdou l-Lah), invoquer Allah en faveur du
Prophète (as-salatou ^ala n-Nabiyy), recommander la piété et ce, dans les
deux discours, citer une 'ayah ayant un sens complet dans l'un des deux discours
et invoquer Allah en faveur des croyants dans le deuxième discours.
Leurs conditions de validité sont :
La purification des deux hadath et des najaçah sur le corps, l’emplacement
et ce que l'on porte sur soi. Avoir couvert la zone de pudeur. La position debout.
La position assise entre les deux discours. La successivité (al-mouwalat) entre
leurs piliers, entre les deux discours et la prière. Et que les piliers des discours
soient en arabe.
*****
Chapitre : Il est un devoir pour toute personne qui prie en étant dirigée
dans une prière du vendredi ou dans toute autre prière en assemblée :
De ne pas dépasser son imam dans l'emplacement ni le devancer dans la
prononciation de la parole takbirah d'entrée en rituel. Bien plus, la simultanéité
dans l'entrée en rituel invalide la prière et elle est déconseillée pour tout le reste
sauf pour dire 'amin. Il est interdit de le devancer d'un pilier gestuel. La prière
est annulée si l’imam est devancé de deux piliers gestuels longs successifs ou
bien d'un long et d'un deuxième court sans excuse valable. De même en cas de
retard par rapport à l'imam de deux piliers gestuels sans excuse ou de plus de
26 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
trois piliers longs même avec excuse. Par conséquent, si le ma’moum tarde pour
terminer la Fatihah au point que l'imam achève l'inclination et les deux
prosternations en s'asseyant pour le tachahhoud ou en se relevant, il suit l'imam
dans l'étape qu'il a atteinte, puis accomplit une rak^ah après le salam de l'imam.
S'il termine la Fatihah avant cela, il continue la prière dans l'ordre qu’il suit
jusqu'à rattraper l'imam ;
D’être au courant des mouvements de son imam ;
Qu’ils soient réunis dans une mosquée, sinon dans une limite de trois
cents coudées ;
Qu’il n'y ait pas entre eux d'obstacle empêchant le passage normal ;
Que le déroulement de leurs prières respectives s'accorde. Il n'est donc pas
valable d’accomplir une des cinq prières obligatoires en étant dirigé par
quelqu'un qui accomplit une prière funéraire ;
Qu’ils ne se distinguent pas l'un de l'autre dans un acte recommandé
quand la différence de pratique est trop apparente, comme le premier
tachahhoud, c'est-à-dire sa position assise, et en le délaissant, comme les
prosternations d’oubli ;
Et qu'il ait l'intention d'être dirigé par l'imam simultanément avec la
takbirah d'entrée en rituel dans la prière du vendredi et avant de le suivre
et de l’attendre longtemps dans les autres prières.
Il est du devoir de l'imam de faire l'intention d'être imam dans la prière du
vendredi, ainsi que dans la prière répétée, cette intention étant recommandée
dans les autres prières.
*****
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 27
Chapitre : Laver le mort, l'envelopper dans un linceul, faire la prière
funéraire pour lui et l'enterrer est une obligation communautaire s'il s'agit d'un
musulman qui est né vivant. Quant au mort-né, il est un devoir de le laver, de
l'envelopper dans un linceul et de l'enterrer. Mais on n’accomplit pas la prière
funéraire dans ce cas.
Le minimum du lavage est réalisé en éliminant les najaçah et en répandant
de l'eau purificatrice une fois, sur toute sa peau, ses cheveux et ses poils, même
s'ils sont denses.
Le minimum du linceul est réalisé avec ce qui couvre l'ensemble du corps.
Il s'agit de trois tissus pour qui laisse un héritage dépassant le montant de ses
dettes et n'a pas exprimé sa volonté que l’on délaisse le triplement.
Le minimum de la prière funéraire est réalisé en ayant l'intention de faire la
prière pour le mort, d’accomplir une obligation tout en précisant qu’il s’agit
d’une prière funéraire en disant Allahou 'akbar tout en étant debout si on le peut,
en récitant ensuite la Fatihah ; puis en disant Allahou 'akbar, Allahoumma salli
^ala Mouhammad ; puis Allahou 'akbar, Allahoumma ghfir lahou wa rhamhou ;
puis en disant Allahou 'akbar, as-salamou ^alaykoum.
Il est indispensable d’y observer les conditions de validité de la prière et de
se garder de ce qui l’annule.
Le minimum de l'enterrement est réalisé en creusant une fosse qui
dissimule son odeur et qui le protège des animaux sauvages. Il est recommandé
de la creuser d’une profondeur équivalente à la taille de quelqu’un qui lève le
bras et de l'élargir. Il est un devoir d’allonger le mort face à la qiblah et il n'est
pas permis d'enterrer dans des caveaux.
I
28 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
La zakat
Chapitre : La zakat est un devoir sur :
1. Les camélidés ;
2. Les bovins ;
3. Les ovins et les caprins ;
4. Les dattes ;
5. Les raisins secs ;
6. Les récoltes que les gens prennent comme nourriture de base quand ils ont
le choix ;
7. L’or ;
8. L’argent métal ;
9. Les minerais d’or et d’argent ;
10. Les trésors trouvés de ces deux métaux ;
11. Les biens commerciaux ;
12. La fin du jeûne.
Le premier seuil des camélidés est de cinq têtes. Celui des bovins est de
trente têtes. Celui des ovins et caprins est de quarante têtes. Il n’y a pas de zakat
avant cela et il est indispensable qu’une année lunaire se soit écoulée une fois
que le seuil a été atteint. Il est aussi indispensable que le pâturage ait lieu sur un
herbage libre, c'est-à-dire que le propriétaire des bêtes ou celui à qui il les confie,
les fasse paître dans un herbage libre, à savoir une pâture qui n’a pas de
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 29
propriétaire, et que ces bêtes ne soient pas des animaux de labeur. Il n’y a donc
pas de zakat sur les animaux affectés à un travail tel que le labour.
