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J.-L.

Basdevant Jean-Louis Basdevant

J.-L. Basdevant
15 leçons de
mécanique quantique 15 leçons de
Par sa puissance analytique, la physique quan- L’inattendu réside dans les états quantiques
tique a changé l’ordre de grandeur de ce qui
était concevable dans la science et la tech-
nologie. Ses développements pratiques sont
intriqués, systèmes capables d’agir instanta-
nément à distance. Ils ont engendré depuis
1990 une « seconde révolution quantique ». mécanique quantique

15 leçons de mécanique quantique


une révolution dans l’histoire de l’humanité, L’information quantique, qui repose sur la
qui multiplie la puissance de l’esprit comme téléportation, la cryptographie et l’ordinateur
la révolution industrielle du xixe siècle avait quantique, découle directement de l’intrication
multiplié la force de l’homme. Ces progrès quantique. Ses développements, imposants
modifient profondément l’ensemble de la vie par leurs applications et par leurs objectifs,
économique, sociale et politique. En optoélec- ont entraîné des investissements mondiaux de
tronique, les électrons cèdent la place aux milliards d’euros ! Étonnamment, leur racine se
photons qui recueillent et transmettent l’in- trouve dans des questions purement intellectu-
formation directement sur les composants elles soulevées par Einstein en 1935, et façon-
quantiques des microcircuits. Concevoir, nées par quelques orfèvres comme John Bell.
fabriquer et faire fonctionner de tels dispositifs Une explosion technologique s’est produite à
passe nécessairement par la physique quan- la suite de résultats conçus pour trouver une
tique et le problème nouveau des métiers réponse à la question : Comprendrons-nous la
quantiques. mécanique quantique ?

Ancien élève de l’École normale supérieure,


Très illustré, ce livre expose dans un style vivant Professeur honoraire à l’École Polytechnique
la théorie-mythe de la science moderne de telle où il a présidé le département de physique
façon que l’on est sans cesse tenu en haleine pendant douze ans, Directeur de recherche au
CNRS, Jean-Louis Basdevant est spécialiste
par les exemples et les anecdotes. L’exposé est de physique théorique des particules
progressif. Chaque phrase est courte, dans le élémentaires, de théorie quantique des
style des leçons que les étudiants allaient suivre champs et d’astrophysique. Il est l’auteur de
dans l’amphithéâtre. plusieurs ouvrages de référence traduits dans
le monde entier.
Conception graphique : Primo&Primo®

ISBN : 978-2-8073-2178-6

www.deboecksuperieur.com

15 Leçons de mécanique quantique 2019_CV.indd 1-3 09/05/2019 11:17


15 leçons de
mécanique quantique

#1
#2
À Marie,
Quinze ans après.

#3
#4
Jean-Louis Basdevant

15 leçons de
mécanique quantique

#5
Du même auteur
Basdevant J.-L., Introduction à la physique quantique. 2e éd.
Basdevant J.-L., La physique quantique et ses applications
Basdevant J.-L., Les principes variationnels en physique. 3e éd.
Basdevant J.-L., Les mathématiques de la physique quantique

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de spécialisation, consultez notre site web : www.deboecksuperieur.com

En couverture :
Nébuleuse planétaire NGC 2440 au centre de laquelle se trouve une Naine blanche, astre quantique dans le-
quel les principes de Heisenberg et de Pauli exercent une pression qui empêche la contraction gravitationnelle
et stabilisent l’étoile pour l’éternité. Cette Naine blanche, à 4 000 années-lumière de la Terre, est l’une des plus
chaudes, 200 000 degrés en surface. © Howard Bond (STScI) et Robin Ciardullo (Penn State) ; Nasa/Esa and
The Hubble Heritage Team (Aura/STScl).
Chat de Schrödinger. Dessin de Siné. © J.-L. Basdevant

Maquette intérieure : Hervé Soulard / Nexeme


Mise en page intérieure de l’auteur
Maquette et mise en page de la couverture : Primo&Primo

Dépôt légal :
Bibliothèque royale de Belgique : 2019/13647/031
Bibliothèque nationale, Paris : juin 2019
ISBN : 978-2-8073-2178-6

Tous droits réservés pour tous pays.


Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partielle-
ment ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au
public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.

© De Boeck Supérieur SA, 2019 - Rue du Bosquet 7, B1348 Louvain-la-Neuve


De Boeck Supérieur - 5 allée de la 2e DB, 75015 Paris

#6
Table des matières

Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

1 La perception et l’imagination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 La révolution quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 La physique et le langage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 L’infiniment complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Les paradoxes et la seconde révolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Plan du texte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

2 Premiers phénomènes quantiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15


2.1 Les quanta de Planck . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Einstein et le photon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 La spectroscopie atomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4 E=hν . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.5 Comportement ondulatoire des particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.6 Nature probabiliste des phénomènes quantiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.7 Conclusions de l’observation expérimentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.8 Premières mises en évidence ; applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.9 Notions sur les probabilités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.10 Table de valeurs numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

3 Fonction d’onde, équation de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39


3.1 Ondes de Louis de Broglie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Terminologie et méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3 Principes de la mécanique ondulatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.5 Paquets d’ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.6 Repères historiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.7 Loi de probabilité de l’impulsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.8 Relations d’incertitude de Heisenberg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.9 Controverses et paradoxes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.10 Complément : Transformation de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

#7
viii Table des matières

4 Les grandeurs physiques et la mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65


4.1 Le problème posé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.2 Les observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.3 Un contre-exemple d’Einstein et ses conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.4 Résultats possibles d’une mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.5 Réduction du paquet d’ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4.6 Le chat de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

