Appertisation
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Jean-Louis Lanoisellé
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Résumé – Le procédé d’appertisation a pour objectif de produire des aliments destinés à être
consommés après une conservation de longue durée à température ambiante. Nous décrivons
rapidement les développements du procédé depuis sa création, il y a deux siècles, puis nous donnons
en quelques chiffres un aperçu économique du secteur de la conserve appertisée.
Après avoir rappelé les bases de la thermobactériologie et introduit la notion de risque vis-à-vis de la
qualité hygiénique du produit, nous montrons tous les efforts qui ont été faits pour déterminer la zone
thermiquement défavorisée du produit et prédire son évolution de température au cours d’un cycle de
stérilisation en autoclave.
Nomenclature
1. Historique
Le procédé d’appertisation tient
son nom du français Nicolas Appert
(1750-1841), confiseur-traiteur de
métier, qui, après 14 ans
d’expérimentations commencées en
1795, a décrit la méthode de
préservation des aliments qui
consiste à les enfermer dans un
récipient hermétique et à les traiter
par la chaleur dans l’eau bouillante.
Son livre « L'art de conserver,
pendant plusieurs années, toutes les
substances animales et végétales »,
ère
constitue la première référence figure 1 : Fac-similés de la 1 de couverture et de la page
bibliographique du domaine [1] 8 de l’ouvrage de Nicolas Appert (1810). En page 8, on
(figure 1). Il faut attendre les trouve la première définition du procédé d’appertisation.
travaux de Louis Pasteur (1822-
1895) sur la stérilisation par chauffage des milieux nutritifs puis sur la bière et le vin pour que
soit montrée l’existence de la destruction par la chaleur des micro-organismes (1860). Pasteur
met au point un procédé de chauffage de quelques minutes entre 55 et 60°C en absence d’air
que l’on appelle aujourd’hui pasteurisation. Cette dénomination est employée, en particulier,
pour la stérilisation des conserves dont le pH est acide (< 4,5) et qui s’effectue à des
températures inférieures à 100°C. Bigelow [2], en 1921, décrit une méthode qui permet de
réaliser l’intégration dans le temps de l’effet des températures mesurées expérimentalement
pour calculer l’effet létal du traitement thermique puis Ball [3], en 1923, propose la méthode
qui porte son nom et qui, pour le centre géométrique d’une boîte, permet de résoudre
simultanément la problématique de la conduction de la chaleur dans la boîte et de l’effet létal
du traitement thermique.
Parallèlement, la technologie évolue. Dès 1808, le chimiste anglais Sir Humphrey Davy
dépasse la température de stérilisation de 115°C avec une solution de chlorure de sodium. En
1839, le français Fastier brevète un procédé de stérilisation des boîtes à une température
supérieure à 100°C. Il préconise l’emploi de la chaudière à soupape et l’utilisation d’eau
additionnée de sels, de sucre ou de chlorure de sodium [4].
En 1852, Raymond Chevallier-
Appert dépose un brevet
d’autoclave avec manomètre
spécial qui permet sous pression
mesurée d’augmenter la
température de l’enceinte de
stérilisation.
En 1885, Meyenberg réduit les
dégradations thermiques dans le lait
en introduisant la pratique de
l’agitation durant la stérilisation.
Durant la dernière décennie de ce
siècle, les autoclaves à feu nu,
chauffés au bois, sont nombreux et
le barème de stérilisation se compte
en nombre de bûches d’une espèce
de bois de dimensions données.
Si la date de mise en service des
premiers autoclaves à vapeur n’est
pas connue, apparaît en 1948 le
principe du stérilisateur en continu
à progression à spirale et
fonctionnant sous pression. A la
même époque les premiers
procédés de stérilisation en vrac
suivis d’un conditionnement
aseptique apparaissent et, en 1950,
est inventé l’autoclave à agitation figure 2 : Principe des autoclaves continus hydrostatiques.