Sur tout troupeau de cinq camélidés, il est un devoir de verser en zakat une
chah. On verse la même chose sur un troupeau de quarante ovins et caprins.
Pour trente bêtes de bovins, il faut payer un veau mâle d’un an. Si le troupeau du
propriétaire s’accroît au-delà du premier seuil, le paiement varie en fonction de
cet accroissement et il lui est un devoir d’apprendre ce que Allah ta^ala a rendu
obligatoire sur lui à ce sujet.
Quant aux dattes, aux raisins secs et aux récoltes que les gens prennent
comme nourriture de base quand ils ont le choix, le premier seuil est de cinq
wasq, ce qui correspond à trois cents sa^ selon le sa^ du Prophète et dont la
mesure existe toujours au Hijaz. On rassemble les récoltes de la même année
pour voir si on atteint le seuil. Mais on ne complète pas une espèce par une autre,
comme par exemple du blé par de l’orge.
La zakat devient un devoir lorsque les cultures ont atteint la maturité et dès
le durcissement des grains.
Il est un devoir de payer le dixième de ses récoltes si elles n’ont pas reçu
d’irrigation entraînant des charges, et la moitié du dixième si elles ont reçu une
irrigation entraînant des charges. Pour les quantités dépassant le seuil, le
versement est proportionnel à ce surplus. Sur ce qui est en dessous du seuil, il
n’y a pas de zakat, à moins de verser spontanément des aumônes.
Quant à l’or, son seuil est de vingt mithqal. Celui de l’argent métal est de
deux cents dirham. Il est alors un devoir de payer le quart du dixième sur ces
deux métaux et la même proportion sur ce qui dépasse le seuil. Il est
indispensable pour ces deux métaux qu’une année lunaire se soit écoulée, sauf
dans le cas de ce qui est extrait des mines et dans le cas des trésors trouvés de
ces deux métaux. De plus, pour le trésor trouvé, on paie le cinquième.
30 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Quant à la zakat sur les biens commerciaux, le seuil est celui de la monnaie
précieuse avec laquelle les biens ont été achetés, les deux monnaies précieuses
sont l’or et l’argent métal ; on ne prend en compte que la valeur commerciale à
la fin de l’année et il est un devoir de verser le quart du dixième de cette valeur.
Les biens mis en commun de deux ou plusieurs personnes sont considérés
comme les biens d’une seule personne quant au seuil et à ce qu’il faut verser, si
les conditions de la mise en commun sont remplies.
Quant à la zakat de la fin du jeûne, elle devient un devoir à partir du
moment où la personne a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal,
pour tout musulman, sur sa personne et sur tous ceux qui sont à sa charge s’ils
sont musulmans.
Sur chacun, il est un devoir de payer un sa^ de la nourriture de base la plus
couramment consommée dans le pays, s’il en est pourvu une fois déduits ses
dettes, les frais de son habillement, de son logement, et sa nourriture de base
ainsi que celle de ceux qui sont à sa charge pendant le jour de la Fête et la nuit
qui suit.
L’intention est suffisante pour toutes les catégories de zakat au moment où
on retire de son bien la part à verser en zakat. Il est un devoir de la donner aux
ayants droit présents dans le pays où se situe le bien et faisant partie des huit
catégories suivantes :
1. Les miséreux ;
2. Les pauvres ;
3. Ceux qui travaillent au service de la zakat ;
4. Les nouveaux convertis dont le cœur est à raffermir ;
5. Les esclaves sous contrats d’affranchissement ;
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 31
6. Les endettés dans l’incapacité de rembourser ;
7. Ceux qui sont fi sabili l-Lah c'est-à-dire les combattants bénévoles ; et
cela ne signifie pas tout acte de bienfaisance ;
8. Le voyageur qui n’a pas ce qui lui suffit pour atteindre sa destination.
Et il n’est ni valable ni permis de la verser à d’autres que ces ayants droit.
I
32 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Le jeûne
Chapitre : Il est un devoir pour tout musulman responsable de jeûner le
mois de Ramadan mais il n'est pas valable de la part de la femme qui a ses
menstrues ou celle qui a ses lochies. Il leur est un devoir à toutes deux le
rattrapage.
Il est permis de ne pas jeûner pour un voyageur qui fait un voyage
autorisant le raccourcissement des prières de quatre à deux rak^ah, même si le
jeûne ne lui est pas très difficile. Il est autorisé à un malade, à une femme
enceinte ou à une femme qui allaite, pour qui le jeûne présente une difficulté
insupportable de ne pas jeûner et il leur est un devoir que de rattraper.
Il est un devoir de faire intervenir l’intention pendant la nuit et de préciser
dans l’intention de quel jeûne il s’agit, pour tout jour de jeûne.
Il est un devoir aussi de s’abstenir :
Du rapport sexuel ;
De provoquer la sortie du maniyy, au moyen de la main et ce qui est de cet
ordre ;
De se faire vomir ;
D’apostasier ;
D’introduire une substance dans un organe creux de son corps, sauf s'il
s'agit de sa propre salive, non mélangée avec autre chose, si elle est pure
et qu’elle est restée à l'intérieur de la bouche.