5 L’énergie, quantification, effet tunnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87


5.1 L’énergie et le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.2 Systèmes simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.3 L’oscillateur harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
5.4 Puits de potentiel carrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
5.5 Barrières de potentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.6 Traversée d’une barrière, effet tunnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
5.7 Microscopie à effet tunnel, Nanotechnologies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
5.8 Illustrations et applications de l’effet tunnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108

6 Principes de la mécanique quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111


6.1 L’espace de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
6.2 Formalisme de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
6.3 Résultats de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
6.4 Énoncé des principes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
6.5 Les matrices de Heisenberg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129

7 Systèmes à deux états, Mécanique des matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133


7.1 Double puits : la molécule d’ammoniac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
7.2 Approche de Heisenberg ; Système à deux états . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
7.3 Mécanique quantique matricielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
7.4 NH3 dans un champ électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
7.5 Mouvement de la molécule NH3 dans un champ inhomogène . . . . . . . . 149
7.6 Réaction à un champ oscillant, le maser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
7.7 Principe et applications du Maser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154

8 Oscillations des Neutrinos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161


8.1 Familles de leptons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
8.2 Mécanisme des oscillations : neutrinos des réacteurs . . . . . . . . . . . . . . . 163
8.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
8.4 Oscillations des trois espèces : neutrinos atmosphériques . . . . . . . . . . . 166
8.5 Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169

9 Le Photon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
9.1 Polarisation de la lumière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
9.2 Nature du photon, onde ou particule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
9.3 Expériences en lumière atténuée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
9.4 Physique avec des photons individuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186

#8
Table des matières ix

9.5 Interférences à un photon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190


9.6 Le paradoxe de J. A. Wheeler et le cours du temps . . . . . . . . . . . . . . . . 192

10 L’Algèbre des observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203


10.1 Commutation des observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
10.2 Relations d’incertitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
10.3 Évolution des grandeurs physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
10.4 Lois de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
10.5 Résolution algébrique de l’oscillateur harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
10.6 Le dimanche 20 septembre 1925 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
10.7 États quasi-classiques, état  Chat de Schrödinger  . . . . . . . . . . . . . . 215
10.8 Observables qui commutent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223

11 Rotation des systèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227


11.1 Relation de commutation fondamentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
11.2 Démonstration de la quantification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
11.3 Quantification du moment cinétique orbital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
11.4 Energie de rotation d’une molécule diatomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
11.5 Molécules interstellaires et l’origine de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239
11.6 Moment cinétique et moment magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242

12 Atome d’Hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247


12.1 Le Problème à deux corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
12.2 Mouvement dans un potentiel central . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
12.3 L’atome d’hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253
12.4 Atomes d’antimatière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
12.5 Atomes muoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264

13 Le Spin 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267


13.1 Résultats expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
13.2 Formalisme du spin 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
13.3 Description complète d’une particule de spin 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
13.4 Effets physiques de spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 272
13.5 L’expérience de Stern et Gerlach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274
13.6 La découverte du spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 278
13.7 Le magnétisme, résonance magnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 284
13.8 Système de deux spins 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 292
13.9 Raie à 21 cm de l’hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
13.10 Somme-nous seuls dans l’Univers ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
13.11 Divertissement : Rotation de 2π d’un spin 1/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 309

14 Particules identiques, principe de Pauli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 311


14.1 L’indiscernabilité de deux particules identiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 312
14.2 Systèmes de deux particules de spin 1/2 : spin total . . . . . . . . . . . . . . . 314
14.3 Opérateur d’échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 316
14.4 Principe de Pauli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 318

#9
x Table des matières

14.5 Conséquences physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 321


14.6 Condensation de Bose-Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 323
14.7 Fermions à  basse température , étoiles quantiques . . . . . . . . . . . . . . 326

15 Intrication quantique, le chemin des paradoxes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 339


15.1 Le paradoxe EPR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 340
15.2 La version de David Bohm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 342
15.3 L’inégalité de Bell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 345
15.4 Les tests expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 348
15.5 Les états GHZ et leurs propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 351

16 L’information quantique, fruit de l’intrication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357


16.1 L’information quantique : comment tirer profit d’un embarras . . . . . . 357
16.2 La téléportation quantique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 358
16.3 La cryptographie quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 363
16.4 L’ordinateur quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 369
16.5 Les  métiers  quantiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 374

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 377

Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 380

# 10
#4
Chapitre 1

La perception
et l’imagination

La mécanique quantique est née pendant une décennie miraculeuse, au tournant


du xxe siècle, où des découvertes inattendues se sont succédées. Elles ont transformé
notre façon de penser et la vision que nous avons de l’univers. En 1895, Röntgen
découvre les rayons X, en 1896, Becquerel la radioactivité, aidé par Pierre et Marie
Curie. En octobre 1896, Zeeman, puis, en 1897, J.J. Thomson découvrent l’électron.
Ramsay découvre l’hélium terrestre. Le mois de décembre 1900 voit Max Planck je-
ter la première pierre de la théorie quantique. En 1905 Einstein fait la théorie du
mouvement Brownien, énonce, avec Lorentz et Poincaré, la théorie de la relativité
restreinte et comprend la dualité ondulatoire et quantique de la lumière, et l’effet
photoélectrique. En 1906 Rutherford identifie les rayons alfa de la radioactivité comme
étant des atomes d’hélium ionisés, puis découvre les noyaux atomiques en 1911 et signe
la naissance de la physique nucléaire.

