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Sujet Induction

Ce document présente une étude sur l'origine du champ magnétique terrestre. Il aborde une mesure du champ géomagnétique, puis discute des hypothèses historiques avant de présenter la théorie actuelle de l'effet dynamo, selon laquelle les mouvements de convection dans le noyau externe de la Terre entretiennent le champ magnétique via l'induction électromagnétique.

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Sujet Induction

Ce document présente une étude sur l'origine du champ magnétique terrestre. Il aborde une mesure du champ géomagnétique, puis discute des hypothèses historiques avant de présenter la théorie actuelle de l'effet dynamo, selon laquelle les mouvements de convection dans le noyau externe de la Terre entretiennent le champ magnétique via l'induction électromagnétique.

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Physique 1

2016
PC
4 heures Calculatrices autorisées
L’effet dynamo, origine du champ géomagnétique ?
Les formules et données numériques utiles sont fournies en fin d’énoncé, avant les annexes.
Ce sujet, comportant trois parties largement indépendantes, propose d’étudier les conséquences du mouvement
d’un fluide conducteur électrique en présence de champ magnétique. Cette étude porte notamment sur l’effet
dynamo, qui est l’hypothèse la plus crédible à ce jour pour expliquer la présence du champ magnétique terrestre.
Nous allons dans un premier temps effectuer une mesure du champ magnétique terrestre. Ensuite, nous discute-
rons des différentes hypothèses historiques expliquant la présence du champ magnétique terrestre, pour aboutir
à la théorie de l’effet dynamo, que nous développerons de manière qualitative et quantitative. Une troisième
partie permettra enfin d’établir les relations dites fondamentales de la magnétohydrodynamique (en d’autres
termes : la dynamique des fluides magnétiques) sous certaines hypothèses simplificatrices et d’en discuter le sens
physique.

I Une mesure du champ géomagnétique


Dans cette première partie, nous nous intéressons à la mesure de la composante horizontale du champ magnétique
terrestre, de norme 𝐵u� , grâce à un dispositif de type « bobines de Helmholtz » qui peut être réalisé facilement
avec du matériel courant.
I.A – Une spire de rayon 𝑅, d’axe 𝑢⃗u� et située en 𝑥 = 0 est parcourue par un courant électrique continu
d’intensité 𝐼. Elle crée en un point 𝑀 d’abscisse 𝑥 de son axe un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗spire (𝑥) dont l’amplitude
s’exprime par

𝜇0 𝐼 2 −3/2
𝐵spire (𝑥) = (1 + ( 𝑥 ) ) (I.1)
2𝑅 𝑅

À l’aide d’un schéma, préciser la direction de ce champ magnétique et discuter de son sens. En déduire une
expression vectorielle 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗spire si la spire est orientée positivement par rapport à l’axe de la spire, lui-même orienté
par 𝑢⃗u� .
I.B – Déterminer alors le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗bobines (𝑥) créé en un point 𝑀 d’abscisse 𝑥 de l’axe commun
à deux bobines d’épaisseur négligeable, comprenant chacune 𝑁 spires, parcourues par des courants de même
sens et de même intensité et situées respectivement en 𝑥 = −𝑒/2 et 𝑥 = +𝑒/2. Faire un schéma représentant le
système.
I.C –
I.C.1) Tracer qualitativement l’amplitude 𝐵bobines (𝑥) du champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗bobines (𝑥) en fonction de 𝑥, en faisant
apparaitre la contribution de chaque bobine. On distinguera différents cas selon que 𝑒 est plus grand ou plus
petit qu’une valeur critique 𝑒0 (qu’on ne cherchera pas à déterminer). Quel est l’intérêt pratique du cas 𝑒 = 𝑒0 ?
I.C.2) À partir de l’étude de la courbe 𝐵spire (𝑥) et de l’observation de ses points d’inflexion, justifier sans
aucun calcul que, pour cette valeur particulière 𝑒0 de 𝑒, la fonction 𝐵bobines (𝑥) puisse être considérée comme
constante à l’ordre 3 au voisinage de 0. On ne cherchera pas à calculer 𝑒0 , mais uniquement à décrire les
variations de 𝐵bobines (𝑥) au voisinage de 0 pour 𝑒 = 𝑒0 .
I.D – On positionne les bobines de façon à ce que 𝑒 = 𝑒0 = 𝑅/2. En 𝑥 = 0, on place une petite boussole
constituée d’une aiguille aimantée susceptible de tourner librement autour d’un axe vertical passant par son
milieu. La norme du moment magnétique de cette aiguille est notée 𝑀 et on note 𝐽 son moment d’inertie par
rapport à son axe de rotation.
L’axe des bobines est aligné avec les lignes de champ de la composante horizontale du champ magnétique
terrestre de telle sorte qu’en 𝑥 = 0, l’amplitude 𝐵 du champ magnétique total s’écrit 𝐵 = 𝐵bobines (𝑥 = 0) + 𝐵u� .
Le moment Γ⃗ du couple subit par un dipôle magnétique de moment 𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ plongé dans un champ magnétique
⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ ⃗⃗
extérieur uniforme 𝐵ext est donné par Γ = 𝑀 ∧ 𝐵ext . Préciser la position stable de l’aiguille.
I.E – On appelle 𝑇1 la période des petites oscillations de l’aiguille par rapport à sa position d’équilibre.
Montrer que 𝑇1 peut s’exprimer en fonction de 𝐽 , 𝐵 et 𝑀 . On justifiera les différentes hypothèses simplificatrices.
I.F – On appelle 𝑇2 la période des petites oscillations de l’aiguille lorsque le sens du courant dans les bobines
est inversé par rapport à la question précédente. Exprimer 𝐵u� en fonction de 𝑇1 /𝑇2 . Préciser l’intérêt de la
méthode.