De plus, la validité du jeûne requiert de ne pas être atteint de folie, ne
serait-ce qu'un instant, et de ne pas être victime d'évanouissement pendant
toute la journée.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 33
Il n'est pas valable de jeûner les jours des deux Fêtes et les jours du tachriq ;
de même la deuxième moitié du mois de Cha^ban ainsi que le jour du doute,
sauf si cela est en continuité de la première moitié, ou en cas de rattrapage, de
vœu ou de pratique habituelle et régulière (wird).
Celui qui a annulé son jeûne d'un jour de Ramadan par le rapport sexuel,
sans avoir une permission de ne pas jeûner, s'est chargé d'un péché, du
rattrapage immédiat et d'une expiation (kaffarah).
I
34 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Le Hajj
Chapitre : Il est un devoir d’accomplir le hajj et la ^oumrah une fois dans
la vie pour tout musulman, libre, responsable, qui a les moyens pour aller à la
Mecque et de retourner dans son pays, en plus de ses dettes, de son logement et
de son habillement qui sont dignes de lui et des dépenses obligatoires pour ceux
qui sont à sa charge le temps de son aller et de son retour.
Les piliers du pèlerinage sont au nombre de six :
Le premier : L’intention de l’entrée en rituel qui consiste à dire dans son
cœur : « J’entame les actes du hajj».
Le deuxième : La station à ^Arafah entre le début du temps du dhouhr du
jour de ^Arafah et l’aube de la nuit de al-^id.
Le troisième : Les tours rituels autour de la Ka^bah (le Tawaf)
Le quatrième : Les trajets entre le mont de As-Safa et celui de Al-Marwah,
sept fois, d’un arc à l’autre.
Le cinquième : Le rasage du crâne ou la coupe de cheveux.
Le sixième : L’ordre dans la majeure partie des piliers.
Tous ces piliers, à part la station à ^Arafah sont des piliers pour la ^oumrah.
Ces piliers ont des obligations et des conditions qu’il est indispensable
d’observer.
Il est une condition pour le tawaf de faire un parcours qui commence au
niveau de la pierre noire et qui finit au niveau de la pierre noire, sept fois. Il est
une condition aussi pour le tawaf, de couvrir la zone de pudeur, avoir fait la
purification rituelle et garder la Ka^bah à sa gauche, on ne lui fait pas face avec
son buste et on ne lui tourne pas le dos.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 35
Il est devenu interdit à celui est entré en rituel :
De mettre du parfum ;
De s’oindre la tête ou la barbe, avec de l’huile, de la graisse fondue ou de
la cire d’abeille fondue ;
D’avoir un rapport sexuel et ses préliminaires.
De passer un contrat de mariage ;
De chasser tout animal sauvage autorisé à la consommation et terrestre ;
Pour l’homme, de se couvrir la tête et de porter un vêtement qui
enveloppe le corps ou une partie du corps grâce à une couture, au formage
du feutre ou à ce qui est du même genre ;
Et pour celle qui est entrée en rituel, de se couvrir le visage et de mettre
des gants.
Celui qui fait l’une de ces choses interdites se charge d’un péché et doit une
compensation. Le rapport sexuel rajoute l’annulation du pèlerinage, l’obligation
du rattrapage immédiat et l’achèvement de ce qui est invalidé. Par conséquent,
celui qui annule son pèlerinage par le rapport sexuel doit le poursuivre sans
l’interrompre, puis le rattraper dans l’année à venir.
Il est un devoir aussi :
D’être entré en rituel depuis le miqat. Le miqat est l’endroit que le
Messager de Allah a précisé pour l’entrée en rituel, comme la terre
nommée Dhou l-Houlayfah, pour les habitants de Médine et ceux qui
empruntent leur chemin ;
36 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Dans le hajj, un séjour de nuit à Mouzdalifah selon un avis ;
Et à Mina selon un avis ;
Selon un autre avis, ces deux derniers points ne sont pas des devoirs ;
Le lancer à Jamratou l-^Aqabah le jour du sacrifice ;
Le lancer aux trois Jamrah pendant les jours du tachriq ;
Les tours rituels d’adieu selon un avis dans l’école.
Si quelqu’un ne s’acquitte pas de ces six points, son hajj n’est pas annulé
mais il se charge d’un péché et doit une compensation, à la différence des piliers
que nous avons déjà mentionnée. En effet, le pèlerinage n’est pas valable sans
ces piliers et le sang – c'est-à-dire l’égorgement d’une chah – ne les compense
pas pour celui qui ne les a pas faits.
Il est interdit de chasser le gibier des deux enceintes sacrées de la Mecque
et de Médine et de couper ou d’arracher leurs plantes, pour ceux qui sont entrés
en rituel et ceux qui en sont désengagés. Mais pour la Mecque se rajoute le
devoir de s’acquitter d’une compensation ; il n’y a donc pas de compensation
pour la chasse du gibier de l’enceinte de Médine ni pour la coupe ou l’arrachage
de ses plantes.
L’enceinte sacrée de Médine se situe entre les deux montagnes de ^Ayr et
de Thawr.
I
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 37
Les Transactions
Chapitre : Il est du devoir de tout musulman responsable de ne pas
s’engager dans une affaire avant de savoir ce que Allah ta^ala y a rendu licite et
illicite. Allah soubhanah nous ayant ordonné la soumission, c'est-à-dire nous
ayant chargés de respecter certaines choses, il est indispensable d’observer ce
qu’Il nous a chargé de respecter.
Allah a rendu permis la vente et a rendu illicite le gain usuraire. La Loi de
l’Islam a déterminé cette vente par l’article défini car ce n’est pas toute vente qui
est licite, mais n’est licite que celle qui remplit les conditions de validité et les
piliers de la vente. Il est donc indispensable de les observer.