La physique quantique perce fortuitement dans une idée de Planck sur le rayonne-
ment du corps noir. Elle se développe en démêlant l’écheveau des données spectrosco-
piques. Son existence doit beaucoup à l’astrophysique, naissante elle aussi, qui au xixe
siècle fournissait en abondance des spectres. On avait compris que ces spectres, com-
plexes, caractérisaient les éléments. On y avait découvert des régularités, mais rien
ne laissait présager le bouleversement des fondements de la physique auquel cette
classification méticuleuse allait mener.

1.1 La révolution quantique


La physique classique du xixe siècle, sûre d’elle, vivait son terme. Elle reposait
sur quatre piliers : la mécanique de Newton, l’optique de Young, Fresnel et Max-
well, la thermodynamique de Carnot, Clausius et Boltzmann, et l’électromagnétisme
d’Ampère, Faraday et Maxwell, à quoi il faut ajouter l’apport considérable de la Chi-
mie. À quelques années près, sa faillite aurait pu apparaı̂tre de façon brutale. Nous
verrons pourquoi un modèle classique de l’atome formé du noyau et d’électrons aurait
connu un échec cinglant. La mécanique quantique a mis un terme définitif à l’âge d’or
de cette physique par plusieurs apports, inimaginables au xixe siècle.

#5
6 1. La perception et l’imagination

Sa portée est inattendue. Construite d’une façon phénoménologique pour expliquer


les lois du rayonnement et les spectres atomiques, elle a débouché sur une explication
complète de la matière, de la structure des atomes et des molécules. Nos lumières
sur les atomes et les molécules sont d’abord venues de John Dalton et des chimistes
du xixe siècle qui pouvaient réduire les lois des réactions chimiques à des nombres
entiers, puis de la théorie cinétique de Maxwell et Boltzmann qui expliquait les pro-
priétés thermodynamiques des gaz à partir de l’hypothèse moléculaire. En décrivant
quantitativement la structure, la stabilité et la dynamique des atomes, la mécanique
quantique consacre leur nature et leur existence.

Elle s’adresse à la totalité du monde physique. Au départ, on la verra principale-


ment sous l’angle microscopique, c’est-à-dire la structure et la dynamique des édifices
atomiques, moléculaires, puis nucléaires. Cela se poursuivra jusqu’à maintenant avec,
depuis les années 1950, son extension relativiste, la théorie quantique des champs. Le
développement de la physique des hautes énergies a provoqué une percée de plus en
plus profonde vers le monde des particules élémentaires, les composants de la matière,
quarks et leptons, la structure des interactions fondamentales. Il n’y a pas d’indication
actuelle qu’un cadre conceptuel plus riche soit nécessaire pour poursuivre la recherche
du secret des composants ultimes de la matière et de leurs interactions. On ne voit pas
les limites de ces investigations, sauf à se dire que pendant 10−43 secondes juste après
le Big Bang, on ne sait pas très bien ce qui remplaçait cette physique. La découverte
expérimentale du Boson de Higgs au CERN en 2012, couronnée par le prix Nobel
2013, et le prix Nobel 2015 attribué pour la mise en évidence d’une masse non nulle
des neutrinos en 2000, sont les derniers événements marquants dans ce domaine en
plein essor.

À l’échelle de l’infiniment grand, celle de l’astrophysique, de la cosmologie et des


particules cosmiques, où l’on doit faire intervenir la Relativité Générale d’Einstein,
le nombre d’avancées est aussi grand. On accède au cosmos, à sa composition, aux
conditions physiques qui y règnent. La théorie quantique seule permet de comprendre
certains états et processus cosmiques : le fonctionnement, la formation et l’évolution
des étoiles, l’explosion des supernovae, le déroulement du Big Bang. Elle donne une
explication simple de l’existence d’astres stables véritablement quantiques comme les
naines blanches ou les étoiles à neutrons dans lesquelles la contraction gravitation-
nelle est contrecarrée par la pression due au principe d’exclusion de Pauli qui gère les
constituants, électrons ou neutrons.

À l’échelle intermédiaire, la nôtre, les découvertes et applications ne se comptent


pratiquement plus, nous en verrons un certain nombre. Des deux formules E = mc2
et E = hν proposées la même année 1905 par le même Einstein, la seconde touche
de beaucoup plus près la technologie actuelle. Elle est responsable du téléphone por-
table, des ordinateurs personnels, des lasers, d’internet, des puces des cartes bleues,
du positionnement GPS, du  numérique  qui nourrit les discours. On fabrique des
micro-systèmes automatisés ayant les trois fonctions de capteurs (d’un signal) de
processeur (de l’information) et d’actionneur (d’une démarche ou d’une réaction).
Dans les composants optoélectroniques de la nouvelle génération, la lumière remplace
l’électricité. Les électrons cèdent la place aux photons qui recueillent et transmettent

#6
1.2 La physique et le langage 7

l’information directement sur les composants des circuits intégrés. Ces derniers sont
nommés  composants quantiques , car concevoir, fabriquer et faire fonctionner de
tels dispositifs passe nécessairement par la physique quantique. De tels systèmes ont
des applications dans tous les secteurs, depuis l’automobile (assistance à la conduite,
dispositifs anti-assoupissement etc.), la communication spatiale, jusqu’à la médecine.
Micro-chirurgiens électroniques, capables de déceler dans une artère une mauvaise
circulation du sang, et d’actionner des micro-forets pour dégager l’artère obstruée,
chirurgie par protons, par ions lourds, par rayons gamma, sont des révolutions dans
le diagnostic, la thérapeutique et la recherche médicale.

