UPMC 1M002 Suites, intégrales, algèbre linéaire 2017-2018
Corrigé - Feuille 12
Intégration (deuxième feuille)
Exercice 1 (Intégration des fractions rationnelles).
1. Décomposer en éléments simples la fraction rationnelle suivante sous la forme :
1 A B
ϕ(X) = = + ,
X(X + 1) X X +1
où A et B sont deux constantes à déterminer. En déduire une primitive de ϕ sur un intervalle ne conte-
nant pas les valeurs 0 et −1.
2. Décomposer en éléments simples la fraction rationnelle suivante sous la forme :
1 A B C D
ψ(X) = = + 2+ + ,
X 2 (X + 1)2 X X X + 1 (X + 1)2
Z x
où A, B, C et D sont à déterminer. En déduire la valeur de ψ(t) dt, pour x > 1.
1
Solution :
1. La décomposition en éléments simples de la fraction rationnelle définissant la fonction ϕ est de la forme :
1 a b
= + .
X(X + 1) X X +1
où a et b sont des coefficients réels.
Pour calculer a, on multiplie cette égalité par X et on fait X = 0. Cela donne 1 = a.
Pour calculer b, on multiplie cette égalité par X + 1 et on tait X = −1. Cela donne −1 = b.
D’où :
1 1 1
= − .
X(X + 1) X X +1
On en déduit une primitive de la fonction ϕ sur un intervalle ne contenant pas 0 et −1 en utilisant la
décomposition en éléments simples, soit :
Z Z Z
1 1 x
Φ(x) = ϕ(x) dx = dx − dx = ln |x| − ln |x + 1| = ln .
x x+1 x + 1
2. — La décomposition en éléments simples de la fraction rationnelle définie par ψ est de la forme :
1 a b c d
= + 2+ + .
X 2 (X + 1)2 X X X + 1 (X + 1)2
où a, b, c et d sont des coefficients réels.
Pour calculer b, on multiplie cette égalité par X 2 et on fait X = 0. Cela donne 1 = b.
Pour calculer d, on multiplie cette égalité par (X + 1)2 et on fait X = −1. Cela donne 1 = d.
Pour calculer a et c, on multiplie par X et on fait tendre X vers +∞. Cela donne 0 = a + c.
1 c 1 c
Ensuite, on prend par exemple X = 1, d’où = a + 1 + + . Cela donne −1 = a + .
4 2 4 2
On en déduit a = −2 et c = 2.
Donc finalement :
1 2 1 2 1
2 2
=− + 2 + + .
X (X + 1) X X X + 1 (X + 1)2
1
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— On utilise la décomposition en éléments simples :
Z x Z x Z x Z x Z x
2dt dt 2dt dt
ψ(t) dt = − + 2
+ + 2
,
1 1 t 1 t 1 t+1 1 (t + 1)
x x
x −1 x −1
= −2 ln t 1 + + 2 ln (t + 1) 1 + ,
t 1 t+1 1
1 1 1
= −2 ln x − + 1 + 2 ln (x + 1) − 2 ln 2 − + ,
x x+1 2
2x + 1 3
= 2 ln (x + 1) − 2 ln x − − 2 ln 2 + .
x(x + 1) 2
Z π
2
Exercice 2 (Intégrale de Wallis). Soit la suite d’intégrales définie par : In = sinn x dx.
0
1. A l’aide d’une intégration par parties, trouver une relation entre In+2 et In .
2p
(2p)! π 2 (p !)2
2. Montrer alors que I2p = 2p et I 2p+1 = .
2 (p !)2 2 (2p + 1)!
Solution :
1. On procède à une intégration par parties comme suit :
Z π2 h iπ2 Z π
2
In+2 = sin x sinn+1 x dx = − cos x sinn+1 x + (n + 1) cos2 x sinn x dx,
0 0 0
Z π
2
= (n + 1) (1 − sin2 x) sinn x dx = (n + 1)(In − In+2 ).
0
D’où :
n+1
∀ n ∈ N : In+2 = In . (1)
n+2
2. — Si n = 2p l’équation (1) permet d’écrire de proche en proche :
(2p − 1)(2p − 3) . . . 1 (2p)(2p − 1)(2p − 2)(2p − 3) . . . 1 π (2p)! π
I2p = I0 = 2 = 2p .