Les sas de pression sont assurés par deux colonnes d’eau.
par retournement des boîtes.
D’après Lopez (1981).
Vers 1955, Carvallo met au point le
procédé hydrostatique [5] (figure 2) en France et cette même année apparaît le procédé
d’autostérilisation pour les produits faiblement acides. En 1961, les travaux de Beauvais et al.
[6] aboutissent au « Stériflamme » dans lequel les boîtes sont directement chauffées par des
flammes. A la même époque, Max Beauvais
conçoit l’« Hydrolock » dont le sas d’entrée-
sortie des boîtes fonctionnent grâce à un
barillet (principe repris dans le procédé
Stérilmatic, figure 3). En 1973, est déposé le
brevet du « Stérivac » et en 1986 le procédé
« Vatech » qui ont pour point commun de
préparer des conserves sous vide.
Milliards de Francs
service. 3
2. Aperçu économique 1
0
En France, la prépondérance
Légumes et
Tomates
Plats cuisinés
Spécialités
Fruits
Confitures
Poissons et
Champignons
maïs doux
anchois
de couche
des conserves appertisées sur les
-1
tendance à se maintenir. Ce
figure 6 : Répartition, en 1998, du chiffre d’affaires et du solde
secteur de l’agro-alimentaire
de la balance commerciale française en fonction des types de
français qui emploie 33 000 produits appertisés (source Alésial : Fédération Français des
personnes pour environ 400 Industries d’Aliments Conservés, Fédération Nationale des
entreprises présente un solde Syndicats de Confituriers et Conserveurs de Fruits, Fédération
négatif de la balance Nationale des Coopératives de Conservation).
commerciale de – 2,9 milliards
de francs pour un chiffre d’affaires total de 22,9 milliards. En effet, alors que le solde est
positif pour les légumes et le maïs doux (+ 0,98), pour les spécialités et les confitures (+ 0,30
chacun) et pour les champignons de couche (+ 0,13), il est nettement négatif pour les poissons
et anchois (- 2,9), pour les fruits (- 0,9) et
pour les tomates (- 0,52) (figure 6).
1400
La production de conserves appertisées a
1200 atteint un chiffre record en 1998 (avec 2 740
1000
milliers de tonnes) en hausse de 2 % par
rapport à 1997. Cependant la consommation
Milliers de tonnes
600
tendance à diminuer : 15,7 kg en 1998 contre
400
Légumes et maïs doux
37,8 kg en 1986 et 29,5 kg en 1977 !
Plats cuisinés
200
Si la production de légumes et maïs doux
Fruits et confitures
Tomates
figure 7 : Evolution de 1994 à 1998 de la surgelés (figure 7). D’autre part, le marché
production de conserves appertisées par activité des spécialités (que l’on peut assimiler à des
sectorielle (source Alésial : Fédération Français produits de luxe) est en forte croissance entre
des Industries d’Aliments Conservés, Fédération 1990 et 1998 : + 73 % pour les volailles et
Nationale des Syndicats de Confituriers et gibiers, + 144 % pour les confits, + 64 %
Conserveurs de Fruits, Fédération Nationale des pour les truffes et + 79 % pour le foie gras.
Coopératives de Conservation).
3. Loi de destruction des micro-organismes par la chaleur
3.1. Les bactéries : ennemi public
N°1 en conserverie !
Le traitement thermique
d’appertisation vise en tout premier
lieu la destruction ou l’inhibition des
micro-organismes. Certaines bac-
téries ont la possibilité, lorsque les
conditions environnantes sont
défavorables, de sporuler. Les formes
végétatives aptes à se multiplier se
transforment alors en spores,
beaucoup plus résistantes. A leur
tour, les spores, lorsque les
conditions seront de nouveau
favorables, germeront pour redevenir
des formes végétatives. En matière
d’appertisation, on s’intéressera à la figure 8 : En haut, coupe d’une spore de Bacillus
résistance thermique des spores stearothermophilus. En bas, en microscopie à balayage, formes
bactériennes et en particulier à deux végétatives de Clostridium. A droite, Clostridium botulinum en
espèces sporulantes : Bacillus train de sporuler.
stearothermophilus, non toxique
pour l’homme mais dont la forte résistance thermique en fait un marqueur idéal et
Clostridium botulinum dont la toxine entraîne le botulisme, maladie redoutable et mortelle
(figure 8).