Par sa puissance analytique et prédictive, la physique quantique a permis d’ou-


vrir des voies nouvelles, de changer l’ordre de grandeur de ce qui était concevable.
Les développements pratiques imprègnent notre vie quotidienne. Ils constituent une
révolution dans l’histoire de l’humanité, qui multiplie la puissance de l’esprit comme la
révolution industrielle du xixe siècle avait multiplié la force de l’homme. Ces progrès,
notamment dans ce que l’on nomme l’intelligence artificielle, modifient profondément
la technologie ainsi que l’ensemble de la vie économique, sociale, politique, au point
que l’adaptation de la société à ce progrès devient en soi une question de premier
plan, les scientifiques eux-mêmes ne percevant que lentement les répercussions intel-
lectuelles et sociales de ce développement.

La physique a changé de dimension et de perspectives en entrant dans l’ère quan-


tique. La mécanique quantique est incontournable. Nous verrons dans les deux derniers
chapitres les voies considérables qui résident dans l’essor actuel de ce que l’on nomme
 l’information quantique .

1.2 La physique et le langage


Cette théorie est subtile.
Elle s’exprime avec un ensemble simple d’axiomes, et c’est une théorie qui “marche”
parfaitement ! Cependant elle a provoqué un tel bouleversement conceptuel de notre
appréhension du réel physique que l’on ne sait pas encore l’énoncer avec le langage cou-
rant. On ne sait l’exprimer correctement qu’avec le langage mathématique. Connaı̂tre
et assimiler le sens de ses structures mathématiques est le prix d’entrée au cercle du
petit nombre de ceux qui peuvent la comprendre, même si, au bout du compte, l’es-
sentiel de ces mathématiques est relativement simple. C’est bien la physique qui est
subtile, et non les mathématiques. La difficulté que l’on trouve à conter la physique
quantique est décevante. Elle constitue une extraordinaire rencontre entre l’oeil et
l’esprit, entre nos observations, notre intuition et notre réflexion, mais il est difficile
sinon impossible de la verbaliser correctement, même en définissant des mots nou-
veaux, comme le font souvent les philosophes.

La physique est une aventure entre le regard et l’imagination, entre le monde des
phénomènes et le monde des idées. Les physiciens observent la nature et se posent des
questions auxquelles ils tentent d’inventer des réponses qui les satisfassent. Au fur et
à mesure que l’on pénètre les phénomènes quantiques et les structures mathématiques

#7
8 1. La perception et l’imagination

qui peuvent en rendent compte, on se trouve démuni pour exprimer ce que l’on pense
avec notre langage et nos conceptions premières. Il est frustrant que, contrairement
avec la plupart des phénomènes classiques, on ne puisse en parler avec des non-initiés
qu’en ayant recours à des métaphores et non au réel. Le langage courant actuel per-
met de parler de concepts qui ont mis un certain temps à prendre forme pour les
scientifiques : les notions de mouvement, de vitesse, d’accélération, ou, plus élaborées,
les ondes, qu’elles soient acoustiques, portées par les vagues, ou radiophoniques, les
résonances, les radiations, l’électronique. Il est frappant que les concepts d’énergie et
de temps, difficiles à définir pour le physicien, soient parfaitement familiers pour tout
un chacun. Avec le temps et le transfert entre générations, le langage s’est adapté à
des quantités de concepts qui auraient été inabordables il y a quelques siècles.

Cette appropriation des concepts scientifiques peut se manifester de façon inatten-


due. Nous savons que dans le système solaire les corps célestes sont en rotation, sur
eux-mêmes et autour du Soleil. Cela n’a pas toujours été de soi. Giordano Bruno fut
brûlé vif sur le Campo de Fiori à Rome le 17 février 1600 pour avoir trop développé
l’idée de l’héliocentrisme et la pertinence d’un univers infini. Galilée n’échappa à ce
triste sort que par son sens du compromis. Pourtant, rien ne nous choque en enten-
dant une présentatrice de la télévision nous dire que le Soleil se lèvera demain à 6h43
et se couchera à 19h27. Sur une plage, en fin d’après midi, nos enfants ramassent
leurs jouets sans se dire qu’ils ont tous conspiré pour tourner sur des centaines de
kilomètres sans trop se séparer. Une fois qu’une vérité est connue, rien n’empêche de
revenir à des conceptions plus directes.

La situation est nettement plus ardue avec la mécanique quantique. Même si nous
gardons l’espace et le temps comme réceptacles de notre perception des événements
et des phénomènes qui s’y déroulent, nous n’identifions plus l’état des systèmes et des
grandeurs à des êtres mathématiques leur appartenant : des ensembles de points et de
nombres. L’état d’un système appartient à un autre espace, totalement différent du
nôtre, de dimension infinie. La difficulté conceptuelle ne provient pas de la quantifica-
tion elle-même. Que les niveaux d’énergie d’un atome adoptent des valeurs discrètes
n’est pas vraiment plus difficile à envisager ou à expliquer que ne l’a été la découverte
par Pythagore, il y a 2600 ans, de la gamme et de l’harmonie. Il avait remarqué que la
hauteur des sons dépend de la longueur des objets qui les émettent, il avait découvert
que l’octave correspond au rapport 2, la quarte au rapport 4/3, la quinte au rapport
3/2, et il avait construit la gamme.

La difficulté s’accroı̂t lorsque l’on veut aborder le principe fondamental de la su-


perposition des états. Même si un accord musical peut être considéré comme une
superposition d’éléments de la gamme, on aura beaucoup de mal à expliquer le cas
du chat de Schrödinger ou des oscillations de neutrinos. Quant au spin 1/2, grandeur
physique fondamentale, mais inconcevable classiquement, dont l’existence a plongé
la communauté scientifique dans le désarroi pendant 25 ans, on rencontre tant de
“représentations simples”, avec des doigts et des mains se tortillant à l’infini, qu’il est
plus simple de se réfugier dans un espace complexe à deux dimensions.