Il incombe à celui qui veut vendre ou acheter d’apprendre cela, sinon il
consommera le gain usuraire, qu’il le veuille ou non.
Le Messager de Allah a dit :
«اﻟﺼ ِّﺪ ِﻳﻘ َﲔ واﻟ ﱡﺸ َﻬ َﺪاء
ِّ ﲔ و
ِ ِ
َ ِّﻳﻮم اﻟﻘﻴَ َﺎﻣﺔ َﻣ َﻊ اﻟﻨﱠﺒِﻴ
َ ﺤﺸﺮ
ُ ُﺼ ُﺪو ُق ﻳـ
ِ »اﻟﺘﱠ
ﺎﺟ ُﺮ اﻟ ﱠ
(at-tajirou s-sadouq youhcharou yawma l-qiyamati ma^a n-nabiyyina wa
s-siddiqina wa ch-chouhada’).
Ceci ne vient que de ce qu’il fournit comme efforts en luttant contre lui-
même et contre ses penchants et en s’efforçant pour exécuter les contrats
conformément à la Loi de l’Islam. Sinon, n’est pas caché ce dont Allah a menacé
celui qui dépasse les limites.
Pour le reste des contrats comme la location, le mandat pour agir dans un
capital en vue de commercer, l’hypothèque, la délégation, le dépôt, le prêt à
usage, l’association des biens et de métayage, il est également indispensable
d’en observer les conditions de validité et les piliers propres à chacun.
38 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Le contrat de mariage requiert un surcroît de précaution et de vérification
par crainte des conséquences en cas de manquement en cela.
Le Qour'an honoré fait référence à cela par la parole de Allah ta^ala :
﴾µ ´ ³ ² ± ° ¯ ® ¬ «﴿
(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran
waqoudouha n-naçou wa l-hijarah) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru,
préservez-vous ainsi que vos familles, d'un feu dont le combustible sera des
humains et des pierres » [Sourat At-Tahrim / 6].
^Ata’, que Allah l’agrée, a dit pour l’exégèse de cette ‘ayah : « C’est en
apprenant comment prier, comment jeûner, comment vendre et acheter,
comment te marier et comment divorcer ».
I
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 39
Le gain usuraire
Chapitre : Le gain usuraire est interdit : le pratiquer, le consommer, le
prendre, le noter et être témoin de son contrat.
Le gain usuraire, c’est :
La vente de l’une des deux monnaies précieuses contre l’autre en fixant
un délai de règlement, les deux monnaies précieuses étant l’or et l’argent
métal, frappées en pièce de monnaie ou non, sous forme de bijoux ou sous
forme de métal brut ;
ou bien la vente sans prise de possession respectives, c'est-à-dire si les
deux contractants se séparent avant les prises de possessions respectives ;
ou également la vente d’une monnaie précieuse contre une autre de la
même espèce –c'est-à-dire de l’or contre de l’or ou de l’argent métal
contre de l’argent métal– en fixant un délai de règlement ou bien en se
séparant sans prises de possession respectives ;
ou bien avec une inégalité, c'est-à-dire la vente de l’or contre l’or ou de
l’argent métal contre de l’argent métal avec un surplus de poids de l’un
des deux articles sur l’autre ;
et de même pour la vente des denrées alimentaires entre elles : c'est-à-dire
qu’il n’est pas permis de les vendre, lorsqu’il s’agit de deux espèces
différentes comme par exemple du blé contre de l’orge, qu’à deux
conditions : qu’on ne précise pas de délai de règlement et qu’on ne se
sépare pas avant les prises de possession respectives. S’il s’agit de la
même espèce comme par exemple du blé contre du blé, ces deux
conditions seront requises ainsi que l’égalité du volume. Il ne sera donc
permis de vendre de l’orge contre de l’orge que s’il y a égalité de volume,
40 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
s’il n’y a pas de délai de règlement et si les prises de possession
respectives ont eu lieu avant la séparation.
Il est interdit :
de vendre ce qu’on n’a pas encore reçu ;
la viande contre l’animal ;
une dette en contrepartie d’une autre dette ;
la vente par quelqu’un à qui le bien n’appartient pas et qui n’a ni tutelle ni
mandat sur ce bien pour le vendre ;
et ce que l’acheteur n’a pas vu, mais c’est permis selon un avis de Ach-
Chafi^iyy s’il y a eu description.
Le contrat de vente n’est pas valable :
Avec celui qui n’est pas responsable, c'est-à-dire que la vente ou l’achat par un
fou ou par un enfant n’est pas valable. Toutefois, la vente par l’enfant qui a
atteint la distinction est permise selon l’école de jurisprudence de l’Imam
‘Ahmad ;
ni pour ce qu’on n’a pas la capacité de livrer ;
ni pour ce qui n’a aucune utilité.
Selon certains savants, il n’est pas valable de vendre sans formule de
vente, alors que l’accord implicite des deux contractants suffit pour
d’autres.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 41
Il n’est pas valable de vendre ce qui n’entre pas sous la propriété de
quelqu’un, comme un homme libre ou une terre qui n’a pas de
propriétaire ;
de vendre ce qui est inconnu,
une najaçah telle que le sang,
tout ce qui enivre,
et ce qui est illicite comme les tounbour, sorte d’instrument de musique
semblable au luth.
Il est interdit :
de vendre quelque chose de licite et de pur à quelqu’un dont on a
connaissance qu’il veut commettre une désobéissance avec, comme du
raisin à quelqu’un qui veut en faire du vin, ou des armes à quelqu’un qui
s’en sert pour s’attaquer injustement au gens, ainsi que vendre des
substances enivrantes ;
de même, il est interdit de vendre quelque chose ayant un défaut sans le
signaler.