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II Nécessité d’un mécanisme d’entretien du champ géomagnétique :
l’effet dynamo
II.A – Limites des explications historiques
II.A.1) Dès le xviie siècle, il a été imaginé qu’une sorte de super aimant permanent soit au centre de la Terre
et crée le champ géomagnétique.
À l’aide des données et des textes de l’annexe 1, donner au moins deux arguments qui permettent de réfuter
cette hypothèse.
II.A.2) En 1947, Patrick Blackett (lauréat du prix Nobel de physique en 1948) propose que « tout corps céleste
possède un moment magnétique proportionnel à son moment cinétique ». C’est l’effet Blackett.
a) Quelle entité connaissez-vous qui possède une telle propriété ? Développer en quelques lignes le lien entre
moment cinétique et moment magnétique pour cette entité. Préciser notamment le facteur de proportionnalité.
b) Déterminer le moment magnétique 𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ d’un atome de numéro atomique 𝑍 tournant sur lui même à la vitesse
angulaire 𝜔⃗ = 𝜔𝑢⃗u� dans l’hypothèse où ses électrons sont répartis uniformément dans une boule de rayon 𝑎
autour du noyau supposé ponctuel.
u�
On donne ∫ sin3 𝜃 d𝜃 = 4/3.
0
c) Peut-on appliquer ce modèle à la Terre ? Préciser quel élément de l’annexe 1 permet de réfuter également
cette hypothèse.
Blackett lui-même réfuta sa théorie en 1950.

II.B – L’effet dynamo


L’échec des théories précédentes amène à penser que le champ magnétique de la Terre résulte d’un processus de
régénération continuelle associé à des courants électriques. Le but de cette partie est de décrire l’effet dynamo,
effet expliquant le champ magnétique terrestre et proposé dès 1919 par Joseph Larmor.
Le noyau externe de la Terre est à la fois métallique, donc conducteur (de conductivité électrique 𝜎), et liquide.
Ainsi ce liquide peut être animé de mouvements : on appellera 𝑣 ⃗ son champ de vitesse par rapport à un référentiel
ℜ lié à la Terre ; il peut être le siège de courants, décrits par la densité de courant 𝚥.⃗ La conjonction de ces deux
propriétés permet d’expliquer l’origine du champ magnétique terrestre.
II.B.1) Une particule 𝑃 de ce fluide conducteur se déplace à la vitesse 𝑣(𝑃 ⃗ , 𝑡) dans le référentiel ℜ. Dans son
référentiel propre ℜ′ (qui est par définition un référentiel se déplaçant à la vitesse 𝑣 ⃗ = 𝑣(𝑃 ⃗ , 𝑡) par rapport à ℜ),
cette particule de fluide est soumise à des champs électrique 𝐸′(𝑃 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ , 𝑡) et magnétique 𝐵′(𝑃 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ , 𝑡). On suppose que
dans le référentiel ℜ′ , la loi d’Ohm locale s’applique à la particule de fluide 𝑃 , immobile dans ℜ′ , de sorte que
⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ ⃗⃗
𝚥′ = 𝜎𝐸′.
a) Exprimer 𝐸′ ⃗⃗⃗ ⃗⃗ en fonction de 𝑣 ⃗ et des champs électrique 𝐸(𝑃
⃗⃗⃗ ⃗⃗ , 𝑡) et magnétique 𝐵(𝑃 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ , 𝑡) auxquels est soumise
la particule de fluide 𝑃 dans le référentiel ℜ, dans l’hypothèse de mouvements non relativistes (𝑣 ≪ 𝑐). On
pourra utiliser l’invariance de la force de Lorentz par changement de référentiel.
b) Quelle relation existe-t-il entre ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝚥′ et la densité de courant 𝚥 ⃗ mesurée dans ℜ, si on considère que le fluide
n’est pas chargé.
c) En déduire que la relation traduisant la loi d’Ohm locale dans ℜ s’écrit : 𝚥 ⃗ = 𝜎 (𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ + 𝑣 ⃗ ∧ 𝐵).

L’existence d’un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ dans ℜ induit donc un champ électrique complémentaire 𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗u� = 𝑣 ⃗ ∧ 𝐵,
appelé champ électromoteur.
Dans la suite on se placera toujours dans le référentiel ℜ.
II.B.2) Le fluide conducteur est soumis à un champ magnétique extérieur 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 . Il apparait donc en 𝑃 un champ
électromoteur 𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 induit par le champ 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗u�0 = 𝑣 ⃗ ∧ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 .
a) Justifier, à l’aide d’une équation de Maxwell, que ce champ électromoteur est à son tour la source d’un
champ magnétique induit 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗1 .
b) En introduisant une longueur caractéristique 𝐿 de l’écoulement, une vitesse caractéristique 𝑈 de l’écoulement
et en utilisant les lois de l’électromagnétisme, montrer que l’amplitude de ce champ est proportionnelle à celle
de 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 . On notera 𝑟u� le coefficient de proportionnalité.
c) Préciser l’expression de 𝑟u� en fonction de 𝐿, 𝑈 et de 𝜆 = 1/(𝜇0 𝜎). Que caractérise ce coefficient 𝑟u� ?
Commenter la variation de 𝑟u� avec 𝜎.
II.B.3) Dans le cas particulier où les géométries du conducteur, de 𝑣 ⃗ et de 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 sont telles que 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗1 se superpose
à𝐵⃗⃗⃗ ⃗⃗0 , il est possible d’écrire

⃗⃗⃗ ⃗⃗1 = 𝛾𝑟u� 𝐵


𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 (II.1)

où 𝛾 représente un facteur géométrique adimensionné.