#8
1.3 L’infiniment complexe 9

Dans son Traité de la réforme de l’entendement, publié en 1677, Spinoza distingue


quatre modes de perception : la perception par les sens, la perception par l’expérience,
la perception par le raisonnement déductif et la perception par l’intuition. S’ils inter-
viennent tous dans la perception de la mécanique quantique, la liste est incomplète :
il faut leur ajouter la perception par le langage mathématique.

1.3 L’infiniment complexe


La mécanique quantique n’est pas la seule discipline actuelle dans la physique. La
Relativité générale est, par exemple, incontournable au plan cosmique, comme pour
régler le GPS.
Plus important à toutes les échelles, le passage au macroscopique, à la physique de
 l’infiniment complexe , requiert les méthodes et concepts propres de la mécanique

statistique, qui sort du cadre de cet ouvrage. On ne peut pas tout ramener au micro-
scopique. Là aussi, même si des progrès considérables ont été faits dans les dernières
décennies, une multitude de nouvelles questions s’ouvrent sans cesse. En effet, c’est
bien beau de connaı̂tre parfaitement les lois physiques à l’échelle microscopique, en-
core faut-il savoir revenir à la physique de ce qui nous entoure. Quand on mange 1
kg de fraises à la crème, on ne se dit pas que l’on est en train de manger 500 g de
protons, 500 g de neutrons et quelques décigrammes d’électrons. C’est vrai, mais c’est
saugrenu, c’est pervers et c’est dégoûtant.

La Physique statistique étudie le comportement global et collectif de très grands


nombres de particules ou systèmes dont on connaı̂t les propriétés individuelles. C’est
une des grandes découvertes des dernières décennies qu’on ne peut pas tout recons-
truire à partir du microscopique, ab ovo, à partir de l’oeuf. Dès que l’on traite de
grands nombres de constituants, il apparaı̂t des phénomènes nouveaux, des singula-
rités ou régularités spécifiquement macroscopiques liées davantage au nombre qu’à la
nature des constituants, comme
— les effets collectifs, les transitions de phase,
— l’apparition des formes, les structures ordonnées,
— les problèmes liés à l’irréversibilité, la vie, la mort.
Les statistiques quantiques pour les systèmes de particules identiques ont, ici aussi,
ouvert des portes imprévues extrêmement précieuses, statistique de Fermi-Dirac et
statistique de Bose-Einstein.

Ce type de problème, la physique de l’infiniment complexe, le troisième infini,


est l’un des très grands problèmes de la physique actuelle. Le comprendre, le domi-
ner, a une répercussion considérable non seulement en physique, mais en biologie où
les structures ordonnées reproductibles sont un élément fondamental, à un moindre
degré en économie, peut-être un jour en sociologie. Le système le plus fascinant est
évidemment le cerveau humain lui-même.

Prenons un exemple simple : le fait que l’eau gèle à 0◦ est une connaissance scien-
tifique très ancienne. Tout le monde sait ça. À l’école, cette propriété entre dans la

#9
10 1. La perception et l’imagination

définition de l’eau : c’est un liquide incolore, inodore, sans saveur, ça sert à se laver,
il paraı̂t même qu’il y en a qui en boivent, et qui gèle à 0 degrés !
Mais lorsqu’on apprend de la physique, on découvre que l’eau est un liquide formé
de molécules H2 O qui s’agitent de façon désordonnée dans tous les sens, la glace est
un cristal où les mêmes molécules H2 O sont parfaitement ordonnées dans une struc-
ture périodique. C’est un phénomène extraordinaire ! Pourquoi diable ces molécules
décident-elles brusquement à 0◦ de se mettre dans une structure ordonnée ? C’est un
mystère ! On a tous le souvenir de la fin d’une récréation : ça n’est pas si facile de
mettre bien en rang des êtres qui ont une certaine tendance à l’éparpillement !

Par conséquent parce qu’on a compris de la physique, on découvre un aspect très


profond à quelque chose de parfaitement familier : la congélation de l’eau. Et c’est à
ce moment-là qu’on fait des progrès.

1.4 Les paradoxes et la seconde révolution

Dès la naissance de la physique quantique, des débats intenses se sont développés


sur son interprétation et sa signification. Le photon d’Einstein, et la dualité onde-
corpuscule, en sont un exemple sur lequel nous nous pencherons au chapitre 9. Avec le
temps, et l’accumulation des résultats expérimentaux, des réflexions et des dialogues,
ces débats ont, en l’occurrence, disparu. Il en demeure d’autres qui proviennent de
réel paradoxes relevés soit dans l’énoncé de la théorie, soit dans les résultats sur tel ou
tel point. Beaucoup des paradoxes ainsi relevés peuvent sembler d’une nature aussi
philosophique ou sémantique que physique, mais pas tous.

L’un des premiers débats que nous rencontrerons porte sur le problème de la me-
sure en mécanique quantique. Le centre de la discussion est simple : les résultats
expérimentaux résultent du processus de mesure. Or ce processus présente deux as-
pects dérangeants.
D’abord, l’acte de mesure fait intervenir des appareils classiques macroscopiques.
La question qui se pose immédiatement est que, vue sous cet angle, la mécanique
quantique repose sur son propre cas limite : la physique classique, ce qui laisse planer
l’incohérence. Comme nous le verrons, cette question a été l’objet d’études appro-
fondies, notamment depuis les années 1970. Une solution devrait consister à inclure
l’appareil de mesure, voire l’observateur et sa conscience, dans le processus quantique
mesuré. On conçoit qu’étant donné la complexité du problème posé, cette voie n’ait
pas été suivie à la lettre. Deux approches, qui peuvent se rejoindre, ont donné lieu à
des résultats positifs, sinon définitifs. L’une consiste à construire des expériences-tests
où l’appareil de mesure est lui-même un système quantique mésoscopique, c’est-à-dire
parfaitement susceptible d’être décrit de façon quantique tout en gardant la possibilité
de mener à des réponses expérimentales précises. Ce type de recherche a notamment
valu le prix Nobel à Serge Haroche en 2012, nous le verrons. Une approche voisine
consiste à évaluer l’interaction, inévitable, du dispositif de mesure macroscopique avec
son environnement (fluctuations thermiques par exemple), qui mène à une décohérence
de l’ensemble du système mesuré et de l’appareil de mesure par rapport à une situation