3.2. Cinétique de destruction
D121,1°C N
Micro-organisme cible Danger Risque Seuil
(min) N0
Clostridium
Botulisme Santé publique 0,25 10-12
botulinum
Clostridium Altération
Commercial 1,5 10-6
sporogenes (bombage)
Bacillus Altération
Commercial 4 10-4
stearothermophilus (surissement)
Par exemple, pour le surissement d’un produit dont la charge initiale est de 102 spores de
Bacillus stearothermophilus par boîte, un traitement conduisant à un nombre de réduction
décimale de 6 entraînera un taux de survie de 102 10-6 = 10-4 germes par boîte soit une
probabilité de surissement d’une boîte sur 10 000. Ce risque commercial est considéré comme
acceptable car la faible probabilité de présence du micro-organisme dans une boîte associée à
la faible probabilité que les spores puissent germer garantissent une excellente stérilité
commerciale.
N
Pour Bacillus stearothermophilus, F121,1 = D121,1 log = 4 log 10 6 = 24 min.
N0
Qu’en sera-t-il alors du risque de santé publique associé au botulisme ? Le temps de
réduction décimale de Clostridium botulinum étant de 0,25 min à 121,1°C, on obtient :
N t 24 N
log 121,1 96 et donc 10 96 .
N0 D121,1 0 ,25 N 0
Pour une très forte contamination initiale N 0 de Clostridium botulinum de 1012 germes, on
obtient N 1012 10 96 10 84 . Le risque de santé publique est alors de 1 boîte pour 1084
boîtes fabriquées.
Si chacun des 6.109 habitant de la planète consommait une boîte par jour, un cas de
botulisme devrait se déclarer toutes les 1071 années environ ! Le risque de santé publique est
donc quasi nul. Néanmoins, en 1996, 8 cas de botulisme ont été déclarés en France et cette
maladie demeure encore l’une des principales cause de mortalité par empoisonnement
alimentaire. Au banc des accusés : les conserves familiales réalisées avec les légumes du
jardin ou les fruits du verger.
Afin d’établir la valeur stérilisatrice requise, Pflug [10] suggère la procédure suivante :
1. Déterminer la VS pour assurer le risque de santé publique (c’est-à-dire éliminer le risque
de botulisme), en prenant un objectif de 10-9 spores par boîte après traitement.
2. Etablir les barèmes pour que le risque commercial soit acceptable compte tenu des
considérations économiques.
a. Déterminer la VS pour que le risque de contamination par des micro-organismes
mésophiles (température de croissance optimale entre 30 et 45°C) sporulants soit
acceptable.
b. Déterminer la VS pour que le risque de contamination par des micro-organismes
thermophiles (température de croissance optimale entre 55 et 75°C) sporulants
soit acceptable. Les températures de stockage chez les particuliers et lors de la
chaîne de distribution seront utilisées pour calculer la probabilité de surissement
ou de bombage des boîtes.
L’auteur propose une méthode 1E+04
graphique qui permet, en fonction de la VS
choisie, de visualiser les trois risques 1E+03
précédents (figure 9).
1E+02
3.3. Calcul de la valeur stérilisatrice
d’un traitement 1E+01
z 1E-05
,1
F121 10 z dt (6) Risque commercial
0 Mésophile sporulant
1E-06 N0 = 10
4
1E-07
traitements thermiques différents à Risque de santé publique
(Clostridium botulinum )
condition de connaître, d’une part, 1E-08 N0 = 10
4
kA kD
àt=0 M0 N0 0
àt0 M N (M0+N0)-(M+N)
figure 11 : Schéma réactionnel proposé par Shull et al. (1963) pour expliquer l’observation
d’épaulements avec accroissement de population. Les deux transitions sont assimilées à des réactions
du premier ordre. Les spores dormantes ne sont pas dénombrables et la courbe de survie représente
l’évolution de la population activée.