Information utile : Il n’est pas valable de partager le bien laissé par un
défunt ni d’en vendre quoi que ce soit tant que ses dettes n’ont pas été soldées,
ses volontés exécutées et les frais d’un hajj et d’une ^oumrah mis de côté s’ils
lui incombaient, sauf si on en vend quelque chose pour régler ces choses-là. Ses
biens sont comme mis en hypothèque pour ce faire.
42 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Il est interdit :
de démotiver l’acheteur ou le vendeur après l’accord sur le prix, dans le
but de vendre au premier ou d’acheter au second. Si cela a lieu après
l’acte de vente dans la période de rétractation, ce sera encore plus grave ;
de surenchérir pour une marchandise afin de tromper les autres ;
de frauder ou de trahir en mesurant le volume, le poids et la longueur ou
en comptant, ou bien de mentir ;
de vendre du coton ou toute autre marchandise et ce faisant, d’accorder un
prêt à l’acheteur en augmentant le prix de ces marchandises tout en posant
cela comme condition pour accorder le prêt ;
d’accorder un prêt à un tisserand ou à toute autre personne dont on loue
les services, en le faisant travailler pour une paie inférieur au salaire
courant en posant cela comme condition pour accorder le prêt ;
d’accorder un prêt aux agriculteurs jusqu’à leur récolte à condition que lui
soit vendu leur production à un pris un peu inférieur.
Il en est de même pour plusieurs autres transactions des gens de notre
époque, qui sont pour la plupart d’entre elles en-dehors des règles de la Loi de
l’Islam.
Celui donc qui cherche l’agrément de Allah soubhanah ainsi que la
sauvegarde dans l’au-delà et dans la vie d’ici-bas, qu’il apprenne ce qui est licite
et ce qui est illicite auprès d’un savant précautionneux et pieux, qui le conseille
et qui veille à sa bonne pratique religieuse . La recherche du licite est en effet
une obligation qui incombe à tout musulman.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 43
Chapitre : Il est du devoir de la personne qui en a les moyens de prendre
en charge ses ascendants pauvres même s’ils sont capables de gagner leur vie et
ses descendants s’ils sont pauvres et ne sont pas capable de gagner leur vie en
raison de leur jeune âge ou d’une infirmité, comme une maladie qui les empêche
de gagner leur vie.
Il est du devoir du mari de subvenir à la charge de son épouse et de
s’acquitter de sa dot. Il lui doit une compensation de divorce au cas où il
divorcerait d’elle, la compensation de divorce étant un bien que l’on donne à la
femme divorcée lorsque la cause du divorce n’est pas à mettre à son compte. Il
incombe à celui qui possède des animaux de s’acquitter de leur charge, de ne pas
des affecter à des tâches qu’ils ne peuvent supporter et de ne pas les frapper
injustement.
Il est du devoir de l’épouse d’obéir à son mari quant à son corps sauf pour
ce qui n’est pas licite et ne de pas faire un jeûne surérogatoire ni de sortir du
domicile de son mari sauf avec sa permission.
I
44 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Les devoirs du cœur
Chapitre : Parmi les devoirs du cœur, il y a croire en Allah et en tout ce
qui nous est parvenu de Allah et croire en le Messager de Allah et en tout ce qui
nous est parvenu du Messager de Allah. Puis, il y a la sincérité dans les actes
d’adoration, c'est-à-dire les accomplir pour Allah uniquement. Regretter d'avoir
commis des péchés. Se fier à Allah. Se surveiller pour Allah. Être satisfait de
Allah c'est-à-dire se soumettre à Allah et délaisser toute forme d’objection.
Glorifier les signes de la religion agréée par Allah. Remercier Allah pour Ses
bienfaits, dans le sens de s'abstenir de les utiliser dans un péché. Patienter en
persévérant pour accomplir ce que Allah a rendu obligatoire, en résistant pour ne
pas faire ce que Allah ta^ala a interdit et en endurant les choses par lesquelles
Allah t'a éprouvé. Détester le diable. Détester les péchés. Aimer Allah et aimer
Sa parole. Aimer Son messager, les compagnons, la famille du Prophète et les
vertueux.
*****
Les péchés du cœur
Chapitre : Parmi les péchés du cœur, il y a : l'insincérité dans les actes de
bienfaisance, c'est-à-dire les bonnes œuvres, qui est le fait d'agir pour plaire aux
gens, c'est-à-dire pour rechercher leur éloge. Elle en annule les récompenses et
fait partie des grands péchés. L'infatuation par l'obéissance à Allah, c'est le fait
d’observer son adoration comme provenant de soi-même en n’ayant pas à
l’esprit qu'elle est un bienfait de la part de Allah. Le doute au sujet de Allah. Se
laisser aller à commettre les péchés en comptant sur la miséricorde de Allah et
désespérer de la miséricorde de Allah. L'orgueil envers les esclaves de Allah, qui
est le refus de la vérité énoncée par quelqu'un d'autre et le mépris des gens.