# 10
1.4 Les paradoxes et la seconde révolution 11

quantique “idéale”. Cette voie, que nous exposerons également, connaı̂t des résultats
probants qui seront probablement acceptés par la communauté.
Le deuxième aspect dérangeant, relié au précédent, est l’observation que toute
mesure quantique perturbe l’état du système mesuré. C’est là un aspect radicalement
opposé à la physique classique, dans laquelle on supposait que l’interaction entre
l’appareil de mesure et le système mesuré pouvait être rendue aussi faible qu’on le
souhaitait. La mécanique quantique affirme qu’il existe toujours une limite inférieure
absolue à la perturbation qu’apporte une mesure. C’est un des aspects du paradoxe du
chat de Schrödinger, imaginé par ce dernier en 1935, même si dans ce cas d’espèce on
peut se rassurer : les effets de décohérence ci-dessus permettent d’éviter des drames.
Plus fondamentalement, le problème suivant se pose. En l’absence de toute opération
de mesure, l’évolution de l’état d’un système quantique est réversible. On peut, dans
les équations du mouvement, inverser le sens du temps. Or la perturbation apportée
par la mesure est totalement irréversible, puisqu’elle change par définition l’état du
système de telle façon que l’on ne puisse pas retrouver ce qu’était cet état avant la
mesure. C’est là un aspect grave. Il a été, nous le verrons, l’objet d’études approfondies
de la part de John von Neumann dès 1932. Les réponses de la théorie de la décohérence
sont, sur ce point, conformes à l’observation expérimentale, ce qui n’empêche pas de
se poser la question du rôle de l’observateur dans une expérience quantique.

Le paradoxe le plus fondamental et pérenne est le célèbre paradoxe d’Einstein,


Podolsky, et Rosen, paradoxe EPR, que nous étudierons en détail au chapitre 15. Il
arriva après une longue série d’entretiens, voire de querelles entre Albert Einstein et
Niels Bohr. Ces deux hommes avaient de profondes divergences philosophiques.

Einstein pensait que l’Univers et sa réalité existent “autour de nous”, indépendam-


ment de tout acte de mesure, et qu’il appartient à l’esprit humain d’en comprendre
les lois. Il a toujours considéré que si la mécanique quantique, théorie probabiliste,
rend très bien compte des observations, elle n’est que le premier pas d’une théorie
plus complexe et plus générale qui reste à établir. Il écrit à Max Born en 1926 “La
théorie nous apporte beaucoup, mais elle nous rapproche à peine du secret du Vieux.
En tout cas, je suis convaincu que Lui ne joue pas au dés”, que l’on contracte en
 Dieu ne joue pas aux dés ! .

Devant la dualité ou la complémentarité onde-corpuscule, Bohr avait une attitude


rigide. Pour lui le concept de réalité n’a pas de sens, seules comptent pour un phy-
sicien les résultats de mesure. Une mesure implique un appareil de mesure donné et
un système à mesurer préparé d’une façon connue. Bohr disait ; “Aucun phénomène
élémentaire n’est un phénomène avant d’être observé”. À cela, Einstein répondait
qu’il aimait à penser que la Lune a une réalité, qu’elle existe et tourne autour de la
Terre, même lorsqu’il ne la voit pas.

Comme nous le verrons au chapitre 15, en 1935 Einstein, Podolsky, et Ro-


sen démontrèrent, à partir du formalisme quantique de Copenhague, que l’on peut
construire des états de deux systèmes qui ont interagi et se sont séparés, tels qu’une
information sur l’un puisse être transférée sur l’autre à distance et immédiatement. Ce
paradoxe voulait, au départ, contrecarrer les célèbres relations d’incertitude de Hei-
senberg. Mais une analyse plus fine montre que ce transfert d’information instantané

# 11
12 1. La perception et l’imagination

est, en un sens, contraire à la relativité qui impose que tout signal se propage à une
vitesse inférieure ou égale à celle de la lumière. Les états en question seront appelés
des états intriqués par Schrödinger. Ce paradoxe dépasse la simple philosophie, car il
est mesurable, donc réfutable.

Pendant plusieurs années le paradoxe EPR fut placé au rang de curiosité, mais en
1964 John Bell 1 , physicien théoricien irlandais travaillant au CERN, fit une percée
théorique fondamentale et quantitative en démontrant un théorème qui a permis
d’élever au plan expérimental ce débat entre deux conceptions radicalement différentes
du monde physique. Bell faisait intervenir des variables cachées qui résulteraient de
la “super-théorie” sous-jacente, à laquelle pensait Einstein. Des expériences célèbres
ont été menées à bien, notamment par le groupe d’Alain Aspect 2 à Orsay entre 1980
et 1982. Ces expériences, ainsi que d’autres, ont établi que la super-théorie réaliste
et locale qui devrait supplanter la mécanique quantique dans l’esprit d’Einstein ne
peut pas exister, et que les physiciens doivent apprendre à vivre avec l’indéterminisme
fondamental de la mécanique quantique.