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a) Le champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗1 crée donc un champ électromoteur 𝐸 ⃗⃗⃗ ⃗⃗u�1 qui engendre à son tour un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗2 .
Calculer le champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗2 en fonction de 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗1 , puis de 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗0 .
b) En poursuivant ce raisonnement, déterminer l’expression du champ magnétique total 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ en fonction de 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗0 ,
𝑟u� et 𝛾.
c) En s’appuyant sur une analogie avec le fonctionnement d’un laser, montrer qu’il existe alors une condition
d’instabilité (dite instabilité dynamo) et conclure sur la possibilité d’existence d’un champ magnétique macro-
scopique spontané dans un conducteur en mouvement selon une condition sur 𝑟u� que l’on discutera.

II.C – Étude d’une dynamo à courant et mouvement contraints : la dynamo de Bullard


Il s’agit à présent de trouver des systèmes concrets capables de développer l’instabilité dynamo. L’obtention du
bouclage magnétique établi à la question II.B.3 est soumise à des conditions géométriques sur le conducteur
et sur les courants induits dans le conducteur. La détermination d’un système aux géométries favorables au
développement de l’instabilité magnétique n’est pas une tâche simple. Il n’existe pas de condition suffisante
permettant d’obtenir l’instabilité magnétique. Il existe en revanche des conditions incompatibles avec l’auto
entretien d’un champ magnétique par effet dynamo qu’on appelle conditions « anti-dynamo ». Elles se résument
généralement ainsi : un système dynamo possède nécessairement un faible nombre d’éléments de symétrie.
Soit une roue d’axe 𝑢⃗u� , de moment d’inertie 𝐽 par rapport à cet axe, en rotation à la vitesse ⃗⃗⃗⃗⃗ Ω = Ω𝑢⃗u� plongée
dans un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 = 𝐵0 𝑢⃗u� . Un fil électrique, en contact parfait entre l’extrémité de la roue et son
axe, permet de créer un circuit fermé passant par l’axe de la roue. On propose les deux géométries de la figure 1
pour le fil.

Géométrie A Géométrie B

Ω Ω
𝐴 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗0
𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0
𝐵

𝑖1
𝑖1

Figure 1 Dynamo à courant et mouvement contraints

II.C.1) Pour chacune des deux géométries proposées, préciser la direction du champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗1 créé par
le courant électrique induit dans le circuit filiforme (d’intensité 𝑖1 ). En déduire que seule la géométrie B est
propice à un effet dynamo.

Dans la suite, on étudie la géométrie B. On va dans un premier temps procéder par itération du processus
d’induction pour déterminer la condition dynamo de ce dispositif. On considère donc le lien suivant entre les
différentes grandeurs : 𝐵0 → 𝑒1 → 𝑖1 → 𝐵1 → 𝑒2 → ⋯
II.C.2) On s’intéresse au champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗1 créé par la spire circulaire parcourue par le courant d’intensité 𝑖1 , résultant
de l’induction due au mouvement du disque dans 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 . On note 𝑎 le rayon du disque, 𝑏 celui de la spire et 𝑑 la
distance entre le disque et la spire selon l’axe 𝑢⃗u� . Dans l’hypothèse où 𝑑 ≪ 𝑎 ≪ 𝑏, justifier que pour un point
𝑃 appartenant au disque, le champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗1 puisse d’écrire sous la forme simplifiée

⃗⃗⃗ ⃗⃗1 (𝑃 , 𝑡) = 𝐵1 (𝑡)𝑢⃗u�


𝐵 (II.2)

II.C.3)
⃗⃗⃗ ⃗⃗1 sur
a) On appelle 𝑀 le coefficient de mutuelle induction entre la spire et le disque, tel que le flux du champ 𝐵
le disque, orienté selon 𝑢⃗u� , s’écrive

𝜙spire→disque = 𝑀 𝑖1 (II.3)

En considérant seulement 𝐵0 , une force électromotrice d’induction, notée 𝑒1 , apparait entre le centre du disque et
son extrémité en contact avec le fil. Cette force électromotrice 𝑒1 est égale à la circulation du champ électromoteur
⃗⃗⃗ ⃗⃗0 , où 𝑣 ⃗ désigne la vitesse d’un point du disque, et se calcule donc par
⃗⃗⃗⃗⃗⃗u�1 = 𝑣 ⃗ ∧ 𝐵
𝐸

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u�
2
⃗⃗⃗ ⃗⃗u�1 ⋅ d𝑙 ⃗ = Ω𝐵0 𝑎
𝑒1 = ∫ 𝐸 (II.4)
2
u�

Exprimer 𝑖1 en fonction de 𝑀 et 𝐵1 . On note 𝑅 la résistance totale du circuit. Montrer qu’en régime stationnaire

𝐵1 = 1 𝑀 Ω 𝐵0 (II.5)
2𝜋 𝑅
b) En déduire la condition qui permet de démarrer l’effet dynamo dans le dispositif (on pourra utiliser le résultat
de la question II.B.3).