Le Jean et al. [15] ont vérifié expérimentalement que lors d’un traitement non isotherme,
l’évolution de la population de Bacillus stearothermophilus augmentait en début de traitement
avec un doublement du nombre d’individu après 8 minutes de traitement thermique au-dessus
de 100°C. En fin de traitement thermique, le nombre de spores survivantes est 6 fois plus
élevé lorsqu’il est calculé par le modèle de Shull plutôt que par le modèle exponentiel.
2 140
-2 thermique
80
-4 Modèle exponentiel
60
-6
40
-8 20
0 10 20 30 40 50
Temps (min)
zC zC
C100 10 dt (9)
0
On trouve dans la littérature de nombreuses études sur les valeurs de C100 et de zc (par
exemple zc = 25°C pour la vitamine B1). A partir de la connaissance de ces paramètres, il est
possible de réaliser des diagrammes (log t, T) [19] qui permettent, pour des traitements à
température constante, de rechercher un barème optimum qui puisse satisfaire deux critères
ou plus. Cette approche a été réalisée pour la première fois par Greenwood et al. [20] en
1944.
Nous l’avons reproduite pour le haricot vert (figure 14) avec un objectif minimal de
10 51
F121 ,1 = 9 min et deux objectifs de valeurs cuisatrices : C100 = 65 min pour la vitamine C
20
(objectif maximal car on cherche à la préserver) et 170 min C100 225 min pour
l’évaluation globale de la cuisson (on cherche à cuire suffisamment le haricot vert sans le
déstructurer) [21].
Outre les méthodes graphiques
1000
également décrites par Ohlsson tant
pour les sachets souples que pour les
boîtes cylindriques [22] [23], il est
possible d’utiliser des techniques Valeur stérilisatrice
d’optimisation mathématiques.
La plupart des auteurs
s’intéressent aux barèmes isothermes
mais certains ont essayé de 100
rechercher des barèmes avec des
profils de température variables.
temps (min)
figure 18 : Mouvement du point froid en convection naturelle pour une solution aqueuse de CMC.
Les temps indiqués sont des temps réduits (= temps vitesse maximale / rayon de la boîte).
D’après Kumar et Bhattacharya (1991).
Abdul Ghani et al. [39] [40] ont mené une étude numérique pour établir la position de la
ZTD en milieu liquide en résolvant les équations de Navier-Stokes et d’Arrhénius appliquée à
la cinétique de destruction thermique des micro-organismes. Ils ont ainsi montré que la
position de la ZTD déterminée par la température ou par la destruction des micro-organismes
migrait du centre géométrique des boîtes en début de traitement vers le bas et la paroi du
récipient (figure 19). La forme et l’amplitude de la ZTD dépendent également de la nature du
fluide présent dans la boîte. Ils ont comparé les résultats obtenus pour l’eau et pour une
solution aqueuse de CMC. Les vitesses axiales sont de l’ordre de 10-4 à 10-5 m.s-1 pour la
CMC et de 10-1 à 10-2 m.s-1 pour l’eau. Le temps nécessaire pour que la ZTD atteigne 100°C
(pour Tch = 121°C) est de 1800 s pour la CMC contre 150 s pour l’eau.
Température (°C)
Concentration relative en bactéries (100 à t=0)
figure 20 : Comparaison entre le nombre de Nusselt prédit et calculé pour le transfert liquide /
particules pour les boîtes de conserves contenant de multiples particules. La corrélation est :
0 ,48 0 ,70
0 ,61 k p d Asph
0 ,067
Nu 0 ,[Link] e
kl Dc Ap
100
avec Pe, le nombre de Peclet, kp et kl les conductivités thermiques des particules et du liquide, de et Dc
les diamètres équivalent des particules et le diamètre de la boîte, la concentration volumique en
particules, Asph et Ap les surfaces de la sphère équivalente et des particules.