À l’heure actuelle, le formalisme, l’appareil mathématique et le cadre opératoire de


cette théorie sont universellement reconnus, mais il existe encore de nombreux débats
sur son interprétation et ses implications philosophiques. Pour la première fois sans
doute, l’esprit humain se sent dominé par une vérité qu’il a lui-même construite et
qui lui échappe un peu ! Richard Feynman l’a exprimé en 1965, sans être contredit
depuis :  Je pense pouvoir dire sans risque que personne ne comprend la mécanique
quantique.  3

L’inattendu réside dans le fait que les états intriqués, fruits du paradoxe EPR, ont
engendré, depuis les années 1990, une “seconde révolution quantique”, dont nous par-
lerons au chapitre 16. L’information quantique, qui repose sur la téléportation, la cryp-
tographie et l’ordinateur quantique, et qui découle directement de l’intrication quan-
tique, est en train de devenir une retombée impressionnante de la mécanique quan-
tique. Un aperçu de l’abondance de la littérature sur le sujet montre que c’est là un
immense domaine de recherche scientifique et technologique. Tous ces développements
sont imposants, en eux-mêmes, par leurs applications et par leurs objectifs, ils ont en-
traı̂né des investissements mondiaux de milliards d’euros !

Ce qui est étonnant est que leur racine se trouve dans des questions purement in-
tellectuelles soulevées par Einstein en 1935, et façonnées par quelques orfèvres comme
John Bell. Un progrès technologique énorme est en train de s’effectuer à cause de para-
doxes intellectuels ! Cette explosion technologique s’est produite, nous le verrons, à la
suite de résultats théoriques et expérimentaux conçus pour atteindre une réponse à la
question : Comprenons-nous la mécanique quantique ? Une réponse positive, acceptée
par la communauté scientifique, manque toujours.

1. J. S. Bell, Physics 1, 195 (1964)


2. A. Aspect, P. Grangier et G. Roger, Phys. Rev. Lett. 49, 91 (1982) : A. Aspect, J. Dalibard
et G. Roger, Phys. Rev. Lett. 49, 1804 (1982).
3.  I think I can safely say that nobody understands quantum mechanics , R. P. Feynman The
Character of Physical Law, MIT Press, Cambridge, MA 1965.

# 12
1.5 Plan du texte 13

Ce manque est-il gênant ? Tout le monde est convaincu que la mécanique quantique
est une bonne théorie, fructueuse, jamais mise en défaut, si l’on considère tous les
moyens et tous les efforts déployés pour trouver ses limites. Il faut l’apprendre et
l’utiliser, même si nous ne sommes pas certains de tout comprendre.
À défaut de comprendre, on peut parfaitement se dire que la mécanique quan-
tique est une théorie  complète , avec un début et une fin, de la même façon que
l’était l’électromagnétisme après 1864, les équations de Maxwell et la découverte des
ondes électromagnétiques par Hertz en 1888. Peu de temps après, Einstein imagina
qu’il existait des photons et les gens ont poursuivi sur la voie de la mécanique et
de l’électrodynamique quantiques. En aucune façon l’électromagnétisme de Maxwell-
Hertz n’a été abandonné, le nombre de ses applications est pratiquement infini, les
composants quantiques et les lasers ont surtout enrichi ses applications.

1.5 Plan du texte

Après avoir rappelé la naissance de la mécanique quantique, nous décrirons, au


chapitre 2 le comportement ondulatoire de la matière, qui montre des phénomènes
quantiques essentiels. Nous poursuivrons cela, au chapitre 3, par l’exposé des prin-
cipes de la mécanique ondulatoire et l’équation de Schrödinger, ce qui nous mènera
aux relations d’incertitude de Heisenberg. Au chapitre 4 nous aborderons le problème
de la mesure et les principes correspondants, en détaillant les questions qui s’y rat-
tachent, comme le célèbre paradoxe du chat de Schrödinger. Le chapitre 5 est consacré
à la quantification des énergies de systèmes simples. Cela nous fera découvrir l’effet
tunnel et une série d’application technologiques qui lui sont reliées.
Le chapitre 6 traite du formalisme général de la mécanique quantique, élaboré par
Dirac et Hilbert, ce qui nous permettra de découvrir de façon simple la mécanique
des matrices, développée par Heisenberg en 1925. Nous appliquerons ce formalisme au
chapitre 7 à un problème simple, celui de la molécule d’ammmoniac, pour découvrir
un cas d’espèce de système qui se décrit très simplement dans un espace de dimension
2. Cela nous mènera au principe du Maser à ammoniac et à une série d’applications,
notamment aux horloges atomiques et à la mesure du rayonnement fossile du Big
Bang. Dans le même esprit, nous pourrons décrire, au chapitre 8, un phénomène de
pointe en physique des particules élémentaires, l’oscillations des neutrinos, dont on
devinera l’importance actuelle.

Le chapitre 9 est une pause récapitulative sur les thèmes déjà développés, consacrée
au photon. La nature physique du photon a été difficile à admettre par bon nombre de
physiciens avant 1921. Nous verrons que la polarisation du photon se décrit également
dans un espace à deux dimensions, puis nous détaillerons une série d’expériences
célèbres, assez récentes, qui ont pu établir que le photon, de masse nulle, a bien
un comportement quantique corpusculaire. On pourra ainsi comprendre comment le
photon peut remplacer l’électron dans les technologies quantiques en développement.
Cela nous mènera à un célèbre paradoxe de Wheeler sur la causalité relativiste et
nous analyserons une très belle expérience sur ce thème.