Dans les questions suivantes, on suppose qu’il n’existe plus de champ magnétique extérieur autre que celui
éventuellement auto-entretenu par la dynamo, c’est-à-dire que 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗0 = 0.⃗ Plutôt que par itération, on raisonnera
sur le champ total 𝐵⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 𝐵𝑢⃗u� existant dans le disque.
II.C.4) Déterminer l’expression de la force électromotrice totale d’induction 𝑒(𝑡) en fonction du champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ (on
pourra effectuer une analogie avec l’obtention de la formule II.4) puis en fonction du courant induit total 𝑖(𝑡).
II.C.5) On appelle 𝐿 le coefficient d’auto-induction de la spire. Représenter le schéma électrique équivalent
au dispositif et en déduire l’équation différentielle régissant l’évolution de 𝑖(𝑡). Retrouver la condition établie à
la question II.C.3 pour démarrer l’effet dynamo.
II.C.6) Quel effet n’a pas été considéré dans les questions précédentes ?
II.C.7) En considérant que le disque est entrainé en rotation par un couple moteur constant Γu� et que sa
vitesse angulaire de rotation dépend du temps (Ω = Ω(𝑡)), établir l’équation différentielle dite « mécanique »
du système et montrer que les variables 𝑖(𝑡) et Ω(𝑡) sont reliées par le système d’équations différentielles non
linéaires
⎧ dΩ 𝑀 𝑖2
{ 𝐽 d𝑡 = Γu� − 2𝜋
⎨ (II.6)
{ d𝑖 𝑀Ω
⎩ 𝐿 d𝑡 = ( 2𝜋 − 𝑅) 𝑖

II.C.8) Déterminer les expressions de 𝑖 et Ω en régime stationnaire.


II.C.9) À partir des équations II.6, faire un bilan énergétique de la dynamo entre les instants 𝑡 et 𝑡 + d𝑡.
Préciser la signification physique des différents termes apparaissant dans le bilan.
II.C.10) Que devient le bilan énergétique en régime stationnaire ? Quelle propriété essentielle de l’effet dynamo
est mise en avant ici ?
II.C.11) Discuter de l’existence éventuelle de plusieurs solutions stationnaires au système II.6 et du lien avec
les observations concernant le champ magnétique terrestre.

II.D – L’expérience VKS2 (ENS Lyon, Cachan et CEA Saclay, Cadarache)


Les questions de cette partie sont toutes en lien avec l’article de l’annexe 2 : « L’expérience VKS2, observation
d’une dynamo turbulente et des renversements erratiques du champ magnétique ».
II.D.1) Justifier l’utilisation du sodium comme fluide. À quels problèmes de sécurité fait référence le texte
avec l’utilisation du sodium ?
II.D.2) Quelle(s) caractéristique(s) du champ magnétique terrestre sont mises en évidence par l’expérience
VKS2 ?
II.D.3) Estimer l’ordre de grandeur du nombre de Reynolds pour l’écoulement décrit. Le comparer à la valeur
donnée dans le texte.
II.D.4) Montrer que le nombre de Reynolds magnétique défini dans l’encadré en fin d’article de l’annexe 2 est
précisément le facteur 𝑟u� introduit à la question II.B.2.

III Relations fondamentales de la magnétohydrodynamique


Nous nous intéressons ici au mécanisme d’induction se produisant dans un fluide conducteur (tel un métal
liquide) de conductivité électrique 𝜎 et de perméabilité magnétique 𝜇0 . Le fluide est considéré comme newtonien
et son écoulement est décrit par le champ des vitesses 𝑣 ⃗ supposé non relativiste. Nous nous proposons d’établir
les relations électromagnétiques fondamentales de la magnétohydrodynamique dans un tel milieu.
III.A – Écrire les équations de Maxwell dans le milieu proposé, en notant 𝜌u� la densité volumique de charge et
𝚥 ⃗ la densité volumique de courant. Simplifier l’équation de Maxwell-Ampère en montrant, par un calcul d’ordre
∂𝐸⃗⃗⃗ ⃗⃗
de grandeur, que la contribution du courant de déplacement 𝚥u�⃗ = 𝜀0 est négligeable devant les deux autres
∂𝑡
termes de cette équation, dans l’hypothèse d’un écoulement non relativiste.
Nous nous placerons désormais dans le cadre de cette approximation.