(2p)(2p − 2) . . . 2 ((2p)(2p − 2) . . . 2) 2 2 (p !)2 2
— Si n = 2p + 1 l’équation (1) conduit alors à :
2 2p
(2p)(2p − 2) . . . 2 ((2p)(2p − 2) . . . 2) 2 (p !)2
I2p+1 = I1 = = .
(2p + 1)(2p − 1) . . . 1 (2p + 1)(2p)(2p − 1) . . . 1 (2p + 1)!
Exercice 3 (Intégrales impropres).
Z X
2
1. Calculer, pour tout X ∈ R, l’intégrale te−t dt. Cette intégrale admet-elle une limite quand X →
1
+∞ ?
Z X
2
2. Montrer que la fonction ϕ : X → e−t dt est croissante et majorée sur R+ .
1
3. En déduire qu’elle admet une limite quand X → +∞.
Z +∞
2
Dans ces cas-là, on note la limite e−t dt et on parle d’intégrale impropre convergente.
1
Z X
2
D’un manière générale, on peut établir que pour tout polynôme P ∈ R[X], l’intégrale P (t)e−t dt
1
admet une limite quand X → ∞.
2
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Solution :
Z X X
−t2 1 −t2 1 −1 2
1. ∀X ≥ 1, on a : te dt = − e = e − e−X .
1 2 1 2
On en déduit : "Z #
X
−t2 1 −1 2
1
lim te dt = lim e − e−X = ,
X→+∞ 1 X→+∞ 2 2e
et l’intégrale admet une limite lorsque X tend vers +∞.
2. La croissance de ϕ est immédiate puisque la fonction intégrée est positive sur [1, X], (X ≥ 1). Puis, pour
2 2
tout t > 1, on a : e−t ≤ te−t .
Il en résulte que :
Z X Z X Z +∞
−t2 −t2 2 1
∀ X ≥ 1 : ϕ(X) = e dt ≤ te dt ≤ te−t dt = , (2)
1 1 1 2e
ce qui prouve que la fonction ϕ est majorée sur [1, +∞[.
3. La fonction ϕ étant croissante et majorée sur [1, +∞[ ; elle admet donc une limite lorsque X tend vers
Z +∞
2
+∞ notée e−t dt.
1
Exercice 4 (Lemme de Gronwall). On considère une fonction f : [1; +∞[→ R positive et continue et on fixe
deux réels 0 < a < b.
Z x
f (t)
On suppose que pour tout x ≥ 1, on a : f (x) ≤ a dt + b.
1 t2
Z x
f (t) a b
1. On introduit la fonction F (x) = 2
dt pour x ≥ 1. Montrer que F 0 (x) ≤ 2 F (x) + 2 .
1 t x x
a
2. On pose G(x) = F (x)e x . Déduire de la question précédente une majoration de G0 , puis de G(x).
3. En déduire une majoration de F , puis finalement que :
a
f (x) ≤ b e(a− x ) .
Solution :
Z x
f (x) a f (t) b a b
1. On a : F 0 (x) = ≤ 2 dt + 2 = 2 F (x) + 2 .
x2 x 1 t 2 x x x
a a a
h a i a b a
2. On a : G (x) = F (x)e x − 2 F (x)e x = F 0 (x) − 2 F (x) e x ≤ 2 e x , d’après la question précédente.
0 0
x x x
Par ailleurs, ayant F (1) = 0, G(1) = F (1)ea = 0. En intégrant entre 1 et x, (x ≥ 1), l’inéquation de la
question précédente, on obtient la majoration de G(x) suivante :
Z x Z x
0 b a b a a
G(x) = G(x) − G(0) = G (t)dt ≤ 2
e t dt = e − ex ,
1 1 t a
1 dt
puisqu’en introduisant le changement de variable s = on a ds = − 2 , et par conséquent :
t t
Z x a Z x1 as x1
et e 1 a a
dt = (−eas )ds = − = e − ex .
1 t2 1 a 1 a
a
3. Ayant la relation entre F (x) et G(x) donnée par : F (x) = G(x)e− x , la majoration de F (x) découle de
celle de G(x), obtenue à la question précédente, à savoir :
b a a a b h (a− a ) i
F (x) ≤ e − e x e− x = e x −1 .
a a
3
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Et finalement, la majoration de f est obtenue par la suite d’inégalité suivantes :
Z x
f (t) a
f (x) ≤ a 2
dt + b = aF (x) + b ≤ b e(a− x ) .
1 t
Exercice 5 (Méthode du point milieu).
