2015NO6
2015NO6
Par
Alexandrine Friset-Brosseau
Sciences de la gestion
Gestion des ressources humaines
Avril 2015
© Alexandrine Friset-Brosseau, 2015
SOMMAIRE
Les mutations du monde du travail et les mauvaises habitudes de vie des individus ont des
impacts négatifs non négligeables sur la santé des travailleurs et, par conséquent, sur les
organisations. Pour y faire face, ces dernières sont de plus en plus nombreuses à adopter
un processus de promotion de la santé au travail. Un tel processus réfère à une démarche
structurée, basée sur l’amélioration continue, dont les efforts ont pour but de favoriser la
santé des individus au travail. Ces efforts peuvent être regroupés en trois catégories : la
prévention des risques organisationnels pour la santé et la sécurité du travail, les
interventions visant l’amélioration de l’environnement psychosocial de travail et les
programmes encourageant l’adoption de saines habitudes de vie chez les travailleurs.
Une entreprise qui cherche à assurer la réussite d’un processus de promotion de la santé
au travail sera avantagée par la mise en place d'un environnement organisationnel qui
soutient les efforts en la matière. C'est ce que nous appelons une « culture de promotion
de la santé au travail ». Puisque la participation des employés (employee involvement) est
considérée comme étant un élément essentiel à la promotion de la santé au travail, notre
recherche pose la question suivante : Quelle est le rôle de la participation des employés au
processus de promotion de la santé au travail dans le développement d'une culture de
promotion de la santé au travail?
Notre étude propose également l'ébauche d'un outil permettant de mesurer le niveau de
développement d'une culture de promotion de la santé au travail. À l'instar des recherches
en santé et sécurité du travail portant sur la safety culture, desquelles nous nous sommes
inspirées pour construire l'outil, nous considérons qu'une culture de promotion de la santé
au travail se développe au fil du temps pour devenir de plus en plus intégrée aux activités
quotidiennes de l'organisation. Si nous supposons qu'un niveau de développement élevé
conduit à de meilleurs résultats pour la santé des employés, un tel outil pourrait aider les
organisations à mieux comprendre à quel stade elles se situent et les actions qu'elles
peuvent prendre pour améliorer leur rendement en santé au travail.
La collecte de données a été menée dans 11 organisations qui ont des processus structurés
de promotion de la santé, basés sur la certification « Entreprise en santé ». Afin d’obtenir
un portrait qui soit le plus fidèle possible de la réalité de ces organisations, nous avons
réalisé des entretiens semi-directifs auprès de trois répondants par entreprise : le
responsable de la santé, un membre de la direction et un employé. Dans un premier
temps, les données des entretiens ont été codées. Ensuite, à l'aide des deux outils que nous
avons bâtis, les codes ont été utilisés pour estimer des scores numériques permettant
d'apprécier, d'une part, la participation des employés au processus de promotion de la
santé, et d'autre part, le niveau de développement de la culture de promotion de la santé
au travail. Enfin, les scores ont servi à effectuer de simples tests statistiques.
Entre autres, les résultats de ces tests suggèrent qu’il existe une relation positive, quoique
modérée, entre la participation des employés au processus de promotion de la santé au
travail et le développement d'une culture de promotion de la santé au travail. Nos résultats
laissent également croire que s’il y a engagement clair des gestionnaires (membre de la
direction et superviseurs immédiats) et que la santé est une priorité organisationnelle au
même titre que les autres, la culture de promotion de la santé peut atteindre un stade de
développement élevé, et ce, sans que la participation des employés joue nécessairement
un rôle de premier plan.
SOMMAIRE ..................................................................................................................................... i
TABLES DES MATIÈRES ............................................................................................................ iii
LISTE DES FIGURES .................................................................................................................. vii
LISTE DES TABLEAUX............................................................................................................... ix
REMERCIEMENTS ....................................................................................................................... xi
CHAPITRE 1- INTRODUCTION................................................................................................... 1
1.1 Le contexte de la recherche.................................................................................................... 1
1.2 Le problème de recherche ...................................................................................................... 5
1.3 Les objectifs de la recherche .................................................................................................. 7
1.4 Les contributions potentielles ................................................................................................ 8
1.5 L'organisation du mémoire .................................................................................................... 9
CHAPITRE 2- RECENSION DES ÉCRITS ................................................................................. 10
2.1 Les concepts généraux ......................................................................................................... 10
2.1.1 Le concept de santé ....................................................................................................... 10
2.1.2 La promotion de la santé de la population .................................................................... 12
2.1.3 Les déterminants de la santé de la population ............................................................... 13
2.1.3.1 Le milieu de travail, un déterminant de la santé .................................................... 15
2.1.3.2 Le milieu de travail, un lieu privilégié de promotion de la santé ........................... 16
2.1.3.3 Les raisons pour lesquelles le milieu de travail est un environnement propice à la
promotion de la santé ......................................................................................................... 16
2.2 Le concept de promotion de la santé au travail .................................................................... 18
2.2.1 L'évolution des interventions en milieu de travail ........................................................ 18
2.2.1.1 Le traitement curatif de la santé au travail ............................................................. 18
2.2.1.2 La prévention de la santé au travail........................................................................ 18
2.2.1.3 La promotion de la santé au travail ........................................................................ 21
2.2.2 La définition de la promotion de la santé au travail ...................................................... 23
2.2.3 Les avantages pour les organisations de faire la promotion de la santé au travail ........ 25
2.2.4 Le processus de promotion de la santé au travail .......................................................... 27
2.2.4.1 L'explication des différentes étapes du processus de promotion de la santé au
travail ................................................................................................................................. 29
iv
Tableau 5.7 : Le niveau de développement de la culture de promotion de la santé au travail ..... 141
Tableau 5.8 : Le niveau de développement des composantes d'une culture de promotion de la
santé au travail et écart type pour chacune des composantes ....................................................... 147
Tableau 5.9 : La conversion pour les formes de participation prescrites par la norme ................ 149
Tableau 5.10 : La conversion pour les formes de participation non prescrites par la norme ....... 150
Tableau 5.11 : Les détails du niveau de développement des caractéristiques de la composante «
priorité organisationnelle » .......................................................................................................... 152
Tableau 5.12 : Les détails du niveau de développement des caractéristiques de la composante «
engagement des gestionnaires » ................................................................................................... 153
Tableau 5.13 : La mesure de la participation des employés au processus de promotion de la santé
et du développement d'une culture de promotion de la santé au travail....................................... 155
Tableau 5.14 : La comparaison des rangs obtenus pour l'intensité de la participation des employés
au processus de promotion de la santé et pour le niveau de développement d'une culture de
promotion de la santé au travail ................................................................................................... 158
Tableau 5.15 : L'importance relative des composantes de la culture de promotion de la santé au
travail sur le niveau de développement de cette culture .............................................................. 165
REMERCIEMENTS
La réalisation du mémoire est un long processus qui fut, par moment, complexe et
angoissant. Le résultat n'aurait certes pas été le même sans le précieux soutien de gens
que j'aimerais ici remercier.
D'abord, un merci tout spécial à ma directrice, Silvana Pozzebon. Vous avez été présente
et disponible depuis le début, alors que je n'avais même pas encore décidé si j'entamais ou
non la maîtrise. Merci pour votre soutien et pour la générosité avec laquelle vous avez
répondu à mes questions. Merci aussi pour vos encouragements, vos conseils et votre
optimisme. Je vous suis reconnaissante de m'avoir transmis votre passion pour la santé au
travail.
Ensuite, un merci tout particulier à mon copain Dominic qui a su apaiser certaines
inquiétudes par l'intérêt, l'écoute et la confiance dont il a constamment fait preuve. Un
énorme merci à mes chers parents, Brigitte et Jean, de m'avoir appuyée, questionnée et
encouragée. Merci également à mes beaux parents, Mylène et Guy, pour votre soutien.
Merci à ma famille, à mes amis et à mes anciens collègues de travail pour votre intérêt
envers mon projet et pour vos bons mots. Merci Noa pour ton appui indéfectible et pour
ta présence.
Enfin, je remercie les entreprises participantes ainsi que les divers répondants. Sans vous,
la réalisation de ce mémoire n'aurait tout simplement pas été possible. Vous avez
démontré une ouverture, une gentillesse, une confiance et une générosité
impressionnante. Il a été agréable et enrichissant de discuter avec vous et de découvrir
votre réalité. La passion que vous avez pour la santé et le mieux-être au travail est
inspirante
Cette nouvelle réalité a des conséquences non négligeables sur l’individu et sur
l’apparition, chez lui, de divers problèmes de santé psychologique et physique (Kirsten et
Karch, 2011: xiii). À titre d’exemple, le stress en milieu de travail, qui provient de la
perception d’un déséquilibre entre des demandes élevées et des ressources limitées, peut,
d’une part, avoir des impacts sur la santé psychologique des individus (Karasek, 1979;
Burton, 2006: 9). Ce sont 24 % des travailleurs canadiens qui affirment avoir ressenti un
épisode récent de détresse psychologique au travail (Fondation des maladies mentales,
2012) et la dépression représente la première cause d’invalidité dans le monde
(Organisation mondiale de la santé, 2012). D’autre part, le stress organisationnel peut
occasionner des problèmes de santé physique. Un employé psychologiquement affaibli
peut être distrait en effectuant ses tâches, ce qui augmente les possibilités de subir un
accident du travail. Bref, lorsque les demandes sont élevées et que les ressources sont
faibles, un individu a deux à trois fois plus de chances de se blesser ou de souffrir de
problèmes de santé mentale (Santé Canada, 2000: cité dans Burton, 2006: 9). Aussi, un
employé qui travaille constamment sous pression, qui doit assurer un rythme de travail
élevé et continu, qui n’a pas suffisamment de temps d’arrêt et qui ne possède pas
l’équipement adéquat peut souffrir de troubles musculo-squelettiques (TMS) (Réseau de
santé publique en santé au travail, n.d. ). Au Québec, « entre 1998 et 2007 […] 46 400
nouveaux cas de TMS sont déclarés et acceptés en moyenne chaque année [et ils]
représentent en moyenne 35 % de l’ensemble des lésions professionnelles soit plus d’une
lésion sur trois. » (Institut national de santé publique du Québec, 2010) Les TMS
préoccupent les employeurs, car leur nombre est élevé et ils entraînent des coûts
considérables en raison des longues périodes d’invalidité leur étant associées.
2
Les mutations du monde du travail et les mauvaises habitudes de vie des individus ont des
impacts non négligeables sur la santé des travailleurs, qui se traduisent par des
conséquences importantes pour l’organisation. Des travailleurs en mauvaise santé
représentent des coûts considérables pour les entreprises. Plusieurs recherches proposent
l’existence d’un lien entre des employés en mauvaise santé et la diminution du niveau de
productivité (Ron Z. Goetzel et al., 2008b: 112; World Health World Health
Organization, 2010b: 37). Comme en fait état la Commission de la santé mentale du
Canada (2013: 17), « selon les estimations, les coûts occasionnés par la baisse de
productivité due à la maladie mentale dépassaient les 6,4 milliards de dollars en 2011 et
ils grimperont à 16 milliards de dollars par an en 2041. » Or, la tertiarisation de
l’économie privilégie l’économie du savoir et les organisations doivent pouvoir compter,
pour être performantes et se démarquer, sur des travailleurs possédant toutes les facultés
mentales nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches (World Health World Health
Organization, 2010b: 38).
3
Par conséquent, une entreprise qui se préoccupe de la santé de ses employés peut en
retirer des bénéfices. Nous en présenterons quelques-uns ici. D'abord, Pelletier, Boles et
Lynch (2004: 752) indiquent que l’élimination de chaque facteur de risque lié à la santé
de l’individu peut occasionner une diminution de 2 % de l’absentéisme et une
augmentation de 9 % de la productivité au travail. Les facteurs de risques à éliminer sont
nombreux et comprennent, entre autres, la réduction des risques associés au stress, aux
problèmes émotionnels et au manque d’activité physique. Ensuite, Santé Canada affirme
« [...] qu'un employé actif physiquement est 12 % plus productif qu'un employé
sédentaire » (Froment, 2013). Une entreprise qui se préoccupe de santé peut aussi se
démarquer en devenant un employeur de choix. Cela lui permettra d’attirer les gens de
talents, ce qui n'est pas à négliger en contexte de pénurie de main-d'œuvre (Agence
européene pour la sécurité et la santé au travail, 2012b: 21; Burton, 2007: 8-9).
Ces éléments conduisent les entreprises à porter une attention particulière à la promotion
de la santé au travail. Une étude de Towers Watson (2013), réalisée en 2013-2014 sur la
santé au travail, révèle que « la majorité (76 %) des organisations au Canada [désire
augmenter] leur appui aux programmes de santé à l’intention de leur main-d’œuvre au
cours des deux prochaines années. » La promotion de la santé au travail peut être définie
comme étant une combinaison d’efforts de la part de l’employeur et des employés pour
améliorer la santé et le bien-être des individus au travail. Pour que cela soit possible, il
doit y avoir un amalgame de différents éléments dont l'amélioration de l'organisation du
travail et de l'environnement de travail, la promotion d'une participation active et
l'encouragement au développement personnel (European Network For Workplace Health
Promotion, 2007: 2).1
Notons que l’intérêt des employeurs pour la promotion de la santé au travail est assez
récent et que plusieurs éléments ont marqué son évolution. D'abord, les organisations ont
commencé à se préoccuper de prévention et à reconnaître que bien que le milieu de travail
comporte des risques, il est possible d'agir pour les prévenir. Vers les années 1970 et
1
Ceci est une adaptation de la définition de la déclaration du Luxembourg qui va comme suit : « Workplace
Health Promotion (WHP) is the combined efforts of employers, employees and society to improve the health
and well-being of people at work. This can be achieved through a combination of improving the work
organisation and the working environment, promoting active participation and encouraging personal
development. »
4
1980, les lois américaine et canadienne sur la santé et la sécurité au travail ont été
réformées en donnant la priorité à la prévention des lésions professionnelles, plutôt qu’à
leur indemnisation. Cela encourage les entreprises à passer d’une gestion réactive des
accidents du travail à une gestion axée sur la prévention; elles s’intéressent désormais aux
moyens de contrôler ou d’éliminer les risques organisationnels pour la santé et la sécurité
physique des travailleurs (Commission de la santé et de la sécurité du travail; Noe et al.,
1997: cité dans DeGroot et Kiker, 2003: 53; Occupational Safety & Health
Administration, 1970). Puis, les mutations du monde du travail des années 1990 et, par
conséquent, l’essor des problèmes liés au stress font en sorte que les organisations
commencent à intervenir afin de limiter les risques psychologiques en milieu de travail
(Bachmann, 2000: 1; Gouvernement de Gouvernement de l'Ontario, 1990). Ensuite, le
Canada s'intéresse également, et de façon concurrente, aux habitudes de vie de ses
travailleurs. Avec l'ajout de cette sphère, les organisations n'agissent plus uniquement
pour prévenir les risques que présentent les environnements physique et psychologique de
travail, mais aussi pour prévenir les risques liés aux habitudes de vie malsaines de
l'individu. En somme, la prévention de la santé adopte le modèle holistique et s'intéresse
aux trois sphères de la santé que nous venons de présenter. On veille à maintenir ou à
conserver la santé globale en s'attaquant principalement aux risques susceptibles d'y
nuire. L'accent est mis sur des risques associés à des problèmes spécifiques. La
prévention suit une approche linéaire, car les organisations agissent de cause à effet, elles
constatent un risque et elles interviennent sur celui-ci avant qu'un problème ne survienne
(Dooris, 2005: 56).
C'est avec l'apparition du modèle écologique que l'on parle véritablement de promotion de
la santé au travail. Le modèle écologique intègre des notions du modèle holistique en ce
sens qu'il reconnaît non seulement les composantes physiques de la santé, mais aussi les
composantes psychologiques et l'importance d'adopter de saines habitudes de vie
(Bachmann, 2000: 0; Ron Z. Goetzel et al., 2008b: 112). Cependant, alors que la
prévention de la santé au travail adoptait une approche dissociée, linéaire face aux
différents risques, la promotion de la santé tente de les intégrer pour améliorer
continuellement la santé des individus. Enfin, la promotion de la santé, basée sur le
modèle écologique, s'intéresse à l'individu et au contexte dans lequel il œuvre, ce qui
inclut le milieu de travail. On parle de promotion de la santé parce que l'organisation
5
s'intéresse à l'individu et à l'environnement qui l'entoure. Bref, alors que la prévention agit
sur les risques pouvant nuire à la santé globale des travailleurs, la promotion s'intéresse,
en plus, à la modification de l'environnement de l'individu afin d'intervenir avant
l'observation de tels risques.
Une telle implication de la part des employés est considérée comme étant un facteur de
réussite en matière de promotion de la santé au travail (Agence européene pour la sécurité
et la santé au travail, 2012b: 11; Grawitch et al., 2009: 125). Riordan, Vandenberg et
Richardson (2005: cité dans Eyceoz, 2009: 4) résument ainsi l’apport de la participation :
« Employee involvement taps into the employees' abilities to enhance the processes in a
way that traditional "top-down" management cannot. » À titre d’exemple, solliciter l’avis
des employés à l’étape de la planification en employant des moyens comme les comités,
6
les forums de discussion ou les sondages, permet à l’organisation de s’assurer que les
activités de promotion de la santé qu’elle choisit d’implanter seront adaptées et
répondront aux besoins spécifiques des employés (Grawitch et al., 2009: 127-128;
Nöhammer, Schusterschitz et Stummer, 2010: 102). Cela augmente les chances que les
employés assistent aux activités proposées, car ils ont été consultés et se sentent parties
prenantes (Grawitch et al., 2009: 128).
La participation des employés est d’autant plus importante que le processus de promotion
de la santé est basé sur l’amélioration continue (World Health World Health
Organization, 2010b: 67). Le principe d’amélioration continue suppose une interaction
constante entre les employés et les employeurs qui doivent travailler conjointement à
réévaluer et améliorer le processus visant à promouvoir la santé physique et
psychologique des employés (ENWHP, 2007: cité dans Agence européene pour la
sécurité et la santé au travail, 2012b: 9; World Health World Health Organization, 2010b:
3). Cette collaboration est nécessaire si l'entreprise souhaite que les progrès envisagés
correspondent aux désirs et aux observations des employés. Étant donné que les employés
sont sur le terrain, au jour le jour, ils sont bien placés pour proposer des modifications qui
soient pertinentes et réalistes. La direction a donc intérêt à les solliciter constamment et à
travailler conjointement avec eux afin de peaufiner adéquatement et efficacement le
processus de promotion de la santé.
Pour qu’une collaboration efficace et durable soit possible entre les différents acteurs de
l’organisation, il doit y avoir des croyances et des attitudes communes qui soient
partagées. Cela renvoie à la culture organisationnelle et fait référence aux façons de
penser et de faire d’une organisation qui permet de la distinguer des autres (Hofstede,
1980: cité dans Younis Abu-Jarad, Yusof et Nikbin, 2010: 34). Une organisation qui
cherche à assurer la réussite d’un processus de promotion de la santé au travail sera donc
avantagée par une culture organisationnelle qui valorise tant la santé des employés que la
participation des employés à sa promotion. Une culture de promotion de la santé au
travail, comme nous l'appellerons ici, favorise la mise en place d'un contexte ou d’un
environnement permettant de soutenir les efforts en matière de promotion de la santé au
travail. Plusieurs chercheurs suggèrent que la participation des employés contribue à la
création d’un tel environnement, et ceci, en agissant de concert avec d’autres
7
composantes comme l’implication des gestionnaires (Aldana et al., 2012: 414; Eeckelaert
et al., 2011: 14). Notons qu’une culture de promotion de la santé au travail se développe
peu à peu pour devenir plus définie, ancrée et intégrée à mesure que l’organisation
progresse dans le cycle d’amélioration continue (Eeckelaert et al., 2011: 34; World
Health World Health Organization, 2010b: 65).
Pour parvenir à répondre à notre question de recherche, nous avons procédé comme suit.
Premièrement, des entretiens semi-directifs ont été menés auprès de trois représentants
par entreprise, et ce, pour onze entreprises. Un membre de la direction, le responsable de
8
Deuxièmement, nous avons construit deux outils de mesure pertinents à l'étude. D'abord,
un outil permettant d'identifier de quelle manière les employés participent au processus de
promotion de la santé au travail. Ceci s’explique par l’état embryologique des
connaissances : les écrits ne précisent pas en quoi consiste concrètement la participation
en contexte de promotion de la santé au travail (Grawitch et al., 2009: 125). Ensuite, un
outil permettant d’évaluer tant la présence d’une culture de promotion de la santé que le
stade d’évolution de celle-ci. Nous nous sommes basés, pour ce faire, et la justification
sera fournie plus tard, sur le modèle en cinq étapes des niveaux de maturité d'une culture
de sécurité proposé par Hudson (1999: 7). La version de l'outil que nous avons
développée exclut la notion de participation. Il convient de procéder de la sorte afin
d'étudier adéquatement le rôle de la participation des employés dans le développement de
la culture de promotion de la santé au travail.
Troisièmement, le contenu des entretiens a été retranscrit mot par mot et a été codé. À
l'aide des outils que nous venons de décrire, les codes ont été utilisés pour estimer des
scores numériques permettant d'apprécier la participation des employés au processus de
promotion de la santé ainsi que le niveau de développement de la culture de promotion de
la santé au travail. Ces scores ont ensuite servi à effectuer de simples tests statistiques.
Finalement, même si cela ne constitue pas l’objet direct de cette étude, le développement
de cet outil de mesure fournit des indications sur d’autres composantes, telles que la
communication et l'engagement des gestionnaires, susceptibles de contribuer
positivement au développement d’une culture de promotion de la santé.
Au 20e siècle, en Amérique de Nord, c'est le modèle médical qui domine et dont on se
sert pour définir la santé (Université d'Ottawa, n.d.). Celui-ci suppose que la santé
consiste tout simplement en l'absence de maladie (Larson, 1991: 3). Si le corps fonctionne
normalement et qu'il n'y a ni présence de maladie chronique, de déficience, d'incapacité
ou de handicap, l'individu est en santé (Université d'Ottawa, n.d.). Comme l'illustre le
chirurgien français René Leriche (cité par, Ciccotti, 2007: 14), c'est « la vie dans le
silence des organes.» Selon cette vision, ce qui importe, c'est le traitement des maladies
physiques dans l'intention de rétablir la santé de l'individu. Or, cette vision de la santé a
été critiquée puisqu'elle ignore les aspects psychologiques et émotionnels (Larson, 1991:
4) tout en se limitant aux interventions curatives.
11
Le modèle holistique répond à ces critiques et s'intéresse à l'état complet de bien-être d'un
individu. Dès lors, contrairement au modèle médical, le modèle holistique, en
s'intéressant au bien-être global de l'individu, adopte une vision positiviste de ce qu'est la
santé (Larson, 1991: 4). Cela suppose que l'on ne vise plus uniquement à restaurer la
santé physique, mais que l'on tente plutôt de maintenir ou de conserver le bien-être global
de l'individu. D'ailleurs, en 1946, l'Organisation mondiale de la santé propose une
nouvelle définition plus intégrée : « La santé est un état de complet bien-être physique,
mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. »
(Organisation mondiale de la santé, 1999, 2014) Comme l'explique Larson (1991: 4, 7, 9),
bien que certains remettent en question la définition de l'Organisation mondiale de la
santé, elle semble être, à l'heure actuelle, l'alternative la plus valable et la plus populaire
au modèle médical.
Certains vont encore plus loin et complexifient le modèle holistique. Ils proposent le
modèle écologique aussi connu sous le nom de modèle environnemental. On constate que,
comme le modèle holistique, ce modèle s'intéresse à l'état complet de bien-être. En plus, il
met l'emphase sur l'importance des interactions continues et dynamiques entre l'individu
et son milieu (Ciccotti, 2007: 14; Renaud et Lafontaine, 2011: 10). René Dubos définit la
santé comme étant « [...] un état physique et mental, relativement exempt de gêne et de
souffrance, qui permet à l'individu de fonctionner aussi efficacement et longtemps que
possible, dans le milieu où le hasard ou le choix l'ont placé » (Dubos, cité par Ciccotti,
2007: 14). En effet, comme l'expliquent Noblet et Rodwell (2010: 161, traduction libre)
« [...] exclure l'influence de l'environnement [...] c'est refuser de reconnaître la nature
holistique et dynamique de la santé. » Plus précisément, Larson (1991: 5) ajoute que « the
state of health of an individual is related to adaptability to the environment and therefore
can vary with environments.» Pour les défenseurs de cette vision, l'environnement fait
office à la fois d'intrant et d'extrant. Il y a un concept de réciprocité en ce sens que « [...]
toute personne se développe au sein d’un réseau de relations dynamiques [et elle]
influence ce réseau et est à son tour influencée par lui » (Roberge et Choinière, 2009: 10).
Bref, comme le mentionnent Renaud et Lafontaine (2011: 8), « [...] un pôle "santé
optimale" [résulte] de l'équilibre parfait entre l'individu, la collectivité et son
environnement [...] ».
12
En premier lieu, alors que la prévention agit sur les risques pouvant nuire à la santé de
l'individu, la promotion s'intéresse, en plus, à la modification de l'environnement de
l'individu afin d'intervenir avant l'observation de tels risques. Ainsi, et tel que prescrit par
13
Bref, la promotion de la santé est une approche qui s'intéresse aux déterminants de la
santé afin d'améliorer la santé et le bien-être des citoyens et de la collectivité, et ce, tout
en adoptant une approche holistique qui encourage la participation et la collaboration des
divers membres de la société (Réseau des Centres ontariens de ressources pour la
promotion de la santé, n.d.)
auteurs. Tel qu'illustré à la Figure 2.1, Dahlgren et Whitehead identifient trois sphères
d'influence : les conditions sociaux-économiques, culturelles et environnementales
générales, les réseaux sociaux et communautaires et finalement, l'individu.
2.1.3.3 Les raisons pour lesquelles le milieu de travail est un environnement propice
à la promotion de la santé
Alors que les écoles, par exemple, tentent de faire la promotion de la santé auprès des
jeunes enfants et des adolescents, le milieu de travail permet de promouvoir la santé
auprès de la population d'âge adulte. À ce sujet, plusieurs écrits soutiennent qu'une
entreprise qui se préoccupe de la santé des travailleurs contribue à la création d'une
société en santé (Blaney et al., 2002: 28; McLellan et al., 2013: 8). L'Organisme mondial
de la santé considère justement le milieu de travail comme étant un des endroits de
17
2
Ceci est une adaptation de la citation suivante : « The WHO states that the workplace ‘has been
established as one of the priority settings for health promotion into the 21st century’, because it influences
‘physical, mental, economic and social wellbeing’ and ‘offers an ideal setting and infrastructure to support
the promotion of health of a large audience’ (WHO, 2009a) » (Agence européene pour la sécurité et la
santé au travail, 2012a: 8)
CDC est l'acronyme pour Center for Disease Control and prevention qui est l'agence du gouvernement
3
cette donnée avec l'état de santé des travailleurs. Ainsi, elle peut mesurer la pertinence
générale des interventions adoptées et les ajuster au besoin. En somme, comme en fait
état Hymel et al. (2011: 697) « [...] the workplace can be considered a microcosm of
larger society and as such can provide an effective setting for addressing both individual
health and the health of populations. »
Ensuite, vers les années 1990, en raison des pressions économiques et des mutations du
monde du travail qui en résultent, il y a apparition, chez les employés, de problèmes de
santé psychologiques reliés au stress chronique. Pour une entreprise, il n'est plus suffisant
de s'occuper uniquement des risques que présente le milieu de travail pour la santé
physique. Elles s'intéressent de plus en plus aux risques organisationnels pour la santé
psychologique et au concept de bien-être. Ces risques peuvent faire référence, par
exemple, à une communication insuffisante et inappropriée, à un environnement social
nocif ou au fait que les employés aient l'impression de ne contrôler aucun aspect de leur
travail (Bachmann, 2000: 1; Burton, 2006: 2).
Finalement, le Canada s'intéresse aussi, et de façon concurrente, aux habitudes de vie des
travailleurs. Ces interventions s'inspirent des programmes de mieux-être qui apparaissent
aux États-Unis dans les années 1970 et 1980. Ces derniers font la promotion de saines
habitudes de vie et axent sur l'adoption de comportements sains par les individus.
Donnons l'exemple d'un programme de cessation du tabagisme ou d'un programme
encourageant l'activité physique. L'intérêt pour ces programmes de mieux-être s'explique
puisque les entreprises, aux États-Unis, en raison des particularités du système de santé et
des inégalités qu'il a occasionnées, ont un rôle important à jouer dans la prise en charge
des coûts médicaux des salariés (World Health Organization, 2010b: 18-19).
Avec l'ajout de cette sphère, les organisations canadiennes n'agissent plus uniquement
pour prévenir les risques que présentent les environnements physique et psychologique de
travail, mais aussi pour prévenir les risques liés aux habitudes de vie malsaines de
20
de divers risques physiques émergents : nous n'avons qu'à penser aux effets encore
inconnus de l'exposition des individus aux nanoparticules (Bureau international du
Travail, 2010: 2).
Mentionnons que les organisations qui tentent de prévenir les risques présents sur le
milieu de travail s'inspirent de certains éléments associés à la promotion de la santé au
travail (Muller et Mairiaux, 2008: 164). Pensons d'abord à l'éducation et aux campagnes
d'informations qui apprennent, par exemple, aux employés à adopter des gestes
particuliers pour éviter l'apparition de trouble musculo-squelettique ou qui les
sensibilisent aux bienfaits d'une alimentation saine. Pensons aussi à l'apparition de
comités, qui bien que n'accordant qu'un pouvoir limité aux employés, les encouragent à
participer et à s'impliquer en matière de santé au travail (Muller et Mairiaux, 2008: 164).
détresse provenant du manque de contrôle dans l'emploi est reliée à une augmentation, de
l'ordre de 90 %, des troubles musculo-squelettiques (Bachmann, 2000: 6). Ces deux
exemples démontrent l'interrelation entre les aspects psychologiques et physiques (World
Health Organization, 2010b: 28). Bref, les organisations qui font la promotion de la santé
s'attaquent, de concert, à toutes les sphères de la santé d'un individu pour lui permettre de
ressentir un état de bien-être général au travail (Abromeit, Burton et Shaw, 2007: 18).
Pour ce faire, et alors que la prévention de la santé au travail adoptait une approche
dissociée face aux différents risques, la promotion de la santé tente de les intégrer.