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III.B – On rappelle que la loi d’Ohm locale pour un milieu conducteur en mouvement, de vitesse 𝑣,⃗ s’écrit

⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ + 𝑣 ⃗ ∧ 𝐵)
𝚥 ⃗ = 𝜎(𝐸

III.B.1) La conservation de la charge électrique entraine que les densités de charge 𝜌u� et de courant 𝚥 ⃗ sont
∂𝜌
reliées par l’équation locale div 𝚥 ⃗ + u� = 0. En déduire la loi d’évolution de la densité de charge dans le milieu
∂𝑡
conducteur.
III.B.2) Préciser l’évolution de 𝜌u� pour un conducteur au repos. Calculer la constante de temps caractéristique
de cette évolution pour le cuivre. Commenter.
III.B.3) Pour un conducteur en mouvement, donner l’expression de la densité de charge en régime stationnaire
et expliquer pourquoi la présence d’une densité volumique de charge non nulle est nécessaire.
Donner un ordre de grandeur de 𝜌u� pour l’expérience VKS2 et comparer à la densité de charges libres dans le
sodium.
III.C – Expliciter la divergence de 𝚥 ⃗ et en déduire, en régime stationnaire, une équation liant le potentiel
scalaire 𝑉 et la densité volumique de charge 𝜌u� .
On supposera que cette équation reste valable en régime non stationnaire.
III.D – Montrer que l’équation différentielle régissant l’évolution de 𝐵, ⃗⃗⃗ ⃗⃗ dite équation d’induction, s’écrit

⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
∂𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ + 𝜆Δ𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗
= rot (𝑣 ⃗ ∧ 𝐵)
∂𝑡
En déduire que l’évolution temporelle de 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ est la somme de deux termes : un terme d’induction et un terme de
diffusion que l’on commentera. Comment pourrait-on nommer 𝜆 ?
III.E – On considère que l’écoulement conducteur occupe un volume 𝑉 délimité par une surface Σ et qu’en
dehors de 𝑉 , le fluide est au repos (c’est-à-dire qu’à l’infini, 𝐵⃗⃗⃗ ⃗⃗ est nul).
On cherche à interpréter énergétiquement l’équation d’induction. Pour cela, on multiplie cette équation, au
sens du produit scalaire, par une grandeur bien choisie avant de sommer sur tout l’espace. Montrer alors que
la variation temporelle d’énergie magnétique fait intervenir la contribution d’un terme d’induction que l’on ne
cherchera pas à expliciter d’avantage et d’un terme diffusif dont on montrera qu’il correspond à un terme de
perte par effet Joule (on l’exprimera à l’aide de 𝑗2 /𝜎 et on commentera son signe).
III.F – À quelle condition l’équation d’induction devient-elle une équation de diffusion pour le champ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ? En
⃗⃗⃗ ⃗⃗
supposant qu’il n’y a pas de champ imposé aux limites, comment évolue nécessairement 𝐵 ? Préciser le temps
caractéristique de cette évolution et estimer son ordre de grandeur dans le cas du noyau terrestre (conductivité
électrique du noyau : 𝜎noyau = 4,5 × 105 S⋅m–1 ). Conclure.
III.G – Par analogie à la mécanique des fluides, définir un nombre caractéristique de l’induction magnétique
dans un fluide conducteur, noté 𝑅u� , comme étant le rapport en ordre de grandeur de deux termes antagonistes
de l’équation d’induction. Commenter.

Données numériques

Perméabilité magnétique du vide 𝜇0 = 4𝜋 × 10−7 H⋅m–1


Permittivité du vide 𝜀0 = 8,85 × 10–12 F⋅m–1
Charge élémentaire 𝑒 = 1,60 × 10–19 C
Constante des gaz parfaits 𝑅 = 8,31 J⋅K–1 ⋅mol–1
Constante d’Avogadro 𝒩u� = 6,02 × 1023 mol–1
Constante de Boltzmann 𝑘u� = 1,38 × 10–23 J⋅K–1
Conductivité du cuivre (à 20 °C) 𝜎Cu = 59,6 × 106 S⋅m–1
Conductivité du sodium (à 100 °C) 𝜎Na = 10,3 × 106 S⋅m–1
Viscosité dynamique du sodium 𝜂Na = 6 × 10–4 Pa⋅s
Masse volumique du sodium 𝜌Na = 900 kg⋅m–3
Masse molaire du sodium 𝑀Na = 23,0 g⋅L–1
Le gauss (G) est une unité de champ magnétique telle que 1 G = 10−4 T.

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Formulaire

(1 + 𝑢)u� ≈ 1 + 𝛼𝑢 + 𝛼 𝛼 − 1 𝑢2 au voisinage de 𝑢 = 0
2
⃗⃗⃗ ⃗
div(𝐴 ∧ 𝐵)⃗ ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ rot ⃗⃗⃗ ⃗⃗ − 𝐴
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rot 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rot (𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ 𝐵) ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ = (𝐵 grad) 𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ − (𝐴
⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
grad) 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗div 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗ + 𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ − 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ div 𝐴

⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
(𝐴 grad) 𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = 1 grad
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴2 − 𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rot 𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
2
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rot(⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rot 𝐴) ⃗⃗⃗ ⃗⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
grad(div 𝐴) ⃗⃗⃗ ⃗⃗ − Δ𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗

rot (⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ grad 𝐴) = 0⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ (𝐵
𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ 𝐶) ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ 𝐶)
⃗⃗⃗ ⃗⃗ = (𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ 𝐵)
⃗⃗⃗ ⃗⃗ − (𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ 𝐶
⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ 𝐵)
(𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ 𝐶 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ 𝐶)
⃗⃗⃗ ⃗⃗ = (𝐴 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗ − (𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ 𝐴
⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⋅ 𝐶)

⃗⃗⃗ ⃗⃗ d𝑙 ⃗ = ∯ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Théorème de Stokes : ∮ 𝐹 rot 𝐹 ⃗⃗⃗ ⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ d𝑆.
u� Σ

⃗⃗⃗ ⃗⃗ d𝜏 = ∯ 𝐹
Théorème de Green-Ostrogradski (théorème de flux-divergence) : ∭ div 𝐹 ⃗⃗⃗ ⃗
⃗⃗⃗ ⃗⃗ d𝑆.
u� Σ
Moment d’inertie d’une boule homogène de masse 𝑀 et de rayon 𝑅 par rapport à un axe passant par son centre

𝐽 = 2 𝑀 𝑅2
5

• • • FIN • • •

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Annexe 1 – Le noyau terrestre : un aimant permanent ?