(b − a)
Pour tout n ∈ N∗ , on pose h = et considère la subdivision de l’intervalle [a, b] :
n
x0 = a < x1 = a + h < x2 = a + 2h < · · · < xn = a + nh = b.
xk + xk+1
On définit x0k = pour tout k = 0, 1, · · · , n − 1 et on considère une fonction continue f : [a, b] → R.
2
n−1
X
On pose alors : Jn = f (x0k )h.
k=0
1. On suppose que la fonction f est de classe C 2 et vérifie :
∀x ∈ [a, b], |f 00 (x)| ≤ M2 .
Soit k fixé dans 0, 1, · · · , n − 1. Montrer que pour tout x ∈ [xk , xk+1 ], il existe un point ck ∈]xk , xk+1 [ tel
que :
(x − x0k )2 00
f (x) = f (x0k ) + (x − x0k )f (x0k ) + f (ck ).
2
Z xk+1
2. Montrer que pour tout k = 0, 1, · · · , n − 1 : (t − x0k ) dt = 0.
xk
3. En déduire que pour tout k = 0, 1, · · · , n − 1 :
Z xk+1
M2 xk+1
Z
0 0 2
(f (t) − f (xk )) dt ≤
(t − xk ) dt .
xk 2
xk
xk+1
h3
Z
2
4. Montrer que pour tout k = 0, 1, · · · , n − 1 : (t − x0k ) dt = .
xk 12
5. En déduire que Z
b (b − a)3 M
2
f (t) dt − Jn ≤ .
24n2
a
Solution :
1. La formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 2 montre que pour tout x dans l’intervalle [xk , xk+1 ], il existe
un point ck dans l’intervalle ]xk , xk+1 [ tel que :
(x − x0k )2 00
f (x) = f (x0k ) + (x − x0k )f (x0k ) + f (ck ).
2
2. On fait le changement de variable s = t − x0k ,
Z xk+1 Z h/2
(t − x0k ) dt = s ds = 0.
xk −h/2
3. On applique l’égalité de la question 1 :
Z xk+1 xk+1 xk+1
(t − x0k )2 00
Z Z
0 0
x0k ) dt
f (t) − f (xk ) dt = f (xk ) (t − + f (ck ) dt.
xk xk xk 2
4
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En utilisant la question 2, il vient :
Z xk+1 xk+1
(t − x0k )2 00
Z
0
f (t) − f (xk ) dt = f (ck ) dt.
xk xk 2
On utilise la majoration de la dérivée seconde par M2 :
Z xk+1 xk+1
(t − x0k )2 00 (t − x0k )2 00
Z
f (c k ) dt ≤ |f (ck )| dt,
xk 2
xk 2
Z xk+1
M2 2
≤ (t − x0k ) dt.
2 xk
4. On fait le changement de variable s = t − x0k :
xk+1 h/2
h3
Z Z
2
(t − x0k ) dt = s2 ds = .
xk −h/2 12
5. En utilisant la relation de Chasles, on peut écrire :
Z
b n−1 Z xk+1
X 0
f (t) dt − Jn = f (t) − f (xk ) dt ,
a xk
k=0
n−1 Z xk+1 n−1 Z xk+1
X f 00 (ck ) X f 00 (ck )
0 2 2
= (t − xk ) dt ≤ (t − x0k ) dt.
2 xk 2
xk
k=0 k=0
On applique ensuite la question 4 pour obtenir la majoration :
Z
b M2 h3
f (t) dt − Jn ≤ n .
2 12
a
En remplaçant h par sa valeur, on trouve finalement :
Z
b (b − a)3 M
2
f (t) dt − Jn ≤ .
24n2
a
Exercice 6 ((*) Suite d’intégrales).
"Z # n1
b
2 ∗ −nt2
Soit (a, b) ∈ R , (a < b). On considère la suite In définie par : ∀ n ∈ N : In = e dt .
a
2
1. En utilisant la décroissance de la fonction fn (t) définie par ∀ n ∈ N∗ , ∀t ∈ [a, b, ] : fn (t) = e−nt , montrer
que :
2 1
In ≤ e−a (b − a) n .
2. Ecrire la continuité de la fonction fn (t) au point a par valeur supérieure et établir que :
2 2
∀ > 0, ∃α > 0, (a + α ≤ b), ∀t ∈ [a, a + α] : e−t ≥ e−a (1 − ε).