McLellan et al. (2013: 24) précisent que « an integrated management system is one that
integrates all policies, programs, and practices into one overarching framework that
coordinates activities instead of breaking them down into competing "silos". »
Remarquons que certains auteurs emploient le terme workplace health promotion pour faire référence
4
travail réponde à leurs besoins en la matière. Après tout, ils sont sur le terrain et ils savent
ce qui doit être fait pour qu'il y ait mise en place de conditions gagnantes pour leur santé
(Hanson, 2007: 85). Cette conceptualisation de la participation des employés est
justement au cœur de notre recherche.
5
WHP = Workplace Health Promotion
25
constamment à l'ordre du jour (Hanson, 2007: 88). Cette ligne directrice réfère au concept
de culture de promotion de la santé au travail dont il sera question plus tard.
Diminution Amélioration
Absentéisme (Résultats RH) Relation de travail (Résultats RH)
Taux de roulement (Résultats RH) Moral des individus (Résultats RH)
Dépenses associées à un travailleur Satisfaction au travail (Résultats RH)
en mauvaise santé (Résultats Attraction et rétention de talents
organisationnels) (Résultats RH)
Productivité (Résultats
organisationnels)
Compétitivité (Résultats
organisationnels)
Source : compilé à partir de diverses sources incluant World Health Organization
(2013b: 2)
26
D'abord, l'organisation qui s'occupe de promotion de la santé au travail peut espérer des
résultats ressources humaines positifs. Un résultat ressource humaine est « une
modification quantitative ou qualitative du capital humain de l'organisation » (Le Louarn,
2008: 83). Nous nous inspirerons de cet auteur pour classifier quelques-uns des
avantages. Comme l'explique Le Louarn (2008: 83), les résultats ressources humaines
peuvent être de l'ordre des attitudes ou des comportements. Les attitudes réfèrent aux
perceptions des salariés concernant divers éléments et influencent généralement, et en
partie, les comportements qu'adopteront les travailleurs (Le Louarn, 2008: 86). Ainsi, une
organisation qui s'occupe de promotion de la santé au travail pourrait influencer
positivement les comportements du personnel.
Puis, l'entreprise qui s'occupe de la santé au travail pourrait améliorer tant la rétention que
l'attraction des gens de talents. À ce propos, il semble que la promotion de la santé
permette de diminuer le taux de roulement, comportement non souhaitable pour
l'organisation (Blaney et al., 2002: 9; The Health Communication Unit, 2004: 10; World
Health Organization, 2013b: 2). Un employé dont le moral est bon et qui est satisfait du
programme de promotion de la santé et du climat de travail, y réfléchira davantage avant
27
de quitter. Rien ne lui assure de retrouver une telle situation ailleurs. Ensuite, il importe
également, pour l'entreprise qui souhaite demeurer compétitive, d'influencer positivement
les comportements des chercheurs d'emploi afin d'attirer des gens de talents. Une
organisation qui s'intéresse à la santé des employés peut bonifier sa marque employeur et
ainsi améliorer l'image projetée auprès des candidats (Agence européene pour la sécurité
et la santé au travail, 2012a: 10; World Health Organization, 2013b: 2).
Tableau 2.2 : Le lien entre la roue de Deming et les processus de gestion de la santé
et de la sécurité au travail
Deming (PDCA) ILO-OSH (2001) CSA Z1000 (2006) OHSAS 18001 (2007)
Politique
Planifier Politique SST Politique SST
Organisation
(Plan) Planifier Planifier
Planification
Développer et Mise en œuvre et
Faire
(Do) mise en œuvre fonctionnement
Contrôler Vérification et action
Évaluation Vérifier
(Check) corrective
Action en vue de
Ajuster Revue de gestion/
l'amélioration/ Agir
(Act) Amélioration continue
Amélioration continue
Source : inspiré de Pozzebon et Jourdain (2014: 21) et World Health Organization
(2010b: 66)
On constate que ces modèles, bien que présentant quelques variantes, s'inspirent tous de
la roue de l'amélioration continue de Deming (Plan-Do-Check-Act). Le modèle de la roue
de Deming, reproduit à la Figure 2.4, suppose que l'organisation doit élaborer un plan, le
mettre en œuvre, l'évaluer et finalement l'améliorer constamment (World Health
Organization, 2010b: 65). L'amélioration continue présume que le processus n'est pas
parfait dès le début et que des ajustements constants doivent être réalisés pour parvenir à
une meilleure efficacité et pour s'adapter aux changements.
Cela dit, il est possible de reconnaître la pertinence d'une telle démarche en promotion de
la santé au travail qui s'intéresse, en plus de la santé physique, à la santé psychologique et
aux habitudes de vie. Comme mentionné précédemment, la déclaration de Luxembourg
énonce l'importance de la mise en place d'un processus structuré et continu de promotion
de la santé. Les spécialistes sont d'ailleurs nombreux à partager cette opinion (Centers for
Disease Control and Prevention, 2013c; Kirsten et Karch, 2011: xviii; World Health
Organization, 2010b: 96). De plus, si l'on se réfère à l'explication du modèle écologique,
il est souhaitable que le processus soit continuel, car il y a interaction constante entre
l'individu et son environnement et que l'environnement est changeant.
29
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30
La définition que nous retiendrons de l'entreprise en santé est celle proposée par World
Health Organization (2013a: 1) :
« Un lieu de travail sain est un lieu de travail dans lequel travailleurs et managers
collaborent dans le cadre d’un processus d’amélioration continue visant à protéger et à
promouvoir la santé, la sécurité et le bien-être de l’ensemble des travailleurs et la
durabilité du lieu de travail grâce à la prise en considération des aspects suivants, sur la
base des besoins identifiés :
santé et sécurité dans l’environnement de travail physique;
santé, sécurité et bien-être dans l’environnement de travail psychosocial, y
compris l’organisation du travail et la culture sur le lieu de travail;
ressources personnelles de santé sur le lieu de travail (soutien et promotion d’un
style de vie sain par l’employeur);
manières de participer à la vie communautaire afin d’améliorer la santé des
travailleurs, de leur famille et des autres membres de la communauté. »
Cette définition nous apparaît pertinente, car elle rassemble les éléments théoriques dont
il a été question plus tôt. D'abord, on y retrouve l'importance d'une collaboration entre
l'employeur et l'employé afin d'assurer l'amélioration continue du processus de promotion
de la santé au travail. Aussi, on constate qu'une entreprise en santé met en place des
initiatives et un processus qui vise non seulement à protéger (prévention des risques),
mais aussi à promouvoir la santé des employés. Puis, ce processus s'intéresse aux trois
principales composantes de la santé.
Compte tenu de ces considérations, lorsque nous aborderons, dans cette recherche, le
modèle de l'entreprise en santé et donc d'une organisation qui adopte un processus de
promotion de la santé au travail, nous nous inspirerons du modèle du World Health
Organization (2010b: 90). Celui-ci est représenté à la Figure 2.5. Ce modèle est crédible
et pertinent, car il rassemble et synthétise les principales connaissances présentent dans la
32
littérature et il est défendu mondialement par des experts et des praticiens en santé au
travail. Il illustre judicieusement que le processus d'amélioration continue s'intègre aux
trois sphères d'intervention en santé et considère l'interrelation entre celles-ci. Ce modèle
insiste aussi sur l'importance de la participation des employés et de l'engagement de la
direction, facteurs essentiels à l'entreprise qui souhaite promouvoir la santé de ses
employés.
Figure 2.5 : Le modèle de l'entreprise en santé proposé par l'Organisation mondiale
de la santé
Précisions que pour les bienfaits de cette recherche, nous laisserons de côté la quatrième
sphère d'influence proposée par ce modèle : « enterprise community involvement ».
Puisque nous nous intéressons aux actions que peut prendre l'organisation pour intervenir
sur la santé des travailleurs, nous retiendrons uniquement les trois autres sphères
d'influence soient celles sur lesquelles l'organisation a une emprise directe. Ainsi, nous
33
proposons un modèle traduit qui exclut cette quatrième sphère. Ce modèle est illustré à la
Figure 2.6.
Figure 2.6 : Le modèle que nous retenons de l'entreprise en santé
employés, et l'importance de s'en préoccuper, ont ensuite été repris par des spécialistes
provenant des différentes branches de la gestion des ressources humaines. C'est le cas
notamment en santé et sécurité au travail. Les raisons seront expliquées plus tard.
Au premier niveau, la participation est minimale. Selon Richardson (1985: 33), elle peut
être comparée à celle que confère l'approche traditionnelle de gestion, selon laquelle les
36
employés sont peu ou pas consultés. Les gestionnaires ne sont pas convaincus de l'utilité
d'une participation active des employés. Justement, lorsque les dirigeants résolvent eux-
mêmes des problèmes ou, tout au plus, en discutent brièvement avec leurs subordonnés,
Bhagat et Steers (2009: 72) qualifient cela de décision centralisée. McShane and Von
Glinow (2003, cité par Amah et Ahiauzu, 2013: 663) ajoutent qu'au niveau minimal, les
employés sont consultés individuellement sur certains aspects sans toutefois détenir le
pouvoir de recommandations. On parle de participation informelle lorsque la participation
est situationnelle et que les employés participent quelquefois, sans qu'il y ait de véritables
formalités en place (Amah et Ahiauzu, 2013: 663). Dans ce cas, la participation est
laissée à la discrétion des gestionnaires et elle est sporadique, non officielle et souvent
non documentée (Amah et Ahiauzu, 2013: 663). Comme Pun (2003: 126) en rend
compte, ce premier niveau réfère à une participation minimale qui renvoie au
management traditionnel. On communique certains éléments aux employés, mais sans
plus.
Au second niveau, les auteurs rendent compte d'une participation consultative. Les
gestionnaires, afin d'améliorer la productivité de l'organisation, désirent faire participer
les employés (Richardson, 1985: 33). Selon McShane and Von Glinow (2003, cité par
Amah et Ahiauzu, 2013: 663), l'entreprise transmet de l'information aux employés et
dresse un état de la situation afin de prendre en compte leurs avis et leurs
recommandations, sans toutefois leur accorder un pouvoir décisionnel. Les employés sont
encouragés à identifier, à analyser et à résoudre des problèmes qui leur sont présentés
(Pun, 2003: 126). Dans le même sens, Bhagat et Steers (2009: 72) mentionnent qu'au
niveau suggestif, il s'agit de décisions de type consultatives puisque les dirigeants, bien
que demandant et recherchant l'avis de leurs subordonnées, décident de manière
unilatérale. Les employés n'ont aucun pouvoir décisionnel (Gunderson, Ponak et Taras,
2005: 151). Qui plus est, le terme supplemental initiatives est utilisé par Aken et Monetta
(cité par Pun, 2003: 127). Ce terme réfère aux suggestions faites par les employés lorsque
la décision principale a été préalablement prise par les membres de la direction et qu'ils ne
font, par la suite, que recueillir l'avis des employés dans l'unique espoir d'apporter des
modifications ou des ajouts (Ang, 2002: 197).
37
Au dernier niveau, les employés ont leur mot à dire lors de la prise de décision, et ce,
conjointement avec les membres de la direction (McShane and Von Glinow, 2003, cités
par Amah et Ahiauzu, 2013: 663). Cela rejoint ce que Aken et Monetta (cité par Pun,
2003: 127) appellent l' institutionalised intitiatives qui encourage les employés à prendre
part aux décisions et à la résolution de problèmes. L'entreprise souhaite non seulement
faire participer les employés, mais elle les voit comme des partenaires, des associés qui
méritent d'être consultés (Richardson, 1985: 33). L'organisation incite les employés à
participer à la redéfinition des façons de faire et à proposer des nouvelles manières de
procéder qui diffèrent des précédentes (Pun, 2003: 126). Un lien peut être fait avec la
participation dite de remplacement, qui suppose justement que l'organisation demande
l'avis des employés avant de procéder à des modifications importantes ou de remanier les
façons de faire (Ang, 2002: 197). De plus, Bhagat et Steers (2009: 72) réfèrent à des
décisions dites collaboratives lorsque les dirigeants, pour parvenir à un consensus,
travaillent en étroite collaboration avec leurs subordonnés. On parle alors de prise de
décision collective. Dans le même ordre d'idée, le terme equal say, dont font mention
Gunderson, Ponak et Taras (2005: 151), réfère à la participation de tous aux prises de
décisions, mais aussi à la mise en œuvre de ces décisions.
Tout compte fait, les auteurs s'entendent pour dire que la participation des employés peut
avoir différents niveaux d'intensité. Cela peut aller d'une participation minimale sans
véritable implication, à une participation importante qui a des conséquences sur les
décisions de l'entreprise, et dans certains cas, sur la redéfinition de ces décisions. Dès lors,
un continuum peut être utilisé pour représenter le niveau d'intensité de la participation des
employés à la prise de décisions (Amah et Ahiauzu, 2013: 662; Oosthuizen et du Toit,
1999, cité par Ang, 2002: 197; Lin, 2006: 71). Nous proposons, à la Figure 2.7, de
schématiser les trois niveaux que nous venons de présenter. Insistons sur le fait que plus
on avance sur le continuum, plus les employés ont leur véritable mot à dire et plus ils sont
susceptibles d'influencer la direction dans sa prise de décisions.
38
Participation consultative
Toujours selon cet auteur, il semblerait que la participation conduise à des normes
communes. Dans le même sens, Amah et Ahiauzu (2013: 662) mentionnent que la
participation des employés permet le partage d'une vision et de valeurs communes entre
les membres, ce qui facilite la collaboration entre la direction et les employés. Nous
retrouverons les notions de vision et de valeurs communes plus loin lorsque nous
décrirons le concept de culture organisationnelle.
Finalement, selon Chu (cité par Pun, 2003: 132, traduction libre), « la participation des
employés influence l'amélioration continue ». À ce propos, le processus de promotion de
la santé, que nous avons déjà présenté, vise l'amélioration continue. Le principe
d’amélioration continue suppose une interaction constante entre les employés et la
direction qui doivent travailler conjointement à réévaluer et améliorer le processus visant
à promouvoir la santé physique et psychologique des employés (ENWHP, 2007, cité par
Agence européene pour la sécurité et la santé au travail, 2012b: 9; World Health World
Health Organization, 2010b: 3). Ainsi, en participant constamment au processus, les
employés discutent, suggèrent et prennent continuellement part aux décisions ce qui
contribuent à ajuster et à améliorer le processus et donc la promotion de la santé.
des risques organisationnels pour la santé physique (p.ex. les risques chimiques ou
ergonomiques).
Une des particularités de la participation des employés en santé et sécurité au travail est
qu'elle est souvent involontaire puisqu'elle est régie par des lois gouvernementales. Non
seulement les employés ont le droit de participer, mais ils ont aussi le devoir de le faire.
Si l'on se fie au Ministère du travail de l'Ontario (2013), le travailleur a
« [...] le droit de participer au processus en vue de déterminer et de résoudre les problèmes
de santé et de sécurité. Ce droit se traduit principalement [pour l'entreprise] par l'exigence
de créer un comité mixte sur la santé et la sécurité au travail et d'y faire siéger des
représentants des travailleurs. »
Toutefois, ce droit vient avec des devoirs et obligations légales, comme l'explicite, par
exemple, la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) du Québec. Celle-ci prévoie
que
« le travailleur doit [entre autres], prendre connaissance du programme de prévention qui
lui est applicable [...]; se soumettre aux examens de santé exigés pour l'application de la
présente loi et des règlements; participer à l'identification et à l'élimination des risques
d'accidents du travail et de maladies professionnelles sur le lieu de travail [et] collaborer
avec le comité de santé et de sécurité et, le cas échéant, avec le comité de chantier ainsi
qu'avec toute personne chargée de l'application de la présente loi et des règlements
(Gouvernement du Québec Gouvernement du Québec, 1979a) . »
« [...] informer adéquatement le travailleur sur les risques reliés à son travail et lui assurer
la formation, l'entraînement et la supervision appropriés afin de faire en sorte que le
travailleur ait l'habileté et les connaissances requises pour accomplir de façon sécuritaire
le travail qui lui est confié [...] » (Gouvernement du Québec, 1979b).
Ainsi, on voit clairement la responsabilité légale conjointe que partagent les employeurs
et les employés en matière de santé et de sécurité sur les lieux de travail (Agence
européene pour la sécurité et la santé au travail, 2012c: 6).
Sondages
Suggestions
Identification des risques organisationnels pour la santé physique
Focus Groups
Comité paritaire
Sous-comités/groupe de travail
Champion de SST/Ambassadeur SST
Représentant à la prévention
Organisation d'activités (conférences, événements)
Donner des conférences/témoignages
Développement de moyens de communication en SST
Projets pilotes/Tester les solutions finales
D'abord, les employés peuvent participer par le biais de sondages (Ariss, 2003: 11;
Grawitch et al., 2009: 126). Il peut s'agir de sondages en format papier, en format
électronique ou encore de sondages téléphoniques. Les sondages permettent aux
employés de donner leurs avis sur différentes questions relatives à la santé et à la sécurité.
Ensuite, les employés peuvent participer par l'entremise d'un système de suggestions ou,
comme l'appellent Grawitch et al. (2009: 126), d'un forum de suggestions. Ce système
leur permet d'émettre, à divers moments et de façon continue, des recommandations sur
des éléments associés à la santé et la sécurité. Les employés « [peuvent formuler] des
suggestions lors de réunions, de discussions en équipe, de séances de formation [ou
encore, lors d'] entretiens individuels avec les superviseurs ou les responsables » (Agence
européene pour la sécurité et la santé au travail, 2012c: 11). Dubreuil (2010: 5) donne un
exemple de suggestions en mentionnant que les employés peuvent émettre des « [...]
propositions de projet visant à réduire les risques. » Pour que cette forme de participation
soit possible, Raines (2011: 38) conseille aux organisations de mettre en place des
systèmes formels de suggestion.
Les employés peuvent aussi s'impliquer en participant aux activités d'identification des
risques qui auraient pu ou qui ont causé un accident (Agence européene pour la sécurité et
la santé au travail, 2012c: 10-11; Bell, 2001: 3; Boucher, 2010: 16; Raines, 2011: 38). En
effet, étant sur le terrain, ils sont bien placés pour signaler tout incident susceptible de
survenir et tous risques ou toutes tâches pouvant porter atteinte à leur intégrité physique.
44
Puis, les employés peuvent participer à des sessions de remue-méninges (focus group).
Celles-ci se déroulent conjointement avec des dirigeants (Raines, 2011:38). Il peut s'agir,
par exemple, d'une session au cours de laquelle des dirigeants demandent l'avis des
employés tout en les encourageant à prendre part aux décisions.
Qui plus est, en santé et sécurité au travail, la loi oblige généralement les organisations à
mettre sur pied des comités paritaires, qui sont composés de représentants de l'employeur
et des employés (Ariss, 2003: 11; Boucher, 2010: 16; Grawitch et al., 2009: 126). Ces
comités, par la tenue de rencontres fréquentes, s'intéressent et se penchent, de façon
continue, sur la prévention (Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du
secteur affaires sociales, 2014). Les rôles du comité, et donc des employés qui y siègent,
sont nombreux. Bérubé (2010: 31-37) les regroupe et les classe selon cinq catégories. Ces
dernières illustrent bien l'étendue des rôles du comité que l'on retrouve dans la
documentation (Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur
affaires sociales, 2014; Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec, 2005:
13; Poulin, 2011: 22). Ces rôles sont les rôles de conseil, de soutien, de coordination,
d'évaluation et finalement, de promotion de la santé et sécurité. À titre d'exemple, nous
associerons pour chacun de ces rôles, quelques-unes des nombreuses fonctions du comité.
En premier lieu, les comités peuvent exercer un rôle-conseil en émettant des
recommandations ou en participant à la prise de décisions. Ils agissent comme
intermédiaires entre la direction et les employés. En deuxième lieu, ils peuvent se charger
de soutenir les équipes de travail en leur fournissant le matériel et l'information nécessaire
à la réalisation sécuritaire de leurs tâches. En troisième lieu, avec le rôle de coordination,
ses tâches consistent à suivre le plan d'action en prévention et à s'assurer que les activités
prévues sont belles et bien réalisées ou en voie de l'être. Le comité a aussi la tâche
d'évaluer les activités santé et sécurité en place et les risques potentiels. Pensons par
exemple à l'avènement des risques associés au contact des produits chimiques. En dernier
lieu, le comité veille à promouvoir la santé et la sécurité. Il peut le faire en sensibilisant
les employés sur la question et en organisant, par exemple, des dîners-causeries mensuels.
De plus, les employés peuvent participer à des sous-comités (HSE, 2000: 12). Il s'agit de
petits groupes de travail qui sont mandatés « par secteur ou par problème [...] » (Poulin,
2011: 4). Ce sont des équipes qui s'occupent d'un sujet en particulier. Il peut s'agir, par
45
Un peu dans le même sens, un employé peut donner l'exemple et inciter ses collègues à
participer en étant représentant à la prévention. À la différence du champion de sécurité,
le représentant occupe un poste désigné par la législation en matière de santé et sécurité et
est libéré de son travail pendant un certain nombre d'heures par semaine. Au Québec,
comme défini par la CSN (2013: 1): « le représentant à la prévention (RP) est un
travailleur choisi parmi l’ensemble des travailleurs de l’établissement dans le but
d’exercer diverses fonctions liées à la SST dans l’organisation. » Il joue un rôle clé en
matière d'inspection des lieux de travail et il aide les travailleurs à appliquer leurs droits
en étant leur représentant, auprès de l'employeur, pour des questions de SST.
Ensuite, les employés peuvent organiser des activités (conférences, événements). Le but
étant de susciter l'intérêt pour la santé et la sécurité et de former et sensibiliser les
employés sur le sujet. Premièrement, ils peuvent organiser diverses conférences. Celles-ci
peuvent porter sur les différents types de risques pour la santé et l'intégrité physique des
salariés, sur les manières d'éviter l'apparition de troubles musculosquelettiques, etc.
Deuxièmement, les employés peuvent organiser certains évènements. Pensons par
exemple à des jeux-questionnaires sur la santé et la sécurité (Bell, 2001: 8), à des ateliers
sur l'importance de l'ergonomie, à une semaine de sécurité (Bell, 2001: 7), à des
rencontres hebdomadaires sur des questions de santé et de sécurité au travail, etc.
Dans le même sens, les employés peuvent donner les conférences. Elles peuvent
également prendre la forme de témoignages d'employés qui décident, par exemple, de
46
s'adresser à leur collègue et de leur faire part d'un accident qu'ils ont subi (Mallette, 2010:
6). Les employés qui livrent ces témoignages ont non seulement l'occasion de présenter
les conséquences de l'accident du travail sur leur vie et sur celle de leur famille, mais
aussi la manière dont tout cela aurait pu être évité. Ces témoignages permettent à celui qui
le livre d'encourager « l'engagement de tous envers des comportements sécuritaires »
(Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec, 2010: 17). Bref, qu'ils
organisent des activités (conférences, évènements) ou qu'ils donnent des
conférences/témoignages, les employés agissent en quelque sorte comme formateurs et
tentent de communiquer quelque chose à leurs collègues.
Finalement, les employés peuvent tester des solutions proposées en prenant part à des
projets pilotes (Agence européene pour la sécurité et la santé au travail, 2012c: 13). Le
but est de faire tester aux travailleurs diverses solutions afin de recueillir leurs
impressions avant l'implantation. Cela permet d'agir, en cas de besoin, avant qu'il ne soit
trop tard. Pensons, par exemple, à l'évaluation par certains employés de divers
équipements de protection individuelle (Raines, 2011: 38). L'organisation peut leur faire
essayer plusieurs formes de gants de travail afin de voir celui qui convient le mieux au
travail qu'ils ont à accomplir sur le terrain.
Degré de pouvoir de la
Formes de participation
participation
Sondages
Suggestions Participation consultative
Identification des risques organisationnels pour la santé physique
Focus groups
Comité paritaire
Sous-comités/ groupe de travail
Champion de SST/Ambassadeur SST Participation consultative
Représentant à la prévention ou participation
Organisation d'activités (conférences, événements) décisionnelle
Donner des conférences/témoignages
Développement de moyens de communication en SST
Projets pilotes/Tester les solutions finales
Deuxièmement, les autres formes que nous avons présentées peuvent être associées à la
fois à une participation suggestive, où on ne fait que consulter les employés, et à une
participation aux prises de décisions, où les employés ont leur mot à dire sur les décisions
finales. Par exemple, lors des focus groups, les employés peuvent donner de simples
recommandations, mais on peut également leur demander de prendre part aux décisions.
Il en va de même avec l'organisation d'événements. Les employés peuvent être consultés
sans avoir un mot à dire sur le déroulement de l'événement ou ils peuvent prendre part
aux décisions l'entourant, voir même l'organiser en entier. Pour l'Agence européene pour
la sécurité et la santé au travail (2012c: 6) « une pleine participation va au-delà de la
consultation [puisque] les travailleurs et leurs représentants sont également impliqués
dans le processus décisionnel. » Il semblerait que l'organisation a intérêt à privilégier la
participation aux prises de décisions. En effet, bien que les études s'étant intéressées au
lien entre la participation des employés et la performance en santé et sécurité au travail
soient rares, celles l'ayant fait démontrent qu'il y a corrélation positive entre le niveau de
48
Pour conclure, rappelons que la participation des employés peut être directe ou non, et
volontaire ou involontaire. La participation des employés en santé et sécurité au travail est
souvent indirecte, car généralement, ce sont des représentants des employés qui discutent
avec les membres de la direction, par l'entremise de comités paritaires (Ariss, 2003: 11).
Toutefois, précisons que ce n'est pas toujours le cas et que la participation des employés
peut aussi être directe et volontaire, par exemple, lorsque l'organisation les encourage à
s'impliquer dans des comités paritaires, dans des équipes d'intervention d'urgence ou à
devenir des champions de la sécurité qui agissent comme modèles pour influencer leurs
collègues (Bell, 2001: 11-12; Raines, 2011: 38).
D'abord, le fait que les employés participent avant la mise en place des activités de
prévention, c'est-à-dire lors de l'étape de planification, améliore la gestion de la santé et
de la sécurité dans l'entreprise et la rend plus efficace. Si on consulte dès le début les
employés, par l'entremise de sondages ou de systèmes de suggestions et que l'on prend en
compte leurs commentaires, ils accepteront et adhéreront plus facilement aux décisions
qui seront prises. En prenant en compte leurs recommandations, l'organisation fera des
choix qui conviennent aux employés. Comme le mentionne le Boucher (2010: 16) « [il
n'y a] rien de tel pour faciliter l'adhésion aux règles de sécurité, chez les employés, que de
les faire participer à l'élaboration [de ces ] règles. » Étant donné qu'ils ont participé dès le
début, ils adhèrent davantage à ce qui est mis en place et cela améliore les conditions de
sécurité de l'entreprise (Bicos, 1990: 89). En étant impliqués à l'étape de la planification,
les employés ont aussi tendance à accepter plus facilement le changement, car ils
comprennent mieux la nécessité d'agir pour leur sécurité et pour celle de l'organisation
49
(Bolger, 2004, cité par Raines, 2011: 38). En effet, les employés, en étant consultés et en
participant à la prise de décisions, ont l'impression d'être considérés, écoutés et de se
sentir partie prenante du projet. C'est gratifiant pour les employés de pouvoir partager
leurs idées (Boucher, 2010: 16). L'Agence européene pour la sécurité et la santé au travail
(2012c: 7) résume bien ce premier avantage en mentionnant que « [...] lorsqu’ils sont
impliqués au stade de la planification, les travailleurs sont plus susceptibles d’identifier
les raisons qui incitent à prendre une mesure spécifique, d’aider à la recherche de
solutions pratiques et de se conformer au résultat final [...] ».
Ensuite, le fait que les employés participent conjointement avec la direction améliore la
communication et les interventions en santé et sécurité. Lorsqu'il y a présence de comités
paritaires, la coopération, la confiance mutuelle et l'écoute sont meilleures entre les
diverses parties (Health and Safety Executive, 2013: 2). Le comité paritaire facilite la
collaboration. Il permet une meilleure compréhension de l'interprétation que l'autre partie
se fait de la situation (Health and Safety Executive, 2013: 2). Les deux parties peuvent
ainsi développer un point de vue commun des enjeux de sécurité (Bérubé, 2010: 6).
Puis, la participation active d'un certain nombre d'employés est susceptible d'entraîner
celle de leurs collègues. Lorsqu'il y a présence de champions de la sécurité ou de
représentants de la sécurité, ces derniers montrent l'exemple et incitent leurs pairs à
participer. Il est bénéfique pour l'entreprise de solliciter les employés, car ils peuvent agir
à titre d'ambassadeurs et être des agents qui font la promotion du programme et qui
contribuent à sa légitimité (Crump et al., 1996, cité par Agence européene pour la sécurité
et la santé au travail, 2012a: 14). Les employés accueillent généralement plus facilement
les conseils et les recommandations de leurs collègues. C'est pourquoi les témoignages
d'employés qui racontent leur histoire sont bénéfiques. L'employé qui témoigne, par
exemple, d'un accident grave peut paraître moins moralisateur que le serait la direction,
car il vit au jour le jour une réalité semblable à celle des autres travailleurs. Les employés
sont ainsi plus susceptibles d'être touchés et interpellés par l'importance de l'adoption de
comportements sécuritaires. Également, selon Roy (2003: 359), les entreprises qui font
appel aux équipes de travail autogérées verront leur performance en santé et sécurité au
travail s'améliorer. L'auteur explique que lorsque les dirigeants laissent les décisions entre
50
les mains des employés, une pression entre les pairs en résulte ce qui favorise des
comportements sécuritaires positifs.
Qui plus est, il est pertinent que les employés participent non seulement dès le début du
processus de gestion de la santé et sécurité au travail, mais aussi à chacune des étapes afin
d'assurer l'amélioration continue de la prévention en santé et sécurité. En effet, les
employés étant sur le terrain, ils sont les mieux placés pour savoir ce qui fonctionne ou
non et, le cas échéant, comment cela doit être amélioré (Agence européene pour la
sécurité et la santé au travail, 2012c: 6; Bicos, 1990: 89). Selon le Boucher (2010: 16), le
comité paritaire « [...] permet aux employés d'émettre leurs idées et, par le fait même, de
contribuer davantage aux améliorations. » Les propos émis par l'Association paritaire
pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (2014) vont dans le
même sens, car selon eux, le comité paritaire « [...] évalue, de façon continue, l'état de la
situation en prévention et [...] conseille la direction sur les enjeux, les priorités et les
actions [...] ». Bref, en participant tout au long du processus et en collaborant à la
conception, à la mise en œuvre, à la révision et à l'amélioration des activités de
prévention, les employés contribuent à l'adoption de mesures efficaces qui permettent
d'éliminer et de prévenir l'apparition de risques pour la santé et l'intégrité physique des
salariés.