D’après Wikipedia

Noyau terrestre

Le noyau externe liquide essentiellement composé de fer à 80-85%, plus environ 10-12%
d’un élément léger non encore déterminé parmi le soufre, l’oxygène et le silicium, et enfin de
l’ordre de 5% de nickel. Sa viscosité est estimée à de 1 à 100 fois celle de l’eau, sa température
moyenne atteint 4000 °C et sa densité 10. Cette énorme quantité de métal en fusion est
brassée par convection, essentiellement de nature thermique (refroidissement séculaire de la
planète), et pour une plus faible partie de nature compositionnelle (séparation, démixtion
des phases).

Le noyau interne solide (également appelé « graine ») essentiellement métallique (alliage de


fer et de nickel principalement, en proportions environ 80%-20%) constitué par cristallisation
progressive du noyau externe. La pression, qui est de 3,5 millions de bars (350 GPa), le
maintient dans un état solide malgré une température supérieure à 6000 °C et une densité
d’environ 13.

Aimant permanent

Un aimant permanent ou aimant dans le langage courant, est un objet fabriqué dans un
matériau magnétique dur, c’est-à-dire dont le champ rémanent et l’excitation coercitive sont
grands. Cela lui donne des propriétés particulières liées à l’existence du champ magnétique,
comme celle d’exercer une force d’attraction sur tout matériau ferromagnétique. Les pôles
magnétiques sont nommés « nord » et « sud » en fonction des pôles géographiques terrestre
vers lesquels ils sont attirés. Comme les pôles magnétiques de polarité opposés s’attirent
mutuellement, on en déduit que les pôles géographiques terrestres ont une polarité magné-
tique en réalité opposée à leur polarité géographique : le pôle Nord géographique terrestre
est un pôle sud magnétique, et inversement. Tout barreau aimanté s’oriente naturellement
dans la direction nord-sud suivant les lignes du champ magnétique terrestre, pour peu qu’on
lui laisse un axe de rotation libre de toutes contraintes. Cette propriété est utilisée dans la
fabrication des boussoles. Les aimants permanents contiennent presque toujours des atomes
d’au moins un des éléments chimiques suivants : fer, cobalt ou nickel, ou de la famille des
lanthanides (terres rares).

Température de Curie

La température de Curie est la température pour laquelle un matériau perd son aimanta-
tion, et ce définitivement (le matériau ne retrouvera pas son aimantation d’origine après
refroidissement), mais néanmoins de façon réversible (une fois refroidi, le matériau retrouve
ses propriétés ferromagnétiques et pourra à nouveau être magnétisé). Le tableau ci dessous
donne les caractéristiques des principaux matériaux susceptibles de réaliser un aimant :

Matériaux Température de Curie Remarque


Acier 750 °C Aimants anciens
Ferrites 300 °C Aimants les moins chers
Alnico ∼ 800 °C Démagnétisation trop rapide
Sanarium Cobalt ∼ 750 °C Prix élevés à cause du cobalt

2016-02-28 [Link] Page 7/11


Champ géomagnétique Structure interne
Structure interne dede la Terre
la Terre :
1. Croûte continentale
2. Croûte océanique
3. Manteau supérieur
4. Manteau inférieur
5. Noyau externe
6. Noyau interne

Page 8/11
Inversions de polarité du champ géomagnétique

2016-02-28 [Link]
les zones sombres correspondent
à la polarité actuelle
Annexe 2 – L’expérienve VKS2

Article paru dans Reflets de la physique, numéro 3, mars 2007, pages 14 à 16.
http ://[Link]/10.1051/refdp/2007039

Une légende a été ajoutée dans les figures 2 et 3 pour palier une reproduction de cet article en noir et blanc

L’expérience VKS2
Observation d’une dynamo turbulente et des
renversements erratiques du champ magnétique
Collaboration VKS : CEA – ENS Lyon – ENS Paris – CNRS
[Link]@[Link], pinton@[Link], fauve@[Link]

Nous présentons la pre-


mière mise en évidence
de la génération spontanée
d’un champ magnétique
sans excitation extérieure
(effet dynamo) par un
écoulement turbulent
de sodium liquide.
Nous rapportons, de plus,
la première observation
de renversements
erratiques du champ
magnétique créé par la
dynamo, qui évoquent
les renversements
spontanés du champ
magnétique terrestre.
Figure 1. Schéma de l’expérience VKS2.