L'animosité, qui consiste à cacher en soi une hostilité, si on agit en conséquence
et qu’on ne déteste pas ce sentiment. L'envie, c'est-à-dire détester qu’un
musulman reçoive un bienfait, ne pas le supporter et agir selon ce sentiment.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 45
Faire référence à une aumône antérieure pour faire du tort à son bénéficiaire ;
cela en annule la récompense ; comme en disant à quelqu’un à qui on a donné
une aumône : Ne t'ai-je pas donné telle chose, tel et tel jour ? La persistance
dans le péché. Penser que Allah ne va pas lui pardonner ses péchés et avoir de
mauvaises pensées au sujet des esclaves de Allah. Nier la destinée. Se réjouir du
péché, qu’il provienne de soi ou de quelqu’un d’autre. La traîtrise, même envers
un mécréant. La perfidie. Détester les compagnons du Prophète ainsi que les
proches musulmans du Prophète et les vertueux. L’avarice en ce que Allah a
ordonné de payer et la cupidité. Manquer de considération envers ce que Allah a
glorifié et minimiser ce que Allah a rendu important, que cela soit un acte
d’obéissance, le Qour'an, la science de la religion, le paradis ou bien la gravité
d’un péché ou du châtiment en enfer.
*****
Les péchés du ventre
Chapitre : Parmi les péchés du ventre, il y a :
Consommer ce qui provient du gain usuraire, de l'usurpation, du vol et
tout ce qui est pris suite à une transaction que la Loi de l'Islam a interdite.
Boire des boissons enivrantes. Consommer tout ce qui enivre, toute
najaçah ainsi que tout ce qui est dégoûtant.
Consommer les biens d’un orphelin ou utiliser les waqf sans que ce soit en
conformité avec les conditions posées par le donateur.
Consommer ce qui est pris en profitant de la timidité de quelqu’un sans
qu’il l’ait donné de bon cœur.
*****
46 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Les péchés de l’œil
Chapitre : Parmi les péchés de l'œil, il y a regarder le visage ou les mains
des femmes 'ajnabiyyah avec désir et de regarder le reste de leurs corps dans
l’absolu. Il en est de même de leurs regards à elles qu’elles portent sur eux pour
ce qui est compris entre le nombril et les genoux. Il y a aussi le fait de regarder
les zones de pudeur.
Il est interdit de découvrir la zone de pudeur lorsqu’on est seul et qu’on
n'en a pas besoin, pour les hommes comme pour les femmes.
Avec une personne mahram ou du même sexe, il est permis de regarder ce
qui n'est pas compris entre le nombril et les genoux si cela est sans désir.
Il est interdit de regarder un musulman avec mépris et de regarder
l’intérieur de la maison d’autrui sans sa permission, ou encore de regarder
quelque chose qu’il a cachée.
*****
Les péchés de la langue
Chapitre : Parmi les péchés de la langue, il y a :
La médisance c'est-à-dire mentionner ton frère en Islam en citant ce qui
lui déplaît de ce qui est vrai à son sujet et cela en son absence.
Rapporter les paroles pour semer la discorde.
Inciter à la discorde sans rapporter de parole, même si cela consiste à
pousser les animaux à se battre.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 47
Le mensonge, c’est-à-dire la parole non conforme à la réalité dite
sciemment.
Jurer par Allah mensongèrement.
Les paroles de qadhf qui sont nombreuses et se résument ainsi : On
appelle qadhf envers quelqu’un tout propos dans lequel on lui attribue la
fornication, à lui ou à quelqu’un de sa parenté, d'une façon absolue si le
terme est explicite et selon l'intention s'il n'est pas explicite.
Parmi les péchés de la langue, il y a aussi :
Insulter les compagnons du Prophète.
Le faux témoignage.
Retarder le remboursement d'une dette tout en ayant les moyens de s’en
acquitter.
Insulter, maudire ou se moquer d'un musulman, ou lui tenir des propos qui
lui font du tort ou qui le blessent.
Mentir au sujet de Allah et au sujet de Son messager.
Prétendre un droit sur quelque chose injustement.
Le divorce bid^iyy, c'est le divorce qui a lieu pendant une période de
menstrues ou pendant une période inter-menstruelle au cours de laquelle il
a eu un rapport sexuel.
Le dhihar. Le fautif doit s'acquitter d'une expiation dans le cas où il ne
divorce pas immédiatement après l’avoir prononcé.
48 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Parmi ces péchés, il y a :
Une récitation erronée du Qour'an qui porte atteinte à la signification ou
qui touche à la grammaire même si elle ne porte pas atteinte à la
signification.
Mendier quand on a suffisamment de biens ou un métier.
Le vœu dans l'intention de priver un héritier et ne pas signaler une dette
ou un objet à rendre dont personne d'autre n’a connaissance.
Prétendre être le fils d’un autre homme que son propre père.
Demander la main d'une femme alors qu'elle est fiancée à un autre
musulman.
Donner un avis dans la religion sans science.
Enseigner ou apprendre une science nuisible, sans raison légale.
Juger selon d'autres lois que celle de Allah.
Citer les qualités du défunt avec hystérie et se lamenter.
Toute parole qui incite à commettre un péché ou qui démotive d'accomplir
un devoir.
Toute parole diffamant la religion, l’un des prophètes, les savants, le
Qour'an ou l’un des signes de la religion agréée par Allah.
Il y a aussi :
Utiliser tout instrument de musique à vent.
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 49
S'abstenir d'ordonner le bien et d’interdire le mal sans excuse valable.
Garder pour soi la science obligatoire alors qu'il y a quelqu'un qui la
demande.
Rire d’un musulman à cause d'une sortie de gaz intestinal ou par mépris.
Taire le témoignage.
Ne pas rendre le salam lorsqu’il t'est obligatoire de le rendre.
Le baiser est interdit pour celui qui accomplit le hajj ou la ^oumrah s’il
est avec désir et pour celui qui fait un jeûne obligatoire s’il craint la sortie
du maniyy.
Embrasser quelqu'un qu'il n'est pas permis d'embrasser.