Finalement, une organisation qui encourage la participation des employés, que ce soit par
exemple en valorisant la présence d'un champion de la sécurité ou la contribution de
certains au développement de moyens de communication en santé et sécurité, contribue à
la création d'un environnement qui favorise la prévention en santé et sécurité au travail.
En effet, les diverses formes de participation créée un précédent et tranquillement la santé
et la sécurité deviennent ancrées à la réalité et au quotidien de l'entreprise et des individus
qui y œuvrent.
leur culture organisationnelle (Meek, 1988: 455). Finalement, en plus d'être un concept
relativement récent, c'est un concept, en raison de sa complexité et du fait qu'il se rattache
à plusieurs disciplines, qui ne fait pas toujours consensus dans les écrits (Antonsen, 2009:
27; Bellot, 2011: 29-30; Schein, 1990: 111).
la culture de l'organisation. Cela permet, entre autres, de saisir la manière dont les
individus interpréteront et accepteront l'arrivée d'une nouvelle initiative (Edwards, Davey
et Armstrong, 2013: 75-76).
En premier lieu, pour certains, la culture est une variable, quelque chose « que
l'organisation a » (Cummings et Schmidt 1972; Schwartz et Davis 1981; Deal et Kennedy
198?: Peters and Waterman 1982, cités par Ouchi et Wilkins, 1985: 463). Puisque c'est
une variable comme les autres, elle peut être manipulée au même titre que le sont toutes
les autres variables de l'organisation, comme l'est la production par exemple. Selon ces
auteurs, la culture est une variable indépendante qui a une fonction productive pour
l'organisation et lui permet d'arriver à ses fins (Antonsen, 2009: 27). Nous pouvons ainsi
faire un lien avec le rôle fonctionnel que certains confèrent à la culture organisationnelle.
D'ailleurs, les recherches qui adoptent cette prémisse tentent de découvrir de quelle
manière la culture interne peut être manipulée, ajustée et modifiée pour servir les objectifs
organisationnels (Smircich, 1983: 346, cité par Antonsen, 2009: 28). La culture
organisationnelle peut donc être facilement contrôlée ou même influencée par les
membres de l'organisation, mais l'est surtout par la direction (Bellot, 2011: 30; Kilmann,
Saxton et Serpa, 1985: 423,431; Ouchi et Wilkins, 1985: 463-464). Schein (2010: 3), qui
s'est intéressé à la culture organisationnelle et à qui plusieurs chercheurs font référence,
accorde une importance particulière au rôle du leader dans le développement de la culture
organisationnelle; il est d'avis que « [...] culture is ultimately created, embedded, evolved,
and ultimately manipulated by leaders. » (Schein, 2010: 3, 22) Malgré que certains
adhèrent à cette façon de penser, notons que rares sont les auteurs qui croient que la
culture organisationnelle peut être entièrement modifiée selon le bon vouloir de la
direction (Antonsen, 2009: 32).
En deuxième lieu, la culture organisationnelle est perçue par d'autres chercheurs comme
une variable dépendante; c'est « ce que l'organisation est ». Ainsi, les défenseurs de cette
54
perspective (Smircich 1983: 347, Harris et Cronen 1979: Weick 1979; Morgan 1980;
Wacker 1981, cités par Ouchi et Wilkins, 1985: 463) voient la culture organisationnelle
comme un élément qui émerge d'interactions sociales. Pour eux, la culture résulte de
négociations et de partages de symboles et d'interprétations communes (Ouchi et Wilkins,
1985: 463). Un lien peut être fait ici avec la manière dont les anthropologistes voient la
culture (Bellot, 2011: 30). À leur avis, la culture organisationnelle émerge des
interactions entre les individus et non d'un modèle importé ou créé de toutes pièces par la
direction et les hautes instances d'une entreprise (Ouchi et Wilkins, 1985: 463). La culture
existe par la socialisation entre les divers membres de l'organisation (Denison, 1996:
624). À ce propos, la majorité des écrits s'entendent pour dire que la culture
organisationnelle résulte d'une construction sociale et de reproductions collectives s'étant
développées à travers le temps (Cameron et Quinn, 2011: 1).
Meek (1988: 470) ajoute que la culture devrait représenter « ce que l'organisation est »,
car ce n'est pas une variable indépendante qui peut être créée ou défaite selon le bon
vouloir des membres de la direction. En effet, selon plusieurs, la culture est une structure
ancrée, associée aux valeurs et aux croyances partagées par les membres d'une
organisation (Denison, 1996: 624-625).
En somme, la majorité des auteurs s'entendent pour dire que la culture c'est « ce que
l'organisation est » plutôt que « ce l'organisation a ». Comme en font état certains, si la
culture organisationnelle c'est « ce que l'organisation est », cela revient à supposer que ces
deux éléments représentent la même chose, que la culture organisationnelle est une
métaphore de l'organisation (Antonsen, 2009: 28; Safety Institute of Australia Ltd, 2014:
13).
Remarquons que quelques auteurs apportent des nuances à cette supposition. C'est
notamment le cas d'Antonsen (2009: 28-29). Bien qu'il ne soit pas prêt à dire que la
culture organisationnelle c'est « ce que l'organisation a », car il considère qu'elle est le
résultat d'interactions entre les individus et que ces interactions influencent leurs
comportements (« ce que l'organisation est »), il n'est pas non plus totalement d'accord
56
pour dire que la culture est une parfaite métaphore de l'organisation (Antonsen, 2009: 44).
Pour expliquer sa position, il s'inspire de ceux qui voient l'organisation comme un
système socioculturel.
Selon ces derniers, l'organisation est composée de trois dimensions qui interagissent et
forment un tout : structure, interactions et culture organisationnelle. Tel que représenté à
la Figure 2.8, Antonsen (2009: 44) a schématisé la relation entre ces trois dimensions.
Ainsi, si l'on revient au terme système socioculturel, il est possible de constater que la
dimension interaction représente les interactions sociales entre les individus qui sont
associées à la création, à la reproduction et à la modification de la culture
organisationnelle, d'où le lien avec le mot socioculturel. En ce qui a trait au mot système,
il peut être perçu comme un synonyme du mot structure utilisé dans le schéma
d'Antonsen. Comme nous le verrons plus loin, cette dimension se rapporte à la structure
organisationnelle.
Structure
Culture
organisationnelle
Interactions
ce tout, donc de l'organisation. Aussi, ces auteurs insistent sur l'importance de l'interaction
entre les individus dans la création d'une culture organisationnelle.
En premier lieu, les recherches sur la culture organisationnelle qui adoptent une
perspective de l'intégration voient la culture comme un tout qui permet une certaine
cohésion dans l'organisation (culture as a social glue) (Alvesson, 2002: 7). Cette
perspective met l'emphase sur trois aspects qui assurent cette unification : le consensus, la
cohérence et la clarté (Antonsen, 2009: 30). Schein, dont il a été question plus tôt et dont
les propos sont souvent cités dans les écrits sur la culture organisationnelle, est un des
plus ardents défenseurs de la perspective de l'intégration (Antonsen, 2009: 29).
L'intégration est au cœur de ce que signifie pour lui la culture organisationnelle (Schein,
2010: 17) et c'est pourquoi il la définit comme étant :
« a pattern of shared behavior that the group learned as it solved its problems of [...]
internal integration, that has worked well enough to be considered valid and, therefore, to
be taught to new members as the correct way to perceive, think and feel in relation to
those problems » (Schein 1992: 12, cité par Antonsen, 2009: 30).
Revenons sur les trois aspects porteurs de cohésion organisationnelle selon la perspective
de l'intégration. D'abord, afin d'éviter les conflits, il doit y avoir un certain consensus
entre les divers membres de l'organisation. L'acceptation et le partage d'une vision et de
valeurs communes rendent cela possible (Antonsen, 2009: 30). Il importe aussi qu'il y ait
un certain accord quant aux valeurs et à la vision de l'organisation. Ensuite, les défenseurs
de cette perspective s'intéressent à la cohérence. Il faut que les éléments qui composent la
59
culture et qui la définissent soient en harmonie et qu'ils se soutiennent et soient liés les
uns les autres. Encore une fois, citons Schein qui, en définissant la culture selon trois
niveaux (artefacts, espoused values et basic assumptions), insiste sur la cohérence entre
ceux-ci (Schein, 2010: 24). Les artefacts constituent les éléments observables, visibles.
Les espoused values sont les valeurs déclarées verbalement ou par écrit et les basic
assumptions sont des convictions invisibles, partagées et intégrées par les membres d'une
organisation (Schein, 1990: 111-112). Ainsi, Antonsen (2009: 30) donne l'exemple
selon lequel
« the visible layers of culture, what Schein calls artefacts such as language, rituals, dress
codes, architecture and technology, are seen as expressions of the organization's values,
e.g. strategy business philosophy and goals, which in turn rest on a set of basic
assumptions, taken-for-granted worldviews, that constitute the cultural core. »
Puisque la culture est reliée à la façon de penser, de percevoir et d'agir, il importe que les
différents aspects de la culture soient clairs (Antonsen, 2009: 31). De cette manière, les
individus pourront tous les interpréter de la même façon et ainsi adopter une ligne de
conduite plus ou moins similaire. Bref, la perspective de l'intégration, en ne niant pas la
présence de conflit, prétend qu'une culture uniforme permet de limiter les ambiguïtés dans
l'organisation en encourageant le partage d'une vision et de valeurs communes (Antonsen,
2009: 31,38). Cette intégration de la culture stabilise les interactions et permet aux divers
membres d'agir et d'interagir sans qu'il y ait de confusion ou que de constantes
réinterprétations soient nécessaires (Alvesson, 2002: 2; Cameron et Quinn, 2011: 1).
Ajoutons que certains sont d'avis que plus la culture est intégrée, meilleure sera la
performance et l'efficacité de l'organisation (Antonsen, 2009: 32).
Wood (2001, cité par Younis Abu-Jarad, Yusof et Nikbin, 2010: 35), la culture
organisationnelle se développe dans l'organisation ou dans les sous-groupes qui la
composent. Selon cette perspective, on parle aussi d'un consensus, mais il est local, c'est-
à-dire qu'il y a un consensus dans chaque sous-culture, mais pas nécessairement entre
elles (Gregory 1983; Martin and Siehl 1983; Frost et al. 1991; Martin 1992, cités par
Antonsen, 2009: 33). Dans le même ordre d'idée, il y a clarté entre les différents aspects
d'une même sous-culture. Finalement, pour les défenseurs de cette perspective, les aspects
qui caractérisent et représentent la culture organisationnelle ne sont pas nécessairement
cohérents. Selon eux, cela s'explique, entre autres, par le fait qu'il y a souvent des écarts
entre les valeurs (les mots) et la pratique (les actions) (Martin 1992, cité par Antonsen,
2009: 34) et qu'il y ait des incohérences entre ce qui est valorisé par les hautes instances
(backstage) et ce qui se déroule sur le terrain (frontstage) (Goffman, 1959, cité par
Antonsen, 2009: 34). C'est pourquoi ils parlent de sous-cultures, car les individus d'une
même organisation peuvent interpréter différemment les aspects de la culture
organisationnelle.
D'abord, la perspective anthropologique paraît appropriée pour notre étude. Ceci dans le
sens que la culture organisationnelle confère une personnalité à l'organisation, ce qui lui
permet de se distinguer des autres entreprises. Elle est représentée par des valeurs et des
croyances communes qui sont partagées par l'ensemble du groupe.
Même si nous optons pour dire, comme le suppose la majorité des écrits, que la culture
représente davantage « ce que l'organisation est », rappelons que certains auteurs prennent
soin de nuancer cette affirmation. S'ils croient que la culture ne peut être façonnée et
transformée uniquement par les gestionnaires (« ce que organisation a »), ils suggèrent de
ne pas exagérer le fait que la culture organisationnelle soit une parfaite métaphore de
l'organisation (« ce que organisation est »). Ceux qui s'inspirent du système socioculturel
font valoir qu'elle est l'une des trois dimensions de l'organisation, qu'elle en représente
l'aspect informel. Aussi, bien que l'on reconnaisse que la culture organisationnelle ne
puisse être manipulée uniquement par les leaders, ils ont un rôle considérable à jouer. Ils
62
doivent interagir avec les employés pour que la culture organisationnelle se développe.
Nous n'excluons donc pas le rôle du leader. Toutefois, puisque la culture
organisationnelle est collectivement maintenue, il n'est pas le principal responsable de sa
création et de sa modification. C'est un collaborateur au même titre que les autres.
Pour conclure, ces principaux éléments de la littérature que nous retenons se retrouvent
dans la majorité des écrits et des définitions sur la culture organisationnelle. En effet, la
culture réfère à des valeurs et croyances communes qui sont socialement construites et
développée, et qui mènent, si elles sont intégrées, à l'adoption de comportements
similaires entre les individus.
Définitions Sources
« The system of generally and collectively accepted
(Pettigrew, 1979, cité par
meanings which operate for a certain group on a certain
Bellot, 2011: 31)
occasion. »
(Martin et Siehl, 1983, cités
« Glue that holds together an organization through shared
par Younis Abu-Jarad, Yusof
patterns of meaning. »
et Nikbin, 2010: 35)
« Shared values (what is important) and beliefs (how things
(Uttal, 1983, cité par Younis
work) that interact with an organization’s structures and
Abu-Jarad, Yusof et Nikbin,
control systems to produce behavioral norms (the way we
2010: 35)
do things around here) »
« Refers to the underlying values, beliefs and principles that
serve as a foundation for an organization’s management (Denison, 1990, cité par
system as well as the set of management practices and Younis Abu-Jarad, Yusof et
behaviors that both exemplify and reinforce those basic Nikbin, 2010: 35)
principles »
« Culture is regarded as a more or less cohesive system of
(Alvesson, 2002, cité par
meanings and symbols, in terms of which social interaction
Bellot, 2011: 31)
takes place. »
« Refers to [an] evolving set [of] shared beliefs, values,
(Thomas et Tung, 2003, cités
attitudes and logical processes which provides cognitive maps
par Younis Abu-Jarad, Yusof
for people within a given societal group to perceive, think,
et Nikbin, 2010: 35)
reason, act, react and interact »
« An informal, shared way of perceiving life and membership (Wagner, 2005, cité par
in the organization that binds members together and Younis Abu-Jarad, Yusof et
influences what they think about themselves and their work » Nikbin, 2010: 35)
a
Les caractères gras dans le tableau sont utilisés pour mettre en valeur ce dont nous parlons et pour attirer
l'attention du lecteur sur ces éléments.
Source : adaptée et inspirée de Bellot (2011: 31); Younis Abu-Jarad, Yusof et Nikbin
(2010: 35)
Puis, la définition d' Uttal, 1983 (cité par Younis Abu-Jarad, Yusof et Nikbin, 2010: 35)
semble s'inspirer de ceux pour qui l'organisation est un système socioculturel en référant à
l'interaction entre la culture et les structures en place. Finalement, la définition de Martin
et Siehl, 1983, cités par Younis Abu-Jarad, Yusof et Nikbin (2010: 35), révèle que la
64
culture permet d'unir les membres de l'organisation, pour en faire un tout plus ou moins
cohérent.
Aussi, il y a toujours une opposition quant aux types de devis méthodologique à utiliser.
Certains croient que l'on doit absolument utiliser les méthodes qualitatives, car la culture
organisationnelle est complexe, difficile à conceptualiser et intangible (Bellot, 2011: 33;
Ouchi et Wilkins, 1985: 473). Les méthodes qualitatives permettent donc, selon ses
défenseurs, de saisir les spécificités, la subjectivité et l'essence de la culture
organisationnelle. D'autres ce sont intéressés aux instruments quantitatifs afin de palier
aux limites temporelles et au manque de généralité des méthodes qualitatives (Bellot,
2011: 33). De plus en plus, l'utilisation conjointe des deux méthodes est privilégiée afin
de limiter les inconvénients de chacune et de bénéficier de leurs avantages respectifs
(Bellot, 2011: 34). Par exemple, certains utilisent à la fois les sondages, les interviews et
les observations directes. Bref, selon Bellot (2011: 34), bien qu'il n'existe pas de méthode
universelle et parfaite pour mesurer la culture organisationnelle, ils existent deux
instruments qui sont souvent cités et qui semblent être les plus rigoureux : the
Organizational Culture Assessment Instrument (OCAI) et the Organizational Culture
Inventory (OCI). Toutefois, nous ne poursuivrons pas avec ces deux modèles puisqu'ils
nous éloignent du sujet de notre recherche. Nous allons plutôt nous pencher sur la culture
de sécurité, concept plus proche de nos intérêts.
65
C'est en 1986, à la suite des tragiques événements survenus à Tchernobyl, que l'Agence
atomique de l'énergie a utilisé pour la première fois le terme safety culture (Edwards,
Davey et Armstrong, 2013: 70; Eeckelaert et al., 2011: 5; Glendon et Stanton, 2000: 201).
Depuis, plusieurs chercheurs de divers pays et de diverses spécialités (anthropologie,
ingénierie, psychologie, gestion) se sont intéressés à ce concept (Eeckelaert et al., 2011:
5). Cela résulte en différentes manières de conceptualiser la culture de sécurité (Antonsen,
2009: 27; Edwards, Davey et Armstrong, 2013: 70; Safety Institute of Australia Ltd,
2014: 6) dont quelques exemples se retrouvent au Tableau 2.8. C'est un concept complexe
et abstrait (Eeckelaert et al., 2011: 7; Piers, Montijn et Balk, 2009: 5). Bref, ayant fait
l'objet de nombreuses études, mais ne faisant pas encore consensus, il n'a toujours pas été
défini de façon universelle (Wiegmann et al., 2002; HSL, 2002; Antonsen, 2009,
Guldenmund, 2010, cités par Eeckelaert et al., 2011) et (Cole, Stevens-Adams et Wenner,
2013: 11; Safety Institute of Australia Ltd, 2014: 17).
6
En l'absence d'une expression francophone équivalente au terme safety culture, nous avons simplement
traduit le terme anglais. Notons toutefois que le terme safety fait référence à « la santé et la sécurité au
travail » et que nous utilisons le terme « sécurité » de manière interchangeable avec ce dernier.
66
En parcourant les différentes définitions proposées, certains constats peuvent être faits.
D'abord, la majorité des écrits et des définitions s'intéressant à la culture de sécurité
s'inspirent de notions liées à la culture organisationnelle (Antonsen, 2009: 27; Edwards,
Davey et Armstrong, 2013: 70). Malgré les différentes manières d'aborder la culture de
sécurité, certains auteurs s'entendent pour dire que l'on est en présence d'une telle culture
lorsque la culture organisationnelle accorde de l'importance aux valeurs, aux attitudes et
aux croyances quant à la santé et la sécurité au travail (Edwards, Davey et Armstrong,
2013: 71). La culture de sécurité, en étant notamment intégrée aux objectifs
organisationnels, permet la création d'un environnement favorable à la sécurité au travail
(Aldana et al., 2012: 414). D'ailleurs, la culture de sécurité est vue par plusieurs comme
étant une composante de la culture organisationnelle (Cole, Stevens-Adams et Wenner,
2013: 13; Safety Institute of Australia Ltd, 2014: 4). Lorsqu'on parle d'une culture de
sécurité, c'est que la santé et la sécurité fait partie des valeurs organisationnelles, et donc
67
de la culture organisationnelle. Pour Dominic Cooper (2002: 30) « [...] safety culture is a
subcomponent of corporate culture, which alludes to individual, job and organizational
features that affect and influence safety and health. » Dans le même sens, Clarke, 1999,
cité par Parker, Lawrie et Hudson (2006: 552) affirme que « the beliefs and values that
refer specifically to health and safety form the subset of organisational culture referred to
as safety culture. »
Puis, on retrouve, dans plusieurs définitions, l'idée que ce sont le partage de valeurs, de
croyances et d'attitudes communes qui mènent à l'adoption de comportements sécuritaires
(Cole, Stevens-Adams et Wenner, 2013: 17). Qui plus est, la plupart des auteurs semblent
dire que la culture de sécurité est créée et ajustée par les individus (Pidgeon, 1998: 205).
En ce sens, il s'agit d'une construction sociale. Comme le suggère Dominic Cooper (2002:
31) « [...] safety culture "is", rather than something that the organization "has". »
Bref, les définitions précédentes soulignent trois éléments : la culture de sécurité est une
composante de la culture organisationnelle, elle est socialement construite (« ce que
l'organisation est ») et elle guide les individus vers l'adoption de comportements
sécuritaires. À ce propos, nous jugeons pertinent de référer à la nuance qu'apporte
Antonsen (2009) et dont il a été question à la section 2.4.1.2. Bien qu'étant en accord
avec les trois éléments que nous venons de soulever, il met de l'avant que la culture
organisationnelle ne puisse être une parfaite métaphore de l'organisation. De plus, pour
Antonsen (2009: 45), de prendre en compte les trois dimensions de l'organisation est
particulièrement approprié pour l'étude d'une culture de sécurité. Il en va de même pour
Eeckelaert et al. (2011: 11) qui s'inspirent des travaux d'Antonsen (2009).
Structure
Culture Sécurité
Culture de sécurité
organisationnelle
Interactions
Prenons soin d'expliquer brièvement la signification des termes de ce modèle et leur lien
avec une culture de sécurité. D'abord, pour Antonsen (2009), la dimension culture réfère
aux aspects informels de l'organisation qui interagissent avec les aspects formels que sont
les interactions et la structure. La culture organisationnelle représente les significations,
les valeurs et les croyances communes et partagées dans l'entreprise. On peut parler de
culture de sécurité lorsque l'entreprise adopte la sécurité comme valeur et la priorise au
quotidien. Comme le démontre le modèle, pour que cela soit possible, les structures en
place doivent être cohérentes avec la culture organisationnelle et donc faire en sorte que
la sécurité soit valorisée au quotidien, et ce, à tous les paliers hiérarchiques. Rappelons
que les structures réfèrent aux infrastructures en place et à la division des tâches et des
responsabilités de chacun dans l'organisation. De plus, pour que la culture
organisationnelle se développe, l'organisation doit encourager les interactions entre les
individus (Antonsen, 2009: 45). Puisque les interactions sont nécessaires au
développement d'une culture organisationnelle, elles le sont aussi pour la création d'une
culture de sécurité. Comme nous l'avions mentionné, la dimension interactionnelle est
définie comme étant le processus permettant la socialisation des diverses parties
prenantes (Eeckelaert et al., 2011: 10). Les interactions peuvent être, par exemple, de
nature conflictuelle ou coopérative (Antonsen, 2009: 45). Le partage d'informations et la
communication constante facilitent les interactions (Boudreau et Newman, 1993, cités par
Antonsen, 2009: 45) et la coopération entre les individus.
69
Bref, selon Antonsen (2009: 44) : « these three generic aspects of organizations
constitute the organizational framework for all organizational life. » En s'inspirant de son
modèle, les trois dimensions doivent être étroitement liées pour qu'il y ait création d'une
culture de sécurité. De cette façon, la santé et la sécurité fait partie du mode de vie
quotidien de l'organisation ce qui influence les comportements qu'adoptent les individus
en la matière.
Niveaux de maturité
L'organisation s'intéresse uniquement à la sécurité lorsqu'elle est
Niveau 1 : Pathologique contrainte de le faire. Ce sont les employés qui sont responsables
des accidents.
L'organisation croit à l'importance de la sécurité, mais réagit une
Niveau 2 : Réactif
fois l'accident du travail survenu.
L'organisation a un système lui permettant de gérer les risques
Niveau 3 : Calculé pour la sécurité. Les initiatives viennent principalement de la
direction.
L'organisation tente d'anticiper les problèmes pour les prévenir et
Niveau 4 : Proactif les éviter. Les employés commencent à prendre des initiatives, ça
ne vient plus uniquement de la direction.
La gestion de la sécurité au travail fait partie du quotidien de
Niveau 5 : Génératif
l'organisation et elle est intégrée par tous.
Adapté de Filho, Andrade et Marinho (2010: 616); Fleming (2001: 4); Hudson
(1999); Parker, Lawrie et Hudson (2006); Piers, Montijn et Balk (2009)
Nous nous inspirerons de Parker, Lawrie et Hudson (2006: 555) et de Piers, Montijn et
Balk (2009: 9) pour décrire chacun des niveaux. Si l'on résume les propos de ces auteurs,
le niveau de maturité le plus bas est le niveau pathologique. L'organisation s'intéresse à la
sécurité uniquement pour répondre aux exigences imposées par les lois
gouvernementales. Si un accident survient sur le lieu de travail, la philosophie de
l'organisation est de croire que c'est la faute des employés qui ont, par exemple, omis de
signaler un risque ou qui ont manqué de vigilance. Au niveau réactif, l'organisation croit
71
en l'importance de la sécurité, mais elle réagit après qu'un accident du travail ait eu lieu.
Au niveau calculé, l'entreprise met en place un système lui permettant de gérer les risques
pour la sécurité. Selon Hudson (1999: 4), c'est uniquement une fois ce stade franchit que
l'on peut commencer à parler de culture de sécurité. Le niveau proactif, lui, réfère à une
organisation qui tente de prévenir et d'éviter l'apparition de problèmes en encourageant
les initiatives venant des employés. Finalement, au niveau génératif, le plus élevé du
continuum, la culture de sécurité atteint la maturité. À ce stade, la gestion de la sécurité
au travail fait partie prenante du quotidien de tous les individus et c'est une responsabilité
partagée. Mentionnons, comme le souligne Eeckelaert et al. (2011: 35), que la validité
psychométrique du modèle du niveau de maturité a été testée sur le terrain, et ce, dans
plusieurs circonstances.
Toujours d'après ce modèle, plus on avance sur le continuum, plus une culture de sécurité
est mature, intégrée et ancrée au fonctionnement et aux pratiques courantes de
l'organisation. Hudson (1999: 5) ajoute que « [...] significant characteristic of a true
safety culture, that the value system associated with safety and safe working has to be
fully internalised as beliefs, almost to the point of invisibility [...] ». Qui plus est, et c'est
intéressant pour les retombées de notre recherche, certains chercheurs supposent que plus
le niveau de maturité est élevé, meilleure sera la performance en sécurité de la firme
(Hudson, 1999: 4; Piers, Montijn et Balk, 2009: 4). Cette performance élevée réfère, entre
autres, à des comportements plus sécuritaires, à un niveau plus faible d'accidents du
travail (Aldana et al., 2012: 414) et à une diminution des coûts associés à de tels
accidents. Les défenseurs de cette hypothèse soutiennent que plus la maturité augmente,
plus l'organisation s'intéresse aux employés et les fait participer en leur fournissant de
l'information, en leur faisant confiance et en les sollicitant sur les questions de sécurité ce
qui favorise l'efficacité du processus de gestion de la santé et de la sécurité au travail
(Hudson, 1999: 6; Piers, Montijn et Balk, 2009: 4). L'efficacité du processus de gestion
de la santé et de la sécurité, et donc des actions qui sont prises dans l'organisation en
matière de santé et de sécurité au travail, influence la performance en sécurité de la firme.
Fleming (2001: 7), bien qu'en accord avec cette supposition, invite toutefois à la prudence
en affirmant qu'aucune preuve concrète ne supporte cette hypothèse. Pour terminer, ceux
qui s'intéressent à la typologie du niveau de maturité tiennent pour acquis qu'une culture
72
Finalement, la typologie du niveau de maturité d'une culture de sécurité est pertinente, car
elle permet aux organisations de savoir où elles en sont et ce qu'elles doivent faire pour
passer au niveau suivant et ainsi améliorer leur performance en sécurité au travail
(Fleming, 2001: 2).
L'appellation et le nombre exact de telles composantes varient selon les auteurs (Cole,
Stevens-Adams et Wenner, 2013: 17). Fleming (2001: 3), par exemple, en propose dix
qui peuvent être associées au modèle du niveau de maturité d'une culture de sécurité et
sur lesquelles les entreprises peuvent miser pour progresser sur le continuum. On y
retrouve « l'engagement de la direction et la visibilité, la communication, le rapport
productivité-sécurité, l'organisation de l'apprentissage, les ressources allouées à la
sécurité, la participation [...] et finalement, la formation. » Afin d'y mettre un certain
ordre, nous avons regroupé, en six catégories, les principales composantes qui se
retrouvent dans la littérature et qui semblent faire consensus. Nous avons précisé et
indiqué, pour chacune des catégories, les diverses appellations anglaises associées ainsi
que les auteurs qui y ont fait référence. Nous les présentons, dans le Tableau 2.10.
73
Decision-making reflects safety first (INPO, 2004 et WANO, 2006, cités par
López de Castro et al., 2013: 233)
Safety is a clear recognize value and integrated to (IAEA, 2006, cité par López de Castro et
all activities al., 2013: 233)
Leadership for safety is clear and accountability (IAEA, 2006, cité par López de Castro et
for safety is clear al., 2013: 233)
Leadership safety values and actions (NRC 2011, cité par López de Castro et
al., 2013: 233)
Communication
Culture d'apprentissage
Continuous monitoring, corrective action, review (Choudhry et al., 2007, cité par López de
of system and continual improvements Castro et al., 2013: 233)
Formation
Participation des employés à tous les niveaux du (Agence européene pour la sécurité et la
processus santé au travail, 2012b: 9; Eeckelaert et
al., 2011)
Lorsque l'on observe le tableau, il est possible de noter que la participation des employés,
à laquelle nous nous intéressons particulièrement, fait partie des composantes identifiées.
En lien avec cela, à la section 2.3.4.1, nous avions présenté certaines pratiques
organisationnelles favorisant la participation des employés en santé et sécurité au travail.
Il s'agissait de la communication, de la formation et de l'engagement de la haute direction.
Elles figurent également dans le tableau. Remarquons finalement que la communication
et la notion de faire de la sécurité une priorité organisationnelle se retrouvaient aussi dans
la description que nous avions faite, à la section 2.5, du modèle d'Antonsen (2009) sur la
culture de sécurité.