14 Reflets de la Physique!n°3
Article disponible sur le site [Link] ou [Link]
Avancées de la recherche
Quelle est l’origine du champ magnétique
des objets astrophysiques qui nous entourent :
cinétique Re comparable à celui des grandes souf-
fleries aérodynamiques, et il permet d’atteindre
Bibliographie
planètes, étoiles, galaxies…? Dans le cas du des nombres de Reynolds magnétiques Rm de [1] [Link], et al., Phys. Fluids
Soleil, Larmor propose en 1919 que ce champ l’ordre de 50. Les dimensions, les conditions aux 18, 085105 (2006).
est engendré par effet dynamo (voir encadré p. limites et la forme des turbines ont fait l’objet de [2] F. Ravelet, et al.,
16), c'est-à-dire par la création spontanée d’un nombreuses études théoriques, numériques et Phys. Fluids 17, 117104 (2005).
champ magnétique dans un fluide conducteur expérimentales (en eau, en gallium et en [3] M. Bourgoin et al.,
en mouvement. Quant au champ magnétique sodium) [1, 2, 3]. La cuve actuelle fait 600 mm Phys. Fluids 14, 2046 (2002).
[4] R. Monchaux et al.,
terrestre, il est très probablement créé par le de long pour un diamètre de 600 mm et un
“Generation of a magnetic field
mouvement du fer liquide du noyau. Cet effet volume de sodium d’environ 150 litres. Elle dynamo action in a turbulent
est l’analogue des dynamos industrielles comprend une couche de sodium au repos qui flow of liquid sodium”,
(Siemens, 1867) et les équations qui régissent ce entoure l’écoulement, un anneau permettant Phys. Rev. Lett. 98, 044502
phénomène sont connues : équations de de stabiliser la couche de cisaillement dans le (2007).
Maxwell et loi d’Ohm, équation de Navier- plan médian et des disques en fer pur (fig. 1). [5] F. Pétrélis et S. Fauve,
Stokes. Cependant, si l’on peut mener à bien Les mesures de champ magnétique sont réalisées Eur. Phys. J. B 22, 273 (2001)
des calculs analytiques dans le cas d’écoulements à l’aide de sondes immergées dans l’écoulement. [6] M. Berhanu et al.,
simples et indépendants du temps, la prédiction “Magnetic field reversals
in an experimental turbulent
théorique s’avère difficile pour les milieux Dans ces expériences, l’apparition de l’effet
dynamo”, Europhys. Lett. 77 (2007),
naturels dans lesquels les mouvements se déve- dynamo a été marquée par l’apparition spontanée sous presse.
loppent librement et les fluides sont très turbu- d’un champ magnétique auto-entretenu par le [7] C. Letellier, Bulletin SFP
lents. Les simulations numériques ne permet- mouvement du fluide, pour une vitesse de 154, 10 (mai 2006).
tent pas non plus d’atteindre – et ce pour long- rotation des disques supérieure à une vitesse
temps encore ! – les gammes de paramètres des critique (de l’ordre de 1000 tours/minute corres- Pour en savoir plus
dynamos naturelles, contrairement aux expé- pondant à Rm ≈ 30, cf. fig. 2b) [4]. Environ 50% H.K. Moffatt, Magnetic Field
riences qui en sont plus proches. Les premières au-dessus du seuil, l’amplitude de ce champ est generation in electrically conducting
dynamos induites par des écoulements de sodium de l’ordre de 50 Gauss à la frontière de l’écou- fluids, Cambridge University Press,
dans des géométries contraintes reproduisant des lement (environ 100 fois la valeur du champ U.K. (1978).
solutions analytiques modèles ont été observées terrestre) et il présente de très fortes fluctuations R. Moreau,
en 2000 à Riga et à Karlsruhe. Depuis, plusieurs (fig. 2a). Lorsqu’il est produit, l’effet dynamo est Magnetohydrodynamics, Kluwer
Academic Publishers (1990).
équipes aux USA, en Russie et en France tentent également marqué par une surconsommation
F. Daviaud pour l’équipe VKS,
d’obtenir une dynamo à partir d’écoulements d’environ 15%, mesurée au niveau de l’alimen- « Expérience VKS : vers la
moins contraints, plus proches des systèmes tation des moteurs, 30% au-dessus du seuil dynamo turbulente ? », Bulletin
naturels et susceptibles d’engendrer des régimes d’instabilité. L’évolution de l’amplitude de SFP 135, 24 (juillet-août 2002).
dynamos plus riches. l’énergie magnétique locale en fonction de
Rm correspond à une bifurcation légèrement
Dans le cadre de la collaboration VKS (CEA imparfaite autour de Rm = 30 et est en
– ENS Lyon – ENS Paris – CNRS), nous avons bon accord avec une loi d’échelle proposée
réalisé au CEA Cadarache (DEN/DTN) une précédemment pour les grands nombres de Liste des participants
expérience dans laquelle un écoulement tour- Reynolds [5]. Il reste encore à établir dans
à l’expérience VKS2 :
billonnaire, dit de von Karman, est produit par quelle mesure les fluctuations turbulentes
le mouvement de deux turbines tournant en favorisent ou inhibent la dynamo, mais ce M. Berhanu, M. Bourgoin,
sens inverse dans un cylindre rempli de sodium résultat montre que les dynamos fluides A. Chiffaudel, F. Daviaud,
B. Dubruille, S. Fauve, C. Gasquet,
liquide. L’écoulement est pleinement turbulent continuent à opérer en présence de turbulence L. Marié, R. Monchaux, N. Mordant,
avec un nombre de Reynolds (voir encadré p. 16) forte. M. Moulin, P. Odier, F. Pétréli,
J.-F. Pinton, F. Ravelet, R. Volk.