D’après Sablani et al., 1997.
Zalo [49] s’est intéressé à un cas particulier : l’appertisation des tranches d’ananas. Il a
montré, expérimentalement et numériquement, que l’empilement de 7 couronnes d’ananas
dans une boîte de conserve au format ½ entraînait l’existence de deux zones distinctes (sans
mélange) d’écoulement du liquide : une zone interne aux évidements des tranches qui forment
une cheminée centrale et une zone qui regroupe, d’une part, l’espace compris entre les
tranches et les parois de la boîte et, d’autre part, le liquide situé au-dessus des tranches. La
ZTD a été déterminée comme se trouvant à l’intérieur de l’empilement des tranches et plus
précisément dans la deuxième tranche d’ananas la plus proche du fond de la boîte.
En convection forcée, Hughes et al. se sont intéressés très récemment [50] à la
modélisation des phénomènes convectifs lorsque
les boîtes sont agitées par rotation. En utilisant un
modèle en 3 dimensions, ils sont parvenus à
prévoir la position de la bulle de gaz (espace libre)
observée expérimentalement en fonction du
liquide utilisé (newtonien ou non) et de la vitesse
de rotation des boîtes. De façon, surprenante, ils
ont constaté que pour un fluide non newtonien,
(solution à 2 % de polyisobutylène dans du
décahydronaphthalène), la bulle se divise en
plusieurs cellules (figure 21).
En 1953, Evans et Board [51] sont les premiers à s’intéresser aux conséquences de la
présence d’un espace de tête (ou espace libre) dans les boîtes de conserve. Cet espace est
nécessaire, d’une part, comme chambre de condensation de la vapeur injectée au moment de
la fermeture des boîtes ou des pots en verre et d’autre part, comme espace d’expansion pour
permettre la dilatation du produit pendant le traitement thermique. Cet espace représente
environ 5 à 7 % du volume total de la boîte. Pour les produits conductifs, ces auteurs ont
montré que la présence d’un espace de tête ralentissait les transferts de chaleur entre le
couvercle et le produit. Ils apportent une conclusion en 4 points :
1. Le point le plus froid se situe au-dessus du centre géométrique.
2. Si l’on néglige la présence de l’espace de tête, la VS calculée est sur-estimée. Cet effet
est plus sensible pour les boîtes plates que pour les boîtes hautes.
3. La VS « mesurée » à partir de l’évolution de température enregistrée par un
thermocouple n’est pas affectée.
4. La valeur mesurée de la VS ne varie pas de façon importante que le thermocouple soit
placé au centre géométrique, au point le plus froid ou dans une position intermédiaire
entre ces deux points.
Le CTCPA [9], pour la stérilisation d’un produit conductif en boîte 1/1 (850 ml, 99
118 mm), présente des résultats différents en montrant une augmentation du temps de barème
nécessaire pour obtenir une VS constante lorsqu’on augmente le taux de remplissage de la
boîte (figure 22).