76
Ces constats généraux ayant été faits, nous décrirons maintenant chacune des six
composantes et expliquerons en quoi elles contribuent à l'amélioration d'une culture de
sécurité. Premièrement, les auteurs s'entendent pour dire qu'il importe que la santé et la
sécurité soit une priorité organisationnelle au même titre que les autres. Les propositions
de Fleming (2001: 3) sur le rapport productivité-sécurité et sur les ressources allouées à la
sécurité vont en ce sens. L'entreprise investit des ressources considérables afin de
démontrer que c'est une valeur organisationnelle importante. Il n'y a pas de conflit entre la
productivité et les efforts adoptés en matière de sécurité et il y a intégration de la sécurité
aux autres dimensions de l'organisation (Filho, Andrade et Marinho, 2010: 622;
International Atomic Energy Agency, 2002: 19; Hale 2000, cité par Safety Institute of
Australia Ltd, 2014: 11). Bref, lorsque la sécurité est une priorité organisationnelle, elle
est prise en compte dans les décisions (Foster et Hoult, 2013: 63) et les actions
quotidiennes de l'entreprise. Cela encourage et motive les individus à adopter des
comportements sécuritaires (Piers, Montijn et Balk, 2009: 6) et fait en sorte que la culture
de sécurité est constamment à l'ordre du jour dans le milieu de travail.
Deuxièmement, afin qu'il y ait cohérence entre les actions prises en matière de sécurité et
les autres objectifs organisationnels, il importe notamment qu'il y ait engagement clair de
l'ensemble des gestionnaires (haute direction et superviseurs immédiats) (Human
Engineering, 2005a: 13; Hale, 2000, cité par Safety Institute of Australia Ltd, 2014: 11).
Des gestionnaires impliqués sont présents, montrent l'exemple et encouragent les
comportements sécuritaires (Human Engineering, 2005a: 13). Cela peut se faire, par
exemple, en effectuant des visites fréquentes des différentes unités de l'entreprise afin
d'identifier des risques potentiels (Human Engineering, 2005a: 10) ou encore, en
reconnaissant les individus qui adoptent des comportements sécuritaires. International
Atomic Energy Agency (2002: 19) parle d'une tâche d'accompagnateur dont le but est
d'améliorer les performances en sécurité. De définir clairement les tâches et les
responsabilités des gestionnaires en matière de sécurité démontre l'importance que
l'organisation accorde à leur engagement (Human Engineering, 2005a: 69). En somme,
l'ensemble des gestionnaires, c'est-à-dire les membres de la direction et les superviseurs
immédiats, a un rôle considérable à jouer afin que tous les membres de l'organisation
77
sentent que la sécurité fait partie de la culture, qu'elle est une valeur aussi importante que
les autres.
Cinquièmement, la participation des employés est, selon plusieurs, garante d'une culture
de sécurité développée (Agence européene pour la sécurité et la santé au travail, 2012c:
11; Eeckelaert et al., 2011: 14). Les auteurs suggèrent qu'il importe que les responsables
de la sécurité de l'entreprise soient constamment informés de la réalité sur le terrain
(Reason, 1997, cité par Hudson, 1999: 2-3). Un lien peut être fait avec la composante
communicationnelle dont il a été question précédemment. L'organisation qui adopte la
communication bilatérale et qui souhaite solliciter des informations provenant des
employés a avantage à leur fournir l'occasion et les médiums pour s'exprimer (Human
Engineering, 2005a: 45). D'autres proposent également que l'entreprise exige plus que le
simple respect des règles de sécurité et incite les employés à participer activement et
conjointement avec les membres de la direction (Agence européene pour la sécurité et la
santé au travail, 2012c: 11). Les employés peuvent suggérer des pistes d'amélioration,
mais aussi participer à la planification et aux prises de décisions (Human Engineering,
2005a: 39; International Atomic Energy Agency, 2002: 19). Cela favorise l'amélioration
continue et l'apprentissage organisationnel dont il a été question. Comme nous en avions
discuté, pour qu'ils puisent participer aux prises de décisions et à la définition des
objectifs en matière de sécurité, ils importent que l'organisation leur communique les
informations adéquates. L'entreprise a aussi avantage à reconnaître ceux qui s'impliquent
dans l'amélioration du processus de sécurité. Les employés ont ainsi l'impression que leur
participation importe.
79
En somme, lorsque l'on parle d'une culture de sécurité mature, c'est que l'ensemble des
employés participe. C'est une responsabilité et un objectif commun que celui de prévenir
les incidents pouvant entraîner des blessures (Filho, Andrade et Marinho, 2010: 621;
Foster et Hoult, 2013: 63; Hale, 2000, cité par Safety Institute of Australia Ltd, 2014: 11).
Comme le souligne Hale, 2000, (cité par Safety Institute of Australia Ltd, 2014: 11,
traduction libre), idéalement, « tous les membres de l'organisation doivent sentir qu'ils
participent au processus de définition, de priorisation et de contrôle des risques
organisationnels pour la sécurité. » Tout le monde croit en l'importance de la sécurité
comme valeur d'entreprise et agit continuellement pour faire en sorte que l'environnement
de travail demeure sécuritaire. C'est à cette composante que nous intéressons plus
particulièrement dans cette recherche.
En somme, il semble qu'une organisation qui met en place de telles composantes puisse
atteindre une culture de sécurité plus mature. La présence d'une telle culture de sécurité
est un élément essentiel au bon fonctionnement et à l'efficacité du système de sécurité de
l'entreprise (Piers, Montijn et Balk, 2009: 4).
En premier lieu, considérons la définition du Centers for Disease Control and Prevention
(2013a), l'agence gouvernementale dont le mandat est la protection de la santé des
citoyens américains:
« culture of health is the creation of a working environment where employee health and
safety is valued, supported and promoted through workplace health programs, policies,
benefits, and environmental supports. Building a Culture of Health involves all levels of
the organization and establishes the workplace health program as a routine part of
business operations aligned with overall business goals. »
Cette définition rend compte de certains aspects pertinents pour notre recherche. D'abord,
alors que l'on pourrait croire, à la première lecture, que l'organisation s'intéresse
81
Comme c'était le cas avec la définition du Centers for Disease Control and Prevention
(2013a), une culture de promotion de la santé au travail se rapporte à un environnement
de travail favorable à la promotion de la santé et aux politiques organisationnelles y étant
associées.
Comme nous venons de l'illustrer, les définitions proposées dans la littérature sur la
culture de promotion de la santé au travail restent vagues. Par exemple, dans la définition
du Centers for Disease Control and Prevention (2013a), l'utilisation du terme health and
safety porte à confusion. Alors qu'il réfère normalement à la santé et la sécurité au travail
(SST), il semblerait que dans cette définition, il comprenne également les autres sphères
de la santé (santé psychologique et habitudes de vie). Aussi, nous avons constaté que
certains auteurs parlent d'une culture de promotion de la santé, mais s'intéressent
uniquement à l'adoption de saines habitudes de vie par les individus. Comme en fait part
Aldana et al. (2012: 414) : « the body of organizational factors that promote healthy
lifestyle choices has been collectively referred to as a "worksite culture of health" ». De
plus, dans les deux définitions que nous avons retenues, le rapport aux différentes théories
sur la culture organisationnelle, présentées à la section 2.4.1, n'est pas évident. En effet,
82
À notre avis, bien qu'elles proposent quelques éléments intéressants, ces définitions sont
incomplètes. C'est pourquoi nous proposerons, dans le chapitre suivant qui porte sur le
cadre théorique, notre propre définition de ce qu'est une culture de promotion de la santé
au travail.
CHAPITRE 3- CADRE THÉORIQUE
Les différents concepts de ce mémoire ayant maintenant été exposés, ce chapitre présente
notre proposition de recherche. Nous y ferons un retour sur la question de recherche,
exposerons les éléments théoriques reliés à cette question et prendrons soin de définir les
principales variables qui la composent. Cela nous permettra d'introduire et de justifier
notre proposition de recherche.
une part de responsabilité dans l'amélioration de sa santé. Puis, comme il en a déjà été
question, une organisation qui désire faire la promotion de la santé au travail sera
avantagée par la mise en place d'un processus basé sur l'amélioration continue. Le
principe d’amélioration continue suppose une interaction constante entre les employés et
la direction qui doivent travailler conjointement à réévaluer et améliorer le processus de
promotion de la santé (ENWHP, 2007, cité par Agence européene pour la sécurité et la
santé au travail, 2012b: 9; World Health World Health Organization, 2010b: 3). En
participant au processus, les employés discutent, suggèrent et prennent continuellement
part aux décisions. Cette participation des employés au processus de promotion de la
santé au travail peut prendre différentes formes. Cela contribue à ajuster et à améliorer le
processus, et donc la promotion de la santé.
Ces considérations motivent la définition que nous proposons, dans cette recherche, de la
participation des employés au processus de promotion de la santé : les diverses formes
d'implication des employés à la prise de décisions, et ce, tout au long du processus de
promotion de la santé au travail.
Un parallèle peut être fait entre les composantes associées au développement d'une
culture de sécurité et celles reliées au développement d'une culture de promotion de la
santé au travail. En effet, une culture de promotion de la santé suppose la présence d'une
culture de sécurité, car la sécurité est l'une des trois sphères d'intervention en promotion
de la santé. Pour cette raison, et puisque rien de tel n'existe pour une culture de promotion
de la santé au travail, les composantes que nous retenons s'inspirent fortement de celles
85
présentées à la section 2.5.2 sur la culture de sécurité. Seule l'appellation a été adaptée
afin qu'elle corresponde au concept de promotion de la santé au travail. Ces composantes
figurent au Tableau 3.1. Rappelons, comme présenté à la section 2.3.4.1, que la
communication, la formation et l'engagement des gestionnaires sont également favorables
à la participation des employés. Cela démontre encore une fois l'importance de la
participation des employés pour favoriser une culture de promotion de la santé au travail.
En plus d'être une composante associée au développement d'une culture de promotion de
la santé au travail, elle est étroitement liée à d'autres composantes qui le sont aussi.
Comme expliqué à la section 2.5, pour Antonsen (2009: 45), la prise en compte des trois
dimensions de l'organisation est particulièrement approprié pour l'étude d'une culture de
sécurité. Selon certains auteurs, dont Antonsen fait partie, la culture de sécurité est un
élément constitutif de la culture organisationnelle. Ainsi, pour étudier la culture
organisationnelle, et donc la culture de sécurité, il convient de s'intéresser aux dimensions
structurelles et interactionnelles qui entrent également dans la composition de
l'organisation. Autrement dit, et pour adapter cela aux termes de notre recherche, pour que
l'on puisse parler d'une culture de promotion de la santé au travail et de la création d'un
environnement qui valorise la santé au quotidien, il doit y avoir interrelation entre les
structures, les interactions sociales et la culture organisationnelle. Puisque nous n'avons
trouvé aucun modèle qui illustre ce qu'est une culture de promotion de la santé au travail,
nous proposons d'adapter le modèle Antonsen (2009) sur la culture de sécurité, modèle
qu'a repris Eeckelaert et al. (2011) et dont il a été question précédemment. Le modèle que
nous suggérons est illustré à la Figure 3.1.
Structure
Culture de Promotion
Culture
promotion de la de la santé
organisationnelle
santé au travail au travail
Interactions
Structure
- Engagement des
gestionnaires
- Participation des
employés Culture
organisationnelle Culture de Promotion
- Priorité de la santé
promotion de la
organisationnelle au travail
- Apprentissage santé au travail
organisationnel
Interactions
- Communication
- Formation
D'abord, si l'on parle d'une culture de promotion de la santé au travail, c'est que la
promotion de la santé fait partie de la culture organisationnelle. Elle est valorisée et
intégrée aux décisions quotidiennes de l'organisation. Cela réfère à la composante
« priorité organisationnelle » et au fait qu'il n'y ait pas de conflit entre la promotion de la
santé et la productivité. L'entreprise démontre un intérêt continu pour la santé au travail.
En lien avec cela, l'organisation qui adopte un processus de promotion de la santé basé sur
88
l'amélioration continue doit se mettre constamment à jour. C'est pourquoi nous jugeons
que la composante « apprentissage organisationnel » fait partie de la dimension « culture
organisationnelle ». Elle démontre l'intérêt qu'a l'organisation de faire de la santé une
priorité quotidienne pour tous ses membres.
Ensuite, nous pouvons penser que lorsque les gestionnaires croient en l'importance
d'investir et de s'impliquer en promotion de la santé, cela facilite l'adoption de la santé
comme valeur d'entreprise. Cela réfère à la composante « engagement des
gestionnaires ». Ce sont les membres de la haute direction qui choisissent si l'organisation
adopte ou non une politique et des pratiques de gestion favorables à la santé. Ce sont eux
qui dégagent des ressources pour la promotion de la santé au travail. Précisions que
l'« engagement des gestionnaires » en promotion de la santé inclut non seulement
l'implication des hauts dirigeants, mais aussi des superviseurs immédiats. Après tout, ces
derniers interagissent au quotidien avec les individus et font en sorte que la santé soit
abordée, valorisée et encouragée au quotidien, dans leur département respectif. Ce sont
les superviseurs immédiats qui traduisent et mettent en valeur, sur le terrain, les choix et
les objectifs de la haute direction. Ainsi, que ce soit les membres de la haute direction ou
les superviseurs immédiats, ces gestionnaires agissent comme modèle en démontrant
l'importance de la promotion de la santé et en adoptant des comportements adéquats.
structurelle. Les diverses formes que peut prendre la participation des employés sont
d'ailleurs le reflet de la structure organisationnelle.
Bref, les trois dimensions de l'organisation doivent être étroitement liées. Pour que la
promotion de la santé fasse partie de la culture organisationnelle, il importe que la
direction s'engage à en faire une priorité quotidienne au même titre que la productivité
(culture organisationnelle). Or, une structure hiérarchique et une responsabilité
exclusivement de haut en bas ne sont pas suffisantes (structure). L'organisation doit
trouver le moyen d'encourager et de favoriser les interactions sociales entre les hauts
dirigeants, les superviseurs immédiats et les employés (interactions). Tous ces éléments
font en sorte que l'on est en présence d'un environnement qui favorise la promotion de la
santé et qui encourage les individus à adopter des comportements sains.
Pour toutes ces raisons et en lien avec le modèle que nous proposons, voici la définition
que nous retenons de la culture de promotion de la santé au travail. Il s'agit d'un
environnement de travail au sein duquel les employés et les employeurs collaborent
constamment pour prioriser et valoriser, au quotidien, la santé et le bien-être des
90
Le fait que les employés participent activement aux différentes étapes du processus de
promotion de la santé permet de veiller à ce qu'il soit efficace parce qu'ajusté aux désirs,
aux préoccupations, aux besoins et à la réalité des employés (Commission on Health and
Safety and Workers' Compensation, 2010: 20; Grawitch et al., 2009: 127-128). En effet,
ce sont eux qui sont les mieux placés pour savoir ce qui doit être fait sur le terrain. La
promotion de la santé au travail vise justement à modifier les comportements des
travailleurs, alors l'entreprise doit s'adapter et les consulter.
sécurité, et tel que reproduit à la Figure 3.3, il est possible de mettre côte à côte le
développement de la culture de sécurité et le processus basé sur l'amélioration continue.
En somme, les avantages que nous venons de présenter démontrent que la participation
constante des employés au processus de promotion de la santé contribue au
développement d'une culture de promotion de la santé au travail.
Pour faire le lien entre nos trois variables, une organisation qui cherche à assurer la
réussite d’un processus continu de promotion de la santé au travail sera avantagée par une
93
Pour toutes les raisons présentées plus tôt dans la revue de la littérature et dans le cadre
théorique, notre proposition, illustrée à la Figure 3.4, est la suivante : nous supposons que
la participation des employés au processus de promotion de la santé au travail contribue
au développement d'une culture de promotion de la santé au travail.
Nous testerons cette proposition de manière empirique et reporterons les résultats obtenus
au cinquième chapitre. Pour ce faire, nous décrirons d'abord le processus de collecte de
données et les instruments de mesure que nous avons développés. Ces éléments seront
présentés au chapitre suivant.
CHAPITRE 4 - MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE
Dans ce chapitre, nous justifierons les choix méthodologiques qui nous ont permis
d'étudier la problématique à l'étude et de répondre à notre question de recherche. Nous
exposerons d'abord la démarche de recherche et expliquerons ensuite les éléments
particuliers qui la composent, à savoir : la méthode de collecte de données, le terrain de
recherche, les outils développés pour mesurer la participation des employés au processus
de promotion de la santé ainsi que la culture de promotion de la santé au travail, et
finalement, la technique d'analyse de données.
Pour ces diverses raisons, notre recherche s'inspire des travaux en santé et sécurité du
travail (SST). Comme nous l'avions mentionné, des parallèles pertinents peuvent être
établis avec notre sujet. Les deux domaines misent sur des processus d'intervention
semblables basés sur l'amélioration continue et sont fondés sur le principe de la
collaboration entre les employeurs et les employés. Plusieurs des leçons apprises en santé
et sécurité du travail (santé physique des travailleurs) sont ainsi transférables en
promotion de la santé au travail, qui se veut un élargissement du champ de la santé et
sécurité au travail.
Globalement, pour parvenir à répondre à notre question de recherche, nous avons procédé
comme suit. Des données ont été collectées par l’entremise d’entretiens semi-directifs. Le
contenu de ces entretiens a ensuite été retranscrit mot par mot, traité et codé à l'aide du
95
logiciel NVivo10. Les codes ont été utilisés pour estimer des scores numériques à l'aide
de deux outils que nous avons bâtis. L’un permet d'apprécier la participation des
employés au processus de promotion de la santé et l’autre, d'estimer le niveau de
développement de la culture de promotion de la santé au travail. Ce dernier est inspiré
d’outils provenant du champ de la santé et sécurité du travail, notamment de ceux
proposés pour mesurer la culture de sécurité (safety culture). Finalement, les scores que
nous avons calculés, en intégrant les données codées à nos deux outils, ont permis de faire
des analyses statistiques simples et de répondre à notre question de recherche. Ces
éléments seront précisés dans les sections suivantes.
Bien que ces avantages justifient le choix de notre méthode, quelques inconvénients y
sont également associés. Premièrement, comme nous l'avons énoncé plus tôt, la liberté
96
que confèrent les entretiens qualitatifs et le fait que le chercheur puisse reformuler et
ajuster les questions pendant l'entretien rend difficile la standardisation (Poupart, 1997:
200). Comme l'expliquent Patton (1980, cité par Poupart, 1997: 185) et Burgess (1984,
cité par Poupart, 1997: 185), « [...] une trop grande non-directivité nuit à la généralisation
des résultats en rendant plus difficiles les comparaisons entre les entretiens. » Afin de
pallier à cette limite, nous avons pris soin de développer une grille d'entretien détaillée et
d'y inclure plusieurs sous-questions. Cela pour permettre une certaine liberté aux
participants et au chercheur, tout en répondant au manque de généralisation souvent
associé à cette approche. Nous voulions nous assurer que les répondants abordent les
mêmes thèmes, ce qui facilite la comparaison.
probabiliste en ce sens que nous souhaitions rejoindre des entreprises et des répondants en
particulier. Deslauriers (1991: 97) explique justement que « [...] l'échantillon [non
probabiliste] ne se constitue pas au hasard, mais en fonction de caractéristiques précises
que le chercheur veut étudier. »
Ainsi, sauf pour un cas, les entreprises auxquelles nous nous sommes intéressés sont
certifiées « Entreprise en santé » par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Ces
entreprises ont implanté la norme BNQ 9700-800 « Prévention, promotion et pratiques
organisationnelles favorables à la santé en milieu de travail » appelée couramment
« Entreprise en santé ». Cette norme propose de bonnes pratiques organisationnelles pour
encourager la santé du personnel en misant sur un processus structuré de promotion de la
santé au travail. Celui-ci est basé sur le principe d'amélioration continue et sur la
collaboration des intervenants en milieu de travail. Comparer des entreprises certifiées,
qui utilisent plus ou moins le même processus pour promouvoir la santé au travail, rend
possible une certaine standardisation de notre échantillon. Qui plus est, la certification a
permis d'assurer que ces organisations avaient quelques initiatives et pratiques
organisationnelles en place pour favoriser la santé au travail. Cela est pertinent puisque
nous souhaitions nous entretenir avec des entreprises qui sont les plus susceptibles d'avoir
une culture développée en promotion de la santé au travail.
Pour identifier ces entreprises, nous avons consulté la liste publique des certificats et des
attestations fournie par le BNQ (Bureau de normalisation du Québec, n.d.) sur leur site
Web, des articles parus sur Internet et des témoignages d'entreprises certifiées se
retrouvant sur le site du « Groupe entreprises en santé ». Ce dernier est un organisme sans
but lucratif à l'origine de la création de la norme « Entreprise en santé » et qui aide
aujourd'hui les entreprises à implanter la norme (Groupe entreprises en santé, 2013). À
partir des descriptions générales des processus de promotion de la santé, des activités
associées ainsi que des dates de certification, nous avons identifié les organisations qui
semblaient être relativement avancées en matière de promotion de la santé au travail.
Prenons soin de souligner qu'une des entreprises de notre échantillon n'a pas la
certification « Entreprise en santé ». Malgré que plusieurs indicateurs laissaient croire que
cette entreprise était certifiée, nous avons appris plus tard que ce n'était pas le cas. Pour
98
Deuxièmement, une fois la liste des seize entreprises auxquelles nous nous intéressions
dressée, nous avons identifié, pour chacune d'elles, le nom et les coordonnées de la
personne ressource en santé au travail. Pour ce faire, nous nous sommes servis des
publications parues sur Internet, notamment de celles présentées sur le site du « Groupe
entreprises en santé ». Les noms des responsables de la santé des organisations y sont
souvent identifiés. Dans d'autres cas, nous avons appelé la compagnie directement pour
obtenir ces noms. Par la suite, et dans la majorité des cas, nous avons contacté les
personnes ressources de chacune des entreprises par courriel. Nous avons pris soin de leur
envoyer un résumé de notre projet de recherche ainsi qu'une description précise de ce
dont nous avions besoin pour réaliser l'étude. Les personnes ressources étaient en mesure
de juger si oui ou non leur programme de promotion de la santé correspondait à nos
besoins et si leur entreprise acceptait de prendre part à notre recherche. Parmi les seize
entreprises que nous avons contactées, onze ont finalement accepté de participer à notre
étude.
Nous avons demandé à ces entreprises de nous fournir le nom d'un responsable de la santé
au travail (souvent la personne-ressource elle-même), d'un membre de la direction au
courant du processus de promotion de la santé et d'employés ayant participé, d'une
quelconque façon, au processus. Ces choix de répondants s'accordent avec la perspective
de certains auteurs qui mentionnent l'importance, lorsque l'on s'intéresse à la culture
99
Par souci de confidentialité, nous avons demandé à la personne ressource, lorsque c'était
faisable, de nous fournir les noms de deux ou trois employés afin d'en choisir un au
hasard. De cette façon, il est plus difficile pour l'organisation de retrouver les propos des
employés qui ont participé à notre recherche. Comme nous l'avions anticipé dans notre
formulaire d'éthique, ce ne sont pas toutes les entreprises qui ont été en mesure ou qui ont
accepté de nous fournir plusieurs noms. Lorsque c'était le cas, l'employé était avisé qu'il
avait été désigné par la personne-ressource.
Puisqu'il n'y a souvent qu'un représentant de la santé et qu'un seul membre de la direction
responsable du programme de promotion de la santé par entreprise, nous n'avons
demandé qu'un seul nom pour ces deux répondants. Spécifions toutefois que, dans le cas
d'une entreprise de petite taille, le responsable de la santé et le membre de la direction ne
faisaient qu'un.
Malgré cela, dans la grande majorité des cas (10 entreprises sur 11), nous avons pu
recueillir des points de vues variés selon les tâches et la position hiérarchique des
répondants. Bien sûr, nous n'avons pas la prétention de dire que le fait de rencontrer trois
types de répondants permette une généralisation des résultats pour une même entreprise.
Or, c'est une façon de pallier partiellement à cette limite. Nous prenons tout de même soin
d'interpréter nos résultats avec prudence et de considérer que notre recherche fournit des
pistes intéressantes pour les prochaines études qui porteront sur le sujet.
code allant de l'Ent1 à l'Ent11 leur a été donné. De la même manière, certains répondants
ont préféré que l'on ne divulgue pas le titre de leur poste. Ainsi, la lettre R désigne le
responsable de la santé au travail, la lettre D le membre de la direction et la lettre E
l'employé. Ces codes sont utilisés pour présenter les résultats de notre recherche.
Mentionnons quelques éléments généraux par rapport à notre grille d'entretien présentée à
l'Annexe 1. L'examen de la grille permet de constater que nous avons quelque peu adapté
l'appellation des concepts de cette recherche pour qu'elle soit conforme à celle utilisée
dans la norme « Entreprise en santé ». Cela pour faciliter le dialogue avec les entreprises
que nous interrogeons et qui connaissent, utilisent et maîtrisent les termes de la norme.
Par exemple, dans le questionnaire, plutôt que d'utiliser le terme « promotion de la santé
au travail », nous avons utilisé le terme « promotion de la santé et du mieux-être au
travail ». Il en va de même pour l'expression « culture de promotion de la santé et du
mieux-être au travail ».
Puis, la grille d'entretien comporte une légende qui permet à l'intervieweur de préciser à
quel acteur organisationnel s'adressent les questions. Par exemple, la lettre E représente
les questions destinées aux employés. La légende offre également la possibilité
d'identifier les éléments du questionnaire correspondant à des exigences prescrites par la
norme pour obtenir la certification « Entreprise en santé » (Es) ou « Entreprise en santé
élite » (EsE). Cette dernière est associée à un niveau d'exigences plus élevé que la
première désignation. Ainsi, l'interviewer peut s'ajuster à la réalité de l'organisation.
Finalement, avant d'amorcer les questions directement liées à notre sujet de recherche,
nous avons pris soin de recueillir de l'information générale sur le programme de
promotion de la santé au travail et sur les motivations des entreprises à adopter de tels
101
programmes. Une fois cette étape réalisée, nous débutions par des questions sur la
participation des employés au processus de promotion de la santé au travail et
enchaînions avec des questions sur la culture de promotion de la santé au travail. Nous
expliquerons maintenant ces deux sections de notre outil de collecte de données.
Comme nous en avons discuté, il est souhaitable que les employés participent tout au long
du processus pour que les interventions en matière de promotion de la santé au travail
soient constamment améliorées. Tout comme les écrits portant sur les formes de
participation des employés, ceux qui tentent d'associer ces formes aux différentes étapes
du processus de promotion de la santé au travail sont rares, voir absents. À notre avis, il
est intéressant et pertinent d'anticiper les formes de participation à chacune des étapes de
ce processus. C'est ce que nous avons tenté de faire et qui est représenté à la Figure 4.1.
Afin d'y parvenir, nous avons associé les définitions des étapes du processus de
promotion de la santé (voir section 2.2.4.1 sur la description de chacune des étapes) avec
les écrits en santé et sécurité au travail qui décrivent en quoi consistent les différentes
103
formes de participation des employés (voir section 2.3.4.2). À titre d'exemple, attardons-
nous au système de suggestions. Cette forme de participation permet aux employés de
donner leur avis à diverses étapes du processus. Ils peuvent émettre des suggestions lors
de l'étape « estimer », c'est-à-dire pendant la collecte de données, mais ils peuvent aussi le
faire au moment de prioriser les interventions, de développer le plan d'action ou encore
lors de l'amélioration du processus. Nous ne pouvons rien prétendre quant à l'exactitude
de cette schématisation. Toutefois, cet exercice a été utile pour développer la section du
guide d'entretien portant sur les formes de participation des employés au processus de
promotion de la santé au travail. Il a permis d'anticiper et de préciser les réponses des
participants quant aux degrés d'intensité décisionnelle associés aux différentes formes de
participation.
Revenons au déroulement de l'entretien. Nous posions une question générale sur chacune
des formes et prenions soin de détailler cette question en y ajoutant quelques sous-
questions. Cela, pour assurer que les réponses des participants prenaient des directions
semblables et que les différents éléments présents dans la littérature étaient couverts. Bien
souvent, ces sous-questions permettaient de comprendre si le rôle des employés est
consultatif ou s'il comprend un pouvoir décisionnel.
La section du guide d'entretien portant sur la participation se termine avec une question au
sujet des pratiques organisationnelles que les chercheurs identifient souvent comme
favorisant la participation des employés (p.ex. reconnaissances et soutien des pairs). Cette
dernière question permettait d'entamer la section sur la culture de promotion de la santé
au travail et sur ses différentes composantes.
104
Figure 4.1 : Les formes de participation des employés aux différentes étapes du processus de promotion de la santé au travail
105
Encore une fois, le guide comprend une question générale par composante. Celle-ci est
assortie de sous-questions afin d'obtenir le plus d'informations possible de la part des
répondants. Pour les sous-questions, nous nous sommes inspirés des écrits en santé et
sécurité du travail, provenant d'organismes et d'auteurs crédibles, qui détaillaient les
composantes favorisant le développement d'une culture de sécurité (Filho, Andrade et
Marinho, 2010: 620-622; Human Engineering, 2005a: 9, 39; 2005b: 8-19; International
Atomic Energy Agency, 2002: 10-14; López de Castro et al., 2013: 234) .
Énonçons en terminant que, dans l'ensemble, le guide d'entretien était semblable pour les
trois répondants de chaque entreprise. Toutefois, quelques questions étaient uniquement
adressées aux gestionnaires et au responsable de la santé au travail (p.ex. est-ce que les
gestionnaires sont évalués quant à leur implication en santé au travail? ), car nous jugions
que les employés n'étaient pas nécessairement en mesure d'y répondre.
Bien que quelques entretiens aient été réalisés en personne, la majorité (24/32) a été
conduite par téléphone. Certaines raisons expliquent ce choix. Avant de débuter la
collecte de données, nous avions prévu procéder par téléphone uniquement pour les
entreprises qui se situent à l'extérieur de la grande région de Montréal. Cela représente 5
des 11 entreprises de notre échantillon. Nous avons finalement procédé de la sorte pour
certaines entreprises situées dans la grande région de Montréal. En raison de la période
106
des vacances estivales et des disponibilités limitées des candidats, cela permettait de
réduire la durée de chaque entretien et celle du processus global d'entrevue. Certains
candidats ont d'ailleurs mentionné pouvoir participer plus rapidement si l'entrevue se
déroulait au téléphone.
Le déroulement des entrevues variait quelque peu s'il s'agissait d'une entrevue en
personne ou d'une entrevue téléphonique. En effet, avant de commencer les entrevues en
personne, les répondants devaient signer l'accord de confidentialité et accepter
l'enregistrement de leurs propos en conformité avec les normes d'éthique de la recherche.