2
3. En déduire alors que la suite In converge et sa limite est donnée par : lim In = e−a .
n→+∞
5
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Solution :
2 2
1. On remarque tout d’abord que : ∀t ∈ [a, b], e−nt ≤ e−na .
D’où "Z # n1
b h i1
−nt2 2 n 1 2 1
In = e dt ≤ e−na (b − a) n = e−a (b − a) n . (3)
a
2
2. Pour établir une inégalité qui minore la suite (In )n∈N∗ , on utilise la continuité de la fonction e−t au
point a de la façon suivante :
2 2 2 2
∀ε1 > 0, ∃α > 0 tel que a + α ≤ b et ∀t ∈ [a, a + α] : |e−t − e−a | = e−a − e−t ≤ ε1 . (4)
Ou encore : 2 2
∀ε1 > 0, ∃α > 0 tel que a + α ≤ b et ∀t ∈ [a, a + α] : e−a − ε1 ≤ e−t . (5)
Soit ε > 0 quelconque fixé. On choisit alors dans la propriété (5) la valeur de ε1 définie par :
2
ε1 = εe−a .
2
La propriété de continuité (5) de la fonction e−t au point a permet d’écrire :
2 2 2
∀ε > 0, ∃α > 0, (a + α < b) tel que ∀t ∈ [a, a + α] : e−a − εe−a ≤ e−t . (6)
Donc, pour tout ε > 0 donné, il existe α > 0 tel que a + α ≤ b et tel que :
2 2
∀t ∈ [a, a + α], e−t ≥ e−a (1 − ε).
Ainsi,
Z b Z a+α Z a+α
2 2 2 2
e−nt dt ≥ e−nt dt ≥ (1 − ε)n e−na dt = α(1 − ε)n e−na . (7)
a a a
D’où l’inégalité :
1 2
In ≥ α n (1 − ε)e−a . (8)
3. En rassemblant les 2 inégalités (3)-(8), on obtient que pour tout n ∈ N∗ :
1 2 2 1
α n (1 − ε)e−a ≤ In ≤ e−a (b − a) n (9)
1 1
Or (b − a) n et α n tendent vers 1 lorsque n → +∞.
En passant à la limite dans la double inégalité (9), on obtient :
2 2
∀ε > 0 : (1 − ε)e−a ≤ lim In ≤ e−a . (10)
n→+∞
Et finalement : 2
lim In = e−a . (11)
n→+∞
Exercice 7 ((*) Inégalité de Poincaré). Soit f : [a, b] → R, de classe C 1 et telle que f (a) = 0.
1. En écrivant la relation entre une fonction f et sa dérivée f 0 à l’aide d’une intégrale, montrer, en utilisant
l’inégalité de Cauchy-Schwarz, que pour tout x ∈ [a, b] on a :
Z b
|f (x)|2 ≤ (x − a) |f 0 (t)|2 dt.
a
2. En déduire l’inégalité de Poincaré :
Z b b
(b − a)2
Z
|f (x)|2 dx ≤ |f 0 (t)|2 dt.
a 2 a
6
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Solution :
1. D’après le théorème fondamental de l’intégration, pour toute fonction f appartenant à C 1 ([a, b]), on a :
Z x Z x
0
∀x ∈ [a, b] : f (x) = f (a) + f (t) dt = f 0 (t) dt, (12)
a a
puisque f (a) est supposée nulle.
Rappelons l’inégalité de Cauchy-Schwartz pour les intégrales, valide entre autre, pour toutes fonctions
2
(ϕ, ψ) ∈ C 0 ([a, b]) :
"Z # 21 "Z # 12
Z b b b
2 2
ϕ(t)ψ(t) dt ≤ |ϕ(t)| dt . |ψ(t)| dt . (13)
a a a
Dès lors, on choisit dans l’inégalité de Cauchy-Schwartz (13), ϕ(t) = f 0 (t) et ψ(t) = 1. L’égalité (12) se
transforme en l’inégalité suivante :
Z x Z x 21 Z x 12
0 0 2 2
∀x ∈ [a, b] : |f (x)| = f (t) dt ≤ |f (t)| dt . |1| dt , (14)
a a a
soit en élevant au carré de part et d’autre de l’inégalité (14) :
Z x Z b
∀x ∈ [a, b] : |f (x)|2 ≤ (x − a) |f 0 (t)|2 dt ≤ (x − a) |f 0 (t)|2 dt. (15)
a a
2. En intégrant l’inégalité (15) membre à membre entre a et b, on obtient l’inégalité de Poincaré :
b b
(b − a)2
Z Z
2
|f (x)| dx ≤ |f 0 (t)|2 dt. (16)
a 2 a