𝖡𝗑 , 𝖡 𝗓

Figure 2. (a) Évolution temporelle des


trois composantes du champ magnétique
lorsque la vitesse de rotation F = Ω/2π
est augmentée au-dessus du seuil
(contra-rotation exacte). La compo-
sante la plus élevée, By , est tangente
au cylindre à l’emplacement de la
mesure (voir fig. 1) ; (b) évolution des
valeurs moyennes des trois composantes
du champ magnétique en fonction du
nombre de Reynolds magnétique Rm.
L’ajustement linéaire de By (droite
rouge) définit la valeur seuil de Rm :
Rmc ~ 31.

𝖡𝗒

Reflets de la Physique!n°3 15
𝖡𝗒 𝖡𝗑 𝖡𝗓

terrestre au cours des âges. Les observations


paléomagnétiques montrent en effet une
alternance d’orientations Nord-Sud et Sud-Nord
qui marquent les renversements du champ
magnétique terrestre. Comme dans l’expérience
en sodium, le temps mis pour un retournement
(quelques milliers d’années pour la Terre, quelques
Figure 3 : Évolution
secondes ici) est très court devant la durée
temporelle présentant moyenne d’une plage de champ magnétique
les inversions erratiques de polarité donnée (quelques centaines de milliers
du champ magnétique
lorsque les deux turbines
d’années pour la Terre, quelques centaines de
ne tournent pas à la secondes ici).
même vitesse (F1 ≠ F2). Ce résultat de l’expérience VKS2 montre
By est en rouge, Bx en
bleu et Bz en vert.
que certaines caractéristiques de la dynamo
terrestre peuvent être reproduites et étudiées
« au laboratoire » dans des situations bien
contrôlées. De plus, la richesse des régimes
observés dans l’expérience laisse entrevoir la
Les écoulements qui sont à l’origine des possibilité de comprendre pourquoi des dynamos
dynamos naturelles sont pour la plupart en très différentes sont souvent observées pour des
rotation globale importante, à cause du mou- objets naturels a priori similaires : la Terre a un
vement d’ensemble de la planète ou de l’étoile. champ magnétique, Vénus n’en a pas ; notre
Dans nos expériences, on peut imposer une Soleil a un cycle d’activité magnétique périodique
rotation de ce type en faisant tourner une turbine de 22 ans [7], très particulier dans la diversité
plus rapidement que l’autre. Nous avons alors des comportements stellaires.
découvert que le champ magnétique créé par Les perspectives de l’expérience VKS2
l’effet dynamo, au lieu d’être statistiquement concernent maintenant la recherche des ingré-
stationnaire comme lorsque les turbines tournent dients nécessaires dans l’expérience à l’effet
à la même vitesse, évolue au cours du temps dynamo, l’étude quantitative de la bifurcation
avec des renversements erratiques de sa direction et l’exploration des dynamiques complexes
(fig. 3) [6]. Ce comportement, avec inversions observées dans le cas où les turbines ne tournent
aléatoires du champ et excursions, est très similaire pas à la même vitesse. ■
à ce que l’on sait de l’évolution du champ

Nombres de Reynolds
Le nombre de Reynolds cinétique (nombre sans dimension) est défini par : Re = UL/ν, où U et L correspondent respectivement à une
vitesse et une taille caractéristiques de l’écoulement, et ν à la viscosité cinématique. Il caractérise l’importance relative du transport de
quantité de mouvement d’une part, par advection1 par le champ de vitesse U et, d’autre part, par diffusion visqueuse. En général, le fluide
devient turbulent au-delà d’un nombre de Reynolds critique (Rec ~ 3000 pour l’écoulement de von Karman). Dans l’expérience VKS2, Re est
de l’ordre de 106 à 107 à comparer à 108 pour le noyau de fer liquide dans la Terre et 103 - 104 dans les simulations numériques.
Le nombre de Reynolds magnétique est : Rm= µσUL, où µ correspond à la perméabilité magnétique et σ à la conductivité électrique
du fluide. Il traduit l’importance de l’advection du champ magnétique par rapport à la diffusion. On choisit le sodium malgré les problèmes
de sécurité qu’il pose, car c’est le meilleur fluide conducteur de l’électricité autour de 100-150°C. Dans l’expérience VKS2, Rm augmente
avec U et donc avec la vitesse de rotation des turbines, jusqu’à atteindre une valeur de l’ordre de 50 à comparer à 102 pour le noyau liquide
dans la Terre.
1. Advection est le terme utilisé couramment pour parler « d’entraînement » et pour le distinguer de la convection d’origine thermique.

Induction unipolaire et effet dynamo


(a) La rotation à vitesse angulaire Ω d’un disque conducteur soumis à un
champ magnétique B0 engendre une force électromotrice proportionnelle à Ω et
B0 entre A et P. Si l’on ferme le circuit à l’aide de balais, un courant I circule donc
dans la résistance.
(b) La difficulté rencontrée par Siemens et Wheatstone, qui utilisaient des dis-
positifs beaucoup plus compliqués que celui de la figure, consistait à engendrer
un courant sans appliquer un champ magnétique externe B0. L’idée est de choisir
la géométrie du circuit électrique afin d’utiliser le courant induit pour engendrer -a-
le champ magnétique B nécessaire. On est ainsi conduit à un problème typique
d’instabilité : une perturbation de champ engendre un courant qui à son tour
amplifie le champ si le sens de rotation est choisi convenablement en fonction de -b-
l’induction mutuelle entre le circuit et le disque et si ce dernier tourne suffisamment
vite pour compenser les pertes par effet Joule.

16 Reflets de la Physique!n°3

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