Au téléphone, ce consentement avait été fait, au préalable, par courriel. Finalement,
autant pour les entrevues en personne que pour les entrevues au téléphone, nous
expliquions le projet aux répondants et nous répondions à leurs interrogations.
visité le site Web de chacune des organisations et avons parcouru des articles sur
l'obtention, par ceux-ci, de la certification « Entreprise en santé ». Ces documents nous
ont été utiles non seulement pour l'analyse, mais aussi pour préparer les entrevues. Encore
une fois, bien que nous ayons fait la recherche de manière uniforme, ces informations
n'étaient pas disponibles pour toutes les organisations.
En deuxième lieu, les données provenant des entrevues et des documents ont été triées par
entreprise et par répondant et ont ensuite été traitées et codées à l'aide du logiciel NVivo
10. Les données ont été regroupées en dix-sept « nœuds », pour reprendre l'expression du
logiciel NVivo 10 : cinq nœuds référant aux cinq composantes d'une culture de promotion
de la santé au travail, onze nœuds référant aux onze formes de participation des employés
au processus de promotion de la santé au travail et finalement, un nœud dans lequel nous
répertorions les motivations des organisations à adopter un tel processus. Les différents
nœuds se détaillaient en sous-nœuds. Ces sous-nœuds s'inspirent de deux grilles d'analyse
que nous avions construites et qui sont présentées ci-dessous.
En effet, afin de procéder au codage des données et à l'analyse de contenu dans NVivo 10,
nous avions préalablement élaboré deux grilles d'analyse : une pour évaluer le niveau
d'intensité de la participation des employés au processus de promotion de la santé au
travail et l'autre pour évaluer le niveau de développement d'une culture de promotion de
la santé au travail.
Pour les formes de participation décisionnelles, le codage est plus complexe étant donné
les diverses manifestations que ces formes peuvent prendre. C'est le cas pour les formes
associées à un score de 1,5 point à la Figure 4.2. Par exemple, si l'organisation s'attend à
ce que les employés prennent part aux décisions, que leurs solutions sont généralement
acceptées et qu'elles nécessitent uniquement une approbation finale de la direction (p.ex.
budget), nous lui accordions un score de 1,5 point et la codions à « déci1,5 ». Un score de
1,5 point a aussi été attribué lorsque les employés prennent part aux décisions, mais que
la forme de participation ne semble pas être la norme. Pensons à une entreprise qui
encourageait les employés à participer à des sous-comités décisionnels, lors de
l'implantation du processus de promotion de la santé, sans toutefois continuer à le faire
par la suite. Une forme pouvait aussi être classée à « déci1,5 » lorsque les employés
organisent des activités ou des conférences et que cela fait partie de leur travail de le
faire. Pensons à un individu dont la tâche consiste à offrir des conférences santé aux
clients de l'entreprise et qui donne cette même conférence aux employés de l'entreprise.
Certes l'employé à un pouvoir décisionnel en ce qui concerne le contenu de la conférence,
mais ce pouvoir découle de ses tâches courantes et non d'une participation pleinement
volontaire. Finalement, lorsque les employés participent régulièrement au processus de
promotion de la santé, qu'ils sont libres de prendre des décisions et qu'aucune validation
n'est requise, la forme était codée à « déci2 ». Cela signifie que cette forme reçoit le score
maximal de 2 points.
Tableau 4.2 : Le détail du codage pour les formes de participation des employés
Pour nous aider à déterminer le score à attribuer lors du codage, nous avions construit la
troisième colonne de la grille d'analyse. Nous y avions inscrit des exemples et des critères
afin de nous assurer d'être constants dans notre façon de faire. Nous avons ensuite
transposé, pour chaque entreprise et par répondant, les résultats du codage dans un
tableau identique au Tableau 4.3.
Ce tableau nous permet d'obtenir, pour chacun des répondants, un score respectif pour les
onze formes de participation, dont la somme est le score total par répondant. En faisant la
moyenne du score total des trois répondants, nous obtenons la moyenne par entreprise.
Plus cette moyenne se rapproche de 19, plus la participation des employés au processus
de promotion de l'entreprise est décisionnelle et d'intensité élevée. De façon générale, une
entreprise qui consulte ses employés tout au long du processus de promotion de la santé
au travail, qui tient compte de leurs besoins et qui les encourage à se joindre au processus
décisionnel devrait obtenir un score plus élevé qu'une entreprise qui sollicite uniquement
les suggestions des employés tout en leur dictant quoi faire. Cela rejoint la perspective
d'Eyceoz (2009: 27) et de Grawitch et al. (2009: 126)
111
Entreprisex
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participationa de répondantb
R D E
Sondages /1
Suggestions /1
Identification des risques /1
Focus Groups /2
Comité /2
Sous-comités /2
Ambassadeur /2
Organisation d'activités /2
Conférences/Témoignages /2
Dév. moyens communication /2
Projets Pilotes /2
Total par répondant /19
Moyenne par entreprise
a
/1 : forme uniquement consultative (recommandations et commentaires seulement) ; score maximal = 1
/2 : forme pouvant être consultative ou décisionnelle (participation aux décisions) ; score maximal = 2
b
R : responsable de la santé; D: membre de la direction; E. : employé
comme ceux des industries pétrochimique et nucléaire. Tel que mentionné précédemment,
nous avons procédé ainsi puisqu'il n'existe pas d'instrument ou d'outil global pour mesurer
la culture de promotion de la santé au travail.
Tel que le révèle notre grille d'analyse, la culture de promotion de la santé au travail d'une
entreprise peut être catégorisée comme étant : inactive (I), réactive (R), active (A),
proactive (P) ou en amélioration continue (AC). Pour déterminer le niveau global de
développement de la culture de promotion de la santé au travail pour chaque entreprise de
notre échantillon, nous avons établi un score respectif pour les cinq principales
composantes de la culture et avons ensuite fait la moyenne de ceux-ci.
Nous décrirons maintenant comment nous sommes parvenues à statuer des niveaux de
développement de chacune de ces cinq composantes. Ces composantes viennent du
Tableau 3.1 présenté à la revue de la littérature. Nous avons d'abord répertorié les six
composantes associées à une culture de promotion de la santé au travail. Ces composantes
sont la priorité organisationnelle accordée à la promotion de la santé, l'engagement des
gestionnaires (membre de la direction et superviseurs immédiats), la communication,
l'apprentissage organisationnel, la formation et la participation des employés. Notons que
nous ne tenons pas compte, dans l'analyse du niveau de développement de la culture, de la
composante « participation des employés ». Il convient de l'exclure de la mesure du
niveau de développement de la culture de promotion de la santé au travail, car le but de
cette recherche est justement d'établir le rôle de la participation des employés sur ce
niveau de développement. Ceci explique pourquoi nous avons développé une grille
séparée pour mesurer la participation.
Composantes Caractéristiques
Sous-caractéristiques
(Codes) (Sous-codes)
Responsabilité de
l'individu vs de
Priorité_importance de la santé
l'organisation (ind vs orga)
Priorité (Prio_impSanté)
Niveau d'intégration de la
organisationnelle
santé au travail
(Prio_)
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) S.O.
Priorité_responsabilité pour la santé
S.O.
(Prio_resp)
Sont-ils des modèles?
Engagement _haute direction Encouragements et
(Lead_EngaHD) récompenses
Initiatives
Responsabilité_ haute direction
S.O.
Engagement des (Lead_RespHD)
gestionnaires Sont-ils des modèles?
(Lead_) Encouragements et
Engagement_superviseurs immédiats
récompenses
(Lead_EngaS)
Accessibilité et ouverture
Initiatives
Responsabilité_ superviseurs immédiats
S.O.
(Lead_RespS)
Communication_comment
S.O.
(Comm_Comment)
Communication Communication_par qui (Comm_ParQui) S.O.
(Comm_) Communication_combien (Comm_Comb) S.O.
Communication_pour qui
S.O.
(Comm_PourQui)
Apprentissage Apprentissage_évaluation (App_Éval) S.O.
organisationnel Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) S.O.
(App_) Apprentissage_bons coups (App_BonsC) S.O.
Formation_contenu (Form_Contenu) S.O.
Formation Formation_ pour qui (Form_PourQui) S.O.
(Form_) Formation_ nouvel employé
S.O.
(Form_NewYé)
Comme nous l'avions mentionné, chacune des cinq composantes a été associée à un code
et celui-ci est divisé en sous-codes. Les sous-codes, exposés au Tableau 4.4, représentent
les caractéristiques de chacune des composantes et ont été adaptés pour les cinq différents
niveaux de développement de la culture : inactive (I), réactive (R), active (A), proactive
(P) ou en amélioration continue (AC). Le Tableau 4.5 illustre l'exemple des sous-codes
associés à l'une des composantes de la culture de promotion de la santé, la priorité
organisationnelle, pour chacun de ces niveaux.
Tableau 4.5 : Le détail du codage pour une des cinq composantes d'une culture de
promotion de la santé
Codes Sous-Codes
(composantes) (caractéristiques)
Prio_impSanté _I
Prio_impSanté _R
Prio_impSanté _A
Prio_impSanté _P
Prio_impSanté _AC
Prio_perfo_I
Prio_perfo_R
Priorité organisationnelle
Prio_perfo_A
(Prio_)
Prio_perfo_P
Prio_perfo_AC
Prio_resp_I
Prio_resp _R
Prio_resp _A
Prio_resp _P
Prio_resp_AC
d'analyse ce qui nous a permis d'arriver à des codes. Ensuite, nous les comparions aux
particularités des caractéristiques et des sous-caractéristiques, énoncées dans la grille
d'analyse et bonifiées d'exemples typiques, afin de les associer à un des cinq niveaux de
développement. Un score allant de 1 à 5 est relié à chacun de ces niveaux : inactif (I) = 1
point, réactif (R) = 2 points, actif (A) = 3 points, proactif (P) = 4 points et amélioration
continue (AC) = 5 points.
Qui plus est, notre grille d'analyse sur les formes de participation aux décisions en matière
de promotion de la santé au travail offre plusieurs avantages. Elle permet à la fois
d'identifier les formes et d'évaluer leur intensité décisionnelle. En comparant les
informations de plusieurs entreprises, il est également possible de constater quelles
formes de participation sont plus ou moins fréquentes.
116
Entreprisex
Niveau de développement
Composantes
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté)
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo)
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp)
Moyenne priorité organisationnelle
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD)
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD)
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS)
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS)
Moyenne engagement des gestionnaires
Communication_comment (Comm_Comment)
Communication_par qui (Comm_ParQui)
Communication_combien (Comm_Comb)
Communication_pour qui (Comm_PourQui)
Moyenne communication
Apprentissage_évaluation (App_Éval)
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour)
Apprentissage_bons coups (App_BonsC)
Moyenne apprentissage organisationnel
Formation_contenu (Form_Contenu)
Formation_ pour qui (Form_PourQui)
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé)
Moyenne formation
Moyenne totale par répondant
Moyenne pour l'entreprise
a
Pour faciliter la compréhension du tableau, nous avons détaillé la signification des codes utilisés dans
NVivo qui figurent entre parenthèses.
Plus précisément, en ce qui concerne notre recherche, ces deux grilles sont des outils
précieux qui nous ont permis d'effectuer des analyses statistiques simples, dans le but de
répondre à notre proposition de recherche. Celle-ci suppose que le niveau de participation
des employés au processus de promotion de la santé au travail joue un rôle dans le
développement d'une culture de promotion de la santé au travail. Passons maintenant au
prochain chapitre qui détaille les résultats de notre recherche ainsi que la discussion.
CHAPITRE 5 - PRÉSENTATION DES RÉSULTATS ET DISCUSSION
Dans ce chapitre, les résultats et la discussion seront exposés simultanément afin de
simplifier le texte. Nous présenterons d'abord les entreprises qui composent l'échantillon
et ferons état des motivations de ces organisations à adopter un processus de promotion
de la santé. Nous nous intéresserons ensuite aux résultats sur la participation des
employés au processus de promotion de la santé au travail, à savoir les formes de
participation et leur niveau d'intensité décisionnelle. Suivront les résultats associés au
niveau de développement de la culture de promotion de la santé au travail et les
composantes qui définissent cette culture. Par la suite, nous revenons sur notre
proposition de recherche en faisant état de la relation entre le niveau d'intensité total de la
participation des employés au processus de promotion de la santé et le développement
d'une culture de promotion de la santé au travail. Nous terminerons le chapitre avec une
évaluation de l'importance relative de chacune des composantes d'une culture de
promotion de la santé au travail sur le niveau de développement de cette culture.
La majorité des entreprises (6/11) sont de grande taille alors que trois sont de petite taille
et deux de taille moyenne. En ce qui a trait au secteur d'activité, cinq entreprises œuvrent
dans le secteur des soins de santé et assistance sociale, trois dans celui de la finance et
assurances, et trois dans celui des services professionnels, scientifiques et techniques.
Ainsi, le secteur des soins de santé et assistance sociale est celui qui est le plus présent
dans notre échantillon. Nous pouvons supposer qu'ayant la santé de la population ou de
leurs clients comme mission première, ces organisations croient en l'importance d'adopter
118
un processus de promotion de la santé pour leur personnel. Un lien peut être fait avec les
motivations dont il sera question ci-après.
Dans le Tableau 5.2, nous avons répertorié, pour chacune des entreprises, leurs
motivations à mettre en place un processus de promotion de la santé. Nous avons pris soin
de distinguer les motivations provenant de la littérature (L) de celles provenant de la
pratique, c'est-à-dire de cette recherche (P). Ces dernières, bien que n'étant pas
mentionnées dans la littérature, ont été identifiées par les répondants lors des entretiens.
Remarquons que ce sont douze motivations supplémentaires qui se retrouvent dans la
catégorie (P). Les éléments clés de ce tableau sont ensuite représentés graphiquement à la
Figure 5.1.
119
Tableau 5.2 : La comparaison des motivations des entreprises à adopter un processus de promotion de la santéa
a
R : élément motivationnel identifié par le responsable de la santé au travail
D : élément motivationnel identifié par le membre de la direction
DR : élément motivationnel identifié par le répondant de l'Entreprise7 qui assume exceptionnellement le double rôle de R et D.
b
Nombre d'entreprises pour lesquelles R ou D mentionnent l'élément motivationnel
120
5
Fréquence
Motivations
a
L : motivation répertoriée dans la littérature (bande noire)
P : motivation provenant de la pratique, c'est-à-dire une motivation identifiée par les répondants et qui
n'est pas répertoriée dans la littérature (bande grise)
« Je dirai qu'il y avait une principale motivation qui était au départ de voir
comment on pourrait avoir une meilleure rétention du personnel. Ça faisait
partie d'une des stratégies qui étaient mises de l'avant de se préoccuper de
la santé au niveau de l'attraction et de la rétention parce qu'on n'est pas
dans une pénurie de ressources ici, mais on est dans une rareté. »
(Responsable_Entreprise5)
121
Ensuite, si l'on réfère à la Figure 5.1, deux éléments de motivation arrivent à égalité :
l'attraction des individus de talents et le fait de servir d'exemple pour le client lorsque la
santé fait partie de la mission de l'entreprise. Il est intéressant de mentionner que ce
dernier élément n'avait pas été identifié dans la littérature, mais que plusieurs répondants
y ont fait référence. Pour certaines entreprises de l'échantillon, la motivation d'investir
dans un processus de promotion de la santé pour leur personnel est souvent reliée au
secteur d'activité dans lequel elles œuvrent. Cet élément ressort très clairement dans les
extraits suivants :
De façon générale, les avantages dont il avait été question dans la revue de la littérature se
situent principalement à la droite du graphique. Ils semblent bel et bien expliquer les
raisons pour lesquelles les entreprises adoptent un processus de promotion de la santé au
travail. Soulignons toutefois que le terme « compétitivité » n'a pas été employé souvent.
Cela peut s'expliquer puisqu'il est un résultat organisationnel associé à d'autres éléments
motivationnels, comme l'attraction ou l'exemplarité pour les clients, qui peuvent
également aider l'entreprise à demeurer compétitive. Nous pouvons de plus supposer que
les répondants ne l'ont pas mentionné, de peur d'avoir l'air concernés par l'argent plutôt
que par le bien-être des employés. Finalement, aucun répondant n'a fait référence aux
« relations de travail » bien que l'amélioration de celles-ci est considérée comme étant un
avantage dans la littérature.
En deuxième lieu, il est intéressant de constater que les responsables de la santé et les
membres de la direction voient divers avantages à adopter un processus de promotion de
8
Par souci de confidentialité, au moment de citer les propos des répondants de l'Entreprise3, nous avons
retiré le type de répondant et n'avons conservé que l'identification de l'entreprise.
122
la santé au travail. Cependant, pour une même entreprise, les motivations rapportées par
ces deux types de répondants ne sont pas nécessairement les mêmes, comme le révèle la
Figure 5.2. Nous tenterons d'expliquer ces différences.
3
Fréquence
Motivations
a
L'ordre d'apparition des éléments motivationnels est le même que celui figurant dans le Tableau 5.2
présenté précédemment.
Observons, par répondant, les formes de motivation qui ont été le plus soulignées dans les
onze entreprises. Pour les responsables de la santé, c'est d'abord l'exemplarité pour le
client suivi, à égalité, par l'attraction des talents, la réduction des dépenses associées à la
mauvaise santé des travailleurs (p.ex. assurances santé et invalidité) et la rétention des
123
Aussi, la réduction des dépenses est l'élément motivationnel dont la différence est la plus
importante entre les répondants. Les responsables de la santé semblent y accorder plus
d'importance que les membres de la direction. Nous proposons deux explications. La
première voulant qu'il y ait eu désirabilité sociale de la part des membres de la direction
qui ont souhaité nous indiquer autre chose qu'une réduction de dépenses. La deuxième
étant que la majorité des membres de la direction croit réellement aux bienfaits de
l'adoption d'un processus continu de promotion de la santé. Ils ne le font pas uniquement
pour diminuer les coûts. Cela concorde justement avec notre résultat selon lequel la mise
en place d'une culture de bien-être/de mieux-être soit l'élément motivationnel le plus
soulevé par les dirigeants. Toutefois, si ces différences traduisent des attentes distinctes
entre les responsables de la santé et les membres de la direction quant à la mise en place
du processus de promotion de la santé, cela peut signaler un besoin accru de
communication et de partage d'informations entre ces acteurs organisationnels.
« Moi, où je pense que c'est important qu'on le fasse par les entreprises,
c'est [que] contrairement à des gens qui disent : " c'est une chose
personnelle, ça appartient aux gens. L'entreprise à pas d'affaire là-dedans,
qui se mêlent pas de ça ", on passe 3/4 de notre vie à l'intérieur de
l'entreprise. Fac si ya un message à passer, c'est le beau milieu pour le
faire. » (Responsable_Entreprise1)
« [...] alors nous on a choisi " Entreprise en santé " parce qu'il
correspondait vraiment à la philosophie que l'organisation voulait mettre en
place dans le sens que ça part vraiment de la participation des employés. »
(Direction_Entreprise6)
5.3.1 Les formes de participation des employés présentes dans les onze entreprises
Afin d'être en mesure de valider la pertinence de chacune des formes de participation
préalablement présentées, nous proposons le Tableau 5.39.
Ce tableau permet de voir pour l'ensemble des onze entreprises, combien de répondants
ont confirmé la présence de chacune des formes de participation. À titre d'exemple, alors
que tous les responsables de la santé au travail et les membres de la direction (11/11)
s'entendent pour dire que les employés peuvent émettre des suggestions en matière de
promotion de la santé au travail, ce sont neuf employés interrogés (9/11) qui confirment
la présence d'une telle forme.
9
Les symboles qui se trouvent dans ce tableau et décrits dans les notes de celui-ci seront utilisés tout au
long du chapitre. Il en va de même pour le format général du tableau. Ainsi, afin de ne pas alourdir le texte,
les notes concernant les symboles ne seront pas répétées pour chacun des tableaux.
125
Moyenne
Fréquence par type par
Formes de participation b
Écart-
de répondantc forme type
R D E ( )d (s)e
Sondages 11 11 11 11,00 0,00
Suggestions 11 11 9 10,33 1,15
Identification des risques 10 11 11 10,67 0.58
Focus groups 6 6 5 5,67 0,58
Comité 11 11 11 11,00 0,00
Sous-comité 10 9 9 9,33 0,58
Ambassadeur 9 10 11 10,00 1,00
Organisation d'activités 11 10 11 10,67 0,58
Conférences/Témoignages 7 8 8 7,67 0.58
Dév. moyens communication 8 7 6 7,00 1,00
Projets Pilotes 6 3 6 5,00 1,73
et s globaux 9,09 8,82 8,91 8,94 0,14f
a
n : nombre d’entreprises dans l’échantillon
b
La forme est comptabilisée comme absente (valeur = 0) si le répondant ne s’est pas prononcé sur
la forme ou, dans quelques rares cas, si le chercheur a oublié de poser une question sur la forme
c
R : responsable de la santé; D : membre de la direction; E : employé
d
: représente la moyenne
e
s : représente l’écart-type
f
Représente l'écart-type des moyennes globales par type de répondant
Les résultats obtenus permettent de dresser certains constats. D'abord, les formes de
participation identifiées dans les écrits en santé et sécurité au travail et présentées dans la
revue de littérature sont effectivement pertinentes en promotion de la santé. Nous verrons
plus loin que cela est en partie attribué au fait que le respect des obligations en santé et
sécurité du travail est intégré au processus de promotion de la santé. Toutefois, d'autres
formes de participation ont été adaptées ou vont plus loin que ce qui est prescrit.
Ensuite, si l'on compare les données des trois catégories de répondants ainsi que les écarts
types pour chaque forme, on se rend compte que les résultats s'accordent généralement.
Bien qu'en moyenne les responsables de la santé au travail identifient le plus grand
nombre de formes ( = 9,09), les employés ( = 8,91) et les membres de la direction
( = 8,82) s'approchent de ce nombre, comme l'indique l'écart type de ces moyennes
(s = 0,14). Il est intéressant et rassurant de constater que les employés et les membres de
126
Soulignons toutefois que les résultats pour la forme « projets pilotes » en promotion de la
santé au travail divergent des autres. Ainsi que le révèle le Tableau 5.3, seulement trois
membres de la direction sur onze signalent cette forme, tandis que les responsables de la
santé au travail et les employés sont deux fois plus nombreux à mentionner sa présence.
C'est justement pour les projets pilotes que l'écart type est le plus élevé (s = 1,73). Ces
résultats peuvent s'expliquer puisque le responsable de la santé est généralement impliqué
dans l'organisation des projets pilotes et que les employés y prennent part, ce qui n'est pas
nécessairement le cas de la direction. Étant un acteur éloigné et moins concerné par les
projets pilotes, la direction est probablement moins au courant de la présence de ceux-ci
dans les entreprises. Lorsque nous reportons ces résultats dans le graphique présenté à la
Figure 5.3, on peut facilement comparer la fréquence des formes de participation des
employés présentes dans les entreprises.
Si l'on s'intéresse aux six formes les plus populaires (fréquence ≥ 10), trois d'entre elles
(le comité, les sondages et l'identification des risques) sont des critères minimaux requis
pour l'adoption de la norme « Entreprise en santé » et pour l'obtention de la certification.
Puisque les entreprises de notre échantillon sont presque toutes certifiées (10/11), il est
normal que ces formes soient présentes. En ce qui concerne l'identification des risques,
bien qu'une entreprise puisse aussi s'intéresser aux risques psychologiques, l'exigence
minimale de la norme a trait aux risques pour la santé et la sécurité au travail. De fait,
cette dernière exigence renvoie à l'obligation, dans la Loi sur la santé et la sécurité au
travail (LSST), qui prévoit que « le travailleur doit [entre autres] participer à
127
Comité
Sondages
Identification des risques
Formes de participation
Organisation d'activités
Suggestions
Ambassadeur
Sous-comités
Conférences/Témoignages
Dév. moyens commmunication
Focus Groups
Projets Pilotes
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Fréquence
a
Les données de ce graphique proviennent de la colonne « moyenne par forme » du Tableau 5.3
La Figure 5.3 permet de constater que les cinq formes les moins présentes
(fréquence < 10) dans la pratique en promotion de la santé au travail sont la participation
des employés à des sous-comités, à des conférences/témoignages, au développement de
moyens de communication, à des focus groups ou encore à des projets pilotes en
promotion de la santé. Non seulement ces cinq formes ne sont pas spécifiées dans la
norme « Entreprise en santé », mais elles permettent aussi à l'employé d'avoir un pouvoir
décisionnel. Ajouter ces formes de participation à celles exigées par la norme « Entreprise
en santé » ou par la LSST pourrait être perçu comme le signe d'un réel désir de
l'entreprise à impliquer activement les employés. Il serait donc tentant de supposer, en
raison des fréquences moins élevées pour ces cinq formes, que ce ne sont pas toutes les
entreprises de notre étude qui sont rendues là. Toutefois, comme nous le faisons dans la
section 5.3.2, c'est en regardant l'intensité des formes qu'il est possible de voir si c'est
réellement le cas.
Moyenne
a Total de formes par par
Entreprises Écart-
répondant entreprise type
R D E ( ) (s)
Entreprise1 9 8 9 8,67 0,58
Entreprise2 8 8 7 7,67 0,58
Entreprise3 11 10 7 9,33 2,08
Entreprise4 8 7 11 8,67 2,08
Entreprise5 9 10 8 9,00 1,00
Entreprise6 9 9 10 9,33 0,58
Entreprise7 8 8 9 8,33 0,58
Entreprise8 10 7 9 8,67 1,53
Entreprise9 9 10 9 9,33 0,58
Entreprise10 9 9 10 9,33 0,58
Entreprise11 10 11 9 10,00 1,00
et s globaux 9,09 8,82 8,91 8,94 0,14
H = 0,20
Test Kruskal-Wallis P = 0,90 (non significative)
df = 2
a
Exceptionnellement, dans le cas de l'Entreprise7, le responsable de la santé et le membre de la direction
sont représentés par un même répondant. Cela explique pourquoi les scores obtenus sont identiques. Il en
sera de même pour les autres graphiques présentant des résultats par entreprise.
À la lecture de ce tableau, on constate d'abord que c'est dans l'Entreprise2 où l'on retrouve
le moins de formes de participation (7,67), alors que dans l'Entreprise11 (10,00), c'est le
contraire. La moyenne pour les trois répondants pris ensemble est de 8,94 formes sur 11
et, comme l'indique l'écart type (s = 0,14), il y a peu de dispersion autour de cette
moyenne. D'ailleurs, les résultats du test statistique Kruskal-Wallis, présentés au Tableau
5.4 vont dans le même sens. Ils permettent de conclure qu'il n'y a pas de différence
significative entre le nombre de formes rapporté par les trois répondants. Selon la règle de
décision présentée à l'Annexe 4, nous ne pouvons pas rejeter l'hypothèse nulle de l'égalité
entre les répondants au seuil de α = 0,05, car P = 0,90 > 0,05 = α. Notons que le test
Kruskal-Wallis, dit non paramétrique, est approprié lorsque la taille de l'échantillon est
petite et que l'hypothèse de normalité n'est pas acceptable, ce qui est notre cas. En
somme, ces résultats démontrent une certaine cohérence entre les trois types de répondant
voulant qu'ils entrevoient la participation des employés au processus de promotion de la
130
santé au travail de manière semblable. Cela laisse présager que l'utilisation de la moyenne
par entreprise (versus par répondant), dans les calculs dont les résultats seront présentés
plus loin, est une mesure généralement fiable. Compte tenu de toutes ces considérations,
il semble que la participation des employés au processus de promotion de la santé au
travail importe. Du moins, c'est ce que laissent croire les données sur le nombre de formes
présentes; que ce soit par répondant ou par entreprise, celles-ci sont assez élevées.
Nous avons précédemment identifié les formes de participation courantes dans les
entreprises de notre échantillon ainsi que leur nombre. Il est maintenant pertinent d'établir
si celles-ci sont de nature consultative ou si elles offrent aux employés un pouvoir
décisionnel. Pour ce faire, nous avons analysé les dires des répondants dans le but
d'attribuer à chaque forme de participation un score allant de 0 à 2, selon l'échelle
résumée à la section 4.6.1 du chapitre 4. Les scores sont présentés par entreprise à
l'Annexe 6 et les moyennes pour l'ensemble de l'échantillon sont dénombrées au Tableau
5.5.
Si l'on compare les résultats entre répondants, on constate qu'ils sont assez bien répartis.
Parfois, ce sont les responsables qui jugent qu'une forme est d'intensité décisionnelle plus
élevée. C'est le cas des conférences/témoignages. Dans d'autres cas, ce sont les employés
ou les membres de la direction. Toutefois, les moyennes globales par type de répondant
sont semblables (1,34, 1,30 et 1,33), comme le suggère l'écart type (s = 0,02). Cette
valeur indique que la dispersion autour de la moyenne globale pour l'ensemble des trois
répondants ( = 1,32) est faible. Encore ici, ces données laissent entendre que les propos
131
Dans un premier temps, on remarque que sur les huit formes qui ont la possibilité d'être
pleinement décisionnelles (/2), cinq obtiennent un score moyen de 1,49 ou plus10. On peut
en déduire que les organisations tendent à encourager la participation active des employés
10
Nous avons choisi le seuil de 1,49, au lieu de 1,50, afin de ne pas exclure la forme « développement de
moyens de communication » qui a une valeur de 1,49.
132
bien qu'il reste un certain travail à faire pour que cette participation soit pleinement
décisionnelle (2/2). Discutons maintenant de ces cinq formes.
Figure 5.4 : Le niveau d'intensité moyen par forme de la participation, ensemble des
entreprises (n = 11)a
Conférences/Témoignages /2 1,50
Dév. moyens communication /2 1,49
Sous-comités/2 1,43
Ambassadeur/2 1,24
Suggestions/1 0,98
Sondages/1 0,98
Focus Groups /2 0,92
Identification des risques/1 0,88
0 0,5 1 1,5 2
Niveau d'intensité décisionnelle
a
Les données de ce graphique proviennent de la colonne « moyenne par forme » du Tableau 5.5.