*****
Les péchés de l’oreille
Chapitre : Parmi les péchés de l'oreille, il y a écouter la conversation de
gens qui nous cachent ce qu'ils disent et le son des instruments de musique à
vent et des instruments à cordes, ainsi que tout autre son interdit.
Tout comme écouter quelqu’un qui fait de la médisance ou qui rapporte les
paroles pour provoquer la discorde et ce qui est du même genre, contrairement
au cas où on est amené malgré soi à entendre quelque chose parmi ces choses
interdites et qu'on le réprouve dans le cœur. Il est cependant obligatoire dans ce
cas de l’interdire si on en a la capacité.
*****
50 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Les péchés des mains
Chapitre : Parmi les péchés des mains, il y a :
Tricher dans les mesures de volume, de poids ou de longueur et voler.
Il y a de même le pillage, l'usurpation et le meurtre.
Parmi les péchés des mains, il y a aussi
Se laisser soudoyer ou soudoyer quelqu'un.
Brûler vif un animal, sauf s'il a nuit et qu'on n'a pas pu en faire cesser la
nuisance autrement. Mutiler un animal. Jouer avec des dés et pratiquer
tout ce qui comporte un pari. Jouer avec des instruments de musique
interdits, tels que le tounbour, le rebec et de façon générale les
instruments à vent et à corde.
Toucher une 'ajnabiyyah délibérément, par contact direct avec ou sans
désir, ou à travers un vêtement s'il y a désir et ce, même s'il s'agit d'une
personne du même sexe ou mahram. Figurer un être ayant une âme.
S'abstenir de payer tout ou partie de la zakat après qu'elle est devenue
obligatoire et qu'on a la possibilité de s’en acquitter, ou verser quelque
chose qui n’est pas valable pour s’acquitter de la zakat, ou bien la donner
à quelqu'un qui n'y a pas droit. Priver le travailleur de son salaire. Ne pas
donner à celui qui manque d'une chose vitale ce qui répond à son besoin
et ne pas sauver quelqu’un qui se noie, sans excuse valable dans les deux
cas. Écrire ce qu’il est interdit de dire. La trahison, qui est l'opposé du
conseil. Elle comprend la trahison par les gestes, les paroles et les
attitudes.
*****
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 51
Les péchés du sexe
Chapitre : Parmi les péchés du sexe, il y a la fornication qui a lieu avec la
pénétration du gland dans le vagin et la sodomie qui a lieu avec la pénétration du
gland dans l'anus.
Parmi ces péchés, il y a avoir des pratiques sexuelles avec des animaux
même s'ils sont à soi. Faire sortir le maniyy avec autre que la main d’une femme
qui lui est licite. Le rapport sexuel pendant une période de menstrues ou de
lochies, ou bien après l'arrêt de l'écoulement du sang menstruel ou du sang des
lochies mais avant que la femme ait fait le ghousl ou bien après qu’elle se soit
lavée mais sans intention rituelle ou si l'une des conditions du ghousl faisait
défaut.
Dévoiler sa zone de pudeur devant quelqu'un à qui il est interdit de la voir
ou quand on est seul et sans raison.
Faire face ou tourner le dos à la qiblah pour uriner ou déféquer en l'absence
d'un obstacle entre soi et la qiblah, haut de deux tiers de coudée au moins, ou en
présence d'un tel obstacle s'il est éloigné de plus de trois coudées ou encore s'il
est moins haut que deux tiers de coudée, sauf si l'endroit où l'on fait ses besoins
est aménagé pour cela, comme les toilettes, car à l'intérieur, il est permis de faire
face à la qiblah ou de lui tourner le dos. Déféquer sur une tombe. Uriner à
l'intérieur de la mosquée même dans un récipient ou uriner sur une chose ayant
un honneur.
Délaisser la circoncision lorsqu'on est pubère. C’est toutefois permis selon
l'école de jurisprudence de l'Imam Malik.
*****
52 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Les péchés du pied
Chapitre : Parmi les péchés du pied, il y a marcher pour commettre un
péché, tel que marcher pour nuire à un musulman, comme aller l’accuser
calomnieusement auprès du gouverneur ou quelqu’un de cet ordre pour qu’il lui
nuise, ou bien marcher pour l’assassiner ou bien pour lui causer une nuisance
injustement. La fugue de celui sur qui quelqu'un possède un droit tel qu’une
dette ou une charge obligatoire, un droit que ses parents ont sur lui ou
l’éducation de ses enfants. Se pavaner en marchant. Enjamber les gens par-
dessus leurs épaules, sauf pour combler un espace libre. Passer à proximité
devant quelqu’un qui fait la prière lorsque les conditions de la délimitation de
l'espace devant lui sont réunies. Tendre la jambe vers le livre du Qour'an s'il
n'est pas placé plus haut. Chaque marche pour commettre un péché ou pour faire
ce qui va entraîner un manquement à une obligation.
*****
Les péchés du corps
Chapitre : Parmi les péchés du corps, il y a le ^ouqouq envers les parents.
Rompre les liens avec sa proche famille. Nuire à son voisin. Se teindre les
cheveux en noir. Que les hommes se féminisent et l'inverse, c'est-à-dire en
portant ce qui est spécifique au sexe opposé, que ce soit des habits ou autre
chose. Porter des vêtements qui descendent en dessous de la cheville par vanité.
Mettre du henné sur les mains ou sur les pieds pour les hommes sans nécessité.