118
116
Temps de barème (min)
Berry et Bradshaw [52] ont étudié l’effet de l’espace de tête, de la vitesse de rotation et de
la viscosité lorsque des boîtes de soupe de céleri concentrée sont mises en rotation dans un
stérilisateur continu. Le volume de l’espace de tête a été déterminé comme le paramètre
déterminant sur la valeur finale de la VS : la présence d’un espace de tête important favorise
l’agitation du produit et par suite les transferts de chaleur au niveau de la paroi. Pour un
remplissage normal de 305 g correspondant à un
Vitesse de rotation (tr/min)
espace de tête de 8 mm, un séjour de 25 min à 0 2 4 6 8 10
124°C dans l’autoclave avec une vitesse de 40
rotation de 6,9 tr/min assure une VS de 27 min, Influence de la vitesse
mesurée au centre géométrique de la boîte. En de rotation
(pour un remplissage de 305 g)
l’absence d’espace de tête, la VS chute à 0,5 min
(figure 23). 30
Une étude analogue à la détermination de la ZTD dans la boîte mais à l’échelle des
autoclaves statiques a été menée par Sumer et Esin [54]. Ils se sont en effet intéressés à
l’influence de la disposition des boîtes à l’intérieur d’un autoclave sur les champs de
température internes aux boîtes en utilisant une approche aux éléments finis (50 éléments et
36 nœuds par boîte). Ils ont fait varier la position relative des boîtes dans une, deux ou trois
couches (1 seule boîte, 3 boîtes en triangle, 4 boîtes en carré, 7 boîtes en triangle et 9 boîtes
en carré).
Le tableau 4 montre qu’il tableau 4 : Temps nécessaire pour que le point le plus froid de
existe un effet de l’arrangement l’ensemble des boîtes atteignent 100°C rapporté au temps
des boîtes sur la vitesse de nécessaire pour que ce même point atteigne 100°C lorsque
chauffage du point le plus froid, l’arrangement des boîtes ne comporte qu’une seule couche.
que l’aliment test soit conductif Nombre de Pois en Purée de
(purée de tomates), convectif Eau
couches saumure tomates
(eau) ou mixte (pois en 1 1,00 1,00 1,00
saumure). La couche supérieure 2 1,04 1,18 1,24
et la couche inférieure de boîtes 3 1,07 1,29 1,41
jouent alors le rôle d’isolant vis-
à-vis de la couche intermédiaire. Selon les auteurs, la position du point le plus froid n’est
affectée ni pour l’eau ni pour les pois en saumure. Par contre, pour la purée de tomates, le
point le plus froid est légèrement en dessous du centre géométrique pour les boîtes
appartenant à la rangée intermédiaire alors qu’il demeure au centre géométrique pour les
boîtes appartenant à la couche inférieure ou à la couche supérieure. Les auteurs affirment, par
ailleurs, sans l’avoir modélisé, que le comportement de la couche intermédiaire pourrait être
extrapolé à un arrangement de boîtes à plus de 3 couches. Le comportement de l’ensemble
des boîtes tendrait alors vers le comportement d’un cylindre infini au fur et à mesure de
l’augmentation du nombre de couches.
La ZTD étant définie, il est nécessaire de prévoir son évolution de température pour
calculer l’effet létal d’un barème de stérilisation.
5.3. Modèles de prédiction de la température du produit
5.3.1. Méthode de Ball : 1er ordre avec retard sur produit conductif.
où T* est la température réduite, Tch est la température de palier, Jch le facteur de retard
(Jch = 2,04 dans le cas d’une conduction pure) et fch l’inverse de la pente logarithmique qui
s’exprime sous la forme :
2 ,303 1
f ch 2 ( 11 )
5 ,783 a
2
H2 R
où H est la hauteur de la boîte, R son rayon et a la diffusivité du produit.
L’expression linéaire du logarithme de la température réduite, établie expérimentalement
par Ball dès 1923 [3], et reprise dans le détail avec les développements théoriques conduisant
à la détermination de Jch et fch par Ball et Olson en 1957 [58], appelle les remarques
suivantes :
Les paramètres Jch et fch peuvent
être déterminés à partir de la courbe
expérimentale de chauffage.
Jch ne dépend pas de la forme de la
boîte et des caractéristiques du produit. Si
l’hypothèse du transfert purement
conductif est vérifiée, on doit trouver
Jch = 2,04. Dans les faits, on pourra
trouver des valeurs comprises entre 1 et
2,04. La valeur 1 correspond à une boîte
parfaitement « agitée » soit par
convection naturelle interne à la boîte,
soit par agitation mécanique. Une valeur figure 24 : Idéalisation du cycle normal de stérilisation
intermédiaire pourrait être caractéristique en créneau de température pour l’application du
d’un mode de transfert mixte conduction / modèle de Ball.
convection.