Dans un deuxième temps, si l'on compare les quatre formes de participation les plus
présentes (comité, sondages, organisation d'activités et identification des risques), il est
intéressant de constater que deux d'entre elles, le comité (1,67/2) et l'organisation
d'activités (1,66/2), se retrouvent parmi les formes ayant les niveaux d'intensité moyens
les plus élevés. À l'inverse, l'identification des risques obtient le niveau d'intensité moyen
le plus bas (0,88/2). Aussi, bien que le projet pilote soit la forme la moins présente dans
les entreprises de notre échantillon, lorsqu’elle l'est, elle obtient le niveau d'intensité
moyen le plus élevé. Cela peut s'expliquer puisque, comme nous en avions fait état à
l'Annexe 2, c'est, de prime abord, une forme de participation avancée. Si un élément ne
convient pas aux employés qui prennent part au projet, ils apportent des pistes
d'amélioration afin de trouver une meilleure solution. Le projet pilote ne serait pas
vraiment utile si l'organisation ne considérait pas et n'appliquait pas les améliorations
134
proposées par ceux qui collaborent à l'expérimentation. Cet extrait illustre bien cette
supposition :
«[...] par exemple notre campagne [nom de la campagne], ben on l'a fait
une année juste avec le groupe [nom d'un groupe restreint d'individus] pour
roder la campagne, voir si c'était efficace et tout. Pis après ça ben on l'a
lancé à l'ensemble du groupe à l'année deux, après l'avoir bonifié. C'est un
petit peu comme ça, on prend les commentaires des gens [sur les projets
pilotes] pis on bonifie le tout. » (Responsable_Entreprise11)
Moyenne
Niveau d'intensité total par
Entreprises Écart-
par type de répondanta entreprise type
R D E ( ) (s)
Entreprise1 10,50 11,50 12,50 11,50 1,00
Entreprise2 11,00 10,50 9,00 10,17 1,04
Entreprise3 16,76 11,74 10,62 13,04 3,27
Entreprise4 11,74 8,38 17,32 12,48 4,52
Entreprise5 10,56 11,61 8,44 10,20 1,61
Entreprise6 11,74 12,29 12,85 12,29 0,56
Entreprise7 12,50 12,50 12,00 12,25 0,35
Entreprise8 11,50 9,00 13,00 11,17 2,02
Entreprise9 12,85 12,85 12,29 12,67 0,32
Entreprise10 12,50 9,50 13,50 11,83 2,08
Entreprise11 14,50 12,50 10,00 12,33 2,25
et s globaux 12,38 11,13 11,96 11,82 0,64
H = 1,81
Test Kruskal-Wallis P = 0,40 (non significative)
df = 2
a
Les scores pour chaque répondant proviennent des tableaux à l'Annexe 6.
Pour parvenir à ces résultats, nous nous sommes servis des onze tableaux qui figurent à
l'Annexe 6. Précisons que le score maximal qu'une entreprise peut obtenir est de 19. Ce
135
score parfait présume la présence habituelle des trois formes de participation uniquement
consultative (3 x 1pt) et des huit formes de participation offrant un plein pouvoir
décisionnel (8 x 2pts). En ce qui concerne le calcul du score actuel d'une entreprise sur
19, nous avons premièrement fait la somme des points attribués à chaque répondant et
ensuite calculé la moyenne de ces sommes. Par exemple, pour l'Entreprise1 à l'Annexe 6,
on obtient un score de participation de 11,50/19 en faisant la moyenne des totaux des trois
répondants, c'est-à-dire (10,50 + 11,50 + 12,50)/ 3 = 11,50.
19,00
18,00
17,00
16,00
Niveau d'intensité
15,00
14,00
Responsable
13,00
Direction
12,00
11,00 Employé
10,00
9,00
8,00
Ent1 Ent2 Ent3 Ent4 Ent5 Ent6 Ent7 Ent8 Ent9 Ent10 Ent11
Entreprises
a
Les données de ce graphique proviennent des trois premières colonnes du Tableau 5.6.
Ainsi que le mettent en lumière les résultats présentés au Tableau 5.6, et la représentation
graphique le démontre bien, certaines différences ressortent entre les scores obtenus pour
les répondants d'une même entreprise. C'est d'ailleurs ce que révèlent les écarts types.
Concentrons-nous sur les entreprises dont les écarts types sont les plus élevés dans le
Tableau 5.6. Pour les souligner, nous les avons mis en italique. C'est le cas pour
l'Entreprise4 (s = 4,52), l'Entreprise3 (s = 3.27), l'Entreprise11 (s = 2,25), l'Entreprise10
(s = 2,08) et l'Entreprise8 (s = 2,02). Nous tenterons ici d'expliquer ces écarts en
procédant par entreprise. Cet exercice paraît pertinent, car il permet de mieux comprendre
l'essence même, sur le terrain, de la participation des employés en matière de promotion
de la santé.
136
Premièrement, la différence la plus importante entre les trois scores est celle de
l'Entreprise4. L'employé accorde une cote particulièrement élevée (17,32) par rapport aux
autres répondants, tandis que le membre de la direction accorde une cote particulièrement
faible (8,38). Cela peut s'expliquer puisque, contrairement à l'employé, le membre de la
direction précise que les focus groups et le développement de moyens de communication
sont la responsabilité des membres du comité. Comme nous l'avons expliqué plus tôt,
dans ces cas, on exclut ces deux formes du score total du répondant afin d'éviter de
comptabiliser la participation des membres du comité deux fois. Pour pouvoir affirmer la
présence de la participation des employés, ce doit être d'autres employés que ceux
siégeant au comité qui s'impliquent.
Aussi, alors que l'employé de l'Entreprise4 juge qu'il y a présence d'une participation
active des employés au projet pilote et aux sous-comités, avec exemples concrets à
l'appui, les deux autres répondants affirment que ces formes ne sont pas présentes. Peut-
être pouvons-nous suggérer que ces exemples ne sont pas venus à l'esprit des deux autres
répondants, puisque ça fait longtemps que l'entreprise œuvre en promotion de la santé et
que bon nombre d'activités ont été menées. Cet extrait permet de constater que leur
programme de promotion de la santé est en place depuis un certain temps :
Bref, précisons que malgré la différence du niveau d'intensité attribuée par chaque
répondant de l'Entreprise4, nous avons l'impression que cela ne signifie pas que les
employés ne sont pas impliqués. Nous pensons plutôt qu'étant donné que la promotion de
la santé semble intégrée à l'entreprise, et cela sera confirmé plus loin au moment de traiter
du niveau de développement de la culture de promotion de la santé, la participation des
employés au processus de promotion de la santé est plus informelle et moins
décisionnelle. L'extrait suivant appuie cette supposition :
Deuxièmement, dans l'Entreprise3, il y a une différence entre, d'un côté, les discours du
membre de la direction (11,74) et de l'employé (10,62) et, de l'autre, celui du responsable
de la santé (16,76). Pour le responsable de la santé, les employés ont un rôle important à
jouer et l'organisation encourage, de plusieurs manières, une participation décisionnelle
des employés au processus de promotion de la santé. Étant donné que les deux autres
répondants ne semblent pas du même avis, nous avons tenté de comprendre pourquoi en
observant trois formes de participation des employés : les ambassadeurs, le
développement des moyens de communication et les projets pilotes. Pour ce qui est de la
présence d'ambassadeurs, les trois répondants s'entendent pour dire qu'il y a de nombreux
ambassadeurs dans l'entreprise. Toutefois, alors que le responsable de la santé fait état
d'un pouvoir décisionnel pour les ambassadeurs, les deux autres répondants jugent que
c'est davantage un pouvoir d'influence, de consultation. Pour ces derniers, les
ambassadeurs ne prennent pas de décisions en matière de promotion de la santé au travail.
Ils donnent l'exemple aux autres et les encouragent à participer aux activités du
programme :
Troisièmement, pour l'Entreprise11, l'écart-type entre les scores des trois répondants est
de 2,25. La différence entre le score de l'employé et des deux autres répondants s'explique
puisque pour l'employé, c'est le comité qui s'occupe du développement de moyens de
communication. Comme nous l'avions mentionné, dans ce cas, un score de 0 est attribué
pour la forme de participation « développement de moyen de communication » . Puis,
l'employé n'est pas certain de savoir si des projets pilotes existent en matière de
promotion de la santé et ajoute qu'il n’en a jamais eu connaissance. Pourtant, les deux
autres répondants mentionnent que cette forme existe bel et bien, et accordent aux
employés un pouvoir décisionnel. Il est intéressant de se questionner à savoir si les
employés sont réellement au courant de la tenue de tels projets ou si seulement quelques-
uns d'entre eux sont sollicités pour y prendre part. Cela peut expliquer le score de
l'employé qui n'a peut-être tout simplement pas participé à ces projets pilotes.
Finalement, précisons que malgré les différences que nous venons de présenter les trois
types de répondants, c'est-à-dire, les responsables de la santé, les membres de la direction
et les employés s'accordent globalement sur le niveau d'intensité de la participation des
employés au processus de promotion de la santé. D'après les résultats présentés au
Tableau 5.6 (p.135), la moyenne globale de l'intensité décisionnelle est de 11,82 sur 19.
Cela représente 62 % du score maximal, un niveau plutôt modeste si l'on se fie à ces
chiffres. Comme le suggère l'écart type (s = 0,64), il y a peu de variation entre les scores
moyens des trois types de répondants. Les résultats du test de Kruskal-Wallis vont dans le
même sens; nous pouvons conclure qu'il n'y a pas de différence significative entre les
scores des trois répondants, car P = 0,40 > 0,05 = α (consulter l'Annexe 4 pour connaître
les règles de décision de ce test).
140
considérée comme ayant presque atteint le niveau proactif (4 pts). Notons aussi que la
culture de promotion de la santé au travail est définie par la présence de cinq composantes
que sont : la priorité organisationnelle accordée à la promotion de la santé, l'engagement
des gestionnaires (haute direction et superviseurs immédiats), la communication,
l'apprentissage organisationnel et la formation. Ces cinq composantes peuvent également
être associées un score allant de 1 pt à 5 pts. Le score minimal signifie que la composante
se situe au niveau « inactif », alors que le score maximal de 5 signifie qu'elle a atteint le
niveau « amélioration continue ». Les détails sur l'attribution des scores pour chacune des
composantes se trouvent à la section 4.6.2 du chapitre sur la méthodologie et à l'Annexe
3.
Moyenne
Niveau de développement par
Entreprises Écart-
de la culturea entreprise type
R D E ( ) (s)
Entreprise1 3,93 4,23 4,00 4,06 0,16
Entreprise2 3,70 3,65 3,17 3,51 0,29
Entreprise3 4,53 4,60 4,80 4,64 0,14
Entreprise4 4,70 4,07 4,58 4,45 0,34
Entreprise5 4,63 4,51 3,87 4,34 0,41
Entreprise6 3,76 3,62 3,68 3,69 0,07
Entreprise7 4,47 4,47 4,32 4,39 0,11
Entreprise8 4,50 4,43 4,52 4,48 0,04
Entreprise9 4,57 4,48 3,97 4,34 0,33
Entreprise10 4,67 4,63 4,67 4,66 0,02
Entreprise11 4,61 4,71 4,55 4,62 0,08
et s globaux 4,33 4,33 4,19 4,28 0,08
a
Les scores pour chaque répondant proviennent des tableaux à l'Annexe 7.
Les résultats mis en évidence au Tableau 5.7 permettent de faire quelques constats.
D’abord, le niveau global de développement de la culture de promotion de la santé au
travail des entreprises de notre échantillon est assez élevé. La moyenne de 4,28 sur 5
suggère que ce groupe d’entreprises dépasse de quelque peu le niveau « proactif » (4 pts).
Toutefois, il est plus révélateur de s’arrêter sur la distribution des scores qui montre que
seulement deux entreprises n’atteignent pas le niveau 4 (Entreprises 2 et 6), que trois
142
Ensuite, si nous nous fions à l’écart type des moyennes globales des trois types de
répondants (s = 0,08), nous remarquons qu’il y a peu de variance entre celles-ci. Les
résultats du test Kruskal-Wallis permettent d’ailleurs de conclure qu’il n’y a pas de
différence significative entre les scores des trois types de répondants, car
P = 0,66 > 0,05 = (consulter l’Annexe 4 pour connaître la règle de décision de ce test).
Comme c’était le cas pour la participation des employés, ces résultats démontrent qu'il y a
une certaine cohérence entre les répondants. Cela laisse présager l’usage d’une seule
mesure, la moyenne par entreprise, pour évaluer le niveau de développement de la culture
de promotion de la santé au travail.
Cette façon de faire paraît la plus appropriée, car les données ne révèlent pas de tendance
suggérant qu'un type de répondant est plus fiable qu'un autre. Par exemple, ce n'est pas
toujours le même type de répondant qui identifie le score le plus élevé ou le plus faible.
Bien que ce soit le responsable du programme de promotion de la santé qui obtienne le
score le plus élevé dans cinq entreprises, dans deux entreprises, ce sont les employés qui
jugent que la culture est plus développée et dans deux autres, ce sont les membres de la
direction qui obtiennent le score le plus élevé. Deux paires de répondants différents
arrivent à égalité dans deux autres entreprises. Finalement, on constate que les écarts
types pour quatre entreprises ont une valeur plus petite ou égale à 0,08. Cela signifie que
les résultats entre les trois répondants sont très semblables.
Cela dit, comme c'était le cas à la section précédente, lorsque l'on observe les résultats du
Tableau 5.7, représentés graphiquement à la Figure 5.6, certaines différences apparaissent
entre les scores obtenus pour les répondants d'une même entreprise. Pour reconnaître les
différences les plus importantes, référons-nous aux écarts types en italique dans le
Tableau 5.7, soit ceux qui sont les plus élevés. En ordre décroissant, ce sont ceux de
l'Entreprise5 (s = 0,41), de l'Entreprise4 (s = 0,34), de l'Entreprise9 (s = 0,33) et de
l'Entreprise2 (s = 0,29). Nous tenterons de les expliquer en procédant par organisation, car
cela donne un aperçu des éléments concrets qui influencent les perceptions des
143
5,00
4,00
Niveau de développement
3,00
Responsable
2,00 Direction
Employé
1,00
0,00
Ent1 Ent2 Ent3 Ent4 Ent5 Ent6 Ent7 Ent8 Ent9 Ent10 Ent11
Entreprises
a
Les données de ce graphique proviennent des trois premières colonnes du Tableau 5.7.
Premièrement, c'est dans le cas de l'Entreprise5 que l'on observe le plus grand écart type
(s = 0,41). Pour l'employé (3,87), la culture est presque proactive (4 pts), alors que pour
les deux autres répondants, elle tend vers une culture en amélioration continue (5 pts).
D'abord, pour l'employé, la formation en matière de promotion de la santé s'éloigne de
peu du niveau actif (3,33)11 alors que pour les deux autres répondants, elle s'approche de
celui de l'amélioration continue (4,67). Cela s'explique puisque, selon l'employé, il n'y a
pas de formation prévue pour les nouvelles recrues en matière de promotion de la santé.
Ceux qui souhaitent s'informer sur ce que l'organisation offre en la matière doivent le
faire par eux-mêmes. À l'inverse, les deux autres répondants suggèrent plutôt qu'une
formation complète existe sur le sujet.
Ensuite, l'employé est d'avis, comme les autres répondants, que la promotion de la santé
est une valeur et une priorité importante pour l'organisation et qu'il y a un réel
engagement de gestionnaires en la matière. Toutefois, bien qu'étant conscient de la
11
Les données sur les composantes de la culture auxquelles nous faisons référence dans cette section sont
tirées de l'Annexe 7.
144
« [...] mais là ce que moi je constate, c'est que faut pas lâcher la
communication faut pas lâcher parce qu'un moment donné c'est comme si
c'est là, les mesures sont en place, mais les gens les prennent un peu pour
acquis. » (Employé_Entreprise5)
« C'est quand même intéressant ce qu'on fait, mais il me semble qu'il
faudrait ramener un petit peu de renouveau là, quelque chose de
complètement, quelque chose de flier qui repartirait un peu là, on serait
rendu là. » (Employé_Enteprise5)
au total, les scores moyens donnés par les deux répondants présents au siège social sont
sensiblement les mêmes (3,70 et 3,65).
Afin de parvenir à ces divers résultats, nous avons établi, pour chacune des composantes,
une moyenne regroupant les résultats des trois répondants d'une même entreprise. Par
exemple, si l'on se fie à l'Annexe 7, pour l'Entreprise1 et pour la composante
« communication », la moyenne est de 4,11 [= (4,00 + 4,33 + 4,00)/ 3]. Il en va de même,
par entreprise, pour chacune des cinq composantes. Nous avons procédé ainsi puisqu'il a
été montré ci-haut que les résultats pour les trois types de répondants concordent. Nous
avons ensuite colligé ces données dans le Tableau 5.8 et calculé la moyenne par
composante pour l'ensemble des onze entreprises. La Figure 5.7 illustre les résultats
obtenus. À titre d'exemple, la moyenne pour l'ensemble des entreprises de la composante
« communication » est de ( = 4,41).
147
Tableau 5.8 : Le niveau de développement des composantes d'une culture de promotion de la santé au travail et écart type pour
chacune des composantes
Communication 4,41
Formation 4,17
Participation 3,74
a
Les données de cette figure proviennent de la ligne « moyenne » du Tableau 5.8
Il est important de souligner que nous avons inclus ici, à titre comparatif, le niveau de
développement moyen de la composante « participation ». Pour ce faire, nous avons dû
déterminer, pour chacune des formes de participation et en fonction de leur niveau
d'intensité préalablement identifiés, un score sur 5 pts. Cela, car la participation a été
mesurée originalement sur une échelle de 19 points, comme décrit à la section 4.6.1, et
que nous voulions développer un score de participation sur la même base que les autres
composantes. Cela permet de comparer la contribution relative de la participation des
employés au développement d'une culture de promotion de la santé au travail.
Concrètement, pour parvenir à un score de participation sur 5 pts, nous nous sommes
servis des niveaux d'intensité (0,0 pt, 0,5 pt, 1,0 pt, 1,5 pt et 2,0 pts) attribués, comme
décrit plus haut, à chaque forme de participation et avons séparé les onze formes en deux
catégories. D'un côté, nous avons regroupé celles qui sont obligatoires pour les
organisations qui adoptent une norme « Entreprise en santé » : les sondages,
l'identification des risques, les suggestions et le comité. Nous présumons que si une
organisation adopte la norme, c'est signe que la santé des employés est un élément clé
pour celle-ci. De ce fait, ces organisations se retrouvent minimalement au niveau actif
d'une culture de promotion de la santé (3/5). Ainsi, si une des formes de participation
149
requises par la norme est présente et que l'organisation consulte les employés (1,0/2,0
pts), alors cela correspond au niveau actif (3/5). Lorsqu'elle les implique également dans
la prise de décisions (1,5/2,0 pts et 2,0/2,0 pts), la forme est considérée respectivement
proactive (4/5) et en amélioration continue (5/5), car l'organisation fait plus que ce qui est
demandé par la norme. Le Tableau 5.9 résume bien la conversion effectuée.
Tableau 5.9 : La conversion pour les formes de participation prescrites par la norme
De l'autre côté, nous avons regroupé les formes de participation plus avancées qui ne sont
pas prescrites par la norme: les focus groups, les sous-comités, les ambassadeurs,
l'organisation d'activités, les conférences/témoignages, le développement des moyens de
communication et les projets pilotes. Puisque l'organisation qui les adopte va plus loin
que ce qui est exigé par la norme (3/5), elle est proactive (4/5) en matière de participation
des employés. Ce sont des formes de participation avancées qui, par leur simple présence,
démontrent que l'organisation est minimalement au niveau proactif. C'est pourquoi même
si une de ces formes est absente, on lui attribue tout de même le score de 3/5 qui
correspond à un niveau de développement actif. Lorsqu'une de ces formes est présente et
que l'on consulte les employés (1,0/2,0 pts), la forme est classée au niveau proactif (4/5).
Lorsqu'elle est présente et que les employés participent pleinement à la prise de décisions
(2,0/2,0 pts) alors le niveau de développement de cette forme est de (5/5). Les situations
intermédiaires sont classées entre les nombres entiers, comme le met en évident le
Tableau 5.10.
150
Tableau 5.10 : La conversion pour les formes de participation non prescrites par la
norme
Maintenant que nous avons discuté de la conversion, revenons au Tableau 5.8 (p. 148).
Voici, en ordre décroissant de leur niveau de développement, les composantes d'une
culture de promotion de la santé au travail : la communication (4,41), l'apprentissage
organisationnel (4,35), la priorité organisationnelle accordée à la santé (4,28),
l'engagement des gestionnaires (4,23), la formation (4,17) et finalement, la participation
des employés (3,74). Il est possible de supposer que la communication occupe une place
importance dans le développement d'une culture de promotion de la santé. C'est non
seulement la composante qui obtient la moyenne la plus élevée pour deux des quatre
entreprises ayant les cultures les plus développées (Entreprise8 et Entreprise10), mais
c'est aussi celle qui obtient le niveau d'intensité moyen le plus élevé pour cinq entreprises.
Pour ce dernier point, on peut référer au Tableau 5.8, où les moyennes des composantes
ayant les scores les plus hauts pour l'entreprise figurent en italique.
Il n'est pas surprenant que la participation des employés obtienne un score plus faible que
les autres composantes. Ceci peut être dû au fait que, contrairement aux autres
composantes, elle ait été mesurée plus en détail. D'ailleurs, l'écart type (s = 0,07) pour la
participation est considérablement plus bas que ceux pour les autres composantes,
suggérant ainsi qu'il y a peu de dispersion autour de la moyenne de cette mesure.
Mise à part la participation, c'est la formation qui obtient le plus faible niveau d'intensité.
Si l'on se rapporte au Tableau 2.10, présenté dans la revue de la littérature et dans lequel
nous avions répertorié les principales composantes, nous remarquons que les écrits qui
font référence à la formation sont peu nombreux. Ainsi, il est moins évident de déterminer
en quoi elle consistait. Cette considération peut avoir influencé sa mesure si les
répondants rencontraient la même difficulté. Aussi, pour que la composante « formation »
soit considérée développée et se rapproche du niveau 5, elle doit notamment être associée
151
« [...] on s'est rendu compte aussi à travers le temps, que les gens sont
écœurés de se faire dire vous êtes stressés, ne mangez pas de sel c'est pas
bon pour la santé. Oui c'est beau, mais je fais quoi [...] tu veux que je
change mes habitudes, mais aide-moi! » (Responsable_Entreprise9)
« On adapte surtout les interventions. On est passé de la conférence très
traditionnelle à des ateliers plus [...] concrets où les gens écoutent,
touchent, le font, pratiquent, se lèvent, dansent, jouent. Pour que ça soit le
fun, que les gens s'en rappellent aussi, plus que la conférence traditionnelle
assise dans une chaise tout le monde écoute le conférencier. »
(Entreprise3)
Malgré ces quelques écarts dont nous venons de discuter, dans l'ensemble, les moyennes
des six composantes ne sont pas très différentes. Mise à part la participation (3,74) qui
tend vers le niveau proactif (4 pts), les autres composantes se situent toutes au-delà du
niveau proactif (entre 4,17 et 4,41). L'écart type entre l'ensemble de ces moyennes est de
0,24 (ce chiffre n'est pas rapporté au Tableau 5.8). Prises ensemble, ces données
permettent de croire en la pertinence de chacune de ces composantes pour expliquer une
culture de promotion de la santé au travail.
Finalement, prenons soin de préciser que jusqu'à présent, nous avons discuté du niveau de
développement des composantes de la culture de promotion de la santé en s'intéressant à
des mesures globales de celles-ci, soit des moyennes. Comme il en avait été question à la
section 4.6.2 de la méthodologie, ces composantes comportent des caractéristiques et des
sous-caractéristiques. Nous nous attarderons ici à deux composantes, la priorité
organisationnelle accordée à la santé et l'engagement des gestionnaires. Nous avons fait
ce choix puisque, ayant des sous-caractéristiques, ces deux composantes sont les plus
152
Niveau de développementa
Entreprises Priorité_importance
Priorité_performance Priorité_responsabilité
de la santé
Entreprise1 4,00 4,00 3,67
Entreprise2 4,00 3,00 4,00
Entreprise3 4,83 5,00 4,17
Entreprise4 4,83 4,00 5,00
Entreprise5 4,33 5,00 4,00
Entreprise6 4,00 4,00 3,83
Entreprise7 4,50 3,25 4,75
Entreprise8 5,00 5,00 3,50
Entreprise9 4,50 4,50 3,67
Entreprise10 5,00 4,17 4,17
Entreprise11 4,50 5,00 4,17
Moyenne
4,50 4,27 4,08
globale
a
Les niveaux pour chaque entreprise ont été calculés en faisant la moyenne pour les trois types de
répondants. Les données qui ont servi à effectuer les calculs se trouvent à l'Annexe 7.
des répondants. À l'inverse, les scores plus faibles des deux autres caractéristiques
seraient des indicateurs reflétant le niveau que les organisations ont actuellement atteint
en ce qui concerne la satisfaction des exigences pour obtenir la certification « Entreprise
en santé ».
Niveau de développement a
Entreprises
Leadership_EngagementHD Leadership_EngagementS
Entreprise1 4,00 3,67
Entreprise2 3,67 4,00
Entreprise3 4,67 4,83
Entreprise4 4,50 4,83
Entreprise5 4,33 3,83
Entreprise6 3,83 4,17
Entreprise7 5,00 4,75
Entreprise8 4,33 4,00
Entreprise9a S.O. b
4,00
Entreprise10 5,00 5,00
Entreprise11 4,00 4,17
Moyenne
4,33 4,30
globale
a
Les niveaux pour chaque entreprise ont été calculés en faisant la moyenne pour les trois types de
répondants. Les données qui ont servi à effectuer les calculs se trouvent à l'Annexe 7.
b
S.O. signifie que la question de l'implication de la haute direction n'a pas pu être abordée avec le
répondant.
Bien que nombreux soient les écrits qui vantent l'importance de l'implication de la haute
direction en promotion de la santé au travail (Bachmann, 2000; Sorenson, 2002, cité par
López de Castro et al., 2013: 233), il convient de constater la pertinence de l'implication
des superviseurs immédiats dans le développement d'une culture de promotion de la santé
au travail. Après tout, ces derniers interagissent au quotidien avec les employés et
influencent leur réalité de travail. Par exemple, étant en première ligne, ils peuvent être
des modèles pour les employés au quotidien en adoptant de saines habitudes de vie. Ils
ont également la possibilité de faciliter l'implication des employés en promotion de la
154
santé en permettant une certaine flexibilité dans leur horaire et ils sont bien placés pour
encourager ceux qui participent.
Développement de la
Intensité de la
composante
Entreprises Culture participation
participation
(échelle /19)
(échelle /5)
Entreprise1 4,06 11,50 3,74
Entreprise2 3,51 10,17 3,59
Entreprise3 4,64 13,04 3,83
Entreprise4 4,45 12,48 3,77
Entreprise5 4,34 10,20 3,70
Entreprise6 3,69 12,29 3,67
Entreprise7 4,39 12,25 3,80
Entreprise8 4,48 11,17 3,70
Entreprise9 4,34 12,67 3,83
Entreprise10 4,66 11,83 3,77
Entreprise11 4,62 12,33 3,79
Test de corrélation rs = 0,41 rs = 0,58
des rangs de df = 9 df = 9
Spearman P = 0,10 (test unilatéral) P = 0,03 (test unilatéral)
r = 0,45 r = 0,79
Test de corrélation
df = 9 df = 9
de Pearson
P = 0,08 P = 0,002
5
4,8
4,6
4,4
4,2
Culture
4
3,8
3,6
3,4
3,2
3
10 10,2 10,4 10,6 10,8 11 11,2 11,4 11,6 11,8 12 12,2 12,4 12,6 12,8 13 13,2
Participation
156
5
4,8
4,6
4,4
4,2
Culture
4
3,8
3,6
3,4
3,2
3
3,55 3,60 3,65 3,70 3,75 3,80 3,85
Participation
L’examen du Tableau 5.13 et des Figures 5.8 et 5.9 permet de tirer quelques conclusions.
Notons d’abord que le Tableau 5.13 présente les résultats de deux tests de corrélation,
celui des rangs de Spearman, et le plus courant, le test de corrélation de Pearson. Le
premier est un test non paramétrique basé sur les rangs; il est décrit à l'Annexe 5. Nous le
croyons plus approprié pour notre échantillon de petite taille étant donné que nos mesures
de participation et de développement de la culture ne suivent pas nécessairement une
distribution normale, comme l’exige le test de Pearson. Les résultats pour les deux tests
sont néanmoins présentés à des fins de comparaison.
Commençons avec les résultats du test de Spearman. Celles-ci montrent qu’il y a une
relation positive modérée (rs = 0,41) entre la mesure d’intensité de la participation et le
développement de la culture de promotion de la santé au travail. Comme P = 0,10, nous
pouvons conclure que la relation n'est pas significative au seuil = 0,10. En ce qui a trait
à la force de la relation entre la mesure de la composante participation et le
développement de la culture, elle est également positive et légèrement plus forte
(rs = 0,58) que celle basée sur l’intensité de la participation. Cette fois, la relation est
statistiquement significative, car P = 0,03 < = 0,05.
157
Les résultats du test de Pearson corroborent la relation positive entre les deux mesures de
la participation et de la culture, bien que la relation soit plus forte pour la composante
participation (r = 0,79). Comme P = 0,002, cette dernière relation est clairement
statistiquement significative. Nous supposons que les résultats pour la composante
participation soient reliés à la nature linéaire de la relation entre cette mesure et la culture,
étant donné que le test de Pearson évalue justement la corrélation linéaire entre deux
variables.
Comme le démontre les Figures 5.8 et 5.9, dans lesquels nous avons ajouté des courbes de
tendance linéaire, la relation entre la mesure de la composante participation (/5) et la
culture se rapproche plus d’une courbe linéaire que celle entre l’intensité de la
participation (/19) et la culture. Notons que le test de Spearman permet de conclure
uniquement quant à la direction, positive ou négative, de la relation. Il ne permet pas de
conclure quant à la forme de cette relation, c'est-à-dire à savoir si elle est linéaire ou non.
En dernière analyse, les résultats de ces tests suggèrent que notre proposition de recherche
est généralement appuyée. Les deux tests laissent croire qu'il existe une relation positive
et modérée entre la participation des employés au processus de promotion de la santé et le
développement d'une culture de promotion de la santé. Cette relation est statistiquement
significative au seuil α = 0,05 pour une des mesures utilisées, soit celle de la composante
participation (/5).
Afin de mieux comprendre les résultats que nous venons d'exposer, il semble pertinent de
jeter un œil sur les entreprises qui vont à l'encontre de la tendance générale. Pour les
identifier, nous avons ordonné les valeurs pour le niveau d'intensité de la participation
ainsi que le niveau de développement de la culture de promotion de la santé en ordre
croissant et ensuite, nous avons attribué un rang de 1 à 11 aux valeurs de chacune de ces
mesures. Par exemple, la plus petite valeur de la mesure de participation est celle de
l'Entreprise2 et elle reçoit le rang 1. Les rangs obtenus se retrouvent au Tableau 5.14.