Interrompre un rituel obligatoire sans excuse. Interrompre un hajj ou une
^oumrah surérogatoires. Imiter un croyant pour se moquer de lui. Épier les gens
afin de connaître leurs défauts. Le tatouage. Rompre toutes les relations avec un
musulman plus de trois jours, sauf s'il y a une excuse légale. Tenir compagnie à
quelqu’un dont la croyance présente une mauvaise innovation ou à un grand
pécheur au moment où il commet son péché. Porter de l'or, de l'argent métal, de
la soie ou quelque chose dont la soie fait plus de la moitié du poids, pour la
Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 53
personne de sexe masculin et pubère, exceptée la bague en argent. Rester seul à
seul avec une 'ajnabiyyah sans pouvoir être vu par une tierce personne devant
qui on éprouverait de la pudeur, que cette dernière soit de sexe masculin ou
féminin. Le voyage de la femme non accompagnée d'un mahram ou de
quelqu'un ayant un statut analogue. Prendre à son service un homme libre, de
force. Prendre un saint pour ennemi. Aider à commettre un péché. L’escroquerie
par le faux. Utiliser des ustensiles en or ou en argent ou bien les acquérir.
Délaisser un acte obligatoire ou l'effectuer en délaissant l’un de ses piliers ou
l’une de ses conditions, ou bien l'effectuer en faisant ce qui l'annule. Délaisser la
prière du vendredi pour quelqu’un pour qui elle est obligatoire même s'il fait la
prière du dhouhr. Que les habitants d'un lieu tel qu'un village délaissent les
assemblées des prières obligatoires. Retarder l'accomplissement d'un acte
obligatoire jusqu'après son temps sans excuse valable. Chasser un gibier avec ce
qui tue par son impact et qui fait sortir l’âme rapidement, c'est-à-dire qui tue par
son poids telle qu’une roche. Prendre un animal pour cible. Ne pas rester à
domicile pour celle qui est en période d'attente post maritale sans excuse valable.
Délaisser l'endeuillement pour la mort de l'époux. Souiller la mosquée avec des
najaçah ou avec une substance répugnante même si ce n’est pas une najaçah.
Négliger jusqu’à sa mort l'accomplissement du hajj après en avoir eu les moyens.
S'endetter pour celui qui n'espère pas pouvoir rembourser grâce à des ressources
clairement envisagées sans que son créancier ne soit au courant de la situation.
Ne pas accepter d'ajourner la dette d’un débiteur qui est dans l'incapacité de
rembourser. Dépenser de l'argent dans un péché.
Manquer de considération envers le livre du Qour'an et envers toute
science de la religion. Permettre à un enfant qui est arrivé à l’âge de distinction
de toucher le livre du Qour'an s'il n'a pas fait la purification rituelle.
Changer les bornes des terrains, c'est-à-dire repousser les limites de
séparation entre sa propriété et celle de quelqu'un d'autre. Disposer de la rue en y
faisant ce qu’il n'est pas permis d’y faire. Utiliser un objet emprunté pour un
autre usage que celui pour lequel on a été autorisé, ou prolonger l'emprunt au-
delà de la durée autorisée ou le prêter à quelqu'un d'autre. Se réserver quelque
chose de public, comme le pâturage et le ramassage du bois dans un terrain sans
54 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
propriétaire, l'exploitation d'un gisement de sel, des deux monnaies précieuses
ou autres, c'est-à-dire monopoliser ces ressources et empêcher les gens de faire
paître leur bétail, et se réserver l'eau qui se renouvelle c'est-à-dire celle qui est
remplacée naturellement lorsqu'on en prend. Utiliser un objet trouvé avant
d’avoir réalisé l'annonce conformément à ses conditions de validité. Rester dans
un endroit en étant témoin d'une chose répréhensible, sans avoir d’excuse. Faire
l'intrus dans les banquets c'est-à-dire y entrer sans permission ou quand les hôtes
en ont permis l'entrée par timidité. Que la femme sorte en passant à côté des
hommes 'ajnabiyy dans le but de les tenter. La sorcellerie.
Se rebeller contre le calife, comme ceux qui se sont rebellés contre ^Aliyy
et qui l’ont combattu. Al-Bayhaqiyy a dit : « Tous ceux qui ont combattu ^Aliyy
sont des injustes ». L'Imam Ach-Chafi^iyy a dit la même chose avant lui et ce,
bien qu'il y ait eu parmi eux certains des meilleurs compagnons du Prophète. En
effet, il n'est pas impossible qu’un saint commette un péché même s'il s'agit d'un
grand péché.
Se charger de la tutelle d'un orphelin, d'une fonction liée à une mosquée, de
la fonction de qadi ou ce qui est de cet ordre tout en sachant qu'on est incapable
d'assumer cette charge. Abriter un injuste et le protéger contre celui qui veut
exercer son droit sur lui. Effrayer les musulmans. Le brigandage qui est puni en
fonction de la gravité du délit. Il y a aussi ne pas respecter son vœu. Jeûner en
continu deux jours ou plus, c’est à dire sans s'alimenter pour rompre le jeûne.
Prendre la place de quelqu’un ou encombrer quelqu’un d'une manière
préjudiciable ou prendre son tour.
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Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy 55
Le repentir
Il est un devoir pour chaque personne responsable de se repentir
immédiatement de ses péchés. Cela consiste à regretter, à cesser de les faire et à
prendre la résolution de ne plus y revenir. Si de plus le péché était le
délaissement d’une obligation, elle devra la rattraper ; et si le péché était une
enfreinte au droit d’un être humain, elle devra lui restituer son droit ou bien lui
demander pardon.
I
56 Al-Moukhtasar du Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
Fin du Moukhtasar
par la grâce de Allah ta^ala
La dernière de nos invocations
est al-hamdou lil-Lahi rabbi l-^alamin