Si la montée en température de l’autoclave n’est pas instantanée, la valeur de Jch ne doit
pas être lue à l’instant 0 mais quelques instants plus tard. Ball propose d’avancer l’échelon de
température idéal de 0,42 CUT par rapport à l’instant où le palier est effectivement atteint
(figure 24).
Le facteur de pente fch dépend non seulement de la diffusivité du produit mais aussi des
dimensions de la boîte. Il serait ainsi facile à partir de la mesure de fch pour un format donné
de prévoir sa valeur pour un autre format si on suppose que la diffusivité du produit reste
constante.
Les expressions précédentes supposent que les caractéristiques thermophysiques du
produit ne varient pas avec la température. Pour un produit alimentaire au cours du chauffage,
par suite de changement de structure
du produit, de réactions thermiques
telles que la dénaturation des
matières grasses, il peut se produire
des variations de fch. La droite de
chauffage présente alors deux ou
plusieurs pentes [59] (figure 25). Ce
phénomène de « ligne brisée »
(broken heating curve) est difficile à
prendre en compte pour des calculs
de prévision de barèmes. Il oblige
pratiquement à enregistrer les
courbes de variations de température
dans des conditions aussi proches figure 25 : Evolution de la température et de la viscosité
que possible des conditions apparente dans une boîte au format américain 303 406
industrielles définitives pour calculer (diamètre 81 mm, hauteur 111 mm) sur l’axe et au tiers de
l’effet létal de la phase de chauffage. la hauteur lors de sa stérilisation à 121°C (température
initiale de 60°C). D’après Yang et Rao, 1998.
Cette méthode permet de prévoir avec une bonne précision l’effet létal de la phase de
chauffage d’un barème de stérilisation. L’effet létal de la phase de refroidissement est plus
difficile à estimer.
Phase de refroidissement
Le champ de température dans la
boîte à la fin de la phase de
chauffage dépend de la durée du
palier. Pour des traitements de
longue durée la température au
centre Tg tend vers Tch, le
pincement Tch – Tg devient nul et la
température du produit est uniforme
au début du refroidissement. Pour
des traitements de plus courte
durée, il sera nécessaire pour
étudier la phase de refroidissement
de tenir compte du champ de figure 26 : Représentation logarithmique des courbes de
température dans la boîte. chauffage et de refroidissement. D’après Flambert, 1973.
Le point essentiel est ici que le début de la phase de refroidissement a une contribution non
négligeable sur la destruction des micro-organismes du fait de la poursuite de l’élévation de
température du centre de la boîte dû au retard avec lequel il perçoit le déclenchement du
refroidissement (« shoot-over »). C’est la modélisation de l’évolution de température du
produit pendant cette première phase du refroidissement (quelques minutes) qui constitue le
point clef de la méthode de Ball et de toutes les méthodes dérivées qui ont été mises au point
pendant plus d’un demi-siècle pour améliorer les résultats [61]. Pour Ball en 1923 [3], la
première partie de la phase de refroidissement est modélisée par une hyperbole qui
implicitement traduit l’hypothèse que la température atteinte par le produit en fin de
chauffage Tg est la température maximale. La deuxième phase du refroidissement débutera à
une température correspondant à Tg 0 ,343 Tg Tref avec un facteur de retard Jref = 1,41
et fref = fch. Pratiquement la méthode de Ball sous-estimera d’autant plus l’effet létal du
refroidissement que le pincement sera important. En 1957, Ball et Olson [58] prennent en
compte la variation de f souvent constatée f ref f ch et l’existence éventuelle de deux pentes
fch au cours du chauffage.