Ensuite, nous avons calculé la différence entre les rangs des deux mesures. Par exemple,
pour l'Entreprise1, le niveau d'intensité de la participation arrive au 4e rang sur 11, alors
que le niveau de développement de la culture arrive au 3e rang sur 11. La différence entre
les rangs de ces mesures est de 1 (4-3 = 1). Ce sont les différences les plus importantes
158
qui nous intéressent, soit celles observées pour les Entreprises 10, 9, 8 et 6, car elles
suggèrent que les deux mesures sont peu reliées. Nous les avons mis en italique dans le
Tableau 5.14. Pour les expliquer, nous ferons référence à certains éléments déjà
mentionnés aux sections 5.3.3 et 5.4.1, mais proposerons aussi d'autres pistes de
réflexion.
Premièrement, portons notre attention sur l'Entrerise10. C'est l'entreprise qui a la culture
de promotion de la santé la plus développée (4,66). Les résultats des entrevues
démontrent bien que la promotion de la santé fait partie du quotidien, de l'essence même
de l'organisation, et ce, depuis sa création :
« [...] ce n’est pas d'hier que cette culture-là est intégrée. Fac donc déjà, au
départ, c'était dans un esprit comme celui-là que [nom du PDG] avait
élaboré son bureau, embauché ses gens tout ça. Beaucoup de considération
pour les gens, pour leur travail, de l'encouragement oui financière, les
bonis tout ça, mais au-delà de ça, de la reconnaissance au travail de ce que
les gens font. Dans sa culture, c'était pas juste physique, c'était
psychologique. Aussi, je te dirais pas nécessairement volontaire c'était pas
un programme qui était structuré, c'était juste dans sa philosophie
d'entrepreneur que lui, la santé des gens, ça lui préoccupait [...] »
(Employé_Entreprise10)
159
Les résultats et les propos des répondants permettent de constater que cette organisation
ne s'implique pas en promotion de la santé pour prouver quelque chose, mais parce que
les divers membres de l'entreprise croient en l'importance de la santé. L'organisation mise
sur l'amélioration continue même si elle a d'excellents indicateurs de performance. Leur
but n'est pas d'améliorer ces indicateurs, mais plutôt d'influencer la santé des employés.
Cet extrait démontre bien ce désir :
Il est aussi intéressant de mentionner que les résultats des trois répondants sur le niveau
de développement de la culture sont presque identiques. C'est d'ailleurs l'organisation
pour laquelle les résultats se ressemblent le plus. Certes, l'organisation est petite ce qui
peut favoriser l'uniformité des perceptions, mais cela permet tout de même de valider et
de croire en une certaine justesse des résultats.
avions glissé un mot à la section 5.3.3, l'appréciation que fait le membre de la direction
des niveaux d'intensité des différentes formes de participation était généralement
inférieure à celles des deux autres répondants. Pourtant, le membre de la direction insiste
sur l'importance, au quotidien, de la participation des tous les employés. Nous avons
l'impression qu'il lui était difficile de faire correspondre leur réalité organisationnelle avec
les onze formes que nous avions identifiées. Il ressort donc des dires de ce répondant que
la participation est plus consultative que décisionnelle. Ces extraits résument bien ces
considérations :
« Étant donné qu'on est petit ben ça nous permet d'impliquer tout le monde
dans le processus. » (Direction_Entreprise10)
« Ben en fait, ça ce fait [les suggestions] dans les rencontres. Sincèrement,
nous autres, l'équipe, on se rencontre toutes les semaines. Toutes les
semaines, on se rencontre, on passe en revue la job qui a à faire au bureau
et si on a mettons à planifier une activité, ben ouvertement, on demande
aux gens s'ils ont des suggestions [...] pour d'éventuelles activités.
Sincèrement, on a beaucoup d'écoute sur ce que veulent les employés. »
(Direction_Entreprise10)
Aussi, en nous fiant aux discours des trois répondants, c'est le responsable de la santé qui
s'occupe du dossier. Il semblerait que l'organisation ait constaté qu'une personne
responsable était nécessaire, et ce, même pour un si petit nombre d'employés. Toutefois,
le responsable fait preuve d'ouverture; les employés vont et viennent et le responsable
demande constamment de l'aide pour les activités. Des discussions communes sont
régulièrement engagées. Cette prise en charge par le responsable et la nature informelle
de la participation des employés peuvent expliquer pourquoi la moyenne de participation
des employés ne correspond pas au niveau attendu. Les résultats tendent à démontrer que
bien que les employés participent activement, leur participation reste consultative. Les
extraits suivants illustrent ces divers éléments :
quelque chose, faites-nous-en part. C'est de cette façon-là que les employés
ont contribué finalement. » (Responsable_Entreprise10)
« [...] encore là, je reprends le fait qu'on soit petit, écoute on se rencontre à
l'entour de la machine à café pis ça ce passe-là. » (Employé_Entreprise10)
« Oui [la responsable de la santé] a un pouvoir décisionnel sauf qu’en toute
honnêteté là, c'est très très démocratique. Donc, proposer des choses ou
quoi que ce soit, mais tsé elle arrive pas, pour dire une expression caller la
shot, pis dire voici, c'est ça qu'on fait. Elle va arriver en comité pis dire ben
garder les amis j'ai pensé à telle telle telle chose, est-ce que vous
embarquez, est-ce que ça vous dit quelque chose ou quoi que ce soit. »
(Employé_Entreprise10)
Encore ici, nous aurions anticipé que le niveau de participation des employés au
processus de promotion de la santé soit plus élevé (11,17 = 3e rang). Or, et nous en avons
glissé un mot à la section 5.3.3, bien que l'organisation fasse participer les employés, ils
semblent que ce soient surtout des employés qui sont membres du comité et des sous-
comités qui participent activement au processus de promotion de la santé. Les répondants
semblent aussi d'accord pour dire que c'est principalement le responsable de la santé qui
prend en charge le processus.
« [Les employés sur les comités] sont autonomes par rapport à leur
démarche. Nous on a changé cette structure là du comité entreprise en
santé dans la dernière année [...] les membres du comité étaient présents
aux rencontres, mais pour l'actualisation ça reposait beaucoup sur les
épaules de la DRH, c'est quelque chose que nous on voulait éviter parce
qu'encore là pour nous c'est une démarche qui appartient au personnel [...]
163
Toutefois, malgré ce désir d'en faire des acteurs clés, les propos des répondants nous font
penser que ce ne sont pas nécessairement tous les employés de l'entreprise qui croit en
l'importance de la promotion de la santé au travail. Elle ne semble pas faire partie du
quotidien de tous et nous avons l'impression que le rôle de la Direction des ressources
humaines (DRH) demeure quand même assez important. Cela peut expliquer le rang plus
faible du développement de la culture de promotion de la santé relativement à celui de la
participation. Voici quelques extraits qui nous ont, entre autres, permis de faire de tels
constants :
« Ya des gens que ça n’intéresse pas du tout. Il faut pas se le cacher ya des
gens qui sont assez critiques par rapport à ça, pour eux c'est une
accréditation qui fait bien paraître l'organisation. Ils ne voient pas
l'avantage pour eux, [ils] trouvent que l'employeur s'immisce dans leur vie
privée [...] Ça existe aussi à tord ou à raison, moi je pense que c'est
efficace, mais certaines personnes qui disent : " Laisser moi décider ce qui
est mieux pour moi, c'est pas à l'employeur de le faire, c'est pas sa job ". »
(Responsable_Entreprise6)
« Je pense que c'est beaucoup basé sur des gens qui sont des locomotives
[...] ce n’est pas encore assez intégré. [Les locomotives] c'est des gens qui
ont de la tête puis qui y croient, pis que jour après jour ils montrent dans
leur milieu que ça vaut la peine entreprise en santé [...] »
(Employé_Entreprise6)
« Évidemment, la DRH était très impliquée [au départ], mais question
d'image c'était le DG. Maintenant bon c'est quand même beaucoup plus
intégré pis [...] c'est plus porté par la DRH [...] » (Direction_Entreprise6)
Qui plus est, malgré la volonté qui ressort d'intégrer la promotion de la santé au quotidien,
il ne semble pas, en raison des coupures dans le milieu auquel appartient l'Entreprise6
(soins de santé et assistance sociale), que cela soit toujours facile et réalisable. En
analysant les propos des répondants, on constate que l'organisation investit des ressources
en temps, mais peu en argent. Les extraits suivants illustrent cet élément :
164
« [Les ressources] c'est surtout en temps [plutôt] que monétaire. [...] une
des volontés aussi du comité de direction c'était d'intégrée la gestion
d' " Entreprise en santé " aux opérations courantes [...] c'est un contexte
aussi qui faut comprendre assez difficile où il y a déjà des compressions
budgétaires [...] mais c'est sûr que ça fait partie des discussions parce qu'on
veut amener la démarche aussi à un autre niveau, un moment donné faut
pas juste du temps. » (Responsable_Entreprise6)
« [...] mais ya quand même un contexte, où c'est extrêmement difficile, de
coupures [...] » (Employé_Entreprise6)
« [L'organisation accorde-t-elle des ressources en promotion de la santé?]
Pas assez, ben en fait y a vraiment pas beaucoup d'argent. C'est pour ça
quand j'expliquais au niveau créatif là, c'est beaucoup le temps des équipes
qui sont déjà en place. » (Employé_Entreprise6)
« [...] je te dirais que c'est plus comme ça que dans la continuité [...] ils
sont toujours dans l'urgence, les coupures [...] je pense qu'il ya une volonté
d'être proactif, mais le réactif nous ramène rapidement dans le réel. »
(Employé_Entreprise6)
Nous avons utilisé le test de corrélation des rangs de Spearman pour évaluer la force de la
relation de chaque composante avec le niveau de développement de la culture. Ce test est
expliqué à l'Annexe 5 et les valeurs du coefficient de corrélation (rs) sont présentées au
Tableau 5.15, en ordre décroissant de grandeur. Pour des fins de comparaison, les
résultats de la composante « participation des employés » y sont inclus. Vu la petite taille
de notre échantillon, pour lequel l’hypothèse de normalité ne tient pas et dont la relation
n’est pas nécessairement linéaire, nous nous en tenons aux résultats du test de corrélation
de Spearman. Rappelons qu'il permet d’obtenir uniquement une estimation de la force et
de la direction (positive ou négative) de la relation; ce test ne permet pas de dire si la
relation est linéaire ou non.
Composantes rs a Pb
Priorité organisationnelle 0,74 0,005***
Engagement des gestionnaires 0,74 0,005***
Communication 0,61 0,024**
Participation 0,58 0,032**
Apprentissage organisationnel 0,50 0,057*
Formation 0,41 0,108
a
rs : coefficient de corrélation des rangs de Spearman
b
Les étoiles représentent le niveau de signification de la relation. Plus il y a d'étoiles, plus forte est la
présomption contre l’hypothèse nulle voulant qu’il n’y ait pas de relation entre la composante et la culture
de promotion de la santé au travail.
* : p = < 0,10 ; **: p = < 0,05; ***: p = < 0,01.
Si l'on se fie aux résultats du Tableau 5.15, il existe une relation significative, positive et
forte (rs = 0,74) entre le développement de la culture de promotion de la santé au travail et
les composantes « priorité organisationnelle » et « engagement des gestionnaires ». La
force de la relation est toujours positive et significative, mais plus modérée entre la
culture et les composantes « communication » et « participation ». En ce que concerne la
composante « apprentissage organisationnel », le coefficient de corrélation de 0,50
suggère encore ici une relation modérée, bien que le niveau de signification du test de
Spearman ne soit pas très contraignant. Quant à la composante « formation », le
coefficient de corrélation est non seulement le plus faible, mais sa relation avec la culture
n’est pas statistiquement significative. En présumant que ces résultats permettent de
conclure sur l’importance relative des composantes, toutes les composantes, à l’exception
166
D'abord, les sondages (11/11), l'identification des risques (10,67/11) et les comités
(11/11), sont les trois formes de participation les plus populaires dans les organisations.
Ces résultats ne surprennent pas, car ces formes sont celles étant minimalement requises
pour l'adoption de la norme et pour l'obtention de la certification. Malgré cela, les
organisations vont plus loin que ce qui est prescrit en encourageant, à des degrés
différents, d'autres formes de participation décisionnelles. Certaines de ces formes sont
d’ailleurs répandues. Pensons, par exemple, à la participation des employés à
l'organisation d'activités (10,67/11), qui a été rapportée aussi fréquemment que
l'identification des risques, et à la présence d'ambassadeurs (10/11).
Les résultats révèlent également que, pour l'ensemble des organisations, le niveau de
développement moyen des cultures de promotion de la santé se situe au niveau
« proactif » ( = 4,28/5). Cela laisse entendre que la santé est une valeur importante pour
les entreprises de notre échantillon, sans qu’elle soit encore pleinement intégrée aux
activités quotidiennes. Encore une fois, ces résultats découlent du type d’entreprises
167
sélectionnées pour l’étude, qui ont toutes une démarche de promotion de la santé en place
depuis un certain temps. À propos, mentionnons que les quatre organisations ayant les
cultures de promotion de la santé au travail les plus développées sont également toutes
certifiées élite. Ce niveau correspond au niveau le plus avancé de la certification
« Entreprise en santé » et signifie, comme l'explique le Bureau de normalisation du
Québec (2008: 7), que « [...] l'entreprise va plus loin dans l'intensité et l'intégration de ses
efforts pour la santé et le mieux-être de son personnel [...] La santé et le mieux-être sont
mieux intégrés dans la culture de l'entreprise [...] ».
Il est d’ailleurs plausible que la relation modérée que nous avons trouvée entre la
participation des employés et le développement d’une culture de promotion de la santé
soit en partie attribuable à la nature de notre échantillon. Bien que les organisations
semblent ouvertes aux suggestions et aux commentaires des employés en matière de
promotion de la santé, les dires des répondants révèlent que les décisions reposent encore
beaucoup sur les responsables du programme de santé au travail et sur les membres de la
direction ( globale de l'intensité des formes de participation = 1,32/2,0). Ceci peut
s'expliquer puisque dans la pratique, les organisations doivent satisfaire les critères de la
certification et ainsi réaliser un certain nombre d'activités administratives. Pour y
parvenir, la plupart des entreprises embauchent un responsable qui s'assure de la prise en
charge du processus de promotion de la santé.
À ce propos, pour les petites organisations, nos analyses suggèrent que le processus de
certification élite, associé à la norme « Entreprise en santé », peut parfois sembler
particulièrement rigide et lourd. À titre d'exemple, et selon la perspective d'un répondant,
l'entreprise pour laquelle il travaille avait plusieurs activités en place avant l'adoption de
la norme, mais a renoncé à certaines avec l'adoption de la certification élite. Le temps
étant désormais consacré à la « bureaucratie » plutôt qu'à l'organisation d'activités pour
les employés. En ce sens, et puisqu'il croit en l'importance de la norme « Entreprise en
santé » et en son efficacité, ce répondant nous a suggéré que la certification élite devrait
être réservée aux grandes entreprises. Comme ces dernières ont généralement de
nombreuses structures en place et qu'elles sont habituées aux procédures formelles, elles
sont mieux outillées pour poursuivre la certification élite. À l'inverse, le répondant a
observé, et les témoignages qu’il a entendus le corroborent, que certaines petites
168
Deuxièmement, les résultats obtenus sur l'importance relative des composantes d'une
culture de promotion de la santé au travail sont des plus révélateurs. Il existe une relation
significative, positive et forte (rs = 0,74, P = 0,005) entre le développement de la culture
de promotion de la santé au travail et les composantes « priorité organisationnelle » et
« engagement des gestionnaires ». Pour qu'une culture de promotion de la santé soit
intégrée aux activités quotidiennes de l'organisation, il faut que les gestionnaires y croient
et qu'ils veillent à ce que la santé soit aussi importante que la productivité. Les
gestionnaires (membres de la direction et superviseurs immédiats) doivent s'assurer que
tous les membres de l'organisation ont la santé à cœur et qu'ils comprennent que cela fait
partie de la culture organisationnelle. Comme il est possible de le constater dans la revue
de littérature, au Tableau 2.10, les écrits qui vantent l'importance de l'engagement des
gestionnaires sont d'ailleurs nombreux.
En outre, et comme c'était le cas pour la participation, nos résultats montrent que la
relation entre la communication et le développement de la culture de promotion de la
santé est modérée (rs = 0,61, P = 0,024). Cependant, si nous référons au niveau de
développement total moyen des composantes, la communication est celle dont le niveau
est le plus élevé ( = 4,41/5). Ces résultats peuvent paraître contradictoires à première
vue. Cependant, on pourrait croire que la moyenne élevée pour la composante
communication fait état de son rôle fondamental de support, à tous les stades du
développement de la culture de promotion de la santé, tandis que le coefficient de
corrélation reflète la force modérée de la communication comme levier de développement
de cette culture. De ce fait, la communication est essentielle à la mise en œuvre et au bon
déroulement d'un processus de promotion de la santé. Comme le révèlent les entretiens,
sans communication et information fréquentes et renouvelées, il est difficile d'espérer des
actions communes, au quotidien, en matière de promotion de la santé.
169
Troisièmement, les résultats des tests statistiques effectués suggèrent que notre
proposition de recherche est généralement appuyée. Toutefois, comme nous l'avions
mentionné, cette affirmation doit être interprétée avec prudence, car la relation positive
est significative uniquement pour la mesure de participation sur une échelle de 5 points.
Au final, nos résultats laissent croire que s'il y a engagement clair des gestionnaires et que
la santé est une priorité organisationnelle au même titre que les autres, la culture de
promotion de la santé peut atteindre un stade de développement élevé. Cela, sans
nécessairement que la participation des employés joue un rôle de premier plan. Nous
demeurons somme toute d'avis qu'il importe que les employés prennent part à la prise de
décisions en matière de promotion de la santé. Ces décisions les touchent directement et
elles influencent l'adoption de comportements sains. Nous supposons même qu'une
organisation dont la culture de promotion de la santé atteint un niveau de développement
élevé, mais qui n'implique pas ses employés dans la prise de décisions peut perdre le
souffle et stagner. L'extrait suivant tiré de nos entretiens illustre ce propos :
Contrairement aux initiatives qui viennent simplement d'en haut, la décentralisation des
pouvoirs, par la participation active des employés, est une manière de garder l'intérêt et de
faire vivre continuellement le programme. Comme nous l'avions mentionné dans le cadre
théorique, le fait que les employés participent activement aux différentes étapes du
processus de promotion de la santé permet de veiller à ce que celui-ci soit constamment
efficace, parce qu'ajusté aux désirs, aux préoccupations, aux besoins et à la réalité des
employés (Commission on Health and Safety and Workers' Compensation, 2010: 20;
Grawitch et al., 2009: 127-128).
CHAPITRE 6 - CONCLUSION
Dans ce chapitre, nous dévoilerons d'abord les principaux constats de la recherche. Après
avoir traité des contributions théoriques et pratiques de l'étude, nous enchaînerons avec
les limites du mémoire et terminerons en proposant quelques avenues de recherche.
À ce propos, et dans un premier temps, la recension des écrits nous a permis d'arriver à
certains constats. La promotion de la santé, basée sur le modèle écologique, s'intéresse à
l'individu et au contexte dans lequel il œuvre. Le milieu de travail fait partie de ce
contexte, en étant à la fois une source de risques professionnels et un lieu de prédilection
pour favoriser la santé générale des travailleurs. Le modèle écologique suppose ainsi que
l'organisation a la possibilité d'influencer les comportements des individus. Une entreprise
qui s'engage à promouvoir la santé mise donc sur la prévention des risques
organisationnels pour la santé physique et psychologique des travailleurs, tout en leur
proposant des moyens pour adopter de saines habitudes de vie.
en santé et sécurité au travail. En effet, les deux domaines misent sur un processus
structuré et intégré d'intervention qui vise soit la prévention ou la promotion, et qui est
fondé sur les principes de participation des employés et de collaboration entre les
employés et les employeurs. Comme nous l'avons aussi démontré, certains auteurs
s'entendent pour dire que la participation des employés peut avoir divers niveaux
d'intensité. Elle peut être consultative ou décisionnelle. Lorsqu'elle est décisionnelle, les
employés participent activement aux prises de décisions en matière de santé au travail.
Qui plus est, si l'on considère que la culture de promotion de la santé au travail se
développe au fil du temps et au gré des interactions entre les individus, il y a là des pistes
intéressantes pour développer une mesure de cette culture. C’est ce que nous avons fait,
car la littérature ne révèle pas d’instrument de mesure s'intéressant spécifiquement à la
culture de promotion de la santé au travail. Encore une fois, nous nous sommes inspirés
des écrits en santé et sécurité du travail (Filho, Andrade et Marinho, 2010: 616; Hudson,
1999; Parker, Lawrie et Hudson, 2006; Piers, Montijn et Balk, 2009) puisque la sécurité
est l'une des trois sphères d’intervention en promotion de la santé. Comme plusieurs
outils visant à mesurer la culture de sécurité, celui que nous proposons fait état de cinq
niveaux de développement d’une culture de promotion de la santé au travail. Ceux-ci vont
d’un niveau d’intervention minimale à un plein niveau d’implication, en suivant les
étapes suivantes : inactive, réactive, active, proactive et amélioration continue.
Nous avons ensuite découvert que les formes de participation les plus fréquentes : les
comités (11/11), les sondages (11/11) et l'identification des risques (10,67/11), sont celles
étant minimalement requises pour l'adoption de la norme et pour l'obtention de la
certification. Malgré cela, les organisations vont plus loin que ce qui est prescrit en
encourageant, à des degrés différents, d'autres formes de participation décisionnelles.
Citons, par exemple, la participation des employés à l'organisation d'activités (10,67/11),
qui a été rapportée aussi fréquemment que l'identification des risques et la présence
d'ambassadeurs (10/11).
Bien que les organisations semblent ouvertes aux suggestions et aux commentaires des
employés en matière de promotion de la santé, les dires des répondants révèlent que
globalement, les décisions reposent encore beaucoup sur les responsables du programme
174
de santé au travail et sur les membres de la direction ( globale de l'intensité des formes
de participation = 1,32/2,0).
Nos analyses ont également montré que dans les entreprises de notre échantillon, le
niveau de développement moyen des cultures de promotion de la santé ( 4,28/5) se
situe au niveau proactif. Cela laisse croire que la santé est une valeur importante pour les
organisations de notre échantillon, sans qu’elle soit encore pleinement intégrée aux
activités quotidiennes.
Enfin, sans que cela soit un objet de notre recherche, nous sommes arrivés à un constat
intéressant. L’analyse des dires des répondants révèle que le processus de normalisation
associé au niveau de certification élite, plus exigeant quant aux nombres d’activités à
mettre en place et quant au niveau d’intégration de la santé à la culture d’entreprise, peut
parfois sembler rigide et lourd pour les petites entreprises.
d'identifier les formes que peut prendre la participation des employés au processus de
promotion de la santé au travail, elle offre la possibilité d'évaluer leur niveau d'intensité
décisionnelle. Nous proposons, à cette fin, une mesure qui tient compte simultanément de
ces deux éléments. Dès lors, et c'est une contribution pratique du mémoire, les
employeurs qui désirent mettre en œuvre ou renforcer une culture de promotion de la
santé au travail pourront bénéficier de nos conclusions sur la participation des employés,
afin d'orienter leurs efforts en matière de promotion de la santé.
Ensuite, nous proposons l'ébauche d'un outil qui permet de mesurer le stade de
développement global d’une culture de promotion de la santé au travail, ainsi que les
diverses composantes susceptibles de contribuer à l’évolution de cette culture dans le
temps. Si nous supposons qu’une culture de promotion de la santé au travail développée
conduit à de meilleurs résultats pour la santé des employés, un tel outil pourrait permettre
aux organisations de mieux comprendre à quel stade elles se situent et les actions qu'elles
peuvent prendre pour améliorer leur rendement en santé au travail. Dès lors, compte tenu
de l'absence relative de recherche sur le sujet, notre étude pourrait offrir des pistes utiles à
l'avancement des connaissances.
De plus, le choix de l'entretien semi-directif comme méthode de collecte des données peut
avoir un impact sur la généralisation des résultats. Contrairement à un questionnaire
fermé, l'entretien semi-directif est ouvert, ce qui peut entraîner des variations entre les
entrevues et nuire à la standardisation des résultats. À titre d'exemple, puisque
l'intervieweur est présent, le répondant peut constamment lui demander de reformuler des
questions pour obtenir plus de précisions. Pour pallier cette lacune, nous avons adapté,
dans le guide d'entretien, les termes théoriques de notre recherche aux termes utilisés dans
la norme « Entreprise en santé ». C'est le langage que connaissent les répondants. Nous
avons également pris soin d'inclure des sous-questions afin d’orienter les répondants dans
le même sens. En somme, malgré le manque de standardisation, l'entretien semi-directif
représente un choix méthodologique pertinent dans le cadre d'une étude comme la nôtre.
C'est une méthode de collecte dite phénoménologique puisque la réalité n'existe que par
177
Deuxièmement, la sélection des répondants dans chaque entreprise ne s’est pas faite de
façon aléatoire. Dans la plupart des cas, le responsable de la santé au travail identifiait les
deux autres répondants qui participeraient à l'étude. De ce fait, nous ne pouvons garantir
que ces personnes étaient impartiales. D'abord, on ne peut négliger l'effet de désirabilité
sociale. Les répondants ont pu vouloir donner une image positive du processus de
promotion de la santé. À ce propos, que certaines entrevues ce soient déroulés au
téléphone peut constituer une limite. Cette méthode ne permet pas au chercheur d'analyser
l'expression corporelle des répondants et de déterminer s'ils semblent bel et bien en
accord avec les propos qu'ils émettent. Aussi, étant donné que nous nous étions assurés
que les employés et les membres de la direction connaissent bien le programme de
promotion de la santé et qu'ils y aient participé, nous pouvons penser qu'ils lui ont été
particulièrement favorables en plaçant l'organisation où ils souhaitaient qu'elle soit rendue
plutôt qu'où elle l'est réellement. Toutefois, et cela peut atténuer les conséquences de cette
limite sur les résultats finaux, les informations fournies par les répondants étaient de
nature descriptive et ils ignoraient la manière dont nous allions les classer et les analyser.
Troisièmement, puisque l'analyse a été essentiellement effectuée par une personne, il peut
y avoir un biais de subjectivité de la part du chercheur. Pour tenter de limiter ce biais, au
moment de coder les données, une deuxième personne, la directrice du mémoire, a validé
les éléments du codage qui étaient ambigus. C'est la méthode inter-juge et elle permet
d'assurer une certaine validité et fiabilité du codage. Afin que l'analyse comparative soit
la plus objective possible, nous nous sommes tenus aux grilles d'analyse préalablement
construites et aux critères précis qu'elles contiennent.
Nos résultats laissent également entendre que nous avons assez bien ciblé les
composantes associées au développement d’une culture de promotion de la santé au
travail. Il serait donc intéressant, pour d'éventuelles recherches, de s’attarder à chacune de
ces composantes plus en détail. Cela permettrait de mieux évaluer leur rôle respectif sur
le développement d'une culture de promotion de la santé au travail. C'est d’ailleurs ce que
nous avons tenté de faire avec la composante participation des employés.
12
Rappelons qu'afin de présenter un outil plus complet à l’Annexe 3, nous y avions inclus, à titre indicatif,
quelques pistes pour évaluer le niveau de participation des employés.
179
LÉGENDE
(Es): Élément prescrit par la norme pour obtenir la certification « Entreprise en santé »
(EsE): Élément prescrit par la norme pour obtenir la certification « Entreprise en santé
élite »
Identification du répondant :
Quel est le rôle des employés lors de la mise en œuvre du processus de promotion de la
santé et du mieux-être (de la norme). Comment participent-ils?
182
Maintenant que vous avez répondu à la question générale, je poursuivrai avec des
questions plus spécifiques sur les diverses formes de participation afin de voir comment
elles se manifestent dans votre organisation.
Les employés participent-ils à des focus groups? Par focus groups nous entendons des
petits groupes d'employés qui se rencontrent et réfléchissent. Un gestionnaire anime
généralement ces rencontres. Si oui :
– Quel est le but des focus groups (p.ex. examiner la situation initiale, prioriser, donner
leur avis, évaluation, rendre compte des nouveaux risques, etc.) ?
– Est-ce que le rôle des employés est consultatif ou s'ils ont un pouvoir décisionnel?
– Quelles formes prennent les suggestions (p.ex. boîte anonyme, en ligne, par téléphone
ou suggestions lors de réunions, de séances de formations et d'entretien individuel
avec le superviseur, etc.) ?
– Quel est le but du système de suggestions?
Y a-t-il des sous-comités, des groupes de travail sur lesquels siègent des employés?
Par groupe de travail, nous entendons des comités qui travaillent par secteur ou par problème
(p.ex. groupes sur la sensibilisation au stress, aux maladies mentales, aux TMS, aux nouveaux
risques chimiques et aux bienfaits d'une alimentation équilibrée, groupe sur la conciliation
travail-vie personnelle, etc.). Si oui :
– Est-ce que le rôle des employés est consultatif ou s'ils ont un pouvoir décisionnel?
– Est-ce que le rôle des employés est consultatif ou s'ils ont un pouvoir décisionnel?
184
Est-ce que les employés participent à des projets pilotes? Le projet pilote vise à tester les
solutions possibles avant de les implanter dans l'ensemble de l'organisation. Si oui :
– Est-ce que les collègues supportent l'employé qui s'implique dans le processus?
Les auteurs s'entendent pour dire que certaines pratiques organisationnelles (composantes)
favorisent la promotion de la santé et du mieux-être. Je vais maintenant vous poser quelques
questions sur vos pratiques organisationnelles.
– Pouvez-vous me donner des exemples (p.ex. communiquer aux employés les résultats
des collectes de données sur leurs besoins dans délai maximal de 6 mois (Es),
communication du plan de mise en œuvre (Es), communiquer un bilan des progrès
réalisés)? (E, D, R)
– Est-ce que les informations fournies sont constantes et adaptées en matière de santé et
mieux-être? À quelle fréquence émettez-vous ou recevez-vous des communications
en matière de promotion de la santé et du mieux-être en milieu de travail (p.ex.
employés sont informés de tout changement en matière de promotion de la santé, ils
sont informés lors des réunions de production, etc.)? (E, D, R)
– Est-ce que les membres de la direction sont évalués quant à leurs responsabilités en
matière de promotion de la santé (évaluation de la performance) (EsE)? Les résultats
de cette évaluation de rendement sont-ils reliés à la rémunération des dirigeants? Qui
participe à cette évaluation? (D, R)
– Est-ce que les superviseurs sont évalués quant à leurs responsabilités en matière de
promotion de la santé (évaluation de la performance) (EsE)? Les résultats de cette
évaluation de rendement sont reliés à leur rémunération? Qui participe à cette
évaluation? (D, R)
– Est- ce que les superviseurs informent les employés en matière de santé au travail?