# 13
14 1. La perception et l’imagination

Au chapitre 10, nous entreprendrons l’étude de la mécanique quantique dans le


formalisme général, dû à Dirac, des relations algébriques entre observables quantiques.
Nous démontrerons une série de résultats dont la quantification de l’oscillateur har-
monique par une méthode qui a une vaste portée. Cela débouche sur la définition
d’états quasi-classiques, qui permettent d’analyser quantitativement le paradoxe du
chat de Schrödinger. Cette même technique mènera, au chapitre 11, à la quantifica-
tion des moments cinétiques, dont l’analyse faite par Elie Cartan en 1914 était restée
ignorée des physiciens. Nous découvrirons une série d’applications comme les spectres
des molécules organiques observées dans les nuages moléculaires des galaxies. Nous
aborderons, au chapitre 12, le problème de l’atome d’hydrogène, dont nous verrons la
quantification. Nous verrons le cas de l’atome d’anti-hydrogène, fabriqué et mesuré
au CERN, puis le cas des atomes muoniques qui permettent de sonder la distribution
de charge dans les noyaux.

Au chapitre 13 nous découvrirons le spin 1/2 de l’électron et d’autres parti-


cules. Cette grandeur physique, qui se décrit dans un espace à 2 dimensions, était
complètement insoupçonnée par les physiciens et elle a constitué une énigme pen-
dant près de 25 ans. Nous verrons les étapes de sa découverte. Les propriétés dues
au spin 1/2 de l’électron comme du proton et des noyaux atomiques sont à l’origine
de quantité de phénomènes dont le magnétisme. S’agissant du magnétisme nucléaire,
découvert par Rabi, nous verrons la diversité de ses applications dont l’imagerie par
résonance magnétique. L’aspect peut-être majeur du spin 1/2 est sa relation avec ce
que l’on appelle le principe d’exclusion de Pauli, qui, de façon plus générale, gou-
verne la physique des particules identiques et toute la physique macroscopique. Nous
étudierons ce problème au chapitre 14. Les bosons, de moment cinétique propre en-
tier ont une fonction d’onde symétrique, les fermions, de spin demi-entier, ont une
fonction d’onde antisymétrique. Nous verrons les très belles découvertes, faites depuis
1995, de condensats de Bose-Einstein, véritables amas d’atomes tous dans le même
état quantique, et nous verrons que pour les systèmes de fermions, le principe de Pauli
qui les force à être tous dans des états différents est responsable de la structure des
systèmes macroscopiques, notamment des “étoiles quantiques” : les naines blanches
et les étoiles à neutrons.

Au chapitre 15 nous découvrirons le fond du paradoxe EPR, les états intriqués,


le théorème de Bell et les expériences cruciales, comme celle d’Alain Aspect, mon-
trant que l’espoir d’Einstein était vain, mais que la fabrication et la manipulation
d’états intriqués est tout à fait possible. Elle a permis, comme nous le verrons au cha-
pitre 16, de révéler la seconde révolution quantique. Les états intriqués ont mené
au développement impressionnant de la téléportation quantique, de la cryptogra-
phie quantique et des perspectives de l’ordinateur quantique. Avec la perspective des
“métiers quantiques”, ces domaines sont en train de bouleverser le monde scientifique
et technologique de toute la planète.

# 14
J.-L. Basdevant Jean-Louis Basdevant

J.-L. Basdevant
15 leçons de
mécanique quantique 15 leçons de
Par sa puissance analytique, la physique quan- L’inattendu réside dans les états quantiques
tique a changé l’ordre de grandeur de ce qui
était concevable dans la science et la tech-
nologie. Ses développements pratiques sont
intriqués, systèmes capables d’agir instanta-
nément à distance. Ils ont engendré depuis
1990 une « seconde révolution quantique ». mécanique quantique

15 leçons de mécanique quantique


une révolution dans l’histoire de l’humanité, L’information quantique, qui repose sur la
qui multiplie la puissance de l’esprit comme téléportation, la cryptographie et l’ordinateur
la révolution industrielle du xixe siècle avait quantique, découle directement de l’intrication
multiplié la force de l’homme. Ces progrès quantique. Ses développements, imposants
modifient profondément l’ensemble de la vie par leurs applications et par leurs objectifs,
économique, sociale et politique. En optoélec- ont entraîné des investissements mondiaux de
tronique, les électrons cèdent la place aux milliards d’euros ! Étonnamment, leur racine se
photons qui recueillent et transmettent l’in- trouve dans des questions purement intellectu-
formation directement sur les composants elles soulevées par Einstein en 1935, et façon-
quantiques des microcircuits. Concevoir, nées par quelques orfèvres comme John Bell.
fabriquer et faire fonctionner de tels dispositifs Une explosion technologique s’est produite à
passe nécessairement par la physique quan- la suite de résultats conçus pour trouver une
tique et le problème nouveau des métiers réponse à la question : Comprendrons-nous la
quantiques. mécanique quantique ?

Ancien élève de l’École normale supérieure,


Très illustré, ce livre expose dans un style vivant Professeur honoraire à l’École Polytechnique
la théorie-mythe de la science moderne de telle où il a présidé le département de physique
façon que l’on est sans cesse tenu en haleine pendant douze ans, Directeur de recherche au
CNRS, Jean-Louis Basdevant est spécialiste
par les exemples et les anecdotes. L’exposé est de physique théorique des particules
progressif. Chaque phrase est courte, dans le élémentaires, de théorie quantique des
style des leçons que les étudiants allaient suivre champs et d’astrophysique. Il est l’auteur de
dans l’amphithéâtre. plusieurs ouvrages de référence traduits dans
le monde entier.
Conception graphique : Primo&Primo®

ISBN : 978-2-8073-2178-6

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15 Leçons de mécanique quantique 2019_CV.indd 1-3 09/05/2019 11:17

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