Hayakawa (1970) [62] développe un ensemble de formules empiriques pour traduire les
parties curvilignes des courbes de chauffage et de refroidissement. Griffin et al. (1971) [63]
remplacent l’hyperbole de Ball par une exponentielle. En 1991, Larkin et Berry [64]
proposent une nouvelle modification de l’hyperbole pour mieux traduire l’effet de la phase de
refroidissement en tenant compte des valeurs expérimentales de Jref et fref. Chiheb (1993) [65]
a comparé ces différentes approches (figure 27).
Cette figure illustre parfaitement l’efficacité des efforts entrepris pour réduire les écarts de
prédiction de température au début de la phase de refroidissement et donc améliorer la
prévision de l’effet létal de cette phase.
5.3.2. Utilisation de méthodes numériques
produit.
Recherche de barèmes optimaux et ajustement
4,8
4,4
D’ores et déjà ces modèles de conduction pure
ont été modifiés pour permettre de rendre compte de
4,2
tous degrés de combinaison du transfert purement
conductif au transfert purement convectif et pour Influence de
prédire l’évolution de température en un point 4 l'épaisseur de la paroi
modèle est aussi très performant pour rendre compte 0 0,2 0,4 0,6
Epaisseur (mm)
0,8 1 1,2
figure 31 : Comparaison
des températures prédites et
mesurées pour des boîtes de
1 kg de solution aqueuse de
bentonite (à 5 % ).
Deux diminutions de
température ont été
réalisées pendant le palier.
D’après Teixera et al.,
1999.
Dès 1988, Candau et al. [73] propose d’identifier une boîte de conserve sous la forme d’un
modèle entrée / sortie. L’entrée est la température de l’autoclave T , la sortie la température
au cœur du produit Tc. La relation reliant l’entrée et la sortie est cherchée sous une forme
récursive échantillonnée au pas de temps t [74] :
N N
Tc k t a T k i t b T k i d t
i 1
i c
i 1
i ( 17 )
où N est l’ordre du
modèle et d un retard pur
exprimant le fait que la
réponse du produit n’est pas
instantanée. Les résultats
obtenus sont remarquables
en termes de prévision
d’évolution de température
et de valeur stérilisatrice y
compris lors d’accidents de
fonctionnement [75] comme
le montre la figure 32.
En 1999, Akterian [78] propose une stratégie de contrôle en ligne de l’appertisation pour
les transferts conductifs ou convectifs. L’auteur se rapproche à moins de 3,5 % des valeurs
stérilisatrices cibles et proposent l’intégration de sa méthode dans les démarches actuelles de
type HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) qui visent à maîtriser la qualité
microbiologique des produits sur les chaînes de fabrication et à en garantir la sécurité
alimentaire. Les années 2000 verront encore se développer ce type d’approche. Tous les
espoirs sont permis : Alvarez-Vasquez et Marinez (1999) [79] viennent de montrer
mathématiquement l’existence d’une solution au problème du contrôle optimal de
l’appertisation pour les transferts en convection naturelle sous contrainte de qualité
nutritionnelle. La voie est ouverte pour de nouvelles améliorations du procédé
d’appertisation.
6. Conclusion
Le panorama que nous venons de présenter n’est certainement pas exhaustif. La recherche
bibliographique effectuée dans le domaine en croisant les mots clefs « stérilisation »,
« produits alimentaires » et « therm* » fait ressortir, dans les revues internationales, 833
références pour la période 1969-1989 et 459 références pour la période 1990-2000. Pour en
faire le bilan, nous nous sommes également appuyés sur l’ouvrage édité en 1991 sous la
direction de J. Larousse, alors Directeur Général de l’Institut Appert et du CTCPA, intitulé
« La conserve appertisée. Aspects scientifiques, techniques et économiques ».
La Thermique étant au cœur de l’appertisation, sa communauté scientifique ne manquera
pas de contribuer largement à l’amélioration de ce procédé avec autant d’enthousiasme que
son illustre inventeur Nicolas Appert.
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