Font-ils le pont entre la direction et les employés? (E, D, R) Pourriez-vous justifier
votre réponse?
– Est-ce que les superviseurs facilitent l'implication des employés dans les activités du
programme (p.ex. ressources pour conciliation travail-famille)? (E, D, R) Pourriez-
vous justifier votre réponse?
187
Diriez-vous que les collègues supportent les employés qui participent aux activités de
promotion de la santé et du mieux-être (p.ex. inscription au gym, défi 5/30, etc.)? (E, D, R)
– Est-ce qu'il y a présence d'un processus interne qui permet de partager les bons coups
et les interventions fructueuses en matière de promotion de la santé? Ces initiatives
permettent le partage de connaissances de la part d'employés (p.ex. champion du
mois, un employé qui participe très bien, fait vécu, capsules santé). (E, D, R)
– Est-ce que les besoins en formation sont continuellement adaptés et renouvelés (p.ex.
formation sur les nouveaux programmes : nouveau programme CTF ou nouveaux
EPI, etc.)? Pourriez-vous justifier votre réponse?
– Est-ce qu'il existe des formations pour les nouveaux employés sur le fonctionnement
et les objectifs de l'organisation en matière de promotion de la santé (p.ex. mentorat
pour les nouveaux, etc.)? Pourriez-vous justifier votre réponse?
– Est-ce que la formation est offerte à tous les niveaux d'employés? (p.ex. formation
pour les employés, pour les superviseurs, les représentants et les membres de la
direction.) Pourriez-vous justifier votre réponse?
– Qui donne les formations? Est-ce des formateurs internes ou externes (p.ex.
développement de ressources internes pour qu'elles soient en mesure d'initier des
formations ou recours aux ressources externes) ?
188
ANNEXE 2 : La grille d'analyse permettant d'évaluer le niveau d'intensité de la participation des employés au processus de
promotion de la santé au travaila
Formes de participation Est-ce une forme Évaluation du degré de l'intensité décisionnelle.
(11 formes) de participation Consultatif = Recommandations et commentaires seulement.
qui peut être Décisionnel = Participation aux prises de décisions.
décisionnelle?
Score
0,0 pt : forme absente
0,5 pt : forme consultative occasionnelle
1,0 pt : forme consultative habituelle
1,5 pt : forme décisionnelle partielle
2,0 pts : forme décisionnelle pleine
Sondages Non /1 Sond_Abs0: Si la forme de participation est absente.
Sond_Consu0,5: Si cela ne semble pas être la norme.
Sond_Consu1
Systèmes de suggestions Non /1 Sugg_Abs0: Si la forme de participation est absente.
Sugg_Consu0,5: Si cela ne semble pas être la norme.
Sugg _Consu1
Identification des Non /1 Identif_Abs0: Si la forme de participation est absente.
risques organisationnels Identif_Consu0,5: Si cela ne semble pas être la norme.
pour la santé physique Identif _Consu1
et psychologique
Focus groups Oui /2 FG_Abs0: Si la forme de participation est absente.
FG_Comi: Si ce sont les membres du comité qui font des focus groups plutôt
que les autres employés (non-membre).
FG_Consu0,5: Si cela ne semble pas être la norme. On veut l'avis des employés
pour comprendre un peu mieux. C'est souvent le cas pour détailler les résultats
d'un sondage.
FG_Consu1: On veut l'avis des employés pour comprendre un peu mieux. C'est
souvent le cas pour creuser les résultats d'un sondage.
189
ANNEXE 3 : La grille d'analyse permettant d'évaluer le niveau de développement d'une culture de promotion de la santé au
travaila,b,c
a) Haute direction
(HD)
2) Responsabilité Les membres La La santé est reconnue La santé est La santé est
haute direction de la haute responsabilité comme faisant partie reconnue comme reconnue comme
(Lead_RespHD) direction se des membres des responsabilités faisant partie des étant une
concentrent de la haute des membres de la responsabilités responsabilité
sur les direction est de haute direction, mais des membres de importante des
coûts/produc- « nettoyer » elle n'est pas prise en la haute direction membres de la
tion et non sur lorsqu'un compte dans et elle est prise haute direction
la santé problème de l'évaluation de la en compte dans (intuitif, ça va de
santé grave performance. l'évaluation de la soi) et elle
survient Responsabilité performance. influence les
direction est définie Responsabilité résultats associés
dans politique de direction est à l'évaluation de
santé. C'est dans leur définie dans la performance
rôle, on leur politique de (c.-à-d.:
demande de la faire, santé. rémunération).
on leur rappelle. C'est dans leur Responsabilité
Ne figure pas rôle, on leur direction est
vraiment à l'agenda demande de la définie dans
de la direction faire, on leur politique de
rappelle. santé. Figure
Figure souvent,
quelquefois à régulièrement à
l'agenda de la l'agenda de la
direction, mais direction
c'est plutôt rare,
ce n'est pas
systématique
205
2) Mise à jour Aucun intérêt S'informe S'informe sur les S'informe S'informe
(App_MiseJour) de la part de rarement sur les nouvelles pratiques, fréquemment sur continuellement
l'organisation nouvelles mais roulent les nouvelles sur les nouvelles
à s'informer pratiques ou le principalement sur pratiques, suit pratiques et
sur les fait lorsqu'un des vieilles affaires les nouveautés innove dans ce
nouvelles problème offertes sur le qu'elle offre.
pratiques en survient, marché. Leader dans le
santé ou à s'informe sur L'organisation marché et
apprendre de les nouvelles offre les activités partage de ses
ses erreurs pratiques qui y populaires dont connaissances.
sont associées on entend parler L'entreprise offre
dans la société des activités à la
en général (p.ex. mode et innove
zumba, yoga) dans ce qu'elle
propose à ses
employés. Elle
214
3) Partage des bons Il n'y a aucun Aucun bon Partage rare et Partage de Processus
coups bon coup à coup n'est irrégulier des bons quelques bons systématique de
(App_BonsC) reconnaître en reconnu en coups en santé coups, de partage des bons
santé santé quelques coups, des
interventions interventions
fructueuses en fructueuses en
santé santé
Formation Aucune Quelques rares Niveau de formation Niveau élevé de Niveau très
(contenu, apprend formation formations, acceptable/ formation/ élevé de
sur un sujet) généralement Conscience Conscience formation/
après qu'un Compréhension
problème
survienne, mais
rien de
cohérent (p. ex.
une fois)
1) Contenu Aucun sujet de Sujets abordés Quelques sujets sont Divers sujets Sujets nombreux
(Form_Contenu) formation généralement abordés ici et là. sont abordés. et variés.
reliés à un Généralement reliés Formation sur (comprend des
problème qui est aux risques par les risques soft subjects
survenu rapport aux habitudes organisationnels comme comment
de vie des individus associés à devenir un
sédentarité, stress, quelques-unes meilleur
tabac et malbouffe. des sphères de la gestionnaire et
Sensibilisation sur norme Es (p.ex. l'efficacité des
215
3) Nouvel employé Rien de prévu Formation Il n'y a pas de Des informations Une formation
(Form_NewYé) prévue formation prévue sur sur la promotion complète sur la
uniquement la promotion de la de la santé sont promotion de la
lorsqu'un risque santé pour les présentées pour santé est offerte
vient de nouveaux employés. les nouveaux aux nouveaux
survenir. On Ceux qui souhaitent employés. On employés.
avertir les s'informer sur ce que leur présente Guide d'employé
nouveaux l'organisation offre uniquement le et formation en
uniquement si doivent le faire par guide d'employé personne
accident récent eux-mêmes. qui inclut une
ou En ligne ou voir RH section
problématique Parfois on leur promotion de la
récente mentionne qu'on est santé
entreprise en santé,
mais c'est tout
217
a
Sources : inspiré de Filho, Andrade et Marinho (2010: 620-622); Human Engineering (2005a: 9,39; 2005b: 8-19); International Atomic Energy Agency (2002: 10-
14); Lopez de Castro et al. (2013:234)
b
Cet outil a été développé conjointement avec Silvana Pozzebon, professeur agrégée à HEC Montréal, qui a supervisé ce mémoire
c
Es : signifie la norme « Entreprise en santé »
EsE : signifie le niveau élite de la norme « Entreprise en santé »
Comité : signifie le comité santé et mieux-être
221
Ce test statistique non paramétrique permet d'effectuer l'analyse de variance basée sur les
rangs. Il est utilisé quand l'hypothèse de normalité n'est pas acceptable. Étant donné le
petit nombre d'entreprises étudiées, c'est notre cas. Ce test nous permet de vérifier
l'hypothèse de l'égalité entre k groupes de répondants. Comme première étape, nous
définissons les hypothèses.
L'hypothèse nulle : H0 = il n'y a pas de différence significative entre les k
groupes de répondants.
L'hypothèse contraire : H1 = il y a une différence significative entre les k groupes
de répondants.
Ensuite, nous calculons la statistique H et la probabilité (P) de la statistique H à l'aide d'un
logiciel. Lorsque le nombre d'observations par groupe k dépasse 5, la quantité H est
approximativement distribuée comme une variable khi-carré à k-1 degrés de liberté, où k
est le nombre de groupes.
1
Sources : GraphPad Software (2015); Guo, Zhong et Zhang (2013: 135-136); Levin et Alan Fox (1991:
305); Lowry (2015)
222
Ce test non paramétrique permet de calculer la corrélation, basée sur les rangs, entre deux
variables. Il est utilisé lorsque les variables ne suivent pas une distribution normale. Ce
test est approprié pour notre étude, puisque l'échantillon est de petite taille et que nous
utilisons des données mesurées sur des échelles continues ayant des étendues assez
limitées. Le test des rangs de Spearman établit la corrélation non pas entre les différentes
valeurs des deux variables, mais entre les rangs respectifs qu'elles obtiennent. Il donne
des précisions sur l'existence plutôt que sur la forme des relations.
D'abord, nous calculons le coefficient de corrélation des rangs de Spearman (rs) à l'aide
d'un logiciel. Lorsque le coefficient est calculé, on peut interpréter les résultats de la façon
suivante :
Valeur de rs Force de la relation/corrélation
0 corrélation absente
0,00 - 0,19 corrélation très faible
0,20 - 0,39 corrélation faible
0,40 - 0,59 corrélation modérée
0,60 - 0,79 corrélation forte
0,80 - 1 corrélation très forte
Sources : Levin et Alan Fox (1991: 69)
Ensuite, ce test permet de savoir si le coefficient obtenu est significatif. Pour ce faire,
nous définissons les hypothèses.
L'hypothèse nulle : H0 : rs = 0, il n'y a pas de relation entre les variables.
L'hypothèse contraire : H1 : rs > 0, il y a une relation positive entre les variables.
Comme N > 10 (N = 11 dans notre échantillon), la signification de rs calculé est distribuée
comme la valeur statistique t de Student avec N-2 degré de liberté, où N est le nombre
d'observations comparées.
À la prochaine étape, nous appliquons la règle de décision. Prenons, par exemple, le seuil
α = 0,05 pour un test unilatéral :
Si P (rs calculé) ≥ α, on accepte H0 au seuil α = 0,05
Si P (rs calculé) < α, on rejette H0 au seuil α = 0,05
Notons que nous utilisons un test unilatéral, car la relation est présumée positive.
1
Sources : Levin et Alan Fox (1991: 342); Lund Research Ltd (2013); McDonald (2014)
223
1
Les notes du tableau de l'Entreprise1 sont générales et s'appliquent à l'ensemble des tableaux de l'Annexe
6. L'annexe contient onze tableaux, un pour chaque entreprise de l'échantillon.
224
Entreprise 2
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 0
Identification des risques /1 1 1 0,5
Focus groups /2 0* 0* 0
Comité /2 2 1,5 2
Sous-comités /2 2 0 1,5
Ambassadeur /2 1 2 0,5
Organisation d'activités /2 1,5 2 2
Conférences/Témoignages /2 0 1,5 0
Dév. moyens communication /2 1,5 0,5 0*
Projets Pilotes /2 0 0 1,5
Total par répondant /19 11,00 10,50 9,00
Moyenne par entreprise 10,17
225
Entreprise 3
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 0,5 1 1
Focus groups /2 1 1,5 0*
Comité /2 2 1,5 2
Sous-comités /2 1,5 1,5 S.O.a
Ambassadeur /2 2 1 1
Organisation d'activités /2 1,5 1,5 2
Conférences/Témoignages /2 2 1,5 1,5
Dév. moyens communication /2 2 0,5 0
Projets Pilotes /2 2 0 0
Total par répondant /17 15,00 10,50 9,50
Total par répondant /19 16,76 11,74 10,62
Moyenne par entreprise 13,04
a
Voir la note (e) apparaissant au tableau de l'Entreprise1.
226
Entreprise 4
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 1 1 1
Focus groups /2 0,5 0* 1,5
Comité /2 1,5 1,5 1,5
Sous-comités /2 0 0 2
Ambassadeur /2 S.O. 1 2
Organisation d'activités /2 2 1,5 2
Conférences/Témoignages /2 2 1,5 1,5
Dév. moyens communication /2 1,5 0* 2
Projets Pilotes /2 0 0 2
Total par répondant /17 10,50 7,50 15,50
Total par répondant /19 11,74 8,38 17,32
Moyenne par entreprise 12,48
Entreprise 5
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 S.O. 1 0,5
Focus groups /2 1 1 1
Comité /2 1 1,5 1,5
Sous-comités /2 1 1,5 1,5
Ambassadeur /2 1 1 0,5
Organisation d'activités /2 1,5 1,5 1,5
Conférences/Témoignages /2 1,5 0,5 0
Dév. moyens communication /2 1 2 0
Projets Pilotes /2 0 0 0
Total par répondant /18 10,00 11,00 8,00
Total par répondant /19 10,56 11,61 8,44
Moyenne par entreprise 10,20
227
Entreprise 6
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 0,5 0
Identification des risques /1 1 0,5 0,5
Focus groups /2 1 1 1
Comité /2 1,5 1,5 1,5
Sous-comités /2 1 1 1
Ambassadeur /2 0,5 S.O. 0,5
Organisation d'activités /2 2 2 1,5
Conférences/Témoignages /2 0 1,5 1,5
Dév. moyens communication /2 0* 0 1,5
Projets Pilotes /2 2 2 2
Total par répondant /17 10,50 11,00 11,50
Total par répondant /19 11,74 12,29 12,85
Moyenne par entreprise 12,29
228
Entreprise 7
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondanta
R D E
Sondages /1 1 0,5
Suggestions /1 1 1
Identification des risques /1 1 1
Focus groups /2 0 0
Comité /2 1,5 2
Sous-comités /2 2 2
Ambassadeur /2 2 1
Organisation d'activités /2 2 1,5
Conférences/Témoignages /2 0 0
Dév. moyens communication /2 2 1,5
Projets Pilotes /2 0 1,5
Total par répondant /19 12,50 12,00
Moyenne par entreprise 12,25
a
Dans cette entreprise, un répondant assume le double rôle de responsable de la santé au travail (R) et de
membre de la direction (D).
Entreprise 8
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 1 1 1
Focus groups /2 0,5 0 0*
Comité /2 1,5 1,5 1,5
Sous-comités /2 1,5 1,5 1,5
Ambassadeur /2 1 1 1,5
Organisation d'activités /2 0,5 0* 1,5
Conférences/Témoignages /2 0 0 2
Dév. moyens communication /2 2 2 2
Projets Pilotes /2 1,5 0* 0*
Total par répondant /19 11,50 9,00 13,00
Moyenne par entreprise 11,17
229
Entreprise 9
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 1 1 1
Focus groups /2 1 1 1
Comité /2 2 2 2
Sous-comités /2 1,5 1,5 S.O.
Ambassadeur /2 0* 1 1
Organisation d'activités /2 2 1 1
Conférences/Témoignages /2 1,5 1,5 1,5
Dév. moyens communication /2 0* 0* 0*
Projets Pilotes /2 2 2 1,5
Total par répondant /17 11,50 11,50 11,00
Total par répondant /19 12,85 12,85 12,29
Moyenne par entreprise 12,67
Entreprise 10
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 1 0,5 1
Focus groups /2 0 0,5 0
Comité /2 2 1,5 2
Sous-comités /2 2 1,5 1,5
Ambassadeur /2 1 1 1
Organisation d'activités /2 2 2 1,5
Conférences/Témoignages /2 1,5 0 1,5
Dév. moyens communication /2 1 0,5 1,5
Projets Pilotes /2 0 0 1,5
Total par répondant /19 12,50 9,50 13,50
Moyenne par entreprise 11,83
230
Entreprise 11
Pointage pour le niveau
d'intensité par type
Formes de participation de répondant
R D E
Sondages /1 1 1 1
Suggestions /1 1 1 1
Identification des risques /1 1 0,5 0,5
Focus groups /2 0 0,5 0,5
Comité /2 2 1,5 1,5
Sous-comités /2 1,5 0,5 0,5
Ambassadeur /2 1,5 1,5 2
Organisation d'activités /2 2 1,5 1,5
Conférences/Témoignages /2 1,5 1,5 1,5
Dév. moyens communication /2 1 1 0*
Projets Pilotes /2 2 2 0
Total par répondant /19 14,50 12,50 10,00
Moyenne par entreprise 12,33
231
Entreprise11
Niveau de développementa
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 4 4 4
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 4 4 4
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 3 4 4
Moyenne priorité organisationnelle 3,67 4,00 4,00
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4 4 4
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) b 3 3 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 4 4 3
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) c S.O. 4 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 3,67 3,67 3,50
Communication_comment (Comm_Comment) 4 4 3
Communication_par qui (Comm_ParQui) 4 4 4
Communication_combien (Comm_Comb) 4 5 5
Communication_pour qui (Comm_PourQui) d 4 3 S.O.
Moyenne communication 4,00 4,33 4,00
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 3 3,5 3,5
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 4 5 4
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 5 5
Moyenne apprentissage organisationnel 4,00 4,50 4,17
Formation_contenu (Form_Contenu) 4 4 4
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 4 5 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 5 5
Moyenne formation 4,33 4,67 4,33
Moyenne pour le répondant 3,93 4,23 4,00
Moyenne pour l'entreprise 4,06e
a
Un score est attribué à chaque composante (et à ses caractéristiques et sous-caractéristiques). Ce score
réfère aux cinq niveaux de développement de la culture de promotion de la santé au travail : inactif (1 pt),
réactif (2 pts), actif (3 pts), proactif (4 pts), amélioration continue (5 pts). Pour plus de détails, consultez le
chapitre 4 sur la méthodologie ainsi que la grille d'analyse qui se retrouve à l'Annexe 3. Cette dernière
présente les particularités des caractéristiques et des sous-caractéristiques étant associées aux cinq niveaux
de développement de la culture ainsi que des exemples concrets illustrant les particularités pour chacun de
ces niveaux. Cette grille a servi de base pour attribuer les scores rapportés ici.
b,c
Pour les codes « Lead_respHD » et « Lead_respS », s'il est inscrit S.O. pour la case « E », le score est
considéré absent et est exclue de la moyenne. Ce n'est pas toute la ligne qui est exclue. Il est normal qu'un
employé ne sache pas si l'implication en santé figure à l'évaluation de performance des gestionnaires
(haute direction et superviseurs immédiats). Pour les codes « Lead_respHD » et « Lead_respS », s'il est
inscrit S.O. pour les cases « D » ou « R » , la ligne entière est retirée. Nous jugeons que ces types de
répondants sont en mesure de se prononcer au sujet de l'évaluation de la performance des gestionnaires en
matière de promotion de la santé.
1
Les notes du tableau de l'Entreprise1 sont générales et s'appliquent à l'ensemble des tableaux de l'Annexe
7. L'annexe contient onze tableaux, un pour chaque entreprise de l'échantillon.
232
d
Une rangée en italique signifie que le répondant ne s'était pas prononcé sur le sujet ou, dans quelques rares
cas, que le chercheur a oublié de lui poser la question (S.O.). Pour ne pas biaiser les résultats, nous avons
retiré la rangée entière de la moyenne.
e
Pour des fins de présentation des résultats, nous avons arrondi les moyennes apparaissant aux tableaux de
l'Annexe 7, mais lorsque nous avions fait les calculs, nous avions conservé toutes les décimales. C'est
pourquoi parfois, on peut constater que le score de la « moyenne pour l'entreprise » ne correspond pas
exactement à la moyenne des « moyennes pour le répondant ». Par exemple, pour l'Entreprise 1, la
« moyenne pour l'entreprise » de 4,06 ne correspond pas exactement à la moyenne des « moyennes pour
le répondant » [(3,93 + 4,23+ 4,00)/3= 4,05].
233
Entreprise2
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 3 3 3
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 5 4 3
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4 4 4
Moyenne priorité organisationnelle 4,00 3,67 3,33
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4 5 2
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 3 3 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 4 4 4
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 3 3 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 3,50 3,75 3,00
Communication_comment (Comm_Comment) 4 4 3
Communication_par qui (Comm_ParQui) 4 4 4
Communication_combien (Comm_Comb) 5 5 S.O.
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 4 4 3
Moyenne communication 4,00 4,00 3,33
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 3,5 3 4
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 3 4 2
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 4 3 2
Moyenne apprentissage organisationnel 3,50 3,33 2,67
Formation_contenu (Form_Contenu) 3 3 3
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 4 4 S.O.
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 4 4 4
Moyenne formation 3,50 3,50 3,50
Moyenne pour le répondant 3,70 3,65 3,17
Moyenne pour l'entreprise 3,51a
a
Voir la note e apparaissant au tableau de l'Entreprise1.
234
Entreprise3
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 5 5 5
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 5 4,5 5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4 4 4,5
Moyenne priorité organisationnelle 4,67 4,50 4,83
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4 5 5
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 5 5 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 4,5 5 5
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 5 5 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 4,63 5,00 5,00
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 5
Communication_par qui (Comm_ParQui) 4 4 4
Communication_combien (Comm_Comb) 5 4,5 5
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 5 4 S.O.
Moyenne communication 4,67 4,50 4,67
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 4 4 4
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 5 5 5
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 4 4 5
Moyenne apprentissage organisationnel 4,33 4,33 4,67
Formation_contenu (Form_Contenu) 4 4 4,5
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 5 5 5
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 4 5 5
Moyenne formation 4,33 4,67 4,83
Moyenne pour le répondant 4,53 4,60 4,80
Moyenne pour l'entreprise 4,64
235
Entreprise4
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 4 4 4
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 5 4,5 5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 5 5 5
Moyenne priorité organisationnelle 4,67 4,50 4,67
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 5 4 4,5
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 4,5 3 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 5 4,5 5
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 4 S.O. S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 4,83 3,83 4,75
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 5
Communication_par qui (Comm_ParQui) 5 4 5
Communication_combien (Comm_Comb) 5 5 4,5
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 5 5 S.O.
Moyenne communication 5,00 4,67 4,83
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 5 4 4
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 4 4 4
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 3 5
Moyenne apprentissage organisationnel 4,67 3,67 4,33
Formation_contenu (Form_Contenu) 3 3 4
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 5 4 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 4 5
Moyenne formation 4,33 3,67 4,33
Moyenne pour le répondant 4,70 4,07 4,58
Moyenne pour l'entreprise 4,45
236
Entreprise5
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 5 5 5
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 4,5 4 4,5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4 4 4
Moyenne priorité organisationnelle 4,50 4,33 4,50
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4 4 5
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 4,5 3,5 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 3,5 5 3
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 4 3 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 4,00 3,88 4,00
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 4
Communication_par qui (Comm_ParQui) 5 5 4
Communication_combien (Comm_Comb) 5 5 3,5
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 5 5 S.O.
Moyenne communication 5,00 5,00 3,83
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 5 5 4
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 5 4 3
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 5 4
Moyenne apprentissage organisationnel 5,00 4,67 3,67
Formation_contenu (Form_Contenu) 5 4 3
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 4 5 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 5 3
Moyenne formation 4,67 4,67 3,33
Moyenne pour le répondant 4,63 4,51 3,87
Moyenne pour l'entreprise 4,34
237
Entreprise6
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 4 4 4
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 4,5 4,5 3
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4 4 3,5
Moyenne priorité organisationnelle 4,17 4,17 3,50
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4,5 3 4
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 3 3,5 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 5 3,5 4
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 3 3 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 3,88 3,25 4,00
Communication_comment (Comm_Comment) 4 4 4
Communication_par qui (Comm_ParQui) 5 4 4
Communication_combien (Comm_Comb) 4 3 4
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 4 3 3
Moyenne communication 4,25 3,50 3,75
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 3,5 4 3,5
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 3 4,5 3
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 4 4 4
Moyenne apprentissage organisationnel 3,50 4,17 3,50
Formation_contenu (Form_Contenu) 3 3 4
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 3 3 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 3 3 3
Moyenne formation 3,00 3,00 3,67
Moyenne pour le répondant 3,76 3,62 3,68
Moyenne pour l'entreprise 3,69
238
Entreprise7
Niveau de développementa
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 3 3,5
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 4,5 4,5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4,5 5
Moyenne priorité organisationnelle 4,00 4,33
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 5 5
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 5 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 5 4,5
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 5 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 5,00 4,75
Communication_comment (Comm_Comment) 4 3
Communication_par qui (Comm_ParQui) 5 5
Communication_combien (Comm_Comb) 5 4
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 4,5 S.O.
Moyenne communication 4,67 4,00
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 3,5 S.O.
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 5 5
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 4
Moyenne apprentissage organisationnel 5,00 4,50
Formation_contenu (Form_Contenu) 3 4
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 4 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 4 4
Moyenne formation 3,67 4,00
Moyenne pour le répondant 4,47 4,32
Moyenne pour l'entreprise 4,39 b
a
Dans cette entreprise, un répondant assume le double rôle de responsable de la santé au travail (R) et de
membre de la direction (D).
b
Voir la note (e) apparaissant au tableau de l'Entreprise1.
239
Entreprise8
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 5 5 5
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 5 5 5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 3 3,5 4
Moyenne priorité organisationnelle 4,33 4,50 4,67
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4 4,5 4,5
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 5 4,5 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 4 4 4
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) S.O. 4 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 4,33 4,33 4,25
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 5
Communication_par qui (Comm_ParQui) 4 5 4
Communication_combien (Comm_Comb) 5 5 5
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 5 5 S.O.
Moyenne communication 4,67 5,00 4,67
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 3,5 4 4
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 5 5 5
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 4 5
Moyenne apprentissage organisationnel 4,50 4,33 4,67
Formation_contenu (Form_Contenu) 4 3 3
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 5 5 5
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 4 5
Moyenne formation 4,67 4,00 4,33
Moyenne pour le répondant 4,50 4,43 4,52
Moyenne pour l'entreprise 4,48
240
Entreprise9
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 5 5 3,5
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 5 4,5 4
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 3,5 3,5 4
Moyenne priorité organisationnelle 4,50 4,33 3,83
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) S.O. 3,5 3
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 4 4 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 4 3,5 4,5
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 4 S.O. S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 4,00 3,75 4,50
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 3
Communication_par qui (Comm_ParQui) 4 4 4
Communication_combien (Comm_Comb) 5 5 3
Communication_pour qui (Comm_PourQui) S.O. S.O. S.O.
Moyenne communication 4,67 4,67 3,33
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 5 5 4
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 5 5 5
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) S.O. 4 3
Moyenne apprentissage organisationnel 5,00 5,00 4,50
Formation_contenu (Form_Contenu) 4 4 3
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 5 5 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 5 4
Moyenne formation 4,67 4,67 3,67
Moyenne pour le répondant 4,57 4,48 3,97
Moyenne pour l'entreprise 4,34
241
Entreprise10
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 4 4,5 4
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 5 5 5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4 4 4,5
Moyenne priorité organisationnelle 4,33 4,50 4,50
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 5 5 5
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 5 4 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 5 5 5
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 5 S.O. S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 5,00 4,67 5,00
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 5
Communication_par qui (Comm_ParQui) 5 4 5
Communication_combien (Comm_Comb) 5 5 5
Communication_pour qui (Comm_PourQui) S.O. S.O. S.O.
Moyenne communication 5,00 4,67 5,00
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 5 5 5
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 4 5 4,5
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 5 5
Moyenne apprentissage organisationnel 4,67 5,00 4,83
Formation_contenu (Form_Contenu) 4 4 3
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 4 5 4
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 4 5
Moyenne formation 4,33 4,33 4,00
Moyenne pour le répondant 4,67 4,63 4,67
Moyenne pour l'entreprise 4,66
242
Entreprise11
Niveau de développement
Composantes de la culture
R D E
Priorité_importance de la santé (Prio_impSanté) 5 5 5
Priorité_performance vs santé (Prio_perfo) 4,5 4,5 4,5
Priorité_responsabilité pour la santé (Prio_resp) 4 4 4,5
Moyenne priorité organisationnelle 4,50 4,50 4,67
Engagement _haute direction (Lead_EngaHD) 4 4 4
Responsabilité_ haute direction (Lead_RespHD) 5 5 S.O.
Engagement_superviseurs immédiats (Lead_EngaS) 4 4,5 4
Responsabilité_ superviseurs immédiats (Lead_RespS) 4,5 5 S.O.
Moyenne engagement des gestionnaires 4,38 4,63 4,00
Communication_comment (Comm_Comment) 5 5 5
Communication_par qui (Comm_ParQui) 5 4 4
Communication_combien (Comm_Comb) 4 5 4
Communication_pour qui (Comm_PourQui) 5 5 S.O.
Moyenne communication 4,67 4,67 4,33
Apprentissage_évaluation (App_Éval) 4 4,5 4,5
Apprentissage_mise à jour (App_MiseJour) 5 5 5
Apprentissage_bons coups (App_BonsC) 5 4 S.O.
Moyenne apprentissage organisationnel 4,50 4,75 4,75
Formation_contenu (Form_Contenu) 5 5 5
Formation_ pour qui (Form_PourQui) 5 5 5
Formation_ nouvel employé (Form_NewYé) 5 5 5
Moyenne formation 5,00 5,00 5,00
Moyenne pour le répondant 4,61 4,71 4,55
Moyenne pour l'entreprise 4,62
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